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 Quand on parle du loup, c'est rarement pour en dire du bien.

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MessageSujet: Quand on parle du loup, c'est rarement pour en dire du bien.   Mer 3 Oct 2012 - 15:49

Branfale venait de débuter, plongeant Ildirith en plein cœur de la saison de la mort. Parcourant la forêt sous les bourrasque du vent matinal, Fergal estimait qu'il n'y avait pas de meilleur saison pour venir rendre hommage à Litrish.
Sans pouvoir dire si c'était sa rencontre avec une Aasimar ou sa récente mésaventure dans les montagnes de Terovia, qui coûtèrent la vie à plusieurs de ses frères d'arme, mais il avait ressentit le besoin de s'éloigner du désert pour se rapprocher de la cité d'argent. C'est pourquoi il s'était aventuré sur les terres bélinoises, vêtu d'une simple tenue en cuir et de quelques peaux, afin de se recueillir devant un autel caché dans la forêt des grands feuillus.

Le fond de l'air était frais, relayant des odeurs d'humus et de bois humide. Resserrant sa cape en fourrure, le jeune Thanatosian continua sa route en s'éloignant du sentier des falaises.
Les pâles rayons du soleil qui dansaient au travers du feuillage flamboyant, multipliaient les ombres mouvantes dans le sous-bois. Parfois, le mouvement de l'une d'elle trahissait la présence d'un animal. Loin de s'en inquiéter, le tiefflin chercha plutôt à se joindre à elles, pour disparaître aux yeux d'éventuels promeneurs.

Finalement, il parvint auprès d'un sobre autel de pierres gravées de signes cabalistiques installé dans une cuvette naturelle. Quelques plumes et ossements de petits animaux étaient suspendus aux alentours, mais c'était certainement les traces de sang sur la table de roche qui étaient les plus inquiétantes.
Pourtant, l'arrache-sable qui avait toujours était habitué aux pratiques des disciples de l'Implacable ne s'en formalisa pas. Œil de Sang ôta sa cape , pour la suspendre à une branche, puis il posa un genou au sol devant l'autel afin de se recueillir quelques instants.

C'est à cet instant que des cris brisèrent le silence de la forêt, se répandant en de confus échos qui inondèrent très vite les environs.
Instinctivement, le défenseur des sables se redressa en saisissant Brise-foi, il était prêt à en découdre avec celui qui venait de troubler la quiétude de ce lieu sacré.

Une fois remonté sur le bord de la cuvette dans laquelle il se trouvait, le guerrier au regard écarlate vit arriver sur lui un homme et un enfant. Ces derniers étaient poursuivis par une meute de loups anormalement excités. L'un d'eux se jeta même sur celui qui courait à sa gauche, plantant ses crocs dans sa gorge et refusant de le lâcher.

    - AIDEZ-NOUS ! AIDEZ-NOUS ! s'égosillait celui qui devait être le père.


Sans mot dire, Fergal leur indiqua un arbre proche dont les branches basses permettaient d'y grimper facilement. Une fois le petit garçon et son paternel épuisé en hauteur, l'arrache-sable s'adossa au tronc afin que les loups ne puissent le prendre à revers.

Un premier animal se jeta sur lui et s’empala presque tout seul sur le fauchard que tendait le tiefflin. Un autre en profita pour essayer de lui mordre la cuisse, mais il se fit simplement broyer le crâne par le pommeau de Brise-Foi.
Pendant ce temps, le père de famille armé d'un bâton de bois essayait d'aider Œil de Sang en repoussant les loups qui passaient à sa portée.

Le descendant du clan Thanatosian remarqua très vite que ses opposants manquaient de hargne. Certains avaient des mouvements désordonnés, ils se mordaient aussi souvent entre-eux qu'ils essayaient de l'attaquer lui, sans parler que le poil du poitrail de certains était trempé de salive.
Tout cela ne laissa que peu de doute au fils de trappeur, qui reconnu immédiatement les symptômes de la rage. Autant dire qu'il fallut peu de temps au Fils de l'Outre-monde pour décimer ces quelques individus malades et affaiblis qui n'en avaient plus pour très longtemps.

Les deux grimpeurs redescendirent de leur perchoir, se confondant en remerciement pour leur sauveur. Si le petit garçon encore sous le choc faisait son possible pour sécher ses larmes, son père, lui, semblait encore très préoccupé. L'explication était simple, son corps portant les stigmates de nombreuses morsures. Sans doute s'était-il fait mordre à plusieurs reprises en essayant de préserver son enfant. Ce qui l'exposait à la quasi-certitude de développer lui même la maladie.

Un échange de regard fut suffisant pour que les deux adultes se comprennent. Œil de Sang s'éloigna donc pour laisser le père parler à son fils. Il en profita pour ramasser la dépouille de l'un des loups et le déposer au pied de l'autel, en offrande à celui qui consolait les défunts. Des pleurs et des hurlements contestataires lui apprirent que le petit garçon venait de prendre conscience de la situation. Le soldat ne s'en mêla pas, conscient qu'il fallait un peu plus de temps à l'enfant pour dire au revoir à son père, ... comme il lui en avait fallut pour dire au revoir à sa propre mère.
Cherchant à gagner quelques précieuses minutes, Fergal dépeça les corps canins qui restaient et conserva précieusement les peaux qui n'étaient pas dépourvues de valeur.

Puis vint le moment de se remettre en route. Quelques pleurs et cris supplémentaires se répandirent dans le sous-bois, tandis que le père se détachait de son enfant pour échanger une poignée de main avec l'homme du désert.

    - Merci... Je n'aurais pas eu le courage de faire ce qu'il faut si j'étais rentré avec lui. avoua le père de famille. Assurez-vous qu'il soit confié à Magda, une boulangère qui travaille à Bélin. Je sais qu'elle prendra soin de lui comme si c'était son enfant. continua-t-il alors que les larmes lui montaient aux yeux.

    - Ne vous inquiétez plus, il sera confié à Magda et l'argent de ces peaux servira à lui assurer un petit pécule. expliqua le guerrier brun en brandissant les fourrures. Quand à vous, vous êtes au meilleur endroit qui soit pour ce que vous vous apprêtez à faire. poursuivit-il en montrant le lieu de l'autel d'un signe du menton.

    - Alors c'est comme ça que je finirai... dévoré par Litrish...

    - L'Implacable ne dévore personne, nous lui appartenons tous et nous retournerons tous dans ses bras. déclara simplement Fergal avec un sourire bienveillant, propos qui ne manquèrent pas d'arracher un dernier sourire à son interlocuteur.


Se saluant d'un dernier signe de tête, les deux hommes se séparèrent. L'arrache-sable attrapa l'enfant de sa main gauche, les peaux de loups sous le bras droit, pendant que le père s'en alla s'affaler sur l'autel en prenant la faucille qui lui servait à couper des branchages.
Tandis que le tiefflin et l'enfant s'éloignèrent, un murmure de lame perforant les chairs se répercuta jusqu'au soldat qui ne l'avait que déjà trop entendu.

Abandonnant la forêt et les corps de ceux qui y reposent désormais, les deux voyageurs arrivèrent à Simpliste où l'on venait de missionner un nouvel homme de culte. Le dernier ayant été dévoré par un dégénéré selon les dires du nouveau prêtre. Le jeune Thanatosian y marchanda les fourrures et s'assura qu'on emmène l'orphelin à Bélin.
Cette nouvelle scène de la rude vie sur le continent en tête, Œil de Sang reprit la route vers Varak, où d'autres loups l'attendaient.
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