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 Élites des mers (terminé)

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Âge : 28
Philosophie : Individualisme
Divinité(s) : Uria, la déesse des marées et des vents.
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MessageSujet: Élites des mers (terminé)   Sam 4 Juin 2016 - 21:30


Sur la Gargouille, j’ai  combattu pendant cinq ans des pirates  voulant piller les marchands varakirois. Grâce à mes nombreux contrats, je m’étais ramassée une petite fortune, sans oublier l’héritage de mon père. J’avais décidé d’investir ce montant colossal dans un navire neuf et le meilleur équipage qui soit. Maintenant, j’avais la somme nécessaire pour un tel projet. Après avoir engagé un architecte maritime, avec lequel je venais d’élaborer le plan de mon futur navire, je mis le cap vers Bélin. J’avais entendu dire que son port abondait de solides marins, dont de célèbres pirates. Je n’étais pas friande de côtoyer l’ennemi, mais des combats était toujours le bienvenu. Tournant mon regard vers Bosco, qui avait pris de la masse depuis ses dernières années, j’ordonnais : «Affale les voiles et prend des ris! » Je jetais un coup d’œil à la Gargouille, dont le cordage était toujours négligé par les marins. Je grognais et je commandais aux matelots lents d’exécution : «Morbleu, serre le cordage! Armure la base voile! Exécution!» Plusieurs marins s’empressèrent d’exécuter mes ordres, mais certains tirèrent au flanc. Serrant les poings, je m’insurgeais en colère: « Vous paressez, messieurs?! Bosco mets les au fer.» Les marins s’échangèrent un regard surpris, mais voyant que je ne plaisantais pas, ils perdirent leur sourire. Ils n’eurent d’autre choix que d’accepter leur châtiment au risque de se faire jeter par-dessus bord. Ainsi ce passait ma vie dans ce vieux navire dépareillé. Mes marins manquaient d’expérience et le fait que je sois une femme les rendait…détestables. Cependant, j’étais si dure qu’ils ne pouvaient oublier que j’étais leur capitaine. Soupirant, je me pris à imaginer l’équipage de mes rêves. Je m’imaginais diriger des marins d’expérience, aimant la mer autant que moi et sachant combattre avec excellence . J’exigerais  la discipline, la loyauté et une obéissance à toute épreuve.  Allant au gouvernail, je nous dirigeai vers le Nord. Cela faisait des années que je n’avais pas quitté Varakir. L’inconnu était devant. J’avais grand-hâte de découvrir ce que l’avenir me réservait.


Les nuages étaient très sombres, une tempête s’annonçait. Mon sang bouillait dans mes veines. J’adorais les tempêtes. C’était très grisant et je me sentais plus vivante que jamais. Nassim s’approcha de moi pour dire : «Les vagues sont fortes, Capitaine. Ça promet d’être tout un cyclone.» D’un sourire narquois, j’avais répondu : «Aye! Uria va se déchaîner. J’espère que ça ne te fait pas peur, matelot!» Le regard bleu brilla de malice. D’un sourire mesquin, il répliqua ironique : «tu sais bien que j’ai très peur de l’eau. À ton avis, pourquoi je suis devenu marin?» J’éclatais de rire, consciente qu’il plaisantait. Il me fit un clin d’œil et alla communiquer mes ordres. Je m’assurais de tenir le Cap droit devant, coupant ainsi les vagues qui osaient fracasser ma coque. «Affale toutes les voiles! Cale le mât des perroquets! Serre les gréements face au vent!» L’équipage s’exécuta, mais pas assez vite à mon goût. J’avais compris avec le temps qu’une seule seconde manquée pouvait jouer contre nous. Avec appréhension, j’ordonnais d’accélérer le rythme en me chargeant de la manœuvre. Le vent fraîchissait grandement, j’avais du mal à tenir mon navire droit. Un éclair illumina le ciel, puis un autre. Levant les yeux vers les marins en hauteur, je commandais catégoriquement : «Redescendez!».Trop tard. Un éclair vint frapper de plein fouet l’Artimon, je vis avec horreur au moins quatre de mes hommes chuter brusquement sur le pont.  À cette vision de corps carbonisés et brisés, j’eus le haut-le-cœur. Heureusement, l’électricité n’avait pas atteint le pont, le reste de mon équipage et moi-même étaient saufs. Toutefois, je ressentis une culpabilité sans nom me submerger. Je me sentais responsable de ses morts, j’aurais dû ordonner bien plus tôt la descente. Ce fut une erreur fatale. Je me promis de ne plus la refaire. Me concentrant sur la tempête, je tenais solidement les poignées de mon gouvernail. Rivant mon regard vers Nassim, je commandais : «Prends la barre!» Il me répondit un «à vos ordres, capitaine» en exécutant mon ordre. Que faire de plus qu'affronter cette mer déchaînée? L’énergie était palpable, la menace réelle. J’adorais ça. Certes, je n’avais pas le meilleur navire qui soit, mais au moins il avait le mérite d’être solide. J’étais certaine qu’on allait nous en sortir. C’est alors que j’entendis un craquement sinistre. Je levais précipitamment les yeux vers le mât qui venait de se faire foudroyer. Diantre…pourquoi n’avais-je pas pensé à le solidifier? Seconde erreur.

  Je pâlis en me jetant à terre. Le mât tomba à quelques centimètres de moi, bloquant l’accès au gouvernail. Mon navire partit à la dérive. Malédiction! Courbaturer, je me levais d’un bond et je me précipitais vers l’immense poteau de cèdre. Même à trente hommes, nous ne pouvions le déplacer aisément. Rouges et essayant de garder l’équilibre, nous réussîmes à le tasser suffisamment pour accéder au gouvernail. J’avais maintenant très peu d’espace pour la manœuvre, mais c’était suffisant. C’est alors qu’à travers la pluie violente et le gris du ciel, j’aperçus Hydrasil. Mon cœur battait la chamade. Nous étions sauvés, ou presque…les vagues nous poussaient vers la côte. Serrant les dents, j’évitais plusieurs récifs, tandis qu’un navire qui me précédait coula par le fond. C’était comme si la tempête me donnait un avertissement. Survie ou meurt.  À travers le vent, j’entendis les cris des marins en détresse, mais malheureusement, je ne pouvais rien faire pour eux. Je devais impérativement m’éloigner du navire qui coulait, au risque d’être entraîné avec lui. Habilement, je tournais la Gargouille vers l’ouest, pour bifurquer vers le nord.  L’Artimon manquant, il m’était très difficile de rester stable et d’aller à contre-courant des vagues, mais je tins bon, ainsi que mes marins. Le calme revint progressivement, une percée de soleil éclaira les dégâts et les morts. Sans oublier que certains manquaient à l’appel. J’en étais attristée. J’avais commis des fautes durant cette tempête et je m’en voulais terriblement. J’étais consciente que je ne pouvais pas tout prévoir, mais j’avais manqué de clairvoyance. Heureusement, l’erreur permettait de réparer le passé et de s’améliorer dans le moment présent. Sentant le mécontentement de mes hommes, je soupirais. Auraient-ils fait mieux? J’en doutais. Cachant ma tristesse derrière un air flegmatique, je fis une courte cérémonie pour les défunts. Mon équipage les jeta à l’eau. Après un dernier regard vers le tombeau maritime, je vins m'amarrer au Port de Bélin. Frissonnante, je ressentais la présence des morts autour de moi, m’accusant de n’avoir pas su les protéger. À cet instant, j’avais l’impression d’être le capitaine d’un navire-fantôme, m’apportant malédiction sur malédiction. Qui voudrait servir sur un tel bâtiment?  


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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MessageSujet: Re: Élites des mers (terminé)   Lun 6 Juin 2016 - 20:43



-Bon, alors, on commence par quoi? demanda Nassim marchant à mes côtés. Sa musculature me faisait penser à une armoire à glace qui me suivait. Cette image me fit sourire, mais voyant qu’il attendait ma réponse, je répondis nonchalamment : «Bah…par une taverne, je suppose?» En fait, je ne savais pas vraiment où chercher, mais j’étais certaine d’avoir trouvé le bon endroit. La foule de marins abondait de toute part, certains semblaient plus vilains que d’autres, mais j’espérais y trouver du potentiel. Mon Quartier-maître me jeta un coup d’œil perplexe en répliquant : « alors, ton plan c’est d’aller de taverne en taverne pour recruter? Ça va être long, Cassiopée…très long» Je tiquais en lui faisant face. Fronçant les sourcils, je demandais un peu sèchement : «as-tu d’autres choses à proposer, Nassim Mon compagnon de longue date se renfrogna.  Pour être honnête, il n’y pas avait grand-chose à faire d’autre, mais…son œil bleu brilla. Je connaissais cette étincelle malicieuse, il avait une idée. S’arrêtant, il se gratta le menton en proposant : « Ben…je connais un type qui pourrait nous renseigner. Il connait tout ici. C’est aussi une grande gueule, il va sûrement répandre la nouvelle qu’on a besoin de matelots.» Levant un sourcil, je précisais d’un sourire moqueur : «Des matelots compétents.» Il eut un petit sourire en rétorquant : « Bien évidemment, capitaine. Tu tiens toujours à ton projet de tribordais?» Sans hésitation, j’acquiesçais vigoureusement de la tête. Aye que j’y tenais! J’étais décidé à recruter de bons marins, qui seraient aptes à se spécialiser dans trois choses : la plongée, le canon et l’attaque en hauteur.  Le mieux serait qu’ils furent polyvalents, mais je ne pouvais pas demander la lune. D’abord je visais la base : des hommes sachant parfaitement naviguer et sachant bien se battre. Ensuite, je déciderais qui fait quoi, selon le talent de chacun. Chaque chose en son temps. Trouvant la proposition de Nassim intelligente, j’approuvais d’un rictus : «Bien, conduis-moi à cette grande gueule. Je suis curieuse de le rencontrer.» Mon ami me fit un clin d’œil affectueux, il adorait que je prenne ses idées en considération. Ce n’était pas pour rien que je l’avais nommé Quartier-maître. Autant que j’étais née pour être capitaine, autant qu’il était né pour me soutenir. Nous faisons la paire et c’était fort pratique, même agréable. D’un air résolu, nous nous dirigeâmes vers l’informateur en question qui n’était nul autre qu’un…poissonnier? Je lançais une œillade incrédule à Nassim, qui me fit un sourire rassurant.

- C’est lui? Demandais-je incertaine. Mon Quartier-maître s’amusa de ma réaction. Il approuva en chuchotant à mon oreille :
-L’habit ne fait pas le moine, Capitaine!  L’homme était un monsieur assez gros, aux cheveux blonds portant une moustache en croc. Outre son odeur poissonneuse, propre à tous poissonniers qui se respectent, il semblait être un bon vivant. Il se nommait Fernand, mais la plupart des marins le surnommait «la pieuvre», ce qui avouons-le, était assez comique. En revanche, son pseudonyme voulait tout dire : une pieuvre pouvait s’insérer partout où elle le voulait.  Fernand portait bien son surnom, qui me semblait tout d’un coup un peu épeurant. «Ceux qui possèdent l’information, possèdent le monde.» Voilà ce que m’avait dit mon ancien ami Adrien. Il avait raison. Il était si facile de manipuler et d’obtenir ce qu’on voulait grâce à l’information. Je croisais le regard brun qui me contemplait. Visiblement, la pieuvre n’était pas indifférente à ma personne. Nassim venait de le saluer cordialement, ils se connaissaient depuis quelques années. «Alors comme ça, ma belle capitaine, vous avez besoin d’hommes?» Me demanda-t-il d’un sourire charmeur. Je lui rendis son sourire en répondant : « Aye, la pieuvre. Connais-tu des marins qui ont de l’expérience en mer et qui savent se combattre?» Il eut un rictus, et après avoir décapité un poisson, il répondit innocemment: «peut-être bien, mais je ne m’en souviens plus.» Vraiment? Je lançais un regard déconcerté à Nassim, dont le sourire s’élargit. L’Alzheimer chronique continua : «Peut-être que votre bracelet en or m’aiderait à m’en rappeler? » Surprise, je clignais des yeux et je baissais mon regard algue-marin sur le bracelet en question. Il avait appartenu à ma mère. Je m’assombris et je répondis en fixant le bijou : «malheureusement, je tiens à ce bracelet.» La pieuvre arrêta d’enlever les arrêtes du poisson et me scruta du regard. Déterminé, il dit : « malheureusement, j’ai une maîtresse à combler. Ce bijou lui plairait beaucoup.» Adultère par-dessus le marché? Je serais les dents. Vraiment? Il voulait jouer à ce jeu-là? Reprenant contenance, je décidais d’user de mon charme et de mon esprit vif pour le convaincre. De mon plus sourire, je me penchais légèrement vers lui en répliquant : «votre maîtresse a du goût, mais je crains qu’elle ne soit pas satisfaite de ce cadeau.» Amusé, il haussa les sourcils en demandant : «Ah non? Pourquoi ça?»

Mon sourire s’élargit, je soutins son regard en expliquant : « les femmes n’aiment pas que l’on choisisse pour elle. Une femme aime recevoir un présent, tout en pensant que c’est elle qui l’a choisi, par votre intermédiaire. Comme l’on dit si bien : ce que femme veut Dieu le veut. Alors je vous conseille d’être certain de ce présent, au risque de la décevoir. Vous savez tout comme moi qu’une femme déçue est froide en amour. » Confus par mes propos, le poissonnier perdit brièvement son assurance. Juste le fait que je sois une femme confirmait mes dires. Voyant que je gagnais du terrain, je renchéris : « c’est un art de faire plaisir à  une femme. Cela demande du doigté et de la finesse. » D’un sourire futé, je lui fis signe d’approcher: « voulez-vous que je vous dise comment la combler à la perfection? Votre maîtresse ne pourra rien vous refuser.» S’approchant, la pieuvre répondit  suppliant : «dites-moi, je veux savoir. Je tiens à la satisfaire! » Mon œil brilla de malice, j’eus un petit sourire narquois. Après un instant, question de le faire un peu languir, je répondis : « je vous le dirais, pourvu que vous me disiez quelle taverne détient les meilleurs marins du Port.» Il y eut un silence. La pieuvre se rembrunit. Il comprit alors mon stratagème sournois. Je venais habilement de changer la tournure des négociations. Comprenant qu’il s’était fait avoir, il ne put s’empêcher de sourire avec admiration. «Eh bien! Capitaine Sirèna, vous êtes une femme futée! Il est rare qu’on me surpasse dans le jeu du chantage.» Il soupira. « Très bien, j’accepte le marcher. Une information contre une information. Dites, et je vous dirais tout ce que je sais.» Oh là! Je n’étais pas dupe. Je savais que son information était beaucoup plus pertinente que la mienne et il le savait aussi. Si mon secret ne lui suffisait pas, je perdrais au change.


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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MessageSujet: Re: Élites des mers (terminé)   Mar 7 Juin 2016 - 18:17

 Me redressant, je croisais les bras en refusant catégoriquement: « j’ai demandé en premier.» L’informateur devint sombre, il grogna en plantant son couteau dans sa planche de bois. « Ça ne fonctionne pas comme ça avec moi. Parlez ou partez.» Soutenant son regard, je ne me laissais pas impressionner. Acerbe, je dis : «Soit. Laissons-le à sa maîtresse. Dommage, mon secret aurait fait une femme heureuse.» Je jouais ma meilleure carte : la manipulation. Disant cela, je fis volteface pour  partir. Sans surprise, Fernand m’alpagua : «Attendez, capitaine!» Je souris pour moi-même en me retournant vers lui. Voulant à tout prix connaitre mon secret, il céda d’un soupir : « la taverne du Cul de Jatte. C’est là que les meilleurs matelots se réunissent.» Je le remerciais d’un sourire, tandis qu’il insista : «Maintenant quel est votre secret? Je tiens à rendre mon amante heureuse et…il eut un sourire pervers…qu’elle me remercie pleinement.» Les hommes, ils ne pensent qu’à ça. Me fiant aux dires d’Edward, qui était un séducteur de renom, je confiais : « La femme a sans cesse de nouveaux désirs ou besoins. Elle n’est jamais satisfaite.» Mon interlocuteur approuva d’un hochement de tête. C’était le cas de sa maîtresse. «Alors, c’est important de lui acheter le présent qu’elle désir dans l’immédiat, sans qu’elle soit au courant.» La pieuvre eut un air perplexe. «Comment savoir une telle chose? En l’accompagnant au marché?» J’eus un rictus et je répondis : «Nenni. N’oubliez pas, elle ne doit pas savoir, sinon ça ne sera plus une surprise». À l’œil interrogateur de Fernand, je souris mystérieusement. Faisant comme si c’était un secret capital, je murmurais : « Pour savoir, informez-vous auprès de la meilleure source qui soit : sa meilleure amie Le regard du poissonnier s’éclaira. Comprenant, son sourire s’agrandit en soufflant : «Je vois…je n’y aurais pas pensé. C’est rusé.» J’acquiesçais de la tête en continuant : « Tout à fait. Surtout n’oubliez pas d’accompagner votre présent par sa gâterie favorite et un compliment des plus flatteurs. Après cela, elle ne pourra vous résister!» Satisfait par cette information, le poissonnier me fit un clin d’œil affectueux en me promettant d’appliquer mes conseils de séducteur. Grand bien lui fasse, ça m’importait peu. Terminant cette étrange conversation, nous nous dirigeâmes vers la fameuse taverne. Son nom manquait de crédibilité, mais peut-être que la bière était bonne. Sur cette pensée, je rivais mon attention vers Nassim qui m’observait d’un air moqueur. Levant un sourcil, je soufflais : «Quoi?» Il eut un rictus, puis demanda : «as-tu tout inventé au fur et à mesure? Je veux dire sur les femmes et leurs désirs?» Je feignais d’être indignée par sa question en ripostant :

- Bien sûr que non! Pour qui me prends-tu? Une menteuse? Il se contenta de me dévisager d’un sourire sournois. Sache que je tiens cette information de source sûre. 
- Je vois… D’Ed je présume?
-Tout à fais. Soufflais-je d’un rictus. Reprenant mon sérieux, je demandais : pourquoi me poses-tu cette question? Doutes-tu de ma connaissance sur les femmes? Il sourit avec arrogance. Passant son bras autour de mes épaules, il répondit railleur:
- Juste un petit peu…c’est que je trouve que tu en connais beaucoup sur tes congénères que tu ne côtoies jamais. Vexée, je voulus me dégager, mais il me retint en riant. Frustrée, je l’éloignais d’un coup de coude en rétorquant sèchement :
- Tu es un bougre d’idiot. As-tu oublié que je suis moi-même une femme?
- Oh ça, je ne risque pas d’oublier! souffla-t-il taquin. Il eut alors un regard tendre. C’était le genre de regard qui calmait ma colère d’un cran. «Tu es la plus magnifique des femmes.»  À ce compliment, je rougis avec plaisir. Lui aussi était bon séducteur. Décidément, j’étais entourée de maître en la matière. Narquoise, je répondis : « merci, mais ne pense pas que tu vas réussir à me séduire. Après tout, il manque mon présent et mon chocolat préféré.» À ce reproche, Nassim eut un sourire contrit. Soupirant, il dit : «désolé, je n’ai pas eu la chance de rencontrer ta meilleure amie. Attends un peu…je suis ton meilleur ami?! Diantre…tu désires avoir un navire et un équipage! Tu vas me ruiner!» J’éclatais de rire, tout en le dévisageant avec affection.  Croisant les bras, je renchéris : « D’autant plus que mon chocolat se trouve à Hokusai, et il est très dispendieux.» Feignant l’exaspération, Nassim baissa la tête en râlant : « Pauvre de moi…sur quoi je suis tombée? Une rouquine exigeante et capricieuse!» En guise de réponse, je lui envoyais un petit coup poing sur l’épaule. Gémissant exagérément de douleur, il s’insurgea « Violente par-dessus le marché! J’abandonne! C’est trop pour moi!»  J’éclatais à nouveau de rire et après avoir reprit mon souffle, je dis compatissante : «Pauvre toi, tu es le plus malheureux des hommes. Que vas-tu faire de moi?» À cette question, il reprit son sérieux. À ma surprise, il caressa furtivement ma joue en répondant :

- J’aurais peut-être une idée, mais pour l’instant, je vais me contenter de te rendre heureuse et…de t’endurer comme capitaine!
- Et moi comme Quartier-maître! À cette pique, nous esclaffâmes de rire, tandis que nous bifurquons vers une ruelle étroite. À l’autre bout se trouvait un bâtiment en pierre aux fenêtres fraîchement lavées. Sa porte était en bois de chêne. Sur sa charpente, il était marqué: «la taverne du cul de jatte» étrange nom pour un tel lieu, que je trouvais, ma foi, très joli.  






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MessageSujet: Re: Élites des mers (terminé)   Dim 19 Juin 2016 - 20:32


Discrètement, nous avions choisi une table isolée. En silence, je sirotais une bière fort amère tout en observant la taverne où nous nous trouvions. C’était une pièce vaste, rustique et chaleureuse. Plusieurs tables en bois avaient été placées pour les voyageurs, ainsi qu’un bar, où un méchoui était en train de cuire en arrière du tavernier. Il y avait un musicien qui jouait une chanson de marin et une danseuse dansait sur une des tables, au grand plaisir des hommes. Certains avaient remarqué mon entrée, mais j’avais gardé un air indifférent et flegmatique.  Après tout, je n’étais pas là pour me faire courtiser, mais bien pour recruter. Dans un futur proche, je serais le capitaine de certains de ses marins. Par conséquent, il fallait que je fasse preuve de prestance, de charisme et d’autorité. Maintenant, il restait à savoir qui ferait l’affaire, mais comment? Comme s’il lisait dans mes pensées, Nassim se pencha et demanda d’un murmure :

-Alors, quel est le plan? Lancer l’offre et sélectionner une fois à bord? Mon regard turquoise se tourna vers lui. C’était une idée classique et efficace, mais cela ne me convenait pas. Non, il fallait tester ses hommes sans savoir qu’ils passaient un test. Dans ce cas, je serais en mesure de voir qui donne le meilleur de lui-même. Pinçant les lèvres, je me penchais à tour pour répondre :

-Non, ça ne suffirait pas. Je veux sélectionner les meilleurs. Par conséquent, ils doivent donner le meilleur d’eux même.  Il nous faut organiser une épreuve, question que je puisse évaluer qu’ils correspondent à mes critères. Nassim opina et demanda :
-Quels sont vos critères, capitaine? À cette question, je réfléchis pendant un instant, puis je répondis sans hésitation :
- Qu’ils aient de l’expérience en mer, mais ça, ils vont me le prouver une fois à bord. Qu’ils savent se battre et qu’ils soient prêts à se surpasser. Qu’ils soient vaillants, discipliner et obéissants. Je n’en peux plus des paresseux et des incompétents. Je veux un vrai équipage!  Mon Quartier-maître approuva d’un sourire. Soupirant, il s’accota contre son siège et croisa les bras, faisant ressortir sa musculature impressionnante. Posant ainsi, il ressemblait à un gardien d’ébène, protecteur et imposant.  J’étais consciente que sa simple présence éloignait les hommes un peu trop audacieux. Je souris pour moi-même, tout en jetant un coup d’œil amusé aux marins qui  me lorgnaient de loin. Il était certain que ma tignasse rousse, ma peau basanée et mon regard limpide attiraient l’attention. Surtout que ma physionomie était bien faite et mon visage revêtait des traits harmonieux et sensuels. Plusieurs fois, j’ai dû remettre à l’ordre certains membres de mon équipage qui avaient osé me faire des avances. Même par deux fois, je fus obligée d’en pendre, car ils avaient essayé de m’agresser. Le fait que je sois une femme n’était pas une excuse pour que mes hommes me manquent de respect.  Mon futur équipage allait devoir le comprendre et me respecter. La voix de Nassim me fit revenir à la réalité. Je croisais son regard bleu, si semblable à une rive calme et sereine. En silence, j’écoutais avec attention sa proposition.

- Comme tu as dit, on ne peut tester leurs aptitudes de marins. Pour ça, il faudrait qu’ils soient sur la Sirène. En revanche, on peut aisément tester leurs aptitudes au combat, ainsi que leur sang-froid.
- Comment?
-En déclenchant une bataille, tout simplement. Il n’y a rien de mieux pour voir qui sait se battre ou pas. Analysant son idée, je penchais légèrement ma tête sur le côté.
- Le mieux serait une bataille en pleine tempête. Pour ça, il faudrait que je les engage et que je les teste à long terme, mais je ne veux pas perdre mon énergie à entrainer des hommes qui n’en vaillent pas la peine. En manque d’inspiration, je grognais et je calais mon verre. Nassim fit lui aussi une mine contrariée. Comment recruter les meilleurs sans les mettre à l’épreuve au préalable? C’est alors que nous entendions un cri de rage qui nous fit nous retourner. Un homme avait lancé son verre par terre en s’insurgeant : «ta bière goûte la merde! J'en veux une autre!» Le tavernier lui lança un regard noir et refusa catégoriquement. « Ma bière est la meilleure qui soit, matelot! Si tu en veux d’autres, va en quémander ailleurs.» Ce jeune homme ne manquait pas de cran, surtout que le marin en question était deux fois plus grand et plus costaud que lui. Intriguée, je dévisageais les deux hommes. Le client grogna comme un ours,il dégaina son arme et il s’approcha menaçant, tandis que le tavernier qui garda son sang-froid. Celui-ci était grand, svelte et brun de tête. Je devinais par sa musculature qu’il n’était pas dépourvu de force et de vigueur. Son adversaire avait tort de le sous-estimer. Confrontant son regard, le tavernier répliqua fermement :

- Je ne veux pas d’ennuis. Ici, c’est ma taverne. Alors, je le répète, si vous n’aimez pas ma bière, dehors! En guise de réponse, les compagnons du marin se joignirent à lui. L’un d’eux pointa son arme vers le concerner rugit : « Paie une autre bière à mon compagnon d’armes, scélérat! Sinon, je te coupe la gorge!»  Devant la menace, le tavernier soupira et feignant la soumission, il prit un bock et le remplit de bière fraîche. Il régnait un lourd silence dans la taverne, tous les regards étaient tournés vers le groupe d’hommes. Voyant le tavernier cédé, la majorité des marins recommencèrent à discuter, mais Nassim et moi n’étions pas dupes. Le conflit n’était pas encore terminé.  Nous échangions un regard entendu et nous nous levons lentement pour nous approcher du bar. Je savais que le tavernier allait avoir besoin d’aide d’un moment à l’autre, mais je voulais d’abord l’observer en tant que combattant. Comme nous l’avions deviné, sa «soumission» n’était que stratégie pour endormir l’ennemi. Celui-ci avait pris son bock de bière en l'insultant : «t’a pas de couilles, morveux! Tu ne vaux pas mieux que ta bière!» Ceci dit, il rit d’un rire gras, ses compagnons firent de même. Au moment où ils échangèrent un regard mi moqueur mi-satisfait, le tavernier en avait profité pour se  saisir d’un autre bock. Sans crier gare,  il le fracassa sur la mâchoire du marin qui n’avait eu de cesse de l’insulter. Celui-ci s’effondra de tout son long et tomba inconscient.  L’assemblée fit silence à nouveau. Tous étaient tendus et alertes. Le regard vert du tavernier brilla d’une fureur que je connaissais bien. Celle du guerrier. Féroce, il rugit à son tour :

- Foutez-moi le camp d’ici sinon je vous tue!
- Va te faire foutre, sale emmerdeur! On va te rentrer ta bière dans le cul! Rétorqua l’un des hommes en l’attaquant d'un coup de hache. Voilà qui venait intéressant. Je jetais un coup d’œil amusé à Nassim, qui sourit à son tour et sortit discrètement son sabre. Le tavernier évita de justesse le coup, et il sortit à son tour une arme. Une épée effilée. Il fit une habile parade et fendit la main de son attaquant qui lâcha sa hache en gémissant. En colère, ses amis entourèrent le tavernier, tandis que plusieurs marins déguerpirent. Les lâches! Au moins, je savais que ceux-ci ne valaient pas la peine d’être recrutés. Le tavernier eut rictus en s’exclamant arrogant : « Alors, messieurs, à qui le tour?» Devant autant d’assurance, je souris, tandis que ses adversaires l’attaquèrent en rugissant. Il réussit à en combattre trois à la fois, déviant leurs coups avec souplesse, mais il manquait de technique et de dextérité. Par conséquent, il ne réussit pas à bloquer une attaque,une lame faillit le transpercer, mais un couteau de lancer vint se planter dans la main de son adversaire. Celui-ci cria de douleur et il se tourna vers celui-ci qui avait lancé le poignard effilé. C’était moi. Les combattants me regardèrent avec surprise et ils cessèrent momentanément de combattre. Voyant que l’attention était sur moi, je bondis sur une table. Charismatique, je m’écriais à l’assemblée: « Messieurs, votre tavernier est en mauvaise posture et il se fait assaillir par des lâches. Qui veut combattre à mes côtés pour lui venir en aide?» Il eut un silence perplexe, puis quelqu’un osa demanda : « T’es qui, ma belle, pour oser intervenir dans un combat d’hommes?» Je fixais l’homme avec intensité et je répondis d’une voix forte : « Je suis le capitaine Sirèna.» Entendant mon pseudonyme, plusieurs marins me dévisagèrent avec les yeux ronds. Durant ma lutte contre les pirates, j’avais réussi à accomplir plusieurs exploits qui avaient su susciter l’admiration. Il y eut un «oh» admiratif, ce qui m’inspira à poursuivre  ma harangue : « Messieurs, je suis ici pour recruter des hommes tels que lui. » Je pointais le tavernier du doigt qui écarquilla les yeux en rougissant. «Des marins qui ont de l’expérience au combat et en mer. Des hommes courageux, vaillants et disciplinés, prêts à se surpasser. Aye, matelot, j’ai tiens à former des élites des mers. Alors, si vous croyez faire partie des meilleurs, prouvez le moi et battez-vous!» Les marins s’échangèrent un regard incertain, mais une dizaine, motivés par mon discours, ainsi que par ma beauté, se levèrent. Ils avaient besoin d’emploi et ils se considéraient dignes de mes critères.  D’un sourire féroce, je  me tournais vivement vers les énergumènes en commandant : « À l’attaque!!!» Il y eut un cri de rage collectif et les épées s’entrechoquèrent.  Les marins qui m’avaient suivi se battaient comme des lions, nos adversaires eurent de la difficulté à prendre le dessus. Pendant que je me battais, je jetais un coup d’œil à Nassim, m’assurant qu’il était resté en retrait comme je lui avais ordonné. Accoté sur le mur, il observa la bataille d’un œil critique, évaluant qui étaient les hommes qui se démarquaient du lot. À son sourire satisfait, je devinais qu’il y en avait plusieurs, dont le tavernier.
 



Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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MessageSujet: Re: Élites des mers (terminé)   Mar 21 Juin 2016 - 8:06


-   Tu es bien meilleur combattant que Tavernier!
M’écriais-je au concerné qui s’était plaqué contre mon dos. À deux, nous avions réussi à terrasser au moins cinq hommes. Oh, je n’avais tué personne, juste blessé suffisamment pour qu’ils se retirent de la bataille. Or, ce qui fut un simple conflit était devenu un combat généralisé. D’autres hommes s’étaient joints à nous, tellement que nous ne savions plus qui se battait pour quoi.  D’un sourire, le tavernier me répondit : « mon oncle était forgeron. C’est lui qui m’a montré à me battre. J’ai toujours voulu devenir soldat, mais le sort en a décidé autrement.» Disant cela, il donna un coup de poing à un homme, tandis que j’envoyais balader d’un coup de pied un adversaire. Les luttes continuaient autour de nous, je distinguais plusieurs marins qui nous avaient soutenus. Ils étaient toujours debout et bien que certains étaient blessés, ils ne semblaient pas vouloir lâcher prise.  Quant à moi, je commençais à en avoir marre, le combat ne continuait pour aucune raison valide. Bientôt, les autorités du port débarqueraient et nous jetteraient aux geôles. Décidant qu’il était temps de partir, je saisis un attaquant et je le projetais au sol. Voyant cela, le tavernier s’exclama épaté : «Où avez-vous appris ça, capitaine?» J’eux un rictus et je répondis : « À l’autre bout du monde, matelot.» Il me dévisagea un instant, son sourire admiratif fit place à la perplexité.   Blessant de sa lame un autre adversaire, il répliqua : «je ne suis pas marin.» Profitant d’un instant de paix, je lui fis face pour rétorquer :
 
-  Non, mais tu pourrais le devenir. Tu viens de m’affirmer que tu rêvais d’être soldat. Je t’offre plus qu’une simple vie militaire. Je t’offre l’aventure, le combat et la liberté. J’eus un petit sourire charmeur. Je te l’ai dit, je veux des marins tels que toi sur mon navire. Comment t'appelles-tu?
-Samy Elegor! Il fendit la joue d’un marin. Je pensais que vous vouliez avoir des marins d’expériences autant en mer qu’en combat. Disant cela, il me fit face. Son visage était viril et harmonieux. Sa chevelure foncée faisait ressortir son regard vert. À cet instant, je le trouvais très séduisant. La seule chose que je sais faire en mer s’est de pêcher en apnée. Mon sourire s’élargit. Encore mieux.
 
- C’est déjà pas mal. Justement…un instant.
Je cassais le nez d’un homme qui avait voulu m’immobiliser par-derrière. Il gémit et s’effondra au sol. Justement, j’ai besoin d’hommes qui savent plonger en apnée. Samy me jeta un coup d’œil surpris. Finalement, l’offre était tentante, mais il avait des responsabilités. La taverne, sa mère…devant de telles excuses, je soupirais. Je ne pouvais le forcer à s’engager et je comprenais ses raisons. Heureusement, les autres marins semblaient prêts à me suivre sans hésitation. Le combat diminuait d’intensité, les blessés abondaient et les combattants commençaient à se fatiguer. Soutenant son regard, je m’approchais de lui.  Il se tendit, non pas par méfiance, mais bien parce qu’un désir ardent le taraudait.  Depuis qu’il m’avait vu entré dans sa taverne, il n’avait pas réussi à décrocher son regard de cette mystérieuse et magnifique houri rousse. J’étais en fait l’ultime raison qui l’avait poussé à confronter la bande de gredins, chose qu’il n’avait jamais osé faire auparavant. La sensualité de cette capitaine le bouleversait. Comment allait-il pouvoir travailler sur les ordres d’une telle femme? Surtout que le genre féminin manquait en mer. C’est pourquoi il devait refuser, même s’il avait très envie d’accepter. Sirèna lui offrait une vie de rêve, celle qui avait toujours voulu. D’autant plus qu’elle était aussi une femme de rêve, mais à sa prestance, il la devinait intouchable et indomptable. Maintenant, elle était très proche de lui, il pouvait sentir l’odeur de son parfum. C’était un mélange de brise marine et de lavande. Elle était enivrante, et il souffrait le martyre de ne pouvoir l’embrasser.

Je le dévisageais en silence, me demandant à quoi il pouvait penser. Bah, je n’étais pas dans sa tête et c’était aussi bien. À son regard réticent,  je soupirais une nouvelle fois. Il semblait convaincu de sa décision, celle de rester et de continuer sa morne vie de tavernier. Déçue,  je remis mon épée dans mon fourreau. Que dire de plus? Croisant son regard, j’informais sérieusement: « Si tu changes d’avis, mon navire lève l’ancre à l’aube. » Disant cela, je me tournais vers le groupe d’hommes épuisés. Les sondant, je m’exclamais: « Pour ceux qui souhaites  faire partie de mon équipage, je vous attends sur la Gargouille. Je pars à l’aube, alors ne soyez pas en retard.» J’eus comme réponse des grognements sourds. C’était peu convaincant, mais je pris ça pour un «oui». Promptement,  Nassim me rejoignit, Samy lui jeta un coup d’œil intimidé. Avec un tel Quartier-maître, la capitaine serait à coup sûr inapprochable.  Je fis signe à Nassim qu’il était temps de partir, il m’approuva d’un hochement de tête. Franchissant la porte, je me tournais une dernière fois vers Samy qui m’avait suivi du regard. D’une voix profonde, je citais avec sagesse : «L’homme sage aspire qu’à accomplir son rêve. Il écoute son intuition et  il fonce le moment venu.  L’homme fou fuit et plonge dans le malheur. Seuls le regret et l’amertume l’attendent au bout du chemin. » À cette citation, provenant de mon ancien maître Miyamoto, Samy baissa la tête avec appréhension. Je comprenais que c’était difficile pour lui, mais accomplir sa destinée n’était jamais facile. La porte se referma derrière moi.


***
-  Diantre, ils sont en retard! Maugréais-je en fixant le quai. L’aube pointait à l’horizon et j’allais bientôt lever l’ancre. Aucun marin ne s’était pointé. J’entendis des rires gras sur mon pont. Irritée, je me crispais. Mes marins tiraient encore au flanc. J’avais espéré pouvoir les congédier, mais les hommes que j’attendais n’arrivaient pas. Je ne pouvais me permettre de réduire mon équipage à moitié, surtout que la Gargouille était difficile à naviguer. Désespérée, je jetais un coup d’œil à Nassim qui me sourit avec sérénité.  Courroucé, je piquais : «Comment peux-tu rester calme quand tous nos efforts ont été vains?» Toujours calme, il rassura : « patience, capitaine. Ils vont venir.» Je haussais un sourcil et je croisais les bras. «Qu’est-ce que tu en sais?» À cette question, Nassim soupira et s’approchant, il répondit : « Je sais que ses hommes doivent dire au revoir à leur famille et à leurs amis. Je sais aussi qu’ils ont passé sûrement du bon temps dans les bras d’une femme, et ça doit être difficile pour eux de s’en détacher.» En soit, ses marins avaient une vie et c’était faire preuve de sacrifice que de travailler à mon bord. Je comprenais, mais ce n’était pas une excuse pour arriver en retard. Soucieuse, je baissais les yeux.  Après un moment, mon compagnon me murmura à l’oreille : « Ils doivent appréhender d’être sous les ordres d’une aussi belle capitaine que toi. Il sourit moqueur. C’est sûrement pour ça qu’ils prennent leur temps à quitter la couche de leurs catins… Son sourire s’affaissa légèrement, son ton se fit plus sérieux : «Sais-tu qu’à chaque fois c’est une torture émotionnelle et sensorielle de te contempler?» D’un sourire triste, je levais mon regard turquoise. Après un silence, j’approuvais : «Je sais, Bosco. Ma beauté est l’un de mes plus lourds  fardeaux.  C’est pourquoi je me prive d’être coquette.» Nassim rit légèrement en rétorquant narquois : « Même avec un sac de papier sur la tête, tu resterais coquette.» Je ne pus m’empêcher de rire à ce drôle de compliment. C’est alors que des voix  attirèrent mon attention. Un groupe d’hommes approchait, ils étaient une dizaine. À leur tête se trouvait Samy. Quelle agréable surprise. Accotant mon pied sur le rebord, je m’exclamais : « Messieurs, vous êtes en retard.» Mon nouvel équipage me jeta un coup d’œil désolé.Ce qui me fit  sourire courtoisement. «Pour cette fois, vous êtes pardonnés, mais que ça ne se reproduise plus.» À mon grand plaisir, ils me répondirent respectueusement: «à vos ordres, Capitaine» Mon sourire s'élargit de satisfaction. Croisant le regard de l’ancien tavernier, je demandais narquoise: « Alors, tu as choisi la voie de l’homme sage?» D’un sourire, Samy acquiesça en répondant mesquin : « Aye, Capitaine, mais sachez que je suis plus fou que sage.» J’eus un rictus, puis je m’exclamais : «Élites, je vous souhaite la bienvenue!»
 


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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MessageSujet: Re: Élites des mers (terminé)   Sam 25 Juin 2016 - 15:37


La femme de ses rêves n’était pas de tout repos, même elle était aussi dure qu’un homme pourrait l’être. Cela faisait maintenant deux mois que Samy était au bord de la Gargouille, pillant les pirates et apprenant les durs rudiments de marins, mais aussi de guerriers d’Hokusaï. Évaché dans son hamac, il sentait son corps meurtri, et étrangement, il en ressentait du plaisir. La douleur était le signe qu’il apprenait bien, et qu’il avait gagné en force, en souplesse et en agilité. Fixant le plafond de la cale, il soupira de bonheur. Samy avait bien fait de choisir de la suivre, il ne s’était jamais senti aussi accompli. Se souvenant des formes de combats orientaux qu’il apprenait, il pensa que son oncle ne lui avait jamais appris à se battre comme ça. Dès le premier matin, Sirèna les avait réveillés à l’aube, les forçant à courir autour du pont pendant au moins une heure sans repos. Après, elle leur avait appris un terme étrange : «sutki», qui signifiait repos. À cet ordre, ils devaient se mettre impérativement en rang d’oignons, au garde-à-vous. Positionnés, ils avaient répondu : «Akême», qui voulait dire «Oui, maître». Ainsi avait commencé sa nouvelle vie. Leurs entraînements étaient variés, polyvalents et efficaces. Cela variait entre des exercices de combats, de souplesse et d’entraînement musculaire. Le matin, ils débutaient par un réchauffement et  par des katas, Samy était rendu à celui de la grue, il persévérait à le maîtriser. Par la suite, ils pratiquaient des projections au sol, des prises de soumissions et des duels, mettant en pratique les formes apprises. Ensuite, ils s’entraînaient musculairement, pour finir par un approfondissement de leur souplesse, question de soulager leurs muscles endoloris. En tout, outre leurs tâches maritimes, ils s’entraînaient trois heures par jour.  Sirèna tenait à ce qu’ils soient dignes de leur titre : «Les élites des mers.»

Non habitué à ce genre d’entraînement en mer, ça avait été très dur pour l’équipage. Sirèna les avait mis à rude épreuve, mais ils avaient persévéré et progressivement, le résultat de cette rigoureuse et exigeante formation avait fait ses preuves. Aye, Samy et les autres n’étaient pas rendus des maîtres, loin de là, mais ils apprenaient vites et biens. Le marin sourit, tout en songeant à la crinière de feu qui emplissait ses rêves de sensations des plus érotiques. Malgré qu’il fût épuisé par  ses entraînements et les tâches de matelots, il avait encore un peu d’énergie pour fantasmer sur cette femme. L’unique du navire. Leur magnifique capitaine, si forte et si désirable. Samy savait pertinemment qu’il n’était pas le seul à la désirer, mais il aimait rêver qu’il était le seul à la posséder, à l’aimer. Se perdant dans le souvenir de ce regard limpide, il s’endormit le sourire aux lèvres. Les vagues bercèrent doucement son hamac. Une douce musique de violon submergeait l’atmosphère, rendant la nuit profonde et réconfortante.  Cette mélodie, digne des anges, provenait de ma cabine. Jouer du violon avant de dormir, c’était notre rituel à Nassim et à moi. Croisant son regard, je souris tendrement, tandis que l’archet caressait les cordes de l’instrument, engendrant des notes de musique harmonieuse et fluide. Mon Quartier-maître me rendit mon sourire et se joignit à moi, jouant des notes plus joyeuses et rapides. Nous atteignons un crescendo ultime, puis la musique se termina doucement, tel le bruit d’un ruisseau. Je soupirais en déposant mon violon sur le mur, tandis que Nassim le déposa proche du futon, où il s’assit. Son regard bleu se riva vers moi, il prenait toujours un malin plaisir à me contempler, surtout quand j’étais vêtue d’une robe. Il était le seul à qui j’accordais le droit de me voir ainsi, dans toute ma féminité. Peut-être était-ce le fait qu’il était eunuque, ou que j’avais entièrement confiance en lui? Peut-être les deux? Peu importe, avec Nassim, je pouvais être moi-même. Je doutais qu’un jour je me sente aussi bien avec quelqu’un. En fait, c’était impensable, même impossible. Quel homme pourrait gagner ma confiance, ainsi que mon amour, et avec qui je pourrais être Cassiopée, et non Sirèna. Non, c’était impossible.

-À quoi penses-tu, Cassiopée? demanda mon compagnon qui s’était allongé sur le divan. Pensive,  je le dévisageais pendant quelques instants, puis je décidais de m’assoir à ses côtés. À mon approche, il admira ma robe turquoise, moulante à souhait, qui avantageait mes courbes. M’assoyant, je pris ses pieds dans mes mains, et enlevant ses chaussures, je me mis à les masser vigoureusement. Il grogna de satisfaction et ferma les yeux avec plaisir.

- Tu masses comme une déesse…souffla-t-il avec extase. Je ris légèrement, puis je répondis à sa précédente question :
- Je pensais à toi. Je me disais que jamais je me sentirais aussi moi-même qu’avec toi. Il ouvrit légèrement les yeux, puis il se leva pour m’étreindre. Je soupirais et je laissais mon front tombé contre son épaule solide et massive. Il caressa doucement ma chevelure rousse en murmurant : «Il ne faut jamais dire jamais, toute belle.» Il soupira et après un instant d’hésitation, il avoua :  « si un jour, je devais mourir, tu devras apprendre à faire confiance à quelqu’un. À être toi-même.» Je fronçais les sourcils et je voulus relever la tête pour protester, mais il renchérit : «Cassiopée, je ne voudrais pas que tu t’abandonnes à la solitude. Tu es faite pour être heureuse, et être aimée.» Je sentis mes yeux se remplirent de larme, je l’étreignis de nouveau en soufflant : «c’est impossible, Nassim. Je ne pourrais faire confiance à aucun autre homme que toi. Qui pourrait me comprendre sans me juger? Qui voudrait être auprès de moi, sans vouloir nécessairement m’avoir dans sa couche? » Il eut un rictus, et essuyant une larme, il souffla moqueur : « un homosexuel ferait sûrement l’affaire.» À cette plaisanterie, je ris et je l’envoyais balader gentiment. Je n’avais rien contre les personnes aimant le même sexe, mais je ne les fréquentais pas particulièrement. «Je préfère les eunuques »  répliquais-je d’un sourire mesquin.

 Revenant à la priorité, je levais mes yeux sur une carte du monde en face de nous. Toutes les régions d’Ildirith y étaient indiquées. Suivant mon regard, Nassim demanda : «Alors, c’est quoi la prochaine destination?» Je soupirais, me disant qu’il y avait deux destinations possibles : la Norpalie et Hokusaï. Maintenant, mon équipage était constitué de Bélinois et de Varakirois. En tout, j’avais recruté vingt hommes, de solides guerriers et d’excellents marins. Sans pitié, j’avais congédié mon ancien équipage, gardant seulement ceux qui s’étaient démarqués par leur vaillance, leur obéissance et leur combativité. Il y en avait peu. Par conséquent, il me manquait une dizaine de braves marins. C'est certain que Hokusaï était préférable,car il formait de très grands guerriers, mais repenser à cette région fit serrer mon cœur. J’avais abandonné mon fils là-bas, il était maintenant âgé de cinq ans. Mes yeux limpides se firent tristes. J’espérais que les moines s’occupaient bien de lui, mais je ne tenais pas à m’en assurer. Je me sentais honteuse et coupable. Depuis sa naissance, j’avais gagné en maturité, mais aussi en conscience d'autrui.  J’étais consciente qu’un enfant avait besoin de sa mère, mais je n’étais pas en mesure de l’être. En le revoyant, je n’étais pas sûr de pouvoir l’aimer comme il se doit. J’avais peur de lui faire du mal. Je préférais me tenir à distance et que d’autres lui offre l’amour qu’il avait besoin. Je soupirais, me demandant pour la millième fois s’il était heureux. Était-il plus grand que les autres enfants de son âge? Me ressemblait-il? Aimait-il aussi la mer et la bataille? Je souris légèrement, prenant plaisir à imaginer un mignon gamin espiègle, aux cheveux roux et aux yeux limpides. La seule chose que je savais de lui c’était qu’il avait une tâche de naissance sur la poitrine. Elle avait la forme d’un trident. Était-ce le signe d’un futur capitaine? Sûrement, après tout, il descendait d’une longue lignée de marins. C’est alors que mon sourire fit place à l’amertume. Je revis  chacun des visages qui m’avaient violé. Des regards bruns, bleus, ambrés…mon fils ressemblait-il à l’un de ses salauds de mutins? À Sharim? J’eus un frisson de dégoût. Non, c’était mieux que mon fils soit loin de moi. Soudain, des doigts caressèrent ma nuque, je la tassais farouchement. Me rendant compte que c’était Nassim, je revins à la réalité et je lui jetais un regard désolé. Il eut un sourire triste et me demanda : « Tu étais encore là-bas?» Il parlait du soir de la mutinerie. J’acquiesçais, puis secouant la tête, j’ordonnais : « Mets le cap vers la Norpalie.» Comprenant que j’avais besoin d’être seul, il opina et sortit promptement. Je soupirais. Repenser à mon fils me faisait grandement souffrir. Le cœur serré, je sanglotais  en soufflant : « Dylan, mon petit trésor, je suis désolée…si désolée…» Dylan, c’est comme ça que je l’aurais nommé. Cela signifiait fils de la mer. Il portait désormais un autre prénom, mais j’ignorais lequel. Je ne le serais probablement jamais.



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Élites des mers (terminé)

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