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 Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé

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Eleonor Delorne
L'ange d'or
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Âge : 27
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MessageSujet: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Lun 11 Mai 2015 - 11:09

  Sortant de la Place Marchande, où un parfum d'épices et de pain chaud imprégnait les lieux, ils se dirigèrent vers un endroit nommé La Fleur du Désert,où selon un marchand, les visiteurs pouvaient passés du bon temps. Ce qu'Eleonor et Samael ne savait pas, c'était que cette demeure invitante était un lieu de luxure et de plaisirs, où des jeunes dames accomplissaient les fantasmes de leurs clients.  Eleonor vit seulement des hommes entrer dans ce bâtiment, où des rideaux écarlates tombaient en guise de portes d'entrées, des gardes, costauds et immenses, étaient postés de chaque côté. Incertaine qu'il s'agissait bien d'une auberge, elle se tourna vers Samael et lui confia son doute concernant ce lieu. Samael acquiesça, c'était sans aucun doute une maison de plaisirs. Voyant un passant entré, il l'arrêta et demanda:

-Dit, il y a-t-il une auberge de bonne réputation dans le coin?

L'inconnu le regard surpris puis s'esclaffa de rire. Lui donna une bine affectueuse sur l'épaule, ce qui ne plaisait pas du tout à Samael, il répondit que seule la Fleur de désert accueillait les visiteurs, le reste était des habitations. Il jeta un coup d’œil à Eleonor et complimenta:

-La Fleur de désert est l'endroit idéal pour un beau couple comme le vôtre. Profitez-en, pendant que vous êtes encore jeune Une vieille croûte comme moi ne fait pas long feu et ma femme est en pleine ménopause. Ouin, c'est pas drôle de vieillir, c'est pas drôle! Allez, bonne soirée.
-Bonne soirée...Marmonna Samael exaspéré par le charabia trop détaillé de ce vieil homme infidèle à sa femme ménopausée. Il se retourna vers Eleonor, qui avait les joues en feu après les dires du passant, haussa des épaules, signe que cela lui importait peu d'aller dans ce lieu, en autant qu'elle puisse dormir. D'un soupir résigné, Samael l'aida à débarquer de sa monture et amena Vel aux écuries, Eleonor sur ses pas. Le front soucieux, l'Arc-Ange, qui avait remis sa cape de plumes pour camoufler ses ailes, n'avait pas prévu se retrouver à un tel endroit. Les gémissements des femmes allaient chamboulés ses sens et l'inciter davantage à partager la couche d'Eleonor. Bien que c'était au départ sa volonté, il se sentait soudainement comme un puceau  inexpérimenté, chose qu'il était, et il en eut le trac. Si elle n'aimait pas cela? Sa détermination baissa d'un cran, laissant place à une envie de fuite. Le regard fuyant et la bouche close, il entra en compagnie d'Eleonor. Tous deux furent mal à l'aise de voir autant de  femmes approchées, des beautés exotiques et sensuelles, donnant envie à tous hommes de faire l'amour, même le plus saint des Archanges. Le Célestiel eut le souffle coupé et Eleonor lui jeta un coup d’œil jaloux, se disant que finalement ce n'était pas un endroit pour eux. S'apprêtant à suggérer un départ précipité, une des femmes approcha rapidement et vint encercler le cou de Samael, qui captivé par ce regard d'ébène, n'eut même pas la force de la repousser. D'un sourire étincelant et indifférente au regard assassin d'Eleonor, la prostituée donna un léger baisé sur les lèvres de Samael en murmura:

-Je n'ai jamais rencontré d'homme plus beau que toi. Je suis prête à te charger la moitié du prix pour te faire découvrir des plaisirs digne de tes rêves les plus fous!
-Ah..euh..non, non...marmonna Samael sans grande conviction. Elle sourit davantage, tout en caressant allègrement ses seins contre son torse fort et solide, sans se gêner de bien coller son bassin contre le tien. 

-Non, es-tu sûr, bel étranger? Murmura la belle, à la chevelure noire et au teint basané. D'autres femmes les entourèrent, leurs regards avares dévisageaient Samael à le dévorer , car effectivement, peu d'inconnu égalait la beauté et la virilité de cet homme, digne des Dieux. Eleonor fut effarée de voir  Samael se faire entourer par cette multitude de femmes en chaleur, même certaines lui proposaient leur service gratuitement en échange d'une nuit d'amour avec lui. Le Célestiel sentait davantage son désir monter, surtout pour la beauté enchanteresse accrochée à son cou, qui soutenait intensément son regard. Ensorcelé, il en oublia la chaste Eleonor, qui s'était mit en retrait, blessée et offusquée par son peu de résistance vis-à-vis la gente féminine. Quand la noiraude l'embrassa à nouveau, l'Aasimar sentit son sang faire un tour, et elle s'approcha pour la griffer au visage, mais une main vigoureuse retint son geste. Apeurée et surprise, Eleonor leva les yeux et vit l'un des portiers la dévisager d'un air sévère et ferme. Sans ménagement, il la tira à l'extérieur, indifférent à ses protestations.
-Les clientes féminines ne sont pas admises ici , encore moins celles qui veuillent attaquer nos employées. 
-Mais mon...mon mari est à l'intérieur.
-Et alors? Il semble passer du bon temps, ne le dérangez pas et partez. 

Elle voulut insister, mais le visage de cette armoire à glace  se fit réellement menaçant. Résignée et profondément triste, elle fixa un brève moment l'intérieur de cette maison de débauche. De loin, Eleonor apercevait Samael, dos à elle, entrain de se faire caresser par la prostitué, qui persévérait dans sa séduction pour l'obtenir. L'Aasimar espérait qu'il résisterait à cette garce, mais à sa grande déception, elle le vit la suivre comme un petit chien en rut. Les larmes coulèrent sur sa joue. « Quelle pervers!» Pensa-t-elle. Ce fut la dernière pensée qu'elle eut pour Samael, elle décida de continuer sa route sans lui. Il était pitoyable, lâche, rustre et indigne d'être un Archange.  Sans un regard, elle prit la bride de Vel et parti se trouver un endroit où dormir. Perdu dans des pensées nostalgiques, Eleonor ne remarqua pas une silhouette se glisser derrière elle, une main se plaqua sur son visage,  la forçant à respirer une lingette imbibée d'une odeur familière. «Laudanum» Pensa-t-elle,et sûrement en grande quantité, car elle sentit l’inconscience la gagner. La seule chose qu'Eleonor entendit avant de sombrer dans les ténèbres, ce fut une voix sinistre murmurant à son oreille: «Nos frères de la Guilde seront vengés, petite garce.».


Ce qui la réveilla fut le choc de tomber dans un liquide glaciale. Ouvrant les yeux, elle se rendit compte qu'elle était entrain de couler à pic dans le fond d'une mer agitée par de grosses vagues. «Nom de Dieux!» Se dit-elle paniquée. Eleonor avait les mains liées et une gros roche,enchaînée à ses pieds, l'amenait vers le fond. L'Aasimar avait qu'un minimum de trois minutes pour s'en sortir, sinon c'était la noyade assurée. Comme un serpent des mers, elle se tortilla pour atteindre la surface, sans succès. Les lèvres bleus et le souffle court,elle manqua de perdre courage, se disant que c'était sûrement mieux ainsi, la vie n'amenait que des déceptions et de la peine. Or, s'apprêtant à se laisser mourir,elle vit en haut d'elle des pattes blanches nageant désespéramment pour ne pas se noyer. Azur! Son louveteau. Les assassins l'avaient jeté par-dessus bord,comme elle. Monstres d'imbéciles, un loup pouvait toujours servir, mais au moins, il était encore vivant, pour le moment. Retrouvant son courage, elle opta pour une autre méthode de remonter, ses ailes. D'un mouvement, Eleonor les délia et tel un oiseau aquatique, elle réussit à remonter in extremis à la surface. La roche était lourde, elle avait très peu de temps. Comment défaire ses liens? Se rendant compte qu'elle avait toujours ses armes, la jeune femme réussi à libérer l'une des dagues étoilées, et coupa la corde qui tenait immobile son autre main. Ensuite, Eleonor  ramena la roche vers son ventre et à l'aide de sa dague, elle essaya de briser la serrure du cadenas retenant ses pieds prisonniers. Soudain, la jeune femme sentit une petite boule paniquée se coller contre sa poitrine et des griffes vinrent légèrement écorcher sa peau. Par instinct de survie, Azur l'avait rejoint  et réclamait qu'elle le prenne dans ses bras.     «Bientôt, petit amour.» Souffla-t-elle épuisée par l'effort à se maintenir hors de l'eau. Enfin, elle entendit un Click subtile et le cadenas se défit. Euphorique, Eleonor vit la roche couler au fond des abysses, sans elle. Il ne restait plus qu'à atteindre le rivage. Faible, mais déterminée, Eleonor nagea, puis s'apercevant que les vagues allaient dans la même direction qu'elle, elle opta pour se laisser flotter jusqu'à la terre ferme, son louveteau dans ses bras. Rendu sur le sable chaud, Eleonor sentit l'adrénaline descendre d'un coup, et sur le choc d'avoir échapper à une mort certaine, elle se mit à pleurer comme un bébé, puis s'évanouie d'épuisement.



Eleonor, l'Ange d'Or
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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Mar 12 Mai 2015 - 20:44

Le lendemain, dès l'aube, Musashi se levait. Très sale et décoiffé, l'image de l'homme n'était pas très attrayante. Depuis autant d'années de solitude, il était devenu ermite et n'avait parlé à personne excepté son faucon (qui n'était pas très bavard d'ailleurs) depuis si longtemps. Après quelques étirements qui semblaient douloureux mais ô combien soulageant, il remit ses vêtements, qui avaient certainement connus de meilleurs jours, pris un vieux ruban de tissus, ramena ses cheveux derrière sa tête et les noua si serrés que la tension se faisait sentir jusque dans ses sourcils. En prévision de son entrainement matinal, Musashi empoigna ses sabres, les glissa dans sa ceinture et se rendit sur la plage. En passant le pas de sa porte, il vit sur la berge, pile là où le sable et la mer se rencontrent, une silhouette. Des cheveux, de la même couleur dorée que le sable, s'étalaient encore mouillés, sur la plage. Des ailes détrempées accompagnaient le corps de la forme qui semblait dramatique avec la luminosité apportée par l'instant de la journée.

-Un aasimar, se dit le pêcheur pour lui même.

Musashi s'élança vers la berge, décider à satisfaire sa curiosité. Si c'était un cadavre, il l'enterrerait. Si c'était un être vivant, il en prendrait soin. Ce n'était pas dans sa nature de laisser les gens pour compte, mais cela faisait si longtemps. L'idée de ne pas savoir proprement communiquer passa par son esprit.

Quand l'homme fut plus près du corps, il constata que l'aasimar était en vie et qu'elle portait avec elle un louveteau. Heureusement, elle était en vie, mais pas consciente. Ayant peu de moyen de la soigner, Musashi si dit qu'il serait peut-être mieux de l'emmener en ville, mais en examinant l'aasimar, il se rendit compte qu'elle n'avait pas besoin de soins particuliers, seulement de se réchauffer et de se reposer. Il entreprit donc de soulever le corps et de l'emmener jusque chez lui et de le poser sur son lit, tout à fait rudimentaire, pour qu'elle puisse se reposer. Le louveteau tenta d'offrir une résistance, mais après mure réflexion, ne vit aucun mal en Musashi.

-Mon entrainement devra attendre je suppose, pensa l'homme.

Il posa donc sa nouvelle découverte sur sa couche et fit du feu, pour que la maisonnette de pierre puisse se réchauffer plus vite. Il donna quelques morceaux de poisson cru au louveteau qui semblait déjà l'apprécier. Peu après le lever du soleil, Musashi était toujours au côté de la naufragée aux cheveux dorés. Par ailleurs, son ventre se mit vite à crier; Il avait faim. Il ne voulait laisser l'inconnue seule, mais savait qu'il devait aller prendre du poisson pour assurer sa survie et celle de l'aasimar.

Le pêcheur sortit de chez lui, empoigna une perche de bois souple munie d'un anneau à son embout reposant sur la côté de sa maisonnette, prit un coffre et s'éloigna un peu plus vers le sud, là où un rocher s'avançait dans une petite baie. Son esprit était très occupé par l'idée de laisser une inconnue chez lui, mais s'efforça tout de même de pêcher et de ramener quelques prises. Une fois la chose faite, il retourna chez lui et vit que l'aasimar n'avait pas bougée. Il décapita et éviscéra ses poissons, les mis sur une plaque sur le feu qui avait déjà rapetissé beaucoup. Il raviva le feu, même si il faisait déjà jour et plutôt chaud; Il devait cuire sa nourriture. Par la suite, il entreprit de se rassasier et garda un peu de ses prises pour l'inconnue qui avait déjà reprit des couleurs, mais qui restait inconsciente. Il prit soin d'elle toute la journée et, le soir venu, raviva le feu et décida d'aller au lit. Problème, l'aasimar y était. Il dut se résoudre à dormir sur le plancher avec le louveteau. Il couvrit le corps de la naufragée d'une couverture et dormit près du feu, avec ses vêtements, pour ne pas avoir froid. Le louveteau était, pour sa part, près de ce que Musashi croyait être sa maîtresse.

Le lendemain matin, à l'aube, l'inconnue bougeait. Signe qu'elle dormait et qu'elle n'était plus inconsciente. «Bonne nouvelle» pensa Musashi. Cette fois, il n'interrompit pas son entrainement. Il répéta sa routine matinale et sortit pour se consacrer à l'art du sabre. Sa séquence était fixe et définie. Ses coups volaient et son corps bougeait avec souplesse et puissance. Ses pas étaient fluides et agiles, ses mouvements, droits paraissaient vouloir pourfendre l'imaginaire de quiconque regardait. Il était si concentré qu'il ne vit pas que l'aasimar se tenait debout sur le pas de sa porte et le fixait.


Quand la séquence de l'homme fut terminée et que le soleil fut levé, Musashi retourna en direction de sa maisonnette. Il fut surpris de voir la rescapée debout plus vivante qu'elle ne l'était auparavant. Se rendant maintenant compte de sa piètre apparence, il tenta de défroisser ses vêtements et d'enlever le sable qui s'y trouvait, en vain. Quand il fut lui même sur le pas de sa porte, il se présenta à l'inconnue.

-Bonjour, je m'appelle Musashi, dit-il simplement en s'inclinant devant celle qu'il considérait maintenant comme son invitée.

Sans attendre de réponse, il déclara:

-Je vous ai trouvé sur la berge, un peu plus loin. Aussi ai-je pris sur moi de vous prendre et de vous emmener chez moi. j'ai nourri votre louveteau et en ai gardé un peu pour vous aussi. Entrons, vous devez être affamée.

Les deux pénétrèrent dans l'enceinte de la maisonnette. L'aasimar se présenta elle aussi et lui raconta toute l'histoire de sa soirée de l'avant veille, en s'efforçant d'avaler ce que Musashi lui avait préparé. Le pêcheur, bien éloigné des affaires de ce monde n'y compris presque rien, mais l'homme n'était pas grand chose et l'Eleonor l'inspirait. Il se proposa de l'aider, même si elle n'avait mentionné aucun besoin d'aide. Il n'avait rien à perdre; Sa vie en était une de regret et il n'en voulait plus. Autant qu'elle serve. Musashi avait servit un seigneur dans son ancienne vie et ne désirait que se rendre utile dans celle-ci. Tout ce qu'il restait, c'était qu'Eleonor lui révèle sa quête...
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Poissons et conversation   Mer 13 Mai 2015 - 13:27

Pour la deuxième fois de sa vie, l'esprit d'Eleonor quitta son corps. Elle vola au-dessus de l'océan, des dunes, des forêts. Tout ce déroulait à la fois lentement et très rapidement, le temps n'existait plus, ni la douleur, seulement le lien entre elle et l'univers. Eleonor planait comme un oiseau transparent, le désert défilait, ainsi que la mer des Larmes, puis une jungle hostile, des terres ravagées par la guerre, le sang coulait. Des Orcs tuaient des nomades et à la tête de l'armée des Dissidents, Garkach. Eleonor fut terrifié de le voir là, se battre comme un tigre, si réel, si féroce. Bon sang, que se passait-il? Où était-elle? Son âme en fut bouleversée, quand soudain, une force impérieuse la tira par en arrière. Si elle avait eu des poumons, elle en aurait eu le souffle coupé et la nausée. Tout se mit à défiler sous ses yeux,à la vitesse lumière, les paysages devinrent des ombres, l’atmosphère changea. Elle se retrouva dans une pièce chaleureuse, décorée de tissus de soie, de tableaux érotiques et de plantes exotiques. Elle reconnut l'atmosphère luxuriante de la Fleur du Désert. Des gémissements et des grognements se fit entendre à sa gauche, Eleonor tourna lentement les yeux et fut terriblement mal à l’aise de voir deux corps fusionnés pour en faire qu'un. L'homme, recouvert d'ailes noires, était totalement nue, tout comme la femme à la peau basanée et aux cheveux d'ébène recouvrant l'oreiller. Ils  mouvaient telle une danse sensuelle et passionnante, la sueur perlait sur leurs peaux, si contrastantes l'une que l'autre; ils grognaient comme des bêtes affamées. Effarée, elle reconnut Samael, son beau visage crispé par le plaisir, ses muscles parfaitement dessinée, tendue et serrant fortement contre lui la prostitué, trop magnifique pour une humaine. Au bord de l'orgasme, le visage de la femme, si beau et si fin, se transforma en un monstre démoniaque. « Une succube!» Pensa Eleonor qui voulut se précipiter vers Samael pour le sauver d'un sort funeste. La seule chose qu'elle put faire c'était de hurler pour l'avertir, or son cri parvint aux oreilles de l'Arc-Ange. Au bord de l'extase,il s'arrêta net et se tourna vers elle, le visage livide. Au même moment, la succube l'empoigna fortement et montra ses crocs, il cria et se débattit. Ce fut tout ce qu'Eleonor vit, la force inexplicable la ramena brusquement dans son corps, tremblante de sueur et  agitée.




L'Aasimar se réveilla à grande bouchée d'air, paniquée par son rêve et aussi de ne pas savoir où elle était. Précipitamment, elle regarda autour. Une cabane modeste, décorée de filets de pêcheur, plusieurs bouteilles d'alcool recouvrait la table. Son lit était dure, mais c'était mieux que rien. Reprenant ses esprits, elle se calma. C'était certain qu'Eleonor se trouvait dans une maison de pêcheur, peut-être d'un alcoolique,mais tout de même paisible. Un forte odeur d'alcool et de poisson confirmait son hypothèse. Combien de temps se trouvait-elle là? Qui était l'inconnu qui l'avait amené ici? Sûrement quelqu'un de bien, il lui avait laissé son lit. Tant bien que mal, elle se leva, continuant à visiter le gîte de son hôte, essayant de ne pas passer à son rêve terrifiant, mais sûrement vrai. Elle espérait que Samael avait survécu à ce piège, mais pour dire la vérité, elle essayait d'en être indifférente. C'était à lui de ne pas succomber à la tentation et à ne pas se mettre dans ce pétrin fatale. L'image de son corps nu, se mouvant si sensuellement, la fit frisonner. Elle aurait aimé être à la place de cette horrible succube, mais morose, Eleonor se secoua la tête, se promettant ne plus penser à Samael, ou s'inquiéter pour lui. Il était soit mort, soit retourner d'où il venait, et elle ne comptait pas le revoir, ni l'aimer. D'un soupir, elle eut de la misère à assumer ce rejet de sentiments, mais le temps guérirait son cœur, un deuil restait à vivre. Une petite boule blanche vint gémir prêt d'elle et lui lécha la main. Voyant Azure, elle eut les larmes aux yeux et le serra très fort dans ses bras.

«Oh, mon petit loup, je suis si contente de te voir! Merci Phélemée, tu es en vie! Ah, j'ai eu si peur, je t'aime tant.»


En guise de réponse, il secoua la queue et lui lécha l'ensemble de son visage d'une façon frénétique, tout en jappa de joie. Elle s'esclaffa et lui caressa la tête, puis s'arrêta, se souvenant de la parole de l'Assassin et de sa chute presque fatale dans l'océan. Alors, la Guilde l'avait retrouvé et avait presque réussi à s'en débarrasser. Ils la considéraient sûrement comme morte, tant mieux, un ennemi de moins à ses trousses. Il ne restait que le Gantelet, mais pour l'instant, c'était le moindre de ses soucis, ici, dans cette maisonnette, elle était en sécurité et introuvable. C'est alors qu'elle entendit au-dehors un bruit de sabre fouetter l'air. Intrigué, elle s'approcha du seuil de la porte et vit un homme entrain de pratiquer un art martial très gracieux et fluide. Fascinée, elle l'observa ce mouvoir comme une  gracieuse panthère, sa technique était parfaite, redoutable. Détachant ses yeux de son kata, elle prit un moment pour observer sa physionomie. À la lumière du coucher du soleil, il ressemblait à un légendaire guerrière du désert. Ses cheveux noirs, très serré en haut de sa tête, lui donnait une allure noble, mis à part, sa barbe cachant la moitié de ses traits, qui d'ailleurs, étaient beaux, et biens dessinés. Ses vêtements craceux et abîmés devaient autrefois être délicats et jolies. Perplexe, elle s'attarda à son habillement, en se demandant: « Comment un homme si discipliné peut être aussi sale?». À en juger aux bouteilles d'alcool empilées sur sa table et à son accoutrement, l'inconnu devait être sans cesse en contradiction avec ses valeurs fondamentales, et avoir vécu de dures épreuves. Enfin, il cessa son entrainement, et ses yeux sombres et profonds se tournèrent vers elle.


Il se présenta sous le prénom de Musashi en s'inclina respectueusement devant elle. Eleonor rougit légèrement, se sentant comme une invitée privilégiée. L'énergie de cet homme était zen, plus blanche que grise, elle se sentit en confiance. Puis sans lui laisser le temps de se présenter, Musashi expliqua où il l'avait trouvé, qu'il avait nourrit son louveteau et prit soin d'elle. Par la suite, le pêcheur lui avait réservé à manger, ce qui rappela à la jeune femme qu'elle était affamée. Mushashi l'invita à entrer pour partager un repas frugale, elle le suivit sans rouspéter. Tout en dégustant du poisson fraîchement pêché, l'Aasimar se présenta:

- Je m'appelle Eleonor. Merci de m'avoir accueillit chez vous et d'avoir prit soin de nous, c'est très généreux de votre part. Ce que j'ai vécu hier a bien faillit me tuer.

 
Sentant que le pêcheur guerrier avait besoin de plus d'explications, elle raconta le mieux qu'elle pu son arrivé à Varak, l’envoûtement de Samael par la prostituée, sans préciser qu'ils étaient en fait un Archange et une probable succube sanguinaire,  et l'assassinat manqué de la Guilde. Son bienfaiteur l'avait écouter avec attention, et bien que son regard semblait confus, il lui proposa son aide. Eleonor réfléchit à son offre, se sentant mal à l'aise, car il l'avait déjà beaucoup aidé. Croquant dans une mie de pain au fromage, et reprenant du poisson, elle répondit:


-Eh bien, vous en avez fait tellement pour moi, je ne voudrais pas abuser. J'ignore qui vous êtes, mais votre vie semble tranquille, sans danger. Je tiens à me rendre à Quiétude, pour connaitre une telle existence paisible.  Néanmoins, il est vrai que depuis mon premier voyage, j'ai connu milles dangers et j'ai faillit mourir presque à chaque fois que j'allais à quelque part, mais j'ai survécu, grâce à des protecteurs et amis qui ont croisé ma route. Sans eux, je serais sûrement morte et enterrée.

Eleonor prit un moment de silence, repensant à ses amis, surtout à Flynn. Le coeur serré, elle se rendit compte qu'il lui manquait plus qu'elle n'osait se l'avouer. Se pourrait-il qu'elle soit tombée amoureuse de lui pendant leur voyage commun? Sûrement, après tout, elle s'était sentit plus proche de lui qu'avec Samael. Où ce beau et hors-la-loi pirate se trouvait-il en ce moment? Elle l'ignorait, mais elle espérait qu'il ne se balançait pas au bout d'une corde. Revenant à la réalité, elle croisa les yeux sombres du Musashi qui attendait patiemment la suite de sa réponse. Quel âge pouvait-il bien avoir? Il semblait jeune et vieux à la fois. Elle se promit de lui demander plus tard. D'un sourire, Eleonor en conclut:

- Alors, oui, si vous tenez à m'accompagner,  revoir le monde et vivre, et bien rien de vous en empêche. J'ai appris que mieux valait voyager à deux, que seul, mais tout de même, prenez le temps d'y réfléchir, car si vous venez avec moi, vous allez devoir laisser tout ça. Votre maisonnette, votre poisson...Sans être indiscrète, comment un pêcheur a apprit à se battre aussi bien? C'est  fascinant!


Eleonor, l'Ange d'Or
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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Jeu 14 Mai 2015 - 22:21

Musashi prit un air plus grave. «Mon histoire est longue et lointaine. Avant d'être un pauvre pêcheur crasseux, j'étais au service d'un grand seigneur de Hokusai. Il avait fait de moi l'un de ses hommes et m'avait entrainé. J'ai ainsi appris à maîtriser ma lame comme mon esprit. Bien vite, j'ai pris de l'expérience et du talent. Voyant que je fleurissait comme un lotus, mon seigneur m'a envoyé ici, pour voir comment votre société fonctionnait afin que nous puissions parfaire la notre.»

Musashi prit une respiration profonde.

«Après quelques années de vagabondage, je reçu un faucon avec une lettre disant de ne plus me représenter à Hokusai car mon seigneur avait été détrôné et exécuté. Je m'y suis résigné et je me contentai de survivre de ce que je connaissais: la pêche. Pas question de vendre mon sabre à quelconque riche. J'avais un seigneur honorable et je me refusais de servir quelqu'un que je ne jugerais pas juste et droit. Il me suffisait de retrouver un seigneur à servir, mais la honte de ne pas avoir su protéger le mien m'affectait beaucoup. J'ai sombré dans la solitude et les méandres de mon esprit.»

L'atmosphère s'était beaucoup alourdie et, ayant écouté attentivement le discours du guerrier déchu, Eleonor fut prise d'une vague d'empathie. Quand à lui, Musashi avait faibli, son esprit avait été brisé par ces blessures non cicatrisées. Il y a un temps, il avait encore de la dignité et des relations, mais tout s'était envolé. Il se sentait au centre d'une plaine brumeuse d'où l'on ne pouvait rien voir d'autre que des frontières grises. Ses années de combat spirituel contre lui même l'avaient amenées à un entrainement physique rigoureux, mais à une limitation spirituelle. Musashi avait de la difficulté à penser par lui même. C'était un exécutant et il avait besoin que quelqu'un l'aide. Il ne pourrait sortir du brouillard qu'en suivant Eleonor. Hors, cette aasimar venait d'entrer dans sa vie. Bien que facile d'attachement vu sa condition, Musashi était encore dubitatif au sujet de la nouvelle venue. «Puis-je réellement refaire ma vie en suivant une inconnue?» pensa t'il. Est-ce que l'aasimar était droite et honorable? Sa perception lui disait oui, mais Musashi craignait que celle-ci se soit émoussée par les années. Il n'y avait qu'un moyen de le savoir; il devait approfondir sa connaissance d'Eleonor.

Il dit simplement: «Qui êtes vous?» en la regardant fixement dans les yeux.
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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Jeu 14 Mai 2015 - 23:30

Hokusai? Eleonor se demandait qu'est-ce que c'était que cette région étrangère. Elle l'avait écouté avec attention, hochant de la tête, compatissant avec sa destiné, un point dramatique. Au moins, il avait un faucon, c'était déjà cela. Elle savait à quel point un animal de compagnie pouvait faire que la solitude soit moins pesante et plus attrayante.  Surtout pour cet homme malheureux, fuyant la réalité, la vie. L'explication de son passé était longue, mais touchante. Elle eut une sourire empathique et spontanément, elle vint mettre sa main sur la sienne en disant:

- Vous vous êtes sûrement senti très seul depuis, n'est-ce pas? Cependant, vous ne devez pas avoir honte de votre passé, ni de la mort de votre Seigneur. Après tout, ce n'était pas de vôtre faute, vous étiez loin. Ne prenez pas ça sur vos épaules, Musashi. 



Son regard d'émeraude dévisagea le pêcheur, qui derrière cette barbe hirsute et son teint crasseux, devait autrefois,être beau et attirant. Elle aimait s'imaginer à quoi ressemblait les gens  à leur meilleur,au-delà du malheur ou de la tristesse. L'apparence était vaine comparée à la beauté du cœur, et malgré ses démons qui le tiraillaient, Musashi était pourvu d'un bon cœur, elle le sentait.  Se souvenant de ses propre souvenirs, ainsi que de ses choix, elle continua tout en détournant ses yeux du regard sombre qui buvait ses paroles:

-Moi aussi, j'ai fait souvent des choix regrettables, mais par après, je me suis rendu compte que c'était pour le mieux, ces choix nous conduisent où nous devons aller. Je crois que c'est la destinée qui nous dictent quoi choisir, elle est notre maîtresse à tous, nous ne pouvons y déroger. Votre Seigneur est mort pour une raison, peut-être qu'un jour vous allez la comprendre, peut-être aussi que cela ne vous concerne pas, mais une chose est certaine, ce n'est pas un hasard que vous m'avez trouver sur cette plage. C'est notre destinée.
Elle avait soufflé sa dernière phrase comme un murmure digne d'une brise  à l'oreille. Oui, la destiné, sinon, pourquoi aurait-elle survécu à cet assassinat? Elle se trouvait face à un homme en perdition, qui avait besoin qu'on le ramène à la lumière, qu'on lui réapprenne à vivre. Tout son être, bien que calme, dégageait le regret, la tristesse et la culpabilité. Inspirée, Eleonor était convaincue que Phélemée avait eu son rôle à jouer dans cette rencontre. Les yeux étincelants, la jeune femme hocha de la tête avec conviction, tout en continuant à caresser son louveteau endormit. Continuant à le dévisager avec cette bonté qui était propre à elle, l'Aasimar s'exclama:

-Musashi, je suis persuadée que nous faisons parti d'un plan divin et inexplicable.Je vous suis très redevable. Tantôt, vous vouliez me suivre,m'aider, mais je crois, que nous allons nous aider mutuellement. Je tiens à vivre ce voyage avec vous, apprendre de vous, comme vous allez apprendre de moi aussi. Vous êtes un pêcheur-guerrier, moi, une guérisseuse et...Oh non!


Sa trousse médicinale, où était-elle? Son cœur se mit à battre la chamade, elle se leva  et se mit à chercher frénétiquement dans les couvertures humides du lit. Rien, absolument rien. Le visage angoissé, Eleonor se tourna vivement vers le pêcheur et expliqua:

-L'assassin, pour une raison inexplicable, m'a laissé mes armes, mais il a dérobé ma trousse médicinale et tout...Tout ce que j'avais! Oh, non, non,non...Vel!


Vel, son étalon, comment avait-elle pu l'oublier. Crispant ses mains, elle arpenta de long en large la pièce, décrivant l'apparence de son cheval, un magnifique étalon noir fidèle et courageux, ainsi qu'énumérant son inventaire entier de robes, de bijoux et de vêtements. Pourquoi lui disait-elle tout cela? Cela la stressait plus qu'autre chose et ne ramènerait pas ses effets personnels et sa monture. Eleonor devait absolument se rendre en ville pour retrouver ce qu'on lui avait voler, mais à quoi bon?Comme Samael, Vel devait être mort ou très loin et ses biens dispersés à travers le continent. Tout c'était volatiliser en si peu de temps, elle n'avait même d'argent ni de ressource pour continuer son voyage, aller à Quiétude ou même, retourner chez elle. Ces malfrats étaient si injustes, mais après tout, une morte n'avait plus besoin de quoique soit, mais voilà, elle-n'était-pas-morte. Soudain, Eleonor sentit un immense frisson la parcourir, et avant de voir le sol se dérober sous ses pieds, elle bafouilla:

-Oh...Musashi...Je vais m'évanouir...
Sans autre mot, elle sombra dans des ténèbres opaques, sans fin. Les jours qui suivirent, Eleonor fut hantée de cauchemar et de souvenirs funestes. Elle fut parcouru d'une forte fièvre, qui la fit délirer. Elle s'accrochait à des visages, à celui de ses parents, ses amis, ses amours...Jamais elle n'avait été aussi malade, sûrement le froid de la mer en était la cause. Quand cela allait-il finir? La mort allait-elle venir enfin la délivrer?


Eleonor, l'Ange d'Or
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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Ven 15 Mai 2015 - 1:05

Galère. Le pêcheur n'était pas préparé à ce genre de situation. Après toutes ses années c'est lui qui aurait pu tomber malade et il se rendait maintenant compte qu'il n'était pas du tout préparé à ce genre de situation. Que faire? Musashi ne montait qu'à la ville pour acheter de la boisson. Il ne connaissait rien d'autre du monde extérieur. Aussi, il n'avait pas d'argent et visiblement Eleonor non plus. Musashi devrait faire un sacrifice, vendre ses services pour toucher une somme d'argent. «Il est à supposer que c'est le premier pas vers une vie meilleure» se dit Musashi pour lui même. Sans plus attendre, il reprit ses sabres, regarda la malade pour une dernière fois et s'approcha d'Eleonor pour observer les moindres détails de l'aasimar. Elle avait le visage crispé, comme si elle souffrait intensément, son front était brûlant mais son corps: glacé. Il devait agir vite. Il se retourna, la confia au louveteau dont il avait déjà oublié le nom. Sa mémoire défaillait à cause de ses années d'ermite. Il ne faillirait plus. C'est alors que Musashi parti pour la grande ville de Varak, le feu au cœur et une pierre à la tête.

Quelques heures plus tard, Musashi avait marché avec l'énergie d'un millier d'hommes et arrivait enfin aux portes de Varak. Alors qu'il entrait dans la grande ville, un homme riche remarqua immédiatement ses sabres et s'enfuit en courant. «Étrange personnage» se dit Musashi l'air perplexe. Il n'avait pourtant pas oublié sa mission et se devait de trouver un homme à qui il pourrait vendre ses services de guerrier. Musashi savait pertinemment que faire une chose de la sorte engendrerait un meurtre et cela le tracassait beaucoup. Voilà fort longtemps qu'il n'avait pas tué et avait toujours tué des ennemis de son seigneur. La chose était maintenant toute autre. Tuer un inconnu pour de l'argent n'était pas très moral, mais Musashi devait se débrouiller avec ce qu'il connaissait: l'escrime.

Allant de marchand en marchand et de bourgeois en bourgeois, Musashi ne trouvait personne qui voulait de ses services. Varak ne semblait pas être une ville à batailles physiques, mais bien une ville de batailles économiques. L'homme ne connaissait rien à rien dans ce domaine. Il faudrait trouver une solution parce qu'il savait une chose, c'est que les médicaments s'achetaient avec de l'argent.

Après une bonne heure de recherche, l'homme étrange de tout à l'heure fit face à Musashi «Les sabres que vous portez me semblent peu communs»
Intrigué, Musashi répondit:
-Ils ne sont pas d'ici, ils viennent de l'Est. Que leur voulez-vous?
-Un homme qui porte ouvertement des sabres est un guerrier. Hors vous semblez être une guerrier pauvre, je me trompe?
-Je porte ses sabres parce que je suis guerrier, mais je n'arbore que de vieilles guenilles, vous ne vous trompez pas.
-Alors j'ai une proposition à vous faire... Il y a de l'argent au bout de la ligne, mais je ne peux pas vous en parler. Vous mettrez vos talents de guerriers à l'épreuve. Vous n'avez qu'à me suivre.

L'offre était alléchante, mais l'homme ne semblait pas digne de confiance. Ce qui était indéniable, c'est que Musashi pourrait faire de l'argent avec ses talents d'escrimeurs. Il entreprit donc de suivre l'homme hors de la ville. Tout au long de la route, il avait la main droite sur la hampe de son sabre, prêt à dégainer au moindre faux pas. Après environ une heure et demie de marche et de discussion peu passionnante avec le riche, il se retourna et dit à Musashi, comme si c'était naturel: «Vous devrez combattre pour moi dans une arène» L'air hébété, le guerrier détourna les yeux vers ce que ressemblait effectivement à une arène. «Pour chaque combat que vous emporterez, je vous donnerai un Dun'or» répétait le riche. Toujours perplexe, Musashi comprit qu'il s'agissait là de la monnaie du pays. Ignare d'économie qu'il était, risquer sa vie pour une pièce d'or lui semblait une idée tout à fait légitime. L'homme attendait patiemment une réponse en ayant une main sur son poignard caché dans sa cape, au cas où et, après quelques instants de réflexion, Musashi acquiesça.

Il entra finalement dans le bâtiment entourant l'arène. Ce qu'il y vit le répugna. Des esclaves torturés, des entraineurs qui étaient tous de vraies brutes, des armes démolies, des armures en morceaux, du sang, du sang partout sur le sol, en grosses taches. Peu importe ce qui se passait ici, c'était violent. Nul doute qu'il s'agissait de combats à mort. Quiconque eut entré dans ce lieu sans avoir tué aurait à coup sur vomit. Musashi se donnait un air plus dur qu'il ne l'était en réalité alors qu'on le conduisait dans une filée pour entrer dans l'arène.

«Je vous attendrai sur le côté de cette porte avec vos Dun'ors» chuchotait le riche homme. Il était persuadé que Musashi se ferait tuer lors du combat et parierait contre lui. Il ressemblait à un bretteur tout ce qu'il y a de plus indiscipliné. Mais l'escrimeur était pourvu d'une formation hors du commun en plus de venir d'un pays lointain, ce qui lui donnait un avantage considérable.

Alors qu'il était le deuxième en file pour passer, Musashi se rendit compte que, de tous les combattants, il était le seul à être pourvu de vêtements «corrects». Tous les autres étaient vêtus de tissus bruns tachés. Musashi réalisa alors qu'ils étaient tous des esclaves et qu'il avait été engagé comme tel. Cela lui mit le feu au ventre, chose qui était enviable avant un combat à mort. La grille s'ouvrit et le combattant en file devant Musashi entra en scène. Musashi en profita pour examiner les talents martiaux de ses potentiels adversaires. Il ne fut guère impressionné. On eut dit deux enfants qui se battaient avec des branches. Alors que l'un d'eux se fit frapper au crâne, un homme s'approcha de Musashi, lui enfila rapidement une armure trop grande et très rudimentaire. Il lui passa aussi un casque que l'escrimeur refusa poliment. L'homme partit en riant. Ça y est, c'était à son tour. La grille s'ouvrait.

Troublé par l'atmosphère, Musashi s'avança vers son adversaire à peu près au centre de l'arène. L'armure qu'il portait était trop encombrante pour lui. Heureusement, ce plastron de fee était comme un chandail et le pêcheur pu l'enlever sans se mettre en danger. Ce faisant, il avait déclenché dans la foule des éclats de rire. Son regard croisa celui de son employeur qui riait aux éclats. Le sang de Musashi ne fit qu'un tour en fonça vers son ennemi en rugissant. D'un même mouvement, il avait dégainé, tranché un poignet de son adversaire et arrêté les rires de la foule. Continuant sa foulée, il enfonça le plastron du blessé d'un puissant coup de genoux avant que celui-ci ne tombe sur le sol quelques mètres plus loin. Musashi attendit que son adversaire se relève. Il était un homme honorable, mais l'homme handicapé ne valait plus rien. «À MORT, À MORT» hurlait la foule. Pour toucher son argent, Musashi devrait tuer. L'autre guerrier, à 4 pattes, avait le cou bien tendu, ce qui laissait le champ libre à Musashi de le décapiter. La mort honorable du guerrier de Hokusai attendait au moins la victime. Il s'exécuta. Musashi brandit son sabre au dessus de sa tête et l'abattit entre le crâne et le dos de l'esclave. C'était terminé.

Comme la coutume le voulait, après un mort, on nettoyait rapidement l'arène et on envoyait un autre gladiateur; Musashi le savait d'instinct. Un autre arriva. Pas plus grand, pas plus musclé et pas plus fort. Décidément, le samouraï était plus un bourreau qu'un artiste martial. Il plaça son sabre tranchant vers le bas, derrière lui et attendit que l'autre guerrier vint à lui. Une fois assez près, l'escrimeur fit un bon, pied droit devant et décocha un coup puissant, qui montait de la hanche droite de son adversaire jusqu'à sa jugulaire gauche. Le pauvre n'eut même pas le temps de se défendre et tomba pour mort sur le sol tâché de l'arène. Deux Dun'ors.

Le maître observait toujours Musashi et misait maintenant sur lui.
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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Ven 15 Mai 2015 - 12:16

Musashi entrait dans une forme de transe guerrière malsaine. Il ne comptait plus les corps, il respirait la haine. Il devenait un démon à force de tuer et maints parieurs appréciaient le spectacle. Après avoir terrassé 5 ou 6 autres esclaves, sans montrer de pitié, le pêcheur n'était plus qu'un vulgaire tueur talentueux. Il n'était plus artiste; il n'était plus rien. L'épéiste était une arme et ne faisait que faire gicler le sang des autres, sans réfléchir et sans penser à Eleonor. Il tuait pour tuer.Plus rien n'existait sauf lui, ses victimes et le sang. Après l'exécution brutale de sa dernière victime en la fendant du crâne au nombril, Musashi se retourna et vit l'ennemi avec le plus de prestance qu'il eut vu jusqu'à présent.



Ce qu'il vit ne lui fit aucun effet, il était en transe. Cependant, ce qui se trouvait devant lui avait l'air d'un ange déchu. Il s'agissait d'un Arc-Ange, et plus précisément de Samael. Musashi ne le connaissait pas. Pour lui, c'était une victime de plus. Ses ailes étaient enchainées et il ne portait plus qu'un pagne taché, laissant son corps excessivement musclé exposé aux rigueurs du soleil du Varakir. Visiblement il avait connu de meilleurs jours. Il avait conservé une épée à l'aspect céleste qu'il tenait dans sa main droite, mais semblait achalé de toute la situation. Musashi ne voyait rien de cela. Il voulait tuer. Le combat était une autre forme d'ivresse pour lui.

Sans se faire attendre, Musashi bondit en avant en rugissant pour fendre l'Arc Ange comme si c'eut été un vulgaire poisson. Hors, même si le célestiel ne le laissait pas paraître, il savait se battre. Sans effort, il esquiva le coup de Musashi, et se retrouva dans son dos. Musashi, dans la transe meurtrière continua son élan malgré tout. Il fonça sur le mur pour attaquer et se retourner en sautant au visage de Samael qui recula très vite. Beaucoup trop vite au goût de Musashi.

L'Arc-Ange, quant à lui, savait qu'il ne pourrait jouer ce jeu très longtemps et vu la furie avec laquelle son «compagnon» se battait, il devrait faire vite pour le tuer. Les deux se mirent donc à se battre au plus grand plaisir de la foule, qui adorait le spectacle. Musashi décocha un coup puissant à contre temps avec Samael et lui écorcha le torse en diagonale. C'était la dernière blessure que le célestiel subirait de la part du Varakirois. Lui aussi en furie fonça dans Musashi en lui ôtant son arme et le plaqua au sol. Samael lui dit: «Je t'épargne, mais sors moi d'ici» Musashi, que le coup avait sortit de sa torpeur repris conscience. «Eleonor!» laissa-t'il échapper. Le célestiel sut que c'était celle qu'il cherchait. Il se releva et ordonna à Musashi d'en faire de même. Il ne se fit pas prier, Musashi donnait un nouvel assaut, mais cette fois, beaucoup plus canalisé. Samael répondait à ses assauts de manière plus posée. Le combat redevenait beau. Pendant le combat, ils continuèrent leur discussion sans ni l'un ni l'autre abaisser leur garde. Samael devait trouver un moyen de revoir Eleonor et Musashi était la clé qui allait lui permettre le faire. Après quelques dizaines de secondes de combat (ce qui était excessivement long pour un combat armé) et de discussion effrénés, Musashi s'était laissé convaincre. Il n'était plus la machine à tuer aveugle et Samael ne s'en prenait pas à lui de manière agressive. Le célestiel était intelligent, il voulait laisser croire à la foule que le combat se déroulait toujours, tout en convaincant Musashi. Alors que ce dernier allait frapper de manière dévastatrice, le célestiel s'était retourné pour laisser paraître ses ailes; ou plutôt ses chaines. D'un seul coup, Musashi fendit un maillon se qui permit au Célestiel de s'envoler et lui disant: «Retrouve moi plus loin, je descendrai te voir.»

Musashi, maintenant seul dans l'arène et ayant vu le célestiel s'envoler en un éclair ne désirait plus qu'une chose: sortir! Il se dirigea vers la grille et demanda poliment au garde de le laisser sortir. «Ce n'est pas ainsi que ça fonctionne» dit le garde en s'esclaffant. Le riche homme se trouvait derrière le garde; Musashi le regarda avec son regard de tueur. Alors que le garde ouvrait la grille pour laisser passer un nouveau gladiateur, Musashi fit un bond derrière pour mieux foncer dans la filée d'esclaves, dans l'enceinte du bâtiment. Il en blessa plusieurs au passage en pourfendit son employeur avant de prendre sa bourse et de s'enfuir en courant. Alors qu'il était à l'extérieur, plusieurs arbalétriers logés sur le toit de la structure tirèrent dans la direction de Musashi. Un carreau atteint sa cuisse.

Musashi était noir de rage. Il rugissait à en faire trembler le monde. Sa mort viendrait et il ne pourrait secourir Eleonor. Alors qu'il gisait sur le sol et que les arbalétriers rechargeaient,  le guerrier vit fondre vers lui les ailes noires du célestiel. Il n'avait pas menti. Il vint de poser aux côtés de Musashi, le prit dans ses bras et s'envola à une vitesse surhumaine en direction de la berge. À ce moment, Musashi adressa ses premiers mots hors combat à l'Arc-Ange. Il lui dit où il habitait et qu'il devait ramener un remède à Eleonor. Une inquiétude lui passa par l'esprit et lui dit: «Qu'est-ce qui vous empêche de me lâcher?»
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Douce retrouvaille   Lun 18 Mai 2015 - 15:34

«Qu'est-ce qui vous empêche de me lâcher?»

Samael baissa le regard et dévisagea d'un air lasse l'homme qu'il tenait à bout de bras. Bien que Musashi était assez costaud, il était aussi léger qu'une plume pour l'Archange qui avait tenu bien pire, y compris un énorme démon qui ne voulait pas le lâcher durant un combat. Comprenant l'angoisse et l'insécurité du pêcheur, l'Archange dit d'un ton calme et neutre:

- Je ne vous lâcherais pas, pour la bonne et simple raison que j'ai besoin de vous pour retrouver Eleonor. Comment va-t-elle?

-Elle est très mal en point, je crains pour sa vie. Cet assassinat manqué va avoir raison d'elle si nous arrivons pas à temps.
-Quoi?! Quel assassinat? S'exclama Samael en s'arrêtant net, ses ailes les maintenaient immobiles dans le ciel. Musashi s'accrocha plus solidement en marmonna:
-La Guilde a essayé de l'assassiner par la noyade. Ils ont lié ses membres et ils ont accroché une pierre à ses pieds pour l'entrainer au fond de la mer. Toutefois, rassurez-vous, elle est encore vivante, mais très malade. Elle est en grand danger!
-Eleonor est toujours en grand danger. Répliqua l'Archange le front soucieux comme jamais auparavant. Il ne pouvait pas la perdre, pas maintenant et pas comme ça. Son cœur était serré par une détresse et une honte sans non,car encore une fois, il l'avait abandonné et pourquoi? Pour se retrouver dans les bras d'une succube qui avait faillit l'achevé. Si l'esprit d'Eleonor ne lui était pas apparut pour l'avertir, il serait définitivement mort. Il ignorait comment l'Aasimar faisait pour apparaître ainsi, dans les moments les plus cruciales de sa vie, mais il lui en était extrêmement reconnaissant, elle l'avait sauvé. Tout c'était passé si vite. Ensorcelé,Samael s'était retrouvé dans les bras de cette prostitué, qui sans cesse revêtait le visage d'Eleonor. Ensuite, la véritable Eleonor était apparue dans la chambre,enfin son âme, et la réalité l'avait frappé de plein fouet. La succube avait réussi à s'emparer pratiquement de toute son énergie vitale, mais après un rude combat, il l'avait gravement blessé. Par la suite, ce fut le noir total et un dure réveil dans les cachots de l'arène de Varak. Tout avait été confusion, batailles et sang, jusqu'à l'arrivé de ce guerrier de l'Est, Musashi. Celui-ci commençait à s'habituer au vol, ce qui le fit oublier momentanément sa blessure à la cuisse. Intrigué, il se risqua de regarder en bas. Ils étaient entrain de survoler la Place Marchande et Musashi vit avec surprise un étalon noir entrain de se débattre contre un gros marchand voulant le dompter.

-Ah, est-ce Vel? Se demanda-t-il plus à lui-même qu'à son moyen de transport volatile. Cette question ramena à la réalité le Célestiel qui baissa les yeux. Son coeur fit un bon quand il reconnut effectivement l'étalon et il remarqua que le gros marchand possédait un sac rouge et vert, les effets personnels d'Eleonor. La mâchoire crispée et le regard glaciale, Samael changea radicalement de direction et piqua en flèche. La descente fut si raide que Musashi n'arrivait même à crier, la peau de son visage devint flasque à cause de la vitesse. Quel fut l'effroi des marchands en voyant cet Aasimar aux ailes immenses, atterrir avec une précision hallucinante sur le gros marchand. Celui-ci, le souffle court, avait les yeux écarquillés de terreur et le visage blême.  Tant qu'à Musashi, l'Archange l'avait lancé dans une motte de foin à la dernière seconde.


-Où as-tu prit ce cheval et ce sac?!
Rugit Samael à en faire trembler la terre. Ceux qui les observaient, totalement fasciner par la puissance que dégageait ce nouveau venu, n'avaient jamais vu un tel spectacle.
-Heu...je...je ne sais pas...
-Parle, voleur ! Insista furieux l'Archange en prenant le collet du gros homme et en le levant du sol avec une facilité déconcertante.
-Je ne suis pas un voleur, mais un marchand. Je les ai acheté  à un homme habillé de noir.  Répondit le marchand, en retrouvant  son aplomb. C'est tout ce que je sais, maintenant lâchez-moi, sinon j'appelle la garde!

Pendant un instant, qui parut une éternité à l'homme, l'Archange scruta intensément celui-ci, il ne vit que de la franchise et de l'angoisse. Sachant qu'il ne pouvait rien en tirer de plus, Samael fini par déposer l'homme au sol, tout en lâchant le collet froissé. Le temps pressait, mais il devait récupérer la monture et les biens d'Eleonor. Pendant ce temps, Musashi, avait réussi à se dégager tant bien que mal du foin, sa blessure à la cuisse était cuisante et saignait abondamment. L'Archange fit signe au gros homme d'aller vers le pêcheur, en disant d'un ton ferme:

-Pour ce cheval et ce sac, je t'offre la moitié de cette bourse.

-La moitié? Vous plaisantez ! Cela vaut la bourse au complet et...Le marchand s'interrompit et devint livide en croisant le regard dure et intransigeant du Célestiel. Finalement, il valait mieux accepter ce gain et vivre. Soit...Soit, la moitié sera bien suffisante. Sans hésiter, le gros homme s'approcha du blessé, prit la bourse et laissa tomber la moitié des Dun'ors dans sa main d'ours. Devant cette richesse, il eut un sourire avare, puis jeta un coup d’œil à l'étalon, en pensant: «C'est un très mauvais cheval, je l'aurais vendu pour moins que ça.».  La négociation fut terminée, l'Arc-Ange prit la bride de Vel et aida Musashi à marcher, sa jambe était mal en point, il fallait la soigner expressément.  S'éloignant de la ville, ils firent halte sous un palmier où le pêcheur put se reposer. Le célestiel sortit un bandage propre et un onguent de la trousse médicinale d'Eleonor. D'un regard calme et rassurant, il se pencha vers Musashi en disant:

-Je dois soigner ta plaie, sinon tu ne pourras pas chevaucher Vel.

-Chevaucher Vel? N'est-ce pas risqué? Demanda son interlocuteur, d'un ton incertain, cela pourrait aggraver sa blessure. Sachant que c'était la seule solution, l'Arc-Ange expliqua:
-Cet étalon ne peut galoper seul et je ne peux le transporter, ma force à des limites. C'est notre seul choix. Maintenant, pardonne-moi...
-Pourquoi?
-Pour ceci.

Disant cela, il cassa le carreau et tira. La douleur fut si horrible que le pêcheur en eut  les larmes aux yeux. Rapidement, Samael appliqua la pommade pour engourdir et ralentir l'hémorragie et vint serrer solidement le pansement autour de la cuisse enflée. Pour l'instant, c'était le mieux qu'il pouvait faire. Satisfait, le célestiel se leva et tendit sa main vers Musashi qui se leva à son tour. C'était l'heure de partir, Eleonor avait besoin d'eux. Pendant que son compagnon s'appuyait sur le palmier, l'Archange se tourna vers Vel, prit sa bride et le fit se coucher docilement sur le sable. D'un signe, il encouragea le pêcheur a embarqué sur la selle. Celui-ci était réticent, mais il n'avait effectivement pas le choix. Boitant, il chevaucha l'étalon, mais grâce à la compression du bandage, la douleur était moins pire qu'il l'avait imaginé, le trajet serait presque agréable. Après une brève discussion, ils se séparèrent, tous deux très inquiets pour la jeune femme. Plus tard,  Samael n'eut aucun mal à retrouver la maisonnette de Musashi, car celui-ci avait su la décrire dans les moindres détailles. Atterrissant silencieusement sur le sol, il entra dans le modeste logis, une odeur de poisson et d'alcool imprégnait les murs. Dans un coin sombre, une silhouette habillée de blanc se dessinait, Eleonor. Promptement, il vint vers elle, s'assit à ses côtés et la serra très fort dans ses bras.

-Oh, Nora...ma Nora..


Sa gorge se serra, il se mit à sangloter sourdement, à la fois de soulagement, de peur et de tristesse.  La dévisageant, il constata qu'Eleonor était bouillante de fièvre, ses joues étaient rouges, son front suant, ainsi que sa chemise trempée. Le pêcheur n'avait même pas prit la peine de mettre une compresse d'eau froid, l'idiot. On ne laissait pas une femme dans un tel état sans la rafraîchir le moindrement. L'heure n'était pas aux infusions et aux herbes, mais à une solution plus drastique. Il dût la déshabiller au complet, c'était la première fois qu'il la voyait nue, la blancheur de sa peau et de ses formes étaient réellement saisissante et magnifique.  Malheureusement, ce n'était pas le moment de la contempler, mais de la sauver de cette fièvre meurtrière. Encore affaiblit par son combat avec la succube, Samael ne pouvait utiliser son don de guérison, les techniques traditionnelles s'imposaient. La recouvrant d'un drap, il la souleva dans ses bras et l'amena au le bord de l'eau. Très lentement,  il entra dans la mer jusqu'à la taille. Le froid était horrible, elle ouvrit les yeux et se mit à se débattre et à crier.

-Non, pas le froid, pitié, pas le froid!

-Chut...ma Nora, tout va bien, je suis là...
-Samael? Souffla-t-elle en s'accrochant à lui pour ne pas toucher l'eau. Non, tu es mort, je...je suis morte.
-Non, mon amour,nous sommes bien en vie, et je vais te sauver. Après avoir dit cela, il vint l'embrasser tendrement, ce qui calma la résistance de la jeune femme, mais elle se tendit aussitôt dès qu'il la plongea dans l'eau froide et salée. Le soleil était à son plus haut, Samael laissa la lumière pénétrer ses veines, ce qui lui redonna assez de force pour guérir la fièvre qui la dévastait. La ramenant à la surface, toujours collée contre lui, Eleonor inspira profondément et ouvrit à nouveau les yeux, mais cette fois, elle était redevenue lucide. Pendant un instant, elle observa le beau visage soucieux penché vers elle. L'Aasimar ne put s'empêcher de sourire en murmurant:

-Ai-je bien entendu «mon amour» ?



Il acquiesça lentement, un furtif sourire vint éclaircir son visage. «Je t'aime» souffla-t-il sans hésitation et il vint à nouveau l'embrasser, mais cette fois, passionnément. Oubliant toute rancune, Eleonor entoura ses bras autour de ce cou musclé et savoura ce baisé incomparable à nul autre. Le froid de l'eau n'existait plus, l'écume éclaboussait leur peau frissonnante, mais chaude et lumineuse. Le drap recouvrant l'Aasimar  était tombé légèrement, dévoilant  sa poitrine et son épaule. Leurs corps ailés étaient si harmonieusement  fusionnées, qu'ils créaient un tableau des plus sublimes. Éperdu l'un pour l'autre, ils ne se rendirent même pas compte que Musashi était revenu en compagnie de Vel, et il les contemplait silencieusement.

HRP:
 


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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Ven 29 Mai 2015 - 19:23

Cela faisait longtemps que Musashi vagabondait dans la ville dans l'espoir d'en sortir, mais en vain. Bien qu'il eut visité Varak auparavant, il n'avait aucune idée de comment se repérer et sortir de cet enfer de rues et de bruit. Aussi, son esprit était très occupé par l'image d'Eleonor souffrante. L'homme n'était toujours pas dépourvu de compassion après ses années d'exil et avait grande envie d'aider l'aasimar. Il ne faisait aucun doute que Samael prendrait grand soin de son invitée. Il était quand même mieux qu'un simple homme, mais Musashi en restait préoccupé. Cet élan de compassion troublait profondément le pêcheur et le remettait en question, mais l'heure n'était pas à la réflexion; Il fallait agir. L'homme sortirait de la ville le plus vite qu'il pourrait.

Une fois les grandes portes de la ville passées, Musashi trouva la grand route et décida de chevaucher en direction de sa maison. Il ne se rappelait pas vraiment comment galoper mais crut que c'était la chose à faire pour rejoindre Eleonor au plus vite. Il réfléchit quelques instants et puis, hurla courageusement à sa monture: «HYAAA!» en lui donna d'agressifs coups de talons. Ce cri viril se transforma rapidement en cri de douleur. Musashi avait encore une plaie ouverte qu'il avait oublié. Incapable de contrôler le puissant animal, le pêcheur tomba sur le sol poussiéreux. Vel avait continué dans son élan, mais avait ralenti quelques mètres devant l'homme qui se tordait de douleur sur la grande route. C'était la honte. Il était couvert de poussière et de ridicule. Les passants riaient de lui et ne venaient pas l'aider. Peu importe, il devait se recentrer et laisser la douleur se dissiper.

Quand la souffrance fut moins intense, Musashi se dit pour lui même: «Je dois remonter en selle, mais je dois d'abord me lever». Vel semblait le narguer. Il était si près, mais si loin en même temps. Le varakirois rampa, à l'aide de ses bras et de sa jambe fonctionnelle, en direction de l'arbre le plus près. Il s'efforça de se lever en s'appuyant sur le tronc. La scène était disgracieuse, mais heureusement, nul n'était présent pour l'observer. Après de considérables efforts, Musashi était debout, adossé à l'arbre. Pour n'importe quel passant, il aurait eu l'air d'un voyageur prenant une pose de sa chevauchée. La réalité était tout autre. Il devait maintenant remonter sur le dos de l'étalon, mais comment faire? L'une de ses jambes ne pouvait ni se fléchir, ni s'étirer, ni même forcer. Le cheval attendait à l'ombre quand Musashi eut ce qui lui semblait une idée de génie.

En poussant de virils hurlements, Musashi tirait son corps en hauteur, dans un arbre, grâce à la seule puissance de ses bras. L'effort demandé était considérable, mais la volonté d'acier de Musashi semblait impossible à briser. Là, pendu comme un fruit étrange, l'homme avait les yeux fermés et se concentrait. Il atteindrait Vel en progressant de branche en branche et une fois au dessus de l'étalon il se laisserait tomber sur celui-ci. Il tortilla alors son corps afin d'avancer et se rapprocher de plus en plus. Ces moments parurent interminables puisque Musashi était exténué. Ses bras étaient habitués à manier un sabre, pas à soulever un homme. Heureusement pour lui, le pêcheur était svelte et léger. Eut-il pesé plus lourd, la délicate opération aurait été impossible; Il y mettait énormément de cœur au ventre.

Une fois positionné au dessus de la monture, Musashi lâcha prise. Soulagement. Lorsqu'il tomba sur Vel, sa fourche endura un coup douloureux, mais le varakirois ne sentit rien. Il était trop content d'avoir atteint son objectif. Cependant, le repos du pêcheur ne fut pas long; Vel, excité par l'atterrissage sur son dos, partit à vive allure sur la route de terre battue. Musashi contrôla sa souffrance pour calmer le cheval qui ne prit pas de temps pour se calmer et ralentir. C'était terminé. Musashi rentrai chez lui, rejoindre ses deux ailés.

Après de longs instants de route, Musashi arrivait enfin chez lui. Il vit, peu profondément dans la mer, Samael et Eleonor qui semblaient dans un élan passionnel intense. Extrêmement perplexe et visiblement malaisé, l'homme décida de ne pas interrompre le moment, de peur de le gâcher. Il ne pourrait descendre sans attirer l'attention vu l'état de sa jambe.

Pendant ce qui lui paraissait comme d'interminables minutes, Musashi, songeur, se mit à l'introspection. Il avait faim, il était blessé, il était épuisé. Il désirait descendre de Vel pour se soigner, manger et se reposer. Sa jambe l'empêchait de se poser sur le sol. Quelqu'un devrait venir l'aider ou il devrait se laisser tomber sur la plage, ce qui dérangerait les amoureux. Il n'en avait maintenant que faire. Il se laissa donc glisser sur le côté et tomba lourdement et bruyamment sur le sable. Il s'endormit trop rapidement, à cause de l'épuisement, pour voir si quiconque approchait. Sa dernière pensée fut orientée vers son sabre.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: L'extase   Dim 31 Mai 2015 - 12:09

Un bruit sourd les sortit de leur transe passionnel. Fronçant les sourcils, Eleonor se dégagea de cette étreinte envoûtante et jeta un coup d’œil par dessus l'épaule de Samael.

-Vel! S'exclama-t-elle jovialement en voyant l'étalon hennir et piaffer sur la plage. L'Archange sourit et se tourna à son tour, puis il fut perplexe de ne pas voir son cavalier.
-Où est Musashi?
-Musashi? Tu le connais? Répliqua Nora étonnée, le monde était décidément très petit. Tout en scrutant le cheval d'un air inquiet, il acquiesça et répondit qu'il l'avait récemment rencontré à Varak et que c'était grâce à lui qu'il avait été mit au courant de son assassinat manqué et de sa fièvre pratiquement fatale. L'écoutant avec émotion, l'Aasimar trouvait que le destin était incroyable, c'était clairement la volonté de Phélemée qu'ils se furent retrouvés indemnes ou presque... Eleonor baissa son regard sur le torse du Célestiel et y vit une profonde éraflure. Un coup d'épée? Perplexe à son tour, elle demanda:
-Samael, que c'est-il passé à Varak?
-Je te raconterais, mais avant, je veux être sûr que Musashi va bien. Viens! Dit-il en lui prenant la main et en l'amenant vers le sable chaud. Les voyant approcher, Vel trotta jusqu'à eux, révélant la présence du pêcheur allongé sur le sol. L'apercevant enfin, Samael prit la bride de Vel et suivit promptement Nora, qui s'était déjà précipité au côté du pêcheur évanouit. Il était dans un piètre état. L'inspectant, Eleonor vit qu'il avait un bandage à sa cuisse, mais celui-ci était immaculé de sang. Qu'est-ce qui c'était passé là-bas? Sûrement une bataille, mais pourquoi? Plus tard, elle allait exigée des réponses, mais présentement, il était nécessaire de le soigner, sinon, il risquerait de mourir à cause de l'hémorragie. Elle sentit une main rassurante sur son épaule. Levant les yeux, l'Aasimar croisa le regard d'azur et elle s'aperçut qu'il tenait dans son autre main son sac de bagage. Elle eut un soupir de soulagement, se demandant comment ils avaient fait pour retrouver son étalon et ses effets personnels. Cela tenait du miracle!

-Prend ton sac, je vais le transporter dans sa maison et tu pourras le soigner. Dit-il en tendant le sac vert et rouge d'Eleonor. Automatique, elle le prit et acquiesça, tout en observant à nouveau la longue plaie allant de bord en bord de son torse.
-Et te soigner! Répliqua-t-elle sur un ton catégorique, en effleurant le contour de la plaie, en se disant que des points de suture seraient nécessaires.À ce toucher délicat, mais tout de même douloureux, l'Archange fit une grimace et éloigna gentiment la main de celle qu'il aimait. Elle avait raison, il avait besoin de soins,  mais la priorité restait tout de même Musashi. Sans plus de conversation, Samael se pencha et souleva le  pêcheur comme une plume sur son épaule. Sans se faire prier, Eleonor suivit le Célestiel, qui entra expressément dans la maisonnette en allant déposer leur hôte sur son lit. Ne pouvant faire plus, à part d'assister Eleonor, Samael la laissa agir, tout en l'observant avec curiosité. Il ne l'avait encore jamais vu soigner quelqu'un et il trouvait qu'elle avait le geste sûr et habile.

-Samael, fait bouillir de l'eau et une fois à ébullition, trempe s'y une dizaine de lingettes dedans. Ordonna-t-elle en soulevant légèrement le bandage pour analyser la gravité de la blessure. Le sang continua à couler en nappe, le carreau avait touché l'artère fémorale et cela n'était pas bon signe, il fallait compressé. Pendant que Samael exécutait son ordre médicale,  Eleonor défit rapidement  le bandage souillé et vint compresser trois lingettes sur l'hémorragie, il avait perdu beaucoup de sang, elle espérait qu'il allait s'en sortir. Après une dizaine de minutes, elle jeta un coup d’œil à la blessure et vit que le sang avait coagulé, enfin! Au même instant, l'Archange  prévint que les lingettes étaient prêtes à être appliquées.  Ils attendirent qu'elles refroidissent et Nora les appliqua sur la cuisse, avec un peu d'alcool, puis elle sortit du fil et une aiguille et cousue minutieusement la plaie. Terminant ses points de suture, Eleonor y appliqua  une pommade à base de Calendula et d'ail,et compressa la cuisse avec un bandage stérile. Fatiguée, elle s'essuya son front du revers de la main et se tourna vers Samael, qui pendant la chirurgie délicate, l'avait observé avec le plus grand intérêt. Voyant qu'il la dévorait du regard, Nora essaya de ne  pas perdre contenance et informa:

-Il est maintenant hors de danger, mais il lui faut absolument du fer.
-Du fer? Est-ce qu'il y en a dans le poisson? Demanda Samael en allant inspecter le garde- manger du pêcheur, qui contenait effectivement, que des poissons séchés et quelques fruits de mer. 
-Heu...Bonne question! Répondit-elle un peu interloquée par cette interrogation. Ah, pourquoi n'était-elle pas tombée sur un boucher? Cela leur aurait facilité la vie. Comprenant qu'ils n'avaient que du poisson sur la main, elle réfléchit à toute vitesse et se rappela que sa mère lui avait dit que les sardines, la morue et le thon pouvaient être un substitut de viande élevée en fer. Se levant,elle s'approcha à son tour du garde-manger et vit avec soulagement des sardines et de la morue séchée.D'un sourire satisfait, elle se dit: «Parfait, ça fera l'affaire, ainsi qu'une tisane aux orties.» Demandant à l'Archange de réduire ce repas frugale en purée, elle fit bouillir  de l'eau  pour la tisane, puis une fois fait, elle s'approcha de Musashi et y mit un pot de menthol sous son nez; la forte odeur de cette plante vint imprégner l'atmosphère.  Progressivement, le pêcheur ouvrit les yeux et croisa le regard vert et magnifique de l'Aasimar lui souriant. Calmement, elle l'incita à manger un peu. et avec patience, elle lui fit avaler l'infecte mélange de poissons et quelques gorgées de tisane.
-Bien, cela suffit pour l'instant. Repose-toi, tu en as besoin. Conseilla-t-elle d'une voix douce, tout en caressant maternellement le front blême du blessé. Samael ne manqua pas ce geste et soudainement il sentit son cœur se serrer et ses muscles se tendres. La jalousie? Certainement. Leur amour était si si neuf qu'il avait du mal à accepter qu'elle soit affectueuse avec autre homme, humain ou pas. Possessif, il fut tenté de la séparer de Musashi, mais il se retint tant bien que mal. D'un air morose, il détourna son regard d'elle et dit d'un ton plus brusque qu'il l'aurait voulu:

-Il est temps que tu me soigne. 
Haussant les sourcils, l'Aasimar tourna son attention vers lui et remarqua son expression aigrie. Qu'est-ce qu'il lui prenait tout à coup? N'ayant pas l'énergie de comprendre en profondeur ce changement radicale d'attitude, elle se dit que ça devait être à cause de sa blessure.
-Bien sûr, mon amour. Répondit-elle simplement en se levant et en s'approchant de lui, sa trousse médicinale dans la main. L'avait-elle appelé «mon amour»? Il se détendit, même fut rassuré, toute trace de jalousie disparut, il la fixa d'un regard ardent.  Samael ne lui laissa pas le temps de chercher une pommade appropriée et du fil, il entoura ses bras autour de sa taille et la colla contre lui. Surprise, elle voulut protester, mais un baiser passionné l'en empêcha, elle perdit toute défense. L'Archange était épris d'un désir indéfinissable, totalement animal. L'attaque de la Succube avait été un mal pour un bien, car il se sentait maintenant plus expérimenté et sûr de lui, il voulait encore goûter à la luxure. Sensuellement, il vint embrasser son cou, puis descendit de plus en plus bas. Les joues en feu, Eleonor fit une dernière résistance en murmurant:

-Samael...Arrête, Musashi? S'il se réveille...
-Alors, il cessera d'être ermite et il aura envie d'une femme. Répliqua-t-il d'un ton moqueur, tout en commençant à la dévêtir. Il caressa sa poitrine  et commença à l'explorer avidement.
-Oh...Sam...Ta blessure...Riposta Nora faiblement tout en fermant les yeux et en accotant sa joue contre le haut de la tête de l'Archange. Entre deux baisers, il marmonna «aucune importance» et termina de la déshabiller entièrement. Pendant un instant, il prit le temps pour l'admirer. Elle avait un corps parfait, si magnifique, digne d'une déesse. Donnant un baiser sur ce ventre légèrement bombé et doux, il complimenta avec la plus grande franchise:
-Tu es la femme la plus sublime que j'ai vu de mon existence.
-Plus sublime que la succube? Répliqua-t-elle d'un ton où perçait la jalousie. D'un taquin, il acquiesça puis retrouvant son sérieux, il répondit:
-Ce n'était pas la succube que je voyais, mais toi. 
-Moi? souffla-t-elle incertaine. Il acquiesça à nouveau et il expliqua que la succube s'était métamorphosée en sa plus grande faiblesse, Eleonor, le faisant malheureusement flancher. Trouvant ses propos très romantiques, toute rancune disparut, et l'Aasimar vint l'étreindre contre elle. Le regard brillant, elle l'embrassa à son tour, il répondit à son étreinte venant l'allonger au sol, sous lui, ses grandes ailes  couvrirent leurs corps nus. Ce fut une fusion à la fois tendre et torride, Nora respira précipitamment et plus que cela allait et plus le plaisir s'intensifiait. Leurs mains entrecroisées se serrèrent fortement, elle entendait son souffle précipité au creux de son oreille, un son si plaisant et si excitant. Sentant l'extase monté, elle se mordit les lèvres pour ne pas gémir, et agrippa son dos de toutes ses forces. Enfin, ils furent tous deux en proie en un orgasme mutuelle et pendant une fraction de seconde, Samael s'assura que la femme patoise dans ses bras fut bien Eleonor, un sourire soulagé et comblé illumina son visage. Épuisées et le souffle saccadé, ils vinrent s'étreindre en silence, n'osant pas encore se désunir. Ils étaient si bien, si un...Eleonor pensa qu'elle n'avait jamais vécu un moment aussi agréable, à part avec Flynn. Le cœur battant, elle se demandait si Samael avait remarqué qu'elle n'était plus vierge. Se rassurant, elle pensa:


«Non, sûrement pas, sinon il s'en serait rendu compte et il aurait réagis en conséquence.»
.Il valait mieux ne pas lui en parler, surtout pour protéger Flynn,qu'elle aimait encore secrètement. Avait-elle droit d'aimer deux hommes? Oui,car Flynn appartenait à son passé et Samael à son présent et c'était avec lui qu'elle voulait passé le reste de sa vie. Le pirate était un hors-la-loi, il n'avait pas de pied stable, et par conséquent, elle ne pouvait fonder une famille avec lui.  Son choix était fait, elle aimait profondément Samael, qui s'était endormit contre son sein. Heureuse, Eleonor sentait son cœur battre, elle sourit et le sommeil la submergea à son tour.


HRP:
 


Eleonor, l'Ange d'Or
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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Sam 6 Juin 2015 - 16:28

Musashi s'éveilla le lendemain. Il était seul dans sa cabane silencieuse qui sentait autre chose que d'habitude. Il n'en avait rien a faire alors il ne se posa pas de questions. Il redressa le torse et toucha sa cuisse. Elle n'était plus pansée ni douloureuse. Aussi avait elle été recousue. Il laissa ses jambes pendre de son lit et plia et déplia sa jambe à répétition; Celle-ci était encore douloureuse, mais moins que si un carreau y était encore planté. Il se leva et replace ses vêtements; Le pêcheur avait très faim. L'homme se dit qu'après son entrainement il devrait aller pêcher. Il regarda par sa petite fenêtre crasseuse et n'y vit point le soleil, signe qu'il était passé midi. «Merde» Se dit-il pour lui même.

Il marcha d'un pas décidé vers son porche, il ouvrit la porte et contempla le soleil en plissant les yeux; Il n'avait guère pris le temps de s'habitué à la clarté qu'il commençait de marcher, mais il souffrait, trop peu pour l'arrêter, mais il souffrait tout de même. Musashi fit le tour de sa maison et fendit l'une de ses branches à l'aide de son sabre. Son coup était resplendissant. Le bâton était coupé à bonne taille et le pêcheur s'assit dans le sable ou poussaient de hautes herbes rebelles, et s'adossa à l'arbre frêle. Il dénuda le bâton de son écorce, en arrondit une pointe et voilà: il avait une canne. «Rien de bien compliqué» pensa Musashi.

Maintenant lui incombait la lourde tâche de s'alimenter. Il retourna donc chez lui, quelque peu boiteux, et trouva son garde manger vide. «Aujourd'hui sera une journée de pêche» se dit-il. Soudainement, tout le frappa. Où étaient ses deux invités ailés? Aucune trace d'eux. Il sortit dehors pour observer la plage environnant sa maison. Le vent avait soufflé fort et soufflait encore. Il n'y avait donc que ses propres traces dans le sable. Son ventre se remit à gargouiller plus intensément; Il devait trouver de la nourriture. Musashi ne connaissait qu'un moyen de s'en procurer et s'était de pêcher. Il pris donc sa canna à pêche et pris le large dans sa vieille barque. Peut-être ses invités reviendraient-ils pendant son absence...

Au large, Musashi était seul avec ses pensées; C'était son moment de méditation. Il fit le point de sa vie jusqu'à présent. Son existence avait plus excitante cette dernière semaine que les cinq dernières années. Il n'avait pas de difficulté à se l'admettre. Qu'adviendrait-il de lui maintenant? Il ne voulait plus de sa vie pourrie à survivre, Musashi voulait vivre. Son ventre ne le tenaillait plus. Son introspection lui rappela quel homme il était jadis. Maintenant, il aurait pu brûler sa maison et aller battre la campagne, s'allier à une cause, devenir garde de quelconque ville. Rien n'était hors de sa portée tant qu'il restait rationnel. Il pouvait vivre de son sabre, mais il ne voulait (et ne pouvais) retourner dans l'arène illégale. Il voulait se trouver une sorte de seigneur. Un homme charismatique qui pourrait être son maître, voir peut-être son frère. Risquer sa vie n'avait que peu d'importance tant qu'il servait à quelque chose. Musashi ne voulait pas mourir comme le vieil ivrogne qu'il était et son combat avec Samael lui avait appris une leçon. Musashi n'était guère mauvais au sabre, mais il ne restait qu'un homme. Un surhomme lourdement affaiblit avait eu le dessus de lui. Il avait reçu un coup de pied spirituel au derrière. Il devait pouvoir abattre quiconque se tiendrait dans son chemin et il n'y avait que l'entrainement pour l'aider. Répéter l'une ou l'autre de ses séquences dans le vent était bien, mais le vent ne rendait pas les coups. Seul d'autres experts pourraient lui enseigner.

Sa ligne frétillante sortit le pêcheur de sa torpeur. Il ferra le poisson et le ramena dans sa chaloupe chancelante. Il vida le poisson, lui coupa la tête, arracha la peau de la chair blanche et encore tiède de sa proie. Sans attende, il ingurgita toute cette viande crue. Son estomac le remerciait. Cependant, Musashi avait encore besoin de nourriture même après ce repas. Cela faisait un moment qu'il n'avait rien mangé et son corps avait besoin de forces pour continuer à le soutenir; Il continua donc sa pêche. Musashi tourna ses yeux sur la rive pour y observer ce qui s'y trouvait et avant de retomber dans ses pensées, il vit Eleonor lui faire de grands gestes. Il était temps pour Musashi de retourner sur la berge. Il déposa sa canne, empoigna les rames pour se diriger vers l'Aasimar.

HRP:
 
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Dim 7 Juin 2015 - 21:30

-Oh, regarde Sam, de l'Aloès! S'exclama Nora, aux anges, en apercevant la plante verte, aux feuilles épaisses et épineuses. Elle en avait jamais vu en vrai, seulement en sachet. C'était merveilleux de pouvoir seulement y toucher et l'analyser de plus près. Perdu dans sa contemplation, elle oublia pendant un instant son archange, qui la dévisageait d'un sourire amusé. Comme Nora s'émerveillait des choses les plus simple, à cet instant, il la trouvait adorable. «Ouille, ça pique!» Gémit-elle en se léchant le revers de la main, des gouttelettes de sang tâchèrent le sable blanc.  Samael ne put s'empêcher de rire et s'exclama:

-À quoi t'attendais-tu? À une plante docile et gentille comme toi?
-Sache que je ne suis pas docile, et oui, j'espérais qu'elle n'oppose pas de résistance. Répliqua-t-elle d'une moue boudeuse. Comment s'y prendre? Gardant son sourire narquois, Samael se pencha à ses côtés et doucement il lui prit la main et fit une légère pression, sa fine plaie cicatrisa entièrement. Le regard vert de la jeune femme croisa le sien, devant son air taquin, ses lèvres tremblèrent et Eleonor fut incapable de garder son air désappointé plus longtemps, elle sourit et détourna les yeux, soudainement intimidée. Rougissante, elle repensa à leur nuit d'amour de la veille. Cela avait été si grisant et si scandaleux. Faire l'amour à côté d'un blessé inconscient! Qu'est-ce qui leur avait prit? Devinant ses pensées, le sourire de Samael s’affaissa et il demanda d'un murmure:
-Regrette-tu la nuit passée? J'espère ne pas t'avoir fait mal. 
-Pourquoi aurais-je eu mal? Demanda-t-elle surprise par cette appréhension. Ce fut à son tour de se sentir gêner, il détourna le regard et se concentra à couper les feuilles de la plante à l'aide d'un couteau qu'il avait emprunter à Musashi. Les oreilles légèrement rouges, signe qu'il était mal à l'aise, il marmonna rapidement:
-Euh... une humaine  m'a raconter ça, que les vierges ont mal la première fois.
-Ah...Et qu'est-ce que cette humaine a dit d'autre ? Interrogea Nora soudainement anxieuse que l'Archange connaisse cette information sur les vierges.Le cœur en chamade, elle espérait qu'il ne sache pas à propos du sang, ce qui la trahirait inévitablement. Haussant les épaules, il termina de couper le reste des feuilles et répondit vaguement:
-Rien d'autre, ça m'a suffit. À l'époque, cela me gênait encore plus qu'aujourd'hui d'en parler, mais j'aurais dû en savoir davantage sur le sujet, si j'avais su que je t'aurais...et bien tu sais. Es-tu sûr que je ne t'ai pas fait mal?

Donc, il était convaincu qu'elle était vierge, ce qui n'était pas le cas.  Eleonor se sentait à la fois très émue et très coupable. Émue, car il avait une confiance aveugle en elle et il était convaincu qu'elle avait attendu pour lui, et très coupable, car ce n'était pas le cas et elle devait lui mentir au sujet de Flynn. Voyant son air dépité, l'incertitude de l'archange se changea aussitôt en une grande déception. Croyait-il vraiment qu'il avait été mauvais à ce point? D'un tendre sourire, elle vint s'assoir sur ses genoux robustes, entoura sa nuque de ses bras et l'embrassa langoureusement. Bien que moins expérimenté et tendre que Flynn,  Samael avait été un bon amant et elle devait  le rassurer sur ce point:

-Tu es un bougre d'idiot!
Répondit-elle en effleurant ses lèvres sensuelles et invitantes. Tu as été parfait, si parfait, que je n'ai ressenti aucune douleur.
-C'est vrai? Souffla-t-il d'un air béat et heureux. Elle acquiesça doucement de la tête en souriant, une lueur fit briller le vert de ses yeux. En ce moment, elle était radieuse, si désirable...S'en était presque pêché.
-Approche...Chuchota-t-il en l'attirant contre lui et en lui rendant son baiser avec passion et avidité. Ce fut telle une étincelle allumant un brasier ardent, elle sentit son cœur battre et une chaleur familière irradia  le bas de son ventre.
-Tu n'es donc pas insatiable? Dit-elle en fermant les yeux quand il embrassa lentement la magnifique gorge. «Jamais» Répliqua-t-il en l'étreignant contre lui, tout en caressant son épaule dénudée. Il continua son exploration, goûtant à cette peau lisse et lumineuse, tendit qu'un bruit de rame caressant l'eau attira l'attention de Nora. Ouvrant soudainement les yeux et elle regarda au bord de la berge. Mais qu'est-ce que...

-Musashi!
S'exclama-t-elle en repoussant Samael, puis en se levant, elle remit sa chemise en place et courut vers la berge. D'un air interloqué et perplexe, Samael la regarda s'éloigner, l'entrejambe tendue et les mains vides. Quoi, Musashi? Il vit le pêcheur entrain de pêcher. Qu'est-ce qu'il avait de paniquant là-dedans? Frustré par son plaisir inassouvi, il se leva brusquement et jeta un coup d’œil mauvais vers Musashi, qui avait aperçut Nora et revenait vers la terre ferme. «Tu vas m'en devoir une, le puant.» Siffla Samael méchamment, tout en remontant son pantalon. Il en voulait aussi à Eleonor, qui visiblement, accordait plus d'attention à ce pouilleux qu'à lui, son amant, qui réclamait son due. Fâché et terriblement jaloux, il écrasa sans pitié les feuilles d'Aloès qu'il avait cueilli pour elle et partit dans la direction opposée, les muscles tendus et le pas saccadé.

-Musashi! Qu'est-ce qui vous prends? Vous devez vous reposer. Bon sang, vous avez reçu un carreau dans la cuisse tout juste hier et vous...vous pêchez?  Sermonna Eleonor, le regard désapprobateur et les joues rouges. La guérisseuse avait reprit ses droits sur l'amante, elle en avait oublié complètement Samael. Cependant, sa chemise entrouverte et ses cheveux emmêlés,tombant en cascade sur ses épaules, en disant long. Indifférente à son apparence tentatrice, elle s'approcha du pêcheur qui était sorti de sa barque, un filet remplit de poissons appétissants. «Bon, laissez-moi voir vôtre jambe. Oh là, là, ça saigne!» Dit-elle en se penchant vers sa cuisse blessée. Effectivement, cela saignait, peu, mais tout de même. Surtout, ne mettez pas de pression, ça pourrait aggraver vôtre blessure. Appuyez-vous sur moi, je vais vous aidez à vous mettre au lit. Ce n'était pas une demande, mais un ordre, il n'avait pas de place au refus. Prenant le filet d'une main, et de l'autre elle le soutenu suffisamment pour que sa jambe blessée touche le moins possible le sol, ils retournèrent à la maisonnette. Essoufflée, la jeune femme le laissa choir dans son lit et se dirigea vers sa trousse médicinale pour en ressortir un bandage et un cataplasme à base d'orties et de milles-feuilles. L'appliquant délicatement, elle enroula la cuisse solide du bandage blanc et stérile.

-Bien, ça fera l'affaire, maintenant restez au lit, et ce, pour les deux jours à venir. C'est très important, sinon ça va  s'infecter. Il y a déjà de l'inflammation, au moins, nous avons trouvé de l'aloès, ça va vous soulager et...

Elle leva les yeux vers Musashi et le fixa pendant un instant, puis un «oh non!» sortit de sa bouche et sans autre explication, elle se précipita dehors, Azur sur ses talons. Scrutant l'horizon, L'Aasimar vit que Samael n'était plus là, où était-il parti? Soudain, Nora sentit quelque chose cogner son tibia, baissant les yeux, elle vit son panier d'osier vide et brisé, sans aucune feuille d'aloès dedans. Le vent l'avait ramené,mais  pas l'Archange. L'arrachant aux dents de son louveteau enjoué, elle le prit dans ses mains, le regard confus.

-SAMAEL! S'écria-t-elle terriblement inquiète. Aucune réponse. Bon sang,  pourquoi ne l'avait-il pas suivi jusqu'à Musashi? Il aurait dû être à ses côtés pour l'aider à transporter le blessé, mais non, il s'était éclipsé sans rien dire. Lui en voulait-il d'avoir interrompu leur étreinte? Ridicule. Anxieuse et frustrée, elle rentra dans la maisonnette et expliqua rapidement son trouble au pêcheur allongé.

-Mais enfin, qu'est-ce qui lui prend? Il est parti comme ça, sans  aucune explication. Sale orgueilleux, il ne pense qu'à...qu'à...sa foutue chose entre ses jambes, voilà! Est-ce que tous les hommes sont comme ça, Musashi?




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Musashi Jisaï
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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Ven 12 Juin 2015 - 17:47

Quand Musashi atteignit finalement la berge, Eleonor paraissait scandalisée. Elle sermonna le pêcheur à la manière d'une mère poule et cela était plutôt amusant pour l'homme, bien qu'il ne le laissa point paraitre. Elle l'amena jusqu'à sa maisonnette en prenant soin de ne pas le laisser forcer. Une fois dans ladite maisonnette, Eleonor ausculta son patient. Elle avait l'air grave, bien que Musashi ne sentait presque aucune douleur quand il était au repos. L'Aasimar lui ordonna de rester alité pour les deux jours à venir. «Un peu de temps pour méditer» pensa Musashi.

Soudainement, Eleonor laissa s'échapper un «Oh non!» avant de s'élancer vers l'extérieur. Le pêcheur n'en fut que surpris et se dit qu'elle avait du oublier l'arc-ange à quelque part. Il ferma les yeux et entreprit de se détendre

Quelques minutes plus tard, Eleonor revint, l'air dévastée et visiblement en proie à une sorte de panique. Elle lui demanda: -Mais enfin, qu'est-ce qui lui prend? Il est parti comme ça, sans  aucune explication. Sale orgueilleux, il ne pense qu'à...qu'à...sa foutue chose entre ses jambes, voilà! Est-ce que tous les hommes sont comme ça, Musashi?

Hébété, Musashi ne savait quoi répondre. Cette conversation le troublait au plus haut point, puisque lui même avait de la difficulté à saisir le sens de ses propres émotions. C'était sans aucun doute relié à ses années de solitude. Il inspira profondément et dit ce qui lui vint à l'esprit.

«Eh bien, pour commencer, Samael n'est pas un homme. Pas un homme ordinaire du moins. C'est une sorte de sur-homme, un arc-ange. Je ne puis donc me prononcer sur ses émotions et sentiments n'étant pas de son sang. Je peux parler pour moi, et pour ceux que j'ai connu. La réponse est prévisible et bien simple: Non. Tous ne sont pas des monstres d'orgueil, plusieurs le sont. C'est parfois le pouvoir qui rend ainsi. Loin de moi le désire de parler contre votre...» Musashi eut un moment d'hésitation mais repris sans tarder «ami, mais j'ai vu bien des hommes d'honneur s'enorgueillir par le pouvoir. La constante remise en question et l'humilité évite cela. Je connais très peu Samael, à vous de me dire s'il est ainsi. Un écart de conduite est pardonnable, mais je vous crois une Aasimar intelligente. Ne vous laissez pas abuser.» Il n'avait aucune idée de la validité de ce qu'il disait. Peut-être était-il en train de monter Nora contre lui.

Son esprit lui commandait de continuer, ce qu'il fit. «Vous semblez aimer profondément Samael et pour cette raison vous devriez le questionner. Le questionner sur les raisons de cette réaction. En fait, je ne sais nullement de quoi il est question. Ce que je sais, c'est que la colère ne mène à rien et que la compassion a sauvé plus d'un homme. Elle pourrait sauver, à tous le moins aider, un surhomme. La compassion est la pierre angulaire de l'existence.»

Les pensées se bousculaient dans l'esprit de Musashi. Le petit pêcheur philosophait comme il le faisait autrefois, avec les gens de son monde. Il se sentait revivre. Il venait de pousser une réflexion sur autre chose que de la simple survie. Il avait des relations humaines et c'était jouissif. Sa place n'était véritablement plus dans sa petite maisonnette, à faire l'ermite. Il brûlait de se rendre ailleurs. Il ne voulait plus rester seul. Il voulait devenir un homme meilleur.

«Allons le retrouver...»
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Dilemme    Lun 15 Juin 2015 - 15:38

Samael avait marché longtemps, la tête remplit de pensées hostiles et dévastatrices. Il sentait son cœur vouloir arracher de sa poitrine, ses muscles tendus comme jamais. La folie s'était emparé de son esprit, qu'avait-il? Elle n'avait rien fait de mal pourtant, elle était juste aller sermonner le pêcheur. En fait, Nora avait pensé plus au blessé qu'à elle-même, contrairement à son amant qui était aveuglé  par son  plaisir, plus rien d'autre ne comptait. L'amour avait empoisonné ses veines et son esprit. Bon sang, il était un archange, pas un homme! Il ne pouvait s'abandonner aussi facilement à la tentation, à la luxure...à l'amour. Sa rage se changea en désespoir. Samael avait tout abandonné pour elle et voilà où il en était rendu: l'ombre de lui-même. Soudain, le ciel le foudroya d'une lumière aveuglante, il tomba à genoux. Une voix terriblement grave le sermonna:

-Archange,tu n'as pas obéis et tu es parti. Tu as délaissé ta mission pour cette mortelle, tu as manqué à ton devoir envers ton peuple. 
-Pardonne-moi...pardonne-moi...Marmonna-t-il à genoux, le front dans le sable. Tremblant de tout son corps, il entendit le verdict. Ce fut le silence, puis la voix se fit plus douce:
-Je te pardonne, frère et j'ai entendu le cri de ton cœur. Reviens vers nous, ton peuple a besoin de toi plus que jamais. Délaisse cette humaine, elle ne t'est pas destinée. 
-Mais je...je... l'aime.
-Non, tu l'as désire, mais ton amour appartient aux Célestiels, dont tu as détourné le regard. Une seconde chance t'est offerte, reviens frère, reviens...


***

Visiblement, le pêcheur avait mal compris sa question, et il s'était aventuré dans un long monologue concernant l'orgueil et le pouvoir. En fait, la jeune femme aurait voulu en savoir plus sur l'homme face à la sexualité, mais ses années de solitude avait dû le contraindre en amour, Nora décida de ne pas le rendre plus mal à l'aise qu'il l'était et de l'écouter en silence. Après tout, ce qu'il disait était très profond et sage. Le pouvoir...Il était vrai que Samael avait changé depuis qu'il était devenu un archange, en puissance, mais aussi dans sa personnalité. Il était beaucoup plus prompt, impulsif aussi. Où était passé le Célestiel calme et sage qu'elle avait rencontré au Temple des Cinq? Était-ce à cause d'elle qu'il était devenu ainsi? Était-il devenu orgueilleux? Non...Elle entendit que le pêcheur finisse de parler pour approuvée:
-Oui, vous avez raison, Musashi, concernant l'orgueil et le pouvoir, mais Samael ne fait pas parti de cela. Je me suis mal exprimée. En fait, cela semble être plus de l'égoĩsme que de l'orgueil. Et peut-être...Sûrement de la jalousie. Voyez-vous nous étions entrain de...eh bien, de s'aimer. Elle ne put s'empêcher de rougir devant cette confidence si intime, elle évita d'élaborer davantage sur le sujet, puis continua d'expliquer: Soudain, je vous ai aperçu, je me suis levée et je suis accourus vers vous. Il l'a sûrement mal prit que je l'ai laissé là pour vous rejoindre. C'est pour cela que je suis en colère, parce qu'il est parti sans me prévenir, indifférent à votre sort et à l'inquiétude que je pourrais ressentir. 
Elle eut soupira et s'approcha de la fenêtre. Il n'y avait que le sable et la mer, Samael n'était toujours pas revenu. La voix de Musashi se fit profonde et rassurante:
«Vous semblez aimer profondément Samael et pour cette raison vous devriez le questionner. Le questionner sur les raisons de cette réaction. En fait, je ne sais nullement de quoi il est question. Ce que je sais, c'est que la colère ne mène à rien et que la compassion a sauvé plus d'un homme. Elle pourrait sauver, à tous le moins aider, un surhomme. La compassion est la pierre angulaire de l'existence.» 

La compassion est la pierre angulaire de l'existence...Comme c'était bien dit. Nora adorait ce genre de conversation philosophique aidant à l'épanouissement et à la compréhension de l'être. Oubliant temporairement son inquiétude, elle se tourna vers le pêcheur, la lumière éclairait sa tignasse d'or, la rendant plus angélique que jamais.
-La compassion ou l'amour? Questionna-t-elle d'un air narquois. Je crois plutôt que l'amour qui est la pierre angulaire de l'existence, comme vous le dites si bien, car voyez-vous si une personne ne peut ressentir de l'amour et les Dieux sont témoins que cela existe, elle ne pourra ressentir de la compassion. Pour moi, la compassion découle de l'amour, or c'est l'amour qui triomphe de tout, même de la haine et du mal. Effectivement, Musashi, j'aime profondément Samael, mais son attitude me laisse perplexe. Il agit comme un enfant insécure, comme s'il n'avait pas confiance en moi. Est-ce une fausse impression? Je ne sais, mais il est vrai, que j'ignore la véritable raison de son absence.

C'est alors que le pêcheur proposa d'aller retrouver l'archange. Elle resta interdite face à cette proposition. De un, parce que Musashi ne pouvait marcher, de deux parce qu'elle ignorait où se trouvait Samael. Il était peut-être parti pour de bon? À cette pensée anxieuse et ridicule, son cœur battit la chamade. La quitter sans lui dire au revoir? Non, non, pas après ce qu'ils venaient de vivre, c'était impossible. Il devait tout simplement boudé dans un coin. Eleonor se sentit soudainement faible.Cette faiblesse, ou plutôt cet épuisement, elle avait commencé à le ressentir à Simpliste, avant de revoir Samael. Elle avait mit la faute sur les récentes épreuves que la destiné lui avait fait subir, mais présentement, tout allait bien, enfin presque... Ce matin, elle s'était levée avec des nausées et elle avait peu mangé Avait-elle mal digéré le poisson? D'un soupir, elle s'assit sur une chaise en face du pêcheur  et répondit:

-Non, Musashi, nous allons entendre qu'il revienne, je ne vais pas courir après lui pour obtenir des réponses. C'est à lui de venir s'expliquer. Prenons plutôt du temps pour mieux se connaitre, savoir vos attentes face à l'avenir. Voulez-vous toujours nous accompagner? Cela vous irais d'aller à Quiétude? C'est un village où les aasimars et les tiefflins vivent en paix. Voyez-vous, mon unique quête présentement c'est de trouver ce lieu où je pourrais vivre tranquille, sans que quiconque veuille ma mort. Plusieurs acceptent mal notre existence, je veux dire, celle des Aasimars et des Tiefflins. Le Gantelet est notre pire ennemi, ses disciples seraient prêts à nous exterminer jusqu'au dernier, ils ont peur de l'inconnu, de la différence. Une fois, j'en ai rencontré qui voulait m'arracher mes ailes, vous vous imaginez? C'était horrible...Ces hommes sont capables de faire des choses si injustes et si cruelles, comment les Dieux leurs permettent d'exister et surtout, pourquoi?

Détournant le regard à la fenêtre, elle revit cette scène éprouvante, tout en racontant. Les disciples du Gantelet l'avait piégé et attaqué. Ils l'ont forcé à se mettre à genoux et au moment où ils allaient lui arracher les ailes, Samael avait descendu des cieux pour la sauver, une deuxième fois. Il avait bien failli tous les trucider, mais les fanatiques avaient supplier d'être épargné et avaient fui, seuls leurs chefs avaient été tué par l'archange justicier. Un justicier...Déglutissant, elle se tourna vers Musashi et demanda:


-Croyez-vous que Samael fait bien de rester à mes côtés? Il ne m'a pas tout dit des raisons de son retour, il est parti loin des siens, et j'ai l'impression que cet amour passionnel est entrain de le détruire, de lui faire oublier ce qu'il est: un archange.Comme si l'amour ne lui allait pas, ou plutôt, la passion. Oui, c'est cela, comme si la passion le rongeait. 
-C'est le cas...Cela me ronge jusqu'à la moelle, Nora. Répondit une voix grave en arrière d'elle. Eleonor sursauta en l'entendant et se retourna vers le seuil de la porte où se trouvait l'Archange. Combien de temps était-il rester là entrain de l'écouter? Perplexe, elle le dévisagea et se leva pour le rejoindre, mais il l'interrompit d'un geste de la main. Son regard...Il était si froid, si distant...C'est alors qu'il prononça les mots qu'elle craignait tant:


-Mon peuple me réclame, je dois partir.
-Quoi? Non...non..Marmonna Nora en se précipitant vers lui, s'accrochant désespérément à son cou. Tu ne peux pas encore me laisser! Samuel, je t'en supplie...Je vais en mourir...
-Il le faut, c'est mon devoir. Répliqua-t-il en restant de marbre et en repoussant légèrement l'Aasimar. Effarée, elle recula d'un pas et répliqua:
-Ton devoir est de rester auprès de la femme que tu aime.
-Je ne peux plus me permettre de t'aimer, Nora.Je veux retourné auprès de mon peuple, et y rester. 
Ce fut comme si la foudre était tombée sur elle. L'Aasimar le dévisagea un instant, puis sans crier gare, elle le gifla violemment. La claque retentit, il eut le silence et une profonde détresse. Le sanglot dans la voix, la jeune femme siffla:
-C'est donc ça, hein? Tu as obtenu de moi du plaisir et maintenant, tu en es satisfait? Merci et au revoir?
-C'est-exactement-ça. Répondit-il la mâchoire crispée et le regard vide de toute émotion, même si au fond de lui, il souffrait le martyre de lui briser volontairement le cœur.  Eleonor devint livide de rage et hors d'elle-même. elle rugit:
-Salaud! Je ne veux plus jamais te revoir! Elle se mit à bombarder son torse de coups poings violents et désespérés. À bout de souffle et sur le choc, sa faiblesse revint et elle perdit connaissance.


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MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Lun 15 Juin 2015 - 18:56

Un violent coup de poing vola à la mâchoire du célestiel. Musashi était debout et caressait ledit poing. Alors que l'arc-ange se préparait à dégainer pour riposter, Musashi le fixa intensément dans les yeux. Ceux de Samael étaient remplis de colère, mais on eut dit que ceux de Musashi riaient. «Allons dehors» dit simplement le pêcheur en agrippant sa cane pour aller effectivement vers l'extérieur. Musashi n'était pas agressif dans son ton de voix et il présentait maintenant son dos à l'Arc-ange, signe qu'il lui vouait une entière confiance et Samael le savait. Ce dernier était honorable et n'aurait pas frappé le pêcheur au dos même si l'envie ne manquait point. Il le suivit donc à l'extérieur pendant que Musashi oubliait Eleonor là. L'homme avait encore beaucoup à apprendre quant au traitement des pertes de conscience.

Une fois dehors Musashi fit face à l'arc-ange avant commençer de parler: «Tu dois t'en aller, c'est ce que j'ai compris. Alors va, je ne t'en empêcherai point.» Il reprit avec sarcasme «Cependant, je puis peut-être te faire la leçon avec ma grande sagesse de pêcheur ermite avant ton départ.» Il ricanait dans sa barbe sale avant de recommencer son monologue: «Le coup de poing était destiné à te réveiller. Je n'ai pas de haine pour toi.  Par ailleurs, je ne sais que très peu ce qui s'est passé entre toi et Nora. Je crois que c'était froid de ta part, mais l'amour, comme en parlait est quelque chose qui se partage. C'est pourquoi j'ai parlé de compassion. La compassion est ce que l'on donne. Elle t'a donné son corps et tu l'as reçu. C'était de l'amour, et plus que cela, c'était de la compassion, puisqu'elle ne désirait surement rien en retour. Une femme qui fait cela désire donner. C'est toi qui a manqué de compassion. Tu voulais recevoir. Il n'est pas facile d'être compatissant pour tout homme et très honnêtement, je n'ai aucune idée de la difficulté qu'il incombe à un arc-ange d'être compatissant.» Les yeux de Samael s'emplirent de larmes. Le monologue reprit «Je ne t'enseignerai pas la compassion, mais peut-être ais-je semé une graine dans ton esprit en discutant avec toi. Libre à toi de l'écraser ou de l'engraisser.»

Maintenant à genoux dans le sable, Samael cria «PARDONNE MOI NORA» avant de partir en sanglots plus intenses. Musashi continuait de le sermonner: «Vous êtes bon, je ne crois pas qu'il existe de gens méchants, seulement de bonnes personnes qui font du mal, consciemment ou non. Voilà pourquoi nous ne nous affrontons pas en ce moment même. Apprenez à vous exprimer. Vous aimez Eleonor mais vous deviez partir. Nul besoin de lui rompre le cœur en plus. Faire en sorte qu'elle préserve un bon souvenir de vous. Peut-être avez vous parlé ainsi pour partir sans remords et ne laisser d'attache sur terre. Humble de votre part, mais sachez vous servir des mots et de leur portée. Battez vous avec vos mots aussi bien que vous vous battez avec votre lame. Nul besoin de blesser quiconque, soyez compatissant Samael.»

Le monologue de Musashi était terminé et il rentrait chez lui. Samael avait maintenant le choix. Celui de dire un adieu emplit d'amour et de compassion à Eleonor ou partir sur cette note. Musashi estimait qu'il avait fait son devoir et partit s'occuper d'Eleonor.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Les dernières paroles d'un Archange   Mer 17 Juin 2015 - 16:07

Un cri la réveilla, lentement, elle ouvrit les yeux et fixa le dehors, le sable était si lumineux et le ciel si bleu...Eleonor était toujours couchée au sol, personne n'avait daigné prendre soin d'elle,excepté son louveteau, endormit en boule contre elle. Celle-ci n'eut même pas la force de le caresser, son corps était vide de toute énergie vitale. Son regard se détourna vers l'extérieur et se posa sur le plancher de bois écaillé. Nora prit le temps d'observer les moindres détails, les trous, la craque proche de son index, une fourmis égarée, la crasse, la poussière, les milliers d'acariens grouillants, une arrête de poisson moisie. C'était comme si le temps c'était arrêté, une partie d'elle-même s'en était allée. Samael...À son prénom, son cœur saigna, elle retrouva son souffle et se mit à sangloter comme un bébé. Combien de fois lui avait-il fait cela? L'abandonné ainsi et lui briser le cœur? Ce cœur qu'elle sentait encore battre dans sa poitrine, mais qui était pour de bon briser en milles miettes. Il n'allait plus pouvoir recoller les morceaux, c'était terminé. Le regard vide et le visage tendu, elle continuait à fixé le sol...Une impression sinistre l'envahit, son corps était paralysé, elle se sentait submergée par la mort et pourtant...Nora respirait,faiblement,mais elle était en vie et elle allait le rester. Certes, cela serait pénible de se remettre de cette rupture brusque et imprévue, car la jeune femme s'était tant donnée à l'Archange...Plus jamais elle n'aimerait à nouveau, l'amour ne lui apportait que de la tristesse et de l'insécurité. Elle lui avait tout offert, son corps, son âme et son cœur, et sans aucune pitié ni remord, juste avec une froideur hallucinante, il l'avait rejeté...Il avait abusé d'elle...La haine l'envahit, sentiment si proche de l'amour et si éloigné, première étape du deuil pour réussir à passer au travers. Les narines frémissantes et l’œil brillant d'une rage indéfinissable, elle réussit à retrouver sa volonté, ses doigts devinrent engourdis, son corps reprenait vie. Lentement, elle caressa le bois, se laissant imprégner de l'énergie du sol, la terre remplissant le vide qui l'étouffait. À cet instant, une autre femme avait remplacé la naïve et joyeuse Nora. L'endurcissement remplaça la tendresse, son magnifique regard vert n'émettait plus d'éclat, la survie prédominait. C'est alors que des genoux se posèrent vis-à-vis de son visage. Nora leva la tête et croisa non pas les yeux d'azur de Samael, mais le regard brun de Musashi. 
-Partons...d'ici. Souffla-t-elle faiblement. Je veux partir loin, très loin d'ici. 
***

Il avait mérité cette gifle et l'avait encaissé en silence. C'était tout à fait normal qu'elle réagisse ainsi et qu'elle l'accusait d'avoir abuser égoïstement d'elle, car tout menait vers cette certitude.Honnêtement, il avait du vrai dans ce que Nora affirmait, il avait prit tout ce qu'elle lui avait offert et maintenant il partait, pour toujours. Néanmoins, contrairement à un coureur de jupons sans scrupule, il l'avait aimé et l'aimait toujours profondément, mais cet amour, plus passionnel qu'autre chose , le détruisait à petit feu, l'homme ailé avait oublié qui il était, et ça, Samael ne pouvait se le permettre. L'archange ne l'empêcha pas de se défouler avec violence, elle en avait besoin, l'agressivité était nécessaire pour qu'elle passe au travers de cette humiliation et soudain, Eleonor s'écroula. Samael s'apprêta à la rattraper, mais une main le repoussa et un coup de poing le frappa en plein visage. Il vit noir pendant une fraction de seconde, son émotion de tristesse et de colère refoulée surgit tel une boule d'énergie puissante et incontrôlable. Vivement, le corps tendu et l’œil brillant d'une violence sans nom, il s'apprêta à répliquer, le pêcheur n'avait vraiment pas choisi le bon moment pour venger Nora, un archange au cœur brisé valait milles meurtriers. Cependant, le regard intense de Musashi retint son attaque. La raison eut le dessus sur ses émotions, l'Archange réussit à se contrôler, même si l'envie le démangeait d'étrangler l'humain. Samael avait déjà fait assez de mal comme cela, tuer un innocent ne le consolerait pas, loin de là. 
-Allons, dehors. Avait-dit Musashi calme, au regard moqueur. Riait-il de lui? La mâchoire crispée, il fut contraint de sortir et il jeta un dernier regard à l'Aasimar, toujours évanouie.
 
 Rendu dehors, Musashi se tourna vers lui et se mit à le sermonner concernant la compassion et l'amour. L'Archange n'était pas enclin à l'écouter, surtout après son coup de poing, mais malgré tout, les paroles du pêcheur vint l'imprégner plus qu'il ne l'aurait voulu. Oui, il avait été froid, il en avait honte, mais c'était le seul moyen pour qu'elle s'en sorte, Samael voulait que l'amour de Nora se change en haine pour mieux l'oublier, car il n'allait pas revenir, l'Archange avait prêté serment, son être ne pouvait appartenir à la fois à Nora et aux Célestiels. Le pêcheur continua son monologue, provoquant une prise de conscience chez Samael. C'était vrai, la jeune femme s'était donnée aveuglément à lui et il l'avait prise d'une manière possessive et égoïste. Bon sang, sur un plancher crasseux, à côté d'un homme blessé et inconscient! Elle n'avait même pas eu le droit à un contexte romantique digne d'elle et de l'amour qu'elle lui offrait sans aucune réserve. Comme disait si bien l'humain, l'amour était un sentiment réciproque, qui se partage. Or que lui avait-il donné? Oui, il lui avait sauvé la vie, mais il était programmé pour ça, sauver les gens et accomplir la justice, mais l'amour...la compassion...Samael déglutit et incapable d'en entendre plus, il s'éloigna, le reste des paroles du pêcheur se perdirent dans le vent désertique, Samael était déchiré. Il  revit ce regard vert tantôt si heureux et maintenant si désespéré, jamais il ne se pardonnerait de lui avoir causé tant de mal.  Sa douceur et son amour avait été la chose la plus merveilleuse qu'il avait connu, bien que les Célestiels essayaient de le convaincre du contraire, l'Archange l'aimait profondément,il ne faisait pas que la désirer. Dès qu'il s'envolerait pour les rejoindre, il ressentirait  le vide,  cette séparation imprévue lui faisait prendre conscience à quel point il était attaché à elle. N'en pouvant plus, il poussa un cri résonnant jusqu'aux cieux:

-PARDONNE-MOI NORA!
 
Les poumons en feu, il tomba front contre terre et sanglota, l'avait-elle entendu?Allait-elle venir à lui, entourer ses bras autour de son cou et le rassurer, lui pardonner? Lui jurer qu'elle n'allait pas arrêter de l'aimer et espérer malgré tout son retour? Même cette pensée était purement égoïste. Comment exiger une telle noblesse de cœur après lui avoir causé tant de peines? Il continua à sangloter, tandis que Musashi avait recommencé à parler. Son monologue l'encourageait à retourner vers Nora et la quitter avec amour, car selon lui, la laisser ainsi manquait de compassion, ce qui était vrai, mais l'humain ne comprenait pas...Il devait lui expliquer, le pêcheur était trop jeune pour saisir l'importance de son action. Ravalant ses larmes, Samael se leva lentement puis fixa un moment l'horizon. Il laissa le vent sécher son regard humide, se promettant de plus connaitre l'amour ni la tristesse, seulement la justice.  Entendant le pêcheur s'éloigner, il se tourna vers lui. L'Archange avait retrouvé son air calme et mesuré, son amour, sa haine, sa détresse étaient partis avec le vent, apportant ses dernières larmes. Cela ne servait plus à rien de se lamenter, l'heure du départ approchait.

-Attends, j'ai à te parler. Sache que tu as raison, l'amour et la compassion sont les deux choses qui vaut la peine de préserver, sinon, le monde ne serait que chaos et extinction. Autrefois, j'étais Séraphin et  mon rôle était d'aider et de protéger mon prochain, alors je sais plus que quiconque, plus que toi, qu'est-ce que la compassion. En mille ans de vie,  j'ai vu les pires crimes qui soient, des guerres dévastatrices, des innocents mourir, j'en ai sauvé beaucoup et j'ai tué beaucoup. J'ai vu et j'ai ressentis la compassion,la haine, la peur, la tristesse, mais l'amour...

Il eut un sourire triste et jeta un coup d’œil à la maisonnette où Nora se trouvait.Calmement, il s'approcha très près du pêcheur, son regard soutint intensément le sien. Samael déposa sa main sur l'épaule de son interlocuteur et continua:
-L'amour c'est la première fois que je le ressens. Nora m'a fait découvrir cette force à la fois si bienfaitrice et si destructrice si cela devient de la passion. Il faut aimé et non vouloir posséder, ce fut mon erreur. Mon amour a été souillé par la jalousie, la luxure aussi, et ça m'a presque rendu fou. C'est l'une des raisons pourquoi je pars, car je ne veux pas m'oublié et je ne veux pas qu'elle me voit m'oublier. La personne que j'étais entrain de devenir allait la faire souffrir, car mon égoïsme prenait le dessus sur mon amour. Musashi,  j'ai plus d'expériences et plus de compréhension sur la nature humaine que tu ne pourras en acquérir dans toute ta vie. C'est généreux de ta part de vouloir me rendre meilleur, de faire en sorte que je la quitte avec amour, mais...Il y a des choses que tu ne pourras comprendre, aucun humain ne pourrait comprendre. Je n'irais pas la voir ni la consoler, je l'ai fait souffrir pour une raison précise et très concrète, mais je n'irais pas la faire souffrir à nouveau,  inutilement. C'est aussi de la compassion que de châtié ceux qu'on aime. Certes, j'ai été dure, froid, et semble-t-il cruel, mais...Une personne qui touche le fond du baril est souvent porter à revenir à la surface, son instinct de survie le commande. C'est pareil pour Nora, elle va remonté à la surface, car elle est forte. Elle est très forte...

Il détourna son attention du pêcheur et fixa la porte de la maisonnette, la silhouette de Nora était toujours absente, il en était soulagé. C'est alors qu'un sentiment serein l'envahit. L'Archange avait fait ce qu'il fallait, toute trace de honte ou de culpabilité disparurent. Nora ne lui était pas destinée, un autre allait mieux s'occuper d'elle et l'aimer à sa juste valeur. Elle allait s'en sortir, bien que pour l'instant, l'Aasimar risquait de se détourner de l'amour, mais il était persuadé qu'elle allait aimé à nouveau, car Eleonor était née pour l'amour. D'un soupir, il dévisagea le pêcheur silencieux et dit:
- Je l'ai aimé dès que je l'ai vu, d'un amour sincère et profond, et je veux que tu lui dise, pas maintenant, mais quand tu sentiras qu'elle est prête à l'entendre, que je continuerais à l'aimer et qu'elle restera à jamais la seule femme présente dans mon cœur. J'espère qu'elle va me pardonnée, mais je n'exige plus rien d'elle, juste son bonheur. Aujourd'hui, j'ai vécu la plus dure guerre qui soit de mon existence. J'espère que tu ne seras jamais confronté à un tel dilemme. Il prit une pause et fixa le ciel. Il était voilé, la lumière perçait les nuages fins, créant une couleur verte si semblable au regard de Nora. Le cœur serré, il termina: Or, j'ai prêté serment de servir mon peuple en tant qu'Archange, et ce, pour l'éternité. Toi qui connait si bien le sens du devoir, tu sais que c'est impossible de s'en déroger. Que vaut un homme s'il n'écoute pas sa légende personnelle, le pourquoi il est fait? Il entraîne tous ceux qui l'aiment dans sa chute et dans son malheur. Je veux continuer d'aimer Nora, tout en restant moi-même, et pour ça, je dois partir. Un jour, elle comprendra, tu lui expliqueras. Je te demande une dernière chose: Prend-soin d'elle comme la prunelle de tes yeux, et ce, jusqu'à votre arrivée à Quiétude. Après, tu seras libre de faire ce que tu veux, mais elle a besoin d'être protégé. 

L'Archange savait qu'elle était entre de bonnes mains, Musashi était un guerrier hors pair et sincèrement, peu d'hommes lui avaient tenu tête aussi longtemps durant un combat. Samael était rassuré sur le sort de la jeune femme, il pouvait partir en paix, même si son cœur était vide et meurtri. Nora avait enfin un protecteur sur qui s'appuyer, ce n'était plus de son ressors d'aller la secourir, il ne pouvait plus se le permettre, au risque de chuter encore dans l'indécision. Samael assumait son choix, maintenant les siens l'attendaient. L'Archange avait hâte de les retrouver, de se battre à leur côté. Ses ailes s'agrandirent, il sourit une dernière fois au pêcheur, une grimace suivit, sa mâchoire était encore endolorie par le coup de poing de l'humain. D'un air sage, il dit  avant de s'envoler:

-Un conseil: La violence amène la violence, alors n'utilise plus cette technique pour raisonner quelqu'un, cela ne sert à rien et tu risque de te faire tuer, surtout si le têtu est plus fort que toi. Ne-sous-estime-jamais-ton-rival et ne lui fait pas confiance, car un animal blessé est imprévisible. Tous n'ont pas mon contrôle, Musashi. Le contrôle mène à la victoire et la colère mène à la défaite et à la mort.  Excelle dans tous les styles d'arts martiaux qui existent afin de déjouer et d'être meilleur que ton adversaire. Il n'y a pas plus déroutant qu'un combattant qui devient ton miroir. Sur ce, prend soin de toi, et surtout d'elle. Maintenant, merci et adieu!
Un éclair de lumière les engloba au même moment que Samael quitta le sable et s'envola. Il disparut dans le bleu du ciel, laissant Musashi pensif sur la berge. Nul ne pouvait savoir à quoi pensait le pêcheur, mais après un instant, il retourna dans sa maisonnette prendre soin de sa nouvelle responsabilité, Eleonor. Celle-ci avait ouvert les yeux et suppliait de quitter ce lieu qui lui rappelait tant Samael et leur nuit d'amour. Tout c'était passé si vite, la peur de le savoir mort par la succube, son retour à la maisonnette de Musashi,  leur ébat passionné et inoubliable, leur étreinte proche de l'aloès, sa fuite, son départ...Il fallait qu'elle parte, mais sa blessure à la cuisse allait retardée leur départ, ce qui était insoutenable pour l'Aasimar, l'endroit l'oppressait. La seule solution était de le guérir par son don, mais Eleonor avait faim et épuisée par ce qu'elle venait de vivre. Pourtant, la jeune femme n'avait pas le choix, elle devait trouver la force de le guérir, afin de quitter à jamais cette maudite maisonnette. Déterminée, elle se leva et se dirigea vers le filet posé sur la table, des poissons y abondaient. En silence, le visage neutre, elle se mit à cuisiner comme si rien ne s'était passé. Nora sentant le regard perçant du pêcheur, peut-être s'attendait-il qu'elle parle? Qu'elle exprime sa tristesse, ou plutôt son désespoir de s'être fait abandonné comme un déchet puant? Non, elle n'allait rien dire, ni pleurer. La seule chose qu'elle voulait s'était de manger afin de reprendre des forces pour le guérir. Un fois fait, ils partiraient et commenceraient leur voyage à travers l'immense désert de Varakir pour rejoindre Quiétude. Plus rien d'autre ne comptait.  Enfin, pour l'instant...


Eleonor, l'Ange d'Or
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Musashi Jisaï
Le Gourdin
Le Gourdin
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Âge : 36
Philosophie : Instinct
Divinité(s) : Ne s'y intéresse pas.
Faction ou Clan : Aucune alliance

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Races: Varakirois
Réputation:
260/5000  (260/5000)
Adage: La compassion est la pierre angulaire de l'existence
MessageSujet: Re: Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé   Sam 20 Juin 2015 - 19:32

«La violence amène la violence» Ces paroles raisonnaient dans la tête de Musashi. Si tel était le cas, pourquoi Samael avait-il brutalisé Eleonor avec ses paroles? Le pêcheur était perdu. L'archange honorable aurait pu simplement dire à Eleonor qu'il devait partir. Son départ aurait certes blessé Eleonor, mais comme elle l'aimait d'un amour pur elle l'aurait laissé partir et aurait comprise, Musashi était certain de cela. Il était cependant trop tard. Samael l'avait blessé trop fort et le mal était fait.Cela n'importait plus réellement maintenant. Il incombait à Musashi d'aider Nora à recoller ses morceaux. Lourde tâche pour un ex-ermite qui n'y connaissais rien en relations sociales.

L'homme reprit la direction de sa maison et rentra pour y trouver, à sa grande surprise, une Eleonor en train de cuisiner. Décidément, la situation lui échappait. Il recentra ses esprits en fixant l'aasimar qui ne semblait pas l'avoir remarqué. Il pensait à la situation précédente et ne comprenait toujours pas la réaction de Samael. Peut-être avait-il, toutes ses années de service, mélangé devoir et compassion? Déboussolé, il chassa vite ces idées de son esprit en se disant qu'il était parti et ne reviendrait plus. Le deuil n'incombait pas à Musashi, mais bien à Eleonor.

Il s'approcha lentement de l'aasimar et lui tappa sur l'épaule. Le pêcheur dit avec la plus grande des simplicité: «Où allons nous?»
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Chez le pêcheur (PV Nora et Musashi) Terminé

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