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 Fumée rose

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Carna Lodva
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MessageSujet: Fumée rose   Mer 12 Nov 2014 - 9:03

RHAPSODIE IV
Le roi est mort. Longue vie au roi !

Au réveil, il était quatre heure trente. L'aventure jusqu'ici se déroulait bien et l'éladrin libertin avait déjà organisé sa nouvelle vie par le loisir du sexe. En effet, il n'avait pas hésité à coucher avec l'aubergiste qui était, au fond, une femme vraiment mignonne.

Le seul « HIC », c'était qu'il n'avait pas de quoi payer la chambre et les consommations de l'autre soir. Il n'était pas très bien habitué à la culture du continent et, à vrai dire, n'arrivait tout simplement pas à y songer. L'argent était avant tout une manière d'ajuster les habitudes de vies sans se questionner. C'était ainsi dire que la flamme de Carna, qu'il parvenait inconsciemment à utiliser pour se questionner, l'empêchait de penser à l'argent.

Il essaya d'entretenir les quelques rêveries de la belle aubergiste de par des contes de son passé, mais ces contes avait plus pour effet de faire ressortir la nature désagréablement rigoureuse de Carna Lodva. Il avait eu un rythme de vie complètement fou et nul ne pouvait comprendre comment un être doué de raison pouvait s'infliger un tel destin. Ce n'était pas tant dans les détails racontés que dans le témoignage de sa personne romancée que l'on pouvait voir cela, mais l'aubergiste le vit et le questionna à ce sujet.

- Dit dont ! Tu dois en avoir vécu des choses pour être...
- Être quoi ?
- Être si...
- Allez, dit-le !

Carna s'amusait avec elle.

- Si...
- Alors ?
- Je sais pas...

Il aimait confronter les gens à leurs échecs.

- Assez...
- On va dire « Sévère » ! dit-elle joyeusement.

« Sévère » : nul mot ne décrivait moins bien Carna en ce moment. Il avait accepté de servir un dieu parce qu'il n'avait rien de mieux à faire (et parce qu'il aimait se battre). Il avait accepté de coucher avec l'aubergiste parce qu'il n'avait rien de mieux à faire (et parce qu'elle était jolie). Et maintenant, il ne savait même pas vers où il repartirait (si ce n'est vers une grande ville humaine. Il avait besoin de plus d'informations.) Ceci dit, le qualificatif était correct pour parler de son passé. Il sourit à la propriétaire des lieux.

- Alors... chère...

Il la regarda mettre son corset avec un air complice.

- Je vous dois combien ?

L'aubergiste dressa les épaules, claqua ses poings sur ses hanches encore nues et dit :

- Quinze pièces de cuivre.
- Et si je n'ai pas un sous, je fais quoi ?
- Tu meurs...

Carna sourit.

L'aubergiste employa sa main sur ses yeux dans un soupir d'exaspération, puis cria aussitôt :

- TU N'AS PAS D'ARGENT ?!
- Non.

Elle sortit de la pièce, furieuse, et revint avec une hache à couper du bois.

- Alors crève.
- Je peux me rhabiller avant ?

Elle le regarda, puis dit :

- D'accord.
- Tu devrais en faire de même.

Les deux se rhabillèrent et reprirent position. L'aubergiste trouva cette scène comique mais ne démordit pas de l'idée de tuer son sale profiteur.

- Où en étais-je ?
- Tu voulais m'assassiner cruellement. Méchante !

Carna avait prononcé le mot « méchante » avec une telle puérilité qu'au bout d'un instant, l'aubergiste s'esclaffa de rire et tout en se plaignant, déposa la hache contre le mur.

- Bon, ça va pour cette fois. Mais la prochaine fois : je te tue !

L'éladrin s'approcha tranquillement de l'aubergiste. Il la dévisagea langoureusement, regarda avec la plus grande profondeur ses yeux, l'empoigna solidement à sa taille d'un seul bras et l'embrassa avec une monstrueuse ferveur.

- D'accord.

Il attacha ensuite à son dos l'épée en verre et son fourreau et prit vers la sortie. Cependant, il se souvint qu'il ne savait pas vraiment où aller et questionna l'aubergiste qui peinait à se remettre de ses émotions. Celle-ci lui expliqua tout de même où était Hydrasil et quels chemins emprunter.

- Mais tu sais, si c'est pour combattre les méchants, tu peux tout aussi bien rejoindre la Main Rouge.
- La quoi ?

L'aubergiste lui expliqua ce qu'était la Main Rouge et comment rejoindre leur QG.

Enfin, Carna Lodva prit un chemin.


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MessageSujet: Re: Fumée rose   Mer 12 Nov 2014 - 16:27

RHAPSODIE V
Bazar chez les singes de la sagesse

La pluie avait lavée la vallée qui resplendissait sous le ciel azuré. Nul humanoïde n'était visible sur le sentier que Carna utilisait. On y voyait assez loin malgré l'herbe levée par les brises angéliques qui choyait la verdure de ce territoire de Bélin. Carna Lodva n'aimait pas beaucoup ce paysage. Il avait vécu la majorité de sa vie parmi les hauts conifères du territoire Hilvanian, sur l'île d'Etragore d'où il n'était présentement, au fond, que le rescapé.

Carna Lodva y songea. Sur le continent d'Ildirith, il n'était pas chez lui... sa race et lui étaient les impolitiques importuns d'un monde qui avait terriblement évolué, en leur absence depuis toujours. Les siens pourraient-ils s'y accommoder ? Il l'espérait. Personnellement et pour lui-même, il savait que non. Il devait changer ses habitudes, cesser d'être un éladrin. C'est ce qu'il avait choisi. Il devait se désintéresser de son ancien peuple, de cette famille qu'il n'avait pas eu le choix d'abandonner à un sort qui, de toute façon, n'était pas dramatique. Aucun de ses enfants ne le ressemblait : ils pourraient vivre normalement dans une nouvelle communauté qui s'ajusterait avec les millénaires. Il l'espérait. Sa femme sera celle qui souffrira le plus, mais ce ne sera que très temporaire. Elle avait encore cinq enfants à aimer.

De ces réflexions, Carna fit la conclusion que la raison sert le changement. Grâce à elle, un individu peut agir sans trop douter de lui-même, et passer à autre chose. Il comprit alors la réelle utilité de tout ce temps passé, à méditer, là bas, sur l'île d'Etragore.

Mais qu'était ce nouveau territoire ? Qu'était Ildirith ? Depuis l'arrivée de son peuple sur cet immense territoire, il ne s'était pas intéressé à le connaître. Il ne connaissait pas sa forme. Sa topographie lui était inconnue.

Il avait passé la majorité de sa vie à se sacrifier pour le bonheur du peuple de la terre. Il passerait les quelques décennies qui lui restait à se sacrifier pour ce qui n'existe pas : la perfection. Il se sacrifiera pour un néant d'existence. Au fond, ce nouveau rôle lui allait beaucoup mieux que l'ancien. Pourquoi donner acte à la raison lorsqu'on peut donner acte à la folie, tout en donnant acte ? C'était ce qui était merveilleux avec Litrish : dans sa religion, il était le seul à exister. Litrish était un espoir à l'État pur.

« Mon pauvre dieu... vous vous êtes trompé. Mon corps est un exemple de perfection ! » dit Carna à Litrish, pour se moquer un peu.

Il eut envie de lui parler.

« Vous savez, je suis un amuseur, un maximum, parfois despote, parfois gardien. J'ai été riche des richesses les plus majestueuses qui existent : celles qui ne se comptent pas. Vous êtes le dieu de l'équilibre, le néant de perfection. Vous êtes sûr que nous allons bien ensemble ? Haha ! »

Il ne lui répondit pas.

« En tout cas, vous avez beau vous cacher autant que vous voulez, moi je sais que vous existez, car je sais que je suis complètement fou. »

Il ne lui répondit toujours pas.

« Il est beau ce pays... »


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MessageSujet: Re: Fumée rose   Mer 12 Nov 2014 - 22:22

RHAPSODIE VI
Les chaînes tremblantes des dieux

La nuit dangereuse de ce monde passa par l'aube telle une couronne rougeoyante, sacre de la mort. L'insensible venait, dégénérait par cette renaissance éternelle des enfers : ces pires flammes confuses : blasphématrices de l'organique : traîtresses qui préféraient l'uniforme régularité : passionnées morbide de l'ivresse de la fin.

La porte sur les ténèbres s'ouvrirent sur cette église étrange et froide qu'était le monde de la nuit : religion sans fondement à la stupeur fraîche d'une immortalité chroniquement aussi tenace que le jour.

Le ciel était l'apologie astrale de sa vision nocturne : vétéran de la fausse désolation, monomane d'un extrême réveil sans loi, attente de la valeur d'une faculté à être absolu dans sa force. Carna pouvait-il y persister, lui qui n'avait plus rien à perdre et à qui le facile semblait maintenant si naturel ?

« Pourquoi Litrish ? Pour faire le bien ? Mon mal ? »

Carna Lodva regarda la lune étendre sa force universelle comme ses siècles entiers où lui-même s'était battu pour l'effervescence éternelle de la nature d'Etragore. Il regardait cet inutile vivant briller sur la nuit. Tout deux étaient pareils : astres décisifs sans le vouloir.

« Pour me battre... mais contre quoi ? Je n'en veux ni au mal, ni au bien. Mon seul ennemi est le passé. Oh Litrish : ma victoire est impossible... »

La nuit faisait jubiler les sens de Carna Lodva ; c'était la peur qui allumait son corps d'une manière plus vive : une peur si contrôlée et si juste qu'elle en devenait d'autant plus forte et efficace. À chaque nuit qui arrivait, l'expérience absurde que Carna Lodva avait pour la survie se mouvait en l'affermissement continuelle de son feu de vie : cette action qui permettait à sa propre flamme de trouver la fortune de l'âge.

Comment éviter cette noirceur qui le transformait ? Carna Lodva n'était plus un être complet, il ne se suffisait plus lui-même. Il devait trouver des alliés, trouver une cause à faire sienne. Il devait agir.

« Comment » n'importait pas, mais il devait se soumettre à un ordre capable de le faire se battre. C'était la seule solution, c'était le seul choix qu'il avait pour conserver ce privilège qu'il avait : la vie ainsi que le profit de son combat : le grognement de l'existence.

Le jour se leva. Le repos pouvait commencer. Il avait survécu une nuit. Il lui en restait au maximum environ 25000 à connaître : à maîtriser : à finir.


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MessageSujet: Re: Fumée rose   Jeu 13 Nov 2014 - 1:51

RHAPSODIE VII
L'épanouissante vacuité d'une simple sieste

Tandis qu'il s'assoupissait au petit matin dans un fossé, sur le bord d'un beau ruisseau, bercé par le picotement de quelques fourmis et autres bestioles inoffensives, le monde se découvrait enfin une autre paix quotidienne durant laquelle tous pourraient s'aimer dans la plus grande gaieté.

« RhoooAAafl »

Le Sulis s'accomplissaient dans leur aristocrate animalité, merveilleux de par cette désordonnance de la nature enflammant du plus profond possible la gloire de la vie. Ces êtres aussi variés que secrets de souches étaient l'expression même de l'originalité dans un monde qui n'en manquait pourtant pas.

« Rhooflflflfl »

Les plus riches paysages se laissaient hanter par cette tension qu'assuraient les Tiefflins du seul paradoxe physionomique de leur réalité. Individus aux bienveillances chimériques, ils cultivaient la tendance à la persécution d'un monde roulant déjà dans la haine... cette haine qui mordaient souvent les plus innocents de tous.

« Rhr Rhr »

Abondante importance qu'était les Orcs. Ils étaient les tenanciers de l'orage. Leurs ivresses saisissaient l'acte de la vanterie chantée et guerroyaient la force de l'obstination physique. Ces créatures détenaient le silence d'autrui et nul ne pouvait prétendre à un plus grand dommage aveugle pour la philosophie.

« RhooooNnnnfll »

Réelles mélodies, dépendantes froidures, finissantes tortures, les Aasimars régnaient dans l'insulte de leurs droitures. Ils étaient les révolutions perpétuelles de la figure des dieux... ou presque.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

Une souris semblait avoir trouvé le visage de Carna intéressant à explorer. Il était maintenant dix heure trente du matin et il s'était assez reposé.

Direction : Varak.

Et tandis qu'il cheminait, les merveilleuses cultures variées d'Ildirith s'enrichissait de toutes les minauderies que la discipline pour une conformité bonnarde faisait joyeusement se dévoiler en une bienveillance zélée...

Comment ça : pas du tout ?


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