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 Sang et neige [Terminée]

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Eleonor Delorne
L'ange d'or
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Âge : 27
Philosophie : Égalitarisme (neutre bon à tendance loyal)
Divinité(s) : Eleonor croit en la déesse Phélemée.
Faction ou Clan : Les Redresseurs

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Races: Aasimar
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Adage: Perception énergitique des êtres l'entourant.
MessageSujet: Sang et neige [Terminée]   Mar 24 Fév 2015 - 13:04




Cela faisait déjà quelques heures qu'elle galopait en direction du Port de Bélin. Son séjours à l'Auberge de la goule souriante avait prit fin, et sans regret, elle quitta Hydrasil, en quête de nouvelles aventures et d'alliés. La température  avait été clémente jusqu'ici, sans tempête, ni froid glacial, elle avait pu camper sans se faire déranger. Narth était en pleine forme, réclamant des pommes et des carottes à chaque demie-heure. Visiblement, les grands espaces avaient manqué à la jument, qui s'était retrouvée cloîtrée dans une étable pendant trois jours, mangeant seulement du foin. Pauvre Narth qui aimait tant la liberté et les pommes, elle était maintenant heureuse de reprendre le voyage. Rapidement,elles continuèrent d'avancer dans la neige virevoltante, le vent froid dans fouettant leurs dos. Eleonor ne savait pas pourquoi elle se dirigeait vers ce Port, elle avait prit sa décision sur coup de tête, se sentant soudainement étouffée par la foule d'Hydrasil. Le cœur encore brisé par le départ précipité de Samael  lui laissait un goût amer, ainsi que la quête qu'elle n'avait jamais pu finir, celle de rejoindre la deuxième cohorte et de les aider dans leur recherche. Elle avait envie de partir très loin de Bélin, peu importe les dangers. Le coeur gros, elle souvint de sa promesse fait à Samael concernant de rester loin des ennuis, mais elle ne pouvait pas la tenir. Dans ce monde, le danger était inévitable, c'était utopique de penser le contraire. Après tout, elle était maintenant une adulte, elle savait se défendre et elle n'avait plus besoin d'un mystérieux protecteur, aussi secret qu'un trou sans fin. Morose, elle dirigea sa jument vers une pente escarpée et observa l'horizon. De loin, le Port de Bélin apparut, ses grand bateaux gelés dans la glace. Ah oui, elle avait oublié ce détail. La mer était glacée, comment voyager en pareil temps? Il y avait sûrement des navires faisant exception, quitte à s'embarquer clandestinement dans un navire de marchands. Peu importe, elle voulait navigué sur la mer des Larmes et aller l'autre côté du continent. Personne ne pourrait l'en empêcher, pas même Samael. Elle voulait connaitre des défis, elle serait servit. La tête haute et le regard déterminé, elle entra dans le reperd des plus célèbres Pirates d'Ilrith.

La foule était beaucoup moins dense qu'à Hydrasil et la majorité de ses gens étaient des hommes et des adolescents de toutes races confondues, certains mercenaires ou contrebandiers, d'autres des pirates. Si elle avait attiré les regards à la Capital, c'était rien comparé à ici. Rare était les femmes s'y aventurant, à l'exception des prostitués ou des aventurières, comme elle. Par dessus sa cape grise des Redresseur, elle portait toujours son manteau de plumes blanches, dont elle avait voulu tant de fois se défaire, car cela lui rappelait sans cesse Samael. Cependant, elle n'était stupide, Eleonor savait que se débarrasser  de ce camouflage allait la mettre en grand danger; les disciples du Gantelet étaient partout, sans parler des démons. Non, c'était mieux de ressembler à humaine, pour l'instant. Alerte, elle descendit de son cheval et se faufila parmi la grande majorité d'hommes y circulant. Pirates, matelots, voyageurs  clandestins et bien d'autres étaient coincés à terre, dû au climat difficile de l'hiver.

- Des crabes des neiges! Qui veut des crabes des neiges?! Des crabes à vendre et des marsouins frais! Hey, ma belle demoiselle, tu veux des crabes ?
Demanda d'une voix forte et insistante un vieux marin à la barbe blanche et hirsute.  Eleonor lui sourit gentiment en refusant de la tête. Le vieux pêcheur marmonna :

- Ouin, un sourire, qu'est-ce que tu veux je fasse de ça? C'est ta bourse que je veux, pas ton sourire de malheur!  

En entendant de cela, elle se tendit, mais resta de marbre. Réagir à cela était une perte d'énergie, elle passa son chemin, indifférente au vieux grincheux. Une odeur de poisson et de sueur régnaient dans l'air, ce qui la rendit un peu nauséeuse. Cette atmosphère maritime lui était étrangère, elle allait avoir du mal à s'habituer. L'Aasimars passa devant le quai contenant divers bateaux, la plupart très grands, leurs voiles couvertes de glace et de neige. Ah, comme elle avait hâte d'embarquer dans l'un d'eux. Quel capitaine voudrait la prendre à son bord? Pour cela elle allait devoir s'informer, mais où? Tenant son cheval par les reines, elle continua d'avancer, plusieurs hommes lui adressèrent des remarques grivoises et des invitations si perverses qu'elle en rougit jusqu'aux oreilles. Serrant les dents, elle essaya de se montrer indifférente, ne voulant croisé aucun de leur regard brillant, remplit de désir.

«-Allez donc voir vos putains, et laissez moi en paix!»
Pensa-t-elle indignée, crispant ses doigts gelés sur les reines de Narth. Enfin, de loin, à travers le vent du nord et des sifflements de marins en chaleur, elle vit une taverne. Quel meilleur endroit pour s'informer ? Certes, il allait avoir plus de marins et de pirates que dans ce chemin enneigé, mais elle ferait de son mieux pour être extrêmement discrète. Rabattant son capuche de poile, Eleonor cacha son visage derrière son foulard gris, et se dirigea vers cette taverne en bois rond. À côté,une étable de fortune avait été construite, où se trouvait des chevaux maigres et frigorifiés.  D'un pincement au coeur, elle regretta l'Auberge de Madame Tomberlak et son si grand confort. Elle dirigea Narth vers cette piètre étable et eut du mal à la faire entrée. Visiblement, sa jument était capricieuse.

-Allons, ce n'est pour un instant! insista l'Aasimars en tirant les reines. Après un moment d'entêtement, la jument céda et entra à contre coeur, piaffant de mécontentement. D'un sourire compatissant, Eleonor caressa sa tête et son flanc, murmurant de douces paroles à son oreille, qui calma Narth. Elle était anxieuse et avait sûrement peur d'être coincée là. Eleonor espérait que ce n'était pas la seule étable du coin. Voyant sa jument plus calme, elle prit son sac de bagages et ses armes, puis sortie vers la taverne, où des chants et des conversations animées se faisaient entendre. Fébrile, elle s'apprêta à entrer, mais une voix d'homme l'arrêta.

-Aasimars, Halte!

Surprise, elle se retourna pour voir qui l'interpelait de la sorte. Elle pâlit en voyant de qui il s'agissait. En fait, ils étaient plusieurs. Six hommes à la cotte de maille sombre, recouvrit d'une longue cape noire, au casque de fer articulé. Ils avaient déjà sorti leurs haches de fer noircit à double tranchant. Posant ses yeux verts sur leurs armes, elle déglutit. Seuls les disciples du Gantelet étaient vêtu de la sorte et possédaient une telle arme.



-Je ne suis pas une Aasimars. Mentit Eleonor en plongeant son regard dans celui qui l'avait interpellé. Il avait des yeux d'un bleus très pâle, sans vie, seule une profonde froideur l'animait. Il sourit, un sourire sadique, rappelant celui du démon qui l'avait agressé.

-Tu peux berner le monde entier, mais pas les disciples du Gantelet. Nous reconnaissons ceux de ton espèce à cent milles à la ronde. Peut-être tu semble ne pas avoir d'ailes, mais ta lumière te trahit. Maintenant, suit-nous.
-Et si je refuse? Nargua-t-elle sortant vivement son arc, en pointant une flèche vers l'ennemi. Ils eurent un même mouvement de recule et perplexe, ils se regardèrent. Ils étaient in-habitués de voir ces créatures résister. Soudain, l'un d'eux rugit, menaçant:
-Baisse ton arme, ou sinon, tu recevras ma hache dans ton front impure!!
-Qu'est-ce tu attends,brute? Allez! Lance-la, voir si tu sais viser! Défia très calmement l'Aasimars, le regard moqueur. Son adversaire gronda et sans réfléchir, prit sa hache et la lança vers elle. D'un rire, elle s'envola vers le haut, évitant l'arme de justesse, venant se coincer dans la porte.

-Imbécile, tu n'as plus ta hache maintenant! Grinça son chef, en se tournant vers le guerrier ébahis. C'était la première fois de leur vie qu'ils voyaient une Aasimars voler. Eleonor était à présent rendu sur le toit de la taverne, toujours l'arc à la main. Les passants étaient aussi étonnés que ses agresseurs; ils s'étaient arrêtés pour observer la scène avec fascination. Il était rare de voir un tel spectacle au Port de Bélin. Entre ses dents, elle menaça sourdement:

-Partez, et je vous épargnerai!

Rouge, le chef du groupe éclata d'un rire sordide, puis reprenant son souffle, gronda comme le tonnerre:

-Tuez-là!!!! Ce soir, je veux offrir ses ailes à Masque d'acier!!!

Automatiquement, elle tira sa  flèche, qui tua celui qui avait brandit sa hache. Elle n'eut pas le temps d'en tirer une autre, ils étaient déjà rendu sur le toit.  L'affrontement était maintenant inévitable. Courageuse, elle tira son épée de son fourreau, prêt à combattre jusqu'à la mort. Avec souplesse, elle évita la première attaque et trancha la bras de son assaillant, qui hurla de douleur. Le second fut plus corsé, il la fit chavirer d'un coup de pied. D'un cri, elle revola sur les tuiles recouvertes de neige et réussit à éviter un assaut en roulant sur le côté. Une nouvelle fois, une hache se coinça, ce qui lui permit de couper vivement la main de l'ennemi. Le sang inonda le blanc étincelant de l'hiver. Maintenant, il en restait trois à affronter. Essoufflée et les joues rouges, elle se redressa, les cheveux au vent. Voyant ses hommes blessés, le chef la dévisageant d'un regard assassin. Il était temps d'en finir avec cette abomination. Un de ses guerriers avança, mais il l'arrêta, s'exclamant:

-Non, elle est à moi. J'aurais sa tête angélique!


Ils brandirent tous deux leurs armes, et comme des tigres, firent un cercle, s'analysant l'un et l'autre. Le chevalier noir était deux fois plus grand qu'elle et très puissant. Elle remarqua qu'il était aussi gaucher, ce qui lui donnait un certain avantage sur elle. De son côté, il la dévisagea attentivement. Elle était petite, certes, mais très agile et sa technique de combats excellente. De plus, ses ailes allaient lui rendre la tâche difficile, elle pouvait s'en voler à tout moment. Il eut une idée vicieuse, qui le fit sourire férocement. D'un cri, il attaqua en premier. Leurs armes s'entrechoquèrent, si puissamment, que des étincelles en jaillirent. Un rassemblement de monde observait le combat, retenant leur souffle, des paris se firent de plus bel. Indifférente au murmure qui s'élevait des spectateurs, l'Aasimars continua de résister. Elle obliqua vers la droite,évitant un coup bien placé, et réussi à égratigner profondément la cuisse de l'adversaire. Celui-ci gémit de douleur et vint mettre un genoux à terre. Au moment où elle profita  pour attaquer, il se tourna vivement. Elle manqua d'être transpercer de sa hache et fit ce qu'il avait espéré, elle s'envola pour éviter l'assaut. Insidieusement, il saisit sa cheville et la ramena au sol très brusquement. Surprise, elle n'eut pas le temps de réagir, il vint planter sa hache dans son épaule, elle cria de douleur et s'effondra.

-Enfin...Ton heure est venue, Aasimars. Souffla-t-il s'approchant d'elle lentement, savourant sa victoire.

Terrifiée, elle fit de son mieux pour se relever, mais son épaule blessée l'en empêcha.  Frénétiquement, Eleonor chercha son épée des yeux, elle l'avait échappé quand le guerrier l'avait ramener au sol, elle ne la vit nulle part. Les seules armes qui lui restaient étaient ses lames, son arc étant inutile vu sa blessure. Courageusement, elle en extirpa une de son fourreau dorsal et la pointa vers son agresseur, qui continua d'avancer tel un serpent sur sa proie. Voyant cette piètre menace, il éclata de rire, ainsi que ses compagnons d'armes. Effectivement, face à eux, tous semblaient croire qu'elle n'avait plus aucune chance. La foule  devenait de plus en plus bruyante, beaucoup était contre cette exécution gratuite et injuste.

L'ennemi  était maintenant très proche d'elle, il leva sa hache pour l'abattre. Grâce à un instinct de survie infaillible,et malgré l'atroce douleur, elle roula sur le côté en évitant de se faire éclater le crâne. La hache s'abattit sur le sol, mais cette fois,  ne resta pas coincée. Avec un effort surhumain, elle se releva et d'un coup d'ail, Eleonor fit un saut prodigieux vers son  bourreau et vint y planter sa lame dans son cou. Il y eut  un lourd silence, le chef était tombé à genoux, les yeux grand ouvert par l'étonnement. Livide, il s'effondra et expira, le sang coulant de sa bouche. Ses hommes n'en revenaient pas, elle l'avait tué. Eleonor se tourna vers eux, le regard lasse et le visage blême, elle n'avait maintenant plus de force. Les guerriers la dévisagèrent,la foudroyant d'un regard noir.
-Partez! Souffla la jeune femme au bord de l'évanouissement. Ténèbreux, ils se jetèrent un coup d'oeil et acquiescèrent d'un commun d'accord. Ils allaient venger leurs compagnons, cet animal allait périr sous leur épée.  
-AHHHRGG!!!! Crièrent-ils d'une même voix en fonçant vers elle, leur hache brandit pour accomplir leur vengeance, à l'effroi des spectateurs.À cet instant, n'en pouvant plus, Eleonor tomba insconciente.


Eleonor, l'Ange d'Or
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Lun 2 Mar 2015 - 12:11

Fuir la taverne avait été un jeu d’enfant une fois la sortie arrière repérée. Après quelques mouvements de coudes bien sentis, l’air libre avait rapidement été à portée de nasaux. Bien entendu, il n’avait pas été nécessaire de s’attarder davantage et on – ma partenaire improvisée du moment et moi – avions pu constater que la milice n’était pas suffisamment intelligente pour couvrir les issues dérobées, du moins, la petite ruelle vide le laissait suggérer. Malgré tout, il était inutile de trainer plus longtemps dans les environs et tandis que les vivats se poursuivaient à l’intérieur, nous nous sommes éclipsés, histoire de fausser compagnie à des gardes probablement un peu trop zélés. Après m’être séparé de ma compagne d’infortune – ou de fortune, tout dépendait du point de vue – je m’étais remis à flâner dans le port, la tête en l’air ou vers le sol. Quoiqu’on en dise, certains ici étaient surement au courant du fait que j’étais recherché et je n’avais pas quitté une taverne de gardes pour me jeter entre les pattes de petits malins courant après les récompenses. Tandis que je me faufilais, entre étals et petites ruelles, un attroupement attira mon attention ou plus exactement, les vivats qui en provenaient. Curieux, peut-être trop pour mon propre bien, je m’approchais, subrepticement, me faufilant entre les badauds sans trop montrer mon visage. Après quelques pieds écrasés, et les excuses associées, je me trouvais finalement en bonne vue pour observer la scène. Et quelle scène ! Alors que je m’attendais à une rixe entre deux poivrots qui se disputaient un quignon de pain ou le fond d’une bouteille de mauvais vin, voilà que se jouaient sur le toit enneigé d’une masure un combat visiblement passionnant. Un coup d’œil au sol me fit entrapercevoir, un corps, noyé dans sa propre mare de sang.

Relevant le nez, et les yeux, en l’air, vu que, visiblement, l’action se passait là-haut, je pris le temps d’observer les parties en présence. Plusieurs hommes, apparemment ensemble, portaient des couleurs sombres et un symbole qui me disait vaguement quelque chose, mais dont je ne me souvenais pas immédiatement. Un bref murmure vers un badaud autour de moi. « C’est qui les gars, là-haut ? » Et voilà que j’apprenais qu’il s’agissait du Gantelet. Brrrrr. On n’en racontait pas des bonnes sur ces gars-là et il faisait peur à voir. Mieux ne valait certainement pas trop s’y frotter. Je détachais mon regard des brutes pour les porter sur leur victime et je restais saisi quelques instants. Une jeune femme, blonde, avec des… ailes. Diantre. Une Aasimar, sans l’ombre d’un doute, s’il était encore possible de douter avec ces ailes. En tout cas, ça expliquait pourquoi le Gantelet en faisait toute une histoire. Et j’aurai probablement dû m’arrêter là, tourner la tête et m’occuper des mes affaires mais, hélas, je n’arrive jamais à le faire quand il s’agit d’une demoiselle. Surtout que, même si elle se battait bien, au vu du gaillard par terre et des autres qui se tenaient des moignons, elle ne semblait pas en position de force. Je ne me réjouissais pas à l’avance de ce que j’allais faire mais Flynn avait une réputation à tenir, enfin, quelque chose comme ça. Je faisais mon petit bout de chemin à travers la foule, faisant mine de m’éloigner, avant de prendre dans une ruelle adjacente et trouver mon bonheur : un chemin d’accès vers le toit. Enfin… Accès. Comprenez par là un ensemble de prises qu’il me serait facile d’utiliser pour crapahuter jusque là haut. Ce qui ne fut pas bien difficile, mais laissa perplexe une petite fille qui regardait par la fenêtre et à laquelle j’avais adressé un petit coucou au passage.

Arrivé sur le toit, j’eus une nouvelle perspective sur le combat en cours et qui, visiblement, ne se déroulait pas bien pour l’Aasimar qui semblait en fâcheuse posture avec ce qui semblait être le chef. Avançant prudemment sur les tuiles enneigées, veillant à ne pas attirer l’attention – et donc restant du côté où la foule n’était pas amassée – je m’approchais encore avant d’assister à la démonstration de la jeune femme qui planta une petite lame dans le cou de son agresseur, le laissant choir. Elle avait de la ressource mais, au vu du sang qui coulait sur son épaule, semblait également mal au point et, surtout, désarmée. Incertain sur la réaction des deux soldats restants, je m’approchais deux, en silence, tandis qu’elle les invectivait à partir. Ce qui, apparemment, n’allait pas être leur choix. Ils allaient d’ailleurs charger vers elle, s’époumonant déjà, lorsque je leur touchais l’épaule. « Excusez-moi, messieurs. » Ils se retournèrent, surpris. « Je voulais vous prévenir, c’est glissant par ici. » Et, joignant le geste à la parole, je déséquilibrai l’un, puis l’autre, d’un petit coup de pied. La neige fraiche aidant, ils tombèrent d’abord les fesses sur le toit, puis dégringolèrent de ce dernier. « Ce n’était pas faute de vous avoir prévenu ! » Les deux gaillards amochés, mais encore en vie, ne semblaient pas vouloir s’en mêler, trop occupés avec leurs blessures. Une bonne chose. Alors que j’allais me présenter à la jeune femme, je me rendis compte qu’elle était tombée sur le toit elle aussi, heureusement, elle n’en avait pas glissé. Il valait mieux ne pas trainer par ici. En quelques pas, je la rejoignais, la prenait tant bien que mal dans mes bras avant de continuer, prudemment, mon chemin sur les toits. Les deux autres finiraient bien par rameuter tout le quartier…

Tandis que je slalomais entre les toits, cherchant un endroit où je pourrais descendre sans risquer de me blesser ou de blesser l’Aasimar davantage, j’espérais que personne ne nous suivait. La foule avait surement eu son dû et les deux gardes avaient semblé être hors d’état de nuire pour un petit moment. Un bref coup d’œil derrière moi me permit d’être convaincu de cela et un peu plus serein. Quelques toits plus tard, je me souvenais d’un petit boui-boui qui servait aussi d’auberge. Ce n’était pas ça qui manquait au port. Préférant néanmoins ne pas rentrer avec une femme inconsciente et blessée entre les pattes – parce que ça attirait quand même l’attention – je décidais de la laisser, pendant quelques instants, sur le toit. La déposant avec précaution, espérant que quelques minutes dans la neige ne la mettrai pas plus mal qu’elle ne l’était déjà, je descendis d’un bond leste avant de faire le tour et d’entrer dans le bâtiment et prendre une chambre – au dernier étage, bien entendu – Une fois à destination, j’ouvrais la fenêtre, grimpais sur le toit et récupérais la femme ailée, avant de la descendre, tant bien que mal, par la même fenêtre. Je dus admettre que ce ne fut pas le plus facile, mais je dois pouvoir me vanter qu’elle n’en a pas trop souffert, enfin, je crois. Je la déposais sur une chaise avant d’observer la plaie à son épaule qui avait laissé couler beaucoup de sang. Ce n’était pas beau à voir, mais un peu de fil et du repos et cela devrait aller. Il restait à espérer que le Gantelet ne nous trouverait pas tout de suite.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Lun 2 Mar 2015 - 14:47



Ah...Elle avait un mal de tête terrible, mais au moins, elle était vivante. Ouvrant ses yeux, rendu d'un émeraude pâle, elle observa le chambre. C'était miteux, sale et petit, une fenêtre sur le côté, assez grande, était très mal isolée, causant un courant d'air froid. Frigorifiée, elle se rendit compte qu'elle n'avait plus ses vêtements, seule une chemise fine et légèrement transparente la recouvrait.Qui l'avait dévêtu? De tout son coeur, elle espérait que c'était Samael. Les joues en feu, ses yeux cherchaient ses vêtements, ils étaient en mottons sur une chaise délambrée, sa cape blanche tâchée de sang. Son sang mélangé à celui de ses agresseurs. Pâle, elle déglutit à cette vision, ce manteau allait lui rappelé à jamais cette funeste attaque. Triste, elle se pelotonna dans une couverture de laine, sentant l'humidité et le moisi,  et fit une grimace de douleur. Son épaule lui faisait un mal de chien. Baissant les yeux, elle vit qu'on avait recousu maladroitement sa blessure avec du fil et une pommade crasseuse, sûrement fait d'ail et d'huile d'argan brûlée, la recouvrait.

« Ça va devenir une bien laide cicatrice. Quand j'aurais la force, je la guérirais grâce à la lumière» Pensa-t-elle faiblement.

 Une larme coula le long de sa joue, elle fixa le plafond. Certes, elle était maintenant en vie, mais son coeur était profondément peiné. Elle se souvenait de l'attaque, dans les moindres détailles, du sang ravageant le sol, des cris de douleurs et des regards agonisants.Toutes ces vies qu'elle avait  tué pour se défendre et pourquoi? Parce qu'elle était née Aasimars? Un être qui avait jamais demandé de naître, une vie qu'on lui avait accordé, et ce, dotée d'ailes? Éradiquer des innocents, à cause qu'ils étaient les descendants de créatures de l'Outre-Monde et d'humains d'Ildirith, étaient terriblement injustes. Les disciples du Gantelet entretenaient une vengeance personnelle,comme s'ils étaient nés en ce temps ancestrale, où l'équilibre de ce monde prenait forme dans la confrontation du chaos et de la lumière. Cette haine était injustifiée, car ce temps était terminé, la paix était rétablit depuis longtemps. La seule chose que voulait les Tiefflins et les Aasimars étaient de vivre dans le calme et la sérénité. Pourtant, le Gantelet, aveuglé d'anciennes haines, propre à leurs ancêtres, appréhendait une menace obscure.  L'un des agresseurs avait parlé du chef du Gantelet, ce Masque d'acier, qui avait fait renaitre du passé cet Ordre cruel et extrémiste.

« Masque d'acier, tu pourriras dans ton injustice. J'espère que Phélemée et Solarim te maudiront jusqu'à la moelle.» Pensa-t-elle le visage crispé et sombre.

Où était passé l'innocente Aasimars? Celle dont le coeur était rempli de compassion et d'amour. Depuis la mort de son père, la vengeance remplissait son cœur, plutôt qu'une véritable envie de justice. Elle prit conscience de cela et désemparée, elle pleura à chaude de larmes. Elle avait l'impression que le mal était partout, ainsi que la persécution. Même avec sa cape de plumes, la malfaisance ne la laissait pas en paix. Qu'allait-elle faire? Elle repensa à ses parents, deux Aasimars si animés par le vie, si beaux et si bons. Ils lui manquaient tant. Son père l'aurait sûrement encouragé à continuer  ses aventures, que ce genre d'épreuve était nécessaire pour acquérir une meilleure technique au combat. Tant qu'à sa mère, si sage et si douce, elle lui aurait dit de prendre cela comme une leçon de vie, qui l'a pousserait à gagner de la maturité et du réfléchit. Du réfléchit...Non, encore une fois, elle n'avait rien comprit, elle avait agit impulsivement. Qu'est-ce qui lui avait passé par la tête d'aller dans ce Port? Courir après un amour impossible et se mettre en danger à ce point? Elle était si insouciante et encore un fois, elle avait faillit, pour la deuxième fois, mourir. D'un soupir, elle laissa ses larmes coulées sur son visage, telle une eau purificatrice. Il était tant qu'elle grandisse, être adulte ne consistait pas seulement savoir se défendre, mais aussi être intelligent et sage. Samael l'avait fait promettre de ne pas se mettre en danger et bien entendu, elle n'avait pas obéit.

« Plus jamais je vais me mettre en danger inutilement, ni attaquer sans réfléchir aux conséquences. Je respecterais le code des Redresseurs, je ne tuerais pas avant d'être sûr que cela soit juste. Après tout, ces disciples du Gantelet m'avaient seulement demander de les suivre. J'ai eu peur, je les ai menacé, c'est en partie de ma faute. Par les Dieux! Qu'ai-je fais? Maintenant je risque d'avoir l'Ordre au complet à mes trousses...Mes mains sont tâchées de sang,je suis aussi pire qu'eux! Phélemée, pardonne moi. »

Sa culpabilité était si grande qu'elle se demandait comment les guerriers pouvaient tuer en continuant de vivre normalement. Sûrement qu'ils n'étaient pas aussi émotifs et sensibles qu'elle. De ce côté, Eleonor tenait plus de sa mère que de son père, elle était sûrement destinée plus à guérir qu'à se battre. Cette prise de conscience allégea ce sentiment étouffant. Elle voulait vivre et laisser vivre,tuer était la dernière nécessitée. Après tout, elle était une Redresseur, pas une meurtrière. Son regard porta vers le dehors, un tourbillon de la neige constituait l'unique horizon. Au-delà du silence, elle entendait un écho de chants et de rires. Elle était vivante et la vie en elle-même avait repris son court.  Le regard lasse, elle rêvait d'un endroit paisible, où les Tiefflins et les Asimaars vivraient en paix, sans persécution et protéger du mal. Existait-il ce genre d'endroit?

«-Tout est possible dans ce monde extraordinaire.» Avait murmuré son père en caressant sa tignasse dorée. Pourquoi  lui avait-il dit cela? Ah oui, car petite,elle avait rêvé d'une licorne et elle lui avait demandé si cela existait. Elle sourit, ce souvenir lui fit du bien, et lui redonna espoir.

« Oui, tout est possible dans ce monde si beau et si dangereux à la fois.»
Se dit-elle.

C'est alors qu'Eleonor se souvenait d'un livre  décrivant un lieu légendaire, où les Asimaars comme les Tiefflins vivaient en harmonie. C'était une souvenir flou, enfuit depuis longtemps dans sa mémoire. À cette époque, elle n'était pas intéressée par ce genre d'endroit,préférant les forêts sauvages peuplant d'êtres étranges et dangereux, mais maintenant, elle aspirait rien d'autre qu'à connaitre la paix et le bonheur.  Comment cette contrée s'appelait déjà? Ah oui...Quiétude.Heureuse, Eleonor sourit, car elle avait à nouveau un but, plus serein. La jeune femme voulait découvrir cet endroit paisible et y rester, et ce, jusqu'à la fin de sa vie. Ce paradis existait et ce n'était sûrement pas à Terrovia ou autres contrées dangereuses, pleins d'ennemis et d'adversaires redoutables, qu'elle allait le trouver. Pour la première fois, elle décida de ne pas courir après le danger et de faire marche arrière.Elle allait retournée au Château des Redresseurs et chercher dans la grande bibliothèque le livre en question, afin de chercher où exactement Quiétude se trouvait, ensuite, elle s'y rendrait. Elle soupira, l'esprit plus en paix.

Certes,  le Gantelet allait vouloir se venger, mais elle ne ferais pas exprès pour trainer dans ses pattes, elle éviterait les chemins trop fréquentés jusqu'au Château Pour l'instant, ce qui comptait, c'était de se reposer et aussi, de remercier son bienfaiteur. Le cœur en chamade, elle espérait que c'était Samael,seul lui aurait pu prendre soin d'elle comme cela. Plus convaincu que jamais, elle s’arrangea pour défaire ses superbes cheveux dorées et les étendre sur son oreiller. De plus, pour redonner de la couleur à son teint claire et lumineux, elle se pinça les joues, puis écarta légèrement le collet de sa chemise, laissant voir l’embrasure de ses seins pleins et ronds. Ainsi, sans parure ni fla fla, purement sensuelle, elle avait l'intention de l'éblouir. C'est alors que des cris indignés, autant d'hommes que de femmes, se firent entendre à l'extérieur, un véritable brouhaha qui attira son regard vers la piètre fenêtre. La paix éphémère fit place à l'inquiétude. Que se passait-il à l'extérieur?


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Mar 10 Mar 2015 - 13:09

Après un peu d’observation, je m’étais mis en quête de quoi recoudre la plaie qui saillissait l’épaule de l’Aasimar. J’étais descendu dans la salle principale de l’auberge et l’aubergiste, ou sa femme, je n’aurai su le dire avec certitude, bien qu’elle semblait de taille à diriger cette affaire, me fournit une aiguille grossière et du fil qui feraient l’affaire. M’assurant que la jeune femme étaient toujours inconsciente, je passais la pointe métallique à la flamme d’une bougie pour la nettoyer avant d’y accrocher le fil puis, avec une aisance toute relative, j’entrepris de faire quelques points. Cela n’avait rien d’un travail d’artiste, mais, malheureusement pour elle, je n’avais rien d’un excellent chirurgien. Et si l’aubergiste pouvait penser que j’avais besoin de cela pour reprendre l’un de mes vêtements, je ne souhaitais pas réellement lui prouver le contraire en lui demandant si elle était douée pour recoudre des plaies. Moins de personnes savaient que nous étions ici, plus les chances étaient élevées d’échapper au Gantelet qui ne laisserait probablement pas tomber compte-tenu de l’état d’une de ses patrouilles. Après avoir recousu la plaie, qui n’était pas jolie à voir mais avait le mérite de limiter le saignement, j’appliquais un baume bon marché que je mettais procuré plusieurs jours plus tôt pour soigner une de mes plaies, justement. L’application terminée, j’observais la jeune femme et me convainquit qu’il était peut-être plus judicieux de l’allonger. La débarrassant avec douceur – et chasteté – de ses vêtements, ou plutôt des couches supérieures, je la déposai finalement entre les draps, qui ne dataient pas de la dernière pluie, avant de les remonter sur elle. Je rangeais ses affaires sur une chaise près du lit avant d’aller jeter un œil par la fenêtre. Tout semblait calme, mais quelque chose me disait que cette histoire n’était pas terminée, voire même que nous en étions bien loin.

Posant un regard sur l’inconsciente qui semblait être seulement endormie. Dans un soupir, je traversais la pièce avant de finalement quitter la chambre pour redescendre. Mieux valait prendre les devants pour ne pas se faire surprendre par le Gantelet. S’ils devaient être pris au piège dans cette chambre, la suite des évènements serait presque inévitable et, dans tous les cas, n’augurait rien de bon pour eux deux. Je quittai l’auberge et me redirigeai vers les lieux de l’attaque, tout en faisant extrêmement attention à emprunter les ruelles les plus désertes. Je n’avais aucune idée d’où en étaient les choses. Le Gantelet pouvait avoir déjà entreprit des recherches ou cherchaient simplement des témoins et des informations, difficile de savoir sans jeter un œil. Après quelques longues minutes, je parvins finalement à portée de vue de l’endroit de l’affrontement. Plusieurs personnes se trouvaient là et les corps des soldats étaient rassemblés sur un chariot. Quelques passants semblaient donner leur version des faits à des hommes qui, sans aucun doute, faisaient parti du Gantelet. Cela n’augurait réellement rien de bon. Je n’avais aucune idée des ressources que pouvait déployer cette organisation mais elle ne semblait pas à même de laisser passer la mort de certains des siens, surtout par une Aasimar. L’un des passants pointa son doigt dans ma direction, m’arrachant un frisson, mais, heureusement, il ne me pointait pas directement, se contentant de donner une indication au soldat : la direction de ma fuite, sur les toits. J’en avais assez vu. Je fis demi-tour, prestement, avant de prendre la direction de l’auberge, via une autre route. Il fallait partir, vite, sans trainer. Mais avec une comateuse, cela semblait compromis. Il me fallait une idée, et vite. Au détour d’une ruelle, un petit marché de quelques étals me donna l’occasion dont j’avais besoin.

L’auberge était à quelques rues à peine, mais, du fait de la disposition des ruelles alentours, ce quartier était un passage quasi-obligé. Si les soldats du Gantelet devaient venir par ici, ils n’auraient d’autres choix que de passer par là. Dans un sourire, je me faufilais parmi les passants et, d’un geste précis et rapide, je subtilisais une marchandise avant de la laisser glisser dans la poche d’un des passants. Puis, sans attendre, je le saisissais par l’épaule. « Dites donc, vous n’avez pas honte de voler cette marchande ? » L’intéressée ne se fit pas attendre pour réagir et une fois la babiole désignée dans la poche de l’homme, il ne me restait plus qu’à m’esquiver, avant de regarder, de loin, la foule prendre parti. Les jurons fusaient et, avec un peu de chance, il y aurait une petite animation d’ici peu. Je rentrai alors dans l’auberge, remontant à la chambre avant d’ouvrir la porte. Un regard suffit à me rendre compte que la blessée était réveillée. « Vous êtes réveillée ? Bien ! Nous dev… » Je fronçai les sourcils notant ses cheveux éparpillés sur son oreiller, je ne l’avais pas laissée ainsi, si ? Je secouai la tête et m’approchai d’elle. « Nous devons partir, le Gantelet finira par venir fouiller les environs. Vous pensez pouvoir vous lever et marcher ? » Certes, j’étais surement capable de la porter, encore, mais ce serait plus discret si nous pouvions sortir tous les deux sur nos pieds, même si elle devait prendre appui sur moi. « Je me suis arrangé pour que nous gagnions un peu de temps, mais cela ne les arrêtera surement pas très longtemps. » Tout au plus se frayeraient-ils un passage l’arme au poing et un « désaccord » marchand ne les perturberait pas plus que ça. Tandis que je continuais à la regarder, je ne pouvais m’empêcher de penser tout haut. « Vous avez chaud ? »
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Jeu 12 Mar 2015 - 18:40

Elle entendit des pas dans l'escalier, resta immobile, les yeux palpitants comme une biche. Son coeur fit un bond quand l'homme entra et ce n'était pas...Samael, loin de là. Surprise, elle le fixa d'un regard indécis et confus, oubliant pour un temps son accoutrement indécent.

-Vous êtes réveillée? Bien! Nous dev....
Il ne fini pas sa phrase, le regard à la fois étonné et désappointé tourné vers elle. Eleonor le vit froncer des sourcils, il semblait perplexe,elle ignorait que c'était dû à sa chevelure d'or défaite. Secouant la tête, il continua néanmoins à parler, cette fois avec plus d'assurance. Il expliqua précipitamment qu'ils allaient devoir partir tout de suite, car le Gantelet allait arrivé sous peu et que c'était le bon moment, car il avait provoqué une diversion.  C'était sûrement les cris indignés d'êtres humains enragés qu'elle avait entendu tantôt. Son mal de tête s'accentua devant cette déception, ce n'était pas Samael, et son épaule lui faisait encore très mal. Pouvait-elle se lever et marcher? Sûrement, quelques petits pas, mais elle se sentait très faible, mal en point et incapable de se battre si nécessaire. Peut-être, lui, cet étranger, allait la défendre, mais rien n'était sûr. Pouvait-elle lui faire confiance? Certes, il lui avait sauvé la vie, mais l'Aasimars ignorait s'il avait un intérêt caché derrière son acte héroïque.  Trop de pensées et de peurs défilaient dans sa tête, elle ferma les yeux et se frotta les tempes, pendant que  son héroïque sauveur,ressemblant plus à un pirate qu'autre chose, la dévisagea de haut en bas.

-Vous avez chaud? demanda-t-il fixant  l'embrasure alléchant de ses seins. Elle cessa de se masser les tempes, fronça les sourcils,et baissa le regard à son tour. Bon sang! Cramoisie, Eleonor lui jeta un oeil farouche et tira aussitôt son drap miteux sur elle. Toujours écarlate, elle lança sèchement:
-Non, j'ai très froid! Et pour en revenir à votre question, et bien,  je ne peux marcher. Je me sens trop faible, ma blessure me fait souffrir et elle risque de s'aggraver. De plus, je ne pourrais pas combattre si...
Eleonor s'interrompit aussitôt et se sentit soudain très anxieuse. Détourna ses yeux verts de son interlocuteur,  elle chercha précipitamment ses armes dans la pièce. Dans un coin, elle ne vit que son arc et une de ses dagues étoilées. Blême, elle marmonna:
- Mon épée et ma dague, où sont-elles?!


Elle le dévisagea à nouveau, désemparée. C'était l'unique souvenir qu'elle gardait précieusement de son père, un héritage familiale datant de sept générations. Si elle les avait définitivement perdue, cela serait un véritable drame. Presque affolée, elle le dévisagea intensément, une lueur soupçonneuse fit briller l'émeraude de ses yeux. Et si c'était lui qui les avait prise? Avec soulagement, elle nota qu'il n'avait aucune de ses armes sur lui et aussi qu'il était à coup sûr un Éladrin, peut-être un exilé de l'île d'Étragore? C'était la première fois qu'elle voyait, disons, «un mâle» de cette race. Voyant qu'il ne répondait pas, elle soupira d'impatience, sans pour autant cesser de le scruter.  Il était grand et athlétique, mesurant environ un mètre quatre-vingt sept, avait des cheveux mi-longs, parsemés de gris anthraciques, quelques mèches rebelles tombaient sur son front. Sa peau grise, digne d'un véritable Éladrin, contrastait avec son regard de brume, un gris-pâle de tempête, où une lueur de malice pétillait.  Le regard de l'Aasimars s'attarda à ses traits droits, très séduisants,ainsi qu'aux lèvres charnues et bien dessinées, mais masculines à souhait. Rougissante, la jeune femme détourna les yeux en pensant:

 «Il doit  très bien embrassé. Quel âge peut-il avoir?»
Cela était difficile à évaluer, car bien que la couleur de ses cheveux appartenaient à un homme plus âgé, il dégageait de la jeunesse et de la vigueur. Le silence se fit, elle était intimidée et ne savait comment se comporter,car outre Samael, elle avait rarement été en compagnie d'une personne aussi belle. C'est alors qu'un brouhaha se fit entendre, mais cette fois,ce fut au sein de leur auberge. Une voix de tonnerre s'exclama:

- Ohé, Ohé! Nous recherchons une Aasimars et un Éladrin qui auraient  attaqué impudemment des disciples de notre Ordre, le Gantelet. Nous vous prions de bien vouloir nous livrer ces deux criminels, en échange, vous allez recevoir une prime considérable. Les deux créatures sont beaux de leur personne, la femelle a des ailes blanches et une chevelure d'or. Surnommé Flynn le Voltigeur, l'Éladrin est grand, aux cheveux noirs grisâtres et  à la peau grise. Veuillez nous informer le plus rapidement possible si vous les voyez. Vous serez très bien récompenser. 


Il y eu un murmure dans la salle, la plupart semblait excité par l'offre proposée. Beaucoup de marins et de corsaires étaient coincés au Port à cause du froid, un contrat de ce genre pouvait rapporter beaucoup et était toujours le bienvenu. En entendant cet hostile discours, Eleonor devint très en colère,car de un, elle n'aimait pas se faire traiter de femelle, et de deux, elle ne se considérait pas comme une criminelle. Bien que jeune, elle  n'était pas naïve, le groupe du Gantelet l'aurait tué de toute manière, que cela soit sur le toit d'une taverne ou en retrait, loin des regards. Elle s'était seulement défendue, tout le monde aurait agis de la sorte, même les disciples du Gantelet. C'était de la persécution pure et net. Rageuse, elle était tentée de se lever et de tuer «le fond de poubelles» qui incitait les marins à la liver. Cependant, elle retint sa pulsion de violence, voulant respecter la promesse qu'elle s'était fait à elle-même et parce qu'elle n'était pas apte à se battre.  L'Éladrin avait raison, ils devaient partir, blessés ou pas, et vite. Ravalant sa rage, elle siffla entre ses dents:

-Bien réflexion faite, partons! De toute manière, nous devons retournés proche de la Taverne, je dois retrouver mes armes, c'est primordiale.
En espérant que personne n'ait volé son épée et sa dague étoilée, elle se leva, mais eu le souffle coupé,puis gémit, le visage crispé par la douleur. 
-Bon sang, quelle torture! Souffla-t-elle les larmes aux yeux. Eleonor plongea son regard dans celui de l'Éladrin et eu une soudaine illumination. Je n'ai pas la force de me guérir, mais vous le pouvez. Je sais que comme le mien, votre peuple a le don de guérison. Essayé, je vous en supplie! 


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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Mar 17 Mar 2015 - 12:48


Pour être tout à fait honnête, je ne m’attendais pas réellement à ce que celle que j’avais ramenée dans cette auberge soit déjà réveillée. La plaie n’était pas mortelle, mais assez sévère pour avoir permis à suffisamment de sang de s’échapper, causant probablement sa perte de conscience. Mais, au fond, c’était une bonne chose. Il était toujours plus facile de se déplacer avec une personne blessée consciente, ne serait-ce que parce que cela permettait quelques libertés impensables sans l’aide de la concernée. Cependant, ce qui m’étonnait, pour tout dire, c’était la façon dont elle était couchée dans ce lit, principalement parce que j’étais persuadée de ne pas l’avoir laissée ainsi. Avait-elle eu un sommeil agité pendant mon absence ? C’était possible… Mais, quand même, en se réveillant, elle aurait probablement remis un peu d’ordre, ou alors venait-elle de se réveiller. Avec le raffut à l’extérieur ? Possible. Mais, tandis qu’elle tirait sur elle la couverture, en arguant qu’elle avait au contraire très froid, je ne pus m’empêcher de continuer à chercher à comprendre pourquoi elle s’était laissée aller ainsi. Malheureusement, je n’avais pas le temps de réfléchir à la question bien longtemps. Le Gantelet ne tarderait pas à arriver et, pour être honnête, je n’avais pas envie de finir entre leurs griffes. Principalement parce qu’ils n’étaient pas réputés pour être d’excellents hôtes. La réponse de la jeune femme ne me surprit guère. Elle était blessée et probablement pas remise des évènements des dernières heures. Il n’y aurait pas le choix, il devrait à nouveau la porter. Les toits semblaient l’échappatoire idéal, mais quelque chose lui disait que leurs adversaires ne se feraient peut-être pas avoir deux fois. Le Port de Bélin fournissait suffisamment de ruelles pour pouvoir fausser compagnie à n’importe qui, mais encore fallait-il pouvoir sortir de là.

Tandis que je réfléchissais à la suite des évènements, une question vint me tirer de mes pensées. Une épée ? Une dague ? Je posai mon regard sur l’Aasimar. Etait-elle sérieuse ? Je soupirai en silence avant de répondre.

« Probablement encore sur le toit où vous vous êtes battus, si personne n’est allé faire un tour sur ce toit d’ici là. » J’avais dit cela avec calme sans réelle marque d’excuse dans sa voix. Sauver des demoiselles en détresse, oui, mais devoir également faire agent des objets trouvés, non merci. Et puis, de toute façon, j’aurais difficilement pu la porter en plus de son équipement.

« Il faut qu’on bouge, d’une façon ou d’une autre. Si vous n’êtes pas en état, je vous porterai, comme tout à l’heure. On ne peut pas laisser le Gantelet nous rattraper, je n’ai pas envie de moisir dans une de leur geôle en attend… » Trop tard. La voix, bien que lointaine, qui résonna à travers la porte qui donnait sur le couloir signait plus ou moins l’arrivée du Gantelet dans la taverne. Avec la clientèle de l’établissement, les renseignements n’allaient pas tarder à pleuvoir et ils sauraient bien assez tôt dans quelle chambre nous nous trouvions. Je jurai pour moi-même. Avec les gardes en bas, la sortie classique était déjà bloquée. Je m’écartais du lit pour aller jeter un œil à la fenêtre. Les rues ne semblaient pas complètement grouiller de gardes, avec un peu de chance, la plupart étaient rentrés dans la taverne, ne serait-ce que pour échapper au froid. C’était l’occasion ou jamais. Remonter sur le toit, passer quelques blocs et redescendre, pour gagner le couvert des ruelles et, accessoirement, quitter la ville au plus vite. Pour aller partout, mais surtout ne pas rester ici.

« Ravi de voir que vous avez changé d’avis ! » Comme quoi, certaines situations semblent donner des ailes… Même si, pour le coup, elle n’en avait pas besoin. Je me dirigeai vers la chaise où se trouvaient ses vêtements et les prenaient avant de les déposer sur le lit.

« Nous n’avons pas beaucoup de temps, enfilez vites vos affaires. Promis, je me retourne. » J’avais dit cela avait une pointe d’humour, ou d’ironie, enfin, je le pensais vraiment, mais je n’avais aucune idée du niveau de chasteté de la demoiselle et certaines pouvaient être relativement « encombrantes » à ce sujet, alors, histoire de s’activer, autant ne pas chercher à polémiquer. Je n’avais pas spécialement relevé le fait qu’elle désirait retourner sur les lieux de l’agression pour retrouver ses armes. En réalité, j’essayais déjà de trouver comment nous sortir de ce bourbier, tout en évitant de nous replonger dans un autre. Tandis qu’elle se relevait, maudissant sa blessure, je tournais le regard vers elle avant qu’elle ne me demande de la soigner. Oui, le don des Eladrin, comme si je n’y avais pas pensé avant… Merci de la confiance.

« Votre blessure est trop profonde, je ne peux utiliser mon don dessus. Sinon, croyez bien que je ne me serai pas privé plutôt que d’utiliser mes dons de couture. » D’accord, ce n’était peut-être pas dit de la manière la plus gentille du monde, mais, dans tous les cas, nous n’aurions pas eu le temps d’utiliser mon « léger » talent de guérison. Il demandait du temps et, accessoirement, du calme. Et, pour être tout à fait honnête, j’avais la tête ailleurs en ce moment précis. Je pris une grande inspiration.

« Ecoutez, je sais que ça ne doit pas être évident, mais nous devons partir. Maintenant. Enfilez vos vêtements, je m’occupe du reste. « Je me dirigeai vers la fenêtre, y jetai un bref coup d’œil avant de l’ouvrir. Un regard vers le bas m’indiquait que la voie était libre. Ces idiots n’étaient probablement pas sur le toit. Néanmoins, si la tenancière leur disait qu’un Eladrin se trouvait là – personne n’avait vu l’Aasimar – le Gantelet ne prendrait pas trop longtemps à décider de venir vérifier. Une fois sur les toits, il y aurait davantage d’options, mais, pour le moment, il fallait quitter cette chambre, et, pour ça, il fallait qu’une jeune femme finisse de s’habiller.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Mer 18 Mar 2015 - 8:24


Le rustre! Certes, les conditions n'étaient pas propices pour guérir, et sa blessure était peut-être profonde, mais au moins, elle était recousue, ce qui la rendait moins grave qu'à l'origine...Enfin, il aurait pu essayé. N'avait-elle pas réussi à guérir Edwirk, à moitié mort,pendant que la Guilde les pourchassait, elle et Khaad? Sa volonté avait vivifié son don de guérison, car habituellement, comme les Éladrins, les Aasimars ne pouvaient guérir que les blessures  mineures. Elle en conclut qu'il faisait preuve de mauvaise volonté, d'un manque de foi considérable envers ses capacités et qu'elle était sûrement plus puissante que lui dans le domaine de l'imposition des mains. Cette dernière hypothèse la rendit moins morose, et bien qu'il lui avait par deux fois sauvé la vie, en la sauvant des griffes du Gantelet et en la soignant, elle le trouvait très arrogant et brusque.  Bon, maintenant, il voulait qu'elle s'habille seule. Quel être compatissant! Ne voyait-il pas qu'elle souffrait le martyre? Juste enlever sa chemise lui coûta toute son énergie et elle n'imaginait pas remettre ses vêtements par elle-même. Frigorifiée et nue, le pâle de ses joues devint écarlate. C'était la première fois qu'elle était nue devant un homme, bien que celui-ci était de dos et scrutait avec attention l'extérieur. Trop fière, et très gênée, pour lui demander de l'aide, elle essaya de se relever afin de prendre ses vêtements poisseux , mais elle s'écroula en gémissant, le visage rouge et crispé. En ce moment, elle ne devait pas être jolie à voir. D'un soupir exaspéré, Eleonor devait abaissé son orgueil et faire fie de sa chasteté, le temps était à la survie, non pas à la luxure, et beau comme il était, ce pirate devait avoir une certaine expérience au niveau des femmes. Quand il était entré ce tantôt, son regard semblait  indifférent à ses charmes, alors pourquoi s'en faire? Il n'allait pas lui faire du mal, et même si c'était le cas, mieux valait lui que le Gantelet...Relevant la tête fièrement, sa chemise cachant sa poitrine généreuse, elle dit:

-Si vous voulez que je m'habille vite, alors vous feriez bien de m'aider. Je ne peux lever mon bras, la souffrance est pire que vous ne pourriez l'imaginer.  

Allait-il l'aider? Il en avait tant fait pour elle, Eleonor détestait être vulnérable à ce point. N'être pas capable de s'habiller? C'était honteux, elle se sentait comme une arrière grand-mère, une impression très déplaisante. Les conversations avait repris dans l'auberge, plus vives et exaltées, la visite du messager avait eu son effet sur l'assemblée de marins. Son cœur battait la chamade, à tout moment, elle s'attendait à entendre des pas menaçants venir vers leur chambre. Déterminée à s'en sortir, elle se leva tant bien que mal pour mieux s'habiller, mais vertigineuse, l'Aasimars se sentit faiblir et tomba à genoux sur le bord du lit. Son regard vert était brumeux par l'effort, mais elle n'avait pas l'intention de s'évanouir encore une fois. Eleonor en avait marre d'être à la merci des hommes et d'avoir l'air d'une femme fragile et vulnérable. D'abord Samael, puis ce pirate...S'en était carrément gênant. Elle tourna un regard courroucé vers celui-ci, tout en ayant l'air tout à fait normale et habillée, même si c'était totalement l'inverse. Bien que sa poitrine n'était pas visible grâce à sa chemise, son dos d'ivoire était à nue,visible de chaque côté de ses ailes, et seule une culotte fine cachait ses fesses et ses parties intimes. L'Aasimars n'avait aucune idée à quel point elle était, à ce moment précis, terriblement sensuelle et désirable. Sa crinière bouclée, d'un or pure, tombait en cascade sur ses épaules et son corps, svelte et aux formes généreuses, était fait pour l'amour, mais cela, elle en avait aucune idée. En ce moment, elle avait froid, elle souffrait et elle était affamée. La seule chose qu'elle voulait c'était de se vêtir et de partir promptement de ce boui-boui crasseux. Fébrile, elle dit avec impatience:

- Alors, vous m'aidez ou non? Nous n'avons pas toute la journée!

Soudainement, elle se sentait étourdie, Eleonor ferma son regard et prit une profonde respiration. Allait-elle réussir à s'en sortir? Présentement, elle en doutait. Silencieuse, elle attendit que le malaise parte, tout en réfléchissant. Cela ne servait à rien d'être brusque, le climat était assez tendu comme cela. Elle opta pour la douceur, et la reconnaissance. Son vertige passa, elle ouvrit lentement les yeux et reporta son  regard d'émeraude vers l'Éladrin. Même si ses mains étaient crispées sur le drap, elle réussit à sourire et le remercia:

- Pardon de mon attitude, c'est à cause de la souffrance, j'ai eu rarement aussi mal. Vous avez fait beaucoup pour moi, et je vous remercie,de tout mon cœur, je vous dois ma vie. J'ignore comment vous vous appelez, mais moi c'est Eleonor. Notre rencontre à mal commencée, n'est-ce pas?

Disant cela, elle eut un rire nerveux, puis fit une grimace de douleur. Même rire la torturait, c'était ridicule. Reprenant contenance, elle essaya de rester immobile pour ne pas empirer son cas, et continua:

- Peu importe, nous avons au moins un but en commun: c'est de s'en sortir indemne et vite. Je sais que je vous en demande beaucoup, mais je ne peux pas faire autrement. Je vous l'assure, si je pouvais, j'aurais tout fait cela par moi-même et je vous aurais laissé en paix, mais la réalité est que je suis blessée, et j'ai besoin de vous. Auriez-vous l'obligeance de m'aider à me vêtir, s'il vous plait?

Le silence se fit, elle attendit, nerveuse. À chaque fois que des pas passaient devant la porte, Eleonor sursautait. Le danger était imminent, la fuite nécessaire. Elle repensa à ses armes, l'Éladrin avait semblé en désaccord et c'était compréhensible. Sa demande n'était aucunement prudente, même  c'était insensée de revenir à la Taverne, mais ses armes étaient d'une importance cruciale.S'il s'entêtait à ne pas vouloir y retourner, qu'allait-elle faire? Elle ne pouvait même pas marcher et dépendait entièrement de ses bras forts. Elle allait devoir le convaincre à temps voulu, avant qu'ils fuient loin du Port. Il semblait si têtu et résolu, qu'est-ce qui le ferait flanché? Les feux aux joues, elle pensa: « Le charme, bien entendu...et peut-être un peu plus. Comme on dit si bien: «à la guerre comme à la guerre!» Je n'ai pas le choix, je dois les retrouver. Je le dois et tous les moyens sont bons, même celui-là»

Oui, mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Elle n'avait jamais usé de sa beauté pour obtenir ce qu'elle voulait et elle n'était aucunement une séductrice, mais sa détermination fit taire son doute intérieur. Le moment venu, elle allait réussir à le convaincre, il le fallait. C'était son honneur qui était en jeu,ainsi que sa vie. Présentement, les deux étaient en contradiction, l'un disait de rester et de récupérer ses armes ancestrales, l'autre hurlait de fuir. Comme de coutume, Eleonor persista à choisir la décision la moins raisonnable. La sagesse viendrait après.


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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Mar 24 Mar 2015 - 12:38

Je craignais d’entendre à tout moment les pas lourds de soldats parcourir le couloir pour arriver devant la porte de la chambre, qui, il fallait le préciser, ne tiendrait certainement pas longtemps face aux épaules solides des mercenaires du Gantelet. La seule solution qui s’offrait à nous ne me plaisait pas énormément, mais nous n’avions pas réellement le choix. Ou bien ? Le visage tourné vers la fenêtre, je réfléchissais, tout en observant ce qui se passait plus bas. La position stratégique de la chambre, en hauteur, fournissait suffisamment d’aplomb pour avoir une bonne vue sur la rue sans que les passants ne pensent à relever leur nez assez haut pour voir que quelqu’un les observait. Il y avait le toit, la solution évidente, mais loin d’être facile, surtout avec une blessée sur les bras, au sens littéral du terme. Autant, je n’aurais certainement pas de difficulté à m’enfuir tout seul mais ma conscience m’empêchait de laisser la jeune Aasimar à son sort. Qui pouvait savoir ce que le Gantelet allait lui faire subir. Elle avait amoché beaucoup d’entre eux et ils ne laisseraient surement pas cela impuni. Oh ça, ça ne risque pas… Il y avait une autre solution, plus risquée, mais paradoxalement plus facile à mettre en œuvre… Hélas, c’était jouer sur le hasard et je n’aimais pas vraiment remettre mon destin entre les mains des Dieux, ou de toute autre entité qui n’était pas moi. Etre trahi une fois, c’est bien suffisant. Sourd à tout ce qui pouvait se passer autour de moi, j’imaginais ce nouveau scénario. Il n’y avait rien de bien terrible : sortir de la chambre par la porte, la refermer, et crocheter une serrure d’une autre chambre – vide de préférence – pour s’y enfermer. Laisser la fenêtre de la chambre actuelle ouverte et prier pour que le Gantelet pense à courir sur les toits plutôt que fouiller l’auberge toute entière…

Rien que de penser à l’idée de mettre sa vie en jeu sur un coup de chance, je grimaçais pour moi-même. Mais avec une blessée, c’était probablement le plus facile. Elle pourrait plus facilement marcher et traverser le couloir, plutôt que de courir sur les toits enneigés. Mais… La neige… Bon sang ! Impossible de faire diversion… La neige immaculée finirait par nous trahir ! Et même si j’avais laissé des traces à l’aller, lors de notre arrivée ici, ils repèreraient probablement rapidement la supercherie en ne voyant aucune marque s’éloignant de l’auberge. Au temps pour cette solution de secours. Je me maudissais tout seul, cependant bienheureux d’avoir rapidement vu la faille dans ce nouveau plan, quand je fus interrompu dans mes pensées par la demoiselle qui m’alpaguait, me demandant si j’allais l’aider oui, ou non. Je me retournais, instinctivement, j’avais l’impression d’avoir manqué un épisode. Peut-être ne l’avais-je pas entendu la première fois.

« Ca, je vous le… » confirme. Je m’étais arrêté alors que je posais mon regard sur elle. Elle était nue, accrochée au lit, tenant à peine debout. Sa blessure n’avait rien de bien joli, mais ce genre de blessure n’était que très rarement beau à voir. Dans une autre situation, cette vision aurait presque pu être agréable, s’il n’y avait pas eu cette imminence de problèmes à venir. Par décence, je me tournais de moitié, regardant le mur, ne serait-ce que par principe. Il y avait des choses qui ne se faisaient pas. Elle s’excusa finalement pour sa réaction et sembla essayer d’enterrer la hache de guerre, bien que je n’ai jamais eu conscience de la déterrer, d’une manière ou d’une autre. Je soupirai doucement.

« Flynn. » J’haussais les épaules en silence. « Et ne vous en faites pas, j’ai connu des rencontres bien pires. » Difficile de dire si c’était réellement le cas. Mais, au fond, je m’en fichais. J’avais conscience que je n’avais pas été des plus correct non plus, mais, apparemment, mieux valait laisser cela au passé. Je tournais légèrement la tête lorsqu’elle évoqua son plaidoyer pour me pousser à l’aider. Puisqu’il semblait n’y avoir aucune autre solution, mieux valait effectivement mettre la main à la pâte, si l’on pouvait le dire ainsi. « Je vous préviens, j’ai plus d’expérience dans l’opération inverse. » Je la rejoignis en quelques pas, le regard fixé sur le plancher. Je l’attrapais doucement par le bras, avant de la soutenir pour l’aider à se rasseoir sur le lit. Je récupérai ensuite ses vêtements avant de l’aider à les enfiler, petit à petit, m’autorisant à la regarder une fois les premières couches vêtues. L’essentiel était de lui éviter le maximum de mouvement avec son épaule ce qui, il fallait le préciser, n’avait rien d’évident. Mais, heureusement, nous fumes assez rapide pour en terminer avec cette étape. Je finissais par l’aider à enfiler ses bottes avant de me relever.

« Bien. En route. Venez. » Je m’approchai d’elle avant de l’aider à se relever pour passer son bras – celui qui n’était pas blessé – sur mes épaules afin de lui servir d’appui et la menait vers la fenêtre. J’ouvrais cette dernière avant de jeter un œil en contrebas. Toujours personne pour les surprendre. « Je vais jeter un œil en haut et je vous aiderai à monter. Ce ne sera pas une partie de plaisir, mais je ne peux malheureusement pas faire mieux. » Puis, sans attendre la suite, je passais agilement par la fenêtre pour grimper sur le toit qui n’était pas bien haut. Il n’y avait personne. Bien, une bonne chose. Je redescendis. « Venez. » Je tendais mes bras pour l’aider à passer la fenêtre et me rejoindre sur le petit balcon de bois. « Je vais vous soulever, et vous aider à rejoindre le toit, mais vous devrez surement y mettre du votre. Ca risque de faire mal, mais, je n’ai rien de mieux en stock. » Je jetai un œil en contrebas. Mieux valait ne pas trainer. « Prête ? »
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Mer 25 Mar 2015 - 9:38

Après s'être présenté et l'avoir rassuré concernant leur rencontre, il l'avait aidé à se rasseoir délicatement sur le lit et avec une infinie douceur, sans rien dire,  il l'aida à se vêtir.Au début, il ne posa pas ses yeux sur elle, une attention courtoise digne d'une gentleman, Eleonor lui en était grandement reconnaissante. Dès que sa tunique grise fut enfilée, il s'était permis de la dévisager, tout en continuant à la vêtir. Décidément, ses  yeux gris étaient magnifiques,d'une profondeur invitante, elle avait l'impression de plonger au cœur d'un ciel argenté, fait de passion et de courage.  La gêne et le mal à l'aise s'étaient volatilisés, il avait le geste sûr, lui promulguant un sentiment de sécurité et de confiance. Il n'allait pas lui faire de mal. Il entoura son bras autour de sa taille et sa s'approcha très proche d'elle, afin de l'aider à mettre son pantalon. Se penchant vers l'avant, son torse vain effleurer sa poitrine et sa joue caressa furtivement la sienne. Par cette étreinte involontaire, elle sentit une chaleur sensuelle l'imprégner. Ah, qu'elle était sotte! Un simple touché et la voilà en pâmoison, cela paraissait qu'elle n'avait aucune expérience avec les hommes. Une femme mûre aurait été  indifférente, mais pas Eleonor, qui réprima  l'envie de fermer les yeux et de s'abandonner complètement. Ce n'était pas le moment, elle était blessée et il fallait partir. Se concentrant sur l'action présente, elle essaya de l'aider de son mieux, utilisant son bras valide pour tirer le pantalon vers le haut. Ouf...Ils avaient réussi, il ne manquait que les bottes. Il alla les chercher, puis se pencha pour mettre ses pied dans chacune d'elles. Le visage penché, elle pouvait admiré la nuance de noire et  de gris anthracite de ses cheveux .Eleonor n'avait jamais vu une telle couleur, sa chevelure était aussi contrastante que ses yeux, le tout, avec la couleur de sa peau, créait une parfaite harmonie. Le convoitant du regard, elle pensa:
« Un chef d’œuvre de la nature, quoi! Je comprends pourquoi il a plus d'expérience à déshabiller qu'à habiller ses conquêtes. Comment une femme, toute race confondue, pourrait lui résister? »

Rare devait être celles qui lui disaient «non» quand l'occasion se présentait, ce qui n'était pas le cas. La survie était la priorité, il était grand temps de filer. Finissant sa tâche parcimonieuse, il se leva et dit qu'ils devaient se mettre en route. Promptement, il mit son bras valide autour de son cou, et l'aider à se lever pour se diriger vers la fenêtre.  Elle aurait dû y pensé, c'était un choix inévitable, car après la visite du Gantelet, sortir par la porte d'entrée était fort peu prudent. Elle jeta un petit coup d’œil à l'extérieur, il n'y avait personne, accéder à la rue serait facile.
« Je vais jeter un œil en haut et je vous aiderai à monter. Ce ne sera pas une partie de plaisir, mais je ne peux malheureusement pas faire mieux. »

Hein? D'une manière très agile, Flynn s'éclipsa sur le toit. Quoi? Non,non,non! Elle ne pouvait aller sur le toit avec sa blessure. C'était impossible, il était complètement fou.  Après un instant, Eleonor le vit redescendre sur un balcon en haut de sa tête, il se laissa glissé, tandis les bras et dit simplement: «venez». Elle le fixa d'un air niais, sans bougée. Peut-être avait-il pensé qu'elle avait  besoin de plus d'explications? Or, son doute devint une certitude quand il confirma:
« Je vais vous soulever, et vous aider à rejoindre le toit, mais vous devrez surement y mettre du votre. Ça risque de faire mal, mais, je n’ai rien de mieux en stock. »

Elle déglutit, se sentant soudainement faiblir à nouveau. Il voulait vraiment qu'elle monte sur le toit, ce n'était pas une plaisanterie. Enfin, pourquoi? Se faufiler dans la foule n'était pas suffisant? Si quelqu'un oserait levé le nez en l'air, ils allaient être aperçus à coup sûr et dénoncés. Bien que la majorité des gens étaient trop occupés à fixer le sol, perdu dans leurs pensées, c'était tout de même très risqué. Un Éladrin sautant de toit en toit en portant une femme ailée dans ses bras ne passerait pas inaperçu. Elle s'apprêta à s'opposer à ce plan d'évasion peu judicieux, mais  il ne lui laissa pas le temps de s'obstiner. «prête?» Avait-il dit à la fois encourageant et catégorique. Non, elle ne l'était pas! Crispant ses mains sur la fenêtre, elle prit une profonde respiration, essayant de trouver une autre solution. Certes, l'obstacle de la fenêtre était inévitable, d'une manière ou d'une autre, elle devait sortir par là.Effectivement, cela allait faire mal, mais  se faire tirer vers le haut serait une véritable torture. Courroucée d'être à sa merci, elle répondit:

-Sachez que je suis contre ce plan et si je cris de douleur, cela va être uniquement de vôtre faute! Certes, je comprends qu'on soit en mauvaise posture, mais franchement, on pourrait trouver mieux et...
-Oui, je m'en rappel messieurs! J'ai aperçu l'Éladrin, il doit être avec l'Aasimar, car j'ai vu quelques plumes sur son manteau. Venez, j'en suis sûr qu'ils se trouvent dans l'une de ses chambres!S'exclama une voix joviale qui l'interrompit.

Les pas arrivèrent promptement vers le seuil de leur porte. Ce fut comme si elle  reçu une décharge électrique. Son adrénaline atteignit son apogée, faisant fie de la douleur, elle tendit les bras et saisit les mains de Flynn. Par les Dieux, elle avait l'impression que son bras allait arracher. Les larmes aux yeux et les dents serrées pour s'empêcher de hurler, Eleonor se laissa tirer sur le balcon. Ses jambes se balançant mollement dans le vide allèrent,involontairement, fermer les volets de la fenêtre, dissimulant leur fuite. Au moment où Flynn réussit à la hisser, les disciples et le tavernier entrèrent dans la pièce. À part un lit défait et une chaise délabrée, la chambre était complètement vide, sans âmes qui vivent. Embarrassé, il se gratta la nuque, se tourna vers les guerriers et supposa:
-Peut-être dans la chambre à côté? Allons-voir!
Il se dirigea vers la porte, mais l'un des disciples fixa le lit. Il était couvert de plumes et  du sang tâchait les draps. La mâchoire crispée et l’œil mauvais, il dit:
-Non, ils étaient ici. C'est bien ce que je craignais,ils ont réussir à s'enfuir. Nous allons augmenter nos patrouilles, autant dans les rues que sur les toits. Il faut qu'on bloque toutes possibilités de fuite.

Disant cela, ils sortirent bruyamment et claquèrent la porte. Eleonor put afin respirer et vint déposer sa tête sur la poitrine de Flynn, oubliant toutes convenances. Elle était tellement épuisée qu'elle sentait l'évanouissement venir. Fermant les yeux, elle se concentra sur le battement cardiaque lent et régulier, cela la réconforta grandement. Peu importe le danger qu'ils risquaient, Flynn restait calme et maître de lui.  Il était là et allait la protéger jusqu'au bout, sinon, il se serait déjà enfuit sans elle. Tendrement, l'Aasimar sourit et plongea son regard vert  dans le sien en demandant:
- Avez-vous déjà penser devenir chevalier?
C'était une question  incongrue et spontanée, venant alléger le danger de la situation. Même s'il était un pirate et un hors-la-loi, dont la tête était mise à prix, elle trouvait qu'il faisait preuve d'un courage et d'un sens de l'honneur admirables. Ses nobles qualités lui rappelaient son père ainsi que tous les autres chevaliers de l'ordre des Redresseurs qu'elle avait rencontré. Elle ne pouvait que remercier les Dieux d'être tombée sur un être aussi bienveillant, noble et surtout, agile. Elle garda son sourire, attendant sa réponse avec un intérêt non-dissimulé.


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Lun 30 Mar 2015 - 11:32


Je pouvais affirmer, sans hésitation, que c’était probablement la première fois que j’avais une fille nue en face de moi que je finissais par aider à s’habiller. Même si je n’étais pas spécialement du genre à courir après les femmes – car il fallait l’admettre, les voyages en mer ne permettaient pas vraiment toujours de satisfaire ces pulsions là – je prenais plutôt du temps à les déshabiller que l’inverse. Enfin, on pouvait aussi dire que c’était un cas de force majeure et qu’il était difficile de faire autrement. Après tout, cela aurait été soit cela, soit la laisser là, seule dans cette chambre, à attendre que les soldats du Gantelet finissent par trouver la bonne pièce et ne mettent la main dessus. J’aurais pu le faire, je le savais. Tout comme j’aurais aussi pu ne pas intervenir quelques heures plus tôt sur ce toit enneigé. Mais c’était plus fort que moi. Si encore elle avait été une criminelle avérée, peut-être aurais-je pu ne rien faire, mais là… C’était plus fort que moi. Peut-être parce que ma situation elle-même était injuste et que je ne souhaitais à personne de s’y retrouver. Mon nom commençait à se répandre dans l’ensemble des royaumes mais je restais encore un inconnu par ici. Viendrait le jour où je n’aurais plus d’endroit pour me cacher, et où j’aurais probablement besoin de fuir, encore et toujours. Voilà une situation que je ne souhaitais réellement à personne. Enfin, l’heure n’était pas à l’apitoiement personnel. Je m’étais mis dans une situation et je comptais bien m’en sortir, parce que, dans le cas contraire, je n’allais surement plus revoir une seule fois la lumière du jour et ça, c’était tout bonnement hors de question. Je n’avais pas échappé aux forces de l’ordre du Varakir pour finir entre les mains du Gantelet. Il ne manquerait plus que cela !

Les protestations qu’elle objecta tandis que je venais de lui exposer le seul plan viable pour notre fuite me firent soupirer. Y’avait-il réellement encore besoin de discuter ? J’étais conscient que cela ne serait pas facile pour elle, hélas, je n’avais rien de mieux à proposer, principalement parce que le temps nous était compté. Heureusement, des voix provenant de l’intérieur mirent fin à ses protestations et la poussèrent à tendre les mains afin que je puisse l’attraper. Me penchant davantage en avant, je la saisis avec fermeté et la hissait en hauteur.

« Serrez les dents, on y est presque. » La remonter avait été plus simple que je ne le pensais. Mais, après tout, il était vrai qu’elle ne pesait pas bien lourd. Il n’avait déjà pas été très difficile de la porter jusqu’ici. Alors qu’elle se retrouvait presque en sécurité sur le toit et ne risquait pas de tomber, je la relâchais brièvement et me mettait à genou avant de l’attraper par la taille pour l’aider à se relever en même temps que moi. Bien, ceci était une bonne chose de faite, dorénavant restait le plus difficile : échapper au Gantelet. Ils ne se feraient probablement pas avoir deux fois. Fuir par les toits était une chose aisée pour moi, mais ils ne manqueraient pas de les faire surveiller. La meilleure solution consistait probablement à sauter de toits en toits, jusqu’à être suffisamment loin pour pouvoir descendre dans une ruelle et finir à pieds en empruntant les chemins les moins fréquentés. Je n’avais rien de mieux sous la main de toute façon. Tandis que je réfléchissais, je n’avais pas remarqué que l’Aasimar s’était laissée aller contre moi. Je ne m’en rendis compte que lorsqu’elle me demanda si j’avais pensé à devenir chevalier. J’observais alors ses yeux vert non sans surprise. Chevalier ? Et puis quoi encore… J’esquissais un large sourire.

« J’ai bien peur de ne pas correspondre au profil de l’emploi. » Je ne pus m’empêcher de rire doucement. Je ne me moquais pas d’elle, bien entendu, juste de cette idée. Qui aurait vu un pirate hors-la-loi prendre l’armure et devenir chevalier ? « Et… Je n’ai pas la naissance qu’il faut. » De toute façon, c’était là quelque chose qui imposait beaucoup trop de règles pour moi, l’antithèse du chevalier, à coup sûr. J’esquissais un sourire.

« Bien… Ne trainons pas par ici. » Je la repoussais légèrement avant de me tourner et de m’accroupir légèrement. « Accrochez-vous à moi, de votre bras valide. Cela devrait suffire et j’aurais un peu plus de liberté. » J’aurais pu la porter, comme à l’aller, dans mes bras, mais quelque chose me disait qu’avoir mes mains à disposition ne serait pas plus mal. Je me redressais une fois que je la sentis dans mon dos. Je l’aidais à passer ses jambes autour de ma taille et attrapait sa main qui se tenait à mon torse. « Bien. C’est l’heure de partir. » Un coup d’œil autour de moi, je repérais les traces de pas que j’avais laissé quelques heures plus tôt. Sans chercher à trop réfléchir, je reprenais la même direction. C’était l’occasion ou jamais de couvrir mes traces, inutile de laisser à ses abrutis du Gantelet une piste toute tracée. Néanmoins, je faisais cela rapidement – et donc pas très proprement – mais cela suffirait, peut-être. Arrivés au bord du premier toit, je resserrais mon emprise sur le bras de l’Aasimar. « Ne me lâchez pas, quoiqu’il arrive, sauf si je vous en donne l’ordre. » Et après avoir à peine attendu son approbation, je m’élançais dans les airs.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Lun 30 Mar 2015 - 15:01

Son doux rire était contagieux, ne le prenant aucunement comme une offense, elle rit à son tour. Quelques soubresauts lui rappelèrent sa douleur aiguë à l'épaule, elle fut obligée de calmer sa brève hilarité, mais ne perdit pas son sourire. Lui aussi avait un large sourire sur le visage,ce qui lui donnait une mine plus jeune et agréable. Sa question semblait l'avoir surpris, mais au moins, cela avait brisé la glace entre eux, Eleonor sentait qu'elle pouvait être plus elle-même et lui aussi. Flynn prétendit qu'il n'avait pas le profil de l'emploi ni la naissance lui accordant le privilège de devenir chevalier. Eleonor n'était pas surprise par cette réponse, elle commençait un peu à le cerner. Il était un esprit libre, obéissant à ses propres lois, la chevalerie était sans doute trop «encadrée» pour lui. Cependant, elle continua à penser qu'une armure lui irait à merveille. L'imaginant dans un tel accoutrement, elle pencha sa tête sur le côté, le dévisageant d'un air taquin. Elle pensa tout haut:
-Dommage, vous seriez fameux en chevalier!

L'air songeur, il esquissa un sourire, puis ramena son attention sur le toit. «Bien...Ne traînons pas par ici.» Dit-il, coupant court à leur agréable conversation.  La réalité reprenait son droit, ainsi que les dangers qui venaient avec. Il se retourna et s'accroupit pour qu'elle puisse monter sur son dos fort et athlétique. Elle suivit ses instructions à la lettre, l'entourant de son bras valide et il l'aida à placer ses jambes autour de sa taille.  Facilement, il se redressa et escalada jusqu'au toit avec une facilité déconcertante. Eleonor se mordit les lèvres, elle voyait au loin plusieurs troupes du Gantelet se répartir en patrouille, l'ordre avait été donné, ils n'avaient plus beaucoup de temps maintenant. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Flynn avait dit «Bien,c'est l'heure de partir.» Il jeta un dernier coup d'oeil autour et resserra sa poigne sur son bras pour lui dire cette dernière consigne: « Ne me lâchez pas, quoi qu’il arrive, sauf si je vous en donne l’ordre. ». La cœur en chamade, elle se colla davantage contre lui et serra ses cuisses pour être sûr de ne pas tombée, cela serait malheureux et surtout, très douloureux. Aussitôt dit, aussitôt fait, il sauta avec son doux fardeau, mais quelque chose d'imprévu se produisit...Une bourrasque de vent vint ouvrir les ailes de l'Aasimar, ce qui provoqua une envolée et pendant un court instant, ils planèrent comme des oiseaux.  Eleonor faillit crier un «wouhou» joyeux, mais elle se retint, trop consciente des patrouilleurs qui grouillaient au sol, attendant les ordres. Pendant qu'ils planèrent au dessus des toits, une fillette leva les yeux au ciel et s'écria:

-Maman, regarde, des gens volent dans le ciel!
-Oh, cesse de dire des sottises. Répliqua sa mère peu intéressée à entendre les caprices imaginatifs de sa fille. Malencontreusement, le capitaine responsable des opérations de recherche se trouvait à côté d'elle et il ne fut pas autant indifférent au dire de l'enfant. Haussant les sourcils, il  regarda où elle pointait et  il  écarquilla les yeux en voyant les deux silhouettes planées de toit en toit avec l'aide du vent glaciale.


-Mordieux! Rugit-il exaspéré de les voir s'enfuir sous leur nez, sans que personne ne réagisse, à l'exception de la fillette, plus éveillée que ses soldats. Promptement, il ordonna à ses hommes de le suivre sans quitter des yeux les fugitifs qui continuèrent leur course folle et aérienne sur les toits. Pendant que les patrouilleurs se rassemblèrent et s'organisèrent pour trouver un moyen de bloquer leur fuite, Eleonor se sentait libre comme l'air, elle en oubliait presque sa cuisante blessure. Des cris vinrent la sortir de sa transe, elle baissa les yeux et vit une attroupement d'hommes se diriger dans leur direction. 

-Flynn, ils nous ont vu! Ils viennent vers nous!  S'écria-t-elle pour se faire entendre, le vent bourdonnait dans leurs oreilles. Elle jeta un coup d’œil inquiet aux hommes les pourchassant, quand son regard fixa un toit précis à sa gauche. Celui de la Taverne. Plissant les yeux, elle aperçut deux points lumineux dans la neige ensanglantée, son épée et sa dague étoilée. « Merci Phélemée...Merci!» Se dit-elle les yeux remplit de reconnaissance, personne ne l'avait volé. Voyant que Flynn continuait tout droit, et s'en alla descendre d'un saut pour atteindre une ruelle déserte, elle comprit que c'était son unique chance de récupérer ses armes. Or, impulsivement, l'Aasimar réagit sans crier garde. Au moment où ils se retrouvèrent à nouveau dans les aires, Eleonor donna un brusque coup de rein pour les faire bifurquer vers le toit désirer. Tendus, ils s'en allèrent tombés face contre terre, mais heureusement, une autre bourrasque vint ouvrir davantage ses ailes, et les propulsant jusqu'au toit de la Taverne. À part les disciples du Gantelet,qui avaient été prit de court par ce changement de direction, aucun passant n'avait encore levé les yeux. Selon Eleonor, qui était une experte dans ce domaine, l'atterrissage de Flynn avait été parfait. D'un ton à la fois railleur et fière,elle murmura à l'oreille du pirate: «Désormais,vous êtes  un vrai voltigeur!». Eleonor ne put s'empêcher de rire doucement devant ce jeu de mot bien placé,  mais reprenant rapidement son sérieux,  elle reporta son attention sur le toit et ordonna: 
-Vu que je ne peux vous lâchez, s'il vous plaît, prenez mes armes et partons d'ici! 

Même s'ils les avaient aperçut, les disciples du Gantelet restaient loin derrière, ils avaient encore le temps de quitter les lieux. C'est alors qu'un hennissement se fit entendre, Eleonor baissa les yeux et vit avec surprise sa jument redressée sur ses pattes arrières, juste au-dessous d'eux. Narth semblait en proie à une véritable crise d'apoplexie; sûrement qu'elle n'avait pas aimé se faire abandonner dans l'étable crasseuse, adjacente à la Taverne, durant les dernières heures. Bref, l'Aasimar ne savait comment, mais Narth avait réussi à défaire ses liens, prête à chevauchée de nouveau. D'un sourire étincelant, Eleonor s'exclama:
-Narth? Narth! Flynn, c'est ma jument! Je l'avais complètement oubliée...


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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Sam 4 Avr 2015 - 6:53


Chevalier… Voilà une idée qu’elle était bonne ! Je pouvais difficilement me retenir de penser que c’était probablement le choix de carrière le moins logique pour quelqu’un comme moi. Je n’avais rien du chevalier. Et puis leurs armures et leurs longues épées ne convenaient absolument pas à ma façon de faire. A quoi bon avoir autant de plaques de métal sur soi pour ne plus pouvoir bouger convenablement ? Rapidité, agilité et dextérité étaient mes alliées, j’avais grandi avec elles et je ne voyais aucune raison de m’en séparer. Enfin, ce n’était pas ce qui comptait le plus pour le moment. Le Gantelet restait une menace et, encore une fois, je ne me voyais pas, dans un futur proche au moins, moisir dans l’une de leurs cellules croupies.

« J’ai eu ma dose de « fameux » ces derniers temps. » J’avais dit cela dans un sourire. Elle ne le savait probablement pas, mais être un criminel recherché n’avait rien de reposant. Et, assez rapidement, on finissait par regretter de ne pas passer inaperçu. Heureusement, le royaume de Bélin ne me connaissait pas encore assez. Les informations ne circulaient pas encore assez bien, du moins, pas aussi bien que moi. C’était une chance. Celle de pouvoir être un minimum tranquille sans avoir à se soucier de la moindre personne vous dévisageant. Les chasseurs de prime ne manquaient pas. Le métier avait beau être dangereux, certains le préféraient à quelque chose d’un peu plus « honnête ». Je ne pouvais pas leur en vouloir. Après tout, j’avais passé des années en tant que pirate, ce qui n’était pas beaucoup plus reluisant, assurément.

Une fois ma passagère sur les épaules, je posais une main sur son bras, l’autre sous l’une de ses cuisses pour l’aider à tenir sa prise sur moi. Dans d’autres situations, j’aurais peut-être pu m’en amuser un peu, mais, dans le cas présent, je préférai m’en tenir à ma stratégie de sortie. Je pris un peu d’élan avant de m’élancer, conscient que mon poids supplémentaires ne faciliterait pas la tâche et, après une brève course, sautait vers le toit le plus proche. Enfin, c’était sans compter sur un imprévu. La bourrasque de vent n’était pas gênante en elle-même, mais un bruit sourd vint stopper la course naturelle de notre saut. « Qu’est-ce que… ?! » Un regard en sur le côté me fit apercevoir quelques plumes… Les ailes ! Diantre. J’aurais du y penser, sans l’ombre d’un doute. Au fond, cela aurait pu être utile, mais, dans le cas présent, planer au dessus de la rue n’avait rien de bon pour nous. D’ailleurs, il ne fut pas longtemps pour que mon mauvais pressentiment ne se réalise. Les cris, provenant de la ruelle, en disaient long sur le fait qu’ils venaient d’être repérés.

« Autant pour l’effet de surprise… » Je murmurais davantage pour moi-même que pour l’Aasimar toujours accrochée à moi qui continuait de nous laisser planer. « Vous voulez bien nous poser ? Nous perdons notre avantage à planer ainsi ! » Elle ne l’avait surement pas fait exprès, sans l’ombre d’un doute, mais voler n’avait pas que des avantages, loin de là. Surtout si ses abrutis du Gantelet finissaient par récupérer des arcs ou des armes de ce genre. La dernière chose que je voulais être, c’était une pelote d’épingles pour le compte de ces gars-là. Une fois de nouveau sur la « terre ferme », enfin presque, je regardais autour de moi. Les toits, précédemment vides, commençaient à se remplir d’hommes du Gantelet. Je lâchais un juron en Eladrin avant de me remettre à courir. La seule solution consistait à trouver une ruelle où descendre et essayer de les perdre dans le dédale que formait le port. Après quelques instants de courses, je finissais par trouver ce que je cherchais. Il ne restait plus qu’à descendre, mais, au moment où je m’étais élancé, un nouveau changement de direction inopportun envoya valser tous mes plans,

« Mais vous voulez nous tuer ? » Le changement de direction avait, pour ainsi dire, ruiné mon équilibre et je voyais le toit du bâtiment suivant s’approcher dangereusement sans aucun moyen de pouvoir atterrir proprement. Heureusement, la neige allait amortir notre chute. Ou du moins, c’était ce que je pensais avant qu’une autre bourrasque ne nous soulève juste à temps, m’autorisant plus de temps pour retrouver mon équilibre et mes idées. Ce n’était pas comme si j’avais réellement le choix désormais. La nouvelle prise d’altitude aidant, je pus me poser plus facilement, évitant ainsi de nous ridiculiser dans la blanche poudreuse. Le murmure que l’Aasimar m’adressa me laissa plus perplexe qu’autre chose.

« En reparlant de ça… » Je n’eus pas le temps de finir ma phrase qu’elle enchaina en me demandant de ramasser ses armes. C’était donc pour ça ! Tout ça pour du métal… Enfin, maintenant que nous y étions, il n’y avait aucune raison de ne pas le faire. Je repérais les armes de la jeune femme avant de les ramasser, utilisant mes bottes pour ne pas avoir à me baisser. Une fois à ma ceinture, j’allais continuer la route quand elle s’exclama à nouveau, lui indiquant un cheval qui se trouvait plus bas, dans la rue.

« C’est votre jument ? » Voilà qui changeait la donne. Je regardais autour de moi. Le Gantelet était encore loin. Il y avait surement moyen de faire quelque chose d’efficace qui permettrait au moins à l’Aasimar de s’en sortir facilement. Sans crier gare, je m’approchais du bord puis descendit en m’aidant de quelques rebords de fenêtre avant de m’approcher de la jument. Je déposais a jeune femme à ses côtés avant de me retourner. « Prenez votre jument et filez. A dos de cheval, il ne vous sera pas difficile de rejoindre les portes du port et de vous enfuir. Le temps que le Gantelet comprenne, ce sera trop tard. »
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Sam 4 Avr 2015 - 19:06

-Prenez votre jument et filez. A dos de cheval, il ne vous sera pas difficile de rejoindre les portes du port et de vous enfuir. Le temps que le Gantelet comprenne, ce sera trop tard.
- Il en est pas question! Protesta l'Aasimar le défiant d'un regard buté. Je ne partirais pas sans vous.

Qu'est-ce qu'il croyait? Certes, en temps normal, c'est certainement cela qu'elle aurait fait. N'était-elle pas partie seule, laissant Khaad et son air éternellement grincheux, loin derrière elle? Ce n'était que prudence de se séparer dans une telle situation, mais là...Eleonor était gravement blessée et derrière son expression scandalisée, elle cachait une peur sans nom. Il ne pouvait l'abandonnée, la jeune femme ne pouvait même pas se défendre si on l'attaquait. Avant d'arriver au Château des Redresseurs, elle pouvait rencontrée maintes dangers et mourir milles fois. Malheureusement, l'Aasimar était encore dépendante de lui concernant sa protection, aussi bien se l'avouer et l'assumer. Des exclamations sonores se firent entendre au loin, le Gantelet approchait, ainsi que des marins revenants d'astiquer des quais de navires. En ce froid, ils n'avaient rien de mieux à faire, ça, et boire un coup et tripoter les filles. La nuit tombait, la taverne allait commencé à être animée plus que jamais. Un groupe de matelots passa près d'eux, ils dévorèrent du regard Eleonor, qui instinctivement, se rapprocha de Flynn. Ils sifflèrent davantage, et l'un d'eux s'exclama au pirate:

-Les gars,regardez la belle qu'il a! Hey, je te donne 20 pièces d'acier si tu me la laisse pour la nuit.


Eleonor devint soudainement pâle et elle espéra de tout son cœur que Flynn ne se laissera pas tenté. La bourse que cet obscène personnage offrait était très généreuse. Ses oreilles se mirent à bourdonner et elle réfléchit à toute allure, essayant de trouver une solution si jamais le pirate la trahissait. Comme dans un brouillard, elle n'entendit pas la suite de la conversation, la seule chose qu'Eleonor voulait, c'était qu'ils la laissent tranquille. À son grand soulagement, le matelot s'esclaffa, ainsi que ses compagnons, et ils décidèrent d'entrer dans la taverne, en lui jetant un regard mi-pervers, mi-déçu. Que leur avait-dit Flynn? Décidément, elle en avait manqué un bout, mais au moins, ils étaient partis. Malgré tout, Eleonor et son compagnon n'étaient pas sortit d'affaire. Le Gantelet allait arrivé d'un moment à l'autre, elle devait être plus insistante que jamais. Le regardant à nouveau et reprenant contenance, l'Aasimar lui fit son plus beau sourire et décida d'être diplomate:

-Sache que je t'approuve, se séparez serait plus prudent, mais j'ai une offre à te proposer, question de m'acquitter de la dette que j'ai envers toi. Je sais que ta tête est mise à prix, j'ignore ce que tu as fait, mais ça m'est égale, je suis sûr que tu es innocent. Si ce n'était pas le cas, ça ferait longtemps que tu m'aurais fait du mal. Non, tu es peut-être un pirate, mais tu as un cœur de chevalier et ce genre de cœur, c'est pas tout le monde qu'il l'a!

Sa façon de parler était propre à elle, pure, un peu enfantine, mais vrai. Sur les gens, elle se trompait rarement. De plus, c'était la première fois qu'elle le tutoyait. Eleonor l'avait fait volontairement, question de rendre leur conversation plus familière, plus intime. Soutenant son regard de brume, Eleonor continua:

-J'avais l'intention de retourner d'où je viens, au Château des Redresseurs, c'est proche du village de Lisière. Je te propose de m'accompagner, là-bas, tu seras bien reçu, ta réputation de hors-la-loi ne jouera pas contre toi, car les Redresseurs aiment la justice et ils aiment les gens qui font preuves de courage et de compassion, comme toi. Accompagne-moi, tu pourras prendre du repos et revoir tes plans d'avenir.

Elle entendit un peu, il semblait réfléchir à sa proposition. Sincèrement, Eleonor ignorait s'il allait accepté, mais tout comme Khaad, elle espérait égoïstement qu'il dirait «oui».  Elle n'était pas idiote, elle savait que la précipiter ainsi sur son cheval,et partir de son bord, était une manière de se déresponsabiliser. Son action voulait dire en quelque sorte: «j'en ai fait assez, maintenant, débrouille-toi seule.». Nenni, il avait décidé d'être responsable d'elle et de la protéger, autant le faire jusqu'au bout. Cela ne se faisait pas d'abandonner une femme blessée, surtout si le Gantelet rôdait autour.  Pour le convaincre, elle se hissa sur sa scelle et se recula un peu pour lui laisser de la place à l'avant. D'un sourire aguicheur, Eleonor donna une légère tape sur le cuir dure et murmura:
- Sur un cheval, le trajet sera plus confortable. Viens, ta chaleur va me réchauffer. Il n'y a rien de pire pour une blessée que d'attraper froid, n'est-ce pas?

S'il n'était pas stupide, il allait comprendre son allusion. Peut-être avait-il tout simplement oublié qu'elle avait l'épaule en charpie? C'est alors qu'elle entendit des pas venir, une vingtaine de pas marchant au même rythme. Jetant que coup d’œil derrière son épaule, elle vit à la lueur des torches, des ombres. Une troupe approchait et tous deux savaient qui s'étaient. Ils n'avaient que quelques minutes pour prendre la fuite, elle se retourna vivement vers Flynn,le dos tendu et les mains crispées sur sa bride. Son air charmant se transforma en un visage ferme, même dure. Son regard émeraude devint flamboyant,  elle se pencha vers lui et murmura précipitamment:

-Accepte, sinon je me livre au Gantelet. Partir seule dans la nature sauvage, sans pouvoir me défendre, reviens au même que de tomber entre leurs mains. Si tu ne me suis pas, tous tes efforts pour me secourir n'auront servit à rien. Choisi, Flynn, et choisi bien.

Hrp:
 


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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Jeu 9 Avr 2015 - 12:04


C’était la meilleure chose à faire. Se séparer, prendre deux chemins différents. Avec un peu de chance, il me serait possible de faire diversion et d’attirer l’attention sur moi pour lui laisser la voie libre jusqu’à la sortie du port où elle serait tranquille. Je me doutais qu’avec sa blessure, ce ne serait pas évident de galoper à toute allure, mais si je parvenais à détourner le Gantelet de sa piste, elle n’aurait pas besoin de trop forcer pour se mettre rapidement à l’abri. Pourtant, là où je ne m’attendais qu’à une simple petite protestation avec, peut-être, un peu d’inquiétude pour mon sort, j’eus le droit à un véritable refus, presque sans appel. Malheureusement, nous n’avions pas le loisir de débattre de la question pendant des heures et des heures et, personnellement, je préférais qu’elle soit saine et sauve, sans moi, plutôt que nous nous fassions pincer tous les deux. Un cheval permettrait de prendre le Gantelet de vitesse, mais, sans diversion, il n’était pas clair que cela nous avantagerait complètement.

« L’important, c’est de nous en sortir. Tous les deux. » J’insistais sur cette dernière partie, vu que cela semblait lui tenir à cœur. « En remontant sur les toits, je pourrais faire une diversion qui devrait retenir l’attention de nos poursuivants le temps de vous mettre à l’abri. Mais je ne compte pas me laisser attraper pour autant… » Après tout, je n’étais pas allé aussi loin pour me faire attraper tout seul. Quitte à passer un mauvais séjour en cellule, autant le passer en bonne compagnie, non ? Je riais intérieurement à ma propre bêtise quand quelques éclats de voix me firent me retourner. Le Gantelet ? Déjà ? Je poussais un petit soupir de soulagement. Ce n’était que des marins qui allaient probablement cuver leur fin de journée à la taverne. Bien entendu, il était hors de question de débattre d’une « fuite » avec des témoins à proximité. Ils semblaient apparemment intéressés par l’Aasimar, qui en profita pour se rapprocher de moi, probablement certaine que ma présence lui éviterait des ennuis. C’est alors que l’un des matelots m’apostropha pour me proposer une somme d’argent rondelette contre une nuit avec elle. D’abord surpris, je pris une mine plus sérieuse.

« L’offre est alléchante l’ami, mais hélas, elle appartient à mon maître, et il ne serait pas ravi de savoir que tu as posé tes mains sur elle, avant les siennes. Pour ton bien, et le mien, je vais devoir refuser. » Les gens se méfiait des puissants, du moins de ceux qui l’étaient assez pour « s’offrir » d’autres personnes. La fille était jolie, le marché crédible. Et si quelqu’un avait dépensé des pièces pour cette jeune femme, cela aurait été probablement plusieurs dizaines de pièces d’or. Les marins ne demandèrent pas leur reste et se contentèrent d’entrer dans la taverne, visiblement déçus. Alors que je m’assurais que nous étions à nouveau seuls, Eleonor reprit d’elle-même notre discussion laissée en suspens. Je ne cachais pas ma surprise de l’entendre me dire qu’elle était au courant pour la prime sur ma tête, bien que, techniquement, il était davantage moins convaincu par le fait qu’elle le pensait innocent. C’était bien une première ! Et, pour être honnête, cette histoire de cœur, c’était peut-être quelque chose d’un peu trop naïf pour que l’on puisse réellement s’y fier. Enfin, peut-être que tous les Aasimars étaient ainsi. Après tout, je n’étais pas un saint, quoiqu’elle puisse en dire. Quand elle évoqua à nouveau les Redresseurs, je n’étais pas convaincu d’être réellement accueilli comme un sauveur. Après tout, je restais un criminel et beaucoup penseraient surement qu’une bonne action n’effaçait pas d’autres erreurs commises.

Mes plans d’avenir ? J’avais presque envie de rire. Je restais silencieux, cherchant peut-être mes mots, où plutôt ceux qui pourraient la convaincre de ficher le camp d’ici. J’avais d’ailleurs pensé qu’elle avait finalement changé d’avis lorsqu’elle se hissa sur la selle, mais en la voyant faire de la place à l’avant, je savais que ce n’était finalement pas le cas, ses paroles venant conforter mon idée. « Ecoute, nous avons réellement plus de chances… » Je n’eus pas le temps de finir qu’elle m’annonça de but en blanc qu’elle se livrerait au Gantelet si je ne montais pas avec elle. Du chantage ? Réellement ? J’avais presque envie d’en rire. « Tu ne manques pas de toupet ! Je te sauve la mise et tu me menaces de te jeter dans la gueule du loup ? » Je n’avais pas élevé la voix mais je ne feignais ni ma surprise, ni mon énervement. C’était bien la première fois qu’on me la jouait à l’envers de cette façon. Pourtant, j’avais l’impression, dans son regard, que ce n’était pas nécessairement du bluff. Rien que cette idée me faisait froid dans le dos. Le Gantelet se rapprochait, je ne pouvais pas passer ma vie à réfléchir. Il était tellement tentant de claquer l’arrière-train du cheval pour les faire partir, mais je n’y parvins pas.

Je soupirais doucement. « Ta cavalière a un sacré caractère… » Oui, je parlais à la jument. Je ne m’attendais pas qu’elle me réponde, mais c’était plus une façon de me défouler qu’une véritable entame de dialogue avec un animal. « Si on se fait attraper, ne comptez plus sur moi pour vous sortir de là ! » C’était plus râler pour la forme que pour le fond. Si on finissait tous les deux en geôle et que l’opportunité se présentait de fuir, je savais d’avance que je n’allais pas l’abandonner. D’un bond agile, je grimpais à l’avant de la selle, avant de prendre les rennes. Sans attendre, je talonnais la jument avec douceur. « Allez, ne trainons pas ! » Galoper ne serait pas évident dans les ruelles, mais mieux valait ne pas perdre notre temps. La jument ne semblait pas s’opposer à un nouveau cavalier mais je ne la connaissais pas complètement. Heureusement, cela ne fut pas trop difficile et, après, une brève course-poursuite avec quelques soldats, à pieds, du Gantelet, nous parvînmes à la sortie du port. Je lançais Narth au galop. L’essentiel était de mettre le plus de distance possible entre nos poursuivants et nous, ne serait-ce que pour leur ôter l’envie de continuer la poursuite. Une fois suffisamment à l’écart et à l’abri de sous-bois, je ralentis le rythme. « Contente ? » La question s’adressait à l’Aasimar bien entendu. Je devais admettre que je n’étais pas spécialement heureux qu’elle m’ait forcé la main ainsi. Mais bon, au moins nous étions sortis d’affaires, ou du moins, cela semblait être le cas.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Dim 12 Avr 2015 - 11:33


Elle comprit son énervement, mais c'était sa seule solution, elle avait besoin de lui  jusqu'à temps qu'elle soit en état de se battre. Eleonor faillit perdre son sérieux et éclater de rire quand elle le vit parler à Narth, mais elle tint bon et garda son regard déterminé. Oui, elle ne manquait pas de toupet et de caractère, et elle était consciente que lui forcer la main n'était pas politiquement correcte, qu'elle lui devait beaucoup.Elle se promit de s'excuser pour cet odieux chantage, elle le regrettait déjà, mais le Gantelet arrivait et son instinct de survit primait sur la culpabilité. Or, à son grand soulagement, il embarqua sur la scelle et partit au galop. Après avoir échapper à quelques poursuivants du Gantelet et s'être sortis officiellement de ce pétrin, ils se retrouvèrent dans un sous-bois. La nuit les englobait, une chouette blanche vola, son regard jaune perçait la nuit. À cet instant, Eleonor sentit son cœur battre plus lentement, Elle n'avait pas été consciente du stress vécue en si peu de temps, l'adrénaline lui avait donné la force nécessaire pour passer au travers, mais à présent, elle était épuisée. En silence et le regard lasse, elle suivit l'envoler du harfang des neiges, la splendeur de ses ailes ressemblaient aux siennes. Un couinement brisa le silence nocturne, l'oiseau avait attrapé sa proie. Elle soupira, heureuse de n'être pas cette défunte souris.  C'est alors qu'elle se rendit compte que Narth avait ralenti le rythme, et Flynn se tourna légèrement vers elle en demandant si elle était contente? Elle crut entendre un note de sarcasme, elle espérait qu'il ne lui garderait pas rancune de cette fuite imprévue. Acquiesçant, elle murmura:

- Oui, très contente, merci  pour tout. 

N'ayant pas la force d'en dire plus, elle accota son front contre ses omoplates et ferma les yeux. Épuisée, Eleonor se laissa sombrer dans un profond sommeil, le sourire aux lèvres et le visage détendu. Cependant, ses rêves furent agités, elle rêva à son père, il se trouvait en haut d'une muraille, le regard vide et le visage pâle.Du sang giclait de son ventre, rendant la neige écarlate. C'est alors qu'une goule apparut sur un dragon, elle enleva son masque, son visage était celui du chef du Gantelet l'ayant attaqué. Il souriait, levant son épée, il vint décapité la tête de son père. Ses cheveux blonds flottèrent au vent, la tempête fit rage. Une voix résonnait comme une écho, Eleonor crispa son visage et marmonna à voix haute:

-Papa...papa...Je te hais,Goule, je te hais...Non, Gantelet,papa...

Tout cela était bien sûr incohérent pour le cavalier et la jument qui continuait d'avancer d'un rythme lent et silencieux. Au gémissement de sa maîtresse, les oreilles de Narth allèrent de droite à gauche, signe que cela la rendait nerveuse.  La nuit allait être longue, mais la seule menace était le  hululement de la chouette revenu à sa branche. Ce ne fut quand Eleonor cessa de parler et que son visage devint à nouveau serein que les muscles de la jument se détendirent. Le cauchemar avait fait place au rêve, le silence retrouva son droit. Le ciel était éclairé par l'astre et les étoiles, aucun nuage venait obstrué sa lumière, seul le vent glacial vint déranger la quiétude. Le froid était vif, cuisant, et la neige épaisse. Plusieurs fois Narth eut du mal à avancer, le chemin emprunté n'était pas dégager et un peu plus loin, ils rencontrèrent un tronc au milieu de la route. Habituée à ce genre d'obstacle inopportun, la jument prit son élan et sauta par-dessus l'arbre mort, ce qui fit réveiller Eleonor, qui faillit tombée à la renverse. Elle gémit, sa blessure lui faisait encore très mal, malgré le froid  gelant sa plaie. Baissant les yeux, elle vit un peu de sang tâché sa chemise. Sa blessure s'était-elle ré ouverte?  Avec l'aide de son bras valide, elle vint inspecter la plaie sanglante et douloureuse. Effectivement, quelques files s'étaient défaits. Déglutissant, elle accota son menton sur l'épaule de Flynn et dit à son oreille:

- Ma blessure s'est ré-ouverte, il serait important de la soigner bientôt. Au moins, j'ai tout ce qui faut dans ma trousse médicale. Ah oui, j'avais oublié de te le dire, je suis guérisseuse, plus spécifiquement sage-femme. Sache que si tu as une épouse qui est enceinte, il me ferait grand plaisir de l'aider à accoucher. 

Elle avait dit cela avec le plus grand sérieux, mais son regard brillait de curiosité. Elle ignorait tout de Flynn, avait-il une famille? Une épouse? Une amante? À part d'être un pirate, que faisait-il dans la vie? Elle avait toutes sortes de questions qui lui bombardaient l'esprit et elle avait juste envie de  mieux le connaitre, mais les circonstances n'étaient pas adéquates pour ce genre de conversation. La nuit était dense et ténébreuse, le Gantelet pouvait surgir à tout moment ou autres ennemis vicieux et sadiques. C'était important de rester alerte. Elle fit prit d'un soudain vertige et vient à nouveau se reposer sur le dos fort du cavalier, elle se sentait si faible. C'est alors qu'un bruit fort gênant gronda, son ventre gargouillait comme jamais. On aurait dit qu'un bébé ogre voulait sortir, provoquant des grondements à n'en plus finir. Cramoisie, elle se racla la gorge et s'excusa pour ce son grotesque:

-Ah, heu, désolé, je suis affamée. Je n'ai pas eu le temps de manger avant notre fuite. J'ai un peu de nourriture dans mon sac, mais il faudrait qu'on s'arrête pour que j'en sorte. Crois-tu qu'on pourrait faire halte quelque part?

Sur ce, elle jeta un coup d’œil autour, il n'y avait que de la forêt et de la neige. Se fabriquer un refuge était possible, mais si des troupes du Gantelet passaient par là, ils les verraient à coup sûr. Alors où? Bien que Flynn ne se plaignait pas, l'Aasimar sentait qu'il avait besoin autant de repos qu'elle. Enfin, c'est ce qu'elle croyait, mais c'était basé uniquement sur sa propre fatigue, peut-être que l'Éladrin n'avait en rien perdu de son énergie et qu'il pouvait continuer ainsi jusqu'au levé de soleil et même au-delà. Les marins devaient être très endurant, car les tempêtes et les batailles maritimes pouvaient durer des heures, même  parfois des jours,et  ils devaient donc rester continuellement éveillés et alertes. Avec rectification, Eleonor opta que Flynn devait avoir un degré d'endurance élevé,car son agilité était hors du commun. Le pirate avait dû s’entraîner longtemps et fort pour être aussi souple et athlétique. Eleonor était tentée de lui caresser le bras juste pour sentir ses muscles noueux et sculptés sous ses doigts, mais  la jeune femme se retint,. Ce n'était pas le moment d'être câline et sensuelle. Détournant son attention de cette tentation sur deux pattes, elle observa à nouveau les alentours. Soudain, entre les épines des majestueux conifères, Eleonor vit une masse rocheuse que la lune éclairait légèrement. C'était une colline enneigée et rocheuse. Sur le rebord, elle crut apercevoir une grotte. Était-ce une illusion d'ombre et de lumière? Plissant les yeux, l'Aasimar se redressa légèrement et acquiesça avec plus de certitude. C'était bien une grotte, cachée à travers de longs glaçons. La pointant du doigt, elle dit à Flynn:


-Regarde, là-bas, c'est une grotte, n'est-ce pas? Nous pourrions nous réfugiez pour la nuit, quand dis-tu? 


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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Lun 13 Avr 2015 - 11:52


Loin du port, la nature reprenait rapidement ses droits et, pour éviter de se faire repérer en restant sur les routes, j’avais préféré des chemins détournés m’orientant vers les bois proches. Bien entendu, cela impliquait de devoir faire face à la couche de neige qui recouvrait déjà le paysage. Si les routes souvent empruntées étaient plus ou moins déblayées, le reste du paysage restait sauvage. Heureusement, les traces que laissait la jument n’éveilleraient pas les soupçons. Les animaux étaient monnaie courante dans les environs et, d’ailleurs, nous n’étions pas les premiers à rompre le manteau neigeux. Une bonne chose. Tandis que nous glissions sous les premiers arbres qui nous protègeraient du regard de nos potentiels poursuivants, je sentais un certain soulagement s’emparer de moi et, avec lui, la fatigue faisait son entrée. Sauter de toits en toits, avec une jeune femme dans les bras où sur le dos, n’était pas de tout repos, et même si j’avais une certaine endurance, la chevauchée avait fini d’utiliser mes dernières forces et s’était un peu fatigué que je m’arrêtais, cherchant davantage un endroit où nous pourrions bivouaquer. Malheureusement, avec la neige, je ne me faisais que peu d’illusions sur nos chances d’y parvenir. Alors que je m’attendais à ce qu’elle réponde avec un peu plus de verve à ma question provocante, elle se contenta d’acquiescer dans un murmure avant de poser sa tête contre le haut de mon dos. Un regard par-dessus mon épaule me fit comprendre qu’elle s’était endormie, probablement encore plus fatiguée que moi. Je soupirais alors en silence. « De rien… »

Un coup d’œil aux alentours, je talonnais doucement la jument afin qu’elle reprenne sa marche, au pas. Il était inutile de se presser et, encore moins de réveiller l’Aasimar. Tout en serpentant entre les arbres qui s’étendaient devant nous, j’observais, autant que possible, les environs, espérant découvrir le Graal, ou quelque chose qui nous permettrait de ne pas passer la nuit sur cette selle. Construire un abri aurait été possible, mais je n’en n’avais pas la force. Sans compter qu’il aurait fallu déblayer la neige et, pour être honnête, je n’avais pas ce qu’il fallait pour passer la nuit au milieu de rien, sans abri naturel pour nous protéger du froid et mourir gelé n’était pas dans mes intentions. Tandis que nous longions, non sans mal, un petit sentier, un tronc couché fit son apparition, nous barrant le chemin. J’allais donner un petit coup de rennes pour pousser la jument à s’écarter mais elle préféra accélérer le rythme avant de sauter par dessus l’obstacle. Bien entendu, cela avait réveillé sa passagère qui lui fit remarquer que sa plaie s’était ré-ouverte. Je ne fus pas surpris d’apprendre qu’elle possédait de quoi se soigner dans une trousse de soin, néanmoins, c’est plutôt ce qu’elle ajouta, en termes d’épouse et d’accouchement qui me troubla.

« Je… Euh… Tâcherai de m’en souvenir, si l’occasion se présente, merci. » A vrai dire, l’idée même ne m’avait encore jamais effleuré l’esprit. Avec ma tête mise à prix, je pensais davantage à ma propre sécurité plutôt qu’à fonder une famille. De toute façon, il aurait été hautement irresponsable de mêler une femme à cette histoire et encore plus un enfant. Tandis que Narth continuait sa route, je laissais l’Aasimar se reposer contre mon dos, mais, pour être honnête, je n’étais pas certain de tenir en selle longtemps. Bien entendu, il était assez facile de faire illusion mais, l’absence de soleil n’aidait pas et même si le ciel était dégagé et que la lune, aidée de la neige, éclairait plutôt bien les environs. Les lueurs blanchâtres et le froid me poussaient davantage à dormir qu’à rester éveillé. Quand un bruit se fit entendre juste derrière moi, j’esquissais un sourire. Je connaissais bien ce grondement, celui d’un estomac affamé.

« Ne t’excuse pas. Je cherche un abri depuis tout à l’heure, mais, pour l’instant, je n’ai pas la chance de trouver. » Les forêts n’étaient pas nécessairement les meilleurs endroits pour passer la nuit, mais nous n’avions pas eu le choix. Une taverne aurait été des plus agréables mais mieux valait ne pas trop y penser. Au risque de regretter davantage cette situation. Après quelques dizaines de minutes silencieuses, à peine rompu par le craquement de la neige sous les sabots de la jument, la jeune femme pointa son doigt dans une direction, attirant mon regard. Une formation rocheuse avec, peut-être un grotte. Il n’y aurait probablement pas de meilleure occasion. Il acquiesça et dirigea la jument vers l’endroit mentionné. Ils y arrivèrent en quelques minutes et, effectivement, il semblait y avoir une entrée.

« Restez là quelques minutes, je vais m’assurer qu’elle est vide. » Dormir en compagnie d’un animal ne me tentait pas plus que ça. Je descendis de selle avant de me diriger vers l’entrée de la grotte, la main sur une de mes dagues. Il ne me fallut que quelques minutes pour en faire le tour. La grotte était petite mais bien abritée et, surtout, vide. Je sortis et m’approchait du cheval avant d’aider l’Aasimar à descendre. « Nous serons seuls, normalement, et le fond est assez grand pour que votre  cheval s’abrite avec nous. Allez vous reposer, je vais aller chercher du bois, pour le feu. Je m’occuperais de desseller votre jument ensuite avant de m’occuper de votre blessure. » Je ne lui laissais pas vraiment le choix et m’éloignais à pas léger dans les environs. Trouver du bois sec ne serait pas aisé mais, avec un peu de chance, cela serait rapide. Après une dizaine de minutes, je retournais vers la grotte, avec de quoi faire un feu pour le reste de la nuit.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Mer 15 Avr 2015 - 8:03

Eleonor voulut lui dire que d'aller chercher du bois était une excellente idée, mais il s'était déjà éloigné. À sa voix lasse, la jeune femme devina qu'il était plus fatigué qu'elle ne l'avait présumé,elle l'aurait volontiers aider à sa tâche, mais sa blessure l'en empêchait. Haussant les épaules, elle se dit que Flynn allait être capable de se débrouiller seul et profita pour mener Narth dans la grotte froide et un peu sinistre. Elle n'y voyait pratiquement rien, mais une odeur humide imprégnait le roc, celle de la mousse et de la neige fondue. Le sol était  terreux et l'épaisseur des pierres créait un excellent isolant contre froid, il ne manquait qu'un bon feu et des lits douillets. Elle eut l'idée de fabriquer des matelas de fortune, mais avant Eleonor prit quelques minutes pour assouvir la faim de sa jument, ainsi que la sienne. Après un moment de recherche dans son sac de voyage, elle réussit à y sortir quelques pommes, du pain et des petits gâteaux au miel. En laissant une part pour Flynn, elle les dévora et donna un fruit à Narth, qui fit de même. 

-Hein que ça fait du bien de manger? chuchota Eleonor en caressant la crinière dorée. Comme pour acquiescer aux dires de sa maîtresse, Narth secoua allègrement sa tête et piaffa joyeusement. L'Aasimar sourit, puis satisfaite de voir sa jument rassasiée, elle attacha la bride autour d'une grosse roche, laissant assez de lousse pour que sa monture s'allonge à sa guise, puis entrepris de trouver des branches de sapin et de la mousse dehors. Après cinq minutes, elle revint avec plusieurs branches d'épinettes et des feuilles de fougères blanches. La coupe n'avait pas été de tout repos, car à chaque faux mouvements la douleur de sa blessure amplifiait. Les déposant pour faire deux matelas de sol distinct, elle mit plusieurs couvertures de laine et de fourrures sur chacun d'eux. Étant douillette de nature, elle n'avait pas oublier d'amener plusieurs couvertures, sachant que l'hiver s'annonçait long et glaciale. Finissant son oeuvre de dormance, Eleonor se redressa et admira ce qu'elle avait fabriqué. Au moins, ces lits improvisés seraient plus confortables que de dormir directement au sol. Pensant à Flynn, qui prenait du temps à revenir, elle espéra qu'il allait en être satisfait, mais bon, peu importait, la jeune femme haussa les épaules et se dit que c'était l'intention qui comptait. Elle s'approcha de l'entrée de la grotte,le vent froid entrait abondamment, elle se sentait frigorifiée. 

Inquiète, Eleonor observa l'horizon de neige et de conifères, Flynn s'était sûrement enfoncé dans la forêt pour aller chercher du bois. Et s'il ne revenait pas? Son esprit se mit à s'imaginer pleines de situations aussi horribles les unes que les autres.Elle imagina que Flynn s'était enfuit, l'abandonnant, mais que durant sa fuite, un loup sauvage l'avait attaqué et dévoré, la laissant seule définitivement et sans défense. Se sentait en proie à une crise de panique, elle se secoua la tête et prit plusieurs profondes respirations pour se calmer l'esprit. Pour se rassurée, elle décida de mettre sa confiance au pirate et d'attendre.Resserrant son manteau autour d'elle, la jeune femme pensa avec conviction:«Flynn va revenir, il est bien obligé, s'il ne veut pas mourir d'épuisement ou de froid, ou les deux.» Cela la réconforta plus ou moins, alors elle décida de détourner son regard du blizzard blanc et reporta son attentions sur ce qui était le plus préoccupant, sa blessure.  Celle-ci s'était ouverte davantage à cause de ses efforts déployés pour apporter les branches à leur abris, le sang coulait abondement. Pâle, elle se sentit très faible, il était impératif qu'elle s'allonge et essaie d'arrêter le plus possible l'hémorragie jusqu'à temps que Flynn revienne. S'appuyant sur le mur humide pour ne pas s'évanouir, elle réussit à décrocher sa trousse médicale et vint lentement s’asseoir sur son lit de feuille, le dos accoté contre le mur du fond. Prenant quelques gorgées d'eau et des bouchées de pain, elle sortit un pansement propre et épais et vint lle presseur sur la plaie,qui la fit grimacer de douleur. Les larmes aux yeux, elle jeta un coup d’œil au dehors, priant pour que Flynn revienne bientôt. Présentement, Eleonor ne pouvait faire plus, elle essaya de garder son calme. Des longues minutes s'écoulèrent, la jeune femme se sentit vertigineuse, par prudence, elle s'allongea de tout son long, écoutant le bruit du vent et des arbres qui battaient  l'air. Le silence qui l'environnait était étrangement paisible et calme, le seul bruit était sa respiration et celle de Narth, visiblement endormie. La jument s'était allongée à même le sol, proche d'Eleonor, lui promulguant une chaleur réconfortante. La jeune femme ailée soupira, plus le temps avançait, plus ses paupières devenaient lourdes. «Flynn, que fais-tu? Oh Phélemée, faite que rien ne lui soit arrivé.» Se dit-elle toujours inquiète du sort de son protecteur. La tête lui tournait trop pour regarder à l'extérieur, elle était contrainte de fixer le plafond sombre, aux ombres mouvantes. Sans crier garde, le sommeil vint la chercher, un sommeil profond, sans rêve. 

Combien de temps avait-elle dormit? Même si l'Aasimar avait l'impression que des heures s'étaient écoulées, cela ne faisait que cinq minutes. Quelque chose l'avait réveillé, un souffle aride et pestilentiel sur son visage. Ouvrant lentement les yeux, elle vit avec effroi une gueule crispée montrant les crocs. Un grognement sourd se faisait entendre de la gorge de la créature, Eleonor ignorait qu'est-ce que c'était, les ténèbres dissipaient sa forme, mais vu les énormes pattes postées de chaque côté d'elle, la jeune femme devina que la bête était imposante. Paralysée, elle ne pouvait se défendre, aucune arme était à sa porté. Se maudissant d'avoir été si négligente, elle croisa le regard de l'animal, des yeux ambres, brillants et féroces. Bientôt, le prédateur allait l'attaquer, soit parce qu'il avait faim ou qu'il voulait protégé son territoire, sûrement un peu des deux. Entendant le grognement,Narth  s'était levée et donnait des coups de sabots par terre pour effrayer le fauve. Celui-ci tourna la tête vers elle et rugit d'avantage, Eleonor n'arrivait pas à identifier s'il s'agissait d'une espèce féline ou canine, peut-être ni l'un ni l'autre. La jument, perdant tout courage, recula jusqu'au mur et essaya de défaire sa bride pour se sauver. Attiré par cette proie facile et savoureuse, le fauve jeta un coup d’œil menaçant à l'Aasimar et grogna sourdement,comme s'il voulait dire:« reste là ou je te tue», puis la bête se tourna littéralement vers Narth, qui s'acharnait à se libérer. Se mordant nerveusement les lèvres, Eleonor détourna son regard de ce qui allait se passer, elle ne tenait pas à voir sa chère compagne se faire dévorer. Bientôt, cela serait à son tour...


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Lun 20 Avr 2015 - 11:55

Chercher le bois n’avait pas été une véritable difficulté, bien qu’il m’avait été nécessaire de m’éloigner de la grotte pour trouver de quoi tenir le reste de la nuit. La neige compliquait la récolte et s’il y avait bien une chose qui ne brûlait pas bien, c’était bien le bois humide. Bien entendu, je m’autorisais quelques branches légèrement souillée par l’humidité, conscient que, placées à proximité du foyer, elles auraient le temps de sécher avant de servir de combustible à leur tour. De toute façon, dans le cas contraire, je n’aurais pas ramené beaucoup de bois… Rassemblant quelques tas de bois de manière éparse, je savais déjà qu’il allait me falloir plusieurs allers-retours pour pouvoir déplacer tout ceci dans la grotte. Même si ce n’était pas très lourd, c’était un fardeau fort encombrant et passablement difficile à porter aisément. J’avais alors réparti des tas de bois, en fonction de ma progression dans les bois, ce qui, en plus, avait le mérite de servir de jalons pour retrouver mon chemin de retour. Il ne neigeait pas et mes traces de pas seraient certainement suffisantes, mais, au fond, plusieurs précautions valaient mieux qu’une. Tandis que je ramassais mon butin, je repensais encore à la journée et la façon dont elle avait déraillée. Si le Gantelet se mettait à me chercher également, il y avait de fortes chances pour que je finisse par ne plus être tranquille où que ce soit. C’était bien la peine de s’éloigner du Varakir si c’était pour finir sur d’autres avis de recherche en plus des premiers… Enfin, au moins l’Aasimar était hors de danger, pour le moment, et une fois qu’ils auraient rejoint le campement des Redresseurs, je pourrais reprendre ma route et aviser. Il n’y avait rien de mieux à faire pour le moment. Et je n’allais certainement pas abandonner la jeune femme après l’avoir tirée de ce mauvais pas.

Une fois mes petits tas en nombre suffisant, conscient que nous aurions suffisamment de bois pour tenir un siège, je descendais de faire demi-tour, avec la certitude que cela faisait plusieurs dizaines de minutes que je m’étais éloigné de la grotte. Attrapant le bois du premier tas – et donc du plus distant de notre repère de fortune – je rebroussais chemin, remontant ma propre piste, croisant mes autres petits tas de bois que je reviendrais chercher par la suite, une fois le feu allumé et avoir réchauffé un peu ma pauvre carne. Le vent n’était pas fort, mais quelques petites bourrasques avaient le don d’être suffisamment frigorifique, sans compter que, si mes bottes protégeaient bien mes pieds du froid, l’humidité, elle, rongeait mon pantalon et commençait à remonter, accentuant l’effet de froid prodigué par le vent. D’habitude, je n’étais pas du genre à détester la neige, mais, en cette nuit, j’aurais volontiers préféré être au printemps, ou en été. Au moins il aurait été possible de s’arrêter n’importe où. La grotte commençait à être visible entre les arbres et mon fardeau me sembla plus léger. Tandis que je continuais mes pérégrinations, je stoppais ma marche en croisant d’autres empreintes qui, elles, n’étaient pas les miennes. Le Gantelet ? Déjà ? Il n’y avait pourtant aucun cheval à l’extérieur de la grotte et, pour être honnête, je pensais cette organisation militaire suffisamment intelligente pour laisser un garde en faction. Ou peut-être me tendaient-ils un piège ? C’était possible, probable même. Pourtant, il n’y avait qu’un jeu de traces et, pour être honnête, ça ne ressemblait ni à un homme, ni à un cheval. Je m’approchais, en silence et aux aguets, traquant la moindre information visuelle ou sonore qui pouvait m’indiquer ce qu’il se passait, et pourtant rien ne vint.

Rien ne vint avant que je sois presque arrivé. A ce moment-là, un rugissement féroce provint du fond de la gorge, ainsi que des hennissements de panique. Lâchant mon fardeau de bois, je portais les mains à mes dagues et m’approchait de l’ouverture de la grotte. La pénombre ne m’aidait pas vraiment mais j’aperçus rapidement la jument qui tentait, visiblement, de défaire le lien formé par ses rênes. Heureusement, le vent poussait vers l’extérieur de la grotte et mon « odeur » n’arrivait probablement pas aux narines de la bête qui était visiblement décidée à s’attaquer au cheval en premier. Je n’avais aucune idée de ce que c’était, mais c’était assez gros, une sorte de gros félin ou de gros canidé. Difficile à dire. Malheureusement, j’avais peu d’options. Je fis quelques pas dans la grotte, en silence, me rapprochant de la bête. Je ne sais pas ce que tu fais Flynn, mais ça ne sent pas bon… Une fois à portée, je bondis sur ma proie, dagues en avant, plongeant les lames dans ses chairs, ce qui, je me doutais, allait me servir de point d’ancrage pour ne pas subir immédiatement son courroux. Comme attendu, la bête rugit férocement avant d’essayer de me déloger de son dos tandis que j’essayais de trouver un point faible. Malheureusement, elle me fit tomber d’abord et roulais au sol avant de m’arrêter, brutalement, contre le mur de pierre. Sans chercher à comprendre, je me redressais et faisais face à ce qui semblait être la propriétaire des lieux, dagues en mains. Un coup de patte et c’était probablement la fin, mieux valait éviter de lui laisser cette chance.

« Désolé, mais ce soir, on prend le lit et tu dors dehors ! Ouste ! » Je n’étais pas bien convaincu qu’elle accepte cette simple proposition et le rugissement qui s’ensuivit eut tôt fait d’en dire long sur ce qu’elle en pensait – si, bien entendu, elle avait compris ce que j’avais dit. Il y avait fort à parier que ce n’était pas le cas. Un coup d’œil me suffit pour me rendre compte que l’Aasimar semblait encore entière. Profitant de mon manque d’attention, la chose passa à l’attaque, me laissant à peine le temps d’esquiver d’une roulade. « Bon, d’accord. On partage, c’est assez grand ici, non ? » Si seulement. Malheureusement, il n’y avait pas beaucoup d’issues à cette rencontre fortuite. Soit nous finissions en casse-croûte, soit notre hôte s’en allait, d’une façon, ou d’une autre. Tandis qu’elle m’attaquait encore, dans un rugissement, j’évitais encore l’assaut d’un bond, mais, cette fois-ci, plutôt que de m’éloigner, je roulais sur son côté, profitant de la proximité pour planter à nouveau mes dagues avant de bondir sur son dos. C’était l’endroit le plus pratique pour éviter ses griffes et le plus adéquat pour viser le seul endroit que j’estimais assez vulnérable pour la pousser à déguerpir : son cou. Tenant bon sous ses ruades bestiales, je finissais par planter l’une de mes lames non loin de ma cible. Suffisamment pour l’entendre gémir – ou quelque chose qui s’approchait de ça. Dans une dernière ruade, elle m’envoya valser à nouveau contre le mur avant de détaler. Apparemment, le repas ne valait pas la chandelle. Adossé à la paroi, je tâchai de reprendre mon souffle. Je tournais finalement mon regard vers l’Aasimar. « Vous auriez pu me dire que vous comptiez inviter une amie… » Je souriais pour moi-même, reposant ma tête contre la paroi dans un souffle. Quelque chose de chaud glissait le long de ma nuque. Lâchant une de mes dagues pour poser ma main dessus, je sentis la chaleur et le toucher poisseux du sang. C’est bien ma veine. Dans un soupire, je récupère ma lame et me redresse en douceur avant de les ranger dans leurs fourreaux. « Je vais chercher le bois, je reviens. » Le feu nous réchauffera et dissuadera d’autres petits trouble-fêtes de venir nous rendre visite.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: laudanum et points de suture   Ven 24 Avr 2015 - 20:10

-Vous auriez pu me dire que vous comptiez inviter une amie...
-Elle s'est imposée, je ne lui aurais jamais envoyé une invitation si j'avais su qu'elle était dans les parages.Avait-elle murmuré d'un ton presque imperceptible.

Ce fut tout ce qu'elle dit, Eleonor n'avait pas la force de parler davantage. La fatigue accumulée depuis ces dernières heures lui pesaient comme jamais,  la dernière phrase de Flynn entra dans une oreille et sortit de l'autre. Elle le vit s'éloigner, puis se fut le noir total. Plus tard, après un sommeil agité et fiévreux, quelque chose de chaud dans son visage la réveilla doucement. Non plus une haleine écœurante d'un fauve affamé, mais la chaleur d'un feu réconfortant. Pendant un long moment, elle observa en silence les flammes dansées devant ses yeux, les couleurs éclatantes et pétillantes lui faisaient pensées aux feuilles orangés de l'automne ou à un coucher du soleil d'été. C'était la grâce et la passion se chevauchant, une danse naturelle brûlante. Les tillons montaient dans les aires, telles des lucioles fuyantes, le vent frisquet les faisant virevolté. Cela lui fit rappela les feux follets dans la forêt des grand feuillus. L'Aasimar se souvint que ces sylvestres si mignons et si lumineux l'avait prévenu que l'Orc Garkach approchait, mais imprudente et curieuse, Eleonor ne les avait pas écouté. Perdue dans ce souvenir, cela lui prit un moment pour se remémorer où elle était. Ah oui, dans une grotte, loin de chez elle et de cette merveilleuse forêt, accompagnée d'un pirate allongé à ses côtés, dans l'un des lits qu'elle avait fabriqué. Elle admira un instant son beau profil fin et droit, puis son regard s'attarda au sang séché sur sa nuque. Inquiète, Eleonor demanda:

-Es-tu  blessé? Je dois absolument te soigner.


Disant cela, elle prit l'initiative d'aller chercher un onguent approprié et un bandage propre, mais sa blessure à l'épaule l'en empêcha. Inspectant la plaie boursoufflée, Eleonor remarqua de nouveaux points de sutures la refermant, dont les files avaient brisé durant leur fuite. Malgré sa fatigue et sa propre blessure, Flynn semblait avoir prit le temps de veiller sur elle, jusqu'au bout. Eleonor en eut chaud au cœur et d'un tendre sourire, elle dit:

-Flynn, je te suis très reconnaissante pour tout ce que tu as fait. À part mes parents, jamais personne ne m'a aider à ce point. Je ne connais rien de toi, mais sache que je te suis très redevable. Comment pourrais-je te remercier? Et aussi...Me racheter? Je n'ai pas agis très honorablement tout à l'heure. Je t'ai forcer la main, et ce n'est pas bien, même si finalement, ce fut une bonne chose. Encore une fois, tu m'as sauvé la vie, si tu n'avais pas été là, la bête nous aurait mangé, moi et Narth.

Après avoir fini son monologue, elle reprit son souffle, les joues en feu et le regard luisant. Sa jument, entendant son prénom, avait levé la tête, ses oreilles allèrent vers l'avant, puis voyant que l'attention de sa maîtresse était uniquement rivé vers l'Éladrin, Narth hennit et retourna à sa sieste. La tête sur le côté et le sourire aux lèvres, Eleonor scruta Flynn, plusieurs questions lui brûlaient les lèvres. D'où venait-il? C'était quoi sa pire aventure? Pourquoi il était pourchassé? Était-il plus salé ou sucré? D'un air intriguée, l'Aasimar s'apprêta à commencer son interrogatoire, mais à l'air lasse et pâle du pirate, elle se dit que ce n'était peut-être pas le bon moment. Jetant un coup d’œil à sa blessure qu'elle avait oublié au détriment de la sienne, Eleonor vit qu'il s'en était un peu occupé, mais il l'avait mal désinfecter et panser. Pinçant les lèvres, elle leva son bras valide vers lui et ordonna d'un ton maternelle:

-Approche toi que je te soigne mieux. Tu as mal pansé ta nuque et à l'onguent que tu as utilisé, elle risque de s'infecter dans quelques jours. Allez, viens ici.

Voyant qu'il ne bougeait pas d'un poil, elle soupira d'impatience, prit sa trousse médicale à ses côtés et réussit à ramper jusqu'à lui. Il fallait dire que le pirate n'était pas très loin, c'était une chance. Méticuleusement, Eleonor enleva le pansement de fortune, et constatant que celui-ci était stérile, elle félicita son patient à l'oreille d'un«Bravo,tu as eu la sagesse de mettre un bandage propre.»,  tout en lui donnant une petite pichenette affectueuse sur l'épaule. Reprenant son sérieux, Eleonor vint observer la plaie. Elle était courte, mais profonde, les lèvres étaient toutes aussi boursoufflées que sa  blessure, et les tissus de la peau était déchirés et rouge vifs. L'onguent, sûrement le même que Flynn avait appliqué sur sa plaie à l'épaule, créait une mixture très peu ragoûtante provoquant une gale huileuse de sang et de poussière. Fouillant dans sa trousse, elle sortit une bouteille d'eau de vie, un onguent d'ail et d'huile de rosier musquée, du fil, une aiguille, qu'elle vint chauffer légèrement l'extrémité dans les flammes, et deux pansements propres. Sur l'un d'eux, l'Aasimar appliqua  l'alcool puis tendit la bouteille au pirate en disant:

-Bois, ça va te réchauffer et t'engourdir. J'ai mit une bonne dose  de laudanum, tu ne sentiras rien.  

Sans lui laisser la chance de rouspéter, elle lui mit la bouteille dans la main,et attendit qu'il eut avalé quelques gorgées généreuses pour continuer sa chirurgie, simple, mais délicate. Indifférente au  beau visage rendu cramoisie; l'eau de vie de Lisière était l'une des plus fortes du continent, et bien qu'elle fut un excellent antiseptique,cela pouvait irriter les poumons et rendre rouge comme une pivoine. Concentrée, Eleonor se redressa légèrement sur ses genoux et avant d'appliquer la compresse alcoolisée, elle expliqua:

-À trois, je vais l'appliquer. Attention, cela risque de brûler. Alors à un...deux...
Le trois ne vint pas, elle mit la compresse sans ménagement sur la nuque musclée. Sous ses doigts, elle sentit tous les muscles du pirate se contracter comme une barre d'acier. l'Aasimar ne put s'empêcher de sourire malicieusement, elle aimait beaucoup voir les réactions désappointées causé par son leurre. Finissant d'appliquer la lingette alcoolisée, en s'assurant que la plaie était bien nettoyée, elle vint rapidement insérer son file dans l'aiguille, puis pesa légèrement autour des lèvres sanglantes.

-Sens-tu mes doigts en ce moment? Demanda-t-elle à l'oreille de Flynn. Elle ne comprit pas ce qu'il répondit, mais  c'était bon signe, le laudanum était une drogue naturelle rendant confus le patient et provoquant un engourdissement au niveau du visage et des membres. Bientôt il allait être dans une sorte de transe paisible et il verrait des visions fantasmagoriques, telles que des magnifiques nymphes le dorlotant ou quelque chose comme cela. Une fois, un vieil homme avait vu des naines obèses et barbues voulant le masser; elle espérait que cela n'allait pas être le cas pour Flynn. Celui-ci commençait à ne plus être maître de soi, c'était le bon moment. D'une main experte, elle vint piquer l'aiguille dans la chaire et referma la plaie par de fins points de suture. Eleonor avait réellement des doigts de fée quand il s'agissait de recoudre les blessures. Satisfaite, elle finit par mettre sa pommade et délicatement enroula le bandage autour du cou, le serrant légèrement par un nœud solide. Demain, se serait impératif de remettre un nouveau pansement et de l'onguent, mais le plus difficile était fait. Priant pour que le pirate n'est pas des effets secondaires provoqués par le laudanum, tel que des vomissements ou de la constipation, elle  l'aida gentiment à se recoucher et vint s'allonger à ses côtés, tout en les recouvrant d'une large et épaisse couverture de fourrure. Aux anges, Eleonor se rendormit sereine et confiante.


HRP:
 


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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Sam 25 Avr 2015 - 17:32



[HRP : On va dire que ça ira, pour cette fois =P Plus sérieusement, ça ne me gêne pas trop, c’était quelque chose d’assez logique en soi, il n’allait pas la laisser se vider de son sang !]


Je n’avais pas entendu ce qu’avait murmuré l’Aasimar. Elle devait probablement être dans le coltard, tout comme j’allais finir par l’être également. L’adrénaline me donnait quelques forces mais cela ne durerait pas. C’était pour cela que je n’avais pas trainé à l’intérieur. Il nous fallait du feu, et pour ça, il nous fallait du bois. Une fois à l’extérieur, je m’assurais que la bête était partie, mais les traces de sang dans la neige laissait présager qu’elle ne reviendrait pas. Je récupérais le bois pour le transporter à l’intérieur. Je fis quelques allers et retours, bien que moins que prévu, pour faire un petit stock de bois à l’intérieur de la grotte. Une fois que j’estimais la réserve suffisante, je m’attelais au feu. Cela prit plusieurs minutes, mais je parvins finalement à lancer quelques flammes, avant de les propager lentement, les laissant devenir un petit brasier dont la chaleur envahissait déjà la partie intérieure du fond de la grotte. Nourrissant l’âtre de plusieurs morceaux de bois, je me tournais vers la jeune femme. Elle était endormie sur sa couche. Je soupirais doucement. Sa jument semblait paisible également, même si mes allées et venues l’avaient probablement empêché de se laisser aller au sommeil. L’arrivée inopinée de la bête l’avait probablement choquée. Je descellais la dénommée Narth en lui murmurant des paroles pour la calmer puis retournait vers sa cavalière. Elle dormait effectivement. Probablement épuisée par cette journée et sa blessure. Un coup d’œil à cette dernière me fit grimacer. Elle n’était pas en bon état, la poursuite avait fait sauté plusieurs points.

« Je vais finir par devenir un excellent couturier à ce rythme… » J’avais murmuré pour moi-même, rien qui ne pourrait réellement la réveiller. En silence, je récupérais de quoi refaire ses points et m’occupait de la recoudre en douceur. Elle dormait si profondément qu’elle ne sentit même pas l’aiguille percer ses chairs. Une fois l’Aasimar recousue et le feu allumé, il ne me restait plus qu’à m’occuper de moi-même. Posant mes doigts sur l’arrière de ma nuque, le sang semblait avoir coagulé, arrêtant l’épanchement de sang. Malheureusement, je ne pouvais pas laisser cela en état. Avec du temps, et non sans une farandole de jurons pirates de par le fait qu’il m’était difficile de m’occuper de ma propre plaie dans sa position actuelle, je finis par y appliquer de l’onguent et un bandage. Cela ferait l’affaire. Par contre, j’avais besoin de repos. La caverne commençait à sérieusement tourner et étant donné que je n’avais pas bu une goutte de rhum, ce n’était pas bon signe. Je remis du bois dans le feu, suffisamment, en tout cas je l’espérais, pour tenir le temps de ma sieste. Je remarquais enfin les couches qui meublaient le fond de la grotte et sur une desquelles dormait la jeune femme. J’esquissais un petit sourire, ce serait plus agréable que la terre ferme. Allant me coucher dans la mienne, je remontais la couverture sur l’Aasimar avant de m’emmitoufler dans la mienne et sombrer dans un sommeil profond, ou alors l’inconscience, ce qui était probable.

Je fus sorti de mes songes par une voix, mais je ne compris absolument rien de ce qu’elle dit. Je me contentais de grogner que ce n’était surement pas mon quart et que je voulais dormir. Enfin, dans ma tête je disais cela, mais en vrai cela ressemblait probablement plus à des marmonnements incompréhensibles, un peu comme un enfant n’a pas envie de se réveiller. Je n’entendis pas tout de suite qu’elle me parlait à nouveau, ou, plus exactement, j’en attrapais quelques bribes, même si, finalement, je compris qu’elle semblait tenir en estime ce que j‘avais fait pour elle. Emergeant, finalement de mon sommeil, je soupirais m’extirpant légèrement de ma couverture. « N’y penses-plus… Même si j’avoue… Que je n’aime pas qu’on me force la main… Pour le reste… J’ai fait que sauver ma peau. » Je n’étais pas encore tout à fait réveillé, mais, surtout, pas complètement reposé. J’avais envie de dormir et, surtout, un foutu mal de crâne. Bien entendu, au sujet de mes motivations, je mentais peut-être un peu. Après tout, j’aurais pu m’enfuir pendant que la bête festoyait sur le diner servi, mais avec mon état de fatigue et la neige et le froid dehors, je n’aurais probablement pas tenu bien longtemps. C’était un choix logique, même si, bien sûr, j’avais essayé d’éviter qu’elle finisse en charpie pour animal sauvage. Mais je n’étais pas sur qu’il fut dans son intérêt de penser que j’étais un mec bien. Espérant que la discussion n’irait pas beaucoup plus loin, je me recouchais, essayant de retrouver le sommeil.

« J’ai connu pire… Ne t’en fais pas… J’ai… Juste besoin… de repos. » J’aurais vendu père et mère pour faire cesser mon mal de crâne, mais, apparemment, cela ne semblait pas prêt d’arriver. Combien de temps avais-je dormi ? Bah… Peu importait, je voulais juste me rendormir. Malheureusement, Eleonor ne semblait pas l’entendre de cette oreille. Elle s’approcha de moi et commença à m’ausculter, enfin, je crois. Je grimaçais quand elle enlevait mon pansement. En temps normal, je me serai débattu, mais là, j’avais juste envie de dormir… Et puis, il fallait être honnête, je n’en n’aurais pas été capable. Quelques instants plus tard, une bouteille s’agitait devant mes yeux avant qu’on ne me la colle de force dans les mains m’ordonnant d’en boire quelques lampées. Du laudaquoi ? Je reniflais la bouteille. De l’eau de vie ? Bah, ça ne pouvait pas me faire de mal. J’en bus quelques gorgées avant de refermer les yeux, pour ne les rouvrir que quelques secondes plus tard dans un juron Eladrim tandis que ma nuque me piquait atrocement et que mon corps entier semblait se tendre sous la douleur.  

« Nom de… » Je ne terminais pas ma phrase. La caverne était… bizarre. Les couleurs étaient différentes… Plus… Colorées. Je n’avais absolument aucune idée de ce qu’il se passait, mais, étonnement, je me sentais bien et le mal de crâne avait, apparemment disparu. Enfin, c’était probablement le fait de la douleur dans ma nuque. La question de l’Aasimar me laissa perplexe. Je répondis quelque chose, mais qui, dans sa réalité, en voulait pas dire grand-chose, même si, dans la mienne, il y avait un certain sens. Je lui demandais qui était cette petite créature ailée qui virevoltait devant moi. Finalement, elles furent trop nombreuses et me donnèrent le tournis, je ne me souvins que du fait de m’être allongé avant de me rendormir, bercé par une présence réconfortante que je n’arrivais pas à identifier…

[hRP : Comme je suis gentleman, et surtout curieux, je vais laisser Eleonor se réveiller en premier =P]
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MessageSujet: Le réveil   Jeu 30 Avr 2015 - 8:16

Elle se réveilla un peu coincée, mais confortable à souhait. Ouvrant légèrement les yeux, elle aperçut  une pomme d’Adam à quelques centimètres de son visage. Eleonor prit un moment pour l'analyser et elle trouvait cela très étrange que les hommes possèdent une telle bosse sur la gorge. À quoi servait-elle? À mieux avaler?  Bref, ne pouvant répondre à cette interrogation, et se promettant de demander à Flynn son avis sur la question, l'Aasimar prit soudainement conscience qu'elle était blottit contre le corps du pirate et lui contre le sien. Bras entrecroisés l'un sur l'autre ,ils étaient littéralement entrelacés comme deux amants venant de récupérer d'un long et savoureux ébat. En plus, oubliant sûrement qui elle était, Flynn s'était permis de mettre sa jambe par-dessus elle, l'emprisonnant de son poids. Se mordant les lèvres, elle retira lentement le bras qui l'entourait, et pour tout dire, elle eut du mal, car le bras en question ne voulait rien savoir de la lâcher. Légèrement, essoufflée et rouge, elle se tortilla de manière à se libérer de l'étreinte sensuelle. Le visage du pirate se contracta et inconsciemment, il vint la plaquer contre lui, ce qui ruina tous les efforts d'Eleonor à se libérer afin de préparer le petit déjeuner. Tenant bon, elle fit une pression pour tasser sa jambe, mais son bassin vint caresser,sans faire exprès, les parties intimes de l'Éladrin, qui de bon matin, vint démontrer sa virilité derrière le tissus de son pantalon. Écarquillant les yeux, elle s'arrêta net et observa  cette autre bosse beaucoup plus imposante. «Bon sang...» Pensa-t-elle à haute voix, rougissante comme jamais. Le pire, ou le mieux, Eleonor ne savait pas trop, c'était qu'elle trouvait la sensation très agréable, mais apeurée que Flynn la surprenne en flagrant délit, elle résista à la tentation et le repoussa avec plus de rudesse. Dormant comme un loir, il ne se réveilla pas pour autant, enfin, c'est ce qu'elle supposa et elle réussit à se lever tant bien que mal.

Pendant un instant, elle resta debout à scruter béatement l'entre jambe qui continuer à prendre de l'ampleur. Mal à l'aise, elle entreprit de couvrir Flynn jusqu'au cou, mais cela ne suffit pas à la cacher. D'un soupir, Eleonor déclara forfait et feignant l'indifférence, elle tourna le dos au bel endormit. Était-ce tous les hommes qui se réveillaient avec ce machin entre les jambes aussi tendu que celui d'un étalon? Une autre question existentielle qu'elle se demanda en allant chercher du pain et de la viande séchée dans son sac. Elle ne connaissait rien de rien aux ébats amoureux, c'était à peine si elle savait embrasser, et voilà que pour la première fois de sa vie, elle avait dormi dans les bras d'un parfait inconnu, qui visiblement, le matin rendait très excité. Certes, elle était perplexe, mais aussi intriguée. Lui faisait-elle de l'effet à ce point? En fait, Eleonor ignorait que la majorité des hommes se réveillaient ainsi, cette boss exprimait plus un besoin d'aller uriner qu'autre chose mais...parfois, même souvent, une présence féminine pouvait contribuer à cet éveil fortuite et invitante.Nerveuse, la jeune femme eut un besoin intense d'aller prendre de l'air. Le froid glaciale la fit retourner rapidement sur ses pas, mais au moins, son désir avait baissé d'un cran, Eleonor pouvait maintenant réfléchir rationnellement. Qu'allait-elle faire à présent? Sa blessure lui faisait encore mal, mais elle cicatrisait bien. Bientôt Flynn allait pouvoir la guérir, et alors, ils allaient devoir se séparer. Eleonor était inquiète pour lui, car il semblait avoir de gros ennuis. Être recherché pour meurtre s'était quelque chose de grave, de très grave, mais elle était toujours persuadée qu'il était innocent. Oh, certes, Flynn n'était pas un saint, son aura à elle-seule prouvait qu'il avait commis du mal dans sa vie. Bien qu'il était un Éladrin, son énergie était d'un gris pâle,comme son regard brumeux.  Elle avait joué la candide pour mieux l'amadouer, mais elle savait qu'il restait un pirate, obéissant à un code de conduite propre à lui. Pourquoi l'avoir sauvé? Il avait beau dire, il n'avait pas seulement sauvé sa peau. Nenni, il avait à plusieurs reprises sauvé sa vie au dépend de la sienne, de nombreuses fois il aurait pu l'abandonner et s'enfuir. Pourquoi un tel courage? Les pirates n'étaient pas supposés d'être de parfaits égocentriques, agissant selon leurs propres intérêts? Il avait du bon en Flynn, plus qu'il ne le croyait, elle devait seulement lui faire prendre conscience, être une guide qui l'amènerait vers la lumière. 

Revenant à la réalité, Eleonor se rendit compte qu'elle se trouvait debout, aux pieds de Flynn, toujours endormit. D'un œil paisible, elle admira son beau visage serein. Le sommeil lui allait bien. C'est alors qu'elle se souvint de sa blessure à la nuque, le devoir de la guérisseuse reprit ses droits. Mieux valait le soigner quand il était endormit, comme cela, il n'allait pas rouspéter. La blessure recousue, l'Aasimar n'avait plus besoin d'utiliser du laudanum, mais appliquer la pommade risquait de lui faire mal, elle devait y aller très doucement, question de ne pas le réveiller du mauvais pied. Sortant l'antiseptique de la veille, ainsi que de la gelée d'aloès pour rafraîchir l'irritation, et un pansement stérile, elle entreprit de s'occuper du patient. Délicatement, elle enleva le bandage souillé, appliqua l'aloès, puis après qu'elle eut séchée, elle mit la pommade et protégea la nuque du nouveau bandage. Bien, une chose de fait! Elle en profita pour faire de même pour sa propre blessure et reporta son attention sur Flynn qui se mit à ronfler sonorement. D'un sourire moqueur,elle le trouvait beaucoup moins séduisant  à cet instant, et pour pas qu'il vienne rompre le charme, elle lui donna un baisé sur le front, ce qui le fit arrêter de ronfler, mais il continuait à dormir. Le laudanum avait fait son effet, mais il était temps qu'il sorte de ce sommeil profond, le soleil continuait sa course et ils devaient partir après le petit déjeuner. Ils avaient beaucoup de chemin à parcourir. Décidant d'y aller moins délicatement, elle secoua un peu en disant:

-Flynn! Réveil-toi! Le petit déjeuner est servi. 

Rien n'y faisait, même quand elle se mit à parler fort, il n'ouvrait même pas les yeux. Elle commença réellement à être inquiète. Était-il dans un coma? Lui avait-elle donné trop de Laudanum? Elle se pencha, la joue contre son nez; au moins, il respirait, c'était déjà ça. Revenant à son visage, Eleonor força l'une de ses paupières à s'ouvrir, la pupille était normalement dilatée , signe qu'il ne souffrait pas de commotion cérébrale. Flynn était  tout simplement épuisé par leur fuite et par l'attaque de la bête, son corps avait besoin de récupéré, ce qui était tout à fait normal. Rassurée, elle s'assit en indien, la tête sur le côté, et prit un long moment pour observer chaque détail de sa physionomie, à l'exception de son entrejambe, toujours aussi bombée. Si elle avait eu du talent pour dessiner, elle se serait appliquée à le prendre comme modèle, mais malheureusement, son côté artistique faisait défaut. Trouvant le temps long, la jeune femme se leva et alla chercher le pain et la viande qu'elle avait mit de côté. S'approchant du seuil de la grotte, elle observa la neige et les arbres, tout en grignotant son repas. Celui-ci, bien que consistant, était peu appétissant et fort sec. D'un soupir, elle termina de manger en fixant platement l'horizon. C'est alors qu'un hennissement impérieux se fit entendre dans le fond du gîte, Narth  réclamait sa pomme matinale. D'un sourire, Eleonor acquiesça et vint  donner ce que la jument réclamait. Celle-ci s'ébouriffa la crinière et écarta ses longues dents avec impatience. Sans se faire prier, sa maîtresse lui mit le fruit dans sa gueule, puis entreprit de peigner son pelage dorée, question de passer le temps.

-Au moins, toi, tu n'es pas difficile à te réveiller. Il te suffit d'une pomme, contrairement à ce lourdaud. Peut-être a-t-il besoin d'un baisé magique comme dans les contes? Murmura-t-elle à Narth, dont les oreilles allèrent de l'avant à l'arrière.  L'embrassé? Il ne fallait pas tenté le diable, mais...Elle devait se l'avouer, l'envie la tiraillait. Depuis que Samael l'avait embrassé, Eleonor voulait réessayée, mais avait-elle le droit de voler un baiser à un homme endormit et blessé? Surtout qu'elle le connaissait à peine. Son ventre se nouait, l'Aasimar avait le trac d'être autant audacieuse, signe qu'elle devait affronter cette peur absurde, et essayer. Après tout, ce n'était qu'un baisé et il n'allait pas s'en rendre compte. Silencieusement, elle déposa sa brosse par terre et approcha vers Flynn d'un pas furtif, fixant désormais ses lèvres sensuelles. Lentement et tendue, elle s'assit sur ses genoux et se pencha très proche de cette bouche invitante et entrouverte. S'assurant qu'il était bien endormit, elle se risqua et l'embrassa furtivement.


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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Mar 5 Mai 2015 - 5:27


Je dormais paisiblement, ou du moins était-ce ainsi que je le supposais. Le rêve était plaisant. Je n’avais aucune idée d’où je me trouvais, mais l’intérieur était cosy, définitivement féminin. La chambre était grande et un feu finissait de brûler dans la cheminée. De longues et épaisses tentures venaient calfeutrer l’ambiance et il aurait très bien pu faire jour qu’il m’aurait été impossible de le savoir. Le plafond était finement décoré, doré à quelques endroits et laissait supposer que la propriétaire était probablement riche ou, en tout cas, faisait partie d’une famille aisée. Un léger mouvement à mes côtés me fit tourner la tête. Nous, car nous étions bien deux, étions couchés à même le sol, devant l’âtre de la cheminée, sur un immense tapis épais, emmitouflés dans des draps satinés. Entre mes bras reposait une jeune femme, les cheveux blonds, sa peau nue contre la mienne, perdues toutes les deux entre les plis des draps qui nous recouvraient. Son souffle était régulier. Elle dormait paisiblement, lovée contre moi. Son visage ne me disait rien, et pourtant il était extrêmement familier. Je n’avais aucun souvenir de pourquoi je me trouvais là, mais je m’y sentais étrangement bien. En temps normal, j’aurais probablement dû m’inquiéter, après tout, je n’étais pas du genre à ne pas tenir l’alcool, mais, dans l’immédiat, il ne semblait y avoir aucune raison de paniquer. Il n’y avait pas d’autres bruits que les craquements du feu et le souffle tiède qui glissait sur mon cou. Autant en profiter. Je resserrais doucement l’étreinte de mon bras autour d’elle, la rapprochant un peu plus. D’elle-même, elle se lova davantage, toujours endormie, abandonnant un soupir qui ourla mes lèvres dans un léger sourire. J’aurais pu rester ainsi des jours entiers, mais la réalité finirait surement pas me rattraper. Pour l’heure, peut-être valait-il simplement fermer les yeux et profiter.

Lorsque je rouvris les yeux, ce qui me semblait être seulement quelques instants plus tard, tout avait changé. Le décor n’était plus tranquille, chaud, intime. Il était désormais froid, terne. Le plafond était devenu ciel gris duquel tombaient de nombreuses gouttes de pluie. « Flynn ! Réveille-toi ! » Je me sentais balloté, mais j’aperçu rapidement l’origine de la voix. Cette même jeune femme, les cheveux blonds, trempés par la pluie, penchée sur moi et qui me secouait. Elle était désormais vêtue d’une armure de cuir bouilli et moi-même portait une armure similaire. « Que se passe-t-il ? » J’avais mal à la tête mais ce que j’aperçu coupa court à mes lamentations personnelles. Nous étions au beau milieu d’un champ de bataille où s’entrechoquaient des épées dans des bruits d’acier et des hurlements qui n’avaient, pour certains, plus rien d’humain. « On doit y aller Flynn, lève-toi ! » Pas le temps de discuter. Je me relevais tandis qu’elle m’aidait à me tenir debout. Le temps de cligner les yeux, nous étions tous les deux dans une forêt, loin du carnage guerrier. La jeune femme me déposa contre un arbre et s’installa à côté de moi. « Tu es blessé… » Ma main vint se poser sur ma nuque, comme une évidence, et je découvris du sang sur le bout de mes doigts. « Qu’est-ce que je fais là ? » Elle ne répondit pas, se contentant de déposer un baiser sur mon front, avant de soigner ma plaie. « Ne t’en fais pas, je vais m’occuper de toi. » J’aurais voulu lui dire de me répondre, de m’aider à comprendre, mais je n’en n’eus pas le temps. Elle fit couler quelque chose sur ma nuque, de l’alcool probablement, qui faillit m’arracher un hurlement, mais je me contentais de serrer les dents et fermer les yeux.

La douleur disparut immédiatement, remplacée par quelque chose de plus… doux. Un léger toucher qui flirtait avec mes lèvres. L’humidité et le froid avaient tous les deux disparus pour laisser place à une douce chaleur. Lorsque j’ouvris les yeux, je vis à nouveau une crinière blonde, un visage proche du mien, trop proche, jusqu’à ce que je réalise que cette sensation sur mes lèvres n’était que la présence de celles d’une femme contre les miennes. Le baiser ne dura pas longtemps, mais lorsqu’elle se redressa, l’ensemble de mes souvenirs me revinrent en mémoire. Le port, la fuite, la grotte, le monstre et…l’Aasimar. Je l’observais, surpris par ce qu’elle venait de faire. Avait-elle profité de mon sommeil pour me voler un baiser ? « J’ai rarement connu de plus doux réveils… » Ma voix était encore embrumée, comme mon esprit. Mais j’arrivais peu à peu à faire la part entre la réalité et mes rêves. Tandis que j’observais la jeune femme, dans un sourire légèrement taquin, conscient du fait qu’elle était soudainement mal à l’aise. Je me redressais, m’approchant ainsi d’elle à nouveau. « Mais ce n’est pas ainsi que l’on embrasse quelqu’un. » Mes mots avaient davantage été un murmure. Néanmoins, sans lui laisser le temps de réagir à mes propos, j’avais rompu la maigre distance qui séparait nos deux visages et, d’une main douce sur sa nuque, déposait un baiser sur ses lèvres, mais beaucoup moins furtif et timide que n’avait été le sien. Je ne le fis pas durer longtemps, mais disons suffisamment pour en profiter et, je l’espérais un peu, lui en faire profiter aussi. Séparant nos lèvres dans un sourire, je la laissais se remettre avant de la regarder dans les yeux. « De rien. » Mon sourire s’élargit un peu, puis, me tournant vers le feu, je me demandais encore pourquoi j’avais fait cela. Un besoin ? Un désir ? Une envie ? Quelque chose me disait que cela venait de mes rêves. Pourtant elle n’était pas la fille de mes rêves… Réalisant subitement quelque chose, je passais une main sur ma nuque, sentant le bandage qui protégeait ma blessure. Soudain, le souvenir des soins – des vrais – me revint en mémoire. Le laudanum ? Était-ce la raison que je cherchais ? « Merci… pour les soins. » Je me retournais vers elle. « Comment va votre blessure ? » Changer le sujet. Quelque chose de plus pratique, qui éviterait de me faire penser trop longtemps à mes rêves.
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Eleonor Delorne
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MessageSujet: Innocent ou meurtrier?   Lun 11 Mai 2015 - 9:53

Avant de s'éloigner de son visage, elle sentit des cils papillotés sur sa joue, elle ouvrit grand les yeux et cessa de l'embrasser. Pourquoi avait-il décidé de se réveiller à ce moment là? Cramoisie, elle voulut dire quelque chose pour  justifier ce baiser voler, mais aucun mot ne sorti. Flynn l'observait d'un air surpris , puis après un instant, il avoua qu'il avait rarement connu d'aussi doux réveils. Néanmoins, il critiqua la manière qu'elle embrassait, ce qui la rendit encore plus gênée, même irrité. Eleonor s'apprêta à rouspéter, mais le pirate ne lui laissa pas le temps, il l'attira à lui et l'embrassa langoureusement. Elle perdit toutes défenses et se laissa faire, une sensation chaude et plaisante commença à naître, «Par les Dieux, qu'il embrasse bien!» Pensa-t-elle répondant à ce baiser passionné, qui malheureusement, ne dura pas. Il recula son visage pour la dévisager d'un air taquin, le regard de l'Aasimar était brillant de désir et ses joues en feu lui donnait un air très jolie. Eleonor n'arriva pas à prononcer la moindre parole,mais elle était aux anges et elle se surpris à en vouloir plus. Au moment où elle se pencha pour tendre ses lèvres, question qu'il recommence encore et encore, le pirate sourit et s'allongea de tout son long proche de feu, le regard songeur, scrutant les flammes. Encore en proie à un désir lancinant,qui ne voulait pas s'éteindre, Eleonor détournant son regard de cette tentation masculine et respira plusieurs fois profondément, question de se calmer. Heureusement, Flynn aussi semblait vouloir changer de sujet et la regardant, il la remercia de ses soins et demanda comment allait sa propre blessure. Jetant un regard furtif à l'hideuse cicatrice violacée, elle répondit:
-Oh, elle va mieux, mais cela me fait encore mal. Si je continue à bien la soigner, elle guérira sous peu et peut-être que tu pourrais la refermer complètement? Je ne tiens pas à porter cette cicatrice le reste de ma vie, elle est très laide et va sans cesse me rappeler de mauvais souvenirs.
 
Oui, un odieux souvenir, l'image enragé du chef voulant la tuer et la douleur inouïe de la lame transperçant son épaule frêle. D'un moue sombre, elle fixa à son tour les flammes, se rappelant ces événements de la veille, tout c'était passé si vite et c'était une chance qu'elle soit encore vivante. Se rappelant soudain qu'elle voulait aidé Flynn à prouver son innocence, dans le but de s'acquitter envers lui, elle leva les yeux vers lui demanda:


- Qu'as-tu fait Flynn? Pourquoi es-tu accusé de meurtre? Je te demande cela, car j'aimerais t'aider à prouver ton innocence, afin que tu puisse voyager en toute liberté, sans avoir peur de te faire prendre. Ah, avant de me répondre, s'il te plait, arrête de me vouvoyez, ça me vieillit. Au point où ils étaient rendus, elle ne le considérait plus comme un parfait inconnu, en plus qu'il l'avait embrassé, ce n'était plus nécessaire d'utiliser le «vous». Attendant qu'il sache par où commencer,elle alla chercher le petit déjeuner sec, mais nourrissant à souhait, et le lui tendit en disant:
-Tiens, mange, mais vas-y lentement, car tu pourrais avoir des nausées à cause du Laudanum. Après ton histoire de meurtre, juste me décrire ce que tu as vu comme hallucination? J'espère que ce ne fut pas trop horrible, comme l'homme qui a vu des naines barbues voulant le violer. Étrange, non?

Aussi étrange que ce patient, un humain gigantesque, à la peau noire, mais aux yeux bleus claires et froids. Comment un tel individu pour rêver à des naines, barbues de surcroît? Peut-être un fantasme refoulé? Cela l'avait tellement surprise, qu'elle n'avait pu s'empêcher de rire, mais voyant le regard courroucé du l'homme, elle s'était aussitôt arrêter. Revenant à la réalité, elle se rendit compte que Flynn avait commencé à parler et elle n'avait pas du tout comprit ce qu'il avait dit. «Ah, euh, pardon, j'étais dans la lune, peux-tu répéter?». Reprenant une bouchée de pain, elle se pencha légèrement vers lui, son regard dans le tien, et l'écouta avec la plus grande attention. Depuis leur rencontre dans la piteuse chambre, elle avait été très intrigué par Flynn et maintenant, elle allait enfin savoir un peu de son passé. À moins qu'il décide de ne pas vouloir lui dire, après tout, ils ne se connaissaient que depuis hier, même si elle avait l'impression qu'ils étaient des amis depuis longtemps. Peut-être était-ce dû au fait qu'ils avaient vécu des épreuves intenses en très peu de temps, créant de la complicité et de la solidarité peu commune entre deux inconnus? Tout en l'écoutant parler, elle se demanda soudainement si une relation amoureuse pourrait être possible entre eux? Bien sûr, c'était mieux de commencer par être amis, mais éventuellement, peut-être qu'il pourrait s’amouracher d'elle et elle de lui? Hahn, petite folle qu'elle était. Une histoire romanesque et romantique avec un superbe et mystérieux pirate, sauveur de femmes en détresses, était trop beau pour être vrai. Après tout, son amour pour Samael était encore vif, peut-être allait-il revenir? Devait-elle attendre qu'il revienne ou continuer sa vie sans lui? Soupirant, Eleonor se dit que c'était mieux qu'elle s'en tienne à une relation amicale avec Flynn,temporairement, car ils allaient tôt ou tard devoir se séparer. Concentrant toute son attention à ce que Flynn racontait, Eleonor se rendit compte qu'elle avait encore manquer un bout, mais ne se risqua pas à le faire répéter une deuxième fois. Elle hocha de la tête, faisant à semblant d'avoir compris et demanda: «Et qu'est-ce qui c'est passé par la suite?»


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MessageSujet: Re: Sang et neige [Terminée]   Lun 11 Mai 2015 - 11:16

Je devais bien l’avouer, j’avais honteusement profité de la situation. Je ne pouvais pas dire vraiment pour quelles raisons je m’étais laissé aller à l’embrasser ainsi, mais cela n’avait pas été désagréable, bien au contraire. Bien entendu, elle n’embrassait pas mal, c’était une pitoyable excuse pour lui en voler un, dont je puisse profiter pleinement, sans être à moitié endormi. Après tout, c’était de sa faute ! A cette idée, je ne pus m’empêcher de m’imaginer les raisons qui avaient pu la pousser, elle, à m’embrasser. Me trouvait-elle attirant ? Certes, j’étais conscient de ma popularité auprès de ces dames, mais tout de même, quelle idée de le faire pendant mon sommeil ! En avait-elle honte ? Ou peut-être voulait-elle simplement profiter de la situation ? Il n’aurait pas été bienvenu de lancer une discussion sur ces questions. Pourquoi ? Peut-être que les réponses possibles ne me convenaient pas toutes et que laisser le doute était la meilleure façon de ne pas être déçu. Mais pourquoi aurais-je dû être déçu ? Ce n’était pas comme si j’éprouvais de réels sentiments pour elle, n’est-ce pas ? Nous avions partagé une cavalcade, l’adrénaline me jouait probablement des tours, comme ma fatigue. Mieux valait laisser cela de côté et se concentrer sur des choses plus terre à terre. Nos blessures respectives étaient parfaites pour cela, sachant que la sienne était naturellement bien plus grave. Je n’avais fait qu’heurter une paroi, ce n’était pas une lame qui m’avait transpercé l’épaule. J’acquiesçais doucement à ses paroles. « Je pourrais essayer. Je ne m’en sers pas souvent. Mais une cicatrice n’est pas forcément laide, les femmes semblent y trouver du charme sur les hommes, en tout cas. » Je m’étonnais de ma propre réplique. Pourquoi avais-je pensé à cela ? Peut-être parce que certaines femmes s’étaient extasiées de quelques-unes de mes cicatrices dans l’intimité de leurs chambre ?

Je me redressais, en tailleur, fixant les flammes à mon tour, essayant de me vider l’esprit. La question que me posa l’Aasimar me laissa perplexe quelques instants, avant qu’elle ne précise qu’elle voulait savoir pourquoi j’étais recherché pour meurtre. Je dois admettre que cela libéra mon esprit de pensée un peu mutine et que même si ce n’était pas le genre de choses sur lesquelles j’aimais m’épancher, le sérieux du sujet fut le bienvenue pour m’aider à refaire le vide. Je soupirais doucement. « Ne te sens pas redevable Eleonor. Et mieux vaudrait ne pas te mêler à cette histoire. Si le Gantelet me reconnait tu pourrais déjà avoir des ennuis pour ça. » Cela ne m’étonnerait même pas que ces chiens s’amusent à faire penser qu’elle puisse être une complice du fameux meurtrier Flynn. On ne vivait pas forcément bien d’être recherché à travers tout un royaume. « Et puis je me suis habitué à cette nouvelle vie. » En même temps, je n’avais pas réellement eu le choix. Il était certain qu’être de nouveau libre serait probablement une sensation grisante, mais n’étais-je pas déjà libre ? Seules les villes représentaient un problème mais il n’était pas difficile de se déguiser un minimum pour brouiller les pistes. Et puis peu de personnes se souvenaient réellement des visages qu’elles voyaient sur les affiches de recherche. « Merci. » Je la remerciais dans un sourire tandis qu’elle me tendait de quoi manger. Des naines barbues ? Voilà un rêve qui n’était pas banal. Enfin, je ne pouvais pas dire que le mien l’était davantage. Au moins, personne n’y tentait de me violer. « Ce n’était rien d’aussi exceptionnel. Une suite éclectique de situations sans réel lien les unes aux autres, hormis peut-êt… » J’haussais un sourcil quand elle m’interrompit, prétextant avoir été dans la lune pour manquer le début de mon récit. Je la regardais silencieux quelques secondes avant d’hausser les épaules pour moi-même.

« Je disais que je n’avais pas rêvé de quelque chose en particulier. Des situations un peu étranges sans lien les unes aux autres. En tout cas, il n’y avait pas de naines barbues, ça c’est certain ! » J’esquissais un sourire avant de mordre dans une bouchée de pain. Le petit-déjeuner était frugal mais j’étais habitué à bien pire. En réalité, manger quelque chose était déjà une nette amélioration par rapport à mon petit-déjeuner moyen. Pourtant, je ne pouvais pas m'empêcher de repenser à ces rêves... Ils n'étaient pas dénués de liens en vérité. Je reprenais, plus pensif. « Enfin… Il y avait toujours cette femme, d’une situation à l’autre, elle n’était pas vêtue pareil, mais je suis certain qu’il s’agissait de la même personne… » Tandis que je regardais l’Aasimar, j’étais persuadé qu’elle était de nouveau perdue dans ses pensées. Alors que je m’étais arrêté depuis quelques instants, elle sembla revenir à la réalité et, pour se donner une contenance, hocha de la tête lui demandant la suite. Si elle avait réellement entendu ce que j’avais dit, quelque chose me disait qu’elle n’aurait pas réagie ainsi. Je posais le pain à côté de moi, me penchant légèrement en avant. « Tu ne m’écoutes pas, en fait. A quoi peux-tu bien penser pour être dans la lune ? » Je la fixai, un air amusé sur le visage. Je n’avais aucune idée de ce à quoi elle pouvait bien penser. Peut-être se faisait-elle du souci pour quelqu’un, un proche, un amant. Après tout, elle n’avait peut-être pas prévu de quitter aussi précipitamment le port de Bélin. Peut-être y était-elle venue avec quelqu’un ? « C’est le fait de t’avoir embrassée qui te perturbe autant ? » Je ne pus m’empêcher de sourire. Peut-être n’y était-elle pas habituée ?
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MessageSujet: Confidence   Mer 13 Mai 2015 - 11:06

L'Aasimar fut surprise qu'il la démasque aussi facilement, puis devint perplexe. Ses parents lui ont toujours dit qu'elle n'était pas douée pour mentir, selon eux, Eleonor était un livre ouvert.  L'air amusé de Flynn, la scrutant, lui fit baissé les yeux et elle mit toute sa concentration à mastiquer sa bouchée de pain. Demander à quoi qu'elle pensait était d'ordre personnel, elle n'avait pas à lui confier quoique se soit. En fait, elle était trop gênée pour lui répondre, ne voulant pas qu'il se moque de ses pensées romanesques.  Néanmoins, le pirate ne se laissa pas démonter et demanda plus spécifiquement:
«C'est le fait de t'avoir embrassée qui te perturbe autant ?»

Elle cessa de mastiquer et le regarda d'un air surpris. La perturber? Eh bien...Oui, sûrement, c'était un facteur de sa gêne.Prenant son temps pour avaler sa bouchée, Eleonor réfléchit à cette question,les joues toujours écarlates. Elle décida d'opter pour l'indignation typiquement féminine:

-Non, pas du tout! Sache...Sache que j'ai déjà embrasser quelqu'un! Bon ce fut très court, mais..En fait, c'est lui qui m'a embrasser et...euh, il est parti..mais...euh...

Wow indignation féminine ratée. À sa réaction maladroite, elle ne pouvait que confirmer le fait qu'elle était réellement perturbée par ce baisé imprévu, spontané et irréfléchi. Rageuse contre elle-même, Eleonor déposa brusquement sa mie dans son sac en pensa tout haut:

-J'ai l'air d'une vierge totalement inexpérimentée! Je me sens ridicule!


Les joues en feu, elle continua à baisser les yeux, le visage de Samael lui revient en
mémoire. Se mordant les lèvres, elle avait besoin de se confier à quel point elle se sentait encore plus ridicule d'être amoureuse d'un homme qu'elle avait rencontré qu'une seule fois. Ah, pourquoi se retenir? Vivement, elle se retourna vers Flynn, le regard brillant de colère et de tristesse:

-Tu m'as demandé à quoi je pensais tantôt? Eh bien, je vais te le dire! Je pensais à un homme que j'ai rencontré, il y a une semaine, dont je me suis amourachée dès la première seconde que je l'ai vu. Il m'a dit qu'il me connaissait depuis l'enfance, et il veillait sur moi, mais je ne l'ai jamais rencontré avant.  Il a  osé m'embrasser avant de partir, puis il m'a planté là. En plus,j'en suis sûr, il avait des ailes, comme moi, mais noires,  mais un manteau de plumes les cachaient. J'ignore s'il était un Aasimar, mais je n'ai jamais rencontré, de toute mon existence, un être aussi beau que lui, aussi protecteur...Mise à part toi.

Eleonor prit une pause pour respirer et voir si elle devait continuer. Sans qu'elle s'en rendre compte, des larmes coulaient sur sa joue. Cela faisait des jours que la jeune femme avait cela sur le cœur, elle en avait parler à personne jusqu'à présent, et elle devait se l'avouer, cela lui faisait le plus grand bien. Voyant que Flynn continuait à l'écouter avec la plus grande attention, elle continua, mais plus calmement, un sourire gênée sur les lèvres:

-Oui, mise à part toi. Ton apparence, et peut-être aussi le fait que tu m'as sauvé, me rappel Samael. C'est peut-être pour ça que je t'ai embrassé tout à l'heure? Pour me souvenir de cette sensation,et surtout,  j'avais besoin d'affection. J'en ai encore besoin, et la vie est injuste. Je me suis amourachée d'un parfait inconnu, que je vais sûrement jamais revoir. Haha! Moi qui m'était promit de ne jamais tomber amoureuse...À ma santé, cher pirate!


Elle avait dit cela sur un ton amer, presque dramatique, en levant sa gourde d'eau vers lui, telle du vin savoureux. Eleonor en but une longue gorgée, puis du revers de la main, essuya sa bouche. Elle espérait que Flynn ne la trouve pas folle ou déboussolée. Il n'allait sûrement pas comprendre ce qu'elle ressentait, ou peut-être que oui, elle l'ignorait.  Eleonor  ramena son regard d'émeraude vers son interlocuteur et dit:

-Le pire c'est je n'ai jamais passé autant de temps avec un homme qu'avec toi et sincèrement, j'en suis heureuse. Oui, tu es un pirate, accusé de meurtre,mais je me sens en confiance et moi-même. Je me sentais comme ça avec Samael, mais, il semblait trop...parfait, même divin...Au moins, toi, tu semble humain, imparfait, ça me rassure. Dommage que nous allons devoir, tôt ou tard, nous séparer. Je vais m'ennuyer de notre périple rocambolesque.




Eleonor, l'Ange d'Or
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Sang et neige [Terminée]

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