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 Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)

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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Mer 10 Juin 2015 - 13:12

L'air se refroidissait quasi imperceptiblement tant la chaleur était présente et étouffante. Cependant, je pouvais sentir le changement de température qui venait petit à petit et je devais bien avouer que cette région avait au moins cela de déroutant. Ce temps... Si chaud en journée et si froid quand la nuit vient. Mon visage se porte alors sur ce ciel qui s'assombrit doucement. Je me demande bien ce que je fais Zak à ce moment-là. Probablement sa méditation. Je me demande bien ce que cela fait de suivre un dieu, de se demander quand est-ce qu'il se manifestera à vous, de ne jamais savoir ce que le lendemain vous réserve. Peut-être qu'en vérité, ça l'arrangeait. Ne pas avoir d'attache, ne jamais voir les mêmes personnes, même si étrangement nous nous étions tout de même rencontré deux fois. Peut-être que je devrais moi aussi devenir quelque chose comme détective itinérant. Je ne sais pas trop et pendant que je me pose ces questions non existentielles, le jour laisse la place à la nuit, faisait alors monter une certaine peu en moi. Bientôt, il faudra que je retourne me coucher, bientôt ma mémoire commencera de nouveau à faire son effet. Mes muscles tremblent et mon cœur s'emballe rien qu'à ces souvenirs tellement vivaces dont je n'arrive pas à me défaire. Mais je sais une chose, je n'ai pas le choix. Il faut que je dorme, même si je ne dors que quelques heures, comme d'habitude, je me dois d'aller dormir.

Je tente de me calmer doucement, laissant la fraîcheur de l'air toucher ma peau et la refroidir de sa douce caresse. Je me souviens alors de sa chaleur, de la douceur de ses poils. Je ne sais pas comment il a fait, mais ce jour-là, cette nuit-là, il a calmé la petite fille en moi, comme l'aurait fait un membre important de la famille. Pourtant, il ne me connaissait pas, enfin maintenant il me connaît mieux que je ne le connais. Je ne suis pas jalouse, d'un autre côté, il avait le droit de savoir en quelque sorte. Ces cicatrices, ces changements d'humeur, ces cauchemars tous plus présent les uns que les autres. Il avait vu et subit tout ça, je ne pouvais pas décemment le laisser dans l'expectative, ça n'aurait pas été honnête de ma part. Une fois que mon corps se décida à revenir à la normale, je me levais du banc, regardant les étoiles qui commençait à apparaître dans le ciel, tel des gemmes venant magnifier ce ciel et puis avec un dernier regard vers l'autel qui abritait mes parents, j'en viens à me glisser dans la maison, sans bruit. Tout le monde devait probablement dormir, il n'était pas temps de les réveiller. Je me trouvais désormais sur le pallier, devant ma chambre. J'hésitais un instant, j'étais tout de même tarauder entre l'envie de me glisser dans les bras du Suli pour dormir pour une fois de tout mon soul, mais je ne le fis pas, ce n'était pas très correcte ça non plus.

Une fois dans ma chambre, je me déshabillais et me débarbouillait pour finalement passer une chemise de nuit et un sous vêtement pour la nuit. Une fois fait, j'entrouvrais la fenêtre, on avait toujours besoin d'air frais dans cette maison et puis, de toute façon je me réveillais au moindre bruit, probablement dû à mon boulot d'enquêtrice. Je finis par me glisser sous les draps, m'enroulant dedans comme dans un cocon et alors que je pensais que le sommeil serait long à venir, il me prit directement, comme si je n'avais pas dormi depuis longtemps. Au début, tout était noir et sans rêve, un sommeil profond et tranquille, comme d'habitude et puis, lorsque la phase de sommeil profond fut terminé, lorsque les rêves arrivèrent, les choses douces et tranquilles se muèrent en cauchemars. La douleur, la peur se mêlaient entre eux pour annihiler l'espoir qui pouvait perdurer dans chacun de mes rêves, les mutant alors en cauchemars. Bientôt les insultes arrivèrent, les coups ne tardèrent pas non plus et alors que je m'agitais dans mon lit avec frénésie, que je gémissais d'une douleur imaginaire physiquement et pourtant bien réelle psychologiquement, ma tante s'approcha, me faisant valdinguer de l'autre côté d'une pièce en me brisant alors plusieurs os.

Cela me réveilla instantanément, comme à mon habitude. Totalement trempé de la tête au pied, la fraîcheur de la nuit s'insinua dans la chambre, refroidissant la sueur pour la coller à ma peau. Comme d'habitude, je remontais mes genoux sous mon menton, les larmes coulèrent doucement sur mes joues, sans faire de bruit. La dureté de la nuit venait encore de faire montre de sa présence. J'en avais assez de tout ça, j'aurais tant aimé pouvoir dépasser ces moments, mais si les cauchemars s'avéraient plus espacés en tant normaux, ils ne l'étaient plus durant cette période. Les jours à suivre allait s'avérer compliqué, très compliqué. Une heure après mon réveil, je finis par me lever et me laver tranquillement, sans bruit. Heureusement cette maison était parfaitement isolé et j'en remerciais mon grand-père qui l'avait construire. Je finis par m'habiller de nouveau, attachant mes cheveux en une longue queue de cheval et partit pour la forge. Je regardais vaguement la lune pour déterminé l'heure, me rendant compte alors que l'aube était encore loin. Je soupirais, je n'avais dormi encore cette fois-ci que quatre petites heures rien de plus. Il était donc quatre heures du matin. Bon sang, comment allais-je faire pour gérer si je ne dormais que si peu. Surtout qu'à la forge, j'avais pas mal de travail. Je soupirais et ouvrit la porte sans aucune résistance.

Me dirigeant vers le four, je commençais à remettre en marche le feu. Cela ne me prit pas longtemps, mais le temps que tout chauffe, cela allait prendre une bonne demi-heure. Pendant ce temps, je préparais mon matériel, mes outils, l'alliage dont j'allais avoir besoin, l'or que j'allais devoir faire fondre et bien entendu mon enclume. La plus petite enclume qui soit, pour ma taille s'était parfait. Une fois le four chaud, je posais ma barre d'alliage dans la fournaise, laissant alors la chaleur la ramollir tranquillement et puis finalement je la récupérais et commençait à taper. Contrairement à hier, je ne tapais pas comme un bourrin, je donnais des coups fort oui, mais j'alternais ensuite avec des petits coups lents pour façonner, pour créer. Entre les mains d'un forgeron, le plus misérable bout de métal devenait une véritable œuvre d'art. Il était temps que je crée celle qui faisait défaut à mon père. Sans penser au cauchemars qui s'évanouissaient eu fur et à mesure que les coups tapaient et que la lame prenait forme, sans penser au temps qui passait, sans pensée du tout, je forgeais, laissant ma connaissance faire ce qu'elle savait faire. Mon père m'avait bien appris et je devais avouer que lui rendre service était pour moi le meilleur moyen de le remercier.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Lun 15 Juin 2015 - 11:59


Le sommeil était rapidement venu à l’Once, qui s’était endormi paisiblement, comme toutes les nuits depuis bien longtemps maintenant. Ses derniers cauchemars remontaient à son enfance, peu après son abandon par son clan, et malgré son adoption par un marchand varakirois, il avait fallu plusieurs mois avant qu’ils ne cessent. Il comprenait aisément qu’un choc comme celui qu’avait été celui d’Eliaë la torture encore aujourd’hui, même après tant d’années. C’était triste, il n’y avait pas grand-chose de plus à dire à ce sujet. Pourrait-elle seulement s’en défaire un jour ? Après tout, ce n’était pas vraiment son problème, n’est-ce pas ? Mais, d’une certaine manière, il ne pouvait pas s’empêcher de se sentir désolé pour elle, sans raison. Peut-être était-ce à cause des quelques jours qu’ils avaient passés ensemble à cheminer vers Varak. On ne pouvait pas réellement parler de rapprochement, mais quoi qu’on puisse en penser ou en dire, voyager avec quelqu’un avait ce don de tisser des liens, volontairement ou non. Malheureusement, quand bien même l’aurait-il voulu, il ne pouvait pas faire grand-chose à ce sujet. Une intervention divine, peut-être, mais Revoran ne serait pas du genre à intervenir dans cette situation, conscient que c’était là une épreuve pour elle, une épreuve dont elle devait ressortir vainqueur et non être aidée avant que celle-ci ne se termine, même si elle s’était battue jusqu’à présent. Qui plus est, le Felidae n’était pas convaincu qu’elle accepte cette aide. Ce qui était tout à son honneur. La meilleure solution semblait de laisser du temps au temps, à supposer que, comme le voulait l’adage, il était capable de guérir toutes les blessures. Hélas, il était fort possible qu’elle doive vivre avec pour le restant de ses jours, la douleur se faisant de moins en moins insistante mais restant bel et bien présente, encore et encore.

Contrairement à son hôte, le sommeil du Suli était profond et calme. Loin de l’agitation, son corps se reposait pleinement, récupérant des longs jours de voyage qui avaient précédés. C’était l’avantage de pouvoir s’abandonner au sommeil sans arrière-pensée, sans avoir à garder l’oreille éveillée pour détecter d’éventuels sons trahissant un danger approchant. L’ensemble de ses sens au repos, Zakaerii s’était juste laissé emporter loin de cette réalité, dans une dimension où le temps et l’espace n’existaient plus, l’esprit flottant dans une noirceur inexistante, sans que rien ne puisse trembler cette quiétude déroutante. Il n’y avait de place pour aucun rêve, juste ce néant inexplicable, auquel l’esprit du dormeur réveillé attribuerait simplement une absence de songes. Cela dura jusqu’à l’aube. Non pas que les premiers rayons de soleil passant par la fenêtre furent du genre à déranger le soleil du Felidae, mais il fallait plutôt mettre cela sur le compte d’une horloge interne bien réglée. On ne dérangeait pas aux habitudes lorsqu’il était plus que naturel de se réveiller aux aurores. La grasse matinée était quelque chose que ne connaissait pas beaucoup le dévot, presque habitué à voir le soleil se lever. Observant pendant quelques instants le plafond, immobile, il décida finalement de se lever, une fois certain d’être pleinement réveillé. Il repoussa le drap en silence et se redressa avant de poser les pieds au sol pour finalement s’étirer, retenant ce qui aurait pu s’apparenter à un véritable ronronnement de plaisir. La nuit avait été très bonne, et il n’allait clairement pas s’en plaindre. Avec une lenteur somme toute assez féline, il s’approcha de la fenêtre et s’y cala, observant les couleurs du ciel se teindre de teintes chaudes. Des oiseaux semblaient déjà se réveiller et la terre elle-même semblait reprendre son souffle. L’aube était un moment privilégié à Varak, car la chaleur aurait tôt fait de venir abattre sa chape de plomb sur la capitale.

Un bruit récurrent vint cependant le perturber. Il n’y avait pas fait attention tout d’abord, mais le rythme s’imposa à lui rapidement et il ne put finalement qu’entendre cela. Quelqu’un travaillait déjà à la forge ? Son instinct lui fit naturellement penser à Eliaë. Qui d’autre ? N’ayant rien de mieux à faire, le Felidae décida qu’il était peut-être bon de descendre. Après une toilette rapide, il enfila ses bottes mais ne prit pas la peine de prendre son manteau. Certes, il était ainsi torse nu, mais, au fond, il portait un pelage qui faisait office de vêtements et il n’avait pas envie de s’encombrer d’une lourde pièce de cuir, afin de profiter de la fraicheur matinale. Une fois prêt, il descendit les marches et suivit le son qui s’intensifiait au fur et à mesure qu’il s’en approchait. Sans surprise, il aperçut la jeune femme, qui, cependant, semblait plus portée sur la précision que sur la violence, cette fois-ci. Au moins ne martelait-elle pas par colère ce matin. Néanmoins, vu l’état de sa création, elle ne venait pas de la commencer. Sans chercher à la surprendre, il avança tranquillement. Une fois à une portée raisonnable, il s’annonça de sa voix grave, qui le caractérisait si bien. « Tu ne mentais pas lorsque tu disais qu’elle te serait redevable une fois forgée. » En effet, la lame promettait d’être un réel chef-d’œuvre une fois terminée. Eliaë possédait un réel don dans cet art difficile qu’était la forge. Son oncle devait être tout particulièrement fier d’elle. « A qui est-elle destinée ? » Il y avait de fortes chances qu’elle finisse par appartenir à un noble, mais Zakaerii demandait plus pour faire la discussion que pour la réponse en elle-même, tout comme il avait quelque peu évité de lui demander depuis combien de temps elle forgeait cette lame. Vu l’état d’avancement, il était évident que cela faisait plusieurs heures. Cependant, ils savaient tous les deux pourquoi et il était inutile d’en parler.
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Jeu 18 Juin 2015 - 12:43

Je frappais doucement le métal et en même temps par moment je le frappais avec force, dosant au maximum ma force pour éviter de trop amincir la lame. Je devais cependant ne pas la laisser trop grosse, car il s'agissait d'une lame rapide et non pas de puissance. Celui qui allait la manier était un homme de l'ombre, quelqu'un qui se devait d'être discret et donc devait attaquer avec rapidité et précision. Je devais lui donner une petite taille, comme mes cimeterres sans pour autant montrer que ce soit une épée et non une dague, un choix somme toute étrange et en même temps, pas tant que cela. Pour ceux qui étaient grands et possédaient de grandes mains, les dagues ressemblaient justes à des cures dents, il était donc plus judicieux d'opter pour des épées plus petites. Plus grandes que des dagues, mais plus courte que des épées classiques, elles étaient une parfaite création de ma main, moi qui était petite. Ce genre d'arme était pour moi une épée longue. Mais au delà de ça, cette lame serait ce que mon père n'avait jamais su faire parce qu'il était bien trop impatient pour ce genre de chose. Elle serait d'une parfaite égalité et doté d'un tranchant parfait qui jamais ne s'émoussait. Comment ? Cette question était la plus intéressante, mais je n'en était pas encore arrivée au processus qui me permettrait de lui donner ce tranchant.

Je continuais donc de modeler l'acier comme je le désirais. M'employant à éliminer le surplus de métal, cherchant à obtenir une fois encore la perfection. Certes, je ne forgeais plus depuis longtemps, que de temps en temps, mais je prenais toujours un plaisir dingue à le faire. Tout comme mes enquêtes, la forge demandait de la patience, de la précision et surtout, surtout d'apprendre toujours plus. J'arrivais toujours à faire des choses que mon père n'arrivait pas à créer, tout simplement parce que contrairement à lui, je ne devais pas créer d'objet en masse. Je ne devais pas faire de lame à la chaîne, je m'étais toujours contenter des requêtes spéciales. J'adorais forger, alors pourquoi ne pas en avoir fait mon métier ? Parce qu'en un sens, la disparition de mes parents m'avait fait partir sur le métier d'enquêtrice visiblement. Je laissais tomber ces pensées pour me concentrer de nouveau sur ma lame, je forgeais avec patience, mais aussi avec amour, s'était cela qui rendait mes créations si différentes, si unique de ce que pouvait faire mon père. Il fallait aussi précisé que cela me demandait plus de temps de forger quelque chose que pour lui.

Je souris doucement à cette remarque et puis finalement j'en viens à remarquer que la lumière se lève doucement. L'obscurité laisse enfin sa place, elle cède du terrain, lentement pour ne revenir que bien plus tard. La chaleur se fait plus présente, plus oppressante, alors que la nuit fraîche nous permet de souffler, la chaleur de la journée arrive à grand pas alors que le soleil ne fait que se lever. Je sens les gens qui s'éveille, les consciences qui s'ouvrent, les sentiments qui arrivent, tournoyant comme s'ils étaient de plus en plus nombreux à chaque fois que je faisais quelque chose. En fait, ils n'étaient nombreux que parce que les gens s'éveillaient. Je les sentais passer sous la fenêtre de la forge, je sentais les regard omniprésent. Mes coups se firent plus modeste, cherchant à obtenir enfin la prestance que je voulais donner à cette lame et puis je l'entendis. Sa voix, bien que grave et douce me fit quelque peu sursauter, sans pour autant que je ne lâche mon ouvrage. Mon regard se porta sur lui, le trouvant alors torse nu. Enfin avec de la fourrure, dure de dire s'il était réellement torse nu. Je lui souris doucement, parce que sa remarque était comme qui dirait chaleureuse.


« Ce n'est pas le même bout de métal. Je sais être douce et précise quand il le faut, même si hier, la lame ne m'aurait probablement pas remercier. Je n'ai pas abîmer le métal, mais s'il doit être utiliser, il va falloir que je le remodèle. »

Je me concentrais encore un peu, quelques petites coups par ci et d'autre par là et puis finalement je plongeais la lame dans le bac d'eau non loin de la, la laissant refroidir tranquillement. Dans la forge, il existait de nombreux type de bac d'eau, tous à des température différente, pour éviter les refroidissement trop rapidement qui donnait à la lame une trop grande fragilité. Je sortis ensuite du fourneau un morceau de métal si fin qu'on aurait pu croire qu'il allait se briser, cependant, on pouvait voir que sa couleur n'était pas ordinaire.

« Il est destiné à un noble probablement. Enfin à quelqu'un de fortuné qui veut en faire cadeau à quelqu'un de moins scrupuleux je pense, ou un garde du corps. Les garde du corps aime ce genre d'arme qui sont facilement dissimulable et extrêmement efficace. »

Je posais le morceau de métal sur l'enclume et au lieux d'utiliser mon marteau, je pris une lame et commença alors à aplatir le métal. Je sentis dans les sentiments du Suli une question muette à laquelle je répondis tranquillement.

« Pour répondre à la question que tu n'as pas posé, je suis debout depuis plus de trois heures et moins de cinq heures. »

Je relevais la tête vers lui avec un sourire et au lieu de ne rien dire comme deux idiots que nous étions, je finis par expliquer ce que je faisais.

« Tu te souviens quand nous sommes arrivé, mon père essayait de faire quelque chose qu'il ne peut pas faire, parce qu'il a une trop grosse force brut. Ce morceau de métal est en fait un alliage de métal et de pierre précieuse. Il s'agit d'un alliage acier et poudre de diamant. »

Je finis par aller récupérer la lame qui était encore brulante dans le bac d'eau, mais qui était désormais assez solide pour être de nouveau frapper sans être déformé. On pouvait remarquer que la lame n'avais pas réellement de bord et s'était cela le plus intéressant.

« Je vais posé sur les bords de la lame cette alliage. Au delà du doigté, il faut réellement de petite main pour faire fusionner les deux métaux et ainsi finir de formé l'épée. »

Je posais alors délicatement les rebords de la lame sur le morceau de métal et puis commençait à frapper doucement. Trempant le marteau dans l'eau.

« En trempant le marteau dans l'eau, je permets à la lame et au nouveau morceau de métal de fusionné correctement et une fois fait, je frappe uniquement le petit morceau pour lui donner son tranchant. »

Ce que je fis. Une fois ceci fait, je repartis faire la même chose pour l'autre côté. Et après une bonne demi-heure supplémentaire, la lame était entièrement finis. Toute trace de fusion était invisible, comme si jamais je n'avais rajouté de morceau de métal. Je la posais dans l'eau.

« Maintenant, il faut la laisser reposer tranquillement dans ce bac d'eau, durant une demi-heure, ensuite dans le suivant durant un quart d'heure et dans le dernier durant dix minutes. Et je pourrais la polir, mais pas la faire briller. Ce genre de lame se doit d'être terne, pour éviter d'attirer l'attention, tout comme les dagues finalement. Il s'agit d'arme de l'ombre. »

Je souris doucement et finalement vint me poser près d'un endroit plein de cuir. Je le montrais au félin et reprit tranquillement la parole.

« Pendant que l'arme refroidis, le forgeron ne se laisse pas aller. Il ne dors pas non plus. En fait, il crée le pommeau. Je peux t'apprendre si tu veux. Même avec des grosses pattes, on peut faire quelque chose de magnifique. Ça te dit ? »

Je me doutais que pour lui, ce ne serait probablement pas pratique, mais j'avais tout de même bien envie qu'il arrive à faire quelque chose, pas seulement pour qu'il se sente utile, mais pour lui montrer que dans une forge, tout le monde pouvait être utile, que ce soit pour des petites choses ou des grands trucs et peut-être que ça lui serait utile, qui savait. Je voulais vraiment qu'il puisse se sentir à l'aise ici et j'espérais que créer des pommeau lui permettrait de s'amuser. Ça m'avait toujours faire rire. Attendant sa réponse, je commençais à sortir le matériel donc nous allions avoir besoin.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Mar 23 Juin 2015 - 11:10

Etonnement, elle ne semblait pas l’avoir entendu arriver, comme en témoigna son léger tressaillement qui ne manqua pas à l’œil affuté du Félidae. Heureusement, cela ne sembla pas causer de désagrément particulier. Il s’en serait voulu de lui faire manquer son œuvre pour l’avoir surprise, même si ce n’était pas son intention. Zakaerii avait toujours eu un profond respect pour ceux qui étaient capables de créer quelque chose à partir de presque rien. Qu’ils soient musiciens, artistes ou artisans, ils avaient chacun leur propre processus de création et arrivaient toujours à sublimer ce à quoi ils touchaient. Ils étaient plus rares que les Sulis soient reconnus dans ce genre de domaine, mais cela arrivait également, même si, fondamentalement, cela restait assez marginal. Somme toute, cela demandait de l’entrainement et de la patience. Chacun finissait par trouver sa voie, d’une façon ou d’une autre. Pour l’Once, cela avait été la Foi et, au fond, l’aventure. Peut-être aurait-il pu devenir marchand ou artisan, mais il n’était pas convaincu que la sédentarité soit faite pour lui. Bien au contraire, aller et venir sur les routes lui convenait parfaitement. Aucunes attaches, la possibilité de faire ce qui lui chantait, ou presque. Servir Revoran n’était pas forcément très contraignant, loin de ce que certains pouvaient penser, mais cela demandait juste d’avoir la Foi. Mais était-ce vraiment difficile de croire lorsque les fondements de votre divinité représentaient finalement votre propre état d’esprit ? Là où il avait cependant l’avantage par rapport à d’autres, c’est qu’il avait effectivement pu constater l’influence de son Dieu, voir ses signes. Bien entendu, tout pouvait être sujet à interprétation et certains lui diraient seulement qu’il voit ce qu’il veut voir, mais certains signes ne trompent pas. Quoiqu’il en fût, il ne forçait jamais les gens à partager sa Foi. Il était un vecteur de paroles, non de conversion.

Accoudé contre une poutre de la forge, il continuait d’observer la jeune femme qui n’avait interrompu son mouvement que pour l’observer à son tour quelques instants pour finalement lui répondre avant de reprendre son travail minutieux sur le métal encore chaud. Ne voulant pas l’interrompre, il la laissa terminer. Après tout, il n’était pas nécessairement venu pour faire un brin de causette, mais simplement parce qu’il était réveillé et que, s’il y avait une chose qu’il n’aimait pas, c’était ne rien faire au fond d’un lit. Quand Eliaë lui fit remarquer que la lame allait probablement servir à un garde du corps, le Suli dut admettre avoir un regain d’intérêt pour l’objet métallique, même si, pour l’heure, il n’en voyait plus rien. Les lames de décoration brillaient par leur beauté, mais pas par leurs capacités martiales généralement très faibles, voire inexistantes. Forgée pour parader, elles étaient souvent facilement cassables et n’étaient parfois même pas bonne à couper un pain un peu trop dur. Ces armes-là n’avaient aucun intérêt pour le Félidaë. Par contre, même s’il combattait principalement à mains nues, bien qu’un peu aidé par des gants légèrement renforcés de métal, il éprouvait tout de même un certain intérêt pour les armes existantes. Une curiosité bien placée, dans la mesure où connaître les différents types d’armes permettait d’avoir une idée du style de combat de l’adversaire. Après tout, on ne combattait pas de la même façon avec une lance ou une épée, et Revoran savait qu’il existait beaucoup d’épées différentes aussi. « Je ne doute pas que le client sera satisfait à tout point de vue. » Il ne connaissait pas le travail d’Eliaë, même s’il pensait déjà avoir entendu quelques rumeurs sur un forgeron de Varak pendant son adolescence. Enfin, il ne fallait probablement pas être érudit pour se rendre compte qu’elle semblait savoir ce qu’elle faisait.

Il haussa un sourcil quand elle ajouta travailler à la forge depuis plus de trois heures, mais il se ravisa, se rappelant qu’elle avait effectivement ce don de pouvoir deviner, en quelque sorte, à ce qu’il pensait. Il espérait un jour ne pas avoir de pensées déplacées à son égard, ou du moins qu’elle ne les sentirait pas. Le Suli s’approcha légèrement quand elle voulut lui expliquer ce qu’elle faisait. S’offrant une meilleure perspective sur l’enclume, il ne perdit pas une miette de ses explications. Il fallut de longues minutes pour terminer la fusion, mais cela n’en restait pas moins passionnant à observer. Les coups de marteaux n’étaient jamais les mêmes, chacun à un endroit et avec une force précise. Cela demandait énormément de maitrise, c’était presque hypnotisant. Quand la lame retrouva le chemin de l’eau, le processus semblait achevé et la jeune Bélinoise lui confirma cela. « Tu n’as jamais éprouvé de scrupules à l’idée qu’une de tes armes pourraient finir entre de mauvaises mains ? » Les armes de l’ombre n’allaient probablement être utilisées pour de belles choses, ou peut être que le client était suffisamment connu. A vrai dire, Zakaerii ne voyait pas ce qui pouvait empêcher un criminel de venir se fournir dans une forge comme celle-ci. Mais cela ne voulait pas dire qu’il désapprouvait. Après tout, pouvait-on blâmer le créateur d’une arme pour les victimes qu’elle fait ? Personne n’était jamais venu remercier un forgeron pour les vies qu’une de ses armes avait pu protéger, du moins, à sa connaissance. Quand vint le sujet des pommeaux, l’Once observa avec surprise la jeune femme. Il s’imaginait mal créer un tel objet, même si, apparemment, c’était possible même avec de grosses pattes. Il esquissa un sourire. « Je veux bien essayer, mais je n’ai pas vraiment l’habitude de créer avec mes « grosses pattes ». » Il y avait eu une petite note amusée lorsqu’il avait repris les propres mots de la forgeronne.
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Mer 24 Juin 2015 - 5:20

Ses paroles étaient somme toutes douces à mes oreilles. Je ne savais pas si le client allait apprécier cela, mais je savais qu'au moins, j'avais fait tout ce qui était en mon pouvoir pour rendre l'arme la plus belle possible. Généralement, je ne faisais pas les armes destinés à combattre, me contentant des armes d'apparat bien souvent. Plus simple à créer et surtout, plus rapide. Ces armes demandaient aussi plus de travail et de minutie et donc j'étais toute destinée à le faire. Seulement cette fois-ci, l'arme était plus complexe et nécessitait quelque chose que mon père n'avait jamais pu faire. Tout simplement parce qu'il n'avait pas eu la patience pour le faire. S'il s'y était obligé, il l'aurait sans aucun doute fait, cependant, je le connaissais assez pour qu'il s'est dit que comme j'allais arrivée, il n'avait pas besoin de se forcer. Le petit malin. Je soupirais doucement et reportais mon attention sur le félin. Sa question fit naître en moi les doutes que j'avais eu toute petite, ceux qui m'avaient décidés de partir plutôt pour une carrière d'enquêtrice que pour une carrière de forgeronne. Je lui souris doucement et prit tranquillement la parole.

« En vérité, j'ai toujours voulu être forgeronne lorsque j'étais petite. Cependant c'est la raison que tu viens d'invoquer qui m'a pousser à devenir enquêtrice, plutôt que forgeron. On a jamais réellement moyen de savoir si ces armes serviront pour tuer ou alors pour défendre et je dois bien avouer que cela me mine le moral. Cependant mon père est fournisseur officiel de la cité et l'arme que je viens de créer est une de celle qui sera pour un des gardes de la cité et donc je n'ai pas à m'en faire de savoir pour quoi elle servira. »

Je souris et reprit.

« Mais en fait, je m'en voudrais énormément si elle servait à tuer pour le plaisir. Surtout que ce genre d'arme est quasiment incassable. Le fait d'utiliser de la poudre de diamant permet à la lame de rester aiguiser tout le temps, et surtout de ne pas se casser. Je crois que je m'en suis voulu le jour où j'ai trouvé cette façon de faire. »

Un autre sourire, plus douloureux que les précédents. Cette arme, cette première arme que j'avais créer avait finis par tuer un ami de mon père, parce que la personne qui l'avait commandé n'avait pas eu de scrupule lui. S'était ça qui m'avait décidé à m'en aller, à choisir un autre chemin. Je n'avais que quinze ans, mais je savais déjà que s'était mieux ainsi. Depuis, mon père avait décidé de faire autrement, il avait chercher un moyen de contrôler ses commandes. Les clients qui venaient n'étaient pas des gens ordinaires comme qui dirait. Des nobles, des gens reconnus et qui donc n'avait aucun intérêt à acheter ce genre d'arme pour faire la guerre. Cependant, personne n'était à l'abri d'une erreur et s'était aussi pour cela que j'avais décidé pendant un temps de ne plus rien créer. Mais j'aimais réellement forger et c'est en sortant les morceaux de cuir et le matériel, que je me rendis compte à quel point cela m'avait manqué. Ma famille, la forge, le métal et cette sensation de créer quelque chose d'unique à chaque fois, je détestais ne rien faire de mes dix doigts et quand j'étais ici, j'avais l'impression d'être enfin quelqu'un. Je souris doucement à sa phrase et remarqua alors l'expression que j'avais utiliser. Je me sentis gênée d'un coup et je repris doucement.

« Désolé, je ne voulais pas dire que... Enfin navré d'avoir dit cela. Je pense que tu pourras faire quelque chose de génial, il suffit juste d'un peu d'imagination. Laisse moi te montrer, rien de plus simple. »

Je posais devant lui, des morceau de ferraille rond, de taille différentes selon ce qu'il voudrait faire et puis disposait de chaque côté de la table ce dont nous allions avoir besoin. Je répartissais alors les outils de découpe que j'avais à ma disposition et commença l'explication.

« Alors, rien de bien compliqué. On prendre le morceau de métal qu'on désire, suivant la taille de l'arme ou la taille de la main du porteur et on va l'agrémenter pour que la présence du métal se fasse oublier. On prend alors une couche de ouate qu'on va poser autour du métal et ensuite on va s'occuper de tisser comme un cocon autour avec du cuir. »

Je pris le métal qui me permettrait de finir l'arme, il était un peu plus grand que ma main ce qui signifiait qu'il s'agissait de quelqu'un avec quelques centimètre de plus que moi, pas plus. Je l'entourais d'une couche de ouate et puis finalement je commençais à tisser avec le cuir autour. Rendant le tout plus confortable à tenir en main. Une fois que je me rendis compte que le cuir avait parfaitement épousé le métal, je commençais à l'agrémenter de divers morceau de lien pour tenir le tout. Une fois terminé, je finis par incruster un filigrane argenté sur le cuir qui permit de créer le pommeau dans sa finalité. Je laissais là mon œuvre, attendant que le tout refroidisse et partit mettre la lame dans un autre bain d'eau histoire de finir de la rafraîchir. Elle était presque prête et je n'étais pas peu fière de ce travail que je venais d'accomplir. Je reviens ensuite pour meuler la poignier du pommeau pour enlever les aspérités et finalement après une bonne demi-heure supplémentaire, je présentais le pommeau devant Zak. Il était rond tout au bout et s'évasait doucement pour former un cylindre recouvert de cuir foncé dans pour autant être noir. La couleur du cuir était rehausser par le filigrane argenté et au bout, on pouvait voir l'accroche pour attacher la lame au pommeau. Ne restait plus qu'à l'installer.

« Tu vois, une fois que tu as finis le pommeau, tu reprends la lame du second bac. Tu la pose en la tenant bien dans la plus petite fournaise, juste pour chauffer le bout et finalement une fois cela fait, tu prends le pommeau, tu prends la lame et tu les accroches l'une à l'autre. Il te faut l'enclume à bout rond, histoire de ne rien briser et le plus petit marteau de forge. »

Je finis par souder l'arme au pommeau et bientôt la fusion fut si parfaite qu'il n'existait rien qui ne permettait de distinguer si l'arme avait été créer avec le pommeau ou sans. Je laissais ensuite la lame à l'air libre.

« Et maintenant, il suffit d'attendre que tout soit complètement froid pour pouvoir la livrer. C'est un travail de longue haleine, mais lorsqu’on regarde où on arrive, on se rend compte que c'est un travail très plaisant. »

J'entendis alors mon ventre gargouiller et commença à rougir de honte. Je n'avais pas manger depuis hier soir et encore hier, je n'avais presque rien manger. Je regardais alors le Suli avec un sourire doux.

« Dit-moi, un monstrueux petit déjeuner, ça te dit ? Parce que j'ai bien envie de manger une tonne de chose ce matin. »

Je le regardais tranquillement attendant sa réponse.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Jeu 25 Juin 2015 - 10:58

Ce n’était pas étonnant d’apprendre qu’elle puisse avoir quelques arrière-pensées sur la façon dont pourrait être utilisé l’une de ses armes. Il était néanmoins plus surprenant que cela ait influencé son choix de carrière. Enfin, il était déjà assez insolite de vouer son existence à résoudre des mystères pour les autres. Les enquêteurs ne courraient pas les rues, du moins pas ceux qui ne faisaient pas partie des institutions judiciaires d’un royaume. Les milices avaient leurs propres personnels pour mener des enquêtes mais c’était là plus par qualité d’observation et de déduction qu’une véritable vocation. Les passionnés de mystères civils finissaient le plus souvent sur les routes, en quête de vieilles légendes sur des trésors enfouis et tentaient de démêler le vrai du faux pour finalement dénicher de quoi les rendre un peu plus célèbres et un peu plus riches. Quoiqu’il en fut, ce n’était pas à Zakaerii de juger ses choix professionnels, après tout, chacun était libre de mener l’existence de son choix, tout comme lui avait choisi de suivre la volonté d’un Dieu. Il était vrai que cela ne l’empêchait pas d’avoir son propre avis critique sur ce qu’il pouvait voir ou entendre, mais avoir un avis n’était pas la même chose que juger. Et, dans le pire des cas, même si ce choix de carrière pouvait sembler intriguant, il n’en n’était pas moins inintéressant, bien au contraire, et, si elle continuait à mener cette existence, il fallait bien y trouver la preuve, que, apparemment, les clients ne devaient pas trop manquer. « Beaucoup d’inventions sont malheureusement détournées pour faire le mal. C’est le penchant indispensable à la vertu. Après tout, comment pourrait-on faire de bonnes choses, s’il n’y en avait pas de mauvaises. Bien que je sois loin d’adhérer à ce genre de manichéisme, l’adage est vrai : il ne peut y avoir de lumière sans ombre. »

C’était là le problème inhérent, celui qu’il était impossible de régler. Espérer que tout le monde pourrait suivre un noble idéal était utopique et, au fond, il ne serait probablement jamais possible d’empêcher les gens de faire des choses répréhensibles. Mais, au final, ce n’était pas le genre de question que le Félidaë voulait se poser au petit matin. Pour lui, chacun était libre de ses choix, mauvais ou non. L’essentiel était de les accepter, d’en prendre la responsabilité, d’un côté comme de l’autre. Sans compter qu’une mauvaise chose était parfois nécessaire pour un bien supérieur. Beaucoup de paramètres rentraient en compte et ces notions étaient tellement subjectives qu’il était difficile de pouvoir débattre concrètement à ce sujet. Au lieu de cela, il se contenta de la suivre là où elle avait déposé plusieurs outils et du matériel pour préparer un pommeau. Malgré son enthousiasme, il restait peu convaincu de parvenir à quelque chose de « génial » mais ce n’était pas important. Sans un mot, j’observais ses gestes tout en écoutant ses paroles. Elle semblait relativement experte dans ce domaine également et le manche prenait ainsi vie petit à petit, bien qu’il restait particulièrement simple dans son ornementation. Mais si l’arme devait être utilisée réellement, il était inutile qu’elle soit trop ornée, de plus, si elle devait se faire discrète, c’était probablement mieux ainsi. L’Once continua d’observer la fusion des deux éléments créant ainsi la lame finale. Eliaë semblait mettre énormément de cœur à l’ouvrage ainsi qu’à, étonnement, à l’explication qu’elle lui donnait tout au long du processus. C’était appréciable, même si, du coup, il restait convaincu de ne pas spécialement arriver à faire quelque chose ainsi un jour. Peut-être avec quelques années de pratique et d’enseignement, mais ce n’était pas ainsi qu’il imaginait ses prochaines années d’existence.

« Quelque chose de trop facile n’est pas gratifiant. C’est normal que la création d’une arme mène à une certaine satisfaction. Ce n’est pas rien. » Il contempla la création de la Bélinoise quand ses oreilles captèrent un son provenant d’elle qui le fit sourire. Il était aisé de reconnaître les gargouillis d’un estomac qui criait famine. Alors qu’elle lui proposait de prendre un petit-déjeuner, il se tourna à nouveau vers elle. « J’imagine que le fait de n’avoir quasiment rien mangé hier y est un peu pour quelque chose, n’est-ce pas ? » Il esquissa un sourire complice et se contenta d’acquiescer légèrement. « Je serai ravi de partager ce repas en ta compagnie, sans quoi, j’ai peur que ton estomac ne soit pas le seul qui grognera. » Car même si le Felidaë avait quand même mangé correctement au diner de la veille, il n’en restait pas moins que le petit-déjeuner restait le repas qu’il négligeait le moins, ne serait-ce que pour pouvoir attaquer la journée sereinement. Sans parler qu’il comptait bien rendre service au père de la jeune femme, à la fois pour « payer », à sa manière, son séjour à leurs frais, mais également, peut-être, pour se racheter de la scène de la veille qui était, malgré tout ce qu’on avait pu lui dire, entièrement de sa faute. Il se contenta alors de la suivre, afin de l’aider à préparer ce fameux monstrueux petit-déjeuner. Une fois dans la cuisine, il lui prêta main-forte autant que faire se peut. « J’imagine que vous avez de quoi vous occuper pour la journée. Peut-être pourrais-je me rendre utile ? Couper du bois, chercher du matériel ? Je sais que tu ne voulais pas m’imposer de labeur, mais c’est quelque chose que je ferais volontiers, un peu d’exercice physique ne fait jamais de mal. »
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Mer 1 Juil 2015 - 8:06

Beaucoup d'invention, il ne savait pas à quel point probablement. Pour avoir vécu avec un forgeron, je savais exactement de quoi il parlait. Je savais aussi que en un sens, on avait pas réellement le choix, parce que quoi qu'il arrivait, quoi qu'il se passait notre boulot dépendant de ces gens qui les utilisaient aussi pour de bien mauvaises choses. Contrôlait la clientèle était compliqué, bien plus compliqué qu'on ne pouvait le penser réellement, car malgré les précautions, on n'arrivait pas toujours à éviter ceux pour qui tuer étaient une seconde nature. De plus, il y avait aussi des forgerons bien moins scrupuleux qui n'était attirés que par l’appât du gain et n'hésitait pas à fabriquer des armes de mort en masse et à les vendre à n'importe qui tant que n'importe qui payait le prix qu'il fallait. J'étais tellement perdu dans mes pensées, que je faillis louper la suite de ses paroles et un grand sourire s'accrocha à mes lèvres quand ses mots pénétrèrent mon esprit. En un sens, je ne savais pas comment il faisait, mais il me comprenait. S'était étrange tout de même, surtout que nous n'étions pas si proche que cela, enfin nous ne nous connaissions pas réellement. Mais je trouvais ça sympathique et je souris de plus belle, lui offrant une réponse classique.

« Il est vrai que lorsque s'est trop facile, cela n'a rien de gratifiant, mais parfois, la facilité peut faire plaisir, surtout que par moment, la vie n'épargne pas les gens. »

Mais il avait raison. Être satisfait de notre travail était ce qui était le mieux, enfin de mon point de vue. J'aimais tout particulièrement ce que je faisais quand j'étais ici et peu importait ce que je créais, je le faisais avec toute la grâce et la finesse que j'avais en moi, comme si chaque morceau de métal que je façonnais prenait un peu de mon âme et en un sens, s'était tout aussi bien. Et puis mon ventre se mit à réclamer, je sentis un sourire se poser sur ses lèvres félines et j'accrochais son regard. Et lorsqu'il reprit la parole pour la seconde fois je souris de plus belle.

« Effectivement, seulement, je dois avouer que je suis bien trop têtu pour revenir chercher à manger une fois que je suis partit. C'est mon côté cabochard diront-nous. Et tant mieux si le tiens commence à gronde aussi, j'aurais alors moins honte d'avoir aussi faim. »

Je partis en direction de la cuisine, suivit de Zak et finalement nous préparions le petit déjeuner en cœur. Ça me faisait étrange de le partager avec quelqu'un. Généralement, lorsque j'étais ici et à cette période, j'étais constamment seule, tout simplement parce que mon père était un lève tard et un couche tôt généralement. J'avais déjà déjeuner et j'étais déjà au travail lorsqu'il arrivait la tête en pagaille. Je souriais doucement à cette pensée et mis ce qu'il fallait dans les assiettes, en présentant une au Suli, je posais couteau et fourchette près de lui, ainsi qu'un grand bol. Je fis fi de sa question pour l'instant.

« Le matin, on bois aussi un bol de lait, est-ce que ça te va ? Ou alors tu préfère une autre boisson ? »

Je le regardais doucement par dessus nos assiettes remplis d'oeuf, de pain, de viande finement coupé et grillé ainsi que du beurre qui trônait sur la table. Lorsqu'il m'eut répondu et dit ce qu'il voulait comme boisson, j'attaquais mon assiette en mangeant tranquillement mais avec appétit. Je n'étais pas une grosse mangeuse, mais lorsqu'on marchait comme nous avions marché tous les deux pour venir ici, on mangeais moins bien que ce qui était nécessaire. Alors forcément reprendre des forces s'avéraient bien plus important que tout le reste pour mon estomac maintenant. Un vague sourire se porta sur mes lèvres, dieu, je n'allais pas me laisser gouverner par mon estomac tout de même. Je souriais toujours et reprit tranquillement la parole, répondant alors à sa question une fois que mon estomac fut à peu près rassasié.

« Bien entendu qu'il y a du boulot, dans une forge, tous les jours il y a du travail, mais je voulais justeéviter qu'on te pousse à faire trois tonnes de boulot comme mon père à l'habitude de faire avec les gens trop enthousiaste. »

Je lui jetait un regard moqueur, mais pas méchant. C'était plus un regard joueur qu'autre chose et reprit tranquillement.

« En regardant le carnet de commande, j'ai remarqué qu'il avait une grosse arme à faire, donc je pense que tu vas devoir te contenter de moi. »

Un sourire doux et je repris tranquillement.

« Il va falloir aller chercher la commande de métal qui nous attend, la charger et la décharger et ensuite s'occuper de la commande de bois et en fin d'après-midi on sera tranquille logiquement, une fois tout ranger. Tu pourras donc faire ce que tu veux. »

Moi pour le coup, j'étais contente de m’être attaché les cheveux. Même si la fournaise m'avait fait suer, j'étais contente d'être quand même aussi alerte le matin. Parce que sinon, ça aurait été la catastrophe. Je le regardais alors tranquillement, finissant ma tartine de beurre.

« Est-ce que ça te plaît comme programme ? Ça te fera assez d'exercice physique ? »

Je souriais doucement, mais il n'y avait pas de méchanceté dans mes paroles aucunement. Ce n'était que lorsque j'avais affaire à des gars peu scrupuleux que sortait mon caractère explosif.


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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Lun 13 Juil 2015 - 11:18


La facilité était peu gratifiante, mais il était compréhensible de parfois la rechercher. Quelle que soit la raison, il était parfois agréable de ne pas avoir à surmonter une difficulté et pouvoir simplement faire quelque chose de simple. La facilité était reposante, agréable, mais perdait de son charme si, de l’autre côté de la balance, une quelconque difficulté ne venait pas remettre un peu d’équilibre. Equilibre. Voilà le mot qui résumait beaucoup de choses sur ces terres et qui dominait, bien que certains ne répugnent à l’admettre ouvertement. Les excès ne menaient à rien de bon, quels qu’ils soient, et la longévité résidait probablement dans un savant mélange de relâchement et de retenue. Toutefois, chacun était libre de choisir son mode de vie, de suivre son libre-arbitre et de faire fi de ce que les autres pouvaient dire. Zakaerii n’était pas du genre à tenir compte de l’avis des autres personnes, ou, plus exactement, de ce qu’elles pouvaient penser de ses faits et gestes. Néanmoins, cela ne l’empêchait pas de garder un œil critique sur ses propres actions, conscient qu’il n’était pas exempt d’erreurs. Après tout, il n’en restait pas moins humain, d’une certaine manière. Quoiqu’il en fût, il ne manqua pas l’opportunité de laisser de côté ces discussions, un peu, philosophiques, pour quelque chose de plus simple, comme le petit-déjeuner. Non pas que le Felidaë puisse être réticent à débattre de questions fondamentalement sans réponses au lever, mais c’était là le genre de sujet qu’il évitait plus ou moins, conscient que ces discussions finissaient souvent sur des désaccords plus ou moins tranchés et pouvaient mener à des disputes, même si, le cas échéant, il en doutait fortement. Il était cependant difficile d’affirmer avec certitude qu’Eliaë ne s’emporterait pas sur un sujet ou un autre – après tout, ils n’avaient passés que quelques jours ensembles, sans réellement échanger de convictions.

Jetant un dernier regard sur la forge, il suivit ensuite la jeune femme en direction de la cuisine. Apparemment, ils étaient encore les seuls à être debout. Il s’installa à la table, à l’endroit même où il s’était installé pour le diner, la veille au soir, quelques souvenirs de ce repas lui revenant en mémoire. En tout cas, elle n’allait pas partir comme une furie, à moins que son père ne les surprenne durant le repas. Il la remercia dans un sourire en prenant l’assiette qu’elle lui tendit et la déposa devant lui, attendant – élémentaire politesse – qu’elle finisse pour commencer à manger. « Il parait que les félins ont un faible pour le lait. Je crois que je ne déroge pas à la règle. » En effet, l’Once appréciait cette boisson, qu’elle soit de vache ou de chèvre. Il en avait bu depuis son enfance et en buvait encore beaucoup aujourd’hui, la préférant de loin à l’alcool, notamment parce qu’il la trouvait rafraichissante lorsqu’elle était servie bien fraiche. Il la remercia à nouveau en prenant le bol qu’elle lui tendit et ils commencèrent à manger tous les deux une fois qu’elle fut installée à son tour. Le repas était composé de choses simples mais délicieuses et, pour être honnête, Zakaerii n’avait jamais été difficile sur ses menus. Peut-être que le fait de voyager souvent, et en particulier le fait de se nourrir de provisions de voyage, qui se réduisaient souvent à du pain et de la viande séchée, finissait par rendre n’importe quel plat encore plus alléchant. En silence, le Felidaë entama donc son petit-déjeuner, bouchée après bouchée, sans chercher, comme à son habitude, à faire une quelconque discussion. Et, d’une certaine manière, la balle était plutôt dans le camp de la jeune femme, même s’il avait l’impression qu’elle éluderait peut-être sa question.

Elle reprit finalement la parole quelques instants plus tard, précisant que la forge n’était pas un endroit où l’on pouvait facilement chômer. C’était là quelque chose dont se serait volontiers douté l’Once, aussi se contenta-t-il de sourire face à la mention de l’enthousiasme du propriétaire des lieux. « Je ne vois pas en quoi il s’agirait de me « contenter ». » Le Suli esquissa un sourire et donna un nouveau coup de fourchette dans son assiette, bien déterminé à la terminer, question de principes, même si, de toute façon, il avait probablement encore la place nécessaire dans son estomac pour cela. Il écouta, en même temps, le planning que la jeune femme dressait pour la journée. Effectivement, la journée d’un forgeron n’était pas de tout repos. A se demander comment ce dernier se serait débrouillé sans quelques bras supplémentaires. « Tout dépend de la quantité de métal et de bois, je présume. » Zakaerii lui rendait la pareille. Bien entendu, il n’avait aucun problème avec le programme et charger ou décharger du métal et bois ne serait probablement pas un problème pour lui, même si, bien entendu, cela pourrait le devenir en fonction des quantités. Au pire, cela prendrait plus de temps que prévu. « Cela me convient parfaitement, si tu n’as pas peur de t’afficher avec un Suli dans les rues de Varak toute la journée. » Il faisait bien entendu référence aux réactions que leur arrivée avait déjà suscité la veille. Il semblait alors normal de penser que s’ils devaient croiser d’autres connaissances à elle, celles-ci ne manqueraient pas de faire les mêmes déductions, bien qu’erronées. Et, après ce qu’il venait de se passer la veille au soir, peut-être valait-il mieux éviter de propager de fausses rumeurs…
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Mar 14 Juil 2015 - 3:38

Je souris tranquillement lorsqu'il parla du faible des félins pour le lait. Je n'étais pas certaine que cela soit pareil pour les Suli, mais finalement il semblait bien que s'était le cas. Peut-être pas pour tous, mais visiblement celui-là oui. Je lui servais donc un grand bol de lait, tout en m'en servant un et puis la faim fut assez prenante, si bien que je commençais tranquillement à manger. Lui expliquant ce qu'il y avait à faire aujourd'hui. Ce qu'il y avait de bien dans une forge, c'est que jamais, au grand jamais nous étions sans travail. Il y avait tellement de chose à faire, entre l’approvisionnement, la livraison des commandes, la répartition des outils, la création et la recherche, les plans à faire, les clients à rencontrer et contenter, s'en était réellement impressionnant et il ne fallait pas longtemps pour être débordé. D'ailleurs, un bon forgeron était tout le temps débordé, s'était bien le cas de mon père après tout. En regardant son carnet de commande, j'avais pu remarquer qu'il avait énormément de commande, au moins six par jours, heureusement qu'ils étaient deux. Je n'étais cependant pas certaine qu'ils puissent sortir six armes par jour, cependant j'étais là pour les aider, donc une fois tout ce qu'il y avait à faire fait, je pourrais ensuite m'occuper de les aider pour forger, même si ma spécialité s'était plutôt les armes particulières, celle qui demandaient beaucoup de soin. Je secouais la tête et revint dans le présent au moment ou je l'entendis rebondir sur mon contenter.

Sa façon de le dire me fit arrêter de réfléchir un moment et le sourire qui se dessina sur ses lèvres me laissa sans voix durant un instant et puis finalement je secouais ma tête. Il n'y avait probablement pas de sous-entendu dans ses paroles, cependant, comme je ne pouvais pas sentir ses sentiments, j'avais un peu trop tendance à voir des sous-entendu partout. Je me rendais alors compte à quel point je me reposais sur mon don, alors que parfois je le détestais cordialement. Je soupirais un instant et puis finalement repris la parole en lui expliquant la suite du programme de la journée. Je hochais la tête à sa remarque, mais techniquement ce genre de chose se terminait en fin de soirée lorsqu'on était seul, à deux nous devions donc terminé avant logiquement. Bah de toute façon nous verrions bien. Je finis donc de manger et de boire avant de débarrasser ma table. C'est à ce moment-là que j'entendis sa remarque et une vague de honte passa dans mon regard tourné vers la fenêtre. Je m'étais assez affichée hier il me semblait. Je ne recommencerais pas aujourd'hui, et puis de toute façon.... je finis de poser mes affaires dans l'évier, les laver tranquillement. Le silence régnait et pour être honnête, je n'avais pas du tout envie de le briser, cependant je lui devais bien une réponse n'est-ce pas ?


« Ne t'en fais pas pour ça. Sera est mon voisin en fait, il est le seul que je connais ici. Je ne suis jamais réellement sortit de chez mon oncle, protection obligeait je pense. Sera était celui qui passait la tête au dessus du mur et me posait des tas de questions, il passait parfois le mur aussi et se retrouvait finalement avec moi. »

Je haussais les épaules et reprit tranquillement.

« Personne ne dira quoi que ce soit et si quelqu'un trouve quelque chose à redire, généralement un regard menaçant suffit à les remettre à sa place. J'ai l'habitude de naviguer dans ses rues, je me fiche parfaitement de ce que les autres peuvent penser de toute façon. »

Je ne m'étais toujours pas retourner, laissant mon regard voyager dehors. Je détestais ces jours, tous ces jours, ceux qui me mettaient à fleur de peau, ceux qui à cause d'une réflexion je partais au quart de tour. Je n'aimais cet état de fait et je ne voulais aucunement que cela se reproduise, seulement je savais parfaitement que ça se reproduirait. J'étais quelqu'un de trop nerveux durant cette période, beaucoup trop nerveuse et chaque réflexion faisait pour moi l'effet d'un couteau plongé à vif dans ma chaire. Je finis ma vaisselle et la laissait s'égoutter sur l'évier et finalement je me retournais vers lui, le regard probablement un peu brillant, de sentiments tous plus différents.

« Ne t'en fais pas, je serais me tenir. Mais fais bien attention dans les rues de Varak, il ne suffit pas de grand chose pour déclencher une rixe et généralement ceux qui aiment se battre n'hésite pas à provoquer et même à commencer la bagarre alors qu'il n'y avait rien du tout au début. Surtout en ce qui concerne les étrangers, comme ils ne sont pas censé rester longtemps, il est plus facile de les accuser et donc de provoquer pour rien. Et puis tu es un défis, rare sont les sulis qui se promènent dans des villes humaines. »

Je me retournais et commença à sortir de la cuisine.

« Le racisme est très présent dans cette ville. Je vais vite fait prendre une douche et laisser un mot à mon oncle, je te retrouve près de la forge ça te va ? »

Je lui souris tranquillement et après sa réponse, je partis prendre rapidement une douche, pour descendre tout aussi rapidement. La journée allait s'avérer pleine de bordel, mais bon ça mettait aussi un peu d'ambiance.


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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Jeu 16 Juil 2015 - 10:10


Cela faisait plusieurs mois que Zakaerii n’avait pas remis les pieds à Varak, principalement parce qu’il n’avait pas eu l’occasion d’y aller, mais, au-delà de ça, il savait que les Sulis étaient toujours plus ou moins vus différents du reste de la population. Certains semblaient craindre un mauvais coup de leur part, ou ne souhaitaient simplement rien avoir à faire avec des animaux. La différence était une barrière que peu étaient capables de franchir et, malheureusement, l’Once était conscient de ce que cela pouvait impliquer pour ceux qui s’affichaient en compagnie de personnes méprisées. Au lieu de susciter une curiosité positive et une remise en question, cela poussait plutôt à déplacer le mépris vers ces personnes-là également. Et s’il y avait bien quelque chose que le Suli préférait éviter, c’était bien d’infliger encore plus de problèmes à ses hôtes. Et même s’il ne pouvait pas rester éternellement caché aux yeux de tous au fin fond de la forge, se balader ouvertement en ville, pouvait ne pas aider. Il termina son assiette à son tour et emporta également ses couverts vers l’évier où se trouvait déjà la jeune femme, prête à nettoyer les siens. En silence, il déposa sa petite pile à côté de la sienne avant de se saisir d’une serviette pour l’aider à sécher la vaisselle une fois que cette dernière serait propre. Après tout, il n’y avait aucune raison de ne pas aider aux tâches ménagères, sans compter que c’était quelque chose d’assez reposant, en fin de compte. Tout en essayant ce qu’elle lui tendait, il ne rompit pas le silence et attendit qu’elle le fasse d’elle-même, esquissant un sourire à l’évocation des facéties de Sera. Il ne connaissait pas bien la personne, mais imaginait parfaitement la scène. Les murs n’étaient pas le genre de choses qui arrêtaient les enfants, aussi hauts fussent-ils.

« Si tu es prête à laisser dire, je n’y vois pas d’objection. Je voulais juste m’assurer que cela ne pourrait pas te nuire, d’une façon ou d’une autre. Certaines personnes sont parfois assez étroites d’esprit. » Et, d’une certaine manière, il ne voulait pas finir par être une sorte de fardeau pour elle, conscient que cela pouvait compliquer allègrement n’importe quelle situation. Que dire si le marchand qui lui vendait le fer ou le bois devait finalement ne pas apprécier les Sulis et voir d’un mauvais œil que sa cliente s’affiche avec l’un d’eux ? C’était très certainement hautement improbable, mais parfois les plus petits détails pouvaient se révéler extrêmement importants et finir par avoir des conséquences inattendues et pas vraiment agréables. Savoir qu’elle s’en fichait était une bonne chose, après tout il n’allait pas dire non à la possibilité de sortir, même si les journées Varakiroises pouvaient être particulièrement hostiles pour ceux dont le corps était déjà couvert d’une fourrure plutôt faite pour les fraiches nuits de Norpalie. Et puis, au fond, il avait déjà bravé le désert plusieurs fois, cela ne pouvait pas être pire, n’est-ce pas ? Il écouta la mise en garde qu’elle lui prodigua et esquissa un sourire tandis qu’il essuyait le dernier couvert. « J’ai grandi dans ces rues, elles ne me font pas peur. Et quand bien même pourrait-on penser que je suis un étranger et un défi, je doute que certains tenteraient leurs chances avec une personne contre qui ils ne sont pas certains de gagner. Dans mes souvenirs, les locaux sont un peu belliqueux, mais ils ne sont clairement pas stupides. » Même s’il devait représenter un défi, pour certaines petites brutes, et même s’il était conscient que certains ne s’arrêtaient pas à une possible défaite, le Suli restait confiant sur ses propres capacités à repousser un éventuel agresseur.

« Je t’attendrais ici. » Il avait acquiescé en silence, la laissant s’en aller pour se préparer. De son côté, Zakaerii estima qu’il était prêt. Sachant que la chaleur n’allait pas manquer, il avait abandonné l’idée d’aller récupérer son manteau et décidé qu’il pourrait tout aussi bien déambuler dans la ville dans cette tenue, ce qui ne choquerait probablement personne. Sans compter que les efforts à venir seraient d’autant plus facile à produire torse-nu, ou presque, considérant qu’il restait tout de même la fourrure. Il se contenta de se passer un peu d’eau sur le visage, en se servant de l’eau de la cuisine. Après tout, c’était de l’eau comme un autre, n’est-ce pas ? Il ne semblait pas avoir besoin de ses affaires non plus, aussi resta-t-il sagement dans cette pièce, profitant de la solitude pour faire quelques étirements et ainsi se préparer aux efforts à venir. Plusieurs minutes plus tard, « J’imagine que nous aurons besoin d’une charrette à bras, ou de quelque chose du même acabit pour transporter le métal et le bois que nous allons chercher. Peut-être peux-tu m’indiquer où elle se trouve ? » Il était évident qu’il allait faire le porteur et, quoiqu’elle puisse en dire, il était hors de question qu’elle s’en charge. Non pas qu’il puisse imaginer qu’elle n’en fut pas capable, même si, sans l’ombre d’un doute, il devait pouvoir supporter davantage de charge qu’elle, mais simplement parce qu’il trouvait normal que ce soit lui qui s’en occupe. Elle pouvait bien entendu toujours choisir d’objecter mais il ne la laisserait probablement pas faire. « Je te suis. » Se contenta-t-il d’ajouter, après tout, il fallait bien qu’ils commencent à bouger, ils avaient du pain sur la planche.
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Mar 21 Juil 2015 - 4:25

Je savais que cette période de l'année n'était pas celle où j'étais la plus abordable. En vérité, je ne l'étais pas du tout. J'avais toujours tendance à m'énerver pour rien, il ne suffisait que d'une étincelle pour que tout parte et pas seulement par des mots. Certains gestes, certaines chose me faisait partir au quart de tour. Mon père le savait parfaitement pour l'avoir expérimenté. Je m'en voulais toujours après. Cela faisait des années et pourtant.... je n'arrivais toujours pas à m'en défaire, comme si je n'avais pas grandis, comme si, ce que j'avais vécu n'avait pas d'importance. J'avais essayé durant de nombreuses années de me défaire de ça, mais jamais je n'y étais arrivée. Cependant, je ne désespérais pas. Je devais bien admettre que ce n'était pas simple, mais je n'étais pas non plus du genre à trop me formalisé pour quoi que ce soit. Je savais qu'un jour, tout cela serait atténué, que la mort de mes parents feraient partit des souvenirs tristes, que mon passé ferait partis des souvenirs douloureux, mais qu'aucun d'eux n'aurait plus l'impact qu'ils avaient en ce jour. Je soupirais doucement, regarda l'homme qui me faisait face. Je ne savais pas quoi penser, ces derniers temps, j'avais pensé trop de chose, mais je devais admettre que malgré le fait qu'on ne se connaissait pas plus que cela, j'appréciais sa compagnie. J'avais l'impression d'être quelqu'un d'autre lorsque j'étais à ses côtés.

Cette sensation était encore plus étrange que toutes les autres, mais s'était aussi probablement, parce qu'une part de lui m'était inaccessible, comme un refuge qui me permettait d'être quelqu'un de normal par moment. Et cette normalité faisait un bien fou. J'écoutais les paroles de Zak et haussait les épaules. Il avait raison sur un point, moi aussi, lorsque j'étais enfant j'avais pu remarquer cela. Cependant, les temps avaient changer, nous avions tous changer d'une façon ou d'une autre et quelque chose me disait que nous allions avoir quelque petit soucis, sans pour autant que cela ne soit trop violent. Mais une altercation allait probablement arrivée. De toute façon, je la sentirais arriver bien avant que cela ne se produise et quoi qu'il se passait, je ne sortais jamais sans armes, plus jamais en vérité. J'avais résolus bien trop d'affaire et mis trop de gens derrière les barreaux pour que personne ne cherche à se venger. Je le savais parfaitement, mais je n'avais pas peur pour autant. Si jamais la mort devait m'emporter, alors je ne pourrais rien faire contre elle. Je me dégageais tranquillement de l'étreinte de l'eau. La fraîcheur s'attardant encore sur mon corps, bardé de cicatrices. Toutes plus différentes les unes que les autres. Regarder cela me mettait mal à l'aise et je me tournais précipitamment.

Je n'aimais pas ce corps, je n'aimais pas ces cicatrices qui ne cessaient de me rappeler mon enfance, difficile, violente, traumatisante et qui m'avait laissé tant de souvenir que mes nuits s'en retrouvait toujours écourtés, et noyés dans la sueur d'une peur sans nom. Je soupirais, m'essuyait rapidement et m'habillait tout aussi rapidement. Mieux valait que personne ne voix ces marques, mieux valait que personne ne s'approche, s'était mieux ainsi, pour eux, comme pour moi. Mon père avait beau dire, mais la vie à deux, ce n'était pas pour moi. Je soupirais doucement, attachais mes cheveux en une longue queue de cheval et redescendis pour récupérer le Suli qui attendait patiemment. Ce gars était réellement incroyable. Comment avec ses gênes animales pouvait-il rester là patiemment ? Une question ô combien intéressante mais qui s'opposa à ses dires. Je le regardais un instant, souriante et sans rien dire, je sortis de la maison pour me diriger vers l'écurie ou se trouvait Samson. Je regardais le cheval qui semblait impatient. Il s'agissait d'un magnifique cheval de trait, de couleur bai brun. Un marron très foncé tirant sur les noir. Ses crins eux par contre était d'un noir pur et aucune tâche ne parsemait sa fourrure.


« Tu penses réellement que c'est nous qui tirons la charrette ? Je ne suis pas assez forte pour cela et aucun de nous ne pourrait supporter le poids du métal ou du bois aussi longtemps sur nos pauvres membres. Je te présente donc Samson qui sera notre porteur. »

Je souris doucement, m'approchant d'Arkaël avec une friandise et lui tendant doucement frottant doucement mon nez sur son museau doucereux. L'animal prenait plaisir à rester ainsi et bientôt une boule de poil me sauta dessus, enroulant sa queue autour de mon cou pour poser sa patte sur ma tête. Je souris aux images qu'il me montrait et finalement il sauta sur Zak pour frotter sur museau contre celui du Suli et il repartit aussi vite qu'il était arrivé. Arkaël hennis doucement et souffla comme s'il se moquait de Koonie et je ne pus m'empêcher de sourire avant de regarder Zak.

« Désolé, quand nous sommes ici, Koonie part faire ce qu'il lui plaît, il vient me montrer et repart gaiement. Je pense qu'il t'aime bien. »

Je partis à rire doucement en cherchant les harnachements pour Samson, je lui passais alors le tout, le sortant finalement du box, regardant Arkaël, qui mangeait tranquillement et partit l'atteler à la charrette.

« Nous allons commencer par le métal. C'est ce qui est le plus lourd et comme il est vaillant le matin, cela ne lui fera pas mal au dos. Ensuite une fois tout décharger, nous chercherons le bois. »

Je le regardais tranquillement, récupérais alors mes deux cimeterre que je ceignis rapidement dans mon dos et finalement je récupérais la bride de Samson.

« Prêt pour l’excursion ? Crois-moi tu vas avoir du travail certaines barres de métal sont bien trop lourde pour moi. »

Sans compter qu'elles étaient bien trop grandes. Je manquais réellement de centimètre. Avec un sourire, je pris donc la route jusqu'au dépôt métallurgique.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Mer 29 Juil 2015 - 11:08


Il n’était pas rare de voir les charretiers tirer eux même une charrette à bras, d’autant que c’était souvent là un moyen bien pratique de transporter des objets d’une rue à l’autre. Il fallait admettre que, surtout, il n’avait pas spécialement remarqué que la forge possédait une écurie attenante dans laquelle se trouvaient des chevaux de traits. Car si Eliaë possédait un cheval, cela n’en faisait pas nécessairement un bon compagnon lorsqu’il s’agissait de tirer des cargaisons probablement lourdes. On n’achetait pas le même cheval lorsqu’il s’agissait de le monter ou de le faire travailler. Qui plus est, même si elle ne le savait pas forcément, Zakaerii possédait probablement assez de forces pour pouvoir tirer une telle cargaison, après tout, ces charrettes avaient été normalement pensées pour cela, minimisant ainsi la force nécessaire, même si, au bout du compte, il fallait quand même avoir un certain entrainement. Cependant, il n’allait pas non plus se plaindre de ne pas avoir à tirer ladite charrette. Il observa le cheval de trait que lui présentait la jeune femme. C’était un bel animal, dont on pouvait sentir la force rien qu’en regardant ses puissants muscles qui saillaient sous sa robe. « Je ne pensais pas que vous possédiez des chevaux de traits, mais je ne vais pas m’en plaindre. » Il esquissa un sourire et tandis que la Bélinoise s’approchait de son propre cheval, le Suli passa sa patte sur la robe de Samson, flattant légèrement son encolure pour le gratter ensuite derrière l’oreille. Apparemment pas très farouche, il semblait apprécier les caresses, même lorsqu’elles étaient offertes par un inconnu. L’Once se rapprocha finalement de la jeune femme et de son étalon au moment où une petite boule de poils sauta sur son épaule puis sur son museau avant d’y frotter le sien. Il ne fut pas difficile de reconnaitre le dénommé Koonie, même si ce dernier repartit aussi rapidement qu’il était venu.

« Ne t’excuse pas, cela n’avait rien de désagréable. » Il y avait bien pire comme ‘comportement’ et si cela faisait plaisir au petit animal, cela ne dérangeait pas le Felidae, qui, au contraire, s’en amusait beaucoup. C’était probablement la première fois qu’une chose comme celle-ci lui arrivait. Il donna ensuite un petit coup de main à Eliaë pour passer à Samson son harnachement et sortit à sa suite jusqu’à la charrette où l’attelage était désormais presque au complet. Il écouta l’ordre du jour et n’y voyait aucune objection. Après tout, c’était elle qui connaissait le mieux les environs et ce qu’il y avait à faire. De toute façon, il n’était pas spécialement difficile et tant que ce qu’ils faisaient ne lui paraitrait pas absurde, il n’allait probablement pas trouver quelque chose à y redire. « Va pour le métal en premier, alors. » Il esquissa un sourire tandis qu’elle s’équipait de ses deux lames. Pensait-elle réellement qu’ils allaient être attaqués ? Les rues de Varak n’étaient peut-être pas totalement sûres, mais Zakaerii imaginait mal qu’ils se fassent surprendre par quelques brutes. Un Suli était rapidement intimidant, quoiqu’on en dise, mais il était vrai qu’une paire de lames ne manquerait pas d’en dissuader davantage. Bah. Une protection supplémentaire n’était pas un mal, n’est-ce pas ? Le Felidaë se plaça à la hauteur d’Eliaë, de l’autre côté de Samson et acquiesça doucement lorsqu’elle lui demanda s’il était prêt pour leur petite balade. « Ne t’en fais pas pour moi, ce ne sont pas quelques barres de métal ou des rondins de bois qui me font peur. » Après tout, il avait déjà connu bien pire qu’une simple journée de labeur.

Sans en dire plus, il se mit en marche au même rythme que l’attelage complet. Il n’avait aucune idée d’où pouvait se trouver l’endroit où ils allaient récupérer le métal. A vrai dire, il n’était même pas certain de savoir réellement où ils se trouvaient dans la ville. Certes, il avait une petite indication avec la position du soleil, mais il n’était pas du genre à connaître Varak comme sa poche, contrairement à ce qui avait pu être le cas lorsqu’il était encore jeune. Peut-être rencontrerait-il certains endroits qui lui rappelleraient des souvenirs ? Cependant, il n’avait pas spécialement besoin de savoir où il se trouvait et où ils se rendaient. A ce sujet, il faisait complètement confiance à Eliaë et c’était bien suffisant. Dehors, la chaleur n’était pas encore insoutenable, mais, malgré tout, le soleil commençait déjà à réchauffer la terre. Il ne faudrait pas longtemps avant que la température ne monte réellement et ne fasse oublier la fraicheur – toute relative – de ce tout début de matinée. Il y avait fort à parier que, sur leur petite escapade de la journée, ce ne soit finalement qu’elle, qui puisse venir à bout des forces du Suli. La chaleur avait ce don d’épuiser les plus aguerris et c’était probablement encore plus vrai lorsque l’on portait une fourrure supplémentaire qui, dans ces contrées chaudes, semblait parfois plus un inconvénient qu’un avantage. Enfin, il arriverait bien à survivre, après tout d’autres félidés – des vrais, en quelque sorte – vivaient bien dans ses contrées et, au fond, il n’était pas non plus le plus à plaindre. Son pelage était très court, ce qui n’était pas le cas pour d’autres Sulis, comme les Ursidaes, par exemples.
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Sam 8 Aoû 2015 - 5:22

Je souriais doucement, s'était bien la première fois que j'avais du monde avec moi et j'aimais beaucoup ça. D'habitude, je me contentais d'aller chercher les chargements déjà effectués, tout simplement parce qu'effectuer un chargement moi-même s'avérait totalement impossible. Je n'étais non seulement pas très grande, mais en plus de cela les barres étaient gigantesque. Je n'arrivais pas à porter les grandes. Heureusement que mon père les coupaient après coup pour pouvoir les utiliser, sinon, je me voyais mal forger. Un vague sourire se posa sur mon visage et je pris la bride de Samson pour le diriger vers l’entrepôt. Le chemin n'était pas réellement le plus long, en vérité, ce qui était long, s'était surtout de se frayer un chemin parmi la foule. Je jetais de temps en temps des coup d'oeil à Zak, mais je sentais sur la route l'étonnement du peuple. Il était vrai que voir un suli n'était pas courant, cependant ce n'était pas parce que ce n'était pas courant qu'il fallait nous dévisager de la sorte. Ça avait tendance à m'énerver quelque peu. Et en même temps, je laissais couler, parce qu'en un sens, je savais que ça n'avait que peu d'importance. Je me tournais tranquillement vers Zak, souriant doucement.

« Alors ? Ça te rappelle quelque chose? »

J'attendis sa réponse et je repris tranquillement.

« Cette ville me rappelle tellement de chose. J'étais brisé en arrivant et je me suis reconstruite tout au long de mon enfance. J'ai rencontré une petite fille merveilleuse avec qui j'ai grandis et évoluer et je dois avouer que j'ai été très heureuse. Je regrette juste de l'avoir perdu de vue. Mais sinon, je trouve que cette ville est réellement immense. Les terrains de jeu potentiel sont réellement nombreux et je dois avouer que je ne regrette pas d'avoir vécu ici. »

Je me tournais tranquillement vers lui et sourit de nouveau. Varak avait été une ville qui m'avait permis de grandir avec le moins de problème possible. Et j'en étais parfaitement reconnaissance à mon oncle qui s'était substitué à mon père pour cela. Il ne nous fallut qu'une demi-heure finalement pour arriver à l'entrepôt.

« Bonjour Monsieur Stealey. Je viens chercher la commande de mon oncle. »
« Oh Eliaë, cela faisait un moment qu'on ne t'avais pas vu. »
« Oui, je viens en vacances. »
« Tu fais bien, je vois que tu as trouvé du renfort, bonjour Monsieur. »
« Il s'appelle Zakaerii. Il va m'aider à tout porter. »
« Bien, parce que là, y'a de quoi faire. »


Je lui sourit doucement et le voit me montrer la palette que nous devons charger. Bon sang, mon père à prévu de faire des armes pour une armée ou quoi. Je soupire et lance un regard à mon compagnon de route.

« Je t'aurais bien dit de retrousser tes manches, mais ce n'est pas très utile tu n'en as pas. »

Je souriais doucement.

« Eh bien allons-y n'est-ce pas. Nous allons avoir un sacré travail pour tout mettre dans la charrette. »

Je pris la bride de Samson et le fis tourner. Il fallait que j'arrive à le faire entrer en marche arrière pour être le plus près possible de la pile de métal qui se trouvait là. Ce ne fut pas chose aisé, car si le cheval était prompt à tirer la charrette, à porter de lourde charge, il n'aimait franchement pas faire de la marche arrière, trop paniqué à l'idée du fait qu'il ne voyait rien et qu'il n'arrivait pas réellement à se diriger. Après cinq bonnes minutes de manœuvre, je réussis à le positionner comme il le fallait.

« Bien, on a plus qu'à tout charger. Prêt ? »

Et avant qu'il ai pu dire quoi que ce soit, je commençais en prenant les plus petites barres que je posais au fond de la charrette. On allait en avoir pour un sacré, j'espérais qu'il était motivé et patient, enfin bien que je l'avais déjà vu faire preuve de patiente avec moi. Je souriais doucement et me mis au boulot rapidement. Plus vite on aurait terminé, plus vite il pourrait aller revisiter cette ville.


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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Lun 24 Aoû 2015 - 6:42

Ils prirent finalement la route, la jeune femme menant le cheval par la bride en direction de la rue. Zakaerii n’avait aucune idée de la distance qui les séparait de l’entrepôt mais ce n’était pas ce qu’il y avait de plus important. L’air était déjà chaud, ce qui laissait présager une journée étouffante, comme à l’ordinaire, du moins, dans les souvenirs du Felidae. Les habitants de Varak étaient habitués, avec le temps, et même le Suli se souvenait qu’il avait fini par prendre le pli durant son enfance. L’adaptation avait été rude, principalement avec la différence de climat comparé à la Norpalie, mais après plusieurs mois, il avait su se faire à son nouvel environnement. On se levait avec l’aube, profitait de la relative fraicheur de la matinée avant de rester à l’abri pendant une bonne partie de la mi-journée, laissant le soleil et la chaleur écrasante baigner les rues. Quelques courageux bravaient parfois cette période de la journée, mais le plus souvent, c’était parce qu’ils n’avaient pas le choix. L’activité reprenait avec le déclin du soleil, lorsque l’air se rafraichissait légèrement et la nuit pouvait être très animée dans les rues de la capitale. Ses souvenirs étaient assez diffus, quelques images de ça, de là, des anecdotes de son enfance, même s’il doutait sincèrement de la possibilité qu’il ait réellement pu jouer dans cette rue-là précisément. Peut-être y était-il déjà passé, cela ne faisait aucun doute, après tout, il lui était déjà arrivé de faire le coursier pour ses parents adoptifs, mais il n’en n’avait pas de réels souvenirs. En tout cas, rien de précis et d’imagé ne lui revenait en mémoire précisément, mais cela ne le dérangeait pas. L’Once n’avait jamais été du genre très nostalgique, préférant de loin l’instant présent, même s’il ne négligeait pas le passé.

Tandis qu’il marchait au rythme du cheval, la question d’Eliaë le fit sourire et il hocha lentement la tête. « Non, pas vraiment. Mais ce n’est pas étonnant, je ne suis pas vraiment du genre à me laisser prendre par la nostalgie. Je me souviens de quelques anecdotes, mais la ville n’y est pas pour quelque chose. » Mais, une fois encore, ce n’était pas spécialement important pour lui. Mais il pouvait comprendre que certaines personnes puissent attacher certaines valeurs sentimentales à un endroit ou à un objet. Ce n’était simplement pas dans ses habitudes. Il écouta avec un demi-sourire les souvenirs que partagea la jeune femme avec lui. Il fut un peu désolé d’apprendre qu’elle avait perdu une amie de vue. Les amitiés d’enfance étaient souvent les plus marquantes, et il était difficile de s’en défaire. « Oui, je ne me suis pas ennuyé non plus, enfin je n’en ai pas l’impression. » Surtout pour le jeune Suli qu’il avait été, il n’était pas rare qu’il parte à la découverte de la capitale au petit matin pour ne rentrer qu’au coucher du soleil. Probablement à cause de sa partie encore un peu sauvage qui n’avait pas encore tout à fait su se faire à la vie réellement civilisé. Le temps avait passé, la petite boule de poils avait grandi. Il esquissa un sourire pour lui-même et, après quelques dizaines de minutes, ils arrivèrent finalement à un entrepôt où se trouvaient des quantités de métal assez impressionnantes. Le Suli observa l’intérieur tandis qu’Eliaë s’adressa au propriétaire. Il se tourna vers ce dernier lorsqu’on le mentionna et salua en retour l’homme qui venait de le faire. Le Felidae jeta un œil à la palette qu’il faudrait charger dans la charrette. Au moins ils ne manqueraient pas de travail pendant un petit moment.

« C’est l’avantage d’être un animal à fourrure. » Il esquissa un sourire et s’approcha de la palette pour observer les différentes barres de métal alors que la jeune femme faisait faire une marche arrière à Samson et à la charrette ce qui serait, effectivement, beaucoup plus facile pour le chargement. Une fois cette dernière en position, l’Once acquiesça en silence et attrapa une des plus grosses barres qu’il souleva non sans efforts, grimaçant légèrement avant de la poser sur son épaule et se diriger vers la charrette où il la déposa avec assez de douceur. Il en profita pour s’étirer la nuque et les épaules et se remit à la tâche, attrapant les barres les plus lourdes, parfois en en prenant plusieurs à la fois. Travailler n’avait jamais fait peur à Zakaerii, qui, au contraire, appréciait l’idée de se rendre utile et puis il fallait bien une petite contrepartie pour pouvoir loger à titre gracieux chez le père de la jeune femme. Qui plus est, l’inactivité n’était pas quelque chose qui lui convenait et il préférait avoir les mains occupées à faire quelque chose, même si, bien entendu, il pouvait rester tranquille pendant de longues heures. Mais c’était plus une question d’inutilité que d’immobilité. Enfin, la palette se vidait à vue d’œil et la charrette serait bientôt complètement remplie.
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Dim 30 Aoû 2015 - 4:16

Je comprenais ce qu'il voulait dire. J'étais du genre à vivre avec des souvenirs, à me les rappeler avec nostalgie, à ma demander ce que j'aurais pu faire pour changer les choses, pour qu'elles soient différentes. Réaction stupide si on regardait bien. Personne ne pouvait refaire le passé, personne et surtout pas moi. D'une je savais parfaitement que s'était inutile, de deux, mon passé m'avait forgé. Sans lui qui serais-je ? Qu'est-ce que je deviendrais ? Je ne dis pas que mon passé est ce qu'il y a de mieux, je me souviens encore des tortures, des moments dans cette caves humides, des fractures et d'ailleurs nombre de mes cicatrices sont là pour prouver. Mes cauchemars parfois plus présent en était la preuve vivante, les souvenirs n'étaient pas ce que nous avions de mieux dans notre vie, surtout quand les pires prenaient plus de place que les meilleurs. Je secouais la tête pour laisser de côté ces pensées toutes plus inutiles les unes que les autres. Je souris doucement à sa remarque. Effectivement, avoir une fourrure lui permettait de faire des choses que d'autres comme moi qui portait des vêtements ne pouvait pas faire. Je me mis donc au travail, tranquillement, sans trop me prendre la tête jusqu'à ce que mon regard accroche Zak en plein exploit. Il portait des barres d'un poids atroce et pourtant parfois il en prenait plusieurs à la fois. Je pouvais voir ses muscles jouer sous sa fourrure. C'était réellement impressionnant que j'en perdais mes mots et mon regard n'arrivait pas à se détacher du Suli.

Je le regardais travailler durant au moins une dizaine de minutes avant de me rendre compte que cette attitude était fortement déplacé. Je finis par rougir comme une idiote de m'être pris à rêvasser de la sorte. Je vis d'ailleurs Osia Stealey me regarder avec un sourire goguenard, celui-là, il n'en avait pas perdu une miette et j'étais persuadé qu'il allait tout déballé à mon père. Non, sérieusement, j'avais déjà assez de souci avec les sentiments erratique de mon père, pour que un ami de celui-ci ne lui raconte que j'étais doucement mais sûrement en train de tomber amoureuse d'un Suli. Du même félin qui lui avait dit qu'on était ensemble d'ailleurs. Je m'arrêtais un instant et me rendis finalement compte de ce que j'étais en train de penser. Mon dieu, je venais de m'avouer que.... que Zak me plaisait. Hummm, ce n'était franchement pas le temps de penser à cela sérieusement. Je me remis alors sérieusement au travail pour éviter de penser à tout ça. Nan mais à quoi je pensais alors que nous avions plein de chose à faire en ce moment. Je replaçais correctement les barres, les prenant pour bien les placer. Cela nous pris un certains temps tout de même. Et j'étais contente d'avoir Zak avec moi. Franchement j'en aurais eu pour largement plus de temps si j'avais dû me débrouiller toute seule. Et finalement après plusieurs minutes supplémentaires, nous avions finis de mettre toutes les barres dans la charrette.


« Merci de ton aide Zak, je n'aurais jamais pu y arriver toute seule et j'aurais encore dû demander de l'aide à ces râleurs. »

Je désignais le groupe de gars de l’entrepôt qui nous avait regarder comme des crétins au lieu de venir nous aider. Non sérieusement. Ces types étaient payés à ne rien faire. L'un d'eux se leva et me regarda.

« Avoue que t'as aimé voir le chat au travail. »

Je le regardais avec un air blasé. Non seulement ils étaient fégniant, mais en plus de cela, s'était de véritable abrutis.

« Bien allons-y. On a encore du travail. »

Je le vis s'approcher et tenter de me prendre par l'épaule. Je me dérobais rapidement, dégainant l'un de mes sabres.

« Ton cure dent ne te sauvera pas toujours la vie. »
« Tu es pitoyable Cek, va voir ailleurs si j'y suis. »
« Tu préfères donc les hommes-félins aux humains ordinaires, je comprends pourquoi tu es toujours seule. »
« Si tu arrêtais de dire autant de conneries, peut-être que certaines femmes plus respectable que celle que tu fréquentes prendrait la peine de regarder vers toi. »


Je vis le rouge monter à ses joues et finalement Osia finit par venir et les ramener en s'excusant. Comme à chaque fois. Je secouais la tête parce que j'en avais marre. Marre de devoir toujours gérer ce genre de situation quand je venais. Ce type était un véritable problème et franchement des problèmes j'en avais largement assez. Je me tournais vers Zak avec un sourire.

« Désolé pour cet aparté. On ferait bien de rentrer. On boira et mangera quelque chose entre temps, histoire de faire une pause. »

Je souriais doucement, tentant de calmer la situation. Je rengainais l'un de mes sabres et finalement je pris la bride de Samson pour repartir.

« Bien, repartons vers la maison, une fois là-bas on décharge et on prends une pause. »

Je fis donc avancer Samson, maintenant il suffisait seulement de rentrer à la maison.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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Zakaerii
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Jeu 3 Sep 2015 - 6:26

C’était un autre avantage d’être un Suli, celui qui lui servait probablement le plus souvent, si l’on y réfléchissait bien, mais être plus fort que la moyenne était un atout qu’il était difficile de négliger. A noter également qu’il n’y avait pas là qu’un simple atout racial. Zakaerii avait passé plusieurs années à s’entrainer pour devenir le combattant qu’il était devenu et ces entrainements-là avaient également aidés à développer sa force physique, même si, dans son cas, il s’était principalement axé sur son agilité plus que sur sa force brute, mais il n’avait pas négligé celle-ci pour autant, loin de là. Aussi, même si soulever certaines barres de fer lui demandait des efforts non négligeables, il était en mesure d’abattre un peu plus de travail qu’un humain normal. Cependant, entièrement à son travail, il ne s’était pas aperçu qu’on l’observait, ou, plus exactement, il ne s’en était pas rendu compte. Conscient qu’il était souvent plus difficile de reprendre après avoir fait une pause, il continuait assidument ses efforts sans faire attention aux alentours, sauf lorsqu’il s’agissait de manœuvrer une barre de métal et ainsi éviter de blesser quelqu’un. Ils n’étaient pas les seuls à être venus chercher une commande et quelques individus passaient non loin d’eux de temps en temps. L’esprit à son labeur, le Felidae n’était pas mécontent de ce travail physique, et répétitif certes, mais qui ne demandait pas nécessairement beaucoup de concentration pour être mené à bien. Peut-être aurait-il été aussi simple de faire quelque chose de moins prenant que de courir à travers le continent pour répandre les enseignements de Revoran. Mais, après tout, cette voie il l’avait choisie en connaissance de cause, de plein gré, et conscient des sacrifices que cela pouvait engendrer, et puis ce n’était pas si compliqué de voyager à son propre rythme et de choisir – ou presque – sa propre voie.

Une fois la dernière barre chargée dans la charrette, Zakaerii esquissa un sourire à l’attention d’Eliaë qui le remerciait du coup de main, précisant qu’elle n’y serait jamais arrivée toute seule sans lui. « C’était un plaisir. » Le Suli essayait clairement de reprendre son souffle, visiblement secoué – tout de même – par l’effort qu’il avait du fournir jusque-là. Après tout, on ne manipulait pas toutes ces barres de métal sans transpirer un minimum, encore moins lorsque l’on portait un manteau naturel de fourrure. Adossé à la charrette, il observa un des jeunes hommes identifiés par la jeune femme comme des râleurs se lever et se diriger vers elle avant de lui faire remarquer qu’elle avait probablement beaucoup aimé le regarder travailler. Surpris par la remarque, l’intéressé laissa la surprise illuminer son visage pendant un court instant, se demandant ce à quoi il pouvait bien faire référence. La fille du forgeron préféra tenter de couper court à la discussion en arguant qu’ils devaient y aller. L’Once acquiesça sans ciller, prêt à reprendre la route, conscient qu’il pourrait de toute façon finir de se reposer durant le trajet qui n’aurait probablement rien de bien excitant. Toutefois, le gaillard ne semblait pas en avoir terminé, essayant de la retenir par l’épaule, avant qu’elle ne se dégage agilement et ne mette une lame entre elle et lui. L’échange qu’ils eurent alors eu un petit côté surréaliste pour le Felidaë qui se décida néanmoins à intervenir, interrompu dans son élan par le maître des lieux qui venait de le dépasser en posant une main sur son épaule. Il ne voulait probablement pas une rixe entre ses employés et un Suli, conscient qu’aucun des deux partis ne s’en sortirait indemne. Zakaerii se détendit un peu quand Eliaë revint vers lui, s’excusant pour cette incartade et l’encourageant à repartir.

Il acquiesça en silence, jetant un dernier regard vers les employés qui, visiblement, se voyaient infliger une sévère remontrance par leur patron – probablement parce que le père de la jeune femme était l’un de ses très bons clients et qu’il était certainement malvenu de se brouiller avec lui. Le Suli quitta finalement l’entrepôt en suivant la charrette qui s’était mise en marche. Il resta silencieux quelques instants, essayant de s’acclimater à la chaleur qui avait commencé à s’installer entre temps. Il repensait encore à ce qui venait de se passer et qui le laissait perplexe. Peut-être cherchait-il simplement la bagarre, cela n’aurait pas été très étonnant, en fin de compte. Ou peut-être avait-il simplement un grief contre les Felidaes et avait tenté de le provoquer indirectement. C’était tellement difficile à dire… « Tu semblais bien connaître celui avec qui tu as échangé quelques mots tout à l’heure. Une connaissance à toi ? J’ai l’impression qu’il n’avait pas l’air de beaucoup m’apprécier. » Après, ce n’était peut-être pas ses affaires non plus, mais peut-être devait-il faire profil bas s’il y avait effectivement des risques à ce qu’il puisse éveiller quelques tensions qui n’étaient naturellement pas présente. « Je ne voudrais pas te causer des ennuis. » C’était vrai au fond, elle lui offrait le gîte et le couvert par le biais de son père et la première chose qu’il ne voulait pas, c’était leur attirer des ennuis, quels qu’ils soient. Après tout, lorsque l’on était invité quelque part, on évitait de causer des problèmes à ses hôtes, n‘est-ce pas ?
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Jeu 3 Sep 2015 - 8:29

Ces types étaient décidément de vrai bon à rien. Je secouais la tête alors que nous reprenions notre route tranquillement, ne voulant pas alerter le félin sur mon état d'énervement. Il ne me faudrait pas grand chose pour explosé si cela continuait de la sorte. Je détestais ce genre de situation et s'était aussi pour cela que d'habitude je déléguais cette partie, me contentant de forger quand je venais ici, mais j'avais eu envie de travailler avec Zak, de parcourir Varak avec lui et surtout, d'éviter mon père. Vu la situation actuelle, il serait tout aussi bien de ne pas le croiser avant ce soir, sinon j'allais encore lui hurler dessus, comme je faisais toujours quand je venais à cette période. S'était tout de même impensable. Je venais ici exprès pour être tranquille, pour me détendre, pour être avec lui, et on finissait toujours par s'engueuler plusieurs fois par semaine. J'étais certes à fleur de peau, mais ça n'excusait rien, et surtout pas cette attitude puérile qui me prenait lors de ces moments. Je n'étais plus une enfant, il serait peut-être temps que j'arrive enfin à me le dire, il serait temps que je me comporte comme l'adulte que j'étais désormais devenue. Celle qui résolvait des enquêtes sans l'aide de quiconque, celle qui manipulait la foudre. Un sourire apparut sur mon visage et je sentis un peu de tension s'évanouir, mais ce n'était que le commencement. Étrangement, j'avais l'impression que le reste de la journée allait promettre. Perdu dans mes pensées, je faillis louper les paroles de Zak dans le brouhahaha ambiant de la ville qui s'animait au fur et à mesure que l'heure avançait. Je me retournais en le regardant avec douceur, regard que je n'avais quasiment jamais d'ordinaire, mais avec lui je me sentais plus en sécurité.

« Non, tu ne me causes aucun souci, c'est lui le problème en vérité. »

Comment lui expliquer ce qu'il se passait généralement avec les jeunes de cette génération. Ce qu'il se passait depuis que j'étais toute petite ? Depuis que j'étais venue ici pour habiter avec mon oncle que j'appelais père.

« Je le connais effectivement depuis longtemps, mais ce n'est pas toi qui le gêne. Ce qui le gêne le plus c'est le fait que je ne cède pas à ses avances. »

La politique du plus fort, la politique du plus riche, voilà ce qui fonctionnait dans cette ville et la nouvelle génération était pareille à l'ancienne : envieuse de plus de richesse.

« Vois-tu, mon père est célèbre. Ce n'est pas seulement parce qu'il forge bien, c'est surtout parce qu'il sait tout forger en fait. Il a parcouru le monde durant de nombreuses années, pour tout apprendre. Se perfectionner en tout, pouvoir être sur tout les fronts. Il a toujours aimé apprendre, un peu comme moi. Et c'est cela qui fait sa force. »

Je le fixais de mes yeux bleu si intense. Je ne savais pas s'il comprenait réellement l'ampleur de ce que cela impliquait. En fait, s'il y avait tellement de client à la forge, s'était parce qu'il avait appris tout ce qui devait être appris. La manière de forger de tellement de forgeron, que la sienne n'en était que très particulière. Douce et dur à la fois. Brutale et sensible en même temps. Il pouvait travailler sur des créations bélinoise. Il pouvait créer une arme venue de plusieurs endroit du monde. C'était cela sa force.

« Il a un savoir sur toutes les cultures que peu ont. Il est donc facile pour lui de créer des armes uniques, tout comme des armes communes. Par exemple, quand tu regardes mes armes. »

Je dégainais l'un de mes cimeterres et lui tendis.

« Il s'agit d'un mélange entre la culture bélinoise, sa culture d'origine et celle de Varak. La courbure de la lame bien d'ici, mais le pommeau de l'épée est bélinois. De plus, la taille a été adapté pour moi qui ne suit pas très grande. C'est en cela qu'il est célèbre. C'est pour ça qu'il a autant de client et qui dit client, dit argent, dit aussi richesse. »

Je m'arrêtais un instant et reprit.

« Il est l'un des plus riche ici à Varak, alors forcément pour ceux qui ne veulent pas se fouler, m'avoir dans leur draps pourrait leur rapporter gros. Cependant, je ne suis pas ici souvent, alors il faut toujours trouver des stratagèmes. C'est juste une question de richesse. Il ne me connaît même pas. Mais quand il t'a vu avec moi, il s'est tout de suite dit, que j'avais trouvé quelqu'un et qu'il ne pourrait alors plus tenter sa chance comme il le faisait avant. »

Je rengainais mon arme et soupirais doucement, un murmure passa alors mes lèvres.

« Une belle bande de crétin. »

Et je repris la route, entraînant Samson et Zak dans mon sillage. Nous approchions tranquillement mais sûrement de la maison et puis alors que nous venions d'arriver et que je faisais appel à mon père pour nous aider à décharger une cheval attelé se rua dans la rue, galopant à tout va et renversant sur les passants sa cargaison jusqu'à ce qu'il tourne au coin de la rue et que les cagettes finissent par voler dans notre sens. Par réflexe, je me posais devant le Suli pour lui éviter ce qui allait tomber de cette charrette. Pourtant il était bien plus solide que moi, mais les réflexes, ça ne se contrôlait pas. La scène se passa devant mes yeux comme au ralentit, je voyais nettement quelque chose m'arrivait dessus, mais je ne pouvais pas bouger pour l'éviter. Le prendre était la seule option. Et puis, au moment ou je m'y attendais le moins, j'entendis un bruit de casse, aussitôt suivit d'un liquide, poisseux et sucrée qui me trempa de la tête aux pieds et toucha bien évidemment le suli derrière moi. En ouvrant de nouveau les yeux, je remarquais alors la pulpe rose qui gisait encore par terre et les centaines de fruit rempli de jus qui s'était écrasé devant et sur nous. Je compris alors et regardais le marchant qui courrait comme un fou furieux alors que la bête venait de s'arrêter, coincé avec la charrette. Je partis l'aider sans me soucier des gens, sans me soucier du fait que je collais. Détacher l'animal fut assez compliqué, mais le pire fut de le calmer. J'entendis les rires de mon père et de son compagnon derrière moi et en me retournant, je vis la fourure de Zak couverte de pulpe rose.

« Oulala, je suis désolé. »

Ce n'était pas de ma faute, je le savais, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Complète mort de rire sur le bas côté de la route, mon père avait oublié de nous ramener de quoi nous essuyer pour l'instant. Je remarquais que Samson se régalait en mangeant les fruits brisés à portée et finalement Sten s'approcha de moi et me tendis une serviette. De nouveau par réflexe, je m'approchais de Zak pour frotter doucement sa fourrure avec la serviette et enlever les morceaux de fruit qui dégoulinait sur son pelage.

« Au lieu de te marrer tu pourrais venir nous aider non ? »

Je vis Sten s'arrêter net dans ce qu'il faisait, et mon père en fit de même en se relevant. Je les regardais sans trop comprendre et finalement en tournant ma tête, je me rendis compte de ce que je faisais. Piquant un far, je posais la serviette sur Zak et reculais lentement en prenant la serviette que Sten me passait pour me nettoyer à mon tour.

« Je.... désolé, réflexe. »

Un réflexe malvenu tout de même. Je soupirais intérieurement, toujours rouge comme une tomate, je sentais l'hilarité de mon père revenir aussi rapidement qu'elle était partit. Je lui jetais un regard noir.

« Eh bien tu sais quoi, tu vas devoir te débrouiller pour ranger le métal, nous devons prendre une douche. »
« Ensemble hein... »
« Quoi... non …. mais..... »


Et un nouvel éclat de rire me fit monter de nouveau le rouge aux joues. Je secouais la tête pour éviter de penser à quoi que ce soit et finalement ouvrit une dernière fois la bouche.

« On ferait bien de rentrer pour se débarrasser de tout ce jus, sinon, ta fourrure va être poisseuse et collante. »
« Ouais et elle t'aidera à la nettoyer. »


Blague du paternel entre deux quinte de rire. Je secouais la tête et sans autre cérémonie entrait dans la maison, les joues toujours aussi rouge.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Lun 7 Sep 2015 - 6:13

Il y avait certaines choses dans ce monde qui n’étaient pas nécessairement facile à appréhender pour quelqu’un qui avait toujours vécu relativement simplement. Sans compter que, de manière générale, la différence raciale avait le don de rajouter une différence de vécu, de ressenti, de réaction à certains situations. Zakaerii avait vécu beaucoup de ses années parmi les Humains, qu’ils soient Bélinois, Norpaliens ou Varakirois, il avait même croisé des Tiefflins et des Aasimars, ainsi que des Eladrins, et s’il avait pu noter leurs différences, il ne s’y était jamais vraiment habitué. Certains comportements le laissaient parfois perplexes, un peu comme ce qu’il venait de se passer un peu plus tôt à l’entrepôt de métal. Il pouvait comprendre qu’il était rare de voir la jeune femme accompagnée, mais fallait-ils qu’ils la charriaient tous sur cet état de fait ? Pire encore, s’il avait eu l’impression que la plupart des remarques jusqu’à maintenant étaient principalement faites pour la taquiner, cela avait été légèrement différent cette fois-ci. D’ailleurs, il avait fallu l’intervention du propriétaire des lieux pour désamorcer la situation. Aussi, quand Eliaë lui expliqua plus ou moins les raisons de cet accrochage, le Suli resta perplexe pendant quelques instants. Il comprenait que le père de la jeune femme s’était fait une renommée au point de devenir le forgeron incontournable de Varak, voire du Royaume, si ce n’était plus. Après tout, il avait le vague souvenir d’en avoir entendu parler lorsqu’il avait été enfant, son père adoptif ayant fait mention d’un tel forgeron. Mais peut-être n’était-ce pas lui. Toutefois, ce n’était pas ce qui perturbait l’Once, plus choqué par l’idée que l’on puisse convoiter une personne pour les biens matériels qu’elle représentait plutôt que pour ce qu’elle était. Certes, il était surement plus aisé de vivre avec une personne qui n’était pas dans le besoin, mais était-ce si intéressant ?

Il fallait admettre que la notion d’argent et de richesse passait un peu au-dessus du Felidae. Certes, il n’était pas idiot et connaissait les principes d’achats et de vente, puis, qu’après tout, il devait bien acheter ses propres provisions de voyage, voire des chambres d’auberge. Néanmoins, il avait toujours su avoir suffisamment d’argent pour avoir ce dont il avait besoin et n’estimait pas avoir besoin de plus. Quel était l’intérêt d’avoir autant d’argent ? Peut-être une belle et grande maison ? Mais il était possible d’en construire une soi-même, si nécessaire, non ? Il décida néanmoins de ne pas aller plus en avant dans cette réflexion, comprenant néanmoins qu’il était plus ou moins responsable de la réaction de l’ouvrier, puisque ce dernier pensait, sans qu’il ne puisse réellement savoir pourquoi, qu’ils étaient ensemble. « C’est quand même un peu de ma faute, si j’ai bien compris. Je suis désolé que ma présence puisse te causer ces ennuis. » C’était sincère, bien entendu. Après tout, elle lui offrait le gîte et le couvert, et même s’il essayait de se rendre utile en l’aidant à diverses tâches pour « rembourser », en quelque sorte, cette générosité, cela se retournait un peu contre elle en lui attirant quelques ennuis. Ce n’était pas nécessairement des plus agréables, surtout qu’elle n’était apparemment pas au meilleur de sa forme ces derniers jours. Finalement, ils arrivèrent à la forge et se mirent en place pour le déchargement. Eliaë était allée chercher son père pour leur donner un coup de main et ce dernier arriva, avec le dénommé Sten. Malheureusement, avant qu’ils ne puissent commencer, ils furent interrompus par un incident incongru. Encore dans la rue, un cheval sembla s’emballer et partit à toute allure, trainant derrière lui une charrette encore chargée. Alors qu’elle arrivait à leur hauteur, la jeune femme se jeta devant le Felidae qui fut surpris par cette réaction, d’autant qu’elle n’était pas vraiment plus massive que lui.

La cargaison malmenée chuta en partie devant eux et plusieurs tonneaux se brisèrent, répandant jus et fruits sur le sol et sur eux. Alors qu’il s’attendait à pire, le Suli avait d’ailleurs attiré la jeune femme à lui pour la protéger, il fallait admettre qu’être recouvert presque intégralement de jus n’était pas particulièrement agréable non plus. Il avait lâché Eliaë qui était partie aider le propriétaire du cheval à calmer ce dernier et, tandis qu’elle s’affairait, il s’observa, sous l’œil hilare du père de son amie. « Au moins… Je pourrais vérifier ce qu’ils disent sur l’effet des fruits sur le pelage… » Mieux valait en rire. Après tout, ce n’était pas si grave, n’est-ce pas ? Lorsqu’elle revint, la jeune femme s’excusa, pour une raison inconnue du Suli. « Ce n’est pas ta faute, et tu es trempée également… » Son père et Sten continuait de rire, ce qui ne me dérangeait pas vraiment, mais qui, apparemment semblait perturber Eliaë qui avait prit la mouche. Lorsque son ami lui tendit une serviette et qu’elle se retourna vers le Felidae, il s’attendit à ce qu’elle lui la tende à mon tour, mais elle ignora sa patte tendue et commença à le frotter directement, sous ses yeux surpris. D’ailleurs, il n’y avait pas que lui que cette façon d’agir étonna. Lorsqu’elle réalisa, elle devint toute rouge et se contenta de poser la serviette sur son épaule, qu’il récupéra avec un sourire un peu gêné. « Ne t’en fais pas. » Il poursuivit sa tentative de nettoyage – un peu perdue d’avance – avant que la jeune femme ne prenne définitivement la mouche face aux rires de son père, prétextant un besoin de douche. Le Suli observa Sten quand il mentionna le fait qu’ils la prendraient ensemble. Décidément… Il décida de ne pas intervenir, avant de suivre la jeune femme à l’intérieur.

« Tu ne devrais pas te formaliser pour si peu, ce n’est qu’un peu de jus. » En disant cela et en la suivant, il passa un doigt sur son épaule et déposa un peu du fameux liquide sur sa langue. « Il n’est même pas mauvais, en fait. » Il esquissa un sourire, essayant d’apaiser la jeune femme et la suivit jusqu’à ce qu’elle lui montre une salle de bain. La pièce était très grande, et, effectivement, on pouvait voir que le père d’Eliaë avait des moyens qui dépassaient la normale. Sans transpirer le luxe, la pièce était simplement spacieuse et bien aménagée. Il y avait plusieurs bacs, probablement pour une toilette rapide, un autre, plus grand, servait probablement de baignoire et il y avait plusieurs endroits où l’on pouvait déposer des sceaux d’eau pour les faire chauffer. Pour un peu, il aurait presque regretté de ne pas avoir fait sa toilette au petit matin. Il esquissa un sourire. « Et bien… Si l’on ne sort pas d’ici propre comme des sous neufs… » Il avisa quelques sceaux ainsi qu’une pompe et se dirigea vers celle-ci. « Je vais mettre de l’eau à chauffer pour toi, je peux attendre un peu que tu te débarbouilles, et si ma fourrure sera contraignante à nettoyer, tes cheveux le seront davantage si tu attends trop. » Il esquissa un sourire et de mouvement ample, fit couler l’eau de la pompe dans les sceaux avant de les mettre à chauffer. Lorsqu’il eut fini, il se rapprocha de la jeune femme, face à elle et dans un sourire, posa sa patte sur son épaule. « Je sais que c’est une période difficile pour toi, mais personne ici ne te veux du mal. Bien au contraire. »
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Lun 7 Sep 2015 - 9:10

J'étais entièrement collante et pour être honnête, si ça ne m'avait pas dérangé sur le coup, je sentais déjà que le jus refroidissait et le sucre se solidifiait pour se coller à la peau. J'avais eu un sourire à la remarque du Suli sur le fait que le jus de fruit aurait soit disant des propriété particulière sur la fourrure, un sourire bien vite effacé par de nouveau un agacement. S'excuser pour rien était idiot, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Je me sentais responsable de tout ce qu'il pouvait se passer, sans réellement comprendre pourquoi, mais s'était ainsi. Mais le pire dans tout cela, s'était que je m'étais encore une fois énervé contre mon père et je l'avais même fait avec Sten. Je m'en voulais, de cet état de fait, de ces sautes d'humeur dont je n'arrivais pas à me débarrasser. Je m'en voulais d'être ainsi de ne pas arriver à exprimer correctement mes sentiments. Tout cela était compliqué pour moi, lors de cette période, la petite fille apeurée par les souvenirs faisaient inexorablement surface et la moindre remarque ou le moindre geste me mettait totalement hors de moi. Je détestais cela, et plus je tentais de l'endiguer, moins cela fonctionnait. Exacerbé, voilà comment était mes sens. À fleur de peau, voilà comment était mes nerfs. Je n'aimais pas plus cette situation que mon père, ou que Sten, mais je n'y arrivais pas. Peut-être que je ne devrais pas venir à cette période. Peut-être que rester seule dans un coin me permettrait de tout évacuer sans m'en prendre aux gens que j'aimais. J'allais devoir tester cela l'année d'après, j'en avais marre de tout faire subir à mon père. Tout ça n'était pas sa faute.

Je secouais donc imperceptiblement la tête, mes cheveux devenait collant maintenant que le jus avais cesser de couler, je sentais mes vêtements se coller à moi et montrer mes formes bien plus qu'auparavant. Ce n'était pas à proprement dit gênant, mais je tenais tout de même à un minimum de décence. J’entraînais donc Zak dans les profondeurs de la maison pour finalement lui désigner une salle de bain. J'allais m'occuper de moi dans l'autre, celle qui jouxtait ma chambre, cependant, je n'avais pas très envie de bouger pour l'instant. Je me sentais responsable du fait qu'il pensait être la cause des soucis avec l'autre idiot. Je me sentais responsable de cet accident quelque peu surnaturel et pourtant pas si étrange que cela. Nombre de chevaux s'emballait en passant ici, je soupçonnais des gamins de les piquer pour les faire partir au triple galop, surtout que j'avais ressentis un très grand amusement au moment du départ de l'accident et que dans la foule, personne n'était amusé en vérité. Il allait falloir que je les remette à leur place ces sales mômes. Il ne fallait pas non plus abuser. Je souris doucement à sa seconde remarque sur le jus, mais je ne m'arrêtais pas pour autant.


« Le problème vois-tu, ce n'est pas son goût c'est le fait qu'une fois séché, tu risques de t'arracher la fourrure à le nettoyer. Ce n'est pas la première fois qu'on m'en renverse dessus et crois-moi c'est vite la galère. »

Je me souvenais alors du jour où deux morveux s'était amusé à pique du jus, je marchais dans la rue et ils m'étaient rentré dedans avec le jus. Au vu de ma taille, j'en avais été couverte de la tête au pied. J'avais bien entendu attendu pour me nettoyer et lorsque finalement je m'étais décidé, ça avait été une véritable horreur d'enlever ça de mes cheveux. Je m'en étais quasiment arraché les cheveux d'ailleurs.

« Oui n'est-ce pas. Mon père aime son confort et dés qu'il a pu, il a fait installer une grande salle de bain et puis ça leur permet d'y aller à deux. »

Je souriais doucement. Les mœurs de ma famille était différente et que mon père aime un homme ne me dérangeait pas du tout, surtout quand le dit homme était quelqu'un de génial. Et puis s'était mieux que d'être tout seul non ? Je lui adressais un sourire à sa remarque.

« Il y a une autre salle de bain, je vais aller me nettoyer là-bas ne t'en fais pas. Tous mes produits sont là-bas. Tu sais les femmes hein. »

Ce qui n'était pas tout à fait vrai finalement. J'étais bien différente. Pas de belle tenue, pas de superbe chaussure, pas de coiffure bien faite et surtout qui tienne toute une journée. Pas de parfum, et encore moins de sortie chaque fois que cela était possible. J'étais bien différentes des jeunes filles nobles de mon âge. Moi, j'enquêtais, j'aidais les autres, je forgeais. J'étais plus souvent les mains dans la crasse et la figure en sueur que maquillé et pouponné pour sortir de la maison et laisser mon père faire. J'avais été élevé différemment. À la dure vu ce qu'il m'était arrivée petite et même avec une éducation plus tranquille, je n'avais pas pu m’extérioriser. Je sentis alors le félin approcher et je le fixais doucement, sentant sa patte se poser sur mon épaule, je n'arrivais pas à dégagé mon regard du sien. Et puis sa phrase traversa les différentes couches de ma conscience, déchirant le fin voile qui retenait mes larmes tout à l'heure, alors que je pensais qu'il était temps que j'arrête de faire subir cela à mon père. Une larme roula doucement sur ma joue. Et par réflexe, je me dégageais doucement de son étreinte, en essuyant la larme solitaire qui venait de couler.

« Je sais cela, je le comprends bien. Mais je n'arrive pas à dépasser ce blocage. Les souvenirs sont tellement présent, tellement violent. J'ai l'impression parfois de ne faire que cela, ressasser le passé. Lorsque je travaille c'est facile de se détacher, quand je ne fais rien, mon esprit se focalise sur ça. Même quand je me lave tout me rappel à ça. J'aimerais être différente, voir les choses autrement, mais je n'y arrive pas. »

Je finis par me retourner pour ne plus rien voir que la porte vers laquelle je me dirigeais finalement.

« N'hésite pas à prendre ton temps pour bien laver ton pelage. Ce n'est pas grave si le bois n'est pas rentré aujourd'hui. »

J'ouvris la porte tranquillement et me retournais finalement avec un sourire.

« Tu sais, pour tout à l'heure. Je t'assure que tu n'y étais pour rien. Il fait ça chaque fois que je viens chercher du métal. C'est toujours la même rengaine, il ne supporte pas d'être rejeté. La dernière fois s'était pour lui mon ami garde auquel je m'intéressais. Alors ne t'en fais surtout pas. Il cherche toujours un prétexte, pour justifier ses actes et ses moqueries. Et il pense toujours avoir raison. Alors ne t'en fais surtout pas. Tu ne m'apportes pas d'ennuis. »

Et je tournais finalement les talons pour rejoindre ma salle de bain et me débarrasser enfin de tout ce jus collant comme pas possible.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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Zakaerii
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Lun 7 Sep 2015 - 11:11

« Je me demande bien ce que tu as fait pour que cela te sois déjà arrivé par le passé. Enfin, je vais tâcher de prendre bonne note de ton conseil. » Le Felidae esquissa un léger sourire, qu’elle ne vit probablement pas vu qu’elle se trouvait légèrement devant lui, laissant son imagination essayer de deviner comment elle avait pu se retrouver dans une situation similaire par le passé. Il existait des dizaines de solution et beaucoup étaient probablement trop fantaisistes pour être réalistes, mais elles étaient assez amusantes, même s’il valait mieux qu’elle ne puisse pas les voir. Il se demanda alors pendant un instant si elle aurait pu le faire, avec son don, mais il repensa au fait qu’elle ne saisissait que les sentiments, alors peut-être tout au plus aurait-elle ressenti son amusement. Il fut un peu soulagé, car certaines idées n’étaient pas franchement glorieuses pour elle, puis se concentra sur la découverte de la salle de bain, beaucoup trop imposante pour ne pas le faire remarquer. Cependant, c’était autrement plus agréable qu’un petit espace, comme on le trouvait parfois, et, effectivement, cela avait probablement le mérite de pouvoir permettre de profiter de l’endroit autrement que seul. Il n’avait aucun préjugé vis-à-vis des relations que pouvaient entretenir chaque personne. Au contraire, Zakaerii estimait que chacun était libre de partager son temps avec ceux qu’il appréciait et que ce n’était probablement à personne d’autres de dire si c’était là une bonne chose ou non. Malheureusement, il comprenait également que certaines mœurs soient plus ou moins honnies et aient besoin d’un peu de vie privée pour pouvoir être vécue. C’était dommage, mais il n’y avait pas grand-chose à faire d’autre pour le moment hormis essayer de ne pas trop y penser et continuer de vivre sans trop faire de vagues.

Alors qu’il finissait d’installer les sceaux, la mention d’une deuxième salle de bain fit sourire le Suli. La maison était tellement grande qu’il y avait forcément une seconde salle de bain, pourquoi n’y avait-il pas pensé ? Enfin, cela importait peu, de toute façon. « A vrai dire, non, je ne sais pas. Mais je crois que je peux comprendre. » Il lui fit un sourire qui indiquait clairement qu’elle n’avait pas besoin d’en dire plus. De toute façon, c’était probablement mieux ainsi, au moins n’auraient-ils pas à attendre davantage, risquant que le jus ne sèche encore plus, surtout s’il devait devenir une véritable plaie à enlever une fois séché. Alors qu’il tâchait de la rassurer un peu, il eut l’impression de dire quelque chose qu’il ne fallait pas. Il aperçut la larme rouler sur sa joue et se maudit pour son manque de tact alors qu’elle se dégageait doucement pour écraser la goutte d’eau salée sur sa joue. Alors qu’elle se retournait, preuve, s’il y en avait besoin, d’une certaine détresse, le Felidae se rapprocha à nouveau et posa ses deux pattes sur ses épaules. « Tu n’as pas besoin d’être différente pour être heureuse. Il ne faut pas lutter contre ce que l’on est. Je sais que c’est plus difficile à faire qu’à dire, surtout à quelqu’un qui est passé par autant de souffrance, mais tu es ce que tu es, et tu devrais être fière de cela, et non en avoir peur. » Il soupira doucement. « Il n’y a surement rien que je puisse faire pour t’aider, mais ce passé est le tien, il ne changera pas, quoi que tu fasses, accepte-le, fais en une force, tu peux en tirer davantage de force que tu ne le penses. » Il esquissa un bref sourire et libéra la jeune femme de son contact.

« Je ne pense pas mettre des heures à me nettoyer, et la journée n’est pas encore véritablement entamée, nous aurons surement l’occasion de nous occuper du bois vers la fin de l’après-midi, lorsque les températures seront plus clémentes. » Il allait se tourner vers les sceaux dont l’eau devait commencer à être chaude quand elle lui assura que la dispute précédente n’était pas de son fait, ni de sa faute. « J’en suis heureux. » Avait-il alors simplement répondu, la laissant quitter la pièce pour aller se débarbouiller à son tour. En silence, le Felidae attrapa les sceaux et les renversa dans la grande baignoire afin de la remplir suffisamment pour pouvoir s’y immerger à moitié. Il se débarrassa de ses vêtements, louant le fait qu’il était torse-nu, avisant qu’au moins son manteau ne serait pas à laver. Il déposa ses affaires sur un bac et se glissa dans l’eau chaude après avoir attrapé une brosse et une éponge ainsi qu’un savon. L’heure était à une toilette poussée et approfondie, en espérant que le jus ne lui donnerait pas trop de fil à retordre. Il se mit donc à la tâche, après s’être fait tremper pendant quelques minutes, laissant l’eau chaude le débarrasser de la plus grande quantité de jus possible avant de commencer à se nettoyer.
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Lun 7 Sep 2015 - 15:43

Je m'étais enfuis en quelque sorte. Il ne m'avait pas blesser non, en fait il avait raison. Je n'acceptais pas ce passé, ces souvenirs qui se transformaient finalement en cauchemars. Je n'acceptais pas d'avoir été passé à tabac pendant si longtemps seulement parce que je ressemblais à ma mère. Je n'acceptais pas de finir avec des cicatrices à cause d'une rancune qui ne me concernait même pas. Non, je n'acceptais pas cela et je n'étais pas certaine qu'accepter m'aiderait en vérité, même si en un sens, ça éliminerait les cauchemars. Cependant, ça ne changerait pas les souvenirs, toujours vifs, toujours poignants, ces souvenirs qui n'étaient pas réellement joyeux. Pouvais-je les remplacer par d'autre ? Tenter de les effacer ou au moins de les reléguer au second plan ? Était-ce une idée qu'il fallait creuser ou alors une nouvelle idiotie qui ne me vaudrait que plus de tourment ? Je ne savais pas, mais ça valait le coup d'essayer malgré tout. J'en avais assez d'être un poids, assez de devoir me reposer sur d'autre, assez de me réveiller en sueur chaque nuit et pire encore ces nuits-là d'à peine dormir. Je voulais seulement passer à autre chose, devenir quelqu'un de différent, d'évoluer dans ma relation avec mon père et d'éviter ce genre de situation plus que pénible. J'avais envie d'avancer dans la vie et ça, je ne pourrais pas le faire sans accepter réellement ce passé qui ne cessait de me torturer à chaque minute. Oui, je n'avais pas réellement une enfance heureuse, oui je finissais avec d'innombrable cicatrice et os cassés qui s'était ressoudé au fil du temps, mais n'était-ce pas cela qui m'avait fait choisir cette voie ? Si bien sur que si. Sans ces événements, je n'aurais même pas pensée aller vers ce chemin si cela se trouvait.

Un vague sourire pris place sur mon visage alors que je prenais place dans la seconde salle de bain. Celle qui jouxtait ma chambre. Elle était tout aussi grande que l'autre, trop grande pour avouer, pour quelqu'un comme moi, pourtant je m'y plaisait énormément. C'était dans cette maison que je m'étais reconstruite pour devenir quelqu'un de nouveau, sous la bienveillance de mon oncle qui avait finis par devenir père alors qu'il n'avait rien demandé à personne. Je me souvenais encore petite comment je couchais sur papier ce qui n'allait pas. Je confiais à ces feuille dépourvu de vie mes cauchemars pour ne jamais faire de mal à cet homme qui tentait de me fournir une éducation et une vie bien plus agréable. Écrire m'avait toujours permis d'évacuer mes soucis. M'avait toujours permis de vider mon cerveau de toutes les informations, essentielles ou non essentielles. Je finis par me déshabiller, laissant alors mes vêtements crasseux sur le sol. Je sentais ma peau coller, cependant je pris le temps de me regarder dans le psyché présent dans la pièce. Un accessoire dont je me servais rarement. Avec douceur et délicatesse, je défis ma coupe de cheveux, les laissant alors retomber. Rare était les fois où je les laissais détacher de la sorte, ça me faisait étrange. Je regardais ce corps que je n'aimais pas, couvert des séquelles du passés. Des cicatrices présentes partout, sur les cuisses, les bras, le torse, le dos en portait tout autant. Je n'aimais pas ce qu'il me rappelait, mais Zak avait raison, je devais passer outre, voir au delà de tout ça. Cependant y étais-je réellement prête ? Il s'agissait pour moi d'un grand saut en avant et je savais qu'une fois franchi le pas, je ne pourrais plus revenir en arrière.

Mais en un sens, ça ne me faisait plus aussi peur qu'avant. J'en avais assez de trembler, assez de devoir toujours regarder derrière moi ou de me réveillé en sursaut chaque nuit pour finalement me dire que ce n'est rien et ne plus jamais me rendormir. Mon corps s'était habitué à ne dormir que peu, donc ce n'était pas cela le véritable problème. Non, le problème venait surtout de mon manque de contact amicale. Je m'étais fermée au monde parce que s'était plus pratique. Quelle idiote. Tout à mes réflexions, je ne remarquais pas que j'étais encore nu et surtout en dehors de la douche. Un système ingénieux mais assez étrange. Je ne savais pas qui en était l'inventeur, mais je devais avouer que cela ne me déplaisait pas. Je préférais les douches aux bains, le souci c'était qu'il fallait attendre que l'eau chauffe. Cependant j'avais beau tenter de la faire chauffer, rien ne se passait. Je regardais l'intérieur du chauffe-eau et remarquais alors le souci. Il n'y avait plus d'amorce. Malin comme idée. Mon père avait probablement décidé de nettoyer sans m'en avertir, j'étais bien maligne maintenant. Si je restais ainsi, je n'allais pas tarder à galérer pour me laver. Mais si je voulais me laver, il allait falloir que j'aille dans la salle de bain de Zak. Heureusement que chaque salle de bain était équipé d'une douche et d'une baignoire. Je pris mon courage à deux mains. M'enroulant dans une serviette, je sortis de ma salle de bain pour me diriger vers celle qu'occupait Zak et je frappais doucement à la porte. Entre-baillant juste un peu la porte, je pris la parole.


« Désolé de te déranger durant ton bain, mais j'ai un problème de chauffe-eau de l'autre côté et je ne peux pas me laver. Ça te dérangerais si je prenais ma douche ici ? Il y a un rideau, je peux aisément le tirer, mais je comprendrais si tu ne veux pas. Je t'assure qu'il n'y a rien d’ambiguë, je n'ai réellement pas le choix. »

Je me sentais un peu mal de lui demander ça, mais je n'avais pas trop le choix. S'était soit partager, soit je me transformais en sucrerie et pour être honnête, je n'avais pas franchement envie d'en arriver là. J'espérais donc sincèrement que ça ne me dérangerais pas.<:blockquote>


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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Mar 8 Sep 2015 - 5:49

Adossé à la baignoire, face à une fenêtre qui donnait sur l’extérieur, Zakaerii profitait de la chaleur de l’eau pour délasser ses muscles et se reposer un petit peu avant de penser à se débarrasser de ce jus qui avait commencé à s’incruster dans son pelage. L’eau s’était déjà teintée d’une légère coloration, signe que le simple fait de s’être mis à tremper commençait déjà à le nettoyer un peu, mais il faudrait probablement frotter énergiquement pour enlever les parties déjà sèches et qui allaient probablement résister un peu. Au moins, passer quelques minutes dans l’eau chaude les ramollirait peut-être suffisamment pour que cela soit plus facile. Les bras posés sur les montants en bois de la baignoire, la tête légèrement en arrière, le Suli avait fermé les yeux et respirait paisiblement. Il repensait à Eliaë et ses tourments. Il n’était probablement pas évident pour elle de vivre avec son passé et ses paroles ne pourraient probablement pas réellement l’aider, car, après tout, même s’il avait appris ce qui lui était arrivé, il ne l’avait pas vécu et ne pouvait certainement pas s’imaginer à quel point cela avait dû être traumatisant pour elle. Pourtant, elle n’était pas la seule à avoir enduré un passé contraignant, difficile, douloureux. Nombreux étaient ceux qui ne pouvaient se vanter d’avoir une enfance parfaitement heureuse, mais il fallait simplement pouvoir aller de l’avant. C’était plus facile pour certains que pour d’autres, mais, finalement la conclusion était inévitablement la même. Pour continuer à vivre, il fallait se tourner complètement vers l’avant, sous risque de s’enfermer dans une bulle dévastatrice. Il était évident que cela nécessitait une certaine force morale, une conviction profonde et une volonté d’acier, mais le Felidae était convaincu que la jeune femme n’en manquait pas, elle avait simplement besoin de franchir le pas, une bonne fois pour toute. Elle ne pourrait qu’aller mieux ensuite.

Il soupira légèrement et se laissa encore quelques instants de répit en essayant de ne penser plus à rien, mais, bien entendu, ce n’était pas évident. Evoquer ainsi le passé faisait renaître en lui certains souvenirs, assez douloureux. Il se renvoyait jouant dans la neige des montagnes Norpaliennes, il se revit exclu de son propre clan, condamné à l’exil et, il fallait l’admettre, à une mort certaine, s’il n’avait pas croisé la route d’un marchand Varakirois. Puis il était venu ici, quittant la neige et le froid pour le désert et la chaleur. Il avait fallu beaucoup de temps avant qu’il ne s’y habitue, mais avait fini par le faire et les rues de la capitale étaient devenues siennes. Il s’était fait à sa nouvelle vie, n’abandonnant pas son passé derrière lui, mais ne le portant pas comme un boulet. Ses parents l’attendaient peut-être quelque part, espérant qu’il ne soit pas mort de froid, mais peut-être ne se faisaient-ils plus d’illusions. Les reverrait-il un jour ? Il n’en avait aucune idée, mais ce n’était pas important. Il répondait aux aspirations de Revoran, et cela lui convenait parfaitement. Peut-être un nouveau signe se montrerait-il dans les prochains jours, mais, pour l’instant, il semblait que prendre un peu de repos convenait au Dieu de la Guerre. Le Suli esquissa un sourire. Certains voyaient Revoran comme un dieu belliqueux et querelleur, mais, de ce qu’il avait pu en voir, il restait relativement bon, même si, bien entendu, il fallait montrer une certaine force d’esprit ou de corps pour avoir une quelconque valeur à ses yeux. Après tout, peut-être était-ce la meilleure façon de montrer que l’on avait véritablement envie de changer. Qui voudrait aider quelqu’un qui ne fait pas mine de vouloir changer ? Peut-être était-ce là la raison pour lesquelles certaines personnes n’aimaient pas ce Dieu, parce qu’il exigeait quelque chose des autres avant de les aider.

Il fut interrompu dans ses pensées par quelqu’un qui frappa à la porte. Il tourna la tête – puisqu’il faisait principalement dos à celle-ci – et aperçut Eliaë qui pointait le bout de sa tête à travers l’embrasure de la porte. Apparemment, l’autre salle de bain ne lui permettrait pas de se débarbouiller. Il esquissa un sourire. « Je t’en prie, tu es chez toi ici. Je crois que je suis dos à toute la salle de bain, de toute façon, alors tu n’as pas à t’en faire. » Il joignit les actes à ses mots en se retournant dans sa position initiale. Il en profita pour commencer activement à se nettoyer, en passant un peu de savon sur son pelage avant de frotter assez énergiquement pour commencer à retirer le jus qui s’était solidifié sur certaines parties et malgré le fait qu’elles avaient trempé dans l’eau pendant plusieurs minutes, elles restaient difficile à enlever. Apparemment, Eliaë avait eu raison de lui dire que c’était une plaie. Il esquissa un sourire et continua à se nettoyer méticuleusement, brossant chaque partie du pelage, parfois en remettant un peu de savon pour l’aider. Une chose était certaine, après ce bain, il ne sentirait plus le fauve, littéralement et figurativement. Ce serait probablement la première fois également, compte-tenu du fait, qu’il n’était pas rare qu’il passe plusieurs jours dehors, sans autre toilette que la proximité d’une rivière dans laquelle il se trempait un peu, frictionnant sa fourrure pour la débarrasser de la poussière. « C’est la première fois que je vais sentir autant le savon, je crois que ça va me faire bizarre… »
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Jeu 10 Sep 2015 - 3:57

La situation était réellement gênante pour moi. Il se passait exactement ce que je ne voulais pas qu'il se passe, devoir me laver dans la même pièce que lui. J'espérais que mon père ou Sten ne se pointerait pas, parce que sinon ça allait les faire jaser durant un moment et je n'avais pas finis de galérer à remettre la situation dans le bon sens. Et puis en fait je n'en avais strictement rien à faire de ce que tout le monde pensais, de ce que tout le monde se disait. Médire dans le dos des gens était facile, faire face à la vérité était tout autre. Je savais que mon père voulait mon bonheur et il tentait de me mettre mal à l'aise sur cette question chaque fois que je venais parce que je n'avais jamais eu personne dans ma vie. Pour être honnête, je n'en avais jamais réellement sentit le besoin, être seule n'était pas si mal que ça et puis sérieusement on pouvait être quelqu'un en étant seule, pas besoin d'avoir une autre personne pour devenir quelqu'un. Voilà que je m'embrouillais dans mes réflexions. Je secouais la tête en écoutant la réponse de Zak et prudemment, j'entrais dans la salle de bain.

« Merci. »

Je posais mes produits près de la douche, allumant le chauffe-eau et attendant patiemment qu'il se mette à faire chauffer l'eau. Je commençais alors à tirer le grand rideau pour séparer les deux côtés de la salle de bain et ainsi lui laisser son intimité tout en gardant la mienne lorsque je sentis mon pied glisser sur quelque chose que je ne parvins pas à identifier. Je tentais de me rattraper comme je pouvais, mais la seule chose à laquelle je me me rattraper fut la baignoire. Je ne plongeais pas dedans et heureusement, cependant je finis tête à tête avec le Suli. Totalement gêné, je tentais de me remettre debout lorsque je sentis la serviette glisser le long de mon corps. Voyant déjà la catastrophe, je lâchais tout pour récupérer la serviette et finis finalement les fesses par terre. J'aurais dû me sentir gênée et ça aurait été le cas si un fou rire monstrueux ne me prit pas à ce moment. Les deux situations totalement cocasse qui venaient d'arriver avait eu raison de mes nerfs et je ne pouvais m'empêcher de rire devant le ridicule de la situation. Il me fallut bien dix minutes pour cesser de rire complètement et retrouver mon calme et finalement je finis par me relever, la serviette à moitié baissé dans mon dos.

« Mon dieu, désolé. Aujourd'hui n'est visiblement pas mon jour. »

Une fois de nouveau debout, je repérais ce qui m'avait fait tomber, un vieux morceau de savon qui semblait avoir été oublié là. Je le pris et alla le jeter histoire d'éviter d'autre catastrophe.

« Promis, je tente de ne plus me jeter sur toi. »

Une pointe d'humour dans cette galère. De toute façon je n'allais pas râler contre moi-même et puis cette situation m'avait donné un fou rire comme je n'en avais jamais eu, autant faire en sorte que la blague continue non ?

« Pour ce qui est du savon, je ne peux pas dire, je ne t'ai jamais sentis, mais ça ne peut pas faire de mal. »

Un sourire et je finis de tirer le rideau, laissant alors tomber cette serviette qui ne semblait pas vouloir tenir. Je me plonge alors sous la douche, laissant l'eau couler le long de mon corps et mouiller mes cheveux. La chaleur détends mes muscles trop tendus. Le clapotis de l'eau me berce tel la voix de ma mère. Je me souviens encore de ce moment, de ces moments. Ceux où on me faisait prendre mon bain, ou j'entendais la voix de mes parents, douce et protectrice. Mon oncle, père actuel, a la même voix que mon père. Je me demande bien si c'est pour cela que je lui fais autant confiance. Je me demande aussi si c'est pour cela que je lui en veut par moment. Je crois qu'en vérité, je m'en veux plus à moi, que je ne lui en veux. Je m'en veux de n'avoir rien dit, de n'avoir rien sur faire, de ne pas m'être enfuis pour ne jamais revenir. C'est pour cela que je me mets en colère pour rien, que les cauchemars m'assaillent. Je me rends compte à présent que c'est à moi que j'en veux, à la petite moi et que c'est pour cela qu'elle me hante constamment. Peut-être que si j'arrive à me pardonner, peut-être que si j'arrive à me dire que je ne pouvais rien faire à l'époque alors tout commencerait à s'effacer. Cependant, il est toujours difficile de se pardonner. Zak à raison, il est probablement temps que je laisse ce passé, que je laisse la petite fille retourner à son enfance et que je ne garde que l'adulte que je suis devenue. Ce n'est pas en repassant l'histoire de ma vie que je vais la changer non ? Un sourire se fixe sur mon visage alors que je prends le savoir et je me mets à frotter avec énergie. Une bonne vingtaine de minutes son nécessaire pour que mon corps, rougie par les frottements soit débarrassé de tout ce jus. Maintenant que mes cheveux sont bien trempés, je n'ai plus qu'à m'en occuper et je commence eux aussi à les frotter.

Avec l'acceptation du fait qu'il est temps de passer à autre chose, je sens mon cœur un peu plus léger et une chanson, que mon oncle me chantait toujours me revient en tête. Comment ai-je pu l'oublier ? Alors avec un sourire sur les lèvres et un savon dans les mains je me mets à chanter d'une voix douce et calme, comme jamais je ne l'avais fait avant. Le temps n'existe plus, le monde n'existe plus, il n'y a plus que moi et la chanson, celle qui m'avait sortit de mes cauchemars petite, celle qui m'avait fait accepter la réalité de la situation et qui aujourd'hui me rappelait qu'il fallait toujours, quoi qu'il arrive aller de l'avant.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Mar 15 Sep 2015 - 11:40


Certes, l’idée de partager la salle de bain était un peu gênante, mais ce n’était pas la fin du monde, surtout s’ils faisaient attention à ne pas se faire face. De toute façon, le Suli ne craignait pas spécialement qu’on puisse le voir « nu », car, malgré tout, il lui restait sa fourrure qui couvrait son corps en entier et rendait la chose beaucoup moins embarrassante. Néanmoins, il savait que ce n’était pas le cas pour la jeune femme et elle n’avait surement aucune envie de se montrer ainsi devant lui. Ce qui était parfaitement compréhensible. Aussi, lorsqu’elle ouvrit complètement la porte, il regardait déjà vers la fenêtre qui lui faisait face, veillant à ne pas se retourner, quand bien même son instinct pourrait le lui commander s’il venait à entendre du bruit – une réaction parfaitement naturelle et instinctive contre laquelle il ne serait cependant pas bien difficile de lutter. En silence, il entreprit d’attraper le savon qui se trouvait non loin de lui, alors qu’Eliaë tirait visiblement un rideau qui faciliterait les choses, quand elle chuta, se rattrapant au bord en bois de la baignoire, juste à côté de lui. Surpris, le Felidaë en avait lâché son savon qui s’était retrouvé au fond de l’eau dans un petit « plouf » caractéristique. Cependant, il n’y avait pas spécialement fait attention, orientant, bien malgré lui, davantage son regard sur la jeune femme, pour s’assurer que tout allait bien. Heureusement, celle-ci était encore couverte, aussi ce n’était pas trop gênant. « Tout va bien ? » Elle sembla vouloir se remettre d’aplomb quand le drap de bain qui la recouvrait commença à glisser et, préférant sauvegarder sa décence au détriment de son équilibre, elle termina sa course sur le sol. Heureusement, il ne semblait y avoir là rien de bien grave, une simple petite chute sans conséquence.

Puis, avant qu’il ne puisse s’enquérir de son état, elle commença à rigoler, visiblement prise d’un fou rire devant sa propre mésaventure. Content qu’elle n’ait rien, et aussi parce que ce genre de rire était particulièrement communicatif, le Suli sourit et rit avec elle, avec une certaine retenue. Lorsqu’elle fut enfin calmée et relevée, elle s’excusa, ce à quoi il hocha doucement de la tête avant de se retourner à nouveau vers la fenêtre. « L’essentiel c’est que tu ne te sois pas fait mal. Ce genre de choses arrive à tout le monde, crois-moi. » Il esquissa un sourire et tenta de retrouver le savon qui faisait toujours sa séance de plongée sous-marine. Il allait d’ailleurs mettre la patte dessus quand Eliaë ponctua l’évènement d’une petite phrase qui le surprit. Une pointe d’humour, assurément. Il esquissa un sourire qu’elle ne vit pas et empoigna le savon avant de répliquer, sur un ton plus ou moins identique. « En même temps, si tu avais voulu prendre un bain avec moi, le plus simple aurait été de demander, tu sais. » Il s’amusa de sa propre phrase et commença à se frotter la fourrure avec le savon, espérant venir rapidement à bout du jus de fruit qui s’était déjà bien dilué dans l’eau du bain. Avec un peu de chance, il n’aurait pas besoin d’y passer la journée, heureusement, ils n’avaient pas trainés. Si cela était arrivé autre part que devant la forge, cela aurait probablement été plus problématique. « Disons, que lorsque, comme moi, on a un odorat un peu plus développé, cela peut devenir un petit peu gênant, mais, tu as raison, mieux vaut le savon que le jus de fruit collant. » Il frottait énergiquement avec la brosse pour se débarrasser dudit jus.

Il lui fallut plusieurs longues minutes pour terminer complètement son nettoyage. Heureusement qu’il n’en n’avait pas eu dans le dos, sans quoi il aurait été plus délicat de s’en débarrasser tout seul. Il lâcha la brosse et la déposa, avec le savon, sur un petit présentoir en bois, fixé à la baignoire. Il se délassa encore un peu dans l’eau désormais tiède, voire froide, mais qui n’était pas désagréable. De l’autre côté, il entendait encore l’eau de la douche couler avec intermittence, entrecoupée par des bruits de brosse. Il n’avait pas été le seul à avoir du mal à se débarrasser de l’intrus collant. « J’imagine que nous irons chercher le bois en fin d’après-midi ? Dans mes souvenirs, la chaleur de la mi-journée est particulièrement étouffante. » Il n’avait pas spécialement peur de devoir sortir tout de même, conscient que le marchand fermait peut-être ses portes assez tôt. Sur ses mots, il se redressa, laissa couler l’eau de son pelage pendant quelques instants et sortit de la baignoire avant d’attraper une large serviette – qui, fort heureusement, l’était suffisamment pour ne pas être trop petite pour lui – pour se sécher rapidement avant de la passer autour de sa taille. En restant de son côté du rideau, il attrapa son pantalon, tristement tâché et, avisant une petite bassine qu’il remplit d’eau, il entreprit de laver ce dernier méthodiquement, installé sur un petit tabouret qui se trouvait là. Il avait un pantalon de rechange, mais celui-ci devrait de toute façon être lavé, aussi mieux valait-il ne pas trop perdre de temps pour éviter de compliquer la tâche.
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Adage: Mes actes peuvent vous paraître obscur, mais ils sont ce qui me détermine.
MessageSujet: Re: Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)   Jeu 17 Sep 2015 - 7:14

Je chantais toujours sous la douche, me rappelant ses paroles. Si javais voulu prendre un bain avec lui. Rien que l'idée me faisait rougir. Sérieusement, je n'aurais jamais eu l'audace de lui demandé ça, même si l'idée m'était venue. Par contre, pour le savon je n'avais effectivement pas pensé à l'odorat des félins. Il était vrai qu'il ressentais les odeurs plus fortement que nous. Ça devait tout de même être un sacré inconvénient quand on y pensait. Ne pas pouvoir correctement gérer les odeurs. Je n'imaginais même pas s'ils entraient dans une parfumerie. Ils devaient avoir de sérieux souci à y rester tout de même. Ces idées étaient débiles, je m'en rendais bien compte, mais je ne pouvais pas m'empêcher d'y penser. D'une certaine façon, j'avais l'impression de pouvoir en apprendre beaucoup sur lui avec toutes ces petites interventions. J'avais envie de le connaître, toujours un peu plus, il était tout de même rare de rencontrer des Sulis et encore plus de voyager avec eux. Et puis je devais bien l'avouer, sa présence était plaisante. Il était calme et gentil. Toujours à vouloir aider, j'avais l'impression de pouvoir être moi sans réserve quand il était là. Avec lui, je pouvais avoir peur, je pouvais ne pas toujours me montrer forte. Ça me faisait bizarre, mais ce n'était pas négligeable, parce que j'étais loin d'être toujours forte comme tout le monde le pensais. J'étais loin d'être indestructible, bien au contraire. J'étais bien plus faible que chacun pouvait y penser.

Mais là n'étais pas le but de cette réflexion. Le but était de me dire que je m'intéressait réellement à quelqu'un pour une fois. Sans avoir envie de le repousser, sans avoir envie de faire terminer cette relation rapidement. S'était nouveau et agréable, je ne pouvais le nier. Je frottais mes cheveux, la chanson était enfin terminé, ma voix s'était tus et mes pensées virevoltaient dans mon cerveau, tel des papillons. Enlever le jus de fruit était compliqué et je sentais à chaque shampoing que je laissais une partie de ma tignasse. Mais ce n'était pas grave, les cheveux ça se renouvelait et si ce n'était pas le cas, je commencerais à lancer une mode de crâne chauve. Cette idée me tira un sourire et finalement après plusieurs minutes supplémentaires, je sentis qu'il n'y avait plus de jus dans mes cheveux. Pas de résistance lorsque je passais mes doigts dedans, s'était bon signe. Je finis donc de me savonner et une fois rincée, je sortis de la douche. Arrêtant le chauffe-eau et me sachant avec une serviette. Je coinçais mes cheveux dans la dis serviette et commençais m'habiller. Heureusement que j'avais eu l'intelligence de prendre mes affaires avec moi. J'entendis alors la question de Zak et un sourire se dessina sur mon visage. Toujours en train de demander si on allait travailler, ahalala. Mais en fait, je lui étais reconnaissante d'être aussi motivé. Si j'avais dû faire cela seule, je crois que je n'aurais pas apprécié du tout.


« Oui, on s'en occupera quand le soleil sera redescendus et quand il en aura assez de nous taper sur la tape. La chaleur va devenir abominable et si on se balade dans les rues en portant le bois, on va finir en soupe. Et puis Samson ne supportera pas la chaleur très longtemps. Il n'est plus tout jeune. »

Je finis de m'habillais et tirais alors lentement le rideau, histoire de voir s'il était lui aussi habillé. Même si, je me demandais si je verrais quelque chose avec toute cette couche de poil. Ce serait intéressant de savoir ça aussi. Non, à quoi je pensais moi sérieusement ? Je secouais ma tête pour sortir cette idée, qui je dois l'avouer restait. Comme avec le métal tout à l'heure, je n'avais pas pu m'empêcher de l'admirer. Dingue cette idée totalement tordue. Je finis par pencher mon buste pour finalement commencer à sécher mes cheveux. Frottant énergiquement avec la serviette, je finis par avoir un résultat assez acceptable pour ne plus ressembler à un chien mouillé. Je prenais les cheveux de devant et fins par les attacher en une demi-queue de cheval histoire d'avoir le front dégagé et de ne pas me retrouver avec des cheveux dans le visage. Je finis par regarder le félin qui semblait bien plus propre qu'il ne l'était auparavant.

« Eh bien, ce bain t'as fais du bien visiblement, tu ne sembles plus aussi mauve que tout à l'heure. »

Un sourire fin et tranquille vint s'afficher sur mes lèvres. Sur sa fourrure blanche, les tâches de mauve s'était réellement bien vu. Heureusement, elle n'était pas resté tâché, parfois ce jus avait tendance à marquer. Je soupirais doucement, maintenant que j'étais propre il fallait que je vois ce que j'avais à faire.

« Bien, maintenant qu'on est propre, on va pouvoir continuer nos activités. Le temps que la chaleur redescende un peu, tu es libre de faire ce que tu veux. Tu peux rester à la maison, ou pas du tout. Enfin libre à toi. Et ne te sens pas obligé de faire quoi que ce soit d'accord. Si tu as envie de te reposer ou de flemmarder je te conseille de le faire. »

Un autre sourire et finalement je prends la porte. J'ai pas mal de chose à faire. Je récupère nos serviettes pour aller les étendre, ensuite, il faudra que j'aille étriller Samson pour lui enlever toute la sueur et finalement j'ai encore quelques trucs à forger aussi. Pas le temps de chaumer.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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Ces jours éprouvant, ne m'en veut pas de te les faire partager (PV Zak)

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