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 Mécanique céleste

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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Mécanique céleste   Mar 23 Déc 2014 - 15:01

Les deux fougueux cavaliers avaient quitté, depuis quelques heures, le petit bosquet aux bois morts et s'étaient engagés avec courage en la fameuse plaine désolée les séparant des Monts Venteux. Et les chevaux galopaient à leur convenance en ce désert froid et, plus le temps passait, plus la chaleur s'estompait à la décadente chute de l'astre étincelant qui semblait bien faible face aux nuages épais et grisâtres. Et le froid s'incrusta en l'épiderme des guerriers, et leurs souffles dégagèrent une légère buée de plus en plus visible. Et l'air était lourd et glacial, et la terre, si molle auparavant, devint dure, écartant toute possibilité de vie.


Ainsi, Khalän comprit qu'ils ne s'étaient pas préparés comme il le fallait pour traverser cette immense désert. Et regardant de chaque côté de son destrier, il dut se résoudre à une bien triste réserve de nourriture, insuffisante pour deux personnes. Quelques morceaux de viandes d'ours et deux gourdes remplies d'eaux. La traversée, selon son nouvel ami Ravok, ne devait durer que quelques jours, peut-être trois. Mais son ami avait dû estimer cela à la forte carrure et l'inégalable résistance des corps nains qui pouvaient encaisser bien des intempéries. Mais deux humains... deux humains loin de chez eux et ne s'étant par réellement préparer à cette traversée de la Plaine Morte... c'était si maladroit.

Deux humains aveuglaient par un goût amer de vengeance s'engageant, les yeux fermaient, en un chemin leur étant inhospitalier. Le jeune guerrier se gronda intérieurement.

- Imbécile... imbécile que tu es. se répéta-il en son être, regardant devant lui Brok et sa cavalière qui semblaient avancer sans broncher, déterminés à continuer.

Quelques minutes passèrent puis, finalement, le jeune homme au masque d'écorce décida qu'il fallait s'arrêter avant que la nuit ne tombe et proposa un endroit à la jeune femme à la chevelure de feu. Il avait aperçu, à une centaine de mètres de là, une arbre mort en plein milieu du désert.

- Kana ! interpella t-il à haute voix la jeune femme qui se retourna en arrêtant sa fidèle monture.  Nous devrions nous arrêter là, la nuit va tomber, le vent est glacial et la fatigue risque de nous mener à notre perte.
Restons prudents.


Le masque se retourna en direction de l'arbre mort isolé de tout.

- Là-bas, l'arbre. Son bois nous permettra de faire un feu et de nous y réchauffer.

Il était sûr qu'il fallait en profiter, car il semblait bien que ce bois mort était le seul rencontré depuis bien longtemps. Et ainsi, lorsqu'elle accepta, ils se rendirent à celui-ci, laissant côte à côte Brok et Brume, faisant ainsi plus ample connaissance, tandis que Khalän et Kana s'étaient assis autour du feu qu'ils venaient de faire. Roca, quant à elle, avait rejoint la belle Kana, posant sa tête sur les genoux de la guerrière avant d'entamer une sieste bien méritée.

Et des cendres s'envolèrent du feu, et ses crépitements apaisèrent le silence de la plaine qui les entourait, et plus encore la chaleur leur était extrêmement agréable. Et le jeune homme avait confectionné des brochettes de viande d'ours qu'il partagea avec sa nouvelle compagne. Et tout semblait si calme, si paisible. Pourtant, tout leur était inconnu, mais le feu semblait les enserrer tous deux dans une sphère chaleureuse et réconfortante, protectrice et bienfaisante. Et ainsi, ils purent échanger des regards complaisants, un peu timides parfois, car aucun d'eux ne s'étaient réellement regarder en face depuis leur rencontre. Et l'échange dura quelques temps tandis que les étoiles s'amoncelèrent dans les cieux d'un firmament ayant enfilé une sombre mais élégante robe de soirée. Et la Lune, mère des étincelles du céleste, les regardait également. Elle étreignait de sa magnifique clarté les deux êtres et leurs compagnons, les cajolant de sa lumière et de toutes celles de ses filles. Certaines d'elles se voyaient même tracer quelques chemins à vive allure dans le ciel. Et à ce spectacle, Khalän leva les yeux et se mit à les contempler.

- Quelques fois, j'aspire à devenir l'une de ces étincelles, me décrochant de la voûte céleste pour y entamer une odyssée étincelante à travers l'éther. dit-il à voix haute, un peu trop rêveur, en souriant à l'une de ces étoiles filantes.

Et reprenant ses esprits, il lâcha le céleste pour celui des yeux de la belle Kana en face de lui. Des yeux magnifiques auxquelles la lueur des flammes n'en faisait qu'un plus merveilleux spectacle.  Et un sourire sincère, honnête et empli de sagesse se forma à ses lèvres, et se rendant compte qu'elle ne le voyait pas à cause de ce masque, l'effaça de son visage, bien que son regard ne pouvait que mieux le trahir. Et levant une nouvelle fois le regard vers les cieux, il en sourit à nouveau comme un enfant empli d'innocence face à la beauté de l'inconnu.

Et les crépitements accompagnèrent le ballet majestueux des quelques cendres dans l'air, telles des lucioles éphémères. Et sous le firmament étoilé, deux guerriers se plaisaient à contempler sa beauté.



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MessageSujet: Re: Mécanique céleste   Mer 24 Déc 2014 - 5:26

Je pouvais sentir l'air glacial qui commençait à envahir notre nez. Je pouvais sentir la terre durcir sous les sabots de Brok. Je connaissais cette sensation, celle sensation de froid, elle régnait sans discontinuer en Norpalie. Heureusement que j'avais décidé de prendre pas mal de provision, habitué à mon pays si froid qui demandait tant d'effort pour survivre. J'étais heureuse d'avoir grandit parmi les druides en ce moment même, heureuse de me qu'il m'avait enseigné comme vivre dans la nature. Cependant il semblait que mon compagnon de route n'était pas tout à fait préparer à ce genre de chose. Je le regardais tranquillement un instant et finalement reprenait la route. Ce n'est que lorsqu'il m'interpella que je finis par lâcher mon œil de faucon et me retourner vers lui. Je souris tranquillement à sa proposition et finalement je le rejoignis rapidement.

« Effectivement se reposer ne pourrait pas nous faire de mal. Cela nous permettra de repartir frais et disponible demain matin. »

Je descendis donc de Brok, le descellant pour lui laisser la liberté de s'occuper de lui. Il était bien assez débrouillard pour ne pas s'encombrer de détail. Je souriais toujours tranquillement lorsque le feu pris de l'ampleur et qu'il finit par doucement nous réchauffer. Sa chaleur, contrairement à celle d'un feu ronflant n'était pas étouffante à devoir ouvrir les fenêtres. Non, sa chaleur était douce et le crépitement des branches donnait envie de s'approcher de ce coin de paradis. Je vis alors Roca s'approcher de moi pour finalement poser sa tête sur mes genoux et s'endormir quasi aussitôt. Cette boule de poil géante était tellement attendrissante que je me demandait bien comment je n'avais pas pu la voir avant. Je souriais doucement, flattant doucement sa tête, grattant entre ses oreilles. Étrangement, c'était comme si je savais ce qu'elle appréciait et je devais avouer que ça me plaisait beaucoup.

Je regardait alors Khalän faire fumer sur le feu des brochettes de viande. Cela me rappelait les soirées avec Orlaïs et Tenon, ces soirée douce et tranquille devant ces feu ou nous racontions des histoires et ou nous mangions tous ensemble. J'avais toujours l'impression d'être maladroite dans ce genre de situation, ne sachant pas réellement quoi faire, ni comment le faire, ne sachant pas vraiment ce que les autres attendait de moi. Je tentais de détailler doucement le jeune homme à l'écorce qui m'accompagnait ou que j'accompagnais, les deux expressions se valaient. Derrière se masque, que cachait-il exactement ? Des tas de question passaient dans ma tête, toute plus intrusives les unes que les autres. Je les fis raire aussi rapidement qu'elle vinrent. Hors de question d'être curieuse et de le blesser. J'espérais seulement qu'avec un peu de temps il pourrais s'ouvrir à moi et me raconter pourquoi ce masque, me raconter comment ça se faisait qu'il se cachait.

Certes je n'avais pas réellement besoin de me cacher, parce que contrairement à lui je n'avais probablement pas vécu tant d'horreur que cela. Ma main se posa sur mon ventre. Cette cicatrice... je la détestais et en même temps je me raccrochais à elle parce qu'elle était tout ce qu'il me restais de ce passé. Elle était ce qui m'obligeait à me souvenir de ma vengeance. Elle était ce qui me raccrochais à ce frère que j'allais faire souffrir autant qu'il m'avait fait souffrir et qu'il avait fait souffrir notre famille. Je soupirais doucement, sursautant doucement lorsque j'entendis la voix de Khalän. Cette voix que j'aimais entendre. Étrangement, je ne le connaissait pas depuis longtemps, mais j'aimais sa voix, tout autant que sa présence. Ses pensées me firent sourire de nouveau, appréciant qu'ils les disent à voix haute alors que je taisais les miennes.


« Je préférerais être un animal pour pouvoir parcourir le monde et regarder ce ciel étoilé à chaque endroit de la terre qui m'aurait vu naître. »

Je finis par tourner mon regard vers lui, un sourire timide sur le visage, peut importait que je le trouvais classe, gentil et attirant je devais bien l'avouer, peut-être n'était-ce que de la curiosité, mais quelque chose en lui m'attirait. Enfin bref, je n'arrivais pas à être moi-même et je restais indubitablement timide. Mon regard se reporta sur le ciel, admirant la voûte étoilé. Roca partit s'installer avec Brok qui s'était décidé à se reposer enfin et à rester tranquille. Je me reposais alors tranquillement. Le froid ne me dérangeait pas, j'y étais habitué, mais regarder ces étoiles avec quelqu'un c'était bien la première fois.


Ma liberté est mon bien le plus précieux
Que celui qui tente de me l'enlever subisse mon courroux.

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MessageSujet: Fresques cosmiques   Mer 24 Déc 2014 - 14:14

Elle était douce dans ses mots, à sa façon de regarder les choses, à la manière si gracieuse de sa gestuelle. Et le jeune homme s'essayait à mémoriser chaque inspiration de la cavalière aux cheveux ardents qui, au contact du vent, voguèrent dans les airs, accompagnant les cendres dans une valse poétique. Et aussi belle qu'intelligente, ses mots heurtèrent le cœur du guerrier masqué. Elle s'installa plus confortablement sur le sol de terre craquelée lorsque sa chimère la quitta pour rejoindre les chevaux occupaient à une conversation silencieuse, inaudible pour les humains.

Elle se voulait être un animal, ce qui fit sourire Khalän, appréciant cette jolie réponse pleine de sens et d'espoir, chose qu'ils semblaient tous deux avoir du mal à étreindre dans cette vie ci.

- Je ne pourrai t'imaginer qu'avec des ailes. répondit Khalän sans aller plus loin.

Son regard se perdit dans la vaste étendue florissante des lanternes immortelles et quelques reminiscences du passé s'empressèrent de faire battre son cœur comme un musicien frapperait un tambour. Ainsi l'écho de ses souvenirs se répercutèrent jusqu'à la belle et gracieuse Kana.

- Je suis resté très longtemps un grand enfant, ne voulant ni grandir ni devenir un adulte sérieux, borné ou prisonnier de ses quelques chaînes le maintenant sur place. Des chaînes qu'il aurait lui même confectionné, comme le font la plupart des gens. dit-il en cajolant un sourire derrière son masque avant de continuer un peu plus péniblement. Mais tout a changé depuis que je porte ce masque. J'ai du grandir sans le vouloir, prendre des décisions que je ne pouvais accepter et souffrir alors que je n'étais pas prêt.

Son visage s'abaissa jusqu'à celui de la jeune guerrière de braise, de l'autre côté du feu.
Et les émanations du brasier dégagèrent une intense chaleur qui déforma quelque peu la silhouette de Kana, la rendant inexplicablement attirante. Et seul son regard bleu gris perçait à travers les flammes et, comme une flèche, vint perforer le vert émeraude du jeune chasseur. Ainsi, durant un instant, Khalän ne continua, préférant centrer son attention à l'océan de mystères qu'elle semblait lui offrir. Elle l'écoutait tout simplement, et comprenant cela le maladroit jeune homme continua.

- Enfin soit, quand j'étais jeune, moi et mes amis aimions inventer des constellations qui n'existaient pas. Nous regardions le ciel de la voûte étoilée et nous y plongions ensemble à la recherche de dessin céleste, un peu comme le feraient des enfants en regardant les nuages. La seule différence était que nos créations se voyaient être intemporelles, immortelles et, preuve en est, elles sont toujours là. Finalement, ce ciel au-dessus de nous est un océan de souvenirs pour moi.

Khalän hésita quelque peu avant de continuer, tenant sa brochette de viande qu'il oublia de sortir du feu.
Et se levant, aperçut une grillade noire enfumant son visage.

- Ah ! Quel imbécile ! dit-il en toussant des quelques bouffées de fumées qu'il venait de respirer. Ne t'en fais pas, je vais en refaire une autre ! reprit-il immédiatement un peu gêné.

Il farfouilla dans l'un des sacs que Ravok lui avait donné et en ressortit un morceau de viande de la taille de sa main, la découpa difficilement d'un couteau de cuisine mal aiguisé et transperça les petites parties dans un autre bout de bois. Mais il ne se rassit pas à sa place, contourna le feu de camp et s'installa prés de Kana avant de tendre le bâton vers les flammes.

- Un peu de patience ! Vraiment, je suis maladroit parfois... reprit-il d'un ton timide.

Et les deux jeunes guerriers étaient presque côte à côte à présent, l'une tranquille et certainement un peu troublée et l'autre maladroit et sans aucun doute très gêné. Mais finalement, Khalän reprit la discussion, brisant ce petit moment de silence qu'il s'était lui-même infligé, empoté qu'il était face à la beauté de la jeune Kanayëlle.

- Vois-tu cette étoile, non loin de la constellation du Griffon, en haut à gauche ? dit-il en pointant du doigt l'océan d'étoiles.
En bas de celle-ci, il y en a deux autres, puis celles-ci en relient bien d'autres, la queue, l'aileron, la tête et le ventre. continua t'il en prenant soin de guider patiemment le regard de la jeune étrangère à côté de lui. C'est un requin ! C'est moi-même qui l'ai trouvé ! finit-il en aspirant bien fort, fier d'avoir réussi à lui montrer, car chose plutôt difficile à expliquer que des dessins dans le ciel.

Et Khalän, enthousiaste, continua et décrit deux autres constellations qu'il avait lui-même réalisé étant plus jeune, celle d'une tête de tortue à la bouche ouverte au sud de la première et un poisson au nord-est du tableau cosmique. Et les deux jeunes s'évadèrent dans les abysses infinis du céleste, berçaient par les rêves et l'imaginaire.




- Un océan de merveilles, n'est-ce pas ? conclut-il en contemplant le doux visage de Kana, son fin cou élancé vers le ciel et ses petites oreilles complexes et timides.

Khalän était bien avec elle et il se l'avoua lui-même, et étrangement, elle était différente.
Et la passion entraina son cœur sans qu'il ne puisse rien y faire et, soumis par quelques sentiments, il se tut et resta là, à la regarder paisiblement.

Puis, il reprit lorsqu'elle le regarda à nouveau.

- Tout ça pour dire que ces trois constellations me rappellent de bons souvenirs que je n'oublierai jamais. Mais il y en a tant d'autres qu'on y passerait la nuit. remarqua le jeune homme sur un ton enjoué. En fait, j'aimerai que nous puissions jouer à ce jeu tous les deux. Réalisons quelques fresques sur cette toile étincelantes, érigeons quelques souvenirs de cette nuit, de sorte à immortaliser notre alliance. Qu'en penses-tu ?

Le jeune guerrier avait fini cette phrase avec grande sincérité, et son cœur battait à rejouer mais plus encore à graver Kanayëlle dans le ciel étoilé et de garder à jamais le souvenir d'une rencontre improbable mais fusionnelle.


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MessageSujet: Re: Mécanique céleste   Ven 26 Déc 2014 - 10:07

Je souriais doucement quand il parla d'aile. Effectivement, ce serait bien plus mon genre, filé au vent, voyagé sous les étoiles par la voie des airs. Mon regard se posa sur ce ciel, rêvant alors de cela, rêvant de ce ciel qui était différent selon l'endroit où on était. Et puis finalement je revins sur terre, écoutant ce qu'il avait à dire en me taisant. Écouter... c'était ce que je faisais le mieux, j'avais toujours tendance à dire des idioties quand je commençais à ouvrir la bouche. Ses paroles me firent sourire un peu, mais elle me rendait triste aussi en vérité. Contrairement à lui qui avait connu une enfance agréable, ce n'était pas forcément mon cas, cependant quand j'entendis la suite de son discours, je compris que la jeunesse avait finit en désastre. Un peu comme moi, sauf que pour moi ça s'était fait bien plus tôt. Je faillis ouvrir la bouche, emporté par son récit, mais je pus me retenir alors qu'il reprenait la parole. Il me fit sourire lorsque je vis la brochette, j'avais envie de lui parler, de lui raconter ma vie à moi, seulement... seulement je n'étais pas du genre à me livrer aux autres. J'avais du mal à faire confiance, j'avais du mal à me dire que ce que je pouvais dire ne serait pas utiliser comme une arme contre moi. Pourtant, je tremblais de peur.

Ça ne se voyait pas, mais la nuit, même si je trouvais ces étoiles magnifiques, mon cœur battait la chamade. S'était bien pire quand j'étais seule, heureusement  qu'il était là parce que je pouvais me contenir de me mettre en boule et je pouvais aussi profiter des merveilles de la nuit. Mais je sentais mes muscles trembler, ma conscience me rappeler les souvenirs dérangeants... envahissants... perturbants....destructeurs... un courant glacial passa dans mon dos et me fis frissonner. Je tentais de me calmer, tout allait bien tant que je ne pensais pas que j'étais dehors dans le noir. Il ne pouvait rien m'arriver, de plus je n'étais pas seule, j'avais Khalän et Roca, et puis au pire des cas il y avait encore Brok et Brume, je n'avais aucune raison d'avoir peur. Et pourtant, même ce genre de chose ne me rassurait pas. Ce n'est que lorsqu'il s'approcha et vint finalement à côté de moi que je commençais à me calmer un peu. Sa présence avait tendance à m'apaiser, j'avais pu le remarquer durant le début de notre chemin. Je ne m'étais pas perdu dans mes pensées, pensant alors à Paria et à ce frère au lieu de la route actuelle.

Lorsqu'il tendit son bâton pour la seconde fois, je faillis presque lui prendre la main pour lui dire que ce n'était pas la peine, mais je n'en fis rien. En vérité je n'avais pas hâte que la viande soit fumée, que je puisse la manger, j'appréhendais le moment où il repartirait de l'autre côté du feu. S'était étrange et en même temps.... en même temps je n'arrivais pas à me dire le contraire, je voulais juste qu'il reste non loin de moi. Tout ça par peur et probablement un peu par égoïsme. Je finis par sortir de ces funestes pensées lorsqu'il commença à parler d'étoile. Je n'étais pas caler là-dessus ayant toujours fuis la nuit, mais je relevais mon visage pour tenter de voir ce qu'il m'expliquait, mais je ne comprenais rien et puis finalement il me demanda ce que je pensais de réaliser quelques fresques avec lui. C'est à ce moment que je compris que j'allais devoir lui dire que sous mon air tranquille, je tremblais comme une folle furieuse et que je tentais de garder mon calme même si ce n'était pas gagné.


« Ecoute, j'ai quelque chose à te dire. Rien de grave, mais contrairement à toi ma jeunesse n'a pas été joyeuse et bien vite le désastre est arrivée. Je ne peux pas encore tout t'expliquer mais juste pour dire qu'en fait j'ai très peur la nuit et que si je paraîs calme c'est parce que je me force à l'être en vérité... »

Je sortis la main des poches de mon manteau pour lui montrer à quel point je tremblais.

« … Je suis totalement paniqué, même si ta présence me calme un peu plus que d'habitude. Par contre je ne connais rien aux étoiles ayant toujours fuis la nuit. Après, si on peut le faire sans les connaître je ne suis pas contre tenter de réaliser des fresques comme tu semble si bien l'apprécier, mais je voulais au moins que tu sache ceci. »

Un des problèmes marquant de ma vie. Le pire finalement, autant les autres j'arrivais à passer outre, autant celui-là.... j'avais un mal fou à me raisonner. Il s'agissait d'une peur de petite fille ancrée en moi que je n'arrivais pas à juguler même si elle diminuait quand j'étais avec quelqu'un. Le problème c'est que j'étais toujours toute seule en fait. J'étais donc parfaitement contente de l'avoir près de moi et j'espérais sincèrement qu'il n'allait pas s'éloigner en entendant ça.


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MessageSujet: Chaleur corporelle   Ven 26 Déc 2014 - 16:23

Le jeune homme fut touché par les paroles angoissées de la jeune femme aux yeux grisés.
Elle fit découvrir ses mains et celles-ci tremblèrent inhabituellement, chose qui, sans aucune raison, le fit chavirer à la tentation. Ainsi, Khalän étreignit les deux mains de la jeune femme, apeurée par la nuit, de ses propres mains et les serra de ses doigts chauds. Et la regardant dans les yeux, il prononça quelques mots d'un calme absolu.

- La nuit n'est pas plus effrayante que le jour.
Elle n'est que le reflet d'un monde endormi.
Je suis là et je te protégerai.
dit-il sereinement en enserrant ses doigts à travers ceux de Kana.

Et puis, il y a Brume, Brok et.. cette satanée bête... Roca !
finit-il de dire avec humour.

Et ainsi, le jeune homme porta l'une des mains de la jeune femme vers le ciel étoilé et dessina un oiseau céleste.

- Voilà notre constellation. Un oiseau, les ailes déployées, comme je te vois l'être dans ta prochaine vie. en sourit Khalän.


Il fit une petite mine, ne lâchant aucunement la main douce de la jeune guerrière, puis reprit.

- Enfin, ça ressemble à un volatile... mais je ne suis pas un expert en dessin !

Puis, il lâcha délicatement la main de Kana, séparant ses doigts des siens, et étrangement, ils lui manquaient. Comme à ne plus pouvoir s'en détacher, il s'en vint à la gracier d'une nouvelle étreinte dans le dos, la poussant vers le feu grésillant.

- Tu devrais t'en rapprocher un peu plus, il commence à faire plutôt froid.

Et après cela, il sortit sa brochette de viande d'ours, bien cuite et plutôt appétissante.
Khalän, fier de lui, détacha un morceau et se brûla les doigts, grimaçant maladroitement à la douleur, puis tendit le bout de viande à Kana.

- Si tu n'apprécies pas, je retourne à pied jusqu'en RagePierre et j'étrangle mon ami ! essaya t'il avec sourire d'apaiser le malaise de la jeune guerrière.

Et elle était si belle que l'esprit du jeune homme divaguait au simple plaisir de pouvoir rester prés d'elle. Et il ressentait la chaleur corporelle de la jeune cavalière à la chevelure de feu, et lui même espérait en faire autant de sa chaleur pour la réconforter.
Et ainsi, grignotant tous deux les morceaux de viandes se turent quelques instants avant de reprendre.

- C'est plutôt difficile à avaler mais ça reste très bon ! dit-il difficilement en mâchant le morceau d'ours après avoir relevé de moitié son masque de bois pour l'y ingurgiter.

Les deux jeunes voyageurs restèrent ainsi, à déguster l'ours de Ravok tandis que Brume et Brok s'endormirent sous les ronronnements de Roca qui se voyait déjà être aux pays des songes. Et le doux bruit des grésillements et des cendres voltigeuses apaisèrent le lieu d'une aura apaisante et chaude. Pourtant, autour d'eux n'était que le vide et le froid, mais la présence de chacun d'eux et les mot semblaient plus forts que tout.

- Finalement, nous avons notre constellation, la moitié du travail est faite !
Mais faudrait-il à présent lui trouver un nom !
reprit le jeune homme qui s'était accolé à la jeune femme pour la réconforter et se réchauffer mutuellement du froid environnant.

Et reprenant une part de l'ours, il s'engouffra dans le ciel étoilé des yeux de la jeune femme, essayant d'y comprendre le mécanisme céleste en son regard. Et il resta ainsi, la regardant encore une fois, un peu maladroit, certes, mais avec une intense passion hasardeuse, espérant qu'elle ouvre un peu plus son cœur.

- Je ne te lâcherai pas du regard tant que tu n'auras pas renommé cette constellation. renchérit Khalän d'un ton amusé.

Et le jeune homme se voulait simplement de la rassurer, d'annihiler toutes les mauvaises pensées et les tristes souvenirs du passé. Elle était si belle, si innocente et apeurée. Khalän la regardait comme une petite fille de son âge, s'effrayant du noir environnant, et lui-même s'aimait à être le courageux jeune garçon pour la protéger des ténèbres. Et l'image de son reflet d'antan se grava à nouveau en son esprit.



Khalän, 10 ans


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MessageSujet: Re: Mécanique céleste   Lun 29 Déc 2014 - 6:05

HRP:
 

Je tremblais plus que de raison et je me demandais bien ce qu'il allait faire. Généralement les gens se moquaient de moi lorsque je leur disais avoir peur de la nuit. Il ne comprenait pas, personne ne comprenait réellement pourquoi j'avais si peur. D'un autre côté, je ne pouvais pas leur en vouloir, après tout, personne ne connaissait réellement la raison de mon voyage et personne ne tentait d'en demander plus. S'était mieux ainsi. Je sentis alors ses mains se lier aux miennes, mon regard gris-bleutés se posa alors sur lui et ma bouche esquissa un fin sourire. Ses paroles bien que réelles n'eurent pas réellement l'effet escompté. Parce que ce n'était pas de la nuit que j'avais peur mais de ce souvenir, de cette nuit en particulier qui me revenait jour après jour et qui était plus présente la nuit. Ce gris déchirant le voile ténébreux, ce cri de femme qui m'avait fait descendre et cette vision des deux corps étendus de tout leur long, ce sang encore présent dans ma mémoire et ce frère avec un regard fou qui ne me voyait que comme une chose à tuer. J'eus envie de poser la main sur mon ventre comme je le faisais souvent, sauf qu'elle était prise dans cette de Khalän.

Comment avais-je pu rencontré quelqu'un d'aussi doux et gentil dans cette quête pleine de violence ? J'avais l'impression d'avoir perdu mon temps les fois d'avant, je me sentais si bien avec lui que s'en était presque étrange. Et puis il dessina dans le ciel avec nos deux mains réunis. Je souris doucement en regardant ce qu'il dessinait. Un oiseau ? Sérieusement ? J'en doutais fortement. À bien y regarder, plus que je regardais et moins cela ressemblait à un oiseau. Je souriais doucement en regardant ce ciel étoilé. J'avais bien moins peur quand il était près de moi, et depuis qu'il avait sa main dans la mienne, je tremblais bien moins voir plus du tout. Cependant cet échange finit par s'arrêter. Je me sentis triste un instant, mais finalement je ne pouvais pas décemment en demander plus n'est-ce pas ? Ce n'était pas sympathique de ma part. Et puis sa main dans mon dos qui me poussait délicatement vers le feu. Et cette brochette de viande. Lorsqu'il se brûla le doigt, je lui repris la main.


« Montre moi ça avant que ça ne dégénère. »

Je posais ma main sur la sienne, soignant alors la brûlure légère. Ce n'était rien mais je ne voulais pas qu'il se fasse mal. Il avait déjà l'air en bien piteux état. Car même si je ne pouvais voir son visage, j'étais persuadé qu'il s'était passé quelque chose d'assez grave et que s'était pour cela qu'il se cachait. Se cachait-il le visage parce qu'il avait été défiguré ? Ou pour ne pas que ses futur victime le reconnaisse ? Une bien bonne question dont je n'avais pas réellement la réponse et dont je ne demanderais jamais la réponse. Je pris le morceau d'ours que je portais à ma bouche. Le goût était bien plus sauvage que la biche que j'avais l'habitude de manger, mais ce n'était pas plus désagréable en fait.

« Non, c'est pas mauvais finalement. »

Je lui souriais tranquillement et même si la nuit me fichait encore la frousse, je me sentais un peu plus apaiser qu'auparavant et j'avais l'impression que je pourrais cette fois-ci passer une nuit tranquille même si j'étais dehors. Je regardais tranquillement cette étoile et puis mon compagnon de route actuel. Depuis qu'il était avec moi, j'avais l'impression de moins réfléchir, de moins me jeter à bras le corps dans des situations hasardeuse, j'avais l'impression d'avoir grandis, de laisser derrière moi l'enfant que j'aimerais encore être parfois. Il me faisait évoluer rapidement même si je ne comprenais pas encore pourquoi. Peut-être que j'avais envie qu'il me voit comme une femme et non pas comme une gamine, alors je m'efforçais d'être la femme que j'étais et non pas l'enfant de mon passé. Lorsqu'il reprit la parole pour me dire qu'il faudrait trouve un nom à l'étoile, je ne pus m'empêcher une nouvelle fois de sourire et puis finalement les yeux dans les siens, un nom me vint doucement aux lèvres. Mais je n'avais pas envie de le dire, pas encore. Pourtant il m'y poussa tranquillement.

Alors je posais ma tête sur son épaule, me rapprochant de lui jusqu'à toucher son bras. Ma main vint prendre la sienne doucement parce que j'avais envie d'un contact tranquille, sans rien d'autre qu'un contact. Et puis je repris la parole.


« Khaleyelle. Une contraction de nos deux prénoms, ce n'est pas si mal non ? »

Je n'osais pas le regarder, ne sachant pas comment il allait réagir à cette intrusion, car s'était de cela qu'il en était. Je venais de poser ma tête sur son épaule et prendre sa main dans la mienne. Peut-être que ça ne lui plairait pas, mais je me sentais bien mieux comme ça. J'arrêterais bien entendu s'il me le demandait, mais pour l'instant il ne me disait rien.

« Tu sais je n'ai pas peur de la nuit parce qu'il fait noir. J'adorais même la nuit quand j'étais petite... mais tout à changé au moment de l'assassinat de mes parents qui est arrivé la nuit. Depuis ce jour, dés que je suis dehors la nuit, ça me rappel ce jour. »

Je soupirais doucement. Je lui devais au moins une vrai explication, même si elle n'était que partielle. Peut-être que je lui dirais plus tard l'entièreté de ma situation, mais pour le moment je restais ainsi, la tête sur son épaule et ma main dans la sienne, pour la première fois depuis des années, ma peur s'éclipsait pour laisser place au bonheur d'avoir quelqu'un avec moi qui me faisait penser à autre chose qu'à ce passé qui me hantait.


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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Etreinte ardente   Mer 7 Jan 2015 - 14:02

Hrp:
 


Si douces étaient ses mains, si délicate son attention à la moindre imperfection de Khalän, que le jeune homme fut quelque peu troublé, souriant pourtant à un sentiment étrange mais agréable qui ne s'était peut-être pas réellement envolé en fumée à jamais comme il l'avait supposé. En fumée, comme son village brûlé jusqu'au dernier, comme un cœur qu'on aurait laissé à l'abandon sans une once d'humanité face à sa fragilité brisée. Et belle qu'elle était, la jeune femme annihila la brûlure à sa main, y déversant un flot éphémère d'amour. Tout était si calme autour d'eux, rien ne pouvait entraver leur entrevue étoilée, composant une symphonie à la clarté lunaire.

La nourriture avait l'air de lui plaire, ce qui rassura le jeune homme, échappant un souffle chaud discret sur l'écorce interne de son masque. Et alors qu'il invitait la jeune femme à la chevelure de braise vers le feu ardent et crépitant, éjectant cendres étincelantes à la vie aussi courte qu'une étoile filante, elle déposa sa tête contre son épaule aussi légèrement qu'une plume se déposant sur la surface d'une aire tranquille. Et s'approchant doucement de lui, ils s'accolèrent ensemble, entremêlant mutuellement leur propre chaleur corporelle, l'échangeant l'un à l'autre pour étreindre une seule et unique aura protectrice, telle une sphère ardente les entourant, les protégeant, les couvant de sérénité et surtout du rythme effréné des cœurs battants.

Et Khalän, au contact naturellement tendre des doigts de la belle Kana qui s'entremêlèrent aux siens, s'éprit d'une sensation de bien-être intense qu'il n'avait plus connu depuis si longtemps maintenant. Et ce choc émotionnel embrasa son âme, annihilant momentanément ses plus sombres desseins. Et tel un pêcheur s'étant laissé guider trop longtemps par les flots dévastateurs de son esprit, trouva au bord de l'eau une rame et reprit le contrôle de sa vie. Il pouvait à nouveau choisir le chemin à parcourir, mais loin d'être seul le voilà accompagné d'une sirène, celle-là même qui lui ramena sa rame perdue autrefois dans les flots terrifiants de la souffrance. Et elle était tant magnifique que le pêcheur, bien que pouvant rentrer chez lui, choisit de rester avec elle, sur les rivages incertains et dangereux.

Le jeune homme s'imaginait tout cela en scrutant du regard l'océan étoilé d'où le pêcheur et la sirène vivraient à jamais. A jamais. C'était si beau. Khalän enserra la main de sa compagne, caressant de son pouce le peu d'espace qu'il pouvait caresser. Et plus que la chaleur corporelle de la jeune femme, son odeur naturelle y extasiait de plénitude les sens du jeune homme.

- C'est un très joli nom... répondit-il d'une voix basse mais audible, un peu ému, un peu touché, un peu trop même.

Lui non plus ne la regardait plus en disant cela, préférant goûter au toucher, ne voulant briser cette étreinte qui, l'espérait-il, durerait le plus longtemps possible. Il ne comprenait pas pourquoi, ni comment cela venait d'arriver, mais ça venait pourtant de se passer, c'était en train de se produire et ça ne faisait que commencer, car grandissant toujours plus, et sans aucune frontière pour l'arrêter, il risquerait même d'aller trop loin, d'aller trop vite. Et la culpabilité l'incita à lever les yeux vers le ciel, à cette voûte arborant une sombre mais élégante robe à paillettes. Ce firmament d'où la divine Ëyà le regardait avec amour, contemplant l'aura de son cœur qui ne cessait de grandir au côté de la jeune et fougueuse cavalière à la chevelure flamboyante collée contre lui.
Ou était-ce lui qui était collé contre elle ? Il en pensait davantage ainsi.

Et sa défunte bien-aimée Timpë se devait certainement d'être assise auprès de la divine créatrice. Et ne sachant ce qu'elle devait pensait de lui en cet instant, Khalän culpabilisa de sa situation. Etait-ce mal ce qu'il faisait ? Plus mal que sa propre quête absurde ? Absurde peut-être, mais s'en était devenu un besoin vital. Et quand bien-même, de là-haut, elle voulait le stopper dans sa sombre quête, il n'y ferait rien et la vengerait tout autant que pour tous les autres. Mais l'heure n'était ni à la vengeance ni à la haine, mais à une culpabilité douteuse et sans fondement ; celle de s'éprendre émotionnellement de quelqu'un de différent. Il songea alors tristement, se demandant quoi faire, se désolant à n'être pas plus responsable. Il attendait un signe de sa belle qui siégeait auprès de la divine Ëyà. Il s'imaginait la voir, l'air triste, contemplant un spectacle lui brisant le cœur et s'en voulut pour ça. Et ce combat intérieur dura bien quelques longues secondes avant qu'il n'aperçut un sourire compréhensif et bienveillant de la part de Timpë du haut des cieux. Une étreinte souriante sous la forme d'une étoile filante qui traversa toute la voûte céleste, libérant ainsi Khalän de son fardeau sentimental. Et de ce doux sourire furtif émana l'amour désintéressé et infini, emportant avec lui le fardeau du jeune homme meurtri, le libérant de la culpabilité et lui rendant sa vie.

Il baissa le regard, les yeux émeraudes scintillants, luisant et reflétant les lueurs du feu devant eux. Et les larmes montèrent sans qu'il ne puisse rien y faire, et un léger sourire dessina quelques formes maladroites à son visage lacéré, et une seule larme coula le long de sa joue.

- Merci... prononça t'il intérieurement en relevant les yeux avant de les guider finalement vers la belle Kana, qui semblait alors bien plus magnifique.

Et tandis qu'elle parlait à nouveau, Khalän posa doucement sa tête contre la sienne, l'écoutant avec attention. Et elle lui révéla d'atroces souvenirs d'un passé qu'aucune petite fille n'aurait du connaître, et il était tout à fait normal d'avoir peur du noir en sachant ce qu'elle avait traversé. Et plus elle en parlait plus Khalän l'aimait et s'aimait d'être prés d'elle.

- Je suis désolé. prononça t'il d'un doux murmure en songeant à l'atroce découverte de Kana étant petite.

Et ne se quittant aucunement l'un de l'autre, ne pouvant détruire cette forteresse indestructible qu'ils venaient de bâtir ensemble, le jeune homme révéla lui aussi certaines choses, et il se le devait vis à vis d'elle. Chacun se devait de partager à l'autre des choses incompréhensibles pour tous les autres, car eux seuls pouvaient être à même de se comprendre puisque, semblait-il, leur passé était pareil, dans un sens.

- Je viens du nord-est du Bélin.
Je vivais dans un petit village au cœur des forêts du nord. C'était un endroit paisible et ses habitants vivaient en autarcie, loin des grandes villes de briques et de pierres. Nous étions tous heureux, nous avions tous une place, et tout le monde se connaissait. La mienne était auprès des chasseurs, j'étais l'un des meilleurs.
dit-il en souriant. Les gens m'aimaient et j'aimais les gens, et tout allait bien. Et puis, un jour trois individus, de vrais barbares, sont venus tout détruire. Et ils l'ont fait à la perfection. Ils ont massacré tout le monde, tout le village entier. Ils ont tué la femme que j'aimais devant mes yeux. Et ils riaient, ils raient tellement fort que parfois s'en étaient forcés. Ils sentaient l'alcool mais aussi la folie meurtrière, il fallait qu'ils se défoulent sur de faibles personnes, et ils l'ont fait à la perfection. répéta t'il comme s'il s'agissait d'une évidence à accepter. Alors, après m'avoir cru mort, après m'avoir lacéré le visage de leurs lames rouillées, humidifiées du sang de mes amis, ils sont repartis tout simplement comme ils étaient venus. Et moi, bien que seul survivant à tout cela, je fus détruit également. Et durant 6 mois, je me reconstruisis, partiellement, tel que tu me vois maintenant. Mais cette reconstruction n'a rien eu de bon, sauf peut-être quelques rencontres, dont la tienne. Surtout la tienne.

Et portant sa main libre à son masque, il le caressa, relief par relief, morceau par morceau.
- Ce masque provient d'un grand arbre au sommet d'une magnifique prairie fleurie. Je ne me dégoute pas, mon apparence est ce qu'elle est à présent, je l'accepte. Mais je ne veux effrayer personne et plus qu'un masque, il est le voile dissimulant un visage meurtri empli de haine. Cette haine, je dois m'en séparer en retrouvant les bourreaux qui me l'ont greffé au cœur.

Voilà mon fardeau. A part ça, j'aime la vie, conditionnée par le destin, elle m'offre énormément, autant en bonheur qu'en malheur.
finit-il en reprenant un large sourire, soupirant sereinement afin de reprendre sur lui.

Le regard de Khalän s'enflamma aux reflets incessants du feu tandis que son cœur s'embrassait de mille étincelles à la chaleur de Kana, à sa douceur, à sa simple présence. Et en cet instant précis, auprès d'elle, il n'y avait plus de malheur, chose que Khalän n'avait plus ressentit depuis longtemps. Elle était son remède, plus fort encore que de panser ses plaies, elle lui redonnait goût aux choses qu'il avait cru avoir définitivement perdu dans le passé.

Et là haut, dans le ciel étoilé, prônait une nouvelle constellation du nom de Khaleyelle et, traversait par une nouvelle étoile filante, leur promettait un avenir empli de bonheurs et de malheurs qu'ils vivront ensemble.



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MessageSujet: Re: Mécanique céleste   Jeu 8 Jan 2015 - 8:59

J'eus l'impression de ressentir ses sentiments dans ses paroles, cette impression était étrange et en même temps agréable. Je ne savais pas pourquoi mais pour la première fois, j'aimais réellement être proche de quelqu'un pour la première depuis cette nuit funeste j'avais un pas vers quelqu'un, un pas qu'il n'avait pas rejeté et je devais avouer que j'en étais contente. On ne se connaissait pas depuis longtemps, mais j'avais comme dans l'idée que ce serait assez simple de nous accorder et nous entendre. Nous étions visiblement tous deux meurtri par un passé qui nous pesait lourd sur les épaules, nous avions tous deux besoin de se changer les idées, besoin de penser à autre chose que ce à quoi nous pensions lorsque nous étions seuls. Je savais bien que ça ne durerait pas, j'étais constamment en train de ressasser ce passé, ce passé que personne ne connaissait, même pas Orlaïs mon père adoptif. J'étais une idiote par moment, je le savais très bien, mais je ne voulais pas qu'on me prenne en pitié. Cependant son désolé n'était pas de la pitié, j'avais l'impression même que bientôt viendrait une histoire et je ne fus pas déçu car il me raconta son histoire.

Je ne pouvais rien dire durant son récit, comprenant chaque mot, chaque parole. Je ne pouvais pas non plus ignorer le chagrin et la tristesse que cela avait dû être. Perdre son village tout entier, perdre l'amour de sa vie, tout perdre et ne rien gagné. Non... je ne pouvais pas réellement comprendre. Ou peut-être que si dans une certaines mesures, cependant lorsqu'il parla de son visage mutilé par des lames rouillées et tâché de sang, je ne pus qu'être en colère. En colère contre ceux qui avait décidé qu'il était temps de combattre des faibles. Contre ceux qui avaient décidés qu'aujourd'hui était ce jour funeste, contre ceux qui décidaient de la vie et de la mort alors que ce n'était pas leur rôle. Cela ne me rappela que trop ce que j'avais vécu. Ce frère qui m'avait tant fait souffrir et que je recherchais encore et toujours. Ces sentiments, ces pensées, ces ressentiments, ils me restaient en travers de la gorge et ça.... j'avais du mal à le faire passer. Je l'écoutais ensuite parler de son masque, un symbole... mais pas seulement. Je ne pourrais pas soigner son visage, mais j'aimerais tout de même le voir, parce que contrairement à tout le monde je ne jugerais pas sur ça.


Cependant, maintenant qu'il avait parlé de son histoire, qu'il m'avait raconté son fardeau, je me sentais dans l'obligation de lui parler des détails de la mienne. Comment pourrais-je tout dire alors que même moi je ne connaissais pas tout. Peut-être que je devais simplement lui raconter ce que je savais et lui dire que je cherchais mon frère pour avoir des explications. Oui... probablement, je devais déjà commencé par ça.

« Je ne t'ai pas tout raconter, en fait je ne t'ai donné que des bribes d'histoire, alors que toi tu me raconte la tienne. Laisse moi donc te raconter. Tu seras le premier à savoir, a savoir ce que moi je sais parce qu'il reste encore de nombreuses zones d'ombres que je ne connais pas. »

Je le regarde furtivement, mes yeux se levant pour se poser brièvement sur un morceau de son visage, enfin de son masque et puis le gris-bleue de mes yeux se fixe de nouveau sur les flammes, les englobant d'un regard triste et froid, comme cette nuit.

« Je suis Norpalienne, née dans un petit village nommé GriffeRoche. Il y fait bon vivre, même encore maintenant en vérité. Le froid y est constamment présent s'est vrai, mais je me suis toujours senti à l'aise dans ce village. »

Je souris tranquillement, marque une pause et reprends.

« Je suis la seconde et dernière de ma famille. J'ai un frère aîné que j'aimais plus que tout. Ma vie était douce et tranquille. Je me destinais à devenir combattante dans l'armée, dans une famille où la loyauté et les armes sont légions, il est normal je pense de vouloir faire cela, mais moi j'ai toujours aimé me battre, pour protéger les autres. »

Je m'arrêtais une fois de plus et je repris doucement.

« Je me suis entraîné toute petite. Enfin entraîné est un grand mot. En vérité je reproduisait en cachette les gestes de mon père. S'était un combattant très doué, vraiment extrêmement doué, alors je m'amusais à reproduire ses mouvements que j'apprenais en le regardant. Quand j'ai eu cinq ans, j'ai eu le droit a une petite arme en bois pour commencer à apprendre. Mes parents se sont amusés à me regarder faire des mouvements qu'ils ne pensaient pas que je connaissais. Ma mère quand à elle, m'a apprit à me servir des plantes. Je ne suis pas aussi bonne herboriste qu'elle, mais je me débrouille assez bien. Et mon frère ? Mon frère m'a apprit tout le reste. Tout ce que je devais savoir. Le langage, la manière de se comporter, les secrets et tout un tas d'autre choses. Nous avons grandit comme ça, une famille aimante et joyeuse, une famille dans laquelle il faisait bon vivre. »

Je fixais les flammes avec intensité, les images de cette nuit se rappelant à moi, comme d'habitude, la tristesse envahit mon visage et ma joie, mais je me forçais à reprendre.

« J'étais persuadé que tout continuerait ainsi. Sauf que toutes les histoires ont une fin. Je n'avais pas vu le mal-être de mon frère, j'étais seulement occupé à grandir, à évoluer, à devenir quelqu'un sur qui on pourrait compter. Je n'avais encore que huit ans et du temps devant moi, mais j'avais comme l'impression que je n'en aurais jamais assez. Et puis une soirée froide d'hiver, je m'étais endormi tôt parce que je m'étais énormément dépensé dans la journée. Un cri suraiguë m'a réveillé en sursaut. Je suis descendu rapidement et j'ai vu l'horreur dans la salle à manger. Mon père gisait sur le sol la gorge tranchée et ma mère agonisait dans une mare de sang. Je regardais mon frère, l'arme à la main ensanglanté. Un regard froid et sans vie. Il s'est approché de moi en me disant que maintenant on pouvait être ensemble. J'étais tétanisé, je reculais au fur et à mesure qu'il avançait et quand il m'a entendu lui dire qu'il était un monstre, il a voulu me tuer. J'ai une grande cicatrice sur mon ventre qui me rappel chaque jour pourquoi je le traque. Depuis cette nuit, j'ai peur de la nuit. Depuis ce jour, les cris me tétanisent, me rappelant sans cesse ce jour. »

Je finis par m'arrêter et puis reprendre une fois encore.

« Après l'enterrement je suis partit de ce village, je n'arrivais plus à m'y sentir comme chez moi. »

Je ne dirais pas la suite, pas maintenant. J'avais assez dit de chose pour l'instant. Un frisson me parcourut. Un frisson glacial.

« Notre histoire se ressemble dans un sens, nous cherchons tous deux à nous venger d'un événement passé. Nous sommes tous deux prit par se passé comme si nous ne pouvions nous en défaire. Je suis navré pour ta famille, ton village et pour ta bien-aimée. Je suis tellement désolé. »

Les larmes coulèrent toutes seules le long de mes joues. Deux vies, deux passés, deux âmes en souffrance. On s'était plutôt bien trouvé même si je n'étais pas certaine que cela soit agréable de se trouver de cette façon. Pour la première fois j'avais envie de me lier à quelqu'un, j'avais envie de l'aider à oublier. Je ne savais pas encore comment mais j'y arriverais, je lui rendrais sa joie de vivre. Je m'en faisais la promesse.


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MessageSujet: Un moment unique...   Ven 9 Jan 2015 - 12:52

Khalän était heureux qu'elle s'ouvre ainsi, entretenant un échange certain entre les deux aventuriers, leur complicité en fit un grand bond, et plus encore en sachant qu'il était le premier à entendre son histoire. Il en fut honoré et se laissa guider par la voix de Kana tout en essayant d'ériger de son imagination quelques scènes d'antan de la jeune femme. Et tout contre lui qu'elle était, aussi sincère et troublée, il put y sentir les battements de son cœur, et ceux-ci rythmèrent le sien, comme un écho communicatif, une résonance vibratoire partagée.

Et durant son histoire, il y eut quelques sourires de la part de Khalän, et parfois les cœurs battaient si forts, et parfois ils se calmaient tout aussitôt. Et le sourire du jeune guerrier s'amenuisait au fil de l'histoire, et son cœur battait de douleur, et il la comprenait tant qu'il en ressentait presque les même émotions qu'en ayant conté sa propre histoire. Son visage se tourna légèrement sur le côté pour ne pas perturber la belle Kana, elle était belle mais triste en même temps et elle émanait une beauté intérieure qui aurait put rendre jaloux les plus sages de ce monde, mais cachée par un visage meurtri, il n'y avait que dans la lueur de ses magnifiques yeux bleu-gris qu'on pouvait y distinguer sa quintessence. Et bien que n'apercevant difficilement ceux-ci, il put entrevoir furtivement les lueurs du feu ardent qu'elle semblait fixer du regard, comme à nourrir son visage timoré des cendres et des flammes afin d'y embellir d'ombres et de lumières chaudes sa peau diaphane.

Ses derniers mots étaient tout ce que pensait le jeune chasseur, il ne pouvait mieux le dire et en sourit quelque peu, se remettant de la peine de la voir si triste. Et lorsque des sanglots s'amoncelèrent sur les fines joues de la jolie Kana à la crinière de braise, Khalän sentit une lourdeur au niveau de sa poitrine. C'était dur de la voir ainsi.

- Nos larmes proviennent de la même peine. prononça t'il calmement, une pincée au cœur en songeant à lui-même. Tu as le droit de pleurer, mais je t'interdis de le faire sans moi. finit-il de dire en enveloppant le visage de Kana de sa paume droite et d'y balayer les larmes.

Et la main de Khalän s'humidifia des fines gouttelettes dégringolant de l'océan bleu-gris, perles de la jeune rebelle, et eut en présent le doux souffle de ses petites narines. L'image d'un être masqué d'une écorce, effrayante pour certains, bizarre pour d'autres, cajolant de sa main le visage d'une jeune femme en pleure aurait bien pu provenir d'une conte pour enfant racontant un amour naissant, une amitié transcendante ou encore la simple promesse d'une entraide mutuelle. Un conte de fée psychologique emplie de souffrances, de paysages troublants et dangereux, une histoire pour effrayer les plus turbulents et garantir à l'esprit des plus rêveurs de grandes aventures et de valeureux héros aux lourds passés. De quoi en écrire toute une bibliothèque.

Et aussi doux qu'était ce moment, Khalän était déchiré de ce que leur réserverait l'avenir, car rien ne pouvait être plus beau que cet instant bien précis. Demain, ils retrouveront cette haine vengeresque et la souffrance qui va avec, et rien ni personne ne pourra mieux les aider qu'eux-mêmes, mais plus facile à vivre étaient les épreuves à surmonter ensemble. De ça, Khalän en était persuadé.

Le jeune homme libéra le visage de Kana et les larmes en sa main séchèrent par la chaleur du feu. Peut-être y avait-il une symbolique à cela, peut-être pouvait-on dire que la chaleur annihile la tristesse. Il n'en savait trop rien, perdu qu'il était dans sa propre souffrance. Mais ce soir, il ne pouvait en être ainsi, il ne fallait gâcher cet instant de repos et délicatement, arrêtant de fixer la paume de sa main, souleva de moitié son masque et déposa un baiser discret à la chevelure crépusculaire de sa compagne émanant un doux parfum hivernal de bois Norpalien. Il en profita pour laisser quelques secondes sa peau meurtrie contre ce doux mélange d'arômes, et bien longtemps il n'avait plus senti quelqu'un contre sa peau. Et s'en fut si agréable qu'il faillit retomber en quelques souvenirs douloureux, mais se sauva de justesse en gardant l'image d'eux si proches en un instant des plus paisibles et réconfortants à presque en oublier qu'ils étaient en plein milieu d'une grande et vaste plaine désolée, froide et humide. Mais cela n'avait, semble t-il, plus aucune importance tant qu'il ne cessait de rester prés d'elle et, l'espérait-il, de même pour elle.

Et les brochettes de viandes avaient été délaissées sur le sol craquelée de la terre, et tandis que crépitaient majestueusement les lucioles cendrées, les trois compagnons à quatre pattes ronflaient paisiblement un peu plus loin, les uns sur les autres, se partageant leur chaleur. La belle guerrière et l'homme masqué en firent autant et, bientôt, ils devront à leur tour s'abandonner au sommeil. Mais malgré ça, Khalän se voulait encore de profiter de ce moment, de quelques instants, de quelques minutes, de quelques secondes, le temps de garder vivant le souvenir de ce bonheur éphémère que lui procurait la jeune femme dans ses bras. Alors, restant ainsi silencieux en regardant leur constellation, il se promit de tenir bon jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus et que le chant des songes finisse par troubler son regard et affaiblir son corps.


Constellation de Khaleyelle


Constellation de Khaleyelle tracée


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MessageSujet: Re: Mécanique céleste   Dim 11 Jan 2015 - 3:25

La tristesse, je la connaissais par cœur, je l'avais subis longtemps et ne vérité, je la subissais encore au jour d'aujourd'hui. Cependant... cela faisait longtemps que je n'avais pas pleurer. Que ce soit seule ou devant quelqu'un, je me refusais la plupart du temps à le faire, parce qu'il y avait plus malheureux que moi dans ce monde. Je m’efforçais toujours de faire bonne figure, de montrer que j'étais forte, que je n'étais touché par rien, en vérité j'étais toujours touché par tout. La moindre petite chose me faisait me réveille. Je devenais alors quelqu'un d'autre. Peut-être que cela venait de l'enfance que je n'avais pas eu. Peut-être que cela venait de l'adolescence que je n'avais pas vécu. J'avais dû grandir vite, trop vite et par moment j'avais encore des réflexions qui auraient pu passer pour celle d'un enfant. Parce que j'avais perdu, parce que j'étais partit vivre seule, parce qu'on avait décidé de faire de moi une guerrière, j'avais perdu ces années qui auraient dû être celle d'un apprentissage particulier au niveau des sentiments, j'avais tant perdu pour gagner si peu finalement quand on y regardait bien.

Non, j'étais injuste de penser ça. Alors que je sentais ses mains sur mon visage, alors que sa voix résonnait encore dans ma tête, je repensais aux druides. À ceux qui m'avait permit de devenir celle que j'étais aujourd'hui. Certes, j'avais encore besoin de grandir, que ce soit dans mon acceptation des situation ou alors dans le recul que je devais prendre fasse aux problèmes d'autrui. J'avais toujours tendance à me jeter la tête la première dans la bataille alors que je ne devrais pas. Ça aussi, ça venait de cet événement. J'étais tout de même assez immature quand on y regardait bien. Certains l'était trop et moi pas assez, je restais cette gamine qui voulait aider et qui ne prenait pas en compte les conséquences, qui sautait les deux pieds joins dans les problèmes. Il fallait que je change cet état de fait. Il fallait que je réfléchisse, que j'analyse. Il fallait que je surmonte tout ça. Peut-être qu'en parler m'aiderais je verrais bien vu que désormais quelqu'un était au courant de l'histoire entière enfin de ce que je connaissais de l'histoire.

Je restais ainsi, profitant du moment avec lui, ces moments, il n'y en aurait pas beaucoup, car tous deux nous étions obnubilé par notre vengeance. Faire payé ceux qui nous avait fait souffrir. Personnellement, avant de le faire payer je lui demanderais des explications. Explications qu'il aurait intérêt à me fournir parce que je ne serais probablement pas encline à lui pardonner si facilement. J'espérais sérieusement qu'il avait préparer sa défense depuis toutes ces années parce que je ne lui laisserais pas le loisir de me fuir. J'avais toujours était plus douée que lui, apprenant toujours plus rapidement. S'était aussi pour cela que je maîtrisais mon don plus parfaitement que lui ne l'avait fait avec les siens. Je me réveillais de ces réflexions et de ces souvenirs lorsque je sentis le baiser léger sur mes cheveux. Un sourire vint doucement chasser mes larmes. Personne jamais n'avait fait ce genre de geste et je devais avouer que mon cœur rata quelques battements avant de revenir à un rythme normal.

Je souris doucement, en entendant par la suite les ronflements de Roca. Mon regard se perdit alors vers eux, doucement, tranquillement, souriant comme une idiote en les voyant ainsi. Roca couché près du flanc de Brok et Brume couché juste à côté aussi. Ce tableau était superbe quand on y regardait bien. Je soupirais doucement sentant la fatigue venir petit à petit. Les larmes et la route avaient eu raison de mon habituel tenu et je sentais doucement mes yeux se fermer.


« Je ne sais pas pour toi, mais toute cette route m'a fatigué. »

Je souriais pour moi.

« Mais en vérité j'aimerais rester plus longtemps comme ça. »

Je ne bougeais pas pour autant, pourtant au fur et à mesure, je sentis mes yeux se fermer jusqu'à ce que finalement la fatigue m'emporte. Je tremblais un peu moins, je m'étais endormis directement. J'avais envie d'une certaine façon de dormir contre lui même si je savais que ce n'était pas franchement une bonne idée. Cependant le corps et l'esprit ne font rarement bon ménage. J'étais déjà endormis au moment ou j'avais formulé cette pensée.


Ma liberté est mon bien le plus précieux
Que celui qui tente de me l'enlever subisse mon courroux.

Elle écrit en #9999ff
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