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 L'art de l'amour et de la guerre

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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 2 Nov 2016 - 5:54

Pendant près d’une heure, j’eus un peu l’impression de revenir en arrière, à l’époque où je n’étais qu’un Eladrin parmi tous les autres, où l’on n’était pas seulement des expatriés, en quête d’une nouvelle terre d’accueil. Mes heures et mes heures d’entrainements me revinrent en mémoire, mes journées passées à renforcer mes muscles, mon agilité… Les remarques de mes maîtres, leur approbation discrète lorsque je réussissais à les satisfaire… Mon premier centenaire n’avait rien eu de facile, mais cette expérience était sans prix. Le temps était un élément essentiel à tout apprentissage et, par chance, si l’on pouvait le dire ainsi, j’en disposais d’énormément, ce qui m’avait permis de pousser certaines de mes compétences à un niveau proche de l’art. Certes, il y avait généralement toujours quelqu’un pour vous remettre à votre place dans l’un ou l’autre domaine, et l’on pouvait toujours apprendre, mais j’étais particulièrement confiant en mes propres compétences et je savais que cette confiance n’était pas mal placée, au contraire. Je n’étais pas le plus fort, ni le plus endurant, mais je possédais des atouts que j’avais su travailler et perfectionner. Je pouvais toujours passer l’arme à gauche, pour une erreur, ou simplement en tombant sur plus fort que moi, mais je ne redoutais pas de me battre, car je savais que je possédais suffisamment de cartes pour m’en sortir. Alors que je continuais de m’entrainais sur le kata de base, répétant presque machinalement les mouvements vus et revus, faits et refaits, je repensais à ces journées passées à monter et à descendre à la corde, à sauter de plateformes en plateformes, à esquiver des projectiles, à panser mes contusions à la nuit tombée, pour recommencer le lendemain. Qu’il semblait loin ce temps où je découvrais mes propres limites, où j’apprenais à dompter mes propres capacités. J’en aurais presque été nostalgique… Un peu.

Alors que la Capitaine mettait un terme à l’entrainement, permettant à ses hommes de se reposer, je terminais mon enchainement avant de me laisser, à mon tour, glisser par terre, dos au bastingage. Je ne pouvais pas décemment dire que j’étais fatigué, mais, mine de rien, je pouvais sentir que mes muscles avaient souffert de la répétition et, avouons-le, la nuit n’avait pas été bien longue non plus. Je relevais la tête en entendant des bruits de bottes et j’eus un sourire pour Cassiopée alors qu’elle s’installait à côté de moi. A ses propos, j’acquiesçais doucement. « M’entrainer ? » Mon étonnement – feint – laissa place à une fausse modestie complètement sur jouée. « Je suis naturellement doué, je n’ai pas besoin de m’entrainer ! » J’esquissais un petit sourire et reposais la tête contre le bastingage dans un soupir. « Je ne compte plus les heures passées à l’entrainement. » Ca, par contre, c’était la vérité, et je savais qu’il était peine perdue d’essayer d’effectivement les compter. Elle me demanda alors ce que je pensais des arts martiaux. C’était une bonne question, mais il n’y avait pas de réponse simple. « A vrai dire, je ne sais pas. Tout entrainement visant à renforcer physiquement ou mentalement est bon à prendre, quelles que soient les pratiques. Et je suis convaincu que j’en verrais des bénéfices à long terme, mais, jusqu’à maintenant, je n’en ai pas eu besoin pour savoir improviser en combat. » J’esquissais un petit sourire. Je n’étais pas sceptique, loin de là, et je ne voyais aucune raison de me soustraire à cet entrainement, car je ne pouvais qu’y gagner, mais quelqu’un qui pensait combattre avec des enchainements prédéfinis de coups ne pouvait pas décemment rester en vie bien longtemps, car, dans les combats, rien ne se passait comme à l’entrainement.

Tandis qu’elle tentait de m’expliquer un peu davantage les bienfaits des arts martiaux, Yeng nous apporta de quoi nous restaurer. Un repas qui était le bienvenu alors que je remarquais que mon estomac commençait à crier famine. Entamant mon assiette, je ne fis pas vraiment durer le sujet de conversation actuel. Cassiopée devait avoir ses propres raisons d’imposer cette philosophie à ses marins, j’étais l’un d’eux et je m’y soumettrais volontiers, conscient que je finirais bien par en voir les effets. Elle mentionna alors la possibilité d’un entrainement au lancer de couteau pour ses hommes, si tant était qu’elle trouvait quelqu’un pour leur apprendre. « Que je sache, la dernière fois, c’est toi qui m’a battu, non ? » Je soupirais doucement, leur apprendre ne serait pas une mince affaire, mais, apparemment, je n’avais pas le choix. Je pris le temps de finir mon déjeuner avant de mettre en place le fameux entrainement qui m’était échut. Je pris alors sur moi d’essayer de leur apprendre à lancer une lame relativement droit. Une chose était certaine, ce fut plus compliqué qu’avec Benjamin. Repassant derrière les gestes de chacun d’eux, j’essayais de leur inculquer les bases du geste et de la discipline. Pour le reste, il allait falloir des heures de pratique, j’en avais bien peur. Gawaël parvint le premier, après moult efforts, à planter son couteau dans le bas de la cible, s’attirant l’admiration de Sirèna, qui se trouvait en hauteur. Après un bref éclat de rire, j’enjoignais les hommes à reprendre leurs exercices et croisait le regard de la lionne rousse alors qu’elle regagnait le pont. Son « compliment » me fit sourire, mais je n’étais pas fait pour apprendre aux autres, quand bien même je pouvais être doué à ça. Partager avec Benjamin avait été une autre histoire, c’était plus pour lui, que pour lui apprendre quoique ce soit.

La fin de l’après-midi arriva rapidement. Je congédiai les hommes en leur faisant ranger le matériel et en les renvoyant à leur poste et la soirée eut tôt fait de nous tomber dessus, enveloppant progressivement le navire de sa noirceur. Profitant d’un moment de libre, je m’étais installé sur la proue du navire, à côté de la figure de proue, laissant mes pensées vagabonder. Il y avait mon passé, et puis Nora, un peu, mais surtout, Cassiopée, sa chevelure et… tout ce à quoi un homme pouvait penser face à une telle femme. Alors que je soupirais pour moi-même, quelqu’un m’interpela. Me retournant, je vis Jack qui me rappela que j’étais attendu dans la cabine du Capitaine pour le diner et que, j’étais en retard. Me rappelant, qu’effectivement, j’avais été invité, je me relevais brusquement, et, remerciant au passage mon camarade, je traversais le pont en courant, pour éviter d’être encore plus en retard. Arrivé devant la porte, je frappais doucement avant d’entrée. « Mes excuses pour le retard, Capitaine. J’avais la tête… ailleurs. »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Ven 4 Nov 2016 - 21:06

Avec délectation, je laissais mon corps se détendre dans un tonneau, me servant de baignoire, remplie d’eau fraîche et revigorante. Un plus tôt, j’avais mouillé la Sirène dans une petite baie d’eau douce. Après leurs tâches terminées, mes hommes en avaient profité pour se baigner et détendre leurs muscles endoloris. Quant  à moi, je ne pouvais malheureusement me baigner en leur présence…je n’étais pas du genre à tenter le diable. J’avais donc ordonné qu’on remplisse ma baignoire provisoire afin que j’en profite aussi. Peut-être cette nuit je me permettrais une baignade au grand air, mais pour l’instant,  je savourais l’eau tiède me caresser la peau. Une vapeur d’essence de lavande acheva de me détendre complètement. D’un sourire heureux, je fermais les yeux tout en prenant le temps de méditer sur ma journée. J’avais pardonné à mes hommes leur écart de conduite et j’étais convaincue qu’ils n’allaient pas recommencer. De toute façon, l’interdiction de rhum allait prévenir un tel débordement et s’ils osaient me désobéir, eh bien, ils connaissaient les conséquences. Toutefois, ils avaient fait de leur mieux durant l’entraînement et j’en étais fort satisfaite. C’est certain que de longues heures de pratique  allaient être nécessaires pour maîtriser autant le kata du serpent que le lancer du couteau, mais je leur faisais confiance. Comme d’habitude, ils allaient exceller. Sur cette réflexion, je songeais à  mon nouveau second. Sa première journée en tant que Bosco avait été tout aussi satisfaisante. Mis à part les quelques tonneaux de rhum vidé dans la mer, il avait su bien diriger les hommes, autant aux gréements que durant leur entraînement.  

D’un air songeur, je me couchais un peu plus dans mon bain, suffisamment pour tremper mes cheveux roux.  Fixant le plafond, je me pris à réfléchir profondément au cas de Flynn. À bien y penser, c’était un leader naturel, qui respectait les hommes et en retour, ceux-ci le respectaient. Dès le début, il avait su prendre sa place et sans vraiment le vouloir, il avait monté les échelons. Si ça n’avait pas été de la mort de Nassim, il serait resté un simple marin, et  je l’aurais à peine remarqué. Certes, il aurait fait partie de mon équipage, mais rien de plus. Or, les choses se sont passées différemment et d’une façon très inattendue, même déroutante. Il avait su graduellement gagner mon respect, puis mon amitié et ensuite, étonnamment, mon cœur. Soudain, je me souvins de notre baiser de la veille… Dieu qu’une telle marque d’amour m’avait manqué! Depuis la mort de Nassim, je n’avais cherché la tendresse d’aucun homme et  pendant ses longs mois en mer, je m’étais sentie très seule et très vide. Alors, contre toute attente, j’avais laissé le pirate entré dans ma vie personnelle et j’avais osé abaisser le masque de Sirèna, j’étais devenue à nouveau Cassiopée. Ce fut risqué de me révéler de la sorte, mais je ne le regrettais pas. Je lui avais révélé qui j’étais vraiment, autant dans mes forces que dans mes faiblesses. Certes, il ne connaissait pas tout de moi, mais suffisamment pour dire que je n’étais plus une inconnue à ses yeux. Quant à lui, et bien, il continuait à piquer ma curiosité. Perplexe, je me remémorais notre conversation lors du déjeuner. Un de ses propos avait retenu particulièrement mon attention :« Je ne compte plus les heures passées à l’entraînement. » M’avait-il répondu en soupirant, tout en déposant sa tête contre le bastingage. C’était si peu et cela me rendait encore plus avare. Avare de connaître où et comment il s’était entraîné. Combien de temps? Par qui? Avait-il souffert physiquement et mentalement de ses heures incalculables à pratiquer encore et encore?  Toujours pensive, je nettoyais doucement mon corps d’un savon parfumé, l’eau coulait allègrement le long de mes seins fermes et ronds, puis sur mon ventre plat.  De fines gouttelettes s’amusaient à glisser sur ma peau, chatouillant légèrement mon épiderme basané. Un tantinet chatouilleuse, je ris un peu, telle une enfant s’amusant à barboter. Que voulez-vous? Ce genre de petit plaisir de la vie me faisait tant de bien.

Pendant un précieux moment, j’oubliais que j’étais capitaine d’un navire, responsable d’une cinquantaine d’hommes, dont un fils, qui se trouvait encore à l’infirmerie et qui dormait comme un petit ogre en convalescence. J’oubliais toutes responsabilités, toutes obligations. J’étais simplement dans l’eau, paisible et rêveuse, imaginant ma vie avec Flynn, à vivre des aventures épiques et romanesques…je souris à ma propre bêtise, puis d’un soupir résigné, je sortis du bain. Un frisson me saisit, je me dépêchais alors d’essuyer mon corps humide et nu, et d’essorer ma tignasse lourde d’humidité. Je tournais alors mon regard turquoise vers le dehors. Je fus surprise de constater que la pénombre avait repris ses droits. Déjà le soir? Diable! La journée avait passé si vite…et un souper m’attendait. Enfin, nous attendait, car Flynn était supposé d’arrivé d’un moment à l’autre. Bon sang! Qu’est-ce que j’allais mettre? Je n’avais pas pensé à ce détail, typique à la gent féminine dont j’appartenais. Promptement, je me dirigeais vers ma commode et j’optais pour une simple, mais élégante tunique d'un rouge vin. Plus longue en arrière qu’en avant, elle avantageait cruellement mes formes. Enfilant sous celle-ci un caleçon long noir, surmontée de bottes hautes, j’étais fort belle.  Voulais-je me rendre désirable pour ce beau pirate mystérieux? Hum… tout à fait, même si je me doutais qu’un simple habit aurait fait parfaitement l’affaire, mais j’avais envie de me mettre en valeur ce soir. Je souris un peu, puis j’entrepris de peigner ma crinière en broussaille. Après maints jurons, je réussis à la dompter et à la coiffer. C’est alors que j’entendis quelqu’un cogner à la porte. Le cœur battant, je me levais et j’allais ouvrir. C’était Yeng. J’en étais presque déçue, mais à la vue d’un plateau d’huîtres agrémentées au vin rouge, accompagnées d’un savoureux potage aux palourdes et de pain au beurre à l’ail, toute trace de déception se volatilisa. Je lui souris avec reconnaissance et je le laissais entré.

- Je vous souhaite bon appétit, capitaine! Dis Yeng d’un large sourire. Je suppose que vous ne mangerez pas seule, n’est-ce pas?
- Ah eu, non…euh oui…pourquoi cette question? demandais-je en rougissant. Il eut un air amusé, puis m’admirant de bas en haut, il répondit  faussement séducteur:
- Eh bien, je me suis dit que vous auriez peut-être besoin d’un virile  compagnon à vos côtés ce soir. Vous savez, je ne suis pas juste talentueux en cuisine, capitaine. Devant cette avance ridicule et peu subtile, je retins un rire moqueur, et croisant mes bras sous ma poitrine, j’ordonnais d’un air pincé :
- Va prouver ta virilité à tes chaudrons, Yeng.
- À vos ordres, capitaine. Dit-il d’un petit sourire et sans plus d’insistance, il tourna les talons et sortit en fermant la porte derrière lui. Une fois seule,  je ris un peu, puis secouant ma tête, j'allumais quelques chandelles et je m’assis en attendant Flynn.


…vingt longues minutes sans qu’il se pointe. Avait-il oublié notre dîner? Avec impatience, je pianotais sur ma table, puis n’y tenant plus, je me levais et ouvrant ma fenêtre, j’alpaguais le premier marin venu :
- Jack! Dis à Bosco de venir à ma cabine et préviens-le qu’il est en retard! Le marin ne se fit pas prier deux fois et alla aussitôt prévenir l'éladrin. Morose, je revins à mon secrétaire et  pour me consoler de ce souper tiède, je commençais à déguster mes huîtres…diantre, elles étaient…délicieuses et heureusement, elle ne goûtait rien de louche. D’un soupir, je reposais ma tête sur le dossier de ma chaise, tandis que quelqu’un cogna doucement à la porte. « Entrez!» Dis-je après avoir avalée mon hors-d’œuvre. C’était Flynn.
- Mes excuses pour le retard, Capitaine. J’avais la tête… ailleurs.  Je ne répondis pas tout de suite à son excuse. Soutenant son regard gris, je pris le temps de nettoyer le bout de mes doigts d’une petite succion sensuelle avec la bouche et après un silence, je soufflais mi- irritée, mi- moqueuse:
- La tête ailleurs, hein?  Elle devait être fort égarée pour oublier un dîner avec ton capitaine.  Disant cela, je détournais mes yeux vers ma dernière huître. Savais-tu que les huîtres sont réputées pour être des puissants aphrodisiaques?  Surtout que celles-ci sont délicieuses et surtout, vierges de toute expérimentation d’enculage. J’eus un petit sourire à son adresse, et je savourais ma dernière vierge en question. Délicieux! Dommage, si tu étais arrivé à temps, tu aurais pu en profiter, mais c’est vrai…tu avais la tête ailleurs. Je lui lançais un regard railleur et penchant ma tête sur le côté, je questionnais curieuse : «Je me demande à quoi tu pouvais bien pensé?»


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mar 8 Nov 2016 - 10:51


L’annonce de Jack m’avait fait l’effet d’une décharge électrique et, en toute honnêteté, je m’en voulais un peu d’avoir oublié que j’étais convié à la table de Cassiopée pour le diner. C’était des choses qu’on évitait de faire, ne serait-ce que par respect pour son Capitaine, ou simplement pour une demoiselle. Traversant le navire à grandes enjambées, je ne pensai bien entendu pas une seconde à me changer, puisque seule l’idée d’être déjà en retard m’accaparait l’esprit. Une fois à destination et après quelques instants pour me calmer, je toquais avant de rentrer dans la pièce que je commençais à bien connaître désormais. Si j’avais su à quoi m’attendre, j’aurais probablement fait un détour par mon coffre pour enfiler autre chose que ma tenue d’Elite, mais c’était un peu tard désormais. Bien entendu, mon motif de retard eut le mérite de me valoir une moquerie bien méritée. C’était la moindre des choses. Alors que j’observais ce qui était définitivement une sirène aux cheveux de feu, vêtue de feu, qui se repaissait d’huîtres, elle crût bon de me faire regretter mon retard en mangeant devant moi, non sans malice, la dernière qu’il restait sur une assiette devant elle. J’eus un petit sourire alors qu’elle s’en délectait, visiblement heureuse de pouvoir me faire cet affront. Ce n’était que justice, mais, en réalité, même si j’avais été à l’heure, elle aurait probablement mangé toutes les huitres, étant donné que je n’en n’étais vraiment pas friand. « Je pensais justement à ce qui pouvait arriver à une femme qui avale une douzaine d’huitres, supposément aphrodisiaques, en un repas. » C’était, bien entendu, une plaisanterie et, quoique, on n’était pas si loin de la vérité, après tout. Plus sérieusement, je repris d’un ton plus sobre. « Cette robe te vas à ravir, je crains pour la santé de l’équipage si tu mets un pied sur le pont dans cette tenue. »

J’esquissais un sourire en me regardant avant de soupirer. « J’ai peur de ne pas être sous mon meilleur jour, ce soir. Même si certains disent que l’uniforme me va bien. » Je posais à nouveau mon regard sur elle, redevenant à nouveau sérieux. « Il s’est passé beaucoup de choses récemment, entre Nora, une certaine Cassiopée, ma récente promotion surprise… Ce n’est pas les choses à penser qui manquent. » J’avançais finalement jusqu’à la table, posant une main sur une chaise, en face de ma Capitaine. « Puis-je ? » Je ne savais pas vraiment si elle allait me pardonner mon retard ou non, après tout, je le saurais bien assez tôt, néanmoins je n’avais aucune raison d’agir différemment de d’habitude. Elle avait eu la vérité et il m’arrivait d’être un peu tête en l’air, de temps en temps. Il n’y avait, bien entendu, aucune raison qu’elle prenne cela personnellement, mais, d’expérience, certaines personnes trouvaient le moyen de tout ramener à eux. Avec un peu de chance, ce n’était pas le cas de Cassiopée qui n’y verrait pas un signe comme quoi je n’avais pas l’intention de diner avec elle ce soir, bien au contraire. Dans l’expectative de sa réponse, je pris le temps de l’observer, elle et son attirante crinière rousse. C’était un peu comme jouer avec le feu, d’une certaine manière, mais avec la volonté de vouloir réellement se brûler, de passer mes doigts entre ses cheveux, de glisser mes lèvres sur sa peau. Nora elle-même n’avait pas réussi à m’enlever ces images de Cassiopée de l’esprit, preuve, s’il en fallait une, qu’il m’était impossible de me défaire de mon attirance pour elle. Mais au-delà de son physique, je savais que c’était son caractère, sa personne, qui m’attirait plus encore. De toute les femmes que j’avais pu rencontrer jusqu’à maintenant, c’était la seule qui partageait beaucoup de points communs avec moi. Et ce n’était pas rien.
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 9 Nov 2016 - 11:35


- Je pensais justement à ce qui pouvait arriver à une femme qui avale une douzaine d’huitres, supposément aphrodisiaques, en un repas. À son commentaire, je sentis mes joues rougirent, mais je fis de mon mieux pour paraître indifférente. D’un sourire, je répliquais :
- En fait, je vais le découvrir en même temps que toi, car j’ignore totalement quel effet ces huîtres vont avoir sur ma personne. Ce qui était vrai. Je n’avais jamais dévoré autant d’huîtres à moi toute seule, surtout pas en présence d’un homme que je désirais. Celui-ci reprit son sérieux et me complimenta :
- Cette robe te va à ravir, je crains pour la santé de l’équipage si tu mets un pied sur le pont dans cette tenue.
- Rassure-toi, je ne me montre jamais ainsi vêtu devant les hommes. Seulement à ceux qui me plaisent. Répondis-je d’un sourire désarmant. Comme si mon dire lui faisait penser à sa propre tenue, il détourna son regard sur lui en s’excusant qu’il n’était pas sur son meilleur jour, même si certains prétendaient que l’uniforme lui allait bien. Ensuite, il posa à nouveau son regard sur moi, il répondit à ma question en avouant :

- Il s’est passé beaucoup de choses récemment, entre Nora, une certaine Cassiopée, ma récente promotion surprise… Ce n’est pas les choses à penser qui manquent.
Entendant le prénom de Nora, je ressentis la jalousie me serrer le cœur. Qu’est-ce qui s’était passé entre Nora et lui à Quiétude? Le fait qu’il pensait encore à elle me prouvait qu’il n’avait pas tourné la page les concernant. Un lien solide, fait d’amour et de confiance, allait toujours subsister entre eux. Il allait continuer à l’aimer, c’était inévitable, et j’allais devoir apprendre à l’accepter, même si au fond, j’aurais voulu être la seule pour lui.  J’eus un soupir discret et je refoulais la tristesse qui m’accaparait en la cachant derrière un sourire compréhensif. Au moins, je faisais partie de ses pensées, c’était déjà ça. J’espérais juste qu’il ressentait plus que du désir pour moi, car il ne fallait pas confondre désir avec amour. Soudain, sa voix me fit revenir à la réalité, ainsi que son ardent regard sur ma personne. Cette fois, je ne pus empêcher le rouge me monter aux joues. Jamais il ne m’avait dévisagé de la sorte. Un peu plus et j’avais l’impression d’être nue. Visiblement, ma tenue lui faisait réellement de l’effet et à cet instant, j’étais partagée entre une satisfaction purement féminine et une gêne carrément juvénile. Saisi par ce regard de séducteur invétéré, je pris un moment avant de répondre à sa question…en fait, que m’avait-il demandé? Ça devait avoir un lien avec la chaise, vu qu’il avait sa main dessus…une grande main qui savait caresser et faire haleter de plaisir une femme…et merde.  Secouant légèrement ma tête, j’acquiesçais de la tête en soufflant :

- Bien sûr, elle n’est pas là pour faire belle. Le cœur battant, j’espérais que ma réponse avait du sens et concordait avec sa question…ouf, ce fut le cas, vu qu’il venait de s’assoir  d’un air satisfait. Trop troublée pour soutenir son regard, je décidais de river mon attention sur mon potage  aux palourdes. J'avalais quelques cuillerées, accompagnée de pain, tout en essayant retrouver un contrôle intérieur. Rien à faire. Le fait qu’il soit si proche de moi me bouleversait plus que de raison. Je décidais donc de me lever en demandant : «De l’hydromel?» Sans attendre sa réponse, je me dirigeais aussi tôt vers mon cellier pour ouvrir la liqueur au miel. Dos à lui, je tentais de calmer l’emballement de mes sens. C’est vrai, j’aurais pu l’embrasser à nouveau et oubliant le diner, me laisser aller dans ses bras, mais quelque chose m’en empêchait…pour dire vrai, j’étais réellement nerveuse, même intimidée. La veille, mes émotions m’avaient donné le courage nécessaire pour l’embrasser, mais à présent, je ne savais plus comment reproduire une telle…circonstance. Je soupirais profondément tout en me rappelant la raison de ce diner. Ah oui, son nouveau poste... Me concentrant sur ce sujet, je pris le temps de verser l'hydromel dans des coupes en questionnant :
- Comme ça, outre les femmes de ta vie, tu as pensé à ta nouvelle promotion ? As-tu des conditions à me faire part? Une augmentation de salaire? Un uniforme neuf? Demandant cela, je me tournais vers lui, les coupes dans chaque main. Le sourire aux lèvres, je réussis à soutenir ses yeux gris, mais je ne pus réprimer un doux frisson me parcourir l'échine.


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 14 Nov 2016 - 8:48


D’une certaine manière, il était difficile de penser qu’il s’agissait d’un simple dîner entre un Capitaine et son Second. Il y avait d’abord cette robe, dans laquelle Cassiopée s’était glissée, et qui lui donnait une apparence féminine qu’il n’était pas désagréable de redécouvrir chez elle. Bien entendu, elle n’avait pas besoin de robes pour me séduire et je savais qu’elle m’éblouissait suffisamment dans sa tenue de Capitaine pour ne pas avoir besoin d’y recourir, mais je savais également apprécier les bonnes choses et celle-ci était particulièrement agréable et, à ne pas en douter, cette image d’elle reviendrait me rendre régulièrement visite dans mes songes dans les jours à venir. « Tu aimes jouer avec le feu, apparemment. Mais, je te préviens, si tu me sautes dessus, je ne réponds plus de rien. » J’eus un petit sourire amusé, même si, je le savais parfaitement, j’étais bien trop gentleman pour laisser de telles choses arriver. S’il y avait bien une chose que je préférais éviter, c’était que l’alcool ou la nourriture, puisse influencer les décisions des demoiselles que je côtoie, à moins, bien entendu, que cela fasse partie du jeu. Ce qui n’était clairement pas le cas ce soir. Je n’étais même pas certain qu’il y ait un jeu, même si, encore une fois, cette robe commençait sérieusement à m’en faire douter. « Diantre. Je ne t’aurais pas cru aussi flatteuse ! Mais… Merci ! » Ce n’était jamais désagréable de savoir que l’on plaisait à quelqu’un, quelle que soit la façon. Mais, je devais l’avouer, je n’étais malheureusement pas sous mon meilleur jour ce soir. Peut-être aurais-je l’occasion de me rattraper une autre fois, il n’y avait plus grand-chose à faire pour le moment, mis à part jouer sur un peu d’humour et éviter de laisser trainer la discussion autour de mes atours.

Après mon explication, un peu mystérieuse, je devais l’admettre, elle sembla quelque peu absente, au point que je ne fus même pas certain qu’elle avait entendu ma question. C’était-elle braquée parce que j’avais évoqué Nora ? C’était une possibilité. Il était vrai que nous n’avions pas encore eu vraiment le temps de parler de ce qu’il s’était passé à Quiétude, et peut-être s’imaginait-elle des choses. Mais n’étais-je pas revenu à bord ? Certaines choses tombaient sous le sens, mais il faudrait surement les mettre sur la table, afin que tout soit plus clair et que des malentendus ne viennent pas se glisser subrepticement là où ils n’étaient pas nécessaires. Elle m’invita finalement à m’asseoir, ou peu s’en faut. Je ne me fis pas prier, prenant place face à elle et face à ce qu’il restait du dîner, vu, qu’apparemment, je devais me passer d’huîtres. Alors que le silence s’emparait de la cabine, imitant Cassiopée, je décidais de goûter également au potage situé devant moi. Celui-ci était plutôt bon, considérant que je préférais de loin la viande aux fruits de mer. Silencieux, je mangeais lentement, mon regard toujours posé sur Cassiopée entre deux bouchées. Elle se leva finalement en me proposant à boire. « Volontiers. » Sans rien dire de plus, je l’observais, de dos, verser probablement deux verres. Elle se retourna finalement, me tendant une coupe, que je saisis dans un sourire alors qu’elle me demandait si j’avais réfléchi aux conditions de ma promotion. « Si j’ai le droi à un nouvel uniforme, ça change tout ! » J’eus un sourire amusé et je bus une gorgée d’hydromel avant de m’adosser à ma chaise. « Réfléchissons… » Je jouais distraitement avec le verre pour me donner de faux airs et puis je finis par le reposer sur la table, sans quitter Cassiopée du regard.

« Voyons voir… » Un bref petit silence. « Nul besoin d’augmentation, augmente tes hommes si tu le souhaites, mais je ne veux pas être payé plus qu’eux. Quant à l’uniforme, je m’en passerais bien, si tu me permets de pouvoir porter mes propres vêtements. » J’eus un petit sourire. « Cet uniforme ne manque pas de classe, mais… je n’aime pas me fondre dans la masse. » J’eus un petit sourire. « Et je vais peut-être m’en vouloir de ne pas en demander davantage, mais je me contenterai de cela. Et… » Je posais un regard malicieux sur elle, me penchant légèrement vers l’avant. « Et de ce que j’aurais dû gagner hier soir si Gawaël ne m’avait pas bousculé : une nuit entière, du crépuscule à l’aube, avec toi, pour connaître toute ton histoire, sans aucun secret. » En réalité, c’était là ma seule condition, car, l’uniforme, je pouvais m’en passer, mais, tant qu’à faire, cela ne coûtait rien de demander, n’est-ce pas ? Au pire, elle essaierait de négocier ou je ne deviendrais pas son Second. « Ne me dis pas que tu pensais y échapper ? » J’eus un petit sourire et repris en main le verre abandonné sur la table pour en boire une longue gorgée, en attendant de voir la réaction et la réponse de ma Capitaine.
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 14 Nov 2016 - 20:39


- Si j’ai le droit à un nouvel uniforme, ça change tout !
Cette simple réplique réussit à me faire sourire et à me détendre. Sentant mes épaules se relâchées, je pus intérieurement faire fie de toutes appréhensions amoureuses. Après tout, je tenais à ce que cette soirée ne soit pas unique consacrée au travail, mais bien à prendre du bon temps et à approfondir un peu plus notre relation…bref, à discuter et pour ma part, à me décoincer, mais chaque chose en son temps.  C’est alors que Flynn eut un sourire amusé, que j’aimais particulièrement, ça et son air malicieux. Après avoir bu une gorgée d’hydromel, il s’adossa sur sa chaise en soufflant :
- Réfléchissons…
- Je ne te savais pas fin philosophe. Piquais-je moqueuse. J’eus un rictus, et soutenant son regard, je m’adossais à mon tour contre ma chaise en buvant une gorgée de la liqueur mielleuse. Le dévisageant d’un sourire, je sentis  que ma gêne s’était éclipsée. Était-ce à cause de son humour ou du fait qu’il ne me dévorait plus du regard? Peut-être un peu des deux? Quoi qu’il en soit,  je me sentais à nouveau sereine. Avec lui, je pouvais être moi-même, être Cassiopée. La sensuelle et la charmante Cassiopée. Toutefois, l’heure n’était pas encore à la luxure…enfin, pas toute de suite, même si je ressentais cette envie de me réfugier dans ses bras et de l’embrasser. Oui, il avait raison, j’aimais jouer avec le feu. J’adorais le feu, la passion. Or, si je n’avais pas été aussi gêné en amour, je lui aurais sauté dessus depuis longtemps. Comme Nassim avant lui,  il allait devoir m’apprivoiser à nouveau,  car je n’étais pas une femme fonceuse de ce côté…du moins, pas beaucoup. Me concernant, l’embrasser avait été audacieux, mais je savais qu’il allait sûrement me faire découvrir un monde sensuel et insoupçonné, que j’avais grand-hâte d’explorer avec lui. Cependant, je n’étais pas pressée. La patience amenait souvenait une plus grande satisfaction que l’empressement, mais j’étais consciente que faire languir une personne qui nous désirait ardemment était carrément cruelle. Heureusement pour Flynn, je n’étais pas une coquette qui s’amuse à séduire et à jouer aussitôt l’indifférente. Je voulais simplement le connaître plus et mieux avant d’aller plus loin. Or, mes pensées furent interrompues par Flynn lui-même qui avait enfin terminé de réfléchir à ses conditions.

- Voyons voir… Nul besoin d’augmentation, augmente tes hommes si tu le souhaites, mais je ne veux pas être payé plus qu’eux. Quant à l’uniforme, je m’en passerais bien, si tu me permets de pouvoir porter mes propres vêtements. Cet uniforme ne manque pas de classe, mais… je n’aime pas me fondre dans la masse. J'approuvais d'un sourire en répondant:
- J’admets qu’avoir un autre habit que l’uniforme des Élites serait pratique, autant pour l’équipage que pour moi. En tant que second, il va te falloir te différencier des autres, question qu’on ne perde pas de temps à te chercher. Quant à ta paie et bien…je ris un peu. Diantre, de toute ma carrière, je n’ai jamais entendu un homme refuser une augmentation de salaire! Aye, ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre, mais sache-le, je suis prête à te payer plus. Être second n’est pas une mince affaire  et…j’hésitais un instant, puis d’un air innocent, je continuais : «tu as désormais deux petites bouches à nourrir, y compris la tienne, mais fait comme tu veux. Après tout, c’est ton salaire, pas le mien…heureusement pour moi.» Je lui souris avec arrogance, et levant un sourcil, je demandais : «Autre chose?» Sans se démonter, le pirate répondit qu’il se contenterait de cela puis il marqua une hésitation.
- Et? Questionnais-je en fronçant les sourcils.  À son air malicieux, je sentis venir l’entourloupe. Son regard gris dans le mien, il se pencha vers l’avant et enfin, il m’avoua ce qu’il voulait vraiment :
- Et de ce que j’aurais dû gagner hier soir si Gawaël ne m’avait pas bousculé : une nuit entière, du crépuscule à l’aube, avec toi, pour connaître toute ton histoire, sans aucun secret.  J’aurais dû m’en douter. Le vil gredin. J’avais utilisé le duel d’alcool contre lui pour arriver à mes fins et maintenant, il utilisait son ultimatum contre moi pour arriver à ses fins…en soi, il avait transformé l’objet d’un pari en condition personnelle de haute importance. Si je refusais, il n’allait pas devenir mon second. Devant ma moue contrariée, il s’exclama :

- Ne me dis pas que tu pensais y échapper ?
Irritée, je plissais les yeux et je croisais mes bras sous ma poitrine.
- J’espérais seulement que le trop-plein de rhum t’aurait fait oublier ce fantasme. Je ne te savais pas aussi friand de ma personne. J'étais bien sûr ironique. Je savais pertinemment que Flynn tenait à savoir tout de moi, mais je ne pouvais m'en empêcher de la narguer.Ayant envie de me défouler un peu, je continuais donc sur ma lancé d'insultes amicales: Peuh ! Friand? Le mot est léger.  Gourmand, plutôt! Ouidah! T’es un gourmand de la pire espèce… un toqué par-dessus le marché.  Sur quoi je suis tombée, hein? Un pirate repaitre évêché sur un mât. Voilà sur quoi je suis tombée! Me rappelant ce souvenir, j’eus un rictus et passant nerveusement ma main dans ma tignasse flamboyante, je baissais les yeux en soupirant. Pourquoi étais-je si contrariée? J’avais sûrement peur de me révéler, mais en même temps, pourquoi être secrète envers la personne que j’aimais? En fait, je trouvais injuste qu’il me demande de me révéler autant, tandis que lui, il ne parlait qu’à demi-mot. Comprenant enfin mon trouble, je pris le temps de réfléchir à ce que j'allais dire, puis je plongeais mon regard turquoise dans le sien. M'avançant un peu, je répondis avec un profond sérieux:

- Soit. Je te raconterais mon histoire, pourvu que tu me racontes la tienne. C’est du donnant donnant. Si je te confie  mes secrets, je veux que tu me confies les tiens. Accepte, et tu seras l’homme qui partagera ma vie. Pour moi, tu seras mon partenaire, mon amour et mon amant. Refuse, et tu redeviendras un marin parmi tant d’autres. L’ultimatum te revient. Il y eut à nouveau un silence tandis que je terminais mon verre. Déposant ma coupe, je me redressais soudain et sans un mot, je me vêtis d’un long manteau noir et cintré. L’attachant, je tournais alors mes yeux vers lui et d’un petit sourire, je soufflais : «si tu choisis la première option, viens me rejoindre sur l’Artimon. Sinon, tu peux toujours retourner à ton hamac. Bonne nuit, matelot.» Disant cela, je lui fis un clin d’œil et je sortis en le laissant seul en compagnie de Brise. Celle-ci ne s’était pas gênée de grimper sur la table et sans invitation, elle sapa en ronronnant le potage aux palourdes de l’éladrin. Pendant ce temps, je m’étais empressée à franchir le pont et à escalader le mât en question. Le cœur battant, je m’adossais contre le bois et j’attendis. Ce ne fut pas long que je visse apparaître sa svelte silhouette à mes côtés. D’un large sourire et le regard brillant, je murmurais : «raconte-moi tous tes secrets.»


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Ven 18 Nov 2016 - 10:11


« Les philosophes ne réfléchissent pas, ils pensent. Petite maligne. » J’eus un petit sourire amusé et retournait à mes réflexions, même si j’avais déjà une bonne idée de ce que je désirais réellement de cette promotion. J’aurais pu également poser des conditions qu’elle n’aurait jamais accepté, mais j’avais comme dans l’idée qu’elle comptait réellement sur moi pour prendre cette place et il aurait été malvenu de la décevoir – ou de la laisser tomber – quand cela ne représentait pas non plus la fin du monde pour moi. Ce n’était pas comme si j’étais Capitaine, n’est-ce pas ? Mes premières conditions étaient plus d’ordre morales et esthétiques. J’appréciais l’uniforme des Elites, mais j’avais toujours eu un besoin d’unicité, de me distinguer des autres et cela passait notamment par un style vestimentaire différent, même si je ferai en sorte de ne pas trop ressembler à un pirate. Pour l’augmentation, c’était une question d’équité. J’étais le plus bleu des membres de l’équipage, et même promu, je restais quasiment le dernier arrivé. Certains trouveraient d’ailleurs cela injuste, aussi, mieux valait ne pas rajouter d’huile sur le feu, même si, de toute façon, il n’y avait aucune raison qu’ils l’apprennent les tenants de cette négociation. Néanmoins, je devais admettre que je n’avais pas pensé aux jumeaux avant que Cassiopée ne les évoque. Haussant les épaules, je répondis en souriant doucement. « Je ne peux pas demander un traitement de faveur pour ce prétexte. Je me débrouillerais avec ma paie, mais, si tu veux, tu n’as qu’à leur mettre de côté ce que tu comptais me donner. Ça leur fera un beau cadeau de la part de leur marraine. » Elle n’aurait certainement pas eu besoin de ça pour motiver Cassiopée à faire plaisir à ses filleuls, et, quant à moi, j’avais déjà prévu de leur mettre de côté de l’argent de ma propre paie, ce n’était pas comme si j’étais réellement dépensier.

Quant à ma dernière requête, j’étais déjà plus conscient de son côté… dérangeant. Je me doutais d’ailleurs qu’elle pouvait très bien ne pas l’apprécier et simplement refuser, mais j’espérais davantage qu’elle accepte, et que cela soit un « gagnant-gagnant » : elle aurait son Second et je satisferais ma curiosité. Elle était visiblement contrariée, mais, je devais l’admettre, cela avait son charme. Même si je préférais de loin la voir souriante. A sa remarque, je ne pus m’empêcher de sourire. Si elle ne savait pas encore sur quoi elle était tombée… Elle l’apprendrait bien assez tôt. « Non, tu es tombée DU mât, pour être exact. Et soit heureuse qu’un pirate de la pire espèce, gourmand et toqué, t’ait rattrapée ! » Elle pensait peut-être les mots qu’elle disait, mais j’étais convaincu qu’elle était davantage nerveuse à l’idée de devoir se contraindre à accepter, qu’elle ne me trouvait réellement toqué. Et quand bien même, on pouvait admettre que je n’avais pas forcément l’esprit le plus rationnel qui soit, mais il fallait bien savoir s’amuser un peu, non ? Silencieux, je l’observais, attendant sa réponse. Goûtant à nouveau au potage de palourdes et rinçant ma gorge avec une très légère gorgée d’hydromel. Je préférais garder les idées claires pour le moment. L’heure de se saouler viendrait peut-être, mais plus tard. Elle se décida finalement à répondre, et de manière plutôt… inattendue. Devant ma requête, elle formula une condition : tout savoir sur moi. Et à cette condition, elle rajouta un ultimatum. Visiblement, il semblait que j’avais poussé le bouchon un peu trop loin. Sans rien dire, je l’observais vider son verre d’une traite avant qu’elle ne se lève et enfile un manteau avant de me proposer de la rejoindre à l’artimon ou de retourner à mon hamac.

Alors que la porte se refermait, je soupirais doucement. Décidément. Posant mon regard sur mon potage, je découvris Brise, en train de joyeusement profiter du diner elle aussi. Passant une main dans la fourrure de l’animal, je lui confiais à mi-voix : « Sacrée maîtresse que tu as là, tu sais ? » Il n’eut pas d’autre réponse qu’un ronronnement grave, probablement signe qu’elle appréciait son potage. Je me levais à mon tour dans un soupir, avant d’attraper un morceau de pain et de me diriger vers la porte. L’idée de retourner à mon hamac ne m’enthousiasmait pas le moins du monde, je devais l’admettre. Sortant de la cabine, je remontais sur le pont avant de jeter un œil au mât. Dévoiler mon passé n’était pas une mince affaire, mais pour cette femme-là, je pouvais certainement pouvoir le faire. Dans un haussement d’épaules, je me dirigeais vers le mât avant d’y grimper agilement. Il ne me fallut pas très longtemps pour arriver à la hauteur de Sirèna, toujours emmitouflée dans son manteau, son accoutrement ne lui avait d’ailleurs probablement pas facilité la tâche. A mon arrivée, elle fût apparemment soulagée que je n’aie pas choisi le hamac et elle me demanda de lui dire tous mes secrets. « … » J’allais rétorquer, utiliser une petite pirouette pour lui dire que j’avais le droit d’entendre son histoire le premier, et je m’étais ravisé. Mon regard dans le sien, dans la noirceur de la nuit à peine éclairé par l’astre lunaire, je me décidais finalement à laisser échapper un mot. « Caleb. » Cela faisait longtemps que je n’avais pas utilisé ce prénom. « Je m’appelle Caleb. Caleb Daenelynn. » Tellement longtemps… Je m’adossais au mât, posant mon regard sur l’horizon. Ce n’était pas un exercice facile que parler de son passé, de soi. Pas quand on préférait laisser le passé loin derrière.

« A part mon nom, je n’ai pas vraiment de secrets, je ne suis simplement pas très bavard concernant mon passé. » Je restai silencieux quelques instants. « Mon histoire n’a rien de fantastique, c’est la même histoire que des milliers d’Eladrins, contraints à quitter leur terre natale à cause de la Grande Maladie et à essayer d’en vivre une nouvelle ailleurs, loin de leurs origines, de leur famille, loin de tout. » Je soupirais en silence. Beaucoup de souvenirs jaillissaient dans mon esprit, et tous n’étaient pas des plus joyeux. Essayant de les chasser, je tournais la tête pour croiser le regard de la jeune femme.   « Je n’ai rien à te cacher, mais je ne saurai pas quoi te raconter. Si tu sais ce que tu veux savoir, demande, je te répondrai. »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Ven 18 Nov 2016 - 20:40

Au début, il ne répondit pas à ma requête. Je me doutais que cela n’allait pas être facile pour lui de se confier. En fait, j’avais eu peur qu’il ne vienne pas, mais il était venu et j’en étais à la fois soulagée et reconnaissante. Alors, je gardais le silence, sans vouloir presser la confidence, mais malgré la beauté de la nuit et l’astre qui éclairait doucement la mer, je ne pus le quitter du regard. Un mot s’échappa finalement de ses lèvres, ou plutôt un prénom. Caleb.

-  Je m’appelle Caleb. Caleb Daenelynn. Son premier secret et non le moindre. Je trouvais merveilleux de savoir enfin comment il s’appelait. D’un doux sourire, je complimentais avec sincérité :
- C’est un magnifique prénom. Il te représente bien. C’était vrai. Ce prénom dégageait à la fois de la douceur, de la force et de la grandeur. Flynn possédait ses trois qualités, et sûrement plus encore, mais je m’abstins de le complimenter davantage, car je ne voulais pas l’interrompre dans sa confidence. S’adossant au mât, son regard vers l’horizon, il continua :
- À part mon nom, je n’ai pas vraiment de secrets, je ne suis simplement pas très bavard concernant mon passé.  Mon histoire n’a rien de fantastique, c’est la même histoire que des milliers d’Eladrins, contraints à quitter leur terre natale à cause de la Grande Maladie et à essayer d’en vivre une nouvelle ailleurs, loin de leurs origines, de leur famille, loin de tout.  J’avais entendu parler de cette Grande Maladie qui avait ravagé son peuple, par milliers. Les éladrins avaient dû fuir et lentement, mais sûrement, ils avaient dû reconstruit leur vie ailleurs, sur une terre adoptive.  Flynn avait fait partie des survivants et il avait été probablement marqué par ce passé désolant. Pourtant, je comprenais ce qu’il ressentait, car moi aussi, j’avais connu l’exile, la solitude et pire, le rejet de mon propre clan. Repensant à mes propres souvenirs, je soupirais tout en croisant le regard de Flynn. Ne sachant quoi raconter, celui-ci m’invita à demander ce que je voulais savoir. Soutenant son iris gris, infime lumière argentée, je dis d’un murmure :

- J’ai tant de questions, mais avant, je te remercie de me faire confiance. J’ai conscience que ça ne doit pas être facile pour toi de me parler de ton passé. En fait, ce n’est jamais facile pour personne, mais ce que tu as vécu n’a rien de banal. C’est hors du commun. Je soupirais. À ses heures, la nature peut être sans pitié et elle décide en quelque sorte de notre destinée. Tu as sûrement traversé de terribles épreuves, mais si tu ne les avais pas vécues, et bien, tu ne serais probablement pas le même aujourd’hui et je ne t’aurais jamais rencontré. Je souris un peu, mais mon regard limpide restait grave et sincère.  C’est admirable ce que tu as surmonté, Caleb. Tu es solide, très solide, et c’est tout en ton honneur. Disant cela, j’accotais ma tête et d’un petit sourire, je soufflais : «maintenant, ce que je veux savoir? Réfléchissons…» Bien évidemment, je ne savais pas par quoi commencer. Après un long silence, où je pris le temps d’organiser mes questions, je levais mes yeux turquoise vers lui en demandant sans détour: «Je veux que tu me racontes ton histoire avant la Grande Maladie et après celle-ci. Comment s’est déroulée ton enfance? Qui étaient tes parents? Est-ce eux qui t’ont entraîné? À propos de ton entraînement, combien de temps t'es-tu pratiqué pour maîtriser aussi bien ton agilité et ton lancer du couteau? Au juste, quel âge as-tu? Cinquante ans?» Manquant de souffle, j’inspirais profondément et sans lui laisser le temps de répondre, je continuais sur ma lancée : «Pourquoi t'es-tu engagé dans la piraterie? Et est-ce à cette époque que…je rougis un peu…que tu as aimé une fille pour la première fois? Comment s'appelait-elle et c’était qui? En fait, as-tu eu beaucoup d’amantes? Et euh…est-ce qui c’est passé plus que de simples retrouvailles entre toi et Nora à Quiétude? »  

Cette dernière question me serra l’estomac, mais ça aussi je voulais savoir. Bon sang, quelle interrogation! Ça me rappelait mon verbomoteur de fils.  À ce rythme, on allait sûrement veiller jusqu’à la nuit prochaine. Heureusement, j’avais fait le tour de mes questions. Sur cette pensée, je ris un peu en disant : «bon, j’ai terminé. Je t’écoute!» Ce que je fis avec la plus grande attention. Or, plus qu’il me dévoilait son passé et plus je m’émerveillais de le redécouvrir, encore et encore…bref, je me rendis compte à quel point je ne connaissais pratiquement rien de lui, s’en était déroutant. Les heures s’écoulèrent sans qu’on s’en rende compte. L’histoire de Flynn fut longue, mais passionnante. Bien sûr, je ne me gênais pas d’émettre des commentaires ou des réactions, qui vinrent allonger considérablement la discussion. La lune s’éclipsa doucement, et je fus alors étonnée de remarquer le soleil se lever. L’aube était flamboyante à souhait, des teintes de pourpres venaient amplifier l'oranger du ciel. Savourant une brise marine effleurée ma peau, je soupirais, non point de fatigue, mais de contentement. J’étais heureuse de cette nuit passé avec Flynn. Tournant mon regard vers l’éladrin, je m’approchais très proche de lui et d’un chuchotement, je remerciais sur ses lèvres: «Merci de m’en avoir autant dit sur toi. Je te promets d’en faire de même du crépuscule jusqu’à l’aube, mais vu que tu n’as pas précisé quand…j’eus un sourire mesquin. Je me réserve le droit de choisir le moment. Pour l’heure, voici une petite  compassion.» Je me lovais contre mon beau centenaire bien conservé et je l’embrassais doucement sur les lèvres.  Bien entendu, ce moment romantique fut interrompu par un rot gras d’un marin qui venait de se réveiller. À contre cœur, je me délogeais de ses bras  pour me lever discrètement. C’est alors que je jetais un coup d’œil sur mon accoutrement. Merde! Ma robe n’était vraiment pas pratique pour descendre. Sotte, j’aurais dû y penser. Je fus un momentanément perplexe, puis je rivais mon regard vers la mer, si invitante. Me tournant vers l'éladrin,je chuchotais avec complicité: « veille à ce que les hommes ne me remarque pas. Je serais dans ma cabine si tu me cherche. À tout à l’heure, Caleb.» Disant ça, je lui fis un clin d’œil et je plongeais gracieusement dans l’eau calme…du moins, pour le moment.


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 28 Nov 2016 - 11:26


Se confier n’était jamais une chose facile et, pour être tout à fait honnête, j’aurais probablement préféré m’en passer, mais il aurait été relativement égoïste de lui demander de se livrer complètement sans donner quelque chose en retour. Il y avait également le fait que je préférais laisser le passé derrière, ne pas le remuer pour ne plus y penser. Ma vie ne ressemblait en rien à celle que j’avais pu vivre sur le continent d’Etragore et ne le serait jamais plus. Je ne voyais aucune raison de me souvenir d’une chose ou d’une autre, car tous ces souvenirs étaient désormais révolus, et je n’étais pas le genre de personne à m’attarder sur le passé. Ma nouvelle vie me convenait, et continuerait surement à me convenir pour les dizaines d’années à venir. Pour la suite, il faudrait attendre. Attendre et voir. Néanmoins, lui confier ma réelle identité, c’était le moins que je pouvais faire, ne serait-ce que par principe d’honnêteté, et que, si nous devions aller… plus loin, elle méritait au moins de savoir que je ne lui cachais rien, pas même mon prénom originel. Son compliment me fit sourire légèrement. Cela faisait longtemps que je n’avais pas utilisé ce prénom, et, pour être honnête, je n’étais pas convaincu qu’il me représentait encore réellement. Certes, je l’avais porté plus longtemps que Flynn, mais, comme mon ancienne vie, j’avais l’impression qu’il appartenait désormais au passé et qu’il n’y avait pas nécessairement matière à le sortir de l’ombre et la poussière des années désormais écoulées. Enfin… Cela n’avait pas d’importance, elle savait, c’était l’essentiel. Quant au reste, je n’avais pas d’anecdotes particulière à lui rapporter, tout me semblait tellement banal… Mais peut-être n’avais-je simplement pas envie de trop me replonger dans le passé, un peu effrayé à l’idée de ce que je pourrais y déterrer.

Heureusement, ou malheureusement d’ailleurs, Cassiopée, elle, n’était pas avare de questions et semblait précisément savoir ce qu’elle voulait connaître de mon passé. Ce fut d’abord avec une certaine surprise, puis avec un certain amusement, que je l’entendais poser ses questions et encore des questions, au point que j’eus l’impression d’entendre Benjamin. Je fus surpris qu’elle amène le sujet de mes conquêtes sur le tapis, et encore plus qu’elle évoque Nora, mais, peut-être était-ce là des questions légitimes, ou peut-être était-elle simplement jalouse ou… intimidée. Alors qu’elle semblait être à court de questions, je soupirais doucement. « Benjamin, sors de ce corps et retourne domir à l’infirmerie. » J’eus un petit sourire et essayais de retracer mentalement les différentes questions qu’elle avait amenée. « Commençons par le plus simple… Enfin… En quelque sorte. » Un peu gêné, je restais silencieux quelques instants avant de reprendre. « J’ai cent quinze ans. Si on ramène mon âge à une espérance de vie humaine, je dois avoir environ trente ans. » Ce n’était pas quelque chose de facile à évoquer et cela l’impressionnerait peut-être, d’une façon ou d’une autre, mais je n’étais pas certain que cela change véritablement quelque chose, même si elle devait avoir un autre regard sur un centenaire, aussi bien conservé fut-il. « Et, pour te rassurer, il ne s’est rien passé à Quiétude. Peut-être a-t-on imaginé ce qu’aurait pu être notre vie à tous les deux, mais nous sommes très bien où nous sommes désormais. Elle est mariée, heureuse. Moi, j’ai la mer, ses vagues… et sa sirène. » J’esquissais un léger sourire. « Il y aura toujours quelque chose d’un peu spécial entre nous, ne serait-ce qu’avec les jumeaux, mais rien de plus. » J’aurais pu lui dire d’autres choses aussi, plus… directes, pour la rassurer. Mais ce n’était pas vraiment le moment, non pas ce soir.

Puis, répondant au reste de ses interrogations, j’essayais de lui raconter l’histoire de ma vie. Mes parents, mon enfance, le voyage initiatique des Eladrins durant leur « adolescence »,. Je lui parlais de mes entrainements, au lancer de couteau, aux dagues, la manière dont chacun d’entre nous était entrainé en fonction de ses habiletés, de ses forces, de ses faiblesses. Certains étaient portés sur la culture, le savoir, d’autres sur le physique. Je lui parlais de mes années passées dans d’autres villages, de journées faites d’entrainements et de cohabitations. De mes premiers amours, plutôt innocents à l’époque, tout en lui épargnant un décompte précis de mes conquêtes, par simple respect. Je lui faisais également part de certaines de nos habitudes, de quelques petites anecdotes qui me revinrent durant mon récit et de ses questions, des bêtises de mon enfance, aux maladresses de mon adolescence. Non, je n’avais pas tout du pirate séducteur que j’étais désormais, loin de là. Je passais rapidement sur les horreurs de la Grande Maladie, sur la mort des miens, sur mon exil, puis évoquait mes débuts dans la piraterie, cette main que l’on m’avait tendue alors que j’essayais de survivre sur une terre qui n’était pas la mienne. La mer avait été mon nouveau foyer, ma terre d’adoption, aussi étrange que cela pouvait paraître. Elle m’avait accueilli les bras ouverts et elle m’avait séduit, pour que plus jamais je ne la quitte, ou presque. Ma vie était la même que beaucoup de marins, faites de filles, de jeux, de combats, de boissons et de la mer, seule et unique, la seule femme en ce monde vers laquelle les marins revenaient toujours, quel que soit la fille qu’ils rencontrent à terre. Pour ces hommes comme nous, rien à terre ne pouvait éternellement nous retenir.

Et alors que l’aube pointait à l’horizon sur la fin de mon récit, achevant une longue nuit de confession, la douceur des lèvres de Cassiopée sur les miennes me sembla une juste récompense. Avant qu’elle n’essaie de se sortir de ses propres obligations. « De nous deux, j’ai bien l’impression que c’est toi, la pirate ! » J’eus un sourire mutin. [color=steelblue] » Prends seulement garde, je pourrais décider de me venger. »{/color] Nous fûmes ensuite interrompus par l’un des matelots qui se réveillait. Le premier d’une longue liste. Dans un soupir, je regardais plonger ma sirène avant de descendre habilement sur le pont alpaguant de vive voix celui à qui je devais l’interruption d’un baiser. Fidèle à ma Capitaine, je m’assurais que l’ensemble des hommes soient occupés en cale, au moins le temps qu’elle ne puisse se hisser à bord et regagner sa cabine, non sans échapper à mon regard, mais mon regard seulement.
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 30 Nov 2016 - 10:24


L’eau fut d’une fraîcheur saisissante, mais oh combien agréable! D’un soupir heureux, j’avais nagé sans me presser jusqu’à l’arrière de la Sirène. Nageant sur le dos, je fixais le ciel d’un sourire, tout en me remémorant l’histoire unique de Flynn. Par Uria qu'il avait du vécu! Cent quinze ans d’entraînement, de périples et de douceurs féminines. Sur cette pensée, j’eus un rictus et je secouais doucement la tête. Cent quinze ans…je n’en revenais toujours pas. «Diantre, tu es plus vieux que mon arrière-grand-père!» M’étais-je exclamée en apprenant son âge, et avec sérieux, j’avais rajouté: «Nous, les humains, notre vie est si courte, si éphémère ! C’est peut-être pour cela que j’aime vivre aussi intensément, car je sais que les années vont s’écouler sans que je  les voie passées. Un jour, je vais devenir une vieille femme rabougrie.» Je ris un peu et je soupirais. «Cent-quinze ans…comme je voudrais vivre aussi longtemps! Aye, ça doit être long, mais tu as eu le temps de voir tant de choses, tant de changements et tant de paysages! Tu as eu le temps de vivre pleinement, sans te soucier réellement de la vieillesse. Je t’envie!» Disant cela, je le contemplais du regard. «En tout cas, tu es un vieillard bien conservé! » Ce n’était que pure taquinerie, car après tout, son âge équivalait à une trentaine d’années chez les hommes.J'ignorais pourquoi, mais cette information m’avait rassuré. Par ce nombre, il me paraissait plus accessible, moins vieux. J’admets que l’âge n’a pas d’importance en amour, mais tout de même…devant un centenaire, on ne peut s’empêcher de se sentir très jeune. Trop jeune.

Heureusement, Flynn était humble et en aucun cas, je ne m’étais sentie moindre en sa présence, bien au contraire. Je savais que malgré ma courte vie, j’avais des choses à lui apporter, tout comme lui. Je fus reconnaissante qu’il me raconte son histoire avec autant de franchise et de transparence. Or, sa réponse concernant  Nora m’avait rassuré au plus haut point. « Ta sirène, hein? Soi sûr qu’elle va te garder dans ses filets!» avais-je répliqué d’un sourire moqueur, mais j’avais continué d’un ton plus compréhensif : «Quant à notre chère Aasimar, je comprends qu’elle restera toujours importante pour toi. Je ne t’en garderais pas rancune. Après tout, elle est la mère de tes enfants et ce n’est pas rien! Je voulais juste être certaine que…eh bien, que ton cœur n’était pas partagé. Ça doit être la pire des tortures émotionnelles que de devoir choisir entre la mer ou le ciel, non?» Bien entendu, cette poétique et gracieuse métaphore faisait référence à moi et à Nora. Nous avions alors conversé jusqu’à l’aube et après l’avoir embrassé, je répliquais à sa mesquinerie : «Tout à fait. À vrai dire, il faut être un peu pirate pour être un bon corsaire.» Je ris de  ma propre plaisanterie, qui pourtant avait un fond de vérité. C’est alors que Caleb me mit en garde d’une future vengeance. Nullement intimidée, je soufflais d’un sourire charmeur avant de me jeter en mer: « J’espère alors que ta vengeance sera douce!»

J’étais à présent rendue à la poupe que j’escaladais assez aisément malgré mon lourd manteau et ma robe que je faillis déchirer. Ma tête rousse apparut derrière le bastingage, et avec soulagement, je vis qu’aucun des matelots n’était sur le pont. J’en profitais alors pour embarquer, tout en prenant conscience que mon navire était très mal surveillé. Ce n’était guère rassurant de savoir que n’importe qui pouvait se hisser à bord sans que personne ne le voie. J’allais devoir y remédier. Sur cette pensée, je jetais un coup d’œil contrarié au marin qui faisait le quart et qui, à mon grand effarement, dormait à point fermé. Diantre! Celui-là passera la journée à fond de cale. D’une moue pincée, j’enlevais mon manteau tout en me déplaçant discrètement jusqu’à ma cabine. À cet instant, je ne vis pas le regard de Flynn sur moi, ou plutôt, sur ma robe qui dévoilait mes formes d’une façon des plus provocantes. L’eau avait ce pouvoir de faire coller les vêtements à la peau, dévoilant le moindre détail du corps. Ma courte apparition devait faire penser à un chef-d’œuvre vivant, si beau, si désirable, qu’on avait seulement envie d’y toucher et de s’y perdre, encore et encore…c’était tenter le diable de s’exposer de la sorte, mais me croyant seule, je n’étais pas à blâmer. Je laissais donc une traîner d’eau derrière moi et je m’éclipsais du regard de Caleb. J’allais me réfugier à ma cabine, où je me déshabillais pour me sécher et me vêtir dans une tenue plus conforme à un capitaine de navire. C’est alors que je sentis une fatigue de plomb tomber sur mes épaules. La nuit avait été très enrichissante, mais longue.  Je tournais alors mes yeux turquoise vers mon lit. Je le dévorais du regard et n’y résistant plus, je m’y allongeais lascivement. Le sommeil me prit et je me laissais entraîner dans le monde des rêves. Je rêvais surtout aux éladrins et à une mer périlleuse,  puis progressivement,  mon esprit bifurquait vers Flynn. Mes songes se firent plus doux et plus sensuels. Les sensations semblaient si réelles et si...jouissives. Submerger par autant de sensualité, je ne vis pas l’avant-midi passée ni je n’entendis un cognement à ma porte. Il était temps de déferler les voiles et de lever l’ancre, mais sans mon ordre, la Sirène resterait au mouillage.


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mar 27 Déc 2016 - 9:03


« Peut-être sera-t-elle trop douce pour toi ! » furent les seuls mots que je pus lui glisser avant qu’elle ne plonge du haut du mât. Parler de mon passé n’était pas quelque chose que je faisais souvent, mais, avec Cassiopée, c’était probablement la moindre des choses à faire. Qui plus était, l’exercice n’avait pas été aussi difficile que je n’aurais pu le penser. Certes, il était difficile de résumer près de cent ans en l’espace de quelques heures, mais elle avait eu droit aux faits principaux, à quelques anecdotes et, pour le reste, et bien, j’attendrais qu’elle daigne honorer sa part du contrat. Car si j’avais satisfait sa curiosité à mon égard, l’inverse n’était pas tout à fait vrai, bien au contraire. Et, apparemment, il me faudrait apprendre à être patient pour être satisfait à mon tour. Enfin, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même pour ne pas avoir songé qu’elle trouverait un moyen de s’en sortir. Après tout, je commençais à bien la connaître, mine de rien, et j’aurais pu prévoir qu’elle tenterait quelque chose de la sorte, sans se laisser faire. Soupirant, je me mettais à la tâche d’attirer l’attention de tous les matelots de La Sirène suffisamment longtemps pour permettre à son Capitaine de regagner le navire sans éveiller les pulsions masculines de l’ensemble de son équipage car, avouons-le, dans cette robe complètement détrempée, elle ne pouvait laisser personne indifférent et je préférais ne pas partager cette exquise vision avec qui que ce soit d’autres.

Regroupant l’ensemble des marins dans la cale, j’en profitais également pour mettre les choses au clair avec eux. Vu que ma promotion était officialisée, en quelque sorte, il fallait désormais énoncer clairement les règles du jeu. Je n’étais plus vraiment l’un des leurs désormais, même si, au fond, cela ne changeait pas grand-chose à l’amitié que je pouvais porter à certain. Toutefois, à bord, il y avait des règles qu’aucun sentiment ne pouvait modifier, qu’on le veuille ou non. Alors je mettais les points sur les « i », en quelque sorte, pour leur faire comprendre ce que j’imaginais être mon rôle à bord, sur le fait qu’il était de mon devoir de faire appliquer les ordres du Capitaine, mais que, bien entendu, ils pouvaient également me faire confiance pour faire remonter les problèmes dans l’autre sens, si nécessaire. Bien que je doutais sincèrement qu’il n’y ait jamais eu qui que ce soit pour se plaindre de quoi que ce soit à bord. Une fois les choses au point et les éventuelles questions traitées, j’avais renvoyé chacun à ses tâches quotidiennes afin que l’activité reprenne à bord. Cassiopée avait eu plus de temps qu’il n’en fallait pour regagner sa cabine et le navire avait besoin qu’on prenne soin de lui. Une fois que chacun fut à son poste, je décidais de retourner dans la cale pour piquer un petit somme que j’estimais bien mérité. Si la Capitaine avait besoin de son Second, il fallait qu’il soit en l’état de penser correctement et, pour ça, mieux valait éviter les nuits blanches. Gagnant mon hamac, je m’y écroulais sans prendre le temps de me dévêtir de quelque façon que se fut, plongeant presque immédiatement dans un sommeil profond.

J’eus l’occasion de rêver de mon passé, probablement à cause de la longue confession que je venais de faire, mais cela n’avait pas réellement d’importance. Je me réveillais quelques heures plus tard, à peine le temps de récupérer un peu. Après m’être extirpé de mon hamac, j’étais allé faire un brin de toilette avant de récupérer mes affaires dans mon coffre. Abandonnant plus ou moins l’uniforme des Elites, je récupérais mon gilet de cuir noir, sans manches, que je portais torse-nu. Le retrouver me fit… étonnamment, un bien fou. Pour le reste, la tenue des Elites me convenait parfaitement. Alors que je bouclais la ceinture qui tenait mes dagues et mes couteaux de lancer, je me demandais bien qu’elle allait pouvoir être la suite des évènements. Mais, après tout, ce n’était pas vraiment mon affaire, n’est-ce pas ? Ce n’était pas moi qui donnait les ordres, ici. Dégainant mes dagues, je notais mentalement qu’il allait falloir que je m’occupe d’elles rapidement. Ces demoiselles avaient besoin d’être chouchoutées, pour être au meilleur de leur potentiel. Pour l’heure, je les glissais dans leur fourreau et montait sur le pont, profitant de la légère brise et du soleil de l’après-midi. N’apercevant pas Siréna et voyant que le navire était toujours au mouillage, je pris le chemin de sa cabine. Je frappais doucement à la porte. « Capitaine, vous êtes décente ? Car si ce n’est pas le cas, je défonce cette porte. » Je plaisantais, bien entendu, enfin… quoique. J’attendis d’avoir la permission de rentrer avant de fermer la porte derrière moi. « Votre Second attend ses instructions, Capitaine. »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Jeu 29 Déc 2016 - 21:22


Quand Flynn cogna à ma porte, j’étais encore profondément endormie, mais mon corps restait alerte. Depuis le temps, j’avais développé cette particularité de rester toujours sur le qui-vive, même dans mon sommeil, juste au cas.  Dans un soubresaut, j’entendis une voix grave qui menaçait de défoncer ma porte. J’ouvris automatique les yeux et je me levais d’un bond en saisissant mon sabre au passage. À moitié réveillée, mais prête à  tuer s’il s’agissait d’un abordage, je me dirigeais promptement vers la porte. Sans crier gare,  je l’ouvris à toute volée en rugissant : «Défoncez ma porte?! Espèce de sale trou du cul de …» Je m’arrêtais net en m’apercevant que le trou du cul en question n’était nul autre que Flynn et non un ennemi menaçant. «Bon sang de merde! Tu m’as fait une de ses frayeurs! Je croyais qu’on était abordé!» M’exclamais-je en baissant mon arme.  Il n’eut pas d’autre choix que de me faire l’explication de sa plaisanterie ratée que j’avais mal entendu. Je pris un air outré, même si au fond, je trouvais très amusant de l’imaginer défoncé ma porte pour m’admirer en petite tenue. Malheureusement pour lui, je m’étais revêtue de mon habit de capitaine. « Je te déconseille de défoncer ma porte. Il t’en coûtera la peau des fesses. Je crois que tu y tiens, non?» Mon visage s’éclaira d’un petit sourire grivois. «Il serait dommage d’abîmer un aussi beau postérieur. Allons, entre… avant que je t’embroche!»

À cet ordre, je lui fis un petit clin d’œil et je tournais les talons pour rentrer dans ma cabine. Toute trace de colère disparut, je décidais de ne pas déroger à mon rituel du matin qui consistait à servir à Brise son lait et son hareng séché. D’un petit sourire, je caressais sa fourrure noire tout  en lui donnant son dû, tandis que mon second me demanda ses instructions. À sa demande, je soupirais et je jetais  un coup d’œil à la fenêtre.  Déjà midi! Diantre…je soupirais à nouveau, puis je reportais  mon attention vers mes dernières missives. En silence, je pris l’une d’elle et je la parcourus rapidement du regard. Khaalâm Domix le Septième m’ordonnait de me rendre expressément à Hydrasil pour une mission de haute importance.  Rien de moins. Malheureusement, Sharim allait devoir attendre et pour dire vrai, j’en étais fort déçue. Les Dieux semblaient prendre un malin plaisir à constamment retarder ma vengeance…notre vengeance. Sur cette pensée, je levais mon regard vers l’homme qui se tenait devant moi. Plongeant mon regard turquoise dans le sien, je répondis :

- Levez l’ancre et affalez toutes les voiles. Cap au Nord. Disant cela, je m’approchais de la fenêtre pour ouvrir les rabats. À cet instant, je sentis un vent chaud et très humide caresser ma peau. Fronçant les sourcils, j’analysais le déplacement des nuages blancs et sans hésiter, j’alpaguais l’éladrin avant qu’il ne sorte:
-Caleb! Que les hommes serrent les bandes de ris, déploient les bonnettes et qu’ils abaissent  le mât des perroquets! Préparez-vous à une tempête cet après-midi.
Aye, le soleil était éclatant, mais je n’étais pas dupe. Je connaissais ce vent traître, trop lourd pour être discret et inoffensif. La tempête approchait, ce n’était qu’une question de temps et nous devions nous tenir prêts. Flynn alla aussitôt communiquer mes ordres, j’en profitais pour manger du gruau à la cuisine et j’en apportais à Dylan. Mon petit blessé semblait allait beaucoup mieux. Sa plaie s’était refermée et je fus soulagée de n’y voir aucune infection.  D’un sourire, je demandais au médecin de sortir, et je m’approchais de mon fils qui me dévisageait avec amour. Ce regard me fit chaud au cœur.

- Alors, as-tu bien dormi, mon trésor? demandais-je en lui donnant son repas. Opinant de la tête, il répondit timidement:
- Oui, capitaine…je veux dire… mère. Désolé, je ne suis toujours pas habitué.
- Moi aussi, mais ça viendra! soufflais-je d’un petit sourire. Nous étions tous deux un peu gênés par cette étrange situation. C’était si nouveau et si ancien en même temps. Il était mon fils, j’étais sa mère. Quoi de plus naturel au monde? Et pourtant…nous nous connaissions si peu.
- J’ai tant de questions… murmura-t-il.  Il y eut un silence où j’hésitais à l’encourager à continuer. Ravalant une crainte inexplicable, je demandais du bout des lèvres :
- Quelles sont tes questions?
- Eh bien… si tu es ma mère, qui est mon père?
À cet instant, j’aurais voulu être à six pieds sous terre. Hey, merde! J’aurais dû m’en douter! Quoi de plus normal pour un enfant que de savoir qui sont ses deux parents.  Honteuse et chagrinée, ce fut à mon tour de baisser les yeux.  Son père...
- Il est mort, c’est ça? Questionna mon fils tristement. Je levais aussitôt mes yeux vers lui. Oui, probablement. J’acquiesçais de la tête, mais ce n’était pas suffisant. Il voulait savoir qui était son père et comment il était mort.  Que de questions sinistres en cette matinée! Cela me coupa littéralement l’appétit. Stoïque, je répondis vaguement :
- Ton père était un corsaire. Il est mort au combat.  Ce qui était vrai, vu que j’avais réussi à retrouver la plupart des mutins et que je les avais tués lors de batailles navales.
- Comment  s’appelait-il ? Comment vous êtes-vous rencontrés?  
- Il s’appelait…Denis…Denis Freim. Premier mensonge.  Nous nous sommes rencontrées quand je suis embarqué à bord du navire de ton grand-père.  Je n’étais qu'un mousse à l’époque et lui, un marin.  
- Oh…et est-ce qu’il était plus vieux que toi?
- Oui. Il avait environ vingt ans. Deuxième mensonge.
- Est-ce que tu l’aimais? Silence. Je tentais de me composer un visage nostalgique.
- Oui... Troisième mensonge. Que faire d’autre que de mentir pour le bien de son enfant?  Sur cette pensée, je ravalais ma culpabilité et prenant sa petite main dans la mienne, je soufflais : «Allons, ne parlons pas de ça. Le passé reste le passé et il nous faut vivre au moment présent.»
- Tu as raison, mère! répondit-il gaiement. Je souris et je sortis de mes poches un petit paquet. Presque avait timidité, je le lui remis en expliquant :
- Tiens, c’est pour toi. C’est un cadeau pour tes 12 ans. Le sourire de l’enfant s’affaissa, laissant  place à une expression indéfinissable. Ému et étonné,  Dylan marmonna :
- Un cadeau? Pour moi? Ma fête? Je souris doucement tout en caressant sa joue. Tendrement, je racontais :
- Oui, tu es né le 29e jour de Gec sixième année de l’ère du second souffle.  Je m’en souviens comme si c’était hier. La tempête avait fait gronder les vagues, à en submerger les maisons jusqu’au temple. Les moines considéraient cela comme un bon présage.  Pour eux, ça annonçait que l’enfant à naître allait être fort et vigoureux.  En te regardant, je ne peux que leur donner raison. Dylan rougit à ce compliment, et lentement, il déballa son cadeau. C’était un livre dont la couverture était en cuir véritable, et sa reliure ornée d’or.  Ses pages vierges étaient faites d’un parchemin de qualité, conçu pour écrire mille et une histoires. Ce magnifique présent rendit mon fils sans voix. Il caressa du bout des doigts les pages et progressivement, ses yeux se remplirent d’eau.
- Merci, maman…c’est…c’est le plus cadeau qu’on met fait. Le seul, en vérité! Répondit-il la gorge nouée par l’émotion. Je fus très peinée d’entendre ça. Le cœur gros, je l’attirais contre moi et je murmurais dans ses cheveux : « Je te promets que pour le reste de ta vie, tu seras un petit garçon choyé.» Je soupirais et  reculant, je plongeais mon regard dans le sien en disant : «Je pensais que les moines se seraient mieux occupés de toi…t’ont-ils appris à écrire au moins?»
- Aye, mais à part ça, rien d’autre. J’étais plus leur serviteur que leur script. C’est pour ça que je me suis enfui! Je n’étais pas heureux là-bas, et je voulais te retrouver. J’ai toujours su que la mer me ramènerait vers toi.»
***

La Sirène avait repris le large, les vagues étaient devenues plus fortes et le vent avait fraîchi. Comme je l’avais prévu, la tempête approchait. Après mon émouvante conversation avec mon fils, j’étais revenu auprès de mon équipage. Durant le reste de l’après-midi, mes marins avaient obéi aux ordres de Bosco sans rechigner. De mon gouvernail, je les observais accomplir leurs tâches avec vaillance. Mon éladrin allait ici et là, dirigeant les opérations, tout en travaillant aussi avec les hommes. Il dirigeait comme Nassim, mais d’une façon plus diplomate et plus ferme, sans être dictatorial. Je souris amoureusement, pensant pour la millième que j’avais bien choisi mon compagnon. Surtout que sa veste en cuir lui allait à merveille!
-Bosco! Où as-tu déniché une veste pareille?! Demandais-je d’un sourire moqueur.
-Probablement à une putain du port de Varak, cap’Taine! répliqua moqueur Fior. Elles ont le goût avec les hommes. Cette taquinerie supplémentaire déclencha un rire collectif ainsi que quelques plaisanteries bien placées. Soudain, des éclairs illuminèrent le ciel nuageux qui cachait le soleil depuis un quart d’heure et la pluie s’abattit sur nos têtes. Je cessais aussitôt de sourire et d’un ton sévère, j’ordonnais :
-trêve de plaisanterie! La barre au vent! À bloc la grande voile! Exécution! Les élites obéirent aussitôt. Comme de coutume, l’excitation était dans l’air. Après quelques jours paisibles, une tempête était la bienvenue. Mon regard limpide se riva vers Flynn. Le visage ruisselant, j’eus un large sourire et je m’écriais : «Bosco! Prêt pour une autre tempête?!» À sa réponse, j’éclatais de rire et je pris plaisir à affronter une vague gigantesque, sans me douter  que cette tempête allait changer le cours mon existence.  


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mar 10 Jan 2017 - 11:26


S’il y avait bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’était de voir la porte s’ouvrir, et, derrière elle, une Cassiopée en furie, le sabre à la main, prête à en découdre avec un adversaire visiblement imaginaire. Alors qu’elle semblait réaliser qu’il n’y avait pas de danger, elle se calma rapidement et je n’eus pas spécialement à craindre de finir embrocher par mégarde. Note à moi-même, il faudra que je fasse attention à mes idées de farces pour les prochaines occasions… Alors qu’elle baissait son arme, j’eus un sourire un peu gêné. Lui faire peur n’était pas mon intention, loin de là. Heureusement, elle prit plutôt bien ma tentative humoristique, même si visiblement, elle tenait beaucoup à sa porte. « Tu serais surprise de voir à quel point je serais capable de te refaire une porte, sans que cela me coûte la peau de mes magnifiques fesses. Et puis, c’est probablement toi qui serait la perdante, si je la perdais. » J’eus un petit sourire et je la suivis à l’intérieur de sa cabine tandis qu’elle s’occupait de son animal de compagnie. Brise, de son petit nom, était à l’image de sa maîtresse, indépendante. On ne pouvait pas vraiment dire que je passais beaucoup de temps avec elle, mais, jusqu’à présent, elle semblait me tolérer, au minimum, et ne rechignait pas contre quelques caresses. Silencieux, j’attendais que ma Capitaine finisse ce qu’elle avait à faire pour lui demander ce qu’allait être la suite des évènements. Après tout, le navire n’allait pas rester au mouillage éternellement et les membres d’équipage allaient avoir besoin d’un peu d’action, sans quoi ils allaient surement finir par tourner en rond. Alors qu’elle jetait un œil à son courrier récent, je l’observais silencieusement, me surprenant à penser que je n’étais pas peu fier d’être le Second de cette femme.

Lorsqu’elle sembla prendre sa décision, je me contentais d’opiner légèrement de la tête. « Aye, Capitaine. » Prêt à carrier l’ordre, je ne m’éternisais pas longtemps dans la cabine. Cependant, elle m’interrompit alors que j’ouvrais la porte, me donnant des ordres supplémentaires, car, visiblement une tempête se préparait. Un peu crédule, je l’observais quelques secondes avant d’hocher de la tête à nouveau. « Bien, Capitaine. » Fermant la porte derrière moi, je remontais sur le pont pour transmettre les ordres de Sirèna. Le temps n’avait rien d’orageux, mais, après plusieurs années sur la mer, je savais également qu’il pouvait changer aussi vite qu’une femme ne pouvait changer d’avis. Sans discuter, je transmettais les ordres aux matelots, qui se mirent rapidement au travail. Après leur avoir donné un petit coup de main, et lorsque l’ancre fut levée, je pris place sur le pont arrière, laissant Gawaël à la barre et profitant du relatif calme pour me reposer un peu. Si Cassiopée disait vrai, la suite de la journée promettait d’être particulièrement éprouvante et, contrairement à ma petite rousse préférée, je n’avais pas lambiné pendant toute la matinée. Les hommes aussi savaient qu’il y avait des chances pour que l’on ait à faire à une tempête plus tard, mais, comme pour moi, ils ne s’en inquiétaient pas. Les caprices de la météo étaient les aléas d’une vie en mer et n’importe quel matelot apprenait à s’en accommoder ou alors ne faisait pas long feu à bord d’un navire. Tandis que nous faisions voile vers le nord, je discutais d’une oreille avec Gawaël, gardant un œil sur l’équipage et les choses qui devaient être accomplies. Rapidement, le ciel montra des signes de changement et je savais que la prédiction de Sirèna s’accomplirait rapidement. Voilà qui promettait d’être intéressant.

La Capitaine se montra finalement sur le pont après quelques temps, reprenant la barre et mettant un terme à ma petite pause. Je pris alors ma place parmi l’équipage, participant, si nécessaires, aux différentes tâches, sans pour autant les assister. Après tout, ce n’était plus mon boulot, n’est-ce pas ? Alors que le temps s’était désormais couvert, signe que Cassiopée avait décidément raison, celle-ci m’alpagua me demandant où j’avais déniché ma veste. Avant que je ne puisse répondre, Fior s’était permis une petite plaisanterie à laquelle je ne pus m’empêcher de sourire. « Tu es jaloux parce qu’aucune femme ne t’a offert quelque chose, c’est tout ! Mais peut-être partagerais-je un jour avec toi mes talents. » En vérité, j’avais simplement acheté cette pièce de cuir chez un marchand, plutôt doué, même si, d’une certaine manière, c’était avec l’argent d’une femme que je me l’étais offert. Bah ! Les choses se passaient ainsi ! Nous n’eûmes cependant pas l’occasion d’aller bien plus loin dans les plaisanteries grivoises car l’orage éclata, rappelant à tous qu’il y avait des sujets à ne pas prendre à la légère. La pluie tomba rapidement drue, détrempant l’ensemble des personnes sur le pont très rapidement. Alors, quand Cassiopée me demandant si j’étais prêt pour un autre tempête, j’eus un petit sourire amusé : « Je suis toujours prêt, Capitaine. »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 11 Jan 2017 - 17:42


Le destin est quelque chose de bien mystérieux, appartenant plus à la volonté divine qu’à celle des mortelles. Or, j’étais loin d’imaginer à quoi j’allais faire face. Pour l’heure, je luttais contre une violente et dangereuse tempête. Le ciel était terriblement sombre et la mer grondait de vagues immenses. Ma crinière rousse battait le vent, la pluie m’aveuglait les yeux, je  m’accrochais à mon gouvernail.  Ordonnant à mes marins de déferler toutes les voiles, je gardais le Cap, brisant les vagues au passage, défiant le vent de m’arrêter. L’eau marine inonda le pont, plusieurs marins glissèrent au sol, mais ils se relevèrent aussitôt et ils s’accrochèrent solidement.  Les mains crispées, je sentais le froid dans mes os, mais je ne devais pas abandonner. Je soupirais de fatigue, tout en observant ces nuages opaques. Si gris, si profonds, cela me rappelait le regard de Flynn. Celui-ci venait de terminer d’aider les autres à exécuter mes ordres, j’eus un sourire amoureux à son adresse. Il était si beau sous cette pluie battante. Le contempler était un plaisir grisant, mais malheureusement, je devais rester concentrée. Alerte, je détournais mon regard pour scruter l’horizon hostile. Soudain, à travers le vent, j’entendis un cri. Aiguë, jeune et désespéré. Fronçant les sourcils, je rivais mon attention vers cette voix juvénile et je blêmis d’horreur. Mon fils avait passé par-dessus bord et il se débattait à présent contre les vagues. Diantre! N'avais-je pas exigé  qu'il reste à l'infirmerie jusqu'à son rétablissement? Pourquoi m'avoir désobéit...surtout maintenant?!

 «Roger, la barre! Garde le Cap.» Ordonnais brusquement en lâchant le gouvernail. Prenant ma place, le marin avait aussi entendu les cris de Benjamin. À présent, il le fixait triste et impuissant. Aller le sauver à la nage ou en chaloupe était suicidaire. Les vagues étaient hautes de plusieurs mètres et déjà, l’enfant s’éloignait, ses cris s’affaiblissaient. Ce fut alors une décharge électrique qui me parcourut le corps. « DYLAN!» Hurlais-je hors de moi. Les larmes aux yeux, je partis à la course pour plonger, mais plusieurs marins me barrèrent le chemin. «Capitaine, c’est trop tard!» S’écria Fior catégorique. Ne l’écoutant pas, je tentais de le repousser, mais des bras me retinrent. Les poignes se resserrèrent, mais je me débattis comme une forcenée en m’insurgeant : « Non, lâche-moi! Je dois le sauver! C’est mon fils! MON FILS!» Ma réaction eut l’effet d’une douche froide.  Je profitais de l’étonnement général pour me libérer, et avant que quelqu’un puisse m’en empêcher, je sautais à l’eau, sans oublier de prendre un cordage avec moi. M’éloignant de mon navire, je nageais le plus rapidement possible vers Benjamin qui continuait à se débattre, mais de plus en plus faiblement. Recrachant de l’eau, je criais : «nage vers moi, mon trésor. Nage vers moi.» Ma voix était comme un écho, m’avait-il entendu? Peu importe, j’y étais presque, mais le cordage était trop court.

Le lâchant, je continuais ma nage effrénée, puis je plongeais. Dans le noir glacial, ma main agrippa celle du mousse, je le ramenais à la surface. Épuisé, mais en vie, il s’agrippa contre moi de toutes ses forces pour ne pas couler. «Maman…maman…» marmonna-t-il en pleur. Je l’étreignis tout en essayant de revenir au navire. Il était loin, mais pas inaccessible. « Tiens bon, mon trésor». Murmurais-je à son oreille afin de le rassurer. J’étais à bout de force, mais je réussis à m’accrocher au cordage qui flottait à la surface. « Nous y sommes presque.» Dis-je à mon petit rescapé, qui acquiesça faiblement de la tête.

Épuisée, je levais mes yeux vers mes hommes, qui firent tout en leur pouvoir pour nous secourir, mais des vagues puissantes et mortelles arrivèrent à bâbord. À cet instant, je sus que des deux, seul mon fils allait survivre. Promptement, j’attachais le cordage autour de sa taille. La corde était reliée à une poulie d’où un sac de sable lourd pendait dans le vide. J’essayais de crier à mon équipage de fendre le cordage, mais le vent nous empêchait toute communication cohérente. Je n’avais donc pas le choix. Priant pour que cela fonctionne, je dégainais un couteau de lancer et je visais de toutes mes forces la cible. Par miracle, l’arme réussit à traverser la force du vent et à fendre la corde faisant tomber  le poids. À cet instant, je plongeais mes yeux dans ceux de mon enfant. « Je t’aime. Je serais à jamais avec toi.» Soufflais-je en larme. Benjamin n’eut pas le temps de comprendre la gravité de mes paroles que la corde resserra sa taille et l’emporta dans les aires. D’un cri, il atterrit brusquement sur le pont de la Sirène. Je fixais celle-ci d’un regard profondément désolé. Priorisant mon devoir de mère,  j’avais abandonné mes hommes à leur sort. Flynn était parmi eux, et je sentais qu’il voulait à tout prix me sauver, mais cette fois, c’était impossible. « Je t’aime et je t’aimerais toujours.» Murmurais-je. Pourquoi ne lui avoir jamais  dit?  Anéantie, je fermais les yeux, les vagues m’emportèrent, m’éloignant de tout ce que j’avais accompli et de tous ceux que j’aimais. Livides et bouleversés,  mes marins me virent disparaître. La mer avait réussi finalement à vaincre leur Capitaine. Enfin…presque.
***
 J’eus beau essayer de remonter à la surface, ma tête n’arrivait plus à se tenir hors de l’eau. Alors, je cessais progressivement de me débattre, la mort venait me chercher. Mon corps coula par le fond. Ce fut les trois minutes les plus longues de mon existence. Le noir m’entourait de plus en plus, je sentais mon esprit partir. Je ne ressentais plus le froid ni la peur. Dans mes derniers instants, je ressentais une paix étrange, surnaturelle. Soudain,  je vis dans une lumière éblouissante Nassim, ma mère et mon père qui étaient devant moi. Ils me soufflaient de m’accrocher, d’être forte. Ils me promettaient de m’attendre, mais pour l’instant, je devais vivre. Vivre? Était-ce une plaisanterie? Comment m’en sortir dans cette mer déchaînée? Soudain, mes défunts disparurent de ma vue, laissant place à une grandiose et magnifique femme, dont ses formes se découpaient à travers l’eau. En silence, elle souffla sur moi, créant par le fait même une géante bulle d’air qui m’engloba. Tremblante et frigorifiée, je respirais à grande bouffée d’air.  Alors, lentement, je levais mes yeux vers l’inconnue surnaturelle. Son regard translucide, lumineux, me fixait intensément.

- Petite mortelle, tu ne me reconnais donc pas? demanda-t-elle d’une voix terriblement grave. Je suis Uria, déesse des marées et du vent. Celle que tu pries et que tu défis sans cesse.
- Uria...ma vie est vôtre. Soufflais-je d’une voix inaudible en fléchissant les genoux. En cet instant, sa présence me terrifiait plus que la mort. Devant elle, j’étais si vulnérable, si petite et si mortelle. Après un silence, elle approuva :
- Oui, ta vie est mienne, Cassiopée. Chaque fois que tu as été épargné, c’était à cause de moi. Alors, ne te glorifie en rien de tes exploits. Ta gloire est mienne. Ta vie est mienne. Sans moi, tu n’es rien. Ne l’oublie jamais. Maintenant, relève-toi. En silence, j’obéissais même si j’avais envie de rester à genoux. Elle dégageait une puissante domination, étouffante, oppressante. C’en était insupportable, mais je restais malgré tout debout et droite. Devant ma prestance naturelle, Uria sourit. S’approchant, elle confia :

- Je t’observe depuis longtemps. Tu es comme un feu sur ma mer.  Ton sens du sacrifice m’a prouvé maintes fois que tu possèdes un courage et une force de caractère hors du commun. C’est pour ça que je t’ai choisi, Cassiopée.

- Moi? Pourquoi? demandais-je confuse. Le regard d’Uria s’assombrit.
- Un mal ancien a réapparu et menace à présent ce monde. Une époque sombre et ravageuse se prépare, les Dieux auront besoin de nouveaux héros. Tu seras parmi eux, Cassiopée. Tu combattras  pour moi et tu aideras à vaincre l’envahisseur.
- Comment pourrais-je faire une telle chose? soufflais-je d’une voix chevrotante.  Je ne suis qu’une humaine, Uria.
- Certes, tu es humaine, mais tu es forte. Je sais que tu seras apte à accomplir ma volonté et tu ne seras pas seule dans cette guerre. Je t’aiderais, ainsi que de nombreux alliés et amis. Devant cette certitude, je fus un peu rassurée. Soupirant, je répondis docilement : « Je ferais selon votre volonté.» Celle-ci eut un sourire satisfait. « J’en suis persuadée. À présent, tu dois retourner sur la terre ferme.  Retiens ta respiration.»

J’eus à peine le temps d’obéir que la bulle d’air céda et je me retrouvais à nouveau dans les profondeurs de cette mer turbulente. C’est alors qu’Uria souffla puissamment sur moi, créant par le fait même un courant marin temporaire. Sous les vagues, mon corps fut propulsé à toute vitesse. À cet instant, la mer se calma et l’écume vint me déposer doucement sur un sable humide et froid, où quelqu’un me trouva. Profitant de mon inconscience, l’inconnue me hissa sur un brancard et m’amena dans sa hutte. Pendant plusieurs jours, la fièvre me submergea, tandis qu’une odeur d’encens me plongea dans un terrible souvenir. Revivant le viol collectif que j’avais subi, je me mis à pleurer et à crier dans mon sommeil.  J’étais redevenue l’adolescente impuissante et faible. Celle qui allait bientôt passer par-dessus bord. Soudain, j’entendis une voix très lointaine murmurée à mon oreille : «Lutte. Tu dois vaincre.» M’accrochant à cette parole, je réussis à trouver la force pour vaincre mes adversaires qui m’avaient terrifié pendant des années. Ce fut un combat spirituel, sauvage et indescriptible. Me libérant de leurs bras, je les tuais un à un. Dès lors, mon traumatisme fut guéri. Je respirais profondément, le sourire aux lèvres et le sommeil plus paisible. Plus tard, après mettre réveillée,  je pris conscience que j’étais bel et bien en vie. Tout ce que je venais de vivre me semblait irréel, tiré d’un rêve. Malheureusement, Uria m’avait bel et bien sauvé, mais à quel prix?


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 23 Jan 2017 - 12:43


Prêt… Oui, j’étais prêt à tout, souvent. Mais, en toute honnêteté, rien n’aurait pu me préparer à ce qui allait suivre. La tempête se renforçant, tout le monde veillait à ce les ordres soient effectués le plus vite possible, tout en se remettant aux manœuvres de notre Capitaine. Je mettais moi-même la main à la tâche, conscient que, dans ce genre de situation, personne ne pouvait se permettre de lambiner, même en donnant des ordres. Confiant, j’étais convaincu que nous parviendrons à sortir de cette tempête en quelques heures, que ce n’était qu’un moment à passer, un bon moment même, revigorant, grisant… L’adrénaline n’était pas désagréable et les tempêtes nous rappelaient les dangers auxquels les marins faisaient faces et pour lesquels ils avaient choisis cette vie. Malheureusement, en cette journée, la mer avait décidé de nous le rappeler bien plus durement que les autres fois. Alors que je finissais ma tâche, j’eus un regard vers le gouvernail. Cassiopée avait un je-ne-savais-quoi de diablement séduisant. Peut-être était-ce l’effet de la pluie, ou simplement mon imagination qui prenait un malin plaisir à la déshabiller, presqu’un peu trop vite à mon goût. Me concentrant à nouveau, je descendais du mât sur lequel j’étais suspendu lorsque j’entendis un cri au travers du souffle du vent et du fracas de l’orage. M’arrêtant dans ma descente, il ne me fallut que peu de temps pour repérer Benjamin, qui venait d’être happé par une vague traversant le pont de part en part. Bondissant en contrebas, je me dirigeais vers le bastingage pour faire l’horrible constat qu’il n’y avait malheureusement plus grand-chose à faire. Le vent nous poussait vite et, malheureusement, le petit mousse était charrié dans le sens contraire par le courant. Un regard vers le pont me suffit pour voir que Sirèna était devenue telle une lionne en furie. Elle voulait sauver le garçon, c’était évident, mais il n’y avait plus rien à faire.

Alors que je me rapprochais, prêt à aider Fior et les autres pour retenir Cassiopée, elle leur ordonna de la lâcher, parce qu’elle devait le sauver, parce que c’était son… Fior, comme moi-même et les autres furent tellement abasourdis qu’elle put profiter de notre surprise pour se jeter à l’eau, emportant avec elle un cordage qu’elle avait noué autour de sa taille en sautant. Sans chercher à comprendre davantage ce que je venais d’entendre, je m’approchais des hommes encore pantois. « Fior, sécurise-moi ce cordage et veille dessus comme si ta vie en dépendait. S’il se rompt, tu regretteras de ne pas être passé par-dessus bord. Roger, essaie de nous faire tourner, pour qu’on ne s’éloigne pas trop vite. Mais ne force pas le vent, fais ce que tu peux sans risquer le navire. Les autres, retournez à vos postes. » Les mains sur le bastingage, j’essayais de voir si j’arrivais à apercevoir Benjamin et Cassiopée, mais, avec la hauteur des vagues, je ne parvenais jamais à les voir simultanément. Je brûlais d’envie de sauter à mon tour pour aller la sauver, mais c’était une folie que je ne pouvais pas me permettre. Après de trop longues secondes, elle parvint enfin à le rejoindre, finalement l’espoir était peut-être permis. La Sirène filait vite, mais maintenant qu’ils étaient attachés à la corde, cela n’était plus important. « Gawaël, Damian, avec moi. » De toutes nos forces, nous nous mîmes à tirer sur la corde, afin de ramener notre capitaine et son… fils, à bord. Ce n’était pas une mince affaire mais ce n’était pas la motivation qui manquait. Mais alors que nous redoublions d’efforts, la corde nous glissa entre les mains, tirée en arrière par un sac de sable qui passa par-dessus bord. Le temps de comprendre ce qui se passait, je vis Benjamin s’élever dans les airs dans notre direction. Juste à temps pour le rattraper avant qu’il n’atterrisse lourdement sur le pont. Réalisant qu’il était indemne, mais seul, je me relevais, courant jusqu’à la poupe du navire où je vis Cassiopée, emportée par le courant, loin de la Sirène, sans espoir de retour. « SIRENA ! » Sans réfléchir, je m’apprêtais à sauter avant que Fior et Gawaël ne m’arrêtent, l’air sombre et résigné. [b] « On va avoir besoin de toi, Bosco. »[/color]

Le reste de la tempête passa presque tranquillement. Quelques heures plus tard, le soleil de fin de journée berçait le pont de ses rayons chaleureux, mais il aurait fallu bien plus pour tout l’équipage, et… surtout, pour moi. Une fois sorti de la tempête, j’avais fait diriger la Sirène vers une petite ile, probablement inhabitée et sauvage, qui nous permettrait de nous reposer et de s’occuper des réparations pour le navire. L’un des mâts montrait des signes de faiblesses et ne tiendrait probablement pas le prochain coup de vent, il allait falloir le remplacer et, pour cela, il fallait trouver de beaux troncs, à terre. Une fois au mouillage dans une petite baie de cette île, à l’abri, je descendis dans la cale, à l’infirmerie, car j’avais quelques questions auxquelles il me fallait des réponses. Benjamin avait été descendu auprès du médecin dès son retour à bord, mais, malheureusement pour lui, ce n’était pas tant son état physique qui posait problème, mais plus le fait d’avoir perdu Siréna. Je ne pouvais pas lui en vouloir, après tout, nous étions tous encore sous le choc. Alors que j’entrais dans la pièce, je fis signe au médecin de nous laisser seul avant de m’approcher du mousse. « Bonjour, Petit. » Ma voix n’était pas aussi assurée que je l’aurais voulue, mais, malheureusement, je ne pouvais rien y faire, pas pour le moment. Je m’installais à côté de son hamac. « Je sais ce que tu ressens, Petit, alors je vais t’épargner des mots qui, comme moi, ne te réconforteront pas. » Sans un mot de plus, je sortis deux verres et les remplit de rhum dont j’avais ramené une bouteille. Je lui tendis un verre. « Elle me tuerait probablement si elle me voyait, mais je crois que ça nous fera du bien… A tous les deux. »  
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Ven 27 Jan 2017 - 18:34

Il s’était isolé à l’infirmerie pendant des jours, même si le médecin lui avait recommandé de prendre de l’air.  Livide, les lèvres pâles et sèches, Benjamin avait cessé de manger et ne buvait à peine. Le jour, l’enfant était plongé dans un mutisme très inquiétant, sa joie avait disparu, ainsi que son incessant bavardage. Cerné, il fixait le mur en silence, le regard vide et l’air grave. La nuit, il se réveillait en sursaut et en sueur, revivant le funeste évènement. La mer lui glaçait les os, l’eau voulait l’étouffer. Soudain, sa mère était venue à son secours, tel un ange bienfaiteur. Forte et courageuse, comme toujours, elle lui avait sauvé la vie, sans espoir de retour. Il se souvenait de son regard désolé, de sa dernière parole…alors il rageait contre la vie et la mer. Il en voulait au monde entier, même à elle, et surtout à lui. Il se sentait responsable de sa mort.   Sa culpabilité était si grande qu’il avait juste envie de mourir aussi. Pour ça, il suffisait de sortir dehors et de se laisser couler…la tentation était grande, il caressait du regard la fenêtre. Ce fut durant ses sombres pensées que Flynn était entré. Il n’avait pas eu le temps de prendre de ses nouvelles, sûrement trop occuper par son nouveau poste. À présent, c’était lui le capitaine. Benjamin appréciait l’éladrin, mais dans son cœur, c’était toujours Sirèna son capitaine. Elle le resterait jusqu’à sa mort.

- Bonjour, petit. Dis Flynn d’une voix mal assurée. Benjamin tourna lentement son regard vert, devenu turquoise dû au chagrin.
- Bonjour, Capitaine. Murmura l’enfant d’une voix à peine audible. Sa gorge était sèche à cause de la déshydratation et de la faiblesse. Après un lourd silence, Flynn entama la conversation :
- Je sais ce que tu ressens, petit, alors je vais t’épargner des mots qui, comme moi, ne te réconforteront pas. Il sortit deux verres et les remplit de rhum. Elle me tuerait probablement si elle me voyait, mais je crois que ça nous fera du bien… à tous les deux.  Sans rechigner, Dylan prit un des verres et il le vida d’une traite. Il toussa un peu, puis d’une voix rauque il souffla : «Elle ne nous aurait pas tués, juste fouettée et mise à fond de cale…comme je voudrais qu’elle soit là!» À ses mots, les yeux du petit se remplirent d’eau et il éclata en sanglots. Toute sa tristesse accumulée depuis ces derniers jours se déversa en un rien de temps. Il fut agité de soubresauts violents.   «Maman…maman…» sanglota-t-il en cachant son visage dans le creux de ses mains.  Pendant un long moment, il pleura, puis enfin, il réussit à se confier : « Je me sens si…si coupable…c’est à cause de moi! Elle est morte à cause de moi. J’aurais dû rester à l’infirmerie. Je veux mourir aussi!» À ses mots, il recommença à pleurer, mais cette fois sur le torse de Flynn. « Oh, Flynn, Flynn…je veux tant qu’elle me revienne! J’ai eu si peu de temps avec elle. Pourquoi m’avoir sauvé seulement moi? Elle m’a promis qu’elle ne m’abonnerait plus jamais…elle me l’a promis!»

***

Une odeur d’encens aigre me réveilla doucement. J’ouvris lentement les yeux et lasse, je laissais mon regard errer dans la pièce où je me trouvais. Je fus plus surprise qu’apeurée par l’atmosphère. C’était une hutte bien étrange, même un brin primitif. Les murs étaient faits en peau d’animal, le plancher en terre et des crânes de petits rongeurs décoraient le plafond. Charmant. Étais-je revenue chez les orcs? Soudain, je sentis une présence proche de moi. Je tournais la tête et je sursautais de peur. Une femme, très petite, à la peau noire et aux yeux ambre était assise à mon chevet. Elle me fixait avec une intensité déconcertante.   Ses cheveux  de jais étaient crépus et longs, des rides parsemaient son large visage. Au-delà de cette vieillesse, son regard était jeune, ardent et puissant, ce qui lui donnait un âge indéfinissable.

-Qui…qui êtes-vous?
demandais-je d'un mouvement de recul.
-Naomie. Me répondit-elle simplement sans décrocher son regard du mien. Et toi?
-Cassiopée. Où suis-je?
-Sur mon île. Elle ne porte pas de nom.
Cette information était loin d’être rassurante, comme tout le reste d’ailleurs. Me souvenant progressivement de la tempête, je questionnais plus pour moi-même:
-Comment suis-je atterris ici?
Soudain, l’apparition d’Uria me revint en mémoire, tel un souvenir très lointain. Je frissonnais en me demandant si j’avais rêvé ou si c’était la réalité.

-Ce fut  la réalité.
Affirmait Naomie d’une voix grave.
-Pardon?
-L’esprit féminin. C’était la réalité. Elle t’a sauvé des flots.  Je restais sans voix. Voyant mon regard interloqué, elle rit un peu et confia :
- Je suis Chaman et je comprends les signes des esprits. Durant la tempête, l'esprit féminin m'a montré un de ses signes. Son regard se tourna vers des flammes qui réchauffaient la pièce dans un minuscule foyer en terre cuite. Elle prit un bâton pour écarter quelques braises.J'ai vu  un phénix échoué sur le sable. Il avait besoin d’être secouru. Alors, je suis allée à la place où se trouvait l’Oiseau de feu et je t’ai trouvé.J'ignore pourquoi tu as été épargné,mais une chose est sûr, c'est que la mort est loin et ton destin est proche. Il y eu un silence. Maintenant, mange pour reprendre des forces. Disant cela, elle me tendit un bol de ragoût cuit à la marmite.
-Merci…murmurais-je d’un faible sourire.  Je goûtais un morceau de viande tendre. C’est délicieux! Qu’est-ce que c’est?
-Du rat. Je faillis dégobiller, mais je me retins de justesse. Du rat?! Je m’ennuyais soudain du ragoût de requin de Yeng. Yeng…mon équipage! Dylan! Caleb! Je devais impérativement les retrouver. Avaient-ils au moins survécu à la tempête?
-Bon sang de merde! Je dois partir! m’exclamais-je en me levant. C'est alors que je sentis  mes jambes se dérobées. Je m’écroulais au sol, renversant par le fait même mon bol.
-Diantre! Qu’est-ce qui m’arrive? demandais-je d’une voix tremblante en levant les yeux vers Naomie.  En silence, elle m’aida à retourner dans mon lit et après avoir ramasser mon dégât, elle me répondit :
-Ça fait une semaine que tu luttes contre tes démons. Tu les as enfin vaincus, mais tu restes faible. Il te faut reprendre des forces. Quoi? Une semaine?! Mes démons? Quels démons?
-Je ne comprends rien à ce que vous dites.
-Tu comprendras.
-Je dois partir!
-Non. Seuls les esprits vont décider de ton départ. Repose-toi.   Répliqua la sorcière d’un ton catégorique. Je jurais intérieurement, mais je savais qu’elle avait raison. Diantre, je ne pouvais même pas marcher! D’un air morose, je l’observais se lever  pour allumer un bâton d’encens, qui produisit une fumée apaisante…trop apaisante.   Mes yeux papillonnèrent, le sommeil me gagna progressivement.
-Est-ce une drogue? demandais-je avant de m’endormir.
-Oui. Une drogue qui guérit l’âme. Répondit la sorcière mystérieusement.

Après s’être assuré que je dormais, elle me laissa seule et sortit. D’un pas vif, Naomie s’aventura dans une jungle sauvage dont elle connaissait tous les secrets. C’est alors qu’un cri puissant attira son attention vers le ciel. C’était un aigle aux plumes dorées. Elle n’en avait jamais vu de semblable auparavant. Le cœur battant, elle accéléra le pas pour suivre le rapace qui la mena vers une anse. C’est là qu’elle le vit. Un grand navire aux voiles blanches. Les esprits avaient parlé…


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 20 Fév 2017 - 11:12


Il y avait des choses que, il fut un temps, j’aurais peut-être apprécié entendre, mais, aujourd’hui, m’entendre me faire appeler capitaine n’avait rien, vraiment rien, de réjouissant. Et pourtant, c’était la vérité, même si je refusais de l’admettre, même si j’essayais d’y croire, d’une certaine façon, qu’elle avait pu survivre à la tempête d’une façon ou d’une autre, car, après tout, elle avait survécu à bien pire… Et pourtant, je devais me rendre à l’évidence, elle n’était plus à bord, et, rien que pour ça, je devenais le maître à bord, le Capitaine. Mais même comme ça, je ne me voyais pas autrement qu’un Bosco démuni. Oh, je ne doutais pas de mes capacités à mener des hommes, mais, je ne m’en voyais simplement pas la force, pas sans Cassiopée. Alors mieux valait passer à autre chose, ne pas s’attarder sur ces détails hiérarchiques et commencer à servir le rhum, pour deux. Pour moi et un gamin, un gamin qui, si mes oreilles avaient bien entendu au plus fort de la tempête, venait de perdre sa mère et qui, comme moi, et bien plus encore, pensait que son monde venait de s’effondrer. Et quand bien même Sirèna m’avait caché ce fait, je me sentais suffisamment d’affection pour le petit Benjamin pour ne pas le laisser tout seul. Il aurait également mieux valu autre chose que du rhum, mais, personnellement, je ne connaissais pas de meilleur remède, ou, plutôt, de meilleur atténueur de douleur, car on ne pouvait jamais vraiment guérir de ce que nous venions de subir. Tout au plus, avec le temps, la douleur se ferait moins forte. Après avoir servi le premier verre, je pris le mien, m’apprêtant à trinquer, observant, abasourdi, l’enfant boire cul-sec ce que je venais de lui servir. Eh beh. Si certains cherchaient ce qu’il avait pu hériter de sa mère, je venais de le trouver…

J’eus un petit soupir, mais sans reprocher au gamin son manque de savoir-vivre, je bus moi-même mon verre avant d’en resservir d’autres, tandis que Benjamin commentait ce qu’aurait pu être notre sort pour nos actions, avant de s’effondrer en sanglots. Il n’y avait pas grand-chose à dire pour le réconforter, et, en toute honnêteté, je n’étais même pas certain qu’il existait des mots qui en furent capables en cet instant. Je laissais ce qui n’était finalement encore qu’un enfant pleurer son soûl en silence, jusqu’à ce qu’il semble se reprendre un peu, avant de s’apitoyer de nouveau et fondre en larmes contre moi. Passant une main dans sa chevelure, je la caressais doucement, en me demandant comment et, surtout, pourquoi, Cassiopée ne m’avait pas dit qu’elle avait un enfant et, qui plus est, que ce dernier était à bord. « S’il y a bien une chose dont je suis sûr, gamin, c’est que la raison pour laquelle tu es là, c’est justement parce qu’elle ne t’a pas abandonné. Et, rien que pour ça, tu devrais être fier d’elle, parce que je connais peu qui, au moment d’affronter la mort, son près à risquer leur peau pour sauver celle de ce qui est le plus cher à leurs yeux. » Bien entendu, si j’en avais eu l’opportunité, je l’aurais fait pour elle, sans hésiter, et sans Fior, j’aurais sauté tête la première pour aller essayer de la sauver. Même si, avec du recul, nous serions probablement simplement morts tous les deux. Je soupirais doucement, prenant mon verre avant de le porter à mes lèvres. « Et puis qui sait… Elle est peut-être encore en vie. » Je ne voulais pas donner de faux espoirs à cet enfant, mais au fond, je crois que j’avais juste envie d’y croire moi-même. Je laissais ces pensées à elles-mêmes, avant de les achever dans mon verre de rhum.

Alors que je me resservais, je posais mon regard sur le mousse, celui dont je me rappelais qu’il était fou amoureux de sa Capitaine, qui rêvait de l’épouser, même s’il aurait été profondément déçu en réalisant qu’ils ne pouvaient pas être ensemble. Et maintenant, il était son fils… S’étaient-ils mis d’accord pour cacher leur lien ? Pourtant Benjamin avait toujours eu l’air sincère en parlant de leur Capitaine. « Gamin… Il faut que je te demande. Comment tu sais que Cassiopée est ta mère ? » Je me tus un instant, avant de poursuivre. « Je veux pas être indiscret, mais, tu sais, ça a secoué quelques gars de l’entendre crier que c’était son fils, toi, qui était tombé à l’eau. Et c’est peut-être la seule raison pour laquelle elle a réussi à se défaire de ses hommes qui voulaient l’empêcher d’aller te chercher. Puis, sans compter que t’as toujours parlé d’elle comme si tu voulais l’épouser. J’ai d’ailleurs toujours cru que j’allais avoir une sacrée concurrence à ce niveau-là. Alors… Soit vous vous étiez mis d’accord elle et toi, soit… Tu n’étais pas au courant non plus. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle n’en a pas parlé. » Ou plutôt, pourquoi elle ne m’en a pas parlé à moi. Que l’équipage entier ne soit pas au courant, je pouvais comprendre, mais c’était le genre de choses pour lesquelles j’aurais apprécié pouvoir avoir ses confidences. Après tout, elle connaissait une bonne partie de mon passé, mon histoire avec Nora, mes jumeaux… Je m’étais attendu à avoir un peu la pareille…
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mar 21 Fév 2017 - 14:22

La joue contre le torse de Flynn, Benjamin écouta avec attention ses paroles réconfortantes. Oui, il devait être fier d'elle, mais il n’arrivait pas à accepter sa mort et il n’était pas certain qu’il allait s’en remettre avant très longtemps, voir jamais. L’éladrin ne comprenait pas à quel point le moussaillon se sentait coupable. Son âme était rongée par la peine et le remord. Malgré tout, la présence de Flynn, qu’il avait toujours considéré comme un père, le réconfortait énormément.

-Elle n’a jamais eu peur de se sacrifier pour sauver les siens, peu importe le danger. L’important c’était son équipage et non…elle. Avoua l’enfant la gorge serrée. Jusqu’ici, sa témérité ne lui avait jamais fait défaut peu importe le périple. Chaque fois, les Dieux avaient été de son côté jusqu’à aujourd’hui.  Malgré tout, elle avait réussi à sauver quelqu’un et c’était lui, son fils.  En cela, il l’admirait et lui en serait toujours reconnaissant, mais malheureusement, sa peine était si grande qu’elle étouffait toute forme de gratitude. Flynn aussi était triste, le rhum n’aidait en rien à son chagrin. Certes, ça faisait un peu du  bien au ventre, mais pas au cœur. Benjamin le savait très attaché à sa mère. Il se doutait que quelque chose de profond s’était passé entre eux, ce qui l’avait rendu un peu jaloux un temps, mais à présent, c’était chose du passé…

- Et puis qui sait… Elle est peut-être encore en vie. Dit l’éladrin en achevant son verre rhum. Soupirant, l’enfant tourna son regard vers la fenêtre et répondit :

-Impossible. Personne n’aurait pu survivre à cette tempête. Ça prendrait un miracle et je ne crois plus au miracle…plus maintenant. C’était des paroles trop graves pour un enfant de son âge. Ce tragique évènement l’avait beaucoup changé, il semblait vieillit de quelques années.  C’est alors que Flynn reprit la parole. Il avait besoin de savoir, de comprendre…L’enfant baissa les yeux, écoutant sa longue interrogation. Comment se faisait-il que lui, le gamin qui était tant amoureux d’elle et qui tenait à l’épouser, était devenu son fils? En fait, il avait toujours été son fils.  Soupirant, Benjamin leva son regard limpide vers Flynn et répondit :

- Pour  dire vrai, ça fait juste quelques jours que je sais qu’elle est ma mère et à ce que j’ai compris, elle m’a reconnu comme son fils quand le Gantelet s’en est pris à moi. C’est pour ça que...qu’elle était prête à se livrer…elle m’a confié qu’elle n’a pas voulu m’abandonner, pas encore. Disant cela, il déposa son verre de rhum sur la table de chevet, et d’un geste, il dévoila sa tâche de naissance. C’était un trident rouge. La voix chevrotante, il raconta :  

- Quand elle a vu ça, elle a compris qui j’étais, mais elle ne me l’a pas dit tout de suite. Je lui en ai beaucoup voulu, tu sais? Quand je l’ai appris, je l’ai détesté, parce qu’elle m’a abandonné à ma naissance, à des moines et parce que je ne pouvais plus l’épouser. Il rit tristement et d’un soupir, il ajouta :

- Elle m’a dit qu’elle avait fait ça pour mon bien, en pensant que ces moines se seraient mieux occupés de moi qu’elle… qu’elle était trop jeune pour avoir un enfant et que…qu’elle l’a regretté toute sa vie de m’avoir délaissé. Oh, Flynn, je ne comprends pas! S’exclama-t-il soudain en éclatant en sanglot. Il fut pris de soubresauts incontrôlables qui l’empêchèrent de parler. Après un instant, il prit une profonde respiration et plus calmement, il expliqua son incompréhension :

- Je ne comprends pas pourquoi elle m’a abandonné à ma naissance… elle a prétendu avoir aimé mon père. Pourquoi ne m’ont-ils pas élevé tous les deux? Elle m’a raconté qu’il était marin et qu’il était mort durant un combat naval, mais pourquoi le nom de Denis Freim ne me dit rien?! Je n’en ai jamais entendu parler à bord et pourtant, il devait être un homme extraordinaire pour avoir attiré l’attention de ma mère, non? J’avoue qu’elle avait juste quinze ans à cette époque, mais, elle devait être déjà une jeune fille extraordinaire…L’imaginant à cet âge, jeune et fraîche, il eut un petit sourire amoureux, puis soudain, une ombre passa sur son visage juvénile.  J’ai l’impression qu’elle m’a caché quelque chose, Flynn. Quelque chose de très grave, sinon pourquoi avoir gardé mon existence secrète, hein? Elle m’a fait jurer de n’en rien dire à personne, pas même à toi! Moi aussi, je ne comprends pas…Il se mordit les lèvres nerveusement et croisant le regard de Flynn, il demanda d’une petite voix fluette : Crois-tu qu’elle avait honte de moi, Flynn? Crois-tu que j’ai été un fardeau pour elle? Peut-être bien…si j’étais resté à Hokusai, elle serait sûrement encore vivante aujourd’hui.

***

- Allons, lève-toi! Ordonna  une voix rauque qui m’était rendue familière. Grognant, j’ouvris un œil à travers ma tignasse rousse ébouriffée qui cachait mon visage.
- Quoi? Je veux dormir…marmonnais-je morose et somnolente. De mémoire d’homme, jamais une femme ne fut aussi larve et paresseuse que je l’étais à présent. Eh bien, quoi? Après avoir vagué pendant dix ans sur les mers, à jouer la capitaine autoritaire et courageuse, n’avais-je pas le droit à du repos? Aye, absolument! Fuyant mes responsabilités, je me sentais parfaitement bien dans le déni,  à profiter de ce lit dure et oh combien pas confortable!

- Debout, j’ai dit! S’exclama Naomie impatiente.
- Ah, fou moi la paix, vieille sorcière! Maugréais-je en lui tournant le dos. En guise de réponse, la vieille femme se pencha et avec une force surprenante, elle réussit à faire basculer le lit. Tombant à la renverse, je poussais un cri indigné et une fois au sol,  je foudroyais du regard le chamane qui restait impassible et calme.

- Quand tu auras fini de jouer aux adolescentes retardées, rejoins-moi dehors.
 

Sans un mot de plus, elle me laissa, seule et déconfite. Pour qui elle se prenait?! Diantre, j’étais capitaine! En fait…non, je n’étais plus rien et je n’avais plus rien.  C’était pour ça que je me cloîtrais dans cette hutte, sans faire le moindre effort à remédier à ma situation. Si Naomie n’avait pas été là, je crois que je me serais laissée mourir. Heureusement, la sorcière tenait à moi…à sa façon. Disons qu’elle avait le don de me botter le cul bien commis faut! D’un rictus, je pensais qu’elle aurait été une capitaine hors pair et avec effort, je réussis à me lever. Bon sang, c’était pénible. Je me sentais comme une vieille femme sénile…argh! Il était loin le temps où j’étais une jeune femme fringante et grimpante qui savait se battre. Secouant ma crinière rousse, je fermais les yeux préférant  ne plus y penser. Mon passé était derrière et ma destinée devant. Celle-ci consistait à être quelque chose de floue et d’imprécise appartenant aux Dieux. Ça aussi, je ne voulais pas y penser. L’important c’était d’atteindre mon objectif : la porte.  

Rendue dehors, je grognais de douleur, le soleil était aveuglant et cruellement éprouvant. Un peu plus et j’avais l’impression d’être aveugle. Clignant des yeux, je pris un temps pour apercevoir une jungle et Naomie se tenait droite dans la broussaille. D’un petit sourire, elle me fit signe de la suivre. Quoi? Elle voulait que je traverse tout ça? Écarquillant les yeux, je déglutis et prenant mon courage à deux mains, je fis quelques pas, avant de m’effondrer dans l’herbe.

-Naomie…je n’y arriverais pas…c’est trop dure! Me plaignais-je en redressant la tête, mais déjà elle avait disparu dans la verdure. Il y eut un rire moqueur.
-Marche ou meurt, piètre capitaine. Je n’ai pas juste ça à faire que m’occuper de toi!

Mon sang fit un tour, la colère me gagna et retrouvant un peu de vitalité, je réussis à me lever, preuve que je voulais continuer à vivre. Une piètre capitaine, hein? L’œil brillant, je me saisis d’un bâton et lentement, mais sûrement, je réussis à la rejoindre. Avec surprise, je la vis grignoter un rayon de miel assise sur une roche. Elle tourna alors son regard ambré vers moi, le sourire aux lèvres.

-Bien, maintenant, repose-toi. Nous avons une longue route à faire.


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 20 Mar 2017 - 10:50

D’habitude, je devais l’admettre, je n’étais pas le moins doué avec les enfants. La cause venait peut-être du fait, qu’au fond, j’en étais resté un au fond de moi et que, même si j’avais suffisamment conscience de mes responsabilités pour agir en adulte lorsque c’était nécessaire, je n’avais pas complètement perdu cette faculté de m’amuser d’un rien et de prendre le temps de jouer. Mais là, il ne s’agissait pas de jouer avec un gamin, de le faire sourire en courant après un ballon ou en lui lançant une balle, voire en lui courant après pour jouer à chat. Là… C’était une toute autre affaire et, face à un Benjamin qui venait de perdre sa mère, je me sentais complètement démuni. Peut-être le fait que je sois affecté par la même perte ne m’aidait pas non plus, mais, malheureusement, je n’étais pas certain d’avoir le temps pour me morfondre. C’était peut-être aussi la raison pour laquelle je m’étais rendu à l’infirmerie. Pour avoir des réponses, certes, mais également parce que j’avais quelqu’un pour partager mes souffrances et ma détresse, même si, en toute honnêteté, j’aurais souhaité mille et unes choses à Benjamin, mais certainement pas qu’il perde sa mère. C’était quelque chose que je ne souhaitais à personne, même pas à mon pire ennemi. Pourtant, si Cassiopée avait été happée par les flots et ne reviendraient pas, il faudrait se montrer à sa hauteur. Une chose était certaine, si elle avait donné sa vie pour sauver son fils, elle n’aurait clairement pas voulu pour qu’il se morfonde tout le reste de celle-ci. Egoïstement, je me disais que j’aurais préféré qu’elle ne plonge pas à l’eau, qu’elle ne décide pas de se sacrifier pour son fils, mais, au fond de moi, je savais que j’aurais fait la même chose à sa place, même s’il m’avait fallu sacrifier tout le reste.

J’acquiesçais doucement tandis que le jeune homme vantait le dévouement de sa mère vis-à-vis des siens. Oui, Cassiopée n’était pas du genre à abandonner ceux qui lui étaient chers ; et cela lui avait probablement coûté la vie, même si, au fond, rien n’était jamais certain avec la mer. Uria l’avait peut-être rappelée à ses côtés, ou peut-être avait-elle réussi à passer le grain et à s’échouer quelque part, sur une île. Partir à sa recherche était pure folie et jamais je ne me serai lancé dans une expédition aussi hasardeuse, néanmoins, l’espoir de l’imaginer vivante, assoupie sur une plage de sable chaud, me réchauffa le cœur. Elle aurait sans doute beaucoup de mal à retrouver la civilisation et à retrouver La Sirène mais si elle avait réussi à survivre à une tempête, il y avait peu de chance pour que ce genre de broutilles ne l’empêche de nous rejoindre. Sans vouloir trop donner d’espoir à Benjamin, ou peut-être simplement pour ne pas le bercer d’illusions comme je le faisais avec moi-même, je gardais pour moi l’idée qu’un jour, tandis que nous accosterions dans un port, elle serait là, à nous attendre sur le quai, avant de lâcher un « C’est pas trop tôt », sous les yeux de l’ensemble de l’équipage, médusé. Mais, alors que je m’imaginais cette douce histoire, le jeune homme recommença à parler, évoquant le fait qu’il ne savait que Cassiopée était sa mère que depuis quelques jours. M’attirant dans le présent, je bus une gorgée de rhum tandis que je l’écoutais, conscient que les réponses dont j’avais besoin allaient peut-être arriver. J’eus un bref sourire quand il mentionna le fait de lui en vouloir parce qu’il ne pouvait plus l’épouser. Il était vrai que le petit Benjamin avait été un prétendant particulièrement dangereux, plus que tous les autres d’ailleurs. Cependant, c’était plus le fait qu’il ait été abandonné à la naissance qui me laissa perplexe.

Sirèna était bien des choses, mais je la voyais mal abandonner son enfant, au contraire. C’est probablement elle qui aurait tout fait pour qu’il reste à bord et apprenne à vivre la vie de marin, pour se forger le caractère, l’esprit et le corps. Alors… Pourquoi ? J’écoutais le petit homme me raconter ce que lui avait dit la jeune femme au sujet de son père, un certain Denis Freim, qui, en toute honnêteté, ne me disait rien non plus, mais ça ne voulait rien dire. Les faits soulevés par Benjamin étaient effectivement troublant, mais à la mention de son âge à sa naissance, le doute n’était plus permis. J’avais une bonne idée de qui pouvait être le père de cet enfant et, surtout, pourquoi Cassiopée s’était résolue à l’abandonner auprès de moines. Mais le petit mousse tirait des conclusions un peu trop hâtives, loin de la vérité, même s’il n’appartenait pas à moi de lui la révéler. Je le pris dans mes bras, le serrant contre moi, avant de lui répondre calmement. « Je pense que ta mère était fière de toi et si elle t’a laissé aux soins de Moines, c’est très certainement parce qu’elle n’avait pas le choix. » Je soupirais doucement. « Tu sais… Tous les hommes ne sont pas des exemples de vertu. Certains… font les beaux et les braves auprès d’une femme, jusqu’à avoir obtenu ses faveurs, puis, quand vient l’heure des responsabilités, ils n’assument pas et s’en vont. Ta mère est peut-être tombée amoureuse d’un homme qui… au bout du compte, n’en valait pas la peine. » Et la réalité était bien pire… mais ce n’était pas le propos. « Si elle s’est retrouvée seule, à quinze ans, avec toi, elle s’est peut-être sentie perdue, et a peut-être cru qu’elle ne serait pas à la hauteur pour t’élever seule, aussi, elle a préféré te confier aux moines, pensant que c’est ce qui serait le mieux pour toi. » Je pris une gorgée de rhum avant de sourire doucement à Benjamin. « On peut surement dire beaucoup de choses de ses choix à l’époque, mais surement pas qu’elle te considérait comme un fardeau. Elle t’a défendue contre le Gantelet et a donné sa vie pour la tienne aujourd’hui. C’est probablement les plus belles preuves d’amour que l’on peut donner à une personne, Benjamin. Ne l’oublie jamais. »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 20 Mar 2017 - 13:58

D’un air morose,  Fior monta à bord de la Sirène à la recherche de son supérieur. Il ne se faisait pas encore à l’idée que Sirèna n’était plus des leurs, mais on ne pouvait changer le passé et encore moins ramener les morts. Alors aussi bien se résigner. D’un soupir, il jeta un coup  d’œil au rivage où la vieille sorcière lui avait « ordonné» d’aller chercher Flynn. Pour qui elle se prenait cette vieille gribiche, hein? Il avait d’autres choses à faire que de servir de messager à cette inconnue, qui lui faisait plus peur qu’autre chose. Grognant, il se dirigea à l’infirmier pour y découvrir l’éladrin entrain de consoler le petit capitaine. C’était le nouveau surnom donné au gamin par les hommes depuis qu’ils avaient appris, non sans perplexité, qu’il était l’héritier légitime de Cassiopée. C’était aussi pour eux une façon de se consoler de la perte de leur légendaire capitaine, la femme de leur vie.


-Capitaine! Y’a une vieille femme qui veut vous voir. Je lui ai dit que vous étiez occupé, mais elle m’a envoyé paître. Elle n’est vraiment pas commode. C’est une sorte de sorcière qui fait peur.

-Tu aurais peur de ton ombre, Fior! Répliquait Dylan d’un petit sourire moqueur.
-Ça c’est bien vrai, petit capitaine! Approuva le tiefflin heureux de voir sourire cet enfant qui était devenu l’ombre de lui-même. Repose-toi bien.  


Le mousse acquiesça l’air las, mais le cœur soulagé. Sa conversation avec Flynn lui avait fait du bien et à présent, il sentait une grande fatigue l’alourdir. Voyant qu’il cognait des clous, l’éladrin le laissa se reposer et alla rencontrer la mystérieuse inconnue. Le voyant débarquer de la chaloupe, celle-ci eut un regard perçant, puis un sourire satisfait.


-Je suis Naomie. Toi, tu es Caleb, n’est-ce pas? Hum…tu es plutôt mignon.
La vieille femme le dévisagea de bas en haut et reprenant un air mystérieux, elle souffla : Viens.


Sans autre mot, la vieille créature tourna les talons et s’enfonça dans la jungle, vers un chemin qu’elle seule connaissait. À toutes les questions de Flynn, elle répondit impassible : Tu verras.

***

J’étais accotée contre un arbre, l’œil tourné vers la mer. Nous avions marché pendant près de trois heures et j’étais épuisée. Mes jambes tremblaient et mon corps en entier était faible, mais j’étais heureuse de pouvoir admirer l’écume s’échouant sur les roches.  En haut de cette falaise, entourée de fougères et de palmiers, je me sentais un peu revivre. La brise marine m’amenait de l’espoir, mais aussi de l’appréhension. Pourquoi avoir autant marché? Cette anse avait été l’objectif de Naomie, mais j’ignorais pourquoi. Bien sûr, si j’avais marché un peu plus vers l’est de la péninsule, j’aurais aperçu la Sirène, mais n’ayant pas la force de faire plus de pas, je m’étais écroulée au sol, à l’ombre des arbres. Naomie m’avait donné à manger et m’avait demandé de rester sagement là. Que faire d’autre? Je n’arrivais plus à marcher, s’en était pathétique. Ma tignasse rousse tombant en cascade sur les épaules et ma chemise déchirée collant à ma peau à cause de la sueur, je reprenais un peu de force, mais je savais que je n’allais pas être capable de retourner à la hutte et…la nuit approchait.


Chaque bruit me faisait sursauté, je m’étais armée d’un bâton juste au cas où qu’une menace surgirait du feuillage, mais tout était calme…serein. Je repensais alors à mes proches, à ma vie et j’eus envie de pleurer. Le cœur lourd de peine, mes lèvres tremblèrent. Qu’allais-je devenir? Est-ce que je resterais coincée sur cette île comme Naomie? La vieille femme avait fait naufrage ici, loin de sa tribu et avait appris à apprivoiser la faune et la flore de son nouveau chez soi, mais moi…ma vie était sur la mer, sur la Sirène avec Dylan, Flynn et mes élites. Avaient-ils survécu à la tempête? J’espérais que oui, mais je n’avais aucun moyen de le savoir. C’est alors qu’une douce brise caressa ma joue, comme un murmure d’une promesse lointaine. Je soupirais et je ramenais mes yeux turquoise vers l’horizon, vers l’infinie de la mer. J’enviais sa liberté et je voulais y goûter à nouveau, mais comment? Soudain, j’entendis des craquements sinistres, des gens approchaient. Retrouvant mon esprit combattif, je m’armais de mon bâton, j’étais prête à me défendre…ou plutôt à donner des coups à distance.  À l’apparition, je soupirais de soulagement et je soufflais :


-Naomie! Diantre... tu m’as foutu la chienne! J'aperçus alors une autre présence à l’ombre des arbres, je plissais les yeux pour cerner le nouveau venu.  Je sentis son regard sur moi, mais il restait étrangement immobile. Cette svelte silhouette …je pâlis. Non, impossible…


- Caleb? Demandais-je d’une voix imperceptible. À cet instant, l’ahurissement que je ressentais était un piètre mot. C’est alors que Naomie éclata de rire venant briser le profond silence.  


-Eh bien, j’avais hâte de voir ta tronche, toute belle! Pour une surprise s’en est toute une, hein? Elle reprit son souffle et d’un regard espiègle, elle dit : Bien, je vous  laisse, mes tourtereaux. Prend soin de toi, Cassiopée. J’ai été ravi de te connaître. Adieu!
-Non, attends…soufflais-je en détournant les yeux de Flynn pour regarder mon amie. J’avais soudain peur, j’ignorais pourquoi. Ne pars pas…je…je te dois la vie.
-Tu ne me dois rien du tout, Cassiopée. Remercie plutôt les Dieux. Ici, c’est chez moi. Là…la vieille femme pointait la mer. C’est ta maison. Tu dois y retourner, il est temps.


Sur ses mots, elle m’embrassa le front  et disparut dans le feuillage comme si elle n’avait jamais existé. Je déglutis, me demandant si j’étais dans un rêve. Avais-je halluciné ? Je secouais ma tête et je fermais les yeux. Promptement, je les ouvris et je le dévisageais à nouveau. Oui, il était là, tout aussi vivant que je l’étais.Soudain, mon regard limpide fut inondé par les larmes,  mais je réussis à sourire.


-Tu en as mis du temps! J’eus un rictus, puis j’éclatais en sanglot. Lui ouvrant mes bras, je marmonnais éperdue : Viens, mon amour…je veux te sentir contre moi!


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Jeu 6 Avr 2017 - 11:56

[HRP : Désolé pour le temps de réponse. J’essaie de m’améliorer, promis !]

Même si la discussion avec Benjamin m’avait apporté les réponses que j’avais pu souhaiter, je n’étais pas certain d’avoir réellement eu envie de les connaître. Malheureusement, comme souvent, on aspirait toujours à la vérité, avant de comprendre, qu’au final, un mensonge ou ne pas savoir aurait été peut-être mieux. Mais, considérant les dates, l’idée que le petit mousse fut le fruit du viol de Cassiopée était plus que probable et, surtout, expliquait mieux le fait qu’elle n’en ait parlé à personne, pas même à moi. Alors que j’essayais d’assimiler convenablement ces informations en faisant bonne figure, Fior vint à ma rencontre, m’informant qu’une vieille femme m’avait demandé et qu’elle ressemblait en tout point à une sorcière peu commode. J’eus un petit sourire quand Benjamin assura que le Tiefflin aurait peur de son propre ombre, impliquant qu’il n’y avait surement pas grand-chose à craindre de cette inconnue qui m’avait demandé. Nous laissâmes le petit bonhomme à son repos et, tandis que nous remontions sur le pont, je donnais quelques instructions à Fior, afin qu’il les transmette à l’équipage. Les réparations allaient bon train, mais nous n’allions pas pouvoir nous éterniser dans cet endroit, à rester immobile et aussi vulnérables. Au plus vite nous aurions fini, au plus vite nous pourrions reprendre la mer, même la mort dans l’âme, et passer à autre chose, même si, probablement, aucun de nous ne le voulions vraiment. Une fois mes dernières instructions données, je sautais dans la chaloupe avant de me faire accompagner sur la plage où, de loin, une silhouette m’attendait, indifférentes aux marins, qui, autour, s’affairaient pour transporter les matériaux nécessaires à la réparation du navire. Je me demandais bien ce qu’elle pouvait me vouloir. Peut-être une autochtone qui avait peur de notre présence ?

Alors que je touchais terre, je m’approchais d’elle et, avant que je ne pus me présenter, elle se présenta avant de m’appeler par mon prénom. Comment… Comment savait-elle cela ? Avant que je ne puisse lui poser la moindre question, elle m’ordonna – presque littéralement – de la suivre et elle fit demi-tour en direction de la jungle, sans même regarder en arrière. Après un dernier regard en arrière, et m’être assuré que mes dagues étaient à ma ceinture, je décidais de la suivre, allongeant ma foulée pour la rattraper. A sa hauteur, je tentais de lui poser quelques questions sur les raisons de sa présence, sur le fait qu’elle connaissait mon prénom, mais ses réponses se résumèrent à un simple « Tu verras ». Quelle que soit ma question, elle se contentait de cette réponse, inlassablement, sur le même ton, sans la moindre variation. Sans ma curiosité, je me serai probablement lassé d’un tel jeu bien assez vite, mais je devais admettre que je voulais savoir ce que cette femme pouvait bien me vouloir. La marche dura un bon moment, au bout duquel j’avais cessé de poser des questions, me contentant de noter la course descendante du soleil vers l’horizon et du fait que je ne serais pas de retour à la Sirène avant la nuit. Il fallait espérer que ce que j’allais « voir » allait vraiment valoir cette marche forcée. Quand enfin nous finîmes par sembler arriver à destination, je dus m’arrêter presque subitement, comme si j’avais été frappé par la foudre. Alors que la vieille femme passait la lisière de la jungle, une voix avait retentie devant nous, une voix que j’aurais juré pouvoir reconnaître entre mille, mais une voix que je ne pouvais décemment pas entendre ici. Mon esprit me jouait-il des tours ? Après tout, c’était bien possible.

Continuant à m’avancer, encore, j’aperçus enfin la silhouette qui se tenait devant la sorcière et mon cœur manqua un ou deux battements. Impossible ! Et pourtant… J’aurais pu reconnaître cette crinière de feu parmi toutes celles du monde, mais je n’osais y croire encore pleinement. Naomie parla mais je n’y fis pas attention, mon regard ne fixant autre chose que Cassiopée, si c’était elle, mais ça ne pouvait être qu’elle, ou, plutôt, je voulais que ce soit elle. Je ne revins à la réalité que lorsque la vieille femme s’enfonça à nouveau dans la jungle, observant les feuilles remuer légèrement derrière son passage, je me retournais vers ma Sirène qui me regardais avant d’écarter les bras dans ma direction et me supplier de la prendre dans mes bras. Sans réfléchir, je parcouru en courant la distance qui me séparait d’elle, et, l’agrippant entre mes bras, je la soulevais du sol avant de tourner sur moi-même, sans la quitter des yeux. Puis, alors que je la reposais au sol, je la serrai contre moi avec force.  « Ne me refais plus jamais ça. » J’avais murmuré cela contre sa chevelure, où j’avais enfoui mon visage. Je m’écartais finalement un peu, plongeant à nouveau mon regard dans le sien. « Jamais. » Et, sans lui laisser le temps, mes lèvres se posèrent sur les siennes, dans un baiser probablement trop passionné, mais qui donnait une mesure du soulagement qui étreignait mon cœur. Elle avait survécu. Comment, je n’en avais aucune idée, mais je m’en fichais royalement. Ce qui comptait, c’était de l’avoir dans mes bras, maintenant. Les larmes au bord des yeux, j’eus un petit sourire. « J’en connais un qui va être heureux d’apprendre la nouvelle… »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mar 11 Avr 2017 - 10:07

hrp:
 

C'était bien lui...il était contre moi, me soutenant de ses bras forts et rassurants. Je pleurais à la fois de bonheur et de soulagement contre son torse qui m'avait tant manqué. Uria, merci...merci.C'est alors qu'il me murmura dans ma chevelure rousse de ne plus jamais refaire ça. Je me tendis un peu, le cœur serré par une culpabilité sans nom. Je les avais abandonné, et je n'en étais incapable de me pardonner.  Ne plus refaire ça...ne plus me sacrifier pour sauver la vie de mon fils...j'avais du mal à promettre, car j'ignorais l'avenir, et j'espérais que ce tragique événement avait assagi  Dylan. C'était une leçon bien dure pour un enfant de son âge.


- Jamais. Répéta l'éladrin plongeant son iris grise dans mon regard aquatique. Je n'eus pas le temps de dire quoique se soit que ses lèvres s'emparèrent des miennes avec une passion non-retenue. Éperdue, je répondis à son baiser, me lovant fortement contre lui. Il était réel, c'était un véritable miracle! Tout était miracle. Soudain, il éloignait un peu la tête et les larmes aux yeux, mais le sourire aux lèvres, il souffla:


-J'en connais un qui va être heureux d'apprendre la nouvelle...
-Oh, Dylan...  marmonnais-je le cœur en peine. Sentant mes jambes fléchirent de faiblesse, je me laissais choir au sol, attirant Flynn contre moi, et je demandais précipitamment: Comment va-t-il? Il doit m'en vouloir, n'est-ce pas? Je n'ai pas eu le choix...je suis désolée, je voulais pas vous abandonnez, mais...mais...j'étais incapable de voir mourir mon bébé. Je l'aime tellement! Sur ses mots, j'éclatais à nouveau en sanglot,me réfugiant dans les bras de l'homme que j'aimais et qui me comprenait.


-Caleb, pardonne-moi. J'aurais dû te dire la vérité, mais je ne m'en sentais pas la force. Confiais-je après un triste silence. Je l'ai abandonné quand j'étais jeune et je n'ai jamais réussi à me le pardonner. Encore aujourd'hui, je m'en veux...toi, tu as eu le courage de voir tes enfants, mais moi j'ai été pleutre. J'ai été la pire des mère et maintenant, je suis la pire des capitaines! Oh, je m'en veux tellement! Les hommes doivent terriblement m'en vouloir. Comment reprendre mon poste après ce que j'ai fait? Ils doivent avoir perdu toute confiance en moi...


Où était la forte et la courageuse Cassiopée? En cet instant, j'étais l'ombre de moi-même et c'était comme si la tempête avait garder jalousement ma force qui me maintenait sur pied et qui m'aidait à avancer, peu importe les épreuves.



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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Ven 14 Avr 2017 - 9:03


J’étais encore sous le choc de ses retrouvailles inattendues. Et si la disparition de Cassiopée, au moins pour quelques heures, avait pu m’apprendre une chose, c’était à quel point je tenais à elle, à quel point les prochains mois auraient été difficiles sans elle à mes côtés. C’était assez amusant de s’imaginer, qu’il y avait quelques mois, elle cherchait simplement à me mettre le grappin dessus pour obtenir des informations et la prime que le Royaume de Varakir avait mis sur ma tête. Pourtant, en ces quelques mois, j’étais passé de pirate à Second du navire, en passant par d’autres cases, plus ou moins reluisante, comme lorsque je pourrissais au fond de ses cales avant d’être interrogé. Et cette femme qui m’avait littéralement privé de ma liberté, en premier lieu, m’avait ensuite redonné ce qu’elle m’avait pris, en m’offrant même le luxe de ne plus être recherché, en m’autorisant à aller voir Nora et mes enfants après m’avoir donné de leurs nouvelles… Cassiopée m’avait beaucoup donné et c’était peut-être une des raisons pour lesquelles j’étais tombé amoureux d’elle, même si sa chevelure rousse et ses talents de Capitaine y étaient surement pour quelque chose également. Et puis nous avions également des aspirations similaires, partagions des points communs que je n’avais jamais eu avec Nora. Cela n’aurait pas forcément impliqué que je n’aurais pas pu l’aimer et m’impliquer dans une vie sédentaire dans un village retiré du monde, mais renoncer à tout ce qui me définissait juste pour une personne, c’était difficile. Avec Cassiopée, je n’avais pas eu besoin de faire ce choix. Même si, à l’époque, rien ne pouvait réellement indiquer que la Capitaine pouvait en pincer pour son ancien prisonnier pirate. Mais même sans elle, vivre sur la mer aurait été la meilleure décision pour moi. Mais maintenant que je l’avais de nouveau dans mes bras, j’en étais convaincu.

Alors que je profitais de ces retrouvailles pour serrer la jeune femme contre moi, exorcisant ces pensées dans lesquelles je l’imaginais inaccessible à jamais. Bien que désormais écartée, cette idée m’avait particulièrement ébranlé et il allait me falloir un peu de temps pour me faire à l’idée que ma Sirène était bel et bien vivante et qu’Uria, dans sa bonté, l’avait épargnée. Ceci dit, voilà une histoire qui contribuerait à sa légende. Si même les tempêtes n’arrivaient pas à venir à bout d’elle, qui ou quoi pourrait y arriver ? Alors que la surprise et la joie commençaient enfin à laisser la place aux réalités, je ne pus m’empêcher de mentionner Benjamin – ou aurais-je dû dire Dylan ? – en pensant que le petit capitaine serait plus qu’heureux de retrouver sa mère. Lui qui était bien mal en point, voilà une nouvelle qui ne manquerait pas de le remettre d’aplomb, sans aucun doute. Mais à cette mention, Cassiopée sembla perdre ses moyens, et, tandis qu’elle se laissait choir au sol, je l’accompagnais, m’asseyant à ses côtés tout en la gardant contre moi. Je fus surpris de la voir penser que son fils lui en voulait pour s’être sacrifiée pour lui. Pensait-elle vraiment qu’une personne au monde pouvait lui reprocher ce qu’elle avait fait ? Certes, je lui avais demandé de ne plus recommencer, mais je savais qu’elle ne l’avait fait que parce que c’était la seule solution pour elle, qu’elle n’en voyait pas d’autres. Personne ne pouvait décemment lui en vouloir. Même moi. Et alors que je l’attirais contre moi, l’enlaçant tendrement pour la réconforter, j’allais lui répondre mais elle ne m’en laissa pas le temps, me parlant de Dylan, de pourquoi elle ne m’avait pas parlé de lui, avant de s’apitoyer une nouvelle fois sur elle-même.

Avant qu’elle ne termine, je posais un doigt sur ses lèvres, l’intimant au silence. « Tes hommes et ton fils louent ton courage et le sacrifice que tu as consenti pour le petit Capitaine. Personne à bord de La Sirène ne pense que tu es une mauvaise mère ou un mauvais capitaine, bien au contraire. Même si tu n’étais plus de ce monde, chacun d’eux aurait veillé à honorer ta mémoire mille fois et encore mille fois de plus. » J’eus un petit sourire amusé. « Je crois bien que je ferai un pâle capitaine à côté de ta légende. » Je la serai dans mes bras, attirant sa tête contre mon torse, passant une main dans ses cheveux. « Tout le monde sera plus que ravi de te voir et crois-moi, quand ils apprendront que tu as survécu à une tempête, ils n’en seront que plus fiers, Benjamin y compris. Ou devrais-je dire Dylan. » Concernant le petit Capitaine, c’était une autre histoire, mais ce n’était pas moi qui allait pouvoir dire quoique ce soit sur ce sujet. Si Cassiopée avait voulu garder le silence sur ses origines et son lien avec elle, c’était sa décision et, d’une certaine façon, je n’avais pas vraiment mon mot à dire. Après un léger silence je repris, plus posé, plus sérieux, le regard porté sur l’horizon où le soleil disparaissait complètement. « De ce que j’en sais, je peux parfaitement comprendre tes choix et, encore une fois, tu n’as rien à te reprocher vis-à-vis de moi. Alors évite de trop t’en faire, d’accord ? » J’ébouriffais un peu sa coiffure avant de contempler la nuit naissante. « Ton amie aurait pu venir me chercher un peu plus tôt… Faire le trajet de retour ne va pas être aisé… »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 19 Avr 2017 - 15:43

Pendant plus d'une semaine, j'avais été gagné par le désespoir, même les paroles de Naomie n'avait pas réussi à me faire revenir vers la lumière, vers la mer...et là, dans ses bras improbables, je me sentais revenir. La tête basse et les yeux fermés, j'écoutais en silence ses paroles, si réconfortantes et si vrais.  Pour mon plus grand bien, il avait interrompu mes lamentations afin d'exprimer ce qu'il pensait de l'opinion des hommes sur ma disparition. Il était persuadé que mon sacrifice était digne de louanges et qu'aucun des Élites ne me blâmaient. J'avais agis comme je le devais, en tant que mère, mais aussi en tant que Capitaine. Je méritais que ma mémoire soit honorée, et ce, à jamais. Pourquoi avais-je cette sensation d'être un fantôme? Cela devait être si étrange pour lui, de me voir là, vivante. Si déstabilisant. Or, sa plaisanterie me fit froncé les sourcils, et le cœur remplit d'amour, je portais sa main à mes lèvres en soufflant:


-Tu ne seras jamais pour moi, ni pour les hommes, un pâle capitaine. Tu es fort Flynn...tu as réussi à mener l'équipage malgré ton deuil et ta souffrance. Peu aurait réalisé cet exploit qui est digne de mon respect et de mon amour.

Je soupirais et je le laissais m'attirer contre lui. Alors le sujet revint à Dylan, je souris doucement et gardant ma joue contre son torse, je murmurais:

-Oui...Dylan. Cela signifie  fils de la mer. Il est né en pleine tempête, l'eau inondait le temple et moi, j'ai souffert le martyre. Je ris un peu. À quinze ans, accoucher d'un enfant, je peux te dire que c'est affreux. Mon corps n'était pas encore prêt pour cela. Ma gorge se serra, je mordis les lèvres et enfin je confiais:Je l'ai aimé dès qu'on me la mit dans mes bras. Jamais je ne l'oublierais. Il était si...si fragile, si petit. Je l'ai regretté toute ma vie de l'avoir abandonné. Je me sentais honteuse, coupable, haineuse...je soupirais profondément et fermant les yeux, je rajoutais d'un triste sourire: Il a eu la bonté de me pardonner, mais je m'en veux terriblement. Il était innocent dans cette histoire, mais à l'époque, j'étais submergée par la haine, alors j'ai fuis. C'est pour ça que je ne t'ai rien dit. En fait, personne ne le savait. J'ai porté ce fardeau seule, pensant que je le méritais.Je suis désolée...j'aurais du te le dire, mais je ne savais pas comment.  
- De ce que j’en sais, je peux parfaitement comprendre tes choix et, encore une fois, tu n’as rien à te reprocher vis-à-vis de moi. Alors évite de trop t’en faire, d’accord ?
-D'accord... Soufflais-je en acquiesçant, les larmes inondaient mon beau visage. Taquin, il vint m'ébouriffer ma tignasse rousse, ce qui me fit sourire, puis je soupirais un peu d'exaspération concernant Naomie:

-Une chose que j'ai appris de cette vieille chipie, c'est qu'elle ne fait jamais rien pour rien dans la vie. Je te l'assure, elle est pire que moi. Tout est méticuleusement calculer et guider par ce qu'elle appel les esprits. Ma foi, je trouve qu'ils se sont bien moqués de nous!

Sur ses mots, je ris un peu et me décollant de Flynn, mon regard turquoise admirant le firmament. Le ciel était recouvert à présent de milliers d'étoiles, la mer était splendide.

-C'est magnifique...j'aimerais rester ici avec toi, cette nuit. Oublions l'équipage...Oublions la Sirène. Prenons ce moment pour nous deux, d'accord? Mon regard se fit rassurant, je lui caressais la joue. Ne t'inquiète pas. J'en suis convaincue que Naomie leur a envoyé un message pour dire que tu allais bien. Elle a tout prévue. D'ailleurs, les hommes ont parfois besoin d'être seuls entre eux. Entre autre, pour parler contre leur nouveau capitaine. Je me demande bien ce qu'il dise de toi? Hum...mon regard se fit mutin. Probablement que tu es un coureur de jupons effréné, et une tête de mule assumée?


À cette plaisanterie, je lui fis une grimace moqueuse et je pouffais de rire. Un rire qui avait prit longtemps à se manifester, mais qui existait toujours. Heureusement. Soupirant, je l'enlaçais et  me lovant contre lui, je murmurais plus sérieusement:


-Tu es peut-être une vraie tête de mule, mais  je ne  peux vivre sans toi. Tu sais, avant de sombrer, j'ai regretté une seule chose, c'est de n'avoir pas pu te dire: je t'aime. Disant cela, je levais magnifique regard vers lui, et plongeant dans  le gris de ses yeux, je soufflais sur ses lèvres charnues, si attirantes: Je t'aime...je t'aime... milles fois, je t'aime...

Oui, il était loin le temps où je le détestais parce qu'il était un pirate. Je l'aimais pour tout ce qu'il était, et je voulais avec moi, et ce, jusqu'à la fin de mes jours.  Soudain, je ne ressentis pas la peur d'être dans ses bras, mais un désir ardent et je fus stupéfaite que cela ne m'effrayait pas. C'est alors que je me rappelais l'étrange parole de Naomie. Selon elle, j'avais vaincu mes démons. Je n'avais pas compris, mais maintenant, je comprenais. J'avais vaincu ma peur d'être aimé, et ce jusqu'au bout...Par Uria!

-Caleb...Caleb, je te veux tellement! soufflais-je en l'embrassant passionnément.

hrp:
 
 


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mar 9 Mai 2017 - 11:22


J’haussais les épaules dans un demi-sourire. « Je crois simplement que je ne suis pas fait pour être capitaine, trop de responsabilités, pas assez d’amusement à mon goût. » Ces quelques jours en tant que maître à bord de La Sirène m’avaient suffi pour le réaliser. Ce n’était pas un drame, car, après tout, on vivait très bien sur la mer des Larmes sans atteindre cette position ultime, mais j’aimais trop l’insouciance et la liberté pour m’enfermer dans des responsabilités aussi étouffantes. J’avais conscience du poids que cela représentait sur les épaules de Cassiopée, et, en toute honnêteté, je l’admirais pour supporter cela et être la meneuse d’hommes qu’elle était. Mais tout le monde n’en avait pas les épaules, ni la carrure. Et même si c’était peut-être mon cas, je n’avais simplement pas envie de porter un tel poids. Accepter la position de Second avait déjà été… délicat. Et, qui plus était, on me l’avait un peu imposé. La situation actuelle me convenait très bien et maintenant que les choses allaient rentrer en ordre, au moins, je n’aurais plus à me soucier de la façon dont diriger l’équipage et le navire. Il restait la question de Benjamin, ou de Dylan, mais là, c’était plus l’affaire de Cassiopée. J’étais un peu déçu du fait qu’elle n’ait pas daignée m’en faire part avant de sauter dans une mer déchainée pour tenter de le ramener à bord, mais on ne pouvait pas tout avoir, n’est-ce pas ? Et puis, au fond, je comprenais aussi les raisons qui auraient pu la pousser à me cacher la véritable histoire du mousse, sans compter que, comme elle le mentionnait, ce n’était pas non plus forcément évident à amener dans une discussion. Et, à sa décharge, nous n’avions toujours pas pris le temps afin qu’elle me raconte son passé, comme cela faisait partie de notre marché.

Peut-être était-ce d’ailleurs le moment de réclamer mon dû, avant qu’elle ne l’emporte dans la tombe. J’eus un petit sourire dans l’obscurité naissance, tandis que la jeune femme mentionnait la « sorcière » qui m’avait amené jusqu’ici. « L’idée de ne pas avoir mon libre-arbitre m’insupporte au plus haut point. Alors j’espère effectivement qu’il n’existe pas d’esprits qui manigancent chaque aspect de ma vie ! » Mon sourire se fit un peu plus large. « Ou alors qu’ils planifient au moins de me faire passer des bons moments avec de jolies filles. » Je regardais Cassiopée en coin, sachant pertinemment que cela la ferait probablement réagir. Bien entendu, j’avais dit cela pour plaisanter, mais j’aimais bien la taquiner un peu et, avec sa disparition en mer, elle avait eu bien assez de répit comme ça. Il était temps de reprendre les bonnes habitudes. Quand elle évoqua l’idée de passer la nuit sur place, je ne pus décemment refuser. D’abord, il était vrai que le paysage et le ciel étaient particulièrement agréable à regarder, et, deuxièmement, parce que cela signifiait passer la nuit avec ma Rousse, et, rien que cela, au fond, justifiait allègrement de ne pas retourner au navire tout de suite. Quant à ce que les matelots pourraient bien dire à mon sujet… Ma foi, rien ne m’inquiétait réellement de ce côté-là. « S’ils le disent, c’est par jalousie ! Ils donneraient tout pour savoir comment charmer les belles demoiselles des ports comme moi ! » Je me tus un moment avant de rajouter. « Peut-être que je pourrais leur donner une ou deux leçons à la prochaine escale. » Bien entendu, j’étais convaincu que l’idée n’allait pas plaire à la demoiselle en face de moi, mais j’étais déjà prêt à subir son ire, en rigolant.

Puis les choses se firent un peu plus sérieuses, en quelque sorte, lorsqu’elle m’avoua avoir regretté de ne pas avoir su me dire qu’elle m’aimait, du moins pas avant qu’elle ne croyait mourir quelques jours auparavant. C’était une déclaration touchante et, à dire vrai, même si je me doutais que nous partagions des sentiments l’un pour l’autre, j’avais toujours eu quelques doutes sur la réciprocité de ce que je pouvais ressentir à son égard. J’avais fait le choix de revenir à bord de La Sirène pour elle, mais ce n’était pas pour ça qu’elle devait me tomber dans les bras pour autant, n’est-ce pas ? J’avais espéré pouvoir la séduire mais avec ce qu’elle avait pu vivre sur le plan sentimental, je savais que la tâche ne serait pas facile. Mais, alors qu’elle glissait entre mes bras, me murmurant encore et encore qu’elle m’aimait, je ne pus réellement mesurer la joie qui était mienne. Cependant, une chose était certaine : l’équipage attendrait bien quelques heures de plus avant de revoir sa capitaine. « Je t’aime aussi, Cassiopée, mais ça, tu le savais déjà. » J’eus un petit sourire avant qu’elle ne m’embrasse passionnément, visiblement motivée par des sentiments plus… fougueux. Je répondis à son baiser et l’étreignit avec douceur avant de la repousser légèrement, en douceur. « Un peu de patience… Nous avons toute la nuit devant nous… » Ce n’était pas tant un conseil, mais plutôt… une promesse.

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