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 Honneur et Survie partie III - L'envolée

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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Honneur et Survie partie III - L'envolée   Lun 11 Avr 2016 - 21:32

Cela faisait quelques jours que Musashi et Eramos séjournaient à une auberge dans la ville d'Hydrasil. Le bretteur avait eu sa plaie pansée et avait maintenant l'épaule dans un joli bandage blanc immaculé. Il puait toujours autant, ses habits était toujours aussi sales, mais le bretteur avait l'air d'un grand enfant qui montrait fièrement son pansement. Ses guêtres étaient dans un piteux état, mais l'homme les conservait, à défaut de pouvoir s'offrir autre chose. En effet, le peu d'argent qui lui restait avait servit à payer le médecin qui l'avait soigné, et la chambre qu'ils avaient loués pour coucher.

Ce jour là, les comparses étaient partis marcher dans la cité d'argent. Musashi tenait son petit cahier et griffonnait rapidement l'architecture de la ville humaine. Il avait le côté de la main noirci par le fusain qu'il tenait dans sa main droite. Comme il avançait en gribouillant et en écrivant, le bretteur fonçait occasionnellement dans Eramos, qui marchait devant lui, non seulement en tant que guide, mais aussi pour lui évider de foncer dans les autres. Le brouhaha de la ville était parfois percé par des enfants qui criaient ou des marchands ambulants qui tentaient d'attirer l'attention des potentiels acheteurs. Étant complètement pauvre, l'Hokusien ne se laissait pas toucher par ces exclamations. Il attirait les regards de presque tout les passants. Peut-être était-ce son apparence exotique, ou son odeur difficilement supportable, difficile de le savoir.

La journée était ensoleillée. À vrai dire, le soleil tapant rappelait à Musashi son chez lui. Il venait du sud d'Hokusai, là où il faisait plus chaud. Le Gourdin demanda à Eramos quel était le modèle politique de la cité. Il en apprit beaucoup sur la démocratie, sur ses forces et ses faiblesses. Il mentionna la guilde, des corrompus visant le bien individuel. Musashi notait tout ce que Coeur d'aigle disait dans son petit cahier. Bientôt son fusain viendrait à manquer si Eramos continuait ainsi à parler. Les deux s’engouffrèrent bientôt dans une partie plus sombre de la ville. Une partie plus pauvre. Musashi ne posait pas de question. Il avait appris à faire confiance à l'homme gris au cours de son précédent voyage et il entendait bien le suivre pour un bon moment. L'épéiste fonça une dernière fois dans son guide, qui cette fois-ci, s'était retourné pour face à l'Hokusien. Il eut tôt fait de ranger son livret et son fusain et regarda Eramos avec questionnement.
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Eramos d'Irifuse
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MessageSujet: Re: Honneur et Survie partie III - L'envolée   Lun 25 Avr 2016 - 19:03

Eramos et Musashi se dirigeais maintenant vers les sombres confins de la cité. Ils avaient voyagé plusieurs semaines ensemble et le vieil homme en était venu à faire confiance à ce jeune homme un peu étrange, mais tout de même attachant. Il savait se battre, il savait survivre, voilà que venait le temps de prouver ses capacités sociales. En effet, cela intéressait l'homme gris de comprendre l'interaction de Musashi avec son environnement, celui-ci venant d'une culture qu'il ne connaissait que théoriquement. Ce qui était certain c'est qu'il semblait assoiffé de savoir, ce qui rendait Eramos confiant quant au bon choix de sa recrue. Il pourrait peut-être être plus utile qu'un simple fantassin.

Le soleil quittait maintenant les rues sales et étroites de la Basse-Ville que le duo pouvaient apercevoir. Eramos s'arrêta soudainement sentant le jeune homme le bousculer une énième fois aujourd'hui. Il prit le temps d'arrêter son regard, son silence démontrant mieux que n'importe quelle injure son impatience.

- Désolé, chuchota à demi-mot Musashi, plus préoccupé à écrire sa phrase dans son carnet que de vraiment s'excuser auprès de l’orgueilleux lui servant de guide.

- Mmm...

Eramos grogna quelque chose d'inaudible dans sa barbe avant de poser son regard sur les bâtiments délabrés leur faisant face.

- Bienvenue chez moi.

- Combien de personnes vivent dans ces quartiers ?

- Des milliers. Milles, deux milles ? Aucune idée. Tout ce que je sais, c'est qu'ils sont assez pour que ce soit désolant. Plus d'un millier d'âmes oublié des instances.

- À quoi doit-on s'attendre ?

- Je vais te montrer.

Ils firent mine de reprendre la route, Musashi en tête. Cependant, ce fut à son tour de s'arrêter brusquement et d'Eramos de le heurter. Jurant une nouvelle fois dans sa barbe, il s'exclama:

- Mais pourquoi t'arrêtes-tu ainsi ? Pour ensuite comprendre la raison.

Une jeune femme, une tiefflin sans aucun doute. Elle soufflait du verre près de ce qu'il semblait être sa boutique. Elle devait avoir le même âge que Musashi qui semblait à la fois intéressé par les fioles et à sa créatrice. Eramos sourit à demi en attendant de voir ce qui se passerait.  
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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Honneur et Survie partie III - L'envolée   Lun 25 Avr 2016 - 19:17

Musashi apperçut, lui tournant le dos, une petite femme avec un grand bâton cuivré. Elle était devant un grand four bien particulier. Un bout de cette perche allait et venait dans ce four, dont l'intérieur était d'un orange incandesant. L'autre extrémité était tenue par les deux bras de la jeune femme et elle semblait souffler à l'intérieur. Quand Musashi prêta attention un peu plus longuement,il vit, à la pointe du bâton qui entrait dans la forge, une boule de verre, pas très grosse, mais joliement colorée. La femme soufflait le verre. Elle fit refroidir le fruit de son oeuvre en faisant tournoyer le mat devant elle et brisa soudainement  le petit flacon qu'elle avait fabriqué avant de le mettre dans un sac rigide qui couvrait ses fesses. Quand elle quitta la forge, elle s'avança vers Musashi, put enfin la voir de face. La femme n'était pas humaine. Elle présentait de petites cornes qui sortaient du haut de son front. Ces cornes étaient très foncées et remontaient légèrement vers ses cheveux bruns et lisses qui lui caressaient le haut des épaules. Elle portait de grosses bottes de cuir noires et un pantalon de la même couleur, mais rayé de rouge à la verticale. Elle portait une chemise ajustée, blanche, courte et sans manches. Par dessus, elle avait une veste de cuir clair, qui descendait légèrement plus bas que sa chemise, pour couvrir partiellement le sac rigide qui  dormait à cet endroit. Cette veste aussi était tâchée par de la suie et autres brûlures. Dans sa main droite, son bâton de métal lui servait maintenant de canne de marche. Il était pile de sa taille; environ un mètre soixante-cinq. Cette tiefline avait une apparence qui se rapprochait grandement de celle de l'humaine. De toutes petites cornes, pas de peau rouge, pas plus que de queue apparente. Son sang devait avoir été dilué de beaucoup.

Grand mésadapté social qu'était Musashi, il regardait maintenant depuis longtemps la jeune tiefline qui s'était apperçue du regard limite intrusif de l'étranger sale.

«Qu'est-ce que tu regardes étranger?»

Sorti de sa torpeur, l'Hokusien se ressaisit. Il répondit: «En fait, j'admirais plus votre travail que votre personne, sans vouloir vous offenser»

«Ah bon, la sculpture du verre t'intéresse à ce point?»

«Toutes les formes d'expertise m'intéressent, et je n'avais encore jamais vu celle-ci.»

La jeune tiefline baissa le regard et mit sa main dans son sac pour en sortir une des fioles ronde qu'elle venait de fabriquer. Elle le lança nonchalamment à l'étranger qui l'attrapa par réflexe.

«Alors amuse toi avec ça!»

«Oh! Merci à vous!»

La visible maladresse du samouraï semblait beaucoup amuser la sculptrice, qui regardait maintenant l'homme qui analysait l'étrange boule de verre qui se trouvait dans ses mains.

«Votre accoutrement anormal m'indique que vous êtes un étranger, d'où venez-vous brave gaillard?»

Sans détourner le regard du contenant, Musashi répondit: «Je viens de l'est. Je viens de Hokusai.»

«Jamais entendu parler. Mais ma foi, vous semblez réellement intéressé par ce contenant, ça vous dirait d'essayer?»

Levant le regard, tout à fait surpris, Musashi bafouilla: «Diantre... Oui, j'aimerais bien essayer je suppose.»

Il détourna le regard vers Eramos qui se contenta de hocher les épaules. La maladresse sociale de Musashi lui conférait le talent de se faire rapidement des amis à ce qu'il semblait. Ce dernier et la tiefline se dirigèrent donc vers le four qu'elle s'empressa de rallumer. Il n'avait pas perdu beaucoup de chaleur alors cela prit peu de temps avant qu'ils ne puissent débuter. Il firent la conversation un temps avant de débuter.

«Alors comment vous appelez-vous chère inconnue?»

«Je me nomme Verali. Verali Taillever, et vous?»

«Moi je suis Musashi Jisai d'Hokusai. Je pratique l'humble métier de pêcheur, mais j'ai récemment été forcé de changer de métier. Aujourd'hui, je vis de mon épée et de la survie.»

«Intéressant, je suis une alchimiste de profession, mais comme l'indique mon nom, ma famille taille le verre depuis des générations.»

Le four était prêt et donc ils commencèrent. La tiefline força Musashi à mettre des gants, car la canne de cuivre devenait chaude très rapidement. Ce dernier se demandait bien pourquoi elle n'en avait pas mise. Il commença donc le délicat travail de faire fondre la pastille de verre qu'il avait collé à son bâton. Il devait constamment faire tourner la perche pour éviter que le verre ne coule au fond du four. Il y parvint, sans grande adresse. Il commença donc à souffler dans le bâton. Il était impératif que le bretteur n'inspirait pas dans celui-ci, sinon ses poumons se rempliraient d'une nuée ardente et toxique. L'escrimeur souffla donc, non sans difficulté, jusqu'à ce que le verre prit une forme sphérique. Verali lui commanda de le sortir, ce qu'il fit. Il se souvenait de comment la sculptrice avait fait tournoyer le bâton d'une façon martiale devant elle, et il se servit de ses connaissances dans ce domaine pour l'imiter. Ce fut la seule partie qu'il réussit plutôt bien d'ailleurs. Une fois la fiole refroidie, il la coupa de la perche pour obtenir une petite boule de verre, vide. Son travail était assez laid et semblait bâclé par rapport au travail de la jeune fille qui lui servait de maîtresse. Elle riait du résultat du travail de Musashi mais tenta de se racheter en lui disant que c'était très bien pour une première fois.
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Eramos d'Irifuse
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MessageSujet: Re: Honneur et Survie partie III - L'envolée   Lun 25 Avr 2016 - 20:47

Même s'ils étaient pressé dans le temps, Eramos était curieux de voir Musashi interagir avec cette jeune femme à l'allure aussi dure qu'on reconnaissait parfois chez les personnes de bon cœur. D'ailleurs, ils ne faisaient déjà plus attention à lui, s'afférant à travailler le verre ensemble. Il alla donc s’asseoir près de l'échoppe et s'assit dans les escaliers y menant tout en prenant bien entendu le temps de remplir sa pipe à tabac et d'en prendre quelques bouffées.

Presque une heure s'écoula pendant laquelle Musashi apprit à souffler le verre comme les Taillever. C'était bien entendu assez peu pour comprendre les subtilité de cette art qui demandait une dextérité fine incroyable et une patience à toutes épreuves. Si le jeune homme semblait posséder la deuxième caractéristique, il lui manquait des années d'entraînement pour développer la deuxième. Pour sa part, Cœur d'aigle prit le temps de bien observer ces deux êtres en détail. Si sa fille ne serait pas morte, elle aurait probablement le même âge qu'elle. La nostalgie de son ancienne vie lui revint comme un boulet de canon déchirant la coque d'un bateau.

Se ressaisissant, elle se leva et toussota doucement, sortant les deux êtres de leurs rêveries éveillées. Ils se retournèrent d'ailleurs à l'unisson, le front plein de sueur et les vêtements usés par le travail. La mine enfantine de la jeune tiefflin disparu d'ailleurs presque instantanément pour être remplacé par l'air fermé et vigilent qu'elle arborait au début. L'homme gris ne lui inspirait d'ailleurs aucune confiance.

- Nous devons quitter, nous sommes attendus.

- M'ouais. Je dois retourner au travail de toutes façons, dit-elle pour ensuite se retourner vers Musashi. Revenez me dire salut lorsque vous repasserez.

- Je suis certain que ce sera très bientôt.

¤

Après plusieurs minutes à parcourir les bas-fonds de la cité d'argent, ils débouchèrent sur un carrefour qui ressemblait un peu à un centre-ville. Ici les gens accrochaient leurs lanternes et lampions en papiers colorés sur des cordes à linge, illuminant d'une joie insoupçonné la Basse-Ville qui paraissait ici aussi fière que résiliente. En son centre trônait ce qui était un immense bâtiment de trois étages que tous connaissaient comme étant le nid. En effet, des bruits d'ailes et des cris stridents pouvaient se faire entendre des toits.

Ils entrèrent par la porte d'avant sans qu'aucune âme ne viennent s'interférer. Les Aigles les avaient remarqué depuis longtemps maintenant, ayant voyagé par les toits. Ils devaient avoir prévenu les autres de la venue de leur mentor. Les gens qui les croisaient les saluait poliment sans autre distinction ce qu'Eramos répondait par une salutation similaire.

Le duo entra alors dans ce qu'Eramos nomma à Musashi comme étant la Grand-Salle. Protégée de deux immenses portes de bois d'ébènes, la salle immense ressemblait à une taverne de bon goût où hommes, femmes parlaient tout en mangeant.

- Voilà mon monde, lâcha Eramos non sans une touche d'humour.

Tous le saluèrent solennellement et en silence en levant leur choppe.

- Une version silencieuse des traditions norpaliennes que je leur ai appris.

Eramos se dirigea ensuite vers le fond de la salle où il quitta pour ensuite monter dans un immense escalier qui monta jusqu'aux quartiers des troupes et son bureau où il se dirigea. La salle volumineuse se composait d'un bureau ensevelit par de la paperasse de tout genre éclairé par la lumière du jour qui passait à-travers une grande fenêtre surplombant les rues de la Basse-Ville et menant aux toits. Dans un coin une étagère remplie d'oeuvres historiques et de récits philosophiques était présentée près d'un vieux fauteuil de cuir occupé par un être des plus singuliers en train de lire. Levant ses yeux azuré sur Eramos, puis sur Musashi, celui-ci se leva lentement en s'approchant. Eramos s'inclina légèrement vers lui avant de faire les présentations.  

- Volathmar, je te présente Musashi d'Hokusai. Musashi, voici Volathmar, mon mentor.

- Et assistant ! Eramos est assez modeste.

- C'est vrai.

- Hokusai n'est-ce pas ? Quel maître servez-vous ?  

- J'ai servi sous les ordres du seigneur Kanemaki monsieur

- J'ai connu Kanemaki. Un homme fier et juste. Je remarque aussi que tu parle de lui au passée. C'est donc que tu es ronin, n'est ce pas ?

- La situation politique actuelle de Hokusai a dut faire en sorte que j'ai été destitué de mon rang monsieur.

- Voilà qui est intéressant. Vous semblez donc garder cette dévotion pour votre honneur bien présente. N'est ce pas ?

- Sauf votre respect monsieur, il y a maintenant longtemps que mon honneur est perdu.
Et avez vous envie de la ravoir?

Musashi mit un genoux au sol et baissa la tête.

- Plus que tout au monde monsieur.

-Alors relève toi car ici nous n'ahérons pas à une supériorité hiérarchique. Eramos sera ton mentor, pas ton maître. Il te montrera ce que nous faisons ici. Ensuite tu pourras choisir si tu adoptes cette nouvelle mission qui vous attend.

Il se releva mais s'inclina profondément vers l'éladrin, par déformation culturelle. Il se retourna ensuite vers Eramos, celui-ci lança un regard rempli de sens à Volathmar et celui-ci acquiesça gravement d'un signe de tête presque imperceptible. Le vieil homme lui répondit de la même manière avant de se retourner vers son jeune compagnon.

- Allons-y, dit en quittant le bureau, Musashi sur ses talons.



Un vent froid provenant du sud des terres bélinoises soufflaient sur les deux humains perchés sur le toit d'une des piteuses maison de la Basse-Ville.

- Un des nôtres est manquant. Il enquêtait sur une étrange condition dont les habitants du village d'Icavour souffraient. À ce que l'on sait de celle-ci c'est qu'elle plongerait ses victimes dans un genre de coma et on ignore encore la raison. Le problème, c'est que la jeune recrue devait revenir faire son repartir il y a quelques jours. Nous devrons aller à Icavour pour en savoir plus sur ce mal et retrouver la recrue, idéalement en vie.

L'homme gris tourna la tête vers l'hokusois.

- Te sens-tu prêt à cela, Musashi ?
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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Honneur et Survie partie III - L'envolée   Jeu 28 Avr 2016 - 23:22

Musashi hocha de la tête sans broncher, son regard droit dans celui d'Eramos. L'air froid s'engouffrait dans les pantalons de toile du bretteur, les faisant claquer doucement. L'homme gris poursuivit: »Bien. Nous devons faire vite et Icavour est à plusieurs jours en chevaux. Nous devrons prendre un autre moyen de transport.»

«Il n'y a pas grand chose de plus rapide qu'un cheval?» répondit l'Hokusois, sans savoir ce qu'Eramos avait dans l'idée.

Coeur d'aigle sourit malicieusement.«Tu te trompes.»
Tournant la tête vers le nid dont le sommet se démarquait des autres bâtiments de la Basse-ville, Eramos regarda vers le troisième étage.
«Torpeur nous emmènera.

Les sourcils empli de milles inquiétudes, l'escrimeur se retourna vers le bâtiment en question et demanda, non sans crainte: «Qui est torpeur?»

Le sourire énigmatique de l'homme gris se transforma en véritable grimace d'enfant. Rapidement, il se détourna de Musashi pour courir sur le toit en direction du Nid. Il sauta de toits en toits pour enfin arriver à une échelle camouflée de par sa couleur ressemblant aux pierres du repère de la confrérie. Se retournant il cria au hokusois au loin:«Je vais faire les présentations !»

Musashi s'empressa de suivre son ami, avec aise, mais beaucoup moins de grâce que ce dernier. Son mentor était un maître dans cet art, mais quand les deux hommes furent au même point, Eramos guida son apprenti dans un antre qui ressemblait fort à un clocher d'église désaffecté.En montant à l'étage, une forte odeur exotique s'empressa de les entourer. Là les regardait trois griffons, des aigles géants au regard vif et attentif. Lorsqu'Eramos se montra deux d'entre eux vinrent à sa rencontre, exigeant des câlins, ce qu'il s'empressa de faire, riant aux éclats devant la scène. De ce qu'il pouvait se souvenir, le ronin n'avait jamais vu l'homme gris même s’esclaffer d'une telle façon. L'atmosphère changea lorsque les deux humains virent le troisième griffon faire son chemin parmi ses deux comparses qui le laissèrent passer. C'était un animal d'au moins trois mètres au plumage grisâtre arborant une stature fière, mais calme. Ses yeux verts trahissaient une intelligence supérieure et une sagesse inexplicable.

«Je te présente Torpeur, mon plus vieux compagnon. Voici Musashi. Il est mon ami.»

Torpeur s'inclina légèrement devant le jeune humain.

«Nous voyagerons à dos de griffons.»

Musashi avait une peur bleue, qu'il tentait tant bien que de mal de dissimuler derrière son visage bourru. Il avait entendu parler de ces animaux et il les trouvait magnifique de l'endroit où il se tenait, mais n'avait aucun désir particulier de s'approcher de ces bêtes. Quand Eramos lui montra qu'il devait lui aussi passer sa main sur leur plumage, Musashi se donna un devoir de ne pas décevoir son nouveau mentor et approcha, avec son expression de marbre, mais incertaine et posa sa main sur le puissant animal. Eramos avait remarqué les efforts du bretteur et avait un grand respect pour cette forme de courage. Il dit: «Les griffons sont des créatures  extrêmement sensibles. Ils sentent ta peur, mais ce sont également des êtres bienveillants. Ils décident donc de se focaliser sur ton courage.»

Le griffon qui c'était approché de Musashi semblait adolescent. Un peu plus petit, le plumage moins coloré et soyeux. L'hokusois caressait la tête de l'animal et, au fur et à mesure qu'il se calmait, l'oiseau mythique se calmait aussi. L'homme n'était toujours pas convaincu de son talent pour chevaucher quoi que ce fut d'autre qu'une chaloupe ou une pirogue.

«Ce jeune griffon est particulier. Nous l'avons trouvé un jour dans le nid et il est resté depuis. Il semble nous avoir adopté. Je ne crois que nous lui avons donné de nom. Tu pourrais le faire.»

«J'y songerai» répondit Musashi, non sans incertitude et malaise dissimulés dans sa voix.

«Mais des griffons ne suffiront pas à notre mission. Il nous faudrait un alchimiste. Ou plutôt une alchimiste.»

«Pourquoi une?» dit l'Hokusois avec son air de mésadapté social.

«Parce que tu sembles être devenu l'ami d'une d'entre elles!» lança Eramos, comme si c'était l'évidence même. Musashi s'arrêta un long instant, les sourcils froncés et le regard au sol. Il était confus. Après plusieurs années de solitude, il ne s'était pas donné la peine de devenir ami avec qui que ce fut. C'est alors que l'idée lui revint. Il avait rencontré une alchimiste plus tôt dans la journée!

«OH OUI!» dit-il, sortant de ses pensées. Il continua: «Bonne idée, allons la voir!»

Ils partirent donc à travers la ville, éclairée pour la nuit. Ils ne croisèrent guère que des saoulons qui rappelèrent à Musashi son passé lourd d'habitudes inconvenantes. Il se sentait choyé d'avoir été sélectionné par un mentor, chose qui le préserverait, pour un moment, de sombrer à nouveau dans la déchéance. Ils arrivèrent donc, après un bon moment, devant la boutique d’apothicaire où Verali prétendait habiter. C'est Musashi qui prit cette fois les devants pour aller quérir l'alchimiste. Il cogna à la porte par trois fois, telle que la coutume occidentale l'indiquait. Il attendit longuement et se retournait parfois pour regarder Eramos par dessus son épaule. Au bout d'un moment, la porte s'ouvrit sur une personne qui n'était pas du tout celle qu'il cherchait.

«Euh bonjour monsieur, est-ce que Verali est présente?»

La personne qui avait ouvert la porte était lui aussi un tieflin. Il était visiblement plus vieux que la femme qu'il avait croisé plus tôt, il y avait donc fort à parier que c'était son père. Ce dernier semblait avoir été tiré du lit et était donc de mauvaise humeur.

«Qui êtes vous? Vous savez il est quelle heure? Je suis certain que ma fille dort...»

avant qu'il n'eut le temps de répondre, le bretteur rétorqua avec enthousiasme: «Alors elle est là!» et il entra tout bonnement comme si on l'avait invité. Dès lors, le tieflin, qui semblait fortement déstabilisé par l'impolitesse de l'escrimeur allait le pousser de la maison quand Verali parut dans la cage de l'escalier en bois de la maison sur trois étages. la tiefline était légèrement vêtue; Une chemise de nuit, des pantalons légers et de vieilles pantoufles.

«Non mais qu'est-ce que c'est ce boucan?» elle s'arrêta net de parler quand elle vit Musashi. Elle continua ensuite plus calmement pour dire à son père de monter et qu'elle allait gérer ça par elle même. Quand il remonta, elle s'approcha de Musashi et lui fit signe de s'asseoir, ce qu'il fit.

«Qu'est-ce que vous foutez chez moi? Vous savez quelle heure il est?

Musashi se disait que l'heure devait être importante puisque tout le monde ne cessait de lui demander; il pensa à noter cela dans son cahier, mais ç'aurait été inapproprié devant la jeune femme. Ils conversèrent un moment.

«Qu'est-ce que vous voulez?»

«Vous vous souvenez de l'homme gris qui me suivait?»

«Vaguement...»

«Et bien il se trouve qu'il doit démanteler un réseau de drogue qui fait des ravages dans un village pas trop loin d'ici. Pour ce faire, il est possible que nous ayons besoin d'une alchimiste comme vous pour trouver un antidote aux ravages de la substance.»

«Vous me dites ça comme ça? À pareille heure? Je ne suis pas prête, vous auriez pu choisir un meilleur moment!»

Décidément, l'heure était quelque chose de très important pour les gens d'Hydrasil

«Je vous en prie madame, vous êtes la seule personne que je connais en dehors d'Eramos et il se trouve que vous êtes la femme parfaite.»

«La femme parfaite?»

«Enfin pour la mission.»

«...»

«Alors vous venez?»

«J'aurais un million de questions à poser avant de devoir venir avec vous.»

«Mais nous avons besoin de vous!»

L'attitude de Verali avait changé. Elle était plus allumée et avait le regard scintillant. L'Hokusois lui gardait ses sourcils froncés et son air bourru, fidèle à son habitude. Il se trouve que les tieflins sont portés sur l'aventure; c'est dans leur sang. Musashi était tombé, par chance, sur la bonne personne et il n'en savait rien. Nul autre être accepterait de laisser sa vie en pan pour partir dans des contrées éloignées. Chose que son amie, elle, ferait.

«Alors?»

«D'accord, je prends mes affaires, laissez moi vingt minutes et j'arrive. Sortez rejoindre votre ami brave homme.»

Musashi sortit, en dissimulant sa joie derrière son visage de plâtre habituel. Il arriva près d'Eramos pour lui confier la bonne nouvelle. Ce dernier semblait trouver que vingt minutes était un bien court laps de temps pour abandonner sa vie telle qu'on la connaissait. Sans grande surprise, Verali sortit vingt minutes plus tard, mieux habillée, le sac sur l'épaule en faisant des «aux revoirs» dans les fenêtres du troisième étage de sa maison. Elle et Musashi se jetèrent des regards complices.
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Eramos d'Irifuse
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MessageSujet: Re: Honneur et Survie partie III - L'envolée   Lun 23 Mai 2016 - 10:48

Le vieil homme était abasourdi. Sur le coup, il n’avait pas vu de problème à ce qu’ils aillent jusqu’à chez cette jeune femme, Verali, pour lui demander de les accompagner dans cette aventure, puisqu’il croyait Musashi assez prudent pour tenter d’attirer son attention discrètement.

Il n’aurait pas pu plus se tromper.

Avant même que l’homme gris ne puisse réagir, l’hokusois était déjà en train de réveiller le pâté de maison en demandant sans gêne à son père rabougri par le fait d’avoir été brutalement tiré de son sommeil si sa fille était à la maison. Eramos n’avait jamais été à la fois aussi surpris et amusé. Surpris car ce jeune homme n’avait apparemment aucun scrupule à ne pas répondre aux normes sociales établies. Amusé parce qu’il ne semblait pas s’en rendre compte. Un sublime spectacle pour le vieil homme de plus en plus sage avec les années. Il commençait à croire que ces normes –bien qu’utiles afin de garder une harmonie au sein d’un peuple- pouvaient parfois être contournées lorsque les intentions étaient bienveillantes. Dans ce cas, il n’avait pas de doute que c’était le cas.

Bientôt, Musashi sortit pareil à comme il était entré de la maison de la jeune alchimiste, celle-ci sur ses talons. La tiefflin qui semblait rayonnante, prête à l’aventure, s’arrêta nette devant Eramos, un regard prudent. Sans détacher son regard du vieil homme, elle dit à voix haute pour Musashi :

- Vous connaissez cet homme ?

-Bien entendu

- Je veux dire, le connaissez-vous vraiment ? Il a une réputation assez sinistre ici.

La tiefflin continuait de regarder Eramos, calme. Elle était courageuse, il pouvait le sentir, car elle surmontait sa peur, cette peur que bien des gens à Hydrasil avait encore pour sa personne, du moins pour son ancien lui, Cœur d'aigle l'Assassin.

-J'ai appris à connaître cet homme ces derniers mois seulement, alors je ne peux prétendre à sa connaissance complète. Mais plusieurs fois ma vie s'est retrouvée entre ses mains et jamais il ne m'a fait défaut.

La tiefflin toisait toujours le regard de l'homme gris qui lui ne bronchait pas. Il attendait la décision de celle-ci, sa réaction, aux mots de Musashi. Hochant finalement la tête, elle dit:

- Espérons que nous ayons la même chance cette fois. Elle dépassa ensuite les deux hommes pour aller remplir sa gourde au puit non-loin. Eramos regarda alors Musashi.

- Prêt ? demanda-t-il d'un ton qui ne dénotait rien d'anormal malgré la situation actuelle.
Musashi, ne percevant rien qui n'allait pas acquiesça sans broncher.

- Alors, en selle!

¤

-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!

Du haut des plaines verdoyantes de la vallée d’Ildir, des chaînes de montagnes dissimulant le peuple de la Nation Première et de la légendaire forêt des Grands Feuillus, on n’entendait que ce son, à la fois strident et gutturale d’un guerrier hokusois paniqué par le fait de voler à toutes allures à dos de griffon. Ce même griffon qui prenait plaisir à tournoyer sur lui-même, chuter et remonter brusquement au détriment de son monteur. Son jeune âge et son tempérament joueur faisait qu’il lui plaisait de faire souffrir Musashi, plus à l’aise au sol que dans les airs.

- ERAMOS !

Voyant la difficulté de son apprenti à manœuvrer le jeune griffon toujours sans nom, il fit planer doucement Torpeur, son vieux compagnon, près de lui. Verali, qui était en selle derrière Eramos, ne pouvait s’empêcher de rire devant cette scène des plus singulières.

- Oui Musashi ?

- JE N’EN PEUX PLUS DE CE GRIFFON DE MALHEUR. JE NE VEUX PLUS LE DIRIGER!

- Très bien, posons-nous.

Le souhait de Musashi avait été exaucé, partiellement. Il ne dirigeait en effet plus le jeune griffon, mai il était toujours sur celui-ci, Verali comme pilote. Le problème ? Celle-ci adorait cela et les vrilles et tournants secs fait par le griffon étaient maintenant dirigée par elle.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!

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Honneur et Survie partie III - L'envolée

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