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 [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre

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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Lun 27 Avr 2015 - 6:02

Je hochais doucement la tête lorsqu'il prit la parole et sourit doucement lorsqu'il me remercia pour le petit déjeuner. C'était bien la première fois que je faisais autant de ''cuisine'' pour plus d'une personne. Je secouais la tête alors que j'étais enfin prête, Arkaël scellé et Koonie avait reprit place sur mon épaule et s'était couché, entourant mon cou de sa queue. Et puis le chemin reprit. Étrangement, la route me paru moins longue que celle que j'avais l'habitude de faire seule. Non pas que nous discutions longuement, ce n'était pas notre genre, ni à l'un, ni à l'autre, mais en quelque sorte, avoir quelqu'un avec soit n'était pas si mal. La route semblait moins longue, les nuits bien qu'agités semblaient moins froides, les cauchemars bien que présent semblaient moins terrible. Et puis finalement, après quelques jours de ''ballade'', Varak pointa le bout de son nez aussi facilement que si elle s'était planté devant nous. J'avais déjà pu remarqué la chaleur étouffante des lieux qui m'avait frappée quelques temps avant. Dés que nous étions arrivés en Varakir finalement. Seulement cette fois-ci, devant moi s'élevait la ville qui m'avait vu grandir, enfin en partie. Celle ou j'avais tenté de me reconstruire. J'avançais donc tranquillement jusqu'à arriver à la ville. Les gardes aux portes me regardèrent et posèrent alors son regard sur le sulis.

« Bonjour Sera. Belle journée non ? »
« Tiens une conquête à toi ? »
« Mais non qu'est-ce que tu vas t'imaginer ? C'est un ami. Et toi alors, toujours derrière la petite serveuse blonde de la taverne de chez Ishou ? »
« Non, elle s'est trouvé quelqu'un avant que je ne lui demande. »
« Ahh je t'avais dit d'être plus rapide. »
« Allez file sale gosse. Ton père s'impatiente. Ça fait des jours qu'il bassine mon père avec ton arrivée. »
« C'est pas étonnant. Bonne journée. »


Je partis en riant doucement. Sera était un ami de la famille en quelque sorte. Nous nous connaissions depuis mon arrivée ici et il vivait quasiment à la maison fut un temps, lorsque j'avais besoin de reprendre les bases de la civilisation. Notre lien n'était pas profond que l'étais celui que j'avais avec Erys, mais dans un sens, il avait une ancre dans ce monde, me montrant que tout le monde n'était pas ici pour me frapper ou me balancer contre des murs. Une fois à l'intérieur de l'enceinte je me tournais vers Zak pour lui expliquer.

« Sera est le voisin de mon père. Enfin sa maison n'est pas loin. Il m'a aidé quand je suis arrivé ici. Depuis on est lié d'une certaine façon, il aime bien taquiner sur le fait que je sois encore seule, comme beaucoup ici. »

Je souris doucement et reprit tranquillement le chemin. Saluant les gens que je connaissais au fur et à mesure que je marchais.et puis sans grande surprise, nous arrivions finalement à la forge. Passer à la forge avant de passer à la maison était un choix bien plus judicieux. J'entrais alors sans me présenter, de toute façon généralement mon oncle était toujours occupé. La forge ressemblait... eh bien.... à une forge classique. Elle était comme divisé en deux parties. Un comptoir et un morceau de mur se situait sur la gauche, laissant alors place à une salle d'attente et d'exposition. Sur les murs de droite, on pouvait alors voir de nombreuses armes, toutes plus diverses les unes que les autres, mais un peu différente de celle qu'on pouvait voir en Bélin ou en Norpalie. Chaque pays avait sa propre façon de créer ses armes, tout comme mes cimeterres étaient issus d'ici. Les lames de Varak était toujours un peu plus courbe, plus fines et surtout plus souple avec un équilibre parfait entre la lame et le pommeau. Si on regardait au delà du comptoir, on pouvait voir de nombreuses enclumes, des tonneaux d'eau ainsi que des plaques de métal, fer, cuivre, zinc, et autres métaux se mêlaient en harmonie sur les différentes plan de travail. En penchant sa tête vers la droite, on pouvait remarquer le soufflet ainsi que le coin de forge en lui-même.

D'ailleurs, deux personnes semblait s'échiner à travailler sur quelque chose qui leur résistait. Je les regardais un moment amusé, parce que je savais ce qu'ils essayaient de faire. Eilor avait toujours dit qu'il allait devoir tenter de réitérer ma prouesse, celle qu'il ne pouvait pas faire avec ses grosses mains et que j'avais fait sur une arme d’apparat pour un riche Varakinois. Je finis par ouvrir la petite prote qui permettait de passer de la forge au magasin en quelque sorte et me dirigea vers eux en silence.


« Il serait bien mieux de laisser tomber tous ces objets de torture. Qu'à donc fait cette pauvre lame pour que vous la malmeniez ainsi tous les deux ? »

Ils sursautèrent de surprise et la lame retomba dans un fracas métallique assez prononcé.

« D'une, la lame n'est pas assez chaude, de deux, vous êtres de vrai bourrins, comment voulez-vous faire un travail minutieux, si vous êtes deux à sauter sur cette pauvre lame tel des sauvage saute sur un morceau de viande. »

Et tout le monde se mit à rire comme des débiles.

« Eli ma chérie, c'est tellement chouette de te voir. Comment vas-tu ? La route n'a pas été trop longue ? »
« Visiblement non, elle n'a pas voyager toute seule. »


Je regardais Sten et sourit doucement. Eilor leva alors la tête et regarda le suli avec un air intéressé.

« Ah super t'es casé maintenant. »
« Quoi ? Non c'est juste.... »


Mais je n'eus pas le temps de finir qu'il se jeta sur le Suli.

« Bonjour, ravie de vous rencontrer, je suis Eilor, l'oncle et le père de Substitution d'Eli et vous, vous vous appelez comment ? C'est quoi votre métier ? Vous êtes sympa avec elle au moins ? Est-ce que vous la traitez bien »

Je finis par m'interposer devant lui.

« Stop, tu te calme de suite. Je te présente Zakaerii, un ami. Il m'a aidé à Hydrasil tu te souviens de l'histoire de que je t'ai raconté. »
« Ouais, ouais, je m'en souviens. Mais... »
« En fait on s'est rencontre sur le chemin et je lui ai proposé de venir a Varak vu qu'on a toujours besoin de monde à cette période. »
« Alors ça c'est une bonne idée et on va pouvoir faire plus ample connaissance. J'ai des tas de question à poser à ton Ami. »


Un énorme sourire se posa sur ses lèvres et en un sens je sus instantanément que le pauvre Suli allait se retrouver sous des tas de question dont il n'allait probablement rien comprendre. Je soupirais ouvertement, une main posé sur mon visage. Bon sang, j'avais oublié ça, le pauvre Zak n'avait pas finis de subir les assauts d'Eilor. J'espérais qu'il n'allait pas péter un câble au bout d'un moment.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Lun 4 Mai 2015 - 11:39

Le voyage s’était déroulé paisiblement. Aucun incident n’était à déplorer et, en soi, c’était déjà une bonne chose. Il fallait surement croire que la route fréquentée y était pour quelque chose. Les malandrins préféraient le plus souvent un chemin plus désert, où ils ne risquaient pas de rencontrer trop de gens. Après tout, ils ne ciblaient que les voyageurs isolés, c’était bien moins risqué. Après quelques jours de marche, Varak fut enfin en vue. Malgré tout, cela restait un soulagement. Le trajet d’Hydrasil à Varak restait long et, même s’il n’était pas fait au pas de course, épuisant. Qui plus est, le climat qui entourait la capitale du Varakir restait fidèle à lui-même : chaud et sec. Et si Zakaerii avait réussi à s’habituer depuis longtemps à la chaleur sèche de ce royaume, il y avait toujours une période de transition pendant laquelle il préférait éviter de sortir en plein jour. La fourrure n’avait pas que des avantages, quoiqu’on puisse en dire. Toutefois, le Suli n’en montrait rien. De toute façon, en ce qui concernait la chaleur, ils étaient tous logés à la même enseigne, ou presque. Puis, d’ici quelques jours, il n’y verrait plus aucun inconvénient. C’était simplement le souvenir de l’agréable climat tempéré du royaume de Bélin qui se rappelait à lui, et rendait celui-ci un peu moins supportable. Une fois que ce dernier serait redevenu son quotidien il ne verrait plus la différence. Nous finîmes par arriver à l’une des portes de l’immense cité. Comme la plupart des grandes villes, Varak possédait plusieurs entrées gardées par la milice locale. Celle-ci vérifiait – autant qu’elle le pouvait – les allées et venues, probablement pour éviter que des malfrats notoires n’en franchissent les portes. Néanmoins, le Felidae savait que ces gens-là trouvaient toujours une solution lorsqu’il s’agissait de trouver leur chemin vers le cœur des capitales.

A leur approche, Eliaë salua l’un des gardes par son prénom. Ce n’était pas très étonnant, ou, plus exactement, moins étonnant que la façon dont le garde fit référence à la présence du Suli aux côtés de la jeune femme. Une conquête ? L’intéressé haussa les sourcils, plus pour lui-même que pour le soldat, même s’il ne doutais pas qu’il avait remarqué sa surprise. Le Dévot n’eut toutefois pas le temps de rétorquer lui-même avant qu’Eliaë le fasse à sa place, le taquinant à son tour à propos d’une fille qui devait, à ne pas en douter, le coup de cœur du militaire. La discussion tourna relativement court et le soldat enjoignit la jeune femme à rentrer. L’Once la suivit dans un signe de tête pour le garde. Après tout, ils ne se connaissaient pas et n’avaient même pas réellement échangés de salutations. Tandis que nous progression à l’intérieur de la ville, la compagne de route du Felidae jugea bon de clarifier quelques points sur ce qu’il venait de se passer. Il était assez surprenant de savoir qu’elle était quelque peu malmenée sur son statut de célibataire. A vrai dire, ce n’était pas vraiment étonnant qu’elle le soit. Non pas d’un point de vue physique, car elle avait indéniablement du charme. Mais, ce n’étaient pas n’importe quelles femmes qui parcouraient les routes. Cette spécificité à elle seule pouvait rebouter certains nombres de prétendants. Et on rencontrait rarement ces derniers aux bords des sentiers de campagne. Le Suli esquissa un sourire discret. « J’imagine qu’il a dû comprendre que c’était votre… point faible. » Les amis avaient ce don de pouvoir appuyer où ça fait mal sans douleur, et de même faire en sorte qu’on puisse en rire. Enfin, c’était plus ou moins ce qu’il avait pu observer. On ne pouvait pas dire que le Felidae avait multiplié les connaissances.

Ils finirent par arriver à la forge, Zakaerii s’effaçant légèrement tandis qu’elle retrouvait les siens, ou du moins des connaissances. C’était parfaitement normal et puis, de toute façon, cela ne le gênait pas. Lorsqu’il rentrèrent dans le bâtiment, il la laissa reprendre possession de son chez-elle ne la suivant que de loin. Ce n’était pas son territoire, et même s’il était le bienvenu ici, il ne voyait aucune raison de faire comme si c’était chez lui. De là où il était, il pouvait cependant parfaitement voir les deux forgerons travailler une lame avant qu’Eliaë n’aille les interrompre. La scénette avait quelque chose de touchant et d’amusant. Quand on remarqua sa présence, le Suli ne cacha pas sa surprise. Encore ? Il soupira intérieurement tandis que l’un d’eux s’approcha de lui, se présentant comme le propriétaire de la forge et l’oncle de la jeune femme. Le flot de questions le déstabilisa quelque peu. Suffisamment pour, qu’une fois encore, Eliaë réponde avant lui, essayant de mettre les choses au clair. C’était tellement redondant que cela finissait par ressembler à un jeu. Sans vraiment savoir ce qui le motivait vraiment, il se rapprocha et posa son bras autour de la jeune femme. « Allons, inutile de te cacher devant ton oncle, Eli. » Il défit sa très légère étreinte et se retourna vers l’homme qui se trouvait devant lui. « Excusez-là, elle est pudique, mais vous savez comment est votre fille. Je suis enchanté de faire votre connaissance, Sieur Elior. » Il esquissa un sourire et serra la main de l’oncle de la jeune femme. Il ne savait toujours pas ce qui lui avait pris, mais, étonnement, il était convaincu que cela allait l’amuser. Après tout, il n’y avait aucun mal à cela, non ?
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Mar 5 Mai 2015 - 4:28

Cette famille sérieusement. Je les connaissais assez pour savoir ce qu'ils avaient tous en tête. Que je finisse par me caser, que je finisse par avoir des enfants et aussi me poser. Que je cesse de mettre ma vie en danger au profit des autres, sans jamais rien en retirer qu'un misérable salaire. J'avais eu le droit à ce genre de discours à chacune de mes visites. Je connaissais mon oncle par cœur et son acolyte tout autant. Je savais parfaitement ce qu'ils voulaient tous deux, mais personnellement, pour l'instant, j'étais tout aussi bien ainsi. Je ne désirais pas enfermé qui que ce soit dans ma vie, surtout qu'avec mon empathie, ça n'avait rien de bien pratique. Être constamment jugés sur ses émotions, je savais en avance ce que chacun d'eux ressentais. Désir uniquement pour les trois quart d'entre eux. Comme si ce que je pensais, ce que je voulais n'avait aucune importance. La plupart des hommes que je rencontrais ne désirais qu'une histoire sans lendemain et il était hors de question pour ma part de donner mon corps à quelqu'un seulement pour qu'il puisse s'amuser. Rahh et voilà, ils avaient tous deux réussis à me faire devenir sarcastique. Je soupirais doucement. Mais je n'avais pas du tout prévu ce qui allait se passer à la suite de notre rencontre avec mon oncle.

Je sentis la main de Zak se poser autour de mes épaules. Mon regard se porta instantanément sur lui, intrigué et surtout interrogateur. Et puis aussi soudainement que sa main était apparu, chaude et rassurante, elle disparu et je restais sans voix devant ce qui suivait. Ses paroles ne pouvaient être on ne peu plus claires. Comment ça j'étais pudique ? Mais pas du tout... je.... Bon sang, je ne comprenais réellement plus rien surtout qu'Eilor semblait être réellement heureux. Il serra la main du Suli avec enthousiasme et ne put retenir plus longtemps le flot de parole qui partit de sa bouche sans être intarissable.


« Mais c'est magnifique. Je savais bien que ce jour arriverait. Les hommes normaux ne pouvaient pas lui plaire de toute façon. Il lui fallait quelqu'un de fort, d'un peu sauvage et en même temps de doux pour pouvoir prendre soin d'elle. Je suis même certain que vous êtes au courant de son petit secret. Vous savez son empathie. Et si ça fait longtemps que vous êtes ensemble, ça veut dire que vous êtes aussi au courant de.... »

Je l'arrêtais directement.

« Stop, suffit les révélations maintenant on va se calmer. »

Je le regardais doucement et il cru comprendre ce que j'attendais. Il lâcha un instant le suli et puis reprit doucement la parole.

« Tu peux lui montrer là où vous allez vivre. Je suppose qu'une seule chambre vous sera nécessaire de toute façon. »

Et voilà où menait la petite histoire. Je soupirais encore plus et puis emmenait tranquillement Zak par le bras. Je l'emmenais rapidement pour éviter une autre pluie de paroles et de questions bien entendu. Je ne savais pas réellement comment gérer la situation. Tout ça était tellement différent de ce dont j'avais l'habitude. Enfin d'habitude ce genre de chose ne m'arrivait jamais, j'étais totalement perdu. Je soupirais une nouvelle fois, laissant le silence remplir l'air. Ce n'était pas que ça me déplaisait. Et puis en un sens, ça m'avait fait sourire quelque peu. Le Suli qui ne disait rien, venait d'avouer à mon oncle qu'on était ensemble alors que ce n'était pas du tout le cas. Et si je le trouvais attiré, je n'allais pas me mentir, je ne voulais pas que cela lui créer des problèmes. Enfin en un sens, il me rendait service, mon oncle me lâcherait peut-être un peu maintenant après cette révélation, sauf que notre séjour ici allait être quelque peu compliqué maintenant. Je le menais donc jusqu'à ma chambre qui allait devenir notre chambre. Heureusement, j'avais un lit deux places assez grand pour nous laisser passer tous les deux.

« Bien, après ta révélation boomerang, tu vas être obligé de dormir avec moi. »

Je le regardais, mi-amusée, mi-énervée. Pas que cela me dérange de partager quoi que ce soit avec lui, mais bon, je doutais que cela lui plaise à lui. Il n'avait probablement pas eu conscience de ce que cela allait engendrer. Je le regardais doucement.

« J'espère que tu es prêt à subir un interrogatoire en bonne et dû forme, parce qu'après ce que tu lui as dit, tu ne vas pas y échapper. »

Je finis par enfin croiser son regard. Une question me taraudait depuis que je l'avais entendu. Une question à laquelle il allait probablement répondre avec légèreté.

« Pourquoi est-ce que tu lui as dit qu'on était ensemble ? »

Il n'y avait aucun reproche dans ma voix, ce n'était pas ce que je voulais. Je ne lui reprochais rien, surtout qu'il avait réellement fait beaucoup pour moi. Mais la curiosité était réellement présente et je me demandais bien ce qui avait poussé ce colosse à déclarer ce genre de chose.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Mar 5 Mai 2015 - 11:36


Il était difficile de dire pourquoi Zakaerii s’était laissé aller de la sorte. Peut-être était-ce simplement parce qu’il voulait s’amuser un peu, au détriment de la jeune femme, ou alors simplement pour lui épargner sans cesse cette fameuse question. Cela faisait plusieurs semaines que le Suli n’avait pas nécessairement eu l’occasion de s’amuser un peu. Après tout, cela ne pouvait pas faire de mal, n’est-ce pas ? Se faire passer pour un peu plus qu’un ami n’allait probablement pas mener à la destruction du monde. Si sa famille et ses amis n’arrêtaient pas de la taquiner avec ça, au moins auraient-ils un nouveau sujet de discussion à évoquer. Et, pour être honnête, le Felidae ne voyait pas vraiment comment cela pourrait devenir problématique. Ce n’était pas quelques questions qui allaient le désarçonner, même si l’oncle d’Eliaë semblait réellement capable d’être intarissable en matière de discussion. A ce sujet, il fut d’ailleurs assez surpris de voir en quels mots ce dernier évoqua ce que devait être un homme pour sa fille. L’adjectif le fit sourire et il ne put s’empêcher de jeter un petit regard étonné à la jeune femme. Pour être tout à fait honnête, il ne s’était pas réellement attendu à une telle description de son prince charmant. Il acquiesça tandis qu’il évoquait l’empathie mais ne dit pas un mot de plus avant que la Bélinoise n’interrompe son père adoptif relativement sèchement. Qu’allait-il évoquer ? Apparemment, cela ne semblait pas être à l’ordre du jour des révélations. Assez curieusement, Zakaerii fut un peu déçu, mais c’était probablement son instinct curieux de félin qui reprenait le dessus en la matière. Peut-être aussi était-ce la raison pour laquelle il s’était laissé aller à ce petit jeu. Parce qu’il était curieux de voir ce que cela donnerait, tout simplement. Même s’il ne s’était pas douté que les choses déraperaient peut-être un peu trop.

Une seule chambre ? Mmmm. Voilà qui était logique, mais, au fond, un peu gênant. Enfin, ce n’était pas comme s’il pouvait revenir sur ses paroles immédiatement. Il n’eut de toute façon pas réellement le temps d’y réfléchir que la jeune femme l’emmenait par le bras vers la demeure familiale avant de le conduire vers la fameuse chambre. Il détailla un peu la pièce, sans trop insister, conscient qu’il entrait là dans une intimité qui n’était pas la sienne et qu’il n’était pas bon de chercher à connaître les gens à leur insu. Peut-être était-il allé effectivement trop loin. La remarque de la jeune femme le fit néanmoins sourire. « On pourrait croire que cela te fait plus plaisir que cela ne t’ennuie. » Il l’observa d’un regard légèrement moqueur puis s’installa à même le sol, dos contre l’un des murs de la pièce. Il avait besoin de reposer un peu ses pattes. Et, à en croire la jeune femme, la fin de la soirée n’allait pas être reposante pour lui. « Quelque chose me dit que cela aurait été le cas même si je n’avais rien dit. » Il avait posé la tête contre le mur et fermé les yeux. Il était toujours aussi calme et imperturbable, comme si, finalement, rien ne s’était vraiment passé. Mais, au fond, c’était-il réellement passé quelque chose ? Il rouvrit les yeux et croisa les siens, avant qu’elle ne lui demande le pourquoi. Il haussa les épaules. Il n’en savait rien lui-même. « Je ne sais pas. J’ai pensé que cela pouvait être amusant. Peut-être me suis-je trompé. » Il aurait pu lui dire qu’il essayait également de lui épargner la sempiternelle question qu’on semblait lui poser. Mais peut-être avait-elle plus mal prit son petit jeu qu’autre chose.

Il soupira doucement. « Je suis désolé, c’était peut-être malvenu de ma part. Je n’ai pas pensé aux conséquences immédiates. En tout cas, ne t’en fais pas. Je pense qu’il ne sera pas difficile de faire chambre à part, et, si ça ne marche pas, je pourrais toujours dormir par terre, je dors bien presque partout. » Il avait fini dans un sourire. Après tout, il n’allait pas forcer un concubinage, ce n’était pas son intention. Quant à son idée pour faire chambre à part, elle marcherait très certainement. Après tout, il n’était pas rare que les couples aient quelques passages à vide. Une dispute pourrait très bien avoir lieu avant l’heure du coucher et nul doute que l’Oncle ne verrait aucun inconvénient à lui offrir un autre lit le temps qu’Eliaë et lui se réconcilient. « Je peux aussi confesser mon mensonge à ton oncle, ou alors on peut t’offrir un peu de répit vis-à-vis de tes proches et jouer un petit jeu. Bien entendu, loin de moi l’idée de pousser la réalité jusqu’à l’intimité de la chambre. » Il déposa son sac à côté de lui, défaisant la bandoulière qui le retenait à son épaule. A vrai dire, il pensait surtout à prendre un peu de repos et, tant qu’à faire, un bain serait le bienvenu. Néanmoins, il était hors de question de demander quoique ce soit. Ce n’était pas nécessairement le moment. « En tout cas, si tu désires jouer avec moi, il va falloir que l’on accorde un peu nos violons. Je n’ai rien contre l’improvisation, mais avoir quelques lignes directrices est toujours plus pratique. » S’ils allaient passer à interrogatoire poussé, mieux valait qu’ils puissent savoir quoi répondre, cela éviterait d’être démasqués. Après cet effet de scène, cela aurait été fort dommage, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Mer 6 Mai 2015 - 13:41

J'avais l'impression d'être une vraie garce une fois mes paroles prononcées. Il m'avait évité de nombreuses questions, toutes plus pénibles les unes que les autres. Des questions auxquelles je répondais chaque fois que je venais. Cependant, même s'il m'avait évité ça, il s'était réellement mis en mauvaise posture et je n'avais pas envie qu'il se sente mal à l'aise. Je ne l'avais pas emmener ici pour cela. Ce n'était pas mon but et j'avais la très nette impression qu'il allait regretter l'instant où il avait dit cela. Un vague sourire se perdait sur mes lèvres. Ses sentiments étaient tellement étrange. Je n'avais pas encore compris comment cela se faisait que par moment je pouvais les ressentir et d'autre moment pas du tout. Ça ne me permettait pas de gérer ce genre de chose, comme ses révélations de toutes à l'heure. Peut-être.... peut-être que j'aurais pu anticiper. Oh et puis pourquoi il fallait constamment que je me pose des questions franchement ? En voilà une de pertinente et à laquelle je n'avais aucune réponse plausible. Idiote va. Je soupirais intérieurement au moment où il reprit la parole. Il me faisait sourire. Voilà longtemps que personne n'avait réussis à faire cela. Voilà longtemps que je ne m'étais pas complètement détendu avec quelqu'un, étrangement, avec lui, s'était bien possible. Et ça me faisait sérieusement peur. Pauvre idiote, je combattais des gens horribles toute la sainte journée et lorsqu'une personne qui m'avait sauvé par deux fois et que j'appréciais -parce que oui, il était très sympa, bien que pas très causant- je me refermais comme une huître en cherchant une échappatoire dont il n'y avait aucune besoin. Quand il prit une nouvelle fois la parole après un petit moment de silence, je répondis rapidement, ne voulant pas qu'il se méprenne.

« Non, non. Je ne suis juste pas habitué à ce qu'on fasse autant de chose pour moi. Pas de problème pour les conséquences, tu sais, ce n'est pas comme si s'était très grave après tout. »

Je souriais doucement. Effectivement, ce n'était pas bien compliqué, mais en un sens, je préférais qu'il soit là. La peur des cauchemar était encore trop présente et ils se feraient tous encore plus présent durant les jours à venir. Alors quand il parla de confesser son mensonge et de ne pas pousser la réalité jusqu'à l'intimité de la chambre, je ne pus m'empêcher de répondre.

« Je.... je préférerais que tu reste dormir avec moi si ça ne te dérange pas. »

Je ressemblais probablement à un fruit bien mur, mais comment lui expliquer que les nuits semblaient moins rudes quand il était dans les parages. Que la dernière fois, il avait réussi à me rassurer avec tant de facilité que mon cœur s'était alléger et que mes journées avaient paru bien moins longues que celle que je passais d'habitude une fois le cauchemar survenu. Si je devais tout lui expliqué, il me prendrait probablement en pitié, comme tant de personne. Pauvre petite fille. Mais je ne voulais pas ça. Cependant, je ne pouvais pas non plus lui mentir indéfiniment. Parce que s'était tout de même un peu du mensonge que de cacher la vérité sur ce passé par trop dérangeant et brutal.

« Le lit est largement assez grand pour nous deux et il est hors de question que tu dormes par terre. De plus... ta présence semble atténuer un peu la violence des cauchemars. Si cela ne te dérange pas bien entendu, sinon, on peut toujours faire en sorte de te trouver une autre chambre. »

Je le regardais s'installer tranquillement. Contrairement à lui, j'avais besoin d'être debout, encore et toujours. Je n'étais pas du genre à m'asseoir souvent, toujours en mouvement, trop en mouvement probablement. Dans mon métier je n'avais que rarement la chance de me poser et finalement les habitudes avaient la vie dure. Je finis par me poser devant la fenêtre écoutant alors ces dernières paroles. Celles que je craignais probablement, car Eilor voudrait savoir s'il était au courant de mon passé et il n'hésiterait pas à lui poser des questions toutes plus gênantes les unes que les autres et surtout à détailler ce qu'il s'était passé, pour voir la réaction du Suli, pour savoir s'il était capable d'endurer le fait que je n'aimais pas réellement être toucher, que j'étais compliqué et surtout sauvage. Que je ne me liais avec personne depuis des années de peur de tout perdre. Que j'étais... seule en quelque sorte. Je soupire doucement, rien de méchant, seulement un soupir pour relâcher la pression que je m'impose. Cette pression toujours trop pressante dans mes frêles épaules comme aime à me le rappeler Sten.

« Tu sais, la vie avec lui n'a pas été vraiment facile au départ. J'ai toujours rejeté tout le monde quand j'étais petite. C'est aussi pour cela qu'il s'inquiète constamment de ma solitude. Il ne cherche pas à avoir des petits-enfants comme le voudrait chaque parent, il cherche juste à me lier à quelqu'un pour une fois. J'ai tellement l'habitude de ces questions, qu'elles sont devenues un peu comme un moyen de me connecter à lui, de lui raconter mes aventures alors qu'il ne peut pas les voir. Mais aujourd'hui, je te remercie de me les épargner. Étrangement, je viens tout juste de comprendre que malgré le fait que ça me faisait sourire. Ça me mettait aussi toujours mal à l'aise de constamment lui mentir. Parce que contrairement à ce que je lui ai toujours raconter, depuis mon enfance, je ne me suis jamais liée à personne. »

Je regardais tranquillement dehors. Là où les petites brises chaudes faisaient voleter les légers grains de sables. J'avais toujours fui, plus facile de vivre sa vie seule. Ainsi, je n'avais pas de compte à rendre, personne ne me demandait quoi que ce soit et surtout, surtout, il n'y avait pas de torture, pas d'abandon, pas de tristesse et de cœur brisé. Je pouvais sentir ce genre d'émotion et pour être honnête, je ne voulais pas y avoir accès. Je me protégeais comme une idiote. Mais pas cette fois-ci. Le Suli voulait jouer, alors très bien nous allions jouer. Et puis après tout, qu'est-ce qu'il pourrait nous arriver de grave ? Je me retournais vers lui, le visage résolu et un doux sourire sur les lèvres et repris une fois de plus la parole.

« Bien entendu que je vais jouer avec toi. Tu penses réellement que je vais te laisser tomber alors que tu me sauves d'un mauvais pas ? Bon, pour accorder nos violons, que veux-tu savoir de moi ? Ce sera plus simple je pense que tu poses des questions et qu'on décide d'une trame pour éviter les digressions. »

Je le regardais tranquillement, me demandant bien quelles seraient ses questions. M'attendant bien entendu au pire. De toute façon pour éviter qu'il ne soit catapulter dans mon passé sans rien en connaître, j'allais devoir lui raconter, je n'avais plus le choix maintenant. Et puis si j'étais réellement avec lui, alors, Eilor s'attendrait à ce que je le mette au parfum. Rien n'était simple, surtout quand on regardait mon corps. Repoussant, rebutant pour ceux qui ne l'avait encore jamais vu.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Jeu 7 Mai 2015 - 11:35


Zakaerii pouvait comprendre qu’elle puisse être gênée. Il aurait été plus judicieux de lui demander son avis en la matière, mais, il n’aurait pas pu deviner que les seules questions, que ses proches auraient aux lèvres en la voyant ainsi avec quelqu’un, seraient de savoir s’ils étaient ensembles. En réalité, c’était même un peu surréaliste. Qui plus est, il était étonnant de savoir qu’Eliaë était encore seule. Certes, la vie de couple n’était pas réellement adaptée à ceux qui voyageaient, mais la jeune femme semblait plutôt posée à Hydrasil, aussi, il n’aurait pas été étonnant de la voir avec quelqu’un là-bas, quelqu’un qui n’avait peut-être simplement pas pu faire le déplacement cette fois-ci. En tout cas, cela ne changeait rien. Le Suli avait agi impulsivement, instinctivement, parce que, finalement, il n’avait entrevu que le côté amusant de la situation. Il était sincèrement désolé, conscient de ce que cela pouvait impliquer pour celle qui lui avait proposé un toit et qu’il remerciait, peut-être, d’une bien piètre manière. Il haussa un sourcil quand elle évoqua le fait de faire des choses pour elle. Vraiment ? Il ne voyait pas réellement en quoi ses actions pouvaient être considérées comme telles. « Je n’ai rien fait d’exceptionnel. Du moins, rien qu’une personne un minimum altruiste n’aurait fait pour une autre. » Il était cependant assez d’accord sur le fait que les conséquences n’étaient pas graves, assez rassuré qu’elle ne soit pas réellement en colère contre lui. De toute façon, il était assez facile de rectifier la situation, après tout, ce n’étaient que des mots et même si le Felidae était persuadé que l’Oncle de la jeune femme serait déçu, il n’y aurait probablement pas mort d’homme. Mais, apparemment, dévoiler la vérité n’était pas à l’ordre du jour. L’Once observa Eliaë en silence dans un demi-sourire, alors qu’elle venait de lui confier qu’elle préférait qu’il reste dormir avec elle.

A vrai dire, il ne savait pas quoi en penser de cette petite révélation, du moins jusqu’à ce qu’elle ne s’explique un peu sur le sujet. Il n’était pas convaincu que c’était sa présence qui permettait d’atténuer ses cauchemars mais il ne voyait aucune raison de la contredire. « Comme tu veux. » Il esquissa un léger sourire. « Mais il ne faudra pas te plaindre que ton lit devienne plus étroit. Un Suli, ça prend de la place. » Après tout, ils étaient souvent naturellement bien plus grands que les Hommes et il n’était pas rare qu’ils aient besoin d’une literie adaptée, raison pour laquelle, le Felidae s’était habitué à dormir un peu partout. Cela évitait de devoir compter sur un équipement parfois trop spécifique. Il jeta un œil à la literie de la chambre. Le lit était effectivement grand, pour les standards humains, mais l’Once aurait probablement un peu matière à s’y sentir légèrement à l’étroit. Enfin, ils auraient l’occasion de tester cela le soir-même, apparemment. Toujours installé contre le mur, installé en tailleur, Zakaerii observait la jeune femme s’installer à la fenêtre, regardant l’extérieur. Il l’écouta religieusement lorsqu’elle tenta de clarifier la situation. Les yeux clos, il ne manquait pas une miette de ce qu’elle disait, contrairement à ce que l’on pourrait penser. C’était sa manière d’être. Certains pensaient peut-être qu’il n’avait rien à faire de ce qu’on lui disait, mais, au contraire, fermer les yeux était probablement le meilleur moyen de réellement écouter ce que quelqu’un avait à dire, en fermant son esprit à toute distraction visuelle. « Es-tu es certaine de vouloir lui mentir un peu plus ? » Il était un peu dommage de l’entendre dire qu’elle avait ménagé son père en lui racontant des mensonges. L’attention était louable, en quelque sorte, mais le « petit » mensonge de Zakaerii ne venait peut-être plus à point nommé.

Quoiqu’il en fût, elle semblait vouloir continuer ce petit jeu. Néanmoins, le Felidae ne voyait pas vraiment l’intérêt de lui poser des questions trop privées. L’essentiel était de se mettre d’accord sur leur rencontre et les quelques moments qu’ils auraient éventuellement passé ensembles. « Je ne suis pas certain qu’il soit nécessaire de rentrer dans des détails d’ordre privé. Il suffira qu’on se mette d’accord sur notre rencontre, quelques anecdotes peut-être. Après tout, nous pouvons très bien être ensembles que depuis peu de temps. » Il suffisait de trouver une raison, valable, pour laquelle ils se seraient retrouvés l’un avec l’autre. Bien entendu, le fait qu’il l’avait sauvé quelques temps plus tôt pouvait aider, mais cela ne justifierait surement pas tout. Il fallait trouver quelques évènements, qui auraient pu se passer entre cet évènement d’Hydrasil et leur arrivée à Varak. Et peut-être définir exactement la profondeur, en quelque sorte, de leur relation. « Je crois comprendre que tu as de mal à te lier avec des gens. Notre première rencontre à Hydrasil n’est pas si éloignée, notre relation ne sera probablement pas très avancée. Ton père n’y ferait surement pas attention, car j’ai pu sentir que ma révélation lui avait fait plaisir, mais essayons de rester crédible. Une complicité poussée resterait raisonnable. Reste encore à savoir jusqu’où. Sachant qu’il faudra peut-être pouvoir donner le change… » C’était aussi un risque. S’il était possible de faire comme si de rien n’était derrière la porte d’une chambre, ce ne serait pas pareil en public. On s’attendait forcément à ce qu’un couple ait l’air de tel. Bien entendu, l’avancée de la relation faisait évoluer cette image publique, mais c’était justement le bon moment de décider jusqu’où elle allait consentir à aller.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Ven 8 Mai 2015 - 5:57

Je souriais lorsqu'il parla du lit trop étroit. De toute façon vu que je ne dormais que très peu, je ne profitais que rarement du lit. Et puis bon, ce n'était pas si grave non plus. Il était vrai que ce lit pour moi était immense. Quand on mesure tout juste un mètre soixante, il est évident que le reste paraît grand et notamment le Suli. Je me demandais bien d'ailleurs comment il faisait pour ne pas avoir de torticolis chaque fois qu'il parlait à quelqu'un et qu'ils étaient debout. Pour moi, ça paraissait inconcevable. Rien que durant notre route jusqu'ici, j'avais dû de nombreuses fois lever la tête vers lui et je devais avouer que le voir d'en bas pouvait donner des vertiges. Je sortis de mes pensées lorsque finalement il reprit la parole, me disant que cela n'était pas nécessaire de rentrer dans les détails d'ordre privé. Il ne me connaissait pas réellement et il ne connaissait pas plus mon Oncle. Lui, il était du genre à aller au bout des choses. Pas forcément dans l'intimité, mais surtout dans le passé et je savais très bien que la première chose à laquelle il penserait serait de faire référence à mon passé. Quand il parla de mon problème de me lier avec les gens, je ne pus m'empêcher de penser à ce passé qui m'envahissait constamment. Je le laissais cependant continuer sans rien dire et une fois qu'il eut terminé, je pris une profonde inspiration ne remarquant pas réellement que j'avais arrêté de respirer correctement.

« Effectivement, notre première rencontre ne date pas de loin. Donc ça pourrait être une relation naissance. Cependant.... »

Comment expliquer ce que j'avais en tête. Comment lui expliquer ce que je ressentais et ce qu'était ma vie depuis cette enfance.

« En faite, c'est plus compliqué que tu ne le pense. Tu as raison sur un point, je ne me lie jamais à personne mais pour une raison assez particulière. »

Je restais tranquillement devant cette fenêtre, mon regard concentré sur le mur plutôt que sur lui et je repris tranquillement la parole.

« Je connais mon Oncle, il m'a élevé comme un père l'aurait fait et il est comme mon père. Pour moi c'est ainsi. Cependant il me connaît très bien et il sait parfaitement que je ne pourrais laisser personne s'approcher de moi sans que cette personne ne connaisse les raisons qui me pousse à ne pas me lier aux autres et surtout à garder les autres assez à distance pour en pas qu'il me touche. »

Je savais bien que ce que j'allais dire là, nous amènerait probablement dans une discussion plus compliqué ou pas. Je n'en savais trop rien. Zak ne s'était jamais montré trop curieux, mais après tout, il avait le droit de savoir. Je repris une grosse inspiration et je partis dans mon récit.

« Je n'ai pas eu une enfance réellement agréable. Mes parents sont morts quand j'avais deux ans et j'ai été confiée à ma tante. Ça aurait pu se passer correctement, ça aurait dû se passer normalement, cependant ça n'a pas été le cas. Le mari de ma tante était quelqu'un de génial, mais il n'était pas très présent. Toujours sur les routes. Ma tante quand a elle... eh bien disons que la jalousie avait gangrené son cœur dés le départ. Elle a voulu à ma mère de lui avoir pris l'homme qu'elle disait aimé. Elle m'en a voulu de ressembler à ma mère et surtout d'être l'enfant qu'elle aurait dû avoir avec cette homme. Elle m'a de suite détesté et lorsque son mari n'était pas à la maison, les sévices ont commencés. Des coups de fouet, des coups de pieds, des coups de poings. Pas assez fort pour me blessé gravement, mais assez fort tout de même pour brisé mes os encore fragile d'enfant. J'étais souvent enfermé dans la cave, endroit humide et lugubre. Tu as certainement dû voir toutes les cicatrices qui parsème au moins mon ventre. Elle date de cette époque. J'ai la même chose sur le reste du corps. J'ai subis ce traitement pendant quatre ans jusqu'au jour où mon oncle est rentré plus tôt et où il m'a vu, allongé sur le sol, une jambe et un bras brisé ainsi que quelques côtes. Ce jour-là, tout s'est enfin arrêté. Enfin tout aurait dû s'arrêter. »

Je respirais une nouvelle fois pour reprendre plus doucement.

« C'est à cette période qu'Eilor est venu me chercher. Il m'a ramené chez lui, mais mon esprit d'enfant était brisé et la reconstruction était bien dur. Il m'a fallut de nombreuses années avant de m'en remettre. Des mois et des mois de reconstruction. Si j'en suis ici aujourd'hui c'est grâce à lui. Lui mentir me fait mal au cœur, mais lui dire constamment la vérité serait pire que tout. Il se fait vieux et je ne veux pas l’inquiéter plus que ça. Cependant, j'ai gardé de cette époque les cauchemars que je fais chaque nuit et qui me hantent toujours autant. J'ai gardé une méfiance envers tous ceux qui m'approche ainsi bien entendu qu'un goût profond pour la solitude. Et puis, je n'aime pas vraiment qu'on me touche. Je me dis que ceux qui le font ont toujours en tête de vouloir me torturer de nouveau. C'est peut-être idiot, parce que ça date, mais je n'ai jamais pu m'en défaire. Voilà ce que tu dois savoir pour éviter d'être mal à l'aise quand mon Oncle en parlera. Parce que crois-moi, il en parlera. Je le connais bien. »

Je finis par me détourner doucement. Je devais ressembler à une idiote là. Fuyant constamment le monde, fuyant les autres, ne se liant jamais à personne pour ce genre de raison. Tout le monde n'était pas ainsi, je le savais, cependant... je ne voulais aucunement d'une relation comme celle de ma tante et de son mari. Ils ne s'étaient jamais aimé. L'un pris par ses responsabilités, l'autre par sa haine. Je ne voulais pas être de ceux qui se liaient pour se déchirer par la suite. J'avais seulement envie d'une vie tranquille. Je n'imaginais même pas tombé amoureuse de quelqu'un tellement je souffrais encore de ce passé. Je finis cependant par me retourner pour lui faire face. Après tout, je ne devais pas avoir honte de ça. Ce n'était pas si grave. Maintenant, j'avais une vie, même si elle n'était pas complète, j'étais contente de ma vie et heureuse de la mener.

« Alors oui, je pense qu'un début de relation pourrait marché. Histoire de faire illusion. Mais il va falloir s'inventer quelques rencontres de plus histoire de rendre ça crédible. Sans trop de détail forcément, mais un minimum tout de même. »

Je souriais de nouveau, mais mon regard restait triste. C'était la première fois que je parlais de ça à quelqu'un et malgré le fait que je n'aurais jamais dû me sentir coupable, je ne pouvais m'empêcher de m'en vouloir. Et lui, comment allait-il réagir maintenant qu'il connaissait mon sombre passé ? Je secouais la tête doucement et laissait tombé mes réflexions.

« Bien alors, voyons ce que nous pouvons inventer un peu plus. Et voyons ce que nous pouvons donner comme détail qui satisfera la curiosité insatiable de mon Père. »

Je souriais franchement. Le passé était passé. Je devais arrêter de regarder en arrière comme ça. Plus facile à dire qu'à faire, mais je tentais de le faire jour après jour pour éviter de me laisser engluer dans des idées qui n'avaient pas leur place.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Lun 11 Mai 2015 - 10:25


Zakaerii restait assis, conscient qu’il ne serait pas évident de monter, à partir de rien, une relation, même si elle ne datait que de quelques semaines. Certes, cela restait un simple jeu, mais il valait mieux pouvoir être crédible s’ils ne voulaient pas être découverts la prochaine rencontre avec l’oncle d’Eliaë. Le Dévot était déjà prêt à faire amende honorable si nécessaire, en espérant que le forgeron ne prendrait pas mal ce petit mensonge au sujet de sa fille. S’il y avait bien une chose que le Suli détesterait, c’était l’idée de créer une tension entre un père, fut-il adoptif, et sa fille. Après tout, il n’avait fait cela que pour le plaisir du jeu, de l’amusement, rien de plus. Si quelques conséquences funestes – en quelque sorte – devaient en découler, il ne se sentirait pas réellement bien, surtout vis-à-vis d’Eliaë, qui, après tout, ne lui avait rien demandé. Peut-être aurait-elle-même préféré qu’il tienne sa langue, pour se contenter de continuer à dire les mêmes choses aux siens. Après tout, ne devrait-elle pas donner une explication sur l’absence du Suli à une prochaine visite ? Certes, elle pourrait trouver des excuses diverses et variées mais son oncle ne serait pas dupe longtemps. Pourtant, la jeune femme ne semblait pas déterminée à abandonner cette idée. Aussi, peut-être cela valait-il de se creuser correctement la tête pour ne pas être découverts, au moins pas ce soir. Ensuite, il faudrait espérer que l’oncle ne passerait pas ses nuits à écouter à la porte de la chambre de sa fille, sinon la supercherie ne durerait pas longtemps. Contrairement à ce qu’elle lui avait dit, l’image de son oncle, faisant irruption dans la pièce pour les pousser à faire des petits-enfants, lui vint à l’esprit et il dut faire un effort pour ne pas se mettre à rire et, surtout, pour débarrasser son esprit de cette image quelque peu déplacée.

Alors qu’elle reprenait la parole, le Felidae releva les yeux vers elle et écouta sa terrible histoire. En réalité, c’était un peu pour cela qu’il avait essayé de faire en sorte de ne pas connaître les détails de son passé. Il n’avait pas manqué les cicatrices lorsqu’il l’avait soignée et se doutait qu’il y avait probablement de bonnes raisons à leur présence, mais cela restait quelque chose d’intime, voire très intime, et qu’elle ne souhaitait sans doute partager avec personne, ou le moins possible. Il espérait ne pas lui avoir forcé la main. Peut-être aurait-il vraiment du s’abstenir, cela ne faisait que compliquer les choses. Mais, il était un peu tard pour reculer désormais, en quelque sorte, le mal était déjà fait. Zakaerii se sentait un peu mal de l’avoir forcée à faire cette confession, probablement difficile. Personne ne pouvait ainsi être forcé à révéler son passé. Surtout quand on désirait probablement le garder pour soi. « Je suis désolé de l’apprendre. » Il ne pouvait pas réellement faire grand-chose de plus et elle ne s’attendait certainement pas à ce qu’il fasse quelque chose en particulier. Néanmoins, son histoire ne pouvait pas laisser indifférent et apprendre à quel point son enfance avait été aussi… traumatisante, le Suli ne pouvait que comprendre pourquoi elle n’était pas du genre à se lier facilement avec les gens, sans parler de son don d’empathie. Une chose était certaine, elle ne devait pas mener une vie facile. L’Once soupira pour lui-même. Ainsi allait la vie. Certains avaient plus de chances que d’autres, mais cela ne voulait pas dire que les malheureux ne s’en sortaient pas, bien au contraire. Ces évènements forgeaient le caractère, l’individu et, bien souvent, ils en ressortaient plus forts. Même si, bien entendu, ce n’était pas toujours le cas. Enfin, la jeune femme ne semblait pas fragile pour un sou.

Se relevant en silence, Zakaerii parcourut la distance qui le séparait d’Eliaë tandis qu’elle réfléchissait à haute voix sur ce qu’ils allaient bien pouvoir trouver pour satisfaire son oncle. Une fois la distance franchie, il posa ses mains sur ses épaules, en douceur, posant son regard vers l’extérieur, tout comme elle. « Je pense qu’il est inutile de chercher bien loin. A notre rencontre, quand je t’ai soignée, tes cicatrices ne m’ont pas échappées. Il suffira de dire que le sujet est venu sur la table, presque naturellement. Notre point commun nous aura rapprochés et, de fil en aiguille, nous nous sommes côtoyés un peu plus intimement dirons-nous durant quelques-uns de tes voyages. » L’histoire restait suffisamment simple, peut-être un peu trop, mais il était souvent inutile de faire dans l’abracadabrantesque. Il ajouta néanmoins, en précision. « J’imagine qu’il est venu assez naturellement de partager la même couche, sans que cela n’aille pas plus loin, bien entendu. » Il ne trouvait de toute façon pas très convenable d’aller plus loin. Il enleva ses mains et s’installa sur le lit qui se situait juste à côté. « Qu’en penses-tu ? Trop banal ? Pas assez ? Je ne connais pas ton Oncle, je ne sais pas ce qui saura le convaincre. » La vérité aurait surement été la meilleure des solutions, mais maintenant qu’ils étaient engagés dans cette voie… Il restait à espérer que le pot aux roses ne serait pas découvert. Le premier tête-à-tête serait surement le plus difficile. L’Oncle, uen fois rassasié d’informations – et, il fallait l’espérer, satisfait – n’y regarderait plus de trop près, laissant un peu plus de marges aux deux compagnons. En tout cas, Zakaerii l’imaginait ainsi.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Mer 13 Mai 2015 - 5:19

Désolé de l'apprendre, oui, je pouvais comprendre que ce genre de révélations n'avait rien de bien facile à entendre. Ni à dire en vérité. Je ne souhaitais pas réellement faire étalage de ce passé peu glorieux, mais je savais parfaitement qu'Eilor y aurait fait allusion, tout simplement parce qu'il savait que je ne pouvais être proche de personne sans que celle-ci ne connaisse cette partie de l'histoire. Étrangement, je ne pouvais même pas décrypter ce que ressentais le Suli. Ce mélange avec l'animal rendait réellement ses sentiments insondable par moment et si ça me faisait du bien d'être avec quelqu'un qui ne me renvoyait pas constamment ses sentiments, je devais avouer que ça me faisait étrange aussi. J'avais l'habitude de me fier à cette empathie et ne pas pouvoir ici m'y fier me rendais un peu plus sur la défensive dans mes paroles. Pas que je n'avais pas confiance en lui, mais surtout que je ne savais pas si certaines de mes paroles pouvaient ou non le vexer et ça, ça ne me plaisait pas foncièrement. Je soupirais doucement, une nouvelle fois perdu dans mes pensées. Il n'avait cependant pas l'air dégoutté par ce que je lui avais dis. Cela voulait dire qu'il pouvait m'accepter ainsi, avec ce passé qui me torturait à chaque minutes, avec ces cauchemars qui hantaient chacune de mes nuits, avec ce caractère si fuyant qui était le mien et pour avouer, j'avais nettement l'impression d'être quelqu'un de différent quand j'étais avec lui, et ce n'était pas du tout dérangeant. Un vague sourire vint se profiler sur mes lèvres et je l'entendis plus que je ne le vis arriver derrière moi.

Avec une douceur peu commune d'ailleurs, je me demandais bien si sa démarche était aussi légère à chaque instant. Je rêverais de sa souplesse et de sa légèreté. Parfois je regrettais ne pas avoir de trait animal. Ça aurait pu être réellement sympathique. Je m'imaginais avoir la souplesse d'un chat pour mes enquêtes. Ça m'aurait éviter de nombreux ennuis d'ailleurs, surtout celui que j'avais eu pour récupérer le parchemin de l'académie. Un sourire s'afficha rapidement sur mon visage et je sentis alors les pattes de Zak se poser sur mes épaule. Mon regard se détacha un peu de ce qu'il se passait dehors pour se poser sur lui. J'écoutais ce qu'il me disait et effectivement son raisonnement était plus que correcte. Il était de toute façon plus logique que notre relation ne soit que très récente. Ma blessure lors de cette bagarre et le fait qu'il m'ait soigné était aussi et que cela nous avait rapproché lorsqu'il m'avait posé des questions et que j'avais répondu à celle-ci e lui parlant de mon passé était aussi somme toute logique. La suite de l'histoire me fit rougir un peu je devais bien l'avouer. Ce côté intime, je n'en avais jamais eu avec qui que ce soit, donc forcément ça me faisait un peu plus travailler le cerveau, mais son explication tenait très bien la route. Je sentis alors la chaleur se retirer de mes épaules et je le vis finalement s'asseoir en me demandant si l'histoire était bien, pas trop banal. Un sourire vint se fixer de nouveau sur mes lèvres.


« Je pense que même banal, cette histoire le satisfera. Me connaissant, il s'attendra justement à une relation nouvelle. Je pense même qu'on pourrait dire que j'avais prévu ce voyage seul, mais que finalement ton chemin venait à Varak et que donc nous avons décidé de faire le voyage à deux. »

Je souriais toujours tranquillement. Inventer ce genre de truc, était-ce une si bonne idée? Je mentais constamment à mon père parce que s'était plus simple et aussi parce qu'il s'inquiétait de trop. Franchement, il allait finir vieux garçon et tout ridés avant l'âge s'il continuait de la sorte. Et puis, pour être honnête, ce n'était pas parce qu'on avait un compagnon que cela faisait de nous quelqu'un de meilleur non ? Je vivais seule depuis pas mal d'année et je ne m'en sortais pas si mal que ça ? Enfin je le pensais. Je n'avais jamais eu de problèmes, mise à part mes blessures et personne n'avait eu à se plaindre de moi. Je secouais doucement la tête et reprit tranquillement.

« J'espère juste qu'il ne voudra pas parler de petits-enfants ou autres. Je n'ai franchement pas envie d'aborder ce sujet, surtout qu'élever des enfants avec mon métier et toi qui voyage tout le temps, ce ne serait pas une vie facile pour eux et pour nous. »

Voilà que je parlais comme si cette relation était réelle. Mon dieu, j'étais vraiment catastrophique comme fille ces derniers temps. À croire que j'attendais ça en fait. Était-ce pour le jeu ? Ou parce que j'aurais réellement aimé fonder une famille ? En ce moment, les sentiments se mélangeaient en moi tel un ouragan cherchant à dévaster une région. Je soupirais allègrement et reprit la parole tranquillement.

« Enfin on verra bien. Au pire, je répondrais à ta place en te donnant des indices pour ne pas qu'il te couvre trop de question qui pourrait dépasser le stade du correcte. Il est du genre à abusé parfois. »

Je me retournais vers la fenêtre lorsqu'un cri me parvint en bas.

« Eliiiii »

Je soupirais doucement et puis finalement fit signe à Zak.

« Tu peux rester ici si tu veux, je vais voir ce qu'il me veut. Mais tu peux descendre aussi si tu le souhaite. Je ne te cantonne pas à la chambre. »

Je lui souriais doucement et prit le chemin de la sortie. Heureusement que ma chambre était plutôt gigantesque pour nous accueillir tous les deux. Ouvrant la porte tranquillement, je descendis alors les escaliers.

« Qu'est-ce qui t'arrive pour hurler de la sorte ? »
« Le dîner est bientôt servit et nous voulons aussi profiter de ce jeune homme. J'aimerais bien mieux le connaître. »
« Oui et bien laisse lui le temps de s'adapter ici. De plus évite d'être trop curieux, tu vas le mettre dans l'embarras sinon. »
« Je vais tenter de me retenir, mais j'aimerais tellement en savoir plus. »


Je soupirais déjà.

« Zak s'il te plaît. Tu peux descendre on va manger. »

Heureusement, je n'étais qu'à la moitié des escaliers. Mais je savais une chose, le dîner allait certainement être mouvementé.


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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Ven 15 Mai 2015 - 11:48


Ce n’était probablement pas la peine de se prendre beaucoup la tête à mettre en place une histoire complexe et potentiellement bien trop compliquée à défendre face à une pléthore de questions. Zakaerii ne connaissait pas l’oncle de la jeune femme, mais de ce qu’elle lui en avait dit, en quelques mots, il fallait s’attendre à une avalanche de questions. Et pour éviter de ne s’emmêler les pinceaux, ou simplement éviter de se contredire, le plus simple restait de garder une histoire certes banales, mais qui aurait le mérite de ne pas demander beaucoup de réflexion pour la défendre. Et si Eliaë pensait que cela suffirait, il n’était pas nécessaire d’y mettre davantage de jus de cervelle. Après tout, ils devaient s’amuser un peu, et non s’arracher des cheveux pour cela. Cependant, le Suli ne put s’empêcher de penser que de son petit jeu s’était transformé en quelque chose de plus sérieux, peut-être trop sérieux. Trop tard cependant était-il pour faire marche arrière désormais et ils auraient l’occasion de voir où tout cela les mènerait. Il restait à espérer que ce ne serait pas vers quelque chose qu’ils seraient amener à regretter. L’Once n’avait aucunement envie de blesser qui que ce soit et espérait que l’oncle ne verrait pas clair dans leur jeu, sans quoi il serait probablement déçu. Il soupira doucement, acquiesçant aux paroles de la jeune femme. « Cela me paraît une bonne idée, en effet. » Rester simple. Et au moins cela expliquait les raisons pour lesquelles elle n’avait pas confié à son oncle qu’elle viendrait accompagnée. La présence inopinée du Felidae s’étant décidé à la dernière minute, il suffirait de dire qu’il n’avait pas été possible de prévenir. Tout au pire, avait-elle voulu lui faire la surprise, préférant éviter qu’il ne se ronge les sangs d’impatience en sachant qu’elle arriverait accompagnée.

Cependant, lorsqu’elle évoqua des petits-enfants, le Suli redressa les yeux vers elle, surpris. En effet, c’était probablement un sujet de discussion possible, mais, étant donné la situation actuelle, il était tout de même hautement improbable que cela vienne sur le tapis, du moins, il l’espérait. « Au-delà de nos vies respectives, j’ai bien peur qu’il n’y ait quelques… incompatibilités. » Il avait dit cela avec un ton quelque peu amusé. Avait-elle considéré ce petit détail, celui qui  faisait remarquer qu’ils n’étaient pas de la même race ? Ces terres abritaient une diversité de population dont il était souvent possible de mélanger les attributs, bien que, le plus généralement, une race prédominait sur l’autre en termes de patrimoine génétique cédé à l’enfant. Néanmoins, la question était plus… délicate avec les Sulis. En réalité, Zakaerii ne connaissait pas la réponse à cette question, mais il lui semblait assez improbable que ce soit possible. Peut-être entre une Suli et un homme, les siens étant généralement plus solides, si l’on pouvait parler ainsi. Néanmoins, il était probablement inutile de s’attarder sur la question. Après tout, ils n’allaient pas se mettre à procréer dès ce soir, n’est-ce pas ? Il haussa les épaules pour lui-même, chassant ces idées de sa tête. « Je pense que nous pourrons aviser en temps voulu, oui. » Cependant, ils n’eurent pas loisir de débattre plus en avant de leur stratégie. Il esquissa un sourire quand Eliaë lui indiqua qu’il pouvait choisir de rester ou de sortir, arguant qu’il n’était pas cloîtré à la chambre. « J’apprécie l’attention. » A vrai dire, il ne savait pas vraiment ce qu’il voulait faire. Prendre le risque de descendre seul et risquer de rencontrer quelqu’un lui posant trop de questions ? Mieux valait peut-être mieux ne pas tenter le diable.

Il regarda la jeune femme sortir de la chambre et entendit le bruit de ses pas descendre les escaliers. Zakaerii en profita pour observer un peu l’endroit qui l’entourait avant de se résigner. Ce n’était pas le moment d’entrer dans l’intimité d’une personne, encore moins à son insu. Déjà s’était-il invité, sans le vouloir, mais également sans son consentement. Après quelques instants, Eliaë revint et l’enjoignit à descendre, le diner étant bientôt servi. Le sort était désormais jeté. Il acquiesça et se leva. « Y’a-t-il un endroit où je pourrais me débarbouiller un peu avant le diner ? » Il laissa la jeune femme l’accompagner jusqu’à une petite salle de bain où il en profita pour passer un peu d’eau sur le visage avant de ressortir, frais et dispo. « Bien, ne faisons pas plus attendre ton oncle. » Il suivit son hôte, prêt à endurer, en quelque sorte, l’épreuve du diner. Les questions qui allaient être posées, les réponses… Il espérait que cela ne durerait pas éternellement et que la curiosité de l’oncle serait satisfaite sans avoir à rentrer dans des détails potentiellement gênants. Le Felidae connaissait cette curiosité que pouvaient avoir les parents pour leurs enfants et tout ce qu’ils faisaient. Ils descendirent les escaliers et arrivèrent bien vite à destination. Entre temps, pour donner le change, le Suli avait posé une patte autour de la taille d’Eliaë dans un sourire amusé, l’attirant un peu plus contre lui qu’elle ne l’avait été, un peu trop distante, pour n’importe qui, qui pouvait observer cette scène. Ils allaient pénétrer dans la fosse aux lions, mieux valaient que ces derniers ne s’imaginent pas qu’ils allaient affronter cela seuls.
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Dim 17 Mai 2015 - 5:21

Rester simple allait nous permettre d'éviter les complications, c'était certains. Cependant cette question sur les enfants était bien trop....elle me faisait rougir, sérieusement, imaginer que moi je pourrais avoir des enfants. J'avais dis cela sur le ton de la discussion, mais en entendre parler de lui était étrange et puis il avait raison sur un point. C'était quelque peu improbable. Nous n'étions pas de la même race, ça poserait probablement problème. Et pourquoi je me sentais un peu déçu à ça franchement ? Je secouais la tête pour me remettre les idées en place. L'emmenait alors se débarbouiller et une fois qu'il eut terminé, nous finîmes par descendre et vu le regard de mon Oncle, ça voulait dire Enfin avec un grand E. Je soupirais parce que pour être parfaitement honnête, je ne savais pas réellement ce qu'il allait se passer durant ce repas. Les deux n'étaient généralement pas avare de parole, débattant de tout et de rien pour être honnête surtout de rien, mais là, un nouveau sujet de discussion serait probablement sur le tapis. J'espérais qu'Eilor serait se tenir, je n'avais pas envie que le Suli se sente mal à l'aise alors que je lui avait proposé de venir en tout amitié. La situation semblait m'échapper grandement. Bouarf, je verrais bien en temps voulu.

Je montrait rapidement les différents endroit du rez-de-chaussé de la maison et puis finalement je conduisis Zak à la salle à manger ou un véritable festin se positionnait sur la table. Il y avait des salades de toute sorte, il y avait aussi un rôti visiblement bien cuit avec de magnifique tomate passé au four. Un poulet qui s'était fait découpé mais qui semblait succulent avec de nombreux légume et bien entendu le tubercule le plus connu, la pomme de terre. Sans compter qu'il y avait aussi de nombreux dessert. Jamais de la vie je n'avais vu autant de nourriture sur cette table. Je les regardais d'un air ébahi et d'ailleurs je devais avoir l'air idiote parce qu'ils se mirent à rire tous les deux.


« Bon ça va les deux idiots là. »
« Oh laisse nous t'impressionner encore. Tu en penses quoi ? »
« Je pense qu'il va nous falloir des jours pour tout manger. »
« Mais non, mais non. »


Il vint se poser à côté de Zak et posa sa main sur le bras du Félin.

« Il faut bien le nourrir tu as vu sa taille. »
« Mais c'est pas parce qu'il est grand qu'il mange comme un ogre. »
« Oh ma chérie, tu devrais lui laisser le loisir de parler enfin. »
« Bien entendu pour que tu l'assènes de question encore ? »
« J'ai le droit il me semble. »


Je soupirais ouvertement et je sentis le regard de Sten. Je me tournais vers lui et il me montra une place qui devait être la mienne. Je soupirais une nouvelle fois, attrapant le bras de Zak pour l'emmener à la place qui lui était alloué. Mon dieu ce repas allait être le pire de tous, pour lui comme pour moi. Je sentais bien que nous allions avoir besoin d'un repos bien mérité sérieusement.

« Servez-vous. »

Sten venait de parler de sa voix calme et posé, contrairement à mon père, il n'était pas du genre excité de tout et de rien. Surtout de rien d'ailleurs. Je pris le premier plat qui était une salade et je commençais à me servir en le faisant passer par Zak. Je ne savais pas ce qu'il désirait, mais libre à lui de manger tout ce qu'il souhaitait. De toute façon avec tout ce qu'il y avait, y'en aurait probablement pour des jours pour manger tout ça. J'attaquais tranquillement le repas en silence et d'ailleurs ce silence dura pendant plusieurs minutes ce qui soit dit en passant était un exploit pour Eilor, mais bientôt, je le sentis, il ne tenait plus. Il tentait en vain de se contenir, mais pour lui ce n'était pas facile. Il en vient à se tourner vers Zak et commença alors à lui poser des questions toutes plus diverses les unes que les autres.

« Alors est-ce que ça vous plaît ? Que pensez-vous de notre région ? Vous étiez déjà venu ici ou s'était votre premier fois ? Je sais que cette région paraît hostile, mais mis à part sa chaleur, il y a de nombreuses choses à faire ici. J'espère d'ailleurs que vous venez pendant plus de quelques jours, ça nous permettra de vous montrer tout ce qu'on fait de bien ici. »

Il s'arrêta alors mangeant et buvant un peu histoire de ne pas faire sécher sa gorge et reprit directement sans trop attendre de réponse.

« D'ailleurs si cela vous dit, on a toujours besoin de quelqu'un à la forge. Même si vous ne savez pas forger, il faut faire de nombreuses choses, comme charrier le métal, vous semblez fort et à même de le faire sans trop vous prendre la tête. »
« Papa s'il te plaît. On vient d'arriver, ne lui demande pas déjà de bosser. »
« Je ne fais qu'alimenter la conversation, d'ailleurs j'aurais besoin de toi, tu sais pourquoi. »
« Oui, oui je sais ça va. Je le ferais demain. »
« Bien. »


Je pensais qu'on en aurait terminé avec ce bien, seulement ce fut Sten cette fois-ci qui reprit la conversation. C'est pas vrai, lui aussi s'y mettait.

« Au fait, comment vous vous êtes connu ? »

Super la question à laquelle je n'avais pas envie de répondre. Eilor allait encore exploser parce que j'avais été blessé. Il renchérit d'ailleurs sur la question.

« Oui c'est vrai ça, comment vous en êtes venu à vous rencontrer ? Il est rare qu'un Suli et qu'une humaine tombent dans les bras l'un de l'autre. »

Un fin sourire orna son visage. Je pouvais sentir sa curiosité et je sentais aussi qu'il croyait fortement à notre histoire. En fait il voulait y croire, parce qu'il estimait que j'avais besoin de quelqu'un pour prendre soin de moi. Cependant je repensais à ce qu'on avait convenu comme histoire. Je n'avais pas relever parce que je ne savais pas combien de temps cela nous prendrait de mettre en place cette histoire et puis je ne savais pas plus combien de temps mon père nous laisserait pour être tranquille. Mais si je me souvenais bien, il avait parlé de point commun. Qu'avait-il essayé de dire par-là ? Un petit mystère dont j'allais devoir sérieusement m'occuper sinon il allait me torturer le cerveau durant un moment.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Lun 18 Mai 2015 - 10:44

C’était l’heure de la représentation, et, pour être exact, de la première représentation. Il n’y avait plus qu’à espérer que les deux acteurs seraient des plus convaincants, sans quoi, la suite du séjour allait probablement être assez lourde à supporter. Enfin, l’heure était désormais au verdict final, car il n’était plus temps de reculer, même si, à tout moment, il était toujours possible de dire la vérité. Malheureusement, Zakaerii avait la désagréable impression que, même si c’était une possibilité, il ne serait hélas pas possible de s’y résoudre facilement. Chassant ces idées de sa tête pour se concentrer sur l’instant présent, ils finirent de descendre les escaliers pour rejoindre l’Oncle d’Eliaë et, celui qui semblait être l’un de ses employés, probablement également un excellent ami de la famille, ce qui justifiait sa présence au diner. Ou alors était-ce simplement exceptionnel du fait de l’arrivée de la jeune femme, ou, et c’était également un scénario à considérer, son arrivée à lui, le Suli, et plus précisément le soupirant. Avant de passer à table, il eut le droit à un petit tour d’horizon du rez-de-chaussée, probablement à la fois pour qu’il puisse avoir une meilleure idée de l’endroit, mais également pour retarder le moment où il faudrait s’asseoir et s’exposer aux questions. Une fois le petit tour touristique terminé, ils rejoignirent la tablée où trônaient de nombreux plats, dont les saveurs, particulièrement appétissantes, vinrent chatouiller l’odorat du Felidae et réveillèrent son appétit qui, il fallait l’admettre, s’était contenté de choses très simples depuis bien trop longtemps au goût de son estomac. Il eut cependant la chance de ne pas se mettre à gargouiller pour exprimer son contentement à venir. En tous les cas, il semblait y avoir beaucoup trop à manger pour quatre personnes. Avaient-ils imaginé qu’avec sa stature, il avait l’habitude de manger pour deux ou trois ?

Certes, l’appétit d’un Suli pouvait paraître potentiellement plus important qu’un Humain, mais c’était globalement identiques, sauf peut-être lorsqu’on regardait les Ursidaes qui étaient, au fond, assez morfales. Tandis que Zakaerii observait la salle à manger, il remarqua qu’Eliaë s’était arrêtée, apparemment surprise de tous ces mets sur la table. D’ailleurs ce fut l’occasion pour son oncle de la taquiner un peu avant de venir poser une main sur le bras du Felidae qui esquissa un léger sourire, un peu gêné, à la remarque de ce dernier. S’il avait préparé autant de nourriture pour lui, il allait peut-être être déçu. L’invité ne dit cependant rien, laissant père et fille se disputer le morceau de gras. Il était inutile de rentrer dans ce jeu-là. Il suivit la jeune femme qui le mena vers sa place et s’installa en face d’elle, alors que l’oncle prenait place aux côtés d’Eliaë, leur ami auprès du Suli. Ils passèrent rapidement – à la surprise de Zakaerii – à la distribution des mets. Réservé, le Felidae attendait que la jeune femme ne lui passe les plats dans lesquelles il se servait avec parcimonie, principalement pour faire honneur à l’ensemble des plats sans pour autant se remplir l’estomac au point de menacer de le faire exploser. Ils commencèrent finalement à manger, le silence prenant étonnamment ses marques pendant plusieurs minutes. Malheureusement, et comme tous s’y attendaient surement, il fut rapidement rompu par le forgeron qui le bombarda, littéralement, de questions. Le regard posé sur ce dernier, le Suli ne savait même pas s’il aurait un moment pour lui répondre. Une fois que le flot s’interrompit, le Felidae, un léger sourire sur les lèvres tâche de répondre au mieux à tout ce qui lui avait été demandé. « En réalité, j’ai passé mon enfance ici, à Varak. Ce n’est donc pas un territoire inconnu, mais j’admets qu’après avoir passé plusieurs mois dans le Royaume de Bélin, le climat d’ici me redemande une petite adaptation. »

L’Once savait que sa réponse susciterait de nouvelles questions, mais, malheureusement, il n’y avait pas d’autres façons de tourner celle-ci sans laisser la porte ouverte à de nouvelles interrogations. Il aurait pu mentir, mais, pour être honnête, ou au moins, un peu, un mensonge était déjà bien assez. Lorsque l’oncle mentionna la possibilité de travailler à la forge, le Dévot de Revoran avait silencieusement hoché la tête pour affirmer sa volonté de donner volontiers un coup de main mais, apparemment, Eliaë estimait qu’il n’était peut-être pas nécessaire de l’assommer immédiatement de corvées. Instinctivement, il posa une main sur celle de la jeune femme et lui indiqua, du regard, qu’elle n’avait pas besoin d’être aussi protective à son égard. Il ne savait pas si elle pouvait lire ses sentiments, mais il espérait qu’elle comprendrait qu’il n’était pas la peine qu’elle se braque ainsi. Enfin du moins c’était ainsi qu’il l’interprétait lui. Il esquissa un sourire et se concentra sur la suite de la conversation. La question fatidique, en quelque sorte, venait de tomber. Sans s’inquiéter, Zakaerii esquissa un autre sourire à destination du forgeron, appuyant ses dires. « Je dois le reconnaître, mais personne ne choisit ses rencontres et peut-être encore moins la façon dont elles se déroulent. » Il prit une gorgée d’eau et reprit. « Je pense qu’Eliaë vous a parlé de cette fois où je lui suis modestement venu en aide. Eh bien, le hasard nous a remis sur la même route et par la force des choses nous avons fait connaissance. On peut voir cela comme une complicité… naturelle. Et puis nous avons quelques points communs, pas forcément joyeux, mais qui rapprochent malgré tout. » Encore une porte ouverte, mais celle-là, il n’avait pas le choix non plus. Et puis, la discussion était lancée. Au moins ils sauraient vite si leur histoire tiendrait face à un public…
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Mar 19 Mai 2015 - 7:40

Le repas commençait dans le calme et je repensais à ce qu'il s'était passé avant, me posant quand même des questions. Je ne savais pas trop quoi dire, ni quoi faire. Arrêter mon Oncle de parler relevait de l'impossible. Sten était curieux, mais un peu plus réservé. Je n'avais pas peur qu'il découvre le mensonge, j'en avais bien trop dit durant des années pour qu'il ne le découvre. Mais sa curiosité naturelle ne m'aidait pas franchement. Je voulais que Zak se sente comme chez lui, je ne voulait pas qu'il se retrouve coincé sous des questions, toutes plus indiscrète les unes que les autres, ce n'était pas pour ça que je l'avais invité à la maison sérieusement. Je me sentais un peu mal pour lui, il n'avait cherché qu'à s'amuser et maintenant il était sous les feux de la rampes pour ça. J'aurais préféré qu'ils fassent tous les deux comme d'habitude et qu'ils se jettent sur moi tel des rapaces avec leur questions indiscrète plutôt qu'ils ne fassent ça avec lui. Je me sentis un peu décourager pour le coup, mais visiblement le Félin avait de la répartit et surtout il semblait pouvoir répondre avec un calme olympien que je lui enviais. Personnellement, Eilor et Sten arrivait par moment à mettre à mal ma patience et pour être honnête ce n'était pas peu dire. Il en fallait beaucoup pour que je perde patience. Je finis par écouter les réponses de Zak. Ainsi donc, il était de Varak. Comme s'était étrange. Mais il avait raison, moi-même, j'avais passé mon enfance à Varak et il me fallait toujours un temps d'adaptation entre Bélin et ici.

Je mangeais tranquillement lorsqu'Eilor vient à parler de la forge, je réagissais d'instinct, arguant qu'il n'y avait pas besoin de toujours commencé par les corvées, je sentis alors la main de Zak sur la mienne et j'accrochais doucement son regard. Je ressentais bien que je n'avais pas besoin d'être aussi protectrice, je le savais parfaitement, sauf que.... je ne pouvais pas m'en empêcher. Je me sentais quelque peu blessé du fait que mon père puisse directement mettre le besoin de monde à la forge, je ne voulais pas que Zak se sente immédiatement obligé de se mettre à l'ouvrage, je ne voulais pas qu'il se sente redevable de quoi que ce soit. J'espérais juste.... qu'il prenne un peu de vacances. Pour m'avoir aidé par deux fois, j'aurais voulu qu'il puisse se détendre, cependant ce n'était pas encore le cas visiblement, pourquoi ne pouvait-on pas prendre un peu de vacances dans cette vie.je soupirais intérieurement, détournant alors mon regard de celui du Suli, récupérant ma main au passage pour pouvoir continuer de manger. Et puis la question tomba, mais elle ne vint pas de la personne que j'attendais, je regardais Sten, ne sachant pas pourquoi il cherchait à savoir ce genre de chose. Je laissais cependant répondre Zak en serrant les dents. Ces deux-là avait décidé de le passer au crible. Ça ne me plaisait pas du tout et pour être honnête j'avais envie d'exploser, de leur dire merde et de m'en aller de la table. Je n'avais de toute façon quasi plus faim alors que j'avais à peine touché à mon assiette.

J'entendis alors le félin reprendre la parole. Me concentrant sur autre chose, mais indéniablement, mon ouïe avait envie d'entendre ce qu'il disait. La première fois qu'on s'était rencontré, personnellement, je m'en souvenais comme si s'était hier, surtout du fait que je me sois enfuis en courant alors que j'étais encore blessé. Je n'avais pas compris pourquoi une partie de ses sentiments m'étaient accessible, alors que l'autre non. Ça m'avait tellement perturbé que j'avais pris la fuite sans demandé mon reste. Courageuse l'enquêtrice, courageuse. J'écoutais toujours lorsqu'il parlait du hasard qui nous avait remis sur la route, effectivement, il s'agissait d'un sacré hasard. Et puis je l'entendis parler de nouveau de ce point commun et en un sens, je sentis mon cœur se serrer quelque peu. Qu'entendait-il par point commun,mais je n'eus pas réellement le temps de poser une question que mon père avait déjà repris.


« Alors comme ça, vous avez vécu à Varak durant votre enfance ? Viviez-vous avec un clan de Suli comme vous ? Ou alors n'était-ce que des animaux ? »
« Non, là tu vas trop loin. Tu ne peux pas éviter de dire ce genre de chose ? De poser des questions comme ça ? Mais laisse le tranquille à la fin. Mince alors. »
« Mais.... »
« J'en ai marre. »


Je finis par me lever et m'en aller, laissant en plan mon assiette. Trop s'était trop. Demandé ce genre de chose, traité limite ses parents d'animaux, est-ce qu'il trouvait que Zak ressemblait plus à un animal qu'à autre chose ? J'en avais assez, j'avais besoin de me détendre et la meilleure manière de me détendre ici, s'était de passer dans la forge. Je finis par courir jusque là-bas, récupérer mes outils n'était pas compliqué. Ils était tous rangé dans mon coin, celui que je prenais quand je venais. Je récupérais la lame qu'il n'arrivait pas à sublimer, moi, je savais le faire. Cependant là j'étais bien trop énervé pour pouvoir faire un travail de minutie. Je partis prendre un morceau de cuir pour attacher mes cheveux en une queue de cheval bien serré. On pouvait d'ailleurs remarqué ainsi la fin d'une des cicatrices qui ornaient mon dos, mais ça, je ne le savais pas du tout, je ne pouvais pas le voir. Je pris ensuite un morceau de fer que je commençais à faire chauffer. Le marteler pour créer quelque chose ou rien du tout ne pourra que calmer mes nerfs. Pendant que je continuais à m’affairer, la discussion avait continué dans la salle à manger.

« Je vais peut-être voir ce qu'il en est. Quand elle est comme ça …. »
« … il est inutile de la déranger, tu le sais aussi bien que moi. »
« Tu es allé trop loin là. »
« Je sais, mais j'avais besoin de parler seul à seul avec notre ami, surtout qu'elle semble le surprotéger à chaque fois que je lui parle. »


Sten finit par se taire et continuer à manger. Il savait bien qu'Eli était différente, il connaissait bien son passé, cependant, il ne l'avait jamais vu aussi déterminé à protéger quelqu'un. Il ne comprenait pas et d'ailleurs doutait fortement de la relation entre elle et le Suli, mais n'osait pas émettre cette hypothèse. Pour lui, Eliaë était tout aussi sa fille qu'elle était celle d'Eilor, prendre soin d'elle était ce qu'il pouvait faire de mieux. Mais ça ne marchait jamais comme il le pensais. Eilor reprit alors la parole.

« Désolé pour les animaux, j'avais besoin qu'Eli s'en aille pour vous parler franchement. »

Il regarda alors le Suli avec un sérieux dont il n'avait pas fait preuve dés le départ et reprit tranquillement.

« Je ne sais pas si cette relation est vrai ou fausse et peu n'importe, d'une certaine façon vous êtes la première personne à qui elle a l'air de tenir. Jamais encore elle n'a témoigné un aussi grand désir de protection envers quelqu'un et je dois avouer que si ça me réjouis de voir qu'elle commence à vouloir se lier au moins d'amitié avec quelqu'un ça ne me plaît pas vraiment ne sachant pas si vous connaissez toute l'histoire. »

Il voulait bien entendu parlé du passé de sa nièce, ou plutôt sa fille, enfin les deux finalement.

« Vous avez dit tout à l'heure que vous aviez des points communs pas forcément joyeux qui vous rapprochaient. Mais connaissez vous réellement toute l'histoire ? Ou ne vous a t-elle confié qu'une partie de cette histoire ? Comprenez-bien, je ne souhaite aucunement vous mettre à mal. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je sais que l'amour peut exister entre les différentes races et pour moi malgré votre apparence animale, vous ressemblez tout autant à un homme que je le suis. Mais je refuse de laisser ma fille entre les mains de quelqu'un qui ne connaîtrait pas son passé et qui pourrait la blesser. Si à l'extérieur elle semble solide et forte, elle est pourtant très fragile à l'intérieur et j'ai peur de la perdre et si jamais cela devait arriver une nouvelle fois je crois que je ne me retiendrais pas aussi bien que la première fois, si vous voyez ce que je veux dire. »

Il finit par se taire un moment et reprit tranquillement.

« Alors dites-moi, que savez-vous exactement ? Et qu'entendiez-vous par point communs ? De plus j'aimerais sérieusement en savoir plus sur vous. »

Loin du type un peu lourd qui balançait des questions à tout va, il avait complètement changer. Se révélant être un réel père, super-protecteur et surtout inquiet pour sa fille qu'il connaissait parfaitement. Il savait qu'elle lui mentait pour qu'il ne s'angoisse pas, il savait aussi qu'elle ne lui disait que des demi-vérité quand elle commençait à parler réellement. Mais il savait aussi que s'était la première fois qu'elle ramenait quelqu'un à la maison et donc qu'il y avait une signification à tout cela. Et peu importait la signification, il voulait en apprendre plus sur ce jeune homme avant de pouvoir donner une quelconque bénédiction. Que ce soit d'amour ou d'amitié, il avait juste besoin de savoir que cela ne briserait pas une nouvelle fois, le cœur fragile de sa petite fille qui était désormais une adulte.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Mar 19 Mai 2015 - 12:04


La conversation était désormais lancée et, à vrai dire, Zakaerii ne pensait pas que la jeune femme serait aussi tendue. C’était d’ailleurs plutôt surprenant. Jusque là, elle avait semblée assez calme, et même si elle avait montré qu’elle réagissait au quart de tour aux piques de ses amis et de son oncle, il semblait y avoir une pointe d’énervement dans ses propos, au fur et à mesure que les questions commençaient, effectivement, à pleuvoir. Pourtant, le Suli ne voyait aucune raison de s’inquiéter. C’étaient là les questions que tout le monde aurait pu s’attendre à se voir poser et il n’y avait aucun mal à y répondre. Pourtant, cela semblait lui tenir à cœur. Une protection inattendue et quelque peu troublante. En réalité, le Felidae avait un peu de mal à reconnaître la personne avec qui il venait de passer quelques jours de marche. Se passait-il quelque chose qu’il n’arrivait pas à voir ? En tout cas, sa tentative pour essayer de l’apaiser ne sembla pas fonctionner, du moins, c’était l’impression qu’il en avait eu lorsque leurs regards s’étaient quittés et qu’elle avait retiré sa main pour reprendre son repas. Elle semblait ressasser quelque chose et s’emporter pour… un rien. Après tout, n’était-ce pas elle qui avait dit qu’il pourrait payer son séjour chez son Oncle contre un peu de travail à la forge ? Que ce dernier lui propose déjà de se mettre au travail ne l’étonnait pas outre-mesure. Et, en réalité, Zakaerii appréciait toujours un peu d’effort manuel et physique, c’était une bonne fatigue, qui apaisait souvent l’esprit. Mieux valait passer sa journée à être utile, que d’être oisif et ne rien faire du tout. Même si, bien entendu, il était agréable de ne rien faire de temps à autres. Comme, par exemple, pour prendre un bon bain et se délasser. Toutefois, même ceux-ci n’étaient que meilleurs après une bonne journée de labeur.

La première salve de questions passées, l’oncle embraya pour la seconde. L’Once s’attendait à tout, étant donné que ses propres réponses avaient laissées de nombreuses portes ouvertes. Cependant la question ne manqua pas de le surprendre. Haussant les sourcils devant la question, il n’eut cependant pas le temps d’y répondre un seul mot qu’Eliaë s’emporta, prétextant que son oncle allait trop loin. Ce dernier tenta d’objecter mais elle finit par abandonner, quittant la table promptement. Incrédule devant ce qui venait de se passer, Zakaerii avait observé la jeune femme jusqu’à ce qu’elle quitte son champ de vision et reposa son regard sur les autres convives, mal à l’aise. Le dénommé Sten proposa de s’enquérir de l’état de la jeune femme mais Elior l’en dissuada avant d’expliquer que sa manœuvre avait pour but de se retrouver seul avec le Suli. Davantage surpris, ce dernier observa l’oncle en silence avant que ce dernier ne s’excuse pour avoir sous-entendu que ses parents aient pu être des animaux. Conscient que ce dernier ne pensait pas vraiment ce qu’il avait dit, le Dévot hocha de la tête, signifiant que ce n’était rien, néanmoins légèrement tendu, car il n’avait aucune idée de ce dont son interlocuteur voulait lui parler franchement. La réponse ne tarda pas à venir. Comme Eliaë l’avait imaginé, son passé semblait être au cœur de tout, cependant, le sérieux de l’oncle était perturbant. Il avait l’impression de ne pas faire face au même homme que celui à qui il venait juste de parler, quelques minutes plus tôt. Cependant, ses paroles trahissaient son amour pour sa nièce et cet instinct paternel qui semblait être le sien. Pour la peine, le Felidae fut réellement mal à l’aise d’avoir menti sur les liens qu’il partageait avec la jeune femme, mais, apparemment, cela ne semblait pas être le cœur de la discussion.

Devant l’interrogation, Zakaerii resta silencieux quelques instants. « Pour être honnête avec vous, votre fille et moi n’avons pas une relation amoureuse… J’ai monté cette histoire, pensant peut-être éviter à votre fille les questions dont elle semble être souvent la cible, sans penser que cela pourrait finir ainsi. » Il posa les couverts dans l’assiette devant lui et soutint le regard du forgeron. « Nous avons tout de même convenu de continuer à jouer le jeu et Eliaë m’a parlé de son passé. Que ses parents sont morts et que vous l’avez recueillie, mais que sa tante, votre femme, jalousait sa sœur et en a transporté sa colère contre sa propre nièce. » Il repensa aux cicatrices qu’il avait pu apercevoir cette fois où il avait soigné la jeune femme. « Les cicatrices ne m’avaient pas échappés le jour où je l’ai soignée, mais je n’avais rien demandé. Ce n’était pas mes affaires à vrai dire. Elle m’a avoué cela il y a quelques dizaines de minutes. Elle m’a aussi raconté que vous aviez finalement fini par découvrir le pot aux roses et que vous l’avez prise avec vous. Voilà plus ou moins ce que je sais. » Etait-ce toute l’histoire ? Il n’en n’avait aucune idée, mais quelque chose lui disait qu’il le saurait bien assez vite. « Je vous demande pardon pour ce petit jeu qui n’a finalement rien de drôle, mais soyez assurés que je ne voulais ne faire de mal à personne. Ni à vous, ni à Eliaë. » Il se souvint alors qu’il lui avait été également demandé quels étaient ces fameux points communs. « Quant aux points communs… Je suis né en Norpalie, dans une tribu Suli. Le monde animal est très dur et, enfant, j’étais de nature chétive. J’ai été abandonné avant d’être recueilli par un marchand d’ici qui m’a élevé comme son fils. C’est ce que je me suis permis de nommer un point commun. »
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Mer 20 Mai 2015 - 4:19

Les outils étaient fraîchement déposé comme j'avais l'habitude de les utiliser. Je partis ensuite voir ma barre de métal qui ramollissait doucement dans l'âtre. Nul besoin de grosse chaleur, cela ferait fondre ce métal, enfin pas celui-là, surtout que la barre que j'avais mis était en pur fer, pas d'alliage et pas de problème de chauffage. Je remarquais alors qu'elle était bien rougeoyante ce qui signifiait qu'elle était prête à être frapper, ce qui tombait réellement très bien. J'avais réellement besoin de me défouler. Je la sortis donc du feu, pris mon marteau et commençais à marteler le fer en grommelant pour moi-même.

« Me gonfle avec sa façon de faire....dernière fois que j'emmène quelqu'un....seulement besoin de vacances....mauvaise période de l'année. »

Au fur et à mesure que je frappais le métal, je sentais ma colère se décupler. Bientôt, elle s'éteindrait, mais pour le moment j'avais besoin de la laisser s'exprimer. J'avais besoin d'évacuer tout ça, tous mes ressentiments, tous mes sentiments, tout quoi.

********************************

Pendant ce temps, dans la salle à manger, Eilor regardait le Suli avec le sérieux qui lui était normalement dû. Loin de l'attitude hystérique qu'il avait pu montrer, il était au contrairement calme et posé comme s'il cherchait à avoir des réponses coûte que coûte. Et c'est ce qu'il attendait du jeune homme. Il ne voulait pas le mettre mal à l'aise, loin de là, ce n'était vraiment pas son genre. Mais s'il était le petit ami de sa fille, il devait au moins connaître son passé. Ce passé si dérangeant que d'autre n'avait pas pu entendre. Ce passé si dérangeant que d'autre lui avait assené une fois au visage parce qu'elle n'arrivait pas à se lier aux autres. Ce passé qui freinait constamment son avancée dans la vie. Eilor ne voulait pas la voir malheureuse et il se faisait un point d'honneur à tester tous ceux qui passaient près d'elle ou qui voulait absolument s'approcher d'elle. Trop dans sa jeunesse était venu pour de mauvaises raisons, beaucoup était partit après seulement une seule phrase. Il était conscient aussi du fait que s'était lui qui l'avait fait devenir solitaire, en plus de ce qui lui était arrivé, mais il se sentait tellement mal à l'aise sur cette histoire, qu'il n'arrivait jamais à raisonné comme il devrait normalement le faire. Le suli reprit alors la parole et l'oncle sourit doucement. Il s'en doutait, une complicité intime était probablement un peu tôt pour Eliaë, mais il ne doutait pas qu'elle tenait quand même au Suli de quelle façon ? Ça s'était encore un mystère.

Il finit alors par l'écouter, tranquillement. Le temps passait doucement alors que les paroles du félin s'imprégnait dans son esprit. Il secoua doucement la tête. Eli ne savait pas raconter et ce n'était pas réellement cela qu'il s'était passé. Il allait devoir reprendre tout à Zéro. Elle s'exprimait tellement mal quand elle parlait de cette période. Le forgeron se souvenait encore de ses cauchemars, si intense. Elle avait tant parlé durant ses sommeils, agités, courts. Elle ne dormait que très peu, trop peu à son goût et cela depuis bien des années déjà. L'homme sourit doucement lorsqu'il évoqua les cicatrices, ainsi, il avait remarqué ça aussi. Eh bien, au moins il était au courant du gros de l'affaire. Ainsi, lui aussi avait connu des déboires dans son enfance, probablement moins qu'Eli, mais ça n'importait que peu. Chaque problème était tout aussi intense que les autres, finir exclus de sa famille pour ce genre de raison n'était pas plus enviable que le sort qui avait été réservé à Eli. Eilor prit une grande inspiration et reprit la parole.


« Ne vous en faites pas, je me doute que ce n'est pas agréable pour elle d'entendre toujours nos questions, mais au fond, nous ne voulons que son bonheur et j'ai l'impression que mes frasques de jeunesse sont responsable de son état d'aujourd'hui, alors je tente constamment de la pousser vers les autres. Mais pour l'histoire, ce n'est pas tout à fait ça. »

Il soupira et tourna son regard vers Sten. Celui-ci lui tendit sa main et Eilor la serra doucement en reprenant finalement la parole.

« Je n'ai jamais été marié. En fait, quand mon frères et sa femme sont morts, je n'ai pas était de suite au courant. Je voyageais beaucoup, trop probablement, j'avais envie de connaître les techniques de forges de partout, si bien que je pouvais rester des années dans un endroit, toujours éloignés de ma famille. Je savais cependant qu'ils avaient eu une petite fille et qu'ils étaient heureux. Cependant je n'aurais jamais pu prévoir leur assassinat. Mon frère travaillait en tant qu'espion, un métier dangereux et sa femme était une herboriste de talent, mais pas seulement, elle était ce qu'on appel dans le jargon des assassins une empoisonneuse. Ils travaillaient tous deux pour le gouvernement de Bélin. »

Il s'arrêta un instant et reprit presque immédiatement les yeux dans le vide.

« Je ne sais pas qui les as tués et je ne sais pas si Eli le sait ou si elle mène l'enquête. Je sais juste que dans leur testament, c'était moi le tuteur d'Eliaë, et si j'avais toujours eu envie d'avoir un enfant, personne ne m'a retrouvé à temps pour que je puisse prendre en charge la petite. Elle n'avait que deux ans lors de cette période. Comme je n'étais pas là mais qu'il restait de la famille, elle a été confié à sa tante, la sœur de sa mère. Elle était marié à un homme incroyablement riche et gentil. Seulement, lui aussi était constamment en déplacement pour son travail, si bien qu'il n'était jamais à la maison et la tante d'Eli avait toujours été jalouse de sa sœur Eileen. Elle avait un métier, une carrière sublime devant elle et surtout l'homme qu'elles aimaient toutes les deux. Pour elle, Eileen lui avait volé son bonheur et donc il lui était normale de brisé l'enfant de ce bonheur. »

On sentait que sa voix se brisait lentement sur les mots au fur et à mesure qu'il parlait, comme s'il regrettait ces moments, comme s'il ne supportait pas d'entendre cette histoire, pourtant il continua.

« Et elle l'a brisé. Dés son arrivée, elle l'a fait dormir dans une cave humide et noire. Elle ne pouvait jamais se laver, jamais sortir. Les seuls moment où elle sortait de cette cave s'était lorsque son mari rentrait, c'est à dire pas souvent malheureusement. Dés que la petite pleurait, elle la frappait, dés qu'elle se plaignait elle la frappait. Ce que je ne savais pas c'est qu'Eliaë possédait déjà son empathie à ce moment là. La douleur, la fureur et tout les sentiments qu'elle ressentait lui venait par vague, si bien que parfois lorsqu'elle pleurait ce n'était pas à cause de ses sentiments mais à cause des sentiments de quelqu'un d'autre. Elle l'a battu ainsi pendant des années, lui brisant de nombreuses côtes et d'os au passage. Le médecin de famille était tellement épris de la tante qu'il en oubliait de faire correctement son travail. Ça a duré quatre ans. Quatre années ou elle s'est petit à petit refermé sur elle-même. La tante n'avait plus besoin de raison pour la frapper, mais elle continuait quand même. Jusqu'au jour où la ressemblance avec la jeune Eileen fut tellement voyante qu'elle lui envoya un coup de pied dans les côtes qui se brisèrent ainsi que l'un de ses bras et son épaule. Les servants n'en pouvant plus l'ont alors attaché et heureusement son mari rentra plus tôt. Lorsqu'il vit les dégâts il fut totalement horrifié. Il fit venir un autre médecin qui la soigna, mais le mal était fait. »

Une larme roula sur sa joue. Cette histoire il aurait tant aimé qu'elle ne soit jamais arrivé, seulement, elle l'était et par sa faute. S'il n'avait pas choisis de faire des aller-retour constamment, il ne lui serait rien arrivé.

« C'est ce moment que j'ai choisis pour revenir dire bonjour à mon frère. J'ai trouvé la maison vide. Je suis allé voir les voisins et il m'ont tout expliqué. Je me suis précipité vers la demeure et j'ai vu qu'on emmené la sœur de ma belle-sœur. Je me suis précipité dans la maison et lorsque je l'ai vu, si famélique, si crasseuse, si brisé, je me suis demandé comment j'allais faire pour la rendre de nouveau joyeuse, ça semblait impossible. Personne n'arrivait à l'approcher, elle tremblait tellement quand on ne faisait qu'un pas vers elle que je me suis directement sentis très mal. Je m'en voulais, parce que si j'avais été là, ça ne se serait jamais passé. »

Un long soupir lui échappa et finalement il reprit la parole.

« Il m'a fallut plusieurs mois pour la convaincre que je ne lui voulais pas de mal. Il m'a fallut une année pour lui rendre le sourire et même là, elle se méfiait constamment de tout le monde. J'ai donc fait en sorte d'éloigné d'elle tout ceux qui ne voyait que par son physique plutôt attirant, même pour une enfant. À Varak, sa petite taille, ses cheveux noirs et ses bleus ciel attiraient comme personne les gens. Ne me demandait pas pourquoi. J'ai finis par lui apprendre à se battre, ça nous a rapproché, mais ce qui nous a rapproché au départ c'est la forge. Mais je ne voulais pas seulement en arrivé là, le reste, elle vous le racontera probablement mieux que moi. »

Il prit un peu de vin et le bu tranquillement avant de continuer.

« Elle n'a jamais ramené qui que ce soit ici, c'est pour ça que dans un sens, ça nous a choqué. Mais elle semble tenir à vous, peu importe que ce soit d'amour ou d'amitié. Je voulais juste vérifier que vous ne comptiez pas vous aussi la brisé. Parce que si sa fragilité ne se voit pas, elle est pourtant bien présente. De plus, aujourd'hui, dans sa chronologie est le jour ou elle a reçu les premiers coups de sa tante. Cette période est toujours compliqué pour elle et les cauchemars semblent toujours plus présent. J'ai l'impression qu'elle se sent un peu plus en sécurité quand elle est avec vous. Alors pour ça je vous remercie. Je voulais juste vous mettre au courant pour tout le reste. Ne lui en voulez pas si elle s'énerve de cette façon, c'est toujours pareil à cette période de l'année, elle a besoin d'évacuer les mauvais souvenirs. J'espère que je ne vous fais pas fuir en disant ça. »

Un vague sourire se porta sur son visage.

« Je suis navré que vous ayez été exclus de votre clan. Ça n'a pas dû être facile à porté et pour être honnête, si vous pouvez être ami avec elle, je remercie alors ce marchand de Varak pour vous avoir recueillit et élevé. Vous êtes libre, j'arrêterais de poser des questions idiotes, mais si vous voulez parler, n'hésitez surtout pas. »

Il poussa un long soupir. Ce genre de discussion, il espérait ne pas avoir à en refaire. Il détestait ça par dessus tout, mais ce qu'il détestait le plus, c'était cette période de l'année. Celle où tous les deux se rappelait des choses réellement désagréables, des événements qu'ils auraient mieux fait de ne jamais se souvenirs. Les pertes de mémoire avaient du bon parfois. Seulement que ce soit lui ou Eli, chacun d'eux se rappelait de ces journées. Elle parce qu'elle les avait subit et lui parce qu'il s'en voulait de ne pas avoir été la pour la protéger. Les histoires de famille était compliqué et il devait bien avoué que la leur l'était encore plus. Ils auraient pu se briser tous les deux, mais Eli ne lui en voulait pas. Elle lui avait montré chaque jour durant alors qu'ils s’apprivoisait l'un l'autre. Il savait bien qu'en ce moment elle se défoulait probablement sur une des barres de fer et il espérait que cette nuit, celle où les cauchemars étaient les plus violent serait plus douce que celle qu'elle avait passé auparavant. Il aurait aussi aimé que cette situation ne se fasse pas ainsi. Il ne voulait pas mettre le Suli mal à l'aise, mais il n'avait réellement pas eu le choix. Avec un regard d'excuse, il plongea de nouveau dans son assiette. Mon dieu que c'était compliqué d'élevé un enfant.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Lun 25 Mai 2015 - 5:39


Si l’on avait dit à l’Once que son petit jeu l’aurait mené jusqu’ici, peut-être aurait-il réfléchi à deux ou trois fois avant de s’y lancer. Au-delà de la tension qui s’était créée au début du diner – même si apparemment celle-ci avait été montée de toute pièce par Elior –, il avait surtout l’impression de rentrer dans la vie privée d’une famille sans avoir de réelles raisons d’être mis au courant, car, après tout, cela ne le regardait normalement pas. Bien entendu, il avait été en contact avec les conséquences, qu’il s’agisse des cicatrices ou des cauchemars, mais cela ne justifiait pas nécessairement qu’il en comprenne complètement les causes, car il s’agissait là de quelque chose de bien trop personnel à son goût. Cependant, ils ne pouvaient pas vraiment retourner en arrière, le mal était fait, en un sens, et la seule chose que le Felidaë pouvait faire, désormais, c’était d’écouter le forgeron raconter toute l’histoire de l’enfance de sa nièce, ce qui laissait néanmoins un amer goût de violation d’intimité au Dévot. Malheureusement, même s’il avait voulu l’arrêter, il n’aurait pas réussi à le faire. Peut-être parce qu’il avait eu l’impression que l’homme se faisait un point d’honneur à raconter cette triste histoire malgré toute la peine que celui pouvait lui infliger et qu’il serait allé au bout, quoique le Suli aurait pu lui dire. Ce dernier apprit ainsi que les parents de la jeune femme étaient morts assassinés, qu’il avait fait un amalgame concernant sa tante, et que, surement, il n’avait pas imaginé à quel point son enfance avait été brutale. On lui avait souvent dit que les Humains étaient souvent capables du meilleur comme du pire, mais, d’une certaine manière, il était difficile de croire en quoi cela pouvait être une réalité et non juste un adage.

Lorsque l’histoire arriva à son terme, Zakerii resta silencieux quelques instants. En réalité, il était difficile pour lui d’imaginer ce qu’il y avait à dire. Il comprenait parfaitement l’instinct de protection d’Elior. N’importe qui ayant redonné le goût de vivre à une personne aurait probablement tout fait pour la protéger de quelqu’un qui aurait pu lui vouloir du mal. « A vrai dire, j’ai recroisé votre fille sur le chemin de Varak. Nous avons passé une nuit ensemble dans la forêt, en tout bien, tout honneur. » Il s’était un peu senti le besoin de préciser, la tournure de la phrase ayant pu être mal interprétée, même s’il avait déjà avoué qu’il n’y avait rien entre Eliaë et lui. « Comme je me rendais à Varak également, elle m’a proposé de dormir ici, précisant que vous aviez toujours de la place et que, si je tenais réellement à payer pour un toit, il me serait possible de travailler pour vous. Un marché honnête que j’ai accepté avec plaisir. » Après tout, le Suli n’était pas riche et s’il y avait un moyen de s’épargner quelques dépenses contre un peu de travail manuel, ce dernier était le bienvenu. « Je comprends parfaitement votre position et, en réalité, j’admire la façon dont vous prenez soin de votre fille. Soyez assuré que je ne lui veux aucun mal. » Il esquissa un sourire et observa son assiette sur laquelle il restait encore quelques bouchées. Malheureusement, cette histoire lui avait quelque peu coupé l’appétit. « Mon passé n’est probablement pas aussi lourd à porter que celui d’Eliaë, principalement parce que le mien ne se rappelle pas à moi tous les jours sous forme de cicatrices et de cauchemars. Le mien a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, et, pour être honnête, je n’en suis pas malheureux. »

Il échangea quelques paroles avec Elior, le remercia pour son hospitalité et sa franchise, puis s’excusa auprès de ses hôtes, sans se cacher qu’il allait s’enquérir de l’état de la jeune femme. Après tout, c’était de sa faute et peut-être devait-elle savoir que sa colère avait, en fait, été montée de toute pièce par son oncle. Il traversa la maisonnée et arriva enfin dans la forge où les bruits de métal qu’on frappe avec force trahirent la position d’Eliaê. Il s’approcha tranquillement, peut-être un peu silencieusement – même si, avec ce vacarme, ce n’était pas difficile –, avant de finir par l’apercevoir, martelant une pièce de métal rougie. Elle était encore en colère, cela pouvait se lire dans ses gestes et sur son visage. Voyant qu’elle ne s’était pas aperçue de sa présence, il la contourna légèrement et finit par arriver dans son dos. Sans attendre, il posa ses mains sur ses épaules, faisant glisser ensuite sa patte sur le bras qui tenait le marteau pour retenir délicatement son geste. « Je ne suis pas sûr que cette barre de métal mérite d’être ton souffre-douleur… » Il se décala, lâchant le bras de la jeune femme avant de passer devant elle, s’adossant à une poutre tout en la regardant. « Ton Oncle s’est joué de toi. Il a bien choisi les mots de ses questions pour que tu t’en ailles afin qu’il puisse me parler seul à seul. » Il n’était pas sûr que cela la calme, mais, la vérité restait la meilleure chose à dire de toute façon. « Il a tenu à me raconter ton histoire, dans son ensemble, pour s’assurer que je la connaissais. Il tient énormément à toi, et je pense que si je te fais du mal, il n’hésitera pas à me le faire payer. » Il avait dit cela sur une note un peu plus amusée. Après tout, elle devait être consciente que Zakaerii faisait probablement partie des derniers qui souhaitaient lui faire du mal.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Mar 26 Mai 2015 - 17:27

Il opina du chef, sans rien dire de plus que ce qui avait été déjà dit. Il écoutait le Suli tranquillement, ressassant ces souvenirs peu plaisant. Qu'elle soit à raconter ou à vivre l'enfance d'Eli n'avait pas été très joyeuse et il s'en sentait responsable. S'il avait été là, peut-être que tout cela aurait été différent. Il s'était toujours dit cela, ressassant constamment ce passé qu'il n'appréciait que peu. Il avait pu lui apprendre de très nombreuses choses, mai en retour, elle avait souffert le martyr. Qu'est-ce qui était mieux ? L'apprentissage ou alors l'état psychologique d'une personne ? Eilor penchait bien plus sur l'état psychologique. Elle avait été brisé et la reconstruire s'était avéré compliqué, pire, elle ne l'avait jamais été complètement. Il resterait toujours en elle quelque chose qui lui rappelerait ce passé, ne serait-ce que ces cicatrices. Peut-être n'aurait-il pas dû raconter toute l'histoire surtout que le félin avait avoué qu'il n'y avait rien entre eux. Cependant, il connaissait sa fille et savait qu'elle ne l'aurait pas emmené ici si elle ne tenait pas un minimum à lui. Un ami probablement, quelqu'un qui la comprenait peut-être ou qu'elle pensait qu'il pourrait la comprendre. Un vague sourire passa sur son visage et il reprit avec tristesse.

« Chaque passé est différent, mais je ne doute pas que le votre ne soit pas agréable. Se faire exclure, ce n'est pas mieux que de se faire frapper. Heureusement, vous avez trouvé quelqu'un pour prendre soin de vous. C'est bien. »

Il posa sa fourchette tranquillement, échangeant encore quelques mots et finalement lorsqu'il fut sortis, Sten prit la parole.

« Tu penses que ça va aller ? »
« Je crois qu'il s'en sortira. J'espère juste qu'elle ne m'en voudra pas de trop. »
« Tu l'as cherché après tout. »
« Je sais bien, mais j'ai tellement peur qu'elle finisse toute seule. Je ne veux pas qu'elle se renferme seulement à cause de ce passé. Il y a tellement de belles choses à voir et de belles rencontres à faire. »
« Peut-être ne veut-elle pas ? »
« Je pense surtout qu'elle se limite à cause de tout cela. »
« Laisse lui encore un peu de temps, elle ne fait que commencer à vivre. »
« Oui, peut-être. En attendant je prends encore soin d'elle. »


Tout deux sourirent doucement et continuèrent leur repas.

***********************************

Pendant ce temps, je m'échinais encore et toujours à aplatir cette barre de métal. Rageusement, je voulais bien l'admettre. J'étais en ce moment encore légèrement énervé et mes coups de marteau était fort et puissant sans pour autant être bien précis, ce qui soit dit en passant n'était pas franchement très utile. Enfin niveau utilité, j'avais déjà fait bien mieux. Je soupirais à chaque coups de marteau, le fer commençait doucement à prendre forme, et j'avais terminé de bougonner comme une enfant. Il était étrange de voir comment la forge arrivait à me faire évader. On pourrait croire que le bruit que cela engendrait ainsi que la force que cela demandait serait un bon moyen pour dissuader les gens, mais pas pour moi. J'avais l'impression de pouvoir tout laisser tomber quand je forgeais. Mon esprit se concentrait inexorablement sur ce que j'avais devant moi, forger le métal. Il ne tergiversait plus, il laissa place à autre chose, oubliant tout le reste. Colère, peur, rancœur, souvenir, plus rien n'exister si ce n'était la fonte de ce métal, sa forme et surtout, surtout le résultat final qu'il allait donné. Cependant si mon esprit était partit laissant place à la forge, mon cœur lui ressentait encore tous les sentiments de ceux qui n'était pas loin et les rues ici étaient on ne peu plus passante. La roublardise était le sentiment dominant.

Dans ses rues, les voleurs étaient présent à chaque coins, je pouvais sentir l'avidité et en même temps la culpabilité. Certains le faisait pour l'argent, d'autre parce qu'il n'avait pas le choix, même si au fond, cela ne leur plaisait franchement pas. Je continuais tranquillement à marteler le métal, décryptant les sentiments petit à petit, leur donnant une substance, leur faisant prendre corps dans mon esprit et voilà que je ressentais quelque chose de différent, un sentiment entrecoupé de silence, je savais ce que cela signifiait, un Suli. Comme avec Zak. Les sentiments oscillaient entre l'humain et l'animal, dans un mélange assez étrange. Parfois il me parvenait, d'autre fois, pas du tout. S'était assez déroutant et en même temps un peu plus reposant que ce que je vivais tous les jours. Je me demandais bien comment était ce Suli d'ailleurs, mais je n'eus pas le loisir de me poser plus avant la question que deux pattes se posaient sur mes épaules. Mon regard ne quitta pas la barre de métal, la martelant toujours jusqu'à ce que je sente sa patte descendre le long de mon bras tenant le marteau, cela m'obligea à arrêter les coups. Je ne le regardais pas, mais j'avais eu une furieuse envie de me caler dans ses bras, comme lors de mon cauchemar. Je ne le fis cependant pas, sa phrase me fit sourire.


« Tu verras dans peu de temps elle me remerciera de la jolie forme et la finesse de sa lame. »

Il s'était éloigné, mais je n'arrivais toujours pas à regarder. La barre de métal aplatie sur l'enclume et le marteau dans l'autre main, je restais ainsi à ne rien dire et ne rien faire de plus que si je ne savais pas réellement quelle forme lui donner. La conversation allait forcément dériver sur des choses que je n'aimais pas, mais je n'avais pas le choix, je m'étais énervé d'une façon que je n'aurais pas dû, mais s'était bien plus une accumulation de tout. Je laissais cependant Zak parler et un autre sourire se forma sur mes lèvres.

« Il a tellement peur que je finisse seule. Ou que je ne rencontre que des personne qui cherche à servir de moi, qu'il serait effectivement capable de te le faire payer. Sans que cela ne soit bien agréable. »

Je m'arrêtais, posant la barre de métal dans la fournaise, reposant mon marteau sur l'établit et je me tournais enfin vers le félin.

« Je sais bien qu'il l'a fait exprès et en temps ordinaire je ne me serais pas trop énervé, j'ai l'habitude. Mais là, cette journée, celle qui va suivre demain, ce ne sont pas des journées forcément agréable et j'ai une grosse tendance à exagéré et partir au quart de tour, je suis navré. »

Ma colère s'apaisait encore. Je regardais les braises rougeoyante de l'âtre sans réellement voir le feu, je regardais la pièce de fer rougir un peu plus. Je ne savais pas quoi dire réellement, je ne savais pas comment me comporter. J'avais tendance à  m'emporter ces jours-ci. Ça me faisait toujours la même chose, tout le temps, à cette même période. Je soupirais pour moi-même et prit finalement la lame rougeoyante pour la plonger dans l'eau. L'eau grésilla, fuma et finalement la lame se fit moins rouge. Je me tournais finalement vers le Suli et lui sourit doucement.

« Je m'excuse pour tout ça. Je suis désolé de tout ça. Désolé de mon attitude et de tout le reste. Je ne t'ai pas montré le meilleur de moi-même hein. »

Ce n'était pas une question, juste une constatation. Je le regardais tranquillement, ne sachant pas réellement quoi dire. Pourtant, je repris la parole comme si cela était normal.

« Je suppose que le secret est éventé n'est-ce pas ? À croire qu'il est plutôt espion que forgeron. Enfin bref, je vais aller te montrer une chambre. Ainsi tu pourras dormir tranquillement. Suis-moi. »

Je souriais doucement. En un sens ça aurait pu m'arranger, mais honnêtement, ça me faisait peur. J'avais l'impression que les cauchemars étaient moins puissant quand il était là, mais je ne pouvais pas décemment le retenir. Je n'en avais pas le droit et puis ce ne serait pas très sympathique de ma part. Je repartis vers la maison et remontait tranquillement les marches. J'ouvris une chambre non loin de la mienne, le lit était plus grand, un peu plus dans la taille du Suli.

« C'est l'ancienne chambre d'un ami gigantesque de mon oncle. Tu peux aller dans ma chambre pour récupérer tes affaires, je vais faire un petit tour. »

Je souriais doucement et sortit sans faire de vague cette fois. Je me dirigeais vers l'endroit qui me paraissait le plus approprié, le jardin de la maison, grand et donnant une véritable ombre, rafraîchissante. Je me glissais sur le banc et soupira. Je ne m'étais pas montré sous mon bon jour, mais bon on ne pouvait pas toujours être dans le bon ton de la pièce. Je soupirais doucement, mon corps refroidissait et évacuait la chaleur que la forge m'avait fait accumuler, mes cheveux étaient par contre toujours attaché en une haute queue de cheval et je finis par baisser la tête. Bon sang, vivre était bien compliquer.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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Zakaerii
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Lun 1 Juin 2015 - 11:13


Le diner avait été des plus… Intéressant. En tout cas, le Suli ne s’était pas attendu à ce qu’il tourne ainsi et, pourtant, une fois que toutes les cartes avaient été jouées sur table, cela n’avait rien de surprenant. Eliaë possédait un père adoptif, qui tenait énormément à elle, suffisamment pour s’occuper personnellement de ceux qui pourraient tourner autour d’elle avec les mauvaises intentions. Il fallait espérer qu’il n’avait pas trop vu d’un mauvais œil sa petite idée consistant à se faire passer pour l’amant de sa fille. S’il y avait bien une chose que l’Once n’avait pas envie, c’était de se mettre à dos cet homme qui, il fallait l’admettre, semblait capable de mettre ses menaces à exécution et même s’il n’en n’avait pas peur, le Felidae était convaincu qu’il y avait toujours à gagner à ne pas se mettre quelqu’un à dos. Il y avait des choses plus importantes dans la vie que de se battre pour une petite blague ayant pris trop d’ampleur. D’un certain côté, c’était peut-être mieux ainsi. Le forgeron aurait peut-être davantage mal accepté la vérité après s’être rendu compte que sa fille avait partagé sa chambre – et donc potentiellement son lit – avec quelqu’un qui était plus proche du parfait inconnu que de l’amant, quoiqu’on puisse en dire. Cependant, les deux hommes se quittèrent sur une note qui laissait penser qu’il n’y avait pas de rancune. Il restait à espérer que cela continuerait ainsi. Dans le pire des cas, Zakaerii était assez grand pour survivre par lui-même à Varak. Il aurait été malvenu de profiter de l’hospitalité de quelqu’un qui vous en veut, d’une façon, ou d’une autre. Il ne restait plus qu’à essayer de rabibocher la jeune femme qui n’avait pas manqué de prendre la mouche d’une manière assez violente. Mais à en croire son oncle, le Dévot devait admettre qu’il comprenait aisément qu’elle fut à fleur de peau.

En parlant d’elle, il fut surpris qu’elle ne le soit pas davantage à son interruption, mais il se souvint rapidement de son don d’empathie et peut-être l’avait-elle ainsi plus ou moins vu venir. Il devait être fort difficile de la surprendre, d’une façon ou d’une autre, au fond, c’était presque regrettable. Cela avait probablement son utilité, pour éviter les embuscades ou tous ces tracas, mais les bonnes surprises n’étaient pas désagréables, elles, et méritaient que l’on soit réellement surpris. Il la délivra de l’étreinte de sa main et préféra l’observer d’une poutre qui supporterait son poids le temps de la discussion. « Je suis convaincu que tu auras besoin de retrouver ton calme avant qu’elle ne puisse se vanter de ces attributs. » Il ne connaissait rien à la forge, pour être tout à fait honnête, mais après avoir observé quelques artisans, il était convaincu que cet art ne devait absolument rien à la force brute, même si, bien évidemment, quelques muscles étaient requis pour le maniement du marteau et modeler un peu le métal. Néanmoins, avec la bonne température, même le plus récalcitrant des métaux devenait aussi docile qu’un agneau. Non, la forge était une affaire qui nécessitait de ne pas être en proie à la colère, d’être en pleine possession de ses moyens. « Ce n’est pas dans mon intention de le tester sur ce point, pour être honnête. » Après tout, il ne voyait aucune raison de faire du mal à Eliaë pour s’attirer les foudres de son oncle. La violence gratuite n’était pas dans l’apanage du Felidae. Il y avait certaines valeurs à respecter, notamment celles de Revoran, dans son cas. Il esquissa un sourire tranquille, il avait vu bien pire que ce qu’il avait vécu ce soir.

« Ne t’excuse pas. C’est de ma faute de toute façon. Nous avons tous nos propres démons et il est normal de ne pas pouvoir toujours arriver à les tenir à distance comme nous le devrions. Nous sommes parfois plus vulnérables que nous le voudrions. » Ce n’était pas comme si elle le faisait exprès après tout et après ce qu’elle avait vécu dans son enfance, c’était presque déjà un miracle qu’elle ne fasse que s’énerver à ces dates anniversaires. « Tu ne me dois rien, à vrai dire, je suis même un peu gêné d’en savoir autant sur toi alors que nous nous connaissons à peine. » En l’espace de quelques heures, il avait eu l’occasion de connaître quasiment toute son enfance, ou presque, alors qu’il s’agissait surement du genre de chose que l’on ne révèle pas d’un claquement de doigt, au premier inconnu qui passe. Il acquiesça doucement quand elle supposa le secret éventé. En réalité, il l’avait livré sans bataille, mais il préféra ne pas s’en formaliser. En tout cas, mieux valait peut-être faire effectivement chambre à part, il n’était pas certain que l’oncle aurait vu cela d’un bon œil. Zakaerii suivit la jeune femme jusqu’à une nouvelle chambre, non loin de la première. Le lit semblait plus grand, mais l’Once doutait de pouvoir s’y allonger de tout son long. Eliaë l’abandonna là, prétextant vouloir faire un petit tour. Sans chercher à la retenir, le Felidae retourna dans la chambre de son hôte pour récupérer ses affaires et vint les déposer dans sa nouvelle chambre avant d’en ouvrir la fenêtre. Il jeta un œil dehors et aperçut la jeune femme assise sur un banc, songeuse. Dans un sourire, il l’observa pendant quelques minutes, elle, le jardin, Varak et l’horizon. Il soupira. Après un tel départ, qu’elle pourrait bien être la suite des évènements ?
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Mar 2 Juin 2015 - 5:39

Je restais là, assise sous cet arbre. Le fraîcheur de l'air avait finis de refroidir ma peau, ne restait plus que la chaleur de la terre maintenant et qui était -soit dit en passant- assez chaude pour me soutenir. Je n'avais rien dit à ses paroles, préférant me taire plutôt que d'énoncer de plate excuse et de plate platitude. J'aurais aimé être quelqu'un d'autre, j'aurais sérieusement apprécié ne plus être cette fille apeuré par ses cauchemars, cette fille totalement bousillé par une enfance des plus pourris, mais il avait eu raison sur un point. Il n'aurait jamais dû entendre tout ce qu'il avait entendu. Ça ne le concernait pas, ou peut-être que si finalement. En un sens, je n'avais pas envie de me poser la question et pourtant je ne cessais de tourner autour. Le pauvre, il n'avait franchement pas dû apprécié ces moments, que ce soit le repas ou alors la série de question, sans parler des explications toutes plus différentes les unes que les autres et qui devaient être devenues très gênantes au fur et à mesure que la discussion avant avancé. J'aurais aimé qu'il n'ait pas eu à entendre tout cela, mais pour être honnête, désormais, ça n'avait plus réellement d'importance. Au moins connaissait-il la vérité, sur celle que j'avais été et comprenait-il maintenant les cicatrices et les cauchemars récurent. J'aurais aimé m'en débarrassé, mais je n'y étais pas encore arrivée. Je soupirais doucement et puis un sourire élargit doucement mes lèvres et ma voix s'éleva, lentement. Inutile de hausser la voix ici, le calme était complet.

« Tu comptes rester là-bas pendant longtemps ou bien as-tu désormais peur de m'approcher ? »

Son rire se fit entendre et finalement il avança vers le banc. Eilor finit par s'asseoir tranquillement n'osant pas faire un geste vers moi. Je pouvais sentir non seulement sa retenue, mais son mal-être. Je savais pourquoi il venait.

« Pardon. »
« C'est bon papa. Ce n'est pas comme si tu avais fait cela méchamment. Et puis tu sais très bien que je pars généralement au quart de tour durant cette période, comme si je n'avais plus aucune patience. Donc ce serait plutôt à moi de m'excuser. »
« Nous avons tous les deux des torts, cependant je n'aurais jamais dû dire ce genre de chose, ce n'était vraiment pas sympathique de ma part. Mais j'aimerais tellement que tu sois heureuse. »
« As-tu envisager que je n'étais pas encore prête, que cela me prendrait certainement beaucoup de temps ? Je ne peux pas envisager de créer des liens alors que ce passé me hante encore. Et je ne veux surtout pas me précipiter pour avoir l'impression de vivre quelque chose et finir finalement blessé ensuite. »
« Oui je sais, je veux juste que tu ne te retrouves pas seule. Mais au fait, il va dormir avec toi ? »
« Non, je lui ai montré une autre chambre, c'est un gars bien tu sais. Il m'a sauvé la vie à deux reprises. L'une pendant une rixe entre deux clans à Hydrasil et l'autre pendant un de mes cauchemars sur la route. Sans lui j'en aurais eu pour des heures à me calmer. »
« Je n'en doute pas, je l'ai remarqué. Peut-être que tu aurais une chance avec lui, le mélange de deux peuples, ce n'est pas si mal. »
« ça ne te dérangerais pas de me voir avec un Suli ? Et puis qui te dit qu'il voudrait de moi. Je ne suis qu'une calamité depuis le début. »
« Je ne pense pas qu'il te voit ainsi. De plus, tu sais l'amour ne se contrôle pas et la seule femme dont je sois tombé amoureux était une Suli alors bon, je ne vois pas le mal. »


Je le regardais. C'était bien la première fois qu'il me faisais des confidences sur ses amours. Je savais très bien la relation qu'il entretenait avec Sten. Tous deux s'aimaient réellement et ça ne me dérangeait pas, cependant jamais il ne m'avait parlé de cette dame qu'il avait aimé dans le passé.

« Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? »
« Parce que je suis rentré et ... »
« Tu as dû t'occuper de moi. Je suis navré. »
« Non, en vérité ce n'était pas grave, elle était très malade et elle est décédé peu de temps après qu'on se soit installé tous les deux à Varak et contrairement à ce que tu penses, je suis très heureux de t'avoir élevé. Nos débuts ont été compliqué, mais je ne regrette rien et pour rien au monde je ne chercherais à changer ça tu comprends. Tu es ma fille tout autant que ma nièce. Tes parents auraient été fiers de toi. »
« Je ne sais pas, mais j'aurais aimé mieux les connaître. »
« Vous auriez fait une magnifique famille. »


Je n'en doutais pas et en un sens je regrettais profondément de ne pas les avoir connu, mais je devais avouer que j'avais plus que tout apprécié la vie avec mon oncle. J'aurais probablement changé mon enfance, mais je ne regrettais pas que ce soit lui qui m'ait élevé. Il m'étreignit alors doucement, passant sa main dans mes cheveux comme lorsque j'étais petite et après un petit temps, il me relâcha.

« ça te dérange si je t'emprunte de temps demain. J'ai besoin de toi pour l'épée et l'incrustation. Je ne suis vraiment pas doué dans ce domaine. »
« Je te montrerais. »
« Bon allez, je vais aller débarrasser la table, tu es certaine de ne pas avoir faim ? »
« Non, je mangerais plus tard si j'ai faim. Ne t'en fais pas. »
« Avec ce qu'il reste, on a de quoi manger pour plusieurs jours. »
« Je t'avais prévenue. »
« Oui, oui, allé je retourne aidé Sten. »


Il s'avança et posa un doux baiser sur mes cheveux et s'en alla alors tranquillement. Je n'avais pas besoin de le suivre pour savoir qu'il était déjà partit, ses sentiments me parvenaient moins puissamment, signe qu'il était plus loin de moi. Je regardais alors tranquillement le petit autel dans le jardin et m'avançais tranquillement. Je commençais à le nettoyer en laissant mes pensées vagabonder, me demandant bien ce que Zak faisait en cet instant. J'espérais sincèrement qu'il allait bien et qu'il ne se sentait pas mal par rapport à tout ça. Ce n'était pas mon but quand je lui avais proposé de venir loger à la forge le temps qu'il voulait pour poursuivre ensuite son chemin. Mais bon, la vie ne nous apportait pas forcément ce qu'on désirait, les histoires avaient leur propre chemin à suivre. Je soupirais doucement et finalement une fois l'autel propre, je priais doucement pour l'âme de mes parents. Je partis cueillir quelques fleurs dans le jardin pour en faire un bouquet. Repartant vers l'autel, je pris le temps de mettre de l'eau dans le vase et d'ensuite poser les fleurs dedans avant de reposer le vase sur l'autel. Mon murmure s'éleva doucement au dessus de celui de la foule qui passait par là.

« Je regrette de ne pas vous avoir connu plus avant, ni d'avoir pu vivre avec vous. Cependant je suis content que vous m'ayez confié à Eilor. Sans lui je ne serais pas celle que je suis actuellement. Je regrette juste d'avoir été obligé de passer par une case torture pour en arriver là. J'espère que vous êtes bien là où vous êtes. »

Je restais encore un moment comme ça et puis je repartis me poser sur le banc, ma tête balançant vers l'arrière, je fermais tranquillement les yeux, laissant le calme du jardin m'imprégner doucement. J'espérais que j'arriverais à conserver mon calme, parce qu'en aujourd'hui et demain, ça n'allait pas être simple.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: [Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre   Lun 8 Juin 2015 - 9:58

Alors qu’il observait l’extérieur en silence, le Felidae détecta du mouvement dans sa vision périphérique. Il baissa alors naturellement les yeux et vit l’Oncle d’Eliaë la rejoindre dans le jardin. Apparemment, l’heure était à la réconciliation, ou quelque chose de ce genre-là. Ou du moins, il espérait que ce serait le cas, parce qu’il devait admettre qu’être la raison d’un différent familial n’était pas vraiment de son goût. Semer la zizanie chez ses hôtes n’était pas dans ses habitudes et s’il reconnaissait volontiers son erreur en ayant essayé de se faire passer pour le petit-ami de la Bélinoise, il espérait sincèrement qu’elle n’aurait pas de conséquences. Zakaerii les observa quelques instants, sans réellement entendre ce qui se disait. Néanmoins, le ton calme et l’apparente quiétude qui semblait de mise entre les deux protagonistes semblaient indiquer que tout irait pour le mieux. Dans un sourire, il s’éclipsa de la fenêtre – il n’était pas nécessaire qu’ils se mettent à croire qu’il était un voyeur en plus d’un menteur – et s’installa sur le bord du lit, observant en silence les murs de la pièce. La décoration n’était pas des plus exotiques, en réalité elle était même quasiment inexistante, mais c’était assez normal, compte-tenu qu’elle ne devait servir que de chambre d’ami. A quoi bon décorer une pièce où l’on ne passe quasiment aucune journée ? Dans un sourire pour lui-même, le Suli se pencha et enleva ses bottes. Le diner était passé, la nuit commençait à tomber et, pour être honnête, une bonne nuit de sommeil lui ferait le plus grand bien. Une promenade aurait été de bon ton, mais il aurait surement tout le loisir d’aller faire un tour le lendemain matin ou soir, mieux valait peut-être en profiter pour un long et bon sommeil pour cette fois. Il déposa alors les bottes de cuir au pied du lit, profitant de cette légère sensation de libération alors que ses pieds venaient de quitter leurs protections de cuir.

Il se releva ensuite, avant de retirer son manteau de mouvements amples. Il déposa ce dernier sur le rebord de son lit et s’étira longuement comme tout bon félin. Par certains moments, il était sans doute probable que les Sulis ressemblaient davantage aux animaux dont ils étaient proches, qu’à des Hommes, mais c’était un peu là leur nature même. Après cette petite séance fort agréable, il s’agenouilla à même le parquet et ferma les yeux, laissant le silence envahir la pièce et ses pensées. La prière – ou la méditation – était un moment important pour Zakaerii. C’était l’occasion de faire le point, de prendre du recul et, plus physiquement, d’imposer le calme à l’ensemble de son corps. C’était un peu comme un rituel, avant et après le sommeil, du moins lorsque c’était possible. Cela lui évitait généralement de se tourner encore et encore dans son lit en cherchant le sommeil, un esprit apaisé ayant plus de facilité à s’endormir rapidement. Il resongea à cette journée, à son erreur, aux conséquences, à l’histoire d’Eliaë et à ses cicatrices, aussi physiques que morales. Il loua sa force de caractère, une caractéristique que Revoran ne devait qu’apprécier. Après tout, elle tenait bon, envers et contre tout. Et malgré ces petits passages à fleur de peau pour elle, elle faisait montre d’une volonté que beaucoup de personnes auraient pu jalouser. Etonnement, il repensa à son abandon, le regard de ses parents. Ils n’avaient pas eu le choix, même si, bien entendu, ils auraient pu partir avec lui, mais il y a certaines choses normales dans le monde animal que les Humains ne comprendront probablement jamais. Et, avec du recul, ce n’était probablement pas la pire chose qui lui soit arrivée. Il pouvait sans aucun doute essayer d’y retourner, de récupérer sa place, mais ce n’était pas encore la volonté de Revoran.

Et l’aurait-il voulu seulement, lui ? Il n’en savait rien. Peut-être revoir ses parents, au moins une fois. Mais étaient-ils seulement en vie ? C’était impossible à dire. Chassant finalement l’ensemble de ses pensées, le Suli fit le vide et se concentra sur sa respiration pendant de longues dizaines de minutes. Une fois satisfait, il rouvrit les yeux. Le soleil avait désormais largement décliné derrière l’horizon. Il se redressa et décida de s’installer sur son lit. Il repoussa le drap léger qui le recouvrait et s’y glissa en silence, laissant le drap de côté pour le moment. La nuit serait probablement fraiche, mais sa fourrure avait l’avantage de le garder au chaud. Au pire, il pourrait sans aucun doute tirer le drap sur lui pendant la nuit. Sans surprise, il ne put pas s’étaler complètement de tout son long, mais la taille du lit restait, de manière surprenante, assez grande pour ne pas le gêner outre mesure. Il s’installa confortablement, faisant grincer le bois du lit dans ses mouvements, avant de finalement fermer les yeux, laissant le sommeil venir le chercher paisiblement. Il ne fût pas longtemps à Zakaerii pour s’endormir d’un profond sommeil, probablement à cause du voyage qu’ils venaient d’achever le jour même. Après autant de kilomètres dans les pattes, même avec de bonnes haltes pour la nuit, il restait réparateur de pouvoir enfin se reposer dans un vrai lit, sans faire attention aux alentours, s’abandonnant ainsi totalement au sommeil.
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[Terminé] Si jamais tu ne comprends pas, ne tente pas de comprendre

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