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 Jael [Terminée]

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Jael'esthia Helin
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Philosophie : Idéaliste
Divinité(s) : Palvolen
Faction ou Clan : Aucune alliance

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Races: Éladrin
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Adage: J'emprunte la route qui m'emmènera loin de moi-même, tentée de revenir sur mes pas à chaque instant
MessageSujet: Jael [Terminée]   Dim 26 Oct 2014 - 9:00

Jael'esthia Helin

J'ai pris le chemin qui m'éloignerait de moi-même, mais la tentation de revenir sur mes pas est grande...


Genre: Féminin
Surnom: Jael, tout simplement, à votre charge d'en trouver un meilleur 

Âge: 107 ans 
Race: Eladrin 

Terre d'origine: Etragore, Territoire Hilvanian
Philosophie:Idéaliste  

Faction:  Aucune pour l'instant
Profession:  Chaman en quête de rédemption

Magie  
Je suis une Pratiquante chevronnée et j'utilise la magie Clanique mais plus précisément Chamanisme. Je maîtrise le Sang : Coagulation, Lecture Sanguine, Régulation, Revigoration, Soulagement


Aptitude(s) particulière(s): Innocuité : Certaines personnes sont charismatiques, d'autres véritablement effrayantes, causant une pression presque physique sur leur interlocuteur par leur seule présence. Ceci est tout l'inverse. Sa simple présence semble si inoffensive qu'elle est souvent laissée pour compte ou vue comme quantité négligeable, voire sous-estimée. Ses interlocuteurs ont tendance à lui prêter moins d'attention, voire à l'oublier pour les moins concentrés d'entre eux, et il lui faut fournir un véritable effort pour avoir l'air menaçant.


Apparence


La beauté est une notion relative. Elle l'a toujours été à ses yeux, bien que certains aient été tentés de la contredire. Ils ne sont jamais allés bien loin dans leurs tentatives. Difficile à comprendre, à moins de bien regarder ce à quoi ils ont affaire véritablement. Elle n'a jamais prétendu être une beauté. Il suffit de la regarder pour voir ce grand corps, tout en muscles et en os, presque ascétique. Pas de courbes affriolantes pour elle, elle ressemble probablement plus à une planche de bois qu'au fantasme de l'imaginaire dérangé d'un homme, de sa race ou non… La seule chose qui la sauve… Un rapide regard dans le miroir presque dépoli de la miteuse chambre d'auberge où elle loge pour la nuit confirme que ces iris d'un bleu trop clair, presque transparent, la regardent toujours, tranchant avec sa peau grise et les longs cheveux d'un blanc pur qui effleurent ses reins. Seule concession à l'esthétisme qu'elle s'autorise, ils sont retenus en arrière par un large bandeau de cuir sombre. Un soupir désabusé lui échappe alors qu'elle revêt la tunique grise et les braies de cuir souple qui constituent sa tenue de tous les jours, avec une houppelande du même gris que sa peau. Ils dissimulent plus qu'ils ne montrent, surtout les nombreuses cicatrices qui parcourent ses mains et avant-bras. Elle secoue la tête en laçant ses bottes et en resserrant légèrement la ceinture du baudrier hébergeant deux dagues courbes. Ses traits émaciés, androgynes, se tendent encore alors qu'elle serre les dents, éprouvant de la langue la canine cassée qui dépare ses rares sourires. La seule chose qu'elle apprécie est la paire de longues oreilles propre aux Eladrins, qui la met définitivement à part du reste du monde. Une bonne et une mauvaise chose tout à la fois, en y songeant vraiment… Mais la beauté n'a que rarement été un critère pour ses activités, et la tentation de s'y complaire est moins forte encore aujourd'hui qu'à l'époque…

Sans même un dernier regard accordé à son triste reflet, elle quitte la chambre du pas souple de ceux qui ont l'habitude de battre la campagne ou les forêts, poussés par une quête que nul autre qu'eux ne peuvent comprendre.


Personnalité


Elle doutait parfois que certaines personnes se rendent véritablement compte de ce à quoi ils échappaient depuis qu'elle avait décidé de changer de voie. Elle avait été bonne dans son métier, discrète, efficace, passionnée, un peu trop fascinée, même, par le sang carmin qui quittait les corps sans vie de ses victimes avant de rejoindre la chaussée sale d'une quelconque ville. Un des risques du métier, s'ils lui demandaient vraiment. Mais personne ne prenait cette peine. Personne ne la voyait, en quelque sorte. Un soulagement, une crainte, une peur solide qui l'étreignait pendant les rares nuits où elle se prenait à dormir sur ses deux longues oreilles. La solitude était la plus terrifiante de ses alliés, marchant main dans la main avec la douce folie qui l'entraînait parfois à replonger, à cesser de chercher, en vain, lui semblait-il, cette rédemption qui ne semblait rien plus qu'un vague phare dans un océan sombre et déchaîné.

Pour ceux qui lui parlaient, la chaleur de sa voix cassée démentait ses commentaires acerbes, et la large mèche blanche qui dissimulait ses yeux cachait aussi le tempérament fougueux qui faisait briller son regard d'une colère parfois mal enfouie. Elle n'avait jamais été une femme de peu de mots, créature au sang chaud qui n'hésitait pas à se mettre en danger pour ce qu'elle pensait juste. Protéger les faibles parce qu'ils étaient faibles ? Très peu pour elle, elle aurait laissé mourir quelqu'un sur un trottoir sans état-d'âme, si tant était qu'elle n'ait pas eu l'impression que cela n'aurait pas dû être. Et pourtant, toujours, elle avait peur de replonger dans une existence aux reflets écarlates, marchant précautionneusement sur un fil tendu et coupant qui menaçait de l'entraîner et l'empêchait, à sa grande honte, d'agir autant qu'elle le devait.


Histoire


La première chose dont elle se souvenait était la brume. Comme si elle avait toujours été là, se cachant entre les feuilles gorgées de rosée de sa terre natale, floutant sa vision d'une canopée d'un vert étincelant. La brume lui avait toujours donné l'impression d'évoluer dans une mer de coton, cocon rassurant pour un être élevé en marge. Pendant très longtemps, des années lui semblait-il, elle avait cru que le monde ne renfermait que deux personnes. Elle-même et son mentor, Shelyn. Il était la normalité de son existence, il représentait le centre de sa vie, et jamais elle n'avait été amenée à douter de ses actes. Comment l'aurait-elle pu, alors qu'il était tout ce qu'elle connaissait ? Avec lui, elle avait tout appris, de comment survivre dans les bois en chassant son prochain repas, à la parole qui semblait pourtant si peu nécessaire entre eux. Elle ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi il avait insisté sur son élocution, hésitante, traînante, presque un bégaiement qui ne disparaissait que quand son caractère faisait des siennes, et jusqu'à ce qu'elle soit rappelée à l'ordre par l'impact d'une large main sur son visage. Normalité d'une vie qu'elle comprenait et maîtrisait, qu'elle aimait car elle était la seule qu'elle ait jamais connue.

La communion avec la nature. Très tôt, son univers avait tourné autour de ces notions. Shelyn avait été insistant à ce sujet. Respecter les animaux sauvages ou non qu'ils croisaient lors de leurs ballades, le sol qu'ils foulaient, les plantes qu'ils cueillaient, les arbres qui étendaient leur canopée au-dessus de leur tête blanche ou grise. Et elle avait toujours aimé cela. Elle n'avait jamais été une enfant turbulente, tout l'inverse en réalité. Caractérielle, oui, en revanche. Elle avait conscience d'être facile à oublier, avait conscience qu'elle était en faute et non lui, aussi perdu soit-il dans ses pensées, ses recherches, le sang qu'il tirait de ses veines pour Palvolen savait quelle raison ou quel but. La beauté sauvage des terres des Hilvanians se fondait souvent dans cette vision presque délicate. Flot lent de carmin sur la peau sombre de cet être aimé. Son enfance serait à jamais mêlée de cette couleur, rouge sur vert, sur noir, celui des feuilles, de l'humus, de la terre sombre et humide, et surtout à cette odeur qu'elle associerait plus tard au métal mais qui n'était, pour l'instant, que celle du sang. Du Sang, selon lui. Elle ressentait la majuscule dans la révérence qui ornait sa voix lorsqu'il en parlait. Il avait mêlé son Sang au sien alors qu'elle était blessée, l'avait partagé avec elle, comme il avait bu le sien, à une occasion. Le souvenir la faisait encore frémir parfois, de dégoût et de plaisir mélangés. La douleur de sa propre blessure, l'amour et la nécessité qui l'avaient poussée à accepter ce sacrifice, alors même qu'elle sentait la tête lui tourner, et la brume, inlassable, incessante, envahir sa vision. La sensation charnelle de cette bouche sur sa peau, la succion avide à son pouls, la caresse de sa langue fouaillant la blessure, absorbant en lui tout ce qu'elle pouvait lui donner. Et tout cela était bel et bon.

Les années avaient défilé sans qu'elle en ait conscience, la saison florale succédant à la saison froide, succédant à la saison du deuil, succédant à la saison chaude. Jusqu'au jour où il la regarda, son froid regard acier planté dans le sien, et lui annonça qu'il était temps qu'elle découvre le monde. Elle hurla tant qu'elle put, le noya sous les invectives, l'agonit d'injures. Il était stupide, il n'avait pas compris. Il était son monde, le centre de son univers, et celui-ci dans son entier. Et il voulait se débarrasser d'elle. Mais il avait décidé, et elle n'avait plus rien à ajouter. Selon lui, elle avait atteint l'âge où il était nécessaire qu'elle connût autre chose. Elle ne comprenait pas, ne voyait pas ce qu'elle aurait pu apprendre de plus. Le déchirement fut grand pour elle lorsqu'elle fut abandonnée dans un village.

Tout était nouveau, et jamais elle n'avait imaginé qu'il put y avoir d'autres gens comme eux. D'autre « Eladrins » selon ses mots. La transition fut difficile et exploita au maximum sa résilience. Il lui fallut apprendre à refréner son tempérament fougueux, à demander avant de simplement prendre, à lutter contre la claustrophobie qui la saisissait à la simple idée de ne pas dormir à la belle étoile. L'impression étouffante que les planches se refermaient autour d'elle, l'engloutissaient comme l'estomac de quelque monstre gigantesque. Parler était difficile aussi, et elle s'attira quelques mauvais regards, parfois, surtout lorsque l'odeur et la vision simple d'un flot sanglant lui manquaient. Alors elle apprit, parce qu'il l'attendait d'elle. Elle se dissimula lorsque ce fut nécessaire, elle absorba tous les savoirs qui lui furent jetés au visage, ce qui leur paraissait naturel comme ce que ses « frères » du même âge se devaient d'apprendre également.

Il apparut rapidement que les dagues étaient une arme qui lui convenait tout à fait, bien plus que d'autres plus lourdes ou plus longues, jouant sur son corps souple plutôt que sur une puissance qu'elle n'avait pas véritablement. Elle s'y faisait, s'adaptait, et pourtant, toujours, en elle, grandissait et grossissait un manque et un ressentiment. Car, elle n'en doutait désormais plus, il l'avait abandonnée, et elle lui en voulait pour cela. Elle avait eu besoin de lui, mais de son côté, qu'avait-elle représenté à ses yeux ? Probablement rien. Cette douleur, née de son amour, de son besoin vital de lui, lui retournait le cœur et l'estomac, la rendant imperméable à tout autre sentiment que cette haine croissante, ce désir de vengeance. Et le manque de lui se couplait à celui de cette simple odeur qui avait accompagné son enfance, celle du métal cuivré, celle du sang, coulant librement sur une peau réchauffée par le soleil ou glacée par la brume de ses visions enchanteresses.

Alors elle chercha. Non pas sa présence, car elle avait voulu tourner la page sans voir la futilité de cette quête-ci. Mais quelqu'un qui comprendrait, qui l'instruirait dans les voies du Sang comme il aurait dû le faire. Pourtant, trouver un Chaman n'avait rien de simple, et ce fut un long pèlerinage que le sien, vers la connaissance, vers la soif de savoir, vers la folie et la perte d'une part de sa conscience, également, peut-être. Elle n'avait jamais escompté faire mauvais usage de ses dons, mais sous le joug d'un être plus puissant qu'elle, plus charismatique, si terriblement séduisant dans la libéralité prise vis-à-vis de ce liquide vital et addictif, dans l'utilisation faite de ses compétences si spéciales, dans les connaissances parcellaires transmises également. Car s'il montrait et enseignait la façon de faire, il passait allègrement sur la théorie, sur la philosophie, sur les idéaux transmis. Elle n'en souffrait pas, bien au contraire, se vautrant avec délice dans l'insanité de son apprentissage, et dans le pouvoir inhérent qui lui était conféré avec tant d'emprise qu'elle se sentait approcher, inexorablement, d'une douce folie meurtrière.

Les années passant, elle se renferma de plus en plus sur elle-même, et nombreux furent ceux à passer leur chemin alors qu'elle se taisait, tout simplement, et se laissait oublier alors qu'elle passait de village en village, ombre sombre à la douceâtre odeur métallique. Elle ne comprit pas immédiatement la panique. Les gens mouraient, mais ce n'était rien d'inhabituel. Si ce n'était la fréquence, la cadence, la rapidité. Le volume même de ces morts semblait… L'odeur de la mort devint presque aussi lourde, douceâtre, intoxicante, que celle du sang l'avait été à une époque. Et pourtant, quand tous fuirent leur terre natale, abandonnant derrière eux tout ce qu'ils aimaient, tous ceux qu'ils avaient aimé et qui avaient succombé, elle les suivit, sans même se demander ce qu'il était advenu de son mentor. Non, elle connaissait parfaitement sa fin, elle se souvenait avec délectation de chaque goutte de sang qui avait quitté son corps après qu'elle lui eût tranché la gorge dans son sommeil... Elle refusait également de songer à Shelyn. Ou plutôt, de trop y songer, car se disputaient en elle l'espoir qu'il ait survécu, et la volonté douloureuse qu'il soit mort dans d'atroces souffrances…

La brume, toujours, comme un rappel incessant et moqueur de ce qui avait été. Sous ses pieds nus, le bois poli du pont évoquait la douce caresse de la terre qui l'avait vue naître. Les embruns fouettaient son visage anguleux qui n'avait jamais été véritablement beau et ne le serait probablement jamais. Sa longue chevelure blanche avait été coupée pour éviter les parasites, accentuant encore la minceur qui ne l'avait jamais quittée malgré qu'elle mangeât à sa faim, et qui était devenue maigreur sur le navire qui les menaient vers une nouvelle existence. Nouvelle déchirure. Son monde subissait une nouvelle expansion à nulle autre pareille, et pourtant, elle ne rêvait que de la solitude de ses premières années, de la forêt, de la lourde canopée qui se clairsemait durant la saison du deuil, des odeurs entremêlées de vie, de pourriture, de poils humides, de viscères exposées, du bruit mou et spongieux d'un corps sans vie s'écroulant à terre, de la vision de l'étincelle quittant les yeux d'un animal avant qu'il ne soit rendu au cycle de la nature. La vie, tout simplement, lui manquait dans cet espace confiné qui l'empêchait de dormir et cernait son regard limpide, lui donnant un air presque maladif.

Ils n'avaient pas laissé la mort derrière eux en quittant l'île d'Etragore. Elle les suivait ici encore. Dans ces eaux déchaînées qui faisaient tanguer le sol sous ses pieds, lui retournant l'estomac en la privant de nourriture consistante si elle ne voulait pas risquer de la rendre. Nombreux furent ceux qui ne survécurent pas à leur trajet vers une vie annoncée autre, si ce n'était meilleure. Elle avait fait l'effort, au début, de parler, mais elle préférait, finalement, se faire oublier que d'écouter sans relâche la complainte endeuillée et entêtante de ceux qui laissaient un monde derrière eux en pensant être les seuls à en souffrir. Ils vivaient mal le changement, elle en avait conscience. Elle aussi, au départ. Mais elle y avait été forcée une fois déjà. Elle survivrait, car elle l'avait décidé, car elle ne voulait pas paraître faible dans le cas incertain où il l'aurait vue. Elle avait été abandonnée une fois, et elle décida que, en cette occurrence, elle les quitterait de son propre chef. Elle ne supportait pas la pression qu'ils mettaient sur les autres, celle de leurs souvenirs, celle de leurs attentes, de leur utopie. Elle avait soupé de se cacher, de dissimuler ce qui, de toute évidence, représentait une tare à leurs yeux, comme le lui confirmaient les regards soupçonneux portés à ses avants-bras cisaillés par un désir qu'elle ne voulait pas expliquer, par une magie qu'elle portait en elle et révérait.

Sa décision était prise et, à peine le pied posé à terre, son équilibre recouvré après de si longs moments passés sur un sol instable, tanguant comme un marin ivre, elle profita du brouhaha pour s'enfuir. Elle ne savait pas ce qu'elle cherchait, véritablement, ignorait à quoi s'attendre, mais certainement pas à cet afflux d'humanoïdes aux courtes oreilles, si bruyants, si nombreux. Ce fut l'odeur qui, une fois de plus, la trahit. Au détour d'une ruelle d'une ville dont elle ignorait le nom et sur laquelle elle était tombée par le plus grand des hasards, elle suivit l'odeur du sang. Le bruit du métal s'entrechoquant lui fit d'abord penser qu'elle s'était fourvoyée, qu'elle approchait de l'échoppe de quelque forgeron, mais un râle d'agonie lui fit fermer les yeux alors qu'un frisson la parcourait. Elle avait trouvé, enfin, quelqu'un qui partageait son obsession…

Évidemment, rien n'avait été exactement ce qu'elle avait imaginé, et les assassins n'étaient bien que cela et non quelque praticien de l'art subtil de Shelyn, ou de l'adoration aveugle de son défunt mentor. Elle avait échappé de peu à sa propre mort, avait fui, couru à perdre haleine dans cette ville qu'elle ne connaissait pas, été revenue à la charge, les traquant dans une quête presque aussi déraisonnable que celle qui la poussait à rechercher le contact de velours du visqueux liquide contenu dans les veines, innocentes ou non, de quelque victime. Le temps qu'elle y passa n'avait que peu d'importance, mais son obstination finit par porter ses fruits, étonnamment. Et il ne lui fallut guère plus de quelques mois pour devenir l'assassin qu'elle n'avait, en définitive, jamais rêvé d'être. Car plus elle plongeait ses dagues courbes dans les corps endormis ou tendus de ses victimes, plus elle prenait conscience de l'absurdité de ses actes. Elle ne se sentait pas coupable de faire ce qu'elle faisait. Elle n'était qu'un outil, après tout, doué d'une conscience fluctuante. Les responsables étaient ses commanditaires, ceux qui lui offraient parfois de coquettes sommes pour accomplir ses actions.

Pourtant, les années avaient affadi sa rancune tenace, et le désir de revoir son mentor revenait, bouillant, dans ses veines. Elle n'avait que peu d'attachement pour son emploi, et le quitta sans remord aucun pour poursuivre une quête d'un nouveau genre, bien plus désespérée et vouée à l'échec. Elle ignorait toujours si Palvolen était intervenu en sa faveur d'une façon ou d'une autre, malgré les trahisons passées et présentes (les mauvaises habitudes étaient difficiles à perdre, et il semblait toujours que l'un ou l'autre la cherchait ou la menaçait, la forçant presque, en toute mauvaise foi, à prendre sa vie, la séduction du Sang un chant de sirène à ses oreilles), ou s'il la cherchait autant qu'elle, mais ils se rencontrèrent à mi-chemin, en quelque sorte. Ce fut à la fois violent et triste, doux et exubérant, des retrouvailles pleines de joie et de haine mêlées, de pleurs et de rires, de coups et d'embrassades. Elle lui raconta en quelques mots couverts ce que sa vie avait été et fut plus blessée qu'elle n'aurait pu l'avouer par la déception qu'elle lut dans ses yeux, par le soupir qui accompagna la simple constatation qu'il lui fallait reprendre son éducation depuis le début.

Très vite, trop vite, au goût de Jael, ils retombèrent dans leurs anciens schémas. Mais il expliquait, désormais, le pourquoi de ce Sang, lui montrait, lui enseignait les subtilités et les secrets, l'idée qui accompagnait ses actes. Il n'y avait jamais eu de sang pour le sang, de souffrance sans conscience, de meurtre sans émotion, sans but. Elle s'était fourvoyée sur toute la ligne. Sous sa férule, luttant contre le sentiment de redevenir enfant à ses côtés, luttant pour rester femme et faire valoir ses droits sur lui, elle se gorgea de ces connaissances qu'il prodiguait avec libéralité. Leur association était étrange, couple qui n'en était pas un, nomade par choix autant que par nécessité, se dissimulant tout en portant assistance, rejetés et accueillis pour ce qu'ils représentaient, pour la peur que suscitait leur magie. Ils auraient pu continuer ainsi longtemps si la frustration qu'elle ressentait ne l'avait pas mise constamment sur les nerfs. Ils évoluaient en marge, une nouvelle fois, pèlerins ascétiques et solitaires. Seule même avec lui, avait-elle parfois l'impression. Leurs arguments devenaient de plus en plus houleux, jusqu'au jour où il les mena à se séparer.

Elle se souviendrait toujours de cette chaude journée de Fan. Les oiseaux dans la canopée florissante, accueillante, luxuriante, la route tracée sous ses pas, les trilles qui charmaient ses oreilles et qui l'avertirent à temps, par leur interruption soudaine, qu'elle n'était désormais plus seule. Ses mains se portèrent d'instinct à sa ceinture, aux dagues jumelles qui ne la quittaient jamais. Ils étaient nombreux, elle seule. Elle s'enfuit, mais trop tard, lui semblait-il. La brume rouge de sa vision était presque un réconfort, le cocon accueillant qui l'enveloppait dans l’étreinte métallique de la souffrance et, ultimement, de la mort. La tête, à nouveau, lui tournait, ses membres devenaient gourds alors même que son obstination la poussait à mettre encore un pied devant l'autre, recherchant la compagnie d'un être aimé, sensations lui rappelant un moment intime partagé de nombreuses années auparavant, une communion du corps autant que de l'esprit. Car elle avait peur. Non de mourir, elle pouvait se faire à cette idée. D'être seule en cet instant, plutôt, de partir sans que personne n'accompagne ou ne recueille son dernier souffle, de quitter cette terre qui n'était pas la sienne sans personne pour la pleurer, aller sans tambour ni trompette, dans l'indifférence la plus totale, alors que se refermaient autour d'elle les murs opaques qui avaient hanté son adolescence en l'empêchant de dormir.

Ce fut sa dernière pensée avant le tomber de rideau, lui semblait-il. Puis il fut là, sa présence, sa chaleur, dans son sang, dans son corps, par l'intermédiaire rassérénant de sa magie. L'odeur douceâtre du sang presque étouffante à ses narines lui permit de s'extirper de sa torpeur. Ce n'était pas le sien, mais elle aurait reconnu sa fragrance n'importe où. Comme la souffrance qu'elle lut dans ses yeux lorsque leur regard se croisèrent. Presque délicatement, il posa ses lèvres sur les siennes, et elle vit l'acceptation de son départ dans ce gris brumeux, encore et toujours. Le bruit mou de son corps s'effondrant sur le sol lui donna l'impulsion pour se relever, prenant en compte sans vraiment y songer la guérison de ses propres blessures alors que s'écoulait à gros bouillon celui de Shelyn, gorgeant la terre devenue rouge. Elle posa ses mains tachées de sang sur sa poitrine désormais à jamais immobile et leva la tête, hurlant son désespoir et sa solitude au ciel, à Palvolen, au monde. Elle ne l'enterra pas, laissant la nature et les charognards disperser son corps qui retournerait à la nature. Elle ne pleurait pas, n'en avait pas le droit tant que les bandits qui avaient fait cela vivaient encore. Ce serait son dernier meurtre, un né de la vengeance et de l'amour, plutôt que de l'ennui et d'un désir incontrôlable. Puis elle deviendrait ce qu'il avait toujours voulu qu'elle soit, elle tendrait vers la rédemption qu'elle n'avait jamais cherchée auparavant, en réparation de ses actes passés et en mémoire de lui, de cet Eladrin qu'elle avait aimé et qui était mort pour elle...


Hors-jeu


 De quelle façon as-tu trouvé le forum ?

→ Partenariat =)

 As-tu des suggestions ou des commentaires ?

→ Pas pour l'instant, non ^^ (Ah si, un commentaire de dernière minute, si jamais il y a un souci ou une incertitude sur la chronologie n'hésitez pas, j'avoue que je n'ai pas trouvé la date de la migration des Eladrins, j'ai dû rater le sujet :/ Du coup, d'il y a un souci, je suis à disposition pour modifier ça ^^)

Quel est le code de validation caché dans les règlements? En l'inscrivant vous acceptez de vous soumettre aux règles établies.  

→ ...


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MessageSujet: Re: Jael [Terminée]   Dim 26 Oct 2014 - 10:24

Salutations, je t'annonce que je m'occupe de ta fiche ^^ Avant de commencer ma lecture et mes recommandations, je te donne le sujet où tu pourras trouver tout ce qu'il te faut concernant les dates, le récapitulatif chronologique! Arrivée des rescapés éladrins qui débarquent au nord de Bélin et de Térovia. An 11 Wink
Sinon ce post parle de leur mode de vie et de la Grande maladie. Hier nous avons également ajouté ce petit sujet dans la Bibliothèque.

Je me charge de ton personnage au cours de la journée, prend seulement note du fait que je ne suis pas dans le même fuseau horaire que toi étant au Québec ^^ Merci de ton inscription, ça fait plaisir de voir un membre qui, dès son arrivée, poste sa fiche Very Happy

Cordialement,

Thaom, ta vilaine Maîtresse Smile

Edit: Ton avatar est génial et le code est bon! Wink ^^
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Jael'esthia Helin
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MessageSujet: Re: Jael [Terminée]   Dim 26 Oct 2014 - 10:33

Salutations =)

Hmmh, je n'avais vraiment pas les yeux en face des trous quand j'ai regardé la chronologie (si si, je promets, j'avais regardé xD)

Du coup, j'ai quelques modifications à apporter, j'éditerai ce post-ci quand ce sera fait, ça ne devrait pas prendre trop trop longtemps, juste un petit switch dans la chronologie des événements ^^

Pas de souci quant au fuseau horaire, Ô Maîtresse, je saurai être patient. Je m'en remets à vos plus que compétentes mains en espérant n'avoir pas annoncé trop d'incohérences...


[EDIT] Corrections apportées, j'espère que cela conviendra! Merci encore \o/
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Thaom Melcrudak
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MessageSujet: Re: Jael [Terminée]   Dim 26 Oct 2014 - 16:09

Tu es née pour jouer une Éladrine, c'est vraiment poignant comme récit! Tous les détails que tu y incorpores concernant l'univers du forum, la Grande maladie, le départ d'Etragore, c'est simplement génial. Il s'agit là d'un portrait subtil et impressionnant à la fois, je suis charmée. ^^

Concernant ta magie, tu obtiens le rang de Pratiquante chevronnée ce qui te donne droit à 5 sorts, tout est ici.Tu pourras ajouter tes sorts dans ta fiche une fois que tu les auras sélectionnés Wink Il n'y a pas de restriction quant à ce type de magie, tu peux prendre n'importe quels sorts.

Je n'ai rien à redire, je peux simplement te féliciter et te souhaiter la bienvenue officiellement Very Happy Ta plume est de qualité, merci d'avoir choisi la vallée Smile Et voilà, tu es validécheers  Je te donne ta couleur sans tarder, n'oublie pas de créer ton journal de bord ici et de remplir ton profil et tes attributs Smile

N'hésite pas à communiquer avec nous si tu as besoin de quoi que ce soit, sauf peut-être d'une pizza What a Face

Oh, que veux-tu voir apparaître au-dessus de ton avatar, ce qui accompagnera ton rang d'Inconnue? Étant donné que tu n'as pas de surnom, donne-nous quelques suggestions Wink Dans le cas contraire je me ferai créative ^^

Au plaisir,

Thaom
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MessageSujet: Re: Jael [Terminée]   Dim 26 Oct 2014 - 16:16

Je suis plus qu'honoré de tous ces compliments et j'en rougis même. Cela dit, très chère Maîtresse, je vous laisserai donc être créative quant à mon titre, puisque le Dieu Idée me fuit à ce sujet bien précis ^^

Pour les sorts, je choisis : Coagulation, Lecture Sanguine, Régulation, Revigoration et Soulagement, je les ajoute de ce pas à ma fiche ainsi qu'à mes attributs, et vais créer mon journal de bord !


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