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 Quand frapper rime avec jouer [PV Caleb]

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Jael'esthia Helin
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MessageSujet: Quand frapper rime avec jouer [PV Caleb]   Lun 27 Oct 2014 - 8:59

La forêt de mâts lui apparaissait comme le seul repère digne de ce nom dans cette ville absolument folle. Elle évitait habituellement comme la Grande Maladie les endroits regroupant tant de personnes. Elle était mal à l'aise en leur "compagnie", si tant était que la proximité écœurante de tant de corps mal lavés put être appelée de cette façon. Mais elle en était arrivée à un stade de ses recherches où elle avait besoin, véritablement, de retrouver certains de ses anciens compagnons pour nouer des contacts, et surtout, pour obtenir quelques informations. Au fond de son estomac la boule brûlante de sa tristesse pesait avec plus de force que jamais, alors qu'elle évoluait en essayant de ne pas songer à Shelyn. Elle ne pouvait plus rien faire pour le sauver, et bien qu'elle sache qu'il n'apprécierait probablement pas ce qu'elle cherchait à faire, elle en avait besoin. Si elle devait être honnête, elle en avait aussi terriblement envie...

Elle ne fit rien pour dissimuler son soupir d'agacement alors qu'elle se traînait derrière la carriole d'un marchand visiblement embêté par sa cargaison. Elle n'aimait pas perdre de temps, mais il était encore tôt pour la plupart des oiseaux de nuit qu'elle fréquentait d'ordinaire, et elle tentait effectivement de passer pour une personne agréable. Elle haussa un sourcil peu convaincu à cette pensée. Elle tentait. Et cet endroit n'était pas particulièrement un où les gens cherchaient la charité. Par peur de se faire égorger au détour d'une ruelle en paiement de leurs services, probablement. La simple évocation lui arracha un lent sourire qui ne dévoila pas ses dents et qu'elle dissimula rapidement en baissant la tête sous la capuche de sa houppelande. Accessoire nécessaire pour dissimuler sa peau grise et ses plus qu'encombrantes oreilles. D'un mouvement souple, elle accéléra le pas et vint tendre une main ganté pour rattraper la caisse qui avait menacé de tomber de la charrette. Elle s'y était attendue, mais être récompensée en étant traitée de voleuse et devoir s'enfuir comme, eh bien, une voleuse, n'était pas exactement à son goût...

Par chance, l'anonymat de la cité la servait plus que l'inverse, et elle put rapidement se soustraire à la vue de l'ingrat, se dirigeant d'un pas aérien vers l'odeur prégnante de poisson en décomposition du port. Il n'y avait pas de meilleure source d'information que les marins et les bouges qu'ils fréquentaient. Et puis, l'alcool y était souvent assez mauvais pour les abattre vite sans qu'elle ait à dépenser trop des pièces durement gagnées qu'elle conservait sur elle. Elle effleura une de ses dagues. Pas si difficilement gagnées que cela, certes, mais il fallait bien qu'elle se justifie...

Elle secoua la tête en se rendant compte de son geste et tenta de rattraper sa capuche avant d'être totalement exposée, observant de sous l'abondante mèche blanche qui dissimulait ses yeux de glace son terrain de chasse du soir. Elle n'avait rien d'une séductrice pour pouvoir soutirer des informations sous l'oreiller, et n'avait de toutes les façons nulle envie de ce genre de distraction, aussi se faufila-t-elle discrètement dans la salle pour un tour d'horizon bienvenu. La manne habituelle. Marins de tous bords, certains déjà sérieusement éméchés, d'autres tentant lubriquement de glisser leurs doigts calleux dans le corsage d'une pauvre serveuse visiblement paniquée, quelques joueurs... Rien de bien grave, en somme... Avec un soupir, elle repoussa la houppelande qui se coinça en équilibre incertain au bord d'une oreille, écartant les pans pour révéler un corps trop mince gainé de cuir sombre et orné de deux dagues courbes dans d'élégants fourreaux noirs. Elle préférait annoncer qu'elle était armée, même si la plupart des gens qui la regardaient voyaient une fillette fragile et inoffensive.

Elle s'approcha nonchalamment du comptoir, fatiguée par les jours de marche qui s'étaient enchaînés, et par l'envie sourde et insidieuse de voir couler le sang qui pulsait dans ses veines. Elle commanda pour le principe, sachant qu'elle ne tenait absolument pas l'alcool, et partit s'asseoir à une table déjà occupée sans prêter attention aux marins. L'odeur des corps mal lavés et enfermés dans un espace clos n'avait rien pour la ravir, moins encore que les murs inconfortables autour d'elle et l'atmosphère enfumée. Autant dire qu'elle n'était déjà pas d'excellente humeur quand l'importun commença à vouloir la toucher, soit dans une tentative très maladroite de prendre sa bourse, soit vraiment en pensant la séduire. Elle se demandait ce qui était le plus pathétique...

Elle le repoussa d'abord gentiment, mais sa voix basse et cassée sonnait apparemment comme une invite à ses oreilles d'Humain. Elle était sur les nerfs, vraiment, et n'aurait rien demandé de mieux que de lui ouvrir la gorge devant tout le monde, se baigner dans le flot carmin qui s'en échapperait, riant à gorge déployée de cette force qui s'échappait de lui... Mais elle avait fait une promesse qu'elle essayait de tenir. Et en plus, si elle commençait, elle allait finir par être recherchée. Elle n'avait pas passé des années à fuir les gardes pour se faire prendre pour ça.

Elle commençait donc à se lever pour simplement quitter la table lorsqu'elle fut percutée violemment par une lourde masse qui l'écrasa sur le panneau de bois, expulsant tout air de ses poumons et la coinçant pendant une large poignée de secondes. Elle ne sut pas exactement qui ou ce qui l'avait libérée du corps imbibé, mais la goulée d'air fut plus que bienvenue, tout du moins jusqu'à ce qu'elle doive l'esquiver à nouveau. Elle baissa les yeux sur l'homme, quelque peu agacé qu'il ait renversé son verre sur ses vêtements (elle détestait sentir la bibine), et ne vit donc pas arriver le coup qui, normalement, n'aurait pas dû lui être destiné. Elle sentit son visage partir en arrière et un liquide chaud lui couler sur le menton. Elle vérifia par réflexe qu'on ne lui avait pas brisé une autre dent avant d'observer la goutte écarlate qui salissait désormais sa peau grise. Elle eut une inspiration hachée et quelque chose claqua en elle, proche de la rupture. Elle empoigna le tabouret sur lequel elle avait été assise, seule alternative trouvée par sa conscience désespérée aux dagues qu'elle brûlait d'envie de dégainer pour les planter encore et encore dans les entrailles du fou qui avait osé s'en prendre à elle, et avec un sourire d'anticipation, s'apprêta à l'abattre sur un crâne.

Elle fut fort heureusement interrompue par l'entremêlement de deux corps en pleine empoignade, et repoussée contre le comptoir, sur lequel elle monta pour s'éloigner un peu, dominant de sa haute taille et toute la puissance de son désir cette rixe où le sang ne tarderait pas à couler, tentation ultime battant en brèche ses fragiles fortifications. Il lui fallut d'ailleurs quelques secondes pour se rendre compte que c'était sa propre voix qu'elle entendait murmurer, comme une litanie lourde de désir:

"Tant de sang, tant de sang, quel gâchis..."
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Caleb Daenelynn
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MessageSujet: Re: Quand frapper rime avec jouer [PV Caleb]   Mer 29 Oct 2014 - 12:13

Aaaaah Bélin… Enfin non. Le PORT de Bélin, grande différence ! Je vois déjà les puristes de la géographie me jeter des regards noirs. En même temps, avec tous ces bateaux amarrés dans le coin, il est quand même difficile d’imaginer qu’on se trouve ailleurs que dans un port. Ou peut-être dans l’entrepôt d’un maquettiste mégalomane qui ne reproduit ses modèles qu’à l’échelle 1:1. Mais si on me demande mon avis – ce qui est rarement le cas – je vous dirai bien que des maquettes à cette échelle, autant les utiliser pour de vrai.  Enfin bref. Le port de Bélin donc… Avec ses mâts alignés, ses filles maquillées, ses bateaux amarrés, ses filles soigneusement dénudées, ses pêcheurs épuisés, ses filles très assurées, ses marchands richement vêtus, ses filles de petite vertus… Hum ? Hey, ce n’est pas ma faute si les ports sont les cibles préférées des femmes qui désirent vendre leurs charmes aux puissants marins qui reviennent des flots ! Enfin, ceci dit, ce n’est pas ce genre de compagnie que je suis venu chercher par ici. Après un voyage aussi mouvementé que long, j’espérais surtout parvenir à me fondre dans la masse grouillante du port pour passer incognito et ne pas me faire repérer à la première occasion. J’avais besoin d’argent, d’une manière ou d’une autre, ou plus exactement de quoi manger. J’avais pu bénéficier de l’hospitalité de quelques fermiers sur le chemin mais, dans les villes, la générosité se réduisait à peau de chagrin et mieux valait ne pas compter dessus. Et si la nourriture pouvait être glanée à droite ou à gauche, les vêtements, les réparations ou toutes ces autres choses étaient rarement offertes, même généreusement. Il me fallait un peu d’argent, afin d’assurer mes arrières. Et pour cela, je ne voyais qu’un seul endroit : la taverne, repaire de joueurs et, surtout, d’ivrognes, joueurs.

Quoiqu’on en dise, et pour peu qu’on ait peu de scrupules – comme moi -, les poivrots font d’excellents perdants avec lesquels il est relativement aisé de remplir sa bourse. La seule problématique reste le moment où ils finissent – souvent – par s’emporter et frapper du poings sur la table, ou ailleurs. Ceci dit, il faut savoir vivre dangereusement, non ? Et quand on est un criminel recherché dans un Royaume – et probablement bientôt les trois -, on n’est pas vraiment à une petite rixe de bar près, non ? Enfin pour ma part, entre crever de faim et la possibilité de me manger un pain, mon choix est vite fait. Durant la traversée du port, je me contente de faire profil bas. Les allées sont bondées et rares sont ceux qui font attention à ceux qui passent près d’eux. Les quelques gardes que j’essaie d’éviter ne semble même pas prêter attention aux alentours, se contentant de discuter entre eux des derniers potins au sujet d’une dénommée Lili dont les formes feraient dresser la plus molle des canailles. Décidément, pleins de charmes ces gens-là. Enfin, prions la volupté de cette fameuse Lili qui me permet de continuer d’avancer l’esprit un peu plus tranquille, même si je doute que les avis de recherche soient arrivés jusqu’ici. Varak a beau me vouloir mort ou vif, je ne suis pas certain qu’ils iront jusqu’à embêter leurs voisins. Enfin, ça m’arrangerait. Après quelques détours, je finis enfin par trouver mon but. Cette taverne n’a pas l’air des plus reluisantes mais elle fera l’affaire, après tout, la concentration d’ivrognes est souvent proportionnelle à l’insalubrité des lieux, même si, dans ce cas-là, je pense qu’ils n’en sont pas à trinquer avec les rats. Enfin je l’espère. De toute façon, je le saurai vite.

Je pousse la porte avant d’être frappé par le brouhaha de la pièce. Au moins y’a du monde. D’un coup d’œil, je repère une petite table de joueurs qui s’amusent avec des cartes et quelques piécettes sur la table. Une place est libre. Parfait. Je me faufile entre les tables, les tabourets et, surtout, ceux qui ont leur cul posé dessus, et je m’approche de mes futurs amis. « Bonjour messieurs, je peux me joindre à vous ? » L’haleine de celui qui me regarde pourrait probablement enivrer n’importe qui. Celui-là doit avoir plusieurs heures de descente. Tant mieux. Après quelques règles et une partie ‘pour rien’, l’aventure commence. Les jeux de cartes ne sont pas ma spécialité, mais, sans me vanter, je me débrouille plutôt bien. D’ailleurs, après plusieurs dizaines de minutes, les pièces commencent à migrer de mon côté. Un petit pécule qui me paiera surement un bon lit, pour une fois. Mais alors que j’allais abattre une nouvelle main gagnante, c’est autre chose qui rafla la mise, voire même toutes les mises. Un lourdaud vint s’écraser sur un bord de la table, la renversant et, avec elle, l’ensemble de mes gains. Un coup d’œil autour de moi sur ces regards tous posés par terre, n’augurait rien de bon. « Je vous arrête tout de suite là, c’est mes gains. » Bien entendu, autant parler à des chiens… Tous se jettent par terre et d’un coup de botte bien senti, j’écrase une main qui relâche une partie de ce qui m’est dû. Pour le reste, il faudra repasser. Après avoir récupéré une partie de mon butin, laissant le reste aux soiffards qui se battent pour deux sous, je me relève pour me rendre compte que l’auberge tout entière est plongée dans le chaos.

Juste le temps de tourner la tête pour me pêcher en arrière et éviter un crochet qui ne m’était probablement pas destiné mais aurait tôt fait de m’embrasser la joue avec peu de douceur. Quelques pas en arrière. Peut-être est-il temps de tirer révérence ? Malheureusement les chemins vers la sortie est… impraticable. Du moins pas directement. Slalomant entre les duels divers ponctués d’interventions imprévues, j’esquive principalement ce qui menace de s’en prendre à ma personne. Quant à celui qui me sourit sans trop savoir s’il compte m’en coller une ou m’inviter dans sa chambre – l’alcool… - je préfère ébrécher son service trois pièces d’un coup de genou pour me prémunir des deux options dont aucune ne me plait vraiment. Malheureusement, mon trajet ne me rapproche pas vraiment de la porte, au contraire. Voilà que je suis au comptoir. Décidément, il ne faut pas grand-chose pour que les choses dégénèrent avec des soiffards. Pire que l’ignifite… Un regard en l’air et je distingue une silhouette fine sur le comptoir, dominant la mêlée. Bonne idée. Enfin, surtout si on veut devenir une cible privilégiée. Et elle ne voit surement pas le gaillard qui vient de monter à l’autre bout et s’est mis en tête d’en faire son quatre-heures, au sens propre ou au sens figuré. Aaaah… Ma galanterie me perdra. Alors qu’il arrivait à portée de la jeune femme, je me hissais lestement entre eux sur le comptoir à mon tour, attrapant une choppe vite au passage. « Une petite soif mon ami ? » Sans attendre sa réponse, et profitant de la surprise, je lui brisais le contenant sur la tête, le faisant choir dans la mêlée. Je me tournais alors vers ma protégée. « Au plaisir, mademoiselle. Maintenant, si vous permettez… » Puis sans crier gare, je me glissais au pied du comptoir. La porte de sortie. Garder la porte de sortie en tête.
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MessageSujet: Re: Quand frapper rime avec jouer [PV Caleb]   Mer 29 Oct 2014 - 16:35

Difficile, très difficile, de ne pas se laisser emporter par l'odeur métallique qui commençait à peine à se faire sentir sous les relents d'alcool de fumée et de transpiration. Impossible de l'entendre couler derrière les vagissements des matelots ivres et des joueurs imbibés. Et tout autant de le voir, dans cet entrelacs anarchique de corps. C'était même un véritable défi que de réussir à distinguer un être d'un autre. Toute sa concentration était d'ailleurs fixée sur cette tâche, tant et si bien que lorsque quelqu'un d'autre sauta sur le comptoir qui lui servait autant de refuge que de point d'observation, elle ne put retenir un sursaut. Elle n'était pas véritablement une combattante, au mieux un modeste... certes, pas modeste, et même plutôt très bon, assassin. Aucune ressemblance entre l'art silencieux et tranquille qu'elle avait exercé, en toute sobriété, sans être aperçue ou entendue, sans laisser le temps de se défendre. Rien à voir, vraiment, avec le chaos qui s'étendait sous ses yeux. Quant aux rixes... Elle les aimait quand elle avait besoin de se défouler, mais pas quand elle était tant sur les nerfs qu'elle avait de véritables envies de meurtre.

Elle n'eut que quelques instants pour l'apercevoir avant qu'il n'abatte violemment une choppe sur le crâne d'un importun, le renvoyant dans la cohue, et redescendant aussi sec, visiblement vers la porte. Il avait de l'espoir, vraiment, car de là où elle était, elle peinait à voir comment il escomptait sortir alors même que le gros de la bagarre s'était déplacée par-là. En revanche, elle était fort surprise de voir que le tavernier s'était fait la malle par... une porte de derrière. Elle haussa un sourcil, presque déçue. Où était l'originalité, véritablement? Une simple porte de service, qui servait probablement en cas d'incendie ou pour les livraisons. Elle s'était attendue à quelque chose d'exotique, de complexe, ce qu'elle aurait attendu d'un véritable dur habitué à subir ce genre de cas et à...

Un grognement lui échappa alors qu'elle descendait à son tour du comptoir, beaucoup moins élégamment que son "sauveur". Une grimace accompagna le grognement. Elle détestait même l'idée de devoir quoi que ce fut à qui que ce fut. Elle avait tué son maître pour ne rien lui devoir et Shelyn... C'était une autre histoire. Elle avait changé de vie, elle ne le tuerait pas. Mais elle le ferait payer. Non, mauvaise expression. Elle lui rendrait la pareille si elle en avait l'occasion. Plutôt, oui... Elle avait dégainé avant même de s'en rendre consciemment compte, enfonçant violemment la poignée dans l'estomac d'un marin aviné, marin à cause de l'odeur de sel, et aviné à en croire ce qu'il venait de vomir sur le plancher déjà glissant. Elle ne réussit pas à écraser quelques pieds, trop légère, se prit encore un coup sur le nez qui ne l'aida pas particulièrement à adopter un comportement plus avenant, elle planta malencontreusement sa dague dans la main de quelqu'un et ne put cacher son sourire extatique au hurlement qu'il poussa, de même qu'au sang qui commença à couler sur le bois sale.

Elle ne se souvenait plus exactement d'où elle allait, ou de la raison pour laquelle elle se dirigeait vers la porte, jusqu'à ce que celle-ci s'ouvre violemment sur ce qui semblaient être des gardes relativement armés jusqu'aux dents. Elle les connaissait de très loin, elle avait exercé dans cette ville, et ils étaient des charognes, pires encore que dans d'autres endroits, car ils devaient faire au jour le jour, ou plutôt à la nuit la nuit, avec de coriaces clients bien peu enclins à simplement arrêter de se battre parce qu'ils arrivaient en hurlant. Justement comme ils venaient de le faire. Ils ne la connaissaient pas, et elle aurait tout donné pour que la situation reste la même, si bien qu'elle fit demi-tour, tombant plutôt littéralement sur le jeune homme qui l'avait aidée sur le comptoir. Elle s'échappa à nouveau de façon très inélégante, à quatre pattes, des pas lourds et armurés de la garde, lui tapotant l'épaule au passage, sa voix rauque réduite à un murmure qui portait à peine dans le brouhaha ambiant:

"Je vais être gentille, je vais partager mon superbe plan de combat... La porte de service accessible depuis la cuisine, derrière le comptoir. Sauf si tu préfères la Garde..."

Sans attendre sa réponse ou savoir s'il l'avait entendue et la suivait, elle continua à se frayer un chemin, parfois debout, parfois non, jusqu'au comptoir derrière lequel elle se glissa, presque à sortir comme elle l'avait annoncé.


Jael s'exprime en Lichen : #85C17E
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MessageSujet: Re: Quand frapper rime avec jouer [PV Caleb]   Jeu 6 Nov 2014 - 5:56

Sortie… Trois pas en avant… Deux pas en arrière… Un pas-chassé sur le côté et trois doigts écrasés… Désolé mon bon monsieur mais l’affluence, vous comprenez ? Rah ! Il n’y a rien à faire ! Impossible de se frayer un passage dans cette mêlée sans avoir à faire détours sur détours enfin sauf si l’on aime recevoir des coups, ce qui, malheureusement n’est pas vraiment mon genre, même avec une demoiselle. A éviter les pochtrons et leurs patounes pataudes, j’ai plus l’impression de danser une valse que d’essayer de me sortir de cet endroit. Je ne suis pas idiot, je sais très bien que ça ne durera pas éternellement et que quelqu’un va – ou a déjà – prévenir les gardes. Sauf que si ces imbéciles imbibés jusqu’à la moelle n’y pensent pas, moi je n’ai pas envie de me retrouver entre les mains des forces de l’ordre. D’abord parce que ça ferait désordre et que, généralement, ils sont loin de payer un coup à boire à ceux qu’ils arrêtent, mais aussi parce que sur ma tête, quelque part, y’a une jolie petite somme et qu’il serait dommage qu’ils me reconnaissent. Etre renvoyé à Varak pour y être pendu, très peu pour moi. Je n’ai jamais été fan des colliers, alors ceux tressés avec de la corde, encore moins, surtout qu’ils finissent toujours par être trop serrés… Poussé derrière moi par un pochtron qui ne tient visiblement plus sur ses deux jambes, je maudis ceux qui ont commencés cette rixe en m’affalant sur une table qui tient encore miraculeusement debout. Profitant de l’aubaine, je grimpe dessus. La porte est encore loin. Zut. Le temps d’imaginer un itinéraire probable, je sens quelque chose m’attraper le pied et me tirer. Ca, ça ne va pas faire du bien. Impossible de se défaire de la poigne qui menace mon équilibre et me fait finalement choir. Heureusement, j’ai un tapis – peu confortable cependant – d’imbéciles sonnés, ou presque, qui m’évite la pierre du sol de la taverne.

Un coup de botte du pied libre et l’étreinte se dessert. Il ne reste plus qu’à se remettre d’aplomb – plus facile à dire qu’à faire – et reprendre son sens de l’orientation après avoir chu la tête en bas. Je marche sur des pieds, des mains, des têtes… Je ne fais pas vraiment attention. De toute façon, ils ne sont pas à quelques hématomes près et ceux qui trainent par terre sont déjà suffisamment dans le coltard pour ne plus sentir grand-chose, ou presque. Mais alors que le Graal semble enfin à ma portée – entendez par là que je ne suis plus séparé de la porte que par une bonne grosse douzaine de duels – la construction de planches s’ouvre à la volée, butant contre le pauvre qui se trouvait derrière, dévoilant une bonne petite patrouille bardée de fer aux voix tonitruantes. Si j’avais pu maudire les avinés qui me bloquaient la route jusqu’à la sortie, je les bénissais d’être entre moi et ces veaux de gardes qui n’allaient probablement faire dans la dentelle. Il me fallait une porte de sortie, enfin, une autre bien entendu. Parce que celle-là était bouchée. Et tout ceux qui allaient passer entre les mains de ces gardes allaient décuver pendant de longues heures, voire toute la nuit. Et, pour MA nuit, j’avais déjà d’autres plans en tête et aucuns d’eux n’impliquaient de la paille et des barreaux. J’allais donc faire demi-tour quand quelqu’un d’autre – de visiblement pas suffisamment aviné pour ne pas sentir les problèmes arriver – le fit avant moi, un peu trop rapidement pour anticiper quoique ce soit. Chutant au sol avec la malheureuse – car cela semblait bien être une femme, sinon je pense que je l’aurai senti au contact du sol – je me rendis compte que c’était celle qui se trouvait sur le comptoir quelques minutes plus tôt. « Désolé, mais généralement, je préfère faire ça sans public. »

Je la repoussais légèrement, dans un sourire, la laissant partir à l’opposé de la sortie, à quatre pattes. Ce n’était pas forcément des plus élégant mais probablement plus efficace quand on ne voulait pas finir chahuté de tous les côtés. Alors que j’allais me relever, pour chercher un plan de secours, mon option A ayant expirée, j’entendis une voix m’annoncer la présence d’une porte de service, derrière le comptoir. Je tourne la tête et me rend compte que ça doit être la demoiselle qui vient de me donner mon plan B. Je ne réfléchis pas vraiment plus longtemps – les gardes sortent leurs armes et le métal se frayent plus facilement un chemin dans la foule que les poings – et me met à suivre ma probable bienfaitrice. Arrivé au comptoir, je me hisse prestement dessus avant de passer derrière, rejoignant ma compagne de fortune. Je tourne la tête vers elle, dans un sourire. « Vous aviez l’air plus engageante que les molosses qui retournent la taverne en ce moment. » Comme si j’ai besoin d’une justification pour le fait de l’avoir suivie jusque là. Un coup d’œil « Si on y allait ? » Ce serait dommage de contempler la porte de sortie et de se faire attraper avant de pouvoir l’emprunter. D’un bond, je me relevai, jetai un rapide coup d’œil vers la salle où les gardes commençaient à sérieusement faire le ménage et me dirigeai vers la porte avant de l’ouvrir d’une main et me tourner vers la jeune femme. « Après vous. Mais ne trainons pas. » Une fois qu’elle passa la porte, je fis de même. Inutile de rester plus longtemps. L’air frais – frais ne veux pas nécessairement dire qu’il n’était pas nauséabond – de la taverne me fit du bien. Je pris une inspiration et décidait de mettre quelques ruelles entre la taverne et ma personne. « Je ne sais pas pour vous, mais moi, je ne trainerai pas par ici… »
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