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 La fontaine aux murmures

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Khalän Sulimë
L'Écorce
L'Écorce

Âge : 27
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Divinité(s) : Solarim, Dieu de la magie et de la nature
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MessageSujet: La fontaine aux murmures   Mer 20 Aoû 2014 - 14:38

Fracture mentale

L'astre brûlant perdait de sa puissance, fléchissant à la grandeur de sa sœur à la sombre robe céleste tachetée d'étincelles. Et le combat était rude, perdu d'avance, et incendiant la voûte au-dessus des nuages, la bataille des astres faisait rage. Et sous ce brasier de couleurs chaudes qu'offrait le majestueux ciel, la course venait de commencer. Le coup d'envoi retentissant d'un petit cri euphorique marqua le départ d'un groupe d'enfants surexcités. Ceux-ci sillonnèrent à toute allure les ruelles, sautèrent les obstacles, enjambèrent par quatre les marches des nombreux escaliers et essayèrent d'éviter les ardoises et pots de fleurs posés aux terrasses et fenêtres des petites maisonnettes en briques. Et criant de joie, hurlant à une victoire tant espérée, ils s'engouffrèrent dans la mêlée du marché de nuit où marchands ambulants dressaient leur échoppe de bric-à-brac, fruits et légumes, sucreries et pains chauds, ainsi que poissons et crustacés venant directement du port de Bélin, et d'avantage de choses aussi utiles qu'inutiles des lointaines contrées y étaient exposées. Et les troubadours, quant à eux, chantèrent en chœur, jouant de leur instrument, et des couples dansèrent sous les lueurs des torches aux flammes valseuses. Et les ivrognes chantonnaient à l'intérieur des auberges, entrechoquant leurs verres remplis d'alcool ou de bière. Et la vie nocturne battait déjà son plein aux dernières lueurs du soleil alors que la course des enfants du quartier n'avait cessé d'exister. Ils traversèrent ainsi le marché et continuèrent leur cavalcade effrénée dans les ruelles éclairées de lampadaires enflammées. Et leurs petites jambes n'avaient de cesse de les emmener sans que la fatigue n'use leur mentale, car chacun d'eux se croyait meilleur que l'autre.

L'intrépide petite Ira dépassa le fier et prétentieux Timéo, qui fut lui même assailli de ses coéquipiers masculins, les jumeaux du boulanger, Zoak et Foré. Et derrière eux suivait avec mal le cinquième et plus jeune de la troupe, River. Mais bientôt s'achèvera la course, et plus vite et plus fort encore, les premiers accélérèrent le pas. Et le petit dernier, courageux mais destiné à la défaite, se retrouva seul. Il ne restait que peu de chemin mais River, n'en pouvant finalement plus, s'arrêta à la première occasion. Et ses genoux se posèrent sur le sol et ses coudes rencontrèrent le rebord de la jolie fontaine dans laquelle il y plongea ses petites mains pour les porter à son visage épuisé. Sa respiration était saccadée, rythmée par les battements de son cœur et, à cela, il balaya furtivement du regard la petite place en laquelle il était et s'assit à terre, se posant sur les pavés blancs et légèrement rosés. Le petit athlète aimait profondément cet endroit car le bruit de l'eau s'écoulant tranquillement sur le marbre de la fontaine y était apaisant mais, plus encore, il était le point de rencontre des enfants du quartier, petits et grands, qui exposaient leur cerf-volant multicolore, essayant d'atteindre l'horizon du firmament. Et rêvant d'être déjà demain pour y libérer son dragon de papier, il aperçut une autre étrange créature, non loin de là, assis sur un banc. Celle-ci l'épiait avec curiosité et les regards s'entrecroisèrent alors que la lune terrassait les derniers rayons du soleil s'enfuyant.

Le petit bougre se releva, fit mine d'hésiter quelques secondes et, non sans peur, s'approcha doucement de l'être immobile, et ses petits pas le guidèrent inexorablement jusqu'au monstre tranquille. De ses yeux bleus, l'enfant y vu une gigantesque faux de deux fois sa taille posée en-dessous du banc coloré d'un vert léger, et un arc à flèches à côté de l'inconnu et un carquois l'accompagnant. Le garnement s'arrêta à un mètre à peine du monstre, fixant son masque effrayant. Il n'y eut que le silence, puis quelques secondes passèrent avant que l'enfant ne le brise de sa curiosité.

- Pourquoi tu as une tête d'arbre ?
Tu es un monstre ?
demande t'il de sa petite voix.

Nul ne put le voir, mais les lèvres de la créature masquée formèrent un arc et un léger sourire embellit son visage lacéré.

- C'est un masque. Tous les monstres en ont besoin. répondit-il en souriant.
- Pourquoi ? demanda l'enfant intrigué.
- Pour dissimuler leur faiblesse, pour ne pas montrer qu'ils peuvent avoir peur eux aussi. continua posément la créature.
- Tu es un gentil monstre alors ?
- Je m'efforce de l'être en tout cas.
Et toi, tu es le petit curieux d'Hydrasil, n'est-ce pas ?
demanda t'il avec humour au jeune bougre.
- Non, moi je suis River. J'ai six ans, bientôt je serais un homme comme mon papa. dit-il fièrement en haussant ses fines épaules. Et toi, c'est quoi ton nom ?
- Eh bien... tu es le premier à venir me parler, à accepter que je sois différent sans pour autant en être effrayé.
J'en suis touché, de ce fait, choisis-moi un nom de monstre.

- C'est vrai ? Umm... ummm... le monstre de bois... non non ! Monsieur l'arbre ! Non, non, non !
- Prends ton temps, jeune River.
- Je sais... l'écorce ! L'écorce !
- L'écorce... Adjugé ! Ce n'est pas si mal pour un monstre. Je te remercie.

L'enfant lui sourit, un peu gêné mais heureux d'avoir trouvé un nouvel ami, l'avoir baptisé lui-même et, bien qu'il soit un monstre, s'y attacha très vite. Et le regard de l'enfant essaya de percer celui de son nouvel ami mais ne put le cerner réellement. Et la discussion reprit.

- Où sommes-nous ? demanda le monstre.
- Ici ? Ca s'appelle "La place aux enfants".
Ici, je vois tous mes amis et on joue avec les cerfs-volants tous les jours, sauf quand il pleut !

- Oh... je comprends mieux maintenant. Ce n'est pas un endroit très approprié pour un monstre.
- Non, ça va, tu es un gentil monstre toi.

Khalän sourit une nouvelle fois aux paroles du petit River, se remémorant les enfants massacrés de son village. Ceux là même qui auparavant s'amusaient avec lui sous les grands arbres, à se cacher et rire. Et la tristesse revint alors et mieux valait cesser les tourments.

- Tu devrais rentrer à présent, il se fait tard et tes parents doivent être inquiets.

Le petit forma une triste moue, puis sourit maladroitement, se retourna et se mit à courir gaiement en direction d'une ruelle annexe. Avant de disparaître, il se retourna vers son ami le monstre, le sourire aux lèvres, leva son petit bras fragile et le balança de gauche à droite pour lui dire au revoir. Et la créature masquée, assise sur le banc, en fit de même, puis l'enfant se volatilisa. Demain, il en aura des choses à raconter à ses amis, ce n'est pas tous les jours qu'on croise un monstre sympathique.

Khalän Sulimë se leva, quittant sa place, car voilà deux heures qu'il y était, admirant les petits détails de la vie, les insectes grouillants sur les pavés, les oiseaux virevoltants et se posant sur les terrasses fleuries et bien des choses qui lui permit d'oublier cette première journée en ville. Elle fut mouvementée, déstabilisant le jeune guerrier face à tout ce monde dans toutes ces rues pavées entrelacées de maisons de briques, et tout ce vacarme, toutes ces choses diverses et variées qu'il ne connaissait que trop peu. Il était si loin de son chez lui, de sa tranquillité. Mais guidé par les paroles du vieil écorché qu'il rencontra en la forêt du Bélin, il y a de ça quelques jours, il se devait de parcourir la Grande cité d'argent en quête d'indices et n'y partirait qu'en sachant où il devrait aller pour retrouver les trois bourreaux de son village anéanti. Et s'étant donc levé, il s'approcha lentement de la fontaine au centre de la place aux enfants, posa la paume de ses mains sur le rebord et bascula sa tête pour y contempler son triste reflet.

- L'écorce... murmura t'il tristement.

Et la nuit était tombée, les maisons de briques emplies de vie et les cheminées fumaient, alors que chantaient les crickets des buissons entourant la petite place. Et l'ambiance était calme en ce lieu abandonné, et la respiration contrôlée du jeune homme défiguré s'immisça au chœur vibratoire naturel de la vie.


Et son doigt se posa sur la surface de l'eau tandis que son reflet disparu.


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Lilandrile Al'Sharam
Cœur cendré
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MessageSujet: Re: La fontaine aux murmures   Jeu 21 Aoû 2014 - 3:31

Bélin, terre d'asile des Éladrines. La grise avançait tranquillement dans ce qui semblait être un forêt de bâtiment. On avait beau dire ce qu'on voulait, peu importe comment on regardait les villes, elle ressemblait réellement à des forêts avec leur implantation de bâtiment à la place. La jeune femme regardait cela depuis plusieurs heures maintenant, déambulant au gré de ses pensées dans ce rues parfois bondés et d'autre fois vide. Il était étrange de voir à quel point certains endroit pouvaient être calme alors que d'autre n'en était que plus bondé. Elle se souvint alors du pourquoi de cette visite à Hydrasil. Revoir ses parents, enfin tout au moins son père, sachant que sa mère n'était rien de plus qu'une égoïste pas tenté. Seulement voilà, elle hésitait encore et toujours. Comme chaque fois qu'elle entendait le mot famille, celui-ci lui vrillait les oreilles et faisait battre son cœur plus rapidement qu'il ne devrait le faire. Rare était les fois où la grise pouvait se retrouvé en présence d'une famille sans se sentir exclu. Cœur cendré, ce surnom revenait à chaque fois, celui que ses frères lui avait donné. Un sourire passa néanmoins sur ses lèvres, l'herboriste se demandait bien ce qu'ils étaient devenus tous les deux. Oh bien entendu, elle avait pris des nouvelles, de loin, mais des nouvelles quand même.

Et ses pas la menait dans la ville alors son esprit divaguait vers cette famille qui était la sienne mais qu'elle n'arrivait pas à accepté. Perdu totalement dans la contemplation de cette forêt de bâtiment, la jeune femme ne se rendit pas compte qu'elle se dirigeait vers le lieu d'une course de rue. Le jour avait laissé place à lui nuit. La lune avait remplacé le soleil et était apparu avec elle ces milliers de gemmes qui parsemaient ce ciel bleu-noir d'une myriade de petite lumière et le rendait tellement attirant. Son regard se posa alors inexorablement sur ce ciel gemmé, cherchant à reconnaître les étoiles qui pouvaient leur servir à se repérer. Et ses pas la menèrent directement sur le lieu de la course, les rires fusant de toute part, les marchands nocturne s'installant tranquillement, attendant le jour pour vendre le reste de ses marchandises lorsque ceux qui ne dormait pas serait de nouveau réveillé. Et ceux qui comme elle vivotait la nuit pouvait alors s'offrir la prime fraîcheur des produits des différents marchands. Cependant Lilandrile ne s'attarda pas ni sur la course ni sur les enfants, elle marchait encore et toujours jusqu'à atteindre un point de rencontre.

L'Éladrine connaissait cette place, tout simplement parce que ce n'était pas la première fois qu'elle venait ici. Mais pour le coup, elle se rendit compte qu'elle était quelque peu occupé. Se posant de façon non visible sur le tronc d'un arbre, elle écouta le gamin et l'homme parler. Elle n'avait pas réellement pu voir grand chose, mais la discussion en elle-même la fit bien sourire. Un monstre, les enfants étaient tout de même bien peu observateur en vérité, mais leur imagination était réellement débordante. Cependant la jeune femme n'en dit rien, préférant attendre la fin de la discussion dans son coin. Elle savait par expérience que ce n'était pas forcément bon d'interrompre une conversation, si peu intime soit-elle. Cependant lorsque le gamin fut partit et que son regard se posa alors sur la fontaine, elle se demanda ce qui pouvait pousser cet homme à se masque de la sorte. Sortant de derrière son abris, elle se dirigea nonchalamment vers la fontaine et rencontre le reflet brouillé de l'homme en face d'elle.


« Pourquoi lui avoir laisser croire que vous étiez un monstre ? »

Il ne s'agissait pas de la meilleure entrée en matière, mais c'était celle qui s'imposait dans ces circonstances. Certes, elle ne pouvait probablement pas comprendre vu que malgré ses cicatrices, elle n'avait pas besoin de se cacher le visage comme il le faisait, mais elle se posait quand même la question. Pourquoi se faire passer pour un monstre alors que visiblement il n'en était pas un. La curiosité, un vilain défaut n'est-ce pas ?


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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Deux âmes, une rencontre.   Mar 26 Aoû 2014 - 15:46

Les ondes s'estompèrent peu à peu, s'étalant délicatement sur toute la surface de l'eau.
Et le jeune chasseur contempla ce fabuleux ballets d'ondulations dématérialisant son reflet, et il espérait vainement y revoir se former son visage d'antan de jeune homme en pleine forme, doté d'un extraordinaire appétit à la vie, débordant de fougue et de désirs. Et durant cette courte attente, il écoutait la chorale des esprits de la nuit, ceux contrôlant les crépitements des torches enflammées, le vent à travers les buissons discrets, les battements d'ailes puissants des oiseaux nocturnes et les chants complexes et méthodiques des insectes sauteurs.

Et des pas s'approchèrent, un à un, sans que le chasseur, un peu trop rêveur, ne s'en aperçoive. Alors, une voix féminine sifflota jusqu'à ses oreilles, une question s'interposa entre les deux individus et marqua la fin de la torpeur de Khalän. Mais celui-ci ne détourna le visage, attendant que les eaux redeviennent calmes et sereines pour y dévoiler l'être à ses côtés. Et une ombre grise se dessina, de longs cheveux en natte reposant sur une épaule dénudée, fine mais musclée, un front embrasé de mèches rebelles et des yeux gris, triste et froid. Puis vint la dernière ondulation qui s'effaça silencieusement et deux longues oreilles en pointes se distinguèrent sur ce visage diaphane aux jolis traits.

L'aura de la jeune étrangère, émanant une certaine froideur, s'accouplait parfaitement avec le visage masqué du jeune chasseur. Et, pour tout avouer, cela le rassura dans un sens. Ainsi, il parla sincèrement, sans faille, et avec coeur.

- Quelques fois, il est moins douloureux d'être un monstre que de dire la vérité. Et nourrir l'imagination d'un enfant est toujours plus bénéfique que de l'effrayer. répondit-il calmement au reflet de la jeune éladrinne aux traits grisâtres.

Et levant le regard vers le ciel étoilé, il détacha ses mains du rebord de la fontaine apaisante, se retourna doucement et fit face à la jeune femme au visage pâle mais, qui pourtant, étreignait une beauté qu'une déesse pouvait envier. Et le regard vert de Khalän s'imprégna du gris de la jeune étrangère, et entremêlant ces couleurs, il reprit avec quiètude.

- C'est étrange d'émaner à nous deux tant de tristesse dans un lieu si chaleureux. Peut-être devrions-nous nous présenter pour y colorer cette sombre aura nous cajolant.

Le vert de ses yeux s'engouffrèrent plus profondément encore à travers le regard froid de la jeune femme.

- Mon nom est Khalän Sulimë, mais les enfants du quartier me nomme L'écorce. finit-il avec un semblant d'humour pour apaiser cette rencontre.

Et les flammes n'avaient cessé de crépiter, et le vent à travers le feuillage n'avait cessé de siffler, et les oiseaux de la nuit n'avaient cessé leurs battements d'ailes sourds, et les insectes plongèrent la petite place en plein cœur d'un opéra en l'honneur de cette rencontre.


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Lilandrile Al'Sharam
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MessageSujet: Re: La fontaine aux murmures   Ven 29 Aoû 2014 - 4:29

Le silence, tranquille serein, comme si rien ne pouvait le troubler en cet instant. Étrangement cela faisait un bien fou à l'Éladrine. Elle n'était pas du genre impatiente et pouvait comprendre le jeune homme qui s'était arrêté là. Le calme de l'endroit l'avait aussi attiré et c'était bien pour cela qu'elle avait en quelque sorte décidé de rester par ici. Et puis finalement après quelques secondes ou minutes d'attente, il prit la parole. Peut-être avait-il raison. Peut-être seulement car Lilandrile n'était pas certaine de sa réflexion, mais elle ne pouvait pas réellement comprendre. Car si son âme et son esprit à elle était blessé, visiblement celui du jeune homme aussi et son visage l'était tout autant. Que lui était-il arrivé pour en arriver là ? Elle ne le savais pas réellement, mais quelque chose lui disait clairement qu'il a vécu des événement plus dur que les siens. Peut-être était-il important pour lui de se cacher. Cela amenait nombre de réflexion sur lesquels la jeune femme n'avait pas réellement envie de penser pour l'instant. Elle fut donc contente en quelque sorte de l'entendre reprendre la parole. Ses paroles auraient pu faire frémir une personne normale sans problème, seulement voilà, Lilandrile n'était pas une personne normale et les paroles du jeune homme la fit sourire. Après sa présentation, elle prit la parole à son tour.

« Lilandrile Al'Sharam, comme vous l'avez probablement vu, je suis une éladrine et pour le surnom, mes frères me surnomme cœur cendré. »

Un peu étrange comme surnom, elle devait bien l'avouer, mais finalement s'était avec lui qu'elle se sentait le mieux. Pourquoi ? Parce qu'il était vrai que son cœur était plein de cendre. Les cendres d'un passé dont elle n'arrivait pas à se défaire. Les cendres d'une trahison plus douloureuse que n'importe quoi d'autre. Et maintenant, elle errait dans Ildir. Cherchant à se rendre utile, cherchant quelque chose à faire. L'herboriste n'était plus celle qu'elle avait été jadis, elle était désormais bien plus proche de son surnom qu'autre chose.


« Je ne suis pas certaine que ces présentation par contre nous permette de colorer cet espace. La nuit est déjà tombé, il est bien plus compliqué de faire apparaître des couleurs dans un endroit déjà sombre. »

Un vague sourire apparu sur les lèvres de l'Éladrine. Elle n'était pas du genre à colorer quoi que ce soit. La preuve tout de grise vêtue. Les couleurs s'étaient bien pour les autres, pas vraiment pour elle. Le silence suivit doucement, laissant à la nuit le soin de s'exprimer. Les oiseaux nocturne faisait entendre leur magnifique voix, elle était tenté par laisser aller son ouïe et entendre tout ce qu'il était possible d'entendre. Seulement voilà, elle était pour le moment en pleine conversation et c'est donc avec son visage fermé et ses yeux totalement froids qu'elle reprit la parole.

« Alors qu'est-ce qui vous amène à Hydrasil Khalän ? »

Elle n'était pas doué pour discuter et cela se voyait, enfin plutôt s'entendait. Elle n'était pas du genre à s'embêter avec de grand discours, elle allait directement à l'essentiel. Pourquoi s'embêter n'est-ce pas ? Les bras croisé sur sa poitrine, elle attendait tranquillement. La patience s'était ce qu'elle avait appris très tôt, la patience et le rejet par la même occasion.


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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Guidé par la destinée   Dim 31 Aoû 2014 - 11:56

Coeur cendré...
Coeur cendré...
Coeur cendré...


Et se répétant ce surnom en son esprit, il essayait d'en percer la signification.
Grisâtre était son être, froid son regard et neutre son attitude, elle demeurait sans vie et pourtant, et pourtant, il y avait quelque chose en elle. Quelque chose enfouie dans les abysses d'un océan fabuleux et mystérieux dissimulé à l'arrière de son regard gris. Et elle se présenta ainsi et c'est ainsi que le chasseur meurtri la voyait. Elle n'était plus celle qu'était cette étrangère du nom de Lilandrile, elle avait changé tout comme lui l'avait fait en se nommant nouvellement L'écorce.

Et cela, il put le comprendre sans qu'elle ne puisse insister d'avantage, et le guerrier la comprenait à sa manière, se convaincant presque d'en être une des rares personnes. Il l'écoutait, buvant la moindre de ses paroles sans y laisser une seule goutte à ses lèvres. Et tandis qu'elle parlait, il scruta l'habillement de la jeune personne en face de lui, et tout collait parfaitement. De ses grandes bottes grises, en remontant tout le long de ce fin pantalon teinté de la même enseigne et dessinant les formes de la jeune femme jusqu'au haut sans manche reprenant cette couleur cendrée sans la moindre vie, ni la plus petite parcelle de gaieté. Tout était si neutre en elle, tout était si triste et si froid, que le jeune homme sentit une brise glaciale parcourir son échine. Mais pourtant, pourtant, elle avait quelque chose en elle, quelque chose d'inexplicable y faisant toute la différence.

Et à ses réflexions, Khalän se demanda en lui même s'il était réellement pareil. Si les gens le voyaient comme il voyait Coeur cendré. Si lui-même émanait cette triste dépendance solitaire à sa propre vision. Il comprit qu''il perdait de son humanité, et de cette déshumanisation, la vengeance en était sa gangrène. Et le rongeant ainsi, il se dit qu'elle se devait elle aussi d'avoir une chose qui devait la ronger sans qu'elle ne puisse rien y faire à part assouvir le désir de celle-ci.

Ils étaient pareils, en tout cas, c'est ce que Khalän pensait.
Il l'espérait presque tout autant que se détestant de vouloir une telle chose à une autre personne dans le seul but de n'être finalement pas seul. Un comble pour un solitaire. Et elle avait raison, cette discussion n'arrangeait en rien les choses, elle les compliquait bien au contraire. Et de ce combat intérieur, elle enveloppa de gris l'âme du guerrier défiguré et la plongea dans les méandres de cet océan qui déborda des yeux de la jeune éladrinne pour s'engouffrer dans ceux de Khalän.

Finalement, la question de la jeune Lilandrile heurta le flot de pensées telle une déferlante et offrit au chasseur un radeau sur lequel il put monter rapidement. Reprenant ainsi ses esprits, il répondit à la jeune personne devant lui. Elle croisait les bras et le fixait, attendant patiemment une réponse.

- Si je vous dis qu'en parcourant la forêt du nord, j'y ai rencontré un vieil homme sans peau, écorché de tout son corps, assis au pied d'un énorme chêne ardent d'où des cendres s'exaltaient à quitter le feuillage dansant au vent, et que celui-ci m'ait guidé jusqu'ici pour continuer ma sombre quête.
Me croiriez-vous ?


Il leva son regard en direction du firmament étoilé, aspira à pleins poumons et expira silencieusement. Ce n'était pas une coïncidence s'il avait rencontré une personne du nom de Coeur cendré après sa rencontre au Grand Chêne Ardent. S'en était de la main de la destinée et à cela, il comprit qu'il était sur le bon chemin. Solarim le guidait.

Un sourire se dessina sur son visage lacéré et caché, et sans attendre, il reprit avec enthousiasme, ne laissant le temps à la jeune éladrinne de répondre à sa précédente question.

- Il serait dur de me croire, bien évidemment. Moi-même ne sait réellement si cela s'est réellement passé ou si je songeais durant mon sommeil. Mais qu'importe la nature de la chose, son message est passé.

Il caressa de ses doigts la surface de l'eau, vacillant sa tête vers la gauche pour y découvrir son reflet onduler.

- De ce fait, ne soyez pas surprise de ma proposition. Il releva le visage et fixa la jeune guerrière aux deux épées croisées ornant son dos. Demain, aux dernières lueurs du soleil, je partirai d'Hydrasil, les routes seront plus calmes. Ma destination demeure inconnue, mais je la découvrirai ce soir, j'en suis sûr. Ses doigts quittèrent les eaux tranquilles, son bras pendait le long de son corps et quelques gouttes chutèrent, caressant ses phalanges jusqu'aux pavés rosés de la petite place. Je séjourne actuellement à l'auberge de L'archer endormi, et j'y resterai donc jusqu'au lendemain, au coucher du soleil. Si le coeur vous en dit, nous nous y retrouverons à l'entrée. Si vous n'y êtes pas, je partirai seul, espérant que vous viviez votre vie tel que vous l'avez toujours voulu.

Il porta ses doigts encore humide en-dessous de son masque de bois et posa quelques gouttes à ses lèvres, révélant ainsi une eau douce particulièrement traitée, bien différente de celle des sources du sommet des montagnes, mais délicieuse tout de même.

- Si le choix vous est délicat de voyager avec un étranger au visage masqué d'une écorce, dites-vous qu'il n'y a aucun hasard. C'est le destin qui dit, et il en est ainsi.

Il se retourna, rejoignit le banc où il était auparavant assis et reprit toutes ses armes, la faux en sa main, l'arc et le carquois en son dos. Et en s'équipant, il  posa une nouvelle et dernière question à la jeune et grise éladrinne.

- Et si un jour vous vous égarez, posez-vous cette question ;
Que pourrais-je apporter aux autres ?  Alors, vous retrouverez votre chemin.


Et le jeune Khalän Sulimë, avant de s'en aller, inclina légèrement la tête en signe de respect, et offrit une dernière lueur de bonté en lui souriant sans qu'elle ne le sache. Et l'être meurtri s'engouffra dans une ruelle et disparut, telle une ombre, tout simplement.






Like a Star @ heaven~ Royaume des Humains ~ Bélin ~ Port de Bélin ~ Sur le ponton écarlate ~


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MessageSujet: Re: La fontaine aux murmures   Mar 2 Sep 2014 - 16:38

Elle laissait son esprit vagabonder littéralement. Dans cet espace si vaste, ce surnom qu'elle lui avait donné la faisait se souvenir de nombreuse choses. Elle était vieille, bien plus vieille que lui et les souvenirs lui revenait par bribes un peu trop successive en vérité. Tellement d'événement était survenu pour changer sa vie, pour la modifier de façon plus certaine, pour rendre sa vie différente de celle qu'elle aurait pu être. Ces événements étaient-ils bon ou mauvais ? Là n'était probablement pas la question. La question était surtout ces événements finirait-elle par les accepter pour ce qu'ils étaient ? Cette question là avait bien plus de valeur et demandait bien plus de réflexions. Alors qu'il parlait de ce qui l'avait amené ici, amenant alors une question. Question à laquelle elle ne pouvait pas réellement réponse vu qu'il reprit la parole. Son discours était trop structuré, pourquoi L'Éladrine n'aurait-elle pas pu le croire ? Il toucha alors à nouveau l'eau, la faisant doucement onduler. Reprenant la parole. Lilandrile avait l'habitude d'écouter aussi ne dit-elle rien d'autre, se contentant de prendre acte de ses paroles. Les paroles pleines de mystères n'étaient-elles pas réservé d'ordinaire aux vieux Éladrins plein de sagesse ? Cette pensée fit sourire la jeune femme. La proposition était tentante, non seulement parce qu'elle n'avait rien de prévu réellement, mais aussi et surtout parce qu'elle sentait dans l'air que s'était ce qu'elle devait faire.

Laissant à Khalän le soin de reprendre une nouvelle fois la parole. Elle secoua doucement la tête à ses paroles. S'il savait seulement ce qu'elle avait vécu, peut-être ne serait-il pas si prompte à dire ce genre de chose, peut-être comprendrait-il qu'elle n'avait pas réellement de choix délicat. Elle prenait ce qui venait, vivant au jour le jour, ne cherchant pas à savoir, tentant de comprendre le moment présent et ne tentant pas de déchiffrer ce qu'elle ne savait pas. La vie apportait toujours son lot de mystères, elle était l'un d'eux probablement. Sa dernière phrase par contre la fit sourire un instant. Une question qu'elle se posait depuis bien trop longtemps et pourquoi contrairement à ce qu'il disait, la jeune femme n'avait encore pas retrouvé son chemin. Une chose étrange que la pensée humaine tout de même. Chacun d'eux pensait différemment et pourtant, alors qu'il paraît, l'herboriste s'assit tranquillement sur le rebord de la fontaine. Touchant de ses longs doigts agiles la surface de l'eau. La grâce des Éladrins, elle la possédait naturellement. L'eau se tortilla doucement sous son toucher, doux, tranquille et finalement lorsqu'il eut totalement disparu de son champ de vision, elle prit doucement la parole.


« Vous croire ne serait pas si compliqué que vous le pensez. La vie nous réserve bien des mystères, des événements qu'on ne voudrait pas voir venir et qui finalement vous son balancer en pleine tête comme si cela n'était rien. J'ai vécu plus de vie que vous ne pourrez en vivre. Je vivrais encore lorsque vous serez mort. Ce que vous appelé souvenir ne représente que des jours pour moi. Votre mémoire est plus courte que la mienne et pourtant vous êtes à même de parler tel un sage. C'est étrange. »

Elle porta son regard vers la voûte étoilée.

« Si peu de temps, vous vivez comme si chaque jour était sans lendemain. Votre vie est tellement courte que je me demande souvent comme vous faites. Mais la réciproque doit probablement être vrai. Notre vie est si longue qu'on se demande probablement comment nous faisons. Nos souvenirs sont tel des livres des temps passés. Vous parlez de destin, mais c'est bien nous qui choisissons notre route. Sans notre choix y aurait-il même un destin ? Ce sont là des questions que je me pose constamment. »

L'herboriste reprit pied sur terre tranquillement et finalement répondit à sa dernière question.

« Je ne peux apporter que de la cendre. Mon cœur s'est consumée il y a longtemps et visiblement le vôtre n'est pas dans un bel état. La vie ne nous laisse pas toujours le choix. Si certains sont heureux, d'autre sont visiblement voués à quelque chose d'autre que le bonheur. Je ne pourrais jamais retrouver mon chemin parce que je sais qu'il ne me guide pas vers un endroit que je veux retrouver. Je ne veux pas couvrir ceux qui m'approche avec les cendres de mes sentiments, les cendres de mon passé. »

Elle baissa la tête vers le sol. Ces paroles, jamais elle ne les avait prononcés à voix haute. Des paroles dures, mais réelles.

« Je viendrais. Je serais à l'archer endormi demain au coucher du soleil. Pas parce que le destin en a décidé ainsi, mais parce que j'ai fais ce choix. Parce que j'ai décidé de ce que je voulais faire. Alors à demain. »

Et sans se retourner, elle se le va et reprit la direction de son auberge. La nuit portait conseil, sauf qu'elle n'était pas du genre à dormir beaucoup. Ce n'était pas très grave en vérité, mais elle était impatiente de connaître la suite des événements. Cela pourrait être intéressant qui savais !


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MessageSujet: Re: La fontaine aux murmures   Aujourd'hui à 7:49

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La fontaine aux murmures

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