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 [Flashback]La promesse d'un fils (Solo)

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Lliryn Faravel
Le Loup Blanc
Le Loup Blanc

Philosophie : Égalitarisme
Divinité(s) : Phélemée
Faction ou Clan : Les Redresseurs

Attributs
Races: Aasimar
Réputation:
280/5000  (280/5000)
Adage: Quand la Justice sommeille, le Redresseur veille
MessageSujet: [Flashback]La promesse d'un fils (Solo)   Ven 7 Nov 2014 - 14:38

Demonda, 10 de Brinhal, 2ème année de l’ère du Second Souffle

Il observait les silhouettes mouvantes dans la rue d’un œil attentif, dissimulé dans son « repaire secret », comme il se plaisait à l’appeler. Les passants se pressaient de ci de là, vaquant à leurs dernières occupations avant de rentrer chez eux, tandis que quelques promeneurs flânaient dans les allées d’Hydrasil.

Durant le déclin du soleil, le dédale des rues s’était comme embrasé sous la lumière mourante et, à présent, la belle d’argent respirait la sérénité que lui inspirait le crépuscule. Entre chien et loup, le ciel s’assombrissait un peu plus à chaque minute, mais l’observateur demeurait perché sur sa tour. Il avait vu l’astre du jour disparaître à l’horizon et il attendait à présent la nuit, espérant apercevoir encore une fois les étoiles. Le ciel nocturne lui évoquait toujours un manteau sombre serti de pierres précieuses.

Lui qui n’avait encore jamais voyagé, il se demandait à quoi ressemblait la voûte céleste dans les autres royaumes. Etait-elle aussi belle qu’à Bélin ? Aussi magique que lorsqu’elle surplombait la cité d’argent ?

L’Aasimar se pencha légèrement pour observer ce qui se passait en contrebas. Il était à la fois trop tôt et trop tard pour rentrer. Trop tôt car la lune tardait encore à apparaître. Trop tard parce qu’il savait qu’on le réprimanderait pour avoir disparu toute la journée au lieu d’apprendre les leçons enseignées par son précepteur. A dix-sept ans, le jeune être de lumière n’avait cependant pas envie de rester assis toute une journée à écouter les propos rébarbatifs d’un vieil homme pompeux qui vous toisait de son œil acéré en attendant que sorte de votre bouche la réponse. La bonne réponse, si possible.

A dix-sept ans, on rêvait d’aventures et de liberté. Pour l’instant, le territoire d’Hydrasil suffisait à l’imagination de l’Aasimar, mais il sentait la curiosité le démanger jusque sous la peau. Il avait ça dans le sang et il le savait. Un jour, il partirait. Il n’entendrait plus jamais parler de malédiction et de rédemption, pas plus que de fortune et de lignée. Il oublierait les mots devoir et honneur familial. Litrish n’aurait qu’à lui inventer un tout nouveau destin. Non, mieux que cela ! Il se l’inventerait lui-même !

Lliryn ferma les yeux, profitant de la fraîcheur des pierres sur lesquelles il s’était allongé. Un jour, songea t-il, un sourire flottant sur son jeune visage.  
Les paupières closes, il ne put apercevoir la couche nuageuse qui arrivait de loin, poussée par la brise, et qui s’épaississait peu à peu dans le ciel. Lliryn ne verrait pas les étoiles ce soir.

Il fut tiré de ses rêveries par une voix, surgie soudainement du néant. L’Aasimar se redressa aussitôt et il se trouva face à la mine abattue d’une femme que connaissaient bien ses parents. Elle s’appelait Freja et elle exerçait la profession de sage-femme. Elle avait accompagné la mère du jeune homme dans ses derniers instants lorsque celle-ci l’avait mis au monde. Et elle savait également où le trouver lorsqu'il fuyait la demeure familiale.
Lliryn lui avait souvent rendu visite lorsqu’il était enfant, recherchant peut-être inconsciemment une présence féminine qui puisse se substituer à sa mère. Freja l’accueillait toujours à bras ouverts et elle gardait sans cesse en réserve une histoire à raconter, des récits de batailles épiques aux légendes les plus farfelues, en passant par des chansons populaires. Elle contait comme personne, sa voix se modulant selon les évènements qu’elle narrait.

Mais ce jour là, le visage de Freja alarma le jeune homme. Sa voix se fit entendre, empreinte de gravité et l'Aasimar comprit que quelque chose n'allait pas. Son cœur se mit à battre à tout rompre et il eut l'impression qu'il allait presque s'extirper de sa poitrine. Oubliés ses rêves de liberté, il sentait le poids de la réalité peser sur son corps, au point qu'il n'osa même pas esquisser un geste. Il fallut que Freja prononce ces mots pour qu'il retrouve aussitôt sa mobilité :

« Lliryn, il faut que tu viennes vite. Il s’agit de ton père. »

Non, Lliryn ne verrait pas les étoiles ce soir là. Des nuages venaient d’obscurcir le ciel.
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Lliryn Faravel
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MessageSujet: Re: [Flashback]La promesse d'un fils (Solo)   Mar 11 Nov 2014 - 8:23

La chambre, d’aspect morne, baignait dans un silence tout aussi lugubre. Les rideaux avaient été tirés et les bougies disposées près du lit attiraient l’œil vers l’homme allongé là. Malgré ses traits fatigués et sa respiration rauque, ce dernier conservait une attitude aristocratique, le menton fier et la tête bien droite. Lliryn remarqua qu’il le scrutait depuis qu’il avait esquissé un pas hésitant dans la pièce. Aussitôt, il en éprouva une forte impression de malaise.

Dès qu’il eut les deux pieds à l’intérieur, sans plus d’espoir de s’en retourner brusquement, l’Aasimar se sentit écrasé par la lourdeur de la chambre. Il osait à peine soutenir le regard gris de l’homme malade, dont l’aura lumineuse vacillait de la même manière que la flamme d’une bougie. Oublié son visage à la fois radieux et sévère lorsqu’il empoignait Bryn, l’épée que se transmettaient les Faravel depuis des générations. Désormais, l’homme avait le teint crayeux et ses cheveux gris se collaient sur son front en sueur. Quelques plumes jonchaient le sol et les draps. La fièvre laissait planer une odeur suffocante dans la pièce glacée, diffusant tel un venin le terrible parfum de la mort.  

« Approche », murmura la voix du malade, qui n’avait pas perdu de son autorité.

Lliryn s’exécuta, d’une façon qu’il jugea un peu trop gauche. Il se sentait bête, là debout, à ne pas savoir quels mots prononcer. C’est tout juste s’il parvenait à trouver une posture décente.

Il jeta un dernier coup d’œil à Freja, restée derrière lui, mais la femme disparut derrière la porte qu’elle referma soigneusement. Ils ne restaient désormais plus qu’eux dans la pièce et le jeune Aasimar dut demeurer seul face aux deux perles grises qui le sondaient. Seuls les rares battements de cils qui fermaient ses paupières accordaient au visiteur un semblant de répit.

Il remarqua alors que sur le lit, reposait également Bryn. Son possesseur la tenait fermement contre lui, de la même façon qu’un dragon gardant jalousement son trésor.

« Père… », commença Lliryn avant de s’arrêter, lui-même surpris par le tremblotement de sa voix qu’il avait pourtant voulue plus assurée.

Un toussotement lui répondit et son père balaya l’air d’un geste de la main. Il conservait toujours ses manières de noble et Lliryn se rendit compte que, même ainsi, il continuait d’en imposer autant.

« Lliryn, tu es le dernier descendant de notre famille. Le dernier… »

Son dernier mot s’acheva dans un souffle. Lliryn crut un instant qu’il était parti, mais, de nouveau, les yeux de l’Aasimar se reposèrent sur son fils, le transperçant jusqu’à l’âme.

« Jure-moi que tu iras trouver les Redresseurs. »

Il sentit l’étau se resserrer sur lui, telle une prison invisible. Le poids de la tradition refaisait surface à nouveau pour l’engluer dans un bourbier inextricable.

Les Redresseurs. Lui chez ces idéalistes ?

« Je ne peux vous jurer cela », déclara t-il, paniqué à l’idée de devoir se prononcer si rapidement. « C’est une faction presque oubliée de la surface d’Ildirith. Qui s’y intéresse, de nos jours ? »

Les lèvres du peuple murmuraient davantage au sujet de la Main Rouge. Depuis la scission entre ces derniers et les loyalistes, que restait-il vraiment de l’ordre de la Colombe ?

« Les Redresseurs ont de nombreuses qualités », rétorqua l’Aasimar, fatigué.

Lliryn haussa un sourcil, se retranchant derrière une moue dubitative et un brin cynique :

« Ah oui ? Vu la rigidité de leur Code, cela ne doit pas être leur sens de l’humour… »

Son père préféra ne rien répliquer. En vérité, ce dernier l’avait toujours éduqué de façon à ce qu’il devienne un chevalier des Redresseurs comme il l’avait été lui-même. Très jeune, les petites mains de Lliryn avaient tenté d’empoigner Bryn, mais la lourdeur de l’arme n’avait réussi qu’à le faire tomber par terre. Il se revoyait poursuivre encore et encore ses efforts, titubant sous le poids de l’épée, sous le gros rire de son père. Les valeurs chevaleresques avaient guidé sa morale jusqu’à l’adolescence, où son esprit s’était fait davantage rebelle face aux lois imposées par sa famille. Dès lors, il avait chassé de sa tête les Redresseurs, leur éthique, leurs valeurs, leur château perdu au nord de la Forêt des grands feuillus. Tout.

Cependant, l’ordre de la Colombe ne semblait pas vouloir demeurer dans l’oubli. Réveillé des tréfonds de sa mémoire, il s’imposait en ce jour funeste à Lliryn.

« Tu le dois », poursuivit le vieux chevalier.« Les Faravel ont toujours été des chevaliers et des défenseurs de la Justice. Quand j’irais rejoindre Litrish dans l’Astral, il ne restera plus que toi. Jure-le-moi. Jure-le sur Bryn. »

Il lui tendit difficilement l’épée d’une main tremblante mais impérieuse. Lliryn prit l’arme avec hésitation. Il l’observa longuement, sentant la froideur de l’acier se répandre sur ses doigts.

« Jure-le sur l’épée ! » répéta le père comme une incessante litanie.

Lliryn qui souhaitait s’inventer son propre destin, le voilà rattrapé par Litrish ! Avait-il eu un jour le choix ? Il se le demanda en reposant son regard gris sur la silhouette de son père.
La cire des bougies se consumait peu à peu, la flamme vacillant sous le souffle d’un léger courant d’air. Des ombres s’étirèrent dans la chambre, telle une nuée de chimères venues assister au choix décisif de Lliryn. Se soumettre au destin ou le rejeter ? Quel était le bon choix ? Existait-il seulement un bon choix ?

Lliryn réfléchissait vite, bien trop vite pour parvenir à raisonner correctement. Il se sentait plus démuni qu’un orphelin à qui on demande d’agir comme un homme. A dix-sept ans, il était temps de grandir et d’assumer ses responsabilités. Mais à dix-sept, il n’était encore qu’une moitié d’homme, immature et indiscipliné.

« Les Redresseurs… », souffla son père.

Lliryn osa alors poser la question qui le taraudait depuis de nombreuses années, mais qui s’était toujours refusée à franchir le seuil de ses lèvres :

« Père, avez-vous un jour cru à la malédiction ? »

Le vieil Aasimar sortit un court instant de sa torpeur pour couler un regard d’acier vers son fils. Jamais ils n’avaient eu le loisir d’en discuter. Tant de non-dits s’immisçaient au sein des Faravel. Lorsque Lliryn était né, tous avaient compris que le déclin de leur famille était proche. On attendait une fille, vecteur d’espoir. Et ce garçon était né, emportant la vie de la femme qui l’avait mis au monde.

« La malédiction… », répéta le mourant. « Je suis aux portes de l’Astral, je n’ai que faire des malédictions. Je préfère de loin les serments. »

Un instant s’écoula. Le message était on ne peut plus clair et il continuait de résonner dans la pièce. Un serment. Lliryn étaient encore trop jeune pour mesurer ce que valait réellement une parole donnée. Pourtant, il prononça finalement les mots tant attendus, ignorant encore qu’il s’engageait à vie :

« Je le jure. J’irai trouver les Redresseurs. »

La main du malade se posa sur celle de Lliryn, la refermant sur la poignée de l’épée.

« Bryn est à toi, désormais. »
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