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 Quand le passé frappe à la porte....

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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mer 15 Juin 2016 - 17:22

hrp:
 
Eleonor avait rejoint Aimée pour terminer la préparation du repas. Plus sereine, elle avait rassuré l’adolescente que tout allait pour le mieux. Flynn et elle avaient eu seulement besoin d’une bonne discussion pour clarifier leur situation. Songeuse, Eleonor repensa à cette même conversation. Son cœur se fit tendre en se remémorant les paroles de Flynn. Le pirate lui avait confié qu’à son départ il avait ressenti un vide, preuve qu’elle avait laissé son empreinte sur lui. Le fait qu’il avait été un hors-la-loi était venu compliquer leur relation. Même s’il les avait retrouvés, elle et les enfants, il considérait que sa famille n’aurait jamais été tranquille. Ce n’était pas une vie qu’il voulait leur offrir. Sage et responsable, Nora l’avait approuvé en répondant : «Je comprends et avec le recul, j’avoue que je n’aurais pas voulu d’une telle vie. Être sans cesse pourchassé n’est pas une vie.  Ni pour des adultes, encore moins pour des bébés.» Eleonor avait beau se dire qu’elle serait capable de s’adapter, elle savait que les jumeaux en auraient souffert. Juste la traversée les avait rendus très anxieux. Non, la stabilité était la meilleure option, pour elle et ses enfants. Certes, l’aventure lui manquait, mais pas le danger, et souvent, l’un ne venait pas sans l’autre. Plus tard, elle irait voyager avec sa famille, découvrir de beaux paysages, calmes et paisibles, mais pas maintenant. Elle restait ouverte à la possibilité de vivre ailleurs, mais pas sur un navire. C’était un lieu qui frôlait de trop prêt l’imprévisibilité, mais surtout la mort. Nora aimait avoir un endroit à elle et pouvoir y revenir quand elle le voulait. Un endroit paisible et stable. Sa petite maisonnée familiale était cet endroit auquel Nora avait toujours aspiré. Son sourire s’agrandit. Elle était contente de sa vie et de ce qu’elle avait construit. Non, elle ne voudrait pas échanger cela pour rien au monde, pas même pour Flynn. Comme elle lui avait avoué, elle l’aimait, mais non plus passionnément, mais d’un amour affectueux, profond et respectueux. Se souvenant de Sirèna, Eleonor soupira. Plus elle y pensait et plus elle considérait que son amie avait bien agi. Leur situation avait été délicate et si celle-ci lui avait envoyé une lettre, ça aurait mis probablement  Flynn en danger. Celui-ci avait raison, si une personne malveillante avait intercepté la missive, il serait toujours recherché. Sirèna avait été prudente et rusée.

Une fausse mort…pour mentir effrontément aux autorités, elle n’avait pas manqué ni d’audace ni de courage. C’était tout à son honneur. Pour ce qui  était de la séduction, Eleonor n’était pas dupe. Elle connaissait l’intégrité de Sirèna. Flynn prétendait qu’il s’était laissé séduire, mais c’était sûrement la beauté et la personnalité de son capitaine qui l’avait séduit, et non pas une tentative de séduction délibérée et aguicheuse. Eleonor regrettait d’avoir pensé du mal d’elle et de l’avoir traité de putain. Après tout, Sirèna n’avait pas couché avec Flynn, c’est à croire qu’ils ne s’étaient même pas embrassés. Tout compte fait, Flynn et Sirèna  étaient restés fort sages en amour, contrairement à Nora, qui durant son voyage, avait eu au moins trois amants d’affiler. La jeune femme en rougit presque de honte, puis elle rit sous cape. À part Sirèna, personne n’était au courant de ses aventures pour le moins érotiques. C’était mieux ainsi et elle espérait que l’humaine n’en toucherait pas mot à Flynn. Soupirant, elle se remémora son amie à la crinière de feu et aux yeux turquoise. Oui, c’était normal que Flynn se soit laissé séduire, le contraire aurait été un vrai sacrilège. Sirèna avait tout pour plaire. Elle était magnifique,intelligente, déterminée, brave, indomptable et combattive. Or, selon Flynn, sa capitaine pouvait se montrer fragile au niveau des sentiments. Eleonor avait ressenti cette fragilité. Elle se doutait que quelque chose de tragique hantait son amie, mais jamais celle-ci ne lui en avait parlé. Par son sourire triste, Flynn semblait  au courant de cet évènement traumatisant, mais Nora décida de ne pas le questionner. Cela ne la regardait pas. Compatissante, elle avait dit simplement : « J’espère qu’elle vaincra ses appréhensions, car elle mérite d’être aimée à sa juste valeur. Elle se sentira pleinement épanouie dans les bras d’un homme qui l’aime, et qu’elle aime.» Elle lui lança une œillade taquine. Comme tu l'as supposé,  Benjamin sera peut-être l'élu? Ne dit-on pas que la jeunesse surpasse la vieillesse? » Disant ça, elle pouffa de rire. Bien sûr, c'était pure taquinerie. C'était certain que Sirèna allait préféré Flynn au mousse.  Pendant qu’ils marchaient vers la maisonnée,  leur discussion porta sur un sujet plus léger : les futures visites de Flynn.

Marchant à ses côtés, l’éladrin avait confié :
-Je ne sais pas à quelle fréquence je pourrais venir vous voir, les enfants et toi. La vie sur la mer n’est pas la plus prévisible qui soit, mais je tâcherais de t’écrire souvent. J’imagine que ça te fera un peu de lecture pour les endormir. » Elle avait eu un sourire amusé et opinant, elle rassura :
-Je ne t’en tiendrais pas rigueur si tu ne viens pas souvent. Je comprends tout à fait  l’imprévisibilité de la mer.  J’essaierais de ne pas trop m’inquiéter si je reçois tes lettres en retard. Ici, le courrier arrive toujours un mois après la date d’envoi, et même plus tard que ça. Je te l’assure, c’est vraiment exaspérant! Elle avait dit sa dernière phrase d’une moue irritée. Tant de choses pouvaient se passer durant ce laps de temps. On dirait qu’ils vivaient toujours dans le passé. Elle soupira, puis à la remarque du sommeil de ses enfants, elle avait souri tendrement. Prenant sa main, elle promit : «Je te promets que je leur lirais tes lettres autant de fois qu’ils me le demandent. J’ai hâte de voir comment ils vont t’imaginer.»  Eleonor eut un petit sourire taquin. Sûrement comme un héros des mers affrontant vents et marées. Le fait que tu sois un pirate risque de stimuler grandement leur imagination.» Il eut un petit sourire amusé, puis il digressa, parlant de Lysandre. L’écoutant, Nora rougit légèrement et approuva  d’un air contrit : «j’admets qu’il lui faudra du temps avant de s’habituer à toi. Finalement, c’est peut-être une bonne chose que tu viens nous voir une fois de temps en temps. Dès que vous deviendrez les meilleurs amis du monde, tu pourras revenir plus régulièrement» Nora le taquinait, mais elle espérait sincèrement que Lysandre et Flynn deviennent ami. Ça faciliterait les choses. À la mesquinerie du pirate, elle répliqua sans gêne :    «merci de te soucier de ma vie sexuelle.» Prenant un air mi moqueur mi pincé, elle continua : « Sache que je ne suis pas comme ses amants qui aiment partager leur couche. Je suis une femme très conventionnelle. Alors oui, j’aime beaucoup mon intimité auprès de mon mari dans la chambre à coucher.»

Se souvenant de ses dires, Nora éclata de rire. Aimée se tournant vers elle, le regard surpris. En guise de réponse, Eleonor ne fit que hausser les épaules, le sourire aux lèvres et l’œil brillant. L’adolescente sourit à son tour, soulagée de voir sa belle-sœur aussi heureuse.  Elles finirent de garnir les crêpes d’asperges, de brie et de canard, puis elles s’attardèrent à la crème brûlée et aux biscuits au beurre. Le repas  promettait d’être délicieux. Eleonor attendait déjà l’estomac du pirate grondé. Bien que la nourriture qu’offrait Sirèna fût bonne, surtout pour un navire naviguant longtemps en mer, ce repas risquait d’être inoubliable pour le séduisant marin. C’est alors que des bras entourèrent sa taille. Surprise, Nora se tourna vers Lysandre, qui venait de se réveiller. Son visage était détendu et heureux. Visiblement, sa femme avait visé juste quant à la méthode pour le rassurer et le mettre en confiance. Après un doux baiser, elle demanda : « Alors, as-tu bien dormi, mon amour?» En silence, il acquiesça d’un sourire comblé, puis il se pencha pour goûter à l’une des crêpes. Sans crier gare, Nora lui tapa le bout des doigts en s’exclamant : «Ah non, patience, ce n’est pas encore prêt!» Amusé, il feignit l’indignation en suppliant: «Comment peux-tu me priver de quelque chose d’aussi délicieux?» Elle rit en rétorquant : « Le plaisir est encore meilleur quand tu te languis de lui.» Il leva un sourcil, puis vif d’esprit, il répliqua : « Le seul moyen de se libérer d’une tentation, c’est d’y céder.» Rapide, il la leva pour la tasser sur le côté et il goûta à la crêpe fourrée. Eleonor poussa un petit cri vexé, tandis qu’Aimée éclata de rire.  Le repoussant légèrement, sa femme s’insurgea : « tu n’es qu’un voleur! Non. Pas de baiser, non…ni…» Faisant fi de sa vexation, Lysandre réussit à l'embrasser passionnément, ce qui frustra un peu plus Eleonor. Se dégageant, elle  rouspéta d’une moue boudeuse : «Au lieu de profiter de moi, rends-toi utile. Va prévenir Flynn que le repas est prêt.» À cette requête, qui ressemblait plus à une punition qu’autre chose, Lysandre grogna. Il voulut refuser, mais Nora eut le dernier mot : « Tu avais juste à ne pas grignoter dans le poêlon. Va et tentez de bien vous entendre.» Elle lui jeta un coup d’œil narquois en narguant: « Un voleur et un pirate? Vous faites bien la paire tous les deux!» Lysandre marmonna quelque chose d’incompréhensible, mais ayant trop faim, il céda et alla chercher le pirate. Au seuil de la porte, l’Aasimar se rendit compte qu’il ne savait pas du tout où le trouver.  Se retournant, il demanda morose : « Où est-il au juste?» Concentrer sur sa recette, Nora répondit brièvement : «Soit avec les enfants, soit sur le toit. »


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mar 21 Juin 2016 - 18:35

Soit les deux… Enfin, pas exactement. Une fois rentrés du jardin, nous avions rejoint Aimée et les jumeaux dans la cuisine et, puisque ma présence n’y était pas requise, je m’étais éclipsé avant que les deux femmes ne me chassent à coups de cuillère en bois, avec Kallypso et Kalaad. Montant dans leur chambre, je les déposai dans leur lit prenant le temps de jouer avec eux quelques instants, réfléchissant encore à ce qui avait été dit, à cette petite mise au point avec Nora, ce dialogue que nous avions eu besoin d’avoir, elle et moi. Après quelques minutes, mon fils s’était endormi comme une masse, mais sa sœur, elle, semblait ne pas vouloir dormir. Ainsi, sans me démonter, je la pris dans mes bras et quittait la pièce. Non pas par la porte, mais par la fenêtre. Bien entendu, je pris toutes les précautions nécessaires pour qu’elle ne risque rien, mais ce n’était pas un simple toit qui allait me faire perdre mes moyens. La petite sembla apprécier de prendre un peu d’altitude et je m’écartais légèrement du bord pour m’installer confortablement, du moins autant que faire se pouvait, sur le toit de la maison de mon ancienne amante, qui hébergeait désormais son mari, sa belle-sœur et ses enfants. Avec douceur, je tenais Kallypso contre moi qui, après quelques petites minutes à s’extasier devant la vue, visiblement, sembla trouver un peu d’apaisement et décida de se laisser bercer par ma respiration à nouveau avant de sombrer dans un sommeil somme toute relatif, mais bienvenu. Allongé sur le toit, la tête tourné vers le ciel, ma fille contre mon torse, je ne pus m’empêcher de penser à Cassiopée, à son voyage, à sa mission, au dragon, à cette chanson et… surtout, à ce que je pourrais bien faire si La Sirène ne devait pas venir me chercher. Après tout, ce navire était devenu ma nouvelle maison.

Nora semblait avoir entendu raison au sujet de la marraine de ses enfants, mais je ne pouvais pas lui reprocher de lui en vouloir, un peu, de s’être mise entre elle et moi, même involontairement. Mais elle était heureuse, et elle aurait ici tant de choses que je n’aurais jamais pu être en mesure de lui offrir. Et si je savais que je ressentais encore du désir pour l’Aasimar et que, en toute honnêteté, j’aurais volontiers échangé ma place avec celle de Lysandre quelques heures plus tôt, je devais aussi avouer que repenser à la chevelure de ma Capitaine laissait en moi d’autres fantasmes encore inassouvis mais pourtant particulièrement agréables. Peut-être était-ce simplement parce qu’elle m’était restée inaccessible, mais j’avais tendance à penser que je désirais réellement Cassiopée, à cause des sentiments que je ressentais pour elle, et pas simplement parce que, en tant qu’homme, je finissais par avoir des besoins après plusieurs semaines en mer. D’ailleurs, le séjour au Boyau et le voyage jusqu’à Quiétude en étaient peut-être la preuve la plus évidente. J’aurais pu mille fois m’abandonner dans les bras d’une femme mais je ne l’avais pas fait. S’il y avait une femme contre laquelle je voulais me coucher, c’était cette corsaire aux cheveux de feu. Encore fallait-il qu’elle soit en vie, et, surtout, qu’elle veuille de moi. « Tu en feras tourner des têtes, ma fille. Prends garde aux hommes, se sont souvent de vils créatures, comme moi. » J’esquissais un sourire, passant une main sur la tête de ma fille encore endormie et qui, probablement, ne se souviendrait pas de ce conseil. Néanmoins, je ne manquerais pas de le lui rappeler lorsqu’elle serait en âge de s’amuser davantage qu’en jouant avec de petits objets en bois et autres jouets du même genre.

Alors que je me perdais dans mes pensées, repensant aux occasions qui me seraient données de revoir mes enfants ou de leur écrire, j’entendis une voix m’appeler. Relevant la tête et conscient que je ne verrais pas grand-chose de l’endroit où je me trouvais, je me redressais doucement, veillant à la sécurité de Kallypso, qui dormait encore dans mes bras. Au deuxième appel, je reconnus la voix de Lysandre. M’approchant du bord du toit, je me penchais un peu en avant, le découvrant en contrebas. « Debout, la marmotte ? » J’esquissais un léger sourire, sachant pertinemment pourquoi il s’était endormi comme une masse. Apparemment le diner était prêt et mieux valait descendre. « J’arrive ! » Reprenant de bons appuis, je descendis prestement le long de la façade de la maison pour finalement rejoindre la terre ferme devant l’Aasimar, mon enfant toujours endormi contre moi. « Je vais la coucher et je redescends, avec un peu de chance, ils nous laisseront diner en paix. » D’un regard entendu, je m’exécutais tel que je venais de lire. Dans la chambre, Kalaad dormait toujours paisiblement et sa jumelle ne broncha pas d’un pouce quand je l’allongeais à côté de ce dernier. Quittant la chambre sur la pointe des pieds, je redescendis finalement dans la cuisine, trouvant mes hôtes et une table bien remplie. L’odeur du diner était particulièrement alléchante. « Je n’avais pas eu l’occasion de goûter à tes talents de cuisinière lorsque nous nous sommes connus. Je vois que j’ai raté quelque chose ! » Je fis un sourire à Nora avant de me tourner vers Aimée. « Sauf si c’est à toi que l’on doit ce festin, bien sûr. » Je fis un clin d’œil à la sœur de Lysandre tandis que je m’installais à table. Mon odorat était particulièrement sollicité, et, je devais l’admettre, cela faisait un petit moment que je n’avais pas vu de repas qui me faisait autant envie.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mer 22 Juin 2016 - 20:05

hrp:
 

Bon, il n’était pas dans la chambre des enfants. En plus, Kallypso ne dormait pas au côté de son frère. Inquiet, Lysandre jeta un coup d’œil à la fenêtre entrouverte…ne me dis pas que…son sang fit un tour, il se précipita dehors pour s’assurer que la petite allait bien. Maugréant, l’Aasimar accéléra le pas, tout en prenant soin de ne pas se faire remarquer par sa femme. Si celle-ci apprenait que sa fille était sur le toit, même si l’éladrin veillait probablement sur elle, Eleonor risquait d’être très en colère. Elle était si facile à faire tourner en bourrique. À cette pensée, il sourit pour lui-même. Un jour, sachant que les petits aimaient les sensations fortes, il lui avait proposé qu’elle leur fasse visiter le ciel. À cette idée, Eleonor lui avait presque jeté un chaudron à la figure, le traitant d’irresponsable et d’imprudent. Il n’imaginait pas comment elle allait traiter Flynn si elle apprenait qu’il était perché en haut du toit avec Kally. Quoique…si ça pouvait accélérer son départ, peut-être que ça serait une bonne chose de prévenir Nora? Il eut un sourire presque sadique, mais il décida de garder ça pour lui. Bien qu’il fût encore un peu jaloux du pirate, Lysandre ne lui voulait pas de mal. Après tout, Eleonor avait partagé sa couche avec lui et non avec Flynn. Se souvenant de leur ébat effréné, l’Aasimar eut un sourire victorieux. Le pirate devait s’en mordre les doigts, mais au moins, il avait Sirèna. Selon les dires de Nora, cette capitaine était magnifique.  Lysandre avait bien hâte de la rencontrer, en espérant qu’elle soit encore en vie. Visiblement, Flynn savait attirer des femmes exceptionnellement belles et intelligentes. L’Aasimar l’enviait un peu, mais il ne se sous-estimait pas en matière de séduction. N’avait-il pas réussi à conquérir le cœur de Nora et même, à l’épouser?  Elle l’avait choisi, maintenant,Lysandre devait faire confiance à sa femme, mais surtout, à lui-même. Certes, il n’était pas un aventurier chevronné, mais il avait d’autres qualités qu’Eleonor appréciait. Contrairement à Flynn, Lysandre  pouvait lui offrir une solide stabilité, ainsi qu’une vie calme, paisible et heureuse.  Il était convaincu que sa femme n’échangerait pas cette quiétude pour rien au monde. Maintenant, restait à retrouver Flynn et comme le voulait Nora, à s’entendre avec lui.  De toute façon, c’était toujours pratique d’avoir un pirate dans la famille, surtout si des gredins lui devaient des comptes.  Il eut un rictus, puis il soupira. Où était ce bougre de singe? Levant les yeux, Lysandre scruta le toit. Personne.  Fronçant les sourcils, il l’alpagua d’une voix forte : «Flynn! Es-tu en haut?» Silence.  Impatient, il l’appela de nouveau.  Enfin, le pirate fit son apparition avec une Kallypso endormie dans ses bras. L’Aasimar fut soulagé de voir qu’il la tenait fermement.

 - Debout, la marmotte ?  Demanda le pirate en esquissant un léger sourire. À cette question farfelue, Lysandre le dévisagea avec surprise. Comprenant que c’était une taquinerie, il décida d’enterrer la hache de guerre et il lui rendit son sourire. Narquois, il répliqua :
-  Absolument. Son sourire s’élargit et voulant faire un envieux. «Disons que je suis une marmotte repue et comblée, mais je ne te cacherais pas que Nora sait comment m’achever. Heureusement, je m’en suis remis.»  Il fit un clin d’œil à Flynn, tous deux se comprenaient sur ce point. Ayant connu la même femme, ils savaient pertinemment que Nora était agréable en amour, même un peu trop. À chaque fois, Lysandre se retrouvait épuisé de fatigue. Il eut un rictus, et d’un large geste, il s’exclama : «Allez, descend, le dîner est prêt! »  À cette information forte alléchante, le pirate lui répondit qu’il arrivait. Observant la descente, l’Aasimar admira sa grande agilité. Dans ses bras, Kallypso ne risquait rien. Il soupira de soulagement, tout en baissant les yeux sur le bébé endormi. Elle semblait si paisible, c’était touchant à voir. D’un sourire, Lysandre croisa le regard gris du pirate et contre toute attente, il remercia sincèrement :«Je voudrais te remercier d’avoir pris soin de Nora quand elle était en danger. Sans toi, je ne l’aurais jamais connue. Ni elle ni  vos enfants. Lysandre hésita, mais après un instant, il confia : « je t’avoue que j’ai été particulièrement méfiant à ton égard, et je le suis sûrement encore un peu, mais je tiens au bonheur de Nora et à celui des jumeaux. Dans un avenir proche, je suis persuadé qu’ils vont avoir besoin de toi. Lysandre riva à nouveau son attention sur Kally, il lui caressa tendrement la joue. «Je les aime comme mes propres enfants et je ferais tout pour les protéger, mais je sais que je ne pourrais pas tout leur offrir. Son regard mauve soutint les yeux gris qui le dévisageaient avec attention. Je suis un Aasimar, je comprends ceux de ma race et les difficultés propres à celle-ci. En revanche, je connais bien peu de chose sur les éladrins. Je pourrais m’informer pour veiller à leur épanouissement, mais je sais qu’il va leur manquer quelque chose. Ce quelque chose, Flynn, c’est toi qui va pouvoir leur apporté, pas moi.» Il eut un sourire sincère.  «Bref, tu es le bienvenu dans la famille. Juste nous avertir avant de venir. Je ne veux pas qu’à chaque fois Nora s’évanouisse dans tes bras. Je  tiens à sa santé.» Ils eurent un regard entendu. Terminant cette étonnante conversation, Flynn décida qu’il était temps de ramener sa fille dans son berceau. Mesquin, Lysandre répliqua : «Pour ce qui est de la paix, ni compte-pas trop. Quand ils se réveillent, ils sont pires que les Tiefflins ! De vrais petits diables.» Il jeta un coup d’œil moqueur au bébé endormi. «Maintenant qu’elle a découvert le toit, elle va vouloir exiger plus. Bientôt, nous allons  devoir la bercer dans les étoiles.» Disant cela, il suivit Flynn jusqu’à la maison et d’un sourire entendu, il alla aider les femmes à préparer la table, tandis que le pirate monta coucher sa fille.

Bien que la journée fût assombrie par la nouvelle du dragon, il régnait une atmosphère festive dans la cuisine. Eleonor et Aimée avaient recouvert la table d’une jolie nappe verte, ornée de dentelles, et elles y avaient déposé des assiettes en porcelaine, réservées pour les grandes occasions. Plusieurs plats avaient été servis, tels que du potage à la courge, des crêpes fourrées, des rouleaux aux légumes champêtres, etc.Tout pour faire plaisir à leur invité, qui était venu de loin et n’avait sûrement pas mangé de vrai repas depuis des lustres. Ce fut une odeur délicieuse qui accueillit Flynn. Voyant le banquet fait à son honneur, le pirate avoua qu’il n’avait jamais eu l’occasion de goûter aux talents de cuisinière d’Eleonor et qu’il avait raté sa chance.  Elle lui rendit son sourire, tandis qu’il tourna son attention vers Aimée. Celle-ci rougit légèrement à son compliment et répondit : « Disons que le mérite revient à nous deux.» Nora lui lança un clin d’œil et ajouta : «Tout à fait, mais je dois dire qu’Aimée a un talent naturel en cuisine. Dans ce domaine, elle est bien plus créative que moi. C’est elle qui a imaginé le menu, je n’ai suivi que ses instructions.» Aimée gloussa en rétorquant moqueuse : « Que veux-tu, Nora chérie, tu ne peux pas tout avoir.» S’assoyant, Lysandre rit légèrement et répliqua : « Une chance, sinon je ne l’aurais pas épousé! Une femme qui a tout, c’est vraiment complexant. N’est-ce pas Flynn?»  À la surprise des deux femmes, l’aasimar lui jeta un regard taquin, même amical. Eleonor en fut à la fois soulagée et intriguée. Visiblement, ils étaient efforcés à s’entendre, et elle espérait que ça irait en s’améliorant. La conversation continua de plus belle. Les plaisanteries et les anecdotes abondaient, rendant l’atmosphère plus que joyeuse.

Terminant son potage, Nora riva son attention vers Flynn, et un peu pompette à cause du vin, elle s’exclama : « Flynn, raconte-nous une de tes aventures que tu as vécues sur la Sirène! As-tu rencontré des pirates? Ou un monstre marin?» Le regard étincelant, Aimée approuva d’un sourire joyeux : «Oh, raconte-nous! Est-ce que tu as livré bataille?» Il y eut un rictus moqueur. C’était Lysandre qui avait croisé ses bras et s’était assis confortablement sur sa chaise. Croisant le regard de Flynn, il répliqua mesquin : «Attache ta tuque, matelot, car de toi à moi, ces dames ne sont jamais rassasiées. Elles en veulent toujours plus…»il sourit mystérieusement. Sa parole était à double sens, mais pour ne pas blesser les chastes oreilles de sa sœur, il précisa : «…surtout concernant les histoires d’aventures pittoresques. Je te le dis, elles vont nous faire passer une nuit blanche. Un bon cognac s’impose! En veux-tu?» À ses dires, Eleonor gloussa, termina son verre de vin et le tendit brusquement à Lysandre. « J’en veux aussi! Il n’y a rien de mieux que du cognac pour nous garder réveillés…hic  Son mari échangea un regard perplexe avec Flynn. Sa femme commençait à être soûle. Devait-il l’encourager ou au contraire, faire son devoir de mari et la raisonner?  C’est alors que quelqu’un cogna à la porte. Ils se tendirent d’un même mouvement. Fronçant les sourcils, Aimée se leva et alla ouvrir. Aussitôt, elle revint en courant et affolée, l’adolescente prévient Nora : «Des Aasimars et des Tiefflins sont revenus de la Vallée. Ils sont gravement blessés!»  Sa belle-sœur reçut cette information comme une douche froide. Un peu étourdi par l’alcool, Eleonor se leva d’un bond et faillit tomber à la renverse. «Diantre de merde…» souffla-t-elle en s’accotant sur la table. C’était la première fois qu’elle jurait devant Lysandre et Aimée. Ce juron de marin provenait de son expérience en mer, plus spécifiquement de Sirèna elle-même. Retrouvant sa lucidité, elle demanda à Aimée: « S'il te plaît, va me chercher ma trousse de soins.» Tournant son regard émeraude vers Lysandre, elle rajouta : «Mon amour, fait moi un café…et Flynn…hic…» Elle croisa le regard gris. Veux-tu resté ici avec les enfants? La nuit va être chargé et je ne pourrais m'occuper d'eux.» C'est alors que Lysandre intervient: « Laisse, Nora, je vais m'occuper des bébés. Il adressa un sourire narquois au pirate. Disons que j'ai plus d'expérience que Flynn dans ce domaine. Son sourire s’affaissa, il se fit sérieux. «Ça serait une bonne chose qu'il t'accompagne, ainsi qu'Aimée. Tu vas avoir besoin de mains fortes, mais surtout, ces blessés pourront peut-être vous renseignez sur le sort de Sirèna.» Cette suggestion était sage et judicieuse. Ils tournèrent leur regard vers Flynn. Qu'en pensait-il?


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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Lun 11 Juil 2016 - 10:19

De la manière la plus surprenante qui soit, j’aurais probablement pu passer beaucoup de temps à contempler le ciel en tenant ma fille dans mes bras. Sur mon torse, je pouvais sentir sa respiration et voir son petit corps se soulever au rythme de la mienne, tout en imaginant qu’elle la berçait lentement. Seul sur le toit, ou presque, je réfléchissais à cette situation, je repensais à Sirèna, à Nora… Je ne m’étais jamais imaginé devenir père un jour, peut-être parce que ce n’était pas non plus la chose qui me préoccupait le plus, même si la Grande Maladie et l’Exil des Eladrins auraient pu nous pousser à s’inquiéter davantage du sort de notre race. Mais je laissais cela aux autres, j’avais besoin de m’affranchir de mes origines, j’avais des envies de liberté, pas de devoirs. J’étais égoïste, j’en avais parfaitement conscience, mais j’estimais en avoir le droit. Qui plus est, j’avais toujours le temps de changer d’avis et de m’intéresser davantage à la perpétuation des miens, malgré mon centenaire passé, je restais encore jeune. Mais, même sans le vouloir, je me retrouvais père de deux enfants, deux enfants qui, dans la situation actuelle, ne verraient pas leur véritable père bien souvent. Comment réagiraient-ils en grandissant ? En viendraient-ils à m’en vouloir ? Penseraient-ils que je n’aurais jamais dû quitter leur mère ? Peut-être finiraient-ils par me considérer comme un simple étranger, ne voyant en Lysandre que leur véritable père ? Ces question soulevaient des doutes qui, étonnamment, me firent plus mal que je ne l’aurais cru, mais, malgré cette douleur, je savais aussi que je ne pouvais les en vouloir de donner leur amour à un père présent, fut-il adoptif, qu’à leur véritable père, voguant inlassablement sur les mers, sans aucune considération pour eux. Bien entendu, ils compteraient toujours pour moi, mais des lettres, aussi nombreuses puissent-elles être, ne remplaceraient jamais une véritable présence…

J’aurais aimé pouvoir être là pour Nora, devenir son mari, occuper cette place que Lysandre occupait désormais, mais les choses s’étaient déroulées autrement et, désormais, il ne me restait plus qu’à voir comment les choses se dérouleraient dans les années à venir. Venir à Quiétude, écrire des lettres… Oui, je ferais tout cela autant que possible, mais serait-ce suffisant pour les jumeaux ? S’ils venaient à me détester, pourrais-je l’accepter ? Avais-je vraiment le choix ? Je n’eus pas spécialement le loisir d’approfondir mes pensées qu’une voix me sortit de celles-ci, pour mon plus grand bien, peut-être. Réalisant qu’on m’appelait, je me redressais, en veillant à ne pas bousculer Kallypso, avant de découvrir Lysandre en contrebas. Etonnamment, sa façon de me rappeler que c’était lui qui venait de faire l’amour avec Eleonor me fit ni chaud ni froid. Apprenant que le dîner était servi, je pris sur moi de descendre pour rejoindre l’Aasimar sur la terre ferme sans repasser par l’intérieur, ce qui était inutile, même avec ma fille dans les bras. Une fois les deux pieds posés sur le sol, les paroles de l’ange me désarçonnèrent quelque peu. C’était… inattendu. Dévisageant le mari de mon ancienne amante, ses propos ne me laissèrent pas totalement indifférent. Il était rassurant de voir qu’il aimait les jumeaux comme s’ils étaient les siens, rassurant de savoir qu’il serait là pour eux, alors que je ne pourrais pas l’être. Je n’étais pas encore tout à fait convaincu sur le fait qu’il m’acceptait véritablement, mais, au moins, les enfants n’auraient pas à subir l’éventuelle discorde entre leur père biologique et leur beau-père. J’esquissais un léger sourire à la mention des évanouissements de Nora. « Maintenant qu’elle sait que je ne suis pas mort, ça devrait aller. Mais je tâcherais de prévenir autant que possible, c’est promis. » Débarquer à l’improviste n’était jamais très agréable pour les hôtes. Encore fallait-il espérer que la lettre annonçant son arrivée parvienne à ses destinataires avant lui, ce qui, à en croire Nora, n’était pas forcément évident.

« Je te fais parfaitement confiance pour prendre soin de Kallypso et Kalaad comme s’ils étaient les tiens. Ce n’est pas facile à admettre, mais tu es probablement ce qui pouvait arriver de mieux à Nora et aux jumeaux. » J’haussais les épaules dans un demi-sourire en posant mon regard sur ma fille qui dormait toujours à poings fermés. « Un pirate, on fait probablement difficilement pire comme père. » Je décidais cependant de tourner court à la conversation, allant recoucher Kallypso aux côtés de son frère en espérant pouvoir diner tranquillement, apparemment une peine perdue selon Lysandre. « Elle a raison, il faut savoir viser haut dans la vie ! » J’esquissais un sourire et disparaissais à l’étage pour redéposer ma fille dans son berceau. Elle rechigna un peu à quitter mon torse mais elle se rendormit rapidement en sentant le contact de son frère. Quittant la chambre sur la pointe des pieds, je rejoignis Lysandre, Nora et Aimée à table. Le repas fut particulièrement bon et agréable, même si, malgré tout, je ne pouvais m’empêcher d’avoir quelques pensées pour Sirèna. La présence de Nora était grisante, mais les choses étaient désormais claires entre nous, et malgré la bonne ambiance, je ne pouvais m’empêcher de me faire du souci pour ma Capitaine aux cheveux de feu. Alors que les dames de la tablée me sollicitaient pour une histoire, la proposition d’un cognac par Lysandre allait me pousser à lui refuser gentiment – le vin m’ayant suffit pour le moment. Quand à Nora, elle était visiblement un peu trop imbibée pour voir qu’un verre d’alcool supplémentaire lui donnerait une puissante gueule de bois le lendemain. J’allais protester avec gentillesse, pour ne pas qu’elle se sente vexée, mais quelqu’un frappa à la porte. Aussi tard ? Aimée se leva alors que le silence s’était posé sur la tablée, lorsqu’elle revint, elle fit mention de l’arrivée de blessés de la Vallée. Observant Nora qui se levait à cette mention, je n’étais pas convaincu qu’elle était en état d’aider qui que ce soit… Quant à ce que je préférais faire… Ma foi, Lysandre n’avait pas tort et quelques informations ne m’auraient pas fait de mal. Surtout si je pouvais apprendre que Sirèna était encore vivante, ou de quoi m’ôter ce poids de la poitrine. « Je vais t’accompagner, il faut bien quelqu’un pour t’aider à te tenir debout et Lysandre sera plus doué que moi pour s’occuper des petits. » Je me tournais vers ce dernier. « Merci. » M’approchant de Nora, je l’aidais à tenir debout. « Tu crois qu’un café te mettra d’aplomb ? L’alcool ne te réussi pas trop. » J’eus un petit sourire pour elle.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mer 20 Juil 2016 - 20:41

hrp:
 

Après un instant, Flynn approuva la proposition de Lysandre, tout en la taquinant qu’elle aurait sûrement besoin de lui pour qu’elle se tienne debout. Eleonor fit une moue légèrement vexée et s’apprêta à répliquer, mais le merci du pirate adressé à son mari la retint. Ce fut un simple mot, mais qui lui procurait un grand soulagement. Quelque chose s’était réellement créé entre les deux hommes. Ils avaient pour ainsi dire tourné la page. En guise de réponse, Lysandre avait souri à l’éladrin, tandis que des pleures se firent à nouveau entendre à l’étage. L’Aasimar soupira et se levant, il dit moqueur à Flynn :

-  Ne te l’avais-je pas dit qu’ils ne nous laisseraient pas en paix? Il eut un rictus, puis s’approchant de sa femme, il l’embrassa sur les lèvres en soufflant : Prends soin de toi et  t’épuise-toi pas trop, d’accord? Eleonor hocha légèrement de la tête et lui sourit à son tour. Sur ses dires, il quitta promptement la pièce, sans oublier de jeter une œillade encourageante à Flynn. La nuit risquerait d’être longue pour eux. Finalement, il était bien content d’avoir choisi de s’occuper des jumeaux. La jeune femme suivit d’un regard amoureux son mari, puis croisa le regard gris de Flynn. À sa taquinerie, elle prit un air pincé et répliqua en hoquetant: « tu seras que…hic…que je tolère très bien l’alcool…hic…. le café est un mythe! Ce n’est pas vrai que ça…ça…ça…ça remet d’aplomb un ivrogne, mais ça peut aider à le réveiller temporaire…temporairement…hic…oh, merci trésor!» Son frère occupé avec les bébés,  Aimée avait pris l’initiative de préparer du café. Remettant la tasse à sa belle-sœur, l’adolescente déposa sa trousse de premiers soins sur la table et après l’avoir dévisagé d’un air amusé, elle demanda : «Est-ce  bien sage d’aller soigner ces blessés dans un tel état? Peut-être ça serait préférable que moi et les autres y allions?» À cette question, Nora réfléchit un court instant et réussissant à peser ses mots, elle refusa : « Non, je dois y aller. Vous n’êtes pas assez expérimentées pour soigner seules de tels blessés. Par contre, vous allez pouvoir m’aider. Pour commencer, va chercher Constance et les autres. Flynn et moi on va vous rejoindre là-bas.» Constance et les autres étaient les élèves de Nora. Même si elles étaient des apprenties guérisseuses, leur mentor allait avoir besoin de toute l’aide médicale nécessaire.

À cette consigne, Aimée opina de la tête et après avoir sourit à Flynn, elle sortit rapidement pour aller avertir ses amies. Soupirant, Eleonor termina son café, elle toussa un peu, puis elle riva son attention vers l’éladrin. Le dévisageant,  elle demanda : « Est-ce que tu es aussi habile qu’avant pour faire des points de suture?» Cette question était que pure taquinerie. À son souvenir, Flynn avait fait de son mieux pour la soigner après l’attaque du Gantelet, mais sa plaie avait été refermée très grossièrement. Une chance qu’il avait utilisé son don de guérison, car elle aurait eu une affreuse cicatrice sur l’épaule. Dire qu’un peu après s’être soignés mutuellement de cette façon, ils avaient fait l’amour pour la première fois. Cette scène érotique la fit rougir à nouveau.  Se secouant la tête, elle revint  à la réalité. La priorité était les blessés et non de se rappeler d’agréables souvenirs. Décidée, elle se leva en disant : « bien, tout ce que tu es capable de faire au niveau médical me sera utile, même ton don de guérison. À présent, il est temps d’y aller!»  Elle se tourna pour se diriger vers la porte, mais elle tituba en soufflant : «Oh…oh là…eh merde, je ne suis pas sortie du bois! Oh pardon…j’ai encore juré…ça, c’est la faute de Sirèna! Elle a eu une mauvaise influence sur moi.» Repensant à son ancien capitaine, elle ne put s’empêcher de sourire en confiant : « j’admets que comparé à moi, elle n’est pas facile à soûler. Une fois, elle a réussi à gagner sur Orc durant un duel d’alcool. Quarante…hic…quarante verres qu’elle a bus! Là, l’orc s’est écroulé et elle a gagné!» Un peu inconsciente de ce qu’elle confiait, Eleonor réussit à marcher jusqu’à la porte de sortie, tout en s’accotant sur Flynn. Étourdie, elle continua à déblatérer. « Je pense bien que…hic…c’est le même orc qui a essayé de la violer. Il est passé à…un…un…cheveu de réussir, mais Nassim lui a cassé son cou…dire que j’ai été témoin de tout ça, mais raconte-le à personne, c’est…c’est hic, un secret!» Elle eut un rictus, puis un peu étourdit, elle ferma les yeux.  Son esprit était brumeux, elle risquait de ressentir une douloureuse migraine demain matin. Par Phélemée, Flynn avait que trop raison. L’alcool ne lui réussissait pas.
 
C’est alors qu’à travers le silence de la nuit, des gémissements et des larmoiements se firent entendre. Cela provenait du centre de Quiétude, où les blessés avaient été allongés. Le cœur battant, Eleonor accéléra le pas, tout en reprenant peu à peu son sang-froid. L’adrénaline remplaça l’ivresse de l’alcool, la brume se dissipa d’un coup, laissant place à une grande concentration. Oubliant un momentanément la présence de Flynn, elle observa les Aasimars et les Tiefflins souffrants. Plusieurs avaient été gravement brûlés, d’autres avaient des fractures et des écorchures.  Certains, dû au choc émotionnel qu’ils avaient vécu, bouillaient de fièvre et déliraient de frayeur. Le mot «dragon» revenait souvent. À n’en pas douter, ses survivants avaient beaucoup souffert et il était maintenant temps de les réconforter et de les soigner. Soudain, un petit groupe d’adolescentes entourèrent Eleonor et Flynn, Aimée était parmi elles. C’était les élèves de la guérisseuse, elles avaient apporté leurs propres trousses de soins. Constance, une belle et pulpeuse Aasimar s’approcha de son mentor et demanda avec une certaine excitation :

- Par où commence-t-on, Dame Eleonor? Son enseignante analysa vivement les victimes et répondit sans hésitation :
- Priorisons les brûlés. Premièrement, rafraîchissez leurs plaies avec de l’eau  tiède. Ensuite, appliquez des compresses d’aloès, d’huile de chanvre et de miel sur les brûlures légères. Pour les brûlures graves, soulagées seulement avec de l’eau fraîche et un bandage stérile et humide. Surtout n'enlever pas les vêtements s'ils restent collés à la peau, et appliquer la compresse par dessus. Compris? Ses élèves acquiescèrent d'un même mouvement de la tête. Disant cela, Nora soupira de tristesse en dévisageant une femme inconsciente. Sa peau était submergeait de cloques,  à certains endroits elle était calcinée. Il y avait peu de chance qu’elle passe la nuit. Revenant à ses élèves, elle dit : « Nous ne pouvons pas faire plus pour le moment. Constance et Aimée, occupez-vous de recoudre les plaies si nécessaire. Aurore et Célestina, faites des bandages solides pour ceux qui ont des fractures. Flynn…» Nora se tourna vers son ancien amant. Elle eut un sourire rassurant et suggéra : « veux-tu leur donner de l’eau, les rafraîchir s’ils font de la fièvre et peut-être refermer les égratignures et les plaies mineures? Tiens, applique ça sur celles-ci. C’est une pommade d’ail et de miel.» Lui tendant la pommade, elle eut un sourire reconnaissant en soufflant : «merci d’être là, ta présence me donne des forces.»  Disant cela, elle lui fit un clin d’œil, puis d’un air résolu, Nora se dirigea vers la femme inconsciente, tout en s’assurant du regard que ses élèves respectaient bien ses directives. Heureusement, c’était les cas, les jeunes filles soignaient avec une dévotion exemplaire. Rassurée, elle riva son attention vers l’Aasimar blessée. D’une main experte, elle appliqua l’eau et des bandages humides sur les cloches, mais dans le cas de la calcination, une greffe de peau aurait été nécessaire. Malheureusement, elle n’avait aucun moyen d’entreprendre une telle intervention chirurgicale.

Se sentant impuissante, Nora ne pouvait pas rien faire de plus que la laisser se reposer. La respiration de la malade était sifflante, ses poumons aussi avaient dû subir une brûlure interne. Son cas était critique, l’aspect de sa peau blême le prouvait. Elle ne pouvait la sauver et cela lui déchirait le cœur. Soupirant, elle décida d’aller voir l’état des autres patients et d’appliquer les soins appropriés selon les blessures. Par après, Nora supervisa ses élèves, ainsi que Flynn. Elle lui donnait un coup de main si possible, puis elle surveilla l’état des patients les plus gravement atteints. À ce rythme, la nuit passa rapidement, bien qu’elle était épuisée et très attristée. Comme elle s’y attendait, plusieurs trépassèrent durant la nuit, soit à cause d’une infection dégénérative,  soit à cause de brûlures internes trop graves pour être soignés. Les larmes aux yeux, Eleonor continua malgré tout de faire sa tourner, s’assurer que les patients n’étaient pas déshydratés et de changer leurs bandages si nécessaire.  C’est alors qu’elle croisa le regard d’un Tiefflin. Il était brûlé au bras droit, mais  heureusement sa blessure était légère. Ce qui inquiétait principalement notre guérisseuse c’était le regard vide et profondément chagriné de l’homme. S’approchant, Eleonor lui tendit de l’eau et dit compatissante:
 
-  Buvez, monsieur. Ça va vous faire du bien.
Il riva son regard sombre dans le sien et brusquement, il refusa l’eau. Le sanglot dans la voix, il marmonna :
-  Ce qui me ferait vraiment du bien c’est de revoir ma femme et ma fille, mais elles sont mortes. Le dragon nous a attaqués à sa première attaque et elles sont mortes calcinées. Je…je n’ai pu rien y faire. Je n’ai pas pu les protéger, j’étais trop loin.
-  Je suis si désolée…souffla Nora peiné. Le Tiefflin haussa les épaules avec indifférence. Les excuses ne ramèneraient pas sa famille. Comme en transe, il revoyait tout ce qui s’était passé et il eut soudain le besoin de raconter : «Je les ai tenus dans mes bras jusqu’au bout. J’aurais pu quitter la place, mais je ne voulais pas les abandonner. Alors, je suis resté assis, et j’ai regardé le déroulement du combat…» Il eut un petit sourire vengeur, une lueur presque de folie fit briller ses yeux ternes. Se remémorant l’épique bataille, il dit d’un rire mauvais : « Ses guerriers ont vengé ma famille, ils se sont battus comme des lions.» Au mot guerrier, Nora sentit son cœur battre rapidement dans sa poitrine. Aussitôt, elle tourna son attention vers Flynn. Leurs regards se croisèrent, Nora lui fit signe subtilement d’approcher. Le blessé ne pas remarqua cet échange non verbal et il continua son histoire :

-  Quand le dragon nous a attaqué, j’ai aperçu un cheval ailé avec deux cavaliers. Il y  avait un suli et une femme rousse. Le dragon les a aussi aperçus et il a essayé de les calciner. À ses paroles, Nora se mordit les lèvres et lança un regard inquiet à Flynn. Elle voulut demander au Tiefflin si les cavaliers avaient réussi à survivre, mais il l’interrompit avec zèle. Le pégase a évité les jets avec des acrobaties incroyables. Ensuite, il y a une autre sulie qui a déclenché des attaques d’étoile et qui a lapidé le dragon. Les mages s’en sont mêlés et ils ont réussi à geler l’aile de foutu monstre. Le Tiefflin eut sourire mauvais et amer. Après, j’ai vu la rouquine chuter du pégase, courir sur le dos du dragon et elle a réussi  transpercer son œil.  Quelle attaque héroïque et folle en même temps! Je n’en revenais pas!
- Savez-vous si elle est encore vivante? demanda précipitamment Nora d’un regard anxieux. Le tiefflin cligna des yeux, puis il eut un sourire rassurant. Lentement, il acquiesça :
-  Si c'est bien d'une magnifique femme rousse, aux yeux turquoises et à la peau basanée qu'il s'agit, elle a survécu. Je l'ai vu parmi les survivants du combat. Je peux vous dire que ça tient du miracle, car normalement, elle aurait dû mourir. Le dragon l'a envoyé baladé à des kilomètres à la ronde. Ouais, une telle projection aurait dû la tuer.    À cette affirmation, Nora éclata en sanglot, mais un sanglot de joie. C’était bien le genre de Sirèna de survivre à un dragon! C'est alors qu'elle remarqua plusieurs villageois réunis autour d'eux. Ils s'abreuvaient de l'histoire du Tiefflin. Mis à part cette humaine et ces sulis, d’autres se sont démarqués. Il y a eu des mages qui ont réussi à électrocuter ce monstre et  une grande armée de sulis qui l’ont attaqué de front. Pis, croyez-le ou non, des sylvestres et  des démons sont intervenus! Je peux vous dire que sa cuirasse d'écailles en a bavé! Un fiélon l'a fait explosé à plusieurs endroits. Ahah! Ce fut tout un feu d'artifice de chair et de sang. Oui-dah! Le blessé reprit son souffle et après un silence, il souffla mystérieusement:  Ensuite...ah, c'est impensable...si irréaliste... un dragon de glace est arrivé pour le combattre.
-  Que…quoi? Un autre dragon?! marmonna Nora pâle. Le blessé opinant en soufflant :
-  Ouais, un autre dragon. Je croyais vraiment ma fin venir, et je peux vous dire que j’aurais bien voulu mourir ce jour-là, mais les Dieux en ont décidé autrement. Nous avons dû fuir et regarder le spectacle de loin. Apoloexas est mort et l'autre est parti triomphant.  La paix est revenue, assombrie par nos défunts. Il soupira tristement, puis le regard grave, il avoua : « À présent, notre Vallée d’Ildir est dévastée par le feu et la glace. Notre monde ne sera plus jamais le même, mais ce combat légendaire a révélé de nouveaux héros. Des héros qui sont dignes d’être louangés, car ils ont honoré nos morts par leur courage et leur bravoure. Au moins, la perte de ma famille n'aura pas été vaine.»
 
 


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Lun 25 Juil 2016 - 8:55


vJe n’étais pas spécialement convaincu qu’Eleonor était en état d’aider qui que ce soit avec autant d’alcool dans son organisme, mais, malheureusement, j’étais également quasiment certain qu’il n’y avait personne d’autre dans ce village pour venir en aide aux malheureux blessés qui venaient de rentrer. Au moins trouveraient-ils quelqu’un pour les aider un minimum et, avec un peu de chance, Aimée parviendrait à garder un œil sur sa mentor et ainsi la retenir si Nora devait montrer des signes évidents d’ébriété qui devaient l’empêcher de soigner convenablement quelqu’un. Avec étonnement, je réalisais que l’alcool ne lui réussissait pas tellement, parce qu’éméchée, elle n’était pas aussi séduisante. Enfin, ce n’était pas vraiment la question, n’est-ce pas ? Lysandre nous quitta pour s’occuper des jumeaux qui, apparemment, avaient décidé de se réveiller et de le faire savoir au monde entier. Aimée, quant à elle, revint avec un café et repartit presque aussitôt, avec la consigne de chercher les élèves de Nora. Autant de petites mains qui seraient sans doute fort utiles cette nuit, même si je n’avais aucune idée de l’ampleur des dommages qui nous attendaient. Quelques blessés ? Des graves ? Seulement des légers ? Un dragon faisait d’énormes dégâts, assurément, mais ceux qui avaient réussi à rentrer jusqu’ici ne pouvaient pas être dans de trop graves conditions, à moins d’avoir été porté tout du long… L’idée improbable que Siréna puisse se trouver parmi eux m’effleura l’esprit puis s’envola lorsque mon ancienne amante me posa une question, relative à mes talents d’infirmier. Sa plaisanterie ne m’échappa pas, conscient que la seule fois qu’elle avait entrevu mes talents, c’était après avoir échappé au Gantelet et que cela n’avait pas été très très réussi. « Toujours un maître en la matière, ça n’a pas changé ! » Ce qui signifiait, bien entendu, que j’étais toujours aussi nul. Enfin, au moins avais-je le mérite de fermer les plaies, mais pas sans cicatrice.

Alors que nous nous mettions en route, plus ou moins difficilement pour certains, j’offrais à Nora mon épaule afin qu’elle puisse s’y tenir et marcher relativement droit. Après tout, le café n’allait peut-être pas faire autant de miracle que cela. Soupirant doucement, j’esquissais un petit sourire tandis qu’elle évoquait une influence négative de la part de Siréna. Il fallait l’admettre, côtoyer un marin, qu’il soit pirate ou corsaire, n’était pas forcément une bonne chose pour qui voulait apprendre un langage dénué d’expressions plus ou moins… fleuries. « N’oublie pas que tu as été à bonne école aussi. » J’esquissais un léger sourire tout en continuant d’avancer. Je n’avais pas souvenir de lui avoir appris des jurons ou même d’avoir particulièrement mal parlé en sa présence, mais elle avait côtoyé un pirate pendant plusieurs jours, mine de rien. Par contre, je ne m’étais pas attendu à ce qu’elle raconte une histoire sur ma Corsaire et ses talents en matière de boisson. Je ne m’étonnais pas trop à ce qu’elle puisse endurer l’alcool aussi bien qu’un Orc, après tout, il y avait des mauvais buveurs dans toutes les races. Ceci étant dit, quarante verres restaient plutôt impressionnant. Peut-être devrions-nous faire un concours lorsque nous nous reverrions ? L’idée était plaisante, mais je n’étais pas convaincu que me saouler avec ma Capitaine soit la meilleure qui fût. Alors que nous continuions à avancer, Nora m’avoua également que ce même Orc avait essayé de la violer mais que Nassim s’était interposé pour l’en empêcher. Je jetais un regard surpris à l’Aasimar avant d’hocher de la tête lorsqu’elle me demanda de garder le secret. Visiblement même Siréna ne devait pas savoir que quelqu’un avait été témoin de cette scène. « Je serais muet comme une tombe. Ne t’inquiète pas. Et puis je suis sensé être mort, n’est-ce pas ? » J’esquissais un autre sourire et poursuivit notre chemin jusqu’au centre du village.

Arrivés près des blessés, Nora semblait avoir été galvanisée par la présence de ses derniers, et elle n’avait déjà plus besoin de mon aide pour tenir debout. Je la regardais donner ses instructions à ses élèves, sans une ombre d’hésitation, et je me demandais vraiment où était passé l’Aasimar que j’avais amenée sur cette place. Lorsqu’elle se tourna vers moi, j’écoutais ses propres instructions et acquiesçais doucement de la tête en prenant l’onguent qu’elle me tendit. « C’est toujours un plaisir, Nora. » Dans un sourire, je me tournais vers les blessés afin de voir ce dont j’étais capable de faire pour eux. Rares étaient ceux qui n’avaient besoin que de quelques menus soins, mais je parvins à soigner quelques écorchures et plaies légères avant de distribuer un peu d’eau à tout ceux qui en avait besoin. Tandis que je m’occupais d’un blessé léger, probablement plus choqué qu’autre chose, une discussion attira mon attention. Nora semblait entrain de s’occuper d’un Tiefflin qui relatait ce qui s’était passé à la Vallée. Croisant le regard de mon amie, je m’approchais pour entendre la suite de son récit alors qu’il parlait de la façon dont tous s’étaient battus contre le dragon, Siréna en tête, allant jusqu’à chevaucher un pégase pour atteindre la bête et embrocher son œil. Décidemment, elle n’était pas en manque de sensations fortes sans lui. Il fut soulagé d’apprendre qu’elle faisait probablement partie des survivants. Avec un peu de chance, il la retrouverait d’ici quelques jours sur les côtes norpaliennes. Laissant finir le Tiefflin, je portais moins d’intérêt à ce qu’il était advenu à la Vallée et à l’autre dragon, Siréna était, pour ainsi dire, l’une des choses les plus importantes et le reste m’importait beaucoup moins. Rassuré, je posais une main sur l’épaule de Nora et me remettait à ma tâche, distribuant de l’eau et guérissant quelques menues plaies, soulageant parfois les élèves d’Eleonor avec mon don, dont je ne m’étais jamais autant servi, même en plus de cent ans d’existence… Mais peu importait, j’avais le cœur nettement plus léger désormais.
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mer 27 Juil 2016 - 19:00


Suite à cette exigeante nuit, Quiétude fut en deuil. Il y eu plusieurs enterrements et une cérémonie en l’honneur des défunts. Il va sans dire que ce triste événement enleva le goût à de nombreuses personnes de voyager, même à Aimée. Bien que Flynn l’ait rassuré que l’aventure ne comportât pas juste du mauvais, elle ne tenait plus à partir. Une vie sereine et paisible valait mieux que ne pas vivre du tout. Présentement, l’adolescente préférait aider Nora chez les siens, parmi son peuple. Ils avaient tant besoin de leur soin. Les blessés légers furent transportés dans leurs familles respectives, Eleonor et ses élèves passèrent les jours suivant à soigner et à bander les plaies. Elle était consciente que le départ de Flynn approchait, mais malheureusement, elle ne put le voir souvent durant le reste de son séjour. Ironiquement, ça aurait été le genre de vie qu’ils auraient vécu. Elle serait partie soignée ou enseigner, et lui aurait travaillé à construire des maisons ou à travailler au marché. La guérisseuse savait que ce n’était pas une vie pour lui. Son ami aimait trop l’aventure, la liberté et le danger. Lysandre et elle se satisfaisaient de cette existence, car tous deux travaillaient dans un métier qui les passionnait. Le soir venu, ils se réunissaient sagement en famille pour manger, bavarder et rire. Ainsi était la vie à Quiétude pour la plupart des citoyens, mais pour le pirate…elle avait remarqué son regard sans cesse tourné vers le dehors, cette envie de bouger à ne pas savoir quoi en faire. Heureusement, Lysandre lui avait proposé de terminer l’Académie et pendant ses temps libres, Flynn en avait profité pour s’occuper des jumeaux.
 
 Comme à son habitude, Kallypso réclamait souvent son père, elle devenait même de plus en plus exigeante. Quant à Kalaad, il était railleur et taquin avec le pirate, mais seuls les bras des femmes le satisfaisaient. Était-ce le signe d’un futur séducteur? À son regard gris charmeur et à son sourire narquois, tout portait à croire que oui. Il va sans dire que les hommes de la famille ne pouvaient rien refuser à sa jumelle. La petite savait s’y prendre pour obtenir ce qu’elle voulait, soit par des pleurs ou par des sourires craquants. Il était difficile pour ses deux pères de lui dire non. Un soir, Nora les avait surpris en haut du toit à regarder les étoiles avec leurs jumeaux. Elle avait bien failli avoir une crise cardiaque. Paniquée, elle s’était écriée : « Bon sang! Descendez tout de suite! On n’amène pas des bébés sur un toit!» Prit sur le fait Lysandre s’expliqua d’un sourire contrit: « Désolé ma chérie,mais ils ne voulaient pas dormir.» Puis il jeta un coup d’œil moqueur à Flynn en soufflant : «je te l’avais bien dit qu’elle nous ferait une crise.»  Entendant ses paroles, Nora le foudroya du regard et sans crier gare, elle ouvrit  ses ailes et se retrouva sur le toit, en face des deux hommes. Les poings sur les hanches, elle  dit en colère : «Une crise hein? Je vais t’en faire une crise moi! Ils pourraient tomber d’en haut. Vous n’êtes que des idiots d’irresponsables! Ça va devenir des enfants gâtés pourris si vous cédez à tous leurs caprices!»
 
Disant cela, elle prit les enfants dans ses bras et les descendit doucement par terre. Sentant l’effet des aires, Kallypso éclata de rire puis elle se remit à pleurer. Elle voulait recommencer. Bien entendu, son frère prit son exemple et pleura à son tour. Leur mère fit l’indifférente et  sans un regard pour eux, elle entra dans sa maison. Lysandre eut un rictus en répétant : «  Des idiots d’irresponsables, hein? Soyons-le jusqu’au bout, mon ami! J’ai apporté des bières fraîches. Tiens, bois.» L’Aasimar tendit une bière au pirate, ils trinquèrent puis ils admirèrent le ciel en silence. Tout était parfait, à l’exception des pleurs qui duraient depuis une demi-heure. Buvant une autre gorgée,  Lysandre demanda railleur: «Combien de temps crois-tu qu’elle va tenir?»  Habitué aux crises des jumeaux, l’Aasimar n’en fit pas un drame et il s’accota sur ses coudes pour mieux observer le firmament. C’est alors que les deux hommes entendirent un grognement impatient et une porte claquée. Ils se redressèrent tandis que les larmoiements se rapprochèrent. Nora venait de sortir de la maison en tenant contre elle ses enfants. Avant de s’envoler, elle jeta un coup d’œil frustré à Lysandre et à Flynn, puis elle quitta sans un mot le sol. Les deux bébés cessèrent aussitôt de pleurer et ils se mirent à crier d’excitation. Leur mère virevolta doucement dans le ciel comme un grand oiseau blanc et gracieux. Progressivement, la jeune femme se détendit et savoura aussi son envolée. C’était toujours grisant de se laisser aller. La lune éclairait la maison ainsi que la nature aux alentours. Ses hommes étaient maintenant rendus deux petites taches sombres en train de l’admirer. C’est alors que la voix de Lysandre s’écria pour la taquiner : « et c’est nous que tu traitais d’idiots d'irresponsables?!»  Elle tourna son regard émeraude vers son mari et à sa pique, elle éclata de rire en haussant les épaules. Reprenant son souffle, Nora reporta son attention vers ses enfants. Grâce à l’air pur et à l’altitude, les bébés s’étaient endormis rapidement. Secouant sa tignasse d’or, Nora ne put que donner raison à Flynn et à Lysandre. Les hauteurs étaient un excellent moyen pour endormir ses deux petits casse-cou.
 
***
 
Eleonor s’était réveillée à l’aube. Aujourd’hui, c’était le grand départ et elle tenait à ce que Flynn ne manque de rien durant son voyage. Après s’être vêtue d’une robe blanche vaporeuse, elle s’était dirigée à la cuisine pour préparer le petit déjeuner et aussi des rations de nourriture pour l’aventurier. Concentrée à sa tâche, la jeune femme faillit ne pas entendre le cognement à sa porte d’entrée. Qui était-ce donc? Un patient réclamant ses soins? Promptement, Nora alla ouvrir et vit que c’était un messager. Il semblait venir de loin. L’homme lui tendit une Lettre un peu jaunie et l’informa qu’elle était destinée à Eleonor Delorne. Elle le remercia chaleureusement et après avoir fermé la porte, elle se précipita pour ouvrir la missive. Celle-ci provenait de Sirèna et datait d’au moins deux semaines, c’est-à-dire après l’attaquait du dragon. S’accotant sur le mur, elle prit une profonde respiration et la lut :
 
À Eleonor Delorne,
 
Chère Nora,
 
Je suis désolée de ne pas t’avoir écrit plus tôt. Disons que je me suis engagée dans une mission qui est devenue très périlleuse. Je devais assurer la sécurité côtière durant des festivités, mais nous avons été attaqués par un dragon. Peut-être en as-tu entendu parler? Juste au cas où, je tenais à te rassurer que je vais bien, mais beaucoup de mes hommes ont péri. Pour dire vrai, j’ai failli mourir aussi, mais heureusement, j’ai été secouru. Je n’aurais jamais cru assister à un tel combat de mon vivant. Un jour, je te le raconterais, mais pour l’heure, une tempête s’annonce, alors je suis obligée de t’écrire un bref message. Sache que j’ai reçu ta dernière missive et je suis heureuse que tu aies trouvé quelqu’un qui vous aime, toi et les enfants. Toutefois, je me dois de t’informer de quelque chose d’important. Tu es en droit de le savoir. En soi, le père de tes enfants est toujours vivant et il n’est pas mort comme tu le penses. Il va bien et il a travaillé à mon bord comme marin. Je ne peux malheureusement pas t’en dire plus, mais j’espère que je t’ai rassuré sur ce point. En temps et lieu, je te promets que tes enfants auront la chance de le connaître.
 
Pardonne-moi de ne pas te l’avoir dit plus tôt,
 
Embrasse les jumeaux de ma part.
Sirèna

 
Terminant sa lecture, Nora se mit à sangloter. Elle était heureuse  de savoir son amie vivante, mais elle se sentait coupable d’avoir pensé du mal d’elle. La corsaire était remarquable, courageuse et bienveillante. C’était une femme d’exception et à cet instant, Eleonor se promit de ne plus la voir comme une menace, mais bien comme elle était, une amie. C’est vrai, elle aurait dû la prévenir plus tôt, mais au moins, elle la savait honnête. C’est alors que la jeune femme entendit des pas discrets. Son regard d’émeraude se riva dans celui de Flynn. Il semblait inquiet de l’avoir si triste. Elle sourit en rassurant :
 
-  N’ait crainte, tout va bien. J’ai reçu une lettre de Sirèna. Prends, tu mérites autant que moi de la lire.  
 


Eleonor, l'Ange d'Or
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Lun 8 Aoû 2016 - 11:19


La vie à Quiétude était telle que le nom de ce village pouvait le laisser présumer : calme. Après que les blessés ne soient renvoyés chez eux et les morts soient enterrés, la vie reprit son cours apparemment normal. Chacun vaquait à ses occupations et rien ne semblait pouvoir venir troubler la petite existence que tout le monde semblait vivre ici. Hélas, même si bâtir m’occupait les mains et un peu l’esprit, je ne pouvais m’empêcher de me sentir envahi par l’ennui. Pas de tavernes, pas de compagnons avec qui échanger quelques histoires au coin d’un feu… Il y avait Aimée, certes, mais ce n’était pas pareil. La jeune Aasimar était gentille, quoiqu’un peu curieuse, mais tout à fait charmante. Malheureusement, je n’étais pas fait pour raconter des histoires, m’occuper d’enfants, et vivre juste paisiblement. Nora devait s’en rendre compte mais elle ne disait rien et moi non plus. C’était le genre de vie qu’elle avait toujours voulu, sans aucun doute, et si elle était heureuse ainsi, alors il n’y avait rien d’autre à lui souhaiter que cette existence pourrait continuer ainsi, encore et encore. Les choses étaient mieux ainsi, finalement, car je n’aurais jamais pu vivre éternellement dans ce village. J’aurais pu apprendre à en apprécier les habitants, à se fondre parmi eux, mais il y aurait eu toujours eu moins quelque chose d’inassouvi, que même les caresses et la passion de Nora, ni même la présence des jumeaux, n’auraient pas su apaiser, pas indéfiniment. C’était assez égoïste, mais je m’imaginais mal sans la mer, sans le vent, sans l’aventure. Et, malgré tout ce que je pouvais faire, je ne pouvais pas me passer d’eux. Sans compter que, en toute honnêteté, l’arrivée de Siréna, dans ma vie, avait quelque peu bousculé les sentiments que j’avais pu ressentir jusque-là pour Nora et, durant les nuits au village, mon regard n’était pas tourné vers la mer pour rien…

Lysandre et moi avons eu le temps de faire plus ample connaissance et ce n’était pas étonnant de voir que ce n’était qu’un type bien. Je n’étais pas certain de pouvoir réellement arriver à l’apprécier sans arrière-pensées un jour, mais j’étais convaincu qu’il ferait de son mieux pour Nora et pour les jumeaux, et c’était tout ce dont j’avais besoin. Bien entendu, le fait de s’entendre cordialement était un plus, notamment pour Nora, qui préférait probablement que nous soyons bons camarades plutôt que rivaux. Le temps nous dirait ce qu’il adviendrait de ce lien entre lui et moi, mais je restais convaincu que cela s’arrangerait petit à petit et qu’il me serait moins difficile de le voir tel que le mari de Nora. Et, si ce n’était pas pour Nora, au moins pour les jumeaux. Kallypso et Kalaad… Ces deux perles allaient définitivement me manquer lorsque j’allais partir mais ils étaient mieux ici, à Quiétude, et, si le cœur leur en disait, ils pouvaient toujours venir me rejoindre à bord de La Sirène lorsqu’ils seraient assez grands. Même si Nora en aurait probablement quelques sueurs froides à cette idée. Ceci étant dit, cela ne pouvait pas leur faire de mal d’apprendre la vie en mer, ne serait-ce que pour les endurcir un peu. Après tout, ce monde n’était pas forcément aussi calme que ce village et, s’ils voulaient le découvrir par eux-mêmes, ils auraient besoin d’apprendre à se défendre et à prendre soin d’eux. Néanmoins, d’ici-là, ils auraient le temps de voir venir. Il n’était même pas certain que je sois encore à bord de La Sirène, ni même, il fallait l’avouer, encore en vie. J’espérais bien entendu pouvoir voir mes enfants grandir, mais je n’étais pas dupe, je pouvais très bien mourir à n’importe quel moment.

Alors que le soleil commençait à poindre à l’horizon, je regardais ce dernier se teindre de couleurs chaudes. J’étais réveillé depuis quelques heures, observant, en direction de la mer, même si je ne pouvais pas réellement la voir. Après de longues dizaines de minutes à rester à contempler l’horizon et le soleil levant, je finis par descendre dans le salon, avant d’entendre quelqu’un sangloter. M’approchant, je remarquais Nora, une lettre à la main. Son regard croisa le mien et, avant que je ne puisse l’interroger, elle me tendit la lettre, venant de Sirèna. Je la parcourus rapidement, heureux de lire qu’elle allait bien. Certes, le récit du combattant de l’autre jour avait été rassurant, mais avoir de véritables nouvelles venant directement d’elle l’était bien davantage. Je retendis la lettre à l’Aasimar dans un demi-sourire. « Et ça te fait pleurer de savoir qu’elle va bien ? » J’avais une petite idée des raisons qui avaient pu pousser Nora à sangloter sur cette bonne nouvelle, mais je préférais ne pas trop m’avancer. « Au moins, il y a des chances qu’elle soit au rendez-vous que je lui ai donné. » J’esquissais un léger sourire avant de jeter un œil vers la cuisine où commençaient à s’accumuler diverses petites choses, visiblement pour mon départ. « Pressée de me voir partir ? » J’avais dit cela avec un ton légèrement taquin. Je savais bien qu’elle ne faisait que préparer probablement bien plus que nécessaire pour mon voyage de retour. Prévoyante comme elle était, il y allait surement avoir de quoi manger pour plus qu’une personne. Mais je ne pouvais pas la blâmer pour ça, n’est-ce pas ?
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Sam 13 Aoû 2016 - 17:06

hrp:
 


-Et ça te fait pleurer de savoir qu’elle va bien ? 
À cette question, Nora hocha négativement de la tête. Essuyant ses larmes du revers de la main, elle répondit coupable :
- Je regrette d’avoir dit du mal d’elle. J’étais jalouse et j’enviais l’affection que tu lui porte. C’est une personne de bien, et elle est très courageuse. Je suis soulagée d’apprendre qu’elle va bien. À ses dires, le pirate lui dit qu’il avait des chances qu’elle soit à son rendez-vous.  La jeune approuva de la tête en répondant : «Oui, pourquoi n’y serait-elle pas? Si elle tient à toi, elle va tout faire pour venir te chercher. » Elle hésita un instant, et soutenant son regard gris, elle ajouta : « si elle ne vient pas, tu peux toujours revenir ici. »Pour la taquiner, le pirate esquissa un petit sourire en demandant si elle était pressée de le voir partir.  Nora tourna son regard vers les rations de nourriture, puis détournant son attention vers le pirate, la jeune femme répliqua: «c’est plutôt toi qui es pressé de partir! Quiétude n’est visiblement pas un endroit pour un éladrin en manque d’aventure et surtout, d’amour». Plaisantant, elle renchérit d’un ton espiègle: «j’espère que ta houri aux cheveux de feu va combler ces deux manques, sinon tu deviendras un pirate frigide et malheureux.»
 
 Elle rit un peu, puis lui prenant sa main, elle l’amena à la cuisine et fièrement, elle énuméra : «je t’ai préparé de petits pâtés, des biscuits au beurre, ainsi que des fruits et des algues épicés séchés. Tu sais que les algues sont excellentes pour la santé? C’est plein de protéines et de minéraux. J’ai demandé à Sirèna de m’en ramener à sa prochaine halte. Essaie de la convaincre de venir. Elle trouve toujours des raisons pour rester en mer! Je crois bien que Quiétude ne lui dit rien qui vaille. On se demande bien pourquoi! »  Disant cela, elle lui servit trois gaufres au miel accompagnées de myrtilles et d’un café au lait. «Où étais-je rendu? Ah oui, je t’ai aussi à préparer des barres d’avoine, du magret de canard séché et des croustilles aux légumes. Crois-tu que ça va être suffisant? Je peux t’en rajouter plus si tu veux. Je ne tiens pas que tu meurs de faim.» Disant cela, elle lui pinça un peu la joue en taquinant : «un peu de gras t’irait bien. Je te trouve un peu maigrichon.»  En fait, Flynn était fait que de muscles, ce qui le rendait très attirant. Bien entendu, le beau pirate savait qu’il était beau, cela paraissait dans son assurance frôlant l’arrogance. À sa pique, Nora rit à nouveau, tout en se servant à son tour des gaufres. S’assoyant à ses côtés, elle se mit à manger quand soudain, un mal de cœur la prit. Virant au vert, Eleonor se leva précipitamment et alla vomir dans la poubelle. Une fois fait, elle se releva péniblement et nerveuse, elle marmonna : « ça fait trois jours que ça dure …oh non...» Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’une autre nausée la prit et au grand déplaisir de Flynn, elle vomit à nouveau.  À cet instant, Aimée entra dans la pièce, sa chevelure décoiffée, mais le visage rafraîchit par une nuit profonde et réparatrice.
 
Voyant Nora accroupi par-dessus la poubelle, la jeune fille s’approcha d’elle en demandant soucieuse : « Encore? Veux-tu que je te prépare une tisane au gingembre?»  Sa belle-sœur acquiesça en silence, puis terminant, elle se releva et s’aspergea le visage d’eau froide. Un peu étourdie, elle ferma les yeux en s’appuyant sur le bord du comptoir. Eleonor savait ce qu’elle avait, mais elle aurait préféré que cela se fasse plus tard. L’école, ses patients, les jumeaux…elle avait été tellement occupée qu’elle n’avait pas pris le temps d’écouter les signes d’une nouvelle grossesse.  Un peu fiévreuse, elle tourna son regard vert vers Flynn. Celui-ci avait réussi à terminer ses gaufres malgré cette peu ragoûtante péripétie. Elle eut à son adresse un sourire à la fois doux et triste. Visiblement, il n’allait pas être le seul à être papa. Devait-elle lui dire? Se doutait-il qu’elle était enceinte? Connaissait-il les symptômes des femmes enceintes? Baissant le regard, elle se dit que c’était préférable qu’il ne soit pas au courant, question de ne pas gâcher cette dernière journée avec lui.  S’essuyant le visage d’un linge sec, Eleonor le rassura : « je vais mieux. Ça va passer bientôt.» Bientôt? Ça voulait dire dans environ neuf mois. Elle n’était pas encore sortie du bout de ses peines. La grossesse des jumeaux avait été pénible. Nora espérait que celle-ci serait plus supportable, et surtout que cet enfant serait…unique. À cette pensée, elle eut un sourire heureux en mettant naturellement sa main sur son ventre. Un autre petit être grandissait et elle avait très hâte de l’accueillir, surtout dans ce foyer calme et paisible. C’est alors qu’une voix la fit revenir à la réalité. C’était Aimée qui lui tendait sa tisane. Soulagée, elle la remercia en disant : «Merci, ma chérie. » Elles s’échangèrent un sourire affectueux puis elles allèrent s’asseoir à côté de Flynn.
 
 Intriguée, l’adolescente demanda à l’éladrin : «Alors, as-tu hâte de reprendre la mer? Elle doit te manquer depuis tout ce temps!» Eleonor approuva d’un hochement de tête en ajoutant : « j’en suis sûr qu’il va être aux anges en revenant sur la Sirène. Elle est un peu comme ta maison, n’est-ce pas?»  Sur ce, ils continuèrent à converser sur la mer, sur l’aventure, mais aussi sur la réalité de Quiétude. Aimée et Nora lui racontèrent certaines anecdotes concernant des patients belliqueux ou hypocondriaques. Un peu plus tard, Lysandre vint se joindre à eux. Ils passèrent la journée à parler et à se promener dans le village, au grand plaisir des jumeaux qui s’étaient réveillés du bon pied. Comme de coutume, Kallypso réclama les bras de Flynn, l’appelant quelquefois papa ou papou. Cette fois, Kalaad voulait aussi l’attention de l’éladrin, comme s’il sentait que celui-ci allait partir bientôt. Cela fit pleurer la petite qui voulait avoir le pirate pour elle toute seule. Les adultes eurent droit à un petit combat de poings, de pieds et de cris. Promptement, Nora prit Kalaad dans ses bras, ce qui le fit pleurer. « Eh bien, tu vas leur manquer.» Souffla Eleonor en cajolant son fils qui se calma progressivement. « À nous aussi.» Avoua Aimée d’un sourire triste, tandis que son frère approuva : « J’espère qu’on va te revoir bientôt…mais pas trop quand même.» L’Aasimar avait dit cette pique sans méchanceté. Nora lui lança un regard furibond, ce qui le fit sourire. Innocemment, il haussa les épaules en répliquant : « eh bien, quoi? Il faut bien qu’il profite de la mer le plus longtemps possible, non?»
 
Ils étaient maintenant rendus à la grande porte qui menait vers l’extérieur. La famille avait tenu à escorter le pirate jusque-là, un éclaireur l’attendait au seuil pour le guider. Le départ était maintenant arrivé, tous eurent le cœur gros. Lysandre lui serra la main et les deux femmes l’étreignirent avec affection. À son oreille, Nora souffla les larmes aux yeux : «J’espère que ce n’est pas un adieu, mais bien un au revoir. Fais attention à toi, d’accord? Je tiens beaucoup à toi et je ne voudrais pas qu’il t’arrive malheur.» Disant cela, elle l’embrassa sur la joue et lui remit un sac de provisions, trois gourdes d’eau, ainsi qu’une petite trousse médicale. D’un ton maternel, elle expliqua : « je t’ai mis un onguent à l’ail, du fil stérilisé, une aiguille, des bandages et aussi quelques  infusions pour divers maux. Il y a aussi un sirop si jamais tu attrapes la grippe. Il fait froid dans les montagnes.» Disant cela, elle replaça son collet noir. « Écris-nous quand tu peux. Je tiens à avoir de tes nouvelles.» Elle sentit une main sur son épaule, c’était Lysandre  qui s’était approché. «L’éclaireur doit partir. Il est temps.» Triste, Nora ravala un sanglot et elle acquiesça de la tête. Rivant son regard vert dans celui de Flynn, elle souffla : « Bonne chance, mon trésor. N’oublie jamais que tu vas toujours être le bienvenu ici.»  Aux dires de sa femme, Lysandre approuva d’un hochement de tête et il dit d’un ton sincère : « Prends soin de toi, mon ami. Que les dieux te protègent.» Après une dernière étreinte et embrassade, surtout pour les jumeaux, Flynn n’eut d’autre choix que de suivre le Tiefflin qui partait. Avant que les portes se referment derrière lui,  sa petite famille lui envoya la main. Les yeux larmoyants, Nora encouragea les jumeaux à lui dire au revoir de leurs menottes potelées. Voyant son père s’éloigner, Kallypso poussa un petit cri et se mit à pleurer. Kalaad fit de même et pour la première fois, il prononça le mot «papa». Cette réaction fit serrer le cœur de Nora et sûrement celui de Flynn.  Les portes se refermèrent, amenant avec elles un destin incertain, imprévisible, et pourtant, rempli d’espoir.


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