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 Thalasso en eaux troubles

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MessageSujet: Thalasso en eaux troubles   Mer 27 Juin 2012 - 20:48

Bercé par le rythme des amples foulées de sa monture, Fergal faisait des moulinés avec son bras gauche pour étirer ses muscles douloureux. Lors de l'affrontement dans le sable des terres arides, le combattant avait essuyé un violent coup de marteau. S'il n'avait rien ressenti sous l'effet de l'adrénaline et de ses muscles encore chauds, les choses avaient changé maintenant qu'il chevauchait depuis de longues heures. Malgré les nombreuses pauses faites en route, la brûlure qui lui tétanisait le côté était de plus en plus handicapante.
Une gêne qu'il ne pouvait pas se permettre vu la situation dans laquelle il était. Seul, loin des autres membres de sa section, il se devait d'être en pleine possession de ses moyens. Les choses pouvaient facilement mal tourner et il n'avait aucune envie de s'imposer un handicap.

Puis, tandis que les toits du village maritime se dessinaient dans le ciel à l'horizon, il eut une idée. Pour l'instant, personne ne savait que le groupe de varakinois renégats avait été intercepté. Ceux qui les attendaient au sud du continent ne devait pas les attendre avant plusieurs jours et seuls les arrache-sables de sa section, en qui il avait pleine confiance, savaient qu'il avait trouvé quelque chose.
Bref, s'il devait faire un arrêt c'était maintenant pendant que personne ne risquait de se lancer à sa suite, et quoi de mieux pour cela qu'une ville commerciale extrêmement passante où il pourrait sans mal passer inaperçu et trouver un guérisseur ?
Reprenant contact avec la bouche du gris, le tiefflin l'incita à se tendre avant de le lancer au galop.

Quelques minutes et plusieurs longueurs de route plus tard, il repassa au pas pour pénétrer dans les rues animées du port commercial. Balayant rapidement la foule du regard, il remarqua très vite un gamin crasseux qui guettait les bourses des badauds en goguette. Arrivé à sa hauteur, il le héla en mettant la main sur le pommeau de son sabre. L'homme du désert préféra lui faire comprendre tout de suite que sa vie était en jeu, afin d'éviter de se faire rouler dans la farine.

    - Dis-moi, saurais-tu s'il y a des guérisseurs qui traînent dans le coin aujourd'hui ? demanda-t-il en le fixant droit dans les yeux.


S'il avait voulu l'impressionner en lui faisant comprendre qu'il n'était pas un naïf marchand étranger perdu dans cette immense fourmilière portuaire, Fergal avait complètement oublié l'effet que pouvait avoir son regard sur une personne non avertie. En général, les habitants des zones commerciales de Varakir voyaient passer suffisamment de monde pour ne pas s'affoler en croisant un tiefflin, après tout ce n'était pas comme s'il avait été une goule, mais parfois il arrivait qu'un cul terreux qui débarquait de sa campagne s'émeuve devant ses yeux cramoisi qui criaient leur ascendance démoniaque. Visiblement, on était dans ce cas de figure...

    - Ou... oui... Mon sei... seigneur... ! Tout à l'heure une femme étr... enfin pas comm.. Elle cherchait après la maison d'un mala... pour lui porter secou... euh... pour qu'une célèbre guérisseuse le soigne, je crois... ça avait l'air urgent ! Elle est... euh... Là-bas ! Oui, c'est ça ! Vous la reconnaîtrez.... elle a des... enfin des ... "cheveux" ?!... verts ! parvint-il à articuler en tentant de ne pas paniquer.


Amusé qu'on l'appelle Seigneur, ça n'arrivait pas tous les jours, mais aussi ravi que le gamin ai réussi à ne pas se faire dessus devant lui, le cavalier en armure fourragea dans les sacoches de son coursier. Il finit par mettre la main sur la bourse de l'ancien propriétaire et y piocha une ou deux piécettes, qu'il lança ensuite au gamin ahurit.

Sans attendre que le mioche ai fini de ramasser le prix de ses renseignements, le jeune Thanatosian prit la direction indiquée au pas. Sa position en hauteur sur le dos de son compagnon lui permit de repérer assez aisément la chevelure verte de l'hypothétique guérisseuse. Se frayer un chemin jusqu'à elle fut un peu plus compliqué.
C'est donc au prix de quelques efforts et d'un peu de patience que Fergal parvint jusqu'à la jeune femme. Il comprit aisément le trouble de l'enfant en voyant qu'il s'agissait d'une aasimar, le pauvre gosse aurait eu affaire à un représentant des deux races d'ascendance surnaturelle, dans la même journée ! Le rire aux lèvres, il interpella l'inconnue.

    - Excusez moi de vous importuner ainsi, mais on m'a dit que vous aviez des connaissances médicinales, est-ce vrai ? Car voyez-vous j'aurai besoin des compétences d'un guérisseur pour soigner les séquelles d'un combat auquel j'ai dû prendre part ! Je sais qu'on vous attend ailleurs, alors ça peut attendre un peu ou je peux vous accompagner, si vous préférez ? expliqua-t-il en essayant de se montrer le plus affable possible.
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MessageSujet: Re: Thalasso en eaux troubles   Lun 9 Juil 2012 - 15:42

Une fois rentrée de sa mission en territoire orc et après avoir quitté Thaom non sans peine car elle s’était attachée malgré tout à cette guerrière aux manières rustres et maladroites, Luxya se mit tout de suite au boulot sans perdre une petite minute de plus. Elle chercherait Nassa une fois sa mixture à base de mélisse préparée. En effet cette dernière n’avait pas été présente au retour de la jeune aasimar mais Luxya ne s’en souciait guère car sa maîtresse ses derniers temps n’était plus très présente à la boutique. Luxya avait pris l’habitude de tenir seule la maison. Il lui fallut très peu de temps pour préparer la potion car la jeune femme aux yeux lavande était très sure d’elle. Cela faisait des années qu’elle préparait des remèdes, peut-être moins complexes que celui-ci mais à la base la préparation était sensiblement la même. Elle plaça sa décoction dans un endroit frais pour qu’elle reste fraiche et ainsi garder toutes ses vertus curatives. Cette potion se conservait environ trois jours donc Nassa devait partir aujourd’hui à cheval pour arriver à temps pour soigner sa cousine. En parlant de cette dernière, elle arriva dans la boutique alors que Luxya terminait de ranger tous ses ustensiles comme son pilon et son mortier. La maitresse de Luxya lui fit un grand sourire et lui dit :

« Contente de te revoir Luxya. Comment s’est passé ton voyage ? Il ne t’est pas arrivé trop d’ennuis j’espère ? Ton remède est-il prêt » demanda-t-elle d’un air anxieux. « Alya est de plus en plus mal et je ne dois pas trop tarder à partir »

Luxya était vraiment heureuse de voir la belle aasimar aux cheveux blancs. Nassa était toujours aussi gracieuse et parfaite. C’est le cœur léger que répondit la jeune femme :

« J’ai terminé la potion ne t’inquiètes pas, ce n’était pas bien compliqué mais par contre trouver de la mélisse ne fut pas une petite promenade de santé, je t’assure » et Luxya raconta toute l’histoire à son maitre sans oublier aucun détails. « Garde cela pour toi bien sûr s’il te plait car je n’ai pas très envie que tout Bélin sache qu’un enfant mi-ange mi-démon vit chez le vieux marchand Sanovian » L’aasimar lui répondit que bien certainement elle n’en parlerait à personne autour d’elle. C’était l’évidence même.

« Maintenant je pense que tu devrais partir car le remède ne se conserve que trois jours. J’ai peur que si l’on tarde trop celui-ci ne soit finalement plus efficace »

« Je pars de suite. Un grand merci pour ton aide ma chérie. Je te nomme officiellement guérisseuse confirmée. Je n’ai plus rien à t’apprendre désormais. L’Académie d’Urion se chargera du reste si tu vois ce que je veux dire » et elle lui fit un clin d’œil malicieux.

« Il faudra que l’on parle de ton avenir à mon retour chère demoiselle. Ah au fait, un messager est venu hier pour demander nos services auprès d’un certain Erwan Marwal qui souffrirait de nombreuses contusions et de côtes fêlées suite à un règlement de compte assez violent au port de Varakir. Pourrais- tu t’y rendre dès que tu peux ? Si tu savais me ramener des fraises également. J’en ai très envie en ce moment, je ne sais pas trop pourquoi. C’est là qu’ils vendent les meilleurs fruits. Je reviens au plus vite. A bientôt ». Elle déposa un baiser sur le front de Luxya et s’en alla prestement.

Luxya resta deux jours complets à se reposer de son voyage en territoire orc. Toute cette aventure l’avait épuisée et refaire un voyage jusqu’au port de Varakir sans se reposer c’était de la folie. La jeune aasimar se demandait souvent ce que pouvait bien faire Thaom et si cette dernière avait trouvé un endroit pour vivre décemment. Elle pensait également beaucoup à Liam même si elle savait très bien qu’il était en de bonnes mains. Luxya ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour lui. La jeune femme en profita également pour passer au temple et apporter une offrande à son Dieu protecteur Solarim le Guide. Elle pria et le remercia de sa bonté et de sa protection. Finalement elle prépara un sac avec un peu de nourriture, de l’or que Nassa lui avait laissé pour acheter des fraises *Quelle drôle d’idée. Elle est bizarre parfois. Enfin bon si cela peut lui faire plaisir* pensa Luxya pensive. Elle y mit également de la pommade d’Arnica pour soigner les contusions et les ecchymoses, des racines d’une plante appelée curieusement « Griffe du diable » pour l’inflammation et enfin de la Camomille pour la douleur car elle ne doutait pas un instant que le malade souffrait de ses côtes fêlées. Elle était enfin prête pour partir.

Cette fois-ci Fileg ne l’accompagnerait plus car Monsieur avait mieux à faire. Effectivement il avait fait connaissance d’une jolie oiselle aux plumes pourpres et au doux chant envoutant. *S’il est heureux c’est le principal* se disait Luxya, même si celle-ci aurait préféré qu’il l’accompagne. Donc Luxya partit sur les chemins seules et le cœur un peu gros. Elle mit environ une journée et une nuit pour arriver au grand port de Varakir. Tout comme la première fois qu’elle y était passée de son retour de la jungle noire, l’endroit était bondé de monde. Sur place la jolie aasimar se rendit compte qu’elle ne savait même pas ou habitait le bonhomme en question, cet Erwan Marwal. Elle se décida donc à demander autour d’elle. Peut-être que quelqu’un savait où se situait la maison du blessé. Elle demanda à plusieurs personnes qui ne savaient pas plus qu’elle ou plutôt qui se détournaient en voyant qu’elle était une aasimar. Elle faisait peur aux gens sans le vouloir et cela la rendait triste. Elle s’assit un instant sur une grosse dalle de pierre. Elle allait désespérer lorsque quelqu’un l’aborda :

« Excusez moi de vous importuner ainsi, mais on m'a dit que vous aviez des connaissances médicinales, est-ce vrai ? Car voyez-vous j'aurai besoin des compétences d'un guérisseur pour soigner les séquelles d'un combat auquel j'ai dû prendre part ! Je sais qu'on vous attend ailleurs, alors ça peut attendre un peu ou je peux vous accompagner, si vous préférez ? »

Luxya posa son regard d’améthyste sur un homme à l’allure extraordinaire. Il était très grand et faisait presque deux têtes en plus que la jeune femme. Elle devinait une musculature développée sous son armure. Il portait de longs cheveux bruns. Son visage était beau dessiné de traits fins. Ses yeux couleur rubis devait faire peur à plus d’un mais cela ne dérangea aucunement la jeune aasimar. Elle ne jugeait personne sur son physique, enfin elle essayait du moins. De par son regard pourpre Luxya n’eut aucune difficulté à deviner qu’elle avait à faire à un tiefflin. *Décidément qu’est-ce qu’ils ont tous à se battre de la sorte ? Celui-ci m’a l’air d’être un guerrier ou quelque chose comme cela. Avec une armure pareille cela ne peut être autrement*. Elle ne put s’empêcher de l’observer un moment et finalement elle lui répondit en lui souriant doucement :

« Effectivement vous venez de trouver une guérisseuse. Je vous aiderai volontiers mais effectivement je dois d’abord me rendre chez un patient que j’ai décidément du mal de trouver. Je ne suis pas du tout de la région et j’ai des difficultés à m’y retrouver. Sauriez-vous m’aider à dénicher la maison d’ Erwan Marwal s’il vous plait ? Cela m’avancerait beaucoup». Elle regarda le tiefflin droit dans les yeux en attendant sa réponse *J’espère qu’il saura m’aider*.
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MessageSujet: Re: Thalasso en eaux troubles   Mar 10 Juil 2012 - 19:43

En réponse à sa question, Fergal eut droit à un regard inquisiteur de son interlocutrice. C'était toujours quand il était face à un aasimar, qu'il était le plus facile pour lui de comprendre ce que ressentaient les humains face à ceux de son espèce. Ni déplaisant, ou même désagréable, ce type de rencontre avait le don de l'amener à s’interroger sur l'antagonisme de leurs ancêtres respectifs.
Au cours des nombreux voyages qui avaient constitué sa jeunesse, il avait souvent entendu des légendes et des contes qui disaient que les anges étaient venu prêter main forte aux humains pour lutter contre les redoutables créatures de l'Outremonde. Dès lors, une association d'idées dans les pensées de l'enfant qu'il était, l'avait amené à considérer que les anges, par conviction ou territorialisme, étaient comme ces humains qui voulaient éliminer toutes les créatures d'ascendances démoniaques. Difficile alors, de les voir autrement que comme des ennemis naturels !

Mais en grandissant, sa vision des choses s'était arrangée. D'ailleurs, il n'émanait aucune haine de la jeune fille qui lui faisait face. Cela venait peut être du fin duvet présent sur certains endroits de son corps, mais la demoiselle lui faisait penser à l'un de ces petits oiseaux exotiques qui peuplaient les contrées lointaines. Elle ne semblait être que délicatesse et fragilité.
Bien loin de l'image des créatures prétentieuses et vindicatives, qu'il s'était fait des descendants des anges.

Autre bonne nouvelle, il s'agissait bien d'une guérisseuse. Le gamin qui l'avait renseigné ne lui avait pas menti. C'est donc avec un sourire reconnaissant que le tiefflin accepta l'offre de la jeune femme.

    - Parfait, qu'il en soit ainsi ! Je ne connais pas cet... Erwan Marwal, mais rien ne m'empêche de me renseigner. lui déclara-t-il en lui tendant la main pour l'aider à se relever. Puisque nous allons être amené à faire équipe, laissez moi me présenter ! Fergal Thanatosian, membre de l'armée du Seigneur de Varakir ! lui confia-t-il pour montrer ses bonnes intentions.


Saisissant les rênes de sa monture un peu en dessous du mors, il l'entraîna à sa suite. L'homme du désert eut d'abord l'idée de faire à nouveau appel aux services du gosse des rues, mais celui-ci s'était évanoui dans la nature. Une autre stratégie s'imposa toutefois à lui, au moment où il vit passer un soldat. Confiant les rênes de son cheval à la jeune guérisseuse, Fergal se porta à la rencontre de l'autre défenseur des sables.

    - Soldat ! Pourriez-vous me dire où trouver Erwan Marwal ?

    - Euh... Je ne sais pas... Ça doit bien faire trois jours que je ne l'ai pas vu ! Oui, la dernière fois c'était lors de son altercation ! Mais qu'est-ce qui se passe ? Il a des problèmes ? demanda-t-il visiblement inquiet.

    - Nous sommes simplement à sa recherche pour lui porter secours, on nous a dit qu'il avait besoin d'une guérisseuse. expliqua l'homme aux longs cheveux bruns, en montrant la femme de l'art qui se tenait près de sa monture à deux pas de lui.

    - Ah, d'accord ! Il doit surement être chez lui, le temps de récupérer. Sa maison se trouve dans les collines là-bas, c'est celle de la première allée qui se trouve au plus près de la falaise avec des fagots de brindilles sèches sur le côté. indiqua-t-il en montrant du doigt le petit village qui s'était constitué en marge du port.


Le remerciant d'un signe de tête, Œil de Sang rejoignit sa complice pour l'informer qu'il savait où trouver leur homme. Le petit duo se mit donc en route sans perdre une minute.
Se déplacer sur les quais du port n'était pas une chose aisée, si le cheval leur permettait de s’approprier certaines priorités, il devenait également parfois trop encombrant pour couper au travers de certains passages. Contournant les diverses cargaisons en transit, le soldat aux yeux écarlates fut interpellé par une voix familière. Tournant la tête il aperçut un marchant qui partait souvent s’approvisionner sur le territoire Orc.

    - Par le grand Solarim ! Tu es bien la dernière personne que je m'attendais à trouver ici ! Qu'est-ce qui amène un Arrache-sable si près des côtes ? demanda-t-il en donnant une accolade à celui qui le dépassait d'une tête et demi.

    - Rien d'important... Et toi, que viens-tu vendre aujourd'hui ? demanda Fergal un peu gêné par ce témoignage d'affection.

    - Des fruits ! Quoi de mieux pour étancher la soif quand on traverse le désert qu'un bon fruit juteux, hum ? questionna l'homme avec un sourire amusé, en montrant d'un geste évasif les caisses qui lui appartenaient et son subalterne qui vendait déjà certains fruits aux travailleurs du port et aux marins prêts à embarquer.


La conversation dura quelques minutes, pendant lesquelles le marchand se plaignit notamment de Faolan qui devenait de plus en plus insupportable, ce qui ne manqua pas d'amuser le plus jeune des frères Thanatosian. Un éclat de rire qu'il regretta amèrement lorsque sa douleur au flanc se rappela à son bon souvenir.
Ils reprirent donc leur progression vers les habitations des collines, tandis que le vent du large commençait à se lever.

Enfin parvenu dans les hauteurs, ils découvrirent des habitations sommaires, faites de pierres brutes empilées et rongées par l'air du large. Les visages des habitants étaient fatigués et soucieux, trahissant leurs rudes conditions de vie. Car c'était les gens du petit peuple qui vivaient ici, ceux qui charriaient les cargaison des navires marchands et autres basses besognes éreintantes. Seuls quelques hommes, ayant un poste plus important qui réclamait une présence constante, occupaient l'une de ces cabanes en pierre quand ils n'étaient pas avec leurs familles.
Mais au delà d'une vie difficile, celui qui servait au sein de l'Evesthuram sentait quelque chose qui clochait. Il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, mais il pouvait déjà presque entendre Litrish ricaner...

Caressant le chanfrein de son cheval en lui demandant de s'arrêter, le guerrier observa les ballots qui s'entassaient contre le mur de l'une des bâtisses. Bien qu'en aussi mauvais état que les autres, la maisonnée montrait clairement des signes d'occupation.

    - Je crois que nous avons trouvé votre patient ! Prête à faire votre office ? demanda-t-il à la jeune femme en plongeant son regard rubis dans les yeux lilas de l'aasimar.
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MessageSujet: Re: Thalasso en eaux troubles   Mar 17 Juil 2012 - 15:46

Le tiefflin lui lança un sourire qui avait l’air sincère et lui répondit tout en l’aidant à se relever de son siège de fortune :

Parfait, qu'il en soit ainsi ! Je ne connais pas cet... Erwan Marwal, mais rien ne m'empêche de me renseigner. Puisque nous allons être amené à faire équipe, laissez moi me présenter ! Fergal Thanatosian, membre de l'armée du Seigneur de Varakir !

*Je savais qu’il était un soldat ou un guerrier. Il a fière allure dans son armure. On dirait un prince ! Il est vraiment très beau*. Luxya avait du mal de détacher son regard de celui du tiefflin. Celui-ci lui aurait avoué qu’il pouvait hypnotiser les gens d’un seul regard elle l’aurait cru sans hésiter. Soudain Fergal héla un soldat qu’il avait repéré et le rejoignit en laissant le soin à la jeune femme de tenir sa monture en attendant son retour. Luxya observa les deux hommes dialoguer un petit instant. Le soldat inconnu fini par pointer du doigt un petit village près des collines à la sortie du port. Le jeune tiefflin rejoignit aussitôt l’aasimar et tous deux se dirigèrent en direction de la petite bourgade qu’avait indiquée l’inconnu à Fergal.

Le beau soldat reprit les rênes de sa monture et la conduisit, avec l’aasimar près de lui, parmi la foule de badeaux qui se pressait tout autour. Ce n’était vraiment pas facile car le cheval occupait beaucoup de place et plusieurs personnes rouspétaient de devoir changer brusquement de direction pour ne pas prendre le cheval de plein fouet. Soudain ils entendirent tous les deux une voix qui interpellait le démon d’une voix forte :

Par le grand Solarim ! Tu es bien la dernière personne que je m'attendais à trouver ici ! Qu'est-ce qui amène un Arrache-sable si près des côtes ?

L’homme vint les rejoindre avec sa carriole pleine de beaux fruits juteux à souhait. Luxya n’écouta pas la conversation des deux bougres car elle pensait à tout autre chose * Ah oui c’est vrai je dois acheter des fraises pour Nassa. Je ne vais pas les prendre maintenant car elles ne seront plus fraîches à mon retour. Je les achèterai juste avant de rentrer à Bélin. Par contre je me laisserais bien tentée par une belle pêche bien goûteuse.* Elle s’approcha de la carriole pleine à craquer en laissant Fergal à sa conversation. Elle choisit la plus belle et la paya. Elle la mangea en quelques secondes tellement ce fruit était un plaisir pour les papilles. Un goût sucré et doux parfumait la bouche de la jeune femme. Il ne lui restait que le noyau qu’elle jeta discrètement sur le côté. Une fois son en cas terminé elle regarda en direction de Fergal. Celui-ci éclata d’un grand rire mais qui fut de courte durée car le visage du tiefflin fut soudainement parcouru d’une grimace de douleur. *Visiblement il souffre le pauvre. Je vais le remettre d’aplomb. Il va goûter à ma pommade extrêmement efficace contre les contusions. Mais d’abord Erwan Marwal. Il est temps que l’on parte*. Elle se dirigea vers les deux hommes et comme si le démon avait lu dans ses pensées, il prit congé de son ami et le duo repartit en direction des collines.

Le vent commença à s’engouffrer dans les cheveux légers de la jeune aasimar lorsqu’ils atteignirent enfin le petit village. Celui-ci paraissait si morne et triste. Les quelques personnes qu’ils croisèrent avaient l’air épuisées et complétement vides de vitalité et de joie de vivre. Luxya avait pitié pour eux. *Pourquoi tous ces gens ont l’air si malheureux ?* L’ange frissonna et se sentit un peu plus mal à l’aise tandis qu’ils s’enfonçaient dans les rues. *Je vais vite soigner cet homme et puis j’aiderai Fergal mais pas ici. Je n’aime pas cet endroit. Je ne sais pourquoi mais plus vite je serai partie, plus vite je serai de nouveau en paix* Le tiefflin s’arrêta soudain en face d’un des bâtiments. Celui-ci possédait de la paille sur le côté et apparemment était la maison de Marwal. *On va vite être fixés* se dit Luxya. Le tiefflin regarda de nouveau la jeune femme dans les yeux et lui demanda :

Je crois que nous avons trouvé votre patient ! Prête à faire votre office ?

*Décidément ce Fergal à l’art de me faire perdre mes moyens* pensa Luxya un rien gênée. Elle réussi tout de même à détourner les yeux et lui répondit sur un ton joyeux :

« Bien sûre que je suis prête Fergal. Loin de moi l’intention de me vanter mais je pense que l’art de la guérison n’a plus beaucoup de secrets pour moi. Mise à part peut- être la guérison par la magie… Ah au fait je n’ai pas eu l’occasion de me présenter. Je m’appelle Luxya Silmë et comme vous l’aurez remarqué je suis guérisseuse. Je travaille pour Nassa Ungoliant de Bélin. Bon je vais y aller. Restez dans les parages et attendez-moi. Je ne serai pas trop longue ».

A ces mots, elle frappa à la porte et se présenta brièvement pour prévenir de sa présence. La porte s’ouvrit doucement sur une femme aussi maigre qu’une ficelle. Elle avait les joues creuses et de grandes cernes sous les yeux. Elle paressait plutôt effrayante mais Luxya avala sa salive et respira calmement pour ne pas laisser paraître sa peur. La jeune aasimar s’engouffra dans la chaumière à la suite de la femme. Elle fit un faible sourire à Fergal avant de refermer la porte derrière elle.

Luxya se retourna et observa le spectacle qui s’offrait à elle. La chaumière n’avait qu’une pièce rectangulaire qui servait de cuisine, d’endroit pour sécher le linge et de chambre à coucher. L’endroit était très sale et de la vaisselle trainait sur la table. Un chat malingre mangeait les restes d’une créature dont Luxya ne voulait savoir le nom. Il se régalait non loin du réchaud qui laissait une chaleur étouffante dans la chaumière. De plus de nombreuses odeurs se mélangeaient et s’entremêlaient. La jeune aasimar se concentra pour ne pas tomber inconsciente à cause de ce fumet des plus écœurants. La jeune femme se rendit à l’endroit où se reposait le patient. Elle s’agenouilla à son côté et lui dit d’une voix douce :

« Bonjour Monsieur Marwal. Je suis Luxya Silmë et je suis là pour vous soigner. Dites-moi si vous souffrez et où exactement. »

Elle sortit ses outils et ses plantes hors de son sac pendant que l’homme allongé lui dit d’une voix faible :

« J’ai mal au côté. Même quand je respire ça me fait un mal de chien. Ces ordures ne m’ont pas raté. En fait j’ai mal partout. Voyez par vous-même je suis bleu de coups. »

Effectivement Luxya remarqua de nombreuses ecchymoses sur le torse, les bras et le visage de l’homme. *Qu’a-t-il bien pu faire pour mériter tel châtiment ?* se posa la jeune femme perplexe. Finalement la femme de maison lui apporta l’eau nécessaire à ses infusions et Luxya se mit au travail même si ce qu’elle avait à faire n’était pas bien compliqué.
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MessageSujet: Re: Thalasso en eaux troubles   Sam 11 Aoû 2012 - 14:12

    - A très vite Luxya... furent les seuls mots qui glissèrent entre les lèvres du Tiefflin tandis qu’il voyait la jeune femme s’éloigner.


Il avait beau sonder sa mémoire, mais le nom de Nassa Ungoliant ne lui était pas familier. Cela n’avait finalement rien d’étonnant ; d’une part parce qu’il n’était pas très au fait de tout ce qui se passait à Bélin, puis, d’autre part parce que les noms qui en général venaient jusqu’à ces oreilles étaient ceux des personnes que le Seigneur souhaitait faire comparaître devant Litrish. Hors, un cadavre aurait eu beaucoup de mal à enseigner les arts et techniques médicinales à une jeune Aasimar, la nécromancie par contre...

Pendant que le soldat songeait à tout cela, il ne quitta pas des yeux la délicate jeune femme qui venait de tocquer à la porte. Une carcasse à l’air passablement maladif vint lui ouvrir la porte, poussant instinctivement l’Arrache-sable à porter la main sur le pommeau de son sabre. Il ne semblait pourtant y avoir le moindre signe de danger et la guérisseuse s’engouffra dans la modeste habitation, sans oublier d’adresser un clin d’œil au cavalier. Ce dernier lui renvoya la pareille, avec un petit sourire amusé.

Une fois la porte refermée, Fergal ne put qu’espérer que tout se passerait bien pour Luxya et reporta son attention sur son cheval. Flattant son encolure, il le passa une nouvelle fois en revue, s’assurant qu’aucune gonfle, blessure ou engorgement ne vienne compromettre son intégrité physique. Heureusement, tout semblait en ordre et même le rythme auquel se soulevait ses flancs témoignait de sa bonne récupération. Nul doute qu’il pourrait amener son nouveau propriétaire jusqu’à son audience avec les Juges.
Repensant à cette histoire, le défenseur des sables prit en main le rouleau qui l’avait amené jusque là et le regarda un instant sans l’ouvrir, avant de le remettre à sa ceinture.

Il n’aimait guère être mêlé directement à toutes ces histoires, il n’était pas bon d’être le messager de toutes les nouvelles. Certains avaient déjà perdu la tête pour moins que ça.
En conséquence de quoi, il réalisa avoir prit la bonne décision en faisant une pause pour se faire soigner. Quitte à descendre dans l’arène autant le faire avec la pleine possession de ses moyens.

Ce qui l’amena à nouveau à regarder vers la maison de Marwal, en se demandant si tout allait bien pour Dame Silmë. Oeil-de-sang essaya de se concentrer sur la maison, guettant le moindre signe d’agitation, le moindre bruit étouffé, n’importe quel élément qui pouvait indiquer que les choses ne se passaient pas comme elles auraient dû auprès du malade.

    * Pourquoi m’a-t-elle dit de rester là ? * maugréa-t-il en croisant les bras sur sa poitrine.


C’est alors qu’un souffle de vent un peu plus fort fit voleter une mèche de sa longue chevelure brune devant ses yeux. Secouant la tête pour l’en ôter, il regarda vers l’horizon mouvant dessiné par la mer.
Que lui réservait l’avenir ? Il avait l’étrange pressentiment qu’un grand bouleversement était en train de se préparer, annonciateur de répercutions dans sa propre existence. Difficile de dire si c’était dû à l’anxiété de se présenter à la cour de Varak, ou si c’était une prémonition soufflée par l’Outre-monde, mais Fergal était extrêmement tendu. Nul doute qu’il aurait préféré pouvoir en discuter avec Faolan.
Celui-ci arrivait comme personne à le poussait à bout, mais il était aussi celui en qui il avait le plus confiance et sa maîtrise de leurs capacité communes n’étaient plus à démontrer, contrairement à son cadet qui usait moins souvent de ces facultés.

Poussant un soupir pour chasser ces pensées peu constructives, le Tiefflin fit quelques pas pour mettre son cheval à l’abri sous un arbre. Puis il s’adossa au tronc, mimant de s’assoupir, tout en continuant d’écouter les bruits qui provenaient du foyer de la famille d’Erwan. Mais déjà d'autres voix d'hommes s'élevaient depuis le chemin menant jusqu'à la venelle poussiéreuse.
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MessageSujet: Re: Thalasso en eaux troubles   Ven 28 Sep 2012 - 8:01

La jeune aasimar avait sorti tout ce qui lui serait utile pour soigner le vieux bougre étendu à ses genoux. Maintenant qu’elle avait de l’eau chaude elle en versa dans deux petits bols apportés par la femme malingre. Dans l’un des ustensiles elle y déposa les racines de « Griffes du diable » destinés à soigner l’inflammation et dans l’autre des têtes de fleurs de camomille. Il fallait les laisser infuser pendant près d’un quart d’heure. Durant ce temps, Luxya prit la pommade à base d’arnica et après s’être rapidement lavé les mains elle appliqua doucement la pommade sur les ecchymoses de l’homme. Celui-ci grimaça et grogna quelques fois malgré la délicatesse des mains de la jeune femme. Le silence c’était fait désormais dans toute la maisonnée et Luxya sentit un véritable mal être s’installer. Pourquoi donc était elle aussi nerveuse. Il n’y avait aucune raison apparente pour que l’anxiété envahisse son corps de la sorte. Elle se rappela cependant que le tiefflin l’attendait à l’extérieur et cela la rassura un petit peu. Une fois la pommade appliquée elle prit la parole et dit à son patient :

« Dans deux ou trois jours vous n’aurez plus aucun bleus ni ecchymoses. Une des infusions empêchera l’inflammation autour de votre côte cassée. L’autre diminuera votre douleur. Prenez de ces deux boissons durant trois jours et vous devriez vous sentir beaucoup mieux. Il y en a assez pour cette durée. Pour votre côte je ne peux rien faire d’autre que de vous conseiller de rester allongé le plus possible sans efforts exagérés. Vous ne devrez plus rien porter et surtout évitez la taverne et autre conflits »

Elle regarda l’homme acquiescer avec détachement. Luxya hêtre singulièrement curieuse ne put s’empêcher de lui demander la cause de cette fameuse correction :

« Pourquoi donc vous as-t-on roué de coups ? Vous avez nargué ces hommes qui vous ont arrangé de la sorte ? »

Tout en écoutant l’homme elle vérifia ses deux infusions et déposa le reste de ses plantes dans un linge propre pour que la maîtresse de maison puisse les réutiliser dans les trois prochains jours pour son mari. Ce dernier lui raconta donc :

« J’étais en train de défendre la cause des gens comme vous » il regarda la jeune aasimar et lui sourit doucement « En effet je racontais à deux connaissances que les aasimars et les tiefflins étaient différents de nous mais qu’ils pouvaient rester des êtres dotés de bonté et de bienveillance. Les anges et les démons malgré leur physique sont des êtres à part entière qu’il faut respecter. Je déclarais cela lorsque quatre hommes me tombèrent dessus et me firent sortir discrètement de la taverne. Ils m’ont appris qu’ils n’appréciaient pas beaucoup mes propos et qu’ils allaient me le faire regretter. Voilà maintenant dans quel état je suis. Aujourd’hui une aasimar soigne mes blessures et cela renforce mes propos et mes affirmations »

Luxya avait attentivement écouté le blessé et se demanda si ses quatre hommes pouvaient appartenir au « Gantelet ». La jeune femme aux yeux violets s’en doutait bien. Elle éprouvait beaucoup de reconnaissance et de compassion pour cet homme qui défendait sa race et celle de Fergal. Malgré cet élan de bienveillance la jeune femme captait toujours des ondes négatives dans cette maison. Que se passait-il donc ici ? Étaient-ils surveiller ? L’anxiété de Luxya reprit le dessus lorsqu’elle donna à boire les deux mixtures préparées à Erwan. Une fois rassasié l’homme essuya sa bouche d’un revers de manche et dit merci à la guérisseuse. Il s’endormi presque instantanément.

La jeune femme lava et rangea donc tout son matériel. Elle fit un petit cours à la femme décharnée pour qu’elle refasse les mêmes gestes que l’aasimar lors des prochains jours. Elle insista encore sur le fait qu’il ne devait pas trop bouger et finalement se décida à partir car l’atmosphère commençait très franchement à devenir inquiétante. Une fois dehors elle serait mieux et pourrait respirer à son aise. Elle souhaita bon courage à la femme et lui dit au revoir. Cette dernière ne lui répondit même pas. Luxya se dirigea donc d’un pas silencieux vers la porte. Elle avait la main sur celle-ci lorsqu’elle sentit une pression sur son épaule. A cet instant tous les faits se déclenchèrent en quelques secondes. La jeune femme avait été tellement surprise, qu’un phénomène dont elle ne connaissait pas se passa. Le stress et l’anxiété fit apparaître une boule de lumière sur la paume droite de la main de Luxya. Sans le vouloir celle-ci projeta la source de lumière sur la porte et dans un bruit assez important celle-ci se consuma en un quelques secondes.

Peu de temps après, Luxya repris ses émotions et constata qu’elle se trouvait devant l’encadrement vide de la porte. Des morceaux de bois noirs calcinés jonchaient par terre. Elle remarqua Fergal accourir vers elle. Derrière son dos dans la maison la femme rachitique hurlait qu’elle voulait seulement la payée car l’aasimar partait en oubliant de se faire rémunérer. Elle avait voulu arrêter la jeune femme pour lui faire savoir et voilà que maintenant elle démontait sa maison. La vieille gueulait des jurons que Luxya ne comprenait pas et fort heureusement pour elle. L’ange était confuse et fort embêtée face à ce qu’elle venait de réaliser involontairement. Elle était paniquée et interloquée. Lorsque le démon arriva à sa hauteur elle lui déclara avec anxiété et une légère panique :

« Je ne voulais pas… Je suis désolée… Je ne sais pas ce qui m’est arrivé… Je suis désolée… Excusez moi, je ne voulais pas causer plus d’ennuis à cette famille mais j’ai été tellement surprise. Cette boule de lumière est partie… Je n’ai pas pu me contrôler… J’étais inquiète… »

[HRPG : Je m’excuse sincèrement auprès de Fergal pour ce manque de sérieux et pour ma longue attente pour poster. La dernière fois je t’avais pressé pour poster et voilà maintenant que je prends deux mois pour te répondre. Ce n’est pas très sympa. Excuse-moi encore et j’espère ne pas avoir trop dérangé de mon absence prolongée]
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MessageSujet: Re: Thalasso en eaux troubles   Ven 28 Sep 2012 - 14:02

Des tonalités graves, d'autres plus basses, des souffles irréguliers et des pas qui martelaient le sol poussiéreux avec la délicatesse d'un maillet, Œil de Sang n'eut aucun mal à identifier le groupe qui approchait à grands pas. D'humbles porteurs qui venaient de finir le déchargement d'une cargaison, impatients de retrouver leurs familles et leurs doux foyers.

Le tiefflin se demandait s'il aurait pu tenir toutes ces années à leur place, n'être ni plus ni moins qu'une bête de somme. Être utilisé jusqu'à ce que son corps finisse par lâcher et ne puisse plus tenir, condamné à vivre dans la plus grande misère, récupérant les déchets tombés durant les changements pour assurer sa pitance.
Quelque chose lui disait qu'il n'aurait jamais pu remplir cette tâche, sa nature s'était toujours très mal accordé avec les tâches routinières. Peut-être était-ce de la prétention que de croire qu'il méritait autre chose ? Ou peut-être n'avait-il jamais grandi ? Au fond il avait parfois l'impression de toujours être ce gamin qui avait soif d'aventure. Cela ne le dérangeait pas réellement, au contraire, il était plutôt ravi de savoir que les flots de sang qui s'étaient écoulés sur sa lame n'avaient pas suffit à éteindre ce qu'il était.

D'ailleurs son sort valait-il mieux que celui de ces pauvres hères qui étaient en train de se disperser sur le chemin principal pour rentrer dans leurs foyer ? Après tout, sauf évènement extraordinaire, ils étaient certains de retrouver leurs familles le soir venu. Alors que lui.... Combien de ses frères d'armes étaient déjà tombé pour le Seigneur Dogathor ? Finalement, être une dague n'était peut être pas mieux qu'être un simple âne bâté.

Fergal en était arrivé à ce point de sa réflexion quand un rassemblement attira son attention. Placés en bordure de l'intersection menant à la maison des Marwal, un manant avait arrêté trois des nouveaux arrivants avec lesquels il s'entretenait. Le petit groupe de comploteurs semblait très intéressé par la maison dans laquelle était entrée Luxya. Restait à savoir si c'était la guérisseuse ou le malade qui les intéressait autant.

Subrepticement, le jeune Thanatosian, qui était caché à la vue des badauds par son cheval, bascula de l'autre côté du tronc et s'éloigna à grandes enjambées. Il contourna un bloc de maison en passant entre deux terrains, pour venir dans le dos des quatre hommes. Dissimulé par un tas de bois, il tendit l'oreille pour suivre leurs conversations.
Quelques minutes suffirent pour comprendre que les quatre hommes étaient des amis d'Erwan. Ils s'inquiétaient pour lui et espéraient qu'il ne serait pas trop tard pour le sauver. Pourtant, il semblait y avoir autre chose, une colère à peine perceptible dans leurs propos. Tout s'expliqua quand l'un d'eux déclara en avoir assez de ces vermines qui se complaisaient dans les conflits. Les autres acquiescèrent, jurant de faire taire ceux qui s'amuseraient encore à leur imposer leurs façons de penser ou oseraient s'en prendre à l'un d'eux. Ils finirent en disant que leurs aïeuls avaient suffisamment souffert durant l’Ère du Grand Cauchemar pour que des abrutis ne viennent raviver de vieilles querelles qui n'intéressaient personne.

Œil de Sang resta interdit l'espace d'un instant, il venait de comprendre ce qui était arrivé au blessé et cela lui donna encore matière à s'interroger. Bêtement, il ne pensait pas que de telles idées pouvaient germer au sein d'une ville aussi passante et cosmopolite que Varak. Il se consola en se disant qu'au moins certains étaient toujours acquis à leur cause.

Une étrange impression se saisit alors de lui, il fit le tour de la maison à laquelle le tas de bois était adossé pour se trouver face à celle des Marwall. Il vit alors la porte exploser dans une gerbe de flammes.
Aussitôt, il se précipita en saisissant la poignée de Froid-silence, prêt à trancher tout obstacle ou opposant qui se trouverait sur sa route.

Arrivé sur le seuil de la maison, il entendit les récriminations de la femme d'Erwan dont le langage était pour le moins imagé. Ce fut ensuite au tour de la jeune Aasimar de se confondre en excuses.
Le tiefflin soupira et rangea son sabre, avant d'ordonner à la vieille mégère de se taire sur un ton qui ne souffrait la discussion. Saisie par la voix autoritaire d'un inconnu en arme aux yeux couleur sang, la maîtresse de maison s'exécuta.

    - Excusez mon amie, elle a simplement eut peur. C'est peut être une guérisseuse de grand talent, mais c'est aussi une jeune femme très sensible qui doit affronter des situations parfois dangereuses. Vous pouvez comprendre ça, non ? demanda-t-il sur un ton apaisant. Il y a là-bas des hommes qui seront ravi d'aider votre famille pour se racheter de n'avoir eu le courage de défendre votre mari. Avec ceci vous devriez pouvoir acheter le bois nécessaire pour leur permettre de vous reconstruire une porte. Il y a même largement de quoi partageait un très bon repas en leur compagnie pour célébrer la guérison de votre mari. finit-il en donnant la bourse pleine du propriétaire d'origine de son cheval.


Œil de Sang fit ensuite signe à la jeune Silmë de le suivre, et s'inclina une dernière fois pour saluer la femme encore abasourdie par ce retournement de situation. Les quatre comploteurs se pressaient déjà à mi-chemin de la porte, quand Fergal sorti de la maison. Quelques rapides explications plus tard, le duo mi-ange mi-démon était de retour auprès du cheval gris truité.

    - Ça va ? demanda-t-il à Luxya, conscient qu'elle venait de vivre une expérience déstabilisante. Une chance que tu te sois défoulé sur la porte et non sur ce pauvre Erwan ! Je ne suis pas sûr que sa femme aurait été aussi facile à calmer. s'amusa-t-il avec un sourire railleur.
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Luxxya
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MessageSujet: Re: Thalasso en eaux troubles   Jeu 4 Oct 2012 - 13:18

La jeune aasimar aux yeux verts était encore sous le choc de ce qu’il venait de se passer. De plus la femme rachitique criait sur elle. Si elle avait pu, Luxya se serait cachée dans un trou pour ne plus en sortir. Elle avait détruit la porte d’entrée de l’humble petite maison des Marwal. Ils ne roulaient déjà pas sur l’or alors c’était très gênant pour la jeune femme. Elle allait proposer ses soins gratuits pour dédommager la porte calcinée lorsque le tiefflin dit à la crieuse d’un ton autoritaire auquel on ne pouvait que se soumettre :

-Excusez mon amie, elle a simplement eut peur. C'est peut être une guérisseuse de grand talent, mais c'est aussi une jeune femme très sensible qui doit affronter des situations parfois dangereuses. Vous pouvez comprendre ça, non ? Il y a là-bas des hommes qui seront ravi d'aider votre famille pour se racheter de n'avoir eu le courage de défendre votre mari. Avec ceci vous devriez pouvoir acheter le bois nécessaire pour leur permettre de vous reconstruire une porte. Il y a même largement de quoi partageait un très bon repas en leur compagnie pour célébrer la guérison de votre mari.

Fergal donna donc une bourse qui avait l’air assez fournie à la maîtresse de maison qui regardait tour à tour le tiefflin et l’aasimar avec des yeux étonnés et reconnaissants. Elle les remercia avec un faible sourire et le duo atypique pris congé de la famille Marwal. Ils croisèrent les hommes en question et le démon leur toucha un mot au sujet de la maison du patient. Quelques instants plus tard, ils étaient tous deux arrivé auprès de la monture du guerrier. Celui-ci demanda à Luxya si elle allait bien et enchaîna en disant d’un air moqueur et en souriant à la jeune femme :

-Une chance que tu te sois défoulé sur la porte et non sur ce pauvre Erwan ! Je ne suis pas sûr que sa femme aurait été aussi facile à calmer.

Avec son compagnon de fortune la situation devenait comique et Luxya en ria de bon cœur. Elle lui répondit donc soulagée que son erreur fut réparée :

« Oui ça va mieux. En tout cas merci de ton aide. Tu as gérer la situation en un instant et j’en suis admirative. Je voudrais aussi avoir un peu d’autorité naturelle comme toi. Mais bon mon être tout entier ne se prête guerre à l’autorité. Je n’ai jamais vécu ce genre de situation. Je pense que c’est ma magie qui se manifeste et je dois absolument ne plus attendre pour essayer de me trouver un maître à l’Académie d’Urion. Je ne contrôle rien du tout et cela peut devenir dangereux à force ».

L’aasimar se tut un instant et se plongea dans ses pensées. La boule d’énergie qu’elle avait lancée par mégarde était assez puissante. Si elle s’entraînait avec un mentor qui connaissait cette magie, elle pourrait enfin se défendre et se balader seule comme par exemple dans la jungle noire ou autres territoires hostiles du même genre. Avec un sort de protection et cette boule dévastatrice elle serait presque intouchable face à des créatures totalement dépourvues de magie et dont le pouvoir ne résiderait presque que dans la force physique comme les orcs. Cependant guérir par la magie restait la chose la plus importante aux yeux de la jeune femme. Elle pourrait ainsi sauver beaucoup plus de monde et égaler Nassa dans sa maîtrise de l’art de guérir. Cela serait pour Luxya un accomplissement et une fierté sans bornes. C’était décidé, dès qu’elle rentrerait de sa mission de Varakir elle se présenterait à l’Académie et rien ni personne ne pourrait l’empêcher d’obtenir l’enseignement d’un maître. Elle ferait partie des meilleures. L’ange se battrait pour ça.

Finalement elle sortit peu à peu de ses profondes pensées pour se rendre compte qu’elle était en compagnie de Fergal et qu’ils se dirigeaient à nouveau tous les deux vers le port. Luxya se rappela soudain que le jeune démon à son côté avait également sollicité son aide pour soigner une blessure qu’il aurait eu lors d’un combat récent. Il ne fallait pas trop tarder pour que cela ne s’aggrave pas et qu’il en souffre trop. La jeune femme savait bien que par sa fonction il ne pouvait se permettre d’être blessé ou ne pas être complètement au meilleur de sa forme.

Tout en marchant elle observa le visage du jeune homme et se demanda quelle était son histoire et qu’est ce qui l’avait amené à servir le Seigneur de Varakir en rejoignant son armée. Luxya se surpris à vouloir en savoir plus sur cet homme aux traits fins et à l’allure fière. Finalement elle détourna son regard du tiefflin et pris la parole :

« Je vais pouvoir te soigner désormais. Tu as un endroit tranquille ou bien je fais cela aux yeux du peuple. Je suis persuadée que les dames serait intéressées de voir de quel roc sont taillés les guerriers de leur pays ». Elle avait dit cela sur un ton narquois et un sourire en coin pointa sur ses lèvres délicates.
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MessageSujet: Re: Thalasso en eaux troubles   Jeu 18 Oct 2012 - 13:51

C'est avec le martèlement des sabots de la pale monture en bande sonore, que l'Aasimar et le Tiefflin faisaient route vers le port dans un silence religieux. Le jeune homme en venait à se demander ce à quoi pouvait bien penser Luxya quand cette dernière, les yeux dans le vague, repris la parole. D'abord surpris, il se mit finalement à rire avant de lui répondre.

    - Vu les mœurs pour le moins... dissolues, de nombre des soldats de l'armée du Seigneur Dogathor , je pense que les femmes d'ici ont déjà une très bonne idée de la façon dont sont taillés les guerriers ! déclara-t-il avec un léger embarras.


Tout en parlant, ils avaient fini par atteindre le bord du port. A quelques pas d'eux, le marchand rencontré un peu plus tôt était occupé à vendre ses dernières marchandises.
L'Arrache-sable invita sa jeune amie à le suivre et se dirigea vers l'étale de produits frais.

    - Sisyphe ?! Est-ce qu'on peut utiliser l'une de tes roulottes, s'il-te-plait ? interrogea-t-il l'affable commerçant.

    - Oui, bien sûr ! Il n'y a plus de marchandise dans le dernier, mais fais attention Mauvaise y fait sa sieste ! lui répondit l'homme d'âge mûr.


Un petit signe de tête en signe d’acceptation et Œil de Sang emmena amie et monture vers le chariot désigné. Le véhicule était pour le moins rudimentaire, mais la toile qui le couvrait assurerait un minimum d'intimité au duo de jeunes aventuriers.
Le cadet Thanatosian attacha son cheval au flanc du véhicule, avant d'aider Dame Silmë à y monter. Ce fut ensuite à son tour, ce qui lui arracha une autre petite grimace, la manœuvre ayant tiré sur son côté. L'air de rien, il prit place sur l'un des deux bancs qui longeaient les parois latérales de la roulotte et ôta la partie supérieur de sa tenue. Ainsi exposé au grand jour, on pouvait voir l'hématome conséquent qui couvrait son flanc.

    - J'espère que tu pourras faire quelque chose... hésita-t-il avec un petit sourire penaud.


Visiblement gêné par l'auscultation de la demoiselle aux yeux verts, le Varakirois détourna le regard pour le poser sur une forme assoupie au fond du chariot. Il s'agissait de Mauvaise, l'un des chiens de protection du marchand, que sa gestation rendait visiblement moins vigilante.
Se parant d'un sourire attendrit, le patient repris la parole.

    - Je repense à ce que tu disais tout à l'heure, tu sais sur l'autorité ? Si certains en sont naturellement doté, pour d'autres ça vient à l'usage. Personnellement, j'appartiens à la seconde catégorie ! Il fut un temps où je n'étais qu'un gamin craintif qui refusait de sortir dans le noir sans être accompagné de cette chienne. avoua-t-il avec un air amusé.
    Je suppose que ce sera pareil pour toi, surtout si tu entre à l'Académie d'Urion ! Pour le peu que j'en sais, c'est plutôt du sérieux. Toutefois, je suis sûr que tu y as ta place, il n'y a qu'à voir ce que tu as fais à cette pauvre porte,... paix à son âme ! ajouta-t-il avec un sourire taquin. D'ailleurs, je pense que tes pouvoirs ne pouvaient choisir de meilleur moment pour se manifester. Il y a des choses graves qui se trament, nombreux sont ceux qui en souffriront. Alors d'une certaine façon, ça me rassure de savoir qu'une personne... " comme toi " pourra se protéger et venir en aide à ceux qui en auront besoin ! finit-il avec un regard sincère.
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MessageSujet: Re: Thalasso en eaux troubles   Mar 23 Oct 2012 - 11:17

Fergal se mit à rire face aux paroles de l’aasimar aux yeux violets. Il déclara d’un air un rien gêné

Vu les mœurs pour le moins... dissolues, de nombre des soldats de l'armée du Seigneur Dogathor , je pense que les femmes d'ici ont déjà une très bonne idée de la façon dont sont taillés les guerriers !

Donc Luxya en conclu avec grand amusement que le tiefflin ne devait pas être insensible aux formes avantageuses des femmes de ce pays. Et visiblement il fallait comprendre également que la gente féminine de cette région appréciait grandement avoir à faire avec les soldats de leur armée. Elle imagina dans sa tête un homme avec des épaules larges et des hanches étroites avec des muscles saillants sur le torse et le ventre. Des bras et des jambes vigoureux. Luxya n’échapperait pas, elle aussi, au charme de ses hommes aussi bien battit que des dieux. Plus le duo s’approchait de la ville, plus la bonne humeur et le soulagement reprenait le dessus sur l’ange.

Ils arrivèrent de nouveau sur le port et recroisa une nouvelle fois le marchand de fruits et légumes frais. Celui-ci vendait ces derniers produits de la journée. Il accepta la demande du démon pour utiliser une de ses roulottes vides. Les deux compères s’y engouffrèrent non sans une grimace pour le démon qui souffrait de son côté. Le jeune homme s’essaya sur un des bancs de la roulotte et retira le haut de son accoutrement tandis que Luxya sortit la pommade pour les ecchymoses qu’elle avait confectionné elle-même pour Erwan. Quand elle reporta son regard sur le tiefflin elle constata que Fergal avait un corps de rêve et que celui-ci avait été assez abîmé d’un énorme hématome. Le démon lui fit part de son inquiétude sur le fait qu’elle pourrait faire quelque chose pour sa blessure.

*Mais bien sûr petit diable que je peux faire quelque chose. Dans trois jours avec ma pommade miracle tu n’auras plus rien*

Elle lui adressa un sourire sans rien dire et appliqua de son baume qui était assez liquide sur ses mains. Ensuite l’aasimar passa délicatement ses mains sur le côté blessé du jeune homme sans trop appuyer pour lui faire mal. Elle savait très bien qu’un hématome de cette taille devait vraiment être douloureux et toute la douceur dont elle était capable se révélait être fort utile ici. Elle se délecta et profita un moment de pouvoir toucher un corps aussi beau. Elle prit son temps pour que la crème pénètre bien la peau et ainsi agir efficacement. Pendant son soin le démon prit la parole et lui dit :

Je repense à ce que tu disais tout à l'heure, tu sais sur l'autorité ? Si certains en sont naturellement doté, pour d'autres ça vient à l'usage. Personnellement, j'appartiens à la seconde catégorie ! Il fut un temps où je n'étais qu'un gamin craintif qui refusait de sortir dans le noir sans être accompagné de cette chienne.

Luxya avait du mal d’imaginer Fergal avoir peur du noir et être peureux face au moindre obstacle. Mais s’il le lui affirmait, l’aasimar le cru sincèrement. Cela lui donna de l’espoir pour elle et son autorité face aux autres. Luxya pourrait un jour être respectée et être prise au sérieux face aux grands de ce monde. Elle ne désirait que cela. Pouvoir prouver sa valeur autrement qu’en soignant des gens. Cet art était noble et rare bien sûr mais la guérison nécessitait d’attendre des corps meurtris et blessés continuellement. Elle voulait arriver à aider les gens comme Fergal plutôt que d’arriver après et devoir réparer les dégâts. Elle préférait de loin prévenir que guérir.

Il continua d’un air taquin :

Je suppose que ce sera pareil pour toi, surtout si tu entre à l'Académie d'Urion ! Pour le peu que j'en sais, c'est plutôt du sérieux. Toutefois, je suis sûr que tu y as ta place, il n'y a qu'à voir ce que tu as fais à cette pauvre porte,... paix à son âme !

La jeune femme lui sourit d’un air légèrement embêté. Elle n’avait pas voulu détruire cette porte. Elle avait peut-être de la puissance mais elle ne savait pas du tout la contrôler et cela l’énervait grandement en son for intérieur. Cependant elle apprécia les dernières paroles du démon :

D'ailleurs, je pense que tes pouvoirs ne pouvaient choisir de meilleur moment pour se manifester. Il y a des choses graves qui se trament, nombreux sont ceux qui en souffriront. Alors d'une certaine façon, ça me rassure de savoir qu'une personne... " comme toi " pourra se protéger et venir en aide à ceux qui en auront besoin !

Elle lui répondit tout aussi sincèrement que lui en passant une dernière fois ces mains sur le flanc de son nouvel ami.

J’espère que tu as raison et que je pourrais un jour défendre ceux qui en ont le plus besoin. Tout ce que je veux c’est faire le bien autour de moi. Mais en cette époque sombre je me rends compte que je vais devoir me réveiller et ainsi utiliser également la violence pour arriver à mes fins. Les créatures démoniaques ne comprennent que la violence alors s’il faut les tuer pour être enfin tranquille je le ferais. J’ai horreur de me battre mais je préfère me sacrifier pour le bien être de mes amis et pour ceux qui en valent la peine.

Luxya avait terminé ses soins et repris la parole après un bref moment de silence :

Voilà j’ai terminé. Ma pommade est très puissante et efficace. Dans trois jours tu ne souffriras plus et l’hématome sera presque entièrement résorbé. Je te demanderai juste d’éviter de te battre à nouveau. Cela risque d’être néfaste pour toi, je sais que tu t’en rends compte. Donc je voudrais que tu puisses te reposer pendant trois jours au minimum, plus si tu le peux mais je sais que tu es soldat et que tu ne peux te permettre de te reposer longtemps.

Elle rangea sa pommade dans son sac et se releva. Elle n’avait que trop tarder et se devait de rentrer rapidement. Elle adressa un dernier sourire à son nouvel ami et lui posa une main sur son épaule en lui déclarant :

J’ai été sincèrement heureuse de te rencontrer Fergal. J’espère que ton côté guérira vite. Je te souhaite du succès dans tout ce que tu entreprends. Je ne sais pas si on aura l’occasion de se revoir un jour mais sache que je ne t’oublierai pas toi et tes beaux yeux.

Elle lui fit un clin d’œil et sortit de la roulotte sans se retourner. Tout comme Thaom, cela lui était difficile de le quitter comme cela. Elle s’inquiéterait sans doute souvent pour lui et ne plus le voir la rendait triste mais ainsi allait la vie et il fallait continuer à marcher.

En sortant de la roulotte, la jeune femme pensa à acheter les dernières fraises du marchand. Celles-ci étaient bien grosses et rouges et elles plairaient certainement à Nassa son ancien maître désormais. Une fois sa commission faite, elle se dirigea d’un pas lent et le cœur gros vers Belin.

FIN
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