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 Mains froides, cœurs chauds [PV Kanayelle]

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Jael'esthia Helin
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MessageSujet: Mains froides, cœurs chauds [PV Kanayelle]   Mer 29 Oct 2014 - 9:59

Il devait bien y avoir une raison pour laquelle elle avait traîné sa carcasse dégingandée jusqu'en Norpalie. Elle n'arrivait juste pas tout à fait à mettre le doigt dessus. Elle ne s'était jamais connue frileuse, mais par Palvolen, elle avait l'impression qu'elle allait perdre un pied chaque fois qu'elle arrêtait de marcher avec l'obstination caractéristique qui l'avait menée à dévier du droit chemin tant d'années auparavant. Un entêtement teinté d'une bonne dose de mauvaise foi, et un soupçon de malhonnêteté. Personne n'était parfait, elle en était plus que consciente, mais elle luttait à chaque instant pour emprunter, justement, ce fameux droit chemin tant chanté et conté. Rien n'était moins facile, surtout quand les éléments semblaient contre elle. Le seul avantage étant que même la brûlure constante que représentait l'appel du sang dans ses veines semblait avoir gelé. Rien de surprenant quand toute sa concentration était sur le fait de tenter de se repérer et de lutter contre le vent. Un grognement lui échappa, elle aurait tué pour une forêt... Métaphoriquement, se morigéna-t-elle, métaphoriquement, évidemment. Qui espérait-elle tromper, au juste?

Pour la énième fois, elle tenta de rabattre la capuche de sa lourde houppelande grise bordée de fourrure de la même couleur. Ses cheveux d'un blanc aussi éclatant que la neige lui fouettaient le visage avec obstination, luttant contre le lourd bandeau de cuir qui les retenait. Elle détacha un lien accroché à son baudrier et les noua en une queue lâche et basse qui lui tombait sur l'épaule, laissant largement apparentes ses longues oreilles grises. Au hasard des bourrasques, ses yeux d'un bleu trop clair apparaissaient derrière la mèche blanche qui les dissimulait d'ordinaire. Nul la voyant en cet instant n'aurait pu douter de l'agacement croissant qu'il était facile d'y lire, largement trahi par les mouvements nerveux de ses mains gantées sur les poignées de ses dagues jumelles. Elle laissa échapper un profond soupir avant de rabattre autour de son corps mince les pans de sa pèlerine et de poursuivre son chemin avec l'impression d'être restée immobile des années plutôt qu'une poignée de minutes.

Serrant les dents, elle recommença à mettre un pied devant l'autre, en se demandant à quel moment elle était censée commencer à prier Palvolen pour un village quelconque, ou même un enclos d'animaux qui pourraient la réchauffer. Au temps pour l'idée de prendre un peu de gras histoire de survivre à la saison froide... Elle secoua la tête, jura inélégamment en se prenant sa lourde tignasse sur le coin du nez, et poursuivit sa route avec découragement. Elle aurait probablement dû commencer avant, d'autant plus qu'elle commençait à trouver que son dernier déjeuner était loin derrière elle, et qu'elle fatiguait. La Norpalie était-elle forcée d'être aussi grande?

Ce fut la chute du vent qui, la première, lui fit réaliser qu'elle n'était plus en plein milieu d'une plaine. Les bâtiments, ensuite, lui mirent la puce à l'oreille. Non qu'une puce aurait survécu à ce temps, mais l'expression valait ce qu'elle valait, et parlait à relativement tous. Peu importait... Elle s'était un peu avancée, pourtant. Bâtiment était un bien grand mot. De modestes cahutes, plutôt. Pour autant qu'elle put en juger, elle avait mis les pieds dans ce qui devait être le hameau le plus miteux de la création. Sa mauvaise humeur jouait certainement sur son jugement, mais elle était loin d'être prête à l'accepter... Frissonnant, elle remonta sa capuche à peine déformée par ses appendices auditifs, et chercha avec ferveur ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à une auberge. De loin, surtout, mais tant qu'il y avait un âtre dedans, elle était prête à signer n'importe où.

Elle passa une première fois devant une ruelle perpendiculaire. C'était un fichu hameau, il n'aurait pas dû y avoir de ruelles, selon elle. Et elle n'avait pas envie de prêter attention à ce qui s'y déroulait, malgré les appels étouffés, le son d'une lame courte tirée au clair et le bruit trop parlant d'un impact contre des caisses en bois. Elle repassa une deuxième fois dans l'autre sens, pour vérifier que ses oreilles ne lui jouaient pas des tours. Vraiment, une agression dans ce bouge? Elle n'était pas un maudit Garde... Elle leva les yeux en ciel en marmonnant rageusement "Rédemption, rédemption, je sais...", avant de revenir sur ses pas une dernière fois et de s'engager dans la ruelle sans prendre attention au fait qu'elle n'était apparemment pas la seule à le faire...
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MessageSujet: Re: Mains froides, cœurs chauds [PV Kanayelle]   Jeu 30 Oct 2014 - 9:57

Norpalie, terre chère à mon cœur. Malgré les problèmes que j'avais pu y rencontrer, cela restait ma patrie et je ne pouvais décemment pas la laisser tomber. Ici, j'avais l'impression de revivre, le froid me vivifiait et j'étais comme différente. Je regardais tranquillement le paysage défilé devant moi. Voilà quelques heures que j'avais quitté le village de GriffeRoche, village de mon enfance. Tout le monde avait été content de me retrouver, mais je n'étais pas venu pour eux, non, j'étais venus pour mes parents. J'étais venus me recueillir, cela faisait tellement longtemps. Seize ans, seize années que je n'avais pas mis les pieds dans ce village. J'étais partit en tant qu'enfant, je revenais en étant adulte. Jamais je n'aurais pensé que cela soit aussi dure. Je m'étais tenue devant la tombe de mes parents et comme une gamine, mes jambes avaient céder sous moi, mes larmes avaient parsemées mes joues. Je m'étais effondrée. Qui aurait cru que même après tant d'année cette mort me remuerait autant. D'un autre côté vu ce que je vivais chaque fois que la nuit tombait, personne ne pouvait douter du fait que j'étais encore traumatisé, même seize ans plus tard. Je n'étais resté qu'une heure que j'avais passé à pleurer et m'excuser et finalement, j'étais partis aussi rapidement que j'étais arrivé.

J'avais décidé de m'éloigner rapidement du village pour éviter les rumeurs, les commérages et surtout ceux qui voulaient savoir comment j'avais survécu, si j'avais retrouver mon frère. Je ne voulais pas en parler, je ne voulais pas qu'il sache que j'avais échoué, que je ne l'avais pas encore retrouvé et que j'étais devenu quelqu'un d'autre. Une fille qui n'était pas tout à fait Norpalienne. Je n'étais une feuille brisé par les vents qui tentait vainement de se reconstruire. Allais-je un jour y arriver ? Sérieusement? Je n'en savais rien pour le moment, mais je savais une chose, j'avais réellement envie de m'en sortir. D'avancer, d'aller de l'avant, le truc c'est que seule, j'avais une grosse tendance à ne pas le faire, à ressasser le passé, à apprendre des autres sans réellement leur montrer qui j'étais vraiment. Pouvais-je sérieusement leur montrer la femme terrorisé que j'étais ? Entre la nuit et les gris ? Que pouvais-je faire alors que ce genre de chose me paralysais sans que je ne me rende compte.

Ou était la courageuse et fière Norpalienne qui étant petite arrivait à reproduire les gestes d'entraînement de son père ? Elle avait perdu le combat à ses huit ans. Elle avait perdu et n'arrivait pas à remonter la pente. Je soupirais alors, sur le dos de mon fidèle destrier. Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi sérieusement ? Est-ce que j'étais si idiote que ça ? Je ne pouvais pas passer au dessus de cela sans un coup de main ou quoi ? Je talonnais rageusement ma monture pour qu'il se mette au galop. Le vent frais me frappa le visage, mais je m'en fichais. Je finis par arriver après une heure au village nommé Le brumeuse. Une sorte de hameau tranquille, enfin si tranquillité il pouvait réellement y avoir, je pouvais entendre des voix assez forte. Pas de cris et heureusement pour moi. Je finis par m'avancer tranquillement et finalement descendre de mon cheval. Ses sabots ferrés faisaient un bruit d'enfer, hors de question de se faire repérer. Je m'avançais donc pour remarquer dans l'une des rues du hameau un jeune homme, entouré d'autre personne. L'un d'eux tira une épée et frappa juste à côté du jeune homme, une des caisses en bois qui traînaient le pris le coup. Nan, ils étaient pas sérieux. À une dizaine contre un ?

Je le vis alors lever une nouvelle fois son épée. Ah non désolé, je ne pouvais décemment pas laisser faire ce genre de chose. Je sortis alors mes dagues courbes de leur fourreau. Plus longue que des dagues normales, elles me permettaient d'être rapide et précise alors que j'étais plutôt grande. Et je sautais alors dans la bataille au moment où il abattit son épée une seconde fois. Fusant devant le jeune homme, je levais mes dagues qui vinrent coincé la garde de l'épée et je finis par les regarder dans les yeux, toute trace de timidité effacer. Lorsque j'étais en situation de combat, je ne ressemblais plus trop à la jeune femme que j'étais d'ordinaire.


« Tssss, ce que vous êtes pitoyable à autant contre une seule personne quand même. Ne me dites pas qu'il vous a fait quelque chose qui ne vous a pas plu, je ne vous croirais pas. »

Je regardais le gars devant moi dans les yeux. Pas de sourire, mon visage était entièrement fermé et ne laissait passé que du mépris envers ce qu'ils étaient entrain de faire.

« Quel décadence pour la fierté Norpalienne que de vous avoir dans ses rangs. »

Et une petite provocation gratuite. Je finis par faire tourner mes poignets et l'épée de l'autre neuneu en face de moi s'envola. Je la rattrapais rapidement pour me rendre compte que derrière les caisses il y avait deux gamins à peine âge d'une dizaine d'années. Mais ces types étaient réellement malade. Je m'en rendais de plus en plus compte alors que je voyais tout le monde sortir ses armes. Et voilà que j'étais dans de beau draps. Entre un gars qui tremblait avec une épée dans la main et une dizaine d'autre en face de moi, j'allais probablement avoir encore une galère sur les bras. Et voilà ce qui se passait quand on fonçait tête baissé dans les combats sans réfléchir au préalable. Sérieusement, j'allais devoir changer.


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MessageSujet: Re: Mains froides, cœurs chauds [PV Kanayelle]   Jeu 30 Oct 2014 - 11:49

La rédemption était une chose. Se précipiter pour sauver la peau de quelqu'un avant même d'analyser la situation en était une autre. Une forme d'appel au meurtre, en quelque sorte. Et ça, bien peu pour elle. Non, plutôt que de se précipiter pour interposer effectivement une dague entre stupide numéro un et victime numéro un, elle prit son temps pour évaluer qu'il ne risquait pas de le tuer, et que de toute évidence, il ne savait pas vraiment se servir du bout de métal qu'il avait dans la main, de même que pour repérer la... dizaine de badauds vindicatifs rassemblés. Sérieusement? A dix contre un? Ou un peu plus d'un, si l'on comptait les enfants. Ne jamais les mettre de côté, ils étaient souvent bien plus courageux que les adultes, et se posaient moins de questions sur le poids de leurs péchés. Ce qui lui rappelait qu'un de ses partenaires de crime avait été un jeune... Terrible, celui-là, mais doué.

Elle fut cependant surprise de voir surgir une grande et chaloupée silhouette surmontée d'une crinière flamboyante, qui s'interposa entre le malotru et l'apeuré. Elle s'interrompit calmement pour la jauger du regard. Elle n'était pas beaucoup plus petite qu'elle-même bien que mieux en chair, mais elle semblait savoir ce qu'elle faisait. Ce que confirma son appartenance au peuple Norpalien. Les idées reçues allaient bon train, mais elle ne doutait pas que celle-ci ait été formée à un jeune âge... Le temps de tirer ces quelques conclusions et la situation avait commencé à dégénérer. Les coupes-bourses avaient chacun tiré une arme, allant de l'épée au couteau de chasse, et le malheureux terrifié, s'il avait hérité d'une lame également, semblait bien incapable de s'en servir. Jael soupira, retira précautionneusement sa houppelande en grimaçant sous l'effet du froid, semblant toujours aussi peu pressée. Tout était affaire de minutage, dans les assassinats, et ce sens de l'instant "T" lui était resté, d'une certaine façon. Certaines habitudes étaient dures à perdre...

Avec l'air inoffensif qui la caractérisait de tout temps, elle s'approcha derrière un des bandits, et s'adressa à eux de sa riche voix basse portant à peine au-delà du cercle de corps, mince silhouette vêtue de gris:

"Que se passe-t-il ici, Messieurs? Un souci?"

Un innocent sourire étira ses lèvres, dévoilant une canine ébréchée alors qu'elle poursuivait d'un ton bien plus glacial:

"Ça vous excite de vous en prendre à des gamins? Grand bien vous fasse de tomber sur une proie un peu moins facile à mordre..."

Elle releva la tête le temps de croiser le regard de la rouquine, espérant être parvenue à les distraire assez pour qu'elle ait repris une position plus avantageuse, et lui adressa un signe de tête rapide. Reconnaissance ou simple signal de la reprise, peu importait, car à partir de là, ce ne fut plus qu'un tourbillon indistinct de corps, le choc des lames qui s'entrechoquaient, la vision enchanteresse du rouge sur le blanc de leur peau, sur la terre avide, sur ses vêtements. Elle n'avait tué personne, par Palvolen, ce n'était pas le but, mais elle pensait avoir réussi à en terroriser un ou deux, travaillant de concert avec la jeune justicière, bien plus facilement qu'elle ne l'aurait cru. Finalement, un duo de spécialistes de la dague s'avérait bien plus efficace que prévu.

A peine essoufflée par leur petit exercice matinal, elle observa avec une moue dépitée le sang qui coulait le long de son bras en se demandant où elle allait trouver de quoi raccommoder sa manche de tunique. Non qu'elle n'ait pas les moyens d'en racheter une, mais elle tenait à celle-ci, à peine une teinte plus foncée que sa peau, à la fois douce et chaude. Elle secoua la tête, ramenant au-dessus de son épaule sa queue de cheval improvisée et se tourna vers les victimes, s'agenouillant devant les enfants en tentant de faire abstraction du chant victorieux du sang dans la mêlée en dispersion:

"Êtes-vous blessés? Quelque chose de cassé, de coupé? Pas de mauvais coup?"

Puis tournant la tête vers la guerrière :

"Et vous? Pas de petite coupure non plus?"


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MessageSujet: Re: Mains froides, cœurs chauds [PV Kanayelle]   Ven 31 Oct 2014 - 8:40

Je regardais la petite troupe de pénible s'attrouper autour de nous. Le jeune homme ou plutôt le gosse -il ne devait pas avoir plus d'une vingtaine d'années- semblait totalement paralyser et ne pouvait visiblement plus bouger. J'étais prête à utiliser mes aiguilles même si je n'en avait pas énormément de paralysante pour le coup et finalement bien avant que je ne puisse faire quelque chose de particulier, une voix s'éleva parmi cette foule. Une voix indubitablement féminine. Je tentais de regarder d'où elle venait et finalement je finis par la remarquer. Quasiment la même taille que moi, mais alors je compris rapidement qu'elle n'était pas humaine. Ses cheveux blanc, ces yeux si bleu qu'ils en sont presque transparent, même moi avec mes yeux bleu-gris je ne ressemble en rien à cet Éladrine près de nous et lorsque nos regard se croisent, je ne peux m'empêcher d'acquiescer silencieusement, comme si nous nous comprenions. C'est tellement étrange et tellement … je n'ai pas vraiment le temps de d'écrire ce qui étrange que le combat commence.

Je repousse sur le côté le jeune homme pour se planque avec les deux gamins et mes dagues tournoient tranquillement. Je suis plus une combattante qu'une guérisseuse. Je sais bien plus me battre qu'autre chose, après tout, je suis Norpalienne, alors je me bats, mais sans jamais blessé. Juste histoire d'impressionner, de faire peur, de repousser. Il faudrait que je me fasse un second bracelet, ça me permettrait d'en avoir un dédier au paralysant et l'autre à autre chose. Mais je ne peux pas penser à cela de suite. Je le sais parfaitement surtout qu'une lame vient de frôler mon cou y apposant une entaille et que l'autre vient de frôler mon bras. Heureusement ce ne sont que des coupures superficielles, je pourrais aisément les refermer moi-même. Notre duo était de loin le plus efficace que j'avais été donné de faire et finalement, le combat s'arrêta aussi rapidement qu'il prit fin. Chacun s'en allant, vociférant.


« Sale voleur, nous vous retrouverons. »

Je secoue doucement la tête. Les temps sont étrange et malfamés. À croire que la vie devient de plus en plus grave. Peut-être que je suis resté trop longtemps dans la forêt avec Orlaïs et les autres druides. Probablement d'ailleurs au vu de ce qu'il s'est passé la dernière fois. Je n'ai pas les mêmes réactions que les autres Norpalien. Différente, je le savais déjà, mais pas à ce point là. Je sors lentement de mes pensées alors que j'entendais la jeune femme. Lorsque sa tête se tourne vers moi, j'ai un mouvement de recul, pas méchant, c'est juste que là, là timidité est revenu, je mâche nerveusement ma joue pour me calmer. Lorsque l'adrénaline tombe, je redeviens la peureuse Kana, la timide Kana.

« Je... non ce ne sont que des petites coupures, je vais les refermer et je vais refermer la votre. »

Je m'approche alors doucement de la jeune femme et pose ma mains sur sa coupure que je referme en un clin d'oeil avant de m'occuper des miennes.

« Par contre... Je... je ne peux pas réparer les tissus. »

Un sourire doux et tranquille et je vais m'enquérir des enfants. Le jeune homme à lâcher l'épée et lorsqu'il me voit arrivé il me saute dessus et me serre dans ses bras. Je me retrouve comme une idiote, rouge sur cette peau si pâle qu'est la mienne. Bon sang ce genre de chose ne m'était encore jamais arrivé. Je tente un geste réconfortant, mais voilà bien longtemps que j'ai pris quelqu'un dans mes bras. Je ne sais plus vraiment comment faire. Alors je tapote son dos, de manière maladroite.

« On vous jure qu'on a pas voler. Notre mère, c'est elle qui nous a donné ces bijoux, ces vrai. On a voulu les échangé pour manger. Je ne peux pas nourrir mon frère et ma sœur correctement. Je.... »

« Ne t'en fais pas, je te crois. Je pourrais peut-être vous donner un endroit où aller. Ils ont toujours besoin de quelqu'un et ce sont des gens bien. Ils pourront vous apprendre des tas de choses et vous serez à l'abri. »

Je lui explique alors le chemin, lui proposant même ma monture, mais visiblement il en a une lui aussi. Je lui fournis des vêtements de rechanges et une de mes dagues de secours, plus droite. Je lui laisse une lettre et une sacoche pleine de vivre, j'en prendrais d'autre. Si tout va bien dans une journée ils seront arrivés, je prierais pour eux. Et finalement je me tourne vers la jeune femme que je détaille du regard. Ce n'est pas la première Éladrine que je vois, mais avec cette peau couleur grise et ces cheveux blancs, je crois que si en fait. Je lui tends alors timidement la main.

« Kanayëlle, c'est ainsi que je me nomme, mais tout le monde me surnomme Kana. »

Je souris doucement.

« Merci pour votre aide, sans vous je pense que j'aurais eu quelques soucis. »

Un autre sourire, d'excuse cette fois-ci. J'avais tendance à me jeter tête baissé dans les batailles. Je n'étais pas une stratège non, je réfléchissais ensuite. Contrairement à eux, je n'était pas pourvu d'une sagesse légendaire. Non, j'étais juste moi, peureuse, timide, Norpalienne et altruiste. J'étais une jeune femme avec un tempérament de petite fille. C'était cela quand on grandissait trop vite, par moment on revenait en enfance, comme si tout cela était naturel et à d'autre moment, plus grave, on était trop adulte pour notre âge. La vie... ce n'était vraiment pas drôle, surtout lorsqu'on était à la recherche de quelqu'un qui l'avait détruit.


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MessageSujet: Re: Mains froides, cœurs chauds [PV Kanayelle]   Dim 2 Nov 2014 - 15:43

Si un bon assassinat se comptait au nombre minimum de dommages collatéraux, une véritable bonne bataille, un règlement de comptes en bonne et due forme, au contraire, gagnait en valeur à chaque victime. Et par ses standards, ceci aurait pu être une bonne bataille. Sauf qu'elle n'avait tué personne à cause du fichu serment qu'elle avait prononcé sur le cairn de Shalyn, et que sa compagne de bouclier du moment n'aimait de toute évidence pas causer de victimes. Par le sang, ce n'étaient tout de même pas des victimes innocentes, pourtant! Les scrupules de certains étaient un véritable mystère pour elle, et il était parfois difficile de faire semblant d'en avoir. Elle n'en admirait pas moins ces gens-là, sans pouvoir tout à fait s'empêcher de les trouver stupides. Un cœur trop grand menaçait de retrouver le sien arraché un jour où l'autre. Elle y avait cru, pourtant, elle avait eu l'air farouche, pendant l’échauffourée. Mais le seul sang qui avait coulé était le leur -elles n'avaient été que deux, après tout, et avec des otages à protéger- et celui des bandits qu'elle-même avait combattus. Toujours accroupie devant les enfants, elle ramassa nonchalamment un doigt court et sale aux ongles rongés qu'un malotru avait eu l'indécence de perdre. Elle ne pensait pas qu'un Norpalien, fût-il un enfant, se formalisât de ce genre de chose, mais elle ne l'en jeta pas moins hors de vue. Autant ne pas tenter la chance...

Elle regarda la jeune femme de sous sa lourde mèche blanche, sentant la Flamme se déployer avec un peu d'appréhension. Non pas qu'elle se sentît en danger, mais l'odeur métallique du sang dans l'espace confiné que représentait cette ruelle, l'excitation du combat qui courait encore dans ses veines, bien qu'elle soit plus Chamane que guerrière,  le fluide qui s'échappait de son propre corps, tout contribuait à la tenter violemment, tension presque physique, palpable, dans l'air devant elle. Elle s'efforça de se maîtriser, enfonçant ses ongles courts dans la paume de ses mains grises, plissant les paupières sur ses prunelles d'un bleu trop clair pour dissimuler leur éclat inquiétant, relâchant un par un les muscles crispés de son corps, apaisant en un souffle profond son cœur affolé.

Elle ignorait si elle avait effectivement repéré, senti, quelque chose, ou s'il ne s'agissait que d'une coïncidence, mais le recul probablement involontaire de la jeune femme agit comme un seau d'eau froide. Comme si elle en avait besoin par un temps pareil. Elle secoua la tête, comme si elle repoussait l'idée même d'être guérie, alors qu'il ne s'agissait que de se sortir de sa stupeur glacée. Car elle l'était effectivement, gelée, jusqu'à la moelle. Ce qui expliqua en partie son tressaillement lorsque la belle rousse approcha et posa la main sur son bras, la soignant en quelques instants. Elle se releva d'un geste souple dès que ce fut fait, secouant légèrement le bras pour en soulager la sensation résiduelle de douleur, avant de lui adresser une grognement incompréhensible à sa remarque suivante. Elle ferma les yeux, se forçant à élaborer avec son manque de verve habituel:

"Qu'importent les vêtements tant que tout le monde est en vie, n'est-ce pas? Même ces brigands, j'imagine..."

Elle eut un vague geste de la main vers la direction de fuite desdits goujats. Elle observa ensuite d'un œil amusé la gêne qui gagnait la jeune femme alors que le gamin qu'elles avaient "sauvé" se répandait en explications larmoyantes entre ses bras, haussant les épaules en allant rechercher sa houppelande. C'est qu'elle allait commencer à se transformer en stalagmite si ça continuait. Et puis, mieux valait l'Humaine qu'elle-même. Elle aurait été tentée de lui planter une dague dans le ventre juste parce qu'il s'était approché, réduisant à néant leur action des cinq dernières minutes. Elles avaient paru beaucoup plus longues, comme toujours dans le feu de l'action, mais elle pensait qu'elles n'avaient pas perdu plus de temps. Elle l'observait toujours, appuyée contre la palissade crasseuse, alors qu'elle le consolait, lui assurait de sa sympathie, lui donnait des vivres après s'être vue refuser de céder son cheval. Il lui avait fallu un contrôle impressionnant pour ne pas lever les bras au ciel, se demandant ce qu'elle comptait encore faire. Lui donner de l'argent, sa pelisse, lui offrir sa vie en sacrifice? Elle ne leva que les yeux et étouffa un grondement incrédule. Elles lui avaient sauvé la vie, et il faudrait encore qu'elle se montre indulgente devant un mensonge presque manifeste? Si elle devait se résoudre à cela, autant abandonner la voie de la rédemption. Elle préférait que lui crève de froid plutôt qu'elle. Elle n'avait pas survécu jusque-là pour ça...

Cependant, les trois enfants finirent par partir dans son indifférence la plus totale -elle n'était étonnamment pas adepte des remerciements, et moins encore des adieux- et elle ne se redressa de sa position faussement nonchalante que lorsque la jeune femme approcha. Les brigands n'étaient pas revenus alors qu'elles ne s'y attendaient pas, mais elle se souvenait avoir vu une oreille traîner pas très loin du doigt et se dit que certains avaient peut-être été refroidis par l'ambiance glaciale. Elle retint un sourire et se contenta de hausser un sourcil à cette pensée. Elle et ses jeux de mots de circonstance... Pourtant pas complètement oublieuse des codes de la politesse, elle serra le plus brièvement possible la main tendue, détestant occuper ce qui devait être libre pour tirer les armes, et inclina la tête en une esquisse de révérence qui déplaça plus de cheveux que de corps. Son visage ne s'était pas fendu d'un sourire et restait d'une neutralité distante caractéristique non pas de sa race, mais de son mode de fonctionnement. Ne pas s'impliquer signifiait ne perdre personne, après tout... Elle prit note des sourires, des paroles, et ouvrit la bouche, sa dent ébréchée formant un contraste avec ses traits lisses et figés dans leur ascétisme, sa voix chaude et un peu grave paraissant plus douce qu'à l'ordinaire:

"Kana, c'est un plaisir de vous rencontrer en de telles circonstances, bien que le manque de... d'arrestations soit à déplorer. Mais, appelez-moi Jael, je vous en prie."

La politesse allait de pair, songeait-elle, avec son idéal de rédemption. Être polie, pas en toutes circonstances, mais savoir se montrer agréable, d'une certaine façon. Ne pas réagir à chaque mot comme à une agression. Difficile combat à mener, sans doute aucun, difficile, oui... Pourtant, elle appréciait relativement ce qu'elle avait vu jusqu'à présent. La jeune femme était volontaire, avait de toute évidence le cœur sur la main et ne supportait pas les injustices. E, plus de n'être pas mauvaise à la dague. Cependant, elle n'avait pas tort sur un point. Si Jael n'était pas arrivée, elle aurait été bien plus qu'un peu ennuyée. l'Eladrine poussa un soupir clairement audible, les sourcils froncés invisibles derrières la mèche blanche, mais la dureté inscrite sur ses traits et le spasme involontaire de sa mâchoire.

"Et ce n'est pas peu dire... Par Palvolen, où donc avez-vous appris à ne pas lire une situation avant de vous précipiter dedans la tête la première? Comment donc auriez-vous sauvé ces trois enfants après vous être faite empaler par une dizaine de lames en tous genres? C'aurait pu ne pas être moi, mais si quelqu'un n'était pas arrivé à cet instant, vous auriez eu plus que quelques soucis. Ou plutôt, vous n'en auriez pas eu pendant très longtemps. Et quelle idée, également, de refuser de les blesser? Vous croyez qu'ils vous en sont reconnaissant et qu'ils se repentiront en offrant leur manteau au premier mendiant venu comme dans quelque conte pour enfants?"

Sa voix s'était faite un tantinet plus dure, tout en conservant sa chaleur malvenue. Alliée à son air naturellement inoffensif, il ne lui offrait guère de crédibilité, mais elle n'y réfléchissait pas en cet instant. Elle n'avait jamais été le mentor de personne, et elle devait admettre que ses expériences passées laissaient à désirer, mais elle était plutôt fière de sa tirade. Dans le monde des assassins, peu survivaient avec ce genre de scrupules, ou du moins pas assez longtemps pour se faire un nom. Quant aux dommages, et bien, ils étaient cela, des existences inconnues qui s'éteignaient. Triste, certainement, mais un mal nécessaire. Difficile de réaliser qu'elle n'était plus dans ce monde et que ses idéaux de rédemption n'auraient pas dû la mener sur ce terrain de pensée. Difficile de se refaire en si peu de temps, après tout, même avec toute la volonté du monde, ou un peu moins que cela...


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MessageSujet: Re: Mains froides, cœurs chauds [PV Kanayelle]   Lun 3 Nov 2014 - 10:01

Sa phrase me fit sourire doucement parce que s'était bien la première fois qu'on me répondait ainsi. Je ne savais pas si j'avais été correct dans ma façon de faire parce que par moment, lorsque je voyais des gens blessé, j'avais l'impression d'être un peu trop intrusive. Ce n'était pas méchant de ma part, mais ça pouvait choqué voir même déranger les autres, mais finalement ça n'avait pas été si mal. Elle ne semblait pas en prendre ombrage et ça m'arrangeais, je n'avais pas franchement envie de me prendre la tête avec elle alors qu'on venait tout juste de se rencontrer. Je sentais un peu de pression quitter mes épaules, cependant je doutais que cela soit si simple n'est-ce pas ? Rien n'était jamais simple avec les premières rencontres et rien n'était jamais simple avoir moi qui ne cherchait jamais à aller plus loin avec les autres parce que s'était trop aléatoire. Il n'y avait qu'à voir ce que cela avait donné avec mon frère sérieusement. Je l'avais aimé, adulé et aujourd'hui, je le traquais pour lui faire payer.

Nan, il ne fallait pas que je pense à cela. Les enfants étaient sauf, il n'avait rien vu de particulièrement choquant et j'en étais plutôt contente. Je ne voulais pas créer d'autre enfant tel que moi sérieusement. J'étais tellement perdue dans mes pensées que je faillis oublié la présence de l'Éladrine. Bon sang ce que je pouvais être malpoli quand j'étais concentré et surtout quand j'étais dans mes pensées. Je ne lui fis cependant qu'un signe de tête. Jael, ça me paraissait étrange comme non d'Éladrine, tellement mystérieux, mais ça leur correspondait bien en tout cas. J'étais prête à partir pour récupérer ma monture et reprendre un peu de vivre, seulement la jeune femme avait quelque chose à me dire et visiblement ça n'avait rien d'agréable. Sa façon de parler, me fit un peu froid dans le dos quand même.

Je serrais les dents, ne disant rien, la laissant parler. Me prenait-elle réellement pour une idiote ? Oui, je l'étais de toujours me mettre en danger, mais il y avait des choses sur lesquels je ne pouvais décemment pas tergiverser. Des choses que je ne pouvais pas faire en présence d'enfant. Certes, d'autres auraient eu moins de scrupule que moi, je le savais parfaitement et je doutais aussi qu'ils nous aurait laisser en vie s'ils avaient été à notre place, cependant j'avais décidé et je m'en étais tenue à ma décision que cela lui plaise ou non. Je ne pouvais pas faire ce genre chose, pas dans cette situation alors c'est un peu sur les crocs que je pris la parole pour le coup.


« C'est vrai, j'admets que j'ai tendance à sauter dans les combats sans penser aux conséquences. C'est vrai que je ne suis pas comme vous autres Eladrins plein de sagesse et de technique. C'est vrai aussi qu'ils ne m'en seront pas reconnaissant, mais ce n'est pas comme si je l'avais fait pour eux. Vous pensez vraiment que je suis une petite fille qui crois encore au contes d'enfants ? Qui pense encore que tout beau tout est jolie, croyez-moi, vous vous trompez lourdement. Ça fait longtemps que j'ai compris que dans la vie, soit tu meurs, soit tu vis. Ça fait longtemps que je ne fais que survivre dans cette vie. Si j'ai décidé de ne pas les tuer, c'est seulement pour épargner cette vision aux deux petits qui étaient là. »

Non, depuis mes huit ans je n'étais plus une gamine. Depuis mes huit ans j'avais compris que la vie n'apportait pas que des choses joyeuses. Je savais bien qu'on pouvait tout perdre en une seule fois parce que j'avais tout perdu en une seule soirée et qu'aujourd'hui je cherchais non seulement à comprendre, mais j'avais aussi soif de vengeance pour mes parents.

« Il me semble que tout comme vous j'ai coupé quelques doigts et aussi quelques bras. Seulement je n'attends pas d'eux qu'ils se repentent parce que contrairement à ce que vous pensez, je sais qu'ils n'en auront rien à faire, mais il m'était impossible de traumatiser ces enfants en tuant qui que ce soit ou en les blessant de façon trop visible. Je sais ce que ça fait de voir des morts et d'être blessé à un jeune âge, je refuse de faire de ces enfants des personnes telle que moi. »

Moi qui ne faisait plus confiance à personne, moi qui m'éloignait rapidement de tout le monde parce que je ne voulais pas avoir de lien. Je n'avais vu que trop ce que cela faisait d'être lié à quelqu'un et ce n'était pas bon, que ce soit pour le moral ou le physique. La grande cicatrice sur mon ventre était là pour le prouver. Faire confiance ne faisait que blesser et voir des morts étaient encore pire. Ma peur du noir et ces cris qui me paralysaient, me faisant revivre cette nuit où tout à basculer, non, je ne voulais pas que ces gamins puissent être traumatisés par ce genre de spectacle, la vie était bien trop catastrophique pour infligé déjà ce genre de chose à des gamins. Je finis cependant par me rendre compte que j'avais parlé probablement un peu trop sèchement.

« Navré si je suis sèche, ce n'est pas ce que je veux, c'est juste que... ça fait longtemps que je ne sais plus exprimer correctement ce que je ressens. »

Cela faisait seize ans que je ne discutais plus de ce que je ressentais, je ne cherchais plus à justifier mes actes, alors j'avais du mal, énormément de mal à m'exprimer posément. J'étais comme la une coquille à moitié vide, il me manquait quelque chose et je me rendis compte que ma main s'était finalement posé sur mon ventre. Oui, ce qu'il me manquait s'était cela, ce que mon frère m'avait pris : ma joie et mon bonheur. Le retrouver était réellement compliqué sachant que je cherchais encore à me venger et venger mes parents, peut-être qu'un jour je trouverais quelqu'un qui me permettrait de retrouver cela, mais pour le moment ce n'était pas le cas. Alors désolé si j'étais sèche, désolé si je paraissais hors d'atteinte par mes mots, mais s'était le mieux que je pouvais faire.


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MessageSujet: Re: Mains froides, cœurs chauds [PV Kanayelle]   Sam 8 Nov 2014 - 3:49

Elle ne s'était pas exactement attendue à recevoir un accueil resplendissant alors qu'elle venait tout juste de, globalement, la traiter d'idiote. Ce qu'elle était, au demeurant, aux yeux de l'Eladrine. Plonger dans la bataille sans réfléchir était stupide, évidemment, même si l'aspect héroïque aurait pu en séduire plus d'un. Jael n'avait que faire des héros, parce qu'on ne le devenait qu'une fois mort, et à part quand elle l'avait décidé, sinon, elle préférait discuter avec des gens vivants. Autant dire que les goules, très peu pour elle, en somme...

Toujours était-il qu'elle ne s'était pas non plus attendue à une telle verve, et qu'elle resta un peu perplexe devant la réaction de son interlocutrice. Et pourtant également attentive, car ce n'était pas si souvent qu'elle discutait de façon cordiale -relativement- avec d'autres personnes. Pas évident, il semblait. Et contradictoire. Elle ne comprenait pas tout. Les Eladrins, "pleins de sagesse"? Elle sentit ses lèvres s'étirer en un sourire incongru et ne fit que l'assortir d'un haussement de sourcil narquois. Elle avait probablement l'air à la fois méprisante et fière d'elle, mais elle n'avait jamais dit être quelqu'un d'agréable. Et elle le prouvait une fois encore. Son peuple n'était pas plus sage que les autres, ils faisaient juste mieux semblant parce qu'ils avaient plus de temps pour perfectionner leur masque. La plupart du temps, ils étaient aussi bouffis d'orgueil et de connerie que les autres. Ils parlaient juste mieux. Ils faisaient tous des erreurs, et certains, même, en avaient fait suffisamment pour avoir besoin de repentir. Pour dire que Jael ne s'était jamais sentie sage, et même plutôt stupide et immature pendant une grande partie de sa jeune vie (qui ne l'était pas tant que cela au regard des standards Humains, mais peu lui importait).

Raison pour laquelle elle trouvait toujours ironique quand ils disaient qu'ils savaient depuis longtemps. Ils n'avaient aucune idée de ce que cela signifiait vraiment. Elle non plus, mais s'en rapprochait déjà plus. De toute évidence cette petite se prenait pour une sorte de martyr qui avait subi toutes les atrocités du monde et en avait fait le tour sans en revenir vraiment. Ces gens existaient, bien évidemment, et elle en avait déjà rencontré... Mais ils n'étaient jamais restés vivants très longtemps. Surprenant, non? Elle était parfois exaspérée par ces gens. *Enlevez le parfois, remplacer par toujours*. Ils avaient subi des choses difficiles? Et alors? Comme tout le monde. Pour le coup, elle croyait encore un peu aux contes si elle pensait qu'en ces temps, absolument personne ne savait ce qu'était la violence, que nombreux étaient ceux qui avaient, justement, une vie parfaite. La perfection n'existait pas. Elle avait, en un sens, existé, mais elle était morte. Elle le flattait en pensant ainsi, mais il avait été tout pour elle...

Toujours était-il que ce que la petite ne comprenait pas, c'est que ces enfants, ces trois enfants, avaient peut-être bien plus soif de sang et de vengeance qu'elle ne leur en accordait crédit, et qu'elle ne leur rendait pas forcément service en épargnant ces malfrats. Quelle possibilité s'offrait alors à elle, si elle voulait rendre justice tout en épargnant cette vision soi-disant cauchemardesque? Les poursuivre et se jeter une nouvelle fois dans la gueule de la goule? Elle ne put réprimer un claquement de langue agacé. Franchement, c'était exaspérant. Les jeunes se remettaient vite, et de tout. Survivre? Encore une belle bêtise. Elle aurait "survécu" si elle s'était laissée vivoter en subissant le monde autour d'elle, pas alors qu'elle tentait désespérément de répandre la justice et sa gentillesse probablement pas forcée autour d'elle.Comme disait l'adage...

"Trop bon, trop con..."

Elle ne se rendit compte qu'elle avait parlé à voix haute qu'un peu tard, mais haussa mentalement les épaules. Quitte à avoir mal commencé, autant mal continuer, et quitte à la vexer, autant ne pas y aller avec le dos de la truelle. Ces brigands à qui elle affirmait avoir coupé quelques bras (qui était une blessure grave, au demeurant, et probablement plus traumatisante qu'un corps mort. Parce qu'une part était en vie, quelque part, et se vidait de son sang. C'était d'un manque cruel de professionnalisme de laisser tant de traces. Et en plus, un cadavre n'était que de la viande froide. Et par ici, très froide...) tenteraient probablement soit de se venger sur elle, et n'auraient pas trop de difficultés à la trouver, une jeune femme aussi grande et d'un tel roux ne se croisait probablement pas à tous les coins de rue, soit sur les trois enfants. Après tout, à leur place, elle aurait fait juste cela. Laisser l'un des moins blessés en surveillance et leur tomber dessus dès qu'ils se seraient éloignés. Ce serait d'une ironie telle qu'elle ne put, une fois encore, s'empêcher de sourire, et de lui exposer le fond de sa pensée après avoir levé au ciel ses yeux dissimulés derrière la mèche trop blanche:

"Presque loin de moi l'idée de réduire à néant les expériences très probablement traumatisantes que vous avez vécues, Kana, cependant, vous devez bien vous douter que tout le monde ne réagit pas de la même façon aux événements, et que ces trois jeunes, fort probablement, n'auraient rien aimé mieux que de voir ces brigands morts et la menace qu'ils représentent sur la poursuite de leur voyage éliminée. Quant à en faire des gens comme vous, le simple fait que vous ayez encore la volonté de vous jeter stupidement dans la bataille pour tenter de sauver, avec vos maigres moyens et vos principes idéalistes prouve bien que tout n'est pas perdu."

Bon, certes, elle avait un peu adouci son propos. Mais principalement parce qu'elle s'était excusée, ce qui la déstabilisait toujours un peu, par manque d'habitude. Elle n'avait pas d'amis et ses victimes ne demandaient pardon qu'au moment où elle leur abattait une dague dessus et coupait le fil de leur vie. Elle se contenta ensuite de hausser les épaules, regardant toujours l'endroit où ils s'étaient enfuis et celle par où les jeunes étaient partis:

"A leur place, j'attendrais qu'ils repartent loin de nous et je les attaquerais à nouveau... Cependant, vous en faites ce que vous voulez, jeune fille."

Elle-même ne comptait pas leur courir après pour assurer leur protection, elle avait une autre mission à mener...


Jael s'exprime en Lichen : #85C17E
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MessageSujet: Re: Mains froides, cœurs chauds [PV Kanayelle]   Dim 9 Nov 2014 - 15:44

Décidément, rien n'allait comme on pouvait s'y attendre aujourd'hui. Je me retrouvais encore une fois en galère et en plus celle qui était venu m'aider semblait.... nan mieux valait que j'évite de faire de commentaire au risque de les faire à haute voix comme elle s'était plu à les faire. Sa tirade quand à elle me laissa de marbre sauf quand elle parla de mes maigres moyens et de mes principes idéalistes. Je me fichais pas mal de ce qu'elle pensait d'un côté, de l'autre, j'avais bien envie de lui balancer une bonne aiguille empoisonnée sans qu'elle ne s'en rende compte juste pour l'envie de lui montrer mes pauvres moyens qui n'étaient probablement pas à la hauteur des gens de son âges. J'aurais bien eu envie de la traiter de vieille, mais ça aurait été puérile et puis bon, qu'est-ce que cela m'apporterait ? Seulement de l'énervement et généralement s'énerver n'était pas bon pour le corps et pour le moral. Je restais donc stoïque, comme j'avais l'habitude de le faire. Certes je n'avais probablement pas vécu ce qu'elle avait vécu, mais je connaissais assez la souffrance et la douleur pour savoir que ces gamins n'avaient pas foncièrement envie de sang comme elle le pensait au vu de leur manière de trembler. Sa dernière phrase fit cependant naître un sourire narquois sur mon visage.

« Moi je serais d'eux, j'irais déjà soigner mes blessures avant de partir à l'aventure vers un endroit qu'ils ne connaissent même pas. Au risque de crever en pissant le sang, enfin après, chacun sa façon de voir. »

Je finis par aller retrouver mon cheval, lui flattant doucement l'encolure. Il fallait croire que le fait de vivre avec des druides ne m'avaient pas aider. J'étais probablement trop gentille dans ce genre de situation et surtout, j'avais l'impression de ne pas être fait pour les relations. Depuis cette histoire, j'étais comme un bout de bois flottant dans une rivière au grès des courant, ne sachant jamais où il allait se retrouver. S'était exactement cela, je ne croyais plus en rien depuis tellement de temps que ça paraissait étrange le fait de pouvoir discuter avec quelqu'un même si nos avis divergeaient. Étais-je réellement faite pour l'extérieur ? Pour l'aventure ? Certes, je voulais voir le bon dans chacun d'entre nous, je vous préserver les plus jeunes d'un probable traumatisme. Oui j'étais stupide probablement, oui il me manquait beaucoup de chose, mais sérieusement, je ne pouvais pas faire subir à ces gamins ce que moi j'avais subis. Je tremblais toutes les nuits, dés que j'entendais un cri de femme j'étais paralysée.

À voir comment s'était passé mes deux rencontres, j'étais entrain de me dire si je ne devrais pas plutôt laisser tout tomber. J'avais envie de me défouler, d'exploser quelque tête. Je poussais sur ma vue pour voir plus loin que nécessaire. Je n'avais pas envie de dormir dans une auberge et pourtant je savais que je n'aurais pas le choix. Ma peur de la nuit ne m'aidait pas à vouloir dormir dehors. Qu'est-ce que je pouvais faire à ce moment précis mis à part m'énerver encore et toujours ? Rien, en vérité, même m'énerver ne servirait à rien finalement. Je n'étais qu'une feuille ballotter par le vent et j'en resterais une pour l'instant. Je finis par prendre la bride de mon cheval pour le conduire à l'écurie proche d'ici. Une petite pause nous ferait le plus grand bien, à lui comme à moi finalement. Je laissais un pourboire au palefrenier et je finis par entrer dans l'auberge sans me soucier de ce que pensait l'Éladrine. De toute façon elle trouvait probablement déjà que j'étais un cas perdue, alors à quoi bon s'en faire non ?

Une fois à l'intérieur, je pris une chambre puis je m'installais à la table. J'étais entrain de me demander pourquoi je n'avais pas utiliser mon pouvoir naturel. Ce don de naissance qu'aucun de ma famille ne possédait. Ce don qui ne m'avait pas aider lors de cette soirée où tout avait finis, ou commencer. Qu'est-ce que j'aimerais l'avoir devant moi pour le frapper, le tabasser et le laisser alors par terre totalement en sang. Juste pour le plaisir de le voir souffrir. J'avais envie de.... mon poing se serra malgré moi et finalement lorsque ma boisson arriva, je finis par le desserrer pour prendre mon verre à deux mains. Bordel qu'est-ce que c'était la galère quand même ce genre de situation. Je finis par boire une gorgée de mon thé tout en ressassant dans ma tête tout ce que je pourrais faire à mon frère lorsque je le verrais. Enfin pour le coup, il était déjà important que je puisse le trouver et là ça semblait mal barré pour l'instant.


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Elle écrit en #9999ff
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