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 La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)

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MessageSujet: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mer 2 Mar 2016 - 12:31

J'avais décidé de faire un détour vers le Port de Bélin, question que mes hommes puissent passés du bon temps avant le voyage. Pouvoir profiter de la compagnie de femmes et boire un petit coup était nécessaire à la santé mentale et physique de mon équipage, je me faisais un devoir de respecter leurs désirs et leurs besoins. De mon côté, j'avais préparé nos rations de nourriture à la coquerie, le cuistot m’y avait aidé, vendus la cargaison de rhum et de soie appartenant au Rat des mers et au Diable noir, veiller à la fortification de la Sirène, qui commençait à s'effriter due à ses nombreuses péripéties tumultueuses. L'absence de Nassim me pesait lourd sur le cœur et les épaules, je devais être à la fois capitaine et second, par conséquent, je devais courir un peu partout pour gérer à la totalité du navire et de l’équipage. Or, le grand départ arriva, mes hommes revinrent à bord, le sourire aux lèvres et les traits détendus. Visiblement,  leurs nuits d’amour et d’ivresse leur avaient fait grand bien, et tant mieux,je les enviais en secret. Mon pied accoté sur le bastingage, je les observais embarqué d’un air calme et paisible, bien que je fusse épuisée de fatigue et de surmenage.  Ils me saluèrent au passage, contents de me revoir et de reprendre la mer.  Après m’avoir assuré que tous étaient présents, je mis cape à nouveau vers le Sud-Ouest, là où peut-être se planquait Sharim Faranir.

***
Vêtu d’une chemise bleu marine et d’un pantalon ample gris varakirois, mon grand chapeau de Capitaine créait de l’ombrage sur mon visage tanné. Un soleil de plomb tombait sur nos têtes et la chaleur était étouffante, mes hommes s’affairaient lentement, mais sûrement, à s’occuper à leurs tâches respectives.  Las, j’étais postée au gouvernail, les yeux fixant l’horizon d’un bleu infini.  Il n’y avait pas eu de vent depuis une semaine  et la mer était calme, même huileuse, trop à mon goût.  Intérieurement, je priais Uria pour que la pluie tombe, même une tempête serait la bienvenue. La sueur dégoulinait sur mon corps, ma chemise me collait à la peau, je bus une gorgée d’eau et je me mouillais le visage de mes mains. «Nom d’un chien qu'il fait chaud!» maugréais-je à voix haute pour moi-même,   Je pris une profonde inspiration pour me calmer, chialer n’allait pas faire tomber la pluie, il fallait prendre son mal en patience, ainsi était la vie, ou plutôt le caprice du climat. Sous mon commandement, les canons furent entretenus, les voiles furent larguées pour naviguer à la bouline, le pont fut briqué et l’accastillage bien huilé. Je supervisais chaque tâche, veillant à ce que tout soin bien fait et entretenue, une seule faille pouvait nous faire perdre l’avantage durant une bataille navale ou une tempête. Maintenant que tout était fait, il restait qu’à attendre que le vent fraîchisse.  Mis à part l’entraînement de mes plongeurs, j’avais annulé celui des canonniers et des grimpeurs, nous devions garder toute notre énergie pour affronter cette coriace canicule. Plusieurs de mes marins se reposaient en hauteur, sur les cacatois, le sommet des mâts ou les marchepieds, essayant de profiter au maximum de l’ombre des voiles pour se rafraîchir. Je ne pouvais me permettre ce luxe, mais au moins, être au gouvernail me permettait de me reposer et de contempler l’horizon. Perdu dans mes pensées, je ne me rendis pas compte qu’une présence s’était glissée à mes côtés et m’observait depuis un bon moment.

-Capitaine, je peux vous déranger un instant? demanda cette même présence dont la voix familière me fit sursauter. C’était Edward.  Rivant mon attention vers lui, je répondis un «aye» imperceptible et je m’efforçais d’écouter sa requête.  Intimidé, il se racla la gorge puis cherchant ses mots, il dit :

-Capitaine, j’ai bien réfléchi depuis la mort de Bosco et je me suis dit que vous auriez besoin d’un second.
- Crois-tu? Questionnais-je d’un sourire ironique. As-tu quelqu’un à me proposer? À cette question, Ed bomba fièrement le torse et opina vivement de la tête en répondant :
-Aye, Capitaine, moi. Je n’étais pas surprise qu’il me demande cette promotion, car son expérience auprès des femmes égalait celle passée en mer. Comme Nassim, il avait voyagé auprès de mon père et il avait fait partie des survivants de la mutinerie. Cependant, je n’étais pas certaine qu’on ferait une bonne équipe, je percevais dans son regard violet l’espoir fou qu’en devenant mon second, je l’accepterais dans mon lit.  Rivant mon attention à nouveau vers l’horizon, je demandais :

-Pourquoi te choisirais-je plutôt qu’un autre?  Il prit un instant pour réfléchir à ma question puis il m’expliqua avec conviction qu’il possédait une expérience en mer équivalente à celle de Nassim, qu’il connaissait par cœur les hommes et la Sirène et qu'il serait apte à diriger l’équipage, peu importe les imprévus. Je l’écoutais avec attention, consciente que son discours était plus facile à dire qu’à faire.  D’un sourire affectueux, je repensais à Nassim qui avait réellement mené l’équipage d’une main de fer, me soutenant sans cesse dans les épreuves. C’est alors qu’un touché délicat me fit sortir brusquement de mes souvenirs. Ed en avait profité pour s’approcher très près de moi afin de  caresser  mon dos du bout des doigts. J’eus un frisson de plaisir et pendant une fraction de seconde, je fermais les yeux pour savourer cette caresse audacieuse. Le geste était sûr, à la fois sensuel et doux, suffisamment réconfortant pour que je reste figée sur place en écoutant sa voix grave  à mon oreille :
- Cassiopée, je sais que Nassim te manque, et sa mort est regrettable, mais tu ne peux continuer comme ça, supporter autant de responsabilités et vivre ce deuil seule, sans soutien. Comme lui, j’ai toujours était là pour te soutenir, te protégé… Tu as besoin d’un homme solide qui saura te soutenir et te donner du réconfort tout à la fois, et je suis cet homme. Laisse-moi cette chance…

Je faillis m’abandonner et céder, Ed savait qu’en ce moment j’étais vulnérable, épuisée et qu’un tel discours pourrait  facilement me convaincre, mais Nassim m’apparut soudain, mort et inerte dans mes bras. J’avais  la désagréable impression de le trahir, ce qui me refroidit net. Me crispant, mon regard se fit dure et catégorique, suffisamment pour qu'il cesse sa caresse inappropriée, tout en reculant de quelques pas. D’une voix nette et ferme, je répliquais :

-   Garde ton réconfort pour tes catins, Ed! Je ne suis pas une femme qui a besoin de l’amour des hommes.  Bien évidemment, c’était un mensonge, mais je n'étais pas prête à céder, mon cœur était suffisamment brisé comme ça. Je ne voulais pas aimer pour vivre à nouveau la souffrance du deuil et de la séparation. Si tu veux devenir mon second, tu devras t’en montrer digne et rester professionnel à mon égard.
 
Devant ma froideur et ma détermination, je vis sa lueur d’espoir s’éteindre. Cela faisant tant d’années qu’il persévérait à me courtiser, mais je continuais à le repousser, malgré ma grande solitude et ma tristesse. Il savait maintenant que c’était peine perdue, mais il tenait quand même à obtenir le poste. Soutenant longuement mon regard turquoise, il acquiesça en disant fermement: «Je ferais selon votre volonté, capitaine.».  J’opinais à mon tour, puis d’un léger sourire, je lui laissais prendre le gouvernail en disant : «Bien, je te mets à l’essai.Si je considère que tu fais l’affaire, tu deviendras officiellement mon second.  Ça te convient?» D’un sourire séduisant, il hocha positivement de la tête, puis demanda : «Quels sont les ordres à transmettre aux hommes, Capitaine?»  Je vins m’accoter sur le bastingage à bâbord, les bras croisés sur ma poitrine. D’un sourire malicieux, je répondis narquoise : «À toi de me le dire.» Il écarquilla les yeux. N’étant pas préparé à autant d’autonomie, il déglutit nerveusement. Vivement, il jeta un coup d’œil au pont, qui avait été certes briqué, mais non lavé. Levant les yeux en hauteur, où Benjamin et Flynn conversaient,  il ordonna : «Gamin, descend et va laver le pont!»

Délaissant un cordage emmêlé,  Benjamin s'était mit à raconter à Flynn la légendaire bataille des Élites contre les hydres : Les brumes nous ont entourés, on ne voyait plus rien. Là, la capitaine a ordonné le branle-bas de combat, elle semblait vraiment paniquée. Au début, je ne comprenais pas pourquoi, mais dès que j’ai vu ces monstres à plusieurs  têtes sortirent de la mer, j’ai compris. Ces bêtes ont dévoré nombreux de nos camarades, ce fut un vrai carnage! On a bien failli  tous y passé…Le mousse prit une pause, se rappelant des cris de douleur et de terreur des marins, du sang sur le pont, des têtes des monstres décapitées, qui repoussaient en double, à leur grand malheur. Puis, l’air sombre du gamin fit place à l’admiration, croisant le regard gris de son interlocuteur, il continua : alors, la Capitaine a ordonné de remplir un filet d’explosifs et une fois fait, elle a embarqué dessus et on l’a élevé en hauteur pour appâter les monstres. Sans aucune peur, elle les a insultés pour les provoquer et les montres ont foncé sur elle. Au dernier moment, la capitaine a allumé la mèche et elle a fait une pirouette arrière pour éviter de se faire dévorer. Je croyais voir un Phoenix en plein vol, c’était hallucinant! Il jeta un coup d’œil admiratif vers sa capitaine, puis il termina son histoire : comme tu peux le deviner, les hydres ont explosé et par chance, les brumes ont disparu.Sirèna nous a tous sauvés!  D’un soupir, il riva son attention vers moi, et me dévisageant d’un air amoureux, il confia : tu sais, je rêve de devenir son second et de la marier.  Crois-tu que ce rêve pourrait devenir réalité? C’est alors que la voix d’Ed  interrompit leur conversation, il voulait que le pont soit lavé. Benjamin fronça les sourcils avec contrariété.  De quel droit ce coureur de jupons lui donnait-il des ordres? De sa voix en train de muer, il osa contester : « La capitaine m’a ordonné de briqué, non de lavé, Ed! On doit garder le maximum d’eau à cause de la canicule!» Le second de substitution s’empourpra et s’écria avec colère : «Si tu ne m’obéis pas, gamin, tu seras fouetté et mit à fond de cale.» Surpris, Benjamin jeta un regard interloqué à sa capitaine, dont l’expression était cachée par son élégant chapeau. Néanmoins,  elle s’était crispé à la menace de Ed, signe qu’elle semblait ne pas approuvé celui-ci. Indifférent à la menace, le mousse osa demander : «Capitaine, est-ce bien votre volonté?». Après un instant, je levais la tête  vers le mousse en commandant: «reste à ton poste, gamin, et fini de défaire tes cordages.» Devant cet ordre, Ed devint pâle d’humiliation et il jeta un coup d’œil assassin au mousse qui s’était montré plus réfléchi que lui.  Indifférente à son orgueil d’homme,  je rivais mon regard limpide vers Flynn en demanda : «Dit donc, matelot, combien as-tu d’années d’expérience en mer?».


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 3 Mar 2016 - 9:18

Depuis l’attaque du Rat des Mers, la Capitaine ne semblait pas dans son assiette, et c’était parfaitement compréhensible. Néanmoins, ce n’était pas vraiment dans mes attributions de lui remonter le moral. Bien sûr, je n’aurais pas refusé de l’écouter, mais elle ne semblait pas ce genre de femmes, ou peut-être essayait-elle de le faire croire. De mon côté, je m’habituais à la vie à bord, faisait plus ample connaissance avec mes nouveaux compagnons, profitant des différents quarts pour discuter avec de nouvelles têtes, avec qui je n’avais pas spécialement beaucoup côtoyé jusqu’alors. Mon petit préféré restait tout de même Benjamin, le mousse. Son enthousiasme faisait plaisir à voir et je savais que je pouvais compter sur lui pour me raconter quelques anecdotes sur l’histoire du navire et de ses occupants. Qui plus est, il était assez doué malgré son jeune âge et, s’il avait la chance de survivre dans les années à venir, il ferait probablement un très bon marin, peut-être encore un peu trop gentil, mais il aurait tout le temps de s’endurcir. A notre escale à Bélin, j’étais resté principalement à bord de la Sirène, non sans m’être un petit peu dégourdi les jambes sur la terre ferme. Mais, pour être honnête, le port ne manquait pas de personnes capables de me reconnaître et j’imaginais que la nouvelle de ma mort avait dû se répandre, aussi, mieux ne valait pas tenter le diable, et, à vrai dire, j’avais passé suffisamment de temps sur terre ces derniers mois pour ne pas avoir nécessairement besoin de prendre du bon temps dans les tavernes du port. J’avais alors fait partie des quelques rares âmes à rester à bord, s’occupant de ci, de là, de quelques bricoles, paressant en haut d’un mât en début de soirée, m’entrainant au lancer de couteaux ou effectuant quelques exercices physiques pour maintenir ma forme.

Quelques jours après notre départ, le vent tomba et ne laissa qu’une mer d’huile et un soleil de plomb. Ce genre d’épisode n’était pas forcément rare, mais, en fonction de sa durée, il pouvait devenir potentiellement dangereux. La canicule mettait souvent à mal les esprits et pouvait mettre en danger les corps, sans une bonne hydratation et, malheureusement, le sel n’était pas le meilleur allié de l’homme dans cette situation. L’équipage tournait au ralenti, pour limiter l’épuisement, mais tournait quand même, la Capitaine souhaitant garder son bâtiment dans un état impeccable, ce qui, il fallait l’admettre était tout à son honneur. Après mes tâches et avoir bu deux gorgées d’eau, je m’étais hissé à mi-hauteur d’un mât, profitant de l’ombrage bienvenu d’une voile, non loin de Benjamin qui semblait s’amuser avec des cordages emmêlés. Le mousse profita de l’occasion pour faire un peu de discussion avec moi, ou, plutôt, me raconter une nouvelle histoire de la Sirène. Tandis qu’il me narrait une histoire d’hydres, mon regard était posé un peu plus bas, sur l’héroïne de l’histoire de Benjamin, qui discutait visiblement avec Edxard. J’avais haussé un sourcil lorsque j’avais vu ce dernier s’approcher de sa Capitaine mais je n’avais pas réagi, Ce qui se passait en bas n’était pas mon affaire, du moins pas pour le moment. Je m’étais alors concentré sur la fin du récit du mousse et sur le courage dont avait fait preuve Sirèna pour se débarrasser de ces créatures légendaires. J’esquissais un sourire amusé quand le jeune homme m’avoua son amour pour sa Capitaine et sa volonté de devenir son Second pour se marier ensuite avec elle. J’allais lui répondre quand la voix d’Edward retentit pour interpeler mon compagnon. Curieux, je retournais ma tête également. Venait-il d’hériter du poste de Second pour affirmer ainsi son autorité ?

Apparemment, le mousse n’avait pas fait le rapprochement et s’était mis en tête de répondre à son « camarade ». J’avais failli l’interrompre, mais ce n’était pas à moi de le protéger et, au fond, il allait devoir faire des erreurs pour apprendre. Heureusement pour lui, la situation tourna plutôt à son avantage. Si Edward avait été nommé Second, il commençait mal à son nouveau poste. Passant ma main pour ébouriffer la chevelure de Benjamin, je lui murmurais à voix basse. « Tu as du cran petit, je te l’accorde. Pour ta question sur la Capitaine… Crois-moi, tu as encore beaucoup de temps devant toi pour tomber amoureux. » J’esquissais un large sourire. Il était jeune et, même s’il avait peut-être ses chances avec Sirèna, il y avait bien d’autres filles de son âge avec qui il pourrait jouer les galants. Alors que je finissais de l’asticoter, le sujet de notre discussion m’adressa la parole, me demandant depuis combien de temps je naviguais en mer. Je me penchais vers Benjamin pour lui murmurer : « Finis tes cordages, on discutera ce soir. » Je lui fis un clin d’œil et je me tournais vers mon interlocutrice, plongeant mon regard dans le sien, qui était quelque peu caché par l’ombre que faisait son chapeau. Il lui allait plutôt bien, mais je devais admettre qu’elle était quand même plus belle avec les cheveux au vent. Malheureusement, il n’y avait pas de vent. « Depuis l’exil des miens, Capitaine. Soit, sans compter ma petite escapade terrestre, bientôt six ans. » J’avais parlé assez fort pour qu’elle m’entende d’en bas, ce qui n’était pas très difficile, compte-tenu qu’il n’y avait quasiment pas de vent et très peu de bruit à bord. Six années pouvaient paraître une durée assez longue, mais, pour moi, cela ne représentait pas grand-chose. Même cette nouvelle vie, depuis mon départ, ne représentait qu’une infime portion de tout ce que j’avais vécu en terres éladrines.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 3 Mar 2016 - 21:36

« Depuis l’exil des miens, Capitaine. Soit, sans compter ma petite escapade terrestre, bientôt six ans.

L’exil…Ce mot me serra le cœur, car je l’avais vécu aussi quand j’avais quitté la Norpalie après la mort de ma mère. Chassant ce triste souvenir, je me concentrais à écouter les propos de l’Éladrin. Bientôt ses six ans. Il s’agissait là d’une solide expérience de marin; la majorité de mon équipage était en mer que depuis trois ans, je  les avais surtout engagés pour leurs aptitudes au combat, mais heureusement, ils avaient appris très rapidement le dur métier de marin.  Aux dires de Flynn, j’acquiesçais d’un léger sourire, tandis que mon regard turquoise se fit songeur. Depuis le Rat des mers, l’ancien pirate avait su attiré mon attention par son sang-froid et ses aptitudes en mer. Aye, je percevais en lui bien plus qu’un simple matelot.   Mes yeux s’attardèrent à ses traits harmonieux, aucune ride ne trahissait son âge, mais je devinais que ce n’était qu’apparence. Je savais que les Éladrins vivaient très longtemps et ils étaient considérés comme adulte à partir d’une quarantaine d’année. Or, sa chevelure noir parsemée d’un gris anthracite me laissait pensé qu’il avait le double de mon âge, peut-être davantage. Combien de temps étais-je resté là à contempler la profondeur de ce regard gris?  Ce fut une voix morose qui me fit revenir sur terre radicalement:

« J'attends, capitaine. Il semble que mon commandement n'est pas convenable, alors, quels sont vos ordres?»
  C’était Edward, je l’avais complètement oublié. Visiblement, il n’avait pas du tout aimé que je sois en faveur de Benjamin et surtout, il n’appréciait pas la manière que je venais de dévisager le Voltigeur. Diantre, serais-je toujours prise avec des hommes jaloux et possessifs?! D’un soupir exaspéré, je m’éloignais du bastingage et sondant l’ensemble de l’équipage et du navire, je m’exclamais avec fougue à l'adresse d'Edward :

-Crois-tu que devenir second te donne le droit de manquer de respect envers ton capitaine et l'équipage? D'abuser de ton autorité? Merde non!» 
Ma voix se portait à travers l’écho de la mer, mon équipage fit silence pour  mieux m’entendre, en particulier Benjamin, qui s’abreuvait de mes paroles.  «Ed,dit moi, c’est quoi la priorité? Est-ce de lavé le pont et de gaspiller de l’eau?  Est-ce d’appliquer une punition démesurée envers un marin qui a osé s’exprimer et faire preuve de bon sens? Est-ce de perdre ton énergie à donner des ordres inutiles? Diantre! Toi qui prétends connaître le navire et l’équipage par cœur, tu devrais le savoir, non? Alors, répond! C’est quoi la priorité?» Son assurance avait diminué d’un cran, incapable de soutenir mon regard, il baissa les yeux, très mal à l’aise. Sincèrement,  il ne s’était pas préparé à un tel test. Aye, il avait vu Bosco agir, mais à vrai dire, il n’avait jamais pris le temps de l’observer ni d’apprendre de lui. En ce moment, il ignorait qu’est-ce que c’était cette foutu priorité. Or, une voix moqueuse vint répondre à sa place : «la canicule c’est la priorité, Capitaine!» Haussant les sourcils, je regardais à nouveau  Benjamin. Ma colère fit place à la douceur, d’un sourire quasi maternelle, j’approuvais: «Exactement, gamin. Bien réfléchit! Si tu étais plus vieux, je t’aurais appelé Bosco!». Le mousse devint écarlate, ses yeux brillèrent de reconnaissance et il bafouilla un «merci, capitaine!» Il y eut des murmures d’approbation de la part de l’équipage, tandis que je me tournais vers Ed en commandant :
 
- Va remplir les tonneaux d’eau, ils sont presque vides et dit au cuistot de préparer de quoi nous hydrater.
-À vos ordres, Capitaine. Marmonna Ed en s’éclipsant la queue entre les jambes, tel un chien piteux et désorienté.  Le suivant du regard, j'élevais la voix vers  mon équipage : «Messieurs, le poste de Quartier-maître reste ouvert à celui qui est prêt à endosser une telle responsabilité. Sinon, je demeurais seule commandant à bord après Uria, tenez-vous le pour dit! Je pris une pause, attendant qu’un courageux ose accepté le poste de Second. Personne. Soit, j’allais devoir gérer la Sirène seule, et après tout, c’était peut-être mieux ainsi, pour l’instant…«Maintenant, terminer vos tâches et après, j’exige le repos pour tout le monde.»    La chaleur était suffocante, je ne voulais qu’aucun d’eux trépasse.




***
 
Je voyais le visage de Nassim penché sur moi, il me souriait. Son regard bleu me contemplait, puis ce même regard devint gris, un gris de tempête. Adrien? Qu’est-ce que tu fais là? Mon ancien capitaine avait pris la place de Nassim, puis ce fut le tour de Flynn. Devant mon air surpris, son sourire séduisant s’agrandit, il se pencha et m’embrassa avec douceur, puis avec brusquerie. Je voulus le repousser, mais il s’écrasa de tout son long, j’avais du mal à respirer. Réussissant à me dégager, je lui mordis les lèvres, le sang coula, j’ouvris les yeux, Flynn avait disparu, c’était maintenant Sharim. Non, pas encore toi, non…Non! Son visage de lourdaud, rouge de plaisir, me dévisageait avec sadisme. Au moment où il me prit de force, je me réveillais en sursaut, la peau dégoulinante de sueur et le souffle court. Encore un cauchemar, ça ne me lâchais pas depuis la mort de Nassim. À chaque nuit, ça venait me taraudé, m’empoisonner.  Me levant précipitamment du lit, j’inspirais profondément pour reprendre mon souffle, mais rien à faire, ma chambre était si humide que l’air m'oppressait considérablement. Même Brise m’avait délaissé pour une promenade nocturne, dehors il faisait plus frais, juste un peu, la canicule avait à peine diminué. Décidant de suivre l’exemple de mon chat, je me vêtis convenablement et je sortis sans hésitation sur le pont. Avec soulagement, je sentis une légère brise rafraîchir mon visage, signe que la chaleur touchait à sa fin.  Fatiguée, mais heureuse, je décidais de grimper au grand mât pour profiter de cette nouvelle fraîcheur, mes cheveux roux étaient la seule couleur dans l’immensité de la nuit, un feu flamboyant parmi les étoiles. Avec souplesse, j’escaladais le hunier, puis je m’accrochais à un cordage pour monter en hauteur. Toujours plus haut, vers le ciel, vers l’apaisement de l’âme. Or, arriver au sommet, je m’apprêtais à m’assoir quand mes pieds s’enfargèrent dans une corde, ou un ganse, je n’étais pas sûr, et je m’écroulais de tout mon long sur une personne allongée à ma place préférée. À cette chute imprévue, je poussais un petit cri apeurée, typiquement féminin, tandis que la silhouette m’accueillit dans ses bras. Levant la tête, mon regard plongea dans une brume argenté et brillante de malice.
 
-Diantre! Flynn? Qu’est-ce que tu fais là? Demandais-je béatement, toujours couchée sur lui. Me remettant de ma surprise, je me rendis compte que notre position était hautement inappropriée, ce qui ne semblait pas déplaire au marin, loin de là. Poussant un juron bien placé, je me dégageais  promptement pour m’assoir en face de lui, en califourchon sur la poutre.  Visiblement, n’étant pas de quart ce soir, il s’était trouvé une place douillette pour passer la nuit. Ma place. Toutefois, je ne pus m’empêcher de sourire en disant :
 
-Je vois que toi aussi tu as le don de trouver des endroits confortables! Il semblait effectivement très à son aise.  D’un rictus, je levais les yeux vers le firmament, le ciel était magnifique. «Je viens souvent ici quand je dors mal, les étoiles m’apaisent tant.» Après un instant de contemplation, je confiais sans quitter le ciel scintillant du regard :« ma mère était convaincue que ces étoiles accueillaient les gens après leur mort. Moi, j’y vois plutôt la passion et la vie, l'humilité aussi. Nous sommes si jeunes et si petits comparer à cet univers immense et ancestrale. Sur cette pensée philosophique, je rivais mon attention vers Flynn qui m’avait écouté avec attention.  «Et toi, quand tu regardes ce ciel, que vois-tu?» J’avais envie de connaître son opinion, je le connaissais si peu, et pour dire vrai, cet être mystérieux, secret, m’intriguait au plus haut point.


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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Ven 4 Mar 2016 - 10:38


Mon regard n’avait pas quitté la Capitaine alors que celle-ci continuait de m’observer. Pensait-elle que j’allais détailler davantage ? Le voulait-elle ? Je ne savais pas vraiment si elle attendait quelque chose de moi, ou si elle s’était simplement perdue dans ses réflexions. La mort de son Quartier-Maître l’avait perturbée, il aurait fallu être idiot pour ne pas le remarquer, mais, jusqu’à preuve du contraire, ce n’était pas de mon ressort. Lorsqu’elle se remit à la réalité, ce fut pour admonester ce pauvre Edward. Ceci étant dit, s’il avait voulu prendre la place de Second, il allait devoir mettre davantage de cœur à l’ouvrage. Adossé au mât, à côté de Benjamin, j’observais la Capitaine faire la leçon à son matelot, le mettant devant le fait accompli. Il avait eu tort de faire les choses comme il les avait faites, assurément, et elle le lui faisait comprendre par la manière dure. Le mousse brilla une nouvelle fois, ce qui me fit sourire, et alors qu’il rougissait face au « compliment » de sa Capitaine, je m’amusais à lui ébouriffer les cheveux une nouvelle fois pour l’embêter. Congédiant Edward d’un ordre, elle offrit le poste de Quartier-Maitre à quiconque désirait s’y frotter. Je jetais un regard à Benjamin, en souriant, lui disant, à voix basse, qu’il n’avait qu’à se proposer et je ris en silence en le voyant rougir tout en hochant vigoureusement de la tête. Personne ne s’était proposé, ce n’était pas étonnant. Beaucoup ne devaient pas penser pouvoir prendre la suite du dénommé Bosco, encore moins après la tentative, ratée, d’Edward. A croire que la Sirène n’aurait pas de Second avant un petit moment…

La suite de la journée avait été tout aussi caniculaire que la précédente, chacun attendant avec impatience la nuit à venir afin de pouvoir espérer un peu de fraicheur. Pour ma part, je m’étais contenté de donner un petit coup de main à Benjamin avec ses cordages avant de retourner à mon entrainement au lancer. Le charpentier du bord avait consenti à me céder une vieille planche afin que je puisse m’entrainer sans entailler le bois du navire. Descendu dans la cale, j’avais installé ma cible improvisée dans une coursive qui menait vers le fond de cale, où presque personne ne passait, sauf dans de rares cas. Le mousse, qui n’avait visiblement rien de mieux à faire, et que je n’avais pas eu le courage, ou la méchanceté, d’envoyer balader, m’avait suivi et était curieux de savoir pourquoi lancer une arme pouvait être plus intéressant que de la garder dans les mains. « Imagine ça comme un pistolet, en beaucoup plus discret et silencieux. » Attrapant les trois couteaux de lancer – plus fins et plus légers que les couteaux classiques – je les fis voler, un par un, à travers les coursives avant de les planter au centre de la planche, non loin les uns des autres. Je traversais ensuite la coursive pour récupérer les lames qui s’étaient plantées dans la planche qui possédait déjà de nombreux impacts, témoins muets de mes précédents entrainements. Le regard d’admiration du jeune mousse en disait long sur l’intérêt qu’il portait à cette discipline. « Pas de bruits, pas de problème de poudre et beaucoup plus économique. » J’esquissais un léger sourire et lui demander de se placer devant la planche. Il hésita un peu puis s’exécuta. Je me retournais alors, dos à lui, avant de me retourner et, dans le même temps, de lancer les trois couteaux avec mes deux mains. Les lames vinrent se planter autour de son visage, lui laissant probablement une sensation qu’il n’oublierait pas de si tôt. « Je t’apprendrais, si tu veux. Mais il te faudra de la patience et de l’entrainement. Qui sait, tu pourras peut-être séduire une fille avec ça. » J’esquissais un sourire et lui ébouriffais les cheveux avant de reprendre mon entrainement.

Plus tard dans la nuit, j’avais quitté mon hamac en silence pour remonter sur le pont. La chaleur n’était pas la meilleure alliée pour dormir, aussi avais-je préféré prendre l’air, histoire de me changer les idées, et, peut-être, me rafraichir, surtout. Saluant quelques-uns des marins de quart, je me hissais sans effort jusqu’au sommet du grand mât. Une petite brise commençait à souffler et était suffisamment agréable pour m’arracher un demi-sourire avant que je ne m’allonge tranquillement, les mains derrière la tête pour me servir d’oreiller. Certains auraient eu peur de tomber, et si je ne faisais pas attention, il y avait un risque, mais j’avais tellement l’habitude, que la hauteur était devenue une véritable seconde nature. Je contemplais le ciel en silence avant de fermer les yeux, passer la nuit ici ne serait pas désagréable. Je soupirais doucement avant qu’un léger bruit ne vienne troubler mon repos. Quelqu’un montait. Malheureusement, avant que je ne puisse apercevoir la silhouette à la lueur de la lune, celle-ci fit un faux pas et s’écroula littéralement sur moi. Par réflexe, je vins la rattraper, pour éviter qu’elle ne tombe complètement du mât, réalisant, grâce à sa chevelure, qu’il s’agissait de Sirèna. Eh bien ! En voilà une surprise. Couchée sur moi, elle ne semblait pas s’être fait mal, c’était une bonne chose. « La même chose que ce que vous comptiez faire, Capitaine, jusqu’à ce que vous me tombiez dessus. » J’avais dit cela dans un sourire amusé, après tout, le contact féminin n’avait jamais quelque chose de désagréable. Je la laissais se redresser, avant qu’elle ne s’installe en face de moi. Repassant mes bras derrière ma tête, je n’avais pas pris la peine de changer de position. Je fus surpris, après quelques instants de silence, qu’elle s’ouvre à moi, même si ce n’était que pour me parler de la façon dont sa mère considérait les étoiles. Mon regard posé sur la voûte céleste, je ne m’étais pas attendu à ce qu’elle me demande mon avis sur la question. Je restais silencieux quelques instants, les yeux fixés sur cette immensité noire, parsemée de petites lumières blanches. « Je ne sais pas… De la lumière, de l’ombre, le vide, le néant. Je ne me suis jamais vraiment posé la question, Capitaine. » Les interprétations étaient multiplies, chacun avait la sienne, pour ma part, je me contentais de ce que cela pouvait être concrètement : des points de repère, une scène à observer en ne pensant à rien…
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Ven 4 Mar 2016 - 20:26

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« Je ne sais pas… De la lumière, de l’ombre, le vide, le néant. Je ne me suis jamais vraiment posé la question, Capitaine. »

C’était une réponse concrète, qui résumait bien la complexité de l'univers, et ses infinis contrastes. Je le dévisageais pendant un instant, puis souriante, je répondis: «cette réponse me suffit amplement.»  Acquiesçant, je fixais à nouveau le ciel, imaginant une multitude d’ombres et de lumières se chevauchant, même se combattant l’une contre l’autre. Admirant les astres, je répétais d’un murmure : « la lumière, l’ombre, le vide et le néant. J’admets que chacun de ces phénomènes mériteraient d’être approfondis, mais pour l’instant, laissons ça pour d’autres.»  D’un rictus, je m’interrompis en me couchant de tout mon long sur la poutre,  mes mains derrière ma tête et mes jambes allongées, frôlant presque celles du marin en face de moi. D’un sourire d’aise, je fermais les yeux, me laissant bercer par le silence de la mer et le bourdonnement des étoiles. Évasive, je confiais: «Le ciel m’apporte l’apaisement, mais la mer…Ah, la mer est si passionnante! Jamais aucun endroit m’a procuré autant de liberté, pas même les forêts denses de la Norpalie ni l’immense désert de Varakir.» 

Ouvrant légèrement les yeux, je tournais ma tête vers cette mer que j’aimais tant, la lumière de la lune illuminait doucement les vagues. Après un instant de contemplation, je tournais la tête vers Flynn, nos regards se croisèrent. Au gris de ses yeux,  je ne pus m’empêcher de sourire en disant : «tu sais,j’adore surtout  les tempêtes. Quand les éléments se déchaînent, c’est si grisant, je me sens vivante comme jamais! As-tu déjà sentis ce moment où tu te sens un avec la mer? Tu sais, quand la pluie s'abat sur toi, ainsi que le vent, et que tu te sens t’unir à elle, comme si tu étais tout et rien à la fois. C’est un sentiment indescriptible, merveilleux….» Une nouvelle fois, je fis silence, tout en laissant ma tête retombée dans le creux de mes paumes. Je me rendis soudainement compte que pendant ce bref échange, le masque du capitaine avait fait place à Cassiopée, celle que j’étais vraiment et que je cachais en secret: une jeune femme passionnée, sentimentale et facilement ébahit pour les choses simples. Pourquoi m’étais-je ouverte aussi facilement à lui? Peut-être parce que je me sentais très seule depuis la mort Nassim, mon unique confident. J’eus un soupire triste, et je fermais les yeux pour oublier que Nassim avait existé et qu’il avait été si présent pour moi. Mon cœur se serra, j’avais envie que quelqu’un m’écoute et me console, mais je ne pouvais demander ça à Flynn, je ne voulais pas être un poids pour lui ni pour personne. Après tout, comme moi, il avait besoin de repos.  Sur cette pensée, je sentis l’épuisement m’envahir et je ne me sentais soudainement plus en mesure de converser. Somnolente, je jetais un dernier coup d’œil à Flynn en marmonnant : « Qu’en dis-tu si on continue cette conversation plus tard? J’ai besoin de dormir, je me sens si fatiguée…Bonne nuit, Flynn….» Ceci dit,  je m’endormis aussitôt, me permettant de rêver sans crainte à un horizon fait d’eau, d’étoiles et de liberté.

***
Ce fut un vent frais venant du sud qui me réveilla. Mes yeux  s’ouvrirent lentement, et comme un chat, je m’étirais allègrement sur la poutre. Pour une fois, aucun cauchemar n’était venu troubler ma nuit. Était-ce à cause de l’air marin ou de la présence rassurante du Voltigeur? Je l’ignorais, mais l’important,c’était que je me sentais revigorée comme jamais. Habituée à dormir ainsi, je me relevais sans courbature et je m’aperçus que Flynn s’était éclipsé à pas de loup. Me rassoyant en califourchon, je le cherchais du regard, mais je le voyais nulle part ni sur le pont ni en hauteur.  D’un pincement au cœur, j’espérais que ma présence ne l’avait pas déranger, car après tout, je m’étais imposée, surtout en lui tombant dessus.  Je rougis légèrement, puis m’ébouriffant la crinière, je me levais d’un bond, tandis qu’une voix moqueuse m’interpella :

-Bien dormi, Cap’taine?  Je sursautais de surprise en levant les yeux vers Gawael, l’un de mes Tiefflins, qui réalisait le quart du matin. Lui rendant son sourire, j’acquiesçais en demandant :
-Rien en vu?
-Non, cap'taine,mais le vent a fraîchit! Effectivement, la fraicheur avait repris son droit et le ciel était couvert d’épais nuages, signe que la pluie allait tombée sous peu. Enfin... Rivant mon attention vers des marins réveillés, je commandais :
- Déferler les voiles restantes et embraquer les cordages. Si le vent fraîchit davantage, serrer la bande des ris et larguer le cagnard. Ils s’exécutèrent avec empressement, le sourire aux lèvres, tout aussi revigorer que moi par cette nouvelle fraîcheur. Descendant du mât, j’atterris sur le pont et je me dirigeais vers la coquerie pour grignoter quelque chose quand j’entendis des sifflements de lames provenir d’en bas. Intriguée, je descendis silencieusement les marches menant à fond cale, puis je me dirigeais vers une coursive où des voix se faisaient entendre.
- Je n’arriverais jamais à faire ça, Flynn!?  S’exclamait Benjamin découragé par les prouesses de son mentor.  Tous deux étaient dos à moi et faisaient face à une miteuse planche de bois parsemée de fentes.  Les deux camarades ne s’étaient pas aperçus de ma présence, j’en profitais pour m’accoter au cadrage de la porte, la noirceur dissimulait ma fine silhouette. Très impressionnée, j’admirais le lancer parfaitement exécuter de Flynn, c’était carrément redoutable. Il semblait faire qu’un avec ses armes tout comme il faisait un avec les hauteurs.  À dire vrai, j’avais devant moi un véritable maître, et j’étais loin de l’égaler, même j’avais l’impression d’être une débutante, et c’était étrangement agréable. Les yeux rivés sur le Voltigeur, je n’avais pas remarqué que Benjamin avait interrompu ses propos négatifs et il me fixait avec des yeux ronds.

-Heu…Flynn...la capitaine… Soufflait le mousse les joues en feu, honteux que j’ai vu ses piètres performances. L’éladrin se tourna aussitôt vers moi, ce fut à mon tour de rougir, heureusement que la noirceur cachait ma gêne, je me sentais comme une intruse.« Avez-vous besoin de nous, Cap’taine?» Demanda Benjamin toujours écarlate. «Non, pas du tout…» Murmurais-je en soutenant le regard de Flynn,voilé par quelques mèches rebelles, puis je dis à l’adolescent : «Benjamin, profite au maximum de cet entraînement, car il est rare  de rencontrer un tel maître.»  À mes dires, le mousse dévisagea son compagnon avec étonnement, car il n’avait jamais entendu de telles paroles de la part de sa capitaine. Mon regard croisa à nouveau celui de Flynn, et d’un sourire, j’affirmais : «je demanderais au charpentier de te fabriquer une meilleure cible et si tu veux, tu peux t’entrainer sur le pont, ça va être mieux éclairé.  Tant qu’à toi, cesse de chialer et persévère, compris?»  Bien entendu, j’avais adressé ce reproche  à  Benjamin, qui avait marmonné un « à vos ordres, capitaine.» en redressant ses épaules.  Ceci dit, je tournais les talons et je les laissais à leur entrainement, dont j'espérais pouvoir prendre part un jour.


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 7 Mar 2016 - 8:56


C’était un fait. Je ne m’étais jamais vraiment posé la question de savoir s’il y avait véritablement quelque chose à  comprendre dans ce ciel étoilé, autre chose que de la lumière et des ténèbres. Je n’étais probablement pas assez porté sur l’érudition pour me pencher sur des questions de cet acabit, restant quelqu’un de très terre à terre dans ses considérations. Les grands mystères du monde n’étaient pas ma tasse de thé ! J’eus un petit sourire pour moi-même. Je laissais cela aux autres, j’avais bien assez à faire avec ma propre existence actuelle. Heureusement, elle sembla se satisfaire de cette demi-réponse, car je m’imaginais mal disserter sur ces concepts, enfin, j’aurais probablement pu broder une ou deux choses mais je n’étais pas certain que cela aurait été des plus passionnants. « Ca m’arrangerait, Capitaine. Je suis très terre à terre, comme garçon. » J’esquissais un autre sourire, plus pour moi-même que pour mon interlocutrice. Certains auraient pu rétorquer que j’étais un peu trop aérien pour être réellement terre à terre, et ils avaient peut-être raison. J’aimais bien avoir la tête dans les nuages, mais pas pour réfléchir ou pour penser, simplement pour rêver, m’imaginer des choses sans chercher à savoir si elles étaient réelles ou non, sans m’interroger sur des principes qui dépassaient de loin la moindre parcelle vivante de ces royaumes. S’il y avait une chose dont j’étais certain, c’était que nous étions bien peu de choses face à l’immensité qui nous surplombait et que, de fait, nous avions bien mieux à faire que de chercher à la comprendre. La vie était trop courte, même pour les Eladrins, pour perdre du temps à appréhender l’incompréhensible. Tout au plus, certains parviendraient peut-être à avancer une théorie sans pouvoir la prouver et le monde s’en retrouverait bien avancé. Non, ce n’était définitivement pas pour moi.

La discussion bascula ensuite du ciel vers la mer, un sujet que je maîtrisais déjà davantage. Je ne fus pas surpris de sentir dans la voix de Sirèna une émotion que je connaissais bien. Aussi, quand elle décrivit ce qu’elle pouvait ressentir pendant une tempête, face aux éléments, elle n’avait pas idée à quel point je pouvais parfaitement comprendre ce qu’elle essayait de retranscrire par des mots. Moi non plus je n’avais pas trouvé mieux ailleurs, rien de mieux que cette sensation indescriptible face au danger, à la mort, à la vie. « Je vois très bien de ce dont vous voulez parler, Capitaine. » Il était facile de savoir ce à quoi elle faisait référence, mais, elle avait raison en un point, il n’était pas possible de le décrire, pas de sorte que quelqu’un qui ne l’avait jamais vécu ne puisse comprendre ce sentiment. J’avais essayé avec Nora, mais je n’étais pas certain qu’elle ait pu saisir ce que j’essayais réellement de lui décrire, et, je ne lui en voulais pas. Peut-être son passage à bord de ce navire lui avait-elle permis de toucher du doigt ce que je pouvais ressentir en mer. Ou peut-être pas, surtout si elle avait eu le mal de mer, ce qui n’aurait pas été étonnant compte-tenu que ça avait dû être sa première fois. J’esquissais un léger sourire en repensant à elle avant de tourner mon regard vers Sirèna qui semblait s’endormir. « Bonne nuit, Capitaine. » J’avais dit cela dans un murmure et je l’avais regardé rejoindre le domaine des songes, constatant le rythme régulier de sa respiration. Le prochain quart allait bientôt sonner. Pour éviter les ragots, je pris sur moi de descendre un peu avant, afin que personne ne fasse un quelconque lien, qui aurait été malvenu. Je n’aurais probablement pas été contre partager une nuit avec une telle femme, mais je préférais quand elle était consentante et non inconsciente. Descendant du grand mât avec un sourire à mes propres bêtises, je rejoignis le pont en silence avant de passer quelques heures sur le gaillard d’avant, puis rejoindre mon hamac quelques heures avant le lever du soleil.

Ce fut une voix familière qui me réveilla. En ouvrant les yeux, je vis Benjamin qui me chuchotait de me réveiller en me rappelant que j’avais promis de lui apprendre à lancer un couteau. Grommelant pour moi-même, je lui promettais de me lever s’il me cherchait un bol de tafia et tandis qu’il s’exécutait, je m’extirpais de mon hamac, navré de ne pas pouvoir dormir quelques heures de plus après ma petite promenade nocturne. Néanmoins, une fois le mousse revenu avec mon petit-déjeuner et la nouvelle d’un vent frais – et donc de la fin de la canicule – j’étais suffisamment réveillé et alerte pour tenir ma promesse. Nous descendîmes à la même coursive que la veille et je replaçais la planche de bois contre l’une des portes puis je m’occupais d’apprendre à Benjamin la manière de tenir une lame avant de la lancer, lui faisant faire et refaire le geste au ralenti tout en lui montrant et corrigeant ses défauts. « Lancer un couteau, tout le monde sait le faire. Le faire arriver, lame en avant et le planter dans la cible, c’est une autre paire de manche. Désormais, tant que tu ne planteras pas tes couteaux dans cette planche, je ne pourrais rien t’apprendre. » Et ainsi, je le laissais lancer ses couteaux. Aucun n’atteignait la cible de la bonne façon et ils tombaient tous au sol, aussi devait-il les ramasser avant de pouvoir les rejeter, encore et encore. Je savais que ce n’était pas facile, mais je voulais le voir se débrouiller avec ce que je lui avais appris et, surtout, je voulais voir la patience dont il pouvait faire preuve. Alors qu’il commençait à montrer les premiers signes d’impatience, je retravaillais avec lui le geste de base, un peu à la façon dont Sirèna avait tâché de m’apprendre le kata de base.

En parlant du loup, le mousse fut effrayé à l’idée d’en voir la queue. Tandis qu’il m’interpellait, je me retournais dans la direction dans laquelle il regardait et posait mon regard sur la Capitaine qui s’était visiblement réveillée. Que faisait-elle par ici ? Je restais silencieux, me retenant de faire une allusion à la nuit passée devant Benjamin, mais mon regard et mon sourire, invisibles pour le mousse, n’en disaient pas moins à l’attention de la jeune femme. A l’évocation du titre de maître, je restais quelque peu surpris. « Vous allez me faire rougir, Capitaine. » J’esquissais un sourire et acquiesçait silencieusement à ses propositions. Je n’avais pas spécialement besoin d’une cible, mais il aurait été idiot de dire non. Alors qu’elle se retournait après avoir exhorté le jeune mousse à faire de son mieux, je ne pus m’empêcher indéfiniment de retenir mes élans un peu provocateurs. Je lançais alors le couteau que je tenais dans ma main, le faisant passer près de l’oreille droite de Sirèna avant que celui-ci ne se plante dans un mur un peu plus loin. Benjamin me lança un regard horrifié auquel je répondis d’un haussement d’épaule et d’un sourire avant de me tourner vers la Capitiane qui s’était, bien entendue retournée. « Et si vous montriez l’exemple au petit, Capitaine ? » C’était osé et je savais que je pouvais passer quelques heures aux fers pour ce geste, mais, si elle avait commencé à apprendre à me connaître, cela n’avait rien de provocateur, ou du moins, rien de méchant. Bien au contraire, lorsque je commençais à taquiner quelqu’un, c’était que je commençais à l’apprécier…
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 7 Mar 2016 - 13:59

Au moment où je m’apprêtais à m’en aller, j’entendis un subtil et rapide sifflement passé proche de mon oreille droite et je vis un couteau de lancer s’abattre sur le mur en face de moi. Fixant la lame qui avait failli m’estropier, je jurais entre mes dents et   vivement, je me retournais vers Flynn d’un air interloqué. « Et si vous montriez l’exemple au petit, Capitaine ? » proposa-t-il d’un sourire hautement provocateur.  Il ne manquait pas de culot et sincèrement, j’adorais ça. Ne répondant pas tout de suite, je saisis l’arme toujours plantée au mur, et je pris un  temps pour l’admirer. C’était d’excellente qualité, le manche était effilée et solide, la lame avait été forgée finement, son poids était parfaitement équilibré, quant au métal, c’était visiblement de l’amaranthite, un acier encore plus résistant que l’acier Norpalien. Mes propres couteaux de lancer avaient été forgé de ce minerais M’étant remise de mon ahurissement, je me retournais vers l’éladrin, et d’un sourire de défi je répondis :

-Soit, matelot, à condition que tu ne m’embroches pas à nouveau. Je tiens à mes oreilles! Mon sourire s’élargit, je lui fis un clin d’œil complice et je détournais mon regard vers Benjamin qui n’arrivait pas à se départir de son air à la fois horrifié et ahuri. Eh quoi? Je savais faire  la part des choses et je considérais le geste de l’éladrin comme un défi et non comme une  menace. Reprenant mon air sérieux,  je m’approchais de l’adolescent en disant :

- Le lancer aux couteaux est un art qui va te prendre des années à maîtriser, l’impatience est le pire ennemi de cette technique. Tu dois répéter, répéter et encore répéter, mais ça Flynn te la sûrement dit, n’est-ce pas?
-Aye, Capitaine, mais venant de vous, c’est encore plus agréable. Répliqua Benjamin qui s’était remis de ses émotions, il en profita pour lancer un regard moqueur à Flynn. J’eus un rictus, puis haussant le sourcil, je répondis : «Est-ce ton mentor qui t’a appris à parler aussi bien aux femmes?» Le mousse devint écarlate et soufflait : «non…euh…c’est un talent naturel…»Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire sous le regard émerveillé du gamin, ça faisait longtemps qu’il m’avait vue aussi heureuse. Reprenant mon souffle, je baissais mon regard vers le couteau de lancer, puis sans crier gare, j’avançais d’un pas, et d’un geste à la fois gracieux et puissant, la lame virevolta pour se planter dans le centre de la cible. Il y eut un silence, Benjamin cligna précipitamment des yeux et d’un sourire railleur, il se tourna vers Flynn en s’exclamant :«Aye! La capitaine est la meilleure!» D’un rire, je me tournais vers Flynn en le défiant de mon regard turquoise. Alors, pourrait-il faire mieux? Or, l’improbable se produisit,  je vis une lame tournoyer à quelques centimètres de mon visage pour se planter dans le milieu du manche du couteau que je venais de lancer.

- Par Uria…soufflais-je les yeux écarquillés en fixant les armes se chevauchant. Lentement, je détournais mon attention vers Flynn en affirmant d’un sourire contrit: «Eh bien, tu me bats à plat de couture, matelot! C’est tout à ton honneur. J’imagine que tu as passé des années à te pratiquer, n’est-ce pas? Bon sang, comment fais-tu ça? C’est excellent! Vraiment excellent! Sincèrement, je suis très impressionnée.» Mon œil brillait d’admiration, même si j’étais un peu outrée d’avoir perdu  contre lui,il me restait tant de choses à apprendre. D’un soupir résigné, je me rendis jusqu’à la planche pour retirer les couteaux superposés, mais les bougres étaient solidement coincés dans le bois. Fronçant les sourcils, je marmonnais «dit donc, on n’est pas allé de main morte.» Exaspérée, je déposais mon pied  sur la planche et je tirais de toutes mes forces, mais rien n’a rien faire, les armes ne voulaient pas sortir. «Diantre! Saleté de planche de merde!» Maugréais-je en tirant frénétiquement. C’est alors que j’entendis un gloussement derrière moi, c’était Benjamin qui se moquait de mon manque de force. Hilare, il osa dire sur un ton faussement autoritaire : «Capitaine, cessez de chialer et persévérer!» Je cessais aussitôt mon initiative d'enlever les couteaux pour lui lancer un regard noir. «Petit morveux, attends que je te coupe les oreilles!» Rouspétais-je d’un ton à la fois railleur et indigné.«Oh non, Capitaine, pas mes oreilles…»dit-il feignant d’être apeuré en se plaquant les mains sur chaque côté de sa tête, «j’en ai besoin pour écouter votre belle musique de violon!» Je le dévisageais un instant et j’éclatais encore de rire en secouant doucement la tête. Ce gamin, il était trop mignon. C’est alors que je croisais le regard de Flynn et je me sentis rougir, je devais réellement manquer de crédibilité en ce moment. Déterminée, je m’exclamais d’un ton impatient : « Bon, à la guerre comme à la guerre!» Vivement, je me tournais vers ces couteaux, qui osaient me résister, mit mes deux pieds de bord en bord de la planche, mon corps se trouvant en parallèle au sol. Utilisant la force de mes cuisses, je réussis enfin à arracher les lames de leur prise, par conséquent, je manquais de tomber au sol. Heureusement, deux bras forts me rattrapèrent dans mon envol, mon dos se retrouva accoté contre le torse solide de Flynn, qui avait sûrement prévu cette chute.  Tenant toujours les couteaux dans mes mains, je levais des yeux victorieux vers lui en demandant narquoise :

 «Est-ce moi, ou tu te fais un devoir de secourir les femmes? Riant légèrement, je me dégageais de son étreinte et je lui remis ses couteaux, ou ce qui en restaient,en promettant:  Je t’en paierais des nouveaux.»  Nos regards se soutinrent longuement, j’avais effectivement de la difficulté à me détourner de ses yeux argentés, si envoûtants,convaincue qu'ils en avaient conquis plus d'une, dont la chaste et pure Nora. Celle-ci ne s’était pas gênée de me raconter en détail leurs ébats passionnés et tendres. À ce souvenir, je baissais aussitôt le regard, rougissant plus pour moi-même que pour lui, tandis que Benjamin s’était mis à fredonner une chanson racontant l’histoire d’un marin amoureux d’une sirène. Petit morveux! Au moment où je me retournais pour lui rabattre le clapet, une voix sonore se fit entendre d’en haut, c’était Gawael.

-Cyclone à l’horizon, Capitaine!
-Bon sang! Messieurs, suivez-moi! M’exclamais-je en reprenant mon rôle de capitaine. Promptement, je me précipitais sur le pont et levant les yeux à l’horizon, j’aperçus effectivement d'épais nuages noirs illuminés d’éclairs. Une tempête allait éclater d’un moment à l’autre, les vagues avaient gagné d’amplitude et de violence. Mon sourire s’élargit, et jetant un coup d’œil à Flynn, je demandais fébrile: « Prêt pour une autre aventure? On voulait une tempête, en voilà une!».

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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 10 Mar 2016 - 12:57

[HRP : Désolé pour le temps de réponse, je suis pas mal occupé ces derniers temps !]

Je n’étais pas tout à fait convaincu sur la façon dont elle allait réagir à ma provocation, mais la façon dont son regard avait changé lorsque je m’étais expliqué sur mon geste me rassura assez rapidement. Je ne lui en aurais pas voulu de prendre la mouche, car, finalement, ma façon d’agir était osée et, pouvait, facilement, être mal interprétée, mais nous étions quasiment seuls et personne, à part Benjamin, n’avait vu cela. Je me serais peut-être abstenu devant le reste de l’équipage, simplement par respect. Je l’observais prendre tranquillement la lame plantée dans le mur et prendre le temps de l’observer. Mes couteaux étaient de très bonne facture, principalement parce que j’avais investi beaucoup de ma solde dans ceux-ci, cherchant avant tout des lames de très bonne qualité, avec la finesse suffisante pour être particulièrement efficace dans l’exercice du lancer. Bien entendu, on pouvait lancer n’importe quelle lame, mais les différences entre chacune d’entre elles, influaient énormément sur la qualité du résultat et même si d’excellentes lames ne signifiaient pas forcément d’excellents lancers, elles y contribuaient fortement. Elle s’approcha finalement, acceptant mon défi, à condition de ne plus tenter de l’embrocher. Je pris alors un air faussement contrit. « Votre manque de foi dans mes compétences me déçoit, Capitaine. » En réalité, si j’avais voulu embrocher ses oreilles, il ne m’aurait pas été très difficile de le faire, mais, bien entendu, ce n’était pas le but de la manœuvre, tout comme je savais qu’elle n’avait fait qu’essayer de me taquiner également, mais cela ne devait pas m’empêcher de continuer à m’amuser, non ? Je la laissais finalement passer tandis qu’elle s’approchait du mousse et lui fit comprendre que son enseignement serait long, ce que je n’avais effectivement pas manqué de lui dire, mais qu’il n’avait probablement pas retenu, contrairement au fait de pouvoir séduire les filles avec ces petits tours.

J’eus un large sourire tandis qu’il se faisait alpaguer sur sa façon de parler aux femmes, apparemment similaire à la mienne. Amusé, je lui donnais un petit coup de coude alors qu’il se vantait de posséder un talent naturel pour ça. « Aussi naturel que ton lancer de couteau, gamin. N’est-ce pas ? » Je faisais plus ou moins référence au fait qu’il était incapable de se contenir face à la Capitaine, ne pouvant s’empêcher de bégayer et de rougir devant une femme qu’il appréciait. Il avait encore bien des choses à apprendre pour améliorer son don naturel. Sans crier gare, Sirèna lança le couteau en direction de la cible de bois, plantant la lame en plein centre. A vrai dire, je fus un peu étonné. Je ne m’étais pas attendu à ce qu’elle soit aussi douée que cela, mais peu importait, au contraire, cela rendrait les choses plus intéressante. Benjamin s’extasia de la performance de sa bien-aimée en me décrochant un sourire qui en disait long sur ce qu’il pensait. Mais, ce que j’attendis, ce fut le moment où la Capitaine se retourna, posant son regard turquoise dans le mien, me défiant de faire mieux. Alors, sans attendre qu’elle ne s’écarte, et d’un subtil mouvement du bras, je lançais ma propre lame, qui passa à quelques centimètres de sa joue – une nouvelle fois – avant de venir se planter dans l’autre couteau. Après des années et des années d’entrainement et des dizaines de jeux remportés dans des auberges, je n’étais pas convaincu que la personne qui pourrait me battre au lancer de couteau était encore née. Cela finirait bien par arriver un jour, mais pas aujourd’hui. L’expression sur le visage de Siréna valait toutes les récompenses du monde et sa surprise m’arracha un sourire victorieux.

« Merci pour vos compliments, Capitaine. » J’avais pour moi l’avantage d’une longue vie, et donc, par conséquent, de plusieurs années d’entrainement qu’elle n’avait probablement pas eu, mais la vie était ainsi, inégale pour tous, et il aurait été dommage que je n’en tire pas parti. « J’ai encore quelques tours dans mon sac, cependant. » Mon regard s’était fait un peu plus mystérieux, amusé, presque curieux de savoir comment elle réagirait. Siréna avait attiré ma curiosité dès que j’avais su que le capitaine de ce navire était une femme. Sa chevelure rousse était aussi troublante qu’elle et je ne pouvais décemment admettre qu’elle me laissait indifférent, mais je n’étais pas certain que l’on puisse considérer que quoique ce soit puisse arriver entre nous. Peut-être était-ce également ce sens de l’interdit qui lui donnait une touche sensuelle supplémentaire. Je la suivis du regard tandis qu’elle s’acharnait à retirer les lames de la planche de bois. Apparemment celles-ci s’étaient profondément enfoncées et étaient difficiles à enlever. Benjamin ne manqua pas de narguer sa Capitaine, prenant visiblement mon exemple. Souriant face à la scène, la persévérance de Siréna me fit voir venir l’inévitable et, alors qu’elle perdait l’équilibre après avoir détachée les lames, je la rattrapais dans sa chute, avant de la redresser prestement, non sans prendre plaisir à sa proximité. « Seulement celles qui en ont besoin. » J’esquissais un sourire volontairement séducteur et je la laissais se dégager avant de prendre les couteaux qu’elle me tendait, me promettant de me les rembourser. « Ne vous en faites pas Capitaine, ce ne sont que des couteaux. » Nos regards restèrent fixés longuement l’un dans l’autre, suffisamment longtemps pour me laisser imaginer ce qu’elle pouvait penser et, l’espace d’un instant, m’imaginer poser mes lèvres sur les siennes.

Alors qu’elle brisait le lien en regardant ailleurs, je chassais cette idée de mes pensées et me tentait de me concentrer sur autre et, heureusement, celle-ci fut toute trouvée. A l’annonce de l’arrivée d’un cyclone, mon esprit se focalisa sur ce que cela signifiait et, attrapant Benjamin par l’épaule, je l’entrainais avec moi à la suite de notre Capitaine. Arrivés sur le pont, le ciel était effectivement noir d’encre, il commençait à pleuvoir et le vent s’était levé, créant des vagues d’une relativement forte amplitude. Les prochaines heures ne seraient pas des plus agréables pour beaucoup. Lorsque Sirèna se retourna vers moi, je fus surpris de la sentir quelque peu fébrile. Avait-elle peur ? « Vous vouliez une tempête, Capitaine ? Vous devriez faire attention à ce que vous souhaitez, car vos rêves peuvent devenir réalité. » J’eus un sourire amusé pour annoncer ma première phrase. « C’est pour ça que je ne souhaite qu’une jolie fille. » Ce petit intermède humour terminé, je repris mon sérieux et attendit ses ordres. L’heure n’était plus aux taquineries ni aux tentatives de frime, il y allait avoir du chahut à bord et cela demanderait beaucoup d’effort pour ne pas finir naufragés. Attrapant Benjamin par le bras, je m’agenouillais pour le regarder droit dans les yeux. « Fais attention à toi, Gamin. Je détesterai ne plus entendre tes histoires. Compris ? » J’attendis qu’il opine du chef. « Alors ne prends pas de risques inutiles et, si tu as besoin d’un coup de main, tu cries mon nom plus fort que la tempête, d’accord ? » J’esquissais un sourire à son approbation et j’ébouriffais ses cheveux de ma main avant de le laisser partir, puis je me tournais vers Sirèna, un sourire qui en disait long sur l’excitation qui courait déjà le long de mon échine. « A vos ordres, Capitaine. »
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 10 Mar 2016 - 23:38

hrp:
 


« Vous vouliez une tempête, Capitaine ? Vous devriez faire attention à ce que vous souhaitez, car vos rêves peuvent devenir réalité.  C’est pour ça que je ne souhaite qu’une jolie fille. » Avait-il dit d’un sourire amusé. À cet intermède d’humour, j’haussais le sourcil et d’un sourire semblable, je répliquais taquine : «Seulement une jolie fille, Flynn? Je te croyais plus difficile…». J’eus un rictus,puis retrouvant mon sérieux, je me tournais vers Benjamin en commandant : «Gamin, va aider Sam et Hector à attacher les canons et après, assure-toi avec Ben que le niveau d’eau à fond de cale ne dépasse pas la limite.». L’adolescent hésita un instant, puis osa demander : «Capitaine…Je ne pourrais pas rester avec Flynn? Je…» Je m’apprêtais à le sermonner sévèrement, quand Flynn prit le mousse par le bras pour l’exhorter de faire attention à lui et de ne pas prendre de risque inutile. Sincèrement, j’étais très touchée par cette marque d’affection, et au fond de moi, j’éprouvais la même chose pour Benjamin, c’est pourquoi je ne voulais  pas le voir en haut d’un mât pendant un cyclone. Déçu, mais comprenant le danger de la situation,  le mousse opina de chef, et se tourna vers moi en disant : «À vos ordres, Capitaine.»,puis il partit, sans  oublié de lancer un regard encourageant à l’éladrin. Celui-ci se leva aussitôt le mousse éclipsé et il me décocha un sourire à la fois très séduisant et emballé, il semblait tout aussi excité que moi par la tempête qui approchait. L’œil brillant et un sourire illuminant mon visage maintenant détrempé par une pluie torrentielle, je commandais en hauteur: «Serrer les gréements face au vent, déferler toutes les voiles et caler le mât des perroquets!». Les marins acquiescèrent de même mouvement de tête et exécutèrent aussitôt mes ordres.  Mon regard croisa celui de Flynn, et d’un léger sourire, je dis : «Va les rejoindre et surtout, reste en vie.». Répondant à mon sourire, il me répondit: «À vos ordres, Capitaine.» et rapide comme un félin, il grimpa jusqu’au sommet du mât de misaine pour aider à effectuer mes ordres. Après avoir admirer son agilité,  je me dirigeais vers le gouvernail, où Ed avait pris les commandes durant la nuit. « Ed, prends la barre.». Fatigué, mais tout aussi excité que moi, le marin me laissa la place et prit la barre d’une poigne solide.  «Navigue en bouline, garde le Cap!» Le vent avait augmenté d’intensité, ainsi que les vagues, j’avais l’impression d’affronter d’immenses montagnes aquatiques, mais cela ne m’inquiétait guère, non c’était plutôt l’état du ciel. Il était d’un noir comme je l’avais rarement vu, illuminé d'éclairs aveuglant. Je levais un regard inquiet vers mes hommes se trouvant en hauteur, ils risquaient de se faire électrocuter. M’assurant qu’ils ne pouvaient faire plus dans les circonstances, je commandais d’une voix forte : «Redescendez! Exécution!».

Au moment où ma voix se fit entendre,  Gawael pointa à bâbord en s’écriant : «Capitaine, une trompe marine en vue!». Les cheveux  fouettant mon visage, je me retournais brusquement vers l’ouest et je devins livide.   Une trompe marine s’était formée à plusieurs mille et se dirigeait à cent kilomètres à l’heure vers nous.  «Qu’Uria nous protège.» Soufflais-je les yeux écarquillés en fixant le cataclysme puissant et dévastateur. Maintenant, nous devions non seulement affronter l’amplitude des vagues, mais aussi réussir à fuir la menace tourbillonnante qui s’approchait à vue d’œil. Essayant de reprendre mon sang-froid, j’analysais nos chances de survie. Nous étions au milieu de la mer, sans côte pour nous protéger, et les vagues étaient si puissantes qu’elles nous propulsaient inévitablement vers la trompe, qui allait sûrement nous aspirer sur son passage. Je ne pouvais faire marche arrière, car aller à sens inverse des vagues nous coulerait assurément dans les abysses. Par Uria, que faire? Comme l’attaque des Hydres, qui avait failli nous tuer, je n’avais jamais affronté une telle épreuve. Le cœur en chamade, je fermais les yeux pendant un bref instant pour réfléchir à une solution. C’est alors qu’un souvenir lointain surgit dans mon esprit, je voyais mon père à mes côtés, homme gigantesque et imposant à la crinière de feu. Tenant son gouvernail, il fixait pensivement un ciel nuageux, puis  il avait baissé son regard d'azur vers moi en demandant: «Sais-tu qu’est-ce qu’une trompe marine, Cassio?» L'ignorant, j’avais hoché négativement de la tête. Comme inspiré du ciel, il m’avait expliqué : «c’est une tornade qui descend du ciel et tournoi sur la mer à une vitesse fulgurante. Si tu en croises une, tu vas avoir deux choix devant toi : t’approcher le plus près possible de la terre ferme pour trouver refuge ou la dévier. Je te souhaite le premier choix, moussaillon, car rares sont les marins qui réussissent ce coup de maître de virer les amarres sans se faire aspirer par une trompe.» Il eut un regard triste et hochant la tête, il continua : Aye, la plupart sont soit trop lents ou trop rapides. J’avais levé la tête fièrement en m’exclamant : «et si j’y arrive, capitaine?». Mon père m’avait dévisagé avec surprise, puis d’un sourire fier et paternel, il m’avait répondu : «Alors, tu deviendras  un capitaine de légende.».

C'est alors qu'une voix paniquée me fit revenir à la réalité «Capitaine! Vos ordres!?». C'était Ed, son regard était remplit de terreur. Mon regard limpide se riva vers la trompe qui continuait d’approcher. Le choix n’était plus à faire. Détournant mon attention de notre futur bourreau, je levais les yeux vers le ciel, le vent s’était déplacé rapidement vers le nord, apportant avec lui les derniers éclaires. Sentant le moment approché, je priais intérieurement : «Uria guide mes mains et épargne-nous, fait que l’on soit victorieux.» Soudain, je sentis tous les regards se suspendre à mes lèvres, et à leur grand étonnement, j’eus un sourire rassurant, plein d’espoir et de courage. Me raclant la gorge, je commandais fermement : «Flynn, Roger, Fior, Charles, Jason et Gawael remontés en hauteur! Gardez le cagnard, mais pour le reste, mettez à sec la toile et attendez mon signal pour larguer toutes les voiles!».  Je les vis me fixer avec surprise, même scepticisme. Mettre à sec la toile? En pleine tempête?  Ça frôlait la folie! Mon regard se fit plus déterminer que jamais et je m’écriais : «Exécution!». Ce fut comme un décharge électrique, ils s’empressèrent aussitôt à exécuter mon étrange directive. Certes, je n’avais jamais fait ça auparavant, et c’était très risqué, mais la Sirène devait impérativement ralentir. Tournant mon attention vers deux marins sur le pont, je commandais d’un ton tranchant : «au cabestan et attendez mon signal!» Les deux hommes me regardèrent interloquer, mais ils ne s’obstinèrent pas. Mes mains crispées sur le gouvernail, je réussis à maintenir le Cap malgré la force des vagues et levant mes yeux vers mes meilleurs grimpeurs, je vis qu’ils avaient terminé de remonter les voiles. L’heure était donc venue.

-Accrochez-vous, messieurs, ça va secouer!  M’écriais-je à l’adresse de mon équipage. Plusieurs de mes hommes eurent le réflexe de s’attacher autour des mâts, d’autres allèrent se mettre à l’abri à fond de cale, j’espérais que Benjamin s’y trouvait. Vivement, je confrontais la trompe du regard, c’était un duel mortel, mais respectueux, car j’étais consciente que cette puissance pourrait nous broyer sans pitié. J’étais maintenant parfaitement positionnée, assez loin pour qu’elle ne nous aspire pas, mais assez proche pour voir en détail la magnificence du vent tournoyant à une vitesse draconienne. «Abaissez l’ancre! Exécution!». Hurlais-je aux deux matelots qui attendaient en tremblant de terreur. Ed se tourna vers moi avec des yeux ronds, mais je ne lui accordais aucune attention, je savais ce que je faisais, il était trop tard pour reculer. L’ancre chuta lourdement dans l’immensité des vagues, la Sirène se pencha brusquement à tribord, mais le Gagnard fit un contrepoids, nous maintenant en parfait équilibre. Alors, j’attendis…ni trop lent, ni trop rapide, c’était cela le secret. Je me laissais imprégnée de l’énergie des éléments, je ne fis qu’une avec la mer, mais surtout avec mon navire. Puis  un instant après, je commandais d’un cri: «Déferler toutes les voiles!».  Crispés et s’accrochant autant qu’ils le pouvaient, mes grimpeurs exécutèrent mon ordre le plus rapidement possible, car  la mort était proche, elle ne devait pas gagner. Enfin, à temps voulu, les voiles furent larguées, et d’un geste sûr et brusque, je tournais mon gouvernail à bâbord.Serrant les dents, je sentais mes pieds levés de terre, mais je tins bon, l’œil fixé sur la trompe. Plus vite, plus vite…

Cela me parut durer une éternité, mais enfin, mon navire réussit à tourner à 90 degrés, cédant le passage in extremis à la trompe marine, les vagues se brisèrent contre elle, mais cela ne l’empêchait pas de continuer son chemin, sans nous broyer. Nous l’observions avec étonnement, comme sur le choc d’être encore en vie.  Moi-même je n’en revenais pas de mon succès, j’avais réussi…Par Uria, j’avais réussi!  Malheureusement, ce n’était pas encore le temps de célébrer, il restait une tempête à affronter et je devais secouer les esprits encore paralysés par ce qui venait de se passer. Avec sang-froid, je levais la tête vers mes grimpeurs pour m’assurer que tous étaient encore là, et heureusement, c’était le cas. De mon plus beau sourire, je m’écriais : «bravo, messieurs! Courage, c’est bientôt fini!». Jetant un dernier coup d’œil à la trompe marine, qui visiblement avait diminué d’intensité, je ramenais mon navire droit devant en commandant : «Lever l’ancre!». Tremblant à la fois de soulagement et de terreur, les deux marins tournèrent le cabestan et l’ancre fut remontée, nous continuons notre course folle vers le sud-ouest. Or, après avoir surmonté plusieurs vagues violentes, je vis au loin la plus imposante d’entre toutes. À travers la pluie et le vent, je souris avec éclat en laissant la Sirène surfer sur celle-ci. Sentant mon cœur monté à ma gorge, la descente fut à pique, mais mon solide navire tint le coup, comme sa capitaine et son équipage. Celui-ci revêtait à présent un sourire victorieux  et fixait intensément l’horizon, des rayons du soleil transpercèrent le ciel noir. Trop emballé, personne ne s’aperçut de la vague traître arrivant à bâbord, elle fut si violente que je me fis propulsée contre le bastingage, ma tête se cogna durement le bois.  La seule chose que je vis avant de perdre connaissance  fut l’éclat du soleil qui reprenait ses droits, la tempête était officiellement terminée, nous avions réussit à sortir du Cyclone. J'eus un sourire de bonheur, puis ce fut le noir total.

 


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mar 15 Mar 2016 - 13:07


« Les apparences peuvent être trompeuses, Capitaine. » J’avais répondu avec une assurance emprunte d’une pointe d’impertinence. En réalité, il fallait plus qu’une jolie fille pour réellement m’intéresser, mais une simple jolie fille pouvait également faire l’affaire. De toute façon, l’heure n’était pas au badinage et, même si je commençais à apprécier mon Capitaine, ce n’était pas trop dans mes habitudes de tailler une bavette sur mes préférences et ma vie avec les autres, quels qu’ils fussent. Et c’était sans compter la tempête dans laquelle nous étions désormais pris et dont il faudrait se dépêtrer sans aller par le fond, ce qui n’allait pas être une partie de plaisir. Après m’être assuré que Benjamin ne tenterait pas le diable cette fois-ci, il aurait tout le temps, plus tard, de se frotter aux éléments, mais, pour cela, il devait survivre aujourd’hui, je m’étais retournée vers Sirèna, bien déterminé à faire ce qu’elle ordonnerait. Je ne savais pas si elle avait ce qu’il fallait pour nous sortir de là entiers, mais j’étais convaincu qu’elle essayerait de le faire, quoiqu’il arrive, et je n’avais pas besoin de plus. Qui plus est, je n’avais pas vraiment beaucoup d’options et je ne comptais pas attendre la mort à ne rien faire, cela faisait mauvais genre. Elle donna, enfin cria, plutôt, ses premiers ordres et se retourna vers moi, mes cheveux collant déjà sur mon visage battu par la pluie et le vent, avant de m’ordonner d’aller les aider et, assez étonnement, de rester en vie. Plongeant un regard qui en disait long sur le fait que je ne comptais pas mourir aujourd’hui, j’acquiesçais vigoureusement avant de m’élancer vers le haut du mât et me mettre à aider mes compagnons. Le vent et la pluie rendaient l’exercice difficile, sans compter l’orage qui, lui-même, était un danger supplémentaire, mais c’était le lot de tous ceux qui acceptaient d’affronter les caprices de la mer.

Une fois l’ordre exécuté, nous redescendîmes sur le pont, évitant ainsi de risquer d’attirer la foudre sur nous, et nous occupant à d’autres tâches. Quelques matelots avaient tiré quelques lignes de vie de la proue à la poupe, de chaque côté du pont, et tandis qu’on n’avait pas réellement besoin de moi, j’allais m’assurer rapidement que Benjamin était bien descendu dans la calle afin de faire son possible pour aider en bas car, après tout, il n’y avait pas qu’en haut qu’on pouvait faire quelque chose pendant une tempête. Apercevant sa petite tête dans la masse, je souriais pour moi-même, je remontais les quelques marches que j’avais descendu et refit face aux ténèbres entrecoupés de lumière. A ce moment, la voix d’Edward rugissait, avertissant du passage d’une trombe marine. Approchant du bastingage en m’agrippant au navire, je vis la colonne d’eau et je dus admettre que mon cœur manqua un battement. Nous allions droit sur elle et, avec la puissance du vent et des vagues, il n’y avait presque rien à faire pour empêcher cela. J’entendis soudain mon nom et me retournait vers Sirèna qui voulait visiblement tenter quelque chose, alors que j’allais partir pour grimper, je constatais que mes compagnons semblaient perplexes. N’avaient-ils pas confiance ? Et même au-delà de ça, ne rien faire, c’était la mort assurée, alors, autant agir, non ? Ils reprirent finalement du poil de la bête après une nouvelle exclamation de leur Capitaine et commencèrent à me rejoindre afin que nous nous attelions à la tâche. Je n’avais aucune idée de ce qu’elle voulait faire mais quelque chose me disait que j’allais le savoir bien assez tôt. Une fois l’ordre exécuté, j’attendis, comme on me l’avait ordonné, agrippé à l’un des mâts, trempé, l’eau ruisselant sur mon visage, mes vêtements ballotés par les rafales de vent. La trombe s’approchait mais ce n’était rien comparé à ce qui allait suivre.

La manœuvre elle-même me laissa pantois. Lâcher l’ancre, déferler les voiles… Le choc fut rude, mais nous tînmes le choc, avant de voir le navire tourner sur lui-même et laisser finalement sa place à la tornade d’eau. Diantre. J’en restais scotché à mon mât. Un regard en contrebas pour cette femme qui avait eu le cran d’affronter l’un des cataclysmes de la nature. Elle avait définitivement gagné mon respect, mais, pour être honnête, elle avait eu un peu plus que ça. Le danger principal évité, il fallait encore sortir de la tempête, mais, comparé au reste, ce fut un véritable entrainement. Lorsque les vagues se calmèrent, en même temps que le vent, et que l’orage fut loin, l’équipage put souffler, moi y compris. L’adrénaline me quitta, me laissant passablement fatigué, suffisamment alerte cependant pour ne pas me laisser surprendre par le choc d’une dernière vague, traitre, et voir Sirèna manquer de passer par-dessus bord avant que je ne la rattrape. Malheureusement, elle s’était visiblement cognée la tête et avait perdu connaissance. L’ordre fut donné de la ramener dans sa cabine avant de l’examiner. Benjamin fut, et il accepta avec honneur, affecté pour surveiller la jeune femme le temps qu’elle se réveille tandis que la vie essayait de reprendre son cours normal à bord de la Sirène. Perdu, Edward ne semblait pas savoir quoi faire, m’approchant de lui, posant une main sur son épaule dans un demi-sourire, je posais sur lui un regard qui trahissait le fait que j’étais content que nous nous en soyons sortis. « Bien plus excitant que les pucelles du port, n’est-ce pas ? » J’esquissais un sourire, un peu las. « On devrait faire cap vers la côte et trouver une crique à l’abri où mouiller, on pourra se reposer et attendre tranquillement que le Capitaine se réveille. » Je lui décochais un sourire et une nouvelle tape sur l’épaule avant de descendre, avant qu’il ne donne des ordres.

Nous avions réussi à trouver une crique abritée avant le début de la nuit et la Sirène avait mouillé l’ancre avant que ses matelots ne se mettent à vérifier l’intégrité du navire et, pour une grande partie d’entre eux, ne profite du temps libre pour pouvoir enfin se reposer et se remettre des évènements de la journée. Au diner, j’étais descendu dans la cabine du Capitaine pour apporter son repas à Benjamin. « Toujours rien ? » Visiblement non. Je pouvais sentir l’anxiété du petit mousse. « Ne t’inquiète pas, elle a la tête dure, il lui faudra plus que ça pour l’arrêter et puis un peu de repos lui fera du bien. Il en faut de l’énergie pour mener une bande de matelots comme les siens, surtout avec toi dans le tas. » Benjamin s’offusqua de la pique mais il comprit bien vite que je plaisantais et il afficha un léger sourire. Je l’abandonnais alors, après ma sempiternelle tape sur la tête, puis je regagnais le pont afin de profiter du début de la nuit, m’installant à la poupe, sur le bastingage.  Je ne pouvais m’empêcher de penser à Sirèna, à ce qu’elle avait fait aujourd’hui, à sa crinière rousse. La Capitaine ne commençait-elle pas à me monter à la tête ? Cette idée me fit sourire, mais, même si c’était le cas, je n’étais pas certain de vouloir toucher à ce fruit-là, aussi délicieux semblait-il être.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mer 16 Mar 2016 - 22:18

Ce fut un ronflement sonore qui me réveilla lentement. Péniblement, j’ouvris les yeux et j’observais la pièce où je me trouvais. J’étais dans ma chambre, mon corps était recouvert de plusieurs couvertures chaudes et l'on m’avait dévêtu, laissant seulement mes sous-vêtements. Je me félicitais d'en avoir mis à matin, sinon l’homme qui m’avait déshabillé aurait cruellement souffert de ne pouvoir me toucher. Sur cette  stupide pensée, un mal de tête terrible me taraudait l’arrière du crâne, fébrile, je vins effleurée par nuque et je fis une grimace douloureuse. J’avais une bosse grosse comme un œuf, le coup avait été plus rude que je le croyais. Je me souvins soudain de ce qui s’était passé, de la vague, des bras me rattrapant avant que je ne tombe par-dessus bord, ainsi que du soleil. Un soleil flamboyant et merveilleux. Je souris d’émotions, consciente qu’on avait survécu non grâce à la chance, mais à mes aptitudes de marins, mon père aurait été sûrement très fier de moi. C’est alors que mon sourire s’affaissa et j’eus un air perplexe.  Combien de temps avais-je perdu connaissance? Fronçant les sourcils, mes yeux turquoise se rivèrent vers la fenêtre. Il faisait maintenant nuit, une douce lumière éclairait la vitre et des rires se faisant entendre sur le pont, ainsi que des chansons.  Mes hommes étaient en train de fêter et de se reposer, j’approuvais d’un léger sourire, ils le méritaient comme nul autre. Maintenant, il restait à savoir où on était, car j’étais persuadée qu’on avait mouillé le navire, le plancher émettait qu’un léger balancement. Haussant le sourcil, je me demandais qui avait eu cette intelligente initiative. Certainement pas Edward, il était incapable de prendre une quelconque initiative de son chef,et c’était pire après une tempête. Sur cette interrogation,j'entendis encore un ronflement, je fus surprise de voir Benjamin en train de dormir comme un loir, allongé sur mon fauteuil, la bave lui coulait à la bouche. Quel excellent protecteur! J’eus un rictus et silencieusement, je pris un coussin à mes côtés et je lui lançais en plein visage. Il poussa un petit cri nerveux et il se réveilla d’un bond, les cheveux en bataille et un couteau en main.
 
-Du calme, gamin, c’est moi. Rassurais-je d’un sourire railleur. Comme s’il venait de sortir d'un rêve, il écarquilla les yeux et marmonna :
-Capitaine…Capitaine, vous êtes réveillé?! Le mousse rangea son coutelas et il se précipita sur moi enlaçant ma taille, et la joue contre mon ventre, Benjamin murmura les larmes aux yeux :  
-Oh, Capitaine, j’ai eu si peur! Je pensais que vous allez mourir! Qu’est-ce qu’on ferait sans vous, capitaine? Je fus troublée devant autant d’affection, il semblait s'être vraiment attaché à moi. D’un doux sourire, je caressais maternellement ses cheveux châtains et je répondis tendrement: «Rassure-toi, il en faut bien plus pour m’achever, moussaillon.»  Son étreinte se resserra, je commençais à manquer de souffle. Le repoussant légèrement, je dis précipitamment : « gamin, tu m’étouffes! » D’un sourire contrit, l’adolescent me lâcha, puis il s’aperçut que j’étais très légèrement vêtu. Son sourire fit place à un air béat, et inconsciemment, ses yeux descendirent sur mon corps galbé, aux courbes généreuses. Je ne fus pas gênée par cette contemplation juvénile, c’était  sûrement la première fois qu’il voyait une femme pratiquement nue, mais je restais quand même son capitaine. Sèchement, je tirais un drap sur moi, cela le fit revenir brusquement à la réalité et il détourna aussitôt ses yeux bleus.

-Désolé, capitaine…balbutia-t-il écarlate, conscient que son regard avait été déplacée. J’eus un rictus, et prenant un air exaspéré, je répliquais :
- Cesse donc de je rougir devant les femmes, gamin. Ce n’est pas comme ça que tu vas en avoir une dans ton lit!  À mon commentaire osé, il  s’étouffa avec sa propre salive et son teint devint cramoisi. Eh là, là…visiblement, il ne savait plus où se mettre ni quoi dire, je l’avais rendu très mal à l’aise. Décidant que j’allais laisser son instruction sexuelle au soin de Flynn, je changeais de sujet, en demandant :
-Qui a donné l’ordre du mouillage? Soulagé par la tournure de la discussion, l’adolescent put enfin respirer, sa peau redevint beige. Avec plus d’assurance, il répondit :
-C’est Ed, Capitaine.
-Te souviens-tu si quelqu’un lui à parler avant qu’il transmettre cet ordre? Il prit un instant pour se souvenir,  puis Benjamin acquiesça énergiquement, et d’un sourire fraternel, il me renseigna qu’il avait vu effectivement Flynn conversé avec Edward. Bon sang, j’aurais dû m’en douter, mon mal de tête m’embrouillait l’esprit. Fermant les yeux, je commandais d’une moue douloureuse :
-Gamin, va me chercher du cognac dans mon cellier.
-À vos ordres, capitaine. Promptement, il allait chercher ce que j’avais demandé. Je saisis aussitôt la liqueur dorée de ses mains et je la portais à mes lèvres. Mes joues rougirent sous l’effet de l’alcool et mon mal diminua considérablement.
-Diantre que ça fait du bien!  D’un sourire soulagé, je ramenais mon attention sur le mousse et j’ordonnais d’un sourire narquois : « À présent, va me chercher des vêtements dans mon garde-robe. Choisis ce que tu veux, à l’exception d’une robe.» Opinant, l’adolescent rougit légèrement, mais sans s’obstiner, il fouilla dans mes affaires et il opta pour une chemise en satin d’un turquoise foncée et un pantalon de cuir noir, moulant à souhait. Mon sourire s’élargit, et levant un sourcil, je complimentais : « Chic et  sensuel. Tu as du goût, gamin. » Ses joues rougirent à nouveau, il marmonna quelque chose qui ressemblait à un merci. D’un clin d’œil, je me levais pour prendre les vêtements et je remerciais doucement : «Merci d’avoir pris soin de moi. Maintenant, va te reposer, tu l’as bien mérité. D’un regard reconnaissant, l’adolescent acquiesça et au moment il s’apprêta à sortir, j’ordonnais : «En même temps, dis à Flynn de venir me voir». D’un sourire, il acquiesçait d’un hochement de tête en répondant : « À vos ordres, Capitaine.».


 
                                                                                                                     ***
-Bon sang de merde, quelle tempête! S’exclamait Hector en buvant une gorgée de tafia. Lasses, mais heureux d’être en vie, ses camarades approuvèrent de la tête. Ils avaient allumé un feu, plusieurs s’y étaient rassemblés pour discuter, chanter et relaxer. Les marins se mirent à se raconter pour la millième fois l’exploit de leur capitaine, qui les avait tous sauvés d’une mort certaine. Le regard fixé sur le feu, Ed sourit en murmurant: «Diantre, quelle femme d’exception! Elle est bien la digne fille de son père, un capitaine de légende.» Ils eurent des sourires admirateurs, tous levèrent les yeux vers la fenêtre de sa cabine. Soucieux, Ben avala sa gorgée de travers, et après une toux sèche, il marmonna :  « j’espère qu’elle s'en sortira. Qu'est-ce qu'on ferait sans elle, hein? » Malgré un sourire rassurant, Ed eut un regard sombre et d’une voix rauque, il répondit : «Oh, notre capitaine s’en sortira matelot, elle a vécu pire. Aye, bien pire.» Il décocha un regard mystérieux et triste à ceux qui furent présents durant la mutinerie de Sharim. Ils eurent le même regard et en silence, ils calèrent leur rhum, alcool qui était permis de boire à de rares occasions sur la Sirène. Les marins qui étaient là que depuis trois ans ou moins se décochèrent un regard intrigué, l’un d’eux osa demander : «qu’a-t-elle vécu de pire qu’une trompe marine?». Il y eut des rires gras, puis le silence se fit, tous attendirent une réponse des «anciens», surnom donné à ce groupe respecté. Ceux-ci s’échangèrent un regard dépité, puis Fior haussa les épaules en voulant dire : «bah, ils vont l’apprendre un jour ou l’autre, aussi bien maintenant.».


Edward soupira, et après un instant, il résuma brièvement : «La capitaine a vécu ce que n’importe quelle femme aurait subi lors d’une mutinerie, et ce, devant son père se faisant battre à mort. » Un frisson d’effroi parcourut l’échine des hommes, cette brève explication suffisait à comprendre l’étendue du drame. D’un silence lourd, ils baissèrent aussitôt les yeux avec tristesse et écœurement, tandis que Benjamin arriva au même instant. Tout sourire, il s’exclama  en brisant leur mutisme : «Messieurs, la capitaine est réveillée et elle se porte à merveille! Cette nouvelle réussit à leur arracher un léger sourire. Reprenant sur eux,  ils levèrent leur bouteille en s’exclamant d’une voix forte : « À une capitaine de légende! ».  Joyeux, l’adolescent se tourna vers Flynn, qui se trouva comme toujours installé sur la poupe. Perplexe, le mousse fronça les sourcils en le trouvant sombre. S'approchant de lui, Benjamin demanda : «N’es-tu pas content de savoir la capitaine rétablie? En tout cas, moi, je le suis!». D’un œil brillant, il se pencha et murmura : «tu sais, j’ai pu lui faire un câlin sans qu’elle s’en offusque et je l’ai même vu légèrement vêtu. Diantre, je n’ai jamais vu une femme déshabillée, mais celle-là en vaut la chandelle, tu peux me croire!». Dans son admiration, le mousse avait failli oublier l’ordre de sa capitaine. Se rappelant, il  informa son camarade d’un sourire envieux : « Ah oui, j’ai failli oublier, elle veut te voir, maintenant. ». Au même instant, j’avais fini de me vêtir correctement et je m’étais immédiatement diriger à mon bureau. Après avoir bu une autre gorgée de cognac, je déroulais une carte sur mon secrétaire et penchée sur elle, je l’analysais longuement avec attention. Peu de temps après, un bruit fit lever mon regard turquoise vers la porte, c’était Flynn.

D’un sourire narquois, je le taquinais avec humour : «Alors, matelot, je vois que le cyclone ne t’a pas trop décoiffé. C’est une chance! Sinon que feraient les belles pucelles  d’un séduisant éladrin dépareillé ?»  Je lui fis un clin d’œil, signe que je plaisantais, puis reprenant mon sérieux, je questionnais avec une soudaine inquiétude: «J’espère que tu n’as pas été blessé ?». À sa réponse, j’eus un soupir de soulagement et reprenant mon sourire, je dis railleuse : «Bien, tu as été plus veinard que moi. ». À la charge, ma douleur à la tête me fit grimacer, je bus cette fois mon cognac d’une traite. L’alcool vint me brûler la gorge, je toussais un peu et reprenant mon souffle, j’expliquais mi sérieuse, mi moqueuse: «Étant capitaine, je n’ai le droit qu’à un peu de repos, et à beaucoup de cognac… surtout si je suis seule au commande.». J’eus un rictus, et d’un air las, je rivais à nouveau mon attention sur la carte. Sans le regarder, j’ordonnais doucement :« Approche, cher conseillé d’Edward, j’ai quelque chose à te montrer. ».  Promptement, il vint à mes côtés, l’odeur de son être me rappelait  la brise marine du matin et sans que je ne sache pourquoi,mon cœur se mit à battre la chamade. Trouvant ridicule qu’une simple odeur vienne aviver mes sens, et surtout mon désir, je me concentrais sur le pourquoi de cette rencontre. Pointant mon doigt sur la carte, j’expliquais avec sérieux : «Si j’en crois cette crique, nous sommes ici, en face de la jungle noire, à quelques jours du Boyou des truands.». Plongeant mon regard dans les yeux argenté qui me scrutaient, je questionnais : «Es-tu déjà venu à cet endroit avec Sharim? Connais-tu un lieu où il aurait pu se planquer dans les parages?». Je pris un instant de silence pour l’écouter, et d’un air contrarié, je confiais : «nous allons devoir mener notre enquête, mais en passant inaperçu. Nous ne pouvons arriver là comme corsaire, c’est trop dangereux, et quelques malfrats de ma connaissance risquent de reconnaitre la Sirène et de prévenir Sharim. Si c’est le cas, le lâche va s’enfuir au lieu de nous affronter, et ça je ne le permettrais pas.».  Déterminée à trouver une solution, je m’assis sur le coin de mon secrétaire, face à Flynn, et baissant le regard, je pris un moment pour réfléchir. Concentré, je pensais : «ce déguisé en marchands? Non, c'est devenir un appât inutile. En truands? Non, ils doivent tous se connaître dans le coin, ça va paraître louche.Alors, en quoi?». C’est alors que la présence virile et sensuelle de Flynn fit briller mon regard d’une lueur intelligente. Le regardant, j’eus un sourire éclatant en disant : «Aye, j’ai trouvé! On va se faire passer pour des pirates! C’est parfait pour se fondre dans le décor.». Puis j’eus un regard perplexe en soufflant plus pour moi-même : «Toutefois, je suis bonne pour les trucider, mais pas pour négocier avec eux.  En plus, comme capitaine, on va me reconnaitre, c’est certain que ça va jouer contre nous.». Je fus un momentanément contrarié, puis mes yeux se rivèrent sur le beau visage de Flynn et ils brillèrent à nouveau. Charmeuse, je me penchais sur mes coudes pour mieux le contempler et je proposais : «Flynn, qu’en dis-tu de te faire passer pour un Capitaine pirate?». D'un sourire enjôleur, je murmurais : «Je trouve que ce rôle vous irait à merveille, très cher.».


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Ven 18 Mar 2016 - 13:41

A l’arrière du navire, j’avais essayé de me changer un peu les idées, d’observer le soleil finir sa chute dans l’océan pour penser à autre chose, mais c’était plus difficile à dire qu’à faire. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Sirèna, à la façon dont elle avait géré cette tempête d’une main de maître et au fait qu’elle nous avait tous sauvés la vie. Peu de Capitaines étaient capables de gérer des évènements comme ceux-ci et j’étais bien content d’être en vie, mais cette épreuve m’avait démontré que je pouvais avoir confiance en elle, peut-être même pourrions-nous mettre la main sur Sharim. Depuis le temps… Ce n’était pas étonnant d’avoir appris qu’il s’était retourné contre notre ancien Capitaine, Juular, mais cela impliquait qu’il serait bien plus difficile de le trouver, car le serpent était malin et ne sortait pas facilement de son trou. J’avais réussi à glaner des informations pendant ma cavale, mais il m’avait été impossible de les confirmer et je n’avais que beaucoup de rumeurs et histoires, très peu de faits. J’avais compté sur mon retour sur les mers avec mon précédent Capitaine pour pouvoir enfin essayer d’avoir du concret, mais finalement les choses ne s’étaient pas passées comme prévues. Enfin, de ce côté-là, il semblait tout indiqué que les prochaines semaines, voire les prochains mois, seraient dédiés à la recherche de Shamir, ce qui me convenait tout particulièrement. Il restait à savoir ce qui se passerait lorsque nous finirions par mettre le grappin dessus, mais ça, c’était peut-être un peu tôt pour en décider. Sirèna et moi-même avions probablement chacun nos comptes à régler avec lui, et même si je ne connaissais pas ses raisons, elle avait clairement tout autant que moi envie de le lui faire payer et je n’avais certainement aucun droit à le lui interdire.

Soupirant doucement, je m’étais allongé sur le bastingage pour observer les étoiles, me souvenant de cette fameuse nuit où la Capitaine m’était littéralement tombée dessus. Je ne pus m’empêcher d’avoir un petit sourire en espérant qu’elle finirait par se réveiller, sans quoi, il faudrait finir par prendre les choses en main et l’emmener voir un médecin sur la terre ferme. Ceci dit, elle n’avait pas de fièvre, j’étais donc assez confiant qu’il ne s’agisse que d’un bon sommeil, induit par le choc, dont elle avait forcément besoin. Tandis que je perdais mon regard vers le haut, mes oreilles captèrent la discussion qui se tramait sur le pont, légèrement en contrebas, autour d’un petit braséro. Un petit groupe d’hommes se félicitait d’être encore en vie et vantait le courage et l’expérience de leur Capitaine, à juste titre. Cependant, au-delà des compliments et des verres bus en son honneur, ce qui m’intrigua davantage, ce fut le silence qui tomba soudainement autour du feu. Que pouvait bien avoir enduré Sirèna pour qu’un tel malaise puisse se ressentir aussi facilement ? La réponse tomba finalement et me glaça le sang. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre ce à quoi Edward faisait référence et je ne pus m’empêcher de serrer les poings. Ainsi donc c’était pour cela qu’elle recherchait Shamir ? Si cet énergumène avait tué son père et en avait profité pour la violer, alors je ne pouvais que comprendre pourquoi elle voulait le tuer, et, pour être honnête, ce qu’il m’avait fait semblait finalement bien peu en comparaison, même si ce n’était pas rien non plus. Tout à moi même, je n’avais pas entendu le mousse sortir et annoncer la bonne nouvelle à l’équipage, ce ne fut que lorsqu’il s’approcha, manquant de me faire tomber par dessus bord en me prenant par surprise, que je réalisais sa présence.

Sa bonne humeur m’arracha un sourire tandis qu’il me racontait son « câlin » avec Sirèna. Eh bien ! Il y en a qui avaient de la chance ! Lorsqu’il me dit qu’elle voulait me voir, je le regardais avec surprise avant de m’exécuter machinalement. « Sacripant, va ! » Je lui donnais une tape sur l’épaule et descendis avant de rejoindre la cabine du Capitaine et de frapper à la porte. Elle m’accueillit avec de l’humour, signe qu’elle allait probablement bien. « La même chose que d’habitude, Capitaine, mais je ne suis pas sûr que vous voulez les détails. » Je lui rendis son clin d’œil avant d’hocher négativement de la tête lorsqu’elle me demanda si j’avais été blessé. « Vous avez été veillée par Benjamin, c’est vous la veinarde ! Sans compter le câlin… » J’esquissais un sourire amusé et la regardait descendre son verre de cognac. Alors qu’elle m’invitait à m’approcher, je notais la façon dont elle s’était adressée à moi, visiblement au courant que j’avais glissé quelques mots à Edward. Bah, ce n’était pas important. Je m’exécutais prestement, observant la carte qu’elle avait sous les mains. « Je connais l’endroit, mais j’y suis venu lorsqu’il n’était que Second. Depuis ma cavale, il a forcément eu l’occasion de se faire sa petite vie. Je dois connaître deux ou trois endroits où on pourrait cacher un navire et un équipage, mais je ne sais pas s’il aurait pu avoir l’idée de s’y installer. Il y a surement des personnes mieux renseignées que moi. » C’était la vérité, et le Boyau des Truands devait probablement abriter quelqu’un qui saurait quelque chose sur Sharim, après tout, on trouvait tout et n’importe quoi là-bas, pour peu que l’on savait où, à qui et, surtout, comment demander.

Il allait effectivement falloir mener l’enquête, d’une façon ou d’une autre, mais Sirèna avait une nouvelle fois raison, les Corsaires ne seraient pas les bienvenus dans cet endroit et je n’avais aucune volonté de finir pendu haut et court. Aussi, quand elle me proposa de jouer le capitaine pirate, j’avais posé sur elle un regard surpris et étonné. C’était vraiment ce qu’elle avait derrière la tête ? Effaçant rapidement la surprise de mon visage, je la regardais longuement. « Et vous pensez pouvoir jouer le rôle d’une pirate sous mes ordres Capitaine ? Il va falloir être convaincante ! » Non pas que je la mettais réellement au défi d’y arriver, mais, elle avait raison. L’attention serait portée sur le Capitaine et non sur ceux qui l’accompagnent et même si une femme pirate attirerait un peu l’attention, il serait assez facile de la grimer un peu pour qu’elle passe inaperçu. « Ca ne me dérange pas de traverser la jungle et de rejoindre le Boyau pour y glâner des informations. Qui comptez-vous emmener dans cette expédition ? J’imagine que la Sirène restera amarrée ici, du coup, et qu’il faudra des hommes pour la surveiller et la protéger. » Ce n’était pas que l’idée ne me plaisait pas, mais elle me gênait un peu. Même si elle pensait que le rôle m’irait à merveille, je n’étais pas certain de vouloir l’endosser, mais s’il fallait ça pour retrouver la trace de Sharim, je devrais surement pouvoir me forcer un peu, surtout que je comptais bien, secrètement, lui faire payer ce qu’il avait infligé à Sirèna. Repensant à ce qui avait été dit un peu plus haut, j’avais presque hésité à le mentionner, mais la dernière chose qu’elle voulait c’était probablement de s’étendre sur le sujet, aussi le gardais-je pour moi.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Ven 18 Mar 2016 - 22:06

« Et vous pensez pouvoir jouer le rôle d’une pirate sous mes ordres Capitaine ? Il va falloir être convaincante ! » Après m’avoir regardé longuement, ce qui me troublait intérieurement plus qu’autre chose,  il continua : « Ca ne me dérange pas de traverser la jungle et de rejoindre le Boyau pour y glâner des informations. Qui comptez-vous emmener dans cette expédition ? J’imagine que la Sirène restera amarrée ici, du coup, et qu’il faudra des hommes pour la surveiller et la protéger. » . Croisant les bras contre ma poitrine, je m’étais levée  pour m’éloigner de lui afin de mieux l’écouter. Sa proximité m’empêchait de me concentrer, chose qui m’agaçait au plus haut point. Toutefois, ses interrogations prouvaient qu’il était intelligent et prudent, mais mon plan n’était pas à quoi il s’attendait. À dire vrai, je me sentais vexée qu’il me sous-estime, car après tout, jouer le pirate était plus facile que dévier une trompe marine. Il suffisait d’être rustre, grossier, pervers, mesquin et ivrogne. Une fois qu’il eut terminé, je haussais un sourcil et  je questionnais  d’un air mystérieux: «Qui te dit que je jouerais une pirate et que nous allons partir en expédition dans la jungle?»  Voyant son interrogation, je lui souris avec malice et je confiais : «tu sais, je n’ai pas toujours été capitaine, j’ai commencé comme vous tous, comme un simple mousse et j’ai déjà travaillé sous les ordres de deux capitaines avant de le devenir moi-même.   Par conséquent, ayant vécu presque toute ma vie avec des hommes, je sais très bien les imiter, pirates ou pas.». Je fis une pause, question qu’il assimile mes informations et qu’il comprenne où je voulais en venir.  Mon expression se fit flegmatique, je confirmais en soutenant son regard : «Aye, je vais me déguiser en homme et me faire passer pour un mousse. C’est pourquoi je te demande de prendre le rôle du capitaine, car non seulement tu en as l’allure, mais tu es intelligent et surtout, tu connais le monde des truands et des pirates, plus que quiconque sur ce navire. En plus, mes hommes te respectent et t’apprécient, ils vont t’obéir sans problème, tout comme moi.»  Je lui fis un doux sourire, et narquoise, je narguais : «c’est sûr que si tu ordonnes des ordres stupides et merdiques, là, je vais être obligé de  contester, mais à ce jour, ton jugement et ton réfléchit ne m’ont pas déçu, bien au contraire.».

À mes dires, j’opinais avec assurance et d’un air compréhensif, je proposais:   «Bien sûr, si tu n’es pas à l’aise avec la gestion des tâches, nous pourrions chaque soir nous rencontrer dans cette cabine, ou en haut d’un mât, pour en discuter et prévoir ce qui à faire pour le lendemain. Qu’en dis-tu?». Je n’avais pas oublié notre brève conversation nocturne, et j’avais bien l’intention de la poursuivre. J’eus un rictus et appuyant ma hanche contre mon secrétaire, je le dévisageais d’un air pensif, en me demandant s’il accepterait le défi, car s’en était tous un, et il n’allait pas avoir beaucoup de temps pour s'y préparer.  Il semblait embarrasser par une telle proposition, et je le comprenais. Déposant ma main sur son épaule, je soufflais avec tendresse: «Flynn, je suis convaincue que tu seras apte à réaliser ce défi, car tu vaux beaucoup plus que tu le penses. Aye, beaucoup plus.». Un être, peut-être centenaire, qui avait son vécu et qui possédait autant de talents, n’était pas destiné à rester dans l’anonymat, qu'il le veuille ou non.   Je ressentis une soudaine envie de  lui caresser la joue, mais je me retins et j’insistais avec sérieux: «c’est la seule solution, car nous allons croiser des truands, c’est inévitable. Pour ce qui est de l’expédition… je tournais mon regard vers la carte, nous allons rester sur la mer, car s’aventurer dans la jungle serait trop risqué, voire suicidaire.  C’est un endroit insolite, très dangereux, et nous ne sommes pas préparés à l’affronter.». Je pris une pause, mon doigt caressait doucement le trajet que nous allons parcourir: «Aye, on va  longer ses côtes jusqu’au Boyou des truands et là, nous risquons d’en rencontrer plusieurs, c’est pourquoi je vais ordonner à l’équipage de transformer la Sirène en navire pirate et de se vêtir en conséquence. Pourquoi  s'en plaindraient-ils? Ils adorent le rhum.». J’eus un rictus, et plongeant mes yeux turquoise dans le sien, je demandais sans détour : « Alors, qu’en penses-tu? Adhères-tu à mon plan? »
 
Lui laissant le temps de réfléchir, j’allais dans une armoire où j’avais entreposé mon argenterie. Prenant une coupe, je revins à lui, et d’un sourire courtois, je lui servis du cognac en affirmant : « C’est le meilleur de Varak.». Par la suite, je pris ma bouteille  et je vins m’assoir pour en boire plusieurs gorgés afin de calmer mon mal de tête. Fronçant les sourcils, je fermais les yeux et renversant sensuellement ma tête rousse contre le dossier  de ma chaise, je maugréais : «Diantre, j’aurais voulu que Nora soit là ! Elle aurait exigé que je reste couchée et elle m'aurait  forcé à boire une infecte tisane.». Je ris légèrement, mais mon regard était triste, mon amie me manquait. D’un soupir, je tournais mon attention vers Flynn en confiant : «La première fois que je l’ai rencontré, c’était au Grand Port de Varakir. Elle cherchait un navire pour l’amener à Quiétude, avec son compagnon de route, Musashi. Dire que le bougre s’en est pris au gantelet avant d’embarquer à bord.». Me souvenant de cette sanglante bataille, je pinçais les lèvres et je racontais morose : «Sans crier gare, Musashi les a attaqués, tandis que Nassim a transporter Nora sur son épaule jusqu’au navire. J’ai dû ordonné le branle-bas et on les a tous tué, jusqu’au dernier. Bon sang, ce fut un vrai carnage!». Sombre, je fixais  le fond de mon verre, en pensant à haute voix farouchement: «Aye, mais parfois les carnages sont nécessaires pour protéger les gens qu’on aime et surtout les venger.». Le visage de mon père me revint soudain en mémoire, beau et viril, puis du sang parcourut ses traits, son regard bleu était  vitreux.

Pâle, je déposais mon verre brusquement sur mon bureau et  je me levais en me dirigeant vers la fenêtre. Oubliant momentanément la présence de Flynn, j’observais longuement la brillance des astres, ma peine s’éclipsa doucement, le souvenir disparut, laissant place au vide. C’est alors que le visage de Nora me réapparut en mémoire, si douce, si belle, tel un rayon de soleil. Spontanément, je demandais au marin se trouvant derrière moi : « Est-ce que tu le sais que Nora t’a aimé profondément?». Ma gorge se serra et émue, je me tournais vers Flynn en disant : « Avant de te connaître, je  pensais que tu étais  un voyou sans cœur et sans honneur, je ne comprenais pas pourquoi Nora t’aimait à ce point, mais à présent, je sais que  je t’ai mal jugé, j’en suis désolée.». Après l’avoir dévisagé longuement, j’avouais d’un sourire sincère : «tu es un voyou, certes, mais tu as du cœur et un brin d'honneur  et tu mérites tout autant qu’elle d’être aimé.». Je hochais doucement de la tête et portant mes yeux vers mon violon accroché au  mur, je soufflais : «l’amour est si rare dans ce monde, quand tu as la chance  de l’avoir, tu dois tout faire pour le retenir, car tu ne sais jamais si demain  sera le dernier.».Un sanglot serra ma gorge, je faillis pleurer, mais je réussis à retenir mes larmes. Était-ce mon mal de tête qui me rendait si émotionnelle? Honteuse, je m’excusais: «Désolé je ne sais pas ce qui m’a pris de te dire tout ça.». Mon mal de tête reprit, je me massais les tempes en essayant de me rappeler de quoi on parlait précédemment. Ah oui, le  Boyou des truands. Reprenant contenance, mon regard croisait le sien et je demandais d’un ton las : « as-tu besoin que je te laisse du temps pour réfléchir? Devenir capitaine, même temporairement, est une décision importante, tu as le droit de refuser. Au pire, j'exigerais que quelqu'un d'autre endosse le rôle.»


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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 21 Mar 2016 - 13:16


L’idée de Sirèna me laissait quelque peu perplexe. Bien entendu, je comprenais parfaitement les raisons qui la poussaient à proposer une telle solution, mais l’idée de devenir Capitaine, même pour un simple plan, me dérangeait un peu. Bien entendu, on ne pouvait pas arriver tels quel, comme des fleurs, en espérant que l’on nous reconnaîtrait pas au Boyau des Truands, mais tout de même, prendre le commandement d’un navire et d’un équipage qui n’étaient pas les miens ne me motivait pas plus que ça. J’avais déjà réfléchi à l’idée de devenir moi-même mon propre Capitaine, mais cela ne m’avait finalement jamais intéressé. Contrairement à d’autres, j’étais déjà suffisamment libre, même sous les ordres d’un autre homme, ou d’une femme. Bien entendu, je n’aurais jamais accepté un semblant d’esclavage, mais tant que j’étais considéré comme je l’étais actuellement, cela me convenait parfaitement. Alors qu’elle reprenait la parole, je m’adossais au mur non loin, attendant d’entendre l’ensemble de ses arguments. Si je n’avais fait que la taquiner en lui faisant remarquer qu’il faudrait être convaincante, elle semblait ne pas douter de ses capacités, ce dont je ne doutais pas non plus. Néanmoins, je n’étais pas totalement certain qu’il soit utile de se passer pour un homme, mais si elle préférait le jouer ainsi, je ne voyais aucune objection. Les bras croisés, les yeux posés sur elle, je réfléchissais au fur et à mesure qu’elle parlait, je m’imaginais la suite, j’essayais de me voir donnant des ordres. En vérité, je m’en sentais tout à fait capable, mais je n’étais pas certain de le vouloir, même si ce n’était qu’un jeu et, au fond de moi, je savais qu’Edward ne le verrait pas d’un bon œil. Sans compter qu’en tant que Capitaine, toute l’attention serait portée sur moi au Boyau et même si Sharim ne s’attendait pas à me voir débarquer, il y avait un léger risque. Moins important que pour Sirèna, mais tout de même.

Je fis semblant de m’offusquer lorsqu’elle me proposa des réunions en secret pour discuter des ordres à donner. « Et pourquoi pas de petites fiches, tant qu’on y est ? » J’esquissais un léger sourire, amusé. Alors qu’elle posa sa main sur mon épaule pour m’assurer qu’elle était convaincue que j’en étais capable, je croisais son regard pendant quelques secondes. Je crus voir quelque chose dans ses yeux mais cela ne dura pas assez longtemps pour que je ne me contente pas de penser que j’avais simplement rêvé. Elle insista alors, précisant qu’il était hors de question de traverser la jungle et qu’il ne serait possible de faire ça qu’en transformant La Sirène et son équipage. Je ne connaissais pas la jungle, et j’étais, pour le coup, un peu déçu. Cela aurait pu être une expérience intéressante. Enfin, ce n’était pas grave, je lui faisais confiance pour savoir ce qu’il y avait de mieux pour son navire et son équipage – dont moi. Je ne l’avais pas quitté des yeux tandis qu’elle avait servi un second verre de Cognac avant de me le tendre. Je le pris dans un sourire. « Vous me gâtez, Capitaine. » J’en bus une gorgée avant de poser le verre sur un meuble à portée de main. Sirèna était retournée s’installer à son bureau, s’asseyant dans son fauteuil avant de boire de sacrées gorgées directement à la bouteille. La Capitaine avait la descente facile. Mais alors que j’allais répondre, elle digressa finalement, parlant, à ma surprise, de Nora, de leur première rencontre et des conditions… particulières de celle-ci. Je n’avais aucune idée de qui pouvait être Musashi, mais apparemment il avait protégé Nora, et, rien que pour ça, je lui en étais reconnaissant.

La jeune femme se redressa soudain, se dirigeant vers la fenêtre. Que lui arrivait-elle ? L’alcool lui montait-elle à la tête ? Une conséquence du choc de tout à l’heure ? La question qu’elle posa me désarma. Si je savais que Nora m’avait aimé profondément ? Pour être honnête, j’avais toujours su qu’elle m’aimait plus que je n’aurais pu l’aimer. Peut-être aurions-nous pu vivre ensemble, dans d’autres conditions, mais ce n’avait pas été le bon moment. Je m’étais approché de Sirèna de quelques pas. Sans savoir pourquoi, j’aurais presque eu l’envie de l’enlacer pour la réconforter mais je me retins, restant légèrement en retrait, avant qu’elle ne me confie ce qu’elle avait pensé de moi en se tournant vers moi. Je ne comprenais pas où allait cette discussion, mais elle sembla finalement y mettre un terme. Pensait-elle à son Quartier-Maître ? Surement. J’hochais doucement de la tête pour dire qu’elle n’avait pas à s’inquiéter. « Vous êtes encore sous le choc, probablement, un peu plus de repos ne vous ferait pas de mal, je pense, Capitaine. » Quant à la question de savoir si j’allais accepter ou non… « Ce ne sera pas nécessaire. J’accepte, mais à plusieurs conditions. » Je posais mon regard dans le sien, déterminé à ce qu’elle comprenne qu’elles seraient toutes nécessaires pour avoir mon accord. « La première, c’est que vous gardiez cette cabine. La deuxième, c’est que, d’ici à notre arrivée au Boyau, vous preniez du repos à ne plus savoir qu’en faire. Et, enfin, que vous me fassiez totalement confiance. » J’esquissais un sourire, ces conditions étaient non négociables, mais, bien entendu, je n’étais pas le seul à pouvoir en imposer. « Et si vous voulez rajouter vos conditions, Capitaine, c’est le moment où jamais. »
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 21 Mar 2016 - 22:24

-Désolé je ne sais pas ce qui m’a pris de te dire tout ça.
« Vous êtes encore sous le choc, probablement, un peu plus de repos ne vous ferait pas de mal, je pense, Capitaine. » À ses dires, j’avais approuvé légèrement d’un hochement de tête, tout en continuant de me masser les tempes. Il avait probablement raison, un tel accident n’aidait pas à être dans un état émotionnel normal. Au contraire, je me sentais épuisée, vulnérable et très sentimentale. Au moins, je n'étais  pas jugée par l’éladrin, et intérieurement, je lui en étais reconnaissante, mais il n’avait pas à supporter ma tristesse, je me promis de faire preuve de contrôle en sa présence, mes émotions je devais les garder pour moi, point final. Par la suite, je fus soulagée d’entendre qu’il acceptait mon offre, mais à certaines conditions. Étonnée, j’haussais les sourcils et soutenant son regard, je demandais :
 - Lesquelles?
« La première, c’est que vous gardiez cette cabine. La deuxième, c’est que, d’ici à notre arrivée au Boyau, vous preniez du repos à ne plus savoir qu’en faire. Et, enfin, que vous me fassiez totalement confiance. »  M’accotant sur le bord de la fenêtre, je plissais légèrement les yeux et je répliquais taquine:
- Te faire totalement confiance, hein? Donc, pas de petites fiches pour monsieur le pirate, c’est ça?  Secouant furtivement ma tignasse rousse, je ris doucement, puis je baissais la tête pour mieux réfléchir à ses conditions. Ce qui était de la cabine,  je n’y voyais aucun problème, mais il n’allait pas m’empêcher de dormir sur le mât de misaine si l’envie me prenait. Toutefois, sa deuxième condition fit retrousser mon petit nez avec contrariété. Du repos jusqu’au Boyou des Truands? D’accord durant la modification de la Sirène, mais par après, je risquais de devenir complètement folle à ne rien faire, c’était trop m’en demander. Pinçant les lèvres, je croisais mes bras sur ma poitrine, et je lui décochais un coup d’œil renfrogné. Ah non, là, on allait devoir trouver un compromis. Pour la confiance, et bien, ça allait de soi, car je n’aurais jamais confié le sort de mon équipage et du mien si je ne lui faisais pas totalement confiance. Toutefois, je tenais à être informé de ses décisions, surtout les plus importantes, pour que je puisse le conseiller si nécessaire. Je m’apprêtais à lui émettre mes propres conditions, quand il me devança d’un ton frôlant l’impertinence :
« Et si vous voulez rajouter vos conditions, Capitaine, c’est le moment où jamais. » Après un instant, j’esquissais à mon tour un sourire, et le confrontant du regard, je répondis en opinant:

- Soit, j’accepte de me reposer, mais seulement jusqu’à notre départ pour le Boyou des truands, le temps que le navire soit rafistolé. Face à sa désapprobation, je grognais sourdement et je rétorquais toquée: «je refuse de me reposer durant le reste du voyage, je vais devenir folle à paresser!». Les poings sur les hanches, je me rembrunis et j’interrogeais sèchement : «Que vais-je faire si des truands nous attaque, hein? Rester coucher en observant la bataille de ma fenêtre? Diantre, non! Je me battrais comme vous tous, je ne suis pas une femme passive, tu seras!» Eh, rien à faire, je devais acceptée ou il refusait mon offre. C’était non-négociable. Bon sang, cet éladrin était aussi têtu que moi.  À son sourire malicieux, je lui lançais un regard furibond. «Bon sang…»Soufflais-je irritée en passant mes doigts dans mes cheveux. C’était comme forcer un tigre à rester dans sa cage quand la porte était ouverte.  Mon esprit réfléchi à toute allure, je devais le convaincre que quelques jours me suffisaient amplement pour me reposer. Une autre approche était de mise, plus féminine. Mon regard se fit langoureux, je dis doucement en m’approchant de lui :

-Tu sais, Flynn, je vais être un simple mousse durant ce voyage, et toi, tu vas être mon capitaine. Alors, si tu tiens à me faire faire des tâches dolentes et faciles, je vais t’obéir sans m’obstiner. Je te le dis, ça va être des vacances pour moi, rien de bien difficile. J’étais maintenant très proche de lui, je le frôlais presque. Or, je savais qu’il était sensible à mon charme, l’intensité de son regard le prouvait. Séductrice, je lui fis mon plus beau sourire, et d’un regard suppliant, je soufflais : «s’il te plaît, Flynn, accepte ce compromis. S’il te plaît…». C’était le genre de regard qu’aucun homme ne pouvait refuser, même mon père avait été incapable de me dire «non» quand je lui avais demandé un chat, il avait grogné un « je vais y réfléchir» et le jour de mon anniversaire, il m’avait offert Brise. Sentant que je l’avais convaincu, j’ajoutais d’un ton mielleux: «  Bien sûr, si tu dois prendre des décisions importantes, je tiens à ce que tu m’en parles avant. Je te fais entièrement confiance, mais je veux juste être au courant. D’accord?». Mon visage était maintenant rendu à quelques centimètres du sien, je le dévisageais en silence, mes lèvres furent tentées de frôler les siennes, mais je me retins. Certes, je pouvais être séductrice, mais pas aguicheuse, j’avais quelques principes moi aussi. Avant que l’inévitable se produise, je m’éloignais de lui en m’exclamant : « Bien, c’est réglé! Dès que la Sirène sera prête à reprendre la mer, tu seras son capitaine jusqu’à temps qu’on quitte le Boyou.». Satisfaite, je jetais un dernier coup d’œil à la carte, et reportant mes yeux limpides sur le marin, je le congédiais courtoisement : «Tu peux aller te reposer. Les prochains jours seront laborieux, il te faudra être en forme.». D’un léger sourire, je terminais notre conversation par un «Bonne nuit, Flynn.» et après qu’il se fut éclipsé, je me dirigeais aussitôt dans mon lit et je m’effondrais toute habillée. Or, avant de m’endormir, j’eus une dernière pensée pour l'éladrin, sensuelle à souhait. Le souvenir de ses lèvres me fit rougir malgré moi. À cet instant, je me sentais comme une jouvencelle inexpérimentée et innocente, bien que ce ne fût pas le cas. Ma relation intime avec Nassim m’avait appris l’art de l’amour, mais je savais que l’éladrin avait plusieurs tours dans son sac, comme il l’avait affirmé l’autre jour. Je ris légèrement et cachant ma tête dans mon oreiller, je tentais de chasser le trouble qui me submergeait. Plus facile à dire qu’à faire. Il y avait tant d’hommes sur ce navire, mais aucun d’eux ne m’attirait à ce point. Pourquoi lui? Certes, il était très séduisant et à chaque fois, son regard argenté me chamboulait, mais ça allait au-delà de ça. D’un air grave, je pris conscience que c’était surtout son vécu qui me fascinait, ou plutôt le mystère l’entourant. Où avait-il appris son agilité en hauteur et sa maîtrise aux couteaux de lancer? D’où venait-il? Qui était-il? S’appelait-il vraiment Flynn?  Ma tête était bombardée de questions auquel je n’avais aucune réponse. Un jour, j’allais savoir, mais pour l’instant, je décidais de respecter sa deuxième condition et je laissais mon corps courbaturé étreindre le repos.

                                                                                                                        ***
Cela prit trois jours avant que l’équipage réussisse à transformer la Sirène en navire-pirate. Avec mon accord, plusieurs de mes hommes allèrent chercher du bois dans la jungle, ils avaient prudemment apporté leurs armes, mais heureusement, ils ne rencontrèrent aucune menace. C’est ainsi que les marteaux se firent aller de bons trains. De ma fenêtre, j’avais discrètement surveillé les opérations, bien que j’avais promis à Flynn un repos total jusqu’au départ du navire, mais  j’avais du mal à respecter sa condition. En effet, mon mal de tête avait disparu et je ne me sentais plus épuisée, au contraire, j’avais tellement d’énergie que j’aurais été prête à affronter une autre trompe marine, mais je me limitais à faire des exercices musculaires et des katas en cachette. Bon, c’était un peu de la triche, mais au moins, je me remettais en forme, Flynn n’avait pas à le savoir. Qui disait que le repos se résumait à rester au lit? Le seul témoin qui pouvait me prendre en grippe c’était Benjamin, mais je m’arrangeais pour être dans mon lit quand il m’apportait mon repas. Du coup, j’en avais profité pour l’utiliser comme messager, il transmettait les ordres à Flynn, qui les transmettait à l’équipage, je considérais que c’était une excellente transition vers son nouveau poste de «faux» capitaine. Je souris en l’observant, il se débrouillait comme un chef. Levant les yeux, j’admirais la transformation de la Sirène, qui était devenue la Harpie. Sa coque et ses mâts avaient été solidifiés, d’anciennes voiles avaient été affalées, d’un rouge écarlate et sa figure de proue, qui était à l’origine une sirène, avait été modifié en harpie ailée. L’arnaque était parfaite, il manquait juste le pavillon symbolisant la piraterie que Benjamin avait pris plaisir à fabriquer dans ses temps libres. Je lui avais remis une vieille chemise noire, il s’était amusé à y broder gauchement une tête de mort hideuse avec du fil blanc. Un vrai petit chef-d’œuvre. Maintenant, tout était prêt, le grand jour arriva.  J’avais envoyé le mousse cherché Flynn, je l’attendais à présent avec impatience, déguisée en garçon. Dans mon garde-robe, j’avais déniché une chemise ample et usée et des pantalons bruns, que j’avais déchirés jusqu’au mollet. Mettant bandé solidement les seins, personne ne pourrait deviner que derrière ce frêle et svelte adolescent se dissimulait une jeune femme âgée de vingt-cinq ans. Pour couronné le tout, j’attachais ma longue crinière flamboyante à l’aide un bandeau noir, surmonter d’un vieux tricorne ayant appartenu à Nassim. M’observant dans le miroir,  j’eus un large sourire, c'était parfait. Soudain quelqu’un cogna à la porte, c’était Flynn. Me tournant vers lui, je souris avec amusement en croisant son regard étonné. Me raclant la gorge, je demandais d’une voix rauque :

- Alors, cap’taine, prêt à reprendre la mer? Devant son air surpris, j’eus un rictus et  après l’avoir dévisagé d’un coup d’œil rapide, je crachais par terre  et je m’exclamais : «Ciboire, cap’taine! Les pucelles du Port ne jouiront pas fort, y te faut de meilleures fringues, c’est moé qui te l’dis.». Narquoise, je me dirigeais vers mon bureau où se trouvait une boîte. Fouillant, je sortis un long manteau de cuir noir, au large collet, ainsi qu’un grand chapeau de la même couleur, aux plumes un peu dépareillées. Ils avaient appartenu à mon père, Nassim avait réussi à les retrouver dans un marché à Varak. Les prenant dans mes mains, je m’approchais de l’éladrin et je dis: «tins, ça va t’aller comme un gant, cap’taine.». Effectivement, habillé de la sorte, le pirate  était à la fois très séduisant, impressionnant, mais surtout méconnaissable. Reculant, je le contemplais avec admiration, il était effectivement superbe et sa prestance était digne d’un capitaine. M’accotant sur mon secrétaire, je soufflais le sourire aux lèvres : « C’est une réussite.». Il y eut un silence, nous nous dévisagions avec complicité. Ce détournement de situation était étrange, je m’abaissais et il s’élevait, à chacun son heure de gloire. C’est alors que des murmures d’excitation attirèrent mon attention, l’équipage attendait. Plus tôt dans la journée, je les avais mis au courant du plan, personne ne s’était offusqué d’apprendre que Flynn deviendrait le capitaine de «substitution», preuve que son autorité était naturellement respectée par les hommes. Seul Ed avait démontré une réticence, mais dès que je lui avais proposé de jouer le second, il s’était adoucit et il avait accepté avec joie. Revenant à la réalité, je me dirigeais vers la porte pour partir. L’ouvrant, je me tournais et j’informais jovialement : « Bon, y’é temps d’y aller. Ah ouais, j’ai presque oublié… ». J’eus un sourire mystérieux et je me présentais : « Appel-moi, Cassio, Cap’taine.». Sur ce, je sortis pour aller me réfugier en haut du mât de misaine, et à ma grande satisfaction, personne ne me reconnut.


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mar 22 Mar 2016 - 12:32


A vrai dire, je savais à l’avance qu’elle n’apprécierait pas toutes mes conditions, parce que j’étais convaincu qu’elle était du genre à ne pas tenir en place. C’était une femme d’action – le contraire aurait été difficilement imaginable avec quelqu’un à la tête d’un navire de corsaires – et elle ne supporterait pas l’idée de devoir se tenir tranquille trop longtemps. Cependant, j’avais vu la façon dont elle s’était cognée contre le bastingage et je savais qu’elle avait besoin de repos – et non de Cognac – aussi, je voulais surtout qu’elle arrête de prendre sur elle et reprenne du poil de la bête. Plusieurs jours de repos lui seraient nécessaires, que ce soit pour se remettre de la tempête ou, simplement, de la fatigue qu’elle avait pu accumuler jusqu’à aujourd’hui. « J’apprendrais mes leçons tous les soirs, Capitaine. Les fiches devraient être superflues. » Impertinent ? Si peu. Savoir quels ordres donner ne m’inquiétait pas, j’avais vu suffisamment d’hommes le faire e ce n’était pas nécessairement difficile. Ce qui l’était, c’était de réagir efficacement dans des situations délicates et si je n’étais pas convaincu de pouvoir le faire, j’étais par contre assez confiant dans le fait que rien ne nous arriverait de réellement dangereux d’ici notre arrivée au Boyau. Tout au plus croiserions-nous le sillage d’autres navires pirates, mais ces eaux étaient généralement des zones assez pacifiques, ne serait-ce que pour préserver un semblant d’unité. Sans surprise, elle essaya de négocier la durée de son repos, malheureusement, je ne comptais pas négocier quoique ce soit. Vous trouverez peut-être osé de m’élever contre mon Capitaine, mais c’était pour son propre bien et je n’étais pas du genre à courber l’échine facilement, mais ça, elle s’en était déjà aperçue, ne serait-ce qu’à mon arrivée à bord, plusieurs semaines auparavant, pieds et poings liés. Nous avions parcouru un sacré chemin depuis ce moment-là.

« Ma condition ne vous oblige pas à rester cloîtrée ici toute la journée, simplement à vous ménager et à vous reposer le plus possible. S’il faut sortir les armes, je compte bien vous voir sur le pont, je n’accepte pas les tire-au-flanc à bord ! » J’esquissais un large sourire mutin, qui aurait sans doute pour effet de l’énerver un peu, mais je ne comptais pas abandonner aussi facilement mes positions, surtout pas si elle essayait de s’imposer par la force. Elle dut s’en rendre compte, car elle adopta une toute autre posture. Une approche que je connaissais bien. Sa façon de se regarder, de s’approcher de moi… Je me tendis légèrement à son approche, sans la quitter des yeux. J’avais une petite idée de ce qu’elle essayait de faire, mais j’aurais préféré qu’elle s’abstienne car je savais que cela ne me laisserait pas indifférent. J’avais déjà rêvé d’elle à plusieurs reprises et, de vous à moi, ce n’était pas toujours des rêves très chastes, si vous voyez ce que je veux dire. Mais même si je savais que je commençais à ressentir quelque chose pour elle, je m’étais interdit quoique ce soit, par principe, et, surtout, par respect. Elle était mon Capitaine et, surtout, elle sortait d’une passion qui s’était mal terminée et dont elle portait surement toujours le poids sur les épaules et sur le cœur. Alors qu’elle se tenait droite devant moi, à peine à quelques centimètres, je me vis la saisir par les bras et la plaquer contre le mur de la cabine en lui volant un baiser plus passionné que tendre, mais je restais finalement immobile, mon regard planté dans le sien, feignant le plus possible l’indifférence. Lorsqu’elle eut terminée, j’acquiesçais légèrement de la tête. « D’accord, mais reposez-vous le plus possible, sans quoi je vous ordonnerai de rester au lit, fus-je obligé de vous y attacher, Capitaine. »

Je fis un léger pas en arrière, mettant un peu de distance avant qu’elle ne le fasse elle-même. Je pris une grande inspiration le plus discrètement possible et j’essayais de calmer mes pensées avant de me reconcentrer sur l’instant présent. Elle me congédia finalement, apparemment contente d’être arrivée à ses fins. Je croisais son regard sans ciller. « Bonne nuit, Capitaine. » Je quittais alors la cabine et pris tout droit le chemin du pont avant de souffler au contact de l’air légèrement frais de la nuit. J’avais besoin de me changer les idées, de penser à autre chose qu’à tout ce qui défilait dans mes yeux et qui, malgré le conseil que m’avait donné Sirèna, m’empêcherait de dormir pour le moment. Je décidai, finalement, de faire quelques exercices en hauteur, entre les mâts, pour me vider la tête et penser à autre chose que cette crinière rousse reposant, éparse, sur un grand lit, éclairée par un feu de cheminée. J’avais une bonne idée de ce qui m’arrivait et, pour être honnête, ce n’était pas bon du tout. Après de longues dizaines de minutes, je m’étais suffisamment changé les idées pour pouvoir regagner mon hamac et m’écrouler avant de laisser le sommeil m’emporter dans une nuit, heureusement, sans rêve. Le lendemain, les préparatifs commencèrent pour métamorphoser La Sirène en La Harpie. Amusé par l’idée, je me proposais pour retailler la figure de proue, parfaitement capable compte-tenu de mes compétences d’ébéniste. Etonnamment, sculpter des ailes dans le bois me fit penser à Nora et je pus me convaincre qu’elle était définitivement mieux sans moi là où elle était. Trois jours passèrent jusqu’à ce que le navire soit prêt, trois jours pendant lesquels Sirèna me donnait les ordres à transmettre par intérim, un peu à la manière d’une formation accélérée. Le navire avait de l’allure, d’autant plus avec le pavillon noir cousu par Benjamin lui-même, de vrais pirates, pour sûr !

Quand ce dernier vint me chercher pour m’amener à la cabine du Capitaine, je frappais pour m’annoncer et rentrait une fois que j’en avais eu l’instruction, avant de me retrouver devant une personne que je n’aurais presque pas reconnue si je n’avais pas su que seule Sirèna était plus ou moins autorisée à être ici. Sa métamorphose était un succès, même si, au fond, c’était un peu dommage. « Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait du Capitaine ? » J’eus un léger sourire. Je lui aurais bien dit que c’était dommage d’avoir aussi bien caché sa beauté, mais cela aurait été surement déplacé. Elle surjouait peut-être un peu son rôle, mais c’était amusant. Les pirates n’étaient pas connus pour leurs bonnes manières, mais tous n’étaient pas aussi… rustres. Elle sembla chercher quelque chose avant de brandir fièrement un manteau et un chapeau, tous les deux noirs. S’attendait-elle à ce que je porte ça ? Il était vrai que ma tenue passait difficilement pour celle d’un Capitaine, mais je n’avais pas grand-chose sous la main. Alors qu’elle s’approchait, je la laissais me passer le manteau et me mettre le chapeau sur la tête. Apparemment satisfaite, je jetais un œil sur moi sans être réellement convaincu, mais ça ne m’allait pas si mal que ça. « Je crois que c’est la première fois que je suis habillé par une femme, d’habitude, on fait plutôt ça dans l’autre sens. » J’esquissais un sourire amusé, il était vrai qu’elle ne ressemblait plus vraiment à une femme dans cet accoutrement. Je soupirais doucement, il allait falloir y aller, n’est-ce pas ? Elle fila finalement, me disant de l’appeler Cassio. Voilà un prénom qui était étrange, mais, alors qu’elle s’éclipsait, cela me fit penser qu’il fallait que je trouve également un autre nom. Flynn sonnerait trop facilement aux oreilles de Sharim. Remontant sur le pont, je prenais place à la barre. « Levez l’ancre et hissez les voiles ! Nous prenons la mer, messieurs ! »
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mer 23 Mar 2016 - 21:30

« Levez l’ancre et hissez les voiles ! Nous prenons la mer, messieurs ! »
Ce fut les premiers ordres du capitaine de la Harpie, et c’était loin d’être les derniers. Cela faisait maintenant quatre jours que je jouais le mousse, et honnêtement, je commençais déjà en avoir marre. J’avais oublié à quel point le métier de moussaillon était routinier, remplit de tâches ingrates et peu valorisantes : vider les latrines, servir les repas et distribuer l’eau, laver le pont et le navire de fond en comble, défaire des cordages à n’en plus finir, astiquer les canons et j’en passe. Sans compter que j’avais fait le quart de nuit, j’étais morte de fatigue, mais tant pis pour moi, j’avais juste à rester capitaine. Profitant d’une petite pause, je m’étais réfugiée en haut de l’Artimon, et j’observais les nuages d’un léger sourire. Certes, c’était du travail de servir tout le monde, mais ça me rappelait à quel point j’avais travaillé fort pour arriver jusqu’au sommet. Devenir Capitaine, en tant que femme, fut tout un défi en soi et j’en étais très fière.  Sur cette pensée, je baissais discrètement les yeux vers Flynn et je souris timidement. Depuis qu’on avait repris la mer, il avait joué son rôle d’une façon exemplaire, je n’avais pas pu choisir mieux. Ses ordres étaient justes et organisés, il savait se faire obéir. Aye, il ne possédait pas la même autorité dominante que Nassim, mais sa fermeté ne permettait pas une quelconque désobéissance, et sans savoir pourquoi, cela me chamboulait plus qu’autre chose. Depuis que je lui avais laissé les commandes, il ne se passait pas une journée sans que je ne pense à lui. Je ne pouvais me le cacher, j’avais toujours eu un faible pour les capitaines. Peut-être parce que je recherchais inconsciemment  une personne plus forte et plus imposante que moi sur laquelle je pourrais m’appuyer et me reposer? C’est alors qu’une voix familière attira mon attention vers le bas: «Hey, Cassio, amène toé! Le pont doit être briqué!».Je fis une moue frustrée et fronçant les sourcils, je répliquais rudement: «Demande à Gamin de le faire! J’ai lavé le pont à matin, c’est ben assez, non?». Les yeux railleurs, Ed mit ses mains sur hanches et prenant un air faussement autoritaire, il s’exclama sur le même ton:«Obéis, sinon à fond de cale!».  Je grognais de mécontentement, je savais qu’il était capable d’appliquer sa menace juste pour s’amuser. Jetant un coup d’œil en biais au « capitaine», je marmonnais à contre coeur : «À vos ordres, Bosco.». Après tout, j’avais promis à Flynn d’obéir à ses ordres, et je devais jouer mon rôle de mousse jusqu’au bout. Grognant à nouveau, je me levais d’un bond et j’en profitais pour faire une pirouette arrière dans les aires, question de vivre un peu d’adrénaline; mes journées étaient si emmerdantes, j’avais le droit de m’amuser un peu, non?  Gracieusement, j’atterris sur le pont en face d’Edward qui me toisait d’un large sourire.

Je fis l’indifférente et je me dirigeais aussitôt à fond de cale pour chercher la brique. Cette tâche me faisait royalement chier, car c’était très rude pour les mains. Morose, je cherchais Benjamin du regard, dans l’intention de lui refiler l’ouvrage, mais il était en train de discuter jovialement avec Flynn. N'ayant pas le choix, je commençais donc à «briquer» en serrant les dents. C'est alors qu’un rire  gras attira mon attention, c’était des marins se trouvant en hauteur qui plaisantaient entre eux, rien de bien méchant. Haussant les épaules, je m’apprêtais à reprendre ma tâche, quand soudain j’entendis mon surnom dans la conversation, je ne pus m’empêcher de tendre l’oreille. «Aye, je te le dis, matelot, je l’aurais un jour, cette Sirèna!». Pervers, le marin, qui s'appelait Bernard, se pencha vers ses camarades et s’exclama fortement : «si les mutins ont eu son beau petit cul, pourquoi ne l'aurais-je pas, hein?». Il rit à nouveau, mais cette fois-ci, il était le seul à s’esclaffer. Voyant l’air horrifié de ses camarades, il fronça les sourcils en suivant leurs regards et croisa le mien, son sourire s’affaissa. À ses paroles ignobles, je m’étais levée lentement et à présent, je le fixais d’un regard transperçant et glacial.  «Que viens-tu de dire, matelot?» Demandais-je d’une voix chevrotante, tout en libérant ma tignasse rousse. Il blêmit en me reconnaissant, ses yeux de fouines s’écarquillèrent de peur. Fuyant mon regard, il bafouilla : «euh…rien, rien.». En ce moment, je tremblais de rage, ce qui me rendait à la fois magnifique et redoutable. Il avait tout à fait raison de trembler. «Rien?!» Rugis-je d’un ton féroce.  Sans crier gare, je dégainais un couteau de lancer et il vint se planter proche de son pied.

Criant de peur, il eut un recul pour l’éviter et il tombait à la renverse, ses pieds se coincèrent dans un cordage. La tête vers le bas, il ressemblait à un porc prêt à se faire égorger. Sortant un coutelas, je m’approchais lentement de lui, telle une lionne sur sa proie. Un lourd silence se fit, tous les regards étaient maintenant tournés vers nous, mais je m’en foutais. Alors une voix m'interpella sévèrement, mais je ne l'entendis pas, j’entendais seulement le battement précipité du cœur du marin paniqué. Il eut les larmes aux yeux et il me suppliait de l’épargner. «Chut...» Soufflais-je doucement en déposant ma lame contre sa joue, tout en m’accroupissant à la hauteur de son visage livide. «Dis-moi, as-tu encore envie de prendre mon beau petit cul comme l'ont fait les mutins?». Sentant ma lame délaisser son visage pour se poser sur ses parties intimes, il larmoya: «Non, pitié, non!». Mon sourire s’élargit, mais mes yeux étaient sombres, terriblement sombres. « Qui t’a parlé de ça?».  Il déglutit et jetant un coup d’œil à Ed, qui s’était approché, il répondit  sans aucune loyauté : «C’est lui, il  l’a dit à tout le monde.». Voyant de qui il s’agissait, je devins très pâle. En silence, je dévisageais Ed longuement, une tension parcourait mes veines, ainsi qu’une très grande peine. Je me sentais trahi. Comment avait-il pu leur raconter ça? Je déglutis, tandis qu’Edward avait baissé les yeux d’un air désemparé et coupable. C’est alors que la voix plaintive de Bernard me fit revenir à la réalité, je planquais mon regard turquoise dans le sien et je dis d’un ton tranchant: « Je ne te tuerais pas aujourd’hui, mais je te promets de te couper la langue si tu oses encore me manquer de respect, compris?». Tremblant, il hocha la tête frénétiquement, je humais avec dégoût une odeur de pisse, le bougre venait de s’uriner dessus. Pathétique. Méchamment, j’eus un rictus et je rangeais mon coutelas au grand soulagement de l’équipage. Fixant le marin toujours ligoté par le cordage, je m’exclamais à l’adresse de Flynn : « Capitaine, faites ce que vous voulez de lui». Je n’osais pas le regarder, car à cause d’Ed, l’éladrin savait ce que j’avais subit et j’en avais honte. Tout le monde savait.

 Je ne pouvais en supporter davantage, je tournais les talons et j’allais aussitôt me réfugier dans ma cabine. Là, je m’appuyais sur mon secrétaire et j’éclatais en sanglots. Un craquement se fit entendre au seuil de la porte, je marmonnais à travers mes larmes : « Foutez-moi la paix!». L’individu osa entrer, c’était Edward. «Cassiopée…Je suis désolé, tellement désolé.»Soufflait-il tristement.  «Désolé, Ed?» Murmurais-je en me crispant. «Comment as-tu pu…». Ma gorge se serra, j’étais tellement indignée que les mots me manquaient. Prenant une profonde inspiration, je continuais en lui faisant face: «Ce qui s’est passé lors de cette mutinerie, ce que j’ai vécu, ne concernait que moi.  Personne d’autre. Mes hommes n’avaient pas à le savoir, surtout pas eux.».Edward fit silence et il baissa la tête avec regret, il s’en voulait d’en avoir trop dit.  Après un lourd silence, je confiais tristement : « je te faisais confiance, mais maintenant…». Je baissais ma tête à mon tour, les larmes coulèrent sur mes joues tannées par le soleil.  Que faire de lui? Je n’avais pas la force de le condamner, il avait été mon ami pendant des années. Rivant un regard chargé de regret et de tristesse, je commandais en pesant chaque mot : «après cette mission, tu vas devoir te trouver un autre capitaine à servir.». Il reçut la sentence comme un coup de poignard dans le cœur.  « Non, je refuse de partir! Toi et l’équipage vous êtes ma seule famille.» S'écria le marin bouleversé, il croyait nagé en plein cauchemar.Incapable de supporter son regard, je fis volte-face et je soufflais : « Hors de ma vue!». Je sentais son regard bouleversant dans mon dos, mais je restais froide et inflexible. À mon grand soulagement, il sortit, j’étais à nouveau seule.

 La première personne vers qui Ed se dirigea c’était Bernard, qu’on venait de libérer du cordage. L’œil assassin, il l’agrippa par le col et il lui administra un coup de poing violent en plein visage, et hors de lui, Edward continua à le battre dans le but de l’achever. Dans sa folie meurtrière, le Quartier-maître continua à s’acharner, tout en revoyant le regard désemparé de Cassiopée, encore, et encore. C’est alors que deux hommes l’empoignèrent et ils l’éloignèrent brusquement de la victime, dont le visage était maintenant gonflé et méconnaissable, Bernard avait passé proche d’être tué. Le souffle court et crispé, Edward sentit ses jambes fléchirent, il tomba à genoux et baissant la tête, il sentait sa poitrine oppressée par un sanglot. C’est alors qu’une ombre le couvrit , il croisa un regard gris.  Le «faux» capitaine. Le marin eut un rictus et d’un sourire triste, il confia d’un murmure : « T’as de la veine, elle t’apprécie. Alors un conseil, camarade, ne la trahit jamais et tout ira bien pour toi. ».   Il voulait en dire plus, mais Fior, perché sur le mât de misaine, l’interrompit en s'écriant : « Capitaine, navire en vue à tri…». Le Tiefflin n’eut pas le temps d’avertir, qu’une détonation se fit entendre et plusieurs boulets ennemis vinrent fracasser la coque. Un équipage de truands, fait d’Orcs et d’humains, nous attaquait. De mon côté, j’avais retrouvé le contrôle de mes émotions, et dès que j’avais entendu la détonation, je m’étais précipitée sur le pont, mes cheveux cachés dans mon tricorne et mes armes en main. L’heure n’était plus aux larmes, mais au combat.


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mar 29 Mar 2016 - 11:36


Jouer au Capitaine n’était pas le rôle le plus facile que j’avais pu jouer au cours de mon existence. Ce n’était pas que j’avais du mal à donner des ordres, mais je n’étais pas convaincu que c’était mon élément. Bien entendu, ce n’était pas très difficile, avec mon expérience, de savoir quoi faire et quand le faire – même si, pour être honnête, je n’aurais sans doute pas réussi à faire face à une trombe marine – mais j’avais toujours l’impression que cela sonnait faux. Il restait à espérer que les principaux intéressés, ceux du Boyau des Truands, seraient dupes et me prendraient bel et bien pour un capitaine pirate. Pour l’occasion, j’avais laissé tomber mon surnom de Flynn, et j’avais décidé de me faire appeler Ameer Afsharii. Nouveau venu sur les eaux de la piraterie, il n’était pas nécessaire de se faire une réputation pour accoster au Boyau, simplement montrer patte blanche, du moins le temps de l’escale. La Harpie se fondrait parfaitement dans le décor et, pour être honnête, je n’étais pas peu fier des ailes que j’avais offerte à la sirène, cela lui donnait un petit quelque chose… Peut-être un petit quelque chose de Nora. Les jours filaient doucement, au rythme de la vie d’un navire. Le Capitaine Afsharii, moi, donc, donnait quelques ordres, de ci, de là, il n’y avait rien de vraiment passionnant. Les conditions étaient plutôt bonnes et limitait le réel besoin d’un Capitaine. Je réglais les différents, quand il y en avait, préférant les tuer dans l’œuf plutôt que de les laisser éclater. Benjamin me divertissait de quelques anecdotes de temps en temps, me demandant parfois pourquoi je n’avais pas voulu être Capitaine avant, voire même pourquoi je n’avais pas postulé au poste de Second. Ses questions étaient sensées, mais je m’étais contenté d’une petite pirouette verbale pour esquiver les questions, sans y répondre.

J’aurais bien sûr pu lui dire que je n’avais jamais aspiré à donner des ordres, que la seule chose qui m’intéressés, sur mer, c’était cette dernière et que cela me convenait plus qu’assez que de répondre aux ordres d’un capitaine compétent et respectable. Le plaisir de la mer sans les inconvénients des responsabilités. Alors, certes, cela forçait à accomplir des tâches parfois ingrates, mais je ne connaissais pas de tâche plus ingrate que celle de commander des hommes et de tenir leurs vies entre ses mains. Certaines personnes étaient fates pour diriger, je n’étais pas convaincu d’en faire partie, mais cela ne me dérangeait pas, bien au contraire. Edward faisait un bon second, même s’il lui manquait beaucoup d’autonomie et d’initiative, et je n’avais aucune raison de lui contester cette place. Durant ces quatre jours, j’avais également gardé un œil sur Cassio. Sirèna remplissait parfaitement son rôle de mousse et, pour être honnête, je doutais que beaucoup d’hommes de l’équipage l’aient reconnue. Si tous savaient qu’elle n’était plus officiellement le Capitaine de ce navire, ils devaient tous penser qu’elle restait dans sa cabine, ce qui, bien entendu, n’était pas le cas. Bien entendu, aucun traitement de faveur ne lui était appliqué et, comme les autres mousses, elle était affectée aux tâches les plus ingrates, mais elle ne rechignait pas, enfin pas encore, car je n’étais pas dupe, cette position ne lui plairait pas très longtemps. Heureusement, le Boyau n’était plus très loin et même si elle continuerait de jouer le jeu à notre arrivée, les tâches se feraient un peu moins nombreuses une fois à quai. Il m’était arrivé d’échanger quelques mots avec elle, dans sa cabine, afin de s’assurer que le déroulement des choses lui convenait. Après tout, elle restait la Capitaine de ce navire et je ne comptais pas saper son autorité, loin de là. En fait, j’attendais impatiemment le jour où je pourrais reposer mon chapeau sur sa tête.

Du grabuge attira mon attention alors que je regardais vers l’horizon. Quelque chose se passait sous le pont. Poussant quelques marins qui tendaient l’oreille, je descendis et j’observais la scène. Sirèna se trouvait face à un matelot. Elle avait fait tomber le masque pour une raison qui m’échappait, mais la façon dont elle regardait Bernard en disait long sur ce qu’elle allait faire. Lorsqu’elle lança un couteau dans sa direction, je m’avançais. « Sirèna ! » Mon ton était sec, impérieux, même, mais elle ne m’entendit pas et je n’étais pas assez prêt pour l’arrêter. Forçant le passage à travers l’équipage, je compris plus ou moins ce qui se passait. Bernard pointa Edward du doigt et le regard de la concernée suffisait pour comprendre qu’elle n’en revenait pas. Presque étranger à la scène, je ne pouvais que deviner ce qui s’était passé, mais alors que j’allais mettre fin à cette scène, elle décida de partir, me laissant Bernard sur les bras. « Sirèna ! » Elle n’entendit rien et je faillis jurer avant de me retenir. Je me retournais alors vers Bernard et ses compagnons tandis qu’Edward quittait la pièce à son tour. « Sortez le moi de ce cordage et que l’un de vous me dise ce qu’il s’est passé. » J’écoutais alors le récit qu’on me fit de l’épisode, comprenant mieux pourquoi elle était sortie de ses gonds. C’était compréhensible, mais cela n’excusait pas tout. « Bernard, tu vas te nettoyer, me nettoyer ce pont et tu passeras les quatre prochains quarts aux fers, à méditer sur tes paroles. C’est votre Capitaine, messieurs, ne l’oubliez pas. » Je remontais alors, pour me diriger vers la cabine de l’autre intéressée, mais alors que je me rendais vers celle-ci, Edward passa en sens inverse, me bouscula sans faire attention à moi et se dirigea vers la cale.

Faisant demi-tour, je redescendis pour le voir entrain de s’acharner sur Bernard qui était déjà salement amoché. D’un geste, je poussais deux matelots à saisir leur Quartier-Maître pour le retenir et les séparer. « Descendez-le chez le médecin. » Edward était agenouillé par terre, il semblait avoir tout perdu. Alors que je m’approchais de lui, il releva la tête et ses mots me prirent au dépourvu. Malheureusement, nous n’eurent pas le temps de tergiverser plus longtemps. La voie de Fior retentit, rapidement interrompue par le vacarme de boulets s’écrasant contre la coque du navire. Accusant le coup, je montais sur le pont pour observer l’ennemi. Une menace après l’autre, n’est-ce pas ? Ordonnant le branle-bas, j’essayais de réfléchir à une stratégie quand je vis Sirèna réapparaitre sur le pont, décidée à en découdre. Ce n’était pas plus mal, car je ne voyais pas Edward. « Cassio, à la manœuvre. Je crois que ces messieurs viennent de nous quémander quelques boulets. » Un léger sourire sur mes lèvres trahissait l'adrénaline qui courrait dans mes veines. Bien entendu, je n’avais pas oublié ce qui s’était passé plus tôt, et je comptais bien, comme je l’avais fait avec Bernard, punir les fauteurs de trouble, mais, pour l’instant, je devais m’occuper de tenir le navire en état et m’occuper de ceux qui voulaient nous couler par le fond.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 31 Mar 2016 - 21:25

hrp:
 

« Cassio, à la manœuvre. Je crois que ces messieurs viennent de nous quémander quelques boulets. »  Je lui souris en hochant vigoureusement de la tête et je répliquais narquoise : « À vos ordres, capitaine.  Tu vas voir qu’on va faire ravaler leurs foutus boulets par le cul!». J’adorais jouer le rustre, c’était bien la seule chose qui m’amusait en tant que mousse.  Mon sourire s’élargit et j’accourus avec entrain jusqu’au gouvernail. Par Uria qu’il m’avait manqué, je vivais une réelle et grande histoire d’amour avec mon navire. L’œil brillant, mes mains prirent les poignées et je jetais un furtif coup d’œil au navire ennemi, qui osait nous attaquer. Par où était-il arrivé? Je rivais mon attention vers le rivage, puis vers la côte. Sans surprise, je devinais qu’ils provenaient sûrement d’une crique de la paroi rocheuse, peut-être même avaient-ils été postés là dans le but d’attaquer les navires solitaires.  En fait, cela faisait quelques jours que j’attendais une telle embuscade, car ce chemin maritime avait la réputation d’être dangereux pour les navires solitaires, comme le nôtre. Durant nos courtes discussions dans ma cabine, Flynn n’avait pas semblé inquiet, il pensait sûrement que le voyage se passerait en douceur jusqu’au Boyou, mais j’en avais été guère convaincu. Peut-être que son ancien capitaine avait fait partie de la bande, mais étant nouveaux dans les parages, les truands risquaient d’être moins amicaux et cléments envers nous. Une seconde embardée de boulets me fit revenir à la réalité, je grinçais des dents, tout en réfléchissant à une stratégie. Un seul choix s’imposait : l’abordage. Faisant un avec le gouvernail, je tournais brusquement mon navire à bâbord et j’ordonnais : «Branle-bas! Bordé de canons! Feu!». Je sais, je sais, ça aurait dû être Flynn qui ordonne ces ordres, mais je ne pouvais m’empêcher d’être la capitaine en cet instant où la guerre faisait bouillir mon sang de Norpalienne. Obéissant, mes hommes dégainèrent leurs armes, les canonniers tirèrent à l’unisson; le feu et la poudre nous aveuglèrent un momentanément, enflammant la mer et les êtres. Plus rapide que l’ennemi, qui semblait surpris qu’on daigne les affrontés en bonne et due forme –pas question de se défiler– les Élites lancèrent vivement les grappins d’abordage et avant de combattre, je m’assurais que la Harpie soit bien positionnée parallèlement à l’adversaire.  Aussitôt stable, l’ancre fut abaissée et je pus délaisser la manœuvre pour prendre part au combat. Lançant un regard à Flynn, je m’exclamais jovialement : « Celui qui tue le moins d’Orcs, paye une bouteille de rhum à l'autre. D’accord avec le pari, Capitaine?». À sa réponse, j’eus un sourire narquois, puis jouant à l’indifférente qui était certaine de remporter le défi, je saisis un cordage et j’atterris sur le pont des ennemi, ou plutôt, je me laissais choir lourdement sur un truand en lui transperçant la nuque.
 
Disons que ma rage contre Bernard m’avait échauffé suffisamment pour affronter un tel assaut. Soudain, après avoir riposté une attaque afin d'atteindre le flanc d’un truand, j’eus une pensée empreinte de culpabilité non pas pour le nigaud de marin qui m’avait insulté, mais pour Flynn. Déjà que le rôle de capitaine semblait lui peser, une telle dispute ne lui était pas nécessaire.  Toutefois, je ne pus m’empêcher d’avoir un sourire mesquin, je ne regrettais aucunement mon comportement de tout à l’heure. Bernard l’avait mérité, et même si je me faisais passée pour une mousse, je restais officiellement son capitaine, par conséquent, j’avais le droit de vie ou de mort sur lui,après Uria. Après tout, je ne l’avais pas égorgé, ce qui était le cas du voyou en face de moi, ma lame glissa contre la sienne et je vins fendre adroitement sa gorge râpeuse et sale. Non, mais c’est vrai! Il y eut un temps où j’aurais pendu Bernard  haut et court, mais visiblement, l’âge me rendait plus clémente. En fait, le pervers a vécu une sacrée frousse, suffisamment pour qu’il n’ose plus se moquer de moi, présente ou absente de sa vue. Qu’est-ce que Flynn lui avait réservé comme sentence? Et surtout, qu’est-ce qu’il me réservait comme punition? Que je le veuille ou non, je m’étais montrée désobéissante et violente à souhait sous son commandement; un véritable mousse aurait été fouetté  et mis aux fers, et ce, sans aucune pitié. À vrai dire, c’est ce que j’aurais ordonné en tant que capitaine, mais j’espérais intérieurement que Flynn se montre plus tolérant à mon égard, et même, peut-être pourrait-il me faire entrevoir une autre forme de châtiment, frôlant la sensualité, l’inconnu et la passion. À cette pensée osée, un peu grivoise, mon sourire s’élargit de convoitise, puis s’affaissa aussitôt, me trouvant désormais face à un Orc, et quel Orc! Costaud, il était deux fois plus grand que Garkach et il était revêtu d’une solide armure de cuire sombre. J’écarquillais les yeux, tandis qu’il me sourit méchamment.  À sa tronche, il provenait certainement du clan des Ours-hurlants, peuple de la jungle noir vivant que pour la guerre. Rapidement, j’analysais les possibilités d’achèvement, et malheureusement pour moi,  une seule m’apparut, et pour ce faire, je devais impérativement le provoquer. Soutenant mon regard turquoise, il pointant sa massue vers moi en s’exclamant fortement :

-Tu vas mourir, petite larve.
-Crois-tu, mon gros nounours? Répliquais-je d'un ton moqueur en le toisant d’un œil assassin. Il grogna de colère et au moment où il leva son arme pour m’écraser, je l'évitais in extremis en glissant entre ses jambes et je me retournais rapidement pour fendre ses talons d’Achille. Il hurla de douleur et il tomba à genoux , j’en profitais pour grimper sur dos et l’égorgée de mon épée. Bien, une chose de faite! «Un point pour moi, Capitaine!» M’écriais-je à l’adresse de Flynn, qui combattait agilement, faisant un avec ses armes. Tandis qu’il porta son attention vers moi, je vis un brigand qui s’apprêtait à l’attaquer perfidement dans le dos. Alerte, je dégainais un de mes couteaux de lancer et je le lançais d'un mouvement à la fois léger et puissant, l’arme atteignit précisément la gorge, le truand s'écroula aux pieds de Flynn, raide mort. D’un rire, je m’exclamais, tout en bloquant l’attaque d’un autre sournois adversaire : « Pas la peine de me remercier! Disons que j’ai eu un excellent professeur!». Bien entendu, je faisais allusion à lui, car à chaque fois qu’il s'entrainait au lancer de couteaux, je prenais plaisir à l’observer et à imiter ses gestes, question de peaufiner cet art qui était si long à maîtriser. Disant cela, je fis un clin d’œil au Capitaine D’Afshari, c’est-à-dire Flynn, et j’envoyais balader le truand d’un coup pied circulaire, puis je le transperçais de mon épée, il mourut sur le coup.Soudain, je sentis une immense main me saisir le chignon du cou, mes pieds quittèrent le sol.  Plus surprise qu’apeurée, je poussais un léger cri, typiquement féminin,et je revolais à quelques mètres plus loin,  mon dos cogna brutalement le bas du gaillard-avant me faisant lâcher mon épée. Pendant un instant, je restais recroquevillée au sol, j'avais du mal à respirer. Bon sang, qu’est-ce qui venait de se passer? Ou plutôt, qui m’avait attaqué de la sorte? Une poigne solide m’agrippa à la gorge et me releva brusquement, répondant par le fait même à ma question. Un Orc!  Deux fois plus gros que le précédent, donc quatre fois plus gros que Garkach lui-même. Tudieu, quelle brute! Ça devait être un mâle alpha ou quelque chose du genre, à en juger par ses muscles et sa stature imposante. Ses crocs de sanglier s’approchèrent à quelques centimètres de mon visage, son haleine putride m’arrachait une moue de dégoût, il resserrait sa poigne à m’en faire devenir rouge.«Tu as tué mon frère, merdeux!».Comprenant qu’il parlait de l’orc que j’avais tué, je ne pus m’empêcher de revêtir un fier sourire et je soufflais en narguant : «il…ne savait pas… se battre». Ce n’était peut-être pas une bonne idée de se moquer de son «frère», mais je ne pouvais m’empêcher de le provoquer, surtout si je devais trépasser.  À mon insulte,  ses yeux s’éjectèrent de sang et il me gifla à toute voler, la douleur fut si vive que je crus sentir ma tête s’arracher de mon corps, mais heureusement, seul mon tricorne tomba, libérant par le fait même ma chevelure flamboyante.  Trop sonné pour riposter, je sentis ses mains se saisirent à nouveau de ma gorge et il me leva à bout de bras, le bois vint écorcher ma peau à travers ma chemise, cela me fit sortir de ma torpeur.  Reprenant du poil de la bête, je me mis à me débattre comme une furie, griffant, donnant des coups de pied et des coups de poing, et je lui plantais même un de mes couteaux dans la main, mais rien n’a faire, l’Orc ne lâcha pas sa prise, plutôt il la resserra d’un sourire amusé, bien que son regard noir se fit glacial. D’un ton rauque, il maugréa enragé :



-Une vulgaire femelle a tué mon frère! Puis il sourit sadiquement en disant : « je vais t’offrir à mes hommes et après, je te tuerais très, très lentement!». Ces hommes? Il était donc le chef de cet équipage de truands? Cette information fit briller malicieusement mon regard, car si je réussissais à le tuer, la bataille se terminera. Me rappelant que je n’avais pas joué ma dernière carte, je répliquais farouchement : « Va te faire foutre, sale chien !». Au même instant, l’Orc rugit de douleur, quelqu’un venait de le bombarder de plusieurs couteaux de lancer, mais ça ne suffisait pas pour l’achever. Profitant de cette distraction, je donnais un coup de talon contre le mur, une lame sortit de ma botte et je vins la planter avec souplesse dans son bras, entre l’os et le triceps.  Il rugit de douleur en libérant ma gorge, mon pied toujours planté dans son bras musclé, je me retrouvais la tête en bas, ma tignasse frôla mon épée. Promptement, je l’attrapais et voyant une fente dans son armure, je vins transpercer son flanc gauche, j’en fus engourdi jusqu’à l'épaule. Beuglant comme un damné, il s’écroula à genoux tandis que je restais recroquevillé sous son bras, ma tête touchait à présent le sol. Tudieu, je n’arrivais pas à dégager ma botte, j’étais coincée entre lui et le pont, quelle ridicule situation! Ma seule option était d’enlever littéralement mon pied de ma botte, mais une main brutale le tordit et vint casser la lame, tandis que l’autre main m’empoigna par les cheveux. Me faisant encore soulever, je ramenais mes mains sur les doigts qui enflammaient mon cuir  chevelu et d'une grimace douloureuse, j’envoyais un violent coup de pied à la mâchoire de l’orc agonisant.  Celui-ci ne tiqua même pas et à mon grand effroi, il trouva l’énergie nécessaire pour retirer mon épée de son entrecôte et déterminé plus que jamais à me tuer, il la pointa contre ma gorge. Provenant de la lame, qui réclamait mon trépas,le sang coula sur ma peau, et sous la menace,  je cessais de me débattre. Après tout, sa vengeance était légitime, je venais de tuer son frère et il allait aussi mourir, à sa place, j’aurais eu la même détermination.  Livide, il murmura à bout de force : «si je meurs, tu meurs aussi.». La lame appuya fortement, je fermais automatiquement les yeux, mes pensées allèrent pour mes proches disparus, que j’allais retrouver d’un moment à l’autre, puis pour mon équipage, et finalement pour Flynn.  D’un sourire à la fois triste et serein, je pensais : « retrouve Sharim et venge-nous. Après, je te souhaite la paix et l’amour, mon cher Éladrin.». J’étais prête à mourir, mais heureusement, la mort ne cogna pas tout de suite à ma porte. Ce n’était pas encore l’heure. Sans crier gare, sa poigne vient relâcher  ma crinière de feu et je tombais à la renverse sur le sol dur. Tremblante et fébrile, j'ouvris les yeux, je vis l'orc relâcher mon arme,du sang  coulait abondamment de sa bouche et une épée transperçait  sa gorge de bord en bord. Portant ma main sur ma gorge égratignée et marqué,je reculais précipitamment, question ne de pas recevoir le cadavre sur moi, et soupirant de soulagement, je m'accotais contre le gaillard. Encore une fois, la mort m'avait épargné,je me devais de continuer à vivre aussi intensément que possible jusqu'à notre prochain rendez-vous. Sur cette pensée, j'eus  un léger sourire et je levais lentement mon regard turquoise vers mon sauveur.



hrp:
 


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 4 Avr 2016 - 12:03


Au vue de sa petite performance lors de la tempête et pour avoir pu l’observer depuis de longs jours, j’avais conscience que Siréna adorait manœuvrer son navire, aussi, cela avait semblé une évidence de la mettre au gouvernail pour cette attaque, sans compter que, pour être honnête, c’était surtout l’occasion de lui redonner les rênes, car c’était son bâtiment et non le mien et s’il y avait bien quelque chose que je préférais éviter, c’était qu’elle puisse me tenir responsable de la perte de la Sirène. J’aurais préféré que le voyage jusqu’au Boyau se passe sans encombres, mais, apparemment, on ne m’avait pas accordé cette chance. Enfin, c’était également l’occasion de se faire un petit nom et d’avoir de quoi s’encanailler une fois sur place. Tandis qu’elle gérait la manœuvre, je m’assurais que tout le monde soit prêt et disponible pour l’abordage qui allait suivre, car je n’étais pas dupe, cela ne se règlerait pas par une canonnade en bonne et due forme. Alors que nous nous rapprochions, je vérifiais mes dagues et mes couteaux, comme d’ordinaire, puis me préparait à monter à l’assaut qui ne tarderait plus. Les cris de haine rugissaient des deux navires et, cela faisait toujours étrange de croiser des Orcs. J’avais pu en voir plusieurs et je m’étais même échappé de l’arène de Varakir avec l’une d’entre eux, mais il était évident que personne ne pouvait les battre en force pure. Heureusement, je me reposais davantage sur mon agilité et ma dextérité que sur ma force d’attaque. L’ancre fut baissée, le navire se stoppa en parfait vis-à-vis de son homologue et les grappins furent lancés. Cassio m’alpagua alors, me mettant au défi de tuer plus d’Orcs qu’elle. « Tu devrais éviter de faire des paris que tu ne peux pas gagner, Cassio. » Je ne doutais pas de ses compétences, loin de là, mais je n’allais pas admettre à haute voix qu’un mousse avait une quelconque chance de remporter un tel pari contre moi.

Nous nous lançâmes ensuite à bord, prêts à en découdre avec nos ennemis. Bondissant d’un saut souple d’un pont à l’autre, je dégainais mes deux dagues pour engager le combat avec mes adversaires. Reconnaissable comme le Capitaine de part mon accoutrement, ceux-ci étaient d’autant plus nombreux, conscients que s’ils arrivaient à me mettre à terre, mon équipage baisserait surement immédiatement les armes. C’était sans se douter qu’ils n’avaient pas à faire avec le vrai capitaine, mais ça, c’était une autre histoire et, au fond, cela ne changeait rien pour moi, puisque je devais toujours repousser plus de pirates qu’en temps normal. Jouant sur les esquives et les coups fins, je dansais presque littéralement sur le pont du navire ennemi, évitant, parant, rendant les coups que l’on portait à mon encontre, devant parfois parer deux lames de deux brigands différents, mais, dans le feu de l’action, l’adrénaline me poussait vers l’avant, me focalisant sur les dangers immédiats et sur le fait de neutraliser ceux qui tentaient de s’en prendre à moi. Je ne tuais pas nécessairement, faisant parfois simplement glisser le fil de ma lame le long d’une cuisse, d’une cheville, d’un bras. Je savais depuis longtemps qu’il n’était pas nécessaire de tuer un homme pour l’empêcher de se battre. Tandis que je me battais, une voix familière m’interpela et alors que je tournais la tête, je vis Siréna perchée sur le cadavre d’un Orc, victorieuse. Et alors que je m’apprêtais à lui répondre, je la vis lancer un couteau dans ma direction qui se planta dans la gorge d’un homme qui allait m’attaquer par derrière. Reposant mon regard sur elle, celle-ci s’amusa de la situation, prétextant qu’elle avait eu un bon professeur. J’esquissais un sourire et reportait mon attention autour de moi, je n’allais pas me laisser embrocher pour ses beaux yeux, si ?

Alors que je parais une attaque d’une de mes dagues avant de passer le fil de l’autre sur le poignet armé, le temps de calme que j’eus alors – calme tout relatif compte-tenu du cri de ma victime – je pus observer un peu autour de moi, réalisant avec une certaine horreur le spectacle que j’avais sous les yeux. Cassio était aux prises avec un autre Orc, encore plus massif et elle était en mauvaise posture. Sans réfléchir, je lançais tous mes couteaux sur son adversaire, le visant en plein dos, sans que cela n’ait l’air d’avoir un quelconque effet. Sans réfléchir davantage, je courrais droit sur eux, malheureusement interrompus par plusieurs adversaires dont je dus me débarrasser pour avancer. Une fois le chemin libre, je ruais à nouveau vers ma cible, l’observant entrain de menacer Siréna de la pointe d’une épée. Il semblait mal au point, mais visiblement assez fort pour mener à bien ce qu’il souhaitait faire, quoique cela pouvait être. Une fois à portée, je bondis vers l’avant, ma dague pointée vers sa nuque et atterrissant sur lui, je l’enfonçais vigoureusement jusqu’à la garde, apercevant la lame maculée de sang ressortir de l’autre côté. Il lâcha enfin Cassio, avant de s’écraser au sol. D’un bond souple, je sautais sur le pont en récupérant ma lame avant de l’essuyait sur un bout de tissu qui couvrait le cadavre. Je m’approchais alors de Siréna, attendant qu’elle relève la tête. « Alors, on joue les demoiselles en détresse ? » Je n’avais pas parlé très fort, pour que cela reste entre nous. J’esquissais un sourire, soulagé qu’elle n’ait rien et lui tendit la main pour l’aider à se relever. Autour de nous, les combats se finissaient, la nouvelle de la mort du capitaine s’était répandue comme une trainée de poudre. Faisant un clin d’œil à Siréna qui se trouvait proche de moi, je m’écartais un peu, lui tournant le dos.

« Alignez moi les survivants sur le pont et récupérez ce qui peut l’être. Qu’on évalue les dégâts sur la Harpie et qu’on prenne le nécessaire de ce navire. » Lorsque les prisonniers furent enfin alignés sur le pont, et il en restait encore un sacré nombre, Humains et Orcs, je les observais quelques moments en silence. « Messieurs, votre Capitaine a fait une erreur aujourd’hui en s’en prenant à moi, mais je suis de bonne humeur alors je vais vous donner une chance. » je pointais du doigt quelques tonneaux vides que j’avais fait monter de la calle. « La côte n’est pas loin et je vous offre le choix : soit vous sautez à l’eau, avec ou sans tonneaux mais il n’y en aura pas pour tout le monde, soit vous restez, et vous mourez. » Je les regardais m’observer, incrédules. « Vous avez dix secondes. Dix… Neuf… » A peine avais-je commencé à compter qu’ils se ruèrent sur les tonneaux avant de finalement sauter à l’eau, c’était assez ridicule à voir, mais peu importait. Me retournant vers nos hommes, je ne pus m’empêcher de sourire. « Sitôt que vous aurez fini de récupérer ce dont nous avons besoin. Ouvrez des voies d’eau, coulez moi ce navire et remontez à bord de la Harpie. » De mon côté, je retournais également à bord, conscient que j’avais laissé des affaires en suspend ici aussi. Alpaguant les deux Tiefflins que je connaissais bien, je leur dis, d’une voix grave et sérieuse. « Je veux que vous mettiez Bernard aux fers sitôt qu’il sera hors de danger. Je veux également qu’Edward passe les quelques jours qui nous séparent du Boyau à fond de cale pour réfléchir à ses actions. Enfin, il en va de même pour Cassio. » Leur surprise ne m’étonna pas, leur réticence non plus. « Je suis le Capitaine pour le moment et elle, un mousse. Je ne peux pas laisser passer ça, je ne peux pas faire moins. Ne vous en faites pas, elle comprendra et je ne compte pas l’y laisser longtemps. » Les deux Tiefflins finirent par obtempérer et, tandis qu’ils partaient exécuter mes ordres, je rajoutais : « J’oubliais… Un détail. Mettez là dans la même cellule que celle où j’étais lorsque vous m’avez capturé. » Un juste retour des choses ? Disons que c’était une petite pointe d’ironie que j’appréciais beaucoup. Les trois fauteurs de trouble à fond de cale, nous reprîmes la route vers le Boyau et alors que le crépuscule tombait et que rien ne semblait nous menacer dans un futur proche, je profitais de notre arrêt dans une crique pour prendre du repos et, par là même, descendre voir ma prisonnière à fond de cale.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Lun 4 Avr 2016 - 17:41

« Alors, on joue les demoiselles en détresse ?  avait demandé Flynn, toujours aussi narquois et malicieux, qui était nulle autre que mon sauveur. Pourquoi n’en étais-je pas surprise? J’eus un rictus et prenant sa main qu’il tendait, je répliquais sur le même ton : «Et toi, les chevaliers fervents? ». Je ris légèrement, puis d’un regard tendre, je murmurais avec une profonde reconnaissance : «merci de m’avoir sauvé la vie, mon ami, je t’en dois une.». C’était la première fois que j’étais aussi familière avec lui, signe qu’il était maintenant bien plus pour moi qu’un simple marin, mais bien un frère d’armes.  En guise de réponse, il me fit un clin d’œil et recula légèrement pour faire volteface pour s’adresser à l’équipage. D’un ton autoritaire, digne d’un vrai capitaine, il commanda :« Alignez moi les survivants sur le pont et récupérez ce qui peut l’être. Qu’on évalue les dégâts sur la Harpie et qu’on prenne le nécessaire de ce navire. ». Je n’aurais pas dit mieux, et pendant que tous les regards étaient tournés vers lui, je repris mon épée, que je nettoyais préalablement sur la chemise du défunt orc, et je remis mes cheveux dans mon tricorne. Maintenant que le combat était terminé, j’étais curieuse de voir ce que nous réservait Flynn. Bien que j’eus quelques suggestions, je décidais de les garder pour moi, preuve que je lui faisais  entièrement confiance. M’éloignant de cette silhouette svelte et attirante, je me faufilais dans la foule de marins et je vins m’accoter sur le bastingage pour l’observer. La manière qu’il s’adressa aux truands m’arracha un sourire amusé, je ne pouvais quitter des yeux l’éladrin, il savait en imposer. Nulle n’aurait pensé qu’il n’était pas le capitaine. Après avoir aligné les survivants devant lui, l’équipage fit silence, tous attendirent son verdict. Flynn prit un moment pour observer les truands apeurés, puis il prit la parole en pointant des tonneaux vides du doigt, en s’exclamant : « Messieurs, votre Capitaine a fait une erreur aujourd’hui en s’en prenant à moi, mais je suis de bonne humeur alors je vais vous donner une chance.  La côte n’est pas loin et je vous offre le choix : soit vous sautez à l’eau, avec ou sans tonneaux mais il n’y en aura pas pour tout le monde, soit vous restez, et vous mourez. ». Devant ce choix et les regards incrédules des truands, mon sourire s’élargit, puis   je m'esclaffais  en les voyant se précipiter sur les tonneaux, si tôt le compte à rebours commencé, pour finalement se jeter à l’eau. Plusieurs s’esclaffèrent aussi, puis d’un regard serein, nous exécutions promptement les ordres du capitaine.  M’amusant à fouiller dans des caisses,entreposées à la  cale, je trouvais une cargaison de dentelles, de rhum, qui ferait sûrement le bonheur de Flynn, et aussi, étrangement, des vêtements de femme. Il y avait plusieurs robes de haute qualité, ainsi que des chapeaux, des manteaux en fourrure et des bottines. Tudieu, qu’est-ce que ça faisait là?   Je pris le temps d’admirer ses parures et conquise, je pris les caisses et je les apportais sur le navire d’un sourire heureux. Enfin, les voies d’eau furent ouvertes et lentement, le navire sombra dans les abysses avec ses morts.

Discrètement, j’avais apporté mon précieux butin dans ma cabine, j’avais très hâte de faire le tri là-dedans. Or, le navire avait levé l’ancre, j’allais rapidement sur le pont pour terminer de briquer, tâche que j’avais délaissé suite à ma dispute avec Bernard. Concentrée, je sursautais quand Fior et Gawael se postèrent devant moi. À leur embarras,  je haussais un sourcil en demandant : « Quoi?».  Ils s'échangèrent un regard nerveux, puis Fior prit son courage à deux mains et dit : « Cassio, on a reçu des ordres du capitaine et heu…». Il se racla la gorge tandis que je me levais en fronçant les sourcils.  Ma perplexité s’accentua devant leur lourd silence, je mis mes mains sur mes hanches et j’insistais sèchement : « Quoi? Bon sang, Fior, parle! ». À mon ton rude, il expliqua d’une voix fluette : « il a ordonné de t’emprisonner à fond de cale.».  Ce verdict me laissa sans voix, dire que je m’imaginais une punition plus originale, même sensuelle. Sombrement,  je me dis que cet éladrin de malheur était passé proche de m’avoir dans son lit, tant pis pour lui! Voyant mon air morose et indigné,  Gawael s’empressa d’ajouter d’un ton se voulant rassurant : « ce n’est que pour peu de temps,et ce n’est pas si sévère vu ton comportement de...». Le tiefflin s’interrompit devant mon regard glacial.  En ce moment, je bouillais de colère et de déception. Comme ça, après tout ce que j’avais fait pour lui, Flynn osait jouer le capitaine jusqu’au bout? À fond de cale? Non, mais merde! Je n’étais pas femme à me laisser faire, même si je lui avais promis d’obéir. Farouche, j’osais une dernière résistance en sifflant : «dite à ce capitaine d’aller se faire foutre! Je n’irais pas à fond de cale, cette punition est injuste. Diantre, j’ai le droit de me faire respecter sur mon navire.

Les tiefflins jetèrent un coup d’œil nerveux au capitaine Afsharii, qui heureusement, ne semblait pas avoir entendu mes propos acérés. Toquée, je leur tournais le dos en croisant les bras, bien qu’intérieurement, je fusse consciente qu’un mousse aurait obéi sans rechigner, mais j’en avais marre de ce rôle, et cette punition de chiotte ne fit que m’écœurer davantage. Mes deux compagnons me fixèrent d’un air exaspéré, ils détestaient jouer le bouc émissaire et me connaissant, ils allaient devoir employer la force, car je pouvais être une vraie tête de mule quand je le voulais. Néanmoins, en fin diplomate, Gawael opta pour une approche plus en douceur et il me murmura à l'oreille: « capitaine, nous ne voulons pas que cette punition vous cause plus d’humiliation.». Il attendait par-là que je risquais d’être puni plus sévèrement,  à l’exemple de me faire flageller devant l’équipage. Cette vision me fit frissonnée. Je doutais que Flynn ose un tel châtiment, mais après tout, qu’est-ce que je connaissais réellement de lui? Il ne cessait de me prendre au dépourvu. Déglutissant, toute envie de rébellion se volatilisa, et je répondis platement : «d’accord, je vous suis.». Avais-je réellement le choix? Je ne voulais pas tenter le diable, et j’ignorais jusqu’où l’éladrin était capable d’aller pour se faire obéir. Avec la plus grande discrétion, je suivis les marins à fond de cale, où Bernard et Edward étaient aussi emprisonnés, fer aux pieds.   Ils me jetèrent un regard étonné, mais feignant l’indifférence, je suivis mes geôliers  jusqu’à une pièce, la même  cellule où j’avais ordonné d'emprisonner Flynn, lors de notre première rencontre. En colère, j’étais convaincue qu’il l’avait fait exprès, il devait trouver ça très amusant à l’heure qu’il est. Pendant un instant, je fixais le banc crasseux, et résignée, je m’assis en baissant tristement le regard.  D’un air désolé, mes tiefflins me mirent les fers et me laissèrent seul.

Bien qu’épuisée, j’eus du mal à dormir, mes cauchemars me hantaient comme jamais, cette atmosphère sombre et hostile faisait ressurgir de pénibles souvenirs. Je voulais oubliée, mais rien n’à faire, mon esprit en était bombardé. Désemparée, je pleurais doucement dans les ténèbres et le silence.  Quand serais-je enfin délivré par ses démons du passé qui me torturaient? Je comptais sur la mort de Sharim pour connaître la paix, mais j’étais loin d’être certaine que c’était réellement la solution. Je soupirais profondément, tout en amenant  mon front sur mes genoux. Pleurer me faisait du bien, mais là, c’était carrément du désespoir. Fille de la mer et de la liberté, je détestais être emprisonnée, même temporairement, et je fus irritée d’entendre des ronflements sonores provenant de mes compagnons en détention. Comment pouvaient-ils dormir dans de telles conditions? Grand bien leur fasse, moi, j’étais incapable de trouver le sommeil. Quelle heure était-il? À la noirceur opaque, la nuit avait sûrement repris ses droits. Je fermais mes yeux humides, essayant d’imaginer la mer sous les étoiles, cela me rappelait ma conversation avec Flynn sur le mât, et mon cœur se serra. Je lui en voulais, mais j’étais consciente qu’il avait agi comme tout capitaine l’aurait fait, mais j’aurais préféré qu’il  me fasse briquer le pont dix fois au lieu de m’emprisonner ici. C’était clairement une vengeance, et à cette pensée, je me remis à pleurer pensant avec tristesse que finalement, il ne devait pas m’apprécier. C’est alors qu'un bruit attira brusquement mon attention. Je levais aussitôt les yeux et je fus surprise d’apercevoir quelqu’un en train de m’observer. «Qu’est-ce que tu veux?» Demandais-je sèchement, le visage encore submergé de larmes. Au point où j’étais rendue, je n’essayais même pas de cacher ma tristesse. Les cheveux roux éparpillés sur mes épaules, j’étais recroquevillé sur moi-même, comme une petite bête sauvage enfermée dans une  cage. Tendue, j’attendis la réponse du marin. À sa voix, je le reconnus et je me crispais. D’un air mauvais, je répliquais sourdement : « ça te fait plaisir de me voir enchaîner, n'est-ce pas capitaine? Il semblerait que la vengeance est un plat qui se mange froid, ça doit être vrai.». Provenant d'une écoutille, le claire de lune  vint furtivement éclairer  mes traits fins et sensuels, et d'un sourire triste, je continuais : «j’admets qu’il n’y a rien de plus froid qu’être enfermer à fond de cale, les fers au pied.». La gorge serrée, je ramenais mon front contre mes genoux en ordonnant d’un murmure « laisse-moi.».  Un sanglot me parcourut, et entre deux soubresauts, je soufflais tristement : « tout, mais pas ça, Flynn…Je ne veux pas que tu me vois comme ça, va-t-en!». Il s'entêtait à rester. Après un silence, mes souvenirs déchirants revint à la charge,et n'y tenant plus, je confiais les lèvres tremblotantes: «les mutins aussi m’ont enfermé à fond de cale. Je n’avais que quinze ans, et la seule chose que je voulais c’était de retrouver mon père. Après, ils m'ont amené dans sa cabine et...Je ne pouvais rien y faire, et lui non plus. Il a pourtant essayer de les en empêcher, mais ils étaient trop, beaucoup trop. Oh, papa...papa...». Je sanglotais de plus belle,totalement mise à nue, j'étais redevenue Cassiopée, une jeune femme profondément blessée se cachant derrière une dure carapace, même si en secret, j'étais très tendre et très sensible.



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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mar 5 Avr 2016 - 4:46


Quand j’y repense avec un peu de recul, je sais que je n’aurais probablement pas dû ordonner une telle chose, mais, à ce moment-là, je ne m’étais pas douté que cela la mettrait dans un état pareil. J’aurais dû, c’est un fait, imaginer qu’elle aurait pu en souffrir, mais il n’avait jamais été dans mon intention de lui laisser passer la nuit entière dans la cellule, juste de quoi la faire mariner un peu pour lui rappeler au bon souvenir qu’elle m’avait subir, non pas par vengeance, mais simplement par taquinerie. Si j’avais su qu’elle en souffrirait autant, jamais je ne l’aurais fait descendre à fond de cale. Hélas, il n’est pas facile de tout savoir et, avec la bataille récente, je n’avais peut-être pas suffisamment réfléchi, ou alors je m’étais simplement concentré sur l’ironie du sort, pensant qu’elle l’apprécierait un peu. Quoiqu’il en fut, une fois la nuit tombée et le bateau au mouillage, j’avais pris un plateau et j’étais descendu apporter son repas à Cassio, et, surtout, mettre fin à son supplice, sans m’attendre une seule seconde à ce à quoi je fis fasse. J’aperçus Bernard et Edward, qui ronflaient comme des bûcherons, adossés l’un contre l’autre, c’en était presque mignon. Passant devant eux sans les réveiller, je me dirigeais vers ce qui avait été ma cellule jusqu’à ce que des sanglots vinrent m’interpeller. Arrivé à la porte, je jetais un œil par la petite ouverture barrée et ce que je vis me broya littéralement le cœur et je compris immédiatement que j’avais fait une erreur. Siréna remarqua finalement ma présence et je pus sentir sa tristesse, même si elle ne m’avait pas reconnu. Pas vraiment certain de la marche à suivre, j’avais tenté un mot d’humour pour essayer d’apaiser l’atmosphère. « Moi qui était venu t’apporter ton repas… Quel accueil ! » La réponse que j’obtins alors acheva de me faire comprendre mon erreur.

J’ouvris la porte avec le double des clefs que le Capitaine possédait toujours sur lui et je fis un pas vers l’intérieur de la cellule, laissant ce que j’avais ramené à la porte. Ce n’était clairement pas le moment pour ça. Je n’étais pas certain de comprendre son désarroi, sa détresse. Siréna était une femme forte, j’avais pu le voir à plusieurs reprises et j’avais pensé qu’elle aurait été capable de supporter un après-midi à fond de cale, mais j’avais eu tort et, au fond, je m’en voulais énormément parce que lui faire du mal était bien la dernière chose que j’aurais pu souhaiter. Elle parla de vengeance et j’aurais bien voulu lui dire que ce n’était pas mon intention, mais je ne réussi pas à trouver les mots, pas les bons, parce que l’humour ne me sortirait pas de cette situation. Mais quand elle me demanda de la laisser, je n’obéis pas, je restais là, devant elle, à réfléchir à ce que je devais dire, à ce que je devais faire. Une chose s’imposait, logique, implacable, celle de la sortir d’ici au plus vite, mais ce n’était pas la seule chose à faire. La jeune femme semblait tellement fragile, j’avais l’impression de ne pas avoir à faire à la même personne. Alors oui, j’aurais probablement pu dire quelque chose comme « Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Siréna ? » mais je ne pouvais pas me résigner à essayer de faire le pitre, pas dans cette situation. Enfin, quand elle évoqua les mutins, ce qu’ils lui avaient fait, je compris alors que j’avais fait la seule erreur que je n’aurais jamais dû faire. Me mordant la lèvre, je fis quelques pas pour la rejoindre et m’installait à côté d’elle. « Sirèna, je… » J’avais été un idiot, un gros nigaud et, à priori, il n’y avait pas grand-chose pour changer cela.

Alors qu’elle sanglottait encore, je passais un bras autour de ses épaules et l’attirait légèrement contre mon épaule. « Je suis désolé Sirèna, je… Je suis un idiot. » J’avais conclu cela d’une voix qui en disait long sur ce que je pensais de ma stupidité. Gardant la jeune femme contre moi, pour essayer de la rassurer un peu, j’utilisais ma main libre pour attraper la clef et je défis les fers de la jeune femme. « Partons d’ici. » J’avais dit cela sobrement, mais cela sonnait un peu comme un ordre. Et, sans crier gare, j’attrapais les jambes de mon capitaine et me relevais en la prenant dans mes bras. « Je te ramène dans ta cabine, ma mauvaise plaisanterie a assez duré. Désolé, Sirèna. » Je quittais alors la cellule, avant de me baisser, juste après la porte pour attraper quelque chose que je tendis à la jeune femme avant de me relever. « C’est ta bouteille de rhum, tu as gagné ton pari. Je comptais venir la partager avec toi. » J’esquissais un léger sourire puis me redressais avant de reprendre mon chemin à travers la cale, laissant le repas refroidir devant la cellule, chargé de mon précieux fardeau. Sans faire attention aux éventuels regards, le regard fixe vers ce qui se trouvait devant moi, je me dirigeais en silence vers sa cabine avant d’y rentrer et d’aller directement dans sa chambre pour la déposer délicatement sur son lit, après avoir refermé la porte. Je me redressais ensuite, m’écartant d’elle. « J’espère que tu me croiras quand je te dis que je n’avais aucunement l’intention de te rappeler à ces mauvais souvenirs. J’ai appris par hasard ce qui t’est arrivé, mais… Je ne connaissais pas ce détail là. » Je soupirais pour moi. « Enfin, ça ne change rien, c’était stupide. » Je fis un pas en arrière. « Essaye de te reposer un peu, tu auras besoin de toutes tes forces. » J’esquissais un sourire un peu morose et je me tournais vers la sortie avant de m’arrêter et de me retourner un bref instant. « Sirèna, je te promets que j’arrêterais quiconque voudra te mettre des chaînes. »
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Mer 6 Avr 2016 - 13:48

Je l’entendis approcher, mais je ne levais même pas les yeux, j’étais trop triste et trop fatiguée pour réagir. J’aurais pu me tasser, et lui crier des insultes pour qu’il s’en aille, mais je n’en fis rien, car au fond, je ne lui en voulais pas, pas vraiment, et c’était surtout la résurgence de mon passé qui me rendait aussi déprimé. Il s’assit à mes côtés et en silence, il vint m’éteindre doucement contre lui. Déstabilisée, je me tendis pendant un instant, puis comprenant qu’il voulait juste me réconforter, je me réfugiais dans ses bras rassurants. J’avais tant besoin de son affection, surtout en ce moment. Comme une gamine, je pleurais contre son épaule, j’avais l’impression que mon âme était un océan qui se vidait.  À travers mon chagrin, j’entendis sa voix grave, chargé de culpabilité : « Je suis désolé Sirèna, je… Je suis un idiot. » .  J’ouvris légèrement mes yeux, et je plongeais dans l’iris argentée qui me dévisageait avec chagrin, j’en fus déroutée. Ses yeux de tempête étaient ombragés par le remord et le regret, je n’y voyais aucune once de méchanceté ni de moquerie. En fait, je compris qu'il se sentait vraiment stupide, comme un petit garçon qui avait commis une mauvaise plaisanterie, et elle s’était avérée plus grave qu’il le pensait. Je voulais lui dire que moi aussi je me trouvais stupide, car j’étais en partie responsable de mon sors, mais les mots me manquaient. C’est alors qu’il bougea, j’eus soudainement peur qu’il me délaisse, mais heureusement il n’en fit rien, et comprenant mon désarrois, il me libéra de mes chaînes. J’en fus aussitôt soulagée, ma punition était terminée, j’allais enfin pouvoir revoir la mer, retrouver une certaine sérénité. Or, sans crier gare, il me soulevait dans ses bras comme une princesse, cette attention si touchante me laissa sans voix. Les joues rouges et humides, je le fixais avec étonnement. Dans d’autres circonstance, j’aurais fait mon orgueilleuse et j’aurais protesté, mais présentement, j’en avais pas l’énergie ni l’envie. Je me sentais bien dans ses bras, autant en profiter. D’un soupir fatigué, j’entourais mes bras autour de son cou, tandis qu’il murmura d’un ton morose :  « Je te ramène dans ta cabine, ma mauvaise plaisanterie a assez duré. Désolé, Sirèna. » .  Il était encore désolé, cela prouvait qu’il était réellement conscient de la gravité de son erreur. Mes pensées étaient confuses, mais je sentais au fond de moi que je ne lui en voulais plus. C’est alors qu’il me surprit en me donnant une bouteille de vieux tafia dans les mains. Selon lui, j’avais remporté notre pari, mais je n’en étais pas si sûr. À mon souvenir, nous avions tué le même nombre d’orcs, par conséquent, il méritait autant que moi cette bouteille, le partage était légitime. Pendant qu’il me transportait en silence, je me pris à fixer son cadeau, le front accoté contre son épaule. La bouteille était froide au touché et poussiéreuse, mais son contact me réconfortait, ainsi que la brise marine provenant du dehors.

Enfin, la mer! Mon court séjour à fond de cale m’avait paru une éternité,et tout de même, cela avait été suffisant pour que je réfléchisse  à mon comportement de cet après-midi. C’est vrai que j’avais manqué de contrôle, et pour être honnête, c’était inacceptable, peu importe l’insulte. Bon sang, j’étais capitaine, mais surtout, j’avais appris l’art de la guerre et du contrôle à Hokusaï. Aurais-je tout oublié? Comment avais-je pu bafouer l’enseignement de mes anciens maîtres d’armes à ce point?  Sans était honteux.  Le cœur gros, je me promis que la prochaine fois, peu importe la pique, je garderais mon sang froid en ne prenant rien personnel. Cela me rappelait  un des derniers conseils de mon vieux maître Miyamoto : « Le contrôle te protège sans cesse de ton véritable ennemi, Cassiopée». Du haut de mes treize ans, je lui avais demandé : « Maître, qui est donc ce véritable ennemi?». Et d’un regard sage, il avait répondu : « Celui qui t’habite mon enfant». Je n’avais pas compris à l’époque, mais maintenant, en prenant le temps de réfléchir, je compris qu’il s’agissait de moi, j’étais mon véritable ennemi, j’avais le pouvoir de m’autodétruire ou de vivre heureuse, en pardonnant mon passé. Oh, ça, je n’étais pas encore prête, mais j’entrevoyais tout de même une lumière au bout du tunnel noir qui me rongeait depuis tant d’années. Dire qu’il avait fallu  Flynn pour me faire prendre conscience de ça. Je ris sous cape, me disant que finalement,ça avait été un mal pour un bien d'être enfermé à fond de cale. À vrai dire, ça m’avait permis de confronter mes anciens démons et de redevenir temporairement Cassiopée. Je pouvais être tout aussi dure que tendre, je devais l'assumer.  Je souris légèrement, ses douces pensées me rendirent plus sereine, j’avais cessé de pleurer, bien que mes joues étaient encore humides de larmes.

C’est alors que la voix de l’éladrin me fit revenir à la réalité :  « J’espère que tu me croiras quand je te dis que je n’avais aucunement l’intention de te rappeler à ces mauvais souvenirs. J’ai appris par hasard ce qui t’est arrivé, mais… Je ne connaissais pas ce détail là.Enfin, ça ne change rien, c’était stupide.». À ses propos, je le dévisageais avec surprise, me rendant soudainement compte que j’étais dans ma chambre et qu’il m’avait déposé dans mon lit.  Il était à présent proche de la porte et il voulait me laisser se reposer, mais moi, je ne voulais pas, j’avais encore besoin de son réconfort et de son affection. C’était purement égoïste, et inapproprié. Essayant de taire le désir qui me taraudait plus que de raison, je demandais incertaine : « Alors, tu n’avais aucunement l’intention de te venger? Ce n’était que pure taquinerie?». Effectivement, c'était le cas. Je le scrutais pendant un instant, puis à son regard franc et désolé, je le cru sans hésité. Voyant qu’il s’apprêta à partir, je l’alpaguais d’un doux murmure : «Flynn, attend…». Ma voix le fit se retourner à nouveau, c’était la première fois que je lui adressais la parole depuis notre sortie à fond de cale. Soutenant ses yeux gris, je pris un moment pour réfléchir à mes dires, et séchant mes larmes du revers de ma main, j’avouais d’un sourire contrit : « J’ai été aussi stupide que toi dans cette histoire, tout comme Bernard et Ed. Nous faisons tous des erreurs, c’est important d’en faire, pour apprendre et évoluer, mais je crois qu’avant tout, c’est important d’être capable de se pardonner et de pardonner aux autres.». Je pris une pause et après un court silence, je soufflais d’un tendre sourire : « je te pardonne, Flynn et je te crois. À ce que je comprends, tu ne voulais pas mal faire, c’est jusque tu ne savais pas  et tu n’as pas réfléchi. ». D’un air désolé, je m’excusais à mon tour : « Je suis  aussi désolé. Pardon d’avoir perdu mon contrôle avec Bernard, je n’aurais pas dû. Tu vis déjà assez de pression comme ça,  tu n’avais pas à gérer en plus cette violente dispute. Certes, je me suis sentis en colère et très insultée, mais mon agissement était inacceptable, je te promets que je ne recommencerais plus. ».

 Je fis silence,  sondant son regard gris. Cette situation était délicate, même imprévisible, mais je sentais qu’un lien solide venait de se créer entre nous deux. À ses propos, mon regard limpide retrouva sa vitalité,  et d'un sourire, j'opinais. Soudain, je vis une petite boule noire sauter sur moi, c’était Brise. La minette caressa ma joue avec sa mignonne frimousse, je ris légèrement, tout en lui grattant l’arrière des oreilles.  Elle ronronna davantage, ses yeux de félin, d’un turquoise profond, me fixèrent amoureusement, et à la voix de Flynn, elle riva son attention vers lui. Après s’être étirée allègrement sur mon ventre, elle me délaissa et s’approcha langoureusement de l'Éladrin. J’eus un sourire amusé, et j'accusais avec moquerie : «Traitresse! » et levant mes yeux vers lui, je la présentais : « Voici Brise, c’est mon père qui me l’a offert. Depuis, malgré des tempêtes et des batailles, elle ne m’a jamais quitté. C’est une vieille survivante!». À présent, la « vieille survivante» était dans les bras de Flynn et elle semblait tout à fait à son aise. Haussant les sourcils, je plongeais mon regard dans celui de l’éladrin, et j’avertissais narquoise : «Fait gaffe, elle est aussi imprévisible que moi, et elle a une fâcheuse tendance à mordre, surtout quand il s’agit des hommes.». J’eus un rictus et prenant la bouteille de tafia, que j’avais déposé proche de moi, je l'ouvris et je m’exclamais avec en train : « Je crois que l’on mérite tous deux ce rhum!». Je tapotais le lit et je l’invitais à s’assoir. Il semblait réticent, mais je n’étais pas prête à dormir, pas encore. Rassurante, je dis : « Allons, après autant de larmes, je veux finir cette soirée en beauté. Il y a rien de mieux que le rhum pour aider à s'endormir!».  Je bus quelques gorgées, toussais un peu, puis je lui tendis la bouteille d’un clin d’œil affectueux. Au moment qu'il la prit, je me souvins de sa dernière parole, et d'un sourire, j'affirmais: « À la façon dont tu as tué cet orc, je n'ose imaginé ce que tu ferais à celui qui voudrait m'enchaîner...mais, attend un peu?! N'as-tu pas ordonné qu'on me mette les fers? Tutt, tutt. Cher pirate, tu te dois de me rendre justice! Quel doux châtiment serait digne de cette odieuse punition? C'était à mon tour de le taquiner, je croisais mes mains derrière ma tête et feignant de réfléchir, je proposais malicieusement: « qu'en dis-tu de dormir à mes côtés, dans ce lit confortable et soyeux, sans avoir le droit de me faire l'amour?».


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Jeu 7 Avr 2016 - 10:48


Je m’en voulais sincèrement pour ce que j’avais fait. En réalité, je m’en voulais de ne pas l’avoir su, même si je savais pertinemment que cela n’était pas possible. Edward avait peut-être trahi un secret en avouant à demi-mots ce qui s’était passé plusieurs années de cela, mais il n’était pas allé jusqu’à donner tous les détails de ce terrible événement. Savoir comment son père avait péri, sous les yeux de sa fille violentée par ses anciens membres d’équipage, je ne pouvais que comprendre l’état dans lequel elle se trouvait et dont j’étais responsable. Alors oui, c’était de mon devoir de réparer un peu les choses, de la prendre contre moi pour la réconforter, pour la ramener à la réalité, loin de ses cauchemars. Pour être honnête, j’avais rêvé d’un autre dénouement pour cette soirée, et, j’avais même déjà rêvé d’une toute autre situation pour la première fois où je tenais Sirèna dans mes bras, mais l’occasion ne s’y prêtait simplement pas et c’était mieux ainsi. Au moins, mon esprit ne s’était pas mis en tête de me faire miroiter quelques images indécentes. Ce qui était surement pour le mieux, avouons-le. La Capitaine de la Sirène me faisait probablement beaucoup trop d’effet pour mon propre bien et j’étais conscient que cela finirait peut-être par poser des problèmes, sans compter que ce petit jeu – où j’étais le Capitaine – ne faisait qu’accentuer le nombre de moments que nous passions ensembles. Certains s’imaginaient peut-être profiter de l’absence de Nassim pour se rapprocher d’elle et je l’aurais fait volontiers aussi, mais je n’étais pas certain que ce fût la meilleure chose à faire, pour elle, comme pour moi. Et puis je n’étais pas certain de ce que je pouvais ressentir pour elle. Attiré, je l’étais sans l’ombre d’un doute, mais elle était mon Capitaine et rien que cela impliquait un niveau de respect suffisant pour me tenir à l’écart.

Une fois dans son lit, elle sembla finalement réaliser l’endroit où elle se trouvait. S’était-elle perdue dans ses pensées, dans ses troubles ? Je tâchais de lui présenter mes excuses une nouvelle fois avant de prendre congé afin de la laisser en paix. Sa question me retint néanmoins et, alors que je me retournais vers elle, j’acquiesçais de la tête. « Je n’ai aucune raison de me venger de toi, pas depuis que je t’ai acceptée comme mon Capitaine. » Pour moi, ce fait avait scellé le passé dans le passé. Et j’aurais eu beaucoup de mal de lui en vouloir pour avoir fait son devoir. Mieux encore, j’étais en quelque sorte son débiteur, vu qu’elle avait sauvé ma vie et m’avait libéré de mon statut de hors-la-loi. Devenir corsaire n’avait pas vraiment été dans mes intentions, mais ce n’était pas si mal et je me plaisais sur ce navire. Aussi, je n’avais aucune raison de vouloir me venger de quoi que ce soit. Pensant que la discussion était close, j’allais partir quand elle me retint encore. Surpris, je me retournais, l’observant avec circonspection avant qu’elle ne se confia finalement, avouant qu’elle aussi avait fait une erreur et elle alla même jusqu’à s’excuser mon son comportement. Dans un sourire, je soupirais, heureux qu’elle ne m’en tienne pas énormément rigueur. « Sirèna, tu es le Capitaine de ce navire, tu es libre de faire ce que bon te semble et de faire respecter les règles qui sont les tiennes. Les propos de Bernard étaient déplacés. C’est à nous de t’obéir, pas l’inverse. » Après tout, je ne faisais que m’occuper des apparences et loin de moi l’idée de vouloir la remplacer. Quoiqu’on puisse en penser, ce genre de responsabilités n’était pas pour moi. Je préférais largement être en haut d’un mât ou briquer le pont. J’esquissais un sourire, content de voir qu’elle semblait reprendre du poil de la bête.

En parlant de bête, une boule noire bondit sur le lit et sauta sur la jeune femme. Il s’agissait d’un chat qu’il n’avait encore jamais vu à bord. Lorsque les présentations furent faites, je tendis les bras vers l’animal qui semblait être intéressé par moi et je pris sur moi de caresser un peu Brise, la vieille rescapée. Je relevais mon regard vers sa propriétaire lorsqu’elle évoqua le caractère de son animal. « Toi aussi tu as tendance à mordre les hommes ? » J’avais dit cela sur un ton amusé, pour plaisanter. Et tandis que je reposais l’animal à terre, Sirèna brandit la bouteille de rhum, semblant vouloir la partager, tapotant la place du lit à côté d’elle, m’enjoignant à m’installer. Pas vraiment certain que ce fût la meilleure des choses à faire, je finissais par abandonner devant son insistance. Je la regardais alors boire quelques gorgées, tousser, ce qui me fit sourire et j’agrippais la bouteille qu’elle me tendit ensuite. Sans faux-semblant, je me mis à boire, alors qu’elle reprit la parole, mentionnant qu’il était nécessaire, face à mon serment, de me punir pour mon ordre. Lui jetant un regard curieux tandis que je buvais, je manquais de m’étouffer lorsqu’elle évoqua la fameuse punition. Toussant comme un beau diable pendant quelques instants, je relevais mes yeux vers elle. « Tu es sérieuse ? » Je ne savais pas trop quoi penser, mais, il y avait quelque chose dans son regard. Reposant la bouteille, je repris un peu contenance. « Je… ne pense pas que ce soit une bonne idée, Sirèna. » Et pour cause ! Non pas que je n’étais pas capable de me tenir convenablement, mais passer une nuit avec elle suffirait pour me retourner l’esprit et je ne donnais pas cher de mes pensées après ça. « Et que va dire l’équipage si je dors avec mon mousse ? Et en plus, je ronfle ! » Cette petite pirouette n’était pas forcément la plus efficace, mais, malheureusement, je pouvais sentir que l’envie de dormir avec elle commençait déjà à me ronger les entrailles et je n’arrivais plus à me défaire de l’image de sa tête contre mon torse, mes doigts perdus dans sa crinière rousse. Pourtant, je devais me retenir.
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MessageSujet: Re: La mer est si imprévible, tel notre destin impétueux (terminé)   Ven 8 Avr 2016 - 13:55

- Tu es sérieuse ?
À son air ahurit, je souris mystérieusement et j’opinais de la tête, mon regard brillait d’envie et de désir. Oui, j’étais sérieuse. Amusée par sa surprise, je ne fis que le dévisager avec un intérêt non dissimulé, tandis qu’il essaya de dissimuler son trouble à l’aide du rhum. Après qu’il eut fini de boire, et cette fois il ne s’étouffa pas, Flynn confia avec assurance : « Je… ne pense pas que ce soit une bonne idée, Sirèna.  Et que va dire l’équipage si je dors avec mon mousse ? Et en plus, je ronfle ! ». À ses piètres excuses, je le dévisageais avec surprise, puis la surprise fit place à la vexation. Ce fut à mon tour de cacher mon trouble par l’alcool, j’en bus de longues gorgées tout en réfléchissant, le cœur battant. Était-ce Dieu possible que je ne lui plaisais pas? Soudain, je ressentis un sentiment de déjà vu. Par le passé, Adrien  aussi était resté froid à mon charme,car il préférait la compagnie des hommes. Je savais que ce n'était pas le cas de Flynn, mais il y avait autre chose qui le rendait réticent. Quoi? Je l'ignorais, mais je tenais à le faire changer d’idée, ou du moins, à le tenter cruellement.Une technique suprême de séduction s'imposait. Reposant la bouteille sur la table de chevet près de lui, je me relevais à demi et je défis lentement mes hauts de chausse, une à une, dans le but de garder que ma chemise. Enlevant la première, je répondis :

-Quelles étranges excuses pour un pirate, je ne te savais pas aussi prude. J'eus un sourire taquin, et me concentrant à la tâche, je continuais sans le regarder : « pour ce qui est de l’équipage, il t’a souvent  vu sortir de ma cabine à l’aube, et ce plusieurs fois, alors pourquoi, ça poserait problème?». Me trémoussant légèrement, je réussis à me défaire entièrement de mes pantalons et je dévoilais sensuellement mes longues jambes galbées et douces, ma chemise tombait au ras de mes cuisses fermes, aussi tannées qu’un sable chaud sous le soleil.  Enjôleuse, je me massais les mollets et je terminais mon argument par : « et pour ce qui est de ronfler, sache que Nassim n’était pas battable! À chaque fois, j’avais l’impression qu’un tremblement de terre dormait à mes côtés, et pourtant, ça ne m’a jamais empêché de dormir comme un loir.». Je ris à nouveau, tandis que je sentis mon bandage m’oppresser la poitrine, j’avais complètement oublié de l’enlever. Sournoise, je  saisis cette opportunité dans le but de le séduire davantage. Me cambrant, je glissais une de mes mains sous ma chemise, tout en déposant l’autre main sur l’un de mes seins. Le souffle court, je marmonnais : « bon sang, quelle torture de m’écraser ma poitrine à longueur de journée!». Avec habilité,  je défis le nœud et je déroulais rapidement le bandage, et avec soulagement, mes seins se libérèrent d’un léger rebond sous ma chemise ample et translucide.
 
Alors, m’étais-je rendu suffisamment désirable pour ce gaillard trop prude? Avant de le regarder, je laissais tomber mon bandage par terre, m’étirais langoureusement de tout mon long, puis je m’allongeais sur le côté, face à lui, ma tignasse rousse tombait en cascade sur mes épaules.  Mon regard turquoise croisa le sien et je fus aussitôt bouleversée, mon sourire s’affaissa, laissant place à la perplexité. L’éladrin devant moi était tout autre, sa mâchoire était  crispée, ses lèvres charnues étaient entrouvertes et ses yeux de tempête semblaient assombris par un désir presque incontrôlable.  Je compris alors qu’il me désirait comme jamais, mais il faisait tout son possible pour se contrôler. Pourquoi? Soudain, une de ses paroles me revint en mémoire : « Je n’ai aucune raison de me venger de toi, pas depuis que je t’ai acceptée comme mon Capitaine. » . J’étais son capitaine, voilà pourquoi. Contrairement à la majorité de mes hommes, Flynn faisait partie des rares exceptions qui n’osaient pas me toucher, non par crainte, mais par respect. À ce moment-là, je compris que je pouvais compter entièrement sur lui et que jamais, au grand jamais, il ne me ferait du mal ni n’abuserait de moi, il me respectait trop. Même à cet instant, où je lui ouvrais la porte à une nuit inoubliable et tendre, il gardait le contrôle, mais la taquinerie ne pouvait durer, il n’était pas un saint et je n’étais pas un bourreau des sens ni du cœur.

Hochant furtivement de la tête, mon regard se fit compatissant et décidant que ce jeu avait assez duré, je vins couvrir  mon corps jusqu’aux épaules d'une épaisse couverture. Relevant mes yeux vers lui, je crus voir ses épaules se relâcher de soulagement, un peu plus, et j’aurais déclenché une véritable tempête. D’un sourire désolé, mon visage se fit  tendre et je soufflais gentiment : « Tout compte fait, nous sommes quittes, cher éladrin, je t’ai éprouvé suffisamment pour ce soir.». Après un instant où nous nous dévisagions intensément, je conclus d’une voix profonde et sérieuse : « Tu es libre de partir ou de rester. Fait ce que bon te semble, mon ami, et peu importe ta décision de rester avec moi pour cette nuit ou de dormir ailleurs, je la respecterais, comme tu me respect. Après ce que j’ai vécu tantôt, j’avais seulement besoin  de réconfort, mais  je vais mieux, alors ne te sens pas obligé à rien. ». J’eus un rictus, et déposant ma tête dans le creux de mon bras, j’ajoutais : « mais si tu désires rester et dormir avec moi, soit sûr que je ne mors pas, sauf lors d’ébats par trop effrénés.». À cette précision grivoise, je ris de bon cœur et soupirant, je terminais cette conversation par une demande: «s’il te plait éteint la bougie et  barre la porte, car je ne voudrais pas qu’un prisonnier vienne me menacer d’un sabre durant mon sommeil.». Je souris en me rappelant ce souvenir farfelu, puis fermant les yeux, je murmurais : « bonne nuit, Flynn…».  Sûrement à cause de l’épuisement et du rhum, je m’endormis quelques minutes après, le sourire aux lèvres, ma chevelure écarlate éparpillée sensuellement sur mon oreiller.


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