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 L'étrange voyageuse

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Eleonor Delorne
L'ange d'or
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Âge : 27
Philosophie : Égalitarisme (neutre bon à tendance loyal)
Divinité(s) : Eleonor croit en la déesse Phélemée.
Faction ou Clan : Les Redresseurs

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Races: Aasimar
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2690/5000  (2690/5000)
Adage: Perception énergitique des êtres l'entourant.
MessageSujet: L'étrange voyageuse    Sam 7 Mar 2015 - 10:06



Par un temps clément, l'Aasimar  continuait sa quête d'un cœur serein et déterminé. Ses l'aventures l'avaient rendu plus alerte, mature et soucieuse de ce qui l'entourait. Une nouvelle fois, elle partait seule, sans compagnon, ce qui la fit s'ennuyer de Flynn. Elle se remémora de son magnifique regard gris et de ses lèvres si délicieuses à embrasser. Ses caresse et son amour lui manquaient tant, ainsi que sa protection. Maintenant, la jeune femme était seule responsable de sa survie.   La prudence était de mise, car le Gantelet ou la Guilde pouvait apparaître à tout moment. À son départ du QG des Redresseurs, elle dénichée une grande cape noir recouvrant ses ailes blanches, ornées de fourrures grises, et un large foulard  venait recouvrir son visage, laissant voir seulement ses yeux verts.

 De loin, elle ressemblait à un être difforme et terne. Une  bien étrange voyageuse, mais elle en n'avait que faire, sa vie comptait plus que son apparence. Or, elle s'arrangea pour faire des détours, emprunter des chemins isolés et escarpés. Sa nouvelle monture était un étalon d'un noir d'ébène, ayant pour seule couleur une tâche blanche sur le museau, costaud et agile, mais moins docile que sa regrettée jument. L'Aasimars avait laissé Narth au soin des Redresseurs. Au moins, Vel était un fidèle compagnon de route, non capricieux de manger du foin sauvage et se satisfaisant d'abris de fortune, peu importe le temps. En fait, cette monture était plus convenable pour le  voyage ardu et dangereux, qu'elle allait entreprendre.De plus, sa robe noire passait inaperçue, contrairement aux poiles dorées de son ancienne jument. Le passé était loin derrière elle, l'avenir droit devant. Les arbres défilaient  à toute allure, l'étalon galopait rapidement, il volait presque. 


Le chemin où elle se trouvait était très étroit et ne portait pas de nom, car c'était un sentier appartenant à la forêt, des traces d'animaux l'inaugurait. Vers l'est se trouvait la route principale, qui traversait  la vallée d'Ildir, longeait les Falaises de la dernière chance, une frontière naturelle qui séparait Bélin du désert de Varakir, et terminait à Varak. Eleonor était tentée d'y accéder, mais le risque était trop grand, elle opta de continuer son trajet personnelle, couper dans la forêt de la vallée d'Ildir, s'aventurer dans le sentier des Falaises et se rendre directement à Varak. Sûrement cela allait lui prendre plus de temps, mais au moins,elle serait sûr de rencontrer personnes, enfin,elle l'espérait. La seule chose qu'elle voulait c'était de vivre à Quiétude, en paix, sans se battre avec quiconque.  Serait-ce utopique? Sûrement, mais elle continuait à garder espoir. Tuer la bouleversait plus qu'autre chose, elle préférait soigner. Son étalon s'ébouriffa la crinière la ramenant à la réalité, il avait arrêté de galoper et trottinait lentement, mais sûrement, évitant les roches et les longues branches. Sortant du sous-bois, elle vit une rivière gelée, un obstacle naturelle et encombrant. Espérant que la glace était assez dure, elle opta pour débarquer de sa monture, prit un bâton et tapa légèrement sur le rebord de l'eau givrée. C'était satisfaisant, elle était dure à souhait. 



-Bien, allons-y doucement. Dit-elle à Vel qui ne s'obstina pas et avança au même rythme que sa maîtresse. La glace craqua légèrement, mais rien de bien dangereux, l'autre extrémité de la terre ferme était proche. Elle ne voulait surtout être coincée sous la glace ou que l'on sauve encore une fois d'une mort certain, cela serait très embarrassant. Or, tout se passa bien, elle réussit à traverser sans se noyer. La forêt continuait à s'étendre à perte de vu, elle ne devait pas se perdre. Sa prochaine halte serait Simpliste, un petit village se trouvant à une heure des premières dunes de sable de Varakir. Il risquait d'avoir peu d'étranger, elle allait sûrement pouvoir s'arrêter sans problème, et prendre un bain chaude. D'ici là, elle dormirait à la belle étoile, dans des abris de fortunes, au côté de son cheval. Rembarquant dessus, elle donna un léger coup de talons sur le flanc, l'indiquant de trotter à nouveau, ce que Vel fit avec plaisir, le froid commençait à geler ses pattes élancés et musclés. Eleonor ne voulait pas qu'il galope trop, question de ne pas l'épuiser, bien que Vel semblait impatient de reprendre sa course chevronnée. 

 La forêt de la vallée d'Ildir était si paisible, que même le froid semblait doux. Elle ressentait toute l'énergie des arbres autour d'eux, vieux de plusieurs siècles, leur écorce imprégné de souvenirs propres à leurs âges anciens. Elle sourit, la lumière du soleil était rassurante, la verdure enneigée l'émerveillait. Autrefois, ce lieu si émouvant fut le berceau de ce monde, ses ancêtres provenaient de cette contrée verdoyante et paisible. Elle croyait en Phélemée, mais elle respectait aussi  Solarim, le Dieu de la magie et de la nature. Elle était certaine que cette énergie lumineuse et profonde venait de lui. D'un soupir heureux, son esprit se libéra de toute crainte, cette vallée était un lieu sûr, la faune vivait dans la paix et la sérénité. C'est alors que son ventre gronda, il était temps de manger et de nourrir aussi Vel, qui semblait avoir moins d'énergie. À droite, elle aperçu une petite clairière, dont la neige était légèrement tamisé et aplati. Sûrement qu'un troupeau de cerfs étaient passés par là, des tas de crottins, petites boules rondes et brunes, prouvaient son intuition. Essayant de ne pas piler dedans, elle alla se posté proche d'un grand chêne, attacha les reines de Vel et pris son sac de bagage vert et rouge. Dedans, il y avait tous ses vêtements, ses accessoires et sa nourriture. Elle s'était assurée d'avoir une grosse ration de pains aux noisettes grillées et de dattes, c'étaient légers, nourrissants et peu encombrants. Terminant son repas en buvant quelques gorgées d'eau, elle donna une pomme à Vel, ainsi qu'un peu de neige pour l'hydratée, puis pris le temps de peignée sa crinière et de réchauffer ses belles pattes endoloris, en massant de haut en bas. Aimant se faire dorloter, l'étalon étira son coup et ses oreilles allèrent vers l'avant, signe qu'il était content de cette attention.


Eleonor, l'Ange d'Or
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: L'étrange voyageuse    Sam 7 Mar 2015 - 12:11

C'est alors qu'un petit gémissement plaintif se fit entendre à quelques mètres d'eux. Soudainement nerveux, l'étalon leva haut la tête et ouvrit grands les yeux, tandis que Eleonor se tourna vers le bruit. Son coeur battait la chamade, encore un danger? Prêtant l'oreille, le gémissement était subtile,mais pas agressif comme un grognement. Laissant Vel accroché à l'arbre, elle se dirigea silencieusement, à pas de souris, vers l'étrange bruit. La chose semblait blessé et cachée derrière un buisson quelconque. Sortant l'un de ses glaives étoilés, retrouvés après l'attaque du Gantelet, elle s'approcha lentement. Tassant les branches, elle se pencha et fut grandement étonnée par ce qu'elle découvrit. C'était un bébé loup, assez gros, aussi blanc que la neige, aux yeux d'azurs et à la gueule noire. Il était blotti en boule contre le corps de sa mère inerte, elle était visiblement morte. La louve n'avait plus de patte droite, sûrement qu'elle se l'était rongée pour se libérer d'un piège de chasseur. Ayant perdu beaucoup de sang et n'ayant plus la force de chasser, elle s'était sûrement laissée mourir de faim et de froid, laissant son louveteau abandonné à la nature. Celui-ci était très maigre et très faible. Il leva des yeux implorants vers elle, son coeur fondit et elle se pencha, et le prit dans ses bras. Il se laissa faire, sans se débattre, trop faible pour se défendre. Il était chanceux d'avoir survécu jusque là. Eleonor posa sa main sur sa tête douce et ferma les yeux, l'énergie de la lumière circula à travers ses doigts et vint revigoré le louveteau, qui reconnaissant, lui lécha affectueusement la main et se lova confortablement contre elle. Elle fut aussitôt conquise et sans aucune hésitation, elle alla le présenter à Vel, qui vint le renifler de ses naseaux impétueux. Le petit loup leva la tête vers l'étalon,le renifla et vint lui lécher vivement le museau. L'étalon recula sa tête, le scruta de ses yeux mielleux, puis lui rendit l'appareil en le submergeant de bave. 

-Oh, Vel, non,non, tu vas le noyer! Pauvre petit!Contesta Eleonor mi-rieuse, mi-ferme. 
Je vois que tu l'apprécie! De toute manière, tu n'as pas le choix, j'ai décidé de l'adopter. Un loup comme compagnon, c'est toujours utile. Je vais l'appelé...Azur! Comme ses yeux. Oui, Azur sera parfait. 

Azur, comme s'il voulait acquiescer à son nouveau nom, jappa joyeusement. Elle rit et décida de lui donner un peu de pain, qu'il dévora sans se faire prier. Elle savait que cela n'allait pas être suffisant. La chasse serait une nécessité, car sans viande, il n'allait pas pouvoir survivre longtemps. Le soleil était encore haut dans le ciel, il allait se couchait dans quatre heures, c'était le moment idéal pour chasser du petits gibiers. La clairière était vaste, dans les branches des moineaux chantaient. Elle allait bien trouver un animal ou deux dans cette forêt pour son Azur affamé. Rembarquant sur sa scelle, elle lova le louveteau contre elle, emmitouflé d'une chaude fourrure, son rescapé était aux anges. L'étalon trotta allègrement, indifférent à l'épaisse neige qui l'entourait. Alerte, Elle scruta le sol à la recherche d'empreinte de lièvre ou de renards. Ils rentrèrent de nouveau dans la forêt, l'ombrage des branches faisait de drôle de lignes sur son visage. Un peu plus loin, elle vit un terrier, assez petit. Elle fit tourné son cheval vers la gauche, l'éloignant, question de ne pas effrayer les petits habitants qui y logeaient. Sans bruit, elle débarqua et sur la pointe des pieds, vint placer un collet en face du terrier, accroché à une branche et déposa quelques fruits séchés pour l'appâter.  
- Je reviendrais dans une demie-heure, ça devrait faire l'affaire. En attendant, visitons le coin, peut-être nous allons en trouver d'autres. Au moins, mon petit loup, nous n'allons pas manquer de nourriture. 


Satisfaite, elle continua sa randonnée, tirant Vel par les reines et tenant Azur sous son bras. Elle épiait le moindre signe, le moindre mouvement. C'était Gilliam qui lui avait tout appris de la chasse, dans le moindre détails, un véritable passionné. Aujourd'hui elle lui en était très reconnaissante. Levant les yeux, elle vit plusieurs perdrix perchées dans un arbre, pelotonnées paresseusement les unes contre les autres. Vérifiant autour d'elle, tout en attachant les reines après une branche, elle ne vit personne, ni  dans les arbres, ni dans la clairière. Elle était bien seule. 

-Tu vas être le premier loup à voler, Azur! Murmura-t-elle dans son pelage blanc. 

Heureux, le petit loup ferma les yeux, ne se doutant pas de ce qu'il allait se passé. Eleonor fit dégourdir ses ailes et vola vers le haut, laissant une poudre grise et brumeuse derrière elle, la teinture était de piètre qualité. Rendu sur une branche, Azur gigota et laissa échappé un «wouf!» apeuré, mais elle le calma aussitôt en le caressant derrière les oreilles. Les perdrix, toujours perchées, n'avaient pas bougé d'un pouce et la fixa avec la plus grande curiosité. D'un regard désolé, elle déposa le chiot sur la branche, qui n'osa pas bouger et tremblait nerveusement. Eleonor prit son arc, et sortit trois flèches, les tenant soigneusement avec sa main de tire. Son épaule ne lui faisait plus mal, car aussitôt qu'elle avait reprit des forces,après l'attaque des disciples du Gantelet, elle s'était auto guérit grâce à la lumière. Pouvant à présent utiliser son arc avec précision, elle tira et tua les trois perdrix une à la suite de l'autre.  Le reste des oiseaux, apeurés, s'envolèrent promptement, tandis que l'Aasimars descendit avec son butin et son louveteau toujours fébrile. Au moins, il ne vomissait pas comme Ditwin le prisonnier. Elle sourit, repensant à la mésaventure de Khaad, pauvre lui. Il avait été tout couvert de vomis à cause du fuyard qu'elle avait rattrapé au vol,le cœur de celui-ci ne l'avait pas supporté. Ah, quelle histoire! Un couinement sinistre la fit revenir à la réalité, cela venait du terrier.



Eleonor, l'Ange d'Or
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Le fourbe   Dim 8 Mar 2015 - 17:07


Retournant sur le dos de Vel, tenant le louveteau contre elle d'un bras et de l'autre, elle dirigea sa monture vers le piège. Les sabots du cheval faisaient un bruit sourd dans la neige,un grincement audible pour les bêtes aux alentours, y compris celle piégée dans le collet, qui les entendant arriver, se débattit davantage. L'apercevant, Eleonor resta bouche bée devant la chose qui gigotait. Ce n'était ni un lièvre ni un rongeur des bois, mais bel et bien un gobelin. Le cou coincé dans la corde, il essaya, de ses doigts noueux et verdâtres, de le défaire, mais plus il tira, plus cela l'étranglait. La jeune femme prit un instant pour l'observer, c'était la première qu'elle en voyait un. Il était très petit et maigre,vêtu de peaux de bêtes défraîchies et de fourrure crasseuses,  ses longues oreilles effilées pointaient vers le haut et ses yeux creux, cernés et rouges, sortaient de leurs orbites. Sa gueule était grande ouverte, il gémissait, essayant de respirer tant bien que mal, montrant des dents acérées et pointues.  Comment avait-il pu être assez stupide pour ce vautrer dans ce piège? Même un animal averti n'aurait prit le risque de s'y glisser. Les fruits n'étaient plus là, elle en conclut qu'il devait tout simplement être affamé et n'avait pas réfléchi avant d'agir. D'un soupir exaspéré, elle débarqua de Vel, qui sentant  la présent du petit monstre vert, donna un coup sabot agressif et se secoua nerveusement la crinière. L'étalon percevait que la créature était sombre et peu digne de confiance, mais en bonne Aasimars qu'elle était, Eleonor s'avança pour le libérer. Le gobelin leva des yeux suppliants vers elle en souffla d'un ton étranglé:


-Lae ker dil'mork. Djal,Lae koth.

C'était un dialecte ancestrale, Eleonor connaissait un peu l'Ancien Langage, assez pour comprendre ce qu'il venait de dire. « Je m'en remet à toi. Femme, je suis blessé.» C'était court et concis. Sa petite voix aiguë continuait à larmoyer, chamboulant le cœur de la jeune femme bienfaisante. Déposant le louveteau par terre, qui les oreilles redressées et le poile hérissé, grogna férocement vers le gobelin. Il n'était pas aussi dupe qu'Eleonor, il sentait que ce Gobelin était une racaille.

-Je vais t'aider, ne bouge pas. Murmura-t-elle, garde baissée, tout en jetant un regard agacé vers le louveteau, qui ne cessait de montrer les crocs et de japper. Elle aurait dû écouter l'instinct infaillible de ses animaux. Au moment où elle défit le collet autour du cou chétif, le visage du Gobelin, tantôt si piteux, se transforma en une expression haineuse et violente. Elle n'eut pas le temps de réagir, il lui sauta à la gorge, la propulsant par terre.  

-Agrrh..Toi vouloir faire mal à Yorkir, hein? Toi mourir, Djal stupide!


Cramoisie, elle essaya de lui envoyer des baffes et se tortilla, mais ses genoux pointues l'empêchaient de se débattre. Plus qu'elle bougeait, plus il lui rentrait ses articulations dans les côtes. De plus, elle ne pouvait atteindre ses glaives,ni son arc et son épée. Désespérée, elle essaya le même mouvement de bassin utilisé pour déplacer Ditwin, mais le Gobelin, connaissant cette technique, s’affaissa de tout son poids, l'empêchant de se libérer. Le vaurien! Il avait planifié son coup. D'un sourire rusé et méchant, il souffla:

-J'ai vu Djal stupide, j'ai vu ton or et ta nourriture. Toi, mourir et moi prendre tous tes biens et vivre! Ahaha!

Elle avait les larmes aux yeux, son teint cramoisie vira au bleu. Elle pria pour qu'Azur attaque, mais il était encore trop faible et trop petit, juste grogner l'affaiblissait à vu d’œil. Tant qu'à l'étalon, il piaffait furieusement, mais ne voulant pas blesser sa maitresse, il avança et recula afin de faire peur au Gobelin, mais ça ne le fit que tiquer, rien de plus. Avec concentration, il continuait son étranglement, sans quitter sa victime de ses yeux écarlates. Pourquoi elle était toujours entrain de se faire attaquer? Saleté! Il avait raison, elle avait été stupide de  le secourir, elle aurait dû le laisser expirer. Être bon avec les mauvaises personnes coûtaient extrêmement cher. Elle essaya une dernière tentative et fit bouger ses ailes dans le but de les propulser en l'air, mais rusé, le Gobelin bondit et la fit brusquement redescendre au sol, elle en eut le souffle coupé. Il était plus lourd qu'il ne paraissait et aussi, bien plus rusé que la majorité de ses congénères verdâtres. Ses dents pointues faisaient une fine ligne dans son large visage pustulent,il aimait tué.  Elle n'avait presque plus de souffle, elle se sentit blêmir à vu d’œil. Soudainement, un tremblement se fit entendre, le Gobelin arrêta son exécution et ouvrit grand les yeux. Le coeur battant, il observa frénétiquement la terre sous eux. Quelque chose d'énorme approchait et de très menaçant. Lâchant prise, il vola la bourse de l'Aasimars et parti à la course, mais c'était déjà trop tard. Un grondement impérieux se fit entendre et une main noueuse d'écorce et de mousse le saisit violemment par la taille et le souleva de terre. Il hurla de terreur, lâchant sa bourse volée et se retrouva nez à nez avec un Sylve. Il était plus immense que les plus gros arbres du continent, fait entièrement d'une épaisse écorce acajou, il possédait un visage humanoïde, du moins, des yeux lumineux et fâchés, un nez coriace et une mince bouche, cachée derrière une moustache de feuilles rêches. Ses branches feuillus étaient son unique parure, car contrairement aux arbres, les Sylves gardaient leurs feuilles en été comme en hiver, c'était seulement à leur mort, qu'elles tombaient. C'était une manière de se réchauffer? Peu importe, il tenait le Gobelin tremblant de peur entre ses doigts et n'allait pas hésité à le presser comme un citron.


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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Barbe Brune   Dim 8 Mar 2015 - 21:35

Faignant l’innocence le Gobelin supplia, d’un dialecte allant de l’Ancien Langage à la Langue commune :
-Gardien de Sath, je suis un gobelin, Maol’dra.
Le Sylve fronça durement les sourcils et le serrant encore plus il fort, il gronda :

-Taek, Fae és Gobelinà, Aasimars és Maol’dra, Fae ò vul Mork’khan’vel.

Devant cette conversation extraordinaire, Eleonor resta sans voix, tout comme le Gobelin, qui était grandement étonné que le Sylvestre parle cette langue ancienne. L’Aasimars ne comprit pas tout ce qu’il avait dit, mais l’essentiel se résumait à qu’il ne faisait pas confiance au Gobelin, celui-ci se prétendait une créature pure et innocente, mais le Sylve n’était pas dupe. Selon lui, elle l’était, mais pas son agresseur. Pâle, le Gobelin eut un sourire piteux et dit sans trop de conviction :
-Lae Sih Huren’gar sath.
-Taek, Fae taek Sih sath !  Rugit le gardien de la forêt. Voici ce qu’Eleonor avait compris :
-« Moi, je suis l’ami du gardien de la forêt.
-Non, tu n’es pas l’ami de ma forêt!»

Sans autre formalité, le Sylve le broya sans effort, le Gobelin n’eut même pas le temps de protester. Le cadavre, rendue une bouillie d’os et de sang, tomba en flaque proche d’Eleonor, qui se détourna vivement, nauséeuse. Bien que soulagée d’être sauve, c’était tout de même écœurant. Une boule blanche et licheuse vint détourner ses pensées de la purée de cadavre à ses côtés. Azur s’était précipité dans ses bras, heureux que sa maitresse soit hors de danger, tandis que Vel, voyant le Sylve s’agenouiller prêt d’eux, s’écroula au sol, faisant le mort. Il semblait en proie à un véritable choc nerveux. Devant les attitudes comiques de ses compagnons, Eleonor n’eut pu s’empêcher de rire. Elle leva les yeux vers le Sylve qui lui rendit son sourire. Son regard était bienveillant et sage, toute fureur avait disparu. Pendant un instant, ils se dévisagèrent avec curiosité. Se raclant la gorge, elle le remercia :

-Merci de m’avoir secouru. Euh…vous savez parler ma langue?


Toujours silencieux, il acquiesça, une lueur narquoise dans ses yeux sans pupilles, seule une lumière les inondait.  Du bout de son énorme doigt rugueux, il vint effleurer la gorge blessée de la jeune femme. Une ecchymose commençait à apparaitre, le gobelin n’y était pas allé de main morte. D’un ton paternel, il demanda :

-Tu n’es pas blessé ailleurs?
-Oh, non, tout va bien. Merci de vous en inquiéter. Je m’appelle Eleonor Delorne, mais appelez-moi Nora. Et vous, c’est quoi votre nom? demanda-t-elle caressant à son tour sa gorge bleutée. Cela lui faisait mal, mais c’était supportable. Le sylvestre ne répondit pas et haussa les sourcils, surpris et enchanté. Enjoué, il s’exclama :

-Eleonor Delorne? La Nora de Samael?
-Euh…vous connaissez Samael? Souffla-t-elle les yeux ronds, son cœur battant la chamade. Le Sylve acquiesça d’un hochement de tête lent, mais sûr. Fièrement, il expliqua :
-Oui, nous sommes de très vieux amis. Samael connait la plupart des Sylvestres du continent d’Ildirith; de nombreuses fois il nous a aidés et protégés. Nous lui devons beaucoup. Tu peux comprendre notre joie quand il est venu nous demander de te protéger en son absence, si jamais on te croisait. C’est le moindre que je puisse faire! Ah, ce Gobelin et tous ces maudits monstres venant souillés ma Vallée! Je l’ai punie comme il se doit.
- Vous avez bien fait, cher Sylve. Cette créature était odieuse, il méritait son sort. Approuva-t-elle, sans pour autant tourner son regard vers la flaque de sang verte à ses côtés. C’était dégoûtant. De toute manière, toutes ses pensées étaient pour Samael. Inquiète, elle demanda précipitamment :

-Savez-vous où est Samael? S’il va bien?

Il la dévisageait avec perplexité, puis haussa les épaules. Le vent froid vint ébouriffer ses feuilles orangées et les fins cheveux bouclés d’Eleonor. Celle-ci, avec patience, attendit sa réponse.  Enfin, penchant sa tête sur le côté, il répondit :

-Je l’ignore, petit ange doré. Il est retourné vers les cieux, une guerre s’est déclenchée en haut, entre les démons et les anges, mais ça ne date pas d’hier. Cela fait des millénaires que ça dure! Samael est un excellent guerrier et vu le sacrifice qu’il a fait, délaissant son amour pour son devoir, ce qui est très honorable, il va sûrement être promu Archange.


Eleonor, l'Ange d'Or
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: La Révélation   Dim 8 Mar 2015 - 21:38

C’est comme si elle avait reçu la foudre sur la tête. Voyant son expression ahurie et pâle, le Sylve perdit son sourire, et comprit qu’il en avait trop dit. Il fit un simple « oh…» et se tait, mal à l’aise. Après des centaines d’années de vie, il n’avait toujours pas réussi à tenir sa langue en bride. Eleonor déglutit avec peine, confuse et frustrée contre elle-même. Pourquoi ne l’avait-elle pas compris avant? Tout concordait maintenant. Son teint lumineux, sa beauté si divine, si différente des hommes, même des Aasimars, et son manteau noir, qui devait sans nul doute cacher ses ailes puissantes. N’avait-il pas dit qu’il était lui aussi «un être de lumière? » Qui d’autre que les Aasimars étaient lumineux? Certainement pas les Tiefflins! C’était seulement les Célestiels, leurs lointains cousins, qui concordaient à cette catégorie. La voyant fulminer sur place,le Sylve se gratta la nuque, de plus en plus embarrassé par le déroulement de cette rencontre. D’une toux fluette, il supposa :
-Il ne t’avait pas dit qu’il était un Célestiel, n’est-ce pas?
- Non, il ne me l’avait pas dit! Il ne m’a rien dit du tout! Marmonna Eleonor les yeux embués de larmes. Voyez-vous, j’aime un parfait inconnu. Ah..Sotte, sotte, sotte!
-Mais non…
-Si, je suis une sotte! Interrompit-elle en rugissant. Pourquoi ne m’a-t-il pas dit la vérité? Un Célestiel! Bon sang, je me suis amourachée d’un Célestiel!

Sur ce, enragée noire, elle se leva et fulmina en marchant de long en large, indifférente aux aboiements d’Azur qui voulait retourner dans ses bras. Le louveteau, frustré de ne pas recevoir d’attention, alla uriner sur la jambe du Sylve, qui sursauta et recula. Désappointé, il prit le chiot par le chignon du cou et le déposa proche d’un arbre où il finit ses besoins, avec la plus grande satisfaction. Ce louveteau avait besoin d’une solide éducation. Il tourna son regard lumineux vers la belle Aasimars, qui l’œil sombre et la mâchoire crispée continuait à rager contre Samael et les Célestiels en général. Il garda le silence, avec une infinie patience, et la laissa se défouler. Puis, après qu’elle se soit arrêtée, les bras croisés et les joues en feu, le Sylve émit cette hypothèse :

- Il  ne te l’a pas dit pour te protéger.
- Me protégez de quoi? Des Démons? De la Guilde?
- Non, de toi-même. Répondit-il, un sourire tendre éclairant son visage d’écorce. 
-Hein?
Eleonor ne s’attendait pas à une telle réponse et le dévisagea perplexe. Visiblement, elle ne comprenait pas ce qu’il avait voulu dire. Voyant qu’elle restait silencieuse, ses yeux verts rivés sur lui, il expliqua son point de vue :
- Vois-tu, si tu avais su qui il était et où il partait, tu aurais sûrement voulu le rejoindre. Les cieux sont accessibles aux Aasimars… Enfin, ceux qui savent voler. Il se trouve, justement, qu’il est tombé fol amoureux de l’une des seules qui a ce don. Nora, sache que les cieux sont remplis de combats, il y a des légions et des légions de démons. Partir à sa recherche, c’est t'exposer à une mort certaine, tu comprends? Il ne veut pas te perdre.

- Crois-tu que je veux le perdre? Peut-être qu’il est en danger? S’écria-t-elle larmoyante. Attristée, elle tomba à genoux et sanglota, le visage dans les mains. Le froid lui brûlait ses joues, mais  l’Aasimars l’oublia, elle oublia tout, et continua à pleurer. Le Sylve la dévisagea avec compassion, il se pencha et vint lui caressa sa tignasse bouclée. Tendrement, d’une voix profonde et grave, il murmura :

- Je ne sais s’il va bien, petit ange, mais je puis te l’assurer qu’il t’aime profondément. Je me souviens de son regard avant qu’il me demande de veiller sur toi, il était désespéré, je sentais qu’il combattait une lutte intérieure bien plus violente que tous les combats qu’il avait menés dans sa vie. Il n’a jamais aimé autant un être que toi et je te l’assure qu’il fera tout en son pouvoir pour revenir vers toi. Tu dois être patiente et continuer de croire en lui, en vous.
- Et…Et s’il ne revient jamais? S’il meurt, comme mon père, sous le coup de l’épée?   Dit-elle entre deux sanglots , elle avait l’impression que son cœur allait s’arrêter. Elle ne pouvait oublier Flynn, mais Samael aussi avait compté pour elle. Il avait été son premier coup de foudre. Cette fois, le regard du Sylve devint ferme, presque dure. Il glissa l’un de ses doigts sous son menton et la força à le regarder. Cependant, il garda un ton calme, mais catégorique :

- La mort fait parti de la vie, Eleonor. Les deux sont miracles, tout comme la naissance et la vieillesse. Ah…petit ange, je suis vieux, mais j’ai vu ce que les êtres peuvent accomplir au nom de l’amour, autant des actes odieux que courageux. J’ai vu des hommes faire la guerre, s’entretuer, mais aussi accomplir des miracles et Samael est l’un de ceux-là. Il se bat en ce moment même pour toi, pour que tu puisses vivre et continuer à l’aimer. Maintenant, tu es sa seule unique raison de vivre, il tient le coup rien que pour toi.
- J’aurais voulu faire de même pour lui, le protéger. Souffla-t-elle détournant les, ne pouvant soutenir le regard impérieux du vieux gardien.  Elle accota son front contre l’énorme main d’écorce déposé par terre, laissant les larmes coulées sur sa joue. Le Sylve sourit tristement, leva les yeux au ciel, cherchant une réponse adéquate pour apaiser ce cœur d’or, rongé de peine. D’un soupir, il dit simplement :

- Il n’est jamais trop tard, si tu le veux vraiment, Solarim et Phélemée tend donneront la chance, le temps venu.
- Crois-tu?
- Oui. N’as-tu jamais entendu ce dicton :« Quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire pour réaliser ton désir»?

Au grand bonheur du vieux Sylve, elle partit à rire et fit non de la tête, le regard amusé. Effectivement, elle ne l’avait jamais entendu, mais cela lui plaisait et l’espoir revint dans son cœur. Oui, Eleonor voulait absolument que Samael lui revienne, vivant, et l’Univers allait faire en sorte de le lui rendre. Elle avait failli mourir de nombreuses fois, mais les Dieux l’avaient sauvée, et ce pour une raison et cette raison était l’amour. Samael lui était destiné, et un jour, ils allaient se retrouver et s’aimer, et ce, jusqu’à la fin. Enfin, après autant de chagrin, un sourire illumina son beau visage, Eleonor demanda avec curiosité :


-De qui vient ce merveilleux dicton?
-Oh, d’un vieil alchimiste! C’était tout un sage, celui-là! Oui, tout un sage.

Ils échangèrent un sourire complice. Le vent se levait, amenant avec lui une poudrerie froide et aveuglante. Il était temps de partir. La vie et le temps reprenaient leur droit et la Vallée d’Ildir, si vaste et si belle, retrouva sa quiétude. Sans qu’elle s’en rende compte, Azur était de nouveau blotti dans ses bras et dormait profondément. Vel était toujours couché, sa respiration semblait plus calme et ses naseaux soufflaient une brume dense et vaporeuse. D’un regard las, elle dévisagea ses deux compagnons, les rayons du soleil éclairèrent leurs pelages si contrastant l’un de l’autre,tel le jour et la nuit. Une chance qu’elle les avait, c’était maintenant sa seule famille. Or, il était temps de partir. Le Sylvestre sentait  un danger provenir du Nord, une troupe de cavaliers approchait, empruntant un chemin peu coutumier aux voyageurs. Ils étaient venus pour elle, suivant ses traces dans la neige. Le Gantelet? Peut-être ou d'autres ennemis insolites.

-Il faut partir! Ordonna soudainement l’homme arbre, prenant l’étalon d’une main et incitant Eleonor et son louveteau à embarquer dans l’autre. Ce fut à son tour d’entendre l’écho des sabots et les cris des hommes. Des chiens étaient également avec eux. Comment avaient-ils su par où elle avait fui? Peu importait, l’Aasimars s’empressa d’obéir et embarqua dans la paume rugueuse, fait d’écorce et de mousse. Le Sylvestre se leva et vint se confondre aux autres arbres. Lentement, dans un profond silence, il amena ses passagers vers le Sud, loin de la meute qui les poursuivait. Le ciel devint gris, la neige tomba et les pas immenses du Sylvestre, nommé Barbe brune, disparurent.



Eleonor, l'Ange d'Or
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Eleonor Delorne
L'ange d'or
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Âge : 27
Philosophie : Égalitarisme (neutre bon à tendance loyal)
Divinité(s) : Eleonor croit en la déesse Phélemée.
Faction ou Clan : Les Redresseurs

Attributs
Races: Aasimar
Réputation:
2690/5000  (2690/5000)
Adage: Perception énergitique des êtres l'entourant.
MessageSujet: Ce n'est pas un adieu, mais un aurevoir.    Dim 15 Mar 2015 - 11:59

Barbe brune,tel qu'il s'était présenté durant leur longue conversation, l'amenait au sud de la vallée d'Ildir.  Le danger était maintenant très loin derrière, à trois jours de cheval, mais grâce au Sylve, le trajet n'avait pris que cinq heures de route. Bien que lent et silencieux, il  faisait des pas de dix mètres de large, ce qui fit avancé considérablement la cadence. Ils avaient discuté de sujets divers, que cela soit de la nourriture cultivée en forêt,de l'importance de protéger la nature, des différents sylvestres et leurs caractéristiques, ainsi que l'histoire de la vallée d'Ildir. 



Pendant ses quatre années de «séquestration» au Château des Redresseurs, Eleonor avait passé son temps libre à lire des livres dans la grande bibliothèque, s'intéressant à tout, que cela soit les différentes créatures, les contrés de part le monde, les races, même la langue des nains et l'Ancien Langage. Bref, elle se considérait comme une Aasimars cultivée et elle était contente de pouvoir échanger ses connaissances avec le vieux sylve, qui l'écoutait avec attention, tout en partageant aussi son propre savoir. Avec le temps, il était devenu un maître herboriste, connaissant chaque vertus de la flore parsemant la végétation de cette Vallée. Ce sujet intéressa vivement Eleonor, qui l'écouta avec attention, s'abreuvant de l'information promulguer. Ils s'arrêtèrent parfois, ici et là, pour analyser certains phénomènes de plantes ou d'herbes, Barbe Brune voulant bien instruire sa nouvelle élève. Il s'y appliqua, avec zèle et dévotion, tandis que patiente, Eleonor écoutait cérémonieusement. Il se pencha vers un arbuste remplit de petites grappes rouges et rugueuses,glacées par le froid, elle en avait jamais vu de semblable. D'un air savant, le Sylve expliqua:

- Cela s'appel le sang des rois, c'est un fruit très rependue dans la Vallée. Les humains ou toutes autres créatures humanoïdes ne pourraient le manger cru, ils s'empoissonneraient, mais bouillie, cela fait un excellent sirop contre la toux. 
-C'est vrai? Je l'ignorais! Dit l'Aasimars qui en profita pour en cueillir. Pourquoi ça s'appel le sang des Rois?
-Oh! Il eut un regard perplexe, puis haussa les épaules. Sincèrement, je l'ignore. C'est sûrement en rapport avec une ancienne bataille de rois, ou quelque chose comme cela.
- Sûrement. Répliqua Eleonor, se retenant de dire ironiquement que c'était une belle déduction. C'est ainsi, en conversant amicalement, ils continuèrent leur route jusqu'à l'orée de la forêt. Vel, pendant tout le long du trajet, était resté couché dans la main du Sylve, tremblant de peur, la tête pendante et écumant une épaisse salive. Eleonor était inquiète, mais elle savait que c'était dû à une terreur sans nom. De son côté, Azur, avait dévoré  l'une des grassouillettes perdrix et rassasié, il s'était allongé sur les genoux de la jeune femme en soupirant de bonheur. Fermant les yeux, le louveteau s'était laissé dorloter, tout en s'endormant profondément. 


Enfin, ils arrivèrent à destination. Une fois au sol, Vel  semblait en proie à une crise d'anxiété chronique. Il fit quelques pas sur le côté, comme étourdi, s'ébouriffa la crinière et roula des yeux exorbités. Ne pouvant supporter plus longtemps la présence du géant vert, il s'apprêta à s'enfuir au grand galop, mais Eleonor le retint de justesse, tenant toujours son louveteau dans ses bras.  Eleonor prit le temps de calmer Vel, murmurant d'une voix douce et calme des choses rassurantes, tout en lui caressant l'arrière des oreilles, et sa crinière. Les nasaux de l'étalon frémir, son souffle se détendit ainsi que ses muscles. Elle comprenait qu'il se sentait angoissé, ce faire transporter par une arbre humanoïde, à cent mètres de hauteur, n'étaient guère rassurant pour un cheval. 

-C'est un cheval nerveux, hein? Estima Barbe brune en se pencha vers l'étalon, qui recula précipitamment, tirant fortement sur les reines. Eleonor jeta une regard agacé au Sylve, qui sans le vouloir, compliquait sa tâche d'apaiser Vel. En silence, elle approuva, puis caressa doucement le cou de l'animal, qui s'approcha d'elle, le coeur en chamade. Il avait décidément une peur bleu des Sylves, ce qui était étrange, car les sylvestres vivaient en harmonie avec les animaux et la nature en général, comme Azur, l'étalon aurait se sentir bien et en sécurité, mais c'était exactement l'inverse. Pour son propre bien, Eleonor l'éloigna du Sylvestre et l'attacha à une solide branche. Loin de Barbe brune, le cheval cessa de paniqué et prit le temps, par lui-même, de se calmer. Continuant du coin de l’œil à le surveiller, elle s'approcha de son grand protecteur et d'un sourire reconnaissant, elle dit:

-Merci pour tout, Barbe brune, de m'avoir sauvé et de m'avoir transmis tant de savoir. 
-Merci à toi, pour ton agréable compagnie. Je comprends Samael de t'aimer à ce point, vous êtes réellement fait l'un pour l'autre.
-Comment sais-tu cela? Demanda-t-elle rougissante, mais très curieuse. D'un rire, le Sylvestre leva les yeux vers le ciel, pris un temps pour répondre, puis reporta son regard vers elle, en expliquant:
-Disons que vous êtes très complémentaires. À ce que j'ai perçu de toi, tu es un être débordant de vitalité, de bonté et de spontanéité. Ta jeunesse fait que tu es aussi impulsive et bien que forte, tu demeure fragile. Tu as besoin d'une personne pour te protéger et sur qui t'appuyer.  Samael, bien que bon et compatissant, à un caractère comparable au roc, il est solide, inébranlable dans ses valeurs, et sa maturité fait de lui un Célestiel sage, réfléchit et raisonnable. Cependant, il est trop sérieux, je l'ai rarement vu rire, il lui manque un soleil dans son existence et ce soleil, c'est toi. 

Ce fut une émouvante explication, très poétique et cela lui fit grand bien. Au moins, cette fois, elle ne sentait pas amoureuse d'un total inconnu. À travers les dires du Sylve, elle comprenait mieux qui était Samael, l'aimant davantage. Elle sourit et acquiesça, tout en répondant:

-Tu as peut-être raison, Barbe-brune, et si c'est la volonté de Phélemée, j'espère le revoir avant ma vieillesse.

-Ahahah! Je l'espère aussi, petit ange. Répliqua le Sylva d'un éclat de rire faisant japper Azur et hennir nerveusement Vel. D'un sourire tendre, elle dit aurevoir:

-Je vais devoir y aller, la nuit va bientôt tombée et je dois trouver refuge à Simpliste.
-Oui, malheureusement, il est temps. Je te conseil de ne pas trop t'attarder dans ce village, la troupe qui nous suivait risque aussi de s'y arrêter. Reste une nuit, puis continue ton voyage. Prend soin d'apporter beaucoup d'eau, ainsi que des vêtements pâles, car  dans le désert, la chaleur peu rendre un homme fou. Bien que risqué,essaie de voyager la nuit, il fait plus frais et les constellations te guideront. 
-Je ferais ce que tu dis. Merci encore, cher Sylve, j'espère que nous nous reverrons.
-Je l'espère aussi,petit ange!Prend soin de toi. Répondit-il d'une sourire paternel. 

Ils se firent un câlin, dans la mesure du possible, c'est-à-dire qu'Eleonor étreignit son doigt. Finalement, ils échangèrent un dernier regard, remplit d'espoir et d'affection mutuelle,  puis elle reprit les reines de Vel, Azur sur ses talons et parti vers les Falaises  de la dernière chance. En arrière de celles-ci, bien au-delà, s'étendait l'immense désert de Varakir. Des dunes et des dunes de sable chaud, presque bouillant.







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L'étrange voyageuse

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