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 L'Aasimar Terminé

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Eleonor Delorne
L'ange d'or
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Âge : 28
Philosophie : Égalitarisme (neutre bon à tendance loyal)
Divinité(s) : Eleonor croit en la déesse Phélemée.
Faction ou Clan : Les Redresseurs

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Races: Aasimar
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MessageSujet: L'Aasimar Terminé   Dim 13 Mar 2016 - 19:42



Cela faisait déjà un mois qu’Eleonor était installée avec sa petite famille dans sa maisonnée. Entre s’occuper de ses enfants, faire ses tâches domestiques, allée soigner les malades et enseigner la guérison à quelques élèves, dont Aimée qui était l’une des plus dévouées, Nora avait bien peu de temps pour elle. Sa réputation comme guérisseuse s’était répandue comme une trainée de poudre, tellement, qu’elle pouvait soigner près de huit patients par jour, souvent malades de maux légers, et prendre quelques heures pour enseigner les herbes médicinales. Heureusement, aujourd’hui était jour de congé et elle avait bien l’intention de se reposer. Profitant de la sieste de ses jumeaux, la jeune femme s’allongea sur son divan proche de la fenêtre et prit le temps d’admirer les gouttes de pluie glissant le long de la vitre. L’eau…Cela lui rappelait soudainement ses aventures en mer auprès de Sirèna, et celles vécues auprès de Flynn. Ces pensées revenaient constamment à lui. Comment allait-il? Où était-il? D’un sourire, elle ferma les yeux pour imaginer qu’il était à ses côtés, ses lèvres sensuelles se posant sur les siennes, pour descendre à sa gorge puis à ses seins, descendant toujours plus bas. La chaleur monta à ses joues et elle s’abandonna à ses fantasmes d’un sourire béat. Bon sang! Ses caresses lui manquaient tant, ainsi que sa présence si protectrice et si attentionné. Taciturne et triste, elle ouvrit lentement les yeux et reporta son attention vers la fenêtre submergée de fines gouttelettes.  Est-ce qu’ils allaient se revoir un jour? Peut-être l’avait-il oublié? Après tout, ils s’étaient si peu connus, peut-être était-elle devenue une aventure de passage parmi tant d’autres? Le cœur serré, Eleonor sentit les larmes venir, pensant qu’elle n’avait pas eu de chance en amour. Se maudissant d’avoir des pensées si noires, elle décida de se lever et d’aller voir ses bébés qui dormaient à point fermé. Leurs mignons minois la rendaient habituelle heureuse, mais à cet instant, ils lui rappelaient tant son beau pirate qu’elle détourna aussitôt son regard vert. Un sanglot lui serra la gorge, elle pensa avec peu de conviction : «non, ne pleure pas, tu dois être forte. Ne pleure pas!» Malheureusement, c’était trop pour elle, Nora s’éloigna du berceau et se mit à pleurer doucement. C’était sûrement la fatigue qui la rendait si vulnérable, elle s’en demandait trop.

C’est alors qu’elle entendit un craquement au seuil de la porte, l’Aasimar se tourna précipitamment vers l’intrus qui avait osé entrer chez elle sans l’avertir. Son regard croisa des yeux d’améthyste, elle reconnue Lysandre, le frère d’Aimée. Depuis sa guérison, il était venu lui dire bonjour quelques fois, mais Eleonor avait été si occupée, qu’elle n’avait pas pu avoir une vraie conversation avec lui. Embarrassée qu’il la surprenne entrain de pleurer, l’Aasimar essuya ses larmes du revers de la main et informa d’un ton un peu sèche : « Je suis en congé aujourd’hui.». D’un sourire compréhensif parcourant ses lèvres charnues, Lysandre répondit doucement : «Je sais.Je suis désolé, je ne voulais pas vous importunez, mais j’ai cogné, et personne ne m’a répondu.  Je voulais m’assurer que vous allez bien, mais je vois que ce n’est pas le cas.». Son sourire s’affaissa,laissant place à un air inquiet, Nora baissa aussitôt les yeux, intimidée par ce beau regard si attentionné. Fébrile, elle marmonna : « Oh, ce n’est rien. Juste une déprime passagère, ça va passer.». Peu convaincu, l’Aasimar s’approcha d’elle et tendrement, il osa caresser furtivement sa joue lumineuse et humide en demandant : « En êtes-vous sûr? Vous savez, même les meilleurs d’entre nous ont besoin de soutien et de réconfort.». Lentement, Eleonor ramena son attention sur ce beau visage penché vers elle. Les lèvres tremblotantes, elle hocha doucement la tête et n’en pouvant plus, la jeune femme se réfugia dans ses bras pour pleurer contre son torse fort, détrempé par la pluie. Lysandre l’étreignit contre lui,  et en silence, il attendit que son sanglot s’estompe, tout en  caressant doucement sa chevelure d’or. Ils restèrent ainsi, sans bouger, tandis que Nora se remettait lentement de sa tristesse. Toujours contre lui, elle ferma les yeux et murmura un «merci» imperceptible. À la voix douce de l’Aasimar, il murmura : « C’est moi qui vous remercie de m’avoir guéris et d’avoir voulu enseigner la guérison à ma sœur, je ne l’ai jamais vu si heureuse. Vous en faites tant, Nora, mais je crois qu’il serait important de penser à vous aussi.». Fermant les yeux, elle opina doucement, sans pour autant se défaire de cette étreinte. Lysandre eut un léger sourire, il était finalement heureux de l’avoir surpris dans cet état, sinon il n’aurait pas pu la consoler. Depuis qu’Eleonor l’avait soigné, il n’avait de cesse de penser à elle, son regard vert était tout aussi troublant que sa personne. Malheureusement, à chaque fois qu’il avait voulu l’inviter à se promener ou à prendre un verre, la jeune femme n’était pas chez elle ou elle enseignait.


 Les seules fois où il avait pu l’approcher c’était en compagnie d’Aimée, mais la guérisseuse ne cessait de se faire déranger soit par ses enfants, par ses patients ou par ses élèves, les contraignant à un simple «bonjour» et à un «au revoir» bienveillant. Or, ce matin, sa sœur l’avait informé que son mentor était en congé, et il en avait profité pour lui rendre visite. Maintenant, elle était dans ses bras et c’était plus qu’il n'avait espéré.  La joue froide et humide, Eleonor prit conscience de la chemise détrempée de Lysandre. Fronçant les sourcils, ses doigts s’attardèrent au tissu humide, elle leva des yeux vers lui et reprocha contrarié : «Vous êtes fou d’être sorti par cette pluie! Vous risquez de tomber malade à nouveau.». Il eut un sourire faussement contrit et il répliqua séducteur : «C’est un risque que je suis prêt à prendre pour inviter une jolie fille à dîner.». À cette invitation, la contrariété de Nora fit place à la surprise, puis à la gêne. Rougissante, elle s’éloigna à contre cœur de cette étreinte réconfortante et fuyant son regard, elle dit précipitamment : «c’est gentil, mais je ne peux laisser mes enfant seuls.». Disant cela, la jeune femme s’approcha du berceau et vint recouvrir les poupons d’une couverture de laine et les dévisagea tristement en silence. Combien de sacrifices devrait-elle faire pour leur bonheur? Silencieusement, Lysandre s’approcha à nouveau d’elle, et riva son attention vers les bébés endormis. Assurément, c’était des Éladrins et comme de nombreuses personnes au village, il se demandait qui était le père. Voyant la tristesse assombrir le beau visage de la jeune femme, il questionna : «Est-ce à cause de leur père que vous pleurez tout à l’heure? Il vous manque, c’est ça?». Sans répondre, elle acquiesça de la tête, toujours les yeux baissés sur ses jumeaux. Peiné, Lysandre la dévisagea pendant un instant et pesant ses mots, il confia d’une voix profonde : «quand mes parents sont morts, j’ai dû prendre soin d’Aimée.  Chaque jour que je pose mes yeux sur elle, il ne se passe pas un instant sans que je pense à eux. Depuis leur décès, j’ai dû faire de nombreux sacrifices, mais je n’ai aucun regret.».

 Il fit silence, se rappelant tous ses rêves d’adolescents qu’il avait mis de côté pour s’occuper de sa sœur, ainsi que toutes les demoiselles qu’ils avaient dû exclure de sa vie, car elles n’acceptaient pas cette relation privilégiée qu’il vivait avec sa cadette. Le dévisageant avec émotion, Nora l’avait écouté avec attention, elle le comprenait tellement, car elle vivait exactement la même chose avec Kalaad et Kallypso. Leurs regards se soutinrent longuement, puis ils se sourirent avec complicité. Attendrie, Nora complimenta avec sincérité :«Votre noble cœur est admirable, Lysandre, vous avez fait preuve d'un grand courage.». L’Aasimar sourit doucement et caressant à nouveau sa joue, il dit : «Je vous retourne le compliment, Eleonor. Vous êtes une femme extraordinaire, et vous méritez d’être heureuse.» Les joues roses, elle lui sourit avec reconnaissance, tandis que Lysandre demanda d’un air charmeur : «Alors, voulez-vous diner avec moi?».  Sa persistance émue Eleonor, elle trouvait ça très agréable qu’il veuille tant approfondir leur relation, le fait qu’elle ait des enfants ne semblait pas l’importuné. D’un sourire timide, la jeune femme opina  et répondit : «J’accepte, mais je préfère que nous mangions ici.  Qu’en dites-vous d’une bonne soupe chaude?».  Réussissant à ramener son attention non pas sur les lèvres de Nora, mais sur sa question, Lysandre sourit à son tour et répondit : «Cela me convient tout à fait, il y a rien de mieux qu’une soupe chaude lors des jours de pluie.». Haussant son sourcil blond, Eleonor répliqua d’un ton narquois : «Ainsi que des vêtements de rechange.». Il approuva en riant légèrement, tandis qu’elle se dirigea vers une commode pour sortir une chemise et un pantalon propre, typiquement masculins. Voyant son air interrogateur, la guérisseuse expliqua d'un rictus: «Un de mes patients m’a offert un don de vêtements, qui est très généreux et judicieux. Il n’est pas rare que mes malades soient détrempés par la fièvre.». «C’est effectivement judicieux.». Approuva Lysandre en prenant les vêtements que lui tendait la jeune femme, faisant exprès pour frôler furtivement ses mains douces.« Bien, je vais aller me changer et je reviens.». Les idées confuses par cette proximité, Nora ne put qu’acquiescer en silence, tout en le suivant du regard quand il se dirigea vers la salle de bain pour se changer. Se mordant légèrement les lèvres, elle ne put s’empêcher de ressentir un désir au creux de son ventre en admirant cette belle musculature se dessinant sous sa chemise mouillée.  Ressentait-il aussi du désir pour elle ? Rougissante, Eleonor espérait que oui,car il lui plaisait, c'était inéluctable.


Eleonor, l'Ange d'Or
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: L'Aasimar Terminé   Jeu 17 Mar 2016 - 19:32




-Mes demoiselles, dites-moi, quelle est la différence entre une infusion et une décoction?
Demanda Nora, craie en main, sondant d’un air sérieux ses élèves, toutes  féminines. Il y eut un silence et finalement, ce fut Aimée qui leva la main et répondit d’une voix nette :»Une infusion consiste à laisser tremper des herbes ou des plantes dans de l’eau bouillante, tandis qu’une décoction consiste à les faire bouillir.» «Exactement, et la macération?» Aimée s’apprêtait à répondre avec en train, mais d’un sourire doux, Eleonor l’interrompit : Merci ma chérie, mais je veux laisser la chance aux autres de répondre. Alors, qu’est-ce la macération? Il y eut un silence réticent, personne n’osait répondre. Alors, je tournais mon regard vers  une jolie Aasimar aux  longs cheveux châtain-clair, aux yeux verts pâles et à la peau dorée. Selon les rumeurs, plusieurs garçons lui tournaient autour, son corps svelte et ses traits fins étaient très convoités, et à son air aguicheur, Nora n’avait aucune difficulté à le croire. D’un sourire, elle lui demanda: « Constance, le sais-tu?» L‘adolescente eut un air gênée, puis réfléchissant, elle répondit  hésitante : «Euh…la macération c’est quand on laisse les plantes trempées dans de l’eau froide pendant longtemps?» Eleonor approuva de la tête et d’un sourire satisfait, elle dit :«Excellent, Constance, c’est exactement ça.»  Son élève  écarquilla les yeux avec surprise, puis elle sourit à son tour, en échangeant des œillades fières à ses camarades qui la félicitaient du regard. «Maintenant il est important de savoir quelles herbes sont applicables avec ces différentes préparations. Aujourd’hui, je vais vous apprendre les plantes médicinales qui doivent être infusées. D’abord...»

Quelqu’un cogna à sa porte,l’interrompant dans son explication. Surprise,Nora se retourna  et elle vit que c’était Lysandre. Elle ne put m’empêcher de rougir en le voyant, surtout que sa chemise lui collait à la peau due à la sueur, ses muscles étaient puissants et galbés. Elle ne fut pas la seule à rester béate devant sa prestance virile, car effectivement, ses élèves rougirent à leur tour ou certaines, dont Constance, le dévorèrent des yeux. Devant autant de regards féminins rivés sur lui, l'Aasimar se sentit soudainement intimidé, mais il dissimula sa gêne derrière un sourire séduisant, qui fit fondre la majorité des cœurs se trouvant dans la pièce. Emballées, nombreuses se demandèrent qu’est-ce qu’il faisait là, à l’exception d’Aimée et de Nora. Une semaine avant, durant leur premier diner, qui fut très agréable et conviviale, la pluie avait augmenté d’intensité et l’eau s’était mise à tomber du plafond, signe que les tuiles demandaient à être réparée. Étant charpentier-menuisier, Lysandre s’était aussitôt proposé à réparer la toiture, mais Eleonor avait refusé à cause du déluge, car elle ne voulait pas qu’il tombe malade. Après un échange un peu tendu, ils avaient finalement trouvé un compromis et elle avait accepté qu’il vienne réparer et fortifier le toit le lendemain. Or, cela faisait maintenant plus d’une semaine que les travaux se déroulaient, car Lysandre avait décidé de refaire non seulement le toit au complet, mais aussi d’agrandir la maison d’un étage. Devant cette initiative, Nora fut partagée entre l’exaspération d’une telle entreprise, qu’elle trouvait excessive, et la joie de pouvoir croiser le séduisant Aasimar, toujours heureux de la voir. Désormais, à chaque soir, en compagnie d’Aimée et des jumeaux, ils mangeaient ensembles, tout en conversant et en plaisantant. Eleonor avait l’impression que sa petite famille s’était agrandie et cela lui faisait chaud au cœur. 

-Pardon de vous dérangez, mesdemoiselles, mais j’ai oublié mes outils dans la cuisine. Dit Lysandre en expliquant la raison de sa présence. Il riva aussitôt son regard dans celui de Nora, et le soutenant intensément, il demanda d’un sourire charmeur : «Croyez-vous que votre belle enseignante me permettrait de m’y aventurer?» Devant cette question, plusieurs gloussèrent et jetèrent des coups d’œil envieux à Nora. Celle-ci avait rougit légèrement et d’un hochement de tête, elle répondit narquoise : «Quelle enseignante serais-je si je n’acceptais pas d’aider un pauvre charpentier sans outils?». L’œil de Lysandre brilla d’une façon mystérieuse et il rétorqua : «Oh, je ne suis pas si pauvre que ça…».Puis s’approchant très proche d’elle, il se pencha à son oreille délicate et il chuchota: «surtout quand je vous ai auprès de moi.». Le sang d’Eleonor fit un tour, elle ne put s’empêcher de rougir devant cette parole qui en disait long sur les sentiments du jeune homme à son égard. En silence, ils se regardèrent longuement, tandis que les élèves se mirent à murmurer derrière eux d’un air excité. «Pardon, Lysandre, mais on a cours. Tu pourras toujours batifoler plus tard, d’accord?».  S’était exclamée Aimée d’un ton mi sérieux, mi taquin. Son intervention les fit revenir sur terre, son frère lui lança un regard agacé, tandis que Nora approuva en rougissant et s’éloigna de lui à contre cœur.

-Aimée a raison, le cours doit reprendre. S’il vous plaît, sortez vos feuilles séchées et vos gobelets, nous allons commencer par une infusion et je vais vous expliquez chacune les propriétés médicinales de vos plantes. À sa demande, les jeunes filles s’exécutèrent, quand soudain, des vagissements se firent entendre au second étage. Jetant un regard désolé à ses élèves, Nora s’apprêta à s’occuper de Kalaad et de Kallypso, mais une main ferme la retient. Surprise, elle se tourna vers Lysandre qui dit : «laisse, je vais m’en occupé, tu peux continuer ton enseignement.». Étonnée, elle répliqua : «j’ignorais que tu savais t’y prendre avec les bébés.». Il eut un rictus, puis feignant d’être vexé, il rétorqua : «sache que je suis passé maître à changer des couches.  Tu sais, Aimée n’a pas toujours été grande.». À cette pique, Eleonor jeta un regard affectueux à la jeune fille et elle rit légèrement. « Bien, vas-y, mais je te préviens, Kallypso est difficile à consoler et Kalaad a mauvais caractère quand il se réveille.». Sûr de lui, il lui fit un clin d’œil affectueux et promptement, il monta les marches. Nora eut de la difficulté à détourner son regard de ce dos fort et rassurant.Peu de temps après, elle fut soulagée de ne plus entendre les pleurs de ses enfants et sincèrement,cela faisait du bien d'avoir la paix momentanément, surtout durant son cours. Néanmoins, la jeune mère eut du mal à se concentrer, car son esprit ne pensait qu’à Lysandre. C’est alors que la voix de Constance attira son attention, elle sentit son cœur se serré à ses propos de jouvencelle. «Aimée, ton frère est si beau. Crois-tu que je pourrais lui plaire? Avait demandé la sensuelle Aasimar, le regard brillant et amouraché. Perplexe, Aimée pinça ses lèvres et jetant un coup d’œil à Nora, elle chuchota d’un air désolé : «Je suis désolée, mais son cœur est épris pour quelqu’un d’autre.». Voyant la déception assombrir le beau regard de Constance, Aimée l’étreignit et elle dit d’un ton rassurant : «Ne soit pas déçu, tu vas trouver quelqu’un qui va t’aimer à ta juste valeur, je te le promets.».  Les jeunes filles s’échangèrent un sourire affectueux, et sous la supervision d’Eleonor, elles firent infusées de l’ortie, plante excellente pour tonifier les reins. Plus tard, quand le cours fut terminé, Aimée et  Nora montèrent au second étage pour s’assurer que Lysandre et les jumeaux allaient bien. Quelle ne fut pas leur surprise de les voir endormit, l’Aasimar sur une chaise berçante et les poupons contre lui. Les larmes aux yeux, Eleonor contempla cette scène si tendre et si émouvante, son cœur se submergea d’amour pour Lysandre, qui prenait soin de ses enfants comme  si c'étaient les siens.


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MessageSujet: Re: L'Aasimar Terminé   Ven 25 Mar 2016 - 21:00

Petit mot aux lecteurs:
 


Ce fut lors d'une superbe journée ensoleillée que Nora apprit la funeste nouvelle. Elle était allée au marché pour acheter des herbes et des plantes, en compagnie d’Aimée et de quelques-unes de ses élèves, quand un vieux Tiefflin, aventurier dans l’âme et héraut provenant de l’extérieur de Quiétude, annonça d’une voix claire et forte :

-Oyé! Oyé! Chers gens, voici les nouvelles du mois. Premièrement, le nouvel ordre de l’Insurrection recrute et il ne cesse de grandir. Plusieurs de nos chers camarades font déjà partis de cette faction dans le but de s’opposer fortement au Gantelet.  Eleonor s’était arrêtée pour l’écouter, tout en fronçant les sourcils. Cet ordre, elle en avait déjà entendu parler par ses disciples eux-mêmes et elle avait refusé d’y adhérer, mais plusieurs autour d’elle semblaient l’approuvé. Le messager continua : «Ensuite, une fête grandiose se déroula dans quelques mois pour célébrer la célèbre et ancienne bataille de la Vallée d’Ildir! Tous les peuples d’Ildirith y sont conviés.». Il y eut de murmures d’excitation dans l’assemblée, Nora sentie Aimée déposer sa douce main sur son bras et chuchota : «Comme cela est excitant! J’espère convaincre Lysandre d’y aller.». Songeuse, Eleonor l’observait avec affection. Il y a à peine un an, l’Aasimar avait eu aussi soif d’aventure, soif de découvrir cet immense monde remplit de mystères et de dangers.  Maintenant elle savait que ce monde n’était pas si beau, si juste qu’elle l’avait imaginé. Parfois, il pouvait être extraordinaire et sublime, mais la plupart du temps, ce royaume était remplit d’embuches, de dangers et d’injustices, et dans son far intérieur, elle regrettait d’en avoir vécu autant, car ses mésaventures lui avaient fait perdre toutes ses belles illusions de jeunesses.  Toutefois, Aimée n’était pas Nora, et elle avait besoin de vivre sa vie, sortir de ce village trop isolé du reste du monde. Peut-être que la jeune fille n’allait pas subir les mêmes injustices qu’elle? Rien n’était certain et pour les Aasimars et les Tiefflins s’étaient toujours un risque de partir à l’aventure, plus que n’importe quel autre peuple, mais tout ça, Aimée l’ignorait encore et si elle tenait à aller à la Vallée d’Ildir pour festoyer, elle l’apprendrait à ses dépens. Dire qu’Eleonor s’était fait attaquer par un hideux gobelin dans cette même Vallée et elle avait aussi rencontré Barbe Brune, un sylvestre qui l’avait sauvé et protégé. À ses souvenirs, elle eut un sourire nostalgique. Outre les fois qu’elle avait failli mourir assassinée, ses aventures lui avaient également apporté de magnifiques et inoubliables rencontres, tout ça allait lui manquer. Soudain, un nom la ramena à la réalité et elle riva aussitôt son attention vers le messager qui avait continué à parler. « Qu’a- t-il dit?» Demanda-t-elle d’une voix blanche. Haussant les sourcils, Aimée répondit : « Qu’un célèbre pirate c’est fait enfin capturer.». Son sang fit un tour et Eleonor devint très blême. « Oui, mesdames et messieurs! Les Autorités de Varak ont enfin mis le grappin sur le meurtrier et le pirate très recherché, Flynn Le Voltigeur. C’est officiel, il s’est fait pendre haut et cours, nous n’avons plus rien à craindre.». Il y eu des soupirs de soulagement, quand soudain, un petit cri de stupeur fit détourner les regards vers deux Aasimars désemparées. C’était Aimée qui avait reçu Nora dans ses bras, sans crier gare la guérisseuse s’était évanouie.

Le vide au cœur, Eleonor ouvrit lentement les yeux et observait la pièce où elle se trouvait. Elle était vaste et chaleureuse, décoré de tableaux d’anges. Elle reconnut la chambre d’Aimée, où quelqu’un l’avait transporté et avait pris soin d’elle. Que c’était-il passé? Fronçant les sourcils, elle se souvint des ténèbres qui l’avaient envahie, suite aux paroles du Héraut.  Soudain, les larmes brouillèrent son beau regard vert, elle éclata en sanglot. Flynn, son beau pirate, si noble, si courage et si protecteur, père de ses enfants et qui aimait tant la vie, était mort…Officiellement, mort, il n’allait plus jamais lui revenir. Pendu, comme un vulgaire criminel, bien qu’il fût innocent. Par Phélemée, pourquoi? Où était la justice?  Elle avait envie de mourir, son âme et son cœur était lourd de peine. «Nora?» Souffla une voix proche d’elle. La jeune femme croisa aussitôt un regard améthyste, soucieux de son état. C’était Lysandre, il vint s’assoir auprès d’elle et lui prit la main en demandant doucement : «Que se passe-t-il?». Elle n’arrivait pas à parler, ses pleurs l’en empêchaient. Tremblante et sanglotant, Eleonor se releva à moitié et elle vint se réfugier dans les bras de l’Aasimar qui la dévisageait. Se doutant que quelque chose de très grave était arrivé, il l’enlaça contre lui en silence et il attendit qu’elle soit prête à se confier. Le front contre sa poitrine large, Eleonor pleurait comme jamais auparavant, elle revivait ses moments avec Flynn : leur première rencontre, leur fuite contre le Gantelet, l’attaque de la bête, leur premier baiser, leur  étrange retrouvaille au château des Redresseurs et surtout, leurs nuits d’amour, si intenses, tendres et passionnées. Tout ce qui lui restait de lui c’était ses souvenirs, mais surtout, ses enfants, qui n’allaient jamais avoir la chance de le connaître. Elle ressentit soudain une envie de raconter, de dire ce qu’elle avait vécu avec lui et heureusement, Lysandre était présent pour elle, la jeune femme pouvait tout lui dire. Déglutissant, Eleonor recula légèrement et plongeant ses yeux dans les siens, elle chuchota d’un murmure imperceptible :

-Flynn, c’est lui, le père de mes enfants.
-Flynn? Flynn Le Voltigeur? Le meurtrier? Questionna son interlocuteur très étonné. Doucement, elle acquiesça et répondit : «Oui, il était recherché pour meurtre, mais je te l’assure, c’était un pernicieux mensonge. Il s’est fait piégé dans un complot, il a dû s’enfuir et par après, je l’ai rencontré. Il m’a sauvé la vie, deux fois, et je l’ai sauvé aussi, je l’ai soigné et progressivement, on s’est aimé.». À travers ses larmes, elle eut un triste sourire, et la gorge serré, elle dit d’une voix chevrotante : «Tantôt, j’ai appris qu’il… qu’il s’est fait pendre.». Les larmes inondèrent son visage angélique, elle ne pouvant en dire plus, Eleonor se remit à pleurer dans les bras de l’homme qui l’écoutait en silence. Lysandre n’en revenait pas que ce Flynn était réellement le père des jumeaux. Eleonor et un pirate? Comment était-ce possible? La vie était étrangement faite, et en secret, il était soulagé que le pirate fût mort, c’était un obstacle de moins sur sa route. Il aimait éperdument Nora et ses enfants et il n’était pas disposé à s’en séparer, il n’aurait pas aimé confronter son ancien amant, s’il avait décidé de revenir dans sa vie. Toutefois, Lysandre était reconnaissant au pirate d’avoir sauvé la jeune femme, sinon il ne l’aurait jamais rencontré. Les sanglots de Nora le fit revenir à l’instant présent, doucement, il vint caresser sa chevelure dorée et pesant ses mots, il dit : « Je comprends ta peine, et je suis sincèrement désolé par cette nouvelle. Cependant, sache que je serais toujours là pour toi et tes enfants, je ne t’abandonnerais jamais, je ferais tout pour ton bonheur.». À ses paroles, Eleonor écarquilla les yeux et se dégagea légèrement pour le dévisager.  Tendre, l’Aasimar caressa doucement sa joue et il souffla : «Je sais qu’il est encore trop tôt et que tu dois vivre ce deuil avant d’accorder ton cœur à quiconque, mais je ne peux te le cacher, je t’aime éperdument, et peu importe ta décision, je serais toujours là pour t’écouter et te soutenir. ». À la profondeur de son regard, elle vit qu’il l’aimait réellement, d’un amour véritable.  Chamboulé, elle ne savait quoi dire, mais son cœur battait fort dans sa poitrine.L'écoutant, elle le dévisageait avec amour et reconnaissance, il était si bon envers elle, si attentionné. Était-ce la tristesse ou l'amour qui fit en sorte qu'elle osa l'embrasser? Peut-être un peu des deux.  À cet instant, Eleonor avait tant besoin d'amour. Fougueux et ardent, Lysandre répondit à son baiser avec passion et la jeune femme s'y abandonna entièrement.




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MessageSujet: Un voyage vers l'extase   Lun 11 Avr 2016 - 14:43


Cinq mois s’étaient écoulés depuis leur premier baiser, leur amour avait fleuri doucement. Or, Nora avait tenu à approfondir leur relation lentement, mais sûrement. Trop de fois, elle avait vécu des relations passionnelles, de courtes durées, et pour une fois, notre Aasimar voulait se laisser la chance d’aimer à nouveau et de connaître mieux Lysandre, avant d’amener leur amour vers quelque chose de plus intime et de plus tendre. Elle sentait qu’il la désirait comme jamais, ses caresses étaient plus volontaires et plus langoureuses, mais respectant sa volonté, il fit preuve de patience, sans insister ni la presser. Il comprenait qu’Eleonor avait vécu des choses difficiles et il voulait la laisser venir à lui, sans la forcer, car il l’aimait, comme il n’avait jamais aimé une femme avant elle,  à tel point qu’il voulait l’épouser. Effectivement, il ressentait la certitude qu’elle était faite pour lui, tout comme Eleonor sentait que Lysandre était fait pour elle. Ils se comprenaient comme nulle autre et leur amour était réel, profond et solide. Or un soir, un évènement vint ébranler leur vie paisible et harmonieuse, Aimée tenait dure comme fer à aller à la célébration de la Vallée d’Ildir. Depuis quelque temps, elle n’arrêtait pas d’abattre les oreilles de Lysandre à ce sujet, qui refusait qu’elle y aille,considérant que c’était trop dangereux. Ce soir-là, Nora était venue souper avec eux et elle avait fait garder ses enfants par Filyë. Après une discussion anodine, la tension avait monté entre la sœur et le frère. N’en pouvant plus de son insistance, Lysandre s’était levé brusquement en s’exclamant d’un ton ferme :

-Non, Aimée, je ne veux pas que tu y ailles! Ce voyage est trop périlleux, je te l’ai déjà dit!
-Non, ce ne l’est pas! S’était écriée la jeune fille en se levant à son tour, les joues roses par la colère. Je me suis renseignée auprès du messager, le voyage sera sécurisé par les gardes de Bélin, même des navires ont été engagé pour sécuriser la zone. Lysandre, s’il te plait, je veux y aller. Je n’en peux plus de vivre ici, je veux vivre l’aventure, comme Nora! Oui, je veux parcourir le monde comme elle, pour soigner les gens dans le besoin. Disant cela, Aimée jeta un regard appuyé à Eleonor qui se mordit nerveusement les lèvres, tandis que Lysandre dévisageait les deux femmes d’un œil sombre.  La guérisseuse se sentait soudain mal à l’aise, se disant qu’elle n’aurait peut-être pas dû raconter toutes ses aventures à sa demi-sœur. Sans le vouloir, Eleonor était devenue une inspiration pour la jeune fille, même un modèle à suivre. En soi, elle était en partie responsable de cette confrontation qui venait briser leur instant de paix.  Voulant calmer l’atmosphère, Nora dit doucement à Aimée :

- Ma chérie, je comprends que tu veux voyager. À ton âge, c’est normal de vouloir découvrir le monde, de vivres de nouvelles expériences, mais sache que tu as encore du temps devant toi, tu es encore jeune. Je pense qu’il serait préférable que tu restes ici, pour t’instruire davantage sur le monde, avant de t’y aventurer. Ça m’a beaucoup servi, tu sais?
-Non, mais tu ne comprends pas Nora! Cet évènement est unique en son genre! Toutes les races d’Ildirith vont y être, c’est va être la preuve ultime que la paix existe entre les nations!
-La paix entre les nations? Fadaise que tout ça!  Rugit Lysandre en abattant son poing sur la table, faisant sursauter les deux femmes.  Ne sois pas naïve, Aimée! Cette cérémonie n’est qu’apparence, mais la vérité est que la paix n’existe pas et elle n’a jamais existé. Il y aura toujours de la guerre, de la persécution et des crimes!
-C’est faux! S’écria Aimée les larmes aux yeux. Il y a aussi de beau et de l’amour dans ce monde, il suffit d’ouvrir les yeux pour le voir.  Il y eut un silence pendant lequel ils se confrontaient du regard. Eleonor aurait voulu dire quelque chose, mais quoi? Tous deux avaient raison, en effet, dans ce monde, il y avait autant des choses merveilleuses qu’horribles.  Le visage de Lysandre était tendu, tout comme celui de sa sœur. Prenant une profonde inspiration, il réussit néanmoins à reprendre contenance en disant calmement : «Aimée, je ne veux que te protéger. Oui, tu vas peut-être voir des beaux paysages et te faire peut-être de nouveaux amis, mais le Gantelet sera sûrement présent, ainsi que la guilde. S’il t’arrive malheur, est-ce que tu pourras dire que ce voyage en a valu vraiment la peine?». À cet argument, Aimée prit un moment pour réfléchir, puis s’appuyant sur le bord de la table et soutenant le regard améthyste de son frère, elle osa dire avec zèle :

-Je préfère mourir jeune et avoir vécu des choses passionnantes que de mourir vieille et avoir plein de regrets! Je ne suis pas comme toi, je n’ai pas peur de vivre et tu ne pourras m’empêcher d’y aller!

-Petite sotte! Je t’interdis de me désobéir! Tu n’iras pas, compris? Rugis à nouveau Lysandre hors de lui. Les larmes aux yeux, Aimée crispa ses poings et la voix chevrotante, elle rugit à son tour : «tu n’es qu’un lâche! Je te hais!».  Ceci dit, elle sortit de table et alla se réfugier dans sa chambre en pleurant. Il y eut un lourd silence, Eleonor riva un regard désolé vers l’Aasimar qui était pâle et triste. Lentement, il se rassit et il laissa tomber son front dans ses paumes. Compatissante, Nora, s’approcha de lui et vint caresser sa chevelure si semblable aux feuilles d’un chêne. Après un instant, elle murmura avec tendresse : « tu veux le mieux pour elle, Lysandre, tu ne dois pas te sentir coupable de vouloir la protéger. Elle est encore trop jeune pour comprendre, mais un jour, elle t'en sera reconnaissante. ». Lysandre eut un rictus morose et il répliqua en levant les yeux vers elle : « Me remercier de quoi? De l’avoir séquestré ici?». Il soupira et accotant sa tête sur le ventre de la femme qu’il aimait, il confia d’un ton sourd : « Je m’en veux, tu sais. Je n’aurais pas dû la traiter de sotte. C’est que…c’est que j’ai si peur pour elle. Elle a peut-être raison, finalement, je suis un pleutre.». Triste qu’il se sente ainsi, Nora s’assit sur ses genoux tout en l’étreignant contre elle. Après un chaste baiser, elle souffla sur ses lèvres d’un ton rassurant : « non, mon amour, tu n’es pas un pleutre, mais tu l’aimes et ta crainte est justifiée. Moi aussi j’ai peur pour elle, même si je considère que voyager est essentiel pour évoluer, cette célébration me rend réticente. Ce plein de monde ne me dit rien qui vaille.». Eleonor fit un silence et d’un œil sombre, elle confia : «il y a des créatures dangereuses là-bas, je le sais, j’en ai rencontré quelques-unes, et elles sont imprévisibles.». Dévisageant la jeune femme, Lysandre eut un soupir soulagé et répliqua :

-Donc tu m’approuves? Toi aussi tu ne veux pas qu’elle y aille?

-Du moins, pas toute seule.  Répondit-elle d’un air grave. J’ai commis l’erreur de voyager seule et j’ai failli être tué plusieurs fois. À cette sombre confidence, les mains de Lysandre se crispèrent sur sa taille, ces propos étaient loin d’être rassurants. Devant l’expression inquiète de Lysandre, Nora ne put s’empêcher de sourire et elle avoua avec conviction : «Toutefois, malgré les dangers qui pourraient arrivés, je considère qu’Aimée à raison, vaut mieux vivre intensément que de ne pas vivre du tout.». À cette parole, Lysandre eut un regard dérouté et il baissa la tête. Le sentant confus, elle prit son visage dans ses mains, et soutenant son regard, elle confia d’un sourire assurer :
- Je ne regrette rien de ce que j’ai vécu, au contraire, mes aventures ont fait de moi la femme que je suis et je n’aurais pas eu Kalaad ni Kallypso. Je t’assure, cela me manque et si je n’avais pas mes enfants et toi, je serais déjà reparti à l’aventure. Ce village est paisible et joli, mais c’est tout de même ennuyeux, surtout pour une aventurière de ma trempe.
-Je comprends, j’admets que moi-même, je trouve ça ennuyeux de vivre ici. Il n’y a jamais rien qui se passe ici, ou presque rien. Avoua-t-il d’un léger sourire contrit, puis il soupira en étreignant fortement la jeune femme contre lui. Quand j’avais seize ans, avant que mes parents ne meurent, j’avais aussi rêvé de partir à l’aventure, de découvrir Hydrasil, Varak et toutes ces autres magnifiques cités.».  Nora approuva d’un hochement  de tête, elles étaient effectivement magnifiques et pittoresques.  Elle aurait voulu lui décrire en détail chacune de ses splendeurs, mais elle se retint, car Lysandre avait besoin de se confier. Alors, d’un silence respectueux, elle l’écouta. D’un triste sourire, il continua : «malheureusement, après la mort de mes parents, j'ai décidé de prendre soin d’Aimée et d'oublié mes rêves de voyage. Avec le temps, je me suis persuadé que le monde n’était que cauchemar et danger, que ça ne valait pas la peine de l’explorer, mieux valait rester dans ma zone de confort, mais maintenant…je ne sais plus. Tu es arrivée ici en chamboulant toute mon existence et à présent, tu nous forces à ouvrir les yeux sur le monde.». Était-ce un reproche?  Eleonor fronça les sourcils, puis au regard tendre de Lysandre, elle se détendit. Ce n’était pas un reproche, mais un simple fait. Elle lui rendit son sourire et se penchant, Nora vint l’embrasser avec passion, et  elle souffla sur ses lèvres : «laisse-moi te faire vivre ton premier voyage, mon amour.».  Comprenant que cette invitation était à double sens, le regard de l’Aasimar brilla d’envie, ses mains se prirent à caresser le dos de cette sublime séductrice. « Où veux-tu m’amener ce soir?». Demanda-t-il d’une voix rauque. À cette question, elle gloussa, et elle l’embrassa avec plus de ferveur, puis son baiser se déplaça sur la joue douce et se termina sur l’oreille de son amant. Mordillant  le lobe, ce qui fit gémir Lysandre, elle chuchota sensuellement : « à l’intérieur de moi, où se trouve un endroit chaud et doux, où tu seras submergé par l’extase.». À ses paroles osées, l’Aasimar se tendit légèrement, le désir vint enflammer ses entrailles. Était-elle vraiment prête à s'unirent à lui? Incertain, il riva  son regard violet dans l’émeraude qui le dévisageait avec ardeur,et nul doute possible, elle le voulait, maintenant. Ils échangèrent un regard intense, puis leurs lèvres fusionnèrent, et sans crier gare, Lysandre glissa un bras sous les jambes de Nora et il la souleva pour la transporter dans sa chambre et après avoir fermé la porte, il la déposa délicatement sur son lit. Oubliant momentanément leurs inquiétudes et leurs responsabilités, ils se laissèrent aller l’un contre l’autre, se caressant et s’aimant avec amour et tendresse. Eleonor attira Lysandre sur elle et l’embrassa à nouveau, leurs langues s’entrecroisèrent, venant enflammer leurs corps en entier.



-Tu es si belle, Nora, si belle…je t’aime tellement, mon amour!
Souffla-t-il entre deux baisers, tout en laissant ses mains explorer les magnifiques formes de la jeune femme. Fermant les yeux pour mieux savourer ses caresses, elle répondit d’un murmure presque imperceptible : « moi aussi, je t’aime tout autant…». À cet aveu, Lysandre eut un sourire victorieux et il étreignit sa belle avec plus de vigueur, ses lèvres descendirent le long de la gorge nacrée et lumineuse, et elles se dirigèrent naturellement aux seins dénudés et gorgées de lait. Les prenant doucement en coupe dans ses mains, il les embrassa langoureusement, et entendant le gémissement de plaisir de Nora, il s’y attarda longuement. Les doigts de la jeune femme se perdirent dans les cheveux châtains de son amant, ils vinrent s’y agripper quand celui-ci osa descendre vers la source de son désir qui était brûlant. «Oh! Lysandre…j’ignore que tu connaissais…cette caresse…». Balbutia Eleonor en écarquillant les yeux, les joues rougies par le plaisir que lui procuraient les lèvres charnues de Lysandre. Celui-ci gloussa légèrement et cessant un instant son exploration, il leva les yeux et répliqua d’un sourire taquin :«Tu n’es pas la seule qui possède de l’expérience en amour, ma chérie.» Disant cela, il eut un regard railleur et baissant la tête, il entreprit de rendre sa bien-aimée patoise de plaisir. Haletante, Nora se laissa faire, elle avait oublié à quel point faire l’amour avec un homme était si délicieux. Se cambrant, sa main empoignant la chevelure de l’Aasimar, qui était excellent, il semblait connaître à la perfection ses goûts en la matière. Après quelques soubresauts, Eleonor se plaignit qu’elle n’en pouvait plus, qu’il allait l’achever. Il rit sous cape et feignant de n’avoir rien entendu, il s’appliqua avec art et dévotion, amenant sa belle vers le summum du plaisir, elle ne put s’empêcher de pousser un petit cri de ravissement, son corps se tendit entièrement et après quelques instants d’extases, elle se détendit, essoufflée et comblée, mais Lysandre n’en avait pas encore fini. Passionné et vigoureux, il s’allongea de tout son long sur elle et doucement, il entreprit de s’unir à elle. Avec aisance, Nora entoura ses jambes lumineuses autour des hanches solides, qui emboitèrent les siennes, et en parfaite symbiose, ils embarquèrent dans une danse des plus effrénées, le plaisir revint à la charge, ils étouffèrent leur gémissement par un baiser sauvage. Par Phélemée! Cet Aasimar savait y faire!  Lysandre semblait deviner le moindre de ses besoins, le moindre de ses désirs, c’était  déroutant. Enfin, après un long ébat amoureux, à la fois tendre et passionnant, ils restèrent unis l’un contre l’autre, repus et combler. Pendant un instant, Lysandre se prit à écouter le cœur précipité de Nora, et levant les yeux vers elle et il demanda avec assurance: « Veux-tu m’épouser?». Devant cette demande, Eleonor le dévisagea avec surprise puis d’un sourire ravit, elle répondit naturellement et sans aucune hésitation : «oui, je le veux.». Ils échangèrent un regard complice et sans savoir pourquoi, ils éclatèrent de rire et ils étreignirent, submerger par un très grand bonheur. Enfin, ils avaient trouvé l’âme sœur, et en cela, ils n’y avaient plus de doute possible.
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Eleonor Delorne
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Âge : 28
Philosophie : Égalitarisme (neutre bon à tendance loyal)
Divinité(s) : Eleonor croit en la déesse Phélemée.
Faction ou Clan : Les Redresseurs

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Races: Aasimar
Réputation:
2690/5000  (2690/5000)
Adage: Perception énergitique des êtres l'entourant.
MessageSujet: Re: L'Aasimar Terminé   Mar 3 Mai 2016 - 19:51


Ce fut un léger claquement qui la réveilla. Fronçant les sourcils, Nora ouvrit lentement les yeux, sa joue reposait sur le torse dénudé de son amant, qui dormait à point fermé. Levant la tête, elle le dévisagea amoureusement et sourit. Oui, cet Aasimar, elle le voulait comme époux. Au fond d’elle-même, Eleonor sentait que cette fois c’était le bon. Leur nuit d’amour avait été si merveilleuse, qu’elle ne pouvait plus douter qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. De soupir heureux, elle remit sa tête sur la poitrine de son bien-aimé, mais le bruit revint à la charge, la gardant éveillée. Agacée, la jeune femme se leva en silence et se couvrant d’un drap, elle sortit de la chambre pour se diriger vers l’origine de son insomnie. Ça provenait de la chambre d’Aimée…soudainement inquiète, elle accéléra le pas et cogna. Personne ne lui répondit. Fronçant les sourcils, elle ouvrit et vit qu’effectivement la fenêtre de sa belle-sœur avait été mal fermée. Était-ce volontaire? Jetant un coup d’œil au lit, elle y aperçut une forme lascive. Nora se sentit aussitôt rassurée, bien que…quelque chose d’insolite régnait dans l’air, mais quoi?  Troublée, Eleonor riva son attention vers la fenêtre et alla la verrouiller. Le vent soufflait fort au-dehors, la nuit était froide. Pendant un instant, elle se prit à contempler la pluie qui tombait, et naturellement, elle repensa à Flynn. Ça faisait combien de temps qu’elle ne s’était pas permise de pensée à lui? Le savoir mort lui faisait trop mal, elle essaya de le chasser de ses pensées. À quoi bon regretter un mort? Il ne pouvait lui revenir, Nora devait continuer de vivre, sans lui. Lysandre l’aimait, il était présent pour elle et pour ses enfants, il la voulait pour femme. Alors pourquoi?
 
Pourquoi se sentait-elle si triste, si désemparée? Ses mains se crispèrent sur la charpente et elle baissa la tête en soupirant. Elle connaissait la réponse, mais ça ne servait à rien de s’y attarder. Oui, la belle Aasimar aurait voulu que Flynn lui revienne pour vivre une vie de famille paisible, remplit d’amour et de joie. Toutefois, était-ce ça qu'il  aurait voulu? Elle l’avait connu si peu, comment savoir? Eleonor le savait épris de la mer, et cette vie à Quiétude aurait été un bonheur pour elle, mais pas pour lui, pas à long terme. Leur relation serait devenue complexe, la séparation aurait été inévitable. Se connaissant, Nora n’aurait pas supporté de vivre une relation de couple à distance. Sûrement lui non plus. Flynn… Sa gorge se serra, elle sentit les larmes aveugler son regard émeraude. Il lui manquait tant, et même si Lysandre la comblait en amour et en dévotion, il avait laissé son empreinte sur son cœur. Se souvenant de son beau visage aux traits harmonieux et de son regard gris envoûtant, elle ferma les yeux, revivant pendant un ultime moment ses caresses, ses étreintes…cela avait été des moments uniques et inoubliables. Devait-elle ressentir de la culpabilité en se remémorant leurs ébats, surtout après ce qu’elle venait de vivre avec Lysandre?

Non, elle avait le droit à son monde secret, fait de souvenirs à la fois merveilleux et tragiques.  Flynn avait été le premier, c’était normal qu’il l’ait marqué à jamais.  Expirant profondément, elle leva les yeux vers le ciel et le visage larmoyant, Eleonor pensa avec douceur : «Flynn, mon amour, j’espère que tu vas bien où tu es et que Phélemée prend soin de toi. Comme tu as dû avoir peur, comme tu as dû avoir besoin de moi. Je regrette de n’avoir pas été là au dernier instant. Sache que nos enfants vont bien et nous sommes heureux. Tu me manques, mais je dois continuer ma vie. Je sais que tu aurais voulu ça pour moi. Alors, je ferais selon ta volonté.». À travers ses larmes, l’Aasimar réussit à sourire. En silence, elle continua sa conversation intérieure : « Je regrette que tu sois mort enchaîner. Tu aurais mérité une mort sur la mer ou durant une bataille. Tu étais un homme libre, Flynn, et tu méritais de mourir comme tel. La mer aurait dû être ton tombeau, tu ne vivais que pour elle!». La femme eut un petit rictus et secouant doucement sa tête. « Qu’aurais-je fait d’un homme plus épris de la mer que de moi? Quelle femme aurait pu t’en détourner?». À cette question, un visage de femme lui revint en mémoire, aussi belle qu’Uria elle-même. Sirèna, la capitaine aux cheveux roux et au regard turquoise. Son cœur se serra de jalousie. L’humaine aurait été bien capable de lui voler Flynn. Après tout, ils étaient de la même trempe et ils aimaient autant la mer l’un que l’autre. Un brin égoïste, Eleonor fut soulagée qu’ils se ne soient pas rencontrés. Elle aurait eu  du mal à supporter que Flynn choisisse  Sirèna au lieu d’elle. Soudain, l’Aasimar les imagina s’aimer, leurs deux corps unis. Une union passionée comparable à l'éclipse solaire. Pour elle, cette vision était à la fois magnifique et néfaste. Ah, que du vent que tout ça! Vivement, elle se secoua la tête, chassant aussitôt ses noires pensées. Flynn était mort et Sirèna était loin, en train de naviguer sur les mers. Eleonor n’avait aucune raison d’en vouloir à son amie. Bien au contraire, Nora lui devait beaucoup.  C’est alors que quelque chose vint la ramener à la réalité. Ce n’était ni le souffle du vent ou le craquement du plancher qui la fit se crispée, mais bien le silence. Un profond silence. Se concentrant, l’aasimar s’aperçut avec effroi qu’elle ne ressentait pas l’énergie d’Aimée. Vivement, elle se tourna vers le lit, la silhouette n’avait pas bougé depuis son arrivée. Promptement, Nora avança en direction de la jeune fille et elle posa ses mains sur celle-ci. Qu’est-ce que? Des oreillers? Le cœur battant, Eleonor enleva brusquement  la couverture du lit. Vide. Aimée s’était enfuit.
               


Eleonor, l'Ange d'Or
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MessageSujet: Re: L'Aasimar Terminé   Sam 14 Mai 2016 - 19:10


 
Son cheval galopait aux grands galops dans la forêt, les branches fouettaient ses joues. Le cavalier avait un regard sombre et inquiet, il espérait que rien de grave n’était arrivé à sa sœur. En cette nuit, le gantelet pouvait être proche. Il entendit un battement d’ailes. Lysandre leva son regard vers le ciel et il contempla sa bien-aimée en train de voler. C’était magnifique à voir, il n’aurait jamais cru possible d’observer cela un jour. Une Aasimar pouvant voler, c’était digne des plus anciennes légendes. Peu importe le risque, Nora avait insisté pour faire ses recherches d’en haut. Selon elle, c’était plus rapide et efficace. Le peur au ventre, Lysandre continuait sa course, le regard allant de gauche à droite, à la recherche d’une fine silhouette. Intérieurement, il priait Phélemée de protéger sa sœur chérie. Bien qu’il lui en veuille d’avoir fugué, Lysandre espérait qu’elle se portait bien. Anxieux, il jetait un coup d’œil derrière son épaule, il voyait le mont divin s’éloigner, c’était la première fois qu’il s’aventurait aussi loin de Quiétude. À cet instant, il ressentait à la fois de la frayeur et une grande excitation. Comme jamais, il se sentait vivant et aventureux, son sang bouillait dans ses veines. Oubliant temporairement sa crainte, il sourit et ferma les yeux. Dieu qu’il se sentait libre! En vie! Lysandre faillit rire, mais il se retint et se concentra sur la priorité : Aimée. Un nuage sombre assombrit le visage de l’homme. Petite peste! Comment avait-elle pu lui faire ça? Fuguer ainsi! Comment allait-il réagir en la retrouvant? Il était partagé entre la brasser comme un prunier ou la prendre fortement dans ses bras. Il soupira, essayant de calmer la colère et l’inquiétude qui grondaient en lui. Rivant son regard vers le ciel, il s’apprêta à crier : « Vois-tu quelque chose?», mais la jeune femme l’interrompit en piquant vers le bas. Le cœur battant, il enfonçant ses talons dans le flanc de sa monture et accéléra sa course.



Cela faisait une demi-heure qu’elle volait. Son regard observait la forêt dense et immense entourant le mont. À part un troupeau de loups, Eleonor ne vit aucun danger. La lune était pleine et ses rayons éclairaient la noirceur, suffisamment pour qu’elle puisse voir les êtres nocturnes déambulant dans les bois.  Le vent fouettait ses cheveux, et comme Lysandre, elle ressentit un profond sentiment de liberté et de bien-être. Voler…ça faisait une éternité qu’elle ne se l’était pas permis. C’était si merveilleux, mais elle ne pouvait s’attarder davantage à cette sensation, Aimée était en danger. Reportant son regard vers le sol, elle plissa ses yeux verts pour mieux voir. Anxieuse, elle pensa : «où es-tu, Aimée?». L’agissement de sa belle-sœur la fâchait, mais en même temps, comment la blâmer? N’avait-elle pas fait pareil quand elle avait seize ans? Elle s’était sauvée du château des Redresseurs pour pouvoir voler à sa guise et par la suite, elle avait rencontré le futur chef des Dissidents, l’Orc Garkach. Par Phélemée, qu’elle avait été stupide de l’avoir introduit dans le château! Finalement, elle avait bien mérité son châtiment : celui de ne pouvoir quitter cette demeure jusqu’à l’âge adulte. Soupirant, Eleonor se secoua la tête et elle reporta son attention vers le sol. C’est alors qu’elle vit un groupe longer une route principale, une tête platine était parmi eux.  Se tendant, elle ferma ses ailes et se laissa chuter. Il y eut quelques cris de terreur quand elle vint atterrir devant eux, leur barrant la route. Lentement, Nora se releva en jetant un regard chargé de reproche au groupe d’adolescents. Apeurés, ceux-ci s’étaient collés l’un contre l’autre. En tout, ils étaient dix et il y avait des tiefflins et des Aasimars, dont Aimée et son amie Constance. Au regard ferme de la guérisseuse, les deux filles pâlirent et baissèrent les yeux. Il y eut un lourd silence, puis une Aasimar souffla apeurée :

-C’est une célestielle!
-Mais non, bécasse! C’est dame Eleonor! Répliqua exaspéré un Tiefflin. Celui-ci tourna son regard écarlate vers la guérisseuse en complimentant : « Votre atterrissage fut très impressionnant.». En guise de réponse, Nora rétorqua d’une voix grave: « Mes ailes me serrent seulement quand moi ou mes proches sommes en danger.». En ce moment, elle était submergée par la colère et l’indignation.  «Jeunes insensés! Comment avez-vous pu vous enfuir ainsi? En pleine nuit? Revenez à Quiétude! Dans la vallée d’ildir, vous risquez un grand danger». En effet, Eleonor présentait que quelque chose de grave se passerait durant les festivités. Son instinct se trompait rarement.  Les jeunes gens s’échangèrent un regard nerveux et ils se resserrent encore un peu. Cela faisait un mois qu’ils préparaient cette expédition secrète et ça leur avait pris tout leur courage pour la concrétiser. Aucun de leurs parents n’avait accepté ce voyage, alors ils avaient été contraints de partir de nuit, sans avertir personne. Maintenant, plusieurs d’entre eux regrettaient leur conduite et avaient envie de faire demi-tour. En revanche, certains s’entêtaient à continuer. Ils n’avaient pas fait tout ce chemin pour rien. L’un d’entre eux avança et osa contredire Eleonor. C’était un Tiefflin à la peau noire du nom de Wergnor.  Soutenant férocement le regard vert, il s’exclama : « Nous n’avons pas d’ordre à recevoir de vous! Nous sommes pour la plupart des adultes. Nous avons le droit de mener notre vie comme bon nous semble.». Eleonor s’apprêta à l’obstiner quand une voix calme s’éleva derrière elle: « Des adultes n’agiraient pas ainsi, jeune tiefflin.». C’était Lysandre. Pâlissant, Aimée écarquilla les yeux en voyant son frère surgir dans les ténèbres. Lui? Ici? Elle n’en revenait tout simplement pas. Le regard mauve se posa sur elle. Il était rempli de tristesse, d’inquiétude et de reproche. Honteuse, elle baissa la tête, tandis que Lysandre descendit de son cheval et s’approcha. En silence, Eleonor le contemplait. Le calme qui émanait de lui la rassurait. Elle pensait  qu’il se serait emporté, mais au contraire, il gardait le contrôle. Croisant le regard de Wergnor, Lysandre demanda gravement : «Es-tu prêt à courir le risque que l’un d’eux soit blessé ou tué? Si ça arrivait, serais-tu capable de te le pardonner?». Ne sachant pas quoi répondre, Wergnor perdit contenance, en baissant à son tour son regard. Cela vint anéantir le courage des jeunes aventuriers. Le danger était réel. Maintenant, ils en étaient conscients. Une nuit en forêt leur avait suffi pour goûter au risque et surtout, à la peur. Ils voulaient rentrer chez eux. Cette forêt humide et insolite ne leur disait rien qui vaille. Aimée faisait partie de ceux qui regrettaient d’avoir fugué.

Les larmes aux yeux, elle se précipita dans les bras de son frère en murmurant : «Pardon, Lysandre, pardon…». Lysandre soupira profondément en fermant les yeux.  Son corps tremblait, il avait eu si peur pour elle. Le cœur gros, Lysandre sentit les larmes venir à son tour, mais il les refoula. Ce n’était pas le moment, ils devaient partir. Qui sait si le Gantelet ou autre monstruosité n’allaient pas les attaquer? Ils n’étaient pas aptes à affronter qui que ce soit. Soupirant, il mit une main sous le menton de sa sœur. Plongeant son regard dans le sien, il souffla tendrement : « c’est moi qui te demande pardon. J’ai réagi comme un rustre. Je voulais te protéger, Aimée, mais je vois que j’ai provoqué le contraire. Je t’ai mis en danger.». Il soupira puis pesant ses mots, il continuant : « Je sais que tu as besoin de voyager…tout comme moi.». À cet aveu, la jeune fille haussa les sourcils avec surprise. Lysandre sourit et continua : « Ça ne justifie pas ta fuite, mais sans le vouloir, tu as réussi à me faire sortir de Quiétude. Je t’avoue que j’ai adoré ça. Alors, j’ai quelque chose à te proposer.». Il échangea un regard complice à Nora qui sourit à son tour. Revenant à sa sœur, il se pencha à son oreille et murmura : « Je te promets de t’amener où tu veux, à une seule condition. Je veux que tu sois  l’une des dames d’honneur de Nora durant notre mariage. Qu’en dis-tu?».  Son murmure fit des curieux, les adolescents s’étaient approchés pour mieux entendre. Incertaine, Aimée le dévisagea avec des yeux ronds en bafouillant :  « Que quoi? Toi et Nora vous allez vous marier?». D’un sourire espiègle, il acquiesça. Les adolescents se lancèrent un regard étonné, puis ils sourirent de joie. N’en revenant pas, la jeune fille étreignit son frère en s’exclamant : « Oh Lysandre! Je suis si heureuse pour vous! ».  Son frère rit doucement. Levant un sourcil, il précisa : « Alors, tu veux être notre dame d’honneur ou pas? Je te prévins, ça se déroulera la même date que ta chère célébration. Tu dois choisir.». Eleonor se sentit un peu mal. Quoi? Si tôt? Lysandre avait décidé de la date sans la consulter. Elle comprenait qu’il avait fait exprès pour dissuader sa sœur, mais en même temps, c’était une décision qu’ils devaient prendre à deux. C’est alors qu’elle croisa le regard de son fiancé, et son cœur s’apaisa d’un coup. Il l’aimait profondément, et peu importe quand, il la marierait. Que cela soit demain ou dans dix ans, il la voulait pour femme. Alors, pourquoi attendre? Émue, elle ne put s’empêcher de sourire, la rendant plus belle que jamais. Lysandre eut envie de l’étreindre, mais sa sœur n’avait pas encore répondu. Rivant son regard vers Aimée, il attendit sa réponse. Celle-ci prit un instant pour réfléchir, puis d’un sourire taquin, elle souffla : «Au diable cette célébration! Un mariage est bien plus amusant!».  


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L'Aasimar Terminé

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