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 Le hasard n'existe pas, enfin, pas cette nuit là! [pv Zakaerii]

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Lilith Perce-Neige
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MessageSujet: Le hasard n'existe pas, enfin, pas cette nuit là! [pv Zakaerii]   Jeu 1 Mai 2014 - 20:03

1er jour de Brives, 16ième année de l’ère du Second souffle
À la frontière nord de la Norpalie
Temps dégagé mais venteux
Environ 15 heures 30 minutes


Je n’ose franchir cette limite invisible séparant ma terre natale à ces étendues de poussière sans fin. Et je ne suis pas la seule, ma belle Orphéliss martèle le sol et rouspète à sa façon tandis que le vent devenu tiède fait valser mes cheveux et ma cape tandis que je scrute l’horizon à la recherche de mon courage. Si ce n’eut été de cette missive de la Confrérie, je serais encore bien au froid sur les routes de neige à découvrir d’autres talents, d’autres âmes valeureuses…Mais mon engagement envers mes confrères et mon dévouement pour ce qui est juste me pousse à obéir, me donne une raison de le faire.

« Allons ma grande, nous serons revenues d’ici deux ou trois semaines, ne fais pas cette tête c’est déjà assez difficile comme ça. Et par Litrish cesse de grignoter mes cornes!! »

Elle a désormais cette fâcheuse habitude de me démontrer son mécontentement de cette façon et bien que ce ne soit pas douloureux c’est tout de même gênant. Question d’éviter la chaleur du soleil implacable je prends donc la décision de patienter et de voyager de nuit. Pour la première fois depuis longtemps j’hésite puisque je connais les limites et les capacités de mon corps en terrain montagneux et gelé, mais je n’ai aucune idée de ma résistance aux températures élevées.

« Ça aurait pu être pire, tu aurais bien pu être noire ma belle! Bon, profite de ces dernières heures pour dire au revoir à ce magnifique tapis blanc, nous partons au coucher du soleil. »

Je suis résignée mais résolue, ces dunes ne perdent rien pour attendre.

††

Nous nous habituons lentement mais surement à ce sable qui rend chacun de nos pas plus instable que le précédent. Après un moment pourtant j’arrive presque à m’imaginer de la neige sous mes bottes si je garde les yeux fermés, peut-être que je me plains pour rien finalement. En suivant les indications de ma carte nous tombons finalement sur ce qui me semble être une route, je distingue même quelques empreintes de pas, plutôt larges en fait.

Après deux bonnes heures je décide de faire un petit bout de chemin à pied pour éviter à ma grande fille aux yeux bleus de travailler pour rien. Depuis le temps, mes jambes sont endurcies je n’ai donc aucun problème à marcher sur de longues distances. Soudain je perçois une lueur à moins d’un kilomètre devant nous non loin de la route. Je décide de rester sur mes gardes sans pour autant jouer les paranoïaques, je n’ai pas l’habitude de m’affoler, de toutes manières. 

Je distingue désormais une silhouette qui semble assise près d’un petit feu de camp. Cependant il ne s’agit vraisemblablement pas d’une femme, ni d’un homme…Est-ce donc un de ces hommes-félins? Je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’échanger avec l’un d’eux et cette éventualité me plait beaucoup, encore faut-il que je calme mon adoration des bêtes pour le traiter comme un Homme et non comme un vulgaire chat. Je souris à l’idée de passer mes doigts fins dans son pelage fourni…Non mais quelle enfant.

Je m’annonce avant d’arriver à sa hauteur même si je crois fortement qu’il ait d’ores et déjà détecté notre présence. Il n’a pourtant toujours pas bougé d’un pouce, serait-il en pleine méditation?

« Pardonnez-moi, je voulais simplement éviter de vous faire sursauter... »

Arrivée tout près de son campement je le distingue très bien à présent. Sa fourrure blanche est parsemée de rayures et de taches noires, il est vraiment fascinant. À peine ai-je débuté mon examen qu’il ouvre les yeux avant de lever la tête vers moi. Apparemment il a un œil de blessé puisque il est couvert mais le deuxième ne se gêne pas pour me scruter de bas en haut, sans malice pourtant. Sa pupille verticale est pratique totalement dilatée ainsi exposée à la faible lueur des flammes tout près, je distingue donc avec difficulté la couleur de son iris. Il m’a l’air amical, je m’approche encore un peu.

« J'espère que je ne vous interrompt pas, je me nomme Lilith, brave Suli. Ce n’est pas dans mes habitudes de demander cela mais…Puis-je me joindre à vous quelques minutes? Question de prendre un peu de repos avant de reprendre la route. »

J’oublie parfois que mon apparence n’invite pas nécessairement à l’accolade, mais il ne semble en aucun cas effrayé ou dérangé, simplement curieux. La curiosité, c’est bien. Il remarque bien vite l’arme imposante accrochée sur le flanc droit de ma jument, mais son attention revient bien vite sur moi, l’inconnue à la peau grise qui l’aborde sans raison apparente. Encore une fois je laisse mon instinct me guider, ce Suli dégage une énergie semblable…Semblable à la mienne?
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Zakaerii
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MessageSujet: Re: Le hasard n'existe pas, enfin, pas cette nuit là! [pv Zakaerii]   Lun 5 Mai 2014 - 6:07

Le désert… Etendue vaste et implacable pour celui qui s’y déplace sans se préparer. La chaleur y est souvent insupportable de jour et, aussi étonnant que cela peut l’être, elle n’a d’égale que la fraicheur qui peut étreindre les dunes au milieu de la nuit. Je n’ai pour ainsi pas réellement l’habitude de me frotter aux températures les plus chaudes mais l’itinéraire que l’on m’a indiqué passe par beaucoup d’oasis. C’est ainsi que les routes dans le désert peuvent prendre forme et l’on avance, d’oasis en oasis, d’un point d’eau à un autre. J’avais progressé de cette façon pendant la journée, quittant mon bivouac de la nuit précédente en direction du suivant. Je ne savais pas trop ce que je cherchais réellement dans cet endroit, mais c’était la piste que je semblais devoir suivre. J’avais appris à me fier aux signes de Revoran, sans réellement chercher à les comprendre, ou, plutôt, sans réellement chercher à comprendre les raisons qui pouvaient se cacher derrière. Peut-être voulait-il me guider quelque part ? Après tout, les montagnes de la Norpalie n’étaient plus très loin après le désert. Pensait-il que j’étais digne de revenir vers les miens ? J’en doutais. Mais s’il devait m’en estimer digne, je ne tournerais pas les talons. Néanmoins, il pouvait aussi simplement vouloir me mener ailleurs ou me tester, d’une façon ou d’une autre. Il était inutile de chercher les raisons, elles m’apparaitrait bien assez tôt. Ma Foi me suffisait à comprendre que je devais suivre le chemin sans reculer car, de toutes façons, il n’y avait rien d’autre à faire. Certains auraient certainement pensés qu’il n’y avait qu’un idiot pour suivre un signe et le suivre sans autre forme de procès, mais ils ne partageaient pas la même force de Foi que moi et même si cela ne faisait pas forcément de moi une meilleure personne, cela changeait tout sur la manière de voir les choses…

Le vent s’était levé vers la fin de matinée, diminuant légèrement l’effet du soleil et de la chaleur. Néanmoins, l’air était sec et charriait avec lui une quantité impressionnante de poussière, ce qui n’avait rien d’agréable et je veillais à marcher, lorsque c’était possible, dans le sens du vent pour ne pas avoir à subir ses assauts frontaux. La prochaine oasis était à un peu plus d’un jour de marche dans des conditions idéales. Avec ce vent, je savais déjà que je n’y arriverai pas avant la nuit et qu’il me faudrait bivouaquer sur le bord de la route. Ce ne serait pas idéal mais je n’avais pas vraiment le choix. Jusqu’à maintenant, la fraicheur nocturne ne m’avait pas réellement gênée, peut-être parce que je bénéficiais d’un avantage non négligeable en matière de fourrure, même si, je devais l’admettre, cela n’avait rien d’utile en pleine journée. Suivant une route trahissaient quelques passages récents, je faisais attention à ne pas perdre ma direction. Les repères pouvaient souvent manquer dans les étendues comme celles-ci et, à part le soleil, ou les étoiles la nuit, il n’y avait pas grand-chose pour indiquer le chemin à des voyageurs égarés. On pouvait parfois croiser une caravane mais cela n’avait pas encore été mon cas pour le moment. De toute façon la solitude me convenait parfaitement et marcher dans le désert était supportable, du moins pour le moment. Tant que je ne me perdais pas et que je rationnais convenablement mon eau et mes vivres, je n’avais aucune raison de ne pas trouver ce voyage passionnant. Il était vrai que se perdre ici aurait été des plus… malvenus. Je tâchais néanmoins de chasser cette idée de mon esprit.

Quelques heures plus tard, alors que le crépuscule quittait lentement l’étendue aride, j’avais décidé de m’installer non loin de la route, à l’abri d’un petit monticule rocheux. L’excroissance terrestre n’était pas la seule des environs mais elle était suffisamment grande pour m’offrir un abri du vent et un appui modeste mais bienvenu. Après un petit tour pour récupérer du bois mort, et donc sec, j’entrepris d’allumer un feu qui me permettrait de passer la nuit sans être trop au frais. Je bus quelques gorgées d’eau et mangeais un peu de viande séchée ainsi qu’un peu de pain. Il était un peu dur mais faisait l’affaire. Je me laissais aller ensuite à la méditation, n’interrompant mes pensées de temps à autres que pour glisser un peu de bois dans le foyer afin d’entretenir les flammes. Ce n’est que plus tard que je sentis une présence non loin, un regard en biais, sans bouger, m’indiqua que quelqu’un approchait, sans chercher à se cacher, signe qu’il ne fallait pas nécessairement sans inquiéter. Les voyageurs n’étaient pas rares… Je décidais de rester tranquille jusqu’à ce que l’inconnu, ou plutôt l’inconnue, ne finisse par arriver tout près, s’arrêtant à quelques pas, apparemment accompagnée d’une monture à en juger par le bruit des pas que j’avais pu entendre depuis quelques temps. Je posai finalement mon regard sur elle tandis qu’elle venait de prendre la parole. Ses longs cheveux blancs me frappent autant que sa peau grise et ses cornes. Cela aurait certainement dû me surprendre mais les Tiefflins sont comme les Sulis, rares peut-être, mais connus. En tout cas, elle n’a pas l’air de vouloir chercher querelle, ou du moins pas tout de suite, même s’il n’est pas difficile d’imaginer qu’elle n’est pas du genre à se laisser faire. Son armure et l’arme qui est accrochée à la selle de son cheval en témoignent d’eux-mêmes. J’espérais cependant qu’elle n’avait pas affronté la chaleur du désert dans cette tenue…

Après un coup d’œil global dont elle ne sembla pas me tenir rigueur, je reposais mon regard dans le sien. Le rouge contrastait avec ma propre couleur d’iris, même si elle ne devait pas en distinguer grand-chose. Je restais silencieux quelques instants tandis que résonnait encore dans mon esprit sa demande. J’esquissais ensuite un léger sourire et lui indiquait d’une main ouverte l’ensemble de la place libre près du feu. « Je vous en prie, faites comme chez vous Lilith. » Tandis qu’elle s’installait, je pris une branche de bois sec et la fourrait dans à la base du feu avant de refermer les yeux. Puis, je me souvenais qu’elle s’était présentée et qu’il était raisonnable de faire de même. « Je me prénomme Zakaerii, mais je ne vous en voudrais pas si vous préférez m’appeler Zak’. » C’était un raccourci que mes parents avaient l’habitude d’emprunter, peut-être parce que cela sonnait un peu plus « humain ». Peu importait véritablement car cela appartenait bien trop au passé. Peut-être pourrais-je passer chez eux lors d’une halte à Varak… Je n’étais pas sûr du bien fondé d’une telle action mais je savais qu’ils en seraient heureux. Essayant de me soustraire aux souvenirs de mes parents adoptifs, je rouvris les yeux pour observer mon invitée-surprise. Je savais qu’il était d’usage d’échanger quelques mots mais je n’étais pas certain de vouloir entamer une discussion, car, le plus souvent, une question posée à quelqu’un était suivie par la même question posée à soi-même. Le silence ne me dérangeait pas, mais ce n’était pas le cas de tout le monde. Et puis, généralement, la curiosité finissait toujours par l’emporter, d’une manière ou d’une autre.
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Lilith Perce-Neige
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MessageSujet: Re: Le hasard n'existe pas, enfin, pas cette nuit là! [pv Zakaerii]   Sam 10 Mai 2014 - 20:02

« Zakaerii me convient tout à fait. Je trouve l'utilisation des diminutifs malpolie. » rétorquai-je alors en prenant place à quelques pas de lui.

 Il s’en retourne ensuite très aisément à sa détente, c’est un comportement auquel je ne suis pas habituée, en fait, de la part des autres. Cela me surprend autant que cela me plait, je peux donc prendre quelques minutes pour moi également. Ce que je fais, ressentant un regard posé sur moi par moments et jetant moi-même un coup d’œil furtif de temps à autres. Faute de discuter je me contente d’écouter sa respiration qui se fait de plus en plus lente, sans doute médite-t-il tout comme je le fais si souvent…Après une prière en bonne et due forme je me décide finalement à parler.

« Votre peuple me fascine, de par sa nature sauvage et de par son lien avec Ëyà. Vous dégagez une majesté et une force incontestables, mais je sais que tous ne sont pas de mon avis et je le déplore, mais en même temps j’espère que vous ne les écoutez pas, ils ont peur. Regardez-vous, vous ne me craignez pas et pourtant la majorité des gens me fuient ou me lancent des regards haineux et je ne peux les en blâmer, après tout je n’ai pas l’avantage d’un minois angélique ou d’une fourrure soyeuse pour plaider ma cause. »

Je ris brièvement en regardant les flammes puis finalement le ciel étoilé avant de poursuivre. Le fauve n’a pas bougé mais je vois par son regard que j’ai toute son attention. J'espère ne pas l'avoir vexé avec ma curiosité et mon opinion sur ceux de sa race bien que je n'avais aucune pensée péjorative à leur sujet. Cependant on m'a souvent reproché de dire des choses qu'il est préférable de garder pour soi, cependant je n'ai jamais pu me résoudre à faire autrement. Selon moi tout peut être dit avec le ton approprié.

« Enfin bref. Vous êtes originaire des montagnes de Norpalie vous aussi ? Votre pelage vous trahis j’en ai bien peur. Quant à moi je suis née à Quiétude et j’y ai passé une grande partie de ma vie avant de finalement prendre la route pour honorer certains engagement…»

Je n’ose parler de la Confrérie pour le moment, qui sait ce que son silence recèle. Nos regards se soutiennent désormais, il a piqué mon intérêt et moi le sien. Ma brave jument vient me pousser gentiment l’épaule avec sa grosse tête, elle est sans doute jalouse. Je lui rend sa caresse avant de poursuivre. Apparemment j’avais un besoin de compagnie bien dissimulé, du moins jusqu’à maintenant. Il ne me demande pas de la fermer ou de partir, je considère donc cela comme une invitation à continuer mon monologue. Litrish m’en soit témoin, je me retiens pour ne pas étirer mon bras afin de toucher sa fourrure! Quelle bête, quel homme, enfin il est impressionnant. Son attitude dénote une certaine sagesse et un calme semblable au mien, peut-être a-t-il compris tout comme moi que la dévotion est une liberté et un devoir au même titre que l’équité et la justice?

« Ne vous sentez pas forcer de m’aider mais je dois me rendre dans un village nommé Crépuscule situé non loin du point d’eau le Mirage, vous connaissez un chemin rapide pour s’y rendre? J’ai bien cette carte mais je préfère un deuxième avis avant de me lancer à la conquête du désert. »

Je sors un peu maladroitement ladite carte de la poche intérieure de ma cape avant de l’ouvrir puis de la lui tendre. Sa patte musclée vient se saisir du papier, il semble, contrairement à moi, très doux et minutieux. Je patiente tandis qu’il l’observe un moment avant de me répondre de sa voix atypique mais non moins attirante. J’essaie d’ignorer Orphé qui s’agite les quatre fers en l’air dans le sable tentant bien en vain d’attirer mon attention. Elle ne me l’avait jamais faite celle-là.
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MessageSujet: Re: Le hasard n'existe pas, enfin, pas cette nuit là! [pv Zakaerii]   Mer 14 Mai 2014 - 10:56


« Comme vous voulez. » Après tout, je n’avais pas de préférence sur l’appellation. Elle ne pouvait probablement pas savoir que Zak’ était davantage un deuxième prénom, celui que mes parents adoptifs m’avaient donné, plutôt qu’un simple diminutif et si elle n’aimait pas l’usage de ses derniers, Zakaerii serait très bien. De toute façon, ce n’était là qu’un nom et j’avais déjà eu l’habitude de me faire héler par d’autres sobriquets plus proches de ma nature d’Homme-Félin et bien moins flatteurs, même si, mon chaton pouvait avoir une connotation plus intimiste et agréable, mais, hélas, prononcé avec ironie entre les lèvres d’un bandit, il perdait tout son charme. Essayant d’oublier ce petit incident qui m’était revenu en mémoire, je me concentrais davantage sur moi-même et les quelques rares rafales de vent qui secouaient les pans de mon manteau et la flamme du foyer devant moi. L’abri nous en protégeait pour la plus grande partie, mais le vent était un peu tournant et il n’était pas rare que certaines petites bourrasques ne passe outre la protection rocailleuse de mon bivouac de fortune. Toutefois, cela n’avait rien de désagréable, bien au contraire. Le fond de l’air était encore chaud. Plus tard, il conviendrait de se rapprocher davantage du rocher pour bénéficier d’une meilleure protection, mais il leur restait encore quelques heures. La fraicheur ne frappait qu’au cœur de la nuit dans le désert. Tandis que je me laissais progressivement emmener par mes pensées, vagabondant, une voix me rappela à la réalité. Ouvrant mon seul œil visible, je le tournais vers mon invitée-surprise. Sa louange me fit légèrement sourire. Ce n’était pas courant d’être ainsi adulé par une inconnue, même si nous, Sulis, suscitions souvent une certaine admiration, cette dernière restait souvent muette, présente uniquement dans les regards et non entre les lèvres, ou du moins pas en notre présence.

« J’ai appris à ne pas me fier aux apparences, plutôt à mon instinct, pour juger les personnes et peut-être ne devriez-vous pas ainsi vous dénigrer, votre minois n’est peut-être pas angélique mais il n’a surement pas grand-chose à leur envier. » Après tout, elle n’avait rien d’immonde. Certes, mon objectivité était peut-être un peu biaisée par le fait que je n’avais jamais croisé de ces créatures angéliques dont la beauté semblait être l’unique sujet de discussion des personnes qui en parlaient. Cependant, sans comparaison possible, il me fallait quand même admettre que cette Tiefflin était loin de ces horribles démons des histoires de feu de camp que l’on décrivait souvent comme atrocement laids. « Quant au reste, les gens ont souvent peur de l’inconnu et s’en méfie, peu importe son apparence. Bien entendu, il est plus facile d’avoir peur d’une bête à poils ou à corne… » La différence était toujours un motif de rejet, mais, hélas, il était difficile de lutter contre. Les préjugés avaient la vie dure. Un léger sourire sur les lèvres, je refermais les yeux. Je songeais à nouveau à cette façon avec laquelle elle venait d’avouer sa fascination pour les Sulis. C’était… inattendu. Quelques instants plus tard, le silence se brise de nouveau. Je tourne légèrement la tête en apprenant qu’elle vient de Norpalie. Voilà qui est… intéressant. « Peu font attention à ce détail, mais effectivement, les montagnes de Fort-Froid sont mon berceau. » Même s’il était rare de croiser des animaux au pelage blanc dans des régions autre qu’enneigées et froides, tous ne semblaient pas toujours faire le lien entre la couleur de mon pelage et mes origines. Ce qui ne me dérangeait pas le moins du monde, après tout, tous n’étaient pas obligés de connaître ce détail.

Je relève mon regard pour observer le cheval de la Tiefflin qui semble chercher un peu d’attention de la part de sa cavalière. Je souris à cette image, les observant tous les deux. Je reposais mon regard sur l’intéressée alors qu’elle me demandait si je connaissais un chemin rapide pour me rendre dans un village nommé Crépuscule. Avant que je ne puisse répondre, elle me tendait une carte. Me penchant légèrement sur le côté, je prenais le papier d’une patte avant de l’apporter devant moi observant les détails du dessin. Constatant que je ne possédais pas la même, je glissais mon autre patte sous l’un des pans de mon manteau pour en tirer ma carte. Au moment où je la dépliais négligemment d’une main, une bourrasque s’en empara, la soustrayant à mon emprise et l’emportant au loin dans l’obscurité. Observant la direction dans laquelle ma carte venait de s’enfuir, je soupirais doucement. « Bien, bien, bien… » Je posais la carte de la jeune femme sur le sol, entre nous, posant une patte puissante sur une partie de celle-ci, notamment pour éviter un deuxième incident. « La route classique est celle-ci. » Je dessinais du bout du doigt le trajet. « Et si je me souviens bien de ce qu’il y avait sur ma carte, vous devriez pouvoir prendre un raccourci par ici. Le trajet n’est pas indiqué car impraticable pour les caravanes mais un cheval monté ou un voyageur à pied doit pouvoir franchir le passage sans difficulté. » Encore fallait-il que je me souvienne bien, mais, jusqu’à maintenant, ma mémoire ne m’avait jamais trahie. Relevant le regard vers l’horizon, m’assurant que la Tiefflin récupérait son bien sans qu’il ne s’envole, je finis par me résoudre à l’inévitable. « Je vous accompagnerais sans doute, le temps pour moi de trouver une nouvelle carte, la mienne ayant décidé d’aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs. » Un léger sourire étira mes lèvres avant que je ne remarque le numéro du cheval qui, visiblement, ne tenait pas en place. « Votre cheval semble avoir besoin de vous. » J’avais dit cela avec un ton amusé. C’était pour ainsi dire la première fois que je voyais une monture agir ainsi.
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MessageSujet: Re: Le hasard n'existe pas, enfin, pas cette nuit là! [pv Zakaerii]   Mer 4 Juin 2014 - 19:16

Après avoir donné un petit quelque chose à manger à ma jument dépravée et avoir tapoté son cou pâle et musclé, je m’en retourne à Zakaerii qui patiente calmement près du feu. Je le regarde une fois de plus et des dizaines de questions naissent dans ma tête, et plus je l’étudie et moins je peux concevoir son passé. Je n’ai d’autre choix que de le questionner, après tout il est indispensable de connaître un minimum ses compagnons de route.
Je retire ma cape et la majeure partie de mon attirail, je pose le tout sur la pierre froide de cette cavité de fortune avant de prendre place en face du Felidae. Je sens la fraîcheur indocile de la nuit, mais elle ne me gêne pas du tout. Je guette le moment où il croise mon regard de nouveau afin de l’aborder en laissant transparaître ma sincère envie d’en savoir plus. Je vois finalement l’azur de ses yeux de chasseur né, sa bestialité m’intrigue et me fascine.
 
« Orphéliss s’accommodera bien vite à votre présence, elle est un peu excentrique ce soir mais cela ne durera pas. Quant à moi, j’ai envie de comprendre ce qui vous a amené ici, vous, un Suli aux origines sudistes qui médite en cette nuit mordante sur un territoire fait de poussière et d’infinis horizons. Si vous êtes disposé à me raconter votre parcours, j’en ferai volontiers autant. »
 

J’ai assez parlé, je ne souhaite pas que ma curiosité transparaisse davantage au grand détriment de mon immuabilité habituelle. Rien ne presse, mais j’ai envie de me laisser bercer par son récit comme l’est une enfant par les contes et légendes des temps anciens.
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MessageSujet: Re: Le hasard n'existe pas, enfin, pas cette nuit là! [pv Zakaerii]   Mar 17 Juin 2014 - 5:59

L’épisode de la carte était simplement à oublier. Peut-être fallait-il y voir une intervention extérieure mais je préférais simplement mettre ça sur le compte de ma propre négligence. Cela ne m’arrivait pas souvent mais je n’étais pas non plus à l’abri d’erreurs. Me retrouver au milieu du désert sans carte ne me réjouissait pas, mais, dans mon malheur, j’avais la chance d’avoir rencontré quelqu’un qui pourrait au moins me servir de guide le temps de croiser la route d’un autre village dans lequel je saurai certainement trouver quelqu’un capable de me fournir une nouvelle carte moyennant quelques pièces ou un peu d’aide, que ce soit pour des soins ou des travaux manuels. Quoiqu’il en soit, il ne fallait pas douter que Revoran veillerait à ce que je ne me perde pas indéfiniment dans ce désert. Du moins, je faisais suffisamment confiance à ma Foi pour ne pas en douter, après tout, il ne m’avait jamais abandonné pour le moment et il n’aurait pas été raisonnable de commencer à paniquer d’une façon ou d’une autre. Dans le pire des cas, je savais que Varak se situait globalement au nord de ma position, il me suffirait alors de marcher dans cette direction pour finir par retourner à mon point de départ. Il faudrait faire attention à mes réserves de nourriture et d’eau, mais ce genre de détails ne me dérangeait pas une seule seconde, l’habitude de me retrouver livré à moi-même, je suppose. Tandis que l’affaire semblait entendue, je laissais la Tiefflin s’occuper de son cheval avant de replonger à nouveau dans mes pensées, faisant à peine attention aux bruits qui pouvaient avoir lieu autour de moi. Quoiqu’on puisse en penser, ce n’était rien un désintérêt pour la jeune femme, mais plutôt une envie de poursuivre et achever la séance de méditation qui avait été interrompue un peu plus tôt.

Tandis que je trouvais finalement à nouveau un certain calme intérieur, je sentais parfaitement la présence de Lilith non loin du feu, probablement occupée à se débarrasser de sa lourde armure, ou d’une partie de celle-ci. Il fallait admettre qu’elle semblait efficace mais plutôt lourde à porter, aussi les fins de journées devaient être éprouvantes et elle devait probablement sentir une certaine libération à s’en déséquiper lorsque venait l’heure du repos. Je n’avais pour ma part jamais aimé me sentir à l’étroit dans de tels attirails, peut-être aussi parce que j’étais un Suli et que rares étaient les miens qui s’embarrassaient vraiment de réelles armures, se concentrant sur des pièces en cuir, voire légèrement renforcées en métal à l’extrême limite. Enfin, il n’était pas exclu de croiser un jour l’un des miens complètement revêtu de plaques d’armure, même si, au fond, cela paraitrait surprenant. Quelques instants plus tard, je pouvais réaliser que la Tiefflin s’était à nouveau installée près du feu, après avoir prit suffisamment de temps pour mes pensées et pour moi-même, je rouvre les yeux pour les poser sur elle, alors qu’elle me fait face dans une tenue plus « légère » mais qui n’enlève rien à son image de guerrière. Je reste silencieux mais elle brise finalement le silence, évoquant le nom de ce qui se révèle finalement être une jument car Ophéliss sonne de manière assez évidente féminin. Alors qu’elle évoque, sans détour, la curiosité qu’elle possède à mon égard, je reste silencieux, immobile, ne sachant pas vraiment si j’ai réellement envie de confier cette histoire qui est la mienne. Disons que je préfère garder mon passé pour moi-même, à tort peut-être. J’eus néanmoins un petit sourire discret, autant que faire se peut sur le visage d’un Felidae comme moi.

Il est vrai que l’on peut s’imaginer difficilement croiser un félin des neiges au beau milieu du désert, mais les Sulis sont bien plus que de simples animaux et il n’est pourtant pas rare de croiser des Hommes, quelques soient leurs origines, dans des territoires qui ne sont pas les leurs. « Vous interrogeriez vous autant en face d’un Homme des neiges qui fait son bout de chemin dans le désert ? » Mon ton était loin de la réprimande, peut-être davantage sur l’amusement. J’étais conscient de la curiosité que les miens pouvaient développer chez les autres. J’avais depuis longtemps appris à vivre avec. « Comme beaucoup de personnes sur cette terre, je me contente de suivre mon propre chemin. Les neiges éternelles me manquent parfois mais cette terre de poussière et de sable n’est pas dénuée de charme. » C’était la vérité. Même si je n’avais pas spécialement « décidé » de prendre cette route, je savais en tirer d’agréables moments, malgré la chaleur et la désagréable sensation du sable qui s’insinue dans les bottes. « Quant aux raisons qui m’ont poussées à partir, j’imagine que c’est un savant mélange d’envies d’aventures et de découvertes, une quête sans réel but simplement poussée par une main invisible, qu’il s’agisse de celle du destin, ou d’une autre. » Je pensais qu’il était inutile d’être plus précis sur ce que j’impliquais par cette fin de phrase mystérieuse. Quelque chose me disait qu’elle pouvait parfaitement comprendre ce que je voulais dire par là. Cependant, invoquer directement les Dieux, et Revoran plus précisément, ne me semblait pas approprié pour le moment et même de manière générale. La religion avait toujours le don de froisser assez facilement, pour peu que l’on soit face à des « non-croyants » ou simplement des personnes qui préféraient d’autres Dieux. Bien que cela ne soit pas problématique pour moi, certains avaient du mal à imaginer qu’on puisse croire en d’autres divinités que les leurs.
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Le hasard n'existe pas, enfin, pas cette nuit là! [pv Zakaerii]

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