­
 

Partagez | 
 

 Une Aube Nouvelle [4ème Partie - pv Eva]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Une Aube Nouvelle [4ème Partie - pv Eva]   Mar 29 Avr 2014 - 11:10




Je longeais donc le mur du couloir donnant sur nos deux chambres, assurément remontée contre ce subconscient nuisible. Il était mien, cependant. Cela laissait ainsi place à quelques songes quant à mon âme profonde. Pour l’heure néanmoins, j’allais tête basse, poings serrés. J’étais tant et si bien assourdie par ma colère soudaine, que je ne devais pas entendre les pas allant à ma rencontre, et me heurtais de plein fouet à une silhouette qui m’était étrangère. Et alors qu’une main se scellait brusquement sur mon poignet, je laissais un cri passer mes lèvres entrouvertes. Peu de temps cependant à la réaction que l’homme méconnu relâchait aussitôt prise, avant de choir à même le sol. Derrière lui se dévoilait une seconde silhouette : Volathmar. Je restais quelques instants abasourdie. Que venait-il de se passer, exactement ?

Les pas suivants cependant devaient porter jusqu’à moi, et je me retournais en un bond. Eva parvenait jusqu’à nous en une course précipitée, épée en main. Une fois à notre hauteur, son visage parut se décomposer en une expression de stupeur, tandis que ses iris allaient tantôt en direction de l’homme à terre, tantôt à ma propre personne, puis à Volathmar. Si elle crut tout d’abord le malheureux à terre sans vie, l’Eladrin eut tôt fait de la rassurer à ce propos. Précautionneusement, elle venait à bout de ses préoccupations, tandis que des explications devaient prendre place. Je les écoutais moi-même avec grande attention, quelque peu perplexe quant au déroulement de nos aventures.

A en croire les dires de notre nouveau compagnon de route, il était l’heure de prendre nos biens et de quitter les lieux sur le champ. Secouant doucement la tête en guise de négation quant à ses préoccupations dernières, je prenais conscience suite à cela de l’ampleur de la situation. Le nid était pris d’assaut, et nous avions plutôt intérêt de prendre nos jambes à notre cou. Encore une fois. Si cette idée n’avait à nouveau rien pour ma rassurer, j’allais à la suite de la Norpalienne, et pivotais vers la chambre qui m’avait été attribuée, dans l’idée de rassembler mes maigres possessions. Autant dire que je ne devais pas mettre grand temps à l’œuvre. Et aussitôt, je revenais dans le couloir où nous attendait l’érudit.

Je n’étais pas vraiment en mesure de mener à bien quelques raisonnements quant à notre destination à venir, me contentant de suivre mon amie. Des voix, déjà, parvenaient jusqu’à nous, et nous accélérions l’allure alors que nous entamions à nouveau l’ascension des nombreuses marches qui menaient jusqu’au bureau de Volathmar. Pas le temps de respirer que la pièce perdait de son charme serein, brusquement troqué contre un remue-ménage sans précédent, tandis que papiers et meubles allaient choir sans ménagement. A quoi jouait-il donc ? Sommées de nous rendre à ses côtés, je m’exécutais, consciente de l’urgence de la situation. Les secondes passaient, et les opposants venaient inévitablement à nous. Combien de temps encore ? Très peu. La porte s’ouvrait à la volée, alors que deux hommes armés se jetaient jusqu’à nous.

Une enjambée, puis deux. Et un bras qui se scellait sur le mien. Je hoquetais et tentais de me soustraire d’une part à cette emprise nouvelle, d’autre part à celle de Volathmar qui me maintenait à ses côtés. S’il ouvrait seulement les yeux ! Bon sang ! Je protestais sans vraiment savoir à qui m’adresser. Allions nous ainsi périr, sans nous battre ? Puis tout parut basculer…

Le vacarme cédait place au silence. La lueur ambiante du bureau troquée contre la noirceur. La peur contre le malaise. Combien de temps encore ? Une lueur vive et soudaine, qui me poussait à placer mon bras devant mon visage. Juste le temps de m’habituer à cette ambiance nouvelle. Un bras autour de ma taille m’empêchant de choir à même le sol, alors que mes jambes encore tremblantes refusaient de tenir leur office. Puis seulement, j’examinais les environs, alors que mon attention se portait sur ce bras gisant à mes pieds. Cri de stupeur, alors que je tentais une nouvelle fois de me soustraire à l’emprise qui m’était imposée. Sans succès, je choisissais donc de tourner mon attention vers les arbres environnants, sans vraiment parvenir à remettre de l’ordre en mon esprit. J’étais plus pâle que je ne l’avais jamais été, si tant était que cela fusse possible. Comment avions-nous atterri ici ?

La réponse ne devait pas attendre, alors qu’Eva questionnait l’Erudit. Une téléportation ? Paraissant retrouver un semblant de force physique, je parvenais désormais à tenir seule sur mes jambes, et notre interlocuteur relâchais doucement sa prise, me laissant libre de mes mouvements. D’un pas hésitant, je reculais quelque peu, et d’un coup d’œil prompt, je m’assurais du bon état de mon amie. Elle paraissait également plus pâle qu’à l’accoutumée. Visiblement, je n’étais pas la seule à avoir le mal des transports magiques. Néanmoins, elle continuait son interrogatoire, et j’accordais à chaque réponse apportée une attention toute particulière. Je cru cependant flancher à nouveau lors du dernier énoncé. Mille cinq cent mètres nous séparaient désormais de mon père… Une misère en soit. Depuis combien de temps étais-je à se recherche ? Le voici désormais qui se tenait à quelques mètres à peine…

Je ne parvenais à piper mot, abasourdie. Les évènements s’enchaînaient en une vitesse peu commune. Bien trop vite. Je n’avais pas encore eu le temps de digérer les récentes révélations. Comment assumer ces nouvelles ? Je reculais encore de quelques pas, levant les yeux vers ces hauteurs mystérieuses. Qu’importait le danger ? Qu’importait la distance ? Qu’importait tout ceci ?


- Le danger rôde… -


En un état second, je n’étais à nouveau pas en mesure de sursauter à cette intervention, l’acceptant comme acquise et désormais commune. Mais de quel danger s’agissait-il ? Volathmar lui-même nous avait mises en garde contre quelques présences peu commodes. Etait-ce cela, dont la mention était présentée ?

- Ce danger vient d’ailleurs. –


Je pinçais les lèvres, manquant d’exprimer à haute voix un questionnement qui n’avait pas lieu d’être porté aux oreilles de tous. Je ne tenais pas outre mesure à expliquer la raison de mon monologue insensé. Par ailleurs, il paraissait évident que les mots n’étaient pas nécessaires. Tournant les talons, je m’isolais quelque peu, m’asseyant sur une petite roche. Nul ne vint à ma rencontre, croyant bon de me laisser à mes propres songes. Après tout, ce temps ne m’était-il pas nécessaire pour encaisser toutes ces révélations ? Après tant d’années, nous n’étions plus à une ou deux heures près, n’est-ce pas ?

- Détrompes-toi. Il te faut remettre la main sur le Grimoire, car l’homme que tu connais n’est plus. Ce livre corrompt les âmes, là où la tentation ouvre la voie de la démence. L’Eladrin n’a su en assurer sa garde, tu ne peux le laisser s’en emparer à nouveau. Laisse-moi te guider, je t’aiderai. –


Secouant doucement une tête désormais douloureuse, je posais la paume de mes mains sur mes tempes. Cela n’avait aucun sens pour moi. Je n’avais aucune raison de ne pas accorder crédit à l’Eladrin. Nous nous tenions désormais loin des assaillants qui arpentaient encore le nid, et ce, grâce à lui. Ses révélations paraissaient honnêtes et franches, pourquoi en douter ? Je n’étais pas en mesure d’assumer un tel fardeau, et pour quoi le ferais-je ? Incapable d’assurer ma propre survie, comment pourrais-je veiller sur un tel objet, dont paraissait dépendre l’avenir de ces terres ? Improbable.

- Improbable, mais pas impossible. Pourquoi donc accorder tel crédit à cet homme qui aurait pu venir à bout de ces années de peine ? Ce pouvoir… Il aurait pu… Il aurait dû en faire usage ! Comment peux-tu pardonner un tel acte ? Penses à ces jours et ces nuits à croupir dans cette geôle loin de tout et de tous. Combien auraient pu entendre tes cris, chaque jour durant ? Si ange il devait y avoir, où se tenait-il alors, lorsque ton sang coulait pour le seul bon plaisir de tes bourreaux ? Je peux t’aider. Laisse-moi t’aider ! –


Je crispais mes doigts, posant mon front sur mes genoux remontés contre ma poitrine. Ces mots raisonnaient en moi comme une évidence. Quelque chose pourtant me hurlait au danger. Ce danger qui venait de… moi ? Tel un murmure assourdi par un orage, un duel intérieur se jouait sans que je n’en prenne une réelle conscience. Mon esprit était-il donc un champ de lutte ? Qui allait en sortir vainqueur ? Cette petite voix qui me sommait de reprendre le dessus et de cesser instamment cette conversation malsaine, ou ce venin qui me susurrait ces douces insanités. Je perdais soudainement toute notion de bien, ou de mal, tout comme si ni l’une ni l’autre n’avait de sens. Il n’était que des choix, et des conséquences.

- Allons ! Je ne veux que ton bien. Celui de ton amie ! Laisse-moi t’aider ! Laisse-moi vous aider ! -


Que n’aurai-je pas donné pour faire taire cette voix. Que n’aurai-je pas donné pour ne plus ressentir cette pression intenable. Mais une résistance qui n’était pas mienne me poussait faiblement à la raison. Si peu. Pas assez.


♦ ☼ ♦


Je souriais désormais, largement, le regard perdu au loin. Dans mon dos, un murmure. Retrouvant une expression neutre, presque douloureuse, je me redressais et retournais aux côtés de la Norpalienne et de l’Eladrin. Ce dernier m’observait d’un air curieux. S’il savait, il se taisait pourtant. Cela m’amusait, en un sens. Je passais distraitement une main dans ma crinière lisse, bien que mêlée par ces évènements récents. Je voyais par des yeux nouveaux, admirant la cime des arbres. Il était temps de s’équiper, s’assurer lors de l’ascension des derniers mètres. Devant nous, un sentier nous ouvrait la voie. Que demander de plus ? Le soleil resplendissait au-dessus de nos têtes, et en dehors de quelques rapaces en chasse et une brise légère, aucun bruit ni aucun mouvement ne devait nous mettre en alerte. Je ne l’étais personnellement pas, tout du moins.

Parce que j’étais physiquement la plus légère, disaient-ils, je passais en dernier. Eva ouvrait la voie sur quelques directives de l’Eladrin, alors que celui-ci se tenait juste devant moi. Je haussais les sourcils chaque fois qu’il s’en détournait, m’épiant avec insistance. Une énième rencontre, et je lui adressais un sourire, simple, tandis que mon indexe se déposait sur mes lèvres, lui intimant le silence. Il savait, bien entendu. Comment aurait-il pu en être autrement ? Je n’en attendais pas moins de sa part. Je l’avais attentivement observé, étudié. Ce précédent déplacement démontrait l’étendue de son pouvoir. Si j’étais moi-même limité dans mes agissements, je possédais malgré tout un bon moyen de pression, qui devait faire son œuvre, car après un ultime regard mauvais, Volathmar s’en détournait à nouveau et reprenait sa route sans un mot. La puissance du Grimoire allait au-delà de leur entendement. Plus nous nous en approchions, et plus sa puissance raisonnait en moi.

La route devait se passer sans encombre. Il apparut cependant que le temps passant, les éléments devaient peu à peu en venir à se déchaîner contre nous. Et alors que le soleil désormais masqué par de lourds nuages laissait passer un ultime rayon, une averse de neige intense devait prendre la relève. Le vent rugissait dans les arbres, luttant contre notre avancée. Volathmar devait sauter sur l’occasion pour réclamer une halte. Il ne paraissait tout à coup plus aussi en hâte de parvenir à destination qu’il n’avait pu l’être peu de temps auparavant.


« Allons nous abriter. La roche apporte de nombreux abris. Il est inutile de continuer l’ascension en de telles conditions, nous nous épuiserons avant d’atteindre le sommet. Coupe le sentier à gauche Eva, veux-tu ? Nous prendrons ce temps pour nous reposer et nous nourrir. Ce ne sont pas les émotions qui nous manqueront, parvenus à destination. N’est-ce pas, Danaelle ? »


Je lui accordais un coup d’œil inquisiteur et hochais la tête.

« Bien entendu. »


Sur ce, nous allions à la suite de la Norpalienne et gagnions après quelques instants une paroi rocheuse. Encore quelques minutes de marche, et nous parvenions à trouver une ouverture au sein de laquelle nous glisser. Assez large pour nous y installer avec aise tous trois, elle paraissait bien isolée, et laissait seul passer le rugissement du vent, tel un râle mortuaire. Hâtivement, je détachais la corde nouée autour de ma taille, et m’installais à même le sol, jambes croisées. Nous n’allions pas nous envoler ici, n’est-ce pas ? Et puis qu’importe. Je gardais un œil sévère sur l’Eladrin, qui s’activait désormais à sortir deux morceaux de pain sec d’une sacoche glissée sous une lourde cape (au moins devait-elle lui tenir chaud, si tant était qu’il en ait eu besoin). En tendant un morceau à Eva, il laissait le second à ma disposition. Je m’en emparais et le laissais rouler entre mes doigts, distraitement.

« Tebryn… mon père est-il au courant de notre venue ? Quand reprendrons-nous notre route ? »


Je masquais habilement mon empressement, apparaissant comme détachée bien qu’un tant soit peu nerveuse. Mais n’était-ce pas chose normale en ces circonstances ? Qu’étaient ces bardes à côté de mes talents d’acteur ? Je guettais désormais la réponse de l’Eladrin, qui allait de la jeune femme à moi-même en un va et vient pénible. Puis alors, il inspira calmement et prit la parole.

« Evidemment, non. Les évènements ne nous ont pas laissé le loisir de telles formalités. Il sera cependant bien assez tôt en conscience de notre venue, n’aie aucune crainte à ce propos. Par ailleurs, nous reprendrons notre route sous peu. »


Sous peu… C’était vague. Je me redressais et allais m’installer aux côtés de la Norpalienne, lui accordant un mince sourire.

Revenir en haut Aller en bas
Eva Sombracier
Marcheur de tonnerre
Marcheur de tonnerre
avatar
Âge : 29
Philosophie : Égalitaire
Divinité(s) : Revoran & Phélemée
Faction ou Clan : Au service de la Norpalie

Attributs
Races: Norpalien
Réputation:
860/5000  (860/5000)
Adage: Les Hommes de bien ne meurent pas, ils se transforment en espoir
MessageSujet: Re: Une Aube Nouvelle [4ème Partie - pv Eva]   Jeu 22 Mai 2014 - 21:57

Bien que tout cela fût tout à fait extraordinaire, c’était trop beau pour être vrai, trop facile. Je gardai cependant ces pensées pour moi-même, au moins le temps de remettre mes idées en place. Quelque chose hurlait en mon être, ce genre de cri silencieux que l’on ne perçoit qu’une fois que le piège se referme sur nous. Quel piège, quel danger, mais surtout qui ou quoi ruait mon esprit et mon âme de coups de plus en plus insistants..? Seule notre ascension de cette montagne mythique pouvait nous le dévoiler, enfin je l’espérais.

Assise dans cet abri improvisé je grelottai dans mes vêtements humides tout en songeant aux dernières heures. Au départ j’avançais la tête ailleurs encore sous l’effet de la surprise, menant notre petit groupe dans les hauteurs escarpées. Toutefois lorsque je revins à moi, le tableau me semblait différent, l’atmosphère plus lourd et chaque silence plus bruyant qu’une armée de gobelins. Avais-je perdu la raison? Un bout de pain apparu devant moi me rappelant la faim qui me tenaillait, j’avais donc encore toute ma tête et cela me rassurait.

Mes compagnons échangèrent quelques mots, mais j’étais distraite par le bruit du vent et la neige qui se déchainait. Cela me rappelait chez moi et malgré le froid une flamme vint m’étreindre de l’intérieur, je fermai les yeux en souriant. Puis, sans que je ne sache pourquoi, je fus interpellée par la question que Danaelle venait de poser à l’érudit. Ce ton, cette manière de parler, mon amie semblait contenir un certain empressement, mais un empressement…malsain. Comme si elle jouait la comédie, ce qui n’était pas du tout son genre elle qui était si transparente, honnête et sensible. Son père semblait l’intéresser plus qu’à l’habitude, elle qui gardait généralement le silence lorsque les sujets plus difficiles étaient abordés, cette soudaine curiosité maligne me laissait perplexe. Tandis que Volathmar nous regardait tour à tour j’examinai Danaelle qui attendait une réponse.

« Évidemment, non. Les évènements ne nous ont pas laissé le loisir de telles formalités. Il sera cependant bien assez tôt en conscience de notre venue, n’aie aucune crainte à ce propos. Par ailleurs, nous reprendrons notre route sous peu. »

Bien que cette réponse ait été un peu surprenante elle n’avait rien d’étonnante mais pourtant mon amie semblait être restée sur sa faim comme si elle s’attendait à ce que nous repartions immédiatement. Elle s’en retourna expressément à son mutisme tandis que je jetai un œil vers le mage qui leva vers moi une mine des plus inquiétantes. Je fronçai les sourcils, incrédule. Il me désigna avec insistance la jeune femme renfrognée près de lui  avant de rapidement reporter son attention sur ses provisions, et pour cause, Danaelle se levait pour venir prendre place près de moi.

Elle me sourit et je fis de même avant de répondre à Volathmar par un regard tout aussi inquiet que le sien. Je n’étais pas dupe, quelque chose clochait avec mon amie et cela semblait grave au point de retarder notre ascension. Était-ce la raison de cette tension qui se jouait entre Danaelle et le mage? Plus je réfléchissais et moins je comprenais, mais j’avais la désagréable impression que ce silence effrayant s’était de nouveau installé. J’eus peur qu’à cet instant précis les battements agités de mon cœur ne soient perceptibles et qu’ils ne révèlent mon anxiété grandissante. Et Volathmar qui fuyait désormais mon regard, pourquoi donc ne disait-il rien? Avions-nous à craindre pour mon amie? À quoi avions-nous affaire? Si l’érudit avait réponses à ces questions, ce n’était pas mon cas. Faute de savoir quoi faire je me contentai d’agir normalement, enfin le plus normalement possible.

« Hey, tu tiens le coup? » demandai-je gentiment.

Elle leva sur moi ses grands yeux dorés avant d’hocher timidement la tête. J’étais gelée mais mon amie semblait très à l’aise, ce qui était étrange en soi puisqu’elle avait l’habitude de se couvrir pour bien moins que ça.  J’eus pour réflexe d’aller chercher ma fidèle couverture afin de couvrir ses frêles épaules. Elle sursauta légèrement lorsque je la déposai sur elle mais me remercia en prenant conscience du froid soudainement. C’était à n’y rien comprendre. Je fouillai de nouveau dans mon sac posé non loin de Volathmar et je profitai de cette occasion pour lui parler un peu.

« Tout se déroule bien jusqu’ici, c’est stimulant! Nous qui ne cessons de nous retrouver dans des situations désastreuses, ça nous fait des vacances et j’en viens presque à apprécier ce sale temps. Et vous, ça va? Sans  vouloir vous vexer vous n’êtes plus de prime jeunesse, ser Éladrin. »

Il sourit un bref instant, amusé.

« Si vous entendez par là que je suis âgé, je le suis sans doute beaucoup plus que vous, les Éladrins ont une espérance de vie légèrement supérieure à la vôtre, je me porte très bien, merci de vous en inquiéter. »

« Oh, c’est bien vrai. Il faut dire qu’il y a une grosse différence entre ce qui se raconte sur vous en Norpalie et ce qui s’avère juste, alors ne m’en tenez pas rigueur. Puisqu’on en parle, c’est vrai que vous ne possédez pas de petit orteil? Ça semble idiot dit comme ça mais…»

« C’est nous qui sommes idiots! » lâcha-t-il en se levant d’un bond.

Je fis de même en posant ma main droite sur le pommeau de mon arme dans un mouvement incontrôlé.

« Votre lame ne nous seras d’aucune utilité ma chère, à moins que vous ne souhaitiez blesser votre amie. Nous devons la rattraper avant qu’elle n’atteigne Tebryn. »

Danaelle avait disparu par-delà le mur de neige et de vent laissant derrière elle la couverture laineuse.

« Dites-moi tout. »

Soudain le froid n'avait plus aucune importance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Une Aube Nouvelle [4ème Partie - pv Eva]   Ven 23 Mai 2014 - 13:33


Voici qui était me sous-estimer grandement. J’étais plus alerte que jamais. Serein mais sur le qui-vive. Aussi, je captais sans peine ces échanges de regards. Oh pourtant, ne l’avais-je point prévenu ? Sans doute aurait-il mieux fait de se tenir en dehors de tout ceci. Il était pourtant acquis que l’Eladrin ne saurait tenir sa langue bien longtemps. Car déjà en ce modeste abri, chaque silence devenait pesant, lourd de sens. Chaque regard inquiet et interrogateur. Si j’avais jusqu’alors prévu de poursuivre l’ascension à leurs côtés, il me paraissait désormais raisonnable de revoir mes projets. Cette Danaelle était frêle et fragile. Saurait-elle me mener jusqu’à destination ? Saurait-elle braver ces vents violents ? Il le faudrait car je ne pouvais me permettre un nouvel échec. Ca non, pas maintenant, pas si près du but.

Ainsi et par moments, je captais le regard pesant de la Norpalienne. Elle-même se doutait assurément de quelque chose, sans vraiment pouvoir prendre conscience de l’ampleur des évènements. Elle me questionnait par moment, sur quelques notions sans grande importance, et d’un air plus innocent encore, je hochais la tête, lui adressais de minces sourires et laissais cette timidité apparente lui rappeler à sa bonne amie. Alors, sans plus insister, elle se redressait et s’emparait d’une chaude couverture, qu’elle revenait déposer sur mes épaules. Je sursautais légèrement, chaque muscle se tendant un à un. Une seconde, puis deux, et je me détendais à nouveau. Je n’avais pas vraiment froid, mais mes membres claquaient bien à mon insu. Remerciant alors distraitement la jeune femme, je posais mon menton sur la paume de mes mains, et guettais alors le moment propice. Viendrait-il jamais ? Je n’allais pas tarder à le savoir.

La Norpalienne s’en détournait, retournant auprès de l’érudit. Je suivais leur échange, comme qui vieille sur un secret farouchement gardé. Mieux valait qu’il tienne sa langue, encore quelques secondes, tout du moins. Qu’il parle ensuite, si cela lui chante, car voici le moment tant attendu. Je me redressais en une discrétion sans égale, veillant à ce qu’aucun de mes mouvements ne puisse éveiller leur attention. Si cela représentait une manœuvre délicate, elle devait cependant s’avérer plus aisée que je n’aurai pu le croire, car tous deux absorbés par leur échange, je quittais l’abri sans mal, délaissant la lourde couverture au sol. Il était temps de braver la tempête, et de remettre la main sur Tebryn et le Grimoire.

La neige fouettait mon visage, mais je ne m’en souciais pas outre mesure. Je ne ressentais pas la douleur, ou le froid, comme tout à chacun. J’étais en cet endroit et en ce temps, sans vraiment y être. Je devais cependant ménager ma monture, de peur de ne la voir flancher avant destination. Et alors que je la sentais faiblir, par moment, je lui communiquais une parcelle de ma détermination, de ma force. Je la sentais plus hésitante que jamais, depuis que j’avais quitté ses compagnons. Elle ne comprenait pas ma démarche. Comment l’aurait-elle pu ? Elle était naïve, et cela m’amusait par-dessus tout. Il fallait bien cela au moins, pour accorder son esprit à une créature telle que moi. J’avais également mis en sourdine cette présence lointaine, qui l’avait maintenue sur le droit chemin des années durant. Un ange gardien, diraient certains. Il n’était pas de taille, pas face à moi. Qui l’était ? Certainement pas cet Eladrin et cette Norpalienne. Certainement pas Tebryn. Je remettrais la main sur ce Grimoire, que cela leur plaise ou non.

Je n’avais pas tardé à retrouver la piste du sentier, et la suivais tant bien que mal. Mais plus encore que ce chemin dissimulé par une couche de neige nouvelle, c’était le pouvoir qui me guidait. Ce pouvoir. Cette aura qui émanait par-delà chaque obstacle, pour qui savait ou chercher.


« Sois patiente, mon doux agneau, nous arriverons sous peu. Alors tu retrouveras ton père, et vous serez réunis à jamais. »


Mes propos n’avaient pas fait grande preuve d’astuce, mais là n’étaient déjà plus mes préoccupations premières. L’impatience me gagnait à chaque pas plus avant. Je me savais désormais et fort probablement suivi de près, par les deux individus délaissés dans l’abri. Il n’était pas question de me faire devancer, ni même égaler. Je pressais donc le pas, et laissais à la neige le soin de dissimuler mes traces. Une piste cependant aisée à suivre, car l’érudit savait également où chercher. Qu’importe, j’avais de l’avance, et je marchais seul. Un bon avantage en soit car je n’avais à me soucier que de moi-même. J’osais alors espérer que l’Eladrin les ralentisse assez : il n’était probablement plus de toute jeunesse ! La Norpalienne me posait plus de soucis, car elle devait avoir pour habitude ce genre de paysages neigeux.

Quelques mètres encore…

Je lançais de temps à autre un regard en arrière, fébrile. Et alors que je me renseignais une dernière fois sur la position de mes suivants, je me heurtais violemment sur un obstacle. Sur quelques injures bien senties, je me retournais vivement et observais le mur invisible qui se dressait devant moi. Ma main passait à son niveau en une caresse légère, presque douloureuse. Mes lèvres cependant s’ouvraient sur un large sourire. Je ne devais pas mettre longtemps pour comprendre ce qu’il se tramait ici.


« Oh mon cher Tebryn, il t’en faudra bien plus que cela pour m’arrêter… Refuserais-tu le passage à ta propre fille ? Ma chère Danaelle, ce n’est pas le moment de me jouer un vilain tour. Gardes les enjeux bien en vue. »


Et doucement, je prenais du recul, tentant de me dissimuler en quelques recoins de son esprit. Ailleurs et pourtant plus présent que jamais. Il n’était pas question de perdre le contrôle, pas maintenant, pas si près du but. Son angoisse cependant grandissait, et je redoutais qu’elle ne rebrousse chemin. Alors doucement, sournoisement, je susurrais quelques paroles à son oreille, l’invitant à aller de l’avant, un pas après l’autre. Cela devait marcher, ne pouvait que marcher. Son essence reprenait le dessus, et serait probablement à même de tromper la vigilance d’un homme troublé. Elle avançait la main, et je l’encourageais, murmurant toujours à son intention, en une douce mélodie. Il fallait cependant se presser, car rien ne retiendrait mes poursuivants. J’insistais donc, et voici que nous passions un pied, puis un second. Aucune résistance. Je me réjouissais de l’aisance avec laquelle nous étions venus à bout d’un piège si peu élaboré. Tebryn devait avoir gagné en assurance, après tant d’années à l’abri. Et comme un loup bondissant sur sa proie, je revenais à la charge de son esprit, m’imposant telle une évidence. Je remettais main mise sur chaque parcelle de son corps, et nous nous remettions en marche, presque au pas de course, luttant toujours contre les éléments.

Combien de temps avions-nous soutenu ce rythme ?

Je sentais ce cœur en moi battre à tout rompre. Ces jambes trembler. Ces lèvres bleuies par le froid. Et de cet épuisement physique, je sentais également diminuer son emprise psychique. Je n’avais jamais poussé une proie au-delà de ses limites, redoutant les conséquences pour mon propre esprit. Je me sentais cependant grisé par cette sensation nouvelle, alors que chaque parcelle de ce corps paraissait désormais répondre avec plus d’aisance à mes commandes. Jusqu’où aurai-je pu aller ? Je redoutais encore que le corps ne lâche prise avant l’esprit, ce qui nuirait grandement à mes projets. Je repassais donc au pas, et prenais le temps de respirer, tandis que ma main se plaçait en visière. Alors seulement, je discernais une silhouette s’imposer de toute sa hauteur, sombre se détachant entre les flocons vacillants. Et comme si les évènements étaient liés, la neige parut doucement mais surement perdre en intensité et le vent devenir simple brise.


« Salutations Tebryn. Voici un moment que nous te cherchons. Où se trouve le Grimoire ? »


Les contours de l’homme se dessinaient peu à peu dévoilant un visage las et endurcis, accentué par une peau au teint pâle, voire maladive. Ses longs cheveux blonds dépassaient d’une large capuche rabattue sur son visage. Un couleur qui n’était pas sans rappeler la teinte qu’arborait la jeune demoiselle. A la pâle lueur, paraissaient percer deux pépites d’or en place de ses yeux. Enfin, de haute stature (avoisinant le mètre quatre-vingt bien passé), il démontrait un physique athlétique sans cependant posséder les avantages d’une musculature digne d’un grand guerrière. Et ainsi les deux âmes se toisaient, sans mot dire. L’un bras ballants, l’autre jouant avec une mèche de cheveux, qu’il faisait rouler entre ses doigts.

« Ne pourrais-tu au moins dire bonjour à ta fille ? Elle me semble émue. »


Le mot prononcé parut claquer tel un fouet, tandis que le visage de l’homme se décomposait désormais. Quelques enjambées, et le voici qui parvenait à ma hauteur, sa main enserrant mon cou tandis que son visage se parait d’une froideur sans égale. Je souriais pourtant. Si la pauvre Danaelle devait manquer d’air, je me portais pour ma part au meilleur de ma forme. Je ne manquais pas de lui faire part de ces observations, d’une voix faible.

« Continues ainsi… mon bon ami, mais… c’est le sang de ta fille… que tu auras sur les mains. Oh… Voici que tu la terrorise… désormais. »


Et mon sourire s’élargissait, irrémédiablement. Alors un bruit derrière moi, et je changeais subitement d’expression, laissant une terreur feinte peindre mes traits. Empruntant une voix implorante, je laissais alors ce mot unique m’échapper, tel un appel à l’aide.

« Eva… »


Revenir en haut Aller en bas
Eva Sombracier
Marcheur de tonnerre
Marcheur de tonnerre
avatar
Âge : 29
Philosophie : Égalitaire
Divinité(s) : Revoran & Phélemée
Faction ou Clan : Au service de la Norpalie

Attributs
Races: Norpalien
Réputation:
860/5000  (860/5000)
Adage: Les Hommes de bien ne meurent pas, ils se transforment en espoir
MessageSujet: Re: Une Aube Nouvelle [4ème Partie - pv Eva]   Mer 13 Aoû 2014 - 20:46

Sans prendre quoi que ce soit avec nous hormis ma lame et notre empressement, nous nous élançâmes vers les hauteurs sans plus attendre. L’Éladrin m’avait rapidement raconté tout ce qu’il savait à propos de la situation complexe à laquelle nous faisions désormais face et rien n’était gagné. Pourtant j’allais tout tenter pour libérer Danaelle des griffes de la créature, quitte à y laisser la vie.
Le vieillard faisait preuve d’une rapidité étonnante doublée d’une agilité déconcertante ce qui eut tôt fait de m’arracher un sourire. Les traces de notre amie n’étaient plus visibles désormais mais cela n’avait aucune importance, nous étions arrivés. Malgré les avertissements de l'érudit je fus saisie d’effroi à la vue de la scène qui se jouait devant nous. Son visage bleuit par le froid m’implorait de lui venir en aide, mais la main gantée de l’Éladrin m’en empêcha.
 
- Tebryn, lâchez-là! Ne vous laissez pas submerger par la colère, c’est votre fille qui souffre et la créature qui se délecte! Reprenez-vous par les dieux!
 
Mon cœur battait la chamade tandis que ma mâchoire se serrait douloureusement en tentant de contenir une soudaine montée d’adrénaline. Aasimar ou pas ce Tebryn allait bientôt goûter de ma lame s’il ne se décidait pas à relâcher le cou de mon amie. Cette dernière se mit à m’implorer d’une voix plaintive et effrayée, mais Volathmar me fit comprendre d’un simple regard que je devais à tout prix ignorer ces appels car le démon aurait tôt fait de s’en servir à son avantage. Heureusement le si mystérieux Tebryn relâcha finalement sa fille en reculant d’un pas.
 
Il eut un moment de silence où plus personne ne bougea et où le vent se tût également. Puis un rire surnaturel s’éleva vers le sommet, le démon avait fini de se voiler la face.
 
- Touchantes retrouvailles, non? Quant à elle Danaelle semble un peu déçue, mais ce n’est pas la première fois que tu lui fais cet effet, Tebryn, je me trompe?
 
Je vis le concerné serrer les poings sans pourtant rien répliquer. Il était temps d’agir, ma pauvre complice ne pourrait pas tenir vêtue de la sorte éternellement. Sans savoir si notre plan allait fonctionner, je m’élançai vers Danae pendant qu’elle me tournait encore le dos. Évidemment la créature perçut rapidement mes intentions et d’un geste vif il empoigna la dague de sa prisonnière et la place sur sa gorge en se tournant lentement vers moi arborant un sourire malicieux.
 
- Pas si vite, femme du froid, un accident est si vite arrivé. Tu dois faire comprendre à ces deux imbéciles que si je n’obtiens pas ce que je suis venu chercher cette frêle demoiselle ne verra jamais le jour se lever. Certes, ce serait très fâcheux mais je m’en accommoderais, ce qui ne serait pas votre cas.
 
Je devais conserver son attention sans éveiller ses soupçons tout en évitant le pire à mon amie, bref je devais de faire ce que je n'avais encore jamais fais : parler habilement. Une dernière prière et je fonçai.
 
- Ne t’en fais pas Danaelle, je suis là.
 
Le démon s’esclaffa, apparemment je le faisais bien rigoler.
 
- Oh mais quel soulagement, la valeureuse Eva Sombracier est venue à ta rescousse, ridicule!
 
- Hey toi, je t’ai pas sonné, créature impie. Écoute Danaelle, tu dois essayer de rester calme si tu veux qu’on extirpe cette chose de toi, d’accord?
 
- Ça suffit à présent, Tebryn, le grimoire!
 
- Concentre-toi sur un souvenir heureux, une journée ensoleillée ou une balade à cheval, mais surtout aie confiance en moi, je ne te laisserai pas.
 
Personne ne bougait d’un poil, mais le démon commencait à s’énerver sérieusement. Volathmar ferait mieux d’avoir raison!
 
-  Tais-toi ou je l’égorge!
 
- Pense à nos leçons au grand air, le vent sur la plaine, nos fous rires incessants!

Soudain le démon lâcha son arme et fonça littéralement sur moi, c’était gagné. Un rugissement plus effrayant que tout ce que j’avais pu entendre résonna sur les parois rocheuses alors que mon corps fut heurté de plein fouet. Je percutai durement un rocher et ma vision se troubla, mais je distinguai tout de même la silhouette de Danaelle qui se dirigeait vers moi pour me faire payer mon insolence.
 
Jamais je n’aurais cru qu’un si petit corps puisse déployer une telle force, la puissance démoniaque dépassait l’entendement. Soudain nos regards se croisèrent et je n’y reconnus plus celui de ma compagne de voyage, cela m’attrista et me donna du courage tout à la fois. La créature sourit et empoigna mon cou, je priai alors pour que ce vieil érudit intervienne rapidement.
 
- Vois ce que tu infliges à ta précieuse Danaelle, idiote! Pris pour le salut de ton âme petite sotte!
 
-Et toi pour la tienne, Sacieth, enfant de l’Outre-monde, déclara une voix rauque que j’attribuai aussitôt à Tebryn, Lialthal le Dévoué, manifeste-toi!!!
 
Alliant ses dires avec des gestes il se pencha en un éclair et posa sa main gauche ensanglantée sur le sol enneigé désormais couvert d’inscriptions. Soudain une explosion de lumière envahit les cieux et perça la nuit, je pouvais de nouveau respirer. L’éclat lumineux émanait de mon amie qui flottait à quelques centimètres dans les airs. Je dus fermer les yeux tant le rayonnement était intense, mais mes oreilles percevaient tout de même ce qui se déroulait au cœur de ce halo salutaire.
Des grognements et des murmures s’affrontèrent alors, l’ange devait célébrer sa libération par l’expulsion express de son Némésis du corps de sa protégée. Quelques instants plus tard la lumière se résorba et de nouveau le silence de la nuit s’empara de la montagne mythique. J’ouvris les yeux et abaissai mon bras pour voir apparaître le corps inerte de mon amie ainsi que celui de son père. Était-il mort ou simplement affaibli? Quelle quantité d'énergie avait-il transmis à son serviteur angélique coincé dans le corps de sa tendre fille? Je ne pouvais présumer de rien. Volathmar s’approcha de Danaelle et la souleva délicatement avant de se tourner vers moi le visage impassible.
 
- C’est terminé, du moins pour l’instant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Une Aube Nouvelle [4ème Partie - pv Eva]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Une Aube Nouvelle [4ème Partie - pv Eva]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Une Aube Nouvelle [Danaelle] Partie 2
» Une Aube Nouvelle [4ème Partie - pv Eva]
» [TSW] Test de personnalité de l'Aube Nouvelle
» Les noms de lieux de la commune de Brasparts (4ème partie)
» Un émissaire pour une aube nouvelle [Gligli]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Vallée d'Ildir ::  :: La Goule souriante :: Écrits archivés-