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 Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...

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Caleb Daenelynn
Flynn, le Voltigeur
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MessageSujet: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Dim 17 Mai 2015 - 6:04

Depuis que nous avions quitté la grotte, j’étais convaincu que Narth semblait se diriger dans une direction précise, dont, malheureusement, je n’avais aucune idée. J’avais d’abord pensé qu’elle avait décidé de m’emmener vers la dernière position « connue » d’Eleonor, désirant me montrer où sa cavalière et elle s’étaient séparés mais je dus rapidement me rendre à l’évidence, nous ne prenions vraiment pas la même direction, à moins, bien entendu, que le galop de l’Aasimar ne l’ait éloignée bien plus que je ne l’estimais de la grotte. Cependant, en comptant le temps qui s’était écoulé entre le départ et le retour de la jument, il était assez illogique, après plusieurs heures au pas, que nous n’y soyons pas encore arrivés. Il me restait donc une seule conclusion possible : ma provisoire monture m’emmenait vers une autre destination dont je ne savais rien. Si cela n’avait pas été Narth, en particulier, la jument d’Eleonor, je n’aurais probablement pas laissé les rênes à l’animal, mais, dans le cas présent, avec un peu de chance, ce dernier m’emmenait peut-être vers un endroit qu’ils avaient visité. Un village, peut-être. L’Aasimar avait parlé du quartier-général des Redresseurs lors de notre fuite vers la forêt, mais je n’avais aucune idée de l’endroit où il pouvait se trouver. En temps qu’hors-la-loi, c’était un peu le genre d’endroits que l’on évitait un peu comme la peste. Enfin, c’était peut-être exagéré. Après tout, je ne connaissais pas vraiment cette organisation. Peut-être n’avaient-ils rien à faire des criminels, enfin leur nom ne le laissait pas présager facilement. Et peut-être valait-il quand même mieux rester à distance pour éviter les ennuis. Mais je ne pouvais pas garder Narth éternellement. Même si avoir une monture était pratique, elle n’était pas à moi et je préférais retrouver Eleonor pour la lui rendre, et, aussi, m’assurer qu’elle allait bien.

Depuis que j’avais quitté la grotte, je passais difficilement un instant sans penser à elle. Quelle idée avait-elle eu de s’enfuir ainsi en me laissant derrière ? Pensait-elle m’éviter des ennuis ? Etait-ce les évènements précédents qui l’avaient motivée à m’abandonner derrière ? Ce n’était pas logique, mais, d’expérience, je savais que certaines femmes pouvaient avoir des arrière-pensées pour trois fois rien. Alors après avoir été rejetée, on pouvait s’attendre à tout. Pourtant, cela ne semblait pas être son genre. Après plusieurs heures, nous finîmes par sortir de la forêt, Narth obliqua pour suivre une route. Je n’étais pas certain que c’était le meilleur choix, mais, malheureusement, je n’avais pas de meilleure idée. Qui plus est, un village semblait se dessiner à l’horizon, ce qui serait l’occasion de faire une petite pause et, peut-être, de récupérer de quoi manger. Alors que nous arrivions à proximité de ce qui ressemblait davantage à un petit hameau, je descendis de la jument, l’enjoignant à m’attendre à l’abri d’un petit bosquet où elle serait invisible aux yeux des villageois. J’obtins son accord en lui promettant quelques pommes. Je flattais son cou de quelques petites tapes amicales puis me dirigeait à pieds vers le village. S’il y avait une chose que j’avais apprise, c’était de ne pas trop attirer l’attention et un cavalier en attirait davantage. Qui plus est, je me faufilais plus aisément sans un canasson entre les cuisses. A l’entrée, je me demandais si ma tête était connue par ici, mais, malheureusement, il n’y avait pas trente-six façons de le savoir. Je croisais finalement un habitant et lui demandait s’il était possible d’acheter quelques vivres. Il me pointa une ferme non loin sans sembler me reconnaître. Je le remerciais et me dirigeais vers le lieu indiqué. J’y rencontrais un fermier sympathique qui me donna du pain, un peu de viande et de belles pommes contre quelques pièces. Fort de mon butin, je retournais vers Narth, non sans m’assurer que je n’étais pas suivi.

La jument piaffa à mon arrivée, probablement parce que l’odeur des pommes ne lui échappa pas. Avec un sourire, je lui donnais son dû en souriant. C’était un animal intelligent. Eleonor devait lui manquer, tout comme la réciproque devait être vraie. Je soupirais doucement. Comment la retrouver ? Je n’avais pas d’autres choix que de me fier à Narth, mais c’était un pari risqué. Une fois cette dernière rassasiée, je m’autorisais à prendre un morceau de pain avec de la viande avant de boire en faisant fondre un peu de neige blanche, à l’écart de la route. De retour en selle, nous reprîmes notre route, contournant le hameau pour ne pas éveiller les soupçons. La route fut quelque peu monotone et dura trois jours. Etant difficile de trouver des abris dans la plaine, je passais les nuits aux côtés de la jument, pour partager notre chaleur. C’est vers la fin de la matinée du troisième jour que j’avais commencé à apercevoir un bâtiment à la lisière de la forêt devant nous. Nous l’atteignîmes vers la fin de l’après-midi. C’était un château. Etait-ce la demeure d’Eleonor ? Probablement pas, elle n’avait pas l’air d’une châtelaine. Mais, après tout, ce ne serait pas la première fois qu’il entendait l’histoire d’une fille riche qui voyageait comme n’importe qui. En tout cas, l’endroit était gardé, mais Narth s’y dirigeait toujours et il n’avait aucune raison de lui faire faire demi-tour. Surtout que les sentinelles l’avaient surement repéré. Lorsqu’ils arrivèrent à l’entrée, on m’rdonna de s’arrêter, ce que je fis. « Qui êtes-vous et que faites-vous ici ? » J’hésitai un instant, me demandant s’il n’était peut-être pas plus sage d’éluder un peu la question. « Un voyageur perdu qui aurait besoin de retrouver son chemin et, peut-être, d’un abri pour la nuit. » Je ne savais pas vraiment si j’étais crédible, mais ma « ruse » sembla marcher, au moins pour le moment. « Vous êtes au Quartier-Général des Redresseurs, ici. »

C’était donc là que l’avait mené Narth ? Je me maudissais intérieurement de ne pas m’être préparé à cette possibilité, sans même écouter l’autre garde qui, lui aussi, arrêta sa réponse. « Mais dites donc, je vous reconnais… Flynn ! » Mon nom me ramena à la réalité, trop tard, une lance me menaçait déjà. Tandis que d’autres gardes approchaient. « Descend de là ! » Je n’avais pas vraiment le choix. Doucement, je descendis de la jument avant qu’un autre soldat ne reconnaisse la jument. Me demandant ce que j’avais fait de sa cavalière, une Aasimar. Je n’eus pas réellement le temps de m’expliquer que je me retrouvais les poings liés derrière le dos et qu’on me poussait violemment à l’intérieur. « Mais… Ecoutez-moi ! » Bien entendu, c’était probablement trop demander. Quelqu’un emmena Narth, probablement vers les écuries, tandis qu’on me traina jusque dans une cellule dans les entrailles du château où on m’enferma sans autre forme de procès. Bravo, Flynn. Bravo, j’applaudis. Je pestais contre moi-même. Malheureusement, il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire. Etait-ce ainsi que cela devait se finir ? Peut-être aurais-je l’occasion de m’expliquer, mais je ne pouvais m’empêcher d’en douter. Sans un mot de plus. Je jetais un regard par la fenêtre barrée et surélevée qui donnait sur une cour où il n’y avait personne. « Tu parles d’une chambre avec vue… » Je finissais par m’asseoir sur la banquette de bois suspendue au mur par deux chaines. Il ne restait plus qu’à attendre…
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: La Dignitaire   Dim 17 Mai 2015 - 21:08




Ah...son court repos chez Albert, l'aubergiste qui l'avait accueillit si chaleureusement à son premier voyage vers Hydrasil, lui avait fait le plus grand bien. Elle avait prit le temps désinfecter sa blessure au bras et à l'épaule,puis elle s'était lavé avec extase dans une bassine d'eau chaude merveilleuse. Tant de chose c'était passé depuis ses derniers mois que cela lui donnait l'impression d'être partit depuis de nombreuses années. D'un profond soupir, Eleonor ferma les yeux et revit le beau regard de Flynn la dévisager, brillant de désir, et son beau sourire narquois suspendu à ses lèvres. Il lui manquait beaucoup. Après un petit déjeuner copieux, la jeune femme s'était envolée vers le Château des Redresseurs, son chez-soi. Dès qu'elle le vit à l'horizon, son cœur déborda de joie. Enfin! Elle allait revoir ses amis, ses compatriotes! Le sourire aux lèvres, elle accéléra son vole.

-Nora!!!
S'exclama le garde devant la porte la voyant atterrir. Il se précipita vers elle, la prit dans ses bras et la fit tournoyer. Elle rit aux éclats en s'exclama:
- Oh Gilliam!!! Je suis si contente de te voir!
Gilliam était le plus ancien et le plus proche ami d'Eleonor. Ils s'étaient connus adolescents, lorsque l'Orc Gakach avait  pénétré dans l'enceinte du Château, grâce à elle, et pour cette bêtise,Eleonor avait été sévèrement punie. Que de souvenirs si lointains, mais maintenant, ils en riaient. Le regard rieur, ils se dévisagèrent l'un et l'autre. Moqueur, Gilliam l'observa de la tête au pied en commentant:

-Tu as l'air d'une martyre.
-Toi, d'un ogre mangeur d'enfants. As-tu grossit? Répliqua-t-elle sur le même ton en lui pinçant  ses poignées d'amour.
-Ah, sans doute, être fiancé, ça fait grossir!
-Quoi? Non?! Tu vas te marié? Avec Laura? S'exclama surprise Eleonor en entendant cette nouvelle. Elle le savait amoureux, mais pas à ce point.
-Oui, ma Dame! Jalouse?
Devant cette interrogation taquine, elle éclata de rire, tout en balayant l'air de sa main. Reprenant son souffle, elle répondit:
-Oh non, pas du tout. Un lourdaud comme toi, je le veux comme ami, mais pas comme mari. De tout manière, je ne suis pas bonne cuisinière.
-Ah, ça, c'est bien vrai!
D'une moue taquine, elle lui donna un léger coup de point sur l'épaule,ce qu'il le fit rire à nouveau. Il soupira, puis la dévisagea, mais cette fois avec le plus grand sérieux. Eleonor avait changé,c'était inévitable. Son regard d'émeraude, qui l'avait tant de fois fasciner, même émerveillé,brillait d'une sagesse et d'une maturité nouvelle. Il ne voyait plus cette étincelle candide, mais un feu  démontrant qu'elle avait vécu des choses à la fois terribles et merveilleuses. En outre, sa physionomie venait appuyer son observation méticuleuse.Son visage avait perdu toute trace de l'enfance et son corps avait gagner une musculature ferme et tonifiée. Elle n'était plus la fragile et menue adolescente, mais une jeune femme forte et admirable. Tendrement, il vint lui caresser la joue, en murmurant:

-Qu'as-tu vécu pour changer à ce point?
-Énormément de choses. Répondit-elle simplement, les yeux lasses et le sourire triste.  Dans le but de changer de ce sujet, Eleonor demanda par curiosité:

-  Alors, quoi de neuf depuis mon départ?
-Oh! Il y a quelques jours, ils ont enfermé un meurtrier recherché dans tout le continent. Il est arrivé stupidement à l'entré pour réclamer l'asile avec son cheval. Qu'est-ce qu'il croyait ce bougre d'idiot?!
-Un meurtrier? Son prénom? Répondit Eleonor en tiquant.
-Oh, euh...Bonne question. Fien? Non...Ce n'est pas ça...Flanus? Flanuc?
-Flynn? Souffla d'une voix peu assurée l'Aasimar. Le regard de Gilliam s'illumina, ce qui fit accéléra le rythme cardiaque de son amie.
-Exactement! Tu en as entendu parler? S'exclama le garde à la fois surpris et satisfait que son amie est trouvée la réponse à sa question. Si elle en avait entendu parler? Sans blague. Ce présumé meurtrier avait été son compagnon de route, presque son amant, et il lui avait, à plusieurs reprises, sauvé la vie. Pour la deuxième fois, elle allait lui rendre la pareille. Ferme, elle demanda:
-Où est Silvia Everjoris?
-Heu...Dans la section sud. Pourquoi?

Sans lui répondre, elle entra précipitamment dans le château.  Silvia Everjoris était la dignitaire de l'Ordre des Redresseurs, celle qui commandait et décidait. Si quelqu'un pouvait demandé grâce pour Flynn, c'était elle qui en avait ce pouvoir. L'Aasimar monta les marches en marbre, passa devant la bibliothèque et longea un très long corridor menant à la section Sud du Château. Là se trouvait la Norpalienne de souche, Silvia Everjoris. Sans cogner, Eleonor entra dans la salle où se trouvait la Dignitaire, heureusement, celle-ci était seule. Contrariée de se faire déranger, elle leva vivement la tête, puis Silvia se détendit en reconnaissant Eleonor.

-Nora! Tu es finalement revenu d'Hydrasil?

-Oui, Dignitaire, mais j'ai quelque chose d'extrêmement important à vous dire.

Silvia fronça à nouveau les sourcils,  en scrutant intensément Eleonor. Celle-ci avait le visage amaigrit, mais ses yeux brûlaient d'une flamme qu'elle ne lui connaissait pas. Intriguée,  la dignitaire l'invita  à s'assoir sur la chaise en face d'elle et l'écouta attentivement. L'Aasimar raconta tout, de sa fuite vers le Port de Bélin, l'attaque du Gantelet et la rescousse de Flynn, ect. Calme et convaincue, Eleonor décrivit Flynn comme un homme honorable, courageux et bon. Elle était persuadée qu'il était innocent. Enfin, elle termina son plaidoyer par:

- S'il était réellement un meurtrier il m'aurait tué depuis longtemps, Dignitaire, et pourtant, il m'a sauvé la vie à deux reprises. Il doit être libéré et hébergé comme un invité de marque, non comme un assassin.

- Ce n'est pas à toi de décider de son sort, Eleonor, mais à moi. Répondit fermement la femme aux cheveux blonds et aux yeux d'un bleu d'azur chavirant. Comprenant qu'elle était allée trop loin, Eleonor acquiesça avec respect et baissa les yeux docilement. La dignitaire soupira d'irritation, car la plaidoyer de l'Aasimar venait compliquer les choses. Elle l'observa à nouveau et comprit d'où venait cette flamme indéfinissable dans le regard vert de la jeune femme. Sivlia ne put s'empêcher de sourire, puis après un moment de silence, elle dit doucement:

-Je prends en considération ce que tu m'as raconté,  mais ce n'est pas suffisant pour me convaincre. Des beaux sentiments amoureux sont certes touchants, mais je ne peux me fier là-dessus.

-Mais je ne...
-Non, je n'ai pas fini. Coupa la dignitaire d'un regard impérieux. Cet homme est accusé de meurtre, toutes les preuves sont contre lui. La dernière fois que tu m'as demandé l'innocence de quelqu'un c'était un Orc. Un Orc, Nora! Et sais-tu ce qu'il est devenu? Le chef des Dissidents, une armée d'orcs très disciplinée et de mieux en mieux armée, qui sont entrain de ravager l'autre côté du continent. De qui pense-tu qu'il s'est inspiré?
-Oui, mais j'étais jeune et je me suis acquittée de mon erreur, Dignitaire.
-Acquittée? Non, jamais tu ne pourras t'acquitter de cette «erreur», Nora. Que tu le veuille ou non, tu es directement relié à l’ascension de Garkach. Et aujourd'hui, tu veux que je laisse vivre un meurtrier, pirate de surcroit? Non, pas question.  Flynn le Voltigeur sera jugé par notre conseil, et probablement pendu.

-Non, vous ne pouvez pas faire ça! S'écria hors d'elle-même Eleonor en se levant brusquement de sa chaise. Voyant l'air menaçant de la Dignitaire, l'Aasimar se calma aussitôt et exprima d'un ton pausé:

-Je veux dire que vous allez faire une grave erreur, Dignitaire. Vous savez que j'ai le don de percevoir l'aura des gens, et l'aura de ce pirate possède plus de lumière que de noirceur. Cela serait contraire à notre code de condamner un innocent. Rencontrez-le, Dignitaire, jugez par vous-même s'il dit la vérité. Nul autre que vous pouvez cerner aussi bien la vérité du mensonge. Je-vous-en-supplie.
 


La Dignitaire pinça les lèvres et lui lança un regard noir. Cette Aasimar l'exaspérait au plus haut point, mais malheureusement, elle avait réussi à créer un doute dans son esprit. D'un soupir impatient, elle se leva puis s'approcha d'Eleonor en silence et prit un moment pour scruter son regard implorant. Il n'y avait pas juste de l'amour qui brillait au fond de ses yeux d'émeraude, mais de la conviction et de la sagesse. Eleonor avait mûri et en cela, c'était rassurant. Réfléchissant aux dires de la jeune femme, Silvia était consciente qu'en bout de ligne, c'était elle qui allait décidé du sort de l'Éladrin, mieux valait être sûr qu'il soit réellement innocent. Eleonor avait raison, si le pirate disait vrai, alors elle allait devoir ouvrir une enquête et à preuve du contraire, il allait être contraint de rester au château sur haute surveillance. Sa conscience lui commandait d'écouter l'Aasimar et de rencontrer le prisonnier et ce, le plus tôt possible. Revêtant une expression neutre, elle se tourna vers un garde et ordonna qu'on amène le pirate immédiatement. Silvia entendit un soupir de soulagement à ses côtés, elle se tourna vers Eleonor et dit sans autre formalité:

-Ne te réjouis pas trop vite, cet homme n'est pas encore tiré d'affaire, loin de là.




Eleonor, l'Ange d'Or
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Lun 18 Mai 2015 - 11:25


La première nuit en prison ne fut pas la plus agréable, je devais l’admettre, malheureusement. A vrai dire, c’était plus la planche de bois qui me servait de matelas qui aurait eu le mérite d’être changée. Heureusement, il y avait un oreiller, dont l’usure n’était pas trop avancée et j’avais pu contempler durant de longues heures la variété monochromatique des pierres du plafond. La cellule était particulièrement fraiche, principalement à cause du fait que nous étions en hiver et que, malgré tout, les vieilles pierres épaisses, si elles protégeaient du froid, gardaient également la fraicheur en journée. Seuls les maigres rayons du soleil qui passaient par le soupirail barré permettaient de réchauffer quelque peu la petite pièce où je tournais rapidement en rond. J’avais commencé par ressasser ma propre stupidité à vouloir suivre Narth dans ses pérégrinations. Où aurait-elle pu m’emmener d’autres qu’ici ? Bien entendu, il y avait des milliers de possibilités, car je ne connaissais pas le passé d’Eleonor, mais savoir que le quartier-général des Redresseurs était une possibilité, j’aurais mieux fait de choisir moi-même ma destination. Quel meurtrier se jetait directement dans la gueule du loup ? Bon, d’accord, je n’étais pas réellement un assassin, mais je restais un pirate et ça n’était pas non plus très bien vu par les honnêtes gens. Je ne me faisais pas beaucoup d’illusions pour mon sort. Pour être franc, j’étais même convaincu que le prochain décor qu’il me serait permis de voir serait celui de l’échafaud où m’attendait un sort un peu plus funeste. Alors je n’allais pas accepter cela sans me battre, mais, pour avoir fait le tour de la question, il n’y avait rien dans la cellule ou dans le passage des gardes qui aurait pu me fournir une opportunité pour m’enfuir. Et il restait encore l’hiver, la neige et le froid. Sans rien, je ne risquais pas de tenir bien longtemps.

Couché sur la banquette de bois, la tête posée sur les bras croisés derrière l’oreiller, je regardais le plafond en essayant de tourner la situation dans tous les sens. Il n’y avait pas trente-six possibilités. Seule une personne pouvait me faire sortir de là. Enfin, deux. Mais la deuxième était ce lâche de second qui était la raison pour laquelle j’étais recherché et qui, surement, devait se la couler douce au beau milieu de l’océan ou dans une taverne. La seconde, c’était Eleonor. Enfin… C’était beau de rêver. Mais c’était elle qui avait évoqué le quartier-général en premier et, si elle avait été là, je n’aurais peut-être pas fini directement en cellule. Cependant, cela n’aurait certainement pas mis longtemps à ce qu’on finisse par me reconnaître, mais l’idée d’avoir quelqu’un qui aurait pu défendre, ne serait-ce qu’un peu, ma cause, aurait peut-être pu m’aider à envisager une meilleure issue. Mais allait-elle seulement bien ? Avait-elle pu échapper aux cavaliers du Gantelet ? Tellement d’incertitudes… J’avais rêvé d’elle la première nuit, très clairement. Enfin, c’était plutôt un cauchemar où je la voyais tomber sous la lame d’un de ces cavaliers, Narth prenant la fuite avant de me rejoindre. Je finissais par me réveiller avec ce sentiment détestable qu’elle avait peut-être prit sur elle d’attirer le Gantelet pour nous éviter des soucis à tous les deux. C’était même le cas, mais si elle devait se retrouver prisonnière, ou… pire, pour cela, je n’étais pas sûr de pouvoir me le pardonner. J’avais alors passé la journée comme un lion en cage, touchant à peine aux morceaux de pain durs et à l’eau qu’on m’apportait une fois par jour. J’enviais quand même la nourriture que j’avais achetée à la ferme et que, malheureusement, je n’avais pas pu finir avant qu’elle me soit confisquée.

Quelques jours plus tard, j’étais toujours au même endroit, presque surpris que mon sort n’ait pas été décidé plus vite. Après tout, la justice pouvait parfois être plutôt expéditive. Enfin, je pouvais me féliciter que ce n’était pas trop le cas par ici. Des bruits de pas se rapprochèrent. Compte-tenu des allées et venues des derniers jours, j’étais le seul prisonnier du coin, mais c’était probablement ma pitance qui arrivait. Les pas s’arrêtèrent devant ma porte et le bruit d’une clef qui faisait son chemin dans la serrure retentit entre les pierres. Les gonds crissèrent quand la lourde porte de bois et de métal pivota sur elle-même. « Debout le pirate, la Dignitaire veut te voir séance tenante, alors on ne la fait pas attendre. » La Dignitaire ? Probablement celle qui s’occupait de tout ici. L’heure était venue ? Je n’avais cependant pas le loisir d’y réfléchir très longtemps. Je me redressais, m’époussetais un peu et défroissais mes vêtements. « Ne la faisons pas attendre, alors… » Le garde haussa les épaules et me menotta les mains par deux pièces de métal relativement lourdes et attendit que je sorte pour m’accompagner, avec un de ses compères vers ma destination. Quitter les sous-sols me fit le plus grand bien, bien que la lumière manqua de m’éblouir. Nous remontâmes quelques couloirs avant de nous immobiliser devant une porte. L’un des gardes frappa et une voix féminine répondit d’entrer. Il ouvrit alors la porte et l’autre me poussa à l’intérieur. Je reconnus immédiatement Eleonor et je ne peux m’empêcher d’éprouver un certain soulagement. J’esquissais un léger sourire en croisant son regard avant de croiser celui d’une autre femme qui, elle, ne semblait pas me porter dans son cœur. « J’espère que vous pardonnerez ma tenue, mais ça manque de salle de bains au sous-sol… » J’avais dit cela d’un ton détaché et, bien entendu, je me fichais un peu de mon apparence compte-tenu qu’elle en était, surement, la responsable aussi. Mais je devais admettre que je n’aurais pas craché sur un bon décrassage dans un bain, même d’eau froide. L’un des gardes me colla une gifle derrière la tête. « Hey ! C’est pas très juste de frapper quelqu’un qui ne peux pas se défendre ! » Le mouvement induit me rappela ma blessure à la nuque qui, si elle avait bien cicatrisé, aurait bien mérité encore un peu d’attention. Je grimaçais pour moi-même.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Vin et sanglier   Lun 18 Mai 2015 - 18:08

Dès la porte s'ouvrit et que Flynn apparut sur le seuil de la porte, le visage d'Eleonor s'illumina d'un sourire. Il le lui rendit, mais plus discrètement, puis il croisa celui de Silvia Everjoris, dont l'expression était des plus flegmatiques et froides. Puis, ce fut l'inévitable, et l'Aasimar ne pouvait s'attendre qu'à ça de la part de Flynn; son éternel besoin d'être sarcastique, même dans les pires moments. Devant sa blague mal placée, elle perdit aussitôt son sourire et  le fixa d'un air  effaré. Ne pouvait-il pas tenir sa langue, surtout maintenant? Une claque retentit, un garde le remit à sa place, mais Flynn ne se laissa pas soumettre pour autant et le nargua. Le garde s'apprêta à le frapper à nouveau, mais d'un ordre, la dignitaire s'exclama sur un ton catégorique:

-Assez, garde. C'est contraire à notre code d'agir ainsi.
-Pardon, Dignitaire, je ne le referais plus.
-Pardon accordé, maintenant, sortez.


Aussitôt, le garde s'inclina, tout en jetant un coup d'oeil mauvais au pirate qui soutenait impunément son regard.  Eleonor se mordit les lèvres, cela commençait mal. Indifférente à l'attitude indocile du pirate, Silvia Everjoris le scruta de la tête au pied. Bien qu'il ait une barbe naissante, des vêtements crasseux et qu'il dégageait une odeur de fauve en cage, elle comprit pourquoi Eleonor en fut éprise. Ce pirate était très séduisant,et bien fait de sa personnage, mais elle détestait ce regard narquois et moqueur, comme si tous étaient des idiots, mise à part lui.  Cependant, les gens l'avaient informé qu'il n'était pas dénué de talents, bien au contraire. En mer, son agilité était une véritable renommée. Amère, elle pensa:« Un tel talent et voilà comment il l'utilise? En jouant au pirate? Quel gâchis.». Pendant que sa dignitaire inspectait le supposé «meurtrier», Eleonor croisa son regard et mit un doigt sur ses lèvres,puis un sur son oreille, espérant qu'il comprenne son code: «Tait-toi et écoute.». Enfin, après un moment de silence, la Dignitaire se présenta:


- Je me nomme Silvia Everjoris, je suis la Dignitaire de l'Ordre des Redresseurs. Toi, tu es Flynn le Voltigeur, n'est-ce pas? Selon des accusations officielles, tu aurais tué un homme et depuis, tu es recherché. C'est pour cette raison que nous t'avons enfermé, mais avant de te juger officiellement, je voulais te rencontrer personnellement.

Disant cela, elle avança près de lui, continuant à soutenir ce regard brumeux, toujours aussi narquois. Pourquoi ne pas embarquer dans son jeu? Mieux l'interroger d'une façon décontracté, l'alcool aidait à délier les langues et la vérité sortait plus facilement dans ses conditions. La dignitaire se revêtit du même sourire que le criminel et demanda:-Assoyez-vous sur cette chaise. Eleonor, va chercher du vin et du sanglier pour notre prisonnier.


Eleonor fixa d'un air surpris sa dignitaire puis Flynn, mais l'ordre restait catégorique, elle alla automatiquement chercher du vin dans les cuisines, sans oublier de jeter un regard encourageant au pirate. Du vin? Pour un prisonnier? C'était peu commun, mais rien n'était fait au hasard ici. Rapidement, l'Aasimar alla chercher ce qu'avait demander Silvia. Qu'étaient-ils entrain de se dire en ce moment? Elle espérait que Flynn n'était pas trop blagueur et prenait la chose très au sérieux, car après tout, cela concernait sa vie. En passant, elle rencontra plusieurs de ses connaissances qui vint la saluer et la féliciter de son retour. Elle les remercia gentiment, demandant des courtes nouvelles des un et des autres. La fiancée de Gilliam en faisait partie, mais elle était de nature réservée et distante, alors leur conversation fut courte et c'était aussi bien,car la dignitaire attendait. Revenant dans la section Sud, elle rentra et mit le plateau entre Flynn et Silvia, assit l'un devant l'autre, en pleine conversation.


- Merci, Nora.
Remercia la dignitaire en servant du vin dans deux verres de cristal. D'un sourire polie, elle en tendit un à Flynn et porta le sien à ses lèvres, tout en fixant intensément le visage de son interlocuteur. Eleonor en eut un frisson dans le dos, elle connaissait trop bien ce regard et savait ce qu'il signifiait. Dans la prochaine heure, Silvia allait mettre à jour tous les secrets reliés à ce meurtre et si Flynn était coupable, elle le serait, c'était inévitable. L'on ne plaisantait pas, ni mentait, à la dignitaire de l'Ordre des Redresseurs, si séduisant qu'était le prisonnier. L'apparence était de peu d'importance, seule le coeur comptait, et c'était préférable qu'il soit juste et bon. Elle ignorait si la dignitaire avait pris le temps d'expliquer le code des Redesseurs à Flynn,peut-être le connaissait-il déjà, mais en somme, les Redresseurs vivaient que pour la justice et ne tuait jamais sans raison. Or, un meurtre était une raison valable à la condamnation et Flynn devait  réussir à convaincre, ou du moins, à renforcer le doute qu'Eleonor avait réussi à semer dans l'esprit de Silvia.  L'Aasimar se déplaça et alla derrière la dignitaire tout en observant Flynn. La conversation reprit et à plusieurs reprises, Flynn jeta un coup d’œil à sa protégée qui lui sourit furtivement, sans s'intégrer. Elle était consciente que cette situation ne tenait qu'à un fil et elle ne voulait en aucun cas mettre Flynn dans l'embarras. La discussion semblait ordinaire, mais pour une oreille attentive, il y avait toutes sortes de non-dits  qui menaient Silvia vers son l'ultime but: savoir la vérité. Hochant la tête, elle porta sa coupe de vin à sa bouche en demandant:


-Et pourquoi avoir sauvé la vie d'Eleonor? Rien ne vous y obligeait et pourtant, elle m'a raconté que vous l'avez fait à plusieurs reprises.C'est ce qui la rend aussi convaincue de vôtre innocence.  Un tel geste de bravoure, il est certain, sera prit considération durant le procès, mais ce qui compte réellement, «c'est l'intention». Alors, pourquoi?


Face à cette question, Eleonor observa nerveusement Flynn. Qu'avait-il dit la dernière fois qu'elle lui avait posé ce genre de question? Ah oui...Il n'avait fait que sauvé sa peau, ou quelque chose comme ça. Cette fois, elle espérait qu'il allait répondre quelque chose de plus héroïque et de plus compatissant, ce qui aiderait à sa cause. Eleonor ne voulait pas qu'il finisse pendu, c'était inadmissible que ce pirate, aussi talentueux, séduisant et intelligent, meurt de cette manière. Non, il devait vivre et peu importe la décision de Silvia et de ses conseillers, Eleonor ferait tout en son pouvoir pour qu'il s'en sorte indemne et qu'il puisse continuer à parcourir les mers, et ce, en toute liberté. Comment? Elle l'ignorait, mais la jeune femme réussirait à trouver une solution. Présentement, les mains crispées l'une dans l'autre, elle attendit impatiemment  la réponse de Flynn.


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Mar 19 Mai 2015 - 11:31


Non, je n’avais pas su me retenir. Mais, pour ma défense, l’humour, la plaisanterie et une certaine insubordination étaient une partie intégrante de mon existence et ils étaient pour moi les meilleures cartes à opposer à toutes les situations difficiles. Certes, je passais pour quelqu’un de narquois, mais je me fichais bien peu du regard des autres. S’ils ne voyaient pas au-delà du masque, ils ne méritaient de savoir de toute façon. Alors, bien entendu, ma remarque avait fait mouche, du moins assez pour pousser un garde à m’apprendre le silence. Etonnamment, j’eus la Dignitaire de mon côté. Voilà qui n’était pas banal ! C’était bien la première fois que je voyais un supérieur interdire à un de ces grouillots de coller une petite raclée au prisonnier impertinent. Ce serait une carte sur laquelle jouer, peut-être pas trop, car la demoiselle semblait ne pas avoir le sourire facile. En tout cas, ce n’était pas elle que j’allais pouvoir séduire pour sortir d’ici. Je souriais devant ma propre bêtise. Alors que les gardes s’en allaient, refermant la porte derrière eux, j’observais en silence la Dignitaire qui en faisait autant. Pensait-elle que j’allais finir par baisser les yeux ? Je ne mettais le genou à terre pour personne. Si des mensonges avaient pu salir ma réputation, déjà entachée par le simple fait que je fus un pirate, il était hors de question que certains puissent croire qu’ils pouvaient faire plier ma volonté. Je connaissais la vérité et, pour être honnête, je n’avais pas besoin que d’autres la croient. Un jour, je retrouverais le responsable et je m’arrangerais moi-même, si je restais vivant jusque-là, mais ce n’était pas une raison pour supplier d’avoir la vie sauve. Ce n’était pas mon genre, loin de là. La pitié ne m’intéressait pas le moins du monde.

Alors que de longs instants s’étaient écoulés depuis le début de « l’inspection », j’allais laisser glisser une remarque narquoise, dans le bon goût et le raffinement qui était le mien, mais alors que j’entrouvrais les lèvres, mon regard croisa celui d’Eleonor et ses gestes m’arrêtèrent dans mon élan. Que je me taise ? On voyait bien que l’Aasimar ne me connaissait pas très bien, c’était un comportement qui était difficilement le mien. Cependant, le temps de reconsidérer mes propres, la Dignitaire, prénommée Silvia Everjoris – son nom reflétait plutôt bien son caractère, enfin de mon avis – avait reprit la parole, me coupant l’herbe sous les pieds. Tant pis, j’aurais probablement l’occasion de me rattraper un peu plus tard. Ses paroles me surprirent. Enfin, il n’était pas étonnant d’être tristement célèbre, mais qu’elle veuille me voir était plus intéressant. Cependant, si cela coincidait avec l’arrivée d’Eleonor, c’était probablement que cette dernière y était pour quelque chose. Sinon la Dignitaire n’aurait probablement pas attendue plusieurs jours pour me rencontrer. Alors qu’elle s’approchait, je reculais d’un pas. « Ohla ! Doucement, je n’embrasse jamais au premier rendez-vous. » J’esquissais un léger sourire, taquin, après tout, elle l’avait bien cherché, non ? En tout les cas, je me doutais bien qu’elle ne voulait pas me rencontrer pour m’observer sous toutes les coutures. Elle voulait probablement m’entendre sur cette histoire de meurtre, mais, au fond, je n’étais pas certain d’être disposée à le faire. Après tout, c’était ma version des faits et, pour être honnête, je doutais qu’elle ait une quelconque valeur dans n’importe quel procès. Sans quoi, j’aurais déjà tenté de m’expliquer avec les autorités de Varak. Puis, soudain, la dénommée Silvia esquissa à son tour un sourire et m’ordonna de s’asseoir avant d’envoyer l’Aasimar chercher de quoi me nourrir. N’ayant pas vraiment envie de rester debout, je m’exécutais, tout en regardant la jeune femme quitter la pièce.

« Déjà envie d’un tête à tête ? Attention, il me faut plus qu’un verre de vin pour me saouler, je vous préviens. » Même si je doutais sincèrement du fait qu’elle essayait de m’aviner pour me séduire, j’étais cependant assez conscient du fait qu’elle essayait de m’amadouer, d’une façon ou d’une autre. Malheureusement, ce n’était pas son monologue sur les Redresseurs et leur vertu de la Justice qui allait me faire croire que j’étais entre de bonnes mains. Nous fûmes interrompus par le retour d’Eleonor… Enfin Nora. Je l’avais regardé avec une petite surprise quand la Dignitaire l’avait surnommée ainsi. C’était un joli surnom, qui lui allait bien. Prenant adroitement le verre dans ses deux mains toujours liées par les menottes de métal, je fis glisser un peu du liquide rouge entre mes lèvres, plus par soif que par envie. Le sanglier sentait bon, mais je n’allais pas lui faire le bonheur de le regarder avec envie. Bien au contraire, je ne quittais rarement la Dignitaire des yeux, si ce n’était pour jeter un petit coup d’œil à Nora, qui s’était placée derrière cette dernière. Quand vint la question d’Eleonor et de son sauvetage, je déposais mon verre sur le bureau. L’intention, hein ? Je n’étais pas convaincu que l’intention était ce qui comptais réellement, bien au contraire, les actes étaient ce qui nous définissaient presque totalement. Je jetais un coup d’œil à l’Aasimar, un léger sourire sur les lèvres, repensant à la matinée passée dans la grotte, puis reposait mon attention sur Silvia. « Les toits enneigés sont glissants, j’ai malencontreusement fait tomber deux soldats du Gantelet. Malheureusement, ils ne semblaient pas vouloir de mes excuses… » Je jetais un coup d’œil amusé à Eleonor avant de reprendre mon sérieux et d’observer la Dignitaire sans la quitter des yeux. « Quant à l’événement de la caverne, je me suis défendu contre une bête sauvage pour sauver ma peau. J’ai une fâcheuse tendance à ne pas vouloir finir en charpie. » Une bravade, encore, mais à quoi s’attendait-elle ? Certes, j’aurais pu lui dire que je n’étais pas de ceux à laisser des brigands – car c’était comme cela que je voyais les hommes du Gantelet – s’en prendre à une femme sans lever le petit doigt. J’aurais pu lui dire que j’avais de la fierté, une once d’honneur. Mais elle qui ne voyait que le pirate meurtrier en moi, saurait-elle seulement trouver cela crédible ? Saurait-elle simplement voir la vérité comme telle et non comme un mensonge monté de toute pièce ? Je la défiais du regard, silencieusement, non pas par pure vanité, mais pour lui montrer que je ne lui devais rien. Elle voulait la vérité ? Peut-être devait-elle s’en montrer digne d’abord.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Jeu 21 Mai 2015 - 17:38

Quel étrange comportement. Sa vie était en danger, il  avait peu de chance de s'en sortir, et même là, il continuait à la défier et à être narquois. Les deux femmes le dévisagèrent, l'une irritée, l'autre songeuse. L'irritée était Eleonor, qui avait espéré une réponse beaucoup plus profonde et sérieuse de sa part. À quoi s'attendait-elle de ce pirate orgueilleux et borné? Sans se rendre compte, Flynn était entrain de lui faire perdre toute crédibilité devant sa dignitaire. Elle avait vanté qu'il était un homme courageux, honorable et bon, mais il affichait une image d'un homme immature et profondément égoïste. Il avait une chance inouïe d'avoir un entretien privée avec Silvia Everjoris et voilà qu'il était entrain de tout gâcher. Combien d'hommes s'étaient-ils fait exécutés sans même avoir ce privilège? Pendant qu'Eleonor rageait intérieurement, la dignitaire était très calme et très intriguée. Quel drôle d'Éladrin. Sincèrement, c'était la première fois qu'un homme refusait de proclamer son innocence la veille de son procès.Habituellement, ils s'agenouillaient en pleurant, suppliaient qu'on les épargne,car selon eux, ils étaient innocents,ce qui n'était pas le cas, bien au contraire. Était-il trop fière? Pensait-il que c'était un jeu? Un défi? Certes, savoir la vérité était toujours le cas,mais tout même, pourquoi ne rien dire? Comment l'amadouer? Ou mieux, le rassurer et gagner  sa confiance? Il fallait le toucher au cœur et trouver des paroles justes, saisissantes. La solution finale se trouvait derrière elle, Nora. Que ressentait-il pour elle? Silvia n'était pas dupe, il mentait; Flynn se cachait derrière un masque de malfrat et de pirate  égoïste et imbu de lui-même, mais elle sentait qu'il était bien plus que cela. Elle voulait savoir la vérité? Alors, il fallait être vrai avec lui.  D'un air véritablement compatissant, la dignitaire se pencha et dit:

-Flynn, je crois que nous nous sommes mal compris vous et moi. Je ne veux pas que vous vous sentiez juger, ni méprisez. Oh, certes, en tant que personne prônant la justice, je n'approuve pas et n'approuverais jamais la piraterie. Cependant, je suis capable de voir au-delà des apparences. L'un de mes hommes m'a raconté vous avoir vu au combat et m'a vantez votre agilité. Je le cite: « Je n'ai jamais vu d'homme aussi agile, Dignitaire. Il ne fait qu'un avec l'espace, c'est très impressionnant.» Je l'ai cru sur parole, car je n'ai jamais entendu ce vieux soldat complimenter un de ses ennemis. Cela a dû vous demandez énormément de discipline et de rigueur pour exceller à ce point, n'est-ce pas? Sincèrement, je ne peux qu'admirer ces qualités, elles me prouvent que vous n'êtes pas qu'un simple pirate. Vous êtes bien plus. Je ne veux pas vous nuire, je suis ici pour savoir la vérité et jugez justement. Tout à l'heure, vous semblez mépriser le mot «intention». Laissez-moi vous expliquez pourquoi j'ai utiliser ce terme précis.
 
Disant cela, elle se leva et alla se placer derrière lui. Se penchant à son oreille, elle mit ses mains sur ses larges épaules, ce qui le fit se tendre instinctivement. Sentant qu'il allait dire une blague osé, elle le devança en disant:
-Ne croyez pas que je veux vous séduire, vous n'êtes pas du tout mon genre. Maintenant, patience, nous avons presque fini notre entretien, alors  gardez le silence et écoutez attentivement. Sachez que je ne suis pas une imbécile, ni Eleonor. Regardez-là,Flynn. Ordonna doucement la Dignitaire en levant ses yeux d'azur vers l'Aasimar se trouvant de l'autre côté du bureau. Nora se sentit soudainement mal à l'aise de se faire dévisager de la sorte, mais elle ne put détourner les yeux de ceux du pirate. N'est-elle pas magnifique avec sa chevelure d'or et ses yeux verts? Elle l'est et ne me faites pas à croire que vous avez secouru cette ravissante Aasimar uniquement pour sauver votre peau. Et d'ailleurs, que faisiez-vous sur un toit? Une promenade de santé? Non, vous l'avez sauvé de ses ordures du Gantelet et de cette bête féroce pour une  raison: Vous-n'avez-pas-été-capable-de-vous-en-empêchez. C'est l'action qui nous défini, mais c'est l'intention qui déclenche l'action, c'est ce qui nous pousse à agir.C'était plus fort que vous et vous devez l'assumer. Vous êtes un être partager entre le bien et le mal, entre la liberté et l'encadrement,  mais êtes-vous un meurtrier?
-Flynn...Souffla Eleonor d'un regard suppliant. S'il te plait, dit lui la vérité,sinon tu vas être condamné pour un meurtre que tu n'as pas commis. Dit lui, même si tu  pense que ça ne sert à rien ou qu'elle ne va pas te croire. En quoi cela à de l'importance maintenant? Si tu ne le fais pas pour toi, fait le pour moi. Tu as une chance de t'en sortir, saisit là, car je veux que tu vive.

En fait, Eleonor ignorait si cela allait le sauver, car selon Silvia, toutes les preuves étaient contre lui, mais elle gardait espoir. Au moins, sa dignitaire allait avoir une version des faits qui la forcerait peut-être à approfondir l'enquête et à l'épargner lors du procès. Les mains appuyer sur le bureau et penchée vers l'avant, Eleonor le dévisageait d'un air à la fois déterminée et triste. La dignitaire sourit furtivement, cette Aasimar était touchante à souhait, elle avait espéré une telle réaction. Maintenant, sa dernière carte avait été jeté, libre à l'Éladrin de se confier. S'il disait vrai, elle allait le cerner. Sinon, le procès serait de courte durée. 


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Ven 22 Mai 2015 - 15:02


Je savais que ma réponse n’allait convenir ni à la Dignitaire, ni à l’Aasimar derrière elle. Mais, pour être honnête, l’une des deux n’avait pas besoin de connaître mes raisons. Le but des Redresseurs était louable, mais je ne leur devais rien et la dénommée Silvia allait devoir s’accrocher si elle pensait que j’allais me mettre à genoux devant elle pour quémander ma survie. Mon honneur était peut-être la dernière chose qui me restait réellement en ce monde et pour rien au monde je ne l’aurais bradé. Quand bien même cela devait finir par me faire tuer, d’une façon ou d’une autre. J’avais été suffisamment idiot pour me livrer comme une fleur aux Redresseurs, j’étais le seul à blâmer pour cela. Lorsque mon regard croisa celui d’Eleonor, je ne pus pas manquer son irritation. Peut-être pensait-elle que je jouais avec ma vie comme on joue aux dés, peut-être pensait-elle que j’étais un idiot qui ne savait pas saisir ma chance quand elle se présentait. A vrai dire, je n’aurais su dire ce qui lui passait par la tête, mais, apparemment, cela ne lui plaisait pas beaucoup. J’esquissais un léger sourire, un sourire qui disait en quelque sorte « désolé, mais je suis comme ça ». On ne changeait pas un homme, ou, en tout cas, on ne me changerait pas comme ça. La mort ne m’effrayait pas. Certes, je n’irai pas jusqu’à me jeter dans ses bras, mais pas au prix de mes principes. Jamais. Vint alors le long monologue de la Dignitaire. Touchant, peut-être faux. A vrai dire, il ne se souvenait pas d’avoir affronté des Redresseurs… Mais cela aurait très bien pu avoir eu lieu dans une taverne. La laissant continuer, je profitais de mon silence pour reprendre une gorgée de vin avant que le verre ne me soit définitivement retiré. Il aurait été dommage de ne pas en profiter, surtout si c’était le dernier.

Quand elle fit le tour du bureau, venant se placer derrière moi avant de poser ses mains sur mes épaules, je ne pus m’empêcher de ne pas apprécier ce contact. Pourtant, des mains de femmes sur les épaules avec mes mains entravées, c’était une situation qui pouvait sembler assez agréable d’une certaine façon. Dans ce cas-ci, on était loin de l’image qu’une telle description aurait pu éveiller dans mon esprit. Un mot d’esprit aurait été le bienvenu, mais, apparemment, elle avait retenue la leçon et m’avait devancé. Tant pis. Alors qu’elle évoquait Eleonor, je ne pus m’empêcher de regarder l’Aasimar, visiblement gênée de monopoliser toute l’attention d’un coup. Cette Dignitaire semblait en savoir long sur les choses. C’était étonnant, déroutant et, en quelque sorte, assez effrayant. Mais s’imaginait-elle seulement que la beauté d’Eleonor y était pour tout ? Que j’avais sauvé une belle demoiselle en détresse dans le but d’en obtenir les faveurs ? Je soupirais doucement alors que ces derniers mots retentissaient encore dans mon esprit, jusqu’à ce que l’ange – en tout cas elle y ressemblait beaucoup - reprenne la parole. Elle m’implorait de dire la vérité, quitte à ne pas être compris. De le faire pour elle. Je la regardais avec surprise quelques instants, sans la quitter des yeux. Pensait-elle réellement pouvoir me sauver ? Les Redresseurs étaient – véritablement – le dernier de mes soucis. Je décrochais mon regard du sien, le posant sur le bureau avant de soupirer. « Bon bon, ça va… ça va ! » Je jouais un peu des épaules pour pousser la Dignitaire à prendre ses distances. Elle n’était pas désagréable à l’odeur, mais moi si, et, pour être honnête, sa présence, si proche, était quelque peu gênante. Tandis qu’elle s’écartait, je ne me gênais cependant pas pour rajouter une dernière bravade. « Mais, pour votre gouverne, oui, il m’arrive de faire des promenades de santé sur les toits. »

Bon, en réalité c’était même vrai, mais bon. Là n’était pas la question. J’attrapais la coupe de vin avant de la finir d’un trait. Il allait bien me falloir un peu de courage liquide pour ça. Je levais les yeux vers Eleonor, croisant son regard. « Oui, je n’ai pas été capable de m’en empêcher. » Je me tournais alors vers la Dignitaire. « Que vous le croyiez ou non, j’ai des principes. Et laisser une jeune femme se faire maltraiter par des lourdaux, ce n’est pas dans mes principes. C’est pour ça que je suis intervenu au port, parce que contrairement à certains, je ne peux pas me contenter de baisser les yeux et passer mon chemin. » Tant de gens étaient restés là, sans rien faire. Peut-être étaient-ils impuissants, mais ils auraient eu l’avantage du nombre, très facilement. Le Gantelet ne méritait pas la crainte qu’il espérait. Ce n’était qu’un ramassis d’abrutis, incapables d’accepter la différence, rien de plus. Je jetais un œil à la tranche de sanglier accompagnée d’un morceau de pain qui refroidissait sur le bureau, dégageant son fumet depuis plusieurs minutes. « Je peux ? » J’avais désigné l’assiette de mes mains, attendant la bénédiction de la Dignitaire. Quoiqu’on puisse en dire, j’avais quand même faim et la viande semblait bonne. « Et je suis peut-être un pirate, mais non, je ne suis pas un meurtrier. » J’aurais pu parler de la caverne, mais je préférai éviter le sujet, car il n’y avait pas eu que l’attaque de la bête, mais ça, la Dignitaire n’avait pas besoin de le savoir. « J’ai été trahi par le second de l’équipage où je servais. J’étais sensé récupérer des documents dans une maison de Varak. Entrer, voler, ressortir. Pas plus compliqué que ça. Mais quand je suis arrivé, le propriétaire était mort, les documents envolés et la maison cernée par la milice. Quand je me suis fait arrêter, j’ai vu le second être remercié par le capitaine des gardes pour ses informations. J’ai réussi à m’enfuir sur le chemin de la prison et la suite, je vous laisse imaginer. »
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Échiquier   Sam 23 Mai 2015 - 12:54

Il avait semblez surpris par sa supplication, mais Eleonor espérait seulement qu'il dise la vérité. Il soupira et détourna ses yeux vers le bureau puis, à son grand soulagement, il adhéra. «Bon ça va...ça va!» S'exclama-t-il en se trémoussant sous les mains de la dignitaire. Comprenant qu'il voulait qu'elle le lâche, Silvia revint à son siège et haussa ses sourcils quand il avoua que cela lui arrivait de faire une promenade de santé sur les toits. Grand bien lui fasse, si cela l'occupait à bon escient, elle ne voyait aucun mal à cela. Après tout, avec son agilité, il pouvait se permettre un tel exercice physique. Cela devait être trépidant de pouvoir presque voler de toits en toits, c'était même enviable. Cependant, elle dût se retenir de s'intéresser plus au sujet, car il commença à raconter sa version des faits. Gagné! D'un sourire victorieux, elle se pencha et lui accorda toute son attention, tout comme Eleonor. Celle-ci fut ravit d'entendre ce qui l'avait poussé réellement à la sauver et tout doute s'éclipsa à mesure qu'il se confiait avec la plus grande franchise.  L'Aasimar avait vu juste le concernant et ses principes étaient honorables et courageux. À cette confidence, Silvia approuva entièrement son agissement, et ce qui animait l'Éladrin tenait plus du chevalier que du pirate. Avec conviction, Silvia pensa qu'il aurait fait un Redresseur exemplaire, mais malheureusement, il aimait sûrement trop la liberté pour y adhérer. «Je peux?». Sa question la ramena au moment présent. Comprenant qu'il avait faim, Silvia acquiesça d'un sourire et l'invita à se servir. Après quelques bouchées savoureuses, il continua.

La suite vint compliquer les choses. Certes, le vole était un crime, mais pas suffisant pour condamner une personne. Ce qu'Eleonor et Silvia comprirent c'était qu'il avait été victime d'un vicieux complot. Durant ce monologue détaillé, la dignitaire l'avait scruté intensément, cernant la moindre expression, intonation de voix ou tic nerveux qui aurait pu trahir dans son témoignage, mais rien démontrait qu'il mentait. Ce fut avec la plus grande perplexité que la dignitaire le dévisagea, comprenant qu'il était réellement innocent, même si toutes les preuves étaient contre lui. La seule chose qu'il avait commis de mal c'était une infraction à domicile, mais il n'avait pas tué ni volé, car les documents avaient disparu avant son arrivé. Bref, son délit valait seulement deux semaines de prison, mais certainement pas la pendaison. Détournant son regard de lui, elle accota son menton dans sa main et soupira avec la plus grande contrariété.

-Eh merde. Pensa-t-elle à voix haute à la plus grande surprise d'Eleonor.  L'Aasimar n'avait jamais vu sa dignitaire perdre le contrôle, encore moins jurer, l'heure devait être grave. L'avait-il convaincu? En tout cas, elle l'était.
-Qu'en pensez-vous, Dignitaire. Croyez-vous qu'il est innocent? Demanda l'Aasimar en lançant un clin d’œil à Flynn. Silvia sortit de sa réflexion pour la regarder derrière son épaule et après un moment, elle répondit:
-Non, je ne crois pas... j'en suis persuadée, Nora. Tu as bien fait d'insister pour que je le rencontre, mais maintenant, il reste à convaincre mes hiérophantes. J'ai du pouvoir,certes, mais je n'ai pas le droit de veto, il faut qu'une majorité vote pour sa libération. Or,  ils ont besoin de preuves concrètes et le temps joue contre nous. Son regard bleu se tourna vers le pirate et elle l'observa d'un air analytique.  Où trouvez ses preuves? Qui était derrière cette magouille et qui voulait autant sa mort? Il fallait commencé par ses supérieurs. Ouvrant un tiroir, Silvia sortit un carnet et une plume prête à noter la moindre information pertinente. Soutenant le regard gris,  elle dit :

- Flynn, je pourrais  repousser le procès dans le but d'approfondir l'enquête et vous aidez à prouver votre innocence, mais j'aurais besoin de vôtre collaboration. Je vais vous posez des questions et je vous demande de répondre franchement, d'accord? Bien, commençons: quel  est le nom du navire où vous travailliez? Quel est le prénom du Capitaine et de son second? Après qu'il ait répondu, la dignitaire renchérit: Vous dites avoir été trahit par votre second? Pourquoi et quelle était vôtre relation avec cet homme? Et est-ce lui qui vous a ordonné d'aller chercher ces documents ou vôtre capitaine? Savez-vous ce que contenait ces documents? Vous souvenez-vous d'indices dans cette pièce qui pourrait trahir l'identité du meurtrier?
 

Pendant que la dignitaire écrivit cette précieuse information dans son carnet, Eleonor écouta Flynn avec la plus grande attention. Elle trouvait cela horrible que cet ou ces hommes viles et pernicieux avaient pu le trahir ainsi. Soudain, la jeune femme sentit le besoin de venir vers lui et de le serrer dans ses bras, mais la présence de la dignitaire l'en empêcha. Terminant d'écrire, Silvia ferma son carnet, le rangea précieusement dans son tiroir et le verrouilla. Dès demain, elle enverra un Justiciar pour qu'il rassemble des preuves en faveur de Flynn, et ce  avant le procès. Maintenant, comment repousser celui-ci?  Il faudrait que l'accuser soit hors d'état d'y assister et ce pour un mois environ. N'étant pas une femme, il ne pouvait plaider être enceinte, ce qui aurait faciliter la tâche. Elle opta pour une solution drastique qui n'allait pas lui plaire, mais après tout, il avait quand même commis un délit, ça et tous ses méfaits de pirate, il devait des comptes à la justice. Calmement, elle se leva et s'approcha de lui. D'un air navré, elle murmura:

-Pardonnez-moi, mais je n'ai pas le choix.
Sans crier garde, elle lui envoya un coup de poing qui le fit chavirer de sa chaise. Effarée,Eleonor s'apprêta à intervenir, mais le regard glaciale de sa dignitaire la retint. Reporta son attention sur le prisonnier ahurit, Silvia s'exclama d'un ton enragé:

-Espèce de  pirate arrogant! Crois-tu vraiment pouvoir me parler sur ce ton? Tu vas être puni pour ce que tu as dit! Garde! Prestement, le  garde qui avait donné une claque derrière la tête de Flynn entra. Quel fut son plaisir de voir le pirate  par terre, la lèvre enflée et ensanglantée, empourpré dans ses chaînes. Amène cette ordure au donjon et donnez lui trente coups de fouet, c'est tout ce qu'il mérite.
-Dignitaire, vous...
-Ose-tu me contredire, Aasimar? Un mot de plus, et tu iras le rejoindre, est-ce claire?

 
Déglutissant, Eleonor acquiesça et dévisagea Flynn d'un air qui voulait dire: «Tiens bon.». Sans ménagement , le soldat le leva et le poussa vers la sortit, le sourire aux lèvres et les yeux brillants d'une intensité sadique. La porte se referma, le silence se fit. Nora tremblait de rage, elle ne comprenait pas du tout ce violent revirement de situation. Sentant son indignation, Silvia se tourna vers Nora et flegmatique, elle rassura:

-Vaut mieux des coups de fouet que la mort, Nora. Il s'en remettra, surtout entre tes mains. Je te charge d'être sa surveillante en titre. C'est toi qui  le soigneras, lui donneras sa nourriture ainsi que le nettoieras, et ce jusqu'à la fin du procès. Maintenant, va te reposer, tu es très éprouvée et fatiguée.
- À vos ordres, Dignitaire. Répondit Eleonor d'une voix chevrotante. Effectivement, tout ce qui venait de se dérouler l'avait épuisée. Au seuil de la porte, elle se tourna néanmoins vers Silvia et osa critiquer:
-Trente coups de fouet c'est...
-Amplement suffisant. Interrompit Silvia en lui jetant un regard ferme et catégorique. Elle lui fit signe de partir et reporta son attention sur sa paperasse. Ici, rien n'était fait au hasard, plus tard, Nora comprendra et lui en sera même reconnaissante, elle faisait parti d'un plan que seule Silvia comprenait. Or, l'Aasimar était un pion sur l'échiquier que la Norpalienne allait pouvoir déplacer au moment opportun et déclarer: échec et mate. 


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Mer 27 Mai 2015 - 5:14

Le sanglier n’était plus aussi chaud, mais après plusieurs jours de pain rassis, ce n’était pas moi qui allais faire la fine bouche. Et puis, il aurait été vraiment dommage de savoir qu’il aurait probablement fini par être jeté, autant en profiter, non ? Quant à mon histoire, je me contentais de raconter les faits, en version allégée, bien entendu, après tout, la Dignitaire n’avait pas besoin de connaître les détails pour ce qui s’agissait de la façon dont j’étais rentré dans la maison ou de celle dont je m’étais échappé. C’était là des informations inutiles, à peine bonnes pour le plaisir de la narration et, pour être honnête, je n’avais aucune envie de m’attarder sur une version romancée de cet épisode de ma vie. Qui plus est, je n’étais pas convaincu que la Dignitaire puisse m’être d’une aide quelconque. Les Redresseurs avaient beau faire gage d’une certaine autorité en termes de Justice, cela n’impliquait pas nécessairement que le Royaume de Varak suivrait leur verdict, si ce dernier était seulement en ma faveur ce qui, au fond, me semblait hautement improbable. Je savais qu’Eleonor devait être aux anges – façon amusante d’en parler – de connaître ce qu’elle soupçonnait être la vérité, mais même si l’Aasimar me croyait, il restait le monde entier à convaincre, et les Dieux savaient à quels points certains pouvaient être têtus. Qui plus est, je ne recherchais pas spécialement la Justice. Etre innocenté était parfaitement secondaire pour moi. La seule chose dont j’avais besoin, c’était la vengeance. Retrouver mon ancien second et lui faire payer cher son petit jeu. Il restait aussi le détail du capitaine à régler. M’avait-il réellement piégé de plein gré ? Peut-être avait-il des circonstances atténuantes. Il serait difficile de le savoir avant de les recroiser à nouveau. Mais déjà le regard du second, se tenant la gorge, hébété, et se vidant de son sang, serait un bon lot de consolation. Au moins je mériterais mon appellation de meurtrier.

Le juron de la Dignitaire me sortit de mes pensées vengeresses. Quelque chose me disait qu’elle ne devait pas en proférer souvent, même si, je devais l’admettre, cela lui allait plutôt bien. Peut-être devrait-elle penser à le faire plus souvent. Je finissais le sanglier, les mains liées, avant d’être surpris par la réponse de la supérieure d’Eleonor. Ainsi donc elle me croyait ? Voilà qui était des plus inattendus, mais, encore une fois, cela ne signifiait pas que j’étais tiré d’affaire. Il suffisait de l’écouter parler de majorité, de preuves et de temps. Je croisais son regard et, pour être honnête, une lueur dans ses yeux me fit frémir. Qu’avait-elle dans la tête ? Mon instinct me disait qu’elle fomentait quelque chose, quelque chose qui ne me plairait pas, mais, malheureusement, je ne pouvais pas faire grand-chose pour changer cela, pas avec les mains liées. « Je vais finir par croire que vous voulez m’embrasser. » Avais-je finalement dit, avant qu’elle ne s’occupe de récupérer de quoi prendre des notes et ne me pose un tas de questions. Pensait-elle réellement pouvoir trouver quoique ce soit ? Je soupirais doucement. « On ne met pas facilement la main sur des pirates. Sans quoi, la profession serait probablement éteinte depuis longtemps. Et, de ce que j’en sais, ils pourraient bien être en mer et le rester pour un bon moment. » Après tout, les pirates n’avaient rien à gagner à rester à terre. Et même s’ils devaient rentrer au port de temps en temps, il n’était pas rare qu’ils voguent durant de longues semaines. Toutefois, cela ne coûtait probablement rien de lui répondre, aussi lui donnais-je rapidement les noms du navire, du capitaine et de son second.

Pour le reste, je restais sceptique devant les questions. S’attendait-elle réellement à une réponse ? « Tous les pirates ne sont pas des hommes d’honneur, vous savez ? Pour ma part, j’ai obéi aux ordres de mon capitaine, je devais récupérer des cartes. Un point c’est tout. Je n’ai pas posé de questions, je connaissais ma place, enfin, je le croyais. » Quant aux indices, mieux valait s’asseoir dessus. S’il y en avait, ils ne devaient que pointer vers moi. Le Second aurait surement veillé à ne rien laisser derrière lui, sauf quelque chose qui m’incriminerait d’autant plus. « C’est un malin, je ne pense pas qu’il ait laissé une quelconque trace, ou alors elle ne peut mener qu’à moi. » Certains le pensaient un peu nigaud, mais il cachait bien son jeu. Il n’aurait pas eu son poste dans le cas contraire. Le Capitaine n’était pas du genre à s’entourer d’imbéciles. Quoiqu’il en soit, je n’avais aucune idée de ce qu’elle s’attendait à trouver comme preuves après tout ce temps. Mais ce n’était peut-être pas le moment de lui dire qu’elle faisait ça pour rien, n’est-ce pas ? Elle finit par se lever, s’approchant de moi, encore. Elle me murmura de lui pardonner quelque chose. « Je dois p… » Je n’eus pas le temps de finir mon trait d’esprit que je me retrouvais par terre, le souffle coupé, avec la désagréable envie de presque régurgiter le sanglier à peine avalé. Sonné, les oreilles bourdonnantes, je l’entendis vaguement hurler quelque chose, avant d’entendre des bruits de pas. On me releva brutalement et le regard d’Eleonor que je croisai ne me fit penser à rien de bon. Que se passait-il ? Le garde me poussa vers la sortie du bureau. Retour en cellule ?

Après quelques secondes, je retrouvais mes esprits et comprit enfin ce que le garde était en train de me confier. « Je ne sais pas ce que tu as fait, pirate, mais tu vas le sentir passer, je te le promet. » Il me conduisit dans les sous-sols, mais alors que je pensais retourner dans ma cellule, il me força à obliquer dans un couloir inconnu, avant de me faire entrer dans une pièce où deux autres gardes entrèrent. Apparemment, ils nous avaient rejoints sur le chemin. Ils m’agrippèrent brutalement par les bras avant de m’accrocher, par les menottes à un crochet fixé au plafond entre deux pierres. L’un deux, à l’aide d’une dague, déchira ma tunique et je compris ce qui allait m’arriver quand le garde qui m’avait frappé se montra devant moi avec un fouet entre les mains, un air sadique sur le visage. « Trente coups de fouet, pirate. Et je te promets que tu les sentiras tous passer. Un par un. » Les deux gardes finissaient par menotter mes chevilles à des attaches au sol, probablement des fois qu’il me vienne l’idée de vouloir trop bouger sous la douleur, tandis que mon bourreau passa derrière moi. Je ne pus dire combien de temps cela dura, mais j’eus l’affront de ne pas crier, même si je sentais la peau de mon dos partir en lambeau sous les coups de fouet toujours plus violent. Je savais qu’il voulait m’entendre crier, le supplier, mais c’était bien la dernière chose que je comptais faire pour lui faire plaisir. Les trente coups distribués, le supplice s’arrêta, même si la douleur, elle, restait bien présente, rongeant presque l’ensemble de mon corps, la chaleur du sang enveloppant l’ensemble de mon dos, l’odeur aussi. Je ne tenais debout que grâce au crochet qui retenait mes menottes. Les gardes me détachèrent et je tombais misérablement face contre le sol pierreux et froid. Mon bourreau se fendit d’un coup de pied dans les côtes m’ordonnant de me relever, mais je n’en n’avais pas la force. Les deux autres gardes décidèrent de mettre fin à la scène en me soulevant. Ils me portèrent jusqu’à ma cellule où ils me déposèrent sur ma paillasse, ventre contre le bois. Je me rappelle uniquement avoir entendu le cliquetis de la clef tournant dans la serrure de la porte de ma cellule avant de sombrer dans l’inconscience, seul refuge contre la douleur qui m’assaillait, non sans l’image d’Eleonor et de son regard, celui qu’elle m’avait jeté avant que je ne sois descendu ici…
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: La guérisseuse   Mer 27 Mai 2015 - 15:55

La lumière de l'aube vint éclairé les carreaux des fenêtres créant un mince reflet de lumière sur son visage endormit, ce qui la réveilla doucement. D'un sourire paisible, elle s'étira de tout son corps, cela faisait une éternité qu'elle avait dormi dans un lit aussi confortable. Se sentant un peu courbaturer à cause de voyage, elle prit le temps de s'étirer et de planifier mentalement sa journée. Bien sûr sa principale priorité était Flynn qui, elle l'espérait, était toujours vivant après avoir vécu un tel supplice. Inquiète du sort de son protégé, l'Aasimar se leva et  se vêtit d'une simple robe blanche, prit sa trousse médicale et descendit à toute vitesse les marches d'escalier. Pour être honnête, elle était très inquiète pour lui et elle avait passé la moitié de la nuit à tourner dans son lit, imaginant le fouet déchiré son dos. Fébrile, Eleonor n'avait pas faim et elle voulait une seule chose, savoir s'il était encore vivant. Traversant le couloir, elle monta des escaliers en colimaçon et se rendit au donjon. Des gardes, un peu endormi, la vit approcher et ils se redressèrent comme des coqs, fiers et alertes. D'un air ferme, l'un d'eux dit:

-Aucune visite à cette heure. 
-Je ne viens pas pour visiter un prisonnier, mais j'ai reçu l'ordre de la Dignitaire de soigner Flynn le Voltigueur. Laissez-moi entrer. Répliqua d'un ton impérieux Eleonor en les fixant droit dans les yeux. Les deux gardes échangèrent un regard incertain, puis après un moment d'hésitation, ils acceptèrent de la faire entrer. Cette prison était sinistre, sombre, mais tout de même bien entretenue. C'était important pour les Redresseurs de faire en sorte que leurs prisonniers soient traiter avec respect et équité jusqu'à leur liberté ou parfois, jusqu'à leur condamnation. L'un des gardes la conduisit à une cellule éloignée des autres, un odeur de sang s'y dégageait. Avec horreur, elle vit Flynn étendu face contre terre, les deux mains pendus dans les aires en forme de «V» attacher à des chaînes.  Sa chemise était sale de poussière et de sang, elle voyait les trente démarcations zébrés son beau dos maintenant en charpie. Remplit de fureur, Eleonor se retourna vers le garde et se retint de le gifler, son regard flamboyant suffit pour qu'il recule d'un pas. La mâchoire crispée, elle pointa Flynn du doigt et s'exclama outragée:

-Vous allez tout de suite défaire ses chaînes  et le mettre sur un matelas propre, est-ce claire? C'est cruel et sadique de traiter un blessé de la sorte.
-Mais notre supérieur...
-Je me fiche de votre supérieur! Je viens sur l'ordre de la Dignitaire et vous devez m'obéir. 
-Vous obéir? Vous n'êtes qu'une guérisseuse!Répliqua-t-il d'un ton impertinent, visiblement le regard assassin qui le dévisageait ne lui faisait plus peur. Ne se laissant pas impressionner, l'Aasimar avança très proche de lui en soutenant ses yeux de fouine stupide et elle répondit d'un ton flegmatique:

-Certes, je suis guérisseuse et la meilleure qui soit. Alors, si vous ne faites pas ce que je vous dis, non seulement je vais devoir faire un rapport de maltraitance à la Dignitaire, mais en plus, je ne vous soignerais pas si vous m'implorez mon aide, compris?

Atteint de rhumatisme à longueur d'année, le garde acquiesça nerveusement de la tête, car vu son état de santé, ce n'était pas judicieux de se mettre une telle guérisseuse à dos. Sans se faire prier, il détacha les chaînes de Flynn, dont les bras tombèrent mollement au sol et il alla prestement chercher le meilleure matelas disponible. Pendant ce temps, Eleonor s'agenouilla au côté du blessé et leva doucement sa chemise collante et sale. Ce n'était vraiment pas beau à voir et c'était certain que le pirate en garderait des cicatrices. Peinée de le voir dans un tel état, elle murmura le cœur gros:

-Je suis si désolée, Flynn, si désolée...

Elle ne savait s'il l'entendait, mais au moins, il était encore vivant, c'était cela qui comptait. L'heure n'était pas aux larmes, mais aux soins. Se tournant vers sa trousse, elle sortit un cataplasme, des lingettes humides à l'ail et au miel et des bandages propres. Première étape: nettoyer les plaies et les désinfecter soigneusement. Elle remarqua que du pue commençait à obstruer les lèvres sanglantes, signe qu'il fallait le désinfecter expressément.Derrière elle, l'Aasimar entendit un homme entrer en soufflant comme taureau. Vivement, elle se retourna et vit le garde apporter à bout de bras le matelas demandé. Il était assez gros pour contenir deux personnes et confortable à souhait. Le laissant tomber au milieu de la cellule, il demanda d'un ton saccadé:

-Ça vous convient? Je n'ai pas pu trouver mieux.
-C'est parfait, merci! Répondit Eleonor en souriant. Maintenant, s'il vous plait, aidez-moi à le mettre dessus sans lui faire mal.

Nora prit les pieds et le garde les mains et délicatement, ils le hissèrent dans le milieu du matelas qui occupait tout l'espace. Satisfaite, elle remercia une seconde fois le garde pour son aide et le congédia poliment. L'homme s'apprêta à sortir quand il se retourna et après un moment d'hésitation, il demanda:
-Heu, je voulais vous demandez, qu'est-ce qui est bon pour soigner des rhumatismes?
Tout en appliquant ses lingettes sur le dos flagellé de Flynn, elle réfléchit un instant à la question et répondit avec la plus grande expertise:
- Le vinaigre de cidre aide à régulariser le système acido-basique de l'organisme,car voyez-vous, un taux élevé d'acidité est souvent relié aux rhumatismes. Plus tard, je vous préparerais une infusion à base d'eau, de miel de lavande et de vinaigre de cidre. En attendant, manger beaucoup de pommes et ce soir, préparez-vous une décoction d'oignons, ça va soulager vos douleurs.

Le garde l'avait écouté religieusement, et bien qu'il n'avait pas tout compris de son explication, il lui était reconnaissant de ses conseils.  Il ignorait que le corps contenait de l'acidité, c'était quoi au juste de l'acidité? Ne voulant pas paraître bête, il ne fit qu'approuvé et garda le silence sur son incompréhension. Il demanda plus de détail sur sa fameuse décoction, puis il partit en remerciant le ciel de lui avoir envoyer une guérisseuse aussi savante. D'un soupir de soulagement, l'Aasimar vint essuyer la sueur qui perlait sur son front, la chaleur dans cette cellule était étouffante, elle espérait pouvoir transférer Flynn dans une cellule mieux aérée. Minutieusement, elle vint finir d'appliquer les lingettes et attendit une vingtaine de minutes avant de les enlever. Pendant ce temps, elle prit le temps d'inspecter le corps de Flynn, elle s’aperçut que l'une de ses côtes était fracturée et un grosse ecchymose recouvrait sa peau. Quelqu'un l'avait battu, sûrement l'affreux garde qui l'avait fouetté. Elle serra les dents,enragée de savoir qu'un tel individu habitait ces lieux. La Dignitaire devait être mise au courant, car habituellement, la torture était inadmissible. Morose, Eleonor repensa au comportement peu respectable de Silvia et elle espérait que le procès allait être repoussé. D'un soupir, elle reporta son attention sur le prisonnier inconscient, son visage était moins rouge et crispé de douleur qu'à son arrivé dans la cellule, les lingettes lui faisaient visiblement du bien. Les vingt minutes s'écoulèrent, Eleonor accomplie la seconde étape: appliquer le cataplasme fait de plantes analgésiques contenant de la lavande, de la camomille et de l'aloès. Cela aiderait à apaiser la douleur et à cicatriser ses zébrures. Ceci fait,la troisième étape suivit, elle enveloppa le dos musclé de bandages stériles et propres, puis jeta un coup d’œil à la nuque, l'ancienne blessure s'était ré-ouverte. Dévouée, Eleonor vint recoudre la plaie, y appliqua un onguent et le couvrit d'un épais pansement.Enfin, elle l'avait soigné entièrement, il ne restait qu'à mettre une compresse d'eau froide sur son front brûlant de fièvre et de le nourrir, à petite bouchée, d'un bouillon de bœuf. Il avait clairement besoin de fer, son visage livide ne disait rien qui vaille. D'un regard déterminé, elle vint embrasser tendrement sa joue moite et murmura  à son oreille:

- Pardon de ne pas t'avoir dit au revoir quand j'ai quitté la grotte, je n'ai pas eu le choix, je devais te protéger et je continuerais à le faire aussi longtemps que tu auras besoin de moi, je te le promets. 


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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Jeu 28 Mai 2015 - 10:53


Pour être honnête, je n’avais aucune idée du temps pendant lequel j’étais resté inconscient. Cela aurait bien pu être quelques minutes, quelques heures voire quelques jours pour autant que je sache. La seule chose dont je me souvenais parfaitement, c’était d’avoir vu la lueur du jour filtrer à travers un soupirail barré et éclairer une petite portion de pierre devant moi. J’avais la désagréable sensation de n’avoir aucune force, de ne plus pouvoir bouger aucun de mes membres. J’étais allongé par terre, ou presque, seuls mes bras étaient accrochés à des chaines qui pendaient au plafond. Apparemment, on avait jugé bon de m’enlever mes menottes et de me suspendre à moitié. Mon dos était rigide, mais le souvenir des coups de fouet me laissait penser que le sang qui devait recouvrir mon dos avait probablement coagulé, formant une croûte qui mettait à mal l’élasticité des lambeaux, seuls vestiges restants, de la peau de mon dos. Je n’étais pas resté éveillé longtemps, peut-être juste suffisamment pour me rendre compte de mon triste état. J’imagine facilement, avec un peu de recul, que j’avais perdu suffisamment de sang pour ne pas être dans mon assiette. A ma décharge, c’était aussi la première fois que je prenais trente coups de fouet, voire des coups de fouet tout court. Et l’inconscience, ou le sommeil, avait cet avantage de diluer la douleur. Je ne saurais dire exactement de quoi mes rêves étaient faits, mais la douleur n’en n’avait pas fait partie, ou alors très partiellement, sous la forme d’un leitmotiv très léger. Heureusement pour moi d’ailleurs, mais j’imagine que le corps est suffisamment intelligent, en quelque sorte, pour se déconnecter tout seul lorsque la douleur devient suffisamment insoutenable. Sans quoi la nuit aurait probablement été des plus désagréables. Car la douleur à mon réveil n’avait pas vraiment disparu, loin de là.

Lorsque j’ouvrais à nouveau les yeux, je reposais complètement par terre. Non… C’était plus chaud et plus doux que le simple contact de la pierre de taille. Il me fallut plusieurs minutes pour réaliser que je reposais désormais sur un matelas. Mes mains avaient été détachées des chaines qui pendaient désormais dans le vide et étaient étendues devant moi, sans que je ne puisse les bouger d’une quelconque manière. Je sentais mon corps, ne serait-ce que par la douleur qui le traversait presque de haut en bas, mais je n’avais pas la force de faire un quelconque mouvement. Il y avait des voix non loin. J’avais l’impression d’en reconnaître une, mais j’étais tellement dans le brouillard que je ne sus réellement s’il s’agissait là d’une impression ou de la réalité. De toute façon, je n’étais pas sur de la percevoir en continu, cette fameuse réalité, probablement perdu entre les songes, l’inconscience et celle-ci. Il était difficile de faire la part des choses et de savoir réellement où je me trouvais, sauf, bien entendu, lorsque je m’imaginais à me balancer au sommet d’un mat ou d’un arbre, me jouant du vent et de la hauteur comme si de rien n’était, sans crainte de tomber et de me rompre le cou. Je savais bien que, dans mon état, je n’aurai jamais été capable de faire cela. Il y avait aussi cette même fille, que j’avais vue en rêve sous l’effet du laudanum, au fond de la grotte. Encore, dans une situation abracadabrantesque, mais elle semblait faire attention à moi, sans répondre à mes questions quand je lui demandais pourquoi. Elle restait silencieuse, me contentant de m’observer et de sourire. Était-elle muette ? Sourde ? Elle m’avait pourtant parlé lors des premiers rêves… Décidément, la logique de mon inconscient m’échappait toujours.

Je me réveillais encore. Mes bras avaient été rabattus le long de mon corps, et une autre douleur m’étreignait le dos. Ce n’était pas seulement les lacérations, il y avait comme une compression. Des bandages ? Peut-être que cela expliquait cette sensation de fraicheur qui enveloppait mon dos. Des baumes. Apparemment, quelqu’un avait pris le temps de s’occuper de mes blessures. Après tout, il valait mieux que le prisonnier ne meure pas avant son procès, n’est-ce pas ? J’ouvrais les yeux, la joue posée contre le matelas, toujours couché sur le ventre. Une forme se tenait à mes côtés. Une agréable odeur vint chatouiller mes narines avant que je ne remarque la cuillère qui attendait paisiblement devant mes lèvres. J’entrouvris les lèvres, laissant passer l’ustensile en métal qui vint déposer un liquide chaud que je déglutis avec difficulté. Je devais ressembler à une loque. Et, d’une certaine manière, j’étais heureux de ne pas pouvoir contempler mon état. Une autre cuillérée d’approcha et je la laissais passer encore, avant d’avaler toujours avec difficulté. La douleur s’était un peu estompée mais je n’arrivais toujours pas à bouger. Soudainement, la forme bougea et s’approcha de moi, avant de déposer un baiser sur ma joue exposée. Je fronçais les sourcils en entendant une voix. « El… » Je n’eus pas les forces d’aller jusqu’au bout de ma question. Était-ce elle ? Je n’arrivais pas à en avoir la certitude. Mais qui d’autre ? Je n’avais pas compris tout ce qu’elle avait dit, loin de là. Mais, de toute façon, je n’eus pas l’occasion de dire grand-chose de plus, sombrant à nouveau assez rapidement dans l’inconscience, non sans avaler encore une ou deux cuillérées de soupe, ce qui me demandait déjà bien assez d’effort, quoi qu’on puisse en penser.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Le secret   Jeu 28 Mai 2015 - 19:36

Finalement, le procès avait été reporter dans trois semaines, ce qui laissait amplement de temps au Justiciar de revenir avec des preuves pour innocenter Flynn. Par son caractère persuasif et diplomate, la Dignitaire avait réussi à convaincre ses hiérophantes sans trop d'efforts  de repousser le verdict concernant Flynn. Ayant un grand respect et une confiance absolue en leur dignitaire, ses conseillers ne virent pas d'objection à ses arguments, même, ils trouvèrent que cela convenaient parfaitement à leur horaire chargé. Entre une chasse aux persistants se cachant dans la région, les attaques fréquents du Gantelet contre les Aasimars et les Tiefflins,  et un mariage à organiser, qui aura lieu dans deux semaines, ce procès était le dernier de leurs soucis. Néanmoins, l'un d'eux avait exigé: « En autant qu'il reste en prison, tout ira pour le mieux. Maintenant, parlons de ces disciples du Gantelet qui ont attaqué injustement l'une des nôtres. Quelle cruauté!» Et ainsi la conversation bifurqua rapidement vers cette nouvelle de l'heure, au grand soulagement de Silvia. Le soir-même, celle-ci prévenue  Eleonor que le procès avait été temporairement annulé, ce qui rendit la jeune femme aux anges, Flynn n'avait pas été torturé en vain. Or, une semaine passa depuis  cette décision du Conseil et le pirate commençait à se remettre de ses blessures.

Depuis son arrivé au château, Eleonor avait recommencé à reprendre ses anciennes habitudes. À l'aube, elle prenait le temps de s'arranger et de se vêtir convenablement, ce qui se résumait à mettre sa tunique grise et à se coiffer d'une queue de cheval, qui allait progressivement descendre au fil de la journée. Une fois satisfaite de son apparence, elle alla rejoindre  Gilliam et Laura pour le petit déjeuner. Au seuil de la porte, Nora prit le temps de les observer, ils ne ressemblaient pas du tout à un couple, mais plutôt à deux étrangers assis l'un à côté de l'autre, leur attitude était bizarrement distante et boudeuse. Peut-être s'étaient-ils disputer la veille? Son ventre réclamait impérieusement à manger, Eleonor ne pouvait rester plus longtemps à l'écart. L’apercevant, le regard de Gilliam étincela et il lui fit signe de venir les rejoindre, tandis que Laura pinça les lèvres et lui jeta un regard jaloux. Hitch... Cela était de mauvaise augure, mais ayant trop faim, elle alla les rejoindre, sans hésitation. La voyant, Gilliam devint tout autre, il retrouva sa bonne humeur naturelle, tandis que sa fiancée devint aussi fermée qu'une huître. Nora ne fit pas attention et essaya d'alléger l'atmosphère en plaisantant et en discutant de la journée à venir. Intéressé par le sort de Flynn, Gilliam demanda d'un ton moqueur:

-Comment va ton petit protégé et meurtrier d'Éladrin?
-S'il te plaît,  Liam, n’emploie pas le terme «meurtrier», il est innocent. 
-Innocent?! Tu es plus naïve que je le pensais, Eleonor.  Répliqua Laura méprisante, en sortant brusquement de son mutisme. Haussant les sourcils, l'Aasimar la fixa interloquée, mais la fiancée ne lui laissa pas le temps de parler. Elle détourna les yeux dédaigneusement et poursuivit: Ça doit être à cause que tu es une Aasimar. 
- Laura, qu'est-ce qui te prends ?! Répliqua Gilliam furieusement. 
- Tu ne m'approuve pas? Riposta-t-elle sur le même ton. 
-Non pas du tout! Je trouve que c'est injuste ce que tu dis et c'est très discriminatoire. 
-Oh! Voilà que tu me juge?!
-Quoi?!  Je ne te juge pas, mais...

Gilliam n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il reçut du lait mielleux en plein visage, au grand désarrois d'Eleonor. Les larmes aux yeux, Laura se leva brusquement et partit sans même s'excuser de son attitude exagérément dramatique. Quelle mouche l'avait piqué? Perplexe, Eleonor scruta ce petit bout de femme s'éloigner et remarqua qu'elle avait prit beaucoup de poids depuis son départ. D'un air suspicieux, elle se tourna vers Gilliam et lui donna un linge pour qu'il se nettoie. D'un air gêné,  il marmonna:

-Désolé pour ces propos, elle ne le pensait pas. Le préparation du mariage la rend très anxieuse. 
-Hum..Hum...Ça et sûrement sa grossesse. Répondit Eleonor en mordant dans une viennoiserie succulente. Le visage de Gilliam, tantôt rouge de colère, devint aussitôt pâle et pétrifié. Comment savait-elle? Comprenant son interrogation, elle eut un petit rictus en répondant simplement:
-N'oublie pas que je suis Sage-femme, Liam. Pourquoi ne m'avoir rien dit?
-J'avais promis à Laura de garder le secret.Personne n'est au courant, même pas nos parents. Son père m'assassinerait s'il l'apprend! Je t'en supplie, garde ça pour toiRépliqua-t-il d'une voix saccadée et anxieuse. Eleonor soupira, déposa sa main sur la sienne et acquiesça. Le dévisageant avec inquiétude, elle demanda en murmurant:
-Est-ce pour ça que tu veux l'épouser? Parce qu'elle est tombée enceinte?
-Non, je l'aime. Répliqua-t-il sans grande conviction. D'un soupir, elle se pencha vers lui en soutenant son regard d'un air qui voulait dire : « Tu te fous de moi?». Tendu, il dégagea sa main , il répliqua sèchement:
-Je n'ai pas le choix.
-Tu as toujours le choix, Liam.
-Non, plus maintenant. Répliqua  le jeune garde  en quittant la pièce à son tour. Eleonor observa tristement le dos de son meilleur ami, elle ressentait sa tristesse et son angoisse. Cela promettait d'être un très malheureux mariage. Terminant seule son petit déjeuner, elle se leva et alla cueillir des herbes et des plantes médicinales dans le sous-bois, puis revint au château pour préparer des décoctions et des infusions. Le cœur en peine, Eleonor pensa à Gilliam, se demandant comment elle pourrait l'aider dans cette épreuve sentimentale. Pour être honnête, l'Aasimar ne pouvait pas faire grand chose, seulement le soutenir le mieux possible et être présente durant l'accouchement de Laura, bien que celle-ci avait été très méprisante la concernant. Morose, Nora remplit sa trousse médicinale et se dirigea au dernier étage des Donjons, où se trouvait à présent Flynn. Quelques jours avant, Silvia lui avait donné la permission de le transférer dans une cellule mieux aérée et bien entretenue, assez grande pour qu'il soit à son aise et ayant une vue sur la forêt des Grands Feuillus. Présentement, c'était le mieux que l'Aasimar avait pu faire, ça, et lui ramener son matelas,, un oreiller moelleux, des couvertures, un pot de chambre, une bassine pour le laver et de nouveaux vêtements. La reconnaissant, les gardes la laissèrent entrée, ce qu'elle fit expressément. Le pirate était toujours allongé, les bras pendants et le dos recouvert des bandages de la veille. Durant la semaine, il avait repris conscience, mais il n'avait pas eu la force de parler ni de manger par lui-même. Cependant, elle trouvait qu'il avait meilleur mine, il semblait paisible. D'un sourire joyeux, Eleonor vint vers lui, s'agenouilla à ses côtés et lui donna son baiser coutumier sur le front, non seulement pour le réconforter, mais aussi pour voir si sa fièvre avait baissé,et c'était le cas.  Il ouvrit à peine les yeux et sourit doucement en la voyant.

-Bon matin, j'espère que tu as bien dormit. Dit-t-elle  d'une voix basse, question de ne pas engourdir ses oreilles. Ceci dit, l'Aasimar sortit un petit pot remplit d'un liquide orange et brun, ainsi qu'une cuillère. As-tu faim? Je t'ai apporter de la purée aux patates douces, mélangée avec de la bouillie de canard, c'est délicieux. Allez, ouvre la bouche.

Lentement et avec un effort considérable, Flynn entrouvrit mollement sa bouche  et patiemment, sa guérisseuse le nourrit petit peu par petit peu jusqu'à temps que le pot soit vide. Sincèrement, c'était une grande amélioration et Eleonor eut envie de le félicité, mais trouvant cela pathétique,  elle ne fit que sourire et l'embrassa sur sa joue. Il murmura quelque chose, mais ne comprenant pas, elle haussa les épaules et tourna son attention sur son dos. Le cœur battant, elle vit que les plaies commençaient à  cicatriser et qu'il n'y avait plus aucune trace de pue. 
-Merveilleux, Flynn, ça guérit bien et bientôt, il ne restera que de légères marques! Dès que tu vas avoir assez de force, tu vas pouvoir te lever. S'exclama-t-elle optimiste en appliquant un onguent d'ail et de miel. Pour seule réponse, Flynn cligna des yeux et son sourire s'élargit à nouveau. Au moins, il était de bonne humeur et il avait arrêté de grogner, même si c'était tout à fait compréhensible. Terminant d'appliquer la pommade graisseuse et rafraîchissante, elle remit des bandages propres et affirma :

- Plus tard, quand tes plaies seront pratiquement guéries, je vais pouvoir utiliser mon don de guérison et ton dos sera comme neuf. Une chance que tu es tombée sur une Aasimar pour te soigner, n'est-ce pas?

Une Aasimar...Cela lui rappela brusquement les propos malveillants de Laura, elle perdit son sourire et un sanglot serra sa gorge. Comment pouvait-on penser autant de mal de son peuple? Ils étaient si bons et si dévoués. Distraite, elle ne remarqua pas l'étincelle dans les yeux brumeux de l'Éladrin qui l'observait, il murmura quelque chose, mais perdue dans ses pensées nostalgiques, elle en l'entendit pas. Ce qui la fit revenir à la réalité  fut une douce caresse. Surprise, Eleonor baissa les yeux et vit le doigt de Flynn caresser son genou. Elle sourit tendrement et plongea dans ce regard complice et magnifique. Soudain, elle eut un besoin urgent de se confier. S'assurant que les gardes ne l'écoutaient pas, Eleonor lui raconta ce qu'elle avait apprit sur Gilliam et Laura. Attristée, des larmes mouillèrent ses joues de nacre et elle vint spontanément s'allonger auprès de lui, afin de recevoir du réconfort. Le nez contre son épaule, elle marmonna:

-Flynn, je suis si triste pour Gilliam, il va être si malheureux! Au moins, s'il l'aimait, mais ce n'est pas le cas. Il va l'épouser non par amour, mais par obligation. En plus, elle est méchante et taciturne. Quel gâchis!


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Mar 2 Juin 2015 - 5:12

Je dois admettre que les jours suivants la punition n’avaient rien eu de drôle. L’honnêteté m’oblige également à préciser que j’en voulais vraiment à la Dignitaire pour sa vision de mon bien, même si, malheureusement, j’étais convaincu qu’elle n’avait pas fait cela pour rien. Après tout, quelle personne aurait passé au fouet une personne qu’elle croyait être innocente ? Ou alors peut-être avait-elle menti ? Mais pourquoi ? Non, il y avait sans doute une raison et c’était justement cela qui me mettait hors de moi, car je savais que je ne pouvais pas complètement lui reprocher de m’avoir fait subir cela. Je me souviens avoir été manipulé plusieurs fois, mais ce ne sont que des flashs. Il me semblait apercevoir la crinière blonde et les ailes de l’Aasimar, d’entendre sa voix aussi. Puis la pénombre qui m’entourait est devenue subitement plus lumineuse. Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre que j’avais été déplacé dans une autre pièce. Une autre cellule, bien évidemment, mais l’air y semblait plus sec et le soleil y pénétrait davantage. J’avais probablement quitté le sous-sol du donjon, mais, ne pouvant pas me lever, je n’avais aucune idée d’où je pouvais réellement me trouver. Je passais le plus clair de mon temps, couché sur le ventre, sans la possibilité de me mettre sur le dos sous peine d’éveiller une douleur lancinante provenant des lacérations – malgré tout cicatrisées – de mon dos. Plusieurs fois par jour, Eleonor venait me rendre visite. Il était facile de la reconnaitre, il n’y avait qu’elle pour déposer un baiser sur mon front à son arrivée. Même si, au fond, je n’avais pas tellement de visite supplémentaire… Le matin, elle changeait mes bandages, appliquait du baume sur mes blessures, puis me donnait à manger. Elle revenait ensuite pour le déjeuner et le diner pour me nourrir. Je devais avoir l’air pathétique ainsi, mais, malheureusement, je ne pouvais pas y faire grand-chose…

Les choses allaient mieux depuis quelques jours, mais il en faudrait surement quelques-uns de plus avant que je ne puisse réellement me débrouiller par moi-même. Le tiraillement de la peau de mon dos était particulièrement désagréable lorsque je commençais à bouger les bras ou les épaules. Je ressemblais à une loque immobile et il m’était arrivé d’entendre certains gardes s’en amuser. Après tout, Flynn le Voltigeur était tombé bien bas pour ne même plus être capable de bouger… Une chose était certaine, ils avaient raison, je n’allais pas pouvoir m’échapper dans mon état actuel. Pourtant l’idée me démangeait depuis longtemps. M’enfuir, quitter cet endroit où je savais déjà que seule la mort serait au bout du chemin. Eleonor avait essayé de me protéger, la Dignitaire peut-être aussi, mais tous les autres me pensaient probablement coupable et je ne pouvais pas leur donner tort. Au pire, je restais un pirate, ce qui en soit était presque déjà répréhensible, même si, une fois encore, il n’y avait pas vraiment de preuves contre moi. Mes réflexions furent interrompues par le cliquetis d’une clef qui tournait dans la serrure de la porte barrant l’accès à ma cellule. Celle-ci s’ouvrit dans un léger grincement et, quelques instants plus tard, je sentis des lèvres se poser sur mon front. Eleonor. Je l’entendis parler, avant qu’elle ne me propose le petit-déjeuner. Je devais être un tel poids pour elle… Avec quelques difficultés, je me mis sur le flanc, plongeant mon regard dans le sien tandis qu’elle préparait une première cuillérée, j’ouvris à peine les lèvres avant qu’elle ne vienne déposer la nourriture entre celles-ci. Ce n’était pas mauvais, mais les Dieux savaient que j’aurais préféré mordre dans une cuisse de canard à pleines dents. Au lieu de ça, je ne valais pas mieux qu’un nourrisson.

Le rituel du repas achevé, elle m’embrassa sur la joue, m’arrachant un léger sourire. Elle semblait tellement enthousiaste. Appréciait-elle vraiment de venir ici trois fois par jour ? Je la laissais s’occuper de mes bandages, apprenant par-là que la guérison semblait en bonne voie. La douleur s’estompait en effet, moins vive, plus diffuse. Il fallait croire que ma peau réussissait à s’en remettre, étonnement. La perspective d’avoir un dos neuf grâce à la magie m’enchanta plus que je ne l’aurais cru, mais alors que je me retournais, non sans grimacer, sur le dos, pour observer l’Aasimar, celle-ci semblait la tête ailleurs. Essayant d’attirer son attention, j’approchais ma main vers l’un de ses genoux, qui était le plus proche de moi, avant de le caresser du bout des doigts. Dieux que c’était pathétique… Elle sembla néanmoins s’en rendre compte et sourit légèrement avant de finalement se confesser. Je n’étais pas certain d’avoir tout compris, mais Eleonor semblait réellement affectée par cette histoire, au point même qu’elle me surprit à s’allonger contre moi, la tête contre mon épaule. J’avais serré les dents pour ne pas montrer la douleur que le petit surplus de pression avait engendrée, avant de passer, lentement, mon bras autour de ses épaules. « Il faut parfois… Savoir assumer… ses actes. » Ma voix était faible, un murmure, mais sa proximité et le silence de la pièce laissait penser qu’elle m’entendrait sans trop de difficultés. Je ne connaissais pas toute l’histoire, mais il était clair que Gilliam s’était un peu trop laissé aller avec la dénommée Laura. Et la grossesse impliquait qu’il prenne ses responsabilités. Cela ne voulait pas forcément dire qu’ils seraient malheureux. « Il finira peut… être… par l’aimer. Il parait que… les enfants… changent la donne. » C’était un fol espoir, et à vrai dire, je m’en fichais un peu, mais si cela pouvait rassurer la jeune femme. Dans un léger mouvement de tête, je vins déposer un baiser sur son front avant de reposer la tête sur l’oreiller, les yeux tournés vers le plafond en soupirant. Ma liberté me manquait, l’océan, le vent, les bateaux. Je n’étais pas fait pour vivre en cellule. « Je suis désolé pour ça… Tu ne devrais pas… t’occuper de moi. »
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Dévouement   Mer 3 Juin 2015 - 19:06

En silence,Nora l'écouta, cela faisait si longtemps qu'elle avait entendu le son de sa voix, une autre amélioration prouvant qu'il reprenait des forces. Lentement, elle sentit son bras l'entourer, elle aurait voulu protester, sachant qu'il devait avoir mal en ce moment, mais égoïstement, elle se laissa faire. Ses propos étaient sages, vrais, Gilliam devait prendre ses responsabilités, ce qui était le cas, et peut-être allaient-ils effectivement s'aimer. Elle l'espérait, mais en doutait, surtout si Laura continuait à lui manquer autant de respect. Il fallait dire qu'elle était enceinte et le premier trimestre était toujours difficile, la futur maman avait les émotions à fleur de peau et le mariage ne devait pas aider. Peut-être qu'après l'accouchement, cela irait mieux? Peu importe, ils allaient devoir s'aimer ou s'endurer, dans les deux cas, elle n'était pas concernée et c'était aussi bien. Revenant à la réalisé, elle entendit Flynn murmurer faiblement:

«-Je suis désolé pour ça… Tu ne devrais pas… t’occuper de moi. » 

Son cœur se serra, elle le dévisagea un instant, en silence, se laissant envahir par son énergie, afin de mieux le comprendre. Elle percevait qu'il ressentait de la tristesse, de la honte, mais surtout, une profonde détresse. Il était tel un grand oiseau à qui on avait injustement couper les ailes. Comme il devait s'ennuyer de l'immensité de la mer et de tout ce qui représentait sa liberté.   Nora vint l'embrasser doucement sur les lèvres, cela dura une fraction de seconde. Il n'y avait rien de sensuel dans cette caresse, juste une affection sincère, c'était pure, doux et délicat. D'un sourire ému, elle s'éloigna de son visage, puis murmura:

- Sache que tu n'es pas un fardeau pour moi, mais un ami précieux. Je suis heureuse de t'accorder de mon temps et de mes soins.Après tout, je suis l'unique responsable de ce qui t'arrive...Je n'aurais jamais dû t'envoyer Narth, j'aurais dû la laisser au Gantelet. La seule chose que je voulais c'était que tu sois protégé de ces monstres. Au moins, ça été le cas, et tu n'as pas souffert en vain, car tu es encore vivant et Silvia a réussi à repousser le procès. C'est déjà ça!

D'un soupir, elle détourna son regard, tout en dégageant doucement le bras qui l'entourait. Il devait souffrir dans cette position et ce n'était pas bon pour ses plaies. Silencieusement, Eleonor se remit sur ses genoux et sans lui demander son avis, elle déposa ses mains sur ses épaules et le força à se retourner sur le ventre.
-Je sais, ça fait mal, mais crois-moi, tu vas guérir plus vite si tu reste comme ça. Soit patient,Flynn, tu en as pour quelques jours. J'ai hâte que tu reprenne des forces, tu vas pouvoir t'occuper l'esprit à planifier un plan d'évasion.
Elle avait dit cela sur un ton à la fois moqueur et sérieux, car l'Aasimar savait que si le procès tournait mal, cela allait être leur unique option. Allait-elle l'aider et risquer de se faire elle-même condamner? Eleonor s'était déjà sacrifiée une fois pour le sauver, elle le referait, car la vie d'un innocent était bien plus importante que sa propre vie, surtout si c'était pour servir la justice. D'un regard profond et indescriptible, elle le dévisage et prit un air mystérieux. Il devait se demander à quoi elle pensait. Jetant un coup d’œil pour s'assurer que les gardes ne l'écoutaient pas, Eleonor chuchota:

-Je ferrais ce qui est en mon pouvoir pour te sortir d'ici, même si je risque de tout perdre. Je ne t'abandonnerais pas Flynn et le jour où je ne serais plus là pour toi, ça va être le jour où tu n'auras plus besoin de moi, et j'espère qu'il ne va pas arriver trop vite.

Eleonor savait qu'il ne devait pas approuvé ce genre de discours, il voulait qu'elle soit en sécurité, mais dans cette situation, il n'allait pas pouvoir s'en sortir seul, pas cette fois. Elle était sa plus précieuse alliée. D'un sourire doux, mais le regard déterminé, elle se leva et se dirigea vers la porte. Eleonor sentait son regard dans son dos, à quoi pensait-il présentement? Ouvrant la porte, elle se tourna vers lui et dit :

-Repose-toi bien, je reviens tantôt..
-Vous êtes beaucoup trop gentille avec ce bougre, ma Dame. Répliqua aussitôt un malotrus. Offusquée, elle se tourna vivement vers le garde qui l'avait critiqué. Croisant son regard vert étincelant, il se justifia:
-Eh bien quoi? Ça reste un pirate meurtrier!
- Avez-vous été témoin de son meurtre?
-Heu, non, mais...
-C'est ce que je pensais, alors mêlez-vous de ce qui vous regarde, car vôtre jugement n'est basé que sûr des ouïes-dire, et ce n'est pas suffisant pour juger quelqu'un. Est-ce claire?
-Oui, ma dame. marmonna le Garde en baissant les yeux, ne trouvant rien à répliquer. Son congénère le dévisagea, puis approuva les dires d'Eleonor d'un hochement de tête. Il croisa son regard et rougit. D'un sourire bienfaisant, elle demanda:
-Comment vont vos rhumatismes aujourd'hui?
-Beaucoup mieux, votre infusion m'a fait le plus grand bien. Allez-vous pouvoir m'en refaire d'autre?
-Bien sûr, mais pour l'instant, je dois vous laissez. Prenez soin de vous, messieurs.
-Vous aussi, ma Dame. Répondirent-ils d'une même voix, le regard admiratif. Attendant qu'elle se soit éloignée, l'un des gardes  confia:
-C'est l'une des plus nobles dames que j'ai rencontré!
-Certes,mais c'est étrange qu'elle défend ce pirate.
-Bah, elle a raison, nous ignorions réellement ce qui c'est passé. Il est peut-être innocent.
- Diantre, j'en suis persuadé que non! À mon avis, tous pirates méritent la corde.

Son compagnon haussa les épaules avec la plus profonde indifférence et garda le silence, sachant que c'était peine perdu d'approfondir le sujet d'une façon neutre et objective. Sincèrement, le sort de ce pirate ne l'importait peu, sa priorité était de guérir ses rhumatismes, et heureusement, il était sur la bonne voie. Leurs conversations bifurquèrent vers d'autres sujets plus intéressants, telles que les femmes ou l'ivresse du vin.


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Ven 5 Juin 2015 - 8:30

La présence de l’Aasimar était réconfortante, même si, je devais l’admettre, cela n’aidait pas spécialement du côté de la douleur. Néanmoins, elle n’exerçait pas une trop forte pression, aussi cela restait pleinement supportable. Je n’étais plus un enfant, et je pouvais bien supporter un minimum de douleur, non ? Tandis que le silence était redevenu maître des lieux, je me surprenais à réfléchir à la situation de Gilliam, et, en particulier, à ce que j’aurai pu faire dans une situation identique à la sienne. D’autant plus que cela pouvait parfaitement arriver. Les rumeurs colportaient parfois cet état de fait, mentionnant que mon côté beau garçon et pirate devait séduire beaucoup de filles. A vrai dire, le côté hors-la-loi avait peut-être son petit effet, mais ce n’était pas vraiment la question. Cependant, si l’une des femmes avec qui j’avais pu partager une nuit, ou deux, devait un jour revenir avec un enfant dans les bras, je n’étais pas sur de réagir comme le Redresseur l’aurait fait. Devenir père ? Je ne préférais pas y penser pour le moment. De toute façon, ma vie entière était plus ou moins chaotique et qui accepterait d’épouser un meurtrier ? Sans compter que me poser quelque part ne serait que le meilleur moyen de finir à la corde, puisque les gens ne mettraient pas longtemps à me reconnaître, quoique je puisse faire. Au-delà de mon rythme de vie actuel, je n’étais même pas seulement certain que la vie de famille me convienne. Avoir une femme, peut-être, mais encore, cela semblait difficile. Mais un enfant ? Cela impliquait trop de responsabilités, trop de contraintes. Peut-être étais-je un peu trop jeune pour ça, même si, pour nous Eladrins, c’était plus difficile à dire, mais j’aimais trop ma liberté – en faisant abstraction de cette cellule et de ma situation actuelle – pour me laisser mettre cette corde autour du cou.

La réalité me rattrapa néanmoins à ma remarque, ou plus exactement au regard que me jeta Eleonor suite à celle-ci. J’avais un peu l’impression qu’elle lisait en moi comme dans un livre ouvert, et, au fond, je n’étais pas certain d’apprécier vraiment cela. Pourquoi ? Je n’en avais aucune idée, pour être honnête, mais je n’aimais pas l’idée que quelqu’un puisse se vanter de savoir ce qui se passait dans ma tête. Alors que je l’observais, je fus surpris par son baiser. Doux et pourtant vif, presque invisible, juste une fraction de seconde pendant laquelle nos lèvres se sont touchées, effleurées. Dans ma surprise, j’avais comme la sensation d’une caresse, comme si elle venait de parcourir ma joue avec le dos de sa main. Elle se confessa alors, me considérant comme un ami précieux. Voyait-elle vraiment un pirate comme un ami ? Elle alla même jusqu’à s’excuser pour avoir renvoyé Narth, sa jument, à leur campement. « J’aurais dû savoir que les… Redresseurs, me… connaîtraient. » J’esquissais un léger sourire, qui ressembla légèrement à une grimace tandis qu’elle se dégagea de mon étreinte – si on pouvait vraiment appeler ça une étreinte. Après tout, même moi, avec du recul, je trouvais mon plan complètement idiot. Peut-être que si l’Aasimar était arrivée avant moi, je n’aurais pas eu ce genre de problème, mais peut-être aussi aurais-je simplement dû rester à l’écart pendant plusieurs jours pour attendre son arrivée, tout simplement Enfin, le passé était le passé, j’étais maintenant dans une cellule, et la suite était encore un peu obscure. Je me laissais faire alors qu’elle me replaçait sur le ventre, probablement consciente que je ne devais pas rester sur le dos, pour ne pas entraver la cicatrisation de mes plaies, même si le processus était en bonne voie. Je tournais finalement la tête vers elle, croisant son regard avec surprise alors qu’elle me suggérait ouvertement de réfléchir à un plan d’évasion.

Le pensait-elle vraiment ? Je n’aurais su dire si elle plaisantait ou non. En tout cas, dans mon état, je ne pouvais pas planifier grand-chose. Une fois en pleine possession dans mes moyens, peut-être serait-il possible de faire quelque chose, mais pas avant. Eleonor s’approcha de nouveau, me murmurant qu’elle ferait tout ce qu’elle pourrait pour me sortir de là. Toutefois, sa dernière phrase me laissa encore une fois perplexe. J’acquiesçais en silence, ne sachant pas trop quoi dire de plus. Je l’observais sortir, avant que la lourde porte en métal et en bois ne se referme derrière elle une nouvelle fois. Quelle heure était-il ? L’Aasimar reviendrait probablement pour le déjeuner, mais d’ici là, le temps semblerait probablement très long. Je soupirais doucement en regardant les murs de ma cellule. Un plan d’évasion ? Ne plus avoir besoin d’elle trop vite ? Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Je tournais la tête pour découvrir la fenêtre, plus grande que le soupirail de ma précédente cellule, mais toujours aussi bien barrée par des tiges épaisses en métal. Le soleil commençait à pénétrer dans la pièce. Je n’avais aucune idée de l’heure de la matinée, aussi cela ne me donnait aucune indication sur l’étage auquel je pouvais me trouver, si ce n’était que je ne me trouvais plus en sous-sol. Malheureusement, je n’avais aucune chance de sortir par la fenêtre, même avec la meilleure volonté du monde, et je doutais sincèrement que les gardes allaient accepter de me laisser sortir par la porte sans avoir leur mot à dire. Puis, ce n’était pas affalé comme une loque sur un matelas que j’allais pouvoir faire quoi que ce soit. Enfin, Nora avait peut-être raison, j’étais vivant, c’était peut-être tout ce qui comptais après tout…
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Assume tes responsabilités    Sam 6 Juin 2015 - 15:36

Le vent était froid, mais revigorant, et la neige était lumineuse sous le soleil du zénith. Elle avait hâte à la saison florale, car c'était durant cette période qu'elle commençait sa cueillette de plantes médicinales et d'herbes curatives. Néanmoins, Eleonor avait encore des réserves et l'armoire de l'infirmerie était remplit de pommades, de baumes et décoctions de toute sorte, elle n'allait pas en manqué pour soigner Flynn. Leur dernière conversation remontait à trois jours, depuis, il avait dormi, manger, sourit, et dormi, c'était aussi bien. Après tout, pour l'instant, qu'est-ce qu'elle avait d'autre à lui dire? L'essentiel avait été dit, la suite de sa journée avait été ordinaire, même plate. Pour être honnête, elle s'ennuyait comme jamais auparavant, son voyage lui avait ouvert les yeux vers d'autres horizons et une vie remplit de dangers et de découvertes, elle avait à nouveau soif de l'inconnu. Ses pas craquaient sur  le tapis blanc poudreux, la jeune femme regarda autour, dehors tout était silencieux, les habitants du château étaient très casanier et le mariage occupait beaucoup de gens. Repensant à Gilliam, elle soupira, puis le chassa aussitôt de ses pensées, il avait assumé son choix et ses responsabilités, le destin en avait décidé ainsi.  Son avenir était tracé, mais le sien l'était-il? Elle se souvenait de sa résolution au Port de Bélin, celle d'aller à Quiétude. Elle y tenait toujours, et pendant de longues heures, elle s'était informée à la Bibliothèque pour savoir l'emplacement exacte du village où les Aasimars et les Tiefflins vivaient en paix. C'était loin, très loin et il était certain qu'elle allait faire un long détour pour rejoindre ce lieu paisible, car Nora était toujours recherchée par la Guilde et le Gantelet, la prudence et la discrétion était de mise.

Pour la millième fois, ses pensées bifurquèrent vers Flynn. Allait-il vouloir la suivre ou devrait-elle voyager à nouveau seule? Pour être tout à fait honnête, Nora l'ignorait, mais sûrement qu'ils allaient devoir se séparer pour de bond, et à cette pensée, son cœur se serra de tristesse. Bien qu'il la considérait et la respectait, il était un homme libre et il aimait trop sa liberté pour être encombrer d'une compagne. Une compagne de vie? Ou seulement de route? Avait-il des sentiments pour elle? Et elle pour lui? Devant cette question, elle s'arrêta net et leva les yeux vers la plus haute fenêtre du Château, où se trouvait le pirate. Il n'y avait pas une journée sans qu'elle pense à lui, son bonheur était d'aller le visiter,de prendre soin de lui et de converser avec lui, même s'il ne disait pas grand chose pour l'instant. D'autant plus qu'elle était prête à mourir pour qu'il vive et soit libre, à s'oublier en échange de son bonheur et de sa liberté. Ce don de soi inconditionnelle s'appelait l'amour, elle en était persuadée. C'était plus subtile, solide et profond que son coup de foudre passionnel pour Samael. Avec Flynn, c'était très différent. Elle eut un profond soupir, se rendre compte de ses sentiments la faisaient souffrir, et c'était inutile d'être amoureuse d'un homme qui allait la quitter, d'une façon ou d'une autre. Telle une âme en peine, elle avança dans le sous-bois enneigé à la recherche de fleurs d'hivers, unique plante poussant dans ce froid extrême, possédant une propriété anti-inflammatoire et apaisante, très utile durant les accouchements difficiles. C'est alors qu'elle entendit des coups d'épée résonner à quelques mètres d'elle, c'était furieux, désespéré. Le cœur en chamade, Eleonor se pencha et se dirigea silencieusement faire le bruit agressif. Une bataille? Depuis l'attaque du Gantelet, l'Aasimar avait fuit tout entrainement d'art martial, comme si la seule vue d'une épée lui faisait horreur. La jeune femme savait que tôt ou tard, elle allait devoir s'y remettre, car cet univers était trop dangereux pour baisser les armes, mais pour le moment, elle se consacrait à la guérison...ou plutôt à Flynn, dépendamment du point de vu.


À pas de souris, elle avança et aperçut avec étonnement Gilliam entrain de s'acharner sur un tronc d'arbre mort, l'épée en main. Il rageait comme jamais elle ne l'avait vu auparavant, s'en était presque effrayant. Vêtu d'une simple fourrure, son visage était rouge et suant, son regard bleu pâle brillait de fureur et sa mâchoire était si crispée, qu' Eleonor eut peur qu'il se brise les dents. Inquiète, elle observa sa physionomie, et remarqua qu'il avait maigrit depuis son arrivé, et cela ne faisait qu'une semaine et demie. Néanmoins, cela lui allait très bien, même si ce n'était pas normale, elle savait la cause de sa rage, Laura. Doucement, elle s'approcha, mais garda tout de même une certaine distance.

-Gilliam?
Murmura-t-elle le plus doucement possible pour attirer son attention. Vivement, il se retourna vers elle, les doigts crispés sur son pommeau, la poitrine essoufflé et le regard vide de toute joie. L'apercevant, il se détendit un peu, mais détourna les yeux et lui demanda sèchement de le laisser seul. Elle fronça les sourcils et fit non de la tête, en insistant:

-Non, je ne partirais pas. Qu'as-tu? 
-Qu'est-ce que j'ai? S'écria-t-il en se retourna agressivement vers sa meilleure amie. Tu devrais le savoir, toi qui me connait plus que n'importe qui! Je vais me marié à une femme qui me hait et que je hais, voilà! On ne cesse de se disputer continuellement, elle m'insulte, me rabaisse et je fais pareil envers elle. Qu'est-ce qui m'a prit de faire l'amour avec elle? Je suis maudit! Et cet enfant que je ne veux pas, qui m'est imposé, je vais sûrement l'haïr autant que sa mère!


Des larmes coulèrent sur son visage, il se tourna brusquement vers le tronc d'arbre vergea de toutes ses forces. Indifférente à sa colère, Eleonor se précipita vers lui et l'arrêta d'un geste à la fois ferme et doux.

-Cesse, mon chéri, tu vas te faire du mal. Souffla-t-elle aussi chagrinée que lui. Malheureux, il accota la tête contre l'arbre et sanglota, Nora ne l'avait jamais vu si désespéré. Tendrement,la jeune femme caressa sa nuque et l'attira contre elle, il  l'étreignit de toutes ses forces, son front contre son épaule. Après un moment de silence, Eleonor murmura à son oreille:
-Laura t'aime et tu l'aime.
-Qu'en sais-tu? Marmonna-t-il amèrement, elle sentait ses larmes mouiller son cou, le froid allait les geler bientôt. Gilliam avait besoin qu'elle le guide et qu'elle le réconforte. Affectueuse, elle lui caressa le dos et trouva les mots justes:

-Car si elle ne t'aimait pas, elle se serait fait avorté, mais au lieu de cela, elle a eu le courage de garder vôtre enfant. Tant qu'à toi, tu ne l'as pas abandonner, tu es resté, et cela aussi demande du courage. Vôtre amour est beaucoup plus solide et profond que vous ne pouvez l'imaginer, mais vous ne le savez pas encore.
-Alors, pourquoi nous nous querellons ainsi? C'est vrai, avec toi, je ne me dispute jamais, tu me respecte, tu m'apprécie, je me sens bien avec toi, moi-même, mais avec Laura c'est tout  le contraire! Elle fait des crise de jalousie, me gifle, m'insulte! Une vrai furie. C'est toi que j'aurais dû épouser, pas elle! 
-Quoi? Souffla Eleonor ahurit par ce qu'il venait dire. Il plongea son regard dans le sien et spontanément l'embrassa. Son baisé était violent, possessif, gluant, et cela ne plus pas du tout à Eleonor, qui le repoussa et le gifla de toutes ses forces, en s'écriant:

- Merde, Gilliam Maltais, qu'est-ce qui te prend? Ce n'est pas vrai que je serais l'échappatoire à tes problèmes! Bon sang, cesse d'agir comme un enfant, et deviens un homme. Prends tes responsabilités et arrête de te mortifier comme un martyre. Si tu veux qu'elle arrête de te manquer de respect, alors tu dois être digne d'être respecter. Montre lui qui est le maître!
-Mais je ne suis pas son maître...Marmonna-t-il ahurit par le geste et les propos d'Eleonor. Se tenant la joue, il la fixa d'un air à la fois étonné et indigné. Où était passé la douce et compatissante Nora de son adolescence? Les poings sur les hanches et le regard flamboyant, elle répliqua:

-Tu es son maître! Elle tient à t'épouser, alors qu'elle assume son futur mari. Il y a de ses femmes qui ont juste besoin qu'on les brasse pour qu'on leur apprenne le respect, elle en fait parti. Matte là, je te dis, elle n'attends que ça!
-Elle est enceinte, Nora.
- Et alors? Je ne t'ai pas dit de la battre, mais d'être brusque, animal. Ça fait combien de temps que vous n'avez pas fait l'amour?
-Euh...Ça c'est pas tes affaires! Rugit-il les feux au joue. Elle pencha sa tête sur le côté et analysa à la fois son ton et sa posture, puis elle eut un air moqueur. Visiblement, cela faisait longtemps. D'un regard intense et indéfinissable, elle s'approcha très près de lui et ordonna:

-Va voir ta future femme,amène là à l'étable et fait lui l'amour comme jamais. Oh certes, elle va se débattre, te griffer, mais tu vas voir, elle va adoré que tu la soumette, que tu la veuille, car Laura veut sentir que tu es épris d'elle, que tu la désir. Vas-y, agis en homme et non en faible!
-Je-ne-suis-pas-faible! grinça-t-il entre ses dents, les poings serrés.
-Alors, prouve-le! Va montrer à Laura qui tu es vraiment, et montre lui à quel point tu l'aime, Gilliam! S'exclama Eleonor en le confrontant du regard. Blême et indécis, le garde passe de la colère à la peur, et si Laura le repoussait définitivement? Lisant ses pensées, Nora soupira et dit plus calmement:
-Comprends que Laura doit être plus importante à tes yeux que je le suis. Elle va devenir bien plus qu'une meilleure amie, mais ton amante, ton soutien, la mère de ton enfant. Bref, ta femme. Alors, vaut mieux que tu sois claire avec qu'elle, Liam. Si tu ne veux pas ça, quitte la. 
-Je...Je ne peux...
-Tu peux! S'impatienta Eleonor en reculant pour ne pas le rudoyez à nouveau. Je te l'ai dis, tu as le choix, mais peu importe ta décision, tu dois le faire pour toi et l'assumer. Et surtout, ne considère pas cet enfant comme un fardeau ou une malédiction, c'est un miracle et si tu n'en veux pas, libre à toi, mais assume le jusqu'au bout et va voir Laura et rompre le mariage définitivement. Agis-en-homme!

 
Sur ce, Eleonor tourna les talons et le planta là. Que lui dire de plus? Elle n'avait pas dit ce qu'il voulait entendre, mais ce qu'il avait besoin d'entendre. Le reste dépendait que de lui, elle ne pouvait rien faire de plus. Eleonor entendit un cri de rage, une épée couper le tronc desséché en deux et des pas se précipiter vers le château. Qu'allait-il choisir? Haussant les épaules, Nora décida de ne plus y penser et elle  se concentra à trouver sa plante hivernale, l'heure du déjeuner approchait, et elle devait se dépêcher. Après une dizaine de minutes, la guérisseuse réussit à trouver ce qu'elle cherchait, puis retourna à son tour au château. Passant à côté de  l'écurie, elle entendit des gémissants et des petits cris de plaisir. Rougissante, elle en conclut que Gilliam et Laura s'étaient finalement réconciliés, tant mieux. Heureuse, elle monta rapidement les escaliers  pour rejoindre la cellule de Flynn. Pour une fois, Eleonor lui amenait de la nourriture solide, c'est-à-dire une cuisse de canard bien grasse et des patates pilées au beurre. Le sourire aux lèvres et les yeux brillants, elle entra le plateau en main, tout en fermant doucement la porte de son pied. Elle fut surprise de voir que l'Éladrin n'était plus dans son lit, mais debout, dos à elle, entrain de contempler la lumière du jour derrière les barreaux de sa fenêtre. Ce fut une vision d'une tristesse infinie, si émouvante, qu'Eleonor sentit les larmes brouillés ses yeux. Flynn était pour elle un symbole représentant la liberté à l'état pure, le voir à cette fenêtre et n'avoir que le droit d'aspirer à cette liberté lui brisait le cœur. Visiblement, il ne l'avait pas entendu entré.Furtivement, elle déposa le plateau sur son lit et s'approcha de lui. Nora remarqua que les jambes du pirate tremblaient, celles-ci n'étaient plus habituées à le soutenir, mais malgré tout, il tenait debout, le dos droit et fier, ses yeux gris fixaient le paysage blanc. La jeune femme déposa  sa main sur son épaule, tout en observant l'infime horizon de soleil et de neige. D'un murmure, elle demanda:

-Ta mer doit te sembler très loin, n'est-ce pas? Son regard vert dévisagea ce beau profil pâle et amaigrit par la souffrance et l'isolement. Nora trouvait admirable qu'il ait tenu le coup jusqu'à présent. Rapportant son attention sur les arbres s'étendant à perte de vu, elle continua: Je n'ai jamais été sur la mer, mais elle doit être incroyablement belle, immense et rassurante...Sauf en cas de tempête, bien sûr. Cela doit être impressionnant et terrifiant  de la voir se déchaîner. J'aimerais bien un jour vivre ça!
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Lun 8 Juin 2015 - 11:31


Spoiler:
 

Quelques jours s’étaient écoulés depuis. Chaque jour, j’avais essayé de me relever, mais cela n’avait pas été chose aisé. Malheureusement, je ne pouvais plus passer mes journées couché par terre, sans rien faire. Cela devenait oppressant et me rendait fou, j’avais besoin de bouger, de voir l’extérieur. Mes premières tentatives furent quasi-vaines, mais, à force de m’acharner, je pus rapidement me mettre sur mes deux pieds, même si la douleur était particulièrement désagréable. D’abord quelques secondes, je n’étais pas en mesure de rester en position, même avec les mains accrochées aux barreaux de ma fenêtre, collé contre le mur en pierre, et puis, petit à petit, j’arrivais à grappiller un peu de temps avant de devoir m’affaler de nouveau contre le sol. Il fallait que la situation change, que je reprenne le dessus, je ne pouvais pas passer ma vie à être dorloté par une Aasimar, en attendant que les choses se déroulent sous mes yeux, sans rien faire. Bien entendu, je devais beaucoup à la jeune femme, mais j’étais suffisamment un poids pour elle, il fallait que les choses changent. Elle n’était pas au courant de mes tentatives, préférant de loin m’entrainer durant la nuit ou entre deux de ses visites. Au fond de moi, j’avais cette volonté, un peu stupide, en y repensant, de vouloir lui faire cette surprise. Elle n’était cependant pas idiote, et lorsqu’elle remarquait qu’une plaie s’était rouverte à cause d’une mauvaise chute, elle devait se douter que je commençais à essayer de faire autre chose que de rester couché par terre. Elle avait cependant eu la gentillesse de ne rien dire, peut-être parce qu’elle me comprenait, ou peut-être parce qu’elle souhaitait que je continue. A vrai dire, je n’en savais rien, mais je savais que je n’avais pas envie de rester inerte comme une larve.

Plus tôt le matin, l’Aasimar était passée pour changer mes bandages une nouvelle fois. Son optimisme était agréable. Un peu à la manière d’un rayon de soleil, qui réchauffait l’atmosphère. Peut-être était-elle encore un peu naïve, je n’aurais su réellement le dire, mais cela n’avait rien de désagréable, bien au contraire, c’était même… charmant, d’une certaine manière. Après qu’elle fût partie, je m’étais réessayé à cet exercice de tenir debout. Je tenais chaque jour un peu plus longtemps, ce qui était fortement encourageant et me motivait à continuer, mais je ne comptais pas m’arrêter là, pas aussi facilement. Il aurait été inconcevable que Flynn le Voltigeur ne puisse plus voltiger, qui plus est, cela pouvait réduire mes chances de survie, si je finissais par quitter cet endroit, d’une façon ou d’une autre. Pour pimenter les choses, je m’étais mis debout au milieu de la pièce, sans appui, avec pour objectif de rejoindre la fenêtre, sans chuter. Un objectif qu’il fut assez difficile de remplir, ou du moins, qu’il ne fut pas rapide à remplir. Après de longues minutes, hésitant sur mes pas, la mâchoire crispée, je finissais par atteindre ma cible et posais les mains sur les barreaux froids, usant de mes bras pour aider mes jambes à soutenir mon corps. L’hiver était là, recouvrant de son manteau de neige les environs. Ce n’était pas ma saison préférée, mais je ne la détestais pas non plus. Elle avait le don de tout uniformiser, sous un voile blanc, il était difficile de différencier une chose d’une autre, comme si, finalement, tout était pareil, qu’il n’y avait aucune différence. Après plusieurs dizaines de minutes, j’avais finalement décidé de m’asseoir, m’adossant au mur, mes jambes ne supportant plus mon poids. Me reposant pendant quelques heures, je décidais de recommencer avant le déjeuner. M’aidant des barreaux, je me hissais à nouveau sur mes jambes pour regarder de nouveau par la fenêtre.

Alors qu’il regardait en contrebas, il aperçut un couple se diriger vers l’écurie. Je ne pus m’empêcher d’esquisser un léger sourire. Ces deux-là semblaient assez pressés. D’en haut, je vis également Eleonor rentrer. Elle allait probablement monter jusqu’à ma cellule, comme à chaque fois. Je détournais mon regard pour observer le ciel. Il faisait beau, ce qui n’améliorait pas le froid, bien au contraire, mais le bleu du ciel me rappelait l’océan. Que ne redonnerais-je pas pour remettre les pieds sur un bateau ? Je soupirais pour moi-même sans entendre que quelqu’un rentrait dans la cellule, trop absorbé par mes souvenirs. Je ne retrouvais la réalité que lorsque je sentis une main sur mon épaule et une voix que je connaissais bien, réalisant également le parfum du déjeuner qui se répandait dans la petite pièce. Je fus un peu surpris, peut-être parce que j’avais l’impression que l’Aasimar lisait en moi comme dans un livre ouvert. Sans quitter des yeux l’horizon, je souriais légèrement, plus pour moi-même. « C’est lorsqu’elle se déchaine que la mer est la plus belle. Rebelle, indomptable, elle rappelle à tous ceux qui la chevauchent qu’elle n’est pas apprivoisée. Une mer d’huile est reposante, apaisante, belle aussi, en un sens, mais c’est dans le cœur de la tempête que l’on se sent le plus vivant. » Sentir le vent et les embruns fouetter son visage, la tourmente faire tanguer le navire dans tous les sens, ne plus savoir si sa propre vie est encore entre ses mains ou entre celles de l’océan. Oui, cela me manquait, terriblement. Je tournais la tête vers la jeune femme, posant mon regard sur elle. « C’est une expérience que je te souhaite, il n’y a rien d’équivalent dans tout ce monde. » J’esquissais un léger sourire, puis prenait délicatement sa main sur mon épaule dans la mienne avant de la relâcher, et me détournait de la fenêtre pour aller – lentement, mais surement – vers le lit, sans aide. Une fois à destination, je me laisser tomber sur celui-ci, plutôt lourdement, avant de jeter un œil sur le plateau. « Fini la bouillie ? Ais-je enfin le droit à un repas de grand ou es-tu fatiguée de me nourrir à la petite cuillère ? » Je lui jetais un regard amusé. Je plaisantais, bien entendu, même s’il y avait un peu de vrai dans ma question. Elle devait probablement un peu en avoir assez de me donner la becquée. Dans tous les cas, j’étais passé dans un mode un peu plus enjoué, ce n’était pas mon caractère de m’apitoyer sur mon sort et j’avais suffisamment joué au blessé, il était vraiment temps de me reprendre en main.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Ven 12 Juin 2015 - 14:59

« C’est lorsqu’elle se déchaine que la mer est la plus belle. Rebelle, indomptable, elle rappelle à tous ceux qui la chevauchent qu’elle n’est pas apprivoisée. Une mer d’huile est reposante, apaisante, belle aussi, en un sens, mais c’est dans le cœur de la tempête que l’on se sent le plus vivant.

Eleonor s'abreuva de ses paroles, Flynn avait ce talent d'expliquer les choses d'une manière profonde et imagée, un peu plus et elle était sur cette mer acharnée, sans aucun maître pour la dompter. Pendant un instant, Nora ferma les yeux et s'imagina sur l'océan, la mer fouettant son visage, le gris argenté de l'écume, si semblable aux yeux de Flynn, inondant le navire et ses habitants. C'était une vision grisante, elle sourit et soupira d'aise, oui, un jour, elle allait vivre cela. La main du pirate sur la sienne la fit revenir à la réalité, l'Aasimar le vit se tourner et se dirigea lentement, mai sûrement, vers son lit. Elle ne put s'empêcher de le contempler avec une fierté presque maternelle. Eleonor n'était pas dupe, elle avait deviné qu'en cachette, il s'était pratiquer à marcher, ses plaies ouvertes prouvaient qu'il n'était pas resté inactif, mais elle n'avait rien dit. Au début, Nora avait faillit le sermonner, pour finalement se taire et le soigner patiemment, se disant qu'il avait besoin de cela, c'était la seule liberté qu'il lui restait, elle ne pouvait le contraindre à reprendre des forces et surtout, à regagner sa dignité. Or, la question concernant le déjeuner la fit sourire, contente de le comprendre à ce point. Un repas de grand...Eleonor ne put s'empêcher de rire, elle secoua la tête, le couvant du regard avec tendresse et répondit d'un ton moqueur:

- Épuisée, tu veux dire! Nourrir une peste comme toi, ça demande beaucoup d'énergie. Je n'ose t'imaginer quand tu étais enfant, ça devait être la catastrophe de te nourrir à la petite cuillère...Tu devais faire des acrobaties en mangeant.

 
Devant cette vision d'un mini Flynn, la cuillère en bouche, entrain de faire des pirouettes dans les aires,beurrant par le fait même sa nourrice ou sa mère,Eleonor fut prit d'un fou rire incontrôlable.  Il était claire que le pirate ne partageait pas la même image absurde qu'elle, mais la jeune femme était tordu en deux, les larmes aux yeux. Hoquetant, elle essaya de  reprendre contenance, mais plus qu'elle essayait de parler et plus qu'elle riait:

-Ah...pardon...c'est...c'est juste que...je n'arrive pas à arrêter de rire. Expliqua-t-elle ayant besoin de se justifier, la fatigue devait être la cause de cette soudaine hilarité. Prit d'un mal de ventre, elle cessa progressivement de rire et se servir de l'eau dans le verre du pirate, le cala, et faillit s'étouffer en avalant trop vite. Quelle honte!

-J'ai besoin d'une bouffée d'air...Dit-elle en retournant vers la fenêtre afin de retrouver son assurance. Dos à lui, elle essaya de contrôler son malaise, puis lui jetant un coup d’œil derrière son épaule, elle répondit flegmatique:

- Sincèrement, cela ne m'a pas du tout fatiguée de te nourrir. Au contraire, je me sentais utile, aider c'est très valorisant. Or, aujourd'hui, j'ai opter pour un repas solide,car tu semble allé mieux.  Ai-je bien fait? Je peux t'apporter de la soupe, si tu préfère.

Eleonor avait dit sa dernière phrase sur un ton taquin, sachant très bien qu'il allait préféré sa savoureuse cuisse de canard. S'approchant, elle s'assit à ses côtés, tout en lui recommandant de manger lentement, question que son estomac se réhabitue, sinon il risquait de vomir. Elle avait justement rapprocher le pot de chambre fraîchement lavé, prête à une telle éventualité.C'est alors que quelque chose attira son attention, une odeur...Une odeur qu'elle avait remarqué à son arrivé dans la cellule, mais trop heureuse de voir son compagnon,l'Aasimar n'y avait pas porter attention...mais cette odeur remplissait à présent son nez, ce n'était pas en soi désagréable, mais cela sentait fort, un  mélange de sel de mer,de sueur et de crasse. Se penchant discrètement vers Flynn, elle renifla pour analyser si cela venait de lui. Effectivement... Certes, le parfum des pommades venaient alléger le tout, mais tout de même, le bain était de mise. Rougissante, elle se dit que le temps était  venu de le laver. Allait-il s'opposer? Peut-être...Le pirate avait sa fierté, mais il avait encore de la difficulté à se tenir debout, alors se laver? Se mordant nerveusement les lèvres, elle se leva et alla vers la porte. Sentant un regard interrogateur dans son dos, elle se tourna, sourit timidement, et expliqua:


-Il est temps que tu prenne un bain. Je  te propose mon aide, du moins, pour te glisser dans le baril. Pour le reste, c'est à toi de voir, je peux t'aider ou te laisser seul, c'est selon toi. Termine ton repas, je reviens dans une dizaine de minutes, je vais chercher de l'eau.


Eleonor lui sourit une dernière fois, et sortit. Sans un regard pour les gardes,qui discutaient passionnément d'une nouvelle bière bélinoise, elle descendit les marches en colimaçon et se dirigea vers l'arrière  cuisine, où se trouvait deux immenses seaux. Les prenant à bout de bras, elle  alla au puits pour les remplir à rebord.  Ça allait être pénible et lourd de les transporter jusqu'en haut, mais  c'était la vie, Flynn devait prendre un bain au risque d'attraper une maladie relié à la puanteur corporelle, telle que la peste ou une infection vénérienne. Que ne ferait-elle pas pour cet homme? D'un soupir résigné, elle se pencha et souleva les deux contenants en bois à bout de bras et ne put faire que quelques pas sans être essoufflé. Elle avait surestimée sa force, se disant qu'elle aurait dû demander aux gardes d'aller chercher de l'eau, au moins ils auraient été utiles, mais bon, elle assuma que l'orgueil avait eu son rôle à jouer dans sa décision,Eleonor ne pouvait les blâmer. Regardant autour d'elle, la jeune femme vit un manche à balais. Une idée surgit dans son esprit, elle le prit et mit les deux seaux à chaque extrémité. Pliant les cuisses, l'Aasimar les souleva et déposa le manche sur ses épaule, ce qui allégea considérablement le poids. Maintenant, elle espérait ne pas être trop à l'étroit dans les escaliers, et heureusement, elle passa juste. Lentement, mais sûrement, elle monta les marches une à une, le visage rouge et le cœur battant. Bon sang de bonsoir que c'était lourd! Son dos était endolorit, ainsi que ses épaules. Rendu à la dernière marche, elle croisa le regard des gardes, qui avaient cessé de parler, et la fixaient d'un air niais et indécis. Grognant à cause de la lourdeur, elle dit sèchement:

-Une aide ne serait pas de trop.

Henri, le garde atteint de rhumatisme, se précipita vers elle et la déchargea de son lourd fardeau. Elle soupira d'aise et le remerciant du regard. L'homme la complimenta sur sa force, tandis que l'autre garde comprit que cela était destiné au prisonnier, ouvrit la porte. Henri suivit Eleonor, entra dans la pièce et déposa les seaux proche du baril. Sentant à son tour l'odeur imprégnant l'air, il jeta un coup d’œil dédaigneux au pirate et approuva l'effort de l'Aasimar. Comme s'il voulait officiellement certifié que Flynn puait, il critiqua:

-Il pue le putois, ce bougre!  Voulez-vous que j'aille chercher une domestique pour qu'elle le lave?
Demanda-t-il en se tourna vers la guérisseuse. Vivement, celle-ci répondit:
-Non, merci, Henri. La dignitaire m'a donné l'ordre de le faire.
-Ah, je comprends...Alors, dites-le moi si vous avez  besoin d'aide.
-Merci, vous pouvez à présent retourner à votre poste, je m'occupe du reste.
-À vos ordres, Dame Eleonor.


Henri s'inclina et sortit, laissant l'Aasimar et l'Éladrin seul à seul. Eleonor jeta une œillade timide vers Flynn, puis se pencha et versa tour à tour l'eau dans le baril. Elle était rendue tiède, mais c'était aussi bien,car une température extrême aurait empiré la douleur de ses plaies.  Silencieuse, elle alla chercher un flacon d'huile d'émeu et en mit cinq goûtes, expliquant que cela aidait à accélérer le processus de cicatrisation, soulageait l'inflammation et accélérait la régénération de la peau. D'un soupir fatigué, elle essuya son front du revers de la main, des fines gouttelettes de sueur tombaient dans ses yeux, puis se tourna vers le pirate toujours assis sur le lit, son assiette vide en main.

-Je vois que tu as dévoré ce canard,c'était bon, n'est-ce pas?
Demanda-t-elle d'un air taquin, mais sûrement pas aussi agréable qu'un bain. As-tu...As-tu besoin d'aide pour te déshabiller, ou ça va aller? Heu...Voici une serviette.


Essayant de contrôler sa gêne le mieux possible,Nora s'approcha et lui tendit le tissus rugueux, mais propre. Certes, elle avait déjà vu des hommes nus, plus spécifiquement des patients, et en grande majorité, c'était des vieux défraîchis, laids et très peu attirants, mais Flynn...Eh bien,c'était tout le contraire, il l'attirait énormément, et son cœur battait la chamade à la simple pensé de voir son torse nu. Eleonor se sentait incroyablement prude, stupide et...amoureuse. Essayant de garder son air flegmatique, elle attendit sa réponse. La jeune femme était partagée entre l'envie de le déshabiller et sa gêne de le faire, le désir commençait à la tirailler. Son regard vert croisa celui du pirate,  une citation lui traversa l'esprit: « Je résiste à tout, sauf à la tentation.». Rougissante, elle baissa automatiquement les yeux, toujours la serviette en main. Qu'attendait-il pour la prendre?


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Mar 16 Juin 2015 - 18:41


La mer… J’avais beau essayer de ne pas trop y penser, elle finissait toujours par me manquer, d’une façon ou d’une autre. J’aurais probablement donné beaucoup, voire tout, pour pouvoir remettre les pieds sur un bateau et ressentir à nouveau cette sensation. Un jour peut-être, mais pas ce jour-là. Alors que je reprenais difficilement place sur mon lit, préférant alléger la situation d’une pointe d’humour, je ne m’étais pas attendu à ce que cela fasse un tel effet sur l’Aasimar, qui, visiblement, avait profité de ma remarque pour s’imaginer quelque chose de très amusant. Je l’observais avec stupeur tandis qu’elle partait dans un fou-rire. M’imaginait-elle d’une manière si hilarante en étant enfant ? « Pour manger, ça allait. C’était plutôt d’arriver à m’attraper pour me faire prendre un bain qui était délicat. » J’esquissais un sourire. C’était agréable de la voir rire. Il y avait une empreinte de légèreté, quelque chose d’innocent, comme si, finalement, la cellule n’existait plus, comme si elle n’avait pas passé une dizaine de jours à soigner mes plaies. Même si elle ne s’en était jamais plains jusqu’à maintenant, j’étais persuadé que cela n’avait pas dû être très intéressant de son point de vue. Quoiqu’il en fût, cela ne sembla pas aider la jeune femme à se calmer, comme je m’y attendais. Je continuais à l’observer, pas mécontent de mon petit effet. Elle semblait être malmenée par son propre fou rire, mais c’était plutôt amusant à observer. « Oui, il parait que j’ai cet effet sur les femmes, aussi. » Oui, j’en faisais peut-être un peu trop, mais, c’était trop tentant, quoi qu’on puisse en dire. Je la laissais finalement reprendre son souffle, près de la fenêtre, portant mon attention sur l’assiette contenant mon repas. Je reposais mon regard vers elle tandis qu’elle semblait avoir repris son souffle.

« Non, ne te dérange pas, la cuisse de canard sera très bien. J’ai eu ma dose de soupe pour l’instant. » Tandis qu’elle s’approchait, je prenais la viande directement avec les mains, prêt à me remplir la panse, retenu dans mon élan par Nora qui me conseilla de manger doucement, puisque je n’avais pas eu de nourriture solide depuis quelques temps. J’hochais doucement la tête, veillant à prendre de petites bouchées, même si je doutais sincèrement que de la viande puisse me faire du mal. Quoiqu’il en fût, elle était particulièrement savoureuse et, à elle seule, représentait un petit plaisir, enfin, au moins ça. Tandis que je mangeais, elle finit par se lever, se dirigeant vers la porte sans dire un mot. Arrêtant mon repas, j’allais lui demander les raisons de son départ, même si elle avait probablement mieux à faire que me regarder manger, mais elle me devança de son propre chef, arguant qu’il était nécessaire pour moi de prendre un bain. Il était vrai que mon hygiène n’avait pas été le centre de mon attention ces derniers jours, mais, à ma décharge, je n’avais pas spécialement été à même de pouvoir m’en occuper moi-même. « Dis tout de suite que je sens le crottin ! » J’avais dit cela sur un ton faussement indigné. Je me doutais que mon odeur ne devait pas sentir la rose, et même si j’étais habitué et ne faisait plus la différence, la pièce, bien que mieux aérée que la première cellule, restait une cellule et, par définition, une pièce où les odeurs avaient tendance à stagner. « Mais ce n’est pas comme si j’avais pu me laver jusqu’à maintenant. » J’esquissais un léger sourire, mutin, essayant de lui faire comprendre, pour la taquiner un peu que, finalement, c’était un peu de sa faute si elle trouvait mon odeur plutôt forte pour ses narines.

Je lui aurai volontiers proposé d’aller chercher l’eau à sa place, mais, malheureusement, les deux gardes à l’extérieur n’auraient pas été d’accord. Je la laissais donc partir, en profitant pour, en suivant le conseil de l’Aasimar, terminer mon repas. Après avoir rongé la cuisse jusqu’à l’os, je m’étais occupé de l’accompagnement avec entrain. C’était agréable de pouvoir manger presque normalement. Après plusieurs minutes, la porte s’ouvrit de nouveau et un garde entra avec deux sceaux, suivi par Nora. La remarque du garde me vexa légèrement. « Dis donc ! Qui te dit que ce n’est pas toi qui viens empester dans ma cellule ? » Bon, d’accord, avec son air propret, il devait difficilement sentir mauvais. Enfin… Il quitta finalement la pièce, laissant l’Aasimar seule avec moi. Je me redressais doucement tandis qu’elle versait l’eau dans la grande barrique qui se trouvait dans un coin de la petite pièce. L’eau fumait légèrement et, au fond de moi, je savais que son contact allait être agréable, même si je me doutais que mes blessures n’apprécieraient pas trop. Alors que je regardais la jeune femme, je remarquais qu’elle était trempée de sueur. Avait-elle monté les sceaux toutes seules pour être ainsi en nage ? « Je pense que j’aurais besoin de ton aide pour enlever les bandages… » C’était tout ce que j’avais pu répondre à sa question, conscient qu’il y avait une légère tension dans l’air. Non pas quelque chose de désagréable, mais plutôt une situation un peu gênante, comme, d’une certaine manière, lors de cette matinée, dans la grotte, au milieu des bois. Curieux de savoir si je me trompais ou non, je m’approchais, m’apprêtant à saisir la serviette quand sa petite phrase me laissa pantois. Je l’observais, en silence, puis, tandis que j’attrapais la serviette, je glissais une main sous son menton pour le redresser avec douceur, croisant ainsi son regard. « Il ne faut jamais y résister. »

Alors, sans crier gare, je me penchais légèrement vers elle et saisissait avec douceur ses lèvres des miennes, lui volant un baiser qui dura quelques instants. Je m’écartais ensuite légèrement d’elle, puis déposa la serviette sur le lit avant de commencer à défaire le lacet de ma tunique. « Je vais avoir besoin d’un peu d’aide pour le haut aussi, finalement… » C’était à la fois du dépit et de l’amusement dans ma voix. Du dépit parce que je trouvais lamentable de ne pas être en mesure de me déshabiller moi-même, de l’amusement, parce que j’étais curieux de savoir ce que Nora allait faire désormais. J’avais profité de sa phrase pour lui voler un baiser, mais qu’avait-elle entendu par-là ? Et puis, il y avait ce Samaël, dont le nom m’était revenu, étonnement, rapidement en tête. Tandis que je l’observais, je remarquais encore la sueur qui perlait sur son visage. « Mais je crois que je ne suis pas le seul à devoir prendre un bain désormais. » Et de cela, qu’allait-elle en penser ? Oui, ce n’était pas très orthodoxe, mais je m’amusais un peu de cette situation. Après tout, ce genre de situations était presque naturel pour moi, mais j’étais convaincu que pour elle, cela devait être totalement différent. Si je ne m’inquiétais pas d’être dénudé, même à moitié, par une femme, Eleonor, elle, ne devait pas forcément appréhender le fait de devoir m’aider à me déshabiller de la même façon…
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Le bain   Sam 20 Juin 2015 - 10:53

Nora ne s'était pas rendu compte qu'elle avait dit sa pensée à haute voix, ce fut avec surprise qu'elle sentit un doigt glissé sous son menton et la voix sensuelle du pirate murmurer:
-Il ne faut jamais y résister.
Puis, il l'embrassa...Ah comme ses lèvres lui avaient manqué, elle en avait souvent rêvé. Le baiser ne dura que quelques instants, mais ce fut suffisant pour qu'Eleonor lui offre son plus beau sourire, ses yeux verts brillèrent comme les étoiles du firmament. Remarquait-il cette explosion de bonheur sur le visage de la jeune femme?  Il s'écarta légèrement pour commencer à défaire ses lacets, tout en confirmant qu'il avait besoin d'aide.Reprenant un air plus sérieux, elle acquiesça et tentant d'agir comme une professionnelle et non comme une vierge curieuse et amourachée.

-Lève les bras, je vais y aller le plus doucement possible. Dès que j'aurais enlevé tes bandages, je vais t'aider à aller dans le bain.
 
Pendant qu'elle s'approcha très proche de lui, son regard gris se prit à l'observer, le pirate ne put s'empêcher de faire la remarque qu'elle  avait aussi besoin d'un bain. La jeune femme ne put s'empêcher de sourire et répliqua d'un air taquin:

-Sache que j'ai dû monter toute seule ces maudits seaux! Que veux-tu, les hommes de ce château sont moins gentleman que toi. Voilà le résultat: je pus le putois...As-tu déjà entendu le dicton: ceux qui se ressemblent, s'assemblent? Il semble que c'est notre cas.

Disant cela, elle se pencha pour prendre le bas de la tunique, et d'une délicatesse similaire à une caresse, la jeune femme vint lui enlever. Pendant un brève moment, elle eut le souffle coupé par ses muscles parfaitement sculptés et athlétiques. Essayant de ne pas trop s'y attardé, question de ne pas rendre mal à l'aise son ami,   L'Aasimar alla sur le lit  pour se mettre face à son dos.

-Ça va prendre que quelques instants.
D'une main de fée, elle lui retira les bandages sans lui provoquer la moindre de douleur. Les plaies étaient séchées, une croûte apparaissait. L'eau viendrait les désinfecter, mais risquait aussi de décoller cette première étape de guérison. Les zébrures étaient maintenant assez minimes pour qu'elle le guérisse totalement. Son baisé lui avait donné un surplus d'énergie suffisante pour que son don de guérison fonctionne, la lumière emplissait la pièce, venant réchauffer ses sens. D'un sourire mystérieux, elle se pencha à son oreille et murmura:

-Ne bouge pas Flynn, et surtout, ne parle pas. J'ai besoin d'une concentration parfaite, car je peux te guérir entièrement.  Respire profondément...
Le silence se fit, à son tour, elle respira profondément, la lumière vint pénétrée une nouvelle fois ses veines, son corps s'illumina. Rentrant dans une transe, l'Aasimar oublia tout autour d'elle, la seule réalité était le lien entre les plaies et la lumière. Doucement, elle déposa ses mains et laissa l'énergie circuler dans ses doigts. Progressivement, les milliers cellules créant cette peau balafrée s'activèrent, les plaies se refermèrent, une à une. La jeune femme resta détendue, bien que tous ses muscles  suppliaient d'arrêter, cela demandait beaucoup d'énergie, mais elle tint bon. N'avait-elle pas réussi à sauver la vie d'un homme?  Cela lui paru durée une éternité. Une chaleur presque bouillante enveloppa le dos du pirate, mais la douleur fit place à l'extase. La dernière plaie  se referma, son dos devint indemne et doux.Nora avait réussi, mais elle était à présent épuisée. Lentement, l'Aasimar revint à la réalité,pâle et faible, mais satisfaite. Le dos de Flynn avait retrouvé sa beauté datant. D'un soupir, elle vint coller son front contre sa nuque et chuchota:

-Ça y est...
Nora faillit s'endormir, mais le pirate fit un mouvement dorsale qui l'empêcha de sombrer dans un sommeil réparateur. D'un sourire fatigué, elle recula pour le laisser s'examiner et vint s'appuyer conte le mur adjacent au lit. Les paupières lourdes, elle l'admira, il était si beau...Sa musculature ressemblait à un territoire de sable fort et imprenable, indomptable...Il était guérit,et  bientôt, il n'aurait plus besoin d'elle. Ce fait vint serrer son cœur, mais elle ne lui montra pas sa tristesse, c'était un matin joyeux pour le pirate, elle ne voulait pas l'en priver. Il ignorait sûrement tout ce qu'elle ressentait pour lui, mais n'étant pas de nature égoïste, la jeune femme décida de ne pas lui dévoiler ses sentiments, car cela allait rendre difficile son départ. Il ne devait pas avoir d'attache, afin de retrouver une entière liberté. L'amour était une prison en soi, elle ne voulait pas le prendre dans ce piège, elle l'aimait trop pour cela. Une vapeur parfumée de lavande et de calendulas c'était répandu dans l'air, le bain commençait à refroidir. Son bref repos l'avait un peu revigoré, elle s'approcha à son tour du bord du lit et se leva, cachant sa faiblesse à tenir debout. C'était stupide de sa part, mais Nora voulait montrer qu'elle était une femme forte. D'un doux sourire, elle tendit les bras et s'exclama:

-Viens!
Soutenant son beau regard brumeux, leurs mains entrelacées, elle l'approcha du baril.  Bien que guéris, le pirate était encore faible, ses jambes tremblaient toujours, tout comme celles de Nora, qui essayait de contrôler sa fébrilité.  Sentant son corps se dérober, elle s'éloigna de quelques pas et vint se mettre à genoux sur le côté du bain, feignant d'aller voir la température de l'eau. D'un sourire, elle acquiesça et confirma que l'eau était tiède à souhait. La jeune femme entendit un pantalon glissé au sol, mais elle garda les yeux fixés sur le liquide transparent, si calme et si invitant. C'est alors que Nora vit une jambe  si glissée, puis l'autre, ce qui suivit la fit détourner rapidement les yeux, rougissante. Décidément, elle n'avait pas son pareille pour être prude. Le laissant s'allonger, elle saisit sa trousse médicinale laissée sur une chaise pour en sortir un savon de couleur bleuté, une odeur de cèdre bleu enivra ses narines. Revenant au baril, Nora le tendit au pirate.

-  Il semble que c'est un savon réservé pour les hommes, je l'ai trouvé dans les affaires à mon père, il n'a pas été utilisé. J'adore cette odeur, cela me rappelle la forêt.  J'aurais voulu t'apporter un savon sentant la mer, mais j'en avais pas. Qu'en-dis-tu?

Elle attendit sa réponse en caressant l'eau du bout des doigts, ses yeux verts émeraudes se prit à observer Flynn. Les cheveux mouillés par en arrière lui donnaient une allure d'un véritable pirate, aux traits fins et princiers.  Il semblait heureux et détendu, elle était contente de contribuer à son bonheur. Ses bras musclés étaient allongés de chaque côté, comme s'il se reposait dans un hamac au dessus de la mer. Cette eau lui rappelait sûrement la sensation lointaine d'une agréable baignade dans l'immensité de l'océan. Voulant faire en sorte que cette expérience soit le plus agréable possible, elle reprit son savon et sans autre explication, elle commença doucement à le nettoyer.  La Dignitaire lui avait donné l'ordre de s'en occuper, elle n’accomplissait que son devoir. Ses mains caressèrent sa peau,les bulles et l'eau se chevauchèrent. Arrivé aux épaules, elle nettoya le dos, puis le torse, les bouts de ses cheveux trempèrent légèrement dans l'eau. C'était un contact sensuelle, indescriptible. Sa pudeur disparaissant progressivement, elle continua à le masser, à le laver puis à le rincer. Eleonor n'avait jamais été aussi proche d'un homme qu'à cet instant, si proche, que Flynn devait sentir son parfum et la douceur de sa peau.  Terminant le haut du corps, elle enlaçant ses bras autour de lui et embrassa  sa joue mouillée.Tendrement,  elle demanda:

-Est-ce que quelqu'un a déjà prit soin de toi comme cela?


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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Mar 23 Juin 2015 - 11:50

Ce baiser volé avait eu une saveur particulière, presque indéfinissable, mais totalement agréable. C’était ma façon d’être, et, malheureusement, je ne pouvais pas y changer grand-chose. Et puis, au fond, il aurait été honteux de se priver de ce petit plaisir. Et, à vue d’œil, cela semblait ne pas avoir déplu à l’Aasimar dont le sourire était soudainement radieux. Quelques instants plus tard, j’obéissais à son ordre, levant les bras, non sans grimacer légèrement à cause du tiraillement infligé par mes blessures au dos. La laissant faire tandis qu’elle dénouait les lacets de ma tunique – qu’elle avait elle-même noués d’ailleurs – je ne pus m’empêcher de la taquiner sur le fait que je n’étais plus le seul à devoir prendre un bain. Sa réponse me fit sourire. « Tu as encore quelques efforts à faire pour ressembler à un pirate, ma chère… » J’avais dit cela assez bas, ce n’était pas un murmure, mais presque. Après tout, elle était suffisamment proche pour cela et, d’une certaine manière, cela faisait ressortir la note mutine de ma réponse, pour mon grand plaisir. Une fois les lacets défaits, elle retira ma tunique tandis que je restais immobile. Pour être honnête, j’eus l’impression de faire mon petit effet et ce, malgré les bandages. Je gardais ma remarque pour moi-même, préférant ne pas la gêner. Elle m’avait confié ne jamais avoir connu d’hommes dans sa vie, ce n’était pas quelque chose dont il fallait se moquer, bien au contraire. C’était plutôt agréable à remarquer. Installé sur le lit, à côté d’elle, je la laissais retirer les bandages pour finir intégralement torse-nu. L’avantage d’avoir été fouetté dans le dos, c’était que je n’avais pas à voir les marques des lacérations. Quelque chose me dit que je n’aurais pas aimé voir le résultat de ce que j’avais pu endurer pendant de longues minutes.

Quand elle vint murmurer à mon oreille de rester immobile et silencieux, je faillis protester mais la lumière qui émana de derrière moi suffit à m’arrêter dans mon élan. Que faisait-elle ? Je sentis alors rapidement ses mains se poser sur mon dos et une chaleur m’envahir progressivement depuis elles. Je compris alors sans difficultés qu’elle utilisait apparemment un sortilège de guérison. La douleur s’était faite rapidement plus intense, mais c’était finalement dissipée au fur et à mesure du processus. A priori, il fallait croire que refermer des plaies n’était pas sans douleur. Quelques instants plus tard, la lumière disparu de mon champ de vision et je sentis Nora se coller contre mon dos. Etonnement, je ne sentis aucune douleur là où un tel contact aurait au moins du me faire grincer des dents. A son murmure, je n’avais plus aucun doute sur ce qu’elle venait de faire. « Merci, Nora. » Je m’étais retourné légèrement, pour croiser son regard. Elle semblait fatiguée mais n’en dit rien. Cependant je n’étais pas spécialement dupe. Je passais une main dans mon dos, par curiosité, ne sentant effectivement plus rien. Il fallait croire que je ne porterais aucun stigmate de ces coups de fouet. Avant que j’ai pu finir, l’Aasimar m’attrapa par le bras et m’entraina vers le bac où le bain refroidissait lentement. Sans lutter, je la suivis avant de finir de me déshabiller tandis qu’elle semblait vérifier la température de l’eau. Sans pudeur, je me mis à nu avant de m’approcher de la bassine pour finalement m’y plonger. Beaucoup de femmes m’avaient vu dans le plus simple appareil, et, même si je ne voulais pas choquer Eleonor, je n’allais pas prendre un bas torse-nu. La chaleur de l’eau me fit pousser un long soupir tandis que je me détendais complètement, assis dans l’eau.

Elle sortit un savon qu’elle me tendit. J’étais surpris d’apprendre qu’une telle chose pouvait être réservé pour les hommes. Il fallait dire que, sur un bateau, l’hygiène était parfois à son strict minimum, mais bon. Là n’était pas la question. « Laisse la mer où elle est, ce savon fera parfaitement l’affaire. » J’esquissais un sourire en lui faisant un clin d’œil avant d’entreprendre de me laver par moi-même. Cependant, elle m’arrêta dans mon élan et me subtilisa le fameux savon avant de commencer à me laver. Gêné, je l’observais quelques instants en silence, plus surpris qu’autre chose. « Tu n’es pas obligée, tu sais. » Elle n’avait pas l’air d’être forcée, mais je n’avais pas trop l’habitude qu’on s’occupe de moi ainsi. Cependant, ce n’était pas désagréable, loin de là. Voyant qu’elle ne se laisserait pas convaincre par mes protestations, je décidai d’en profiter, fermant les yeux tandis que ses mains passaient de mes épaules à mon dos. Après quelques minutes, je sentis ses bras m’enlacer et ses lèvres déposer un baiser sur ma joue. J’ouvris les yeux avant de sourire à sa question. « Je dois admettre que non. » Si l’on se référait au bain, c’était un petit mensonge, mais personne n’avait soigné mes blessures ou veillé sur moi des semaines entières, donc, finalement, je ne mentais pas vraiment. Croisant son regard, mon sourire se fit plus taquin, avant que mes bras ne viennent saisir la jeune femme par la taille, profitant de sa position légèrement déséquilibrée pour la faire basculer dans la bassine avec moi. L’eau s’éleva et quelques éclaboussures vinrent parsemer le sol, mais ce n’était que de l’eau savonnée. J’observais l’Aasimar, presque couchée sur moi, à demi plongée dans l’eau, désormais trempée. « Tu avais besoin d’un bain, n’est-ce pas ? »

C’était peut-être mesquin, mais je n’avais pas simplement fait cela pour la mouiller. Mon sourire s’estompa légèrement, redevenant sérieux. « Ne bouge pas. » Ce n’était pas un ordre, mais une requête, tandis que je laissais une main courir doucement sur la base de son cou, glissant vers son épaule, repoussant légèrement sa tunique pour dénuder sa blessure. Celle-ci était cicatrisée et saine. Elle s’était probablement occupé d’elle comme elle l’avait fait avec lui. « Je te dois bien ça. » J’esquissais un nouveau sourire et posais la paume de ma main sur son épaule, recouvrant ainsi la blessure dans son intégralité. Je fermais alors les yeux, faisant appel à ce don que je n’avais jamais cultivé et, il fallait l’admettre, rarement utilisé. Mais il avait sa petite utilité. Il fallut quelques longues secondes, mais, juste après, je rouvris les yeux puis retirait ma main, dévoilant ainsi une peau nette, sans cicatrice, d’une douceur presque visible. « Et voilà, toi aussi tu es comme neuve. » Je l’observais, en souriant légèrement. Ses yeux émeraude fixant mes iris gris, là, à demi-trempée, l’épaule dénudée, une de mes mains posée sur sa taille, sous l’eau tiède. En silence, la main qui était venu la guérir vint se reposer sur l’épaule et, du bout des doigts, glissa sur sa peau remontant vers son cou. Je ne la quittais pas des yeux, peut-être pour guetter une réaction, un indice. Mais là, en cet instant, sans réellement savoir pourquoi, je ne voulais pas qu’elle parte. « Nora… » Ma voix était un murmure, et mes doigts qui glissait sur son cou, descendait légèrement. « Je ne m’arrêterais pas, sauf si tu me stoppes. » Pourtant, j’espérais secrètement qu’elle n’en ferait rien…
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: L'art d'aimer   Mer 24 Juin 2015 - 19:13

Elle se sentais si bien ainsi accotée, sa joue contre la sienne. Un sourire l'éloigna légèrement de son visage, il répondit à sa question:

-Je dois admettre que non.
Il y avait de la franchise dans sa voix, elle en fut heureuse et se sentait privilégiée. Son sourire s'élargit, elle se pencha davantage, chose que la jeune femme ailée n'aurait pas dû faire, car mesquin comme il était, Flynn la saisit par la taille et la fit chavirer dans le baril. Nora poussa un petit cri de surprise et se retrouva dans l'eau, tout trempée, sur lui. L'Aasimar lui lança un regard outré puis ne put s'empêcher de rire quand il se justifia:

-Tu avais besoin de bain, n'est-ce pas?
-Tu n'es qu'un barbare de pirate! Je devrais te balancer par-dessus bord! S'exclama-t-elle en l'éclaboussant. Il sourit, puis reprit son sérieux et lui demanda de ne pas bouger. Immédiatement, elle lui obéit, intriguée par une telle demande. Qu'allait-il faire? Il ne pouvait pas faire pire que de la jeter dans une eau tiède tout habillée, le tissus de sa tunique était flasque et lourd, ce n'était pas très confortable. Heureusement qu'elle avait ses ailes, qui s'étaient rétractées naturellement,créant un coussin confortable dans son dos. C'est alors qu'il caressa doucement la base de son cou, procurant à la belle Aasimar une sensation très agréable, la main de l'Éladrin descendit à son épaule, dévoilant son ancienne blessure mal cicatrisée. Elle comprit et se détendit.

-Je te dois bien ça. 
-Effectivement.Répliqua-t-elle d'un air taquin. Il esquissa un sourire, celui qu'elle aimait tant, puis déposa sa paume sur la cicatrice. Dès qu'il ferma les yeux, elle eut à peine le temps de dire ouf, qu'elle sentit une chaude énergie imprégner son épaule. Étonnée, Nora baissa les yeux et vit que sa peau était comme neuve, elle soupira de soulagement. Elle avait haït cette cicatrice pour des raisons esthétiques, mais aussi parce qu'elle lui rappelait l'attaque sauvage du Gantelet. Par la guérison de Flynn, tout ce souvenir se volatilisa.  Flynn ouvrit les yeux, admira son oeuvre, la jeune femme était maintenant comme neuve, fraîchement disposée à lui, bien sûr, en tout inconscience. Son épaule dénuée démontrait la douceur de sa peau, similaire au satin, et sa tunique trempée dévoilait ses formes, ce qui était fort aguichant. Cependant, Nora ne se rendait pas compte de sa sensualité, mais Flynn caressa le haut de son cou, communiquant son désir. Leurs regards plongèrent l'un dans l'autre, l'Aasimar s'accrochait à une tempête vertigineuse, d'un gris sombre et argentée, tandis que le pirate s'imprégna de l'émeraude chatoyante, rappelant les ruisseaux de l'île d'Etragore. À sa caresse, ses yeux se fermèrent à mi-clôt, elle l'entendit murmurer mon prénom, cela ressemblait à une supplication. Il la voulait, la désirait...maintenant. 

-Je ne m'arrêterais pas, sauf si tu me stoppes. 
-Ne t'arrête pas, jamais...Souffla-t-elle en ouvrant les yeux et en se penchant légèrement vers lui, ses mains caressèrent son torse. Ses lèvres effleurèrent les siennes, elle posséda son souffle, mais n'étant pas suffisamment expérimenter dans l'art de l'amour, elle ne connaissait pas toutes les nuances d'un baiser. Sa connaissance se limitait à poser ses lèvres sur son partenaire. Le souvenir de leur baiser dans la grotte surgit, si langoureux, si excitant...La langue, c'était cela le secret, mais elle n'avait aucune idée comment faire. Soudain, Eleonor se sentit très gênée, sa mère lui avait conseillé de ne jamais faire les premiers pas, elle comprenait pourquoi.  Son baisé ne dura que quelques minutes, elle s'éloigna et avec la plus grande humilité, murmura timidement:

-Montre-moi comment faire...

En fait, cette phrase voulait dire: soit mon maître dans l'art d'aimer. Voilà, elle l'avait choisi, sans regret ni peur, elle l'aimait et le voulait aussi. Cette fois, il n'allait pas la faire douter de sa décision, elle soutint intensément son regard, tout en enlevant sa tunique.  C'était la première fois qu'elle dévoilait son corps à un homme, ses seins étaient ronds et pleins, son ventre ferme et mince, mais ses hanches étaient généreuses à souhait. Son peau immaculée et douce se reflétait dans l'eau, cette aura chaude et lumineuse provenait d'un héritage génétique très lointain. À cet instant, elle était radieuse et divine, sa tignasse d'or retombait en fine boucle sur ses épaules et ses yeux brillaient de milles feux.  Le dévisageant d'un regard fatal, une inspiration soudaine la rendit audacieuse. Se laissant guider par son instinct, Nora embarqua sur lui et l'embrassa à nouveau, mais cette fois, elle osa explorée en profondeur sa bouche. Leur baiser se fit  ardent et passionné. Le cœur battant, elle se dégagea pour reprendre son souffle et brûlante d'un désir indescriptible, Nora souffla à son oreille:

-Oh Flynn...Je te veux tant...

Comme pour lui montrer à quel point elle  le voulait, l'Aasimar prit la main de l'Éladrin et la mit en coupe sur son sein gauche, son cœur battait  à un rythme rapide et mélodieux. C'était une façon silencieuse de lui dire je t'aime, en espérant qu'il comprit son secret, mais peut-être c'était mieux qu'il ne vit cela comme une simple invitation. Doucement, elle fit descendre cette main le long de son corps jusqu'au bas,ce qui la fit gémir...Nora ferma les yeux, savourant cette caresse si intime.  La novice dans l'art d'aimer resserra ses bras autour du cou de son amant et se lova contre ce corps si viril. Elle se consumait...Fiévreuse, elle prit l’initiative de lui procurer une telle sensation  et le caressant doucement, explorant des facettes encore inconnues de l'anatomie masculine...Si étranges et si belles à la fois.  Nora se prit à sourire d'émerveillement et replongea son regard dans les yeux gris, devenus presque noir par le désir. Ce qui suivit la rendit patoise, pour la première fois de son existence, elle connue l'extase d'être uni à quelqu'un, précédé d'une fine douleur...Celle-ci se dissipa, laissant place à un plaisir jouissif. Naturellement, Nora embarqua dans un doux mouvement  de va-et-vient, qui devint de plus en plus ardent, l'eau éclaboussa le plancher, telle une bénédiction.


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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Jeu 25 Juin 2015 - 11:56


Je n’aurais pu dire réellement pourquoi je m’étais laissé aller ainsi, pourquoi j’avais décidé de l’attirer à moi. La scène de la grotte n’était pas si loin et, il fallait l’admettre, je m’y serais laissé tenter si nous n’avions pas été dans une situation aussi délicate. Peut-être était-ce simplement parce qu’elle était une belle jeune femme, comme la Dignitaire me l’avait fait remarquer et que, sa présence à mes côtés depuis plus d’une dizaine de jour, le fait de la côtoyer, sa proximité avec moi, m’avait donné envie d’en avoir plus. Peut-être avais-je simplement besoin de ce contact, besoin de sentir la peau d’une femme sous mes doigts. A vrai dire, je ne savais pas bien où j’en étais, sauf peut-être que je la désirais, elle, maintenant. C’était pour cela que je l’avais faite glissée dans le bac toute habillée, conscient que sa tunique se gorgerait d’eau, espérant secrètement que cela soulignerait ses courbes, révèlerait ses appâts. Je ne m’étais pas trompé, mais, même si je profitais de ce spectacle qui s’offrait à moi, je ne perdais pas de vue une autre raison qui s’était imposée à moi : guérir la blessure qui était la cause de notre présence ici à tous les deux, la blessure sans laquelle je ne l’aurais probablement pas rencontrée. Était-ce une bonne idée ? Effacer cette trace revenait à effacer cette rencontre, non ? Mais après ce qu’elle venait de faire pour moi, je ne pouvais pas ne pas le faire pour elle. Mais une fois la blessure soignée, une fois le sens du devoir accompli s’était dissipé de mon esprit, il ne restait plus qu’elle, presque lovée contre moi, et ce désir sourd, indescriptible, que me poussait à la conquérir, qui me poussait à me saisir d’elle comme on cueille avec douceur une belle fleur dans la rosée du matin.

Je devais la prévenir, l’avertir de ce que j’allais faire, pour qu’elle puisse dire non, s’y opposer. Heureusement, elle n’en fit rien, bien au contraire. Elle s’approcha, posa ses lèvres sur les miennes et je savourais ce tendre échange. Je me souvenais de ses paroles, du fait qu’elle n’avait jamais été aimée par un homme. Je savais que je tenais entre mes mains un joyau brut auquel j’allais apporter la première taille, la plus importante, celle qui déciderait beaucoup de choses dans sa vie. C’était une responsabilité que je prenais avec beaucoup d’humilité, mais pas sans être un minimum conscient de mes compétences en la matière. Tandis que nos lèvres restaient doucement scellées, je laissais une de mes mains caresser son visage avec tendresse. Lorsqu’elle se recula, je sentis sa gêne, ou peut-être plus une pointe de timidité. C’était tout à fait normal, mais cette inexpérience était touchante, délicieuse, attirante. Son murmure me fit sourire. Il n’était pas moqueur, ni taquin, mais réconfortant, encourageant. J’acquiesçais alors silencieusement, avant de poser mes mains sur sa tunique. « Je pense que ceci sera inutile pour la suite. » Un murmure, rien de plus. Nous étions tellement proches qu’il n’était pas nécessaire de parler plus fort. Je la laissais alors se dénuder, à son rythme, sans la forcer, me dévoilant ainsi son corps aux formes délicieuses. La tunique ne la mettait pas en valeur, mais, dans son plus simple appareil, son charme et sa sensualité étaient indéniables. Une fois entièrement débarrassée de son vêtement, Je posai mes mains sur ses hanches et la laissa s’installer au-dessus de moi avant de répondre au baiser qu’elle me donna, beaucoup plus inspiré que le premier, plus langoureux aussi, plus sauvage, ce qui était loin d’être désagréable, loin de là. Lorsqu’elle se redressa à nouveau, j’étais convaincu qu’elle était désormais habitée par le même désir qui brulait au fond de moi.

Son murmure me fit frissonner. Et avant que je n’ai le temps de répondre quoique ce soit, elle saisit l’une de mes mains et la posa sur sa poitrine. C’était un contact plus qu’agréable, sensuel, délicat. Je n’étais pas un novice en la matière et il existait probablement autant de seins que de femmes, mais ceux-ci méritaient entièrement d’être flattés, tendrement caressés, ma main suivant la courbe ferme et ronde sans se lasser. « Laisse ton corps te guider. Il n’y a pas de mode d’emploi tout prêt. Tu dois faire confiance à ton corps. » Un murmure, tranquille, doux, tandis que mon autre main glissait sur ses hanches, sous le niveau de l’eau, créant de légers remous. Alors, quand elle guida ma main de la sienne pour m’intimer à descendre plus bas, je ne résistais pas, mais pris mon temps, caressant chaque parcelle de sa peau qui passait à ma portée, sentant la chaleur de son corps contre ma paume, et puis vint le niveau de l’eau, masquant ma main qui, pourtant, inexorablement, continua sa descente jusqu’à sa destination, intime, sensuelle. Aussi, du bout des doigts, j’éveillai en elle de nouvelles sensations, à moins qu’elle n’y était déjà rompue, sentant son corps vibrer au rythme de mes caresses. Nous avions le temps, tout le temps et, pour être honnête, je voulais qu’elle se souvienne de cette fois-là. Non pas qu’elle pense à moi, mais qu’elle puisse se souvenir du plaisir que l’on pouvait ressentir de cela, de ce que son corps pouvait ressentir et la poussée à continuer à découvrir son corps, à chercher cette extase que je n’avais encore jamais trouvée ailleurs. Trop de jeunes filles vivaient mal leurs premières expériences et passaient ensuite leur vie à craindre les suivantes, sans se douter des merveilles qui glissaient entre leurs doigts.

Sensible à ses gémissements, j’ajustais mes caresses avec les réponses de son corps. Chaque femme était différente et nécessitait une attention particulière. On ne pouvait faire la même chose avec toute, même si, bien entendu, certains « trucs » fonctionnaient presque toujours. Avec surprise, je sentis sa façon de me rendre la pareille et l’encouragea du regard à continuer, même si, de ma main libre, je l’aidais dans son intention, la guidant un peu pour lui montrer mes préférences. Ce petit jeu dura de longs instants. Encore une fois, rien ne pressait. Elle sembla cependant aller plus loin. Posant mes mains sur ses hanches, je la retins quelques instants, croisant son regard. « C’est ta première fois. Je vais essayer d’être le plus doux possible, mais n’hésite pas à me dire si c’est douloureux. » J’avais envie d’elle, mais je n’avais pas envie de la posséder égoïstement, bien au contraire, j’avais envie qu’elle y prenne du plaisir. Une récompense, peut-être, pour s’être occupé de moi. Alors, lentement, je guidais ses hanches de mes mains, unissant nos corps avec lenteur, brisant la légère résistance non sans observer la moindre de ses réactions, prêt à m’arrêter. Nous restâmes ainsi quelques instants, avant que je ne vienne cueillir ses lèvres avec une certaine passion, légèrement retenue, et, alors que nos lèvres restaient unies, masquant un contact langoureux, je laissais mes mains guider ses hanches dans un lent mouvement. Les yeux clos, je sentais les légers remous de l’eau être les seuls témoins de ce qu’ils cachaient. Mais, alors que je sentais la jeune femme vouloir accélérer, je la retins doucement des mains, rouvrant les yeux avant de rompre le baiser.

« Rien ne presse Nora. Ecoute ton corps, ressens ce que je ressens, nos corps parlent pour nous, de nos désirs, de nos envies. » J’esquissais un sourire tendre et fit remonter mes mains le long de son corps, venant caresser son visage, repoussant ses cheveux humides vers l’arrière, admirant ainsi cette ange dans toute sa splendeur. « Tu es la cavalière, tu décides de tout : du rythme, de la façon. Je te laisse seule maîtresse à bord. Le corps d’une femme est difficile à cerner et parfois elle est seule capable de savoir ce qui lui convient, C’est à toi de trouver ce qui te convient. » Après tout, n’avait-elle pas voulu que je lui montre comment faire ? Si elle voulait apprendre, elle devait maitriser son corps, découvrir ces nouvelles sensations et les appréhender. Ressentir les vagues de plaisir qui viennent s’écraser contre la raison, et qui, finissent par la submerger totalement. Nous en étions encore loin, assurément, mais il fallait commencer quelque part. Aussi, tandis qu’elle choisissait son propre rythme, je me contentais de l’accompagner, fidèlement, sans la quitter du regard, mes mains couvrant son corps de caresses car j’avais toujours horreur qu’elles ne soient pas utiles.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Lun 29 Juin 2015 - 21:24

hrp:
 


- Rien ne presse Nora. Écoute ton corps, ressens ce que je ressens, nos corps parlent pour nous, de nos désirs, de nos envies. »

Il avait dit cela d'un murmure, son souffle était légèrement précipité. Nora se rendit compte à quel point il faisait preuve d'un contrôle admirable, pour elle, afin de rendre cette expérience le plus agréable possible. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas connu de femmes? Elle se doutait que ce n'était pas tous les hommes qui auraient eu autant de considération à son égard, surtout dans une telle situation. Écouter son corps....Leurs corps. Comment?  Essayant de cerner ce qu'il voulut dire,  elle s'immobilisa un instant, le dévisageant indécise et incertaine. Flynn repoussa tendrement sa chevelure d'or par en arrière, et l'admira du regard. Il semblait la trouver belle, Nora sourit timidement puis s'abreuva de ses paroles:

« Tu es la cavalière, tu décides de tout : du rythme, de la façon. Je te laisse seule maîtresse à bord. Le corps d’une femme est difficile à cerner et parfois elle est seule capable de savoir ce qui lui convient, C’est à toi de trouver ce qui te convient. » 


Il était encore trop tôt pour savoir ce qui lui convenait, après tout, c'était sa première fois. Cependant, elle comprit que faire l'amour était une question de partage, l’égoïsme procurait un plaisir mutuel insatisfait. Plongeant son regard dans le sien, l'Aasimar l'embrassa à nouveau, très sensuellement, puis, lentement elle recommença son mouvement. D'un sourire, elle savoura toutes les sensations que cet ébat lui procurait, sans perdre de vu la présence de son partenaire, qui la guidait de ses mains. Doucement, elle caressa son torse, sentant sous sa paume les palpitations de son cœur. Il battait à un rythme accéléré, signe que le plaisir le submergeait aussi, son contrôle commençait à faiblir, elle le sentait, et elle voulait qu'il en soit ainsi. Nora voulait s'oublier et lui procurait autant de plaisir qu'elle le faisait à son égard.  Instinctivement, elle explora d'autres formes de mouvement, passant à lent à accéléra, puis à très lent, puis à nouveau la vitesse primait. Son souffle devint très précipité, tout comme celui de Flynn, la jeune femme se lova davantage contre lui, ses seins caressèrent sensuellement son torse, toutes leurs sens étaient en alertes, surtout celui du toucher. Nora continua à varier le rythme, elle voulait le voir devenir sauvage, animal...Elle eut un sourire fatal et l'embrassa passionnément, puis lui mordit légèrement la lèvre inférieur, tout en continuant son va-et-vient, et décida d'y aller plus circulairement....Le jouissance la submergea, dans son extase, elle entendit des gémissements plaintifs, et se rendit compte que cela venait d'elle. C'était de plus en plus ardent, ses joues étaient rouges dû à leur étreinte passionnée, l'eau était maintenant froid, cela la soulageait de sa peau enflammée par la passion. Les mains du pirate se crispèrent, puis ses bras l'entourèrent fortement...Une sensation intense l'envahit, n'en pouvant plus, Nora accéléra le rythme frénétiquement, elle s'accrocha à cette tempête de plus en plus brûlante...

-Flynn...Flynn...Murmura-t-elle suppliante, il fallait que cela arrête, c'était trop bon...Mais cela continuait et s'en comprendre comment, Nora se retrouva submerger dans l'eau, le corps du pirate s'allongea sur elle, il avait prit le relais...Ses jambes entourèrent les hanches de l'Éladrin et ses mains serrèrent fortement son cou. Cette position la rendait totalement soumise aux assauts à la fois sauvage et tendre du pirate, c'était à son tour de varier le rythme et sincèrement, elle aimait mieux cela. Il semblait si sûr de lui  et c'était...c'était délicieux. Leurs yeux se soutinrent jusqu'à la fin, leurs bouches se fusionnèrent jusqu'à l'ultime extase. L'Aasimar détacha ses lèvres des siennes et se cambrant...Le temps s'arrêta durant une fraction de seconde... Tous ses muscles se tendirent d'un coup, une sensation intensément agréable l'envahit entièrement, puis elle se détendit, essoufflée et comblée.D'un sourire ravit, elle sentit les bras de Flynn la serrer fortement contre lui, il gémit à son oreille,mais  avant d'atteindre l'orgasme, il se retira promptement. Nora comprit pourquoi, c'était une façon judicieuse,et très contrôler, de ne pas risquer qu'elle tombe enceinte. Cependant, Nora trouvait cela injuste que le plaisir du pirate ne soit pas assouvit. Avant qu'il ne s'éloigne, elle s'approcha de lui et le caressa intimement, jusqu'à ce qu'il atteigne le paroxysme du plaisir. Amoureusement, Nora l'embrassa, puis l'invita à se reposer contre son sein. Nus et lovés, ils écoutèrent le rythme de leur respiration ralentir progressivement,  Eleonor ne s'était jamais sentie aussi bien.

-Je me sens si heureuse... Soupira-t-elle en caressa les cheveux noirs, aux reflets anthracites de son amant. Elle ferma les yeux et se remémora toutes les sensations ressenties, ce fut une expérience très satisfaisante et inoubliable. Elle avait hâte de revivre cela, mais quand? Le mariage de Gilliam se déroulerait dans deux jours, puis suivrait le procès...Aurait-il une suite à leur relation? Ne voulant pas gâcher ce moment, surtout pas maintenant, elle chasse ses noires pensées de sa tête et tourna son attention vers son bien-aimé, qui semblait reput et comblé. Nora caressa doucement sa joue et demanda:

-As-tu aimé? J'espère que je n'ai pas été maladroite...

Sincèrement, elle était fière de sa performance, surtout pour une première fois, Nora n'avait pas été si mauvaise, bien au contraire, tous deux avaient su se donner un plaisir mutuel et de qualité. Lancinante, son regard se tourna vers la fenêtre, le vent semblait fort au-dehors, l'hivers amenait une fraîcheur glaciale dans la cellule...La cellule. Pendant un instant, ils avaient oublié cette prison de malheur, Flynn avait pu goûter à un état proche de la liberté...Cela avait été si beau et si bon...Malheureusement, la réalité les rattrapait, leurs corps se baignaient dans une eau gelée, les murs étaient  gris et sales et des gardes se trouvaient derrière la porte. Ceux-ci devaient se demander pourquoi elle  prenait autant de temps à sortir. Comme pour confirmer sa pensée, l'un d'eux cogna à la porte et demanda d'un ton inquiet:

-Dame Eleonor? Est-ce que tout va bien?
-Oui! Oui, tout va bien. Je sors dans deux minutes. S'exclama-t-elle à contre cœur, tout en repoussant légèrement le pirate entrain de s'endormir. Ils ne devaient surtout pas la surprendre à flagrant délit de nudité, cela amènerait Flynn directement à la potence et elle serait sévèrement punie. Promptement, Nora se leva et gelée, elle se dépêcha à s'habiller, tout en jetant des coups d’œil nerveux vers la porte. Les gardes pouvaient entrer è tout moment. Oubliant momentanément la présence du pirate, Nora se rendit compte que ses cheveux étaient mouillés, l'Aasimar alla vers sa trousse médicale et y sortit un bandage pour se faire un chignon serrer. Terminant sa coiffure simple et discrète, la jeune femme sortit une coiffe d'hivers de  sa jupe et se la mit sur la tête. Ainsi coiffée, les gardes ne devineraient pas qu'elle venait de faire l'amour avec un prisonnier dans un baril remplit d'eau froide. Elle en rougit de plaisir et sentant un regard l'observer, Nora se tourna vers Flynn. À cet instant, elle le trouva magnifique et très désirable. Ne voulant pas qu'il y ait un malaise entre eux, Eleonor s'approcha et vint lui voler un baiser. Après un moment, elle décolla légèrement ses lèvres des siennes et avoua sans gêne:

-J'ai adoré faire l'amour avec toi et...j'espère  recommencé. Tu t'es révélé être un amant exceptionnel et très attentionné. Dommage que cet idiot a gâché notre moment, car, j'aurais volontiers continuer l'expérience, mais cette fois dans le lit...Peut-être la prochaine fois?

La porte s'ouvrit soudainement, ce qui la fit sursauter vivement vers l'intru. C'était Gilliam, l’œil brillant et le sourire aux lèvres. Tout comme Eleonor avec Flynn, il venait de se gâter avec Laura. Il s'arrêta net en voyant le pirate nu et allonger dans le baril, puis détourna rapidement les yeux vers sa meilleure amie. Il n'était pas venu ici pour se vanter de sa réconciliation passionnelle avec sa fiancée, mais pour lui annoncer que la Dignitaire voulait de toute urgence, la voir. L'Aasimar acquiesça en silence et le suivit, tout en jetant un dernier regard langoureux à Flynn. D'un sourire aguichant, elle murmura:

-À ce soir...


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Tu aurais au moins pu dire "au revoir"...   Mar 30 Juin 2015 - 12:15


Il n’était pas difficile de voir qu’elle semblait un peu perdue, encore incertaine sur la marche à suivre, mais, au fond, c’était naturel. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle puisse comprendre immédiatement ce que j’essayais de lui faire ressentir, mais j’espérais simplement qu’elle n’oublierait pas ces mots. Ainsi, au fur et à mesure de ses futures expériences, elle saurait développer ses ressentis, ses plaisirs et ceux de ses prochains partenaires. Cette idée me laissa, étonnement, un léger goût amer dans la bouche, comme si l’idée de l’imaginer entre d’autres bras que les miens m’insupportait quelque peu. Pourtant, il y avait peu de chance qu’elle puisse trouver qu’un pirate puisse faire un amant idéal. Et, au fond, ce n’était pas la question, pas maintenant. Pourquoi n’aurait-elle pas le droit d’en aimer d’autres ? Nous n’étions là que pour nous abandonner l’un à l’autre, aujourd’hui, maintenant. Sa peau était tellement douce au toucher. Ses cheveux, humides, glissèrent entre mes doigts tandis que je les repoussais vers l’arrière, laissant glisser mes doigts sur sa joue et son cou. J’aurais pu l’observer pendant des heures ainsi dévêtue, mon regard glissant avec aisance sur chacune de ses courbes. L’image fugace de la belle, endormie devant l’âtre d’une cheminée, partiellement revêtue d’une peau de bête comme couverture, les reflets des flammes dansants sur sa peau nacrée et moi l’observant silencieusement, allongé à ses côtés, me passa par l’esprit et je ne pus m’empêcher de sourire pour moi-même. Eleonor m’arracha à mes vives pensées lorsque ses lèvres prirent les miennes avec sensualité, me rappelant au présent et à son corps, qui brûlait de désir sous mes doigts, poursuivants leurs découvertes, conquérant chaque parcelle de l’ange qui passait à leur portée, sans entraver, ni même chercher à guider, les mouvements de la jeune femme qui, comme je le lui avais confié, avait les rênes de la situation.

Au fond de moi, je pouvais sentir le plaisir et ses vagues déferlantes s’écraser sur la digue de ma raison. Je m’étais forcé, jusque-là, à garder un certain contrôle sur moi-même, veillant à ne pas me laisser emporter, à garder la tête froide pour veiller sur Nora et ses sensations à elle. Pourtant, sous les caresses de l’Aasimar, je savais qu’il ne me serait pas aisé de ne pas me laisser emporter. Mais ce n’était pas important, car je savais que, même sous l’emprise d’un désir exacerbé, je plaçais ma partenaire de désir au-dessus de tout. A sa guise, je la laissais varier ses plaisirs, tenter des choses, tout en me contentant d’accompagner ses mouvements, éveillant son corps aux caresses, m’amusant à sentir la peau de son être frissonner sous mes doigts. Alors qu’elle s’abandonna plus librement, les corps créant de larges remous dans la baignoire, je répondis avec passion à son baiser et esquissais un sourire mutin alors qu’elle venait de me mordre la lèvre inférieure. J’appréciais son initiative, signe que, d’une certaine manière, elle se prenait totalement à ce jeu. Je lui rendis la pareille, l’attirant davantage contre moi-même, avant de venir mordiller l’une de ses oreilles en guise de vengeance. Mais, au fil de ses mouvements, je me sentais lâcher prise, le plaisir submergeant petit à petit ma raison. Je fermais alors les yeux, la serrai davantage contre moi, accompagnant ses mouvements pour en amoindrir légèrement les effets durant quelques instants, quelques instants pour me permettre de réfléchir. Sa façon de murmurer mon prénom me fit rouvrir les yeux. Puis, sans crier gare, fort de l’étreinte solide autour de sa taille, je la fis basculer de côté, lui faisant prendre ma place, veillant également à ce qu’elle n’heurte pas le rebord de la bassine. Pendant quelques instants, je l’observais alors en silence, immobile. Ainsi, elle ressemblait à une nymphe des lacs dont certains voyageurs parlaient avec admiration.

Je sentis ses jambes entourer mes hanches et, pour réponse, je me contentais d’un sourire taquin avant de la posséder à nouveau, à mon rythme, non sans m’assurer qu’elle y prenait toujours autant de plaisir que moi. J’avais eu besoin de reprendre la main, pour avoir le contrôle sur mes propres ressentis, pour ne pas m’abandonner complètement, pas aussi vite. Après tout, Nora semblait plutôt douée. Et, alors que les remous de l’eau reprenaient leur danse virevoltante, que nos lèvres s’unissaient à nouveau avec passion, le feu du désir qui dévorait mes entrailles rugissait de plus belle, embrasant chaque parcelle de mon corps, exaltant chacun de mes mouvements, chaque caresse que l’ange pouvait me prodiguer. Plusieurs minutes plus tard, qui semblaient pourtant une éternité, je sentis qu’elle perdit entièrement le contrôle, son corps prenant le pas sur sa raison. Alors qu’elle semblait à nouveau émerger à la surface, après avoir été engloutie par une vague de plaisir, je sentis mon propre corps commencer à vaciller. Conscient des conséquences d’un tel acte, je décidais de rompre notre union et éviter tout risque de provoquer une grossesse non-souhaitée. Je n’avais aucune idée si la période était propice ou non, mais je préférais ne pas prendre le risque. Ni elle, et surtout ni moi, n’avait réellement besoin d’une telle responsabilité pour le moment. Qui plus est, je ne voulais pas lui infliger d’avoir à porter l’enfant d’un pirate, qu’en plus, elle aurait probablement du mal à revoir et, surtout à fréquenter. Alors que j’allais me glisser à ses côtés, je fus surpris de la voir prendre les devants, à nouveau, laissant courir ses mains sur mon intimité, apparemment déterminée à veiller à ma part de plaisir. Loin de moi l’idée de protester, je la laissais faire jusqu’à ce, qu’à mon tour, le plaisir me submerge et noie ma raison pendant quelques instants.

Fébrile, je me lovais contre son corps, où elle m’invitait, et fermait les yeux, cherchant à reprendre mon souffle. J’enlaçais l’Aasimar avec tendresse, tandis qu’elle caressait doucement mes cheveux, une attention que j’avais toujours appréciée, même si je n’allais pas lui avouer. A sa question, je rouvrais les yeux et me redressais un peu, déposant un baiser sur ses lèvres. « Tu n’as pas à t’inquiéter, tu as été sublime. » C’était vrai. Après tout, c’était une première fois pour elle et, bien entendu, ils étaient restés assez simple dans l’exécution, mais cela ne changeait rien au plaisir qu’ils pouvaient ressentir. Mais, alors que les corps s’étaient figés dans une pose lascive, la réalité les frappa à nouveau. A la fois par le fait que la température de la cellule n’était pas la plus agréable, mais également par la présence du garde qui se rappela à eux. Apparemment, cela fit l’effet d’un électrochoc sur la jeune femme qui sortit du bain et se prépara à la hâte, visiblement inquiète de la possibilité que le soldat puisse décider d’ouvrir la porte de lui-même. Un peu somnolent, je me redressais en position assise dans l’eau désormais fraiche, posant mon regard sur elle alors qu’elle se rhabillait, sans aucune pudeur, admirant cette vue qui m’était offerte. Une fois prête, elle s’approcha de nouveau avant de me voler un baiser. J’esquissais un sourire à sa remarque. Pour être honnête, j’aurais bien voulu qu’elle reste là plus longtemps. « Ma cellule t’es toujours ouverte, Nora. » Mais, alors que je finissais ma phrase, la porte s’ouvrit brutalement et un autre garde entra, fixant la jeune femme des yeux avant de s’apercevoir que j’étais dans mon bain. Visiblement l’Aasimar était attendue ailleurs. Je la laissais partir en silence, avant de lui répondre, de simples mouvements de lèvres, afin que les gardes n’entendent pas. « A ce soir. » Était-ce une promesse ou ne faisait-elle allusion qu’au diner ? Les Dieux seuls le savaient.
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