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 La mer est pleine de surprises...

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Caleb Daenelynn
Flynn, le Voltigeur
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MessageSujet: La mer est pleine de surprises...   Jeu 21 Jan 2016 - 9:47

Environ six mois c’étaient écoulés depuis mon évasion du Quartier-Général des Redresseurs avec l’aide de Nora et, depuis tout ce temps, j’avais le froid de Lisière du royaume de Bélin pour un univers que j’appréciais et que je connaissais beaucoup mieux : la mer des Larmes. Echapper aux différentes battues organisées par mes anciens geôliers n’avait pas été une mince affaire, sans parler du climat qui n’avait rien de réjouissant alors. Il était difficile de trouver un abri chaud et sec pour la nuit lorsque la plupart des villages possédaient des dizaines d’affiches avec votre nom et un portrait plutôt ressemblant de vous, aussi, la plupart de mes nuits, je finissais emmitouflé quelque part, un minimum à l’abri, en espérant de pouvoir me réveiller le lendemain. Faire un feu était un luxe que je ne me permettais que rarement, lorsqu’il était impossible de pouvoir le détecter et donc, de me repérer. Je n’avais aucune envie de moisir à nouveau dans les donjons de qui que ce soit, conscient que je n’aurais probablement pas la même chance d’avoir – presque littéralement – un ange gardien pour me sortir de cette situation. Qui plus est, je n’avais aucune idée d’où pouvait se trouver Nora. Peut-être avait-elle mis le cap sur ce village dont elle m’avait parlé, peut-être y était-elle déjà arrivée, je ne savais rien et, pour être honnête, je doutais d’avoir de ses nouvelles un jour. Me rendre à Quiétude était impossible pour le moment, et si certaines personnes devaient finir par apprendre que ce village abritait un criminel, je n’osais même pas imaginer ce qu’ils pourraient faire à leurs habitants, qui ne cherchaient que la tranquillité. Et il était hors de question d’être responsable de cela, même si j’aurais été ravi de la revoir, au moins une fois, ne serait-ce que pour savoir si elle était désormais heureuse.

Fuir le Quartier-Général des Redresseurs ne m’avait pas laissé beaucoup de choix. Je m’étais dirigé vers l’Ouest, en direction de la mer des Larmes, avec la ferme intention de prendre les voiles. Il était temps que je quitte ce Royaume, au moins pour quelques temps. Bien entendu, les messagers voyageaient plus vite que moi, et je n’eus pas vraiment la chance de pouvoir me reposer réellement. Ce ne fut que lorsque j’eus atteint le port de Bélin que les choses se simplifièrent légèrement. Le flot de passants, marins comme marchands, me permettait de pouvoir passer un peu plus inaperçu et de me mêler dans la foule sans avoir à chercher systématiquement le moindre coin sombre pour me cacher des différentes garnisons, sans compter que le Gantelet devait également être à ma recherche, d’une manière ou d’une autre. Profitant d’un léger refuge dans une auberge infâme réputée pour être un abri de pirates, je me reposais enfin un peu – bien que la qualité de la literie laissait vraiment à désirer – avant de chercher ce que j’étais venu trouver au port : un nouvel équipage. Il était temps de reprendre la mer, d’une façon ou d’une autre. Cela n’allait pas être forcément évident, compte-tenu que, généralement, les pirates évitaient les têtes un peu trop « connues » pour s’éviter des ennuis lors de leurs escales, mais je ne me formaliserais pas de devoir rester à bord, qui plus est, j’avais conscience de pouvoir facilement passer inaperçu ou, au moins, de me dissimuler suffisamment facilement, surtout lorsque la nuit recouvrait le monde de son manteau d’ombre. Mais peu importait réellement, j’avais besoin de reprendre la mer, de sentir à nouveau cette sensation de liberté, ce risque à l’abordage, ce frisson inégalable, ce sentiment d’être vivant… finalement tout ce qui caractérisait mon existence-même.

Après quelques jours à fouiller les environs, j’avais finalement réussi à tomber sur des hommes de Jason d’Auragne, capitaine du Diable Noir. Ces derniers semblaient chercher un peu de chair fraiche pour leur bord et c’est naturellement que je me suis présenté à eux. Ils me jaugèrent pendant quelques minutes, mais, apparemment, ma réputation me précédait déjà de toute façon. Ils m’emmenèrent à bord et me présentèrent au capitaine. C’était un homme mûr, dont l’expérience n’était surement plus à faire. Il me posa quelques questions, nous échangeâmes longuement, évoquâmes la prime sur ma tête et, après quelques instants de réflexion, il m’invita à son bord. Pas de prime d’expérience, mais une place sur son navire, comme tous les autres, c’était déjà bien assez. Je pris ma place dans les quartiers de l’équipage, avec mes maigres affaires et quelques heures plus tard, nous profitions de la marée pour nous éloigner des terres. Nous avons fait route vers Varak et, depuis quelques temps, nous écumions les eaux aux alentours. Apparemment, le Capitaine semblait attendre quelque chose, même si, bien entendu, il ne manquait pas de s’attaquer à quelques proies bien rebondies malgré tout. Cela faisait plusieurs jours que nous étions en mer et, je devais l’admettre, j’étais, pour ainsi dire, heureux. Les embruns, ce goût de sel sur les lèvres, le vent qui fouette mon visage… Il n’est pas un jour sans que j’ai une petite pensée pour Nora, mais ma vie est ici, sur la mer, et je ne m’imagine pas ailleurs.
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Sam 23 Jan 2016 - 22:25

Mon navire était caché à l'ombre d'une crique, mes marins s’affairaient à le transformer temporairement en navire-marchand. De ma longue vue, je fixais l'horizon et j'attendais. Je savais qu'il rôdait dans le coin, Nassim avait entendu dire que D'Auvergne c'était vanter de vouloir me piéger. Pour qui se prenait-il, ce vieux sénile?  J'étais la meilleure corsaire et chasseuse de prime des environs, c'était moi la prédatrice.  J'observais longuement, puis mon sourire s'élargit, Le Diable noir apparut à l'horizon, fier comme un coq en rut. La dernière fois que je l'avais rencontré c'était après l'attaque des Hydres, durant mon excursion  vers Paria, où j'avais empocher une belle prime.

Tant de choses c'était passé depuis...La guerre des Orcs m'avaient fortement occupé,ainsi que mon retour en Norpalie, Eleonor avait insisté pour que je tienne ma promesse, elle voulait amener ses nouveaux nés en sécurité dans ce village nommé Quiétude. J'espérais de tout mon cœur que l'Aasimar c'était rendu à destination avec Kalaad et Kallypso. J'avais eu l'honneur de les baptiser, pensant que leur mère n'allait pas survivre à l'accouchement, mais heureusement, ce ne fut pas le cas. Sur cette pensée, je souris  nostalgiquement, pensant que cette belle petite famille allait me manquer, mais vivant au présent, j'oubliais la guérisseuse et sa magnifique progéniture pour me concentrer vers ma proie.  C'est alors que je sentis une présence imposante à mes côtés, Nassim, le grand maure aux yeux d'azur, mon Quartier-Maître et depuis quelque mois, mon amant.


-Je viens de recevoir une nouvelle des plus croustillantes. Dit-il l’œil narquois.
-Ah oui? Laquelle? Demandais-je en fronçant les sourcils tout en reportant mon attention vers mon ennemi. Jetant un coup d’œil pour s'assurer que personne ne nous regardait, il se penchait vers ma joue, embrassa furtivement mon lobe d'oreille et murmura:
- Flynn Le Voltigueur se trouve sur ce navire.
-Quoi? M'exclamais-je agréablement surprise en me retournant vers lui. Es-tu certain de cette information?
-Absolument certain, Capitaine. Murmura-t-il amoureusement, son sourit s'élargit devant mes yeux brillants d'excitation. Enfin, saleté pirate! Uria me l'avait amener sur un plateau, il me restait plus qu'à me servir. Reprenant un air sérieux, je me concentrais pour élaborer un plan, Le Voltigeur ne devait pas  mourir durant notre attaque. Réfléchissant rapidement, j'ordonnais:

- Que les plongeurs plongent rendu à cinq nœuds. L'un d'eux devra kidnapper le pirate et l'enfermer à fond de cale. Je le veux sain et sauf, compris?
-Aye, Capitaine,mais je me propose pour cette mission, car je sais exactement à quoi il ressemble.
Je réfléchis pendant un instant à son offre, puis je répondis:
-Très bien, mais fait attention à toi et soit discret.
-À vos ordres, Capitaine.

Sur ce, il me fit un clin d’œil et tourna les talons pour ordonner mes directives. Peu temps après, j'ordonnais de lever l'ancre et de nous diriger vers le navire qui m'attendait. Mes hommes avaient reçu l'ordre de naviguer gauchement, question de confondre mon adversaire. Celui-ci nous avait repérer, son immobilité démontrait une hésitation. Avait-il reconnu La Sirène? C'est alors qu'on entendit trois coups de canon provenant du Diable noir. C'était un avertissement qui voulait à peu près dire: On vous laisse la vie sauve, marchands, si vous restez tranquille. J'eus un sourire moqueur, contente de ma ruse,car effectivement, il ne m'avait  pas reconnu. Vivement, je fis signe à mes plongeurs, qui plongèrent avec grâce et discrétion à bâbord, loin des regards de l'adversaire. Pendant qu'ils nagèrent en apnée vers Le Diable Noir, je plissais les yeux pour cerner les membres de l'équipage adverse. Où était le fugitif?
***

Le Diable noir avait abordé le navire marchand, qui promettait être un riche butin. Vêtus de manteaux déchirés,mes marins s'étaient laisser aborder, attendant mon ordre pour attaquer. Pendant que ces hommes tiraient le cordage pour attirer ma Goélette contre son navire,Auragne entendit un râle sourd et sinistre en arrière de lui. Vivement, il se retourna et il vit une dizaine d'hommes se faire trancher la gorge sous ses yeux. Les plongeurs avaient attaqué par l'arrière, personne ne les avait entendu arrivé. Écarlate, Jason comprit l'entourloupe et il se tourna brusquement en rugissant:

-SIRÈNA!!
-Branle-bas! ATTAQUEZ!
M'écriais-je en enlevant ma capuche miteuse et en sortant mes armes.D'un cri puissant, les Élites des mers  attaquèrent l'ennemi désorienté. Je restais sur le pont, supervisant le combat, tandis que j'essayais d’apercevoir Nassim. Je le vis escalader avec souplesse le grand mât pour rejoindre un marin qui se trouvait au sommet. Celui-ci n'eut pas le temps de prendre par à la bataille,car Nassim l'assomma par derrière, le prit sur son épaule et se laissa glisser jusqu'au pont de La Sirène à l'aide d'un cordage. Croisant mon regard, il dit simplement:
 
-C'est lui. Levant un sourcil, je m'approchais de la masse inerte et pendante sur le dos de Nassim. Sans ménagement, je saisis une poignée de cheveux et je pris un instant pour dévisager le visage de l'Éladrin. C'était bien le beau et séduisant pirate qu'Eleonor m'avait si amoureusement décrite, le même se trouvant sur les affiches. D'un sourire satisfait, je fis signe à mon Quartier-Maître de l'amener à fond de cale puis tournant mon regard turquoise, je décidais de mettre fin au combat. Promptement, je saisis le cordage de Nassim et je me balançais sur le pont ennemi. Faisant une roulade, je tuais deux hommes au passage grâce à mes coutelas, et sortant mon épée, je me retrouvais face à Jason D'Auragne.

-Je ne te croyais pas aussi fourbe, ma magnifique sirène.
Répliquait-il avec hargne.
-Fourbe ? Non,vieux loup de mer, je suis rusée, très rusée, bien plus que toi. Répondis-je d'un air narquois et moqueur. Il devint cramoisie et il sortit son épée, l’œil brillant de rage.
-Tu n'accepterais jamais d'être à moi?
-Jamais.
-Alors, finissons-en!
-J'attends que ça!


Ce combat fut court, mais intense.  D'Auragne était agressif,  mais je percevais dans son œil noir une lueur de désespoir. Nous savions tous deux que ce jeu de provocation touchait à sa fin. Nos lames s’entrechoquèrent, ses attaques étaient puissantes, mais je savais bien les déjouer grâce à une technique parfaite et souple. C'est alors que j'optais pour le laisser s'approcher en me tassant d'un pas, sa lame glissa le long de la mienne, son visage fut à quelques centimètres du mien. Sans crier garde, je saisis son col et profitant d'un moment de déséquilibre, je le projetais de toutes mes forces au sol. Nos regards se croisèrent, il aurait pu reprendre son épée et se défendre, mais il n'en fit rien. Mon vieil ennemi sourit tristement en saisissant ma garde, il m'attira contre lui, l'épée lui transperça le ventre. Trop surprise par ce suicide embarrassant et stupide, je n'eus pas le temps de réagir quand  il m'agrippa la nuque pour m'embrasser. Je reçus son dernier souffle entre mes lèvres. Lentement, je me dégageais, ses yeux vitreux me fixèrent avec moquerie. Il s'était joué de moi jusqu'au bout. Bien plus tard, une fois que le Diable Noir fut coulé et son équipage pendu, Nassim m'amena Flynn Le Voltigeur.  J'étais  à mon secrétaire quand ils entrèrent. Posant ma plume, je levais mon regard turquoise vers le célèbre fugitif.

hrp:
 


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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Lun 25 Jan 2016 - 9:42


[HRP : Aurais-tu vu récemment Master & Commander ? Ou alors tu l’as beaucoup aimé, comme moi =P]

La journée était déjà bien entamé lorsque j’avais repris mon quart à bord du Diable Noir. Sans rechigner, j’avais effectué mon service de nuit et étais parti me coucher à l’aube, alors que d’autres prenaient la suite. Apparemment, le Capitaine n’avait toujours de cesse de recherchait ce pourquoi il écumait la mer, mais il semblait savoir où aller. Malgré tout, cela m’importait peu. J’étais à bord d’un navire, je profitais de la vie dont je n’aurais jamais dû me séparer et, un peu comme un homme à qui l’on enlève une part de lui-même, je retrouvais enfin cette dernière. J’étais à nouveau entier et même les tâches les plus ingrates ne pouvaient entamer ce sentiment de plénitude. Depuis mon hamac en cale, la matinée avait été tranquille et j’avais même pu dormir relativement bien, reposant suffisamment mon corps et mon esprit pour la suite de la journée. Après une portion assez généreuse – il fallait l’admettre – de bouillie pour le petit-déjeuner et une bonne rasade d’eau, j’eus le droit de monter sur le grand mât pour relever la vigie et tenir compagnie à quelques pistoleros des hauteurs. On ne pouvait pas dire que scruter l’horizon était réellement passionnant, mais il fallait bien quelqu’un pour le faire et, de mon point de vue, c’était probablement la meilleure position, même s’il valait mieux avoir l’estomac accroché car le tangage était accentué au plus haut du navire. Lançant une boutade à mon prédécesseur à mon arrivée, celui-ci, Jim, me rendit la pareille et me donna son compte-rendu de la matinée, m’indiquant quelques directions où il avait pu apercevoir quelque chose, des directions qui, selon notre cap, seraient importantes pour s’assurer qu’on ne nous tomberait pas dessus par hasard. Il s’agissait le plus souvent de rien de bien important, mais la prudence était toujours de mise, la vie de beaucoup d’hommes était en jeu.

Une petite heure après mon début de service, je vis quelque chose sortir d’une crique. Une embuscade ? La distance était trop grande et, à l ‘abri des rochers, le navire aurait pu attendre le passage du Diable Noir et le prendre à revers, profitant ainsi du vent et se rapprocher. A moins que ce dernier ne soit pas aussi rapide ? Sans attendre de vérifier ma théorie, je transmis au pont la présence d’un navire sur tribord. Le capitaine et sa longue-vue se chargeraient de décider du reste de la manœuvre à suivre. Etonnamment, il resta de longue minute à fixer le nouvel arrivant sur les eaux avant de se décider. Il fit mettre cap vers ce qui semblait être un navire marchand. Une proie facile ? Après tout, les bougres avaient peut-être profité d’un mouillage tranquille et n’avaient pas fait suffisamment attention avant de sortir de la rade naturelle, mais c’était tout de même étrange… Une fois à portée, le Capitaine fit tirer ses canons de proue pour lancer une première sommation, généralement signe d’une obligation à affaler les voiles et de se tenir tranquille le temps de l’arrivée de l’autre navire. Ces derniers obtempérèrent rapidement et le Diable Noir eut vite fait de rejoindre cet autre navire. D’en haut, il ressemblait effectivement à un navire lambda, dédié au transport de marchandise, mais il me semblait de trop bonne qualité pour cela. Il y avait définitivement quelque chose qui clochait. Qui plus était, la façon dont se tenait l’équipage ennemi était beaucoup trop calme. Généralement, lors d’un abordage, mêmes les plus aguerris des marins restaient tendus, un peu gauche à cause du stress, car ils ne savaient pas s’ils allaient vivre ou non. Mais là… C’était comme s’ils attendaient quelque chose. Un signe, une parole. Et si c’était… Un piège.

Je n’eus pas le temps, ou le besoin, c’est selon, de pouvoir prévenir les miens. Quelques mètres plus bas, plusieurs de mes compagnons s’écroulèrent dans un cri rauque, gargouillant de sang. Visiblement nous étions déjà abordés. Alors que le combat commençait enfin sur le pont, j’allais me jeter dans la bataille à mon tour quand du mouvement attira mon attention derrière moi. Malheureusement, la seule chose que je pus voir, ce fut une petite masse qui me frappa l’arrière de la nuque, me plongeant dans l’inconscience. Je me réveillais ensuite, la tête migraineuse. Jetant un regard autour de moi, je me rendis rapidement compte que j’étais enchaîné, pieds et poings accrochés à des chaines, me rappelant un souvenir assez cuisant. Je devais être à fond de cale, au plus profond des entrailles du navire que nous venions d’aborder, dans une cellule moisie et, visiblement, déjà occupée par quelques rongeurs. Me frottant l’arrière de la tête, je me rendis compte que je n’avais plus mes lames, bien entendu, mais, ce qui m’étonnait, c’était d’avoir été fait prisonnier. Ce n’était pas vraiment la coutume, en mer. Alors que j’essayais de me reposer pour chasser mon mal de tête, un cliquetis sembla provenir de la porte avant que celle-ci ne s’ouvre sur un homme relativement massif. Il me noua les poignets avant de me défaire de mes fers et m’amena sans ménagement avec lui. « Ce ne sont pas les bonnes manières qui t’étouffent, hein ? » Je n’eus pour réponse qu’une violente pousse dans le dos, m’enjoignant à continuer d’avancer. Nous montâmes sur le pont avant de passer une nouvelle porte, probablement menant vers la cabine du capitaine. Il m’arrêta devant une dernière porte, frappa doucement à celle-ci et m’ordonna de me tenir à carreau. Il ouvrit ensuite la porte et me poussa à l’intérieur. Devant moi, dans cette pièce spacieuse, se trouvait un bureau derrière lequel se trouvait une femme aux longs cheveux roux qui releva son regard turquoise vers moi. Poussé en avant par la brute qui devait lui servir de second, je fis quelques pas en avant. « J’ai le droit aux présentations où je vais devoir vous appeler la Belle et la Bête pendant un petit moment ? »
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Jeu 4 Fév 2016 - 16:12



hrp:
 


« J’ai le droit aux présentations où je vais devoir vous appeler la Belle et la Bête pendant un petit moment ? »

Le silence fut ma réponse à son arrogance. Fronçant les sourcils, je m'accotais confortablement sur ma chaise et pris le temps de le dévisager. Habituellement, les pirates étaient maigres ou bedonnants, mais lui, il était différent. Il avait bel allure,sa musculature était athlétique et visiblement, il devait s'entraîner.Or, sa chevelure noire, aux reflets anthracites, et sa peau grise, héritage laissé à sa fille, faisait ressortir ses yeux gris. Je m'attardais à la profondeur de son regard, qui me rappelait tant celui d'Adrien, le premier homme que j'avais aimé, mais le premier qui m'avait aussi brisé le cœur. Je fis une moue amère, cela n'allait pas joué en sa faveur, mais étant le père des enfants dont j'étais la marraine, j'allais devoir me montrer...moins dure que d'habitude. Diantre! Pourquoi Nora avait-elle choisi ce voyou ? L'amour rendait stupide et ce n'était pas peu dire. Je maudissais intérieurement la passion qu'elle avait pu ressentir pour ce pirate, tout en détournant mon attention vers Nassim en ordonnant:

-Bosco, plaque-le sur la table.

Une petite leçon de civilité était de mise. Je ne tolérais en aucun cas une telle arrogance sur mon navire, encore moins d'un prisonnier. Mon second exécuta expressément mon ordre, Flynn se retrouva la face écrasée contre mon secrétaire. Avant qu'il n'est pu se débattre, je me laissais choir à mon tour, le visage à quelques centimètre du sien, mon coutelas menaçant sa bouche sensuelle et narquoise. D'un sourire tout aussi narquois, je dis en soutenant son regard surpris et inquiet:

- La belle et la bête, hein? Sache que je suis les deux à la fois, selon mon humeur, et aujourd'hui, je suis de très mauvaise humeur, alors tâche de ne pas me provoquer, sinon je te coupe la langue. Les autorités de Varak  veuillent que je te ramène vivant, mais pas nécessairement en un seul morceau.  Disant cela, je pris plaisir à égratigner légèrement le coin de sa bouche, preuve que je ne plaisantais pas. Continuant à le titiller avec mon coutelas, je me présentais courtoisement: Mais si tu tiens à savoir qui je suis  et bien, je me nomme Sirèna, Capitaine de ce navire, et Corsaire indépendante.  Heureuse de faire ta connaissance, Flynn. Disant cela, je rangeais expressément mon arme et je retournais sur ma chaise en espérant qu'il avait compris mon message et qu'il allait tenir sa langue en bride. Croisant mes jambes dans une position confortable, et un brin sensuelle, je penchais légèrement ma tête sur le côté en avouant: Ça fait longtemps que je suis à ta recherche, ta tête vaut une belle prime. Me servant un verre d'hydromel, je continuais  d'un ton sérieux: Il semblerait que tu es accusé de meurtre. J'eus un rictus en lançant cette pique: Quel pirate ne l'est pas?

Au même moment, quelqu'un cogna à la porte. Benjamin entra d'un air timide pour m'informer que le Grand port de Varakir était en vue. J'acquiesçais en ordonnant à Nassim d'aller rejoindre l'équipage pour diriger notre arrivée. Mon second et le mousse sortirent, me laissant seule avec le Voltigeur. J'en profitais pour approfondir l'intrigue qui planait autour du pirate. Croisant son regard gris, j'affirmais sans détour:

- Si ce n'avait pas été de ta réputation, je t'aurais fait exécuté comme le reste de l'équipage du Diable noir. Cependant, des rumeurs contradictoires circulent à ton sujet, qui piquent ma curiosité. Sans attendre, je mis deux lettres entre nous, l'une provenant de Varak et l'autre d'Hydrasil. Pointant la première, j'expliquais: celle-ci m'empresse de te ramener aux autorités pour que tu te fasse condamner en bonne et due forme. L'autre vient de Silvia Everjoris qui jure de ton innocence et elle tient que je retrouve l'homme qui t'a piégé. Dans les deux cas, je vais recevoir une prime considérable. À présent, qui dois-je croire?

 
Déposant ma joue contre mes jointures, je réfléchis en baissant les yeux vers les lettres qui allaient sceller le destin du pirate. Pour moi, ce qui était réellement important était ni sa vie, ni même la prime. Ce que je voulais par dessus-tout c'était de retrouver Sharim Faranir et accomplir ma vengeance. Dix ans que j'attendais ce moment, je ne pouvais le laisser passer.Toutefois, je ne savais pas si le témoignage de l'Éladrin serait véridique,et  je n'étais pas aussi naïve que la Dignitaire. Il pouvait être un habile manipulateur, tout comme je l'étais. Avait-il réellement travailler sous les ordres de Faranir? L'histoire de la trahison était plausible, Sharim avait trahit une fois, il pouvait le refaire. Après un moment de silence, je relevais mes yeux turquoises vers le pirate et d'un sourire polie, je proposais:

-Bien, faisons un pari. Si tu réussis à me convaincre de ton innocence, je te prends à mon bord, à condition que tu abandonne ton allégeance à la piraterie et que tu devienne un corsaire, je pourrais t'obtenir une lettre de marque en temps et lieux. Par contre, si ton témoignage laisse planer un quelconque doute à ton propos, je n'aurais aucun scrupule à te livrer aux autorités. Qu'en dis-tu? Après tout, tu n'as pas le choix, ta vie est entre mes mains, alors tu ferais mieux d'être convainquant, très convainquant. Parle, je t'écoute.



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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Mer 10 Fév 2016 - 5:30

A vrai dire, je me fichais un peu de savoir quel était son nom. J’avais simplement besoin de passer ma mauvaise humeur sur quelqu’un, même si cela devait m’attirer des ennuis. A peine avais-je retrouvé un semblant de liberté, que je me retrouvais à nouveau pieds et poings liés. Le pire, dans tout cela, était que j’aurais probablement du finir embroché par un sabre et jeté comme nourriture pour les poissons, pas finir au fond d’une cellule. Il n’était pas rare de prendre des prisonniers en mer, mais les pirates n’avaient pas le droit à cette clémence d’ordinaire et, pour ainsi dire, être le seul, parmi mon équipage, à avoir survécu ne me faisait pas spécialement plaisir. Dans tout les cas, même enchainé, il ne fallait pas qu’elle s’attende à ce que je plie l’échine sans grincer des dents et lui en faire voir de toutes les couleurs. Elle n’avait pas répondu à ma pique, enfin, pas encore, mais je savais qu’elle ne l’avait pas appréciée. De toute façon, après ce que j’avais subi au Quartier-Général des Redresseurs, je doutais sincèrement pouvoir voir quelque chose de pire, même si certains capitaines avaient, par le passé, montré un certain penchant sadique sur les supplices imaginables. Lorsqu’elle ordonna au dénommé Bosco de me plaquer sur la table, j’eus un léger sourire, conscient que j’avais probablement touché une corde sensible. Alors que la brute s’approchait de moi, je ne pus m’empêcher de le narguer. « Voici venir la finesse. » Pour être honnête, j’aurais probablement pu tenter quelque chose, mais je n’avais pas encore assez réfléchi à la situation et, surtout, je n’avais aucune idée d’où le bateau se trouvait actuellement. Me défaire de mes geôliers dans cette situation n’aurait pas été difficile, mais si c’était pour sauter en plein milieu de la mer des Larmes, il n’y avait aucun intérêt.

La brute ne manqua pas d’obéir à son capitaine, m’attrapant sans ménagement pour me plaquer la tête contre un petit bureau dont le bois n’était pas désagréable au contact. La jeune femme s’approcha, posa sa tête non loin de la mienne, croisant une nouvelle fois mon regard, avant d’approcher son coutelas de mon visage. L’heure des menaces… Je la regardais sans crainte, alors qu’elle déblatérait sa diatribe, se targuant d’être belle, bête et de mauvaise humeur. Tiens donc. Néanmoins, j’eus l’information que je désirais le plus : la raison pour laquelle j’étais encore en vie. La question était de savoir comment ils avaient su pour ma présence à bord du Diable Noir et, surtout, pourquoi avoir fait autant d’efforts pour me capturer vivant, puisque je savais que Varak, depuis bien longtemps, se contenterait facilement de mon cadavre, d’autant plus qu’il était beaucoup plus facile de juger coupable un mort. « Si tu veux ma langue, tu peux la demander plus gent… » Je n’eus pas le temps de finir ma phrase que déjà la brute dans mon dos tenta de me faire regretter mes paroles. Aurais-je touché une corde sensible ? Mais au-delà de la force, c’était surtout le passage de la lame sur ma peau qui m’avait arrêté. Non pas parce que je craignais qu’elle mette ses menaces à exécution, mais simplement parce que la douleur m’avait forcé à un rictus qui ne me permettait pas de continuer à parler en même temps. Jetant un regard noir à ma geôlière, signe évident qu’il lui faudrait plus que cela pour me mater, je pus enfin apprendre son nom et être néanmoins surpris d’apprendre que j’étais sur un navire corsaire. Indifférent au léger filet de sang qui glissait de ma peau sur le secrétaire, je me contentais d’une pique bien senti. « Tout le plaisir est pour vous, j’en ai peur. »

Après un dernier coup de la part de Bosco, qui voulait apparemment tout faire pour que je n’insulte pas son Capitaine – à un point que s’en était très troublant – il me redressa avec force. Déséquilibré, je tombais à moitié sur lui. « Désolé mon beau, mais tu n’es définitivement pas mon genre. » Pour toute réponse, il me repoussa et me flanqua un coup de poing dans le ventre, me coupant la respiration quelques instants. Toutefois le regard sur son visage en avait valu la peine. Me redressant difficilement en reprenant mon souffle, je reposais les yeux sur la femme qui pensait avoir mon sort entre ses mains. Ainsi donc elle courrait après ma prime ? Ce n’était pas étonnant, mais malgré la somme offerte par Varak, j’avais rencontré peu de personnes qui s’étaient activement mises à ma recherche. Un coup de chance peut-être ? j’allais rétorquer quelque chose lorsque quelqu’un frappa et entra dans la pièce, informant que le port de Varak était en vue. Déjà ? Combien de temps avais-je passé inconscient dans cette cellule ? Peut-être aurais-je du sauter par une fenêtre de la cabine… La brute fut envoyée à l’extérieur, avec le mousse, me laissant seule avec la Capitaine. Vraiment ? Cette dernière reprit la discussion, expliquant que sa curiosité était la seule raison pour laquelle j’étais encore en vie. Je ne répondis pas à sa question, conscient qu’il n’y avait aucune bonne réponse et, pour être honnête, je n’avais pas envie de mendier mon existence auprès de cette femme. Elle pensait avoir réussi à me piéger ? Grand bien lui fasse. Quant à son marché… Un marché de dupes. Pour quelle raison refuserait-elle de me livrer ? Après tout, elle pouvait très bien me donner aux autorités de Varak et retrouver le véritable assassin pour les Redresseurs, et ainsi doubler la mise. Il n’y aurait jamais vraiment moyen de prouver que je n’avais pas été arrêté par quelqu’un d’autre. Attendait-elle quelque chose d’autre de ce récit que mon innocence ? Je restais silencieux pendant quelques instants, sans cesser de la fixer du regard, avec toujours ce même sourire de défi, même avec cette estafilade sur la joue. « L’avantage de la piraterie, c’est qu’on ne porte allégeance à personne, mais j’imagine que l’on peut difficilement demander à un corsaire de comprendre ça. » Je soupirai. « Je n’ai aucune raison de vous faire confiance et je suis las de devoir faire amende honorable. Croyez ce que vous voulez ou qui vous voulez à mon sujet, je n’en ai rien à faire. Livrez moi, pendez moi, mais nous savons tous les deux que ce n’est pas mon innocence qui vous intéresse, mais quelque chose d’autre. » Je ne savais pas encore quoi, mais je finirais bien par le découvrir, d’une façon ou d’une autre.
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Mer 10 Fév 2016 - 20:10

Avec son sourire de nargueur et sa mince balafre, il ressemblait plus que jamais à un pirate. Nom d'un chien! Il ne me prenait vraiment pas au sérieux ce type? Il pensait que ma menace de lui couper la langue était feinte? J'eus une intense envie de me jeter dessus et de la lui arracher, mais je pris une profonde respiration, le contrôle...Le contrôle était ma meilleure arme contre sa bavure et son arrogance. Défronçant les sourcils, je pris un air flegmatique, tout en écoutant avec intérêt son monologue passionnée de liberté et d'indifférence à la mort. Vraiment? C'était facile à dire, mais une chose que j'étais certaine, c'était que cet Éladrin aimait trop la vie pour ne pas craindre la mort. Je l'avais vécu tant de fois, ce précipice entre la vie et la mort, que je cernais en lui qu'une fausse image de courage. Bah...Aye, ces propos était braves, mais le serait-il réellement devant une condamnation ? Un autre que j'allais devoir tester.  Cependant, j'étais intéressée à entendre ces dires jusqu'au bout et une fois qu'il fini ses protestations hargneuses et méfiantes, j'allongeais mes longues jambes sur mon bureau, je mis mes mains derrière ma tête en répliquant d'un ton détaché:

- Bref, tu es prêt à mourir au lieu de devenir corsaire, de pouvoir enfin voyager sans te faire pourchasser par quiconque, à l'exception de tes ennemis que tu auras choisis? Tu es prêt à refuser  la véritable liberté? Soi tu es stupide ou aveugle, peut-être même les deux.
J'eus un rictus moqueur, tout en le défiant de mon regard turquoise. Voulais-je vraiment le mâter? Non, s'il était de nature narquoise, tant mieux, ça engendrait l'humour et l'esprit vif.Je vivais la liberté jusqu'au bout, autant pour moi-même que pour mes proches. Chaque membre de mon équipage était libre d'être ce qu'il était, je voulais seulement qu'il y est du respect, et cet Éladrin ignorait qu'est-ce que c'était le respect. Voilà pourquoi que je risquais d'appliquer une mesure dure et rigoureuse, il devait être briser, pour devenir meilleur, sinon son impertinence causerait sa perte. Sur cette pensée, je continuais d'un ton plus sérieux: Chaque personne prête allégeance à quelqu'un, à l'exemple de la femme qui prête allégeance à son mari,du prêtre à son Dieu, du pirate à son Capitaine et du Corsaire à son pays. On pense être son propre maître, mais le sommes-nous vraiment?  Tu as parlé de liberté tantôt? Que connais-tu de la véritable liberté? Un hors la loi est autant prisonnier qu'une personne soumise à un dogme fanatique. L'extrême c'est une prison, l'équilibre c'est la liberté. Je souris doucement en songeant aux paroles de mon ancien maître Miyamoto, c'était si vrai, mais je voyais bien que l'Éladrin n'était pas sur la même longueur d'onde. Reprenant  une position  plus officielle, je soutenais son regard d'une façon intense et profonde en disant calmement: J'aime la mer, c'est en elle que je puisse ma véritable patrie, et liberté. Elle m'apporte l'équilibre dont j'ai besoin. Aye, je suis corsaire, mais à vrai dire, la seule différence qu'il y a entre le pirate et le corsaire, c'est que celui-ci  respecte les lois militaires, bien que l'ennemi le confond souvent à tord à un pirate.Bref, ces lois  permets d'agir avec honneur et dignité, même durant les pillages. Je n'ai jamais vu aucun corsaire violer de femmes ni pendre injustement des innocents. En tout cas, je l'interdis sur mon navire. Je pris une pause, essayant de percevoir quel effet  mes paroles avaient sur le fugitif. Peut-être ça lui faisait ni chaud ni froid? Néanmoins, je persistais: Je ne suis pas  ici pour te convaincre d'avoir confiance en moi, de toute façon, je n'ai pas confiance en toi, pas encore. Pour l'instant,je te considère à la fois comme un criminel et un innocent, vu que j'ignore qui dit la vérité. Toutefois, ton intuition est juste, j'ai une raison beaucoup plus profond que l'argent et que ton innocence qui me pousse à t'engager à mon bord. Cependant, cette raison tu devras la découvrir par toi-même, si tu reste à mon bord, car je te promets, que tôt ou tard, tu seras pourquoi j'aurais besoin de toi. D'un sourire sincère, je me levais en appuyant mes mains sur ma table en demandant: Alors, je te le redemande: veux-tu faire parti de mon équipage? En étant Corsaire, non seulement tu auras la liberté de voyager sur la mer autant que tu veux, et  plus aucune autorité te pourchassera, car comme je te l'ai dis, je pourrais t'obtenir une lettre de marque qui absoudra  tes crimes. 

Allait-il accepté? Finalement, il semblait aussi borné que Khaad!!! Le fixant du regard, je l'écoutais d'une oreille tout en réfléchissant à vive allure. J'avais besoin d'un plan B, car je n'avais aucunement prévu l'entêtement de l'Éladrin vis-à-vis mon offre, qui me semblait pourtant la meilleure qui soit pour lui et pour moi. C'est alors que plusieurs idées me vinrent à l'esprit, aussi créatives les une que les autres, quand soudain, mon magnifique regard s'illumina. Par Uria! Comment n'avais-je pas pensé à ça plus tôt? Ce canular allait non seulement tester la bravoure du pirate devant la mort, celle-ci, aussi fausse soit-elle, ferait cessé les recherches à son sujet et l'aiderait à recommencer une nouvelle vie, corsaire ou pas, et par le fait même, je lui prouverais que je serais digne de confiance et j'obtiendrais en plus un gros magot. Oh là,là,là! J'étais géniale! Trop géniale! J'avais envie de sauter sur place, mais mon emballement fut contraint à un très large sourire de joie. Maintenant, je devais orchestré la mise en scène avant que les autorités se pointent. Premièrement, Flynn ne devait se rendre compte de rien, l'inconscience était de mise. Il avait continué à déblatéré, et pour dire vrai, j'avais perdu le fil de la conversation. D'un regard langoureux, je hochais la tête, tout en m'approchant de plus en plus de lui. Il eut un mouvement de recule, mais trop tard, avant qu'il ne comprit quoi se soit, je sautais sur lui,  et je lui fis promptement la prise du sommeil.  Étourdit, il s'évanouit dans mes bras.

-C'est ça, couché, mon beau... Murmurais-je à son oreille effilée d'un sourire moqueur. 


***
-Djian Rakour et Fernime Rajadime! Mes émissaires, comme je suis honorée de vous voir! Dis-je en les saluant d'une façon officielle. Les Varakirois eurent un sourire courtois et Rakour demanda sans détour:

-Vous l'avez?

-Bien entendu, mais je suis désolée, j'ai dû le pendre, il était trop arrogant.
Rakour fronça les sourcils d'un air contrarié, tout en répliquant:
-Ce n'était pas à vous de le condamner, mais à nos autorités.
-Certes, certes, mais je suis certaine  que mon Seigneur me pardonnera cette condamnation imprévue. De toute façon, vaut mieux l'avoir mort qu'en fuite, n'est-ce pas? L'émissaire me jeta un regard noir et courroucé, il n'aimait pas se faire rappeler ses échecs passés. Il se sentait très humilié que j'aille réussi à capturer le prisonnier avant lui, surtout que j'étais une femme. Toutefois, je gardais un air polie et respectueux, en disant
-Bien entendu le mérite reste le vôtre, car sans votre message, je n'aurais pas pu le retrouver.
-Il est vrai. Répondit d'un sourire timide son compagnon que n'avait de cesse de me dévorer du regard. Au moins lui me semblait plus sympathique. Gardant son air fermé, Rakour demanda sèchement:
-Je veux voir de mes propres yeux qu'il est mort.
-Levez les yeux et vous verrez.

Aussitôt, les deux hommes levèrent les yeux et virent la silhouette de Flynn entrain de se balancer au bout d'une corde. C'était l'évidence, il était mort...enfin, presque. Ayant appris ce tour de passe passe à Hokusaï, farce réalisée lors d'une festivité de la mort, j'avais soutenu  Flynn à l'aide d'un harnais sous ses vêtements, la corde du pendu semblait serré son cou, mais il en était rien. L'illusion était parfaite, il fallait seulement que Flynn reste inconscient jusqu'au départ de ses crétins d'émissaires; pour ça, Nassim avait rajouté son grain de sel en le frappant fort derrière la tête. Croyant à la fourberie, les émissaires me remirent une généreuse prime et ils me chargèrent de faire disparaitre le cadavre. J'acceptais sans rechigner et ce fut avec un profond soulagement que je les vis disparaitre à travers la foule.

-Pourquoi en faire autant pour lui? Demanda Nassim à mes côtés. Je sentis une ombre de jalousie planer dans l'air. D'un regard rassurant, je vins déposée ma main tendrement sur son épaule en répondant d'un murmure:

-Je ne fais que le nécessaire pour obtenir notre vengeance. Il a été au service de Faranir, je veux l'utiliser comme appât, rien d'autre.
-Ah...je comprends. Souffla Nassim rassuré.  Maintenant, qu'est-ce qu'on fait de lui?
-Oh...Laisse-le se réveiller. Répondis-je d'un sourire sadique. Voyons si monsieur le pirate se fiche tant d'être pendu au bout d'une corde.


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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Jeu 11 Fév 2016 - 5:09

Prêt à mourir ? Cela faisait longtemps que j’étais prêt à mourir pour mes propres convictions, mes propres idéaux. Pensait-elle que je ne faisais que parler dans le vent ? Qu’à la moindre menace d’une lame ou d’une corde sur mon cou, je tenterais de m’en échapper par tous les moyens ? Il y avait une différence entre se résigner et accepter la mort. Sans échappatoire, il était hors de question de me dérober à mon sort, mais je n’étais pas du genre à abandonner dès lors qu’il restait l’ombre d’une chance. Une vie de servitude n’était pas une chance et il était hors de question que je donne ma liberté à un Capitaine que je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam. Elle avait beaucoup faire remarquer que tout le monde, selon elle, faisait confiance à quelqu’un, et elle avait surement raison, mais si j’avais pu faire confiance à mes anciens capitaines, ou même à Nora, je ne lui faisais pas confiance à elle, pas assez pour mener le bateau sur lequel j’acceptais de servir, pas assez pour lui remettre mon existence entre les mains, que cela ne lui plaise ou non. Et si elle pensait pouvoir m’impressionner par la force, elle se trompait. Oh, elle aurait probablement raison de moi, surtout compte-tenu du fait que j’étais actuellement pieds et poings liés, mais avoir le dessus sur quelqu’un par la force ne menait jamais à l’obtention de son respect, ou peut-être dans de rares cas où l’enjeu était une supériorité physique. Mais, pour moi, il n’y avait pas besoin de cela. Inutile de vouloir écraser sous sa botte quelqu’un pour qu’il vous respecte et, malheureusement, pour elle ou pour moi, ses réactions ne me poussaient qu’à continuer dans la même direction : l’insurrection. Peut-être finirait-elle par comprendre qu’elle ne ferait que me rendre plus imperméable à ses propos en continuant ainsi.

Assez étonnamment, son laïus sur la mer et sur sa vision du métier de corsaire, fut bien plus efficace que ses menaces, mais elle n’en eut probablement même pas conscience. Finalement, nous partagions peut-être plus que cette première rencontre aurait pu le laisser entendre, mais, pour le moment, je ne me voyais pas servir sur ce navire. Si elle s’attendait à ce que je fasse mes preuves, elle devait se rendre compte qu’elle aussi devait se montrer convaincante et, malheureusement, m’infliger des sévices ne suffirait pas. « Vous m’avez fait prisonnier, tué mes anciens camarades et vous pensez que je vais rejoindre votre équipage d’un claquement de doigt ou de fouet ? Ce n’est pas ainsi que je conçois la liberté, je suis désolé. Et oui, je préfère mourir, plutôt que de servir à bord d’un navire dont je n’ai aucun respect pour le Capitaine. » Cela ne voulait pas dire que je ne pourrais pas en avoir pour elle, mais, actuellement, je préférais passer mes journées aux fers plutôt que de recevoir des ordres d’elle et de sa brute de quartier-maître, ou ce qui devait s’en approcher. Difficile de dire si elle semblait avoir compris ce que je venais de lui dire ou si elle avait autre chose en tête, mais, lorsqu’elle s’approcha de moi, je ne pus m’empêcher d’avoir un léger mouvement de recul. Quelque chose ne tournait pas rond. Malheureusement, avant de pouvoir m’écarter, elle avait parcouru la distance qui la séparait de moi et me fit quelque chose que je ne compris pas, mais il ne me fallut que quelques instants pour sentir mes pieds se dérober. Je me sentis tomber légèrement en avant, rattrapé par la femme qui m’avait encore proposé de rejoindre son équipage quelques secondes plus tôt. Alors que je sombrais dans l’inconscience, je me jurais de lui faire payer cela.

Je repris conscience petit à petit, un léger mouvement de balancer semblait agiter mon corps et une vive douleur encore derrière le crâne. La bête avait encore frappée, apparemment. J’ouvris alors très lentement les yeux, une petite brise agitait mes cheveux, signe que je n’étais pas en intérieur. Je réalisais alors rapidement qu’il faisait nuit et, surtout, que j’étais suspendu à l’un des mats d’un navire, visiblement toujours le même. Sans bouger plus que nécessaire, pour ne pas me faire remarquer, je remarquais que la côte s’était éloignée. Nous avions quitté Varak ? Etonnement, il y avait une corde autour de mon cou, mais qui ne serrait rien. Sans chercher à réfléchir davantage, je réalisais que personne ne prêtait attention à moi et décidais de saisir ma chance. Me hissant à bout de bras sur les quelques mètres de corde, j’atteignis rapidement l’une des vergues du mat. Je me défis discrètement des cordes et glissait, au profit de l’obscurité de la nuit, sur le pont. Ainsi donc devais-je trouver les réponses par moi-même ? Elle allait être servie. Tandis que je me faufilais sur le navire dont la partie de l’équipage qui était de quart cette nuit était principalement occupée à passer le temps, je récupérais un sabre qui trainait par là et me dirigeait vers la seule cabine que je connaissais. Discrètement, j’entrebâillais la porte : personne. Je poussais encore un peu la porte avant de la refermer derrière moi. Le Capitaine devait bien dormir quelque part, n’est-ce pas ? Une autre porte était entrebâillée dans le fond de la pièce où je m’étais trouvé quelques heures plus tôt. Sur la pointe des pieds, je m’approchais, sabre à la main. Une forme lascive se trouvait couchée sur un lit qui semblait parfaitement confortable. Je poussais la porte avec précaution avant de la refermer et de m’approcher du fameux lit, pivotant légèrement, pour avoir également en vue la seule entrée de la pièce. Suffisamment près de ma cible, j’approchais le sabre du Capitaine et fit glisser avec douceur la lame sur sa joue pour la réveiller. « Il est temps pour moi d’obtenir mes réponses maintenant. Et je vous suggère de ne pas faire de bêtises. » J’étais déterminé, cela ne faisait aucun doute. Elle voulait savoir si j’étais un meurtrier ? Je n’étais pas étranger au fait de tuer, c’était certain. « Pourquoi a-t-on quitté Varak ? Et, surtout, pourquoi ne pas m’avoir laissé là-bas ? »
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Jeu 11 Fév 2016 - 10:46

hrp:
 

 J'étais allée me coucher au lever de la lune, regrettant la chaleur de Nassim. C'était à son tour de faire le guet, je ne pouvais lui garder rancune. Sous le balancement léger du navire, je m'étais assoupis, mais je  dormais d'un seul œil, toujours consciente du danger imprévisible de la mer. Brise vint se coller contre moi en ronronnant, je la caressais tendrement. Soudain, je la sentis se tendre et elle alla se cacher en dessous du lit. Étrange, une menace planait dans l'air, j'entendis un craquement léger sur le plancher. À l'odeur de crasse, je devinais facilement qui était l'intrus qui osait entrer dans ma chambre sans ma permission. Très discrètement, je vins glisser ma main sous mon oreiller en saisissant un coutelas, tandis que je sentis quelque chose de froid contre ma peau. À la rondeur du métal, je devinais que c'était un sabre. Lentement, j'ouvris les yeux, croisant par le fait même son regard brumeux remplit de détermination.

- Il est temps pour moi d’obtenir mes réponses maintenant. Et je vous suggère de ne pas faire de bêtises.  Pourquoi a-t-on quitté Varak ? Et, surtout, pourquoi ne pas m’avoir laissé là-bas ?

Je pris un moment de silence avant de répondre. Pensait-il vraiment que j'allais céder à la menace? Un sabre, franchement. Même dans cette position, je pouvais facilement le vaincre. Il ignorait que je maîtrisais deux arts martiaux, et que j'étais aussi agile que lui en hauteur, donc très souple. Toutefois, je lui accordais le mérite de s'être libéré tout seul de ses cordes, cela me prouvait qu'il avait du sang froid et qu'il était réellement agile. J'avais hâte de voir qui entre nous deux étaient le meilleur pour atteindre le grand mât en premier, à date, aucun de mes hommes avaient réussi à gagner contre moi. Pensant que j'avais peut-être trouvé un adversaire digne de ce nom, je ne pus m'empêcher de sourire, indifférente à l'arme contre mon visage. Des réponses hein? À vrai dire, c'était légitime qu'il sache qu'est-ce qui c'était passé avec les émissaires, mais mon désir de vengeance à propos de Faranir ne le concernait en rien. D'un air narquois, je répondis sans détour:

-Quelle impatience! Je soupirais doucement puis feignant la capitulation devant la menace, je lui expliquais tout ce qui c'était passé durant son inconscience, c'est-à-dire comment j'avais organisé sa fausse exécution et comment les émissaires ont mordu à l'hameçon; ils allaient enfin le laisser tranquille,car Flynn Le Voltigueur n'existait plus dans leur liste de fugitifs. «Tu as désormais le choix de devenir Corsaire ou de partir en toute liberté, je ne te retiendrais pas, sauf si...». Disant cela je me redressais légèrement sur mon coude droit, ma chemise de nuit, lousse et d'un blanc translucide, glissa accidentellement, laissant voir mon épaule basanée et l'embrasure de mes seins généreux. Je ne pouvais pour l'instant me couvrir, le sabre m'empêchait de faire le moindre mouvement.  À part Nassim, et les six hommes qui m'avaient violé dix ans plus tôt, je ne m'étais jamais exposée à ce point devant un homme, et sincèrement, j'en fus très embarrassée, mais  je ne  le montrais pas. En fait, je réussis à garder mon calme et replongeant mon regard dans le sien, je continuais:


- Sauf si tu veux coopéré avec moi pour pourchasser Sharim Faranir. Comme je te l'ai dit, la Dignitaire est prête à m'offrir un belle prime si je le retrouve, je pourrais t'en remettre une partie. Ça serait une attente entre toi et moi, vu que tu es le principale concerné, et le tout sera conclut officiellement sur papier. Qu'en dis-tu?


J'attendis patiemment sa réponse, tandis que ma porte s'ouvrit et Nassim apparut sur le seuil. Il écarquilla les yeux en voyant Flynn me menacer d'une arme, sa mâchoire se crispa et ses yeux devinrent flamboyant de fureur. D'un cri sauvage, il s'apprêta à bondir pour lui briser le cou, mais je rugis férocement:«Sutki!» Il s'arrêta net, tout son corps tremblait d'une envie meurtrière. Mon Quartier-maître me lança un regard noir, mais conditionné à ce rituel, il se mit en position repos en répondant fortement: «Akême!». Vivement, je tournais mon regard vers Flynn en disant: «Baisse ton arme, je ne te ferais aucun mal, ni lui.». À vrai dire, ma patience était à bout, je n'étais pas du genre à me laisser  faire et en plus, ma position n'était pas du tout confortable, j'avais besoin de reprendre le dessus sur la situation.  Sans crier gare, je l'attaquais d'un coup de pied dans les côtes, tout  en redirigeant fluidement son sabre de ma main gauche vers le vide. Ceci le déséquilibra, j'en profitais pour le tirer contre moi, enrouler l'une de mes jambes autour de ses hanches pour me retrouver sur lui. Tout c'était passé très vite et désormais, mon coutelas menaçait sa gorge grisâtre, tandis que ma main gauche fit une «clé de main» douloureuse,le faisant lâcher son sabre. La manière que je mettais placée empêchait une contre-attaque, il ne pouvait faire autrement que de m'écouter.

- J'ai tué de nombreux hommes dans ma vie, et je commence à croire que ça risque d'être à ton tour, alors reste calme et écoute. Tantôt, tu m'as accusé d'avoir tué ton équipage, ce qui est vrai, mais sache que tes défunts camarades auraient fait de même envers mes hommes et ils m'auraient  sûrement violé, les femmes sont rares en mer. De toute manière, ils ont commis des crimes abominables, sous les ordres d'Auragne, tels que du trafic de demi-êtres et de jeunes filles,ainsi que le massacre  de marchands innocents et sans armes. C'était de véritables salops, pire que tu pourrais l'imaginer et je-ne-suis-pas-du-genre-à-laisser-cette sorte d'ordures-vivants.  Je pris une pause, question de lui laisser le temps d'assimiler ce que je venais de dire. Son opinion m'importait peu, seules ses aptitudes en mer avaient de l'importance, ainsi que ses informations concernant Faranir. Si je devais gagner sa confiance pour qu'il accepte de collaborer, alors soit, car visiblement, l'utilisation de la force ne fonctionnait pas.  Soutenant son regard gris, j'affirmais:

- Tu accorde ta confiance aux mauvaises personnes, Flynn, à l'exception de certaines, telle que Nora. Le monde est petit n'est-ce pas? Dire qu'elle a été mon médecin légiste pendant presque un an, elle en a sauvé des vies! Sincèrement, elle va me manquer. Maintenant, je peux t'assurer qu'elle est rendue à Quiétude. Justement, j'ai reçu une missive de sa part, je vais la chercher.
 

Voulant prouvé mes dires  concernant l'Aasimar, je  me relevais, libérant par le fait même sa gorge de mon poignard.  Laissant le pirate à la surveillance vigilante de Nassim, je m'empressais d'aller chercher la lettre de Nora. Revenant dans la pièce, je fus soulagée de voir que Bosco et Flynn n'avait pas bougé, bien qu'une tension explosive se faisait sentir. Courtoisement, je tendis la missive vers le pirate en disant:

-Tiens, lis, c'est la preuve que ta douce est en sécurité.

À Sirèna,

je t'écris pour te rassurer que nous allons biens et que nous sommes rendus à Quiétude.  Ce village est magnifique et rustique, tout comme le paysage, si apaisant.  Je suis persuadée d'avoir fait le bon choix,être parmi les miens m'apportent énormément de réconfort.

Je te souhaite bon voyage et bonne chance.

Que la mer te soit favorable,

Eleonor Delorne



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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Ven 12 Fév 2016 - 5:07

[HRP : C’est pas grave si c’est long Smile ]

Je ne cherchais pas à lui faire du mal, mais j’avais besoin de réponses avant toute chose et, au pire, une légère estafilade sur la joue n’aurait été que justice compte-tenu de la petite scène de la matinée, à supposer bien entendu que je n’avais pas pris plusieurs jours à reprendre conscience, ce qui ne semblait pas être le cas, puisque je n’étais pas réellement en train de mourir de soif et de faim, même si mon estomac n’aurait apparemment pas été contre avaler au moins un morceau de pain, même sec. A vrai dire, je ne savais pas vraiment comment j’aurais pu réagir si elle décidait de faire la forte tête, mais, pour être honnête, je n’avais pas spécialement pris le temps de beaucoup réfléchir à mon plan d’action. Malheureusement, je n’avais pas beaucoup de temps et quelqu’un ne manquerait pas de réaliser mon absence du grand mât, si ce n’était pas déjà le cas, d’ailleurs. Bien entendu, je misais davantage sur le fait qu’ils allaient tenter de fouiller le navire entier avant de venir embêter leur Capitaine, mais je n’étais pas à l’abri pour autant. Soulignant mon impatience, je ne pus m’empêcher d’esquisser le même sourire qu’elle. « Quand il s’agit de passer la nuit dans la chambre d’une belle femme, toujours. » Car, mine de rien, Sirèna n’était pas désagréable à regarder et, d’une certaine manière, certains de ses hommes devaient avoir la vie dure en mer, lorsque la compagnie féminine commençait à manquer. Tandis que je tenais toujours la lame vers elle, la jeune femme daigna me raconter qu’elle avait rencontré des émissaires Varakirois et la manière dont elle s’était arrangée pour me faire passer pour moi. Je ne suis quoi penser de cette histoire, si ce n’était qu’elle venait probablement de faire une bonne affaire, puisqu’elle avait désormais la prime de ma capture et je restais vivant pour lui fournir ce dont elle avait besoin, même si je ne savais pas pourquoi elle avait besoin de moi.

Alors oui, le fait de passer officiellement pour mort risquait d’avoir un avantage non négligeable pour la suite de mon existence, mais savoir que je lui étais redevable me fit un peu grincer des dents. Après tout, je ne lui avais rien demandé… La Capitaine me rappela alors le choix qui s’offrait à moi. Devenir corsaire… Je n’aimais pas trop l’idée de servir sur un navire dont j’avais l’impression d’avoir une dette envers le capitaine, sans compter le Quartier-Maître, qui, pour être honnête, pour une raison encore inconnue, m’en voulait surement énormément et ne manquerait probablement de m’en vouloir encore plus après les évènements de cette nuit. Le nom de Sharim Faranir revint sur la table. La corsaire était visiblement prête à chercher sa deuxième prime en retrouvant ce chien. Obtenir ma vengeance était une opportunité séduisante mais cela impliquait de rester avec elle et ses hommes et je n’étais pas convaincu de le vouloir. Sans compter que, sans prime sur ma tête, ma liste d’opportunités venait de s’allonger. La perspective d’avoir ma vengeance et un petit pécule n’était pas déplaisante, mais ma priorité se situait-elle là ? Tandis que je réfléchissais, l’arme toujours pointée vers Sirèna, son gorille, Bosco, entra dans la pièce. Que faisait-il là sans frapper ? Il y avait toujours connivence entre un capitaine et son second, mais là… Alors que je m’interrogeais, je sentis la surprise faire place à la rage sur son visage et j’allais placer le sabre entre lui et moi quand il fut arrêté par sa supérieure. Obéissant, son regard en disait cependant long sur ce qu’il souhaitait me faire. Aussi, la perspective de lâcher mon arme ne me paraissait pas vraiment envisageable. « Je crois que je vais garder le sabre pour l’in… » Je n’eus pas le temps de finir ma phrase, coupé dans mon élan par un coup de genou dans mes côtes. Quelques secondes plus tard, je me retrouvais couché sur le lit, sans arme, un coutelas plaqué contre ma gorge, avec la perspective agréable d’une femme à cheval sur moi.

Je me maudissais intérieurement, mais c’était peut-être mieux ainsi. Son regard était dur et je m’attendais, sans crainte, à des représailles bien sentie, qui ne vint jamais. Au lieu de cela, elle m’expliqua que l’équipage du Diable Noir, et son Capitaine, étaient des ordures, trafiquants d’esclaves. Pour les marchands… Eh bien, c’étaient des pirates. Cependant, je ne pouvais que la croire sur parole, puisque pendant sa période en mer, je n’avais rien vu de tout cela, même si j’avais conscience qu’Auragne n’était pas un enfant de chœur. Malgré tout, l’idée d’un trafic de personnes me révulsait. Pirate oui, mais j’avais quelques principes. Quand elle évoqua ma confiance mal placée, la surprise parcourut mon regard tandis qu’elle évoquait Nora. Vraiment ? Je n’osais croire ce que j’entendais. Lorsqu’elle défit son étreinte sur moi pour aller chercher la fameuse lettre dont elle parlait, je savais qu’il était inutile que je tente quoique ce soit. Après tout, il n’y avait aucune raison d’offrir au gorille une bonne raison de me sauter dessus. Je pris la lettre qu’on me tendait et la lus avec attention. Je ne pouvais pas certifier que c’était l’écriture de Nora, mais, sans savoir pourquoi, je fus rassuré de savoir qu’elle était arrivée à destination. « Nous ? » Je relevais les yeux vers Sirène. « Est-elle montée à bord avec quelqu’un ? » Je n’étais pas vraiment jaloux, mais principalement curieux. Quoiqu’il en fut, si cette lettre était véridique, et si cette corsaire avait prit Nora sous son aile le temps de l’emmener vers Quiétude, peut-être pouvais-je lui faire confiance. Compte-tenu que j’étais libre, je déposais la lettre sur les draps et me glissais du côté du lit opposé au capitaine et son quartier-maître, les mains en l’air pour prouver ma bonne foi que je ne tentais rien de malicieux. « Pourquoi as-tu besoin de moi pour retrouver Sharim ? Après tout, tu as réussi à mettre le grappin sur moi, je ne vois pas en quoi je pourrais t’aider. »
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Ven 12 Fév 2016 - 11:32

- Nous ?  Est-elle montée à bord avec quelqu’un ?


Je m'attendais à cette interrogation. Ce fameux «nous» concernait en fait Eleonor, Kalaad, Kallypso et Azur, le guetteur des glaces, qui avaient failli de nombreuses fois manger mon chat. Saleté de loup! Chassant l'image de cette bête de malheur, je répondis vaguement:

-Aye, mais il s'agit de  jumeaux, plus précisément des demi-êtres,  qu'elle a rencontré lors de notre voyage chez les Orcs. Ayant bon cœur, notre Aasimar s'est pris d'une profonde amitié pour eux et  elle a insisté fortement pour qu'ils l'accompagnent à Quiétude.Par conséquent, elle m'a convaincu de retarder ma mission pour l'amener en Norpalie. Tout ce je venais de dire était presque l'exacte vérité,bien que j'avais volontairement omis que ces jumeaux étaient à peine âgé de six mois et qu'ils étaient les enfants illégitimes d'Eleonor et de Flynn. Mon cœur se serra en pensant à ses jolies frimousses qui avaient attendri l'ensemble de l'équipage, même trop. En fait,c'était sûrement une bonne chose que l'Aasimar ait continué sa route, sinon mes hommes seraient devenus des papas surprotecteurs et des flancs moues.  Revenu à la réalité, je continuais d'un soupir exaspéré: Comme tu le sais quand Nora veut quelque chose, elle en décroche pas. Ah...Combien de fois j'avais refusé d'entreprendre ce voyage de retour?  Diantre, la nouvelle mère avait la tête dure et son entêtement d'élever sa progéniture loin du danger et de la guerre avait eu raison de moi, à mon grand regret. Effectivement, un navire de corsaire n'était pas un lieu propice pour élever des enfants, même si je pensais que ça aurait pu fortifier leurs caractères.La voix du pirate me fit revenir à la réalité:

- Pourquoi as-tu besoin de moi pour retrouver Sharim ? Après tout, tu as réussi à mettre le grappin sur moi, je ne vois pas en quoi je pourrais t’aider.

À sa question, je souris narquoisement, et prenant plaisir à faire languir ma réponse, j'ordonnais d'un ton moqueur:

-Nassim, amène notre invité dans mon bureau, je dois  me vêtir plus convenablement, même si ce monsieur aimerait sûrement que je reste en petite tenue. Après, les réponses viendront.

Mon Quartier-maître grogna de mécontentement, visiblement, il n'aimait pas du tout la manière courtoise que je traitais le pirate. Où était passé la féroce Sirèna qui aurait pendu ce malotru sans aucune pitié? Oh, elle était cachée derrière un masque d'une politesse feinte, car si effectivement le pirate n'avait aucune information à me fournir, à quoi bon le garder? Certes, il avait peut-être des aptitudes intéressantes au niveau des hauteurs, mais qu'est-ce que j'en savais? Peut-être allais-je devoir le pendre réellement, ou l'abandonner sur l'île de la jambe de bois? Aimant de tout mon cœur ses enfants, je risquais d'opter pour la seconde option. Ayant vécu sans père durant des années, je ne voulais pas empêcher les jumeaux de rencontrer leur père un jour.  Revenant sur terre, je remarquais que Nassim et Flynn étaient sorti de ma chambre, et je m'étais déjà habillée machinalement. Vêtue de mon pantalon noir moulant et d'une simple chemise écarlate, je rentrais dans la pièce où les deux hommes m'attendaient. Visiblement, mon second semblait en proie à un contrôle au-dessus de ses forces, ses poings étaient serrés, tellement que ses jointures étaient devenues blanches, lui qui avait une peau d'ébène. Qu'avait encore dit Flynn pour le mettre dans cet état? Avant que les choses n'éclatent, j'ordonnais fermement:

-Bosco,retourne à ton poste.
-Quoi?! Tu préfère rester seul avec cette ordure, au lieu d'être... «Au lieu d'être seul avec moi.» Heureusement, il s'était interrompit avant de  révélé notre relation plus qu'intime devant l'Éladrin. Sans me départir de mon regard ferme, je dis:

-Ce n'est pas à toi de juger qu'est-ce que je dois faire, mais d'obéir.
-Oui, capitaine, pardon Capitaine. Répliqua-t-il d'un ton soumis, bien qu'il se promit intérieurement de me reprocher cette soirée, et de faire vivre la vie dure à ce foutu pirate. La porte se ferma derrière lui, me laissant à nouveau seul avec Flynn. Reprenant place à mon secrétaire, je l'invitais à s'assoir sur une chaise devant moi. Cette mésaventure m'avait donné faim et j'avais aussi besoin de me désaltérer. D'un soupir fatigué, je sortis une bouteille d'hydromel, des biscuits au beurre et deux verres. Loin de moi de vouloir le persuader avec de la nourriture, je lui en offris tout de même en proposant:

-Goûte, c'est délicieux.

J'avoue que ce retournement de situation était étrange.Dire que ce matin il était mon prisonnier et maintenant, je le traitais en invité. Pourquoi? En fait, je l'ignorais, mais je me sentais étrangement bien en sa présence. C'est alors que je me souvins de son intrusion dans ma chambre et du sabre, j'aurais dû lui en vouloir, mais il en était rien. Il avait agit comme n'importe qui aurait agit dans sa situation, même mieux que je l'aurais imaginé. Son audace m'avait agréablement surpris. Cependant, il ne devait plus recommencé. Buvant la liqueur au miel, non alcoolisé, car il était interdit de boire sur mon navire, je confiais:

-Avant de répondre à tes questions, je veux mettre une chose au claire avec toi. D'abord, je ne suis pas une femme douce et maternelle comme Nora. Au contraire,  le temps et l'expérience ont fait de moi une Capitaine dure et intransigeante, mais aussi juste dans mes punitions. Par conséquent, si  l'un de mes hommes avait agis comme tu l'as fait, il aurait méritait une quarantaine de coups de fouet  et la pendaison, car menacer le Capitaine est une effraction très grave. Étant toi-même marin, tu dois t'en douter, n'est-ce pas?
Disant ça, je grignotais un biscuit au beurre, puis terminant de le déguster, j'eus un rictus en disant:Toutefois, cette situation est exceptionnelle et disons que nous sommes quittes...Pour l'instant. Je t'ai entailler la joue et tu m'as privé de mon sommeil, mais ne le refais plus, sinon tu en subiras les conséquences. Ma dernière phrase était lourd de sens, et je l'avais dit d'un ton grave et ferme. Au moins, il savait à quoi s’en tenir avec moi, c'était l'essentiel. Puis, je soupirais en m'accotant dans le fond de mon siège, tout en le dévisageant d'un air las. Mon regard turquoise s'attarda à son visage, il avait décidément un éternel sourire narquois sur les lèvres, j'en conclus que c'était une partie intégrante de sa personnalité et qu'il risquait d'en baver avec Nassim. J'eus à nouveau un rictus, puis retrouvant mon sérieux, je répétais sa question précédente:

-Pourquoi aies-je  besoin de toi pour retrouver Sharim ? Car, j'ai eu beau voyager aux quatre coins du monde pour le retrouver, je n'ai pas réussi à savoir où était son port d'amarrage. Cette ordure est rusée et il sait bien se cacher. Alors, quand j'ai appris que tu as travaillé à son bord, et j'espère que tu n'es pas aussi traître et fumier que lui, je me suis dit: Ah, peut-être sait-il où Faranir se cache? Voilà pourquoi j'ai besoin de toi. Je veux savoir où ce lâche  se planque. À vrai dire, mes paroles laissaient entendre que je connaissais Sharim Faranir et c'était évidement le cas, mais je ne voulais pas que Flynn essai d'en savoir plus. Détournant habilement le sujet, je complimentais d'un sourire sincère: J'ai entendu dire aussi que tu avais du talent à te déplacer en hauteur, peu de mes hommes l'ont,mais ils sont des guerriers exceptionnels et de loyaux camarades. Sache que j'ai recruté les meilleurs combattants d'Ildirith, et avec le temps mon équipage s'est fait surnommé Les Élites des mers. Peut-être en as-tu entendu parler? Ils sont connus et craints de plusieurs. Or, je me suis dis que ton talent serait le bienvenu parmi nous.  Voyant son air hésitant, je m'exclamais avec fougue: Pense-y bien, Flynn! Je t'offre une chance en or. Tu vas pouvoir profiter de la liberté que la mer procure, tout en recevant un salaire, de la nourriture de qualité et un hamac confortable. En plus, je pourrais t'apprendre des techniques de combat qui pourront te servir dans l'avenir, et te conduire directement vers Sharim. Qu'est-ce tu veux de plus? Puis je compris pourquoi il s'entêtait à refuser mon offre qui semblait tombé tout droit du ciel. Il voulait accomplir sa vengeance seul, être dépendant de personne pour y arriver...Oh là! Moi aussi je voulais me venger de Sharim, alors aussi bien il y aller tout ensemble. D'un air moqueur, je piquais:  Quoi? Tu t'imagine te pointer et te battre tout seul contre Sharim et le reste de son équipage? Ou le piéger quand il sera seul? Ben voyons! Il est  trop malin pour se faire piéger aussi stupidement. Par conséquent, nous devons êtres plus rusés que lui et être unis. Que tu le veuille ou non, tu as besoin d'alliés, aussi bien choisir les meilleurs. Alors, qu'en dis-tu, tu es des nôtres ou pas?


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Mer 17 Fév 2016 - 6:07

Il y avait peut-être une pointe de jalousie dans ma voie, peut-être pas. A vrai dire, je ne savais pas trop quoi penser de cette lettre, mais, au fond de moi, j’étais conscient d’être rassuré de savoir qu’elle était finalement arrivée à destination saine et sauve. J’aurais pu l’y conduire avec plaisir, si je n’avais pas eu la moitié du monde connu sur mes talons et, pour être honnête, je n’avais pas envie de lui infliger la vie d’une fugitive. Son voyage avec Sirèna n’avait surement pas été des plus évidents et, à l’en croire, elle avait même eu le droit à un séjour chez les Orcs, mais il avait surement été beaucoup moins mouvementé qu’il n’aurait pu l’être avec moi. Peut-être aussi moins agréable. J’eus un sourire pour moi-même, me rappelant des moments plus… tendres, avant de revenir à la situation actuelle. Evoquer Nora était peut-être une façon pour Sirèna de calmer le jeu, mais quand bien même il ne s’agissait que d’une combine de sa part, quelque chose me disait que je pouvais peut-être lui faire confiance. Après tout, Nora ne serait pas restée dans le cas contraire, non ? Cependant, il était hors de question de baisser ma garde. Car si je commençais à entrevoir la possibilité de croire dans les paroles du capitaine de ce navire, je n’avais, par contre, aucune confiance en son quartier-maître, qui, il aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir, semblait vouloir m’arracher la tête à la première opportunité. Et, fondamentalement, je savais déjà que cela allait poser problème, quelque soit l’issue de cette discussion. L’allusion à Nora et la façon dont elle obtenait ce qu’elle voulait me fit légèrement sourire. A vrai dire, je l’avais probablement moins connue que la jeune femme qui me faisait désormais face, mais oui, l’Aasimar savait obtenir ce qu’elle désirait.

La Capitaine nous congédia de sa cabine et je ne me fis pas prier pour m’exécuter, même si, effectivement, elle n’était pas désagréable à regarder ainsi vêtue. Prenant soin d’éviter le fameux « Nassim », je veillais à ne pas lui donner une bonne raison d’avoir à me remettre en place, ou en pièces. Même si j’étais conscient qu’il n’avait, pour l’instant, pas l’autorisation de me toucher, malheureusement, ça pouvait ne pas durer. Face au bureau encore vide, je restais silencieux, réfléchissant à ma question encore laissée sans réponse. Sirène semblait capable de retrouver les personnes qu’elle souhaitait, après tout, j’en étais une preuve, alors pourquoi Sharim lui poserait-elle des problèmes ? Je fus interrompu dans ma réflexion par le retour de l’intéressée, qui, à mon grand dam, s’était correctement vêtue. Ceci étant dit, l’équipage devait avoir la vie dure après plusieurs mois en mer, surtout avec une aussi belle femme à la tête du navire. Elle ordonna à son second de déguerpir, et ce ne fut pas tant l’ordre mais la réaction du gaillard qui m’interpela. Cela faisait deux fois qu’il manquait à sa place et je trouvais cela particulièrement louche. Il n’était pas étonnant que Second et Capitaine s’entendent comme cul et chemise, c’était même souvent mieux ainsi, même si, au fond, avoir quelqu’un qui remettait un peu en question vos choix était également une bonne chose. Mais là, il y avait quelque chose entre eux deux, quelque chose qui dépassait la simple relation de domination qu’il y aurait du avoir entre eux. Soulagé de ne pas avoir le chevalier d’ébène dans mon dos, je me détendis un peu, avant d’observer la jeune femme sortir une bouteille, deux verres et une boîte avec des gâteaux avant de l’inviter à se servir. Mon estomac gargouilla pour lui-même, conscient qu’il n’avait pas mangé depuis plusieurs jours, mais je préférais mettre les choses au clair avant de satisfaire mes envies.

Sa mise au clair était relativement limpide et, pour être honnête, je savais très bien à quoi s’exposait un membre d’équipage qui menaçait son capitaine, mais, pour ma décharge, elle n’était pas mon capitaine. « Je tâcherai de m’en souvenir. » J’esquissai un sourire amusé, mais je n’en pensais pas moins et je savais que ce n’était pas des paroles en l’air. Mais le vif du sujet arriva enfin. Ainsi donc elle avait besoin de moi pour trouver Sharim ? Je n’étais pas étonné d’apprendre que ce brigand lui échappait tel une anguille. Je connaissais certains de ses ports d’attache, certains de ses amis, mais j’étais loin de pouvoir lui donner un cap. Qui plus est, ces informations dataient d’une époque où il était le second du navire sur lequel j’étais, pas le capitaine. Qu’était-il devenu depuis ? Tandis que je réfléchissais, elle revint à la charge avec sa proposition de faire partie de son équipage. Le tout était fortement tentant et j’aurais probablement été un idiot de refuser, surtout que, maintenant, j’avais de moins en moins de raisons de ne pas lui faire confiance. Si elle avait effectivement effacé ma dette vis-à-vis de Varak, je lui devais au moins un petit quelque chose, même si je n’avais rien demandé. Mais partager ma vengeance n’avait jamais été dans mes plans et je n’accepterais jamais qu’il tombe entre les mains des Redresseurs. Si je devais croiser la route de Sharim Faranir, seul l’un d’entre nous deux repartirait sur ses deux pieds. Et si je m’engageais à l’aider, elle ne le verrait surement pas de cet œil-là. Pourtant, il fallait l’admettre, j’aurais beaucoup de mal à m’en approcher tout seul, même si ce ne serait certainement pas aussi impossible qu’elle le laissait sous-entendre et, pour être honnête, elle me sous-estimait un petit peu, mine de rien. Je restais silencieux quelques instants, mon regard posé dans celui de la femme qui me faisait face, pesant le pour et le contre, réfléchissant à toutes les conséquences. Puis mon sourire refit surface, légèrement, comme un défi. « Aye, Capitaine. »
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Mer 17 Fév 2016 - 12:32


À la fenêtre, j'observais Flynn entrain d'écouter Benjamin qui lui faisait visiter La Sirène. La veille,après ma discussion avec l'Éladrin,  j'avais demandé à mon mousse de lui donner un hamac, l'uniforme des Élites, qui était en fait une simple chemise beige et un pantalon noir,très utile lors des combats pour nous différencier de l'ennemi,  une bonne ration de nourritures et une lingette, accompagnée d'un seau d'eau et du savon, pour qu'il puisse se nettoyer. Observant l'Éladrin, je me pris à admirer son allure svelte et athlétique,décidément, l'uniforme lui allait bien. Je comprenais le choix d'Eleonor, il était réellement très séduisant...Diantre! Qu'est-ce qui me prenais? Me maudissant,je chassais aussitôt un désir non approprié et je tournais mon attention vers la température. Il faisait beau et frais, une journée parfaite pour s'entrainer. Retrouvant le sourire,  je me vêtis de mon armure de cuire brune et je m'attachais les cheveux. Paré au combat,  je traversais le pont et vint me poster sur le gaillard avant. Me tournant vers mes hommes, j'ordonnais:

-Élites, sutki! Ça voulait dire: Prenez position. Aussitôt, mes hommes lâchèrent leurs tâches monotones, à l'exception de Fior, un de mes Tiefflins, qui devaient faire le guet sur le mât de misaine. Il n'était pas rare que des pirates ou autres menaces apparaissent durant nos entraînements. Se positionnant en six rangée horizontal, l'équipage se tournait vers moi, les bras derrière le dos et les jambes légèrement écartées. D'une même voix, ils s'écrièrent: Akême! Je souris, tout en jetant un coup d’œil à Nassim, qui prenait soin de ne pas me regarder, puis à Flynn. Celui-ci s'était mit en retrait pour observer, tandis que Benjamin lui expliquait ce qui se passait avec entrain:

- C'est l'heure de l'entraînement! La Capitaine va sûrement choisir le Kata du tigre, tu vas voir, c'est impressionnant! Ah vraiment? J'étais si prévisible à ce petit morveux? D'un regard railleur, mais d'un ton ferme j'ordonnais:
-Gamin, place toi en avant, il est temps que tu apprenne le Kata du Tigre.
-Que...Quoi? Capitaine, vraiment? Je suis prêt? Marmonna Benjamin les yeux ronds et les joues écarlates.
-Si tu ne te sens pas prêt, tu peux toujours laver le navire de fond en combe.
Répondis-je d'un ton moqueur, cela fit rire l'équipage, ils jetèrent un coup d’œil amusé à l'adolescent. Bombant fièrement le torse, le mousse répondit:«Je suis prêt, Capitaine. À vos ordres, Capitaines!» J'acquiesçais tout en le suivant du regard, il se plaçait gauchement à l'avant, question de bien suivre mes gestes. Mon attention revint vers Flynn, toujours immobile, les yeux fixer sur moi. D'un regard ferme, je dis simplement:

-Observe.

Disant ça, je vins rejoindre mes hommes sur le pont et me plaça à quelques mètres d'eux pour que tous me voient. Puis, le kata du tigre commença. C'était une danse guerrière fait de mouvements saccadés et fluides tout à la fois. Pied avant, pied arrière, coup de pied, coup de mains, roulade au sol, remonter en se protégeant de nos bras, avancé en glissant les pieds tout en glissant nos bras l'un sur l'autre pour changer de position. À l'unisson, c'était magnifique à observer, nous étions tous concentrés et notre souffle était profond et sonore. La sueur au front, mes sens devins plus aiguisés, je sentais mon énergie circuler en moi, le vent vint me rafraîchir agréablement. Continuant le Kata, que je connaissais par cœur, je fermais les yeux, le sourire aux lèvres. Je me sentais si libre, si bien.  Revenant à la réalité, je poussais un profond soupir, mes mains et mes pieds se joignirent  pour un salut solennelle , le Kata du tigre était terminé. 

-Bien, recommencer.  Ed!

-Aye, Capitaine? Demanda Edward, grand séducteur et escrimeur de renom.
-Je veux que tu montre à Flynn le Kata de base.
-À vos ordres, Capitaine. Suit moi le nouveau, je vais te le montrer. Flynn n'eut pas d'autre choix que de le suivre. Les observant, je souris, convaincue que tous deux allaient devenir bons amis, ils avaient la même prestance et le même humour narquois.Satisfaite de mon choix, je marchais à travers les rangées d'hommes, corrigeant ici et là des mouvements imprécis ou mal exécuter. Après un long moment, je me dirigeais vers mon nouveau élève qui visiblement commençait déjà à mémoriser le Kata de base, qui était en fait une petite idée de tous les katas d'animaux que je connaissais: Le tigre, le serpent, la grue et le dragon. Me voyant, Ed se mit à accélérer le rythme pour m'impressionner, mais je ne fis que froncer les sourcils en reprochant:

-Ralentis, Ed. Ce n'est pas la vitesse qui compte, mais maîtriser la technique.
-Aye, Capitaine. Marmonna Edward déçu, il n'arrivait pas à me faire tomber en pâmoison.  Sacré Ed! Je tournais mon regard vers Flynn puis j'avançais pour déposer doucement ma main droite sur son ventre et l'autre sur son dos.

-Tiens-toi droit, c'est ça. Rentre tes abdominaux, plus de tonus! Écarte tes jambes, baisse, encore, plus bas.  Aye, ça fait mal aux cuisses, mais c'est excellent pour travailler l'endurance et l'équilibre. Parfait, quand je te le dirais expire profondément en faisant: Ah! Disant ça, je me plaçais en position attaque pour lui envoyer un petit coup de poing dans le ventre. Expire! Ordonnais-je. Encore! Encore! Très bien. Il avait comprit, je cessais alors mon attaque, et d'un regard satisfait, j'expliquais:C'est important que tu expire, peu importe l'attaque ou la chute, ça diminueras la douleur et le risque de dommage interne.  Bon, recommence, je vais te corriger.
-Profite s'en, on a le droit à ça une fois par ans.
Dit Ed d'un air nostalgique et narquois.Indifférente à sa niaiserie,  je concentrais mon attention sur l'Éladrin qui s'affairait à exécuter le début du Kata. Tournant autour de lui, j'appliquais les corrections:

-Tends tes bras, écarte tes pieds, plus lent la rotation du poignet. Ralentit le rythme, respire. Baisse ton pied, la hanche ne doit pas levée.
Disant ça, je fis une pression avec ma main sur le côté de sa cuisse tout en glissant mon autre main sur sa hanche opposée. Voilà, comme ça. Un jour, tu vas être capable de lever très haut ta jambe tout en gardant tes hanches droites et stables. Comme ceci!  Je lâchais ma prise et je reculais pour exécuter le coup de pied, celui-ci toucha presque le sommet de ma tête, tandis que mes hanches suivaient d'une manière parfaite l'attaque. Me voyant faire, Ed admira ma souplesse, persuadé que je ferais décidément une incroyable amante au lit. Soudain, il eut une idée, et opportuniste, il osa demandé:

-Capitaine, si on montrait au nouveau à quoi ressemble ce Kata lors d'un combat? Il va mieux comprendre à quoi ça sert, non?
-Effectivement. Sutki!

On se plaça l'un en face de l'autre en position de combat. Je poussais un cri et j'attaquais, tout en respectant l'enchaînement de mouvements du Kata de base. Chaque mouvement avait un sens, ma rotation de main bloqua son avancé, tandis que son coup de pied circulaire vint me projeter au sol, je me relevais gracieusement et je vins l'attaquer d'une série de coups inspirés du Kata du tigre, et ainsi de suite, jusqu'à la fin. On se battait avec ardeur et précision.  Terminant, nous nous saluons avec respect, le sourire aux lèvres et le regard brillant. Croisant celui de Flynn, j'expliquais:

-Voilà à quoi sert un Kata,Flynn. Ce sont différentes techniques de combats que peu de gens connaissent,c'est pourquoi l'ennemi reste souvent déstabiliser et...

-COUP DE CANON À BÂBORD, CAPITAINE! Hurla Fior au sommet du mât. J'eus à peine le temps de me retourner qu'un corps se projeta sur moi pour me protéger, des éclats de bois revolèrent de toute part. Diantre! Qui nous attaquait?!




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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Jeu 18 Fév 2016 - 7:54


Accepter la proposition avait été un choix logique, sensé, rationnel, mais je savais que j’allais peut-être finir par le regretter. Pourquoi ? Je ne savais pas trop. Enfin, nous aurions tout le temps de voir les choses venir car même avec mes informations, il ne serait pas évident de mettre la main sur Sharim. Ce pirate était une vraie anguille, enfin surtout métaphoriquement parlant, parce qu’en vérité, il était un peu lourdaud. Le marché scellé, c’était, pour mon plaisir, le mousse – Benjamin – qui m’avait accompagné jusqu’à mon hamac et fait un bref tour du propriétaire. Pour être honnête, je préférais éviter au maximum le Quartier-Maître d’Ebène, car je savais qu’à la moindre étincelle, cela finirait en véritable brasier entre nous deux, même si je n’étais pas sûr de comprendre réellement pourquoi. Après m’être décrassé et avoir fait une petite lessive avec mes anciens vêtements, je les rangeais, secs, dans le coffre qui était désormais le mien, sous mon hamac. On m’avait fourni l’uniforme du bord, qui, heureusement, n’était pas désagréable à porter. Je m’étais contenté de garder ma ceinture et mes dagues, qui m’avaient été généreusement restituée une fois mon nouveau statut confirmé, le sabre était beaucoup trop encombrant en règle générale. Après une première nuit de sommeil – non forcée, pour une fois – je commençais à prendre mes marques sur ce nouveau navire, toujours guidé par le jeune mousse dont le caractère me plaisait beaucoup, et dont je n’aurais pas été surpris d’apprendre qu’il était un peu la mascotte de l’équipage entier. Alors que nous finissions le tour du navire, la Capitaine se montra et attira l’attention de ses hommes. Benjamin me glissa dans l’oreille que « Sutki » signifiait « prendre position ». Rien d’étonnant à ce que l’équipage suspende ses tâches pour s’aligner en rangs d’oignons. Le mousse me notifia que c’était l’heure de l’entrainement et évoqua un « Kata », dont je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait représenter. Mais apparemment, ses propos enjoués ne tombèrent pas que dans mon oreille.

Adossé au bastingage, les bras croisés, je regardais le mousse se glisser à l’avant, curieux de voir ce qui allait se passer. Le regard entendu que me jeta Sirène me fit sourire et j’acquiesçais en silence : oui, j’allais observer, avec intérêt. Ils commencèrent finalement ce qui s’avéra être une suite de gestes, de mouvements plus ou moins martiaux. Leur relative synchronisation était surprenante et, pour être honnête, je n’avais encore jamais vu ça où que ce soit. Cela semblait être un bon moyen de travailler la cohésion du groupe et nécessitait également une bonne condition physique. Je n’eus pas vraiment le temps d’observer davantage que ce fut rapidement à mon tour de passer au « grill ». Suivant le dénommé Ed qui m’avait enjoint à le suivre, il me présenta grossièrement ce qu’étais un Kata, une série de mouvements et de coups bien précis, et me montra celui qui était considéré comme la « base ». Il décomposa les mouvements un par un, m’apprenant grossièrement à les reproduire avant de me forcer à en apprendre l’ordre et l’enchainement. Pour être honnête, cela n’avait rien de bien compliqué et s’apparentait un peu à de la danse avec une série de pas précis. J’eus ensuite le droit d’être instruit par la Capitaine elle-même qui corrigea ma position et, je n’en étais pas bien sûr, avait peut-être pris un petit plaisir à m’envoyer quelques petits coups de poings pour me faire comprendre l’importance de la respiration, ou dans le cas présent, de l’expiration. Le cours particulier – apparemment annuel à en croire Edward – se poursuivit alors qu’elle continuait de corriger mes gestes sans se gêner pour me toucher ici et là, sans arrière-pensées. Certains auraient pu trouver cela inconvenant, mais j’imaginais que c’était totalement naturel pour elle.

Toutefois, je restais peu convaincu de sa réelle utilité en combat. Bien entendu, quelques mouvements pouvaient être utilisés de ça, de là, mais on se battait rarement contre un adversaire qui respectait les règles de politesse, surtout en mer. Enfin, ce n’était pas pour autant que je dénigrais cet apprentissage qui, au moins, aurait le mérite de m’aider à maintenir ma forme. J’observais la petite démonstration de Sirène et d’Edward, un peu perplexe devant la chorégraphie, mais, finalement, ce n’était qu’un entrainement, car j’imaginais difficilement un vrai combat se passer de la sorte, sauf peut-être entre deux utilisateurs de « Katas ». Néanmoins, je portais suffisamment d’estime et de respect pour mon capitaine pour me contenter de rester à ma place. Quand la vigie annonça le danger imminent, le bruit du tir de canon m’arriva au même moment. Sans réfléchir, je me jetais en avant, attrapant Sirèna avec moi au passage pour l’attirer au sol. Les craquements du bois, qui se déchiquète, ronflèrent à mon oreille avant que je ne repose mon regard sur mon Capitaine, qui, visiblement n’avait rien. Un léger sourire sur les lèvres, presque ravi de ce danger soudain, je me relevais d’un bond, avant de tendre ma main vers elle pour la redresser d’un geste vif, l’attirant ainsi presque contre moi. Nos regards se croisant, mon sourire se fit plus large tandis que je relâchais sa main. « A mon tour de vous montrer de quoi je suis capable, Capitaine. » Il y avait dans ma voix une pointe d’amusement et sans attendre sa réaction, je filais donner un coup de main à Benjamin pour mettre son canon en batterie, son second de bordée n’étant pas encore arrivé. Une fois fait, je sautais à un hauban avant de commencer à grimper. La suite allait se révéler intéressante et je sentais déjà l’adrénaline faire effet.
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MessageSujet: La mort n'épargne personne   Jeu 18 Fév 2016 - 11:43


hrp:
 

C’était une sensation de déjà vu…Le même évènement c’était produit il y a dix ans, Adrien mon ancien capitaine, m’avait protégé de son corps lors d'une attaque de pirates.Quelle ne fut pas ma surprise quand je croisais ce même regard de tempête, qui en fait appartenait à Flynn. Pendant un bref instant, je restais saisie par la chaleur de ce corps contre le mien, si rassurant et si fort.  Puis les sifflements  des  boulets me firent revenir à la réalité, on nous attaquait et il fallait se battre. Promptement, Flynn se releva et me tendit sa main que je pris par réflexe. D’un geste vif, je me fis relevée facilement, mon corps se plaqua presque sur le sien, son sourire s’élargit. Le profiteur! Toutefois, je ne pus m’empêcher de lui sourire, l’excitation était dans l’air, le combat nous appelait et j’avais grand hâte de me battre. Comme si c'était un jeu, et parfois ça me semblait être le cas, Flynn s’exclamait en relâchant ma main :« À mon tour de vous montrer de quoi je suis capable, Capitaine. ». Sans que je puisse dire quoi se soit, il partit à la course pour aider Benjamin au canon. Grand bien lui fasse, mais je risquais d’avoir besoin de lui tantôt. Vivement, j’analysais la situation en observant ce navire qui avait osé nous prendre par surprise. Son pavillon était celui de la piraterie, mais le navire m’était inconnu et il portait le nom du Rat des mers. Rat des mers...Étrange, ce surnom me rappelait celui de Raoul, l'un des derniers mutins de Sharim.  C’est alors que j’entendis un cri alarmé en hauteur. Je levais les yeux et je vis Fior suspendu dans les aires par un cordage, qui allait sûrement lâcher d’un moment à l’autre. Diantre, il avait toujours le chic de se mettre dans des pétrins pas possibles. Me précipitant pour escalader le grand mât, j’ordonnais en même temps à mes hommes :

-Déferler toutes les  voiles! Largue les boulines,brasse au vent, amène les huniers! Exécution! Rapidement, mes matelots s'affairèrent à placer les voiles comme je l'avais demandé, tout en évitant le plus possible l'attaque ennemi.  Malheureusement pour Fior, aucun de ses compagnons n'avaient remarqué sa chute, c'est pourquoi,  je m'empressais d'atteindre le sommet du mât, tout en analysant  la position du navire adverse. Grâce au vent, il serait facile de se mettre hors de porté et de l'attaquer de front, car contrairement au mien, ce navire ne possédait pas de canons avant. Vivement, je baissais les yeux vers Nassim qui se trouvait au gouvernail et je commandais:«Cap Sud-Est, Bosco! Mets nous hors de portée!». «À vos ordres, Capitaine!» Répondit mon second sans obstiner. Les boulets continuèrent à siffler dans mes oreilles, mais par chance, aucun d'eux ne me blessèrent. Au bout de quelques instant, je réussis à rejoindre Fior et au moment où la corde céda, je me laissais tomber à la renverse, mes jambes accrochées à un marchepied et mes mains attrapèrent solidement les chevilles du Tiefflin.  Bon sang qu'il était lourd!

-Ahah! J'adore cette sensation! S'écria follement le marin qui fixait le pont à plusieurs mètres de lui. 
-Fior,prêt à faire une culbute avant? Demandais-je précipitamment à bout de forces.
-Absolument, Capitaine!
-À trois!  Je comptais jusqu'à trois, puis nos deux corps se mirent à se balancer d'avant en arrière, suffisamment, pour que le Tiefflin lâche mes mains en faisant une pirouette dans les aires pour retomber in extremis sur le marchepied où j'étais encore accrochée. Vivement, il m'aida à me relever, nos regards se croisèrent et nous éclations de rire.

-Merci, Capitaine!
-Pas de quoi.Maintenant, occupons-nous de ces chiens! Mon sourire se fit féroce, j'observais le navire ennemi qui avait cessé son tir, car nous étions présentement hors de portée, comme je l'avais prévu. Bosco avait réussi à virer la Sirène face au Rat des mers. Grâce à ma vision d'aigle, je l’aperçu sur le pont, c'était bien lui, ce sale rat! Mon sourire s'agrandit, une étincelle meurtrière fit briller mon regard turquoise. Il allait mourir aujourd'hui.Décidément, Uria me gâtait de ce temps-ci. Fébrile, je me retournais vers Fior en ordonnant:«Va chercher Flynn, Ed, Roger et Gawael Nous allons les attaquer en hauteur.»
-À vos ordres, Capitaine! Rapidement, le Tiefflin descendit avec souplesse, tandis que je criais à l'adresse de mon Quartier-maître: «Bosco, bordée de canons avants!» Bosco acquiesçait et alla promptement communiquer mes ordres aux canonniers. Ceux-ci s'empressèrent à exécuter mes directives, les canons étaient prêt à faire feu. Le Quartier-maître retourna au gouvernail, et sous mon ordre, le navire fonça à toute allure sur l'ennemi et les boulets pleins furent tirés. Voyant nos manœuvres agressives, le navire adverse essaya de bifurquer  pour éviter notre assaut, mais trop tard, ma solide coque vint percuter de plein fouet l'adversaire. Prévoyant le choc,  je m'étais accrochée solidement à un cordage. Déstabilisé par cette attaque audacieuse et imprévisible, les pirates se mirent à courir d'un bord à l'autre, s'armant ici et là. C'est alors que je sentis une présence à mes côtés, c'était Flynn. D'un large sourire, je complimentais:«Eh bien, tu n'as pas bretter. Ça été les canons? Benjamin s'en est bien sortit?». Pendant qu'il me répondait ses autres compagnons nous rejoignirent. «Alors, Capitaine, c'est quoi le plan?» Demanda Ed le regard brillant d'excitation. Mon sourire s'élargit, je pris un cordage, sortis mon sabre de mon fourreau et je sautais dans le vide pour atterrir sur le pont ennemi. «Ah, je vois...»Soufflait Ed, le sourire aux lèvres: «Messieurs, vous avez compris notre capitaine? À l'assaut!»


Touchant le sol, je fis une roulade et j'embrochais le dos d'un pirate  avec mon arme. Plusieurs m'attaquèrent, je dues combattre trois à la fois. Or, le navire ennemi était maintenant remplit d'hommes, pendant notre attaque aérienne, mon équipage en avait profité pour aborder. Continuant de me battre, j'aperçus le Rat sur le Gaillard avant, il se battait contre Flynn. D'un sourire vengeur, j'ordonnais:«Nassim, Ed, Fior et Gawael! Avec moi!». Par chance, ceux-ci étaient à proximités de ma zone de combat, nous foncions tête première dans la bataille, estropiant des gorges, des ventres et des torses, puis enfin, Raoul, dit le Rat, ancien compagnon de Sharim, se trouva devant nous. Il repoussa Flynn d'un coup de pied et il se tourna vers moi. Me voyant, le Rat eut un sourire sauvage, il ne semblait aucunement surpris de me voir.


***

-Cassiopée Valdriana! Woah,  t'es devenue une femme, et toute une!  Il prit un instant pour me dévisager comme si j'étais nue, puis il continua: Alors, c'est vrai, tu as donc survécu à la mutinerie?»
-Aye, sale rat, dans le but de te tuer! M'insurgeais-je le regard flamboyant de haine.
-Tutt, tutt, la vilaine fille! Tu es aussi mal polie que ton vieux père.
- Espèce de traitre! Comment ose-tu salir la mémoire de notre défunt capitaine! Il t'en cuira! S'écria Fior en s'enflammant, Gawael fit de même, l’œil meurtrier. «Du calme, mes diablotins, c'était les ordres de Sharim, pas les miens! On voulait juste profiter du butin, et d'une bonne entrecuisse par la même occasion.» Répliqua-t-il  d'un sourire mauvais en me toisant. Rouge de colère, je perdis tout contrôle en l'attaquant d'un cri de rage. Il me contre-attaqua avec adresse en me projetant au sol. Merde, j'avais oublié qu'il avait  bénéficié d'une formation de base en art martial appris de mon feu père.Au moment où il voulut me trucider grâce à son épée, je bifurquais sa riposte d'un coup de pied et  mes hommes en profitèrent pour se ruer dessus. De mon côté,  je m'étais relevée et je combattais férocement les hommes qui essayaient de secourir leur capitaine.Or, celui-ci fut très vite déstabilisé par nos formes de combats, qu'il n'avait pas eu le temps d'apprendre, dix ans plus tôt.  Enfin,  Nassim l'envoya baladé de quelques mètres d'un coup pied circulaire en rugissant: «Prend ça, mon salop!». Ed le complimenta d'un ton narquois: «Très beau coup de pied, Bosco.». En ce moment, je ne partageais pas la même frivolité qu'Ed,car Raoul restait très dangereux. Terminant d'achever deux marins, je me retournais vers  le pirate qui se releva d'un rire rauque. Crachant une dent, il me complimenta d'un air mauvais:

-Je vois que tu as bien entraîner tes hommes, mais personne ne peut éviter ça!   Vivement, le pirate sortit un pistolet et le pointa dans ma direction. Sans que je puisse réagir,le coup de feu retentit et sans hésité, Nassim se précipita devant moi.  La balle l'atteignit proche du cœur, il s'écroula dans mes bras.  Désemparée, je serais sa tête contre mon sein et d'une voix chevrotante, je demandais:

-Pourquoi as-tu fait ça, Nassim?!  Son regard se fit vague, du sang coulait de sa bouche. Non, non,non...Nassim,reste avec moi, pitié,  reste avec moi! Nassim!
-Je...t'aime...Réussit-il à dire, ce fut ses derniers mots. Ses yeux bleus, tout à l'heure si vivant, devinrent vitreux, il expira et mon regard se remplit de larmes. Il venait de se sacrifier pour moi, il m'avait protégé jusqu'au bout.   Tendrement, je posais mes lèvres sur les siennes, tandis que le Rat pouffa de rire, tout en rechargeant son pistolet. Certains des hommes osèrent l'attaquer, considérant que c'était le moment opportun pour l'achever,mais il réussit à éviter leurs coups, tout en terminant de charger son arme à feu.  Son attention  rivé vers mes hommes, je déposais la tête de Nassim au sol,je  pris mes armes en main et je m'accroupis pour être prête à me propulser vers l'avant. Attendant le moment idéal, mon regard glacial croisa celui du Rat et je dis d'un ton anormalement calme:

-Tu as participé à l'assassinat de mon père et au viol que j'ai subit, et  maintenant, tu as tué Nassim, un homme que j'aimais profondément. Je te promets que  tu vas mourir dans d'atroces souffrances.
-J'en doute, ma magnifique putain. Répliqua-t-il grisé par sa victoire. Avant qu'il ne brandisse encore son pistolet vers moi, je bondis sur lui, mon sabre vint fendre la moitié de son visage. Gémissant, il lâcha son pistolet tandis que  je brisais sa jambe d'un coup pied violent. Il poussa à un nouveau cri de douleur en tombant par terre,  et j'en profitais pour lui trancher les mains. Il hurla davantage et incapable de bouger, il me fixait avec terreur de son œil encore valide. Mon regard brillait d'une folie meurtrière, même mes hommes pâlirent, il ne m'avait jamais vu dans cet état auparavant. Le dévisageant d'un sourire mauvais, j'ordonnais sans pitié:

-Fior et Gawael, calcinez- le.
-Non, pitié, Cassio, c'est un mal entendu. Pitié, je ferais tout ce que tu veux. Marmonnant fébrilement Raoul  en crachant du sang. Mon sourire sadique s'élargit,  je m'accroupis pour mieux le dévisager.
-Tout ce que je veux, hein? Si tu me dis où est Sharim, je te promets de peut-être t'épargner. Désespérément dupe,il répondit sans hésitation:
-Il a trouvé refuge au Boyou des truands après avoir assassiner son capitaine, Juu'lar Aestyrm. Il en avait marre d'être son second.
-Je vois, il a encore déclencher une mutinerie. Dis-je en jetant un coup d’œil à Flynn.
-Aye, et quand il a apprit que tu étais encore vivante,il m'a envoyé pour   te tuer.
-Visiblement, il m'a sous-estimé, car c'est toi qui va mourir. Répondis-je en me levant.
-Mais...Tu m'as dis que tu allais me laisser vivre! S'écria en larme le Rat.

 Froidement, je me tournais vers Fior et Gawael en commandant: «Enflammez-le.». Vengeurs, mes Tiefflins le bombardèrent de flammes, Raoul beugla comme un dément, et après avoir essayer d'éteindre le feu en roulant sur lui-même,  il expira.Enfin, le combat était terminé. Il y eut un soupir de soulagement collectif, les Élites étaient encore une fois victorieux, mais leur capitaine se sentait vide de toute vie. Comme dans un cauchemar, je me tournais vers le corps inanimé de Nassim. Il était mort...Réellement mort...Fébrile, je tombais à genoux et éperdue,je caressais doucement ses traits désormais immobiles pour l'éternité. Je ne pus retenir mes larmes, mon cœur et mon âme étaient déchirées par cette mort subite. Fraternellement, je déposais mon front contre le sien et je fermais les yeux, mes larmes submergèrent sa peau froide. D'un ton cassé, je dis en oubliant tout ce qui m'entourait:


- Je finirais notre vengeance, mon amour, je te le promets. Pour toi, je le tuerais.


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Lun 22 Fév 2016 - 11:46


Malgré le danger imminent, ou peut-être à cause de lui, j’avais apprécié ce contact avec sa Capitaine. A dire vrai, elle ne me laissait pas indifférent, qu’il s’agisse de son regard ou de sa crinière de feu, mais, au-delà du physique, il y avait également autre chose, sur lequel je n’arrivais pas à mettre le doigt, mais cela pouvait être très bien dû au simple fait des circonstances de notre rencontre, et rien de plus. Profitant nonchalamment de cette proximité, exacerbée par l’excitation du danger, je la laissais ainsi, saine et sauve – pour le moment – pour m’affairer à mon rôle Sur le passage, j’aidais le petit Benjamin à mettre son canon en place avant que son compagnon de bordée ne vienne le rejoindre. Passant une main dans les cheveux du petit, je jetai un coup d’œil autour de moi. Il y avait très peu de blessés, heureusement, et on descendait déjà les malheureux à la cale, probablement dans les quartiers du médecin, ou de ce qui s’en rapprochait. M’agrippant à un des haubans, j’observais le navire qui continuait de tenter de nous pilonner, mais il ne me disait rien. De son côté, la Capitaine avait donné ses ordres et son équipage s’affairait à les exécuter. Notre adversaire aurait du attendre encore un peu avant de hisser son pavillon et de nous attaquer, il venait probablement de rater sa meilleure chance de mettre la Sirène à bas car, pour avoir un peu observé le navire, je me faisais une petite idée de ce dont elle était capable et elle en avait dans le ventre, suffisamment en tout cas pour renverser cette situation, qui n’était pas très brillante pour nous. Après avoir donné un coup de main pour déferler les voiles, j’observais, comme beaucoup, la manœuvre, celle qui allait mener à la seule issue possible : l’abordage.

Les canons de proue tirèrent leur charge de fer à destination de l’ennemi dans un fracas assourdissant mais dont j’avais l’habitude. La stratégie de Sirèna ne tarda pas à me frapper : elle allait foncer droit sur son adversaire. Le choc serait rude. Alors que je regagnais le pont pour me préparer à l’impact, une main se posa sur mon épaule et un Tiefflin m’ordonna de le suivre, ordre du Capitaine. Sans discuter, je le suivis, toujours prêt à me tenir bien droit pour le moment où les deux navires se percuteraient violemment. Cela ne manqua pas d’arriver, alors que nous rejoignions, avec Edward, qui avait été réquisitionné également, la maîtresse du navire. Sa question à propos de Benjamin me fit sourire. « Je connais beaucoup d’hommes qui ne manient pas aussi bien leur canon. » Je ne savais pas si le mousse avait fait mouche mais j’étais convaincu qu’il avait fait de son mieux et, de ce que j’avais vu, il ne se débrouillait pas trop mal compte-tenu du poids de ces choses-là. Néanmoins, ce n’était pas l’heure de discuter du mousse et, apparemment, il était plutôt l’heure d’aborder notre adversaire. Suivant la Capitaine, je m’élançais, avec les autres, sur le pont de l’autre navire, à l’aide d’un cordage. Dagues en main, je commençais ma danse, légère, mortelle. Eviter les sabres lourds n’était pas trop difficile, et alors que je me m’avançais, ma route croisa celle de l’homme qui commandait. Sans chercher à fuir, j’engageais le combat sereinement. Mon ennemi savait se battre, assurément, mais moi aussi, et même si son allonge, grâce à sa lame était plus longue que la mienne, j’étais habitué à mes dagues et je m’en servais avec agilité et dextérité. Parant ou esquivant les assauts, j’essayais de porter des coups, de ça, de là, pour littéralement entailler sa défense. Malheureusement, il était plus doué que ses matelots.

Lorsque Sirèna nous rejoignit, accompagnée de quelques acolytes, je perdis mon attention suffisamment longtemps pour me prendre un coup de pied de mon adversaire, m’envoyant boulet un peu plus loin. Visiblement les deux ennemis se connaissaient, mais si je pouvais les entendre, il me fallait également faire face au flot d’adversaires qui essayaient de rejoindre leur Capitaine. Bloquant l’un des escaliers, j’essayais de suivre un minimum la discussion, mais, visiblement, Sharim avait mené une première mutinerie par le passé. Etait-ce pour cette raison qu’elle le cherchait ? Concentré sur mon propre combat, je ne pus tourner la tête à nouveau que lorsque j’entendis un coup de feu, juste à temps pour voir Nassim, le Quartier-maître, s’écrouler dans les bras de son Capitaine. Achevant mon adversaire, également surpris par la détonation, je me retournais pour observer la scène et il ne me fut pas longtemps pour comprendre ce qui se passait entre ces deux-là et pourquoi il était rentré sans frapper dans la chambre de Sirèna la nuit précédente. L’équipage des Elites prenait petit à petit le dessus et m’offrait une once de liberté pour me permettre d’observer davantage la scène, ainsi que la revanche de Sirèna. J’écoutais alors les confessions du perdant, croyant profiter d’une clémence dont je savais déjà qu’elle lui serait refusée. Apprendre que Juu’lar était mort me fit un pincement au cœur, mais c’était hélas les affres de la vie de pirate. Lorsque les Tiefflins exécutèrent la sentence, mon regard ne quitta pas Sirèna qui s’était tournée vers le corps sans vie de Nassim avant de tomber à genoux devant lui. Passant mes lames ensanglantées sur l’écharpe d’un cadavre proche, je les rangeais en m’approchant. « Vous deux, les Tiefflins, occupez-vous des derniers pirates. Edward, toi et ton compagnon devriez vous occuper de Nassim. Nous aurons des choses à régler à bord de la Sirène. » Mon ton n’était pas impérieux, mais nous ne pouvions rester là à rien faire et, surtout, il fallait avancer. Faisant quelques pas pour rejoindre ma Capitaine, je posais ma main sur son épaule. « Debout, Capitaine, ce n’est pas encore l’heure pour cela. » Sans crier gare, je m’agenouillais à côté d’elle, puis, passant l’un de ses bras autour de mon cou, je l’aidais à se relever. Jetant un œil à mes camarades, je leur fis comprendre d’un regard que je m’occupais de la ramener à bord de son navire.
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Lun 22 Fév 2016 - 21:30




Ferme et un brin autoritaire, la voix de Flynn me sortit de ma torpeur. Lentement, je délaissais le front de Nassim et je jetais un léger coup d’œil à mes hommes. Allaient-ils lui obéir? Leur Quartier-maître venait de trépasser et leur capitaine semblait dépassée par sa mort,présentement, ils n'avaient aucun chef pour les commander et l'ennemi avait perdu. J'attendis, et avec étonnement, je les vis lui obéir.  Sincèrement, cela me rendait perplexe, et ce n'était pas la tristesse qui me paralysait sur place, mais plutôt une prise de conscience. Nassim n'était plus et je venais de leur montrer que j'étais faible en pleurant sur son corps, aucun capitaine mâle n'aurait réagi de la sorte. Seigneur qu'est-ce que je venais de faire?  J'avais perdu tout contrôle sur mes émotions. Au moment où Ed et ses deux compatriotes se penchèrent pour transporter le corps de leur défunt Quartier-maître, je sentis une main sur mon épaule et la voix de Flynn qui me commanda: « Debout, Capitaine, ce n’est pas encore l’heure pour cela. » Je croyais entendre Nassim me dire: Soit forte, debout! Oui, être forte..Être forte.  Avant que je puisse reprendre mon aplomb, Flynn mit mon bras autour de son cou et me releva. Voyant son geste, plusieurs de mes hommes le regardèrent d'un air interrogateur. Bien que son étreinte me fit énormément de bien, je devais absolument me ressaisir, être forte  et prouver à mes hommes que j'étais encore digne d'être leur capitaine.Retrouvant ma vitalité, mes yeux limpides croisèrent ceux de Flynn, si chavirant,et  je dis résolument en me dégageant:«Je suis capable de marcher seule, va plutôt aider les Tiefflins à achever ces pirates.S'il reste des survivants, qu'ils soient mis à genoux devant moi.»

Je crus entendre un soupir de soulagement provenant de mes hommes, leur capitaine leur était revenu. Me tournant vers mes marins, je séchais rageusement mes larmes du revers de la main et me tenant droite, je m'exclamais fortement: Prenez tout ce qui a comme butin, puis retourner au navire. Nous devons réparer les bris sur la Sirène, soigner les blessés et continuer notre route.   Sans s'obstiner, ils exécutèrent mon ordre, le navire fut maintenant vide, seuls les prisonniers et plusieurs hommes restèrent, dont Flynn et les Tiefflins. Détachée et froide, je baissais le regard sur les pirates désormais agenouillés. Messieurs, vous êtes coupables de crimes contre la Couronne de Varakir. Qu'Uria vous montre le droit chemin dans la mort. À ses mots fatales,les pirates se firent trancher la gorge, leurs corps s'écroulèrent sur le sol. Je les dévisageais pendant un instant, puis mon regard s'attarda au corps carbonisé de Raoul. Le feu...Je jetais un regard aux Tiefflins, et comprenant, ils acquiescèrent et enflammèrent ici et là le Rat des mers.  Croisant le regard brumeux de  Flynn, j'eus un pâle sourire et je le remerciais brièvement: «Merci pour ton soutien.»  Disant cela, je lui tournais le dos, je pris un cordage et je revins sur mon navire. Le reste de mon équipage me suivit, les autres avaient déjà commencer à soigner les blessés et à réparer  la coque à tribord, heureusement, les bris n'étaient pas sévères.Retournant au gouvernail, je commandais:

- Affalez les bonnettes! Flynn,  à la barre, cape Sud-Ouest.


***

Le soleil commençait à se coucher et quand tout était redevenu calme, je m'étais permise de me retirer dans ma cabine, sous l’œil désolé de mes hommes. Ressentant le besoin de vivre mon deuil seule, j'avais demandé à Flynn de me remplacer au gouvernail. C'était une place symbolique, celle du second quand le capitaine n'était pas là. Oh,  Flynn ne l'était pas officiellement, pas encore, mais l'Éladrin m'avait prouvé qu'il était apte à diriger mon équipage, je me risquais à lui accorder ma confiance. Or, avant de m'éclipser, je lui avais dit: «Remplace-moi, s'ils manquent d'obéissance, soit dure, ils sont capables d'en prendre.». Puis je suis allée me réfugier  dans ma cabine, je m'étais laissée choir sur mon lit et j'avais pleuré toutes mes larmes de mon corps jusqu'à me vider complètement.Épuisée, le sommeil m'avait gagné et j'avais rêvé à Nassim. Dans ce songe, j'étais nue, mon corps  était enveloppé de lumière et je sentais sa douce chaleur contre ma peau basanée. Il me souriait doucement, mais il ne parlait pas. Je me blottis contre lui, l'embrassais et il répondit à mes caresses avec tendresse. Après, lentement, il se leva pour me dire: Je dois partir. Je serais toujours là pour toi. Soit forte pour moi et l'équipage, tout ira bien, tu es entre de bonnes mains. Je t'aime, mon amour. Puis il disparut dans une nuée lumineuse, je criais son nom, je le suppliais de revenir, mais trop tard, il était partit.

Manquant d'air, je me réveillais en sursaut, les joues humides de larmes, et je me précipitais pour ouvrir les charpentes. Fermant les yeux, je respirais à plein poumon l'air marin, mais aussi l'odeur de l'encens. Mes hommes avaient décoré le pont de chandelles et de cierges, un banquet de nourritures avait été installé, accompagner de pichets d'hydromel, la boisson préférée de Nassim. Quelles délicates attentions... J'eus un sourire triste et approuvant, je soufflais d'un murmure: «Oui, mon amour, je serais forte, forte comme je ne l'ai jamais été. Je vivrais pour nous deux et pour l'équipage, je ne baisserais pas les bras.» La mort était chose courante en mer, je devais surmonter ce deuil, le temps viendra faire un baume sur mon cœur. Sur cette pensée, je décidais de me préparer pour la cérémonie. N'ayant pas d'eau pour me laver, j'appliquais de l'eau de rose et de lavande sur mon corps. Par après,  je peignais soigneusement ma tignasse flamboyante, la laissant  dénouée sur mes épaules. Simplement coiffée, je me vêtis d'une robe noire satinée et élégante, qui avantageait mes courbes, elle tombait comme une toge antique, une ceinture d'un turquoise foncé soulignait la finesse de ma taille. C'était un cadeau offert par Nassim, il adorait cette robe et avec raison,  je ressemblais à une reine des légendes anciennes.  C'est alors que quelqu'un cogna, c'était Benjamin.

-Capitaine, la...Il s'interrompit en me voyant, c'était la première fois qu'il me voyait aussi féminine, et diantre, j'étais divine. Vous êtes magnifique, Capitaine. Marmonna-t-il les joues en feu et le regard béat. Je lui souris tendrement et m'approchant, je l'embrassais légèrement sur le front, il en devint rouge comme une tomate. Voyant qu'il n'arrivait plus à trouver ses mots, je demandais: La cérémonie est prête à commencer? Toujours  ébahit, il opinait lentement de la tête. Promptement, je lui dis de venir, et je sortis, sans oublier de prendre le violon de Nassim au passage. Quand j'arrivais sur le pont, mes hommes se tournèrent vers moi et firent silence. Leurs expressions tristes et moroses se transformèrent en ravissement.   Benjamin vint à mes côtés, et il me tendit un verre d'hydromel. Comprenant, je le pris, et je m'exclamais d'une voix émouvante:


- Aujourd'hui, nous avons perdu trois de nos frères d'armes. Chacun d'eux m'était précieux, mais Nassim, je le connaissais depuis quinze ans et il est devenu bien plus qu'un camarade, mais mon meilleur ami.
  Et un amant merveilleux et attentionné.Pensais-je tendrement. Nassim a travaillé pour mon père sur la Jasmina, mais bien avant cela, il fut esclave dans l'Arène illégale de Varakir, et ce, pendant seize ans de sa vie. Je pris une pause, me remémorant ses blessures à son corps ainsi que son intimité arrachée qu'il n'avait jamais voulu me montrer. J'eus un pâle sourire, et je continuais: «Valrik Lerouge, mon père, l'a acheté pour lui  redonné la liberté, une liberté qui a failli le rendre fou, car jamais, il n'y avait eu droit. Or, il a réussi à l'apprivoiser et il a fait de cette liberté une vie passionnante sur la mer. Il a voyagé auprès de mon père, puis auprès de moi. Ensemble, nous avons vécu milles aventures, milles épreuves et milles disputes.» Il y eut un rire collectif qui détendit l'atmosphère,  le silence se fit à nouveau. Je souris en continuant: «Il était un marin et un guerrier hors pair, mais aussi, un Quartier-maître des plus dévoués et des plus loyaux. Aujourd'hui, il s'est sacrifié pour me sauver, il est mort en héro!» Disant cela, je levais mon verre, mes hommes firent de même. «Je bois à un homme qui était pour nous un pilier et jamais nous l'oublierons!  À Nassim! À ceux morts au combat!» Mon équipage répéta en chœur «À Nassim! À ceux morts au combat!» et nous buvions d'une traite nos verres. Par la suite, je descendis les marches, la foule d'hommes s'écarta comme si j'étais une reine allant vers son défunt roi. Ed et Roger avait déposé Nassim dans une barque, son corps recouvert d'un drap et ses mains tenaient son épée contre lui. Me penchant, je mis deux pièces d'argent sur chacun de ses yeux,pour le passeur, et doucement, je me penchais à ses lèvres pour l'embrasser longuement. Notre dernier baiser, cela me broya le cœur, mais je ne pleurais pas. Les pleurs ne ramenaient pas les morts. Finalement, je détachais mon étreinte et je déposais son violon à ses côtés en murmurant: «Pour toi, tu ne peux pas partir sans ton violon. Je t'aime, mon amour, un jour nous nous reverrons.» Ceci dit, j'allais aussi voir les autres défunts, Thomas et Yan, je leur mis aussi des pièces d'argents sur les yeux et j'embrassais doucement leurs fronts. Terminant mon rituel, je me tournais vers l'équipage qui m'observait avec respect et admiration.

-Ed, Gawael, Fior et Roger!
Les quatre avancèrent et ils se mirent devant moi. Prenant un arc, je leur souris avec affection et je leur dis: Avec Nassim, vous m'avez accompagné depuis le début. Il y a dix ans, nous avons survécu à la mutinerie de Sharim Faranir, à la noyade et au naufrage. Je voudrais, mes amis,que vous m'accompagnez pour  l'incinération, vous en êtes digne autant que moi. À la fois triste et serein,mes acolytes prirent à leur tour un arc et une flèche. Visant   la barque qui avait été mise à l'eau, ainsi que les deux radeaux, Fior alluma d'un jet de feu les flèches, et sous mon ordre, on tira sur les défunts. Se confondant au couché du soleil, le feu enflamma les corps. Je fixais l'horizon, une larme perlait sur ma joue malgré moi. Mon ami était parti pour toujours...


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Caleb Daenelynn
Flynn, le Voltigeur
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MessageSujet: Re: La mer est pleine de surprises...   Lun 29 Fév 2016 - 12:09

Ce n’était pas tant une histoire d’ordres, qu’une histoire de ne simplement pas rester là à rien faire. La victoire était dans notre camp, mais nous n’allions pas rester indéfiniment sur le navire des vaincus à attendre que les choses se passent. Les pirates pourraient difficilement profiter de l’occasion, mais mieux valait pleurer les morts sur le pont de la Sirène, une fois qu’elle serait repartie dans des eaux plus calmes. Et je ne voulais pas rester là. J’étais probablement le moins affecté par la mort du Quartier-Maître, surtout après la façon dont il m’avait traité, mais, du coup, j’estimais qu’il était également de mon devoir de secouer les puces de tout ce petit monde. Je pouvais comprendre leur chagrin, mais ce n’était pas le moment de pleurer les morts, pas encore. Peut-être que mes propos furent considérés comme des ordres, peut-être pas, pour moi, ils avaient simplement vocation à réveiller les esprits et les reconcentrer sur les tâches importantes, celles qui devaient être faites avant de pouvoir passer au deuil. Quant à la Capitaine, il était clair maintenant qu’il y avait bien eu quelque chose entre elle et ce Nassim, bien plus qu’on aurait pu y croire au premier abord, mais ce n’était pas dans mon intention de juger. Encore une fois, j’étais probablement la seule personne encore un minimum objective dans cette scène et je me contentais de remplir mon rôle, et si, pour cela, il avait fallu porter le Capitaine jusqu’à sa cabine, je ne m’en serais pas privé. Les moments de faiblesse étaient l’apanage de tous, même des plus grands, la question n’était pas de savoir comment, ni pourquoi, l’on était tombé, mais simplement si l’on était capable de se relever. Et même si je l’aidais à reprendre conscience de la réalité, Sirèna devrait se remontrer forte, très vite, et arriver à tourner la page. Les Hommes mourraient en mer, la réalité était ainsi.

Alors que je la redressai, elle semblait reprendre conscience des évènements et se dégagea sans que je ne la retienne. Je croisais longuement son regard tandis qu’elle me donnait un ordre et, sans répondre, j’acquiesçais avant de rejoindre les deux Tiefflins sur le pont, un peu plus bas. Alors que nous finissions de rassembler les prisonniers en rang, elle s’approcha finalement, ayant visiblement repris du poil de la bête. Elle condamna les rescapés à mort et sans même quelques instants de répit, la sentence fut exécutée. J’observais la scène, légèrement à distance, pas vraiment choqué par la scène, conscient que cela aurait été mon sort si nous avions perdus. Les deux hommes qui avaient enflammé Raoul commencèrent à mettre feu au navire sous l’ordre de Sirèna et celle-ci se tourna vers moi pour me remercier dans un pâle sourire. Je me contentais alors d’acquiescer d’un léger hochement de tête silencieux. Il n’y avait pas grand-chose à dire ou faire, et encore moins venant de moi. Alors qu’elle retournait sur son navire avec un cordage, je jetais un dernier regard aux corps qui commençaient à prendre feu puis grimpait sur le bastingage du Rat des Mers avant de sauter à l’eau dans un plongeon pour finalement regagner le navire corsaire en grimpant le long de sa coque, profitant de ce bain pour me remettre les idées en place. A peine avais-je reposé les pieds sur le pont où tout le monde s’affairait, que la voix de la Capitaine retentissait, m’ordonnant de passer à la barre. Surpris, j’obéissais néanmoins sans rechigner, non sans passer à côté d’un seau d’eau fraiche où je pris une gorgée d’eau pour moi et me passait une paume sur mon visage pour effacer quelques traces de sel. A la barre, j’orientais la course du navire dans le cap que l’on m’avait donné à suivre : Sud-Ouest.

Après quelques heures, elle s’était finalement retirée dans ses quartiers, me demandant de prendre sa suite. Surpris, je n’avais pas bronché, me contentant d’acquiescer quand elle précisa que je ne devais pas hésiter à être dur avec les hommes. Maintenant le cap, je n’eus cependant pas de raison de faire preuve d’une quelconque autorité, et, pour être honnête, je n’étais pas certain d’en avoir une. Après tout, comment aurais-je pu être légitime ? Le coucher du soleil approcha, et les hommes s’étaient affairés pour réparer le navire et préparer une petite fête en l’honneur des morts de la journée. Une fois que tout fut prêt, Benjamin fut missionné pour chercher Sirèna et elle reparut à tous dans une robe qui la mettait cruellement en valeur. Toujours en retrait, car j’étais loin d’avoir partagé autant que tous ces hommes, j’observais la cérémonie et, surtout, son Capitaine. Je pouvais difficilement la quitter des yeux, elle et sa chevelure de feu, qui semblait prendre vie sous les rayons rougeoyant du soleil couchant. J’écoutais son discours, à propos de Nassim, de son père, levant mon verre en silence en même temps que les autres, tandis qu’ils criaient en chœur. Après avoir bu mon verre, je m’étais retiré à la poupe, m’installant sur le bord du bastingage, observant la barque prendre feu dans le soleil couchant. Mon regard se perdit dans l’horizon pendant quelques instants et la couleur dorée du ciel me fit penser furtivement à Nora. J’esquissais un léger sourire en songeant au fait qu’elle était désormais en sécurité près des siens. C’était une bonne chose. Quant à moi, il semblait que mon propre chemin avait prit une drôle de tournure, mais, pour être honnête, je ne pouvais pas réellement m’en plaindre. Il était difficile de s’imaginer être un homme libre, même si la nouvelle de ma mort n’était sans doute pas passée inaperçue…
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La mer est pleine de surprises...

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