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 L'art de l'amour et de la guerre

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MessageSujet: L'art de l'amour et de la guerre   Sam 23 Juil 2016 - 15:28


Un dragon,une tempête, trois batailles navales contre des pirates, une autre canicule et encore un autre cyclone. Diantre! Les Dieux étaient contre nous. J’étais maintenant en retard d’un mois et ses vagues infernales n’étaient pas pour aider. Mes doigts crispés sur les poignées de mon gouvernail, l’anxiété m’envahit. J’étais folle de penser qu’il serait là! Bon sang, qu’est-ce que j’étais en train de faire? Courir après un amour qui probablement était parti, ou pire, ne s’était jamais pointé. Je jurais une nouvelle fois, tout en fixant l’horizon à travers la pluie diluvienne qui s’abattait sur nous. La côte Norpalienne était proche. J’en aurais été soulagé si mon estomac n’était pas aussi serré. Une voix se fit entendre au sommet du mât. C’était Fior qui m’avertissait qu’on était arrivé à destination. J’opinais de la tête en ordonnant : « Soyez prêt à baisser l’ancre! Nous allons amarrer! » Le vent fraîchissait comme jamais et les vagues accélérèrent notre arrivée. Fatigué, mon équipage s’empressa d’amarrer. Je les comprenais. Ce fut un voyage très difficile et maintenant, ils avaient besoin de profiter des petits plaisirs de la vie, c’est-à-dire des femmes et du vin. Je soupirais, tout en observant le Port où nous nous trouvions. Le quai était vide de monde, les marins devaient probablement être dans la taverne. Des voix et des rires gras se faisaient entendre. Flynn s’y trouvait-il? Je l’espérais. Par Uria que j’étais nerveuse! C’est alors qu’une voix m’alpaguait. C’était Benjamin.

- Capitaine, croyez-vous que Flynn est là? C’était justement la question que je me posais. Je savais l’enfant très attaché au pirate, il devait avoir hâte de lui raconter toutes nos aventures. Moi aussi, j’avais hâte. J’eus un sourire rassurant en répondant :
-Je l’espère gamin.  Disant ça,  je me penchais à sa hauteur. C’est alors  je remarquais que son regard était vert, parsemé de taches turquoise. Ce petit détail me troublait sans que je comprenne pourquoi. En même temps, j’étais très intriguée. Ce garçon était très mystérieux, je ne connaissais presque rien de lui. Curieuse, je demandais :

-   Dis donc, Benjamin, de qui tu tiens tes yeux? De ta mère ou de ton père? L’enfant haussa les sourcils avec surprise. C’était la première fois que sa capitaine s’intéressait  à son passé. Un peu triste, il répondit :
- Je l’ignore, capitaine. Je n’ai pas connu mes parents. J’ai été élevé par des moines.
-  Des moines? répétais-je surprise.Quel gendre de moines? Cette information fit battre mon cœur précipitamment. Pourquoi? Je l’ignorais, et présentement, je ne tenais pas à savoir. Cachant mon émotion, je me relevais en disant moqueuse :
- Eh bien, ces moines t’ont bien élevé, mais je comprends mieux pourquoi tu rougis devant les femmes. L’enfant eut un sourire narquois, qui me rappelait quelqu’un, mais qui? Flynn? Non, quelqu’un d’autre.
- Bah, c’est pour ça que je devrais vous accompagner dans cette taverne, Capitaine. Il est temps qu’on se charge de mon éducation sexuelle! Sa voix me fit sortir de ma réflexion frôlant la perplexité. À sa plaisanterie, j’éclatais de rire, oubliant temporairement mon questionnement sur son passé. Ébouriffant ses cheveux mouillés, je répliquais :
-  C’est tentant, mais je considère que tu es encore trop jeune pour ça. D’abord, apprends à séduire avec les mots, après les caresses viendront. Ma recommandation le fit rougir. D’un rictus, je secouais doucement la tête, puis revenant à la priorité, je me tournais vers mes hommes qui s’étaient rassemblés sur le pont. Les scrutant, j’eus un large sourire et je m’exclamais : «Matelots, vous avez bien travaillé. À présent, allez-vous reposer et on se retrouve dans trois jours, à l’aube, sur la Sirène. » Il y eut un éclat de joie, mes hommes s’empressèrent à obéir et rapidement, mon pont fut tout aussi vide que le quai. Promptement, je retournais à  ma cabine pour me vêtir plus convenablement. J’avais opté pour un habit sombre et moulant, ornée d'épaulettes en acier. Prête, je mis  le chapeau de mon père sur ma chevelure détachée. Je ne tenais pas à attirer les regards, sauf celui de Flynn, si bien sûr, il était là. Soupirant, je fixais la porte pendant un long moment, et enfin, je sortis.

***
 
À présent, j’étais  accotée sur un mur, les bras croisés et la tête légèrement penchée vers l’avant. Trop occupé à siroter son rhum et à cajoler une catin aux cheveux roux délavé, il ne m’avait pas remarqué. J’aurais dû l’abandonner là, mais mes yeux turquoise ne pouvaient se détourner de lui. J’étais submergée par la jalousie et l’envie. Il était aussi beau que dans mon souvenir et la sensualité dont il faisait preuve envers cette enjôleuse maigrichonne le rendant encore plus attirant. Mes doigts se crispèrent, je contrôlais chacun de mes muscles pour ne pas trucider la catin, et lui par la même occasion. Les larmes aux yeux, je baissais la tête, mon chapeau cacha mon visage. Trois mois lui avaient suffi pour passer à autre chose. Pourquoi s’en privé? Il était un pirate, mais surtout un homme. Un froid m’envahit, je savais mon cœur brisé et je ressentais une profonde déception. C’était de ma faute, je n’aurais pas dû tomber amoureuse d’un tel homme. À présent, je savais à quoi m’en tenir. J’étais son capitaine, rien de moins.  Étrangement, je tenais qu’il revienne malgré tout à mon bord, peu importe son adultère… « Tu parles, on n’est même pas un couple! Il peut bien coucher avec qui bon lui semble. Tu aurais dû t’en attendre, imbécile!» pensais-je d’un sourire amer. Je soupirais profondément, faisant l’effort de créer un vide en moi. Mes sentiments me faisaient souffrir, valait mieux ne rien ressentir.  C’est alors que la voix d’un tavernier se fit entendre. Les regards se tournèrent vers lui.
 
-Oyez! Oyez! Messieurs! L’heure du tournoi va commencer. Que tous les maîtres au lancer du couteau s’avancent! Le grand gagnant méritera une bourse bien remplie. À cet appel, plusieurs se levèrent. Je tournais mes yeux turquoise vers Flynn, il semblait tenté d’y participer. Pour l’encourager, la catin l’embrassa passionnément, puis reprenant son souffle, elle s’exclama d'un rire niais : «Vas-y mon chéri et je te promets que si tu gagnes, tu mériteras bien plus qu’une bourse, mais une nuit gratuite avec moi…» Plusieurs hommes tournèrent un regard envieux vers Flynn, tandis je foudroyais du regard la prostituée. Une nuit gratuite avec lui? Vraiment? Ça restait à voir. Lentement, je bougeais et je m’avançais discrètement, tandis que Flynn délogea doucement la catin et s’avança parmi les adversaires. Un à la suite de l’autre, les hommes lancèrent leurs couteaux, aucun n’atteignit le centre. Pour des maîtres, ils n’étaient pas fameux, j’en ris presque. Ce fut alors le tour de Flynn. Je ne fus guère surprise que son couteau atteignît la cible à la perfection. C’était le moment que j’attendais. D’un sourire malicieux, je m’avançais à mon tour, tandis que le tavernier s’exclama :

-Eh bien! Voilà le gagnant de…
l’homme se fit interrompre par un couteau de lancé qui venait de frôler la joue de Flynn. Il vint se planter dans le manche de son propre couteau. Il y eut un «ho» d’admiration et tous les marins se tournèrent vers moi. Mon sourire s’élargit tandis que je scrutais intensément le dos svelte et musclé du l’éladrin, qui fixait encore mon couteau.
- Tu te fais vieux, matelot!
Narguais-je au pirate. Il se tourna enfin vers moi, nos regards se croisèrent. Mon sourire s’affaissa légèrement devant ses yeux gris qui exprimaient à la fois du bonheur et du soulagement. Même si j’étais blessée de l’avoir surprit dans les bras d’une catin, je ressentais les mêmes émotions.  Il y eut un silence où nous nous contemplons, tandis que le tavernier parla, ce qui ne me fit aucunement décrocher mon regard de Flynn. C’est seulement quand l’homme me remit ma bourse que je baissais les yeux vers celle-ci. Je fus presque surprise qu’elle soit si lourde.

-Félicitation, ma belle dame, vous êtes la grande gagnante de la soirée!  Mon sourire s’élargit, je jetais un coup d’œil moqueur au pirate. Ça devait être la première fois qu’il perdait à ce genre de tournoi.  En guise de réponse, je rivais mes yeux vers Flynn et je répondis taquine: «Un maître devrait toujours être récompensé pour la victoire de son élève.» Disant cela, je lançais la bourse au pirate qui l’attrapait au vol. M’approchant de lui, je soufflais: «j’ai vu que tu t’occupais bien de tes bourses.» Disant cela, je jetais une œillade à la catin qui nous observait d’un air jaloux et possessif. Je lui adressais un sourire mauvais, puis je rivais mon attention vers Flynn. D’un air faussement contrit, je m’excusais : « désolé d’être en retard... c’était pour mieux me faire désirer.» J’eus un rictus, tandis que j’enlevais mon chapeau pour le mettre sur ses cheveux noirs. «Tiens, comme promis. Je peux te dire que ce chapeau en a bavé depuis notre séparation, mais tout comme moi, il a survécu.» Je souris doucement en demandant: « Alors, es-tu prêt à reprendre la mer avec moi?» Il n’eut pas le temps de répondre que la catin de toute à l’heure me repoussa brusquement en s’interposant entre lui et moi.
 
- Il préfère plutôt passer sa nuit avec moi! Rugis la rouquine délavée d’un regard de fauve. Trouve-toi s’en un autre, bougresse. Lui, il est à moi. Je fus plus surprise qu’irrité par cette réaction. Bougresse, hein? Cette catin ne savait pas à qui elle avait affaire. D’un rictus méprisant, je croisais les bras et je dévisageais la femme en silence. Après un instant, je tournais mon attention vers le pirate et je dis :
-  Je sais que tu aimes les jolies filles, mais là, tu me déçois, Flynn. Disant cela, je soutins  froidement le regard brun de la catin. D’un sourire moqueur, je piquais : «celle-là est aussi maigre qu’une asperge et aussi stupide qu’une huître vide. Tu aurais pu choisir mieux!» À cette insulte, la prostituée s’écria : «sale garce!», elle leva sa main pour me gifler. Je saisis aussitôt son poignet et je lui fis une clef de main derrière son dos. Elle s’apprêta à crier à l’aide, mais je la plaquais contre moi en menaçant : « si tu cries, je casse ton joli poignet et tu ne pourras plus satisfaire tes clients.» En guise d’avertissement, je tordis un peu sa main, ce qui la fit gémir de douleur, mais elle eut l’intelligence de retenir un cri. Mon sourire farouche s’élargit, puis j'affirmais : « tu es moins sotte que je le pensais.» Je me penchais vers elle et d’un air menaçant, je grinçais : «Ne me provoque plus. Contre moi, tu n’as aucune chance. Compris?» La prostituée acquiesça frénétiquement de la tête et me supplia de la lâcher. Avant d'accepter sa requête, je dis gravement: «Soit, je vais te lâchée mais avant sache une chose. Cet éladrin n'appartient à personne. Il a pour seul ancrage que l'immensité de la mer. Tente de le posséder et tu auras le cœur brisé.» Disant cela, je la repoussais dans les bras de Flynn et d'un ton de capitaine, j'informais le pirate:«Nous lèverons l'ancre dans trois jours. Je t’attends à l’aube. Soit s’y, sinon je pars sans toi... ce qui serait très dommage.» Disant cela, je lui fis un clin d’œil, puis je tournais les talons et je sortis. Bien que je fusse très contente de le revoir, je restais tout de même blessée à vif. La jalousie bouillait mes veines et je préférais m’éclipser avant de commettre un crime passionnel. La tête basse, je me dirigeais promptement vers mon navire. Je revoyais tout ce que j’avais enduré pour lui et je me disais que l’amour rendait stupide. Perdu dans mes pensées, je percutais alors un homme en armure sombre et dont le visage était caché par un heaume, dont un Phoenix arborait de chaque côté.

-  Oh pardon…soufflais-je en levant mes yeux vers l’inquisiteur qui ôta son heaume. Je le reconnus. Eh, merde.  C’était le chef de la troupe qui m’avait provoqué durant les festivités de la Vallée d’ildir. Par ordre de Khaalâm, il s’était retrouvé en prison avec ses hommes.
- Toi! Rugit d’une voix rauque le soldat en me saisissant par la gorge. Tu vas mourir pour avoir osé provoquer le Gantelet!. Malgré sa poigne, je réussis à garder mon calme. Discrètement, je glissais ma main droite derrière mon dos pour prendre un poignard et je dis provocante :
- Va-te-faire foutre, sale taré!
Ceci dit, je dégainais mon arme et je lui tranchais vivement la main. Il me lâcha en criant comme un dément, ce qui attira évidemment d’autres hommes. L’œil vengeur et meurtrier, ils dégainèrent leurs armes et m’entourèrent. Lâchant ma dague, je sortis mon épée et je rugis farouche :
-  À qui le tour, messieurs? Je n’ai pas toute la journée!
Devant cette pique arrogante, ils crièrent et chargèrent sur moi. D’un rire féroce, j’en combattis trois à la fois, égorgeant l’un, blessant l’autre et estropiant le dernier. Je ne faisais qu’un avec l’espace, tout en utilisant ma technique d’art martial pour les projeter ou les mettre chaos. D’autres vinrent, ainsi qu’une foule qui se rassemblait progressivement autour de nous. Je commençais à être à bout de souffle, mais heureusement mes hommes arrivèrent à la course. Envoyant balader d’un coup pied violent un des inquisiteurs, je me tournais alors vers Flynn. D’un sourire moqueur, je narguais : « tu en as mis du temps! Aurais-tu perdu ton bon vouloir de secourir les dames, matelot?»





Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 25 Juil 2016 - 11:25


L’attente était longue, très longue, trop longue… Cela faisait un mois que j’avais quitté Quiétude, Nora et nos enfants, pour rejoindre le port dans lequel j’avais accosté quelques semaines plus tôt, celui où, normalement, Siréna aurait dû me récupérer depuis longtemps. Les instructions, que j’avais laissée, étaient pourtant relativement claires, et même si Edward avait essayé de faire le petit malin en dissimulant ma lettre ou en s’appropriant les informations que j’avais pu récupérer au Boyau, l’un des matelots de la Corsaire devait lui remettre un double de celle-ci. Sam m’avait-il trahi également ? La jeune femme pensait-elle qu’il valait mieux que je ne revienne pas à son bord ? Peut-être pensait-elle que le fait que j’avais déserté le Boyau et considérait que je n’avais plus ma place sur son navire ? L’attente me donnait le temps de réfléchir, de trop réfléchir. A chaque jour qui passait sans voir la silhouette de La Sirène à l’horizon, je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qui pouvait pousser sa Capitaine à ne pas venir me chercher. Fallait-il penser que le Tiefflin s’était trompé ? Etait-elle tombée face au Dragon ? C’était relativement impensable compte-tenu des rumeurs qui étaient parvenues jusque dans ce port, où, dans l’auberge, on ne manquait pas de parler du courage de certains aventuriers qui s’étaient mis en tête de défier un énorme dragon. On ne parlait que de cette guerrière aux cheveux de feu, et, bien entendu, tous les hommes sur place se seraient volontiers glissés entre ses bras sans même la connaître. C’était à la fois amusant et assez pitoyable. Mais peut-être était-ce simplement parce que je n’attendais qu’une chose, c’était de pouvoir la retrouver pour de vrai, et pas simplement pour m’imaginer des fantasmes dignes d’un petit ivrogne qui lâchait un ou deux rôts entre deux gorgées de bière houblonnée.

Mais elle n’était pas venue… Quelques jours de retard, cela pouvait être parfaitement compréhensible compte-tenu des évènements auxquels elle avait participé. Le navire aurait pu appareiller plus tard, et elle n’avait probablement pas bénéficié d’une météo clémente durant toute la traversée. Néanmoins, après plus de trois semaines sans nouvelles, je commençais réellement à songer qu’elle ne viendrait plus. En réalité, c’était même plus par dépit que je restais encore à l’auberge du port, passant une bonne partie de la journée à guetter l’arrivée de nouveaux navires, dans l’espoir fou d’apercevoir le sien. Et après une nouvelle journée passée à contempler la mer, j’étais finalement rentré à l’auberge, prendre mon repas. Logeant dans cet endroit depuis longtemps désormais, j’avais apparemment tapé dans l’œil de la serveuse, une petite blonde aux reflets roux, avec un regard intéressant, mais dont le charme, s’il n’était pas négligeable, n’était pas foudroyant. Vendant ses charmes aux troublions du coin, elle s’était probablement imaginé que je ferais un meilleur encas que les ivrognes qu’elle côtoyait d’habitude. Ce n’était pas désagréable de passer un peu de temps avec elle, mais j’aurais largement préféré revoir Siréna. Comme d’habitude, dès mon arrivée à la taverne, elle s’était mise à me tourner autour, et je n’avais pas le cœur à la repousser. Après tout… Pourquoi pas, n’est-ce pas ? « Tu sais que je ne compte toujours pas payer pour ça, n’est-ce pas ? » C’était devenu une sorte de jeu entre elle et moi. Peut-être pensait-elle finir à me faire craquer. Il n’y avait pas de mal à flirter un peu après tout.

Quand le tavernier fit une annonce d’un concours de lancer de couteaux, j’allais d’abord passer, mais la remarque de Rebecca me fit sourire. « Tu ne sais pas à quoi tu viens de t’engager… » Je lui fis un petit sourire et m’avancer parmi les concurrents qui, avouons-le, n’étaient pas des as. Une fois ma démonstration faite, j’allais profiter de mes récompenses quand je sentis une lame me mordre la joue, avant de venir se planter dans le manche de mon couteau. Un léger filet de sang chaud coulant sur ma joue, je regardais le couteau qui venait de me frôler quand une voix me retourna l’estomac. Faisant volte-face, je croisais son regard… Enfin. Je ne répondis pas à sa toise, néanmoins pas avant qu’elle ne me lance la bourse que j’attrapais au vol. « Il me faudra bien ça pour remplacer ce couteau que tu m’avais offert… » Sa seconde remarque me fit grimacer. « Ce n’est pas ce que tu crois… » Elle s’excusa finalement d’être en retard avant de poser son chapeau sur ma tête, comme je lui avais demandé de me le promettre. J’eus un sourire quand elle évoqua les aventures qu’ils avaient vécues, le chapeau et elle. « J’ai cru comprendre que tu étais une héroïne. » Alors qu’elle me demandait finalement si je voulais reprendre la mer avec elle, Rebecca s’interposa bruyamment et sans… subtilité. Avant que je ne puisse l’empêcher de faire quelque chose de stupide, les deux femmes s’expliquèrent, ou, plutôt, Siréna lui expliqua deux ou trois choses avant de la lâcher et de me dire qu’elle levait l’ancre dans trois jours. Elle quitta ensuite la pièce, me laissant avec la serveuse entre les bras qui me dévisagea avant de me demander ce que j’avais attendu pour la défendre. Je la repoussais légèrement et haussais les épaules avec un demi-sourire. « Je n’ai jamais été à toi, Rebecca, et, que tu le veuilles ou non, c’est ma Capitaine. Désolé. » Sur ses paroles, je me tournais vers le tavernier et lui lançait la bourse. « Pour le séjour et ta bonne humeur, Broly. A une prochaine fois, peut-être ! » Le tavernier me remercia d’un sourire et j’esquivais la furie blonde pour sortir du bâtiment à la recherche de Siréna. Alors que je la rattrapais, je fus surpris d’entendre des bruits de métal. Un coup d’œil me suffit à faire demi-tour en courant. Ouvrant la porte de la taverne d’un coup de pied, je criais au dessus des rires et des ragots. « Elites ! Lâchez vos chopes et vos cuisses de catins, votre Capitaine a besoin de vous. » Et, sans rien d’autre, je me retournais et repartais dans la direction opposée, pour rejoindre la jeune femme, qui, comme à son habitude, se battait comme une lionne. Profitant de la surprise pour planter une de mes dagues dans un bras qui trainait, je rejoignais Siréna. « Et encore ! Sois heureuse ! J’aurais pu te faire attendre un mois entier ! » J’esquissais un sourire. Oui, j’étais heureux qu’elle soit là.[/color]
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 27 Juil 2016 - 9:33


- Et encore ! Sois heureuse ! J’aurais pu te faire attendre un mois entier ! Je ris et après avoir esquivé une hache de fer à double tranchant, je répliquais narquoise :
- Ça me prouve que tu es réellement un homme patient! Cela dit, le combat continua, un inquisiteur me fonça dessus et j’en profitais pour utiliser son poids contre lui pour le projeter par terre. Il grogna en essayant de se relever, mais je lui donnais un coup de pied violent sur son visage qui l’assomma. Soudain, un adversaire m’attaqua par derrière, je bloquais son arme,mais il me repoussa brusquement. Tombant par terre, je roulais pour éviter sa hache et je vins fendre l’arrière de son genou. Il gémit de douleur et tandis qu’il tomba, je l’égorgeais sans pitié. Le cœur battant et l’œil brillant, j’observais rapidement autour de moi. Bien que le nombre des inquisiteurs fussent supérieurs, mes hommes prenaient le dessus. C’est alors que je sentis quelqu’un se coller contre mon dos et prendre appui. Je faillis trucider le malotru quand je me rendis compte que c’était Flynn. J’eus un rictus et je murmurais : «Moins ennuyeux qu’à Quiétude hein?» Disant cela, je m’appuyais contre lui, tandis que des ennemis se ruèrent sur nous. Je souris férocement en m’écriant : « finissons-les et partons!» Nous nous mettions en garde pour les affronter, quand une voix grave et forte se fit entendre :

-Capitaine Valdriana, ordonner à votre équipage de baisser les armes ou il mourra!
Surprise d’entendre mon nom de famille, je tournais mon regard vers un inquisiteur plus imposant qui tenait…Benjamin. Je pâlis de rage en le voyant menacer mon mousse d’un poignard sur sa gorge. D’ailleurs, que faisait l’enfant sur ce quai? N’avais-je pas ordonné qu’il reste à bord? Visiblement, il m’avait désobéi, sûrement pour me secourir.
-Lâche! M’écriais-je en me dégageant de Flynn et en m’approchant menaçante. L’homme, qui était entouré à présent d’une patrouille fort nombreuse, pesa la lame contre la petite gorge, ce qui m’immobilisa.

- Avancez et je l’égorge. Souffla froidement l’inquisiteur. À cette menace, je le foudroyais du regard. À temps normal, je me serais jeté sur le soldat et je l’aurais tué avant qu’il ne tue Benjamin, mais quelque chose me figea…c’était l’enfant lui-même. Son regard était profond, fort et calme.  À cet instant, il ressemblait à mon père. Je devins soudainement blême, comprenant maintenant à qui son sourire m'avait fait penser. À Valrick Lerouge. Lentement, presque apeuré, mon regard se porta sur sa chemise déchirée et je la vis. Une tache de naissance rouge en forme de trident sur sa poitrine. Je ne pouvais en croire mes yeux. Oubliant tout autour de moi, je fixais éperdu Benjamin. C’était comme si je le voyais pour la première fois. Mon esprit se mit à réfléchir à toute vitesse afin de comprendre l’inévitable. Il avait été élevé par des moines. Il avait embarqué clandestinement sur mon navire, justement proche d’Hokusaï, où j’avais accouché.  Sa tâche de naissance. Son âge. Son physique…oui, tout concordait. Par Uria! J’avais en face de moi mon fils. Mon fils…cet enfant que j’avais abandonné m’avait finalement retrouvé malgré lui. J’avais toujours senti qu’il existait un lien inexplicable entre nous deux, mais je m’étais bornée à ne pas l’écouter. Ah, les Dieux se moquaient bien de moi! Je lui avais donné la vie et maintenant, si je ne faisais rien, j’allais le regarder mourir. Mon enfant…mon fils…

-Baissez votre arme, Capitaine Valdriana! Rugis l’inquisiteur en commençant à trancher la gorge de Benjamin. Hors de moi, je criais désespérée:
-NON! Non! ARRÊTER! Arrêtez…arrêtez Sans hésitation, je lâchais mon épée. L’inquisiteur cessa aussitôt son geste. Benjamin ouvrit douloureusement les yeux. Je croisais son regard vert, si semblable au mien. Comme j’ai été aveugle et stupide. À présent, je devais tout faire pour le sauver, même…soudain, j’eus une idée. Une idée très risquée, ou plutôt une mise en scène, qui ne plairait sûrement pas à mon équipage ni à Flynn, mais je n’avais pas le choix. Maintenant, nous étions cernés par une centaine d’hommes du Gantelet, sans oublier la foule versatile. Je devais utiliser celle-ci à mon avantage ou me sacrifier pour sauver les miens. Je pris une profonde respiration et enfin, j’agis.  Feignant la soumission, je m’agenouillais et soutenant le regard de l’inquisiteur, je m’exclamais d’une voix forte :

- Moi, Cassiopée Valdriana, j’évoque la loi de substitution. À partir de maintenant, tous les crimes commis par mes hommes reposent sur moi. Je suis mon équipage et je suis le criminel. Je vous prends comme témoin que je m’offre à vous, sans arme, sans résistance. Libérer cet enfant et épargner cet équipage, car à partir de maintenant, ils sont innocentés.
Je sentis une tension derrière mon dos, mes hommes semblaient à la fois confus, mécontents et abasourdis par mon agissement. Ils ne comprenaient pas, mais comment les blâmer? Seuls les chefs des guerres connaissaient cette loi ancienne, qui était valide autant en mer que sur terre. L’inquisiteur grogna de mécontentement en crispant sa main sur l’épaule de mon fils. Il la connaissait aussi et ça ne lui plaisait pas de l’entendre. Elle était utilisée en cas d’extrême nécessité et tous guerriers se devaient de la respecter. On l’a surnommait aussi «le sacrifice du chef.»  La femme l’avait dite à voix haute et il n’avait maintenant pas le choix d’accepter. Cependant, il osa une dernière résistance :

-  Et si je refuse, femme?
  Je soutenais longuement son regard, puis je répondis froidement:
-  Si tu refuses, les témoins ici présents sauront que tu n’as pas respecté cette loi militaire. Tu seras pourchassé par mes alliés, c’est-à-dire Khaalâm Domix le Septième, Dagathor Vesl’hisl’an et Silvia Everjoris. Ils te pourchasseront et te condamneront. Alors, même Masque d’Acier ne pourra rien faire pour toi. L’inquisiteur me dévisagea d’un air méprisant en répliquant : «Tu t’accordes trop d’importance!» Mon sourire s’élargit, mon œil brilla de malice. Arrogante, je répondis du tac au tac : «Toi, tu ne m’en accordes pas assez, inquisiteur. Sais-tu au moins qui je suis? Ce que j’ai fait pour Ildirith?» Il fronça les sourcils en m’interrogeant du regard. Gardant mon sourire, je levais fièrement la tête et sondant la foule, j’informais: «C’est moi qui a percé l’œil du dragon de la Vallée d’Ildir. Il n’est jamais judicieux qu’une héroïne devienne martyre. Je te conseil donc de choisir avec sagesse, inquisiteur.» Mon dire eut l’effet voulu. Les Norpaliens nous entourant se mirent à s’agiter et à parler fortement. « C’est elle, la belle guerrière aux cheveux de feu?», « Ma famille lui doit la vie!», « Quel courage! Épargnez-la!», « Laissez-les partir, ils ne sont pas des criminels, mais des héros!». Les voix s’écrièrent de toutes parts. J’eus un large sourire, tandis que je confrontais l’inquisiteur du regard. Il était maintenant très inquiet, l’agitation se faisait de plus en plus violente. Soucieux, il comprit alors mon stratagème. J’utilisais la foule pour nous sortir de ce pétrin. D’une voix rauque, il rugit :
 
- Taisez-vous, hommes! Elle n’est pas une héroïne, mais un vulgaire pirate qui a…
il se fit interrompre par une roche qui vint fracasser son heaume. Sa dague s’éloigna légèrement du cou de Benjamin. C’est ce que j’attendais. Vivement, je dégainais un couteau de lancer qui vint se planter dans la gorge de l’inquisiteur. Celui-ci écarquilla les yeux et chuta par terre, libérant le mousse, qui se précipita dans mes bras. Il eut une huée d’encouragement de la part de la foule qui se mit à s’attaquer au Gantelet. Je ne l’entendis pas, mon attention était maintenant rivée sur mon fils. Il pleurait à chaudes larmes contre moi, marmonnant qu’il était désolé de m’avoir désobéi. Doucement, je relevais son menton pour voir si sa blessure était grave. Ce n’était pas le cas, quelques points de suture feraient l’affaire. Je soupirais de soulagement et je le serrais très fort contre moi.
 
-Tout va bien, mon petit cœur. Reste fort, c’est bientôt fini. Mon fils opinant en reniflant. Je fus tentée de lui dire la vérité, mais je savais que ce n’était pas encore le moment. Après l’avoir embrassé sur la joue, je me levais promptement. Les inquisiteurs reçurent l’ordre de nous achever, mais la foule se fit plus dense et plus agressive. Elle les empêchait d’avancer et se mit même à les combattre. C’était le moment de fuir. Vivement, je me tournais vers mes hommes et j’ordonnais : «Élites, à la Sirène!» Je pris aussitôt Benjamin dans mes bras et voyant un passage parmi les marins, je courus à toute vitesse, mon équipage sur mes talons. Heureusement pour nous, mon navire était amarré près de la bagarre collective. Je sentis alors quelqu’un courir à mes côtés, c’était Flynn. D’un regard moqueur, je lui demandais : « La prochaine fois, pourrais-tu me donner rendez-vous sur une île paradisiaque, sans trace du Gantelet? Ça serait très apprécié.» J’eus un rictus, tout en caressant la tête de mon fils. Il allait bien, mais mon cœur de mère battait la chamade. Voulant qu’il soit à tout prix en sécurité, j’accélérais ma course. J’arrivais enfin sur mon navire, tandis que mon médecin légiste, qui provenait d’Hokusaï, sortit de la cale et il se précipita pour prendre Benjamin. Je le lui remis sans hésiter et je me dirigeais aussitôt à mon gouvernail. M’assurant que tous mes hommes étaient à bord, j’ordonnais d’un ton autoritaire :
 
-Affaler toutes les voiles et lever l’ancre!! Cannons prêt à tirer! Fior et Gawaël…gâtez-vous!
Ce fut alors un spectacle de sang et de feu. Mes canonniers ciblèrent les inquisiteurs qui essayèrent d’embarquer à bord. Fior et Gawaël en enflammèrent avec joie. Des flèches furent tirées sur les points faibles de l’ennemi, les corps s’effondraient sur le quai. La foule se battait toujours, mais maintenant contre n’importe qui. Sacrés Norpaliens! Je ris un peu, puis tournant mon regard vers Roger, je commandais :
-Prends la barre, matelot. Cap au Nord!
***
 
Le vent devint calme, les nuages se dégagèrent laissant place à un chaleureux soleil. Enfin une température clémente. Toujours à mon gouvernail, je jetais un coup d’œil derrière mon épaule. Je ne voyais plus la côte Norpalienne, j’en soupirais de soulagement. Cette confrontation imprévue contre le Gantelet ne fut en rien agréable, mais au moins, nous étions saufs et Flynn était de retour. D’un sourire heureux, je levais mon regard vers lui. Avec ses confrères, il était en train de serrer les bandes de ris. Oui, j’étais heureuse qu’il soit là. C’était certain que je n’avais pas aimé le voir en compagnie de sa serveuse, mais je me doutais qu’elle fut un flirt de passage. Diantre, ce n’était pas de mes affaires. L’éladrin pouvait s’amouracher de qui il voulait. Il était libre autant que moi. À cette pensée, je tentais de chasser toute jalousie et je pensais plutôt à ma révélation de tantôt. Mon  fils était sur mon navire et il ne savait même pas que j’étais sa mère. Bon sang! Soucieuse, je baissais la tête en me demandant comment j’avais pu en arriver là. Benjamin était à mon bord depuis près d’un an, ou peu moins, et pas une seule seconde je n'avais souhaité en savoir plus sur lui. Cette tache de naissance… Pourquoi ne l’avais-je pas remarqué avant? Il est vrai que l’enfant ne s’était jamais montré torse nu, mais tout de même. Soucieuse, je me mordis les lèvres. Mon ancien sentiment de culpabilité refit surface, j’avais juste envie de pleurer. J’étais une mère indigne. Très indigne. Non seulement j’avais abandonné mon bébé à sa naissance, mais en plus, je n’avais même pas su le reconnaître quand il est rentré dans ma vie. À présent, je me devais de réparer les pots cassés. Je pestais contre moi-même, tandis que Roger m’adressait la parole :

-Ça va, capitaine?  Je relevais un regard surpris vers lui, tandis qu’il me dévisageait avec une certaine inquiétude. La dernière fois qu’il m’avait vu aussi sombre, ce fut à la mort de mon cher Nassim. Refoulant ma profonde tristesse, ainsi que ma culpabilité, j’eus un sourire rassurant en répondant :
-Bien sûr. Pourquoi n’irais-je pas bien? Disant cela, je tournais mon regard vers mon équipage en m’exclamant joyeusement:
-Élites, ce soir sera que du repos et de la fête! Cette victoire mérite d’être célébrée, ainsi que le retour de Flynn! D’un sourire radieux, je croisais le regard du pirate, tandis que les hommes l’applaudirent chaleureusement. Même plusieurs lui donnèrent l’accolade et des tapes dans le dos. Visiblement, ce n’était pas juste à moi qu’il avait manqué! Devant cette marque d’affection, j’éclatais de rire tandis que Fior demanda d’une voix enjouée :

- Vu qu’on fête le retour de notre cher pirate favori, est-ce qu’on va avoir le droit de boire du rhum? Il y eut un rire collectif, Gawaël renchérit  narquois:
-Aye, Capitaine! Après tout, ces tarés d’inquisiteurs nous ont privés de notre bière et de nos catins! On mérite d’avoir une petite compensation, non? J’eus un sourire amusé tout en m’accotant sur mon gouvernail. Prenant un temps pour réfléchir, je répondis :

-Soit, mais qu’aucun de vous n’ait la gueule de bois demain matin, sinon je le jette par-dessus bord! Est-ce suffisamment clair pour vous, messieurs? Mon équipage eut un petit rire nerveux, mais ils prirent tous mon avertissement au sérieux. D’une même voix, ils répondirent un «Aye, capitaine».  Hochant de la tête, j’ordonnais qu’ils se remettent au travail, puis je laissais mon gouvernail à Roger. J’avais grandement besoin de me changer. Mes vêtements étaient détrempés et tachés de sang. Soupirant, je me dirigeais vers ma cabine, puis une fois vêtu convenablement, je décidais d’aller rendre visite à mon fils, non sans une certaine anxiété. Au seuil de la porte, je restais de longues minutes à le dévisager. L’enfant était allongé dans un grand lit confortable, sa gorge avait été soignée et il sommeillait. La lumière du soleil éclaira son visage aux traits harmonieux, ainsi que sa chevelure châtain aux reflets auburn. À cet instant, je le trouvais magnifique et je m’aperçus qu’il tenait beaucoup de moi. J’en fus grandement soulagé, car je n’étais pas certaine que je l’aurais aimé s’il avait ressemblé à l’un des violeurs. C’est alors que  mon médecin, s’appelant Mao, interrompit ma contemplation pour m'assurer que Benjamin allait guérir rapidement. Je lui souris avec reconnaissance et je lui permis de prendre congé. Seule avec mon petit blessé, je m’approchais silencieusement et je vins m’assoir sur le bord du lit. Sentant ma présence, le mousse ouvrit lentement les yeux et il me sourit gentiment.

- Je vais bien, capitaine. Rassura-t-il doucement. Le médecin m’a soigné comme un chef. Vous savez, il ressemble beaucoup aux moines qui m’ont élevé. Après une hésitation, je demandais :
-  Ses moines provenaient d’Hokusaï, n’est-ce pas? Mon fils eut un regard très surpris et il approuva : « Aye, capitaine. Vous y êtes déjà allé?» J’eus un sourire triste, puis caressant maternellement sa joue, je soufflais : «Aye, il y a de ça très longtemps…j’y ai laissé quelqu’un que j’aimais beaucoup.» Le mousse eut un regard désolé, et prenant ma main, il murmura : « j’en suis sûr qu’il ne vous en veut pas, capitaine. On n’en veut jamais à ceux que l’on aime. En tout cas, moi, je vous aime!»  Émue, je vins embrassée le bout de ses doigts. C'était une caresse que j’avais fait à sa naissance avant qu'on me l'enlève de mes bras. Avec amour, je soufflais « Je t’aime aussi. De tout mon cœur.» Oui, je l’aimais, je l’ai toujours aimé. Il n’y avait pas eu une seule journée où je n’avais pas pensé à lui, me demandant s’il allait bien. Bien sûr, l’enfant n’avait pas encore fait le rapprochement entre lui et moi. Il était encore trop jeune, et surtout trop épuisé. C’est alors qu’il me demanda quelque chose d’inusité. « Capitaine, voulez-vous m’épouser?» À cet instant, il semblait si sérieux que je ne savais pas si je devais en rire ou en pleurer. « Heu…et bien…heu…» marmonnais-je ne sachant quoi répondre. Comment lui dire que je ne pouvais pas l’épouser, tout simplement parce que j’étais sa mère ? Soudain, je sentis une présence sur le seuil de la porte. C’était Flynn. Je lui souris, puis  rivant mon attention sur mon fils, je répondis tendrement : « Tu as besoin de te reposer. Je te répondrais plus tard, d’accord? » L’enfant fit une moue déçue, mais il opina sans insister. D’un soupire, je l’embrassais sur le front et je me levais pour m’approcher du bel éladrin. Taquine, je murmurais : « Je pense que ce moussaillon à plusieurs aventures à te raconter.» L’oreille fine, Benjamin s’exclama : «Ça c’est bien vrai, Flynn!» Je lançais un regard amusé au pirate et je soufflais narquoise : « Qu’est-ce que je te disais?» J’eus un rictus, puis je dis plus sérieusement : «Viens me rejoindre dans ma cabine une fois que tu auras fini avec ce moulin à parole.» Il y eut un petit cri de protestation derrière moi. C’était Benjamin qui venait de s’indigner qu’il n’était pas un moulin à parole. Je lui fis une grimace moqueuse et m’apprêtant à sortir, je soufflais à l’oreille de Flynn : «Bienvenu à la maison, matelot!»


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mar 2 Aoû 2016 - 8:31


Après un long mois d’attente, après avoir presque fait une croix sur La Sirène, ses occupants et, surtout, sa Capitaine, voilà enfin qu’elle se montrait et, avec elle, l’excitation et l’adrénaline du combat. Après ces quelques semaines en Norpalie, littéralement au calme, je ne pouvais pas ne pas dire que tout cela ne me manquait pas. Croiser le fer n’était pas mon activité favorite, mais, pour défendre Siréna, j’aurais probablement fait n’importe quoi, avouons-le. « Ca t’arrange que je sois patient, n’est-ce pas ? » J’adressais à ma Capitaine un sourire et me concentrais à nouveau sur la mêlée, parant un coup d’estoc avec l’une de mes dagues et ripostant de l’autre. Alors que nos adversaires se faisaient de plus en plus oppressants, je choisis de me mettre dos à dos avec Cassiopée, afin de couvrir respectivement nos arrières. Sa remarque me fit sourire. « Pour être honnête, tout est moins ennuyeux que Quiétude. » Ce n’était pas un reproche pour Nora, les jumeaux ou les autres, mais simplement que la vie paisible d’un village retiré ne me convenait pas. Les journées passées à bâtir et à travailler le bois ne me passionnaient pas, et si cela n’avait pas été pour Nora ou mes enfants, j’aurais probablement fui à toutes jambes bien plus tôt. « Ca me paraît un bon plan. » Partir, reprendre la mer, voilà quelque chose qui me parlait. Je ne voulais pas mettre davantage de distance entre les jumeaux et moi, mais, pour mon propre bien, je devais retourner à flots, prendre le large et retrouver mon élément. Un jour peut-être Kallypso m’accompagnerait, mais nous avions plusieurs années avant de pouvoir ne serait-ce qu’y songer. D’ici là, beaucoup de choses pouvaient se passer, après tout, la mer était imprévisible et impitoyable et, avec elle, mieux valait ne pas trop penser à l’avenir.

Alors qu’ils allaient se lancer dans la dernière ligne droite du combat, une voix forte se fit entendre au-dessus de la mêlée, nous forçant à regarder dans sa direction. Je vis, avec horreur, le petit Ben, tenu en otage par un homme, la pointe d’un couteau contre sa gorge. Cela n’augurait rien de bon, et la réaction de Siréna ne me surprit pas, guère plus que celle de l’homme qui pressa, littéralement, ses menaces, qui faisaient leur petit effet sur la jeune femme. Elle ne pourrait rester indifférente au sort de Benjamin, n’importe qui sur ce navire ne le pourrait. Le mousse était la mascotte de l’équipage et tout le monde à bord l’appréciait, moi peut-être plus que les autres encore, même si, par moment, il était un peu trop bavard. Mais c’était aussi pour ça qu’on l’aimait. Observant la scène avec une certaine incrédulité, j’observais également la réaction de Cassiopée. Qu’allait-elle faire ? Baisser les armes ? Cela ne lui ressemblait pas, mais, pour Benjamin… Ce qui suivit ensuite, fut presque irréaliste. La détresse de ma Capitaine était palpable, mais pouvait-elle se mettre dans un tel état pour Benjamin ? Le considérait-elle un peu comme son propre fils ? Cela n’aurait pas été étonnant, mais quand même… Sa façon de prendre sur elle tous les crimes de son équipage aussi. J’allais d’ailleurs poser une main sur son épaule pour l’en empêcher, mais je me retins, conscient que c’était peut-être ainsi qu’elle voulait faire les choses et elle n’aurait probablement pas apprécié que quelqu’un essaye de l’en dissuader. Silencieux, je m’étais contenté d’observer, jusqu’à ce que finalement la foule reconnaisse Siréna et se range de son côté, lui offrant l’ouverture qu’elle recherchait peut-être, débloquant ainsi la situation. M’engageant à sa suite en direction du navire, je ne pouvais m’empêcher de penser que nous n’étions pas passés loin d’un désastre. « Promis, j’y penserais. » Je m’étais contenté de lui sourire légèrement, pas vraiment d’humeur à réellement me laisser aller à l’humour. Une fois à bord, je retrouvais rapidement mes marques et me mêlais l’équipage pour préparer le départ de La Sirène.

Plus tard, le calme était revenu avec le soleil et, au large de la Norpalie, le navire et ses occupants étaient hors de danger. Le Gantelet était définitivement partout et mieux valait rester sur ses gardes, même si je me demandais bien ce qu’il pouvait vouloir à Siréna. Enfin, cela importait peu. J’avais retrouvé mes anciens camarades, échangés quelques sourires et quelques accolades avec les plus proches. Il y en avait quelques uns qui ne devaient pas apprécier de me revoir à bord, mais, honnêtement, c’était assez réciproque. Une fois que la Capitaine jugea bon de pouvoir baisser la garde et de faire la fête – avec modération, sous peine de passer par dessus bord – je pris sur moi d’avaler un verre de rhum avec les deux Tiefflins avant de repartir vers l’infirmerie. Officiellement pour prendre des nouvelles du mousse, officieusement pour lui ramener un fond de godet de rhum, car il le méritait lui aussi. En approchant, j’entendis des voix, et je ne pus m’empêcher de sourire en entendant Benjamin faire sa demande à Cassiopée. Bien joué, gamin ! Je connaissais déjà la réponse, enfin je la supposais, après tout, il était un peu jeune pour elle, mais je ne me lassais pas de les observer depuis la porte avant que la jeune femme ne me remarque finalement. Je lui retournais son sourire, cachant à moitié le verre, qui aurait très bien pu être le mien. Elle me laissa finalement en sa compagnie, non sans me demander de passer par sa cabine une fois que j’en aurais fini ici. J’acquiesçais en silence, souriant à sa dernière remarque, avant de m’avancer vers Benjamin. « Tu ne perds pas de temps, hein, gamin ? » Je lui donnais une petite tape sur l’épaule. « Je suis fier de toi. Tu es un sacré bout d’homme. » Puis, dans un sourire, je lui tendis le godet où il restait un fond de rhum. « Ne dis rien à notre Capitaine, mais du coup, j’ai pensé que ça se fêtait. » Je regardais Benjamin boire et se mettre à tousser avant de me mettre à rire. « Peut-être pas encore tout à fait un homme, hein ? » je passais ma main dans ses cheveux, ébouriffant sa coiffure avant de partager avec lui quelques anecdotes respectives. Puis, estimant que cela avait assez duré, je l’abandonnais à son repos. « Repose-toi. Quand tu iras mieux, on passera la nuit à se raconter des histoires. » Et, dans un dernier sourire, je m’éclipsais de l’infirmerie avant de rejoindre la cabine de Siréna et y frapper quelques coups. « Vous vouliez me voir, Capitaine ? »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 3 Aoû 2016 - 11:19


« Tu ne perds pas de temps, hein, gamin ? » Dit Flynn en lui donnant une petite tape affectueuse dans le dos. L’œil brillant, il répliqua :
-Avec une telle femme, jamais. Son sourire s’affaissa légèrement, une ombre passa sur son visage angélique. Avec appréhension, il marmonna : «je crois que sa réponse va être non, sinon elle m’aurait dit oui, n’est-ce pas?» L’enfant soupira de tristesse et baissa la tête. Il aimait sa capitaine et il savait que leur différence d’âge posait problème.  C’est alors que les propos du pirate, qu’il considérait comme un père, le déridèrent. Flynn était fier de lui et selon celui-ci, Benjamin était un sacré bout d’homme. L’enfant eut une bouffée de fierté et il approuva vigoureusement de la tête. « Aye, j’en suis tout un! As-tu vu  comment j’ai tenu tête au Gantelet? Je suis resté froid et calme.» Ceci dit, il baissa les yeux avec culpabilité en marmonnant : «J’avoue que j’aurais dû rester sur le navire et obéir au capitaine. Ça aurait vraiment pu tourner au vinaigre, surtout que Sirèna a failli se livrer pour nous sauver, mais…son regard devint dur et perçant. Sans le savoir, il fixait Flynn avec la même détermination farouche que sa mère. «Je ne pouvais rester là sans rien faire! Je ne suis pas du genre à laisser une femme en détresse. Et ses fanatiques méritaient de mourir sous ma lame!» En fait, il avait réussi qu’à en blesser légèrement un, révélant par le fait même sa présence. Comme pour calmer son ardeur, il accepta le godet de rhum qu’il but d’une traite. Sa blessure à la gorge se mit à brûler intensément, il s’étouffa à cause de la douleur, ce qui fit rire Flynn. À sa toise, l’enfant lui jeta un regard noir et il répliqua offusqué : «j’ai peut-être que onze ans, mais sache que je sais boire comme un homme! C’est cette foutue blessure qui m’en empêche. Il toussa encore en soufflant : «ça brûle…mais pas autant qu’un dragon!» Disant cela, le regard du mousse, à présent plus proche du turquoise que du vert, brilla d’une lueur mystérieuse. C’était le signe qu’il avait une histoire à raconter.

Avant que son compagnon mette un frein à la conversation, l’enfant déblatéra : « Tu sais qu’à la vallée d’Ildir, j’ai vu dragon? Un vrai dragon! Il était tout noir et gigantesque. Il a craché du feu partout et je peux te dire que ce n’était pas joli à voir. Plein de gens ont été blessés ou tuer à sa première attaque! La capitaine nous a ordonné de retourner au navire. Je ne voulais pas, mais je n’ai pas eu le choix. Une poignée d’hommes est restée avec elle, et on est reparti sur la Sirène pour aider les autres navires à évacuer. J’ignore ce qui s’est passé durant le combat, mais je peux te dire que les cris et les rugissements étaient terrifiants. On a vraiment eu peur pour notre capitaine, mais elle a survécu et on a repris la route pour venir vous chercher, toi et les autres.» Il soupira, puis d’un sourire envieux, il confia : «tu lui as beaucoup manqué, Flynn.  Je peux te dire qu’elle était très inquiète de ne pas te voir au Bayou. Selon Edward, tu aurais déserté et tu n’avais pas l’intention de revenir. Il lui a remis une missive prouvant ce qu’il affirmait. J’ignore ce dont il s'agissait, mais ça a beaucoup attristé notre capitaine. Je l’ai rarement vu aussi triste, sauf quand Bosco est mort.» L’enfant eut un air désolé, et après un silence, il sourit mesquin en continuant : « Le soir même, j’ai entendu le capitaine rugir de rage. Comme une furie, elle a sorti de sa cabine et elle a envoyé balader Edward d’un solide coup de poing. Le mousse eut un petit rire. Je me rappelle encore des insultes du capitaine : « Espèce de salaud! Ordure de merde, tu m’as menti! Comment as-tu osé, sale traître?!» Je peux te dire qu’elle était enragée noire. Le mensonge est bien une des choses qu’elle ne tolère pas.» Benjamin scruta Flynn d’un regard intense qui voulait dire : ne mens pas, sinon tu vas finir comme Edward. Qu’est-ce qu’il advint de lui? Le mousse l'informa  qu’Ed avait été banni, ainsi que Bernard. Tous deux furent jetés par-dessus bord, mais heureusement, le rivage était proche.  « Bien fait pour eux! On ne veut ni menteur ni pervers sur la Sirène.» Conclut l’enfant d’un ton intransigeant, rappelant celui de Cassiopée. Suite à cette longue tirade, il ne put s’empêcher de bâiller. Comprenant sa fatigue, le pirate  l’abandonnait à son repos, promettant qu’à la nuit tombée, ils se raconteraient des histoires. En guise de réponse, Benjamin sourit légèrement, puis une fois le marin éclipsé, il s’endormit profondément.

***

Après m’être observé pour la millième fois dans le miroir, je conclus que j’étais présentable. Sacrebleu pourquoi étais-je si nerveuse? Il n’allait pas me manger…à cette pensée, je ne pus m’empêcher de rougir. Peut-être bien, mais pas avant de savoir ce qui s’était passé à Quiétude. Avait-il réussi à rejoindre Nora et les jumeaux? Est-ce  qu’il aimait toujours l’Aasimar? Ou plutôt, avaient-ils décidé de reprendre leur relation malgré la distance?  Tous ses questionnements me rendaient anxieuse et triste. J’avais été à la fois soulagée, contente et affolée d’apprendre qu’il était parti pour assumer ses responsabilités. Ce choix m’avait prouvé qu’il était un homme sérieux, mais en même temps, j’avais hésité à revenir le chercher. Pendant un instant, j’avais préféré le mensonge d’Edward à la vérité. Ça m’aurait permis de tourner la page et de faire une croix définitive sur l’amour.  Or, je m’étais risquée à faire confiance au pirate et mon cœur fut guidé par un sentiment dangereux : l’espoir.  L’espoir de survivre à cette folle traversée pour aller le retrouver. L’espoir qu’il soit là. L’espoir qu’il m’aime toujours autant que je l’aime. Pour lui, j’avais failli perdre mon navire dû aux nombreux périples que la mer nous avait réservé. Je soupirais, tout en me dirigeant vers mon secrétaire. Je redoutais cette conversation, et pour dire vrai, je me préparais au pire.  Mon cœur avait été écorché de le voir dans les bras de cette serveuse. J’avais beau me convaincre qu’il était libre, je lui en voulais et ça n’aidait pas mon appréhension. J’étais fatiguée de souffrir, fatiguée de penser à lui…l’amour n’était pas ma tasse de thé. J’aimais trop et trop fort. Secouant ma tignasse rousse, je fermais les yeux en essayant de faire à nouveau le vide. C’est alors que je me souvins de sa missive remise par Samy. Cette lettre avait été si tendre, si pleine d’espoir. «Ne doute pas des sentiments qui m’accompagnent. Flynn, ton pirate.» À ce souvenir, j’eus un doux sourire. Non, en lisant cette lettre, je n’ai pas douté de ses sentiments, mais je me suis mise à avoir…peur. Peur de le perdre. Peur qu’il change d’avis. Après tout, ça aurait été plausible. C’était légitime qu'il choisisse la mère de ses enfants au lieu de moi. Si c’était le cas, comment allais-je réagir? Lui faire une crise de jalousie ou de détresse émotionnelle? Non, ce n’était pas mon genre. Après tout, je n’avais pas juste lui dans ma vie. J’avais mon équipage, et à présent, j’avais un fils à m’occuper. C’était étrange, car j’avais toujours considéré le mousse comme mon enfant, sans me douter qu’il était réellement le mien. Ça allait changer définitivement notre relation amicale. J’ignorais encore comment lui avouer la vérité, et surtout, comment me conduire à son égard. Ma propre mère avait été douce et maternelle, mais je ne pouvais me permettre de l’être autant.  À son grand déplaisir, je risquais d’être plus sévère qu’auparavant, surtout s’il décidait de me piquer une crise d’adolescent. À cette pensée, j’eus un rictus, et croisant mes bras sur ma poitrine, je m’adossais contre le bord mon secrétaire. Soudain quelqu’un cogna à la porte. C’était Flynn. Mon cœur battit la chamade. Chassant mes appréhensions concernant Benjamin, je me revêtis d’un air flegmatique et calme.

- Aye, entre! répondis-je d’un ton un peu perché. L’éladrin entra, nos regards se croisèrent. Ses yeux de tempête me faisaient toujours autant d’effet. Je sentis mes jambes mollirent, mais je réussis à me contenir et à garder ma prestance habituelle. D’un sourire, je dis narquoise : « Alors, tu t’es finalement lassé d’écouter notre mousse déblatéré? J’ignore comment une si petite bouche peut dire autant de mots. Ça m’impressionne à chaque fois.» Je ris légèrement, puis je retrouvais mon sérieux en prenant un document déposé proche de moi. C’était son rapport. Satisfaite, je félicitais Flynn avec sincérité: «J’ai lu tes notes et je dois te dire que j’ai été hautement satisfaite. Tu as raison, on va réussir à piéger ce vil renard. Bien que j’aie quelques idées où se trouve son repère, vaut mieux attendre le retour de Markus et de Francis. Ils ont réussi à se faire engager dans son équipage. J’espère qu’ils vont être vigilants. Bref, tu as accompli notre mission comme je le souhaitais, mais j’aurais préféré que tu restes au Bayou jusqu’au retour de la Sirène.» Disant cela, je le dévisageais en silence, puis je m’expliquais fermement : «tu étais leur chef, Flynn. Un chef ne peut abandonner son équipage, peu importe ses raisons personnelles, si importantes soient-elles.» Qu’il le veuille ou non, sa désertion était suffisamment grave pour qu’il soit puni d’être parti sans mon autorisation.  Pendant un court instant, je pesais sur lui un regard lourd de reproches, puis je m’adoucis, sans me dévêtir d’une certaine réserve. « La prochaine fois, je tiens que tu me préviennes avant de partir. Comprends que j’ai mis mon équipage en danger pour venir de te chercher et je n’étais pas préparée à une telle traversée.» Soutenant son regard gris, je soupirais puis retrouvant mon sourire, je soufflais : « Malgré tout, je suis très contente de te revoir.» Disant cela, je lui fis un clin d’œil affectueux puis m’assoyant sur mon bureau, je demandais : «Alors, comment ça été ton voyage?» Ça ne servait à rien de le bombarder de questions, je savais qu’il allait tout me dire au moment venu. Toutefois, je ne pus m’empêcher de lui demander : « As-tu finalement trouvé la solution que tu cherchais?»


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 8 Aoû 2016 - 7:19

Sans le savoir, Benjamin avait peut-être appris la seule règle à retenir lorsqu’il s’agissait des femmes : ne jamais attendre trop longtemps, ou, bien trop souvent, il était trop tard. Siréna était défintivement le genre de femmes à ne pas laisser filer entre ses doigts, même si, en toute honnêteté, elle paraissait plus à même de choisir son partenaire que de se laisser séduire par lui. Je ne doutais pas que les hommes devaient souvent lui faire des avances, mais elle avait un côté indomptable, une fierté que peu de femmes avaient, et même si cela compliquait les choses, je ne pouvais pas dire que cela ne m’attirait pas. Bien entendu, il y avait aussi son passé, la mutinerie, le viol, sans compter la tentative de l’Orc… Cela n’allait pas l’aider à faire confiance à un homme, quel qu’il soit, fuse-t-il animé des meilleures intentions du monde à son intention. Affichant un sourire compréhensif au petit bonhomme, visiblement déçu par la réaction de sa Capitaine, je tâchais de lui remonter un peu le moral. « Je crois qu’elle s’en voudrait de priver toutes les femmes de ton âge d’un homme aussi séduisant ! » Je m’installais à côté de lui, posant une main sur l’épaule. « Je ne peux pas parler pour elle, mais, crois-moi, ce n’est pas la première fois, ni la dernière fois que tu tomberas amoureux. Et, aussi séducteur que tu puisses être, certaines filles te glisseront entre les doigts. » Je soupirais doucement. « Et je parle d’expérience. » J’esquissais un sourire. Certes, ce n’était pas tout à fait véridique, mais cela n’en restait pas moins une vérité générale. On ne pouvait pas toujours avoir la fille de ses rêves. « Il faut juste savoir passer à autre chose et se dire qu’il y en a d’autres. Mais, attention ! Cela ne veut pas dire qu’il faut s’en servir comme des objets. Je compte sur toi pour être un gentleman ! »

Les peines de cœur étaient les plus difficiles à consoler, mais Benjamin était jeune et finirait bien par se consoler. Alors qu’il vantait sa réaction face au Gantelet, j’eus un petit sourire. Oui, il avait été particulièrement courageux à ce moment-là, mais ce qui me faisait réfléchir, c’était la réaction de Siréna, sa façon de vouloir prendre tout le blâme de son équipage sur elle. S’il y avait bien une chose que je n’aurais jamais laissé faire, c’était bien celle-ci. Pensait-elle vraiment s’en sortir à si bon compte ? Lorsque le mousse me fit remarquer qu’il n’était pas du genre à regarder une demoiselle en détresse sans la secourir, je ne pus m’empêcher de rire. « Tu as le bon esprit, gamin ! » Il fallait croire que la concurrence serait difficile dans les années à venir avec un gaillard pareil à mes côtés. Une fois le rhum passé et la fierté du jeune homme un peu ébréchée, je le laissais me parler de la Vallée d’Ildir, du dragon, du combat. Je savais déjà tout cela, mais il était difficile d’interrompre le mousse lorsqu’il était aussi passionné. Il m’expliqua alors, qu’apparemment j’avais manqué à notre Capitaine, puis évoqua le mensonge d’Edward – comme je m’y étais attendu – ainsi que la réaction de Cassiopée lorsque Sam lui avait dit la vérité. Je compris beaucoup mieux pourquoi je n’avais pas vu ce dernier à bord. Les recommandations de Benjamin concernant le mensonge ne tombèrent pas dans l’oreille d’un sourd. « Ce n’est pas moi qui vais les regretter. » Je ne portais pas Edward dans mon cœur, c’était une réalité, et je ne m’étais pas méfié de lui pour rien, après tout. Il restait à espérer qu’il ne chercherait pas à se venger de sitôt. Laissant le mousse à son repos bien méritait, je quittais l’infirmerie pour la cabine de la Capitaine.

Je rentrais à l’invitation de Cassiopée et croisais son regard dans un sourire. Sa référence à Benjamin m’arracha un petit haussement d’épaules. « Il s’est endormi, sans quoi tu ne m’aurais pas revu avant longtemps. » Je la laissais ensuite me faire ses remarques quant à la mission que j’étais sensé effectuer. Apparemment satisfaite, j’approuvais ses propos concernant Markus et Francis. Je savais que ces deux-là étaient capables de tenir la distance et de nous faire parvenir des informations en temps voulu, notamment lorsqu’ils feraient une escale suffisamment longue pour nous permettre de les rejoindre, ce qui finirait bien par arriver. Je me raidis cependant lorsque je sentis venir les reproches. Il était vrai que cela n’avait pas été très fair-play de ma part, « Pardonnez mon comportement, Capitaine, mais je ne pouvais pas attendre votre autorisation. Qui plus est, j’avais parfaitement confiance en Sam, Francis et Markus pour prendre soin d’eux en attendant votre retour. Quoiqu’il en soit, cela n’arrivera plus. » Après tout, mes affaires étaient réglées, aussi n’avais-je, à priori, plus aucune raison de filer en douce. Quant à ses interrogations… Elle méritait bien de savoir. M’adossant au mur près de la porte, je soupirais doucement. « Nora vit paisiblement à Quiétude. Je pense qu’elle a trouvé la vie qu’elle a toujours voulu. Lysandre fera sans aucun doute un bon mari et un bon père pour elle et les jumeaux. Au moins, j’aurais le soulagement de les savoir en sécurité là-bas. » Je ne pus m’empêcher de repenser à mes enfants. « Je ne sais pas encore comment je ferais, mais écrire quelques lettres ne sera probablement pas difficile. Quant à retourner les voir… Ma foi, si on mouille de temps en temps en Norpalie et que tu me donnes l’autorisation d’y aller, je pourrais peut-être leur rendre visite à l’occasion. » J’haussais les épaules doucement. « Je ne sais pas si c’est la bonne solution, mais c’est probablement mieux ainsi, pour tout le monde. » Je relevais les yeux vers elle, préférant passer à autre chose. « Et toi alors ? J’ai entendu dire que tu as affronté un dragon et balancé Edward par-dessus bord ? Tu n’as pas chômé, dis-moi. »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 10 Aoû 2016 - 12:26


Je fus heureuse qu’il ne s’obstine pas et même, qu’il me promette de m’avertir la prochaine fois. En guise de réponse, j’approuvais de la tête en affirmant : «Vu que tu es ni un sot ni un inconscient, je suis persuadée que tu ne déserteras plus sans mon autorisation. Je te fais donc confiance pour la suite des choses.» Je lui adressais un sourire, signe qu’il était pardonné et suite à mes interrogations, il s’accotait sur le mur près de la porte en soupirant. J’aurais pu l’inviter à s’asseoir, mais il semblait à l’aise debout pour raconter son histoire. Le dévisageant avec attention, je l’écoutais en silence. Je fus soulagée d’apprendre que Nora vivait sa vie de rêve à Quiétude et qu’elle était en sécurité dans ce village paisible. Les propos de Flynn réussirent à me décrocher un regard surpris. « Nora, mariée? Tu plaisantes?»  Visiblement non. Un peu soucieuse, je soufflais : « Eh bien, elle n’a pas perdu de temps. J’espère que ce Lysandre est un homme bon, mais si tu considères c’est le cas, alors je n’en doute pas.» Je le scrutais pendant un instant, puis pesant mes mots, j’affirmais : «malgré tout,  je continue à penser que tu seras un aussi bon père que lui, mais différent. Tu vas leur apporter l’aventure dont ils ont besoin et ça, ce n’est pas rien. » Je lui adressais un sourire à la fois doux et rassurant. Je sentais que ça avait dû être difficile pour lui d’affronter cette réalité, celle que Nora ne pouvait plus être sienne et que ses enfants avaient à présent un père dans leur vie, plus stable et plus présent. Toutefois, Flynn ne devait pas se sous-estimer.

Terminant son explication, je répondis avec sincérité : « La vie n’est que sacrifice, Flynn. On ne peut malheureusement pas tout avoir, alors on doit faire des choix. C’est vrai, tu ne pourras être présent pour eux souvent, mais quand ça va être le cas, tu le seras pleinement. Je trouve que c’est une bonne chose que tu leur écrives. Ça va les rassurer de te savoir  bien portant. J'ai des pigeons qui connaissent par cœur le chemin à parcourir jusqu’à Quiétude. Tu peux les utiliser autant que tu veux.» Disant cela, je débarquais de mon secrétaire et je me dirigeais vers mon cellier pour nous servir un verre de vin. Ouvrant la bouteille, je continuais : « Pour ce qui est de leur rendre visite, je ne vois aucun problème de mouiller en Norpalie, mais nous allons devoir attendre quelques mois, question que le Gantelet m’oublie un peu.»  Je soupirais en repensant à ses inquisiteurs morts ou blessés. J’avais déclaré officiellement la guerre à cet ordre, et je savais déjà que Masque d’Acier voulait ma tête. Soucieuse, je confiais à Flynn : «Depuis que j’ai sauvé Nora à Varakir, ils ne me portent pas dans leur cœur. Plusieurs inquisiteurs ont essayé de me piéger durant les festivités, mais ils ont été arrêtés par les autorités en place. J’ignore pourquoi, mais ils ont été libérés et je les ai rencontrés au Port de tout à l’heure. Bref, tu connais la suite.» Sentait qu’il tenait à ce que je lui raconte mes propres aventures, je  gardais le silence, question de le faire languir un peu. Remplissant deux verres du vin épicé, je lui fis signe d’approcher. Soutenant son regard, nous firent un toast  et après savourer quelques gorgées, je taquinais : «Meilleure que le rhum, hein? Il date d’une vingtaine d’années. Je l’ai trouvé dans l’un des navires de pirate qui nous a attaqués durant la traversée. Ces truands nous ont donné du fil à retordre, mais au moins, ils ont été généreux en alcool!»

Après avoir bu une autre gorgée, je déposais mon verre et enfin, je racontais ombrageuse : « Tu as eu raison de ne pas faire confiance à Edward. J’aurais dû le jeter par-dessus bord bien avant. » J’eus une moue amère et balayant l’air de la main, je dis morose : «Il ne vaut même plus la peine qu'on en parle. Quant au dragon, son attaque a été un véritable enfer. Ce monstre voulait nous exterminer jusqu’au dernier.»  Je baissais les yeux tristement, revoyant les flammes et les cadavres calcinés. Voulant oublier ce cauchemar, je bus une longue gorgée de vin, puis je continuais d’une voix chevrotante : «Ce fut la terreur.  Je n’ai jamais eu aussi peur de mon existence. Disons que si ça n’avait pas été de Shavok, je serais sûrement morte parmi mes hommes qui sont restés à terre pour combattre.» Voyant le regard interrogatif de Flynn, j’eus un petit sourire et j’expliquais : « Shavok est un ursadea qui s’est mis en tête de me sauver sur un cheval ailé. Malheureusement, ça a fait l’effet inverse. Le dragon nous a poursuivis et on a bien failli mourir. Il n’est jamais bon de partager le ciel avec un dragon.» Je secouais légèrement ma tignasse d’un air exaspéré.  Soupirant, je vins m’accoter contre mon armoire en continuant : « Les mages et les guerriers ont réussi à détourner l’attention du monstre, mais il continuait à faire des massacres. Je compris alors que je devais agir et vite. J’étais dans une position parfaite pour l’attaquer à son insu. Alors, j’ai eu une idée audacieuse, celle de lui percer un des yeux. Je savais que j’avais peu de chance de m’en sortir, mais ça valait le coup d’essayer.»  
 
Je terminais mon verre, puis humidifiant mes lèvres pulpeuses, je plongeais mon regard turquoise dans celui de Flynn.  J’ignorais à quoi il pensait, mais il ne devait pas approuver ce risque accouru. Pour plusieurs, j’avais été suicidaire ou insouciante. Pour ma part, j’avais assumé ma destinée jusqu’au bout. Gravement, je concluais : « Comme tu le sais, j’ai réussi à lui percer un œil, ce qui a donné espoir aux troupes. Alors, le dragon m’a envoyé balader hors du combat. J’aurais dû mourir, mais un sylvestre m’a attrapé avant que je chute. » À ce souvenir, je baissais la tête et je fermais les yeux. D’un murmure, j’avouais « Au moment où j’ai frôlé la mort, j’ai pensé aux gens que j’aime.Tu en faisais parti. Je me suis accrochée à ton souvenir pour ne pas mourir. » À cette confidence, je levais mon regard limpide vers lui. Mes yeux étaient à présent brouillés par les larmes. Ravalant un sanglot, je soufflais: « je ne te cacherais pas que j’ai été gravement blessé, ça m’a pris de longues semaines pour guérir. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai été en retard à notre rendez-vous. J’en suis encore désolée.» Soutenant ses yeux de tempête, j’avouais timidement : « Outre ce dragon et mes blessures, j’ai affronté de nombreuses épreuves pour te retrouver et je serais prête à recommencer s’il le fallait. Je n’abandonne jamais ceux que j’aime.» Disant cela, je pris son visage entre mes mains et je remerciais proche de ses lèvres: « merci de m’avoir attendu. Tu aurais pu partir, mais tu es resté à ce port. Tu mérites d’être récompensé pour ta patience» j’eus un petit sourire et mi-narquoise, mi-jalouse, je taquinais : «je vais te faire regretter d’avoir flirté avec ta maigrichonne de serveuse.» Disant cela, je l’attirais contre moi et je l’embrassais avec passion.


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 17 Aoû 2016 - 12:08


Il aurait été idiot de me rebeller contre les remontrances de Sirèna. Sur ce navire, elle était la Capitaine, celles dont les ordres étaient à respecter sous peine de passer par-dessus bord et, son autorité, je n’avais aucune raison de la remettre en cause. C’était pour cela que, lorsque je m’adressais à elle, en tant que supérieure, je la vouvoyais, une marque de respect essentielle à bord d’un espace aussi clos. Les raisons qui avaient motivé mon départ du Boyau pour la Norpalie étaient parfaitement exceptionnelles et elle le savait parfaitement. C’était peut-être la raison pour laquelle elle me pardonna assez aisément mon écart de conduite. Une clémence dont je lui étais gré, car je n’aurais pas spécialement apprécié l’idée de passer quelques jours à fond de cale pour cela, même si, d’une certaine façon, ça aurait pu être mérité. « Merci, Capitaine. » Elle savait qu’elle pouvait me faire confiance à ce niveau-là, ou, du moins, je l’espérais. Alors que nous passions sur les nouvelles de ma petite escapade, elle fut surprise d’apprendre qu’Eleonore était effectivement mariée. Esquissant un sourire, tandis qu’elle s’étonnait du fait qu’elle n’avait pas perdue de temps, je rajoutais : « C’est une façon de voir les choses, mais, si je ne me trompe pas, elle est à nouveau enceinte. » Je soupirais doucement. « Ce n’est pas sûr, mais ses nausées ne trompent personne. » Je me souvenais encore de nos adieux, des jumeaux, et de cette façon dont j’avais été forcé de les quitter, un sac de toile noire sur la tête. Enfin, les choses se passeraient peut-être différemment la prochaine fois, et, surtout, la prochaine fois n’aurait pas lieu avant de nombreux mois, sans l’ombre d’un doute. Mais c’était le genre de choses que j’étais prêt à accepter, et puis il n’y avait pas trop le choix non plus, n’est-ce pas ?

Je souriais doucement aux propositions de Cassiopée. « Point trop n’en faut. Je leur écrirais de temps en temps, quand j’en aurais l’occasion. Ce n’est pas comme si je n’avais rien à faire à bord. » Je lui adressais un petit clin d’œil, taquin, mais ça restait la vérité. En tant que matelot, j’avais mes tâches à remplir et je ne comptais pas tirer au flanc, sous prétexte que j’avais des lettres à écrire à mes enfants, incapables de les lire par eux-mêmes. « Ne t’en fais pas, je ferais en fonction de tes propres décisions. Je te demanderais simplement la permission de pouvoir aller à Quiétude si on se retrouve à mouiller en Norpalie. Peut-être même que tu pourras venir avec moi. Je sais que ça ferait plaisir à Nora. » C’était un fait. Même si je n’étais pas convaincu que Sirèna parviendrait à délaisser son navire et son équipage pour plusieurs semaines. Et avec le Gantelet sur ses talons, mouiller trop longtemps au large des côtes Norpaliennes était, pour l’instant, du suicide. Si le navire était repéré, le Inquisiteurs n’hésiteraient probablement pas à essayer de l’aborder, d’une façon ou d’une autre. Je pris le verre qu’elle me tendit et en but une gorgée. Le vin aux épices était plutôt bon, mais, pour être honnête, je préférais quand même un bon verre de rhum. J’esquissais un petit sourire gêné. « C’est agréable, mais je crois que je préfère quand même un bon rhum. Après… Moi et l’alcool… » Je n’étais pas du genre à boire énormément, c’était bien trop handicapant pour mon agilité et c’était beaucoup moins facile de lancer précisément des couteaux avec trop d’éthanol dans le sang. Je posais finalement mon verre près du sien, m’adossant à nouveau au mur de la cabine tandis qu’elle commençait son histoire.

Bien entendu, j’en connaissais déjà une bonne partie, mais j’étais curieux de l’entendre de la bouche de la principale intéressée. Après tout, c’était elle qui avait crevé l’œil d’un dragon, et pas moins que ça. Je fus surpris de la voir passer aussi rapidement sur Edward, mais, apparemment, ce dernier l’avait véritablement rendue furieuse. A croire que Benjamin avait raison. Silencieux, j’écoutais Cassiopée parler, évoquer le dragon, la terreur, la façon dont elle avait voulu s’enfuir à dos de pégase, et comment elle s’était finalement offert l’occasion de frapper la bête. Elle avait été marquée par cette expérience, autant mentalement que physiquement, j’en étais conscient. Mais, avec le temps, elle en tirerait une force indéniable. Sirèna, pourfendeuse d’hydres et de dragons… Voilà qui devrait faire parler Benjamin pendant des années entières ! « Ne t’en fais pas pour le retard. Je regrette seulement de ne pas avoir été là pour pouvoir t’aider. » J’eus un petit sourire amusé. « Il ne faudrait pas que tu aies à chaque fois le plaisir pour toi toute seule. » Alors qu’elle s’approchait, sa confession me fit tressaillir, ou peut-être était-ce son regard. Quand elle parla de me faire regretter mon flirt avec la serveuse, j’allais lui répondre, quand elle m’attira à elle, saisissant mes lèvres des siennes avec passion. Surpris par son geste, je restais impassible quelques instants, avant de finalement me laisser aller et de l’embrasser en retour, posant mes mains sur ses hanches pour l’attirer un peu plus contre moi. Après de longs instants, je séparais nos visages de quelques centimètres. « Je n’ai pas l’impression que ça ressemble à une punition, pourtant… » J’eus un petit sourire et mon regard se fit plus sérieux. « Cassiopée, je ne saurais te dire à quel point tu m’as manqué. Et, crois-moi, il n’y avait que cette serveuse pour croire qu’elle me faisait un quelconque effet. Ce que je t’ai dit avant de partir, je le pense toujours, je n’ai jamais cessé de le penser, et c’était une des raisons pour laquelle je suis resté à t’attendre, parce que je n’espérais qu’une chose : te revoir. »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Sam 20 Aoû 2016 - 18:15


Quand il m’annonça que Nora était de nouveau enceinte, je faillis m’étouffer avec mon vin. «Bon sang! Est-elle un ange ou une poule?» Demandais-je d’un ton faussement philosophique. J’eus un rictus en soufflant : «peut-être un peu des deux».  Cette plaisanterie n’avait rien de méchant, bien au contraire. Je tenais seulement à détendre l’atmosphère, mais surtout, à le faire sourire. J’avais remarqué le soupir de Flynn et je n’étais pas dupe. Je savais que cette constatation l’avait ébranlé. Eleonor avait maintenant sa propre vie, avec son mari et sa famille. J’espérais que Lysandre allait continuer à aimer les jumeaux comme les siens et qu’il n’allait pas faire du favoritisme envers son rejeton. Comment savoir? Je soupirais à mon tour, gardant le silence sur mes pensées, car à quoi bon en parler? À quoi bon appréhender l’avenir des jumeaux? Nous ne pouvons qu’espérer qu’ils soient heureux et en sécurité. Je faisais confiance à Nora pour qu’il en soit ainsi et j’étais convaincue qu’elle allait aimée chacun de ses enfants d’un amour égal et profond. C’est alors que la voix de Flynn me fit revenir à la réalité. «Ne t'en fais pas, je ferais en fonction de tes propres décisions. Je te demanderais simplement la permission de pouvoir aller à Quiétude si on se retrouve à mouiller en Norpalie. Peut-être même que tu pourras venir avec moi. Je sais que ça ferait plaisir à Nora. »  À ce commentaire, je souris doucement, me souvenant que notre Aasimar m’avait fait promettre de lui rendre visite. Sans compter que les jumeaux me manquaient terriblement. Je soutins le regard du pirate et d’une lueur sincère, je répondis: « ça me ferait également plaisir de la voir. De les voir. En temps et lieu, nous allons y aller ensemble. Promis.»  Après quelques échanges, je décidais de raconter mon aventure contre le dragon, et à force de m’exprimer, j’avouais mes sentiments à Flynn. Des sentiments qui n’avaient pas changé depuis notre séparation, même ils s’étaient approfondis dû aux épreuves. Comme pour concrétiser mes dires, j’osais l’embrasser avec fougue et sensualité. J’avais tant rêvé de ce moment.  Je me laissais donc aller contre lui, saisissant ses lèvres, sans pour autant aller trop loin dans cette exploration  si sensuelle. Je remarquais qu’il resta impassible, suffisamment longtemps pour que je me demande si je faisais la bonne chose et même, si j’embrassais bien. À vrai dire, je n’avais pas embrassé d’homme depuis la mort de Nassim. Je me souvins que les lèvres de mon défunt amant furent très larges, même imposantes, tandis que celles de Flynn étaient charnues, mais néanmoins plus fines. Plus douce aussi.  Je soupirais de contentement quand il se décida enfin à me retourner mon baiser, mais d’une façon plus audacieuse et…plus expérimentée. J’en fus toute chamboulée. Les joues rouges, et l’œil brillant, je sentis un désir trop longtemps refoulé surgir en moi. C’était comme un volcan rugissant provenant du bas de mon ventre. Diantre, ce pirate avait le tour! Je comprenais mieux pourquoi Nora ne lui avait pas résisté. Et pourtant, ce n’était qu’un simple baiser. Je n’imaginais pas la suite…d’un soupir, j’entourais son cou de mes bras, le laissant m’attirer contre lui, tout en donnant libre cours à ses lèvres pour explorer les miennes.

 
 Le contact de sa langue me procura un frisson délicieux, je sentis une nouvelle fois mes jambes faiblirent, je resserrais mon étreinte. Après un long instant, où je commençais à sentir mes lèvres brûlées, il sépara un peu mon visage du sien pour commenter que selon lui mon baiser n’était pas une punition. Soutenant son regard de tempête, je souris gentiment en soufflant : «ce baiser est plus une récompense qu’une punition, mais je te promets que celle-ci va venir bien assez tôt.» Disant cela, mon sourire s’affaissa légèrement, laissant place à un regard un peu triste. « Je dois t’avouer que de voir cette serveuse dans tes bras m’a écorché vive. J’ai même cru que tu avais passé à autre chose.» Je sondais son regard gris, l’interrogeant silencieusement pour savoir si c’était le cas. C’est alors qu’il me répondit ce que j’avais besoin d’entendre. Chacune de ses paroles vint apaiser mon cœur.  Il m’avoua que je lui avais beaucoup manqué et que cette serveuse était la seule à croire qu’elle lui avait fait de l’effet. Tout comme moi, ses sentiments restaient les mêmes d’avant son départ. À cet aveu,  je le dévisageais avec émotion. D’une voix chevrotante, je murmurais : «je suis soulagée de voir que ni la séparation ni les épreuves ont changé nos sentiments mutuels. J’espère de tout mon cœur que ça va s’approfondir avec le temps. Qu’en penses-tu, mon beau baratineur? » À ma question, je souris narquoisement, mais mon regard restait profond et sérieux. Je voulais m’assurer qu’il était aussi sérieux que moi dans cette relation. Je ne voulais pas être une simple aventure. Pour moi, l’amour c’était quelque chose  de sacré, rien à voir avec un amant qui se faufile par la fenêtre pour ne plus jamais revenir.  À sa réponse, j’approuvais d’un doux sourire puis je me laissais embrasser à nouveau. Nos souffles ne firent qu’un, mon désir se fit ardent et je sentis que c’était de même pour Flynn. Sans vraiment le vouloir, mon bassin s’était lové contre le sien, créant une caresse inappropriée, mais oh combien plaisante! Je faillis perdre tout contrôle de mes sens, de mon être, quand soudain quelqu’un cogna à ma porte. Sacrebleu! Ne pouvais-je pas avoir un peu de paix et d’intimité pour une fois?! À contrecœur, je mis fin à ce baiser et m’éloignant du pirate, j’ordonnais d’entrer, tout en me dirigeant à mon secrétaire pour prendre une position plus…officielle.  Un peu nerveuse, je ne me rendis pas compte de ma chemise légèrement entrouverte, de mes joues écarlates et de ma chevelure un peu embroussaillée. D’autant plus que mon corps était encore enflammé par le désir. Un très brûlant désir. Quand Samy entra, je baissais alors les yeux en feignant de regarder une note, question de caché l'envie intense qui me taraudait.  Le matelot salua Flynn, puis il tourna son regard vers moi. Samy remarqua alors ma tenue un tantinet libertine, mais il eut le tact de ne rien dire, mettant la faute sur notre récente bataille contre le Gantelet. D’un ton poli, il s’excusa:

-  Pardon de vous déranger, capitaine.

- Qu'y a-t-il? demandais-je d’une voix détachée, mais un peu rauque. Ayant retrouvé mon contrôle habituel, je réussis à lever vers lui un regard calme et flegmatique. Le  marin daigna m’informer que les hommes avaient terminé leurs tâches, c’est-à-dire briqué le pont, changé les cordages endommagés, remplacer la grande voile par une neuve et réinstaller le mât qui avait été démâté lors de la précédente tempête. 
- Parfait. Répondis-je d’un sourire satisfait. Je vais radouber et après, vous allez pouvoir vous reposer et fêter. Bien sûr avec modération.  
- Bien entendu, capitaine. Répondit-il d’un petit sourire. J’esquivais à mon tour un sourire, puis je rivais mon attention vers Flynn. Nos regards se croisèrent. Je me sentis très troublée par l’intensité de son iris, mais je ne laissais rien paraître. Je gardais le silence pendant un instant, puis mes lèvres revêtirent un sourire mesquin. Sans pitié, j’ordonnais :

- Va nettoyer les latrines, elles ont été trop longtemps négligées.
Disant cela, j’eus un petit rictus et prenant une missive, je commandais: « Vous pouvez disposer, messieurs.» Sans obstiner, ils tournèrent les talons et avant que Flynn quitte la pièce, j’exigeais d’un ton moqueur : «je tiens que ça brille comme un sou neuf, matelot. Sinon, à fond de cale.»  Ne l’avais-je pas prévenu que sa punition viendrait bien assez tôt? Une fois seule, je m’écroulais sur ma chaise en soupirant profondément. Fermant les yeux, j’eus un sourire béat. Cela avait été si agréable et si excitant. Je me sentais encore tout humide et bouillante…pour la première fois, je désirais plus, chose qui ne s’était jamais produite avec Nassim. Pourtant, nous étions allés bien plus loin qu’un baiser, mais ses caresses avaient été souvent maladroites, et même un peu brusques. Malheureusement, il n’avait jamais réussi à assouvir mon plaisir, tandis que  Flynn avait réussi à m’enflammer d’un simple baiser. Bon sang, combien de temps resterais-je dans cet état? Soupirant, je décidais d’aller prendre de l’air afin de calmer mes ardeurs. J’essayais de me concentrer durant le radoube, mais ce ne fut pas chose facile. Je n’avais que dans la tête un regard gris et la sensation de lèvres sensuelles sur les miennes.   Rendu en hauteur, je baissais les yeux vers mon équipage.   Ceux-ci commençaient déjà à se rassembler autour du feu, une bouteille de rhum dans une main et du canard séché dans l’autre. Ne voyant pas Flynn, je soupirais pour la millième fois et mon attention se riva sur le magnifique coucher de soleil. Flynn me manquait déjà, s’en était presque ridicule. Je savais que je ne devais pas précipiter les choses, prendre mon temps, mais je ne pouvais m’empêcher d’avoir faim de sa présence, de ses caresses. Fermant les yeux, je savourais la brise marine sur ma peau, ainsi que la chaleur des derniers rayons. Cela me rappela le baiser de l'éladrin. Je souris amoureusement, tout en espérant que la nuit serait prometteuse.


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 29 Aoû 2016 - 9:15


Evoquer la possible grossesse de Nora n’était pas forcément facile, mais c’était une réalité que je devais accepter désormais. Elle était mariée et il semblait normal que son mari puisse avoir l’envie d’avoir ses propres enfants et ne pas seulement s’occuper de ceux d’un ancien amant de sa femme. J’espérais seulement qu’elle n’allait pas délaisser les jumeaux au profit du nouveau-né, même s’il nécessiterait surement plus d’attention qu’eux. C’était idiot, mais comment ne pas y penser ? Néanmoins, je ne pouvais faire confiance qu’à Nora « C’est surtout la vie dont elle a probablement toujours rêvé. » J’esquissais un léger sourire, principalement dû à l’idée d’imaginer l’Aasimar en poule. Il n’était pas certain que l’image fut adéquate, mais Nora aimait les enfants et elle serait probablement plus que comblée d’accueillir le fruit de son amour avec Lysandre, qui, il fallait l’admettre, le méritait également. Bah ! Tout serait probablement merveilleux à Quiétude dans les prochains mois, et c’était là tout le mal que je pouvais leur souhaiter. Et puis, nous aurions peut-être la possibilité d’en avoir le cœur net, si tant était que l’on puisse pouvoir faire escale sans craindre pour la sécurité du navire et de son équipage. Ou peut-être devrais-je kidnapper ma Capitaine pour l’y emmener de force, car malgré sa promesse, il était bien évident que Sirèna n’abandonnerait pas son navire sans garanties de le retrouver, comme ses hommes, intact. L’idée de la kidnapper me fit sourire, ou peut-être était-ce le fait de l’imaginer, ligotée comme un saucisson, à cheval sur mon épaule. Si elle avait pu lire dans mes pensées, elle m’aurait probablement jeté un regard noir, ou peut-être m’aurait-elle jeté par-dessus bord. Mieux valait garder cette idée pour moi. Et puis, de toute façon, j’avais bien d’autres choses à penser à son sujet, comme la douceur – à peine salée – de ses lèvres.

La retrouver, c’était remettre sur le devant de la scène tout ce qui s’était passé avant Quiétude. Du moment où elle m’avait capturé, au moment où j’avais commencé à être un membre de son équipage, jusqu’à comprendre qu’elle ne me laissait pas indifférent et réaliser qu’elle commençait à hanter mes nuits. Mais, je ne pouvais rien faire, rien dire. Parce qu’elle était ma Capitaine et, surtout, à cause de la mort de Nassim, parce qu’elle avait surement autre chose à faire que de supporter un prétendant tandis qu’elle faisait le deuil de quelqu’un qui comptait, visiblement, énormément pour elle. Et là, en cet instant, tout ce que je ressentais pour elle m’étais revenu d’un coup, d’un seul, comme un raz-de-marée qui se déverse sur une côte et la dévaste en un clin d’œil. Elle était la raison principale de ma présence à bord et je savais que, sans elle, je serais peut-être resté à Quiétude, je me serais peut-être battu pour récupérer Nora. Mais, avec elle, il n’y avait qu’un endroit où je voulais être, et, avec stupeur, elle venait de m’y inviter. La surprise passée, je pus lui rendre son baiser et lui offrir, avec mesure, tout ce que je pouvais ressentir pour elle au travers de mes lèvres, un peu plus passionnées. Jamais je n’aurais voulu quitter ses bras, ni cette cabine, mais tout ceci n’était pas fait pour durer éternellement, surtout pas à bord d’un navire. A sa remarque sur la serveuse, je plongeais mon regard dans le sien, haussant légèrement les épaules. « Si tu avais tardé quelques semaines encore, j’aurais probablement fait un trait sur mon espoir de te revoir. Mais, crois-moi, cette serveuse n’avait aucune chance de me garder un tant soit peu près d’elle. » Ce qui était la vérité, car elle n’avait rien d’intéressant, avouons-le.

J’avais du mal à comprendre ce qui l’avait poussée à répondre à mes sentiments, mais je n’allais pas me plaindre. Peut-être son combat avec le dragon, l’expérience de la mort… Il restait à espérer qu’elle n’agissait pas sur un coup de tête et qu’elle ressentait véritablement quelque chose, mais Sirèna ne me donnait pas l’impression de ne pas penser ce qu’elle disait. D’autant qu’elle avait semblé réellement blessée par la proximité de la serveuse. « Ton beau baratineur ? » Je pris un air amusé. « Il en dit que s’il y a bien une Sirène qui a réussi à le charmer, il compte bien se laisser prendre à ses filets. » J’esquissais un autre sourire, plus tendre, avant de l’embrasser à nouveau. Je savais que j’étais prêt à lui donner le temps nécessaire à m’accepter. Je connaissais son passé, ses réticences, mais je savais que je la désirais elle, et pas une autre. Nous fûmes interrompus par Samy qui frappa à la porte, et alors que nous reprenions une attitude plus… officielle, elle lui donna l’ordre de rentrer. Silencieux, j’écoutais mon camarade sans cesser de penser à l’étreinte dont nous venions d’être interrompus. Lorsqu’elle eut finit et que nos regards se croisèrent à nouveau, je pus sentir venir l’entourloupe avant même qu’elle ne m’ordonne d’aller nettoyer les latrines. Soupirant doucement, je m’en allais avec Samy, quittant la cabine de Sirèna non sans une mise en garde. « Moi qui rêvait de récurer les latrines… » J’eus un petit sourire tandis que mon camarade me tapa le dos pour me réconforter. Il y avait pire comme punition me contentais-je de penser tandis que j’allais chercher de quoi l’exécuter, car si j’avais bien appris quelque chose, c’était que notre Capitaine était une femme qui ne menaçait pas à la légère et passer à fond de cale ne m’intéressait pas plus que ça, surtout si cela impliquait de rester seul.

Dévoué à ma tâche, je m’étais affairé à remettre en état – si l’on pouvait dire les choses ainsi – les latrines, afin de leur donner un air propre qu’elles n’avaient visiblement pas eu depuis longtemps. Passant une bonne partie du début de la soirée à briquer, récurer, laver, rincer et relave, je pouvais entendre mes camarades commencer à s’amuser, mais je pensais surtout à Sirèna et à ce baiser… Diantre. Mes nuits allaient être terribles avec ça. Lorsque j’eus enfin fini – ou plutôt que je fus satisfait du résultat, suffisamment pour savoir que j’éviterais la cale – je rangeais le matériel et remontais vers le pont où l’on m’accueillit à bras ouverts. Repoussant Gawaël légèrement, je lui adressais un sourire. « Si tu ne veux pas sentir la vieille pisse jusqu’à la fin de la nuit, laisse-moi me nettoyer un peu. » Déclenchant l’hilarité générale, je m’approchais du bastingage avant de me débarrasser de mon haut et de mes bottes. Puis je plongeais directement dans la mer, sans aucune autre cérémonie. Appréciant la fraicheur de cette dernière, j’y restais suffisamment longtemps pour me sentir un peu plus propre puis remontait à bord, escaladant la coque et les renforts de bois prévus à cet effet. De nouveau à bord, Fior me tendit un baquet d’eau douce que je me renversais directement sur la tête, évacuant l’eau salée. « Je crois que je suis prêt à fêter quelque chose maintenant. » J’eus un sourire et sous l’allégresse générale, je me laissais tenter à un peu de viande de canard et un verre de rhum, trinquant avec mes camarades retrouvés. Sans manquer de remarquer, étonnamment, l’absence de notre Capitaine.
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Jeu 1 Sep 2016 - 11:07


Ma tête accotée au mât, je m’étais endormie profondément. Je rêvais à un endroit céleste et lumineux, où le temps n’existait plus ni la douleur. C’était si réel et si réconfortant. C’est alors que je ressentis la fraîcheur du crépuscule m’étreindre. D’un soupire, j’ouvris lentement les yeux et je m’étirais allègrement tandis que des rires gras se firent entendre sur le pont. Pourquoi cette hilarité? Intriguée, je me penchais discrètement vers l’avant pour apercevoir Flynn entouré de ses camarades. L’éladrin venait d’enlever sa chemise et ses bottes. Rougissante, je ne pus décrocher mon regard limpide de sa musculature svelte et forte. Me souvenant de notre précédente étreindre, je ressentis à nouveau du désir et j’en fus fort contrariée. Bon sang! Je n’étais pas une chatte en chaleur! Si? Nerveuse, je me mordis les lèvres, tout en suivant Flynn du regard. À mon grand damne, il venait de se lancer dans l’eau. Le voyant faire, je me tendis d’inquiétude. C'était imprudent de s’aventurer dans cette zone. Des requins pouvaient y rodés ou autres prédateurs dangereux. Ma main crispée sur un cordage, je surveillais  le barbotage innocent de mon pirate, qui dura un long moment. Dans cette immensité aquatique, il semblait très paisible et heureux. Le dévisageant, je me détendis progressivement. Les eaux étaient calmes, il n’était pas en danger. Esquivant un doux sourire, je pensais amoureusement : « si je suis une Sirène, toi tu es un triton.» Telles ces sirènes mâles, Flynn ne faisait qu’un avec la mer. Sa chevelure noire contrastait avec sa peau rendue argentée. À cet instant, je le trouvais d’une beauté mystique et fascinante.   Silencieuse, je l’admirais jusqu’à tant qu’il remonte à bord. Fior lui tendit un seau d’eau douce pour qu’il puisse rincer son corps, et une fois fait, il trinqua avec ses camarades. Visiblement, l’heure était à la fête. D’un sourire, je pris plaisir à écouter discrètement leurs plaisanteries. 

- Camarades, je trinque à notre victoire contre le Gantelet! Dommage que je n’ai pas gardé leurs têtes comme trophée! S’exclama Fior railleur en donnant un coup de coude à Gawaël. Buvant une gorgée de rhum, celui-ci approuva de la tête en répliquant moqueur :
- Je doute que notre Capitaine aimerait avoir des têtes décapitées sur son navire.
- Je suis certain que j’aurais pu la convaincre. J’ai le don avec les femmes pour obtenir ce que je veux. Se vanta Fior . À son dire, je ris et me penchant vers l’avant, je le narguais :
-Comme tu as le don de les enflammer, Fior! N’est-ce pas toi qui as calciné une catin par accident? À ma question, mon tiefflin s’étouffa avec son rhum, tandis mes hommes éclatèrent de rire. Levant les yeux vers moi, Fior réussit à articuler piteusement :

- J’ai juste brûlé sa robe, capitaine.
Il y eut une seconde hilarité générale, Roger rétorqua :
- Et tu as reçu la gifle de ta vie!
- Aye …elle n’est pas allée de main morte. Marmonna Fior grimaçant, ce qui provoqua un rire gras de la part de mon équipage. D’une voix forte, Roger m’interpella :
-  Hey capitaine! Ça vous dit un duel d’alcool?
-  Iglou! Iglou! Iglou! S’exclamèrent les marins en tapant du poing.
- J’en connais un qui va se retrouver par-dessus bord. Renchéris Samy en jetant un regard moqueur à Flynn.  Rivant mon regard turquoise vers l’éladrin, mon sourire s’élargit. Je compris que mes hommes tenaient à ce que l’éladrin vive son initiation. Il faisait partie désormais de la famille.  Soutenant son regard, j’expliquais à Flynn :

- Nous avons un rite d’initiation que tout élite doit accomplir sur la Sirène. Il doit réussir trois épreuves. Lesquelles, messieurs? demandais-je en scrutant les Élites. Avec joie, Samy répondit:
-La première, on l’appelle «le soûl mort». Tu dois faire un duel d’alcool contre un des membres de l’équipage. Je te recommande de  choisir le moins résistant au rhum. Il y eut une approbation collective, puis Fior continuait :
-   La seconde c’est «le singe». Tu dois monter jusqu’au sommet du grand mât et si possible, avant notre capitaine. À ce jour, personne n’a réussi à la vaincre. D’un sourire, j’acquiesçais de la tête en terminant :
- La troisième se nomme «la chute». Rendu au sommet du mât, tu vas te lancer dans la mer et revenir jusqu’au navire. Bien sûr, sans te noyer. Disant cela, je me levais pour faire une culbute arrière dans le vide. In extremis, je m’accrochais à un cordage et je me laissais tombée sur le pont.  Un peu soûls, mes hommes applaudirent à cette gracieuse acrobatie. À leur réaction, je ris un peu, puis croisant le regard gris de Flynn,  je demandais mesquine : « Alors, prêt à relever le défi, matelot?» À sa réponse, les hommes applaudirent à nouveau et Gawaël demanda cérémonieusement: «Qui sera ton adversaire et qu’est-ce que tu exigeras de lui si tu gagnes?» Au moment où Flynn s’apprêta à répondre, une petite voix  l’interrompit : «Moi! Je veux être ton adversaire, Flynn!» C’était Benjamin qui arrivait à la course. Malgré sa blessure, il tenait visiblement à participer à la fête. D’un regard sévère, j’ordonnais à mon fils :
-  Je ne veux pas te voir sur le pont. À l’infirmerie!
- Capitaine, je vais mieux. Je vous promets que je resterais tranquille. S’il vous plait…  Insista-t-il d’un regard suppliant. À son air adorable, mon cœur de mère flancha. Comment lui refuser? Je jurais intérieurement et après un instant, j’acceptais morose :
- Bon, très bien. Tu peux rester, mais si je te prends à boire du rhum, tu vas être sévèrement puni. Compris?
-  Aye, capitaine! S’exclama-t-il tout sourire.  Comme si mon avertissement était le dernier de ses soucis, il s’assit joyeusement aux côtés de Flynn. D’un soupir, je détournais mon attention vers l’éladrin pour préciser : «Outre Benjamin, tu peux choisir n’importe quel  adversaire.» J'eus un large sourire. « Je te conseil de choisir judicieusement. Ça serait honteux d’être la risée de tous, n’est-ce pas?»


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Ven 2 Sep 2016 - 5:52

La mer était plutôt fraiche en ce début de soirée, mais ce n’était pas vraiment un problème pour moi. Quant à ses éventuels dangers… On ne passait pas sa vie sur un navire en ayant peur d’être attaqué par un requin ou toute autre créature marine un tant soit peu belliqueuse. Et, même si je n’étais pas au meilleur de mes capacités dans l’eau, je n’en restais pas moins un bon nageur et, surtout, je n’étais pas du genre à ne pas vendre chèrement ma peau, quel que soit l’adversaire. Mais, de toute façon, je n’avais pas spécialement le choix pour me débarrasser de l’odeur nauséabonde qui s’était incrustée sur mes vêtements et sur moi. Il me faudrait d’ailleurs m’occuper de mes vêtements rapidement pour ne pas que cela s’imprègne trop profondément, mais cela pouvait attendre le temps de la petite célébration. Conscient que je finirais bien par sécher de moi-même, j’attrapais le godet qu’on me tendit et trinquais avec mes camarades qui commençaient déjà à célébrer tout ce qu’il y avait à fêter. La remarque de Fior sur une tête en guise de trophée ne passa pas inaperçue, encore moins celle sur le fait qu’il pouvait obtenir ce qu’il voulait des femmes. Cela eut même le mérite de faire réagir Sirèna elle-même, alors que je découvrais qu’elle s’était installée au sommet du mât, probablement pour avoir un œil sur son équipage. Le pauvre Fior eut le privilège d’en prendre pour son grade au plaisir de tous les autres, moi y compris. Il réfléchirait peut-être à deux fois avant de se vanter un peu trop fort la prochaine fois. Je passais mon bras derrière sa tête, l’attirant vers moi. « Tu ne m’avais pas dit que tu enflammais les femmes, canaille ! » Je lui fis un petit clin d’œil amusé avant de le relâcher en souriant. Je l’appréciais bien ce Tiefflin.

Roger proposa un duel à boire à la Capitaine et je me dis qu’il semblait bien courageux de vouloir la défier, elle qui tenait si bien l’alcool, du moins, de ce que j’avais pu en apprendre à Quiétude, par Nora. La remarque de Samy à mon intention me laissa perplexe. Parlait-il de moi ? Ou de Roger ? Je le regardais avec perplexité jusqu’à ce que Sirèna ne mentionne un rituel d’initiation, par lequel devait passer les Elites qui décidaient de se joindre à bord. Et comme Roger devait probablement avoir passé cette initiation, je pouvais sentir que toute cette histoire allait me retomber dessus. J’eus alors le droit aux trois épreuves : un duel de boisson, une épreuve d’escalade et un plongeon dans la mer. Voilà qui promettait d’être palpitant. Admirant la Capitaine sauter sur le pont avec une agilité appréciable, lui valant les honneurs de ses matelots. Quant à savoir si j’étais prêt à relever le défi… « Ca dépend… J’ai la permission d’avoir la gueule de bois au lever du soleil ? » J’avais conscience que je n’avais pas trop le choix de toute façon, mais, surtout, je n’étais pas du genre à me débiner. Au fond, à part l’alcool, le reste était plutôt facile pour quelqu’un comme moi, même si, avec plusieurs verres de rhum, ce serait probablement un peu plus compliqué. « Bien sûr que je relève le défi, Capitaine. » L’engouement général dut probablement s’entendre à des lieues à la ronde, mais cela promettait d’être amusant. Gawaël me demanda alors, avec énormément de sérieux, qui je désirais choisir comme adversaire. La question méritait un peu de réflexion, mais Benjamin – sorti de nulle part – semblait déjà avoir son petit avis sur la question ! Que faisait-il là, d’ailleurs ?

Sirèna sembla se poser la même question et souhaitait le renvoyer à l’infirmerie, mais le petit sacripant réussit à obtenir ce qu’il désirait finalement. D’un sourire, je jetai un œil à Benjamin. « A croire que tu t’en sors mieux que Fior pour obtenir ce que tu veux des femmes, petit ! » Cassiopée me fit alors remarquer que je pouvais choisir n’importe qui – à part Benjamin, bien entendu – pour être mon adversaire, et qu’il valait mieux que je choisisse judicieusement. Prenant mon temps pour réfléchir, je pesai le pour et le contre avant de reposer mon regard sur ma Capitaine. « A vaincre sans périls, on triomphe sans gloire. Et, comme tout le monde n’attends que ça, je vais vous défier vous, Capitaine. » Je n’avais probablement aucune chance pour le duel d’alcool, mais je ne me débrouillais pas trop mal de ce côté-là et, au moins, nous serions sur un pied d’égalité, ou presque, lorsqu’il s’agirait de monter sur le mât. Sans compter que, à son regard, j’étais quasiment convaincu qu’elle n’attendait que ça. De toute façon, ça ne me dérangeait pas de perdre, je n’étais pas du genre à avoir une fierté trop mal placée. Gagner serait plaisant et je ferais probablement tout pour y arriver, mais perdre n’était pas une fatalité en soi. On sortit de quoi nous installer et je pris place face à Sirèna. « Alors ? Quelles sont les règles ? » J’avais hâte de savoir à quelle sauce j’allais être mangé.
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Dim 4 Sep 2016 - 20:15

hrp:
 


-Ca dépend… J’ai la permission d’avoir la gueule de bois au lever du soleil ?
- Permission accordée. Répondis-je d’un sourire mesquin.Après tout, l’entraînement que je prévoyais demain matin serait aussi pénible pour une gueule de bois que d'être jeté par-dessus bord. Bien sûr, je gardais cette information pour moi, afin qu’il accepte le défi, ce qu’il fit.  J’espérais avoir enfin un adversaire à ma hauteur, mais tout allait dépendre de lui. Peu après l’aparté de Benjamin, qui semblait très fier de savoir convaincre les femmes mieux que Fior, Flynn osa me choisir comme son adversaire pour le duel d’alcool.  Son choix était périlleux, mais stratège. Il commençait à comprendre l’art de la guerre. Mon équipage siffla, tandis que je le dévisageais d’un large sourire. D’un regard brillant, je m’approchais de lui en soufflant :

- Triompher sans gloire, hein? C’est loin d’être mon cas, matelot. Disant cela, je feignais de réfléchir quelques minutes, puis je répondis : «J’accepte donc ton défi, mais je te préviens, tu vas t’en mordre les doigts…ou les couilles, c’est selon. Ce fut l’hilarité générale, puis mes hommes s’empressèrent d’installer une table et deux chaises. Je pris place en face de Flynn, nos regards se croisèrent. J’affichais un air assuré, mais intérieurement, je me sentais nerveuse. Ses yeux de tempête me chamboulaient comme jamais et je savais que le rhum risquait d’accentuer mon trouble, même pire, mon désir.  Me ressaisissant, je secouais ma tignasse rousse et je vins croiser mes jambes avec sensualité. Il voulait me vaincre à l’aide de l’alcool? Soit, j’utiliserais la séduction pour le déstabiliser. À cette pensée, mon regard se fit langoureux et mon sourire irrésistible, tandis que Gawaël expliqua les règles d’un ton officieux:

- Les règles sont simples. La première, vous devez boire chacun vôtre tour jusqu’à ce que le verre tombe de table. Ensuite, le gagnant aura le privilège de commencer la course jusqu’au sommet du mât.  Est-ce clair? Bien. Maintenant, qu’est-ce que vous attendez de l’autre s’il perd à ce duel? Gawaël tourna un regard affectueux vers moi en invitant : «je vous invite à commencer, Capitaine.» Disant cela, il me  versa un verre de rhum et après un instant de silence, je tournais mon regard turquoise vers Flynn. Prenant le verre, je répondis sans hésiter:«Je veux que tu deviennes mon second.» Il y eut un «oh» de surprise, ce  qui me fit sourire. J’étais certaine de mon choix, car il m’avait prouvé sa valeur quand il avait joué le Capitaine quelques mois plus tôt. J’étais consciente qu’il aimait sa liberté, mais je ne pouvais plus diriger ce navire seule. J’avais besoin de quelqu’un de confiance et de compétent à mes côtés. Cette personne c’était Flynn. Je n’aurais pas pu le forcer à accepter cette promotion, sauf lors d’un tel duel. Alors, j’avais entendu avec patience ce moment. Mon regard avait été insistant, suffisamment pour qu’il me choisisse comme adversaire. Maintenant, il ne pouvait plus reculer. Les regards se tournèrent vers l’éladrin.

-À ton tour, Flynn. Tu peux lui demander n’importe quoi. Dis Gawaël d’un petit sourire envieux tout en lui versant du rhum. À la réponse de Flynn, les hommes se mirent à siffler et à rire.  Un peu rougissante, je baissais les yeux en soupirant. J’avais accepté ce duel, je devais assumer les conséquences, surtout si je perdais. Relevant mon regard limpide, j’acquiesçais :
- Très bien, mais seulement si je perds. Il y eut une exclamation de joie de l’équipage. Sans autre cérémonie, le duel commença. Bon sang, ce rhum était fort! Néanmoins, ça ne m’empêcha pas de tenir le coup jusqu’au dixième verre. À présent, les marins étaient silencieux, on pouvait entendre une mouche volée. Droite, je scrutais mon adversaire sans montrer aucun signe d’étourdissement, mais ce n’était qu’apparence. Je sentais mon regard vacillé et ma tête me tourner. J’ignorais comment se portait Flynn, mais il semblait tout aussi solide que moi, ce qui me rendait perplexe. Un autre mystère dévoilé : le pirate supportait  bien l’alcool. J’avais eu tort de le sous-estimer. Ce fut à mon tour, ma main tremblait légèrement, mais je réussis à porter mon verre à mes lèvres.Lentement, mais sûrement, je bus d'une traite et je déposais  mon verre sur la table. «À toi.» Soufflais-je la voix rauque en plongeant mon regard dans celui de Flynn. Onzième verre. Allait-il tenir? Sa main semblait aussi  trembler, signe que le rhum faisait son effet. «Tu peux déclarer forfait si tu veux.» Le taquinais-je en caressant discrètement sa jambe de mon pied. J’osais même monter un peu plus haut, question de le déconcentrer.  À sa réaction, j’eus un sourire aguicheur, puis  je bus mon douzième verre.  Cette fois, je fermais les yeux pour essayer de contrôler mon étourdissement. M’appuyant sur la table, je réussis à déposer délicatement mon verre sur la table. Diantre, je sentais que je n’allais pas tenir, mais je ne pouvais perdre la face devant mes hommes. Merde, j’avais réussi à vaincre un orc! Je pouvais bien vaincre un scélérat de pirate! Je soupirais et comprenant que c’était encore à mon tour, je bus mon treizième verre.

-Tenez le coup, capitaine! Je vous supporte de tout mon cœur! s’exclama la voix de Benjamin. Je tournais un regard tendre vers lui en soufflant :
-Merci, fils...L’enfant me jeta un regard à la fois perplexe et surpris. Ah, qu’est-ce que je venais de dire? Mon esprit était vaporeux, je commençais à voir double. Je passais ma main dans mon visage, en marmonnant : « je veux dire gamin…gamin»
-Je crois bien que le rhum vous monte à la tête, capitaine! Se moqua Gawaël en donnant un coup de coude affectueux à Flynn. Ce geste provoqua un déséquilibre de la part du pirate qui échappa malencontreusement son verre par terre.  Il y eut un fracas de vitre, puis un silence.
-Oups…désolé, l’ami... Balbutia le Tiefflin.
-Tu veux dire : désoler, Bosco. Rectifiais-je  d’un sourire victorieux. Disant cela, je tournais mon regard vers Gawaël, qui me fit un clin d’œil. Ce fut suffisant pour que je me lève d’un bond et que je parte à la course vers le grand mât. Jetant un coup d’œil derrière mon épaule, je vis que Flynn me rattrapait. Il semblait déterminé à me dépasser. Le cœur battant, je commençais à grimper, mais le rhum ne rendait pas la chose facile. Je me sentais si étourdi que j’avais l’impression de planer dans les aires. Prenant une profonde respiration, je fermais les yeux pour contrôler mon étourdissement. À présent, j’étais rendue à la moitié, je devais continuer. C’est alors que je sentis un corps svelte et musclé me frôler et me dépasser.
- Tu ne t’en sortiras pas comme ça!  M’écriais-je en l’agrippant à la cheville. Avec souplesse, je montais sur lui puis je le dépassais à mon tour avec agilité.  Indifférente aux cris d’encouragement provenant de mes hommes, je continuais l’ascension, qui ressemblait plus à une lutte qu’à une course. À l’instant où nous atteignions en même temps le sommet, mon pied manqua un marchepied et mon cordage céda. D’un cri, je chutais dans le vide. Agitant mes membres, j’essayais de me cramponner à quelque chose, n'importe quoi, mais tout m’échappait…. Bon sang de rhum de merde!


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 5 Sep 2016 - 9:33


Je n’étais pas certain qu’avoir la permission de me soûler était une bonne nouvelle, mais au moins j’étais certain de ne pas finir par-dessus bord pour avoir tenté de tenir tête à ma Capitaine sur le terrain de l’alcool. C’était peut-être peine perdue, j’en étais conscient, mais au moins cela aurait le mérite de la désarçonner un peu pour l’ascension du grand mât, même s’il serait probablement aussi plus difficile pour moi d’y arriver avec trop de rhum au fond de l’estomac. Bien entendu, mon choix de défier la Capitaine elle-même laissa le reste de l’équipage un peu songeur, mais, au fond, ils n’attendaient que ça, j’en étais convaincu. La remarque de Sirèna me fit sourire, même si l’idée de me mordre les couilles ne m’enchantait pas le moins du monde. Cependant, je n’avais aucune intention de le faire. « Ne pensez pas que vous aurez la victoire facile, Capitaine. » J’aurais probablement pu faire un bon mot, m’amuser un peu à ses dépens, mais c’était inutile et, surtout, contrairement à elle, je n’avais aucune intention de fanfaronner, pas sans avoir une meilleure idée de mes chances. Alors qu’on installait une table pour l’affrontement, je m’asseyais face à Cassiopée, mon regard plongé dans le sien. En toute honnêteté, il y avait bien plus en jeu qu’un simple jeu à boire. C’était aussi l’occasion de la mettre un peu plus à nu. L’alcool avait généralement ce pouvoir avec les gens. Il restait à voir combien de verres seraient nécessaires, et, surtout, si j’arriverais à tenir le coup jusque-là. Certes, je n’étais pas un mauvais buveur, mais j’évitais généralement de boire, ne serait-ce que pour garder la main et le pied sûrs. Pour être honnête, j’aurais aussi pu sauter sur la table et l’attirer contre moi pour lui voler un baiser, mais, devant tout l’équipage, ce n’aurait pas été très… convenable.

Gawaël expliqua alors les règles, qui consistaient principalement à boire le contenu d’un verre et reposer ce dernier, vide, sur la table sans le renverser ou le casser. Soit. Comme tout duel, il y avait également un prix à la clef, pour le gagnant. A la proposition de Sirèna, je ne pus m’empêcher de la regarder, surprise. Son Second ? Elle jouait finement, la Bougresse ! Elle se doutait probablement que je n’aurais jamais accepté en temps normal et profitait de l’enjeu pour me l’imposer, en quelque sorte. Soit. Si elle désirait le jouer de cette façon. Alors que le Tiefflin me proposait de choisir n’importe quoi, j’eus un petit sourire amusé. « Une nuit entière avec la Capitaine, pour connaître toute son histoire, sans aucun secret. » J’aurais pu me contenter d’une nuit, pour autre chose, mais, avant ça, je voulais surtout apprendre à la connaître. Nora m’avait parlé d’elle, les autres matelots aussi. J’avais pu apprendre quelques bribes de son passé, comme elle m’en avait évoqué quelques parties également. Mais, je voulais en savoir plus. Un léger sourire sur les lèvres, j’avais pu voir que ma requête ne l’avait pas laissée indifférente. Tant mieux. Au moins elle ne se défilerait pas. Gawaël commença le service et les premiers verres passèrent bien vite. Lever son verre, boire, reposer son verre. Regarder l’autre faire et recommencer. Ne pas la quitter des yeux, la toiser, la défier du regard, essayer de la déstabiliser, si tant est que cela était possible. Après tout, elle essayait bien de faire de même, non ? Je n’aurais su dire à quel verre nous étions. A vrai dire, je ne portais d’attention qu’à mon verre à vider. Le rhum n’était pas mauvais, mais il commençait à peser sur mon estomac et, surtout, son effet commençait à se faire sentir petit à petit.

Etonnamment, Cassiopée semblait montrer quelques signes de faiblesse. Et alors qu’elle me toisait, je sentis son pied glisser contre ma jambe, sous la table. Je m’arrêtais dans mon geste, l’observant avec une légère surprise. Vile mesquine ! Essayait-elle de me déconcentrer ? Je finis néanmoins mon verre, la défiant du regard d’essayer de continuer sur cette voie, puisqu’elle n’aurait aucun effet, ou presque. Peut-être pas celui qu’elle recherchait en tout cas. Les verres suivants furent plus longs à passer, mais ils passèrent également, me laissant une impression légère de pouvoir, peut-être, venir à bout de notre Capitaine, qui semblait réellement avoir un peu de mal sur cette fin de parcours. Ceci étant dit, je n’en menais pas large non plus, il fallait être honnête. Mais alors que j’allais reposer mon énième verre, Gawaël me donna une tape dans le coude, suffisante pour me faire lâcher le verre qui vint s’écraser sur le pont. Incrédule, je contemplais le fait accompli tandis que le Tiefflin tentait de s’excuser et Sirèna en profitait pour savourer sa victoire. je n’eus cependant pas le temps de dire quoique ce soit que la jeune femme s’élançait vers le grand mât. Bien résolu à ne pas laisser cette épreuve me glisser entre les doigts, je me lançais à sa poursuite, essayant de faire fi des effets de l’alcool. Grappillant quelques mètres à la course, je rattrapais finalement Cassiopée dans l’ascension du mât avant de la dépasser. Cependant, loin de s’avouer vaincue, elle s’agrippa à ma cheville avant de me grimper littéralement dessus pour prendre l’avantage. « Je ne pensais pas que tu étais aussi pressée de me monter dessus ! » Reprenant mon ascension une fois qu’elle eut arrêté de prendre appui sur moi, je m’évertuais à la rattraper alors que nous arrivions au sommet. J’allais d’ailleurs mettre la main sur celui-ci lorsque je vis la chevelure rousse basculer dans le vide. Un risque assez grand d’ordinaire, probablement renforcé par l’alcool. Sans réfléchir, passant une jambe dans le cordage, je me laissais tomber à mon tour en arrière, attrapant son bras au passage. Mon pied, pris dans le cordage, tint bon – heureusement – et, tandis que nous pendions dans le vide tous les deux, je croisais son regard avec malice. « Il faut arriver en haut, avant de sauter en bas, Capitaine. Que je ne vous reprenne pas à essayer de tricher ! » Attrapant le cordage avec mon bras libre, je rapprochais Sirèna du mât et d’une prise à laquelle elle pourrait s’agripper pour reprendre ses esprits. Assuré qu’elle avait ne risquait plus rien, je me redressais doucement, puis, après avoir libéré mon pied, j’achevais l’ascension du grand mât avant de me plonger directement, non sans une petite pirouette, pour le spectacle.
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mar 6 Sep 2016 - 21:47

hrp:
 

Alors que je tombais dans le vide, je sentis un bras me rattraper. Soupirant, je levais mes yeux vers Flynn, qui avait pris le risque de se laisser tomber par en arrière pour me sauver. À son regard malicieux, je devinais qu’il allait me rendre mes piques de tout à l’heure. 

- Il faut arriver en haut, avant de sauter en bas, Capitaine. Que je ne vous reprenne pas à essayer de tricher ! 
- Moi, tricher? Peuh, je suis trop sainte pour ça! Répliquais-je d’un sourire ironique. Jetant un coup d’œil en bas, je retrouvais mon sérieux en suggérant : «Si tu ne tiens pas à expérimenter l’adrénaline provoquée par une chute involontaire dans le vide, je te conseille de nous remonter expresso!»  L’éladrin m’obéit sans rechigner. Promptement, il m’aida à m’approcher du mât où j’attrapais à un cordage. Cette fois, celui-ci était solide, mais je pris note que dès demain chacun de ses cordages allaient devoir être vérifié. Je ne pouvais me permettre de perdre un de mes hommes, ou moi-même, dû à un cordage usé. Sur cette pensée, je rivais mon regard vers Flynn qui était désormais debout au sommet du mât. Ma fierté en prit un coup, mais je réussis à encaisser cette défaite avec le sourire.  Enfin quelqu’un qui avait réussi à me vaincre, sans oublier qu’il venait de me sauver la vie. Il méritait amplement sa victoire, ainsi que les applaudissements assourdissants de mes hommes! En guise de spectacle, Flynn fit une pirouette et plongea dans la mer. Rendu au sommet du mât, je l’observais en souriant, tandis que Benjamin s’écria moqueur à mon adresse :

-Bosco vous a battu à plat de couture, Capitaine! Qui se mord les doigts, maintenant?
-Certainement pas les couilles! Renchéris Gawaël qui déclencha un rire euphorique. N’étant pas mauvaise perdante, je pris ses taquineries avec humour. Riant, je m’exclamais :
- Voilà un marin qui va rentrer dans la légende! Disant cela, je profitais de l’attention tournée vers Flynn pour descendre du mât. Une fois au sol,  je donnais des directives à certains de mes marins. Promptement, ceux-ci  allèrent allumer des flambeaux et Benjamin alla chercher un coffret dans ma cabine. Une brume commençait à naître à la surface de l’eau, l’atmosphère se fit soudain mystérieuse et insolite. Flynn revint à bord, ses camarades le félicitèrent de sa victoire.   Quant à moi, je pris une position officielle en ordonnant :

-Sutki!  Aussitôt, mon équipage se plaça en rang. Le calme se fit, ainsi qu’un profond silence. «Approche.» Commandais-je à Flynn. L’éladrin s’avança et se plaça devant moi. Je résistais à la tentation d’admirer son corps argenté dont les muscles luisaient sous la lumière de l’astre. Sa peau nue et humide semblait infiniment  douce, mais je me retins de la caresser. Devant mes hommes, ça aurait été très déplacé. Je me contentais donc de soutenir son regard gris, qui  me rappelait sans cesse une tempête déchaînée par la passion et le mystère. Avec prestance, je m’exclamais gravement:

- Peu d’hommes ont obtenu le privilège de devenir Élite. Ceux que tu vois autour de toi ont prouvé qu’ils en étaient dignes, par leur loyauté, leur courage, leur honnêteté et leur obéissance. Ils sont plus que de simples marins. Ils sont des guerriers combattants au nom de la liberté. Ils sont prêts à donner leur vie pour leur capitaine et pour leur équipage. J’attends de toi la même chose. Je fis un silence, puis je m’approchais un peu plus de lui. D’un œil perçant, je continuais : Ces hommes sont désormais tes frères. Ils seront toujours là pour toi, et toi pour eux. Nous sommes une famille unie par le combat et le danger. Ton passé ne sera jamais oublié ni les gens que tu as aimés, mais maintenant, tu n’es plus un hors-la-loi ni un pirate. Maintenant, à genoux.» Cela pouvait paraître chevaleresque, mais ce rituel testait l’obéissance. Trop de fois, j’avais subi des hommes arrogants et irrespectueux, et ce, juste à cause que j’étais une femme. Je savais que Flynn me respectait, mais jusqu’où serait-il prêt à m’obéir? C’était un acte symbolique, mais d’une grande importance.  Devant mon ordre, il n’eut d’autre choix que de s’agenouiller. Plongeant mon regard dans le sien, je dis dignement : «  Soit brave et loyal devant le danger.  Si tu nous mens, tu seras renié. Si tu nous trahis, tu seras pendu. Reste droit, tu seras respecté.» Sans crier garde, je le giflais à toute volé. «Ça c'est pour ne pas l'oublier.» Soufflais-je farouchement. Il y eut à nouveau un silence puis je me tournais vers Benjamin qui m’apporta le coffret.   Je le pris dans mes mains, et avant de l’ouvrir, j’expliquais énigmatique : «j’ai offert à chacun de mes guerriers une arme. Elle est un symbole unique à chacun. Pour certain, cela représente une vie nouvelle. Pour d’autres, c’est la promesse d’une victoire.»

J'ouvris le coffret où j’avais déposé un magnifique couteau de lancer, ainsi qu’une lettre de marque. Voyant son air interrogatif, j’expliquais «Tu es désormais un corsaire. Cette lettre va te permettre de guerroyer pour qui tu veux, et ce, en toute liberté. Fais-en bon usage» Sans hésiter, je lui remis mon présent, puis je lui fis signe de se lever. D’un sourire, j’affirmais : « Félicitation, Élite. Tu es maintenant des nôtres.» Mon dire déclencha un applaudissement joyeux de la part de mon équipage. D’un rire, je m’exclamais : «Que cette soirée ne soit que fête et chants, messieurs…sauf pour Samy. Désolé, tu vas devoir faire le quart de nuit, mais pour le reste, amusez-vous bien.» Mes hommes me remercièrent d’un sourire puis ils se réunirent autour du feu pour continuer à converser et à chanter. Plusieurs insistèrent pour que Flynn vienne les rejoindre. Croisant son regard, je souris doucement en approuvant: « Va, moi, je vais aller dormir. Notre duel d’alcool m’a épuisé» Je ris légèrement et avant de m’éclipser, je chuchotais : «Toi qui veux tant savoir mes secrets, je vais t’en confier un : le rhum est mon talon d’Achille. Si ça n’avait pas été de la maladresse de Gawaël, tu aurais gagné une nuit  entière avec moi...à écouter mon histoire et qui sait, peut-être un peu plus?»  Je lui fis un clin d’œil, puis je tournais les talons et je m'éclipsais pour rejoindre ma cabine. Samy me suivit du regard et d'un petit sourire, il s'approcha de Flynn en plaisantant: « Farouche ton serment, hein?» D'un rictus, le marin confia: « L'ensemble de l'équipage à eu le droit à sa gifle.  À ce que j'ai compris, plus qu'elle frappe fort et plus qu'elle tient à toi. À ce jour, t'es le seul à qui elle a laissé une marque sur la joue. Je t'envie...» Samy soupira, puis levant les yeux vers l'artimon, il marmonna: «Je n'ai pas autant de chance. Profite-bien de la fête pour moi, d'accord?» Il fit un clin d’œil à l'éladrin, puis il s'éclipsa à son tour pour faire son quart. La nuit serait longue, mais au moins, il allait être en forme demain matin. La capitaine allait sûrement leur réservé un pénible entraînement. Il plaignait leur nouveau bosco. À coup sûr, il allait vomir ses tripes à cause du rhum!

***
Entre temps, plusieurs de mes hommes m'avaient intercepté pour plaisanter. Je ne pus faire autrement que de plaisanter à mon tour, puis d'une tape sur l'épaule, je leur souhaitais bonne nuit. Au moment où j'allais monter, j'entendis une petite voix raconter notre épique bataille contre le dragon. Je me tournais vers Benjamin qui avait monopolisé l'attention du cuisinier. Il semblait s'entendre très bien avec celui-ci, sûrement à cause qu'il lui rappelait les moines d'Hokusai. Malgré sa fatigue, l'oriental l'écoutait avec patience. Je souris, puis je reportais mon regard vers mon fils. Malgré sa joie de vivre,il semblait très fatigué et sa voix était éreintée dû à sa blessure. Je soupirais de tristesse, me disant qu'en tant que capitaine, j'aurais pu le laisser s'amuser, mais pas en tant que mère. Il n'était plus un simple moussaillon, mais bien mon enfant et je devais rattraper le temps perdu. J'étais responsable de lui et je ne voulais pas le négliger. Résolue à devenir une bonne mère, je m'approchais du mousse et m'accroupissant derrière lui, je l'interrompis: « Et le dragon des glaces vaincu l'assaillant. Malgré la Vallée dévastée, nous nous en sortîmes victorieux. Fin» Benjamin tourna un regard indigné vers moi, qui me fit sourire plus qu'autre chose, et il s'exclama: «Capitaine! C'est de la triche! Ça se fait pas de devancé le conteur, surtout quand il s'agit de la fin de l'histoire.» Prenant un air désolé, je répliquais: « tu as raison, ça ne se fait pas, sauf quand il est temps d'aller dormir.» L'enfant fit une moue déçu, mais cette fois, il ne réussit pas à m'amadouer. L'étreignant, je confiais à son oreille: « Je tiens juste à ce que tu guérisse vite. Après tout, demain sera une dure journée, surtout avec un entrainement rigoureux».Mon information eut l'effet voulu. Son regard vert s'illumina et il chuchota comme s'il s'agissait d'un secret monumental: « un entrainement!? On va faire le Kata du tigre, capitaine?» Je ris  et haussant les épaules, je répondis malicieusement: «Ça va dépendre de toi. Vas-tu être un moussaillon sage et raisonnable?» Bout en train, Benjamin me répondit angéliquement qu'il serait exemplaire. « Bien, alors je comptes sur toi pour aller dormir maintenant.»

L'enfant acquiesça puis il se leva. Je me levais à mon tour, et saluant le cuistot, qui me lança un regard soulagé, j'accompagnais mon fils jusqu'à l'infirmerie. Il se coucha dans le lit, je le couvris d'un drap, puis d'un baiser sur le front,  je lui souhaitais de faire des beaux rêves. C'est alors qu'au moment où je m'apprêtais à partir, sa petite main m'agrippa et il demanda: « Capitaine, pourquoi m'avez-vous appeler fils tout à l'heure? Est-ce à cause que vous me considérez comme tel?» À cette question, je sentis mon cœur se serré fortement. J'avais oublié cette bavure. Merde! Quoi répondre? Je ne me sentais pas prête à lui dire la vérité et surtout, il n'était pas en état de l'entendre. Je m'apprêtais à répondre, mais l'enfant m'interrompit d'un sourire amoureux: « en tout cas, moi je vous considère comme la femme de mes rêves! Vous savez que ma demande en mariage tient toujours?» Baissant la tête, je soupirais. Il me donnait réellement du fil à retorde. Essayant de peser mes mots, je répondis doucement: «Benjamin, tu es un petit garçon très courageux et très gentil. Je t'aime de tout mon cœur, mais...je ne peux pas t'épouser. Je suis désolée.» À mon dire, ses yeux se firent profondément triste, j'en eus le cœur brisé. Il délaissa ma main et baissant la tête, il marmonna: «c'est parce que je suis trop jeune, c'est ça? Pourtant, on a juste onze ans de différence.» Il soupira à son tour, puis retrouvant une soudaine inspiration, il s'exclama déterminé: «Vous allez voir, capitaine! Quand je serais un homme, je ferais tout pour vous conquérir. Je serais digne de vous!» Bon sang, comment le convaincre de passer à autre chose?  Je compris que seule la vérité  le ferait lâcher prise. J'aurais voulu attendre, mais il ne me laissait pas le choix. M'assoyant sur le bord du lit, je baissais les yeux et après un long silence, je racontais enfin: «Quand j'avais quinze ans, il m'est arrivé un grand malheur. J'ai tout perdu et la seule chose que la vie m'a laissé ce fut... un bébé. Au début, je n'ai pas voulu de lui, mais il s'est solidement accroché. Alors, en secret, je suis allée vivre à Hokusaï où je l'ai mis au monde» Les souvenirs refirent surface. Mon cœur se broya,les larmes coulèrent sur mes joues.  Un sanglot dans la voix, je continuais: Je me sentais trop jeune pour m'en occuper. Trop haineuse aussi. Alors je l'ai abandonné à des moines, pensant qu'ils allaient l'aimer plus que moi. Je l'ai regretté tout ma vie.» Pâle, je rivais lentement mon regard vers lui.  Prenant sa main, j'avouais d'une voix chevrotante: « Je t'ai abandonné, je suis si désolée. » Il eut un lourd silence. Benjamin me fixa d'un regard incertain et confus. Alors, il comprit. Fort pâle, il demanda faiblement: «vous...vous êtes ma mère?» Acquiesçant, je répondis doucement: «Oui, je le suis.»


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Jeu 8 Sep 2016 - 5:25

Certains auraient trouvé ça idiot, complètement fou, ou bien simplement suicidaire, mais il aurait été difficile de ne rien faire en regardant Cassiopée chuter du haut du mât, sans personne d’autre pour la rattraper. Après tout, si je faisais partie de ses Elites, je devais bien m’occuper de lui sauver la vie de temps à autre, n’est-ce pas ? Ce n’était pas la première fois, finalement, et quelque chose me disait que ce ne serait pas la dernière ! Abandonnant Sirèna à son sort, une fois qu’elle était en sécurité, je pris un plaisir relativement important à plonger depuis le grand mât. C’était la première fois que je le faisais vraiment et cette sensation, bien que nouvelle, était particulièrement grisante. Peut-être me relaisserais-je tenter une autre fois, lors de notre prochaine escale ? L’entrée dans l’eau fut rapide et je ne fus pas loin de toucher le fond de la mer – peu profonde à cet endroit – avant de remonter tranquillement vers la surface. Depuis l’eau, je pouvais voir luire quelques torches sur le pont, qui ne m’avait pas semblé être allumée auparavant. Sans tarder, je nageais vers le navire, remontant à bord par le même chemin que précédemment. Une nouvelle fois, j’attrapais un seau d’eau pour rincer le sel de ma peau, avant d’être harcelé par les félicitations de mes nouveaux camarades. Nous n’eûmes toutefois pas beaucoup le temps de célébrer, la Capitaine ordonnant le silence et l’attention de tous. Encore dégoulinants d’eau, je pris la position, comme tout le monde, conscient que ce n’était de toute façon pas une bonne excuse pour ne pas le faire. Elle m’ordonna finalement de m’avancer, ce que je fis. Je me rendis compte que j’étais toujours torse et pieds nus, et, dans une autre situation, cela aurait probablement fait jaser. Je réprimais un sourire mutin et me concentrais sur Sirèna.

Vint alors l’heure du serment, un moment grisant et particulièrement agréable. Cela faisait déjà plusieurs mois que je naviguais avec eux – même sans compter leur petite escapade sans moi jusqu’à la Vallée d’Ildir – et j’en connaissais beaucoup d’entre eux, mais se voir être officiellement considéré comme l’un des leurs me procurait un étrange sentiment de satisfaction, que je n’aurais pas cru possible. Quand elle m’ordonna finalement de me mettre à genoux, je ne pris même pas le temps de réfléchir, et je pliais genoux à terre, sans l’ombre d’une hésitation. Mon regard levé vers elle, je ne vis pas venir la gifle à laquelle j’eus droit et, pour être honnête, elle ne fut pas des plus douces. La joue encore en feu, j’observais le coffret ouvert devant moi. A l’intérieur, un couteau de lancer, magnifique, probablement l’un des plus beau qu’il m’avait été donné de voir. Peut-être un peu trop pour être lancé, non ? Je m’en saisis avec cérémonie. « Merci, Capitaine. » Je remarquais alors, derrière le couteau, une lettre, cachetée. Surpris, je levais mon regard vers Sirèna. Elle m’expliqua alors qu’il s’agissait d’une lettre de marque, Corsaire, hein ? Elle avait beau y faire, il y avait de fortes chances pour que je reste un pirate, malgré tout. Même si, bien entendu, c’était plus une question d’esprit, que de métier. Je pris également la lettre, conscient, en toute honnêteté, que la seule personne pour qui j’avais envie de guerroyer se trouvait devant moi et que, malgré tout ce qu’elle pouvait penser, je ne me voyais vraiment pas en capitaine d’un navire. Certaines personnes étaient faites pour commander, d’autres non. Je ne pensais pas faire partie de cette catégorie, ou, plutôt, je n’étais pas convaincu d’en avoir réellement envie. Et puis, c’était tout aussi bien comme ça.

Ce fut ensuite l’heure de l’allégresse, enfin, pas pour tout le monde, le pauvre Samy étant chargé du quart de nuit. Alors qu’on me poussait à aller boire quelques verres supplémentaires – qui seraient probablement de trop – Sirèna me confia un petit secret qui me fit sourire. [color=steelblue] « Bonne nuit, Capitaine. »{/color] Oui, j’aurais préféré la forcer à la passer en ma compagnie, mais j’avais perdu mon pari. En parlant de pari… Je n’eus malheureusement pas le temps de mettre en application mes pensées, Samy m’interrompant avant de prendre son quart. Sa remarque me laissa un léger sourire sur les lèvres tandis que je sentais encore la brûlure sur ma joue. Elle n’avait pas manqué de force, assurément. « Ne t’en fais pas, Samy. » Je lui donnais une tape sur l’épaule avant de rejoindre mes nouveaux camarades. Prenant le verre que l’on me tendit, je le bus avec parcimonie, profitant de l’ambiance festive. « Au fait, Gawaël ! Puisque je te dois ma toute nouvelle promotion, je vais fêter ça en te chargeant de corvée de latrines pendant toute la semaine à venir ! Ça me semble juste, n’est-ce pas ? » J’esquissais un large sourire et levais mon verre à son intention avant de le finir. J’en versais un autre avant de finalement prendre congé. Mieux valait ne pas trop tirer sur la corde. Dans le silence de la nuit, je rejoignis Samy, lui tendant mon verre de rhum. « Je ne dirais rien, mais garde l’œil ouvert, veux-tu ? » J’eus un sourire et m’installais à ses côtés. « Ca te dit un peu de compagnie pour le quart de nuit ? Je ne me sens pas trop d’aller dormir pour le moment. La journée a été riche en… émotions. »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Sam 10 Sep 2016 - 16:20


- Au fait, Gawaël ! Puisque je te dois ma toute nouvelle promotion, je vais fêter ça en te chargeant de corvée de latrines pendant toute la semaine à venir ! Ça me semble juste, n’est-ce pas ?  Dit Flynn en levant son verre en direction du tiefflin qui prit un air piteux.
-  Eh, merde…grogna Gawaël en calant son rhum. Fior eut un fou rire et entourant les épaules de son parent, il répliqua narquois :
- Je ne te le fais pas dire!
-  Va enculer une huître! maugréa son cousin en le repoussant.
- Comment veux-tu que je réalise un tel exploit?  demanda Fior d’un air faussement perplexe.  Les marins autour du feu se mirent à proposer des suggestions des plus grivoises. Ils réussirent à faire dérider Gawaël qui éclata de rire. Haussant les épaules, il proposa joyeusement: « Je crois que la meilleure façon de savoir, c’est d’aller en pêcher une. Ça te dit, cousin?» Enchanté par cette idée, Fior acquiesça et d’un commun d’accord, ils coururent et ils plongèrent dans l’eau. Les paris se mirent à pleuvoir, ainsi que les rires et les grivoiseries.  Du haut de son mât, Samy soupira. Il aurait aimé être parmi eux, mais il ne pouvait désobéir aux ordres. Il se contenta donc d’observer en bas et de rire de ses deux compagnons qui n’arrivaient pas à atteindre le fond. Sacrés tiefflins! C’est alors qu’il entendit quelqu’un grimper. Le marin riva son attention vers une silhouette familière. C’était Flynn qui lui apportait un verre de rhum. Il le remercia d’un sourire et à sa demande de garder l’œil ouvert, Samy rassura avec sérieux :
 
-  Ne t’en fais pas.  Je suis conscient de l’importance du quart. Je suis en mer depuis près de cinq ans, et je ne me suis jamais endormi à ce poste. Trop de vies sont en jeu.  Disant cela, il sirota son verre, tandis que l’éladrin s’installa à ses côtés. À son aveu, le marin eut un sourire compréhensif. « J’avoue que ç’a été toute une journée pour toi! L’affrontement contre le Gantelet, notre fuite en mer, ton initiation héroïque et victorieuse et ta nouvelle promotion que tu rêvais tant d’avoir.» Samy eut un sourire ironique puis il rit un peu en confiant : « Je peux te dire qu’avec nous, tu ne vas jamais t’ennuyer. Il est loin le temps où j’étais tavernier et que je m’emmerdais comme un poireau à vendre de la bière. Sincèrement, je n’ai jamais regretté d’avoir suivi notre capitaine. Je me rappelle de la première fois que je l’ai vu. Dieu qu’elle était belle! Elle l’est toujours d’ailleurs. » D’un air amoureux, il soupira et rivant son attention vers Flynn, il raconta : « Quand elle entrée dans ma taverne, j'ai voulu l'impressionner en déclenchant une bataille contre des imbéciles. Elle m’a prêté main-forte et finalement, c'est moi qui a été impressionner. Je n’ai jamais vu une personne se battre comme elle.» Il but une autre gorgée de rhum, et riant un peu, il continua admiratif : «  Quand ç'a pris fin, elle est venue me proposer de faire partie de son nouvel équipage. Au début, j’ai refusé, car même si je détestais ma vie, j’avais peur de l’inconnu et de l’aventure, mais à l’aube, je suis venue la rejoindre sur le quai, avec d’autres compagnons. C’est là qu’on est devenu des élites. Maintenant, je veux qu’une chose, c'est de rester sur ce navire, et ce, jusqu’à ma mort. Comment vouloir une autre vie que celle-ci? Surtout avec une telle capitaine et un tel équipage? Je ne pourrais m’en séparer.»  Terminant son verre, Samy le déposa par terre, puis il observa en silence l’horizon. Rien en vue, seulement le calme et les étoiles scintillantes à la surface de la mer. C’est alors qu’un cri de victoire attira son attention. C’était Fior qui avait réussi à capturer une huître. Samy s’apprêta à le féliciter quand il aperçut un aileron sortir discrètement de l’eau. Alerte, il se leva d’un bond en s’exclamant :
-  Requin! Sortez de l’eau!


La face longue, Benjamin me dévisagea en silence. Il était sur le choc, ce que je comprenais parfaitement. Patiente, j’attendis qu’il me dise quelque chose, ou du moins, qu’il ait une quelconque réaction. L’enfant était partagé entre l’ahurissement, la tristesse,  la colère et la déception. Était-ce possible que la seule femme qu’il aimait était sa mère? Impossible, elle était trop jeune pour l’être! Pourtant, si elle l’avait bien eu à quinze ans…non, c’était un mensonge. Elle n’était pas sa mère! Elle disait juste ça pour lui briser le cœur. Se secouant sa tête, il refusa d’admettre la vérité. L’œil brillant de colère, il s’exclama boqué :

- Je ne suis pas votre fils! Il y avait d’autres orphelins au temple. Votre fils était sûrement l’un d’entre eux, mais pas moi. Vous dites  ça juste pour ne pas m’épouser!  À sa réaction, je soupirais profondément. Comment le convaincre? Mon regard turquoise se posa sur sa tâche de naissance. Je vins la caresser du bout des doigts et tendrement, j’expliquais :
- Tu l’avais à ta naissance. Dès que je l’ai vu, j’ai su que je te reconnaitrais si jamais je te revoyais. Ce fut le cas. Je souris doucement en confiant : ton grand-père avait la même. Tu lui ressembles beaucoup, tu sais? Tu es aussi courageux et intelligent que lui. Devant cette explication véridique, Benjamin prit un air déconfit.  Il aurait dû être fier d’être le petit fils de Valrick le rouge, mais il se sentait trop bouleversé pour ressentir quoi que ce soit de positif. Soudain, des souvenirs malheureux lui revinrent en mémoire. Les moines qui le battaient quand il faisait des erreurs, les nuits seules à pleurer et à espérer que sa mère vienne le chercher. Les larmes aux yeux, il repoussa ma main avec  une violence que je ne lui connaissais pas. Hors de lui, il s’écria :
 
-  Pourquoi m’as-tu  abandonné?! Je n’étais qu’un bébé! Tu crois que ses moines m’ont aimé plus que tu l’aurais fait? Tu parles! Ils m’ont traité comme leur esclave et ils me battaient selon leur humeur. Les autres enfants ne cessaient de me lancer des pierres, car je n’étais pas de leur race. Chaque nuit, j’ai prié les Dieux pour que tu me reviennes! J’ai rêvé de ta tendresse, de ton amour, mais tu n’es jamais venu. Pourquoi?!
Mon cœur était déchiré devant sa souffrance. Je ne pouvais lui expliquer la véritable raison de son abandon. Comment lui dire que j’avais été violé par six hommes et qu’il avait été engendré à cause de ça? Baissant la tête, je refoulais un sanglot et je répondis faiblement :

-  Je suis si désolée…
-  Je m'en fiche que tu sois désolée! répliqua durement Benjamin. Je veux une réponse. Pourquoi m’as-tu abandonné?
-  Je te l’ai dit. Je me sentais trop jeune pour m’occuper d’un enfant.
- L’âge n’est pas une excuse! Tu as dit que tu n’as pas voulu de moi. Qu’est-ce que je t’ai fait pour être si peu aimé?
- Oh, Dylan…soufflais-je en baissant les yeux. À ce prénom, il me dévisagea avec surprise, puis aigrit, il dit méchamment:
- C’est comme ça que tu m’aurais appelé si tu avais été une bonne mère? Son mépris me donna l’effet d’un coup poing dans le ventre. J’eus soudain envie de lui faire mal aussi, mais je me retins. Il était bouleversé et il avait bien assez souffert à cause de moi. Lentement, je me levais en avouant tristement :
- Oui, tu as raison, j’ai été une mauvaise mère. Je t’ai abandonné et je le regrette de tout mon cœur. Je ne peux revenir en arrière, mais si tu me laisses la chance, je peux réparer mes erreurs. Crois-moi, peu importe ce que j’ai vécu, je t’aime et désormais, je serais toujours là pour toi.
- Ça fait longtemps que je n’ai plus besoin de toi. Va-t’en! tonna Benjamin. Disant cela, il se tourna brusquement sur le côté du lit, dos à moi.  Je me sentis anéanti par sa réaction. Je me dis alors que je méritais toute sa haine et sa rancune. Pendant un instant, je le fixais le regard vide et triste. J’avais réussi en tant que capitaine, mais pas en tant que mère. Benjamin ignorait tout ce que j’avais vécu et je ne pouvais le blâmer de m’en vouloir. Il était innocent dans cette histoire et ça, j’aurais dû le comprendre à sa naissance. Sentant les larmes revenir, je décidais de quitter la pièce  et je fermais la porte derrière moi. C’est alors que je l’entendis sangloter fortement. J’ignorais quoi faire. Devais-je rester auprès de lui ou le laisser seul? Non, il avait été seul trop longtemps. Je sentais que malgré sa colère, il avait besoin de moi. Ouvrant la porte, je rentrais et je vins me coucher près de lui. En silence, je l’étreignis  doucement contre moi. Étonnamment, il se laissa faire et il pleura à chaude de larmes. Progressivement, mon fils se calma, puis il s’excusa :
 
- Pardon. J’ai été méchant.

- Non, tu n’as pas été méchant, juste bouleversé. C’est plutôt moi qui suis désolée. J’ai tant de choses à me faire pardonner.
- Je t’aime, maman. Souffla-t-il après un instant.  
- Je t’aime aussi, mon bébé.  Dis-je d’un sourire ému. J'embrassais ses cheveux bouclés, tandis qu’il tourna son regard vert qui avait viré au turquoise. Il vint m’embrasser sur la joue, puis il demanda : «Veux-tu dormir avec moi? J’ai besoin que tu restes.» D’un doux sourire, j’acquiesçais et je l’entourais de mes bras. Sa respiration se fit de plus en plus lente et profonde.  Se sentant aimé et en sécurité, il s’endormit profondément. Pendant un long moment, je l’observais dormir puis d’un soupir heureux, je m’endormis contre lui. Trop fatiguée, je n’entendis pas le cri de Samy et des harpons fendre l’air pour tuer le requin qui avait bien failli dévorer mes deux Tiefflins. Heureusement, le poisson fut tué et mes hommes le suspendirent dans les airs. Ce fut une nouvelle victoire pour les Élites qui la fêtèrent durant le reste de la nuit.


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 12 Sep 2016 - 9:02


Si les Tiefflins avaient envie de tester l’idée d’enculer une huître, grand bien leur fasse. En toute honnêteté, je ne préférais même pas imaginer ce que cela pouvait donner. Puis il était temps que j’aille voir un peu ailleurs, là où il serait possible de ne pas boire davantage de rhum. Le défi avec Siréna avait largement eu son quota de boisson et si je voulais être en mesure de pouvoir me lever le lendemain, sans une trop grande gueule de bois, ce qui allait déjà être largement compromis. Cependant, je n’avais pas encore envie d’aller dormir, peut-être parce que je repensais encore à la perspective de pouvoir passer la nuit avec Cassiopée, perspective qui m’avait passé sous le nez pour pas grand-chose. Je soupirais doucement. Bah ! Ce n’était pas si grave, n’est-ce pas ? Sachant qu’un peu de compagnie ne me ferait pas de mal, j’avais décidé de rejoindre le seul Elite qui passerait la nuit tout seul, sans pouvoir profiter de la fête. Samy était un compagnon agréable. Nous nous connaissions un peu, nous étions côtoyés de ça, de là, et, surtout, je savais que je pouvais lui faire confiance, presque aveuglément. Après tout, c’était lui qui avait porté ma lettre pour Siréna, même si j’étais convaincu que c’était d’abord son allégeance pour elle, qui avait dicté ses actes. Mais, finalement, nous étions tous là pour cela, n’est-ce pas ? Peut-être aussi pour un petit peu plus, pour certains autres… La compagnie du matelot n’était pas désagréable, au contraire, et, au sommet du mât, c’était probablement le meilleur endroit possible pour finir une journée comme celle-ci. Il s’était passé beaucoup trop de choses à mon goût, mais on ne revient pas en arrière… Demain promettait d’être une journée… différente. Je ne me faisais pas encore à l’idée d’être Second, mais il allait bien falloir. Elle avait joué finement, la petite roublarde. Une vraie pirate, au fond.

J’eus un petit sourire amusé pour moi-même avant que Samy ne se laisse aller à parler de son passé, avant qu’il ne rejoigne La Sirène. La plupart des membres d’équipage venaient probablement d’horizons bien différents et il n’était pas étonnant d’apprendre que certains d’entre eux n’avaient rien de marins au préalable. L’essentiel était de ne pas manquer l’appel du large quand celui-ci se présentait, sous peine de s’en mordre les doigts jusqu’à la fin. « Crois-moi, mon ami, je comprends parfaitement ce que tu ressens. Peu sont les hommes, ou les femmes, suffisamment charismatiques pour susciter une telle dévotion. C’est un honneur de servir à bord de La Sirène. » Les Capitaines n’étaient pas une denrée rare et beaucoup de marins s’imaginaient qu’il était facile de commander et prendre en charge un équipage. Pourtant, il ne suffisait pas de posséder un navire pour être un bon leader. Je n’étais pas convaincu que Sirèna ait fait un bon choix en me nommant comme Second, mais je ne pouvais pas vraiment reculer désormais. Au pire, elle s’en rendrait compte et nommerait quelqu’un d’autre. Ce n’était pas si terrible que ça. Au fond de moi je ne voulais pas la décevoir, mais je restais très réservé sur mes propres aptitudes à diriger des hommes. Je préférais de loin pouvoir être libre de mes mouvements et n’avoir de responsabilités qu’à obéir à des ordres, et non à les donner. Enfin, il était agréable de penser qu’elle me faisait suffisamment confiance pour être son bras droit à bord. Je fus sorti de mes pensées par Samy qui craiait au requin. S’ensuivit alors un véritable branle-bas de combat jusqu’à ce que quelques harpons ne viennent à bout de la malheureuse bête qui avait pensé pouvoir festoyer sur les deux Tiefflins.

Alors que l’on remontait l’animal, je donnais une tape dans le dos de Samy. « Bien vu, matelot. » Je lui fis un sourire et lui souhaitait la bonne nuit avant de descendre du mât. Il était plus que temps que j’aille m’écrouler dans mon hamac. Passant auprès des petits fêtards surexcités, je veillais à leur faire rappeler qu’ils valaient mieux qu’ils nettoient le pont de fond en comble avant le lever du soleil sans quoi la Capitaine n’apprécierait pas spécialement de retrouver le pont de son navire couvert de sang, fut-il de requin. Sur ces paroles, je félicitais les Tiefflins pour leur pêche à l’huître et leur souhaitait bien de la chance pour l’enculer avant de me retirer. Je filai alors droit dans la cale, sautant dans mon hamac. Il ne me fallut pas énormément de temps pour m’endormir, juste assez pour penser à la matinée du lendemain, à Sirèna et son baiser, à Nora et aux jumeaux, pour me rendre compte que ma vie avait vraiment pris un tournant… imprévu, mais elle n’avait rien de désagréable, du moins, pour le moment. Quelque chose me disait que le lendemain serait une autre paire de manches et que je reviendrais peut-être sur ma position.
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 14 Sep 2016 - 17:47

hrp:
 

Je sentis la lumière de l’aube me réchauffer doucement le visage. Soupirant, mon regard s’ouvrit lentement pour croiser celui de mon fils qui me dévisageait d’un tendre sourire.
- Tu es la plus belle des mères. Chuchota-t-il  ébloui. J’eus un sourire reconnaissant et m’étirant, je demandais taquine :
-   Même quand je ronfle?
- Surtout quand tu ronfles! répliqua-t-il d’un rictus et après avoir baillé bruyamment, il affirma : « J’ai faim.» Disant cela, il s’apprêta à se lever, mais je l’agrippais par les épaules et je l’étreignis contre moi en soufflant : «non, tu restes avec moi.» Éclatant de rire, il se mit à gigoter pour se libérer, mais je resserrais ma prise et je lui infligeais un baiser fort baveux sur la joue. Dégoûté, il fit une grimace.

- Beurk, maman! Pitié, lâche-moi!
- Soit, pourvu que tu restes au lit.
-Quoi?! Non! s’exclama-t-il en se dégageant. S’il te plaît,  je veux m’entrainer avec l’équipage. Tu m’as dit qu’on allait faire le kata du tigre à condition que je sois un mousse sage et raisonnable. Je l’ai été non? À son air suppliant, j’eus toutes les difficultés du monde à dire «non». Soupirant, je m’assis sur le bord du lit  et croisant son regard, je dis fermement :
- Je veux que tu guérisses totalement avant de t’entraîner.
- Mais maman…
- C’est non. L’interrompis-je en le confrontant du regard. «Et ce n’est pas ta mère qui te le demande, mais ton capitaine.» Soupirant, il avoua morose : « ça va être maintenant difficile pour moi de faire la part des choses. Quand seras-tu mon capitaine et quand seras-tu ma mère?»  À sa question, je soupirais aussi et après un instant de réflexion, je répondis d’une voix profonde: « Je serais toujours et à jamais ta mère, mon trésor. Je ferais tout pour que tu sois heureux et protégé, quitte à y laisser ma vie, mais je suis aussi ton capitaine. Alors, en présence des hommes, je vais te traiter comme l’un d’eux. Je t’aime trop pour te ménager.
 
 Benjamin me dévisagea d’un air perplexe et confus. Il ne comprenait pas. Une mère n’était pas censée être douce et conciliante? Si elle l’aimait, ne ferait-elle pas tout pour lui faciliter la vie? Il était son fils, alors pourquoi ne serait-il pas privilégié?  L’observant, je compris son trouble. Depuis toutes ses années, il avait sûrement espéré un modèle de mère comme Nora. Malheureusement, la réalité ne pouvait me permettre de l’être. Enfin, pas trop souvent. Soutenant son regard déçu, j’expliquais: « Je sais que je ne suis pas celle que tu espérais. Je serais plus dure que douce, et plus sévère que conciliante, car notre mode de vie ne me permet pas de te négliger. » Je soupirais avant de continuer : « nous vivons sur la mer ; c’est l’un des endroits les plus dangereux qui soient. Ici, seuls les forts survivent et la pitié n’a pas sa place.  C’est pour ça que j’ai dit: je t’aime trop pour te ménager. Je veux que tu sois prêt à affronter les épreuves que la mer nous réserve. Un navire est tout sauf un foyer sécuritaire et stable.  Je tiens à ce que tu y survives le plus longtemps possible. Tu comprends?» Devant mon explication, le regard de mon fils s’adoucit et il acquiesça de la tête. « Oui, je comprends, capitaine.» L’atmosphère se détendit et nous échangeâmes un sourire complice. L’embrassant sur le front, je soufflais : «Bien. Repose-toi, maintenant. Je vais demander à Yeng de t’apporter à manger.» Je me levais pour partir, quand il me retint par la main en demandant:
- Dans nos moments seul à seul, je peux continuer de t’appeler maman?
- Bien sûr,  pourvu que tu me laisses t’appeler Dylan. Répondis-je en souriant. À ma demande, il haussa les sourcils et s’endossant sur la tête de lit, il dit joyeusement : Dylan Benjamin Valdriana. J’adore ça!» Je ris un peu et ébouriffant ses cheveux, je répliquais : «Heureuse que ça te plaise. Ça va être notre secret, d’accord?» D’un large sourire, Benjamin opina énergiquement de la tête en promettant : « Je ne le dirais à personne. Pas même à Flynn.» Je sentis mon cœur se serrer à ce prénom. Effectivement, je préférais que l’éladrin ne fût pas au courant, car malgré ma réconciliation avec mon fils, je ressentais encore de la honte de l’avoir abandonné. Soudain, j’entendis un bruit de pas qui me fit sortir de mes  pensées. C’était le médecin qui voulait s’assurer de l’état de mon petit trésor. D’un sourire, je le laissais s’occuper de lui, et à contrecœur, je me dirigeais à ma cabine.

Rapidement, je me nettoyais d’une eau de lavande et je changeais de vêtements. J'optais pour une chemise écarlate et un pantalon gris foncé. La journée s'annonçant fraîche,je décidais de me couvris aussi de  ma cape noire et blanche offert par Khaalâm, symbolisant mon allégeance pour le nouvel ordre des Chevaliers draconniques.  C'était un prestigieux et élégant présent, qui détenait un puissant pouvoir. Celui-ci provenait du sublime artefact qui l'attachait.  Grâce à cette plaque d'argent,représentant deux dragons combattant dans la vallée d'Ildir à moitié détruite, je pouvais devenir aussi invincible qu'un dragon, et ce, pendant dix minutes. Toutefois, seuls les héros de la vallée d'Ildir détenait ce pouvoir, car ils connaissaient  le mot de commande qui déclenchait cette armure magique et corporelle. Étonnamment, j'étais fière et heureuse de faire partis de ce premier cercle de chevaliers. J'avais fait serment de combattre le chaos et de protéger les faibles et les opprimés. Cela me changeait de mon vœux de vengeance, et à vrai dire, ça me libérait d'un lourd poids. Je me sentais plus valeureuse que jamais. D'un sourire,  je rengainais mon nouveau poignard, fait à partir d'une des griffes d'Apoloexas et je mis mon chapeau de capitaine. Enfin prête, je sortis pour me rendre à la cuisine. Je fus surprise ne pas y voir le cuistot. Étrange. Habituellement, il était à son poste. Avait-il oublié de se réveiller? Perplexe, je mangeais rapidement un morceau de pain au fromage et j’allais sur le pont. Ce que je vis faillit me faire hurler de terreur.  Un immense requin blanc était suspendu dans les airs, son sang remplissait un tonneau, même il débordait sur le plancher.

-  Diantre! C'est quoi ça?!
m’exclamais-je en écarquillant les yeux.
-  Un requin, capitaine! Très bon pour la santé. M’expliqua alors mon cuistot qui terminait de le dépecer. Effarée, je rivais mes yeux vers lui.  Avait-il vraiment passé la nuit à le découper en morceau?  Je n’eus pas le temps de lui poser la question qu’une voix se fit entendre.
- Belle pêche, hein capitaine? Il a bien failli manger nos Tiefflins, mais les hommes l’ont chassé juste à temps. M’informa Samy d’un large sourire. Le regard sombre, je croisais les bras et je demandais sèchement :
- Et pourquoi nos Tiefflins étaient dans la mer, matelot? À mon air contrarié,  le sourire du marin s’affaissa.
- Euh…pour pêcher une huître?
- Une huître? Pourquoi faire?
- Euh…ils voulaient…ils voulaient essayer de…l’enculer?
-De quoi?! répliquais-je abasourdit. Samy eut un rire nerveux et précipitamment, il me raconta leur péripétie de la veille. Plus il racontait et plus je ressentis une sourde colère gronder en moi. Bon sang, était-ce des hommes ou des adolescents retardés? Soudain, je m’aperçus que mon navire était devenu un véritable merdier. Des bouteilles de rhum trainaient ici et là, mon pont était couvert de sang séché et de vomis, à moitié nettoyé, et une odeur nauséabonde remplissait l’air. Elle provenait probablement du requin en décomposition, mais je ne tenais pas à m’en assurer. N’écoutant plus Samy, je tournais les talons, prit soin de remplir une chaudière d’eau et je descendis à la cale où mon équipage dormait paisiblement dans leurs hamacs. Sans crier garde, je leur lançais l’eau salée en pleine  figure et je commandais fortement: « Debout, Élites! Je vous veux dans deux minutes sur le pont, sinon aux fers!»  Ceci dit, je remontais fulminante et tendue, je les attendis dans une position officielle. À moitié réveillés, ils me rejoignirent à la course et ils se placèrent aussitôt en rang d’oignon. Après un lourd silence, je pesais sur eux un regard terriblement noir. En colère, je m’exclamais en pointant le désordre : « Est-ce comme ça que vous me remerciez de vous avoir laissé fêter?  En vous laissant traîner comme des ivrognes? Vous me décevez, messieurs.» Devant ma réprimande justifiée, la plupart baissèrent la tête comme des petits garçons ayant commis une faute. « Vous connaissez les règles à mon bord. J’exige de la rigueur, du respect et de la propreté.  Si je vous prends encore à  salir mon navire comme des salops, vous serez fouetté. Maintenant, qui à laver aussi mal ce pont?»  Mes matelots rivèrent leur regard vers Fior. Pâle, il déglutit et s’avança d’un pas. Je lui jetais un regard outré. « Ça fait dix ans que tu es sous mon commandement et tu ne sais toujours pas laver un pont, tiefflin?» Baissant le regard, il marmonna qu’il était désolé et qu’il allait faire mieux la prochaine fois. Scénique, j’eus un sourire mauvais en répliquant :

- J’espère que tu vas faire mieux que d’enculer une huître.
- Aye, cap…Il s’interrompit soudain. Son visage vira au vert et il se précipita pour aller vomir dans la mer. Mécontente de son attitude, j’allais en arrière de lui et d’un coup pied au cul, je l’envoyais balader par-dessus bord. «Qui d’autre veut vomir en ma présence?» Demandais-je froidement en me tournant vers mes hommes qui s’étaient fait tout petit. « Je ne veux plus voir du  rhum à bord. Si j’en prends un à en boire, il sera fouetté et mis au fer.» Mes hommes  eurent un regard déconfit, mais ils acquiescèrent docilement. Plissant mes yeux, j’ordonnais d’un ton tranchant : «Nettoyez ce merdier et jetez ce requin à l’eau! Après, entraînement. Exécution!» En silence, mes hommes m’obéirent sans obstiner. Je soupirais profondément afin de calmer ma colère, puis je commandais flegmatique: «Yeng à la cuisine. Prépare à manger aux hommes, et apporte s'en à Benjamin. Roger, au quart. Denis, Charles, Fernand, Jasmin et Bryan, déferler la grande voile et le foc. Changez le cordage et serrez les bandes de ris. Bosco, supervise les gréements et après rejoins-moi au gouvernail. Exécution!» Disant cela, je tournais les talons et jetant un coup d'œil à Fior, qui se trouvait toujours dans l’eau, j’ordonnais le pied sur le bastingage: « Qu’attends-tu pour me pêcher des huîtres, matelot? Après, tu laveras soigneusement le pont.»  Opinant d'un petit sourire contrit, le tiefflin plongea sans hésiter. J’eus un rictus moqueur, et secouant ma tignasse rousse, je me dirigeais promptement au gouvernail. Une fois à mon poste, je pus enfin retrouver mon sang-froid, sans pour le moins quitter mon équipage des yeux. Surtout Flynn.


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 19 Sep 2016 - 8:06


Le reste de la nuit, pour ce qu’il en restait, avait été plutôt tranquille, loin de me douter, bien entendu, que le navire lui-même deviendrait un champ de bataille en l’espace de quelques heures. Si les Elites m’avaient paru être des personnes raisonnables jusqu’à maintenant, la suite allait me démontrer le contraire, et de façon particulièrement brutale. A croire que le rhum vous retournait les tripes autant que l’esprit. Profitant de ma nuit – bien méritée – je m’étais laissé aller à quelques songes plus ou moins audacieux, où Sirèna prenait, avouons-le, une place toute particulière. Mais, au-delà de toutes considérations physiques, mon esprit s’était laissé bercer par d’autres fantasmes, beaucoup plus sensuels qu’érotiques et cela n’avait pas été pour me déplaire. Puis, j’avais dérivé vers d’autres horizons, revoyant Kalaad, Kallypso, et, sans que je ne puisse me l’expliquer, les rencontrer à nouveau alors qu’ils devenaient de jeunes gens. Je n’avais aucune idée de ce qu’ils deviendraient, mais mon fils semblait bien plus paisible que ma fille qui, elle, me donnait l’air de chercher le moindre prétexte pour s’amuser ou chercher les ennuis, comme moi. L’avenir seul nous dirait de quoi leur existence serait faite. Etaient-ils d’ailleurs véritablement Eladrins ? Le sang de leur mère coulait dans leurs veines également, comment allaient-ils gérer cette double identité ? J’étais conscient des traits Eladrins, mais peu familiers de ceux des Aasimars, et, surtout, comment savoir desquels ils avaient pu hériter ? Auraient-ils la même longévité ? Serait-elle réduite ? Il y avait là bien trop d’inconnues pour pouvoir en avoir la certitude. Peut-être y avait-il des gens qui connaissait la réponse, des Erudits, capables de m’offrir ces réponses, mais, en mer, on croisait rarement ce genre de personnes. Peut-être lors d’une escale, ou peut-être jamais. Après tout, était-ce si important au fond ? Le futur nous apporterait les réponses de lui-même et quelles qu’elles soient, ils restaient mes enfants. Sang-mêlé ou non.

Une fois n’était pas coutume, ce n’était pas le léger bruit ambiant d’un équipage qui commence à se remettre au travail qui me réveilla mais de l’eau – assez fraiche d’ailleurs – et des cris, bien trop fort pour un lendemain de soirée avec autant de rhum. Manquant de tomber à la renverse de mon hamac, j’essayais d’émerger, ne comprenant pas vraiment le comportement de Sirèna, que j’avais identifiée, après quelques secondes, comme la source de ce réveil brutal. Vu son ton, ça ne semblait pas être le début de l’entrainement. Encore un peu vaseux, je me donnais quelques gifles pour me réveiller avant de vérifier ma tenue et remonter avec les autres. Si je n’étais pas encore tout à fait réveillé en arrivant sur le pont, l’odeur acheva de le faire pour moi. Lorsque mon regard se posa sur le pont, je compris rapidement pourquoi nous avions eu droit à cette petite douche – bien que je ne faisais pas partie des plus mouillés par le seau d’eau. Sans un mot, je m’alignais avec mes camarades, au garde-à-vous. Quelque chose me disait que cette matinée allait filer droit et qu’elle ne serait pas une partie de plaisir. Ceci étant dit, ce serait amplement mérité, compte-tenu de l’état dans lequel se retrouvait le navire après la petite bringue d’hier. Certains avaient visiblement oublié où ils se trouvaient avant de s’écrouler dans leurs hamacs. Sans baisser le regard, sans ciller, je laissais la Capitaine faire ses remontrances, les prenant également personnellement, parce que je savais que la responsabilité de ce chantier m’incombait tout autant, sinon plus, que les autres. J’observais Fior en prendre pour son grade et réprimait un soupir quand il alla vomir ses tripes par-dessus le bastingage. On n’allait pas finir d’entendre parler de cette soirée et de cette matinée. Lorsque les directives furent données, chacun s’activa, sans un mot, et moi de même.

Affairés avec les hommes aux gréements, je m’occupais de ma tâche, supervisant les matelots tout en m’acquittant de ma part de travail, comme d’habitude. J’avais beau être Second, je comptais continuer à mettre la main à la pâte comme si cela n’avait pas été le cas. De temps en temps, je jetais un œil du côté du gouvernail, pour apercevoir Sirèna. Elle avait toutes les raisons d’être en colère vu l’état dans lequel elle avait retrouvé son navire et il fallait espérer qu’il serait vite aussi beau qu’un sou neuf. En bas, plusieurs matelots descendaient le requin et jetèrent ses restes à la mer avant d’emporter en salaison les morceaux coupés par le cuisinier. Lorsque ma tâche fût terminée, je descendis prestement et sobrement. En atteignant le pont, j’alpaguais Samy qui allait bientôt pouvoir aller se reposer. « Prends Jack et Kenway avec toi, descendez à la cale et montez moi tous les tonneaux de rhum avant de les vider par-dessus bord. Rincez-les et rangez-les ensuite. Après ça, repose-toi bien. » Tandis qu’il s’éloignait, je me dirigeais à mon tour, sans perdre plus de temps, vers le gouvernail. Le pont retrouvait une couleur moins détestable et, surtout, l’odeur commençait à se dissiper petit à petit. Même s’il faudrait probablement encore un ou deux lavages pour se débarrasser complètement des bêtises de la soirée. Grimpant deux à deux les quelques marches qui me séparaient de la poupe, je vis à nouveau Cassiopée, qui observait consciencieusement ses hommes. Sans plus de fioritures, je m’approchais, jusqu’à quelques pas, d’elle, avant de me mettre au repos, sans cérémonie. « Capitaine. »
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Mer 21 Sep 2016 - 19:16


Je sentais ma colère s’éclipser progressivement, laissant place à une profonde concentration. En silence, j’analysais tout ce qui se passait autour de moi. Chaque action de mes hommes, le mouvement de la mer, la force de la brise, l’horizon. Aucun ennemi en vue.  Soupirant, j’ordonnais à mon équipage d’accélérer leur corvée, je tenais à ce que l’entraînement  commence bientôt. Levant les yeux, je rivais alors mon attention vers les gréements. Mon nouveau quartier-maître supervisait  l’équipage, tout en s’affairant à gréer les cordages. Pendant un long instant, je le dévisageais  se dévouer à la tâche, tout en pensant que je ne regretterais pas de l’avoir choisi comme second. Certes, il manquait d’autorité et je savais que son envie de liberté surpassait celles d’être submergés de responsabilités, mais il était aussi vaillant, dévoué, courageux et loyal. Ça me suffisait pour l’aider à s’améliorer en tant que Second, s’il le voulait. J’étais consciente que je ne pouvais forcer un homme à accomplir quelque chose qu’il ne voulait pas. Cela provoquait soit l’insurrection, soit  un travail bâclé. N’avais-je pas été moi-même un mousse révolté et paresseux? J’avais reçu des coups de fouet bien mérité, mais je ne tenais pas à convaincre Flynn de cette manière. J’ai été cassé à la dure, mais j’avais appris avec le temps qu’il existait d’autres moyens de persuasion. Mon père n’avait pas été fin pédagogue, mais je ne lui en voulais pas. Il avait voulu mon bien en m’endurcissant le plus rapidement possible. Dans ce monde d’homme, ç’a avait été plus que nécessaire. J’avais été forgé grâce à mon père, mais aussi grâce à mes nombreux combats et expériences en mer. Je connaissais l’art de la guerre et de diriger des hommes. Je connaissais aussi chacun des postes sur ce navire. Être Quartier-maître était l’un des postes les plus exigeants qui soient, après celui du capitaine. Ce n’était pas destiné à tout le monde. Sauf à ceux qui y tenaient vraiment.

- Capitaine.  M’interpella une voix à mes côtés.  C’était Flynn, je ne l’avais pas entendu arriver. Plus surprise que tendue, je tournais mon regard limpide vers lui. Je le scrutais pendant un instant, puis je demandais calmement:
-Dis-moi, Bosco, as-tu ordonné ou demandé aux hommes de se ramasser hier soir?  Ce n’était pas une question piège. Je voulais juste savoir s’il avait donné des directives et quel est le ton qu’il avait employé. À sa réponse, je soupirais et je commandais : «Prends le gouvernail.»  Disant cela, je me tassais sur le côté et je vins m’adosser contre le bastingage.  Après un instant de silence, je confiais doucement : « Tu sais, j’ai déjà été comme toi avant, même pire. Après la mort de ma mère, mon père m’a forcé de vivre sur son navire. Or, je ne voulais rien savoir du métier de marin, juste l’idée de nettoyer un pont me révulsait. Alors, je paressais sur le grand mât et je me laissais bercer par la mer, sans autre responsabilité que d’admirer l’horizon.» À ce souvenir paisible, je souris nostalgique et je continuais : «Bien entendu, mon attitude enrageait mon père. Il se mettait dans des colères pas possibles, mais je persistais à lui désobéir. C’était ma vengeance pour m’être fait imposé une existence que je ne voulais pas.  Pourtant,  cette vie me correspondait parfaitement.»  Mon sourire s’élargit.   «Aye, j’ai encaissé quelques coups de fouet et plusieurs lavages de pont, mais j’ai appris à adorer le large, et surtout à en vouloir plus. De mousse, je suis devenue marin, puis Quartier-Maître. Mon père était un homme très dur et très exigeant, mais j’ai appris à connaître ses attentes et même, à les devancer. J’ai aussi appris à aimer  avoir des responsabilités. J’ai pris conscience à quel point elles étaient importantes et nécessaires pour évoluer.»  Disant cela, je soutins son regard gris. « Flynn, je sais que tu n’aspires pas à être second, encore moins à être capitaine. Malgré notre pari, je ne peux te forcer à devenir Quartier-maître. Ça doit venir de toi, comme c’est venu de moi, mais j’ai besoin que quelqu’un m’épaule, car je ne peux diriger seule ce navire. C’est trop pour moi et je t’avoue que  l’attaque du dragon m’a…affaibli.» Je baissais tristement les yeux en soupirant. « C’est vrai qu’il y a d’autres marins d’expérience à bord, mais…comment dire…» j’hésitais un instant et plongeant mes yeux dans les siens, je soufflais : «Je me perçois en toi. Nous nous ressemblons beaucoup et c’est pour cette raison que je te demande ton aide ou plutôt, ton soutien. Je peux compter sur toi. » Me dégageant du bastingage, je m’approchais de lui en expliquant : «Un Quartier-maître doit connaître par cœur son équipage, son navire ainsi que son capitaine. Si celui-ci meurt, il doit être apte à le reléguer. Cela demande du courage, de la loyauté, de l’intelligence et d'être un bon meneur d’hommes.»  Disant cela, j’eus un sourire rassurant. «Je vois en toi un grand potentiel pour le devenir, mais pour l'instant, je te demande seulement de continuer à superviser les gréements. Si tu veux plus de responsabilités, tu pourras me le faire savoir. Qu’en dis-tu?»
 

Au même moment, Fior s'approcha pour m'informer que les marins avaient terminé leurs tâches ménagères. Effectivement, la Sirène était redevenue propre, mais l’odeur nauséabonde persistait toujours. Insatisfaite, j’exigeais : « Ce soir, je veux que le pont soit relavé et briqué.»  Le tiefflin approuva de la tête en répondant l’habituel «À vos ordres, capitaine.»  Je défronçais les sourcils et d’un sourire, je demandais : «As-tu pêché mes huîtres, matelot?» Fior sourit à son tour et il m’informa : «Aye, capitaine. Je les ai donnés à Yeng pour qu’il vous les prépare.» Je le remerciais d'un sourire. C’est alors qu’un mouvement à bâbord attira mon attention. C’était Samy, Jack et Kenway qui vidaient le rhum par-dessus bord. Les voyant faire, je me tendis en demandant sèchement: «Samy! Qu’est-ce que vous faites?!» Arrêtant leur mouvement, ils se tournèrent vers moi. Jetant un coup d’œil nerveux à Flynn, Samy répondit : «Bosco nous a ordonné de vider le rhum par-dessus bord, capitaine.» Perplexe, je réfléchis un instant avant de commander: « Apporte le reste à l’entrepôt, mais que personne n’y touche.» Les trois marins opinèrent de la tête et sans tarder, ils allèrent entreposer les tonneaux à la cale. Me tournant vers Flynn, j’expliquais: « Le rhum est une ressource bien trop précieuse pour s’en débarrasser. Ça pourrait nous servir d'explosifs ou de valeur marchande.» Ça sonnait comme un reproche, mais ce n’était pas mon intention. Je ne pouvais le blâmer d’avoir voulu bien faire. Mon regard s’adoucit et d’un sourire, je complimentais : « Tu as pris une bonne initiative. Juste t’assurer la prochaine fois d’avoir mon approbation, d’accord? J’ai effectivement ordonné que je ne voulais plus voir de rhum à bord, mais c’était plus au sens métaphorique que littéral. On s’est mal compris.» Je pris un air faussement exaspéré en m’exclamant :

-  Diantre que la communication s’est compliquée!
-   Ça, c’est bien vrai, capitaine! répliqua Gawaël qui était en train d’astiquer la batterie. Je pris un air pincé qui voulait dire : de quoi tu te mêles? Il prit un air désolé et en silence, il continua sa tâche. D'un rictus, je croisais le regard de Flynn et j’affirmais convaincue : «Un jour, tu vas voir, on va se comprendre parfaitement sans se parler. En entendant, ça te dit une dégustation d’huîtres pour dîner? On continuera de jaser de ta promotion. Ça va être le bon moment d'exposer tes conditions. Je te conseil de bien y réfléchir d'ici ce soir» J'eus un sourire mesquin à son adresse, puis je rivais mon attention vers mon équipage. Leurs tâches terminées, il semblait désireux de manger leur petit déjeuner. Avec fermeté, je commandais : « Sutki!» À mon ordre, ils se placèrent à nouveau au garde-à-vous. M’éloignant de Flynn, je descendis sur le pont et je me postais devant eux. D’une voix forte, je commandais : « Réchauffement. Exécution! » Connaissant le rituel, mes hommes coururent trente minutes autour du pont, puis ils s'appliquèrent à faire divers exercices de musculations. Allant de l'un à l'autre, je les encourageais, tout en corrigeant certains de leur mouvement question qu'ils ne se blessent pas. Une fois suffisamment réchauffer, ils se remirent au garde à vous et ils attendirent la suite de l'entraînement.


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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Lun 3 Oct 2016 - 5:35

HRP : Tu as démasqué mes inspirations ! :3

Pour être honnête, je m’attendais plus ou moins à être tenu responsable du chantier dans lequel s’était retrouvé le navire à l’aube, même si, avec la même honnêteté, je ne m’étais pas considéré Second de ce navire avant ce matin. La transition était suffisamment floue pour laisser le doute sur mes réelles prises de fonctions, mais, au fond de moi, je me sentais tout de même responsable, aussi, je ne m’attendais pas à autre chose que des réprimandes, plus ou moins sévères. Croisant le regard de Cassiopée, je restais impassible, il était hors de question de laisser parler quelque sentiment que ce soit en ce moment, ce n’était ni le lieu, ni le moment. A sa question, je pris quelques instants pour réfléchir, puis répondit, me contentant d’énoncer les faits. « Je leur ai rappelé de nettoyer le pont, mais cette remarque a probablement davantage eu l’air d’une remarque d’un de leurs camarades que comme un ordre de leur second. » Il était inutile de rajouter que je me sentais responsable, de toute façon, les excuses ne changeraient rien. Lorsqu’elle m’ordonna de prendre le gouvernail, je m’exécutais prestement, attrapant la barre des deux mains, maintenant le cap qu’elle avait fixé, ce qui n’avait rien de difficile vu que le vent nous poussait presque littéralement dans cette direction. Alors que la Capitaine s’installait contre le bastingage à proximité, elle se laissa finalement aller à, de manière assez surprenante, quelques anecdotes de son passé. Alors que je m’attendais à quelques reproches bien senti, j’avais l’impression de m’en sortir à bon compte. En un sens, c’était presque décevant, même si, bien entendu, il n’était jamais agréable de se faire passer un savon ou de prendre quelques coups de fouets. Mais c’était comme cela que ça marchait à bord d’un navire : chacun payait ses erreurs. C’était une façon d’apprendre, à la dure.

Ou peut-être considérait-elle seulement que ce n’était pas de ma faute ? Quelle que soit la raison, j’écoutais avec attention ce qu’elle avait à me dire, peut-être d’autant plus que c’était une des rares fois où je pouvais en apprendre un peu plus sur elle, sur son passé et que je ne pouvais pas décemment dire que cela ne m’intéressait pas du tout, bien au contraire. Mais apprendre qu’il y avait un temps où elle n’aimait pas vivre sur un navire… Voilà qui était une révélation ! Parler de son passé et de son père semblait lui faire plaisir, il devait énormément lui manquer, d’autant que, dans sans ces affreuses circonstances, il serait encore parmi nous… Mais je ne serais probablement pas à bord non plus. Je me concentrais sur ses paroles, et je compris qu’elle espérait réellement pouvoir compter sur moi pour la seconder. N’avait-elle confiance qu’en moi ? J’en doutais sérieusement, mais je ne pouvais pas lui en vouloir de m’imaginer apte à la tâche. Bien sûr, ce n’était pas parce que je n’étais pas son Second que je ne pouvais pas l’aider à alléger le fardeau de ses épaules, mais ceci était une toute autre affaire. Dans un même temps, j’avais conscience de la confiance qu’elle me portait, et, en un sens, je ne savais pas si j’en étais vraiment digne. Que savait-elle vraiment de moi ? Que je n’étais pas un criminel, un ancien pirate, que j’avais deux enfants d’une Aasimar avec laquelle je n’avais passé que quelques mois, et que la plupart des ports me connaissaient comme un homme à femmes. Mais ça… Ce n’était que Flynn, finalement, ce n’était pas vraiment moi. Face à cette vérité, je me dis qu’il était peut-être temps que quelqu’un sache, et elle était peut-être celle à qui je pouvais me confier.

Fior interrompit la discussion au moment où j’allais répondre. Gardant le silence, le regard sur l’horizon pendant que Sirèna réglait les détails. Elle surprit finalement Samy en train de vider les tonneaux de rhum par-dessus bord, comme je l’avais ordonné. Une mauvaise décision de plus au crédit du nouveau Second, ça commençait bien. Je soupirais avant de soutenir le regard de Cassiopée. Etait-elle certaine d’avoir fait le bon choix ? « Cela ne se reproduira plus, Capitaine. » Les mains sur la barre, j’eus un petit sourire quand elle remit Fior à sa place avant qu’elle ne m’invite pour diner pour discuter de mes conditions de ma promotion. « D’accord pour le diner, mais je me passerai des huîtres. Va savoir ce que Fior a fait avec avant de les donner à Yeng… » Je fis un clin d’œil à l’intéressé avant que Sirèna ne fasse sonner le rassemblement. Les mains sur le gouvernail, je me voyais pourtant mal lâcher la barre pour les rejoindre. Sans être certain de savoir quoi faire, je restais à ma place, observant les hommes commencer leur échauffement, avant d’être fin prêt pour leur entraînement. Elle menait cet équipage à la perfection, elle connaissait chacun de ses hommes, leur caractère, leur façon d’être, et savait composer avec toute cette diversité. Pensait-elle réellement que j’étais capable de faire de même ? Avais-je envie de faire de même ? Les responsabilités ne m’enchantaient guère, je n’aspirais qu’à la liberté que la mer m’offrait. Et, pourtant, j’étais convaincu que je pouvais accepter ces responsabilités si cela pouvait l’aider, elle. Parce qu’il était hors de question qu’elle puisse croire, une seule seconde, qu’elle serait seule dans la tempête. Ce n’était finalement pas un si gros sacrifice, non ?
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Sam 8 Oct 2016 - 9:09


Déposant ma cape sur un tonneau, je sentis le regard de Flynn dans mon dos. Je souris pour moi-même. J’avais peut-être décidé de lui épargner le réchauffement, mais je n’avais pas l’intention de le ménager pour autant. En silence, j’observais mes hommes au garde-à-vous, puis j’ordonnais à Kenway de prendre la barre. Malgré sa déception, il n’osa pas me désobéir. Au moment où il passa proche de moi pour remplacer Flynn,  je  saisis sa chemise et utilisant son poids contre moi,  je l’envoyais balader par terre. Il grogna de douleur au contact du sol. Je me penchais alors proche de lui et déposant ma main sur son ventre je rappelais fermement : «N’oublie jamais d’expirer, surtout quand tu chutes.» D’une grimace, il acquiesça et se releva. Croyant que j’avais terminé, il s’apprêta à accomplir mon ordre, mais je sautais sur lui pour entourer mes bras autour de son cou large. Férocement, je demandais : « Comment t’en sors-tu?» Rouge, il lutta pour se libérer, mais je resserrais la prise. Le marin plia alors les genoux, il commençait à voir noir. Pourtant, cette attaque était plus que banale, elle était souvent utilisée lors des batailles de tavernes, ça, et les coups de poing.   Alors, soit par instinct de survie ou par orgueil d’homme, il reprit son sang-froid. Kenway se rendit compte qu’il était dans une  position parfaite pour réaliser Orashigama, une attaque défensive appartenant au Kata du tigre. Promptement, il mit sa main sous mes bras, question qu’il respire un tant soit peu, et grâce à une rotation du torse, il réussit à se dégager et il entoura son autre bras autour de ma taille. Je me fis alors projeter rudement au sol, tandis qu’il se releva d’un bon, le sourire victorieux et le torse bombé de fierté. Soutenant son regard,  je me relevais un peu sur mes coudes et d’un sourire mesquin, je complimentais : «Tu as su appliquer Orashigama lors d’une attaque ordinaire, mais tu as oublie la chose la plus importante.» Son sourire arrogant s’affaissa, il m’interrogea du regard. « Ne sous–estime jamais l’ennemi.»

Disant cela, je fis un croc en jambe qui le fit revoler dans les airs. Brusquement, il tomba au sol, mais cette fois, il expira sourdement.  «Bien, tu n’as pas oublié l’expiration. Maintenant,  va au gouvernail.» Je lui fis un clin d’œil, signe que j’avais terminé avec lui. D’un soupir soulagé, il alla remplacer Flynn qui vint se placer en rang. Après un silence, je demandais à mes hommes : «Selon vous, quelle est l’arme la plus fatale? Est-ce un poignard? Une épée? Un bâton de bois?» À ma dernière suggestion, quelques un de mes matelots rirent un peu. Je rivais alors un regard perçant vers eux en demandant sèchement : «Quoi? Pourquoi riez-vous?» Intimidé, un marin s’appelant Daniel balbutia : « Euh…capitaine, un bâton de bois n’est pas une arme.»  À sa réponse, j’eus un rictus presque méprisant et après avoir scruté son visage, je répliquais gravement : «  Si un jour tu fais naufrage, sans arme ni nourriture, je peux te dire qu’un bâton de bois te sauvera probablement la vie.» Mes vieux compagnons, qui avaient subi aussi la mutinerie, comprenait totalement mon propos. D’un grognement, ils baissèrent la tête d’un air sombre et amer. Mon regard se fit aussi sombre, mais je restais concentrée sur l’instant présent. «Va te chercher une épée», commandais-je à Daniel. Pendant qu’il y allait, je pris un vieux balai qui trainait et j’expliquais à mon équipage : « L’arme n’a aucune importance, seulement le combattant. Tout est une question de maîtrise.C’est pour ça qu’existent les arts martiaux. Ils se retrouvent partout dans votre vie. Que vous balayez ou que vous déferlez les voiles, l’art martial se retrouve dans chacun de vos gestes.» Disant cela, j’eus un petit sourire et je me mis à la balayer au grand étonnement de mes hommes.  «Attaque!» Soufflais-je sans même lever les yeux vers Daniel qui venait d’arriver à la course, épée en main. Après une hésitation, il fonça vers moi pour me transpercer. Au dernier instant, je déviais son arme grâce au mouvement de mon balai. Or, après avoir bloqué ses attaques habilement, je lui donnais un violent coup sur le bras qui le fit lâcher son épée. Il grogna de douleur et au moment où il s’apprêta à la ramasser, je la tassais d’un coup de pied et j’arrêtais mon arme de fortune in extemiste contre sa nuque. « Mort.» Dis-je sourdement.

Daniel leva des yeux abasourdis vers moi. Tout s’était passé si vite, il ne comprenait pas.    «Un bâton de bois n’est-il pas une arme aussi redoutable que l’épée? Pourtant, ni l’un ni l’autre n’est l’arme la plus fatale qui soit. Alors, qu’est-ce que?» Le silence fut ma réponse. Je soupirais tout en déposant mon balai contre le bastingage. «Rejoins les autres. Bosco avance.» Moqueuse, je croisais son regard gris en piquant : «J’espère que tu ne pensais pas que j’allais t’épargner? Surtout après ta victoire d’hier?» À sa réponse, je levais un sourcil, tandis que l’équipage ria dans sa barbe. « Arrogant, je vais te faire mordre la poussière! Attaque-moi.  Donne-tout ce que tu as!» Je me mis en position de combat, mes pieds parfaitement ancrés, tandis qu’il exécuta mon ordre. Au dernier moment, je me tassais gracieusement sur le côté et j’utilisais sa force contre lui pour le projeter au sol sans le moindre effort.  Mon pied gauche se posa lourdement entre ses omoplates, mes doigts se crispèrent sur sa tête tels des crocs de serpent. Dans cette position, Flynn ne pouvait plus bouger, au risque de se faire casser la nuque. À son oreille effilée, je soufflais : «Mort, mon chéri.» Le libérant, mes yeux turquoise bifurquèrent vers mon équipage. Avec sérieux, je répondis à ma propre question : « La propre force de l’adversaire est l’arme ultime. Un guerrier qui dépense peu d'énergie pour vaincre son ennemi sortira toujours victorieux. Aujourd’hui, c’est ce que le kata du serpent va vous enseigner.»

 Un nouveau kata. À cette nouvelle, mes hommes eurent un sourire d’excitation, ils oublièrent même leur ventre affamé. Le kata du serpent était très long à maîtriser; surtout à cause de sa souplesse d’exécution, mais aussi de sa grande concentration et de sa fluidité.Il y eu un silence respectueux tandis que je me concentrais pour réaliser l’enchaînement. Après un salut officiel auquel, mes marins répondirent avec respect, je commençais. Mes gestes étaient fluides et amples, parfois j’avais l’air de dansé, d’autre fois de tuer. Je bougeais dans l’espace par de larges déplacements, puis par des attaques rapides et précises, rappelant celle du serpent attaquant sa proie. L’équilibre était de mise, ainsi que la souplesse dans les poignets. M’inspirant de la tête hypnotique du reptile, je laissais libre cours à mes mains, les faisant zigzaguer de temps à autre, sans perdre pour autant son utilité au combat. Enfin, je terminais tandis que mon équipage me fixa béatement. C’était de loin le kata le plus gracieux qu’ils aient pu admirer,mais surtout le plus hypnotisant. D'un sourire, j’expliquais : « Le défi de ce kata se retrouve à la fois dans sa lenteur et dans sa vitesse d'exécution. Reste à voir si vous êtes suffisamment patient pour vous y exercer, mais d'abord, commencez par le début.» Disant ça, je dérogeais mon regard vers Flynn. « Continue d’apprendre le kata de base. Roger, va avec lui et rejoins-nous seulement quand tu auras terminé de le lui montrer. Prend ton temps pour  le corriger.» Roger acquiesça et fit signe à Flynn de le suivre. Avant qu’ils ne s’éclipsent, je dis à l’éladrin : « Une fois que tu auras terminé de l’apprendre, je veux que tu le répètes jusqu’à temps que tu le maîtrise. Quand je jugerais que c’est le cas, je t’apprendrais le kata de la grue.»



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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Jeu 13 Oct 2016 - 11:01


Depuis le gouvernail, observer le spectacle n’était pas désagréable, loin de là, surtout lorsqu’il impliquait l’une des rousses les plus fameuses. Et dire qu’elle était désormais une héroïne… Diantre. Rien ne serait probablement pareil désormais. Enfin, au moins sur la mer nous n’aurions pas trop à nous inquiéter de cette nouvelle célébrité, pour le moment. Par contre, une fois le pied posé dans un port, il lui serait difficile de faire un pas sans être reconnue comme cela avait été le cas à peine quelques heures plus tôt, en Norpalie. Bien entendu, cela avait tourné à notre avantage, mais quelque chose me disait que cela ne serait pas toujours le cas, et, surtout, je commençais à me demander si elle ne m’échappait pas quelque peu… Après tout, je n’étais qu’un vulgaire pirate, fait corsaire, je n’avais rien d’un héros, loin de là – et, pour être honnête, je n’avais pas spécialement envie d’en être un – avais-je seulement ma place à ses côtés ? Je soupirais doucement sous l’effet de ma propre bêtise puis je continuais à observer ce qui se passait devant moi. L’échauffement avait désormais pris fin et les matelots étaient prêts pour la suite. Les mains sur la barre, je profitais tranquillement des premiers rayons de soleil pour me réchauffer un peu en cette fraîche matinée, tout en me demandant à quelle sauce mes camarades allaient être dévorés, presque trop heureux d’y échapper. Mais, bien entendu, c’était mal connaître Sirèna, assurément. Alors que Kenway se voyait envoyer au gouvernail, pour me remplacer, j’eus cependant un peu de répit alors que la Capitaine s’évertuait à lui apprendre une petite leçon au passage. La voir ainsi prendre le dessus sur un homme était impressionnant, mais toujours agréable à regarder. De manière étonnante, cela me rendait fier. Je n’aurais pas vraiment su dire pourquoi, mais il fallait croire que j’avais un petit faible pour les femmes fortes, indépendantes et… un brin sauvage.

Alors que Kenway arrivait à ma hauteur, je le gratifiais d’une petite tape sur l’épaule, avec un petit sourire, avant de descendre sur le pont et de prendre ma place parmi les hommes, pour la suite. Silencieux et attentif, je n’eus pas le mauvais réflexe de m’amuser à l’évocation d’un morceau de bois comme arme. Peut-être parce que je savais que n’importe quoi pouvait servir à tuer ou à tenir son adversaire à distance, et que cela n’avait pas nécessairement besoin d’être quelque chose de tranchant ou de particulièrement dangereux, de prime abord. Sans grande surprise, l’équipage eut le droit à une petite démonstration en règle et ce fut le pauvre Daniel qui eut l’occasion de faire les frais de cette petite expérience. Cassiopée avait fondamentalement raison, l’arme ne faisait pas tout, mais ce n’était pas aussi simple, d’autant que le meilleur des combattants pouvait toujours prendre une balle, ou un couteau, sans pouvoir y faire grand-chose. Pour ma part, un bon combattant se distinguait par sa capacité à improviser et à s’adapter à son adversaire, à son environnement et à la situation. Chacun avait son arme de prédilection, comme moi avec mes couteaux de lancer ou bien mes dagues, mais je n’étais pas mauvais du tout en pugilat et je me savais capable d’improviser avec à peu près n’importe quoi en main. Alors qu’elle renvoyait Daniel dans les rangs, je m’avançais à son appel, peu surpris de faire les frais de la suite, quoiqu’elle puisse être. « J’ai pas l’impression d’être un gagnant, dans cette histoire. » Je lui fis un petit sourire amusé avant qu’elle ne m’ordonne de l’attaquer, sans me retenir. Je voyais le piège arriver gros comme un Ursidé, mais, pour le principe de l’exemple, je m’élançais contre elle, prêt à frapper.

Sans grand étonnement, je mordis rapidement la poussière, me retrouvant la face contre le bois du pont, un pied entre les omoplates et la tête retenue vers l’arrière, dans une position délicate. « On en reparlera dans un vrai duel. » Murmurais-je alors à Sirèna tandis qu’elle faisait la maligne en murmurant à mon oreille. Lorsqu’elle relâcha son emprise, je me redressais rapidement avant de me placer sur le côté. Dans un silence presque religieux, l’équipage l’observa exécuter ce kata du serpent. C’était très étonnant comme performance, mais il fallait admettre que je n’étais pas très familier de ce genre de pratiques. Je me souvenais un peu du kata de base, mais je restais toujours un peu sceptique sur l’utilité de ces pratiques. Toutefois, dans le pire des cas, ça ne pouvait pas faire de mal de les exécuter couramment. A l’écart avec Roger, je m’appliquais à reproduire le kata de base, mettant beaucoup d’application à ma respiration, comme elle me l’avait dit lors du premier entrainement. Je n’étais toujours pas convaincu, mais cela ne m’empêchait pas de faire. Après plusieurs minutes, je renvoyais Roger, afin qu’il puisse s’entrainer à son tour, et poursuivais tranquillement dans mon coin, portant mon attention sur mes mouvements, les enchainements et ma respiration. Je n’aurais su dire précisément pour la combientième fois je le répétais, mais cela n’avait pas vraiment d’importance.
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MessageSujet: Re: L'art de l'amour et de la guerre   Sam 15 Oct 2016 - 20:56


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Sans oublier d’observer Flynn de temps à autre, je supervisais mes hommes qui répétèrent leur kata durant une bonne heure. Progressivement, je m’aperçus qu’ils perdaient de la précision et de la force dans leur attaque. Consciente qu’un guerrier était meilleur combattant le ventre plein, je commandais alors que l’entraînement cesse et je fis chercher Yeng pour qu’il distribue la marmite.  Soulagé, mon équipage se reposa tout en savourant un délicieux ragoût au requin, accompagné d’une salade d’algues légèrement sucrée.  Ce genre de menu était peu fréquent en mer, mais qui disait que j’étais une capitaine comme les autres? Contrairement aux corsaires conventionnels, j’accordais une grande importance à la qualité de vie de mes hommes. J’avais osé investir dans des hamacs confortables, dans de la nourriture saine et j’exigeais que le navire reste impeccable. Trop de marins mouraient en mer dû au manque d’hygiène ou à une mauvaise alimentation, cela amenait souvent la maladie. Bref, mieux valait prévenir que guérir. D'un sourire, je gratifiais quelques hommes d’une tape affectueuse, puis je me dirigeais vers Flynn. Comme les autres, celui-ci s’était permis de se reposer. M’assoyant à ses côtés, je dis en allongeant mes jambes : « J'ai remarqué que tu n’as pas oublié de respirer durant ton kata. C'est bien, je t'encourage à continuer. Avec le temps, tes muscles deviendront plus détendus, ce qui préviendra maintes blessures. Il est certain que la répétition des formes t'aidera aussi à améliorer ta fluidité et ta rapidité au combat, mais j'admets que ton agilité est déjà remarquable. J'imagine que par le passé, tu t'es entraîné longtemps pour devenir aussi agile, n'est-ce pas? »  J’eus un petit sourire, et curieuse, je demandais: « En fait, comment trouves-tu l'art martial? Tu ne m'as jamais donné ton avis sur la question.»

Je tenais à savoir son opinion, ainsi que tout ce qui le concernait. Pensant cela, je souris pour moi-même puis je l’écoutais attentivement. Au moment où il termina de répondre, Yeng m'apporta une gamelle de ragoût. Je le remerciais d’un sourire et après un instant de réflexion, je tournais mon regard limpide vers Flynn en expliquant: « Tu sais, les arts martiaux font en sorte que tu puisses t’adapter à n’importe quel adversaire, et ce, à n’importe quel moment. Si tu n’as pas d’armes sur toi, ou rien qui s’en approche, alors ton corps doit devenir une arme. Toutefois, cette pratique n’est pas seulement un style de combat, mais bien un mode de vie. Cela demande de la rigueur, du contrôle et du perfectionnement. À force de répéter, ses formes vont devenir un réflexe.  C’est seulement à ce moment-là que tu vas en comprendre l’importance, autant en combat que dans la vie.» Après cette sage explication, je lui souris gentiment et enfin, je goûtais à mon ragoût.  Haussant les sourcils, j’avouais épatée: «Diantre, moi qui n’aime pas le poisson, je dois admettre que ce requin est délicieux!» Étant marin, je me rendis compte que c’était plutôt contradictoire de ne pas aimer le poisson. Bah… j’avais trop faim pour me justifier. D’un soupir, je mangeais en silence et  une fois mon repas terminé, je confiais à Flynn: «J’ai pensé que les hommes pourraient s’entraîner au lancer du couteau en après-midi, mais il y a juste un bémol». À mon dire, je me penchais à son oreille et d’un murmure, j’avouais espiègle: «Ils ne sont vraiment pas doués. À vrai dire, même un hareng pourrait viser mieux qu’eux. Je te l’assure, ils sont nuls. Ils ont désespérément besoin d’un professeur patient et talentueux, mais je demande bien qui? Hum…attends que je cherche.»  Pendant un court instant, je feignis de chercher quelqu’un parmi mon équipage, puis je posais à nouveau mes yeux sur lui. «Ah... Je crois l’avoir trouvé. Il est juste devant moi. Ça te dit?» soufflais-je d’un sourire désarmant. À sa réponse, je ris doucement et me levant, je répliquais sarcastique : « En fait, tu n’as pas vraiment le choix. Désolé, mais c’est ainsi. Quand je veux quelque chose, je l’obtiens.»

À cette pique, je ris un peu et me tournant vers l’équipage, qui prenait du bon temps sous l’ombre des voiles, j’informais de ton de commandement: «Élites, il y aura un entraînement d’armes en après-midi, mais cette fois, c’est Bosco qui vous supervisera. Préparez-vous à lancer du couteau.» Il y eut un murmure nerveux de la part de mes hommes. Je n’avais pas menti en affirmant qu’ils étaient médiocres dans cette discipline, à un tel point, que je m’étais découragée à leur montrer. Je gardais tout de même espoir que grâce à Flynn, ils allaient devenir meilleurs. Ou moins mauvais, c’est selon…après-tout, Benjamin n’avait-il pas réussi à viser le milieu d’une cible grâce à ses conseils? Pourquoi pas mes hommes? Devant leur air morose, je mis mes poings sur les hanches en rouspétant: «Allons, messieurs, pas de grogne ni de rogne. Bon sang de merde, vous êtes des Élites et vous ne savez même pas lancer du couteau?! C’est carrément honteux, vous dis-je! Alors, vous allez écouter attentivement les instructions de Bosco et les appliquer à la lettre. Mets-je bien fait comprendre?» Ils acquiescèrent d’un « Aye, Capitaine.» et ils plongèrent aussitôt leurs nez dans leur gamelle. Je tournais alors mon attention vers Daniel qui se trouvait toujours à la barre. «Toi, tu n’y échapperas pas non plus. Une fois que j’aurais radoubé les gréements, tu iras rejoindre les hommes. Je prendrai la barre.» Devant mon regard perçant, il déglutit en opinant nerveusement de la tête. «Aye, cap’taine. Je tâcherais de ne pas vous décevoir.»

 Plongeant mon regard dans le sien, je répliquais avec prestance: «J’espère bien, matelot.» Cette simple réplique lui donna froid dans le dos. Aucun homme sur ce navire n’osait me décevoir, par respect, mais aussi par crainte. Je pouvais me montrer excessivement dure quand je le voulais.  Ma colère de ce matin n’était rien à comparer à la rage qui pouvait m’animer devant un manque de respect cuisant. J’étais leur capitaine et je ne me gênais pas pour agir comme tel. De ce fait, je passais le reste de l’après-midi à vérifier les tâches qu’ils avaient accomplies en hauteur. Comme je l’avais ordonné, les cordages avaient été greffés, et le foc rafistolé solidement. Parfait. Cela me prouvait que Flynn les avait bien supervisé. Or, celui-ci avait commencé depuis longtemps son entraînement. M’endossant contre le mât, je pris plaisir à l’observer et à l’écouter. Sa technique était parfaite et il savait bien la partager aux hommes. Sans se décourager, ceux-ci firent de leur mieux pour appliquer ses conseils. Soudain, miracle, l’un d’entre eux  réussit à viser la cible. Certes, c’était loin d’être dans le mille, mais au moins, le couteau s’était enfoncé dans le bois. Me levant d’un bond, je m’exclamais joyeuse: « Bravo, Gawael! Compte sur moi pour te payer une bière rendue au Port!» Le Tiefflin rougit jusqu’à ses cornes en marmonnant : «Merci bien, capitaine…il hésita un instant, puis lançant un regard moqueur à Fior, il rajouta: «Je vous promets de ne pas dégobiller comme Fior. Sinon, je jure de me jeter moi-même par-dessus bord.» À cette plaisanterie, nous éclations tous de rire, à l'exception de Fior, qui lança un regard noir à son cousin. Reprenant mon souffle, mes yeux aigue-marine croisa alors ceux de Flynn. L’intensité de son iris grise me fit frémir jusqu’à la moelle. Rougissante, je détournais mon attention vers un cordage que je choisis comme prise pour descendre. Durant cette adroite désescalade, je pris sur moi pour retrouver mon sang-froid.  Bon sang, cet éladrin me faisait tant d’effets! Pourtant, ce n’est pas réellement son apparence qui me rendait fébrile, mais surtout la profondeur de son regard gris. Une profondeur remplie de mystères et d’expériences de vie. À nouveau, je fus submergée de questions le concernant. Il était très secret, ce qui faisait en sorte que je connaissais peu de choses sur lui et cela me rendait un peu soucieuse. N'étant pas naïve, je n’étais pas du genre à idéaliser qui que ce soit. Or, ce n’est qu’hier soir qu’il m’avait juré allégeance en acceptant de devenir corsaire et j’étais loin d’être convaincue qu’il avait renié son existence de pirate. Je ne voulais pas le changer, mais malgré tout, je sentais qu’il était bien plus qu’un insignifiant malfrat, courant les filles et pillant des navires. En soi, j’osais lui accorder de la valeur, tout comme Nora. Ses nobles intentions envers nous et ses enfants prouvaient qu'il était au fond quelqu'un de bien. Mettant pied au sol, je me promis d’avoir une  conversation plus approfondit avec lui. Pourquoi pas en haut d’un mât, sous une pleine lune lumineuse? Ce genre de rencontres avec Flynn me manquaient terriblement. Sur cette pensée,  je me tournais vers mon second.  Le cœur battant, je m'approchais de lui pour murmurer: «Un jour, un sage m'a  dit ceci: « le vieillard n'est pas plus sage que l'enfant ni l'enfant plus sage que le vieillard. En chacun de nous, il y a un maître.». Ça été le cas pour toi aujourd'hui, et je t'en félicite.» Je lui souris tendrement, puis je me m'éloignais pour prendre place à  la barre. Le vent commençant à fraîchir, ça devenait  ardu pour Daniel de garder le Cap.


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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L'art de l'amour et de la guerre

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