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 L'île aux illusions

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Khalän Sulimë
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MessageSujet: L'île aux illusions   Sam 4 Oct 2014 - 16:57

Au lever du soleil ardent, les flots étincelèrent comme à chaque nouvelle matinée sur "La liberté retrouvée" qui voguait, depuis maintenant deux jours, en direction du continent voisin, vers les terres du nord, en Térovia. Et les hommes s'affairaient à prendre soin des voiles, et ceux sur le pont obéissaient aveuglement au bon capitaine Kerol. Et au-dessus, au sommet des hauts mâts, deux matelots épiaient les horizons de toute part à la recherche de terre. Et dans les entrailles du navire, d'autres cuisinaient, balayaient et prenaient soin de ranger chaque cabine. Quant à Khalän, il avait était chargé de s'occuper de l'armement du navire, des canons et des fusils, des hachettes et de toute l'armada d'instruments de guerre que l'ancien équipage détenait. Et en ce jour des plus ensoleillés, il vérifiait, avec quelques acolytes, l'état des cracheurs d'obus tandis que Lilandrile s'occupaient d'autres tâches toutes aussi indispensables.

L'éladrinne et Khalän étaient considérés comme les deux guerriers du navire, de robustes défenseurs, des protecteurs vigilants et, bien qu'ils ne semblaient pas avoir leur place sur un tel bâtiment, l'équipage ne pouvait s'en séparer, bien trop respectueux de leur liberté donnée et d'une nouvelle vie naissante offerte de leur part. De plus, ils étaient les seuls en qui le capitaine Kerol ne donnait pas d'ordre mais plutôt des choix, et parfois même leur demandait conseil.

Deux jours suffirent à redorer le blason de l'ex "Œil noir". Le navire était comme neuf, la moisissure d'antan avait disparu. Et bien que le bateau était sombre, il ne l'était que plus différemment, un sombre émanant une certaine sagesse, à croire que le bateau avait une âme et que celle-ci reflétait celle de son équipage. L'effectif était de 32 matelots au total, l'idéal pour un si grand bâtiment, tout le monde y avait une cabine personnelle, personne ne dormait sur le plancher. Tous semblaient reprendre vie, à savoir qu'à la fin de la première journée, après le massacre sur le pont, il y eu une grande fête sur le bateau, à la gloire des valeureux combattants morts libres et à la nouvelle vie du navire, et les réserves d'alcools et de vivres furent quelques peu vidées de moitié.

Le jeune homme et l'éladrinne n'eurent guère le temps de se rapprocher plus, trop occupés à leurs responsabilités. Mais quelques regards s'échangèrent, quelques signes discrets, quelques gestes réservés, et au fil du temps Khalän s'y attacha davantage, après toutes leurs péripéties, tous les dangers partagés et les moments d'égarements. Il n'aurait voulu en venir là, mais malheureusement dut se rendre à l'évidence ; la perdre lui serait un véritable drame.

- TERRE EN VUE !
hurla l'un des guetteurs en pointant du doigt la direction nord.

Ceux sur le pont s'accoudèrent à la rambarde de bois de la proue, laissant à l'abandon leur besogne, tandis que ceux dans le ventre de la bête, dont Khalän, se précipitèrent vers l'extérieur, vers le pont, pour apercevoir l'objet de toutes les convoitises.

- TERRE EN VUE ! répéta t'il en ne se lassant point d'indiquer la direction de son bras.

Et alors que Lilandrile scrutait le lointain horizon, Khalän la rejoignit avec hâte et se posta à côté d'elle.

- Tu vois quelque chose ? lui demanda t'il.

Ce fut alors une faible silhouette qui se dessina, un île pour être exact.
A cela, Khalän, qui avait étudié toutes les cartes d'Ildirith, comprit que cette île n'était sur aucune d'elle. Lilandrile l'avait compris également à voir son regard et, de ce fait, le jeune guerrier renchérit.

- Qu'en penses-tu Lilandrile ? continua t'il sur un ton plus prudent, tout en ne quittant des yeux le bout de terre lointain qui se formait au loin.



Et le navire s'en rapprochait et, plus il le faisait, plus il se risquait à l'inconnu.



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MessageSujet: Re: L'île aux illusions   Dim 5 Oct 2014 - 6:38

La bateau était délivré, il reprenait d'ailleurs de l'allure au fur et à mesure de nos tâches respectives se faisaient de plus en plus présente. Il avait perdu cette teinte rouge sang d'après la bataille et étrangement, il perdait petit à petit sa couleur noir, comme s'il évoluait avec la mentalité de l'équipage. Cela faisait un bien fou de se dire qu'on avait réussit quelque chose de réellemen bien dans sa vie. Peu importait les malheur, peut importait la vie que j'avais eu avant. Je préférais nettement celle que j'avais là. Peut-être faudrait-il que j'envoie de mes nouvelles à mon père, mes frères et ma belle-mère. Oui, il faudrait que je fasse sérieusement. Une fois la terre ferme retrouver, je leur écrirais, leur donnerais des nouvelles, parce qu'il ne méritait pas que je les tiennes pas distance. Pas eux.

Ce jour là, je faisais mes corvées, enfin corvées étaient un grand mot, personne n'osait trop nous donner quelque chose parce qu'en fait nous les avions sauver et donc tous se sentait redevable. Je ne voulais plus qu'ils se comportent en tant qu'esclave, surtout en ma présence, mais chacun d'eux voulait toujours nous épargné le pire. Alors avec Khalän, nous étions préposé à la défense du bateau ainsi qu'en quelques sorte à la mise en place de stratégie. Nous avions quand même insisté pour prendre d'autres corvées et finalement en ce début de journée, j'étais sur le pont à briqué les dernières planches et ranger les cordages lorsque j'entendis le guetteur hurler terre en vue. Comment ça terre en vue, il ne devrait pas y avoir de terre par là pourtant.

J'utilisais alors ma vue pour voir plus loin que n'importe qui. Mes yeux prirent alors la forme de ceux du faucon. Être en harmonie avec la nature avait ses avantages et si quelqu'un me regardait à ce moment, je me doutais bien qu'il allait sérieusement prendre peur. Je laissais tomber cette réflexion en entendant les pas caractéristiques de Khalän. J'étais heureuse de l'entendre arriver. Il était devenu pour moi le frère que j'avais toujours eu envie d'avoir. L'ami qui me soutenait peu importe mes choix. J'avais envie qu'il retrouve un peu de son air joyeux, de ces sourires que je voyais de temps en temps ou plutôt que je devinais. La vie n'avait sérieusement pas été tendre avec lui et je voulais qu'il puisse reprendre une vie plus calme, plus sereine. Oh que oui, je l'espérais sincèrement.


« Je vois, je vois. Je vois une île comme tout le monde en fait. Mais je sais pas ça me paraît bizarre. »

Je regardais avec un peu plus d'attention. Je ne savais pas quoi dire, de la végétation, elle semblait assez grande pour qu'il y ait de tout. À manger, tout du moins et on pourrait faire une escale, ça n'en serait que mieux pour le moral, mais quelque chose dans cet île me filait des frissons. Je posais alors mon regard de faucon sur Khalän et me rendant compte de cela, je repris une vue normal, mes yeux reprirent leur teinte habituel de gris et leur visu d'humain. Je le regardais en souriant. Étrange comme la vie vous apportait des petits trucs par intermittence. D'une simple rencontre, on en était arrivé à voyager ensemble. C'était drôle et en même temps, tellement sympathique je n'osais rien dire en fait. Je repris cependant la parole, laissant de côté mes réflexions.

« Je pense qu'il serait bon de faire une escale. On pourrait ravitailler nos vivres, mais je t'avouerais qu'il va falloir qu'on se méfie de cette île. Quelque chose m'a fait frissoner en la regardant. Une sorte d'intuition. Il va falloir qu'on fasse attention. »

Je fis alors passer l'information au capitaine pour qu'il puisse donner ses directive. Je me dirigeais vers mes épées que je ceignit dans mon dos puis me tourna vers Khalän.

« Quoi qu'il puisse se passer, fait très attention s'il te plaît. »

Un regard entendu et un sourire pour lui signifier que je prendrais soin de lui quoi qu'il puisse arriver.


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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Chaloupes à la mer.   Lun 6 Oct 2014 - 13:31

De ses yeux de faucon, noirs comme la nuit, elle l'épia quelques secondes, déstabilisant quelque peu le guerrier. Et sans vouloir la dévisager, il le faisait, comme hypnotisé de ce regard qui vint à changer une nouvelle fois d'apparence pour adopter cette habituelle toile grisâtre qui luisait, reflétant dans le vert émeraude de Khalän. Ensuite, elle le laissa, s'arma et lui demanda d'être prudent. Et, reprenant ses esprits, un peu distrait par le magnifique spectacle que lui avait offert Cœur cendré, il excita ses lèvres maladroitement et lui répondit.

- Oui... oui, tu as raison.
Il nous faut un nouveau stock de nourriture, sinon nous n'arriverons jamais vivants en Térovia.


Son visage s'inclina vers l'arrière et, scrutant la terre imposante entourée des eaux profondes, il inspira profondément et libéra ensuite ses poumons comme à se préparer à quitter le navire et débuter un nouveau périple.

- Je serai prudent, mais nous ne serons jamais loin l'un de l'autre de toute manière.

Il se retourna vers sa compagne qui venait de ranger ses épées, et derrière elle les matelots se hâtaient de préparer les chaloupes, et l'ancre aller être bientôt jetée, dés que le fond sablonneux serait visible à travers les remous des flots.

- Nous nous protégerons mutuellement. dit-il sagement.

Et Khalän partit ainsi, rejoignant les entrailles du bateau pour récupérer ses armes mais, sur la route, le capitaine Kerol l'interpella.

- Khalän, attendez !

Le jeune homme stoppa sa marche et fit face au capitaine.

- Je suis un peu perdu... Comment dois-je organiser cette sortie ?

Khalän fit le point en son esprit, regarda autour de lui et conseilla le bon capitaine un peu stressé.

- Nous sommes 32, n'est-ce pas ? demanda t'il à Kerol qui hocha la tête pour confirmer. 20 matelots partiront sur l'île, 4 chaloupes de 5 personnes suffiront, le reste de l'équipage restera sur le navire pour le surveiller, à savoir 8 fortes personnes et les 4 autres blessés. Ainsi, je pense que tout ira pour le mieux. finit-il en tapotant amicalement sur l'épaule de Kerol satisfait.

- Bien, merci.

Khalän hocha la tête mais fut rappelé une nouvelle fois.

- Khalän, croyez-vous que ce soit une bonne idée ?
- Pas vraiment, mais comme l'a dit Lilandrile, nous avons besoin de nous ravitailler en nourriture sinon nous n'y arriverons pas.
il soupira discrètement. Nous n'avons pas le choix.

Et voyant le regard désemparé du jeune Kerol, Khalän ne put que rajouter quelques mots auxquels il ne croyait pas vraiment.

- Tout ira bien. dit-il sur un ton rassurant.

Et le jeune homme masqué partit enfin, rejoignit sa cabine et s'arma de tout son attirail de chasseur. Et durant ce laps de temps, l'ancre fut jetée, les chaloupes mises à la mer, attendant leurs futurs occupants, et les groupes furent formés.

Le bateau était immobile, à une distance de deux cents mètres environ de l'île, et lorsque Khalän réapparut sur le pont, les chaloupes se remplirent. Lilandrile avait embarqué dans l'une d'elle, se postant tout devant tandis que derrière elle quatre hommes se mirent à ramer. Ainsi la première chaloupe quitta le navire, puis celle du capitaine Kerol, ensuite celle de Khalän et s'en suivit la dernière, laissant seuls les 12 matelots, 8 hommes forts et les 4 derniers blessés de la bataille du pont, il y a de ça deux jours.

L'objectif était d'atteindre la plage la plus proche, et la seule leur faisant face semblait vaste, le sable blanc y était étincelant par l'astre brulant, les arbres exotiques, où noix de coco étaient accrochées aux cimes, jalonnaient sur toute la longueur et l'eau auparavant si froide, sombre et profonde devint de plus en plus cristalline, chaude et apaisante.

Et les quatre chaloupes s'approchant ainsi de l'île durent éviter quelques magnifiques arabesques aquatiques, chevelure d'une barrière de corail fantastique entourant, semblait-il, toute l'île.




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MessageSujet: Re: L'île aux illusions   Mar 7 Oct 2014 - 12:26

J'étais en route, fin prête pour me mettre dans la chaloupe. La remarque de Khalän m'avait sérieusement fait plaisir. Oui, je serais là pour le protéger et lui aussi. Ça semblait si simple de se battre avec lui sérieusement que je me demandais encore comment ça se faisait. Peut-être serait-il temps que je lui parle de mon passé. Non pas encore, et puis nous nous dirigions en ce moment même vers une île qui ne présageait rien de bon. Je me demandais bien ce que nous allions trouver là bas. Sérieusement. Ma vision du faucon vint alors se fendre sur mon visage, faisant un instant sursauter les hommes devant moi. Avec un sourire, je redirige mon regard vers l'île. Je ne savais pas trop comment expliquer, mais elle semblait réellement en constante évolution. Comme si chaque regard la faisait changer. J'avais l'impression de ne jamais pouvoir la cerner.

Pourtant, la végétation ça me connaissait. Je n'étais pas une Éladrine pour rien et je n'étais pas druide pour rien. Seulement là, je n'y arrivais pas. Je laissais donc tomber la vue, attendant finalement d'avoir accosté et une fois sur la plage, je descendis rapidement de la chaloupe, posant ma main sur le sable. Je laisse cette fois-ci aller mon ouïe et mon odorat. Je sens mes narines se dilater doucement, humant l'air. L'air marin est présent, des embruns de sel et en même temps, au delà, une forte odeur m'attira. Quelque chose qui n'avait rien à voir avec une odeur saline. Étrange sérieusement. Je ne savais pas trop comment dire. Je fis taire cependant le reste de l'équipage alors que je poussais mon ouïe. J'écoutais. Les bruits de la mer était fort et puissant, normal vu que nous étions à côté, mais quelque chose était encore plus puissant.

Je sentais frémir la forêt, comme si quelque chose vivant à l'intérieur. Instinctivement je dégainais l'une de mes épées alors que finalement j'avançais, me repérant à l'odorat et à l'ouïe. Bon sang, ces bruits étaient tout de même étrange, qu'est ce que cela pouvait bien être. Je n'en savais encore rien, mais je comptais bien le découvrir. Toujours l'épée à la main, la tenant fermement, je finis par relâcher mes deux sens et mes tourner vers mes compagnons de voyage qui me regardait étrangement. Un sourire passa sur mon visage et finalement je finis par rire doucement. Sérieusement, ce types, ils étaient trop étrange.


« Je vous fais si peur que ça ? »

« Non, mais vous vous comportez comme un animal »

« Qui dit que je n'en suis pas un ? »

Je leur souriais malicieusement en regardant leur sourire et finalement je pris doucement le bras de Khalän l'emmenant un peu plus loin en demandant aux autres d'amarrer correctement les chaloupe et de se préparer. Une fois à l’abri des oreilles indiscrète, je pris la parole.

« Il va réellement falloir qu'on fasse très attention. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais on a l'impression que cet île bouge sans cesse. Chaque fois que j'ai posé mon regard sur elle, je voyais quelque chose de différent. J'ai tenter d'entendre et de sentir, mais c'est comme si mes perceptions se brouillais à chaque fois. J'entendais tellement de chose différent que s'en est presque impossible. Je ne sais pas ce qu'est cette île, mais il faut qu'on récupère des vivres rapidement et qu'on la quitte aussi rapidement qu'on est arrivé. »

Je le regardais tranquillement. Et puis mon attention fut attirer par la dite forêt. Et je repris doucement comme pour moi même.

« Il y a quelque chose d'anormal ici. Faisons très attention »

Et je finis par emmener tout le monde à la recherche de ressources mangeable.


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MessageSujet: La démence   Mar 7 Oct 2014 - 17:27

La chaloupe de Lilandrile s'écrasa sur le sable fin et, de loin, Khalän aperçu la jeune femme se comporter bizarrement. Elle semblait en alerte, attentive au moindre détail et le guerrier comprit que quelque chose se tramait, que quelque chose n'allait pas. Alors, lorsque la chaloupe du capitaine Kerol rejoignit la plage, que la sienne s'en suivit et que la dernière en fit de même, il stoppa tout l'équipage, laissant Lilandrile et ses hommes avancer.

- Nous allons former de nouveaux groupes.
Olaf, Furon et Kalice, vous venez avec moi, nous allons rejoindre l'équipe de Lilandrile.
ordonna t'il.

Il semblait s'impatienter, voulant à tout prix rejoindre la belle éladrinne qui semblait être tourmentée d'un danger inconnu.

- Formez un groupe de 6 hommes, ceux-ci longeront la plage à la recherche de vivres. Les 4 hommes restants, ainsi que le capitaine Kerol, resteront au bord de l'eau et monteront le camp.

Le capitaine hocha la tête en signe d'approbation et ordonna de former les groupes tandis que le jeune Khalän, le fort Olaf, le dynamique Furon et la courageuse Kalice rejoignirent, à l'orée de la forêt, le groupe de Lilandrile. Ainsi Khalän s'approcha rapidement de sa compagne et, sans y comprendre quelque chose, fut emporté par elle dans un coin plus discret. Et les mots de la belle éladrinne s'agitèrent dans son esprit. Ensuite, le groupe s'engouffra dans la forêt trompeuse.

La petite troupe des neuf avait à peine parcourue quelques mètres que les membres se chamaillèrent au sujet d'un oiseau aperçu qui aurait disparu aussitôt à travers le ciel. Et Khalän, quant à lui, marchait et, par moment, en se retournant, semblait contempler un paysage différent. Et plus il marchait, plus il était tourmenté à son tour car des arbres semblaient disparaître, alors que d'autres bougeaient de place, et de plus en plus, se retournant à chaque pas, le décor changeait inéluctablement. Et le jeune guerrier posa l'une des ses mains sur l'épaule de Lilandrile qui ouvrait la marche.

- Attends, s'il te plaît... j'ai l'impression de devenir fou.
Je vois des choses et puis j'en vois d'autres, mais elles sont toujours différentes.


Le jeune homme se retourna et le conflit empira entre les matelots.
Kalice sortit sa dague du fourreau et la pointa sur l'un des hommes de Lilandrile, tandis que Furon se mit à tenir sa tête entre ses mains et la balancer de droite à gauche nerveusement puis Olaf, de sa corpulence imposante, se mit à frapper un tronc d'arbre de son poing en lui suppliant d'arrêter de bouger.

- Lilandrile... arrête-toi.. c'est insoutenable depuis que nous avons pénétré la forêt. dit-il en essayant vainement de chasser ses querelles mentales en posant la paume de ses mains à ses tempes.

Et Kalice enfonça sa dague dans le ventre d'un matelot et celui-ci tomba, hurlant, agonisant, insultant la jeune femme désemparée de ce qu'elle venait de faire. Et en sachant cela, elle lâcha la dague et se mit à pleurer contre un arbre. Et c'est alors que Khalän comprit une chose ; Lilandrile était une éladrinne, la seule personne apte à pouvoir comprendre la nature plus que quiconque et donc moins influençable par elle. Elle était quelque peu immunisée de cette folie gangrenant l'esprit des autres et Khalän le lui fit vite comprendre.

- Il y a quelque chose dans l'air... quelque chose de malsain qui nous mène à la folie, sauf toi Lilandrile, tu sembles tenir le coup. dit-il en s'efforçant de faire disparaître les voix en son esprit.

A cela, Khalän releva le visage, fixa le regard de Cœur cendré et continua.

- Nous n'aurions jamais du venir ici.

Et alors qu'il parlait, il sentit les branches l'entourer, puis les vu essayer de l'attraper, et enfin, il se mit à courir pour y échapper. Et quelques dizaines de mètres plus loin, il trébucha à cause d'une racine et, se relevant, contempla une cabane dans les arbres, à quelques mètres de hauteur. Et durant qu'il admirait la bâtisse entre les énormes branches, Lilandrile et quelques autres le rejoignirent pour faire face à la découverte.

Khalän se retourna vers Lilandrile, cherchant du regard Kalice et deux autres matelots qui avaient disparu, certainement à ce chamailler et venger ce coup de couteau en la chair.

- Je t'en prie, Lilandrile... dis-moi que tu vois cette cabane.. demanda t'il avec peur, espérant qu'il avait cessé d'apercevoir des choses qui n'existaient pas.




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MessageSujet: Re: L'île aux illusions   Mer 8 Oct 2014 - 4:30

Je regardais la forêt avec une toute autre impression que ce que j'avais pu voir. Sérieusement, quelque chose n'allait réellement pas ici. Le paysage semblait changer au fur et à mesure de chaque regard. Les esprits semblaient s'échauffer. J'avais envie de leur hurler dessus, de leur dire de reprendre leur esprit, mais c'était compliqué. J'avais laisser mon ouïe et j'avais activer mon odorat pour me diriger. Se fier à sa vue n'était pas une bonne idée, je l'avais compris depuis longtemps en fait. Depuis le moment ou mes pieds s'était posé sur cette plage, depuis le moment ou j'avais sentir ses grains de sable sous mes doigts, j'avais compris que quelque chose ne tournait pas rond. Les odeurs étaient toutes tellement différentes, comme si nous étions entouré de millier de chose différentes, ce qui n'était pas vrai. Même les bruits étaient des plus étranges, comme si à chaque moment j'allais voir sortir un animal alors qu'il n'y avait rien. Cette île jouait avec nos nerfs et bientôt, je sentit la main de Khalän sur mon épaule, je me retournais pour lui faire face, il ne semblait pas tout à fait en état.

« Oui, je te l'ai dit au début. C'est comme si le paysage changeait à chacun de nos regard. Je n'ai rien vu de tel. Reste près de moi, je tenterais de te rassurer autant que je le pourrais. »

Ce qui n'était soit dit en passant pas très facile pour moi. Même avec mes sens je n'arrivais pas vraiment à décelé le faux du vrai. Ce qui me maintenait ? Probablement le fait que j'avais l'expérience de l'âge, que je réfléchissais autrement. Un soupçon de sagesse ? Peut-être aussi. Mon peuple était réputé pour ce genre de chose après tout. Alors que je tentais de continuer notre avancée, je me rendis compte que dans les rangs, il y avait de gros problèmes. Certains matelots semblaient aller plutôt bien alors que d'autre perdait la boule. Khalän semblait ne pas aller bien non plus.

« Je t'en prie, il faut que tu te concentre sur un seul point, que tu ne pense pas aux choses que tu vois, il faut en faire abstraction. »


Mais ça ne marchait pas. Les humains étaient bien trop rationnel et il était compliqué pour eux de tenter de faire abstraction de ce qu'il voyait pour ne se fixer que sur une chose. C'est alors que la jeune Kalice enfonça sa dague dans le ventre d'un matelot imaginaire, je la voyais le faire dans le vide et bientôt, elle se mit à pleurer contre un arbre. Et puis Khalän reprit la parole et je me rendis compte qu'effectivement dans le lot, seule trois d'entre nous avait l'air de pouvoir faire abstraction de ce qu'il voyait. J'allais faire part de mes impressions au jeune lorsqu'il reprit la parole et qu'il s'en alla. Et merde, il fallait que je le rattrape. Je laissais deux des hommes qui étaient resté avec moi en leur demandant de ramener les autres sans se faire trop de mal. Je pris le dernier qui ne semblait pas trop atteint par tout ce bazar et deux autres qui me suivirent pour échapper probablement à la forêt et finalement je parvins à retrouver le guerrier qui se retourna vers moi et me demandait si je voyais la cabane. Je m'approchais de lui doucement, posant ma main sur son épaule.

« Oui, je la vois. »

Je le retournais vers moi, posant ma main de chaque côté de son visage.

« Écoute, tu ne dois pas te concentrer sur ce que tu vois ici d'accord ? Tu dois uniquement te concentrer sur une seule et unique chose. Un bruit, une sensation, une odeur. Il faut faire abstraction du reste sinon tu sombreras dans la folie. Sur ce, allons voir ce que nous allons trouver dans cette cabane. »

Je le lâchais doucement, reprenant mon chemin et me dirigeant vers la cabane. Je montais tranquillement l'escalier, m'assurant qu'ils me suivaient, tous et finalement une fois en haut, je toquais à la porte. Je ne savais pas encore ce qui allait nous arriver, mais, ici en hauteur, je m'apercevais que le paysage se figeait, il ne bougeait plus comme en bas. Je le fis alors remarqué à mes compagnons de route, espérant qu'il reprendre un peu leur esprit.


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MessageSujet: La sorcière noire   Mer 8 Oct 2014 - 16:54

Le jeune guerrier reprit son calme aux mots de sa compagne. Derrière elle, il ne restait que trois hommes, et donc n'étaient plus que cinq. Les autres ne pouvaient en supporter davantage et, sous les ordres de Lilandrile, repartirent vers la plage. Mais loin de là sa première préoccupation, fixant cette petite hutte en bois en suspension entre quelques branches imposantes. La guerrière gravit en premier les marches de cette échelle penchée de telle manière qu'elle faisait office d'escalier peu recommandable, mais contre tout, Khalän et les trois hommes la suivirent jusqu'au sommet, et tous arrivèrent à une petite terrasse de bois, devant la porte fermée. L'éladrinne frappa à celle-ci plusieurs fois.

Khalän enserra fortement sa faux et les autres s'armèrent de leur poignard car l'inconnu derrière la porte n'était peut-être pas seul, et les intentions non-accueillantes. Et ce fut tout le contraire lorsque la porte s'ouvrit. Un vieil homme semblant bien faible les accueilli, un peu surpris. Un voile blanc recouvrait ses yeux, il était aveugle.




- Malheureux que vous êtes, que faites-vous ici !?
Entrez ! Entrez vite !
dit-il essoufflé de sa voix cassée.

Il marchait une canne à la main, s'en alla jusqu'à un siège tout au fond de la pièce et reprit son souffle tandis que le petit groupe d'aventuriers rentra prudemment.

- Malheureux ! Malheureux !
Combien êtes-vous, dites-moi ?! Je ne suis qu'un vieil aveugle !


L'endroit semblait sûr et les rayons du soleil illuminaient toute la cabane par le biais de quelques ouvertures. Un lit de feuillage, quelques réserves de nourritures dans une boîte en bois et un siège devant un petite bureau, ni plus ni moins. A cela, Khalän et les trois hommes commencèrent à oublier la mésaventure de l'extérieur, vu que les visions cauchemardesques avaient totalement cessé de les épier depuis peu.

Lilandrile répondit au vieil homme, tout en inspectant du regard chaque parcelle de planche.

- Cinq braves voyageurs ! Quel malheur de vous accueillir chez moi.. si vous saviez. Si vous saviez... si vous saviez... répéta t'il en se cachant le visage de ses mains, la voix tremblante. Je suis désolé, désolé...
- Nous ne vous dérangerons pas longtemps, nous souhaitons juste nous ravitailler en vivres.
- Non, non... non ! Ce n'est pas ça.. ce n'est pas ça... continua t'il en se cachant le visage. Je suis désolé pour vous... malheureux que vous-êtes. reprit t'il.

Khalän détourna le visage en direction de Lilandrile qui ne comprenait que trop mal ce qu'il se passait, tout comme lui.

- C'est juste un vieux fou, Khalän, peut-être pourrions nous l'aider. dit Furon un peu maladroit.
- Il est aveugle mais pas sourd, tête de nœud ! rétorqua le fort Olaf.
- Mais je ne suis pas fou, c'est vous qui l'êtes d'être venus sur cette île, et plus vous y resterez plus vous chuterez dans la folie, malheureux que vous êtes ! reprit le vieil homme s'étant libéré le visage.
- Comment ça ? demanda Khalän intrigué.
- Vous allez tous vous entretuer d'ici la tombée de la nuit !
Ca va être un vrai massacre.. un vrai massacre.. un vrai massacre...
répéta t'il en balançant sa tête de droite à gauche.
- Mais enfin, expliquez-vous vieillard ! lança l'imprévisible Monrer.
- Cette île est maudite, maudite, maudite... et tous ceux la foulant deviennent fou jusqu'au point de se donner la mort ou provoquer celles des autres. C'est ELLE... ELLE... c'est son île, elle lui appartient et ELLE n'aime pas les étrangers.
- Elle, qui elle ? demanda énervé Monrer.
- La sorcière noire...

Les cinq visiteurs se regardèrent tous désappointés.

- Bon, partons d'ici... je n'en peux plus de ces histoires à dormir debout ! dit Monrer revenant sur ses pas, mais alors qu'il ouvrit la porte de la cabane pour y sortir, le vieil homme, qui avait entendu le grincement de celle-ci, se leva et cria.
- NON ! N'Y ALLEZ PAS !
IL FAUT RESTER DANS LES HAUTEURS !

- Monrer, ferme la porte et assis-toi. insista Khalän en essayant d'apaiser les tensions.
Dites-nous tout, mais soyez clair.
continua t'il avec le vieil homme.
- Khalän, c'est un vieux débris sans cervelle ! répliqua le rebelle.
- C'est un ordre Monrer, ne me force pas à venir te chercher. dit Khalän d'un ton relativement calme mais menaçant.

Et à cela, le turbulent jeune homme referma la porte et s'assit sur le plancher sans un mot, puis tous firent de même et écoutèrent le vieil homme.

- Une horrible malédiction pèse sur cette île.
Un sort puissant empoissonne la terre qui contamine quiconque la foulant.
s'arrêtant quelques instants, il se mit à tousser fortement puis reprit. Les pauvres victimes se mettent à voir des choses horribles, des abominations chimériques et autres illusions trompant le regard jusqu'à la folie.
- Ce ne sont que des foutaises voyons. s'interposa Monrer.
- Non, il  a raison. Depuis que nous avons quitté nos chaloupes pour rejoindre la plage, il n'y a eu que des malheurs. D'abord Kalice poignardant une ombre, ensuite toi, Furon, cajolant ton visage nerveusement entre tes mains, puis toi aussi Olaf, lorsque tu t'es mis à frapper de ton poing un arbre en lui suppliant de ne plus bouger et, pour finir, moi qui est couru en pleine forêt pour échapper à des branches n'existant pas.

Tout le monde se tut, acceptant l'évidence.

- Il n'y a que Lilandrile qui n'a été que faiblement affectée.
- Une éladrinne... mais bien sûr !  reprit le vieil homme.
Une éladrinne est un être enclin à la nature... elle est donc presque immunisée...
- Nous avons d'autres hommes en vadrouille sur l'île et sur la plage, nous devrions leur demander de reprendre les chaloupes immédiatement.
- Non malheureux ! Tu n'atteindras pas la plage, c'est perdu d'avance, tu y perdras d'abord ton esprit et ensuite ta vie ! il soupira et continua douloureusement. Moi-même n'aie pas pu me contrôler lorsque ma femme me supplia de lâcher mon poignard, puis se jetant pour me le prendre mourut dans mes bras. Je l'ai tué... tué... ma si belle épouse... ça fait si longtemps.. si longtemps... 15 ans... 15 ans déjà... 15 longues années prisonnier de ce caillou flottant.

Le silence régna quelques secondes dans l'habitacle, personne n'osa dire quelque chose.

- ELLE me retient captif, comme un enfant s'amuserait à torturer son jouet. ELLE ne veut pas se débarrasser de moi, elle veut que je souffre... que je souffre. le vieil homme se mit à pleurer, son corps à trembler et ses mains essuyèrent ses larmes faiblement. Mais vous... vous, ELLE va vous tuer si vous résistez. ELLE est infâme.
- Qui est-elle bon sang ? demanda Monrer.
- Une sorcière démoniaque, un monstre dans un corps d'humain.
Vous comprenez, ELLE est le mal... le mal... le mal...
Tous vos hommes vont mourir. Je suis désolé.. désolé... désolé...


Le cœur de Khalän s'était mis à battre, et sa poitrine vibrait et son souffle fut irrégulier, mais il n'était le seul dans cet état. Et le lourd silence terrassait l'esprit des cinq voyageurs, et même Monrer, les yeux grands ouverts, semblait ne plus pouvoir dire mot.

- Il y a forcément un moyen de s'en aller. dit Khalän en brisant le silence.
- Il y en a un, oui... et depuis si longtemps, j'ai élaboré un plan, mais trop vieux je suis et maintenant il ne m'est plus destiné. Je suis trop faible à présent pour m'en aller guerroyer. Mais vous, vous avez peut-être une chance d'y arriver.
- Quel est-il ?
- Il faut tuer la sorcière noire.

Des soupirs se firent entendre, des regards abattus se figèrent au sol et des lamentations purent se ressentir. Furon se leva, marcha jusqu'à l'une des fenêtres, contempla la flore des hauteurs et prit ainsi la parole.

- Où vit-elle cette sorcière ?
- Elle vit dans une grotte au centre de l'île, sous un lagon profond.
- Comment y parvenir ? demanda le fort Olaf.
- Je vais vous montrer. repondit le vieil homme en dérobant de son bureau une vieux parchemin déchiré qu'il donna à Lilandrile.

L'éladrinne la posa par terre, au milieu du groupe, et le vieil homme expliqua son plan.


Carte partielle de l'île et repères




- Avant que je ne me crève les yeux pour me libérer des visions, j'avais dessiné une carte de l'île. Mon but était, bien sûr, d'atteindre l'antre de la sorcière noire, mais j'étais seul, et n'osa jamais y aller. Vous, vous êtes cinq, vous avez le courage de vos compagnons pour vous épauler, c'est votre force, ne l'oubliez pas.

Les regards s'entrecroisèrent entre les matelots, et ceux-ci changèrent, émanant une nouvelle étincelle, s'abandonnant tous vers les autres, et une complicité naquit, et grandissant, elle redora le courage de tous.

- Voyez-vous, j'y ai noté des points de repère, d'abord la plage en bas.
- Oui, c'est de là que nous venons également.
- Ensuite l'étoile. C'est ici, la cabane.
De là, vous devez parcourir deux kilomètres au nord pour rejoindre un radeau que j'ai fabriqué moi-même, c'est le cercle rouge sur la carte, prés de la rivière. Mais voilà bien des années que je n'y suis plus allé, je ne sais pas dans quel piteux état il est à présent. En espérant qu'il est résisté aux intempéries.
il reprit son souffle, quelque peu épuisé, puis continua. A partir de là, vous devez remonter la rivière, elle est un peu agitée, mais rien de bien méchant. Vous arriverez à une intersection, deux rivières vous feront face, mais ne quittez pas  votre route, continuez tout droit. Celle-ci vous mènera au centre de l'île, jusqu'au profond lagon. Et c'est dans l'une des falaises surplombant le point d'eau que vous trouverez l'entrée de la caverne qui vous guidera en-dessous du lagon, dans l'antre de la sorcière noire.
- C'est un joli programme, j'ai hâte d'y être ! lança ironiquement Furon.

Quelque sourires se dessinèrent mais bien vite retombèrent, car ce voyage semblait être très dangereux et dés qu'ils auront quitté cette cabane et posé le pied par terre, le cauchemar allait recommencer.

- Le trajet de deux kilomètres à travers la forêt vous sera très pénible, surtout pour vous, chère éladrinne.
- Pourquoi dites-vous cela ? demanda Khalän.
- Etant donné que ce soit la seule à supporter le mieux la malédiction, elle devra vous guider jusqu'au radeau, supporter vos moments de démences et vous protéger de vous-même et des autres. Ensuite, pour ce qui est de la rivière, il n'y aura aucun problème d'ordre mentale car sur les eaux la malédiction ne fait pas effet.
- Bien. échappa Khalän d'un soupir.
- Peut-être que cette charmante Dame nous offrira le thé à notre arrivée ! reprit Furon pour aguicher quelques sourires en guise de courage.
- La sorcière noire est une puissante force démoniaque, ses sorts sont monstrueux. Et il est certain que quelques-uns d'entre vous se devront de se sacrifier pour permettre aux autres de l'atteindre. finit le vieil homme sur un ton dépité.
- Parfait tout ça, on y va quand ? reprit ironiquement Furon en tapotant sur l'épaule de ses quatre compagnons.
- Tout de suite, il n'y a pas de temps à perdre. répondit Khalän en se levant et tapotant à son tour l'épaule de Furon.
Pensons à nos camarades sur l'île, ils ne savent rien et sont peut-être en train de... de s'entretuer. Lilandrile, garde la carte, si ça se passe mal pour nous, tu devras continuer seule.
- Ca ne prendra qu'une demie journée pour que vous atteignez la caverne, soyez prudents mes amis. Et n'oubliez pas que votre seule force face à cette malédiction est l'entraide. Soyez une famille, restez soudés. Moi, je n'ai pas pu l'être...

Les cinq aventuriers se postèrent devant la porte, ainsi le valeureux Khalän, la belle Lilandrile, le dynamique Furon, le fort Olaf et l'imprévisible Monrer se préparèrent à affronter l'insurmontable. Et nul ne pouvait les préparer à ce qui les attendait, aucun entraînement n'aurait pu les confronter à un ennemi comme celui-ci. Il y eut un long silence, puis Lilandrile ouvrit la porte et le soleil les éblouir tous, et un à un ils se mirent à dévaler l'escalier et coururent ensemble en direction du nord, vers la rivière.

D'un côté de l'île certains devenaient fous, alors que d'autres se battaient à coups d'épées.
Et tandis qu'un groupe de cinq courageux guerriers tentait d'arrêter tout ça, une sorcière aux sombres desseins se terrait sous terre, dans une sombre caverne humide, grimaçant de joie à observer ses nouveaux jouets s'entretuer.




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MessageSujet: Re: L'île aux illusions   Jeu 9 Oct 2014 - 5:06

Je craignais sérieusement qu'il n'y ait quelque chose de grave derrière cette porte, mais ce fut un vieillard qui nous ouvrit. Devrions-nous avoir peur d'un vieillard ? Probablement. Sur cette île, il n'y avait rien de normal. Je me dirigeais souvent à l'instinct mais je devais avouer qu'en fait ici, j'avais du mal à savoir ce qui était vrai de ce qui était faux. Je lui laissais donc le bénéfice du doute alors qu'il nous faisait entrer. Visiblement pour lui nous étions des malheureux et pour être tout à fait honnête, je ne pouvais qu'être d'accord avec lui. Au vu de ce qu'il s'était passé, je ne pouvais que croire que ça n'allait pas être simple. Je désactivais mes sens pour retrouver une ouïe et un odorat normal. Je n'avais pas tellement envie qu'on me hurle dans les oreilles une fois encore.

« Nous sommes cinq »

Ma voix s'éleva, sèche et froide. Je ne pouvais décemment pas lui faire confiance, sur cette île je ne pourrais jamais réellement faire confiance à qui que ce soit pour le moment, mis à part à moi-même. Je finis cependant par mettre ma méfiance de côté et j'entrais avec les autres dans cette cabane. L'ancien semblait en proie à une panique sans nom, répétant souvent les mêmes choses. Pour ma part, je restais silencieuse, écoutant les uns les autres, me demandant ce qui était vrai et ce qui ne l'était pas. Ses explications semblaient décousus et les interventions des autres ne les rendaient pas plus claires. Je tentais de comprendre lorsque je l'entendis parler d'une sorcière. Comment ça une sorcière ? Comme dans les folklores ? D'un autre côté ça pouvait paraître un peu évident que quelqu'un tentait de manipuler cette île. J'avais d'ailleurs pu remarquer l'absence d'odeur logique, l'absence de bruit logique, tout semblait être fait pour perturber. Seul l'instinct permettait de se repérer, l'instinct et visiblement une tendance à pouvoir se recentrer et faire fi de ce qui se passait autour.

Je restais encore silencieuse jusqu'à ce que Monrer se lève et tente de sortir. Mais quel gamin impétueux il était celui-là. J'allais le remettre à sa place alors que Khalän prit la parole. Derrière sa voix d’apparence calme, je sentais le ton menaçant et limite un petit grondement digne d'un fauve. Cela m'arracha un sourire et finalement la conversation continue. Au vu de tout ce qu'il s'était passé, de tous les problèmes arrivés depuis qu'on avait débarqué des chaloupes ainsi que bien entendu ces changements quasiment irréel de décors qui semblaient ne jamais s'arrêter, je ne pouvais finalement que le croire. Ainsi donc une personne s'amusait à détourner notre attention de notre but et à jouer avec nous. Elle était très mal tombé et je me sentais un peu plus remonté désormais. Par contre lorsqu'on parla de moi, je tendis l'oreille, me demandant bien pourquoi chaque fois qu'on parlait de moi il y avait un bien sûr dans le lot. Et si je lui parlais de la rationalité et de la sagesse des Éladrins ? Bah à quoi bon finalement.

La discussion reprit donc dans mon silence le plus totale. J'avais toujours été plus doué pour écouter que pour parler. Je réfléchissais intensément. Sérieusement il allait falloir s'en aller rapidement, mais si ce vieil homme disait vrai, partir serait problématique. Et puis finalement j'entendis une phrase qui me fit revenir à la vie. Tuer la sorcière nous permettrait de sortir d'ici. Bien alors qu'attendions-nous ? Visiblement les autres avaient eu la même idée que moi et s'en était que plus sympathique. Le vieil homme tira alors un vieux bout de parchemin qu'il me tendit. À croire que ce serait moi qui allait être le chef de groupe. Comme si j'avais l'étoffe d'un chef de groupe. Je secouais doucement la tête et posais la carte entre nous, l'étudiant avec mes camarades du moment. Moi qui avait l'habitude d'être seule, me voilà bien entouré. Je laissais tomber cependant la conversation, observant la carte et l'imprégnant dans mon cerveau. Nous n'allions pas pouvoir la regarder souvent, autant la connaître.

Et puis, ce fut l'heure de partir. Au plus vite pour éviter le grabuge. Je remerciais le vieil homme, ne lui demandant même pas son nom. Si j'étais toujours en vie quand tout serait terminer, je viendrais le récupérer pour l'emmener loin d'ici. Ça ne serait que profitable pour lui. Je m'élançais donc dans la forêt, poussant sur mon ouïe et mon odorat, se repérer avec sa vue était inutile. J'entendis alors les échos des différentes batailles, nous allions devoir faire vite, très vite.


« Suivez-moi. Concentrer-vous uniquement sur moi. Ne laissez pas l'île détourner votre esprit et surtout, surtout, faites attention à vous. »

Je pris donc la tête du groupe était visiblement la seule qui était le moins affecté par l'île et ses illusions ainsi que sa folie. Il ne nous fallut pas dix minutes pour que Monrer commence à s'agiter, prétextant qu'il avait des abeilles qui lui tournait autour. Une demi-heure plus tard s'était au tour de Furon qui décidait qu'il fallait se jeter dans l'eau pour éviter le feu. Je dû leur mettre quelques claques pour les réveiller. Au moins la douleur semblait les tenir en éveil et j'avais l'impression qu'il semblait moins enclin à sombrer. Finalement une heure passa sans incident jusqu'à ce que Olaf arrive à bout et commence à hurler à plein poumon. Bon sang, à ce rythme nous n'y arriverions jamais. Je soupirais un instant regardant Khalän qui semblait tenir le coup et enfin nous étions en vu du radeau. Sauf que voilà, il se semblait pas réellement état. Je traînais tout le monde dans l'eau, leur intimant de rester les pieds dans l'eau. D'après le vieil homme sur l'eau rien ne se passait, donc dans l'eau non plus. J'espérais que ce soit le cas. Je me tournais alors vers Khalän.

« S'il te plaît, prends soin d'eux, je vais remettre le radeau en état. »

Je partis sans rien dire de plus. Trouvant de bon rondins par-ci par-là. Par moment mon regard se fixait sur une illusion. Étrangement j'avais l'impression que ce brouillard jouait sur nos peur. J'avais devant moi par moment des membres de mon ancienne famille. Ceux que j'avais renié. La famille, s'était ma plus grande peur. Je me ressaisissais assez rapidement pour que finalement, une heure plus tard le radeau soit prêt. J'intimais tout le monde à se poser dessus et enfin nous pûmes continuer le voyage. Visiblement le vieil homme avait raison. La malédiction comme il l'appelait n'avait pas cours sur l'eau et ça faisait un bien fou de ne pas avoir à resté aux aguets.

« Je vous laisse diriger le bateau. J'ai besoin de régénérer mon énergie. »

J'en avais un peu trop utiliser et trop rapidement pour remettre le radeau en état et rester normal. De plus maintenant mon odorat me demandait pas mal d'effort. Je finis par me calmer et entrer dans une sorte de transe pour méditer et régénérer mon énergie. Si tous les dires du vieil homme était vrai, ce qui nous attendait était loin d'être facile et nous allions tous avoir besoin de nos force, moi la première.


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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Le naufrage   Jeu 9 Oct 2014 - 16:00

La petite embarcation qu'avait rafistolé Lilandrile voguait depuis bien quatre heures sur les eaux calmes de la rivière. Et comme l'avait signalé le vieil homme, le puissant sort des illusions n'avait aucun effet au contact de l'eau. Le grand Olaf et le fougueux Furon ramaient vers le nord, remontant ainsi la rivière à travers le vaste paysage boisé. Monrer, quant à lui, surveillait les rivages mais rien, absolument rien, ne bougeait sur les terres ensorcelées, quelques oiseaux, quelques insectes volants, mais aucun animal. Peut-être s'étaient-ils entretués eux aussi. Khalän prenait soin comme il le pouvait de la jeune éladrinne assoupie, qui après une transe éphémère s'endormit contre l'épaule du jeune homme à l'écorce faciale.




Finalement, le trajet sembla bien plus facile qu'il n'y paraissait, tout était si paisible, mais les échos des batailles sur les plages, qu'ils avaient entendu en quittant la cabane, ne cessaient de les tourmenter tous.

Combien de blessés ? Combien de tués ?
Mais surtout, les voyait-elle ? La sorcière si cruelle.
Epiait-elle de son sombre regard le petit groupe d'aventuriers venant la tuer ?
Si tel était le cas, se rassurait Khalän, ils seraient déjà tous mort à l'heure qu'il est.

Quel étrange destin empli de tous ces périples, et pensant à tout ce qu'il avait vécu depuis qu'il quitta son village meurtri du nord des forêts de Bélin, il ne put s'empêcher d'élever le regard vers le ciel bleu, y murmurant en son esprit quelques mots au divin.

" Solarim, essaierais-tu de me mettre à l'épreuve ?
Si tel est ton désir, j'y ferai face et, quoi qu'il advienne, ma dévotion te sera éternelle. "


Et le vent enlaça le corps du jeune homme, et les cris sourds de ses compagnons semblèrent si lointain. Et de secousse en secousse, Khalän fut délogé de sa torpeur divine de quelques jets d'eaux s'engouffrant en son masque. Et il reprit ses esprits dans un chaos infernal.

La rivière, si tranquille, venait de se transformer en un torrent désastreux, et les rochers brisèrent quelques planches et l'embarcation se mit à couler en se balançant viollement, et vacillant trop rapidement dans les remous tumultueux des eaux déchainées.

- KHALÄN ! REVEILLE-TOI, BON SANG ! hurla Monrer en tenant les deux épaules du jeune homme.
- Comment ce fait-il que...
- Nous venons de franchir le croissement des deux rivières et il n'est pas très accueillant ! La bateau coule, Khalän !

Le jeune homme regarda ainsi Olaf et Furon ramaient désespérément devant en essayant de rejoindre l'une des berges tandis l'eau remplissait le radeau de fortune, et les pieds s'y noyaient.

- C'EST FOUTU, IL FAUT ABANDONNER LE RADEAU ! hurla Olaf de sa voix grave, recevant quelques giclées d'eau dans la bouche.
- TROP DANGEUREUX, TROP DE ROCHERS ! rétorqua Furon.

Khalän crut entendre Lilandrile dire quelque chose mais ne put cerner ses dires, elle était prés de lui, les yeux fixant le devant du radeau comme à attendre le bon moment. Khalän regarda attentivement dans la même direction et aperçu un énorme rocher pointu leur barrer le chemin à une dizaine de mètres de là. Lilandrile sembla se préparer et Khalän en fit de même, mimant la posture de la jeune éladrinne.

- ATTENTION, ROCHER ! alerta Olaf
- ACCROCHEZ-VOUS ! suivit Furon en essayant vainement de se protéger avec sa rame.

A l'arrière, Monrer, Khalän et Lilandrile s'accrochèrent, mais au dernier moment, à l'instant même où la proue du bateau se broya contre le rocher, ils basculèrent à l'eau, abandonnant l'embarcation qui se brisa en petits morceaux sur l'imposant caillou humide.

Les torrents violents emportèrent les corps, jouant avec eux tels de simples pantins, et la petite troupe fut disloquée. Khalän essaya tant bien que mal de rester la tête hors de l'eau, tout en esquivant de justesse les nombreux rasoirs de pierres sur sa route. De l'eau s'engouffra en sa bouche, descendit tout le long de son œsophage et le fit souffrir à plusieurs reprises de quelques étranglements. Puis, levant le bras, il s'accrocha miraculeusement à une branche d'un grand arbre penché, alors sa deuxième main s'y agrippa également et, ensuite, il s'efforça de longer la branche jusqu'à la terre ferme où il se mit à cracher quelques effluves et se mettre de dos, regardant le ciel. Et respirant de façon irrégulière, essoufflé comme jamais, il fixa un oiseau dans le firmament bleuté et ne le perdit de vue le temps de reprendre son souffle. Il entendait encore le conseil de Coeur cendré et fixa intensément chaque mouvement du volatile qui semblait bien magnifique.

Quelques minutes passèrent au bord de la rivière sauvage.
Le jeune homme avait fermé les yeux, ne voulant être victime d'une hallucination. Il entendit quelqu'un marcher prés de lui, puis une ombre voila le rayon de soleil traversant ses paupières et le vert émeraude de Khalän s'exposa à cette chose qui l'appelait, essayant ensuite de le redresser.

- Khalän, je t'en prie, réveille-toi ! dit la voix en le secouant.

A cela, le jeune guerrier reprit ses esprits et inspira profondément pour reprendre une bonne bouffée d'air fraîche en rassurant Furon devant lui.

- C'est la deuxième fois aujourd'hui qu'on me demande de me réveiller. lança Khalän sur un semblant d'humour qui fit sourire Furon.
- Waw.. tu m'as fais peur... dit Furon soulagé avant de s'asseoir contre Khalän, face à la rivière en colère.
- Où sont les autres ?
- Je n'en sais rien, tout est allé si vite, je n'ai rien vu venir.
J'ai vu Olaf tomber et quand je me suis retourné, j'ai remarqué que j'étais le seul à encore être sur le radeau. Puis, il s'est complètement brisé et j'ai sauté. J'ai pu me cramponné à un rocher et en me relevant, je t'ai aperçu agripper la branche. Et voilà.
finit-il en soupirant.

Khalän vérifia son arsenal, tout était sur lui à part une chose.

- Je pense avoir perdu ma faux.
- Non, regarde, elle est là-bas, prés de l'arbre. Tu la vois ?
- Première bonne nouvelle... répondit-il en se levant, emmenant dans son élan son compagnon.

Le jeune homme alla ramasser sa faux et aperçu, de l'autre côté de la berge, Lilandrile et Olaf qui marchaient ensemble. A cela, le jeune guerrier hurla le nom de la jeune femme tandis que Furon celui de son ami, mais en vain, car les remous incessants brouillèrent toutes communications.

- Comment faire, on va les perdre...
Ce bougre d'Olaf pourrait regarder par ici, d'habitude il est plus vif !
 dit Furon d'un ton impatient.

Khalän s'empressa alors d'ouvrir la sacoche à sa taille, d'y extirper un bout de papier humide et y écrivit un message à l'aide du crayon l'accompagnant.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda intrigué le fougueux jeune homme.
- Je vais leur envoyer ce message. dit Khalän en donnant le bout de papier à Furon.

Celui-ci retourna la feuille et put y lire le fameux mot ;
" Nous nous retrouverons au lagon. "

Khalän reprit le mot, l'enroula solidement avec une ficelle  sur une flèche, encocha celle-ci à son arc et visa l'arbre devant lequel Lilandrile allait bientôt croiser. Le projectile fendit l'air, passant au-dessus de la rivière infernale et se planta de plein fouet dans l'écorce juste avant que Lilandrile et Olaf ne l'aient dépassé. Les deux jeunes aventuriers sortirent leur arme, guettant la menace puis aperçurent Khalän et Furon leur faire signe de l'autre côté de la rivière, à une bonne vingtainede mètre. Ils leur firent signe également, semblant heureux de les voir.

- Ils ne font plus attention à la flèche...
- Attends. dit Furon en retirant l'un des projectiles du carquois de son ami avant de le lever vers le ciel.

Cela fit mouche, Lilandrile se rua sur la flèche dans l'arbre, déroula le papier et lu le mot de Khalän. Elle sembla épier le regard de son compagnon de route de l'autre côté et Khalän en fit de même, et de cet échange lointain, ils se promirent de se revoir. Elle lui fit signe d'avoir compris et continuèrent leur route au bord de la rivière.

- Beau travail ! félicita Khalän.
- Oh tu sais, si je peux aider ! reprit Furon fièrement pour en rigoler.
- Bon, ne trainons pas, c'est un vrai miracle de ne pas avoir encore eu d'hallucinations.
- Nous sommes peut-être trop prés du rivage, ou bien sommes immunisés tant qu'on est trempé !
- Peut-être, oui... suivit Khalän songeur.

Puis, Furon se figea, semblant tourmenté.

- Qu'y a-t'il ?
- Nous n'avons pas vu Monrer. Il n'était pas avec eux.

Il avait raison, Monrer avait disparu, et aucune trace de lui depuis le naufrage.

- Nous le croiserons peut-être sur le chemin, allons-y.

Et les deux hommes se mirent à marcher le long des eaux tourmentées en direction de l'ouest, vers le lagon profond situé au centre de l'île.


Mise à jour du parcours



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MessageSujet: Re: L'île aux illusions   Sam 11 Oct 2014 - 14:48

Je somnolais sérieusement, reprenant des forces comme je le pouvais. Combattre les illusions et réparer le radeau m'avait sérieusement avait affaiblis et je devais avouer que franchement, je me sentais quelque peu affaiblis. Comment une simple île pouvait avoir autant de pouvoir franchement ? La sorcière était-elle aussi puissante ? Toutes ces questions me revenait tel un boomerang en tête et je devais avouer que ça ne m'arrangeait pas. J'avais besoin de tranquillité, j'avais besoin de me ressourcer, mais je n'y arrivais pas réellement. Trop de question, pas assez de réponses. J'avais envie que tout se passe bien, j'avais envie de voir tout le monde revenir intact. Pourquoi je n'avais pas dis de contourner cette île sérieusement ? Je crois que je m'en voudrais constamment de me dire que j'aurais pu éviter ce problème. J'espérais sincèrement que les autres allaient bien. Tant de questions, tant de réponses non apportés, ma tête fit des remous et j'entendis dans mon cerveau un bruit de courant. Comment ça du courant ? Je réalisais peut-être un peu tard qu'il fallait que je me réveille.

Je mis un certains temps à émerger, bon sang je ne voulais qu'entrer en transe, mais la fatigue m'avait terrassé. Je me retrouvais finalement sur l'épaule de Khalän sans trop savoir pourquoi. Sérieusement comment en étais-je arrivé là ? Le problème n'était pas celui-là, peu m'importait que je dorme sur l'épaule de Khalän, il faisait désormais partie de ma famille et ce n'était pas très grave. Non, le problème immédiat était notre vitesse.


« C'EST FOUTU, IL FAUT ABANDONNER LE RADEAU ! »

« TROP DANGEUREUX, TROP DE ROCHERS ! »

« PREPAREZ-VOUS A SAUTER QUAND ON ARRIVERA SUR LE GROS ROCHER »

Je les regardais tous et me mis en position. Bon sang ce que ça pouvais faire mal à la gorge de devoir hurler de la sorte. Et puis rapidement, le radeau s'écrasa, nous nous jetions tous à l'eau. Je sentais le courant qui voulait m'emporter, mais je pus attraper un rocher. Seulement j'étais encore un peu fatigué et finalement le courant m'emporta un instant, je tentais de garder la tête haute jusqu'à ce que je trouve sous mes doigts un rocher bien placé sur lequel je puisse placer mes mains. Je sentis alors deux bras me tirer hors de l'eau et je regardais alors sur la rive, espérant que ce soit Khalän, seulement ce fut Olaf. Je n'étais pas mécontente, en fait j'étais inquiète pour les trois autres. Je me relevais, crachant l'eau qui était encore dans ma bouche. J'essorais un instant mes cheveux et finalement tâtant mon dos en vérifiant que mes épées étaient toujours là, je pris la parole.

« Merci Olaf, sans toi je restais accroché à ce rocher. »

« J'en doute vu que c'est grâce à toi que j'ai pu m'approcher de la rive. »

« Oh c'est toi que j'ai poussé pendant ma descente ? »

« Ouais. »

Nous sourîmes tous les deux. Ça faisait du bien quand même de se laisser aller. Seulement voilà trois de nos amis étaient encore manquant et l'un des trois s'était Khalän. Inquiète tout de même, je proposais à Olaf de continuer tranquillement, cherchant sur notre route à les retrouver, il ne fut pas contre. Continuant notre route, je finis par me demander si nous ne devions pas rester le plus près possible de l'eau au vu du fait que ça semblait être ce qui gardait les illusions à distance. Il me répondit à l'affirmative. Cependant notre route fut rapidement arrêter par une flèche qui vint se ficher dans l'arbre près de nous. Aussi rapide que l'éclair, nous dégainions tous les deux nos armes, poussant sur mon odorat pour l'instant je ne remarquais rien de suspect. Je poussais alors sur mon ouïe et entendait vaguement quelque chose au delà du tumulte de la rivière. Je donnais finalement un coup de coude à Olaf et finalement lui montrais nos deux compagnons de l'autre côté de la rive. Heureux de les retrouver, nous leur faisions signe comme des idiots.

« Mon dieu ils sont en vie. »

« Oui, moi aussi je suis heureux. »

Je lui retournais un sourire. Cependant avec la rivière, je ne pouvais pas entendre ce qu'il disait, j'aurais pu normalement, mais mon ouïe était harceler par cette eau. Je la relâchais alors tranquillement et regardais Furon faire des signes sur une flèche. J'utilisais ma vision du faucon pour voir précisément les signes de Furon et finalement, comprenant j'allais voir la flèche pour lire le mot. Hochant alors la tête et leur montrant que nous avions compris. Olaf se tourna vers moi.

« Qu'est-ce que ça dit ? »

« Qu'on se retrouve au lagon. Viens reprenons la route. »

« Attends, Monrer ? »

« Oui, j'ai vu, il n'est pas avec eux et pas plus avec nous. J'espère que nous le retrouverons plus loin, je l'espère sincèrement. Je m'en veux tellement d'avoir dit qu'il fallait nous arrêter. »

« Ne t'en veux pas, s'était inévitable et qui aurait pu savoir ? »

« Lorsque mon regard s'est porté sur cette île je savais que quelque chose ne tournait pas rond et pourtant. »

« Ne t'en veux pas, nous voulions tous y aller pour reprendre des vivres. »


« Oui, probablement, mais c'est moi qui en ai donné l'ordre. »

Je sentis alors sa main sur mon épaule et cela me réchauffa un peu le cœur. Ce cœur déjà brisé et en cendre. Ce cœur qui prenait tellement depuis des années. Je me demandais bien si j'allais arriver à vivre aussi vieille qu'un de nos Éladrins, ceux qui restaient dans les clans. Bah de toute façon, j'avais toujours rêvé d'aventure et on m'avait poussé à partir de ma famille, enfin famille. Je laissais ces pensées de côté pour le moment j'avais autre chose à penser. Notre chemin semblait assez calme visiblement. Nous avions trouvé des empreintes étranges, mais finalement rien ne nous était tombé dessus jusqu'à ce que trois félins pointent le bout de leur nez. Je dégainais mes armes rapidement, Olaf fit de même.

« Bon sang on a vraiment pas de chance. »

« Tu l'as dit. »

Et le combat s'engagea. Je cherchais à ne pas faire de mal à l'animal, cependant en faisant cela, je pris rapidement un coup de griffe qui m'arracha la peau de l'épaule. Cela me rappela une blessure similaire que j'avais eu des années auparavant. Un suli m'avait presque arracher l'épaule. Le félin ne me laissa pas le choix. Après quelques minutes de combat, je finis par mettre à terre le premier, Olaf fit de même avec son premier, le second déjà sur lui, je sortis l'une de mes dagues, posant une de mes épées et sauta sur le félin. J'enfonçais la dague dans son crâne et finalement lançais son corps au loin avec son compatriote. Olaf m'aida à me relever et je serrais les dents fasse à la douleur.

« Merde ton épaule ! »

« T'en fais pas j'en ai vu des pire que ça. Je vais soigner ça. Tu me montrerais les traces de morsure et d'éraflure, je les soignerais. »


Je partis près de l'eau, lavant alors mon épaule. J'appliquais le sort cataplasme et mis une bande autour. Olaf fut d'une grande aide dans mon entreprise, il m'aida à enrouler la bande. Ensuite, je passais mes mains sur ses blessures, refermant les plus bénignes, catapasmant les plus grosses. Et finalement après avoir réparer nos blessures, nous reprenions notre route jusqu'à apercevoir le fameux lagon. L'eau semblait plus calme et je poussais sur ma vue pour distinguer les détails de loin. Mes yeux de faucon virent alors quelque chose de très particulier et je me précipitais vers cette forme inerte, je pouvais entendre Olaf jurer derrière moi. Je lâchais ma vue alors que j'arrivais près de cette forme. Le corps sans vie de Monrer gisait sur la rive. Il s'était noyer dans le courant. Je m'effondrais à genou, les larmes coulèrent alors de mes yeux. Déjà une mort de mon fait. Bon sang pourquoi avait-il fallut que je décide d'aller sur cette île.


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MessageSujet: La tombe, les voix et la grotte.   Mar 14 Oct 2014 - 9:18

Il y eut une longue et épuisante marche le long du rivage, sous les cris des eaux déferlantes.
Et les deux aventuriers de la "Liberté retrouvée" n'avaient cessé, un seul instant, de s'arrêter car leur cœur s'en voyait peiné d'un doute, espéraient-ils mensonger, à ne pas retrouver leurs amis. Et les questions sans réponse les tourmentèrent au sujet de l'équipage, des illusions et de la sorcière noire, mais lorsqu'un deux remarquait l'affaiblissement psychologique d'un autre qui divaguait à la solitude mentale, celui-ci venait l'épauler, le regard plein de réconfort, et cela durant tout le chemin depuis leur violent naufrage.

Des rugissements animales déchirèrent le silence de l'autre côté de la rive, des félins en proie à une bataille. En espérant que Lilandrile et Olaf n'y étaient pas impliqués, mais à quoi bon y penser et torturer son esprit. Le fait est qu'ils n'avaient pas le choix, soumis aux caprices du cœur humain.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Furon, essayant vainement d'apercevoir un semblant de réconfort parmi la faune environnante de l'autre côté des eaux.
- Continuons, Furon, continuons... répondit calmement Khälan, ne voulant quelques pensées noires gangréner son âme.

Et les deux compagnons continuèrent leur marche, et bientôt ils arrivèrent enfin, et droit devant eux, les monts entourant le lagon profond dont avait parlé le vieil homme aveugle.

- Nous avons réussi Khalän.

Khalän leva les yeux, regardant ce magnifique paysage qui ne l'était qu'extérieurement.

- Oui, mais ne nous arrêtons pas. suivit le jeune homme reprenant quelque peu le sourire.




Et continuant ainsi, ils arrivèrent au pied d'une gigantesque falaise où la rivière, si démente, se calma petit à petit pour ne ressembler qu'à un simple ruisseau s'engouffrant sous la montagne imposante afin d'y rejoindre les eaux du lagon caché. Ils pouvaient donc, à présent, la traverser sans problème mais avant, ils firent une découverte déconcertante.

- Hé ! Regarde là-bas, à dix mètres, qu'est-ce que c'est... ? s'interrogea Furon en s'approchant du petit monticule de pierres d'où une épée y était plantée.

Khalän le laissa passer devant, et à chaque pas, il en vint à la même triste vérité que son ami. Il s'agissait d'une tombe faite avec rapidité, et en son centre, l'épée du défunt, plantée à travers le monument rocheux. Alors Furon, les lèvres tremblantes, s'agenouilla face à la funeste découverte et posa ses mains contre deux pierres, fixant l'épée.

- C'est... c'est...

Khalän s'accroupit prés du jeune homme tremblant et eut un haut le cœur en comprenant également de qu'il s'agissait, et les deux aventuriers regardèrent l'épée de leur défunt compagnon qui siégeait fièrement, toute droite, en direction du firmament.

- Oui, c'est l'épée de Monrer. continua une voix derrière eux.

Khalän et Furon se retournèrent et fit face à Olaf.

- Il s'est noyé dans la rivière. finit-il de dire, ému de revoir son ami le fougueux Furon.

Et celui-ci se releva, marcha maladroitement vers le fort Olaf et, de cette retrouvaille, naquit une accolade amicale emplie de sourires et d 'émotions.

- Je suis franchement content de te voir mon Olaf ! échappa Furon d'un grand sourire en lui tapant sur l'épaule virilement.

Et Khalän, à son tour, se releva, et un autre haut le cœur s'éprit en sa poitrine, annihilant sa tristesse, car devant lui, Cœur cendré, bien portante, lui souriait. Et ses pas le menèrent à elle, et d'un sourire empli de tendresse l'enlaça fortement.

- Ne me fais plus jamais aussi peur, grande sœur ! lança t'il avec émotion en la regardant de plus prés, et voyant son bandage à l'épaule, la toucha délicatement. Tu es blessée ? Ca n'a pas l'air trop grave, moi aussi j'en aie un. continua t'il en souriant et emplissant son regard de bonheur, faisant ainsi allusion au bandage à son l'épaule de cette balle de pirate l'ayant traversé.

Ainsi, le groupe dissout fut de nouveau un seul, et comme une blessure cicatrisée, il y avait une plaie qui ne pouvait être guérie en son centre : l'imprévisible Monrer. Et a cela, le petit groupe entoura la tombe et chacun dit ce qu'il avait à dire sur leur compagnon. Ensuite, ils partirent vers le sud, longeant les monts du lagon. Tous avaient changé d'une certaine manière, Furon semblait avoir mûri, délaissant quelques aspects enfantins de sa personnalité pour celui d'un guerrier, quant à Olaf, il semblait plus raisonnable, plus attentif, plus réceptif et leur complicité avait également grandi, plus proche que jamais, tels des frères, tout autant que Khalän et Lilandrile.

- Vous entendez ces voix ? demanda Furon, interrompant la marche.
- Oui, je les entends ! répondit Olaf en regardant de toute part. Mais d'où ça vient ?

Effectivement, des murmures incompréhensibles s'agitèrent dans les esprits.

- Des hallucinations, ça recommence ! continua Furon.
- Non, ces murmures sont dans nos têtes. dit Khalän comme persuadé d'avoir raison.

Celui-ci regarda Lilandrile, cherchant des réponses de la part de celle-ci. Et cela ne se fit attendre, car Cœur cendré pointa du doigt une direction, la source de ces maux, la provenance des voix. Et ainsi guidé par l'éladrinne et ses capacités sensitives, le groupe firent face à une falaise.

- Là ! pointa du doigt Furon.
- Nous l'avons trouvé... suivit Olaf.
- Oui, c'est ça. continua Khalän.

Devant eux, à une vingtaine de mètres, se tenait l'entrée de la grotte.
Une simple fissure dans la roche où des voix s'y échappaient.

Le jeune homme à l'écorce faciale leva le regard vers le firmament changeant.

- D'ici une heure la nuit tombera, ne perdons pas plus de temps.

Ainsi, le groupe marcha jusqu'à la fameuse entrée, et chacun s'arma de son arme de prédilection.
Prudemment, les aventuriers s'engouffrèrent en la fissure, et lorsqu'ils franchirent l'entrée, les voix s'estompèrent comme elles étaient venues, et tous comprirent avant que Khalän ne le dise tout haut.

- La sorcière noire nous attend, elle nous a guidé jusqu'ici.
Elle sait où nous sommes et pourquoi nous y sommes.
Soyons très prudents.





Et en la sombre grotte, le groupe s'enfonça de plus en plus profondément sous le lagon.
Et des cristaux reflétant la lumière de l'entrée étaient dispersés en celle-ci, se passant mutuellement, une à une, la lumière comme un simple jouet. Mais bientôt, le groupe s'arrêta à une intersection et l'humidité emplit les lieux. Une multitude d'orifices leur faisaient face, une multitude de chemins s'entrecroisant. Mais Lilandrile, Khalän, Furon et Olaf restèrent ensemble car ils se le promirent, et ensemble ils en ressortiront, telle était la promesse qu'ils s'étaient fait durant leur ascension dans les profondeurs des monts du lagon.

Et l'air se refroidit de plus en plus, et l'humidité emplit celui-ci, et plus dure sera l'ascension dans les profondeurs.


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MessageSujet: Re: L'île aux illusions   Mar 14 Oct 2014 - 15:35

J'étais la prostrée devant le corps de Monrer. Je m'en voulais sérieusement et je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à cela. Si seulement je n'avais pas donner l'ordre d'aller sur cette île. Si seulement nos vivres n'avaient pas autant diminuer. Bon sang je me sentais tellement idiote pour cette fois-là. Finalement ce fut Olaf qui me ramena sur terre, posant une main sur mon épaule.

« Lilandrile, ne t'en veux pas. On voulait tous venir sur cette île. Oui tu avais vu quelque chose, mais tu ne pensais probablement pas que s'était dangereux. Je suis désolé pour Monrer, mais... Il faut qu'on l'enterre ok ? »

Je secouais doucement la tête en signe d'assentiment et lui laissait préparer une tombe. Il remuait assez de terre de la berge pour pouvoir faire comme les roi d'antan. Je le regardais mettre les couches les unes après les autres et finalement il prit les rondins de bois de notre radeau qu'il déposa sur le tas. Je finis par soulever le corps et l'emmener vers la tombe de fortune et puis tous deux la recouvrons de terre, formant alors un monticule. Olaf prit l'arme de Monrer et finit par la planter dans la tombe. Des pleurs se perdent dans ma gorge et finalement Olaf prends la parole.

« Que ton monde soit remplit de tes rêves...

.. Que ton âme puissent rejoindre en paix celle de tes ancêtres. »

Nous nous regardions tous les deux. Moment solennel. Je détestais cela, j'avais toujours détester cela depuis la mort de celui qui avait été tel mon père, Caïn, le seul qui m'ait toujours aimé, le seul à m'avoir montré un tant soit peu d'amour avant de finalement mourir d'une mort étrange. D'ailleurs, je me demandais bien comment il était mort et maintenant que j'étais un peu plus âgé, il serait temps pour moi de retourner là bas et de brasser un peu toute l'histoire. J'avais envie de les traquer, de leur faire comprendre ce qu'il en coûtait de faire ce genre de chose. Leur faire mal ? Probablement, mais pour le moment, je devais me dépêtrer de ce qu'il se passait ici et je devais sortir tout le monde de ce beau bordel. Je finis par reprendre conscience du monde qui m'entourait alors que j'entendis Olaf prendre la parole. Pour qui ? Certainement pas pour moi. Alors je me relevais doucement pour voir Olaf et Furon se donner une accolade et puis mon regard parvint jusqu'à Khalän et je me sentis plus que soulagé. Il s'approcha de moi et m'enlaça fortement. Je lui rendis passant ma main dans ses cheveux, trop heureux de le voir debout et sans blessure. Je souriais finalement à sa remarque, y répondant.

« Non, rien de très grave je te rassure. Juste une égratignure comme la tienne. Au moins, ça prouve que nous somme frère et sœur maintenant. »

Je déposais un rapide baiser sur son front. Trop contente de le retrouver et restait près de lui quoi qu'il arrivait. Hors de question d'être de nouveau séparer sérieusement. C'est alors que j'entendis une voix, tout comme Furon finalement ainsi que le reste du groupe. Je poussais alors sur mon ouïe. Doucement, je fis signe aux autres de se taire. Je sentis le regard de Khalän et lui prenant doucement la main, je le guidais vers le bruit, les autres nous suivirent alors. Une grotte. Voilà que nous tombions sur une grotte et les mots de la sorcières se turent. Je laissais mon ouïe pour finalement me concentrer sur mon odorat. L'odeur de la mort était forte, je comprenais aisément pourquoi je n'avais aperçu aucun animal aux alentours.

« Faisons bien attention, je sens l'odeur de la mort qui rode. Ce n'est pas une bonne chose. »

Je finis par lâcher doucement la main de Khalän et sortait mes épées, je me dirigeais à l'odorat dans la caverne. Vérifiant que tout le monde me suivait bien. Je ne savais pas pourquoi, mais je sentais que le combat n'allait pas être de toute facilité. Je souriais doucement, j'allais passer sur elle mes problèmes et elle n'allait pas être déçu du voyage. L'Éladrine que j'étais avait des tas de chose à se reprocher, des tas de souvenirs peu glorieux ou qui nécessitait une fustigation de chaque jour. Ces souvenirs étaient comme une maladie qui vous dévorait de l'intérieur, mais j'allais pouvoir lui renvoyer à la figure tous les maux que j'avais ressentir en voyait Monrer noyer. Elle allait payer très cher toutes ces morts. Mon odorat me fit alors remarqué que nous étions pile à l'entrée de son antre. Très bien, l'heure était venue de jouer.

« Allons-y, il est temps de délivrer nos amis et de lui faire payer pour toutes ces morts. »

Je suivais la poste de mon odorat pour déboucher finalement dans une caverne. Je savais bien qu'elle nous attendait, seulement, pour partir d'ici nous n'avions que deux choix: la tuer ou mourir. Si pour cela je devais donner ma vie alors je la donnerais. C'est avec cette résolution que je continuais mon chemin, nous rapprochant inexorablement de la sorcière, prête à tout pour la mettre à terre.


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MessageSujet: Manipulation.   Jeu 16 Oct 2014 - 5:44

Tout était si bizarre, comme un rêve sombre assiégeant l'espoir de peines et de douleurs, et finalement le rêve devint cauchemar lorsque Khalän fit le premier pas dans une gigantesque salle de la macabre caverne humide et froide où la lumière et la pénombre jouaient un jeu pervers avec les quatre jeunes guerriers. Tout semblait si flou, si léger et pourtant si pesant à la fois, si chaud, si froid, tout était si intense, si effrayant, et le jeune homme se mit à respirer difficilement, ne sachant ce qui lui arrivait.

Une ombre passa, habitant les parois rocheuses, aiguisées et pointues, tranchantes comme des rasoirs. Une silhouette noire se déplaçait silencieusement, sournoisement, accrochée aux roches, les imprégnant de sa sordide présence. Et Khalän sentit une forte froideur envahir son être puis, comme soulevé, il eut un coup au cœur violent, comme à ne plus pouvoir maitriser ses battements en sa poitrine. Et il essaya de prononça quelques mots, mais n'y arriva guère, et se retournant vers ses compagnons derrière lui, il y vu l'atrocité, l'horreur à son paroxysme. Et une larme s'écoula de son œil en voyant Furon embrocher de toute sa lame son meilleur ami le fort Olaf en plein cœur, et le corps de celui-ci s'effondra sur le sol, et le regard inerte, il était déjà parti, et on pouvait y lire dans son regard terrorisé, la panique bouleversante d'avoir été trahi par son frère d'arme. Puis, reprenant ses esprits, le fougueux Furon se mit à pleurer, s'agenouilla à son défunt ami en lui demandant de le pardonner, mais cela Khalän ne l'entendit point, car il semblait ne plus rien pouvoir entendre. Et Furon, ne pouvant supporter son geste, enfonça sa propre lame dans son ventre, insistant de tout son long pour finalement s'effondrer auprès de son ami Olaf. Et les lèvres tremblantes, Khalän était comme prisonnier de ce corps qu'il ne contrôlait plus, restant immobile face à cet horrible spectacle. Et tandis qu'en son esprit, une voix lui ordonnait de déloger la tête du corps de l'éladrinne, de décapiter Cœur cendré, son corps à lui fut mené jusqu'à elle et sa faux, sous emprise maléfique, tournoya dans les airs.

Durant la marche forcée du jeune homme agonisant de frayeurs et de souffrances, essayant vainement de reprendre le contrôle de ce corps qui s'avançait vers sa proche compagne de voyage, sœur de cœur et meilleure amie, des rires sarcastiques firent échos en toute l'immense salle de la caverne froide. Et la sorcière noire en rigolait, se délectant du délicieux massacre qu'elle contrôlait. Et les rires, comme des échos, vibrèrent en les roches, en les cœurs et en les armes d'airain. Elle se rassasiée tant, hystérique de jouer avec eux.

Et Khalän fit tournoyer de plus en plus sa faux imposante et, inexorablement, il s'avançait vers Cœur cendré qui semblait être paralysée mais consciente de ce qui allait arrivé. Et les cadavres de Furon et Olaf semblaient déjà pourrir de l'humidité, sentir la mort et le dégout. Et les derniers pas du jeune homme, qui faisait virevolter sa faux, ne cessèrent jusqu'à ce que, finalement, le tranchant de sa lame atteigne la chair de Lilandrile et, traversant sa carotide, continua son chemin gracieux et brutal.

Et le sang gicla dans les yeux de Khalän qui se mit à hurler.

- LILANDRILE !!

Et les mains douces de la jeune femme le réveilla de sa folie, lui tenant le visage entre ses paumes chaudes, lui demandant de se calmer. Et Khalän, le corps tremblant comme un enfant s'accrocha au regard de Cœur cendré, puis aperçut Furon et Olaf autour de lui.

- Qu'est-ce qu'il a ? demande Olaf inquiet.
- Je n'en sais rien, on marchait et d'un coup il est entré en transe et s'est effondré par terre. répondit Furon.

Et sa respiration saccadée fut accompagnée de quelques pleures de soulagement en voyant ses compagnons encore en vie. Puis, sous le choc, il se releva et se plaqua contre une des parois, essayant de reprendre son souffle, son calme et son esprit.

- C'était affreux... dit-il tout bas, pour lui, ne voulant révéler ce qu'il avait vu.

Et Lilandrile et les deux autres compagnons lui demandèrent le fin mot de cette transe, mais Khalän, ne voulant y croire, se refusa de leur admettre par un mensonge.

- J'ai paniqué, mon cœur s'est emballé et je suis tombé, c'est tout.

Et ainsi, le groupe reprit la marche en essayant d'oublier ce moment d'égarement, mais ils étaient sûrs que Khalän cachait quelque chose, il n'était pas un très bon menteur et n'excellait pas durant un choc émotionnel comme celui-là. Pourtant, le jeune homme se refusait de créer un vent de panique à cause d'un simple rêve. Et durant bien une dizaine de minutes, ils marchèrent plus profondément et descendirent encore et encore dans les abîmes de la caverne noire. Il y avait de moins en moins de cristaux de lumière et l'obscurité commençait à devenir maître. Puis enfin, ils arrivèrent à une brèche, une seule au fond d'un long couloir naturel de roches et de cailloux. Et ainsi, le parcourant, ils débouchèrent à l'ouverture et y entrèrent.

Khalän y entra en premier, prenant les devants, s'en suivit Lilandrile, puis Olaf et Furon.
Et l'esprit du jeune homme était assiégé depuis son cauchemar, et ses espoirs étaient harcelés de douleurs et de souffrances. Et ses premiers pas en cette gigantesque salle qui s'offrait à eux furent terribles. Il y faisait froid et humide, bien plus qu'en n'importe quel recoin de la caverne sous le lagon. Et la pénombre jouait avec eux en ce grand espace parsemé de parois et de roches aussi pointues et tranchantes que des rasoirs.

Une ombre passa, s'accrochant aux parois, s'amusant à se suspendre aux roches entourant le petit groupe. Et la silhouette noire se déplaçait silencieusement, sournoisement, imprégnant les lieux de sa sordide présence. Et Khalän sentit une forte froideur envahir son être, puis comme soulevé, il eut un coup violent au cœur, comme à ne plus pouvoir maitriser ses battements en sa poitrine. Et une larme caressa de nouveau sa joue, il ferma les yeux et comprit bien trop tard qu'il ne s'agissait plus d'un simple rêve. Et le jeune chasseur lâcha alors sa faux qui tomba lourdement sur le sol rocheux, s'empara de son arc, y encocha une flèche et d'un rapide mouvement lâcha la corde. Le projectile d'airain fendit l'obscurité, frôla Lilandrile de peu et atteignit le ventre de Furon de plein fouet. Ainsi, de justesse, l'épée du guerrier n'atteignit pas le cœur d'Olaf qui, terrorisé de cette vision cauchemardesque, ne put qu'en être spectateur. Et avant que ne s'effondre Furon, qui reprit ses esprits trop tard, Olaf le rattrapa dans ses bras et écouta ses dernières paroles.

- Oh... mon fré..rrre... je suis dé..so..lé... et le coeur de Furon s'arrêta alors.

Une brouillard noirâtre s'échappa du corps du défunt pour s'incruster en celui d'Olaf et, à cela, le grand guerrier lâcha Furon comme un simple bout de viande sur le sol, enserra sa massue et s'avança vers Lilandrile afin de broyer son crâne. Khalän, quant à lui, ne pouvait tirer une nouvelle flèche, il était à présent paralysé, comme dans son rêve, mais y changea tout de même la donne par ce sacrifice. Et refreinant sa tristesse, il regarda Furon inerte puis bascula à Olaf.

- OLAF NE FAIS PAS CA !
ELLE EST EN TOI, FAIS LA SORTIR !


Mais déterminée, la sorcière noire allait enfin tuer le seul être défiant ses pouvoirs : L'éladrinne.


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MessageSujet: Re: L'île aux illusions   Jeu 16 Oct 2014 - 10:21

Quelque chose de parfaitement étrange se passait ici et je ne pouvais que le sentir. La puanteur de cet endroit, le fait qu'on chercher à nous manipuler encore et toujours. Je regardais autour de moi tranquillement, cherchant la moindre trace de sa présence, cependant, je ne voyais rien. Je n'étais pas vraiment affecté par cela, pourquoi ? Je doutais fortement que ce soit ma nature d'Éladrin et le fat que je sois en symbiose avec la forêt. Non, s'était bien autre chose. Le destin des Éladrin était compliqué, les lignes les composant était multiple et complexe et leur sagesse infini. Ils voyaient à travers les âges, il passaient des années à voir autre chose, toujours autre chose, cherchant désespérément à comprendre les hommes. Ils étaient mystérieux et bien peu de personne en savaient sur eux, s'était pour cela que je n'étais pas autant affecté. Les hommes étaient aisément manipulable. Rentrer dans leur cœur et leur tête n'était pas compliqué, mais ce n'était pas la même chose avec un Éladrin. Loin de tout cela, ces êtres étaient complexe et la sorcière devait le savoir car elle ne s'attaquait jamais directement à moi. Bon sang, si j'avais su, je serais venue seule sur cette île pour lui en mettre plein la tête à celle-là, au lieu de risque la vie de tout le monde. J'entendis un rire mauvais et finalement je vis Khalän s'effondrer.

Bon sang que se passait-il ? Je me précipitais vers lui et posait ma main sur son front. J'avais l'impression qu'il était en plein délire, ou peut-être pas en fait. Je tentais de le réveiller, et finalement il hurla mon nom et puis se réveilla. Je tentais de le calmer tant bien que mal, mais je pouvais sentir qu'il tremblait de tous ses membres. Que lui était-il arrivé exactement ? J'avais bien conscience qu'il ne cherchait qu'à gagner du temps en ne nous disant rien, ou alors qu'il tentait de nous protéger, seulement l'heure n'était plus à la protection bon sang. J'allais le lui dire et puis je m'arrêtais alors qu'il se levait pour se plaquer à la paroi. Je l'entendis distinctement, mais ne dit rien du tout. Son explication ne tenait pas debout, nous le savions tous, seulement dans cet endroit qu'est-ce qui tenait debout sérieusement ? Je tentais de me concentrer alors que nous rentrions dans une caverne. Khalän en tête, puis moi, Olaf et Furon. Je gardais un œil certains sur mon frère de cœur, j'avais peur qu'il ne lui arrive quelque chose, je n'arrêtais pas de ma demander ce qu'il lui était arrivé il n'y avait pas si longtemps et puis, la scène se déroula rapidement devant mes yeux.

Je sentis plus que je ne vis Khalän se raidir. Bon sang que se passait-il ? Je rangeais mes lames car je savais parfaitement que ça ne nous aiderait pas et puis de toute façon je savais me battre à mains nues. Je regardais donc avec appréhension la scène, cherchant un moyen de libérer. Seulement je n’eus pas réellement le temps de faire quoi que ce soit qu'il décocha une flèche qui me rasa de près et alla se ficher dans le ventre de Furon. L'épée que tenait Furon tomba au sol et je ne pus que comprendre alors que je n'avais pas remarqué la scène, trop prise par le fait de me demander comment j'allais aider Khalän, je n'avais pas remarqué, cette ombre noire qui se faufilais maintenant dans Olaf alors qu'il lâchait son meilleur ami. Je vis alors les yeux du grand guerrier se poser sur moi. Bien entendu, comment faire pour éliminer une Éladrine ? Opposez-lui ses amis. Bon sang, il fallait que je fasse quelque chose et vite. Je m'éloignais de Khalän qui semblait ne pas pouvoir bouger. Inutile qu'il prenne les coups à ma place. J'esquivais les premiers coups. Il fallait que j'évite d'être toucher, mais mon but n'était pas de le tuer non plus, ce qu'elle cherchait inexorablement à faire.

Je finis cependant par trouver un appui derrière moi, posant le pied dessus, je laissais alors Olaf s'approcher et alors qu'il tentait d'abattre sa monstrueuse hache sur moi, je me servais de mon appuis pour me propulser et venir alors percuter son torse. Le guerrier chancela un moment et j'en profitais pour finalement lui mettre une grande droite qui ne le cloua pas au sol mais le sonna. Je sentis le coup malmener mon épaule. Il fallait que je fasse vite. Je ne pouvais pas tenir comme ça indéfiniment. Olaf vacilla quelque peu et finalement sans vraiment penser à ce que je faisais je pris la parole.


« C'est donc cela la façon de se battre des sorcières ? Parce que vous ne pouvez pas m'atteindre directement, vous vous servez de mes amis ? Sérieusement ? Je ne vous pensais pas aussi lâcher. Montrez-vous au lieu de vous cacher. »

Je sentis alors autant que je le vis la présence noire se jeter sur moi. Le froid prit le pas sur ma chaleur personnelle. Je pouvais sentir cette fraîcheur quasi surnaturelle entrer dans mes entrailles, chercher prise sur moi. Je me battais, fermais aussi rapidement mon esprit que possible et après des minutes qui me parurent des heures, je hurlais et finalement la forme noir s'extirpa de mon corps sans avoir pu en prendre possession. J'étais à bout de souffle, mais visiblement, elle n'était pas non plus en forme.

« Je hais les Eladrins et leur sagesse, je hais votre bon sens et votre façon quasi surnaturel à déjouer ce genre de piège. »

« Ainsi donc enfin vous me parler enfin de visu, c'est de mieux en mieux. »


J'observais Olaf qui était couché sur le sol et semblait convulsé. Khalän quand à lui semblait être paralysé. Que pouvais-je faire pour le coup. Le rire de la sorcière me fit quelque peu sortir de mes gonds. Moi, la calme et tranquille Eladrin, cette sorcière m'énervait au plus au point. D'abord Monrer et puis Furon, elle avait finis par s'en prendre à Olaf et à mon cher Khalän. Trop s'était trop. Je sortis alors mes épées sans trop savoir ce que j'allais en faire. Elle même sortit une grande épée. Je la regardais. Elle voulait sérieusement se battre avec moi à avec une épée ? Ce que je compris après quelque coups c'est qu'en fait elle utilisais non seulement sa magie mais aussi sa force pour combattre. Son épée était chargé en énergie et chaque fois qu'elle me frôlait je me prenais comme une décharge. Un combat bien déloyal, mais je n'avais pas d'autre choix. Je l'avais dit, pour sauver tout le monde, je serais même prête à donner ma propre vie.


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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Ultime illusion   Lun 20 Oct 2014 - 15:10

Le fort Olaf, possédé, s'avança avec son imposante lame. Tranchante et barbare, elle était destinée à fracasser le crâne de la jeune éladrinne. Et celle-ci, pour protéger Khalän, victime d'un sort de paralysie, s'éloigna de lui et attira la menace vers la paroi. Et agile qu'elle était esquiva quelques coups, et à chacun d'eux, le jeune homme masqué eut un sursaut au cœur, car chaque coups porté n'avait qu'un objectif et Khalän ne l'aurait pas supporté. Et ainsi, le jeune homme essayait vainement de se libérer de l'emprise maléfique de la sorcière noire mais ne pouvait que contempler le triste combat. Et Olaf, comme un pantin, n'avait  d'autre choix que de s'élancer contre l'éladrinne comme une vague contre la roche grise, puis vint à celle-ci de se défendre, un coup au torse fut porté puis s'en vint un coup de poing violent qui sonna le guerrier contrôlé avant qu'il ne s'effondre par terre.

Furent alors les mots de Lilandrile qui motivèrent l'acte d'abandon de l'entité brumeuse s'extirpant de cette masse de muscles qui se mit à convulser. Et celle-ci se jeta à travers les entrailles de Cœur cendré, espérant s'y infiltrer en sa totalité. Il était sûr que si la monstruosité vaporeuse remportée le corps de Lilandrile, s'en aurait été fini de Khalän et de tous les autres. Et le cœur du jeune homme effrayé si mit à battre intensément à admirer sa meilleure amie résister avec difficulté aux attaques de l'entité obscure essayant de s'approprier le corps de la belle éladrinne. Puis, ne pouvant faire face à la barrière mentale de la guerrière, la sorcière déclina et s'en éloigna.

Et Khalän ferma les yeux, laissant quelques gouttes de sueurs perler le long de son visage, de son torse et de ses membres, et reprenant son souffle, il cadença sa respiration et implora l'aide de Solarim en son esprit.

- Divin Mage de la nature, pourquoi t'acharner contre moi et les miens ?
Tu sembles vouloir me guider et m'aider de quelques songes prémonitoires pour finalement me laisser contempler mes frères et mes sœurs mourir.

S'agit-il d'une épreuve à ma dévotion encore une fois ?
Ne t'ai-je donc pas prouver tout mon amour, toute ma volonté et ma fidélité.
Réponds-moi, Divin Solarim, t'ai-je déjà trompé ?
T'ai-je abandonné lorsque tous moururent autour de moi ?

NON, JAMAIS, ET TU LE SAIS, ALORS DELIVRE-MOI DE CETTE EMPRISE !


Et le sort de paralysie s'estompa brutalement, Khalän ouvrit les yeux et alla relever Olaf qui reprit de sa lucidité tandis que Lilandrile combattait le fer avec l'être sordide qu'était la sorcière noire qui venait alors de se matérialiser sous une forme humaine, et son corps était entouré de brume, et ses veines et son sang étaient noirs, et son regard aussi obscur que la nuit, toute de noire et de gris, elle frappait de sa lame Cœur cendré. Et à chaque coups, une aura énergétique malfaisante se dégageait de la sombre épée pour anéantir la courageuse éladrinne.

La voix de la sorcière résonnait encore dans la tête de Khalän, elle voulait l'éladrinne, elle la voulait tant. Mais voyant que Lilandrile encaissait coups après coups, la vile bête de la grotte se dématérialisa à nouveau en brume noire. A cela, Khalän profita pour rejoindre sa compagne de voyage, la prit par le bras et l'amena rapidement auprès de lui et Olaf.

- Je suis... je suis désolé, Lilandrile... j'étais conscient de tout, de tout... mais n'avait aucun contrôle. C'était tellement horrible... dit Olaf en entremêlant sincèrement son regard en celui de la guerrière épuisée.

Khalän leva le regard vers le haut des parois et s'excusa lui aussi de son geste envers le fougueux Furon.

- Olaf, pardonne-moi, je t'en prie. Furon allait te tuer, je l'avais vu dans mon effondrement tout à l'heure. Je savais ce qu'il allait arrivé... et pourtant n'eut d'autre initiative de devoir le tuer devant tes yeux. Je... on l'aimait tous, tu sais.
- Il était mon frère, Khalän, mais tu l'es aussi. Tu m'as sauvé, alors ne t'excuse pas, c'est cette sale garce qui doit payer pour ses crimes et non nous qui devons nous lamenter pour nous soutenir mutuellement, et même face aux plus douloureux des sacrifices. répondit le fort Olaf, une larme à l'œil en serrant l'épaule de Khalän avec sincérité.

Et les trois guerriers restèrent collés les uns aux autres pour parer toutes attaques, puis vint la brume noire les encercler et former autour d'eux une vingtaine de répliques de la sorcière noire qui se mirent à rire aux éclats. Et regardant autour d'eux, ils ne savaient qui été l'authentique, toutes avaient une gestuelle différente mais toutes rigolaient en chœur. Certaines pointaient du doigt le groupe, les provoquant, d'autres semblaient enchainées quelques chorégraphies de rituels envers de noires divinités. Et bien qu'elles étaient immobiles, elles semblaient saccadées, leur corps interférait et se brouillait avec l'air.

- Il faut la trouver. dit Khalän en épiant sa faux en dehors du cercle.
- Comment faire ? demande Olaf, enserrant sa lame brutale.
- L'une d'elle est de chair et de sang, les autres ne sont qu'illusions.

Khalän s'empara d'une flèche en son dos et s'y transperça la main d'un coup sec sous le regard de ses compagnons horrifiés, ne comprenant pas son geste. Le sang se mit à se déverser sur le sol rocheux.

- Ni caillou, ni poussière, seulement de la roche... nous n'avons pas le choix.





A ces mots, le jeune guerrier serra le poing pour récolter une certaine quantité de liquide écarlate puis, d'un geste calculé, il tendit son bras, exposa la paume de sa main et fit gicler le sang sur quelques unes des sorcières euphoriques. L'essence de vie du jeune homme passa au travers des quatre repliques en face de lui et, à cela, n'attendant pas plus longtemps, il serra plus douloureusement encore son poing pour y extraire le sang et l'éjecter de nouveau sur quelques autres répliques. Le sang traversa les illusions alors que l'une d'elle, en face de Lilandrile, en fut quelque peu aspergée sur le visage.

- C'EST ELLE ! hurla Khalän, s'emparant de son poignard avec faiblesse.

Mais étant trop lent, Olaf s'engagea le premier en hurlant le nom de son défunt frère, fit siffler l'air de sa lame gigantesque et la planta de plein fouet dans la jambe de la néfaste créature qui se mit à hurler avant d'éjecter Olaf dans les airs de sa seule force mentale. Et le guerrier se brisa le dos contre la paroi, cracha du sang et s'effondra inconscient sur le sol. Et tandis que la jambe gauche de la sorcière noire ne tenait plus qu'à quelques filaments de son corps, Khalän lança son poignard dans les airs pour finalement se planter dans l'abdomen de la monstrueuse sorcière. Et à son tour, il fut éjecté du sol et frappé violement contre la paroi avant de chuter contre terre à quelques mètres de là.

Et la douleur de la sorcière noire était telle que le sort de duplication s'estompa, et les dix neuf répliques disparurent, ne laissant qu'une seule personne face à Lilandrile. Et la sorcière hurlait, puis arracha ce qui restait de sa jambe pour se libérer de ce fardeau, retira le poignard en son ventre et l'envoya avec force en direction de Cœur cendré sous des hurlements de colère, mais le projectile n'atteignit pas sa cible. Et elle se mit à ramper, tâchant d'une trainée de sang noire le sol rocailleux, se retournant quelques fois vers Cœur cendré en lui hurlant dessus pour l'éloigner.

Et si faible qu'elle était à présent, la sorcière noire devait faire face à son destin, et à l'éladrinne.




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MessageSujet: Re: L'île aux illusions   Mar 21 Oct 2014 - 11:08

La situation était complexe et je devais avouer qu'elle me faisait un peu peur. Loin de tous ces combats normaux, celui là ne l'était pas. L'inconnu était tel que je ne pouvais même pas me servir de mes sens pour arriver à la localiser. Bon sang, cette magie sérieusement. Ce n'était pas pratique et en même temps je devais avouer que je m'en servais quotidiennement. Mais à ce point là ? La caverne était foncé, la sorcière constamment embrumé de noir. Comment pourrais-je avancer correctement ? Mais je devais absolument les protéger. J'avais promis que plus personne ne mourrait sous ma direction. Il était temps que je tienne cette promesse. J'étais tellement concentré que je n'avais même pas remarqué que Khalän était enfin libéré de sa paralysie. Je ne le remarquais que lorsqu'elle se fit de nouveau brume et qu'elle me laissa un instant de répit. J'étais totalement épuisé. Le combat était quelque chose que je faisais quotidiennement, mais combattre un être magie était réellement une véritable horreur. Je ressentais la fatigue de mes muscles, mais plus que cela, s'était mon esprit qui fatiguais. Bon sang, pourquoi avais-je décidé qu'il s'agissait d'une bonne idée d'aller sur cette île. Nous aurions mieux fait de mourir de faim, ou tenter de pêcher. Je respirais bruyamment lorsque je vis arriver Khalän et Olaf qui se répandit en excuse.

« Ne t'en … fais pas... Je me doute que … ce n'est pas facile... Je t'assure.... j'ai testé... »

Essoufflé ? C'était le moins qu'on puisse dire. J'arrivais à peine à faire une phrase convenable et dire que cette vieille sorcière n'était pas encore morte. Je n'avais pas le choix, je devais absolument tenir. Les paroles de mes compagnons de route me passèrent au dessus de la tête durant ce moment, je tentais de récupérer un peu d'énergie, je tentais de prendre sur moi et de rentrer doucement dans une mini transe histoire de me calmer et de reprendre un peu d'énergie. Je réussis à rester en transe une petite minute. Pas assez pour reprendre de l'énergie, mais assez pour calmer ma respiration. Je bénissais Caïn en ce jour, sachant que grâce à lui je pouvais rapidement reprendre le dessus sur ma fatigue. J'étais heureuse d'avoir été entraîné par lui. Je me remis donc dans le feu de l'action lorsque je sentis de nouveau le monde extérieur. Khalän et Olaf près de moi, je me sentais plus forte, cependant lorsque la sorcière revint avec des tas de répliques, je ne sus ou donner de la tête. Peu importe mes sens sur-développé, peut importe ma sagesse, j'étais incapable de savoir comment faire pour trouver la vraie sorcière.

Ce fut Khalän qui trouva la solution. Lorsque je le vis se transpercer la main, je faillis lui hurler dessus pour lui demander s'il n'était pas dingue. Cependant, il ne faisait jamais de chose insensé. S'il faisait cela s'était parce qu'il avait une idée et moi j'aurais encore le droit de le soigner. Cependant, son idée était réellement bonne, car en envoyant le sang, il su parfaitement distinguer la vraie sorcière des autres. Le dernier acte était entrain de se jouer. Ce fut Olaf qui étant le plus près porta le premier coup, lui arrachant la moitié de la jambe avant de finir contre le mur. Je poussais sur mon ouïe pour me rendre compte qu'il était encore vivant, dieu merci. Ensuite ce fut le tour de Khalän et je fus sérieusement tenté de courir lorsque je le vis voler à travers la grotte. Cependant je savais ce que j'avais à faire, au delà du fait que leur corps sera douloureux, que nous allions avoir besoin de repos, il fallait que je finisse le travail. Il fallait que je termine ce que nous avions entrepris. Alors, je fis tourner ma lame dans ma main en approchant d'elle.


« Non.. non... tout mais pas ça... »

« C'est pour tout ceux dont la mort t'as divertit. C'est pour tout ceux avec lesquels tu as joué. C'est pour mes amis et pour ceux que je n'ai pas connu. Puisse la mort t'être horrible, j'espère que tu souffrira autant que les autres ont souffert. »

Et sans une once d'hésitation j'abattis la lame sur le cou de la sorcière. La tête ainsi séparé du corps, elle était bien moins effrayante. Je pris la tête par les cheveux, désormais elle était morte et je pouvais voir son visage se rider au fur et à mesure. Débarrasser de son aura, elle était juste une très vieille femme totalement folle. Je jetais la tête loin du corps et transperça son cœur par la suite. On n'était jamais sûr de rien et finalement je me finis par courir vers Khalän alors que je voyais Olaf se relever.

« Khalän, ohh comment ça va. »

Je ne le secouais pas, mais s'était limite. Je restais là tranquillement, usant de mes dernières force pour m'occuper de sa main. Je ne pouvais pas refermer la plaie, mais je pouvais l'aider à cicatriser. Alors j'utilisais le cataplasme et finalement je bandais sa main, le faisant asseoir. Olaf nous rejoignit et mon regard se tourna vers l'extérieur de la grotte. Tout s'éclairait. Le soleil nous montrait ses rayons, dissipant les ténèbres de la caverne de leur lumière. Mes yeux clignèrent un instant et finalement je me rendis compte. Ça y est, s'était finis. Je faisais mon possible pour soigner les blessures d'Olaf tout en ne restant pas loin de Khalän. Mon frère. Nous étions vivant, réellement vivant. Cependant, il nous restait encore quelque chose à faire.

« Olaf, occupe toi de lui s'il te plaît. »

Je ne pouvais pas flancher, pas encore, pas ne sachant pas ce qu'il s'était passé sur la plage. Dans le cœur de la caverne, je posais le corps de la sorcière sur du bois mort et j'y mis le feu. Dans un second temps, je récupérais le corps de Furon et je l'amenais près de la tombe de Monrer.

« Mon ami, je suis désolé de ne pas avoir pu te sauver. Pardonne-moi. »

Les larmes coulèrent sur mon visage sans que je ne puisse les arrêter. Deux morts, s'était déjà beaucoup trop, j'espérais sincèrement que le reste de la troupe s'en sortirait beaucoup mieux. Je me tournais vers mes compagnons qui étaient venu me rejoindre. Essuyant mes larmes, je leur fis un sourire, triste certes, mais un sourire.

« Il est tant de retourner sur la plage et je sais quel chemin prendre. Suivez-moi »

Et je les emmenais vers la plage sans une once d'hésitation.


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MessageSujet: Un dernier coup d'oeil.   Lun 10 Nov 2014 - 15:38

Avalant quelques particules rocheuses s'étant engouffrées sous son masque, Khalän épiait difficilement le combat final entre les deux guerrières. Sa respiration était inégale, tout autant que les battements de son cœur. La poussée aurique de la sombre force magique de la sorcière l'avait comme soulevé au niveau du torse et expulsé à quelques mètres plus loin. Son dos s'écrasa sur la paroi rocheuse, heureusement, évitant certaines roches dentelées. Le choc fut brutal, un cri noyé par la sang en sa bouche essaya vainement de s'échapper mais ne frôla que ses lèvres avant qu'il ne retombe lourdement, d'une chute de trois mètres, sur le ventre. La poussière rocheuse l'enveloppa quelques secondes, s'engouffrant en ses poumons et tourmentant sa respiration d'une toux éphémère. Pourtant, il restait conscient, et bien que la douleur était affamée de lui, il s'efforçait de soulever son visage pour être témoin de la victoire de sa sœur qui trancha d'un coup sec la tête de la noire sorcière. Et celle-ci se flétrit, prenant une vilaine face ridée que tenait, par les cheveux, la guerrière éladrinne. Ce fut, pour Khalän, une image qu'il n'oublierai jamais. L'image d'une guerrière, d'une gagnante, d'une éladrinne combattive, téméraire et surtout fidèle à ses principes, à ses valeurs et avant tout, une survivaliste solitaire, froide et grise qui, pourtant, prouva un intérêt capital à protéger ses compagnons. Et a cette idée, le guerrier masqué, toussa en ravalant quelques poussières puis en sourit, ému et fier de sa destinée, et d'avoir, de cela, croiser une guerrière remarquable, une sœur irremplaçable, en une douce nuitée d'Hydrasil, loin des tourments et des sanglots, proche de l'apaisante mélodie des eaux d'une petite fontaine. Tout ca semblait si lointain comparait à maintenant, mais les sentiments eux n'avaient guère fait qu'amplifier davantage et c'est certainement cela qui guida les lèvres de Khalän à sourire.

La grande guerrière se rua ensuite vers Khalän tandis que le fort Olaf se relevait peu à peu.
Elle cicatrisa, via son sort Cataclasme, la paume transperçée de sa main, comme elle savait si bien le faire. Une longue cicatrice défigura celle-ci et Khalän la portera toute sa vie, tout autant que la plaie de la balle du pirate à son épaule, et ainsi, gravant au fur et à mesure ses aventures sur son corps par quelques mutilations, il n'oublierait jamais rien.

Un bandage, encore un, à croire qu'il aimait ça, et tandis qu'elle le pansait délicatement, il l'a regardait, émerveillé d'être à ses côtés. Il aurait voulu lui dire qu'elle était une grande guerrière et tout ce qu'il en pensait mais les mots ne suffirent pas et les regards échangés et le silence furent bien mieux.

Le trio sortit de la caverne, mais Lilandrile y retourna et la sorcière brûla sous son initiative, tandis que, pendant ce temps, Khalän et Olaf prenaient soin l'un de l'autre, attendant que le bûcher soit fini pour apercevoir l'éladrinne sortir à nouveau de la noirceur, portant le corps sans vie du fougueux Furon. Les deux hommes la laissa faire, la suivant silencieusement jusqu'à la tombe de Monrer pour le lier à jamais avec le courage de Furon. Et quelques larmes cédèrent aux caprices des émotions, et Lilandrile était affectée, bien plus qu'elle ne voulait le montrer, et pourtant, en se retournant, elle leur dévoila sa triste mine cajolait d'un joli sourire quelque peu maladroit.

Olaf s'approcha de la tombe et pleura son ami, lui promettant de garder vivant sa mémoire en espérant pouvoir raconter leurs dangereux périples vécus ensemble à qui voudrait bien l'entendre et de nommer son fils, si un jour il en a un, du nom de Furon. Et Khalän s'approcha de Olaf, posa sa paume embaumée sur l'épaule du fort guerrier et lui certifia que personne ne l'oubliera et que, bien plus encore, il était mort libre et non esclave d'une quelconque crapule pirate. Qu'il avait décidé le premier de partir combattre la sorcière et que sa destinée était toute tracée. Et ces mots remontèrent le moral de Olaf, lui souriant entre deux gémissements discrets.  Les trois compagnons avaient ainsi vaincu la sorcière, libéré l'île du maléfice et prouver leur vaillance. Fallait-il à présent rebrousser chemin et retrouver les siens. Chose qui fut faite immédiatement sous les ordres de la belle éladrinne qui les guida à travers la forêt jusqu'à la plage. Douée à l'orientation en pleine jungle, les deux hommes n'en étaient pas vraiment étonnés vis à vis de Lilandrile.

Sur le chemin, la combattante rendit le poignard de Khalän qui avait perforé la chair de la sorcière. Puis la plage apparut, le campement et les cadavres. Il y en avait trois, tous transpercés de lames, la journée avait dû être cauchemardesque pour le reste de l'équipage qui avait abordé l'île. Le soleil commençait à s'éclipser petit à petit, dévoilant au loin du rivage, le fameux bateau, toujours là, tanguant fièrement sur les eaux. Lilandrile, Khalän et Olaf continuèrent leur marche le long de la plage, suivant les gouttes de sang et les formes sablonneuses traduisant de quelques combats au corps à corps.

Puis, à la surprise du trio, ils aperçurent une dizaine d'hommes, assis sur le sable, contemplant tranquillement la beauté crépusculaire. Ils semblaient épuisés, certaines étaient blessés, d'autres mélancoliques. Mais lorsqu'ils aperçurent Khalän et Lilandrile, tous se relevèrent, essayant de sourire pour cacher leur détresse.

- Vous voilà enfin... mais où étiez-vous donc ? demanda expressément le capitaine Kerol en sortant du lot.
- Nous avons cessé le massacre. répondit Khalän, tout en guidant les regards vers Lilandrile.
- C'est une longue histoire. continua Olaf.
- Oui... c'était... épouvantable.. nous... ils y a des morts... nous nous sommes... combattus les uns les autres.... mais les illusions ont cessé il y a peu.. et maintenant... nous sommes là, à contempler notre propre œuvre. dit Kerol en ouvrant un peu plus son cœur, tremblant à quelques instants en sa voix.
- Ce n'est pas votre faute, il s'agissait d'un sort infectant toute l'île.
- Un sort ?
- C'est une très longue histoire... renchérit de nouveau Olaf.

Khalän se retourna, scruta la plage, puis revint en direction de Kerol.

- Combien sommes-nous ?
- Il ne reste que nous. répondit dépité le capitaine.
- Nous étions 20 à débarquer sur cette l'île, et je ne vois que 13 hommes dont nous. rétorque Olaf.
- Oui, il y a eu 6 morts, le dernier s'est enfui dans la forêt, essayant d'échapper à un dragon qui n'existait pas. suivit le capitaine Kerol.
- Nous devrions le chercher, non ? lanca un autre membre du groupe.
- Non, il s'est coupé les veines contre un arbre. répondit un autre.
- Comment peux-tu le savoir ?
- Je l'ai vu en essayant de le raisonner... mais je ne voulais pas le dire.
- Bon sang, mais pourquoi ?
- Parce qu'il était mon ami et qu'il n'aurait jamais fait ça en temps normal, voilà pourquoi !

Khalän s'approcha de Kerol et lui suggéra de s'en aller.

- Et nos provisions ?
Nous étions venus pour cela à la base... si nous.. si nous partons tout cela n'aura servi à rien et tous ces morts n'aurons que le goût amer d'une défaite qu'on s'empresserait vite d'oublier !


Khalän dû avouer qu'il avait raison et reprit alors.

- Nous avons croisé la cabane d'un vieil aveugle dans les bois, non loin de là.
Avant d'entrer en sa bâtisse, j'ai remarqué quelques caisses cachées dans les feuillages au pied de l'arbre, certainement quelques provisions.

- Bonne idée, et nous en laisserons pour le vieil homme s'il ne souhaite pas nous accompagner. dit Olaf.
- Bien sûr. dit Khalän en hochant la tête en signe d'approbation.

L'équipage, quelque peu intrigué par cette cabane et ce vieil homme, accepta finalement ce plan et, ainsi, tous rejoignirent la cabane dénuée de vie. Le vieil aveugle avait disparu mais les provisions, elles, étaient là, comme l'avait dit Khalän. Alors les 13 survivants dérobèrent quantité de vivres et d'eau et laissèrent la moitié au seul résidant de l'île.

Les chaloupes quittèrent le sable fin et s'éloignèrent de l'île aux illusions, rejoignant "La liberté retrouvée", qui n'avait perdu de sa splendeur. Ainsi, les 13 survivants rejoignirent le bateau et les 12 matelots restés à bord. A l'annonce des 7 morts, il y eut des cris, des sanglots, puis un silence en leur honneur et l'ancre fut levée.

Et tandis qu'ils quittaient les abords de l'île, Khalän, accoudé à la poupe du navire, aperçut le vieil homme aveugle sur la plage. Il semblait sourire et fit signe de la main pour dire au revoir. Puis, il se mit à marcher le long de la plage, comme à profiter d'une ballade qu'il attendait depuis si longtemps. Une promenade sans hallucination, ni pleure et souffrance.

Lilandrile rejoignit Khalän, apercevant le spectacle qu'il regardait à la venue de la voute céleste.

- Je comprends ses mots à présent, quand il nous traitait de malheureux.
Il a tant souffert sur cette île, et pourtant c'est le seul et dernier lien qui le lie à sa défunte épouse qu'il a tristement tué. Il restera sur cette île qu'il déteste tant pour espérer se faire pardonner et perdurer leur amour.
dit Khalän compréhensif d'une voix sereine mais triste à Lilandrile en regardant le vieil homme sans nom marcher sur la plage.


Et ainsi, ils quittèrent l'île aux illusions, continuant leur périple vers l'ouest,
vers les terres naines de Térovia.





Like a Star @ heaven ~ La brume se lève ~ La mer des Larmes ~ Le calme après la tempête... ou presque ~


Epopée de Khalän
Dévot de Solarim : L'Exaltation - Flore sauvage

Monture de Khalän :
Brume:
 
Ancien visage de Khalän :
Avec le masque:
 
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L'île aux illusions

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