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 Une aube douloureuse. [Libre]

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Niri Miladir
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MessageSujet: Une aube douloureuse. [Libre]   Dim 24 Aoû 2014 - 15:41

Le souffle coincé dans sa poitrine, l''éladrine balayait fébrilement l'air de ses mains, tentant vainement de se rattraper à quelque chose qui l'empêcherait de tomber. Son regard criait à Rorel de faire quelque chose, n'importe quoi ! Mais celui-ci ne put rien faire prit au dépourvu et elle ne devait rencontrer que du vide...

Ça y est. C'était terminé ? Elle finirait donc son histoire ainsi ? Non. Cela ne lui allait absolument pas. C'était trop facile, trop simple ! Le temps qu'elle réalise pleinement qu'elle chutait, probablement emportée vers sa propre mort, son cœur se serra douloureusement. Si seulement elle avait sût voler... Hélas, ce n'était pas le cas et elle allait s'écraser sur les roches acérées rejoindre le corps qu'elle avait aperçu un peu plus tôt...au moins tout deux se tiendraient-ils compagnie dans la mort.  Ses iris clairs se fixèrent sur un ciel nocturne d'où ne brillait aucune étoile. Comme s'il ne lui était même pas permit de croiser du réconfort dans les cieux. La seule chose qu'elle put faire alors, fut de faire disparaître de son esprit le visage désespéré de Rorel. Bizarrement, la chute n'en finissait pas, c'était comme si elle était suspendue dans les airs, mais son esprit suractivé songeait trop, réfléchissait trop, se souvenait trop...

Puis soudain, tout devint noir.

Le choc fut d'une violence inouï. Happé brutalement par la rivière tumultueuse, si le corps de la jeune femme ne se brisa pas sur les pierres, il fut en revanche transpercé de douleur en accusant le coup. Ce fut comme si ses membres s'étaient fait percés par cent flèches. Tout l'air coincé dans sa poitrine fut rudement éjecté de ses poumons pour être remplacé par une eau glaciale.

Ainsi commença la lutte pour sa survie. Il fut très clair dé le début que son corps refusait pertinemment de bouger tel qu'elle le lui imposait. Elle suffoquait. Remontant péniblement à la surface, déterminée à ne pas laisser le désespoir s'installer, une douleur vive brûlait ton torse et sa cuisse. C'était sans compter son crâne qui se faisait marteler et remuer en tout sens. Elle avait l'atroce sensation que chacun de ses membres se brisaient ou se disloquaient.

Le calvaire ne faisait que commencer... à présent, telle une vulgaire brindille, elle était emportée erratiquement par les flots dont les remous colériques n'avaient strictement rien de compatissant. Tantôt envoyée par le fond à cause de sa cape qui s'accrochait aux pierres, tantôt flottant à la surface faiblement, Niri sentait sa force l'abandonner petit à petit. La course continua ainsi une bonne heure jusqu'à ce qu'elle trouve un tronc dérivant comme elle, sur lequel s'accrocher. Par accoue elle perdait alors connaissance et mue par quelques élans purement instinctif, elle se reprenait, refusant  purement et simplement de se noyer. Hélas il n'y avait aucune berge dans ces gorges, les montagnes s'élevaient d'un côté comme de l'autre, menaçantes et désespérantes dans la nuit. Elle ne pouvait rien faire qu'espérer, compter sur la force de son mental. Le froid s'insinuant jusqu'en ses os, finit par anesthésier totalement les douleurs que pouvait ressentir son corps meurtri, et bientôt, il commençait également à la paralyser et à grignoter ce qui lui restait de force.

Elle aurait dû périr...mais elle était robuste.

Ce n'est qu'à l'aube que son corps blessé et livide s'échoua sur une berge caillouteuse. Sa respiration était de plus en plus difficile et chevrotante. Il était à parier qu'elle avait plusieurs cottes fêlées. Sa tempe gauche s'était remise à saigner ainsi que sa cuisse, que sa propre dague avait entaillée en atterrissant dans l'eau. Cette dernière avait beau avoir été coagulé par l'eau glacée, bientôt la douleur se réveillerait, sourde et lancinante.

Il y eut bien un instant durant lequel la jeune femme sentit les cailloux et le sol sous son corps. Difficilement elle avait alors ouvert ses yeux pour s'assurer qu'elle était toujours vivante. Non loin, une forêt menaçante s'élevait et une cavité naturelle creusait la roche de la montagne. Mais il n'y avait pas âme qui vive ici... il n'y avait pas d'Aodrène  ni de Rorel. Frappée par l'ironie de son propre sort, elle qui avait lutté jusque là se demandait subitement bien pour quoi au juste. Qu'espérait-elle ? finir dévorer par un prédateur ? A quoi bon lutter, alors. Ses espoirs l'abandonnèrent en même temps qu'elle sentait une larme tiède couler sur sa joue. Elle n'avait plus le courage de bouger, tout son être transit de froid, elle n'avait même plus la force de trembler. Elle sombrait alors dans une inconscience fiévreuse et douloureuse, à la merci de la première âme qui s’aventurerait par ici...


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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Dim 24 Aoû 2014 - 18:17

    Evynne avait quitté Quiétude. C'était une étape importante dans sa vie, elle le savait. Maintenant, elle appartenait aux Redresseurs. C'était tout nouveau pour l'Aasimar.

    A cause d'une mission elle se retrouvait au milieu de la Norpalie, à errer. Bon, d'accord. Elle n'errait pas au début. Parce qu'elle était partie du repaire des Redresseurs en cheval. Suivant la route jusqu'en Norpalie, le voyage s'était fait plus en moins sans encombre. Personne ne l'avait embêté pour sa condition d'ange. Si on la dévisageait pour sa blancheur, on la laissait passer en parlant dans son dos.
    Evynne n'en faisait pas cas, les humains étaient accueillis de la même manière à Quiétude. Son village lui manquait. Elle voulait y retourner à tout prix. Mais, n'étant jamais sortie de sa ville natale, la femme n'avait jamais pu acquérir le sens de l'orientation.

    Souvent, elle demandait son chemin aux croisements et suivait la route. Ce n'était pas bien compliqué : il fallait juste suivre la voie tracée sur le sol. Et pourtant... Evynne croisa un ruisseau. L'eau y était calme et belle. Les souvenirs de la petite rivière qui coulait en bas de la colline de Quiétude revint à elle. C'était peut-être le même canal ? Pleine d'enthousiasme l'Aasimar quitta la route. Et elle se mit à longer l'eau. D'abord durant de longues minutes. Qui se transformèrent en de longues heures. Et aucune quelconque trace de sa ville.

    La panique commençait à monter et à inquiéter la femme. Se baigner serait une bonne idée pour se reposer et faire une pause avant de reprendre. Evynne était adepte de la détente. Cela permettait de tout résoudre. Quand on gardait son calme, on voyait les choses plus simplement et on arrivait mieux à les gérer.
    Revenant sur ses pas pour rejoindre une berge dans laquelle elle pourrait aisément se baigner, elle mis pied à terre et attacha rapidement son cheval à un arbre. Sans vérifier l'attache, elle posa ses affaires à côté de l'arbre et se déshabilla pour se tremper. L'eau était fraiche mais revigorante. Il était agréable de sentir la saleté quitter son corps. Pour faire disparaitre toute la poisse du voyage, Evynne plongea dans l'eau et frotta ses cheveux pour les nettoyer. Elle profita encore un peu de l'eau puis décida de regagner la berge, commençant à se frigorifier dans l'eau glacée.

    Une fois sortie de l'eau la femme commença à se sécher au soleil, sans prendre le temps de se rhabiller. Puis, quelque chose la frappa. Se retournant vers les arbres environnant elle réalisa un fait dont elle aurait déjà du s'apercevoir bien plus tôt. Son cheval avait disparu. De nature calme et patiente, Evynne se rhabilla, bien que trempée, reprit ses affaires et se mit en marche, à la recherche de sa monture.

    Et c'est ainsi qu'elle se retrouvait à errer au milieu de nul part. Les premiers temps elle avait tenté de s'aventurer plus loin que les bords du ruisseau. Elle avait appelé son cheval, mais rien n'y avait fait. Alors elle avait rejoint la berge et fait demi-tour, dans l'espoir de retrouver le chemin. Et maintenant, cela faisait des heures qu'elle marchait lourdement le long de la berge, complètement désabusée.
    Evynne avait l'impression de perdre son temps et ruminait. Se retrouver seule et perdue.. Quel désespoir. Mais il fallait qu'elle retrouve son chemin. Elle n'avait pas d'autres choix de toute façon. Alors elle cheminait tandis que le jour baissait.

    La tête penchée sur ses pieds pour éviter de trébucher sur les galets, Evynne remarqua que l'eau prenait des teintes rougeâtres par endroit. Levant la tête au ciel en pensant que c'était dû au soleil couchant, elle fut surprise de découvrir que c'en n'était pas la cause.

    Non. Si l'eau était rouge, c'était de sang. Relevant le regard au niveau de l'horizon, l'Aasimar chercha du regard une carcasse qu'un prédateur aurait attaqué et dévoré. Si l'animal était encore dans les parage, sa vie était en jeu. Mais à la place d'un cerf égorgé elle vit une silhouette, fracassée sur une plage de galet.

    Courant vers elle, Evynne découvrit une femme aux grandes oreilles qui avait plusieurs plaies. Transie de froid, la première chose dont la guérisseuse s'occupa fut de vérifier si le corps était encore bien en vie. La respiration était sourde et lourde. C'était une bonne chose. Déposant ses affaires la jeune femme se mit à tirer le corps hors de l'eau. Un matelas de galet n'était pas agréable. Mais rester dans l'eau l'était encore moins. Usant de toute sa force, Evynne écarta le corps de l'eau et mis la femme sur le côté, là où elle n'était pas blessée à la jambe. C'était une position qu'on lui avait appris contre les noyades. Mettre le corps de profil évitait à la personne d'avaler sa langue. Il valait mieux ça que rien. Cela ne réanimerait pas le corps, mais ça lui évitait de mourir bêtement. Ensuite... la femme devait agir avant que le soleil ne se couche.

    Plongeant dans un état secondaire, la guérisseuse capta la lumière du soleil et la dirigea vers ses mains. Puis, elle les fit aller sur la tête. C'était le principal. Il fallait calmer la douleur. Vérifiant l'importance de la plaie, elle tenta de la faire se refermer. Elle commença et puis.. la lumière dont elle tirait son pouvoir s'évanouit d'un coup. Le soleil venait de se coucher.

    Il fallait qu'elle travaille artisanalement. Evynne était bien contente d'emporter toujours sa trousse de soin avec elle... Trousse qui se trouvait sur le cheval. L'Aasimar ferma les poings avec violence, hors de rage contre elle-même. Elle avait osé perdre le cheval. Quel imbécile ! Et La nuit venait... C'était la première fois qu'elle se trouvait hors sentier, complètement démunie.
    Et le corps était encore froid.. Il fallait qu'il se réchauffe. Et l'adolescente n'avait rien sur elle pour ça. Ses vêtements étaient encore trempés et elle n'avait qu'une épaisseur. Les enlever pour recouvrir l'inconnu serait juste une erreur. Elle n'avait que son corps. C'était mieux que rien. Faisant attention à ne pas faire basculer le corps de la femme, Evynne vint s'allonger derrière elle, sur les cailloux. Elle se rapprocha jusqu'à la coller et passa son bras contre la poitrine de l'inconnue. Son cœur se trouvait en dessous, il fallait le garder chaud pour qu'il continue à battre.

    Collée contre la femme aux grandes oreilles, Evynne la frottait vigoureusement pour tenter de la réchauffer. Le temps passa et les bruits commençaient à émaner des environs. Inquiète, l'Aasimar avait le cœur qui battait à tout allure. Elle ignorait ce qui régnait dans les environs. Elle n'avait plus qu'à prier les dieux qu'aucune bête ne les attaque cette nuit.


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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Lun 25 Aoû 2014 - 2:53

    Des semaines. Cela faisait des semaines qu'Asgaroth se trouvait dans cette forêt. Quelque peu lassé de la ville, il avait décidé de quitter Voltecime pour ce petit coin de paradis. Situés à quelques jours de marches de Fort-Froid, la vallée dans laquelle se trouvait le Tiefflin était remplie d'une effrayante forêt, mais néanmoins peu vaste. Après des jours de chevauché à longer la rivière, Asgaroth avait finalement décidé de pénétrer la forêt, histoire d'explorer un peu l'endroit. Il ne lui fallut pas plus de deux jours pour comprendre que, avec quelques astuces de chasses et de survie, il était tout à fait possible de survivre ici, tout comme le reste de la Norpalie. Bien qu'inhospitalière aux yeux de tous, cette dernière était en réalité parfaitement viable. Les Norpaliens avaient appris, non pas à dompter leur pays, mais à le comprendre. Le froid des montagnes forgeait le caractère, et la rudesse de la roche sculptait le corps. Rares étaient les étrangers qui parvenaient à comprendre comme la Norpalie fonctionnait. Et même si Asgaroth n'avait que faire des lois et des autres sottises de cet acabit, il devait avouer qu'il préférait encore vivre ici qu'ailleurs.
    Asgaroth était fier de son pays.

    Après une semaine passée dans cette forêt, le jeune Tiefflin connaissait bien cette dernière et les quelques chemins qui menaient tantôt vers villes et villages, tantôt vers les imposantes montagnes qui entouraient la vallée. Son expérience de la chasse lui avait permis de se nourrir convenablement, principalement de loup des neiges. Bien qu'évoluant principalement en meute, ces derniers ne faisaient pas le poids face à la pratique avancée et au professionnalisme dont faisait preuve Asgaroth. Il prenait soin de changer de camp de base tous les jours et veillait à ne jamais les attaquer lorsqu'ils étaient plus de trois. L'armure qu'il portait lui permettait de se protéger des morsures le temps d'assainir les coups de sa puissante épée, forgée de ses propres mains. Ainsi, les sept derniers jours passés ici furent une grande joie pour Asgaroth, loin des humains et de leur imbécillité ; la montagne était pour lui en lieu de paix et de bonheur.

    Alors qu'il chevauchait à la recherche d'un nouveau camp de base, Asagorth sortit de la forêt pour aller se désaltérer auprès de la rivière qui serpentait non loin de là. Cependant, juste avant de franchir les derniers arbres, le Tiefflin fit stopper son cheval. Dans le crépuscule, une jeune femme se baignait dans l'eau. Asgaroth reconnut immédiatement sa race : c'était une Aasimar. Jeune, probablement une adolescente, la jeune fille semblait se détendre et apprécier tranquillement les derniers moments d'une journée au soleil couchant. Caché derrière les arbres, Asgaroth observait la scène, impassible. Ses yeux rouges luisaient dans la tombée de la nuit, comme s'il guettait une proie depuis longtemps traquée.
    D'un coup plutôt vif, l'Aasimar se retourna vers la forêt. Asgaroth crut qu'il venait d'être repéré, mais il n'en était rien. Visiblement, la jeune femme semblait se soucier de quelque chose d'autre. Alors qu'elle se rhabillait, Asgaroth décida de la suivre, histoire d'en savoir un peu plus sur elle.

    La mine fâchée, la jeune demoiselle commença de marcher, tout en prenant soin de longer la rivière. Se tenant à une distance indétectable, le Tiefflin entama alors sa chasse. Car même si ce n'était pas dans ses habitudes de tuer ou même de faire le mal, il n'hésiterait pas à trancher la gorge de cette jeune fille si cette dernière venait à s'attarder en ces lieux. Asgaroth était venu ici afin de trouver la solitude, et il ne comptait pas la laisser se transformer en cohue. Si elle venait à jacasser de quelque manière que ce soit, le Tiefflin n'aurait aucun remord à lui couper la tête et a donner son corps aux loups. Que s'imaginait-elle ? Que l'endroit était accueillant et paisible ? Elle se trompait lourdement. La Norpalie était un endroit revêche et dangereux. Seuls les forts avaient l'espoir de survivre en ces terres froides et inhospitalières.

    Après quelques minutes de marche, l'Aasimar s'arrêta net. Visiblement, elle s'aperçut de quelque chose dans l'eau, mais Asgaroth était trop loin pour savoir quoi. Levant la tête au ciel, la jeune femme se mit ensuite à chercher quelque chose du regard. Pour s'éviter toute surprise, Asgaroth fit de même. Il s'aperçut, tout comme sa proie, qu'un corps gisait sans vie sur les galets, au bord de la rivière. Cela lui déplut fort bien, et il espéra que la personne était bien morte.
    Se précipitant vers elle, car il semblait que c'était une femme, l'Aasimar l'éloigna le plus possible de l'eau froide et agressive. Et au grand désarroi du Tiefflin, il semblait qu'elle était bel et bien en vie. Machinalement, Asgaroth serra la mâchoire. Il était prêt.
    Positionnant le corps sur le côté, l'adolescente connaissait apparemment les gestes à avoir dans ce genre de situation. Le jeune homme trouvait cela stupide : si elle n'avait pas réussi à se tirer de ses problèmes, c'est que la belle et gracieuse (car c'est ainsi qu'elle lui parut) créature que si trouvait là était d'une faiblesse malheureusement commune. Et les faibles ne méritaient pas d'être sauvés. Asgaroth était convaincu que le monde était ainsi à cause de la faiblesse dont faisait preuve la plupart des habitants d'Ildirith. Il n'y avait de place que pour les forts, et les puissants.
    Lorsqu'il vit la jeune femme exécuter d'étranges gestes, Asgaroth comprit qu'elle essayait de réanimer l'inconsciente. Le Tiefflin s'aperçut d'ailleurs que cette dernière était blessée à la jambe, de laquelle s'écoulait un très léger filet de sang. Ne sachant plus quoi faire, l'Aasimar ne trouva rien de mieux à faire que de se coller à l'invalide. Son optimisme était touchant, mais ses espoirs demeuraient vains. Asgaroth se mit à prier Revoran, comme son père le lui avait enseigné. Prit de tristesse lorsque ces pensées se dirigèrent vers ce dernier, son cœur se serra. Finalement, cette tristesse se transforma en colère. Ses muscles se contractèrent et sa main se resserra sur la poignée de son épée.
    Non.
    Cette jeune femme verrait que le monde était la parfaite définition de l'injustice.
    S'approchant doucement, Asgaroth et son cheval ne faisaient aucun bruit. Se trouvant juste derrière elle, le Tiefflin serra la mâchoire et fixa l'Aasimar d'un intense regard de feu. Lorsque les pattes du cheval touchèrent les galets, Asgaroth tira son épée qui divulgua la force dont elle était faite par un bruit puissant et absolu qui alla se propager dans l'air. Se rapprochant, le cavalier se trouva finalement à environ trois mètres des deux femmes, son imposante armure scintillant dans le soir tombant.

    Asgaroth ne dit mot. Sa détermination était sans faille.
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Niri Miladir
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Lun 25 Aoû 2014 - 6:18

Plongée dans sa léthargie, Niri n'avait plus aucune conscience du monde qui l'entourait. Le froid avait disparut, la douleur aussi, ainsi que le désespoir. Bercée un temps incertain par cette inconscience bénéfique, elle ne se figura nullement qu'une bonne âme venait de la tirer du lit de sa rivière, ni qu'elle apaisa sa blessure faite à la tempe. Il se passa encore quelque temps avant que inconsciemment, la présence de la femme dans son dos s'identifie comme tel.

Malgré la douleur, l' instinct de survie de la maîtresse d'armes fut une nouvelle fois plus fort. Dans un spasme de lucidité, elle reprit conscience de son environnement. La première chose qu'elle sentit fut le contact chaud et humide contre elle. Une panique fiévreuse la gagnait aussitôt. Jouant de l'épaule en vain pour repousser l'assaillant qui lui enserrait le corps, elle détacha son bras et allait brandir Sil'Rhog, la dague que lui avait offerte Aodrène, par quelques gestes douloureux. Machinalement son regard fébrile chercha dans tous les sens quels étaient les prédateurs qui allaient se servir d'elle comme dîner. C'est alors qu'elle se figeait en le voyant. Ébahi, la douleur obscurcissant son jugement, elle remarqua dans les ténèbres la lourde forme en armure se mouvant vers elle. Était-elle en pleine hallucination ? La conscience fragile qui animait l'éladrine ne lui suffisait pas pour savoir si elle rêvait ou non. Elle fronça les sourcils et plissait les yeux, l'air aussi mauvaise qu'en piteuse état. Si ce n'était pas le cas, alors qui étaient ces gens ? Des...brigands...?

"Arrière !" articula-t-elle difficilement mais farouchement entre ses dents serrées, fixant la chose qui s'approchait presque avec défi. Hélas la vision qu'elle avait eu de la silhouette en armure se brouillait déjà. Tant est si bien, que tentant vaillamment de garder sa garde levée, elle se sentit reperdre tout semblant de force.

Frustrée, petit à petit, ses yeux se refermèrent pour son plus grand malheur et la faiblesse s'empara à nouveau de son être. Se laissant retomber mollement son bras, son arme tintant en rencontrant lourdement les galets, la jeune femme émit un râle lorsque sa tête heurta le sol. La douleur était toujours présente, il était à parier qu'une mauvaise fièvre s'insinuait en elle. Oui... bientôt tout ceci, cette mascarade grotesque serait terminée, et alors enfin elle pourrait rejoindre ses ancêtres. La dernière chose qu'elle aperçut avant de reperdre connaissance furent les pieds en armure de l'étranger qui s'avançait toujours dans sa direction...


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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Sam 30 Aoû 2014 - 10:49

    Le temps qui passa avant qu'un bruit fasse sursauter Evynne fut vraiment trop court. Moins de dix minutes elle aurait dit. Bien trop rapide. Au moins, la nuit lui paraitrait moins longue si il se passait des choses et que cela ne serait pas que l'attente qu'il y ait

    Ce bruit résonnant était l’œuvre d'une épée qui sortait de son fourreau dans le dos des demoiselles. C'était bien mieux que des rugissements ou des grognements. Au moins, ça n'appartenait à rien de sauvage. Quand l'Aasimar se retourna, la femme réalisa que c'était plutôt à un homme en armure. 
    Evynne voulut l'étudier d'avantages mais dans ses bras la blessée commença à s'agiter. Dans un élan, elle réussit à donner un violent coup d'épaule qui sonna légèrement Evynne et à se relever. Dans le même mouvement elle se saisit d'une dague en invectivant de reculer et.. s'écroula. Cette attitude était récurrente et blasa la guérisseuse. La plupart des personnes se relevait trop vite alors qu'ils n'étaient pas en état. En état de fatigue, de malnutrition ou encore de blessure, ils pensaient pouvoir agir. Ce n'était jamais le cas. Jamais. Surtout quand, comme pour la femme, ils regroupaient ces trois symptômes.

    L'ange était encore un peu sonnée par la débâcle de l'inconnue et n'avait pas eu le temps de la rattraper. Grimaçant en voyant que sa tête heurta avec violence les galets Evynne alla jusqu'à elle sans prendre le temps de se relever. La blessée avait atterrit à côté après tout, il lui suffit de se déplacer sur ces genoux. Sans se soucier encore de l'homme en armure, elle se préoccupa de la victime. Elle allait être inconsciente encore un peu de temps.

    Cela offrait du temps pour prendre en compte l'homme en armure. l'Aasimar resta assise à côté de la femme et se tourna vers le guerrier en armure, légèrement mécontente pour le réprimander et lui dire :

- Je crois que vous l'avez effrayé. Pourquoi avoir sortit votre arme ? Il n'y a pas de dangers autour de nous. Il ne me semble pas en tout cas !

    Secouant la tête, la femme se reprit et offrit un sourire à l'inconnu avant de continuer, sûre d'elle :

- Vous pourriez m'aider à l'allonger sur une surface plus accueillante que des cailloux ? Vers l'orée de cette forêt, ça me semble bien. Je n'ai pas la force de la déplacer moi-même, mais vous avez l'air d'être bien plus fort que moi !

    Sans remarquer les intentions belliqueuses de l'homme, l'Aasimar lui souriait toujours. Dans l'esprit de la femme il était parfaitement inconcevable qu'un inconnu l'attaque dans le simple but de vouloir la mort. Non. Pour Evynne, le monde était toujours beau et plein de bienveillance. Puis, elle n'avait jamais eu à subir de la violence, elle ne pouvait donc pas s'en méfier.


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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Sam 30 Aoû 2014 - 12:02

    Paré à tout éventualité, le Tifflin serra juste un peu plus fort son arme lorsque la blessée tenta de se relever, en vain. Aussitôt qu'elle remarqua sa présence, la jeune guérisseuse se retourna et le... réprimanda ! Asgaroth crut tout d'abord que ce fût là une blague de bien mauvais goût, mais il finit par se rendre compte qu'en effet, le jeune femme lui fît des reproches, il faut le dire, naïves quant à son comportement. Impressionné par une telle attitude, le Tiefflin se demanda s'il était réellement possible d'être aussi simplet. Ne savait-elle pas que le monde d'Ildirith était dur, et sans merci aucune ? Bien-sûr, elle était trop jeune pour savoir que seule l'injustice menait chaque individu sur un chemin d'iniquités qui caractérisaient si bien le monde dans lequel tous peinaient à survivre (et c'était là un comportement très courant, que d'ignorer de telles choses), mais la gentillesse et le grand sourire que la jeune femme lui adressât étaient extraordinaires. Asgaroth n'y crut d'abord pas, puis se rendit à l'évidence : trop jeune et vivant probablement sans connaître malheur aucun, la jeune Aasimar ne vivait que dans un petit cocon préparé rien que pour elle. le Tiefflin relâcha donc quelque peu sa tension. Avec la blessée (bien qu'armée) à terre et cet individu dépourvu de bon sens devant lui, il savait qu'il ne courait aucun danger.
    Faisant avancer son cheval encore un peu, Asgaroth se retrouva finalement bien au-dessus des deux femmes, les fixa de sa haute position de ses deux yeux rouges qui perçaient la nuit tels de magnifiques rubis. Les sondant encore un peu, Asgaroth posa finalement pied-à-terre, juste à côté de l'Aasimar. Se saisissant de la dague tombée quelques instants plus tôt, il l'observa un peu, surveillant la guérisseuse du coin de l'œil. Finalement, il lança la petite arme qui alla se perdre dans le feuillage de la forêt, filant dans la noirceur de la nuit. Tournant lentement la tête vers l'Aasimar, il la fixa de nouveau, quelques secondes, avant de la frapper du plat de son épée. Le choc fut rude, mais pas assez puissant pour lui infliger une blessure grave. Tout au plus, la peau serait quelque peu râpée, tout au moins, la joue serait rouge.
    De sa haute stature, Asgaroth prit la belle blessée par le poignet et, sans douceur, la tira sur les galets pour l'éloigner de l'Aasimar. Se tournant vers elle, il la pointa de son épée.

    — Que fais-tu ici ? Ce n'est pas un endroit pour les gens de ton acabit. Te serais-tu perdu, par hasard ?

    Résolu, si la réponse lui paraissait étrange, Asgaroth n'hésiterais pas. Au lieu du plat, se serait la lame qui frapperait, sans retenue.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Sam 30 Aoû 2014 - 21:47

  • Evynne observa naïvement l'homme s'avancer vers elle. Elle put apercevoir aux yeux rouges qu'il s'agissait d'un Tiefllin et se réjouit. C'était une bonne chose, les deux races s'étaient alliés contre les injustices qu'ils subissaient continuellement. Et puis il venait peut-être de Quiétude et serait la guider !

    Le démon descendit de son cheval et s'empara de la dague pour la jeter au loin. Surprise l'Aasimar fronça momentanément les sourcils avant de regarder l'homme de nouveau. Celui-ci la regardait aussi. Son regard rouge semblait la transpercer mais elle passa outre la puissance de ses yeux. Ce fut le coup porté avec le plat de l'épée qui la surpris. Soudain et sans préavis, l'arme heurta sa joue avec une force modérée. Suffisante pour que la tête d'Evynne soit emportée par le choc. Se plaquant une main horrifiée sur sa joue brulante la jeune femme ne souriait plus. Le coup l'avait secoué.
    Bien plus spirituellement que physiquement. Pourquoi avoir été frappée ? Qu'avait-elle fait à part demander de l'aide pour sauver une femme ? Quel crime commis justifiait cet acte ?
    Evynne ne comprenait pas et vit juste le démon s'affairer à éloigner la blessée, sans prendre le soin de l'épargner. Tirée sur le sol caillouteux, le corps de la femme n'était pas préserver. Il n'avait pas à agir comme ça. l'Aasimar ne comprenait pas.

    Ce tiefflin avait besoin d'aide pour se calme et apprendre à aimer son prochain et ne pas réfléchir de manière irréfléchie. Mais Evynne en avait peur et quand il pointa son épée vers elle, la femme préféra répondre sans faire de vagues et fut le plus concise possible :

- Oui je suis perdu. Je cherchais Quiétude.

    Elle aurait pu lui parler de son cheval qu'elle avait égaré pour que l'homme l'aide à remettre la main dessus mais elle craignait de se faire battre à nouveau et garda le silence, les yeux blessés avant de rependre :

- J'ai vu cette femme. Elle a besoin de soin. Je me dois de la guérir mais je dois atteindre le matin ou bien retrouver mon cheval pour ça.

    Evynne tenta un regard vers l'homme et croisa ses yeux rouges. Frissonnant elle l'observa encore un peu. Elle espérait tellement qu'il ne la frapperait plus de nouveau. Sa joue était encore en feu sous la douleur. Et elle voulait connaitre la raison de l'acte mais ne pouvait pas se le permettre, de peur des représailles. C'est pourquoi elle ne dit mot et rebaissa le regard.



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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Dim 31 Aoû 2014 - 2:57

    Visiblement, le coup infligé par sa lame eut bon effet. Enfin, la naïveté disparut du visage de la jeune femme ; Asgaroth était satisfait.
    Alors qu'elle lui indiqua qu'il lui fallait retrouver son cheval pour soigner la blessée, ce dont Asgaroth n'avait que faire, un bruit venu de derrière attira son attention. Et ce n'était pas un bruit anonyme, Asgaroth connaissait bien ce son. A peine se retourna-t-il qu'un loup des neiges lui sauta dessus. Protégé par son armure, le Tiefflin ne fut pas blessé, bien que la bête s'accrochât solidement sur son buste. De ses dents acérées, elle essaya de de lui percer le heaume, mais ni parvint point. C'est alors que le Tiefflin lui décocha un magnifique coup de poing qui alla s'écraser en plein dans le flanc de l'animal. Le loup fut donc frappé assez fort pour qu'il se décrochât du l'armure du combattant. Asgaroth ne lui laissa pas de répit et abattit sa lame droit sur l'animal. Mais, trop rapide, le loup l'esquiva sur le côté. Ses énormes crocs sortis témoignèrent de son hostilité ; pendant ce temps, ses deux yeux perçant observaient les personnes présentes. Derrière le Tiefflin, l'animal remarqua deux autres individus, dont un qui semblait blessé, tout prêt d'Asgaroth. Jugeant ses chances, l'animal décida de sauter, pensant ne pas être touchable. Mais lorsqu'il lança son saut, Asgaroth comprit bien vite la manœuvre et éventra le loup lorsque ce dernier se trouva juste au dessus du démon. Stoppé dans sa lancé, la bête ne put se recevoir correctement et alla s'écraser violemment sur les galets, juste à côté de l'Aasmiar. Couinant puisque agonisant, le loup ne pouvait plus bouger ; son sang se déversait en continu sur le sol froid des montagnes et sa respiration était de plus en plus lente. Sans attendre plus longtemps, le Tiefflin se dirigea vers le loup.
    Une fois à ses côtés, il leva sa lame bien au-dessus de sa tête et la dirigea vers le sol. En un mouvement rapide, il l'enfonça profondément dans la nuque du loup, qui mourut sur le coup. Laissant son arme plantée à la verticale, il se retourna vers l'Aasimar alors que l'épée tremblotait dans la carcasse de l'animal mort.

    — Quiétude ? dit-il. Viendrais-tu de ce cher petit village, jeune demoiselle ? Au fait, tu ne m'as pas dit ton nom. Comment t'appelle-t-on ?

    Si elle venait en effet de Quiétude, Asgaroth serait moins tenté de la tuer. Au moins le temps d'en savoir un peu plus sur cette jeune femme, aussi naïve fut-elle.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Dim 31 Aoû 2014 - 9:48

    Une nouvelle fois, un bruit se fit entendre. Avec stupeur Evynne vit un loup apparaitre. Elle n'eut pas le temps de dégainer sa dague que l'homme s'en occupait déjà.

    Les évènements se passèrent en accéléré devant elle jusqu'à ce le loup atterrisse à ses côtés. Tétanisée elle ne put agir mais déjà le Tiefflin s'en occupa. Il planta sa lame dans le corps de l'animal qui décéda. Et éclaboussa de sang l'Aasimar.
    Toujours pétrifiée Evynne regarda l'homme s'adresser à elle. Il lui était impossible de comprendre ce qu'il venait de dire.

    Il venait de tuer un animal. Comme si de rien n'était. Comme si c'était banal. Comme si c'était la vie. La femme avait la nausée. Peut-être était-ce parce que son visage était taché de fluide vital, peut-être parce que la cruauté exercée en ce lieu lui avait retourné l'estomac. Ses yeux se perdirent sur un point indéfini du sol. Un point qui sembla se recouvrir de sang au bout d'un moment. C'était le cas en fait.. La bête perdait son sang et la flaque s'élargissait.
    Terrifiée Evynne recula précipitamment, en étant toujours sur le sol. La carcasse entra tout à fait dans son champ de vision et elle se crispa de nouveau. Cette vision l'horrifia. Cela n'aurait pas dû se passer comme ça. Ce loup avait peut-être attaqué l'homme mais elle voulait qu'il y ait eu un autre moyen. Pas la mort. Jamais la mort.

    La guérisseuse tremblait sans même s'en rendre compte. Ses yeux rivés sur l'animal, elle était incapable d'un quelconque mouvement. Les tâches de sang sur elle séchait sans qu'elle ne cherche à les essuyer. Complètement ailleurs, ce fut un autre mouvement qui la fit émerger.

    Il lui fallut du temps avant de réaliser que ce mouvement provenait du corps de la femme agonisante. Mais quand elle le comprit, Evynne ne perdit pas une minute pour aller jusqu'à elle.
    Puis elle réalisa que le démon en armure était toujours là. Il fallait qu'elle agisse pour l'aider. Pour lui faire réaliser que la vie pouvait être autre. Qu'il pouvait œuvrer pour le bien. Mais elle ignorait comment. Quel était le processus contre un homme qui se permettait de la frapper sans raison ?
    Il fallait peut-être qu'elle soit gentille avec lui. Qu'elle soit l'exemple d'une autre voie dans la façon d'être et d'agir. Après tout, sans cet homme les deux femmes auraient finis dévorés par le loup. C'est pourquoi elle essaya de sourire, le visage toujours tâché de sang, dans le but de faire réaliser au tiefflin que d'un côté, il était bon :

"Merci de nous avoir sauvé. Vous avez été utile à notre survie. Je vous en suis reconnaissante."

    Et puis, comme c'était dans la nature de l'Aasimar elle ne put s'empêcher de compléter avec une phrase d'amabilité :

"Je m'appelle Evynne Pianec, Guérisseuse de Quiétude. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je peux vous proposer mon aide."


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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Lun 1 Sep 2014 - 3:33

    Alors que la jeune Aasimar remercia Asgaroth, le Tiefflin se rendit compte que le coup infligé à la bête éclaboussât la guérisseuse, qui reçut quelques goûtes des sang sur le visage. Visiblement, la jeune femme sembla troublée par ce qui venait d'arriver. Qu'espérait-elle ? La nature était d'une cruauté sans limite, et la mort ne se gênait point de prendre chaque être habité par la faiblesse de l'esprit. Les animaux n'avaient point conscience de leur état ; aussi, ces derniers ne connaissaient pas la faiblesse, ou en tout cas, pas de la même manière que les êtres pensants. En cela, Asgaroth les respectait.
    Ainsi, l'Aasimar se présenta : Evynne Pianec. Durant quelques secondes, ce nom trotta dans sa tête, sa mémoire essayant tant bien que mal de se souvenir de la jeune femme, ou tout du moins, de sa famille. Mais même en cherchant avec sincérité, Asgaroth ne parvint point à se souvenir. Après tout, les souvenirs qu'il avait de Quiétude lui importaient peu. Sa véritable naissance eut lieu lorsqu'il fêta sa dix-neuvième année, et la mort du jeune homme insouciant qu'il était, lorsque son père décéda dans la forge, sous ses yeux ébahis par tant de violence, violence d'une dure mais nécessaire vérité.
    Malgré avoir été frappée par le Tiefflin, la jeune guérisseuse se proposa de l'aider. De l'aide ! Asgaroth n'en avait point besoin ! En ce moment-là, ce fut plutôt elle qui en nécessitât, et il se fit un plaisir de lui faire remarquer.

    — Faible comme tu l'es, je crois que c'est plutôt toi qui nécessite de l'aide, dit-il. Tu dis avoir perdu ton cheval ? La chose ne se serrait point produite si tu passais ton temps à surveiller tes biens plutôt que de te prélasser avec ton insouciance, comme tu l'as fait tout à l'heure, dans la rivière.

    Tournant les talons, Asgaroth retourna auprès de son cheval, reprenant au passage son arme. Arrache-Gueule (c'est ainsi qu'Asgaroth l'appelât lorsqu'il eut obtenu sa monture) était un bon cheval, qui avait fini par s'attacher à son cavalier, et lui à son bien nouvellement acquis. le Tiefflin, grâce à sa lame et à son armure, se protégeait et protégeait la bête, tandis que l'animal menait son maître là où ce dernier souhaitait aller. D'une grande complicité, tout deux voyageaient librement à travers les plaines glacées de Norpalie.
    En réalité, Asgaroth avait quitté Voltecime plus d'un mois auparavant, et avait décidé de chevaucher en direction des montagnes, là où il souhaitait partir en repérage afin de trouver quelques coins tranquilles où il pourrait s'arrêter lors des ses divers futurs voyages. Maintenant que quinze jours avaient passés dans cette forêt où le Tiefflin s'était attardé, souhaitant se remémorer les bons souvenirs qu'il avait des chasses qu'il effectuât lorsqu'il fut plus jeune, le jeune démon avait décidé de partir pour les montagnes. Asgaroth savait qu'en longeant cette rivière vers le nord, l'on finissait par retomber sur Quiétude, tout au pire à la route qui menait jusqu'au village. Cependant, il y avait bien une à deux semaines de marche, et le Tiefflin savait que dans l'état où était la blessée, il faudrait plus longtemps encore à la jeune fille pour la transporter jusque là-bas. Voyant la belle femme gémir, Asgaroth eut une idée. Il retourna auprès de l'Aasimar et secoua sa lame dans l'air, afin de faire partir le sang qui y coulât. Il la rangea finalement dans son fourreau.

    — Ecoute, le soir tombe, et bientôt, la nuit recouvrira tout le pays,dit-il. Le loup ici mort était bien seul, car s'il eût été en meute, alors d'autres seraient déjà là. Mais ce n'est pas le cas. Ton cheval n'a pas pu partir très loin ; tout au mieux est-il en vie, ce dont je doute, tout au pire fut-il massacré par quelques loups ou autre animaux de ce genre, et c'est là l'hypothèse la plus probable. Quoi qu'il en soit, le mieux à faire pour l'instant, c'est de rester à l'orée de cette forêt. Nous allons faire quelques bandages à la blessée, et moi, je m'en vais chercher quelques branches pour faire du feu. Ce loup sera parfait pour le souper de ce soir. Quant à ton cheval, nous partirons à sa recherche demain matin.

    Se retournant sans ne plus prêter attention à Evynne, Asgaroth remonta rapidement sur son cheval. Saisissant les rênes, il fit faire un tour complet à l'animal avant de regarder l'Aasimar de nouveau.

    — Si jamais elle se réveille pendant mon absence, je t'interdis de lui dire un seul mot de ce qui c'est passé. Tu l'as trouvé et je vous ai trouvés, décidant de vous offrir mon aide. Rien de plus. Si je remarque quoi que ce soit, je n'hésiterait pas à vous tuer. Regarde attentivement ce loup, Evynne. Ma lame est mortelle. Autant pour les bêtes, que pour les hommes.

    N'attendant point de réponse, Asgaroth fit faire un demi-tour à Arrache-Gueule, fit lever l'animal sur ses deux pattes arrières, et parti à vive allure, alors que le cheval hennissait avec force. Sûr de lui, le Tiefflin ne flancherait pas : seule l'intelligence de cette fille pourrait la sauver.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Lun 1 Sep 2014 - 4:58

    Evynne pensa que la réaction de l'homme serait beaucoup plus véhémente à son égard. Qu'il la frapperait de nouveau ou qu'il partirait sans rien dire. Mais au contraire, il se contenta de la réprimander sur ses faiblesses. Il l'accusa d'insouciance mais Evynne entendit juste qu'elle avait eu de la chance qu'il ne lui arrive rien. Cela voulait aussi dire que le tiefllin l'avait aperçu dans la rivière, nue, mais qu'est ce que cela pouvait-il faire ? La femme avait vu bien des corps dénudés sans rien voir de sexuel. Et comme tout ce qui sortait de son monde, elle ne pouvait s'imaginer qu'il y avait une autre raison de voir les choses. Le cocon de confort qui l'encerclait était puissant. Il lui permettrait d'être à l'abri de la réalité. Ou bien de redéfinir le monde autour d'elle, pour créer un monde bon et collaboratif. C'était autant un don qu'une malédiction : elle avait confiance et foi en un monde qui n'était pas ce qu'elle croyait réellement. l'Aasimar vivait dans le bonheur pour cela. C'était tout ce qui lui importait : Être heureuse et rendre heureuse.

    Et puis, au fil de la discussion, le Tiefflin lui proposa de l'aide. Evynne ne put s'empêcher de décocher un large sourire. L'homme brute et vil venait de proposer ces services pour aider à passer la nuit. Il aurait pu partir sans se soucier des femmes mais il restait.

    l'Aasimar était convaincue que c'était dû à ce qu'elle avait dit : elle le tournait en un homme bon. Fière d'elle et ravie d'avoir aidé et d'en recevoir, elle se contenta juste de sourire malgré les avertissements et les menaces de l'homme. Il mettrait du temps à se débarrasser de cette habitude mais si l'altruiste passait son temps avec lui, il changerait surement et deviendrait bon. Il pourrait se rendre compte du bénéfice d'être bon et solidaire dans une société qui leur voulait du mal.

    Quand il partit s'occuper des tâches sommaires, la seule chose qui tracassa la femme ce fut que le tiefllin ne lui ait pas dit son nom en retour. Elle aurait voulu mettre une identité sur la victime qu'elle était en train d'aider. Cela aidait pour établir une meilleure relation. Elle haussa les épaules et le regarda partir.

    Se tournant vers l'inconsciente elle alla jusqu'à elle pour vérifier son état. Toujours endormie la femme semblait hors d'atteinte. Son souffle était paisible, malgré les différents coups qui parsemait son corps. La trainer sur les galets n'avait fait que l'affaiblir d'avantage mais dans l'état de l'inconnu, ce n'était pas étonnant.
    Evynne resta un instant à l'installer confortablement sur le côté, au cas où, tout en admirant ces oreilles et tout son corps. Quel sorte d'humain était-elle ?

    l'Aasimar ne voulait pas rester inactive. Veiller sur une inconsciente sans rien faire était une perte de temps. le Tiefflin avait parlé de faire des bandages mais elle ne possédait pas le matériel sur elle. Se maudissant d'avoir égaré son cheval Evynne regarda autour d'elle, et ne vit qu'une chose à faire pour passer le temps. Sa gorge se serra et des larmes pointèrent à ces yeux.

    D'un pas lourd et lent, sans motivation, elle se dirigea vers la carcasse du loup et s'empara de sa dague. La femme fit une prière pour l'esprit et l'âme de l'animal et se mit à le dépecer, des larmes coulant le long de ces yeux. Le travail était fastidieux, sa lame pas vraiment bien aiguiser et le cuir de la bête robuste. Mais elle s'acharna, tout en gardant un œil sur la blessée. Le temps commençait à se faire long ici, quasiment seule. Recouverte de sang et inquiète, Evynne guettait le retour d'une activité à l'orée de la forêt, en espérant que ça soit celle du tiefflin.


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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Lun 1 Sep 2014 - 5:26

L'inconscience de l'Éladrine était couplée par une immense et très désagréable sensation de flottement et de douleur. Cette dernière, bien qu'abstraite et sourde, ne s'en faisait pas moins ressentir au contraire de la fois qui avait précédé son réveil subite. Dans son impuissance forcée, elle n'avait pas conscience qu'on l'avait traînée sur le sol rugueux, faisant racler par la même occasion les cottes qu'elle s'était fêlées dans sa chute. Et si elle n'avait pas non plus conscience que son état restait à présent stable sur le sol, désormais, quelque chose l'empêchait de ressentir la moindre accalmie. Tout son corps semblait comme paralysé, comme enfermé dans un cocon de cristal duquel nulle ne pourrait ressortir sans en subir les frais. Ainsi, le monde n'était plus qu'une ombre pour elle. Menaçante et inhospitalière. Un souvenir lointain se faisait l'écho vague dans sa mémoire d'une époque proche où les siens avaient péri de la sorte. Que s'était-il passée ? Dans son esprit, une lame acérée et une silhouette menaçante se transformait alors petit à petit en cauchemar, accentuant plus encore ce mal-être...

Son corps gémit doucement, et son front se couvrait de fines perles de sueur. Cela étant, rester trempée n'aidait absolument en rien, l'engourdissant toujours un peu plus chaque instants...


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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Mer 3 Sep 2014 - 10:47

    Alors que le soir s'avançât de plus en plus, Asgaroth chevauchait à vive allure sur son beau cheval, filant telle une ombre sous les claires étoiles apparaissant peu à peu de le ciel sombre. le Tiefflin se dirigeait vers le nord ; il avait une idée en tête : savoir si les deux femmes qu'il trouvât un peu plus tôt méritaient d'être sauvées. C'est ainsi qu'il en vint à proposer à Evynne de passer la nuit à leur côté, alors qu'en faite, il partit à la recherche du cheval perdu. Qu'importe le temps qu'il serait nécessaire à rechercher ce cheval, Asgaroth chercherait, même si pour cela, il devait y passer toute la nuit. Sa volonté était là.
    C'est ainsi que, au bout d'une demie-heure à longer la rivière, il fît ralentir son cheval, pour finalement ne se déplacer plus qu'au trot, et, dix minutes plus tard, au pas. L'eau réfléchissait le ciel nocturne rempli de blanches étoiles brillantes. Pas un animal ne faisait de bruit, le calme de la forêt était absolu ; les pattes du cheval marchant émettaient le seul bruit audible, ajouté à l'armure sombre que portât Asgaroth. Ce dernier restait à l'affût, profondément concentré et décidé à retrouver ce cheval. Car maintenant qu'il les eût vu, le Tiefflin souhaitait en savoir plus sur le compte des deux femmes qui l'attendaient à l'orée de la forêt. En particulier, il souhaitait connaître l'identité de cette belle créature qui, et il ne le savait point, était en réalité une Eladrin. Dire qu'il en eût tombé amoureux serait fort excessif, mais en revanche, Asgaroth appréciait grandement cette femme qu'il trouvât d'une très grande beauté, bien qu'il refusât de se l'avouer.
    Après plus d'une heure de recherche, alternant entre pas rapide et trot, chevauchant tantôt dans la forêt, tantôt aux abords de la rivière et après avoir essuyé une attaque de loups des neiges (Dieu merci pour Asgaroth, ils ne furent que deux), le Tiefflin décida de rebrousser chemin et de retourner auprès de la jeune Aasimar et de l'Eladrin. Sur le chemin du retour, il ramassa quelques branches correctes pour l'allumage d'un feu. Mais au lieu de passer par l'endroit par lequel il fut parti, Asgaroth décida de retourner auprès des deux femmes par la forêt. Il ne rencontra aucune créature voulant le tuer, et en fait, aucune créature du tout. Il chevauchait tranquillement, laissant son cheval s'arrêter quelques fois pour brouter. C'est ainsi qu'il fût de retour au « campement » après plus de deux heures d'absences. Mais au lieu de retrouver l'endroit paisible qu'il laissât à son départ, il retrouva quelques grognement et des sons semblables à des aboiements. Se rapprochant encore plus près, il vit deux énormes loups aux crocs sortis s'approchant d'Evynne et de l'Eladrin, à quelques mètres de la rive. Asgaroth stoppa Arrache-Gueule et resta à l'affût, derrière les arbres, dans le dos d'Evynne et de la blessée ; il attendit.
    Dans le ciel, la lune brillait d'une éclatante blancheur ; pas un nuage n'empêchait les rayons de l'astre de traverser le ciel. De fait, les dents acérées des bêtes se préparant à fondre sur leurs proies resplendissaient dans la nuit, d'une terrible beauté. Leurs yeux profonds fixaient les deux femmes et leurs griffes raclaient les galets, prêts à déchirer les muscles et les chairs d'Evynne et de l'Eladrin. Et tout à coup, alors qu'ils s'étaient rapprochées, ils attaquèrent.S'élançant vers l'avant, ils se mirent à fondre sur leurs proies. Asgaroth sut alors que c'était le moment pour lui d'intervenir.
    Il fit claquer les rênes et tapa sur les flancs de son cheval. Ce dernier apparut tel un éclair devant les loups, alors qu'il venait de franchir les derniers arbres de la forêt en un magnifique saut. Dans les airs, le Tiefflin sortit son épée, et, lorsque Arrache-Gueule atterrit juste en face des loups, devant les deux femmes, il releva vivement sa lame vers le haut et décapita ainsi l'un des loups. Voyant son congénère mourir de la sorte, l'autre animal commença de fuir, mais Asgaroth le rattrapa en quelques secondes. Lorsqu'il fut à son niveau, il planta sa lame directement dans le flanc du loup, qui s'écroula. Alors que son cheval continuait la course, il l'arrêta, quelques mètres après la bête agonisante. Il descendit d'Arrache-Gueule et se dirigea vers l'animal à terre. Couinant de douleur, le souffle court, il semblait suppliait qu'on l'achevât. C'est ce qu'Asgaroth fît ; levant son arme bien au-dessus de sa tête, il l'abattit avec force et coupa ainsi la tête de l'animal. Se redressant, il posa sa lame sur son épaule, alors qu'elle laissait tomber un épais filet de sang rouge. Levant la tête vers les étoiles, le Tiefflin renifla l'air pur des montagnes. Finalement, il fit un rapide mouvement du poignet pour égoutter la lame, et la rangea au fourreau.
    Après s'être rapproché d'Evynne avec son cheval, il ouvrit un petit sac qu'Arrache-Gueule tenait sur son dos et en sortit les quelques morceaux de bois ramassés lors de son retour. Il les jeta sans douceur aucune sur le sol et regarda l'Aasimar.

    — Allume un feu, Evynne, dit-il.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Jeu 4 Sep 2014 - 17:43

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    Alors qu'Evynne pensait avoir bientôt fini de dépecer l'animal après bien une heure d'acharnement, elle vit la femme allongée gémir et commencer à mal vivre son état d'inconscience. En effet, la fièvre semblait monter, surement dû à la douleur. l'Aasimar abandonna donc son poste de cuisinière -Avec soulagement, il faut l'avouer. Retrouver un poste qu'elle connaissait et où elle ne se sentait pas meurtrière était bien plus apaisant pour elle.- et alla jusqu'à l'endormit.

    Son pouls s'était accéléré et elle semblait bruler. Evynne ne savait pas trop quoi faire. Son don de la guérison ne fonctionnait pas la nuit, il lui fallait de la lumière. Elle devait quand même agir pour éponger le corps de la femme et la refroidir. Il fallait une serviette pour ça mais elle n'avait rien sur elle. Que ses vêtements. Ou plutôt sa simple robe de toile.

    C'est pourquoi la guérisseuse se décida à retirer son vêtement. Elle se retrouvait dénudée, avec un simple sous-vêtement au milieu de nul part. Dans un premier temps elle épongea la sueur de la femme. Puis, en évitant la carcasse du loup elle alla tremper sa robe dans l'eau froide avant de revenir à la blessée. Elle déposa son habit sur le front de la femme un instant, et commença à faire des allers-retour jusqu'au ruisseau pour éponger la sueur et faire en sorte que la robe reste froide. L'état de l'inconsciente sembla s'améliorer.

    Mais alors qu'Evynne allait poser sa robe sur les tempes brulantes de l'inconnue, un bruit extérieur se fit entendre. Relevant la tête, ce ne fut pas le regard rouge d'un tiefllin que l'Aasimar aperçut. Mais les crocs blanchâtres de loups qui luisaient sous la lune...
    Recouverte de sang sur le visage encore, la femme scruta les bêtes. C'était la fin, elle ne pouvait rien faire. Se défendre contre deux animaux étaient hors de question : elle ne voulait pas donner la mort. Son cœur battant la chamade, dans peut-être ces derniers coups l'Aasimar fit la seule chose qu'elle pouvait faire : Evynne ferma les yeux.


    Une sorte de vacarme sourd se produisit autour d'elle. Et puis la mort ne vint pas à elle. Seulement le bruit d'un cheval et de lames qui crissaient. L'adolescente rouvrit alors les yeux et porta son regard sur la scène.
    Sous la clarté de la lune, la seule chose qu'elle pouvait voir était du sang. Partout. Recouvrant la plage de galet. Et des corps déchiquetés. L'un des corps étaient détachés de sa propre tête qui avait roulé plus loin.

    Le cœur de l'Aasimar se retourna et elle ne put retenir le haut de cœur qui la saisit, elle vomit, écœurée, à juste quelques pas de l'inconsciente.
    Attendant que son malaise passe, Evynne releva son regard vitreux vers le Tiefflin et secoua la tête. Il venait de lui donner un ordre. C'était inconcevable pour elle. L'homme venait de tuer sans merci, de voir le malaise de la femme et se permettait de ne pas lui proposer son aide ? Comment faisait-il ? Comment pouvait-on être aussi insensible.

    Sa robe trempée dans la main la femme la remit et se releva, étant tombé à genoux pour vomir. Elle tituba une fois debout et mit du temps à retrouver son équilibre. Puis, sans regarder le démon, Evynne se dirigea vers la blessée, la prit par les épaules et commença à la trainer.
    Elles ne devaient pas rester ici, pas au milieu d'autant de sang qui allait attirer tout les charognards possible. Ce lieu était devenu malsain et impropre aux soins. Bien que l'Aasimar n'avait pas mangé et qu'elle n'avait quasiment plus aucune énergie, elle réussit à tirer la blessée sur une quinzaine de mètre avant de s'écrouler en arrière, complètement épuisée.

    Regardant le Tiefflin elle s'adressa à lui, à voix basse, en espérant qu'il n'entende pas sa requête, de peur des représailles :

"Il faut que je mange. Que je dorme. Pas ici. Aidez moi, s'il vous plait."

    Luttant contre la fatigue Evynne gémit, il fallait qu'elle retrouve rapidement de l'énergie, sinon, qui sait ce qui pouvait lui arriver ? Rien de pire que la mort, elle l’espérait réellement.


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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Sam 6 Sep 2014 - 2:00

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    Asgaroth ne remarqua pas immédiatement les vomissements qu'eût Evynne. Lorsqu'il la vit dégorger une nouvelle fois, il ne put s'empêcher de sourire derrière son casque. Il trouva cette réaction tout à fait pitoyable ; une nouvelle fois, l'Aasimar venait de faire preuve de faiblesse, ce qu'Asgaroth ne tolérait point. Son sourire fut rapidement remplacé par un rictus de colère qui alla déformer son visage. Il la trouvait misérable.

    — Ma pauvre Evynne. Comment comptes-tu t'en sortir, dans ce monde ici-bas ? dit-il. La mort est partout, et tuer pour se nourrir est une nécessité. Préférerais-tu toi aussi succomber ? Mais, en y réfléchissant bien, je suis sûr que les dieux se délecteraient de ta misérable faiblesse d'esprit.

    le Tiefflin commença de placer quelques morceaux de bois de manière à correctement les disposer pour allumer un feu. Une fois fait, il retourna à son cheval et en descendit un autre sac, plus important que le précédent, qu'il plaça non loin des bouts de bois. Il attrapa alors un briquet obtenu à Fort-froid, lors de son vingtième anniversaire. Constitué d'un silex tranchant et d'une pièce forgé par son père en métal. Le plus difficile avait été de trouver le silex que Nagal senior avait dû payer cher pour son obtention. Aujourd'hui, Asgaroth devait avouer que ce briquet lui avait servi de nombreuses fois et que, comme on le voit ici avec Evynne et l'Eladrin, il lui était encore fort utile.
    Le jeune homme alla donc chercher quelques feuilles mortes ou du bois sec dans la forêt et par chance, trouva assez de combustible pour allumer un feu. Après quelques minutes passer à l'allumer, les étincelles accumulées allèrent brûler feuilles et bois, et bientôt, de belles flammes prirent vie. le Tiefflin installa quelques morceaux de bois qu'il disposa en grille par-dessus le foyer. Là-dessus, il disposa la viande préalablement dépecée par Evynne, qui à cette heure-ci, semblait réellement faible, le visage livide et le teint blafard.

    — Maintenant, il ne te reste plus qu'à gérer la cuisson, dit-il. Je monte la garde. Bonne nuit, Evynne.

    Sur ces mots, Asgaroth s'écarta des flammes et alla se glisser parmi les ombres, d'où seuls ses yeux rouges étaient visibles, scrutant sans cesse les ténèbres de la nuit, prêt à sortir sa lame à la moindre occasion.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Sam 6 Sep 2014 - 6:38

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    Des mots semblèrent s'échapper de la bouche de l'homme. Evynne n'en était pas sûre. Il lui semblait avoir entendu des choses dites sur un ton grave mais son cerveau épuisé ne lui fit entendre que des sons sourds. Au vu du regard du Tiefflin.. non, cela ne voulait rien dire. Le regard était toujours aussi.. sanglant.

    l'Aasimar luttait contre son manque de sommeil et son manque d'énergie. Assise près de la blessée, ses yeux manquaient de se fermer. En fait, il fallait qu'elle évite de cligner des yeux, parce qu'il lui était quasiment impossible de les rouvrir juste après. Somnolant de plus en plus violemment mais tenant toujours assise, la tête pendante, la femme sombra dans l'inconscience.

    Ce fut d'un coup d'un seul que ses paupières se relevèrent. Evynne bien qu'exténuée eut un pic d'adrénaline devant les flammes. Éblouie, la femme se releva directement, comme si l'instant d'avant elle n'était pas en train de dormir. Puis, quand ses yeux furent habituée à la lumière, la femme remarqua qu'au dessus des flammes grillait de la viande. Elle se demanda qui avait allumé le feu. Son esprit était transi et Evynne ne se rappelait plus rien des évènements récents.
    Son attention se focalisa alors sur la viande qui semblait cuite à point, bien qu'elle n'avait pas été retournée. A l'aide d'un bout de bois, l'adolescente la retira du feu. Si le morceau tomba sur le sol, cela ne la gêna pas pour le prendre et croquer dedans.
    Evynne fit la grimace, elle ignorait quel sorte de viande c'était, il ne lui semblait pas en avoir déjà mangé une telle. Le gout était vraiment fort, mais ce n'était pas si mauvais et elle consomma la moitié de la viande avant d'être repue.

    Laissant la nourriture de côté, ce fut dans le même état second qu'elle prit enfin le temps de regarder autour d'elle. Le feu n'éclairait pas les carcasses des loups, heureusement. Uniquement la dépouille de la jeune femme comateuse. Surprise qu'il n'y ait personne d'autre autour d'elle, la guérisseuse alla s'asseoir près de la femme aux oreilles pointus et se mis en état de transe pour user de son pouvoir.
    Oui, c'était la nuit, mais la lune brillait fort et le feu était puissant. Et un état de fatigue aussi fort pouvait faire oublier que des choses impossibles l'étaient. C'est pourquoi ses mains se mirent à s'éclairer et libérer une forte clarté blanche.

    La magie d'Evynne se dispersa sur tout le corps affaibli et répara les blessures les moins importantes : les contusions et les douleurs disparaissaient. Tout comme s'envolait l'adrénaline présente dans le corps de la guérisseuse qui, une fois qu'elle eut épuisé toute sa magie, sombra sans attendre dans un sommeil sans rêve.



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Niri Miladir
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Dim 7 Sep 2014 - 6:02

Les heures s'étaient écoulées sans que l'assoupie n'en conçoive précisément la mesure hormis par le sang pulsant doucement dans ses veines. Dans son ciel nocturne, la lune descendait lentement sans avoir à se soucier de quoique ce soit. Elle, Niri, voguait toujours perdue quelque part entre ténèbres et douleur sans savoir qu'alentours, un Tiefflin jouait une scène étrange et horrifique à une jeune fille à peine sortie de l'enfance. Ni que ses douleurs entêtantes et ses fièvres étaient atténuées par les bons soins de cette même jeune Aasimar. Mais bientôt, ses rêves agités et cauchemars se muèrent en images lumineuses et pure.  

Au bout d'un temps indéfini, Miladir émergeait enfin de sa prison onirique et fébrile. La chaleur avait remplacé cette sensation désagréable de froid intense qu'elle ressentait depuis sa chute, réchauffant lentement jusqu'à ses os meurtris. Ses iris s'ouvrirent alors faiblement et glissèrent paresseusement vers le feu. Celui-ci était si bienvenue et chaleureux qu'elle en fut presque hypnotisée de sorte que les braises dansaient dans ses iris clairs et reconnaissant. Elle n'avait pour le moment pas la force de bouger, mais son esprit tentait déjà de créer quelques hypothèses et de réfléchir...

Alors, ainsi elle vivrait ? C'était bien, songeait-elle, fort lasse. Déjà, ses yeux se refermaient. Son esprit rasséréné par ce simple mais pourtant si important constat, c'est le cœur moins tourmenté qu'elle retombait dans les limbes traitresses et labyrinthique d'un sommeil profond mais réparateur.

----

Ce n'est qu'une fois l'aube venue, bien des heures plus tard que l'Éladrine se réveillait encore. Cette fois-ci, son esprit et même ses sens captèrent directement son environnement. Elle entendit l'eau couler non loin, sentit l'odeur des résineux et la légère brise froide sur ses joues. Elle frissonna. Sa cuisse commençait également à lui faire parvenir une douleur sourde. Sans oser bouger tout de suite son corps abîmé, elle se fit attentive aux moindres sensations que son être pouvait lui faire parvenir. Ses iris retrouvèrent néanmoins l'endroit où demeurait le feu cette nuit-là. Il n'en restait plus que charbon fumant et cendre froide. De toute évidence la personne ou la chose qui lui était venue en aide, n'avait pas jugé opportun de le maintenir...

Mais qui avait bien pu l'aider ? l'Éladrine eut une pensée sombre et fugace pour Rorel et Aodrène...mais il n'était que peu probable qu'il s'agisse d'eux... Alors, lentement, ravalant ses espoirs vains, elle se redressait. Dans cette précipitation même minime, elle sentit sa poitrine éclater d'un feu violent, empêchant son souffle de monter jusque dans sa gorge. Serrant la mâchoire pour étouffer une plainte, la jeune femme resta quelques instants à canaliser ce déchirement intérieur en prenant de plus faibles bouffées d'air afin d'amoindrir la tension de ses poumons. Ses cottes la feraient souffrir probablement quelques semaines, mais elle ne s'en plaindrait pas.

Son regard se posait alors sur la fillette au teint d'une blancheur éclatante reposant dans son dos. Cette vision crispa quelque peu la maîtresse d'armes, puis elle se rendait à l'évidence : si cette frêle créature avait voulu lui faire le moindre mal, elle n'aurait pas prit la peine de l'aider. Enfin, à supposer que c'était bien elle, sa sauveuse. l'Éladrine avait beau ressentir de la reconnaissance, elle grimaçait en sentant poindre en son sein une irritation grandissante. Par dessus tout, la guerrière n'aimait pas être prise au dépourvu, ni être redevable en quiconque...  

Son cheval, ses affaires, elle n'avait plus rien. Seule demeurait, fidèle et rassurante, Grâce Rouge, accrochée à sa ceinture. Après un grand soupire, Niri prit sa résolution. Se relevant avec précaution, elle regarda sa plaie à sa jambe et plaçait sa main dessus pour user de son don de guérison. La blessure se refermait juste un tout petit peu, au grand dam de l'Éladrine. Son regard se fit sévère, son visage fermé, et, jetant un dernier regard à l'enfant assoupie, elle entreprit avec détermination d'aller rejoindre la rive qui l'avait manifestement recrachée après sa chute.

Elle rencontrait ainsi les carcasses des loups laissé à l'abandon ce qui eut pour effet d'augmenter encore un peu plus son scepticisme, et ce sentiment d'insécurité. Renfrognant davantage son beau visage déjà bien entamé par la fatigue de ses épreuves. Cette petite fille ne pouvait logiquement avoir tué ces bêtes sauvages toute seule..alors, qui ?

Niri longea les corps inertes en jetant alentours un regard empreint de méfiance. Au bout d'un moment, elle choisit de ne fixer son esprit que sur une chose : elle était en vie. C'était tout ce qui importait. Traînant donc son corps affaiblit jusqu'aux galets bordant le rivage, elle vint s'y asseoir mollement. Dans la mesure du possible vis-à-vis de ses cottes fêlées, elle étira ses membres et but longuement l'eau fraiche et limpide de la rivière tout en se promettant silencieusement, qu'il lui faudrait reprendre des entrainements soutenus plus tard. Un peu plus tard en se relevant, la douleur se rappela une nouvelle fois à elle. Il lui faudrait se confectionner un bandage, cela serait plus confortable...

Debout, elle resta un moment à contempler la rive et les montagnes au loin. D'ici, leurs hauteur était vraiment impressionnante... qu'elle ait survécu relevait du miracle, les dieux seuls avaient pu l'épargner. Plongée dans ses pensées, droite avec une main sur sa hanche près de Grâce Rouge, la rescapée refit jouer mentalement ces souvenirs dans sa mémoire. Elle ne se souvenait nullement avoir tenu tête à un homme en armure... En fait, elle se souvenait juste du visage de Rorel, son désespoir et ses douleurs suivant l'impact. C'était peut-être mieux ainsi. Son seul regret...serait peut-être d'avoir perdu Sil'rhog, cette si belle dague...

Mais même ainsi pensive, elle ne se laisserait point surprendre par la venue d'un inconnu dans son dos, en admettant que quelqu'un vienne...


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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Dim 7 Sep 2014 - 10:06

    La nuit toute entière ne fut que réflexions pour le Tiefflin. Asgaroth n'avait cessé de réfléchir à la question suivante : devait-il tuer ou non les deux jeunes femmes ? L'Éladrine était certes belle, mais il était intéressant de se demander comment une telle créature avait pu atterrir ici. En ce qui concernait Evynne, le démon connaissait déjà la réponse : le monde devait être débarrassé de la faiblesse ; la mort de cette Aasimar ne serait qu'une bénédiction de plus.
    Asgaroth avait donc tout d'abord pensé à tuer Evynne dans son sommeil, mais il se doutait aussi que, peut-être, la blessée se réveillerait à ce moment-là. Et Asgaroth ne voulait pas que cela se produise. Il décida donc d'attendre que la nuit passerait et, à l'aube, il irait réveiller Evynne pour l'éloigner du campement. Lorsque sa décision fut prise, il restait au moins trois heures avant le lever du soleil. Il décida donc d'aller marcher un peu.
    Seul, avec ses pensées, le Tiefflin repensa au chemin qui l'avait conduit jusque ici. Il se rendit bien vite compte qu'il devait rapidement quitter cet endroit pour un autre lieu, qu'importe la destination. Il regarda en arrière, et vit que toute sa vie était rattachée à la Norpalie. Si le continent devait être lavé de toute faiblesse, il fallait en faire le tour. le Tiefflin, après mûres réflexions, décida donc que, dans quelques jours, il se mettrait en route pour l'ouest, prendrait un bâteau, et se dirigerait vers le nord, en direction d'Hydrasil. Il savait que la traversée du désert de Varakir était fort difficile, et il ne souhaitait pas prendre le risque de se perdre dans un tel environnement. En revanche, Bélin était tout adapté, d'autant que ce pays accueillait volontiers les Aasimar ainsi que les Tiefflins. Quoi de mieux comme destination que celle-ci, où il lui serait facile d'étudier la faiblesse si présente sur Ildirith, en toute facilité ?
    Peu à peu, les heures avancèrent, et la lune céda sa place à un petit soleil jaune ; les étoiles s'en allèrent dans les ténèbres de l'espace et un beau ciel bleu prit bientôt place. Lorsqu'il vit que l'aube naissait, Asgaroth eut soudain une idée. Il tourna son regard en direction des deux femmes, et vit que tout deux dormaient encore. Il se hissa alors sur Arrache-Gueule, et fit partir son cheval à vive allure. le Tiefflin avait une idée bien précise en tête. Maintenant que la blessée fût soignée et que le jour se levait, peut-être se réveillerait-elle rapidement. Et Asgaroth ne souhaitait pas être prit à l'improviste. Si cette femme se réveillerait, elle aurait sûrement un comportement propre à elle, et le démon souhaitait savoir quelles seraient ses réactions. Il chevaucha donc en direction de la forêt, et attendit.
    Enfin, l'Éladrine se réveilla. Asgaroth la vit passer par-dessus les loups tués la veille et, après avoir observé son beau visage empreint de méfiance, aller boire à la rivière. le Tiefflin vit également que l'Éladrine posât sa main sur son arme, ce qui témoignait, en plus de son visage, qu'elle se méfiât réellement de ce qui pouvait désormais arriver. Et il était clair que, voir un homme de sa stature, avec son armure et son cheval, débarquer à l'improviste ne faciliterait pas leur relation. Mais Asgaroth n'en avait que faire, il n'était pas là pour aider qui que ce soit.
    Tout à coup, voyant la main de l'Éladrine tenir son arme, Asgaroth se souvint qu'il eût jeté une dague dans la forêt, lors de sa rencontre avec Evynne. Étant donné que l'objet était arme, il était peu probable qu'il eût appartenu à l'Aasimar. Il était donc logique qu'il fût à l'Éladrine. Cependant, bien qu'il essayât de se souvenir de l'endroit où il l'eut jeté la dague, il ne put s'en rappeler.
    Observant encore un peu la femme, Asgaroth vit qu'il fût peut-être temps pour lui d'intervenir, lorsque soudain, une désagréable vision apparut devant ses yeux. Au loin, dans la forêt, un grand ours tigré dressé sur ses deux pattes le regardait avec attention. Quel idiot fut-il ! Il ne vit même pas cette immense créature, trop occupé à observer l'Éladrine. Mais, au lieu de charger en direction de la bête, Asgaroth eut une nouvelle idée. Il retourna alors son cheval en direction de l'ours — à présent sur ses quatre pattes —, et agita les bras vers l'animal. Ce dernier poussa un léger cri, comme amusé et commença de s'approcher. Mais le Tiefflin ne voulait pas seulement amuser l'ours. Il sortit alors sa lame et la pointa en direction de la bête... qui sembla tout à coup s'énerver. Poussant un affreux cri, l'ours tigré se mit à courir vers Asgaroth. Ce dernier tourna alors son cheval vers la rivière, et le mit au galop.
    Apparaissant comme la veille après un saut tout à fait prodigieux, Asgaroth se retrouva juste en face de l'Éladrine, lame sortit. Son air menaçant et ses yeux rouges le montrait comme un véritable bourreau — ce qui n'était pas tout à fait faux. Quoiqu'il en fut, tout deux ne purent échanger mots, l'ours arrivant en courant vers eux. Asgaroth retourna alors son cheval et le fit charger. Lorsqu'il se retrouva à quelques mètres de l'ours, Arrache-Gueule se cambra, ce qui eut pour effet de faire lever l'ours sur ses deux pattes arrières. Asgaroth profita de ce court laps de temps pour abattre sa lame dans la gorge de l'animal. Ce denier recula alors que son sang commençait de s'échapper de son corps. Il secoua la tête et, ne montrant aucune peur, dirigea ses pattes vers le cavalier. Ce dernier reçut le coup sans le moindre encaissement, et fut violemment projeté d'Arrache-Gueule. Le cheval, prenant peur, se mit donc à hennir comme jamais et s'enfuit en longeant la rive. L'ours, bien que gravement touché, se dirigea vers Asgaroth et lui sauta dessus, pensant-là vaincre le Tiefflin. Mais ce dernier dirigea sa lame vers le ventre de l'animal juste avant que ce dernier ne l'atteigne. Trop gravement touché, l'ours s'écroula dans un grand cri de douleur. Asgaroth retira sa lame et la replanta de nouveau, perçant ainsi le crâne de l'animal. Son armure fut légèrement déformée au niveau des cottes, mais son père fut heureusement un bon forgeron. Aussi, Asgaroth ne subit aucune blessure.
    Ne réfléchissant pas, il se mit à courir vers Arrache-Gueule, qui commençait déjà de n'être plus qu'un point à l'horizon. Asgaroth criait « Arrache-Gueule, Arrache-Gueule ! », mais l'animal ne revint pas, trop effrayé. Après quelques mètres parcourut à hurler le nom de son animal, Asgaroth s'arrêta et retourna auprès de l'Éladrine.

    — Bien le bonjour, Ma Dame, dit-il de sa voix la plus courtoise. Mon nom est Asgaroth Nagal. Vous n'avez rien ?

    Sa voix fit entendre bonté et gentillesse en lui ; son visage dur et sévère caché par son casque affichait une détermination sans faille.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Lun 8 Sep 2014 - 4:30

    Une sensation douce sembla prendre possession du corps d'Evynne. Quelque chose de chaud et d'apaisant. C'était agréable de sentir le bien-être se répandre sur soi.

    Les yeux fermés le corps de l'Aasimar était en train de retrouver ces forces. Le sommeil salvateur lui avait permis de recouvrer une grande partie de sa forme. Les muscles engourdis par un repas sur un sol dur et ferme semblaient se décontracter sous la chaleur du soleil.

    Alors que ce bien-être se propageait dans chacun des muscles de la femme, Evynne ouvrit les yeux. Et gémit. C'était à la fois dû aux douleurs dans son corps pour s'être couchée sur le sol, mais aussi dû à la vision de sa peau et de ses cheveux sous le soleil : c'était comme regarder de la neige en plein soleil. Si Evynne adorait le fait d'être tout à fait blanche, elle appréciait moins le côté qui faisait qu'elle éblouissait tout le monde autour d'elle dès qu'on la regardait en plein soleil. Même elle... Nouant ses cheveux sur sa tête pour ne pas qu'ils tombent devant ses yeux, la femme regarda autour d'elle.

    Le premier constat qu'elle put faire c'était qu'elle vivait encore. Malgré le démon qui avait éventré plusieurs loups la nuit dernière. Quel fou était-ce donc ? l'Aasimar évita de regarder dans le sens des cadavres pour ne pas rendre un déjeuner qu'elle n'avait pas pris et chercha la femme du regard. Partie. Sans rien dire, juste... comme ça. Elle aurait pu réveiller Evynne pour tout ce qu'elle avait fait mais non, elle l'avait laissé ici en compagnie d'un Tiefflin effroyable. La guérisseuse se devait de la retrouver : ignorant l'état des plaies de la femme, cette dernière ne pourrait pas continuer seule, il fallait qu'elle l'accompagne et qu'elle veille sur elle.

    Evynne se leva donc et chercha des traces pour savoir dans quel direction aurait pu aller la femme. Pas en forêt, pitié, qu'elle ne soit pas allée en forêt. C'était cause perdue si c'était le chemin que la femme aux longues oreilles avait pris. Mais les peurs de l'adolescente s'envolèrent bientôt : un grognement et un bruit de combat guida son regard. Survolant les corps morts des loups, un ours vint accompagner les dépouilles dans leur mort.

    Le tiefllin avait encore tué. Et près de lui se tenait la femme. Courant vers elle pour la prévenir du danger mortel que représentait l'homme en armure Evynne arriva à temps pour entendre le Tiefflin dévoilé son nom et eu un choc.

    S'immobilisant, ses yeux se remplirent de larmes instantanément et tout sembla s'éclairer : pourquoi il était aussi violent, pourquoi il arrivait à décimer n'importe quel animal, pourquoi il ne respectait rien, pourquoi il se baladait en armure noire sous le soleil. Émue, l'Impassible ne put retenir quelques larmes en s'avançant, Asgaroth, si c'est ainsi qu'il se nommait, avait juste besoin d'un peu de réconfort.

    C'est pourquoi, avant de se soucier de la femme qu'Evynne alla jusqu'à l'homme en armure et s'arrêta devant lui pour lui dire :

"Je ne vous en veux pour rien, Asgaroth Nagal. Je connais votre mère et je sais ce qu'il est arrivé à votre père.

    Levant bien haut la tête vers lui, l'Aasimar gardait ses distances. Avec un autre, elle l'aurait surement pris dans les bras, mais avec ce "monstre" ci, elle ne voulait pas tenter le coup. C'est pourquoi elle continua, d'une voix tremblotante avec des yeux rougies :

Je vous présente mes sincères condoléances même si cela fait quelques années que votre père est mort. J'aurai aimé connaitre votre nom plus tôt, j'aurai pu faire quelque chose contre la rancœur que vous gardez en votre sein. Mais je comprend maintenant. Et je vous pardonne pour tout.

    Affichant un sourire, toujours optimiste et naïve dans la relation avec autrui, Evynne n'avait pas envisagée une autre réaction que de la compréhension et de la merci. L'homme était censé la remercier et la prendre dans ses bras. En parler si il le voulait, pleurer même. Tout cela était envisageable. Mais pas vraiment une réaction de violence, n'est-ce pas ?


HRP - Petite blague pas drôle:
 


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Niri Miladir
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Lun 8 Sep 2014 - 15:19

Perdue dans sa contemplation calme et solitaire, Niri n'aurait jamais imaginée être interrompue par ce qui allait s'en venir...

Dans son dos, le silence bienheureux fut brisé par le rythme lourd et précipité de sabots piétinant le sol caillouteux. Et bientôt d'effroyables grognement s'élevèrent de concert, dévoilant une masse énorme s'élançant hors de la forêt. Se retournant vivement, la demoiselle sentit une pointe crisper ses poumons tandis que son regard froncé trouvait la source de tout ce raffut. Que diable se passait-il ? Dire qu'elle était interpellée - voire choquée, par l'apparition soudaine de l'ours et du cavalier eut été un euphémisme. Mais malgré un hoquet de surprise, elle se reprit bien vite, habituée depuis longtemps à faire face à ce genre de situation. Elle se concentra donc pour n'afficher qu'un air neutre, placide et attentif, prête à dégainer sa longue chaîne à dague pour prêter main forte à l'étranger. Elle avait l'impression de rêver. Quelle genre de personne censée s'élançait ainsi sciemment vers quelqu'un, avec à sa suite une bête sauvage et furieuse ? Y prenait-il plaisir ? Que voulait-il prouver ? Ce détail l'excéda au plus haut point.

Au bout d'un bref instant, il fut très clair aux yeux de Niri que l'homme comptait s'en débarrasser lui-même. Elle resta donc sans bouger à détailler l'inconnu se débattre contre l'animal sauvage, puisqu'il avait décidé de se ramener aussi près, elle comptait bien en profite pour observer avec l’œil critique d'une maîtresse d'armes face à son élève. Il finit cependant par mordre la poussière et instinctivement, elle décrochait sa dague à chaîne de sa ceinture pour lui venir en aide... chose que la femme n'eut pas loisir d'accomplir...puisque l'ours poussait aussi son dernier soupir.  

L'ours décimé, elle resta interdite et bien droite à repenser, songeuse, à la démonstration que lui avait offert l'homme en armure. Pour agir de la sorte, il fallait soit être fort brave, soit téméraire, soit fou. Et à avoir observer la scène, elle doutait qu'il n'y ait que cela... ou bien un peu des trois. Il avait manifestement eut l'air de savoir ce qu'il faisait...  Aussi, lorsque l'énergumène s'avança enfin vers elle après avoir tenté rattraper son cheval en vain, elle ne bronchait ni cillait, le détaillant presque avec défi. Tout c'était passé si vite, elle ne pouvait que demeurer sur le qui-vive, prête à toute éventualité.

La main toujours fermement ancré sur sa chaîne, faute de mieux, elle l'écouta se présenter. Sous son avenante intonation de voix, elle ne parvint pas à lui louer confiance pour la simple et bonne raison qu'il demeurait indéchiffrable à ses yeux. Caché sous son épaisse et robuste armure. Au bout d'un long moment à le fixer de ses iris autoritaire, elle laissa son visage se détendre quelque peu.

« Intéressante partie de chasse... »
commentait-elle enfin, prudente, de sa voix suave et fatiguée.

Ceci étant, elle avait éludé sa réplique mais ne se priva pas pour le détailler des pieds à la tête, ou mieux, détailler son armure massive et sans faille. Plutôt sinistre en soi, mais admirable malgré tout. Un petit sourire énigmatique fini par étirer un coin de ses lèvres, elle continuait sur sa lancée :

« Auriez-vous à tout hasard décidé de débarrasser cette partie de la Norpalie de tous ses prédateurs... ? »


Elle devinait avoir sous les yeux celui qui avait tué tous ces loups... Mais la réponse à son humour douteux ne l'intéressait en aucune manière. Le but de la manœuvre était de gagner du temps pour le jauger, et tenter décrypter ses réelles intentions. Toujours à l’affût même si son corps paraissait détendu, ses iris argentés se plissèrent en tentant percer cette lueur rougeoyante qui lui était donnée d'apercevoir sous son casque. Mais à peine avait-elle prononcé ces mots, qu'une silhouette tout en finesse, auréolée d'une vive lumière s'approchait d'eux pour prendre elle aussi la parole. Elle était celle que Niri avait délaissé à côté de son feu éteint, celle qui l'avait probablement sauvé et soigné. Sans rien dire, l'Éladrine la contempla. L’œil aussi intrigué que pour l'homme un peu plus tôt, elle la détailla sans gêne. Ce qu'elle disait n'avait aucune sorte de sens ou d'importance pour elle, mais de toute évidence, ces deux-là se connaissaient. Et le moins que l'ont pouvait dire, était que tout deux faisaient véritablement une drôle de paire...

Mais qui était-elle pour juger... ? Elle soupira en levant discrètement les yeux au ciel en les écoutant. Cela faisait presque trop, tout d'un coup. Un sourcil haussé, sa main qui baillait le long de son corps vint se poser lentement sur ses cottes. En agissant précautionneusement et en les laissant parler, Niri espérait ainsi ne pas attirer outre mesure l'attention des deux protagonistes ; car elle avait beau ne rien laisser paraître ni émettre la moindre plainte, elle souffrait. Que cette fillette éplorée l'ai ignoré était donc en soi une bonne chose selon elle.

Dans l'esprit de la guerrière, reconnaissante ou pas, il n'était pas question qu'elle s'éternise avec ce drôle de couple. Quelque part, deux hommes devaient tristement songer qu'elle était morte, et cette seule pensée lui était insupportable. Puis soudain, une faim tenace, celle qu'elle s'était fait un devoir d'oublier jusque là, se rappela à ses entrailles. Presque douloureusement. Il ne manquait plus que ça. Depuis combien de temps n'avait-elle rien ingurgité hormis de l'eau ? Puis d'ailleurs, depuis quand était-elle inconsciente ici ? Toute ces questions lui donnaient par avance la migraine.

« Je dois manger. » murmura-t-elle plus pour elle-même que pour les autres.

Et sans autre préambule, Niri s'éloigna du couple. Un peu plus loin, elle retrouva sans mal le petit feu étouffé sous les cendre, et se fit un devoir de le rallumer avec les quelques minuscules braises qui subsistait, patiemment. Faisait comme elle pouvait avec ses blessures, elle alla ensuite ramasser du petit bois, trancha la chair du premier loup qui rencontrait sa dague, et le plantait dans le feu sur un piquet, désormais indifférente à son environnement tant que personne ne viendrait l'embêter. Pour en terminer avec son affaire, elle se laisser tomber délicatement auprès du petit feu, de manière à reposer sa cuisse et ses cottes. De toute façon, maintenant elle pouvait très bien se débrouiller toute seule...non ?


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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Mer 10 Sep 2014 - 9:16

    Alors qu'Asgaroth attendait la réponse de l'Éladrine plus par courtoisie qu'autre chose, il entendit enfin sa fine voix douceâtre. Tout d'abord, elle ne fit qu'une petite remarque banale, pour seulement commenter, Asgaroth le pensait, ce qu'elle vît. Ensuite, elle lui demanda s'il fut décidé de débarrasser la Norpalie de ses prédateurs. Cependant, Asgaroth n'eut pas le temps de répondre tout de suite, car, aussitôt la phrase terminée, Evynne intervint. En effet, la jeune Aasimar lui « pardonna » le sang qu'il fît couler hier soir et juste à l'instant. Cependant, si ces paroles purent paraître amusantes pour le Tiefflin, une allusion à son père gomma chaque parcelle de divertissement en lui. La colère explosa comme mille volcans en éruption, et s'il ne savait faire preuve de sang-froid, la jeune Aasimar serait désormais séparée en deux. Il parvint donc à se retenir, ne lui répondit pas et, après l'avoir violemment fixé de ses yeux remplis tout à coup de colère, se concentra sur la réponse de l'Éladrine. Sa réponse fut immédiate.

    — Ha ! Si ça ne tenait qu'à moi, dit-il, personne d'autre que moi ne traînerait près de cette forêt.

    Alors que l'Éladrine s'éloignait, Asgaroth fixa de nouveau Evynne. Ses poings se serrèrent si fort qu'il en eût mal aux doigts. Après avoir difficilement lutté contre sa volonté de se saisir de son épée, il attrapa brutalement l'Aasimar, lui couvrit la bouche, et la traîna vers les arbres. Cachés dans l'ombre des feuilles, le Tiefflin approcha son visage de l'oreille de la jeune femme. Après avoir dégainé doucement son arme de façon à rester discret, il lui passa sous la gorge et lui enfonça si fort, que si la pression fut plus forte, Evynne eût été égorgée.

    — Un seul mot de plus sur moi, et je te fais la promesse de te découper en morceaux et de jeter ton misérable corps aux loups, dit-il d'une voix froide. Je me ferai un plaisir d'arracher chacun de tes membres tout en t'entendant hurler..

    La poussant sans douceur contre un arbre, il appuya ensuite le bout de sa lame contre la gorge d'Evynne et fit de son mieux pour ne pas l'ouvrir immédiatement. Il fit lentement remonter la lame jusqu'au menton de la jeune femme et la retira vivement de son visage. Rengainant son arme, il décocha une violente claque du revers de la main, ce qui eut pour effet de faire tomber l'Aasimar sur le sol. Passant par dessus son corps, il alla ensuite rejoindre l'Éladrine.

    — Pardonnez-moi, belle dame, mais il ne me semble pas avoir attendu votre nom, lui dit-il. Il nous faut trouver un moyen de tous sortir d'ici — bien que je connaisse assez bien l'endroit —, et je suis sûr que ce faisant dans la bonne entente, nous pourrons rapidement reprendre nos routes respectives. Allons, comment vous appelle-t-on ?

    Alors que la colère grondait en lui, Asgaroth espérait sincèrement que l'Éladrine répondît à sa question. Car si la belle femme décidait de montrer de la méfiance envers lui, le sort réservé à Evynne pourrait être bien peu de choses comparé à celui que le Tiefflin avait en tête pour l'Éladrine. La faiblesse était une horrible maladie terriblement répandue.
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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Ven 12 Sep 2014 - 13:02

    L'esprit de la jeune femme bouillonnait et attendait la réaction de l'homme. Mais les yeux se remplirent de haine à la place des larmes qu'elle espérait.

    Et ce fut avec sécheresse que l'homme lui répondit. Un combat intérieur sembla animer le démon qui bouillait de rage. Les poings fermés, on pouvait apercevoir des légers tremblements. Asgaroth tentait de se contrôler. Mais au bout d'un court temps, il craqua et traina l'Aasimar dans la forêt, en plaquant son gant contre elle pour retenir ces cris.

    Et puis, jetée sur le sol, la gorge déjà serrée d'Evynne fut accueillie par une lame aiguisé. Des larmes pointèrent aux yeux de la femme. Cette fois-ci, c'était la bonne, il allait en finir avec l'ange. Il allait la tuer.
    Sans comprendre la raison de sa colère, qui aurait dû être de la tristesse, l'esprit de l'Aasimar était embrouillé. Le regard de l'homme semblait éclairer de rouge le visage de la femme tellement il était proche.

    Crispée au possible, si Evynne avait déglutit elle se serait trouvé avec la gorge tranché. Qu'avait-elle fait ? Elle lui offrait du réconfort, elle obtenait des menaces de mort. L'adolescente n'osait pas bouger d'un pouce. C'était la mort qui l'attendait sinon.
    Alors elle resta silencieuse et pleurante jusqu'à qu'elle sente la lame sur sa gorge remonter jusqu'à sa gorge.

    Cela l'énerva d'un coup et elle se permit de riposter :

"Votre père n'aurait jamais permis ça, il était gentil, lui."

    Sa seule réponse fut un acte de violence qui faillit l’assommer. Du revers de la main, le Tiefflin avait réussi à faire tomber la femme sur le sol. Elle n'y était pas préparée, bien qu'elle l'ait cherché. Restant sur le sol, complètement claqué - c'était le terme, il fallait l'avouer - les sons ne parvenaient à ces oreilles que sous forme d'un bourdonnement sourd et atroce.
    Au milieu de sa vision, une tâche lumineuse grandissait. Et du sang coulait sur elle.

    Grimaçant, Evynne se remit droite et s'adossa contre l'arbre proche. Puis, elle se recroquevilla sur elle-même et commença à pleurer à chaudes larmes, à cause de la douleur morale qu'elle ressentait.
    Comment un homme pouvait être aussi insensible ? Aussi violent ? Il y avait d'autres chemins à prendre après la mort d'un être proche. Mais le Tiefflin avait préféré prendre la voie de la méchanceté et de la colère.

    Complètement dégoutée par ce qu'elle venait de subir, les pensées de l'ange la guidèrent dans des lieux sombres de son esprit, habité par le mal mais vite nettoyé par ses larmes. Evynne n'aurait jamais dû quitter Quiétude...


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Niri Miladir
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Ven 12 Sep 2014 - 13:43



La viande rependait déjà quelques effluves alléchantes lorsqu'Asgaroth refaisait surface, seul. Niri n'eut même pas besoin de se retourner pour l'accueillir du regard, elle reconnaissait les cliquetis métalliques de son armure. Ce n'est que sous sa question qu'elle retournait le visage dans sa direction pour planter ses iris glacés sur la face voilé de l'inconnu. D'ailleurs, pourquoi se promenait-il de la sorte ainsi couvert ? S'il croyait seulement diffuser un soupçon de crainte chez elle voire l'intimider, il se fourrait royalement le doigt dans l’œil... Ces petits jeux de domination simplement basés sur l'apparence ne l'atteignaient guère. Elle le gratifia d'un sourire carnassier.

"Puisque vous semblez tant porter d'intérêt à mon nom, sachez que je me nomme Niri Miladir."
l'informa-t-elle d'une voix dure et tranchante, ce faisant, elle plissait les yeux avec humeur comme un détail frappait sa mémoire. " Où est passée la fillette ? Vous n'aviez pas un cheval à rattraper, Asgaroth ? "

A peine prononçait-elle ses paroles, que son corps se détendait quelque peu. Au fond, peu lui importait qu'il semble se contenir sous ses apparentes civilités. Pourquoi l'agresser ? Même si quelque chose clochait chez lui, elle n'avait aucune raison d'être rude envers cet homme, qui qu'il soit, quel que soit sa race sous son heaume. Aussi, lâchant un soupire résigné et secouant délicatement la tête, continuait-elle sur sa lancée d'un ton plus doux :

"A moins que vous ne désiriez manger un bout en ma compagnie...? "


D'un mouvement du menton, elle désignait la viande cuisant doucement sur les petites braises. Elle mourrait de faim et n'avait qu'une hâte : sentir le jus de cette viande -bien que maigre, couler dans sa gorge affamée. Cela serait un bon début pour récupérer de ses épreuves. Avoir le ventre vide n'avait jamais aidé personne à se remettre, bien au contraire. Elle se décalait donc dans le cas où son invitation lui agréerait, prenant bien soin de ne bouger ses cottes qu'au minimum.

Au bout d'un moment à ne rien dire et seulement surveiller la cuisson des bouts de viande, elle brisa le silence qu'elle cultivait si bien habituellement :

"Vous n'ôtez jamais vôtre casque...?"
demanda-t-elle en lui jetant un coup d’œil évocateur.

Après quoi, elle récupérait sa viande et mordait dedans à pleine dent, peu soucieuse de la chaleur ni de la manière dont elle apparaîtrait à manger de la sorte, car à vrai dire, elle n'en avait cure.

Ce qu'elle n'avait pas prévu en revanche, était que l'inconnu puisses ouvertement lui faire montre d'hostilité. Probablement outragé par ses paroles car manquant d'humour, elle aurait dû se douter que son silence appuyé n'était pas bon signe. Asgaroth, qui se tenait là debout face à elle sans rien, se penchait alors soudainement pour lui asséner un coup près des cottes. Du moins, c'est ce qu'il aurait fait, sans grande conscience ni scrupule, si Niri n'avait pas eu de bons réflexes. Ainsi tombait le masque quant à la réelle personnalité de l'homme. l'Éladrine grimaça de douleur en tournant vers lui un regard torve et mauvais. Pour qui diable se prenait-il ? Elle eut une fugace pensée pour la jeune fille qui était venue à leur encontre tout à l'heure sur la plage. Un rustre pareil n'avait pas sa place aux côté d'une jeune fille pareille...

L'homme se contenta de rester planté devant l'Éladrine, son épée pointée dans sa direction dans un semblant de menace. En réalité, Niri doutait de pouvoir le vaincre en l'état actuel des choses, elle ne pouvait se voiler la face, aussi, avec la plus grande prudence, restait-elle sur ses garde en attendant de voir ce qu'il allait faire...

" Vous avez dit vouloir quitter ce lieux rapidement, pourquoi ne le faites-vous pas ? Je n'ai pas besoin de vous à mes côtés pour m'en sortir..."
grognait-elle;

Asgaroth la considéra, de toute évidence, il ne s'attendait pas à ce qu'elle montre la moindre sorte de résistance.

" Je vais allez chercher ma monture... si vous êtes toujours là lorsque je reviendrai, ne comptez pas sur ma clémence. Si vous êtes faibles, alors vous mourrez."


Ainsi elle avait gagné un sursit ? Tandis qu'il se détournait, mouvant sa grosse armure sans grande finesse, elle l'observa, consternée. Et puis...où était cette jeune fille d'abord ? Subitement, elle craignait qu'il lui soit arrivé quelque chose... L'air mauvais, Niri se força à finir sa viande en quelques bouchées puis se relevait péniblement, toujours sur ses gardes...


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Evynne Pianec
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MessageSujet: Re: Une aube douloureuse. [Libre]   Mer 24 Sep 2014 - 17:45

Hors-Rp : :
 

    Evynne était encore en train de pleurer quand elle vit l'homme en armure s'éloigner. Surprise de le voir s'écarter sans se soucier d'elle à aucun moment, sans même lui lancer un coup d’œil. Pas un mot. Pas un regard. Il venait simplement de partir. De s'évaporer dans les buissons et la forêt. De tout simplement disparaitre. Comme ça.

    Surprise, cela calma les larmes de l'aasimar. Si il partait et l'oubliait, il y avait peut-être une chance qu'elle survive sans craindre les menaces de l'homme. Se rassurant toute seule petit à petit elle tenta de reprendre ses forces pour se relever.

    Une fois debout, elle eut un gros vertige et dût se tenir à l'arbre pour reprendre son équilibre. Puis, elle regagna la rive doucement, en allant lentement. Il fallait maintenant se soucier de la femme. C'était encore un mystère pour Evynne. Quel genre de créature était-elle ?

    L'apercevant tournée vers elle, l'adolescente lui sourit et s'avança, les yeux encore rougis par ces pleurs. Mais cela ne l'embêtait pas plus que ça. Il n'y avait aucune gêne à expulser sa tristesse. Pourtant, c'est d'une voix encore triste qu'elle s'exprima :

"Bonjour mademoiselle. Je suis désolée de vous demander ça mais... il est parti ? Pour de bon ?"

    Une moue passa sur son visage puis, le visage penchée elle demanda, sans se rendre compte de l'absurdité de sa question :

"Vous êtes quoi ? C'est extraordinaire d'avoir survécu à toutes ces blessures. Et d'être debout maintenant. Alors oui, je vous ai soigné, mais quand même.
Et puis.. ces oreilles !"


    Evynne s'était approchée et restait en admiration devant les oreilles pointus de la femme et son visage fin. Les yeux grands ouverts, elle l'observait et attendait des réponses, toute heureuse qu'elle était que le vilain tiefflin soit parti.


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Une aube douloureuse. [Libre]

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