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 Sang et neige [Terminée]

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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Ven 15 Mai 2015 - 19:18


Ce n’était pas difficile de taquiner la jeune Aasimar. En réalité, je n’avais aucune idée de ce qui pouvait la perturber ainsi. Elle pouvait simplement penser à autre chose, mais je n’avais pas pu résister à ce besoin d’alléger peut-être un peu l’atmosphère avec un peu d’humour. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à ce que la suite des évènements soit aussi, sérieuse. Après tout, il était probablement impensable d’imaginer qu’elle n’avait que peu d’expérience dans le domaine charnel. Elle n’était pas sans charmes, loin de là, et bons nombres d’hommes devaient probablement s’imaginer quelques scènes plus ou moins érotiques en sa compagnie, même si elle ne s’en doutait certainement pas. Je restais quelque peu surpris lorsqu’elle bafouilla quelques mots, qui vinrent démontrer que j’étais probablement le premier homme qu’elle embrassait de sa volonté propre. C’était assez flatteur en réalité, même si je me sentais quelque peu blessé par l’idée qu’elle essayait simplement, peut-être, de retrouver une sensation perdue. En tout cas, j’avais vu juste. Bien malgré moi. Mon sourire perdit sa teinte narquoise, taquine et devint plus compatissant, plus tendre. Elle faisait un grand cas de ce que je venais de lui dire, pensant qu’il y avait matière à se moquer d’elle, mais, au contraire, je trouvais cela plutôt touchant. J’allais d’ailleurs le lui dire quand elle enchaina sans me laisser le temps de dire quoi que ce soit. Elle me parla alors d’une personne dont elle était tombée amoureuse, un coup de foudre apparemment, de leur premier baiser et, il semblerait, de sa première déboire sentimentale. Il fallait croire que mêmes les Aasimars n’étaient pas des anges pour le romantisme. Je me contentais de l’écouter, en silence, observant les larmes qui coulaient sur ses joues avec une pointe de tristesse qui me fit mal au cœur.

Ainsi donc mon comportement lui rappelait ce fameux Samael ? Difficile de dire si c’était réellement flatteur. Cependant, l’idée d’avoir été embrassé pour retrouver une sensation prodiguée par un autre ne me faisait pas plus plaisir que cela. De la jalousie ? Pas vraiment, mais peut-être une pointe d’égo qui préférait savoir que j’étais embrassé pour moi-même et non pour un autre. En silence, non sans un petit sourire, je la laissais trinquer à sa gourde d’eau. Elle semblait s’emporter facilement, mais, en un sens, c’était presque mignon à voir, même si, au fond, je pouvais imaginer sans peine la douleur qu’elle avait ressenti lorsque l’Aasimar l’avait laissée en plan. Mon sourire s’élargit un peu lorsqu’elle acheva sa conclusion. « Moi qui pensait que tu m’avais embrassé parce que tu me trouvais irrésistible, je suis déçu. » Je m’approchais un peu d’elle, posant une main sur sa joue, séchant du bout du pouce les quelques larmes qui gisaient encore là. « Il n’y a rien de ridicule à être étrangère à l’amour et la passion. Tout le monde l’est un jour. » J’avais dit cela sur un ton très calme, très doux. Mais, plus que tout, je le pensais. Moi-même avait commencé un jour comme elle, sans réellement savoir. Pire, peut-être, je jalousais un peu cette innocence qui n’était plus la mienne depuis longtemps. « L’innocence en amour, c’est un peu comme la rosée du petit matin. Belle et magnifique, au point qu’on pourrait l’admirer sans cesse, mais elle finit toujours par disparaître. Profite de ce que tu ressens, car je ne puis te garantir que cela durera indéfiniment. Il n’y a rien de plus beau qu’une femme amoureuse. » J’étais même convaincu que cela ne durerait pas. Il était probablement naïf de rêver de l’âme sœur, de l’amour avec un grand A et de prince charmant. Mais ce n’était en rien ridicule, loin de là.

Je retirais doucement ma main sans la quitter des yeux. « Je ne connais pas ce Samael, mais, s’il t’a laissée tomber, alors il a fait une bêtise. » Mon sourire s’élargit un peu. Je l’observais quelques instants silencieux, encore un peu sceptique sur certaines de ses paroles. Puis je décidais de lui poser cette question qui me brûlait un peu les lèvres, après tout… « Crois-tu réellement être amoureuse de moi ? » Je ne la quittais pas des yeux, mais je ne faisais que reprendre ses paroles, ou peut-être les avais-je simplement mal comprises. « Je veux dire… Nous avons passé du temps tous les deux, de manière assez… proche, dirons-nous. Nous avons partagé des expériences exaltantes, sans compter l’attaque de la nuit dernière. Suffisamment pour nous bouleverser tous les deux. L’adrénaline fait parfois un peu tourner la tête. » Il n’y avait aucun reproche dans ma voix, au contraire, de la simple curiosité. C’était un peu la première fois que quelqu’un déclarait plus ou moins sa flamme aussi directement. Mais, en un sens, peut-être n’était-ce simplement pas le cas et peut-être avais-je simplement mal interprété ses paroles. Après tout… N’avait-elle pas dit qu’elle était amoureuse de ce Samael ? Malgré le fait qu’elle préférait mon côté « humain », cela ne voulait pas dire qu’elle éprouvait les mêmes sentiments à mon égard. « Quoiqu’il en soit. Il est inutile d’avoir honte de ses sentiments. Les nier serait nier une part de toi-même, c’est tout simplement impossible. Et, pour ma part, je préfère vivre avec des remords plutôt que des regrets. Ce n’est pas facile pour tout le monde, mais je trouve que ça me réussit plutôt bien. »
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Sam 16 Mai 2015 - 9:42

Emporter par ses paroles, Eleonor n'avait remarqué au premier abord la pointe de déception dans les yeux brumeux du pirate. Ce fut dès qu'il exprima cette parole:« Moi qui pensait que tu m’avais embrassé parce que tu me trouvais irrésistible, je suis déçu.»,la jeune femme comprit qu'elle n'avait pas eu de tact. Décrire qu'elle l'avait embrassé pour retrouver un réconfort perdu, comme si elle tenait à être dans les bras de Samael et non les tien, semblait purement égoïste. Cependant, ce n'était pas tout à fait juste. Oui, Eleonor aimait Samael, du moins, la première impression qu'elle avait eu de lui, ce fut un coup de foudre en vérité, car elle ne le connaissait pas et encore une fois, elle se sentait ridicule,sans le mentionner. Concernant Flynn, c'était différent, lui aussi l'attirait,beaucoup, mais blessée par l'abandon de Samael, son cœur n'était pas libre d'aimer à nouveau, ou du moins, elle le niait. L'Aasimar s'apprêta à répondre à la déception du pirate, mais il ne lui laissa pas le temps et vint essuyer doucement la joue humide d'Eleonor, qui ferma les yeux, et savoura cette furtive caresse. Ah, bien que minime, c'était si bon de recevoir de l'affection de quelqu'un. Elle voulait lui dire à quel point sa présence lui faisait du bien, qu'il était irrésistible pour elle et qu'avec le temps, il serait sûrement un bien meilleur compagnon que Samael. Malheureusement, bien que les paroles de Flynn fut si belles, si poétiques et très touchantes, elles étaient vraies et cela la ramena dans cette réalité rationnelle qu'elle ne connaissait que trop. Dire que l'amour était telle une fleur qui se fanait avec le temps, qui disparaissait, ne faisait que renforcer son rejet d'une relation amoureuse . Depuis la mort de ses parents, elle savait que l'amour ne durait pas, cela faisait plus mal que la haine, même amenait à la haine et à l'anéantissement, surtout quand la personne aimée mourrait. N'était-elle pas amoureuse d'un inconnu, qu'elle savait qu'il ne reviendrait sûrement jamais? Astuce pour ne pas laisser personne posséder son cœur autre que lui, mais tout cela était difficile à comprendre et à faire comprendre. L'Aasimar continuait à écouter les paroles de Flynn, s'accrochant à son regard gris, si émouvant. Rien n'était plus beau qu'une femme amoureuse...Elle sourit doucement, flattée, c'était la première fois qu'il complimenta son apparence et son sourire s'agrandit quand il trouvait que Samael avait fait une bêtise de l'avoir délaissée. C'était ce qu'Eleonor croyait aussi, on n'embrasse pas une jeune femme, pour l'abandonner ensuite, c'était la laisser cruellement dans sa soif et dans un espoir stupide. Elle acquiesça, puis s'apprêta à parler quand Samael lui posa l'ultime question: « Crois-tu réellement être amoureuse de moi ? ».

Heu... Eleonor le fixa d'un air confus, la bouche entrouverte et le regard légèrement agrandit. C'était-elle si mal exprimé ou au contraire, peut-être s'était-elle très bien exprimée, mais la jeune femme ne s'était pas rendu des sentiments véhiculés à travers son flot de confidences sentimentales. Le pirate, ne lui laissant pas le temps de répondre, fini son monologue comme quoi c'était important de ne pas nier ses sentiments et que le remord lui réussissait bien. Chamboulée, elle ne savait pas quoi répondre. Peut-être que pour lui, c'était une question légère et la réponse devait être facile, après tout, il était claire qu'il l'a trouvait attirante, mais il ne l'aimait pas, pas encore.  Après un long silence, enfin, elle su quoi lui répondre. Son regard émeraude vint le dévisager intensément, d'un beau sourire, Eleonor répondit:

-Un jour, ma mère m'a dit que l'amour prend du temps, c'est un sentiment puissant, qui à force de compromis, d'engagement et de sacrifices, devient aussi solides que les racines d'un arbre, nouées, même après sa mort.   C'est comme cela qu'elle parlait de son amour pour mon père, ils se sont aimés, jusqu'à leur mort, et peut-être au-delà. Leur mariage a duré cinquante ans. Parfois, je me dis, que mon père a fait exprès de s'être fait tué par cette goule, car depuis la mort de ma mère, il était constamment triste.
Elle reprit une pause, toujours son regard rivé dans celui de Flynn, qui sûrement, ne s'attendait pas à un matin aussi nostalgique et lourd, mais malheureusement, Eleonor ne pouvait faire autrement que mettre les choses au claire. Elle s'approcha de lui et vint à son tour caresser sa joue en murmurant:

-Flynn,  c'est vrai l'amour ne dure pas, et bien que l'innocence amoureuse soit mignonne, je ne suis pas innocente, mais je me sens piégée dans une passion pour Samael qui me fait perdre tout reperd. C'est une passion éphémère, car sa base n'a rien de solide, c'est du vent. Tu as été déçu, tout à l'heure, mais sache que je te trouve irrésistible, que ce baisé c'est à toi que je le donnais, pas à Samael. Cependant...Si je t'aime? 


L'aimait-elle? Oui et non, car effectivement, l'adrénaline pouvait joué des tours, augmenter le désir et la testostérone. Il était encore trop tôt pour dire qu'elle était amoureuse. Partageait-il ses valeurs? Avaient-ils des rêves communs? Seraient-ils prêt, avec le temps, à faire des compromis? Leurs vies étaient si semblables et si différentes l'une de l'autre, rien n'était sûr. Eleonor ne voulait plus se faire prendre dans un coup de foudre ou une aventure passionnelle. Délaissant sa main du visage penché vers elle, la jeune femme vint se coucher légèrement sur ses coudes, et le regard sombre, elle expliqua:


 Je me suis bloquée si longtemps à l'amour, afin de ne pas vivre la souffrance de mes parents,alors j'ignore c'est quoi aimer réellement. Ce que je ressens pour Samael est étouffant, mais je sais que ce n'est pas cela le véritable amour, ce n'est pas ce que ma mère m'a décrit, sinon cet inconnu serait à mes côtés, comme tu l'es au mien, mais cela ne veut pas dit que toi, tu es amoureux de moi, n'est-ce pas ? Tu as seulement fait ton devoir, ce qui est honorable. Je n'ai jamais considéré l'amour légèrement. Je ne suis pas celle qui ressens des papillons dans le ventre et qui est tout de suite emballé, croyant que c'est l'amour de ma vie et blablabla...Non, pour moi, l'amour c'est profond, cela me demande du temps. Si tu me laisse la chance de vivre des aventure avec toi, d'apprendre vraiment à te connaitre, alors oui, je pourrais t'aimer, et peut-être profondément, même si cela est éphémère, mais cela vaut la peine d'être vécu, car nous avons juste une vie. 


Elle sourit, puis revint sur ses genoux, en le dévisage intensément, essayant de sonder ses pensées, même ses peurs. Avait-il peur de l'engagement? Il était romantique, romanesque, mais était-il sérieux en amour? Il avait des facettes de Flynn qu'elle ne connaissait pas, même pas du tout, et elle savait qu'au fil de leur voyage, il allait la surprendre, car c'était déjà le cas. Sa sensibilité la touchait énormément, elle appréciait de plus en plus sa présence, sa manière de penser. C'était bon signe, mais il était encore trop tôt, et pour ce matin, c'était suffisant. Après tout, il ne fallait pas trop se donner d'un coup, cela viendrait gâcher le mystère de tout et chacun, mais allaient-ils avoir un moment à eux à nouveau? Elle l'ignorait. Dans leur situation, peut-être valait-il mieux forcer le destin, se précipiter dans les bras l'un de l'autre, car qui sait si demain serait leur dernier? Son cœur se serra, pouvait-elle mourir sans avoir jamais connu la tendresse d'un homme? Certainement pas. Se décidant d'alléger l'atmosphère, son sourire devint sensuel et elle s'approcha très proche de lui en venant enlacer son cou et en murmurant:

-J'ignore si nous nous aimons d'un vrai amour, Flynn, mais je sais une chose, c'est que si  je meurs demain, ou dans quelques heures, au moins j'aurais le bonheur d'avoir connu la tendresse dans tes bras. Présentement, Samael n'est qu'un fantôme, toi, tu es bien réel, et je veux connaitre le réel. Prenons-nous comme nous sommes, sans remords, ni regret. Ce matin, je suis tout à toi, si tu me veux. 





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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Sam 16 Mai 2015 - 11:32

Cette matinée était étrange. Peut-être était-ce le fait d’être réveillé par un baiser qui rendait tout ceci partiellement bizarre, ou bien mes rêves, ou juste le fait de parler tout d’un coup, et assez sérieusement, d’amour et de passion. A dire vrai, ce n’était pas vraiment le genre de sujet que j’abordais facilement. Certes, je passais facilement pour un séducteur et je ne pouvais nier que de nombreuses femmes avaient déjà partagé ma couche par le passé, mais, pour ma défense, la vie d’un pirate se passe essentiellement en mer et, durant les rares escales, il y avait certains besoins dont l’on pouvait difficilement se passer après des mois entiers passés sur l’océan. Et, pour ajouter à ma propre défense, les charmes et appâts des demoiselles des ports étaient rarement de ceux que l’on pouvait repousser aisément, surtout quand, il fallait l’admettre, on était joli garçon. Je me surpris à repenser à cette vie qui avait été la mienne durant de longs mois et qui était désormais derrière moi. Serait-il possible à nouveau de reprendre la mer en homme libre ? Si je tenais ce salopard qui m’avait vendu et m’avait, ouvertement, privé de tout ce qui me définissait alors. Et pour quelles raisons ? C’était probablement la seule question que j’aurais aimé pouvoir lui poser si je devais un jour remettre les mains sur lui. Au fond de moi, je savais que si l’on me cherchait déjà pour meurtre, il serait peut-être une bonne raison pour justifier cet avis de recherche. Comme je m’en doutais, ma question ne laissa pas l’Aasimar indifférente. Sa surprise m’amusa cependant un peu, mais me poussait à penser que je m’étais probablement trompé sur l’interprétation à donner à ses paroles. Après tout, même si elle semblait inexpérimentée, elle n’était probablement pas du genre à être candide. Ce qui n’était peut-être pas plus mal, au fond.

En tout cas, une chose était certaine, je ne m’étais pas attendu aux paroles qui suivirent. Comparées à l’histoire qu’elle m’avait racontée quelques instants auparavant, il semblait y avoir une certaine sagesse dont elle n’avait pas fait preuve jusque là. Non pas qu’elle avait l’air idiote, loin de là. Mais peut-être était-ce parce qu’elle faisait référence aux paroles de sa mère. Après tout, l’expérience était un facteur important dans ce domaine et seuls ceux qui avaient réellement vécu l’amour pouvaient en parler avec assurance. Il était rare de savoir tout sur ce sentiment puissant après le premier coup de foudre. J’en savais quelque chose, pour être honnête. Je fus désolé pour elle d’apprendre que ses parents étaient morts, mais elle ne semblait pas s’en émouvoir plus que cela aussi ne préfèrerais-je rien en dire. Si la plaie n’était pas réellement cicatrisée, il n’y avait aucune raison pour moi de planter un couteau dans la plaie. D’autant qu’elle n’avait certainement pas besoin de mon réconfort en la matière. J’esquissais un sourcil de surprise alors qu’elle me disait « déçu ». Avait-elle prise ma remarque au sérieux ? J’allais l’interrompre mais n’en fit rien. Elle semblait lancée et l’arrêter là n’aurait pas été de bon aloi. Son couplet me laissa légèrement pantois. Pensait-elle que je venais de lui déclarer mes sentiments en lui demandant si elle m’aimait ? Cependant, elle avait raison. C’était plus ou moins ce que j’avais voulu lui faire comprendre, si elle pensait réellement m’aimer, mais, apparemment, elle n’avait pas besoin de moi pour cela. J’esquissais un léger sourire pour moi-même. Peut-être aurais-je mieux fait de tenir ma langue sur ce coup là. Ce n’est que lorsqu’elle se pencha vers moi, passant ses bras autour de mon cou, me murmurant qu’elle était mienne, que la réalité s’imposa à moi d’une drôle de façon.

Je ne pouvais pas dire que l’offre n’était pas alléchante, mais je ne pouvais décemment accepter cette proposition sans clarifier la situation. Je ne voulais pas qu’elle s’imagine des choses car, hélas, il était des choses que je ne pouvais promettre et, au fond de moi, que je ne voulais pas promettre, pas dans ma situation, pas maintenant. Je ne la quittais pas des yeux, mes mains désormais posées sur ses hanches, la retenant légèrement, sans la repousser. « Es-tu sûre de toi, Eleonor ? » J’étais sérieux, mais je savais que, dans mon regard, devait briller une légère lueur de désir. Pourtant, je ne pouvais décemment pas m’y abandonner sans arrière-pensées. « Je ne voudrais pas que tu te méprennes. Tu es charmante, mais je ne peux te dire, sans mentir, que j’éprouve des sentiments pour toi. Tu l’as dit toi-même, ces choses-là prennent du temps. Je mentirais en disant que je ne ressens rien pour toi, mais le désir n’est peut-être pas ce que tu recherches pour une première fois ? » Je n’avais aucune idée de savoir si c’était réellement sa première fois, mais c’était ce que j’avais deviné au travers de ses paroles. Mais je pouvais me tromper, une fois encore. « La première fois est quelque chose d’important pour une femme. Un souvenir qu’il sera difficile d’effacer. Je serai flatté d’être le premier homme à te dévoiler ces plaisirs charnels. » je ne pus m’empêcher de rajouter… Sur un ton amusé. « Et je ne doute pas être capable de te laisser un souvenir impérissable. » Incorrigible, je sais. Mais j’étais ainsi. Je redevins un peu plus sérieux, sans cesser de plonger mon regard dans le sien, mes mains posées sur ses hanches. « Mais, peut-être prèfèrerais-tu le faire avec quelqu’un pour qui tu serais certaines d’avoir de vrais sentiments ? » C’était son corps, son choix, mais je ne voulais pas qu’elle pense que je lui forçais la main, ou pire encore, que je lui faisais miroiter une histoire d’amour. S’il y avait bien une chose que je ne voulais pas, c’est lui faire faire quelque chose qu’elle pourrait réellement regretter plus tard. Sur ces choses-là, je jouais cartes sur table, toujours.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Le Sacrifice   Sam 16 Mai 2015 - 15:17

-Es-tu sûr de toi, Eleonor?

À cette question, son sourire sensuelle s’affaissa et elle sentit soudainement une tristesse lui ronger le coeur. Les mains de Flynn n'étaient pas le seul obstacle qui l'empêchait d'aller plus loin, ses paroles aussi. Ce bombardement de questions sur ce qu'elle voulait vraiment la refroidit net «Ah  tais-toi et laisse-toi aller!» Pensa-t-elle en se tendant, le visage de plus en plus neutre. Cependant, il continua à la raisonner. À quoi avait-elle pensée?  Néanmoins, cette remise en question était juste et sage, même respectable, elle en était consciente, mais cela la blessait tout de même dans sa fierté, même s'il ne la rejetait pas nécessairement. Déglutissant, elle détourna son regard et acquiesça. Il avait raison, c'était sûrement mieux de se donner à quelqu'un qu'il était réellement amoureux et la voulait pour ce qu'elle était. Mais qui? Samael l'avait abandonner, et lui était très réticent. Valait mieux rester vierge qu'avoir le cœur brisé.  Cachant sa déception derrière un sourire attendu, elle  dégagea  doucement les mains qui lui tenait ses hanches et se leva, en disant d'un ton neutre:

-Tu as raison, tout cela est trop précipité. De toute manière, nous devons partir, la voyage sera long.
Promptement et en silence, toujours le visage dénué d'expression, bien que son far intérieur fut chamboulé par des sentiments risquant de la faire pleurer, Eleonor se détourna de lui et elle alla emballer ses affaires. Essayant d'oublier tout ce qui venait de se passer et laisser le temps à Flynn de bien se réveiller, elle vérifia mentalement son inventaire d'effets personnels, rien ne manquait et elle allait mettre sa selle sur Narth. Consciente du regard qui la scrutait, elle dit  d'une voix base:
- J'ai hâte de retourner chez-moi, revoir mes amis. Plus vite que l'on va partir et plus vite je vais les retrouver. Allez, je t'attends dehors.


Disant cela, elle lui sourit poliment et amena Narth dans le froid de l'hivers. À quoi bon en dire davantage après ce qu'il venait de se passer? Eleonor s'était déjà trop confiée et trop donnée d'elle-même, cela suffisait. Finalement, être presser n'avait rien de bon, au contraire, elle semblait être une fille facile, ce qu'elle n'était pas. Si Flynn tenait vraiment à elle, il allait prendre le temps de la conquérir, sinon, tant pis, il resterait bons amis, ce qui était sûrement mieux dans leur situation. Malgré tout, l'Aasimar était déçue, mais c'était elle qui avait décidé de ne pas s'offrir, pas lui. Les yeux à terre, perdue dans ses pensées nostalgiques, elle ne remarqua pas la troupe de cavaliers alignées descendant une pente enneigée dans sa direction. Ce fut seulement le bruit des chevaux qui la sortirent de sa transe. S'arrêtant, elle leva les yeux et les vit au grand galop s'approcher. L'angoisse la prit, elle les reconnu. Le Gantelet. Promptement, elle fit demi-tour, embarqua sur sa monture et ...Flynn. Non, mieux valait le laisser là, qu'il soit en sécurité dans la grotte, pendant qu'elle les attirait plus loin. Le coeur gros et sentant que c'était sa seule chance d'être quitte, elle donna un coup de talons dans le flanc de Narth, et partit à son tour au galop. Les cavaliers la virent s'enfuir, et la poursuivirent. Ils passèrent à quelques centimètres de l'entrée de la grotte, où Flynn prenait du temps à sortir, mais ils ne firent pas attention. C'était une chasse à l'ange, rien d'autre n'avait de l'importance. Les branches fouettaient son visage, des flèches passèrent à quelques centimètres de ses joues. Elle entendait les cris des hommes, de leurs chiens, la neige virvoletait, ainsi que le sang. Une flèche avait réussi à égratigner son bras, mais elle n'y prêtait pas attention, la seule chose qu'Eleonor pensait, c'était de réussir à les échapper. Elle eut l'idée de zigaguer à travers les arbres, aucune flèche ne l'atteignit à nouveau. Enfin, après une course effrénée, elle se retrouva devant un précipice, très à pique et glacée. Effarée, elle avait que deux choix, se livrer ou prendre le risque de descendre et de dégringoler. Valait mieux la deuxième option. Entendant une dizaine de chevaux arrivés, elle se retourna et confrontant les cavaliers du regard. L'un des guerriers avança, ses yeux étaient féroces, sa bouche dédaigneuse, l'expression typique des disciples du Gantelet devant une abomination.


-Rend-toi, Aasimar, tu es prise au piège.  
-Non, pas du tout, messieurs, pas du tout. 
Elle s'était parler sur un ton très calme, dénouée de peur. Sa chute allait être brutale, et elle n'avait pas l'intention d'entrainer Narth vers une mort presque certaine. Prenant son courage à deux mains, elle débarqua de sa monture, prit ses bagages dans l'une de ses mains, et de l'autre claqua fortement la fesse de la jument. Apeurée, celle-ci se mit sur ses pattes arrières et partit au grand galop, venant défaire l'alignement des guerriers surpris. Profitant de cette distraction, Eleonor ouvrit ses ailes et plongea tête la première dans le vide. Le vent dans ses oreilles, elle n'entendit pas les cris de colère du chef et des hommes voulant sa peau, Eleonor n'avait comme unique horizon la neige, glace, le vide. C'était beau, silencieux et très froid. Pendant qu'elle tombait, Eleonor pensa à Flynn d'un sourire triste, ils étaient maintenant quitte, dommage que leur rencontre s'était terminée ainsi. Et Narth? Paniquée, celle-ci allait sûrement le rejoindre et au moins, il allait avoir une monture. Espérant que le Gantelet ne le retrouve pas, elle s'apprêta à foncer tête première au sol et au dernier instant, elle déploya ses ailes. Le tournant fut raide, mais elle s'envola comme un oiseau, libre, totalement libre. Regardant derrière son épaule, elle vit des points noires sur le rebord de la falaise. Ils ne pouvaient plus l'atteindre, c'était aussi bien. Des larmes brouillèrent sa vue, tout c'était déroulé trop rapidement, elle aurait tant voulu terminé son voyage avec Flynn, mais Eleonor ne pouvait prendre le risque de revenir vers lui. Allaient-ils se revoir? Le seul lien qu'ils avaient maintenant entre eux,c'était Narth. Peut-être que la jument allait réussir à conduire Flynn vers Eleonor? Un espoir fou, mais un espoir quand même. Maintenant, où se poser? Eleonor continua à voler, de plus en plus haut, tout en restant alerte. La dernière fois qu'elle avait prit le risque de voyager par la voie des aires, un persistant avait tiré une flèche dans son ventre. Se secouant la tête, elle se reconcentrant au moment présent. À terre, il n'y avait que des dunes de neige, des conifères, et encore de la neige. Le vent,à cette altitude, était glaciale, brûlant. Se protégeant de sa cape, un foulard cachant son visage, elle se dit que Hydrasil était encore à quelques heures, elle avait tout son temps. Étant recherchée par la Guilde, elle devait restée très discrète. Avait-il un village dans cette direction? Elle l'ignorait, mais peut-être que Flynn viendrait la rejoindre au prochain point de ralliement, ou pas. Au plus profond de son coeur, elle espérait qu'il soit sauf. Soudain, son instinct lui dit de retourner directement chez elle, car peu importe où se trouvait Narth, sa jumentrentrerait toujours au bercail et si Flynn était à ses côtés, Eleonor les reverrais tous les deux. Sinon, elle serait en sécurité, c'était mieux que rien. Le coeur plus léger, elle se dirigea vers l'est, vers son chez-soi.

hrp:
 



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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Dim 17 Mai 2015 - 5:01

Certains ne se seraient peut-être pas posé de questions et se seraient contenté de se laisser aller, mais, pour être honnête, ce n’était pas le genre de la maison. Honnêtement, je n’étais pas contre l’idée, mais ce n’était peut-être pas le moment, surtout pour elle. Eleonor s’était livrée à moi, presque sans retenue. Je trouvais que cela n’aurait pas été la meilleure chose pour elle de s’abandonner ici, là et de cette manière. Il y avait sans doute bien mieux qu’une grotte pour écrin à cet événement de son existence. Ma remise en question eut apparemment raison de ses envies. Etonnement, je ne pus m’empêcher d’éprouver un petit sentiment de déception. Mais, il fallait l’admettre, c’était probablement ce qu’il y avait de mieux pour elle. Je la laissais se dégager, sans la retenir. Je sentis dans sa voix qu’elle était déçue elle aussi. L’Aasimar n’avait surement pas beaucoup apprécié le fait d’être « repoussée », en quelque sorte, mais j’espérais qu’elle comprendrait que ce n’était pas vraiment contre elle, bien au contraire. « Tu as raison… » Mieux valait ne pas en rajouter, cependant elle marquait un point. Nous étions loin d’être hors de danger et le Gantelet ne s’était sans doute pas privé pour envoyer des hommes à nos trousses. Ils ne trouveraient probablement pas cette grotte rapidement mais nous ne pouvions décemment rester là sans que cela ne finisse par être dangereux pour nous. Je me relevais doucement, non sans la quitter du regard. Je m’étirais un peu, grimaçant sous la douleur de ma plaie à la nuque qui aurait probablement encore besoin d’un peu de temps pour complètement cicatriser. D’une botte, j’étouffais le feu pour éteindre les dernières braises. L’espace d’un instant, je repensais à la bête que nous avions chassée d’ici. Reviendrait-elle ? Avait-elle trouvé un abri pour cette nuit ?

Il était un peu idiot de se sentir un peu coupable, mais elle avait de toute façon plus de chances de survivre sans abris qu’eux. Ils n’auraient probablement pas passés la nuit s’ils avaient du dormir dehors. « J’arrive. » Je me demandais quand même si la jeune femme ne m’en voulait pas outre mesure. Son comportement avait radicalement changé en l’espace de quelques instants. Essayait-elle de se composer une attitude distante à dessein ? Je soupirais pour moi-même en la voyant s’éloigner vers la sortie de la grotte avec sa jument. Je fis le tour de notre bivouac d’une nuit et commençait à récupérer les couches qui nous avaient servis à passer la nuit. Encore couché dessus, elle n’avait pas jugé utile de les ramasser, peut-être pour éviter de se rapprocher à nouveau. J’en profitais également pour remettre la ceinture de cuir qui portait mes fourreaux et mes dagues. Quelque chose me disait qu’elles ne seraient peut-être pas inutiles aujourd’hui. Une lumière assez vive provenait de l’entrée, il devait faire beau dehors. Au moins, la balade promettait d’être agréable, même si la température serait probablement bien trop fraiche pour pouvoir réellement en profiter. Alors que je finissais de préparer les dernières affaires, prêt à rejoindre Eleonor, j’entendis un hennissement et le bruit sourd de pas de chevaux qui s’éloignent. La main sur la garde d’une de mes dagues, je m’approchais lentement de la sortie quand je vis passer une troupe de cavaliers devant la grotte. Le Gantelet, déjà ? Je courrais vers la sortie, ayant seulement le temps d’apercevoir une crinière blonde disparaître derrière les arbres, poursuivies par les hommes à cheval. « Idiote… » Je ne connaissais pas réellement ses talents de cavalière, mais si elle se faisait rattraper, elle était perdue.

Pourtant, sans monture, il était impossible de les rattraper et, par conséquent, de l’aider. Personne n’avait l’air d’être resté pour fouiller les environs. Ils devaient vraiment désirer retrouver l’Aasimar au point de ne même pas s’occuper du reste… Je soupirais pour moi-même en priant pour qu’elle parvienne à leur échapper. Je retournais ensuite dans la grotte, récupérer les affaires que je rassemblais en un petit paquetage, me demandant si je devais m’en encombrer et si oui, comment transporter tout cela sans trop de gêne. Après plusieurs minutes à essayer de bricoler cela sans succès, me maudissant et me disant qu’il valait probablement mieux abandonner tout cela là, le bruit d’un cheval se fit à nouveau entendre. Reposant la main sur ma dague, je me retournais et aperçut Narth qui revenait, seule, entrant dans la grotte. Je m’approchais de la jument et posait une main rassurante sur son museau. « Où est ta cavalière ? » J’espérais qu’il n’était rien arrivé à la jeune femme. Le cheval souffla et secoua la tête, comme s’il me répondait. Voulait-elle me dire quelque chos, que sa maitresse était toujours en vie ? C’était un peu idiot, mais quelque chose me disait que si Narth était ici, c’était une bonne nouvelle. Le Gantelet aurait surement pu laisser filer la jument, mais ils auraient pu la garder aussi, ou simplement la tuer. « Bon… Quoiqu’il en soit, ne trainons pas ici. » Je m’occupais d’installer les affaires sur la selle de la jument avant de la mener vers la sortie et de monter à mon tour sur son dos. « Et maintenant… Par où aller. » Et sans que je puisse réellement y réfléchir, Narth se mit en route, au pas. « D’accord… Par là. »

-FIN-
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Sang et neige [Terminée]

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