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 Ours et Colombe [Pv Eiris]

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Lliryn Faravel
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MessageSujet: Ours et Colombe [Pv Eiris]   Lun 24 Nov 2014 - 16:32

Qu’est-ce que la normalité dans un monde qui attend le déferlement de la tempête ? Il ne cessait de se poser la question depuis qu’il avait mis les pieds au port ou, plutôt, depuis qu’il s’était mis en route vers l’ouest du royaume. « Il se passe des choses anormales dans le sud, en Norpalie », lui avait-on dit en lui confiant sa mission. Des choses anormales… Il se passait beaucoup de choses anormales, partout, depuis le commencement même du monde. C’est sur ce genre de pensées amères qu’il était arrivé un jour plus tôt, afin d’être certain de ne pas rater son rendez-vous.

A cette heure-ci de l’après-midi, le port était plutôt fréquenté, malgré le temps qui oscillait de manière inconstante entre des nuances de gris, de la clarté aveuglante des matins d’hiver au ciel orageux d’une fin d’été. « Un drôle de temps », comme disait les gens du cru en haussant les épaules. Le vent de la mer s’élevait par à-coup, porteur d’averses, jusqu’à ce que le soleil ne vienne par moment pointer de timides rayons de lumière qui finissaient par mourir entre les vagues.

On disait la mer des Larmes fougueuse, ces derniers temps. De ses nombreux caprices dépendaient les voyages. Quelques bateaux se trouvaient amarrés au port, certains attendant le départ, d’autres venant tout juste d’arriver.

Le voyageur entra à l’intérieur d’une taverne après avoir jeté un coup d’œil à l’enseigne en fer forgé grinçant au mur. Il s’avança jusqu’au comptoir, son manteau aux pans déchiré pendant mollement au-dessus du parquet, qui émit un léger grincement lorsqu’il posa le pied dessus. Ses bottes laissèrent d’abondantes traces sur le sol alors qu’il traversait la salle, dont la lumière tamisée dessinait des zones d’ombres sur les visages. A peine était-il entré dans l’établissement que les regards s’étaient braqués immédiatement vers cet homme seul dont on ne pouvait distinguer les traits en raison du capuchon rabattu sur son visage. Il attisait néanmoins les yeux avides des curieux parce que, bien qu’on ne puisse voir sa tête, on savait déjà que sa gueule ne nous reviendrait pas. C’était un principe, au port, et on ne s'écartait pas de ses principes. Pour le pirate, il y avait deux types de personnes : ceux qui faisaient de l’océan leur vie, et ceux qui restaient sur la terre ferme. Le pied marin d’un côté, le terre-à-terre de l’autre. Et ce type là, il n’avait pour sûr jamais mis un pied en mer, pas même le plus petit de ses orteils.

Une fois devant le tenancier de l’établissement, l’homme rejeta en arrière le capuchon de sa veste, dévoilant sa peau lumineuse d’Aasimar. Le tenancier afficha une mine surprise, peu habitué visiblement à ce genre de client. Généralement, les anges demeuraient plutôt en plein cœur d’Hydrasil à soigner les bobos des Bélinois. Du moins, c’est ce que le regard du tavernier voulait dire.

Sans se soucier de la réaction suscitée, Lliryn Faravel, chevalier errant des Redresseurs, commanda de quoi boire, dardant ses yeux gris annonciateurs d’orage sur le tavernier. Ce dernier posa sur le comptoir un gobelet en fer, dans lequel il versa du rhum ambré. Après tout, un client restait un client. Ici, pour peu qu’il boive et qu’il paye, il était roi.
Lliryn étouffa un juron –cela lui ressemblait peu- en songeant qu’il avait fallu que son informateur se terre ici, plutôt qu’ailleurs. N’importe où aurait fait l’affaire. N’importe où sauf ici.

L’Aasimar promena rapidement son regard sur l’intérieur de la taverne. Les rires gras des pirates et autres voyageurs pressés de repartir lui vrillaient les oreilles, lui qui était peu habitué au bruit. L’atmosphère le changeait considérablement du château des Redresseurs.
Il chercha parmi les visages émaciés les traits de son informateur, mais ce dernier n’était pas encore arrivé. Si ça se trouve, il viendrait dans un jour. Ou deux. Ou trois. Il venait tout droit de Norpalie, là où l’on craignait une nouvelle attaque des goules. La prochaine destination de Lliryn, si tout se passait bien. Enfin, bien… tout était relatif. L’idée d’aller combattre le froid et l’inhospitalité norpalienne, avant de s’élancer au devant d’une armée de créatures à glacer le sang, ce n’était peut-être pas la première définition du mot « bien ». Néanmoins, Lliryn ne refusait jamais les missions de ce genre. Combattre, c’était encore un bon moyen d’éviter les missions diplomatiques. Le chevalier errant se trouvait bien piètre orateur. Et pourtant, on attendait quand même de lui qu’il prêche la bonne parole des Redresseurs, lorsqu’il se trouvait sur les routes ! *Ceux-là, je ne risque pas de les convaincre de lutter pour la Justice et l'équité*, songea t-il en observant l'assemblée.  

Lliryn prêta alors oreille à une conversation passionnée entre deux pirates, dont l’un, déjà bien éméché, semblait mimer quelque chose.

« Énorme, j’te dis ! Une bête grande cooomme ça, mon gars ! »

Il indiqua la taille de ladite bête en écartant les mains pendant un long moment d’une façon un peu vague, histoire que son compagnon ait le temps de bien réaliser. Ce dernier, encore sobre, hocha simplement la tête, l’enjoignant à poursuivre. Mais l’autre, ayant déjà un sacré coup dans le nez, n’eut pas besoin qu’on le fasse prier car il s’exclama, chope en main :

« Et avec des griffes ! Z’étaient cooomme ça ! »

Lliryn s’intéressa un peu plus à la conversation. Les pirates voyageaient beaucoup, peut-être cet homme avait-il aperçu l’une des goules. Ce ne serait pas impossible.

« Un regard sauvage, féroce ! »

Le Redresseur plissa les yeux. Oui, cela pouvait bien être le cas. Les goules ne se caractérisaient pas par leur bonhomie.

« L’était recouverte de poil ! »

L’ange fronça les sourcils. Des poils ? Non, les goules n’avaient pas de poils, du moins pas aux dernières nouvelles. Il porta le gobelet de fer à ses lèvres, observant toujours du coin de l’œil l’étrange énergumène.

« J’suis sûr qu’elle est encore là, même ! J’l’ai vu là, en sortant sur les docks ! Y a d’quoi en tirer quelque chose, ça j’t’le dis ! On pourrait la vendre à bon prix, la bestiole ! »

Lliryn tentait tant bien que mal d’imaginer à quoi pouvait ressembler la bête en question qui, visiblement, se trouvait en ce moment sur le port. Étrange que personne d'autre n'en ait parlé, au vu de sa description. Peut-être n’était-ce que des élucubrations de ce type, aussi.

« Elle se promenait seule, cette bête ? », demanda alors l’autre pirate, un peu plus flamboyant que son compère.

« Naaan ! Y avait une femme à côté ! Une drôle de femme, ouais ! Avec une paire cooomme ça ! Une étrangère, vu sa tête ! Et j’ai l’œil, moi, mon gars ! », ajouta t-il en désignant son œil vitreux. « Bah ça s’ra pas difficile d’lui voler la bestiole, c’qu’une femme ! »

Lliryn, toujours assis au comptoir, leva les yeux au ciel, certain d’avoir sous les yeux le parfait exemple de la déchéance humaine. Par chance, ils se turent enfin, permettant au Redresseur de savourer un bref instant sa boisson, sans que le goût ne soit gâché par le bruit infernal que causait le pirate véreux -ceci n’était pas un pléonasme.
Alors, la porte s’ouvrit encore une fois pour laisser place à un nouveau voyageur fuyant certainement la pluie ou toute autre raison.

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Eiris Esthar
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MessageSujet: Re: Ours et Colombe [Pv Eiris]   Jeu 27 Nov 2014 - 23:43

Je n’aurais jamais imaginé que ces fameux « bateaux » pouvaient être aussi grands ! Non mais je vous jure ! M’enfin, je dis ça, mais il n’y à pas que ça qui m’ai tant surprise durant la TOTALITE de mon voyage ! C’était réellement fascinant ! Ce n’était pas comme effectuer une petite promenade autour de foret, non non non ! Ça, c’était réellement comme me retrouver plongée dans un univers simplement parallèle ! Un univers inconnu dont je ne dévorais que chaque découverte avec un engouement certain ! Concrètement, je me sens comme une enfant qui découvre toutes choses d’un regard fasciné ! Bien sûr, j’avais déjà beaucoup lu et entendu d’histoires mais comment voulez vous réellement les prendre au sérieux avant de vous retrouver plongés devant le fait accompli ? C’est la une question qui me trottait maintenant dans la tête depuis que j’avais mis le pied en dehors des territoires orcs. Imaginez-vous seulement lorsque mon regard s’est posé sur le premier groupe d’humains ? Imaginez-vous simplement ce que j’ai pu ressentir devant la beauté des humaines ? Non mais c’est vrai quoi, bien que j’ai vécu auprès des orcs, je dois vous avouer que je n’avais pas vu une humaine depuis longtemps ou en tout cas, que je n’avais pas eu quelque chose de tangible sous le regard, quelque chose se différant d’un vague souvenir… de près ou de loin ? Bien sûr, ceux-ci semblaient aussi surpris de me voir que ce que je pouvais l’être par rapport à eux mais que voulez vous, ne seriez-vous pas intrigués par cette petite humaine qui se ballade accompagnée d’un petit ours brun, s’émerveillant sur tout et n’importe quoi ?

Mon ours grandit bien, je l’ai trouvé alors qu’il avait à peine un an et qu’il était tout juste capable de sortir de la tanière maternelle, alors vous comprenez bien que je ne le pressais en rien, prenant le temps de lui laisser sa croissance et sa curiosité, ce qui avait eu pour effet indéniable de rallonger mon voyage. Du temple à La cité écarlate, le voyage qui aurait du me prendre environ deux semaines me pris en réalité un peu moins d’un mois, tout un long mois de marche et de voyage, partageant de temps à autre ma route dans une quelconque chariote menée par des personnes au bon cœur mais je dois avouer ne pas avoir rencontré tellement de personnes dans cette partie du voyage. J’avais fait quelques haltes pendant mon voyage, chez certains paysans isolés, mineurs ou peu importe, chaque personne ayant le cœur à partager un peu de sa nourriture avec une voyageuse et un ourson. Si je pouvais m’éviter le fardeau de la chasse, je préférais le faire. Je suis consciente qu’il est natutel de prendre ce que la nature peux nous offrir, mais je ne veux en rien en abuser.


Je prenais aussi mon temps pour tenter d’éduquer un minimum Pyros. Bien entendu, c’était un petit ours intelligent et curieux et il était rare que je parvienne à obtenir son attention tant, comme moi, il découvrait le monde extérieur. En tous les cas, je ne pouvais pas lui enlever une chose : Il avait très rapidement développé un instinct extrêmement protecteur envers moi, ce qui eut pour effet de renforcer notre lien tant celui-ci avait commencé à nous rendre légèrement inséparables. Bien entendu, il comprenait des ordres simples dont celui de me laisser un peu seule (quoi qu’en présence d’un inconnu, il se contenterait bel et bien de rester là à le fixer, le jauger. Il ne se lassait pas d’avoir à grogner pour démontrer sa présence à tel point que ça en avait un côté assez drôle !) et à ce moment là, il pouvait vaquer à ses occupations, allant chercher un peu de viande ou de baies afin de passer le temps, sans oublier des moments pour se dorer agréablement la pilule au soleil car ça oui, il adorait bel et bien ça ! Maintenant ça me semble logique de l’avoir vu développer une certaine crainte de la pluie et des orages.

Une fois arrivé Au Château Ecarlate, je fis tout simplement la rencontre d’un nombre bien plus élevé de nains, d’humains et d’autres races, mettant enfin en réelle pratique tout ce que j’avais pu lire pour reconnaitre l’origine d’Intel et d’Intel ainsi que leur possibles capacités, histoire… enfin, vous devez sans mal imaginer à quel point j’ai pu me montrer curieuse et ouverte dans ces moments là. Au final, malgré la joie et les découvertes, vous devez vous doutez que le temple et les miens me manquaient déjà cruellement mais alors que je voyageais, que je découvrais de nouveaux visages, je ne pouvais que sentir l’espoir monter en moi, l’espoir de peut être un jour pouvoir apprendre à connaitre divers dirigeants de cités pour parvenir à les rallier aux miens mais aussi, dans le fond, l’espoir de revoir celle que j’avais, enfant considérée comme une sœur, avant de disparaitre. Avait-elle beaucoup souffert par ma faute ? M’avait-elle cherchée ? Mon cœur ne pouvait que me dire oui, mais étais-ce simplement la les mots d’une enfant pour se rassurer ? Si j’ai un jour la chance de la retrouver, peut être que je pourrais avoir des réponses à ces questions et en attendant, je voyageais bienheureuse et décidée avec mon petit Pyros qui, bien que se montrant méfiant devant autant de gens, me suivait avec une précision extraordinaire. C’est la qu’une fois au port, je me suis débrouillée pour embarquer sur un navire à destination de Bélin, voyage qui dura à lui seul quinze jours encore. Bien entendu, trouver un navire ne fut en rien une chose facile… Les marins hésitaient à voir une femme monter sur leur navire et le fait que je sois vêtue de peau et accompagnée d’un ours ne les charmaient en rien, sauf pour les plus pervers d’entre eux mais ce genre d’énergumènes est encore plus facile à berner qu’un idiot de troll. Finalement, c’est une femme-capitaine qui à accepté de me prendre sur son navire, à condition que je participe aux taches sur celui-ci. Si je bossais bien, je pourrais même m’en sortir avec un peu d’argent de poche, qu’elle disait. C’est donc ainsi que j’ai découvert les joies (et lois) de la navigation.

Ce fut un voyage rude et long, mais j’avais su me maintenir en forme et accomplir toutes les taches qui m’avaient été confiées, m’adaptant assez vite pour ne pas devenir un quelconque poids ou fardeau pour le capitaine et c’est au final sans réel encombre que nous sommes arrivés à destination : le port de Bélin. Là, je me suis littéralement vue charmée. Effectivement, cela changeait du petit camp orc tant les édifices semblaient… « Civilisés » et grands. J’avais déjà eu cette impression Au Château écarlate mais là effectivement, c’était quelque chose. Tandis que j’embrassai à nouveau la terre avec Pyros, passablement effrayé par la pluie qui tombait sur nous, le capitaine s’était montré généreuse et gentille avec moi, m’offrant au moins de quoi aller m’offrir un repas chaud et une nuit paisible à l’auberge avant de retourner à son équipage et son travail. Lors de mon arrivée au port, j’avais pu voir un homme assez louche se montrer intéressé par mon ourson, c’est tout du moins l’impression que j’ai eu à le voir le lorgner comme si c’était un gros sac d’or, mais une fois repéré, il n’as pas réellement insisté et est parti se réfugier plus loin, au milieu de la foule ou je l’ai perdu de vue.

Finalement, après avoir questionné quelques personnes, j’en suit venue à trouver le chemin de l’auberge la plus proche et afin non seulement d’échapper à la pluie mais aussi de pouvoir m’offrir un bon repas chaud, je me suis permise d’entrer dans l’édifice, poussant la porte afin de m’y réfugier. Vous devez sans aucun doute vous douter que mon entrée ainsi que celle de mon ourson avait généré dans l’édifice un étonnement assez grand. Après tout… arrivez dans une ville si civilisée habillées avec ce qui doit correspondre à des haillons en peau de leur point de vue, avec un regard empli de curiosité et une étrange petite bête sauvage qui vous suit partout. Je ne sais pas vraiment si je dois vous imagez le tableau encore plus ou si cela vous suffit… hmmmm ? Oui, je penses que nous sommes d’accord. Après avoir fait quelques pas dans la masure, c’est alors que le tenancier, me prenant sans aucun doutes pour quelqu’un d’un peu simple et surtout de totalement fauchée, m’invita à sortir sans réellement pouvoir demander mon reste. Vous imaginez le choc ? C’était donc là la gentillesse des gens des villes, des Humains ? Ce premier contact eu pour effet de m’offrir un bien mauvais départ. Bon… qu’auriez-vous fait à ma place, sincèrement ? Vous seriez sortis sans faire de vague, comme un vulgaire chien ? Même si mon apparence est humaine, il ne faut pas oublier qu’au fond de mon cœur, je reste une orc, et c’est donc sans réellement sourciller que j’haussai légèrement les épaules, prenant le ton le plus officiel que je pouvais avoir en magasin, m’adressant dans un bélinois aussi maladroit que compréhensible


-C’est donc ainsi que l’on traite les voyageurs dans cette ville ? Je me nomme Eiris Esthar et je suis l’ambassadrice des Ours-hurlants, veuillez témoigner le respect qui est du, ou je vous écrase le crâne ! Je possède de quoi payer et mon ami ne vous causera littéralement aucun tord, vous pouvez me croire là-dessus !

Pour illustrer mes mots, je détachais là petite bourse à ma ceinture afin de l’agiter sous le nez de l’homme et comme pour valider mes mots, Pyros changea d’attitude afin de passer du petit grognement préventif à la petite balade curieuse, faisant rapidement le tour des tables avant de revenir à sa place, comme si ne rien était. Les personnes présentes semblaient soucieuses, pensives et ce tout en me fixant, comme si elles cherchaient une possible véracité dans mon histoire mais finalement, un seul offrit une réaction quelconque, l’homme que j’avais croisé un peu plus tôt, celui qui avait semblé témoigner un intérêt certain pour Pyros. Celui-ci s’approcha de moi avec un sourire satisfait, me menaçant de m’envoyer par le fond si je ne m’exécutais pas, lui laissant Pyros comme dédommagement pour le dérangement. Un homme se trouvant au comptoir sembla vouloir intervenir mais avant même qu’il ai eu le temps de réellement bouger, le bout de mon bâton était déjà venu se loger directement dans sa gorge, un coup simple et net qui avait eu pour effet de le faire reculer, coupant sa respiration l’espace simple de quelques petites secondes, avant de venir lui loger un coup de pied retourné directement dans la mâchoire, l’envoyant sans réelle sommation s’écraser sur l’une des tables voisines qui, par chance, n’était pas utilisée. Une fois ceci fait (et ce sans porter ma main une seule fois vers l’épée qui se trouvait dans mon dos), je reporta mon attention vers l’aubergiste qui, convaincu par mes divers arguments, n’avait démontré d’aucune envie pouvant se traduire par son désir de me montrer une nouvelle fois la porte. Pyros lui, semblait satisfait et reporta son attention sur moi, me suivant afin de rester planté près de la ou je m’étais installée, au comptoir, pas très loin de l’homme qui avait semblé vouloir se mêler de l’altercation et c’est alors qu’après avoir commandé un peu de viande, je portais mon attention vers lui, lui offrant un sourire simple voir juste un peu amusé.

-Je présume que je peux vous remercier, non ? Monsieur le chevalier en armure.

Oui, cette fin de phrase était directement tournée sur un ton taquin. Bien qu’il n’ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit, le fait qu’il n’ai pas continué à se diriger vers la sortie après que j’ai pu régler mon « léger » problème démontrait bien qu’il comptait intervenir dans celui-ci et il avait une allure qui m’inspirait une certaine confiance. Au final, je ne pouvais que penser qu’il compter me venir en aide. L’avantage à cela c’est que je n’avais en rien besoin de me présenter à nouveau tant juste avant j’en était venue à parler assez fort. Vous l’aurez donc compris, c’était donc réellement un sourire franc qui s’était dessiné sur mes lèvres tandis que mon regard s’était, l’espace d’un instant, perdu dans le sien pour tenter de le jauger. Au pire, mon instinct me trompait et il s’avèrerait être un autre lourdaud qui, comme le précédent, se mangerait une table.


"Certaines fautes sont rattrapables mais les erreurs le sont rarement"
"Que tu me craignes ou non.. il vaut peut être mieux que tu gardes tes distances.."
"Fuir n'apporte que la défaite. Il vaux mieux mourir pour ce que nous croyons juste que vivre en servant une cause oubliée"
"Tu sais, quand tu as une vie de chiottes avec sans cesse des batons dans les roues, la seule chose que tu puisse faire... c'est te battre"
"La mort nous sourit à tous, tout ce qu'on peux faire, c'est sourire a la mort"
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Lliryn Faravel
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MessageSujet: Re: Ours et Colombe [Pv Eiris]   Mar 2 Déc 2014 - 14:21

Les bruits de conversation s’estompèrent en même temps que les rires, jusqu’à ce qu’un calme anormal ne vienne s’emparer de la taverne. L’ambiance si animée de l’établissement fut interrompue par un léger flottement et ce dès l’entrée du nouveau venu. *Nouvelle venue*, rectifia Lliryn en se retournant vers la porte. L’Humaine détonnait dans ce décor autant que lui-même et le chevalier haussa quelque peu les sourcils en avisant sa toilette pour le moins… étrange. Jamais il n’avait vu de femme vêtue ainsi et pourtant, ses voyages l’avaient amené à rencontrer plusieurs types de personnes très diverses.
L’Humaine ne semblait pas accompagnée. Pour fréquenter seule la taverne en même temps que ces hommes ivres et ces pirates, Lliryn reconnaissait volontiers qu’elle avait du cran. Si on la comparait à une douce demoiselle bien née, elle avait davantage l’aspect d’une sauvageonne avec sa cicatrice entre les yeux et son charme plus naturel, mais elle n’en fit pas moins une entrée remarquée.

Plus étrange encore était la petite bête qui la suivait docilement. Certains saltimbanques savaient apprivoiser les ours, mais ils ne déambulaient pas avec. Cette bizarrerie suffit au tenancier pour décréter qu’il valait mieux que la demoiselle quitte les lieux. *Les Humains ont l’art de discriminer autrui, même parmi leur propre race*, songea l’Aasimar avec un brin de cynisme.

Lliryn porta son gobelet de fer à ses lèvres, se détournant de la scène, lorsque la jeune femme éleva la voix, assez fort pour que tous entendent. Sa façon de s’exprimer trahissait ses origines étrangères, mais « l’honorable » assemblée comprit sans peine son mécontentement. Les mots « ambassadrice » et « Ours-hurlants » éveillèrent subitement la curiosité de Lliryn qui redirigea aussitôt son attention sur ladite ambassadrice. Lui qui n’avait jamais traversé la mer des Larmes, il se demandait depuis longtemps à quoi ressemblait les terres de l’autre côté d’Ildirith et voilà que le territoire inconnu venait à lui sous les traits de cette étrangère.

Son regard gris se coula finalement vers la silhouette sombre de l’ourson, qui se baladait entre les tables et suscitait par la même occasion quelques réactions de méfiance dans la salle. C’est alors que le chevalier remarqua l’expression du pirate au bagou développé qui lui cassait les oreilles un peu plus tôt avec ses histoires à dormir debout. Ce dernier donna un coup de coude à son camarade, lui désignant d’un geste l’animal. *Serait-ce la fameuse créature féroce, dont il espérait tirer un prix ?*. Lliryn ne sut s’il devait rire ou pleurer de désespoir. Quoiqu’il en soit, son instinct le poussait à croire que cette histoire allait mal se terminer. L’œil avide du pirate le força à demeurer sur ses gardes. Après tout, n’avait-il pas parlé d’une étrange femme ?

Comme il l’avait pressenti, le pirate se leva, repoussant théâtralement sa chaise pour s’avancer vers le tenancier et la jeune femme. Il réclama –assez impoliment- l’ourson pour d’obscures raisons, tout en arborant une confiance absolue en lui-même et en ses capacités, certainement afin de déstabiliser la maîtresse de l’animal et la forcer à céder. Le Redresseur songea, non sans un brin de dépit, que ces paroles sonnaient la fin de sa propre tranquillité, qui n’avait d’ailleurs pas duré bien longtemps, si tant est qu'elle ait seulement commencé.

La main de Lliryn se posa instinctivement sur la garde de son épée, prêt à dégainer au moindre signe de rixe. Généralement, cela suffisait à calmer certaines ardeurs, sauf dans le cas où il tombait sur des importuns prêts à en découdre. Un Redresseur se devait de faire régner l’ordre et le Bien quoi qu’il arrive et ce sans menacer la paix, aussi estima t-il qu’il était temps d’agir avant que la situation ne dégénère pour de bon. L’Aasimar commença à s’approcher, écartant d’une main sûre ceux qui observaient la scène comme s’ils se trouvaient au spectacle. L’un des spectateurs manqua ainsi de s’étrangler avec sa précieuse liqueur, mais il ne put protester, sa quinte de toux l'obligeant à ravaler ses jurons. La lame de Bryn crissa sur le fourreau, forçant les autres à s’écarter car personne ne voulait vraiment savoir si l’épée était tranchante ou non. Lliryn n’eut cependant guère le temps d’esquisser tout autre mouvement que l’étrangère était déjà passée à l’action, l’obligeant à laisser retomber l’arme dans sa prison de cuir et à regagner le comptoir.

*Je me fais décidément vieux, j’en ai la preuve une fois de plus…*

La jeune femme tint en respect le pirate, à l’aide d’un simple bâton, avant de l’expédier tout droit sur une table, laquelle se brisa sous le poids du « malheureux ». *Quel dommage pour la table*, se désola Lliryn, et il ne fut certainement pas le seul à le penser si l’on en jugeait la mine dépitée du tavernier.

L’Humaine finit par se poser au comptoir et le tenancier préféra changer d’avis, la considérant subitement comme un client lambda.

Lliryn s’intéressa de nouveau à son verre, jusqu’à ce que l’étrangère –qui s’était présentée à tous sous le nom d’Eiris Esthar- se tourne vers lui pour lui adresser quelques mots. Elle semblait avoir remarqué sa volonté d'intervenir, bien qu'il n'en ait pas eu le temps.
Pincé comme il était, l’Aasimar mit un certain temps à saisir le ton taquin employé par la jeune femme, alors qu'elle le désignait sous les termes de "chevalier en armure". Quelque part, il aurait pu s’en douter à la lueur amusée dans son regard, mais Lliryn avait toujours été en décalage avec les taquineries. Du genre pince-sans-rire, il savait apprécier l’humour et la légèreté, à ceci près que lui ne le pratiquait pas beaucoup et ce depuis tout petit, au plus grand désarroi de ses pairs Redresseurs.

L’Aasimar se tourna vers son interlocutrice, soutenant un instant son regard qui semblait le jauger. Il n'y décela cependant aucune hostilité, d'autant plus qu'elle souriait. Il avait néanmoins compris qu’il valait mieux ne pas lui chercher noise. L’épée qui reposait contre son dos n'avait pas échappé à l’œil du Redresseur.

« Et bien, sans le savoir, vous n’êtes pas tout à fait loin de la réalité, mademoiselle l’ambassadrice, répondit-il. Je ne porte certes pas d’armure, mais je suis bien un chevalier. Lliryn Faravel, pour vous servir. »

Joignant le geste à la parole, l’Aasimar leva son verre. Puis il désigna brièvement d’un mouvement de tête le pirate amoché qui grommelait, après s’être extirpé de la table. Ce dernier jeta un regard furibond à la jeune femme, avant de sortir précipitamment. Pas sûr qu’il en reste là.

« Je vois que vous vous êtes déjà fait un nouvel ami. Prenez garde, on raconte que les pirates ont la rancune malheureusement tenace. »

Sa bouche se fendit d’un mince sourire lorsqu’il tourna de nouveau son regard vers son interlocutrice. Elle avait bien mentionné les Ours-hurlants, un peu plus tôt et si Lliryn ignorait quasiment tout à leur sujet, il savait néanmoins quelle race constituait ce clan.  

« Si vous me pardonnez la remarque, j’imaginais les Orcs plus massifs et avec des dents plus aiguisées. »

Une apparence fort pratique pour les parents Humains qui souhaitaient que leur progéniture finisse sa soupe…
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Eiris Esthar
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MessageSujet: Re: Ours et Colombe [Pv Eiris]   Ven 5 Déc 2014 - 20:05

Alors que l’homme m’observait un instant, comme pour chercher à entrevoir en quel sens je lui adressais mes mots ainsi que si je venais… lui chercher des noises ? Enfin, c’est un peu l’impression que j’ai eu en voyant son regard venir se poser directement sur ma lame pour finalement comprendre qu’effectivement non, je n’étais en rien agressive ou moqueuse et qu’il pouvait m’offrir le plaisir de répondre à ma taquinerie, il en profita pour détourner la conversation sur un sujet plus.. « sérieux » : les présentations. Bien entendu, ce n’était là en rien un sujet qui me dérangeait, au final. J’eus donc son nom, l’information sur son manque d’armure, ainsi que sa… fonction ? Je ne savais des chevaliers que ce qui était écrit dans les livres que j’avais pu lire jusque là et je dois avouer que cela ne représentait donc pas une masse immense d’informations. Je me posais aussi la question quand à son appartenance au genre humain, il dégageait quelque chose de… différent. Peut être un Aasimar ? De part mes connaissances (encore une fois tirées de bouquin) c’est ce qui me semblait en effet être le plus rationnel, en le regardant. Il me semblait au final bien sympathique, assez en tout cas pour être intéressée à continuer cette conversation, attendant bien qu’il finisse de parler pour lui répondre. D’ailleurs, je dois avouer que son petit commentaire visiblement taquin sur les orcs m’arracha un sourire amusé. Effectivement, il n’était pas tellement loin de la vérité et le fait que j’étais en réalité humaine ne devait pas être une réelle surprise mais que voulez vous.

-Ne vous en faites pas pour ça, j’ai été habituée à devoir gérer des êtres trois à quatre fois (au bas mot) plus imposants, puissant et résistant que ce « pirate », ceux qui sont en réalités les miens n’auraient aucun mal à en avaler une petite poignée de comme lui dès le bon matin

Bien entendu, même si en terme de force brute mon image était totalement rationnelle étant donné qu’un orc adulte pouvait se voir tuer un ours à mains nues en lui fracassant le crâne, mon ton n’était en rien condescendant ou mauvais, mais bel et bien amusé, voir un tout petit peu mélancolique

-Vous n’êtes pas très loin de la vérité, pour ce qui est des orcs, ceci dit

Ajoutais-je en sortant d’une petite besace que je portais attachée au niveau de la ceinture, un petit morceau de parchemin ou était dessiné dessus Thaom, notre nouveau chef de guerre et moi-même, entre les deux. Le dessin était parfaitement tracé, j’y avais même laissé transparaitre assez de détails. Mon dernier dessin avant de partir du camp, mon dernier souvenir avant un bon moment. Bien entendu, je tendais doucement le parchemin dans sa direction pour lui laisser l’opportunité de jeter un œil au dessin et donc, de confirmer ou modifier l’idée qu’il se faisait des miens.

- Pour le reste, Appelez-moi simplement Eiris, Lliryn. Derrière un bon verre, nous sommes tous égaux, n’est-ce pas ?

Encore une fois, mon ton ne dégageait rien de condescendant, ni même de particulièrement aguicheur, peut être une toute petite part de malice pour accompagner mon éternel sourire franc, tandis que cela trahissait sans aucun doutes un manque évident d’habitude quand à ma nouvelle position et les « formalités » que cela apportait irrémédiablement. De plus, celui-ci se montrait amical et respectueux, je ne pouvais en faire que de même. Puis de toute façon, chez nous orcs, ces formalités sont bien inutiles, si quelqu’un nous emmerde, il finit en morceau. Une chance pour ce pirate que je sois beaucoup plus gentille que les miens, hein ? En parlant de verre, je pris la peine de me commander une bière. Coupant tranquillement ma viande, tantôt pour en manger un bout, tantôt pour en lancer un autre A pyros, qui restait paisiblement assis à côté de moi, au sol, savourant pour le coup sa viande, ce qui semblait sans aucun doutes lui remplir son petit cœur animal de joie. D’ailleurs, tandis que j’attendais une réponse de l’homme, je ne pouvais m’empêcher de regarder Pyros prendre son repas avec un léger air amusé, c’est que ça pourrait déjà avaler quelque chose de la taille d’une main orque presque sans mâcher, ce bestiau !


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"Que tu me craignes ou non.. il vaut peut être mieux que tu gardes tes distances.."
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Lliryn Faravel
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MessageSujet: Re: Ours et Colombe [Pv Eiris]   Jeu 11 Déc 2014 - 14:42

Lliryn écouta avec une discrète curiosité le portrait dressé par l’ambassadrice des Orcs. Il tenta de s’imaginer le physique imposant de ces êtres qu’il n’avait encore jamais rencontré et dont le seul nom évoquait l’hostilité. Les Orcs. Les sanguinaires, les redoutables, les féroces créatures de l’est d’Ildirith. Combien d’histoires racontaient leur goût immodéré pour le combat et combien de récits décrivaient leur apparence effrayante et barbare ?

Néanmoins, plus que les explications de la jeune femme, ce qui suscitait un vif étonnement chez le chevalier, c’était qu’une Humaine appellent les Orcs « les miens ». Jamais il n’avait entendu parler d’Humains vivant chez ces êtres. Et à en juger par le ton mélancolique qu’elle employait, elle devait se sentir bien parmi eux ou du moins intégrée. Elle semblait même amusée. *Soit cette demoiselle n’a plus toute sa tête, soit… les Orcs ne sont peut-être pas aussi mauvais qu’on le prétend* Lliryn penchait pour la deuxième hypothèse. Etant lui-même discriminé par certains Humains –nul besoin de les citer- il ne jugeait jamais les autres races selon les racontars. Il avait à la fois l’ouverture d’esprit qui définissait les Bélinois et…  un pur esprit de contradiction qui le caractérisait, lui.

Il laissa poursuivre l’ambassadrice et elle lui dévoila un morceau de parchemin. Lliryn put apercevoir un dessin avec de nombreux détails qui le rendait tout à fait authentique. Le chevalier observa donc, depuis sa place, le visage de la créature représentée. Un Orc, sans nul doute, se dit-il, fier de sa perspicacité. Il s’attendait néanmoins à des traits davantage grossiers, aussi fronça t-il les sourcils, plongé un instant dans une sorte de perplexité. Oui car Lliryn pratiquait peu l’étonnement, surtout depuis quelques années. Il avait vu tellement de choses qu’il avait cessé de s’étonner de tout et de rien. Ainsi, la surprise se trahissait généralement chez lui par une moue perplexe, ce qui était présentement le cas.
Il pencha légèrement la tête sur un côté, observant la courbe de la mâchoire, puis de l’autre côté pour jauger l’attitude et l’étrange coiffure. Il s’était attendu à des individus plus imposants encore, au visage davantage inquiétant et peu élevé spirituellement parlant, une métaphore polie pour en réalité dire qu’il s’imaginait un mastodonte à la trogne patibulaire et aux facultés cérébrales inversement proportionnelles à la masse musculaire. L’ouverture d’esprit et l’art du cliché étaient deux notions différentes.

L’idée lui vint alors qu’il ne s’agissait pas d’un Orc, mais d’une Orc, une nuance parfois très subtile selon les races. Oui, maintenant qu’il y songeait, cela lui paraissait plus plausible.
Le chevalier se demanda alors qui elle était. Certainement quelqu’un de proche ou d’important, pour que la jeune femme emporte son image avec elle. D’ordinaire, on ne conservait pas précieusement le portrait du péquenaud du coin.

Visiblement, cela ne la dérangeait pas qu’il regarde, mais Lliryn évita de trop se pencher vers le dessin, au risque de finir le nez dessus. Il ne voulait pas laisser trop transparaître la curiosité qui le démangeait, cela nuirait à son image d’éternel flegmatique. Il se contenta donc de se rapprocher très légèrement, admirant le tracé précis de la représentation. Il ne s’était jamais senti très investi dans ces travaux là, mais, il savait néanmoins apprécier un beau dessin, aussi eut-il un mouvement de tête appréciateur devant le tracé impeccable.

« Incroyable », murmura t-il, sans que l’on sache réellement s’il parlait du dessin en lui-même, de la représentation ou de l’image de l’Orc en général. « Je suis à la fois proche et loin de la vérité, j’ai l’impression », dit-il à haute voix.

Oui, en fait, il n’avait jamais imaginé de femmes Orcs. Cela dit, l’hypothèse du mastodonte à la trogne patibulaire tenait peut-être toujours, concernant les mâles.

Les derniers mots d’Eiris tirèrent Lliryn de ses réflexions. Elle semblait être quelqu’un de franc, dont le naturel pouvait paraître au premier abord peu adapté à la mission d’ambassadeur, qui exigeait énormément de maîtrise et plus généralement d’hypocrisie. Néanmoins, ce trait de caractère pourrait peut-être jouer en sa faveur. Tout dépendait de la parole qu’elle venait délivrer, chose que Lliryn ignorait totalement pour le moment
.
« Pour quelqu’un qui débarque tout juste sur notre sol, vous avez tout compris, Eiris. Portons donc un toast à... »

Mais la phrase de Lliryn s’évanouit entre ses lèvres, car le pirate vexé réapparut, escorté cette fois-ci de quelques acolytes qui pourraient aisément organiser un concours de bras de fer.

« La voilà ! », s’exclama le pirate. « Faites gaffe à pas abimer la bestiole ! »

A le voir ainsi, il ne semblait pas très content, ce qui était là un bel euphémisme pour caractériser son visage rouge de colère. Déjà, les acolytes du pirate furibond se précipitaient vers Eiris et certainement pas pour lui souhaiter la bienvenue.

Lliryn se permit quelques secondes de réflexion, histoire de déterminer si agir en valait vraiment le coup. Il finit par juger que ne rien faire, alors qu’Eiris avait déjà fait démonstration de ses talents au bâton, serait un manque absolu de courtoisie. Or, Lliryn ne manquait jamais de courtoisie.

Alors qu’un premier Humain s’avançait jusqu’au comptoir, l’Aasimar dégaina prestement Bryn, se tournant subitement pour pointer la lame vers le nouvel arrivant.

« Au nom des Redresseurs, je vous défends de causer plus de troubles à toute cette "honorable" assemblée. Dans le cas inverse, je n’hésiterais pas à vous ramener à de plus raisonnables pensées.

Pas sûr que le bougre sache ce qu’était les Redresseurs, quoique ces derniers commencent tout doucement à faire reconnaître leur ordre sur le continent.  

« Tu nous fais chier, l’ange ! », maugréa l’autre.

« J’apprécie grandement votre art de la concision », déclara Lliryn avec la neutralité la plus absolue.

On n’aurait su dire s’il était sérieux ou non.
Il se tourna alors vers la jeune femme au comptoir.

« Eiris, permettez-moi de vous montrer à mon tour les coutumes de Bélin. Je me charge de nos amis ici présents, et je laisse à regret les suivants à vos bons soins. Voyons qui des Ours-hurlants ou des Redresseurs sait se montrer le plus… "convivial", qu’en dites-vous ? »

Bien sûr, la convivialité avait ici une drôle de connotation, puisqu’il ne s’agissait ni plus de moins de calmer les ardeurs et l’ambition des pirates.

Le Redresseur s’engagea donc dans un combat avec une certaine satisfaction. L’inaction était l’un des fléaux des chevaliers. Néanmoins, il n’oubliait pas les lois de son ordre : combattre le mal en préservant la vie. Même une vie irrécupérable.

Alors que l’homme qui l’avait envoyé baladé quelques secondes plus tôt se ruait vers lui, Lliryn se baissa pour éviter un premier coup. Le poignard que tenait l’Humain siffla tout près de son oreille, et s'il manqua de peu de le toucher, ce ne fut pas le cas. Le Redresseur profita du déséquilibre de ce dernier pour le saisir par les cheveux, puis il l’assomma, donnant l’occasion à la tête du malheureux de rencontrer le bois solide du comptoir. Le compère de la victime vint aussitôt lui prêter main forte, un élan de solidarité que l’Aasimar ne manqua pas de relever, se faisant la réflexion qu’il y avait peut-être encore quelque chose à sauver. Il mit donc toute sa compassion dans la frappe portée à son adversaire, usant de la poignée de son épée qui alla se loger tout droit dans la mâchoire du pirate. Il y avait fort à parier qu’il devrait se nourrir de soupe pendant un petit moment.

Alors seulement, il jeta un rapide coup d’œil en arrière pour voir si Eiris s’en sortait.
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Eiris Esthar
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MessageSujet: Re: Ours et Colombe [Pv Eiris]   Mer 1 Avr 2015 - 2:28

Le plus drôle dans la situation actuelle était sans aucun doutes de voir passer le visage et l'expression de l'homme par plusieurs expressions maladroites d'afilée. tantôt témoignant de l'étonnement, de la surprise, tantôt ce qui pouvait ressembler à de l'amusement et de la sympathie. Finalement, le tout m'arrache un petit sourire amusé, tandis que je semblais aprécier le temps passé en sa compagnie. Comme quoi, il à fallu que le premier bon moment que je passes depuis mon arrivée en terre humaine, soit avec un Aasimar et non un humain. L'homme semblait s'interesser à mes mots, à mes explications, à mes idées, se qui ne pouvais que gonfler un peu encore mon coeur d'espoir sur le bien fondé de ma mision, sur ce but qui m'avais été donné. Finalement, tout ça n'en arrivait qu'à grossir encore tout cet espoir que je portais. Vous me direz... quoi qu'il m'en coutera, je tiendrais ma parole à Thaom, j'offrirais une chance aux notres de pouvoir être enfin respectés à leur juste valeur ainsi que de pouvoir combattre avec des alliés de taille. De pouvoir témoigner de notre force, qu'elle soit physique ou morale. Cette pensée m'arracha à nouveau un sourire, un sourire doux, un sourire franc. Tandis qu'il observait le parchemin, sa réaction ne fut que plus drôle encore, ce qui ne pu irrémédiablement qu'aggrandir mon sourire amusé. Bien entendu, je ne me montrais pas irrespectueuse et si j'étais moqueuse, ce n'était bien sûr qu'amicalement, sur l'optique d'une quelconque taquinerie. A la fois proche et loin de la véritée, hein ? Quelle peut être la réalité hormis ce qu'elle est ? Ce qu'elle montre ? Les orcs sont certes moins séduisants que les humains (héhé) mais ils n'en restent pas tellement différents pour autant. Pour moi, ce n'est pas le simple physique qui compte. Et je dois cette leçon en grande partie aux orcs, car ils sont bien meilleurs que la majorité des Humains que j'ai rencontrée dans ma vie. Cependant, dans cette même vie, j'au aussi vu une minorité d'humains bons. C'est ces humains que je veux retrouver et lier avec les miens. L'alliance de deux peuples bons, je veux y croire. Voir même d'encore plus de peuples, qui sait? Hé, vous croyez quoi... Thaom m'as pas nommée ambassadrice uniquement pour ma belle gueule et mes formes prodigieuses ! -oui oui, je suis déjà loinnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn (avec la petite note chantante, pour boucler l'affaire !)-

Il repris ensuite la parole, levant visiblement son verre, visiblement satisfait de mes paroles. A peine eu-je le temps de commencer à anticiper une possible réponse, qu'il se stoppa net dans son geste et ses mots, interrompu par le pirate précédemment ridiculisé. Visiblement, certains ne comprennent rien à rien. Cela eut ceci dit le loisir de m'arracher un léger sourire, un sourire franc car la réaction de l'homme qui venait de lever son verre quelques instants plus tôt était tout sauf amusante. Les Redresseurs... peut être qu'ils pourraient faire un premier allié de choix, qui sait ? Cette pensée aggrandit légèrement mon sourire, à peine arrivée, je ne regrettais déjà pas d'avoir acceptée cette lourde tâche. Les bandits étaient Cinq, en comptant le morpion précédemment écrasé. Les deux premiers venaient de rencontrer à tour de rôle le comptoir et le la garde de l'épée de mon "compagnon" improvisé. Il semblait posséder une certaine maîtrise, indéniablement. Tout comme une façon d'être aussi curieuse que plaisante, à sa façon. Cette pointe de franchise perdue dans un torrent indéchiffrable d'émotions sous-jacentes lui donnaient un côté agréable, en tout cas déjà bien drôle, ce qui ne tarissait en rien le léger sourire sur mes lèvres. Bien entendu, celui-ci n'avait rien de moqueur. Alors que les deux hommes qui avaient pris sur eux de venir me voir semblaient dorénavant léssivés par la facilité avec laquelle Lliryn avait réduit au silence leurs compagnons, je pris moi même sur moi de détacher à nouveau mon baton, visiblement décidée à laisser mon épée hors de toute cette histoire. L'instant d'après, je tapôtais doucement l'épaule de l'un d'eux, visiblement nullement effrayée par notre différence de "taille" respective


-J'ose espérer que vous ne m'oubliez pas, quand même. Moi aussi, je sais me montrer "conviviale"

Le tout, avec un radieux sourire, un sourire made in Eiris. L'homme sembla reprendre un peu de vigueur et leva le poing pour l'abattre dans ma direction. Coup que je n'eus bien entendu aucune difficultée à esquiver, lui offrant un balayage tout à fait dans les règles pour venir lui coller un coup de bâton simple sur la nuque, juste ce qu'il faut pour l'envoyer rejoindre un quelconque dieu lié au sommeil. Le second, qui semblait abassourdi par la situation, me regardait bêtement, le genre de regard bête qui vous traduit un truc du genre "bon, j'fais quoi maintenant ? je cogne ? je cours ? Mamamia.... je fais quoi ?" Et comme pour l'aider dans son instant de réfléxion, je lui offris à son tour un beau sourire, l'invitant à venir. Visiblement, cet élan de gentilesse ne le rassurait pas vraiment. En fait, il n'eut pour effet que de l'enerver à son tour. Les gens sont-ils tellement étrangers à la gentilesse et à l'envie de partager de "bons" moments ? Alors qu'il abattait son coup, qui bien entendu n'eut pas réellement le loisir de m'atteindre, mon pied se souleva au dessus de sa tête, profitant du fait qu'il ai été destabilisé par son coup manqué -tel un amateur- pour venir une nouvelle fois abattre mon pied sur sa nuque, sa tête baissée ne manqua ceci dit en rien d'embrasser le sol avec une ferveur assez grande pour m'effrayer quand à l'état de sa dentition. M'enfin.. Après tout, quel intêret ? Mon regard se tourna ensuite vers le cinquième qui, encore plus rouge, bouillonnait non plus seulement de rage, mais aussi de honte. Une scène pitoresque, mais qui avais le mérite de m'amuser un peu. Jamais un Orc se serait rabaissé autant en si peu de temps. Contre toute attente, ma main se porta finalement sur le manche de mon épée, qui témoigna de son envie de prendre l'air dans un léger grincement caractéristique, un son aussi clair que net, témoignant de la qualité de la dite lame. Heureusement, à peine la lame avait-elle atteinte la moitiée de son chemin que l'homme sembla comprendre le message, détalant comme un véritable gibier. Je rangea alors l'arme correctement, m'appuyant doucement sur mon baton tout en souriant un peu à Lliryn, qui semblait avoir pris le temps d'analyser la scène.

-Pardonnez moi pour le temps, je me suis permise d'admirer le spectacle !

A nouveau, je me montrais respectueuse et amicale, comme si rien de toute cette histoire ne s'était produite. Pyros, lui, avait passé toute l'altercation allongée au pied de mon tabouret, visiblement peu inquiet. Il ne se releva qu'une fois la fin arrivée, se dandinant autour de moi comme si tout le travail lui était du !


"Certaines fautes sont rattrapables mais les erreurs le sont rarement"
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MessageSujet: Re: Ours et Colombe [Pv Eiris]   Lun 6 Avr 2015 - 12:55

Les hommes laissés « au bon soin » d’Eiris s’amusaient visiblement autant que ceux qui avaient croisé le chemin de Lliryn, tout cela sous le regard avide des clients et sous les yeux un peu moins rassurés de ceux qui espéraient passer inaperçus.

Le chevalier, quant à lui, s’intéressa à la technique de combat de la voyageuse. Il avait déjà vu des femmes se battre, malgré la tradition qui voulait que seul un homme porte les armes ; Dame Sylvia, à la tête des Redresseurs, en était un parfait exemple. Bien qu’il soit assez réticent à l’idée de laisser une dame –qu’elle quelle soit- se battre, il n’avait jamais remis en cause leur volonté de prendre les armes. Les temps le voulaient ainsi. Il trouvait certes cela dommage et le déplorait intérieurement, mais il préférait voir une femme capable de se défendre plutôt que de la savoir démunie face à un individu amoral.

Ce qui le frappa en premier lieu c’est qu’Eiris avait une manière d’amorcer un combat bien différente de Dame Sylvia. La voyageuse semblait maîtriser aussi bien l’art de manier le bâton que d’asséner des coups au corps à corps. Un style bien éloigné du sien, bien moins… chevaleresque ? A nouveau, l’adjectif qui s’imposa à son esprit était celui de sauvage, dans le sens instinctif et non péjoratif du terme. Néanmoins, cela semblait plutôt efficace, jugea t-il en contemplant le malheureux qui venait de laisser quelques souvenirs de son passage sur le sol grinçant de la taverne. Il y avait fort à parier que sa popularité auprès de la gent féminine dégringolerait après cela. Lliryn savait d’expérience que les femmes appréciaient certes les cicatrices comme souvenir de batailles acharnées, mais rarement les dents en moins.

Nonchalamment accoudé contre l’une des poutres qui soutenaient l’édifice, Lliryn attendit le moment où Eiris délogerait son épée de son fourreau. Il était bien curieux de voir comment elle s’en servait. Néanmoins, l’un des hommes qui n’avait pas encore pris sa correction fonça vers le chevalier, profitant du moment où les yeux gris du chevalier s’étaient posés ailleurs.

Son attaque aurait pu être du plus bel effet si Lliryn n’avait pas perçu du mouvement sur sa droite. Un courant d’air et le souffle aviné –surtout le souffle aviné- de l’assaillant l’avertirent de sa présence, mais le Redresseur ne tourna pas la tête pour autant. Il décroisa ses bras au dernier moment, écrasant son poing sur le visage de l’homme. La manchette d’acier qui ceignait son poignet partit à la rencontre du menton du pirate, lui laissant quelques empreintes saisissantes sur la peau. L’autre recula de quelques pas, plutôt sonné, mais il n’abandonna pas l’idée de remporter le duel. Lliryn aurait bien loué son courage, mais il s’exaspéra plutôt du manque de jugement de l’individu. Il y avait un temps pour tout et ce n'était certainement plus le moment de jouer les téméraires, au risque de lasser l'ange bélinois. Le pirate risquait de s'en apercevoir très vite.

Comme ce dernier ne semblait se servir d’aucune arme, l’Aasimar en fit de même. Il se contenta d’esquisser à deux reprises les mouvements de son assaillant. Celui-ci ne manquait pas d’agilité, seulement il perdait vite patience. Lliryn profita d’un moment où l’énervement le gagnait –ce qui se traduisit par un juron et un flot d’autres grossièretés. L’ange se détacha complètement de la poutre contre laquelle il se tenait avec l’aisance d’un félin qui se faufile entre les obstacles. Sa main blanche empoigna le col du vêtement du pirate et il l’assomma contre le bois de la poutre, tout en lâchant avec désinvolture : « Le sommeil est gratuit, profitez-en », le visage désormais tourné vers le duel entre Eiris et son opposant. Elle avait fait mine de tirer son épée.

Mais c’est avec un brin de déception -mal dissimulée- que l’Aasimar vit l’homme détaler sans demander son reste.

Eiris se tourna alors vers lui et ses paroles firent légèrement sourire Lliryn alors qu’il s’avançait pour reprendre sa place au comptoir. Il se fit la réflexion que la demoiselle ne manquait pas d’aplomb pour une étrangère. Il décelait quelques fois un soupçon d’impertinence dans sa voix, sans arrogance, ni mépris. Pour le moment, le Redresseur ne savait trop quoi en penser, car il la trouvait bien difficile à cataloguer. Elle lui donnait à la fois une impression de naïveté qui la rapprochait d’une enfant partie à la découverte du monde, mais, la seconde suivante, elle pouvait se révéler facétieuse et directe, aussi bien que redoutable. Elle n’employait pas les conventions d’usage bien connues de l’Aasimar, qui ne s'en plaignit pas, malgré son sens aigu du protocole.

Le chevalier jeta un rapide coup d’œil à l’ourson qui gambadait autour de sa maîtresse, envahi par une fierté pas vraiment justifiée. Lliryn se fit la réflexion que l’animal ressemblait aux courtisans d’Hydrasil à se pavaner ainsi. A moins que ce ne soit l’inverse. L’ironie de cette pensée lui arracha un sourire sardonique.  

« Je pense que nous avons offert à l'assemblée la distraction d’usage dans les tavernes », laissa tomber l’Aasimar en s’asseyant. « Est-ce chez les Ours-hurlants que vous avez appris à vous battre ? J’ignorais qu’ils utilisaient des épées. »

La remarque était plutôt anodine. Ou du moins, le ton l’était. En vérité, une certaine curiosité démangeait Lliryn et il tenta de la dissimuler plus ou moins bien derrière son verre retrouvé. Il avait eu la satisfaction de voir que rien n’avait été renversé et qu’aucun malotru n’avait profité de la bagarre pour venir tremper ses lèvres gercés dans son breuvage. Auquel cas, il l’aurait assez mal pris. Le chevalier n’était pas très partageur.

« J’ai cru comprendre que vous étiez ambassadrice. Que venez-vous faire à Bélin ? »

Cette fois-ci, c’est sans fioritures qu’il avait posé la question et en regardant son interlocutrice droit dans les yeux. Lliryn avait beau pratiquer la rhétorique depuis son plus jeune âge, c’était surtout son aisance à orienter les conversations qu’il fallait souligner. Alors, il lui arrivait parfois de se montrer un peu plus abrupt, comme ici, histoire d’amener le sujet de la discussion vers ce qui retenait son attention. Et on pouvait dire que depuis qu’Eiris avait prononcé ces mots au milieu de la taverne, elle avait gagnée toute l’attention du chevalier. Car aussi loin qu’il se souvienne, Lliryn n’avait jamais entendu parler de la visite d’un ambassadeur des Orcs sur leur territoire. Voilà de quoi changer l’histoire, se dit-il.
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