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 Le Grand Inconnu

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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Le Grand Inconnu   Ven 27 Fév 2015 - 15:44

Sa main caressait délicatement la courbure de son cou, à l'emplacement du baiser si doux de Kanayëlle, songeant aux gestes et aux paroles de la guerrière si belle. Et deux heures s'étaient écoulées depuis cet instant hors de l'espace et du temps au campement abandonné à présent. Il était en fin de peloton, refermant la marche des trois aventuriers sur leur monture en route vers les indomptables monts enneigés de Térovia. Et son regard émeraude n'avait de cesse d'enlacer le dos de la jeune femme devant lui et, devant elle, le nain imprévisible, mais fidèle, ouvrait la route les guidant vers l'enfer hivernal et sifflant des Vents violents régnant en maîtres au sein de la chaîne montagneuse la plus dangereuse d'Ildirith.

Et Khalän et Norak s'étaient vêtis de leur peau d'ours, réchauffant leur dos meurtri par le froid venant des tourbillons incessants et des bourrasques tourmentées à travers la roche et la pierre des Monts Venteux. Kanayëlle, quant à elle, s'était refusée d'en porter, mais elle semblait impassible face à la fraicheur cisaillant la peau de quiconque se voulait de défier les haut sommets qui se dévoilèrent enfin devant eux.


Et le nain s'arrêta, et la jeune guerrière en fit de même, et le chasseur interrompit la marche à son tour. Et devant eux se dressait une barrière semblant infranchissable, un véritable mur de glace et de roches aux sommets courbés et crochus n'espérant qu'à déconcerter les voyageurs à rebrousser chemin. Mais le trio n'était de ceux là, bien plus acharné dans leur quête, bien plus déterminé que n'importe quels autres aventuriers, et certainement bien plus fous alliés. Et la folie était source de motivation, et la détermination nourrissait le courage et leur acharnement les rendait aveugle à toute peur. Khalän et la jeune guerrière se devaient d'assouvir une pénible quête contre l'injustice tandis que le nain ronchonnant avait lui aussi un objectif caché qu'il ne dévoilerait qu'en temps voulu, un but spirituel se confondant pourtant au matérialisme et baignant en la science des métaux.

- Comparable à la plus haute des déferlantes des eaux de ce monde, mais pétrifiée par la peur et le gel, elle n'en est que plus infranchissable. Et de sa colère, elle souffle à travers ses bronches aux parois tranchantes. Et de son cœur de pierre émane toute la froideur du nord. Et indomptable, elle s'émerveille aux claquements de dents de ses visiteurs et à leur lente et pénible agonie, s'étouffant en son corps de brume que l'on nomme "Le Voile". Et la mort elle-même préfère la contourner.


Ainsi Norak récita à haute voix une ode naine à la mère de tous les monts d'Ildirith. Et se retournant ainsi, fixa les deux compagnons derrière lui.

- Je connais de nombreuses légendes à son sujet, de nombreux mythes à son propos, de nombreuses atrocités légendaires qui se confondent à la réalité. Mais jamais je n'aurai cru un jour y faire face de ma vie. Je ne sais pas ce qui se trouve au-delà de ces montagnes et aucun nain bien éduqué ne s'y intéresserait de plus prés.

Ses mots étaient profonds et son regard enchainé d'une certaine peur.

- Que les divinités primordiales d'Ildirith nous viennent en aide et nous pardonnent de ne pas avoir contourner cet obstacle comme nous aurions dû le faire.

Khalän ne dit rien, plongeant son regard à travers les épais nuages obscurcissant les vallées rocheuses aux pieds des montagnes. Peut-être ne fallait-il rien dire tout simplement. Peut-être même fallait-il qu'il arrête de se torturer pour elle. Peut-être fallait-il qu'il arrête de faire l'idiot comme elle lui avait clairement dit au campement. Peut-être fallait-il qu'il arrête de trop penser pour enfin agir. Et la regardant, il n'osait aborder aucun sujet avec elle et un froid entre eux s'était installé car depuis ce tendre moment au campement, il était resté silencieux et même à la caresse de ses lèvres à son cou, il ne montra d'émotion. Et pourtant, il aurait tant voulu le lui montrer. Quel imbécile tout de même, pourquoi être si compliqué quand tout est pourtant si simple. Il fallait simplement simplifier les choses, et c'est ce qu'il ferait et se le promit.

- Dés l'occasion naissante, je lui dévoilerai mes sentiments. se jura le jeune homme intérieurement.

Et lorsqu'il reprit lucidité, il s'aperçut que Kanayëlle et Norak avaient reprit la route et étaient à quelques dizaines de mètres en avant. Et ainsi le trio s'aventurait à travers les vallées brumeuses qui séparaient la vie de la mort, la verdure de la montagne, l'herbe de la roche, le chaud du froid. Et quand ils arriveront au pied des Monts, ils devront s'engouffrer à travers une faille qui les mènerait en un lieu redouté de tous et peut-être même jamais foulé par les hommes. Un lieu vide de tout.


Vers le Grand Inconnu...



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MessageSujet: Re: Le Grand Inconnu   Dim 1 Mar 2015 - 14:01

Qui aurait cru que la situation soit si complexe ? Franchement ? Sûrement pas moi. Nous avions reprit le chemin bien après notre discussion. J'espérais sincèrement qu'il avait comprit ce que j'avais voulu lui dire, cependant comment faire pour lui faire parfaitement comprendre alors qu'on était constamment dérangé par le nain. Je ne pouvais pas lui en vouloir ceci dit, seulement je ne pouvais pas m'empêcher d'être légèrement énervé quand même. Le sang des Norpaliens, que voulez-vous. Cela dit, j'étais contente de ce sang car là où mes collègues devaient mettre leur peau d'ours, je me contentait de mon manteau chaud. Le froid cinglait notre visage, mais je connaissais assez cet endroit pour ne pas avoir à faire comme eux. La Norpalie regorgeait de nombreux endroits bien pire que celui-ci. Nous étions habitué au froid et par cela même à ne faire qu'un avec lui. Cependant, je devais avouer une chose, quelqu'un chose d'autre me faisait froid dans le dos.

J'étais totalement concentré sur notre route, pas seulement pour éviter les regards de tout le monde, mais surtout pour évité de faire des mauvaises rencontres. Ici, tout pouvait arrivé et quand je disais tout, c'était tout. Je détestais cet endroit pour cela. Je le détestais tout court en fait pour pas mal de souvenir assez rocambolesque, dont notamment l'ours qui avait faillit avoir ma peau. Je souriais à cela et sentit un frisson venir parcourir mon dos. Était-ce un mauvais présage ou alors Khalän qui ne cessait de me regarder. Car ça ne pouvait être que lui vu qu'il était celui qui fermait la marche. Je soupirais longuement, inaudiblement. Sérieusement cette situation était... compliqué. Tellement compliqué que je ne savais pas réellement ce qui allait se passer et si on allait pouvoir continuer de la sorte. J'étais contente d'être avec lui, j'étais contente de l'aimer sérieusement. Cependant nos quêtes respectives ne laissaient pas réellement la place à autre chose que la mort et la vengeance. Où pourrait alors se situer ce rêve ? Cette quête des visions n'avait-elle fait que me montrer ce que j'avais envie de voir ?

Tant de questions se bousculaient encore dans ma tête. Je ne savais quoi dire parce que tout semblait bien plus compliqué que je ne l'aurais pensé et à qui pouvais-je poser ces questions ? Qui aurait mes réponses ? Personne. Je n'avais plus personne, si ce n'était moi-même et bien entendu mon père de substitution. Un homme et donc pas réellement à même de répondre à des questions de fille non ? Un autre sourire apparut sur mes lèvres et finalement le nain prit la parole. Ses paroles bien que dure et réaliste me rappelait sans cesse les dangers de cette montagne. Tellement de mort qui avait tenté de la passer. Peut-être aurions-nous dû faire le tour, mais Jaston avait été clair, pour ne pas perdre de temps et surtout pour éviter de plus gros ennuis il fallait passer au travers de la montagne. Je le savais parfaitement et pourtant quelque chose dans sa tenue me disait qu'il ne valait pas bon faire ce genre de chose. Je ne pus que sourire à la dernière réplique du nain et me mettre à parler moi aussi.


« Nous aurions eu tout autant besoin de sa protection pour la contourner. Récemment, de brigand y on prit leur quartier et il ne compte pas partir de si tôt. Ils aiment braquer les pauvres hères qui passent par la pensant ne pas faire face à la montagne. Crois-moi, cette route vaut mieux que l'autre. Même si en un sens, elle est dangereuse. »

Très dangereuse. En vérité, je ne connaissais qu'une toute petite partie des dangers qu'elle pouvait recelé, je n'avais jamais été jusqu'au bout, la quête d'Orlaïs ne le demandant pas. Cependant, j'avais entendu de très nombreuses choses et pour être honnête aucune d'elle n'avait quelque chose de réjouissant. Je me souvenais encore de cette histoire sur ce loup mangeur d'homme qui pouvait augmenter sa taille pour avaler un homme sans se prendre la tête. Rien que de me rappeler cette image me fit frissonner. Cependant à aucun moment je ne pus regarder Khalän, comme gêné. Incroyable de tenir autant à lui et d'être gêné pour une si petite chose franchement. Je voulais qu'il me comprenne, cependant, j'avais l'impression qu'on allait avoir du mal à se comprendre. Peut-être que....

*Peut-être que je lui dirais ce que je ressens. Ce serait probablement plus simple ainsi.*

Oui qui savait ce qui allait encore nous arriver. Par contre je savais une chose que les autres ignorait. Au centre de cette montagne vivait un ermite. Un gars sympa, mais réellement bourrus. Alors qu'on reprenait la route, je m'adressais à tout le monde sans réellement les regarder.

« Si on arrive assez rapidement, je sais exactement ou passer la nuit. »

Il nous logerait, car malgré son caractère de cochon, il était réellement serviable et de plus, il avait plusieurs dettes envers moi. À lui de les honorer. Je soupirais doucement pour moi même. J'avais de nouveau détaché mes cheveux pour qu'il me protège les oreilles, le seul endroit vulnérable de ma pauvre carcasse, mais pour l'instant, je ne pensais pas au froid, j'avais bien d'autre choses en tête pour être honnête.


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Que celui qui tente de me l'enlever subisse mon courroux.

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MessageSujet: La tempête de givre   Lun 2 Mar 2015 - 14:00


Les vents se firent plus agressifs, frappant le visage des guerriers, et puissantes était les bourrasques à l'approche des hautes falaises rocheuses. Et les sommets enneigés, poétiques et sublimes, déversèrent dans le regard de Khalän un flot incessant de magnificences. Et lui qui était vraisemblablement le seul à ne pas connaître cet endroit se voyait submerger de splendeurs. Effrayante, imposante et sans la moindre imperfection à la suprématie qu'elle dégageait, la chaîne des Monts Venteux était tout aussi somptueuse que sournoise, et soufflant sur les aventuriers pour les faire reculer, ils n'en tinrent pas compte et continuèrent à la défier. Et plus fort et plus froid, et plus violent, la montagne devant eux était en colère. Et bientôt une tempête de givre s’abattit sur eux, dernière attaque du monstre de roc majestueux.


- Il va falloir s'attacher tous ensemble ! dit le nain robuste en essayant d'hurler plus fort que les bourrasques grondantes.

Et le bras devant ses yeux, Khalän essayait de protéger la seule partie vulnérable de son visage de bois, et essayant d'entendre le nain, il n'y comprit rien. Et les guerriers se voyaient à peine, et le givre et la grêle étaient contre eux, et la montagne ne voulait qu'ils atteignent son pied rocheux. Mais lorsque le petit homme descendit de son âne et s'approcha, semblait-il, de Kanayëlle, il lui donna une corde qu'il s'était lui-même attaché autour de la taille, et Kanayëlle en fit de même en descendant de Brok avant de s'approcher difficilement de Khalän qui comprit l'acte et libéra le dos de Brume. Et pour ne pas perdre de temps et la déranger en lui expliquant confirma qu'il comprenait.

- Autour de la taille, je sais ! Restons soudés ! hurla Khalän pour se faire entendre.

Et la belle norpalienne ressemblait à une déesse nordique de par ses cheveux de feu détachés qui virevoltaient dans les airs parmi les grêles épaisses et douloureuses telle une flamme inébranlable et infatigable défiant le froid et son effroi. Et dans le regard que lui lança sa jeune compagne, elle ne s'éteindrait pas de si tôt. A cela, Kanayëlle rebroussa chemin tandis que Khalän entoura sa taille de la corde solide de Norak. Et ainsi les trois aventuriers étaient à pied, tenant chacun la bride de leur monture, et marchaient attachés tous ensemble pour ne pas s'égarer dans cet enfer brumeux et glacial tourmenté par la montagne belliqueuse.


La marche fut éprouvante, tant pour les bipèdes que pour les quadrupèdes, et chacun devait assurer un bon équilibre entre chaque pas pour ne pas freiner les autres, et cela durant une vingtaine de minutes interminables et glaciales et sans possibilité de communiquer. Et enfin, ils atteignirent le pied de la montagne qui ne pouvait qu'abdiquer face à la détermination des guerriers, et Norak aperçut une brèche à travers la roche, une faille assez grande pour que tout le monde puisse y passer. Et sans attendre d'avis, le nain s'y engouffra et le cortège le suivit, et tous entrèrent enfin en l'intérieur des Monts Venteux. Et ils se faufilèrent à travers la roche, échappant au givre foudroyant et aux féroces grêlons. Et lorsqu'ils débouchèrent enfin à la sortie du passage étroit, artère délaissée de sa majesté la cité enneigée, ils eurent une surprise encourageante, et tous purent souffler de soulagement.

Et d'un coup, la tempête disparut, et le froid diminua, et les hurlements de la montagne cessèrent, et le calme plat où le silence semblait être d'or. Et le nain tomba à genoux et se mit à rire tout en essayant de respirer normalement, et Kanayëlle stoppa sa marche elle aussi, et Khalän posa ses mains à ses genoux, se pliant en deux pour contempler le sol rocheux et silencieux afin de reprendre son souffle.

Et bien que tout semblait fini rien ne l'était, car devant eux se dressait un chemin confiné entre des falaises tranchantes, et si sombre était le passage, et si calme qu'il en devenait perturbant et troublant. Certaines roches formaient de petits ponts naturelles au-dessous d'eux, et nombreux étaient les failles les entourant. Et tout était trop calme...

- Nous y voilà. dit le nain en dégainant son arbalète.

Et Khalän s'empara de son arc, et Kanayëlle prit les armes à son tour.
Et les trois fous alliés avaient survécu à la première attaque, et maintenant fallait-il encore dompter le ventre de la bête.


Et face à eux se dressait le néant, et la prochaine étape d'une longue traversée...




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MessageSujet: Re: Le Grand Inconnu   Jeu 5 Mar 2015 - 3:46

Le vent faisait de plus en plus rage alors que je tentais de calmer mon cœur qui tambourinait à ma poitrine. Sortir de ce guêpier n'allait pas s'avérer facile et je savais d'avance que la suite de notre voyage ne serait pas de tout repos. Je me demandais sérieusement si finalement nous n'aurions pas dû affronter l'autre côté. Pourtant, même si je me demandais ça, je savais parfaitement que ce chemin était le mieux. Les appréhensions que j'avais depuis le début se faisait plus forte au fur et à mesure que la route avançait, je sentais par moment mon ventre se nouer, cependant rien ni personne ne pouvait désormais nous arrêter, si ce n'était peut-être cette tempête. Je souriais à mes pensées, mais je savais aussi que si ça continuer de la sorte, nous allions avoir de sérieux problème. C'est alors que je vis Norak venir vers moi, visiblement je n'avais pas entendu ce qu'il avait à dire, ou alors seulement partiellement. Lorsqu'il me tendit la corde, je compris ce que je devais faire et l'attachais autour de ma taille pour la passer ensuite à Khalän. Je le regardais tranquillement, me demandant bien ce qu'il pensait en ce moment même. Nos rapports n'étaient pas... catastrophiques, juste que pour l'instant notre quête ne nous permettait pas grand chose mise à part rester vigilant. Et puis... je ne savais pas réellement comment me comporter avec lui. Je n'étais pas douée dans ce domaine, domaine que je n'avais jamais connu encore.

Je soupirais, soupir qui se perdit dans la marée de neige et de glace qui nous arrivait dessus. Mes cheveux s'emballaient et je sentais le bout de mes oreilles geler. Je partis sortir la grosse écharpe que ma mère m'avait tricoté il y a de cela des années et l'enroulait autour de mon cou. Ainsi protégée, je pouvais reprendre la route sans trop me prendre la tête. La suite de la route me sembla totalement hors de contrôle. Entre les vent, Roca qui gémissait et Brok qui semblait prendre un malin plaisir à venir m'ennuyer et me pousser, je ne su réellement dire si elle avait durée longtemps. Ce que je savais en revanche, s'était que cette route n'avait pas été de tout repos. Heureusement pour nous, après un temps indéterminé. La notion du temps dans ce genre de problème n'était pas franchement pratique à gérer. Je fus donc heureuse d'enfin trouver l'entrée d'une des cavernes dans la roche, de pouvoir passer dedans et d'arriver chez Ralek. Cependant, le chemin n'allait pas être de tout repos et avant de pouvoir dire quoi que ce soit, je vis tout le monde dégainer ses armes. Souriante à l'idée qu'effectivement les dangers pouvaient apparaître de partout, je regardais notre petite équipé, détachant ma corde.


« Bien, laissez-moi vous guider maintenant, je sais exactement où aller. »

En espérant que rien ne se passerait. La dernière fois, un ours des roches nous avait sauté dessus comme un sauvage. J'avais failli perdre un bras. J'en souriais maintenant, mais à l'époque ça ne m'avait pas franchement fait rire. Je regardais autour de moi et finalement repérais un chemin. Je pris la route Roca à côté de moi, Brok derrière suivit ensuite de Khälan et Brume et finalement du nain et de son mulet. Je restais sur mes gardes, avançant prudemment pour éviter tout problèmes, sauf que comme chaque fois que je cherchais à les éviter, je tombais directement dessus. Cela faisait plus d'une heure que nous marchions lorsque j'entendis un bruit étrange, venant de l'ouverture de la caverne sur notre gauche. Cet endroit était remplit de caverne toutes plus différente les unes des autres et si je me repérais bien, la prochaine nous emmènerais vers Ralek, cependant il allait falloir passer celle là. Je finis donc par m'arrêter pour chuchoter au reste du groupe.

« Quelque chose approche, il va falloir faire attention si on veut.... »

Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit qu'une bête surgit sur moi me plaquant au sol. Mon réflexe fut rapide, cependant elle m'avait déjà mordu à l'épaule pas loin du cou. Ma dague planté dans son cœur ne fit qu'attirer les autres qui arrivait inexorablement vers nous. Merde, merde, depuis quand ces bestioles étaient là sérieusement. Roca montra les dents et je me relevais tant bien que mal. La blessure était lancinante. Cependant je savais une chose, nous allions rapidement avoir des ennuis.

« Des panthère des roches. Elles ont un très bon odorat et une vitesse hors du commun. Faites gaffe, quand elles attaquent, elles visent d'abord la gorge. »

Les panthères des roches avait la taille des panthères normales, seulement sur leur dos on pouvait voir comme chez les dragons, une longue crête épineuse et dangereuse. De plus, leur poils étaient noirs sans tâche. Je passais en conversion et vint doucement parler avec Roca. Elle ne comprenait pas exactement ce que je lui disais, mais elle comprenait le sens global en quelque sorte. Je finis ensuite par me relever, Roca allant se placer non loin de Khälan et finalement je me mis à secouer la tête. Mes yeux furent doucement remplacer par ceux d'un faucon, sa vision était meilleure dans le noir. Je distinguais mieux les formes, mieux les mouvements, il fallait seulement se concentrer et ne aps se laisser déborder. Finalement après un temps qui semblait n'être que quelques minutes, un jappement retentit. La bataille venait de commencer.


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MessageSujet: Les serres du Voile   Mer 25 Mar 2015 - 9:33

Un cri effroyable venait de retentir en les entrailles des Monts indomptables, et du sang en abondance avait giclé sur le sol rocailleux et tranchant. Et des larmes de douleurs étreignirent les joues boursouflées du nain à l'agonie, et son corps gesticulait en essayant désespérément d'échapper à ce cauchemar. Et une jambe lui manquait, et elle trainait à quelques mètres plus loin alors que le jeune Khalän protégeait son ami démembré des attaques félines, mais plus encore, il visait de son arc et de sa flèche les sombres hauteurs violentaient de bourrasques lourdes et sourdes des battements d'ailes d'un énorme griffon appâté par les jappements des panthères qui, elles-mêmes, semblaient plutôt craindre les serres aiguisées du griffon que les projectiles d'airain du jeune chasseur.

Un garrot avait été rapidement fait au niveau du moignon, à quelques centimètres au-dessus du genou droit du nain. Et Khalän hurlait à Norak de ne pas faiblir, car le nain commençait à s'endormir, et s'il le faisait, il mourrait. Et tandis que le jeune homme, prés de Norak, gardait les yeux rivés vers les cieux obscurs, Kanayëlle se battait farouchement contre les panthères les entourant. Et Brume et Brock, et Roca, tous se battaient contre les quadrupèdes, et tous redoutés d'être emportés par la bête ailées des montagnes.





------ 15 minutes plus tôt ------


La faille passée, ils se délivrèrent de la corde à leur taille et Kanayëlle se proclama meneuse. Alors, sans remord, les deux hommes et leur monture la suivirent et, durant une heure, ils parcoururent les artères froides et sombres des Monts. Et ce temps s'écoula longuement mais, non sans le perdre, Khalän et Norak gardait confiance en la belle nordique. Et elle portait une écharpe autour de cou, et eux avaient gardé leur peau d'ours si utile à leur survie.

Un bruit sortit d'une grotte sur la gauche, tout le monde s'arrêta, et nulle le temps pour Kanayëlle de finir sa phrase qu'une bête à crête épineuse surgit des ténèbres et s'agrippa, de ses crocs, à l'épaule de la jeune norpalienne qui, d'un coup violent, éteignit la vie de l'animal. Et lorsque Khalän hurla le nom de celle qu'il aimait, d'autres panthères s'en vinrent et les encerclèrent. Alors, le jeune archer monta sur un rocher accolé à une falaise, et son arc fut en parallèle avec son corps, et sa corde fut tendue après qu'une flèche d'airain y fut encochée. Et Roca s'approcha de Khalän, et le jeune homme savait le dessein de sa compagne au regard de faucon, et lui même la protégerait.

Et ainsi le combat commença, et le jeune homme cessa les battements de cœurs de quelques félins se voulant d'avoir Kanayëlle dans leur gueule béante. Et les créatures qu'il n'avait pu stopper ne purent échapper aux lames de la belle jeune femme qui saignait pourtant. Norak, quant à lui, était quelque peu en retrait, s'occupant des panthères à son côté de ses imposants carreaux d'arbalètes. Et tout le monde se battait avec dextérité ; le jeune homme sautait de roche en roche, fendant l'air des ses flèches assassines tandis que les lames norpaliennes abreuvaient le sol rocailleux du sang des bêtes affamées. Et Norak, fier qu'il était, fut tout aussi choqué que ses amis à la venue imprévu d'un invité non apprécié. Et d'abord naquit un cri aigue à glacer le sang, et ensuite le son des battements lourds d'ailes robustes dans les airs et après les panthères se mirent à gémir en levant le regard vers ce ciel ombragé par la brume du Voile.

Et d'un coup, des énormes serres apparurent des cieux et emportèrent une panthère gémissante.

- GRIFFON ! hurla affolé Norak.



Et le combat du reprendre pour éviter la mort, mais ni Khalän, ni Norak n'y voyait correctement dans ce sombre et macabre couloir rocheux, et même la brume étouffait leur vision. Seule Kanyëlle semblait apte à les guider de ses yeux de faucon. Et les lames tranchèrent, et les flèches transpercèrent, et les carreaux fendirent l'éther, et le sang jonchant le sol attira l'abominable chimère des airs. Et sous le regard horrifié de Khalän, les serres surgirent au-dessus du nain magnanime et le manqua d'abord, le faisant trébucher par terre, puis elles s'emparèrent de lui en enserrant fortement la jambe droite de Norak qui lâcha son arme sous l'effet de surprise. Et il fallait être concentré, il fallait viser juste et vite, car si le griffon disparaissait dans la brume, Norak mourrait. Ainsi, sur son bout de rocher, à un mètre de hauteur, Khalän tendit la corde, brandit son arc vers le monstre ailé au regard écarlate et décocha la pointe d'airain. Et la flèche atteignit sa cible, et le ventre du griffon saigna et, de sa douleur, le volatile enserra plus fort la jambe du nain en ses serres, et si fort, et si brutal, il exerça une pression intense, et les os se broyèrent, et les nerfs se déchirèrent, et la peau ceda, et le nain retomba lourdement de trois mètres sur le sol, la jambe arrachée. Et celle-ci tomba à quelques mètres de là, non loin de Khalän choqué de ce spectacle. Mais reprenant le dessus sur lui, il sauta de son roc et courut précipitamment vers le nain hurleur, souffrant et pleurant de douleur.

Tuant ainsi au passage deux panthères, le jeune guerrier s'empressa d'ouvrir sa besace et d'y sortir un bout de tissu un peu sale, s'agenouilla à Norak et s'efforça de le stabiliser en posant un garrot à sa jambe meurtrie. Ensuite, il se releva et, sous les cris de souffrances de son ami, leva son arc en direction des cieux, le cœur battant à toute allure et la respiration saccadée.

Le griffon allait revenir pour s'emparer de sa proie blessée, Khalän le savait.


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MessageSujet: Re: Le Grand Inconnu   Mer 25 Mar 2015 - 17:14

La grotte n'avait rien de très accueillant, je le savais parfaitement. Ces panthères, je les connaissais pour les avoir déjà combattu, seulement j'avais avec moi un Mage du feu et il nous avait bien aidé. Moi... je n'avais rien d'élémentaire entre mes mains, je n'avais que mes dagues et quelques autres dons, pas franchement utile pour l'instant. J'étais coincé dans des combats tous plus fatiguant les uns que les autres. J'étais complètement perdue en quelque sorte. Le sang coulait en abondance alors que les panthères tombaient au sol. Nous étions tous les trois assez impressionnant dans ce combat, tant de mort, seulement la roue allait tourner, je le sentais parfaitement. Roca gronda, encore et encore jusqu'à ce que finalement je finisse par lever la tête. Ma vision de faucon m'aida alors à voir exactement ce qui nous tombait dessus et mes yeux s'ouvrirent en grand, ne sachant pas exactement ce que je devais faire. Enfin je savais une chose, il fallait que j'arrête sérieusement de rêvasser parce que je n'avais pas le temps. Je mis alors à terre la panthère qui me courrait dessus totalement affolé, les autres étaient partit se réfugier je ne savais pas où et s'était tant mieux. Cependant quand je vis le griffon piqué sur le petit groupe, je ne pus m'empêcher de sentir mon cœur se serrer.

Le spectacle qui suivit me laissa un instant pantoise. Comment faire pour que tout s'arrange, j'avais combattu de nombreuses fois, depuis ma plus tendre enfance. Je savais ce que ça faisait de perdre des gens, de voir ceux qu'on aimait mourir devant ses yeux, cependant je n'avais jamais combattu de créature aussi énorme. Sérieusement... comment allais-je faire pour mettre à mal celle-là ? Bon Khalän l'avait au moins blessé. Il fallait que je réfléchisse, mais très rapidement parce que la situation n'allait qu'en empirant. Je vis Khalän foncer droit sur Norak pour lui porter secours, cependant alors que je voulais y aller, que je voulais les rejoindre, je vis la bête descendre. Bien entendu, elle n'allait pas laisser son butin lui échapper, elle n'allait pas nous laisser tranquille. Qu'est-ce que je pouvais faire, réfléchir, réfléchir, je me dois de réfléchir, il fallait que je... je vis la créature fondre sur le petit groupe et je n'eus plus qu'une seule idée en tête le sauver.


« KHALÄAAAN »

Mon cri percuta la bête qui me jeta un regard, je ne pus rien faire d'autre que de laisser mon instinct faire ce qu'il avait à faire. Je courrais à perdre haleine vers la bête, je me camouflais un instant, disparaissant de la vision du griffon et au moment où il s'y attendait le moins, je sautais sur lui, m'accrochant à ses pattes. Il perdit de l'altitude au fur et à mesure, c'est alors qu'une des aiguilles quitta mon bracelet, elle était légère, très légère et je pouvais parfaitement la contrôler. Elle fila directement vers le cou du griffon, sous les plumes, dans la partie la plus fragile du cou de la bête et elle s'enfonça directement dans sa chaire. Je lâchais prise et roulais sur le sol. Roca vint doucement se poser près de moi et se mit à gronder envers la bête. Dans une situation différente j'aurais pu me mettre à sourire, mais pas cette fois-ci. Je me relevais et je vis la bête perdre encore de l'altitude, elle commença à convulser. Son cri perçant me vrilla la tête et finalement il s'écroula sur le sol où il convulsa encore quelques secondes avant de finalement ne plus bouger du tout. Je me relevais rapidement et me jetais sur Khalän, prenant son visage en main.

« Mon dieu, tu vas bien ? »

Je savais que ce n'était pas sympathique. Je savais parfaitement que j'aurais dû plus ou moins me pencher sur Norak plutôt que de regarder si Khalän allait bien, cependant j'avais eu peur pour lui. Une véritable trouille. Je me tournais ensuite vers Norak et regardais sa jambe. Merde... on ne pourrait plus lui récupérer sa jambe, qu'est-ce qu'on pouvait faire d'autre ? Qu'est-ce qu'on pouvait faire de plus. Je posais ma main sur celle de Khalän, totalement impuissant et vint doucement murmurer à son oreille.

« Qu'est-ce qu'on fait ? »


Je n'étais pas paniqué, mais je savais que je ne pouvais rien faire de particulier. Sa blessure était trop importante et même si sa jambe avait été garrotter, jamais il ne pourrait tenir la route. Qu'allions-nous faire maintenant ? J'étais totalement perdue.


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MessageSujet: Les derniers mots...   Sam 28 Mar 2015 - 1:02

Il était faible et triste, et son cœur était perturbé par les cris de son ami à la jambe meurtrie.
Et son regard harcelait le ciel obscur des Monts Venteux, et sans espoir, il se voulait de protéger son ami mais se savait incapable de combattre la bête et de se soucier en même temps du nain. Et alors fut un grand réconfort que de voir la belle guerrière à la chevelure de braise s'agripper majestueusement au griffon quand il réapparut brusquement. Et son corps se colla à lui, et comme une étincelle au milieu de l'obscur néant, elle le combattit avec élégance et grâce, et le monstre volant tomba sur le sol, le cœur éteint à tout jamais.

Et durant ce temps, l'écho de son nom résonna en lui depuis qu'elle l'avait prononçé, et les ondes vibratoires firent frétiller les cordes de son âme et les piliers de sa destinée. Et en un instant, elle lui enveloppa le visage après une roulade spectaculaire sur le sol rocailleux, inquiète qu'elle était, sans se soucier de quiconque autour d'elle. Et lui demandant s'il allait bien, il ne put répondre que maladroitement par un simple hochement de la tête.

Et les panthères fuirent à la vision de l'énorme carcasse du griffon s'effondrer au sol, et les deux humains s'en retournèrent vers leur pauvre ami le nain. Et la question de Kana fut étrangement blessante et effrayante pour le jeune homme.

Qu'allons-nous faire... ?
Qu'allons-nous faire de Norak ?


Khalän s'agenouilla à lui, pressant le moignon pour arrêter l'hémorragie qui n'avait cessé.
Et désespérément, il se mit à pleurer, car il savait que son ami était perdu. Et perlant le long de ses joues lacérées, le jeune homme se mit à gémir en prononçant quelques mots douloureux car sans fondement.

- Doucement Norak... tout va bien aller mon ami.

Et Khalän se coucha auprès du nain agonisant, crachant du sang, et l'enlaça dans ses bras.
Et les lèvres du jeune guerrier prirent une tournure dramatique, et son cœur aurait bien pu mourir de tristesse s'il était plus fragile.

- Tu peux partir mon frère. dit-il au creux de l'oreille de Norak d'une voix tremblante.

Et Norak ouvrit la bouche et prononça quelques mots. Et la fatigue le gagna et tout blanc était son visage, et le sang s'en allait, l'abandonnant pour nourrir la terre de ses ancêtres.

- Mer... merci... de m'avoir offert autant en si peu de temps... que d'aventures pour une seule vie... merci... finit-il en évacuant du sang de ses commissures.

Le regard émeraude de Khalän se mit à scintiller à travers l'obscurité, et sa tristesse entrava la brume.

- Un jo.. un jour.. un vieil homme m'a conté mon avenir...
Il.. il m'a dit... de prononcer ces mots à la dernière personne que je verrai...
Cette perso.. personne... aurait un bien étrange visage... c'est toi... c'est toi...


Les doigts de Khalän caressèrent la joue du nain mourant.
- Quels sont-ils ? demanda calmement le jeune homme sans y croire réellement.
- L'alchimiste... va voir l'alchimiste...
- L'alchimiste.. mais où ça ?
- En la... en la... forêt des cendres...

Et retenant ses mots sans y comprendre grand chose, les bras de Khalän enserrèrent le corps du nain. Et celui-ci était fébrile, froid et grelotant, et la mort s'en était prise à lui. Et le regard de Norak se perdit dans le vide, et la noire nuée balaya ses yeux pour l'endormir à tout jamais dans les bras de son seul véritable ami. Et Khalän pleura à cela, leva de peu son masque et porta ses lèvres à son front.

- Je suis désolé mon frère... prononça douloureusement le jeune chasseur.

Et le moment fut dur, et la solitude l'enivra, et rien ne pouvait le dissuader de continuer son chemin, si ce n'était qu'une jeune femme au cœur vaillant et pur que celui de Kanayëlle. Et elle les avait regardé, contemplant les derniers instants du nain. Et Khalän se releva, frotta ses larmes de ses bras et fit face à la guerrière norpalienne.

- Vois-tu... vois-tu ce qui arrive aux gens qu'on aime... ils meurent tous.

Et Khalän détourna le regard pour ne pas montrer ses larmes, mais vainement se savait observé. Et son cœur battait si fort, et son regard détourna le néant vers la lumière, enlaçant celui de Kanayëlle. Et le jeune homme s'approcha de la jeune femme, la prit dans ses bras et la serra tendrement. Et collant sa tête contre la sienne, il lui murmura quelques mots avec émotion.

- Jamais je ne te laisserai partir avant moi... prononça t-il avec sincérité comme une promesse.

Et peut-être était-ce le bon moment pour lui avouer qu'il l'aimait, et peut-être même d'arrêter son effroyable vengeance qui ne le menerait qu'à bien trop d'autres souffrances à venir, mais têtu et téméraire qu'il était ne dit rien d'autre. Et son visage se détacha du sien, et les paumes de ses mains réchauffèrent les joues déjà chaudes de la belle jeune femme. Et elle était blessée, et il porta ses doigts à sa blessure et caressa celle-ci en l'humidifiant d'un baiser pour étreindre la souffrance de bienveillance, comme elle l'avait fait au campement.

- Nous ne tiendrons pas une nuit ici... allons en cet endroit dont tu parles tant. dit Khalän au sujet de ce mystérieux lieu qu'elle semblait connaître.

Et tandis qu'elle élaborait un chemin de ses yeux de faucon, Khalän avait trainé le corps inerte de Norak dans une petit grotte isolée en la falaise. Et ses lèvres se posèrent une nouvelle fois sur son front pour le remercier.

- L'alchimiste.. je n'oublierai pas mon ami.

Et Khalän posa sur le ventre de Norak son imposante arbalète.

- Tu fus un bien piètre voleur, mais un véritable ami... un frère. dit-il avant de partir.

Et le jeune homme rejoignit la guerrière, et leur périple devait continuer, quoi qu'il arrive.


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MessageSujet: Re: Le Grand Inconnu   Dim 29 Mar 2015 - 8:10

Je restais prostrée comme une idiote, na sachant pas quoi faire. Dans un sens j'étais énervé contre moi de ne pas pouvoir le soigner. Ce don de guérison était parfaitement inutile dans ce genre de situation. Soigner seulement les petites plaies, mais bordel ça rimait à quoi ? Et quand un ami était dans le besoin je devais aussi seulement soigner les petites plaies ? Je détestais cela, je détestais le fait d'être impuissante. Si seulement je possédais un pouvoir qui m'était utile. J'avais beau être douée en combat, le reste m'était totalement étranger. Je n'étais encore qu'une gamine persuadé d'être une adulte. Je me détestais à l'instant même. La tristesse que je ressentais dans les paroles de Khalän était tel des lames perçant mon cœur et mon corps. Je m'en voulais de ne pas avoir été plus prévoyante, de ne pas avoir pu voir le griffon avant, de ne pas avoir pu le tuer avant qu'il ne touche le nain. J'étais parfaitement inutile et l'auto-apitoiement ne m'aidait pas à refaire surface. Je laissais mon esprit partir comme le jour où mes parents étaient mort. Je n'arrivais plus à bouger, je ne pouvais plus réfléchir et ma main vient toucher ma cicatrice subitement douloureuse.

Les souvenirs que j'avais si profondément enfouis ressurgirent comme une arme lancé à pleine vitesse et percutèrent mon esprit. Je me souvenais alors des corps de mes parents, couverts de sang. Du visage de mon frère totalement dingue qui tentait de me faire comprendre que ce qu'il avait fait était pour mon bien et c'est à cette instant que je compris la dérangeante vérité. Une vérité que j'avais tu bien trop longtemps : je ne pouvais sauver personne, je ne faisais qu'illusion. Je n'avais aucun pouvoir susceptible d'aide. Je ne vivais pas, je ne faisais que survivre et même ça, je n'arrivais pas toujours à le faire correctement. Je perdis un instant le nord, je ne savais plus où j'étais, plus qui j'étais. Je n'étais qu'une personne parmi des millions qui ne savait rien faire d'autre que ce pour quoi elle était né et c'était à dire rien. Personne ne m'avait expliqué quel était mon rôle, parce qu'il n'y avait eu personne. Mon esprit s'en allait aussi vite que possible et si cela continuais, j'allais bientôt sombrer et mon corps ne serait d'aucun secours.

Cependant j'avais oublié quelqu'un dans l'équation. Je ne compris pas sa première phrase même si j'avais l'impression d'en connaître le sens. Je n'arrivais toujours pas à bouger, ce n'est que lorsqu'il me prit dans ses bras que je sortis de ma torpeur. Je le serrais moi aussi, aussi fort que possible et lorsque sa phrase passa la barrière de mon esprit, un faible sourire se posa sur mes lèvres. Et je ressentis enfin la douleur de mes blessures. Mon épaule était en sang et je n'arrivais pas très bien à la bouger. Dans le feu de l'action, je n'y avais pas fait attention, la douleur atténué par l'adrénaline, cependant, je la sentais se frayer un chemin maintenant et je serrais doucement les dents. Lorsqu'il me dit de nous emmener là où je voulais nous emmené tout à l'heure, mon esprit se remit en marche et alors les larmes coulèrent. Je récupérais un morceau de tissus de ma tunique et l'utilisa pour m'en faire un bandage. Je ne pouvais pas bouger mon bras, plus maintenant, mais je pouvais tout de même utiliser la télékinésie sans souci. Je m'éloignais de lui alors qu'il s'occupait de Norak, et finalement dans un murmure je répondis en quelque sorte à la phrase qu'il avait dite en premier.


« Tu te trompe, ce n'est pas toi qui attire la mort. C'est moi. Dés que je me sens proche de quelqu'un, il meurt. Maudite, je suis maudite. »

Je ramassais le reste des affaires et attendait que Khalän soit prêt. Roca à côté de moi feula doucement. Je me baissais pour la regarder, le bras raide.

« Ne t'en fais pas ma grande. La douleur paralyse un peu mon bras mais je peux le bouger, c'est juste que je préfère ne pas le faire. Et puis, j'ai été plus blessé que ça. Tu n'as pas à t'en faire. »

Je caressais doucement sa tête lorsque je vis Khalän revenir vers nous. Ne sachant pas quoi dire et m'en voulant terriblement, je me relevais et reprit la route sans dire un mot. Je serrais les dents en ressentant la douleur cuisante de mon bras, mais nous n'étions pas loin de l'endroit où je voulais nous emmener. Cela ne nous prit qu'une demi-heure, sans que rien ne nous ennuis. D'un autre côté, le fait d'abattre un griffon aidait à ne pas être déranger. Son odeur était sur nous et comme nous marchions encore, il n'était pas difficile de faire comprendre aux animaux que lui était mort et pas nous. Roca grondait chaque fois qu'une petite chose s'approchait de nous et bientôt, dans la montagne, entre deux bloc de roche, j'aperçus la porte en bois dur. Etrange de trouver du bois ici, ça m'avait toujours fait sourire, mais pas cette fois-là. Sans rien dire de plus, je toquais et ouvrais la porte. Un homme d'une stature assez impressionnante se tenait à une table et bois. Pas loin des deux mètres, bien charpenté pour un humain, des cheveux longs et noir courrait sur sa tête, des yeux d'un noir étincelant nous regardait. Lorsqu'il me vit, il se leva et aussitôt Roca se posa devant moi et gronda.

« Tout va bien ma grande. »


Il s'avança vers moi et regarda distraitement mon épaule, posant son regard sur Khalän.

« Shetan s'il te plaît, plus tard pour les explications, nous ne sommes pas très en forme. »

Je le regardais doucement. Il me connaissait, bien même, peut-être trop bien d'ailleurs. Le seul Norpalien que je connaissais assez pour lui confier ma vie.

« Si c'est lui qui t'as fait pleuré. »
« Cesse de dire des idioties. On a rencontre des panthères des roches et un griffon. »
« Et vous êtes toujours en vie ? »
« Pas tous malheureusement. Je.... »


Je sentis ma tête tourné et avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, ce fut le noir complet. Ma blessure saignait abondamment et je n'avais pas pu arriver à juguler l'hémorragie. Il me prit et m'allongea sur le lit dans ce qu'il nommait sa chambre d'ami. Un grand lit à deux places et s'occupa de ma blessure. Quand à moi, mon esprit était déjà partit loin... très loin.


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MessageSujet: Calme et triste...   Mer 29 Avr 2015 - 15:20

Il fallait reprendre la route, laisser un corps à l'abandon et ne plus jamais s'en retourner.
Mais quel être pourrait en faire autant sans étreindre la moindre larme ? Khalän se le demanda en se retournant une dernière fois vers la grotte funéraire. Et son âne resta là, et nul besoin d'essayer de le dissuader de quitter le corps sans vie de son maître, et ainsi il se coucha auprès de lui, et forcément finirait par mourir de faim ou d'inanition ou, pire, dévorer par les bêtes féroces des Monts brumeux. Mais qu'importe, sa fidèle monture se voulait de le rejoindre et rien au monde n'aurait pu entraver ce choix.

Et Kanayëlle et Khalän, et Brume et Brock, ainsi que Roca, tous reprirent le chemin à travers la noire vallée aux rochers hurlants, tanières de créatures viles et affamées. Et empestant de l'odeur du griffon, ils les éloignaient pourtant du cortège appétissant, et la jeune femme le savait et ne s'arrêta guère comme elle avait l'habitude de le faire lorsqu'un bruit étranger s'en venait. Et le guerrier défiguré en fit de même, et bientôt trente minutes passèrent sans la moindre altercation, et ils arrivèrent enfin.

Une imposante porte en bois dur tenait entre deux roches abruptes et, sans attendre, la cavalière à la chevelure de braise toqua une fois et y entra comme s'il s'agissait de sa propre demeure. A l'intérieur, une table en bois prônait au milieu d'une pièce sobre où l'odeur du vieux bois aromatisait l'habitacle tandis qu'un homme de corpulence impressionnante se leva de son siège, s'approcha de la jeune femme et regarda par dessus elle, guettant le jeune guerrier troublé. Des mots furent échangés sans que Khalän ne puisse les discerner. Et sans crier gare, Kanayëlle s'évanouit et fut rattrapé par l'homme en question qui devait être norpalien à ce physique robuste. Le jeune chasseur s'approcha d'eux pour l'aider mais celui-ci le dévisagea en emportant la jeune femme avec lui, Roca les suivant également. Alors, il regarda une dernière fois dehors, faisant signe aux chevaux de rester tranquille, déposa les armes à l'entrée et ferma la porte. Puis, il alla s'asseoir sur l'un des sièges en bois et posa ses coudes sur la table, se tenant le visage entre ses mains et soupirant de douleur.

Tout était si bizarre... à la fois si calme... et si triste.
Et la perte de son ami l'affligeait de bien des maux et, y ayant était distrait, il ne remarqua la gravité de la blessure de sa compagne, et le regard qu'avait lancé le norpalien n'avait d'avantage rien de bien apaisant tandis qu'il ressassait sans arrêt le souvenir des derniers moments de Norak qui n'arrêtait pas de le tourmenter. Et il resta ainsi quelques temps, et commença à somnoler avant que ne le réveille le propriétaire qui vint s'asseoir à ses côtés.

- Comment va t'elle ? demanda fatigué le jeune homme.
- Elle va bien, une simple égratignure de panthère ! répliqua t-il ironiquement.
- Qui êtes-vous ?  continua Khalän.
- Un ami, ne t'inquiète pas.
- Norpalien, n'est-ce pas ?
- C'est exact. Mon nom est Shetan. dit l'homme au sombre regard d'un air plus compatissant.
- Le mien est Khalän.  suivit un peu plus rassuré le visage de bois.

Et l'homme du nord se leva et alla ouvrir une petite armoire en bois prés d'eux.
Il en sortit une bouteille d'un liquide couleur rouille et deux verres qu'il posa devant eux avant de les remplir.

- Tiens, bois !
- Qu'est-ce que c'est ?
- Bois ! insista l'homme imposant en buvant d'un trait son verre.

Et Khalän en fit de même, après avoir soulevé quelque peu son écorce faciale, et son visage si fatigué forma quelques grimaçantes mines de dégouts. L'alcool était fort et plutôt mauvais, mais il réveilla le jeune guerrier d'un coup.

- C'est affreux... !
- C'est vrai... mais maintenant te voilà bien mieux. en sourit Shetan.
- Quelle idée de vouloir vivre ici, au milieu des sombres montagnes !
- Quelle idée de vouloir les traverser sans aucune expérience ! répondit au tac au tac le norpalien reprenant un air sérieux.

Khalän se tut, ne voulant pas aggraver la situation, mais Shetan reprit plus calmement.

- Vous étiez trois, n'est-ce pas ?
- Oui. Je viens de perdre un ami.  
- Et c'était son choix de venir avec vous, alors ne te lamente pas, garde l'esprit vif.

Et relevant le visage pour croiser le regard noir de l'homme, Khalän hocha la tête en signe d'approbation. Et ses yeux se mirent à se fermer, et la fatigue corrompit finalement sa conscience.

- Quand le repos vous aura revigoré, toi et Kanayëlle, nous discuterons tous ensemble.
- Bien.

Et le voile noir interrompit son entrevue, et les souvenirs de Norak et du griffon se rependirent en son esprit en vue de quelques angoissants cauchemars.


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MessageSujet: Re: Le Grand Inconnu   Jeu 30 Avr 2015 - 4:05

Les rêves n'étaient plus des rêves depuis longtemps. Ils se muaient constamment en cauchemar et aux visages ensanglantés de mes parents qui me demandaient des explications s'ajouta alors celui de Norak et de son âne. Je savais pourtant, je savais que ce chemin pouvait s'avérer fatal. Alors pourquoi n'avais-je rien fait pour arranger les choses ? C'est ce que Norak me disait, c'est ce que mes parents me disaient. Je ne faisais rien pour les venger, je n'avais rien fait pour le protéger. Je n'étais bonne à rien si ce n'était mettre les gens en danger. Mon esprit agité n'aidait pas franchement au repos et alors que je bougeais, tentant de me défaire d'une étreinte fantôme de mes parents, ma blessures elle me réveilla instantanément dans un petit cri de douleur. Je me soulevais avec peine, ma tête me faisait mal, mon corps me faisait mal, mais le pire venait de mon cœur. J'avais une nouvelle fois causé la mort de quelqu'un. Pourquoi étais-je donc si maudite ? Qu'est-ce que j'avais fais pour mériter ça ? Je ne voulais que faire plaisir à tout le monde, je voulais régler mes problèmes, faire en sorte que personne ne soit blessé. Cependant, quoi qu'il arrivait, ça ne marchait pas. Une punition, j'avais l'impression qu'il s'agissait d'une punition parce que je n'avais pas compris mon frère, parce que je ne l'avais pas aider. Sans m'en rendre compte les larmes commencèrent à couler sur mes joues alors qu'il entra avec une tasse fumante de thé.

« Tu devrais arrêter de te torturer. »
« Mais il est mort par ma faute. Je connaissais les risques, je n'aurais pas dû prendre ce chemin, mais on était épuisé, la tempête nous avait retiré les trois quarts de nos forces. Je..... j'ai pensé que ce serait plus rapide et regarde le résultat. »


Il resta sans rien dire et je repris doucement, les larmes ne s'arrêtant pas de couler.

« Je suis réellement maudite. Papa, maman et finalement Norak. Sans compter tous ceux qui sont passé autour de moi et qui semble tous s'évanouir dans la nature sans que je ne sache réellement ce qui leur est arrivé. Si c'est ma punition pour ne pas avoir su protéger mon frère, je suis navré. J'aurais probablement dû le voir mais je.... »

Il venait de me prendre dans ses bras. M'entourant de sa douce chaleur.

« Arrête ça Kana, ce n'est pas ça. C'est probablement plus compliqué que tu ne le pense. »
« Comment ça plus compliqué ? Tu semble savoir des trucs que j'ignore. »
« Je sais des tas de trucs que tu ignore ma chérie, mais tu dois retrouver ton frère avant. Lui seul pourra t'expliquer son geste désespéré. »
« Tu as raison, même si aucune de ses explications ne pourra s'avérer convaincante à mon goût. »
« Peut-être, ou peut-être pas. Qui sait ce qui peut ressortir d'une conversation. »
« Dit donc le prophète de pacotille, on se calme. »


Et il partit à rire, d'un rire léger et doux. Je ne comprenais pas pourquoi il avait décidé de rester ici. Je ne comprenais pas pourquoi il vivait ainsi en hermite. Il était bel homme, les femmes s'étaient toujours tournés sur son passage, alors pourquoi ? Qu'est-ce qu'il expiait comme faute dans ces montagnes. Je secouais la tête, ces questions auront une réponse plus tard.

« Comment va Khalän ? »
« Mieux que toi physiquement, mais moralement, ce n'est pas trop ça. »
« Oui, j'imagine que ça n'a rien de simple n'est-ce pas ? »
« Rien n'est jamais simple, sinon ce serait trop facile. »
« Réponses facile d'un hermite. »
« Crois-moi, parfois la vérité est plus dure à porter qu'autre chose. »


Je finis par me lever et grimacer alors que je sentais ma blessure tirer sur mes chaires ouvertes. Je serrais les dents. Je n'avais pas ressentis trop de douleur en arrivant parce que j'étais encore sous le coup des chocs successif. Cependant maintenant que la blessure était froide, je sentais mon corps entier protester contre ça. Il ne voulait pas se lever, il ne voulait pas bouger. Sauf que ma volonté elle était bien plus forte que ce corps stupide qui ne daignait pas vouloir faire ce que je veux. Après quelques instant, je fus debout, légèrement tremblante.

« Tu ne devrais pas être debout. »
« Je ne compte pas laisser Khalän, tout seul de l'autre côté. »
« Il dort. »
« Et alors ? Je refuse de le perdre. Lui plus que quiconque d'autre. »
« Oh, enfin.... »
« Oui, enfin.... c'est assez étrange. Se retrouver ensemble pour suivre des pistes toutes plus différentes les unes que les autres. Se retrouver ensemble parce que c'est plus facile, pour ne pas voyager seule, pour faire en sorte que sa vengeance soit accomplis. On voyage tous les deux pour ça. Et pourtant, malgré ça, malgré tout, malgré le fait que je veuille me venger. Je suis tomber amoureuse de lui. »


Je finis par me poser dans l'entrée de la grande salle, le regardant alors dormir. Shetan l'avait allongé dans ce qui lui servait de canapé pour que ce soit plus agréable. Mon regard s'adoucit instantanément, chassant la douleur, chassant les cauchemars, chassant les doutes. Shetan me regarda alors et esquissa un sourire. Pour lui, s'était une première, des expressions qu'il n'avait jamais vu sur mon visage.

« Je ne devrais pas l'aimer. Je n'en suis pas digne. Je devrais juste mener ma vengeance, découvrir pourquoi mon frère à fait ça et le venger. Sauf que... si je veux toujours des réponses, je refuse de les avoir sans lui. Je me sens perdu sans lui. C'est stupide de ressentir ça, mais j'ai tellement peur de le perdre. Je suis réellement désolé de la mort de Norak. Plus encore en sachant que j'aurais dû prendre un autre chemin. Mais si je l'avais perdu lui, je crois que c'est la raison que j'aurais perdu. »

D'autres larmes se mirent à couler lentement le long de mes joues et finalement je le sentis me soulever pour m'installer dans ce qui devait être un fauteuil. S'était plutôt moelleux.

« Tu es réellement très forte. Moi aussi je devrais affronter mes problèmes et une fois que vous serez partit, je le ferais. Pour te montrer que même les adultes sont un peu idiot. Mais tu sais Kana, tu n'as pas à t'en vouloir. Peu importait le chemin, ces derniers temps, cette vallée est devenu bien plus dangereuses qu'il n'y paraît. Jamais je n'aurais cru entendre un griffon. »
« Eh bien en passant tu pourras prendre quelques trophées. Il t'attends. Les panthères ne s'approcheront pas de lui à des kilomètres. »
« Tu devrais te reposer encore. »
« Je me repose là. Je préfère attendre qu'il soit réveillé. Ensuite on verra la suite des événements non? »
« Tu as raisons. Je vais chercher de quoi vous sustenter. Ensuite on parlera. »


Je hochais la tête pour lui signifier que j'étais d'accord. Cela faisait un certains temps que nous nous n'étions pas vu. Mais il restait le même. Oncle Shetan. Un homme merveilleux et sans doute très attentif au besoin des autres, ce qui me poussait à me demander pourquoi, pourquoi il s'était replié ainsi dans cette montagne investé de bestioles toutes plus dangereuses les unes que les autres. Peut-être... peut-être qu'un jour il me dirait la vérité. Pour l'instant, je regardais Khalän, endormit, passant alors doucement ma main dans ses cheveux. Trop de chose s'était passé, ou alors pas assez. Je n'en savais rien, mais je savais une chose. Même si j'étais attristé de la mort du nain, j'étais contente en un sens que ça ne soit pas lui. Étais-je horrible pour penser cela ? Probablement, mais en ce moment, je m'en fichais pas mal.


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MessageSujet: Le cataclysme   Ven 1 Mai 2015 - 18:11

~-----------------------~


Une pierre gigantesque et difforme, ayant traversé tout le céleste depuis des millénaires, rejoignit le point bleu pâle à la couronne bleutée en un petit quartier étoilé de la Voie Lactée. Et brûlant en la traversant, incendia le firmament étincelant, toute belle qu'elle était. Ainsi, elle continua son ascension, chutant inexorablement, et finit sa grande odyssée au monde précédant celui d'Ildirith, causant un cataclysme qui bouleversa l'ancien continent de Térovia, il y a de ça des milliers d'années. Et en son épicentre, les montagnes verdoyantes et la nature luxuriante furent anéantis par le choc titanesque. Et roches en fusion, et hurlement du vent et des rivières, et déluge de flammes, et cadavres d'animaux devenus ainsi fossiles. Et la terre se noircit devenant basaltique, et les pluies de cendres devinrent un brouillard épais et permanent empêchant les lueurs du soleil d'atteindre le sol rocailleux et froid. Ainsi naquirent les actuels Monts Venteux.


Et ce spectacle, hors de l'espace et du temps, se déroula en un clin d'œil sous le regard médusé d'une âme en train de rêver. Et celle-ci comprit qu'il ne pouvait en être qu'un rêve destiné à elle, et à son corps de chair et de sang absent qu'était celui de Khalän. Un cauchemar conscient projeté par une entité faite de lumière-énergie et d'éther, provenant d'une autre dimension d'existence, et que divinisait certainement le jeune guerrier. Mais là n'était la fin de cette vision apocalyptique, car au centre dans ce chaos de lave et d'explosions, une lueur vivifiante scintillait d'un vert étincelant en l'intérieur d'une montagne écrasée. Une émeraude translucide, héritage céleste de la bâtisseuse des Monts Venteux.

Et de génération en génération, l'homme la cajola en une grotte, et celle-ci, au fil du temps, devint un refuge, puis un village, et finalement après bien des changements d'apparences prit celle d'un monastère entourant un temple fabuleux aux dorures magnifiques. Et l'endroit, au sommet d'une montagne enneigée, échappait au Voile de par sa hauteur et se voyait étreindre par la lumière solaire. Et celle-ci illuminait, à travers quelques fenêtres aux motifs harmonieux, l'émeraude céleste posé sur un sac cousu de soie rouge et rembourrée de plume d'oiseaux rares.

Et si intense était les rayons du soleil qu'il fit tout disparaitre dans sa lumière, et l'âme de Khalän baigna en celle-ci, comme un corps en suspension dans une eau pure et cristalline, ni trop chaude ni trop froide. Alors, elle sentit qu'on la caressait et si délicatement que la main divine dégagea un amour infini envers elle, et certainement était-ce Solarim.



~-----------------------~


Et se réveillant ainsi, la main divine devint véritable, et les doigts si doux entre ses cheveux ne pouvaient être ceux d'une divinité en la réalité physique. Autant ses rêves, son état éthéré et son existence onirique appartenaient à Solarim, autant sa vie d'homme, physique et émotionnelle appartenaient à Kanayëlle. Et l'unique chose qui n'avait changé de sa transition était cet amour infini qu'il recevait, il pouvait la percevoir autour d'eux, c'était une bulle transparente aux reflets cristallins les étreignant ensemble, lui et Kanayëlle, et les poussant irrémédiablement à ne pas se séparer. Et tout devint si clair, limpide comme l'air. Rares étaient ses âmes jumelles à se retrouver l'une de l'autre, à comprendre la vraie raison de l'existence, mais eux avaient réussi. Ils y étaient parvenu sans qu'aucun d'eux ne s'y force et, tout naturellement, comme deux énergies s'alimentant l'une de l'autre, ils s'étaient retrouvés, bien que Khalän l'ignorait encore jusqu'à cet instant.

A présent, il savait qu'elle l'aimait vraiment, elle qui n'avait de cesse de prendre soin de lui, et lui qui l'aimé à son tour d'un amour partagé. Et revenu de ce songe, il pouvait y percevoir l'amour que Kanayëlle lui donnait en partage de la plus belle de façon qui soit, altruiste et désintéressée. Et il aurait certainement retiré son masque, et il l'aurait sûrement embrassé si Shetan derrière eux n'était pas revenu avec des provisions et ne les épiait du regard. Et cet air perdu face à elle, ce regard coincé qu'il avait adopté depuis le baiser qu'elle lui avait offert dans le cou, cette sensation de vide et cette distance entre eux, tout ça venait de s'évaporer. Et son regard émeraude s'entremêla au sien comme s'il n'avait jamais rien vu d'aussi beau, comme-ci tous les maux du monde n'avait plus d'importance face à cet amour auparavant mal compris. Et le jeune guerrier sourit à la belle jeune femme, et il lui avait prit sa main et ne la lâcha qu'après s'être mit en position assise.

- L'émeraude. murmura Khalän en détachant son regard de sa douce aimée pour celui de Shetan.
- L'émerau.. commença Shetan.
- La pierre céleste. interrompit le jeune guerrier au visage de bois.
- Comment sais-tu cela ? demanda t'il, l'air étonné.
- Le monastère, où est-il ? renchérit le jeune chasseur.
- Je... c'est impossible, personne ne connait cet endroit... rétorqua atterré le norpalien imposant. C'était un secret bien gardé, j'avais promis que personne n'en aurait su quoi que ce soit. Tu ne.. tu ne peux pas savoir cela. Qui es-tu ?
- Je l'ai rêvé à l'instant.

A cela, Shetan s'en retourna, s'assit à la petite table de bois et se servit un verre de cet élixir peu gouteux avant d'en boire une gorgée. Il était sûr qu'il savait de quoi parlait Khalän, mais serait-il prêt à parler ? Le regard du jeune guerrier refléta à nouveau le doux visage de Kanayëlle et lui révéla ce qu'il avait vu dans son rêve.

- Quelque part, en ces monts, il y a une montagne surgissant du Voile.
En son sommet éclairé, il y a un monastère où se trouve un temple magnifique.
En ce lieu, une pierre d'émeraude fabuleuse y est cajolée par le soleil et la lune.


Il s'interrompit quelques instant, ne sachant si elle allait le prendre pour un fou, et continua finalement.

- Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais la profondeur de cette chose émane bien plus que tous les trésors du monde.
Je le sens, Kanayëlle.


Et maladroit qu'il était se tut finalement et vit Shetan fixer un vieux tableau accroché au mur en bois de sa bâtisse. Khalän y jeta un rapide coup d'œil d'où il était. Il s'agissait d'un jeune homme beau et fort, certainement lui, en compagnie d'un moine habillé d'une toge blanche. Tous deux avaient le sourire et étaient assis sur un banc d'un blanc immaculé aux arabesques dorées sur les bords et derrière lequel un petit jardin d'arbustes et de fleurs se voyaient illuminés par les rayons solaire. Quand Shetan eut fini de contempler la toile, il prit le dessus sur le silence d'une voix calme et posée, comme à se résigner d'une chose importante qu'il s'était promit de garder pour lui.

- La Pierre de la Création.

Les mots du norpalien résonnèrent en les esprits des deux voyageurs et la jeune femme semblait tout autant intriguée que Khalän à cette révélation inattendue.


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MessageSujet: Re: Le Grand Inconnu   Sam 2 Mai 2015 - 15:09

Je sentais le regard de Shetan sur moi, je savais bien ce qu'il pensait. Que cet amour ne pourrait pas nous mener bien loin, car au vue de ce qu'il savait de moi, j'irais jusqu'au bout pour connaître la vérité. Cependant je me fichais de ce que les autres pensaient. Je voulais juste prendre soin de lui, le mieux que je pourrais, quitte à y laisser ma propre vie. Je le regardais donc tranquillement, passant doucement ma main dans ses cheveux, montrant alors toute l'étendue des sentiments que je pouvais éprouver pour lui, sans ne rien dire. Tout pouvait se voir sur mon visage. Et puis, il se réveilla, je sentis alors son regard accrocher le mien, comme d'habitude en somme. Chaque fois qu'un de nous deux se réveillaient, j'avais l'impression qu'il cherchait l'autre. S'était une sensation étrange et en même temps plutôt réconfortante, je devais bien l'avouer. Je le sentis alors prendre ma main et le vis se relever alors. Une fois en position assise, il lâcha ma main, chose que je regrettais, mais j'avais la très nette impression qu'il s'était passé quelque chose durant son sommeil. Des rêves bien mieux que mes cauchemars. Et puis, il prit la parole et je regardais l'échange tranquillement, silencieuse comme à mon habitude.

Je ne connaissais rien de cette émeraude et pour être honnête, je n'étais pas certaine de vouloir en savoir plus. Mais d'après les réactions de Shetan, je savais parfaitement que cette émeraude était tout autre. Je les laissais cependant débattre en silence, réfléchissant à ce que je connaissais de cette montagne. S'était bien peu, je devais bien l'avouer, en vérité, je ne faisais que connaître les divers chemins que j'avais déjà emprunté, jamais il n'avait été fait mention d'un temple enfin.... je regardais alors le regard de Shetan accroché la toile qui se situait non loin de lui. Mais oui, ce tableau, les raisons de son départ avait toujours été nébuleuses. La famille n'avait jamais voulu en parler et malgré le fait qu'il n'était pas réellement de la famille, je m'étais toujours inquiété pour lui, me demandant bien ses raisons. Je sortis de mes pensées alors que je sentis le regard de Khalän. Comme à son habitude, mon regard fut attiré par le sien et j'écoutais patiemment ses mots, qui entraient tranquillement dans ma tête et semblaient s'y ancrer avec une facilité déconcertante. Sa façon de le dire était étrange, mais en un sens, ça paraissait tellement réel et puis Shetan vins confirmer ses dires.


« Ne me dit pas que.... »

Je le dévisageais tranquillement et il reprit la parole doucement.

« Il me semble que je te dois une explication ma chérie. »
« Je le pense aussi. »


Je le regardais tranquillement mais avec fermeté. Je voulais des réponses et il me les devait. Il n'avait pas le droit de se dérobé une fois de plus.

« Je pensais que tu retrouverais ton frère avant, mais je te dois quand même cette explication. Si je suis arrivé ici, c'est en partit par choix et en partit en rédemption. Vois-tu, je suis prêtre de mon état, un prêtre acoucheur en fait. Mais pas seulement. Enfin bref. Le jour où j'ai reçu un message du genre de celui que ton ami a reçu, c'était le jour de ta naissance. C'était moi qui était en charge de te faire naître toi. Seulement j'ai perdu ta mère et je dois avouer que je me suis perdu ce jour-là »
« Non, attends, maman n'est pas morte, je.... »
« Je suis désolé, je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça. Mais tes parents t'ont adopté sur ma demande. »
« Pourquoi ? Je devais bien encore avoir mon père non ? »
« Tu ne te souviens de pas grand chose n'est-ce pas, mais je suis partit quand tu avais quoi cinq ans. Je savais parfaitement que ma place n'était plus à GriffeRoche. Alors dés sa naissance j'ai laissé ma fille entre les mains de mes plus proches amis. Pour qu'il s'occupe bien d'elle. Je l'ai vu grandir jusqu'à ses cinq ans et la première fois que je t'ai vu arriver ici. J'ai cru défaillir. Tu ressemble tant à ta mère. »


Je ne savais plus quoi dire. J'étais soufflé.

« Je suis désolé, mais je savais que tôt ou tard j'allais devoir venir ici. Nous étions tous appelé de la sorte. Un rêve et une invitation à rejoindre le plus proche endroit de Solarim. C'est là que j'ai rencontré le prêtre me précédent. Il m'a tout expliqué, dont l’existence de cette pierre. La protéger c'est mon devoir. Personne ne doit la trouver. »

Mais je n'écoutais déjà plus. Je finis par me lever et sortir de là. Je partis carrément de l'autre côté pour prendre l'air. J'avais besoin d'air. Mes parents n'étaient pas mes vrais parents. Mon frère n'était pas mon frère et mon père était toujours en vie. Toute cette souffrance, tout ça aurait pu être éviter. Tout ça.... les larmes coulèrent doucement sur mes joues, sans que je ne puisse faire quoi que ce soit, alors que dans la demeure, Shetan restait en proie à une détresse dont il n'était pas coutumier. Il se tourna vers Khalän.

« Je ne pouvais pas la laisser après l'avoir élevé durant cinq ans. Je n'aurais pas supporté, j'ai préféré la confier. Ce n'était probablement pas une bonne idée vu ce que j'ai appris quand je l'ai vu arriver ici sans ses parents adoptifs. J'ai vu sa blessure aussi, cette cicatrice qui court tout le long de son ventre. Je n'aurais peut-être pas dû, cependant, personne ne doit toucher cette pierre. Si vous décidez quand même d'y aller, quelque chose de grave arrivera. C'est ce que disait la prophétie. Cependant.... tu as vu ce qu'il s'était passé, peut-être qu'on veut que tu ailles voir, avec elle, peut-être que ça pourrait réparer ton visage. »

Et puis il se tût, ne disant rien de plus. Que pouvait-il dire d'autre de toute façon ? Il venait de révéler deux secrets en moins de quelques minutes et n'était pas certains que sa fille lui pardonne ce qu'il avait fait pour la protéger alors que cette protection s'était avéré être un véritable fiasco. Un soupir lui échappa et il resta prostré là, ne sachant que faire.


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MessageSujet: De la lumière en l'obscurité   Sam 2 Mai 2015 - 18:10

Shetan avait tout révélé.

Et ses mots étaient accompagnés de bien des peines que ne pouvait que contempler, avec empathie et tristesse, Khalän. Et le cœur du jeune chasseur était déchiré entre les dires d'un homme laissant échapper tous les remords de son passé et le visage de Kanayëlle qui se désagrégeait telle une fleur se faner. Et impuissant à cette scène dramatique entre un père rongé de regrets et sa fille le pensant disparut à tout jamais sous une apparence divergente et adoptive. Et comment pouvait-on encaisser cela ? Se le demanda le jeune guerrier en étreignant de son amour la jeune et belle norpalienne anéantie par ces nouvelles. Et le jeune homme s'avança de quelques pas discrets vers l'être qu'il aimait pour la réconforter de ses bras autour d'elle, mais il n'en eut pas le temps. Et le belle et malheureuse Kanayëlle partit à grand pas à l'arrière de la bâtisse, rejoignant l'air froid et le sol enneigé couvrant le pied des arbres défeuillés par le vent. Et terrible était ce sentiment d'impuissance assaillant Khalän, et plus fort et plus intense fut celui de l'incompréhension, ne pouvant comprendre réellement ce que ressentait l'un et l'autre.

Et le grand homme du nord se transforma en triste personnage, affalé sur son siège, abattu de sa vie déplorable qu'il pensait avoir mené. Mais celui-ci continua en faveur du jeune homme au masque de bois et lui révéla que son rêve était peut-être un message comme lui même en avait eu auparavant. Un point commun les liaient étroitement ; Solarim. Etait-il celui qui orchestrait tous ces rêves ? Pouvaient-il s'agir d'une pierre lui appartenant ? Mais plus encore, ce qui déstabilisa l'état de Khalän fut les dires de Shetan à propos de leur localisation ; Le plus proche endroit de Solarim. Il y était, mais jamais personne ne lui avait dit cela, et aucun conte et légende à son propos n'avait énoncé les Monts Venteux. Ainsi donc, ce lieu était si secret qu'il fut occulté des écrits de la mythologie Ildirienne.

- Réparer mon visage... répéta Khalän en caressant l'écorce de bois qui dissimulait sa peau déchirée.

Et le jeune homme se morfondit en ses pensées, et ses yeux se mirent à scintiller. Peut-être était-ce quelques larmes s'accrochant désespérément à ses paupières, mais aucune d'elles ne faillirent. Et reprenant le dessus sur ses émotions, il marcha jusqu'à l'homme désemparé.

- Ce que vous avez fait, je ne peux le juger, encore moins l'accepter ou le réfuter. Je ne peux qu'en être spectateur. Et triste est mon cœur de vous voir tous les deux séparés par la haine et la douleur. Mais j'aime votre fille, j'en suis profondément amoureux, et aussi longtemps que la vie me portera, je l'aimerai.

Et le pauvre Shetan releva la tête, une lueur de bonheur traversa son regard noir et un sourire timoré chevaucha ses lèvres.

- Je la protégerai, et jamais vous n'aurez à craindre sa mort.
C'est une promesse.
finit le jeune homme avec assurance.
- Alors, elle a fait le bon choix. dévoila Shetan sans que Khalän ne s'éternise à ces dernières paroles quelque peu troublantes.

Et le jeune chasseur traversa la petite pièce, et avant d'emprunter un couloir étroit, parsemé de vieilles cartes du monde, se retourna vers ce père attristé.

- Qu'importe mon visage, je n'aspire à le revoir un jour aussi éclatant qu'il était. Cette pierre d'émeraude à bien plus à donner qu'une simple apparence physique, et vous le savez.

Et Khalän se retourna, se vêtit de sa peau d'ours, traversa le petit couloir et rejoignit par derrière l'extérieur de la bâtisse. La porte en bois s'ouvrit et l'air froid embauma le jeune guerrier, passant sous son masque pour y geler son visage. Et quelques buées d'air chaud s'échappaient de sa bouche à chaque expiration. Devant lui se tenait une forêt d'arbres dénudés et le sol tapis sous un fleuve de cristaux blancs. A cela, il suivit les empreintes de la femme qu'il aimait et atteignit, après quelques minutes, un petit point d'eau, une source chaude minuscule. Et la triste et belle jeune femme était assise là, contre un rocher, et ses larmes n'avaient le temps de geler que d'autres déferlaient sur son doux visage diaphane. Le jeune homme vint s'asseoir à ses côtés et, ne sachant que dire, enlaça sa main dans la sienne et la serra délicatement. Et tous deux restèrent ainsi, sans un mot, à admirer l'eau s'évaporer de la source chaude. Et quelques oiseaux chantaient, et le vent froid était pénible, mais les mains étaient liées et rien ne semblait ainsi les atteindre.

Et quelques minutes passèrent avant qu'il ne décide de rompre le silence.

- Ton père est encore plus maladroit que moi. dit-il calmement en souriant maladroitement.

Et le vent soufflait, et froides étaient ses brises.

- Tu ne peux pas t'en aller ainsi, Kanayëlle.
Si tu t'en vas, tu sombreras dans la tristesse et la colère, et peut-être ne le reverras-tu plus puisqu'il compte partir après notre départ.
dit-il avec sérieux, espérant ne pas la blesser. Apaise ton cœur, allège le, sinon il finira par te maudire de n'avoir rien fait.

Et le jeune homme serra plus fort la main de la jeune femme.

- Jamais je ne te quitterai, à moins que tu le veuilles.
Tu ne seras plus jamais seule Kana et, grâce à toi, moi non plus.
Mais je t'en prie, va parler à ton père et pardonne lui.


Et le jeune homme cessa de parler, leva le regard et essaya d'apercevoir un rayon de soleil percer à travers ce Voile noirâtre imbibé d'un bleu grisâtre. Mais en vain, les Monts Venteux étaient condamnés à l'obscurité.



Like a Star @ heaven ~ Térovia ~ Paria ~ Le Voile ~ La Quête du Céleste ~


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MessageSujet: Re: Le Grand Inconnu   Dim 3 Mai 2015 - 16:21

Les larmes coulaient sur mes joues sans que je ne puisse rien y faire. Comme si elle avait attendu tellement de temps. Ces dernières heures avaient été les plus dures de mon existence. La perte de Norak qui était clairement de ma faute et apprendre que mon père était en vie. J'aurais dû être contente. J'aurais dû.... seulement pour l'instant il n'y avait que de la douleur et malgré le fait que je sente Khalän s'approcher, cela ne tarissaient pas ces larmes qui n'en finissaient pas de couler. De plus mon cœur ne faisait que se serrer inlassablement. Je sentis alors sa main serrer doucement mais sûrement la mienne. Cela aurait dû m'apaiser, mais j'avais tellement de rancœur que je n'arrivais plus à rien. Et puis, les paroles arrivèrent, alors que je n'avais sérieusement pas envie de parler, alors que je voulais seulement du calme, de la tranquillité. Cependant je ne pouvais lui en vouloir. Alors je le laissais parler et quand il eut finit, je me tournais vers lui, le visage ravagé par les larmes, mais le cœur bien plus blessé. Mon regard aussi était blessé.

« Tu ne peux pas comprendre. J'ai vécu l'enfer alors que je n'avais que huit ans. Mon frère... non mon frère adoptif a tué ses propres parents pour une raison que j'ignore totalement et il a voulu me tuer ensuite. J'ai vécu une demi-année toute seule dans la forêt où j'aurais pu mourir sans que personne ne se rende compte de rien. J'ai été recueillis par un druide, adorable qui m'a servit de père et qui m'a amené plus souvent ici qu'autre part. Je pensais connaître Shetan par cœur, mais je me trompais. Pendant tout ce temps où je pleurais ma famille détruite, mon père était vivant et jamais, ô grand jamais il n'a daigné m'informer du fait que j'étais sa fille alors que je le voyais souvent. »

Je secouais la tête et m'éloignais doucement. Me séparer de lui faisait réellement mal, mais pour l'instant, j'avais surtout besoin de réfléchir. Lui pardonner, apaiser mon cœur, lui parler. Je ne sais pas si j'y arriverais. Bon sang, ma vie entière était un mensonge. Personne jamais ne m'avait rien dit, préférant probablement m'épargner tout ce bordel. Cependant en y repensant bien, je savais dés le début que quelque chose clochait. Je ne ressemblais pas du tout à ma famille. Eux, bruns aux yeux noirs, moi rousse aux yeux bleus-gris. Héritage de famille de loin, bien sûr. Même ma corpulence était différente. Bon sang, comment n'avais-je pas pu cogiter ça avant. La seule chose que nous avions eu en commun tout le long de notre courte vie ensemble, s'était l'amour du combat. Ce sang Norpalien qui coulait dans nos veines et appelait à la bataille lorsqu'il y avait lieu d'y avoir appel. Je soupirais doucement et puis, je remarquais alors que mes larmes s'étaient taris et que la tristesse se remplacer petit à petit en colère. Je finis par délaisser Khalän sans rien dire et me précipité en courant dans la maison. Lorsque je rencontrais ses yeux bleu-gris et cette tignasse rousse, je ne pouvais nier être sa fille, cependant loin de lui sauter dans les bras, je lui assenais des paroles loin d'être agréable.

« Pourquoi tu ne me dis cela que maintenant ? Pourquoi pas avant alors qu'on s'est vu souvent ? Alors que tu connaissais mon histoire. Pourquoi ne t'ais tu pas manifester alors que j'avais besoin d'un père, mon père qui m'a regardé comme si j'étais une étrangère. Tu aurais dû me dire la vérité. Tu me devais bien ça.... tu nous devais bien ça. »

Je restais un instant silencieuse et puis finalement je repris la parole.

« Sais-tu l'enfer que j'ai vécu durant tout ce temps ? Sais-tu que je cherchais à venger une famille alors que mon père était toujours vivant ? Sais-tu que j'ai faillis mourir de nombreuses fois alors que je n'avais que huit ans ? Penses-tu réellement que je t'aurais moins aimé si tu m'avais dit la vérité. Si tu m'avais élevé, je n'aurais pas eu à vivre tout ça et peut-être qu'ils seraient toujours en vie. »

Je le regardais et sans m'en rendre compte, il se leva rapidement et me pris dans ses bras.


« Pardonne-moi, mais je ne pouvais pas t'infliger une vie ici, comme moi, comme un ermite. Je n'avais pas le droit de te faire ça. Crois-moi, si j'avais su ce qu'il se passerait, jamais je ne t'aurais laissé avec eux. Je t'aurais gardé avec moi. Mais quand tu es arrivée la première fois, tu semblais tellement fragile, tellement vulnérable que je n'ai pas osé te dire quoi que ce soit. Ce genre de réaction t'aurait complètement anéantis. »
« J'avais besoin d'un père, peut-être que je n'aurais rien compris, mais j'avais tellement besoin d'un père à ce moment. Quelqu'un qui me connaisse réellement. Je voulais.... »


Je voulais tellement de chose à cette époque. Revenir en arrière pour tout éviter, pour comprendre la douleur de ce frère que je en connaissais pas si bien que ça finalement. Tenter d'arrêter le massacre, dire à mes parents que ce n'était pas grave, que je les aimais quand même, qu'il restait mes parents. Je soupirais doucement et le serrais dans mes bras.

« Je ne peux pas encore te pardonner, parce qu'il reste trop de question en suspend. Mais je peux quand même admettre que tu es réellement mon père et que je t'accepte comme telle. »
« Une véritable Norpalienne. »
« J'ai de qui tenir non ? »


Un rire nous échappa à tous les deux et je repris tranquillement la parole.

« J'ai choisi Khalän et peu importe ce qui arrivera, j'espère que tu respecteras ce choix. »
« Je le respecte, c'est un jeune homme bien, je le pense. »


Je soupirais doucement et finalement avant que je ne reprenne la parole, il reprit.

« La pierre, elle ne doit pas bouger de son emplacement et personne ne doit savoir qu'elle est ici. Ce n'est pas encore son heure d'être utile. Cependant, vous pouvez effacer les stygmates de vos vies passées pour repartir sur de bonne base. Pour leur montrer que vous êtes différents, que vous êtes fort et que rien, jamais ne vous ébranlera. Pensez-y, tout les deux. »


Il me lâcha doucement et fixa un point. Je me tournais pour voir Khalän dans l'embrasure de la porte. Je m'approche de lui tranquillement. Alors que mon père s'en allait probablement faire ses affaires. Je pris ses mains et l'emmenait avec douceur et fermeté à l'endroit où nous étions tout à l'heure. Mon regard accroché comme à son habitude le sien et mes deux mains dans les siennes, je le regardais longuement avant de parler.

« Peu importe ce qu'il se passera, peu importe ce qui arrivera, où cette quête nous mènera, je veux être avec toi. Si jamais il devait m'arriver quelque chose, soit certain que je te protégerais toujours. Tu es tout pour moi et je refuse d'avoir qui que ce soit d'autre. Si ce n'est pas toi, alors ça ne pourra être personne. »


Je lâchais alors ses mains et me blottit doucement dans ses bras. Uniquement lui et personne d'autre. Jamais personne d'autre. J'avais tellement envie de réparer son visage, non pas parce qu'il me déplaisait, au contraire, cela ne me dérangeais pas. Mais j'avais envie de le voir sans ce masque, j'avais envie de pouvoir toucher son visage lorsque j'en avais envie. Je voulais le regarder dans les yeux et non pas à travers les fentes de son masque. C'était ce que je voulais le plus, mais quoi qu'il arriverait, je le laisserais faire ce choix. C'était à lui qu'il incombait et non à moi. Je souris doucement, ma tête posé sur son épaule, savourant cette étreinte plus qu'aucune autre chose. Après tant de douleur, de colère et d'explication, j'avais réellement besoin de sa douceur et de sa tranquillité.


Ma liberté est mon bien le plus précieux
Que celui qui tente de me l'enlever subisse mon courroux.

Elle écrit en #9999ff
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Le Grand Inconnu

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