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 Une cargaison méphitique [ Terminé ]

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Khaad Grak'moha
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MessageSujet: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Ven 26 Juin 2015 - 4:46

Bon, les voilà arrivés à bon port et c'était le moins que l'on puisse dire. Maintenant ne restait plus qu'à trouver un navire qui voudrait bien les accepter. Oh, les navires amarrés, ce n'était pas ce qui manquait ! Mais, outre le fait que Khaad n'en reconnaissait pas un, il doutait que beaucoup ne partent dans les jours à venir. Il fallait s'armer de patience et tenter sa chance. Un bateau inconnu en valant un autre, Khaad s'attaqua au plus proche de lui. C'était une goélette à l'allure élancée qui promettait d'être rapide et agile sur les flots. Exactement le type de navire qui convenait aux besoins du chasseur.

-Hého, du bateau ! Il y a quelqu'un à bord ?

De façon très subtile, le nain avait crié à tue-tête vers le navire à l'aspect endormi. Ne décelant pas de mouvement et n'entendant aucune réponse, il s'avança sur le ponton, s'arrêta au bout de celui-ci et attendit là. Ne pas monter à bord d'un navire sans que son capitaine l'y eut invité lui paraissait judicieux, surtout quand on cherchait ses faveurs. Ce fut donc à cet endroit qu'il retenta d'attirer l'attention sur lui. Seul le silence lui répondit, et le ricanement de son comparse déjà sorti de son état de torpeur. À n'en pas douter, Ditwin ferait son possible pour faire échouer les négociations : son salut en dépendait. Car, si celui-ci avait assez de valeur pour que la Guilde tente de le sauver à Bélin, loin de Paria, il n'en avait pas assez pour que la Guilde tente quelque chose en terre naine. Et même si la contre-partie pour être « sauvé » ici risquait de lui coûter cher, ce serait toujours plus intéressant que de reposer six pieds sous-terre.

Enfin, le prisonnier ne pouvait s'attribuer le mérite de cet échec : soit personne à bord n'était réveillé – ce qui est très peu probable sur un navire même si tard dans la soirée- soit on les ignorait royalement. Dans tous les cas, ils devaient tenter leur chance ailleurs. Khaad se dirigea donc vers le navire suivant, une goélette également, en traînant le nain récalcitrant derrière lui et répéta la même opération. Cette fois-ci, avant même qu'il ne fut monté sur le ponton, il perçut du mouvement à bord, des bruits de pas et de voix.

D'un ton un peu plus fort que nécessaire, Ditwin attira l'attention sur un détail non négligeable pour les futurs négociations. Un point négatif, bien entendu.

-Tu crois qu'ils vont accepter un duo de nain puant sur le navire ? C'est des pirates et peut-être pas porté sur l'hygiène mais enfin….

Ditwin fit un regard éloquent de haut en bas vers son gardien puis vers lui-même. Le rapatrieur lui renvoya un regard assassin mais fut bien obligé de reconnaître en son for intérieur qu'ils avaient un aspect guère ragoûtant, l'odeur n'aidant pas vraiment. Pour sa part, une odeur rance de vomi mélangé aux effluves de sueur aigre ainsi qu'à l'odeur métallique du sang séché, présent ici et là sur sa tunique, venait agresser le nez de quiconque l'approchait. Pour le prisonnier, c'était à peu près la même chose, l'odeur de sang en moins. Il n'en avait pas en grande quantité sur lui, autre que le sien, reçu suite à ses diverses chutes et « réveils » brutaux. Pour le vomi quant à lui, s'il se faisait moins sentir, on en voyait encore des traces parsemées un peu partout dans sa barbe touffue. Finalement, c'était Éleonor qui s'en était le mieux sorti des trois : avec ses flèches, pas de trace de sang sur elle. De plus, comme c'était elle qui avait secoué Ditwin au-dessus de Khaad, pas d'éclaboussure de vomi non plus. L'ange avait la part belle, même si elle n'était pas présente pour en attester.
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MessageSujet: Re: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Ven 26 Juin 2015 - 20:40

Le froid était terrible en cette saison froide, je fermais les fenêtres de ma cabine en frissonnant et me couvrit d'un manteau de fourrure noire. Revenant à ma carte sur la table, je l'observais attentivement. Nous étions au Port de Bélin, la tempête faisait rage, et bien que ma Goélette avait été conçu pour affronter ce genre de climat,mes hommes, après une longue traverser sur la mer des Larmes, avaient  besoin de se reposer et de se distraire, c'était compréhensible. Alors, à travers la mer agité, nous nous étions amarrés à l'un de ces quais et attendions que le temps fut plus clément. N'étant pas du genre à errer dans les tavernes, j'étais restée sur mon navire, en compagnie de mon chat, en sirotant du vin et en réfléchissant à l'avenir. À mon grand regret, le continent d'Ildirith n'avait pas besoin d'une Corsaire, la paix régnait, alors je réfléchissais à ce que j'allais faire.

 Plusieurs pirates menaient la vie dure aux Varikirois et pillais au large des côtes.  Les batailles navales me manquaient terriblement, c'était l'occasion de  reprendre la mer et de partir en chasse, je souris de plaisir. En outre,ça allait m'attirer les bonnes grâces du Seigneur Dagathor, cela faisait longtemps que je ne lui avais pas rendu visite. Le cœur battant,j'eus hâte d'exprimer ma décision à Nassim, mon contremaître, mais il était entrain de parcourir le Port, à la recherche d'informations concernant certains fugitifs, dont Flynn Le voltigeur. C'est alors que j'entendis une voix qui me fit dressée la tête. Pensant que c'était le vent, je haussais les épaules et reportais à nouveau mon attention sur ma carte jaunie et plissée, fait de peau et d'encre brune. Mon doigt caressa la douceur du parchemin, qui attira le regard félin de Brise.  D'un bond gracieux, elle sauta sur la table et vint mordillée mon index.

-Petite coquine! Murmurais-je en la prenant dans mes bras et en la caressant. Elle se mit à ronronner de plus belle, puis ce débattit pour retourner à terre. Mon sourire s'agrandit, cette chatte était aussi indépendante et indomptable que moi, ce fut une des raisons pourquoi je l'aimais tant, on se comprenait. Une nouvelle fois, j'entendis une voix à travers le brouillard  blanc. La plupart de mes hommes étaient tous à terre, certains étaient restés à bord, mais ce reposait dans leur hamac, le retour avait été rude, je ne pouvais les blâmer. Intriguée, je mit mon capuchon à poile d'ours et mes bottes de fourrures, puis sortit silencieusement sur le pont. Mes voiles et le pont étaient couvert de glaces et de neiges, heureusement que j'étais agile et mon équilibre admirable, car une personne ordinaire aurait tombé à maintes reprises. M'approchant du bord, j'aperçus deux silhouettes descendant de ma passerelle et se diriger vers la Goélette à côté.

 Le bâtiment était grand, mais beaucoup moins effilée et sophistiqué que La Sirène.  Son pavillon était noir, ainsi que ses voiles, je le connaissais pour l'avoir souvent affronter en mer, un vieil ennemi local,Jason Auragne, un contrebandier, parfois pirate, selon son humeur. Malheureusement pour moi, il était interdit de combattre proche du Port de Bélin, une traite imposée par les autorités. Cependant, rien ne m'empêchait de le narguer, mais je ne devais pas dépasser la limite permise, au risque de me retrouver en prison, ce qui n'étais pas une bonne idée. Diantre, être enfermée entre quatre barreaux ne me tentaient guère, moi qui aimais tant la liberté et l'aventure. Mieux valait restée sage. D'une démarche silencieuse et féline, je suivis de mon pont les inconnus, des nains visiblement, jusqu'à ce que je les vois monter sur la passerelle du Diable noir, le navire d'Auragne. Je vis celui-ci au loin, vêtu d'un grand manteau aussi gris que sa chevelure. Malgré la quarantaine passé, il restait  bel homme, virile et séducteur, mais le connaissant mieux que quiconque, il était très orgueilleux et mesquin.  Je souris malicieusement. Certes, je ne pouvais me battre contre lui, mais rien ne m'empêchais de lui voler sa clientèle. Qu'avais-je à perdre? Je m'approchais davantage et me mit debout sur le bord pour qu'il me voit mieux.

-Oh là! Que vois-je donc? Des Irkuls qui me demandent asile? S'exclama Jason d'une voix grave et moqueuse en s'approchant d'eux. Et quelle est vôtre offre?

L'offre était alléchante, mais avare qu'il était, le Capitaine n'en resta pas satisfait. Il croisa les bras et fit non de la tête. Ses marins commencèrent à l'entourer, à la fois intrigués et  railleurs. Plusieurs les huèrent de plaisanteries fort déplaisantes, d'autres parièrent concernant la décision de Jason. Celui-ci les fit taire d'un geste raide, puis imposa ses conditions:

- Je veux le double du prix, plus la promesse que vous allez cirer mes bottes, astiquer le pont, servir le repas à mes hommes et...
-Et torcher mon  vieux cul de loup de mer! M'exclamais-je  d'une voix forte pour me faire entendre à travers la tempête. Surpris, tous se retournèrent dans ma direction et m'apercevant, les pirates dégainèrent leurs armes, l’œil féroce, même si on fond, chacun rêvait de m'avoir dans leur lit, surtout le Capitaine...L'amour et la haine étaient des sentiments très proches disait-on. Pour une humaine, j'étais une beauté, mes cheveux de braise et mon regard turquoise, contrastant avec ma  peau basanée, étaient admirés et désirés par de nombreux marins de la région. Mon caractère indomptable, rendait la conquête plus attrayante, mais hors d'atteinte. Dévisageant ma fine silhouette, Jason eut un étrange sourire, mi-pervers, mi-mauvais. Je savais qu'il avait fait exprès de s'amarrer à côté de La Sirène, pour me narguer, mais il perdait son temps, car je me foutais éperdument de ce bougre. Il avançait pour mieux me dévorer du regard et répliqua:


-J'aimerais bien que ça soit  toi qu'il le fasse, ma toute belle!

-Te torcher le cul? J'ignorais que tu avais de tels fantasmes...Oh, je vois...
-Tu vois quoi? Questionna-t-il sèchement, agacé par mon air moqueur.
-À ce que je sais, les seuls qui fantasment sur les culs se sont, et bien...tu sais, les sodomites. Remarque je n'ai rien contre, mais ça...
-Ta gueule, Sirèna! Rugit Jason rouge de colère en dégainant aussitôt son épée, ses hommes suivirent. Je n'en fis rien, mais je lui offris mon plus sourire. Il comprenait cette expression triomphante, car il savait que même s'ils m'attaquaient, j'aurais le dessus sur eux. La dernière fois que je l'avais mit  en colère, nous avions brisé son mât de misaine, son gouvernail, tué la moitié de son équipage et livré l'autre moitié aux autorités Bélinoise. Visiblement, il s'en était sortit indemne, et il avait réussi à s'acheter un nouveau navire, mais moins beau que l'ancien. À cet instant, il partageait ces mêmes souvenirs, son regard sombre brillait d'une lueur assassine...mais la violence allait attirer la milice, il devait me confronter avec les mots, et non avec les armes. Ce qu'il fit la mâchoire crispée et l’œil torve en ordonnant:

-Va donc écœuré quelqu'un d'autre. Ne vois-tu pas que j'ai des clients?

-Aye, mais ce sont mes clients.
-Quoi!? Répliqua-t-il d'une voix rauque  en se penchant pour me confronter du regard. Indifférente à la menace qui planait, je répondis calmement:
-Ces messieurs ont interpellé mon navire en premier, donc ce sont mes clients.
-Alors, pourquoi sont-ils sur MON navire entrain de me demander de l'aide, s'ils sont venus te voir en premier? Interrogea le vieux loup de mer, en levant un sourcil. Excellente question. Cette conversation commençait à être agaçante,j'aimais mieux  les coups de canons et les combats à l'épée, mais nous vivions dans un monde supposément civilisé, alors mieux valait ne pas envenimer la situation. Je devais lui clouer le bec et convaincre ces nains, qui effectivement, empestaient le vomi et le sang. Je haussais les épaules, en répondant flegmatique:

-Bah, ils ont bien le droit de prendre leur temps pour choisir un navire de qualité, et il est clair que le tien n'en fait pas parti.
Bouche bée, il écarquilla les yeux et ne sut quoi répondre, sachant que sa Goélette n'égalait pas la mienne. Profitant de ce silence, je me tournais enfin vers les nains, l'un était  jeune et costaud, à la barbe noire, son gros nez attirait l'attention, et l'autre était vieux, et malgré son air sympathique et sa chevelure blanche, je vis que ses poignets étaient enchaînés par de solides chaînes.  Un prisonnier? Par son allure, j'optais pour un malfrat, même un meurtrier, je n'étais pas dupe, son regard penaud ne me disait rien qui vaille. Tournant mon regard vers le jeune nain, sûrement un rapatrieur, je souris , mais pas trop quand même, car ayant rencontrer des nains auparavant, je savais qu'ils n'aimaient pas recevoir des fleurs. Cependant, le respect était de mise. Sous la mire tendu de l'équipage adverse, je me présenta courtoisement:

-Salutation, nains de Paria, je me nomme Sirèna, je suis Corsaire indépendante et capitaine de La Sirène  que voici. J'ai entendu votre offre, et je serais prête à l'accepter, plus  un Azgal Dawi d'or pour l'embarcation d'un prisonnier, le couvercle et le gîte ainsi que des vêtements propres. Qu'en dites-vous?
-Oh! Oh! Ça en vaut la peine, Khaad! Surtout que ce beau brin de fille en vaut la chandelle. J'aimerais bien me la taper, si tu vois ce que je veux dire... S'exclama stupidement Ditwin me dévorant d'un œil grivois.Je perdis mon sourire et le foudroya du regard. Jason connaissait cette expression,en ce moment, j'affichais la prestance de la Capitaine contre qui il avait combattu. L'humain soupira en pensant:   «Elle a beau être mon ennemie, Sirèna est digne d'être respectée, et ce n'est pas un nain qui va l'insulter..» Sans crier gare, Jason gifla l'arrière de tête du vieux nain, en rugissant un      « Ferme-là, pouilleux d'Irkul!». Double insulte pour  Ditwin qui voulut riposter, mais je l'interrompis en Khazalid, le Langage des nains:

-Dal Dawi wazzok, Af uzkul ablaek.

Ce fut l'étonnement général. À part les érudits, rares étaient les races sachant le Khazalid, à l'exception des nains bien évidemment. Voyageant à travers le monde, je me faisais un devoir de connaître le plus de langues possibles. Ce que je venais de dire laissait perplexe Jason et ses hommes, mais Ditwin avait pâlit et acquiesça lentement, il semblait sur le choc que je sache sa langue. En soit, je venais de dire: «Vieux nain imbécile, tu vas mourir si tu m'insulte encore.» . J'ignorais si son Rapatrieur m'avait compris, mais je m'en foutais, l'important c'était d'être sûr que son prisonnier garde sa langue en bride, au risque de la perdre.  Aussitôt dit, je tournais mon regard vers le chasseur de prime en disant simplement:

-Je lève mon ancre à l'aube.


C'était ridicule de perde mon énergie à convaincre des nains, j'avais d'autres chats à fouetter. Sur ce, je tournais les talons et disparut de leur vu. L'équipage du Capitaine Auragne se dévisagèrent indécis et voyant que notre dispute était terminée, ils reprirent leur travail. Jason me jeta un dernier regard, à la fois courroucé et nostalgique, puis se tourna vers les petits voyageurs. Son humeur joyeuse s'était volatilisée, il rugit avec le plus grand mépris:

-Dégagez d'ici!  Vous puez à m'en faire vomir.






Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Khaad Grak'moha
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MessageSujet: Re: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Jeu 2 Juil 2015 - 13:45

Tous les pores de cet étranger transpiraient la grossièreté. En outre, il se permettait, pour on ne sait quelle raison, d'insulter ses clients et laissait ses subordonnés faire de même. Khaad aurait préféré qu'il s'abstienne également de répondre à son appel. Mais il était là à négocier avec cet homme puant. Enfin pas pour longtemps, d'après la tournure de la conversation. Passe encore qu'il veuille un larbin, Ditwin aurait fait l'affaire, mais doubler le prix !

Bref, avant même qu'il puisse dire le fond de sa pensée,  une marin – la capitaine au vu de son attitude – vint narguer l'homme lui faisant face. Le spectacle qui suivit ne fut pas pour déplaire au nain. La capitaine le remis bien à sa place. Et ce ne fut pas le seul à faire les frais de son caractère : Ditwin qui avait encore parlé à tort et à travers fut scotché par la connaissance de la demoiselle. Et le rapatrieur aussi, il faut bien l'avouer. Ce n'était pas tous les jours qu'il entendait parler le Khazalid, et encore moins dans la bouche d'une humaine. Ça éveillait presque une pique de curiosité chez le chasseur. Presque. Ce qui l'intriguait d'avantage, c'était l’intérêt que semblait manifester son prisonnier à l'égard de la gente féminine humaine, ou aasimar. Que pouvait-il bien trouver de gracieux dans ces grands échalas ? Ça lui échappait totalement. Chez les autres espèces, il ne retrouvait pas les visages doux et poupons des femmes naines ni leur corps respirant la solidité, la force de caractère. Bien qu'il fallait l'avouer, celle-ci ne manquait ni de verve ni d'audace : menacer de mort son prisonnier à lui, et ce sous ses yeux, il fallait l'oser. Ce n'était bien sûr pas pour le bien être du condamné qu'il s'inquiétait, mais pour celui de sa mission. Son ordre était sans équivoque : il devait le ramener vivant dans la mesure du possible. Il serait donc dans l'obligation de le protéger de leur futur hôte en cas d'attaque – et il ne doutait pas qu'elle appliquerait sa menace, à son grand dépit.
Ce détail le fit quelque peu hésiter à monter à bord de son navire. Il était peu probable que s'il attaquait leur capitaine, l'équipage restât sans réagir. Et même si, par le plus grand des hasards, il arrivait à venir à bout de l'ensemble, il serait bien embêté sur un navire sans équipage pour le faire avancer. Sans parler du temps plutôt mauvais de ces derniers jours qui exigeait plus que tout un bon équipage pour s'en sortir sans trop de casse. Mais dédaigner cette offre plutôt raisonnable serait de la folie malgré tout avec la Guilde passablement énervée. Et puis, il était sûr d'une chose : son prisonnier ne risquait pas d'être pris en pitié sur ce navire.

Même si en définitive il avait jusqu'à l'aube pour décider à s'embarquer, Khaad préféra monter à bord dès sa décision prise : passer les dernières heures à terre n'avait pour lui aucun intérêt. Sans être très porté sur l'hygiène, un brin de décrassage ne ferait pas de mal et, puisque son hôte lui offrait gentiment de quoi se débarbouiller, il allait en profiter. S'il y avait une chose qu'il n'aimait pas, c'était sentir des saletés imprégnées dans sa barbe. Et même si son nez n'était pas aussi sensible que son apparence pouvait le suggérer, leur odeur commençait à le démanger.

Ni une ni deux, ils se retrouvèrent sur le navire et cherchèrent à mettre la main sur un matelot qui puisse les renseigner. Pas si facile sur ce bâtiment à l'air désert. De fait, les seuls personnes à bord semblaient être les matelots dans leur hamac, droit devant eux. Le rapatrieur ne savait trop comment il était parvenu là mais, puisqu'il y était, il allait faire appel à eux, endormis ou pas. Étant dans la cale et bien évidemment dans le noir, il ne manqua pas de se heurter et de jurer. Pour couronner le tout, Ditwin qu'il traînait derrière lui le heurta. Avec leur entrée tout en finesse un ou deux grognements n'auraient pas été surprenant. Mais ce fut le calme plat qui repris ses droits après leur petite incartade. À croire que snober les gens étaient un talent endémique à cet équipage.

-Hep, là je cherche de quoi me débarbouiller et un endroit où m'installer.

La personne dont il venait de secouer l'épaule, un matelot plutôt costaud et le teint bronzé de ceux qui travaillent au soleil, répondit de bien mauvais cœur.

-T'as qu'à attendre le quartier-maître : il te donnera ton quart et là ou tu dois te poser. Maintenant laisse-moi dormir.

Si seulement il avait daigné ouvrir les yeux peut-être se serait-il aperçu de son erreur…

-C'est la meilleur ça : un nain marin ! T'as de l'avenir dans la marine, Khaad, t'as vu ça ?! T'embarrasse pas d'un poids mort comme moi surtout, je saurais trouver ma voie.

Évidemment, il n'en pensait pas un traître mot, mais, comme les enfants, il continuait à tester les limites.

-Si vraiment je décidais de changer de métier, je ne laisserais certainement pas un témoin derrière moi ou alors un poids définitivement mort.

Entre-temps la paupière du marin s'était entrouverte le temps de voir à qui il avait à faire. Toujours laconique, il repris la parole avant de tourner définitivement le dos à ses deux intrus, signifiant par là qu'ils n'auraient plus de réponse de sa part.

-J'suis pas agent de renseignement. Si vous voulez quelque chose, allez demander au mousse là-bas et ne me dérangez plus.

Le mousse en question était installé en fin fond de cale et un brin à l'écart des autres matelots. Et qu'il fut aux aguets , ou juste réveillé par les voix des nains, il se tenait déjà debout près à les recevoir. Nulle trace d'énervement sur sa figure : il s'avança même en les interpellant.

-Moi c'est Benjamin. C'est moi le mousse. Je vais vous trouver le nécessaire. Par contre, vous pouvez pas rester là ou vous allez réveiller les autres.

Ainsi, le jeune mousse pris la tête de la petite troupe et les guida plus loin. Sa tête dépassant les deux autres malgré son âge , à peine la dizaine dépassé. Puis, après un « je reviens », il disparu dans les méandres du navire pour revenir avec tout le nécessaire.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Ven 3 Juil 2015 - 20:55

De ma fenêtre, j’aperçus les nains monter à bord, cela me fit sourire. Nassim n'allait pas manqué de critiquer ce choix, mais après tout, qu'est-ce que j'avais à perdre? Ou plutôt, qu'est-ce que j'avais à gagner? De un, une seconde victoire sur Jason, de deux une bourse bien remplit et de trois, une autre traverser sur la mer des Larmes, ce que j'aimais particulièrement. L'assemble de mon équipage allait revenir à l'aube, ils seraient disposés à quitter ce climat froid et peu invitant.

 D'un soupir, je revins à ma carte puis déplaçais ma loupe vers Paria, treize jours de voyage, si le temps était clément, mais une tempête serait la bienvenue. J'aimais le danger, et parfois, je me trouvais un peu suicidaire, mais cela faisait en sorte que j'appréciais la vie d'une façon intense et passionnée. La mer...Je ne pouvais m'en  passer, l'écume fouettant sauvagement ma coque, les vagues indomptables et fortes nous contrôlant selon le gré du vent, j'adorais la défier. Elle était comme une amante capricieuse, parfois clémente et douce, parfois cruelle et sans pitié...La mer était comme moi, je la comprenais, je la ressentais dans chacun de mes muscles, de mon être. Je ne faisais qu'un avec elle. Lasse, je m'éloignais de ma table et je m'allongeais sur mon divan, les bras derrière la tête et les jambes croisés. Pensive, j'observais ma cabine, chaque meuble ou objet me rappelait un souvenir agréable de mes voyages. 

La fourrure sur le plancher venait de la Norpalie, le grand chapeau de paille provenait d'Hokusaï, le masque en bois de Varakir....Tant de souvenirs, la plupart heureux.La plupart. Mon sourire s'éclipsa, mes yeux se portèrent sur l'armure de mon père, exposé au coin de la pièce, puis sur un tableau de moi étant jeune, en compagnie de ma magnifique mère. Mes parents...Des images de leur présence m'envahirent et à cet instant, ils me manquaient et je détestais sentir ce vide, cette détresse sentimentale.J'avais constamment besoin de m'occuper l'esprit et le corps,afin de fuir la nostalgie et la tristesse. Seule la vengeance primait et l'amour de la guerre, le reste me rendait faible...Émotionnelle. Soudain, un craquement se fit entendre au seuil de ma porte, me sortant de mes noires pensées. Instinctivement, je mis ma main à mon coutelas, puis me détendis en voyant qui c'était. Mon Quartier-maître, Nassim, un immense noir eunuque, aux yeux bleus, venant de Varakir.

-Vous prenez un peu de repos, capitaine? Me demanda-t-il d'un ton narquois. J'acquiesçais en me repositionnant confortablement, ma chemise descendit un peu, laissant voir le début de ma poitrine. Nassim était le seul homme au monde avec qui je pouvais me permettre une telle oisiveté sensuelle. Le sourire aux lèvres, il me dévisagea d'un air songeur.  Levant un sourcil, je demandais:
-Quoi?
-Si j'avais encore mes couilles, je t'aurais pris sur le champs.Répondit-il avec franchise. Il était aussi le seul homme au monde qui pouvait se permettre de telles remarques grivoises en ma présence, surtout me concernant. Un autre, je l'aurais fait pendre sans procès. Or, Nassim était comme mon frère, je lui pardonnais facilement ses propos d'imbécile d'eunuque refoulé sexuellement.
-Si ça avait été le cas, je t'aurais non seulement couper tes couilles, mais tout le reste qui viens avec. Répliquais-je d'un ton railleur.
-Ouille...C'est pas gentil ça.Marmonna-t-il en grimaçant de douleur. Déjà que se faire castrer était très douloureux, il n'imaginait pas le reste. La mort assurée. Oh femme sans pitié!
-Je sais...Je sais...C'est pour ça que tu m'aime, et que je t'aime. Nous sommes tous deux des masochismes. On se comprends. Répondis-je narquoise. Il s'esclaffa et acquiesça. Oui, ils se comprenaient,trop même. Ils étaient comme un vieux couple, qui d'un simple regard, savait la pensée de l'autre. Ce mode de communication quasi télépathique était très utile lors des combats ou des situations imprévues. C'était l'une des raisons pourquoi il était son Quartier-maître. Or, il l'informa que l'équipage était revenu, ils avaient en masse profiter de leur retour à terre.

-Ont-ils modéré sur l'alcool?
-Aye, mais pas sur les femmes. Ça l'air qu'Edward s'en est payé cinq d'un coup.
-Eh, sacré Ed! Il va finir par attraper une cochonnerie. M'exclamais-je sans cacher mon inquiétude. Certes, il était bel homme et plaisait aux dames, beaucoup, mais l'excès n'était jamais bon, même dans ce domaine. C'était l'un de mes meilleurs plongeurs, je ne voulais pas qu'il crève à cause d'une syphilis ou autre maladie vénérienne de ce genre, ça serait  un véritable gâchis.

-Aye, je le crois aussi, mais c'est la conséquence d'un entrainement intense, la testostérone est dans le tapis!

-C'est pour ça que je les épuise jusqu'au coucher du soleil...Ils se tiennent tranquilles.
-Tu fais bien, Cassiopée, tu fais bien. Approuva mon meilleur ami d'un sourire attendu que je lui rendis. Cela me faisait toujours un choc d'entendre mon prénom, mais venant de lui,cela me plaisait, car il m'empêchait d'oublier. Je savais aussi qu'il donnerait sa vie pour moi afin que je ne revive jamais plus ce que les mutins m'avaient fait subir.Par instinct de survie, je tenais mon équipage en laisse, car je savais que les pulsions pouvaient rendre fou et animal. J'étais constamment sur le pied d'alerte, l’œil aux aguets, mon cœur ne leur faisait pas entièrement confiance. J'étais leur Capitaine, et je leur montrais l'homme en moi, et non la femme que j'étais. C'était ma seule façon de gagner leur respect et leur docilité. Nassim le comprenait, et il me soutenait. Avec La Sirène et Brise, il était ma seule famille. Je le dévisageais avec affection, me disant que je n'arriverais jamais à le dépasser, il avait bien deux têtes de plus que moi et même si j'étais grande pour une humaine, il avait des limites au gigantisme. Or, cette pensée me rappelait la présence des nains à bord, je l'en informais aussitôt. Fronçant les sourcils, il demanda perplexe:

-Faire un tel voyage pour des nains, ça vaut le coup?

-Aye! Le Rapatrieur a l'air de tenir à son prisonnier, il doit valoir une prime généreuse. Je vais exigée d'en recevoir une partie.
-Plus son offre?
-Plus son offre. Le voyage a son lot de risques et de pertes, c'est mon droit de réclamer une garantie.  Ordonne aux hommes de déferler les voiles et  de lever l'ancre, nous partons.
-À vos ordre, capitaine!

Il s'apprêta à partir, quand je me souvins de l'apparence pouilleuse des nains. Sentant que j'allais dire quelque chose, il s'arrêta et se retourna. D'un sourire reconnaissant, je rajoutais:

-Demande à Benjamin de leurs passer des chemises propres, il est à peu près de leur grandeur. Et fait enfermer le prisonnier à fond de cale, je ne veux pas qu'il traine sur le pont et dit au rapatrieur de venir me voir.
-Aye, Capitaine.

Sur ce, mon fidèle et serviable Quartier-Maître sortit, me laissant seule. J'entendis sa voix grave à travers le vent hivernale, mes hommes exécutèrent aussitôt mes directives sans obstiner, je ne l'aurais pas accepté. Pendant que je retournais sur mon divan,tout en caressant Brise qui était venue me rejoindre,  Nassim alla directement à la cale pour trouver Benjamin. Selon les dires d'un marin, celui-ci se trouvait auprès des nains.Heureusement pour eux, ils n'allaient pas se faire persécutés, car sur ce navire, la différence était très bien acceptée. L'apercevant, le seul mousse à bord lâcha ses couvertures, et se mit au garde à vous.  D'un œil sévère, le Quartier-maître critiqua Benjamin:

-T'empeste, gamin, tu sais que la Capitaine n'aime pas le manque d'hygiène.
-Oh, Monsieur, ce...ce n'est pas moi, mais eux. Répliqua-t-il en pointant du doigt les deux nains. Surpris, Nassim dévisagea les inconnus et dit:
-Je vois. Gamin, trouve leur des vêtements appropriés.
-À vos ordres, Quartier-maître, mais euh...les seuls vêtements qui pourraient convenir se sont...
-Les tiens, je sais. C'est l'ordre du Capitaine.

-Oh, la capitaine?! Souffla l'enfant les yeux émerveillés et les joues écarlates. Enfin, un ordre venant d'elle, c'était tout un honneur. Il y avait juste un petit problème. Euh, Quartier-maître, euh... Je n'ai que deux chemises de rechange...
-Es-tu une donzelle capricieuse, gamin?  Interrompit rudement Nassim en bombant le torse. Terrifié, le mousse secoua négativement de la tête. Alors botte-toi le cul pour leurs donner tes chemises. N'oublie pas que tu es à l’essai ici, ne me déçoit pas, et obéis. Exécution!
-À vos ordres, Boscos. Répliqua aussitôt Benjamin en allant chercher les vêtements demandés. Six mois auparavant, il avait réalisé son rêve d'embarquer sur La Sirène pour devenir un élite des mers, mais n'ayant que dix ans, il l'avait fait clandestinement. Or, quelle fut sa terreur quand Benjamin s'était fait prendre par Nassim et son soulagement de voir que le Capitaine était une femme. Malheureusement, ce ne fut que de courte durée, car c'était  elle, et non le Quartier-maître, qui avait ordonné les dix coups de fouets. Une femme sans pitié, mais si belle...Or, le gamin n'avait pas crier, il avait juste serré les poings. Malgré son air de marbre, Sirèna avait été grandement impressionné par sa résistance à la douleur et  avait demandé:

-Pourquoi es-tu sur mon navire, gamin?

-Pour...devenir... un élite... des mers...Avait-il répondu, le visage crispé et blême, mais l’œil brillant. Après un lourd silence, où il sentit le regard turquoise le scruter jusqu'au fond de l'âme, la Capitaine demanda gravement:
-À ton avis, au nom de quoi un homme devrait-il mourir?
-Pour la liberté et la vérité! Avait-il crié avant de s'évanouir. Plus tard, il s'était réveillé dans un hamac, le dos soigné et convenablement vêtu. Depuis, Benjamin travaillait  sur La Sirène, en tant que mousse, mais adulte, il espérait devenir un élite accomplit, dans la section des guerriers. Or, l'enfant tenait à deux choses: son ambition et ses chemises. D'un air morose, Benjamin les remis aux nains crasseux, tandis que Nassim tourna son attention vers le rapatrieur:

- Nain de Paria, mon Capitaine te réclame. Elle est dans sa cabine, située sur la dunette. Oh là! Non, toi, j'ai ordre de t'amener à fond de cale! Dit-il rudement à Ditwin, qui s'apprêtait à suivre son geôlier.
-Que...Quoi? Non, je refuse! Répliqua le vieux nain outré et apeuré.À fond de cale, il y avait des rats, et il détestait les rats, une véritable phobie. Voyant que Nassim s'apprêta à le saisir par le chignon du cou, il hurla: Khaad! Oh secours, à moi!  Le singe veut ma peau! Le singe? L'expression morose de Benjamin fit place à l'horreur. Venait-il de traiter son Quartier-maître de primate? Lentement, le gamin osa regarder Nassim et il recula de quelques pas. À présent, le grand noir fusillait du regard Ditwin, sa mâchoire était crispée de rage et tous ses muscles tremblaient sous l'effort de s'empêcher de le tuer.  Sentant une condamnation planée dans l'air, l'enfant s'approcha discrètement de Khaad et murmura:

-Si vous tenez à la vie de vôtre compagnon, il serait temps de réagir et vite!
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Khaad Grak'moha
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MessageSujet: Re: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Dim 5 Juil 2015 - 15:09

Le messager de la capitaine, un officier sûrement, les trouva à point nommé sur le pont avec entre les mains l'écuelle que venait de leur remettre Benjamin et une serviette un peu moins sale qu'eux-même sur leur épaule. Si le contenu du message convenait à Khaad - la capitaine voulait probablement en savoir plus sur leur passager, rien de plus naturel - il était beaucoup moins au goût du criminel. Se retrouver en fond de cale d'un navire en compagnie des rats tout le long du voyage ne lui plaisait étrangement pas. Malheureusement pour lui - ou pas : qui se souciait de lui et de son bien-être ? - il se rebiffa de la mauvaise façon et une fois de trop il omis de se taire. La conséquence ne tarda pas à se faire sentir : outre l'aura meurtrière qui se dégagea de la masse de muscle, le rapatrieur entra en action immédiatement sans même prêter attention au jeune mousse. Ditwin se retrouva ainsi bien vite écroulé sur le pont, assommé par la fameuse écuelle en laiton que le nain avait entre les mains. Celle-ci se retrouva ainsi avec une belle bosse tandis que sa jumelle roula pour aller se stopper plus loin contre la rambarde.

-Cela devait vous simplifier la tâche. N'hésitez pas à le bâillonner s'il est trop bruyant, ou juste si vous en avez marre de l'entendre dire des inepties. Un petit coup sur la tête ça remet bien les idées en place, mais je vous serais gré de ne pas le casser entièrement.

Nassim se contenta de hocher la tête d'un air entendu, l'aura toujours fumante. D'un ton un peu plus sec que nécessaire, il apostropha deux marins pour mener le poids mort dans la cale. Et si les deux marins en voyant la masse imposante à porter était sur le point de faire un commentaire, il mourut bien vite sur leurs lèvres quand ils virent la tête de leur quartier-maître. Ce n'était pas le moment de rechigner ou de faire une blague.

-Tiens, il faut à nouveau de l'eau.

Le mousse, un peu surpris, attrapa maladroitement le récipient. Un peu obnubilé par la scène des deux humains tentant de transporter tant bien que mal le nain inconscient, il en avait oublié le deuxième nain à bord.

Sans plus attendre, Khaad se dirigea vers la cabine du capitaine. Son prisonnier ne risquait pas de se faire la belle sous l’œil vigilant du quartier-maître. Aucune chance que ce dernier le laisse faire, lui facilite la vie. Son séjour à bord promettait d'être désagréable, mais, comme on dit, on récolte ce que l'on sème.Une fois devant la porte en bois, il toqua et entra directement. Nul besoin d'attendre alors qu'il venait d'être fait mandé. La pièce qui se dévoila sous ses yeux avait un air exotique. Des objets des quatre coins du monde l'ornait. Même lui qui pouvait se targuer d'avoir pas mal voyagé ne pouvait poser une origine sur toutes les pièces exposées. C'était assez étonnant. Certes un navire était fait pour voyager mais en général les pirates restaient dans certaines zones, leur zone d'attaque, leur « territoire ». Enfin, peut-être était-ce juste des objets récupérés dans divers pillages ou elle était tombée sur un collectionneur. Ces idées n'eurent qu'une vie courte et éphémère dans l'esprit du nain bien trop terre à terre pour se lancer dans une myriade d'hypothèse sur un tel sujet.

- Me voici. Il paraît que vous vouliez me parler.

Ne dérogeant pas à son habitude, il s'était exprimé de sa voix de nain bourru. Comme pour lui l'épisode précédent était clôt et réglé, il ne fit nul mention de l'incident avec son quartier-maître.
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MessageSujet: Re: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Ven 30 Oct 2015 - 14:40

-Effectivement. Répondis-je d'un ton neutre. J'avais entendu des pas au seuil de la porte et je m'étais levée prestement en m'installant d'une façon officielle à mon secrétaire. Plume en main, feignant d'écrire une missive importante, je levais mes yeux vers le nain qui entra. D'un geste, je l'invitais à s'assoir sur une chaise devant moi, et sans lui demander son avis, je lui servis du vin chaud. Tenez, par ce froid, ça va nous réchauffer. Prévoyant son arrivé, j'avais mit deux coupes et bouteille de vin au milieu de la table. Pendant un instant, je me pris à le dévisager avec curiosité. Pour un nain, il était de grandeur moyenne, et il ressemblait à une tâche sombre. Sa barbe, ses cheveux, son regard et ses vêtements étaient noirs, la seule couleur était le blanc de son visage, dont le nez semblait prendre toute la place. Malgré que je m'amusais intérieurement de son étrange apparence, je devinais à son regard taciturne qu'il ne serait pas facile à convaincre, je le considérais donc comme un défi, et j'adorais les défis. Comment le persuadé de me remettre une partie de sa prime?

Après un silence, je laissais dériver mon regard sur ce qui nous entourait. J'avais remarqué son étonnement vis-à-vis le décor de ma cabine, je crus bon de lui raconté un bref résumé de mes aventures:

-Voyez-vous les objets qui nous entourent? Dis-je d'un geste de la main. Je les ai acquis lors de mes nombreux voyages à travers le monde.Soyez certains que je les ai gagné d'une façon légale, car je ne suis pas une pirate. Connaissez-vous la différence entre un pirate et un corsaire? Mon regard turquoise fut légèrement ombragé, je ne lui laissais pas le temps de répondre, en expliquant: Les pirates pilles, volent, tuent et violent, ils sont des hors-la-lois, des criminels. Les corsaires, tant qu'à eux, sont honorables et ils sont soumis aux lois militaires. Je possède plusieurs lettres de marque, provenant de dirigeants appartenant à la Norpalie, à Bélin, à Varak et même à Paria, des régions que je connais maintenant par cœur. Cependant, tout comme la mer, je n'ai pas de maître, je suis corsaire indépendante, je sers qui je veux et quand ça me plaît. Malheureusement, la paix règne en ce moment, alors comme vous, je me fais chasseuse de prime, et parfois marchande maritime.

Je lui laissais le temps de comprendre mes propos, tandis que je réfléchis aux options qui se présentaient à moi pour le convaincre. Le séduire? Nah...Contrairement à son hideux prisonnier, je ne semblais pas lui plaire,et pour être honnête,cela me soulageais, car j'en avais marre des hommes qui  bavaient presque à mes pieds. Alors que faire? Je m'accotais davantage contre ma chaise, le fixant d'un air pensif. Comme ma mère disait si bien: «Quand un homme résiste, remplit lui ventre, il sera heureux, donc plus propice à dire oui.». Vieux conseil Varakirois, mais il fonctionnait à chaque fois. J'eus un rictus et sonnais aussitôt la cloche à mes côtés pour avertir mon cuisinier de venir, c'était notre unique moyen de  communication à distance sur ce navire, ça, le pigeonnier et Nassim. En attendant le cuisinier, je demandais:

-Dites-moi, avez-vous voyager Monsieur ? Par Uria, je ne connais pas vôtre nom! Ce n'est pas coutume de ma part d'embarquer une personne sans savoir son identité et où elle veut allée, mais vôtre cas...m'intéresse. J'imagine que vous voulez vous rendre à Paria ou je me trompe?


Il me répondit brièvement,  cela me donnait une vague aperçut de son caractère:taciturne, peu loquace et un tantinet méfiant. Je souris en acquiesçant, tandis que mon cuisinier cogna et entra. Intimidé par mon regard, il demanda:

-Vous m'avez demandé, cap'taine?
-Aye, Hub. Te reste-il des saucisses de sanglier à l'ail et ta choucroute à la bière?
-Aye, cap'taine. Je vous en apporte?
-S'il te plait, pour deux personnes.
-À vos ordres, Cap'taine.
Il sortit promptement, tandis que je rivais mon attention sur le nain. Voyant qu'il avait terminé son verre, Je lui en servis un second et d'un rire franc, je m'exclamais sans vergogne:

-Votre prisonnier est un vrai casse pied, ça mérite un troisième verre! J'ignore comment vous faites pour l'endurer. Ça ferait longtemps que je l'aurais jeter par-dessus bord.! Entre nous, je suis presque sûr qu'il a tué quelqu'un. C'est souvent ceux-là qui vaut le plus cher, n'est-ce pas? Ah, notre dîner!  Tenant deux assiettes remplis de viandes et de choucroutes dans chacune de ses mains,Hubert venait d'entrée. Nous souhaitant bonne appétit, il déposa notre repas sur la table et d'un sourire, il sortit, tandis que je le remerciais du regard. Un grognement de satisfaction me fit tourner mes yeux vers Khaad, il semblait apprécier les saucisses. D'un sourire conviviale, je dis: Délicieuses, n'est-ce pas? Sur mon navire, j'exige de la nourriture de qualité, de la bonne viande, des légumes frais, nous avons même de poules!  C'est un luxe que je suis prête à payer, car une bonne alimentation préviens beaucoup de maladies,  tout comme l'hygiène. Avec tact, je ne critiquais pas l'arrière odeur de vomis qu'il dégageait, mais mon message était claire: ici, mes marins sont propres, tu dois l'être aussi. Disant cela, je pris une gorgée de vin, et je continuais: Bien, où en étais-je rendue? À oui, vôtre prisonnier. C'est certain que peu importe ce qu'il a fait, je veux qu'il reste à fond de cale, et il est sous vôtre entière responsabilité.

 
Bref, si tu t'en occupe pas, personne ne le fera. Fronçant les sourcils, je pris un air sérieux et me penchant légèrement vers lui, j'avertis en kazhalid: Baraz, Dawi nj thag  or. Cela voulait dire: Promet, nain de ne pas me trahir. Pour des raisons personnelles, la traitrise et le mensonge me sont insupportables.  Habituellement, je tue ceux qui me bernent, mais vu que vous n'êtes pas de mon équipage, je serais indulgente: si vous êtes faites preuve de félonie, je promets de vous abandonnez à terre, avec pour seul compagnon, votre cher prisonnier. Par contre, si le voyage se passe bien, dans l’honnêteté et le respect, vous atteindrez votre destination sans problème.  Qu'en dites-vous, Khaad?  Je fus satisfaite de sa réponse, en soit, il n'avait pas le choix, il devait bien se tenir. Terminant mon assiette, je déposais ma fourchette sur le côté de la table et d'un air narquois, j'informais: Bien, maintenant, parlons des risques du voyage. Sur le trajet, nous risquons d'affronter des pirates, des tempêtes, peut-être les brumes de la dernière chance, ainsi que d'autres épreuves fâcheuses et imprévues. Donc, je serais franche avec vous, je risque gros, alors j'ai besoin d'une compensation s'il arrive quoique se soit à mon équipage et à mon navire.

Croisant mes bras sur mon secrétaire, je le fixais intensément et sans détour, je proposais: Négocions, vous et moi. Qu'êtes-vous prêt à me proposer comme garantie d'assurance? J'avais inventé ce terme, c'était le premier qui m'était venu à l'esprit, mais je crois qu'il était suffisamment claire pour le nain. 


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Khaad Grak'moha
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MessageSujet: Re: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Ven 30 Oct 2015 - 15:55

Bon, au moins elle était relativement directe. En apparence du moins, rien ne prouvait que ses questions ne cachaient pas un but sous-jacent. D'autant plus quand un pirate s’enquérait du curriculum vitae de ses passagers. Diable ! Depuis quand ces derniers se souciaient-ils des convenances et s'inquiétaient de la bienséance d'autrui ? Enfin soit, la destination, il fallait bien la donner s'il voulait arriver à bon port, hein. Et puis, en l’occurrence, elle l'avait devinée de toute façon. Ce fut avec le minimum de mot qu'il répondit au reste de la question : pas besoin de s'étaler et de commencer à raconter des choses qui ne la regardait strictement pas. Quoique, pour être précis, ses premières questions relevaient plutôt du monologue : elle y répondait elle-même.

Un élément par contre qui aurait bien requis une, passa à la trappe.  La capitaine sans s'enquérir de son avis lui avait dès le début de l'entretien versé un verre de vin. Et ce, il faut bien le préciser, à son grand dam : le nain n'aimait franchement pas être forcé de boire et encore moins pendant les missions. Et s'il savait faire, le rapatrieur ferait sûrement bon cœur contre mauvaise fortune.

L'exposé sur la différence « subtile » entre corsaire et pirate, ne ne le sortit pas de sa récente antipathie contre son interlocutrice. Bien qu'à ses yeux, les premiers étaient digne d'être respectés tandis que les seconds, ils les méprisaient, sans fois ni lois, ne se préoccupant que d'eux-mêmes. Il n'avait aucun scrupule à abuser de ces sous êtres. Mais, pour le coup, il trouvait la différence entre corsaire indépendante et pirate bien mince.  Et vraiment, cette manie de continuer à le servir sans lui demander son avis était désagréable. S'il avait bu le premier verre et son successeur, ce n'était que pour accompagner les gestes répétées de la demoiselle entre son gobelet et sa bouche. Forcer les autres à se saouler ressemblait bien à une technique de pirate, tient !

-La liste est trop longue pour que je vous la déroule. Sachez seulement que c'est un criminel endurci.

Hmm, voilà qu'on arrivait aux choses sérieuses : l'argent. Il aurait dû s'en douter : la proposition était trop belle pour être définitive. Et ce n'était pas le fumet dégagé par l'assiette qui le détournerait du droit chemin, à savoir, ne pas dépenser un sous de plus que nécessaire. En effet, la pirate avait oublié un détail : le fait que le chasseur avait subi plusieurs péripéties conduisant à une odeur peu ragoutante. Et si Siréna était assez éloignée pour que l'odeur ne la dérange pas, le nain, lui, ne pouvait pas s'en détacher. L'odeur de vomi était encore bien trop prégnante dans sa chevelure, et sous son nez dans la barbe pour qu'il puisse envisager de manger ou encore même n'en avoir l'envie. Même si c'était une connaissance répandue que les nains n'étaient pas portés sur l'hygiène, ils en avaient quand même une once de notion. En plus, à son grand déplaisir, chaque nouvelle odeur semblait raviver celle l'entourant.

-Je suis sûr qu'elles sont meilleures sans un arrière goût de vomis !

Ceci, dit avec vigueur et un petit sourire pour accompagner ses paroles délicates. Il ne faut pas s'attendre qu'un nain avec si peu de tenu à l'alcool se montre délicat. Ni qu'il crache sur un repas, quelques soient les conditions dans lesquelles ils mangent ou l'envie d’ailleurs. Il était hors de question de gâcher de la viande.

-Rien à redire, ça me semble évident qu'on ne laisse pas courir un traître. Pas que sur votre navire, il puisse aller bien loin, hein.

C'était décidé, il ne toucherait plus un iota de son verre. Pas alors que les choses devenaient sérieuses et encore moins avec le niveau de ses répliques récentes. S'il continuait sur cette pente, cette transaction allait lui coûter un bras.

-La garantie d'être payée, je peux vous verser la moitié de la somme convenue dès maintenant. Quand aux tempêtes, elles n'ont pas dû vous arrêter souvent quand on voit tout les nombreux voyages que vous avez dû faire pour récolter toutes ces… objets.

Vraiment, ce n'était pas bon signe quand on perdait son vocabulaire...

-Je me fis à votre expérience de capitaine et marin accomplis.

Le risque venait avec le métier, à elle d'assumer. Personne ne lui payait de prime de risque à lui ! Puis elle aussi avait dû un peu trop boire, c'était quoi cette histoire de garantie d'assurance ? Il aurait bien sorti une phrase en kazhalid pour tester ses connaissances mais ça attendrait que ça s'agite moins dans sa tête.
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MessageSujet: Re: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Lun 2 Nov 2015 - 10:12

-Rien à redire, ça me semble évident qu'on ne laisse pas courir un traître. Pas que sur votre navire, il puisse aller bien loin, hein.
-Vous avez une logique implacable, mon cher. Répondis-je d'un ton sarcastique en terminant mon verre. C'était rare que je dégustait de l'alcool, bien que mon cellier était remplis  de vin et d’apéritifs. Je les réservais lors d'occasions spéciales, quand je recevais des invités ou des gens à interroger, mais je buvais presque jamais, sauf quand il faisait grand froid, comme aujourd'hui. L'entraînement primait plus que la fête sur ce navire, et je savais que boire de l'alcool après s'être entrainer n'aidait pas à la récupération du corps.Par conséquent, mes hommes buvaient quand j'amarrais au Port, dans des tavernes en compagnie de femmes, c'était leur vacance, leur moment à eux. Je l'avais dis,je n'étais pas une pirate, être ivre en plein océan étant dangereux, surtout si un navire nous attaquait par surprise. Toutefois,  ce que le nain ne savait pas, ainsi que bon nombre de mon équipage, à l'exception de Nassim, c'est que ma résistance à l'alcool était très élevée. Contrairement au nain, qui semblait commencé à perdre ses mots et son attitude morose, j'étais encore maître de moi, lucide, réfléchis et posée, un net avantage sur lui. Ce fut d'un sourire polie que j'écoutais ce qu'il me répondit:

-La garantie d'être payée, je peux vous verser la moitié de la somme convenue dès maintenant. Quand aux tempêtes, elles n'ont pas dû vous arrêter souvent quand on voit tout les nombreux voyages que vous avez dû faire pour récolter toutes ces… objets. Je me fis à votre expérience de capitaine et marin accomplis. En silence, j'opinais, tout en gardant mon air courtois. M'attendant à une telle offre, je penchais ma tête légèrement sur le côté en répliquant:

-Ce que vous proposez est une avance d'argent, ce qui est très aimable de vôtre part, je ne peux que l'accepter. Toutefois, sachez que c'est grâce aux garanties  que j'ai pu continuer  mes voyages.
Disant cela, je sonnais une nouvelle fois la cloche. Votre Azgal Dawin ne sera pas suffisant si je dois réparer mon navire, ou  que je dois engager un nouvel équipage, si mes hommes meurent durant un combat en mer.  Soyez assurer que c'est bien mon expérience en mer qui me voit obliger d'insister sur cette garantie, sinon j'aurais accepté vôtre offre sans rechigner. Quelques instants après,  Hubert cogna à la porte et entra. D'un sourire, je complimentais:

-Ce repas était délicieux, Hub.

-Merci bien, Cap'taine. Voulez-vous que je vous apporte le dessert?
-Tout à fait.

Ceci dit, il desservit la table et sortit. Soupirant légèrement, mon regard se posa sur le nain, il semblait de plus en plus étourdit par l'alcool, j'avais fais exprès de servir du fort.  Toutefois, je refrénais mon envie de lui servir un quatrième verre, car il risquait de ne plus être apte à parler, donc à terminer les négociations. Il était temps d'arrêter de tourner autour du pot et d'aller droit au but. D'un sourire narquois, je me penchais vers lui et dis:

-Faisons un pari, vous et moi. Si nous arrivons indemne  de ce voyage, j'accepterais seulement votre Azgal Dawin. Cependant, s'il arrive quoique ce soit à mes hommes ou à mon navire, vous me donnerez 15% de la prime remise en échange de votre prisonnier. Je le vis se tendre, son air antipathique fit place  au mécontentement. Continuant de sourire, j'expliquais: Ma demande est légitime, monsieur Khaad, car c'est en partie grâce à moi que vous allez amener ce prisonnier à bon port. Or, les épreuves qui nous attendent sont pires que vous pourrez imaginé et ça sera moi qui va vous sortir du pétrin, non l'inverse. Je pris un moment de silence, le scrutant avec attention.Remarquant son hésitation, je souris aimablement, lui laissant le choix: Bien sûr, si vous n'acceptez pas ce pari, vous serez libre de trouver un autre navire, mais vous risquez de vous faire très mal traité. Je connais la majorité des marins amarrés au Port, et la plupart sont soit des marchands prêt à vendre leur mère ou des pirates prêt à faire de même. Alors, rapatrieur, que choisissez-vous?




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Khaad Grak'moha
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MessageSujet: Re: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Mar 3 Nov 2015 - 12:56

Après l'avoir noyé sous l'alcool, voilà qu'elle recommençait avec un flot de parole. Qu'il aurait été plaisant de pouvoir simplement acquiescer sans réfléchir. Hélas, ce n'était pas possible, il devait lutter contre les effets de l'alcool. Essayer d'écarter les brumes de son cerveau. Peine perdu, surtout avec ces propos à l'allure si vraie, avec une belle cohérence. Seul l'ouverture de la porte, son apport d'air frais, lui permis d'échapper au piège de l'alcool. Pour le moment. Cette trêve bienvenue offerte par le cuistot ne pouvait être plus opportune. Et s'il apportait assez rapidement son dessert, il pourrait   même l'aider à vaincre définitivement sa torpeur.
Mais la porte c'était déjà refermée, emportant avec elle son paquet d'espoir et laissant derrière un nain un poil plus lucide pour décortiquer le second flot de parole. Réfléchir à comment répondre à cette histoire de pari était primordiale.

-A vrai dire je ne suis pas très parieur. Et si par votre faute je passe par dessus bord ou qu'il m'arrive « malheur » comme pour vos hommes, m'offrez-vous la garantie de livrer tout de même mon prisonnier ?

Ce n'était pas dit de façon très diplomatique mais c'était le mieux qu'il pouvait faire dans son état. Il y avait même un brin de défis dans son ton, et un air de défiance dans son maintien.

-Si votre garantie marche dans les deux sens alors je pourrais dire que c'est acceptable.

Avec un petit sourire il laissa échapper une dernière pique.

-Et encore, je ne vous demande pas de verser une compensation à ma famille ou à ma patrie.

Peut-être était-il aller un peu trop loin, enhardi par l'alcool. Et ce n'est pas l'apparition un peu tardive du cuisinier qui allait l'aider. Dommage… comme quoi c'était peine perdue de compter sur les autres.

Enfin, pari ou pas pari, s'il payait quinze pourcent de sa « prime » il ne devrait pas vraiment y perdre. En théorie, le rapatrieur n'était pas trop sûr de ses calculs. C'était un élément à vérifier plus tard. Ce qu'il savait avec certitude, c'était qu'une part de sa paie comprenait les frais de déplacement. Fait dont il s'était servi quelques fois pour faire des économies, en marchandant pour payer moins que le coût réel du voyage.
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MessageSujet: Re: Une cargaison méphitique [ Terminé ]   Mer 4 Nov 2015 - 10:08

-A vrai dire je ne suis pas très parieur. Et si par votre faute je passe par dessus bord ou qu'il m'arrive « malheur » comme pour vos hommes, m'offrez-vous la garantie de livrer tout de même mon prisonnier ?Et encore je ne vous demande pas de verser une compensation à ma famille ou à ma patrie.
Cette pique moqueuse aurait pu sincèrement me faire rire dans une autre situation, mais je pris cette demande très au sérieuse. Contre tout attente, j'acquiesçais en disant:

-Vous êtes sous ma responsabilité, Monsieur Khaad. Je vous promets que si  vous mourrez à cause d'une maladie,ce dont je doute, mais sait-on jamais, je livrerais vôtre prisonnier et j'enverrais l'entièreté de la prime à vôtre famille. Puis répondant à son sourire, je précisais: Toutefois, si mon navire est brisé pendant un combat ou une tempête, et que vous y mourrez, ainsi que des membres de mon équipage, je me permettrais de garder le 15% discuter plus tôt et j'enverrais le reste à vos proches. Marché conclut?  

Mes paroles semblaient très compliquées pour lui, je l'avais trop soûler, mais elles en étaient pas moins honnêtes. J'accordais une grande importance à la famille, et perdre un proche était affligeant,une compensation était nécessaire. Il y avait des choses qu'on ne pouvait pas contrôler, surtout la maladie. Or, en dix ans, je n'avais jamais perdu un homme à cause du scorbut ou du choléras, car la prévention était importante pour moi; bien manger et bien se laver évitait beaucoup de maux inutiles. Cependant, la mort durant une tempête ou un combat était souvent vite arrivée, à moins d'être alerte et prudent, j'espérais que le nain possédait ces qualités primordiales pour survivre en mer. L'observant toujours, j'ouvris le tiroir de mon secrétaire pour y sortir une feuille de papier et une plume. Sous son œil lasse, je rédigeais un contrat, notant tout ce qu'on venait de négocier et je le signais sans hésitation.  Retrouvant ma mine courtoise et flegmatique, je lui tendis la plume en disant:  

-Signez et nous lèverons aussitôt l'ancre, monsieur Khaad.

Après chaque négociation, j'exigeais toujours un contrat, question que cela soit claire et qu'à long terme, la volonté de chacun soit respecter. Je risquais de perdre si le nain mourrait d'une maladie ou qu'on affronte aucune mésaventure. Dans le premier cas, je ferrais en sorte qu'il garde la forme, et dans le second, on risquait d'affronter une tempête. Je devais faire confiance à Uria, les typhons étaient toujours au rendez-vous, ainsi que les pirates.

La seule chose qui m'inquiétait était l'imprévisibilité des Brumes de la dernière chance, ça, on risquait tous d'y passer. C'était la terreur des marins, la majorité n'en ressortait jamais,car ils mourraient  de faim et de soif, ne retrouvant plus leurs reperds, ou les hydres les tuaient. Dans les deux cas, il valait mieux contourner les Brumes ou  faire demi-tour. Je ne les avais jamais croiser, et j'espérais sincèrement que le voyage se fasse sans elles. Bref, revenant à la réalité, je remarquais que mon invité avait signé le contrat. D'un sourire satisfait, je me dis qu'il devait espéré vivre un voyage calme et serein. Au moment que je pris le parchemin pour l'enfermer à double tour dans mon tiroir, Hubert entra avec le dessert. Adorant les sucreries, je l'accueillis d'un sourire resplendissant, contrastant avec l'air taciturne du nain, en m'exclamant:

 - Ah, le dessert! Vous allez voir, monsieur Khaad, ces petits gâteaux au miel sont exquis. Hub, va prévenir Nassim de lever l'ancre, nous partons.
-À vos ordres, Cap'taine. Il sortit aussitôt et avant de refermer la porte, il se tourna et demanda: Quel cape?

- Vers Paria, Matelot!




hrp:
 


Sirèna  « La mer est mon unique patrie»
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Une cargaison méphitique [ Terminé ]

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