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 Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]

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Lliryn Faravel
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MessageSujet: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Mer 29 Oct 2014 - 17:52

L’aurore déversait tout juste une lumière pâle à l’horizon, dans un ciel moucheté de nuages grisâtres, lorsque le cavalier arriva devant les portes du château. De fins rayons trouaient timidement ce manteau cotonneux et morose, apportant une éphémère sensation de chaleur. La nuit se retirait peu à peu des terres de Bélin.

Le vagabond jeta un œil aux tours s’étirant vers la voûte céleste. Des oiseaux voletaient déjà dans le ciel, quelques uns assez téméraires pour se poser sur le rebord d’une fenêtre. Comparé à l’effervescence d’Hydrasil et ses tribulations fiévreuses, le lieu lui paraissait si calme qu’il en vint presque à douter de son existence. Il posa une main tâtonnante sur la pierre et quelques souvenirs se rappelèrent à lui. Il ne saurait dire s’il se sentit chez lui, mais une sensation familière le gagna peu à peu.

Comme si elle s’impatientait, la jument qui accompagnait son périple souffla fort par les naseaux. L’Aasimar flatta l’encolure de l’animal avec un sourire presque amusé qui vint nuancer son visage austère.

«  Oui, ma belle. Nous y sommes enfin. »

Il tenait la veille jument par la bride et elle semblait épuisée par le voyage. Il faut dire qu’elle s’était foulé la patte, faisant grimacer son cavalier qui y voyait un mauvais signe. Elles étaient à la fois robustes et fragiles, ces bêtes là et celle-ci n’était plus toute jeune. C’est pour cette dernière raison que l’un des marchands de chevaux d’Hydrasil l’avait cédé à l’Aasimar en le mettant en garde.
Grâce à l’énergie de la lumière commune à son peuple, l’être angélique avait seulement pu apaiser l’animal, mais il n’excellait pas dans ce domaine. Lliryn ne savait guérir.

Au moment où la porte du château s’ouvrit, le soleil se dessinait peu à peu telle une tâche lumineuse et le premier vent se mit à souffler. Les rayons de l’astre se déployèrent alors à travers le gris des nuages. Un gris qui se refléta jusque dans les yeux de Lliryn à la façon d’un miroir de glace.

L’homme qui se tenait devant l’imposante entrée portait l’uniforme des Redresseurs. Lliryn soutint son regard jusqu’à ce que l’autre prenne la parole :

« Faravel ! » S’exclama t-il après l’avoir observé quelques secondes. V’là bien longtemps qu’on ne t’avait pas vu par ici ! »

Lliryn haussa un sourcil. Le ton emphatique supposait qu’il connaissait cet Humain à l’accent à couper au couteau. L’Aasimar hésita un moment, détaillant brièvement les cheveux châtains de l’homme et ses petits yeux pétillants de vie. La mémoire lui revint alors, le ramenant quelques années en arrière. Lliryn était arrivé au quartier général des Redresseurs peu de temps après cet Humain. Ils se connaissaient très peu, mais tous deux avaient fait office d’écuyers en même temps, avant de devenir des Redresseurs à part entière.
L’être angélique adressa à son interlocuteur un signe de tête en guise de salut.

« Gilliam. Tu ne portais pas la barbe lorsque j’ai quitté le Château »

C'est d'une voix neutre qu'il avait laissé tomber la remarque.

Il n’en fallut pas plus au dénommé Gilliam pour éclater d’un gros rire, avant de passer une main dans ladite barbe qu’il ne portait pas auparavant.

« Il parait qu’ça donne un air de sage. Alors comme ça, aucun ogre ne t’a encore démembré ! »

Une certaine perplexité passa furtivement sur les traits de l’Aasimar en entendant ces dernières paroles. Premièrement, Lliryn n’appréciait pas beaucoup les ogres et ce pour la raison très simple que ces derniers appréciaient un peu trop les Aasimars. Deuxièmement, il trouvait la remarque déplacée, voire morbide.

« Litrish en soit remercié, il semblerait que non, déclara t-il sur un ton pincé. Navré de te décevoir. »

Gilliam lui administra une tape fraternelle sur l’épaule qui sembla cependant laisser le chevalier de marbre. Lliryn n’avait pas pour habitude de se montrer très démonstratif. Cela ne voulait pas dire pour autant qu’il n’appréciait pas Gilliam, l’un des quelques Redresseurs à ne pas se montrer désagréable avec les chevaliers errants, bien qu'il ait une drôle de manière d'accueillir les gens.  

« Ça fait plaisir d’revoir un visage connu, l’ami. Les temps changent, mais notre bon vieux Château tient toujours le coup ! Laisse donc ta bête, j’vais charger un écuyer de s’en occuper. Je ne t’accompagne pas, tu connais le chemin. »

Par chance, Gilliam ne vit pas la lueur qui s’alluma dans l’œil de Lliryn. Cela faisait un an qu’il n’avait pas mis les pieds au quartier général des Redresseurs. Les chances qu’il se rappelle la disposition des salles étaient bien minces.

« Où puis-je trouver le commandant ? », tenta t-il en espérant que Gilliam lui indiquerait précisément les lieux.

« Dans ses quartiers, sans doute. Mais, il va falloir attendre pour pouvoir t’entretenir avec lui. Il est très occupé et ne tient pas à être dérangé. Sauf affaire urgente. Profites-en pour te détendre ! »

Sur ces bonnes paroles, Gilliam emmena avec lui la monture de Lliryn, laissant ce dernier seul à l’entrée du château. Bien qu’il soit éreinté par son périple, le chevalier errant se sentait démuni devant le grand hall face à lui. Une année s’était écoulée depuis sa dernière visite. La notion de temps lui apparut alors dans tout son paradoxe ; un an pouvait être à la fois si court et si long.

L’Aasimar jeta un œil à ses vêtements poussiéreux, bien éloignés de l’impeccable uniforme des Redresseurs. Gilliam avait peut-être raison, songea t-il. Il pouvait bien se détendre un moment.

Après une dernière hésitation, il pénétra à l’intérieur du château, goûtant la fraicheur des lieux et son calme. Bien qu’il aimât voyager et découvrir de nouvelles contrées, Lliryn se sentait soulagé de pouvoir se retrouver dans un endroit familier.
Enfin, familier… Sauf pour son sens de l’orientation qui en prit un sacré coup lorsqu’il se rendit compte qu’il ne se rappelait plus où se trouvaient les cuisines. Lui qui espérait dénicher de quoi se restaurer, en attendant que l’on daigne le recevoir, il sentit son entrain s’effriter.

Dans le hall, un escalier grimpait jusqu’aux étages supérieurs, mais la vue des marches avait suffi à décourager le chevalier. Il lui préféra l’une des portes adjacentes, sur sa droite et plongea dans les ténèbres de l’un des innombrables couloirs du château.

Ses pas résonnèrent un moment tandis qu’il avançait, une main posée sur la garde de Bryn, sa fidèle épée à double tranchant qui pendait à son côté droit. Elle pesait lourd dans son fourreau de cuir, aussi espérait-il se rapprocher du but.

*En une année, le château a bien changé*, songea t-il dans le couloir désert

Incapable de reconnaître qu’il avait oublié la configuration des lieux et que cela n’avait rien à voir avec d’éventuels changements –le château était le même que lors de sa dernière visite- Lliryn finit par s’arrêter, ouvrant au hasard une porte qui débouchait sur une pièce quelconque, dépouillée d’ornements. Il la referma presque aussitôt, avant d’entendre des pas qui remontaient le couloir. Quelqu'un approchait.

« J’allais finir par croire que ce château est désert », souffla t-il pour lui-même.

Lliryn se demanda si un autre visage connu allait surgir des ombres ou, au contraire, l'une des nouvelles recrues dont il avait fait lui-même partie, environ dix ans plus tôt.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Jeu 30 Oct 2014 - 19:52

    Ce matin était particulier. Au moins pour un habitant du château des Redresseurs. Il était spécial et avait donné la force à une personne de se lever alors que la nuit régnait toujours. Cet individu, accablée par la fatigue, ne se départissait pas d'un large sourire et avait le cœur en joie, malgré l'heure avancée.
    Aujourd'hui allait être une bonne et grande journée, elle en avait la conviction. Ou tout du moins, elle ferait tout pour que cela le soit !

    Vêtue d'une simple robe de chambre blanche, Evynne n'avait pas pris le temps de s'habiller. Après tout, si il y avait bien un jour où on pouvait lui pardonner, c'était celui-là. Et puis, elle était si empressée... A peine debout qu'elle s'était ruée hors de sa chambre pour monter tout en haut du château. C'était comme un rituel pour elle. Il fallait qu'elle observe le monde s'illuminer petit à petit.

    Alors, se précipitant dans les couloirs et dans les escaliers, elle arriva bien vite en haut de l'édifice et tourna son regard vers l'horizon. Là où le soleil se montrait. Il faisait encore un peu sombre. Le ciel était nuageux mais cela ne gâchait pas la joie que ressentait la guérisseuse.
    Les yeux brillants, elle attendit, tout prêt d'une fenêtre que le soleil montre ses rayons. Et déjà, le ciel s'éclairait d'une clarté rosé emportant avec lui des oiseaux qui s'envolaient bien haut sur le territoire où ils régnaient en maîtres.

    Observant leurs danses envoutantes, Evynne s'évadait dans un monde bien différent de ce qu'elle avait pu subir cet année. Elle voyait la nature devenir vivante. Reprendre ses droits. Saluer l'univers, tout simplement. En cet instant, c'était la magie qui régnait. Il n'en fallait pas plus pour réjouir le cœur de l'aasimar.

    Ce petit rituel lui rendait confiance et lui offrait la vitalité nécessaire dont elle avait besoin pour affronter l'année nouvelle. Loin de tout doute et pleine d'assurance, Evynne restait dans son cocon de bonheur.

    Puis, il suffit qu'elle se souvienne où elle était un an en arrière pour que des larmes émues naissent dans le coin des yeux de la femme. Quiétude... Tournant son regard vers l'endroit de l'horizon qu'elle définissait comme être là où se situait son village natale, l'adolescente repensait à ces parents. Ils devaient sûrement penser à elle aujourd'hui. Il ne pouvait en être autrement. Et Evynne pouvait le ressentir. C'est pourquoi elle leur lança un lointain sourire et une pensée pour leur dire à quel point elle les aimait. Il la recevrait. Elle en était sure.

    Perdant la notion du temps l'aasimar observa le monde prendre vie pendant plusieurs minutes avant de voir une silhouette s'approcher en cheval du château. Était-ce un nouvel arrivant qu'elle ne connaissait pas ? Ou alors un Redresseur revenu de mission ?
    Evynne adorait aller à leur rencontre, ne serait-ce que pour entendre leurs histoires où ils amenaient la paix et la justice dans le monde. Cela la réconfortait dans son choix.
    Elle craignait souvent d'avoir pris la décision de rejoindre les Redresseurs trop vite, sur un coup de tête, lié à son âge.
    Alors les entendre raconter leurs épopées... C'était vraiment remontant.

    Puis, si c'était un nouveau, elle pourrait se lier d'amitié avec lui, si il était aussi jeune qu'elle. Sinon.. bah, cela ne changeait rien !

    C'est avec l'espoir de rencontrer quelqu'un de nouveau et d'intéressant qu'Evynne redescendit les escaliers. Il y avait d'avantage de monde à cet heure là, mais personne n'avait le temps de lui faire remarquer que sa tenue n'était pas adaptée.

    Se rendant à l'entrée, elle découvrit que l'homme était déjà dans le bâtiment. Il n'avait pas du aller très loin, du moins, Evynne l’espérait.

    Il fallait qu'elle trouve le cavalier dans les couloirs maintenant. Mais vu la disposition des pièces, c'était plus aisée d'avoir une vue rapide sur les corridors. Et quand elle entendit une porte s'ouvrir elle se précipita à la source.

    Et c'est là qu'elle le trouva. Un homme tournée vers elle. Dans sa robe de chambre blanche, Evynne n'avait aucune honte, bien qu'elle découvrit l'homme pour la première fois. L'adolescente était bien trop choquée et émue de ce qu'elle voyait. S'avançant d'un pas plus calme, elle pencha la tête sur le côté et fit, d'un ton bas, mais à portée du nouveau venue :

"Vous êtes un Aasimar ? Cela fait si longtemps ! Je suis ravie de vous voir ! Vraiment ! Je savais que cette journée serait splendide et vous venez tout juste de l'éclairer d'avantage ! Merci ! C'est le plus beau cadeau qu'on pourrait me faire !"


    Mentalement, Evynne se reprit. Voir ses parents serait une chose merveilleuse. Mais cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas croisé un être de lumière. Cela lui manquait et elle était aux anges !


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Lliryn Faravel
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Sam 1 Nov 2014 - 15:26

Un an, c’était bien peu dans une existence. Néanmoins, cela suffisait largement pour faire disparaître des visages familiers et en apporter de nouveaux. La dernière fois que ses pas l’avaient reconduit au château des Redresseurs, Lliryn s’était trouvé face à une petite poignée de connaissances seulement. Comme il s’était lié avec peu de personnes durant sa formation, cela ne le gênait guère, bien au contraire. Toutefois, il éprouvait toujours de la surprise en constatant à quel point tout changeait si vite en ce monde. Il avait lui-même l’impression, en se tenant ici, que le temps où il jouait les écuyers datait d’hier. Tous ces voyages lui apparaissaient soudainement comme un rêve –ou un cauchemar pour certains- et il se rendit compte, en revenant en ces lieux, qu’il se posait toujours autant de questions qu’auparavant, si ce n’est plus.

Le bruit seul des pas qui remontaient le couloir précéda une frêle silhouette, émergeant des ombres telle une apparition évanescente. Lliryn douta un instant de sa vision en découvrant cette jeune fille à la chevelure opaline, tout de blanc vêtue. Il s’était imaginé plutôt face à un autre chevalier, voire un écuyer, les Justiciars ayant généralement autre chose à faire que d’arpenter tranquillement le château. Il oubliait trop souvent que les Redresseurs ne comptaient pas seulement des guerriers dans leur rang.

Il aurait pu s’étonner devant la tenue de la demoiselle, simplement composée d’une robe de chambre qui se confondait avec ses cheveux, mais il n’en fit rien, trop surpris de découvrir que se tenait devant lui une Aasimar. Le doute n’était possible ; tout en elle indiquait qu’elle portait l’héritage angélique, les ailes en moins, mais peut-être les dissimulait-elle comme il le faisait lui-même.
En vérité, il n’y avait rien de particulièrement étonnant à ce qu’un être de lumière se range du côté des Redresseurs, mais Lliryn ne s’était pas trouvé en présence de l’un de ses pairs depuis un long moment.

De crainte que la nouvelle venue ne se sente dévisagée, il lui adressa un signe de tête cordial, sans se départir de sa politesse coutumière, n’en déplaise à ceux qui le jugeaient trop compassé.

La réaction de ladite demoiselle, en revanche, suscita de nombreuses interrogations. Elle semblait choquée et ce depuis qu’elle l’avait vu. Craignait-elle qu’il se montre inconvenant en raison de sa tenue ? Pourtant, elle ne semblait pas particulièrement gênée. Ou alors, le problème venait de ses propres habits à lui. Par acquis de conscience, Lliryn inspecta discrètement du regard ses vêtements poussiéreux. En tant que chevalier errant, il ne portait pas l’uniforme des Redresseurs. Peut-être qu’elle se demandait tout simplement ce qu’il fabriquait en ces lieux.

Les paroles que la demoiselle lui adressa ne réussirent qu’à déstabiliser complètement le chevalier. En approchant du château, il s’était attendu à bon nombre d’accueils différents –à peu près tous sur le même modèle que la bienvenue de Gilliam, l’accolade en moins- mais certainement pas à celui-ci. Les mots « Aasimar», « journée splendide » et « cadeau » flottèrent quelques secondes dans son esprit de la façon la plus vague qui soit. Elle avait dit « longtemps », également. Lliryn imagina que, comme lui, elle n’avait pas vu l’un de ses pairs depuis un moment.

Si Lliryn appréciait toujours de se retrouver face à un Aasimar, il n’en retirait cependant pas de joie particulière comme cela semblait être le cas pour la jeune fille. Peut-être parce qu’il se sentait toujours un peu à part en constatant que son caractère s’éloignait bien souvent de celui de siens.
Il repensa alors au terme « cadeau » qu’elle avait employé et il se demanda si ses supérieurs verraient sa visite de la même façon…
C'était d'ailleurs la première fois de sa vie que sa venue était comparée à un cadeau. Comme il s'agissait de quelque chose d'inédit, il ne sut qu'en penser, profondément déstabilisé.

« Je suis bien un Aasimar, tout comme vous semble t-il. Même si je ne m’arrête pas souvent au quartier général, je suis heureux de voir que la cause des Redresseurs attire encore les êtres de lumière. Surtout en des temps aussi incertains. »

Lliryn se fit soudainement la réflexion que ses dernières paroles sonnaient de manière un peu déprimante, surtout aux oreilles d’une jeune recrue. Il n’avait pas pour habitude de ménager ces dernières par des propos préconçus comme pourraient le faire certains, mais quand même.  

Il jeta un nouveau coup d’œil furtif à la tenue de la jeune inconnue, avant de déclarer sur son éternel ton posé :

« Nous ne devrions pas rester dans les couloirs ; il y fait plutôt frais et vous allez prendre froid. Je cherche un endroit où me restaurer. Si le cœur vous en dit, vous pouvez m’accompagner. Après ce long voyage, un peu de compagnie ne serait pas de refus. »

Lorsqu’il passait des jours à cheval à arpenter les sentiers, les plaines ou encore les forêts, le Redresseur croisait peu de monde. Au bout d’un certain temps, la solitude se faisait toujours sentir, insidieuse et déloyale. Elle surgissait le matin, lorsque le soleil étendait petit à petit son empire dans le ciel et que le chevalier n’avait personne à qui adresser les premiers mots de la journée, hormis à sa monture malheureusement silencieuse. Lliryn oubliait bien vite ce sentiment de vide car son esprit avide de liberté se laissait porter par la chevauchée. Le simple fait de sentir la caresse du vent sur son visage lui suffisait. Chaque quête dans laquelle il se lançait accaparait son esprit. Libre et sans attache, il se sentait bien plus vivant que n’importe qui. Ce n’est que le soir qu’il retrouvait ce sentiment de solitude, mais le sommeil l’emportait assez vite pour laisser ses pensées au seuil des songes. Et puis, il savait que la fortune finissait toujours par placer quelqu’un sur son chemin.  

Le Redresseur chercha du regard quelle direction prendre, encore dérouté par la configuration des lieux qui pourtant n’avait pas changé. Finalement, il se rendit compte qu’il oubliait quelque chose.

« Je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Lliryn. »

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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Mer 5 Nov 2014 - 18:53

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    Souriant largement à l'aasimar, Evynne se retenait de le regarder sous toutes les coutures.
    Elle avait envie de vérifier qu'il était bien réel mais elle était bien trop timide pour le dévisager trop longtemps. Puis, ces manières l'empêchait de trop s'épancher sur le nouvel arrivant. Mais quel joie en son sein. Quel ravissement de voir l'un des siens. Elle aurait aimé le prendre dans ses bras, sentir l'odeur de sa race, toucher les symboles lumineux sur sa peau. Mais elle ne pouvait se le permettre et tentait de ne rien faire d'effrayant ou de gênant. Il aurait fallu qu'elle reste impassible mais elle en était tout à fait incapable.

    La joie devait se transmettre. Tout comme la justice et la paix. Evynne souriait paisiblement en regardant l'homme. Il semblait mal à l'aise et c'était surement elle qui le mettait dans cet état mais elle ne pouvait s'empêcher de le regarder avec joie.

    Alors, quand il prit la parole pour confirmer son héritage elle dut se pincer pour ne pas sauter de joie. C'était un feu d'artifice dans son corps. D'ailleurs l'émotion la réchauffait. Elle ne tint pas compte de sa dernière phrase. Aucun doute n'était possible concernant l'ordre des Redresseurs. Elle n'avait pas traversé le pays pour que l'idée que l'insécurité qui régnait dehors la déprime. Ce n'était pas possible. Pas aujourd'hui en tout cas.

    Puis, l'homme fit une réflexion sur sa tenue et Evynne se rendit enfin compte qu'elle se trouvait en robe de chambre. Rougissant elle fit un pas en arrière et fit un sourire gênée. Que pouvait-elle faire en ce moment ? La guérisseuse ne pouvait guère aller se changer de suite. Il fallait qu'elle retourne à sa chambre et elle ne comptait pas laisser l'ange seul. Trop peur qu'il disparaisse sans jamais le revoir.

    Alors quand il proposa qu'elle reste en sa compagnie elle ne put s'empêcher de répondre, rapidement et sans prendre le temps de réfléchir :

"Oui ! oui oui oui ! OUI !"

    Un instant de gêne suivi, mais le visage de l'aasimar était toujours aussi rosé. Elle n'avait pas à rougir autant mais elle se sentait extrêmement bien et mal à la fois.
    Complètement chamboulée par cette arrivée miraculeuse, elle ne pouvait que s'en réjouir. Mais Evynne devait donner une si mauvaise impression à l'homme. Elle avait honte d'elle même à cause de son manque de contrôle.

    Elle aurait du apprendre pourtant... mais le simple fait qu'on soit aujourd'hui... Cela faisait moins de deux heures qu'elle était debout et cette journée s'annonçait formidable.
    Alors, quand l'homme se présenta, elle courba le dos devant lui et se redressa pour annoncer :

« Enchantée Lliryn. Je suis Evynne de la famille Pianec. Peut-être connaissez vous mon père ou ma mère. Ils vivent à Quiétude. Comme moi avant que je ne vienne ici. »

    Restant immobile face à lui un instant et face à sa réaction, elle s'approcha de lui et le dépassa en disant :

"Ça vous dirait d'aller aux cuisines ? Ils préparent surement quelque chose de bon comme... un gâteau !"


    Le visage illuminé, toujours dans sa robe de chambre, Evynne s'engagea dans le couloir de droite en direction des cuisines et se retourna. Tout d'abord pour attendre un peu l'invité et marcher à sa hauteur et ensuite pour lui demander :

"Vous avez parlé d'un long voyage ? Vous pouvez m'en dire plus ? J'adorerai parcourir le monde répandre la justice moi aussi ! Ça me fascine ce genre d'histoires !"


    Les yeux pétillants, l'adolescente dévorait l'homme du regard. C'était tellement fabuleux qu'il soit là. Elle n'en revenait toujours pas et semblait être dans un nuage. Peut-être même flottait-elle un peu...


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Lliryn Faravel
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Sam 8 Nov 2014 - 14:25

Lliryn ne s’attendait pas à ce que sa proposition soit accueillie avec tant d’enthousiasme. La jeune personne face à lui semblait irradier de bienveillance et de joie. L’Aasimar en avait vu des jeunes recrues pleines d’espérance et de rêves de justice. Néanmoins, c’était la première fois qu’il se retrouvait devant tant de spontanéité. Lui-même ne se rappelait pas avoir un jour été ainsi. Il faut dire que son éducation l’avait quelque peu privé de l’insouciance propre à la jeunesse. Non pas qu’il ait été malheureux dans son enfance, loin de là, mais le cadre dans lequel il avait vécu était fait de nombreux carcans.

Le chevalier avait pu lire la gêne sur le visage de la jeune fille après sa réponse, comme si elle avait pris soudainement conscience du décalage entre son attitude expansive et celle plus maitrisée de son interlocuteur. Ce dernier lui adressa un bref sourire, son visage perdant un peu de son austérité par cette simple expression.
 
A vrai dire, il s’interrogeait devant cet enthousiasme tout à fait incroyable. Etait-elle toujours ainsi ? Elle lui fit penser immédiatement à un oisillon qui s’envole pour la première fois à la découverte du monde. Pourquoi croiser un autre Aasimar semblait-il si important pour elle ? Venait-elle d’un endroit où les siens se faisaient rares ?

Il n’eut guère longtemps à attendre pour obtenir la réponse à cette question, lorsque la jeune recrue se présenta. A nouveau, la différence entre leurs deux personnalités se manifesta. Si Lliryn n’avait donné que son prénom, Evynne –puisque c’était ainsi qu’elle se nommait- avait révélé également sa ville natale, en plus de son patronyme. Une Norpalienne, donc. Le Redresseur ne connaissait que très peu les habitants de ces terres froides, dont on vantait l’ardeur au combat tout en déplorant leur caractère farouche et inhospitalier.

« Je n’ai pas eu cet honneur, répondit-il après qu’elle ait mentionné ses parents et sa ville natale. Jusqu’à présent, l’occasion de me rendre à Quiétude ne s’est jamais présentée. »

Lliryn comprit qu’il était peu probable qu’elle ait rencontré peu d’Aasimar à Quiétude. Au contraire, il s’agissait d’un cadre privilégié pour les sangs-mêlés, bien que le chevalier ne s’y soit jamais rendu. Il ignorait beaucoup de ce village qui, parait-il, portait si bien son nom.
Il espérait un jour voir de ses propres yeux cet endroit que l’on qualifiait de havre de paix pour les Aasimars et les Tiefflins. Lliryn avait presque peine à croire qu’un tel lieu puisse exister, en Norpalie qui plus est, là où la menace du Gantelet se faisait tant sentir.

Mais l'heure n'était pas à ce genre de réflexions, car Evynne avait pris un peu d’avance, lui proposant de se rendre aux cuisines, la promesse d’un gâteau à l’appui. L’argument fit mouche. Ereinté, Lliryn n’aurait refusé pour rien au monde de quoi manger, aussi emboita t-il le pas de la jeune Aasimar.

« Je n’osais même plus rêver de gâteau depuis des jours. Je vous suis », déclara t-il, bien content que quelqu’un puisse le guider dans ce dédale.

Lliryn jura que ce couloir n’était pas là, l’année précédente, mais peut-être fusse là encore une preuve de sa mauvaise foi qui refusait de reconnaître qu’il avait simplement oublié.
Malgré la faim qui le tiraillait, le chevalier remarqua qu’Evynne s’était placée en tête de la marche, son entrain visiblement naturel ne s’étant toujours pas estompé. A peine l’eut-il songé que la jeune fille se tournait pour l’attendre. Elle le questionna alors sur ses voyages et l’Aasimar eut un léger aperçu de sa vision des Redresseurs.
Lliryn venait à peine d’arriver et voilà qu’on lui tombait dessus avec des questions. En temps normal, il aurait soupiré de lassitude, mais devant le regard pétillant de curiosité de la jeune recrue, il ne se sentit pas capable de briser ses rêves de justice.  

« Je reviens de la frontière entre Varakir et Bélin, où j’ai dû composer avec quelques pillards. Ils s’en prenaient à des convois de marchandise qui traversaient le désert pour se rendre à Hydrasil. Un groupe de Tiefflins qui passait par là a été accusé à tort des méfaits ; il a donc fallu traquer les véritables voleurs. »

Lliryn n’en dit pas davantage, car la porte des cuisines se dressait un peu plus loin devant eux. Finalement, il avait bien fait d’écouter son instinct et de s’engager dans ce couloir. Comme la porte était entrouverte, une agréable odeur s’échappait de la pièce pour parvenir jusqu’aux narines de Lliryn. Un fin sourire s’épanouit sur ses lèvres à l’idée de manger un met tout juste préparé.

A l’intérieur, le cuisinier s’afférait déjà, malgré l’heure matinale, épaulé par les apprentis qui couraient dans tous les sens sous les ordres de leur chef. Chacun avait son rôle attitré et vaquait à ses occupations avec plus ou moins d’aisance. Un tintement de casserole retentissait de temps à autre, entrecoupé parfois par le son de l’eau bouillant au fond de la marmite.

« Une vraie petite armée, n’est-ce pas ? » commenta Lliryn, sans dissimuler son léger sourire.

Il s’avança ensuite vers le cuisinier, celui-ci observant Evynne avec une drôle d’expression, sûrement surpris par sa tenue. Il détourna subitement la tête à l’approche du chevalier, avec un léger raclement de gorge qui n’échappa cependant pas à Lliryn. Le cuisinier le regarda arriver avec un brin de dépit. Il ne s’attendait certainement pas à avoir de la visite si tôt, bien que les Redresseurs ne soient généralement pas de grands adeptes de la grasse matinée. Heureusement, il finît par reconnaître l’Aasimar qui le salua d’un signe de la main amical quoiqu’un peu sec.

« Alors comme ça, tu es de retour, l’ange ? Lança t-il sur un ton qui ne permettait pas de trancher si c’était une bonne nouvelle ou non. Installez-vous, j’ai des brioches toute chaudes sorties des fourneaux. »

Il désigna d’un geste vague de la main la grande table en bois sombre de l’autre côté de la pièce. Personne ne s’y trouvait encore. Il faut dire que l’aube ne s’était levée que depuis peu.
Lliryn s’effaça pour laisser passer la jeune Aasimar.

« Vous savez, Evynne, c’est parfois un luxe de savourer un bon repas sous un toit. Mais je suppose que vous en avez déjà fait l’expérience en quittant les terres norpaliennes. »

Pour l’avoir déjà effectué une fois, le voyage de Norpalie jusqu’à Bélin pouvait se révéler long et éprouvant. Beaucoup de facteurs entraient en jeu dans un voyage et un seul suffisait à le faire basculer de la promenade tranquille à la traversée périlleuse.

Lliryn attendit qu'ils s'installent, puis il observa une nouvelle fois son interlocutrice. Il se remémora son arrivée chez les Redresseurs. Il avait son âge à peu près lorsqu’il s’était présenté aux portes du château.

« Si vous me permettez la remarque, vos mains ne sont pas celles d’une guerrière. Seriez-vous une pratiquante de la magie ? »

Lui qui avait juré de suivre la voie de l’épée, il n’était pas étonnant qu’il soit devenu chevalier, mais qu’en était-il de cette demoiselle d’apparence si frêle qui avait voyagé jusqu’au lointain château des Redresseurs ? Lliryn voyait beaucoup de jeune gens s’éprendre de justice, mais peu d’entre eux avaient le courage –la folie ?- de franchir le cap.
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Mer 12 Nov 2014 - 17:18

    Ne se séparant pas de son sourire, Evynne écouta ce que Lliryn lui racontait. Son sourire s'agrandit quand elle sut qu'un groupe de tiefflins avait été déculpabilisé grâce aux Redresseurs. C'était pour ça qu'elle s'était engagée. Pour faire régner la justice et la paix. Ça aurait pu être les tiefflins les coupables et les humains qui auraient été accusés, leurs actions aurait été semblables. Et elle était remplie de fierté en y pensant. Sa cause était grande, bonne et juste.

    C'est en pensant à tout ça qu'ils arrivèrent face à la cuisine. Evynne remarqua le sourire qui naquit sur les lèvres du Redresseur. Quand ils rentrèrent son visage fut gagner d'une joie semblable. La cuisine était un lieux animé et vivant, où tout les sens étaient mis à l'épreuve. Autant la vue que l'ouïe. Sans parler de l'odorat. Un véritable supplice qui faisait baver la jeune adolescente.
    Elle ne remarqua que sur le tard le regard que lui lançait un cuisinier. Rougissant, elle baissa les yeux pour faire face à sa tenue. Était-ce si gênant ? Ou bien était-ce par sa venue qu'il était étonné?
    Peut-être qu'en étant présente elle découvrirait la surprise qu'on lui réservait !

    Tandis que Llyrin parlait au cuisinier, Evynne regardait autour d'elle. Tout ces gens avaient l'air surmené. Ils avaient surement besoin d'un coup de main. Elle en était sure ! Mais elle ne savait où commencer. Aider à la cuisson, à faire une sauce, à surveiller que tout se déroule bien, à porter de la vaisselle. Trop de choses à faire et il fallait qu'elle aide. C'était dans son sang. Elle ne pouvait rester face à tant de besoins sans pouvoir faire quelque chose. Son regard allait partout dans la salle quand les deux hommes finirent de parler en montrant la table.

    Evynne jeta un œil de regret vers la petite armée de cuistots et s'avança pour s'installer. Quand l'aasimar lui fit une remarque sur le luxe de manger, la jeune guérisseuse ne put qu’acquiescer. Le voyage de Norpalie jusqu'à Hydrasil avait été dur. Surtout sur le territoire Varak. Mais cela commençait à dater un peu et la fille avait oublié que ça avait été le cas. Puis, elle avait survécu et surtout beaucoup appris. Ce n'était qu'un lointain souvenir. Dans ce château, on ne pouvait que se sentir trop bien et profiter du confort. C'était si agréable !

    Assis l'un en face de l'autre, Evynne se remémorait doucement quand l'homme lui posa une question. A laquelle elle ne put s'empêcher de sourire :

"Oh, non.. Je suis juste une guérisseuse. J'apprends à me défendre simplement, pas à me battre. Qui sait, je pourrais tuer quelqu'un !"

    La jeune aasimar rigola à ce qu'elle considérait être une blague. Le code des Redresseurs était très stricte sur le fait que chaque vie était précieuse. Et Evynne respectait tout à fait ce droit à la vie. Dans tout les cas, elle aimait trop les gens et ce qu'ils étaient pour vouloir leur faire du mal. Quelqu'ils soient, qu'importe ce qu'ils ait fait. Même si c'était eux qui répandaient le mal. Ils devaient être compris et châtié pour leurs méfaits. Mais pas tué.
    Puis Evynne avait l'intime conviction qu'on pouvait apprendre à tous à faire le bien. Surement parce qu'elle n'avait encore jamais croisé le mal en personne.

    Puis, comme si il lui semblait qu'il manquait un détail à ce qu'elle venait de dire, elle rajouta :

« Il paraît que j'ai la flamme. Je l'ignorais avant mais.. arrivée à Bélin on m'a dévoilé que je la possédais. Je commence tout juste à étudier mais je ne sais encore rien faire. A part soigner avec notre magie. Et donner la vie. »

    Evynne sourit à ce souvenir. Il y a environ un an, avant qu'elle ne vienne ici, elle avait permit à une mère tiefflin de donner la vie. C'était quelque chose de merveilleux et de sublime. Et cela lui rappela encore Quiétude. Et une vague de mélancolie l'envahit. Les années passaient trop vite. Et ce n'était que maintenant qu'elle s'en rendait compte. Mais on pouvait considérer cela normal. Surtout aujourd'hui. Pour son 17ème anniversaire.



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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Sam 15 Nov 2014 - 15:23

La question avait visiblement tiré la jeune fille de ses pensées. Sa réponse plongea, à son tour, Lliryn dans une intense réflexion. « Juste une guérisseuse ». Il lui semblait que ce n’était déjà pas si mal. Pour le chevalier, il était nécessaire qu’un ordre comme le leur comporte des personnes maîtrisant l’art des soins. Ces derniers pouvaient non seulement veiller sur les citoyens, mais aussi soutenir les Redresseurs qui subissaient une violente opposition. Tous les groupes ne les considéraient pas d’un bon œil et Lliryn avait pu remarquer, au cours de ses périples, que la notion même d’ordre semblait causer des sueurs froides à certains. Quant à la Justice… Le chevalier pensait souvent qu’il s’agissait de la plus capricieuse des femmes. Le véritable problème avec la Justice, c’est qu’il y avait toujours un gagnant et un perdant. Et rien ne disait que ce dernier se montrerait bon joueur…

Se défendre et se battre. La distinction que faisait Evynne entre ces deux termes n’échappa pas à Lliryn. Pour sa part, il ne s’embarrassait pas toujours des mêmes scrupules. Il était même assez facile de rendre la limite plus ténue.  

En vérité, le chevalier avait l’intime conviction que les chemins pour bâtir le havre de paix rêvé par les Redresseurs seraient bien loin d’une promenade paisible. Certains choix s’avéraient parfois plus délicats à prendre que d’autres, surtout lorsque l’on s’imposait une éthique. Il arrivait que des sentiers nécessitent que l’on déroge à la règle. Quant aux rêves, il fallait bien souvent en payer le prix équivalent.  

A l’inverse d’Evynne, Lliryn savait seulement se battre et non guérir ; il avait voué son existence au combat, comme cela arrivait souvent dans les familles nobles. Certaines bottes secrètes n’avaient plus de secret pour lui et d’autres méritaient qu’il s’exerce davantage afin de les acquérir. Il ne cessait d’apprendre, à ceci près que son entraînement à lui se déroulait sur le terrain et se pratiquait jour après jour. D’une manière générale, l’Aasimar se sentait bien plus à l’aise avec son épée qu’avec n’importe quelle personne vivante. D’ailleurs, on lui reprochait souvent sa rigidité.

Néanmoins, la dernière réplique d’Evynne le fit légèrement sursauter et il arbora aussitôt son expression pincée caractéristique. Mais déjà, la jeune Aasimar se mettait à rire devant sa boutade. Lliryn ayant son propre sens de l’humour –très particulier, soi-dit en passant- haussa simplement un sourcil, perplexe. Il se contenta de braquer sur son interlocutrice ses orbes d’un gris semblable à une tempête à son approche.

*Ce qu’elle considère comme une blague est une réalité pour moi*, songea t-il en se renfrognant, ce qui fit apparaître un léger pli entre ses deux yeux.

Par chance –quoi que le terme semble plutôt mal approprié- Lliryn n’avait que rarement ôté la vie et seulement en cas d’ultime recours. Généralement, il se contentait de blesser son adversaire ou de l’assommer si besoin il y avait. Ça, il n’éprouvait aucun scrupule à le faire. Malheureusement, toutes les situations ne permettaient pas de s’en tirer aussi facilement. Et les fantômes avaient un don inégalé pour hanter l’esprit des vivants.
Lliryn se garda cependant d’exprimer le fond de sa pensée pour ne pas ternir l’atmosphère. Déjà qu’il n’avait pas ri à la boutade, autant ne pas pousser plus loin le manque de courtoisie…

De toute façon, la jeune fille en face de lui ajouta quelques précisions supplémentaires à ses propos, lui apprenant ainsi qu’elle était détentrice de la Flamme. Elle ne semblait pas particulièrement convaincue, mais peut-être était-ce aussi de la modestie ou de la surprise découlant de cette découverte.
Si quelqu’un apprenait un jour à Lliryn qu’il possédait la Flamme, quelle serait sa réaction ? Nul doute qu’il l’enverrait très certainement balader. Lui qui n’avait jamais possédé aucun pouvoir, il ne savait trop que penser de la magie, pour la simple raison qu’il n’y connaissait absolument rien. Encore une fois, il se sentait bien plus à l’aise avec une épée. Le contact froid du pommeau sur sa main, il n’y avait que ça de vrai !

Lliryn fut tiré de ses pensées par l’arrivée des « brioches toutes chaudes », pour citer les propos du cuisinier lui-même. Il constata qu’Evynne semblait perdue dans les méandres de ses pensées et il crut un instant voir luire au fond de son regard un soupçon de mélancolie. Il aurait pu lui demander à quoi elle songeait avec tant de nostalgie, mais l’un des apprentis déposa le plateau de brioches, remettant ainsi la question à plus tard, avant de s’éclipser le plus vite possible pour s’affairer ailleurs. Lliryn n’eut donc pas même le temps d’ouvrir la bouche pour lui dire merci, mais ce n’était pas ça qui l’empêcherait de savourer le met dont une agréable odeur s’échappait.

Comme se jeter sur la nourriture avec un air de mort de faim ne lui ressemblait pas –les manières de noble ne se perdaient décidément pas facilement- Lliryn contempla d’abord la brioche, la couvant d’un regard de convoitise. Il imaginait déjà sa saveur sur son palais, mais il fit durer l’attente, avant de se rendre compte que s’il patientait trop, elle allait refroidir. Lliryn, qui avait des goûts très affirmés, détestait beaucoup de choses dans la vie ; parmi elles, on pouvait citer les contraintes, les dilemmes, l’idée même de traitrise, se perdre, le Gantelet, les poissons avec trop d’arrêtes, les bardes à la voix de fausset et, entre autres choses encore, manger froid un plat qui devrait se déguster chaud.

Toutefois, il avança d’abord le plateau vers son interlocutrice, histoire qu’elle se serve la première. Il se rappelait encore de l’air offusqué des dames de la Cour d’Hydrasil, chaque fois que l’on manquait à la bienséance. A croire que cette vision là le hanterait plus longtemps que la vue d’une goule...

« Ce que vous pouvez faire est déjà estimable, déclara t-il. J’ai beau être un Aasimar, je ne sais pas guérir, même avec l’énergie de la lumière. Les années passent, mais je reste seulement capable d'apaiser la douleur. »

Ce n’était pas faute d’avoir essayé par le passé. Enfant, il avait même tenté de guérir un oisillon blessé à l’aile, mais il n’avait pas réussi. De ce geste pourtant motivé par de la bienveillance, il en avait récolté un coup de bec sur le doigt et l’absolue certitude que les oiseaux étaient des ingrats.
Non, ladite énergie lui servait essentiellement à purger les créatures de l’Outre-Monde. On en revenait sans cesse au combat, en somme.

L’histoire anodine de l’oisillon rappela soudainement au souvenir de Lliryn une chose qu’il avait occulté.

« Dites-moi, Evynne : savez-vous guérir les animaux ? Si oui, j’aurais une requête à vous soumettre : ma jument est blessée et le voyage qui m’a conduit ici risque d’être son dernier si je ne trouve personne pour la soigner. Peut-être le pourriez-vous ? »

Il pourrait bien demander à ce qu’on lui fournisse une autre monture, mais il craignait que ses pairs rechignent encore sous prétexte qu’il était un chevalier errant et donc un Redresseur qui ne respectait pas le Code strict de l’ordre. *A croire que je suis né pour être discriminé par les Humains*, songea t-il amèrement. *Quand ce n’est pas pour ma nature d’Aasimar, c’est pour ma profession de chevalier errant…*

Il se hâta d’apporter des précisions à sa requête :

« Je vous en serais très reconnaissant. Cela me permettrait de repartir le plus tôt possible, sans attendre que l’on daigne m’octroyer un autre cheval. Si le château me rend toujours nostalgique, je ne l’aime pas particulièrement pour autant. »

Il se sentait même étouffer dans ce lieu pourtant immense et majestueux, quoiqu’en cours de rénovation.
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Mer 19 Nov 2014 - 15:07

    Des brioches chaudes permirent à Evynne de penser à autre chose qu'à Quiétude. Sa ville lui manquait tellement. Ses pensées ne cessaient d'y retourner, même un an après. Il fallait qu'elle perde cette habitude. Mais en même temps, elle voulait faire quelque chose pour son village. C'était un tel symbole pour ce qu'était les enfants de l'Outre-Monde.

    Evynne se servit dès que Lliryn lui tendit le plateau de nourriture et l'écouta attentivement. Elle hocha la tête en croquant dans la brioche et sourit discrètement. Il ne savait guérir mais c'était le cas de beaucoup de personnes, même parmi les Aasimars. Ils ne cherchaient pas forcément à développer leurs dons.

    Elle ressentait de l'attachement à cet homme. Surement du au fait qu'il était lui aussi un ange, mais cela était agréable d'avoir un destinataire avec qui elle pouvait se sentir à l'aise, sans se sentir rabaisser.
    En un an ici elle n'avait rencontré que des personnes supérieures à elle, qui se sentait et se pensait bien plus important. Et elle maudissait le pouvoir pour le contrôle pervers qu'il exerçait sur le cerveau des hommes. Le plus important était de rétablir la justice non ? Pas d'être le plus puissant.

    Mais bientôt, le Redresseur errant demanda un service qui surprit la jeune guérisseuse. Soigner un cheval ? Elle n'avait jamais pensé à pouvoir soigner les animaux, à aucun moment. Mais il faudrait qu'elle essaie, pour voir, pourquoi pas, si ça fonctionnait. C'est pourquoi elle répondit exactement ce qu'elle avait en tête :

"Et bien, je n'en sais rien, mais je pense que ça vaux le coup qu'on essaie. J'imagine que c'est possible oui ! Par contre, si je dois aller à l'écurie, me laisseriez-vous me changer ?"

    Puis, l'homme s'empressa de rajouter des détails et Evynne se sentit un peu triste en entendant qu'il n'aimait pas ce château et qu'il souhaitait repartir. C'est pourquoi elle répondit aussitôt :

"Oh. Je vois.. Je.. Si je soigne votre cheval, pourriez vous rester toute la journée ici ? Cela fait longtemps que je n'ai pas vu d'Aasimar, j'aime bien vous parler et puis... je pensais que vous resteriez plus longtemps... "

    Evynne fit une petite moue gênée avant de reprendre, tout doucement, ce qu'elle n'avait pas osé dire plus tôt :

"S'il vous plait Monsieur Lliryn. C'est mon anniversaire aujourd'hui... Je vous considérais comme une sorte de cadeau..."


    La petite guérisseuse avait le regard baissé et l'avait dit d'un ton très bas, sans savoir si elle voulait vraiment qu'il l'entende. Mais, sans avoir eu sa réponse elle se leva d'un coup et déclara :

"Restez manger pendant que je vais me changer, je reviens très vite !"


    Evynne fila donc, emportant toutefois sa brioche avec elle, jusqu'à sa chambre. Elle s'empressa de prendre ses vêtements de Redresseur, de s'habiller et de redescendre. De peur que l'aasimar ne s'envole durant son absence, elle le fit le plus rapidement possible, en courant dans les couloirs et sans prendre le temps de se reposer.

    Quand elle retrouva les cuisines, il était toujours présent. Et elle remarqua qu'en s'habillant, elle avait posé sa brioche sans même la finir et qu'elle l'avait laissé là-bas.
    Tâchant de retrouver son souffle, elle se posta devant lui et observa les brioches. Il en restait deux, qu'elle dévora du regard. Sa petite course lui avait ouvert l'appétit et elle s'en saisit d'une prestement, tout en restant debout :

« Me revoilà. Ma tenue est un peu plus convenable, surtout pour aller soigner votre cheval ! Finissons de manger et je vous emmène aux écuries. »

    Et c'est ce qu'ils firent. Arrivés devant les différentes stalles, l'homme la mena jusqu'à son cheval. Evynne tenta de se faire petite devant le Redresseur qui s'occupait de cet endroit. Elle n'était pas censé déambuler avec un autre et était censé suivre des leçons ou faire l'écuyer. Mais ce n'était pas vraiment quelque chose qu'elle appréciait. Elle voulait aider les gens et non les servir.

    Légèrement mal à l'aise d'utiliser son pouvoir sur un cheval, la guérisseuse posa ses mains sur le museau de l'animal afin qu'il se calme. Elle espérait percevoir des sensations qu'elle ressentait chez les êtres humain en temps normal mais n'y arrivait pas réellement. Prenant une forte inspiration, Evynne fit venir la magie dans ses doigts puis ses mains. Ils avaient une couleur blanche qui prenaient des teintes dorées. Puis, tout doucement elle posa ses mains contre le crane de l'équidé.

    Son souffle était modéré, ses yeux clôt. Il fallait qu'elle répande la lumière dans l'animal. Mais par quel voie ? Comment accédait-on à l'essence de l'animal ? A ce qui le fatiguait ou non ? C'était bien plus dur que pour un être humain.
    Elle ne connaissait pas le corps des équidés et perdait confiance en elle. Elle ne voulait pas décevoir Lliryn. Il fallait qu'elle le soigne. Alors, tentant de reprendre confiance en elle, Evynne dispersa sa magie au sein du cheval. La lumière se répandait dans son corps, de façon décousu. Mais elle l'espérait, d'une façon efficace quand même. Et sous ses doigts, elle sentit que l'animal se débattait. Ne voulant prendre aucun risque, la femme retrouva conscience et recula prestement.

    Le cheval avait l'air beaucoup plus vif qu'avant. Souriant à Lliryn, fière de savoir qu'elle pouvait même guérir les animaux, ou du moins, ôter la fatigue, elle demanda, d'une voix enchantée :

« Désirez-vous autre chose monsieur ? »

    Ses yeux pétillaient. Tous n'avaient pas le pouvoir de la guérison, mais pour la femme, c'était dans sa seconde nature. Et c'était une incroyable nouvelle. Elle avait l'impression de pouvoir redonner la vie.


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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Dim 23 Nov 2014 - 9:06

Lliryn fut soulagé que la guérisseuse accepte d’essayer. Au moins, elle ne rechignait pas comme les autres Redresseurs. Pourtant, ces derniers avaient aussi juré sur leur honneur d’aider autrui. Jusqu’à preuve du contraire, « autrui » c’était lui y compris. Oui, le Code arrangeait bien Lliryn quand cela lui chantait.

Néanmoins, le chevalier fut surpris par la réaction de la demoiselle, qui venait de perdre un peu de sa gaieté après sa dernière réplique sur le château. Certes, la bâtisse était de toute beauté, quoiqu’un peu en ruines à certains endroits, mais il manquait quelque chose à Lliryn pour s’y sentir bien. Sa liberté peut-être. Une liberté apparente, car pouvait-on vraiment être libre en appartenant à un ordre ?

En réalité, le Redresseur allait de surprise en surprise, car il ne s’attendait absolument pas à ce qu’Evynne lui demande de rester la journée. Après tout, elle ne le connaissait pas. Rencontrer un autre Aasimar semblait décidément important pour elle. Lliryn se dit que cela devait certainement lui rappeler Quiétude, où elle en voyait tous les jours, en plus de sa propre famille. Bien que les descendants des anges soient nombreux à Bélin, ils se trouvaient bien plus éparpillés que dans le village norpalien.

Il se racla la gorge pour parler, sans trop savoir d’ailleurs ce qu’il pourrait bien dire, mais déjà Evynne reprenait la parole, sur un ton beaucoup plus bas. Il comprit qu’elle insistait car c’était son anniversaire, un jour important pour une jeune fille qui se trouvait si loin des siens. La suite se perdit dans la bouche de l’Aasimar et le chevalier parvint à peine à l’entendre.

Il eut un bref sourire décontenancé. S’était-elle imaginée qu’il allait quitter les lieux une fois sa brioche avalée ? Il ne comptait pas partir sur le champ, après un si long voyage. Il retint un rire à cette idée et s’apprêtait à répondre à l’Aasimar, mais cette dernière se leva tel un feu-follet blanc pour aller se changer, le priant de rester manger.

*Je n’ai même pas eu le temps d’ouvrir la bouche pour dire quoi que ce soit, songea t-il. Je me fais vieux…*

Lliryn finit sa brioche –qui entre temps avait un peu refroidi à son grand désarroi- en songeant aux paroles d’Evynne. Il se demanda comment se comporter face à quelqu’un qui fêtait son anniversaire, lui qui ne l’avait jamais fait par le passé. Fallait-il la féliciter, lui donner des conseils ou encore accéder à toutes ses demandes ? Devait-on marquer le coup ou au contraire considérer qu’il s’agissait d’un jour comme un autre ?

Le chevalier demeura prisonnier de ces réflexions « existentielles », lorsqu’Evynne revint rapidement. Lliryn remarqua qu’elle semblait essoufflée, comme si elle s’était dépêchée
.
« Vous avez vu, je n’ai pas bougé », dit-il sur le ton du bon élève, avant de terminer d’engloutir sa brioche.

Evynne proposa de finir de manger, avant de se rendre aux écuries, maintenant que sa tenue le lui permettait. Elle portait désormais l’uniforme des Redresseurs, une tenue dont lui-même était exempté par soucis de discrétion. De toute façon, étant un Aasimar, on le remarquait déjà assez comme ça.

« Pour ma part, j’ai fini, mais prenez votre temps. »

***

Ils se rendirent en suivant vers les écuries. C’était un lieu dans lequel Lliryn aimait se rendre lorsqu’il rentrait au château. Le chevalier ne voyait pas ses montures comme de simples animaux, mais comme des compagnons de route. Alors, il venait chaque fois qu’il le pouvait pour veiller à ce que son destrier soit bien traité.

Lliryn remarqua que contrairement à lui, Evynne ne semblait pas très à l’aise. Il vit qu’elle jetait un œil au Redresseur en charge des écuries et il esquissa un geste rassurant.
Comme la majorité des chevaliers qui étaient là depuis plusieurs années, Lliryn avait déjà formé un écuyer. Il y avait peu de chance que l’on réprimande Evynne si elle se trouvait avec lui, puisqu’il pouvait toujours rétorquer qu’il s’agissait d’un exercice d’apprentissage. Lliryn n’aimait pas mentir, mais il ne se refusait pas un petit « détournement de la réalité » lorsqu’il le jugeait nécessaire.  

Parvenu devant la jument de Lliryn, le chevalier s’effaça pour qu’Evynne puisse s’approcher. L’animal manifesta aussitôt une certaine nervosité.

« Elle se méfie des étrangers, mais c’est une brave bête. »

Il se tut, laissant faire la guérisseuse, dont l’énergie se diffusait peu à peu entre ses doigts. Il se contenta d’observer, en retrait et aussi un peu curieux, il devait bien l’avouer. Tout d’abord, rien ne se produisit de particulier. Evynne semblait hésiter. Pourtant, elle persévéra jusqu’à ce ses efforts payent. Lliryn jugea qu’il s’agissait d’un comportement digne d’un Redresseur, quoi qu’il soit mal placé pour définir ce genre de choses.

La jument piaffa, comme si la joie d’Evynne s’était coulée en elle. Lliryn flatta l’encolure de la bête, tout sourire.

« Et bien, ma belle, il semblerait qu’une seconde jeunesse te soit accordée ! », s’exclama t-il.

Bien sûr, elle ne galoperait pas éternellement vu son âge, mais elle pourrait au moins chevaucher encore quelques temps sans souffrir, ce qui était déjà bien beau pour un animal gagné par l'épuisement un peu plus tôt.

Lliryn se tourna vers la jeune Aasimar, dont la fierté se lisait dans ses yeux. A sa question, il répondit :

« Mon souhait a été réalisé, mademoiselle. Mais Lliryn me convient, vous n’avez pas à m’appeler monsieur. J’ai l’impression d’être l’un de ces vieux hauts gradés enorgueillis par le poids de leurs galons. »

Il sourit, après avoir passé une main, dans une dernière caresse, sur le museau de l’animal. Le chevalier avait laissé un peu tomber son masque neutre traditionnel pour un visage plus décontracté et souriant. Il se tourna alors vers Evynne :

« Et puis ce jour est le vôtre. Puisse cette année de plus vous être riche en apprentissage et en sagesse. C’est une qualité pour un Redresseur et ce qui le distingue des inconscients tel que le Gantelet. »

Une petite pique sur cet ordre que Lliryn abhorrait au plus haut point, cela ne faisait pas de mal…

« J’ai souvent entendu dire que, le jour de son anniversaire, il était d’usage de faire un vœu. Si vous en avez un, c’est le moment. Peut-être les dieux y prêteront-ils oreille. »

Voilà, faute de savoir quelle attitude adopter pour un anniversaire, il avait opté pour plusieurs en même temps, en plus de se permettre une remarque sur l’ordre du Phénix –dont il trouvait l’insigne très prétentieux, soi-dit en passant ! Lliryn n’était pas peu fier !
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Jeu 27 Nov 2014 - 17:51

    Evynne était tellement enchantée d'avoir soigné le cheval, de lui avoir rendu de la force et soigné sa fatigue. C'était si satisfaisant !

    Quand Llyrin s'adressa à elle, l'Aasimar sourit et rougit à la fois. Il y avait une teinte de couleur sur sa peau blanche. Mais elle ne pouvait se permettre d'appeler Llyrin par son prénom. Elle avait trop de respect pour lui. Alors elle se contenta d'hôcher la tête et de penser à ne plus utiliser de "monsieur" ni de Llyrin pour l'appeler. Elle se contenterait et bien de.. ne pas l'appeler. Cela serait bien plus simple !

    La femme assista aussi aux gestes de tendresse envers son animal. Cela se voyait qu'il l'appréciait particulièrement. Pas parce qu'il avait voulu qu'elle soit soignée, mais parce qu'il avait cette attitude, ce sourire. Cela se voyait et ravissait la guérisseuse.
    Puis, il fit une remarque sur le fait que c'était son anniversaire et la femme rougit d'avantage. La tête baissée, elle n'osait rien dire.

    Le compliment la toucha et elle sourit avec la remarque sur le Gantelet. Oui, ils étaient inconscients. Et Evynne avait l'intention caché de les rendre conscient. De leur montrer la bonne voie, celle de la rédemption et de l'acceptation de toutes les races présentes. Parce que les enfants de l'Outre-Monde n'était pas une menace.

    Puis, quand l'homme lui proposa de faire un vœux.. Elle ne savait pas trop où se mettre. Mais oui, peut-être était-ce le moment, avec cet aasimar en face d'elle. Fermant les yeux un court instant elle réfléchit à ce qu'elle souhaitait mais il ne lui fallut pas beaucoup de temps. Son idée s'imposa d'elle-même et elle eu une pensée pour Phélemée :
    *J'aimerai, ô grande divinité, qu'il me soit accordée la chance de voir Quiétude et mes parents une fois par année*

    Et juste après y avoir pensé, elle rouvrit les yeux et ne put s'empêcher de dire à Llyrin, directement, comme une pensée née et irrépréssible :

"J'aimerai que la Norpalie soit un lieu comme ici. Où la mixité est importante et où ne craint rien ! C'est mon pays. J'y suis née, même si ce n'est qu'à Quiétude. Mais ce que j'ai eu là-bas, j'aimerai que ça soit partout"

    Les yeux d'Evynne s'était illuminée. C'était pour ça après tout qu'elle avait décidé de rejoindre les Redresseurs. Elle voulait faire en sorte que la terre d'Ildirith soit une terre de paix et de justice. Comme Quiétude. Et l'aasimar avait la conviction que c'était possible. Surement parce qu'elle ne voyait pas toutes les impossibilités qu'il y avait. Entre autres, justement, le Gantelet.

    Mais elle était sure d'elle et convaincue qu'elle y arriverait. C'était pour ça qu'elle était fière d'être une Redresseur. Fière d'avoir intégré la cause et de voir que des hommes chevauchait dans le pays pour rétablir la paix et la justice.

    Regardant Llyrin, elle était réellement fier de lui. Parce que c'était ça, les Redresseurs. Un ordre encore faible mais qui, bientôt, deviendrait puissant. Et elle aurait sa part dans la création d'un nouveau monde. Elle en serait même la racine.


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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Lun 1 Déc 2014 - 15:18

Le vœu. Une chose bien vicieuse si l’on n’y prenait pas garde. Il y avait des tas de choses que l’on pouvait souhaiter, mais il était nécessaire de déterminer ses priorités, car l’on n’avait droit qu’à un choix. Il y avait ces vœux évidents et ceux que l’on n’osait prononcer. Certains ne devraient d’ailleurs jamais être formulés à voix haute comme en pensées. Parfois, un vœu franchissait le seuil des lèvres, puis il se réalisait subitement. Et après, on le regrettait amèrement.

La promesse de gloire. Voilà ce qu’aurait souhaité Lliryn à une époque. Aujourd’hui, il rejetait cette idée. Il ne voulait plus courir après le succès et acceptait d'être une ombre errante. Il ne désirait plus foncer tout droit vers la mort, dans l’espoir que l’on retienne son nom dans les chansons. Du moins, c’est ce qu’il croyait. Ne venait-il pas parfois tenter la mort lorsqu’il combattait le mal ? Lui qui n’était pas motivé par l’altruisme, il était bien possible qu’il soit guidé par l’adrénaline et le désir de se faire une place en ce monde.

Ah le château des Redresseurs avait le don de le rendre nostalgique ! Chaque blessure nouvelle sur son corps lui faisait prendre conscience, lorsqu’il revenait en ces lieux, qu’il avait fait un pas de plus. A savoir s’il ne se trompait pas de direction… ça, c’était une autre histoire.

Lliryn remarqua avec amusement qu’Evynne avait fermé les yeux. Il aurait bien voulu se trouver dans sa tête pour savoir quel serait son souhait. A quoi rêvait une jeune Aasimar Norpalienne ? Il ne le saurait sans doute jamais, aussi détourna t-il le regard, attendant qu’elle ait fini.

Et pourtant, cette dernière rouvrit subitement les yeux, dévoilant le fond de sa pensée sous les yeux grand ouverts du chevalier. Faire de la Norpalie un lieu semblable à Quiétude… Lliryn se demanda quel dieu se sentirait assez puissant pour exaucer un tel vœu. Le chevalier lui vouerait aussitôt un culte sans limite…

Il y eut ainsi un léger flottement, durant lequel il ne répondit pas, tandis qu’Evynne paraissait résolue, comme embrasée par un élan de détermination que Lliryn n’avait pas soupçonné au premier abord. Il crut discerner un brin de fierté dans son regard.  
Le bruissement du vent s’engouffra à l’intérieur de l’écurie, avant que le silence ne reprenne ses droits.

Puis, une réaction vint enfin : Lliryn se mit à rire, chose qui ne lui était pas arrivée depuis bien longtemps. Il ne saurait dire si c’était les paroles mêmes d’Evynne qui provoquaient cette soudaine hilarité ou son expression si convaincue. Comme il craignit que la guérisseuse s’offusque de sa réaction, le chevalier s’apaisa, également touché par sa naïveté.

« Pardonnez-moi. Ne croyez pas que je me moque de vous, car telle n’est pas mon intention. »

Il se recomposa un visage neutre et parfaitement flegmatique. En tant qu’aîné, il estimait qu’il était de son devoir de tempérer les ardeurs des nouvelles recrues, comme son instructeur l’avait fait lorsque lui-même se trouvait écuyer. Et puis, cette jeune fille là était une Aasimar, aussi se sentait-il concerné par son sort.

« Votre souhait est louable quoique bien ambitieux. Néanmoins, prenez garde : il faut commencer par de petites pierres avant de voir l’édifice en grand. »

Il avisa l’écurie, constatant avec ironie que ce n’était pas le lieu idéal pour débattre, une opinion partagée par le Redresseur en charge de l'endroit. D’un geste de la main, il désigna l’extérieur.

« Et si nous sortions d’ici ? Notre ami là-bas semble sous-entendre que nous sommes de trop, si j’en juge sa mine renfrognée et ses soupirs répétés. »

Le chevalier laissa passer la jeune fille, avant de s’avancer à sa hauteur. Dehors, le soleil étendait son empire dans le ciel et le temps s’annonçait clément. Les nuages s’étaient clairsemés, laissant des trouées de bleu pâle. Au milieu de cet environnement coupé de tout, le château prenait des airs de forteresse hors du temps. Seul un bruit métallique parvint aux oreilles de l’Aasimar, lorsqu’ils passèrent près de l’un des terrains d’entraînement. Un fracas retentit, annonçant le choc entre les armes des combattants. Un temps et un lieu idéal pour s’entraîner. Ici, entre ces murs, on se prenait vite à esquisser les rêves d’un futur idyllique. Partout flottaient les oriflammes de la colombe, comme une promesse de paix annoncée aux yeux de tous. Mais Lliryn savait que dehors, la réalité brisait les illusions aussi bien qu’un vent violent balayant des grains de sable. Dehors, il avait senti la peur et le poids que pouvaient engendrer rumeurs et superstitions. Et malgré le cadre rassurant du quartier général, il souhaitait toujours repartir vers l’extérieur. Quel étrange paradoxe.

Le vent du nord se mit à souffler, ramenant Lliryn vers la situation présente. Il ne put s’empêcher d’avoir une pensée pour Hydrasil, qui devait rayonner à cette heure-ci sous les rayons de l’astre.

« Votre amour pour Quiétude semble égal à celui que j’éprouve pour Hydrasil. Mais ne vous leurrez pas ; la Norpalie recèle énormément de dangers. Le Gantelet ne rendra pas la tâche facile à notre ordre. Certes, pour l’instant, il est trop occupé à donner la chasse aux nôtres pour faire attention à nous, mais je pense que cela ne saurait tarder. »

Lliryn préférait ne pas imaginer quelle serait la réaction de l’ordre du phénix lorsqu’ils découvriraient que les Redresseurs avaient désormais trouvé un moyen de purifier les démons…

« Et il reste encore la menace des goules, à laquelle j'espère bien me confronter. La paix n'est pas impossible, mais elle sera longue à bâtir, Evynne, j’en ai bien peur. »

Comme pour souligner ses paroles, une bourrasque vint agiter l'un des étendards qui arboraient si fièrement la colombe.
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Mer 10 Déc 2014 - 18:05

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    Evynne fut surprise par le rire de l'homme. Il était soudain, sans que rien en particulier le déclenche. Ou, si c'était le cas, elle n'avait pas saisi ce qui l'avait provoqué.
    Mais, elle ne pouvait s'empêcher de sourire en entendant un éclat de rire. Cela était dans ses gênes. Le bonheur autour d'elle engendrait une réaction en elle, qui la faisait sourire. Obligatoirement.
    Elle ne s'était pas demandé ce qui arriverait quand le gantelet s'emparerait d'elle et rirait avant de la torturer. Sourirait-elle à ce moment là ? Surement.. malheureusement...

    Mais en cet instant, elle était ravie qu'il se soit mis à rigoler, bien qu'il y mit bientôt fin pour s'excuser. Ne comprenant pas trop pourquoi, elle comprit qu'il pensait qu'elle en serait offensée. Alors que, pas du tout ! Et pourquoi elle le serait ? Cela la faisait se questionner sur les idées préconçues et les inquiétudes. Mais la guérisseuse ne pouvait rien dire. Elle se souciait tout le temps des autres, mais jamais elle ne se serait excusée pour un rire. Peut-être parce qu'aucun rire n'avait été moquerie pour elle.

    Puis, Llyrin tenta de l'avertir. Mais elle avait la flamme. Elle ne savait pas encore comment elle s'y prendrait, mais elle le ferait. Pour bien construire et faire en sorte que le monde soit en paix, il lui faudrait un plan, mais elle le consoliderait avant de partir. Il lui faudrait une base. Pourquoi pas Quiétude ? Et puis des volontaires, mais elles devaient trouver des gens motivés sur place.
    Mais ce n'était que des idées pour l'instant, rien de concret. Cela ne restait qu'un projet. Et le temps de le monter.. Quand est-ce qu'elle y arriverait ? Elle n'en savait rien et craignait que le temps passe trop vite sans qu'elle ne puisse le retenir pour agir.

    Quand il y eut un signe de l'écuyer en chef, Evynne baissa la tête. Il aurait fallu qu'elle parle moins fort et qu'elle ne dérange pas.
    Ici, elle n'aidait pas, elle était donc gênante et à la limite de l'intruse. Ce statut ne lui plaisait pas et elle se dépêcha de sortir, suivit de Llyrin. Passant à côté de l'homme qui avait pressé leur sortie des écuries, elle hocha la tête pour montrer son respect et accéléra le pas.

    Quand l'aasimar la rejoint, elle ralentit et se remit à penser à son idée de QG en Norpalie. Mais un fracas la tira de ses réflexion. Ils passaient devant un camp d'entrainement. Ce n'était pas l'un des lieux favoris de la guérisseuse même si il lui arrivait de venir pour apprendre. Elle avait appris à maîtriser des parades faciles pour débutants. Mais surtout, ce qui lui avait été enseigné ici c'est qu'en aucun cas il lui faudrait chercher le conflit. Elle n'était pas bonne à se battre, surtout parce qu'elle ne voulait en aucun cas attaquer son opposant. Il ne méritait à aucun mot d'être brutaliser, même si il lui voulait du mal. Les esquives et la fuite fonctionnaient plutôt bien dans le cas où la médiation s'avérait être un échec.

    Mais alors qu'ils avaient encore ralentis pour passer devant les gens au combat, Llyrin déclara son amour à Hydrasil et la remit en garde contre les dangers de la Norpalie. A l'abri à Quiétude, elle ne s'était jamais inquiété du Gantelet à l'époque. Ce n'était que les choses dont parlait ces parents. Des murmures concernant les ailes coupées de sa mère. Rien qui ne l'avait vraiment mise en garde. Ces parents avaient toujours voulu la rassurer. Peut-être uniquement dans le but de ne pas lui montrer la réalite. Mais Evynne était trop jeune pour se rendre compte de ce que ces parents voulaient lui épargner. Quiétude avait été une bulle de tranquillité, autant au niveau du village qu'au niveau du cocon familial.

    Alors, quand Llyrin parla des goules et de la paix qui mettrait longtemps à venir, Evynne répondit, sure d'elle :

"Si on ne commence pas quelque part, il n'arrivera rien. Vous n'êtes pas tenté par l'idée de faire tomber le gantelet là où ils sont basés ? Puis.. si vous voulez vous confronter c'est là qu'elles sont."

    Le jour de son départ, Evynne avait appris qu'un village entier avait été décimé par les goules. Elle n'avait rien contre spécialement, mais elle savait le mal qu'elles répandaient et l'impossibilité de les raisonner. Jusqu'à récemment.
    La nouvelle découverte faite serait peut-être justement un bon moyen de s'implanter en Norpalie. Mais la jeune Pianec avait besoin de quelqu'un pour l'épauler, pour ne pas perdre espoir. Et c'est pour ça qu'elle devait revoir Quiétude, le plus vite possible.


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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Jeu 25 Déc 2014 - 14:13

Hors-Rp:
 

Démolir le Gantelet tel un vulgaire château de cartes, voilà une idée qui plaisait au chevalier. Mais entre les pensées plaisantes et la réalité, il y avait un gouffre. L’entreprise avait quelque chose d’hautement périlleux, voire suicidaire. En Norpalie, l’ordre du Phénix dominait par sa connaissance du terrain et son empire était tel que le contrer sur ses propres terres laissait un arrière-goût d’incertitude. Lliryn n’était pas fou.
Il observa longuement Evynne. Elle non plus. Elle était naïve, certes, idéaliste sans doute, mais pas folle.
La conversation prenait presque des allures de conspiration, tant elle détonnait dans le cadre paisible de la matinée. De plus, voilà qu’une novice déclarait sur un ton convaincu ce qu’aucun officier chevronné n’avait jamais formulé, l’eut-il un jour pensé au plus profond de lui-même.

La Norpalie.

Le Redresseur n’aimait pas le froid. Il le détestait même. Et ces terres là respiraient la froideur. La première fois, la morsure du gel l’avait saisi jusqu’aux os et il s’était perdu au milieu d’un paysage blanc immaculé, prisonnier des montagnes inhospitalières. Ces pics escarpés où venait rugir le vent nourrissaient les superstitions les plus folles. A la pâle lueur de la lune, tout être sorti de cet immense manteau blanc semblait surnaturel. Les sifflements de la brise qui vous giflait le visage se transformaient vite en hurlements de mauvais augure. Un souvenir assez glauque, en somme.

Mais Evynne avait raison sur un point : là-bas, il y avait les goules. Et Lliryn ne manquerait pas une occasion de trouver un sens à sa vie, fût-il en Norpalie. Si en plus, il pouvait aider à mettre un terme aux agissements du Gantelet…

Captif depuis tant d’années de la promesse faite à son défunt père, il avait rejoint les Redresseurs, s’était fait à leur cause, mais qu’avait-il encore accompli ? S’il était né ce matin de Gec à la place d’une autre, n’était-ce pas pour une raison ? Il ne pouvait –ne voulait- pas croire qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise plaisanterie de Litrish. Après tout, le dieu du destin et la mort n’était pas réputé pour son sens de l’humour…

Lliryn croisa les bras.

« Vous avez visé haut pour "commencer quelque part". »

Néanmoins, il ne s’agissait en rien d’une critique. L’ambition, c’est ce qu’il manquait parfois aux Redresseurs, du moins aux yeux de Lliryn. L’ordre avait œuvré tant d’années dans l’ombre. Certes, les résultats venaient enfin, mais il leur fallait désormais de l’action. Ildirith devait savoir qu’il y avait désormais trois ordres sur ces terres et non pas deux.

« Il faut détruire le mal à sa source, n’est-ce pas ce que l’on dit ? Vous allez me juger sans cœur, mais je n’ai jamais été du genre scrupuleux : les goules seront peut-être, malgré elles, un appui pour notre ordre. »

Nul doute que ses supérieurs hiérarchiques s’arracheraient les cheveux en entendant pareils propos, mais Lliryn ne se souciait guère de l’avis d’autrui depuis bien longtemps. Une forte tête sous des airs à ne pas y toucher.
Selon le Redresseur, l’ordre pourrait bénéficier des faveurs des Norpaliens s’il les défendait contre ces envahisseurs cadavériques. Le Gantelet risquerait même de perdre progressivement leur estime par son inaction.

Sans même sans rendre compte, le chevalier plaça sa main sur la garde de son épée. Bryn se languissait des combats, à l’abri dans son fourreau de cuir. La soif de sang n’avait jamais motivé Lliryn à se battre, mais il demeurait un guerrier. Un homme qui avait voué sa vie au combat. Il lui faudrait toujours une raison de se battre, au risque de ne plus se sentir exister. Tout le paradoxe des hommes d’épée résidait là : c’est à l’approche de la Mort qu’ils se sentaient vivants. Lliryn ne se battait pas gratuitement. Bien qu’il soit loin de l’archétype de l’ange gardien, il avait besoin d’une cause à honorer, aussi déclara t-il avec détermination :

« Vaincre le mal sur un territoire qui en est l’une des principales cibles, voilà un projet qui saurait trouver oreille attentive. Mais pour élargir la sérénité de Quiétude dans toute la Norpalie, il faudra peut-être du sang et des sacrifices. Vous me semblez être une personne scrupuleuse et philanthrope. Le supporterez-vous ? »

Lliryn ne doutait pas de la volonté d’Evynne, ni de sa ferme conviction à rendre ce monde meilleur. Mais la Norpalie… Toute la difficulté résidait dans ce simple nom. La jeune Aasimar aurait-elle les épaules assez robustes pour soutenir un si ambitieux projet ? Avait-elle un plan, une idée pour parvenir à cet idéal ? Ou peut-être n’était-ce que des paroles jetées dans l’air, comme la jeunesse en laisse si souvent échapper. Au fond de lui, le Redresseur était convaincu que ce n’était pas le cas, mais il éprouvait le besoin de tester la détermination de la jeune fille.  

L’Aasimar voulut ajouter qu’il serait prêt à aider Evynne si elle avait réellement la ferme intention de mener à bien cette cause en Norpalie, mais il n’en eut guère le temps.
En effet, une ombre se découpait un peu plus loin devant eux et s’avançait visiblement à leur rencontre.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Lun 5 Jan 2015 - 16:29

    La jeune recrue regardait l'homme avec admiration. C'était pour elle, un chevalier expérimenté, une figure à suivre. Un exemple. Mais, au fur et à mesure qu'il parlait, elle comprit que c'était un chevalier et que pour lui, la règle de ne pas ôter la vie ne s'appliquait pas. Mais Evynne n'avait pas à le juger là dessus. Il fallait bien des personnes pour s'occuper de sauver des habitants en détresse. Et puis, elle n'était que guérisseuse avec des ambitions qui dépassait ses capacités. ( Bien que, l'ignorant, c'était un peu comme en être capable ! )

    Et l'aasimar semblait attaché à son épée. Il avait d'ailleurs posé sa main sur sa garde, tout en parlant de s'occuper des goules. Des idées semblaient lui traverser l'esprit. Il finit par les extérioriser, semblant convaincu du projet. Cela ravit Evynne qui trouvait du soutien auprès d'un supérieur, d'un modèle. Son idée semblait plaire, c'était très gratifiant pour elle. Tout autant qu'aider un autre et recevoir un sourire en échange. Les yeux pétillants, elle ne perdit pas de sa joie quand Llryrin la remit en doute. Evynne n'avait pas peur des sacrifices, même si elle ne se doutait pas de l'ampleur que cela pourrait impliquer.

    D'ailleurs, elle voulait trouver un moyen pour éviter que le sang ne coule de trop. Bien s'y prendre était tout aussi important que d'exercer le bien. Mal faire ce qu'elle pensait être le bien, c'était un peu pratiquer le mal. Oui elle était scrupuleuse et le resterait pour que son projet aboutisse. Et elle resterait justement philanthrope tout du long, sans jamais aller contre ses principes. Evynne était sûre d'elle.
    Peut-être était-ce parce que c'était le matin de ses 17ans, que la motivation l'animait. L'idée lui trottait en tête mais aujourd'hui, elle semblait le toucher du bout du doigt, elle le désirait vraiment et le prenait pour la réalité. C'était un sentiment délectable qui l'envahissait. D'avantage que de savoir qu'elle avait pris une année aujourd'hui. C'était bien meilleur. Oh oui !

    Elle s'empressa donc de répondre au chevalier, les yeux brillants :

- Je suis réellement prête à tout pour faire en sorte que ce projet devienne réalité. Je ne pense pas faillit devant un quelconque obstacle !

    Alors qu'elle allait ré-enchérir, un mouvement l'interrompit : Quelqu'un venait à eux. C'est avec un grand plaisir qu'elle s'aperçut qu'il s'agissait de Gilas, son tuteur. Ravie de le voir, elle lui sourit largement et lui dit, avant même qu'il ne put parler :

- Maitre Gilas, quel plaisir de vous voir aujourd'hui ! Je suis présentement avec Monsieur Llyrin, peut-être le connaissez-vous. Je l'accompagnais dans les couloirs du château.

    La jeune femme laissa un blanc, le temps que les deux hommes se saluent. Mais elle se sentait d'humeur taquine, toute animée par l'envie de réaliser son projet. Alors, elle ne put s'empêcher de reprendre, à l'intention de l'homme qui l'avait recruté et amené jusqu'ici à travers bien des épreuves.

"On discutait de l'avenir que je souhaite avoir au sein de l'ordre. Je peux aussi vous en parler, n'est-ce pas ?"

    L'homme haussa un sourcil et se contenta de répondre :

"Ne devrais-tu pas être en train de t'entrainer jeune fille ? Je sais quel jour on est mais... ton anniversaire n'est pas l'excuse de la flemmardise."

    Evynne baissa la tête et se sentit mal. Toutefois, le fait de savoir qu'il était au courant pour son jour de naissance la ravit et sa honte ne dura qu'un instant. Il fallait qu'elle le mette au courant :

"Nous étions en train de parler de comment nous pourrions-nous implanter en Norpalie. Développer des projets au service des Redresseurs fait parti de mes obligations, non ?"


    La guérisseuse pensait faire sourire son tuteur, mais au contraire, son visage se referma. Il semblait perplexe. En train de réfléchir à l'impact de ces paroles, si cela rentrait bel et bien dans ce qu'elle avait à faire. Mais il se contenta de soupirer et se tourna vers Llyrin, qui semblait moins euphorique que la jeune femme.

"J'espère que mon élève ne vous incommode pas. Elle peux être agitée quand elle rencontre des chevaliers de l'ordre, d'autant plus quand il s'agit d'autres Aasimars."

    Evynne ne fut pas plus heurtée que ça de l'annonce de Gilas, elle était habituée à son caractère, mais elle garda le silence. Elle se contenait d'exposer ses idées et ses plans. Il lui faudrait l'aval de son tuteur. Mais même sans, elle se permettrait de partir pour la Norpalie, mettre son plan à exécution. Il fallait qu'elle y retourne respirer l'air frais et qu'elle y voit sa famille. En fait, seul l'autorisation et les moyens disponibles l'empêchait de se mettre déjà en route : son esprit bouillonnait de ses idées.



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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Dim 18 Jan 2015 - 13:30

Hors-rp:
 

Chaque graine de doute semée par Lliryn ne semblait pas ébranler la détermination d’Evynne et le chevalier commençait à comprendre que raisonner la jeune Aasimar équivaudrait à peu près à tenter de raisonner un démon. Et pourtant, c’est un ange qu’il avait en face de lui. Pire même, les mises en garde semblaient provoquer instantanément un nouvel élan de la part de la jeune fille ! Le Redresseur se demandait s’il n’allait pas finir la journée avec une migraine devant tant d’altruisme et de bienveillance. Il y était si peu habitué –et surtout si peu sujet- qu’il se sentait plus démuni que s’il s’était trouvé face à un ennemi prêt à en découdre. L’enthousiasme de la jeune fille risquait de déferler une fois de plus telle une vague de lumière que le piètre Aasimar qu’il faisait ne savait même pas arrêter. Il allait y perdre ses plumes, à force ! Pour la première fois depuis de nombreuses années, Lliryn capitula. Il déposait métaphoriquement les armes ! Il ne chercherait plus à la contredire ou lui faire peur, c’était une cause perdue ! La seule chose qu’il pouvait faire désormais : l’aider.

Mais voilà que la silhouette qu’il avait aperçu s’avança vers eux d’un pas décidé, l’air grave et sérieux. Enfin quelqu’un qui comprendrait Lliryn ! Ce dernier jeta un coup d’œil à la jeune Norpalienne, dont le visage s’était fendu d’un sourire à la vue du nouvel arrivant.
*Elle serait bien capable de sourire à une goule !* remarqua intérieurement le chevalier, ne sachant trop s’il trouvait cela extraordinaire ou déprimant.

Quoiqu’il en soit, le dénommé « maître Gilas » fut accueilli par la demoiselle avec chaleur, tandis qu’à l’inverse, Lliryn demeurait aussi stoïque que de coutume, cherchant désespérément dans les tréfonds de sa mémoire des souvenirs de cet homme. Ce visage lui était à la fois familier et étranger, mais il finit cependant par se rappeler de lui : Gilas était déjà élevé hiérarchiquement lorsque lui-même avait rejoint l’ordre. Les années d'errance avaient certes un peu modifié le visage de l'homme, mais pas assez pour qu'il ne soit pas reconnaissable.
Une fois les présentations faites, l'Aasimar inclina la tête, déclarant le plus simplement du monde :

« Je suis Lliryn Faravel. Nous nous sommes parfois croisés sur le terrain d’entraînement, me semble t-il. »

Gilas le salua à son tour et Lliryn se demanda un instant quel genre de tuteur il était. Lui-même se souvenait avoir mené la vie dure au sien. L'Aasimar était posé et attentif, mais déjà incroyablement pincé et obstiné.  

« Oui, bien que ces occasions fussent rares, je crois me souvenir d’un jeune Aasimar peu loquace, mais sérieux. »

Une présentation fort polie de l’Aasimar, qui aurait fait sourire le mentor de ce dernier. Ou pleurer, tout dépendait du point de vue. L'extrême mauvaise foi du chevalier avait fait des ravages à l'époque. Comme un oiseau en cage, Lliryn ne supportait pas de rester cloîtré entre les murs du château à apprendre ce que son père lui avait déjà enseigné. Peut-être était-ce pour cette raison qu'il pouvait comprendre Evynne, quoiqu'il n'était pas du tout certain d'avoir réussi à cerner totalement la jeune fille.

Lliryn aurait volontiers questionné Gilas sur les dernières nouvelles au sein de l’ordre et sur Dame Sylvia –leur leader incontesté- mais il n’eut guère le temps d’ouvrir la bouche qu’Evynne rappela sa présence aux deux hommes. Sa réplique fut si spontanée que Lliryn ne put s’empêcher de sourire, un sourire discret néanmoins.  

Cependant, Gilas réprimanda sa disciple, qui avait échappé à l'entraînement. Durant un instant, le flegmatique Aasimar plaignit Gilas qui devait certainement constamment gérer le caractère enthousiaste et débordant d'énergie d'Evynne. Pourtant, Lliryn éprouvait de la sympathie pour cette courageuse demoiselle, aussi espérait-il que son tuteur lui pardonnerait ce petit manquement à la discipline.
Le chevalier errant, qui assistait donc bien malgré lui à cette scène, fut bien heureux de ne plus devoir rendre de compte à personne, quoique cette affirmation ne soit pas forcément vraie.

Gilas sembla trouver en lui calme et distance puisqu’il présenta des excuses pour la  conduite de sa disciple. Cependant, de façon tout à fait surprenante, Lliryn prononça ces mots :

« Je ne vous contredirais pas sur son agitation, vous m'avez l'air de bien savoir de quoi vous parlez ; Néanmoins, je soutiens ses idées. La Norpalie vit déjà des heures sombres. »

Lliryn ne lisait que peu de choses sur le visage de son interlocuteur, mais il remarqua néanmoins que celui-ci se fermait un peu plus, comme s’il ne s’était pas attendu à ce que l’Aasimar soit d’accord. Gilas semblait réfléchir, sans doute interloqué par cette drôle de conversation.

Et Lliryn ne comptait pas s’arrêter là. Sans attendre de réponse, il se tourna vers Evynne. En une poignée de seconde, Bryn fut délogée de son fourreau, sa lame apparaissant à la pâle lumière du jour, aussi froide que la mort. La pierre à son pommeau accrocha quelques lueurs, rendant grâce à son nom, un nom que les Nains lui avaient donné, en référence à un minerai précieux.

« Nous ne venons pas du même royaume, mais vous restez une enfant de mon peuple. Si vous comptez réellement mener à bien cette cause, je prête serment sur cette épée de vous aider. »

Ce serait la troisième fois que Lliryn promettrait sur Bryn. La première fois, il avait juré à son père qu'il irait trouver les Redresseurs. Quant au deuxième serment, il le tenait lié à cet ordre idéaliste et ambitieux qui arborait la colombe là où tous les autres ne juraient que par le sang.

A cet instant, Gilas, en bon tuteur qu’il était, lâcha un énième soupir de dépit. Il se plaça finalement devant le chevalier, avant de s’exprimer de la voix ferme de celui qui a autorité.

« Attendez Faravel ! Ne prenez pas de décisions hâtives. Je vous pensais un peu plus raisonné. De plus, Evynne est mon élève et j'aimerais que l'on m'explique clairement les choses. C’est à moi de prendre la responsabilité de ses actes. »

Lliryn se contenta de sourire innocemment, les réticences de Gilas étant totalement fondées et légitimes. Mais le chevalier estima que ce n'était pas à lui d'exposer le projet puisqu'il n'en était pas l'investigateur. Il se contentait d'apporter son soutien, ce qu'il fit par ces mots :

« Vous avez parfaitement raison. C’est pourquoi, en tant que chevalier des Redresseurs, je vous demande de bien considérer ce projet. Je crains que même Dame Sylvia elle-même ait quelques difficultés à ébranler cette résolution. N’êtes-vous pas d’accord, Evynne ? Que Litrish me précipite vers l'Astral si vous avez perdu votre langue », s’amusa le Redresseur.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Jeu 29 Jan 2015 - 12:52

    Evynne observait Gilas. Elle avait passé quelques mois en sa compagnie et avait appris à le connaître. Il n’était pas vraiment méchant. Gentil non plus d’ailleurs. Juste protecteur au niveau de son ordre et au niveau de ses recrues. Ou du moins d’Evynne.
    Après tout, Elziniel, le père de la jeune Pianec, était un ami de longue date. Le justiciar se devait d’en prendre soin. C’était une sorte de pacte fait avec lui-même sûrement : veiller pour que tout se passe pour le mieux en espérant qu’Evynne ne commette pas d’impair et de choses irréfléchis. Malheureusement, elle passait son temps à vouloir établir un système de justice et de bonheur qui faisait qu’elle s’éparpillait partout, tout le temps. Et que les erreurs qui mettaient sa vie en danger étaient un peu trop fréquentes au goût de Gilas, qui la prévenait pourtant à chaque fois et qui ne l’empêchait pourtant pas de s’interposer dans un conflit d’un village de Norpalie ou se précipiter dans un incendie criminel. Des broutilles vu qu’elle s’en était sortie tout à fait vivante. Si la guérisseuse en était là aujourd’hui, c’était surtout dû à la bienveillance de Gilas et celle de Phélemée.

    Le guerrier ne pouvait s’empêcher de la regarder comme une miraculée, bénie des dieux. Et il respectait ses valeurs et ses principes. Jusqu’à un certain point, qu’elle franchissait souvent. Typiquement, en cet instant, en voulant s’installer en Norpalie pour faire régner la quiétude, c’était de nouveau ça. Il ne pourrait pas s’assurer de sa sécurité et sa recrue se mettrait seule en danger.

    Gilas était en mauvaise position. Surtout avec Llyrin qui penchait en la faveur de la jeune demoiselle. Et c’est pour cela que son visage s’était refermé. Il n’avait pas recruté Evynne pour ensuite l’empêcher d’agir à sa guise. Il voulait qu’elle s’épanouisse, qu’elle devienne une Redresseur reconnu pour son travail pour le bien de la communauté. Mais il ne désirait pas qu’elle meure en essayant. Cela gâcherai un potentiel énorme. Evynne possédait la fibre de la justice en elle. Même si sa vision était un peu bancale, elle voulait toujours que tout se passe au mieux, pour tout le monde. Et que chacun reparte avec un sourire. C’était un but louable.

    Mais en cet instant, Gilas se retrouvait perplexe. Et alors qu’il pensait à comment calmer les choses et les arranger, l’aasimar agit en se tournant vers l’élève et lui annonçait qu’il prêtait serment sur son épée. Gilas, en tant que chevalier lui aussi, savait ce que ça pouvait représenter. Soupirant devant ce geste qu’il considérait excessif, Gilas se plaça entre les deux anges et demanda d’en savoir plus.
    Llyrin défendit encore une fois le point de vue d’Evynne qui semblait, d’un coup, très calme. Et pourtant.. ses yeux brillaient.


    La jeune fille était en train d’assister à toute la scène avec un recul étrange. Comme si tout se passait au ralenti. Llyrin venait de lui prêter serment ? Comme si tout était normal ? Il lui semblait bien que c’était le cas. Et que Gilas s’interpose entre eux le prouvait. Perdait-il ses moyens ? Il ne savait plus vraiment comment réagir et cela amusait Evynne. Tout autant que ça l’effrayait. L’homme avait toujours su comment agir. Mais elle s’emballait trop sûrement. Il lui fallait juste le temps de savoir de quoi il s’agissait.

    Mais, quand Llyrin parla de Dame Silvia, Evynne ne put s’empêcher de rebondir là-dessus, regardant avidement Gilas, en attente de chacun des signes qui changeait d’ordinaire.

“Je suis tout à fait d’accord. D’ailleurs, nous devrions peut-être parler avec notre Dignitaire. Je lui expose directement mon idée, elle l’approuve et nous nous mettons en route ! Qu’en dites-vous ?”

    Un petit sourire sur les lèvres, Evynne guettait la réaction de son maître, s’attendant à un non. Il respectait trop la chef de leur ordre pour qu’une recrue l’interrompe sans qu’il n’ait rien pu faire avant. Mais, une idée sembla lui germer et il se contenta d’hôcher la tête en répondant :

“Tu es sure de toi Evynne ? Bien. Allons jusqu’à son bureau. Tu m’exposes ton idée en marchant.”

    Surprise, la guérisseuse lança un regard étonné à Llyrin. Qu’avait Gilas derrière la tête ? Se plaçant à ses côtés, avec le chevalier Faravel à leur suite, Evynne commença à exposer son plan, tout comme elle l’avait fait à Llyrin : Se rendre en Norpalie, établir une base où être à l’abri, recruter des forces là-bas, les entraîner, gérer les goules. Il y avait du travail là-bas. Sans parler du Gantelet. D’ailleurs, il valait mieux ne pas en parler. C’était le petit mot pour faire pencher la balance dans son sens. Si les Redresseurs se retrouvaient sur leurs territoires alors les forces tendraient à s’équilibrer.

    Quand Evynne finit son discours, avec toujours autant d’enthousiasme, Gilas hochait la tête, doucement. Il semblait réfléchir et prêt à prendre une décision. Et, avant qu’ils n’arrivent au bureau de la dignitaire, le justiciar s’arrêta pour se retourner vers le chevalier.

“Vous êtes d’accord avec son plan ? Vous êtes prêt à l’aider ? Seriez-vous aussi prêt à la prendre comme écuyère ?”

    Evynne, qui avait un peu continuer à marcher, se retourna vers les deux hommes. On parlait de son évolution au sein de l’ordre ? D’arrêter son apprentissage ( qui ne prendrait jamais vraiment fin ) et de faire d’elle une écuyère ? Celle de Llyrin ?

    L’aasimar regarda Gilas, avec un oeil doux. Elle l’observait toujours comme un oncle. Quelqu’un de sa famille. Pas vraiment comme un tuteur. Même si, bien sur, ce côté se rappelait toujours à lui.
    Ça en faisait juste un oncle un peu bourru et qui aimait donnait des ordres. Mais Evynne avait énormément d’affection pour Gilas et en oubliait parfois ces manières de Redresseuse. Elle se précipita vers lui et passa ses bras autour de lui, pour l’enlacer rapidement, remplie de joie, avant de se détacher et de rougir, les yeux fixés au sol. Si elle devenait écuyère elle pourrait voyager et répandre la parole des Redresseurs. Son corps battait fort et elle espérait une réponse positive de Llyrin. Qui, dans ce cas-là, devrait lui-aussi subir un câlin



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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Mar 17 Fév 2015 - 14:24

Lliryn ne s’emballait jamais, quelle que soit la situation ou la cause. Il demeurait toujours stoïque et il était fort à parier que, même si Ildirith s’effondrait, il conserverait cette parfaite maîtrise de soi. Il se targuait lui-même d’être une personne posée et réfléchie, une nature qui faisait honneur à un rang qu’il ne possédait plus depuis longtemps. Mais peut-être s’était-il un peu avancé cette fois-ci, sans prendre le temps de digérer toutes les informations.

En prêtant serment sur son épée, comme tout chevalier qui se respecte, il avait choisi de mettre Gilas au pied du mur, sachant que ce dernier ne pourrait ignorer un tel geste. Lliryn était fier de lui. Il estimait avoir donné ainsi un coup de pouce à Evynne pour faire avancer son ambitieux projet. De simples mots n’auraient pas mieux attiré l’attention que pouvait le faire un serment solennel et il était désormais certain que Gilas ne saurait faire la sourde oreille. Loin de se sentir honteux d’avoir utilisé ce stratagème pour parvenir à ses fins –ou plutôt aux fins d’Evynne- l’Aasimar se félicitait de savoir encore ruser.
Mais peut-être s’était-il montré présomptueux.

Evynne proposa de discuter du projet avec Dame Sylvia. Lui-même n’y voyait aucune objection, mais il estimait s’être assez mêlé des affaires de la disciple de Gilas, pour le moment, aussi préféra t-il se taire. De toute façon, que pouvait-il bien rajouter après ce qui avait été dit quelques minutes plus tôt ? Et puis, il estimait que c’était à Evynne d’exposer et défendre son projet, sans qu’il ne se mette à parler à tors et à travers. Après, on allait encore dire que les chevaliers errants passaient leur temps à vagabonder, le nez en l’air, et que sous couvert d’arpenter les routes dans des conditions parfois difficiles, ils se croyaient mieux placés pour donner leur opinion au sein de l’ordre.

Cela dit, Gilas sembla approuver l’idée, ce qui était une bonne chose. Ils prirent donc la direction du bureau de Dame Sylvia.

Lliryn se tenait en retrait, avançant calmement, pour laisser maître et disciple discuter. Il tentait de se repérer à l’intérieur du château, car il se rendit bien vite compte qu’il avait complètement oublié où se situait « l’antre » de leur chef. Il mit de nouveau cela sur le compte de son absence, comme si le bureau avait pu changer de place tout seul pendant qu’il parcourait le continent.

L’Aasimar écouta donc distraitement un plan qu’il connaissait déjà pour l’avoir évoqué plus tôt. Il n’avait pas besoin d’approuver ; il venait déjà de le faire, de la manière la plus symbolique qui soit.

D’après ce que le chevalier pouvait en juger, Gilas semblait assez réceptif au discours d’Evynne. A moins qu’il ne soit en train de réfléchir à un habile procédé de lui faire entendre raison. Lliryn pria donc silencieusement Phélemée de faire pencher la balance en leur faveur.
Seulement, Phélemée dut décider de lui jouer un tour pour son audace, car la proposition que Gilas fit en se tournant vers lui ne manqua pas de le déstabiliser profondément. Il avait hoché la tête à chacune de ses questions pour donner son approbation, mais la dernière lui fit ouvrir des yeux ronds comme des soucoupes, figeant ses traits dans une expression qui fit insulte à son intelligence.

« Mon… écuyer ? », répéta t-il comme si ce mot s’apparentait pour lui à un animal mythique.

Après un haussement de sourcil des plus éloquents, Lliryn reprit contenance, mais son esprit tournait à plein régime : Gilas venait-il réellement de lui demander de prendre Evynne comme écuyère ? Etait-ce ce que l’on appelait le retour du bâton ? Pour être honnête, l’Aasimar voyait cela comme une charge et s’arrangeait toujours pour éviter que l’on ne lui en assigne un. Généralement, il s’éclipsait dès qu’il sentait le vent tourner, pour ne pas dire qu’il s’enfuyait…

Néanmoins, Lliryn avait prêté serment sur son épée, il ne pouvait donc plus se défiler. Ce serait faire acte de parjure, en exagérant la chose. Le Redresseur se doutait bien qu’on attendait de lui une réponse, mais aucun mot ne se décidait à sortir de sa bouche résolument close.

Lliryn vit alors la jeune Aasimar se précipiter sur le Justiciar pour l’enlacer comme peuvent le faire les membres d’une même famille. A nouveau, ses traits affichèrent de la stupéfaction, puis il se confondit en un silence décent.

Pincé comme il était, il ne put s’empêcher de toussoter discrètement pour dissimuler son malaise. Gilas et son caractère bourru ne devaient pas en mener large non plus. Bah, c’était son problème à lui, de toute façon ! Dans ce genre de situation, c’était chacun pour soi ! Lliryn n’avait jamais été d’un naturel compatissant. Il préféra s’estimer chanceux, car les démonstrations affectives avaient tendance à démolir toute trace de naturel chez lui.
Il se surprit cependant à admirer le lien qui existait entre ces deux êtres si différents. L’homme face à lui était certainement un très bon tuteur, l’Aasimar en était désormais convaincu. Pour la première fois depuis bien longtemps, il ressentit une certaine pression sur ses épaules. S’il arrivait quelque chose à Evynne au cours de ce projet, Gilas ne lui pardonnerait sans doute jamais d’avoir encouragé ses idées et il ne serait pas le seul.

Puisque la jeune Aasimar s’était éloignée, visiblement gênée de son propre élan, Lliryn jugea bon de donner sa réponse.  

« Je suis bien mal placé pour refuser quoi que ce soit », déclara t-il d’une voix absolument monocorde. « Néanmoins… » Et il insista sur le mot, celui-ci résonnant dans le couloir.

Lliryn se demanda si le prix à payer pour intégrer pleinement l’ordre ne serait pas un peu trop élevé pour Evynne. Il ignorait comment se conduisait Gilas avec elle, mais il savait au moins comment lui se comportait et était perçu. Il n’était ni altruiste, ni empathique, trouver un sens à sa vie étant bien plus important pour lui que de mourir pour autrui sans avoir trouvé des réponses satisfaisantes. Et bien souvent, aucune réponse ne trouvait suffisamment grâce à ses yeux. Ajouté à tout cela, il se perdait tout le temps et il préfèrerait se jeter dans la mer des Larmes que de le reconnaître. Evynne ne le connaissait pas sous ce jour. En fait, elle ne le connaissait pas du tout, puisqu’ils venaient à peine de se rencontrer. Et déjà une alliance pour renverser le Gantelet sur leur terre s’était mise en place. Les Aasimars étaient peut-être les créatures les plus effrayantes d’Ildirith…  

Quoiqu’il en soit, le chevalier imaginait bien que l’idéalisme de la jeune fille se heurterait à sa propre pensée à lui. Il se demanda comment chacun en ressortirait.

« Pour être honnête, je ne saurais dire si cela l’aidera, mais je vous laisse seul juge, Gilas. »

Lliryn se tourna alors vers Evynne. D’un mouvement rapide et fluide, sans qu’aucun geste, pas même un battement de cil, n’ait pu le trahir, il fit tournoyer Bryn avant de placer la lame juste sous la gorge de la jeune Aasimar.  

« Néanmoins, un écuyer se doit de savoir manier les armes, ne serait-ce que pour se défendre. Je m’engage à te prendre comme écuyère, à condition que tu me prouve que tu peux te défendre. Je pense avoir déjà assez insisté sur les dangers qui jalonneront ta route. »
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Lun 23 Fév 2015 - 5:45

    Après son bref câlin, Evynne bouillonnait. Elle n'osait plus rien faire et ses pensées étaient confuses. Gilas lui offrait la possibilité de monter en grade au sein de l'ordre et Lliryn avait prêté serment qu'il l'aiderait. Mais maintenant.. plus rien n'était clair, à part sa résolution d'essaimer la joie et la paix en Norpalie.

    L'aasima pourtant, restait distant, réfléchissant lui aussi à ce qu'il pouvait répondre. Et si cela n'affectait pas l'optimisme de la jeune fille, même si elle percevait le doute, Evynne était quelque peu mal à l'aise.
    Que se passerait-il si il refusait ? Elle perdrait en crédibilité auprès de Gilas. Était-ce une ruse pour ne pas perdre sa protégée ? La guérisseuse ne pouvait y penser. Non, il n'aurait pas osé faire ça. Mais rien ne pouvait lui assurer que ce n'était pas le cas.

    Il fallait se concentrer sur ce qui était concret, en l’occurrence, la réponse du chevalier.
    Et son "néanmoins" qui résonna lourdement. Levant la tête vers lui, Evynne le fixa, un léger sourire aux lèvres. Qui s'éteint d'un coup, quand la phrase arriva à son terme. Comment ça, devenir son écuyère ne l'aiderai pas ? Mais si, justement ! Elle pourrait vaquer sur Ildir et répandre la bonne parole et les bonnes manières. Pourquoi refuserait-il de lui accorder ce privilège ?

    Evynne avait froncé les sourcils devant ce questionnement qui n'avait pas lieu d'être. Mais avant qu'elle ne put se forcer à sourire de nouveau ( bien qu'à aucun moment il n'était difficile pour l'aasimar d'égayer son visage avec un simple sourire et des étincelles dans les yeux ) elle se retrouva avec une lame sous la gorge. La même qui, trois couloirs avant, lui avait prêté serment.

    Lliryn la mise en garde et imposa une condition pour l'accepter comme écuyère. Elle devait savoir manier les armes, afin de savoir au moins se défendre. Mais Evynne n'était pas à l'aise avec tout ce qui était capable de trancher, couper, assommer, ou blesser autrui, de quelque manière que ce soit. Mais elle avait autre chose. C'est pourquoi elle regagna son sourire et se mit dans une position de défense, celle que Gilas lui avait enseigné sur leur route jusqu'en territoire Bélinois.

    Droite, le plus stable possible sur ses pieds, les mains face à elle et libre de bouger en tout sens, elle fixa le chevalier dans les yeux avant de lui répondre :

"Je ne manie surement pas les armes à la perfection. Mais je sais me protéger. Portez un premier coup, n'ayez crainte, ma vie n'est pas en danger."

    Depuis l'incendie, la femme avait une confiance aveugle en Phélemée. Elle l'avait protégée et bénie. Si on devait porter atteinte à sa vie, la divinité empêcherait qu'un assaut mortel ne la tue. Elle ne craignait rien, en aucun moment. Et puis un sourire résolvait bien tout les soucis. Alors elle était prête à recevoir le coup. Sans attendre.
    Même si elle savait qu'elle devait prouver son aptitude à se défendre par les armes. Et elle était capable de le faire.

    Toutefois, Gilas intervint avant qu'un geste ne soit fait, de part comme de l'autre. Il avait vu le miracle de l'incendie se produire et sauver sa protégée, mais il ne croyait pas que ça puisse se reproduire. Autant épargner le moment où Evynne se prendrait un coup qui la blesserait suffisamment longtemps pour qu'elle ne puisse plus aller gambader en Norpalie.

"Evynne, ne dit pas n'importe quoi. Lliryn, vous avez bien raison de vouloir une écuyère qui sache se défendre. Normalement, elle le sait, mais comme vous pouvez le voir, elle n'est pas vraiment assidue aux entrainements. Alors Evynne, si tu souhaites partir en Norpalie, prouve-nous ta valeur."

    L'aasimar hocha la tête, avec un simple sourire et se recula prestement de la portée de l'épée.

"J'accepte un duel. Pour montrer que je sais me défendre et que je suis assez bonne à la course pour m'enfuir. Mais ce n'est pas ce que j'appelle se défendre quand on fait partie de notre ordre. Non. C'est pourquoi je sais aussi traiter avec l'ennemi, avec diplomatie et discernement, pour le rendre vulnérable et le soumettre à la cause des Redresseurs."

    Les yeux d'Evynne avait de nouveau cette flamme qui brillait. Oui, elle voulait réaliser de grandes choses et se savait prête à tout pour cela. Et si un combat suffisait pour prouver sa valeur alors il n'y avait aucune raison d'hésiter.

    Repartant d'un pas vif dans le sens inverse, la guérisseuse prit quelques mètres d'avance avant de se retourner vers les deux hommes :

- Et bien ? Qu'attendez-vous ? Allons dans la salle d'entrainement. Je vais vous montrer que je peux devenir une écuyère. Vous ne le regretterez pas !


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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Jeu 5 Mar 2015 - 14:27

Quelque chose changea chez Evynne et le chevalier le remarqua de suite. Elle sembla laisser de côté son enthousiasme inébranlable pour adopter une attitude de défi. Lliryn en fut rassuré. Il s’était attendu à des exclamations scandalisées sur tout ce qui pouvait porter atteinte à la vie d’autrui, mais non. Elle lui lança le défi de porter un coup à son encontre, soutenant que sa vie ne serait pas en danger. Elle avait employé le terme « protéger », pas « se défendre », comme si un bouclier magique allait jaillir dont on ne sait où. Etrange cette confiance absolue en elle-même. Le chevalier se prit à douter un moment.

Peu porté sur les états d’âme en tout genre –y compris les siens- il était prêt à passer à l’action pour vérifier les dires de la jeune Aasimar, mais il hésita tout de même. Et si elle ne parvenait à arrêter le coup ? Il douta et Gilas en profita pour s’interposer. Peut-être avait-il senti que Lliryn était capable de porter un coup, comme l’avait demandé Evynne.
Gilas donna raison au chevalier et il l’appuya en demandant à Evynne de leur prouver sa valeur. Derrière cette injonction, Lliryn décela néanmoins la volonté de protéger sa disciple. Cette dernière se recula, hors de portée de la lame.

Le chevalier fut satisfait de l’entendre accepter. Bien entendu, elle versa de nouveau dans la morale et l’Aasimar errant eut comme l’impression d’être un mécréant quand elle expliqua sa vision de la défense au sein de l’ordre des Redresseurs. Aux yeux du chevalier, elle semblait avoir soudainement gagné quelques années, s'exprimant avec fermeté.
Avec un sourire ironique, Lliryn se tourna vers Gilas, déclarant à voix basse pour que seul le Justiciar l’entende :

« Est-elle en train de nous faire l’apologie de la manipulation ? »

Mais ils n’eurent guère le loisir de disserter car Evynne les laissa planté là, prenant la direction par laquelle ils étaient arrivés. De quoi fausser tous les repères de Lliryn qui s’était évertué à mémoriser la configuration des couloirs. Elle osa même les sommer de la suivre jusqu’à la salle d’entraînement, comme s’ils lambinaient.

Avec un demi-sourire –pas ce qu’il y avait de plus visible, mais cela égayait quand même un tant soit peu son visage- Lliryn déclara, une fois la réplique d’Evynne achevée :

« Je saurais me souvenir de ces paroles, jeune fille. »

Il rattrapa la jeune Aasimar, suivi de près par Gilas. Lliryn aurait préféré que le Justiciar prenne la tête de la marche, car il ne se rappelait absolument pas où se trouvait la salle d’entraînement. Le chevalier fit donc mine de savoir où il allait, ce qui n’était pas bien difficile pour le moment puisqu’ils traversaient une ligne droite. Les choses se compliquèrent au détour du couloir.

L’Aasimar tourna à gauche, mais en jetant un coup d’œil vers ses deux « compères » qui ne le suivaient vraisemblablement pas, il se rendit compte que ce n’était sûrement pas la bonne direction. C’est avec un raclement de gorge discret que Lliryn revint sur ses pas comme si de rien n’était. Ses traits tentaient de conserver la plus grande dignité, en dépit de la moue crispée qui venait déformer ses lèvres.

« Je le savais », murmura t-il cet honteux mensonge.  

Il ne prit même pas la peine de répondre au haussement de sourcil dubitatif de Gilas, qui eut l’extrême prévenance de n’émettre aucun commentaire.

Ils gravirent les quelques marches d’un escalier de pierre jusqu’à déboucher dans un vaste couloir au bout duquel une immense fenêtre laissait filtrer la lumière du jour. La première porte face à eux était déjà grande ouverte, donnant sur une salle rectangulaire qui rappela bien des souvenirs au chevalier. La salle d’entraînement ! Mû par un élan de nostalgie, Lliryn s’avança précipitamment jusqu’à l’entrée, avant que ses manières ne lui reviennent en mémoire. Il s’effaça donc pour laisser entrer Evynne… et Gilas, tant qu’à faire !

Une fois à l’intérieur, il détailla un instant les armes rangées contre un mur sur un présentoir prévu à cet effet.
La fenêtre était ouverte et un vent frais s’engouffra dans la pièce. Le calme, de l’espace et un peu d’air ; des conditions parfaites pour entamer un entraînement. L’Aasimar ôta son vieux manteau aux pans déchirés. Il portait un pourpoint au tissu coûteux par-dessus sa chemise, rappelant ses origines d’une meilleure façon que sa longue veste de voyage qui lui donnait davantage des airs de manant. Le riche vêtement avait cependant été fendu à deux endroits dans le dos pour laisser sortir la paire d’ailes d’un blanc presque argenté de l’Aasimar. Ce dernier, n’aimant pas beaucoup les garder repliées sous son manteau, se fit un plaisir de les déployer doucement. Cela ne lui plaisait pas du tout de les cacher durant ses voyages, mais il estimait qu’il valait mieux attirer le moins possible l’attention sur lui. Au moins, au château des Redresseurs, il ne courait aucun risque.

« Bien, lança Lliryn qui venait de se saisir de deux bâtons de bois. Montrez-moi votre détermination à devenir écuyère, demoiselle. Vous le savez, c'est là mon unique condition. »

Il lança l’un des bâtons à la jeune fille, puis se mit en place sur ses appuis. D’abord, Lliryn ne fit rien. Il se contenta de demeurer immobile durant plusieurs longues secondes.
Lorsqu’enfin, il se mit à bouger, son bâton alla s’entrechoquer avec celui tenu par Evynne, faisant tomber celui-ci au sol. Le chevalier ne l’avait pas attaqué, elle ; il avait simplement visé le bâton qu’elle tenait pour lui démontrer qu’elle devait se montrer concentrée et sérieuse.

Il s’avança pour le ramasser et lui redonner. Sans un mot, Lliryn se remit en place. Le visage fermé au point qu’on ne pouvait rien lire sur ses traits de marbre, le chevalier passa à l’attaque sans prévenir, portant un coup de bâton vertical en direction de la jeune fille. Le geste était précis et il n'y avait aucune hésitation ni dans sa vitesse d'exécution, ni dans sa trajectoire.
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MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Mar 10 Mar 2015 - 18:59

    Evynne fut rattrapée rapidement par les deux hommes qui ne semblaient pas trop mécontents. Et Llyrin semblait de plus en plus ouvert et détendu. Cela renforçait l'envie de la jeune femme d'être son écuyère, même si elle ne savait pas si elle serait capable de se défendre assez bien pour le satisfaire.
    Mais elle ne partait pas défaitiste. Il fallait toujours essayer, se battre pour y arriver. Sans relâche. Sinon c'était admettre qu'on était pas apte. Et ce n'était pas une option pour l'aasimar. Elle n'avait jamais vraiment connu d'échec non plus. Aider les autres ce n'était pas vraiment un domaine où la réussite n'était pas au tournant. Surtout pour la guérisseuse.
    Il suffisait de se montrer bien intentionnée, avenante, gentille. Et tout allait toujours bien. Ceux qui avait besoin d'aide recevait ce qui était nécessaire. Simplement. Il ne fallait pas se décourager, en aucun cas. Jamais.

    Suivant l'aasimar dans les couloirs, elle le vit tourner à gauche, sûr de son chemin. A cet instant elle s'arrêta et le regarda faire.
    Voulait-il passer par le parc avant d'aller à la salle d'entrainement ? Cela ferait un sacré détour, pas forcément utile. Mais avant qu'elle n'ait pu se mettre en mouvement, il fit juste demi-tour, l'air de rien. Enfin.. pas tout à fait. Il semblait s'en vouloir d'avoir prit ce chemin. Comme si il s'était trompé et que c'était une erreur. Mais Evynne ne comprenait pas. Cela faisait longtemps qu'il n'était pas venu. C'était normal de ne pas savoir se repérer, il n'y avait aucune raison de culpabiliser.

    Elle se plaça alors à côté de lui pour la suite de la marche, pour initier le mouvement et lui montrer les bonnes directions au fur et à mesure. Mais alors qu'ils arrivaient face à la salle, elle n'eut plus besoin de le diriger. Le chevalier se précipita vers la pièce, pour finalement s'arrêter et la laisser passer. Avec un large sourire, Evynne le dépassa et observa la salle.
    Cela faisait quelques jours qu'elle n'était pas venue. Elle n'aimait vraiment pas ce lieu. Trop de violence commises, c'était peu supportable. Et les séances ici étaient une torture pour Evynne qui faisait tout pour s'en défaire. Mais dès qu'elle croisait Gilas elle finissait quasiment toujours ici. Il savait qu'elle évitait les entrainements mais il connaissait l'importance de savoir se défendre, tout comme Llyrin. Alors il la forçait à venir et lui apprenait quelques mouvements. Et si sa protégée avait des bases, il savait qu'elle n'était qu'une bouchée de pain pour un homme qui avait même moins d'un an d'entrainement à l'épée.

    Mais pour l'instant, Evynne avait perdu sa concentration sur le combat et regardait les ailes de Llyrin. Elles étaient grandes et belles. Subjuguée, elle ne put pas le rester longtemps quand il l'apostropha. Regagnant un sourire qu'elle avait du perdre pour un sourire béat elle hocha la tête, doucement.
    Il fallait qu'elle se reprenne et c'est ce que la Redresseuse fit au moment où sa main entra en contact avec le bois. Du moins, elle le croyait quand elle sentit son bâton voler pour atterrir sur le sol. Faisant la moue, Evynne secoua la tête et reprit l'arme. Simultanément, sa détermination la regagna.

    Gilas fut surpris du changement d'attitude soudain qui s'opéra devant lui. Si d'habitude Evynne y mettait vraiment peu de volonté, vouloir prouver sa valeur auprès du chevalier semblait lui donner des forces et l'envie de montrer ce qu'elle savait. Cela se sentait dans son attitude. C'était la première fois qu'il la voyait les épaules hautes. Déterminée. Le justiciar, plutôt fière de sa protégée se mit de côté pour observer le combat.

    Quand le coup partit, que la femme eut le temps de le voir, son premier réflexe fut de tomber au sol, vers l'arrière. Le bâton arriva au milieu de ces jambes. Au moins, elle n'avait pas été touché, mais l'arme repartit de plus belle, se relevant pour la frapper au torse. La seule solution qu'elle eut fut de se coucher.
    Au sol, elle était tout à fait sans défense. Et le chevalier le savait. Montrant qu'il la dominait, il lui laissa le temps de se relever.

    Se mettant en garde, Evynne respira un bon coup. Il fallait qu'elle lui montre ce dont elle était capable. Alors quand Llyrin esquissa un premier geste, Evynne avait les leçons de Gilas qui résonnait dans son esprit. Rester souple, alerte à tout ce qu'il se passe. Ne pas forcément vouloir parer, esquiver pouvait suffire. Mais dans ce cas..

    Les mains d'Evynne tenait fermement l'instrument de combat. Et celui de Llyrin se heurta contre. L'adrénaline était monté et avait envahi la femme. Elle se sentait beaucoup plus prompt à réagir. Et dans ce cas, la parade avait fonctionné. Mais ce geste ne suffisait pas. Alors elle tenta de repousser l'arme adverse, sans grand succès. Le chevalier avait l'avantage de la force et de l'entrainement.
    Il la mit une nouvelle fois dans une situation de domination.

    Elle se voyait chanceler, ne pas réussir à prouver son aptitude à manier les armes. Evynne pensait enfin à l'échec comme à une réalité.
    Mais la détermination revint à elle et la guérisseuse renversa la situation. Du moins, elle rétablit l'égalité. Les deux mains sur le bâton elle réussit à repousser l'arme de Llyrin qui s'envola déjà pour l'attaquer de nouveau. Mais, le voyant venir, elle sut l'éviter et se remettre en position, sans avoir été déséquilibré.

    Reprenant confiance, pleine de force et de vivacité, Evynne chassait les idées noires qui l'assaillaient. Ce combat, elle allait le réussir. Prouver sa valeur. Elle en était certaine.



H-RP:
 


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Lliryn Faravel
Le Loup Blanc
Le Loup Blanc
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Philosophie : Égalitarisme
Divinité(s) : Phélemée
Faction ou Clan : Les Redresseurs

Attributs
Races: Aasimar
Réputation:
280/5000  (280/5000)
Adage: Quand la Justice sommeille, le Redresseur veille
MessageSujet: Re: Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]   Mer 18 Mar 2015 - 15:05

Les traits de Lliryn étaient aussi durs que le marbre, ses yeux aussi secs qu’une pierre. Néanmoins, il sourit intérieurement de satisfaction en voyant l’air déterminé d’Evynne. Il ne savait pas comment se déroulaient d’ordinaire les entraînements avec la jeune Aasimar, mais au moins, il était certain qu’elle prenait le moment présent au sérieux.

Sa riposte amena la jeune Redresseuse à tomber en arrière, lui évitant le coup vertical que le chevalier lui avait porté, bien que ce dernier déplore ce manque d’élégance. Le bout du bâton n'atteint pas sa cible. Pour autant, Lliryn ne perdit pas une seconde pour contre-attaquer et pousser Evynne dans ses derniers retranchements. Il savait d’expérience que c’était parfois dans ce genre de moments où l’on se croyait acculé que pouvait jaillir un éclair de génie. Pour l’instant, celui-ci ne vint pas. Sans réfléchir une seule seconde, Lliryn frappa sa cible et le bâton toucha Evynne au torse, pour lui rappeler douloureuse qu’elle devait se relever et plus rapidement que cela. L’arme en bois tint la jeune fille en respect, le temps qu’elle se redresse enfin. Un ennemi l’aurait déjà achevé, ni plus ni moins, pensa froidement le Redresseur.

À aucun moment Lliryn n’afficha de la compassion. Le terrain d’entraînement, comme tout lieu propice au combat, était son domaine et il n’avait pas pour habitude de favoriser ses adversaires ou de se montrer miséricordieux. Dans cette salle, les non initiés avaient souvent fait les frais de ses attaques assénées sans hésitation. Il les avait usé jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus se relever. Néanmoins, il ne se montrait pas dur gratuitement. De son point de vue, le meilleur cadeau qu’il pouvait faire à Evynne, c’était de se montrer exigeant avec elle. Ainsi, si elle réussissait l’épreuve qu’il lui imposait, elle n’aurait pas usurpé son rôle d’écuyer. Plus qu’une réelle aptitude à manier une arme, Lliryn attendait surtout qu’elle dévoile jusqu’où sa détermination pouvait lui insuffler courage et volonté de se dépasser.

Alors qu’il assénait un nouveau coup de bâton, le chevalier fut repoussé dans son attaque, une première jusqu’ici. Quelque chose changeait petit à petit dans l’esprit de son adversaire, il le sentait. Elle prenait sans doute plus d’assurance. Seulement, la force et l’expérience de Lliryn se trouvaient de son côté à lui. Il reconnut que c’était bien tenté de la part de la jeune fille, mais c’est avec célérité et sans hésitation qu’il enroula le bâton autour de celui d’Evynne pour lui faire perdre ses appuis et prendre un peu plus d’avantage encore. Il insuffla à son geste un peu de puissance, afin d’annihiler la tentative de riposte.
Le Redresseur ne s’attendait pas à ce qu’elle exécute des gestes dont elle ne serait pas capable, mais il ne la sous-estimait pas non plus. Il s’efforçait d’instaurer un climat de combat réel du mieux qu’il le pouvait. Par expérience, Lliryn savait qu’un combat, quel qu’il soit, n’était jamais gagné d’avance.

L’espace d’un battement, il sentit la volonté d’Evynne s’essouffler. Mais il ne s’en émut pas et passa au plus vite à l’attaque. L’hésitation n’avait pas sa place dans un duel.
Il revint à la charge, trouvant une réponse à son attaque. Le chevalier recula de deux pas, repoussé une nouvelle fois par la riposte d’Evynne. Il hocha légèrement la tête, approuvant ce regain de confiance.

Lliryn voyait que la jeune fille se laissait moins atteindre. Elle se débrouillait bien mieux qu’au début. Il changea alors de tactique. Ce n’était plus le duel classique où chaque adversaire se tient face à l’autre, l’un passant à l’attaque tandis que l’autre esquisse parade sur parade, dans l’espoir de trouver une faille qui lui permette de contrattaquer et remporter la victoire. Cette fois-ci, Lliryn adopta une attitude différente, bien moins noble que le combat chevaleresque où prônait le respect mutuel. Il se déplaça sur le côté, tournant lentement autour d’Evynne à la manière d’un fauve qui cherche à encercler sa proie. La démarche ne visait qu’à une chose : déceler les points faibles laissés à sa vue, les endroits non protégés qui accueilleraient le coup impitoyable. C’était beaucoup moins honorable comme approche du combat, il le reconnaissait volontiers. Seulement, le Redresseur estimait qu’Evynne avait plus de chance de tomber sur des bandits ou des prétendus chevaliers qui se battaient de cette manière que sur des hommes et des femmes nobles d’esprit.

Il porta quelques coups en direction de ces zones qu’elle ne protégeait pas, la forçant à modifier sans arrêt la position de son bâton d’entraînement. Il voulait lui donner l’impression de devoir se battre sur tous les fronts, susciter la sensation d’être vulnérable de tous les côtés. Il espérait fausser ses repères et il s’y employa par un enchaînement de coups rapides et précis. Si les premières fois, il rencontra le bâton d’Evynne, il finit par atteindre les zones qu’elle négligeait chaque fois qu’elle ripostait ; un coup dans les côtes, un autre à quelques centimètres de la rotule.  

Chaque bretteur avait son style de combat. Lliryn, lui, misait davantage sur la précision que sur la force brute.

A force d’acharnement, il se retrouva très vite derrière son adversaire et envoya le bout du bâton au milieu du dos de l’Aasimar. Il y avait mis peu de force, juste assez pour qu’elle éprouve la douloureuse sensation d’avoir négligé l’une de ses failles.

« Tous les adversaires ne se battent pas avec loyauté. Beaucoup préféreront attaquer dans le dos. »

Il tapota la zone entre les omoplates du bout du bâton.

« Tu auras des ailes, un jour, juste ici, dit-il en déployant légèrement les siennes, comme pour faire écho à ses paroles. Imagine un instant que tu laisses quelqu’un atteindre cet endroit et les plumes joncheront le sol. »

Lliryn songea avec une certaine amertume qu’à force de voir le Bien partout, l’Aasimar aux cheveux clairs occultait le Mal qui grandissait dans le cœur d’autres personnes. Avait-elle seulement songé que l’on pouvait l’attaquer par traîtrise ? Lliryn en avait accumulé des blessures d’un coup traître porté par derrière ! Il en portait quelques marques encore dans le dos ou sur les bras et pourtant la naïveté ne l’avait jamais caractérisé.

Le chevalier repartit donc à l’attaque, avec un nouvel enchaînement de coups précis. Tout en exécutant ces gestes, il espéra une réaction d’Evynne, une réaction à la hauteur d’un écuyer qui a trouvé sa cause à défendre. Il attendait cette lueur qui allume, même dans l’œil le plus pur, une flamme intense. Non pas la folie. La bravoure.

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Ceux qui prêtent serment [PV Evynne]

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