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 Quand le passé frappe à la porte....

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Caleb Daenelynn
Flynn, le Voltigeur
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MessageSujet: Quand le passé frappe à la porte....   Mer 11 Mai 2016 - 12:00


Je m’arrêtais quelques instants pendant mon ascension, jetant un regard derrière moi. Les arbres épars me laissaient entrevoir la mer, en contrebas. Cela faisait plusieurs heures que je marchais et je savais qu’il me faudrait encore quelques heures pour arriver à destination mais une petite pause ne serait pas superflue. M’étirant dans un soupir entendu, je m’installais sur un surplomb rocheux, les yeux tournés vers l’horizon. Le soleil était encore haut dans le ciel et, si les estimations que certains villageois avaient pu me donner étaient correctes, je devais arriver à destination en fin d’après-midi. Dans un soupir, je pris un morceau de pain et de viande séchée dans une sacoche que je trainais depuis mon départ du Boyau. Un peu plus de trois semaines avaient été suffisantes, pour moi, pour récupérer suffisamment d’informations pour pouvoir mettre la main sur Sharim lorsque le moment serait venu. Entre les ragots des différentes tavernes et ce que pouvaient raconter des marins ivres ou un minimum cupide, je n’avais pas eu trop de mal à apprendre que Sharim passait son temps entre la mer, le Boyau et une île sur laquelle il passait le plus clair de son temps, à l’abri. Le rat ne la quittait que pour prendre la mer ou se rendre au Boyau pour revendre ses surplus et racheter des marchandises et du ravitaillement. Parti récemment, il ne devait revenir que quelques semaines plus tard, plusieurs jours avant le retour de Sirèna. Fort de cette information, j’avais demandé à Francis et à Markus d’essayer de monter à bord de son navire lorsqu’il arriverait, même si nous avions également pu récupérer quelques menues informations sur l’île qui formait le refuge du pirate. Néanmoins, avec deux hommes à bord, nous aurions plus de chances de parvenir à nos fins. Et puis Edward et les autres resteraient au Boyau jusqu’à l’arrivée de Sirèna et auraient peut-être encore quelques informations supplémentaires à lui offrir.

Pour ma part, j’avais suffisamment fait le tour des tavernes, des équipages et des maisons closes, pour être convaincu qu’il n’y avait plus grand-chose à en tirer. Ne vous méprenez pas, loin de moi l’idée de coucher avec ces femmes, au contraire. Je m’étais contenté de les payer, afin qu’elles recueillent les confessions de leurs amants sur l’oreiller, leur suggèrent des conversations à propos de Shamir, de son navire, de son équipage, de ses trajets, de son île. L’emplacement de l’île restait un mystère, mais j’avais réussi à réduire le champ des recherches, et, avec un peu de chances nous pourrions assez facilement la trouver, et probablement encore plus si Markus et Francis arrivaient à se faire débaucher dans l’équipage de Shamir. Une fois les informations obtenues et ma bourse allégée d’un bon tiers, j’avais décidé de quitter le Boyau, pour la Norpalie. Je n’avais pas pu m’empêcher de penser à Nora et mes enfants et, compte-tenu que mon rôle était achevé sur place, j’avais décidé de partir, régler mes propres affaires. J’avais écrit deux lettres pour Sirèna. A chacune d’elle étaient jointes toutes les notes que j’avais prises pendant mes recherches sur Sharim. J’avais remis l’une des copies à Edward et l’autre, par sécurité, à Sam, en qui j’avais bien plus confiance. Le Quartier-Maître, bien que non responsable de la mission, m’avait demandé où je comptais aller, ce à quoi j’avais simplement répondu que je continuais mes recherches ailleurs, suivant de nouvelles pistes, et que la lettre contenait principalement le fruit de mes recherches actuelles, au cas où je ne devais pas revenir. C’était un demi-mensonge, mais je ne lui faisais pas assez confiance pour lui dire la vérité. Sur la lettre donnée à Edward, je me contentais de saluer Sirèna et de lui dire de lire les papiers joints à celle-ci, tout en lui demandant de passer me chercher sur les côtes Norpaliennes une fois de retour du Boyau, lui expliquant que j’étais parti explorer d’autres pistes de l’autre côté de la mer. Bien entendu, sur celle de Sam, les informations étaient bien plus complètes.

Citation :
Cassiopée,

Excuse moi de ne pas avoir fait confiance à Edward pour te remettre cette lettre, mais j’ai préféré ne pas jouer avec le feu. J’espère que tu vas bien et que les choses se sont bien passées à Bélin. Je mentirais en te disant que tu ne m’as pas manqué durant ces longues journées, et nuits, passées loin de toi, et je sais que j’en souffrirais encore dans les jours à venir, malheureusement. Je t’écris cette lettre environ un mois après ton départ du Boyau, mais tu ne l’auras qu’à ton retour, remise par Sam. Contrairement à ce qu’indique la lettre que j’ai donnée à Edward, je ne suis pas parti suivre une piste concernant Sharim, mais je suis bel et bien en Norpalie. Je pense avoir trouvé tout ce qu’il y avait à trouver et mes notes devraient pouvoir t’en convaincre. Ce vil renard n’aura bientôt plus d’endroits où se cacher de nous.

Pour ma part, eh bien… Tu l’as dit toi-même, je suis un adulte responsable et il est de ma responsabilité de dire la vérité à Nora. C’est le moins que je puisse faire pour elle et, à défaut de simplement lui écrire, je préfère faire ça face à face. Je vais donc partir à Quiétude pour la voir, voir mes enfants, et pour apaiser mon cœur en espérant ne pas lui faire trop de mal. Je ne compte pas y rester éternellement, aussi, si tu le veux bien, j’aimerais que tu passes me chercher sur les côtes Norpaliennes après ton départ du Boyau. La traversée prend une quinzaine de jours, je t’attendrais donc au port le plus au Nord de la Norpalie dans environ un mois et quinze jours.

Prends soin de toi pendant la traversée, ne doute pas que mes sentiments t’accompagnent.

Flynn, ton pirate.

Une fois les lettres remises – dans le plus grand secret pour Sam -, je m’étais mis à la recherche d’un navire pour faire la traversée jusqu’au Nord de la Norpalie. Celle-ci fut rapide et relativement calme. Une fois à bon port, j’avais marchandé une jeune jument afin de faciliter mon déplacement vers l’intérieur des terres. La marche a pieds était agréable, mais, sur de longues distances, j’avais déjà assez donné lors de ma cavale. Lorsqu’il fallut commencer l’ascension, je laissais ma jument dans l’écurie d’une petite ferme, laissant également de quoi en prendre soin, de sorte de décourager le propriétaire d’essayer de s’en débarrasser. Je l’autorisais même à s’en servir pour ses travaux, pour peu qu’il ne lui faisait pas de mal, sans quoi il me le paierait à mon retour. Je n’avais pas été réellement menaçant, mais j’avais simplement énoncé les clauses de notre contrat. J’avais alors pris la direction de Quiétude, commençant mon ascension vers le « mont divin ». Et je me retrouvais là, presque à destination, assis sur un rocher, contemplant de ces hauteurs le chemin parcouru. Je tournais le regard vers le Nord, en direction de Bélin, en me disant que Cassiopée devait se trouver dans cette direction et j’espérais que tout s’était bien passé. J’avais eu vent de quelques rumeurs faisant état d’une attaque lors des célébrations et je ne pouvais m’empêcher de m’inquiéter pour elle. Néanmoins, comme je le lui avais dit, j’avais confiance en elle pour rester saine et sauve. Elle serait au rendez-vous, j’en étais convaincu.

Mon casse-croûte fini et mes forces revenues, je me relevais pour continuer mon ascension. Quiétude ne se déplacerait pas jusqu’à moi ! Tranquillement, je repris ma route, réfléchissant dans ma tête à la meilleure façon de me présenter, à la façon dont je réagirais en voyant Nora, en voyant mes enfants. Je m’imaginais des scènes. Et ce fameux Lysandre… Plus j’y pensais et plus j’y pensais encore et encore. A chaque fois, je finissais par secouer la tête et essayais de trouver autre chose pour m’occuper l’esprit. Alors je regardais les alentours, profitais du vent, débusquais des petits animaux, mais je finissais toujours par revenir à Nora. Après de longues heures de marche et quelques pauses à proximité de quelques ruisseaux, le soleil déclinait depuis quelques temps à l’horizon. Quiétude ne devait plus être très loin, mais, malheureusement, je n’arrivais pas à distinguer l’ombre d’une habitation dans les environs. La carte et la boussole étaient pourtant formelles. L’idée de passer la nuit dans la forêt ne me faisait pas particulièrement peur, ni particulièrement envie. Je m’arrêtais au milieu de la végétation, ressortant ma carte, essayant de comprendre où j’avais pu me tromper, maudissant quand même ces personnes qui avaient décidé de rester à l’écart du monde, sans même une petite route pour guider ceux qui désiraient s’y rendre…
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Jeu 12 Mai 2016 - 10:05


Le temps était toujours frais sur le Mont divin, Barn en savait quelque chose. Couvert d’une mince cape, ce mois de Brinhal promettait d’être frais. Il avait hâte aux saisons chaudes, où tout était fleurs et chaleur. Soupirant, il se concentra à tâche, celle de surveiller les alentours. Cela faisait maintenant vingt ans qu’il travaillé comme éclaireur pour Quiétude. Il connaissait la moindre crevasse et la moindre roche de cette montagne qui était sa maison. Heureux l’innocent qui tombait sur lui, car Barn était le guide des égarés, mais le  bourreau des inquisiteurs. Plusieurs disciples du Gantelet ont péri sous sa main.  Il n’avait pas eu le choix de tuer, pour protéger les siens. Sa corne brisée avait été un souvenir d’un de ses féroces combats contre les inquisiteurs. Chassant ce sombre souvenir, son regard jaune se prit à observer l’horizon, tandis que la brise fraîche vint effleurer sa peau rougeâtre, fripée par la vieillesse. Grelottant, il sera sa cape contre lui en soupirant. La journée risquait d’être longue, mieux valait marcher. Rien en vue pour le moment, tout était paisible. Sur cette pensée, il continua son exploration, ses yeux étaient alertes et perçants. C’est alors qu’il entendit un subtil bruit subtil, mais inhabituel.  Était-ce une carte qu’on pliait? Fronçant les sourcils, il partir à la course et entre les rochers, il s’accroupit pour observer l’inconnu qui semblait perdu.  Visiblement, c’était un éladrin, il portait un long manteau noir à la coupe élégante, mais sale. Sa peau était grisâtre et sa chevelure noire, parsemée de reflet anthracite. Étrangement ce beau minois disait quelque chose à l’éclaireur et pourtant, il n’avait jamais rencontré d’éladrin depuis qu’il vivait à Quiétude. Sauf...Deux mignons visages lui revinrent à l’esprit. Justement l’un d’eux, celle de la petite, ressemblait beaucoup à ce voyageur qui tournait en rond. Était-ce possible que? Mieux valait le lui demander en personne, mais la prudence était de mise. Sortant son arc, il se leva et visa l’éladrin tout en s’exclamant :

-Halte étrangé!  Qui es-tu et quelles sont tes intentions? Barn n’aimait pas y aller par quatre chemins, il était de nature directe. Soutenant le regard gris, qui était si semblable au deuxième bébé, le Tiefflin ne put s’empêcher de demander : «Pourquoi Quiétude? As-tu des gens de ta connaissance? Une famille? » En silence, il scrutait l’éladrin qui s’expliqua sa voix était nette, ses yeux ne mentaient pas. Rassuré, Barn Ferone abaissa lentement son arc, sans oser s’approcher. Cet étranger ressemblait plus à un malfrat qu’à autre chose, et bien qu’il soit peut-être le père des jumeaux, il pouvait être dangereux. Un test était nécessaire. D’un ton sévère, Barn dit sans décrocher son regard du sien : «Mise à part les marchands de notre connaissance, les étrangers n’ont pas le droit de venir à Quiétude déranger notre paix. Seuls les Tiefflins et les Aasimars y sont acceptés. Toutefois, nous pouvons faire quelques exceptions à la règle.»  Le regard perçant du Tiefflin dévisagea le pirate, puis contre toute attente, il informa : « Une Aasimar est venue s’installer par chez nous, elle avait deux bébés éladrins. Ils vous ressemblaient, mais peut-être que tous les éladrins se ressemblent. » L’éclaireur eut un petit sourire, et se penchant légèrement, il demanda : «Alors, je te prie de me répondre à cette question : Est-ce que dame Eleonor a les yeux vert ou bleus? Si tu réponds bien, je te conduirais à Quiétude, sinon retourne d’où tu viens. »  L’éclaireur était rusé, et il savait que quand un homme aimait une femme, la première chose auquel l’amant s’accrochait, c’était son regard. Si l’éladrin était bien le père de Kalaad et de Kallypso, il allait connaître cet infime détail, preuve suffisante pour le Tiefflin. Après un moment de silence, l’éladrin répondit sans hésitation. Le Tiefflin fronça les sourcils et demanda : «En es-tu certain, étranger? » À sa réponse, l’éclaireur se détendit, son sourire s’élargit et il acquiesça d’un air rassuré. «Tu as bien répondu. Je peux t’assurer que ta fille a hérité des yeux de sa mère. » Disant cela, Barn lui fit un clin d’œil et s’approcha.

 Tendant la main, il se présenta : «Moi c’est Barn Ferone, je suis éclaireur et guide.  Toi, comment t’appelles-tu? » À sa réponse, le Tiefflin lui sera cordialement la main en répliquant : «Enchanté de te connaître. Ta présence vient d'assouvir ma curiosité. Je me demandais qui pouvait être le père des jumeaux. Me voilà servi! » Il haussa les sourcils et regardant de la tête au pied, il s’exclama : «Oh là, tu dois venir de loin! Tu as sûrement fait un aussi long voyage que dame Eleonor. Allez, vient, je vais te mener à elle.» Disant cela, il se mit en arrière de lui pour mettre un bandeau sur les yeux de l’éladrin. « Désolé, mais je dois respecter cette procédure, vu que tu n’es ni un Tiefflin ni un Aasimar. ». Ceci dit, Barn prit la main du pirate et le guida à travers la montagne. Enfin, une dizaine de minutes plus tard, ils atteignirent Quiétude. Le village avait été construit dans une petite vallée luxuriante, à l’abri des regards. Les maisons étaient rustiques et chaleureuses, seules les allées principales avaient été construites en pierre. Enlevant le bandeau noir, le Tiefflin s’exclama joyeusement : « Bienvenue à Quiétude, mon ami!». Barn venait de dire les mêmes mots qu’il avait dits à Eleonor, six mois auparavant. Tant de choses s’étaient passées depuis, dont le mariage entre la belle Aasimar et Lysandre. Cela avait été tout un évènement, on en parlait encore, mais le Tiefflin n’avait pas jugé bon de prévenir l’éladrin. Les affaires des autres ne le concernaient en rien.  Après avoir rassuré les siens que l’étranger n’était pas une menace et qu’il resterait temporairement, Barn conduisit Flynn directement à la demeure de Lysandre, où Nora  habitait à présent. D’un sourire, il dit à son protégé : « Voilà, c’est ici! Je te souhaite de bonnes retrouvailles. »  Disant cela, il lui fit un clin d’œil et laissa le voyageur devant la porte en bois. Après que l’éladrin ait cogné, la porte s’ouvrit doucement, un joli minois apparut. C’était une jeune Aasimar, aux longs cheveux platine, aux yeux lilas et aux traits fins. À la vue du bel éladrin, elle ne put s’empêcher de rougir. Timidement, elle articula : «Bonjour, comment je peux vous aider? » Avant qu’il ne puisse répondre, une voix claire et familière demanda en arrière d’elle : «Aimée, qui est-ce? Oh là, doucement Kally! Non, ne fait pas ça à ton frère. Petite taquine! » On entendit une protestation de bébé, puis un rire. Il y eut un soupire, puis la voix insista : « Qui est-ce?». Aimée eut un petit air incertain, et n’arrivant pas à décrocher son regard de l’iris gris  qui la dévisageait : « Je ne sais pas Nora. Qui êtes-vous? ». Flynn s’apprêta à répondre, mais la porte s’ouvrit davantage, Eleonor apparut à son tour, transportant une petite éladrine à la peau grisâtre, aux yeux verts et aux boucles noires et courtes. Croisant le regard de Flynn, elle écarquilla les yeux avec stupeur. Il y eut un long silence, puis elle blêmit et sans crier gare, l’aasimar s’évanouit dans les bras de l’homme qu’elle croyait mort.


Eleonor, l'Ange d'Or
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Jeu 12 Mai 2016 - 17:38


Contemplant ma carte, j’essayais de trouver quelques points de repère, histoire de vérifier que j’étais dans la bonne direction. Hélas, je devais admettre que les environs n’étaient pas particulièrement propice au repérage et à part la direction du soleil et la boussole qui me donnaient de bons indices pour ma position vis-à-vis des points cardinaux, je n’étais pas certain de finalement trouver le village avant la tombée de la nuit ce qui ne m’arrangeait pas énormément. L’idée de passer la nuit dans la végétation qui couvrait la colline divine ne pouvait que me motiver à faire de mon mieux pour retrouver mon chemin, mais je restais beaucoup plus doué sur la mer que sur la terre pour cela, malgré mes années de cavale au travers des différents royaumes. Enfin, jusque-là je n’avais pas eu besoin de chercher un village réputé pour être introuvable. Alors que je soupirais doucement, je commençais à ranger ma carte et ma boussole histoire de repartir dans une direction qui me paraissait convenable, après tout, ce n’était pas en restant immobile que j’arriverais à destination, n’est-ce pas ? Tandis que je me remettais en mouvement, une voix m’interpella, m’ordonnant de m’arrêter et d’annoncer mes intentions. Quelqu’un ? Ici ? Voilà qui augurait une bonne nouvelle, enfin, hormis si l’on ne tenait pas compte du fait que ce quelqu’un, relativement à distance, pointait vers moi ce qui semblait être un arc et, soyons francs, je n’avais pas spécialement l’intention de tester son talent en la matière. « Un simple voyageur désirant se rendre à Quiétude ! » J’avais parlé suffisamment fort et distinctement pour qu’il me comprenne malgré la distance. Je préférais éviter qu’il y ait un malentendu entre nous. Bien entendu, mon intérêt pour le village reclus l’intrigua et la question suivante ne fut pas très étonnante.

« Un peu des deux, pour tout vous dire. » Comment lui expliquer qu’effectivement une de mes connaissances vivait dans ce village et que, contre toute attente, elle avait donné naissance à deux enfants qui étaient les miens ? J’avais préféré rester vague pour le moment, quitte à devoir donner des noms ensuite, si cela ne lui convenait pas. Heureusement, il semblait assez satisfait de la réponse, mais, à son regard tandis qu’il approchait, j’avais l’impression qu’il me reconnaissait plus qu’il ne me dévisageait. Malheureusement, son visage à lui ne me disait rien. Un Tiefflin, de ce que j’en savais pour en avoir côtoyé certains, dont l’une des cornes était brisée, probablement un vestige d’une bataille. L’intéressé m’avoua que le village n’était pas accessible aux étrangers. Peut-être aurais-je dû emporter une lettre de Nora pour justifier mes intentions ? Cela n’aurait probablement pas suffi. N’importe qui aurait pu l’intercepter, non ? Le Tiefflin évoqua alors une Aasimar et deux enfants, éladrins, qui, selon lui, me ressemblaient. La question qu’il me posa alors me désarma quelque peu. Me demandait-il simplement la couleur des yeux de Nora ? Je le dévisageai pendant quelques instants puis répondit simplement : « Ses prunelles sont de la même couleur que ces bois… » J’esquissais un léger sourire, presque nostalgique. « Ils sont d’un magnifique émeraude. » Je ne mentais pas, son regard était pur et j’avais toujours aimé la façon dont elle m’avait regardé. Comme un homme, et non comme un criminel. Jamais je n’aurais pu oublier ces yeux. Visiblement rassuré par ma réponse, il sembla se détendre, devenant par là même beaucoup plus amical. Mentionnant au passage que ma fille avait hérité du regard de sa mère. « Alors elle risque d’avoir beaucoup de soupirants le moment venu. » J’esquissais un sourire amusé et me rapprochait également en sa direction, content d’avoir trouvé quelqu’un qui, visiblement, allait me mener à destination.

« Flynn. Enchanté Barn. » Je serrais la main de mon futur guide tandis qu’il m’avoua qu’il avait toujours été curieux de savoir qui pouvait être le père des jumeaux. Je n’osais pas lui avouer que je n’en avais eu connaissance que quelques semaines plus tôt. « Ravi d’avoir pu te combler ! » J’esquissais un autre sourire amusé tandis qu’il me détaillait de plus près, j’avais conscience de ne pas avoir l’air de grand-chose. Le voyage avait été long et ma tenue avait quelque peu souffert. Alors qu’il me proposait de me mener jusqu’à Nora, il voulut me poser un bandeau sur les yeux. Mon léger mouvement de recul l’incita à m’expliquer que c’était la procédure, compte-tenu du fait que je restais un étranger. En soupirant, j’acceptais finalement avant de me laisser guider jusqu’à Quiétude. Je sus que nous étions arrivés bien avant qu’il ne m’enlève mon bandeau, ayant entendu quelques cris et bruits qui signalaient la présence d’autres personnes. De retour à la lumière, j’observais les alentours. Le visage semblait paisible et tranquille, Nora devait probablement couler des jours heureux par ici. J’acquiesçais poliment au message de bienvenue de mon guide et le suivit jusqu’à une demeure où il m’abandonna, me souhaitant de bonnes retrouvailles. Je le regardais s’éloigner, une boule au ventre. Etait-ce vraiment la meilleure chose à faire ? Je regardais un peu autour de moi, saluant quelques Aasimars et Tiefflins qui passaient non loin. Puis je décidais de prendre mon courage à deux mains et je me rendis sur le perron, avant de frapper à la porte en bois. Attendant, nerveux, de savoir ce qu’il se passerait lorsque la porte s’ouvrirait. Que dire ? Que faire ? Sourire ? Faire une blague ? Nora me pensait mort et enterré, comment allait-elle pouvoir réagir ?

A ma surprise, ce ne fut pas elle qui ouvrit, mais une jeune Aasimar aux cheveux platine et aux yeux lilas. Elle semblait charmante, mais je me rendis compte que j’avais dû l’impressionner un petit peu. J’essayais de la rassurer d’un léger sourire tandis qu’elle me demandait si elle pouvait m’aider. J’allais d’ailleurs lui expliquer les raisons de ma visite quand une voix que j’aurais reconnu entre mille provint de l’intérieur de la maison. Nora. Elle semblait occupée avec les jumeaux, mais insistait pour savoir qui était à la porte. Encore plus gênée, la jeune Aasimar se tourna vers moi et me demanda qui j’étais. J’allais m’annoncer quand la porte s’ouvrit, dévoilant Nora, peut-être encore plus belle que d’ordinaire, avec un enfant dans ses bras : ma fille. Je restais bête devant cette scène, ne réalisant pas tout de suite ce qui se passait, constatant que Barn ne m’avait pas menti. Cette fille possédait nombre de mes traits mais avait définitivement les yeux de sa mère. Alors que je relevais la tête, je vis Nora, blême, et, heureusement, j’eus le réflexe de m’avancer un peu pour l’attraper, tandis qu’elle semblait défaillir, agrippant au passage ma fille d’un bras sûr. « Ohla… Eh bien, je ne me souvenais pas que je faisais tomber aussi facilement les filles dans mes bras. » M’assurant une bonne prise sur Nora et ma fille, je tendis cette dernière à l’autre Aasimar. « Vous pouvez prendre… euh… Kallypso, c’est ça ? » Une fois mon bras libéré, je redressais davantage Nora et la prit dans mes bras avant de reposer mon regard sur la personne qui avait ouvert la porte. « Nous devrions la coucher quelque part. Je vous expliquerais tout à l’intérieur, si vous voulez bien. » Elle acquiesça et me fit rentrer dans la maison, me pointant un canapé où je déposais tendrement Nora. Alors que je la fixais avec douceur, l’autre personne revint, avec Kallypso et Kalaad.

Ils me ressemblaient tellement… Kalaad avaient davantage les traits de sa mère, mais je pouvais me voir en lui. Tout ceci était tellement troublant. Voyant qu’elle attendait les fameuses explications, je passais une main derrière la tête, un peu gêné. « Je ne sais pas ce que Nora vous a dit, ou si vous vous connaissez bien, mais je suis Flynn. » Je ne savais pas trop comment elle prendrait la chose, mais, malheureusement, je ne voyais pas trop comment l’annoncer autrement. « Si ce qu’on m’a dit est vrai, je suis le père de ces jumeaux. Et, contrairement à ce que Nora pense, je ne suis pas mort. Enfin ça, vous devez vous en douter vu que je suis là à parler devant vous. Mais c’est ce qui est probablement la raison pour laquelle elle s’est évanouie. » Je me retournais vers l’Aasimar encore inconsciente. Elle allait probablement rapidement revenir à elle. Je me retournais vers l’inconnue qui se trouvait face à moi. « Pourrais-je connaître votre nom ? » J’esquissais un sourire avant de poursuivre. « Vous devriez peut-être être à ses côtés quand elle va se réveiller, j’ai peur que ma vision ne l’effraie un peu trop. Je peux essayer de m’occuper de ces deux-là pendant ce temps. » Bien entendu, il ne la forçait à rien. Le lien de paternité qui m’unissait à mes enfants était assez évident, mais je n’allais pas la forcer à faire quoique ce soit si elle ne me faisait pas confiance, même si, pour être honnête, j’aurais bien voulu découvrir un peu plus mes enfants.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Ven 13 Mai 2016 - 21:29


Quand Nora sombra dans l’inconscience, Aimée s’était précipitée pour la rattraper en soufflant «Nora!», mais l’inconnu l’avait devancé, tout en agrippant la petite. La beauté de cette scène vint figée un momentanément la jeune Aasimar, qui se sentit soudain très troublée. Ce bel éladrin ressemblait tant à l’enfant, qu’elle ne pouvait plus douter de son identité. Il était le père de ces enfants. Sa voix la ramena à la priorité, et promptement elle prit le bébé qui c’était mis à pleurer. Tendant ses petites menottes vers sa mère, Kallypso avait crié : «Maman!». Voulant la rassurer, Aimée embrassa doucement sa joue ronde en chuchotant : «Tout va bien, mon petit amour. Maman dort. Elle va se réveiller bientôt.». Le bébé retroussa son petit nez, tout en reportant un regard curieux à l’homme qui venait de soulever Eleonor dans ses bras. Étrangement, elle cessa de pleurer, comme rassurer par la présence de Flynn. À sa voix, Kallypso sourit et porta ses doigts dans sa bouche. Aimée ne savait pas pourquoi, mais les hommes avaient toujours su calmer cette enfant. Flynn venait de lui demander où il pouvait allonger Eleonor. Sans hésitation, la jeune Aasimar acquiesçait en disant : «suivez-moi». Ils rentrèrent dans la maison, qui était grande, spacieuse et chaleureuse. Pour sa nouvelle famille, Lysandre avait jugé bon d’agrandir leur demeure. Pensant à son frère, Aimée sentit son cœur se serrer. Comment réagirait-il face à cet inconnu, ancien amant de Nora et père de ses enfants? Elle espérait que ça ne finirait pas en combat de coqs. Soupirant, elle conduisit l’éladrin vers le salon où il déposa délicatement son doux fardeau. À la façon qu’il contemplait Eleonor, Aimée sut qu’il l’aimait profondément et cela vint accentuer son trouble. C’est alors qu’elle entendit un petit cri dans la cuisine, c’était Kalaad qui s’inquiétait de leur absence. Chassant ses craintes, elle alla s’occuper du petit. À l’exception de ses yeux gris si semblables à ceux de l’éladrin, Kalaad était blond de tête et sa peau était aussi lumineuse que celle de Nora. Par Phélemée, elle comprenait maintenant pourquoi ces bambins étaient si beaux. L’Aasimar avait su choisir un amant terriblement séduisant, même Aimée le trouvait de son goût. Secouant sa tête, elle revint au salon avec les bébés dont les regards se rivèrent sur l’éladrin.

Il passa nerveusement sa main dans ses cheveux noirs, dont sa fille avait hérité, et il expliqua : « Je ne sais pas ce que Nora vous a dit, ou si vous vous connaissez bien, mais je suis Flynn. ». La jeune fille haussa les sourcils et d’un air désolé, elle répliqua: «Flynn? Je suis désolée, Eleonor ne m’a jamais parlé de vous. Je crois qu’elle tenait à garder votre identité secrète.» Disant cela, Aimée porta son regard doux sur la guérisseuse. «Mais oui, je la connais bien, elle est à la fois ma belle-sœur et ma mentore dans la médecine naturelle. Je lui dois beaucoup». Elle eut sourire affectueux, tout en s’assoyant, les petits pesaient lourds. Ceux-ci clignèrent innocemment des yeux et sourirent à Flynn. Soupirant, la jeune fille posa son regard vers le pirate en demandant : «Je présume que vous êtes leur père, n’est-ce pas? Pourquoi êtes-vous revenu? Ou plutôt, pourquoi n’avez-vous pas accompagné Nora quand elle est venue vivre ici?». Bien que cette question ait l’air d’un reproche, l’adolescente l’avait demandé en toute innocence. Après un instant, Flynn lui répondit qu’il était effectivement le père de Kalaad et de Kallypso, et  Nora  pensait qu’il était mort, mais ce n’était visiblement pas le cas. Aimée comprit alors pourquoi sa belle-sœur avait perdu connaissance, ça avait dû être un terrible choc pour elle. « Pourrais-je connaître votre nom ? ». À cette question, l’adolescente avait tourné un regard surpris vers son interlocuteur. «Aimée». Avait-elle répondu d’un timide sourire. L’adolescente failli préciser qu’elle était la sœur de Lysandre, mari de Nora.  Ne voulant pas gâcher sa première rencontre avec ses enfants,l'adolescente crut bon de taire cette information. C’est alors que  Flynn proposa à Aimée de rester auprès de Nora, tandis qu’il pourrait s’occuper des jumeaux. Cette demande était touchante. Comment lui refuser? D’un doux sourire, la jeune fille acquiesça en tendant les enfants : «Tenez, après tout, ce sont les vôtres.». Puis taquine, elle recommanda : «J’ignore si vous avez de l’expérience avec les bébés, mais vous devez faire attention à leurs têtes. Ils sont assez grands pour se tenir droit, mais tout de même, ils sont encore fragiles.». Disant cela, elle se leva et s’approcha de Nora, laissant Flynn avec ses enfants.

Ceux-ci l’observaient d’un regard à la fois impressionné et rassuré. Kalaad plissait ses yeux gris, si semblable à son père, et poussa un petit cri joyeux. Fatigué, il accota son front parsemé de mèches blondes et rebelles contre le cou de l’éladrin, tandis que Kallypso sourit et caressa les joues de Flynn, laissant une légère empreinte de bave. Son grand regard vert brilla malicieusement et comme inspirée, elle gazouilla : «Papa!». Cette exclamation fit lever les yeux d’Aimée vers le trio. Déjà en bas âge, Kallypso était douée d’une intuition infaillible, c’était un don fort précieux. Les observant, Aimée pâlit un peu, son cœur se serra de tristesse.  N’était-ce pas à Lysandre que ce titre revenait?Malheureusement, la vie en avait décidé autrement. Le lien de sang était plus fort que tout le reste. Elle soupira, appréhendant la confrontation entre les deux hommes. Son frère allait sûrement être bouleversé. Nora venait d’ouvrir les yeux, elle gémit en soufflant : «Par Phélemée…j’ai eu une vision impossible. Ai-je rêvé?». Jetant un coup d’œil à Flynn, Aimée se penchant à l’oreille de la belle Aasimar en murmurant : «Non, Nora. Le père de tes enfants est toujours vivant et il est avec eux.». Confuse et pâle, Eleonor cligna précipitamment des yeux et lentement, elle tourna son regard vert émeraude vers Flynn et ses enfants. Le voir là, vivant, cajolant leurs enfants…c’était un miracle. Elle n’avait pas de mots pour décrire le sentiment qui l’envahissait. Reprenant vie,Eleonor se leva à demi, sa tignasse blonde tombait sur ses épaules, comme un fleuve d’or. En silence,elle plongea ses yeux dans ceux du pirate et soudain, elle éclata en sanglot. «Tu es vivant…tu es vivant…Oh Flynn!». Souffla-t-elle bouleversée. Spontanément, elle se leva pour  étreindre le torse fort. Sa joue écrasa un peu celle de Kallypso, qui gazouilla. Ce moment, Eleonor en avait tant rêvé. Fermant les yeux, elle bafouilla : « Comment est-ce possible? On nous avait certifié ton décès. Ta pendaison! Et pourtant, tu es vivant, bien vivant. Flynn…». Eleonor recula un peu pour prendre le visage de l'éladrin entre ses mains. Amoureusement, elle murmura d’une voix chevrotante: «je suis si heureuse de te savoir en vie. Tu m’as tellement manqué!». À travers ses larmes, elle eut un tendre sourire. Posant son regard sur leurs enfants, elle crut bon de les présenter : « Sache que notre amour ne fut pas seulement qu’un tendre souvenir. Je te présente nos enfants, Kalaad et Kallypso. J’espérais un jour que tu puisses les rencontrer. J’avais perdu l’espoir…mais tu es vivant! Mes prières ont été exaucées.». Pendant un instant, ils se dévisagèrent éperdument, tandis que Kalaad exigea de revenir dans les bras de sa mère. Nora rit doucement et le serra contre elle sans rechigner. Soutenant le regard de Flynn, elle chuchota à ses enfants: « Mes trésors, je vous présente votre père.».   
 
 


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Dim 15 Mai 2016 - 11:24


Je devais l’admettre, porter Nora dans mes bras avait réveillé quelques souvenirs plutôt agréables, et il aurait été malhonnête de dire que je n’en éprouvais pas de plaisir, mais ce n’était pas pour cela que j’étais venu. J’esquissais un léger sourire pour la jeune Aasimar tandis qu’elle prenait soin de Kallypso et j’entrais avec lenteur dans la maison inconnue afin de la déposer sur le canapé. La demeure était plutôt cosy et il ne devait faire aucun doute sur le fait qu’Eleonor devait s’y plaire. J’eus un petit soupir pour moi-même tandis que je déposais mon précieux fardeau entre les différents coussins. Il était évident qu’elle n’aurait jamais eu une vie comme celle-ci à mes côtés et peut-être était-ce mieux ainsi. Elle n’était peut-être pas faite pour rester à la maison et s’occuper d’enfants, mais elle n’était clairement pas faite pour naviguer sur la mer et affronter ses tourments. Quant à moi, je savais que je n’étais pas fait pour rester enfermé entre quatre murs, même avec la forêt environnantes, il n’aurait été qu’une question de temps avant que je ne finisse par étouffer. Mon regard se posa sur l’Aasimar. Elle était paisible, ses longues boucles d’or cascadant sur le canapé autour de son doux visage. Il y’a quelques mois, dans une autre situation, je l’aurai probablement embrassée, mais tout était tellement différent désormais. Lorsque l’inconnue revint, chargée des deux jumeaux, je décidais d’arrêter ma contemplation, n’était-ce que par politesse, car je ne m’étais pas encore présenté. Il était fort possible que la jeune femme ne me connaisse pas, mais il aurait été particulièrement impoli de ne pas montrer patte blanche. D’autant que, dans mon état actuel, j’aurais pu très bien être un vulgaire bandit, même si elle devait se douter que je n’aurais pas réussi à me rendre au village le cas échéant. Barn semblait faire un très bon travail, lui et d’autres, sans doute.

Je fus surpris d’apprendre que mon nom ne lui disait rien. Nora n’avait donc pas parlé de moi ? C’était curieux, mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Peut-être préférait-elle éviter que le fait qu’elle porte les enfants d’un criminel se sache ? On ne savait jamais vraiment comment les gens pouvaient réagir. Je ne la blâmais pas, elle avait dû faire des choix depuis notre séparation et son voyage n’avait pas été plus tranquille que le mien. Je tiquais lorsque la jeune femme précisa que Nora était sa belle-sœur et sa mentor en médecine. Belle-sœur ? Cela voulait donc dire qu’elle était déjà mariée ? Je ne pus m’empêcher de ressentir une douleur au plus profond de ma poitrine, mais, après tout, il fallait s’en douter, n’est-ce pas ? La lettre faisait mention d’un dénommé Lysandre, mais de là à l’épouser aussi rapidement ? Avait-elle fait le bon choix ? Pensait-elle devoir faire vite à cause des jumeaux ? Je ne pouvais pas le dire à sa place… Essayant de faire abstraction de cette nouvelle, je me reconcentrais sur la jeune femme dont je ne connaissais pas encore le nom. La question qu’elle me posait sonnait véritablement comme un reproche, mais, visiblement, elle ne semblait pas lui en tenir rigueur, peut-être était-ce simplement moi qui me blâmait pour ma propre absence. « J’étais un criminel recherché à l’époque. J’ai dû fuir pour ma survie et je ne pouvais décemment pas l’emmener avec moi dans une traque qui pouvait durer éternellement. Je ne pouvais pas la forcer à vivre cette vie-là alors qu’elle cherchait qu’à trouver la tranquillité et le calme de Quiétude. » Pourtant, cette nuit-là, à l’auberge, quand je l’avais retrouvée, j’avais hésité à lui demander, à lui demander de rester avec moi. Mais cela n’aurait été qu’une demande égoïste et elle n’avait nullement besoin de souffrir pour moi. Nos chemins devaient se séparer et, auraient dû rester tels quels, s’il n’y avait pas eu les jumeaux.

« C’est un joli prénom, Aimée. » J’esquissais un sourire amical. C’était la vérité. Et, en toute honnêteté, elle le portait très bien. Peut-être même avait-elle déjà quelqu’un dans sa vie, mais ce n’était pas mes affaires. Alors qu’elle me tendait Kalaad et Kallypso, je tâchais de les prendre avec soin, veillant au conseil qu’elle me prodigua concernant leurs têtes. « Kalaad et Kallypso… » J’avais dit cela pour moi-même, observant les deux petites créatures que je tenais dans mes bras. Je pouvais me voir en eux, surtout en Kallypso, mais ils étaient également le portrait craché de leur mère… A vrai dire, l’idée d’avoir des enfants ne m’avait jamais effleuré. Vivre en mer ne donnait pas spécialement à réfléchir à ce genre d’idées, mais je ne pouvais pas dire que j’étais malheureux en cet instant. Le regard de ma fille et sa façon de poser sa main sur ma joue me laissa perplexe, encore plus lorsqu’elle m’appela papa. Interdit, je restais debout, là, sans rien dire, sans rien faire, simplement parce que je ne savais pas s’il y avait quelque chose à dire ou à faire. Je fus sauvé par Nora. Alors qu’elle se réveillait doucement, Aimée prit soin de lui annoncer qu’elle n’avait pas rêvée. Une nouvelle fois, je croisais son regard, inimitable, et j’esquissais un léger sourire, celui qu’elle connaissait et dont je ne perdais que très rarement, mon sourire de pirate. Elle se leva rapidement avant de venir m’enlacer, et, pour la première fois depuis longtemps, j’eus vraiment la sensation d’être aimé. C’était grisant et cela me déchira peut-être encore un peu plus le cœur. « Je suis bien vivant Nora, enfin… Je crois. » Alors qu’elle posait ses mains sur mon visage, je fermais les yeux un instant, mes souvenirs refaisant immédiatement surface. « Tu m’as manqué aussi, Nora. »

Elle me présenta alors nos enfants, m’avouant qu’elle espérait que je puisse un jour les voir, mais que l’annonce de ma mort lui avait ôté tout espoir. Elle me soulagea ensuite de Kalaad, qui, visiblement, préférait de loin être porté par sa mère. Je n’arrivais pas à me défaire de son regard. Elle était heureuse, vraiment, et je savais qu’elle vivrait heureuse ici à Quiétude. « Beaucoup de choses se sont passées depuis notre… séparation. Je te raconterai tout en détails, bien entendu, mais… » Je jetais un œil à mon état. « Ce serait trop te demander de pouvoir me débarbouiller avant ? Cela fait plusieurs jours que je voyage et… je ne voudrais pas vous infliger mon parfum, probablement un peu trop musqué par mon périple. » J’esquissais un sourire, à la fois amusé et gêné. C’était la vérité. Même si je ne sentais pas trop ma propre odeur, par habitude, je devais me douter que je ne devais pas être un ravissement pour les narines un peu trop proches. Un mélange de sel, de sueur et de terre qui, au fond, ne devait pas être désagréable, mais tranchait probablement un peu trop avec l’atmosphère du lieu. Et, après plusieurs jours de voyage, une bonne douche serait la bienvenue pour moi également.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Dim 15 Mai 2016 - 19:21


Son sourire, son regard et sa tendresse dans celui-ci...c’était vrai, il lui avait énormément manqué.  Elle avait étreint son corps, ainsi que son visage, pour se prouver qu’il était réel, et non pas un fantôme. Il était là, en chair et en os, et elle aussi lui avait manqué. Scrutant ses yeux gris, Nora sut qu’il l’avait aimé, et l’aimait encore. Malheureusement, leur situation était délicate, même si pour être honnête, ça avait toujours été compliqué entre eux. Tant d’obstacles les avaient séparés, et aujourd’hui c’était la vie de Nora, plus précisément sa vie de femme mariée, qui posait problème. Elle était du genre fidèle, ou du moins, elle aimait un homme à la fois, mais à cet instant, elle eut à nouveau envie de Flynn. Son être avait toujours su l’enflammer, tout comme son odeur. Musquée? Non…salée et fraîche, comme celle de la brise marine. Son odeur était si différente de celle de Lysandre, qui sentait le pin. Lysandre…serrant un peu plus son fils contre elle, Eleonor sentit son ventre se nouer. Comment allait-il réagir en apprenant que l’homme qu’elle avait aimé, et malheureusement, qu’elle aimait toujours était vivant et ici, chez eux, avec Kallypso et Kalaad? La requête de Flynn la fit revenir à la réalité, chaque chose en son temps. D’un léger sourire, elle opinait en répondant : «Oui, bien sûr, c’est la moindre des choses. Suis-moi. Je vais te faire couler un bain. L’eau est très pure sur ce mont.». Soudain, elle rougit, se souvenant de leur première fois…qui s’était déroulée dans un bain. Refoulant ce souvenir, qui était des plus agréables, elle riva son attention vers sa belle-sœur. Ses yeux lilas semblaient perplexes et troublés, ce qui était compréhensible. Que pensait-elle de ce bel inconnu, qui par sa simple présence, venait assombrir celle de son frère? Que lui avait dit Flynn pour qu’Aimée ait un regard si inquiet? Voulant adoucir la situation, Nora eut un sourire rassurant et demanda : «Ma chérie, veux-tu préparer du thé et faire chauffer des gâteaux? Je crois qu’après un tel voyage, notre invité doit être affamé.». L’Aasimar tourna ses yeux vers Flynn et  elle demanda: «N’est-ce pas?». À sa réponse, elle rit doucement, installant mieux Kalaad sur sa hanche, et lui fit signe de la suivre.

 Montant les escaliers, ils longèrent un couloir dont les murs étaient faits en bois. Eleonor garda le silence, car pour dire vrai, elle ne savait pas par où commencer ni quoi dire. Déjà le savoir vivant  était ahurissant. La belle Aasimar n’en revenait tout simplement pas. Kaad leva son beau regard vers elle et  curieux, il agrippa une boucle dorée dans ses petits doigts . «Ouille!». Souffla Nora en fronçant les sourcils. «Doucement, Kalaad…». Libérant la menotte de sa chevelure, elle soupira de soulagement. Jetant un coup d’œil vers l’éladrin, Nora avoua mi- exaspérée, mi- moqueuse : «Il est aussi taquin que toi!». Arrivant au seuil de la salle de bain, Eleonor se tourna vers lui et prit Kallypso, qui était encore dans les bras de son père. Avec contrariété, la petite protesta d’un cri aigu en tendant ses bras vers Flynn. «Oh là, ma chérie, oh là. Ne t’en fais pas. Papa va revenir.». Têtue, Kallypso gigota et se mit à pleurer violemment. Ressentant la tristesse de sa sœur, Kalaad pleura à son tour. Faisant de son mieux pour les calmer, Eleonor lança un regard fatigué à Flynn et expliqua : «Depuis leur naissance, ils sont toujours très connectés. Quand l’un pleure, l’autre fait de même. C’est agaçant, mais en même temps, ça m’a appris la patience. Une très grande patience. Hein, mes chéris?». Elle les fit un peu sursauter dans ses bras, cela fit rire Kalaad, mais accentua les pleurs de Kallypso. Il était rare que la petite voulait autant quelqu’un. D’un sourire contrit, Eleonor affirma : «Visiblement, tu as su gagner son cœur.». Elle hésita et n’en pouvant plus de ce larmoiement, elle suggéra : «qu’en dis-tu de prendre ton bain avec elle? Elle adore l’eau, comme toi.». Dévisageant Flynn, l’Aasimar eut un tendre sourire «En fait, Kally tient beaucoup de toi, dont ta tête de mule.».

Effectivement, une fois revenu dans les bras de Flynn, le bébé cessa de pleurer et sourit amoureusement. L’air ravi, elle gazouilla en caressant le nez de son père. Devant cette scène si tendre, Nora sentit les larmes aveugler à nouveau son regard. La voix chevrotante, elle balbutia le cœur gros: «Je suis si désolée, Flynn…j’aurais voulu te prévenir, mais j’ignorais où tu étais et après, j’ai appris que tu étais mort. Cette grossesse fut si imprévue, mais…».Elle prit une profonde inspiration, et souffla d’un sourire ému : «mais je ne regrette rien. Si c’était à refaire, je le referais. ». En ce moment, elle était partagée entre l’envie de rire et de pleurer. Ses émotions étaient très confuses. Soutenant son regard, l’Aasimar exprima: «Nous allons avoir du temps pour parler, mais sache que j’ai réussi à rebâtir ma vie et je suis heureuse.  Je veux t’en remercier, Flynn, car c’est en partie grâce à toi. Sans le vouloir, tu m’as donné beaucoup et je ne les échangerais pas pour rien au monde. Nos enfants ont fait de moi la femme que je suis, et c’est pour ça que je ne regrette rien.». D’un léger sourire, elle s’approcha de Flynn pour caresser sa joue. Tendrement, elle chuchota : « je suis fière que tu sois le père de mes enfants. Si je n'étais pas mariée, je t’aurais accompagné sur la mer, avec eux.» Elle baissa son regard vert sur les petits qui commençaient à somnoler. «Nos enfants sont forts, Flynn. Durant mon voyage, j’ai failli mourir plusieurs fois et à cette époque, j’ignorais que j’étais enceinte. Si souvent, j’aurais pu les perdre, mais ils ont survécu.». Son sourire s’affaissa un peu, Nora confia : «ils sont devenus mon unique but et depuis leur naissance, je ne veux qu’une chose : les protéger. J’ai fait de mon mieux pour leur donner une vie paisible, normale, mais est-ce cela qui leur faut? Peut-être pour l’instant, mais après?».

 L’aasimar soupira et baissant la tête, elle cita : « si tu n’affrontes jamais le danger, tu mourras au premier venu.» C’est une amie corsaire qui m’a dit ça un jour. Elle était persuadée que nos enfants auraient besoin du large pour s’épanouir. Bien sûr, je trouvais l’idée irresponsable, voire dangereuse. Pourtant, aujourd’hui, je ne peux que lui donner raison.». Après un moment d’hésitation, Eleonor avoua : «si nos enfants grandissent ici, ils ne vont pas être préparés au monde extérieur. Ce village est très paisible, mais aussi très ennuyeux. Je…».  Soudain, Eleonor s’interrompit. En bas, quelqu’un venait d’entrer. C’était Lysandre, elle en était certaine. Le cœur battant, elle reprit promptement Kallypso, qui s’était endormie, et dit précipitamment : «Va te laver et par après, vient me rejoindre au salon.». Ceci dit, Eleonor tourna les talons et descendit rapidement les escaliers. En bas, un Aasimar parlait à Aimée. Sa prestance était digne d’un archange, il était svelte et musclé. Son beau visage revêtait des traits harmonieux et angéliques. C’est alors que ses yeux mauves croisèrent ceux de sa femme. Celle-ci y aperçut une sourde colère. Remettant les jumeaux à Aimée, elle lui demanda de les laisser seuls, ce que l’adolescente s’empressa de faire.  Avec courage, Nora riva son attention vers son mari. Celui-ci l’attira à lui et il demanda les dents serrées : «Est-ce vrai qu’il est vivant? Ne m’as-tu pas dit qu’il était mort? Pourquoi m’as-tu menti?».  D’un sourire triste, Eleonor répondit doucement: « Je ne t’aie pas menti. J’étais certaine qu’il était mort, mais le héraut s’est trompé. Flynn est vivant et il est venu de loin pour me revoir et connaitre ses enfants.».  Il y eut un lourd silence pendant lequel Lysandre ressentit d’intenses émotions. Il était partagé entre la peur de perdre Nora et les petits, la colère contre ce pirate et la tristesse de la voir aussi bouleverser. Comment réagir à cet imprévu? Le livrer aux autorités ou prendre le risque de l’accepter chez lui?


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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Lun 16 Mai 2016 - 18:45


En y réfléchissant, dans un autre monde, ou simplement un autre temps, cette rencontre aurait sûrement été bien plus agréable, ou plutôt plus heureuse. Nora et moi savions déjà que les choses ne seraient pas simples, mais il semblait inutile de le préciser pour le moment. Profiter de l’instant présent, d’abord, et régler les problèmes ensuite. D’un côté, cette idée me serrait le cœur, de l’autre, je savais que cela rendrait les choses plus faciles, pour elle, comme pour moi. Le destin avait mis sur nos routes respectives des personnes auxquelles nous nous étions attachés, séparant ainsi durablement nos chemins. Mais cela ne voulait pas forcément dire que nous devions ne plus jamais nous revoir. Kallypso et Kalaad resteraient les témoins de ce qui s’était passé entre elle et moi, et même si je savais que ce ne serait pas nécessairement évident pour eux de comprendre cette situation, ni de grandir loin de leur véritable père, ils représenteraient toujours, en quelque sorte, ces quelques semaines inoubliables. Et soyons honnêtes, ce n’était pas parce que je savais que mon cœur était pris par Cassiopée, que je n’éprouvais plus de sentiments pour Nora, loin de là. D’ailleurs, à l’idée du bain, elle ne fut pas la seule à repenser à notre souvenir commun. Esquissant un léger sourire, j’acquiesçais doucement, heureux à l’idée de pouvoir me départir de la crasse qui était mienne, et arranger mon apparence qui, mine de rien, devait laisser quelque peu à désirer. Il suffisait de se souvenir de la remarque de Barn à ce sujet pour en être convaincu. « Je ne refuserais pas quelques gâteaux. » Avais-je simplement répondu lorsque l’Aasimar m’avait demandé si j’avais faim. Logiquement, le voyage avait creusé mon estomac, mais mes provisions avaient été suffisantes, même si la perspective de goûter à autre chose que de la nourriture séchée ravivait mon estomac.

Croisant le regard de Kallypso tandis que je jouais avec son nez, je suivis Eleonor à l’étage, découvrant un peu plus cette demeure qui était la sienne, non sans m’étonner du fait que je m’y sentais réellement comme un étranger. Je n’aurais su dire pourquoi, mais peut-être était-ce simplement le fait que je ne me voyais pas vivre dans une maison, tout simplement. Je me défendis face à la remarque concernant mon fils. « Hey, tu n’es pas mal non plus en la matière, je te rappelle. » J’eus un sourire et nous nous arrêtèrent devant la salle de bain avant que Nora ne reprenne Kallypso entre ses bras, déclenchant ainsi une scène des plus surprenantes. Visiblement, ma fille semblait déjà m’apprécier beaucoup, ce qui était à la fois touchant et étonnant. L’Aasimar semblait un peu dépassée par les évènements, mais avait visiblement beaucoup de patience à revendre. « Je crois qu’élever des enfants demande beaucoup de patience. » J’esquissais un petit sourire, un peu gêné, conscient qu’elle avait hérité d’un fardeau dont elle n’avait peut-être pas voulu. Lorsqu’elle suggéra de me laisser Kallypso pour le bain, je n’y voyais aucun inconvénient et tendit les bras pour récupérer la forte tête. « Si cela peut te soulager un peu, je n’y vois pas d’inconvénients. » Je n’étais pas certain de savoir comment faire, mais à défaut, je devais pouvoir m’en sortir pas trop mal. Je fronçais les sourcils à la remarque d’Eleonor concernant le caractère de notre fille. « Encore une fois, je ne suis pas certain qu’elle n’ait hérité ce trait que de moi. » Après tout, elle aussi avait les idées assez arrêtées quand elle le voulait, non ? J’esquissais un sourire amusé, avant de reporter mon attention sur Kallypso pendant quelques instants, avant de reposer mon regard sur Nora tandis que, à ma grande surprise, elle essayait de s’excuser.

Sa confession était touchante, bouleversante, même. Pendant quelques instants, je crus même que j’allais regretter la décision que j’avais prise à bord de la Sirène. Sa main sur ma joue me fit frémir, ses mots aussi, mais j’avais quelques doutes sur le fait qu’elle aurait réellement pu être heureuse sur un navire. Elle aurait pu y trouver sa place, sans doute, mais était-ce réellement une vie pour elle ? « Nora… » J’avais murmuré cela, comme une supplique, peut-être pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas besoin de s’en vouloir, parce qu’au fond, tout était de ma faute, n’est-ce pas ? La citation de Sirèna me mit un peu mal à l’aise mais nous n’eûmes pas l’occasion d’aller plus loin, car, visiblement, quelqu’un d’autre venait d’arriver et son identité me semblait plus que logique. Alors que je lui confiais à nouveau une Kallypso ensommeillée, je la retenais tendrement par la taille avant qu’elle ne s’en aille. « Tu n’as aucune raison de t’en vouloir Nora, ni pour le passé, ni pour le présent, pour rien. Tu as porté, mis au monde et élevé nos enfants. Tu as fait ce que tu pensais être juste, personne ne peut te reprocher quoi que ce soit. » Je lui offris un sourire sincère et la laissait filer, rentrant dans la salle de bain. J’y fis chauffer de l’eau avant de me débarrasser de mes vêtements et de me plonger dans l’eau claire et fumante. Profitant de l’instant pour réfléchir un peu et laisser mes muscles se délasser, je fermais les yeux. Quelques petits coups à la porte vinrent me déranger. Aimée, visiblement toujours un peu timide, entra pour déposer quelques vêtements propres, me proposant de laver les miens. « C’est très gentil, merci. » J’esquissais un sourire et la laissait repartir avec mes affaires, jetant un œil aux vêtements. Etait-ce ceux du fameux Lysandre ? L’idée de les mettre ne me faisait pas vraiment envie, mais redescendre dans des vêtements sales n’aurait pas été du meilleur effet. Après une quinzaine de minutes et un bon décrassage, je me séchais rapidement et enfilait les vêtements qui ne m’allèrent pas si mal que ça. Les cheveux encore humide, je décidais que j’avais passé suffisamment de temps en haut et me préparais mentalement à la rencontre qui ne me plairait pas. Je fermais la porte de la salle de bain avant de descendre les escaliers et de retourner dans le salon, prêt à affronter le fameux mari de Nora. Comment était-il ? Comment serait-il ? Comment réagirait-il ? Des questions que je m’étais posé de nombreuses fois mais qui allaient enfin avoir leurs réponses. « Désolé de l’attente, il m’a fallu bien frotter pour être présentable. » L’humour, la seule carte qui pouvait me rester pour appréhender cette situation. Rentrant dans le salon en m’annonçant avec légèreté, je ne manquais pas d’apercevoir l’autre. Lysandre. L’Ange dans tout ce qu’il avait probablement de plus guindé… J’essayais de ne pas avoir trop de préjugés, pour essayer de lui laisser le bénéfice du doute, mais, sans surprise, j’avais beaucoup de mal à le faire.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mer 18 Mai 2016 - 19:41


 
Lysandre Flaryel était habituellement un Aasimar tolérant et patient.  Comme ceux de sa race, il était naturellement bon et généreux, mais si ses proches étaient en dangers, il pouvait se montrer inquiet, voir dure. En ce moment, il vivait des sentiments contradictoires et douloureux. Comment devait-il réagir? Il vivait un dilemme déchirant. Il hésitait de mettre cet inconnu dehors ou d’accepter qu’il reste, par amour pour Nora. Repensant à elle, il jeta un coup d’œil à la cuisine pour la contempler. De dos, ses ailes ressemblaient à un long manteau de plumes, sa chevelure blonde tombait jusqu’à ses reins. Par Phélemée, qu’il aimait cette femme, de tout son cœur.  Il ne voulait pas la perdre, ni les jumeaux. C’était difficile à l’accepter, mais Lysandre savait que s’il rudoyait l’éladrin, il décevrait Nora. Il était inutile de recourir à la violence, surtout contre une personne sûrement plus expérimentée que lui. Selon Eleonor, ce Flynn lui avait sauvé par deux fois la vie et aujourd’hui, il avait fait un long voyage pour elle et les enfants. C’était honorable et courageux, mais cela ne rassura guère l’aasimar. Pour dire vrai, il avait peur que sa femme préfère l’étranger à lui. Contrairement au pirate, Lysandre ne s’était jamais conduit héroïquement. Non seulement il se sentait  inférieur à cet aventurier, mais aussi il le craignait. Bien que Flynn fut le père des jumeaux, il restait un pirate, un «ancien» condamné. Avait-il commis un meurtre? Serait-il capable de le tuer pour avoir sa famille? Sur cette sombre pensée, Lysandre entendit des pas. Rigide, il se leva.

  Dès que Flynn entra, Lysandre sentit son ventre se nouer. Il était dérouté de le voir si beau et si séducteur, le portrait craché de Kallypso. Ça le rendit encore plus nerveux, mais il s’efforça de chasser sa peur. L’aimait-elle toujours? C’était là le problème. C’est alors qu’il remarqua un détail dérangeant. En silence, son regard mauve scruta Flynn qui venait de plaisanter.  C’était ses vêtements que l’éladrin portait. Qu’est-ce qu’il allait prendre d’autres de chez lui? Essayait-il de le provoquer? Ça commençait mal. Il serra les poings en crispant sa mâchoire. Il eut soudain envie d’empoigner son collet en beuglant : «Fou-moi le camp d’ici, gredin! Tu avais juste à prendre soin d’elle quand il était encore temps!». Heureusement, Aimée arriva avec les gâteaux et Eleonor avec le thé. Leur énergie féminine vint un peu l’apaiser, mais il n’aimait guère comment les deux femmes contemplèrent l’inconnu. Lavé et bien habillé, l’éladrin était plus séducteur que jamais. Lysandre fronça les sourcils en voyant sa femme rougir, tandis qu’Aimée gloussa doucement en lui offrant des gâteaux. Ah, les femmes! Lysandre faillit grogner, mais il se retint de justesse. Bon sang, il n’était pas un orc, mais un aasimar.  Il devait s’en montrer digne, même si l’envie lui manquait.  Contre toute attente, Lysandre avança d’un pas et tendant la main, il dit d’un ton faussement cordiale : «Bienvenu chez nous. C’est Flynn, c’est ça? Moi, c’est Lysandre, le mari de Nora. Allons, prend place. Ce canapé est aussi confortable que notre bain.».  Être courtois lui nouait l’estomac, mais il ferait tout pour garder sa famille.  Sa sœur et sa femme rivèrent un regard étonné vers lui. Ce n’était pas la première fois que son contrôle surprenait  Eleonor, mais là…c’était troublant. Haussant les sourcils, il se tournait vers elle pour prendre son cabaret. Après un baiser volé, il suggéra doucement : « Assis-toi, mon amour. Je crois qu’une discussion serait de mise, n’est-ce pas? Préfères-tu que je te laisse seul avec lui?». Son attitude n’était pas normale.  «Euh, non…non, tu peux rester. Merci.». Répondit-elle avec perplexité. Sa douceur cachait anguille sur roche, ou il était rendu fou. Comment pouvait-il être aussi passif devant Flynn? En plus, qu’il portait ses vêtements! Non pas qu’elle voulait que son mari se batte, mais elle ne l’avait jamais vu aussi bonasse. Ce fut avec gêne qu’elle vint s’assoir devant Flynn, Lysandre resta en retrait, debout et endosser contre le mur. Une fois sa femme tournée vers l’éladrin, l’Aasimar put relâcher son sourire crispé et observer sombrement la menace. Aimée remarqua ce changement d’attitude, elle se sentit soudain très inquiète. Lysandre n’était pas dans son état habituel et elle savait qu’il était bouleversé. Allait-il craquer? Tout allait dépendre de la tournure de la conversation.

Essayant de trouver ses mots, Nora sentit une vague d’énergie très sombre l’envahir. Lysandre…elle n’était pas naïve. La jeune femme se doutait que l’aasimar jouait un rôle. Pourquoi? Peut-être pour calmer la situation? Ou pire, s’emporter au moment venu? Cette rencontre la rendait très nerveuse. Seul le regard gris de Flynn vint l’apaiser. Par Phélemée, il était plus beau que dans ses souvenirs. Soudain, elle se prit à éprouver du désir.  À vrai dire, depuis qu’elle l’avait étreint, sa flamme s’était rallumée. Celle-ci avait augmenté d’intensité quand il l’avait retenu par la taille.  Une fois à la cuisine, son esprit l’avait bombardé d’images érotiques. Leur relation avait été si passionnante et secrètement, elle fut tentée d’y goûter. Encore, une dernière fois...mais elle aimait Lysandre et elle lui était fidèle. N’est-ce pas? Confuse, Eleonor soupira. Le trouble qui l’envahissait lui faisait mal. Elle se sentait partagée entre deux hommes, deux destins. Était-ce vraiment le cas? Flynn éprouvait-il encore des sentiments pour elle? Peut-être avait-il rencontré quelqu’un d’autre? À cette pensée, son cœur se serra de jalousie, mais elle ne pouvait le blâmer. La jeune femme avait épousé Lysandre, Flynn avait bien le droit d’être aimé aussi.   Eleonor avait tant de questions. Fronçant les sourcils, elle demanda : «Flynn, qu’est-ce qui s’est passé? Pourquoi ai-je entendu dire que tu étais mort? Où étais-tu pendant tout ce temps? Pourquoi ne pas m’avoir prévenu?». Avant que le marin puisse répondre, une voix grave questionna: «Et pourquoi êtes-vous venu ici?». Lysandre eut un sourire froid et ironique. « J'espère que ce n'est pas pour reconquérir ma femme?».Ou m'éliminer pour avoir ma place? La question était directe, un brin scandaleuse. À cette pique, Eleonor fit volteface pour s'indigner : «Lysandre!». Dès qu’elle croisa le regard sombre de son mari, sa colère fit place à une profonde inquiétude. Ses yeux…elle ne les avait jamais vus aussi vides. Elle comprit que Lysandre avait abaissé le masque. À cet instant, Nora ressentait sa peur et son angoisse. C’était évident, il avait peur de les perdre, elle et les jumeaux. Soudain, elle voulut l’étreindre pour le rassurer, mais l'explication de Flynn l’immobilisèrent. Lentement, elle se tourna vers lui pour l’écouter.


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Jeu 19 Mai 2016 - 11:25


L’ambiance dans le salon était visiblement tendue. Il me suffisait de poser le regard sur le dénommé Lysandre pour comprendre que ce dernier ne me portait visiblement pas vraiment dans son cœur et, d’une certaine façon, je pouvais le comprendre. Avait-il peur de la concurrence ? Pensait-il réellement que j’allais me mettre en travers de leur mariage ? Pour être honnête, dans d’autres circonstances, peut-être aurais-je osé. Nora était belle, intelligente, douce et attentionnée, elle ferait sans aucun doute une mère et une femme parfaite, mais même si nous avions passés de merveilleux moments ensembles, je n’étais pas convaincu que nous étions faits pour vivre côte à côte pour l’éternité. Je restais un pirate, même si je portais le nom de corsaire. J’étais fait pour vivre sur l’eau, sentir le vent dans mes cheveux, me battre au sabre, aux poings, que ce soit pour une question de survie, d’argent ou de filles. Je savais qu’Eleonor n’était pas faite pour cette vie-là. Peut-être le pensait-elle, peut-être aurait-elle pu le supporter, mais j’avais conscience qu’elle avait besoin de stabilité et je n’étais clairement pas l’homme qui aurait pu lui apporter cela. Certes, j’éprouvais encore des sentiments pour l’Aasimar et, devant la salle de bain, les souvenirs de notre première fois avaient accompagné mon bain pendant de longues minutes. Mais je savais que mon cœur appartenait à Cassiopée désormais, qu’elle en veuille ou non, la corsaire obnubilait mes nuits comme Nora avait pu le faire, et même si je ressentais encore du désir et de l’amour pour cette dernière, passer à l’acte ne serait qu’une erreur, pour elle, comme pour moi. Nos vies s’étaient séparées, pas suffisamment pour nous rendre insensibles l’un à l’autre, mais bien assez pour risquer de briser beaucoup d’autres choses si l’un de nous essayait de franchir le cap. Mais, bien entendu, Lysandre ne pouvait pas le savoir et sa méfiance était compréhensible, même si, en toute honnêteté, j’aurais préféré avoir le bénéfice du doute, pour commencer.

En chiens de faïence, nous nous observâmes quelques longs instants, avant qu’Aimée et Eleonor ne reviennent, avec thé et gâteaux. Lysandre en profita alors pour me tendre la main et me souhaiter la bienvenue. Je lui rendis le geste, serrant avec autant de force qu’il ne le fit. Ses paroles ne me trompaient pas réellement, sans compter qu’il avait particulièrement insisté sur sa position dans cette maison. Le mari de Nora, hein ? Je n’étais pas dupe. Il se sentait concurrencé, et, pour le moment, je n’avais aucune raison de me soumettre à lui et montrer patte blanche. S’il voulait jouer au plus fort et au plus malin avec moi, il avait mal choisi son homme. M’installant sur le canapé, acceptant avec plaisir une tasse de thé et un gâteau, j’essayais de cerner mon hôte, conscient qu’il devait cacher son appréhension, tout comme je pouvais le faire. Et, en réalité, je commençais à me demander si c’était une bonne chose pour Nora. Enfin, avec un peu de chance, il n’agissait pas de la sorte avec elle. Quand il proposa à sa femme, dieu que cette idée m’était difficile à imaginer, si elle préférait rester seule avec moi, je ne pus m’empêcher de penser qu’il le lui proposait uniquement dans le but qu’elle refuse, mais, en toute honnêteté, c’était probablement bien pensé. Dans tous les cas, les prochaines minutes allaient être particulièrement tendues, et ce n’était pas pour m’arranger. J’aurais préféré que nous parlions seuls, elle et moi, principalement parce que je n’avais aucunement l’intention de chercher à m’expliquer devant deux inconnus, même si ceux-ci partageaient désormais la vie de Nora. Mes choix restaient mes choix, et je ne me sentais responsable de mes choix que face à elle et elle seule. Cependant l’exprimer à voix haute n’aurait pas vraiment été la meilleure chose à faire, du moins pas pour le moment.

Tandis que je reposais ma tasse de thé, Eleonor posa finalement les questions auxquelles je devais répondre. Raconter l’histoire ne serait pas une chose aisée, mais les réponses étaient faciles et j’avais eu largement le temps d’y réfléchir pendant mon voyage. Mais avant que je ne puisse commencer à répondre Lysandre rajouta son grain de sel, me demandant pourquoi j’étais venu, rajoutant, sous une fausse ironie, qu’il espérait que je n’étais pas venu lui reprendre Nora. Enfin honnête ? Il était temps. J’eus un petit sourire amusé, mais je renonçais à lancer une pique acerbe, conscient que cela pouvait mal finir. Enfin, peut-être que cela aurait pu m’assurer un tête à tête avec la mère de mes enfants. « Je suis venu ici parce que je devais à Nora la vérité et parce que j’assume mes responsabilités. Rien que pour cela, je devais venir en personne. » J’eus un petit sourire pour mon ancienne amante. « Et j’avoue que la perspective de la revoir m’a également motivé. » Je n’avais pas regardé Lysandre, mais cette petite phrase était à son attention, même si ce n’était pas vraiment méchant. Cela restait néanmoins la vérité. Evitant de laisser mariner le pauvre Aasimar dans son jus, je poursuivais, répondant aux questions de Nora. « Beaucoup de choses se sont passées depuis notre dernière rencontre, à Lisière. » Je fis une pause, ne pouvant m’empêcher de me remémorer cette dernière nuit… La nuit où Kalaad et Kallypso avaient été conçus, alors que je pensais que Nora savait ce qu’elle faisait. Mais je ne lui en voulais pas, nous avions probablement la tête ailleurs, simplement. « Après notre séparation, je suis retourné au port de Bélin. La terre redevenait hostile avec les Redresseurs à mes trousses. J’avais décidé de reprendre la mer, ce que j’ai fait à bord d’un navire pirate. » Non, je n’avais pas honte de cela. Après tout, c’était ce que j’étais, non ? On ne changeait pas la nature d’un homme aussi facilement. Je poursuivais alors, tranquillement. « Après plusieurs mois sur mer, le Capitaine avait finalement mis la main sur ce qu’il cherchait : La Sirène. » J’esquissais un léger sourire. Je savais que cela ne parlerait pas vraiment à Lysandre et Aimée, mais Nora comprendrait de quoi je parlais, sans l’ombre d’un doute.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Dim 22 Mai 2016 - 9:31

Flynn eut ce petit sourire que Nora connaissait bien. Nerveuse, elle se mordit légèrement les lèvres et lui lança un regard qui voulait dire : «ne le provoque pas, ce n’est pas le moment.».  Heureusement, le pirate eut le tact de ne pas envenimer la situation. Il se contenta d’expliquer calmement :  « Je suis venu ici parce que je devais à Nora la vérité et parce que j’assume mes responsabilités. Rien que pour cela, je devais venir en personne.  Et j’avoue que la perspective de la revoir m’a également motivé ». La concernée soupira de soulagement et approuva d’un signe de tête. D’un sourire reconnaissant, Eleonor répondit : « Merci de t’être déplacé jusqu’ici. J’admets que de te revoir fut un choc, mais j’admire ton courage et aussi ton sens du devoir et de l’honneur. Ce n’est pas tous les hommes qui auraient fait ça. Loin de là!». Aimée opina d’un sourire, les yeux brillants d’admiration, tandis que Lysandre se rembrunit. En ce moment, il se sentait définitivement de trop dans cette pièce. Malgré ce sentiment cuisant, l’Aasimar ne put s’empêcher d’écouter la suite, tout comme Nora et sa sœur.  Le pirate continua son récit, expliquant que beaucoup de chose avant changer depuis sa dernière rencontre avec la jeune femme. Au nom «Lisière», Nora eut un sourire à la fois timide et nostalgique. Leur dernière nuit d’amour avait été inoubliable. Elle se souvenait de tout, de froid du dehors à leur soupir fusionné. Cela avait été si beau, si profond…si un. Dommage que tout les avaient séparés. Peut-être auraient-il pu vivre une vie ensemble, mais au fond d’elle-même, Nora savait que c’était peu probable. Eleonor appréciait la stabilité, tandis que Flynn, c’était le contraire. Finalement, le véritable obstacle à leur relation n’était ni les Redresseurs, ni son mariage, mais bien leur mode de vie. En cela, ils étaient très différents et elle savait que Flynn le comprenait. Sa voix la ramena à la réalité. Quand l’éladrin mentionna qu’il était retourné à la piraterie, elle ne put s’empêcher de se tendre, ainsi que les deux autres Aasimars. Quoi? Après ce qu’il avait vécu, était-il vraiment redevenu un pirate? Un scélérat? Elle n’en revenait pas. C’était jouer avec la grâce. Pourquoi n’avait-il pas changé de voie? Le visage d’Eleonor était devenu sévère. Elle s’apprêta à le sermonner quand une information inattendue la figea sur la place.  « Après plusieurs mois sur mer, le Capitaine avait finalement mis la main sur ce qu’il cherchait : La Sirène. ».

La Sirène? Impossible…était-il en train de dire que…les yeux écarquillés et la bouche entrouverte, Nora dévisage son ancien amant d’un air ahurit. Se remettant mal de sa surprise, elle bafouilla : «Tu veux dire que…que tu as rencontré Sirèna? Elle…heu…». Les mots lui manquaient. Ce fut Aimée qui s’exclama d’un ton excité : «Sirèna? C’est elle la fameuse capitaine?» Le regard envieux, l’adolescente riva son attention vers Flynn en disant: « Nora m’a décrit Sirèna comme une femme très belle, très courageuse et très combative. Il semblerait qu’elle a combattu le gantelet et elle a réussi à gagner la confiance de l’Orc Garkach, chef des dissidents. Il voulait lui confier le commandement de son Armada. N’est-ce pas Nora?».  Eleonor acquiesça silencieusement. Elle se sentait au plus mal. Flynn et Sirèna s’étaient finalement rencontrés. Confuse,  Nora  ne comprenait pas.  À son souvenir, la capitaine avait tenu à le capturer. Était-ce Sirèna qui l’avait livré aux autorités?  Dans ce cas, pourquoi était-il encore vivant? Peut-être s’était-il enfui? Toutefois, Flynn venait d’avouer qu’il était venu pour assumer ses responsabilités. Donc, prendre soin de ses enfants? Comment avait-il su? Seules Sirèna ou Nassim auraient pu l’en informer. Confuse, elle sentit un mal de tête venir. Expirant profondément, elle se massa doucement les tempes. Après un instant, elle réussit à récapituler : « Donc, tu dis que tu étais sur un navire-pirate qui pourchassait Sirèna. C’est ça? Ton équipage a été tué, n’est-ce pas? La connaissant, elle n’est pas du genre à perdre ni à laisser des pirates en vie. Est-ce elle qui t’a livré aux autorités?». Écoutant le récit de l’éladrin, Nora s'assombrit. Amère, elle raconta à son tour: «Quand elle m’a engagé comme guérisseuse, nous avions pris un engagement. J’acceptais de soigner ses marins en échange qu'elle m'amène gratuitement en Norpalie. Elle a accepté, mais je n’ai pas spécifié la date de retour, alors elle s’est donné le droit de faire un détour jusqu’aux plaines de feu. Bon sang, elle m’a amené chez les Orcs! Une vraie folie.».Eleonor se renfonça dans le canapé, l’air morose, tandis qu’Aimée et Lysandre l’écoutaient avec attention. Ils n’avaient encore entendu cette partie de l’histoire. «Quand elle a appris que je t’avais aidé à t’enfuir et que je lui avais caché ma grossesse, elle est devenue très en colère. En soi, si je ne lui disais pas toute la vérité, elle me menaçait de me livrer aux autorités ou de me pendre. Ce qui revenait au même.». Coupable, Nora  baissa la tête en soufflant : « J’ignore pourquoi, mais elle m’a bombardé de questions sur toi, sur nous, auxquelles j’ai dû répondre. Je lui ai tout dit, à l’exception d’où tu te trouvais, car je l’ignorais. Je suis si désolée, Flynn…». Eleonor eut un petit soupir et continua : «Je fus obligée de travailler pour elle, étant donné que je ne voulais pas revenir en chaloupe, au risque de me perdre. En plus, il y a eu une horrible tempête! Ce fut l’expérience la plus désastreuse de ma vie…je me suis cogné la tête et j’ai eu une sérieuse commotion.». Revenant à Flynn, elle le dévisagea et d’un sourire, elle se demanda : «Je me demande bien qui est le fou de marin qui m’a dit un jour : Une mer d’huile est reposante, apaisante, belle aussi, en un sens, mais c’est dans le cœur de la tempête que l’on se sent le plus vivant. Pour moi, ce fut tout le contraire.».

C’est alors qu’une voix méditative ce fit entendre : «Dans un sens, ce fou de marin a raison.  C’est quand la mort est proche qu’on se sent le plus vivant. Le danger nous amène la grâce du moment présent.». C’était Lysandre qui venait de parler. Son visage était à présent détendu, il ne semblait plus en colère. Visiblement, l’explication de Flynn l’avait rassuré. Eleonor se tourna vers lui avec surprise, puis elle acquiesça d’un sourire.  «Pour ma part, c’est après le danger que je me sens vivante, et non pendant. Quoi qu’il en soit…». Son regard vert croisa celui du pirate : « ce fut après cette tempête que j’ai appris à mieux la connaître, et à l’apprécier. Chaque jour, elle est venue s’assurer que j’allais bien. Nous avons eu de longues conversations. C’est étrange, mais je n’ai jamais rencontré une femme aussi forte et aussi fragile.» Empathique, Eleonor confia : «je pense qu’elle a vécu de choses très difficiles. Malgré tout, elle continue de vivre, d’avancer et de se battre. Je l’admire autant que je l’envie. Elle est tout ce que je ne suis pas.». Cette dernière parole voulait dire : «elle a tout pour être à tes côtés, pas moi.». Il y eut un silence, puis une main se posa sur son épaule. Elle croisa le regard violet de son mari, serein et amoureux. D’un doux sourire, il murmura : «tu as autant de valeur que cette femme, Nora. Toi aussi tu as vécu des choses difficiles, et malgré tout, tu as su avancer et vivre. Tu es l’aasimar la plus courageuse que je connaisse et je t’aime pour ce que tu es.» Il jeta un coup d’œil narquois à Flynn en rectifiant : «nous t’aimons pour ce tu es.». Aimée opina et s’approcha à son tour. Gentiment, elle dit : « Tu es aussi digne d’admiration qu’elle, grande sœur. En tout cas, moi, je t’admire. J’aurais voulu vivre tout ce que tu as vécu. Pareille pour toi, Flynn. C’est incroyable toutes tes aventures. Elles sont aussi palpitantes que romantiques!». Aux dires joyeux de la jeune fille, ils éclatèrent de rire. Cela vint détendre considérablement l’atmosphère. Eleonor sourit et émue, elle souffla : «merci…oh,  les jumeaux ont fini leur sieste.». Effectivement, des pleurs se firent entendre d’en haut. La jeune mère s’apprêta à se lever, mais Lysandre l’arrêta : «laisse, j’y vais. Tu viens Aimée?». L’adolescente accepta, tandis qu’Eleonor leur sourit avec reconnaissance. Lysandre lui fit un clin d’œil, puis se tournant vers Flynn, il nargua taquin: «cette nuit, tu vas faire le quart de nuit. Je peux t’assurer que nos bébés sont aussi peu reposants qu’une tempête.». L’Aasimar rit légèrement et il s’éclipsa à l’étage en compagnie de sa sœur. Eleonor sourit en suivant du regard Lysandre. Le contemplant, elle murmura : « je l’aime profondément. Il a tant fait pour moi et pour les enfants, sans rien demander en retour. C’est l’être le plus généreux que je connaisse. Lui et Sirèna.». Rivant son regard vers Flynn, Nora osa demander : « En fait, comment va-t-elle? Et l’équipage? Benjamin est-il aussi casse-pied et Nassim aussi rustre?».


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Lun 23 Mai 2016 - 5:25

Malgré les mois de séparation, je pouvais sentir qu’il y avait encore une certaine connivence entre Nora et moi. C’était agréable de savoir que malgré tous les évènements qui avaient pu nous arriver, il restait encore quelque chose d’immuable. Son regard était toujours aussi magnifique et je ne pouvais m’empêcher de sentir mon cœur se serrer alors que je la voyais aux côtés de Lysandre. Mais moi-même j’avais confié mon cœur à une autre, n’est-ce pas ? Ainsi allaient les choses et peut-être était-ce pour le mieux, autant pour elle que pour moi. J’eus un léger sourire. « Que veux-tu, j’ai beaucoup de défauts. » J’esquissais un demi-sourire. Ce n’était bien entendu pas des défauts, mais il était vrai que l’on ne s’attendait pas vraiment à ce genre de traits pour un pirate, mais ce n’était pas le côté criminel de la piraterie qui m’attirait réellement et Nora le savait. Il n’y avait hélas pas beaucoup d’endroits où l’on acceptait de prendre à bord un criminel recherché. Les choses étaient un peu différentes désormais, même si, à mon goût, un corsaire restait un pirate, avec quelques règles en plus. Raconter mon histoire n’était pas réellement gênant, ou, du moins, j’essayais de faire en sorte de me limiter aux informations essentielles. Évoquer La Sirène était un passage forcé, c’était la raison pour laquelle j’avais été déclaré mort, la raison pour laquelle je me trouvais ici en ce moment. Sans cette rencontre, les choses auraient été radicalement différentes, et, surtout, je n’aurais peut-être jamais entendu parler de mes enfants, même si, pour le coup, je serais peut-être toujours un criminel recherché. Je pris quelques instants, réalisant tout le chemin parcouru depuis Lisière. Tout était tellement différent… Mais, en toute honnêteté, évoquer le navire de Cassiopée était également le moyen pour moi de pousser Nora à me raconter une partie de son épopée. Certes, la corsaire m’avait parlé de ce qu’elle avait vu, mais je voulais également avoir l’autre version de l’histoire. Non pas que je ne lui faisais pas confiance, mais je n’étais pas le seul à avoir des choses à raconter, n’est-ce pas ?

Mon allusion ne manqua pas, même si, apparemment, le fait que j’ai pu rencontrer Sirèna laissait Nora muette de surprise. Derrière moi, la jeune Aasimar prit le relais, évoquant les histoires de Nora sur la Corsaire. J’eus un petit sourire à l’évocation des qualités de la jeune femme et eut un petit rire amusé. « Le portrait est plutôt fidèle à l’original, même si vous en savez apparemment plus que moi. » Je n’avais pas particulièrement appris ce que Cassiopée avait fait chez les Orcs, mais, en toute honnêteté, je ne le lui avais pas demandé non plus, aussi elle n’avait aucune raison de m’en parler. Les conclusions suivantes de Nora étant exactes, j’hochais affirmativement de la tête. « Le Capitaine pensait avoir l’avantage, mais nous avons été pris à revers. On m’a assommé avant la bataille, je ne me suis réveillé que plus tard, enfermé à fond de cale. J’ai appris plus tard que le navire et l’équipage dont je faisais partie avaient été envoyés par le fond. » Les premiers moments à bord de La Sirène avaient été particulièrement chaotiques, mais ainsi se passaient les choses en mer. Les plus forts avaient le droit de vie et de mort sur les plus faibles. En y repensant, peut-être aurais-je dû mourir ce jour-là, mais le sort en avait décidé autrement. Cela durerait-il seulement ? Nora fit alors part de sa propre histoire, de son passage à bord, de son contrat mal-négocié avec la Corsaire, ce qui me fit sourire. Elle ne valait pas plus qu’une pirate par moments. Buvant mon thé tandis qu’elle poursuivait son histoire, je reposais ma tasse alors qu’elle s’en voulait d’avoir parlé de moi à Sirèna. « Ne t’en fais pas, il ne faut pas t’en vouloir. C’est plutôt à moi de te demander pardon pour t’avoir mis dans cette situation. » J’étais sincère, bien entendu. Trainer avec un hors-la-loi lui avait attiré toutes sortes d’ennuis et savoir que Sirèna lui avait mené la vie rude à cause de moi ne faisait que rallonger la liste encore un peu plus. C’était peut-être une bonne chose qu’elle ait tourné la page de notre histoire, finalement.

Elle évoqua ensuite son retour, une tempête et les mots que je lui avais une fois murmurés. J’eus un sourire amusé, faisant à peine attention aux propres propos de Lysandre. Savoir qu’elle se souvenait de ce que j’avais pu lui dire me fit un bien fou. Nora expliqua que c’était après cette tempête qu’elle et Sirèna avaient finalement commencé à lier une solide amitié. Elle semblait cependant un peu jalouse d’elle. Croisant son regard, j’essayais de comprendre ce dont elle voulait parler. Je restais silencieux, observant l’Aasimar tandis que son mari et sa belle-sœur la rassuraient sur la personne qu’elle était. Ils avaient raison. Nora et Cassiopée étaient deux femmes différentes, mais elles avaient toutes les deux leurs qualités, c’était évident. J’eus un sourire entendu pour mon ancienne amante. Lysandre et Aimée avaient déjà tout dit et je n’avais pas besoin de mots pour lui dire qu’elle se trompait. Je soupirais doucement avant d’entendre les jumeaux commencer à se faire entendre. A mon grand étonnement le mari d’Eleonor accepta de s’en occuper. La remarque de ce dernier m’amusa plus qu’autre chose. « Une bonne chose que j’ai de l’entrainement alors. » L’idée ne me faisait pas peur. Je n’étais pas simplement venu pour regarder. Certes, je n’avais pas d’expérience avec les nourrissons, mais cela ne devait pas être si difficile, si ? Seuls dans le salon, le regard que Nora portait à l’Aasimar ne me trompa pas. Elle l’aimait, c’était évident. Et même si c’était un peu douloureux, j’étais heureux pour elle. Je fis une petite moue boudeuse. « Parce que je ne suis pas généreux, moi ? » J’esquissais un sourire et eut une mine plus grave lorsqu’elle évoqua Sirèna, mais surtout Nassim. Il était inutile de tourner autour du pot. « Nassim est mort un peu après mon arrivée à bord. Il a été tué lors d’un abordage. » Laissant passer quelques instants, par respect pour l’ancier Quartier-Maître, je soupirais. « Benjamin est toujours aussi enjoué, je l’aime bien. Tu savais qu’il rêvait d’épouser Sirèna ? » Je ne pus m’empêcher de sourire, amusé. Je m’en voulais un peu aussi, parce que je serais peut-être celui qui lui volerait son rêve. Mais il avait encore le temps de grandir et d’aimer d’autres femmes. Je soupçonnais qu’il n’avait pas encore eu la chance d’en découvrir d’autres. Peut-être devrais-je l’emmener un jour, pour qu’il fasse ses premières armes. Avec sa petite frimousse, il n’aurait pas beaucoup de mal à faire tomber de jolies jeunes filles dans son escarcelle. « Sirèna va bien elle aussi, même si je pense qu’elle a encore beaucoup de mal à se faire à l’absence de Nassim. Le temps l’aidera à surpasser sa perte. Elle pense souvent à toi et aux jumeaux, mais ça ne m’étonne pas. Tu as le don de te rendre inoubliable à ceux que tu croises. »

J’esquissais un léger sourire puis décidais de revenir au sujet principal de cette discussion : nous deux. « Tu n’as pas à t’excuser, ni à t’en vouloir pour avoir refait ta vie. Je suis heureux de savoir que tu as pu trouver quelqu’un qui t’aime et qui prends soin de toi. Je ne te cacherais pas que je suis un peu jaloux de lui, malgré tout. Mais il était là lorsque vous aviez besoin de quelqu’un, toi et les jumeaux, et je ne peux que le remercier de s’être occupé de toi, de vous. » J’eus un sourire tendre à son encontre. Je pensais chacun des mots que je disais, même si cela me faisait mal. « Je ne te cacherais pas que j’éprouve encore des sentiments pour toi, après tout, tu as aussi laissé ta marque sur moi, mais tu as ici beaucoup de choses que je ne saurais pas t’offrir. Il fera définitivement un meilleur mari que moi… » J’hésitais quelques instants. « Et un meilleur père sûrement aussi. » Cela me faisait du mal de l’admettre, mais Lysandre serait probablement toujours là pour eux, veillerait sur eux. Que pourrais-je faire, moi ? La mer m’appellerait, toujours, et que pouvait faire un homme en mer pour ses enfants à terre ? Je soupirais doucement avant de me pencher en avant, rivant mon regard dans celui de Nora. « Mais je veux que tu saches que je serais toujours là pour toi, pour eux, quoiqu’il arrive. Quelque soit l’endroit du monde où je me trouve, je remuerais ciel et terre pour venir vous aider si tu me le demandes. Sauf si, bien entendu, tu préfères que je sorte définitivement de vos vies, ce que je pourrais comprendre aussi. » Ce que je pouvais comprendre oui, parce que quel bien pouvait-il y avoir à dire à leurs enfants que leur vrai père était en mer, loin d’eux ? Que penseraient-ils de moi en grandissant ? Ne me verraient-ils pas comme un parfait étranger malgré mes potentielles visites ou mes lettres ? Je soupirais doucement pour moi-même. Peut-être était-ce la meilleure solution, mais, après avoir vu le visage de Kallypso, j’espérais que Nora n’envisageait pas cette solution.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mer 25 Mai 2016 - 17:17


« Le Capitaine pensait avoir l’avantage, mais nous avons été pris à revers. On m’a assommé avant la bataille, je ne me suis réveillé que plus tard, enfermé à fond de cale. J’ai appris plus tard que le navire et l’équipage dont je faisais partie avaient été envoyés par le fond. »  Eleonor eut un regard affairé, mais au fond, la vie sur la mer était ainsi. Dure et imprévisible. S’avançant un peu, la jeune femme dit avec compassion : « Ça a dû être difficile d’apprendre cette nouvelle et de te réveiller à fond de cale, mais au moins, tu es vivant.» Elle eut un regard sombre et confia : « Bien que nous ayons le même âge, Sirèna possède une dureté que je n’aurais jamais. Je comprends qu’elle doit être obligée d’agir ainsi pour se faire respecter, mais tout de même…enfin, je ne peux la juger, je ne suis pas capitaine. J’imagine que ton équipage aurait fait la même chose si elle et ses hommes avaient perdu, n’est-ce pas? Elle a été la plus forte, j’espère qu’elle le restera. Quant à toi, je n’ai rien à te pardonner. J’ai fait des choix et je les assume entièrement.». Elle lui sourit avec complicité. C’était étonnant de voir à quel point le temps et la séparation n’avaient pas altéré leur affection mutuelle. Dans son far intérieur, la belle Aasimar savait que Flynn serait toujours plus qu’un ami, et il le restera jusqu’à la fin. Elle eut envie de l’étreindre, mais la présence de Lysandre la retint. Heureusement, celui-ci avait compris qu’ils ressentaient le besoin d’être seuls, et il venait de s’éclipser avec Aimée pour s’occuper des enfants.  Aux dires de Flynn, elle se pencha pour caresser sa main et d’un doux sourire, elle le rassura : «Tu es aussi généreux qu’eux, sinon, tu ne serais pas ici.».  Taquine, Nora lui sourit, mais son sourire s’affaissa en apprenant la triste nouvelle.

Nassim était mort lors d’un abordage de pirates. Il y eut un silence. L’Aasimar avait de la difficulté à croire que le grand Maure n’était plus.  Baissant tristement de la tête, elle confia : « je suis triste d’apprendre ça. Il était un véritable pilier pour l’équipage et surtout pour Sirèna.». Eleonor soupira légèrement, puis raconta : «je me souviens de ses paroles quand j’ai voulu désobéir aux ordres du capitaine. C’était lors du combat contre les inquisiteurs du Gantelet. Rudement, il a dit : «Écoute-moi bien, petite! Ici tu n'es pas dans un château où tout le monde est doux et gentil. Ici, tu es sur La Sirène, un navire qui porte à son bord des guerriers légendaires, les Élites des mers. Ce sont des hommes entrainés à la dure et si tu veux survivre parmi eux, tu dois savoir obéir et te taire.». À cet instant, je l’ai  détesté autant que sa capitaine.». Elle soupira pour continuer d’un murmure : «aujourd’hui, je ne lui en veux plus. Je suis consciente  que Sirèna et lui ont voulu me protéger.». Elle eut une douce pensée pour le défunt et après quelques instants, elle riva son attention vers le bel éladrin. Il venait de lui confier que Benjamin était toujours aussi enjoué. Le pirate s’était lié d’amitié pour le mousse et apparemment, celui-ci rêvait d’épouser sa capitaine. Eleonor ne put s’empêcher de rire doucement en répliquant : «Oh là, il n’a pas choisi une femme facile, mais s’il aime les défis, il va être servi. ». Cette parole était destinée autant pour l’enfant que pour Flynn. Bien que magnifique, la corsaire était une femme indépendante, difficile à cerner. Elle méritait un homme qui sache l’aimer à sa juste valeur, tout en sachant respecter sa liberté. Selon Flynn, Sirèna allait bien, mais elle se remettait mal de la mort de Nassim. C’était compréhensible, la mort d’un proche était toujours difficile à surmonter. Opinant, Eleonor affirma : «Oui, tu as raison, le temps l’aidera à surpasser ce deuil. Cependant, si elle l’aimait profondément, c’est-à-dire plus comme un amant qu’un ami, il lui faudra quelqu’un pour combler ce vide. Je le sais, j’ai vécu la même douleur quand j’ai appris ta mort. Qu'aurais-je fait s'il n'y avait pas eu Lysandre? Sûrement aurais-je continué à vivre, mais…qui aurait voulu d’une femme avec deux enfants?». Personne. Rares étaient les hommes voulant s’occuper d’enfants qui n’étaient pas les leurs. À cette sombre pensée, Nora baissa la tête tout en écoutant distraitement ce que disait Flynn. Un seul mot retint son attention : «inoubliable». Ses yeux se remplirent de larme. Émue, Eleonor plongea son regard dans le gris argenté qui la contemplait avec amour. La voix chevrotante, elle souffla :           

-Toi aussi, tu es un être inoubliable, mon chéri. Dans les pires moments, je me suis accrochée à ton souvenir. Sans le savoir, tu m’as donné la force d’avancer. Les larmes coulèrent doucement sur ses joues lumineuses. Visiblement, c’était l’heure des aveux. Sanglotant, elle avoua : « Par Phélemée que j’ai souffert quand j’ai appris ta mort. C’était comme si une partie de moi s’était envolée. J’avais rêvé d’une vie ensemble, avec les enfants. Je me sens coupable d’avoir perdu espoir et même d’être tombée amoureuse de quelqu’un d’autre. La place de Lysandre aurait dû te revenir.  Après un instant, Flynn eut un tendre sourire et il répondit sincèrement :
- Tu n’as pas à t’excuser, ni à t’en vouloir pour avoir refait ta vie. Je suis heureux de savoir que tu as pu trouver quelqu’un qui t’aime et qui prends soin de toi. Je ne te cacherais pas que je suis un peu jaloux de lui, malgré tout. Mais il était là lorsque vous aviez besoin de quelqu’un, toi et les jumeaux, et je ne peux que le remercier de s’être occupé de toi, de vous. ». Elle ressentait sa tristesse, sa nostalgie. Comme pour le réconforter, Eleonor ne put s’empêcher de prendre sa main dans la sienne. D’un silence respectueux, elle écouta la suite. Flynn lui avoua qu’il éprouvait encore des sentiments pour elle et qu’elle avait su laisser sa marque sur lui. Cependant, il était convaincu qu’il n’aurait pas pu lui offrir tout ce que Lysandre leur avait offert. Bref, celui-ci ferait un bien mari et père que lui. Certaine du contraire, elle voulut  le contredire, mais il l’interrompit.

Se penchant vers l’avant, le pirate riva son regard dans le sien en promettant qu’il serait toujours là pour elle et leurs enfants, quoi qu’il arrive. Peu importe où il se trouverait, l’éladrin remuerait ciel et terre s’ils avaient besoin de lui. À moins que Nora veuille qu’il sorte de leurs vies définitivement. À ses paroles, son cœur se broya de peine. Comment pouvait-il penser une telle chose? S’avança à son tour, la jeune femme prit ce beau visage entre ses mains en affirmant amoureusement : « seul un excellent père et mari serait prêt à venir au secours de sa famille, Flynn. Je suis persuadée que si la situation avait été différente, nous aurions été très heureux ensemble. Je ne peux te demander de rester, je sais que ta vie est sur la mer et la mienne ici, mais je tiens à ce que tu viennes nous voir et que tu nous écrives le plus souvent possible. Je veux que tu restes dans ma vie et dans celle de tes enfants. Je t’aime trop pour te priver d’eux.». Disant cela, elle sourit tendrement.S’assurant qu’ils étaient réellement seuls, elle l’embrassa. C’était un baiser pur et doux, tel un effleurement d’aile de papillon. Eleonor aurait voulu que cette étreinte dure éternellement, mais malheureusement, cela ne pouvait se faire. Lentement, elle décolla ses lèvres et soutenant le regard gris, elle murmura : « c’est étrange. Nous sommes tous deux jaloux, toi de Lysandre et moi de Sirèna. Pourtant, je sais au fond de moi que nous avons trouvé la personne qui nous convient.». Eleonor soupira, puis reculant, elle ajouta en souriant : «Peut-être un jour, la vie nous accordera la chance d’être ensemble, mais présentement, tout est parfait ainsi. Les dieux ont su nous donner ce nous désirons vraiment : le bonheur.». Des pas se firent entendre, c’était Aimer et Lysandre qui descendaient avec les jumeaux. Ceux-ci avaient un air un peu fatigué, mais ils souriaient joyeusement. Voyant leur mère, ils se mirent à gazouiller de plus belle et à tendre leurs bras vers elle. Eleonor rit et se leva pour les prendre dans ses bras. Donnant un baiser sonore sur chacune de leurs joues, elle s’exclama : «Alors, mes trésors, vous avez bien dormi?». Kalaad  bougea joyeusement ses petites mains tandis que Kallypso se mit à sautiller. Comprenant ce que cela voulait dire, Eleonor se mit à tourner sur elle-même, en sautant et en dansant. Les petits éclatèrent de rire. Souriante, Aimée riva son attention vers Flynn pour dire d’un ton taquin : «ils adorent les sensations fortes! Je me demande de qui ça peut tenir?». Lysandre eut un rictus et il répliqua moqueur : « Sûrement des grands-parents.». Il rit à nouveau, puis tournant son regard vers Flynn, il informa cordialement : «Nous t’avons préparé une chambre. Tu es le bienvenu et tu peux rester autant que tu veux.». À cette invitation, Eleonor dévisagea Lysandre avec reconnaissance. En secret, elle se promit de lui faire passer une nuit d’amour inoubliable.C'était le seul remède pour rassurer son si beau et si généreux époux.


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Jeu 26 Mai 2016 - 12:07

Je soupirais doucement. « La vie sur la mer est impitoyable. Les règles y sont peu nombreuses et, avec les pirates, il faut souvent tuer avant d’être tué. » Cette vérité était brute et parfois difficile à entendre, mais, malheureusement, cela n’était pas prêt de changer. La loi et l’ordre n’avaient pas cours sur les flots. « Sirèna a passé sa vie dans cet environnement, ce n’est pas très étonnant qu’elle se soit endurcie. Dans de telles conditions, tu ne serais peut-être pas aussi douce. » J’eus un petit sourire entendu et amusé. Je ne pouvais pas imaginer Nora autrement qu’elle était aujourd’hui, mais le passé nous modelait à son image. Dans certaines situations, les personnes devaient s’adapter, ne serait-ce que pour une question de survie. Moi-même j’avais affronté plusieurs situations délicates, comme l’exil de ma terre natale, et ces évènements avaient fait de moi ce que j’étais désormais. Ainsi allaient les choses. Alors que Lysandre et Aimée quittaient le salon, la main d’Eleonor sur la mienne m’arracha un frisson qui me rappelait beaucoup de souvenirs. « Tu sais très bien que je ne suis pas ici par générosité. » J’esquissais un léger sourire, retirant ma main avec douceur pour éviter de me rappeler trop de souvenirs et me laisser emporter dans le passé, aussi agréable fut-il, ne serait-ce que par respect pour Nora, pour Lysandre et ce qu’ils avaient fondé sous ce toit. Tourner leur conversation sur Nassim n’était peut-être pas la meilleure idée, mais je n’avais aucune raison de lui cacher la vérité. Bien entendu, j’aurais pu simplement décider de passer tout cela sous silence, mais, au moins, dans ses prochaines lettres, Nora ne commettrait pas d’impairs, qui risquaient de faire replonger Cassiopée. Elle n’oublierait pas Nassim et ce qu’il avait fait pour elle – quoiqu’il ait pu faire, d’ailleurs – mais elle n’avait probablement pas besoin que quelqu’un ne vienne lui parler de lui lorsqu’elle aurait commencé à faire son deuil. Les rechutes n’étaient jamais agréables.

« Nassim était une teigne. Et, pour être honnête, je ne l’aimais pas beaucoup non plus. Je n’ai pas eu le temps de l’apprécier, mais si Sirèna l’avait comme Quartier-Maître, il devait y avoir une bonne raison. » Au-delà, bien entendu, du fait qu’elle et lui étaient amants. Et j’avais beau de pas l’aimer pour la façon dont il m’avait traité à bord de La Sirène, ses compétences étaient respectées par son équipage, ce qui signifiait qu’il avait dû être un excellent marin. Mais Nora devait avoir raison, Nassim n’était probablement pas le genre à faire du mal à une femme pour le plaisir, aussi, il devait simplement faire attention à elle. De manière un peu brute, mais cet homme-là ne devait comprendre la finesse que pour son amante, du moins, si je me fiais à ce que m’avait raconté Cassiopée à son sujet. Soupirant légèrement, j’esquissais un sourire lorsqu’elle commenta le choix de Benjamin. Oui, il ne s’était décidément pas facilité la tâche, mais je pouvais comprendre pourquoi il était amoureux d’elle, après tout, c’était mon cas à moi aussi, non ? « Il faut se fixer des objectifs difficiles, sans quoi, on ne progresse jamais. » Je fis un clin d’œil à Nora, conscient qu’elle avait parlé à la fois pour le jeune mousse et pour moi. Elle devait se douter que la Capitaine avait su éveiller mon attention et le lui cacher aurait été malhonnête. Lui dire, de but en blanc, que j’aimais Sirèna aurait été par contre malheureux, d’autant que la réciproque n’était peut-être pas vraie. Et j’étais ici pour elle, pour nos enfants, pas pour lui dire que j’étais amoureux d’une autre femme. Concernant la Corsaire, le temps serait effectivement son meilleur allié pour bander ses plaies. Pour le reste, je n’étais pas certain qu’elle avait besoin d’un homme dans sa vie, mais j’espérais qu’elle me laisserait une place, même petite à ses côtés.

Et puis nous revînmes à nous deux, à nos sentiments, à ce que nous avions vécu. Voir les larmes couler sur les joues de Nora me déchira le cœur, même si ce n’était pas nécessairement des larmes de tristesse. Après que j’ai passé une main sur ses joues pour sécher ses larmes, elle prit ma main dans la sienne et le contact de sa peau me fit le plus grand bien. Lorsqu’elle se pencha à nouveau, après ma confession, prenant mon visage entre ses mains, je fermais un instant les yeux, profitant de la douceur de cette caresse, presque malheureux de savoir que, désormais, c’était Lysandre qui était le dépositaire de cette tendresse. Sa façon de me rassurer me fit le plus grand bien. Je ne savais pas si j’avais besoin de m’entendre dire que je ferais un excellent père ou mari, mais cela me fit du bien. Son baiser, aussi léger qu’un souffle d’air me surpris, avant que je ne me laisse aller, fermant les yeux de courts instants avant qu’elle se s’écarte légèrement. Aussi proches, je pouvais sentir le parfum de sa peau et ses yeux… ces émeraudes dont j’avais rêvé à plusieurs reprises… Je me surpris à me souvenir des courbes de son corps mais je chassais ces pensées désormais mal placées. « Nous verrons de quoi demain sera fait, oui. » Je n’étais pas certain de pouvoir dire que j’étais heureux et que je touchais du doigt ce qu’elle appelait le bonheur, mais si elle pensait être heureuse et vivre son bonheur, cela me suffisait parfaitement. Alors que des bruits de pas se firent entendre, je me reculais à mon tour, m’enfonçant dans le canapé avant qu’Aimée, Lysandre et les jumeaux ne fassent leur entrée dans le salon. Nora prit les petits dans ses bras, les amusant de quelques mouvements. La remarque d’Aimée me fit sourire tandis que Lysandre me proposait de rester avec eux autant que nécessaire. La proposition venant de lui me surprit tout autant que Nora. « Merci pour ton hospitalité. » J’esquissais un sourire sincère. « Je tâcherais de me rendre utile le temps de mon séjour. Je ne resterais pas trop longtemps, normalement je suis attendu sur la côte d’ici une dizaine de jours. » A supposer que Cassiopée viendrait me chercher, mais le contraire aurait été très étonnant, voire particulièrement inquiétant car suggèrerait que quelque chose s’était passé à Bélin. Je me retournais vers Nora. « Nous aurons le temps de finir de tout nous raconter. Je pense que je vais me dégourdir un peu les jambes et visiter votre village, histoire de vous laisser un peu tranquille, aussi. Sauf si, bien entendu, je peux faire quelque chose pour me rendre utile. »
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Dim 29 Mai 2016 - 13:41


Heureusement, la tension entre les deux hommes s’était atténuée, et la jeune femme espérait que ça reste ainsi. Après l’avoir remercié d’un sourire sincère, l’éladrin informa qu’il était attendu sur la côte dans une dizaine de jours. Eleonor fut peinée d’apprendre cela, elle aurait pensé qu’il séjournerait plus longtemps, mais elle dissimula sa déception par un sourire compréhensif. Quant à Lysandre, il soupira de soulagement. Le pirate resterait un maximum de quatre jours, ce qui était amplement suffisant. Leur vie redeviendrait normale, sans incombe ou imprévu.  C’est alors que Flynn se tourna vers Nora en confiant qu’il avait besoin de se dégourdir les jambes. Il voulait visiter le village et par le fait même, leur laisser un peu de tranquillité. Comprenant qu’il désirait prendre aussi du temps pour lui, son interlocutrice acquiesça de la tête en répondant : «aujourd’hui c’est jour de congé, mais demain nous aurons sûrement besoin de toi.».  Elle lança un regard attendu à Lysandre qui eut un petit sourire. Croisant les bras, l’Aasimar approuva : « Je ne dirais pas non à un homme de plus sur le chantier.». Voyant que Flynn ne comprenait pas, Lysandre expliqua : «je suis maître-charpentier. Présentement, j’agrandis l’école de Nora. Avant c’était sa demeure, mais depuis qu’elle habite ici, nous avons décidé d’en faire une académie de guérisseurs.». Il tourna son regard vers sa femme et humblement, il avoua : «En fait, l’idée ne vient pas de moi, mais d’elle. Nora a commencé seule ce projet. Par la suite, je l’ai aidé du mieux que j’ai pu. ». Le couple s’échangea un doux sourire, puis rivant son attention vers l’éladrin, Eleonor confirma : «Que tu aides au chantier ou que tu restes à la maison pour t’occuper des petits, tu nous seras utile. Et vu que tu es là…» elle eut un sourire taquin. «Aussi bien en profiter.». Elle lui fit un clin d’œil, tandis qu’Aimée osa demander timidement : «Flynn, tu voulais aller visiter le village, n’est-ce pas? Veux-tu que je t’accompagne avec les enfants? C’est l’heure de leur promenade matinale.». Elle avait raison.  Après leur sieste, Kalaad et Kallypso réclamaient toujours le soleil et la douce brise du dehors.  Eleonor jeta un coup d’œil incertain à Flynn, puis à Lysandre. Celui-ci sourit en disant: «Dans ce cas, aussi bien y aller tous ensemble. Il n’y a rien de mieux qu’une petite sortie en famille, non?». Bien sûr, sa femme n’était pas dupe. Lysandre était très protecteur et elle savait que son sourire dissimulait la désapprobation.  Il ne voulait en aucun cas que sa sœur accompagne seule cet éladrin, ancien amant de sa femme et pirate de surcroît. Il tenait à la vertu d’Aimée et à la réputation de Nora. Le village était petit, par conséquent, ça laissait aisément place aux rumeurs et aux scandales. Comprenant l’enjeu, Eleonor sourit à son tour en s’exclamant joyeusement : «Soit. Faisons cela! La journée est trop belle pour rester enfermé!».

Quiétude était un petit village construit au sommet de la montagne, l’air était pur et tout autour inspirait la paix et la sérénité. La plupart des maisons étaient rustiques et chaleureuses, construites soient en pierres, en bois ou en briques. Les artères principales étaient pavées, mais pour le reste, les chemins étaient rocailleux. Pendant qu’ils marchaient, Nora expliqua à Flynn que la terre n’était pas cultivable. C’était pour cela que des marchands venaient de l’extérieur pour vendre leurs produits, dont des herbes médicinales. L’Aasimar tourna son regard vers Flynn en confiant : « je voudrais trouver une solution pour rendre ce sol cultivable. Non seulement pour les villageois, mais aussi pour mes élèves et pour moi-même. Acheter des herbes médicinales nous coûte une petite fortune. Ça serait mieux de pouvoir en cultiver par nous-même. J’ai pensé qu’on pourrait installer des planches de terre, venue d’ailleurs, ou trouver un champignon qui viendrait transformer la roche en terre. Je sais que cela existe, mais j’ignore où en trouver.».  Sur cette parole, ils bifurquèrent vers la place marchande, qui était l’endroit le plus grand du village, fait de kiosque en bois, surmonter d’auvent en jute. Plusieurs saluèrent la petite famille, tout en jetant un coup d’œil intrigué à Flynn. Bien entendu, ils remarquèrent sa ressemblance avec les jumeaux, mais par politesse, ils abstinrent de tout commentaire. Eleonor était accompagné de Lysandre, il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. Ils continuèrent leur promenade tranquillement, tandis qu’un immense loup blanc vint à leur rencontre. S'étant approché, Nora se pencha pour lui gratter les oreilles en s’exclamant : «Azur! Où étais-tu mon gros loup? Je m’inquiétais!». Le guetteur des glaces étaient souvent parti. Il s’amusait à accompagner les éclaireurs dans la montagne.  À l’arrivée du canidé, Kallypso poussa un petit cri de joie et Kalaad voulut le caresser, mais dans les bras de Flynn, il ne pouvait atteindre la fourrure soyeuse.Gigotant, le nourrisson leva un regard gris suppliant vers son véritable père. Comprenant la réticence du pirate, Eleonor rassura : «Ne craint rien, il fait partit de la famille. Il adore nos enfants. Je l’ai recueilli quand il était louveteau dans la Vallée d’ildir. Depuis, il ne m’a jamais quitté.». Elle caressa affectueusement la tête blanche. « Azur a été mon fidèle compagnon jusqu’à Quiétude. Avec lui, j’ai traversé le désert, la mer des Larmes et affronté de nombreux ennemis, dont quelques monstres. Il m’est très fidèle et dévoué. Hein, mon loulou?». Le guetteur des glaces aboya, sa queue battait frénétiquement de gauche à droite. Il était toujours content de revoir sa maîtresse, qu’il considérait comme sa mère.  Soudain, le regard bleu se riva vers le centre de la place marchande et il grogna férocement. Une foule s’était rassemblée autour d’un Tiefflin. Il se tenait à peine debout et son visage était à moitié brûlé. Le cœur battant, Eleonor suivit le regard du loup et fronça les sourcils avec inquiétude. Dévisageant le vieil aventurier, elle marmonna : «Par Phélemée, que lui est-il arrivé?». Promptement, elle se fraya un chemin dans la foule, en serrant fortement sa fille contre elle. La petite sentant le stress de sa mère se mit à pleurer doucement. Eleonor la rassura d’un baiser, tandis que le reste de sa famille la suivit en silence. S’approchant du héraut, le même qui avait annoncé la mort de Flynn, elle se penchant pour inspecter sa blessure.

 Sentant sa main sur sa peau, le vieil homme ferma les yeux et la repoussa doucement en soufflant : «Non…je n’ai pas besoin de vos soins.». Le dévisageant, Eleonor demanda : «Que s’est-il passé?». Le regard du tiefflin  était vide et sombre. Après un instant, il demanda à Nora de l’aider à se lever, car il avait perdu une jambe. Seule une béquille de bois le soutenait. S’appuyant sur elle, il observa la foule intensément. Tous appréhendaient ce qu'il annoncerait. Se raclant la gorge, il s’exclama : « Je suis venue pour vous annoncer une funeste nouvelle. Durant les festivités de la Vallée d’Ildir, un dragon des temps anciens a attaqué les citoyens. Les autorités ont réussi à faire évacuer la place. De nombreux guerriers, toutes races confondues, ont eu le courage d’affronter Apoloexas, nous laissant la chance de nous enfuir. Malheureusement, le nombre de morts est innombrables.  Il n’y a pas de mot pour décrire la dévastation de la bête.». Il y eu un lourd silence. Comprenant que certains de leurs proches ne reviendront jamais,plusieurs éclatèrent en sanglots. Effectivement, de nombreux Tiefflins et Aasimars manquaient à l’appel.  Sur le choc, Aimée se réfugia dans les bras de Lysandre pour pleurer. Un mois auparavant, elle s’était enfuie avec ses compagnons pour assister à cette fête. Heureusement, Nora et Lysandre s’étaient interposés et l’avaient convaincu de rester. Sa joue contre le torse fort, elle bafouilla : «merci…merci de m’avoir empêché d’y aller. Merci…». Pâle, Lysandre la serra fortement contre lui et Eleonor lui sourit tristement. Elle avait bien fait d’écouter son intuition. Soucieuse, Nora demanda au Tiefflin: «Les combattants ont-ils réussi à l’achever?». Peiné, l’aventurier répondit : «Je l'ignore. Je me suis évanouis avant la fin du combat...mais selon la rumeur,  les guerriers ont réussi à le vaincre, aider d'autres créatures. J'espère  que cette rumeur est fondée et que le sacrifice des guerriers morts au combat n'a pas été vain.» Il fit silence puis d'une voix forte, il continua: Aujourd'hui sera jour de deuil et de louanges, mes amis. ». Disant cela, le héraut demanda à Eleonor de l’aider à s’asseoir, ce qu’elle fit sans obstiner, puis elle revint vers sa famille. La jeune femme constata que Flynn semblait fort pâle. Déposant sa main sur son épaule, elle demanda : «as-tu des gens que tu connaissais là-bas?». Il n’eut pas le temps de répondre que le Tiefflin se mit à chanter. C’était une chanson en l’honneur des héros qui ont combattu le dragon. Cela relatait leur exploit et leur courage. Or, une phrase retint l’attention d’Eleonor : «La dame aux cheveux de feu perça l’œil du monstre. Il souffrit, mes amis, il souffrit!». Un frisson la parcourut. Lentement, elle riva son attention vers l'éladrin. D’un murmure, Nora l'interrogea avec inquiétude : «Est-ce que Sirèna était là-bas?».


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Lun 30 Mai 2016 - 11:25


Pour être honnête, je ne savais pas quoi penser de Lysandre. A première vue, il m’avait semblé comme quelqu’un de particulièrement complexé vis-à-vis des autres et sa façon de me considérer comme un rival suffisait à abonder dans ce sens. Je ne le lui reprochais pas spécialement, mais s’il connaissait Nora, il devait savoir qu’il pouvait lui faire pleinement conscience. Elle l’avait épousé, et, pour elle, j’étais parfaitement conscient que cela ne signifiait pas rien. Bien entendu, il pouvait penser que sa décision était conditionnée par ma mort et mon retour impromptu changeait peut-être la donne, mais le mariage était une décision sur laquelle on ne revenait pas facilement et l’Aasimar que je connaissais ne se serait jamais abaissée à laisser tomber la vie qu’elle venait de commencer à construire sur un coup de tête. Aussi, sa méfiance envers moi n’avait probablement d’égale que l’absence de confiance envers Nora et c’était, au fond, un peu désolant. Néanmoins, ce n’était pas à moi de juger ce genre de choses et ce n’était pas moi non plus qui irait jeter de l’huile sur le feu entre les époux. J’avais beau être le père de ses enfants, cela ne me donnait aucun droit, sinon celui de voir ces derniers et de veiller à leur bien-être. Nora était suffisamment grande pour gérer sa propre vie et à moins que cela ne mette en péril la santé de mes enfants, je n’avais pas mon mot à dire concernant ses choix d’amants et de maris. Le changement d’attitude de Lysandre était agréable, ceci dit, mais il restait à voir si cela durerait et comment nous nous entendrions dans les prochains jours, même si mon séjour serait de courte durée. Quant à mon implication, et bien, je n’allais pas rechigner à la tâche, loin de là. Aider au chantier serait probablement une formalité compte-tenu de mes talents en ébénisterie, car ce n’était pas le travail du bois qui me ferait peur, même si, je devais l’avouer, peut-être valait-il mieux que j’en profite pour passer du temps avec mes enfants, mais peut-être valait-il mieux laisser faire les personnes expérimentées. Bah, j’aurais tout le loisir d’y réfléchir jusqu’au lendemain.

Observant avec surprise la timide Aimée, j’esquissais un léger sourire lorsqu’elle me proposa de m’accompagner, avec les enfants. La proposition était tentante, même si j’avais principalement offert cette porte de sortie pour passer un petit moment en solitaire. Sans grand étonnement, Lysandre s’interposa sans finesse, proposant une sortie « familiale ». Je soupirais pour moi-même. Je savais pleinement que je n’étais pas inclus dans cette définition de la famille, mais je n’allais pas m’opposer à ma propre idée, même si je savais que j’aurais simplement pu demander un peu de solitude. « Eh bien, vu que tout le monde a l’air d’accord… » Avant de partir, je me vis confier la garde de Kalaad que je pris bien volontiers dans mes bras. Je devais admettre que Quiétude possédait un certain charme. Habitué à la vie mouvementée des marins et des voyageurs, le calme de ce village était reposant, même si j’étais conscient que, au bout de quelques jours, ce calme aurait tôt fait de me porter sur les nerfs. Durant notre promenade, Nora me fit par du fait que le sol d’ici n’était pas cultivable, expliquant les raisons pour lesquelles le village dépendait des marchands qui venaient leur vendre leurs produits. J’étais conscient que ce n’était pas pratique, mais les solutions ne manquaient pas, même si j’étais loin d’être un spécialiste en la matière. « Délimitez des parcelles et videz les des roches, quitte à récupérer de la terre des alentours pour combler les manques. Il faudra ensuite nourrir la terre, avec les déchets d’alimentation entre autres. Avec un peu de patience et des cultures peu gourmandes, vous devriez pouvoir en tirer quelque chose. » Ils seraient loin des cultures intensives des plaines, mais il devait surement exister plusieurs plantes capables de se contenter de peu. « Sans aller jusqu’à produire de la nourriture, si vous pouviez produire des herbes, il serait facile de les revendre ou de les échanger ensuite. » Je pensais me souvenir que ce n’était pas la première fois que j’entendais parler de ce genre de problèmes. Certains abusaient parfois de leurs terres et devaient lui rendre un peu de force avant de pouvoir à nouveau cultiver aisément.

Tandis que nous nous dirigions vers le centre du village, je ne manquais pas d’observer les regards en coin des passants, se demandant probablement qui je pouvais être. Mon observation s’arrêta sur un loup qui s’approcha de nous. Blanc comme la neige, il ne semblait pas méchant pour un sou, et Nora le connaissait visiblement. Accédant à la requête de mon fils, je pliais les genoux pour me mettre à hauteur du canidé et laisser le petit Kalaad passer à souhait sa main dans la fourrure soyeuse. Moi-même je me laissais aller à une caresse, non sans m’être laissé renifler par l’intéressé. « Enchanté Azur. Moi c’est Flynn. Merci d’avoir veillé sur Nora pendant son voyage. » Je flattais le col de l’animal et le gratifiait de quelques gratouilles derrière l’oreille avant que notre attention soit tournée vers le centre de la place où un petit attroupement se formait. Suivant Nora qui se dirigeait vers le centre de l’attention, je découvris un Tiefflin qui semblait bien mal en point et à qui il manquait une jambe. Quand ce dernier annonça qu’un dragon avait interrompu les festivités de la Vallée d’Ildir, je ne pus empêcher mon cœur de manquer un battement. Sirèna… Je me souvenais parfaitement qu’elle m’avait dit qu’elle se rendait sur place pour assurer la sécurité portuaire de l’événement. Si le dragon avait frappé… Je ne fis même pas attention à la question de Nora, ne sortant de mes pensées que lorsque le héraut se mit à chanter. Comme l’Aasimar, l’allusion à la femme aux cheveux de feu me fit penser à Cassiopée. Avait-elle réellement percé l’œil du dragon ? Si oui. Etait-elle encore en vie ? Malheureusement, le Tiefflin ne pourrait pas m’aider à le savoir. Encore blême, je me tournais vers Aimée, lui tendant Kalaad. Mon regard se posa ensuite sur Nora. « Je… Je reviens. » Puis, sans un mot de plus, je quittais la place avec un dernier regard pour le Tiefflin. Il était dans un sale état et, à l’y croire, de nombreux guerriers avaient perdu la vie. Sirèna en faisait-elle partie ? Perdu dans mes pensées, j’errai de ça, de là, avant de finir dans un coin inconnu du village, ce qui ne m’inquiétait pas le moins du monde. M’arrêtant, je m’installais sur une large roche, le regard tourné vers le paysage. Cassiopée… Si elle n’avait effectivement pas survécu au dragon, elle ne viendrait jamais me chercher… Je n’avais aucun moyen de savoir si elle s’en était sortie ou non. Mais je n’avais pas vraiment le choix au fond. Cela ne changeait rien à mes plans. Si elle était vivante, et j’espérais que ce fut le cas, elle viendrait me chercher sur les côtes Norpalienne et je ne pouvais manquer au rendez-vous. Si elle devait manquer à l’appel ce jour-là, alors j’aurais les réponses à mes questions. Mais, d’ici-là, je n’avais plus qu’à me convaincre qu’elle était bien vivante et faisait voile sur la mer des Larmes.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mer 1 Juin 2016 - 16:58


-Je… Je reviens. .
-Flynn, attends…
-Nora, laisse-le. Il a besoin d’être seul. Souffla Lysandre à son oreille en la retenant doucement par le bras. La jeune femme soupira et acquiesça. Son mari avait raison. La tragique nouvelle les avait tous bouleversés, surtout Flynn. À sa réaction, Eleonor  comprit que Sirèna avait été parmi les guerriers qui avaient combattu le dragon. Comment aurait-elle pu survivre à un tel assaut? Était-ce elle qui avait percé l’œil du dragon? Si oui, le monstre l’avait-il brûlé vif? Tant de questions sans réponses. Il ne restait que l’espoir. Sirèna était du genre à se battre pour survivre, peu importe la menace. Juste le fait de l’imaginer morte était impensable. Elle était si passionnée, si combative, tel un feu sacré. Or, un miracle était toujours possible. La preuve, Flynn était toujours vivant. Alors, pourquoi pas celle qu’il aimait? C’est alors que Nora fut surprise par sa sérénité. À présent, elle n’éprouvait pas de la jalousie, mais bien de la joie. Flynn aimait Sirèna. Quoi de plus naturel?  L’amour était la seule force dans ce monde qui transcendait le temps et l’espace. Peu importe où se trouvait Sirèna, Nora savait que celle-ci ressentait l’amour de Flynn et vice versa. Son intuition la trompait rarement. Si la corsaire était toujours vivante, elle ferait tout pour revenir vers lui. Nora ressentait qu’un lien lumineux et solide réunissait l’éladrin et l’humaine. C’était comme si leurs deux âmes étaient prédestinées à se rencontrer et peu importe la distance, à ne jamais se séparer. À cette pensée, elle sourit doucement. Son cœur lui murmurait que tout irait bien. Sirèna serait au rendez-vous et Flynn trouverait son bonheur auprès d’elle. L’Univers se chargerait de les réunirent. Ils le méritaient amplement.

En silence, ils  retournèrent à leur demeure. Aimée amena les jumeaux au jardin, où elle aimait tant s’amuser avec eux. Leur rire consolait toujours son cœur et à cet instant, la jeune fille en avait grand besoin.  Pendant ce temps,  Nora et Lysandre s’étaient réfugiés dans leur chambre. La jeune femme s’était assise sur le lit pour enlever ses chaussures, tandis que l’homme s’était approché de la fenêtre, feignant d’observer les passants. De sombres pensées taraudaient son esprit.  Il soupira en se tournant vers sa femme. Depuis l’arrivée de Flynn, ils n’avaient pas eu de temps pour parler.  Lysandre avait besoin de clarifier la situation, même si cela risquait de lui faire mal.  Soutenant le regard vert qu’il chérissait, l’aasimar demanda sans détour :

-S’il te le demandait, serais-tu prête à partir avec lui?
Troublée par cette question, Eleonor le dévisagea en silence. Ses doigts se crispèrent sur la douillette. C’était le genre de question qu’elle n’aimait pas répondre, mais visiblement, Lysandre ne voulait pas passer par quatre chemins. C’était peut-être mieux ainsi. Après un instant, elle répondit par une autre question :

-Si c’était le cas,  que ferais-tu si j’acceptais sa demande?
Il y eut un autre silence, plus lourd et plus triste. Lysandre se détourna d’elle, la mâchoire crispée et le regard vide. Qu’est-ce qu’il ferait si Nora le quittait pour Flynn? D’abord, il s’imagina étrangler le pirate et le  jeter dehors d’un violent coup de pied. Il en ressentit une satisfaction malsaine et éphémère.  C’est alors que son mental lui projeta une Eleonor larmoyante et des enfants effrayés. Devant cette scène, il eut soudainement honte de sa violence et de sa jalousie. À quoi bon la vengeance si c’était pour faire souffrir la  personne qu’il aimait le plus?  Il ne pouvait supporter  de la savoir malheureuse. Ni elle ni ses enfants. Il soupira et ouvrit les yeux. Lentement, Lysandre se tourna vers elle et il répondit d’un murmure sincère:

-Je te laisserais partir, mon amour, car je t’aime. Je tiens à ton bonheur plus qu’au mien. Des larmes aveuglèrent son regard améthyste. L’amour comporte des sacrifices et je suis prêt à en payer le prix.

Émue, ce fut au tour d’Eleonor de sentir les larmes venir. À son regard bouleversant, la jeune femme savait qu’il disait vrai. «Tu…tu ferais ça pour moi?». Demanda-t-elle la voix chevrotante. Il acquiesça sans hésitation et ramena son regard vers la fenêtre en soufflant : «je ferais tout pour toi.». Ses paroles vinrent mettre  un baume sur le cœur de Nora. À travers ses larmes, elle sourit tendrement.  Se levant, elle s’approcha de lui pour l’étreindre. La joue contre ses omoplates, elle murmura : «moi aussi, je ferais tout pour toi. Je ne te quitterais jamais, pas même pour une ancienne flamme.». Eleonor le sentit soupirer de soulagement. Sans crier gare, elle embrassa doucement sa nuque. Cela suffit pour faire réveiller le désir, mais avant, il voulait s’assurer d’une chose. Se tournant, il l’étreignit contre lui et demanda sur ses lèvres : «une ancienne flamme? Tu ne l’aimes plus?». À cette question, une lueur taquine fit briller le regard vert. D’un sourire rassurant, elle répondit : « je ressens encore de l’amour pour Flynn, mais pas celui que tu crois. Je l’aime comme mon meilleur ami, même comme un frère.» Après l’avoir scruté, Lysandre eut un sourire rassuré. Nul mensonge ne régnait dans ce regard magnifique.  Eleonor disait vrai, son cœur n’appartenait plus au pirate.    L’étreignant, il demanda malicieusement: « Et pour moi? Quel genre d’amour ressens-tu?». Avant de répondre, elle effleura ses lèvres en répondant :

- Le genre d’amour qui est unique et rare dans ce monde. Je t’aime comme une femme qui aime éperdument son époux.
-  Mais encore? demanda-t-il en s’emparant de son souffle. Nora sentit son cœur battre précipitamment. Lysandre savait parfaitement comment l’enflammer. Il recula un peu son visage, qui revêtait un sourire mesquin. Comprenant qu’il attendait une réponse plus élaborée, Nora rit et réfléchissant, elle répondit :
-  L’amour que je ressens pour toi est comme l’infinité du ciel, pur et sans fin.  Je t’aime comme les étoiles peuvent aimée la lune ou comme un puits aime ceux qui viennent s’y abreuver sans rien demander en retour. Je t’aime d’un amour profond et inconditionnel. Je ne veux jamais être séparé de toi. Ni dans cette vie ni dans les autres qui suivront. À ses paroles, Lysandre fut très touché. Rassuré entièrement, il vint l’embrasser à nouveau, mais avec plus de ferveur. Prenant le temps pour la déshabiller, ses lèvres savourèrent la courbe de ses  seins et descendit toujours plus bas. Eleonor ferma subitement les yeux. Un frisson de plaisir parcourut ses veines.  Entre deux gémissements, Nora demanda le souffle précipité : «toi, mon cher amour, comment m’aimes-tu?». Lysandre sourit à son tour, mais il ne répondit pas tout de suite. Passionnément, il s’appliqua à procurer une ultime extase à sa femme qui se cambra de plaisir. La sentant prête pour lui,  il l’étreignit en se laissant tomber dans le lit. S’unissant avec vigueur, Eleonor se laissa transporter par l’ascension. Entourant le torse de ses jambes, elle embarqua dans le mouvement, à la fois doux et sauvage, ses doigts serrèrent le dos de son amant, elle le griffa presque.  Haletant et gémissant, ils atteignirent enfin le summum de leur union, où leur corps ne fit qu’un, leurs muscles se tendirent pour enfin se relâcher agréablement.  Quand leur cœur et leur souffle retrouvèrent un rythme régulier, Lysandre releva légèrement la tête pour contempler sa bien-aimée. Il la dévisagea éperdument et entre deux baisers, il répondit :

-  Je t’aime comme la seule et unique femme que j’aurais dans ma vie. Tu es toute ma vie.

-   Tu l’es autant pour moi. Souffla Eleonor d’un tendre sourire.
Ému, ils embrassèrent doucement, puis Lysandre se laissa tombé contre elle en avouant : «Tu m’as achevé…». Riant, sa femme rétorqua narquoise: «je prends mon rôle d’épouse très au sérieux.». Soupirant, Eleonor caressa ses cheveux jusqu’à ce qu’il s’endorme profondément. À cet instant, elle se sentait si bien et si heureuse. Silencieuse, la  jeune femme tourna son regard vers le ciel orangé. Cette couleur flamboyante lui rappelait la chevelure de Sirèna. Au souvenir de cette superbe femme, si courageuse et si admirable, son cœur se serra. Elle pria Phélemée pour que son amie leur revienne vivante et indemne de toutes blessures. Flynn devait sûrement espérer la même chose. Dieu qu’il devait être triste et elle n’était pas là pour lui. La culpabilité la submergea, mais elle tenta de se pardonner. Après tout, il avait voulu rester seul et elle ignorait où il se trouvait. Peut-être était-il rentré?  Si oui, avait-il…elle ne put s’empêcher de rougir. Nerveuse, Nora jeta un coup d’œil aux murs. Ils étaient bien insonorisés, mais l’éladrin avait les oreilles fines. Pourquoi se sentait-elle si gênée? Même si peut-être il les avait entendus jouir, qu’est-ce ça changeait? Cela devait lui rappeler d’agréables souvenirs… ou le mortifier plus que nécessaire. Se trouvant ridicule, elle se secoua la tête en essayant de chasser toute culpabilité ou honte de son cœur. Elle était à présent mariée et qu’il le voulût ou non, elle aimait son époux et aimait prendre du plaisir avec lui. C’était quelque chose de très naturel et de particulièrement délicieux, mais ça, Flynn le savait. Elle devint écarlate en se remémorant leurs anciens débats. Oh que oui qu’il le savait! Restait à espérer que Flynn puisse revivre ça avec la femme de ses rêves. C’est alors que des pleurs de bébé l’arrachèrent à ses pensées des plus érotiques. Kalaad et Kallypso réclamaient le lait maternel. Soupirant, elle réussit à sortir du lit sans réveiller Lysandre, s’habilla convenablement et descendit rejoindre Aimée et les enfants.


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Jeu 2 Juin 2016 - 4:20

Après quelques minutes passées à me convaincre que je ne devais pas me laisser abattre par la nouvelle que venait d’annoncer le héraut, je me laissais absorber par le ciel. Je commençais à me demander si j’avais bien fait de venir à Quiétude. Pouvoir voir mes enfants était une joie sans nom, mais revoir Nora dans les bras d’un autre homme était beaucoup plus difficile à supporter que je ne l’imaginais. Certes, je savais qu’elle était amoureuse de lui, que c’était probablement réciproque et ce Lysandre ne semblait pas un mauvais bougre, mais, alors que je pensais être passé à autre chose depuis mon arrivée à bord de La Sirène, je ne pouvais m’empêcher d’être rattrapé par mes anciens sentiments, subitement réveillés par cette nouvelle proximité avec l’Aasimar. Les choses étaient pourtant pour le mieux ainsi, elle ici et moi… ailleurs, mais la raison ne suffisait pas pour faire taire et calmer ses émotions qui s’emparaient de moi. J’avais peur pour Cassiopée et j’espérais sincèrement qu’elle soit saine et sauve, j’aspirais à la retrouver et, au fond de moi, je savais que la première chose que je ferais en arrivant à bord serait de l’embrasser, quitte à ce que cela me coûte quelques jours aux fers. Mes sentiments pour elle étaient également sincères. Je n’aurais jamais pu croire que je tomberais réellement amoureux un jour, mais, malheureusement, cela m’était arrivé deux fois désormais. Nora m’avait touchée avec sa douceur et sa tendresse, là où tout le monde me vouait de la haine ou de la peur. Je ne savais toujours pas ce que j’avais pu faire pour la séduire à cette époque, mais je me souvenais de sa façon de prendre soin de moi au Quartier-Général des Redresseurs après ma… punition, son sourire, son regard… Son corps. J’eus un rictus pour moi-même. Plus de neuf mois que nous ne nous étions pas vus et, en quelques heures, elle réussissait à raviver des souvenirs que j’aurais préféré garder enfoui profondément en moi. Peut-être ferais-je mieux de ne pas rester plus longtemps, finalement…

Essayant de penser à autre chose, je décidais de reprendre le chemin de la maison de Nora. Je ne savais pas s’ils s’y trouvaient mais c’était la seule destination logique. Saluant quelques passants que je croisais, j’essayais de m’enlever Nora de la tête, mais avec tous les Aasimars qui se trouvaient dans les environs, c’était quelque peu difficile. Alors que j’approchais de la maisonnée, j’entendis des cris provenant du jardin. Bifurquant, pour passer à côté de la maison, je finis par apercevoir Aimée et les jumeaux qui passaient du bon temps dans l’herbe. « Je peux me joindre à vous ? » J’esquissais un léger sourire, continuant de m’avancer jusqu’à rejoindre mes enfants. Mes enfants… Cela semblait tellement surréaliste à penser, et, pourtant, à les voir, on ne pouvait pas vraiment douter sur ma paternité. Arrivant près d’elle, j’agrippais ma fille par la taille et la soulevait dans les airs en tournant sur moi-même. Croisant son regard, j’eus un pincement au cœur, constant que je ne pouvais m’empêcher de voir le regard de Nora. Essayant de faire la part des choses, je la fis virevolter encore un peu avant de la poser aux côtés de son frère et de me laisser tomber dans l’herbe à leurs côtés. Dos au sol, les yeux tournés vers le ciel, je finissais par soupirer. Jetant un regard à Aimée, je me souvins de sa réaction lorsque le héraut avait annoncé le drame. Elle avait voulu se rendre à la célébration, visiblement empêchée par son frère et Nora. « Tu sais, c’est rare de tomber sur un dragon lorsque l’on part à l’aventure. » Esquissant un léger sourire, je passais mes bras autour des jumeaux qui s’étaient visiblement mis en tête de m’escalader. « Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais si tu voulais aller à la célébration de la Vallée d’Ildir, il ne faut pas croire que tout se passe toujours ainsi. L’aventure n’est pas une chose facile, mais ce n’est pas non plus toujours un drame. Je suis passé par des hauts et des bas, j’ai risqué plusieurs fois ma vie, mais je ne regrette rien. Chacun doit trouver sa propre façon de vivre sa vie et tu ne le découvriras qu’en faisant confiance à ton cœur. L’expérience des autres peut être utile, mais il n’y a que toi qui dois décider pour toi. »

Certes, on pouvait imaginer qu’il était une bonne chose d’avoir empêché Aimée d’aller à cette célébration et moi-même j’aurais probablement essayé de dissuader Cassiopée d’y aller si j’avais su qu’il y aurait eu une attaque de dragon, mais, avec le recul et toutes les cartes en main il était beaucoup trop facile de juger. La vie n’était pas une suite de choix logiques où l’on possédait toutes les informations pour faire le meilleur choix. Il n’y avait simplement pas de meilleur choix, juste ceux que l’on fait, de préférence en accord avec soi-même. Reposant les jumeaux au sol, je me redressais. « Je vais prendre un verre d’eau. Tu veux quelque chose ? » Il laissa ensuite Aimée en compagnie des jumeaux et rentra dans la maison. Alors qu’il se dirigeait vers la cuisine, il tendit l’oreille et se figea, avant de sourire malgré lui. Décidément… Soupirant, il se pressa d’aller récupérer ce dont il avait besoin et sortit de la maison, préférant essayer de ne pas trop penser à ce qu’il avait surpris involontairement, principalement parce que l’idée d’imaginer Lysandre dans les bras de Nora lui faisait beaucoup trop de mal. « Je crois que nos tourtereaux roucoulent et ne veulent pas être dérangés. » Essayant de rire de ce fait plutôt que de broyer du noir, j’accordais un peu plus d’attention aux jumeaux. Puis, relevant la tête vers Aimée, j’eus un léger sourire. « Tu as toujours vécu ici ? Ou, comme Nora, tu es venue t’installer en quête de tranquillité ? » Faire la discussion avec la jeune Aasimar était probablement le meilleur moyen de ne penser à rien d’autre. J’aurais bien le temps de ressasser mes pensées durant la nuit, j’espérais simplement que les époux s’accorderaient un peu de répit cette nuit. Chassant à nouveau cette idée, je me concentrais davantage sur mes enfants et Aimée.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Jeu 2 Juin 2016 - 22:29


Aimée était allongée dans l’herbe, elle taquinait Kallypso avec une marguerite. Chatouillant son nez, elle ne put s’empêcher de rire devant l’air contrarié de la petite. Prenant l’exemple de sa tante, Kalaad s’amusa à arracher une fleur et la lança sur sa sœur. Il ria à son tour, tandis que Kally lui lança un regard fâché. Elle se pencha à son tour, arracha de l’herbe et le lança sur Kalaad. Devant l’air surpris et épaté de son cadet, la petite ria et recommença. Son frère gazouilla et porta l’herbe à sa bouche. Il fit une moue dégoûtée et se mit à pleurer. Aimée le prit dans ses bras et elle nettoya sa frimousse désemparée. «Maintenant, tu ne vas plus avoir envie d’en manger, hein?» Dit-elle en le berçant, tout en jetant un regard moqueur vers Kallypso. Remarquant Flynn, celle-ci poussa un petit cri heureux en tendant les bras. Celui-ci venait de faire son apparition sur le côté du jardin. Le dévisageant, Aimée essaya de contrôler son rougissement, ainsi que le battement de son cœur. Bien qu’il fût plus vieux qu’elle, l’adolescente le trouvait très séduisant. En général, elle n’était pas de nature timide, même elle était plutôt fougueuse et enjouée, mais la présence de l’éladrin la rendait patoise et un peu niaise. C’était la première fois qu’elle ressentait ça. En plus, il était un aventurier, plus particulièrement un pirate. C’était le fantasme parfait de toute jeune fille de bonne famille en quête d’aventure et de sensations fortes.  À cette pensée, elle eut un petit sourire gêné et ne fit qu’acquiescer à sa demande. Il s’avança et se dirigea vers ses enfants qui le dévisageaient d’un air à la fois curieux et ravi. Sans crier gare, il se pencha et fit virevolter sa fille dans les aires. L’enfant ria avec éclats, tandis qu’Aimée ravala un : «fait attention, tu pourrais la faire tomber.». Visiblement, l’éladrin avait le geste sûr, il n’allait pas échapper Kally. Celle-ci était aux anges. Elle ne ressentait aucune peur dans les bras de son père. Flynn la fit virevolter à nouveau puis la déposa proche de Kalaad, qui à quatre pattes, s’approcha de son père. En soupirant, celui-ci venait de s’allonger au sol. À quoi pouvait-il penser? Sûrement à Nora, ou à cette trépidante capitaine qui avait osé résister au dragon. Quel courage! Aimée espérait profondément que Sirèna ait survécu, tout simplement parce qu’elle rêvait de la rencontrer.  Elle eut une dernière pensée pour l’humaine, puis elle riva son attention sur le bel éladrin. Aimée le contempla subtilement. Ainsi couchée, elle pouvait entrevoir sa musculature forte et svelte. Eleonor avait eu de la veine de l’avoir comme amant. Il n’y avait pas beaucoup d’hommes de sa connaissance qui l’équivalaient. La voix de Flynn la fit revenir à la réalité. Il venait de lui dire que c’était rare de rencontrer un dragon durant une aventure. Opinant, elle approuva :

-Ça doit. Dire qu’avant cette fête, la plupart des gens croyaient que c’était un mythe. C’est fou quand on y pense…un dragon! Je n’aurais jamais cru ça possible!» Son regard lila s’illumina et elle avoua : «juste pour le voir, j’aurais voulu y être, même si ça m’avait peut-être coûté la vie.» Disant cela, elle ressentit à nouveau de la tristesse. D’un soupire, elle demanda peinée : «pourquoi il les a attaqués?  C’était censé être une célébration prônant la paix, non la guerre. Tant de vies détruites et pourquoi? Une envie de manger? C’est injuste!» Elle eut un regard sombre en confiant: «j’ai toujours rêvé de partir à l’aventure. Je considérais cette célébration comme un signe, et je tenais vraiment à y aller. Par Phélemée, j’en ai tant voulu à Lysandre! Il a refusé catégoriquement que j’y aille, tout comme Nora. Ils craignaient pour ma sécurité.» Elle eut un triste sourire et  soutenant le regard gris, elle continua : « Alors, je me suis enfui. Je sais, je n’aurais pas dû faire ça. J’ai été très insouciante. Même si j’étais accompagnée de mes compagnons, j’étais terrifiée par ce que j’avais osé faire. Loin de chez moi, je me suis rendu compte à quel point j’étais vulnérable et peureuse. Finalement, peut-être que l’aventure n’est pas faite pour moi…le monde est si dangereux. À quoi bon vivre si c’est pour mourir prématurément?» Soupirant, elle baissa ses yeux vers les jumeaux. Ceux-ci s’amusaient à grimper sur l’éladrin. Leur père démontra une patience exemplaire, sans pour autant se laisser faire. Il passa ses bras autour d’eux  en répondant avec sagesse :

-Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais si tu voulais aller à la célébration de la Vallée d’Ildir, il ne faut pas croire que tout se passe toujours ainsi. L’aventure n’est pas une chose facile, mais ce n’est pas non plus toujours un drame. Je suis passé par des hauts et des bas, j’ai risqué plusieurs fois ma vie, mais je ne regrette rien. Chacun doit trouver sa propre façon de vivre sa vie et tu ne le découvriras qu’en faisant confiance à ton cœur. L’expérience des autres peut être utile, mais il n’y a que toi qui dois décider pour toi.

La jeune fille s’abreuva de ses paroles. Cela lui redonna du courage et l’espoir. Bien que la crainte était toujours là, son cœur lui soufflait de suivre sa légende personnelle. Pour cela, le voyage était nécessaire. Soudain, elle se souvint des histoires de Nora et elle devint perplexe. Après avoir pris Kalaad dans ses bras, qui réclamaient son attention, Aimée expliqua :

-Tu as raison, je dois décider de ma vie, mais je ne suis pas sûr que comme toi, je survivrais aux dangers qui m’attendent. Je suis une aasimar, Flynn. Mon peuple est le plus persécuté de ce monde. Le seul crime que nous avons commis c’est de naître mi-célestiel, mi-humain. Cela suffit pour le gantelet, mais aussi pour les démons et les autres êtres ne pouvant supporter notre présence. Peu importe où j’irais, je serais plus en danger que toi. Nora en est la preuve.» Elle eut un bref silence puis continua avec appréhension: « À part quelques exceptions, elle a rencontré que des êtres voulant la tuer. Si je me souviens bien, il y a eu la guilde, le gantelet, un gobelin, un aigle fureur, une mortitude. Sans compter le danger de la nature, jusqu’à son accouchement chez les Orcs! Comment a-t-elle pu survivre à tout ça?» Morne, elle baissa les yeux en soufflant : « avant ma fuite, Nora m’a conseillé de m’instruire avant de voyager. Elle affirme que c’est son instruction qui lui a sauvé la vie.» L’adolescent leva un regard fougueux vers le pirate qui l’écoutait : « je pense plutôt que c’est la chance et sa volonté de survivre, ainsi que ses amis…toi, Sirèna, Musashi, Samael et bien d’autres. Elle n’aurait pas pu s’en sortir seule. Quant à moi, j’ignore ce qui m’attend, mais j’espère ne pas connaître la mort trop tôt.  Je pensais vouloir vivre une vie courte, mais bien remplie. Aujourd’hui, après cette attaque de dragon et tous ses morts, je suis convaincue du contraire. Selon moi, le bonheur ne se trouve pas seulement dans l’aventure, mais surtout auprès des gens que l’on aime. Qui sait quand nous les reverrons?» L’adolescente avait posé cette question spontanément, mais elle le regretta aussitôt. Aujourd’hui, Flynn avait peut-être perdu un être cher. Cela ne servait à rien de l’attrister davantage. Comme pour briser le malaise qui s’était installé, l’éladrin se leva pour aller chercher un verre d’eau. Il lui demanda si elle voulait quelque chose. D’un sourire reconnaissant, elle répondit : « un verre d’eau serait parfait.»

Aimée le regarda s’éloigner. Confuse et troublée, la jeune fille essaya de se concentrer sur les petits, mais son esprit était submergé de questions, de peurs et d’espoirs. Que faire? Qu’est-ce que la vie lui réservait? Devrait-elle rester à Quiétude ou se risquer à partir? Elle l’ignorait. Mieux valait vivre au moment présent. Après un instant, elle vit Flynn revenir avec deux verres d’eau. Sa plaisanterie la rendit  mal à l’aise. Rougissante, elle marmonna : «Oui…euh…je crois qu’ils avaient besoin de passer  du temps seul à seul.» Bien qu’inexpérimentée dans ce domaine, Aimée savait exactement de quoi parlait Flynn.  Parfois, durant la nuit, elle s’était fait réveiller par d’étranges gémissements. C’était à la fois bizarre, excitant et intriguant. Que pouvaient-ils faire? Ils semblaient souffrir, mais elle savait que ce n’était pas le cas. Elle eut soudain envie d’en demander plus à Flynn, qui semblait connaisseur en amour, mais elle se retint. Dans les circonstances, ce genre de discussion était inapproprié. D’autant plus qu’Aimée ne tenait pas à la rendre mal à l’aise. Après tout, il venait d’entendre son ancienne amante jouir dans les bras d’un autre homme. Cela devait lui faire très mal. Tandis qu’il s’amusait à nouveau avec ses enfants, Aimée dévisagea Flynn avec compassion. Il faisait preuve d’un grand courage ainsi que beaucoup de contrôle. Elle comprenait pourquoi Eleonor l’avait aimé, et l’aimait peut-être toujours. C’est alors qu’il releva la tête vers elle, son regard gris la chavira. Dieu, comment résister à un tel homme? D’un léger sourire, il lui demanda si elle avait toujours vécu ici ou si, comme Nora, elle était venue y chercher de la tranquillité. D’un sourire, elle prit Kally dans ses bras en répondant : «je suis née ici. Je n’ai connu rien d’autre que Quiétude. À la mort de mes parents, c’est mon frère qui m’a élevé.» Consciente que parler de Lysandre n’était pas la meilleure chose à faire, elle demanda à son tour : «et toi, d’où viens-tu?» Ils continuèrent à discuter sereinement, puis d’un coup, Kallypso se mit à pleurer, suivi de Kalaad. Aimée tenta de les consoler, aider par Flynn, mais rien n’y faisait. Cajolant Kallypso, elle essaya de savoir ce qui n’allait pas.

-Pas de mal de dents ni de petits cadeaux surprises ni de coliques. Qu’est-ce qu’ils ont?
-N’entends-tu pas leur ventre, Aimée? Ils ont faim! Répondit Nora joyeusement en arrière d’eux. La jeune femme s’était vêtue d’une robe blanche, légèrement vaporeuse, mettant en valeur ses courbes. N’ayant pas eu le temps de se coiffer, ses cheveux tombaient en bataille sur ses épaules et ses joues étaient rouges, dues à son récent plaisir. Souriante, elle fit un clin d’œil à sa belle-sœur et elle vint s’assoir près de Flynn. Tendrement, elle prit Kallypso dans ses bras, qui se calma aussitôt. Remuant les lèvres, la petite gazouilla. Seule sa mère pouvait comprendre ce langage de bébé. Nora avait vu juste, ses bébés voulaient la tétée. Ayant apporté leur douillette préférée, elle la mit par-dessus Kallypso et dévoila son sein, mais uniquement à l’enfant. Comblée, celle-ci suça le lait sucré et nutritif, Nora ne décrocha pas son regard des yeux verts qui la contemplaient. Gentiment, elle chuchota : «c’est bon, n’est-ce pas mon trésor? » En guise de réponse, Kally ferma les yeux en bougeant un peu des pieds. Eleonor eut un rictus et leva les yeux vers Flynn. Ils se dévisagèrent de longues minutes. Aimée garda le silence, consciente que c’était un moment unique et précieux entre eux.  C’est alors que Kalaad poussa un cri impérieux. Lui aussi voulait du lait. D’un soupir, Nora riva son regard vers son fils, qui était à présent dans les bras de Flynn. Elle dit doucement : .«oui, mon cœur, ça sera bientôt ton tour.» Effectivement, quelques instants après, Kallypso cessa de boire, l’air un peu endormit. Eleonor la délogea et la tendit à Aimée, qui lui fit faire son rot. Ce fut au tour de Kalaad de goûter au lait maternel. Il se fit plus vorace, ce qui provoqua une vive douleur à sa mère. Fronçant les sourcils, Nora marmonna : «doucement, kalou… doucement…» Comme s’il comprenait, le bébé ralentit sa succion, sa mère soupira de soulagement. Relevant les yeux vers Flynn, Eleonor expliqua : « l’allaitement est quelque chose à la fois d’agréable et de douloureux. C’est vraiment particulier. Toutefois, c’est un moment que j’apprécie beaucoup. Je me sens un avec nos enfants.» Elle sourit, puis se tournant vers Aimée, elle demanda : « ma chérie, voudrais-tu nous laisser? Je voudrais à parler à Flynn seul à seul.» Comprenant, l’adolescente acquiesça en disant : « Bien sûr. De toute façon, je voulais aller préparer le dîner» D'un sourire, Eleonor la remercia. Lui rendant son sourire,  Aimée remit Kallypso à Flynn et elle s’éclipsa poliment.  Il y eut un silence. Eleonor croisa le regard de l’éladrin. Avec sérieux, elle avoua : «je me suis inquiétée. Tu es parti si précipitamment... mais je comprends.» Elle soupira. «Tu avais besoin d’être seul, n’est-ce pas? Est-ce que tu veux en parler?».  


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Ven 3 Juin 2016 - 3:34


La présence de mes enfants était une distraction bienvenue pour mes pensées, me permettant de me concentrer sur un sujet plus léger. Mais s’il était facile d’amuser des enfants, je n’étais pas certain de me voir m’en occuper toute la journée. Non pas que je n’en serai pas capable, mais simplement que je n’étais pas convaincu d’avoir la concentration et la patience nécessaire pour faire attention à eux continuellement. Peut-être était-il mieux qu’ils grandissent loin de moi, finalement. Mais ils avaient aussi le droit de décider ce qui était bien pour eux. Pas pour le moment, bien entendu, mais ils seraient rapidement bien vite grand, au désespoir de Nora surement, et ils pourraient décider par eux-mêmes la façon de me considérer. Jamais je ne pourrais leur tourner le dos, pas sciemment en tout cas, mais je ne pouvais pas mettre ma vie entre parenthèse pour eux. C’était probablement égoïste, de laisser cette tâche à Nora, mais elle semblait heureuse et volontaire et, dans la situation actuelle, je n’aurais fait que la gêner de toute façon. Elle voulait que je repasse le plus souvent possible, mais j’étais convaincu que Lysandre préfèrerait que cela n’arrive pas si souvent. Je ne pouvais pas encore vraiment cerner cet homme, mais je ne pouvais que faire confiance à Nora pour choisir son époux. Préférant la réalité à mes pensées, j’avais lancé la discussion avec Aimée. La jeune Aasimar possédait une chevelure similaire à celle d’Eleonor, mais possédait, par contre, de beaux yeux lilas, qu’il avait rarement pu croiser de par le monde. Plus jeune que moi, assurément, elle n’en restait pas moins aussi belle qu’une aurore, prête à envelopper le monde de sa lumière, prête à éclore. Si Lysandre comptait surveiller ses faits et gestes et ses prétendants, il aurait très certainement beaucoup de travail dans les mois à venir.

J’eus un sourire pour moi-même, en regardant Aimée, tandis que celle-ci me parlait du dragon de la vallée d’Ildir. Ce ne fut pas difficile de déceler un minimum d’envie dans ses paroles. Le danger et la mort l’avaient peut-être effrayé sur la place, mais elle semblait y trouver un intérêt et une certaine curiosité avec un peu de recul. Ainsi donc elle avait tenu tête à l’autorité de son frère pour essayer de s’y rendre malgré tout ? L’idée était amusante. Oui, il l’imaginait plus en petite fugueuse qu’en jeune femme bien rangée. Pourquoi ? Je ne savais pas. Elle n’avait pas vraiment agi de manière fougueuse ou aventureuse depuis mon arrivée, mais elle me donnait davantage l’impression de tenir un rôle, un peu trop sage pour elle. Je l’écoutais avec attention, non sans porter un minimum de celle-ci aux jumeaux, vérifiant qu’ils ne faisaient pas de bêtises. Kallypso semblait véritablement apprécier ma présence, c’était assez troublant. « On peut partir à l’aventure sans s’éloigner énormément, tu sais. Si tu n’es pas en confiance, il faut simplement commencer petit à petit. Une nuit dans la nature d’abord, puis un peu plus longtemps, un peu plus loin. Tu verras bien vite si c’est le genre de choses qui te plaisent. » En effet, si elle trouvait du plaisir dans ces sorties et ne rêvaient que de pousser toujours plus loin ses explorations, il n’y aurait plus de doute possible. Si, cependant, elle ne pensait qu’à rentrer, la réponse serait alors tout aussi évidente. « Il est évident que certaines choses compliqueront ton voyage, mais c’est aussi avec celui-ci que tu rencontreras des personnes que tu aimeras et qui t’apprécieront en retour. » J’esquissais un léger sourire en posant un regard bienveillant sur elle. « Si tu souhaites réellement découvrir le monde par toi-même, tu ne pourras hélas pas te contenter d’attendre qu’il vienne frapper à ta porte. »

Il était difficile de repousser les dangers d’un revers de la main, mais il fallait parfois juste faire les choses pour se rendre de leur réelle difficulté. Voyager ne serait pas une mince affaire pour Aimée, mais il me semblait bien qu’elle était plutôt faite pour parcourir le monde plutôt que de rester ici. Comme moi, elle avait besoin de quelque chose en plus, même si elle ne le réalisait peut-être pas encore. Cependant, ce n’était pas à moi de la forcer dans ses choix. « Nora a raison, apprendre des choses t’aidera. Les herbes peuvent toujours être utiles, mais tu devrais peut-être apprendre à tirer à l’arc ou à manier une dague, c’est toujours pratique, crois-moi. » Je lui fis un petit sourire entendu. « Néanmoins, n’oublie seulement pas que le choix de partir ou de rester doit être le tien. Mais, pour sa défense, le monde n’est pas limité aux dragons, au Gantelet et à tous ceux qui peuvent te faire du mal. » Je lui fis un petit clin d’œil et prit la direction de la maison pour récupérer deux verres d’eau. Une fois de retour, je lui tendis son verre en plaisantant sur ce à quoi je venais d’assister, en partie. La réaction d’Aimée me fit sourire. « On peut dire ça comme ça, oui. » Je bus une partie de mon verre et le déposais dans l’herbe, loin des jumeaux avant de laisser Kallypso monter à nouveau sur mes genoux. Décidément. Portant à nouveau mon attention sur la jeune Aasimar, je l’écoutais me dire qu’elle était née ici. C’était une raison supplémentaire pour aller parcourir le monde. Ce village avait beau être agréable, on ne pouvait décemment pas vivre ici éternellement, sans voir ce qu’il y avait d’autre, ailleurs. De mon point de vue. « Des terres d’Etragore, d’où viennent tous les Eladrins. Ou presque. » J’avais jeté un œil aux jumeaux en finissant ma phrase. Même si ceux-ci était à moitié Aasimars aussi. « Je suis parti, comme beaucoup des miens pour fuir un fléau qui ravageait mon peuple. Et puis, je suis devenu un pirate et j’ai parcouru le monde. » C’était beaucoup simplifié, mais cela résumait bien d’où je venais : d’un peu partout. Etragore appartenait au passé désormais.

« Si tu veux, pendant que je suis là, je pourrais te faire partager quelques unes de mes péripéties. Je ne suis pas sûr que ce soit le genre d’histoire qui convienne pour endormir les jumeaux, mais ça pourrait te plaire, à toi. » Je lui fis un sourire et nous discutâmes encore un peu avant que les enfants ne se mettent à pleurer. Tandis qu’Aimée et moi-même restions perplexes devant cette soudaine crise, Nora arriva finalement à la rescousse, arguant que la fait motivait les petits à se faire entendre. Observant l’Aasimar, je ne pus m’empêcher de la voir telle qu’elle pouvait être, après nos ébats. A son allure, au moins Lysandre s’était bien occupé d’elle, assurément. J’esquissais un léger sourire, tandis qu’elle s’installait à mes côtés, et fut, étonnement un peu gêné de la voir ainsi commencer à allaiter Kallypso. J’avais déjà vu ses seins, et avait, d’ailleurs, également joué avec eux par le passé, mais, cette scène me semblait beaucoup plus intime. En silence, donc, je l’observais donner la tétée aux jumeaux, tour à tour. « Je comprends… » C’était un fait, je comprenais aisément pourquoi ce rituel pouvait être particulièrement important pour une mère et ses enfants, même si je ne devais probablement pas saisir entièrement ce qu’elle pouvait ressentir. Pour cela, il aurait fallu que je puisse faire de même mais la nature n’avait pas prévu ce genre d’éventualités. A ma surprise, Nora congédia gentiment Aimée. Celle-ci me tendit Kallypso et je lui adressais un sourire avant de la laisser repartir. Alors que ma fille semblait s’endormir contre moi, Eleonor me confia s’être inquiétée pour moi. Je lui offrais un sourire un peu désolé. « Oui, j’avais besoin de réfléchir, sans tous ces gens autour. Ils ont l’air sympathiques, mais je me demande quand même s’ils ne nous jugent pas un peu… » C’était dans la nature des gens de commenter ce que faisait les autres. « Je pense que Sirèna va bien, ce n’est pas son genre de se laisser abattre, même par un dragon, j’avais juste besoin d’un peu de temps pour m’en convaincre. Puis… Ce n’était pas comme si je pouvais changer quoi que ce soit à la situation, de toute façon. » Qu’aurais-je fait dans le cas contraire ? Me rendre là-bas aurait prit de longues semaines et n’aurait rien changé. Je n’avais plus qu’à espérer que La Sirène serait sur les côtes Norpaliennes dans les jours à venir et, qu’à ma montée à bord, Cassiopée serait là, sa crinière rousse au vent, son regard aigue-marine croisant le mien. Essayant de penser à autre chose, je croisais à nouveau le regard de Nora, plus taquin. « Mais je n’étais apparemment pas le seul à besoin d’être seul, n’est-ce pas ? » Mon ton s’était fait plus amusé, provocateur. Je n’étais pas certain de vouloir lancer une discussion à ce sujet, mais un peu d’humour me ferait probablement le plus grand bien.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Sam 4 Juin 2016 - 13:10


D’un air pensif, Aimée marcha vers la cuisine. Sa conversation avec Flynn lui avait fait grand bien. En fait, selon lui, tout était une question de choix, à  condition d’écouter son cœur. L’adolescente n’était pas sûre d’être prête à voyager, mais au fond d’elle-même, elle en avait très envie. Flynn et Nora avaient raison. Avant, mieux valait s’instruire, autant en herboristerie qu’en combat et par après, elle partirait à l’aventure. Suivant le conseil du pirate, elle commencerait progressivement, préférablement accompagnée, et ensuite, elle irait plus loin. Aimée se rappela  de la brève histoire de Flynn. Le fait qu’il fut obligé de s’exiler loin de chez lui la peinait. Elle lui avait répondu d’un sourire compatissant : «je suis désolée pour toi. Ça dû être très difficile de quitter ta famille, l’endroit où tu es né.» Après un moment d’hésitation, elle demanda curieuse : «Pourquoi as-tu choisi  la piraterie? Être corsaire comme Sirèna ne t’aurait pas plus intéressé? » Ne voulant pas qu’il se sente jugé, Aimée se rattrapa en disant : «L’important c’est que tu as trouvé ta consolation que cela est sur la mer ou ailleurs.» Elle avait souri gentiment, puis son regard s’illumina quand il avait proposé de lui raconter ses aventures. «Oh oui!!! S’il te plait! s’était-elle exclamée d’un sourire ravi. Je veux tout savoir de tes péripéties. Où tu es allé? Qui as-tu rencontré? Qui as-tu combattu? Je veux tout savoir!»  À cet instant, elle était redevenue une véritable gamine en soif d’histoire de chevaliers et de princesses.  Avec un peu de recul, Aimée se sentit gênée de s’être laissé emporter de la sorte, mais elle aimait tant savoir sur le monde. D’un soupir heureux, elle tourna son regard lilas vers la fenêtre. Flynn et Eleonor étaient en train de discuter en compagnie des jumeaux. C’était un couple beau et étrange à la fois, mais ils avaient l’air de bien s’entendre. De quoi pouvaient-ils parler?

- Oui, j’avais besoin de réfléchir, sans tous ces gens autour. Ils ont l’air sympathiques, mais je me demande quand même s’ils ne nous jugent pas un peu.  Eleonor prit le temps de réfléchir à cette supposition.  Terminant d’allaiter Kallaad, elle questionna: «qui ne juge pas dans ce monde? Il est normal qu’ils soient curieux de te voir ici. D’autant plus que tu ressembles aux jumeaux. C’est un minuscule village, tout le monde se connait et comme tu le sais, les gens aiment parler des autres. » Elle eut rictus en affirmant : «La médisance est l’une des communications les mieux maîtriser ici-bas. C’est pour ça que Lysandre voulait faire une promenade familiale. Il veut que les villageois t’acceptent sans méfiance ni crainte. Tu es des nôtres, ils n’ont aucune raison de penser du mal de toi. Si tu étais allé seul avec Aimée, ils auraient pensé qu’il y avait quelque chose entre vous deux. Si j’étais allée seule avec toi, ils auraient supposé que mon mariage ne va pas bien. Voilà pourquoi Lysandre était là. Par sa présence, il a veillé à notre réputation commune.»  Disant cela, elle replaça son sein, enleva la douillette qui la cachait un tant soit peu et déposa Kalaad contre elle. Le brassant doucement, elle lui tapota le dos et il fit un rot sonore. «Là, tu es bien le digne fils de ton père! Un pirate dans toute sa splendeur!» Souffla-t-elle moqueuse. À cette pique, elle ne put s’empêcher de rire et elle continua gentiment: «sache que Lysandre est reconnaissant que tu vois venu.  Je te l’assure, il l’est, mais il ne le sait pas encore.» Elle pouffa un peu, puis retrouvant son sérieux, elle poursuivit : « Il sait que les enfants vont avoir besoin de toi, il ne veut pas t’en priver. Comme Sirèna, tu fais partie de notre famille.» Reportant son attention vers Kalaad, qui voulait retourner sur l’herbe, elle informa d’un sourire narquois : «tu sais qu’elle est la marraine de nos enfants? Crois-tu qu’elle en sera digne? » Parler de Sirèna était délicat, surtout dans ses circonstances. D’un autre côté, pourquoi ne pas en parler? Elle était leur amie commune et aux dernières nouvelles, rien ne confirmait qu’elle était morte. À cette pensée Nora soupira en avouant :

-J’ai peur pour Sirèna, mais au fond de moi, je sens qu’elle se porte bien.  Ce dragon a dû être très difficile à vaincre. En revanche, si c’est bien elle qui a percé son œil, il y a peut-être des chances qu’elle a survécu. Qu'en pense-tu?
-Je pense que Sirèna va bien, ce n’est pas son genre de se laisser abattre, même par un dragon, j’avais juste besoin d’un peu de temps pour m’en convaincre. Puis… Ce n’était pas comme si je pouvais changer quoi que ce soit à la situation, de toute façon.   Répondit Flynn. Eleonor eut un sourire triste et approuva d’un hochement de tête. Couchant Kalaad sur le dos, elle rassura : «j’ai foi qu’elle sera au rendez-vous, Flynn. En ce moment, elle doit faire route vers la Norpalie, affrontant tempêtes et pirates. Sa routine, quoi! Ah…c'est fou la vie qu'elle mène!» Elle eut un rictus et croisant le regard de Flynn, elle confia : «je vais pouvoir compter sur vous deux pour faire vivre l’aventure à nos enfants. Il faudra bien qu’ils voyagent un jour. Ça va être dur de m’en séparer, mais je ne pourrais les couver indéfiniment. N’est-ce pas, Kalou? » Son regard vert se posa sur Kalaad qui lui fit un sourire charmeur en gigotant ses jambes potelées. Sous le charme, elle rit et embrassa ses joues rondes. Le bébé éclata de rire. Son regard gris brilla de malice comme celui de son père. Quant à Kally, elle s’était endormie profondément contre Flynn. Contemplant sa fille, Eleonor murmura : «Ils sont beaux, n’est-ce pas? Nous avons réussi à créer des petits chefs-d’œuvre.» Elle sourit avec fierté, tandis que son fils amena ses orteils à sa bouche. Relevant ses yeux vers son ancien amant, elle revint au sujet principal : le moment de solitude de Flynn. Le scrutant pendant un instant, Nora affirma : « je considère qu’il n’y a rien de mieux que de prendre du temps pour soi. Surtout quand on vit des épreuves. C’est essentiel pour se comprendre et pour clarifier ce que l’on veut. Tu as bien fait de t’écouter tout à l’heure. J’ai eu tort de m’inquiéter....après tout, tu n’es pas du genre à te lancer d’une falaise.» Elle avait dit sa dernière phrase d’un sourire taquin. Flynn lui rendit la pareille en répliquant : « Mais je n’étais apparemment pas le seul à besoin d’être seul, n’est-ce pas ? »  À cette pique, Eleonor devint cramoisie en bafouillant : «tu…tu nous as entendu faire…euh…oh, c’est…embarrassant.». Elle mordit les lèvres et fixa Flynn d’un air gêné. Que dire? L’humour était sûrement la meilleure façon de désamorcer ce sujet délicat, et oh combien intime. Retrouvant un peu contenance, elle riposta d’un sourire contrit : «Que veux-tu? Nous avions besoin de nous détendre et se rassurer…faire l’amour est une excellente technique pour cela. Pourquoi s’en priver?» Ils entendirent un ronflement sonore. Surprise, Eleonor riva son attention sur son fils. Il s’était endormi sur l’herbe, les fleurs résonnaient à sa respiration. «Cet enfant s’endort vraiment n’importe où!» Chuchota-t-elle railleuse en déposant sa main contre son ventre. Cette caresse arrêta le ronflement, il retrouva un rythme régulier. Après un instant, Nora  plongeant ses yeux dans ceux qui la contemplait. Curieuse, elle demanda : « Est-ce que tu t’en es privé avec Sirèna?» Elle eut un petit sourire en ajoutant : « je sais que ce n’est pas de mes affaires, mais vu que tu m’as surpris en flagrant délit, je me donne le droit d’être curieuse. » L’Aasimar le taquinait, mais elle tenait à savoir. C’était important pour elle afin de clarifier la suite des choses.


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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mar 7 Juin 2016 - 10:31


« Ne le soit pas, cela fait longtemps maintenant et je n’ai plus rien qui m’attends là-bas. Ma vie est ici désormais. » J’esquissais un léger sourire marqué d’une très légère pointe d’amertume. Mes parents étaient morts de la fameuse maladie inconnue qui avait emporté un bon nombre d’Eladrins sur leur terre natale. Il n’y restait plus rien pour moi, mais cela ne me rendait pas malheureux. Depuis ma première arrivée à Bélin, j’avais pris conscience qu’une page devait être tournée et je l’avais fait. Suffisamment de temps s’était écoulé depuis pour que cet événement n’ait plus d’emprise sur moi. « Pour être honnête, je n’ai pas choisi la piraterie, c’est plutôt elle qui m’a pris avec elle. » J’aurais pu refuser ce jour-là, mais il était difficile de ne pas saisir la main que l’on vous tend, sous prétexte que celle-ci n’est pas comme vous le souhaiteriez. Qui plus était, être pirate ne me dérangeait pas plus que ça. Servir un royaume ou bien personne, quelle différence au fond ? Il n’y avait que très peu de différences entre un pirate et un corsaire et ce qui m’intéressait le plus était parfaitement pareil, pour l’un comme pour l’autre : la mer. Je jetais un regard intrigué à Aimée lorsqu’elle parla de consolation en mer. « Je n’ai pas trouvé ma consolation en mer, mais ma vie elle-même. » Je n’avais rien à oublier, rien à regretter, j’avais simplement à vivre et à profiter de mon existence, autant qu’elle allait durer et passer le plus d’années possibles à naviguer était dans mes plans, ce qui représentait, du moins je l’espérais, pas loin d’un siècle et demi de liberté. L’excitation de l’Aasimar m’arracha un sourire tandis qu’elle semblait particulièrement apprécier l’idée de partager quelques unes de mes histoires le temps de mon séjour ici. « Nous commencerons ce soir alors. Tu n’as qu’à réfléchir à ce que tu voudrais entendre. » Le début de nuit promettait d’être amusant.

Repensant à cette promesse, tandis que j’espérais que Lysandre ne le verrait pas d’un mauvais œil – même si je ne comptais pas spécialement lui en parler – les paroles d’Eleonor m’interrompirent dans mes pensées. Elle avait probablement raison concernant les gens et leur médisance naturelle. Quant à la proposition de Lysandre, je comprenais parfaitement qu’il souhaitait faire passer le message que je n’étais ni l’amant de sa sœur, ni de sa femme. Une manière détournée de se protéger, lui, Nora et Aimée, des rumeurs, mais je persistais à penser qu’il n’avait aucune forme de bienveillance à mon égard. C’était compréhensible, et je ne lui en voulais pas le moins du monde, car, dans un autre scénario, je serais probablement revenu à Quiétude pour repartir avec Nora et mes enfants. Sans Sirèna et sans ce mariage, il était possible que je ne me serai pas gêné pour venir récupérer la mère de mes enfants. Esquissant un léger sourire, je me penchais légèrement en arrière, passant de la position assise à couché dans l’herbe avec douceur, Kallypso tenant d’elle-même sur mon torse, apparemment bercée par ma respiration lente. Elle semblait tellement calme, j’aurais pu rester longtemps ainsi. La remarque de Nora me fit réagir. « Parce que j’ai déjà roté ainsi ? Je crois plutôt qu’il tient ça de toi ! » Mon ton faussement indigné ne faisait pas illusion, surtout pas avec le sourire qui ourlait mes lèvres. Quant à la remarque sur Lysandre… Je ne pus m’empêcher de me souvenir qu’il devait être en train de dormir, copieusement repu de ses ébats avec Nora. Oui, pour ça il pouvait me remercier. « Bah, je ne lui en veux pas. Je serais probablement pareil dans sa position. » Et, en toute honnêteté, je n’avais pas spécialement envie d’évoquer Lysandre alors qu’il n’était pas là.

Alors que le sujet revenait à Sirèna, je posais une main sur le dos de Kallypso, caressant doucement son dos. « Je ne vois pas qui pourrait être plus digne de cet honneur. » Je pensais effectivement ces paroles, conscient de ce que m’avait dit Cassiopée au sujet des jumeaux. Nora pourrait toujours compter sur elle au besoin. « Tu as le temps, ils grandiront vite, mais tu vas pouvoir veiller sur eux encore longtemps. Ils auront toujours besoin de  toi. » Je jouais distraitement avec une petite mèche des cheveux de ma fille sans la réveiller. C’étaient de beaux enfants, oui. « Je n’y suis pas pour grand-chose dans cette histoire, finalement, tu as fait le plus gros du travail, Nora. » J’esquissais un léger sourire. Si j’avais su qu’elle était en mesure de porter des enfants, j’aurais probablement veillé à ce que cela n’arrive pas, mais les choses s’étaient un peu… emballées et il avait difficile d’y penser avant que ce ne soit trop tard. Mais il était désormais plus la peine d’avoir des regrets et Nora semblait heureuse ainsi, aussi, il était inutile de revenir là-dessus. Quand j’évoquai l’épisode torride récent entre elle et Lysandre, son expression m’arracha un rire que je m’évertuais à garder le plus silencieux possible pour ne pas réveiller Kallypso. « Tu n’as pas à avoir honte, Nora. Je sais juste que Lysandre est un homme chanceux. » Après tout, je parlais en connaissance de cause, mais mieux valait ne pas trop y penser. Lorsqu’elle évoqua le fait que j’avais pu en profiter avec Sirèna moi aussi, je levais les yeux au ciel en esquissant un sourire amusé. Même pas… Et puis rien n’était moins certain. « Tu sais… Il ne s’est pas vraiment passé quelque chose entre Sirèna et moi. » Je tournais la tête vers Nora, posant mon regard dans le sien. « Je veux dire… Je ne te cache pas que j’ai des sentiments pour elle et je ne lui ai pas caché non plus. Mais je ne sais pas encore si elle en a également, ou si elle veut y donner suite. La balle est dans son camp, en quelque sorte. Mais ça ne m’empêche pas de tenir à elle, quoiqu’elle puisse décider. » Je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire. « Peut-être que, pendant mon absence, Benjamin en a profité pour lui faire la cour ! » J’espérais que le mouse ne m’en voudrait pas, le cas échant, de lui voler sa bien-aimée, mais il était jeune et avait le temps de séduire beaucoup d’autres jolies filles. « Tu imagines ? Battu à plates coutures par un gamin ? Mon égo en prendrait sûrement un coup. » Il y avait peu de chances que cela arrive, mais c’était amusant d’imaginer cette possibilité.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Jeu 9 Juin 2016 - 21:13


« Parce que j’ai déjà roté ainsi ? Je crois plutôt qu’il tient ça de toi ! »  Ce fut au tour de Nora de feindre l’indignation. D’un regard mi- outré mi- amusé,  elle répliqua du tac au tac :
- Tenir ça de moi? Tu plaisantes? Sache que je suis une jeune fille de bonne famille. Elle eut un rictus. S’il ne tient pas ça de moi ni de toi, alors de qui tient-il? Sûrement du grand-père paternel. Le mien savait bien se conduire. À cette taquine pique, elle rit légèrement, mais pas trop fort pour ne pas réveiller leur fille. Celle-ci dormait paisiblement contre le torse de Flynn, qui venait de s’allonger. Leur étreinte était si belle que Nora en fut profondément émue. Elle serait restée longtemps à les contempler, mais la voix de Flynn la fit revenir à la réalité. Il venait de lui répondre qu’il aurait fait probablement pareil concernant l’attitude de Lysandre. Sûrement, oui. Flynn était un homme d’honneur. Elle approuve d’un sourire tendre et compréhensif, puis décida de s’allonger à son tour dans l’herbe. Sa longue tignasse fit de l’ombrage sur le visage de Kalaad. Au parfum de sa mère, le bébé sourit dans son sommeil. Elle prit un moment pour observer celui-ci, tandis que Flynn approuva son choix concernant Sirèna. Oui, elle n’avait pas pu choisir mieux comme marraine. Plongeant son regard vert dans celui du pirate, Nora opina d’un sourire en répondant : «je le crois aussi. Si elle n’avait pas été là, je pense que nos enfants seraient morts de faim ou d’abandon…»

Nora soupira tristement, tout en caressant la joue blanche et lumineuse de Kalaad.  Heureusement, c’était du passé. Son sourire revint, elle observa Kallypso.  Celle-ci dormait comme un loir. Son père venait de lui caresser doucement le dos. «Je suis contente de voir que tu l’as apprivoisé aussi rapidement. Elle t’aime déjà beaucoup!  Kally a toujours su apprécier les hommes, mais elle n’a jamais accordé sa confiance aussi rapidement à quelqu’un.   Même moi, j’ai eu du mal à l’adoucir. Au début, elle ne voulait que Sirèna.» À ce souvenir, Nora soupira de nouveau. L’attitude de sa fille l’avait blessé et son orgueil de mère en avait pris un coup. Heureusement, leur relation s’était améliorée avec le temps, même approfondi. Reste qu’Eleonor avait toujours eu plus de facilité avec son fils. Comme elle, il était doux et tempérant. Baissant ses yeux verts sur le nourrisson, elle avoua : « Kalaad semble très attaché à moi. Il est moins indépendant que sa sœur.» Elle sourit en confiant doucement : «Ça ne m’empêche pas de les aimer pareillement. Certes, ils ont leurs personnalités propres, mais ils sont tous deux très attachants et adorables.» Continuant à discuter, Eleonor confia qu’un jour leurs enfants allaient probablement vouloir vivre l’aventure. Son cœur se serra. Nora s’imaginait mal de les savoir loin d’elle. C’était sûrement propre à toutes les mères. Ce genre de pensées provoquait toujours un vide dans son cœur. Heureusement, Flynn savait la rassurer :

« Tu as le temps, ils grandiront vite, mais tu vas pouvoir veiller sur eux encore longtemps. Ils auront toujours besoin de  toi. »  Devant ces paroles rassurantes, Nora eut un sourire ému. Elle-même avait eu des parents et c’était vrai, même grand, elle avait eu besoin d’eux. Acquiesçant, elle répondit :
- Oui, tu as raison, peu importe l’âge, nous allons toujours avoir besoin l’un de l’autre. Elle se pencha pour embrasser le front bombé de son fils. À cette caresse, il retroussa son petit nez rond. Eleonor rit légèrement en soufflant émerveillé : «As-tu vu? Il fait le même tic que toi quand tu dors. C’est si mignon…» Elle ne put s’empêcher de s’extasier sur la beauté de leurs rejetons. L’écoutant, Flynn joua distraitement dans les cheveux d’ébène de Kally. Il affirma qu’il n’avait pas fait grand-chose dans cette histoire. Selon lui, c’était elle qui a fait le plus gros du travail. Il sourit légèrement, mais Nora sentit qu’il se sentait coupable de lui avoir donné des enfants non souhaités. Certes, ils avaient été un imprévu de parcours, mais comme elle l’avait dit, Eleonor ne regrettait rien. Pour elle, ses bébés étaient de magnifiques et irremplaçables cadeaux. Voulant alléger l’atmosphère, elle rétorqua d’un sourire: « j’ai peut-être fait le gros de travail, mais toi, tu m’as offert le plus gros du plaisir. » En ça, elle n’allait jamais pouvoir oublier. Parfois, la nuit, elle prenait du temps pour s’en souvenir, et même pour éprouver d’agréables sensations. C’est alors qu’à la plaisanterie de Flynn, elle était devenue rouge d’embarras. Devant sa réaction, le pirate devint hilare, mais sans pour autant réveiller sa fille. C’était si agréable de l’entendre rire. À vrai dire, depuis qu’elle le connaissait, elle l’avait vu sourire, mais rire? Jamais. Cela lui fit chaud au cœur. Elle sourit doucement, en continuant d’écouter la suite des propos de Flynn. Il rassura qu’elle ne devait pas avoir honte, mais que Lysandre était chanceux. Elle rougit un peu, son sourire s’agrandit. En soi, le pirate enviait l’Aasimar qu’il puisse bénéficier de sa tendresse, chose que malheureusement, elle ne pouvait plus lui offrir. Du moins, pour l’instant...qui sait ce que l’avenir promettait? À cette pensée, Eleonor soupira.

Oui, Lysandre était chanceux, mais au fond d’elle-même, elle savait que la passion qui l’avait submergé pour Flynn, si courte soit-elle, était toujours présente. C’est vrai qu’elle aimait son mari, de tout son cœur, mais elle ne lui avait pas avoué l’exacte vérité. Elle aimait toujours son ancien amant, et bien plus qu’en simple ami. Comment pouvait-elle avouer cela à Lysandre? Lui qui à peine sortit du lit devait encore broyer du noir? Tant que Flynn serait chez eux, le maître de maison se sentirait en compétition. C’était naturel, elle aurait ressenti la même chose si Sirèna avait accompagné Flynn. Voulant satisfaire une  curiosité malsaine, elle l’avait questionné plus en profondeur sur leur relation. À son grand soulagement, Flynn avait rivé les yeux vers le ciel et avait avoué, presque avec nostalgie, qu’il ne s’était presque rien passé entre la corsaire et lui.  Puis, il avait tourné son beau regard gris vers elle. Son cœur battit la chamade. Ses yeux de tempête lui faisaient toujours autant d’effet. C’était…chavirant. Elenor eut envie de détourner le regard, mais elle n’en décrocha pas.Pas même  quand Flynn avoua qu’il éprouvait des sentiments pour Sirèna, mais il n’était pas sûr que c’était réciproque. La balle est dans son camp, en quelque sorte. Mais ça ne m’empêche pas de tenir à elle, quoiqu’elle puisse décider. » À ses paroles, Eleonor eut soudain envie de pleurer…s’il était arrivé quelques mois auparavant, il aurait peut-être eu de telles paroles pour elle, et non pour cette humaine dure et autoritaire. Oui, elle était jalouse. Terriblement jalouse! Elle se sentait trahie par son amie, qui lui avait menti et qui lui avait prit le père de ses enfants. C’est vrai, elle était mariée, mais…mais si tout était à recommencer, elle n’aurait pas hésité une seule seconde à partir avec Flynn. Si elle avait su qu’il était vivant…elle s’assombrit, prenant conscience de la cruauté de Sirèna. De sa traîtrise.  

Ce fut d’une oreille qu’elle entendit la plaisanterie de Flynn sur Benjamin. Comme à son habitude, le pirate mettait de l’humour quand il ne fallait pas. Parfois, cela pouvait aider, mais souvent, ça venait échauffer les esprits et les cœurs.  C’était le cas pour Eleonor qui avait à présent le visage sombre et triste. Son regard vert se fit dur, elle souffla crispée : « Comment peux-tu aimer une telle femme? Elle t’a violenté, emprisonnée et mentit! Elle nous a mentit! Elle savait mon amour pour toi et elle ne m’a rien dit de ta fausse mort. Je croyais qu’elle était mon amie…maintenant, je me rends compte qu'elle est juste une égoïste! Une sans cœur! Une sale menteuse de scélérate!» En colère et désemparée, Nora sentit sa gorge se nouer. Elle baissa les yeux en chuchotant : « Je…je n’aurais pas marié Lysandre si j’avais su que tu étais toujours vivant.» Haineuse et jalouse, la jeune femme releva à nouveau son regard émeraude vers lui. « Tout ça est de sa faute! Je la hais! Sirèna, hein? Elle porte bien son nom. Une vrai sirène! Elle séduit pour mieux détruire! Méfie-toi, Flynn. Ce genre de putain n’a aucune pitié! Aucune!» Où était passée la douce et compatissante Eleonor? Son côté plus sombre refaisait surface. Le même qui lui avait donné la force de tuer et de combattre durant ses mésaventures. Il y eut un lourd et long silence. Ressentant l’énergie tortueuse de sa mère, Kallypso se réveilla d’un coup et inquiète, elle se mit à larmoyer. N’ayant pas le cœur pour s’occuper d’elle, la jeune femme se leva et marmonna qu’elle devait aider Aimée. Sans autres mots, Nora se dirigea vers sa demeure. Son cœur était déchiré, mais heureusement, la chaleur de son fils vint temporairement l’apaiser. Kalaad dormait encore paisiblement. Les larmes aux yeux, sa mère enviait sa quiétude. Amère, elle murmura à son oreille effilée : «j’espère que tu ne connaitras jamais la douleur de te faire briser le cœur. »


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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Ven 10 Juin 2016 - 9:16


« Une jeune fille de bonne famille qui a eu des enfants avec un pirate, tout de même ! » Il était vrai que ce n’était pas le genre de choses que l’on attendait d’une fille de bonne famille, si tant était qu’il y avait un comportement spécifique à attendre de telles personnes. J’avais croisé certaines filles comme celles-là, pourtant bien contente de pouvoir s’encanailler dans les bras d’un pirate pour le temps d’une nuit. Il n’était pas rare que je me rende compte que, finalement, les filles d’apparence les plus proprettes étaient parfois celles qui désiraient le plus vivre sans règles et comme elles l’entendaient. Ce qui était compréhensible, compte-tenu qu’elles étaient celles qui devaient vivre en supportant le plus de règles. Mais là n’était pas vraiment le sujet de cette discussion et j’admettais volontiers qu’il y avait pas mal de chances pour que les mauvaises manières de mes enfants viennent de moi, plutôt que de Nora, et j’acceptais cette paternité sans trop de soucis. Observant distraitement Kallypso qui semblait bercée par le rythme lent de ma respiration, je ne pus m’empêcher d’avoir un petit sourire en la voyant serrer un bout de ma tunique dans ses petits doigts. « Tu te sous-estimes, Nora. Même sans Sirèna tu aurais su veiller sur nos enfants. » Elle était loin d’être faible et plus que capable de faire face aux difficultés qui se présentaient devant elle, mais, bien entendu, lorsque l’on avait un peu d’aide, c’était plus facile, et plus rassurant. La mère de mes enfants avait eu de la chance de croiser Cassiopée sur sa route, je n’en doutais pas, mais même sans cette rencontre, Eleonor aurait trouvé son chemin jusqu’à Quiétude. De ce que j’en savais, il ne fallait pas sous-estimer l’instinct protecteur d’une mère pour ses enfants.

« L’apprivoiser ? Moi ? C’est elle qui m’a apprivoisé ! » Honnêtement, j’étais heureux d’avoir été accepté rapidement par mes enfants, de pouvoir profiter d’eux pendant les quelques jours où je serais ici. Je n’aurais jamais cru que les choses seraient si faciles, si… évidentes avec eux, mais cette simplicité me convenait parfaitement. « Mais elle a tes yeux, ce n’est donc pas étonnant. » J’eus un léger sourire, un peu amusé. Kallypso nous poserait probablement beaucoup de soucis dans plusieurs années, à faire tourner les têtes de tous les garçons qu’elle rencontrerait. Je n’avais aucune idée de la femme qu’elle serait, mais je me plaisais à imaginer aventureuse et indomptable, probablement parce que l’idée de la savoir dans les bras d’un autre homme me rendrait étonnamment jaloux. Peut-être faudra-t-il que je lui apprenne à se méfier des hommes quoi moi. J’eus un petit sourire à cette idée. Oui, j’étais probablement l’exemple parfait d’homme qu’elle ferait mieux d’éviter lorsqu’elle serait beaucoup plus grande. « Nous serons toujours fiers d’eux, quoi qu’il puisse arriver. Je crois que c’est comme cela que ça fonctionne, lorsque l’on est parents. » Et je me rendis compte que je n’avais aucune idée de quoi faire dans cette position, de quoi leur apprendre, de quoi faire pour s’occuper d’eux. Nora serait celle qui subviendrait à leurs besoins, mais quel serait mon rôle ? Que pouvait bien faire un père distant pour ses enfants ? Veiller qu’ils ne manquent de rien, assurément, mais était-ce suffisant ? Peut-être n’était-il pas la peine de m’en faire pour le moment. A l’évocation d’un tic que je pouvais avoir, je fus libéré de mes pensées. « Un tic ? Moi ? Quel tic ? » Je la regardais avec curiosité, de quoi voulait-elle parler ?

Lorsqu’Eleonor me fit remarquer que je lui avais donné le plus gros du plaisir, je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire, me souvenant de ce dont elle voulait parler. Ces heures-là n’avaient pas été les plus désagréables, c’était certain. « Tu as ta part de responsabilité dans ce fait, tu sais ? » Après tout, il fallait être deux ! Je ne pouvais pas nier que cela ne me manquait pas, qu’il ne m’était pas arrivé d’imaginer l’Aasimar à nouveau entre mes bras, mais elle était désormais la femme d’un autre, même si cela ne la rendait pas moins désirable, assurément. Tandis que la discussion passait à Cassiopée et la relation que je pouvais entretenir avec elle, je n’avais pas senti le changement d’humeur de Nora, si bien que lorsqu’elle explosa presque littéralement, je ne pus m’empêcher d’être surpris. Que lui arrivait-elle ? Quelques minutes plus tôt, elle reconnaissait sa chance de l’avoir rencontrée et, maintenant, elle la haïssait, au point de la traiter de putain. Face à cette incompréhensible saute d’humeur, je restai coi. Alors que Kallypso venait de se réveiller en sursaut, je me redressais légèrement, la prenant dans mes bras pour la consoler, observant Nora s’éloigner avec Kalaad, sous prétexte d’aller aider Aimée. Que venait-il de se passer ? Me levant à mon tour, réconfortant ma fille qui se calma rapidement pour somnoler à nouveau, je me dirigeai à mon tour vers la maison, sur les pas de Nora. A l’intérieur, je retrouvais mon ancienne amante, avec Aimée. M’approchant de cette dernière, je lui tendis ma fille. « Aimée, pourrais-tu surveiller les jumeaux pendant quelques instants ? » Mon ton, sans être autoritaire, ne laissait pas vraiment de doute sur le fait qu’il ne s’agissait pas vraiment d’une question. M’approchant d’Eleonor, j’attrapais sa main. « Viens avec moi, s’il te plait. » Je ne lui laissais pas vraiment le choix non plus en réalité.

Je ressortis de la maison, entrainant Nora à l’écart, loin des regards et des oreilles indiscrètes. Alors que je m’arrêtais enfin, je me tournais vers elle, posant mes mains sur ses épaules, et mon regard dans le sien. « Nora… » Je soupirais doucement, puis pris une petite inspiration. « Je t’ai aimé, je t’aime et je t’aimerais toujours, quoiqu’il puisse arriver dans nos vies. Tu m’as fait confiance, tu m’as soigné, tu m’as aimé, tu es la mère de mes enfants et rien dans le monde ne pourra changer, ni effacer ce que nous avons vécu tous les deux. » Je fermais les yeux pendant un court instant avec de me plonger à nouveau dans ses émeraudes qui m’avaient si souvent manqués durant ma fuite. « J’imagine que Sirèna ne t’a rien dit par courrier pour éviter le risque que ma fausse mort puisse être découverte, je ne peux imaginer qu’elle l’ait fait pour nous séparer et te faire du mal. Si elle l’avait voulu, pourquoi m’aurait-elle parlé des jumeaux, de toi ? » Je passais une main sur la joue de mon ancienne amante, la perdant dans sa chevelure d’or ensuite. « Ses méthodes sont parfois discutables et je reconnais en avoir fait les frais, mais je ne peux croire qu’elle nous ait voulu du mal, surtout à toi. » Pour ma part, elle m’en voulait personnellement au début, donc, finalement, ce n’était pas étonnant d’avoir été un peu maltraité au début. Baissant les yeux, je les relevais ensuite à nouveaux. « Sirèna aimait Nassim et si la mer ne le lui avait enlevé, elle serait probablement toujours heureuse avec lui. Je regrette de savoir que tu es mariée, toi peut-être aussi, mais Lysandre sera un merveilleux époux pour toi, et probablement un père pour nos enfants, tout ça peut-être mieux que je ne le serais jamais. » Cet aveu était toujours difficile à formuler. Après un autre petit soupir, je souriais doucement. « J’ai souvent songé à nos retrouvailles, à te retrouver, fidèle à mes souvenirs et m’oublier plusieurs nuits entre tes bras. J’aurai voulu retrouver l’amante qui m’avait quittée au petit matin à Lisière. Mais, aujourd’hui, je retrouve une femme, une mère, mais je me rends compte que tu es encore plus belle que dans mes souvenirs, parce que tu es heureuse, épanouie, et, pour tout cela, tu n’as à être jalouse de personne. » Concluant ma harangue, je me penchais légèrement en avant, déposant furtivement mes lèvres sur les siennes, un symbole tendre et affectueux du passé.
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Eleonor Delorne
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Divinité(s) : Eleonor croit en la déesse Phélemée.
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Adage: Perception énergitique des êtres l'entourant.
MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Dim 12 Juin 2016 - 21:15


Dès qu’elle entra, Aimée l’observa inquiète. L’adolescente avait aperçu la soudaine tension de Nora et à son regard désemparé, elle savait que quelque chose n’allait pas. Délaissant son fourneau, la jeune fille s’approcha de sa belle-sœur en demandant : «est-ce que ça va Nora?» La gorge nouée, Eleonor acquiesça en lui remettant Kalaad dans les bras. D’un sourire crispé, elle dit : « Veux-tu aller le coucher? J’ai besoin d’être seule quelques instants.» Elle ne voulait pas qu’Aimée la voit pleurer. Eleonor se sentait coupable de sa colère et de sa jalousie, mais surtout de ses paroles dénigrantes envers Sirèna. Repensant à celle-ci, l’Aasimar fut partagée entre la peine et l’amertume. La peine, parce qu’elle savait que Sirèna n’était ni une putain ni une scélérate, et l’amertume, car l’humaine l’avait privé d’un grand bonheur. Elle aurait dû la prévenir que Flynn était toujours vivant. Nora regrettait presque d’avoir marié Lysandre. Pourtant, il avait été si bon et si advenant à son égard. Était-ce parce qu’elle s’était convaincue que l’éladrin était l’homme de sa vie? Simplement parce qu’elle avait eu accidentellement des enfants de lui? Elle soupira, se disant que tout cela n’était que chimères. Après tout, n’avait-elle pas eu une relation amoureuse avec Samael, et ce, quelque temps après Lisière? À cette époque, elle avait été convaincue que l’Archange était son grand amour.  Elle était bien versatile pour une aasimar. La présence de Flynn la troublait plus qu’autre chose et elle doutait maintenant de ses choix sentimentaux. Que d’émotions vécues en si peu de temps! Choc, hilarité, colère, jalousie, culpabilité, tristesse…même à cet instant, elle éprouvait de la honte. Entendant Flynn entré,  elle se détourna vers la fenêtre pour ne pas croiser son regard. Remettant Kallypso à Aimer, qui n’eut d’autres choix d’accepter sa requête,  il s’approcha de son ancienne amante. Il prit sa main et lui demanda de le suivre. Une demande? Plus un ordre finissant par un «s’il te plaît». Saisi par l’intensité de ses yeux gris, notre belle Aasimar obéit docilement, tout en se rendant compte qu’il avait pris beaucoup d’assurance depuis leur dernière rencontre. Certes, son exigence fut simple et courte, mais quelque chose avait changé en lui. Comme si pendant une fraction de seconde, il était devenu un capitaine de navire et elles ses matelots. Était-ce possible qu’il ait acquis une telle expérience en mer? Pendant qu’ils marchaient vers un grand bosquet orné de fleurs des montagnes, Nora se promit de le lui demander en temps voulu.

 Se dissimulant derrière l’arbuste, loin des regards et des oreilles indiscrètes, Flynn s’arrêta et se tourna vers elle. Nora retint son souffle et le fixa avec appréhension. Qu’allait-il lui reprocher? Il s’approcha très près d’elle et déposa ses mains sur ses épaules en soufflant son prénom. Elle l’interrogea de ses yeux verts, mais elle n’osa rien dire. Quoi dire? Qu’elle regrettait d’avoir agi comme une femme possessive, jalouse et méchante? C’est alors que Flynn l’a pris totalement de court quand il lui avoua son amour. L’éladrin lui murmura qu’il l’avait aimé et qu’il l’aimerait toujours, car elle avait pris soin de lui, lui avait fait confiance et l’avait aimé. Elle était la mère de ses enfants et que rien au monde ne pouvait effacer ou changer cela.  Trop émue par cet aveu, elle baissa la tête. Un sanglot serra sa gorge nacrée, Nora chuchota : «c’est la première fois que je t’entends dire que tu m’aimes.»  Elle soupira à son tour. Relevant son regard d’émeraude, elle continua d’un triste sourire : « je savais que tu avais des sentiments pour moi, mais je n’ai jamais été sûr que tu éprouvais de l’amour. Parfois, je me suis pris à imaginer que tu m’avais oublié ou que j’ai été une aventure de passage. Je suis soulagée que ça ne soit pas le cas.» Soutenant son regard de tempête, elle caressa sa joue en confiant d’une voix chevrotante : « je suis désolée pour mes paroles. C’est la jalousie et la colère qui ont guidé mes mots, je ne le pensais pas.Enfin, presque pas…» elle eut un petit sourire désolé, puis expliqua avec amertume : «C’est juste que je me sens trahie par Sirèna. Elle aurait dû m’informer que tu étais vivant et…Nora hésita, soupira et poursuivit : «Elle n’aurait pas dû te séduire sachant qui tu étais et ce que j’éprouvais pour toi. Je n’en reviens pas de sa conduite…je n’en reviens tout simplement pas.» Disant cela, Eleonor laissa ses larmes submerger ses joues lumineuses. Pendant un court silence, Flynn ferma les yeux, puis trouvant ses mots, il plongea son regard dans le sien pour supposer:

J’imagine que Sirèna ne t’a rien dit par courrier pour éviter le risque que ma fausse mort puisse être découverte, je ne peux imaginer qu’elle l’ait fait pour nous séparer et te faire du mal. Si elle l’avait voulu, pourquoi m’aurait-elle parlé des jumeaux, de toi ? À cette question rationnelle, Nora eut un regard surpris. Aveuglée par la jalousie, la jeune femme n’avait pas envisagé cette possibilité. Elle s’apprêta à répondre quand il passait sa main sur sa joue pour la perdre dans ses cheveux bouclés. D’un soupir, elle ferma les yeux pour savourer cette caresse et les ouvrit quand Flynn continua de parler. Selon lui, Sirèna avait des méthodes discutables, il en avait expérimenté quelques-unes, mais il doutait qu’elle leur voulait du mal. Posant sa main contre la sienne, Nora répondit : «c’est vrai, à moi, elle ne m’a jamais voulu du mal, même si ses méthodes me paraissaient rustres et autoritaires. Elle a toujours voulu me protéger. Quant à toi…elle eut un petit rictus. «Je crois qu’elle voulait te livrer aux autorités, mais je vois qu’elle a changé d’avis, sinon tu ne serais pas ici. Cela m’étonne qu’elle t’ait laissé repartir et qu’elle ne t’ait pas gardé juste pour elle. Elle doit être moins possessive que moi...» Elle avait dit sa dernière phrase d’un sourire railleur, mais son regard restait triste.  Flynn confia que si Nassim n’était pas mort, Sirèna serait probablement encore avec lui. Il regrettait qu’Eleonor se soit marié, mais selon lui, Lysandre était sûrement un merveilleux mari et ferait un meilleur père que lui. Peinée par ses propos, Nora prit son visage entre ses mains pour murmurer :

- Flynn ne dit pas de telle chose. Ta tendresse et ton amour pour nos enfants prouve que tu es un très bon père. Son cœur se serra. Certes, tu ne seras pas toujours présent, mais je suis convaincue que tu leur donneras toujours le meilleur de toi-même. C’est ce que tu as fait aujourd’hui, et je sais que tu continueras à le faire. Être un bon parent c’est de savoir aimer ses enfants, tout en sachant doser discipline et souplesse. Déposant ses mains sur ses épaules, elle sourit taquine: « Pour la discipline, ça ne va pas être ta tasse de thé, mais pour la souplesse, alors là, je risque de m’en mordre doigts ! Tu risques de les influencer à monter dans les arbres ou pire, sur les toits.» Elle rit légèrement et avoua : «En revanche, ça va toujours être un plaisir de te revoir.» Eleonor eut un petit soupir. Ne décrochant pas de l’iris gris qui la dévisageait, elle confia d’un doux sourire :   « Comme tu le sais, je t’aime et moi aussi, je continuerais à t’aimer, même si j’ai un autre homme dans ma vie. Tout à l’heure, tu m’as dit que tu trouvais Lysandre chanceux. À mon avis, c’est toi qui as été le plus chanceux de ceux que j’ai aimés.»  Elle rougit légèrement, car le «ceux» confirmait qu’elle avait connu d’autres hommes que Lysandre et que Flynn. C’était le cas, Samael et Edward en faisaient partie. Ce dernier avait été sa seule aventure de passage, mais ça, c’était une autre histoire. Mieux valait ne pas s’y attarder, au risque de paraître dévergondée.

 Se raclant la gorge, Nora continua d’un sourire presque timide : « tu as été le premier Flynn, et ça, c’est inoubliable pour moi.»  Après un petit soupir, Flynn sourit doucement et confia à son tour :  « J’ai souvent songé à nos retrouvailles, à te retrouver, fidèle à mes souvenirs et m’oublier plusieurs nuits entre tes bras. J’aurai voulu retrouver l’amante qui m’avait quittée au petit matin à Lisière. Mais, aujourd’hui, je retrouve une femme, une mère, mais je me rends compte que tu es encore plus belle que dans mes souvenirs, parce que tu es heureuse, épanouie, et, pour tout cela, tu n’as à être jalouse de personne. ». À la suite de cette  touchante harangue, il l’embrassa. Le cœur battant, elle savoura la douceur de ce baiser. Naturellement, Nora entoura ses bras autour du cou de son ancien amant et répondit à cette étreinte. Par Phélemée qu’elle avait soif de ses lèvres…isolé du reste du monde, et de tout jugement, elle fut tentée de s’abandonner complètement. Malheureusement, sa conscience moralisatrice était trop forte pour se laisser tenter. Même si son désir était toujours aussi fort, elle devait résister. Après tout, ce baiser était furtif et doux, en rien passionnel. À contrecœur, Eleonor décolla ses lèvres des siennes…desserrant son étreinte, elle souffla sensuellement: « moi aussi, j’ai maintes fois imaginé nos retrouvailles, plus agréables les unes que les autres. J’ai connu un fugitif qui a su m’aimer à ma juste valeur. À présent, je retrouve un homme qui a su regagner sa liberté, mais surtout sa dignité. Qui plus est, tu possèdes désormais une allure de capitaine, ce qui est fort séduisant. Je suis fier que tu sois le père de mes enfants, Flynn, et le premier homme que j'ai aimé.» Elle eut un sourire narquois et  elle complimenta : «le meilleur de tous.» C’était vrai. Bien que son expérience en amour s’était approfondie, elle trouvait que Flynn avait su plus que quiconque maîtriser passion et tendresse. C’était sûrement  à cause qu’il fut plus âgé que ses anciens amants, et aussi plus expérimenté. L’expérience venait avec l’âge disait-on, même en amour. C’est alors qu’elle se demanda comment Sirèna avait pu lui résister. À cette pensée, elle s'exclama moqueuse : « Sirène est soit folle ou inconsciente de t’avoir résisté.  Elle a raté sa chance. Pauvre femme, je la plains!»  Eleonor en voulait encore à son ancienne amie, mais les propos de Flynn avaient réussi à l’apaiser, ainsi que ses baisers.   


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand le passé frappe à la porte....   Mer 15 Juin 2016 - 10:01


Certes, je m’étais un peu imposé lorsqu’il avait fallu rattraper Nora et l’attirer vers l’extérieur, mais les choses devaient être claires entre nous et je ne comptais pas laisser un tel malaise s’installer. Quoi qu’il puisse arriver dans les prochains mois, Cassiopée et Eleonor seraient deux femmes qui compteraient beaucoup dans mon existence, que ce soit en tant qu’ancienne amante et mère de mes enfants, en tant que Capitaine ou… un peu plus. Et il était hors de question que ces deux femmes, qui partageraient ma vie, finissent par se détester à cause de moi. Je comprenais la déception que pouvait éprouver Nora. Elle était probablement similaire à celle que je ressentais en voyant Lysandre à ses côtés ou en l’imaginant entre ses bras, leurs ailes enveloppant leurs corps nus cherchant à reprendre leur souffle. Je comprenais ce sentiment, parfaitement, mais même si je pouvais en vouloir à l’Aasimar, même si je pouvais ressentir une certaine jalousie à son encontre, je ne pouvais pas lui reprocher d’avoir pris soin de mon ancienne amante, de mes enfants… La situation n’était pas la même entre Sirèna et moi, bien entendu, mais on ne pouvait pas vraiment lui reprocher avec véhémence ce qu’il s’était passé à bord de son navire. Ou alors, peut-être Nora devait-elle me haïr aussi, puisque j’étais autant responsable que ma Capitaine pour ce qui pouvait se passer entre elle et moi. Après tout, je ne l’avais pas repoussée, au contraire, et peut-être aurais-je simplement dû rester à ma place, mais je n’étais pas sensé revoir Eleonor, et il y avait eu cette lettre où elle avait parlé de se marier. Même une lettre n’aurait pas suffi à arrêter cela et jamais je n’aurais pu arriver à temps. Aussi peut-être fallait-il simplement tourner la page et accepter que le destin s’était glissé entre nous, subtilement, assez pour nous séparer, mais pas suffisamment pour couper tous les sentiments que nous pouvions avoir l’un pour l’autre.

Avouer mon amour pour l’Aasimar ne fut pas difficile. Cela faisait longtemps que j’avais compris que j’avais des sentiments à son égard et je m’en étais rendu compte lorsque son absence à mes côtés me rongeait presque littéralement. Cependant, j’avais dû vivre avec cette absence, me résigner, comprendre qu’elle méritait mieux qu’un pirate pour vivre à ses côtés et que nos vies allaient immanquablement finir par s’éloigner, à un moment ou à un autre. Qui aurait pu prévoir ma rencontre avec Sirèna ? La façon dont elle avait imaginer me libérer de l’avis de recherche qui pesait sur moi ? Si tout cela avait été prévisible, alors oui, peut-être aurais-je pu dire à Nora de m’attendre… « J’ai mis du temps à le réaliser. Quand tu es partie, j’ai senti un véritable vide et j’ai compris que tu avais laissé ton empreinte sur moi. Mais je restais un hors-la-loi. J’aurais pu te retrouver, mais nous n’aurions jamais été tranquilles et les jumeaux et toi ne méritiez pas ce genre de vie. » Il avait fallu que je tourne la page, en quelque sorte. Cela avait été difficile et, en toute honnêteté, la page n’était toujours pas complètement tournée. Oui, je ressentais des choses pour Cassiopée, et repenser à elle me faisait plaisir, mais Nora était toujours dans mon cœur, et peut-être encore plus maintenant que j’étais ici. Malheureusement, son couple avec Lysandre était désormais inaltérable. J’étais le père de ses enfants et je ne serais jamais plus que cela désormais. Il le fallait, pour elle, pour moi. Cela n’aurait pas été juste d’être égoïste. « Aucune lettre ne serait arrivée à temps et si quelqu’un l’avait interceptée je serais peut-être à nouveau recherché et incapable de venir te rendre visite. » Je soupirais doucement. « Je ne crois pas que Sirèna voulait me séduire. Ca c’est passé un peu malgré elle, je crois. Et si tu dois blâmer quelqu’un pour ça, c’est plutôt moi. Après tout, je suis celui qui me suis laissé séduire, non ? »

J’eus un léger sourire, en espérant cependant qu’elle ne m’en voudrait pas trop. J’avais quelques circonstances atténuantes, certes, mais je savais qu’elle pouvait en souffrir. Cependant, j’étais content que l’on puisse en parler, à cœur ouvert, sans quiconque pour nous écouter afin que nous puissions être francs l’un pour l’autre. « Elle avait à faire à Belin, et, apparemment elle a eu fort à faire aux festivités. Quant à moi, je devais m’occuper d’autres choses qui ne pouvaient pas attendre non plus. Elle a eu confiance en moi pour remplir cette mission même si mon passage ici n’était pas prévu, mais je suis sur qu’elle ne m’en voudra pas. » Il n’était pas forcément nécessaire d’entrer dans les détails concernant ce que je faisais au Boyau, il n’était pas vraiment l’heure de l’inquiéter. Encore une fois, elle me rassura en tant que père, même si je n’étais pas vraiment convaincu. Certes, je me débrouillais surement bien pour le moment, mais ce ne serait probablement pas aussi facile plus tard. « Je m’arrangerais pour leur apprendre de quoi te faire tourner en bourrique. » J’eus un petit sourire amusé. Après tout, c’était bien le rôle que l’on attendait d’un père pirate, n’est-ce pas ? J’eus un nouveau sourire, plus tendre, lorsqu’elle m’avoua m’aimer, et qu’elle me considérait comme le plus chanceux de ses amants, le premier, l’inoubliable. « Tu me flattes, Nora. » Elle n’était pas ma première, mais je ne l’oublierais pas, c’était certain. Le baiser que nous partageâmes fut empli de souvenirs divers et ce fut une bonne idée de ne pas le faire durer. Aussi parce que Lysandre et Aimée n’étaient pas si loin après tout. Quand elle évoqua Siréna, à nouveau, j’eus un petit sourire, un peu plus triste. M’écartant un peu de Nora, je me disais qu’il ne savait peut-être pas tout. « Tu sais, Sirèna a vécu un événement plutôt traumatisant par le passé. Je pense qu’elle a du mal à faire confiance aux hommes et, dans sa situation, je comprendrais parfaitement ses appréhensions. C’est une femme forte, mais je crois que, pour les sentiments, elle est plus fragile qu’il n’y paraît. »

Passant une main dans le dos de Nora, je la poussais légèrement vers l’extérieur du buisson, reprenant la direction du jardin. A priori, il n’était plus la peine de nous cacher aux yeux de tous et, au moins, notre présence ne laisserait pas de doutes. Enlevant ma main de son dos dès que nous commençons à marcher, je préférais changer de sujet, pour revenir à des choses plus légères, ou, du moins, qui nous concernaient plus personnellement. « Je ne sais pas à quelle fréquence je pourrais venir vous voir, les enfants et toi. La vie sur la mer n’est pas la plus prévisible qui soit, mais je tâcherais de t’écrire souvent. J’imagine que ça te fera un peu de lecture pour les endormir. » J’eus un petit sourire amusé. « Et puis, de toi à moi, je crois que Lysandre ne serait pas si ravi que ça de me voir débarquer trop souvent. Sans compter que vous aurez aussi besoin de temps pour être seuls tous les deux, n’est-ce pas ? » Je lui fis un petit clin d’œil. Bien entendu, je faisais référence à ce que j’avais pu entendre plusieurs dizaines de minutes auparavant. Cette taquinerie était affectueuse. Elle avait raison de profiter de son mariage et, surtout, elle ne devait pas en avoir honte, loin de là.
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