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 Le bal (terminée)

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MessageSujet: Le bal (terminée)   Lun 22 Fév 2016 - 14:11

Dès que j'aperçus la demeure du Seigneur Dagathor, j'eus le soufflé coupé devant autant de splendeurs. Les pointes des plus hautes tours, atteignant environ une vingtaine de mètres, étaient d'un bleu cyan,couleur si vive et si contrastante dans ce vaste désert. Le couché du soleil vint illuminé la blancheur des murs, fait d'un granite blanc et d'un alliage de fer blanc prestigieux. Des carrosses, tous richement parées les un des autres, faisaient la queue dans l'immense entrée circulaire en sable fin, le bal commençait et je mordais inconsciemment mon éventail. Par Uria que j'étais nerveuse! Je jetais un regard perplexe aux courtisanes et aux courtisans venus des quatre coins du continent. Les femmes étaient vêtus de robes fines et amples, fait de soie et de satin, tandis que les hommes portaient des rubans ornés de pierres précieuses et des vêtements élégants. Tous riaient à gorge déployée, la joie et l'excitation planait dans l'air, cela allait être un bal hors du commun. Pendant que j'essayais de calmer ma nervosité,  Adrien se prit à me dévisager du coin de l’œil. Bien qu'il avait un air rogne, mon Capitaine ne pouvait s'empêcher de me trouver plus belle que toutes ses femmes de la noblesse réunis. Sans que je ne le sache, j'allais être la reine de cette soirée et il considérait que je n'avais rien à leur envié. Il eut un sourire de satisfaction tandis qu'un valet, vêtu d'un vêtement blanc de haut prix, ouvrit la portière et m'invita à descendre en me tendant la main. Je n'étais pas habituée à autant de manières, mais me conformant à la situation, j'eus un sourire polie et j'acceptais son aide. Une fois débarqué, Adrien me proposa son bras que j'acceptais à contre cœur, nous devions bien paraître à la cours, ici, tout était hypocrisie et artifices, je ne pouvais en déroger. C'est ainsi que nous insérions dans la foule pour rentrer dans le Palais, le chef-d’œuvre de Varak.

Je faillis lâcher un juron d'admiration dès que je mis mon pied dans la somptueuse demeure du Seigneur Dagathor. Le plancher était fait d'un marbre blanc, recouvert de grand tapis aux motifs arabiques, de nombreux coussins y avaient déposés. Plusieurs courtisans s'étaient déjà installer confortablement, créant des petits groupes de discussion. Dans le fond de la grande salle, je vis un immense buffet remplit de plats propres à Varak, tels que des gâteaux au miel et aux pistaches, des cailles farcies au homard, du bœuf mijoté dans du jus de pruneau parsemés d'amandes  et tant d'autres choses succulentes. Il y avait aussi du thé à la menthe qui accompagnait ce banquet, ainsi que du vin épicé et de la bière au miel. Je me léchais inconsciemment les lèvres, et voyant mon air affamé, Adrien me pinça le gras du bras en commandant:

-Contrôle-toi, ici, les femmes priorisent la conversation à leur ventre.
Je lui lançais un regard noir et je faillis rétorquée que je comprenais maintenant pourquoi elles étaient si squelettiques, mais me connaissant, mon Capitaine ne me laissait pas le temps de rouspéter en me dictant à la lettre ma conduite: Maintenant, nous allons nous séparer. Je veux que tu t'insère dans les conversations, que tu te fasse connaitre. Va autant vers les femmes que les hommes, car les épouses sont de bien meilleures alliées que n'importe quel de ces nobles. Je me demandais bien pourquoi, mais ce n'était pas le moment de s'expliquer, il se pencha à mon oreille en me recommandant sévèrement: Et surtout, ne va pas dans les alcôves ni dans les chambres, on risquerait de retrousser ta robe.  Cet avertissement ne me fit ni chaud ni froid, car contrairement à ces donzelles, je savais maniée l'épée et le sabre, ainsi que le coutelas que j'avais attaché à ma cuisse. Sur cette pensée, nous nous séparions, je vis Adrien se diriger vers un beau jeune homme aux cheveux sombres et au regard mielleux, qui m'avait observé avec curiosité, comme la plupart des gens m'entourant.Convaincue que c'était sûrement l'un de ses amants, je pinçais les lèvres avec jalousie et je décidais d'accorder aucune attention à mon capitaine de toute la soirée. Or, ce ne fut pas long que je me retrouvais encerclée par des gentilshommes au regard charmeur et au verbe facile. J'embarquais dans leur jeu de séduction avec une étonnante facilité, répondant à leurs questions sans trop en dire, m'amusant à garder le mystère. C'est alors qu'un homme, d'un âge assez mûr, s’infiltra dans notre cercle, tout en me dévisageant intensément. Croisant son regard brun, il me sourit en me complimenta

-À vôtre chevelure de feu, madame, je reconnais là la digne fille de Valrik le rouge!
- Valrik le rouge? Le Corsaire de renom? Interrogea un de mes soupirants qui portaient un uniforme de l'armée navale de Varakir.
-Exacte, lieutenant. Répondis-je d'un sourire courtois. Il est malheureusement mort récemment, mais je tiens à suivre ses traces. Ma volonté parut surprendre plusieurs. Une femme  corsaire? C'était audacieux, mais peu conforme. Leur curiosité à mon égard se raviva, ma beauté et ma force de caractère les fascinèrent.  Je rivais mon attention vers l'homme qui avait connu Valrik en demandant: Où avez-vous connu mon père, monsieur? Il me sourit et répondit fièrement: Ici même, à Varak, j'étais lieutenant à cette époque et votre père nous a aider à prendre en chasse des pirates. Dieu que cet homme se battait comme un lion et à plusieurs reprises, il m'a sauvé la vie. Il sourit en repensant à ses souvenirs datant de sa jeunesse, puis son regard s'embruma. Cela me désole d'apprendre sa mort, le monde a perdu l'un de ses meilleurs guerriers. Je suis persuadé que vous serez digne d'être son héritière. J'ai entendu dire que vous êtes le second de notre cher Delacroix? Je faillis répondre «aye», mais heureusement, l'étonnement d'un gentilhomme empêcha cette bavure de marin:

- Son second? Par Dieu, madame, vous êtes un véritable mystère. Comment une femme si magnifique et si fragile que vous peut se faire obéir de ces rustres de marins?
-Effectivement,  un tel métier est inconcevable pour une femme, c'est même tenter le diable!
Renchérit un rouquin à la mine prétentieuse et hautaine. Je grinçais des dents en le toisant sombrement du regard. Fragile?  Tenter le diable? Inconcevable? Bien que j'avais envie de le projeter dans un pot de fleurs, et je répondis avec fermeté:

-Ce qui inconcevable pour vous, monsieur, ne l'est pas pour moi. Sachez que je sais me battre autant à l'épée qu'au sabre et je sais diriger ces hommes en étant dure et intransigeante. Mon expérience de marin a fait de moi une femme à la hauteur pour accomplir des contrats maritimes, alors...Je lui fis mon plus beau sourire qui le décontenança plus qu'autre chose: Si vous avez besoin de mes services de Corsaire, je serais à votre entière disposition. Le rouquin me dévisagea d'un œil surpris, puis affâme, il s'approcha de moi, pris ma main et la baisa doucement en disant: Certes, j'aurais peut-être un contrat à vous proposez, celui de partager ma couche et de devenir ma maîtresse. Je devins blanche d'indignation, tandis que ses comparses éclatèrent de rire en me toisant langoureusement du regard. Décidément, je ne pouvais rien retirer de ses imbéciles. Qu'avait cru Adrien? Une femme, si belle et si intelligente soit-elle, ne pouvait  convaincre des hommes bornés et machos. Sentant la tension, le Baron Damien Warkar, l'homme qui avait connu mon feu père, prit mon bras et m'éloigna de ce cercle de jeunes coqs en rûte. D'un soupir, je pus retrouver mon calme et mon contrôle; le rouquin était passé proche de recevoir un coup de genoux à l'entrejambe.


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Lun 22 Fév 2016 - 14:21

-N'écoutez pas ces jeunes crétins, je suis convaincu que vous êtes bien meilleure combattante qu'ils ne le seront jamais.Me rassura-t-il d'un ton paternel.
-J'en suis certaine aussi, Baron Warkar. Si j'avais eu mon épée, j'en aurais embroché un ou deux. Ma pique fougueuse le fit éclaté de rire, décidément, il était très sympathique. Diantre, madame, vous ne manquez pas de cran!
-Qui donc ne manque pas de cran, très cher? Demanda une femme d'une trentaine d'année, aux yeux sombres et aux cheveux noirs. Elle était très jolie avec sa robe en dentelle blanche et sa coiffure sophistiqué. Étrangement, ses traits me rappelaient ceux de ma mère, mais en moins délicats. Celle-ci me dévisagea avec intérêt tandis que Warkar répondit d'un ton douillet en me présentant:

-Cette charmante jeune femme. Cassiopée, je vous présente ma femme,la Baronne Samia Valdriana.
-Valdriana? Répétais-je avec étonnement. De quelle lignée exactement?
- Oh, celle de la haute noblesse, madame. Mon père se nomme Mandi Valdriana, Duc et l'un des conseillers de notre Seigneur. Répondit la concernée, qui se trouvait à être nulle autre que ma cousine. Effectivement, ma mère fut la sœur cadette de ce Mandi. Avec intérêt, je la dévisageais afin de rechercher nos ressemblances, mais à part nos grands yeux en amande, et ma peau basanée, nous avions rien en commun. C'est alors que la voix de Warkar me fit revenir radicalement à la réalité:

-Ma douce, vous souvenez-vous de l'histoire de votre tante Jasmina et de Valrik Lerouge?
-Comment oublierais-je cette romantique histoire?  Le regard lumineux, ma cousine se tourna vers moi et se mit à me raconter ce que je savais que trop bien: C'était un corsaire, et un bel homme de surcroit, il a réussi à courtiser le cœur de ma sublime tante et ils se sont enfuient  ensembles. Comme ma famille  a été scandalisé d'apprendre cette fugue! Mon grand-père a faillit en mourir de honte et de déshonneur, car voyez-vous Jasmina a été promise à un comte dès sa naissance, vieux certes, mais riche. Ah oui, ce scandale a été très mal reçu et à causer maintes moqueries. Elle prit une pause, le regard triste et sombre, puis croisant mon regard turquoise, son sourire revint en s'exclamant: Que voulez-vous? Les folies de jeunesse! J'espère néanmoins qu'elle a été heureuse auprès de lui. Mon cœur se serra, car en vérité, mon père a abandonné ma mère quelques années après leur fuite pour une raison obscure. Je revis le regard turquoise de ma mère, constamment triste, ronger de regret. Ce ne fut pas une histoire romantique, mais un drame regrettable. Toutefois, je réussis à garder un sourire de convenance et sentant que le baron allait révélé qui j'étais, je croisais vivement son regard en faisant un subtile non de la tête, mais qui voulait tout dire. Il haussa les sourcils, puis comprenant mon désir de garder secret mes origines, Warkar me fit un clin d’œil et changea de sujet, à mon grand soulagement. C'est alors que des trompettes retentirent, tous se retournèrent vers le Seigneur Dagathor.

Je fus surprise de voir un homme jeune et agréable à regarder, plus grand que moi et je devinais que ses vêtements de guerrier dissimulaient une belle musculature. Malgré son air sévère,le plus jeune des trois seigneurs humains avait un teint basané, un regard bleu et sa chevelure foncée était  longue, ainsi que sa barbe soyeuse, décorés de bijoux en saphir. Pour couronner le tout, il portait à son fourreau un cimeterre d'argent. J'enviais son arme, regrettant de n'avoir pas pu apporter les miennes. Bon sang, j'étais une guerrière, pas une courtisane! Sur cette pensée, mon cœur battit la chamade, car après avoir saluer plusieurs de ses sujets, il vint à la rencontrer d'Adrien. Mon capitaine le salua officiellement, puis tous deux se tournèrent vers moi. Quand je croisais le regard bleu et ferme du Seigneur, je crus y lire de la surprise et du ravissement. Mon capitaine me fit signe d'avancer, j'obéis automatiquement,  mon regard turquoise osant soutenir celui du maître de Varakir.


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Lun 29 Fév 2016 - 17:45

La foule fit silence tandis que je m'avançais vers le Seigneur d'un pas gracieux et fière. Continuant à soutenir son regard d'azur, je m'inclinais profondément devant lui.  Indifférent à l'excitation qui planait dans l'air,  Dagathor me dévisageait longuement, comme envoûté par le turquoise de mes yeux, tandis que ses sujets s'échangèrent des regards interloqués.Qui était cette magnifique dame qui osait retenir aussi longtemps le regard de leur seigneur? Assurément, cette belle étrangère allait finir dans le lit du maître.Après un moment de contemplation, Dagathor prit ma main et avant de la baiser, il dit d'une voix grave:

-Madame, je vous souhaite la bienvenue dans ma demeure. Delacroix ne s'est point trompé à votre sujet, vous êtes magnifique.
-Merci, monseigneur.
Soufflais-je les joues en feu en souriant. Il sourit à son tour et malicieusement, il se pencha  davantage en murmurant:
-J'espère néanmoins que votre intelligence et votre maîtrise au combat sont dignes de votre beauté. Seriez-vous être à la hauteur de mes attentes?

Assurément, il me testait, et ma réponse serait cruciale pour la suite des choses. Mes yeux brillaient d'une lueur réfléchit, preuve que je n'étais pas une tête vide, mais bien une jeune femme intelligente, même trop, qui pourrait causer maintes méfiances et jalousies. Relevant fièrement la tête, je répondis d'un ton flegmatique:

-Mettez-moi à l'épreuve, monseigneur, et vous serez convaincu.


Son sourire s'élargit et son œil bleu brilla de malice. Cette jeune femme ne manquait pas d'audace ni d'esprit.  Acquiesçant de la tête, il répondit à son tour:

-Soit. Je vous attends dans mon bureau après ce bal, un serviteur viendra vous cherchez.Puis il se tourna vers Adrien en disant simplement: Je suis satisfait.  Sur ce, mon capitaine et moi firent la révérence tandis que le Seigneur s'éloigna pour saluer ses autres sujets. J'entendis alors un soupir du soulagement, je me tournais vers Adrien qui me dévisageait d'un sourire hautement satisfait. Me prenant la main, il  la porta à son tour à ses lèvres en chuchotant:

-Tu as été parfaite.

-Merci...Soufflais-je en me noyant dans son regard gris,une véritable tempête. Soudainement nerveuse, j'interrogeais:«je me demande qu'elle sera mon épreuve pour gagner sa confiance?» Adrien se fit  plus sombre, il pensa avec jalousie que Dagathor était  capable de proposer à la jeune femme de passer une nuit dans son lit en échange d'une lettre de marque. Sa main se crispa sur la mienne, je fronçais les sourcils et le questionnant du regard. À quoi pensait-il? Me dévisageant pendant un instant, il reprit un sourire de convenance et répondit:

-Monseigneur est un homme très méfiant, il a continuellement sa garde proche de lui, tu ne pourras obtenir sa confiance ce soir. Tu es une femme magnifique, et je te sais aussi très intelligente, des dames pourvues de telles qualités sont considérées comme dangereuses auprès de nombreuses personnes, dont Dagathor. Ne dévoile pas toutes tes cartes, gagne d'abord son respect, ensuite la confiance viendra progressivement. J'opinais de la tête, retenant ses conseils si judicieux. C'est alors que l'orchestre s’installa et une musique entraînante fut jouée.  Voyant de nombreux soupirants venir vers nous, Adrien m'entraîna vivement dans la foule qui s'était mise à danser. D'un rictus, je feignais l'indignation en protestant: «Monsieur, cela ne se fait pas de priver tant de gentilshommes de ma compagnie!» Son bras entoura ma taille  et il m'attira à lui en rétorquant morose: «Ne suis-je pas ton capitaine? Par conséquent, j'ai la priorité sur ces crétins d'imbéciles.»


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Lun 29 Fév 2016 - 17:48

J'éclatais de rire tandis que nous virevoltons dans l'espace. Les pas d'Adrien étaient sûr et gracieux, je me laissais entraîner en toute confiance, sans faire le moindre faux pas. Après plusieurs danses, le souffle court et le sourire aux lèvres, je sentis mon estomac gargouillé. Le bruit parvint à Adrien, qui après une valse, me fit un clin d’œil et  me prenant la main, il m'amena vers le savoureux banquet. Voyant la déception des courtisans, je rivais mon attention vers mon capitaine en questionnant: «Ne m'as-tu pas conseillé de  converser avec ces nobles? Une danse ou deux ne seraient-elles pas appropriées?» Il ne me répondit pas tout de suite, feignant d'être concentré à me servir une assiette remplit de mets délicieux. Me jetant un regard narquois, il dit après deux bouchées de bœuf bourguignon: «Je t'ai plutôt conseiller d'aller vers les femmes, car contrairement à leurs maris ou à leurs fiancés, elles ne pensent pas juste à copuler quand elles sont en présence d'une belle dame de ta trempe.»   Je fronçais les sourcils en répliquant: «Certes, mais elles peuvent facilement être jalouses et me percevoir comme une menace, car après tout, ce sont que les sots et les laids qui ne font pas d'envieux.» Analysant mes dires, il sourit et opinait en silence. L'intuition de sa protégée était juste, les enjeux de la noblesse étaient complexes et pernicieux, cela se terminait souvent par le poison pour les dames et l'épée pour les gentilshommes. Finissant son repas, Adrien  répondit: «Certes, c'est pour cela que tu dois apprendre à t'allier aux gens puissants.» Remettant mon assiette vide à un serviteur, j'acquiesçais en suggérant:

-Tel le Seigneur Dagathor?
-Entre autre, ainsi que ton oncle Mandi Valdriana et sa fille Samia.
Mon air sérieux fit place à la surprise. J'ouvris légèrement la bouche en clignant plusieurs fois des yeux, puis une sourde colère fit briller mon regard.Heureusement, je réussis à me contrôler sans pour autant me départir d'un regard de fauve.

-Tu savais donc qu'ils allaient être là? Pourquoi ne m'as-tu rien dit? Demandais-je sur un ton sèche. Sentant ma colère, il prit un moment pour peser ses mots en s'expliquant:
-Car je sais que tu n'aurais jamais accepté de venir à ce bal, si tu avais appris que la famille de ta mère était présente. Pourtant, ce sont les meilleurs alliés que tu pourrais  avoir ici et les plus influents. S'approchant de moi, il me confia que mon oncle avait réussi à gagner la confiance du Seigneur Dagathor en sachant gérer d'une main de fer la logistique du Grand Port de Varakir. Sous sa main, le nombre de marchands avaient multipliés et le nombre d'attaques de pirates diminués, favorisant ainsi une croissance économique enviable. Or, le Duc avait engagé plusieurs mercenaires pour venir à bout des pirates, dont Valrik Lerouge, qui avait été le meilleur d'entre eux.

-Oui, mais il y a de cela plus de trente-cinq ans! M'exclamais-je exaspérée. Le Capitaine eut un sourire triste et hochant négativement de la tête, il répondit:
-Non, Cassiopée, ton père est retourné servir le Duc  quelques années après ta naissance.
-Quoi?! Soufflais-je les yeux écarquillés. Comment a-t-il accepté ça? Servir un homme qui a  répudié la femme qu'il aimait? Jetant un coup d’œil aux courtisans, qui avaient dressé la gorge pour mieux entendre notre conversation, mon capitaine m'attirait très proche de lui en me murmurant à l'oreille:

-La politique oblige, Cassiopée. Il semblerait que seul ton père pouvait tenir en bride les pirates, lui absent, ceux-ci sont revenu à la charge. Ton oncle a dû ravaler son orgueil et après quelques années, il lui a proposé de reprendre du service, en échange de certaines conditions.
-Quelles conditions? Demandais-je la voix chevrotante. Mon capitaine eut un regard peiné et il haussa les épaules, il l'ignorait. M'éloignant de son étreinte, je me servis un verre de vin et le but d'une traite. Déposant mon verre brusquement sur la table, je dis entre mes dents:
-Bon sang! J'ignorais tout de cette période de sa vie, il a toujours refusé de me la raconter. Respirant profondément, je tournais mon regard vers Adrien en lui demanda: Comment as-tu sû tout cela? Il eut un sourire contrit et répondit: Grâce à la meilleure arme qui soit: l'information.  J'eus un regard perplexe, me disant que je connaissais bien peu de chose sur Adrien. Au moment où je voulus en savoir plus, un valet vint à ma rencontre en disant:

-Madame, Monseigneur désire vous rencontrez maintenant. Suivez-moi.
Sans que je puisse dire quoique se soit, le serviteur tourna  les talons. Quoi, déjà? Je jetais un regard perplexe à Adrien qui me suivit à son tour, la mine légèrement renfrognée.


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Mar 8 Mar 2016 - 19:12

Nous suivions silencieusement le valet dans un couloir dont les murs étaient en marbre, un long et somptueux tapis rouges, aux reliefs d’or, longeait le plancher. Des chandeliers vint éclairés notre passage, créant une lumière tamisée et chaleureuse. Nous croisions un couple qui nous saluait d’un sourire timide, à leurs yeux brillant et à leurs joues rouges, je devinais aisément qu’ils venaient de sortir d’une alcôve. Tournant à droite, nous montions un large escalier en colimaçon menant à un second couloir, richement décoré. Tout au fond, je vis une large porte en bois massive, orné d’une fresque guerrière, deux gardes se tenaient sur le seuil, leur armure arabique scintillait à la lumière des torches. Je sentis mon estomac se contracter, rencontrer le Seigneur de Varak seule à seule me rendait terriblement nerveuse, sans que je ne sache pourquoi. Le valet s’arrêta et chuchota quelque chose aux gardes, ceux-ci acquiescèrent et l’un d’eux ouvrit la porte. Ensuite, il se tourna vers moi en ordonnant: «Suivez-moi, madame. Voyant qu’Adrien s’apprêtait à me suivre, le valet pinça les lèvres et d’un ton présomptueux, il dit: je suis désolé, monsieur, mais Monseigneur veut entretenir madame en privé, votre présence n’est pas requise.» Je sentis mon capitaine se tendre derrière moi et pour une raison inconnue, il ne semblait pas apprécier ce futur entretien. Pourtant, n’était-ce pas lui qui avait voulu cela? Me retournant, je fus frappée par le regard inquiet et sombre d’Adrien. Je n’eus pas le temps de lui demander ce qui n’allait pas, car le valet m’empressai d'entrer dans la pièce, le Seigneur n'aimait pas attendre. Jetant un regard désolé à Delacroix, je m’apprêtais à suivre le serviteur autoritaire quand une main large se déposa sur mon épaule et la voix grave d'Adrien murmura à mon oreille :«Surtout, ne te laisse pas séduire, gagne son respect non dans sa couche, mais sur les mers.»C’était donc ça qui le tracassait tant! Je lui jetais un regard à la fois surpris et indigné en répliquant :«Je ne suis pas ce genre de femme, Adrien. Mon cœur et mon corps appartiendront seulement à l’homme que j’aime, peu importe son rang, et à date, il y en a  juste eu un, mais malheureusement, il n’a pas voulu de moi.» Soufflais-je en détournant mon regard vers ma destinée, c’est-à-dire la porte où m’attendait impatiemment le valet. À mes dires, la main d’Adrien se crispa sur mon épaule, mais il fit silence. Tel était mon capitaine, secret, incapable d’exprimer ses sentiments.   Amère, je me dégageais sèchement et sans me retourner, j’avançais très droite vers le bureau de Dagathor. À présent, Delacroix  avait laissé son bras tombé mollement, il fixait ma silhouette disparaissant dans la pénombre de la pièce, il aurait voulu me retenir,  mais  trop tard, la porte c’était refermée, le laissant seul, en compagnie des gardes. Voyant qu’il restait planté là, l’un d’eux commanda : «monsieur, je vous prie de retourner auprès des invités.» Adrien lui lança un regard noir et faillit rétorquer : « Va te faire foutre, connard!», mais il réussit à se contenir et opina sèchement de la tête. Profondément triste et confus, il tourna ses talons et se dirigea vers la salle de bal pour m’y attendre.


***

La salle où je venais d’entrer était très grande et spacieuse, décorée d’armes arabesques et de tableaux représentant des fresques épiques et guerrières. Visiblement, Dagathor aimait la guerre et il l’assumait pleinement.  Il avait aussi des armures noires accotées au mur…qui respiraient? Plissant les yeux, je vis que ce n’était pas une simple décoration, mais bien des soldats veillant sur leur maître. Adrien avait dit vrai, le Seigneur de Varak était méfiant, très méfiant. Avait-il peur qu'une magnifique femme, sachant se battre, l'assassine? L’idée me fit sourire, car après tout, mes compétences au combat égalait beaucoup d’assassin de renom. Un raclement de gorge me fit revenir à la réalité, je tournais mes yeux vers deux hommes au fond de la pièce, l’un était assis derrière un vaste et somptueux bureau, l’autre debout à ses côtés. Le premier était  Dagathor lui-même, il me dévisageait d’un air à la fois intrigué et détaché, une moue hautaine plissait son nez droit, tic appartenant à ceux de son rang.  Entourer de ce décor à la fois guerrier et élégant, Dagathor avait plus l’allure d’un chef du désert qu’un seigneur riche et prestigieux. M’inclinant respectueusement, je le dévisageais pendant un instant, puis mes yeux croisèrent un regard dur et triste à la fois, d’un turquoise profond, venant contraster avec sa chevelure poivre et sel. L’homme au côté du Seigneur était très grand et svelte, et son visage masculin revêtait des traits droits et beaux, rappelant ceux de ma mère, mais en plus virile. Je blêmis en comprenant qui il était. Nous nous scrutions l’un et l’autre intensément, des souvenirs douloureux resurgirent dans notre esprit. Bien que je ne l’avais jamais rencontré, nous partagions un passé commun, remplit de rancunes et de regrets. J’étais sa nièce non désirée issus d’une union scandaleuse et honteuse et il était mon oncle sans cœur et froid, qui avait approuvé le choix paternel, celui de bannir sa sœur de leur vie, à jamais.

- Madame Valdriana, asseyez-vous,  je vous prie. Dit la voix grave de Dagathor qui avait assisté avec intérêt à cet échange tendu et silencieux. Il semblait prendre un malin plaisir à être témoin de ces étranges et inattendues retrouvailles.  Détournant mon attention vers Monseigneur, je m’inclinais une seconde fois et je pris place sur une chaise large et confortable en face lui. À l’intérieur, je bouillais de rage et d’indignation, mais je fis preuve d’un calme absolu. «Aimez-vous les échecs, madame?» Demanda le Seigneur d’un sourire poli tout en désignant de sa main un magnifique jeu d’échec fait de marbre et d’or déposer sur son bureau. Les pions n’étaient nul autre que des navires, et le roi étant le capitaine et la reine, le Quartier-maître. Surprise, j’admirais ce jeu de table, je n’avais rien vu de tel auparavant. Levant mon regard vers Dagathor, j’acquiesçais de sourire emballé en répondant : «Certes, monseigneur, j’adore ce jeu et celui-ci est magnifique.» Son sourire séduisant s’élargit, il approuva:«N’est-ce pas? Sachez que je l’utilise pour planifier mes batailles navales contre mes adversaires, qui sont dans ce cas-ci, des pirates.» Je fis une mine étonnée, puis je compris. C'était l'épreuve que j'appréhendais, et en effet, il n’y avait rien de mieux qu’un jeu d’échec pour tester un stratège militaire. Or, ce test était loin d’être le dernier.  «Je vous invite à jouer contre moi, madame. Cela vous dit?» Avais-je réellement le choix? Continuant de sourire, j’acceptais d’un doux hochement de tête, une lueur intelligente fit briller mes yeux limpides. Cette lueur, mon oncle la connaissait que trop bien, mon père avait revêtit cette même expression devant chaque défi qu’il avait surpassé. Le jeu commença, tandis que je sentais le regard de Mandi Valdriana  m’évaluer. Feignant l’indifférence,  je restais de marbre, me concentrant plutôt sur la bataille qui se livrait devant moi. Dagathor avait avancé un pion, je fis de même de mon côté, et ainsi de suite. Cela dura une vingtaine de minutes, où plusieurs stratégies redoutables firent leurs preuves, le nombre de navires diminuèrent à vue d’œil. Sentant que j’allais prendre le dessus, le Seigneur osa me distraire en demandant :
 
-Je vois que vous êtes un véritable stratège, madame. J’imagine que vous avez appris cela de votre père? Je fus peinée d'apprendre sa mort, c'était un excellant corsaire.
- Il l'était, effectivement, Monseigneur. Soufflais-je sentant mon cœur se serrer. Je ne devais pas me laisser déconcentrer, sinon j’allais perdre. Froidement, sans même lever les yeux vers mon oncle, je répliquais : «les peu d’années passées à ses côtés ont été très enrichissante, il m’a appris tout ce que je devais savoir pour devenir capitaine.» Je déplaçais mon Quartier-maître et je mangeais son fou.Contrarié, Dagathor fronça les sourcils , puis son regard s’illumina.

-Madame, ce coup fut une erreur monumentale.  Ah vous croyez? Pensais-je ironiquement, sans me départir de mon air flegmatique. D’un geste brusque, il prit à son tour son fou et vint manger mon Quartier-maître. Préparée à cette contre-attaque, j’eus un sourire des plus malicieux et j’avançais le dernier pion qui me restait, en disant:
- Échec et Mat, Monseigneur. Le sourire victorieux de l’homme fit place à un air déconcerté, tout comme mon oncle. Tous deux se penchèrent d'un même mouvement vers le jeu, un lourd silence régnait dans la pièce. Effectivement, le capitaine de Dagathor était à présent piégé entre  mon pion, mon cavalier et  mon dernier fou, il ne pouvait plus s'en sortir. Lentement, les yeux d’azur du Seigneur vint me dévisager avec admiration et respect. Soudain, il éclata d'un rire impérieux. Reprenant son souffle, il me complimenta en laissant tomber son capitaine sur le jeu :
    
-Madame, je vous accorde humblement la victoire. Détourner ainsi mon attention fut un coup de maître, j’ai hâte de voir vos succès en mer. N’est-ce pas, Mandi? Demanda-t-il fougueusement en se tournant vivement vers le Duc. Celui-ci acquiesçait d’un léger sourire en disant : «Certes, monseigneur, ma nièce deviendra aussi redoutable que son défunt père.». Sa voix était rauque, c'était la première fois que je l'entendais, et pour dire vrai, elle ne me rassurait pas. À son compliment, je lui lançais un regard méprisant, tandis qu'il me dévisageait d’un air imperturbable.  J’avais envie de lui dire: «va te faire foutre, toi et ton compliment d'hypocrite!», mais la présence de Dagathor me contraint à le remercier d’un sourire crispé.


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Ven 11 Mar 2016 - 17:48

À l’opinion flatteuse de mon oncle, Dagathor approuva, tout en me dévorant du regard. Il n’avait jamais rencontré une femme de cette trempe, à la fois belle, intelligente et guerrière. J’étais pour lui une curiosité qui risquait de s’approfondir avec le temps. Son regard reflétait à la fois de l’admiration, mais aussi de la méfiance, car je pouvais devenir un danger si je ne jurais pas de servir Varakir. Cependant, il était rassuré que je sois la fille de Valrick Lerouge, celui-ci l’avait toujours servi fidèlement, bien que sa fugue avec Jasmina Valdriana avait scandalisé le royaume, et surtout la famille de la jeune femme. Alors voilà que leur enfant, une superbe métisse issue de la Norpalie et de Varakir,  appartenant à une longue lignée de guerriers et de marins expérimentés, venait offrir ses services de corsaire.  Certes, elle était jeune, même très jeune, mais il était prêt à miser sur elle. C’était un risque qui valait le coup.Cela faisait plusieurs minutes qu’il pensait, les yeux rivés sur moi, j’avais baissé mon regard, soudainement intimidé par l’azur transperçant.  Après un instant, il se leva et se dirigea vers une immense carte du monde accrochée au mur. En silence, il l’observait attentivement, puis  il se tourna vers moi en expliquant :

-  Depuis plusieurs années, j’ai engagé des mercenaires pour venir à bout de pirates qui attaquent notre zone marchande, il pointa de son doigt les eaux entourant le Grand Port de Varakir, mais je crains que cela soit insuffisant. Nous avons une liste de criminels à traquer, et je tiens à vous refiler un premier contrat, question de tester vos compétences.
-Donc, vous voulez que je devienne chasseur de prime? interrogeais-je en fronçant les sourcils.  
-Pas  chasseur de prime, mais  Corsaire. Répondit fermement le Seigneur en soutenant mon regard. C’est bien ce que vous voulez, n’est-ce pas? J’opinais de chef tout en écoutant le reste de son offre : votre mission sera de pourchasser le Diable noir, son capitaine se nomme Jason D’Auragne.  C’est une des pires racailles de la région, il est accusé de trafic d’esclave et de pillages sur des marchands innocents.
-Je vois, c’est une vraie ordure. Un trafic d’esclave, hein? Diantre, il va en baver! Soufflais-je le regard sombre. À cette phrase peu aristocrate,  Dagathor haussait les sourcils et il approuva d’un rictus, tandis que mon oncle se rembruni. Certes, j’avais hérité de la beauté de ma mère, mais j’étais visiblement aussi rustre que mon père. Réfléchissant au contrat, j’opinais en demandant : «si je gagne, que voulez-vous que je fasse de lui?» Il y eut un autre raclement agaçant, c’était mon oncle qui osait répondre :

- Que vous le capturez, nous jugerons de son sort en temps et lieu, et que ses butins, provenant de ses crimes, retourne à la Couronne de Varakir.  Je me demandais pourquoi attendre de le juger quand il était plus simple de le pendre après le combat, mais je décidais de garder ma question pour moi. Dagathor s’était à présent approché de moi pour prendre ma main, et l’amenant à ses lèvres, il questionna :
-Alors, madame, acceptez-vous cette mission? Le contact de ses lèvres sensuelles me fit perdre légèrement le fil de mes idées, mais retrouvant un semblant de calme, je souris et je répondis :
- J’accepte monseigneur, et je vous promets que je ne vous décevrais pas. Soudain, j’eus un regard perplexe me rendant compte que je n’avais pas de navire en ma disposition pour réaliser le contrat. Comme s’il lisait dans mes pensées, mon oncle eut un léger sourire et demanda:«Monseigneur, pourrais-je prêter à ma nièce un navire et un équipage afin qu’elle réalise cette mission en bonne et due forme?» Sans hésiter, Dagathor approuva en me regardant: «Bien sûr, il en va de soi. Ce navire vous sera prêté jusqu’à temps que vous ayez le vôtre. Bien entendu, si la mission réussit, je vous obtiendrais une lettre de marque dans le but de servir officiellement mon royaume comme Corsaire et non comme mercenaire.». D'un sourire, je remerciais d'un «monseigneur est trop généreux», tout en restant méfiante.  Cet excès de générosité cachait anguille sous roche, j’en étais presque certaine, mais avais-je le choix? Je ne pouvais pas réaliser ce contrat sans navire, et c’était dans leur intérêt de me fournir le nécessaire pour piéger d’Auragne. Sur cette pensée, je revins à la réalité quand mon oncle me tendit un parchemin résumant le contrat, énonçant qui je devais poursuivre,  les lois militaires à respecter et ce que j’allais en retirer. Lisant attentivement, j’approuvais et je me penchais sur le bureau pour signer. Satisfait, mon oncle reprit le bout de papier et le remit à Dagathor qui signa à son tour, puis il le rangea dans son secrétaire. Pendant qu’il faisait cela, je jetais un coup d’œil au Duc qui n’avait pas cessé de me scruter. Je vis ses yeux turquoise briller d’une lueur malicieuse, il avait quelque chose derrière la tête, et ça n’allait pas jouer en ma faveur. C’est alors qu’un valet entra et se dirigea vers son maître pour lui murmurer quelque chose. Dagathor fit un air torve et marmonna :

-C’est vrai, les invités, je les avais complètement oubliés. Le Seigneur soupira, visiblement, il préférait s’occuper des affaires d’État plutôt que d’assister à un bal. Croisant mon regard, il sourit en disant :«Madame, pour le moment, laissons cette mission de côté et allons danser. Je crains que mes invités s’impatientent et provoquent à eux seuls une guerre civile, fait de dentelles et de feux d’artifice.» Je ne pus m’empêcher de rire à sa plaisanterie, et acquiesçant, je me levais pour le suivre quand une main s’abattit sur mon poignet, le saisissant plus fermement que nécessaire. S’assurant que Dagathor ne nous regardait pas, il était plutôt occupé à donner des ordres stricts à un serviteur, mon oncle m’attira à lui et d’un ton brusque, il murmura à mon oreille:«Dans trois jours, je t’attendrais sur le quai du Grand Port de Varakir au lever du soleil pour te présenter à ton nouvel équipage. Soit à l’heure, sinon je m'arrangerai pour t’expédier en Norpalie, où tu es née.» À cette menace, je me dégageais de sa poigne en lui lançant un regard noir et je soufflais sèchement : «je demeure seul maître de ma vie, vous n’avez aucun droit sur moi.» Mandi eut un rictus mauvais, et se penchant à quelques centimètres de mon visage, il souffla : «Crois-tu?». Nous nous confrontons du regard, tandis que Dagathor se tourna vers nous. Aussitôt, j’adoptais une mine courtoise, Mandi fit de même, et sans le regarder, je répondis : «n’ayez crainte, je serais à l’heure, cher oncle.»  Disant cela, je tournais les talons et je rejoignis  le Seigneur de Varakir, auprès duquel, je me sentis comme une reine jusqu’à la fin de la soirée. Or, je n’accordais aucune attention au Duc Valdriana ni à Adrien, que j’avais aperçu dans une alcôve en compagnie d’un jeune homme amouraché. Ce Capitaine faisait désormais parti de mon passé et ma destinée aspirait à une vie fait de liberté, de mer et de combats.


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Sam 12 Mar 2016 - 22:53


-Je ne pensais pas que tu me quitterais aussi rapidement. Dis sourdement mon capitaine en fixant tristement le soleil levant. Disant cela, il tourna son regard argenté vers moi et il me dévisagea longuement, comme s’il voulait retenir le moindre de mes traits. Mon cœur saigna, je baissais les yeux avec une profonde tristesse. Aye, je lui en voulais d’aimer les hommes, plus que moi, mais lui aussi il allait me manquer, énormément me manquer. C’est alors que je sentis ses doigts relever impérieusement mon menton, son beau visage était désormais à quelques centimètres du mien. Murmurant sur mes lèvres, il dit : «je suis convaincu que tu deviendras un capitaine de renom, mon trésor. J’espère que tu ne m’oublieras pas, car moi, jamais je ne t’oublierais.» Envoûtez par ce regard, et troublée par ces propos si tendres, je soufflais : «tu resteras à jamais gravé dans mon cœur, Adrien, je te le promets.» Il eut un sourire triste et sans crier gare, il m’embrassa tendrement sur les lèvres, mon cœur battit la chamade.  Par Dieu, pourquoi n’avait-il pas fait ça plus tôt? Son baiser se fit plus passionner, je me laissais faire, l’étreignant contre moi, tandis que le vent fit virevolter ma chevelure flamboyante, qui nous enveloppait tous deux. Ce fut un moment d’éternité et j’espérais qu’il dure pour toujours, mais malheureusement,je devais le quitter et j'ignorais quand j'allais le revoir. Lentement, il décolla ses lèvres des miennes,puis pâle, il dit à contrecœur :

-Tu dois y aller, il t’attend.
-Je sais. Opinais-je en rivant mon regard vers le quai où je vis mon oncle apparaître. L’apercevant, je me tendis malgré moi, ça ne me tentait vraiment pas de lui parler, encore moins d’êtres à son service, mais je n’avais pas le choix, pour l'instant. Si je voulais devenir capitaine, je devais abaissée ma fierté et commencer par cette voie. Un jour, j’allais acquérir  mon indépendance, mais pas maintenant, je devais être patiente, faire mes preuves et surtout, devenir riche pour pouvoir acheter mon propre navire et engager un équipage expérimenté et loyal. 

- Tu peux toujours changer d’avis, rester mon second. Suggéra Adrien d’une voix presque chevrotante, il ne semblait plus enclin à me laisser partir. Je le dévisageais avec perplexité et d’un pâle sourire, je refusais :
-Il est trop tard, j’ai signé un contrat, je ne peux m’en déroger. Il y a quelques semaines, j’aurais tout donné pour rester ton Quartier-maître, mais tu…
-Je sais, c’est moi qui ai voulu ton départ et je le regrette à présent, amèrement.  J’ai été un parfait imbécile. M’interrompit-il  désemparé. D’un sourire compréhensif, je vins lui caresser la joue en répliquant doucement:
-Non, Adrien, tu as juste voulu le mieux pour moi et je t’en remercie. Ton soutien m’a aidé à me relever, sans toi, je ne sais ce que je serais devenue. Je te remercie pour tout.
-C’est moi qui te remercie pour  ce que tu m’as apporté. Confia-t-il de sa voix grave, si émouvante en portant ma paume à ses lèvres. Je sentis les larmes venir, mais je réussis à me contrôler, tandis qu’une voix se fit entendre derrière moi, c’était Nassim.

-Capitaine, on doit y aller.
-Je sais, j’arrive. Répondis-je en lui jetant un coup d’œil derrière mon épaule. Je soupirais et regardant une dernière fois Adrien, j’eus un sourire rassurant en promettant : «un jour, mon ami, nous nous reverrons, je te le promets.» La gorge serrée, Delacroix acquiesçait de la tête en répliquant d’un sourire peiné: «je l’espère de tout mon cœur. Prends soin de toi.» Avec affection, je soufflais un «toi aussi»  et je me détournais pour ordonner à Nassim, Ed, Laurian, Gawael, Roger et Fior de me suivre. Derniers survivants de l’équipage de mon père, ils s’étaient proposé à m’accompagner dans cette nouvelle aventure, et  loin de moi de refuser, car je tenais à ce qu’ils fassent partis de mon équipage. À dire vrai, ils étaient maintenant ma seule famille et je ne m’imaginais pas reprendre la mer sans eux. Mes hommes me suivirent sans hésité, et nous descendîmes sur le quai pour rejoindre mon oncle. Au moment où je m’apprêtais à le rejoindre, la voix veloutée et grave d’Adrien m’interpella une dernière fois :

-Cassiopée! Surprise, je fis volteface, mon regard turquoise croisa ses yeux argentés, que je n'oublierais jamais. Malgré sa tristesse, il réussit à me sourire et narquois, il s’exclama : «Tu ne peux devenir la terreur des pirates sans un solide pseudonyme, qui va les faire trembler.» Après m’avoir admiré de la tête aux pieds, il proposa avec entrain: «qu’en dis-tu de Sirèna?»Je clignais des  yeux, puis réfléchissant à son idée, j’approuvais d’un sourire mutin en répétant :« Sirèna, hein?». J’avoue que cela me plaisait beaucoup, car ce nom de guerre représentait à la perfection le Corsaire que je voulais incarner, une sirène séduisant les pirates pour mieux les achever. D’un clin d’œil, je répondis : «Soit, ça sera donc Sirèna! Je te promets que tu vas en entendre parler!». Nous échangions un sourire complice, tandis que la voix rauque de mon oncle m’interpellait avec impatience. Je respirais profondément pour contrôler mon irritation et me rappelant sa menace, je me dépêchais d’aller à sa rencontre, sans oublier de jeter un dernier regard à mon ancien capitaine. Celui-ci avait gardé son attention fixée sur moi, son visage était  blême, et son œil gris brillant à la fois de chagrin et de désir.   Notre baiser lui brûlait encore les lèvres, aucun de ses amants avaient réussi à l'enflammer à ce point. Mélancolique, Adrien ressentait la désagréable impression d'avoir perdu la femme de sa vie et ça, il n'arriverait jamais à se le pardonner.Me voyant disparaître dans la foule de marins,il baissa la tête en fermant les yeux et sa mâchoire se crispa de douleur. Se sentant vide,   son cœur était brisé en milles morceaux, c'était comme si  une partie de lui-même avait disparu à jamais.
 


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Mar 15 Mar 2016 - 17:49

-Diantre, ce n’est pas un navire ça, mais une épave! M’insurgeais-je en voyant l’affreuse goélette au bois écaillé et aux toiles déchirées à plusieurs endroits. En plus, elle portait le nom de «La Gargouille», quel imbécile avait nommé un navire comme ça? «C’est un vrai taudis cette merde!». Je m’étais retournée pour affronter  mon oncle, le regard furibond et indigné. Celui-ci eut un air glacial et il répliqua froidement : «Compte toi chanceuse, car tu aurais pu ne pas avoir de navire du tout. Il est en état à naviguer, c’est ça l'important.». Les poings serrés, je rétorquais furieuse : «C’est ça  l'important?  Nom d’un chien, je ne peux même pas livrer un bataille navale décente, ses canons sont rouillés, et il n’y a pas de munitions.  Comment voulez-vous que j’attrape le pire des salauds dans ces conditions?!». Mandi eut un sourire mauvais et s’approchant de moi, il répondit : «Tu sembles être créative et stratège, tu vas te débrouiller, sinon tu échoueras et tu ne pourras devenir corsaire.».  Son sourire cruel s’élargit, il me toisa du regard de haut en bas et avec dédain, il continua : «Aucune femme de notre famille m’a fait aussi honte que toi. Une corsaire? Peuh! C’est la pire des ignominies.». À cette pique méchante, je devins rouge de colère et m’avançant à mon tour, je sifflais entre mes dents : «Et moi, j’ai honte de vous avoir comme oncle. Un homme qui a osé délaisser sa sœur, qui avait le droit à l’amour et au bonheur, ne mérite pas de porter le titre de Duc!». Furieux, il s’apprêta à me gifler, mais rapide, je reculais d’un pas la main sur mon pommeau, signe que j’étais prête à le tuer s’il me frappait. Voyant mon geste, sa main resta en suspens, tout en me dévisageant d’un œil assassin. Sentant que j’avais l’avantage, je continuais d’une voix blanche de colère: «Dites-moi, quelles étaient ces conditions imposées à mon père quand vous l’avez convoqué pour reprendre du services?». Mandi eut un regard surpris, et abaissant sa main, il demanda : « Où as-tu appris ça?». Je gardais le silence, je ne voulais pas mettre Adrien dans le trouble et j’insistais du regard pour obtenir une réponse.  Il eut un air morose, puis voyant une possibilité pour  m’atteindre, il me répondit méchamment : «Il n’avait plus le droit de vous revoir toi et ta mère jusqu’à la fin du contrat. Je me suis arrangé pour ça dure dix ans.». C’était comme si j’avais reçu un coup de poing dans le ventre. Pâle, je l’insultais sans vergogne : «Vous êtes la pire des ordures! ». L’insulte fit mouche, mais il  réussit à prendre un air imperturbable en répliquant : «Peut-être, mais c’est moi qui a le pouvoir ici, pas toi. Alors surveille ta langue, petite arrogante, sinon tu risques de finir au fond de la mer, tout comme ton rustre de père.». L’œil brillant de haine, je faillis le  trucider, mais la poigne solide de Nassim m’en empêcha. Sombre, il avait suivi le conflit avec attention et il savait où ça allait mener. Promptement, mon compagnon m’attira à lui et il me chuchota fermement à l’oreille :

-Cassiopée, reste en contrôle et n’embarque pas dans son jeu, il n’en vaut pas la peine.  À ces propos, je me calmais soudain, car il avait raison, j’étais en train de me faire avoir.  Opinant du chef, je me tournais vers le Duc en disant froidement: « Je réussirais cette mission et je ferais honneur à Varakir.». Contre toute attente, je lui fis mon plus beau sourire en narguant : «Je vous remercie de m’offrir la chance d’être  victorieuse comme vous ne l’avez jamais été.». Un nuage sombre passa à travers le regard turquoise que me scrutait, mon sourire s’élargit, tandis que mon oncle se rembrunit. Croisant les bras contre sa poitrine, il répliqua d’un ton sec : « Je doute que tu réussisse, surtout avec un tel navire.». C’était donc ça, avant même que je puisse me faire valoir, il voulait me tuer dans l’œuf.  Cependant, son manque de foi en mes capacités me laissait indifférente, je ne fis que hausser les épaules en disant calmement : « Nous nous reverrons au bureau de Dagathor en compagnie d'Auragne. Bonne journée, mon oncle.».  Un grognement fit sa seule réponse, je tournais les talons, et sans autre regard, j’embarquais sur la Gargouille. L’équipage s’était rassemblé sur le pont et je ne fus pas surprise de voir des marins qui ressemblaient plus à des pirates qu’à des hommes honnêtes. Voyant que j’étais une femme, ils eurent un sourire pervers et sans respect, ils me sifflèrent à mon passage. Saleté, je n’étais pas d’humeur à me faire lorgner de cette façon. C’est alors qu’un des marins osa me taper la fesse, je me retournais aussitôt pour lui envoyer un coup poing violent au visage. Le marin tomba à la renverse, le nez ensanglanté et les larmes aux yeux. Un lourd silence se fit, tous me fixèrent interloqués. Dévisageant d’un regard tranchant le visage du malotru, je dégainais mon sabre  pour la pointer sur sa gorge et je  sifflais entre mes dents :

-Si tu t’avise encore de me toucher, tu seras fouetté à mort, est-ce claire? Apeuré, le blessé acquiesça frénétiquement de la tête en gémissant de douleur. D’une moue sévère, je pointais mon arme vers le reste de l’équipage en m’exclamant : «Ça vaut autant pour vous tous! Je suis désormais votre capitaine et j’exige du respect et de la rigueur sur ce navire. Si vous me désobéissez, vous serez fouetté et balancé à fond de cale. Si vous osez me menacer ou me toucher, vous serez pendu. Avez-vous compris, messieurs?». Les marins opinèrent de chef en baissant les yeux en marmonnant docilement : «aye, capitaine.». Assurément, ils n’avaient pas affaire à une femme ordinaire, mais à un chef, leur nouveau capitaine. Pendant un instant, je les scrutais intensément d’un œil sévère, puis je rangeais lentement mon arme. Par ma prestance et mon autorité, j’avais réussis à m’imposer, mais il me restait maintenant à gagner leur respect.  Rivant mon attention sur deux marins costauds, je commandais : «Vous là, amenez-le à fond de cale. Il va y rester pour la nuit.». Les deux hommes eurent pitié de leur camarade, qui souffrait de son nez cassé, mais ils n’osèrent pas me contredire et ils obtempérèrent. Pendant qu’il l’amenait, je montais sur le gaillard pour mieux me faire voir et je demandais d’un ton ferme : «Lequel d’entre vous à de l’expérience en mer?». C’est avec perplexité que je vis seulement une dizaine d’hommes levés la main. Diantre, mon oncle s’était bien joué de moi. J’échangeais un regard exaspéré à Nassim qui eut un sourire presque encourageant. Son regard bleu semblait dire : «voilà du défi en perspective.». Soupirant, je détournais mon attention vers le navire lui-même. Il était assez petit, peu d’hommes pouvaient le naviguer. Pesant le pour et le contre, j’assumais ma décision et je commandais :

«Tous ceux qui n’ont pas d’expérience en mer, dégagez d’ici.»
. La majorité des hommes écarquillèrent les yeux avec surprise, et ils se rembrunirent. L’un d’eux osa s’avancer et s’écrier : «On nous a promis du travail sur ce navire!». Mes yeux turquoises se firent aussi dure qu’une balle de fusil, je rétorquais froidement: «Moi, je ne vous ai rien promis et je n’ai pas le temps de former des marins inexpérimentés. Je le répète, dégagez d’ici. Exécution!».  C’était audacieux de congédier une quinzaine d’hommes, mais je n’avais pas le choix. Je préférais garder qu’une dizaine et être sûr qu’ils comprendraient mes ordres. Plusieurs crachèrent par terre dans ma direction, mais je restais imperturbable, tandis qu’ils partirent d’un air morose et contrarié. Le silence se fit à nouveau, mon regard limpide se riva vers les hommes qui restaient. Contre tout attente, j’eus un sourire courtois et je me présentais : «Bienvenu, messieurs. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m’appelle Sirèna, et lui c’est Bosco, il sera votre Quartier-maître.». Disant cela, je m’étais tournée vers Nassim qui opinait d’un air complice. «Chaque ordre qu’il commandera viendra de moi, donc vous avez intérêt à lui obéir. Pour l’heure, je veux que le pont soit briqué et lavé, les voiles et la coque rafistolées. Exécution!». Aussitôt, ils opinèrent d'un même mouvement de tête et ils exécutèrent mes ordres. Toute tension se libéra d’un coup, je tournais un regard las vers mon nouveau Quartier-maître en désignant la Gargouille : «J’ignore comment on va faire pour pourchasser D’Auragne avec ça.». D’un sourire rassurant, il haussa les épaules et répliqua de sa voix grave : « Je te fais confiance, tu trouves toujours une solution.»


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Dim 20 Mar 2016 - 16:58


-Qui sait se battre avec une épée? Avais-je demandé d’une voix forte à mon nouvel équipage. Plusieurs levèrent la main, les autres baissèrent la tête nerveusement. Cela faisait maintenant trois jours que nous étions en mer et nous longions les côtes de Varak à la recherche  D’Auragne. Avant notre départ, Nassim et quelques hommes étaient allés dans une taverne du Port pour recueillir de l’information. Ils avaient appris que l’esclavagiste avait été aperçu plus au Nord, peut-être se terrait-il dans une crique? Je l’ignorais, mais j’étais déterminée à le retrouver et à le capturer. Le matin même, j’avais reçu une lettre de mon oncle m’ordonnant un délai de trois semaines pour sa capture., il tenait à ce que j’échoue, mais plus qu’il me mettait des obstacles, plus qu’il allait tomber de haut devant ma victoire. Par contre, mon équipage me causait problème; certes, ils connaissaient la base du métier de marins, mais ils manquaient d’initiatives et la plupart ne savaient pas manier une arme. Diantre, je n’avais que trois semaines et j’étais prise avec une bande d’incapables et un navire de merde qui était aussi lent qu’une tortue. Je ne devais pas me fier là-dessus, je devais trouver un autre plan. Ordonnant à Nassim de montrer la base de l’escrime aux hommes, j’en profitais pour réfléchir à une stratégie gagnante. Il était prouvé que durant une guerre, une simple poignée d’hommes pouvaient mener à la victoire, mais il fallait déjouer l’ennemi en l’attirant dans un piège et le prendre au dépourvu.  Par contre, je ne pouvais compter sur mon équipage, à l’exception des hommes qui avaient été au service de mon père. Soupirant, je baissais la tête et je réfléchis longuement. Si je n’arrivais pas à trouver le pirate, c’est lui qui viendra à moi. Maintenant, comment l’attirer? Qu’est-ce qu’il le  ferait  sortir de sa planque? Soudain, mon regard limpide s’illumina. L’idée était redoutable et brillante.
 
                                                                                                              ***
 
Le Diable noir était amarré dans une crique, hors de vu des navires marchands ou des autorités navales. Un mois auparavant, Jason d’Auragne s’était fait un bon butin en vendant des jeunes Aasimars au marché noir, vierge de surcroit et belles comme le jour. Maintenant, il commençait à être sec et il manquait de rhum. En effet, son bonheur se résumait  au rhum, à l’argent et aux femmes, le reste n’avait aucune importance. Homme d’une trentaine d’année, il avait belle allure et plaisait aux putains, mais n’étant pas du genre fidèle, il aimait son statut de célibataire dévergondé. Capitaine sans honneur ni principe, il savait saisir les bonnes opportunités et être pirate était une manière comme une autre de se faire beaucoup d’argent. C’est alors qu’un bruit de rame le fit revenir à la réalité, son regard sombre dériva vers deux marins qui revenaient du Grand Port de Varakir. Les reconnaissant, il ordonna qu’on leur lance une corde et on les aide à embarquer à bord. D’un sourire, il les accueillait cordialement en demandant : « Alors, matelots, du nouveau?». Le regard brillant d’excitation l’un des deux répondit : « Aye, Cap’taine! Une bonne affaire en vue, je t’le dis.» Le lourdaud se pencha et confia ce qu’il avait appris d’une source fiable : « on raconte qu’un navire marchand transporte une princesse clandestinement. Ça l’air qu’elle vient de la Norpalie et qu’elle s’est enfuit de sa famille royale, parce qu’elle voulait po s’faire marier à un vieux prince. L’histoire classique quoi! ». L’œil d’Auragne s’illumina et il sourit diaboliquement. Plissant les yeux, il demanda : «t’es sûr que c’est vrai? La rumeur est fondée?». L’air grave, le marin opina vigoureusement et il répondit sans hésitation : «Ciboire, chuis certain, cap’taine! C’est Tommy qui me l’a dit et il n’est pas du genre à me dire n’importe quoi.». Cet argument rassura d’Auragne, car Tommy était réputé pour être un excellent informateur, moyennant du rhum et une bourse généreuse. Trop emballé par la nouvelle, Jason tiqua  de l’œil, il était convaincu que cette affaire allait le rendre riche, extrêmement riche. Cette princesse devait valoir toute une rançon, mais il s’enrichirait plus au marché d’esclave, à moins qu’elle soit laide comme une chipie, ce qui n’était pas rare, car à cause de leurs mariages incestueux, les nobles étaient souvent affreux. Comme s’il venait de lire dans ses pensées, son informateur lui confia d’un sourire pervers : « on dit que c’est toute une beauté, Ca’ptaine! Une rousse aux yeux turquoise et au corps de déesse. Pas de doute, c’est une vraie aubaine. ».  À cette description, Jason se lécha inconsciemment  les lèvres et son sourire s’élargit, il avait très hâte de faire fortune. Selon Tommy, le navire-marchand avait  quitté ce matin le Grand Port de Varakir et il se dirigeait vers le Nord, vers eux. La chance ou le destin? Peut-être un peu des deux.

Ça avait pris deux semaines pour tout organiser. Avec le peu d’argent que j’avais économisé à bord du Phoenix, le navire d’Adrien, j’avais loué un petit navire-marchand pour concrétiser mon plan. La première semaine, l’équipage l’avait rafistolé le mieux qu’il pouvait, pendant que Nassim, Fior et Ed étaient retournés au Grant Port de Varakir pour y faire circuler la fameuse rumeur. Celle-ci avait emballé plus d’un, maintenant, il restait à espérer qu’elle se soit rendu aux oreilles d’Auragne. Par la suite, ce ne fut que navigation, entraînement et patience. J’avais pris le temps d’observer les côtes et j’avais repéré une crique idéale pour amarrer la Gargouille en attendant l’abordage du Diable Noir. Celui-ci s'apprêtait à aborder, un sourire malicieux éclaira mon visage. Je me souvins alors de la conversation que j’avais eue avec Nassim avant d’embarquer sur le navire-marchand. «Dès que tu vas me voir sur son pont, ordonne l’abordage.» Nassim acquiesçait, mais d'un regard inquiet,  il dit: «D’accord, mais fait attention,  ce n’est pas un enfant de chœur.». D’un sourire rassurant, j’avais haussé les épaules en répliquant : «je te promets de jouer la vierge docile et désemparée.». Il eut un rictus et il avait riposté railleur : « Toi, docile et désemparée? J’aurais tout donné pour voir ça.».  C’est alors que Gawael avait crié qu’un  navire était en vue. À son aspect, j’étais certaine qu’il s’agissait du Diable noir. Heureusement, il était trop loin pour apercevoir le transfert de quelques hommes de mon équipage embarquant sur le  petit navire-marchand, amarrer au côté de la Gargouille.

Habillée de vêtements de voyage élégant, digne de la noblesse Norpalienne, je les avais suivit et je m’étais aussitôt réfugiée à la cale, tandis que le voilier sortit discrètement de la crique, laissant le Gargouille en arrière, qui se tenait prêt à attaquer à mon signale. Si tôt repéré, le Diable noir avait tiré du canon, Ed, qui faisait partie des marins qui m’accompagnaient, avait aussitôt bifurqué à bâbord pour laisser les pirates abordé entre la crique et le navire marchand, c’était l’endroit idéale pour le piéger. Feignant d’être terrifié, Edward et ses compagnons s’étaient agenouillés en face d’Auragne en suppliant qu’on leur laisse la vie sauve. Le dévisageant d’un sourire mauvais, le Capitaine s’accroupit et proposa: «Je vais vous épargnez à condition de me dire où est votre princesse.». Tremblant, Ed répondit sans hésitation : «elle s’est cachée à la cale.». Satisfait, d’Auragne ordonna à ses hommes d’emprisonner les marchands à fond de cale sur le Diable Noir, il pourrait les vendre comme esclave. Mes marins se laissèrent amener docilement, tandis que l’esclavagiste descendit à la cale, où il y avait qu’une simple pièce, assez vaste pour ranger une trentaine de caisses. J’étais assise sur l’une d’elles, me tenant très droite et hautaine. Dès qu’il entra, je sursautais légèrement en le dévisageant d’un air apeuré, bien qu’intérieurement, je fusse très étonnée de rencontrer un homme de belle allure, grand et séduisant, je l’avais plutôt imaginé vieux, laid et petit. Gauchement, je me levais et baissant mon regard turquoise, je marmonnais nerveusement: « pitié, ne me faites pas de mal.». Pendant un instant, il y eu un long silence, je sentis les yeux sombres du pirate me dévorer du regard. Diantre! Tommy ne s’était pas trompé, elle était plus que belle, elle était magnifique, cette princesse risquait de devenir une délicieuse tentation.  S’avançant, il s’approcha très près de moi pour me saisir impérieusement le menton et me forcer à le regarder.  «Vous faire du mal, votre altesse? Quel fou serais-je pour abîmer une aussi précieuse marchandise.». Souffla-t-il sur mes lèvres, le regard brillant d’un ardent désir.


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Ven 25 Mar 2016 - 11:30

Ses mains caressèrent doucement mon visage, puis elles explorèrent ma gorge et descendirent encore plus bas pour palper  mes seins. Je me crispais en le repoussant farouchement. Le confrontant du regard, je sifflais: « Ne me touchez pas, malfrat!». À mon refus, son œil brilla de plaisir et son sourire à la fois séduisant et crasse s’élargit. «Tiens donc, une princesse farouche? Tant mieux, je vais adorer te dompter.». Disant cela, il m’attira brusquement à lui et m’embrassa à pleine bouche. C’était bestial et brusque, suffisamment pour que je sorte mon coutelas et que je le trucide, mais je me retins, car le moment n’était pas encore venu. Reprenant sur moi, je me laissais faire à contre cœur, en me disant que jouer la donzelle prude et docile était moins excitant pour ce marin chevronné. Voyant que j’avais cessé de me débattre, il décolla ses lèvres des miennes en soufflant mi excité, mi déçu : « Continue de te débattre, chérie, je déteste les femmes faciles.». Je pris un air outré et je répliquais hautaine : « Je ne suis pas une femme facile, monsieur, mais une princesse, vierge de surcroit, qui  est digne de son rang et qui vaut son pesant d’or.  Alors, je vous prie de me lâcher, si vous ne voulez pas abîmer votre précieuse marchandise et par le fait même, la rendre moins rentable.». À mes propos, il eut un air surpris, puis il se rembrunit. Diantre, pourquoi était-il tombé sur une aussi belle vierge, et en plus, intelligente ? Son intimité brûlait comme jamais, et il eut du mal à résister à la tentation de me prendre sans retenu, mais la vision d’une montagne d’or le contraint à desserrer son étreinte. Grognant, il me délaissa avec une lenteur douloureuse et il s’éloigna de quelques pas pour retrouver son contrôle.  Je restais droite et froide, prête à le tuer s’il changeait d’idée, mais heureusement, il n’en fit rien et il ordonna sèchement : « Suivez-moi, princesse, votre cage dorée vous attends.». Ses paroles me rassurèrent, mais ce fut de courte durée, car il me saisit brusquement le bras pour me tirer, j’en grimaçais de douleur. Avait-il peur que je m’enfuis dans la mer? À cette pensée, je souris sous  cape, et je me laissais docilement trainer sur le pont.

Arriver là, D’Auragne m’entrainait impatiemment sur son navire, il avait hâte de quitter cette zone, car il sentait qu’un danger rôdait, mais il était loin d’imaginer que l’ennemi qu’il appréhendait se trouvait juste à ses côtés. Pauvre bougre, il allait vite déchanté! Durant notre court trajet entre les deux navires, le Capitaine n’avait cessé de me jeter des coups d’œil, ma présence le perturbait, suffisamment, pour qu’il ne remarque pas la Gargouille sortir de l’ombre et  les marchands sur son pont, censés être emprisonnés à fond de cale, qui tenait en otage plusieurs de ses hommes, poignard à la gorge. M’apercevant, Edward s’écria :

-  Capitaine, attrapez!  La voix du marin fit revenir d’Auragne à la réalité, et avant qu’il ne puisse comprendre ce qui se passait, je me défis brusquement de sa poigne, j’attrapais l’épée au vol et je la déposais d’un sourire mutin sur sa gorge. Stupéfait et perplexe, il marmonnait interrogateur : «Capitaine? Quoi…Comment ça?». Mon sourire s’élargit, et j’expliquais victorieuse : «Aye, D’Auragne, je suis non pas une princesse, mais une corsaire et au nom de la couronne de Varakir, je t’arrête pour trafic d’humains et de pillages.». Le visage de Jason s’allongea, il avait du mal à me croire. Elle? Une corsaire? Donc, elle était ni princesse, et sûrement pas vierge. Cette pensée stupide fit brillé son regard sombre, il allait pouvoir en profiter après ce foutu assaut. Bon sang, elle l’avait bien piégé, la catin! Un second navire venait de fracasser sa coque par tribord, il en perdit légèrement l’équilibre, contrairement à la superbe guerrière qui restait bien ancrée. Depuis tout ce temps,  le navire ennemi était caché dans la crique en face d'eux et il ne l’avait même pas remarqué. D’Auragne maudissait sa négligence, il avait été trop sûr de lui, mais le pirate n’était pas prêt à se laisser faire. Vivement, il tassait l’épée qui le menaçait de son bras et il sortit à son tour la sienne en criant : « Branle-bas de combat!». Le bataille commença, et je devais impérativement mettre chaos mon adversaire avant que le sang coule, car mon équipage n’était pas suffisamment entraîner, l’ennemi allait prendre le dessus rapidement. De plus, une autre difficulté s’imposait, celle de ne pas tuer D’Auragne , car Dagathor le voulait vivant. Nos épées s’entrecroisèrent violemment, j’étais autant agile et rapide qu’il était fort et précis. Il fit un coup droit, je l’esquivais et je ripostais. Bon bretteur, il contre-ripostait, mais je fis un bond en arrière et j’optais pour une parade bien placée, qu’il réussit à esquiver à son tour. Diantre, il était bon combattant. Son regard soutint le mien, il eut un sourire mi pervers, mi admiratif.  Nos épées restèrent en suspens, et il me complimenta moqueur:
 
- Tu es une excellente bretteuse, j’ai hâte de voir si tu l’es tout autant au lit.
-Je doute que tu sache me satisfaire, vieux loup de mer. Répliquais-je sur le même ton, en l’attaquant, il bloqua d’une parade circulaire.
 - Ah tu crois, petite diablesse? Attends que je rentre ma lame en toi, je vais te convaincre du contraire! S’écria-t-il en riant. Le pervers!  J’en avais marre de ce combat, ça avait assez duré, et plusieurs de mes hommes grouillaient par terre, blessés gravement ou agonisant, l’ennemi prenait le dessus. Réfléchissant à vivre allure, j’optais pour une autre tactique, car visiblement, je n’arriverais à rien avec l’épée. Gauchement,  je fis un coup droit, qu’il dévia d’un coup violent, me faisant lâcher  mon arme. Je feignais d’être désemparée et je reculais de quelques pas, tandis qu’il s’avança promptement vers moi, le sourire victorieux et l’œil brillant de désir. Me dévorant du regard, il murmura avec convoitise :
 
- Tu es à moi.
- Crois-tu? Soufflais-je d’un sourire mesquin. Sans crier gare, je courus vers lui  et je sautais pour entourer mes jambes autour de sa tête, il se fit projeter violemment au sol. Emprisonner dans cette position, il se débattit, mais mes cuisses serrèrent son cou, il devint rouge et sans comprendre comment, il perdit connaissance. Peu après, voyant la défaite d'Auragne, son équipage déclara forfait et j'ordonnais leur condamnation, à l'exception de leur chef inconscient, qu'on avait emprisonné à fond de cale. Fixant l'horizon, ce fut à mon tour d’avoir un sourire victorieux, car j’avais remporté ma première bataille en tant que capitaine.


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Sam 26 Mar 2016 - 21:05


D’Auragne reprit conscience dans les ténèbres, la pièce sentait la moisissure et les algues, il grogna de mécontentement. Tudieu, il était assurément à fond de cale et enchaîner par-dessus le marché! Que s’était-il passé? Qu’est-ce lui avait échappé? Comment s’était-il fait avoir à ce point? Lui si rusé et si fourbe, la Corsaire l’avait été davantage. Il ne savait même pas son nom, mais contre toute attente, il eut un sourire admiratif. Aucun homme n’avait réussi à le vaincre et à l’emprisonner, à l’exception de cette femme d’exception. Le destin s’était bien joué de lui. Soudain, il se rembrunit, la rage au cœur et chassant toutes pensées obscènes, il  serra les poings en revivant ce désastreux duel. Comment avait-elle réussi à lui faire perdre connaissance? Cette étrange prise…du jamais vu. Visiblement, elle n’excellait pas seulement à l’épée, mais dans d’autres techniques de combats qui lui étaient inconnus, et sûrement redoutables. Ce n’était qu’un avant-goût, il se doutait  qu’elle avait plusieurs tours dans son sac. Il eut un sourire pervers et il se mit à rêvasser, l'imaginant entièrement déshabillée, sa peau aussi dorée qu’un sable chaud, allongée sensuellement sur un lit baldaquin. Dans son imaginaire, Jason se prit à l’entrelacer passionnément et à la possédée, d’assaut à la fois animale et brusque. Il passa ses mains dans sa chevelure flamboyante et bouclées, il lécha doucement le contour de ses lèvres pulpeuses, puis il descendit jusqu'à ses seins, et remonta le long de sa gorge. Gémissant, il  plongea sans retenue dans ce regard magnifique, d’un turquoise rare, ardent par la jouissance…bon sang de merde ! Était-il en train de devenir fou? Rêver de faire l’amour à son ennemie jurée, car elle l’était désormais, tenait d’un paroxysme ridicule. Grinçant des dents, son regard sombre se fit aussi dur qu’une balle de fusil, il tira brusquement sur les chaînes pesantes, rien n’à faire, on l’avait emprisonné solidement. Aucun moyen de s’enfuir.

-Aghrr! Saleté! Je te hais! S’écria-t-il avec rage. Je te promets, sale catin, qu’un jour, je t’aurais! Aye, que je t’aurais et après t’avoir pris comme tu le mérites, je vais te tuer! Tu me le paieras!
-Eh, la ferme en bas! Rugis un marin en haut des escaliers.
-Va te faire foutre, fumier! Je te tuerais, toi et  ta capitaine! Je vous tuerais tous! S’exclama le prisonnier rouge de colère. Il aurait peut-être dû se la fermer, mais il n’était pas de cette trempe. La porte s’ouvrit, une lumière douloureuse l’aveugla un momentanément, il ferma les yeux tandis que des pas se fit entendre. Quelqu’un descendait.  L’œil noir et la bouche plissés  par la haine, il attendit que le marin vienne le réprimander. Avec appréhension, il vit un colosse, à la peau d’ébène et à l’œil bleu, apparaître. Finalement, il aurait préféré tomber sur la Corsaire que sur ce Maure gigantesque et imposant.  Se crispant, D’Auragne eut un mouvement de recul et il se plaqua contre le mur en défiant du regard le géant qui s’approchait. Celui-ci, sentant sa peur, eut un sourire mauvais et il dit d’une voix rauque :

-En ce moment, celui qui est le mieux placé pour se faire tuer, c’est toi.

-Me tuer, hein? Je ne pense pas que ta Capitaine approuverait que tu me tue, surtout après tous ses efforts pour me capturer.
-Qui te dit que je vais te tuer? D’autres vont s’en charger pour moi. Répliqua Nassim en continuant de sourire.  Par «d’autres», il voulait sûrement parler des autorités de Varakir et cela fit frémir D’Auragne, qui redoutait plus que tout de finir pendu. À son air perplexe, le sourire du Maure s’élargit, puis il se pencha et contre attente, il défie les chaînes en informant : «la Capitaine veut te voir sur le pont. Suit-moi.». L’esclavagiste avait-il réellement le choix? Il pouvait se débattre et essayer de s’enfuir, mais il ignorait où il était et en secret, il avait hâte de revoir cette houri aux cheveux roux qui lui rendait la vie si difficile.  Les poignets liés, Nassim le poussa pour qu’il avance plus vite et ils arrivèrent enfin sur le pont, où je les attendais, entourer de gardes varakirois.  Entendant les cliquetis des chaînes, je me tournais vers le prisonnier, qui était cerné de fatigue et d’angoisse. Me voyant avec mes cheveux attachés et une tenue plus officielle, il eut un pâle sourire et son regard sombre brilla d’une lueur mystérieuse, appartenant à la fois à la haine et à l’amour. En soi, des sentiments intenses et contradictoires l’oppressaient, il était partagé entre l’envie de me trucider et de me faire l’amour. Jamais de sa vie, il n’avait ressenti ça pour une personne, surtout pas pour une femme. Cachant son trouble derrière un sourire mauvais, il s’exclama sans vergogne :

-Alors, toute belle, c’est tout? Tu vas me livrer à ses crétins et retourner en mer? Pas un baiser d’adieu avant de partir?

-Qui te dit que je vais partir, vieux loup de mer? Répondis-je d’un même sourire. À son air interrogateur, je croisais mes bras contre ma poitrine et d’un ton mesquin, j’expliquais : «j’ai ordre, escorté par ces hommes, de t’amener vivant jusqu’au bureau du Seigneur Dagathor Vel’hislan. J’ignore pourquoi, mais il tient à te rencontrer personnellement.». À cette information, le pirate tiqua et il eut un discret soupir de soulagement. C’était de bon augure, sûrement que l’ancien arrache-sable avait quelque chose d’insolite à lui proposer, car ce n’était pas coutume que le Seigneur de Varakir veuille rencontre un malfrat de sa trempe.  «Messieurs, escortez le prisonnier!» Commandais-je tout en scrutant d’un œil perçant D’Auragne, son air soulagé me rendait perplexe, et je n’étais pas dupe, cette étrange rencontre entre le seigneur et lui cachait anguille sous roche. Normalement, on m’aurait permis de le condamner en bonne et due forme, alors pourquoi vouloir le garder vivant? Cela n’avait aucun sens, mais mon instinct me dictait de ne pas mener d’enquête, au risque de me faire assassiner perfidement. J’étais une corsaire, pas une politicienne et encore moins une enquêtrice. La politique, très peu pour moi! J’avais assez de mes propres problèmes, je ne voulais guère me vautrer dans celles des autres et ne plus en ressortir. Avec prudence, je chassais mon intérêt pour cette affaire et  je suivis d’un pas assuré le prisonnier et les gardes. Ceux-ci le firent entrer dans un carrosse en métal forgé, possédant de fenêtres barreaudées, recouvert de rideaux sombres. Je notais ce détail, comprenant que l’identité du prisonnier devait rester secrète. Au nombre de quatre, les  gardes montèrent en avant et en arrière, tandis que je montais en scelle sur un étalon à robe rousse prêter par Dagathor lui-même.  Alerte,je suivis l’austère attelage. Or, avant de partir, je lançais un regard rassurant à Nassim, mais au fond de moi-même, j’étais nerveuse. Tous ses mystères ne me disaient rien qui vaille et j’espérais reprendre la mer bientôt, sur un navire neuf et mieux équipé.


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MessageSujet: Re: Le bal (terminée)   Lun 4 Avr 2016 - 10:23


Près de deux heures plus tard, nous arrivions au palais, le cocher avait reçu l’ordre d’amener le prisonnier en arrière de la demeure de Dagathor, quelques gardes nous attendaient. Débarquant de ma monture, un palefrenier vient aussitôt s’en occuper, puis je commandais de conduire le prisonnier au Seigneur. Si tôt dehors, le pirate eut un vif mal de tête, le soleil était aveuglant. Il n’eut pas le temps d’observer où on était que les gardes l’empressèrent d’avancer, épée en main. Morose, il grogna, tandis que je me tassais sur le côté pour les laisser passer, mon regard confronta celui d’Auragne. Ceui-ci osa me sourire courtoisement en disant sourdement : «T’es aussi belle que ce palais, trésor.». Son compliment eut pour effet de me prendre au dépourvu. Je le dévisageais d’un air perplexe, convaincu que sa bonne humeur et son calme  n’avait rien de rassurant. Feignant l’indifférence à son air de séducteur mal placé, je me rembrunis et je me postais en arrière des gardes qui le conduisaient vers leur maitre. Le couloir que nous longions était sombre et vide, Dagathor ne semblait pas vouloir que nous rencontrions des gens de sa cour, sûrement pour ne pas les scandaliser, mais aussi par mesure de sécurité.  Nous fîmes silence, je jetais un coup d’œil presque amusé à Jason, qui semblait très impressionné par la splendeur des lieux.  Après avoir gravi un escalier étroit et en colimaçon, puis un autre couloir long et sombre, les gardes nous firent entrer par une porte secrète, camouflée dans une tapisserie, qui menait directement au bureau de Dagathor. Que de mystères! J’en avais froid dans le dos, mon appréhension grandissait en voyant le sourire D'Auragne s’élargir. Il devait trouver qu’on lui accordait merveilleusement de l’importance, ce qui était effectivement le cas.

À notre entrée, le valet qui m’avait accueilli la dernière fois vint vers nous. Il revêtait toujours ce même air sévère et antipathique,  il ressemblait à une vieille momie desséchée. Me toisant, il ordonna : «Suivez-moi, madame, monseigneur vous attends.» Puis il tourna son regard brun vers les gardes en commandant : «Que le prisonnier attende ici.» Aussitôt dit, la «momie» tourna les talons et je le suivis promptement, mon cœur battait la chamade, je trouvais cette situation à la fois insolite et trépidante. C’est alors que Jason  me nargua sans vergogne : « Reviens-moi vite, trésor. Tu me manques déjà.». Je me crispais en lui jetant un regard glacial, son sourire s’élargit de plaisir. Pinçant les lèvres, je m’apprêtais à répliquer une insulte cuisante, mais la «momie» semblait être les yeux et les oreilles de son maître. Je ne pouvais manquer de contrôler devant lui. Dérivant mon attention sur le dos courbé en face de moi, je fis silence, tout en essayant d’oublier la présence du pirate, dont les yeux se prirent à contempler la courbure de mes fesses. Bien qu’il ait bel allure, cet homme me répugnait au plus haut point. Il avait quelque chose en lui qui avivait mon mépris. Le fait qu’il soit un pirate-esclavagiste, sans loi ni principes, devait être la cause de ma piètre opinion que j’avais de lui.  Sur cette pensée, je rentrais victorieuse dans la vaste pièce où m’attendaient Dagathor et mon oncle, ainsi qu’un autre homme que je ne connaissais pas. Il était petit, un peu grassouillet, et il avait un regard de bon vivant.

À son allure, je ne pus m’empêcher de sourire, pendant que les deux autres hommes me dévisageaient intensément, l’un avec admiration et respect et l’autre avec rancœur. J’avais remporté le défi admirablement et le Duc Valdriana avait du mal à le supporter. Son assurance avait pris le bord quand il avait appris cette nouvelle inattendue : sa nièce avait réussi habilement à capturer l’un des plus recherchés pirate de Varak, et ce en à peine deux semaines.  L’appât de « la princesse Norpalienne», qui avait attiré si facilement le pirate, l’avait rendu plus aigri que jamais. Intérieurement, il se reprochait de ne pas avoir pensé à ça plus tôt, cette idée était à la fois simple et rusée, très rusée. En cela, il s’enorgueillit, se disant que cette qualité était propre aux Valdriana, qui pendant des siècles, avaient fait preuve de ruse et de stratégie pour acquérir leur rang dans la noblesse varakiroise et prospéré.Reportant son regard sur la magnifique jeune femme. La contempla, il pensa avec amertume qu’elle aurait pu être Duchesse, même princesse, si le feu Duc Asyr  Valdriana n’avait pas déshérité Jasmina de ses titres. D’un soupire empreint de déception, son regard turquoise s’attardait à ma physionomie svelte et bien faite.Soudain, il eut un léger sourire, rusé à souhait. Peut-être que le mariage de sa sœur fut un véritable gâchis, mais rien n’était encore perdu, le passé pouvait être réparé, moyennant un chantage ou deux. Sa nièce avait la tête dure, lui aussi, ce n’était que partie remise, son regard se fit plus serein. Devançant son seigneur, il me complimenta avec sincérité :

-Ma nièce, vous faites l’honneur de Varak.  Votre créativité en matière de stratégie est tout simplement admirable, je suis agréablement surpris par votre victoire. À ce compliment, je le dévisageais d’un air surpris, même dérouté. Je croyais qu’il m’aurait accueilli avec froideur et mépris,mais au contraire, il semblait aussi admiratif que Dagathor. Avait-il décidé d’enterrer la hache de guerre ou au contraire, murissait-il un autre plan fourbe, même diabolique, qu’il me réservait à temps voulu? Je l’ignorais, mais je restais sur mes gardes, je n’avais aucune confiance en cet homme, bien qu’il fut mon oncle. Cependant, j’étais trop heureuse de ma victoire pour lui répondre avec mépris, alors je décidais de rester courtoise en le remerciant de mon plus beau sourire. Il eut rictus et hocha légèrement de la tête, tandis que son seigneur prit enfin la parole : «Je n’aurais pas dit mieux, Duc.» Se tournant vers moi, il prit le temps de me contempler longuement, se disant que mes vêtements masculins m’allaient drôlement bien et cela ne me faisaient en aucun cas perdre de ma féminité. Terminant sa contemplation, il riva son regard bleu dans le mien et il complimenta à son tour : «Madame, votre victoire est incroyable et je vous en suis reconnaissant. Je dois admettre que le navire que j’ai choisi ne vous a pas facilité la tâche, tout comme votre équipage, mais cela me prouve à que vous êtes un capitaine de talent. Vous avez gagné mon respect, je vous en félicite.». À ses dires, mon sang fit un tour et des sentiments contradictoires me submergèrent. Alors, c’était lui, et non mon oncle, qui m’avait imposé la Gargouille et cette bande d’incapables comme équipage? Puis, je compris. C’était un autre test, beaucoup plus exigent que le jeu d’échec. Je jetais un coup d’œil surpris à mon oncle qui haussa les épaules en souriant innocemment. Il n’avait fait que suivre les ordres de son souverain, même si j’étais certaine qu’ils étaient de mèche tous les deux dans cette décision.  Un silence s’installa, et visiblement, le Seigneur semblait attendre que je réponde à son compliment ou du moins, que je dise quelque chose d’intelligent. Reprenant sur moi, je répondis d’un regard appuyé:

-Merci, monseigneur. Sachez que je recommençais si nécessaire pour prouver je suis digne de servir votre royaume, avec loyauté et efficacité.
-Je n’en doute pas, Capitaine. Répliqua Dagathor l’œil malicieux et complice. C’était la première fois qu’il m’appelait par ce titre, et je dois l’avouer, cela me fit comme un baume au cœur.  Pour vous remercier de votre réussite et de  votre bon service, j’ai pour vous des présents. Disant cela, il prit une lettre devant lui et me la tendit.Votre lettre de marque en tant que corsaire officielle, vous l’avez amplement mérité. Émue, je la pris précieusement entre mes mains et la lut, ma gorge se serra par l’émotion, mon rêve devenait réalité. «Merci, monseigneur…»Soufflais-je éperdu de reconnaissance. Devant mon émouvant regard turquoise  son sourire s’affaissa légèrement. pendant un bref instant, il fut chamboulé par ma beauté. Dieu quelle était belle!  Elle était si différente des femmes de la cour, à la fois simple et complexe, vrai et mystérieuse, douce et guerrière. Elle était à l’image d’une tempête, imprévisible et indomptable, c’était une tentation par trop dangereuse, mais oh combien attirante.  Dès qu’il avait porté son regard sur elle, la jeune femme avait su  capter son intérêt et l’entretenir, comme un feu qui ne s’éteint point.  Sa victoire n’avait fait qu’aviver son désir. Il eut soudain envie de connaitre ce fruit si sensuelle, incomparable à ses maîtresses précédentes. Pendant que le seigneur réfléchissait à  la meilleure façon pour me conquérir, j’avais relu plusieurs fois ma lettre de marque. Je n’en revenais pas, j’étais corsaire, une vraie de vrai! C’était merveilleux! C’est alors qu’un raclement familier me fit revenir à la réalité, je levais aussitôt les yeux vers mon oncle, qui dévisageait  Dagathor d’un air désapprobateur. Le sourire quasiment pervers du seigneur en disait long sur ce qu'il pensait à cet instant. D’une voix un peu sèche, le Duc le rappela à l’ordre :

-Monseigneur, nous n’avons malheureusement pas beaucoup de temps. Revenant à la réalité, Dagathor lui jeta un coup d’œil agacé, même irrité, mais le Duc avait raison, ses obligations lui permettaient que des courtes rencontres, mais il se promit d’en accorder davantage à la beauté devant lui. D’un soupir, il réussit à calmer momentanément le désir qui l’étreignait et flegmatique, il approuva : « Il est vrai, Duc.». Son regard d’azur croisait le mien et d’un sourire séducteur, il continua : «Capitaine, je suis heureux que cette lettre de marque  fait votre bonheur, mais ce n’est pas tout. Monsieur Damien, approchez. ». Monsieur Damien était l’inconnu grassouillet qui avait gardé le silence depuis le début de la rencontre. D’un sourire timide, il s’approcha et fit signe à plusieurs valets d’amener deux coffres d’une grosseur considérable. Intrigué, j’interrogeais Dagathor du regard qui expliqua avec sérieux : «Monsieur Damien est mon Trésorier personnel, mais bien avant qu’il soit à mon service, il fut notaire pour plusieurs nobles et militaires, dont votre père, Valrick Lerouge.». À cette information, je dévisageais d’un air étonné l’ancien notaire qui me sourit doucement. Je commençais à comprendre où tout ça allait mener et je baissais mes yeux fébrilement vers les deux coffres, qui contenaient sûrement une vraie fortune. Détournant son attention vers le trésorier, monseigneur eut un léger mouvement de tête,  signe que monsieur Damien comprit. D’un regard aimable, celui-ci continua : «Certes, madame Valdriana, je fus le notaire de votre défunt père. Or, avant qu’il ne retourne en Norpalie, il a cru bon de rédiger un testament pour vous offrir sa fortune, à vous et à votre mère. Bien entendu, vu que celle-ci aussi est décédée, l’héritage vous revient entièrement et il reste à votre entière discrétion.».   Le cœur serré, je fixais en silence le coffre de mon père.Toutes ses années, il avait mis le moindre Du’nor de côté pour ma mère et pour moi. Je soupçonnais qu’il nous avait aussi envoyé une grand partie de sa paye, car nous n’avions jamais manqué de rien.


Dire que je l’avais haïs pendant des années, mais maintenant, je compris à quel point il nous aimait et qu’il avait été prêt à tout sacrifier pour notre bonheur, même sa présence. Je faillis éclater en sanglot, mais je me retiens, et détachant mon regard de tout ce  qui me restait de mon père, je demandais d’une voix chevrotante : « Et l’autre coffre? Qu’est-ce que c’est?».  À mon interrogation, Dagathor répondit en se levant : « Votre premier butin en tant que corsaire, Capitaine Sirèna.». À ce surnom, je le dévisageais avec étonnement, il eut un sourire mutin et s’approchant de moi, il expliqua : « Les nouvelles se propages vites, et  bientôt vous serez connus de tous à Varak.». D’un même sourire, je répliquais narquoise : «Surtout des pirates, monseigneur.». À cette légère plaisanterie, il éclata de rire et reprenant son souffle, il prit main et la baisa doucement en affirmant: «Certainement, madame, et ils vous craindront. Surtout si vous utilisez votre petite fortune à bon escient, en commençant par un navire de qualité et un équipage qualifié.». J’haussais les sourcils et je narguais d’un ton frôlant l’arrogance : « En soi, tout le contraire avec quoi j’ai combattu, n’est-ce pas?». Il eut un rictus et prenant un air faussement contrit, il répliqua du tac au tac : « Tout à fait, mais au moins cette «épave» vous a servi à être plus créative, n’est-ce pas?».  C’était vrai, je lui rendis son sourire et j’acquiesçais doucement de la tête en soufflant un «Tout à fait, monseigneur.». Nous échangions un regard complice, quelque chose entre nous deux venait de naître, peut-être un début d’amitié, mais rien n’était certain. Finalement, la rencontre se termina, mon oncle me remis une liste de pirates à poursuivre, sans délais cette fois, et je signais mon premier contrat officielle en tant que corsaire. Une fois fait, Dagathor m’invita à diner, mais la «momie» lui rappela son emploi du temps, qui était très surchargé. Ce fut avec déception qu’il dû annuler ce rendez-vous galant, mais je lui promis qu’à temps et lieu, je serais enchantée de diner avec lui, puis  nous nous séparions avec le sourire.

Suivis de valets qui transportèrent mes coffres, je sortis par la même porte d'où j’étais entrée. Trop emballée par ma nouvelle fortune, j’avais complètement oublié d’Auragne qui attendait depuis près d’une heure sur son banc, entouré de gardes. M’entendant arriver, il leva les yeux vers moi et  les posa sur l’un des coffres, je le vis crisper sa mâchoire et devenir rouge de colère. C’était une part de ses butins que j’apportais avec moi. M’arrêtant, je croisais les bras et je piquais : «Vois-tu, ça rapporte de piller le pirate qui pille, surtout quand c’est fait légalement. Je gagne la fortune, et toi, la corde.». Il me lançait un regard sombre, tandis que je m’apprêtais à sortir de la pièce, il répliqua rudement : « Je tenterais de m’en souvenir, Sirèna.». Surprise, je m’arrêtais net et lui jetant un coup d’œil derrière mon épaule, je demandais sèchement : « Comment sais-tu mon nom?». Il eut un rictus et il me répondit vaguement : « Les murs ont des oreilles, trésor, surtout à la cour.». Je fronçais les sourcils et au moment où je voulus en savoir plus, la «momie» arriva et commanda d’amener le prisonnier à Dagathor. Celui-ci se leva promptement et sans hésité, il suivit le valet en s’exclamant : «On va se revoir, trésor, je te le promets!».  Son ton convaincu me rendit perplexe, mais je décidais de ne pas y penser, il n'en valait pas la peine. C’est ainsi que fortune en main, accompagnée par deux gardes costauds et protecteurs, je retrouvais Nassim et mes compagnons de longues dates. J’étais maintenant corsaire, et bien que j’étais encore sous la couronne varakiroise, je me sentais indépendante et libre de quiconque. À présent, j’étais maître de ma vie, et je comptais bien le rester.



Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Le bal (terminée)

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