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 Route d'épreuves, leçons de vie

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MessageSujet: Route d'épreuves, leçons de vie   Jeu 11 Sep 2014 - 20:45

Le départ se fit donc sans attendre. La journée était à peine entamée que déjà le destin de la jeune Aasimar prenait un nouveau chemin. Qu’est-ce qui aurait pu lui faire croire qu’aujourd’hui serait un tournant dans sa jeune existence? Apparemment rien. Les adieux avaient été déchirants pour elle, et Gilas s’en rendait bien compte, mais - pour lui - ce sacrifice était essentiel pour garantir un avenir plus lumineux à Ildirith. Il regardait Evynne et y voyait un potentiel énorme en plus d’une sagesse certaine. Cependant, elle avait beaucoup à apprendre et ce - il en était certain - beaucoup sur elle-même.

Le duo descendit la colline divine en approximativement une heure. Le sentier - pourtant court - était escarpé et Gilas ne voulait pas se presser pour donner le temps à Evynne pour descendre sans se blesser.  Il était également quelque peu éreinté à cause de son armure. Ils déjeunèrent rapidement au pied de la colline en se nourrissant principalement de fruits et d’eau fraîche avant de repartir. Ils devaient trouver la route principale menant aux frontières de Varakir et le Redresseur savait qu’au où rythme le groupe avançait, ils ne pourraient pas la trouver avant le lendemain. Or, il décida de se diriger vers un village du nom de Sauteroche pour la nuit.

Ils arrivèrent au village en début de soirée. Composé de quelques dizaines de Norpaliens, Sauteroche était un village principalement agriculteur, chassant également dans les collines avoisinant leur maison. Lorsqu’il vit les barricades de bois au loin Gilas prit la parole.

- Sauteroche est une bourgade tranquille où en habitude il fait bon vivre. Cependant, les villageois ne sont pas aussi tolérants que ceux de Quiétude envers les étrangers. Tu comprendras que c’est l’une des caractéristiques que les Norpaliens partagent.

Étrangement, les postes de garde étaient déserts sur les remparts. De plus, le son de plusieurs voix conversant fortement étaient perceptibles.

- On dirait que le village au grand complet s’est réunit. Allons voir de quoi il en retourne.

Gilas se dirigea donc vers l'origine du tumulte où l’y attendait une bonne centaine d’individus entassés autour d'une scène surplombant l’assemblée. Là se tenaient trois Norpaliens - deux hommes et une femme - qui de par leur accoutrements de fourrure et leur armures de cuir s’apparentaient à des figures d’autorité, des chefs de village dans ce cas précis. Gilas désigna l’un des deux hommes - le plus gras et barbu des deux - comme étant le chef de Sauteroche. Les deux autres étaient certainement des dirigeants de villages voisins car il y avait beaucoup plus de gens qu'à l'accoutumé à Sauteroche.

L'homme bien en chair prit la parole après avoir demandé le silence de façon soudaine et violente, comportement commun chez les villageois norpaliens.

- Sauterocheux et autres! La menace que nous redoutons tous est à nos portes. Les goules ont attaqué et détruit Garde-Fort et ses habitants. Nous ne pouvons rester impassibles devant cette bande de sauvages putrides! Nous devons allier nos villages pour nous assurer une meilleure protection. Laissons les vieilles querelles de côté et entraidons-nous!

La femme s’avança à son tour et prit la place du chef de Sauteroche.

- Mortifer rejoindra Sauteroche et alliera ses forces aux siennes!

Plusieurs villageois manifestèrent leur joie par des cris, mais d’autres huèrent la chef de Mortifer de façon virulente. Prestement, le plus grand des trois - le deuxième homme - la bouscula.

- Jamais Veilleneige ne s’alliera avec les chiens de Mortifer! Plutôt mourir!

- Une impasse, consta Gilas pour Evynne.

Il savait ce qui allait arriver. Une seule solution était envisageable selon les traditions norpaliennes.

- En ce cas, je demande un duel, pesta la chef de Mortifer.

La foule acclama cette idée. Pour départager un conflit, les Norpaliens - même si cela était proscrit dans les grandes villes - recourait au duel à issue mortelle. Celui qui survivait avait le droit de mettre en action son idée.

- À mort, à mort, répétait la foule.

Les deux chefs se préparèrent à combattre. Ils s’étaient déplacés en bas de leur promontoire, mais restaient au milieu de la foule qui clamait le nom de leur favori. Gilas regardait avec attention Evynne pendant ce moment. Il aurait très bien pu s’en aller et lui éviter une telle vision de violence, mais il n’en fit rien. La première réelle leçon se dessinait pour elle et Gilas avait bien hâte de voir ce qu’allait penser l'Aasimar d’un tel affrontement.
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MessageSujet: Re: Route d'épreuves, leçons de vie   Lun 15 Sep 2014 - 6:21

    C'est la mort dans l'âme qu'Evynne quitta Quiétude. Derrière elle, sa ville ainsi que toute sa ville semblait rapetisser et prendre beaucoup moins d'importance. Mais ce n'était pas le cas. l'Aasimar savait que cette colline avait une grande valeur pour elle, jamais elle ne pourrait l'oublier. C'était là où elle avait vécu. C'était là où elle avait grandie. C'était sa vie.
    Ca l'était. Maintenant, elle se confrontait à autre chose, à quelque chose de nouveau. Les Redresseurs hein ?

    La descente jusqu'au chemin passa comme si de rien n'était, les pensées de la femme étaient bien trop occupés ailleurs. A penser à tout ce que sa vie était. Ses parents, ses amis. Tout ce qu'elle laissait derrière elle. Pour un homme. Pour un simple humain.
    Regardant Gilas qui l'accompagnait, vêtu de son armure, elle se sentait fière d'avoir été choisie. Mais son cœur tremblait d'effroi. Dans quel bourbier s'était-elle enfoncée ? Evynne n'était plus du tout sure de son destin.

    C'était simplement une guérisseuse qui œuvrait pour le bien. Est-ce que le monde serait assez accueillant pour elle ? Ignorant la rudesse de son propre pays, la femme avançait en silence. Son cœur était trop lourd pour parler. Alors le temps passa, d'une manière très longue et très rapide à la fois.
    Après un laps de temps qu'elle estima durer à la fois moins d'un quart d'heure et plus de deux heures ils arrivèrent à un village. Il ne semblait pas très grand et l'Aasimar l'observa.

    C'était le premier hameau qu'elle voyait en dehors de Quiétude. Il semblait si différent... Evynne resta un instant devant lui en écoutant les avertissements du chevalier. Hochant la tête gravement, son regard s'étrécit et elle pencha la tête. Elle avait encore du mal avec le concept d'intolérance, mais elle le connaissait, sans jamais l'avoir subi.

    S'approchant du centre de la ville, même la jeune guérisseuse put remarquer que les gardes manquaient. Comme son père en était un, elle avait eu dans l'idée d'adresser un salut poli à ceux qui gardaient l'entrée, mais il n'y avait personne. Intrigués, ils avancèrent jusqu’à l'assemblée où Gilas pû lui désigner les chefs des villages. C'était une nouvelle notion pour la femme. Il n'y en avait pas à Quiétude. On avait besoin de personne pour bien s'organiser et gérer la ville. Mais en les regardant Evynne admit mentalement qu'ils semblaient dégager quelque chose de puissant. On les remarquait tout de suite par leur prestance. Intéressée, la femme se demanda si ce charisme était naturel ou fabriqué de toute pièce.
    Mais avant qu'elle puisse y réfléchir le silence fut demandé de façon très ferme, voire violente qui secoua la femme. Il y avait plus simple et plus respectueux comme prise de parole...

    Mais face aux déclarations que l'homme son étonnement disparut tout à fait. Des goules avaient attaqués ? Elles avaient détruit un village ? Les termes employés étaient durs, mais elle pouvait comprendre la colère qui animait le chef de Sauteroche. Leur terre était menacé, c'était normal qu'il réclame justice et qu'il veuille se défendre.
    Et il demandait la cohésion de plusieurs villages, c'était vraiment encourageant. Evynne sourit un peu en voyant la femme s'avancer pour proposer son aide.
    Mais le résultat ne fut pas celui attendu. Des cris de joie et de colère se mêlèrent. Et le dernier chef bouscula la femme pour refuser l'offre. Evynne fit un pas en arrière. Pourquoi ? Quel était cette attitude ? Pourquoi refuser de s'allier pour survivre, c'était débile. l'Aasimar ne put s'empêcher de le faire remarquer :

"Quel est l'intérêt de refuser ? Ils ne peuvent réussir qu'en s'alliant. Pourquoi est-ce qu'il veux... "
    Mais avant qu'elle puisse finir, une interjection la coupa. Un duel ? Dans le seul but de se départager ? Et la foule clamait "à mort". C'était cela qu'ils voulaient tous ? Décimer leurs troupes pour combattre un ennemi commun qui avait détruit l'une des plus grandes villes de la région ? Evynne eut un haut le coeur et regarda Gilas. Secouant prestement la tête, elle ne voulait pas laisser les évènements se dérouler ainsi.

    Dans les yeux de la femme se lisait de la terreur. Ils étaient prêt à se tuer. Il fallait qu'elle les empêche de commettre leur crime dans un but si vain. La guérisseuse voulait oeuvrer pour le bien mais elle n'en était pas suicidaire. Intervenir dans ce combat pouvait la tuer, surtout si les humains luttaient contre de la vermine venu d'Outre-Monde. Quels options avait-elle ?
    Faisant la grimace elle jeta un coup d'oeil à Gilas avant de regarder les humains se mettre en place pour le combat. D'une voix sombre elle dit alors :

"Il faut faire quelque chose. Je ne peux pas rester impassible face à ça. Il y a d'autres solutions."
    Evynne entreprit alors de traverser la foule, de rejoindre les combattants. Mais le public était compact et véhément. Il criait pour leur favori, bougeait dans tout les sens, sans se soucier de l'Aasimar qui tentait de franchir cet obstacle bien plus compliqué que ce qu'elle imaginait.
    Quand elle réussit à parvenir à apercevoir les protagonistes du combat, elle fut jetée en plein milieu du cercle. Quelqu'un avait du la pousser ou bien elle avait trébuchée mais Evynne se retrouva être au centre des regards. Tombée à genoux, elle se releva prestement et regardant les duellistes. Ils avaient commencés leur combat mais s'était arrêté quand ils l'avaient vue.

    Si Evynne était blanche, elle tourna rapidement au rouge. Tout les regards étaient tournés vers elle. Il n'y avait que deux choses à faire, disparaitre dans la foule ou alors s'imposer. Tournant le regard vers là où elle pensait trouver Gilas, elle ne le vit pas. Et puis, maintenant qu'elle était là, autant exprimer son avis. Alors, elle resta là où elle était et pris la parole, tout d'abord d'une voix basse :

"Arrêtez ce duel."
    Puis, elle se rendit compte qu'on ne l'entendait pas et parla d'une voix forte, quasiment en criant :

"Mettez fin à ce duel ! Stoppez-le ! Vous n'êtes qu'une centaine contre des goules quand ils étaient bien plus nombreux à Garde-fort et qu'ils ont été décimés ! Vous pensez vraiment faire le poids à deux villages quand même trois ne suffiront pas ?! Votre fierté et vos querelles passés vous mèneront à votre perte."
    Le silence c'était fait très rapidement après qu'elle ait pris la parole. l'Aasimar n'était pas à son aise mais elle ne pouvait plus reculer. Elle fixa le chef de Sauteroche, droit dans les yeux puis fit de même avec les deux autres chefs. Essayant de camoufler la peur derrière un masque d'assurance, l'adrenaline qui l'animait en cet instant l'y aidait grandement. Mais elle s'inquiétait de ce qui allait se passe ensuite.


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MessageSujet: Re: Route d'épreuves, leçons de vie   Sam 27 Sep 2014 - 10:31

Elle s’interposait.

Avant qu’il ne puisse intervenir, la jeune Aasimar prit part au débat à sa manière, en apostrophant directement l’injustice de la situation avec un courage exemplaire. Un sentiment de culpabilité envahit Gilas qui n’avait pas réagi assez rapidement, il avait voulu tester Evynne devant cette problématique se déroulant hors de l’environnement familier de l’adolescente. Une simple affirmation de dégoût de sa part aurait suffi au Justiciar, mais elle s’était avancée ! Quelle idiote, pensa-t-il sur le coup. Naïve, elle croyait changer les choses grâce à sa bonne volonté et Gilas, lui, ne voyait plus le monde comme il l’avait vu plus jeune. Il se demandait même si le Bien et le Mal existait en ce bas-monde ou si ce n’était qu’une question de perception, d’angle de vue et que les Redresseurs n’étaient en fait pas meilleurs que les autres.
Mais quelque chose le rendait étrangement inconfortable, dérangé dans ses valeurs. Il voyait cette flamme pure, cette jeune Aasimar se battre pour ce qu’elle croyait juste sans même avoir d’expérience militaire ou diplomatique. Elle se jetait dans la gueule du loup sans même penser aux conséquences; elle agissait comme un véritable chevalier.

Le monologue d’Evynne sembla porter ses fruits, momentanément. Le silence qu’elle avait créée grâce à l’effet de surprise se déchira bientôt en plusieurs cris de protestations. Slogans sur les traditions étaient scandés avec véhémence. Qui était-elle pour s’interposer dans un combat qui ne la regardait pas ?
Le géant chef Veilleneige s’approcha de la menue Aasimar prestement, son visage rouge de colère. S’arrêtant à quelques mètres seulement d’elle, il vida ses poumons de son désaccord.

- Les étrangers n’ont rien à dire ! Qui es-tu pour te mêler de ce qu’il ne te regarde pas, nordique? As-tu quitté ton merveilleux château fait d’argent pour venir ridiculiser nos traditions ?

Tous les Norpaliens présents - tous villages confondus - acclamèrent le chef de Veilleneige. Une voix masculine sortit de lot.

- C’n’est pas une Bélinois, c’t’une hybride !

Les voix devinrent plus hargneuses dans la foule. Le géant devant Evynne venait de dégainer sa hache à deux mains qu’il tenait haut dans les airs, prêt à la frapper sans retenue.

- Meurt, aberration !

L’épée longue de Gilas, d’un geste gracieux, dévia l'arme qui alla se planter dans le sol gelé. Profitant de cette ouverture, le Redresseur frappa avec précision la tempe du géant avec le pommeau de sa lame. Étourdi, mais pas inconscient, le chef de village frappa son heaume d’un coup de poing puissant qui le cabossa légèrement. Pivotant, Gilas utilisa la force de son adversaire à son avantage en décrivant un cercle au plat de sa lame qui refrappa la même tempe atteinte plus tôt. Son adversaire s’agenouilla enfin au sol, prit de vertiges.

- Un Redresseur, cria quelqu’un d’autre dans la foule qui avait reconnu le symbole de la colombe sur le bouclier accroché au dos du guerrier en armure de plates.

Celui-ci enleva son heaume pour parler à la foule d’une voix forte.

- Cette jeune femme a raison. Les goules sont sur nous. Elles sont organisées et prêtes à livrer bataille. L’êtes-vous ? J’en doute ! Vos traditions vous appartiennent, mais les évènements dépassent vos petites querelles d’autrefois. Si vous voulez les appliquer plus tard, il vous faudra survivre et la seule façon c’est de combattre unis contre l’ennemi ! Vous êtes frères de cette terre qui vous a vu grandir, ne la trahissez pas. Si vous ne voulez pas vous battre pour Veilleneige, Sauteroche ou Mortifer, alors battez-vous pour la Norpalie!

Les talents d’orateur du Redresseur éveillèrent les passions qui se déchainèrent dans des cris et des acclamations. Des chansons sur la ‘’terre du sud’’ furent chantés et Gilas et Evynne en profitèrent pour s’éclipser sous le regard noir du chef de Veilleneige toujours trop étourdi pour pouvoir régler leur compte à ces étrangers l’ayant ridiculisé.


La nuit tomba et avec elle l’adrénaline de la soirée. Silencieux, Gilas et Evynne étaient assis autour du feu du camp qu’ils avaient monté. Le Redresseur – qui n’avait toujours pas enlevé son armure -  mangeait de la viande séchée pendant qu’il préparait des céréales bouillies et des légumes grillées sur le feu pour sa protégée.

- À quoi as-tu pensé ? T’interposer de la sorte dans des affaires norpaliennes est tout simplement du suicide ! Ces femmes et ces hommes vivent d’un honneur bien à eux et il est dangereux de le remettre en cause surtout de la part d’un étranger. J’ai le devoir – envers ton père -  de te protéger, ne me rend pas la tâche plus difficile qu’elle ne l’est déjà!

Il était dur envers l’Aasimar, mais c’était surtout parce qu’il avait eu peur qu’il ne lui arrive malheur. Il savait que cette compassion et ce goût démesuré pour la justice était des qualités que recherchaient l’Ordre pour ses membres, mais Gilas  – désillusionné et pragmatique – voulait surtout qu’Evynne arrivent à bon port.
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MessageSujet: Re: Route d'épreuves, leçons de vie   Mar 7 Oct 2014 - 8:12

    Le silence fut rapidement rompu par la foule qui commença à la huer. A crier après elle. Mais ce bruit n'était que murmure pour l'Aasimar. Il y avait plus important que des slogans lancés en l'air. Il y avait ce regard qui fonçait vers elle. Qui la fusillait et lui donnait envie de disparaitre le plus prestement possible. La masse que le chef Veilleneige représentait s'arrêta tout près d'Evynne. Trop proche d'elle.

    Vraiment mal à l'aise, elle baissa les yeux prestement et subit l'humiliation sans rien dire. Oui, elle s'était interposée. Elle n'aurait jamais dû. Mais il le fallait. C'était une injustice qu'elle ne pouvait laissé passer. Toute sa vie elle aurait regretté de ne pas avoir agis. Mais déjà, le remords l'assaillait.

    Et les voix s'élevait contre elle. Ainsi que les armes. Sans avoir le temps de bien comprendre qu'on voulait sa mort, une épée arrêta la hache qui fonçait vers elle. Un combat s'ensuivit. Ce n'était que force brute et violence. Mais ce fut rapide. Le chef posa genou à terre et Gilas pu intervenir, mettant toute sa diplomatie pour calmer la situation.

    Evynne l'observa, il disait la même chose sur le fond. Mais la forme était tout autre. Il en imposait beaucoup plus. On pouvait voir qu'il était sur de lui et confiant dans ces propos. C'était un meneur d'homme. L'aasimar elle... non... elle n'était rien d'autre qu'une guérisseuse. Elle n'avait aucun crédit. Nullement connue, nullement sure d'elle. C'était normale que la foule se soit retournée contre elle.

    Ces pensées tournèrent dans son esprit tandis qu'ils s'éclipsaient sans se faire remarquer d'avantage. La femme espérait qu'au moins, les trois villages s'uniraient pour faire face à la menace. Il le fallait. Au moins pour eux. Et pour la Norpalie. C'était étrange pour Evynne de penser ça. Son seul pays était quiétude. Pas cette terre qu'était la Norpalie...

    Les idées se mélangeait dans la tête de la jeune femme. Qui était-elle pour ce pays ? pour ce peuple ? Elle n'appartenait qu'à Quiétude. Elle n'avait aucun impact. Comment pouvait-elle en avoir ? En acquérir ? S'imposer comme Gilas ?
    Tout ce dont elle était sûre c'était que jamais la violence ne serait sa façon de faire. Sa seule conviction était qu'on pouvait tout faire sans jamais être mauvais. Que tout pouvait se faire à l'aide d'un sourire. Si seulement cela pouvait être vrai...

    La nuit tomba vite, sans trop qu'elle ne s'en rende compte. Le camp fut monté, le repas préparé. Le silence avait régné entre les deux personnes mais Gilas devait régler ces comptes. Evynne redoutait ce moment mais il fut moins terrible que ce à quoi elle s'attendait. Ce n'était qu'un rappel des traditions norpalienne accompagné de réprimande. Rien de bien terrible, pas pour la femme qui s'était mis en tête que sa punition serait terrible.

    C'est pourquoi, elle répondit d'un ton posé, les yeux baissés, et avec beaucoup de respect pour le Redresseur :

"Je me rend compte que j'ai agi contre tout bon sens. Mais... il était important qu'ils se rendent compte que leur querelle les éloignait de leur but. Il réduisait leur chance de victoire d'avantage... Ce n'était pas juste de les laisser dans un tel pétrin."

    Marquant une pause, Evynne redressa le regard et le pointa vers les flammes, avant de faire une moue et de poser une question, beaucoup moins fort :

"Et puis... il se passe quoi avec les goules ? Elles ont vraiment détruit Garde-fort ?! "

    De la peur pouvait luire dans les yeux de la femme. Cette activité était étrange. Et bien inquiétante. Relevant le regard vers Gilas, une moue sur le visage, Evynne attendit une réponse qu'elle voulait rassurante.


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MessageSujet: Re: Route d'épreuves, leçons de vie   Jeu 16 Oct 2014 - 21:29

Gilas hocha la tête, il comprenait qu'Evynne ait de la difficulté avec la confrontation de ses valeurs avec celles des autres, surtout celles des Norpaliens qui différaient tant des valeurs nordiques de Bélin ou même de Quiétude. Il était pourvu d'un feu brûlant lui aussi lorsqu'il était jeune et les souvenirs s'y rattachant gardaient une place de choix dans son cœur et son esprit, mais aujourd'hui il savait que plusieurs choses qu'il croyait auparavant ne s'appliquaient pas toujours au monde réel.

- Je comprends ta ferveur, mais sache que si tu agis trop spontanément, tu peux te mettre en danger, toi, ou ton équipe et ça ce n'est pas toléré au sein de l'Ordre. Il ne suffit pas d'avoir une bonne âme pour être Redresseur, il faut également utiliser son cerveau car l'un ne va sans l’autre. Nous ne sommes pas que des idéalistes, mais également des pragmatiques, la difficulté reste encore de trouver un juste milieu.

Combien, avait-il oublié cette règle ? Il connaissait l'existence de la Guilde qui gangrenait Hydrasil par une corruption issue d'un trop grand détachement des causes valeureuses et, d'un autre côté, le Confrérie -qui la combattait- usait de trop d'idéalisme, oubliant les règles et le bon sens pour arriver à ses fins. Dans un cas ou dans l'autre, ces deux factions étaient des extrémistes et c'est cela qui était dangereux.

L'Aasimar changea de sujet et posa une question sur l'attaque de Garde-Fort. Si dans ses mots, elle semblait rechercher la vérité, Gilas savait qu'elle voulait qu'on la rassure, qu'on lui dise que tout allait bien. C'était la deuxième leçon d'Evynne, elle n'était plus un enfant, elle devait apprendre la vérité.

- La plupart des villageois sont morts durant l'attaque, il n'y a eu de survivant que pour raconter l'histoire et semer la peur, c'est du moins l'hypothèse de certains. Ce sont en effet les goules qui ont organisé ce massacre et je dis bien organiser car ils étaient unis sous une même bannière ce qui ne s'est jamais vu avant l'incident. C'est là que j'interviens.

Ce n'est qu'une question de temps avant que les Goules ne réitèrent leur attaque et les Ildiriens doivent être protégés. La Main Rouge ne peut entrer en Norpalie sans avoir à se méfier en permanence car le Gantelet, leur ennemi de toujours, lui interdit l'entrée et ils ne peuvent donc pas participer à l'éradication de ces créatures, même si tel est leur dessein. 
Les Redresseurs doivent prendre le flambeau et pour ça il lui faut des recrues capables de manier le cœur et les méninges.


Il avait pointé la poitrine et la tête de la jeune femme pendant qu'il disait cela pour illustrer son propos en bon enseignant qu’il était, lui rappelant par le fait même la nécessité de conjuguer idéal et pragmatisme.

- Tu as les deux, il te faut seulement réussir à les utiliser ensemble.

Ceci étant dit, la nuit du duo fut mouvementée à cause de la température fraîche et au matin ils continuèrent leur long périple menant à Hydrasil. Ils y vécurent plusieurs petites aventures et durant ces mois prolifiques, Evynne apprit beaucoup sur le monde, mais surtout sur elle-même et sur la place qu'elle voulait avoir dans ce monde nouveau qui s'ouvrait à elle.

Si les doutes l'avaient assaillie durant le périple, la vue de la magnifique capitale d'argent lui rappela ses rêves de changer le monde et de devenir l'égide de la paix en ces terres. Elle réussirait ou mourait en essayant.
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