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 Les vices de la création

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Eramos d'Irifuse
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MessageSujet: Les vices de la création   Mer 10 Aoû 2016 - 21:15

Tout ce que Lazarus pouvait désormais entendre était le frottement indéfectible du métal de ses chaînes sur la pierre froide et nue de sa prison dorée. Ses détracteurs n’étaient pas des brutes, même s’ils restreignaient sa liberté. Sa salle de confinement était très grande, pareille à la court d’un noble château, où les aristocrates avaient été remplacé par un laboratoire alchimique de qualité supérieure à ce que le Mage ne pourrait jamais s’offrir et toutes les commodités qu’un Suli d’âge vénérable comme lui avait de besoin. La pièce était richement décorée pour maximiser son confort dans son travail, mais sa peur, elle, ne pouvait s’échapper. Elle était liée à sa jambe enchaînée.

Le Felidae à l’allure d’un lynx grisonnant des rudes montagnes de Ragepierre terminait ce que ses geôliers appelaient une «séquence». C’était en fait une drogue qu’on l’avait obligé à créer pour les pauvres gens d’Icavour et des environs. Celle-ci avait des effets dévastateurs et il était terrifié à l’idée de laisser cette abomination aux félons qui l’emprisonnait, mais quel autre choix avait-il? On l’avait piégé et c’était sa seule faute.

Ayant terminé de transvider le liquide noirâtre dans des petites fioles, il les déposa sur la table près de la porte de fer qui gardait son domaine pour ensuite aller près de celle-ci et faire sonner une petite cloche près de la porte. Son son faisait monter en lui à la fois une colère et une peur sans nom, car il avait appris que ce qui arrivait après coup n’était jamais agréable pour lui. Grognant de douleur de se déplacer rapidement à son âge, il s’accroupit pour ensuite se coucher de tout son long sur la pierre glacée, face contre terre.  C’était un exercice difficile pour son âge, mais c’était les règles. S’il n’était pas couché sur le sol avant qu’«ils» n’arrivent, ils l’intimidaient, le menaçaient et, parfois, le passait à tabac. Assez doucement pour ne rien lui briser, car il était une marchandise précieuse, mais assez rudement pour le faire regretter ses soixante printemps.

Il entendit bientôt la porte s’ouvrir rudement et les bruits de pas métalliques de dix hommes rentrer. Lazarus se raidit à cette musique angoissante. Était-il dans une position convenable pour eux ? Avait-il eu le temps suffisant? Où était Jëalaì ? Pourquoi les dieux lui faisait-il subir un tel châtiment ?

Tu le sais. C’est TA faute.

- Relève-toi, vieil homme.

Son échine s’hérissa. Cette voix, il ne l’avait entendu qu’une fois. C’était celle qui avait donné l’ordre de l’emprisonner. Cette voix faussement mielleuse, capable de trancher un homme en deux si elle le voulait. Il n’osait pas se relever.

- As-tu besoin d’assistance pour le faire ?

Il tremblait de rage maintenant. Cela lui donna la force de se relever. Une silhouette féminine emmitouflée dans un manteau sombre le toisait étrangement. Des yeux presque noirs le toisaient son allure décrépie par le manque de soin corporel. Une longue barbe grise lui piquait le visage et ses vêtements richement décorés étaient sales et troués.

- J’ai encore un peu dignité, malgré les apparences, cracha-t-il.

- Bien. Il serait dommage que vous perdiez tout espoir. Vous ne seriez plus d’aucune utilité.

La froideur avec laquelle elle avait prononcé ces mots donna le goût de vomir au vieux Felidae.

- Que voulez-vous encore de moi ?

Un sourire narquois se fit découvrir sur les lèvres sanguines de femme d’une peau d’un blanc de porcelaine.

- Bien des choses encore, Lazarus. Vous et mon employeur avez passé un marché à ce que je me souvienne. Vous deviez vous attendre aux conséquences de vos choix.

La rage montait en Lazarus qui sentait son pouvoir magique la suivre. Son feu intérieur brûlait ses entrailles qui laissaient échapper une douce fumée de ses épaules. La femme pâle sembla s’en rendre compte, ce qui la fit sourire  de nouveau. Lazarus se calma aussitôt. Il ne devait pas faire de bêtise. S’il s’emportait…

- Ma fille…

- … Est en sureté, comme promis. Faite ce qu’on vous demande et il en restera ainsi.

La silhouette dépassa gracieusement le Suli pour aller parcourir le laboratoire. Elle touchait prudemment les différents outils d’alchimie en regardant s’écouler le liquide noirâtre. Lazarus n’osa pas bouger d’un moindre poil.

- Cela fait maintenant un mois que vous faites affaire avec mon employeur et celui-ci voudrait vous remercier. Il me fait quérir à vous pour vous demander ce qui vous ferait plaisir.

- Je veux voir ma fille, dit-il sans hésitation.

- Impossible, les installations magiques ne doivent pas être déplacées sans quoi elle risque de succomber à son mal. Et vous ne pouvez pas quitter votre pièce, c’est l’entente.

Une larme se perdit dans la fourrure grise de Lazarus, une larme qui s’évapora quelques instants plus tard.

- Je veux pouvoir prendre un bain et changer de vêtement. Redonnez-moi ma dignité.

- Accordé.

La femme pâle quitta alors la pièce comme elle y avait entrée, de façon rapide et discrète, pareille à un fantôme. Le silence retombée, Lazarus s’affala par terre, en pleurs. Sa rage et sa tristesse ne faisait plus qu’un. Il avait envie de se venger de ces ordures l’ayant ôté à sa vie et à ses espoirs de sauver sa fille. Ses larmes, bien que nombreuses s’évaporaient avant d’atteindre la pierre maintenant de plus en plus chaude autours de lui. Reprenant sur lui, le Mage se releva et mit son plan à exécution. Il regarda sa table d’alchimie un instant avant de concocter une potion. Une fois fait, il la bu d’un trait et s’affala sur son lit. La transe fit son effet et il tomba dans un rêve semi-conscient du domaine de l’astral. Il envoya son esprit vers la capitale et plus précisément dans la Basse-Ville où il trouva l’esprit d’un de ses plus fidèle allié à ce jour. Il ouvra une conversation télépathique avec lui.

Volathmar ! Aide-moi, mon ami !

TOUT EST DE TA FAUTE. TU ES FAIBLE! REJOINS-MOI!


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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Les vices de la création   Jeu 29 Sep 2016 - 17:03

Musashi eut peine à descendre de la créature ailée. «Les hommes ne sont pas faits pour voler» dit-il, à moitié pour lui même. Les jambes stables comme un bambou en pleine tempête et le courage égaré derrière sa crainte, il suivit ses deux compagnons d’aventure, tentant de préserver son air stoïque habituel. Verali sautillait comme une enfant qui aurait mangé trop de sucreries alors qu’Eramos marchait de son pas habituel, tout à fait normal en apparence. Ils s’étaient posés non loin d’Icavour, dans une clairière séparée du village. Les griffons avaient été renvoyés chez eux, puisqu’il avait été considéré que le voile nocturne leur offrirait la meilleure couverture disponible.

La marche à l’air frais avait revigoré le bretteur. L’air frais lui emplissait les poumons et lui donnait froid. Ce froid le faisait sentir vivant. De se bouche sortait, à intervalles réguliers, un nuage de vapeur blanche qu’il projetait devant lui avec vigueur. Le village était plutôt vide, hormis quelques voyageurs nocturnes, des prêtres et des gens ivres. Eramos était leur guide en ce lieu étranger. Après une brève interaction entre l’homme gris et l'aubergiste, ils se virent donner tous trois une chambre dans une auberge légèrement en retrait du milieux plus populeux. Musashi était fatigué et ne demandait qu’à dormir. Ils se suivirent tous trois dans les couloirs de l’auberge qui avait une forme plutôt étrange. En effet, celui-ci avait, rattaché à son bâtiment principal, deux couloirs qui menaient à d’autres chambres. Ces couloirs étaient séparés d’un jardin. L’auberge ceinturait donc la cour de toutes parts, comme le sont faits les plus luxueux bâtiments hokusois. Quand l’épéiste de l’est se risqua l’oeil en direction du jardin, il s’arrêta net. Elle était entretenue avec une grande rigueur et cela transparaissait dans l’atmosphère qui régnait dans celle-ci. Un gazon bien taillé, un arbre aux couleurs automnales, un sentier de pierres éparses qui menait jusqu’au pied d'un petit saule, sous lequel on trouvait une source thermale, le tout baignant dans un brouillard causé par le choc thermique entre la fraîcheur de l’air et la chaleur du bain naturel. Figé devant la porte qui menait à ce jardin, Musashi, l’air ébahit, avait causé l’arrêt de ses deux compatriotes.

«Qu’est-ce qu’il y a?» demanda Verali, qui n’avait pas regardé dehors

«J’ai envie d’un bain.» dit simplement l’hokusois en préservant son regard sur la promenade de l’auberge.

Verali porta son regard vers l’extérieur et, prenant un air fasciné similaire à celui de l’épéiste, répondit: «Vas-y je te rejoins»

Sans se faire attendre, Musashi mis le pied sur le sol de la cour intérieure et s’avança en direction de la source fumante. Il laissa tomber son sac au sol et enleva son kimono, sans aucune pudeur. Il était seul dans l’âtre naturel et intime, qu’il percevait comme un oasis de sérénité, surtout en cette heure où l’endroit était désert. Il plongea doucement son corps noué dans le bassin vaporeux. Adossé au mur du bassin, détendu par la chaleur de la source et bercé par le bruissement du feuillage sous lequel il se trouvait, l’Hokusois emplit son torse de l’air purifiant qui nappait la cour. Il s’offrait, pour la première fois depuis bien longtemps, le luxe d’un bon bain. Totalement détendu, il dénoua ses cheveux et plongea sa tête dans le bassin. L’eau sur son cuir chevelu lui faisait l’effet d’une divine caresse. Il y avait si longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi plein, aussi complet. Il vivait des aventures avec un homme d’estime et il se sentait utile. Ces pensées lui venaient à l’esprit alors qu’il laissait son corps couler au fond de l’étang tranquille. Quand le souffle lui manqua, il émergea avec douceur et replaça sa chevelure, trempée mais propre, derrière sa tête. Il circula autour du bassin pour détendre sa musculature auparavant tendue. Il n’avait cesse d’inspirer et d’expirer avec profondeur, ce qui précipitait devant lui un puissant souffle brumeux. Alors que Musashi refaisait surface à nouveau après avoir plongé, il aperçu Eramos, entrer dans le bassin à son tour. Le vieil homme à la charpente solide observait le bretteur qui était assis au fond du bassin, ne laissant que son visage, à partir du nez, émergé. Le regard aiguisé mais reposé de l’escrimeur tenait lieu de salutations, salutations qu’Eramos lui rendait de pareille façon. Ils relaxèrent tous deux encore un petit moment avant que Verali n’apparaisse dans la brume. Celle-ci fit son entrée, complètement nue, dans le bassin. ses courbes féminines étaient délicieuses pour le regard et l'observation d’une jeune femme voluptueuse rajouta au plaisir de Musashi. Sans pudeur, elle entra à son tour dans le bassin et, une fois assise, poussa un soupir d’exaltation. Cette salvation temporaire semblait ressourçante pour elle aussi. Le vent qui soufflait faisait tourbillonner le brouillard créé par la source géothermique alors qu’il apportait avec lui de petits flocons de neige fondante. Le froid automnal avait été suffisant pour glacer les gouttes d’eau qui tombaient maintenant doucement sur le trio silencieux. La neige émerveillait Musashi et, depuis son enfance si lointaine à sa mémoire qu'elle lui apparaissait tenir d’une vie antérieure, il lui semblait n'en avoir jamais vu. Des souvenirs refirent surface. Souvenirs d’une époque moins belliqueuse où il avait le loisir de regarder la neige tomber. L’homme profitait de ce moment et se sentait transcendé par le mélange des températures.

Après un moment à ne rien faire d’autre qu’être sans dire un mot, ils brisèrent enfin le silence.

«Cette détente me fait un grand bien, je vous remercie de m’avoir amené avec vous» dit la tieffeline.

«C’est nous qui vous remercions, nous aurons grand besoin de votre aide.»

«Que planifiez-vous?»

«En fait, je crois qu’il serait sage, d’aller auprès des gens affectés pour tenter de les soigner, vos capacités en alchimie nous seront d’une grande aide.»

«Pour trouver un remède il me faudra un échantillon.»

«Avec un peu de chance, nous en trouverons sur place.»
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Eramos d'Irifuse
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MessageSujet: Re: Les vices de la création   Dim 9 Oct 2016 - 12:24

Il n’était pas difficile pour Eramos de se trouver gîtes et couverts à travers Bélin. Fort de ses nombreuses aventures en sols humains, il s’était créé une réputation ambiguë, mais néanmoins répandue. Il était Cœur d’aigle l’assassin préféré de la Guilde, porteur de mort et de mauvaise nouvelle. Puis, Eramos, le mentor de la Confrérie des rapaces, justicier parmi les bandits. Il n’arriverait pas faire changer d’avis sur sa personne à tous, certains le voyaient toujours comme un tueur sans respect pour la loi ou l’ordre. En habitude ces personnes étaient celles à qu’il avait fait du mal et de ça il ne pouvait qu’accepter cette conséquence navrante. Comment pouvait-il en être autrement ? Litrish avait ses raisons pour le garder en vie, et il n’était aujourd'hui pas encore certain du pourquoi, mais il était en paix avec cette idée. L’acceptation de ses fautes avait un tel bienfait.

C’est cependant des hommes, femmes et enfants heureux de le voir qui l’accueillirent lui et ses compagnons. Pour les gens d’Icavour, les rapaces étaient des héros, ayant vaincu il y avait quelques années le géant des forêts qui menaçait le village et kidnappait des enfants à la nuit tombée. C’est d’ailleurs ces enfants devenus adolescents qui vinrent à leur rencontre en premier. Ces cinq enfants (quatre garçons et une fille) se tenaient bien droit, presque militairement devant Eramos qui ne pouvait pas s’empêcher de rire de bon cœur en les revoyant. C’est ces enfants qui transportèrent leurs bagages vers le l’auberge de l’Oie d’or.

Ce n’était pas la seule auberge du magnifique village d’Icavour. La saison des moissons frappant aux portes, les feuilles des arbres prenant une teinte rougeâtre et  le climat plus clément faisait du village un attrait touristique puissant à Bélin. Plus rempli par les étrangers que par les natifs durant cette période, les ventes en tout genre grimpaient et l’atmosphère semblait s’électriser dans les rues tamisées par les ombres et les torches de début de soirée.



Les aventuriers possédaient cependant un confort exempt de population. Le propriétaire de l’auberge, Jac Deshôtes, un humain contemporain en âge à Eramos, leur avait préparé le bain pour eux-seuls. Celui-ci ne savait pas ce qui emmenait le vieil homme et ses compagnons, mais il savait que Cœur d’aigle avait toujours bien payé ses séjours. Or, il les gâtait comme il se devait.

Musashi, dans sa grande fougue, semblait d’instinct s’être dirigé vers le point d’eau, ce qui fit sourire l’homme gris dans sa barbe. Quel drôle de personnage, se dit-il. Il alla le rejoindre et la tiefflin en fit de même, visiblement aucunement gêné de se baigner en compagnie d’hommes.

Eramos, comme à son habitude, laissa ses compagnons prendre la parole avant lui-même, préférant écouter. Il possédait une vieille habitude, pour le meilleur ou le pire, à analyser ce que les autres disaient. Dans ce cas, cela fut bénéfique.

« Demain, j’irai voir la mairesse du village pour officialiser notre séjour. Cela nous évitera d’avoir la garde dans les pattes et avec un peu de chance, nous pourrons utiliser leur aide. »

Eramos croisa furtivement le regard de la tiefflin qui regardait curieusement son corps. Les multiples cicatrices sur son corps, étaient en effet impressionnante et assez révulsant. C’était probablement la première fois que la jeune femme voyageait hors d’Hydrasil et à voir son regard, il n’était pas certain qu’elle ait peur ou qu’elle soit seulement intriguée. Il ne releva pas cette observation.

- Je suis heureux si tu te sens bien de nous accompagner, Verali. Cependant, tu dois savoir qu’il y a toujours des risques à une quête comme la nôtre. Tu peux toujours rester si tu ne te sens pas capable d’affronter ce qui pourrait arriver.

Eramos soutint le regard de la jeune femme. La tester était nécessaire. Bien entendu, il ne pouvait pas accomplir quoi que ce soit sans ses connaissances, mais il voulait savoir de quoi elle disait être capable.

- Je n’ai pas peur.


Eramos sourit malicieusement.

- Si tu le dis!

Il porta son regard vers Musashi, il voulait voir sa réaction envers la conversation qu'il avait entamé avec la jeune tiefflin.

- Après tout, je trouve la peur plutôt utile, pour ma part.

- Pourtant, je crois que dans plusieurs situations elle nous sauve la vie. répondit Musashi après s'être sincèrement interrogé sur la question.

Eramos hocha légèrement la tête, satisfait de la réponse de son Apprenti.

- Contrôlée, c'est une arme redoutable. C'est cependant une arme à deux tranchants.

N'ayant rien à rajouter là dessus, Musashi garda le silence. Eramos, songeur laissa ses pensées voler jusqu'à sa voix.

- Demain, à l'aube, j'irai voir la mairesse du village.

- Que lui voulez vous?

- Premièrement, rendre notre visite comme officielle en allant présenter mes respects aux représentants du territoire. Ainsi, nous n'aurons pas les gardes dans les pattes pendant notre enquête.

- Ça me semble une très bonne idée en effet, peut-être devrions nous y aller avec vous.

- Je crois que ça vaudrait mieux pour toi de ne pas te présenter officiellement avec Eramos, sans vouloir t'offenser, tes vêtements sales et déchirés te donnent l'air d'un clochard, affirma Verali visiblement sans grand tact.

Cette pique atteint directement Musashi. Eramos ouvrit grand les yeux de surprise et ne put s'empêcher un sourire farceur à l'hokusois.

- Ceci étant dit, j'aimerais vous donner une autre mission que la mienne. Je vais vous éviter la politique. J'aimerais que vous alliez sur le terrain directement.

- Voilà qui me plait ! Répondit-elle en donnant un coup de poing amical sur l'épaule de l'escrimeur.

- Bien. Il faudrait trouver des informations quant à trouver la source du mal, s'il y en a un et de préférence un malade pour que Verali puisse l'examiner. Musashi, il va sans dire que de la protéger serait la meilleure des options dans ce cas. Qu'en dites-vous ?

Avant même qu'Eramos de ponctue sa phrase, Verali lui lança, non sans agressivité: «Je n'ai pas besoin qu'on me protège!»

- Bon, dit Musashi

Eramos fit une moue dérangée par l'intervention de Verali. Il s'exprima cependant sur un ton calme.

- Peut-être ne t'en rends-tu pas compte, mais il y a une réel danger ici, quelqu'un tire les ficelles et cette personne a à sa botte des tueurs professionnels à sa botte. Il est impératif que tu sois protégé. Ce n'est pas une idée de te protéger toi, mais tes connaissances, comprends-tu ?

Musashi reprit la parole et dit: «nous serons prudents, bien entendu Eramos.»

Verali ne dit mot.

- Bien. Je propose que l'on se rencontre demain soir ici-même. Nous pourrons dès lors s'activer pour enrayer ce qui gangrène Icavour. Cela vous va ?

Ils répondirent d'un commun accord: «Oui.»

- Alors dormez bien, car demain nous avons une grosse journée.

Eramos se leva et sortit de la bassine. Après s’être séché, il se rhabilla pour laisser les deux jeunes gens seuls. Il prit la clé de sa chambre qui l’attendait au comptoir et monta pour la rejoindre. Une fois confortable, il s’endormit, la main sur son arbalète qui pointait la porte. Une vieille habitude.
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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Les vices de la création   Mar 1 Nov 2016 - 21:36

La nuit avait été bonne et Musashi s'était réveillé tôt. Il était un peu fatigué, mais dans un état mental différent. Eramos n'était cependant déjà plus dans la chambre et Verali dormait à poings fermés. Elle s'était couchée peu avant lui. Le pêcheur réveilla la tiefline du plus doucement qu'il put et prépara ses affaires. Il enfila ses vêtements. Sales. Ce qui ne le dérangeait pas d'ordinaire avait brisé sa matinée. Il se sentait un homme nouveau dans les habits de la loque qu'il était avant. Il outrepassa cette impression et poursuivit sa routine matinale, dans la chambre à la lumière tamisée par des rideaux qui ne laissaient passer qu'un faible halo sur le pourtour des fenêtre. Verali, elle aussi, s'était préparée, et sans aucune gêne d'ailleurs, sortit en même temps que le bretteur. Le soleil caressait l'horizon alors que la population environnante s'animait déjà. En passant le seuil de la porte de l'auberge, Musashi s’aperçut de quelque chose d'horrible. Un frisson de dégoût lui parcourut le dos alors que son visage se crispait d'horreur. Quelque chose émettait une odeur insupportable. Après un bref moment de stupéfaction, l'escrimeur pris enfin conscience que ce qui dégageait le putride odeur était en fait, lui même. Il tourna la tête rapidement en direction de sa comparse.

«Est-ce que c'est moi qui pue?»

Verali se contenta d'éclater de rire tout en restant loin de Musashi.

Blessé dans son orgueil, mais conscient de son sort, il reprit la route, toujours moins confiant. Le duo improbable poursuivit sa route en direction d'un campement, légèrement en retrait du village relais. Ils passèrent devant un tailleur et c'est ce qui donna envie à Musashi de changer ses vêtements. Il attrapa sa bourse, l'ouvrit et n'en vit que le fond. Définitivement, il changerait ses habits un autre jour.

«Où allons nous amiral?»

«Eramos nous a indiqué l'emplacement d'une tente médicale non-loin d'ici. À ce qu'il raconte, c'est là que les blessés se trouveraient.»

Sans-être capable de se retenir de rire, Varali lança:«Tu crois pas que tu vas rendre les gens plus malades qu'ils ne le sont déjà avec ton odeur de charogne?»

Impassible, Musashi bouillait à l'intérieur. Il avança d'un pas de plus en plus rapide alors que la tiefline ne cessait de lui envoyer des piques. Cette attitude fit en sorte qu'il ne remarqua guère qu'ils se faisaient filer depuis déjà un moment. Un homme à l'air tout à fait normal, en habits de paysans s'approchait d'eux, une lame dissimulée dans sa manche. Sans plus attendre, il se détacha d'un groupe de voyageurs pour s'élancer vers la tiefline qui tardait derrière le bretteur. Saisie à la poitrine par un bras qui venait l'entourer, elle poussa un cris et bloqua l'autre main de l'homme mystérieux qui s'abattait vers sa gorge. Le cri avait alarmé Musashi et il s'en était immédiatement voulu de ne pas avoir été plus aux aguets. D'un seul pas, il s'élança vers la scène de lutte et dégaina son grand sabre. Pendant ce temps, Verali bloquant de sa main le bras de l’adversaire faisait un effort intense pour survivre. L’hokusois ne devait pas agir avec trop de hâte pour ne pas blesser son amie, mais devait quand même l’aider dans les plus brefs délais. En garde manchote, il attendait l’instant critique, la seconde pour frapper, mais à sa grande surprise, c’est le mystérieux assassin qui poussa un cri de douleur le premier. En regardant de plus près, alors que le tueur desserrait son étreinte de Verali, l’escrimeur vit que la lame attachée au poignet de l’agresseur brûlait d’un rouge vif. Ce dernier s’enfuit dans la foule qui entourait la scène en tâchant de détacher son brassard, sans succès.

Stupéfait, Musashi regardait la sculptrice de verre, qui époussetait ses habits en avançant vers lui comme si rien n’était.

«Quoi?»

Les yeux grands comme des poings, le bretteur ne put rien dire.

«Quoi?!» réitéra-t-elle, avec plus d'impatience dans sa voix.

«T...tu as fait fuir cet homme?»

«Visiblement!»

«Sans le frapper, sans même le mettre à terre.»

«Ah oui, c'est vrai, tu ne sais pas toi.» dit-elle, avec un air ricaneur. Elle extirpa une sphère vitrée de sa poche et la tint entre ses deux mains. En travaillant la fiole, elle parvint à la modeler et à lui donner un aspect différent, tout cela sous les yeux stupéfaits de Musashi. La sphère avait maintenant la forme d'un pieu.

«Je peux faire chauffer les différentes parties de mon corps. À volonté, et sans me brûler.»

Musashi comprit que c'était pour cela qu'elle tenait sa perche de cuivre sans gants l'autre fois. Verali avait déjà repris la route et se dirigeait vers le campement, pieu de verre à la main, d'un pas déterminé. Musashi la rattrapa rapidement et tous deux firent mine de rien. Pourtant la situation demandait que l'on l'analyse, ce que Musashi fit pour lui même. Un assassin envoyé pour tuer le duo ne pouvait signifier qu'une seule chose: ils étaient déjà repérés par quiconque voulait protéger la source du problème. Problème il y avait donc, mais le petit groupe allait devoir rester sur ses gardes.

La grande tente médicale se dressait déjà devant eux et ils allèrent à la rencontre de la personne qui en gardait l'entrée.
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