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 Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)

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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Sam 25 Oct 2014 - 7:10

Ahh vacances... Enfin si on pouvait dire cela dans ce sens. En fait, j'avais décidé de prendre des vacances. Ces derniers temps, je n'avais fait que des enquêtes, à tour de bras. Des vols, des disparitions, quelques problèmes personnels de certaines familles. S'était fatiguant en vérité et j'avais bien besoin de repos. Alors je m'étais dis que j'allais pouvoir aller voir mon père, travailler un peu à la forge, prendre des vacances bien mérité et puis bon, ce n'était pas comme si j'étais la seule enquêtrice à Hydrasil hein, les gens pouvaient bien se débrouiller sans moi pendant plusieurs mois non ? Parfois, je me demandais si je ne devrais pas retourner vers Eilor. Je n'aimais pas forcément beaucoup Varak, le désert ce n'était pas mon truc, mais nous étions vraiment loin l'un de l'autre et cette distance me pesait un peu. Il était ma seule famille, le seul à me comprendre et surtout à m'accepter tel que j'étais. Avec mes cauchemars et mes problèmes. Je me souvenais encore de ces moments, tendres et doux où il me prenait dans ses bras pour me calmer. Je m'étais débattus dans les premiers temps.

Comme je l'avais fait avec Zakaerii lors de ce cauchemar lorsqu'il m'avait soigné. J'avais tellement peur de ce passé, j'avais tellement pris de coups que ces cauchemars ne s'en allait jamais, me rappelant toujours ce passé qui n'arrêtait pas de m'envahir. Qu'est-ce que je donnerais pour pouvoir tout effacer sérieusement. J'avais franchement envie de tout laisser tomber, d'être quelqu'un de normale. Car normale, je ne l'étais pas. J'avais grandis sous les coups, j'avais appris à me défendre pour en plus subir ce genre de chose, j'avais choisis de devenir enquêtrice pour aider les gens comme L'Éladrin que j'avais pu rencontré durant mon enfance. Mais je subissais toujours cette empathie. Pourtant j'avais appris à me contrôler, mais je ne pouvais pas ne pas ressentir. S'était un problème par moment, car même si j'arrivais maintenant à ne plus recevoir des vagues de sentiments et de me sentir mal, dans la foule, je ressentais toujours des tas de sentiments, tous différents des miens. Rester ainsi était tellement compliqué.

Je soupirais comme une idiote sur le dos d'Arkaël, le cheval hennit de protestation. Il avait raison, depuis tout à l'heure, je n'avais pas réellement fait attention au chemin et c'était lui qui me conduisait. Je le caressais pour le remercier et ce fut à Koonie de prendre le relais, posant alors sa patte sur ma tête et me montrant les paysage que j'avais loupé et une image de lui courroucé parce que je n'avais pas fait attention à lui. Je ne pus que pouffer de rire devant l'attitude des deux amours de ma vie. Bien évidement, j'aurais dû faire attention, mais j'avais été tellement surbooké ces derniers temps que j'avais tout laissé tombé pour le coup. Abaissant mes barrières au maximum. Heureusement pour moi, il n'y avait pas eu de bobo et s'était d'autant mieux. Cependant, j'avais un peu peur, je savais une chose, la nuit tomberait et je devrais dormir dehors. Et ces cauchemars resurgiraient.

Je secouais la tête et je sentis dans la démarche d'Arkaël qu'il était temps qu'on fasse une pause. Koonie descendit de mes épaules pour aller se poser entre les oreilles du cheval qui hennit doucement. Ces deux là s'entendaient terriblement bien. Je finis donc par descendre de monture, cela me réveillerait probablement. Une fois à terre, je laissais bien entendu les rennes sur Arkaël, nul besoin de le tenir, il ne s'éloignerait pas. Je partis vers le ruisseau que je pouvais entendre non loin de là. Il ne nous fallut qu'une vingtaine de minutes pour aller jusqu'à rivière. Je descellais alors Arkaël, lui enlevant aussi le filet. Koonie se posa sur du cheval et tout deux allèrent brouter de l'herbe ailleurs enfin pour ce qui était d'Arkaël, Koonie lui se contentait de dormir. Je souriais en posant doucement les affaires de mon cheval et les miennes pour aller finalement à la rivière. Ce n'est que lorsque je relevais la tête que je remarqua ce pelage blanc avec des tâches noirs. Un animal ? Oui et non. Je relevais la tête, posant mon regard bleuté sur le Suli.


« Zak... c'est toi ? »

Voilà que je rencontrais le Suli qui m'avait sauvé une première fois. Eh bien le destin pouvait nous jouer bien des tours. J'espérais juste qu'il ne m'en voudrait pas de trop de la façon dont j'étais partis la dernière fois.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Lun 27 Oct 2014 - 6:52


Une fois encore, Zakaerii avait reprit la route. En même temps, depuis son départ de Varak et de sa famille d’accueil, il été difficile pour lui d’imaginer une vie différente. Vivre « normalement », au même endroit, dans une maison, avoir un métier, ce n’était pas vraiment pour lui. Ou alors peut-être plus tard, lorsqu’il serait plus vieux. En tout cas, il aurait été idiot de penser que Revoran puisse désirer un Dévot pantouflard et, quand bien même, le Félidae avait découvert un certain intérêt pour ces voyages. Qu’il s’agisse des rencontres inattendues, des paysages ou des cultures souvent différentes, il y avait toujours quelque chose à apprendre de ces pérégrinations et apprendre était quelque chose qui passionnait le Suli, même si, d’une certaine manière, la connaissance n’était pas son principal intérêt. Cependant, il aurait été idiot de la négliger pour la simple force. Avec un peu de ruse, la force brute pouvait se révéler bien plus efficace encore, même si certaines personnes semblaient penser le contraire. Enfin, il n’avait pas pour but de raisonner la planète entière et il se contentait déjà de vivre son existence du mieux qu’il pouvait, ce qui, au fond, était déjà une sacrée chose à faire. Après un long séjour dans le Royaume de Bélin, il semblait qu’il était attendu autre part, ou du moins était-ce ainsi qu’il avait interprété un signe de Revoran. Il se trompait peut-être, mais rares étaient les oiseaux qui se posaient à ses pieds et l’observait pendant plusieurs minutes sans bouger. Le volatile avait fini par s’envoler après de longs instants et était parti en direction du Sud. Il était inutile de tergiverser pendant plusieurs heures pour savoir si c’était bel et bien un signe ou non. Dans le doute, il ne coutait rien de le suivre. C’était donc ainsi qu’il s’était lancé sur la route, en direction du Varakir.

Le chemin serait long, il le savait, aussi s’était-il préparé convenablement et avait déjà prévu un itinéraire même s’il était convaincu qu’il ne s’y tiendrait pas strictement. Les aléas des voyages impliquaient souvent de devoir changer de route ou simplement de dévier pour des raisons diverses et variées. Cependant, certains arrêts seraient indispensables, ne serait-ce que pour se ravitailler convenablement. Il n’allait pas emporter plusieurs semaines de nourriture dans ses bagages. Principalement parce qu’il n’en n’avait pas la place et surtout parce que cela serait revenu bien cher avec tous les risques que cela pouvait impliquer. Et puis même si la viande séchée était faite pour être gardée, il y avait quelques limites à la conserver dans un sac qui n’avait rien d’un séchoir. Et, au fond, il était plus agréable de récupérer de la nourriture « fraiche » de temps en temps. Il y avait également la possibilité de chasser mais cela impliquait souvent de prendre sur du temps de marche ou de repos, ce qui n’était surement pas la meilleure des choses à faire. Et il ne comptait pas nécessairement s’éloigner des routes fréquentées, ce qui permettait de faire quelques arrêts dans des auberges de passage où il aurait l’occasion de se reposer et de manger quelque chose de plus élaborer qu’un peu de pain de voyage et de viande faisandée. Cependant, il ne fallait pas s’attendre à trouver un lit tous les soirs. Car elles étaient souvent construites pour ceux qui se déplaçaient à cheval. Zakaerii voyageant à pieds, il parcourrait moins de distance et passerait quelques nuits à la belle étoile, ce qui, toutefois, était loin de le déranger. Mais peut-être était-ce parce que, en tant que Suli, il était plus proche de la nature que les autres. Difficile à dire, mais de toute façon, ce n’était pas important.

La journée était désormais bien entamée et plutôt que de forcer la marche un peu plus, le Félidae avait décidé de s’arrêter lorsque son chemin avait croisé celui d’une rivière qui lui offrirait un parfait endroit où camper. Il avait décidé de descendre un peu le cours de celle-ci pour trouver un emplacement convenable et avait fini par trouver son bonheur – si l’on peut dire – près d’un grand rocher plat qui trônait non loin du lit du cours d’eau. Déposant son sac près de ce dernier, il profita de l’occasion pour se défaire de ses vêtements avant de se plonger dans l’eau, quelque peu fraiche, de la rivière. Après de courtes ablutions, il sortit de l’eau, s’ébroua un peu et enfila ses vêtements à l’exception de son manteau, restant ainsi torse-nu, si l’on peut dire ça de quelqu’un qui porte de la fourrure. Il s’installa alors en tailleur sur le rocher qui était baigné par quelques rayons d’un soleil couchant et ferma les yeux se laissant aller à un peu d’introspection. Quelques dizaines de minutes plus tard, quelques bruits de pas se firent entendre, mais il ne rouvrit pas les yeux. Son instinct ne lui indiquait pas une menace immédiate. Ce n’est finalement qu’un peu plus tard qu’il entendit les pas se rapprocher et une voix l’interpeler de derrière. Il fronça les sourcils, cette voix lui disait quelque chose et, apparemment, le connaissait. Il finit par rouvrir les yeux et tourner la tête pour reconnaître cette jeune femme qu’il avait rencontré à Hydrasil. Il l’observa quelques instants en silence, principalement parce qu’il cherchait son nom. « Eliaë, n’est-ce pas ? » Il n’en n’était plus sûr, il fallait dire à sa décharge que ce n’était que la deuxième fois qu’ils se rencontraient. Cela restait néanmoins une sacrée coïncidence, mais le Suli ne croyait pas au hasard. « Vous semblez en meilleure forme. » Il avait dit cela avec un ton légèrement taquin et le sourire sur ses lèvres venait renforcer cette idée. Il faut dire que la dernière fois qu’ils s’étaient vus, elle n’avait pas été au meilleure de sa forme.
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Eliaë Asiniël
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Mar 28 Oct 2014 - 5:32

Je voyais bien que mon nom ne semblait pas lui revenir de suite. D'un autre côté, nous ne nous connaissions pas depuis tellement longtemps et nous ne nous étions pas vu pendant très longtemps pour qu'il retienne mon prénom. Sa façon de le dire m'arracha un sourire et je hochais imperceptiblement la tête. Je me souvenais alors de notre ancienne rencontre et sa phrase suivante m'arracha un autre sourire. Effectivement, cette rencontre là était bien plus cool et plus tranquille que la précédente ou j'avais été prise dans une querelle entre deux clans sans trop comprendre ce qu'il se passait, lui aussi alors qu'il ne faisait que passer par là et finalement j'avais terminé blessé et il s'était occupé de moi. Étrangement s'était comme si être en sa présence était très facile cette fois là, alors que je me sentais plus légère aujourd'hui. Il fallait avouer que sans être blessé c'était beaucoup mieux. J'avais sentis ses sentiments joueurs et je ne pouvais que y répondre.

« Oui, c'est beaucoup mieux quand on est pas pris entre deux feu alors qu'on ne sait pas pourquoi et qu'on est pas blessé au final. Je ne sais pas si je t'ai bien remercier pour ton aide de ce jour là. »

Je souris doucement. Punaise ce jour là. Je m'étais enfuis comme si quelque chose d'étrange était arrivé. Et ça avait été le cas, pour moi tout du moins. Ce genre de chose ça ne m'arrivait jamais. Rencontré des gens de cette façon, personne ne s'était jamais occupé de moi et c'est à ce moment là que je me rendis compte qu'il avait probablement vu toutes mes cicatrices, mais qu'il ne m'en avait rien dit. Étrangement, je détournais le regard, me sentant alors gêné. Personne jamais ne les avait vu, sauf mon oncle vu que s'était lui qui s'était occupé de moi petite. Mais que lui ai pu les voir, ça me mettait mal à l'aise. Bon allez Eli, ce n'était pas grave, il n'y avait pas mort d'homme. C'est ce moment là que choisis Koonie pour faire son apparition. Je le sentis monté le long de mes vêtements pour finalement venir s’installer sur mon épaule. Sa patte vint doucement toucher ma tempe et je pus alors voir ce qu'il cherchait à me montrer.

« Tu es certains ? »

Oui, oui je parlais toute seule, il n'y avait rien de grave. Je finis par regarder le Suli en face de moi, posant mes yeux bleus sur lui, j'allais me dévisser le cou à tenter de le regarder, mais pourquoi donc était-il si grand ? Ou peut-être que s'était moi qui était trop petite ? Non, pour mon peuple, je faisais office de quelque à la bonne taille. Je finis par hausser les épaules et finalement je lui fis signe.

« Si tu veux, Koonie ici présent à trouver un endroit tranquille où on pourrait passer la nuit vu qu'elle ne va pas tarder. Enfin après je ne t'oblige à rien. »

Non, mais ça m'arrangerais beaucoup je devais l'avouer. Je n'aurais pas à dormir seule et donc peut-être, je dis bien peut-être avec un peu de chance je pourrais alors ne pas avoir de cauchemar. J'en doutais fortement sachant que même avec Eilor je cauchemardais, mais on ne savait jamais avec un petit peu de chance. Sans  attendre de réponse de sa part, je suivis je chemin que l'Yiggnol m'avait montré. Nous arrivions alors après quelques minutes de marche le long de la rivière à un coin tranquille. Assez large pour faire passer toute la troupe et même plus, je finis par récupérer la selle et le filet et revenir vers mon cheval. Installant alors mon petit coin, je finis par sortir une sorte de couverture si on pouvait appelé ça comme ça pour m'installer confortablement dessus. Retirant alors mes lames de mon dos pour les poser non loin de moi. Je ne restais jamais trop loin de mes lames, surtout que j'avais encore deux dagues dans leur fourreau dans mon bas du dos. Je regardais le léopard en face de moi d'un regard léger.

« Alors, qu'est-ce qui t'amène par ici ? »

La question que je me posais depuis le début. Car pour être tout à fait honnête, le destin avait quand même un sacré humour pour nous réunir de nouveau et je me demandais bien ce qui allait nous arriver cette fois-ci.


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Eliaë écrit en #6699ff
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Mer 5 Nov 2014 - 8:32

Le Suli était surpris par cette rencontre. Principalement parce qu’il ne s’attendait pas à rencontrer quelqu’un à cet endroit, mais également parce qu’il était hautement improbable qu’il retrouve – ou plutôt qu’il se fasse retrouver – par cette jeune femme avec qui il avait pu échanger quelques mots le temps qu’elle se remette d’une blessure dont elle gardait sans doute encore une trace qui, peut-être, s’en irait avec le temps. Il était également impressionné par le fait qu’elle se souvenait de son nom, mais peut-être que les Humains avaient plus de faciliter à se souvenir de leurs contacts avec des Sulis. Il fallait admettre que ce n’était pas nécessairement quelque chose de courant, même si les leurs s’intégraient parfaitement au paysage des différents royaumes. Et il est surement plus facile de se souvenir du « gros chat blanc » que d’une jeune femme qui, même si elle est certainement unique en son genre, ressemble quand même beaucoup à tous les siens qu’un Felidae peut croiser durant ses voyages. Enfin… Elle ne semblait pas se formaliser de son hésitation lorsqu’il essayait de se remémorer son nom, gage, s’il devait y en avoir un, qu’elle ne lui en tenait pas vraiment rigueur. Heureusement pour lui. Il n’avait pas une mauvaise mémoire, loin de là. Mais, comme pour tout, lorsque celle-ci n’était pas restimulée souvent, les informations finissaient par devenir un peu plus floues. Avec cette nouvelle rencontre, il y avait fort à parier qu’il se souviendrait de son prénom bien plus facilement. Zakaerii acquiesça d’un air entendu tandis qu’elle rétorquait avec une pointe joueuse au fond de la voix. « Je n’ai pas besoin de remerciements, tu vas bien, c’est tout ce qui compte. » Il était passé au tutoiement naturellement étant donné qu’elle l’avait fait également, cela paraissait naturel de faire de même, voire impoli de ne pas le faire. De toute façon, les formalités avaient toujours été un peu incompréhensibles par le Suli, mais peut-être était-ce du fait de sa nature.

Il l’observa quelques instants et se souvint alors de ce détail qui l’avait marqué lorsqu’il l’avait soignée. Elle portait un certain nombre de cicatrices, suffisamment guéries pour appartenir à un passé presque révolu, mais il ne s’était pas attendu à la voir ainsi marquée. Il n’avait cependant posé aucune question, parce que cela ne le regardait pas. Ceci dit, il avait du mal à imaginer que ce n’était là que des blessures dues à des combats. On ne pouvait cependant juger de rien sans savoir. Il fut tiré de ses pensées en voyant un petit animal grimper agilement le long des vêtements de la jeune femme avant d’achever sa course sur son épaule. Tandis qu’elle lui accordait de l’attention, Zakaerii se redressa, abandonnant le rocher plat qui l’avait accueilli le temps de sa méditation. Il l’entendit parler, mais apparemment pas à son intention. Peut-être parlait-elle avec son compagnon, ce qui pouvait paraître étonnant mais pas nécessairement impossible. Ce monde regorgeait d’individus avec des talents particuliers, aussi aurait-elle très bien pu être capable de discuter avec les membres de la faune. Il préféra ne pas s’en formaliser, de toute façon, cela ne changeait pas grand-chose. Elle reposa finalement les yeux sur lui et lui annonça qu’elle – ou plutôt son petit ami – avait trouvé un lieu ou passer la nuit. La proposition qui s’ensuivit n’était pas très étonnante. La perspective de passer une soirée avec quelqu’un était souvent plus agréable que celle de se contenter de la solitude de la nuit. En tout cas, c’était ainsi que le Felidae voyait les choses. « Il serait dommage de se passer d’un peu de compagnie en sachant qu’elle n’est pas loin. » Il eut un petit sourire puis se retourna pour récupérer ses affaires : son manteau et son sac. Il mit le dernier en bandoulière et jeta le premier sur son épaule avant de suivre Eliaë.

Ils marchèrent quelques minutes et finalement arrivèrent à un endroit qui serait effectivement parfait pour passer la nuit. Il y avait apparemment déjà le cheval de la jeune femme qui paissait encore tranquillement non loin. Il déposa ses affaires et suspendit à nouveau son manteau à la branche d’un arbre non loin avant de s’installer à ses pieds, le dos contre son tronc. Il laissa Eliaë s’installa à son tour, jetant un œil au contenu de son sac avant de le reposer non loin de lui tandis qu’elle lui demandait ce qu’il faisait par ici. Une question légitime, assurément, étant donné qu’elle devait se demander par quel hasard ils se retrouvaient ici. « Le hasard, j’en ai bien peur. A supposer qu’il existe. Je me dirige vers Varak et je cherchais simplement un endroit où passer tranquillement la nuit. » Il jeta un regard vers le ciel. « Au moins devrions-nous être au sec, si le temps n’est pas capricieux. » Ce ne serait pas la première fois qu’il passait une nuit dehors avec un mauvais temps pour compagnon, mais, dans ces cas-là, on recherchait plutôt l’abri d’une grotte ou de quelque chose d’un peu plus couvert. Ce qui n’était pas à disposition ici, mais, encore une fois, il ne semblait pas nécessaire de chercher pour un tel abri. Et si le temps devait changer. Ils pourraient surement improviser. « Et toi ? Hydrasil, ses habitants et ses rixes t’ennuient déjà ? » L’humour du Suli était léger, ne se ressentait pas tellement. Il fallait admettre que sa voix ne s’y prêtait pas tellement mais il ne pouvait pas y faire grand-chose. « Je suis cependant étonné que tu ne préfères pas la chaleur d’une auberge pour passer la nuit. » Surtout qu’elle était à cheval, et qu’il était certainement possible pour elle de rallier les différentes « étapes » bien plus facilement. Enfin, peut-être avait-elle ses raisons et peut-être aussi qu’il n’en n’avait aucune de les connaître.
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Jeu 6 Nov 2014 - 9:38

Je m'installais tranquillement, préparant mes affaires, utilisant la selle comme un oreiller. Je n'étais pas du genre à laisser quoi que ce soit au hasard, même poser mes armes étaient mises de façon stratégique, histoire de ne pas se retrouver sans arme à la sortit d'un réveille un peu musclé. D'un autre côté, quand je dormais, il était très rare de pouvoir me surprendre, la seule chose qui me surprenait vraiment, s'était ces cauchemars tous plus nombreux les uns que les autres. J'espérais sincèrement que vu que j'étais accompagné en cette nuit, je n'aurais pas ce genre de problème. Je soupirais imperceptiblement, enfin tout au moins pour l'oreille humaine, je ne savais pas ce qu'il en était des Sulis. Je souris doucement lorsque Koonie descendit de mon épaule et frotta son museau sur ma main pour retourner vers Arkaël. Ils étaient devenus inséparable ces deux-là, s'était vraiment touchant, enfin pour moi. Bref, je finis par aller chercher des branchages non loin de nous en repensant à ses réponses, ce n'est qu'en revenant que je répondis à sa question.

« En fait, j'ai besoin d'un peu d'air, je dois l'avouer et puis... »

Je ne savais pas trop comment lui expliquer ce que je ressentais, c'était tout de même assez compliqué, mais je tentais quand même quelque chose.

« … c'est, durant cette période que mes parents sont décédés et j'ai tendance à déprimé un peu, alors pendant ce temps là je repars chez mon oncle/père, j'ai l'impression d'être moins seul avec lui. »

Mon regard s'était tourné vers le ciel qui s'assombrissait doucement.

« La pilule passe un peu mieux, pour lui comme pour moi. Alors j'arrange toutes mes affaires pour redescendre à Varak. Désolé je te raconte ma vie. »

Je ne remarquais que maintenant que j'étais passée au tutoiement. Bah, de toute façon ça n'avait pas l'air de le déranger et puis personnellement je tutoyais quasiment tout le monde, s'était bien plus simple pour moi. Je finis donc par poser ma main au dessus du feu je commençais tranquillement à l'allumer. Ce n'était pas que j'avais froid, mais je commençais sérieusement à avoir faim et j'avais envie de légumes cuits, parce que là sérieusement autant Arkaël mangeais ses légumes crus mais ce n'était pas mon cas. Je sortis alors de ma sacoche une petite gamelle que je finis par aller remplir d'eau. Et que je mis sur le feu tranquillement, coupant alors les légumes et mettant quelques herbes dedans. Je finis par reposer mon regard sur le Suli, me disant qu'il y avait une de ses questions à laquelle je n'avais pas répondu. Je finis cependant par lui en poser une autre.

« Tu mange des légumes ou alors seulement de la viande. Je peux aller chasser au besoin si tu veux. »

J'essayais de me rendre serviable et d'en apprendre un peu plus sur les Sulis, faut dire que je n'étais pas trop au courant sachant que de toute façon, il était seulement le second Suli que je rencontrais, je ne pouvais pas en apprendre autant sur eux en seulement deux rencontres non ? Et puis si j'avais voulu me renseigner, je n'aurais même pas su où aller. D'un autre côté, je doutais d'avoir eu du temps, sérieusement, ces derniers temps j'avais été totalement débordés à croire qu'à cette saison tout se bousculait probablement un peu trop. Je finis par revenir au présent de la situation et une fois les légumes dans le bouillon, je pris doucement la parole.

« Je ne suis pas très à l'aise dans les lieux où il y a trop de monde en fait. »

Devais-je lui expliquer pourquoi ? Après tout, mieux valait que je lui explique maintenant que je finisse par lui dévoiler ses sentiments sans rien lui dire non ? J'avais tendance à faire ce genre de boulettes et puis ainsi, il pourrait décidé s'il avait toujours envie de rester avec moi ou non. Je ne pouvais pas continuer à mentir de la sorte, car rester avec quelqu'un comme ça sans rien lui dire, s'était comme mentir pour moi. Je pris alors mon courage à deux mains, il connaîtrait ainsi mon second secret, même s'il ne connaissait pas réellement le premier, il avait quand même vu mes cicatrices j'en étais persuadée.

« En fait... je suis empathe. Je ressens les sentiments de tous les gens m'entourant. Alors dans une auberge, j'ai tendance à ne jamais me reposer parce que justement il y a trop de sentiment qui m'entourent et ça devient rapidement la galère, alors je préfère être dans la nature tranquillement. »

Je souriais tranquillement, mais je ne pouvais pas croiser son regard, ce n'était pas possible. Lorsque je disais ce genre de choses aux gens, ils se comportaient de deux manières. Soit ils me fuyaient comme la peste, soit ils m'acceptaient mais avec des réserves. Après tout, je pouvais m'infiltrer partout dans leur cœur et c'était ça le plus gros problème de ceux qui me côtoyaient. Ils avaient toujours trop peur que je puisse les analyser trop facilement. Je redoutais souvent cette confrontation, mais je lui devais au moins la vérité. Peut-être lui devais-je d'autres vérités, mais tant qu'il ne me poserait pas la question, je ne comptais pas lui dire quoi que ce soit. Je finis par me refermer comme une huître et m'occuper des légumes qui étaient entrain de chauffer doucement. Bon sang, ce genre de situation me rendais pitoyable, je le savais bien, mais le pire s'était les réactions des autres. S'était en partie à cause de ce pouvoir que je ne me liais jamais avec qui que ce soit. J'attendais quelque peu crispé une réaction de sa part. Ça me fichais réellement le frousse, le dernier à l'avoir appris avait voulu me frapper, je n'avais pas trop envie qu'une personne mi-humaine, mi-animale m'en colle une, surtout vu notre différence de gabarit.


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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Mar 2 Déc 2014 - 11:46

Ce n’était pas désagréable de tomber sur une connaissance, même si, il fallait l’admettre, Zakaerii était davantage porté sur les voyages en solitaire, principalement parce que les Sulis n’étaient pas forcément les compagnons de voyage que tous recherchaient. Ils étaient acceptés, tolérés, et encore, cela dépendait surement du contexte local et de chaque personne. Enfin, le Felidae ne cherchait pas nécessairement à voyager avec quelqu’un. Il avait depuis longtemps pris l’habitude d’avancer à son rythme et de ne pas avoir à souffrir d’une mauvaise compagnie. Il passait surement à côté de belles rencontres, mais ce n’était pas le genre de choses qui l’inquiétait véritablement. Au moins, il pouvait se permettre de faire comme il l’entendait, sans avoir à faire de compromis, si ce n’était avec lui-même, sans avoir à ce soucier de quiconque. Et vu qu’il n’était pas nécessairement du genre à aimer faire la discussion, cela lui évitait de tomber sur des compagnons un peu trop bavards. Mais, encore une fois, cette rencontre ne le dérangeait pas. Peut-être parce qu’il avait déjà l’impression que la jeune femme n’était pas du genre à s’imposer ou à être, tout simplement, une personne à problèmes. Il avait déjà senti qu’elle semblait redouter quelque chose en sa présence, mais l’avait plutôt mis sur le compte du fait qu’elle n’avait peut-être jamais côtoyé de Suli d’aussi près. Elle semblait bien plus calme désormais, preuve qui allait plutôt dans le sens de cette théorie. En tout cas, il ne s’attendait pas qu’elle lui avoue de but en blanc que les raisons de son voyage étaient purement personnelles, au point même de lui avouer qu’elle avait perdu ses parents. Cet aveu était étrangement gênant, mais peut-être avait-elle l’habitude d’en parler, ou avait-elle prit suffisamment de recul pour s’en détacher. De son côté Zakaerii était assez peu loquace sur les évènements de son passé. Ceci étant, ils avaient surement des personnalités fort différentes.

« Ne t’excuse pas. Je suis navré d’apprendre que tes parents sont morts. » Principalement parce qu’il ne fallait pas être idiot pour se rendre compte que, normalement, ils auraient du encore être en vie, car elle n’avait pas l’air fort âgée. Quoiqu’il en fut, le Suli fut soulagé de l’entendre changer de sujet. Tandis qu’elle semblait s’occuper de préparer le feu et une collation. Sa question l’étonna quelque peu. Il était assez commun de partager un repas mais chacun prévoyant principalement pour soi, on ne partageait que rarement les denrées. Attrapant son sac, il le déposa devant lui avant de plonger sa patte à l’intérieur et d’en sortir un bon morceau de pain et sortir quelques tranches de viandes séchées contenues dans un linge soigneusement emballées. « Je ne suis pas contre un peu de viande, mais j’ai de quoi faire, inutile de t’inquiéter de chasse ce soir. » Il posa ses maigres victuailles non loin du feu, signe qu’il les partageait avec plaisir. De toute façon, il faudrait refaire quelques provisions le long du chemin et ce n’était pas un peu de pain et de viande séchée en moins qui menaceraient son voyage. Il restait un excellent chasseur et pourrait toujours se débrouiller le cas échéant. Repoussant sa sacoche à son endroit initial, il reposa son regard sur la jeune femme, curieux de la voir simplement évoluer dans cette situation, tellement différente de leur première rencontre. Il avait remarqué qu’elle avait éludé l’une de ses questions, ou plutôt une de ses remarques mais ne s’en était pas formalisé. Cela serait probablement passé inaperçu dans la discussion si elle n’avait pas décidé de finalement y revenir. Le Felidae ne fut cependant pas surpris d’apprendre qu’elle n’était pas nécessairement à l’aise entourée de beaucoup de personnes.

Après tout, les foules étaient souvent bruyantes, compactes… Il devait admettre qu’il n’en n’était pas particulièrement fan, principalement parce qu’elles avaient le don d’agresser ses sens, que ce soit l’ouïe ou l’odorat. Le lot de tous les Sulis, ou une bonne partie d’entre eux. Les Humains semblaient avoir une meilleure résistance aux mauvaises odeurs. Il eut un léger sourire pour lui-même avant de dresser l’oreille à la véritable raison de son aversion des lieux bondés. Empathe ? Voilà qui était surprenant. Il écouta avec intérêt tandis qu’elle lui expliquait l’étendue de ce don qu’elle avait. Effectivement, il comprenait mieux pourquoi elle pouvait rechigner à fréquenter des lieux trop peuplés. Il fit assez rapidement le parallèle avec le fait qu’elle était capable de ressentir ce qu’il ressentait lui-même et, d’une certaine manière, cette réalité qu’il était un peu impossible de lui cacher quoique ce soit. C’était troublant. Il aurait pu s’en offusquer, et, au fond, c’était un peu le cas, mais c’était surtout une certaine curiosité qui primait. Après tout, il n’avait rien à cacher. « Ainsi donc tu peux en quelque sorte savoir ce que je pense… C’est intéressant. » Sans être empathe lui aussi, il n’avait pas manqué son regard fuyant et son sentiment de gêne. Voilà une révélation qui était surement accueillie avec différentes réactions. « Mais ne peux-tu pas contrôler ce don ? Te fermer, en quelque sorte, à ces sentiments extérieurs ? » Elle devait ressentir cette curiosité qui ponctuait sa question, aussi, il était inutile d’essayer de faire semblant. Après, elle n’était pas obligée de répondre. Ceci dit, sans contrôle, il comprenait aisément pourquoi il était difficile de vivre avec un tel don. « Et, pardonne ma curiosité, mais comment ressens-tu ces sentiments ? J’imagine que tu peux deviner ma soudaine curiosité, mais comment cela s’exprime-t-il en toi ? »
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Mer 3 Déc 2014 - 7:40

Peur... oui, j'avais peur de sa réaction en quelque sorte, parce que dans un sens j'étais tout de même contente d'avoir un peu de compagnie. Peut-être n'aurais-je pas dû révéler ce qui faisait de moi cet animal peureux et craintif que les autres s'empressaient de fuir lorsqu'ils savaient. Je restais pourtant là, à ne rien dire, préparant le repas tranquillement. J'avais pu sentir son étonnement à ma question, oui, j'étais différente des autres, peu commune comme on aimait me le rappeler, mais s'était ainsi et pas autrement. Les légumes dans la marmite, j'attendis que l'eau bout pour les faire cuir et mettre des herbes et des aromates pour en faire un bouillon. Quoi de mieux que de faire un bouillon aux légumes pour se réchauffer. Je souriais doucement comme pour me convaincre que ça ne serait pas pareil que les autres fois, que ce ne serait pas la même chose, qu'il ne s'en irait pas en s'offusquant de ce don dérangeant et j'eus l'impression qu'il n'allait pas fuir, cependant je pouvais ressentir en lui aussi des émotions différentes. D'un autre côté, il avait l'air de comprendre et de l'autre je pouvais sentir aussi que ça le gênait. Bien entendu, ne pas pouvoir cacher quoi que ce soit de ses sentiments à une personne était quelque chose de …. dérangeant et ça je ne pouvais que le concevoir.

Moi-même, je n'aimais pas ressentir en permanence ces sentiments qui m'entouraient. Peu importe comment le voyait les gens qui me rencontraient, ceux qui savaient, ceux qui m'avaient aidés. Pour moi, il s'agissait bien plus d'une malédiction que d'un don. Comment.... comment pourrais-je gérer quoi que ce soit dans une relation, amicale, ennemi, amoureuse, alors que je ressentais tout. Qui aimait s'entendre dire ses sentiments avant de les ressentir lui même ? Qui pourrait m'accepter tel quel alors que je n'y arrivais pas moi-même. Je soupirais intérieurement et je remarquais enfin que je venais de retenir mon souffle assez longtemps pour ne pas pouvoir le retenir plus. Je pris une grande bouffée d'air qui fut suivit par les paroles de mon compagnon de route. Intéressant ? Je doutais que cela ne le soit, cependant je pouvais sentir sa curiosité, peut-être que pour lui cela était réellement intéressant. Moi, personnellement, je ne savais pas trop ce qui pouvait être intéressant ou non dans ce genre de don.

Je laissais donc la suite se dérouler, sans prononcer une seule parole. Mon regard fuyant sa silhouette. Entre cela et mon passé déroutant, j'avais de quoi intrigué et ça je le savais parfaitement surtout qu'il avait vu toutes les cicatrices que j'avais sur le corps et qui étaient encore bien marqués. À croire qu'elle avait fait exprès histoire que cela ne s'efface jamais. Je finis cependant par relever un peu la tête lorsque j'entendis sa première question. Tiens donc, la question que je m'étais posé la première fois que j'avais ressentis ce don. Oserais-je, n'oserais-je pas ? Je faillis prendre la parole alors que lui me reposait des questions. Question qui était somme toute légitime. Je finis par relever la tête complètement surveillant encore le bouillon sans pour autant le regarder lui. Mes yeux se posèrent loin, là où Arkaël et Koonie étaient posés et puis finalement je pris la parole.


« Il n'y a pas de mal à la curiosité, après tout, tu as le droit de savoir non ? »

Je restais ainsi un moment, quelques secondes peut-être à ne rien dire et puis je repris la parole.

« En ce qui concerne ta première question, non je ne peux pas me fermer à l'extérieur, je peux accroître ou diminuer les vagues de sentiments qui me submergent, mais je ne peux pas arrêter. J'ai essayé, de très nombreuses fois, mais impossible. Quand je diminue au maximum ce don, je peux occulter par moment les sentiments que je ressens mais ça ne dure pas longtemps malheureusement. »

Malheureusement était le bon mot, car même pour moi, cette sensation était un peu trop dominante. Je n'étais pas certaine que mon cœur y résiste encore longtemps en vérité. Je ne savais pas trop ce que donnerait ma vie sur la longue durée, mais je savais une chose, je ne vivrais probablement pas vieille. Je finis par reprendre la parole doucement.

« En ce qui concerne ta deuxième question, je ne sais pas trop comment expliquer. C'est compliqué et même moi je ne sais pas trop comment expliqué correctement cela. Quand tu ressens de la curiosité comment tu sais que c'est de la curiosité ? Là est tout le soucis, j'ai appris à reconnaître les sentiments, un par un et lorsqu'ils se manifestent dans mon cœur, je peux les reconnaître, mais ce n'est encore là qu'une interprétation de ma part. Comme le sentiment de tristesse qui nous abat généralement et nous serre le cœur, quand je ressens cela, qui me dit que ce n'est pas seulement de la fatigue et un souci de cœur fatigué ? Ce n'est pas toujours une science exacte. Par contre... il y a quelque chose de particulier dans ce don. »

Je ne savais pas si je pouvais lui dire, mais vu que j'étais partis, autant continuer.

« En fait chaque personne émet ses sentiments d'une façon différente, comme un marqueur. Ce qui fait que dés que je connais la personne, que je la connais assez bien, je suis capable de la retrouver n'importe où dans une foule si elle est près de moi. C'est un bien piètre privilège, mais bon. En cas de souci, c'est toujours plus facile de retrouver la dite personne. Heureusement je n'ai pas énormément de lien de ce genre. »

Et voilà je venais dire quelque chose de gênant une nouvelle fois. Je ne savais pas trop comment il allait réagir et puis après tout, qu'est-ce que j'espérais vraiment ? Qu'il m'accepte ? Je savais déjà que ce ne serait pas possible. Nous étions bien trop différent. Être ami ? Pourquoi pas. Je soupirais doucement et finalement je repris tranquillement la parole en lui tendant un bol.

« Voilà pour toi, avec la cuillère. »

Je pris alors le temps de prendre une cuillère de bouillon et finalement je repris une dernière fois la parole.

« Et toi alors, tu n'as pas un don envahissant et particulièrement déplaisant ? »

J'avais dit cela sur le ton de l'humour parce que même si mon don était dérangeant, envahissant et déplaisant par moment, je ne pouvais faire autrement que de le porter et je doutais d'ailleurs d'être la seule dans ce cas.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Lun 5 Jan 2015 - 7:51

Il n’était pas difficile de sentir qu’elle n’était pas réellement à l’aise avec ce qu’elle lui avouait présentement. Après tout, il ne devait pas être particulièrement agréable de se faire dire que la moindre de vos pensées n’était absolument plus secrète. La vie de beaucoup de personnes reposait sur les apparences, sur des masques, habilement utilisés, afin de convenir pour des rôles parfois multiples. Comment réagiriez-vous si on vous annonçait de but en blanc que certaines personnes pouvaient y voir au travers comme l’on regardait à travers le carreau d’une fenêtre propre ? Probablement pas très bien, assurément. Le Suli n’échappait pas vraiment à la règle et il lui était déjà arrivé de ne pas montrer ce qu’il ressentait véritablement. Toutefois, cela n’était que très sporadique, principalement pour éviter des conflits inutiles. Le reste du temps, il ne voyait aucune raison de ne pas être honnête, comme, par exemple, en ce cas présent. Certes, il ne connaissait pas énormément la jeune femme et, à bien y réfléchir, l’idée qu’elle puisse lire en lui comme dans un livre ouvert pouvait être un peu dérangeant, mais si elle avait voulu en profiter d’une quelconque manière, elle ne se serait certainement pas embêtée à lui expliquer ce dont elle était capable. Autrement dit, il n’avait aucune raison de la craindre et, après tout, c’était à elle de supporter ses sentiments à lui en plus des siens et non l’inverse ! Rien donc d’étonnant qu’il ne ressente qu’une légitime curiosité, mêlée à une légère appréhension, davantage due à l’idée qu’elle puisse peut-être mal interpréter ce qu’il ressentait. Après tout, c’était la première fois qu’il rencontrait ce type de situation et il n’avait aucune idée de la manière dont ces « empathes » percevaient les sentiments des autres, ni s’ils pouvaient déceler chacune des variations parfois subtiles qui pouvaient y apparaître. Cela dépendait certainement de la maîtrise de leur don, du moins cela aurait été logique.

Zakaerii fut surpris d’apprendre qu’elle ne pouvait pas arrêter ce don, qu’il était impossible de s’isoler de ce flux, dès lors quasi-incessant, de sentiments provenant d’autres personnes. Et tout comme il lui était parfois désagréable de sentir des dizaines d’odeurs de manière simultanée, il ne devait pas être appréciable de vivre parmi tout se brouhaha sentimental. Il compatissait, d’une certaine manière, même s’il ne pouvait pas vraiment réaliser la plaie que cela pouvait représenter pour elle. Pour le reste, il se contenta de la prendre au mot. Il était certain qu’elle devait probablement se reposer sur ses propres ressentis pour déterminer ce qu’elle pouvait déceler chez les autres. Il comprenait très bien où elle voulait en venir : son don n’avait rien d’une science exacte ce qui, au fond, était rassurant. Des sentiments suffisamment complexes pouvaient probablement la laisser perplexe. Avec l’expérience, il était certainement possible de faire plus facilement la distinction, mais il y avait probablement autant de façon de ressentir les choses qu’il n’y avait d’individus en ces terres. Mais, encore une fois, il ne faisait qu’extrapoler ses paroles. Peut-être la réalité était-elle tout de même bien différente. Cependant, le Suli doutait qu’il soit nécessaire d’aller plus en avant dans cette discussion. Même si sa curiosité n’était pas réellement encline à se montrer satisfaite avec si peu d’informations. Aussi, quand elle rajouta d’elle-même cette histoire de « marqueur », confirmant par là-même, ses propres pensées, Zakaerii ne put s’empêcher d’être réellement intrigué parce pouvoir qui était en sa possession. Don et fardeau à la fois, il ne devait pas être évident de vivre avec et comprenait mieux son goût pour la solitude. Il l’observa pendant quelques instants, silencieux, pas réellement certain que son « comportement » fut réellement le bienvenu.

Il se pencha en avant lorsqu’elle lui tendit une assiette de bouillon de légumes. « Merci. » C’était sincère et, de toute façon, il aurait eu du mal à le lui cacher dans le cas contraire. Il posa devant lui l’assiette dont se dégageait un parfum agréable et saisit le pain qu’il rompit en deux morceaux avant d’en tendre un vers la jeune femme dans un regard bienveillant. Elle partageait son repas avec lui, il était respectueux et courtois de faire de même et, au fond, il le faisait avec la meilleure volonté du monde. « Il n’est pas tout à fait frais, mais avec le bouillon, il devrait passer sans problème. » Il se reinstalla tranquillement, prenant l’assiette dans l’une de ses pattes pour y tremper un morceau de pain de l’autre. Après quelques instants à le plonger dans le liquide, Zakaerii le sortit et le déposa sans sa gueule. Il mâcha à peine et avala la première bouchée de son dîner. « C’est délicieux. » Ce n’était certes qu’un potage de légumes mais il n’en restait pas moins bon et réchauffait le corps, ce qui ne serait probablement pas de trop pour la nuit à venir. Tandis qu’il prenait une nouvelle cuillère de son dîner, la question de la jeune femme le prit de court. « Un don envahissant ? » Il fit mine de réfléchir… « Il y a bien le fait d’être ce que je suis qui peut se révéler parfois difficile à porter, mais on s’y fait. » Il esquissa un sourire. Il parlait bien entendu de sa nature de Suli. Les gens les acceptaient bien dorénavant, mais il y avait toujours cette surprise, peut-être un brin de méfiance. Cela s’atténuerait avec le temps, c’était certain. Bien entendu, il faisait aussi indirectement référence à son don, issu de Revoran, mais il n’était pas certains de vouloir en parler. Après tout, Zakaerii n’avait jamais réellement aimé parler de lui. « C’est ce don qui te permet de… comprendre tes amis ? » Il faisait référence à ceux qui l’accompagnait et dont, visiblement, elle était capable de comprendre le langage.
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Jeu 8 Jan 2015 - 6:40

J'avais posé une question réellement embarrassante. Question à laquelle je ne m'étais pas attendu de ma part, car même si j'étais curieuse, je ne l'étais pas non plus au point de me dire que certains pouvaient posséder des dons aussi envahissant que le mien. Car s'était de cela qu'il s'agissait. Ce don était un véritable fléau quand il s'y mettait et je remerciais les dieu de ne pas avoir de lien particulier avec une personne pour qu'elle agisse comme un marqueur. En vérité ça me faisait réellement peur de me dire que je pouvais à tout moment retrouver quelqu'un avec qui j'avais un lien fort et puissant. Le seul qui avait ce ''privilège'' était mon oncle. Vu qu'il m'avait élevé comme un père l'aurait fait, nous avions tissé un lien indéfectible et fort, très fort. C'était d'ailleurs ce lien qui me permettait de le retrouver facilement lorsqu'il vagabondait dans Varak alors que je venais pour le voir. Cette pensée me fit sourire. Je relevais la tête lorsque je l'entendis me remercier. Je trouvais cela normal pour ma part et lorsqu'il me tendit un morceau de pain ce fut à mon tour de le remercier.

« Merci à toi aussi. »

Je souriais doucement et plus encore lorsqu'il dit que s'était délicieux. J'avais l'habitude de créer des soupes durant mes voyages. S'était pratique, ça réchauffait et nourrissait à la fois, si bien que j'avais finis par créer des recettes particulières avec par moment des herbes que je trouvais ci et là. Heureusement que j'avais appris quelques trucs sur les assaisonnement et les herbes sinon je me serais retrouver bien vite sans rien avoir à manger. Cette pensée me fit sourire et en même temps je l'entendis rebondir sur ma question d'il y avait quelques minutes. Ce qu'il était, effectivement ça ne devait pas être facile à porter, mais d'un autre côté je ne pensais pas que ce soit si difficile. Le problème viendrait probablement de la vision des autres, car en fait s'était cela le plus pénible a enduré : le regard des autres. Ces jugements qu'ils portaient sans connaître, ces commentaires acerbes qu'ils ne cachaient même pas. Je détestais ce genre de personne. J'étais tellement perdu dans mes pensées que je faillis louper ce qu'il me disait. Je levais la tête et lui souriais doucement.

« Non, en fait je ne perçois pas les sentiments des animaux. Pour être tout à fait honnête une partie de tes sentiments me sont totalement incompréhensible. Les humains en règle général, ceux qui n'ont pas de partie animale, émettent constamment des sentiments, toi par moment ça se coupe. Peut-être que s'est dû au fait que tu es moitié moitié. Sans vouloir te manquer de respect. »

Je venais de me rendre compte qu'en gros je l'avais traité d'animal. Ce n'était franchement pas sympathique de ma part. Franchement par moment je me demandais s'il ne valait mieux pas que je me taise, ça ne pourrait pas me faire de mal. J'avais des réflexions qui n'étaient franchement pas approprié dans ce genre de circonstance. J'espère franchement qu'il ne m'en voudrait pas. Je repris cependant la parole.

« En fait avec Arkaël mon cheval, nous voyageons ensemble depuis un sacré moment et je l'ai eu encore poulain. Nous avons donc développé une certaine complicité qui fait qu'on pourrait croire qu'on se comprends. Avec Koonie c'est plus récent, mais en gros il a la capacité de me montrer ce qu'il voit en quelques images et ce n'est que ce qu'il voit récemment. Et puis il y a une sorte de lien entre nous. D'un autre côté depuis que je l'ai il ne me lâche quasiment pas donc nous avons aussi créer un lien fort qui nous permet de nous comprendre en quelque sorte. »

Je souris une nouvelle fois tranquillement, finissant ma soupe et allant laver le tout à la rivière non loin de là. Je repensais à ma rencontre avec les deux. En gros ça avait été un véritable coup de foudre que ce soit le cheval et l'Yggnol. Je reviens quelques minutes plus tard, un sourire aux lèvres.

« Et vous alors ? Le fait que vous soyez un Suli vous permet-il de communiquer avec les animaux ? »

Je le regardais doucement et reprit.

« Vous n'êtes pas obliger de répondre, mais j'ai rencontré une Suli une fois et nous n'avons pas réellement eu le temps de discuter. Je suis parfois un peu trop curieuse. »

J'avais peur qu'il le prenne mal et en même temps, j'avais tout de même envie qu'il me parle. C'était un peu paradoxal surtout que la nuit commençait à tomber lourdement et que bientôt, il serait temps de prendre des tours de garde et de rester éveillé ou endormi. J'avais peur de la nuit, peur du sommeil et en même temps j'avais en quelque sorte l'impression que ça pourrait bien se passer. Pour une fois, je n'étais pas toute seule. Je regardais alors le ciel noircir de plus en plus et je repris tranquillement.

« La nuit tombe vite. Nous devrions mettre en place des tours de garde qu'en penses-tu? »

Je le regardais avec une expression de douceur. Peu importe ma peur, je la surmonterais, j'en avais l'habitude après tout.


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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Ven 30 Jan 2015 - 12:07


Apprendre qu’elle n’était pas en mesure de percevoir les sentiments des animaux surprit Zakaerii et elle l’intrigua encore plus lorsqu’elle lui avoua que, avec lui, elle avait aussi quelques difficultés. Son expression le fit sourire. On ne pouvait pas réellement dire qu’il était « moitié-moitié », après tout, il n’était le fruit d’aucun croisement entre un Homme et un Animal et, quoique puisse en penser certains, les origines des Sulis ne remontaient pas à ce genre de relations, même s’il ne les connaissait pas vraiment, tout juste était-il sûr que leur existence ne provenait pas de quelque chose d’aussi « simple », spirituellement parlant. Et puis, cela aurait été très étonnant. « Pour être honnête, je doute que « moitié-moitié » soit l’expression adéquate. » Il avait dit cela dans un semblant de sourire, son ton indiquant clairement qu’il ne le prenait pas mal. Après tout, c’était ainsi qu’on les décrivait. Puis ce n’était pas non plus péjoratif. « Mais je pense comprendre le principe. Notre instinct se mêle forcément à la part plus « humaine » qui nous habite. Toutefois, si je peux me permettre, tu ne ressens rien ou ne parviens-tu seulement pas à déterminer ce que je pense ? » Elle éveillait sa curiosité, volontairement ou non. Mais l’idée que l’instinct des animaux lui était inaccessible suscitait son intérêt. Elle l’avait dit elle-même, elle n’était capable de reconnaître les sentiments que par comparaison à ce qu’elle avait déjà ressenti, interprétant ainsi ce qu’elle « recevait » par comparaison avec son expérience. Aussi, peut-être n’arrivait-elle seulement pas à interpréter ce que l’instinct ressentait, parce qu’elle n’avait aucune comparaison possible, pour le moment.  L’idée semblait saugrenue mais véritablement intéressante. Enfin, elle en savait probablement plus sur son don que lui, qui venait de l’apprendre quelques minutes plus tôt.

Il se concentra à nouveau sur son repas pour éviter de trop réfléchir. Ce n’était peut-être de toute façon pas le moment de l’assaillir de question sur son don, qui, visiblement l’accablait un peu. C’était un peu comme ces personnes qui n’arrêtaient pas de lui demander ce que ça faisait d’être un Suli et ne faisaient que poser des questions, encore et encore. Dans tous les cas, il écouta avec intérêt ce que la jeune femme lui confia au sujet de ses compagnons de route. Il était vrai qu’avec le temps, la complicité et les liens qui pouvaient se tisser entre deux personnes, humaines ou animales, passaient souvent, aux yeux des non-habitués, pour de la télépathie. Zakaerii acquiesça en silence, comprenant parfaitement ce qu’elle venait de dire. On ne pouvait pas dire qu’il l’avait déjà expérimenté lui-même, mais il l’avait déjà vu et ce n’était pas si incroyable que cela le laissait parfois suggérer. Il observa la jeune femme tandis qu’elle se levait, pour aller laver ses couverts dans l’eau de la rivière. De son côté, il finissait de manger, lentement, comme à son habitude. La soupe commençait à être froide, mais il n’était pas pressé. Il profita du léger silence ambiant avant d’être rejoint à nouveau autour du feu. La question fit sourire le Félidae qui ne s’en offusqua pas le moins du monde. « Ce n’est probablement pas moins qui pourrait faire des leçons sur la curiosité… » C’était un trait de sa personnalité, dont il rêvait parfois de pouvoir se passer, mais hélas, c’était plus instinctif qu’autre chose. Un trait qu’il tenait de ses origines félines sans doute. « Hélas non, je ne peux pas communiquer avec les animaux. J’imagine que j’arrive plus naturellement à déduire de leur posture leurs intentions, mais rien qu’une autre personne ne puisse faire avec un peu d’entrainement. » Et ce n’était peut-être pas plus mal, au fond.

Arrivant à la fin de son diner, il se leva à son tour et entreprit d’aller laver ses propres couverts avant de revenir et de les rendre à sa propriétaire. A sa remarque, il leva les yeux vers le ciel avant de s’asseoir. Il était vrai qu’il ferait bientôt nuit. Zakaerii opina du chef. « Je ne crois pas que la région soit dangereuse, mais on n’est jamais trop prudent. » Il resta silencieux quelques instants, comme s’il vérifiait quelque chose puis reposa son regard sur la jeune femme. « Je prendrai le premier tour si tu n’y vois aucune objection. » Il n’était pas fatigué et, au fond, veiller tard avait toujours été une de ses spécialités. Il aimait la nuit, peut-être parce qu’elle était aussi dangereuse. Mais il y avait quelque chose de particulier durant ces heures où le noir régnait quasiment en maître. C’était un peu comme si le monde entier retenait son souffle avant de pouvoir respirer à nouveau aux premiers rayons du soleil. Sur ces mots, il s’installa en tailleur, toujours près du feu, posa ses mains sur ses genoux et ferma les yeux, profitant du silence pour se plonger dans une sorte de méditation. Zakaerii faisait le vide intérieurement, se concentrant sur ce qui l’entourait. Prier était un peu surfait, surtout pour lui, convaincu que la réelle foi se trouvait dans la détermination de la volonté et des actes. Bien entendu, cela ne l’empêchait pas de songer à Revoran, mais sans aller jusqu’à lui demander quoique ce soit ou simplement louer ses vertus. Ce baratin-là était à peine bon pour prêcher une bonne parole. Le crépitement du feu berçait sa méditation, masquant à peine les autres bruits de la forêt. Tous les êtres vivants ne dormaient pas à la nuit tombée et les entendre ainsi, sans les voir, était presque passionnant.
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Sam 31 Jan 2015 - 7:30

La curiosité, un défaut dont je n'arrivais pas à me défaire. Mon métier en exigeait un peu, cependant mon métier ne faisait pas totalement celle que j'étais n'est-ce pas ? Peut-être que si. Peut-être que je ne me définissais que par mon métier. Et voilà que je recommençais à penser à des trucs idiots. Je secouais la tête doucement, souriant pour moi-même. J'avais écouté ses réponses alors qu'il me répondait honnêtement, je pouvais le sentir. Par contre la question qu'il m'avait posé après était compliqué et je ne savais réellement comment y répondre. Je restais alors silencieuse. Repensant à tout ce qu'il m'avait dit. Repensant à tout ce qui se passerait par la suite, repensant à tout ce qui s'était passé avant. Je réfléchissais de trop, ça s'était un fait. Un fait que je ne pouvait nier en toute honnêteté. Je restais là tranquillement en sachant quoi dire, perdu dans mes pensées. J'essayais de mettre en place mes pensées, de mettre en place ce qu'il m'avait dit. Dommage qu'il ne puisse pas parler avec les animaux, ça pouvait être sympathique. Personnellement je regrettais de ne pouvoir le faire. Je crois que depuis toute petite, j'avais eu envie de parler avec les animaux.

Je me souvenais de la fois où j'avais eu l'impression de comprendre parfaitement ce chat. Ce magnifique chat dans les rues de Varak. J'avais entretenu une conversation toute seule comme une idiote quand on y regardait bien. Un sourire étira mes lèvres doucement. C'était aussi pour cela que je rentrais chez moi de temps en temps, que je voulais retrouver celui qui avec les années était devenu mon père. Et puis finalement vint le moment que je redoutais en quelque sortes. La région n'était pas réellement dangereuse, je le savais parfaite, je savais aussi que je n'avais pas de raison d'avoir peur. Cependant quand il proposa de prendre le premier tour de garde, je sentis mon cœur s'affoler. Cela voulait dire que j'allais devoir dormir, devoir prendre le sommeil qui généralement ne me gardait pas longtemps en son sein. L'angoisse me prit quelques instants réunissant mes affaires l'air de rien. J'étais doué dans l'art de faire passer mes sentiments inaperçus. S'était l'avantage d'être empathe, je devais constamment caché mes émotions car personne ne devait savoir ce que je ressentais. Je finis cependant par prendre la parole doucement au début.


« Tu sais, tout à l'heure tu m'as demandé si je ne ressentais rien ou si je ne parvenais seulement pas à déterminer ce que tu ressens et je n'ai pas répondu. »

Je finis par m'asseoir tranquillement, regardant le ciel si dégagé qu'on pouvait voir les étoiles.

« En vérité c'est une question difficile parce que c'est la première fois que ça m'arrive. Ce n'est comme les animaux que je ne peux pas comprendre, je ressens ce qu'il ressente sans pouvoir mettre une interprétation dessus. Toi... par moment je ressens tes sentiments et à d'autre moment, c'est le vide complet. Ce n'est pas un manque de compréhension, c'est juste.... une absence de sentiments. »

Je ne savais pas réellement comment expliquer ce que je ressentais. Les sentiments s'étaient quelque chose de compliqué. Tout provenait d'interprétation, je ne me trompais jamais, en tout cas pas avec les humains, ni avec les Éladrins, je me souvenais encore de la jeune femme en gris que j'avais rencontré petite. Je ne me trompais jamais, cependant avec lui tout se remettait en cause. Comment pouvais-je parfois ressentir ses sentiments et d'autre fois non ? Était-ce sa nature mi-animale, mi-humaine ? Je n'en savais rien, mais je ne comptais pas m'arrêter là. Pas que cela me dérangeait de ne pas ressentir tous ses sentiments, mais s'était assez perturbant. J'avais beau dire que je n'aimais pas ce don, il faisait partit de moi et je m'en servait quotidiennement.

« N'hésite pas à me réveillé en cas de besoin. »

Même si je suis persuadé que dans quelques heures je serais réveillé. S'était toujours la même chose. Une raison aussi de rester seule. Ces cauchemars tous plus présent les uns que les autres. Je me couchais avec cette idée en tête. Je sentis alors des petites pattes se poser sur mon visage comme pour me rassurer. Chaque fois que j'en avais besoin il était là ce petit animale.

« Merci Koonie. »

Il me fallut plus d'une demi-heure pour m'endormir. J'étais loin d'être fatigué, mais j'avais quand même besoin de repos. Mes yeux se fermèrent d'eux même, ma conscience s'étiola, jusqu'à ce que finalement le sommeil prenne le dessus.

**********

Je me retrouvais une fois de plus dans cette cave. L'humidité me prenait à la gorge, tout autant que la peur et la douleur. J'avais beau ne pas comprendre grand chose, je ressentais de nombreuses choses. J'entendis alors des pas arrivés, je me recroquevillais dans mon coin, un espace minuscule qui me servait d'habitat lorsqu'il n'était pas là. Je savais que ces pas qui raisonnait ne me disait rien qui vaille. J'avais déjà fait les frais de ce genre de moment. Je me souvenais encore de ces cicatrices, toutes plus petites les unes que les autres, mais tellement nombreuses. Toutes ces cicatrices de tous ces jours où tu n'étais pas là. Je sanglote avant qu'elle n'arrive parce que c'est toujours ainsi. Je ne comprends pas pourquoi et finalement je sens que les pas s'arrête, j'ose lever doucement la tête et croise son regard. Un regard dur et froid, le regard de quelqu'un qui te hait. D'ailleurs je peux la sentir, cette haine, cette haine qui émane d'elle.

« Alors, alors, encore recroquevillé. Dit donc t'as finis de resté prostré dans ce coin. Amène toi ici. »

Je n'ose plus la regardé, quand elle est comme ça, ça ne sert à rien de faire ce qu'elle veut. À tout moment, je vais me retrouver par terre. Trop ivre pour comprendre, trop ivre ou alors trop haineuse, ou bien les deux. Je n'ose pas me lever, pour deux raison. L'une mes dernières blessures ne sont pas refermés, l'autre je sais déjà ce qu'il m'attends. Cependant je n'ai pas réellement le choix. Les pas précipités arrive, fondent sur moi et bientôt une main attrape mes cheveux pour me faire tenir debout.

« Dépêche-toi, je n'aime pas me répéter. »

Je suis forcé de me levé tant elle tire sur ces mèches pourtant si fragile. Son haleine empeste l'alcool. Je ne sais plus quoi faire pour éviter cela. J'ai beau tout ressentir, je ne suis encore qu'une enfant. Je finis par monter les escaliers alors qu'elle me traîne par les cheveux. À bout de force je m'effondre sur le sol. Le manque de nourriture, les constantes brimades, tout cela ne m'aide pas vraiment.

« Lève toi ! »

Une voix aigus et forte. Je sens des regards sur moi, les domestiques de la maison. Je tente de les implorer, mais comme à chaque fois, rien n'y fait. J'en ai marre, assez. Alors qu'elle me reprends les cheveux, je me débats, tente de m'extirper de son emprise et je m'écris à bout.

« Pourquoi faites vous ça, Pourquoi ? Je ne vous ais rien fait, rien du tout. »

Son haleine encore et son visage devant le mien. Ses yeux furieux me fixent et me font peur. Je ne suis qu'une enfant, je ne la connaissais même pas au départ pourquoi tant de violence ?

« Tu savais qu'il était à moi, tu le savais Eïleen, maintenant tu vas payer pour me l'avoir pris. »

Ma mère... encore. Perdue dans mes pensées je ne la vois pas arrivée, cette claque tonitruante qui me fait me mordre la langue et qui m'envoie valser par terre. Le sol est dur sous mon corps meurtris, mais je sais que ce n'est pas finis. Je n'aurais pas dû protester. Je me retrouve rapidement estomaqué, un coups de pieds puissant me clou au sol. J'halète, je ne comprends, pas, je subis. Les coups pleuvent sans discontinuer.

**********

Je dors et pourtant je ne dors pas réellement. En fait je cauchemarde plus qu'autre chose. Ce rêve me hante, me fais bouger. Je m'agite dans mon sommeil, commence à parler, à supplier. Les larmes coulent de long de mes joues. Cela à beau faire des années, ces souvenirs me hantent comme jamais. Je ressens chaque coups, je cris sans réellement m'en rendre, sans me réveillé pour l'instant et puis finalement le derniers coups tombent, j'entends les os se cassés, mes côtes. Ma respiration se fait plus lourde et je me réveille apeuré, effrayé. La sueur coule le long de mon corps me faisant frissonner. Tétanisé par la peur, je ne vois rien, je n'entends rien, je reste prostrée là, pleurant sur un souvenir, tremblant de partout comme si tout cela venait tout juste de se passé.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Mer 18 Fév 2015 - 11:19


Il était étonnant de penser, pour Zakaerii qu’elle n’était pas en mesure de lire tout le temps son esprit. Il aurait volontiers mit cela sur le compte de l’instinct animal, de cette partie inhérente à tous les Sulis et dont il était quasiment impossible de se départir, à moins d’essayer de vivre absolument comme un « Humain », et encore. Pourtant, si elle pouvait ressentir certaines choses au contact des animaux, il semblait étonnant qu’elle n’y arrive pas avec lui. Ou peut-être fallait-il voir l’œuvre d’autre chose que sa propre nature, mais c’était là une réflexion bien trop complexe et hasardeuse pour être entreprise à cette heure-ci. Et puis, au fond, si le Felidae avait toujours été assez curieux, il y avait certaine limite, notamment pour éviter les migraines pour une raison, somme toute, assez futile. Comme le disait le proverbe, il était difficile d’être plus royaliste que le roi et si Eliaë était incapable d’expliquer réellement pourquoi elle ne le lisait « qu’à moitié », il y avait peu de chance qu’il y parvienne, lui, alors qu’il n’avait aucune notion sur la façon dont son pouvoir pouvait fonctionner. Il acquiesça simplement à sa réponse. Il était inutile de relancer la discussion à ce sujet, mis à part pour tourner en rond. Un jour peut-être comprendrait-elle le pourquoi et peut-être se reverraient-ils pour partager à ce sujet. Au fond de lui, Zakaerii ne savait pas vraiment s’il devait se réjouir, ou non, de ne pas être complètement « lisible » face au don de la jeune Bélinoise. Cela ne pouvait pas être un mal de pouvoir être indéchiffrable, même si, d’une certaine manière, cela devait éveiller davantage sa curiosité et peut-être attirer davantage son attention. Bah, ce n’était pas réellement important, ou du moins, pas pour le moment.

Le silence s’étant emparé du campement, le Suli veillait tranquillement à côté du feu. Toujours torse-nu, il n’éprouvait pas le besoin de revêtir son manteau, la proximité des flammes le réchauffant suffisamment pour le début de cette nuit plutôt douce. Les yeux clos, toujours en tailleur, il laissait ses sens vagabonder, ses oreilles à l’affût du moindre bruit, du moindre son. Sans y prendre part, il écoutait la mélodie nocturne qui se jouait autour de lui, du craquement du bois qui servait de combustible au feu, aux petits bruissements de l’herbe agitée par un vent très léger. Quelques animaux se faisaient entendre, souvent au loin, rarement de près. Ils ne seraient probablement pas dérangés cette nuit par la faune locale. Loin de s’endormir, contrairement peut-être à l’impression qu’il donnait depuis l’extérieur, il se contentait d’observer, sans regarder, sans essayer d’analyser. Si une menace devait se présenter, il était parfaitement conscient d’être capable de la détecter. Son instinct animal, sans l’ombre d’un doute, mais un don précieux, en quelque sorte. Après tout, il n’avait pas honte de ce qu’il était et, au contraire, éprouvait une certaine fierté d’être, peut-être, plus un animal qu’autre chose. Après un peu plus d’une heure, il rouvrit les yeux et se leva pour s’étirer quelques instants. Il jeta un œil autour du campement avant de poser son regard sur la jeune femme qui semblait dormir paisiblement. Il prit quelques instants pour remettre un peu de bois dans le feu, intensifiant légèrement le craquement, puis il s’installa donc dans l’herbe, couché sur le dos, les yeux sous les étoiles. La contemplation était une vertu qu’il appréciait beaucoup et les étoiles étaient toujours agréables à regarder, même si, cette nuit, quelques nuages obstruaient de ça, de là, les astres lumineux et laissaient de larges taches sombres obscurcir pleinement le ciel.

Ce ne fut que quelques dizaines de minutes plus tard qu’il commença à entendre du mouvement. Alors qu’il se releva sur ses coudes, il réalisa qu’il s’agissait de la jeune femme dont le sommeil était apparemment troublé. Un cauchemar ? Peut-être. Le Felidae se redressa en position assise avant de soupirer pour lui-même et de jeter un œil au feu qui ne faiblissait pas. Quelques bribes de paroles vinrent rompre le silence et Zakaerii ne put s’empêcher de tendre l’oreille. Il n’avait aucune idée de ce dont il était question dans les songes d’Eliaë mais cela ne semblait pas agréable. Tandis que ses réactions semblaient aller en s’intensifiant, il décida de s’approcher, pour la réveiller. Ils ne pouvaient pas non plus se permettre de réveiller la forêt toute entière. Mais alors qu’il s’agenouillait à ses côtés, il remarqua des larmes qui brillaient aux reflets du feu sur ses joues. Etait-ce si douloureux ? Il hésita quelques instants, trop probablement. Elle se releva soudainement, dans un dernier cri, la respiration courte, témoin d’un rêve plus qu’agité. La sueur brille, elle aussi, sur son visage. Il est difficile de dire si elle frissonne de froid ou de peur, mais, devant cette scène, le Suli réagit probablement plus vite qu’il ne pense. Dans un geste lent et mesure, il enlace la jeune femme de ses bras et l’amène doucement contre son torse. Ce n’est pas dans ses habitudes, mais mieux vaut éviter une crise de panique. « Calme-toi. C’est un rêve, un simple rêve. » Sa voix est grave, mais tente d’être rassurante, pour peu qu’il sache vraiment comment faire. Il la serre contre lui, une patte posée contre sa tête afin qu’elle ne tremble plus, sa fourrure procurant, il fallait l’espérait, une sensation chaleureuse et réconfortante. « Tu es dans la forêt, Koonie et Arkaël sont là. Il n’y a rien à craindre. »
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Sam 21 Fév 2015 - 5:12

Mon souffle était court, je ne comprenais rien. Où j'étais ? Qu'est-ce qu'il se passait ? Et puis pourquoi j'avais l'impression que ces blessures n'en était pas ou plutôt plus. Je n'eus pas réellement le temps de me poser ce genre de question que finalement je sentis une étreinte douce et en même temps ferme. Je sentis une main sur ma tête, non plutôt une patte sur ma tête. Mon cerveau tournait au ralentit et finalement ma première réaction est de me débattre pour me libérer, je dois à tout pris m'en aller, m'éloigner. Je dois à tout prix faire en sorte que tout cela s'arrête. Je suis prête à mordre e et à ruer comme un animal sauvage, pourtant, lorsque sa voix s'élève, je ne peux m'empêcher de me calmer. Tel une ancre, je m'y accroche pour en pas sombrer. Je tremble encore, beaucoup. J'ai compris la première phrase et un rire amer me prends à la gorge. Je ne peux cependant rien dire, je n'arrive pas encore à bouger. Cela fait combien de temps maintenant ? Vingt-ans ? Tant d'année et pourtant ces souvenirs me font cauchemarder comme si tout s'était passé hier. Je sens doucement mon corps accepter la présence de la personne qui me parle. Mon cerveau se remet à fonctionner et je reconnais le Suli. Une fois encore il s'occupe de moi. À ce rythme, je n'aurais jamais assez d'une seule vie pour le remercier.

Je sens doucement sa chaleur effacer les frissons de froid me parcourant. La sueur semble diminuer au même rythme que je me calme, pourtant je peux encore sentir mon cœur tambouriner, le sang forcer les barrages dans ma tête. Mon tremblement ne cesse par contre pas pour autant, je peux même sentir la présence de Koonie qui s'est posé sur l'épaule du Suli. Je me recroqueville doucement et alors que j'ai voulu le fuir, là, je me pelotonne contre lui, cherchant sa chaleur, son étreinte rassurant. Dans ses bras je n'ai rien à craindre non ? Alors je m'efforce de m'y enfermer, récupérant l'une de ses pattes et posant mon visage dedans doucement. La chaleur qu'il dégage me calme et le réconforte. La douceur de sa fourrure faisait disparaître mon angoisse, j'avais la très nette impression que mon corps acceptait d'être câliner en quelque sorte. Personne jamais n'avait osé faire ça pour moi, même mon oncle qui m'avait élevé après ces épreuves n'avaient jamais osé me toucher dans ces moments, totalement décontenancé, il n'avait jamais su quoi faire. Alors pourquoi lui avait réagit de cette manière ?

Je ne comprenais pas et pour être honnête, je me fichais de comprendre. Je me collais à lui comme s'il était mon port d'Amarrage -une comparaison bien peu flatteuse, je vous l'accorde, mais en ce moment j'étais loin de vouloir faire de l'esprit- Il était celui qui me retenait dans la réalité, chassant le rêve, chassant ces cauchemars toujours plus violent et réalistes. Je sentis mon cœur se calmer, la respiration devenir plus légère au fur et à mesure. Je me détendis doucement tout en me collant à lui, gardant sa patte entre mes mains, ainsi j'avais l'impression d'être un peu plus connecté au sol. Je sentais mes tremblements diminués doucement. Il me fallut de nombreuses minutes pour me calmer complètement, collé à lui. Je ressentais encore le froid, le cauchemar me faisait encore serrer les dents, mais le pire était passé. Je respirais de nouveau complètement, mais contre toute attente, je ne voulais pas encore m'éloigner de lui. Je me souvenais encore de ces cela, toujours vivaces et l'une de ses phrases me revins en mémoire.


« Si seulement ça n'avait été qu'un cauchemar. »

J'avais murmurer cela, pour moi-même. Seulement moi, je savais que ça n'avait rien d'un simple cauchemar. Comme chaque nuit, il s'agissait de souvenir, vivace, trop vivace et c'était aussi pour cela que généralement je ne dormais que peu. Je m'y étais habitué au fil du temps, seulement là... j'avais l'impression d'être morte de fatiguer. Je finis par dérouler mes muscles, dans ses bras, j'étais réellement minuscule, heureusement que je n'avais pas de complexe au niveau de ma taille. Je relâchais la patte que j'avais gardé dans mes mains et finalement je m'autorisais enfin à le regarder.

« Je suis... navré pour ça. »

Moi qui pensais que loin de Bélin ce genre de cauchemar s'arrêterait, ce n'était pas vraiment le cas. Sérieusement pourquoi venaient-ils toujours maintenant ? Pourquoi devaient-ils constamment me torturer et de plus en plus à cette date. Je me dépliais complètement, tentant de m'éloigner un peu de lui histoire de ne pas trop le déranger. J'avais déjà fait assez de dégâts comme ça.

« Désolé d'avoir été dans cet état. Tu... tu peux me lâcher si tu veux, ça devrait aller. »

Je tentais de sourire, mais n'arrivait probablement qu'à sortir une grimace. Sortir de cet état me demandait généralement plusieurs heures, mais je ne voulais pas l'inquiéter et sûrement pas le déranger plus que je ne le faisais actuellement.


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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Ven 6 Mar 2015 - 11:42


Il était difficile de dire pourquoi Zakaerii avait réagi ainsi et, pour ainsi dire, il n’en avait aucune idée lui-même. Toutefois, il savait combien il pouvait être déroutant d’émerger brutalement d’un mauvais rêve et s’ils voulaient éviter d’attirer l’attention sur eux – des fois que des personnes, ou des animaux, ne soient pas très loin – et ainsi s’éviter des ennuis supplémentaires. Après tout, on n’était jamais assez prudent. A la manière dont il lui était arrivé de réconforter des enfants malades, qu’il veillait le temps de leur rémission, il tentait de ramener rapidement la jeune femme à la réalité afin qu’elle ne s’égare pas. Il n’est pas surpris de la voir se débattre, surement consciente que quelque chose s’est, en quelque sorte, emparé d’elle. Néanmoins, le Suli ne se laisse pas faire et profite de sa force pour la garder contre lui tout en essayant de lui faire prendre conscience de la situation. Il remarque le petit Koonie qui grimpe sur son épaule et semble contempler la scène avec inquiétude, sans pour autant pouvoir réellement faire quelque chose. Après quelques instants, Eliaë semble reprendre ses esprits et abandonne finalement la lutte pour se pelotonner contre le Felidae, quelque peu surpris, mais qui ne change rien, se contentant de desserrer quelque peu l’étreinte car il n’y avait plus prétexte à serrer aussi fort. Silencieux, il laissait faire la jeune femme, même si, d’un regard extérieur, la scène pouvait peut-être prêter à confusion. Quoiqu’il en fut, ils étaient seuls – enfin, normalement – et Zakaerii n’avait pas grand-chose à faire de l’avis des autres et puis, il fallait l’admettre, il était difficile de les empêcher de juger, quel que soit le sujet. C’était un peu la marotte, le plaisir personnel, de la plupart des gens qui se sentaient supérieurs aux autres. Et même si nombreux étaient ceux qui pensaient les Sulis « inférieurs », le Dévot n’avait cure de ce qu’ils pouvaient penser à son égard.

Après de longues minutes, elle sembla finalement se calmer et tandis que sa respiration se faisait plus lente et plus profonde, signe que cela allait probablement mieux. Il décida de ne cependant pas bouger tant qu’elle ne déciderait pas d’elle-même qu’elle souhaitait prendre ses distances. Le Suli n’entendit pas distinctement ce que la jeune femme murmura contre lui mais il avait eu l’impression d’y sentir une remarque légèrement amère. Préférant ne pas chercher à la déstabiliser, il préféra laisser passer avant de la regarder prendre petit à petit ses marques. « Ce sont des choses qui arrivent, ne t’inquiète pas. » Lui-même en faisait, parfois, les choses étaient ainsi. Le Felidae s’était toujours demandé pourquoi avoir permis aux créatures de rêver, sachant pertinemment qu’il serait possible qu’elles fassent de mauvais rêves. Alors qu’elle s’écartait de lui, il défit son étreinte et la laissa s’éloigner, visiblement à nouveau conscient de la réalité. « On ne choisit pas ses rêves, du moins autant que j’en sache. Il est inutile de t’en vouloir pour si peu. Je voulais juste éviter que tu ne paniques. » Dans un sourire, il se redressa, s’étira légèrement avant de se rapprocher de son ancienne place autour du feu. Il en profita pour remettre quelques morceaux de bois dans l’âtre, redonnant vie au petit brasier qui avait perdu en intensité pendant ce petit événement. « Ce n’est pas encore ton tour de garde, peut-être devrais-tu essayer de te reposer encore un peu. » Il y avait quelque chose dans sa voix qui indiquait qu’il était conscient qu’il n’était pas évident de se rendormir paisiblement après un cauchemar, mais, d’une certaine manière, il fallait également qu’elle se repose si elle voulait être en forme pour toute la journée à venir.
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Lun 9 Mar 2015 - 10:55

Ne pas s'inquiéter, je ne savais réellement pas faire ce genre de chose. J'étais bien plus du genre à m'inquiéter de tout et de rien, à devoir constamment voir autre chose. Me dire que déranger les gens n'étaient pas une bonne idée. Je travaillais en tant qu'enquêtrice, justement pour cela. Faire ça dans la discrétion, ne pas ameuter tout un quartier pour une petite histoire. Être discrète et ne déranger personne. C'était une grosse partie de mon travail. Bien entendu il y avait de nombreuses autres choses qui composait mon métier, mais celle-là était la plus importante. Je secouais alors la tête doucement, tentant de chasser mes appréhensions et mes doutes. Quand donc cesserait ces cauchemars ? Quand pourrais-je avoir une vie tranquille ? Quand pourrais-je dormir une nuit entière sans me demander si je serais réveillé en pleine nuit ? Quand pourrais-je arrête de m'angoisser pour cela ? Mon passé ne me laisserait jamais tranquille ? Elle avait tellement bien joué son coup. Peut importait désormais la distance entre nous, le temps qui avait passer, l'histoire restait la même. Dés que je fermais les yeux j'étais assaillis par ces souvenirs, par cette petite fille qui avait toujours peur qu'on en vienne à lui faire du mal, qu'on en vienne à la faire souffrir. Je n'étais finalement qu'une enfant non ? Je frissonnais au souvenir de mes côtes se brisant sous les chocs, ce jour-là avait été l'un des jours les plus terrible et je ne cessais de me demander pourquoi.

« Oui, on ne choisis malheureusement pas. J'aimerais tellement pourtant pouvoir les choisir et me dire que tout ira bien. Seulement effectivement, je ne sais pas s'il s'agit d'une fatalité mais je déteste cela. Dormir est devenu un véritable cauchemar. »

Car chaque fois que je fermais les yeux, mes souvenirs m'assaillaient comme si rien d'autre n'importait, comme si chaque fois que je fermais les yeux la douleur était inéluctable. Une fois réveillé, je pouvais passer outre, me plonger dans le boulot pour oublier tout ça. Pour oublier ces souvenirs envahissants. Seulement lorsqu'on était réveillé, on ne contrôlait plus rien. Je détestais me montrer dans cet état de faiblesse, je détestais montrer aux autres ce par quoi je passais tous les jours, ce par quoi j'allais forcément passer durant très longtemps, tant ça faisait longtemps que cela durait. Cependant je ne pouvais nier que sa présence me rendait bien plus calme que ce que je n'aurais pu l'être d'origine. Par contre sa dernière remarque me fit doucement sourire. Quelque peu amère le sourire quand même, cependant je ne pouvais pas lui en vouloir, il n'était pas au courant de tout. Comment pourrait-il l'être de toute façon ? Je soupirais doucement et reprit la parole.

« C'est inutile, je ne pourrais pas me rendormir. Je ne dors jamais très longtemps, toutes les nuits. C'est ainsi, je n'ai pas trop le choix. J'en ai pris l'habitude. »

Je souriais doucement, mon regard n'était plus fatigué et si je tremblais encore de peur, ça se calmait doucement mais sûrement.

« Sans toi cependant j'aurais mis bien plus de temps à me calmer. Généralement il me faut plusieurs heures ou je reste prostré sans rien pouvoir faire en attendant que mon esprit reprenne le bon chemin. »

Je souriais toujours, tranquillement avec cependant le regard un peu perdu.

« Tu es la seule personne qui a réussis à m'approcher durant cet état. C'est étrange, jamais je n'aurais cru que quelqu'un puisse un jour me calmer. »

Je restais un instant silencieuse, ne sachant pas quoi dire. De toute façon qu'est-ce que j'allais pouvoir dire de plus ? Je ne pouvais pas décemment lui expliquer ce qui m'arrivait, même s'il devait certainement se poser des questions. La première fois qu'il m'avait vu il avait probablement découvert toutes les cicatrices présentes sur mon corps. Enfin tout au moins une partie et la seconde fois, il venait de me sauver de plusieurs heures de petites catatonies, si je pouvais appeler ça comme ça. Comment aurais-je fais dans cette forêt si quelqu'un m'avait entendu hurler de la sorte. Merde alors, sérieusement je n'avais pas pensé à cet aspect.

« J'espère que personne ne m'a entendu, parce que sinon on risque d'être embêter, même si je peux d'ores et déjà dire qu'il n'y a aucun humain proche de nous. »

Je ne ressentais aucunement de sentiments mis à part ceux qu'émettait parfois Zakaerii. Cependant j'espérais qu'il n'y aurait personne, j'étais encore fébrile et me battre dans cette situation revenait à me battre au tout début de mon apprentissage du combat, ce qui n'était soit dit en passant pas bien glorieux. Je soupirais doucement et puis finalement tentais d'allonger mes jambes pour me calmer. Ce n'était pas bien efficace mais tant pis.

« Tu peux aller te reposer à ton tour si tu le souhaite, je serais de toute façon incapable de rendormir d'ici demain soir. »

Et encore si je me laissais assez aller. Il y avait bien eu une fois ou je n'avais pas dormit de trois jours tant le cauchemars avait été puissant. À ce moment j'avais eu envie que tout s'arrête, seulement tout continuait encore. J'espérais sérieusement pouvoir en terminé avec ces cauchemars, peut-être que je devrais penser à faire une thérapie non ? Je me sentais honteuse en ce moment et je préférais finalement ne rien dire d'autre. Peu importait les thérapies de toute façon. Seul mon inconscient déciderait de me laisser tranquille, pour l'instant, je préférais me concentrer sur ce que j'avais devant moi, c'est à dire la surveillance que je devais effectuer.


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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Mar 24 Mar 2015 - 13:17

Un véritable cauchemar, dormir ? Voilà qui était intriguant, ou du moins suffisamment pour éveiller à nouveau la curiosité du Felidae. Certes, il y avait des cauchemars qui faisaient regretter de s’être endormi, mais, généralement, ils n’avaient rien de récurrent. Même si, pour le coup, il semblait assez clair que ce dont elle avait rêvé avait été particulièrement éprouvant. Et ce genre de cauchemars indiquait souvent un traumatisme, quelque chose que l’on revivait souvent, jusqu’à ce que ce soit entièrement réglé, d’une manière ou d’une autre. Combien de fois avait-il revu en rêve son propre abandon ? Certes, cela n’avait pas duré longtemps pour lui, mais il comprenait aisément ce à quoi elle faisait indirectement référence. Enfin, ce n’était probablement pas à lui de faire office de confident, et, sans l’ombre d’un doute, elle n’avait certainement pas envie d’en parler. Ces choses-là étaient particulièrement personnelles et, par exemple, Zakaerii n’aurait partagé ses propres rêves avec personne, du moins pas quelqu’un qu’il avait à peine rencontré. Les rêves en disaient long sur les gens, plus que certains le pensaient. Et, quand bien même, il s’agissait tout de même d’une porte ouverte sur ce qu’il y avait de plus privé. Une porte qu’il valait mieux garder fermée, le plus possible. Le Suli acquiesça doucement quand la jeune femme lui confia qu’elle ne parviendrait plus à dormir. Au fond, il s’en doutait un peu. Même lui n’aurait probablement pas réussi à retrouver le sommeil dans un cas identique. Il se souvenait de ses veillées nocturnes, à regarder l’extérieur depuis une fenêtre, le regard en direction des montagnes. L’abandon n’avait pas été une chose facile, mais, au fond, avec le recul, il était conscient que c’était l’ordre naturel des choses. Et, sans abandon, il ne serait pas devenu ce qu’il était aujourd’hui. Finalement, cela n’était peut-être pas si dramatique que cela avait pu sembler l’être plusieurs années auparavant.

Son regard quitta le feu pour se poser sur Eliaë quand elle lui confia qu’il était la première personne à l’approcher dans son état. Il haussa un sourcil, surpris. Pour ainsi dire, il ne voyait pas vraiment ce qu’il y avait de surhumain à ce qu’il venait de faire. Il n’y avait rien d’insurmontable à approcher une femme entrain de dormir et de cauchemarder, si ? « Allons, allons, il n’y a rien de fantastique dans ce que je viens de faire. » Qui plus est, même s’il avait été possible qu’elle se débatte, sa force, comparé à la sienne, aurait largement suffit à la maintenir tranquille le temps qu’elle reprenne conscience. « Je suis sûr que d’autres sont surement capables du même prodige. » Il plaisantait, un peu. Surtout en qualifiant cela de prodige, mais était très sérieux en imaginant que d’autres étaient potentiellement capables de faire de même. Le tout était de savoir mettre de côté une certaine pudeur et accepter de tenir quelqu’un contre soi. Le Suli finit par hausser les épaules. « Ou alors c’est la fourrure. » Il y eut un éclat de malice dans son regard. Oui, il s’amusait un peu de sa remarque, mais peut-être parce qu’il préférait ne pas trop s’en formaliser. Au moins, il avait réussi à la calmer et si quelqu’un les avait entendu, il n’y avait désormais plus moyen de suivre de piste auditive. Quoiqu’il en soit, le Felidae était, de toute façon, parfaitement équipé pour recevoir d’éventuels invités. Du bout d’une branche, il agita le feu qui craqua et laissa échapper quelques flammes plus vives, brisant le silence quelques instants. La lune était haute dans le ciel et éclairait la clairière d’une lumière blanche et douce. Le feu était presque inutile, en tout cas, pour ce qui était de la lumière.

« Il est hautement improbable que quelqu’un ait pu t’entendre. Peu sont ceux qui s’aventurent de nuit dans la forêt, surtout lorsqu’il suffit de suivre la route pour trouver une auberge. Quant aux animaux, ils ont tendance à aller voir ailleurs. » A moins qu’ils ne se trouvent sur le territoire d’un animal plus ou moins possessif, mais, encore une fois, c’était peu probable. Des loups, peut-être, mais il n’y avait eu aucun hurlement depuis le début de la nuit, ce qui laissait entendre que l’endroit n’en n’était pas coutumier. La nuit était certes encore longue, mais il n’était pas nécessaire de se faire du mauvais sang pour rien. A la sollicitation de la jeune femme, le Suli posa la branche. Mieux valait profiter d’un peu de sommeil, en effet. Il hocha la tête. « Tu as raison. » Il se releva, s’étira une nouvelle fois. Petite manie féline. Puis fit le tour du feu, afin de se diriger vers le tronc d’un arbre non loin. En passant à côté de la jeune femme, il posa une patte sur son épaule. « N’hésite pas à me réveiller, si besoin. » Il poursuivit son chemin et s’installa au pied de l’arbre, s’adossant contre le tronc. Il croisa les bras sur son torse et ferma le seul œil qui n’était pas masqué par un cache-œil. Ses respirations se firent plus profondes et de plus en plus régulières, uniquement visible par ses bras qui se relevaient et se rabaissaient au rythme de sa respiration. A peine quelques minutes plus tard, le Felidae s’était endormi. Mais, étonnement, ses oreilles semblaient toujours bouger au moindre petit bruit. Qu’il s’agisse du craquement du feu, ou d’un hululement dans la nuit.
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Sam 28 Mar 2015 - 5:49

J'avais l'impression que mes paroles le laissaient curieux de savoir exactement ce qu'elle pouvait dire, et je pouvais parfaitement le comprendre. Pourquoi je venais de lui dire que dormir était un cauchemar ? Alors que chacun ne faisait que chercher le repos dans le sommeil, je savais pertinemment que dés que mes yeux se fermeraient, les souvenirs allaient m'assaillir, des souvenirs que j'aurais préféré oublier. Combien de temps cette torture allait-elle durer encore ? Je secouais la tête, tentant de faire passer les sueurs froides qui m'avaient pris sans que je ne puisse les contrôler. J'esquissais cependant quelques sourires à ses paroles. Il ne savait pas ce qu'il avait fait pour moi. Cette présence, le fait que quelqu'un se tienne sans peur pour une fois à mes côtés. Depuis que j'étais venue vivre avec mon Oncle, personne, jamais ne m'avait pris dans ses bras, tout simplement parce que je ne laissais jamais personne faire en fait. J'aurais peut-être … non, je ne l'aurais pas fait. Je me connaissais bien, je savais pertinemment que jamais personne n'aurait pu m'approcher. Seulement lui n'avait pas demander la permission et s'était peut-être ça le fondement qui m'avait fait craquer en quelque sorte.

Parce qu'il n'avait pas demandé, je n'avais pas eu le temps de réfléchir et j'avais juste accepter son soutien. Dans un sens j'avais l'impression d'avoir grandit, dans l'autre, je me disais qu'il devait probablement me prendre pour une folle. Je finis par hausser les épaules. De toute façon qu'est-ce que ça pouvait réellement changer ? Il y avait bien des moments où j'avais l'impression de le connaître sans que ce ne soit vraiment le cas. Je finis par le regarder de nouveau alors qu'il disait que ça pouvait venir de la fourrure. Je haussais un sourcil pendant un moment avant de comprendre qu'il ne faisait que rigoler. Lorsqu'il parlait ainsi, j'avais l'impression de pouvoir sentir l'humain en lui. Je me demandais bien si c'était à cause de sa dualité Homme/animal que je ne pouvais pas sentir parfois ses sentiments. Après tout, les sentiments des animaux m'étaient totalement étranger. Ou peut-être était-ce dû à autre chose. Je n'avais pas réellement envie d'y réfléchir. Je finis par l'écouter distraitement. Même s'il avait raison, je ne pouvais m'empêcher d'être inquiète. D'habitude, ces cauchemars ne m'assaillaient que lorsque j'étais endormis chez moi. Je ne dormais que rarement avec quelqu'un et les trois quart du temps quand je partais en voyage, il n'y avait personne avec moi.

C'était mieux ainsi, bien mieux. Je le regardais alors s'étirer et un sourire doux étira mes lèvres. Ainsi, il ressemblait bien plus à un félin, il me manquerait plus qu'il se couche en boule comme les chats et là j'aurais l'impression de voyager avec un gros chat. Un autre sourire doux se posa sur mes lèvres pour finalement disparaître. Je sentis ensuite sa patte se poser sur mon épaule et ses dires me firent lever les yeux vers lui. Qui aurait cru à tant de sympathie et de gentillesse de la part de quelqu'un qu'on avait rencontrer deux fois et qui venait de vous sauver deux fois. J'allais lui devoir beaucoup. Finalement je le vis se poser près de l'arbre et je fus déçu de ne pas le voir se positionner comme un chat. Je finis par me lever et me diriger à l'opposé de lui, mon visage tourné vers la nuit qui nous illuminait de part ses petits éclats. Un vagues sourires apparu de nouveau sur mon visage et puis finalement de la tristesse s'y installa.


« Si tu savais à quel point ce que tu as fais pour moi aujourd'hui est important. Ma vie a toujours était loin d'être douce. J'ai subis des choses qui vous marquent dans la chaires et dans l'esprit. Cependant rien n'avait pu me calmer depuis aujourd'hui si ce n'est ta présence actuel. Étrange retournement des faits. »

Ma voix n'était qu'un murmure, mais les larmes qui coulaient le long de ma joue était bien réelle elle.

« Si cela cette torture pouvait enfin prendre fin. Si seulement je n'étais plus attaché à ce passé, à ces souvenirs. Comment faire pour laisser tomber ? J'ai essayé tant de fois, mais jamais je n'y suis parvenu. Cela veut-il dire que je ne le peux ? Si seulement j'avais ces réponses. »

Je finis par poser ma tête contre l'arbre qui me soutenait. Je ne savais pas quand cela finirait, mais j'espérais sérieusement que ça finirais à un moment ou un autre. Parce que franchement, j'en avais assez, assez d'être réveillé encore et encore, toutes les nuits, par ces souvenirs qui ne cessaient d'aller et venir, cherchant incessamment la faille pour me mettre à terre. Je détestais me sentir si faible, je détestais cela plus que tout au monde. Je ne devais rien montrer de ce que je ressentais, sinon j'allais rapidement avoir des problèmes, ne serait-ce que pour me battre. Il fallait avoir l'esprit clair, sinon j'aurais de gros soucis et je ne pouvais décemment pas entraîné qui que ce soit dans mon passé. S'était hors de question. Je finis par revenir vers le feu, m’asseyent tranquillement, enviant pour le coup la fourrure du Suli. L'air était tout de même très frais, mais le feu me réchauffait largement assez pour ça. Je fixais doucement le Suli, me demandant ce à quoi il rêvait. Il semblait tellement paisible et calme qu'il en était adorable. Heureusement qu'il ne pouvait pas entendre ce que je pensais, sinon, bonjour les dégâts.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Mar 7 Avr 2015 - 11:36


Les Felidaes avaient beau ressembler à de gros chats, il ne fallait pas y voir toutes les ressemblances que l’on pouvait imaginer. Et, pour ce qui était du sommeil, chaque individu avait ses propres préférences. Certains préféraient dormir sur le ventre, d’autres sur le dos, voire sur le côté… Zakaerii n’avait pas réellement de meilleure position, mais il avait toujours apprécié le contact de l’écorce contre son dos et dormir assis ne lui avait jamais posé de problème. Dans le cas présent, cela restait plus pour des raisons pratiques qu’une réelle volonté de s’adonner à une position plaisante. Il était en effet bien plus facile de se relever, prêt à combattre, en partant d’une position assise que d’une position couchée. Les minutes s’égrainant, le Suli avait entendu la jeune femme se relever et s’installer un peu plus loin – peut-être pour avoir une meilleure vue sur les environs, il n’en n’avait aucune idée et ne s’en était pas formalisé outre mesure – mais seule ses oreilles avaient vaguement sursautées, avant de finalement se laisser glisser dans le royaume des songes. Zakaerii ne craignait pas réellement ses rêves, et, bien souvent, ses nuits étaient vierges de pensées, ou du moins ne se rappelait-il de rien à son réveil. C’était peut-être mieux ainsi. Il n’était pas rare qu’il rêve de faits proches de ses aventures passées, mais, le plus souvent, il jouissait d’un profond et paisible sommeil, que Revoran venait parfois troubler, mais, apparemment, le Dieu ne s’embarrasserait pas d’une telle chose cette nuit-là. Aussi, le dévot resta yeux et poings fermés pendant de longues heures, son torse se soulevant et s’abaissant au même rythme régulier, seul indice viable indiquant qu’il dormait. Il n’était pas rare de voir ses oreilles s’agiter lorsque le feu craquait, mais rien ne semblait réellement troubler son sommeil. De quoi probablement faire une envieuse.

L’aube se leva finalement, colorant le ciel d’une lueur rose-orangée. Mais les premiers rayons du soleil mirent encore plusieurs dizaines de minutes avant de réellement percer le feuillage dense des arbres aux alentours et baigner la clairière des premières vraies lueurs du jour. A peine l’air se réchauffait-il que le Felidae ouvrit les yeux, presque naturellement, avant de se laisser aller, sans autre ménagement, à un étirement accompagné d’un long bâillement. Une fois son corps débarrassé de certaines tensions dues à son immobilité durant son sommeil, il jeta un œil autour de lui et découvrit le feu, dont les quelques braises encore fumantes annonçaient une fin proche, avant de croiser le regard d’Eliaë, toujours éveillée. « La nuit semble avoir été calme. Tu te sens mieux ? » Il faisait bien entendu référence à ce qu’il s’était passé avant qu’il ne s’endorme. L’état dans lequel il l’avait laissée n’avait rien d’inquiétant mais elle n’était pas tout à fait dans son assiette. Les heures passées à faire le guet avaient surement aidée à lui permettre de retrouver son calme, sans l’ombre d’un doute, mais demander ne coûtait rien, n’est-ce pas ? Il esquissa un sourire et se redressa, dans un mouvement souple et agile avant de s’étirer une nouvelle fois. Après autant d’immobilisme, il avait besoin de bouger, de faire rouler ses muscles afin de les réveiller. En silence, il agrippa une grande branche de l’arbre auquel il s’était adossé et entreprit de faire quelques tractions afin de se réveiller complètement. « Tu vas reprendre ta route pour Varak, c’est bien cela ? » Il avait dit cela entre deux tractions, l’air de rien. A vrai dire, il n’était même pas tourné vers elle, continuant son exercice, un peu comme si de rien n’était.

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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Mer 8 Avr 2015 - 5:04

La nuit se rafraîchissait rapidement à vue d’œil, mais le feu me procurait la chaleur nécessaire pour rester à bonne température. Mon regard se tourna doucement vers les étoiles, cherchant les constellations que je connaissais, ce qui n'était soit-dit en passant pas vraiment évident sachant qu'apprendre les constellations n'avait jamais fait partie de ce que j'avais toujours voulu faire. Mais en ce moment, je regrettais de ne pas les connaître toutes, mais cela n'était pas dérangeant n'est-ce pas ? Après tout, je pouvais très bien apprécier le ciel sans en connaître réellement les secrets. Mon esprit commença alors à se perdre dans la contemplation de ces lumières, toutes plus différentes que les autres et qui parfois permettait de faire un dessin. Et puis un bruit attira mon attention et quand je remarquais qu'il s'agissait de Koonie qui revenait vers moi, un sourire se dessina sur mes lèvres. Alors qu'il se posait sur mon épaule, se nichant contre mon coup, mon regard se posa sur le suli et l'aide qu'il m'avait fournit me revint une fois de plus en mémoire. Comment m'en serais-je sortis autrement ? Comment faisait-il pour être là chaque fois que j'en avais besoin.

D'abord dans la ruelle, quand j'avais finalement finit par me faire coincé et blessé. Il m'avait soigné sans rien demandé. J'en avais été perturbé pendant un instant, mais en y repensant, je n'avais pas été très aimable dans la façon de me comporter. Et cette fois-ci, alors que j'étais une nouvelle fois perdu dans ce cauchemar, dans ces souvenirs qui ne cessait d'aller et venir, il m'avait de nouveau porté secours. Lui avait pensé que ce n'était rien, moi, je savais au fond de moi que sans lui, ça n'aurait pas été la même chose. Me calmer aurait pris des heures et d'ailleurs si mon esprit était calme pour l'instant, je tremblais encore rien qu'en pensant à ce souvenir. Encore aujourd'hui, je me demandais bien ce qui avait pris à ma tante pour faire ce genre de chose. Je savais parfaitement qu'elle me prenait pour ma mère parce que je lui ressemblais, j'avais vaguement compris qu'elle s'en prenait à moi parce que ma mère (sa sœur) avait épousé l'homme qu'elle même aimait, mais moi... je n'étais qu'une enfant.

Seulement je comprenais au jour d'aujourd'hui ce qu'elle avait voulu dire. J'aurais dû être son enfant à elle et à mon père, pas celui de sa sœur et de l'homme qu'elle aimait. Pourtant mon oncle était quelqu'un de génial, j'avais regretter petite de ne pas pouvoir le comprendre un peu mieux, mais maintenant que j'avais grandis, j'allais le voir souvent. Quand j'étais revenu, il s'était excusé encore et toujours, il m'avait demandé de lui pardonner de ne rien avoir fait, mais ce qu'il ne comprenait pas, c'est qu'il n'y avait rien à pardonné, personne ne pouvait savoir que ça se passait ainsi, personne et surtout pas lui. Je lui avais pardonné sans problème et la vie allait bien mieux, cependant les souvenirs restaient ancrés, profondément, trop probablement et ils ressortaient lorsque mon esprit était parfaitement calme, lors de mon sommeil. Je secouais la tête alors que la nuit décroissant au profit de la lumière qui revenait doucement. Dans peu de temps, le soleil reprendrait sa place dans le ciel, il laisserait loin le souvenir de cette nuit jusqu'à la prochaine.

Je posais ma main devant moi et laissait les éclairs la parsemer doucement. La foudre, ma magie, mon pouvoir, peut-être que je devrais m'entraîner, mais j'avais peur de ne réveillé Zak, je préférais rester là, admirant les éclairs sur ma mains dans un méli-mélo complexe de sentiments. Sentiments qui me faisaient sourire malgré tout, parce que les souvenirs que j'avais de cette magie était ceux de l'académie et je devais avouer que ces souvenirs là était plutôt sympathique. Et puis finalement je sentis le suli se réveillé, mon regard passa au delà du feu, éteignant ma main. Je le regardais s'étirer tel un gros chat. Mon cœur était calme, ma tête pas réellement mais s'était habituel, mon corps lui avait cessé de trembler. Lorsqu'il prit la parole, je le regardais doucement et pris la parole à mon tour.


« Oui, merci encore pour cette nuit. Ça va bien mieux. »

La nuit était un véritable cauchemar, je ne dormais toujours que très peu. Dormir était devenu une hantise, mais je devais avouer que cette nuit, sous sa protection, j'avais pu pour une fois me réveillé sans rester prostrée durant des heures. Mais je ne pouvais décemment pas lui dire ça n'est-ce pas ? Je le vis alors commencé à faire des tractions et un léger sourire se posa sur mon visage. Sérieusement, il faisait ça dés le matin, enfin j'avais aussi l'habitude de courir quand j'étais à Hydrasil, donc pourquoi pas. Je laissais tomber mes pensées quand j'entendis son autre question.

« Oui, je vais voir mon Oncle. C'est lui qui m'a élevé une fois qu'il m'a récupéré. »

J'allais commencé à raconter ma vie, mais il avait probablement autre chose à entendre que ce qui m'étais arrivé durant mon enfance, surtout que entre les cicatrices qu'il avait probablement vu l'autre fois et ce qui venait d'arriver là, il avait probablement une idée de ce qui s'était passé. Je commençais le petit déjeuné tranquillement, posant le tout dans les gamelles et les posant sur les braise encore chaude et non brûlante, ça allait nous réveillé.

« Et toi alors ? Ton chemin se tourne t-il vers Varak ? Ou alors dois-tu aller autre part ? »

Je ne savais rien de ce qu'il devait faire. Je me demandais d'ailleurs encore ce qui guidait ses pas. Étrange idée que cela, laisser le destin guider ses pas. Et puis sans que je ne m'y attende, j'entendis quelque chose, dans les feuillages non loin de là. Ce n'était pas humain, mais ça ne voulait pas dire pour autant qu'il n'y en avait pas autour. Je partis prendre mes armes les pointant sur le feuillage lorsqu'un animal en sortit totalement effrayé. Il avait l'air complètement affamé. Je posais l'une de mes armes et lui lançais un morceau de viande qu'il prit et s'en alla sans demandé son reste. Je regardais alors tranquillement le suli et repris la parole.

« Eh bien, on a de la visite ce matin. »

Je souriais doucement.

« Si jamais tu n'as rien de mieux à faire, tu peux venir avec moi à Varak, mon oncle possède une grande maison, y'a de quoi loger quelqu'un en plus, voir même plusieurs personnes et puis y'a toujours besoin de monde à la forge. Enfin après tu auras probablement autre chose à faire à Varak. »

Je souris tranquillement et pose mes yeux sur lui.

« Mais au besoin si tu ne sais pas quoi faire, je te propose ça. »

Il n'y avait aucune obligation, bien entendu, je voulais seulement lui proposer un genre de vacances particulière. Enfin c'était à lui de voir. Pour ma part, je pris le bol et commençais à manger doucement ce qu'il y avait dedans.


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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Jeu 16 Avr 2015 - 11:21

Encore des excuses pour la nuit dernière ? Zakaerii esquissa un sourire pour seule réponse. Il ne voyait toujours pas ce qu’il avait pu faire d’exceptionnel pour qu’elle le remercie à ce point. Ses cauchemars avaient-ils donc autant d’impact sur elle ? Il espérait que ce ne soit pas vraiment le cas. Mais, en même temps, il ne pouvait pas réellement comprendre à quel point cela pouvait l’atteindre. Il aurait fallu pour cela qu’il ait pleinement conscience de la teneur de ces derniers et, au fond, cela ne le regardait pas. Mieux valait se contenter de se réjouir pour ce qu’elle prenait pour une chance et continuer ainsi, sans poser davantage de questions, même si, au plus profond de lui, la curiosité le rongeait quelque peu. Voir quelqu’un redouter autant des cauchemars était, pour ainsi dire, une première. Et même si l’Once lui-même avait quelques problèmes de nuits agitées, de temps en temps, cela ne le perturbait pas plus que cela. Tout au plus était-il plus fatigué certains jours à cause d’une nuit trop courte, mais cela n’allait pas plus loin. Vu la façon dont Eliaë le remerciait, on pouvait imaginer que c’était presque une question de vie ou de mort. Enfin… Presque. Préférant ne pas y penser davantage, sous peine de finir par poser des questions probablement plus gênantes qu’autre chose, il se consacra à son exercice matinal de traction. Non pas qu’il avait réellement besoin de se concentrer, mais penser davantage à l’effort qu’à ce que pouvait cacher les remerciements de la jeune femme lui permettait de garder les pieds sur terre – au sens figuré du terme, du coup – et de ne pas se perdre en conjecture loufoque et complètement surréaliste. Sans doute avait-elle ses raisons, mais, en aucun cas, il n’était nécessaire qu’il les connaisse. Tout juste pouvait-il se féliciter, en quelque sorte, de lui avoir été d’une quelconque aide.

Poursuivant ses efforts, au grand désarroi de la branche, qui émettait de légers craquements de désapprobation, il s’enquit des plans futurs de sa compagne d’une nuit. Zakaerii était presque certain qu’elle lui avait déjà fait part de sa direction mais il ne s’en souvenait plus réellement. Tout au plus pouvait-il deviner qu’elle se dirigeait vers Varak, capitale du Varakir, royaume qui se trouvait dans la direction dans laquelle elle voyageait. Au mieux, il s’agissait d’une intuition, dirigée par quelques constats factuels. Après tout, elle pouvait très bien se diriger vers la Norpalie sans qu’il ne puisse vraiment le deviner. De toute façon, ce n’était pas important, pas au point de se triturer les méninges de si bon matin. Continuant ses tractions, il accueillit la réponse en silence, sans s’arrêter. L’air du matin était encore imprégné de la fraicheur de la nuit, mais elle n’était pas désagréable et, sous l’effort, elle prodiguait un rafraichissement des plus bienvenus. Quand elle lui posa la question sur sa propre destination, le Felidae ne s’arrêta pas pour autant. « Vers le sud… » Il expira dans son mouvement. « Je n’ai pas plus de précisions. » Il marqua encore un temps d’arrêt, obligatoire à cause de son exercice physique. « Varak ou ailleurs, qui sait ? » Il esquissa un sourire qu’elle ne put voir, mais il devait se rendre à l’évidence. Le signe de Revoran n’avait pas été très clair. Sud était la direction générale mais, au sud d’Hydrasil, il y avait beaucoup de choses. Encore une fois, le Dévot était particulièrement confiant sur le fait que, s’il venait à faire fausse route, on ne manquerait pas de le lui faire remarquer, d’une façon ou d’une autre. Les Dieux avaient leurs façons de faire.

« Je n’ai pas encore décidé. » C’était le choix de vivre au jour le jour, sans réellement chercher à se préoccuper de ce genre de formalités. Certains considéraient que cela revenait à abandonner son libre-arbitre à un Dieu « qui n’existait peut-être même pas », mais Zakaerii n’avait pas l’impression de renoncer à son libre-arbitre, loin de là. Il s’arrêta lorsqu’Eliaë évoqua de la « visite ». Curieux, il avait eu le besoin de se retourner et, pour cela, il avait dû stopper ses tractions. Malheureusement, il fut trop tard pour voir ce qui était venu leur rendre visite. Toujours juste avait-il pu entendre le bruit des buissons indiquant clairement que quelque chose s’en allait. Cachant sa déception, le Suli décida que, de toute façon, il en avait assez fait pour le moment. Frottant ses pattes l’une contre l’autre pour enlever les petits fragments d’écorce qui s’y trouvaient, il se dirigea vers le reste du feu où le petit-déjeuner était apparemment servi. Il s’installa en tailleur à côté du feu et écouta, non sans surprise, sa proposition. « La proposition semble intéressante. Mais on ne peut pas dire que je connaisse grand-chose à l’art de la forge. Je ne suis pas sûr de pouvoir me rendre utile. » Il esquissa un sourire à son tour et se saisit du second bol en la remerciant pour ce repas. Après une gorgée, il se contenta de tenir le récipient entre ses pattes. « Néanmoins, j’imagine que je pourrais toujours avoir l’utilité d’un toit pour au moins une nuit à Varak. Si ma présence n’est pas embarrassante, je suis sûr que je pourrais trouver un moyen de remercier ton oncle, et toi, pour votre hospitalité. » Il n’était pas certain de pouvoir rester, après tout, cela ne dépendait pas de lui. Mais, dans tous les cas, Varak était sur sa route, et s’il y avait une chose que l’on ne refusait que peu, c’était la possibilité d’avoir un lit sans avoir à en payer un prix fort, comme le pratiquaient certaines auberges de la capitale.
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Dim 19 Avr 2015 - 3:38

Je laissais le temps couler et le silence s'installer doucement après ma proposition. Je savais parfaitement que ça pouvait paraître étrange, proposer ce genre de truc et certains l'auraient bien mal pris. Voyant par cela une occasion de peut-être brider leu liberté, ce qui n'était absolument pas le cas ici. Je me disais juste que s'il avait besoin de quelque chose d'un toit ou autre durant son voyage, cela pouvait aider. Je ne cherchais bien entendu pas à l'enfermer, de toute façon je doutais fortement qu'on puisse lui proposer ce genre d'idée. Je ne savais pas trop si cela était dû à son état de félidae ou alors si cela venait du fait qu'il vivait sa vie au jour le jour sans trop se prendre la tête. Visiblement ses instructions étaient vagues, autant lui dire que s'il avait besoin de quelque chose il pouvait compter sur quelqu'un le temps que ses instructions soient plus précises, à moins qu'elle ne le soit jamais, là, je ne pouvais pas faire grand chose d'autre. Bon je devais bien avouer aussi que dans un autre sens, ce n'était pas franchement désintéressé. J'avais envie d'en savoir plus sur lui. Après tout, il m'avait sauvé la vie deux fois, oui je comptais cette nuit où je n'avais pas finis tétanisé durant des heures. J'avais envie de le comprendre un peu, d'en savoir plus sur lui. Curiosité oblige. Lorsqu'il reprit la parole, j'eus un léger sourire à son évocation de la forge, mais je ne dis rien de plus parce qu'il reprenais déjà la parole, esquissait un sourire lui aussi et commençant à manger ce que j'avais préparer.

Je faillis cependant éclater de rire quand il parla de présence embarrassante. S'il savait, il ne dirait pas cela. Sérieusement. Mon oncle était charmant, adorable et beau garçon je devais bien l'avouer. Il avait à son actif nombre de conquête et de personne plus ou moins étrange. Il avait le don pour capter l'attention des gens et surtout se faire aimer d'eux. Comment ? Je n'en savais rien, il ne faisait strictement rien pour ça. Au contraire, chaque fois que quelqu'un s'approchait de lui, il était dans un état de panique impossible à détecter pour quelqu'un qui ne le connaissait pas. Ça m'avait toujours fortement amusé. Hors, la raison pour laquelle il était si apprécié, c'est parce qu'il donnait asile aux voyageurs sans rien demandé si ce n'était un peu de temps dans la forge où il y avait toujours du travail qu'on y connaisse quelque chose ou pas. Je me souvenais encore de ce jeune homme, l'année dernière. Étrange et pourtant déterminé à poursuivre son voyage envers et contre tous. J'avais pu comprendre qu'il s'agissait d'une question d'honneur, pour qui, pour quoi, cela restait un mystère, car malgré le faite que j'étais probablement hyper curieuse, je n'étais pas non plus du genre à me montrer indiscrète. Je repris alors la parole, un sourire sur mon visage parce que sérieusement ces souvenirs étaient amusant.


« Il n'y a pas de présence embarrassante là-bas tu sais. Mon oncle est comme qui dirait un... bon samaritain. En quelque sorte. Il recueille souvent les voyageurs, peu importe leur sexe, leur provenance, leur ethnie. Il ne se prends pas la tête avec ça et puis, il aime bien avoir du monde avec lui, à la maison. Être seul n'est pas forcément toujours agréable pour certaine personne, il fait partie de cela. Avant, son frère -mon père- venait souvent le voir, très souvent, ça lui arrivait de rester des mois là-bas. Il me le racontait souvent. Après son retour de voyage, quand il a apprit sa mort ainsi que celle de ma mère, il a comme qui dirait changer. Et puis il a du venir me chercher, il s'en voulait tellement de m'avoir laisser là-bas qu'il a tout fait pour éloigner les autres de moi. Mais quand je suis partis, il a repris son activité de bon samaritain. Je le préfère comme ça d'ailleurs. Être seul, ce n'est pas fat pour lui, alors ne t'en fais pas, tu ne dérangeras absolument pas. »

Je finis de manger tranquillement mon bol, repensant à cette période. Cette solitude, s'était moi qui lui avait infligé. À cette époque, j'étais brisé et je ne voulais voir personne. Il m'avait fallut tellement de temps pour sortir de cet état. Aujourd'hui je m'en voulais, sachant aussi que dans un sens, ce n'était pas seulement de ma faute, je l'avais bien compris. Il m'avait fallut du temps, mais finalement ce n'était pas si mal, ça n'avait pas mal finis et nous avions pu construire une relation forte et basé sur la confiance. Je savais que si je devais faire confiance à quelqu'un désormais, c'était à lui. La seule et unique personne qui peut m'obliger à faire quelque chose. Un nouveau sourire vint fleurir mes lèvres et je repris doucement.

« Et puis tu sais, dans une forge, il y a toujours de nombreuses choses à faire qui n'ont rien à voir avec forger. Il faut faire des renouvellement bois, il y a les livraisons, le rangement constant de son bazar et les métaux à aller chercher. Les hommes fort tels que toi, on en a toujours besoin. Crois-moi. »

Moi je savais forger parce qu'il m'avait apprise depuis toute petite. Je savais parfaitement ce qu'une forge demandait comme travail et j'étais contente d'ailleurs qu'Eilor m'en ait tant appris. S'était grâce à la forge que nous nous étions construit une relation aussi forte. Je me demande d'ailleurs si sans elle, cette relation aurait marché ? Pour le coup, je ne voulais pas y penser. Il avait mon ancre, mon phare durant cette période totalement atroce de ma vie où je n'avais plus confiance en personne. Où je ne voulais plus avoir confiance en qui que ce soit. Je lui devais tout ce que j'étais en fait. Je finis par sortir de mon état léthargique pour finalement finir mon bol. Je me levais pour aller nettoyer tout ça et revins doucement.

« Je vais aller préparer Arkaël, mais je marcherais à côté, comme ça, ça lui permettra de se reposer. Il en a bien besoin. »

Je rangeais rapidement le bol dans mon sac et finalement alla préparer mon cheval qui piaffait d'impatience. Une fois sceller et préparer, j'attendais que Zak soit prêt à son tour. Ensuite, le chemin recommencerait.


De tous les chemins que j'ai suivis, celui que j'ai pris est sans doute le plus long. Mais je m'y conformerais, parce qu'il me mènera là où je dois me rendre !

Eliaë écrit en #6699ff
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Zakaerii
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MessageSujet: Re: Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)   Ven 24 Avr 2015 - 11:03


La proposition était intéressante et, pour être honnête, Zakaerii n’avait pas prévu qu’une telle opportunité se présente. Le gite était la préoccupation principale du voyageur, car même s’il était possible de passer la nuit à la belle étoile, la météo avait vite fait de refroidir le plus aventureux des marcheurs. Imprévisible, il n’était pas rare de s’endormir sous une voûte étoilée avant de se réveiller, à peine quelques heures plus tard, par une pluie battante. Bien entendu, ce n’était pas la fin du monde, mais, quoi qu’on puisse en dire, un bon lit et un toi valaient beaucoup plus qu’on ne pouvait le croire. Néanmoins, comme toujours, c’était quand quelque chose nous était enlevé que l’on en ressentait le besoin et, même le Suli, n’échappait pas à cette règle, lui, qui, pourtant, avait passé de nombreuses années dans la nature. Il fallait croire qu’il s’était un peu trop humanisé. Néanmoins, si dormir à l’abri et avec confort lui semblait une bonne chose, il était hors de question qu’il se contente de profiter de l’hospitalité de quelqu’un. Aussi, il n’avait vu aucun problème à fournir de la main-d’œuvre pour l’oncle d’Eliaë, mais son honnêteté commandait à préciser qu’il n’allait probablement pas aider en battant le métal et en forgeant, même si, d’une certaine manière, c’était là un art qu’il avait toujours apprécié regarder, malgré le fait qu’il préférait se battre à mains nues. Toutefois, ce n’était pas parce qu’il se battait sans armes qu’il ne pouvait pas apprécier ce travail qui nécessitait beaucoup de compétences pour créer des produits de qualité, et ce, sur tous les plans. Malgré tout, le Felidae ne voyait aucune raison pour ne pas arriver à rembourser son séjour, d’une façon ou d’une autre, et, encore une fois, c’était l’occasion d’éviter les auberges, qui auraient eu rapidement raison de ses économies.

Il n’était pas spécialement pauvre, mais plutôt partisan du fait d’éviter des dépenses inutiles. Il n’était pas difficile pour lui de se faire un peu d’argent, en monnayant ses talents de guérisseur, mais il pratiquait des tarifs plus que raisonnables – volontairement car ceux qui avaient besoin de son aide, n’étaient pas les plus riches. Et il n’était pas rare qu’il accepte des compensations en nature, plutôt que de l’argent. Après tout, un repas chaud valait son pesant d’or, qu’on le veuille ou non. Le Suli termina son bol également et esquissa un sourire quand la jeune femme lui confia qu’il y avait suffisamment à faire chez son oncle pour qu’il trouve matière à rembourser sa dette. L’expression qu’elle avait utilisée l’avait amusé mais il n’en n’avait rien montré. De toute manière, on ne pouvait pas nier que la carrure de Zakaerii lui conférait une certaine force. Probablement bien plus que la moyenne des Humains en tout cas. « C’est entendu alors. Nous verrons bien sur place comment je peux me rendre utile. » Les dés étaient jetés, en quelque sorte. Au moins le voyage jusqu’à Varak ne serait pas trop ennuyeux. Même si le Felidae avait l’habitude de voyager seul, un peu de compagnie ne pouvait pas faire de mal et, bien souvent, décourageait les brigands, qui préféraient de loin les cibles isolées. Il entreprit de finir son petit-déjeuner tandis qu’Eliaë était partie nettoyer son bol et ses couverts. Il hocha la tête quand elle le prévint qu’elle allait s’occuper de préparer son cheval. « Je serais bientôt prêt. » Il termina également son repas rapidement et retourna à la rivière à son tour pour rincer les affaires prêtées par la jeune femme avant de se passer un peu d’eau sur le visage.

Au retour, il attrapa son manteau et son sac, qu’il enfila prestement, avant de se diriger vers la jeune femme pour lui rendre ses affaires. « Merci encore pour le petit-déjeuner. » Il esquissa un sourire et la laissa finir ses préparatifs. Ils ne mirent pas longtemps à se mettre en route. En quittant la forêt et en rejoignant la route principale, ils croisèrent davantage de personnes. Le temps était clément et il y avait de fortes chances qu’il reste le même pendant les jours à venir ce qui aurait le mérite de ne pas nuire au voyage. Il restait à espérer qu’ils ne croiseraient pas d’ennuis en route, mais Zakaerii était d’ordinaire assez optimiste et les rumeurs ne faisaient pas état d’attaques récentes. Il n’y avait aucune raison de s’alarmer. Aussi, ils prirent tranquillement la direction de Varak, l’esprit surement un peu plus léger que s’ils avaient fait la route séparément. Fidèle à lui-même, le Suli n’était pas très bavard mais répondait volontiers à la Bélinoise. Ils étaient partis pour passer plusieurs jours ensemble, mieux valait faire cela dans une bonne ambiance, même si, étant tous les deux habitués à rester silencieux de leurs côtés, ils n’allaient certainement pas commencer à devenir bavards tout d’un coup. Mais les jours passèrent, simplement. Et Varak fut enfin en vue…
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Au détour de mes pensées, voilà que tu apparaîs (Pv Zakaerii)

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