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 The Belonian's Queen ― Zéphira Delsola

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Zéphira Delsola
Dame de Bélin
Dame de Bélin
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Philosophie : Compassion (Loyal, Bon)
Divinité(s) : Litrish, Phélemée et Revoran.
Faction ou Clan : Au service de Bélin

Attributs
Races: Bélinois
Réputation:
2790/5000  (2790/5000)
Adage: « Mon peuple est à part, mais jamais séparé. Libre, mais jamais seul. »
MessageSujet: The Belonian's Queen ― Zéphira Delsola   Dim 27 Avr 2014 - 16:44

Zéphira DELSOLA

The Belonian's Queen would sing as she bathed in a voice that was sweet as a peach...
But the Belonian's blade was made of glass steel and its kiss was a terrible thing.


Genre: ♀
Surnom: Vous entendrez souvent Votre/Sa Majesté ; Votre/Son Excellence ; Votre Grâce ; Madame ; Lady Delsola ; Dame Delsola... Lors d'évènements solennels hors de ses terres elle est présentée comme : "Sa Majesté Zéphira Delsola, fille du roi Lysander, Première Reine régente du Royaume de Bélin".

Âge: 30 ans
Race: Bélinoise

Terre d'origine: Bélin (Hydrasil)
Philosophie: Compassion (Loyal, Bon)

Faction: Au service de Bélin.
Profession: Reine régente du Royaume de Bélin.

Magie  Aucune.

Aptitude(s) particulière(s): Bien que cela soit davantage dû au temps qu'elle peut consacrer à son apparence plutôt qu'à une beauté naturelle, Zéphira est considérée par beaucoup comme particulièrement belle.




Apparence


― « Allons, tenez-vous droite. Vous n'êtes pas fille de paysanne, arrêtez de vous courber comme si vous alliez ramasser des pommes de terre. Très bien, maintenant avancez, le regard droit. Vos mains, Mademoiselle, voyons, vos mains ! Ne les laissez pas se balancer de la sorte ! »


Zéphira pénétra dans le hall avec l'assurance qu'on lui connaissait depuis tant d'années. Elle n'avait pas toujours été aussi sage et sûre d'elle, mais les phrases de son précepteur avaient eu tôt fait de devenir une seconde nature. Sa robe cousue dans les plus beaux tissus du Royaume se balançait d'un mouvement régulier, sa démarche était divine, son dos droit laissait deviner un corsage qui ne pouvait qu'être aussi somptueux et, autour de son cou, était attaché un collier d'or et de rubis si purs que les rayons du soleil eux-mêmes semblaient ricocher à leur surface. Les regards braqués sur elle, ses yeux ne quittaient pourtant pas le bout du couloir, elle paraissait si sérieuse, si détachée, comme enveloppée d'un bouclier céleste : au-dessus de tout, préservée de tout. Malgré tout ce luxe, malgré que tout à chacun la savait intouchable, elle posa un regard humain et bienfaisant sur l'homme qui était venu poser requête. Ses yeux noisettes, sous les rayons perçants de lumière, prenaient une teinte ambrée qui n'était pas sans rappeler les boucles dorées qui descendaient en cascade le long de son visage, celles-là même qui avaient l'indécence de caresser ses épaules nues avant de s'évanouir entre ses seins. Sa main, qu'on ne pouvait que savoir douce et chaude comme une nuit d'amour, écarta un instant le courant de sa chevelure, dévoilant une peau d'albâtre qui, à n'en pas douter, n'avait jamais eu à subir la rudesse de l'hiver ou la chaleur intense de l'été.


Personnalité


― « Par les Cinq que vous est-il passé par la tête ! Demander à votre Père d'offrir deux Bel'or à un manant, et devant toute la Cour de surcroît ! Sa Seigneurie est furieuse, et je n'en suis que plus accablé... Vous ne pouvez pas -vous ne devez pas- agir de la sorte. »


La main de la Reine s'apposa sur la tête de l'homme agenouillé. Ni la crasse qui graissait ses cheveux, ni la poussière qui noircissait sa peau ne parurent l'intimider, sa main alla chercher son menton et, lui frôlant la joue d'un geste presque tendre, Zéphira remit debout le pauvre homme. Elle affirma sa position, croisant les bras devant elle, levant la tête afin que chacun de ses mots portât assez loin, ses yeux balayaient l'ensemble de ses sujets : « Dix Bel'or pour reconstruire son toit. » ; Une somme faramineuse pour une charpente, du coin de l'œil elle vit le regard de son précepteur s'assombrir, devenu vieillard mais pas moins intelligent il devinait bien la revanche qu'elle prenait. L'heureux propriétaire de la bourse se confondit dès lors dans des remerciements qui ressemblaient davantage à de plates excuses, elle le laissa faire, consciente que tout cela faisait parti des protocoles qu'elle apprenait depuis toujours.

Aussi loin que remontait sa mémoire de petite fille, Zéphira se revoyait en compagnie de cet homme qui lui avait toujours paru vieux au possible, celui-là même qui n'avait cessé de lui faire des remontrances tout au long de sa vie. On ne pouvait cela dit lui retirer l'honneur d'avoir fait d'une enfant agitée une jeune femme prête à devenir Reine du Royaume de Bélin. Mais, au fond, l'héritière des Delsola n'avait jamais changé, elle le savait, son for intérieur était resté celui d'une fillette curieuse de découvrir le monde, avide d'histoires de dragons et de prince charmants.
Riche et généreuse depuis sa plus tendre enfance, parfois d'une façon bien singulière, Zéphira découvrira avec l'âge le revers de la médaille : de ses déceptions elle apprendra à être sévère mais juste et de ses victoires tolérante mais autoritaire. De nature douce mais non moins déterminée, la Reine qui sommeillait en elle avait été réveillée au prix de nombreux sacrifices personnels. Aujourd'hui, même s'il lui était impossible de dire avec certitude qu'elle avait eu une enfance, et malgré cette éducation stricte et ô combien solennelle qu'elle avait reçu, elle restait persuadée de sa propre bienveillance et son souci du bien être du peuple n'était un secret pour personne. Elle répéta ainsi sa devise, telle une mantra, que l'ensemble de la salle suivit jusqu'à l'unisson de leurs voix : « Mon peuple est à part, mais jamais séparé. Libre, mais jamais seul. » ; Son regard se posa de nouveau sur l'homme, bossu par l'humilité, qui se tenait devant elle. Il la dépassait d'un bon demi-pied mais la grandeur de la Demoiselle n'était pas dépendante de sa taille, un sourire radieux suffit à lui faire prendre congé. Un servant remit les Bel'or et le paysan disparut par la grande porte.


Histoire


29ème jour d'Autron, 379ème année de l'ère du Grand Cauchemar. Dans une rue humide et cabossée, altercation entre le Roi et une va-nu-pieds.


― « Qui sait combien d'hommes t'ont montée dans les semaines qui ont suivi notre rencontre ! Ce ne peut être le mien. Il n'est tout au plus qu'un agrégat de mille et une semences réunies en un seul corps.
J'ai tenu ma langue Monseigneur, fit-elle plaintive, je le jure. Regardez mes bras, regardez mon dos, voyez comme il n'a eu de cesse de vouloir me faire travailler, voyez comme il m'a punie. elle remontait sa robe tâchée, illustrant de cicatrices ses dires. Cela fait plus d'un an que je n'aie parcouru le corps d'un homme. A la rue, j'ai cru mourir de faim, Monseigneur, je me nourrissais des épluchures des porcs et, aux jours de chance, de viande dont j'ignorai alors la nature humaine. Je vous en conjure, prenez-le, il est vôtre ; A ces mots le regard du Roi s'emplit de dégoût.
Tue-le, je n'ai que faire d'un enfant né dans la fange et nourri de la chair des siens. Quel monstre as-tu essayé de faire !
M'auriez-vous accueillie, mon Roi, si j'étais venue le ventre rond à une audience...! sa voix se brisa de détresse. Vous vouliez un fils : je vous le donne. La maison de maîte Siris m'a chassée, mais elle a toujours su rester discrète à l'égard des hommes qui y trouvent la chaleur d'une femme. Je ne veux ni titre, ni argent, mais je vous en prie, j'ai sacrifié ma vie pour ce Royaume, je l'ai sacrifiée pour lui !
Pauvre idiote ! d'un revers de main il la gifla, l'enfant se mit à pleurer. Jamais il ne sera Roi ! Je veux un fils de ma femme, pas d'une vulgaire catin devenue mendiante !
Vous aviez dit que-
Un mot de plus qui sort de ta bouche et, les Cinq m'en soient témoins, cette abomination ne sera pas la seule à mourir de ma main. Il suffit ! Qu'on en finisse. »

Il empoigna l'enfant par le pied et l'extirpa de l'étreinte de sa mère qui, malgré un cri retenu, ne put empêcher ses lèvres de bouger convulsivement, elle sanglotait en silence. Seul le bébé, que le Roi pendait à bout de bras, émettait un râle gras et aigu qui ne faisait que le répugner davantage. Il arma son bras, prêt à lui fracasser le crâne contre le mur, mais ce qui se passa ensuite resterait à jamais un mystère. Pour une raison que seuls les Dieux pourraient expliquer : l'enfant se tut. Le regard du bourreau croisa alors celui de l'innocent et, jetant aux pieds de la putain trois pièces d'or des différents royaumes, s'en alla avec le bambin lové contre lui : « Aslak. », avait-il murmuré. Littéralement : "Le jeu des Dieux".




4ème jour de Fan, 385ème année de l'ère du Grand Cauchemar. Au Château, le Roi parlant à son Archiatre.


― « Une fille...
Avec tout le respect qui vous est dû, qu'il s'agisse d'une fille est encourageant. Ne vouliez-vous pas promettre votre première fille à votre voisin et ami le Seigneur Jerodian ? Si vous aviez eu un héritier, vous auriez - et à juste titre - désiré une fille. Voilà qui est fait, et ne dit-on pas qu'il vaut mieux trois filles à marier que trois garçons à départager ? Dame Soleyne et vous-même êtes encore jeunes, le temps viendra où les Dieux vous donneront un héritier. Dans le cas contraire Aslak pourrait très b-
Ne me parlez pas de ce bâtard. le coupa-t-il.
Aslak, reprit l'Archiatre, pourrait très bien vous succéder. Qui que fût sa mère il n'a gardé d'elle que le châtain délavé de ses cheveux. Les traits de son visage, sa carrure, sa démarche, n'est autre que la vôtre. Il n'a absolument rien d'illégitime sur le plan physique, Monseigneur. Si je puis me permettre, un mélange de poudre d'orpiment, de chaux vive et d'huile de noix pourra rendre sa chevelure aussi blonde que celle de vos ancêtres.
Avez-vous ne serait-ce que l'idée du prix de l'orpiment et du temps qu'il faudrait pour l'acheminer jusqu'ici ?
Un Alchimiste serait à même de vous le fabriquer avec du réalgar et de l'ignifite.
Des matériaux que nous ne possédons qu'en mince quantité à Bélin, si je dois faire venir des minerais d'à travers tout le pays et en plus payer un Alchimiste alors autant acheter de l'orpiment.
Mes excuses Votre Majesté, il ne s'agissait là que de vous rassurer sur votre potentielle descendance. il s'inclina. Si Dame Soleyne venait à enfanter six autres filles vous n'en seriez pas moins chanceux de toujours avoir une échappatoire.
Si par ces paroles les Dieux décident de me donner autant de filles à marier, je mets votre tête savante au bout d'une pique. »

Inclinant la tête, l'Archiatre disposa. Le Roi traversa le couloir qui le séparait de sa femme et pénétra dans la chambre qui avait été richement décorée pour l'occasion. A son arrivée, tantes, cousines et servantes quittèrent la pièce, dans leur retraite ces dernières ramassèrent à la hâte les serviettes imbibées de sang qui, jetées çà et là, jonchaient encore le sol. Immédiatement le Régent fut frappé par l'apparente noirceur des cheveux de sa progéniture, il crut revoir ce bébé immonde gémissant la tête en bas, ses bras se raidirent face à ce brusque raz-de-marée de souvenirs. Sa femme devinant son trouble lui fit remarquer que l'enfant était encore mouillée, le Roi parut soulagé. D'un geste militaire il plaça sa main entre les jambes arquée de la petite et, écartant son pouce de son auriculaire, dévoila le sexe de l'enfant : il aurait donc une fille. Le prénom de Zéphira ne lui serait donné que deux jours plus tard alors que, depuis sa fenêtre, la Reine surprenait une bourrasque soufflant sur un champ de blé.




Début du mois de Brives, 397ème année de l'ère du Grand Cauchemar. Au Château, la Reine et sa fille.


― « Tu fêteras bientôt tes douze ans, Zéphira. un temps. Le Royaume se remet peu à peu de tout ce qu'il a traversé et les coutumes vont pouvoir reprendre leur place d'honneur. Ton précepteur t'a-t-il parlé de ces coutumes ? un silence en guise de réponse, elle continua. En tant que Princesse de la lignée Delsola ta place sera aux côtés du Seigneur d'un autre Royaume, tu seras Reine, tout comme je le suis aux côtés de ton Père.
On se mariera ?
C'est bien là le but, Zéphira ! dit-elle un rire dans la voix. Tu connais la Norpalie, n'est-ce-pas ?
Tête de lion d'or sur champ d'azur !
Seigneur Jerodian serait fier de tant d'intérêt pour les armoiries de son royaume, Mademoiselle. elle feint une révérence que sa fille imita joyeusement. En l'honneur des batailles livrées lui, ainsi que le Seigneur de Varakir et leurs sujets sont conviés ici-même, à Bélin. Ce sera ton premier banquet en tant que Princesse à notre table et également la première fois que Lord Jerodian et toi vous rencontrerez.
Mère je-
Je ne tolèrerai aucun faux pas, aucune remarque, ni même un seul mot qui pourrait offenser nos hôtes, Zéphira. Ai-je été claire ? La fillette opina lourdement. Maître Hilas  t'apprendras les subtilités d'un tel évènement, rien ne sera laissé au hasard. Ton Père a promis ta main il y a des années, tu te dois de faire bonne impression à ton futur mari, et ce dès le premier regard. Une erreur à un rassemblement aussi important discréditerait le Royaume entier. Va rejoindre Maître Hilas, le plus tôt sera le mieux. elle ne bougea pas assez vite à son goût. Aller, aller ! Tu devrais déjà être partie. Zéphira s'enfuit rejoindre son précepteur. »




Fin du mois de Brives, 397ème année de l'ère du Grand Cauchemar. Au Château, au matin du grand banquet. Zéphira parlant à son frère.


― « J'ai peur, Aslak, pourquoi ne seras-tu pas là ce soir ?... Et si jamais je tombe !... Ou pire, si je bave et que je ne m'en aperçois pas !...
Le Roi et la Reine de Bélin ont promis la main de leur fille aînée au fils du Seigneur de Norpalie : ta main. précisa-t-il tout en appuyant son regard dans celui de sa cadette. Tu es ravissante, Zéphira, le Prince Jerodian ne pourra que t'adorer. D'autant que pas une seule fois son père il n'a remis en cause une promesse faite au nôtre. Et puis, il n'y a que les chiens qui ne se sentent pas baver. ironisa-t-il dans une vaine tentative de la détendre.
De quoi a-t-il l'air ?
Qui ?
Le Seigneur Jerodian, pardis ! Qui d'autre ! s'agaça-t-elle, l'appréhension la rendait impatiente.
Tu le verras, Zéphira, pourquoi cette peur immodérée... Tu sais très bien qu'ils vont tous être annoncés par un crieur, sans exception, comme d'habitude. Cesse donc de repousser le moment où tu devras descendre ces escaliers et va-y ! Nous devons les rejoindre avant qu'ils ne franchissent les portes. ; la fillette entama sa marche.
Je ne suis pas certaine de vouloir me marier. se ravisa-t-elle en faisant volteface.
Ils ne te marieront pas aujourd'hui, cervelle de Suli, ce n'est qu'un dîner. il lui repoussa l'épaule d'un doigt. Et ils ne pourront pas le faire tant que tu seras la seule héritière, le mariage c'est pas pour tout de suite. Dame Soleyne n'est pas tombée enceinte depuis ta naissance.
Pourquoi tu ne l'appelles pas "Mère" ?... fit-elle préoccupée.
Tu sais pourquoi. trancha-t-il. Maintenant allons-y. »

Vêtue d'une robe carmin aux fils d'or, elle descendit prudemment l'escalier de pierre en colimaçon qui reliait la pièce au couloir, suivie de près par Aslak qui était tout aussi richement habillé. Sur le chemin, ils passèrent devant une pièce somptueuse. Ses yeux brillants d'enfant parcoururent la salle, émerveillée, elle sut immédiatement qu'il s'agissait de l'endroit où se tiendrait l'immense réception. Une estrade de deux pieds de hauteur séparerait la royauté du reste de la noblesse, ce détail la frappa. Elle resta un moment figée, interdite, à la vue de cette pièce vide de vie dans laquelle la moindre de ses respirations résonnait à en faire vibrer les couverts d'argent. Aslak la ramena à la réalité en la frôlant, Zéphira lui emboîta le pas et tout deux finirent par rejoindre leurs parents afin d'accueillir les invités. Le Père adressa un regard venimeux à Aslak, persuadé qu'il était responsable de ce léger retard.
Le bruit des sabots se fit entendre, l'imposant cortège ne tarda pas à rentrer dans l'enceinte du Château, au centre d'Hydrasil. Crédule, Zéphira tentait d'apercevoir discrètement le fameux Seigneur Jerodian, qu'elle s'imaginait comme un jeune garçon de son âge, ou peut-être de celui d'Aslak. Ce dernier lui effleura la main pour attirer son attention sur un homme robuste dont la barbe blond vénitien dévorait le visage et ne laissait voir distinctement que des yeux couleur lagune : « Un lion d'or aux yeux d'azur... » ; A cette pensée sa bouche s'était entrouverte, lui donnant un air ébahi qu'Aslak repéra du coin de l'œil et neutralisa d'un coup de coude. Il représentait une montagne, un véritable colosse, pour une fille aussi menue qu'elle. Zéphira retrouva sa concentration et, inopinément, croisa le regard du Prince. Elle se prit immédiatement d'affection pour lui.




Jewuina, jour de Gec, 5ème année de l'ère du Second Souffle. Au Château, Zéphira écrivant une lettre à l'attention du Prince Jerodian.


Pardonnez ces longs mois de silence.

Cette fois je ne m'en vais pas vous instruire des dernières mondanités du Comté de Bélin, ni même vous rappeler nos bonnes récoltes de l'été passé ou encore vous conter la cérémonie ô combien protocolaire de mon couronnement.

Ma plume n'a comme motif que le vent et son brusque retour sur nos terres.

La neige et la grêle qui l'accompagnent me rappellent qu'il ne peut que venir de Norpalie... Et chaque hiver me rappelle Fort-froid comme si je m'y trouvais : aussi mordant que le souvenir de notre dernière rencontre, aussi cinglant que notre séparation. Le givre sur la pierre créer en moi un tourbillon de sentiments qui ne trouvent le repos qu'auprès d'un papier décoré de la noirceur de l'encre, pourvu qu'il vous soit adressé.
Maître Hilas est formel : la nostalgie est devenue chez moi un mal sans remède qui me frappe dès lors que le ciel se charge de la blancheur de l'hiver. Pourquoi toutes ces pensées me traversent-elles avec autant de violence ?

Je pense et repense, je creuse et fouille mon être jusqu'à en tordre l'âme qui s'y trouve, mais j'ai beau chercher à l'expliquer, la décision de Père me perce le cœur d'un million d'aiguilles. Faire de moi la Reine de Bélin était pour lui l'unique moyen de préserver la lignée des Delsola, j'ai été bénie par les Cinq, le prêtre m'a promis un règne étincelant. Mais ne dit-on pas qu'une bougie brille davantage avant de s'éteindre ?...
Père attend tellement de moi. Je sais qu'il voit en ma future grossesse celle de l'héritier qu'il aurait aimé avoir. Ce ne sont pas là des responsabilités auxquelles j'avais été préparée.

Je nourris l'espoir de vous voir revenir en la Cité d'Hydrasil, où j'honorerai alors la promesse du Roi de Bélin à votre égard.

Puisse-t-il y avoir en votre cœur assez de bonté pour pardonner mon Père.
Puisse-t-il y avoir en votre âme assez d'amour pour me pardonner.

A jamais vôtre,
Zéphira.






Un an s'était écoulé depuis qu'elle avait été faite régente du Royaume, deux depuis la décision de son Père concernant son mariage avec le Prince de Norpalie. Malgré tout le souvenir de sa rencontre avec l'héritier des Jerodian la hantait comme un tableau décore une pièce.  
Elle savait que de telles confidences n'étaient pas à mettre entre toutes les mains. Les lettres avaient cette fâcheuse tendance à changer de sens au gré de la voix qui les lisait... Et si Zéphira savait que le Prince de Norpalie n'y verrait qu'une preuve de son amour, elle savait tout autant qu'une autre personne y verrait du désespoir. Elle y apposa le sceau royal et confia son billet au messager le plus fidèle qui, seul, serait chargé de parcourir le mois et demi de trajet qui séparait les deux Altesses Royales.




Demonda, jour de Gec, 5ème année de l'ère du Second Souffle. Au Château, Aslak apprenant l'existence de la lettre.


― « Si Père l'apprend il- d'un regard noir il fut arrêté.
Le seul qui pourrait le lui dire est le Seigneur Jerodian.
Tu n'iras jamais en Norpalie. Et ces lettres sont dangereuses.
Je sais. répondit-elle sèchement à peine eut-il fini sa phrase.
Alors à quoi bon !
Je suis seule, Aslak. Seule ! répéta-t-elle. Ne comprends-tu pas ?... Depuis l'âge de mes six ans Père décline en mon nom les demandes, de chaque prince, de chaque héritier, de chaque maison, qui me sont adressées. Il était persuadé que les Dieux lui donneraient un fils. Aslak se sentit plus bâtard que jamais. Je le vois dans ses yeux. elle se perdit elle-même dans ses visions. La honte, le déshonneur. Chaque fois qu'il dresse son regard sur moi je l'imagine implorer le Seigneur Jerodian d'accepter de renoncer au mariage... Car, malgré sa promesse, je ne pouvais plus partir pour la Norpalie alors que pour lui j'étais devenue la seule personne apte à reprendre le trône de Bélin. les larmes qu'elle retenait la firent s'arrêter brusquement, elle reprit, après une longue inspiration qui parut la calmer. La seule façon pour moi de respecter la volonté de mon Père est d'avoir un enfant mâle légitime. Seigneur Jerodian et Père ont renoncé à ce mariage afin que je puisse régner sur Bélin en tant que Reine. Toutefois, rien n'empêche notre union si l'un de nous se libère de ses fonctions.
Tu n'as tout de même pas mis ça dans la lettre ? Je comprends mieux la présence d'huile de rose près de ton encrier... elle détourna son regard. Zéphira, fit-il comme pour l'appeler, si quelqu'un d'autre que lui vient à prendre connaissance de ce qui est écrit dans cette lettre, et si cette personne comprend la situation dans laquelle tu te trouves, alors tu deviendras la première cible à abattre.
Ç'aurait dû être toi. Aslak la regarda, les yeux ronds. Si Père n'avait pas cet honneur mal placé, tu serais sur le trône. Regarde-toi Aslak, tu lui ressembles comme deux gouttes d'eau, tu aurais été nommé mon frère que personne n'aurait jamais soupçonné quoi que ce fût.
Je n'ose même pas imaginer ce qui se passerait si un bandit venait à s'emparer de cette lettre... l'ignora-t-il. Mais en soi ce n'est pas le plus grave. Le danger réel vient du Château, à cette heure qui te dit que Maître Hilas n'engage pas déjà un mercenaire pour renverser la lignée Delsola...
Laisse donc ce pauvre Maître Hilas
Lui ou quelqu'un d'autre.
Lui ou un autre, il l'aurait fait avant, tu ne crois pas ?
Oui, sauf s'il tient à la sécurité que procure la discrétion. »

Sa tendance à voir le mal dans ce qu'il y avait de plus beau et innocent était davantage dû à un besoin maladif de protéger ce qui lui était cher qu'à une réelle misanthropie. Imbiber une lettre de parfum aux notes fleuries ne constituait aucunement une menace, toutefois il savait sa sœur encore jeune et immature et ce malgré qu'elle tendait à vouloir faire croire le contraire ― et qu'elle y parvenait auprès d'une grande majorité de personnes.
Aslak la mettait simplement en garde de la portée de ses écrits mais Zéphira parut s'inquiéter devant l'alarmisme de son frère. Il la rassura : « Ce n'est qu'un billet, Zéphira. » ; Elle comprenait bien là qu'il lui intimait de ne pas renouveler telle expérience. Elle acquiesça et, d'un geste ultime de tendresse, elle plaqua son visage contre le torse d'Aslak : « J'ai si peur qu'il m'oublie... » ; Il lui caressait les cheveux d'une main absente mais d'une oreille attentive, comme il l'avait toujours fait les jours d'orage et de grand vents.




Courant du mois de Brinhal, 13ème année de l'ère du Second Souffle. Dans les jardins du Château, la Reine contemplant les diverses fleurs.


― « Votre Majesté ?
Maître Hilas ! fit-elle en se relevant. Quel plaisir de vous voir, ne sont-elles pas magnifiques ?
Magnifiques, ma Reine, magnifiques. elle sentit sa préoccupation mais n'en tint pas compte. Puis-je vous parler un mom-
Je rêve d'avoir pareil talent. Que les Dieux bénissent les jardiniers ! Vous rappelez-vous la jeune pousse que l'on croyait desséchée ? J'aurais tant aimé la voir grandir. Quelle taille ferait-elle aujourd'hui d'après vous ? il ravala sa question et répondit.
Parlez-vous de cette brindille que vous aviez demandé à faire ensorceler le jour de votre huitième anniversaire ?... l'éclat dans ses yeux le confirmait. Le Château entier s'est retourné après que vous ayez manifesté le souhait de voir la magie, Mademoiselle. Hélas aucun Mage n'a su faire prendre pied à cette tige brunâtre, la récompense était pourtant à la hauteur du nom de Sa Majesté votre Père.
Oui, je m'en rappelle. elle sourit de nostalgie. N'était-ce pas au lendemain de votre histoire sur les druides de la Jungle Noire ? elle cita, rêveuse. "Et d'un rien, d'une souche, naquit la mangrove." ; Ce passage m'émeut encore après toutes ces années.
Assurément la plus grosse erreur de ma vie. plaisanta-t-il Le Seigneur Delsola me tient encore rigueur d'avoir semé en vous cette graine-ci, surtout quand il a compris qu'elle avait germé. Votre intérêt pour la magie n'a cessé de grandir depuis. un silence, il reprit, l'air grave. Votre Altesse, Jagor a décliné votre offre.
Je sais. son attention se perdit dans les fleurs. Je m'attendais à ce qu'il refuse. Sir Jagor est une personne humble et le Conseil ne lui aurait donné aucune satisfaction. Je voulais qu'il sache que sa parole a pour moi une importance égale à la vôtre. S'il avait accepté j'aurais perdu l'Egide du Royaume et ce n'était pas le but de cette proposition... elle sentit une énième fleur et la cueillit délicatement. Portez celle-ci à un parfumeur et mettez-le en relation avec un alchimiste. J'aimerais en faire mon parfum d'hiver.
Bien Majesté, mais que dois-je dire à Jagor ? Un honneur tel que celui de siéger au Conseil ne saurait être si simplement refusé... il prit la fleur.
Que vous n'aimiez pas les Sulis ne vous dispense en aucun cas de la politesse qui sied à l'Egide. Il n'est ni plus ni moins qu'un chevalier, rappelez-vous en, Hilas. Sir Jagor a fait un choix qui ne me surprend guère, son refus ne m'offense en aucun cas. Remerciez-le de son honnêteté et de sa dévotion. »

Il retint une grimace, s'inclina devant celle qu'il avait vu grandir et disposa.
Maître Hilas n'approuvait pas son rapprochement avec le peuple des "bêtes", pas plus qu'il ne comprenait son intérêt démesuré pour la magie. Cela dit le vieil homme avait plus de chances de battre un taureau à mains nues que d'arriver à imposer ses idées à la Reine. Les seules décisions qu'il parvenait à influencer ― au même titre que les autres Conseillers Royaux ― étaient celles d'importance capitale. Zéphira avait toujours été têtue et ça il l'avait su dès les premières leçons en sa compagnie, en revanche, l'âge lui avait apporté cette capacité à se remettre en question. Stoïque, la Reine n'en restait pas moins à l'écoute et prompte à changer ses décrets pourvu qu'on lui expliquât pourquoi il était nécessaire de le faire.




Demonda, jour de Vur, 16ème année de l'ère du Second Souffle. Au Château, Aslak informe sa sœur de l'enlèvement de sa fille depuis plusieurs minutes.


― « Ils me l'ont prise ! elle ne l'avait jamais vu aussi menaçant. Zéphira tu dois faire quelque chose ! Envoie les gardes dans tout le royaume, jusqu'à Varakir s'il le faut !
Aslak, ça fait plusieurs heures qu'ils sont partis. Tu as toi-même parcouru les vingt miles qui séparent Hydrasil d'Ivacour, on ignore où ils ont pu aller.
Ces chiens de la Confrérie ! Ce sont eux, ce ne peut-être qu'eux ! Je les ferai pendre, Zéphira, tous un par un. Je laisserai leurs cadavres pendre jusqu'à ce que leurs têtes se détachent de leurs corps !
Tu as des preuves de leur culpabilité ?
Des preuves ? Tu me demandes des preuves ?! Ils commettent méfaits sur méfaits depuis des années ! Qui d'autre serait assez téméraire pour oser s'en prendre à la chair de ma chair ! Et dire que ceux que tu as attrapé tu ne leur a même pas coupé un doigt... Leur couper une main n'aurait de toute façon pas suffit, avec eux une seule c'est largement assez pour leur permettre de recommencer ! Vois comment tu es remerciée de ta gentillesse et de ta clémence ! Vois !
Je vais demander à ce qu'on organise une descente dans la Ville-Basse. Les gardes fouilleront la moindre habitation de fond en comble, si elle s'y cache alors ils la trouveront. ; un messager d'Ivacour pénétra en trombe dans le Château.
Monseigneur, monseigneur ! il reprenait son souffle. Peu après votre départ un homme a affirmé avoir été témoin du crime. Selon ses dires des bandits seraient responsables.
Où sont-ils ? Où ! vociféra Aslak.
Il les dit non loin d'Ivacour.
Retourne-y, Aslak. Et sois sans crainte, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la retrouver. »

Les gardes eurent beau retourner sens dessus dessous la Ville-Basse, aucune trace de la fille de son frère ne put confirmer ses suspicions. La Confrérie des rapaces était-elle innocente pour autant ? Zéphira se tortura l'esprit, elle était consciente que l'arrivée des gardes avait dû être traumatisante pour les habitants mais la vie de sa nièce primait sur le reste... La Confrérie y verrait-elle une attaque ? Probablement. Elle espérait que ça n'aurait pas pour effet de multiplier les crimes de la Ville-Basse ― déjà trop nombreux à son goût.
Finalement sa nièce sera retrouvée le lendemain, proche d'Ivacour, indemne mais choquée. Aslak lui fera d'ailleurs parvenir une lettre témoignant de la crainte de sa fille quant à sortir, même accompagnée de ses deux parents. Une réaction on ne pouvait plus logique, le désastre avait été évité de peu. Même si les bandits responsables de l'enlèvement n'avaient de prime à bord aucun lien avec les voleurs d'Hydrasil, à partir de ce jour Zéphira demanda à être informée de chaque crime important où la Confrérie était soupçonnée d'être impliquée.


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The Kindness and Beauty

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Thaom Melcrudak
Fondatrice/Chef du clan Ours-hurlants
Fondatrice/Chef du clan Ours-hurlants
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Âge : 35
Philosophie : Idéalisme
Divinité(s) : Revoran
Faction ou Clan : Clan Ours-hurlant

Attributs
Races: Orc
Réputation:
3020/5000  (3020/5000)
Adage: Mérite mon respect par la bravoure
MessageSujet: Re: The Belonian's Queen ― Zéphira Delsola   Dim 27 Avr 2014 - 17:36

Nous n'aurions pu trouver une personne plus apte à jouer la Dame de Bélin...! J'ADORE, simplement, purement et sans aucun doute. C'est parfait, tout est parfait. Le prince Jerodian, Jagor, la nièce, la Confrérie, l'ère du Grand cauchemar, et tous ces détails, sublime ! 
Ton talent et certain et tes écrits sont fluides et combien complets.


C'est avec une joie non feinte que je te valide sur le champ, bienvenue chez vous, votre majesté ! 
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Zéphira Delsola
Dame de Bélin
Dame de Bélin
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Philosophie : Compassion (Loyal, Bon)
Divinité(s) : Litrish, Phélemée et Revoran.
Faction ou Clan : Au service de Bélin

Attributs
Races: Bélinois
Réputation:
2790/5000  (2790/5000)
Adage: « Mon peuple est à part, mais jamais séparé. Libre, mais jamais seul. »
MessageSujet: Re: The Belonian's Queen ― Zéphira Delsola   Dim 27 Avr 2014 - 18:17

Que dire si ce n'est un immense merci ? Alors...

MERCI !  cheers 

A très bientôt inrp tout le monde, j'ai hâte ! ♥


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MessageSujet: Re: The Belonian's Queen ― Zéphira Delsola   

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The Belonian's Queen ― Zéphira Delsola

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