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 Sur le ponton écarlate

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Khalän Sulimë
L'Écorce
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Âge : 28
Philosophie : Idéalisme
Divinité(s) : Solarim, Dieu de la magie et de la nature
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MessageSujet: Sur le ponton écarlate   Dim 7 Sep 2014 - 16:50

~ En Hydrasil, à l'auberge de l'Archer endormi ~


Et seul, il erra entre les maisonnettes de briques, foulant les ruelles de pavés serpentant, telles des racines, la Cité d'Argent. Ses pas l'amenèrent à cette auberge bruyante en cette nuit étoilée, sous les reflets dansants des réverbères enflammés. Le jeune homme masqué poussa l'énorme porte en bois dévoilant une taverne assourdissante où voyageurs de tous chemins chantaient, buvaient, jouaient et pariaient. Et le tintamarre ne cessa lorsqu'il traversa la grande pièce, évitant les serveuses aguicheuses portant plateau de bière et de rhum, esquivant les obstacles, chaises, tables et individus de toutes races vacillant ici et là, perdus dans une ivresse inassouvissable. Il était bien loin le calme de cette petite place aux enfants, et loin était sa rencontre, en cette même soirée, avec la jeune éladrinne au cœur flétri. Et tout ça lui manquait, aspirant la revoir au crépuscule du jour à venir. Et bien plus était encore sa destination toujours inconnue à cette heure, et bientôt, il espérait l'y découvrir.

Le peuple de l'Archer endormi ne se souciait guère de lui, à croire que tout le monde portait un masque et qu'il était coutume de le garder, bien que lui, matériellement parlant, était le seul à en avoir un. Khalän s'assit à l'extrémité gauche du comptoir, sur une chaise haute, laissant volontairement deux autres sièges vides avant un autre occupant qui semblait discuter tout seul, une énorme chope à la main.

- Eh bien, voyageur, un p'tit verre ? demanda le barman à la forte corpulence d'un ton sympathique.
- Vous avez du rhum ? renchérit le jeune homme après quelques secondes de réflexion.
- Bien sûr qu'on en a ! L'Archer endormi ne l'est que par l'alcool, vous savez !
- Eh bien, un verre.

Et le barman se ménagea bien cinq secondes avant de déposer le petit verre devant Khalän, et à cela un Nain ivre vint s'asseoir maladroitement sur la chaise haute prés de lui. Il avait bien du mal de s'y mettre et tomba à plusieurs reprises, refusant l'aide de quiconque, puis finalement, après avoir "escalader" le chaise, afficha un grand sourire simplet au jeune homme.

- Je dirais même plus... connaiss... connaissez-vous don...
Connaissez-vous donc l'histoire de l'Archer endormi, mon ami ?!
dit-il d'une traite après quelques reprises ratées.
- Pas encore. répondit intrigué le jeune chasseur.
- Eh bien... eh bien... heu... attendez, je viens de l'oublier. dit le Nain maladroit en caressant sa longue barbichette rousse qui venait de tremper dans sa chope de bière.
- Buvez donc, voyageur, et ne faites pas attention à ce vieil ivrogne ! dit le barman en envoyant une tape amicale au nain désemparé.

Khalän en sourit lui-même de cette situation grotesque et laissa le Nain se noyer dans ses pensées. Il prit le petit verre, empli de ce liquide orangé qu'il avait habitude de boire les jours de fête au village de ses souvenirs, et de sa main gauche dévissa légèrement les vis incrustées en son crâne situées aux deux extrémités de son masque, à quelques centimètres de ses yeux. Cela fait, il souleva quelque peu l'écorce voilant sa face, pouvant ainsi le faire pivoter de haut en bas tout en étreignant une douleur au niveau des vis à chaque mouvement, souffrance à laquelle il s'adapta depuis le massacre d'il y a six mois. Le masque se leva doucement et dévoila la presque totalité de sa bouche lacérée. Le barman put y percevoir quelques profondes entailles à ses lèvres qui avaient cicatrisé, tandis qu'une autre, plus épaisse encore traçait un chemin irrégulier à sa joue et semblait continuer dans le haut de son visage caché.

Khalän but le contenu du verre d'une seule traite, eut un frisson qui le déstabilisa, perdant presque équilibre de son siège avant de se stabiliser à nouveau et de rabaisser son masque.

- Ca va mon gars !? demanda amusé le barman.
- C'est plutôt fort... mais ça se boit. répondit le jeune homme d'une faible voix.
- Oh oh ! Barman, sers en nous deux et laisse-nous la bouteille ! s'esclaffa le Nain enthousiasme en passant amicalement son bras par dessus l'épaule de Khalän.

Et une partie de la nuit se déroula ainsi, le Nain et l'Humain discutèrent longuement de tout et de rien. Rodik Masselourde raconta son périple. Il venait de traverser la mer des Larmes à bord d'un vieux bateau en tant que matelot. Il s'était décidé à découvrir le monde et quitta donc sa terre d'origine, Térovia, de l'autre côté d'Ildirith. Ce Rageur de 70 ans était un vagabond solitaire, chose plutôt mal vue chez les nains du nord. Il ne cessait de raconter la beauté de sa capitale, de son immense tour centrale, des hautes montagnes enneigées environnantes et du travail acharné des nains, plongeant ainsi Khalän dans le monde fortifié de Ragepierre le temps de quelques bouteilles de rhum et de bière.

Le jeune homme, quant à lui, brisa quelque peu les barrières, sans aucun doute à cause du rhum. Il raconta dans les grandes lignes son passé et son présent tout en ne renonçant à son douloureux futur semé d'embuches et de tortures. Mais, contrairement à cela, les langues se délièrent tout naturellement et les sentiments eurent été mis de côtés, et ainsi éviter de briser une soirée en bonne compagnie.

- Tu sais Khal, c'est vraiment dommage que tu ne connaisses pas le nom de ce nain mercenaire car j'aurai bien pu t'aider à le retrouver ! Il y a tellement de têtes mises à prix en Térovia, des bandits, des criminels, des voleurs ! J'en connais un tas que j'étriperai s'ils étaient devant moi !

Et le Nain, avec hargne, sauta maladroitement de son siège, s'effondra par terre, se releva tout aussitôt et brandit son imposante masse des deux mains. Quelques pas à droite, quelques pas à gauche, il en fallut moins une pour qu'il ne retombe.

- Rah ! Maudites soient toutes ces larves ! hurla t'il avant de tomber sur le ventre et gesticuler comme un asticot.

Il y eu des rires, des moqueries, des acclamations et quelques sourires dont celui de son nouvel ami, L'écorce, qui l'aida finalement à se relever.

- Merci mon ami ! reprit-il essoufflé en reprenant place.
Tu sais Khal... tu devrais te rendre en Térovia, le monstre que tu recherches s'y cache sûrement !
- Et je vais suivre ton conseil, Rodik.
- Bien mon gars !
Rends-toi au port de Bélin et fais-toi enrôler dans un vieux rafiot pour Ragepierre, c'est la seule façon de s'y rendre, sauf en volant ! Tu sais voler ?!

- Non, malheureusement.
- Rah ! Maudite soit la vie ! hurla t'il, reprenant du poil de la bête en sautant à nouveau sur le sol et brandissant sa masse.
- Bon, ça suffit l'ivrogne, cette fois, il est temps de rentrer chez toi ! ordonna le barman un peu usé de répéter cette phrase depuis une heure.

Et se relevant presque fièrement mais tout aussi maladroitement, le Nain brandit à nouveau son marteau et reprit.

- Rah ! Maudit soit le barman ! et à cela, tous les occupants de la taverne, y compris Khalän, levèrent leur verre et répétèrent tous en chœur les dires du nain.

Et les discussions reprirent comme si de rien n'était, et l'ambiance faiblissait peu à peu.
Au fur et à mesure, la taverne commençait à se vider, les gens partaient gaiement, certains montèrent à l'étage rejoindre leur chambre, d'autres se mirent à chantaient dans la ruelle bras dessus, bras dessous et certains, plus mal que d'autres, restèrent affalés sur les tables, somnolant ou dormant profondément. Et les saluts se firent, et deux bons amis se quittèrent sans que ni l'un ni l'autre ne prenne la peine de penser à se revoir, trop fatigués pour y songer. Ainsi le jeune guerrier, un peu confus, monta à l'étage et rejoignit sa chambre.


Le grand départ était pour demain et, à présent, il avait une destination.


Des bruits sourds résonnèrent et des bourdonnements agaçants s'y accouplèrent en sa boîte crânienne. Ses yeux s'entrouvrirent délicatement sous ce masque effrayant. Et dans un douloureux effort, il souleva tout son haut et se mit en position assise sur ce petit lit de cette petite pièce d'où, à travers une petite fenêtre, rayonnait les chaudes  et revigorantes lueurs de l'astre brûlant en ce nouveau jour. Et le jeune homme se leva, et ses pas de droite à gauche et de gauche à droite, puis sa tête de bas en haut, et de haut en bas, reprirent petit à petit force et petit à petit, la raison revint. Alors de ses deux mains, il cajola son visage de ses paumes pour y bercer ses joues meurtries après avoir dévisser les deux vis de ce masque greffé à son visage et fait pivoter le morceau bois.

Et durant bien deux heures, il reprit vie, se souvenant de cette soirée de plus étrangement agréable avec un Nain maladroit et bavard. Il rinça rapidement ses habits, trouva quelques pièces en plus dans sa sacoche, se lava et s'équipa de toutes ses armes, bien que l'une d'elle manquait à l'appel ; le fourreau de sa dague situé au bas de sa jambe gauche était vide. Cherchant ainsi pendant une vingtaine de minute, il s'y résigna et descendit au rez-de chaussée, en la taverne, espérant y retrouver son arme aiguisée dont il ne se souvenait plus l'avoir laissé.

- Bien dormi voyageur ? demanda, souriant, le barman toujours à son poste.
- Oui, merci...  répondit un peu distrait Khalän, scrutant la grande pièce où tout semblait avoir été lavé et remit et place.
- Oh, tu cherches ton petit couteau, n'est-ce pas ? Il est là ! dit le barman en pointant du doigt la fameuse dague enfoncée dans un des piliers de bois au milieu de la pièce.
- ... je suis désolé.

Khalän délogea l'arme, n'y comprenant pas grand chose. Et voyant le jeune homme se chercher une raison, le barman le tira de là aussitôt.

- Non non, ce n'est rien !
Un jeu rien de plus, et tu as gagné tes quelques pièces en visant juste !

- Un jeu ?!
- Oui, cet ivrogne de Rodik paria sur le fait que tu serais capable d'atteindre le ras de sa tête !
- Et donc ?
- Et donc, il est toujours vivant ! Il a bu une chope entière d'un coup sec et s'est placé contre le pilier, tout simplement ! Ensuite, tu as sorti ta dague de ton fourreau et gagné ton prix !
- Je comprends pourquoi ma sacoche est plus lourde.

Le barman se mit à rire, dégageant une certaine sympathie à l'égard du jeune homme masqué devant lui et continua.

- J'espère te revoir un jour, jeune voyageur !
- De même. Et Rodik ?
- Oh, il reviendra ce soir certainement, il fait ça depuis quelques jours !

Khalän sortit quelques pièces et les posa sur le comptoir en guise de remerciement puis s'en alla sous les encouragements enthousiastes du barman dont il ne connaissait finalement pas le nom. Il quitta ainsi l'auberge de l'Archer endormi et se posa sur un banc à l'entrée, restant là quelques heures, puis finalement toute la journée, à attendre le coucher du soleil, regardant les insectes grouiller dans les pots de fleurs, les abeilles butiner le pollen sur les terrasses, les oiseaux chanter sur les toits des maisonnettes et le vent siffler à travers les ruelles. Tout était si paisible, et le temps passa si vite. Le soleil, si puissant pourtant, s'affaissa à l'horizon, embrasant le ciel d'un brasier céleste, et c'est sous celui-ci que Khalän aperçut la jeune éladrinne postait devant lui, à croire qu'elle était là depuis des heures elle aussi. Et Khalän fut tout aussi surpris que ravi de la voir. Elle n'avait aucunement souri et gardait cette expression neutre sur ce visage si froid qu'était le sien et pourtant, les deux êtres souriaient sans que l'autre ne puisse le percevoir. En tout cas, c'est l'image idéaliste que Khalän s'imaginait en lui souriant, derrière son masque.

Le jeune homme se leva, reprit ses armes et la rejoignit à quelques mètres à peine.

- Il semble bien que nos destins soit liés. dit-il avec grande sincérité.

Et la marche commença, et celle-ci, depuis la Grand Cité d'Argent, dura bien deux jours et demi à travers la forêt de l'ouest jusqu'au Port de Bélin. Et marchant ensemble, ils ne discutèrent que très peu le jour, un peu plus la nuit, quand le feu les protégeait des prédateurs nocturnes et que la fatigue leur permettait de passer plus de temps à se regarder et se connaître davantage. Khalän raconta son histoire, son passé et son présent, et elle, de son côté, en fit de même, bien que partiellement, racontant ses voyages et autres péripéties sans aller plus loin, et tous deux se rapprochèrent mentalement voir spirituellement. Gardant ainsi une certaine distance, ils se complaisaient à passer du temps ensemble, et quand bien même ils ne discutaient quasiment jamais en journée, leur énergie vibratoire s'intensifiée et, de cette aura positive, naquit une certaine symbiose entre l'homme et l'éladrinne.



~ Port de Bélin ~


Le port de Bélin accueillit les deux voyageurs sous un soleil radieux et, sous celui-ci, quelques échoppes s'étaient installées sur le grand ponton en bois, et vendeurs hurlaient leurs prix, et matelots descendaient de quelques bateaux, certains navires étaient plus grands que d'autres, certains plus dangereux. Et les pirates étaient nuées en cet endroit et ça se voyait à leur accoutrement, mieux ne valait pas les regarder trop longtemps dans les yeux, mieux valait passer son chemin, mais comment faire lorsque deux voyageurs s'aventuraient armés jusqu'au dents, l'un portant un bout de bois en guise de masque et l'autre, tout de gris, ne semblait guère sympathique de son regard froid. Ne passant guère inaperçu, ils furent bien vite suivi par un individu, un boiteux au visage martelé de coups semblant peu sympathique.

- Eh toi ! Oh ! dit le boiteux en interpellant Khalän qui ne se retourna aucunement.
Eh tête de tronc ! J'te parle ! insista désagréablement l'homme.

Cette fois Khalän se retourna, perfora du regard celui du pirate boiteux et attendit.

- Ouais toi là ! Combien ?
- Combien ? répéta Khalän.
- Combien pour ta catin ? renchérit-il agressivement en pointant du doigt la jeune éladrinne.

Le jeune chasseur ne dit mot mais se pencha pour libérer de son fourreau la dague aiguisée à sa jambe.

- Tu fais pas le poids sale chien, retourne au cirque ! cracha l'individu en dégainant une longue épée rouillée.

Khalän détourna le visage vers sa compagne de route et la fixa intensément alors que le pirate se précipita vers eux, la lame prête à frapper la chair.

- Je suis désolé. dit-il, signifiant ainsi que tout cela allait finir en bain de sang.

Et ce fut alors le commencement d'une courte épopée formidablement sanglante, celle d'une dague aiguisée, d'une flèche d'airain et d'une faux tranchante. Et la dague, de la poigne puissante de Khalän, s'intégra à la chair du vil pirate après un court voyage dans le vide, lui fissurant l'omoplate gauche sans pour autant la briser, et ensuite une flèche fut délogée de son carquois et un arc fut tendu pour y décocher celle-ci et, fendant l'air, elle éclata finalement la rotule droite en s'y logeant de moitié, et un cri d'effroi s'en suivit bien vite. Mais le pirate agonisant fut trop agité pour tomber et continua atrocement son ascension avant qu'une faux ne sectionne les tendons, les nerfs et ensuite l'os du bras détenant la lame rouillée qui s'écrasa contre terre. Et les hurlements furent plus fort encore, et toutes les âmes du ponton de bois regardèrent la scène. Et le bois se nourrissait du sang qui se répandait sans cesse, et sans cesse hurlait le pirate, essayant d'attraper ce bras pendouillant, raccordé à son épaule par un simple filament de peau.

Et le corps s'effondra, et des pleures se firent, et un homme en appela deux autres, et d'un vieux et grand bateau amarré, un homme et une femme y descendirent, poignards et arme à feu à la main.

Et pendant ce temps, le bourreau s'approcha de la victime sanglotante, s'agenouilla à elle et libéra la dague, fissurant davantage l'omoplate en piteux état, puis brisa la flèche ayant transpercé la rotule, l'éclatant de plus belle en morceaux et, finalement, déchira le ligament de peau pour y démembrer le vil pervers. Et la douleur était telle que le pirate ne pouvait plus crier, et ses pleures se confondaient avec des gémissements de frayeur.

- Je ne suis pas un chien, tu n'es pas un homme et elle n'appartient à personne. lança le jeune homme masqué avant de se relever.

Un coup de feu fut tiré, du sang s'éjecta du bras de Khalän et un cri s'échappa de sa bouche.
Et tandis que le pirate à la capuche rechargeait à nouveau son pistolet, sa jeune et rapide compagne se jeta sur Lilandrile, un poignard dans chaque main.


Et le sang allait couler.



Epopée de Khalän
Dévot de Solarim : L'Exaltation - Flore sauvage

Monture de Khalän :
Brume:
 
Ancien visage de Khalän :
Avec le masque:
 
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Lilandrile Al'Sharam
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MessageSujet: Re: Sur le ponton écarlate   Mer 10 Sep 2014 - 6:50

Hydrasil, Auberge de l'ours hurlant.


Elle rentrait tranquillement de son entrevue de ce soir. Étrangement au lieu de chercher à repousser la présence de l'homme, elle s'était joint à lui. L'herboriste se demandait bien comment elle allait gérer cela, elle qui n'était pas du genre à se lier avec les autres, mais finalement n'était-ce pas une autre aventure ? Une de celle dont on connaissait le début mais sûrement pas la fin.ces histoires qu'elle pourrait raconter des années après alors que ceux qui les auront vécu seront déjà mort. Ce genre de chose la minait en vérité. Le fait de vivre si longtemps de rester après les autres, de les voir dépérir au fur et à mesure. Lilandrile n'était pas du genre à faire attention aux autres, au début tout du moins, depuis sa rencontre avec Enya tout avait changé. La jeune femme avait su trouver en elle ce que les autres redoutait. Elle avait ouvert doucement son cœur pour s'y glisser. Ces derniers temps, elle avait du mal, beaucoup de mal à aller voir la seule véritable amie qu'elle avait eu durant son passage à l'académie.

Elle avait tellement changé que s'en était presque déroutant et surtout peinant, car l'herboriste elle, n'avait pas changé d'un pouce alors que pour son ami, les années passaient et la vieillesse la rattrapait. Une fois qu'elle ne serait plus est-ce que L'Éladrine aurait encore envie de venir ici ? Est-ce qu'elle aurait au moins le courage de venir voir les enfants de celle qui avait été tout pour elle ? Une question qu'elle se posait depuis bien trop de temps en vérité. Une question à laquelle elle n'avait pas de réponse, tout simplement parce qu'elle était bien trop brisé pour savoir comment réagir correctement envers son amie et sa descendance. Arrivée à sa chambre ne fut pas réellement compliqué. Pas du genre à discuter, elle avait rapidement prit son dîner et s'était enfermé dans sa chambre. Cette chambre qu'elle gardait depuis un certains temps et qui était en quelque sorte son pied à terre à Hydrasil. Pas très loin de sa famille, mais pas trop proche non plus. Un soupir lui échappa.


« Je crois que je m'aventure encore un peu loin, mais tant pis, au moins je verrais du paysage. »

Elle resta collé à la fenêtre un moment, son regard tourné vers les étoiles. Ces mêmes étoiles que ce jour là. Son regard s'assombrit encore. Il était temps d'aller se coucher avant de penser à des choses qui n'étaient pas réellement bonne pour la pensée. Se déshabillant, elle se coucha tranquillement jusqu'au lendemain bien avant l'aube. Comme d'habitude finalement. La jeune femme se leva tranquillement, faisant un brin de toilette et s'habillant tranquillement. Ses épées ceignirent alors son dos pour finalement prendre congé de la chambre.

« Lilandrile, je te la garde encore ? »

« Je pense que je serais absente durant un bon moment. »

« Je te la garde quand même, de toute façon tu sais qu'ici c'est comme chez toi. »

« Avant que je ne parte je vais aller refaire mes réserves as-tu besoin de quelque chose ? »

« Si tu pouvais m'apporter des herbes j'en serais enchanté, ah et un ou deux onguents cicatrisant. »

Elle hocha la tête et partit tranquillement. Récupérer les plantes et les transformer lui prit une bonne matinée et finalement une fois donné ce dont avait besoin l'aubergiste, avec du superflu en cas de besoin, la jeune femme prit la direction de l'auberge de l'archer endormi. Certes il était encore tôt, mais de toute façon l'Éladrine n'avait rien de particulier à faire et donc elle attendit tranquillement jusqu'à ce que finalement le soleil laisse sa place. Lil sortit alors de l'endroit où elle attendait et vit alors Khalän vers qui elle se dirigea. Étrange comme cette rencontre pouvait la ravir et en même temps lui faire peur. Qu'est-ce que cela allait donner ? Voilà une question qui méritait réflexion. La phrase du jeune homme faillit la faire sourire, mais son visage resta tout de même imperceptible alors qu'elle entreprit de lui répondre.


« Il semblerait oui. »

Mystérieux ? Très probablement, les Éladrins étaient ainsi non de toute façon et s'était une partie d'elle que Lilandrile ne cherchait pas à refouler. Elle n'était pas du genre à parler d'elle, pas du genre à dire quoi que ce soit sur son passé, aussi lorsqu'ils prirent la route et que par intermittence le jeune homme lui raconta son histoire, elle ne put se résoudre à faire de même, mais lui raconta tout de même ses voyages, après tout au vu de son âge, elle avait pas mal de chose à raconter.

Port de Bélin


Il ne leur avait fallut que deux jours de marche pour atteindre le port. Lilandrile regardait les environs tranquillement, marquant dans son esprit l'allure de cet endroit où elle n'avait que trop posé les pieds en fait. Elle se souvenait alors de son premier voyage, ce voyage qui finalement avait tout changé. Son poing se crispa doucement. Ce n'était pas le moment de repenser à cela. L'Éladrine ne connaissait pas leur destination, mais celui lui importait peu finalement. Étrangement, elle faisait confiance à son partenaire du moment. S'il estimait qu'il fallait lui dire où ils allaient, il le ferait probablement. Alors que les deux jeunes gens s'avançaient tranquillement la situation tourna rapidement à la plaisanterie. Le dialogue entre Le pirate et Khalän ne laissa pas la jeune femme indifférente, en gros il l'a prenais pour une chose. Arrivée fort sympathique s'il en était. L'herboriste était prête à répondre alors que Khalän s'excusait. Pourquoi donc s'excusait-il ? Elle comprit par la suite en voyant ce cher pirate se retrouver dans un piteux état, la phrase qu'il lança lui décrocha pour la première fois un réel sourire. Ça faisait du bien d'entendre ce genre de chose. Seulement, elle se doutait bien que ça ne suffirait pas et alors qu'elle dégainé déjà ses deux épées, un coup de feu percuta le bras de Khalän.

« Khalän ! »

Elle n'eut pas réellement le temps de faire quoi que ce soit qu'une jeune femme se jeta littéralement sur elle. Son regard encore plus froid que d'habitude, elle la regarda avec intensité.

« Tu es bien trop jeune pour te mesurer à moi. »


Et elle savait qu'elle avait raison. La gamine car s'en était une fonça sur elle. Il ne lui fallut pas longtemps pour l'esquiver et parer son attaque. Trop jeune, pas assez d'expérience et surtout trop sûre d'elle, voilà les défauts de ceux qui pensait savoir se battre. Il ne lui fallut pas plus d'une minutes ou deux pour la mettre hors d'état de nuire, une épée planté en plein cœur, retirant vivement son épée, L'Éladrine se retourna une dague de lancer dans la main, elle la jeta sur le pirate à l'arme à feu. La dague suivit sa course comme si le temps lui même suspendait la sienne.


Couleur de parole : #336666
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MessageSujet: L'oeil noir et le capitaine   Jeu 11 Sep 2014 - 8:20

Le liquide écarlate s'écoulait le long de son bras et sa main gauche pressa douloureusement la plaie pour estomper cette rivière de vie s'échappant de son corps. La balle avait traversé sa chair, évité les nerfs et continua dans les airs pour finir sa route dans un sac rempli de graines, non loin des échoppes silencieuses et abandonnées par quelques fuyards à la vue du massacre. Et sa respiration était saccadée, les battements de son cœur, quant à eux, s'affolèrent, tantôt trop vite, tantôt trop lent, suivant la rythmique respiratoire. Et tandis que sa jeune compagne bravait le fer avec la pirate, il essaya tant bien que mal de s'emparer à nouveau de son arc car, à quelques mètres de là, l'encapuchonné introduisit une nouvelle balle dans son pistolet. Et la lame de Lilandrile fendit le cœur de sa rivale qui s'effondra de tout son long sur le vieux bois du ponton. Et tendant la corde, Khalän sentit sa peau se déchirer à sa blessure mais libéra la flèche qui pourfendit l'air, passa à quelques centimètres du visage de Cœur cendré et accompagna la dague de sa compagne en direction du pirate au pistolet chargé. Et n'ayant eu le temps de presser la détente, la dague transperça sa main et l'arme tomba à terre, puis la flèche se planta en son épaule droite, et le pirate tomba à genoux sous quelques injures et beaucoup de souffrances.

- Argh ! Sale garce ! cracha t'il d'une voix tremblante en fixant sa main ensanglantée et la dague qui s'y était logée.

Et son regard loucha presque, venant tout juste de remarquer une flèche en son épaule, et la douleur fut plus grande encore à cette vision. Et alors qu'il se rendit compte de cela, un groupe de pirates venait de descendre du sombre navire. Cinq hommes armés de pistolets, de hachettes et d'épées marchèrent vers le pirate à terre, et devant eux se tenait un homme sombre et froid semblant les y mener. Il était vêtu d'une longue cape noire enroulant quelques vêtements gris usés et sales. Ses cheveux étaient ébouriffés, une mèche voilait de moitié son œil droit et son regard sombre n'émanait que le malheur.

Ainsi, l'homme en noir et les cinq autres arrivèrent derrière le pirate agenouillé, qui n'avait remarqué leur présence, trop occupé à injurier les deux voyageurs. Et un pistolet fut dégainé, et sur la tempe fut posé, puis le coup fut tiré sans aucune humanité.

- Pourritures ! Je vais vous égor...

N'ayant pu finir sa phrase, la cervelle du pirate s'étala sur le bois du ponton, tapissant celui-ci d'une odeur déplaisante. Et son corps sans vie y baigna après une puissante poussée du pied de l'homme en noir qui rangea aussitôt son pistolet à sa ceinture.

- Je déteste les insultes, surtout quand elles ne servent à rien. dit-il d'une voix rauque en fixant le corps de son matelot.

Relevant le regard en direction de la jeune femme aux deux épées et du jeune homme blessé, il forma un léger sourire en coin peu rassurant et continua de sa voix brisée.

- Veuillez les pardonner. Mes hommes ne connaissent pas les bonnes manières. finit-il en agitant légèrement le bras, ordonnant ainsi aux cinq derrière lui de ranger leurs armes.
Recommençons, voulez-vous.

Et le sombre homme marcha sur le dos du cadavre, puis arracha la dague dans sa main et s'avança en direction de Lilandrile. Se tenant ainsi à deux mètres d'elle, il se présenta en tendant le poignard à la jeune éladrinne.

- Je me nomme Styx Charon, je suis le capitaine de L'oeil noir. dit-il en gardant la tête haute, tout en guidant les regards vers le vieux navire pirate au bout du ponton.

Ainsi la dague fut rendue et les présentations faites.



Styx Charon, capitaine de L'oeil noir


Un furtif regard vers le corps inerte de la jeune pirate à terre, et le capitaine Charon continua.

- Syna était une bonne guerrière, bien que trop sûre d'elle. Il n'empêche, je l'appréciais. ensuite, il détourna le regard vers celui qu'il venait d'abattre d'une balle dans la tête. Venor était imprévisible, une vraie balle perdue, je le préfère ainsi. finit-il de dire d'un inquiétant rictus.

Puis, son sinistre regard effleura quelques secondes celui de Lilandrile pour finalement s'y fixer.

- Syna n'est plus. Vous pourriez prendre sa place, à présent. Qu'en dites-vous ?

Et tandis qu'il parlait, ses hommes se dispersèrent pour récupérer les corps.
Ainsi celui de Venor fut trainé jusqu'au bord du ponton, et celui de Syna l'accola.

- Capitaine, Mauk respire encore ! s'écria l'un des pirates, un barbare à l'apparence effrayante, en fixant l'homme démembré derrière Khalän.

Un macabre sourire emplit le visage du Capitaine Charon qui n'avait de cesse d'épier le regard de Lilandrile.

- Mauk est un vieux boiteux, un ivrogne, un vrai fardeau. Ce n'est pas une grande perte.

Et à ces paroles, il haussa le ton et répondit à ses hommes.

- Jetez-les à l'eau, que leur corps nourrisse les flots.

Khalän restait sur ses gardes, tout autant que Cœur cendré.
Il était évident que quelque chose n'allait pas, que se tramait un dessein macabre, mais le capitaine Charon semblait avoir le contrôle et mieux ne valait pas l'énerver après avoir tué quelques-uns de ses hommes.

Et les corps furent jeter à l'eau comme de vulgaires sacs de viandes.
Et le sang de Khalän, goute à goutte, nourrissait le bois à ses pieds, et pâle devint son visage dissimulé, mais force il se devait de garder. Malheureusement, il ne pouvait cacher sa perte d'équilibre et attira l'attention du capitaine Charon.

- Votre ami n'a pas l'air bien. Vous devriez accepter de venir sur mon navire, nous pourrions le soigner et vous pourriez réfléchir à mon offre.
- Non, ça va, je vais bien. dit Khalän d'une voix faible et tremblante.
- Non, j'insiste. riposta immédiatement le capitaine.

Il sembla perdre patience, puis se calma intérieurement comme à chercher une bonne excuse.

- Nous avons commencé sur de mauvaises bases, j'en suis désolé.
Nous pourrions reprendre depuis le début autour d'un bon repas.
répliqua t'il en n'ayant aucunement cessé de fixer Lilandrile.

Il se mit alors de profil devant elle et tendit le bras vers son vieux navire, un imposant bateau de deux grands mats ayant chacun deux grandes voiles repliées. Il était si usé que le bois était devenu gris comme ceux des nuages annonçant une tempête. Et il ne serait pas étonnant de découvrir quelques champignons et autres moisissures en certains endroits.

Le choix était à Lilandrile.
Accepter de s'y embarquer avec Khalän, au risque de ne pas pouvoir faire marche arrière.
Ou refuser cette offre, qui n'en était peut-être pas vraiment une.

Avancer ou reculer, L'oeil noir attendait.


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MessageSujet: Re: Sur le ponton écarlate   Ven 12 Sep 2014 - 10:19

Le poignard suivit sa route comme il le devait suivit d'une flèche. Le regard de la jeune femme se tourna vers son coéquipier et elle remarqua alors l'arc, seulement elle remarqua aussi sa blessure. Elle voulut se précipité vers lui seulement quelque chose l'en empêcha. L'arriver d'un autre larron. Pour le coup, elle ne savait pas s'il était bon pour elle de bouger, car s'ils étaient loin de Khalän, ils étaient un peu trop proche d'elle. Bon sang qu'allait-il faire ? Réfléchissant à toute allure, la scène qui se passa la laissa quelque peu de marbre. Le regard de l'herboriste se fixa alors sur celui qui avait parlé. Pas assez grand pour lui faire peur, mais assez étrange pour qu'elle se pose des questions. Qui était-il ? Et pourquoi punissait-il son homme plutôt que de les punir eux. Quelque chose lui disait que cela n'allait pas le faire, réellement. Elle écouta cependant ce que le pirate avait à dire. Dans ce genre de situation, mieux valait écouter et ne rien dire que d'ouvrir sa bouche et se rendre compte qu'il s'agissait d'une vrai mauvaise idée. Et l'Éladrine était quelqu'un de sage. Elle n'avait certes pas atteint l'âge de la sagesse selon les Éladrins, mais elle savait parfaitement que ne pas écouter n'était pas une bonne idée.

Ses voyages l'avait amené à voir tellement de chose. Elle voyageait peut-être depuis trop longtemps ceci dit. Serait-il temps pour elle de tout laisser tomber et de rentrer chez elle ? Probablement pas. La vie pour eux était bien trop longue lorsqu'on ne faisait rien, elle préférait largement mettre sa santé et sa vie dans la balance que de ne rien faire et vivre seulement pour vivre. Laissant tomber ses réflexions, elle tendit la main vers la dague qu'elle récupéra mais ne dit pas pour autant son nom. De toute façon qu'est ce que ça pourrait lui rapporter ? À bien y regarder, il pourrait peut-être jouer sur son physique, peut-être l'espérait-il d'ailleurs, seulement Lilandrile n'était pas de ces femmes assez idiotes pour trouver les hommes ténébreux des plus attirants. Ce qui l'attirait d'avantage était la discussion. La possibilité de se comprendre l'un l'autre et surtout, surtout de ne jamais être comme sa famille. Elle serra la mâchoire à se souvenir, ce n'était vraiment pas le moment de se remémorer ça alors qu'ils n'étaient pas encore sortit de l'auberge. D'ailleurs, elle entendit sentait nettement le sang lui monté à la tête. Il fallait qu'elle se dépêche, pour Khalän.

Les remarques qu'il fit sur son équipage laissa de marbre la jeune femme qui s'inquiétait de plus en plus pour son compagnon. Essayait-il d'établir le dialogue ? C'était légèrement peine perdu, elle n'avait pas l'intention de parler ou de dire quoi que ce soit alors qu'elle savait que l'Humain derrière elle jouait sa vie au fur et à mesure de la discussion. Lorsqu'il posa sa question, l'herboriste en resta de marbre. Il l'a prenait pour un pirate ou avait-il d'autre attention ? La jeune femme qu'elle venait de tuer était-elle seulement un membre d'équipage ou alors bien plus ? La situation commençait à se compliqué car à sa façon de parler, l'Éladrine savait qu'elle n'avait pas réellement le droit de refuser l'offre ou plutôt l'ordre qu'il venait de lui donner. Elle tenta tant bien que mal de chercher une échapatoire, mais pour le coup cela semblait impossible. Alors qu'elle regardait les autres couler au fond de l'eau, il éleva de nouveau la voix et cette fois-ci l'herboriste détacha son regard de lui pour aller soutenir Khalän.

Il avait perdu beaucoup de sang et malgré ses dires, il ne semblait pas pouvoir tenir plus longtemps. J'étais encore en pleine forme contrairement à lui, seulement je ne pouvais pas abattre autant de monde à moi seul, enfin je l'aurais pu s'il n'avait pas ces armes. Le dilemme qui semblait être le sien n'en était pas réellement un. Elle avait un choix depuis longtemps, si cela pouvait sauver son compagnon elle était prête à accepter son offre. Seulement ce n'était pas pour autant qu'elle était contente de le faire, bien au contraire. Elle détestait parfaitement qu'on ne lui laisse pas le choix. Mourir ou les suivre. Alors discrètement elle murmura à l'oreille du jeune homme, prenant doucement sa tête entre ses mains.


« Nous n'avons pas vraiment le choix. Je ne peux pas te soigner assez efficacement pour qu'on puisse fuir et je ne peux pas les abattre. Je vais accepter son offre, il faudrait aviser après. »

Elle tenta de fixer son regard dans celui du jeune homme, mais il était déjà assez faible et alors sans pudeur, elle le prit dans ses bras et le porta. Peut importe qu'il n'en ait pas envie, peu importe s'il râlait, il ne serait bientôt plus en état de faire quoi que ce soit.

« Il faut que je le soigne de toute urgence. Après cela nous vous suivront, mais ne compter pas sur moi pour remplacer qui que ce soit. Je suis plus vielle que vous tous réunit probablement, je ne suis pas idiote et encore moins ignorante. »

La sagesse des Éladrins était connu de tous et elle espérait sincèrement qu'il comprendrait qu'elle n'était pas dupe. Derrière cet ordre se cachait quelque chose qu'elle n'avait pas envie de savoir, mais qu'elle connaîtrait probablement dans quelques minutes. Sans attendre d'assentiment de sa part, l'herboriste s'avança vers des caisses posées là et posa doucement le corps de Khalän. Elle s'affaira pour faire un bandage rapide et soigneux qui allait arrêter le saignement sans pour autant qu'il ne perde un bras. Elle fut tenté à un moment de lui retiré son masque pour voir comment il allait. Ne pas voir son visage était perturbant, mais Lil était persuadé qu'il n'aimera pas cela et donc y renonça. Elle passa cependant une main douce dans ses cheveux et le regarda droit dans les yeux.

« Est-ce que ça va ? Tu vas te sentir faible durant un bout de temps, il va falloir que tu mange pas mal pour reprendre des forces. Tiens prends déjà ça. »

Elle lui tendit un morceau de fromage qu'elle venait de tirer de sa sacoche. On lui avait préparer toute sorte de vivre et elle avait bien l'intention de lui en faire manger le maximum pour reprendre du poil de la bête. Prête à le porter de nouveau pour aller sur le bateau, elle attendait patiemment qu'il mange ce qu'elle lui avait donné. La suite de l'histoire allait être probablement plus galère qu'elle ne le pensait et elle aurait bien besoin de lui pour la suite.


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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Inquiétude   Sam 13 Sep 2014 - 4:35

Il crut qu'elle avait refusé, reculant du capitaine noir jusqu'à lui, ce qui le réconforta intérieurement, bien que sachant ce que cela allait impliquer. Et de ses mains douces et chaudes, elle étreignit son visage épuisé, révélant alors qu'elle acceptait l'invitation du sombre homme. Et il se laissa bercer par ces mains chaleureuses, lui offrant son visage, et des souvenirs lui revinrent, quelques flashs de sa défunte bien-aimée. Il y a fort longtemps que Khalän avait reçu ce genre de douceur et dut avouer que cela lui manquait. Puis, elle le prit en ses bras, le porta jusqu'à quelques caisses où il s'assit et fut quelque peu soigné, un simple bandage à sa plaie, un simple geste de bonté et le monde lui semblait étrangement moins obscur en compagnie de Cœur cendré. Et les doigts de la jeune éladrinne s'entrelacèrent dans les cheveux du guerrier meurtri et son regard se fondit dans le sien. Khalän ne dit rien, mais son silence en disait long, puis prit le bout de fromage, fit pivoter légèrement son masque et porta la nourriture à sa bouche. N'ayant eut la force de deviser les vis en son crâne, ceux-ci perforèrent quelque peu sa chair quand il souleva l'écorce faciale, et quelques gouttes de sang s'écoulèrent de son front. Une simple douleur, mieux valait s'y habituer que de perdre du temps à deviser le tout à chaque fois qu'il voulait manger.

- Merci. dit-il faiblement.

C'était délicieux, le fromage était tendre et son odeur aguichait les papilles gustatives du blessé. Il ne souhaitait pas penser à la suite des événements, car celle-ci semblait bien sombre à côté de ce moment de tranquillité entre elle et lui. Et quand bien même elle semblait grise de toute part, au milieu de l'horreur, elle scintillait dans le regard de Khalän.

Le jeune homme termina le fromage et croisa alors le regard sans vie du capitaine.
De la colère, de la haine, de l'impatience, de la frustration, tout était si noir en lui. Il couvait en son être un mal absolu mais le dissimulait d'une façade solide. A cela, Khalän se releva, faisant face à Lilandrile qui se voulait de l'aider, et posa délicatement la paume de sa main sur l'une des fines cicatrices au bras de Cœur cendré.

- Soyons très prudents. murmura t'il à la jeune éladrinne.

Il avait peur. Peur de la perdre.
Il aurait bien voulu lui dire de fuir tandis qu'il repousserait l'ennemi, mais celui-ci avec l'arme à feu, et plus forte et plus puissante qu'une flèche, et plus dangereuse et plus rapide, elle n'aurait eut le temps que de faire quelques pas avant de s'écrouler. Et à cette vision, Khalän enserra doucement le bras de sa jeune compagne puis la relâcha pour finalement marcher ensemble en direction du navire. Et passant à côté des pirates, ils rejoignirent le Capitaine Charon qui se mit à sourire, l'un de ces rictus carnassiers qui n'avait rien de bien rassurant.


~ A bord de L'oeil noir ~

Ils grimpèrent sur la longue planche de bois reliant le ponton au bateau et, en-dessous d'eux, l'écume des flots agités bataillait avec le bois mort du bâtiment flottant. Le navire pirate était impressionnant de par sa grandeur mais son odeur de vieux bois emplissait les lieux, et sur le pont de celui-ci des matelots s'affairaient aux besognes, lavant le sol ou rinçant de vieux vêtements sous les ordres de quelques brutes. Et les regards tristes, et les chaînes à leurs pieds, ils étaient sans nul doute des esclaves de L'oeil noir. Traversant ainsi ce pont sordide, le groupe s'aventura à l'arrière du bateau, passant à côté des grands mâts d'où des drapeaux troués s'étaient perdus dans leurs cordes au sommet, ne laissant guère la possibilité au vent de les faire danser.

Et tous entrèrent en la cabine du Capitaine Charon.
Elle était grande et spacieuse, un bureau dans le fond posé sur un promontoire et derrière, une grande baie vitrée. L'homme noir invita les deux voyageurs à prendre place à la longue table rectangulaire au centre de la pièce. Mais loin d'avoir le choix, Khalän s'assit à la droite de Charon et Lilandrile à sa gauche. Les quelques mètres restants de cette table ne servirent à rien, puis vint les esclaves enchaînés qui rapportèrent des plats chauds. Et de chaque côté de la pièce, deux pirates surveillaient le repas tels des chiens de garde.

Le capitaine semblait être raffiné et cultivé, de nombreuses cartes du monde et objets d'arts étaient entreposés sur les murs et les meubles. Mais était-ce vraiment à lui ? Mieux ne valait pas lui poser la question.

Le silence était oppressant, mais le capitaine semblait l'aimer, et seul les pas des esclaves et des plats se poser sur la table, face aux invités, le brisait. Et quelques regards furtifs se croisèrent entre l'homme et l'éladrinne. L'endroit était inquiétant, l'ambiance glauque et tout semblait à croire que le silence cachait une réalité malsaine.

Khalän ne se sentait pas bien, trop faible encore, et cela le capitaine le comprit et prit la parole en sa faveur.

- Mes hommes sont en train de vous préparer un bon lit pour vous reposer et notre médecin de bord prendra soins de vous.
Veuillez simplement attendre quelques minutes.


Khalän baissa légèrement la tête en signe de remerciement.

- En attendant, pourquoi ne pas commencer ce festin. reprit le capitaine Charon, couverts à la main et coupant dans un morceau de viande imposant trônant dans son assiette.

Lilandrile et Khalän hésitèrent, puis sous les recommandations de leur hôte, se servirent.
Le jeune homme souleva son masque et mangea un bout de pain trempé dans de la soupe. La nourriture était bonne et c'était la seule chose qui semblait positif en ce lieu.

- Votre masque, pourquoi ? demanda le capitaine en pointant le visage de Khalän de sa fourchette.
- C'est une longue histoire. répondit-il en ne voulant partager aucunement cela avec cet individu.
- Hum... Très intéressant. rétorqua ironiquement le capitaine, lassé de la conversation avec le jeune homme.

A vrai dire, Khalän aurait bien pu commencer à raconter sa vie que la réponse de Charon  aurait été la même.

Et durant ce court laps de temps, un esclave servit le verre de Lilandrile d'un vin rouge et, maladroitement, essaya de lui dire quelque chose à l'oreille. La jeune femme put comprendre et laissa l'esclave l'a servir avant de repartir. Cœur cendré afficha un regard neutre mais non sans une certaine inquiétude et Khalän, qui venait de répondre à la négative au capitaine, le comprit en la regardant.

Et le mot du serviteur enchaîné troubla l'esprit de la jeune Lilandrile qui se le répéta intérieurement, bien malgré elle.

- Fuyez ! avait-il murmuré à la jeune éladrinne.

Et la grande porte de la cabine du capitaine s'ouvrit, un pirate s'en vint et lança un regard à son commandant. Et Charon se leva, regarda Khalän et parla.

- Bien, vous devez être fatigué jeune homme.
Votre cabine est prête et le médecin vint d'arriver. Je vous en prie.


A ces mots, les deux chiens de garde forcèrent presque Khalän à se lever.
Et remarquant l'étrangeté de la chose et le scepticisme de ses invités, le capitaine renchérit.

- Excusez-les, comme je vous l'ai déjà dit, mes hommes n'ont aucune manière.
Ne vous inquiétez pas jeune archer, votre amie est en de bonnes mains.
dit-il d'un léger sourire aux lèvres.

Le jeune homme fixa sa compagne, ne sachant si cela était une bonne idée.
Mais avait-il le choix ? Non, et le capitaine le convainquit même.

- Une bonne nuit de sommeil et nous rediscuterons ensemble demain. insista t'il comme à forcer la main de Khalän.
- Je reviendrai vous souhaiter bonne nuit, Lilandrile. dit Khalän à la jeune femme, lui signalant qu'il ne la laissera pas.

Et les deux pirates le poussèrent presque à franchir le pas de la porte et disparaître avec lui, laissant le capitaine et l'éladrinne seuls.


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MessageSujet: Re: Sur le ponton écarlate   Sam 13 Sep 2014 - 6:57

Elle lui sourit chaleureusement lorsqu'il la remercia. Elle avais beau se dire que la famille, les liens et tout ce genre de chose lui faisait peur, elle ne pouvais décemment pas faire autrement que de lui venir en aide. Pas parce qu'il était son compagnon de route, mais surtout parce qu'étrangement ils se ressemblaient tous les deux. Au delà de leurs façades se cachait quelque chose de différent, quelque chose de bien plus important que ce visage qu'ils avaient en permanence. L'Éladrine se sentis un peu plus rassurer de le voir manger avec entrain. Ce n'était guère qu'un morceau de fromage, mais dans la situation actuelle ça ne pouvait qu'être un met important. Elle allait reporter son attention sur le pirate lorsque finalement elle sentis la main du jeune homme se poser sur l'une des cicatrices de son bras. Celles qui étaient les plus nombreuses et les plus visibles en somme. Elle hocha doucement la tête pour que lui seul puisse la voir et le soutenant, ils partirent finalement pour le bateau.

L'attitude du capitaine ne lui plaisait pas réellement car au delà de toute cette mascarade, elle était persuadé qu'il cherchait quelque chose qu'elle ne pourrait jamais lui donner. Ou alors quelque chose qu'elle allait devoir donner sous la contrainte. Elle n'aimait pas ce genre de situation, mais elle savait que par moment il n'y avait pas d'autre solution. Si Khalän n'avait pas été blessé, jamais elle n'aurait accepté son offre, elle aurait tout fait pour les éliminer les uns après les autres, surtout lorsqu'elle remarqua les esclaves enchaîné. Mon dieu, ce n'était vraiment pas une vie, comment pouvaient-ils supporter ça ? D'un autre côté, ils n'avaient pas trop le choix et Lilandrile en cet instant chéri la liberté qu'elle avait. Elle ne fit cependant aucun commentaire et s'installa tranquillement sur la gauche du capitaine et regretta de ne pas pouvoir atteindre Khalän en cas de besoin. Dans quel guêpier étaient-ils tous deux tombés. La question se posa dans la tête de la jeune femme, encore et encore jusqu'à ce que Styx prit la parole.

Sa façon de parler, sa façon d'être tout, dans son être mettait l'herboriste en alerte. Elle en avait rencontré des personnes, parfois pompeuses, parfois ignorantes, d'autre fois intéressantes, cependant de ce genre là, encore jamais il ne lui avait été donné d'en voir. Il émanait de lui une froide violence, comme si derrière chaque mot se cachait un sens différent de celui premier du mot. Les humains semblaient toujours avoir une idée derrière la tête. Non, rectification, pas tous les humains, elle se se souvenait pas que Khalän ait essayé de soutirer quoi que ce soit d'elle. Une pensée qui la fit se calmer un peu plus car si elle ne le montrait pas la colère était là. Alors que le capitaine les invitais à se servir, l'herboriste ne put que contempler ce vaste festin un peu trop lourd pour son estomac alors qu'elle était déjà sur les nerfs. Bien au delà du calme qui l'habitait extérieurement, intérieurement une fournaise faisait palpiter ses organes: la colère.

Caché ce sentiment n'était pas des plus aisé, mais elle avait un avantage, son attitude froide et totalement désintéressé. Son regard se tourna alors vers l'extérieur, cherchant un moyen rapide de s'en aller d'ici, un moyen qu'elle savait ne pas avoir autrement elle l'aurait déjà utilisé. Alors qu'elle cherchait une échappatoire à la situation, un serviteur se pencha vers elle pour lui servir un verre auquel elle ne toucha pas. Comme pour le reste, elle ne voulait rien à voir avec ce capitaine, avec ce navire, mais au delà de tout cela, se fut l'attitude de l'esclave, la phrase qu'elle prononça. La concentration qu'elle maintenant sur sa colère se raffermit alors qu'elle sentait monter en elle une certaine inquiétude. Il fallait qu'elle les sauve, tous les deux. Elle était prête à tout pour cela et alors que quelqu'un venait chercher Khalän, la peur lui noua en même temps que la colère les entrailles. Son regard chercha celui de l'écorce et la phrase qu'il prononça résonna encore dans sa tête alors qu'il était sortit.

Le jour était là, il n'y avait nul obscurité et Lilandrile savait parfaitement qu'il n'était pas prêt de tomber. Ce n'était pas de se retrouver seule avec le capitaine qui l'angoissait, ça elle n'en avait rien à faire. C'était surtout de savoir si Khalän allait être bien traité, elle l'espérait sincèrement, sinon ils n'allaient pas être déçu du voyage. Alors que le jeune homme était sortit, elle posa les couverts dont elle ne s'était pas servit, repoussant son assiette. L'herboriste se tourna sur sa chaise et fit alors face au capitaine. Fuir, elle ne le pouvait pas alors que son compagnon n'était plus avec elle et qu'elle ne savait pas dans quel état elle le récupérerait. Cependant il fallait mettre les choses au point. Maintenant !


« Bien, arrêtons ce petit jeu et dites moi ce que vous voulez. L'éloigner n'était peut-être pas la meilleure idée que vous ayez eu. »

Elle s'arrêta quelques secondes et reprit.

« Comme je vous l'ais dit tout à l'heure, je suis bien plus âgée que vous, ce genre d'attitude, je la connais par cœur. Alors qu'est-ce que vous voulez réellement ? Pourquoi cette comédie ? »


On sentait dans sa voix une genre de tension, ce n'était pas de la peur, pas de l'inquiétude, c'était de la fureur, elle voulait des réponses et elle lui conseillait fortement de lui répondre rapidement, car si pour le moment elle semblait calme, il fallait toujours se méfier de l'eau qui dors.


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MessageSujet: Le démon rouge   Sam 13 Sep 2014 - 17:53

~ Dans les tréfonds du navire ~  


Pas à pas, le jeune homme épuisé descendait inexorablement, s'engouffrant dans les entrailles de cet énorme navire labyrinthique. Et ils étaient à présent quatre à l'escorter, deux devant et deux derrière, plus qu'il n'en fallait pour accompagner un blessé à l'infirmerie. Et le cœur de Khalän se mit à battre de plus en plus fort en sa poitrine car, au fond de lui, il savait où cela allait le mener. Et marchant encore et encore, descendant plus profondément de cale en cale, le chemin devenait de plus en plus étroit et ne laissant guère le choix en certains endroits de passer un par un.

La main droite de Khalän enserra fortement sa faux, qui sans cesse devenait un vrai fardeau, car trop grande pour être utilisée. Finalement, il l'abandonna, la laissant tomber pour y perturber l'avancée. Il s'agenouilla pour la ramasser et, de ce geste, profita de déloger  la dague de son fourreau à hauteur de sa jambe pour la dissimuler à sa ceinture. Et gênant alors les deux brutes derrière lui, le plus petit saisit la faux et repartit en arrière alors que l'autre conseilla à Khalän de continuer à avancer sans y prêter attention.

La descente dans les entrailles du bateau s'acheva au fond d'un long et sombre couloir. Une vieille porte s'ouvrit donnant sur une pièce obscure où une odeur nauséabonde de chair et de sang s'échappait de cet l'habitacle sordide. Sa respiration fut plus agressive, tandis que, paniqué, son regard se perdit dans l'obscurité de cette petite pièce, la dernière de sa vie. Les deux pirates devant lui s'écartèrent, lui ouvrant ainsi le passage, et le colosse à l'arrière l'éjecta violement à l'intérieur d'un coup brutal du pied. Le corps de Khalän sembla se désarticuler par la violence du coup, ses pieds rencontrèrent le sol humide et visqueux, et glissant, il tomba de tout son long, ventre à terre. Et ils rigolaient, ricanaient et injuriaient leur nouvelle victime, et ne pouvant s'empêcher de rire, il eut un fou rire collectif, puis une lanterne fut allumée par le plus costaud.

Khalän se releva au milieu d'une mare de sang, de quelques bras et autres jambes accrochées ici et là, quelques têtes pendaient également comme des trophées et des oreilles étaient clouées aux murs. Relevant ses mains, il regarda ses paumes enduites du liquide écarlate, et son masque, et sa poitrine, et le bas de son corps étaient trempées de sang. Et l'odeur de chair pourrie descendit jusqu'à ses tripes, et se voulant de ne pas vomir dans le masque, il se retint contre un mur, respirant difficilement. Et la fatigue l'accompagnait et pire était la souffrance qu'exerçait son bras embaumé.

- Ressaisis-toi... je t'en prie. se répéta t'il à plusieurs reprises en son esprit.

Et ne pouvant faire mieux, il reçut un coup violent dans le ventre, et le poing du colosse y alla à plusieurs reprises. Plus intense était la douleur, plus forts étaient les rires des deux acolytes restés en dehors de la salle. Et crachant du sang, Khalän se relevait tant qu'il le pouvait et, de toute manière, le colosse ne lui laissait aucun répit, et coup sur coup, il s'exaltait sur le corps du jeune homme, s'acharnant à le briser.

- Ca, tu vois, c'était juste pour mon vieux pote le boiteux ! cracha t'il de sa voix grave.

Il renifla fortement, cracha par terre et reprit.

- Maintenant, c'est pour Venor !

Et les coups reprirent et plus tragique devint le corps de Khalän qui ne pouvait refuser d'encaisser vu le confinement minuscule de l'habitacle. Et il espérait s'effondrer par terre et en finir, il espérait mourir vite. Il l'espérait tant, et lâcha prise, ne levant plus les mains pour se défendre. Et les hallucinations commencèrent. Et des souvenirs vinrent bouleverser ses sens, et le visage de tous les cadavres qu'il enterra en son triste village, et le regard vide de sa bien-aimée gisant sans vie auprès de lui, et ses six mois de tortures, seul à préparer ce fameux voyage au nom de tous les siens, de la vengeance et de l'amour. Et son visage lacéré, et les trois monstres, et leur urine sur son corps, et les rires. Les rires des bourreaux qu'il se jura de faire taire.

Et à présent, le visage de Lilandrile, si froide, si douce, si fusionnelle à l'esprit de Khalän.
Elle qui comptait sur lui, elle qui était tout là-haut en compagnie d'un psychopathe qui commandait un navire empli d'horreurs.

Qu'adviendra t'il d'elle s'il meurt ?
Qu'adviendra t'il des âmes de tous les siens si les trois bourreaux ne meurent ?

Et ces questions transpercèrent tous ses sens, décuplèrent son état physique à coup d'adrénaline et arrachèrent une nouvelle partie de son humanité en la corrompant d'une haine vengeresque. Et ses yeux s'ouvrirent, débordants d'atroces désirs envers son bourreau et tous ceux qui essaieraient de l'arrêter. Et la dague fut libérée de sa ceinture tandis que le colosse recula de quelques pas, essoufflé de ses efforts, respirant comme un porc. Regardant la fine lame que brandissait le jeune homme à l'écorce faciale, il en rigola et les deux autres suivirent.

- Alors, toi aussi tu veux jouer au docteur ! dit le colosse en pouffant de rire.

A ces mots, le jeune homme trempé de sang se rua sur le corps massif du pirate, et d'une agile enjambée atteignit la chair. Et la dague s'enfonça dans le sac de viande, et plus encore, la colère de Khalän lui donna la force d'enfoncer son poing pour y charmer les intestins. Et broyant ceux-ci, obligea le pirate terrifié à s'agenouiller, puis lui susurra quelques mots à l'oreille, tout en regardant les deux autres pirates bouches bées à ce retournement radical de situation.

- Non, moi je suis le chirurgien. répondit L'écorce empli de colère.

Et la lame éventra de tout son long le pirate, et ses boyaux se déversèrent sur le sol en un amas de chair empestant l'alcool. Le corps vidé, Khalän le plaqua contre le mur, se leva et fixa les deux autres pirates. Et à l'image d'un démon rouge écarlate enduit de sang au milieu d'une pièce fétide où morceaux de cadavres étaient accrochés, ils prirent peur et se mirent à fuir, se bousculant l'un et l'autre pour sauver leur vie. Et derrière eux, le démon rouge se mit à les pourchasser. Et l'un fut égorgé, tandis que l'autre se mit à hurler, perdant son chemin dans les dédalles infernales du navire gigantesque. Passant ainsi d'un passage à un autre, il se mit à tourner en rond et vint finalement à rencontrer la lame de Khalän qui se planta en son orbite gauche. Et c'est ainsi que continua le voyage du démon rouge ; à chaque rencontre dans le labyrinthe, un nouveau cadavre.

Et alors qu'il s'efforçait de trouver son chemin, il n'avait en tête qu'à sauver Coeur cendré.



~ Dans la cabine du capitaine ~


Le capitaine Charon se mit à rire aux dires de la jeune femme.

- Je ne suis qu'un humble gentleman, chère demoiselle.
Pourquoi doutez-vous de moi ?


Charon marcha jusqu'à son bureau, farfouilla ici et là pour passer ses nerfs, puis se retourna face à l'éladrinne.

- Vous tuez mes hommes, je vous offre le repas, et voilà que je suis le mauvais dans l'histoire. N'est-il pas déraisonnable de votre part de me traiter de la sorte ? dit il d'un calme mortuaire. Votre ami est certainement en bien meilleur état à présent, grâce à moi. il se rapprocha de la jeune femme, plaqua ses mains violement sur la table et la fixa de ses yeux vides.

- Soyez respectueuse voulez-vous. dit-il en se calmant.
Vous faites honte à votre espèce. ajouta t'il en haussant fièrement les épaules.

La porte de la cabine s'ouvrit de nouveau, un pirate plutôt maigrichon avait en sa possession la faux du jeune humain au masque de bois. Il se précipita pour la tendre à son capitaine. Un bref mot à l'oreille et un rictus s'échangèrent.

- Eh bien, ma chère... votre ami semble vous avoir abandonné ! dit-il en déposant la faux de Khalän sur la table. et dans sa fuite, il a oublié ça.

Il se retourna, fit quelques pas jusqu'à l'imposante baie vitrée, d'où les rayons du soleil éblouissaient toute la pièce, et continua en croisant les bras.

- Selon les dires, il a fui le navire avant même d'être soigné.
Quel lâche... n'est-ce pas ?


A ces mots, il se retourna et s'avança fièrement vers la table.

- Voyez-vous, chère demoiselle, le monde est rempli de lâches.
On ne peut faire confiance à personne.
continua t'il de dire en marchant vers l'éladrinne.

Ses doigts caressèrent la table jusqu'à l'assiette pleine de la jeune femme assise.
Puis, passant derrière elle, il posa l'une de ses mains sur l'épaule de l'aventurière, tandis que l'autre s'empara discrètement d'un poignard.

- Il est certain que vous ne m'aimez pas, et encore plus que vous refusez donc mon offre. Mais peut-être changeriez-vous d'avis si je vous disais que le bateau navigue librement sur les flots. sa main serra plus fortement l'épaule de la jeune femme comme pour la soutenir. Nous avons levé l'ancre, chère demoiselle. Vous n'avez plus le choix, vous êtes à moi. Accepter mon offre. finit-il de dire sur un ton sévère et rocailleux, enserrant la garde de son poignard dissimulé qui servira à égorger l'éladrinne si elle venait à refuser une nouvelle fois.

Et l'ancre fut levée, le bateau sur les flots des larmes naviguait depuis peu, condamnant les deux voyageurs à y rester.
Et tandis qu'un démon rouge arpentait les intestins du navire, un capitaine sanguinaire allait égorger une guerrière.




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MessageSujet: Re: Sur le ponton écarlate   Dim 14 Sep 2014 - 9:01

La situation ne s'arrangeait réellement pas, mais ce fut encore pire lorsqu'il eu l'audace de parler du respect des Éladrins. Connaissait-il réellement le peuple ou se fiait-il seulement au rumeur qu'il avait entendu ? Lilandrile était déjà sur les nerfs par son attitude et maintenant voilà qu'il se permettait ce genre de réflexion, bien trop aléatoire et qui n'avait aucun sens pour l'herboriste. Contrairement à ce qu'il pensait, il n'y avait aucun respect particulier chez les Éladrins. Il n'y avait que de la sagesse et pour le moment il lui semblait en avoir assez fait étalage. Sachant que cet homme se permettait de donner des leçons alors qu'il ne connaissait réellement rien à son peuple. Cependant, elle ne fit rien de particulier, elle laissa là la conversation jusqu'à ce qu'un des hommes revienne avec la faux de Khalän. Le sans de Lil ne fit qu'un tour et finalement les paroles du capitaine prirent le sens qu'elles avaient toujours eu pour elle. Mon dieu, qu'était-il donc arrivé au jeune homme. Elle laissa cependant ses réflexions sur le côté alors qu'il reprenait la parole, s'avançant vers la table.

Le regard gris de l'Éladrine se posa dans le vide un moment jusqu'à ce qu'il approche près d'elle, un peu trop près d'ailleurs, beaucoup trop près qu'elle ne pouvait le supporter. Lorsque la main du capitaine se posa sur son épaule, la jeune femme se tendit plus que de raison. Elle chercha à comprendre pourquoi ça ? Pourquoi elle ? Les Éladrins étaient des personnes mystérieuses, mais pas attirante. Elle ne cherchait pas à séduire et surtout pas à être sur la mer. Ce n'était pas du tout dans leur gênes et Lilandrile ne faisait pas exception. Elle aimait la forêt, elle aimait la verdure et les grands espaces. Elle n'aimait pas se prélasser sur l'eau, elle ne voulait pas le faire d'ailleurs, elle détestait par dessus tout les bateaux et elle détestait les abrutis dans son genre. Elle ne dit cependant rien et laissa couler son ouïe. Elle sentit quelque chose, une bataille, non des batailles et puis un mort, deux morts et d'autres encore tombèrent. Khalän. Le bruit de ses pas, s'était bien lui. Que le bateau avance ou pas ne lui faisait ni chaud ni froid. Ce fut à son tour de prendre la parole, relâchant son ouïe.


« Vous parlez de respect ? Mais ce sont vos hommes qui nous ont attaqué en premier. En vérité, je me demande d'ailleurs si ce n'est pas de votre fait tout cela. Je me demande réellement ce que vous voulez, ce que je pourrais représenter pour vous, mais sachez-le, je ne serais jamais ce que vous désirez. Votre trophée, vous pouvez vous le mettre ou je pense. De plus si vous connaissiez réellement les Éladrins vous sauriez une chose, c'est notre sagesse qui fait de nous des êtres d’exception et non pas notre respect. »

Il venait de dépasser les bornes et elle ne supportait plus la situation. Cette main sur son épaule, ce type devant elle, la colère la prit aussi facilement qu'elle rongeait ses entrailles quelques temps avant. Il fallait qu'elle retrouver Khalän et rapidement. Ce que cette homme ne savait pas, c'est qu'un bon guerrier ne se promenait pas seulement avec une seule arme. Avec toute la rapidité dont elle était capable, l'Éladrine posa sa main sur celle du capitaine comme si elle allait accepté le sort qu'il lui réservait, seulement, elle serra tellement fort qu'elle faillit lui briser les doigts, sa prise déserrée, elle se leva rapidement et coucha le capitaine sur la table, récupérant sa dague au passage. Celui-ci maîtrisé, elle envoya la dague qui prit refuge dans le cœur de l'homme qui avait apporté la faux. La jeune femme se pencha alors et murmura à l'oreille du jeune homme.


« Je vous l'ai dit, je suis plus vieille que vous, largement. J'ai vu des choses que jamais vous ne pourrez voir et j'en verrais encore lorsque vous serez mort. Il y a une chose que les Éladrins tel que moi, que les guerriers plutôt tel que moi détestons par dessus tout : les menaces. J'espère pour vous que mon ami est encore en vie et en état sinon vous allez sincèrement le regretter. »

Et elle l'assomma proprement avant de le ligoté et de l'attacher dans un endroit où elle était certaine qu'il ne pourrait pas se détacher. Le fouillant pour être certaine qu'il n'avait pas d'autre arme sur lui, elle récupéra d'ailleurs deux dagues en plus et finalement elle reprit le chemin de la sortie. Laissant son ouïe coulé, elle chercha l'Humain qui était avec elle. Il ne lui fut pas simple de le trouver, mais finalement elle trouva sa signature. Dégainant ses épées, elle sortit de la cabine. Nombre d'entre eux se battaient avec des pistolet et elle dû esquiver pas mal de chose, probablement pas assez alors qu'une balle frôla son bras et qu'une de ses épées s'ébrécha suite à un coup. La fureur qui la prenait lors de ses moments s'intensifia, jusqu'à ce qu'elle finisse d'éliminer les derniers opposant. Finalement à la fin il ne restait plus grand monde. Elle se dirigea vers l'endroit où elle avait entendu les pas. Se précipitant par là, elle finit nez à nez avec le jeune homme qui semblait encore plus mal en point qu'avant. L'herboriste se jeta littéralement sur lui, posant ses mains sur son visage. Elle avait une furieuse envie de lui enlever son masque de voir comment il allait, cependant ils n'avaient pas le temps. Prenant sa tête dans ses mains, cherchant à savoir comment il allait, elle le serra doucement contre elle. Tant pis pour le sang, peu lui importait.

« Mon dieu Khalän. Nous n'aurions jamais dû montrer sur ce bateau. Il faut rapidement s'en aller. J'ai vu des chaloupes tout à l'heure, nous ne sommes pas loin de la côte, nous devons rapidement nous en aller. »


Il restait probablement encore assez de monde pour nous mettre à terre et elle n'avait réellement pas envie que ce soit le cas. Il fallait se dépêcher en espérant que tout irait pour le mieux et qu'elle pourrait alors faire soigner le jeune homme.


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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Nouveau choix difficile...   Lun 22 Sep 2014 - 4:29

Et l'étreinte entre l'homme et l'éladrinne fut passionnée, bouleversée par les émotions qui vinrent presque assommer le jeune humain. Et Khalän l'enlaça alors qu'elle se jeta sur lui, et il l'enserra si fort, si fort. Le guerrier, si féroce s'y blottit presque, se mouvant dans les bras de Lilandrile comme un enfant contre sa mère après avoir fait une fugue. Et les mots vinrent tous seuls, rapides, sans faille et sincères.

- Je suis désolé... je suis désolé de t'avoir laissé. prononça t'il douloureusement.

Et de cette étreinte enivrante, le jeune homme tâcha de sang la jeune femme et, voyant cela, il recula de quelques pas et ses lèvres prirent une tournure dramatique, comme à porter le poids de tout un monde empli de regrets. Et ses yeux se fondirent dans les siens et un dernier souffle de parole lui vint.

- Vraiment... je... suis... désolé.

Et durant quelques fractions de secondes, sa fureur s'était dissipée, envolée comme si elle n'avait jamais existé. Il se souvint de tout ce qu'il avait fait entre le moment où il était sorti de la pièce macabre aux membres jusqu'à ce pont où cadavres s'amoncelaient, corps transpercés des lames de Coeur cendré. Et sa respiration entreprit une valse harmonieuse avec les cadences discordantes des battements de son cœur qui finalement reprit sa normalité.

Tout ceci était de sa faute, et rien n'aurait été dramatique s'il n'avait pas levé la main sur la brute du ponton. Si, maladroit qu'il était tant, il avait pu éviter la balle du pirate nommer Venor. Si seulement, il avait pu ne pas rencontrer Lilandrile. Si seulement, il en était moins attaché. Peut-être que... mais peut-être pas. En aurait-il fait autant pour quelqu'un d'autre ? Il l'espérait de tout son cœur, car le voilà tourmenté. Elle l'avait suivi, suivi un inconnu. En aurait-il fait autant lui-même ? Quelques mimiques se formèrent sous son masque, quelques gémissements désappointés.

Et l'éladrinne parlait, elle voulait partir, prendre l'une des chaloupes et s'enfuir avant que le reste de l'équipage ne rapplique. Et Khalän s'échappa de son cercle d'amertume et de souffrance pour se concentrer aux mots de la jeune et belle guerrière. Mais, contre tout, il n'était de son avis et lui partagea son désir.

- Tu n'as que compassion envers moi, Lilandrile, ce qui te pousse à éviter que je ne tombe. Mais tu sais tout comme moi qu'on ne peut pas les laisser là. Les esclaves. J'ai vu ton regard tout à l'heure. Et bien que tu t'efforces de vouloir afficher cette froide apparence, tu aimes les gens, ceux qui sont bons, ceux qui ont besoin d'aide, tu les aimes autant que je les aime. Nous sommes pareils, tu sais. C'est bien pour cela que je te suivrai, tout comme tu le fais pour moi.

Il s'arrêta deux secondes, détournant le visage vers l'horizon lointain, puis revint s'accrocher au sombre gris de ses yeux.

- Si nous les libérons avant que le reste de l'équipage ne rapplique pour nous embrocher, nous pourrions nous battre tous ensemble contre eux, et peut-être même prendre ce bateau. continua t'il avant de s'approcher encore plus d'elle.

- Tu pourrais devenir le nouveau capitaine de ce navire. proposa t'il finalement.

Il baissa la tête et fit vaciller son visage de droite à gauche, comme à combattre ses démons intérieurs, puis releva les yeux.

- Bien sûr, d'un autre côté, nous pourrions y trouver la mort, ainsi qu'engendrer celle des esclaves. Peut-être suis-je trop sûr de moi. dit-il en regardant la chaloupe à quelques mètres de là, ne sachant quelle décision était la meilleure. L'une étant raisonnable, l'autre héroïque mais risquée.

- Je suis épuisé, blessé, mais ne m'effondrerai pas. Nous nous soutiendrons, nous combattrons ensemble, et j'espère pouvoir te protéger mieux que ça à l'avenir.

Qu'en dis-tu, Coeur cendré ?


Et un nouveau choix fit face à Lilandrile.
La chaloupe libératrice ou le navire noire.

Khalän ne la forçait en rien, et la suivrait quoi qu'elle decide, car en cet instant, il était difficile de savoir s'il était plus raisonnable de prendre la fuite ou de rester.


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MessageSujet: Re: Sur le ponton écarlate   Lun 22 Sep 2014 - 16:52

Elle regardait le jeune homme tranquillement, se demandant bien ce qu'il avait et pourquoi il ne répondait pas tout de suite. Tel une transe dans laquelle il était plongé. Lilandrile espérait sincèrement qu'il allait bien, ce n'est que quand il la serra qu'elle se détendit légèrement. Peut importe le sang qui maculerait leurs vêtements, peut importe ses courbatures et peu importe le temps qui passait, elle priait pour qu'il prenne enfin la parole et qu'il lui montre qu'il allait réellement bien et finalement après un temps il prit la parole. Désolé, il avait réellement l'air de l'être, cependant lorsqu'il s'éloigna, l'Éladrine se sentit quelque peu perdu. Étrange sensation que celle là. Elle laissa cependant cette sensation de côté et se rapprocha doucement alors qu'il se rapprochait lui aussi. Bon sang, il allait bien, mais visiblement il avait été sacrément amoché. Ces pirates paieraient pour ce qu'ils avaient fait peu importe ce que cela devrait coûter.

Elle reprit tranquillement le cours de la conversation alors qu'il reprenait la parole. Ses mots toucha le cœur de glace de l'Éladrine. Ou plutôt cette pellicule de glace qu'elle posait autour de son cœur pour en plus être blessé. Ce genre d'acte lui ressemblait bien, derrière ce regard froid et distant se cachait quelqu'un de totalement altruiste, pensant d'abord au bonheur des autres avant de penser au sien. Elle le regarda alors dans les yeux, sachant qu'il avait parfaitement raison. Laisser les autres ici n'était pas du tout une bonne idée, surtout qu'ils paieraient probablement pour leur fuite alors qu'ils n'avaient rien fait, cependant espérer d'eux qu'ils puissent les aider à se défendre était probablement trop demander. La jeune femme regarda son compagnon de toujours et le laissa continuer de parler, seulement lorsque sa dernière question tomba, elle fit d'abord quelque chose qui n'avait rien à voir avec sa question et qui allait probablement lui paraître étrange. Ce fut d'une voix douce et chantante, une véritable voix d'Éladrin qu'elle prit la parole.


« Laisse toi déjà faire. »

Elle ne voulait pas qu'il panique car ce qu'elle s'apprêtait à faire était étrange et Lil en avait parfaitement conscience, cependant avant de tenter quoi que ce soit, elle devait réellement faire quelque chose. Enlevant ses vêtements, elle commença à inspecter ses plaies. Elle posa ses mains aux endroits ou les plaies étaient superficielles et commença à les refermer, sur les plaies les plus graves, elle utilisa son sort cataplasme et s'appliqua à bander les blessures aussi rapidement que possible. Et finalement tout en faisant cela, elle prit la parole.

« Dit donc pour quelqu'un qui ne me connaît pas depuis longtemps tu m'as sacrément bien cerné. Désolé de t'avoir déshabillé en quelque sorte, mais si on doit se battre, il va falloir que tu sois au top de ta forme. »

L'herboriste finit rapidement son travail et finalement l'aida à se rhabiller. C'est d'un air dur et grave qu'elle prit de nouveau la parole.

« Je ne suis pas certaine qu'ils soient réellement en état de combattre, mais tu as raison sur un point, je m'en voudrais de les laisser là alors que l'un d'entre eux à tout fait pour me mettre en garde. Je sais bien que cette attitude froide et distante n'aide pas, mais c'est mieux ainsi, pourtant oui je ne peux m'empêcher d'aider les autres. »


Elle finit par se retourner vers lui et poser ses mains sur ses épaules.

« Ne t'en fait pas, si tu ne l'avais pas fait, c'est moi qui l'aurais fait alors tu n'as pas à t'en vouloir d'accord. Rien n'est de ta faute et puis j'ai fais quelques victimes et je pense que le capitaine ne va pas aimé d'être ligoté sur son propre bateau, une fois qu'il se sera remis de sa migraine. »

Un sourire, rare chez elle se profila sur ses lèvres pour une seule et unique personne et finalement c'est avec un nouvel enthousiasme qu'elle reprit la parole.

« Bien on a du boulot, allons les délivrer et voir ce que cela donne. Cette action sera peut-être notre dernière, mais je n'ai pas peur, ce n'est pas dans mes gênes, je me battrais jusqu'au bout, pour vous sauver tous, pour te sauver, alors s'il te plaît, ne prends pas trop de risque. »

Elle laissa allez son Ouïe pour être certaine de ne rien oublier et surtout pour être avertit en quelque sorte. Se dirigeant vers l'endroit où elle entendait le plus de bruit dû à l'effort.


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Khalän Sulimë
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MessageSujet: Rébellion...   Mer 24 Sep 2014 - 14:32

Posant sa main ici et là sur les plaies du jeune guerrier, Coeur cendré pratiqua sa magie revigorante. Il sentit une chaleur recouvrir tout son corps, puis vint à se localiser plus intensément à ses plaies, s'en suivit une agréable sensation de guérison. Et tandis qu'elle prenait soin de lui, lui la regardait pleinement, caressant son visage de son regard, s'essayant presque de panser ses plaies par la seule force de sa pensée. Chose vaine qui pourtant emplissait le cœur du jeune homme jusqu'à trouver la plénitude d'antan, juste quelque instant.

Les plaies les plus bénignes disparurent, tandis que celles plus graves n'exerçaient presque plus de douleurs à Khalän, mais quelques bandages furent tout de même appliqués pour éviter qu'elles ne s'ouvrent à nouveau. Et les mots de la jeune éladrinne s'immisçèrent en l'esprit du chasseur, et les souffrances et la fatigue s'estompèrent, bien que toujours présentes. Aucune femme n'avait touché son corps depuis bien longtemps et les mains de sa défunte bien-aimée apparurent furtivement en ses souvenirs. Et elle lui manquait et il l'aimait tellement, mais comment continuer seul à aimer pour deux ? A cette réflexion, Khalän reprit ses esprits et releva son regard en direction de sa compagne qui finissait de panser ses blessures.

Et enfin, un sourire.
L'un de ceux que Khalän ne pourrait oublier de la part de Coeur cendré, l'un de ceux qu'il n'avait encore jamais vu en elle. Et plus encore, ses mots pansèrent ses maux, et motivant Khalän, il répondit à son tour.

- Je te le promets. dit-il sincèrement à la demande de Lilandrile qui lui avait demandé de ne pas prendre trop de risque.

Et tous deux se séparèrent, l'une partit en direction de la poupe, l'autre vers la proue du navire pour y libérer les esclaves de L'œil noir.

Khalän dépassa le mât et descendit quelques marches, tua deux pirates s'apprêtant à charger leur arme à feu et arriva à une porte en bois condamnée d'une simple planche que le jeune guerrier s'empressa de retirer. Et derrière celle-ci, une grande salle obscure où une vingtaine de silhouettes recroquevillées fixèrent apeurées le jeune guerrier.

- Vous êtes libres. dit-il tout naturellement.

Aucune ne bougea, effrayées par l'apparence de Khalän certainement.
Puis, l'un des esclaves, chaînes aux pieds, s'avança prudemment vers celui-ci.

- Comment ça ?
- Vous êtes libres. répéta à voix haute Khalän.

Tous se levèrent et se regardèrent, quelque peu sceptiques, puis certains se mirent à rires nerveusement, d'autres à pleurer. Et celui qui se tenait face à Khalän semblait être tout désigné pour être le meneur.

- Pourquoi feriez-vous ça ?
- Parce que vous ne le méritez pas.

Un sourire se dessina sur les lèvres de l'esclave.

- Mais... nous sommes tous enchaînés...

Le jeune guerrier recula de quelques pas, dégaina un pistolet d'un des cadavres pirates et tira dans la chaîne du meneur qui se brisa. L'esclave se précipita sur l'autre cadavre, déroba les clés et alla libérer les siens.

- Ecoutez, il reste des pirates sur ce navire, vous devez vous rebeller et prendre ce bateau. Rejoignez-nous sur le pont ! ordonna Khalän avant de s'éclipser.

Il était déterminé, ne pouvait s'arrêter et rejoignit la cabine du capitaine Charon.
Il récupéra sa faux, posée sur la table, détacha le capitaine, le força à se relever et l'emmena sur le pont. Khalän le plaqua ensuite sur le mât et l'attacha solidement avec l'un des cordages.

- C'EST MON NAVIRE ! hurla Charon tandis que le jeune homme continuait à enrouler le mât de l'épais cordage pour y fixer le sombre homme. DETACHE-MOI TOUT DE SUITE ! reprit-il en essayant de se défaire de ses liens.

Cette fois, Khalän s'arrêta, posa le cordage et lui envoya un coup de poing violent qui expulsa l'une de ses dents de devant. Le capitaine cracha du sang et, de son sombre regard, harponna Khalän qui reprit le cordage et finit le nœud.

- Tu vas mourir pour ça, sale bâtard. dit Charon d'un ton glacial et étrangement calme.
- Nous verrons bien. répliqua le jeune guerrier en quittant le mât pour rejoindre les esclaves.

Les pauvres personnes étaient faibles, fatiguées, bien trop fragiles pour tous se battre, pourtant quelques-uns s'armèrent de tous ce qu'ils trouvèrent sur les corps inertes des pirates et occupèrent le pont en compagnie de Khalän. Et celui qui les menait fit face au guerrier, une hachette à la main.

- Nous sommes si peu... les plus faibles sont restés dans la cale pour leur sécurité. Que fait-on maintenant ?
- On attend. répondit aussi vite le guerrier.
- Est-ce le capitaine attaché sur le mât ? continua l'homme nouvellement libre.
- C'est bien lui, mais il n'est plus capitaine.

- ILS ARRIVENT ! hurla l'un des anciens esclaves en revenant des cabines du dessous.

Khalän se posta devant l'entrée donnant sur l'intérieur du bateau, derrière lui se tenaient une dizaine d'hommes effrayés et armés de couteaux et de fusils, tremblants face au combat à venir contre leurs anciens bourreaux.

- TENEZ-VOUS PRETS ! hurla Khalän.

Les planches de bois du pont se mirent à vibrer, les pirates en dessous courraient, s'empressant de rejoindre l'extérieur pour livrer bataille. Et des cris et des grognements se firent entendre venant d'en bas et de plus en plus fort. Et la puissance du soleil grandissait au loin, éblouissant le pont tout entier qui bientôt se nourrira du sang des combattants.

- Ne tarde pas trop, Lilandrile. murmura le jeune guerrier, tenant fermement sa faux en direction de la sombre entrée menant aux cales du dessous.

Et lorsque la porte céda, brisait par la violence des coups, une horde de pirates affamés et ivres se ruèrent sur le petit groupe d'hommes mené par Khalän. Et les bourreaux se jetèrent sur leurs esclaves, et Khalän tournoya sa faux dans les airs avant d'embrocher un homme et de le décapiter.

Et le combat n'allait cesser là, malheureusement.


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MessageSujet: Re: Sur le ponton écarlate   Jeu 25 Sep 2014 - 3:27

Je te le promet, une promesse qu'elle savait être réelle non pas parce qu'elle était empathique, mais parce qu'une intuition lui disait qu'il ferait attention. Un sourire de sa part et finalement alors qu'il se dirigeait d'un côté, elle se dirigea de l'autre. Son chemin était plus long, mais elle savait aussi une chose, ceux vers qui elle allait était ceux qui avaient le plus de potentiel dans la bataille. L'Éladrine finit par accélérer le pas et passa quelques portes jusqu'à arriver dans une salle où trois pirates tentèrent alors de lui tirer dessus. Au delà des capacités de druide qu'elle possédait, la jeune femme avait toujours fait travailler son corps de tel façon à ce que celui-ci soit souple et réagisse rapidement. Il ne lui fallut donc que quelques secondes pour dégainer ses épées et couper la tête de l'un, trancher le torse de l'autre et plonger son épée dans le cœur du dernier. L'herboriste avisa alors les clés qui étaient autour de la ceinture d'un des pirates et s'en empara, sans aucun sentiments pour ceux qui avaient pris les autres en esclavages. Elle s'avança vers la porte, l'ouvrant d'un grand coup et regarda les esclaves à l'intérieur.

« C'est terminé »

Ils la regardèrent tous avec horreur au début et se rendirent compte qu'elle n'était pas pirate. Nombre d'entre eux étaient de ceux qui faisaient avancer le bateau, bien musclé, et surtout mieux portant que d'autre. L'un des esclaves enchaîné pieds et mains s'avança vers elle.

« Vous voulez dire qu'on est libre ? »

« Je veux dire que si vous nous aidez à reprendre le bateau, il sera à vous et vous serez libre oui, mais nous allons avoir besoin d'aide. »

Il l'a regarda, faisant signe à ses camarades de venir. Elle ouvrit alors les menottes au mains et puis au pieds, une fois que tout le monde fut libéré, le chef, enfin celui qui semblait être le chef s'adressa à elle.

« Nous vous aideront, chacun de nous sait se battre, par contre nous aurions bien besoin de quelques armes tout de même. »

Un sourire se dessina sur les lèvres de l'oreille pointue et finalement elle reprit la parole.

« Ce n'est pas un problème suivez-moi. »

Et elle prit le chemin qui menait à une sorte d'armurerie, leur montrant tout ce qu'il y avait.

« Prenez ce dont vous avez besoin, mais rapidement s'il vous plaît, nous devons nous dépêché, j'entends déjà des écho de bataille. »

Elle avait peur pour les autres esclaves, mais surtout pour Khalän, il était blessé et se battre dans ce genre de situation n'aidait pas vraiment à la cicatrisation. Un soupir s'échappa des lèvres pâles de la jeune femme et finalement après quelques minutes, lorsque tout le monde fut harnachés et prêt au combat, l'Éladrine s'élança suivant son ouïe. Elle était à peine arrivée, qu'elle vit un pirate s'avancer vers son compagnon de route. L'une de ses épées s'élança alors de sa main pour se ficher en travers du torse du pirate. Elle finit par courir sur les derniers mètres, sautant avec une pirouette jusqu'à l'homme et son épée. Son regard se posa sur Khalän et son autre main tenant l'autre épée se planta dans le cœur du pirate à côté d'elle. Elle prit rapidement la parole.

« Je t'ai manqué ? »

Un petit sourire taquin se glissa sur ses lèvres et elle leva le bras pour appelé ses guerriers. Même s'ils avaient été esclaves, chacun d'eux pouvaient prétendre au titre de guerrier. Ils s'avancèrent tous et la bataille se rééquilibra instantanément.

« Ils veulent leur liberté et savent se battre, alors donnons la leur d'accord ? »

Sans attendre un quelconque assentiment, la jeune femme se retourna et commença alors son ballet. Une balle frôla son bras et la brûlure lui fit serrer les dents, cependant cela ne l'arrêta pas, il était temps d'en terminer avec ce navire de malheur.


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Divinité(s) : Solarim, Dieu de la magie et de la nature
Faction ou Clan : Aucune alliance

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Races: Bélinois
Réputation:
1460/5000  (1460/5000)
Adage: Greffé sur mon visage, le symbole de mon voyage.
MessageSujet: Un nouveau départ.   Dim 28 Sep 2014 - 15:51

Et la bataille éclata et bien plus les cris de guerre et de souffrance, et le sang et les boyaux tapissaient le pont du navire, et les corps des esclaves et des barbares s'amoncelaient, empêchant tout déplacement rendant les combats plus ardus, plus intenses et dangereux. Et la sueur et les pleures, et le souffle et la vie, en un simple instant, surgissaient et disparaissaient en plein milieu d'un chaos sanglant ne pouvant que mieux ravir les êtres divins de la mort.

Et sur ce sombre et vieux bateau s'éloignant sans cesse du port de Bélin, d'où le ponton écarlate devenait minuscule, le sang s'écoulait et tout autour de celui-ci, une fine couche de liquide rouge attirait quelques prédateurs aquatiques aux ailerons gris et blancs fendant les flots. Et dérivant sans personne au commande, L'œil noir s'éloignait inexorablement. Et cette auréole écarlate agrippant le bateau fut bientôt perturbée par les corps basculant du pont, certains étaient des pirates, d'autres d'anciens esclaves, mais tous finissaient entre les dents pointues des requins et, déchirés par la férocité de plusieurs poissons se disputant le butin, il n'en restait jamais rien.

Et le combat continuait, Khalän fit tomber quelques têtes, déversa quelques intestins, opéra quelques mâchoires mais, épuisé, son regard se troubla peu à peu, et perdant de sa cécité, il ne vit aucunement le pirate lorgner sa cible masquée et s'y élancer plein de rage. Et une lame en plein cœur interrompit son ascension, et Khalän le regarda bien trop tard s'effondrer sur le sol, comprenant ainsi qu'il venait d'être sauver. La main fine mais musclée de Lilandrile retira l'airain du corps inerte puis, de l'autre lame, éteignit une autre vie et, d'un sourire partagé, elle rassura le jeune homme de quelques mots s'engageant à une étreinte teintée d'humour.

- Manqué ? Un peu, oui. répondit le jeune homme sur le même ton.

Elle était là, ils étaient de nouveau deux et se comprenaient plus que jamais.
Elle leva le bras et une troupe d'esclaves bien bâtis se joignirent au combat, terrifia les pirates restant, terrassa les dernières lueurs d'espoirs des barbares en sous nombre mais d'autres apparurent et, sortant des orifices du vaisseau, le combat n'en devenait que plus tragique et épique.

Et les mots de Lilandrile forcèrent le respect, voulant à tout prix donner la liberté à ceux qui le méritaient, et elle avait raison et il était tout aussi prêt qu'elle. Et ensemble, ils se battaient tandis que le bateau dérivait toujours. Et voyant cela, le jeune homme interpella le meneur des esclaves.

- Nous partons à la dérive, prends la barre !
-  Où allons-nous ? demanda le jeune homme un peu maigrichon.
- En Térovia, à Ragepierre. répondit Khalän sans une once d'hésitation.
- Bien.

A ces mots, le faible homme demanda à quelques compagnons de déplier les voiles à l'avant, monta sur le promontoire, à quelques mètres de là, prit la roue de bois entre ses mains et dévia le navire en direction du nord-ouest, vers le continent.

Puis, un coup de feu fut tiré et l'épaule de Coeur cendré se mit à saigner.
Alors Khalän lâcha sa faux qui tomba lourdement sur les planches de bois saignantes, et une flèche fut retirée de son carquois et une corde fut tendue. Le projectile s'aligna au front du tireur durant toute sa course dans les airs et s'y logea violement, traversant de moitié son crâne. Le barbare s'écroula comme un pantin et Khalän, inquiet, vint vérifier la plaie de Lilandrile.

- Oh, rien que ça ! reprit-il avec humour en projetant son regard dans le sien.

A cela, les deux guerriers se mirent dos contre dos et commencèrent une valse sanglante avec ce qui restait de pirate, et tous les regards se figèrent à ce ballet ensanglanté clôturant une fois pour toute cette bataille insensée. Quand cela fut fait, Khalän et Lilandrile s'assirent dos contre dos et soufflèrent pour reprendre leur esprit, et un rire collectif ou peut-être nerveux, fut partagé entre eux. Et les survivants, les anciens esclaves, eurent une nouvelle étincelle en leurs yeux, un nouveau départ, une nouvelle vie.

Les membres du nouvel équipage aidèrent les deux héros à se relever, et tous hurlèrent en chœur la victoire, tandis que certains, plus sensibles, s'y abstenaient ou pleuraient les pertes.

- Que fait-on du Capitaine Charon ? Il est toujours accroché au mât et n'a pas l'air content. intervint, de sa voix grave, un homme plutôt musclé
- Je l'avais presque oublié celui-là. Son sort appartient désormais à votre nouveau capitaine. répondit Khalän en guidant tous les regards vers Lilandrile.

Le jeune homme lança un regard taquin à Cœur cendré, lui lançant en quelque sorte un petit défi comme s'en lanceraient deux enfants malicieux. Et bien qu'elle ne pouvait voir son sourire, Khalän était sûr qu'elle se l'imaginait au-delà de son masque. Et comme si cela n'était pas assez, il continua sur un ton plus enjoué comme à l'embêter de plus belle. Et la fatigue semblait de plus en plus le tirailler également, et ses blessures n'avaient de cesse de le faire souffrir et, pourtant, il était heureux.

- Il serait bon également de trouver un nouveau nom à ce navire, n'est-ce pas Capitaine Al'Sharam ?

Et tandis qu'un nouveau chef avait été élu, qu'un nouvel équipage avait vu le jour et que ce jour allait bientôt mourir, le fameux navire s'enfonça en la mer des Larmes et, tout autour de lui, l'horizon chaud les conduisait en direction de nouvelles terres.





Like a Star @ heaven ~ La brume se lève ~ La mer des Larmes ~ L'île aux illusions ~


Epopée de Khalän
Dévot de Solarim : L'Exaltation - Flore sauvage

Monture de Khalän :
Brume:
 
Ancien visage de Khalän :
Avec le masque:
 
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Lilandrile Al'Sharam
Cœur cendré
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MessageSujet: Re: Sur le ponton écarlate   Lun 29 Sep 2014 - 11:54

La bataille éclatait de partout et elle se demandait si tout le monde allait en réchappé. Visiblement elle était arrivé à temps pour éviter un gros problème et Khalän et la réponse du jeune homme à sa façon de parler la fit sourire plus que de raison. L'Éladrine ne savait pas pourquoi, mais il était la première personne avec qui elle n'avait pas peur d'être réellement elle-même. Cependant il était encore hors de question de révéler son passé, ses années troubles, cette appartenance à un clan qui n'était pas vraiment le sien et à une famille qui n'avait fait que la repousser pour des raisons... stupides. Non, elle ne devait pas se laisser aller à ce genre de réflexion pour le moment, ça ne ferait que la déconcentré et ce ne serait réellement pas pratique. La blessure n'était pas très grande, mais elle n'avait pas le temps de la refermé et puis Khalän s'était déjà occupé de celui qui avait tiré cette balle, elle n'avait rien d'autre à faire que de s'occuper de ceux qui venait, cependant elle le vit venir et se pencher sur sa blessure, surprise pendant un temps, l'herboriste le foudroya gentiment du regard.

« C'est sur qu'en comparaison des tiennes, mon égratignure n'est rien. »

Elle lui lança un clin d’œil et finalement la bataille repris tranquillement. Enfin tranquillement était un mot a ne pas utiliser dans une bataille techniquement parce que le combat s'était réellement tout sauf tranquille ou reposant. Lilandrile suivit alors les mouvements de son compagnon et ils se mirent dos à dos, enchaînant les coups comme si chacun d'eux pouvait anticiper les mouvements de l'autre, c'était assez intriguant et en même temps ça plaisait à le jeune femme. Peut-être qu'avec lui...peut-être qu'elle pourrait lui dévoiler son histoire, ses profondes blessures et le sens de ce surnom. Son cœur brisé et flambé qui n'était plus que poussière et cendre. Elle repoussa une nouvelle fois cette idée, ce n'était pas le moment sérieusement, pas du tout le moment. Elle se reconcentra sur le combat et finalement la bataille prit fin avec un dernier groupe de pirate. Ils s'assirent de concert, toujours dos à dos, l'Éladrine colla doucement l'arrière de sa tête contre celle de Khalän essoufflé.

La suite la laissa perplexe, un rire nerveux leur échappa et finalement permit de relâcher totalement la pression. Enfin s'était terminé, enfin … elle respira plus tranquillement et finalement se leva invitant Khalän à faire de même. Sa blessure avait arrêté de saigner, mais elle s'inquiétait bien plus pour celle de Khalän, seulement elle n'eut pas le temps de s'inquiéter de quoi que ce soit qu'un des anciens esclaves prit la parole. On pouvait voir l'ancien capitaine du bateau accroché au mat qui ruminait. Le jeune homme prit alors la parole et lorsqu'il désigna qu'il y avait un nouveau capitaine, elle regarda  alors Khalän et quand il l'a monta elle, elle ouvrit des yeux ronds comme des billes. Mon dieu non, il avait pas osé tout de même. Elle soupira un instant, souriant et finalement à son autre phrase, elle ne put s'empêcher de répondre.


« Il me semble que je n'ai réellement pas l'étoffe d'un chef et surtout je n'y connais rien en bateau. Kerol veux-tu bien venir là s'il te plait ? »


Le dénommé vint vers elle et s'agenouilla.

« Cesse ça, tu n'es plus un esclave désormais. Il me semble que tu connais ce bateau mieux que personne, c'est à toi qui revient la charge de capitaine. Alors capitaine quel nom pour ce bateau ? »

« La liberté retrouvé. »

Un nom qui collait parfaitement. Elle sourit tranquillement à Kerol et finalement s'avança vers Khalän. Elle était plus grande et s'était fort heureux pour le coup.

« Tu me revaudras ça et de suite. »


Et sans rien dire de plus, elle le prit dans ses bras. Elle avait bien sentit sa fatigue et surtout il devait se reposer.


« À vous de jouer capitaine, nous avons besoin de nous reposer. Sans arrières pensées. »

Et elle entendit les rires fuser derrière elle lui tirant alors un sourire alors qu'elle portait Khalän jusqu'à une cabine spacieuse et vide ou elle le déposa.

« Il est temps que tu te repose, je vérifierais tes blessures plus tard. »

Elle passa sa main dans ses cheveux et attendit qu'il daigne bien s'endormir. Une fois fait, elle le couvrit et retourna sur le pont, prenant au passage un balais et un seau et commença à nettoyer le pont, certains s'en offusquèrent mais elle leur fit comprendre que désormais il n'y avait plus d'esclavage, ils étaient tous libre. Il fut décidé d'un commun accord de jeter le capitaine par dessus bord, ce que tout le monde fit avec plaisir. Les requins se régalèrent et tout le monde fut content. Ne restait plus qu'à mettre de l'ordre sur ce foutue navire.


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Sur le ponton écarlate

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