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 Aparté

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AuteurMessage
Âge : 27
Philosophie : Individualisme
Divinité(s) : Uria, la déesse des marées et des vents.
Faction ou Clan : Aucune alliance

Attributs
Races: Norpalien
Réputation:
1200/5000  (1200/5000)
Adage: Maître en art martial, possède une vue d'aigle et un sens d'orientation hors du commun.
MessageSujet: Aparté   Mar 3 Jan 2017 - 21:49

Après ce combat sanglant, qui allait probablement entrer dans la légende, je passais le reste de l’après-midi à faire le compte des dégâts et des morts. Heureusement, la Sirène était encore opérationnelle, mais elle avait souffert de cette attaque imprévue, tout comme mes hommes. Beaucoup furent gravement blessés, et plusieurs avaient trépassé. À chaque fois que ce genre d’évènement arrivait, j’avais le cœur ravagé par le chagrin et le remords, mais étant capitaine, je ne laissais rien paraître. La tête droite, j’ordonnais qu’on mette les défunts en mer et après une courte cérémonie, la Sirène continua sa route. Le soir vint et lasse, je me réfugiais dans ma chambre pour me reposer ou plutôt pour ruminer…je pensais à Flynn.  Jalouse et triste, je le revis en train de cajoler cette rouquine et je sentis mon cœur se serrer.  Après une telle bataille, mieux valait ne pas y penser et pourtant…je revoyais encore et encore son regard gris sur elle et son sourire...son si beau sourire. Je soupirais profondément tout en pensant que j’étais folle et que de tels sentiments allaient me rendre malade. Bon sang, pourquoi être à  tel point jalouse? Ne lui faisais-je pas confiance? Après tout, il n’avait pas couché avec elle! Si? Non, non, non…non.  M’exaspérant moi-même, je me secouais ma crinière et je me dirigeais vers mon cellier. Du rhum me ferait le plus grand bien! Eh oui, j’en avais gardé en réserve pour une telle situation. Vu que c’était l’une des seules boissons qui me soûlaient, pourquoi m’en privée?  Non, mais c’est vrai? J’avais perdu des amis, mon navire était en décrépitude et mon amant faisait les yeux doux à cette…cette vulgaire et débauchée créature qui  était juste bonne qu’à s’écarter les jambes avec n’importe qui et n’importe quoi. Comment Flynn pouvait-il s’intéresser à une telle femme? Était-il au moins intéressé ou faisait-il simplement jouer? À cette pensée, j’eus un rire amer…il était digne de sa réputation. Jouer avec le cœur des femmes. C’était tout lui!

Les larmes aux yeux, je me pris à caler ma bouteille tout en fixant Brise qui me fixait. Sentant mon désarroi, ma minette eut un doux ronronnement et elle s’approcha de moi. Sa fourrure vint caresser mon visage et cette caresse me suffit pour me faire flancher. J’éclatais en sanglot tout en la serrant très fort contre moi. Elle se laissa faire et lasse de mon chagrin, elle s’arracha à mon étreinte. « Oui, tu as raison…je dois cesser de pleurer. Les larmes n’arrangent rien…» marmonnais-je tout en essuyant mes joues humides. «Je dois lui parler et mettre les choses au clair avec lui.» Ça ne me tentait guère, surtout que j’étais épuisée, mais je n’allais pas pouvoir dormir si je restais là à boire et à ruminer un chagrin d’amour non fondé. Prenant mon courage à deux mains,  je me levais et je sortis de ma cabine pour grimper au sommet du mât. Soupirant, j’y grimpais lentement, mais sûrement, sans perdre pied. Malgré mon étourdissement, je réussis à rejoindre Gawaël qui s’apprêtait à terminer le quart de l’après-midi. Dès le combat terminé, le Tiefflin  avait repris son poste pour veiller à ce qu’aucun autre navire ne nous attaque. Me voyant arrivé, il eut un petit sursaut de surprise et d’un sourire, il demanda :

- Que me vaut cette magnifique visite, capitaine? Refoulant ma peine, je lui souris à mon tour en répondant :
- J’avais besoin de prendre un peu de hauteur, surtout après cette bataille…tant d’hommes de perdus.
- On est victorieux, c’est ça qui compte, capitaine. Vous n’avez rien à vous reprocher. Ces hommes connaissaient les risques du métier et ils rêvaient tous de mourir pour vous!

Ces paroles se voulaient réconfortantes, mais elles ne me firent aucun bien. Au contraire, je me sentais encore plus responsable de leurs morts. Après tout, ce n’était pas eux qui avaient pris la décision d’aller accomplir une mission suicide pour ces conjurateurs. Si j’avais fait route vers le Bayou, plusieurs de mes hommes seraient encore en vie. Mon cœur se serra à cette pensée et je détournais le regard vers le soleil couchant. « Va te reposer, Gawi. Tu l’as bien mérité» murmurais-je d’une voix rauque sans le regarder. Quand je le surnommais «Gawi» c’était le signe que je fusse soit très heureuse ou très malheureuse.  Présentement,  il choisissait   la deuxième option, mais malheureusement, il ne pouvait rien faire d’autre que d’obéir et de me laisser seule. En silence, il descendit de son perchoir et une fois au sol, il se dirigea vers la cale. Chemin faisant, il rencontra Flynn et s’assurant que personne n’écoutait, il s’approcha de lui en confiant : « Bosco, la Capitaine est au mât de misaine et je crois bien qu’elle a besoin de se faire consoler.» Sans autre mot, il s’éclipsa tout en donnant une tape amicale dans le dos du jeune second…enfin «jeune», le mot n’est pas exact, car celui-ci avait plus d’une centaine d’années. Néanmoins, tous étaient convaincus que Flynn avait environ trente ans ou un peu plus…mais cela n’avait guère d’importance. Pour l’instant, ce qui comptait vraiment, c’était de remonter le moral de leur belle capitaine. Or, celle-ci était perdue dans ses pensées, bouteille en main. Comme une boucle vicieuse, je revis cette journée éprouvante et funeste. D’abord, je revoyais Flynn cajolé Lylim (heureusement, celle-ci s’était montrée discrète), l’attaque de Barbe Jais, le sanglant combat, les morts et la peur moi-même de mourir… le rhum n’aida en rien à soulager ma profonde tristesse, je me mis à sangloter. Ayant besoin de réconfort, je rapprochais mes genoux contre moi et je déposais mon front. Or, à travers mes sanglots silencieux, j'entendis Caleb monter. Dans cet état, je n’avais plus envie ni de lui parler ni de l’écouter. J’avais juste envie de crier : « Va rejoindre ta catin et fou moi la paix!», mais rien ne sortit. Je ne savais même pas si j’avais raison de l’accuser. Entre deux sanglots, je pris une profonde respiration et enfin, je relevais mon regard aigue-marine vers lui;  il était si brillant et si limpide que l’éladrin aurait pu s’y plonger. « J’ai perdu mes hommes…ils sont morts à cause de moi» chuchotais-je la gorge serrée par l’émotion. Je les ai perdus et maintenant j’ai peur de te perdre, toi. Je le scrutais intensément du regard et après un silence, je continuais désemparée: «Lylim…tu l'as désir, n'est-ce pas? Tu semblais t'amuser avec elle...Oh, pourquoi joues-tu avec mon cœur, Caleb?»






Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Aparté

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