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 La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)

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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mar 12 Avr 2016 - 8:31


Avaler le rhum de travers lui donnait un goût particulièrement désagréable. Ce n’était pas vraiment dans mon habitude de déguster cette boisson de cette façon, mais je n’avais pas réussi à dissimuler ma surprise face à la proposition que venait de me faire Sirèna. Dormir avec elle ? Cela semblait tellement sorti du chapeau que je n’avais su dire, à la première écoute, si elle avait été réellement sérieuse ou si elle avait simplement cherché à me surprendre. Elle connaissait ma réputation et, apparemment, Nora n’avait particulièrement pas été avare concernant notre relation non plus. Mais, ce qu’elle ne savait probablement pas, c’était ce que je pouvais ressentir pour elle. C’était un peu idiot, quand j’y repensais, car nous ne nous connaissions pas vraiment, mais à défaut de partager son passé ou ses préférences, nous avions déjà passé beaucoup de temps ensemble et échangé plusieurs moments privilégiés, qui, et je l’admettais sans détour, avaient été très agréables, comme cette nuit en haut du grand mât. Aussi, il aurait été mentir que de dire qu’elle me laissait indifférent, bien au contraire. J’éprouvais beaucoup de choses vis-à-vis d’elle, notamment du respect et de l’admiration, pour ce qu’elle faisait pour ses hommes, pour elle-même, et, bien entendu, je ne pouvais pas exclure le désir qu’elle avait déjà éveillé durant mes nuits de sommeil. Pourtant, il était tout autre chose de déshabiller une femme dans un songe et de le faire dans la réalité, simplement parce que cela n’avait pas les mêmes conséquences. Qui plus était, je n’étais pas certain de ce que je pouvais ressentir moi-même. Il n’était pas difficile de désirer une femme, de vouloir s’abandonner à elle jusqu’à l’aube, la question importante était ce qui allait se passer ensuite. A terre, on peut se défiler, partir avant qu’elle ne se réveille, mais sur un navire… Ressentais-je réellement quelque chose pour elle, quelque chose de plus profond qu’un simple désir ? Je n’en savais rien et c’était la raison pour laquelle je n’avais pas l’intention de sauter sur l’occasion. Même si Sirèna hantait mes rêves depuis quelques temps, je ne pouvais m’empêcher de penser à Nora également, de notre rencontre, de ses yeux, de ses lèvres et de sa peau aussi douce que du satin. Je m’en voulais de l’avoir abandonnée, de ne pas avoir pu la protéger davantage. Heureusement, elle était désormais saine et sauve, enfin je l’espérais, mais je ne pouvais m’empêcher de penser qu’elle me manquait parfois. Aurais-je l’opportunité de la revoir un jour ? Trouver le chemin de Quiétude ne serait pas difficile, mais y serait-elle encore ? Mon cœur n’était pas déchiré entre deux femmes, mais je ne savais simplement pas où j’en étais. Néanmoins, il y a une chose dont j’étais certain, c’était que je ne comptais pas profiter de ma Capitaine, ni lui faire miroiter quoique ce soit pour la blesser ensuite. Je la respectais beaucoup trop pour cela.

Et pourtant, elle semblait réellement être sérieuse. Avait-elle réellement envie de moi ? Dans d’autres circonstances, je me serais laissé tenter avec plaisir, sans compter que la perspective de passer une nuit dans un vrai lit, et non dans un hamac, était particulièrement alléchante – même si je n’avais aucun problème à dormir dans un hamac. Alors oui, mes excuses étaient bancales, mais il était difficile de donner de réelles excuses lorsque l’on ne voulait pas vraiment ne pas faire quelque chose. Et tandis qu’elle démontait mes arguments un par un, sans que je ne puisse lui donner tort, je ne pouvais manquer son petit jeu, tandis qu’elle se débarrassait de ses chausses, dévoilant ses jambes à la peau tannée par le soleil. Faisait-elle exprès d’être aussi désirable ? J’aurais pu en douter un peu, si elle n’avait pas cherché à se défaire, devant moi, de la bande qui enserrait sa poitrine. Silencieux, je l’observais la retirer, passant une main sous sa chemise, me laissant pleinement la mesure de mon imagination pour deviner ce qui se tramait dessous. Ma volonté était mise à rude épreuve et, pour être honnête, dans une autre situation, je me serais, depuis longtemps, glissé entre ses bras, venant l’aider, moi-même, à retirer ce carcan de coton et la débarrasser de tout le reste, mais je ne pouvais m’empêcher de trouver cela déplacé dans le contexte actuel. Je ne voulais pas profiter d’elle, pas comme ça, pas avec la sensation de l’avoir poussée dans cette direction après l’avoir malmenée en la mettant à fond de cale, lui rappelant de mauvais souvenirs. Sa chemise ample laissait deviner ses formes et, à peine revêtue de cela, je devais admettre qu’elle était magnifique, avec sa chevelure de feu cascadant sur ses épaules. Cela me rappelait à mes rêves et cela ne faisait qu’attiser mon imagination et mon désir. Essayant de me contenir, il me fallait penser à autre chose, surtout si sa punition tenait toujours, j’aurais eu du mal à simplement dormir avec elle. Dès le moment où mes mains se poseraient sur elle, j’avais conscience qu’il n’y aurait plus de retour possible, du moins pas cette nuit.

Puis, tout à coup, elle changea d’attitude, tirant la couette sur elle, masquant son corps à ma vue, ce qui, avouons-le, me fit le plus grand bien, même si je ne pus m’empêcher de ressentir une certaine déception. Elle avoua que nous étions finalement quitte, m’ayant assez éprouvé pour la nuit. Je n’étais pas sûr de bien comprendre, mais, en l’observant, j’étais persuadé qu’elle avait compris ce que je ressentais et, heureusement, elle avait décidé de ne pas en jouer davantage. Elle m’offrit alors de partir ou de rester, décision à laquelle je n’avais pas encore de réponse, malheureusement, encore moins lorsqu’elle évoqua le fait qu’elle mordait seulement lors d’ébats trop fougueux. Cette idée me fit sourire, mais me gêna également, peut-être parce que je l’imaginais dans les bras de Nassim, et que ce n’était pas… ce qu’il y avait de mieux à faire. Elle termina par me demander d’éteindre la bougie et de barrer la porte, référence à un prisonnier qui était venu mettre un sabre sous sa gorge il y avait de cela quelques semaines. M’exécutant, je soufflais doucement sur la bougie. « Bonne nuit, Sirèna. » Je sortis alors de la chambre, puis m’arrêtais dans la cabine, observant la lueur de la lune filtrer à travers les carreaux de verre. Face à la porte, je ne savais pas si j’avais réellement envie de la passer, si je ne voulais pas, au contraire, rester. Sans réellement savoir pourquoi, je faisais demi-tour, retournant dans la chambre à pas léger, observant cette crinière rousse briller à la lueur de la lune. Sirèna dormait déjà, j’eus un petit sourire pour moi-même, au moins avait-elle l’air paisible. Je crois l’avoir observée ainsi pendant plusieurs longues minutes avant de soupirer doucement. Faisant demi-tour, je fermais la porte de la cabine à clef, comme elle me l’avait demandé et retournais près du lit. J’avais décidé de rester, je ne savais pas vraiment pourquoi mais j’en avais simplement envie. Je me contentais de retirer mes bottes, gardant mes vêtements, me couchant sur les draps, sans m’y glisser. Laissant ainsi suffisamment de barrière entre elle et moi avant de m’endormir. Je me réveillais un peu avant l’aube, chatouillé par les premiers reflets du jour, constatant avec surprise que je m’étais un peu lové contre mon Capitaine, passant un bras autour d’elle. Alors qu’elle dormait encore, je m’écartais en douceur et en silence, espérant que je ne l’avais pas dérangée en pleine nuit, et j’allais enfiler mes bottes quand une petite boule de poils vint sauter sur le lit en émettant de légers miaulements.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mer 13 Avr 2016 - 21:42


 
Je m’étais rendue compte de sa présence juste avant son réveil. L’aube illuminait la pièce, les doux rayons du soleil vinrent éclairer le bel éladrin qui dormait paisiblement à mes côtés. Revigorée par un sommeil sans cauchemar, je pris plaisir à observer ces traits harmonieux, et à cet instant, je le trouvais angélique et beau. Je souris doucement, heureuse et sereine, cela m’avait manqué d’avoir un homme à mes côtés, son bras autour de moi me faisait tant du bien. C’était si naturel de recevoir de l’affection, même si je savais que cette nuit passée avec lui serait sûrement la dernière, car j’étais son capitaine, et surtout, Flynn avait Nora. Je sentis soudainement coupable en repensant à elle, et à leurs enfants. Je m’étais conduite en parfaite égoïste, même en aguicheuse, et j’avais l’impression d’avoir trahi ma seule amie. Comment me faire pardonner de ma scandaleuse conduite? C’est alors que mon regard se fit perplexe et je dévisageais éperdument Flynn. Je devais leur dire la vérité, à tous les deux : Nora devait savoir que son pirate était toujours vivant et Flynn avait le droit de savoir qu’il avait des enfants. Mais comment et quand? Je pouvais  envoyer une missive à Nora, mais Flynn…mon cœur battit à tout rompre. C’est alors que je me sentis lâche, car je ne voulais pas qu’il parte, je voulais le garder auprès de moi. Pourquoi? Tout simplement parce que je me sentais seule sans lui et je tenais beaucoup à lui. Depuis la mort de Nassim, c’était Flynn qui m’avait soutenu, sauvé et consolé, en plus de me respecter comme nul autre. Il était mon ami et je l’appréciais énormément, mais…était-ce une véritable amitié si je lui cachais une chose aussi importante? Je fermais les yeux avec douleur en pensant que je ne pouvais fonder une amitié sur le mensonge et le secret, et les jumeaux avaient besoin de leur père, Nora avait aussi besoin de lui. Par mon silence, je leur infligeais le même sort que j’avais vécu lors de mon enfance, j’avais grandi sans mon père. C’était la première fois que j’en prenais réellement conscience, et ça me faisait un mal de chien. C’est alors que Flynn bougea légèrement, je gardais les yeux fermés, et feignant de dormir, je me promis qu’aujourd’hui, Flynn le voltigeur  connaîtrait toute la vérité, au risque de le perdre. S’il décidait de partir, le vide serait grand, mais je survivrais, comme toujours. C’est alors que je sentis un mouvement à mes côtés, le bras du pirate avait délaissé mon corps et il s’éloigna de moi.  Silencieux, l’éladrin se leva en douceur, il ne voulait sûrement pas me réveiller et intérieurement, je lui en étais reconnaissante. Soudain, Brise réclama son lait matinal, je faillis grogner de mécontentement, car elle n’avait vraiment pas choisi le bon moment pour faire son entrée. Insistante, elle vint me miauler dans les oreilles, me lécher frénétiquement le front et même, elle s’écrasa sur mon visage telle une grosse dame paresseuse et dolente. Manquant d’étouffer, je ne pouvais faire autrement que de déclarer forfait.
 
-Saleté de chat! marmonnais-je irritée, la bouche pleine de poiles noires. Mon insulte lui fit ni chaud ni froid et elle se contenta de miauler doucement. En guise de réponse, je la saisis par le chignon du cou et je la délogeais de son nid douillet, qui était à présent ma crinière en bataille. D’un soupir exaspéré, je lui jetais un regard sombre, tandis qu’elle cligna innocemment des yeux, puis je rivais mon attention vers Flynn. Il s’apprêtait à mettre ses bottes et je faillis exiger qu’il retourne se blottir contre moi, mais je me retins, ma prise de conscience de toute à l’heure ne me donnait plus envie de jouer la femme fatale et séductrice. Gardant mes sombres pensées pour moi, je réussis à sourire et m’étirant légèrement, je m’exclamais narquoise: «Tu as finalement choisi mon lit à ton hamac? Que voilà un choix judicieux!».  Je lui adressais un regard affectueux et taquine, je demandais : « avez-vous bien dormir, très cher?».  Puis de mon plus beau sourire, je m’exclamais : « quant à moi, j’ai dormi comme un loir! Il y a rien de mieux qu’un bon sommeil réparateur!». Disant cela, je m’apprêtais à sortir du lit, mais je me ravisais, car j’étais encore vêtu très légèrement. Aye, hier soir, il m’avait vu dans mon plus simple apparat, mais ce n’était pas une raison pour le tenter de nouveau. Cette pensée me fit sourire, et le dévisageant pendant un instant, j’informais  d’un sourire contrit :«J’aimerais bien manger mon petit déjeuner en ta compagnie, mais j’ai de la paperasse à faire,la lourde besogne de capitaine. Je te rejoins sur le pont plus tard, d’accord?». Nous nous échangions un sourire, et comprenant, il me laissa seule. Au moment qu’il ferma la porte derrière lui, je me levais d’un bond,   et je me dirigeais aussitôt vers mon butin, le coffre contenant des vêtements de femme. Après un instant, je choisis avec soin une chemise d’un noir profond, dont le décolleté était orné d’une fine dentelle noire, et j’enfilais des hauts de chausse en cuire, très moulante, pour terminer par mes bottes, tout aussi sombres que le reste. Ensuite, je vins enrouler ma tignasse flamboyante dans un foulard d’ébène et je maquillais le contour de mes yeux d’une ombre à paupières noire. Paré ainsi, le mousse insignifiant avait fait place à une flibustière mystérieuse et très séduisante. Je me regardais une dernière fois dans le miroir et satisfaite, je rentrais dans ma cabine pour me diriger vers mon secrétaire. J’ouvris le premier tiroir pour y sortir mes dernières missives. L’une d’elles provenait de Bélin, un certain Khaalâm Domix Le septième me proposait un contrat fort alléchant, celui d’assurer la sécurité maritime durant une grande festivité, qui se déroulerait dans un mois. C’était à prendre en considération, surtout que je commençais à manquer d’argent. Continuant à feuilleter mon courrier, je reconnus une écriture fleurie et fine, celle d’Eleonor. Le cœur battant, je lus sa lettre et je fus consternée d’apprendre que non seulement elle avait appris la mort de Flynn, mais peu de temps après, elle était tombée amoureuse d’un Aasimar s’appelant Lysandre. Quoi? Déjà? Elle ne se laissait même pas le temps de vivre son deuil? Sans savoir pourquoi, je me sentais à la fois indignée et affligée par cette tournure amoureuse, mais comment pouvais-je la juger? N’avais-je pas dormi la nuit dernière avec son amant, qu’elle croyait mort, et ce, un mois à peine la mort de Nassim? Je soupirais de tristesse, et rangeant la lettre dans ma poche, je sortis sur le pont et après avoir grignoté quelque chose à la cuisine, j’allais trouver Flynn au gouvernail. Je suivis son regard sur moi, j’avais complètement oublié que je m’étais vêtue en femme. Ça me fit sourire et croisant ses yeux gris, j’expliquais calmement :
 
- Vu qu’Edward est à fond de cale, tu vas avoir besoin d’un nouveau Quartier-maître. Quant à Sharim, aucune chance qu’il me reconnaisse, car il m’a connu comme Cassio, et non comme…Cassiopée.  J’avais hésité avant de dire mon véritable prénom, car pour moi, cette information était plus personnelle que de partager mon lit. C’était la preuve que je le tenais en haute estime. D’un tendre sourire, j’affirmais en murmurant: «Sirèna n’est que mon surnom, mais en fait, je m’appelle Cassiopée Valdriana. Peu de gens le savent, mis à part mes amis proches, alors ça reste entre nous, d’accord?». Je lui fis un clin d’œil et par la suite, je me tournais vers mes hommes en commandant : « Messieurs, affalez les bonnettes et serrer les gréements. Roger et Sam graisser les poulies, gamin brique le pont!». Benjamin me dévisagea avec surprise et jetant un coup d’œil amusé à Flynn, il répliqua : «vous êtes de retour, Capitaine? Flynn n’a pas fait l’affaire?». J’eus un rictus, et prenant un air ferme, je répondis : «non pas, moussaillon. Flynn est un bon capitaine, et il le restera comme convenu jusqu’à notre départ du Boyou.». Haussant les sourcils, Benjamin demanda : «Alors, si Flynn reste le capitaine, qui êtes-vous ?». D’un regard mystérieux, je descendis les escaliers et me penchant à sa hauteur, je répliquais d’une voix profonde : « je suis beaucoup de choses, Benjamin, mais pour l’heure, appel-moi Bosco.» Disant cela, je rivais mon attention vers mon équipage et je m’exclamais : «Messieurs, pour les jours à venir, je serais votre Quartier-maître, alors si l’un de vous ose me manquer de respect ou me désobéir, il aura  droit à un séjour à fond de cale. Est-ce suffisamment clair? Alors, au travail, exécution!». Heureux de me revoir, les hommes opinèrent d’un sourire ravi et ils exécutèrent aussitôt mes ordres. Je les dévisageais d’un air pensif, puis me tournant vers Flynn, j’informais : «Capitaine, je tiens à faire le quart de nuit, car ça va être la pleine lune et  je ne veux pas manquer ça. C’est un spectacle de toute beauté, le mât de misaine en sera tout éclairé. J’espère que vous allez pouvoir l’admirer aussi.». Cette information était un message codé, et avec un peu de jugeote, notre cher éladrin comprendrait aisément que je venais de l’inviter à me rejoindre sur le mât de misaine en soirée.  Certes, cela ressemblait à un rendez-vous galant, mais à vrai dire, mon intention était toute autre et pendant tout le reste de la journée, je fus submergée par l’anxiété. Trouverais-je le courage de lui dire la vérité?        


***
  
 

                
  La lune était aussi belle que je l’avais prédite, sa lumière incandescente illuminait la mer,   j’avais l’impression de voir des milliers de diamants danser sur les vagues. Adossé sur le fameux mât, mes jambes croisées l’une sur l’autre, je fixais l’écume fracassant doucement ma coque. Sombre, je n’arrivais pas être calme et sereine, j’avais plus envie de m’enfuir et d’aller m’enfermer dans ma cabine. À chaque bruit, je me tendais, l’oreille alerte et le cœur battant. Allait-il venir? Sincèrement, j’espérais que non, pas pour ce que je m’apprêtais à faire. Dans d’autres circonstances, je me serais blottie dans ses bras en observant l’astre, puis peut-être, après un merveilleux silence, je l’aurais embrassé, mais malheureusement, je savais que ce rêve n’arriverait jamais, car il allait sûrement me délaisser pour Nora et les jumeaux.  D’un triste soupir, je baissais les yeux en me disant que j’allais  gâcher leur bonheur et le mien, surtout le mien.  Sentant les larmes venir, je fermais les yeux et je respirais profondément. C’est alors que j’entendis quelqu’un monter, mon cœur battit la chamade et à la délicieuse odeur marine, je sus que c’était lui, je ne pouvais maintenant me dérober. Essayant de trouver contenance, j’ouvris les yeux et lui souriant, je soufflais taquine : «tu es en retard! ». Croisant son tendre et envoûtant regard gris, je sentis mon cœur se broyer. Sûrement que ça allait être  la dernière fois qu’il me dévisagerait ainsi. J’eus un triste sourire et mes yeux limpides s’assombrirent. Le moment était donc venu, mais mieux valait commencer en douceur. Continuant de sourire, je l’invitais à s’assoir, et je rivais mon attention vers l’astre en priant intérieurement : « Uria, accorde-moi le courage de lui dire la vérité et faite qu’il réussisse un jour à me pardonner.».  À cette pensée, je baissais les yeux en demandant : «Te souviens-tu de notre première rencontre, Flynn? Nassim t’avait amené à ma cabine enchaîné et  je t’avais accueilli assez rudement. Nous en avons parcouru du chemin depuis!» J'en ris  légèrement et après un moment,je me pris à le dévisager en silence, sans me départir d’un étrange regard, empreint d’une profonde tristesse. Sans crier gare, je déposais ma main sur la sienne et j’avouais : «à cette époque, j’étais loin d’imaginer que tu allais devenir un de mes plus fidèles et proches amis. Je t’apprécie, je t’apprécie beaucoup... C’est pourquoi…c’est pourquoi je…». Je m’interrompis et pesant mes mots, j’expliquais d’une voix chevrotante : «Flynn,  je t’ai donner rendez-vous ici, parce que j’ai quelque chose à t'avouer, quelque chose de très important. J’aurais dû te le dire depuis le début, mais à ce moment-là, je n’avais en tête que mon désir de vengeance, rien d’autre ne m’importait, mais à force de te connaître, mon silence que je croyais justifier est devenu un trop lourd fardeau. Je me dois te dire la vérité, je le dois pour toi, pour Nora…et pour tes enfants…».  Il y eut un lourd silence, il semblait à la fois confus et abasourdi par ce que je venais de dire. Visiblement, il n’avait pas prévu que cette soirée se déroule ainsi et j’en étais sincèrement désolé. Fuyant son regard, j’expliquais précipitamment : «Flynn, Nora était enceinte quand je l’ai prise à mon bord, je l’ai aidé à accoucher chez les Orcs, elle a failli mourir, mais elle a survécu et elle a mis au monde deux magnifiques éladrins, Kalaad et Kallypso.». Je pris une pause, et sondant son regard désemparé, je m’excusais : «je suis si désolée de t’avoir menti, et j’ai agi en parfaite égoïste, je suis si désolée... ».  Le regard gris de l’éladrin devint terriblement sombre, même glacial, je sentis alors mon cœur se briser en milles morceaux. Je sentais que je l'avais perdu, peut-être à jamais.


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 14 Avr 2016 - 12:13


Pour quitter la chambre discrètement, c’était raté. Cependant, Brise avait décidé de casser les pieds de sa maîtresse et, pour être honnête, ce n’était pas désagréable à regarder. Le petit manège dura quelques minutes avant que Sirèna ne se décide à réellement se lever, non sans pester contre sa compagne féline. Croisant mon regard, elle ne sembla pas surprise de me trouver assis sur le bord de son lit. S’était-elle rendue compte de ma présence ? Après tout, elle avait très bien pu se réveiller au milieu de la nuit. Je n’avais rien à cacher. Cette nuit avait été agréable et son lit était bien plus confortable qu’un hamac, même si, avouons-le, on finissait par s’habituer au confort spartiate. J’esquissais un léger sourire tandis qu’elle s’extasiait de sa nuit. « La prochaine fois que je me fais nommer Capitaine, je prendrais le lit qui va avec. » Il faisait référence à leur marché, mais, bien entendu, je plaisantais. Finissant d’enfiler mes bottes, je me relevais avec souplesse, défroissant un peu mes vêtements, témoins de la nuit que j’avais passé à l’intérieur. Au moins, elle ne risquait pas de se faire d’illusions sur ce qui s’était passé cette nuit. Elle me confia qu’elle aurait apprécié déjeuner avec moi, mais ne pouvais le faire manque de temps. Je secouais doucement de la tête pour dire que ce n’était pas grave. « Je m’en voudrais de prendre du temps à mon Capitaine. Tu veux que je te fasse monter quelque chose ? » Elle refusa, prétextant qu’elle irait directement se servir aux cuisines. J’acquiesçais alors en silence avant de quitter sa chambre, traverser sa cabine et la quitter, en refermant la porte derrière moi. Remontant sur le pont, attrapant un peu de pain au passage, je saluais les matelots déjà à l’œuvre et pris un peu l’air, pour finir de me réveiller.

La nuit avait été tranquille et, à mon étonnement, je n’avais pas rêvée de choses… déplacées. Pourtant la situation aurait pu s’y prêter. Seule ma position à mon réveil m’avait un peu étonnée, mais il n’était pas rare que je bouge un peu en dormant, aussi, cela n’aura été que fortuit. Quelques dizaines de minutes plus tard, Sirèna refit son apparition, mais le mousse Cassio semblait bien loin désormais. Observant la femme qui se trouvait devant moi, j’esquissais un sourire quand elle évoqua le fait qu’il me fallait un nouveau Quartier-Maître. J’haussais les épaules, après tout, elle faisait ce qu’elle voulait. « C’est toi le Capitaine, tu fais comme tu le sens. » Je fus surpris qu’elle me confie que Cassiopée était son véritable prénom. Ce n’était pas rare que les marins, quels qu’ils soient, prennent un pseudonyme, et, je devais l’avouer, Sirèna ne semblait pas réellement être un prénom, mais je m’y étais habitué. Je répondis à son clin d’œil par un autre. « Motus et bouche cousue. » Je n’avais aucun intérêt de révéler quoique ce soit, même si, dans l’instant, je me demandais si elle avait une quelconque idée du fait que Flynn n’était pas mon véritable prénom non plus. Néanmoins, je ne me voyais pas le lui dire. J’étais Flynn depuis tellement longtemps que c’était devenu mon identité depuis longtemps, et je n’étais même pas sûr que Caleb finirait un jour par refaire surface. Au gouvernail, j’observais Cassiopée qui donnait des ordres à ses matelots, Benjamin se posant quelques questions sur le revirement de situation. Je fus amusé de voir qu’elle semblait heureuse de reprendre un peu les choses en main. Et je devais avouer que j’étais content de la voir également reprendre un peu de poil de la bête. C’était sa place, en fait, sa place c’était la mienne, elle était faite pour être Capitaine, pas pour briquer le pont, mais c’était elle qui avait choisi de jouer le mousse, en premier lieu.

Quand elle me demanda ensuite de pouvoir réaliser le quart de nuit, prétextant que la pleine lune était l’occasion de passer du temps sur le grand mât, je ne pus m’empêcher de sourire en repensant à la fois où l’on s’était retrouvés en haut, de manière totalement fortuite. « C’est noté, Bosco. » Je n’étais pas dupe, elle me proposait de la rejoindre, pour une raison inconnue, mais peut-être voulait-elle simplement parler, comme la dernière fois. Alors, lorsque la nuit fut tombée, et une fois que Benjamin avait accepté de s’endormir sans une nouvelle histoire, je remontais sur le pont avant d’escalader le grand mât pour arriver au sommet, retrouvant Sirèna. « C’est pour me faire désirer. » J’esquissais un sourire, qu’elle ne vit peut-être pas complètement et m’installais en face d’elle. Elle évoqua finalement notre première rencontre, et je ne pus m’empêcher de sourire à nouveau. « Tu ne peux pas imaginer. » Oui, il était loin le Flynn qui regardait Sirèna avec une rage sourde et muette. Et si elle avait une petite idée de ce qui m’avait animé la veille au soir, elle pouvait se faire une idée du chemin parcouru. J’en étais le premier étonné. Je fus flatté qu’elle me considère comme un ami proche et fidèle, car c’était le cas, même si, intérieurement, j’ai pensé un instant que j’aurais aimé être un peu plus. Mais son hésitation m’arracha à mes pensées et me laissa perplexe. Qu’avait-elle à me dire ? Quel était ce secret qu’elle avait sur la conscience et qu’elle ne pouvait plus porter. A vrai dire, je ne voyais pas où elle voulait en venir. Après tout, nous avions passés plusieurs mois sur le même navire, il était difficile de se cacher quoique ce soit.

Ce ne fut que lorsqu’elle parla de Nora et de mes enfants, que mon cerveau cessa de fonctionner. Que venait-elle de dire ? Mes enfants ? Je la dévisageais en silence. Soit elle en avait trop dit, soit pas assez, mais elle ne pouvait pas rester silencieuse maintenant. Elle acheva finalement sa confession, m’avouant que Nora était enceinte lors de son arrivée à bord, et qu’elle avait eu deux enfants. Enceinte ? Nora ? Mais… Je n’étais pas sûr de pouvoir réfléchir correctement. De qui ? Moi ? Elle avait bien dit Eladrins, mais, quand ? Et puis l’évidence me frappa. Oui, j’avais été précautionneux la première fois, mais, la seconde, je n’avais pas eu le choix, et je m’étais laissé penser que la jeune Aasimar savait ce qu’elle faisait. Je me sentais ridicule… En réalité, au-delà du fait que Sirèna m’avait caché cela, je me rendais compte à quel point cela me rendait détestable. Nora avait enduré sa grossesse seule et elle avait deux enfants de moi dont elle s’occupait toute seule, alors que j’aurais dû être là, pour elle. C’était la colère contre moi-même qui se reflétait dans mon regard, même si, au fond, pouvait-on vraiment me blâmer alors que je ne savais rien ? Je soupirais doucement, essayant de reprendre mon calme. Il était inutile s’énerver. « Kalaad et Kalypso, c’est ça ? » Les prénoms étaient jolis. « Ce sont de beaux prénoms. C’est l’idée de Nora ? » J’essayais de me concentrer sur des détails mineurs, pour ne pas penser à mon comportement égoïste, alors que j’aurais dû remuer ciel et terre pour la retrouver. « Si je me souviens bien, tu m’avais dit qu’ils étaient arrivés sains et saufs à Quiétude, c’est bien ça ? Ils vont bien tous les trois ? » Eleonor lui avait envoyé une lettre une fois, peut-être avait-elle eu d’autres nouvelles, je n’en n’avais aucune idée. Mais, malgré mes tentatives, je n’arrivais pas à me remettre de l’ordre dans les idées. « Deux enfants… Deux enfants… Elle est seule avec deux enfants, mes enfants… C’est à cause de moi... Je ne devrais pas être là… Je fais un piètre père, ah ! »  Je me frottais les mains contre le visage, cherchant à faire le calme dans ma tête. Puis je relevais les yeux vers Sirèna. « Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Pourquoi m’avoir caché ça ? » je me sentais un peu trahi, par la personne que je respectais le plus à bord, par la personne que j’appréciais le plus à bord, par celle à qui j’aurais confié ma vie sans hésiter, et je ne savais pas quoi en penser…
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 14 Avr 2016 - 19:16

 
hrp:
 

- Kalaad et Kalypso, c’est ça ?  Ce sont de beaux prénoms. C’est l’idée de Nora ? J'eus un léger sourire et je répondis :
- Non, l'idée vient de moi, car Nora a été dans le comas pendant plusieurs jours,elle n'était pas en état de nommer qui que se soit. J'ai eu très peur pour elle. Je pris une pause, me souvenant du visage livide de l'Aasimar et l'abondante perte de sang qui avait failli la tuer. Puis, je me souvins des deux bébés et je lui confiais que je les avais bercé et allaiter au lait de chèvre jour et nuit jusqu'au réveille de leur mère. D'un sourire maternel, j'avouais:  Si Nora était morte, j'aurais élevé Kalaad et Kallypso comme mes propres enfants. Dès que je les ai tenu dans mes bras, je me suis promis de tout faire pour qu'ils vivent et pour qu'ils soient heureux. Après tout, je suis leur marraine, je me sens responsable d'eux. J'avais dit cela pour lui prouver que j'avais le sens du devoir et de l'honneur, mais secrètement, je voulais me racheter. Déjà, il ne semblait plus m'écouter, son esprit était ailleurs, vers Quiétude, ce qui était très compréhensible.
-Si je me souviens bien, tu m’avais dit qu’ils étaient arrivés sains et saufs à Quiétude, c’est bien ça ? Ils vont bien tous les trois ? ». Mon coeur se serra, j'étais touchée par son inquiétude, mais j'enviais aussi Nora. Dissimulant ma tristesse par un doux sourire, j'expliquais de ton rassurant:
- Oui, ils vont bien, Quiétude est un village paisible,l'endroit idéal pour  élever des enfants. Je lui ai aussi donné suffisamment de Gel'or pour qu'elle s'achète une maisonnée, il semblerait qu'elle a même entreprit d'enseigner la guérison à de jeunes Aasimars. Ça ne m'étonne pas d'elle, elle est si bienveillante. Mes compliments étaient sincères, j'étais soulagée de savoir mon amie heureuse. Elle risquait de l'être davantage si Flynn réapparaissait, ou peut-être pas...Nora avait quelqu'un dans sa vie, cela m'affligeait sans savoir pourquoi. Peut-être parce que ça viendrait compliquer leur retrouvaille? Voulais-je vraiment qu'il y ait des retrouvailles? Non, je ne voulais pas, mais en même temps, je n'avais pas le droit d'être égoïste.

- Deux enfants… Deux enfants… Elle est seule avec deux enfants, mes enfants… C’est à cause de moi... Je ne devrais pas être là… Je fais un piètre père, ah ! Je fis silence, ne sachant quoi dire, c'était la première fois que je le voyais aussi bouleversé et ça me brisait le cœur.  « Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Pourquoi m’avoir caché ça ? ».  Après un temps d'hésitation,  je répondis d'un murmure: «parce que je ne savais pas comment te l'annoncé,  parce que je pensais juste à ma vengeance contre Sharim, et surtout parce que je voulais que tu reste...Parce que je...» Parce que je t'aime? Non, non, idiote! Tu n'es pas amoureuse, c'est ton ami, non, tu n'es pas amoureuse...Ah oui? Alors pourquoi ressens-tu toujours une douce oppression au cœur quand tu le regarde? Si tu n'es pas amoureuse, pourquoi pense-tu toujours à lui? Pourquoi l'as-tu laissé dormir avec toi hier soir? Oh, tais-toi! Ce n'était pas le moment, pas maintenant, la priorité c'était lui et Nora et leurs enfants. Relevant les yeux vers lui, je changeais radicalement de sujet: « j'ai reçu une lettre de Nora, elle a apprit ta mort et... Tiens, je l'ai justement ici,». Je sortis la missive de ma poche et je la lui remis en bonne et due forme. Croisant son regard, je soufflais avant de lâcher la lettre: « je n'ai maintenant plus rien à te cacher. Demain, nous allons amarrer au Boyou et je vais t'y laisser avec quelques hommes. Vous allez avoir deux mois pour recueillir des informations, je pense que ça va être largement suffisant. Je lui souris tristement et j'avouais: je ne pourrais malheureusement rester, je dois me rendre à Bélin pour accomplir un contrat de dernière minute. Je n'ai presque plus rien pour payer l'équipage, c'est nécessaire que j'y aille...» Je fis silence et le laissant prendre la lettre, je me levais et avant de m'éclipser dans la nuit, j'affirmais d'une voix profonde et triste: «Flynn,tu n'as pas à te sentir coupable, tu ne le savais pas et j'en suis sûr que si je te l'avais dit à Varak, tu les aurais rejoint sans hésiter. Tu vas être un excellent père, j'en suis convaincue. La seule personne que tu as à blâmé, c'est moi...au moins, je les ai protégé de mon mieux jusqu'à leur arrivé en Norpalie.» Dos à lui, je terminais en baissant la tête: «Sincèrement, je te souhaite de la retrouver, votre bonheur sera le mien.». Sentant les larmes venir, je décidais de partir, il avait déjà sa peine à gérer, la mienne n'était pas nécessaire.En silence, je descendis promptement pour me réfugier dans ma cabine. Ce ne fut qu'après avoir fermer et barrer la porte derrière moi, que je me laissais glissée doucement au sol et déposant ma tête sur mes genoux, j'éclatais en sanglot.


Lettre de Nora

Chère Sirèna,

je t'écris parce que je dois t'annoncer une funeste nouvelle.Sache que Flynn s'est fait condamner par les autorités de Varak, j'ai été bouleversé d'apprendre sa mort, j'ai peine à croire que Kalaad et Kallypso vont grandir sans avoir connu leur père. J'espérais le revoir aussi, au moins une fois, mais maintenant je sais que c'est impossible. Toutefois, ne soit pas peiné ni inquiète pour moi, je m'en remets doucement, même j'ai rencontré quelqu'un, il se nomme Lysandre et c'est un Aasimar. Il est très attentionné et il est très attaché à moi et aux jumeaux. Je crois l'aimer aussi, mais il est encore trop tôt, je suis confuse et je ne suis pas encore prête à me donner à quelqu'un. J'ai besoin de temps...

Cependant, je remercie Phélemée de me l'avoir envoyer,il m'est d'un grand soutien. Je suis si débordée ses derniers temps. S'occuper à la fois de mes enfants, tout en soignant des malades et enseigner la guérison me demande beaucoup d'énergie, mais au moins, Lysandre m'aide ainsi que sa soeur, Aimée. Je les considère maintenant comme ma famille, mais cela ne m'empêchera jamais d'oublier Flynn. Kallypso lui ressemble tant, et Kaalad a son sourire et la couleur de ses yeux, je le vois sans cesse en eux.

Je ne l'oublierais jamais, tout comme toi, mon amie. Merci pour tout ce que tu as fait pour moi, je t'en serais éternellement reconnaissante. N'oublie pas de me redonner des nouvelles, d'accord? J'espère que tu vas bien, et surtout, que tu es encore en vie.


Prend soin de toi
Ton amie
Nora


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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 18 Avr 2016 - 11:26

Spoiler:
 


Je devais admettre que l’annonce était difficile à faire passer. Et pour cause ! Je ne m’attendais pas à ce qu’on puisse m’apprendre un jour que j’avais des enfants. Ce n’était pas que je n’en voulais pas, mais… pour être honnête, je savais que ce n’était pas compatible avec mon mode de vie. J’étais épris de liberté, de pouvoir voguer sur les mers, sans attaches, sans regrets, et je savais que ce n’était pas compatible avec le fait d’avoir des enfants, du moins… pas facilement. La dernière chose que je voulais, c’était être un père fantôme dont les enfants ne connaîtraient que le nom, sans même pouvoir y mettre un visage. Ce n’était pas pour rien, si, d’habitude, je m’échappais, au petit matin, des bras des femmes avec qui j’avais pu partager le lit, ni même que je faisais attention à ne pas les mettre enceinte. Non pas parce que je ne me sentais pas prêt à assumer une quelconque relation, mais simplement que je ne le voulais pas, car j’avais conscience des conflits qu’il pourrait y avoir avec ma propre existence et la façon avec laquelle je voulais mener ma vie. Mais voilà que, malgré tout cela, je me retrouvais avec des enfants. Nora avait eu raison de mon bon sens, et, pour être honnête, j’avais pensé qu’elle avait elle-même conscience de ce qu’elle faisait, mais il était inutile de savoir qui avait fauté, les faits étaient désormais accomplis et on ne pouvait changer le passer. Le plus étrange, au fond de moi, était que j’étais heureux d’avoir des enfants, heureux de savoir que Nora en était la mère, heureux de savoir que quelque chose subsistait de ce que nous avions été tous les deux. Car, même s’il m’avait fallu plusieurs mois loin d’elle pour m’en rendre compte, je savais que je l’avais réellement aimée et peut-être que, si je l’avais pu, je l’aurais accompagnée à Quiétude. Mais, comme souvent, ce n’était que lorsqu’on était séparé d’une chose que l’on réalisait sa véritable valeur à nos yeux. Nora n’avait pas échappée à la règle.

Je regardais Sirèna, l’esprit en ébullition. Je fus surpris d’apprendre que c’était elle qui avait nommé mes enfants, à cause de l’état de leur mère après l’accouchement. Je fus tout autant étonné d’apprendre qu’elle s’était promis de les élever elle-même s’il aurait du arriver quelque chose à Nora. Je n’aurais pas cru cela d’elle, mais, après cette révélation, je n’étais plus certain de la connaître aussi bien que je ne le pensais. Malgré tout, je ne pouvais repenser à mes enfants, cette nouvelle me déstabilisait tellement ! Heureusement, tout sembler aller pour le mieux pour eux et je ne pouvais me reprocher que mon absence, alors que j’aurais dû être là pour elle, pour eux et je me surpris alors à imaginer à quoi ils pouvaient ressembler. J’espérais sincèrement qu’ils avaient hérité de la beauté de leur mère, de toute façon, cela ne pouvait qu’aller en ce sens. Revenant un peu plus à la réalité, je réussis à m’accrocher au présent, à Sirèna, aux raisons qui l’avaient poussés à ne rien me dire. Je me souvenais de la fois où elle m’avait parlée de Nora, de Sharim. Pensait-elle que je serais parti en Norpalie si j’avais su ? Elle avait raison dans le fond, n’est-ce pas ? Mais les choses avaient tellement changées depuis ces quelques mois. Et pourtant, avaient-elles vraiment changées ? Je soupirais intérieurement, avant de tendre la main vers l’enveloppe qu’elle me tendit, avant qu’elle ne m’annonce qu’elle comptait me débarquer au Boyau et repartir vers Bélin pour remplir ses coffres. Qu’avait-elle derrière la tête ? Après quelques mots, elle s’effaça. Je ne sus quoi lui dire à ce moment, me contentant d’un silence jusqu’à ce que je ne finisse par ouvrir la lettre et la lire au clair de lune. Son contenu me déchira inexplicablement le cœur mais je ne pouvais en vouloir à Nora. Pour elle j’étais mort et enterré, elle ne pouvait pas se reposer sur un fantôme pour l’aider à avancer…

En silence, je repliais la lettre avant de la mettre dans l’une de mes poches avant de contempler le clair de lune. Siréna avait raison, c’était un spectacle apaisant et agréable. Prenant une inspiration, je me redressais avant de descendre à mon tour du grand mât. Silencieux, je me glissais jusqu’à la porte de la cabine de mon Capitaine, sans réellement savoir ce que je comptais y faire, y dire, ou y trouver. Devant la porte, je restais silencieux quelques instants, les mains plaquées sur le bois. Après de longues minutes, je décidais finalement de frapper doucement contre la porte. « Cassiopée ? Es-tu là ? » Je n’avais aucune idée de savoir si elle était là ou non, peut-être même n’avait-elle pas envie de parler, mais peu importait réellement. « J’ai lu la lettre de Nora que tu m’as remise et… je ne sais pas si c’est une bonne idée que j’aille la voir. » Comment réagirait-elle de revoir un mort ? Et puis, surtout, si elle aimait ce… Lysandre. A quel point pourrais-je lutter ? J’étais le père de ses enfants, mais il était celui qui vivait avec elle depuis peut-être plusieurs mois. A cette idée je sentis mon cœur se serrer. Les mains toujours contre le bois de la porte, je soupirais une nouvelle fois. « Je sais qu’elle serait heureuse de me voir vivant et je serais heureux de la revoir aussi, de voir… mes enfants. Mais quel bonheur puis-je lui apporter ? Je reste un pirate, un corsaire grâce à toi, mais je n’ai rien d’un mari, ni d’un père. Je… » J’hésitais, serrant le poing contre le bois, crispant la mâchoire. « J’ai peur de la faire souffrir, de la décevoir si j’y retourne. Je crois que je n’ai plus ma place auprès d’elle. » J’avais perdu cette place par mon absence. Même si on m’avait caché la vérité, même si ce n’était pas de ma faute, j’avais comme le sentiment qu’il était simplement trop tard.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mer 20 Avr 2016 - 19:18


Sans comprendre pourquoi, je me sentais brisée. Cela faisait déjà de longues minutes que je sanglotais comme une enfant. J’étais submergée à la fois par la culpabilité, la déception et la colère. C’était comme si je vivais à nouveau le deuil. Encore un être cher qui allait disparaître de ma vie, cela me provoquait un vide profond et douloureux. Étais-je destinée à vivre éternellement seule? Aye, j’avais mon équipage, mais ce n’était pas pareil…les marins venaient et partaient, ils n’étaient pas vraiment attachés à moi.  Flynn aussi allait partir. Mon cœur se serra, mes mains se crispèrent et pensive, je fixais la bougie sur mon secrétaire. Fébrile, j’essayais de démêler les sentiments qui me taraudaient. Du désir? Oui, ça, c’était certain, mais quoi d’autre? Ma poitrine était oppressée par une douleur familière. Diantre, non, c’était ridicule!  Il était bien trop tôt pour que ça soit de l’amour! Ah, j’étais stupide. Une véritable sotte, Ouidah! En colère contre moi-même, je me levais d’un bond et je me mis à faire les cent pas de long en large. Mes pensées étaient sombres et confuses. Étais-je le genre de femme à m’amouracher aussi facilement? Si? Non, non, non! Séchant mes larmes, j’allais promptement à la fenêtre pour retrouver mon calme, je ne devais pas perdre le contrôle. Prenant une profonde respiration, mon regard limpide  admira l’astre lunaire et je me demandais si Flynn était en train de l’observer. Pensait-il à moi en ce moment?

À cette stupide pensée, je grognais sourdement. Bien sûr que non, il pensait probablement à sa petite famille. Je soupirais, pensant que mes sentiments étaient vains et inutiles, ils allaient me détruire plus qu’autre chose. À cet instant, j’entendis une voix m’interpeller derrière la porte. À ma grande surprise, je reconnus Flynn. Il venait de m’appeler Cassiopée…c’était si beau d’entendre mon prénom de sa bouche, j’en fus touchée. Furtivement, je m’approchais de la porte et j’accotais mon oreille contre le bois. La suite de ses paroles me laissa sans voix. Vraiment? Il était incertain de revoir Nora? J’en fus à la fois soulagée et troublée. Pourquoi? Gardant le silence, je l’écoutais avec attention, consciente qu’il avait besoin de se confier. « Je sais qu’elle serait heureuse de me voir vivant et je serais heureux de la revoir aussi, de voir… mes enfants. Mais quel bonheur puis-je lui apporter ? Je reste un pirate, un corsaire grâce à toi, mais je n’ai rien d’un mari, ni d’un père. Je… » Il se sous-estimait, car en vérité, Flynn avait tout ce qu’il fallait pour être un bon père et un mari aimant et dévoué, mais il ne devait pas s’oublier. J’étais convaincue que Quiétude n’était pas un endroit pour lui, il risquait de dépérir en vivant là-bas. Il était fait pour la mer, comme moi. Sa voix me fit revenir à la réalité, d’un ton rauque, empreint de chagrin, il avoua:   « J’ai peur de la faire souffrir, de la décevoir si j’y retourne. Je crois que je n’ai plus ma place auprès d’elle. ». Je comprenais parfaitement ce qu’il voulait dire.  Nora avait réussi à refaire sa vie à Quiétude et si Flynn revenait, il allait bouleverser son existence, et peut-être pas pour le mieux. En revanche, je ne pouvais oublier ses enfants, c’était pour eux que je lui avais dit la vérité.

Que faire? D’abord, discuter, pour ce qui adviendra ensuite, je l’ignorais, mais je sentais qu’il avait besoin de mon soutien, et peut-être, de mes conseils.  Prenant mon courage à deux mains, je séchais mes larmes  et j’ouvris la porte. Mon regard turquoise croisa le sien, et je fus peinée de le voir si désemparer. Contre toute attente, je caressais sa joue en murmurant: «Flynn… tu auras toujours une place dans le cœur de Nora. Tu es le père de ses enfants et à ce que j’ai compris, tu es le premier homme qu’elle a vraiment aimé.  Alors, ne te sous-estime pas, sinon c'est moi qui serais déçu». Mon regard était ferme, mais mes lèvres revêtaient un doux sourire.  Reculant, je proposais en soutenant ses yeux gris : «Entre! Je pense que tu as besoin d’un solide verre de whisky.». Sur ce, je lui fis un clin d’œil et le laissant entrer, je me dirigeais tout droit vers mon cellier. Prenant la bouteille ambrée, je remplis deux verres en avouant : «J’admets que cette situation est très délicate, mais peut-être que ma propre histoire va t’aider à prendre la bonne décision.» M’approchant, je lui remis son verre, puis je tirais ma chaise pour m’asseoir à ses côtés. Sondant ses yeux de tempête, je racontais d’un léger sourire : «Ma mère était une magnifique varakiroise issue d’une noble et prestigieuse famille. Dès l’enfance, mon grand-père l’avait promis à un vieux et richissime prince, mais elle ne voulait rien savoir de ce mariage. Elle rêvait d’aventure et du véritable amour. Un jour, pendant qu’elle se promenait proche de la mer, elle rencontra mon père, un  corsaire norpalien. Ils tombèrent éperdument amoureux l’un de l’autre et peu de temps après, ils se marièrent en secret.»

Mon sourire s’affaissa et rivant mon attention sur mon verre de whisky, je confiais sombrement : «Ce ne fut pas long que tous apprirent leur scandaleuse union. Orgueilleux et sans pitié, mon grand-père a renié et déshérité ma mère. Celle-ci n’eut d’autres choix que de suivre mon père en Norpalie, où ils s’installèrent. Je naissais neuf mois plus tard. Malheureusement, notre bonheur fut de courte durée,car nous vivions en constante survie, l'argent manquait. Trois ans après leur mariage, mon père dû accepter un contrat de Varak, qui dura dix ans.». Déposant mon verre, je levais les yeux vers mon interlocuteur et je précisais : «Pendant toutes ses années, j’ai grandi sans mon père, je ne savais même pas à quoi il ressemblait et je lui en voulais énormément. À cette époque, j’étais convaincue qu’il nous avait abandonné et qu’il ne nous aimait pas. Ma seule famille était ma mère, elle était tout ce que j’avais au monde.Elle n’a jamais cessé d’espérer le retour de mon père, jusqu’à son dernier souffle, mais il est revenu trop tard, elle venait de mourir. » À ce souvenir, mon cœur se serra, je baissais la tête en murmurant : « Maintenant, je comprends qu’il n’avait pas eu le choix, il a été prêt à tout sacrifier pour nous, même sa présence, pour qu’on puisse vivre dignement.». Sentant les larmes venir, je me levais et j’allais me servir un autre verre de whisky. Dos à l’éladrin, je bus une gorgée et d’une voix chevrotante, j’avouais : « C’est pour ça que je t’ai dit la vérité, Flynn. Je ne voulais pas que tes enfants vivent la même chose que moi, mais Nora n’est pas ma mère, et elle a désormais quelqu'un d'autre dans sa vie. Ce Lysandre va peut-être être un bon père, mais je…» J’hésitais avant de dire le fond de ma pensée, puis d’un soupir, je me tournais vers Flynn en affirmant: «Je suis persuadée que tu le seras tout autant, même plus que lui. Tu es un éladrin et tes enfants le sont aussi. Tu vas les comprendre mieux que personne, ils sont de ton sang. Mon regard se fit doux et d'un ton rassurant, je proposais sans détour: Je pense que ça serait une bonne chose que tu écrives à Nora. C’est important qu’elle sache que tu es encore vivant, surtout pour tes enfants. Qu’en penses-tu? Ça serait un bon début, non?».


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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 21 Avr 2016 - 10:02


Je n’avais aucune idée de ce qui m’avait poussé à descendre du mât pour aller la voir et lui parler. Pourtant, j’avais cette sensation qu’elle était la seule à même de comprendre et, probablement, la seule à même de pouvoir m’aider à prendre une décision. Nora avait choisi de refaire sa vie et, je ne pouvais pas la blâmer pour cela. Pour elle, j’étais mort, et quand bien même elle avait pu m’aimer, même si je n’étais pas sûr de la portée de ce mot, autant pour elle, que pour moi, je n’existais plus que comme un rêve, un songe, une idée. Et les idées ou les souvenirs ne réchauffaient pas au milieu des nuits froides de Norpalie, pas plus qu’elles ne veillaient sur des enfants, ni ne leur apportaient ce qu’un père pouvait leur apporter. Je ne pouvais pas lui en vouloir d’en aimer un autre, de penser qu’il pourrait l’épauler, l’aimer, s’occuper de ses enfants. Etonnamment, je ne lui en voulais pas d’aimer ce Lysandre, ou plutôt, je savais qu’une partie de moi ne lui en voulait pas, et une autre partie lui en voulait terriblement. J’étais assailli par deux sentiments contradictoires. La jalousie et l’affection que je pouvais avoir pour Nora, l’envie de voir mes enfants, d’exister à leurs yeux, et la volonté de laisser les choses comme elles étaient, la sensation d’être passé à autre chose depuis tous ces mois loin d’elle. J’avais une responsabilité vis-à-vis d’elle, de Kalaad et de Kalypso, mais ne s’en porteraient-ils pas mieux si, comme le disait l’histoire, j’étais simplement mort ? Nora garderait le souvenir de notre dernière nuit, elle raconterait à nos enfants des histoires, qu’elle inventerait peut-être sur son héros pirate, ou peut-être que je n’existerais même pas, que je ne serais qu’un vague nom, qu’une aventure, et que Lysandre était leur véritable père, celui qui les avait élevé. Plus j’y pensais, et plus je songeais que si je voulais y aller, c’était pour mes enfants, peut-être davantage que pour Nora…

Lorsque la porte s’ouvrit et que mon regard croisa celui de Cassiopée, je sus immédiatement qu’elle avait pleuré. Elle regrettait peut-être sincèrement son mensonge, c’était compréhensible, mais je ne pus m’empêcher de me souvenir de la veille, quand je l’avais sortie de la cellule, j’avais l’impression de lui avoir de nouveau fait du mal et cela me retournait les tripes. Sa main sur ma joue me surprit, mais, honnêtement, elle me fit le plus grand bien. J’avais fermé les yeux, un bref instant, pour profiter de la douceur de sa peau. Ses paroles me firent sourire. Elle avait raison, je n’en doutais pas, mais il était difficile de se convaincre de cela. Sans réellement comprendre, ce fut surtout ses derniers mots qui résonnèrent davantage dans mon esprit. La décevoir ? Instinctivement je savais que c’était la dernière chose que je voulais faire. Elle récupéra sa main, à mon grand regret, et me proposa, bien que je savais que je ne pouvais refuser, de rentrer et de m’offrir un verre. Je la suivis, refermant la porte derrière moi avant de m’installer sur une chaise, en silence. Elle revint, et j’attrapais le verre qu’elle me tendit, alors qu’elle commençait à me raconter son histoire. Sans savoir où elle voulait en venir, je la laissais ainsi me dévoiler son passé, sans protester. J’aurais dû l’en empêcher, ne pas la forcer à me parler de son passé, de son histoire, mais une partie de moi voulait en savoir plus sur elle. Le verre à la main, je l’écoutais me parler de mère, noble, qui avait préféré épouser un corsaire, envers et contre tout. Je ne savais pas où elle voulait en venir, mais je fus rapidement servi, même si je n’eus pas de mal à deviner qu’évoquer son passé ne lui rappelait pas que de bons souvenirs…

Je comprenais qu’elle m’ait avoué la vérité pour mes enfants, qu’ils aient peut-être une chance de me connaître et, au fond, si elle ne m’avait pas caché la vérité aussi longtemps, je me serais probablement déjà rendu à Quiétude, ne serait-ce que pour eux. Mais sans son mensonge, sans celui qu’elle avait donné aux autorités de Varak, on me traquerait toujours et je n’aurais pas pu m’y rendre aisément. Mes enfants méritaient de voir leur père, mais être père signifiait-il simplement être le géniteur de ses enfants ? J’avais mon verre de whisky tandis que Cassiopée évoquait le fait que Lysandre serait peut-être un bon père. Peut-être oui, qui pouvait le savoir ? Je ne le connaissais pas, mais si Nora l’aimait… Peut-être devais-je simplement lui faire confiance ? La proposition de ma Capitaine me laissa silencieux quelques instants. Ecrire à Nora ? Mais que lui écrire ? Coucou, désolé de ne pas t’avoir donné de nouvelles, mais je suis vivant, ne t’en fais pas ? J’eus un petit sourire pour moi-même avant de relever mon regard vers celui de la jeune femme. « Je crois que j’ai peur de ce qu’elle pourrait me répondre. » Je posais mon verre avant de passer mes mains dans mes cheveux en soupirant. « Peut-être voudrait-elle me voir, peut-être pas. Mais au fond de moi, je sais que je ne pourrais pas vivre avec elle, pas là-bas. Je sais qu’elle me rendrait heureux, probablement, que mes enfants m’apporteraient du bonheur, mais ce n’est pas une vie pour moi, Cassiopée. J’ai besoin de la mer, du frisson de la tempête, de l’adrénaline du combat, du danger, j’ai besoin de t… » Je m’arrêtais brusquement, surpris par mes propres paroles. Interdit, je secouais la tête avant de me lever pour me resservir un verre de whisky et le boire d’un trait. Quelque chose me disait que je commençais à comprendre pourquoi j’avais tant de mal à me décider alors que faire ce choix aurait dû être une évidence pour n’importe qui.

Après quelques instants à fixer la bouteille légèrement entamée, je relevais les yeux vers Cassiopée, de laquelle je m’étais désormais rapprochée. Je la fixais, silencieux, mon regard dans le sien. « Tu me trouveras peut-être idiot. » J’esquissais un léger sourire amusé. « Ou peut-être que tu t’imagineras que je suis un salop. » J’avais fini ma phrase avec une pointe d’ironie.   « Mais je ne crois pas que j’aime encore Nora. Enfin… Si, j’ai toujours des sentiments pour elle et elle pourra toujours compter sur moi, mais, au fond de moi, je sais que nous ne sommes pas fait pour vivre ensemble. » Je ne savais pas vraiment comment lui avouer cela, mais j’essayais tout de même. « Ne te trompe pas, je ne l’ai pas séduite par intérêt, par défi, ou pour être son premier amant, loin de là. Je sais qu’à ce moment-là, je ressentais vraiment des sentiments pour elle. Notre situation, sa façon de me traiter, la manière qu’elle avait de me regarder et de voir autre chose en moi qu’un criminel… Je l’ai vraiment aimé, je le sais maintenant. Peut-être aurais-je même pu vivre avec elle si je n’avais pas été un hors-la-loi, si nous n’avions pas dû nous séparer, mais on ne change pas le passé. » Je baissais les yeux quelques instants, avant de les reposer sur Cassiopée. « Et puis, tu es entrée dans ma vie, et pour être honnête, tu y as mis une sacrée pagaille, même si je te dois d’être encore en vie aujourd’hui, et, surtout, de ne plus avoir à m’enfuir. » Je pris une longue inspiration et sans la quitter des yeux, j’attrapais sa main pour venir la poser sur ma joue, comme elle avait pu le faire plusieurs minutes plus tôt, fermant les yeux quelques instants à son contact, avant de les rouvrir. « J‘ai besoin de toi, Cassiopée. »
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Ven 22 Avr 2016 - 14:28


À ma proposition d’écrire à Nora, il garda le silence, puis après un instant de réflexion, il me confia qu’il avait peur de sa réponse. Je m’attendais à une telle crainte, c’était compréhensible. Haussant un sourcil, je revêtis un sourire narquois en répliquant : « Peur de quoi? N’as-tu pas choisi une Aasimar comme amante? Diantre, il n’y a rien de plus doux et de plus compréhensif que ces êtres là!». Je souris pour moi-même, pensant elle m’avait tout de même donné du fil à retordre, puis je continuais avec sérieux : « Sincèrement, je crois qu’elle risque d’être bouleversée, mais elle ne va pas t’en vouloir.  Elle va seulement te dire la vérité sur sa situation présente et essayer de trouver une solution. Qui sait, peut-être va-t-elle vouloir te revoir?» À contrecœur, j’avais dit cette dernière phrase, car au fond de moi, j’espérais tout le contraire.  À mes dires, il se passa nerveusement la main dans ses cheveux noirs en soupirant, puis il répondit « Peut-être voudrait-elle me voir, peut-être pas. Mais au fond de moi, je sais que je ne pourrais pas vivre avec elle, pas là-bas. Je sais qu’elle me rendrait heureux, probablement, que mes enfants m’apporteraient du bonheur, mais ce n’est pas une vie pour moi, Cassiopée. J’ai besoin de la mer, du frisson de la tempête, de l’adrénaline du combat, du danger, j’ai besoin de t… ». Son monologue s’interrompit brusquement. Besoin de? Qu’est-ce qu’il n’osait pas me dire? Intriguée, j’attendis la suite, mais elle ne vint pas. Se secouant la tête, il alla plutôt se servir un verre de whisky qu’il but d’un trait. Ce geste me mit la puce à l’oreille, il me cachait quelque chose, mais ne pouvant deviner ses pensées, je présumais que ça devait avoir un lien avec Eleonor. Toutefois, sa perplexité me troubla. Qu’est-ce qui n’allait pas? Pensant qu’il avait besoin de mon appui, j’approuvais d’un murmure : «Comme moi, tu es enfant de la mer, Flynn. Elle est ton véritable bonheur, ta liberté, où tu peux te sentir totalement toi-même, et ça, personne n’a le droit de t’en séparer. Pas même Nora.» Je le dévisageais un instant, puis d’un ton grave, j’avouais : « Je vais être tout à fait honnête avec toi.  Je redoute que tu ailles à Quiétude, car j’ai peur que tu y dépérisses. Si c’est le cas, ton affection pour Eleonor va se transformer en amertume, et votre bonheur va dégénéré en malheur. Aye, le sacrifice est important en amour, mais si c’est pour faire souffrir tes enfants, mieux vaut que tu restes sur la mer. Tu dois penser à eux, sans t’oublier.» Je soupirais et pesant mes mots, j’expliquais : «C’est pour cela que je te proposais d’écrire à Nora. En te sachant vivant, j’espère qu’un jour tes enfants viennent naviguer avec toi. Quant à ton Aasimar…» Je sentis la jalousie m’envahir, mais je me fis violence pour la refouler. Revêtant un air calme, je dis avec détachement : «Il est certain que si tu l’aimes toujours, alors, je t’encourage à la revoir. Qui sait? Peut-être que son Lysandre est un amour de passage?».
 
 Que dire de plus? Le cœur battant, je le dévisageais longuement, me demandant à quoi il pensait. Présentement,  il fixait ma bouteille de whisky, et ce depuis de longues minutes. Enfin, il releva les yeux vers moi, et il me fixa en silence. À ce regard brumeux, je sentis un frisson me parcourir l’échine. Sondant ses yeux, j’y aperçus une flamme brûlante et intense. Cette lueur enflammée, je la connaissais que trop bien, pour l’avoir vu dans les yeux de Nassim et d’Adrien. Aucun doute possible, la passion et l’amour enflammaient cet Éladrin, mais contrairement à mes anciens amours,  son cœur battait non pour moi, mais pour Nora. Diantre! Qu’est-ce qu’il avait bien pu lui trouver? Oh oui, elle était belle et généreuse, mais tout de même. Sentant la jalousie revenir à la charge, ainsi qu’une profonde déception, je rivais mon attention sur mon verre de whisky. Une tempête grondait en moi et j’avais du mal à la faire taire. D’un soupir, j’essayais de rester impassible au trouble qui me submergeait et je décidais de me concentrer uniquement sur Flynn. Surprise par ses dires, je haussais les sourcils en déposant mon verre. Pourquoi le jugerais-je comme un salop? En silence, j’écoutais son aveu et je fus déconcertée par ce que j’entendis. Bref, le temps et la séparation avaient eu raison de son amour. Oh, je ne pensais pas que Flynn était un salop, mais il avait tout de même profité de la naïveté et de l’innocence de Nora pour l’avoir dans sa couche. Il était ainsi, un séducteur dans l’âme, il ne pouvait s’empêcher de désirer les femmes. Toutefois, je me sentais indignée par sa réaction, ou plutôt, par sa fuite. Je comprenais qu’il n’avait pas voulu agir en mal et après tout, Eleonor avait été consentante, mais il aurait dû résister. Il avait pensé juste à lui. J’eus soudainement pitié de Nora, qui lui avait tout donné sans rien demander. Elle aurait été bien déçue d’entendre les propos de son cher Éladrin.

 Visiblement, mon regard en disait long sur ce que je pensais, car il eut besoin de se justifier : Ne te trompe pas, je ne l’ai pas séduite par intérêt, par défi, ou pour être son premier amant, loin de là. Je sais qu’à ce moment-là, je ressentais vraiment des sentiments pour elle. Notre situation, sa façon de me traiter, la manière qu’elle avait de me regarder et de voir autre chose en moi qu’un criminel… Je l’ai vraiment aimé, je le sais maintenant. Peut-être aurais-je même pu vivre avec elle si je n’avais pas été un hors-la-loi, si nous n’avions pas dû nous séparer, mais on ne change pas le passé. » Effectivement, le passé ne pouvait être changé, mais dans une certaine mesure, Flynn devait réparer les erreurs qu’il a commises. En soi, il devait mettre les choses au clair avec Nora, prendre ses responsabilités. Je le fixais d’un air impassible, même détaché.Douloureusement, je pris conscience que mes sentiments étaient basés sur du vent. Certes, il m’avait sauvé et prit soin de moi, mais ce n’était pas suffisant pour que je tombe amoureuse de lui. Comparant ma relation avec Nassim à la leur, je me rendis compte que notre amour fut réellement profond et solide. Peu importe les épreuves ou le temps, rien ne nous avait séparés, à l’exception de la mort. On se connaissait par cœur, mais je ne connaissais rien de Flynn, ou presque rien. Je lui avais confié tant de choses sur moi, et je le regrettais à présent. Il avait le don qu’on s’ouvre à lui, s’en était déroutant.  « Et puis, tu es entrée dans ma vie, et pour être honnête, tu y as mis une sacrée pagaille, même si je te dois d’être encore en vie aujourd’hui, et, surtout, de ne plus avoir à m’enfuir. » Où voulait-il en venir? Soudain, il prit ma main pour la déposer sur sa joue. Au moment où je m’apprêtais à me dégager, il avoua d’un murmure : « J‘ai besoin de toi, Cassiopée. »

Que…quoi? Pendant un instant, je le scrutais d’un air interloqué. Il avait besoin de moi? Qu’est-ce qu’il attendait par là? Les mots me manquaient. À la façon qu’il me regardait, je compris qu’il éprouvait de l’amour pour moi. Non, je me trompais, pas de l’amour, mais du désir. Comme avec Eleonor, Flynn avait besoin de mon affection, mais je n’étais pas l’Aasimar et je ne serais pas la prochaine sur sa liste. S’il était capable de tourner aussi facilement la page avec elle, il ferait de même avec moi. Je ne pouvais m’y risquer, mon cœur était suffisamment écorché comme ça. Contrairement à Flynn, j’étais incapable d’aimer à la légère,car avec moi, c’était tout ou rien. Malheureusement pour lui, de belle paroles ne suffiraient pas à me conquérir. D’un regard sombre, je repris ma main et je m’éloignais de lui en soufflant : « Tu n’as pas besoin de moi, Flynn, mais de  l’affection d’une femme. Que cela soit moi ou Nora, il n’y a pas de différence.». Je soupirais et je vins ranger ma bouteille de Whisky dans mon cellier. Ma tête bouillonnait, je sentais une colère sourde grondée dans ma poitrine. L’interrompant dans ses propos, je m’exclamais fougueusement: « Je ne serais pas ta bouée de sauvetage ni ton échappatoire, matelot. Tu as des responsabilités à prendre envers tes enfants, et tu vas les assumer jusqu’au bout. Diantre, tu es un adulte pas un gamin!» Secouant ma crinière rousse, je croisais mes bras sur ma poitrine et d’un regard de fauve, je renchéris : « Quant à moi, je ne suis ni une catin ni une donzelle innocente, mais une femme sérieuse en amour! Alors si tu me veux dans ta vie, tu vas devoir faire tes preuves. Pour l’heure, je demeure ta capitaine.». À ce moment, il ne devait sûrement pas apprécier mes paroles, mais je ne voulais pas qu’il se joue de moi. En tant que marin, je lui faisais entièrement confiance, mais pas en tant que compagnon de vie. Pas encore. À présent, je me trouvais debout derrière mon secrétaire, c’était mon rempart contre lui. Mon expression était ferme, mais malgré moi, je ne pouvais m’empêcher de le dévorer du regard.  S’il osait s’approcher à nouveau, je n’aurais pas la force de lui résister.  Je ressentais un désir inexplicable pour lui et ça m'incendiait les entrailles. Je soupirais profondément et d’une voix rauque, j’ordonnais : « Va dormir, Flynn. Ça suffit pour ce soir.». Au fond de moi, j’avais terriblement envie qu’il dorme dans mon lit, mais je ne le laissais pas paraître, enfin j'essayais. Allait-il m’obéir ou me provoquer?  


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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Ven 22 Avr 2016 - 16:26

Je n’avais pas peur que Nora me rejette, ni même peur qu’elle me demande de revenir, j’avais simplement peur de la blesser, de lui faire plus de mal que de bien en allant la voir ou en lui écrivant. Oui, Nora était une Aasimar, c’était une jeune femme douce et affectueuse, et j’étais probablement le mieux placé pour savoir à quel point elle était compréhensive. Nora avait pensé mes plaies, avait veillé sur moi et, surtout, s’était battue pour moi. Elle avait mis sa propre vie en danger pour sauver la mienne et c’était quelque chose que je ne pouvais pas oublier, que je n’oublierais jamais. Mais je ne voulais pas lui faire du mal, pas après tout ce qu’elle avait fait pour moi. Je savais que j’aurais pu la prendre dans mes bras, l’embrasser, peut-être réussir à l’aimer de nouveau, raviver la flamme qui s’était adoucie en moi, dont la lueur s’était affaiblie devant celle d’une autre flamme, mais pour combien de temps ? Que serais-je devenu à terre ? Me contenterais-je de chasser, de labourer des champs ? Je n’étais pas fait pour cela, je ne le savais que trop bien. Nora pourrait peut-être le comprendre, mais accepterait-elle de ne pas pouvoir vivre avec moi ? Je n’en savais rien, peut-être le comprendrait-elle, peut-être verrait-elle à quel point j’en ai besoin et peut-être qu’elle accepterait de me laisser partir, mais que ferait-elle d’un mari ou d’un père qui n’est pas à ses côtés quand elle en aurait le plus besoin ? L’histoire de Cassiopée était triste, mais je ne voulais pas me contenter d’être de l’argent, même si c’est pour ma famille. Je connaissais Nora, un peu, suffisamment pour savoir qu’elle ne vivrait pas facilement de vivre loin de l’homme qu’elle aime. Et, pour être honnête, je pense que je n’en serai pas capable également. C’était un aveu de faiblesse, mais surtout peut-être la raison pour laquelle je n’avais jamais voulu réellement m’attacher, tomber amoureux. Malheureusement, j’avais appris à mes dépends que ces choses-là ne se commandaient pas.

Je savais que Cassiopée pouvait me comprendre, nous partagions beaucoup de points communs, comme notre amour pour la mère, le plaisir de se retrouver seuls au clair de lune, le lancer de couteau, le combat… Quasiment tous les moments que nous avions partagés ces derniers mois me revinrent en mémoire et je ne pus que constater la faiblesse qui animait mon cœur depuis quelques temps. Elle représentait tout ce que j’aurais pu aimer chez une femme. Nora était affectueuse, gentille, belle et elle possédait bien d’autres qualités, mais nous étions fondamentalement différents, trop différents. Peut-être que cela aurait pu fonctionner, mais pas depuis que j’avais rencontré Cassiopée, pas depuis qu’elle avait laissé son empreinte indélébile dans mon cœur. Et après son aveu, cette lettre et cette histoire, je ne pouvais pas garder ça pour moi, parce que j’avais bêtement cru qu’elle me comprendrait. Je désirais mon Capitaine et je savais à quel point c’était une mauvaise chose, mais malgré toute la bonne volonté du monde, je n’avais su mettre un terme à cette folie et chaque fois que nous nous retrouvions tous les deux, je n’avais pu me convaincre qu’elle n’était pas pour moi. C’était comme si tous les évènements n’avaient été que des petits jeux, des occasions pour me faire avouer l’évidence. Je tombais amoureux de cette crinière rousse et mon dernier aveu avait été de rester dans cette cabine la nuit dernière, alors que j’aurais dû passer cette porte, comme j’aurais dû ne jamais venir ici cette nuit-là. Mais je l’avais fait, alors, quitte à me damner, j’avais décidé d’avouer ma faiblesse, envers et contre tout, conscient de ce que cela voulait dire, conscient de la brèche immense que cela laissait dans ma carapace, mais je ne pouvais plus le garder pour moi. Mais, si j’avais su l’accueil qui allait être réservé à ma confession, je me serais probablement abstenu, pour mon propre bien.

J’avais conscience que mon aveu ne faisait pas quelqu’un de bien, mais, au moins, j’avais l’honnêteté de mon côté. Il n’était pas question d’abandonner mes responsabilités, mais simplement de dire la vérité, celle que je devais avouer pour que Cassiopée puisse comprendre mon dilemme et m’aider. Je m’étais attendu à de la surprise, même si, au fond, certains évènements m’avaient laissé penser que… peut-être mes sentiments étaient réciproques. Mais, je n’eus le droit ni à de la réciprocité, ni à de l’aide. Son regard surpris laissa la place à quelque chose de plus sombre et je ne retins pas la main que j’avais attirée à ma joue, car je savais déjà ce qui allait se passer. Néanmoins, je n’eus pas le temps de refermer ma carapace. Ses premières paroles percèrent cette dernière comme un boulet de canon déchire la coque d’un navire, ne laissant que des échardes et un sillon dévasté. Je la laissais s’éloigner. « Pardon ? » Ce fut tout ce que je pus articuler. La surprise était probablement la dernière chose qu’il me restait en cet instant présent. Et quand elle parla de bouée de sauvetage ou d’échappatoire, c’était le boulet qui venait d’atteindre la réserve de poudre, pulvérisant tout ce qu’il pouvait y avoir d’encore intact. C’était de ma faute, j’avais ouvert ma garde, et je ne pouvais pas m’étonner de voir une lame venir s’enfoncer dans ma poitrine et y tourner abondamment. J’avalais ma salive en regardant ma Capitaine, comme elle venait de me le rappeler. J’avais le regard vide, encore abasourdi par ce que je venais d’entendre. J’avais l’impression que ce que je venais de dire était passé aux oubliettes, mais, surtout, j’étais presque dégoutté de voir ce qu’elle pensait de moi. Un enfant ? Incapable d’assumer ses responsabilités ? Et, surtout, que je pensais qu’elle était une catin ? J’étais blessé, dévasté même, qu’elle puisse penser des choses pareilles. Pensait-elle vraiment que je ne valais pas mieux que Bernard ?

Je serrais les poings, contemplant mon erreur, goûtant l’amertume de la déception et le goût de la douleur qu’elle venait, sciemment ou non, de m’infliger. Relevant les yeux vers elle, je n’arrivais pas totalement à masquer ma peine et ma colère. « Un gamin qui ne prends pas ses responsabilités et qui court après les catins ? C’est ça ? » Je pris une longue respiration. « Voilà ce que tu penses vraiment de moi ? » Je détournais le regard quelques instants avant de reposer mes yeux sur elle. « J’espère que c’est la vérité, cette fois, car, moi, je ne t’ai pas menti ! » J’avais élevé la voix, mais le ton restait étrangement calme, et, en réalité, cela m’effrayait presque moi-même. Je fis un pas en avant, mais je sais que j’avais plus un air menaçant que séduisant. « Ne t’en fais pas. J’ai compris le message. Mais, pose-toi simplement cette question, crois-tu vraiment que la nuit dernière se serait passée comme elle s’est passée si je te considérais comme une catin ? » Rien que cette idée me retournait les tripes. Je reculais, avant de me faire congédier comme un malpropre. Comment avions pu en arriver là ? C’était ridicule, mais j’étais blessé, à tel point que je ne savais même pas quoi faire. Alors que je me dirigeais vers la porte, la main sur la poignée, je me retournais vers Sirèna. « Je cherchais simplement de l’aide, mais je vois que j’ai frappé à la mauvaise porte. Désolé du dérangement, Capitaine. » J’ouvris alors la porte, hésitant un instant avant de me retourner à nouveau. « Croyez-moi incapable de faire face à mes responsabilités Capitaine, mais, si c’est le cas, je ne vois pas ce que je fais à bord. » J’avais prononcé cette dernière phrase avec amertume, puis je continuais enfin mon mouvement, prêt à quitter cette cabine, cette discussion, comme mon Capitaine me l’avait ordonné. Mais, une chose était certaine, en refermant cette porte je n’allais pas passer une bonne nuit.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Ven 22 Avr 2016 - 21:44


Il fit pire que me provoquer, il m’émut au plus haut point. Tout ce que j’avais réussi à construire comme carapace s’écroula en un rien de temps. Chamboulée, je l’écoutais avec appréhension, mes mains se crispèrent sur mon secrétaire et je déglutis. Ma colère fit place à une profonde tristesse. Mes propos l’avaient blessé, plus que je ne pouvais l’imaginer et moi, je me sentais déchirée par ce que je venais de dire.  Je ne savais pas…Je pensais qu’il me considérait comme un substitut d'Eleonor, rien de plus. Visiblement,ce n’était pas le cas, car je compris qu'il éprouvait réellement des sentiments pour moi.  Il ressemblait à un loup blessé au vif.  Il espérait que je venais de dire la vérité, car lui  ne m'avait pas menti. Je clignais des yeux, très confuse, je ne savais pas quoi dire, tout se bousculait dans ma tête et ma douloureuse oppression à la poitrine refit surface. Ah…quelle torture! Avec Nassim ça avait été si simple, si fluide, mais avec Flynn…bon sang, je me sentais si coupable! Pourquoi avais-je réagis ainsi? Qu’est-ce qui m’avait pris? Je voulais lui dire à quel point j’étais désolée que j’eusse mal compris ses intentions, mais je n’arrivais pas à parler. Je ne faisais que le fixer bêtement, mon regard turquoise était aussi vide que le sien.  Je lui avais brisé le cœur avec ma dureté. Que je sois damnée! Soudain, il avança d’un pas, son visage n’était plus peiné, mais bien menaçant. Par réflexe, je posais ma main discrètement sur mon coutelas, même si je savais qu’il n’allait pas me faire de mal.

 Sans prêter attention à mon geste, il me dit d'un ton glacial :« Ne t’en fais pas. J’ai compris le message. Mais, pose-toi simplement cette question, crois-tu vraiment que la nuit dernière se serait passée comme elle s’est passée si je te considérais comme une catin ? » Quoi? Bien sûr que non! Je ne pensais pas qu’il me prenait pour une catin! Il m’avait mal compris. Je ne voulais juste pas qu’il me considère comme une fille facile. Une fille parmi tant d’autres. Je devais lui exprimer mes sentiments! Après ce que je venir de dire, était-ce encore possible? Sotte! J’étais si maladroite. Avant que je puisse mettre de l’ordre dans mes idées, Flynn tourna les talons pour sortir. Je ne voulais pas qu’il s’en aille! Je voulais qu’il reste! Pourquoi il m’obéissait comme ça? Pourquoi il n’insistait pas plus? Je sentais les larmes venir, je voulus l’interpeller, mais son prénom resta coincé dans ma gorge. Est-ce que j’allais devoir tout lui avouer? N’avais-je pas droit à un peu de mystère? De temps? Dans ma confusion et ma peine, je le vis se tourner vers moi et sa phrase me transperça le cœur :  « Je cherchais simplement de l’aide, mais je vois que j’ai frappé à la mauvaise porte. Désolé du dérangement, Capitaine. » . Capitaine. Présentement, ce rang ne voulait plus rien dire pour moi. Comme je m’en voulais! Éperdue, je le dévisageais en silence, les mots se bousculaient dans ma tête, mais aucun son ne sortit. Diantre, parle idiote! Sinon, il va partir et tu vas le perdre pour de bon.  Avant de franchir la porte, il souffla avec amertume : « Croyez-moi incapable de faire face à mes responsabilités Capitaine, mais, si c’est le cas, je ne vois pas ce que je fais à bord. ». Amer, son regard sonda le mien, mes yeux se brouillèrent de larme et au moment où il s’apprêta à quitter ma cabine, je m’exclamais dépitée : « Flynn, tu ne comprends rien au cœur des femmes!».

 Il n’eut pas le temps de se retourner que j’étais déjà rendu derrière lui. L’étreignant, je déposais ma joue entre ses omoplates et je murmurais d’une voix chevrotante : «Je suis désolée …si désolée…» Mes larmes coulèrent doucement, je le serrais plus fort contre moi. « Comprends-moi. Ton aveu fut si précipité, je ne m’y attendais pas…je» J’hésitais un instant, puis enfin j’avouais : «J’ai toujours eu de la difficulté à exprimer mes sentiments. J’ai grandi dans un monde d’hommes. J’ai dû m’endurcir, me faire une carapace…me protéger! Je suis si maladroite…je sais que ce n’est pas une excuse, mais…». Je desserrais mon étreinte pour le laisser se retourner. Incapable de supporter son regard, je baissais le mien en murmurant d’un ton cassé : «Tu…tu n’es pas un gamin,et tu es responsable. C’est plutôt moi la gamine. J’ai eu peur…j’avais peur d'être une conquête de plus.  Je voulais te prouver que j’étais une femme différente, pas facile à conquérir. Une femme spéciale à tes yeux, mais voilà, je me suis mal exprimée. À présent, j'ignore ce que tu pense de moi...  En fait, j’ignore presque tout de toi. Tu es un vrai mystère! » J’eus un léger sourire, puis les lèvres tremblotantes, je confiais : « Oh Flynn, si tu savais à quel point j’ai le cœur briser. J’ai vécu tant de choses difficiles, j’ai tant perdu dans ma vie…je suis comme un oiseau qui a perdu ses ailes.» Je fermais les yeux, et soudain, je me mis à sangloter. N'en pouvant plus, je vins me réfugier dans ses bras en marmonnant : « Je suis si désolée de t’avoir blessé…je…je t’aime, je ne voulais pas te faire du mal. C'est vrai, j'ai été dure,mais j'ai la fâcheuse tendance à châtier ceux que j’aime. Je suis tellement désolée… ». Fébrile, je levais des yeux larmoyants vers lui, et caressant à nouveau sa joue, je confiais doucement: «Je tiens à toi. Je ne veux pas te perdre et je veux t’aider. Ne l'ai-je pas déjà fait?» Prenant son visage entre mes mains, je soufflais : «Tantôt, tu as dit que tu avais besoin de moi. En quoi? ». Soutenant son regard, j’attendis sa réponse, non sans une certaine appréhension. Que pensait-il de ce revirement? Allait-il changer d’idée et me rejeter? J’avais beaucoup de mal à faire confiance aux hommes, j’avais tant subi à cause d’eux. Je préférais mourir que de me faire broyer le cœur à nouveau.



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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Sam 23 Avr 2016 - 17:56


Elle m’avait blessée. Pas dans mon égo, ni dans ma fierté, mais dans mon être. J’aurais voulu pouvoir dire que j’aimais encore Nora, qu’il n’y avait qu’elle qui comptait et que, malgré mon passé de séducteur, il n’y avait que cette Aasimar qui avait réussi à faire basculer mon cœur, mais c’était un mensonge, et, connaissant cette vérité, je n’arrivais pas à décider de ce que je devais faire : la revoir, lui écrire, quoi lui dire ? Et la personne qui avait tout remis en cause, c’était celle qui s’était tenue devant moi, celle qui m’avait menti, à propos de mes enfants, mais celle à laquelle je ne pouvais m’empêcher de penser, celle qui avait chaque jour un peu plus mis la main sur mon cœur. C’était idiot, encore plus lorsque je savais à quel point j’avais fait des pieds et des mains pour jouer avec les sentiments des autres plutôt que d’y succomber, mais, depuis Nora, il fallait croire que j’étais devenu… différent. Et encore, sans aller jusqu’à parler d’amour, parce qu’il était peut-être un peu trop tôt pour cela, je savais simplement qu’elle représentait, dans beaucoup d’aspect, la femme avec laquelle j’aurais pu passer mes prochaines années. Non pas que je me sois réellement penché sur la question, mais, je devais l’admettre, j’appréciais être à ses côtés et… nos soirées, qu’elles soient passées à regarder le ciel ou à discuter de plans de route, me paraissaient particulièrement agréables. J’avais toujours su que cela n’était probablement pas réciproque, même si certaines de ses actions m’avaient semblé… étranges, mais me voir ainsi rejeté, brutalement, sauvagement, presque comme un moins que rien, m’avait fait beaucoup de mal, probablement parce qu’au-delà du fait que j’appréciais Cassiopée, j’avais également beaucoup de respect pour elle en tant que Capitaine, et que j’avais l’impression d’être traité comme ces gardes avaient pu le faire, au Quartier-Général des Redresseurs, et ce n’était pas agréable.

Pensant que la discussion s’arrêterait sur mes mots, j’allais passer la porte lorsque Sirèna s’exclama que je ne comprenais rien au cœur des femmes. Avant même que je ne réalise la portée de ses propos, ni même que je ne puisse me retourner, je sentis des bras enserrer ma taille et une tête se poser entre mes omoplates. Surpris, je ne suis quoi faire, alors qu’elle n’arrêtait pas de dire qu’elle était désolée. Son étreinte se fit plus forte alors qu’elle tentait de s’expliquer. Pour être honnête, je ne comprenais plus rien. Elle semblait tellement… différente. Désarmé, je sentais ma colère se dissiper comme la brume aux premières véritables lueurs du jour. Quand elle défit son étreinte, je me retournais, posant mon regard dans le sien, constatant avec effroi les larmes qui coulaient sur ses joues. « Sirèna… » J’avais murmuré tout bas, dans un souffle. Je n’aimais pas la voir ainsi et déjà, la veille, cela m’avait fait beaucoup de mal de la voir si fragile. Sans réfléchir, je posais une main sur sa joue, essuyant ses larmes. Elle affirma que je n’étais pas un gamin, qu’elle l’était plutôt, m’expliquant qu’elle voulait juste avoir l’air différente des autres. Je soupirais doucement. J’avais l’impression de commencer à comprendre pourquoi elle avait réagi ainsi, même si, en toute honnêteté, je n’étais pas bien certain de savoir si cela avait été la meilleure décision. Elle se compara à un oiseau sans ailes et se réfugia dans mes bras, sanglotant à nouveau. L’estomac serré de la voir ainsi, je passais un bras autour d’elle, posant une main sur sa tête, tâchant de la réconforter. Elle posa finalement sa main sur ma joue, avouant ce que j’aurais aimé entendre un peu plus tôt. Ses deux mains sur mon visage étaient agréables, même si voir les sillons de ses larmes sur le sien me faisait mal. Je pris une grande inspiration, fermant brièvement les yeux avant de la repousser légèrement.

Un petit sourire se dessina sur mes lèvres et je posais une nouvelle fois ma main sur sa joue, effaçant du pouce les larmes qui coulaient sur sa peau. D’une main, je refermai la porte de la cabine derrière moi. « Tu as raison, je ne comprends peut-être rien au cœur des femmes. Mais, je crois que tu as quelques efforts à faire en la matière, Cassiopée. » J’avais dit cela sur un ton doux, avenant, bien loin de la colère qui m’avait emporté quelques minutes plus tôt. Je soupirais doucement. « Reprenons les choses à zéro, veux-tu ? Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire, toi et moi. » J’attrapais sa main et l’attirait vers son bureau où je la poussais gentiment vers son fauteuil, avant de m’asseoir sur ledit bureau, non loin d’elle. Un peu silencieux, le regard dans le sien, je décidais de commencer. « Ce que je t’ai dit tout à l’heure est la vérité. Je ne sais pas comment c’est arrivé, car, crois-moi, lorsque je suis arrivé sur ce navire, je ne te portais pas dans mon cœur. Mais, avec le temps, les différents évènements, à force de te côtoyer, j’ai dû me faire une raison : je t’apprécie beaucoup, j’aime cette vie que je mène à bord, j’aime le fait de savoir que tu n’es pas loin et, surtout, je sais que je donnerais ma vie pour toi. Parce que tu es mon Capitaine, oui, c’est aussi vrai, mais je sais que c’est plus que ça. » Je pris le temps de laisser un peu de silence pour lui laisser le temps de comprendre ce que j’essayais de lui dire. « Il m’arrive de te désirer, je ne te le cacherais pas, mais je sais que ta vie a été difficile. Je sais que tu aimais Nassim et que son décès t’a ébranlée. J’ai aussi appris pour ton père, pour ... toi. Il ne me viendrait même pas à l’esprit de te forcer la main. Je n’aurais probablement jamais pu t’avouer ce que je ressentais, pas aussi tôt, pas sans savoir que tu étais prête à tourner la page. Mais si ce soir je t’ai dit ce que je ressentais pour toi, ce n’est pas pour te piéger, mais simplement parce que ma vie prend un nouveau tournant et que j’ai besoin de ton aide mais que tu as le droit de savoir la vérité. » Je soupirais une nouvelle fois. « Je peux comprendre que ça ne soit pas réciproque, mais ne pense pas que je fais ça que pour avoir une femme dans mon lit. Pour ça, je sais y faire, et je n’ai pas besoin de courtiser mon Capitaine. C’est bien parce que tu es différente, parce que tu es ce que tu es, que je n’arrive pas à te sortir de ma mémoire, que je suis là, devant toi, à te dire que tu as laissée ton empreinte sur moi et que je ne peux pas m’en défaire… » J’esquissais un léger sourire avant de poser les mains sur le bureau, me penchant légèrement en arrière. J’aurais pu ironiser sur la situation, mais c’était difficile quand la discussion était véritablement sérieuse.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 25 Avr 2016 - 17:22

Il vint encore essuyer mes larmes de sa main, et pendant un instant, je fermais les yeux en soupirant. Ce n’était qu’un simple touché, mais  sa tendresse me fit le plus grand bien. Or, ses paroles m'arracha un petit sourire. Je compris ce qu’il voulait dire, mais  je ne pus m’empêcher de répliquer : «Bah, tu sais, je ne suis pas une sainte!». Puis j’approuvais doucement: « tu as raison, je dois comprendre, ou plutôt, démêler mon propre cœur, mais ça ne va pas être une mince affaire! En générale, les femmes sont si compliquées à comprendre… imagine-moi!». Je soupirais, tandis qu’il me proposa que l’on recommence tout à zéro. Je fus soulagée d’entendre qu’il voulait nous laisser une deuxième chance. Sans hésiter, j’approuvais d’un hochement de tête. Aye, une sérieuse discussion était de mise! Ce n’était pas en pleurant et en soupirant qu’on allait finir par se comprendre.  Sans crier gare, il me prit la main et il m’entraîna vers mon bureau. Surprise, je me laissais faire  et sans que je puisse protester, il me poussa gentiment sur mon fauteuil et il vint s’assoir sur mon bureau, en face de moi. Son regard argenté soutint le mien et après un instant, il se confia :  « Ce que je t’ai dit tout à l’heure est la vérité. Je ne sais pas comment c’est arrivé, car, crois-moi, lorsque je suis arrivé sur ce navire, je ne te portais pas dans mon cœur. Mais, avec le temps, les différents évènements, à force de te côtoyer, j’ai dû me faire une raison : je t’apprécie beaucoup, j’aime cette vie que je mène à bord, j’aime le fait de savoir que tu n’es pas loin et, surtout, je sais que je donnerais ma vie pour toi. Parce que tu es mon Capitaine, oui, c’est aussi vrai, mais je sais que c’est plus que ça. »

Écoutant sa confidence, mon visage se détendit progressivement, et un sourire ému apparut sur mes lèvres sensuelles. Aye, c’était tout à fait normal qu’au début, il ne m’appréciât guère, surtout après que j’aie ordonné son emprisonnement à fond de cale.  D’ailleurs, moi aussi, je ne l’avais pas porté dans mon cœur. Je l’avais jugé comme un vulgaire pirate, sans honneur et sans principes, ce qui était loin d’être le cas. Grâce au  temps, à nos épreuves mutuelles et à nos nombreuses rencontres, notre relation avait changé du tout au tout, et pour le mieux. Tout comme lui, j’ai appris à l’apprécier,  et cette affection est devenue progressivement de l’amour. Nous partageons beaucoup de choses en commun et il faisait partie de ces rares êtres avec qui je pouvais être moi-même. Il savait me soutenir et me rassurer comme nul autre. Bref, je me sentais bien avec lui, et il se sentait bien avec moi. C’est alors que son dernier propos vint résonner dans ma tête: il était prêt à donner ma vie pour moi. Ça me serra le cœur, car j’avais déjà perdu Nassim, qui m'avait protégé de son corps. Je ne voulais pas voir Flynn faire de même. Je ne voulais pas qu’il meure pour moi. En fait, c’était mon devoir, en tant que Capitaine, de protéger mon équipage jusqu’à la mort, et non l’inverse. Certes, Flynn me considérait plus qu'un capitaine, mais secrètement, je me promis que si l’un de nous deux devait mourir, ça serait moi. Ma joue accotée contre mes jointures, je le fixais en silence, et à cette pensée, mon regard redevint calme. J’ignorais pourquoi, mais cette décision, qui paraissait au premier abord très sombre, m’apportait de  la sérénité. C’était normale de vouloir donner sa vie pour protéger la personne que l’on aime. À vrai dire, c’était la plus belle des morts. Pourquoi étais-je tombée amoureuse de Flynn?  C’était un mystère, mais mon cœur ne mentait pas. Je l’aimais, plus qu’il ne pouvait se l’imaginer. Je le désirais, je pensais sans cesse à lui, je m’inquiétais pour lui et j'étais prête à donner ma vie pour lui. Devais-je lui avouer? J’étais partagée entre la réserve et le dévoilement. Sa confession semblait très sincère, mais je considérais qu’il était peut-être trop tôt pour exprimait des paroles aussi profondes.

C’est alors que sa voix me fit revenir à la réalité. L’éladrin m’avoua qu’il me désirait, et qu’il comprenait que le décès de Nassim m’avait ébranlé. Et comment? Depuis sa mort, j’avais l’impression de pleurer sans arrêt. À vrai dire, je me sentais très gênée que Flynn m’ait vu dans un tel état de faiblesse. Je savais que ça le chagrinait, mais malheureusement, j’étais loin d’avoir fini mon deuil, tourner la page était plus facile à dire qu’à faire.  C’est alors qu’il me confia que sa vie prenait une autre direction, et il m’exprimait ses sentiments non pas pour me piéger, mais parce qu’il avait besoin de mon aide. Soupirant,  il termina par: « Je peux comprendre que ça ne soit pas réciproque, mais ne pense pas que je fais ça que pour avoir une femme dans mon lit. Pour ça, je sais y faire, et je n’ai pas besoin de courtiser mon Capitaine. C’est bien parce que tu es différente, parce que tu es ce que tu es, que je n’arrive pas à te sortir de ma mémoire, que je suis là, devant toi, à te dire que tu as laissée ton empreinte sur moi et que je ne peux pas m’en défaire… ». C’était si beau ce qu’il venait de dire. Profondément émue, je le dévisageais en silence, tandis que mes yeux brillèrent d'une flamme nouvelle.D'un petit soupir, je demandais en souriant tendrement : « Que vais-je faire de toi?». J’eus un rictus et après un instant, je décidais de me lever et de m’approcher de lui, sans crainte ni gêne. Je déposais mes mains sur les siennes, et je me penchais vers l’avant, comme pour l’embrasser. À présent, mon visage était si proche du sien, qu’il pouvait percevoir le grain de ma peau. D’un doux sourire, je soufflais sur ses lèvres : « Comment fais-tu pour émouvoir mon cœur à ce point? Tu as un sacré don, matelot. Jamais personne ne m’a dit d’aussi belles paroles.».

 Soutenant langoureusement son regard, mes mains vinrent caresser ses bras jusqu’à son cou, puis j’embrassais sa joue droite. Doucement, je murmurais à son oreille : « Quand Nassim est mort, j’ai cru mourir avec lui. C’était comme si le monde s’était écroulé autour de moi. C’est alors qu’à travers ses ténèbres, tu es apparu. Tu fus le seul à me soutenir, à m’aider.  Depuis, tu n'as pas cessé de veiller sur moi, sans me juger. Merci…»  Je vins embrasser son autre joue. À son oreille gauche, je continuais: «Merci d’avoir vu en moi bien plus qu’une corsaire, Flynn. Malgré ma vulnérabilité, tu m’as respecté comme nulle autre. Disant cela, je reculais légèrement ma tête pour plonger mes yeux turquoise dans les siens. Après un bref silence, j’avouais en le contemplant : « c’est pour cela que tu me plais. Tantôt, je t’ai dit que je te considérais comme l’un de mes plus fidèles et dévoués amis, ce qui est vrai. Toutefois…mon sourire se fit timide. Je ne peux m’empêcher aussi de te désirer. Je pense souvent à toi, et j’aime t’avoir à mes côtés. Je sens que tu me comprends et ta présence me fait le plus grand bien…». Après un instant, mon regard fut inexorablement attiré par ses lèvres, je vins les effleurer du bout des doigts en murmurant : «ainsi que tes étreintes…». Je faillis l’embrasser, mais je me retins de justesse. Je savais que dès l’instant où je poserais mes lèvres sur les siennes, je m’enflammerais, tout comme lui. Mon corps en entier aspirait à ce qu’il me prenne et m’amène dans mon lit. Dans ses bras, je voulais goûter à nouveau au plaisir, à la jouissance, mais…contrairement à Nassim, Flynn n’était pas eunuque et je ne me sentais pas encore prête d’aimer jusqu’au bout. L’acte en tant que tel me terrifiait, dû au viol collectif que j’avais subit. Je devais le lui dire. À contrecœur, je m’éloignais un peu en disant: « tu m’attires Flynn, énormément, mais ce soir, je ne pourrais  te donner plus.» Voyant son air interrogateur, je soupirais et je confiais: «tu sais ce que j’ai vécu. Alors, tu dois savoir que je n’ai laissé aucun homme me toucher pendant dix ans, à l’exception de Nassim. Or, Nassim était…un eunuque. Aye, je sais, c’est surprenant, mais c’est ainsi. Il a été très patient avec moi et progressivement, il a réussi à m’apprivoiser.» Je mordis nerveusement mes lèvres, et après une profonde inspiration, je continuais : «Grâce à ses caresses, j’ai réussi à vaincre un peu ma crainte d’être touchée, mais pas entièrement. Ça me sécurisait de savoir qu’il ne pouvait s’unir à moi. Dans ses bras, je n’ai jamais affronter ma peur de... revivre ça…je…». Nerveuse, je baissais les yeux et je marmonnais : «j’ai besoin de temps...». Je soupirais une seconde fois, et croisant son regard, je dis : «la question est de savoir : es-tu prêt à faire preuve de patience?».


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 28 Avr 2016 - 11:04


J’eus un petit sourire à son aveu. Oui, j’étais convaincu qu’elle n’était pas forcément la femme la plus facile à vivre qui puisse exister, mais ce n’étaient pas le genre de critère sur lequel le cœur se basait nécessairement pour faire ses propres choix. Cassiopée était une femme qui représentait surtout tout ce que je pouvais aimer en ce monde, et même si j’avais eu de sincères sentiments pour Nora, la capitaine de ce navire avait réussi à lui voler mon cœur, probablement aidé par la distance entre l’Aasimar et moi. Ainsi allait l’existence, je le savais, je n’avais pas passé autant d’années sur ces terres et ces mers sans apprendre certaines choses, mais, je devais l’admettre, je ne m’étais jamais laissé emporter par mes sentiments. Apparemment, il fallait une première fois pour tout. Je ne garantissais pas que ces sentiments étaient faits pour durer, mais ils étaient sincères et véritables, j’en étais convaincu. Maintenant, je restais l’homme que j’étais, et, en même temps, je savais que Cassiopée était probablement l’une des rares à pouvoir réellement me comprendre et j’étais convaincu qu’elle m’accepterait comme j’étais, ce qui aurait peut-être été difficile, sur le long terme, pour Nora. Mais repenser à l’Aasimar ne me laissait pas indifférent et j’étais conscient que je devais assumer mes responsabilités vis-à-vis d’elle et de mes enfants. Néanmoins, je devais d’abord mettre les choses au point ici, dans cette cabine, et dire ce que j’avais sur le cœur, quoi que cela puisse déclencher. Alors, face à face, je dis ce que j’avais à dire, sans trop réfléchir, juste en prenant les mots comme ils venaient. Mes sentiments pour elle, le désir qu’elle pouvait susciter en moi, bref, la vérité, tout simplement. Je n’avais rien à cacher, plus maintenant, parce que j’étais déjà allé trop loin et qu’il valait mieux que je dise, désormais, tout ce que j’avais sur le cœur.

J’avais une petite idée, infime plutôt, de ce que pouvait ressentir Cassiopée, que ce soit vis-à-vis de Nassim ou vis-à-vis de son passé et j’étais conscient de ce que je pouvais lui infliger, mais je préférais être franc avec elle plutôt que de refouler complètement ce que j’avais au fond de moi. A vrai dire, je m’étais attendu qu’elle me repousse, gentiment, mais fermement, quelque soit sa raison, toutes auraient été bonnes pour moi. Je savais qu’elle n’avait pas vraiment terminé le deuil de Nassim et, pire encore, j’étais presque convaincu que ce qu’elle avait vécu par le passé la hantait encore aujourd’hui. Quand elle me demanda ce qu’elle allait faire de moi, je la regardais avec un léger sourire, curieux de connaître sa réponse, le fond de sa pensée, mais je ne pus m’empêcher de retenir une pointe d’humour, fidèle à moi-même. « J’aurais bien une idée, mais… » Mais elle était hors de propos, et mon regard en disait long sur ce qu’aurait pu être cette idée, mais, surtout, et principalement, sur le fait que je ne comptais pas du tout la mettre en application. Sauf, peut-être, si elle me sautait dessus, auquel cas, je n’aurais probablement pas protesté, ou du moins, pas fortement. Elle s’approcha, si près que je pouvais sentir le parfum de sa peau commencer à m’enivrer, et, sans la quitter du regard, je la défiais presque d’avancer davantage, mais elle n’en fit rien. Si elle l’avait fait, elle m’aurait peut-être déçue, ou du moins me rassurais-je ainsi. J’haussais les épaules lorsqu’elle me demanda comment je faisais pour l’émouvoir avec mes mots. La vérité avait ce pouvoir et, aussi, le baratineur que j’étais aidait également, mais je ne la baratinais pas pour la mettre dans mon lit et la sincérité était peut-être pour beaucoup dans ce résultat.

Quand elle posa ses mains sur moi, je sentis un frisson remonter le long de ma colonne vertébrale, et je me tendis légèrement lorsqu’elle déposa un baiser sur ma joue droite avant de prendre la parole, murmurant à mon oreille. Le deuil de Nassim l’avait frappée et la frappait encore, je le savais. Je n’étais pas convaincu d’être une lumière dans les ténèbres, mais je réfrénais mon envie de le lui faire remarquer. Elle embrassa alors mon autre joue, avant de me remercier une nouvelle fois. Son regard croisa à nouveau le mien et je luttais légèrement pour ne pas poser mes mains sur ses hanches, préférant les garder paume contre le bureau, pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu. Elle posa un doigt sur mes lèvres, concluant ainsi une tirade dans laquelle elle m’avouait apprécier ma présence, mes… étreintes. Une lueur de surprise accrocha mon regard. Il était vrai que je l’avais prise dans mes bras à plusieurs reprises, sans que cela soit réellement conscient, mais ces instants n’avaient pas été désagréables. Quand elle avoua finalement une certaine réciprocité à mes sentiments, je ne décrochais pas mon regard d’elle, même lorsqu’elle s’écarta, même lorsqu’elle parla de son passé, de ce qu’elle avait vécu, ni même quand elle évoqua Nassim, ses caresses. J’étais jaloux de cet homme, je le savais. C’était idiot d’ailleurs, vu qu’il était mort désormais, mais il avait eu beaucoup de chances, malgré tout. Néanmoins, je comprenais parfaitement la position de Cassiopée. Aussi, quand elle me demanda si j’étais prêt à faire preuve de patience, je me redressais, posant les pieds à terre avant de me rapprocher à mon tour, passant une main dans ses cheveux, avec douceur et lenteur, pour ne pas la brusquer. Et, je savais déjà que je n’irais pas plus loin ce soir. « Je ne te demande rien Cassiopée. Ni de passer la nuit avec moi, ni de t’abandonner dans mes bras. Je voulais juste que tu saches ce que je ressens pour toi, je te respecte trop pour te mentir. » J’esquissais un léger sourire avant de m’écarter à peine. « Je ne peux qu’imaginer ce que tu as vécu et combien ça doit être difficile pour toi, et je peux te promettre que je ne te pousserais jamais à faire quelque chose dont tu n’as pas envie. J’ai des sentiments pour toi et je te respecte trop pour cela, crois-moi. » Je m’adossais à l’angle du bureau, sans la quitter des yeux. « Patient ? Je l’ai toujours été. Je n’irais pas plus vite que le rythme que tu voudras imposer et même si tu me disais que tu préférais laisser les choses comme elles sont maintenant, je ne t’en voudrais pas. Tu es maître de ta vie comme tu es maître de ton navire. Je fais partie de ton navire et, en moi, je me dis que j’aimerais être une partie de ta vie également, mais je ne t’imposerais pas ma présence. Encore une fois, si je t’ais dit cela ce soir, c’était parce que je te devais la vérité, pas pour obtenir le droit de partager ta couche ce soir. » J’esquissais un sourire malicieux et lui fit un petit clin d’œil. « Même si ton matelas est quand même plus agréable que mon hamac. »
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Sam 30 Avr 2016 - 21:47


À ma question, il descendit de mon bureau et s’approcha de moi. Je faillis reculer, mais je me retins, en ne décrochant pas mon regard de lui. C’est alors qu’il vint caresser très doucement ma chevelure en affirmant qu’il ne me demandait rien. Profitant de cette caresse, je fermais les yeux. Ses aveux avaient pour but de me dire que la vérité sur ses sentiments, et non pas de passer la nuit avec moi. Le regardant, je souris légèrement. Il me rendit mon sourire et recula un peu, tout en gardant une certaine proximité. La suite de ses paroles fit briller mon regard. Autrefois, Nassim m’avait dit des paroles similaires. Ses mots me revinrent en mémoire : « Si un jour tu désires plus, cela sera selon ta volonté, pas la mienne.». Ah, Nassim…Je sentis mon cœur saigner, la tristesse revint à la charge, mais cette fois, je ne laissais rien paraître. J’étais ici, et maintenant, avec Flynn. Celui-ci venait de me certifier qu’il me respectait trop pour me forcer la main, même s’il avait des sentiments pour moi. Je faillis le remercier, mais il me devança par une longue tirade. Pendant qu’il parlait, je m’étais assise sur l’un des dossiers du fauteuil, en l’écoutant avec attention, la tête légèrement penchée sur le côté. Bref, Flynn m’assurait qu’il allait respecter mon rythme et même si je décidais de ne pas approfondir notre relation, il ne m’en tiendrait pas rigueur. C’est vrai, j’étais le maître de ce navire, et ma vie était remplie de mystères, de secrets, et il était rare que j’eusse laissé quelqu’un entré dans mon existence aussi facilement. La majorité de mes hommes me connaissaient seulement comme leur capitaine, ils ignoraient qui j’étais vraiment. Pour le reste, mes compagnons de longue date, ils ignoraient mon passé avant que je devienne mousse. Je n’avais pas jugé nécessaire de leur en parler. Désormais, Flynn connaissait plus sur moi que n’importe quel membre de mon équipage. C’est avec confiance que je lui avais presque tout révélé. Le regrettais-je? Non, mais je trouvais qu’il en avait dit bien peu sur lui, à l’exception de ses sentiments. Étant de nature secrète, même fermée, j’imagine que c’était déjà beaucoup pour lui. Je ne pouvais le brusquer, mais j’étais convaincue qu’il me confierait progressivement son passé. Je devais faire preuve de patience, tout comme lui. Toutefois, était-il réellement patient?

Aye, il avait dû faire preuve d’une grande patience pour maîtriser le lancer du couteau, mais qu’en était-il de patienter pour s’unir à une femme qu’il désirait? Cela demandait une autre forme de patience, et j’étais presque persuadée que c’était la première fois qu’une femme lui demandait d’attendre. Même Nora  semblait rapidement s’être offerte à lui et avec raison. Notre beau baratineur dégageait une grande sensualité, c’était difficile de lui résister. Quoique…étant une femme très contrôlée, enfin habituellement, je risquais d’être tout un défi pour Flynn. Cette pensée me fit sourire, et à son dernier commentaire, je levais un sourcil en répliquant moqueuse : «Es-tu en train de critiquer mes hamacs, matelot? Sache que tu ne trouveras pas de plus confortable! J’ai choisi la meilleure qualité, car un bon sommeil est essentiel pour le corps, mais ça, tu as pu le constater ce matin à ton réveil, n’est-ce pas?». Disant cela, j’eus un rictus et jetant un coup d’œil à mon lit, je continuais un peu arrogante: «j’admets qu’étant Capitaine, j’ai le privilège de bénéficier bien plus qu’un hamac.». Ce fut à mon tour de lui sourire malicieusement, et je me levais pour m’approcher une nouvelle fois de lui. Soutenant intensément son regard, je pris sa main et je vins embrasser légèrement ses jointures en soufflant : « ça serait égoïste de ma part de dormir seule, n’est-ce pas?».  Aguicheuse, je m’approchais encore plus de lui, m’amusant un peu, comme un chat qui agace une souris. Étreignant son cou, mes seins vinrent se coller doucement à son torse. D’un sourire charmeur, je chuchotais : « Ça serait si tentant de se retrouver ensemble dans ce lit. Imagine, toi et moi, l’un contre l’autre, ta main caressant ma tignasse, et la mienne caressant ton torse, tout doucement…». Ma main se faufila à l’embrasure de sa chemise, je caressais sa peau grise et douce. Le sentant se tendre, mon sourire s’élargit et je levais un œil langoureux vers lui. Il y eut un silence, puis mes doigts montèrent à son cou, puis à sa joue, et je dis d’un petit soupir : « Dommage…nous allons devoir repousser ce moment, car vois-tu, il n’y a personne qui fait le quart de nuit. Alors, au mât de misaine, matelot!». Disant cela, je lui pinçais gentiment le nez et je me rassis à mon fauteuil, tout en reprenant la lettre du commandant Domix Le Septième.  J’allais devoir la relire et prévoir les préparatifs de retour. Plusieurs choses restèrent à organiser et je préférais ne pas m’attarder au Boyou. Pourquoi voulais-je partir si tôt? Premièrement parce que le temps me manquait et deuxièmement, j’avais besoin de prendre du recul sur ce qui venait de se passer. Le temps et la distance viendraient clarifier mes sentiments pour Flynn et vice versa. Bien sûr, je n’en soufflais mot à l’éladrin, qui se tenait toujours debout, proche de mon secrétaire. Rivant mon attention vers lui, je dis d’un doux sourire : « Allons, l’heure n’est plus aux caresses, mais au travail. Comme tu l’as dit, je suis le maître de ce navire et ça m’oblige à endosser de nombreuses responsabilités. Être capitaine c’est une vocation et je dois faire passer mon équipage avant mon propre bonheur. Enfin, pour l’instant…». J’expirais profondément, puis d’un regard affectueux, je soufflais : «Je te souhaite une bonne nuit, Flynn et merci encore.». Nos regards se soutinrent pendant un instant et compréhensif, il me laissa seule.

Une fois la porte refermée, je soupirais profondément en me massant les tempes. Bon sang, quelle soirée chargée d’émotions! J’espérais ne pas revivre ça,  mon cœur pesait lourd dans ma poitrine. Repensant à ce départ imprévu, je me dis avec appréhension que j’allais sûrement le regretter. Flynn commençait déjà à me manquer. Diantre, n’étais-je pas une femme indépendante? Ce besoin de l’avoir à mes côtés allait me rendre folle! Secouant la tête, je me concentrais sur mes priorités : vérifier si nos rations étaient suffisantes pour une telle traversée et s’assurer qu’Edward serait prêt à collaborer. Celui-ci était enfermé depuis deux jours à fond de cale, et je n’en ressentais aucune culpabilité. Après tout, il l’avait bien cherché! Je revis les yeux améthyste du marin, triste et désespéré, et mon cœur se serra. Qu’allais-je faire de lui? Le bannir comme convenu ou lui pardonner? Je l’ignorais encore, mais chaque chose en son temps. Soupirant, je décidais de me concentrer sur la lettre de Bélin, et par après, j’observais longuement ma carte pour décider du meilleur chemin à suivre.  Rester au sud serait trop dangereux, nous bifurquerons vers le nord-Est pour mettre  le cap vers l’Est. Décidée, je sortis de ma cabine pour me diriger aux cuisines. Comme toujours, le cuistot nommé Yeng, un homme venu d’Hokusaï aux longs cheveux noirs et aux yeux bridés était en train de préparer le repas du lendemain. C’était un excellent cuisinier, calme et gentil, et il représentait tout ce que j’avais aimé à Hokusai.  Ensemble, nous firent le tour du garde-manger et des barils d’eau, je fus soulagée de constater que nous en avions assez pour un second voyage. Yeng me félicitait de ma prévoyance. Reconnaissante, je lui souris en complimentant : « C’est à moi de te féliciter, mon ami. Ce mur d’herbes et de légumes est un vrai succès! ».Le cuistot hocha vigoureusement de la tête et tourna un œil attendri au mur en question, où il avait planté un potager à la vertical. Il le fertilisait à l’aide d’excrément de poissons provenant de son aquarium de fortune. Il appelait cette expérience « permaculture aquatique», ce qui me faisait sourire à chaque fois. Néanmoins, je trouvais ce concept génial et utilitaire, d’autant plus que ça me permettait de bien nourrir mon équipage.





Yeng me proposa une tasse de thé vert, que j’acceptais avec joie, et revigorée, je me dirigeais à fond de cale. Edward était endormi sur le banc, proche de Bernard. Leurs barbes étaient rendues drus, leur hygiène laissait à désirer, ce qui était compréhensible. Les observant, j’eus une moue amère, tous les deux m’avaient fortement déçu. Au moins, j’avais besoin seulement d’Edward, je n'avais que faire de Bernard, il resterait dans ce trou une semaine ou deux. Entendant la porte s’ouvrir, ils se réveillèrent en sursaut. Me reconnaissant, Edward écarquilla les yeux avec surpris en bafouillant : «Ca…Capitaine?». J’acquiesçais de la tête et je vins enlever ses chaînes en disant : «tu es libre. Suis-moi.».  Voyant que je ne le libérais pas, Bernard se leva à moitié et s’exclama dépité : «Capitaine, je suis désolé de vous avoir insulté! Vraiment désolé.  S’il vous plaît, libérez-moi!». Je me crispais et sans même un regard je répliquais : «Je n’ai que faire de tes excuses.». Sans autre mot, je refermais la porte, et devançant Ed, je le conduisis sur le pont. Une fois rendu, je me tournais pour dire froidement : «Je ne t’ai pas pardonné, mais tu pourras peut-être te racheter.». Une lueur d’espoir illumina ses yeux mauves, il s’avança en répondant : « Je ferais tout ce que tu veux, Capitaine.». M’approchant, je confiais d’un murmure: « Au crépuscule, tu resteras à terre pour obtenir des informations sur Sharim. Tu ne seras pas seul, il y aura d’autres hommes qui t’accompagneront, dont Flynn.». Soucieuse, je dis d’une voix presque chevrotante: « Au péril de ta vie, je veux que tu le protèges, Ed. Si tu échoues, tu ne pourras remettre ton pied à bord. Compris?». Soutenant mon regard, Edward acquiesça lentement de la tête en soufflant : «À vos ordres, Capitaine.». Il revêtait un visage neutre et soumis, mais à l’intérieur, il bouillait de jalousie. Bref, j’étais prête à le sacrifier pour cet éladrin, qui visiblement, avait su gagner mon cœur. En colère, ses poings se crispèrent, mais il eut l’intelligence de se taire. Soulagée, je reculais en commandant : « Va te laver et après, tu feras le quart du matin.». Comme un automate, le marin opina de la tête et s’éclipsa à la cale.  Je soupirais, fatiguée, mais satisfaite. Je n’avais pas vu la nuit passée. Mes yeux se rivèrent sur l’horizon flamboyant, le vent soufflait légèrement, faisant virevolter ma chevelure de feu. C’est alors que je sentis quelqu’un me dévisager, mon cœur battit la chamade. Levant la tête,  je croisais le regard gris de Flynn et après un instant, je lui souris avec tendresse. Narquoise, je m’exclamais : « As-tu une petite place de libre à tes côtés? La vue est toujours plus belle d’en haut!».


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mer 4 Mai 2016 - 17:34

Lui révéler mes sentiments n’avait pas été une chose aisée, également parce que je me sentais vulnérable et que je n’appréciais pas nécessairement cette sensation. Cassiopée ne semblait pas être le genre de personne à vouloir profiter de ce genre d’avantage sur quelqu’un, mais je ne pouvais pas non plus complètement juger d’elle. Je savais déjà pas mal de choses au sujet de son passé, de ce par quoi elle avait pu passer, mais, en reconnaissant ce qu’elle représentait pour moi, elle pouvait également utiliser cela pour me tenir en laisse, en quelque sorte, même si je préférais imaginer que ses sentiments étaient réciproques et que, peut-être, nous trouverions un moyen de développer cette situation. J’étais prêt à patienter le temps nécessaire, cela n’avait jamais été un problème, même si j’aurais du mal à départir mes rêves de sa présence, parfois ô combien érotique, mais j’étais un adulte et je savais me maitriser, n’est-ce pas ? En tout cas, ce n’était pas moi que l’on prendrait à forcer une femme à faire des choses dont elle n’avait pas envie. Quand elle déforma mes propos, j’esquissais un léger sourcil, en guise de surprise, quel jeu jouait-elle donc ? « Si tu veux partager mon hamac, libre à toi. » Entrer dans son jeu n’était pas difficile, oubliait-elle à qui elle avait à faire ? Elle se débrouillait probablement plutôt bien avec la répartie, mais, dans ce domaine, je n’étais pas certain de pouvoir trouver meilleur que moi. Après tout, c’était ce qui m’avait sauvé la peau à de nombreuses reprises. J’esquissais un sourire taquin qui s’effaça alors qu’elle s’approchait encore davantage, mentionnant son privilège d’avoir un lit, plutôt qu’un hamac et qu’il serait égoïste de ne pas le partager. Où voulait-elle en venir ? Je me tendis légèrement, mon regard dans le sien, cherchant dans ses prunelles les réponses à mon interrogation.

Elle se lova contre moi, passa ses mains autour de mon cou, mais quelque chose clochait. Mes mains étaient restées sagement contre mon corps, tandis que je la dévisageais avec étonnement. Son chuchotement déclencha un frisson le long de mon échine. Ce qu’elle disait était tellement tentant, mais je ne pouvais m’empêcher de voir là un stratagème quelconque, particulièrement parce que cela ne collait pas avec ce qu’elle venait de me dire. « Capitaine… ? » Il y avait une pointe d’inquiétude dans ma voix, et je l’avais appelé ainsi peut-être pour mettre un terme à ce qui se passait. Je ne savais pas si elle voulait éprouver ma résistance ou mes propos, mais je comptais tenir ma promesse implicite, même si, je devais l’avouer, si elle devait me tenter ainsi à chaque fois, il me serait difficile de tenir. Elle acheva finalement son petit jeu, annonçant que nous devrions remettre cette plaisante idée à une autre fois, puisque personne n’était de quart pour la nuit. Soulagé, en quelque sorte, j’esquissais un léger sourire quand elle me pinça le nez, visiblement contente de sa propre farce. Je savais que ce fameux quart m’incomberait et je n’y voyais pas d’inconvénient, après tout, je devais faire ma part à bord, n’est-ce pas ? Je ne lui reprochais rien, même si j’essayais de voir dans son petit jeu juste une plaisanterie et non autre chose. J’espérais simplement qu’elle ne se jouait pas de moi. Sirèna me rappela à la réalité et j’esquissais un autre sourire pour lui assurer que je ne lui en voulais pas de faire ce qui était juste. Mon regard s’adoucit légèrement quand elle me souhaita bonne nuit et me remercia une nouvelle fois. « Bonne nuit, Cassiopée. » Je la saluais et fit demi-tour, il me fallait prendre mon quart, mais pas sans un morceau de pain pour me caler l’estomac.

La nuit avait été tranquille au sommet du mât de misaine, peu de nuages à l’horizon et la lune éclairait suffisamment pour assurer que rien ne viendrait troubler la lune. J’en profitais pour réfléchir à tête reposée de ce qu’il venait de se passer : la lettre de Nora, ses enfants, nos enfants, Cassiopée. Ma vie était un capharnaüm sans nom et il était peut-être temps d’y mettre bon ordre, mais je ne savais juste pas comment m’y prendre. Ecrire à l’Aasimar était une excellente idée, mais je ne savais pas dans quelle mesure cela pourrait bousculer Nora. Elle me croyait mort et la dernière chose que je voulais, c’était qu’elle n’accoure pour me retrouver. Mais mes enfants méritaient de connaître la vérité et, surtout, je devais m’assurer qu’ils ne manquent de rien. Lui faire parvenir ma paie serait le minimum des choses à faire, mais sans lui dire que j’étais en vie, cela serait difficile. La nuit était alors passée, moi pensant à toutes ses choses sans réellement trouver de solution, mais conscient qu’il allait falloir que j’en trouve une, et, surtout, sans pouvoir m’ôter de l’esprit cette fameuse crinière rousse et ces yeux turquoise. Ce fut d’ailleurs cette dernière qui attira mon attention à l’aube. Baissant les yeux, je la vis sur le pont, avec Edward. Visiblement elle l’avait libéré, une bonne nouvelle. Alors que ce dernier s’éclipsait, elle leva les yeux, constatant que je l’observais depuis un petit moment et son sourire me fit le plus grand bien. Sa question me fit sourire. « Aux dernières nouvelles, c’est votre navire, Capitaine, pas le mien. Il y a toujours une place pour vous où que vous le vouliez. » J’attendis qu’elle me rejoigne, observant le soleil qui commençait à pointer ses premiers rayons à l’horizon avant qu’elle n’arrive à ma hauteur. Visiblement, je n’avais pas été le seul de quart pendant le reste de la nuit. « A quoi bon avoir un lit si ce n’est pas pour s’en servir ? » J’esquissais un sourire, l’air taquin. « J’espère juste que ce n’est pas à cause de moi. » Je le pensais sincèrement, l’idée qu’elle ait pu passer une nuit blanche par ma faute ne me faisait pas particulièrement plaisir.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Ven 6 Mai 2016 - 20:31


Son sourire me fit chaud au cœur, il ne semblait plus tenir rancœur de mon mensonge ni de ma colère de la veille. Vif d’esprit, il me répondit :«Aux dernières nouvelles, c’est votre navire, Capitaine, pas le mien. Il y a toujours une place pour vous où que vous le vouliez.» Mettant une main en haut de mes yeux, je le dévisageais et après un instant je répliquais du tact au tact d’un ton narquois :«Ta perspicacité m’étonnera toujours, Flynn.». Je ricanais un peu, et commençant à monter, je narguais gentiment : «Même si tu m’avais refusé cette place, je serais quand même venue, car personne ne peut m’empêcher d’observer un sublime coucher du soleil.». Disant cela, je rivais mon attention vers l’horizon, tout en m’accrochant à un cordage. Par Uria, c’était si beau! Soupirant d’aise, je continuais  mon ascension, faisant un avec le vide. Si Flynn était aussi agile qu’un singe, moi j’étais une vraie tigresse. Ma souplesse et mon agilité étaient imbattables sur mon navire, enfin, presque…je n’avais pas encore mesuré mon aptitude à grimper à celle du bel éladrin, qui était adossé nonchalamment sur le mât de misaine, admirant l’horizon. Le rejoignant, je sentis les rayons du soleil réchauffer ma peau basanée. Paisible, je fermais les yeux un bref instant. Mon être se délectait de recevoir cette lumière énergétique et revigorante.  Je ne ressentais même plus la fatigue. 

C’est alors que la voix du marin me fit sortir de ma douce méditation.« A quoi bon avoir un lit si ce n’est pas pour s’en servir ? ». J’ouvris les yeux et je tournais un regard un peu perplexe vers lui. Avais-je l’air à ce point fatiguée? C’est alors qu’une stupide peur m’envahit, propre au genre féminin. Tournant mon regard vers l’horizon, je me reprochais intérieurement : «j’aurais dû prendre le temps de m’arranger. Avec mes cernes et ma tignasse rebelle, je dois avoir l’air d’une harpie broussailleuse.». Inconsciemment, je passais mes doigts dans ma chevelure pour l’arranger un tant soit peu, tandis que Flynn demanda taquin:  « J’espère juste que ce n’est pas à cause de moi. » . Aurais-je perçu dans ces propos une note d’inquiétude? Surprise, je croisais son regard et je le scrutais d’un court silence. D’un regard rassurant, je hochais négativement de la tête en répondant: « Non, Flynn, tu n’es pas la raison de ma nuit blanche.». J’admets que notre conversation m’avait ébranlé, mais ce n’était pas lui qui allait m’empêcher de dormir, bien au contraire. Les deux fois où je m’étais endormie proche de lui, je n’avais rêvé à aucun cauchemar, résidu de mes terribles souvenirs. Sa présence était un havre de paix pour mon âme meurtrie. Le dévisageant, je souris doucement et m’assoyant sur le rebord, je dis : « c’est certain que si j’avais décidé de dormir au lieu d’organiser d’importants préparatifs, j’aurais eu du mal à trouver le sommeil, mais encore là, ça n’aurait pas été à cause de toi.». Rivant mes yeux limpides vers la lente procession du soleil, j’avouais d’un chuchotement : «Depuis la mutinerie, je dors très mal, surtout quand je suis seule. Toutefois, quand je quitte mon lit pour me retrouver sur ce mât, je retrouve mon calme. La mer me rend plus sereine et ses vagues m’endorment. Que ferais-je sans elle?». Je soupirais, et me penchant vers l’avant, j’admirais les contrastes lumineux brillants à la surface de l’eau. Éblouie, je soufflais : «Elle est magnifique, n’est-ce pas?».

Je fis silence, tout en m’adossant sur le mât en question. Croisant mes bras derrière ma tête, je continuais paisiblement: « Souvent, la mer nous apporte les réponses à nos questions, mais parfois, on doit les trouver par d’autres chemins». Sur cette parole, je tournais mon regard vers lui, et d’une voix profonde, j’informais : «Te concernant, je crois que c’est aussi le temps et l’expérience de vie qui vont t’apporter des réponses. Qui vont te guider sur comment agir avec Nora et tes enfants. Quant à moi…». Je souris doucement en murmurant : «Tu auras toujours ta place à mon bord et à mes côtés, mais avant, je crois important que tu règles avec Nora cette situation, avant quoique se soit d’autre. Je sais que c’est dur, mais c’est ce genre d’épreuves qui nous apportent beaucoup. Je suis persuadée que tu trouveras le courage nécessaire pour agir comme il se doit, tout en sachant écouter ton cœur.». Sur ses mots, j’eus envie de l’étreindre, mais je me retins. Hier soir, j’avais agis comme une tentatrice, mais ce n’était plus nécessaire à présent. En fait, mon attitude aguicheuse avait été un test. Ma mère m’avait dit un jour : «ma fille, méfie-toi. Les hommes parlent beaucoup, et agissent peu.». Alors sur ce conseil, j’avais testé Flynn, et heureusement pour lui, il avait passé le test. L’éladrin avait tenu parole et il n’avait pas cédé. Je pouvais compter sur lui, il devait maintenant être patient. Le temps ferait le reste, j’en étais persuadée.

 Des voix se firent entendre en bas. Mes hommes se réveillaient, et malgré eux, leur arrivée vint briser notre quiétude.  Mon regard se riva vers eux et pendant un instant, je me pris à les observer. Est-ce moi où ils étaient rendus lourdauds? Où étaient passés mes vaillants guerriers? Jouer les pirates ne les scia guère. Jetant un coup d’œil à Flynn, je marmonnais : «Diantre, regarde-les! De vrais flancs-moues!». Claquant la langue, je dis fermement : «un coup de pied dans le cul s’impose.». Me levant, je commandais : « Ed, au quart. Messieurs, affalez les bonnettes, choquez le cordage et brassez les voiles à l’ouest! Placard la grand-voile et le foc! ». Je me déplaçais sur le marchepied, mes ordres abondaient : «Gamin, distribue la marmite. Après, astique les canons et nettoie la cale. Gabier à la mâture! Pour le reste, à vos tâches respectives. Exécution!». À mon ton autoritaire, ils s’empressèrent d’exécuter mes ordres. Pendant qu’Edward montait pour remplacer Flynn, je me tournais vers celui-ci en commandant: «aide les hommes en hauteur.  À midi, viens me rejoindre sur la dunette. J’ai une mission pour toi.». Je lui fis un clin d’œil, et  sans autre mot, je descendis le mât, tout en croisant Ed qui montait. À lui aussi, je demandais qu’il vienne me rejoindre, même heure et même lieu que Flynn. Rendu sur le pont, je fis pareille pour quatre autre hommes. Aussitôt dit, je me dirigeais vers le gouvernail. Prenant mon navire en main, je rivais mes yeux vers l’horizon et j’aperçus au-delà de la brume lumineuse, des récifs, menaçants à souhait. Certes, ce n’était pas une trompe marine, mais ils pouvaient aussi bien nous couler par le fond. Habillement, j’effectuais cette délicate manœuvre, la coque passa à quelques centimètres des roches coupantes, sans les frôler. Soupirant de soulagement, je levais les yeux vers mes grimpeurs, Flynn était parmi eux. Je souris, puis je sentis mon cœur se serrer. J’appréhendais notre séparation comme jamais, mais je n’avais pas le choix. Comme je lui avais dit, je passais le sort de mon équipage avant mon propre bonheur. Ainsi était le devoir d’un capitaine.


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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Dim 8 Mai 2016 - 15:28


Nos nuits respectives n’avaient probablement pas été de tout repos, et, pour être honnête, mon état n’était pas beaucoup plus reluisant que le sien, même si, à ma décharge, j’avais passé la nuit au grand air, ce qui était probablement un peu mieux et, surtout, j’avais l’excuse d’avoir dû faire le quart de nuit, ce qui n’avait pas été son cas. « Admirer un lever de soleil ? Diantre ! Moi qui pensais que vous veniez m’admirer moi ! Je suis déçu ! » J’avais répondu avec une petite mine boudeuse. J’étais conscient de mon physique et, après cette nuit, j’avais conscience que je ne la laissais pas indifférente, mais je m’amusais juste comme à mon habitude, moi et ma fidèle répartie. Certes, je m’imaginais plus beau que la moyenne – et c’était probablement justifié – mais j’étais suffisamment modeste et absolument pas narcissique pour éviter de sciemment le rappeler au monde. Ma répartie et mon humour était une partie de moi, et, soyons honnête, j’en avais un peu besoin après une nuit comme celle-ci. J’appréciais aussi le lever de soleil à sa juste valeur, surtout lorsque j’étais en mer. Ces couleurs étaient toujours apaisantes et, après la nuit, sentir sa peau se réchauffer n’était pas désagréable, même si la caresse du soleil ne valait pas la douceur de la peau d’une femme, mais ça, c’était une autre histoire. J’observais Sirèna monter au mât, avec souplesse et une grâce presque féline, ce qui ne manquait pas de charme, mais je préférais garder cela pour moi-même. Aux dernières nouvelles, elle était ma Capitaine, surtout devant ses hommes, et ce n’était pas moi qui allais commencer à jouer un petit jeu aux yeux de tous. Et aussi parce que je savais que je pouvais finir à la cale pour ça, et qu’honnêtement, cela ne m’intéressait pas le moins du monde.

Elle me rassura un peu lorsqu’elle m’avoua que ce n’était pas de ma faute si elle semblait ne pas avoir dormi de la nuit. Nous avions partagé des choses qui retournaient les esprits et je m’en serais voulu si elle n’avait pu fermer l’œil de la nuit à cause de ça. Mais, visiblement, diriger ce navire lui sapait plus d’heures de sommeil que je ne l’aurais cru, à quoi avait-elle pu donc bien réfléchir ? Je restais silencieux lorsqu’elle confessa mal dormir depuis la mutinerie et le viol qu’elle avait subi. C’était compréhensible, mais, malheureusement, il n’y avait pas grand-chose que je puisse faire pour la soulager, aussi avais-je simplement détourné le regard, avec un léger sourire, indiquant que j’étais désolé pour elle. « La mer est toujours magnifique, quels que soient ses atours. Mais rassurez-vous, vous n’êtes pas mal non plus. » Mon sourire était devenu un peu plus taquin, mon regard également, faisant un peu référence à l’aspect un peu négligé qu’elle pouvait avoir, mais qui était largement compréhensible. Qui plus est, je n’étais pas tellement mieux, au fond. « Sans elle, nous serions malheureux, vous comme moi, et comme beaucoup d’autres sur ce navire. C’est elle qui nous anime et rempli notre vie. Nous vivons pour elle, nous sentons complet avec elle, et nous savons que nous mourrons pour elle aussi, un jour. » J’avais parlé relativement sérieusement, principalement parce que je pensais chacun de mes propos mais je ne pus m’empêcher de briser mon propre sérieux. « Enfin, le plus tard possible quand même. » J’esquissais un sourire et posais à nouveau mon regard sur l’horizon, où le soleil continuait à monter, petit à petit. Je n’aspirais pas à rencontrer mon créateur de sitôt, mais, après tout, on ne pouvait jamais savoir, je pouvais très bien ne pas passer cette nouvelle journée, n’est-ce pas ?

Quand elle commença à parler de ce dont on avait parlé quelques heures auparavant, mon visage se ferma quelque peu, prenant un sérieux qui ne lui correspondait pas beaucoup. Mais oui, j’avais réfléchi à cette question toute la nuit, même si je n’étais pas certain d’être arrivé à la solution miracle, mais peut-être n’y en avait-il simplement pas. Lorsqu’elle eut fini, j’haussais les épaules. « Tu as raison, de toute façon, je connais mes priorités et je ne peux décemment pas leur tourner le dos. Mais je trouverais une solution. Comme tu l’as dit, laissons un peu de temps au temps. » Je ne savais pas vraiment quoi faire encore, mais il y avait le temps, et, pour l’instant, nous avions d’autres moutons à tondre, notamment Sharim. Lorsqu’elle me fit regarder en bas, je n’étais pas tout à fait certain de savoir de quoi elle parlait. Pensait-elle que ses hommes tiraient au flanc ? Sans la contredire, je l’écoutais donner ses ordres, la Capitaine était de sortie, à croire que la matinée allait être sportive. Alors qu’elle m’ordonnait d’aider les hommes aux voiles, j’acquiesçais avec un petit sourire, curieux de savoir ce dont elle voulait me parler. « Aye Capitaine. » Je quittais le mât alors qu’Edward remontait. J’entendis Sirèna lui donner ses instructions, dont une partie ressemblait aux miennes, ce qui me rendit davantage curieux. Sans un mot supplémentaire, je quittais le haut du mât pour rejoindre les autres hommes. Après une manœuvre rapide et efficace qui nous permit d’éviter quelques récifs imprévus, le reste de la matinée passa tranquillement. Je remplissais mes tâches avec mon habituelle efficacité, pensant avec envie à mon futur quart et, avec ironie, au hamac qui m’attendrait. Mine de rien, je commençais à légèrement manquer de sommeil avec la veille et un peu de repos ne serait pas de refus. Lorsque midi et la soupe sonna, je rejoignis la dunette, comme convenu, tandis que les autres allaient chercher leur repas. Edward était déjà là. « Moi qui pensait à un rendez-vous romantique avec la Capitaine, je suis déçu. » J’esquissais un large sourire avant de m’approcher encore un peu. « Ca va, Ed ? »
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Dim 8 Mai 2016 - 23:11


Revenue dans ma chambre, j’avais fait une petite sieste avant mon rendez-vous de midi. Mes hommes connaissant leurs tâches respectives, je m’étais donné le droit de me reposer. Ce fut la chaleur qui me réveilla, midi approchait, je devais me levée. Soupirant, je m’étirais allégrement, et après avoir câliné Brise, je me levais pour m’arranger plus convenablement. Après un lavage rapide, d’eau de lavande, je me vêtis d’une chemise écarlate, dont le col était orné d’une fine dentelle noire. J’accompagnais le tout d’un moulant pantalon sombre et de mes fameuses bottes en cuir.  Allant à mon miroir, je peignais mes cheveux roux en bataille que je remontais d’un élégant chignon au sommet de ma tête, dévoilant ma nuque délicate. Pour terminer le tout, je laissais tomber quelques mèches bouclées sur chacune de mes tempes. Voilà! La harpie broussailleuse avait fait place à une sublime sirène. Comme Flynn, je savais que j’étais attirante, mais il était rare que j’utilisasse mes atouts pour arriver à mes fins. Mes principales armes étaient mon épée et mon sabre, mais savoir utiliser le charme pouvait être tout aussi puissant. À cette pensée, je souris, en continuant à me contempler. Soudain, je repensais au compliment de Flynn :  « La mer est toujours magnifique, quels que soient ses atours. Mais rassurez-vous, vous n’êtes pas mal non plus. ». En guise de réponse, j’avais répliqué moqueuse : «juste pas mal? Pour un séducteur, les compliments te manquent.».  Sur cette parole, j’eus un rictus, puis tournant mes yeux vers l’horizon, je l’avais remercié: «mais bien essayé. Ça fait toujours plaisir de recevoir un compliment.».

 C’était vrai. Peu d’hommes se risquaient à me courtiser, soit par peur des représailles, par timidité ou par respect. Je situais Flynn dans la troisième catégorie, même s’il s’était montré plus audacieux. Sa façon de parler de la mer vint m’émouvoir. Sa voix était devenue profonde et sérieuse, ce qui était loin d’être désagréable. Oui, sans la mer, je me sentais morte et vide. On se comprenait parfaitement là-dessus. Après un silence, j’avais murmuré pensive : «En soi, tu aimes la mer comme tu pourrais aimer la femme de tes rêves.». Qui était-elle? C’était un mystère, bien qu’intérieurement, j’espérais être l’élue, mais je ne pouvais en être certaine. C’était à ce moment-là que mes hommes avaient fait leur entrée. Conversant et plaisantant, ils avaient pris leur temps pour commencer leurs tâches. Face à cette attitude passive et dolente, j’avais dû interrompre ma conversation avec Flynn et reprendre le rôle du capitaine. Revenant à la réalité, je soupirais, tandis qu’un doux et beau visage me revint en mémoire. Eleonor. Peut-être  était-elle la femme de ses rêves? Même si Flynn affirmait qu’il ne croyait plus l’aimer, elle avait quand même mis au monde ses enfants et elle les avait élevés courageusement. Ce dont je n’avais pas été capable pour mon propre fils.  Je déglutis en fermant les yeux. Le souvenir d’un petit être dans mes bras, gémissant et vulnérable, me poignarda le cœur. Pourquoi maintenant? Ne l’avais-je pas oublié? Rejeter? Ah!  Je passais mes mains dans mon visage en secouant  ma tête. Je devais l’oublier, ce souvenir me tuait à petit feu, comme tout le reste d’ailleurs.

Prenant une profonde respiration, je réussis à me revêtir d'un air imperturbable. Il était temps de rejoindre Flynn et les autres, j’étais déjà en retard. Rendu sur le pont, je rivais mon regard vers la dunette et je vis les six hommes au rendez-vous. Mon attention se porta sur Flynn et Edward. Ils semblaient en pleine conversation. Rien d’alarmant. Quoique…en m’approchant, j’aperçus qu’Edward serrait les poings et sa mâchoire était crispée. Que se disaient-ils? Le cœur battant, j’accélérais le pas, prête à intervenir s’ils décidaient de se battre. « Moi qui pensait à un rendez-vous romantique avec la Capitaine, je suis déçu. Ca va, Ed ? ».  Edward tourna lentement son regard améthyste vers l’éladrin. L’humain était terriblement sombre et peu enclin à faire de l’humour, surtout pas avec lui.  Il s’avança en silence, le regard menaçant et la bouche crispée. Soutenant l’œil gris, il répondit d’une voix rauque : «Non. Vois-tu, je me sens comme un type qui a vraiment envie de te frapper, mais pour elle, je retiendrais ma main.». Il eut un sourire mauvais en continuant: «j'ai reçus l’ordre de te protéger, je tiendrais promesse. Ensuite, j'ai reviendrais sur ce navire  et je ferais tout pour que notre capitaine soit mienne. Quant à toi…». Il s’approcha encore plus près, il murmura : « je te conseille, une fois cette mission terminée, d’aller rejoindre ta belle Aasimar. Il eut un sourire pervers, et ayant nettement l'intention de le provoquer, il avoua: « Après tout, elle est merveilleuse au lit, elle te comblera aussi bien que ma Cassiopée.». Ce fut à ce moment-là que je les rejoignis. Les quatre autres marins me jetèrent un regard inquiet, la tension était palpable.  M’approchant d’eux, j’ordonnais autoritaire : «Sutki!». À l’exception de Flynn et d’Edward, les autres prirent position, les bras croisés dans le dos et les jambes légèrement écartées. Voyant que les deux marins se confrontaient toujours, je dis : «Messieurs, obéissez, sinon à fond de cale.».



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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 9 Mai 2016 - 11:35


Je n’avais aucun grief contre Edward. Pour moi, il était un peu sur les dents et devait probablement beaucoup tenir à sa Capitaine pour s’être emporté contre Bernard, mais cela, c’était une différente histoire. Il m’en voulait peut-être de l’avoir mis à fond de cale pour quelques jours, mais, malheureusement, il y avait des choses que l’on ne pouvait pas faire à bord d’un navire et tabasser l’un de ses compagnons de bord en faisait partie, tout comme insulter l’un d’entre eux. Même si je ne l’étais pas vraiment, mon rôle était d’agir en tant que Capitaine et je l’avais fait, même si ce n’était pas de volonté de cœur, tout comme Sirèna l’aurait probablement fait elle aussi dans cette situation. Pour être honnête, je ne m’attendais pas spécialement à ce que le Quartier-Maître avale la pilule facilement, mais également qu’il comprenne qu’il s’était lui-même mis dans cette situation. Si j’avais été dans son cas, j’aurais pu comprendre, mais, apparemment, ce n’était pas le cas, du moins, pas après le regard qu’il m’avait jeté lorsque je m’étais approché de lui, sur la dunette. Les autres attendaient également, mais je ne les connaissais pas plus que ça et, surtout, ils n’avaient rien fait pour éventuellement me faire penser que nous ayons quelques problèmes, au contraire. En silence, j’observais Edward s’approcher. Je sentais venir quelque chose de mauvais, mais ce n’était pas comme si j’aurais pu y faire quelque chose. Essayant de ne pas me tendre vis-à-vis de ce qui allait suivre, je soutins son regard son ciller, me contentant de me poser tranquillement sur mes pieds, attendant de voir quel coup il allait me porter. J’haussais un sourcil de surprise, lorsqu’il avoua qu’il avait envie de me frapper, mais qu’il ne le faisait pas, par respect pour elle. Il ne fallait pas être très intelligent pour savoir de qui il parlait et, malheureusement, je ne pus m’empêcher d’esquisser un léger sourire. S’il pensait sincèrement qu’il me faisait peur, il se trompait.

« Tu sais, si tu m’en veux pour la cale. Je suis désolé, mais il fallait donner le change. » C’était la vérité, mais j’avais comme l’impression que ce n’était pas le cœur du sujet. Tandis qu’il se rapprochait encore un peu, envahissant mon espace personnel, je décidais de rester stoïque, quoique légèrement tendu, conscient qu’on en arriverait peut-être aux mains et je ne comptais pas me laisser surprendre comme Bernard. Si Edward voulait me chercher des noises, je n’hésiterais pas à lui rendre la pareille. Je n’étais pas un mauvais garçon, mais je restais un pirate dans l’âme et, surtout, je ne me laissais pas marcher sur les pieds facilement. Ces propos suivants, particulièrement menaçants me laissèrent perplexe. Me protéger ? Pourquoi faire ? Je le regardais, non sans une certaine appréhension, mais je dus me retenir lorsqu’il parla de faire sienne Sirèna. Mais pour qui se prenait-il celui-là ? Malheureusement, je n’allais pas commencer la bagarre pour ses beaux yeux car je ne comptais pas finir à fond de cale à mon tour. Peut-être s’amusait-il à me faire marcher pour m’y envoyer et me faire subir ce qu’il avait subi, mais il semblait particulièrement sérieux sur ses propos et, de ce que j’en savais, il n’était pas particulièrement bon acteur. Il suffisait de voir quel Quartier-Maître il faisait pour s’en convaincre… Il s’approcha encore un peu et il me donnait presque l’impression de vouloir m’embrasser, ce qui ne manqua pas de m’amuser. L’humour était le meilleur moyen de canaliser les sentiments qu’il essayait d’exacerber chez moi, car je ne comptais pas céder aussi facilement devant lui. Quand il évoqua Nora, me conseillant de retourner auprès d’elle, il me fallut cependant serrer les poings pour ne pas craquer. Sans parler lorsqu’il évoqua ses… performances, sous-entendant qu’il y avait probablement goûté, ce dont je ne croyais pas une seconde, même si son charme aurait probablement pu faire effet sur elle. Malheureusement, je ne parvins pas à l’empêcher de me faire imaginer la scène, ce qui mit à mal ma patience.

Heureusement, la Capitaine arriva à cet instant, mettant ses hommes au garde à vous, tous sauf Edward et moi qui nous regardions comme des chiens de faïence, attendant probablement chacun que l’autre ait le cran de passer à l’acte. Je savais où il voulait m’emmener et je savais qu’il essayait de m’atteindre pour me forcer à le frapper, mais je n’allais pas lui faire l’honneur de lui offrir cela sur un plateau. Lorsque Sirèna nous rappela à l’ordre, tous les deux, je le quittais du regard pour me mettre en position, tout en prenant une grande respiration avant de me concentrer à nouveau sur ma Capitaine, non sans ressasser les paroles que venait de prononcer Edward. Sa Cassiopée ? Avait-il perdu la raison ? Je ne pouvais pas le blâmer pour avoir des sentiments pour elle, mais pensait-il réellement pouvoir la traiter de cette façon ? Peut-être s’imaginait-il, comme Bernard, pouvoir prendre possession de son corps comme il l’entendait ? C’était plutôt cela qui me sortait de mes gonds, cette façon qu’il avait de parler d’elle comme si elle lui appartenait. Etonnement, je me surpris à regretter que Nassim ne soit plus de ce monde, avec lui, elle n’aurait jamais eu à subir ce genre de choses. Essayant de reprendre le cours normal des choses, je portais mon attention sur Cassiopée. Je pensais avoir une petite idée de ce qu’elle voulait faire avec nous, mais je préférais entendre son plan, comme je devais le faire, en simple matelot que j’étais.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 9 Mai 2016 - 14:52

Je fus soulagée de voir Flynn se mettre au garde à vous, sa profonde inspiration ne m’avait pas échappé. Sûrement Edward l’avait provoqué, son regard sombre, empreint d’une certaine déception malsaine, en était la preuve. Ce fut à son tour de se tourner vers moi et de soutenir mon regard. Soupirant, je croisais mes bras sur ma poitrine en disant : «Messieurs, vous avez intérêt à vous entendre, car j’ai besoin de votre collaboration pour mener cette mission. Je ne parle pas seulement de Flynn et d’Edward, mais de vous six. À partir de maintenant, vous allez former une équipe.». Mon regard alla de l’un à l’autre des visages qui me dévisageaient en silence. Je n’avais pas choisi n’importe quel homme, bien au contraire. Chacun avait une apparence physique similaire, à la fois séducteur et incognito, ils se confondraient facilement aux truands. Outre cela, je les connaissais pour avoir du charisme, mais aussi, ils possédaient une excellente écoute et le verbe facile. Deux outils nécessaires à l’espionnage. Certes, le moindre des six étaient Edward, mais bien qu’il fut un mauvais acteur, il était rusé et manipulateur. Je ne doutais pas qu’il soit aussi capable d’obtenir des informations sur Sharim. D’autant plus que je préférais qu’il reste sur terre pour un bon moment, sa présence m’indisposait. Je n’aimais pas la façon qu’il me dévorait du regard. Je savais qu’il me désirait ardemment, et ce depuis très longtemps, mais je n’avais pas l’intention de céder à ses avances. Jamais. Depuis la mort de Nassim, il avait changé, et pas pour le mieux. Pour dire vrai, j’ignorais encore si j’allais le reprendre à mon bord, mais son attitude condescendante envers Flynn n’était pas pour aider.  Chassant mes noires pensées, je me concentrais sur le présent et prenant à mon tour une position officielle, j’expliquais sérieusement :

  « Messieurs, j’ai reçu l’ordre de retourner à Bélin. Il y  aura une grande fête pour célébrer la légendaire bataille de la Vallée d’Ildir et le commandant de ses festivités m’a demandé de protéger la zone maritime du lieu, chose que je ne peux refuser.» J’eus un bref silence, question de leur laisser assimiler ce que je venais de dire, puis je continuais : « Par conséquent, je me vois obligée de retourner là-bas, une fois que je vous aurais débarqué au Boyou.». Mon regard se riva dans celui de Flynn et j’affirmais : « Vu que je ne serais pas là pour vous diriger, Flynn sera votre chef. Il connait cet endroit mieux que vous tous et je tiens à ce que vous obéissez au moindre de ses directives. Sinon, je lui donne le droit de vous réprimandez, même de vous exclure de cette mission si nécessaire. Est-ce claire messieurs?». Mon regard se fit perçant, tandis qu’Edward se tendit. D’une voix rauque, il répondit : « À vos ordres, Capitaine.». Sans hésitation, les autres répondirent la même chose. J’hochais de la tête en continuant : «Bien. Maintenant, voici votre mission : «obtenir le plus d’informations possibles sur Sharim Faranir. Où il se planque? Avec qui se tient-il?  Quels sont ses alliés? Ses ennemis? Sa putain préférée? Bref la moindre information me sera utile. Ne négligez rien, messieurs. Vous allez avoir deux mois pour me faire un rapport. Je pense que cela va être entièrement suffisant. Avez-vous des questions?». J’attendis. Après un instant Sam leva la main et demanda : «À la fin de cette mission, où allez-vous nous rejoindre? Au même quai que vous allez nous débarquer?». D’un sourire rassurant, j’acquiesçais en répondant : «Aye. J’y serais, sois en en certain. À la dernière semaine, que votre regard soit tourner vers le large. Mon navire sera au rendez-vous.». Je lui fis un clin d’œil, qui fit sourire Sam. «Autre question?». Ce fut au tour d’Edward de lever la main en demandant : «si nous croisons Sharim, que faisons-nous?». Excellente question. Mes yeux s’assombrirent et mes mains se crispèrent légèrement. Relevant la tête, je dis : « Si c’est le cas, je veux que vous gagnez sa confiance, que vous rentrez dans sa bande. À l’exception de Flynn et d’Edward. Ceux-ci seront mes intermédiaires et me livreront vos informations. Je ne veux qu’aucun de vous ose s’apprendre à Sharim. Sa mort viendra bien assez tôt.». J’eus un sourire féroce, mon regard brilla sauvagement. C’est alors qu’une voix se fit entendre en hauteur, c’était Gawael. «Boyou des truands à l’horizon, capitaine!».
 
Je fis volteface et sortant ma longue vue, j’observais le rivage rocheux et noir. Au loin, je vis des bâtiments miteux et insolites. Je soupirais en soufflant : «Enfin, nous y voilà!». Le départ approchait, mais il me restait encore une chose à régler. Me tournant vers mes «espions», je m’exclamais d’un sourire : « Pour cette mission, il est certain qu’une bourse bien remplit vous sera indispensable.». Disant cela, je me dirigeais vers une table, où j’avais déposé un coffre. Le déverrouillant, je sortis six bourses pleines. À chacun d’eux, je donnais leur bourse respective et rendu à Flynn, je dis taquine : «Surtout ne te fait pas voler.». Je savais qu’il me rétorquerait une réplique narquoise, propre à lui. Cela me fit sourire et je dis affectueusement : «tu as toujours le dernier mot, hein? Taquin, va!». J’eus un rictus puis reculant j’ordonnais : «Bien, messieurs allez-vous préparer, nous allons amarrer bientôt.». Après le fameux «à vos ordres, capitaine», ils tournèrent les talons, Flynn fut le dernier à les suivre. J’en profitais pour l’alpaguer : « Flynn, attends.». Il se tourna et d’un sourire, je m’approchais en murmurant: «j’ai quelque chose à te remettre.». Aussitôt dit, je dégainais deux magnifiques couteaux de lancer et je les lui remis. « Je t’en devais deux, tu t’en rappel? Ceux-là sont de biens meilleures qualités que les tiens, ils pourront te servir.». Soutenant son regard brumeux, je déposais ma main sur son épaule et j’avouais : «Tu vas me manquer, Flynn. Fait attention à toi, d’accord?». Je souris légèrement, et le regard malicieux, j’ajoutais : « Ne soit pas trop casse cou. Mais je te t’accorde le droit de te promener sur les toits. En autant que tu ne tombes pas dans le lit d’une donzelle effarouchée…sauf si c’est une tactique pour obtenir des informations pertinentes.» Je ris légèrement et penchant ma tête sur le côté, je demandais : «Et toi, as-tu des questions? Ah et ça, c'est à moi, matelot». Disant cela, je pris son chapeau puis réfléchissant, je le lui remis en soufflant: «Finalement, garde-le, il te va bien.».


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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mar 10 Mai 2016 - 11:32


Pour être honnête, je savais déjà que m’entendre avec Edward serait hors de propos. Non pas que je ne souhaitais pas m’entendre avec lui, mais plutôt parce qu’il ne semblait pas vouloir s’entendre avec moi. Je devais également admettre que ces derniers propos n’étaient pas du genre à attirer ma sympathie, voire davantage. Au moins, je me rassurais en me disant que, pour le moment, il serait au même endroit que moi et qu’il ne resterait pas seul avec Sirèna pour les deux mois à venir. D’ici là, il aurait peut-être le temps de se calmer un peu, ou, au contraire, de ressasser encore et encore son ressentiment et finir par devenir réellement dangereux. Malheureusement, il n’y avait pas grand-chose à faire, hormis peut-être en parler à ma Capitaine, mais je lui faisais suffisamment confiance pour se rendre compte de la situation et s’en occuper le moment venu, après tout, elle était suffisamment forte pour tenir tête à un Orc, aussi Edward ne devrait pas trop être un problème, n’est-ce pas ? Cette idée me fit sourire, chassant plus ou moins les pensées sinistres que m’avait suggéré le Quartier-Maître et me mit d’humeur un peu plus joviale, me laissant ainsi tout le loisir de me détendre un peu tandis que Cassiopée énonçait les raisons pour lesquelles elle nous avait tous rassemblés ici même. Elle mentionna une célébration à Bélin et une demande officielle pour protéger la zone maritime qui borderait le rassemblement. Elle l’avait déjà mentionné plus tôt, une aubaine pour ses finances, si je m’en souvenais bien, raison principale pour laquelle elle avait probablement accepté de s’y rendre, sans compter que rendre un service à quelqu’un de haut-placé était toujours une bonne chose, en règle générale. Quand elle annonça finalement qu’elle désirait nous déposer au Boyau, je compris rapidement ce que nous allions devoir y faire et l’idée était plutôt bonne, et porterait sûrement ses fruits, pour peux que nous fassions un peu attention.

A ma grande surprise, elle me présenta comme le chef de cette petite expédition, ce qui ne manqua probablement pas d’énerver encore un peu plus Edward, et qui m’amusait autant que cela m’ennuyait, compte-tenu que cela n’aiderait pas à l’amélioration de nos rapports. Je fixais Sirèna dans les yeux. Je pouvais sentir la confiance qu’elle m’accordait et j’en étais honoré, vraiment. J’aurais préféré opérer seul, pour éviter d’éventuels problèmes, mais elle désirait surement bien faire et, potentiellement éviter que l’on ne s’en prenne à moi, ou simplement que je ne m’occupe d’obtenir vengeance pour moi-même, sans elle. Après tout, elle ne me faisait peut-être pas confiance pour tout, n’est-ce pas ? Bah, je ne pouvais pas lui en vouloir. La question de Sam leva une interrogation que la plupart d’entre nous avions et l’idée de passer deux mois au Boyau ne m’enchantait pas vraiment, mais au moins nous aurions l’occasion de passer suffisamment de temps pour nous mêler à la populace sans poser trop rapidement des questions délicates et ainsi nous éviter d’attirer les soupçons trop rapidement. Les règles concernant Sharim étaient claires, et c’était peut-être mieux ainsi, même si je n’avais aucune intention de lui voler cette vengeance, mais tel que je l’imaginais, je ne pouvais que penser que Sharim passerait un sale quart d’heure entre nos mains. Gawaël, à la vigie, interrompit le briefing en annonçant notre arrivée, signant, par là même, l’heure prochaine des séparations et, à cette idée, je ne pus m’empêcher de me sentir un peu mal. Ces semaines à bord de la Sirène avaient été plus qu’agréables et je ne les aurais échangés pour rien au monde. Malheureusement, je ne me voyais pas demander à Cassiopée de rester à bord. Nous avions chacun nos tâches à réaliser et elle devait probablement me faire confiance pour récupérer les informations nécessaires à notre vengeance. Je ne pouvais pas la décevoir.

Attrapant la bourse qu’elle me jeta, je l’attachais à ma ceinture alors qu’elle me narguait en me demandant de ne pas me la faire voler. Relevant les yeux vers elle, dans un sourire, je ne pus m’empêcher de rétorquer. « Ne t’en fais pas, je veille toujours sur mes bourses. » C’était un peu déplacé, mais c’était tellement moi. Je lui fis un clin d’œil avant qu’elle ne nous renvoie, afin de nous laisser le temps de nous préparer. Tous quittèrent la dunette et alors que j’allais m’en aller à mon tour, elle me retint. Alors que je me retournais vers elle, elle s’approcha, me tendant deux couteaux de lancer d’excellente facture. En les prenant délicatement, je soupesais leur équilibre, qui était parfait. « Je me demandais quand tu tiendrais parole. » J’avais dit cela en la taquinant, même si je n’avais pas oublié sa promesse, des couteaux de lancer n’étaient pas spécialement difficiles à obtenir. Mais elle avait raison sur un point, ils pourraient m’être utile, assurément. Son aveu me toucha et mon regard se fit plus sérieux et plus… tendre. « Fais plutôt attention à toi, je te rappelle que tu devras nous récupérer, dans deux mois. » Ce n’était que de la protection, mais si quelque chose devait arriver à cette célébration, elle serait en première ligne et je préférais ne pas imaginer ce qui pouvait lui arriver. Sa remarque sur les femmes m’arracha un sourire, mi-amusé, mi-intéressé. « Si j’ai ta bénédiction, je vais peut-être me laisser tenter… » Pour être honnête, je n’en avais pas l’intention et, dans mon ton, j’espérais qu’elle avait pu déceler ma plaisanterie. Bien entendu, je pouvais faire la différence entre plaisir et sentiments, mais s’il y avait une femme avec qui j’avais envie de partager la couche, celle-ci se trouvait devant moi et non au Boyau. Quand elle tenta de me remettre le chapeau sur la tête, je stoppais délicatement son geste, la forçant à le garder. « Garde le pour moi, veux-tu ? Je le récupèrerais dans deux mois. » C’était une promesse implicite. Celle de revenir, de se revoir. Même si je n’étais pas particulièrement enclin à porter un chapeau, je savais ce qu’il représentait pour elle, et si elle voulait me le mettre sur la tête, il faudrait qu’elle revienne. Je souris doucement et, d’un pas vers l’avant, je penchais ma tête pour déposer un baiser furtif sur sa joue. Suffisamment chaste pour ne froisser personne, mais aussi suffisant pour me laisser un souvenir agréable de cette dernière journée avec elle. Je reculais légèrement. « Prends soin de toi, Cassiopée. Je te fais confiance, pour tout. » Pour sa propre sécurité, pour venir me chercher, et pour tout le reste. Un sourire vint rompre mon instant de sérieux et je reculais encore un peu. « Si vous m’excusez Capitaine, je dois aller me préparer. Il semblerait que je doive redevenir un vrai pirate pour quelques temps. » Je lui fis un clin d’œil avant de quitter la Dunette. Les adieux n’étaient pas mon genre et j’avais estimé qu’il était temps d’y mettre un terme, sous peine de ne plus pouvoir quitter le navire. J’eus un dernier regard pour elle avant de me glisser dans la cale, pour préparer mes affaires. Deux moins loin de la Sirène, voilà qui serait long, très long.
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Âge : 28
Philosophie : Individualisme
Divinité(s) : Uria, la déesse des marées et des vents.
Faction ou Clan : Aucune alliance

Attributs
Races: Norpalien
Réputation:
1200/5000  (1200/5000)
Adage: Maître en art martial, possède une vue d'aigle et un sens d'orientation hors du commun.
MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mar 10 Mai 2016 - 21:49


 
Mon pied était accoté sur le bastingage, le regard rivé sur lui. Flynn venait de débarquer avec ses acolytes. Ils semblaient discuter de la suite des choses. Je le contemplais, une dernière fois, avant de lever l’ancre et de disparaître de sa vue. Au plus profond de mon cœur, j’espérais le revoir, mais je ne pouvais prédire notre destin. Il était aussi impétueux que la mer. Soupirant, je baissais légèrement la tête, me rappelant nos plus beaux moments, dont celui de notre séparation.  Après quelques plaisanteries, il m’avait demandé de prendre soin de moi, me rappelant que je devais venir les chercher dans deux mois. Tant de choses pouvaient arriver. Je lui avais répondu d’un sourire rassurant : «Je te promets de revenir. Je tiens toujours parole. » Enfin, dans la mesure du possible, mais je savais que je ferais tout pour lui revenir, même résister à la mort, si nécessaire. Puis, il m’avait demandé de garder son chapeau, un gage de mon retour. D’un sourire triste, j’avais acquiescé silencieusement, tout en le mettant sur ma tête. C’était un superbe chapeau, grand et noir.  Ça devait le rassurer que je le porte, sûrement dans le but que je ne l’oublie pas. Comment l’oublier?
 
Ce bel éladrin, à la fois narquois, respectueux et courageux, avait réussi à gagner mon cœur. Je me languissais déjà de sa présence. Me souvenant de son baiser sur ma joue, je fermais légèrement les yeux. Un tendre sourire vint éclairer mon visage. Certes, ce fut furtif et délicat, mais cela suffisait pour me procurer un doux frisson. Et ses paroles…« Prends soin de toi, Cassiopée. Je te fais confiance, pour tout. » Mon sourire s’élargit amoureusement.  Cela faisait du bien de savoir que quelqu’un dans ce monde avait foi  entièrement en moi. Avant qu’il ne parte vers la cale, je lui avais dit gentiment : «Moi aussi, Flynn, je te fais entièrement confiance. » C’est alors qu’une toux rauque me fit revenir à la réalité. Fronçant les sourcils,  je baissais les yeux vers un nain trapu et sale. Il me faisait penser à Khaad, mais en moins sympathique. Sans respect, il me contemplait d’un air pervers. Soutenant mon regard, cette mini portion s’exclama:
 
«Les femmes portent malheur sur un navire. Tu devrais venir au bordel. T’en ferais des heureux! Quel est ton prix pour une nuit?» À cette pique déplacée, ma mâchoire se crispa, je lui lançais un regard noir. J’avais toujours envie de trucider ce genre d’énergumène, mais heureusement pour lui, je réussis à me contrôler. Je ne devais surtout pas attirer les regards, bien que malgré moi, ça commençait déjà à se faire. Contrairement à leurs catins, j’étais une beauté, il était naturel que ces truands me lorgnent de loin ou de proche. Or, le commentaire du nain avait attiré l’attention de plusieurs, dont celle de Flynn et de ses compagnons. Je leur jetais un regard calme et appuyé, signe que je ne voulais pas qu’ils interviennent. Ma priorité était de reprendre la mer sans déclencher une bataille. Une solution m’apparut : l’étonnement. Déterminé à lui clouer le bec, je plongeais mes yeux turquoise dans ceux du truand.  En silence, je me pris à le dévisager, suffisamment longtemps pour le rendre mal à l’aise. Puis, contre toute attente, je lui fis mon plus beau sourire et me penchant légèrement, je m’exclamais en khazalid:
 
«Dawi, or naj.  Rinn magrab af. Ek stromez  werit. Ap, Azul, valdahaz axar grog niet bolg rinn, af dawr.»

Entendant sa langue natale, il écarquilla les yeux avec surprise, tout comme ceux qui l’entouraient. Rares étaient les êtres qui parlaient le khazalid, je l’avais appris en terre naine, durant un dur entraînement au combat. Voici ce que je venais de lui dire : «Nain, je refuse. Une naine serait meilleure pour toi. Elle sera un ruisseau d’ivresse. Oui, nain robuste, dans une brasserie en compagnie d’une grosse naine et d’une bière blonde, ça sera bon pour toi. » Lentement, le nain hocha la tête, son regard était devenu pensif, même respectueux. D’un sourire narquois, il  rétorqua simplement: « Ap». Ce qui voulait dire «j’approuve.». Je souris à mon tour, puis soupirant, je rivais mon regard vers Flynn. Nos regards se croisèrent, j’eus du mal à m’en détourner. Le scrutant, je sentis mon cœur se broyer. J’étais profondément triste de le quitter, mais je n’avais pas le choix, je devais partir.  Camouflant ma tristesse d’un sourire rassurant, je dis d’une voix suffisamment forte pour qu’il m’entende : «Nous nous reverrons.» Sur ses dernières paroles, je lui fis un clin d’œil et me tournant vers mon équipage, j’ordonnais fortement : «Lever l’ancre et affalez les voiles! Cape au Nord-Est, messieurs. Nous partons. » Disant cela, je me dirigeais vers le gouvernail. Habillement, je manœuvrais la Sirène vers le crépuscule. Les larmes aux yeux, je jetais un dernier coup d’œil vers la côte. Flynn…tristement, je murmurais pour moi-même : «tu vas me manquer terriblement, mon chéri. Qu’Uria te protège.»


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)

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