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 Cette route nous y mènera

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Kanayëlle Karista
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MessageSujet: Cette route nous y mènera   Mar 3 Fév 2015 - 7:18

Plongé dans un sommeil réparateur, je ne savais rien du monde qui l'entourait. Je ne sentais que de la douceur, de la chaleur. Je ne savais pas de qui elle venait exactement, mais j'étais persuadé qu'elle venait de Khalän. Ce gars, j'étais heureuse de l'avoir rencontré sérieusement. Je ne savais pas réellement ce qu'était les sentiments que j'avais pour lui, mais je ne voulais aucunement qu'il lui arrive quelque chose. Je lui suivrait quoi que cela doivent me coûter. Je le protégerais de lui, de sa vengeance et j'effectuerais la mienne. Ma décision était prise. Je finis par totalement sombrer, ma conscience ne demandant que du repos. Je finis par me réveillé le matin bien avant l'aube. Comme d'habitude en vérité. Lorsque j'étais dehors, je ne dormais jamais beaucoup. Mais là, je me sentais franchement reposer. Je remarquais alors que j'étais sur les genoux de Khalän, sa main dans mes cheveux. Je souriais et me levait avec la plus grande précaution pour ne pas avoir à le réveillé. Je le couvrit tendrement, lui aussi avait besoin de repos. Roca bailla et me regarda tranquillement. Brok s'approcha à son tour, tellement inquiet que je ne pus rien faire d'autre que les étreindre tous les deux. J'utilisais alors la conversion et parlait à voix basse, inaudible.

« Nous allons le suivre, où qu'il aille, nous le suivrons et nous le protégerons d'accord ? »

Les animaux semblèrent comprendre non pas mes paroles, mais mon besoin de protection, mon affection pour lui et les coups de langues respectif que je reçus furent comme deux accord tacite. À nous trois, nous ferions notre possible pour qu'il ne lui arrive jamais rien. Cependant pour l'instant, maintenant que nous étions sortis de ce bazar qu'avait été ces souterrains, il fallait nous restaurer. Heureusement que j'avais de quoi nourrir un régiment. Je commençais donc un petit-déjeuné complet. Faisant revenir des œufs qui heureusement se gardait bien et préparant une grande marmite de thé, on allait avoir besoin de théine pour resté éveillé. Car si les plaines plaines mortes n'avaient rien d'enviable ce n'était rien comparé au mont venteux. Je me souvenais de certaines légendes, toutes plus effrayantes les unes que les autres. Je me souvenais encore de cette nuit avec Jaston et Orlaïs, cette nuit fraîche où nous avions entendu de nombreuses choses. Peut-être cela n'avait-il était que notre imagination, mais je devais avouer une chose, la petite fille que j'étais avait eu une peur bleue.

Je souriais doucement. Finalement ces souvenirs étaient moins déplaisant que je ne voulais bien l'avouer. Le problème ne venait pas de ces souvenirs là, mais plutôt de ceux d'avant. Je ne connaissais pas encore les réponses à mes questions et je devais bien avouer qu'en vérité ça ne me plaisait pas trop. Je voulais les connaître, je voulais savoir et agir en conséquence. Était-ce réellement une bonne idée de se lancer à la poursuite de mon frère ? Mais à part cela qu'avais-je d'autre ? De toute façon il allait bien devoir me donner des réponses en définitive ou alors j'allais devoir les lui arracher. Ça allait lui faire un choc, la petite fille qui était resté tétanisé devant lui n'était plus. J'étais quelqu'un d'autre et je me doutais que cela n'allait pas lui plaire. En fait, nous verrions bien. Pour l'instant j'avais déjà quelque chose d'autre à faire. Je relevais la tête de ma tambouille lorsque j'entendis des grognements doux. Un sourire sur le visage, je vis Khalän se réveiller.


« Alors bien reposé ? Merci d'avoir veillé sur moi cette nuit. »

Je lui souriais avec douceur et finalement montrait le petit déjeuné.

« On devrait manger, il nous reste pas mal de route pour arrivé en sûreté avant la nuit tombé. Les mont venteux sont tous sauf une promenade de santé. »

Je partis sceller Brok en attendant qu'il mange le repas que je venais de lui servir. Ce n'était pas du grand luxe, mais j'espérais que ça lui plairait. Parce que faire de la cuisine dans ce genre d'endroit n'aidait pas forcément. Je soupirais doucement, une fois Brok scellé, une fois Roca prête à partir -je venais de protéger ses pattes pour la route- je retournais vers Khalän qui visiblement avait terminé de manger.

« Désolé de te pressé, mais je connais assez bien cette partie de notre voyage et j'aimerais au moins arrivé en bas du mont venteux pour évité tout problème. »

Je le regardais doucement et attendait patiemment qu'il finisse pour qu'on puisse prendre la route.


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Que celui qui tente de me l'enlever subisse mon courroux.

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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Petite halte   Mer 4 Fév 2015 - 17:01

Le sommeil l'avait gagné, emporté en la plus profonde des torpeurs alors qu'il étreignait du regard le ciel immortel d'où les divinités d'Ildirith siégeaient, perverses et toutes puissantes à surveiller les êtres innombrables de ce monde. Et de songes en songes, il voyageait, et plus encore à songer en ceux-ci de sa compagne. Et elle était toujours à ses côtés, et tous deux, prêts à dépasser leurs limites ensemble, s'enivraient de belles et grandes épopées, aussi florissantes que les plus beaux jardins et palpitantes à en faire rougir de jalousie les plus grands poètes. Et tous ces conteurs de rêves auraient bien pu chambouler le cœur de leurs spectateurs qu'ils n'en étaient rien face aux péripéties des jeunes gens. Et Khalän lui même se voyait aède en ses beaux et derniers moments, s'imaginant raconter de nombreuses aventures vécus de lui-même à une troupe d'enfants ébahis assis en face de lui. Et son visage était ridé, et ses cheveux blancs s'en voyaient être les preuves irréfutables de sa longue existence, et seul le masque de bois qu'il portait n'avait vieilli, gardant ainsi la légende qu'il avait engendré de son jeune âge.

Et enfin, après ces doux rêves, il se réveilla. Et l'odeur des œufs en pleine cuisson lui susurra quelques promesses au bout du nez, et les douces émanations de caféine  tirailla son estomac. Et ainsi, ouvrant les yeux, l'astre brûlant l'aveugla quelque peu puis vint à sympathiser avec ses pupilles avant d'éclaircir ses iris émeraudes. Et n'ayant eut le temps de se lever, que la voix douce et angélique de la belle Kana résonna en son âme attendrie. Et quel plus doux réveil que celui-ci ? Khalän en sourit et répondit avec grande joie.

- Un sommeil empli de doux rêves et un réveil acclamé d'une voix délicate et savoureuse. répondit Khalän un peu poète après ses quelques songes. Tous les soirs, tant que nous nous côtoierons, je veillerai sur toi, par simple plaisir. continua t'il en lui souriant.

Et elle lui servit un repas matinal comme il n'en avait plus connu depuis si longtemps et ce fut un régal. Et bien que celui-ci n'était idéal à faire en ce genre de lieu, et peut-être même était-il banal pour beaucoup, mais le jeune homme, lui, en fut enthousiaste et il ne pouvait en être autrement pour quiconque, car au fond de lui, il se disait qu'elle y avait ajouté un ingrédient secret que seules quelques âmes en ce monde connaissaient l'existence. Et se l'imaginant ainsi, il se rassasia à cela, car quel autre ingrédient aurait pu lui procurer ces sensations si profondes ? Et inodore, il était, et incolore également mais insipide, certainement pas, non, il y avait de la saveur, mais celle-ci était destinée à ceux comprenant le langage multidimensionnel et spirituel. Et l'ingrédient à cette vision n'était pas dur à déceler, il s'agissait simplement d'une pincée d'amour.

Elle avait raison, la route allait être longue, le voyage n'était aucunement fini et pour tout dire, ils n'avaient pas avancé. Et la chute en les abysses des terres mortes n'avait rien rapporté à leur avancée physique, mais avait pourtant éveillé les consciences des trois aventuriers, et de nouvelles révélations surgirent des cœurs, et de l'amour, et de l'amitié et du dépassement de soi.

Elle s'en alla alors, laissant finir Khalän. Et elle scella sa monture, et Khalän en devait faire autant, et le ferait dés son repas fini. Et tandis qu'elle avait fini de préparer ses compagnons, le jeune chasseur finit le repas et alla sceller son cheval sur les conseils de la jeune et belle jeune femme qui se voyait être tout autre en son regard depuis qu'il accepta ses sentiments pour elle. Et le jeune homme après cela alla réveiller, d'un coup de pied, le ronflant Norak, tout endormi qu'il était.

- Allez fainéant, debout !
- Hum... Oui... oui... renchérit le nain dans les vapes.
- Tu devrais te réveiller avant que les œufs ne refroidissent et que le thé norpalien ne perde de sa saveur. continua avec insistance le jeune guerrier, aguichant les papilles gustatives du nain.
- A manger ! répondit le bougre en se relevant aussitôt, vacillant quelque peu de gauche à droite avant de se stabiliser.

Et Norak s'approcha de la marmite de Kanyëlle, et les œufs et le thé lui offrirent un instant de délectation sans précédent argumenté de quelques gloussements jouissifs.

- V'aiment délichieux ! marmonna le nain, la bouche pleine, en regardant la jeune femme à la chevelure de braise.

Et le regard émeraude de Khalän s'engouffra dans l'océan bleu-gris de Kana, et celui-ci imprégna toute son attention à celle-ci, et étudia le dégradé majestueux du bleu virant au gris et finalement plongea en les profondeurs de sa pupille. Et souvent, on lui avait dit que les yeux reflétaient l'âme d'une personne, et cela venait du fait qu'un lien sanguin unissait l'œil au cerveau jusqu'à atteindre la glande pinéale, celle qu'on nomme le siège de l'âme. Et ainsi, le regard de Kana, aussi magnifique soit-il, émanait une grande sagesse mais se courbait maladroitement vers la haine et l'incompréhension, ce qui revenait à dire qu'elle était emplie d'une haine vengeresque. Et pire devait être son propre regard et mieux ne valait pas en savoir plus, alors, déclinant l'invitation à naviguer sur les eaux profondes et cristallines de la prêtresse de cœur qu'elle était devenue pour lui, il imposa le départ.

- Je pense que tout est prêt, nous allons pouvoir y aller.
- Hummm... oui, oui, j'ai fini ! Délicieux, Kanayëlle, merci encore !

Ainsi, le nain équipa son âne et tous les trois se posèrent sur leur monture respective tandis que la féline chimère suivait Brok, restant tout le long à ses côtés, et ceux de Kana. Et longue fut la route, et des heures et des heures durant, et le désert était immense et chaud, aussi chaud qu'il était froid à la tombée de la nuit. Et enfin, une zone verte apparue au loin, un quartier boisé empli de grands arbres, et derrière cet immense bosquet se dressaient les hauteurs enneigées, magnifiques et dangereuses des Monts Venteux. Et arrivant à l'orée du bosquet gigantesque, le voleur nain, sur son âne, prononça quelques mots à l'attention des deux autres cavaliers.

- Nous allons nous arrêter ici pour quelques heures.

Et son expertise en la matière plut aux deux jeunes humains, et le nain était un nain, et donc connaissait les procédures pour éviter toute complication en ce territoire hostile, alors ils l'écoutèrent sans broncher, s'engouffrèrent en la vallée verdoyante et installèrent un camp de fortune. Et le nain, plutôt sérieux sur ce coup, se décida à partir seul, l'arbalète en mains.

- Il y a une rivière non loin de là, à une centaine de mètres, vous pourriez vous y rafraichir, mais ne vous éloignez pas plus que ça.
- Et toi, que comptes-tu faire, Norak ? s'interloqua Khalän un peu surpris.
- Je vais chasser... pour le bien de tous.
- Je suis chasseur également, je peux t'aider.
- Non, mon ami, je connais les bois de Térovia, je sais quels dangers y résident.

Et le nain partit seul, disparaissant dans la lourde mêlée des branchages, laissant orphelins ses compagnons de route. Et ne comprenant guère les réelles intentions de Norak, Khalän haussa légèrement les épaules en direction de Kana et puis fit un feu assez rapidement avec deux pierres polies qu'il trouva dans les parages. Puis, ayant remarqué la poussière le recouvrant et la saleté accolée à sa peau, il décida d'y remédier, emmenant avec lui son cheval.

- Kana, je m'en vais jusqu'à la rivière pour me laver avec Brume, je n'en ai pas pour longtemps.

Et se retournant vers le nord, il s'avança, puis, songeant à son cœur, ou plutôt soumis à lui, il s'en retourna vers la jeune et magnifique jeune femme.

- Sois prudente. prononça t-il avec grande intensité comme à presque s'en vouloir de la quitter pour si peu.

Et son cœur, depuis l'Antre des trolls, n'avait cessé de le tourmenter de l'image de Kana, et elle était devenue son fardeau et sa bouée, le noyant en l'amour et le libérant de la solitude, et jamais il n'aurait voulu ressentir une nouvelle fois ce sentiment absurde. Absurde peut-être, mais incontrôlable.

Et descendant doucement une crête abrupte, il finit par arriver les pieds dans l'eau fraîche, et se déshabillant quelque peu, s'empressa de rejoindre les eaux en compagnie de Brume. Et caressant son fidèle compagnon, il le nettoya de toutes les impuretés qui pourraient le gêner. Et ainsi, le jeune homme se laissa bercer par le souvenir de ses songes.



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MessageSujet: Re: Cette route nous y mènera   Jeu 5 Fév 2015 - 14:52

Je regardais tranquillement la route alors qu'elle se déroulait devant moi sans rien de plus qu'être une route. Tant de chose s'était passé et me faisait réfléchir, comme le réponse de Khalän tout à l'heure. Qu'entendait-il par le fait qu'il veillerait sur moi par simple plaisir ? Pour cela, j'avais l'impression d'être encore une enfant, ne comprenant pas grand chose au relation. Je devais bien l'avouer, Orlaïs m'avait appris de nombreuses choses, mais les druides n'était que cela des druides et en ce qui concernait les relations, il n'était visiblement pas plus doués que quelqu'un d'autre. Je souriais à mes propres réflexions. J'avais l'impression de me poser des questions existentielles alors qu'en vérité, il n'en était strictement rien. Qui pouvait dire ce qui était existentiel de ce qui ne l'était pas ? Chacun avait une vision des choses et la mienne m'amenait à ce genre de questionnement. Une fois encore, je me perdis dans mes pensées, alors que j'entendais les sabot de Brok battre le sol. Roca quand à elle s'amusait à courir comme une folle pour finalement s'arrêter en freinant des quatre pattes et revenir ensuite vers nous. Son manège me fit sourire doucement. Et puis finalement, la route pris fin aussi rapidement qu'elle avait commencé. Je regardais le nain qui venait de parler et nous ordonner en quelque sorte de bivouaquer.

Il avait raison, mieux valait dormir ici que plus loin, car plus loin il se passait des choses. Des choses que je ne connaissais pas et qui pourtant semblait être assez particulières. Je ne m'étais jamais aventurer plus au delà de la moitié du mont Venteux, tout simplement parce qu'il n'y avait pas réellement besoin. J'écoutais donc avec attention ce que disais le nain. Visiblement, il connaissait son affaire et je ne pouvais lui en vouloir de nous tenir éloigner. Je me souvenais d'une bête enfant que j'avais réussis à esquiver de par ma petite taille, maintenant ce serait bien plus compliqué. Norak connaissait bien mieux cet endroit que nous deux, malgré le fait que j'y suis venu plusieurs fois, je devais lui faire confiance, même si en quelque sorte s'était compliqué pour moi. Pourquoi d'ailleurs ne pouvais-je pas faire confiance ? À cause de la trahison sans nul doute. J'avais eu confiance en une personne, une personne que j'avais aimer plus que tout et qui finalement avait trahis toute notre famille. Pourtant, désormais, j'avais de nouveau envie de faire confiance. Mais comment le pouvais-je alors que je n'avais déjà pas confiance en moi. Ces questions me taraudaient l'esprit doucement et tranquillement alors que finalement Khalän me fit revenir sur terre.


« Très bien, va jusqu'à la rivière. »

Je n'en avais pas besoin pour l'instant, je préférais rester là, à contempler l'horizon. Cependant je le vis revenir aussi rapidement qu'il était partit et je souris doucement à sa remarque.

« Ne t'en fais pas, je ne ferais rien d'inconsidéré. »

Et je le vis repartir tranquillement avec Brume. Je voulus alors détourner mon regard de cette scène superbe, un homme et un cheval dans l'eau. Non, pas n'importe quel homme. Mon cœur se mit doucement à battre dans ma poitrine, comme muer par un instinct particulier, comme muer par un désir différent de celui que j'avais avant. Pourquoi le regarder me faisait réagir ainsi ? Une bien grande question à laquelle je n'avais pas de réponse.

« Est-ce que tu n'as pas de réponse ou alors est-ce parce que tu connais déjà la réponse ? »

Je souris comme une idiote. Inutile de me retourner, je savais parfaitement que personne n'était derrière moi, pourtant je pris la parole doucement. Personne ne pouvait réellement me voir d'ici, ni m'entendre d'ailleurs.

« Grand-mère Tahon. Encore en vie alors ? »
« Tu pensais me trouver morte ? »
« J'en ai eu peur oui. »
« Détrompe toi ma petite, on ne tue pas les mauvaises herbes. »

Je souriais doucement et reprit la parole.

« Que vouliez-vous dire par..... »
« Shhhhttttt ma petite. Tu ne trouveras pas les réponses en posant les questions. Trouve le chemin, rejoins-moi et là, nous parlerons. Laisse la nuit couler et demain à l'aube trouve moi. »
« Je viendrais. »

Et le bruit s'en alla rapidement. Je restais encore là à le regarder sans pouvoir de nouveau détacher mon regard. D'un autre côté j'avais parlé avec Grand-mère durant un petit moment et jamais mon regard n'avait ciller. Cela me paraissait étrange, mais elle... elle avait les réponses, je le savais parfaitement et j'avais besoin de ce genre de réponses. Je détournais finalement mon regard après un certains temps. Venant attacher mes cheveux, je préparais le camp, il allait falloir nous restaurer et je ne savais pas ce que Norak allait nous ramener. De toute façon quoi que ce soit, ce serait à lui de le cuisiner. Chaque chasseur se débrouille avec sa proie, même si elle est pour plusieurs personnes. Je préparais donc tranquillement et puis finalement m'éloignait doucement pour récuper quelques plantes qui allait pouvoir nous servir. Assaisonner et préparer quelques 'légumes'. Enfin légumes s'était beaucoup dire. J'étais encore en train de cueillir lorsque j'entendis du bruit dans le campement. Je revins doucement pour voir le voleur poser sans délicatesse, la carcasse de je ne savais quelle bête. Je haussais les épaules à son regard sur mes herbes et les 'légumes'.

« Vous pensez réellement que je vais manger de la viande sans accompagnement ? Vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'au trognon si c'est le cas. »

Il partit à rire pour je ne savais quoi.

« Vous êtes différente de ce à quoi on peut s'attendre. Qui êtes vous réellement ? »
« ça mon cher, c'est une question à laquelle vous n'aurez probablement pas de réponse. »
« Vous ne compter pas le blesser j'espère ? »
« Regardez-moi bien. Ai-je l'intention de blesser qui que ce soit ? »
« Oui, mais je ne pense pas que ce soit Khalän. »
« Non, ce ne sera pas lui. Lui... je le protégerais, même si pour cela je dois donner ma vie. »

Il me regarda d'un air étrange et finalement j'entendis les sabot de Brume taper doucement le sol. Un regard vers le nain et il comprit de suite. La discussion était terminé, je ne dirais rien de plus que ce que je n'avais déjà dit.


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MessageSujet: Un moment de détente   Sam 7 Fév 2015 - 15:22

L'eau caressa la somptueuse toile brunâtre du cheval de Khalän, et sa crinière nuit noire s'en abreuva du bout des doigts du jeune cavalier qui ne cessait de le caresser. Et Brume hennit à la délicatesse de son maître et s'enivra de sa gentillesse. Et ils étaient devenus amis, frère et protecteurs vigilants l'un de l'autre. Et aucun d'eux ne voulaient se séparer car un cordon d'argent naquit entre eux, les reliant spirituellement à ne plus s'en défaire. Plus jamais.

Et ainsi, les deux compagnons prirent bien de longues, très longues minutes, et le temps s'écoula sans qu'ils ne s'en rendent compte et la nuit, encore bien lointaine, semblait pourtant apparaître avec peine. Et l'astre de lumière scintillait alors qu'ils avaient fini leur bain. Et ainsi, remontant la colline abrupte qui les menait vers le camp, Khalän songea à la suite des événements. A savoir s'il était vraiment sûr de se risquer à traverser les épineuses montagnes enneigées, vertigineuses qu'elles étaient, comme l'avait proposé son ami en RagePierre. Et sans trop d'attente y croyait réellement, se disant que le destin était calculé d'avance et que rien n'aurait pu bousculer son déroulement. Et tout naturellement, sa destinée y allait les guider, en cette route qui les y emmènerait. Et il en était sûr, tout autant que son cœur s'était épris de la jeune Kanayëlle.

Et arrivé au camp, il distingua le bougre voleur et la prêtresse de cœur qui discutaient ensemble et, stoppant sa marche, écouta leurs paroles. Et elle semblait ne pas vouloir blesser Khalän, et le nain, quant à lui, semblait y voir autre chose qu'une blessure physique, et le jeune homme, non loin de là, discernant les mots en sourit. Et plus intense encore fut les derniers chants sortant de la bouche de la belle Kanayëlle. Et le cœur du guerrier s'emballa, et rien qu'à l'entendre parler de le protéger, il en fut touché, et plus encore à l'intonation de ses mots qui vibrèrent à ses fines lèvres. Et il espérait tant, il espérait tant qu'elle le ressente comme lui la ressentait. Et il s'imaginait la voir sourire dans ses bras. Et lui aussi aurait voulu qu'elle sache ce qu'il avait sur le cœur. Il aurait tant voulu qu'elle sache toutes ces choses merveilleuses qu'elles avaient émané en lui. Toute cette intensité, cette volonté d'exister... exister pour quelqu'un... voilà un but auquel il n'avait plus connu.

Finalement, Brume marcha sur une brindille et la fit craquer, interrompant leur conversation. Et semblant se sentir mal pour sa maladresse, la bête baisa la tête à Khalän qui l'embrassa sur le front pour la rassurer, lui dire que tout allait bien et qu'il ne lui en voulait pas. Et ils s'avancèrent vers le feu de camp. Et le guerrier guidait le cheval, bride dans la main, et regarda ses deux compagnons.

- Vous devriez aller vous baigner tant que la nuit n'est pas tombée, elle est vraiment bonne !

Et Khalän s'avança vers le feu, laissant Brume se reposer sous un arbre imposant.
Et regardant la dépouille qu'avait rapporté le nain, il s'agenouilla au-dessus et lui demanda explication.

- Norak, mais qu'est-ce que c'est ?
- Oh ! C'est un loup !
- Un loup ?
- Oui, un loup brun. Il y a une tanière à quelques kilomètres de là.
- Une meute...
- Oui, mais ne vous inquiétez pas, elle n'a aucunement cette zone dans son territoire.

Les trois amis se regardèrent un peu déconcertés, puis le nain reprit.

- Non, vraiment, ne vous inquiétez pas ! rassura le petit homme avant de bifurquer vers autre chose de moins rassurant. Par contre, il y a des ours !
- Comment ça ?

Et le nain s'en alla, rebroussant chemin, avant de revenir avec deux énormes fourrures.
Il les balança au milieu du camp et, se tenant fièrement sur ses jambes, continua.

- des Humains ne pourraient survivre en les Monts Venteux sans chaleur !
Ces fourrures d'ours Téroviens vous sauveront du froid, soyez-en sûrs !


Le jeune chasseur, quelque peu surpris, en prit une et se mit debout.

- C'est plutôt lourd...
- Et heureusement ! Il vous faudra les porter en permanence sur le dos, elles vous offriront toute la chaleur nécessaire pour survivre un hiver ! Saviez-vous qu'un ours hiberne durant 8 mois, ne se couvrant de rien d'autre que de sa fourrure ? Croyez-moi, mieux vaut supporter quelques kilos en plus que quelques degrés en moins !

Et les sages paroles du nain atteignirent le jeune Khalän qui lui sourit, acceptant cela.
Et ainsi, le jeune homme prit la deuxième peau d'ours, robuste et chaude, et la rapporta à Kana.

- Il a raison, il nous faudra porter ceci pour traverser les montagnes.
- Pour sûr ! s'écria le nain.

Et la soirée se passa sans embrouille, et assis autour du feu, tandis que le soleil laissa sa place à la lune, ils mangèrent quelques brochettes de loup brun. Et la viande n'était pas si mauvaise, délicieuse même. Et les crépitements firent penser à leur première nuit en le désert de la plaine morte qui semblait déjà si lointaine. Et Norak raconta quelques blagues naines, un peu crues, bien sûr, et d'un humour sec, mais qui firent tout de même rire les deux jeunes gens en face de lui. Et il commença à être curieux.

- Allez, Khalän, dis-nous un peu ce que tu es !
- Ce que je suis ?
- Rah ! Ne fais pas l'innocent !
- Je... je suis un chasseur... un voya...
- Non non Khalän ! Arrête ça ! interrompit le nain en souriant.
Moi, je suis un voleur, non... un piètre voleur ! Un pauvre vagabond de Térovia qui ne cesse de courir après une fortune qu'il n'a pas. Espérant peut-être un jour trouver le bon filon pour s'offrir une vie plus clémente !
- Oh oui, un piètre voleur ! en ria Khalän.
- Un piètre voleur, maladroit et un tantinet égoïste, certes ! continua en rigolant le bougre. Et j'en suis désolé, vraiment. finit-il un peu désolé.

Et pour ne pas briser cette bonne ambiance, Khalän s'y mit lui aussi, ayant compris le nain.

- Moi, je suis un vagabond, tout comme toi, un peu maladroit également, voir plutôt rebelle. Je m'efforce de régler mes problèmes internes par le sang et la vengeance et, pourtant, au plus profond de moi, je sais que ce n'est pas la meilleure des solutions. Mais voilà, je saigne et je ne vois aucune autre échappatoire pour panser ma blessure. Alors je continue ma route, en espérant désespérément me tromper et que ma vengeance m'apaisera.
- Wouah ! Tu es le type le plus triste que j'ai jamais rencontré ! éclata de rire Norak.

Et ainsi résonna la gaieté dans le silencieux bosquet.

Et Khalän, voyant le nain rire aussi joyeusement, ne put s'empêcher d'esquisser un sourire et puis, finalement, de tourner la tête vers le firmament étoilé, le sourire aux lèvres, sans trop songer à ce qu'il avait dit.

- Et toi, sage prêtresse, qui es-tu ? demanda le nain, un peu frivole et pourtant sans alcool.

Et ce surnom qu'était celui de prêtresse à la jeune femme aux cheveux enflammés naquit de leur aventure en les profondeurs du désert. Et le nain l'utilisait pour en rigoler, sans la moindre intention néfaste, au contraire.

Et Khalän, songeur à cet événement marquant de son existence, continua après le nain.

- Oui, qui es-tu Kanayëlle ?
Jamais tu ne m'avais dit avoir de tels pouvoirs en toi... je t'ai vu forcer un troll à lâcher sa massue.

- Oui, et moi je l'ai vu agiter ses lames d'airains dans l'air par la seule force de sa pensée !
- Je t'ai vu disparaitre devant nous en ôtant ta cape... continua Khalän. Tu étais... tu avais disparu. dit Khalän en évitant, un peu gêné, de dévoiler qu'il l'avait vu nue durant un court instant avant sa disparition. Tu nous as sauvé... finit-il en dévorant le regard de la jeune femme.

Et ainsi, parlant de tout et de rien, les trois amis discutèrent autour d'un bon feu, au milieu des bois, non loin des eaux d'un fleuve imposant, à proximité des majestueux Monts Venteux. Et mangeant à leur guise de la viande de loup appétissante, ils gardèrent le sourire jusqu'à l'appel du sommeil.



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MessageSujet: Re: Cette route nous y mènera   Dim 8 Fév 2015 - 12:22

La conversation s'arrêta pour mon plus grand soulagement lorsque j'entendis une branche craquer derrière nous. Je vis alors un Khalän souriant, avait-il entendu ce que j'avais dit ? Rien que cela me faisait quelque peu rougir. Alors au moment où il parla de prendre un bain, je me levais sans me prendre la tête.

« Brok, Roca, on y va. »

Et je descendis à mon tour vers la rivière. Je ne pris que quelques minutes, enlevant du poil de Roca la poussière et nettoyant doucement mon visage. Brok quand à lui s'était roulé dans l'eau et venait de sortir. Roca vint se poser à côté de Brok et finalement tout deux s'ébrouèrent. Le spectacle était réellement drôle que cela me tira un rire. Je ne pouvais pas totalement rire parce que je savais parfaitement ce qui m'attendait et je savais aussi ce que je devais faire avant de prendre la route à travers les monts. Je revins tranquillement lorsque j'entendis Norak parler d'ours. Ah ça... il y en avait des ours par ici, cela me rappelait la spécialité de Jaston. De l'ours à la bière, ce que ça pouvait avoir un goût horrible, mais visiblement ce met était apprécier. Rien que d'y penser, cela me mettait réellement mal à l'aise, je finis cependant par regarder la peau d'ours que Khalän, traina vers moi. Je souris doucement, j'avais bien envie de lui dire que je connaissais parfaitement cet endroit pour y être venu, que quelqu'un m'attendait au milieu de la montagne, seulement voilà, je n'avais pas envie de dire quoi que ce soit.

Peut-être que j'aurais dû dire quelque chose, peut-être que j'aurais dû révéler quelque chose, mais à ce moment-là, je ne voulais pas. Pourquoi ? Sans doute pour me protéger. De quoi ? De tout en quelque sorte, contrairement à ce que je montrais constamment, je n'étais pas si forte que ça. J'avais peur de tellement de chose, tant de chose que parfois j'avais l'impression d'être encore une enfant. Je regrettais d'ailleurs la discussion qui s'amorçait, quand j'entendis le nain demandé à Khalän, ce qu'il était, je ne pus m'empêcher de me dire que mon tour viendrait et que j'allais devoir mentir. J'avais raconter une partie de la vérité à Khalän, une partie seulement, j'étais plus que ce que je disais, je le savais bien et eux aussi le savait. Cependant... je n'avais pas envie de le dire, pas envie de me dévoiler. J'étais seulement habité par la flamme en plus d'être télékinésiste. J'avais vécu des événements qui m'avaient forgés, m'avait fait grandir. J'étais juste moi. J'écoutais donc distraitement la réponse de Khalän et puis finalement, alors que le silence régnait un instant, espérant qu'il n'allait pas me demander, Norak reprit la parole.

Je sentais leur regard sur moi, je sentais leur paroles s'imprégner dans ma chaire, cependant je n'arrivais pas à oublier. La trahison de mon frère avait laisser des plaies béantes dans mon cœur, alors, lorsqu'il me demandèrent de me dévoilé, je me murais dans le silence. Lorsqu'ils eurent terminés tout deux de faire l'éloge totalement idiote de ce que je pouvais faire, je posais mon assiette n'y ayant que très peu toucher et je me levais, détournant le regard d'eux. Je n'avais pas envie de parler et dans un sens j'aurais pu m'enfuir, leur dire que je ne voulais rien dire, mais si on devait continuer la route ensemble, je ne pourrais pas longtemps caché qui j'étais, ce que je cachais, celle que j'étais. Je me dirigeais vers l'arbre le plus proche, Roca grogna sur les deux autres rester là bas. Elle savait que je n'appréciais que très peu cela, elle me sentait tendu et je l'étais. Comment expliquer tout cela en quelques lignes, il y avait tellement de chose à dire. Tellement de chose alors que j'étais si jeune. Mon regard se tourna vers le ciel étoilé. Il n'y avait pas un nuage et dans un sens ça me rassurait, moi qui avait peur du noir.


« Je ne suis pas sage et encore moins une prêtresse. S'il vous plaît n'utilisez plus cela, car pour être une prêtresse, il faut être irréprochable et ce n'est franchement pas mon cas. »

Loin de là. Ce que je pouvais faire, ce que je ferais, ça personne n'aurait pu s'en douter en me voyant petite, mais je n'étais plus une gamine, j'étais une grande fille.

« Je n'ai jamais rien dit parce que faire confiance ne m'a toujours apporté que des problèmes, mais il me semble que je vais devoir parler quand même. »

Un petit rire dénué de sentiment s'échappa de mes lèvres. Je n'étais rien d'autre que celle que j'étais autrefois.

« Je ne suis rien d'autre que ce que vous voyez. Une jeune femme. Certes peu ordinaire je vous l'accord et Norpalienne de surcroît. J'ai grandis dans les grande plaines de la Norpalie, j'ai le combat dans les veines et pour être tout à fait honnête, je ne lâche rien. Comme un animal traque sa proie, je traque la mienne. »

Ma proie, celle que je cherchais depuis plusieurs années déjà. Quand je la trouverais.... quand je le trouverais, il aurait plus que des explications à me donner. Je soupirais doucement et puis finalement reprit.

« Khalän, tu connais déjà une partie de mon histoire. L'assassinat de mes parents par mon prore frère, ce que tu ne connais pas, c'est ce qui s'est passé ensuite. »

Je m'arrêtais un instant et repris doucement.

« J'étais encore jeune quand mes parents sont morts, les gens du village que nous habitions voulurent m'aider, chacun voulut me prendre sous son aile et ça marcha durant un temps. Je restais encore quelques mois dans le village qui m'avait vu naître, cependant... je ne pouvais me résoudre à rester là. Trop de souvenirs, trop de douleur, je n'arrivais même plus à sourire. Je n'avais que neuf ans et j'étais déjà brisé, totalement. »

Je regardais de nouveau ce ciel, souriant malgré moi.

« Je me suis alors aventuré dans la forêt, espérant pouvoir y vivre et j'y ai réussit, pendant plusieurs mois, j'ai subvenu seule à mes besoin, j'ai grandis, comprit que la vie n'était pas toujours agréable et que peut-être bientôt ce qui était arrivé à mes parents m'arriverait aussi. Qui me disait que mon frère n'était pas encore dans les parages à m'attendre. J'ai commencé à m'entraîner, seule, reproduisant les gestes que mon père avait fait durant mon enfance. J'avais cette étrange capacité de pouvoir tout apprendre et même maintenant c'est resté ainsi. Sauf que voilà, une fillette de neuf ans ne peut pas se défendre, même une Norpalienne ayant le combat dans le sang. »

Je me tut un instant, laissant les paroles s’imprégner dans leur mémoire. Je leur devais la vérité. Je n'avais rien d’exceptionnel en fait.

« Un jour, un ours est apparu devant moi sans que je ne m'en rende compte. J'étais tétanisé, refroidit et en manque cruel de nourriture, peu importait ce que je faisais, rien n'était assez nourrissant. Je pensais ma fin venu, seulement je sentais mon sang bouillir dans mes veines. les Norpaliens, notre sang nous appel au combat, le combat est une seconde nature chez nous. Mais j'étais trop petite, trp faible, c'est là qu'Orlaïs est arrivé et m'a sauvé. C'est à partir de ce moment là que j'ai changé en quelque sorte. »

Je m'arrêtais une nouvelle fois et repris doucement.

« Orlaïs était un druide, assez vieux pour être mon père et d'ailleurs il l'est devenu. Il m'a tout appris, pas seulement le don des druides, mais aussi le combat. Pour me défendre, pour défendre la nature, il m'a tout appris. C'est ainsi que je peux faire de nombreuses petites choses. Tel que le camouflage comme vous avez vu dans la grotte. Ma peau reproduit parfaitement les texture qui m'entoure si bien que je suis quasiment invisible. Je suis capable d'utiliser la vue du faucon, de guérir les petites plaies et de converser avec les animaux dans une certaine mesure. Seulement ce n'était pas tout, ça n'a jamais été tout. J'ai caché à tout le monde mon don de télékinésiste. Je l'ai développé dans le plus grand silence pour éviter qu'on ne me pose des questions. Je peux très facilement déplacer des petits objets sur des courtes distances et évidemment il faut que je vois ces objets, cependant j'ai appris aussi qu'au pris d'une grande concentration, d'une volonté à tout épreuve et de beaucoup d'énergie, je peux déplacer les gros objets, tel que la massue du troll. »

Je finis par me retourner vers eux tranquillement, braquant mon regard dans celui de Khalän.

« Je suis seulement quelqu'un qui cherche des réponses. J'ai appris à combattre, j'ai développé mes dons dans un seul et unique but, retrouver mon frère pour lui poser des questions et aviser en cas de besoin. Je n'ai rien de noble, rien de sage et j'ai fais des choses dont vous ne me penseriez probablement pas capable. J'ai choisis la voix du combat plutôt que celle de la parole, parce que c'est celle qui me sied. Je cherche seulement ma vengeance en quelque sorte. Voilà qui je suis. »

Je restais un moment comme ça, tranquillement. Je sentais Roca se frotter contre mon pantalon et je finis par m'accroupir pour la caresser doucement. Je n'avais rien de particulier si ce n'était une ténacité à toute épreuve. Je n'étais plus l'enfant immature qui courrait après son frère, j'étais la jeune femme mature qui ne cherchait qu'à lui mettre le grappin dessus pour savourer une vengeance qui n'avait que trop attendu. Je me relevais tranquillement et posais la main sur mon ventre. Cette cicatrice, signe de ce passé trop ancré dans ma mémoire, elle était le souvenir qui me tenait en vie, qui m'obligeais à avancer, en plus des corps sans vie de mes parents et des cris d'agonie de ma mère. J'avais dans l'idée de faire payer mon frère et rien ne pourrait m'en empêcher.

« Je pense que nous devrions dormir maintenant. Nous avons de la route demain. Merci pour les peaux Norak, mais je connais cette région, peut-être aussi bien que vous en vérité et je ne pense pas réellement en avoir besoin. Peut-être devriez-vous la garder pour la vendre, sinon je l'accepterais bien entendu volontiers. »

Et je partis me coucher sans rien dire d'autre. Je venais de dévoiler ma vie, mon passé et mon but à deux parfait inconnus, enfin Khalän ne l'était plus désormais mais tout de même. Je venais en somme de faire confiance et j'avais peur qu'une fois de plus cette confiance ne soit que vaine. J'en avais assez d'avoir peur. Mon regard se posa sur ce ciel déjà noir. Bientôt la nuit tomberait, il fallait que je dorme, avant l'aube j'allais avoir quelque chose d'important à faire.


Ma liberté est mon bien le plus précieux
Que celui qui tente de me l'enlever subisse mon courroux.

Elle écrit en #9999ff
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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Triste nuit   Lun 9 Fév 2015 - 16:33

Et tristes étaient ses mots, et ses phrases douloureuses n'en alimentaient que bien mieux ses souffrances passées. Et face à tous ces tourments qu'elle leur servit sur un plateau sans reflet, noir et défait de toute réflexion lumineuse, les deux hommes préféraient rester muet. Et ainsi défaisant leur sourire, les visages se crispèrent, et noires furent les pensées à songer à l'enfance de la jeune femme, et plus tristes étaient les émotions et plus profonds les sanglots de la guerrière qui ne se déversèrent pas. Peut-être ne le pouvait t'elle pas, trop triste pour pleurer. Trop de colère et de haine, trop de volonté à la violence. Et Khalän, comprenant, baissa la tête et si mit à broyer du noir à l'écouter parler. Et il était malheureux de n'avoir pu cerner plus rapidement la jeune femme, et remplie d'opprobre qu'elle était, anéantissait, tel un château de carte, l'ambiance du feu de camp.

Le discours fut cinglant, honnête et sans faille.
Et après celui-ci, la jeune femme partit dormir, laissant là la peau chaude de l'ours qu'avait rapporté Norak. Et celui-ci, de ses petits pas, s'avança silencieusement, touché par les mots de la cavalière, et reprit la peau.

- Ce n'est pas grave, je vais la prendre pour moi. dit-il quelque peu désolé de ne pas pouvoir aider davantage.

Et le nain partit se coucher, la peau d'ours sur lui. Et nain qu'il était, ne pouvait laisser un instant de répit à quelques camaraderies, et lança deux mots à Khalän.

- Je retire ce que j'ai dit sur ton compte Khalän... tu n'es pas le plus triste du groupe !

Et riant jaune, le jeune homme n'avait pas sommeil, et tourmenté par ses pensées, il préféra s'éclipser un peu plus loin dans les fourrées. Ainsi, il partit se promener seul, et touchant du bout des doigts les quelques feuillages, caressant les écorces solides et marchant à pas lent sur la terre molle, il s'en alla jusqu'à la rivière où auparavant il y avait baigné et s'assit au bord, regardant les hauts sommets enneigés des Monts Venteux de l'autre côté. Et durant de longues heures, il resta là, à regarder le paysage si beau et pourtant, le savait-il, si dangereux. Et bientôt, ils y seraient sur ses hautes pointes, ou bien traverseront-ils les crevasses pour échapper aux dangers, ou bien combattront-ils les monstruosités qui, impatiemment, les attendaient.

Une luciole virevoltait au-dessus des eaux, s'approchant inexorablement du jeune homme intrigué par cette apparition. Et la petite créature vint se poser sur le genou de Khalän, émanant une faible lumière. Puis, celle-ci s'éteint complètement, la luciole venait de mourir, et Khalän, lui, préféra ne pas y songer à ce message funeste et s'allongea sur le sable parsemé de cailloux, songeant à la jeune femme avant de s'endormir tristement, le cœur noué.

Elle avait touché son ventre, et blessée qu'elle était ne pourrait jamais cesser de l'être.
Et lui avait été blessé au visage, et jamais il ne pourrait l'oublier. Et plus douloureux qu'une blessure physique, elle l'avait touché au cœur, chose qui pourrait bien l'anéantir, et pourtant qui le rendait plus fort... et plus faible.


Et s'évanouissant au doux sommeil s'éprenant de lui,
se promit de la protéger, et qu'importe les risques puisqu’il l'aimait.



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